Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 mars 1957, Mars - avril
[" Wfe -Mer L(B Pir&(W(wirmmBJiir 2900, Chemin Sainte-Catherine \u2014 CÔTE-des-NEIGES, Montréal 26 Imprimatur: f Paul-Emile Cardinal Léger, Archevêque de Montréal, 6 octobre 1955.Nihil obstat: Oscar Gravel, ptre, 14 septembre 1956.Vol.XIX, 38e année\tMontréal, Mars - Avril 1957\tNo 8 Revue bimestrielle, publiée par les Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception.ABONNEMENT : Par an.$ 1.00 SOMMAIRE Un hôpital en brousse.339 Sœur Sflint-Léon-te-ürand, M.I.C.Un langage silencieux.345 Sœur Marle-de-la-Rédempilon, M.I.C.A vie 20.00 Le bonheur de partir chrétienne Sœur Sainte-Anne, M.I.C.349 Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.Deux extraits de l\u2019Encyclique de S.S.Pie XII sur la musique sacrée.351 Un peuple à l\u2019âme musicale.353 Sœur Saint-Edmond, M.I.C.AVANTAGES : Les abonnés participent aux prières, travaux et sacrifices de toutes les Religieuses de la Communauté, particulièrement des Missionnaires à l\u2019œuvre dans les cinq parties du monde.De plus, une messe est célébrée chaque semaine pour les abonnés vivants et une autre pour les défunts.Si j\u2019avais dit non.362 Sœur Tliér£se-de-la-Saint»>Face, M.I.C.La Semaine Sainte è Padada.366 Sœur Elisabeth-de-ta-Trlnité, M.I.C.Sur une plantation d\u2019arbres à caoutchouc.372 Sœur Mario-Délia, M.I.C.Des logis pour tous.376 Ralliement légionnaire\ten\tHaïti.382 Sœur Saint-Jean-du-Cénacle, M.I.C.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.Notre page-couverture: Citoyen de Baguio non moins fier des fruits de son jardin que de son beau pays.PHILIPPINES, my PHILIPPINES! KATETE, NYASSA-NORD Un hôpital en brousse par Sœur SAINT-LEON-LE-GRAND », M.I.C.Saint Jean Baptiste se disait « une voix.dans le désert » et il était le Précurseur.Moi, je suis une voix qui crie du fond de la brousse et je passe par LE PRECURSEUR afin d\u2019atteindre plus sûrement tous ceux-là qui se sont intéressés à notre œuvre hospitalière africaine et lui ont procuré assistance.Par l\u2019organe de la revue, je désirerais leur témoigner une fois de plus notre gratitude et les assurer d\u2019un fervent souvenir auprès du Maître.S\u2019il existait quelque appareil de télévision ultra-puissant, je pour- rais, en un clin d\u2019œil, vous montrer le domaine que j\u2019affectionne et où s\u2019écoulent, depuis six ans déjà, mes jours d\u2019heureuse missionnaire: il s\u2019agit de notre hôpital placé sous le patronage du Sacré-Cœur.Faute de mieux, je m\u2019imaginerai donc être au micro d\u2019un poste émetteur de radio et j\u2019essaierai de décrire à mes auditeurs le travail accompli et celui encore à accomplir en notre sphère médicale.Ici, le poste K.T.T., première station des Missions catholiques du Nyassa-Nord établie en 1938 par les Fils du Cardinal Lavigerie.1 Pauline Longtin, de Montréal.339 A mon arrivée, en avril 1950, les fondements de 1\u2019hôpital sortaient de terre.En août 1951, l\u2019on pouvait affecter au dispensaire quelques pièces disponibles.Dans la suite, les murs du reste de la construction ont poussé, le toit s\u2019est étendu, des portes et des fenêtres ont coupé les issues au vent des hauteurs.L\u2019organisation de l\u2019hôpital s\u2019est faite comme celle d\u2019un nid d\u2019oiseau: au brin de paille initial s\u2019en est ajouté un autre, puis un autre.Nous n\u2019avions au jour le jour que le pain quotidien, plus notre confiance absolue en la Providence.Grâce à l\u2019aide d\u2019incomparables bienfaiteurs, il s\u2019est réalisé ce que l\u2019on appelle aujourd\u2019hui « une merveille en brousse ».Qu\u2019on ne s\u2019y méprenne pas toutefois: les murs sont bel et bien de terre, et il faut sans cesse livrer bataille aux fourmis blanches, les plus subtils agents de destruction que je connaisse ; les toitures ne sont pas parfaitement étanches : elles n\u2019en laissent que filtrer de plus abondantes averses de bénédictions ! Malgré ces détails, notre petit hôpital n\u2019en demeure pas moins un bijou, surtout depuis qu\u2019on l\u2019a doté de l\u2019eau courante et de l\u2019électricité.Ces progrès réjouiront certains visiteurs du Canada qui nous déclaraient ne pas concevoir un hôpital sans eau ni système d\u2019éclairage.Evidemment, en pays qui a dépassé la période du défrichement, cela ne s\u2019imagine pas.En brousse, l\u2019on se répète, philosophe: « Paris ne s\u2019est pas bâti en un jour.» A présent que l\u2019hôpital du Sacré-Cœur compte six années d\u2019exis- tence, peut-être seriez-vous curieux de savoir sa vitalité en chiffres ?Depuis son ouverture, 248,347 patients ont été soignés au dispensaire, 1,727 admis à l\u2019hôpital ; 326,853 médecines ou traitements ont été donnés, 43,251 pansements faits sur des plaies parfois horribles.La maternité a reçu dans ses berceaux rustiques 720 nouveau-nés africains dont près de 400 ont été ensuite inscrits à la clinique hebdomadaire des nourrissons ; et, bonheur suprême missionnaire, notre service hospitalier nous a fourni l\u2019opportunité d\u2019ouvrir le ciel à 230 moribonds ! Les récits de conversions fameuses qui jalonnent l\u2019histoire de l\u2019hôpital attestent par ailleurs que les miséricordes divines se perpétuent de jour en jour, même en brousse, fût-elle la plus reculée du monde ! Si ce regard rétrospectif sur les débuts de l\u2019hôpital est de quelque encouragement, des plans d\u2019avenir nous empêchent de dormir sur nos lauriers! A côté du pavillon des services médicaux, s\u2019est élevé péniblement \u2014 oh ! combien péniblement à certaines heures ! \u2014 une aile dénommée « Sanitation Block ».Des équipes de travailleurs ont été rassemblés pour édifier des fours à briques (dont une partie s\u2019est écroulée) en vue d\u2019une construction nouvelle; et nous voyons à l\u2019état de rêve des salles aux conditions hygiéniques moins rudimentaires que celles des huttes actuelles des malades, une aile pour la maternité et un oratoire attrayant où nous mènerions prier les brebis noires que le Pasteur veut conduire à lui par la 340 voie de la souffrance.Qu\u2019on me pardonne si ma plume a trop couru.A-t-elle été indiscrète?Je ne sais.Mais quand je songe à ces malades que nous pourrions soigner de façon plus adéquate avec l\u2019assistance de la charité, je prie bien fort le Saint-Esprit inspirateur de tout mouvement généreux.Je revois cette scène nocturne où, pour sauver la vie à l\u2019une de nos patientes, le médecin du gouvernement pratiqua une opération majeure à la lueur d\u2019une lampe de poche, l\u2019anesthésie à l\u2019éther interdisant d\u2019approcher les lampes à pétrole.Quels instants d\u2019angoisse nous avons vécus cette nuit-là I Et ceci m\u2019amène à cette réflexion-suggestion: puisque l\u2019hôpital est maintenant entré dans l\u2019ère de l\u2019électricité, je lui sou- haiterais une lampe assez puissante pour éclairer la table d\u2019opérations.D\u2019où nous tombera ce bibelot !.Il y aurait encore ceci et cela, de ces choses d\u2019hôpital qui coûtent de 0.25 à $25., de 0.50 à $50.m , v m M De peur que vous ne me jugiez une infirmière « Perrette », je fais trêve à l\u2019énumération de mes rêves et projets et termine sur le dernier épisode en matière de développement technique chez nous.Le 11 novembre, un Frère électricien du Séminaire de Kacebere parachevait l\u2019installation de l\u2019appareil à Rayons X.Les élèves de Sœur Claude-de - la - Colombière », en standard VIII, furent témoins de l\u2019événement, car, le soir, elles étudient à l\u2019hôpital, l\u2019école ne possédant pas l\u2019électricité.Quand Sœur Supérieure * demanda à une étudiante d\u2019aller se placer devant le fluoroscope pour que les autres lui voient le crâne, la jeune noire se mit à crier et à trembler, dans sa peur d\u2019être réduite en morceaux.Après que Sœur Supérieure eût donné l\u2019exemple, elle présenta non seulement la tête, mais le cou, mais les côtes, mais le cœur, mais les mains.comme la gentille alouette de la chanson ! 1\tSuzanne Rinfrct, d\u2019Ottawa.2\tSœur Marie-de-Lourdes (Irène Champagne, de Montréal).w ms mA\\ A qui s'adresse ce sourire câlin ?A Jésus Sama ou à Bouddha ? Le langage silencieux du sourire s\u2019apprend au foyer.L\u2019intéressante famille Arai de Tokyo.i L\u2019un des traits les plus énigmatiques de la physionomie du Japon est peut-être ce perpétuel sourire qui éclaire le visage de ses habitants, jeunes et vieux, hommes du peuple et de la haute société.Ce sourire national, qui demeure impénétrable à la plupart des occidentaux et qu\u2019ils jugeront parfois inopportun ou frisant l\u2019impertinence, nul n\u2019en peut saisir la signification s\u2019il n\u2019a jamais eu de contacts intimes avec les autochtones et s\u2019il n\u2019a pas étudié en profondeur leur vie quotidienne.Car, après cela seulement, le sourire nippon révèle son véritable sens de langage silencieux.La clef de ce mode d\u2019expression se retrouve au domaine de la politesse; Un langage silencieux par Sœur Marie-de-la-Rédemption M.I.C.(Baailisse Maillet, de West Bathurst, N.B.) 345 elle consiste en une exquise considération à l\u2019égard des sentiments d\u2019autrui.Les enfants japonais naissent avec cette tendance gracieuse.L\u2019éducation familiale la cultive et la développe à un tel point, en même temps que la courtoisie des manières, que les petits Nippons paraissent être les enfants les mieux élevés de l\u2019univers.En toute occasion, plaisante ou déplaisante, arborer un air heureux de façon à toujours créer une impression agréable, s\u2019avère un article du code des Bienséances au Soleil Levant.Un Japonais a-t-il le cœur brisé ?Ce lui est un devoir social de sourire bravement.La réaction contraire comporterait de la dureté: ne pourrait-elle causer du chagrin à qui l\u2019on aime?Par contre, n\u2019éveillerait-elle pas cer taine curiosité intrigante chez d\u2019autres moins sympathiques?Alors-autant sourire! Et même le Nippon le moins délicat se garde d\u2019afficher de la tristesse à la suite de malheurs personnels: épreuves, ennuis, déboires.Il juge l\u2019extériorisation de ses peines d'aucune utilité, et par conséquent, simple barbarie envers son entourage.Au Japon, Ton peut et l'on doit sourire en face des événements les plus tragiques.Mais ce sourire appartient à une catégorie très spéciale: seule la force de caractère, ou tout au moins un effort inouï de volonté, rend possible cet acte de dépassement, sommet de la politesse.Je me souviens de la scène typique qui frappa nos regards de jeunes missionnaires, en 1927, lorsque 1\u2019Empress of Russia entra au port de Yokohama.Nous ouvrions de grands yeux, anxieuses d\u2019embrasser tous les détails d\u2019un spectacle neuf.Notre attention fut bientôt attirée par un étrange petit vieillard accroupi à travers le va-et-vient et qui dessinait d\u2019énormes caractères sur quelque papier étendu par terre.Soudain, un passant distrait heurta le scribe à l\u2019encrier, et les idéogrammes disparurent noyés dans une malheureuse flaque noire.En Amérique, il y aurait eu orage avec éclairs et tonnerre.Au lieu de cela, l\u2019offensé et l\u2019offensant se jetèrent dans une série de prostrations coupées d\u2019excuses et embellies de sourires réciproques.Ce devait être notre première \u2014 mais non notre dernière leçon \u2014 du langage silencieux en usage au Soleil Levant.Règle générale, les enfants se querellent très peu.Toutefois, cela leur arrive, car, après tout, ce sont des enfants des hommes! Un jour que nous traversions l'un des quartiers les plus pauvres de Koriyama, nous fûmes témoins d\u2019une scène caractéristique: au milieu d\u2019un cercle de bambins très animés, deux tout petits boxaient, en colère.Masa Chan, fillette de dix ans que tout le monde aimait, s\u2019interposa, entourant d\u2019un bras chacun des duellistes.Son visage barbouillé s\u2019éclairait d\u2019une sorte de sourire où se mêlaient de la maturité et de la tendresse maternelle.Ses paroles nous échappèrent, mais son sourire ne tarda pas à opérer un effet magique.Gauches, timides, les belligérants se saluèrent, se sourirent, puis finalement s\u2019en allèrent comme une bonne paire d\u2019amis.Masa Chan demeura sur place à continuer son rayonnant ministère d\u2019apaisement.Le sourire nippon le plus inexplicable me paraît être celui de la servante qui, réprimandée, s\u2019incline très bas pour demander pardon, Tair réjoui! Ailleurs qu\u2019au Japon, on crierait à l\u2019insolence! Ce sourire, il s\u2019interprète ainsi: « Ma douleur et mon indigence entretiennent chez moi l\u2019espoir déraisonnable que je puisse être excusée de ma grossière offense en sollicitant un humble pardon.» L\u2019adolescent qui a dépassé la période des colères puériles reçoit aussi sa punition avec le sourire, et ce sourire signifie: « Ma faute a mérité bien davantage! » Le christianisme a rehaussé de mérites l\u2019obligation nationale du sourire.Jamais je n\u2019oublierai Kimiko et son sourire! De famille noble mais pauvre, elle avait consenti à épouser un veuf riche, beaucoup plus âgé qu\u2019elle, et qui acceptait en retour d\u2019acquitter certaines dettes de ses beaux-parents.En sa nouvelle situation, la jeune femme eut à montrer la trempe vraiment noble de son caractère.Son seigneur et maître se plut à la trouver en faute à la face des servantes et des étrangers: hautain et dur, il lui découvrait mille torts quoiqu\u2019elle fût accomplie et toute dévouée.L\u2019épouse humiliée opta pour le langage silencieux du sourire à la façon des femmes japonaises des générations passées.Ne leur devait-elle pas de conserver intacte cette très honorable tradition de sourire en pleine détresse ?Cependant, l\u2019amertume secrète de son âme lui fit chercher la solution de ses problèmes au sein du catholicisme.A l\u2019occasion d\u2019un voyage en Europe, Kimiko visita Rome; et c\u2019est aux Catacombes qu\u2019elle comprit la valeur rédemptrice de la souffrance.Dès lors, son sourire plastique se nuança de cette suavité que laisse la soumission amoureuse à la volonté du Père des deux.Elle ne perdit rien de sa fierté native, mais elle fut heureuse de ce que sa force d\u2019âme tendît vers une fin surnaturelle.Sourires de mes chers amis nippons, sourires ensoleillés de l\u2019enfance, sourires conquérants de la jeunesse, sourires indulgents d\u2019un autre âge, vous avez projeté vos charmes sur mes labeurs missionnaires! Je revois toujours le sourire qui illuminait le visage cousu de rides d\u2019une vieille paysanne à qui le sort avait porté plus d\u2019un coup.Contente et sereine, elle s\u2019était dépensée toute sa vie, inlassablement, pour les autres.Elle nous confia en souriant son seul et ultime désir: « J\u2019ai demandé à mon fils de m\u2019enterrer au pied des plaque-miniers, près de la haie, là-bas, afin que mon corps soit de quelque utili-lité.» Par ce vœu original la vieille Nippone n\u2019exprimait-elle pas son secret d\u2019une vie heureuse?Servir et s\u2019oublier avaient été son bonheur ici-bas; elle n\u2019en connaissait point de plus souhaitable par-delà la tombe. KORIYAMA, JAPON Le bonheur de partir Chrétienne C\u2019était presque avec ravissement que Fujishima San écoutait son amie et catéchiste, Sœur Monique - du - Saint - Sacrement1 2, qui lui suggérait des mots de prière.Hospitalisée au Sana de Suka-gawa, cette mère japonaise s\u2019était d\u2019abord désespérée.Pensez donc ! 1\tMarie-Louise Gosselin, de Sainte-Sophie.2\tMonique Cloutier, d'Ottawa.par Sœur SAINTE-ANNE *, M.I.C.349 laisser trois fillettes à l\u2019Orphelinat de Koriyama, deux fils à celui de Fukushima, et un troisième à quelque hôpital de Tokyo; elle qui n\u2019avait vécu que pour ses enfants! Le salut lui vint par l\u2019aînée, une adolescente de quatorze ans, qui lui dit un jour, bien que ne sachant pas grand-chose de la religion catholique: « Maman, il faut que tu étudies le catéchisme! » Et la Providence permit que l\u2019une des compagnes de chambrée de la pauvre maman, se trouvât une chrétienne fervente.Fujishima San reçut d\u2019elle un chapelet et apprit Y Ave.C\u2019est donc en un cœur ouvert, préparé par la Reine du Rosaire, que Sœur Agnès- d\u2019Assise 1 2 et Sœur Monique-du-Saint-Sacrement jetèrent la semence des vérités de la foi.Sœur Anna-Marie *, Supérieure de la Mission de Koriyama, eut la joie d\u2019ondoyer Fujishima San en présence de ses petites filles, au cours d\u2019une visite.Ça n\u2019allait pas du tout ce jour-là, et les enfants, moyennant les précautions nécessaires, avaient été conduites au chevet de leur mère mourante.Fujishima San est morte pendant le beau mois de Marie, confiant à la Sainte Mère de Dieu ceux dont elle avait accepté héroïquement d\u2019être séparée pour que son malheur leur fût épargné.1\tLucienne Renaud, de Montréal.2\tJeanne Roy, de Pain-Court, Ont.INTENTIONS MISSIONNAIRES de P Apostolat de la Prière MARS : L\u2019augmentation des vocations sacerdotales et missionnaires parmi les populations de l\u2019Amérique Latine.AVRIL : Les écoles catholiques au Congo Belge et au Ruanda-Urundi. Deux extraits de l\u2019Encyclique de S.S.Pie XII sur la musique sacrée La Musique sacrée, moyen efficace d\u2019apostolat .quand Nous exaltons les mul- réconfort à tous ceux qui, de quelque tiples avantages de la musique sacrée manière que ce soit, se sont consacrés et son efficacité dans l\u2019apostolat, à la cultiver et à la pratiquer.Nous faisons une chose susceptible En effet, tous ceux qui composent de causer une grande joie et un grand de la musique suivant leur talent artistique, ou la dirigent, ou encore l\u2019exécutent, soit vocalement, soit au moyen d\u2019instruments de musique, tous ceux-là exercent incontestablement, bien que d\u2019une autre et différente manière, un véritable et authentique apostolat; ils recevront donc en abondance du Christ-Seigneur les récompenses et les honneurs réservés aux apôtres, dans la mesure où chacun aura fidèlement accompli sa tâche.Qu\u2019ils estiment donc grandement cette mission, en vertu de laquelle ils sont non seulement des artistes et des maîtres ès arts, mais encore des ministres de Notre-Sei-gneur Jésus-Christ et des collaborateurs dans l\u2019apostolat, et qu\u2019ils s\u2019efforcent de manifester dans leur vie et leur conduite la dignité de leur fonction.En pays de missions Ce que nous avons écrit jusqu\u2019ici (Lois fondamentales de la musique sacrée, etc.) concerne particulièrement ces nations de l\u2019Église où la religion catholique est déjà fermement établie.Cependant, dans les territoires de Missions, toutes ces choses ne pourront pas être entièrement mises en pratique avant que le nombre des chrétiens ait suffisamment augmenté, que des églises plus vastes soient construites, que les écoles de l\u2019Église soient convenablement fréquentées par les fils des chrétiens et qu\u2019il y ait, enfin, un nombre de prêtres correspondant aux besoins.Nous exhortons cependant vivement les ouvriers apostoliques qui travaillent avec ardeur dans ces vastes parties de la vigne du Seigneur, à attacher beaucoup de soin également à cette question parmi les très graves soucis de leur charge.Il est merveilleux de voir combien plusieurs de ces peuples, confiés au soin des missionnaires, apprécient les mélodies musicales et comment ils rehaussent par des chants sacrés les cérémonies consacrées au culte des idoles.Il serait par conséquent imprudent que ce secours efficace de l\u2019apostolat soit dédaigné ou complètement négligé par les hérauts du Christ vrai Dieu.352 C\u2019est pourquoi les messagers de l\u2019Évangile dans les régions païennes devront, dans l\u2019accomplissement de leur mission apostolique, promouvoir volontiers l\u2019amour du chant religieux qui est cultivé par les hommes qui leur sont confiés, de façon à ce que ces populations opposent à leurs chants religieux, qui souvent font l\u2019admiration même des nations cultivées, des chants sacrés chrétiens similaires, par lesquels les vérités de la foi, la vie du Christ Notre-Seigneur, les louanges de la bienheureuse Vierge Marie et des saints soient célébrées par elles dans la langue et avec les mélodies qui leur sont familières.Les missionnaires se souviendront également de ce que l\u2019Église catholique, depuis l\u2019antiquité, lorsqu\u2019elle envoie des messagers de l\u2019Évangile dans les régions qui n\u2019ont pas encore reçu les lumières de la foi, a voulu qu\u2019ils apportent en même temps que les rites sacrés également des chants liturgiques, parmi lesquels les chants grégoriens, et cela dans le dessein que les peuples qui doivent être appelés à la foi, attirés par la douceur des mélodies, soient plus facilement poussés à embrasser les vérités de la religion chrétienne. Un peuple à l\u2019âme musicale par Sœur SAINT-EDMOND l, M.I.C.La musique, langage universel des sociétés, est l\u2019une des formes d\u2019expression les plus belles, les plus naturelles à l\u2019homme, et le meilleur interprète de l\u2019idéal, des habitudes et des caractères distinctifs d\u2019un peuple.Aussi, retrouve-t-on, dans toutes les contrées de la terre et à tous les âges du monde, un certain genre de mélodies et d\u2019instrumentation.Au sein de la sauvagerie comme en pleine civilisation, sous la voûte des temples et autour des tables fastueuses, dans la paix ou la guerre, le triomphe ou le deuil, chaque nation recourt à la musique pour épancher les émotions si diverses qui agitent le cœur humain.Comme peuple, les Philippins sont doués d\u2019un talent incontestable pour la musique: ils naissent musiciens.Les nombreux touristes qui visitent les Iles en témoignent unanimement de même que les étrangers habitant depuis longtemps ce pays surnommé parfois Y Italie de l'Orient.D\u2019éminents maestros de nationalités différentes ont payé de justes tributs de louanges aux compositeurs philippins dont plusieurs figurent avec honneur dans le monde des artistes.La brillante création de Paterno, Sampaguita, ne rejoint-elle pas à merveille le Clair de Lune de Debussy, par son charme subtil et son style impressionniste ?Ce génie musical apparaît tôt chez les enfants; jeunes encore, ils peuvent exécuter cantates et opérettes avec autant de perfection technique que de grâce ingénue.Le Philippin, en général, possède une facilité étonnante pour s\u2019assimiler la musique ainsi que les qualités d\u2019imagination, de sensi- 1 Irma De Ladurantaye, de Cap Saint-Ignace.353 Le petit homme bronzé des Philippines tombe bilité, de délicatesse et de goût qui créent les virtuoses.Il improvise à son gré des pièces fantaisistes pour toutes combinaisons d\u2019instruments et, très souvent, il joue de mémoire sans faire usage d\u2019une partition.Son interprétation est vraie, convaincue, nuancée, pleine de clarté.Sur les ailes du son, l\u2019âme de l\u2019artiste prend son vol vers des hauteurs mystérieuses et vibre tout entière, chante, pleure ou prie dans l\u2019instrument.Il exerce une emprise irrésistible sur son auditoire, lui communiquant sa propre émotion et le faisant passer tour à tour d\u2019un enchantement pénétré et méditatif à une gaieté fine et légère.Son talent de virtuose sait rendre de façon saisissante l\u2019effet apaisant, pathétique ou enlevant d\u2019une pièce, soit qu\u2019il égrène des trilles aériens, qu\u2019il roule les cascades de notes de la Neuvième Symphonie ou déchaîne sur un clavier le fracas tumultueux des batailles.Le musicien philippin puise de précieuses inspirations dans la richesse des beautés scéniques dont le Créateur a doté sa patrie.Telle une voile déployée pour capter la brise, son âme s\u2019ouvre largement aux souffles esthétiques qui jaillissent sous les splendeurs de la nature tropicale, des monts toujours verts, des glorieux couchers de soleil.On trouve la musique chez les primitifs montagnards de l\u2019intérieur et parmi les huttes de nipa des plages reculées, tout comme dans les plaines ouvertes, les plantations de cocotiers, les villes modernes, les édifices publics, les terrains de jeux, les cases sur pilotis perchées au-dessus de la mer.Partout, cet art sublime s\u2019enlace au cœur des populations et adhère étroitement à leur vie quoti- 355 aussi bien chez les Négritos de Mindoro que parmi les évolués des citadins de Manille.Cet amour de la musique trouve de fréquentes occasions de s\u2019exprimer en ce pays des fiestas où il n\u2019est égalé que par le goût des célébrations et des kermesses.Voilà bien, depuis des siècles, un autre aspect proéminent de la vie nationale dans les Iles.Insouciant, joyeux, paisible et religieux le petit homme bronzé et souriant des Philippines doit divertir à temps et à contretemps: il tombe malade s\u2019il ne fête pas ou n\u2019est pas fêté!.\tf Des programmes s'organisent en l'honneur de tout le monde, de tout événement local, national, religieux ou patriotique, de tout incident familial ou social qui survient sous le soleil; on trouve toujours quelque sujet de réjouissance et d\u2019amusement.Outre les solennités des saints patrons et les anniversaires les plus inattendus, on fête les semailles, la récolte, la pêche, la promotion d\u2019un ami, une guérison, une rencontre, un succès.Et, comme les Philippins ne peuvent jamais imaginer une cérémonie sans musique, ils se tournent d\u2019instinct vers elle, en toutes ces occurrences, comme vers un pouvoir d'expression magique et incomparable.Bien plus: le succès de la fête sera mesuré exactement au nombre de fanfares ou d\u2019orchestres qui y auront participé.Chaque village possède sa banda bien organisée, ainsi qu\u2019une société chorale florissante* plusieurs même en h WÊ\u2014m ont deux.Les processions où paradent cinq ou six fanfares ne sont pas exceptionnelles.Quant aux barrios fiestas, elles réunissent parfois jusqu\u2019à dix ou douze bandas accourues des localités environnantes.On imagine aisément le déploiement extraordinaire de concerts et les concours enthousiastes qui marquent ces fêtes pendant trois jours et trois nuits, car alors les harmonies sonores de ce bon peuple ne se taisent qu\u2019aux premières heures du jour.On peut dire que le Philippin naît, vit et meurt en compagnie de la musique.L\u2019enfant est porté au baptême à la cadence joyeuse d\u2019un pas redoublé.Quand le bébé reçoit le sel bénit, la musique éclate aux portes de l\u2019église et les cloches carillonnent.Au moment où le prêtre verse l\u2019eau sainte, nouvelle sonnerie plus reten- tissante et nouveau concert plus chaleureux.Puis le cortège s\u2019en retourne triomphal comme il est venu.La même fanfare villageoise annoncera la joie des fiançailles, scandera avec brio la marche nuptiale et finalement émettra des plaintes d\u2019élégie pour conduire les funérailles.Dans le cadre des coutumes nationales, c\u2019est encore la musique qui formule les sentiments et les communique de façon exquise.Le prétendant qui aspire aux bonnes grâces de quelque brune jouvencelle ne lui écrit pas de ferventes déclarations sur un parchemin de luxe.Il prend sa guitare, se glisse, au déclin du jour, sous la fenêtre de la jeune fille et là répand son cœur en de tendres sérénades qui se prolongent des soirées entières.Il s\u2019estimera le plus heureux des hommes si la belle aux yeux de jais veut bien répondre par un sourire à ses suppliantes mélodies.De même, la musique vocale ou instrumentale poétise les diverses phases du labeur quotidien.Des notes joyeuses s\u2019échappant de partout, à toute heure du jour, charment le visiteur étranger et lui souhaitent la bienvenue jusqu\u2019au fond des campagnes.Le fermier, monté dès l\u2019aube sur son carabao et qui fredonne une ballade en se rendant aux rizières; l\u2019adolescent au faîte d\u2019un cocotier où il module des bribes de cantilène en recueillant le tuba; la jeune femme qui chantonne en préparant le repas ou qui endort bébé au rythme d\u2019une berceuse populaire; les autobus débordants d\u2019élèves en excursion et qui passent en jetant aux échos les notes d\u2019un cantique: « Mother dear, O pray for me.»; ou encore le guitariste qui allège de ses mélodies le dur travail des planteurs de riz; le vendeur au marché qui éclate en chansons tout en plaçant ses produits à l\u2019étalage; le marin qui pousse un radeau sur la rivière à la cadence d\u2019une barcarolle: voilà quelques-unes des manifestations spontanées qui révèlent à la fois l\u2019attrait et le don particulier de ce peuple pour l\u2019art musical.De ce fait, les Philippins possèdent un folklore richement diversifié: refrains exquis du terroir, chants religieux, patriotiques ou militaires, nocturnes, sérénades, savoureux couplets de métiers nés du travail même et chantés par des chœurs de paysans avec une grâce naïve et originale, sans parler des belles polyphonies à trois ou quatre parties, toujours exécutées avec une technique, impeccable.La plupart des Philippins possèdent la connaissance de plus d\u2019un instrument, car l\u2019enseignement musical constitue une partie importante de l\u2019éducation au pays.Les enfants apprennent à solfier et à déchiffrer la musique tout comme à lire ou à écrire; c\u2019est même le plus aimé des sujets scolaires.Des sociétés philharmoniques d'une valeur indéniable fournissent aux jeunes sans distinction l\u2019opportunité de cultiver leur talent.Beaucoup embrassent la profession d\u2019artiste, comme pianistes de concerts ou chefs d\u2019orchestres, tout comme d\u2019autres choisissent la carrière médicale ou l\u2019enseignement.Pourtant, ils n\u2019escomptent pas des chances illimitées d\u2019avancement en ce pays doté de nombreuses vedettes, ni la haute considération réservée à leurs collègues en d\u2019autres contrées.C\u2019est pourquoi, plusieurs s\u2019en vont exercer leur art à l'étranger où ils émergent d\u2019ordinaire avec distinction 358 et à l\u2019honneur de leur race, comme directeurs des harmonies civiles, navales ou militaires.On trouve les musiciens philippins aux États-Unis, principalement sur la côte ouest, et dans plusieurs contrées de l\u2019Asie méridionale, à Tokyo, à Guam, en Tile portugaise de Macao, en Indochine française, au Thailand.Cependant, les petits virtuoses \u2018des Iles accordent leurs préférences à la brillante ville de Hong Kong où ils forment une société forte, bien organisée, qui s\u2019occupe de fournir régulièrement des engagements à tous ses membres.Aussi, après un certain temps, la plupart décident d\u2019y planter leur tente et font venir leurs familles.A côté des professionnels, il y a le peuple mélomane pour qui la musique est non seulement le délassement favori, mais une véritable faim, et beaucoup sacrifient temps et argent pour la satisfaire.Bien plus qu\u2019un agréable passe-temps, ces gens simples et sensibles recherchent dans la musique une amie compréhensive qui parle à leur cœur tout autant qu\u2019à leur esprit et qui peut traduire tous les chants de l'âme en exil.Souvent, ils lui demandent un refuge dans leurs peines, une sensation de réconfort et un renouveau d\u2019énergie.Toujours, ils y trouvent le culte de la beauté et comme un symbole d\u2019union et d\u2019harmonie sociale.Car la musique et le chant font les sociétés meilleures; ils nouent des liens puissants entre les âmes en mettant en commun ce qu\u2019elles ont de plus noble et en les déversant, pour ainsi dire, les unes dans les autres.Le soir, au bord des flots, sous l\u2019haleine ensorceleuse de la nature tropicale et dans une féerie toujours inédite de teintes crépusculaires, les villageois se groupent devant les cases et au carrefour des ruelles, ou bien ils s\u2019assemblent sur la plaza.Une brise fraîche venue de la mer a tempéré la chaleur du jour; là-haut les étoiles silencieuses sont aux écoutes et, tout autour, les palmiers semblent dressés dans une attention solennelle.Alors la musique monte des cuivres en vagues sonores, chantantes, pacifiantes, et les auditeurs la boivent à longs traits avec l\u2019avidité et l\u2019élan des assoiffés.Le temps, la fatigue, le chagrin n\u2019existent plus.Les visages reflètent une émotion intense, une beauté neuve, des traits soudainement libérés, apaisés.Car la musique possède ce privilège de faire crouler, sous la douce avalanche des sons, les griefs, l\u2019égoïsme, les préoccupations mesquines, de faire communier les hommes à la joie, à la paix, à l\u2019harmonie.Dans ces foules attentives, il n\u2019y a plus le riche et le pauvre, l\u2019intellectuel et l\u2019ignorant, le patron bourgeois et l\u2019humble pêcheur., il n\u2019y a que l\u2019âme d\u2019un peuple célébrant sa foi, sa patrie, sa liberté, chantant à l\u2019unisson ses luttes, ses triomphes, ses espoirs.Et quand la banda a joué l\u2019hymne national clôturant le concert, les auditeurs, l\u2019âme rajeunie, en rapportent l\u2019écho sous les toits de nipa et, longtemps encore, les guitares, les violons et les pianos \u2014 aujourd\u2019hui, instruments préférés du peuple\u2014 jetteront leurs notes séduisantes dans la nuit tropicale, par les baies largement ouvertes.Les douces mélodies feront silence quelques heures à peine, pour fuser de nouveau dès l\u2019aurore, continuant de semer la joie et la vie en ces Iles du soleil, en cette terre de la musique et des chansons.359 LAOA& TAfrUE mcoN rt/^5 pouluo tpR DE CHINE MÉRIDIONALE _ PINAS CAT/AN DUANES QCÉRtl PflDIFiqiJE 51BUYAN SAMA Vis A Y 'EKTO PRINCKSA.'OHOL MER DE JOLO GOLFE DE MORO TA MJ&QA N &A' mer BORNÉO0^! DU NORD DE CELEBES V Elles aussi ont dit oui ¦- ¦ ; ¦: -J4i^ jf- ¦.> * ; MATI, Iles Philippines javais i M.I.C Sœur THERESE-DE-LA-SAINTE-FACE Yuck Chin, Yuck Shui, Yuck Kay.J\u2019avais pensé ne jamais venir à bout de prononcer correctement ces trois prénoms chinois.encore moins de les placer chacun sans erreur sur le visage respectif des sœurs Lee.Non pas qu\u2019elles fussent laides! Au contraire, elles formaient un trio remarquable par cette grâce douce et fraîche, semblable à celle du lotus, dont le Créateur a paré la jeune fille chinoise.Toutefois le charme de leur personne ne pouvait empêcher qu\u2019en mon cœur il se mêlât beaucoup de pitié à la sympathie, car ces beautés en fleur ne possédaient pas la vie surnaturelle qui rend l\u2019âme gracieuse.Si les trois la désiraient pourtant cette grâce de l\u2019âme! Imaginez ma surprise quand je m\u2019aperçus que mes trois païennes portaient toujours le chapelet au cou et quand j\u2019appris qu\u2019elles égrenaient chaque soir un collier A'Ave! Peu après, je remarquai leur absence intermittente de la récréation: le trio s\u2019esquivait pour une visite au Saint Sacrement ! Aux examens périodiques, qui se classait au premier rang?Les trois sœurs Lee.Au cours de religion, qui levait la main le plus haut et me donnait les bonnes réponses?Toujours les trois sœurs.Elles dévoraient tous les romans à résonance catholique de la bibliothèque sans compter les brochures de la Congrégation mariale.Mais si par hasard quelqu\u2019un leur touchait un mot du baptême, elles se dérobaient, réticentes: « Maman ne nous le permettra point », et l\u2019on sentait qu\u2019il ne fallait pas insister.Arriva pour Yuck Chin et Yuck Shui le terme des études à notre High School.Pas un élève ne fit les choses plus dignement et plus sérieusement que ces jeunes filles.Au lendemain de la collation des diplômes, elles assistaient à la messe spéciale célébrée par Mgr Michaud pour les finissants, et, à l\u2019instar de leurs compagnons et compagnes, elles promettaient de fréquenter un collège catholique.Vers la mi-été, Yuck Chin disparut soudain de Mati.Pourquoi ce départ sans le moindre signe d\u2019amitié, s\u2019alarmèrent ses connaissances ?C\u2019est que depuis quelque temps, un beau jeune Chinois païen de l\u2019étranger se trouvait l\u2019hôte de sa mère.Yuck Chin n\u2019avait pas été longue à deviner qu\u2019elle serait bientôt liée à cet homme, selon les coutumes de sa famille, et elle n\u2019avait pas voulu prendre de chance.Elle avait donc sauté dans le premier bateau et s\u2019était enfuie à Digos, chez sa sœur mariée là-bas.Ce qui s\u2019ensuivit demeura secret car les Lee ne parlent pas de leurs affaires domestiques, mais Yuck Chin ne fut pas forcée d\u2019épouser le fiancé choisi par ses parents.En juin, elle commençait au collège catholique de Davao un cours préparatoire à la carrière d\u2019infirmière.Yuck Shui, elle, optait pour la pharmacie.Toutes deux se disaient heureuses de pouvoir étudier encore chez des religieuses, et tout alla pour le mieux dans le meilleur des mondes.Les sœurs Lee se maintinrent parmi les leaders des classes et conservèrent leur bourse d\u2019étude.Le jour de ma fête, je recevais un bouquet spirituel de mes deux anciennes élèves: messes, rosaires, invocations, sacrifices même, tout y était; seule la ligne des communions était restée en blanc.En marge, une note explicative me brouilla les yeux et me fondit le cœur de joie missionnaire: « Maintenant, avaient écrit les 1 Thérèse Leblanc, de Moncton, N.B.363 jeunes filles, nous entendons la messe régulièrement.et peut-être serons-nous bientôt baptisées.C\u2019est là notre plus intense désir.Priez pour nous! » Prier pour elles!.comme si je pouvais oublier de prier pour ces chères enfants! Aux vacances de Noël, les deux étudiantes me rendaient visite: elles rayonnaient d\u2019espérance.Puis elles retournèrent à Davao pour le second semestre.Le 2 mars, en ce jour du jubilé sacerdotal de Sa Sainteté Pie XII, Yuck Chin et Yuck Shui, d\u2019un pas léger et résolu, se présentaient à la Maison régionale des Pères des Missions-Étrangères et réclamaient le baptême.Non seulement furent-elles exaucées, mais S.Exc.Mgr Thibault daignait les confirmer sur-le-champ, donnant tout de suite à leur foi la taille adulte.Alors elles écrivirent à la benjamine Yuck Kay qui terminait chez nous ses études: « Oh! nous avons un secret merveilleux à te dire! » De son côté Yuck Kay luttait: ses amies, qui connaissaient ses convictions religieuses, la pressaient de demander, en guise de cadeau de graduation, la permission d'être baptisée.Quand Yuck Kay entendit parler du bonheur de ses aînées, elle le voulut sien.Le Samedi Saint, belle comme un lis dans sa toilette neigeuse, ayant pour marraine Erlinda, sa meilleure amie et sa rivale en classe, elle reçut l\u2019eau purificatrice ainsi que le nom de Marie.Maintenant le trio Lee communie 364 presque chaque matin.Un jour des vacances que je m\u2019approchais de la Sainte Table en compagnie d\u2019une jeune Chinoise de Manille venue me visiter \u2014 elle aussi une convertie et mon ex-élève, \u2014 jetant un regard sur ma voisine de gauche timidement agenouillée, je vis que c\u2019était Yuck Shui.J\u2019allais donc recevoir Notre-Seigneur entre ces deux chrétiennes à qui j\u2019avais eu le privilège de révéler Dieu! La joie bouleversa mon cœur missionnaire, et je ne pus retenir mes larmes.Peut-être, lorsqu\u2019il nous distribua le Pain de vie, le prêtre fut-il intrigué par cette rosée qui me perlait aux cils, me glissait sur les joues et jusque sur ma guimpe.Mais Notre-Seigneur savait, Lui! Il savait que la gratitude débordait de mon âme et que je pouvais seulement bredouiller: « Merci, cher Seigneur, de vous être servi de moi comme d\u2019un instrument de votre grâce dans la conversion de ces jeunes filles! Ah! si j\u2019avais dit non quand vous m\u2019avez appelée!.»\t365 t La Semaine Sainte à par Saur ELISABETH-DE-LA-TRINITE La procession de la Vierge douloureuse, le Vendredi Saint.1\t** /j i « \u2022 ' , .Hi » u;.t PHILIPPINES Le peuple philippin est naturellement religieux.Il a gardé des traditions espagnoles dont il s\u2019est nourri pendant plus de trois siècles, le culte des pratiques extérieures de dévotion, en particulier des processions et autres manifestations collectives de piété.Cela se conçoit: durant des centaines d\u2019années peut-être, ne possédant aucun livre, les fidèles, pour se remémorer les scènes de la vie de Notre-Seigneur, les reconstituaient sous forme de théâtre.Aussi les coutumes qu\u2019on trouve encore aujourd\u2019hui et qui peuvent parfois faire sourire un occidental, sont-elles imprégnées de parfum d\u2019Évangile.C\u2019est à la campagne surtout que sont conservées ces traditions séculaires auxquelles tout Philippin attache une importance primordiale, alors que souvent les obligations fondamentales du catholicisme le laissent indifférent.Les trois derniers jours de la Semaine sainte étant chômés aux Philippines, on en profite pour remplir le grand précepte de la confession et de la communion pascales.A Padada, un nouveau district qui compte 70,000 catholiques et dont sont chargés deux Pères des Missions-Etrangères de Pont-Viau, les foules commencent à arriver dès le jeudi matin.Plusieurs viennent de loin et séjourneront à la Mission le reste de la semaine, aussi on installe à leur intention de petits kiosques sur le terrain de l\u2019église pour la vente de victuailles.Pendant ce temps, hommes, femmes et enfants se massent autour des deux confessionnaux.Les pauvres Missionnaires n\u2019en sortiront que pour la célébration des offices liturgiques, et même alors, l\u2019un des Pères continuera parfois à absoudre les pénitents.On n\u2019a qu\u2019une faible idée, au Canada, de ce que représentent, dans leur réalité pratique, ces cinq mots: 70,000 âmes pour deux prêtres! S\u2019imagine-t-on seulement, dans ces conditions, que même si un prêtre confessait cinq heures par jour durant trois cent soixante-cinq jours, il n\u2019aurait pas encore entendu tous ses paroissiens! Nos Missionnaires canadiens sont vraiment admirables de dévouement et d\u2019abnégation et se 1 Rhéa Allard, de Sainte-Elisabeth de Joliette.367 donnent sans compter, surtout aux veilles des grandes fêtes comme celle de Pâques, pour procurer^ les secours spirituels à toutes les âmes qui leur sont confiées.Ves 6 h.30, le jeudi soir, une première procession s\u2019organise.Le char de Notre-Seigneur, le Nazaréen, ouvre le défilé, tandis que celui de Notre-Dame des Sept-Douleurs le termine.La Vierge est recouverte d\u2019un long voile noir qu\u2019elle portera jusqu\u2019à l\u2019aube de Pâques.Silencieux et recueillis, les habitants suivent tranquillement le cortège en tenant une bougie allumée à la main.Ils parcourent une bonne distance, puis rentrent pour l\u2019office de 7 heures.?3 Le tombeau du Christ en tête du cortège. L\u2019église de Padada est vaste et bien aérée puisqu\u2019elle ne possède encore ni murs ni plancher! La majorité des assistants demeurent à genoux sur la terre nue durant toute la cérémonie.Dans le chœur, sans plancher lui aussi, on a disposé des prie-Dieu pour les religieuses du côté de l\u2019Êpître, tandis que douze apôtres vêtus de robes roses, vertes, jaunes ou rouges, sont placés du côté de l\u2019Évangile.Après le sermon, l\u2019officiant s\u2019agenouille dans la poussière pour laver les pieds à ces douze hommes dont la gravité parfaite atteste l\u2019entière conscience du geste symbolique qui s\u2019accomplit sur eux.La scène est émouvante, et si le spectacle de nos belles fêtes catholiques s\u2019avère toujours et partout un sujet d\u2019édification et de réconfort, il l\u2019est encore davantage ici, ce semble, car les orientaux, très simples et très expansifs, ont une façon spéciale d\u2019exprimer leurs sentiments de dévotion.L\u2019office du Vendredi saint se célèbre en conformité avec la récente liturgie de l\u2019Église.Mais n\u2019allons pas croire que nos Philippins vont se défaire si tôt de leurs rites à eux.Au cours de la journée, ils ont dressé en avant de l\u2019église une vraie montagne d\u2019arbres dans laquelle ils ont planté un très grand crucifix.Quand vient le moment de l\u2019adoration de la croix, des hommes descendent le Christ voilé et le portent en face de l\u2019autel.Alors c\u2019est une ruée de la foule sur les arbres: on casse les branches, on se les arrache jusqu\u2019à ce qu\u2019il n\u2019en reste plus une seule! C\u2019est pour ainsi dire un deuxième dimanche des rameaux! Après la cérémonie, un long cortège s\u2019ébranle.Au son lugubre de la fanfare, on suit en procession le tombeau de Notre-Seigneur, quasi grandeur naturelle, et la statue de la Vierge douloureuse avec son manteau de deuil.La nuit descend quand le défilé revient à l\u2019église; mais ces gens qui ont prié presque toute l\u2019après-midi n\u2019en paraissent guère fatigués.Dès 8h.30, les Enfants de Marie partent à leur tour en chantant et récitant des Ave, puis à leur rentrée, un troisième groupe, celui de l\u2019Action catholique, refait le même chemin avec autant de sérieux et de ferveur.Le Samedi saint, l\u2019office débute à 6 heures de l\u2019après-midi et se déroule comme en notre pays, avec cette différence, je crois, que les fidèles gardent leurs cierges allumés jusqu\u2019à la fin de la messe.Pour les enfants placés sur l\u2019agenouilloir servant de balustrade, le parquet en terre offre cet avantage qu\u2019il leur permet d\u2019accumuler de petits monceaux de sable et d\u2019y planter leur chandelle! Quelques-uns trouvent aussi fort amusant de faire griller les insectes qui s\u2019aventurent dans leur voisinage! Toutefois, 369 Baptêmes en série, le dimanche de Pâques, R.P.C.Bernard, P.M.E.1 \u2018 VSF iCit- ÆL r* i w *ÊÊÊK0 MsÉm I el Elcuentro ou procession de la rencontre.A 3 h.30, le jour de Pâques au matin, les notes enlevantes de joyeux alléluias s\u2019échappent du clocher de l\u2019église, où un puissant haut-parleur est installé, et tirent toute la paroisse du sommeil.Comme les bons Philippins, nous nous hâtons de répondre à cet appel de ralliement matinal.Escortant le char de Notre-Seigneur ressuscité, les hommes se dirigent d\u2019un côté, les femmes de l\u2019autre avec la Vierge, cette fois voilée de blanc.Tout le monde marche bon pas et jamais peut-être n\u2019avons-nous mieux compris l'empressement des saintes femmes à se rendre au tombeau du Christ.Au bout de la rue, en face du couvent, une arche a été dressée.C\u2019est là que doit s\u2019effectuer la rencontre de Jésus et de sa Mère.Au faîte de l\u2019arche, une large étoile et, aux quatre coins, de jolis anges vivants qui montrent leurs minois bruns et leur paire d\u2019ailes déployées.A l\u2019instant où les deux chars se rejoignent sous l\u2019arche, l\u2019astre immense entrouvre son cœur et un angelot rose en sort gentiment en chantant le Regina cœlil Retenu par un câble, il descend vers la Vierge et, avec délicatesse, enlève le voile qui lui cache la figure.L\u2019auguste Mère alors reconnaît son Fils glorieux! Scène enfantine, pourrait-on croire ?Non, spectacle touchant par son symbolisme évangélique! C\u2019est dans le recueillement de l\u2019assistance n\u2019est cet esprit que les bonnes gens de la pas le moins du monde troublé région s\u2019y associent.C\u2019est avec cet par ces menus incidents!\tesprit également que je garderai de Mais voici, il me semble, le point ma Semaine sainte à Padada un sou-culminant de toutes les démonstra- venir plein de saveur orientale et de tiens de la Semaine sainte à Padada: pieuse édification.371 Sur une plantation d\u2019arbres à caoutchouc par Saur MARIE-DELI A *, M.I.C.N K AT A BAY L'hévéa, communément appelé arbre à caoutchouc, est originaire de la région de l'Amazone.Introduit en Afrique à titre d\u2019essai, vers 1910, il s\u2019y révéla une précieuse ressource des zones tropicales et la culture s\u2019en répandit dans plusieurs autres pays de l\u2019Asie sud-orientale.Aujourd\u2019hui, la production de ces èontrées dépasse celle du continent américain.Une vaste plantation d\u2019environ quarante mille arbres est en exploitation à peu de distance de Nkata Bay.Depuis longtemps nous désirions y faire \u2014 sans jamais en trouver le moyen \u2014 une excursion documentaire fort utile à notre enseignement des sciences naturelles: autos et au^ tobus ne fourmillent pas sur les chemins du Nyassa-Nord! Mais la Providence a souvent de ces délicatesses qui créent des opportunités; et elle nous envoyait un jour nos compagnes de Katete dans une grande voiture.Sans perdre une seule minute en palabres, huit joyeuses missionnaires sautent sur l\u2019occasion et dans la bienheureuse voiture! A l\u2019école secondaire de Limpasa, dirigée par les Pères Blancs, Sœur Claude - de - la - Colom-bière se munit d\u2019informations précises, et nous piquons sur Vizara.Bientôt apparaît la plantation: forêt dense d\u2019arbres de toutes grandeurs.Les fûts les plus élevés, élancés, aux branches très hautes, attei- 372 1 Marie-Marthe Terrien, d\u2019Ottawa- Bananeraie ou plantation d\u2019hévéas, c'est toujours pour Sœur Marie-Délia le Nyassaland et sa flore typique.gnent une cinquantaine de pieds.La plupart portent la cicatrice de l\u2019entaille caractéristique pratiquée en biais: sur une largeur d\u2019environ douze pouces, une plaque d\u2019écorce a été enlevée et laisse voir l\u2019étroit canal par où s\u2019écoule le latex, sève lactée, que reçoit un récipient fixé au bas de l\u2019arbre.Généralement le jeune arbuste laticifère n\u2019est entaillé que ses cinq ans accomplis; il mesure alors dix-huit pouces de circonférence et trois pieds de hauteur.Toutefois il ne fournit son plein rendement qu\u2019à l\u2019âge de dix ans.Mais ensuite, et jusqu\u2019à ses cinquante ans, il ne connaît plus de repos, sauf pendant quatre ou cinq mois, à l'époque des chaleurs torrides annuelles où le suc sèche à l\u2019arbre.Une route qui coupe à travers la plantation nous conduit à une sorte d\u2019usine caoutchoutière où le latex subit diverses transformations.Cette installation de brousse plutôt rudimentaire est administrée par un Indien très obligeant qui s\u2019empresse de nous faire visiter, tout en nous expliquant les opérations auxquelles est 373 soumise la matière première.On recueille la sève de l\u2019hévéa dès le point du jour avant que la chaleur ne la durcisse, et elle est transportée à l\u2019usine dans des chaudières.Plus de cinq cents indigènes sont employés à ramasser le beau liquide laiteux, et Us se hâtent car la paye est en proportion de la récolte.Un examen au thermomètre permet de vérifier la qualité du produit et de déjouer les finauds qui seraient tentés d\u2019ajouter de l\u2019eau pour gagner davantage.La sève, versée dans de larges casiers, se coagule sous l\u2019action de l\u2019acide acétique qu\u2019on y mélange.Elle prend alors l\u2019aspect d\u2019un lait caillé collant au toucher.Quelques heures plus tard \u2014 le temps varie d\u2019après la quantité d\u2019acide employée \u2014 le latex suffisamment solidifié, passe entre des rouleaux de fer qui en extraient l\u2019eau et le transforment en longues bandes de caoutchouc lesquelles vont s\u2019amincissant au cours des diverses phases de l\u2019opération.Au sortir du dernier cylindre, elles n'ont plus qu\u2019un huitième de pouce d\u2019épaisseur.Pour débarrasser ce caoutchouc de toute humidité, on le suspend au toit d'un hangar.L\u2019assèchement complet dure d\u2019ordinaire deux semaines après quoi les bandes sont taillées en morceaux rectangulaires de vingt-quatre pouces de longueur sur douze de largeur.Un triage les classe en trois catégories principales: celles de première qualité, de couleur crème, gardent certaines propriétés spongieuses mais présentent une surface lisse sans aucune fissure; les lisières marquées du moindre petit trou sont mises à part; enfin, il y en a d\u2019un brun très foncé comme mêlées d\u2019écorce d\u2019arbre et semblables à du vieil élastique: « C\u2019est le caoutchouc de qualité inférieure, explique l\u2019Indien.Il provient de la sève durcie à l\u2019arbre; il a aussi son utilité, car, ici, rien ne se perd.» Les produits de cette usine locale sont dirigés vers la Rhodésie du Sud et servent à la confection des semelles de souliers.D\u2019énormes bal- lots attendent le moment de l\u2019expédition; la production, paraît-il, est loin de* répondre à l\u2019ampleur toujours croissante de la demande.Avec beaucoup d\u2019obligeance, notre cicerone nous gratifie de tous les échantillons de caoutchouc souhaitables pour l\u2019enseignement de cette industrie africaine.Très satisfaites d\u2019avoir enrichi nos connaissances touchant une importante ressource du pays, nous reprenons l\u2019étroite route à travers la plantation.Des groupes de Noirs s\u2019étonnent de voir tant é'Amayi réunies ensemble et ils nous saluent d\u2019un sourire éclatant.A quand le jour tant désiré où nos soixante mille Watonga, païens de Nkata Bay, sauront le nom de ce Père des cieux, l\u2019auteur de l\u2019hévéa, cet arbre si bienfaisant qui se laisse saigner tout comme le bel érable du Canada ? Des logis pour tous l'AWE AMERICAINE A FORMOSE A Formose, comme en toute autre contrée, on reconnaît que les bons logements sont une source de stabilité sociale, de meilleure activité et productivité industrielles.^ En raison du surpeuplement de l\u2019Ile au cours des dernières années, le problème du logement s\u2019avérait complexe et difficile à résoudre.L\u2019influx massif des réfugiés de la Chine communiste y avait amené environ 2,500,000 personnes en 1949-50, auxquelles s\u2019ajoutèrent plus de 18,500 évacués des îles Tachen et Nanchi au début de 1955.Notons que, sans apport extérieur, la population de Taïwan augmente d\u2019à peu près 300,000 par année, le taux des naissances y étant le plus élevé peut-être du monde, tandis que celui des décès atteint à peine dix pour mille.Beaucoup de ces gens languissaient dans des conditions déplorables de pauvreté et de promiscuité; il importait donc de remédier au plus tôt à la crise du logement.Le plan directeur qui déclencha en ce sens la coalition de tous les efforts possibles fut le projet de logis à bas prix pour les 2,600 débardeurs du grand port de Keelung, dont 60% des cabanes avaient été détruites au cours de la dernière guerre.Les travaux débutèrent en septembre 1954 et, un an plus tard tel que prévu, déjà 72 habitations confortables, pourvues d\u2019eau courante et d\u2019électricité, s\u2019élevaient gaies et proprettes sur le flanc des collines surplombant le port.La Dockworkers Labor Union, le 377 Femmes la maquette de leur future demeure et enfants examinant S, 3.Harbor Bureau et la ICA Mutual Security Mission to China avaient travaillé en étroite collaboration pour résoudre la question des finances, des pians et des travaux de construction.Par quel chemin était-on parvenu à ces heureuses réalisations ?D\u2019abord, en portant à la connaissance du peuple un plan de construction pouvant s\u2019adapter aux goûts et aux moyens de chaque individu.Ensuite on fit appel aux efforts personnels: « Construisez de vos mains votre propre demeure », tel fut le slogan de cette campagne.Il visait à créer l\u2019intérêt et l\u2019enthousiasme, tout en éliminant le coût de la main d\u2019œuvre.On proposa aux intéressés différents modèles d\u2019habitations, les unes en blocs de mâchefer et béton, les autres en bois, quelques-unes en aluminium, depuis le type « A » avec ses quatre chambres spacieuses, cuisine, salle de \u2022 Un\\ m^!?ire.E,,8°n pour ,a fabrication, à la main, ordiniî^«de c.,m®nt- ^ briques de ciment, équivalant à 3,000 brique* ordinaires, sortent nar mm* A* *+*>§¦**\t__ ^ _| a a\twww w* «a wo V1C V^llllexl Vf ordinaires, sortent par jour de cette machine.«R %.;! n>\\* 7*C^; bain et dépendances, jusqu\u2019au modeste mais pratique modèle « D » à deux pièces.Ces spécimens furent l\u2019objet d\u2019un vibrant intérêt parmi les milliers de chinois qui visitèrent le National Housing Exhibit tenu à Taipei.Des brochures et des feuillets décrivaient les moyens à prendre pour arriver à construire l\u2019une de ces agréables demeures, grâce à des emprunts et conditions de remboursement facilement abordables à tous.Le rêve longtemps caressé allait devenir une réalité.Un grand pas vers le succès de l\u2019entreprise fut l\u2019usage de la machine à main, permettant à un particulier de produire lui-même, de façon très économique, son matériel de construction.On utilisa le sable, la boue et le mâchefer, mêlés de 8% seulement de ciment, pour fabriquer les briques et même les tuiles pour le toit.A Keelung, on ne requit des débardeurs pour leurs maisons respectives que 60 jours ou 480 heures de travail: creusage des fondations, posage des briques, charroi du matériel.Ils recevaient gratuitement des ingénieurs l\u2019aide, les avis et directives techniques pour leur construction.Les bienfaits de cette méthode se propagèrent en chaîne jusqu\u2019à l\u2019autre extrémité de l\u2019Ile.Bientôt les débardeurs de Kaohsiung, grand port du sud, de même que les mineurs et les travailleurs des salines, mirent en marche leur propre entreprise.Aujourd\u2019hui, toute la population s\u2019intéresse vivement à l\u2019idée d\u2019une habi- * 379 Un mineur et «es enfants regardent anxieusement s'élever leur logis.mmm U i tation personnelle, propre, attrayante et, au surplus, peu coûteuse.La popularité et le succès de cette campagne découlèrent de la facile voie d\u2019accès des efforts personnels, du coût très réduit des constructions, de l\u2019excellente coopération entre les agences américaines et chinoises, enfin de la façon dont elles ont procuré l\u2019aide financière et technique requise, avec l\u2019actif support des spécialistes de la ICA Mutual Security Mission to China.Ce programme des logis pour tous et sa large expansion à Formose constituent une brillante réalisation dans le développement politique, social et économique de l\u2019Ile.Site des logis construits pour les débardeurs de Keelung, port de mer au nord de Taiwan.? (Extrait des informa-tions publiées par ICA Mutual Security Mission to China.Les photos ont \u2022té gracieusement fournies par le même organe.) LES COTEAUX, HAITI Ralliement légionnaire par Sœur SAINT-JEAN-DU-CENACLE1, M.I.C.En avril dernier, le Département du Sud était le théâtre de Y Actes, grand ralliement annuel de la Légion de Marie.La réunion eut lieu à Port-à-Piment.Au matin du jour fixé, Sœur Gemma-du-Sauveur 2, Sœur Hélène-du-Sacré-Cœur 3 et moi prenions place, avec d\u2019autres membres devant être présents à la séance d\u2019ouverture, dans la camionnette que les Pères Oblats du Gabion avaient mise à la disposition des légionnaires.A dix heures précises, tous les officiers des quinze præsidia attachés à la Curia de la côte se trouvaient réunis dans la vaste salle paroissiale de Port-à-Piment.La séance débuta par les prières ordinaires, la lecture spirituelle, l\u2019appel des membres, etc.Ensuite, le R.P.Péloquin, O.M.I., directeur spirituel de la Curia, exprima sa joie d\u2019une si brillante assemblée et exprima le vœu de voir bientôt chaque paroisse de la côte dotée d\u2019un ou de plusieurs præsidia, car « plus il y en aura, mieux cela vaudra », dit-il.M.le Président Elion Damas proposa l\u2019étude des points suivants: 1° la charité, la plus grande des trois vertus; 2° ce que requiert la charité dans l\u2019admission des membres de la Légion: aucune distinction de rang ou autre; 3° ce qu\u2019elle de- 1\tGérardine Vaillancourt, de Québec.2\tGemma de Grandpré, de Saint-Simon, Bagot.3\tHélène Hétu, de Montréal.382 mande à l\u2019égard des autres organisations.Les discussions du forum laissèrent dans les esprits des idées plus claires, grâce à la mise au point très précise du R.P.Lussier, O.M.I., curé de Port-à-Piment.A deux heures de l\u2019après-midi, un nombre imposant de prêtres, de religieuses, d\u2019officiers et de membres de la Légion se rassemblèrent à la même salle pour la procession jusqu\u2019à l\u2019église avec bannières de chaque paroisse et aux accents enthousiastes du chant légionnaire.Il y eut récitation du chapelet, cantiques, sermon marial par le R.P.Jacques Henry, O.M.I., vicaire aux Coteaux, et acte de consécration individuel et collectif à la Très Sainte Vierge.A côté de la statue, se tenait M.le Président.Il portait l\u2019étendard de la Légion, le Vexillum, à la hampe duquel chaque membre posa la main droite en prononçant sa consécration.La cérémonie se termina par la bénédiction du Saint Sacrement.Au sortir de l\u2019église, quelques membres des différents præsidia exécutèrent, à la salle paroissiale, une séance récréative fort goûtée.Tous emportèrent de cette magnifique journée un sentiment accru d\u2019union et de fidélité à leur Reine ainsi que force et bénédictions pour une nouvelle année de luttes et de loyal service sous l\u2019étendard de la Légion. Maisons des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception * \u2022Wr i AU CANADA MAISON MERE, 2900, chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal 26 .NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 9 .OUTREMONT, 314, chemin Sainte-Catherine Montréal 8 .HOPITAL CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière Montréal I .NOM1N1NGUE, comté Labellc, Qué.RIMOUSKI, Qué.JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis.QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille.VANCOUVER, Refuge de l'Immaculée-Conception 236, rue Campbell.VANCOUVER, Hôpital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard.TROIS-RIVIERES, 1325, rue de la Terrière.OR AN B Y, 35, rue Dufferin.GRANBY, 279, rue Principale.CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle.SAINTE-M ARIE-DE-BEAUCE, Qué.SAINT-JEAN, Qué., 430, rue Champlain.PERTH, N.B.OTTAWA, Ont., 443, rue Gilmour.AUX ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street.EN CHINE MAISON NOTRE-DAME-DE-FATIMA, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong.NOTRE-DAME-DE-LA-PROTECTION, Clear Water Bay Road, Kowloon, Hong Kong.A FORMOSE KUANHSI, Catholic Church, Hsinchu Hsicn, Taiwan.SHIH KUANG TSE, Catholic Church, Hsinchu Hsicn, Taiwan.TAIPEI, Ho Ping Tung, 2nd Section, An Tung Chieh 363, Taiwan.AU JAPON KORIYAMA, 96 Toramaru, KoriyathAShi, Fukushima Ken.WAKAMATSU, 480, sakae machi, Aizu Wakamatsu.TOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya ku.EN ITALIE ROME, via Giacinto Carini, 8.AUX ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Anglo Chinese Academy, Gen.Luna St., Intramuros.MANILLE, 2212 S.del Rosario St., Tondo.LAS PINAS, Rlzal.MATI, Davao Province.DAVAO City, Our Lady of Good Counsel Hall.PADADA, Davao Province.BAGUIO, City, II, Pacdal, Mountain Province.AUX ANTILLES LES CAVES, Haiti.LES COTEAUX, Haiti.ROCHE-A-BATEAU, Haiti.PORT-SALUT, Haiti.CAMP-PERR1N, Haiti.MIREBALAIS, Haiti.LIMBE, Haiti.CAP-HAITIEN, Haiti.CHANTAL, Haiti.TROU-DU-NORD, Haiti.PORT-AU-PRINCE, cité Magloire, no 2.DESCHAPELLES, Hôpital Albert Schweitzer.Boite Postale no 4, Saint-Marc, Haiti.MERCEDES, Province dc Matanzas, Cuba.MARTI, Province de Matanzas, Cuba.MANGUITO, Province de Matanzas, Cuba.LOS ARABOS, Province dc Matanzas, Cuba.MAXIMO GOMEZ, Province de Matanzas.Cuba.COLON, Province de Matanzas, Cuba.EN AFRIQUE KATETE MISSION, Katete River, P.O.Nyasaland, B.C.MZAMBAZ1 MISSION, Kafukule, P.O.Nyasaland, B.C.RUMPH1 /MISSION, Rumphi, P.O.Nyasaland, B.C.KARONGA MISSION, Karonga P.O.Nyasaland, B.C.KASEYE MISSION, Fort Hill P.O.Nyasaland, MB.C, MZUZU MISSION, Nyasaland, B.C.NKATA BAY MISSION, Nkata Bay, P.O, Nyasaland, B.C.FORT JAMESON, P.O.Box 106 Northern Rhodesia, B.C.A MADAGASCAR MORONDAVA, Madagascar.É -T-i ÿsS.- -, «U '¦\u2019V* > to .¦A.^ 1 ,,^'f , ' Region des mines.Baguio, lies Philippines "]
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