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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Janvier-février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Références

Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1959-01, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XXe \u2014- 40e année Janvier-Février 1959 Montréal \u2014 No 7 L(& Piré©iu}irm(Biunr 2900, Chemin Sainte-Catherine \u2014 Côte-des-Neiges, Montréal 26 Imprimatur: f Mgr Paul Touchette, P.A., V.G., 6 décembre 1957.Nihil obstat : Oscar Gravel, ptre, 1er septembre 1958.Vol.XXe \u2014 40e année\tMontréal, Janvier-Février 1959\tNo 7 Revue bimestrielle, publiée par les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.SOMMAIRE Compliment malgache 291 ABONNEMENT Le 23e jour de la 12e lune 292 Par an.$1.00 A vie.20.00 Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.Vase de bénédictions et sa mule.Sœur Saint-Edmond, m.i.c.La vie paysanne à Formose.Sœur Sainte-Emérentienne, m.i.c.Le bambou.Sœur Marie-de-la-Rédemption, m.Lc.Partantes de 1958.300 305 308 312 AVANTAGES : Noël et le Jour de l\u2019An au Japon Sœur Marie-Georges, m.i.c.Les abonnés participent aux prières, travaux et sacrifices de toutes les Religieuses de la Communauté, particulièrement des Missionnaires à l\u2019œuvre dans les cinq parties du monde.De plus, une messe est célébrée chaque semaine pour les abonnés vivants et une autre pour les défunts.Noël au Noviciat.Une postulante Loveness.Sœur Françoise-de-Lisieux, m.i.c.Jeu d\u2019enfants.Vocations futures ?Sœur Saint-Athanase, m.i.c.Nécrologie .314 320 325 331 334 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.Page-couverture : Elisabeth aux poinsettias vous dit du Nyassa-Nord : CIRIMIKA CIWEME ! Bonne Année ! Compliment malgache Seigneur, ôtez de moi tout blâme.Je ne suis pas le soleil resplendissant qui éclaire le j ni la lune gracieuse qui balaie la nuit.Je suis un roitelet auprès d\u2019un paon, aussi baissé=je la tête et salué=je sept fois.Chers bienfaiteurs, vous êtes comme le faîtage où aboutissent tous les [chevrons de notre maison.Vous êtes semblables à la paume de la main sur laquelle s\u2019agitent les doigts.Vous êtes le platane géant, le beau lac, ornement des champs et parure de la plaine.En un mot, vous êtes l\u2019objet de mes souhaits, donc \u201c Bonne, Heureuse et Sainte Année ! \u201d Chers bienfaiteurs, \u201c Tirer une grosse pierre sans crier, disent nos ancêtres, c\u2019est perdre les trois quarts de ses forces.\u2014 Danser sans tambours, c\u2019est risquer de perdre le rythme; de même, prononcer un discours, sans exprimer la [reconnaissance, c\u2019est en diminuer de moitié le charme \u201d.Merci donc, chers bienfaiteurs, de tout cœur, mille fois merci ! Attrapez cent ans, attrapez mille ans ! Vivez longtemps sur la terre, pour être plus dignes du ciel ! Chronique des Rosiers Missionnaires e dOU DE LA LUN Je revis mes années d\u2019enfance, passionnantes, inoubliables.J'habitais un village situé dans l\u2019arrière-pays de la côte sud-est de la Chine.C'était aux alentours de l\u2019année 1900, l\u2019impératrice douairière mandchoue occupait toujours le trône, et les mœurs n\u2019avaient pas encore changé.Aussi loin que remontent mes souvenirs, alors que j\u2019avais quatre ou cinq ans, je « sentais », des semaines à l\u2019avance, venir le Nouvel An tout comme un enfant occidental pressent l\u2019approche des prodiges de Noël.Chez nous, pas de courses dans les magasins, pas de paquets.Mais pour apprêter le nienkao (gâteau du Nouvel An composé de farine de riz, de navets et de crevettes séchées) ma mère broyait du riz dans notre moulin.C\u2019était là un grand événement pour un enfant, puisqu\u2019il n\u2019avait lieu qu\u2019une fois l\u2019an.Mes sœurs aidaient nôtre mère à manœuvrer le petit moulin fabriqué de deux meules horizontales d\u2019une cinquantaine de centimètres de diamètre, celle du dessus entraînée par un axe-manivelle de bois accroché au plafond.Opération très délicate et fort amusante! Un trou était pratiqué dans la meule supérieure; et tandis que l\u2019un faisait tourner la pierre d\u2019un mouvement circulaire, l\u2019autre, à l\u2019aide d\u2019une cuillère de porcelaine, versait adroitement du riz et de l\u2019eau dans le trou au moment précis où celui-ci passait devant lui.Naturellement, je voulais moi aussi mettre du riz dans l\u2019orifice, et il se peut que j\u2019aie cassé quelques cuillères.Je me souviens aussi que je m\u2019endormais en dépit de tous mes efforts pour me tenir éveillé jusqu\u2019à la dernière heure de l\u2019année qui finissait.Car la coutume voulait que toute la famille fît la veillée après un somptueux dîner où figurait toujours, outre les palourdes frites, une farce spéciale que ma mère ne préparait qu\u2019une fois l\u2019an.Elle se composait de divers ingrédients hachés menu, réduits empâte et enveloppés dans la membrane graisseuse du péritoine d\u2019un porc.Des chandelles rouges étincelaient sur la table placée contre le mur.Nous chantions des hymnes et disions des prières, car nous étions 293 chrétiens.Mon père, d\u2019un naturel jovial, lançait des plaisanteries pour ma plus grande joie et celle de mes nombreux frères et sœurs.Puis mes yeux se fermaient et le lendemain matin, à mon réveil, ma première réaction consciente exprimait un sentiment d\u2019attente pour ce qui ressemblait aux souliers de Noël.Ce n\u2019était pas un soulier, mais une robe de satin noir à bon marché, surmontée d\u2019une veste rose foncé, que les petits enfants ne pouvaient porter qu\u2019une fois dans l\u2019année, à l\u2019occasion du Nouvel An.Mon père et ma mère, éveillés depuis l\u2019aube et tout habillés, mais toujours au lit, attendaient que leurs enfants vierment les saluer.Prétendant que les autres se trouvaient déjà prêts, ma deuxième sœur m\u2019aidait à enfiler précipitamment ma robe neuve pour que tous ensemble, nous allions nous incliner devant nos parents.Puis, tandis que les adultes se rendaient des visites de Nouvel An, nous autres, enfants, nous faisions éclater des pétards.L\u2019ancien Nouvel An chinois, celui du calendrier lunaire, constituait la plus grande festivité de l\u2019année pour tout le pays; aucune des autres solennités ne respirait pareil air de fête.Pendant cinq jours, la population tout entière, parée de ses plus beaux atours, fermait boutique, flânait, jouait, faisait résonner des gongs et partir des pétards, rendait des visites et fréquentait le théâtre.C\u2019était le grand jour de chance; chacun espérait en une nouvelle année meilleure et plus prospère, chacun trouvait à ajouter un an de plus à son âge, chacun avait pour ses voisins des paroles de souhait pour une heureuse fortune.Même la plus humble servante ne pouvait être réprimandée le jour du Nouvel An et \u2014 chose plus étrange \u2014 les Chinoises, si dures à l\u2019ouvrage, flânaient, croquaient des graines de melon, refusaient de laver, de faire cuire un vrai repas ou même d\u2019utiliser un couteau de cuisine.Cette oisiveté se justifiait par l\u2019idée que balayer le plancher ou laver le linge le jour du Nouvel An, c\u2019était éliminer la chance en même temps que la saleté.Des banderoles rouges où s\u2019inscrivaient des mots tels que Chance, Bonheur, Paix, Prospérité, Printemps, décoraient chaque porte.Car le rouge est la couleur du bonheur, et même la plus pauvre servante réussissait à se procurer un bout de ruban rouge ou un bandeau de laine pour orner ses cheveux.Et par toute la ville, les cours intérieures et les rues résonnaient du bruit des pétards, et l\u2019air s\u2019emplissait d\u2019odeurs de soufre et de narcisse \u2014 relents de soufre à l\u2019extérieur et, à l\u2019intérieur, arôme infiniment délicat des narcisses.Les pères renonçaient à leur dignité, les grands-pères se montraient plus gentils que jamais et les enfants soufflaient dans des sifflets de bambou à bon marché, portaient des masques et jouaient avec des I A l\u2019entrée du temple, le Jour de l\u2019An.-.v ¦ ¦te poupées d\u2019argile.Les femmes de la représentation théâtrale où les farauds campagne, vêtues de leurs habits de du village faisaient le joli cœur au-fêtes, couvraient cinq à six kilo- près de leur belle \u2014 du moins s\u2019ils mètres à pied pour assister à quelque l\u2019osaient.C\u2019était pour les femmes une 296 journée d'émancipation où elles échappaient aux quotidiennes corvées ménagères du lavage et de la cuisine: si les hommes avaient faim, ils pouvaient faire frire du nienkao, préparer un bol de nouilles arrosées d\u2019une sauce toute prête ou se gaver de poulet froid.Puis vint l\u2019avènement de la République.Le Gouvernement de la république chinoise abolit officiellement le Nouvel An lunaire; mais cette fête traditionnelle vivait toujours en nous, d\u2019une vie intense, et refusait de disparaître.Elle était enracinée trop profondément dans la conscience populaire.Vers 1930 environ, j\u2019habitais Shanghai.Je suis de tempérament ultra-moderne et personne ne peut m\u2019accuser de conservatisme.Je suis partisan, non seulement du calendrier grégorien, mais même d\u2019un calendrier de treize mois ayant chacun exactement quatre semaines et sept jours.En d\u2019autres termes, j\u2019ai l\u2019esprit scientifique et je raisonne logiquement.Et c\u2019est précisément dans mon orgueil scientifique que je fus blessé lorsque je constatai que la célébration du Nouvel An officiel aboutissait pour moi à un véritable fiasco.Je ne souhaitais pas la venue de l\u2019ancien Nouvel An, mais il vint quand même.Il vint le 4 février.Mon esprit scientifique m\u2019enjoignit de ne pas le célébrer et je m\u2019y engageai.Cependant, je pressentis l\u2019approche de l\u2019ancien Nouvel An dès le début de janvier, lorsqu'un matin, l\u2019on me donna pour mon petit déjeuner un bol de Lapache \u2014 eau de riz contenant des graines de lotus et des « yeux de dragon » \u2014 qui me rappela, avec une netteté saisissante, que nous étions au huitième jour de la douzième lune.Une semaine plus tard, mon domestique me demanda de lui avancer ses gages du « treizième mois », dus la veille du Jour de l\u2019An.Je lui donnai un après-midi de congé et il vint me montrer le paquet de toile bleue toute neuve qu\u2019il envoyait à sa femme.Le 1er et le 2 février, il me fallut donner des étrennes au facteur, au laitier, au petit télégraphiste, aux garçons de courses des maisons d\u2019édition, etc.Et pendant tout ce temps, je savais ce qui allait se passer.Vint le 3 février.Je me répétai: « Je ne veux pas célébrer l\u2019ancien Nouvel An ».Ce matin-là, ma femme me demanda de changer mes vêtements de dessous.« Pourquoi ?\u2014 Chauma va les laver aujourd\u2019hui; elle ne les lavera pas demain, ni le jour d\u2019après, ni le jour suivant.» Comme je suis humain, je ne pouvais refuser.Ce fut mon premier 297 pas dans le chemin de la perdition.Après le déjeuner, ma famille devait aller à la banque; une légère panique s\u2019était déclarée en dépit des décrets ministériels arrêtant que l\u2019ancien Nouvel An n\u2019existait plus.Ma femme me dit: « Nous louons une voiture; tu pourrais venir avec nous et te faire couper les cheveux.» Le coiffeur ne m\u2019intéressait pas, mais la voiture me tentait beaucoup.Je n\u2019ai jamais aimé traîner dans une banque, mais j\u2019affectionne l\u2019automobile.Je pensai que je pourrais utilement me rendre au Temple des Dieux de la Cité et voir ce que j\u2019y trouverais pour les enfants.Je savais qu\u2019il devait y avoir des lan- ternes à cette époque de l\u2019année, et je tenais beaucoup à en montrer à mon plus jeune fils.Pour commencer, je n\u2019aurais pas dû visiter le Temple des Dieux de la Cité.Si l\u2019on y va à cette date, on sait à quoi l'on s\u2019expose.Sur le chemin du retour, je constatai avoir acheté non seulement des lanternes de toutes sortes, ainsi que plusieurs paquets de jouets chinois, mais aussi des branches de prunier en fleurs.En arrivant à la maison, je vis que l\u2019un de mes amis, originaire de la même ville que moi, m\u2019avait fait cadeau d\u2019un pot de narcisses \u2014 ces mêmes narcisses qui valaient à ma ville natale sa renommée dans tout le pays et qui me rappelèrent la célébration du Nouvel An de mon enfance.Je ne pouvais fermer les yeux sans qu\u2019affluent tous ces souvenirs.Chaque fois que j\u2019aspirais l\u2019arôme des narcisses, ma pensée évoquait les banderoles rouges, la fête de la veillée du Nouvel An, les pétards, les chandelles rouges et les oranges de Fou-Kien, les visites à l\u2019aube dans cette robe de satin noir que je n\u2019avais le droit de porter qu\u2019une fois l\u2019an.Au moment du déjeuner, le parfum des narcisses me rappela le gâteau du Nouvel An, confectionné de riz et de navets.A 3 heures, dans l\u2019après-midi, j\u2019étais déjà dans l\u2019autobus qui me ramenait chez moi, rapportant de North Szechuen Road, un grand panier de nienkao du poids de trois kilos.A 5 heures, je trouvai sur la cheminée des chandelles rouges brûlant avec éclat, et leurs flammes vacillantes jetaient sur ma « conscience scientifique » une lueur de triomphe sardonique.Soit dit en passant, ma conscience scientifique m\u2019apparaissait déjà très floue, très faible et très irréelle.\u2014Qui a allumé ces chandelles?demandai-je vivement.\u2014C\u2019est Chauma.\u2014Et qui les a achetées ?\u2014Mais c\u2019est toi qui les a achetées ce matin.\u2014Oh! vraiment?Je me disais que je devais avoir l\u2019air un peu ridicule \u2014 non point tant par ce que j\u2019avais fait le matin même, qu\u2019en raison du conflit qui opposait à ce moment-là ma tête et mon cœur.Je fus bientôt tiré de mes réflexions par des détonations de pétards éclatant tout près de là.Un par un, ces sons si familiers autrefois plongèrent jusqu\u2019au tréfonds de ma subconscience.Ils ébranlent le cœur d\u2019un Chinois d\u2019une façon qui restera toujours incompréhensible pour un Européen.Le défi lancé par mon voisin de l\u2019est fut bientôt relevé par mon voisin de l\u2019ouest, jusqu\u2019à ce que crépitât une véritable fusillade.Je n\u2019allais pas me laisser battre par eux.Tirant un billet d\u2019un dollar, je dis à mon fils: \u2014Ah-ching, prends ceci et achète-moi des pétards, aussi bruyants et aussi grands que possible.N\u2019oublie pas: plus ils seront grands et plus ils seront bruyants, mieux ce sera.Reproduit du « Courrier de L\u2019UNESCO ».299 Vase de bénédictions.et sa mule C\u2019était en Chine.Le pâle soleil de décembre commençait à descendre à l\u2019horizon quand la missionnaire rentra, transie et fatiguée, d\u2019une série de courses aux malades.A la porte du dispensaire, un homme l\u2019attendait.Elle reconnut le païen Leou du Village à l\u2019Herbe Jaune.\u2014Docteur, vite!.cria-t-il, on te demande chez moi.Oui, c\u2019est grave! Ma mère!.elle est en train de mourir! \u2014Bien, j\u2019y vais.En deux minutes, la Sœur regarnit sa trousse de médicaments puis, avec la jeune aide indigène, elle monte m v/m ÙiH HHu dans le chariot.Cahin-caha, le véhicule part sur le chemin raboteux et gelé, au trot serré d\u2019un petit âne maigrelet.Il fait froid, un froid immobile et tranchant qui incise le visage.On sort du village, on débouche dans la campagne: une plaine sans arbres aux champs dénudés d\u2019où émergent quelques touffes d\u2019herbe sèche; des hameaux qui groupent au fond d\u2019une cour leurs maisons de terre aux fenêtres de papier.De temps en temps, on entend braire un âne ou résonner le gong d\u2019une pagode.Selon son habitude, la missionnaire égrène pieusement des Ave, elle invoque la Vierge pour cette maman païenne « qui est en train de mourir ».Et la voiture monte, descend les pentes, cahote à droite et à gauche, prend en geignant les innombrables détours.Enfin, le cocher annonce, en pointant son fouet vers des murs de terre semblables aux autres: « C\u2019est ici! » Une porte extérieure grince et l\u2019équipage pénètre dans la cour où les chiens se chargent du premier accueil, tandis que les poules et les oies se sauvent, affolées.Aussitôt une exclamation retentit: « Tai Fou lae la ! » (Voici le docteur).Les curieux arrivent par douzaines; tous les habitants de la cour sont là, sympathiques d\u2019ailleurs, car pour eux la missionnaire n\u2019est plus une inconnue.Les formules de politesse se croisent comme des feux d\u2019artifice: « Ai-yaL.Ai-yal.Tai Fou lae la!.Sin Fou, sin Fou!.)) (bienvenue à vous, si moulue, si harassée à cause de nous).Une troupe d\u2019enfants aux frimousses rieuses imitent de leur mieux les révérences et les compliments des adultes.On entre chez Leou et toute la compagnie avec.\u2014Où est votre malade ?demande la Sœur qui ne voit personne sur le Fang (lit de briques).\u2014C\u2019est moi! docteur.répond une matrone souriante, apparemment en excellente santé.Ce disant, elle fait une profonde inclination, puis s\u2019empresse de débarrasser le Fang, invite la religieuse à s\u2019asseoir, lui verse le thé et bavarde avec un caquet déroutant.\u2014Se reposer un peu.conclut-elle enfin, boire le thé, causer.que peut-on trouver de mieux quand il fait si froid, qu\u2019on vient de loin, et encore par de bien mauvais chemins.La religieuse n\u2019y comprend rien.\u2014Ne m\u2019a-t-on pas dit que vous étiez très malade?\u2014Oui, sûrement!.\u2014Oh! oui, très malade.assurent en chœur tous les voisins.Et les explications crépitent de part et d\u2019autre, car personne n\u2019ignore l\u2019affaire.\u2014Tu ne sais pas docteur!.elle a eu un mal subit, terrible, intolérable! Ai-ya!.sûrement de l\u2019air dans le foie.et cela remontait à l\u2019estomac! Ah! quel mal!.Nous avions grand-peur et l\u2019un de nous a couru te chercher.Mais voilà.il n\u2019avait pas dépassé le Torrent des Hirondelles, là-bas à mi-chemin, que la malade s\u2019est sentie mieux, subitement!.oh! grand merci! Elle est aussitôt descendue du Fang; tu vois, tout va bien, mille fois merci! Et tout à l\u2019heure, elle est sortie pour donner le grain aux canards.Oh! nous avons eu grand-peur.Nous te prions de nous excuser.Et la Sœur qui, ressent les effets pas trop réconfortants de son long trajet dans la campagne glacée, répond avec un sourire engageant: \u2014Vous avez bien fait de m\u2019appeler, et vous ferez encore de même la prochaine fois.Car, la prochaine fois, pense-t-elle, 301 ce pourrait être un vrai mourant et la moindre remarque serait ici désastreuse: elle ferait « perdre la face » et rebuterait ces bonnes gens.\u2014 Docteur, ne viendras-tu pas « guérir » chez moi ?demande à ce moment l\u2019un de ceux qui sont là; je demeure ici, tout à côté.\u2014Volontiers, répond la Sœur.Elle sort et, cette fois encore, tout le monde la suit.L\u2019homme \u2014 nommé Vase de Bénédictions \u2014 la conduit sous une sorte d\u2019appentis sombre et humide où d\u2019abord elle ne distingue rien.On apporte une lanterne et elle découvre une masse grise étendue sur un tas de paille.\u2014Un animal! \u2014Oui, docteur, ma mule.Je t\u2019en prie, guéris-la.Car, si je la perds, je n\u2019aurai pas de quoi la remplacer.\u2014Mais tu sais bien, pauvre ami, que je ne soigne pas les animaux.Appelle plutôt un « médecin des bêtes ».\u2014Inutile! docteur.L\u2019un d\u2019eux m\u2019a déjà vendu, très cher, une tisane d'ongles, puis une autre potion noire, infaillible selon lui.Mais depuis, le mal s\u2019est alourdi.Toi, je sais que tes remèdes sont forts et bons.Au début de la dernière lune, n\u2019as-tu pas guéri le chrétien Yang, ici dans cette même cour ?Ça n\u2019allait pas du tout.tu es venue une fois et il s\u2019est levé.Alors.Docteur, je t\u2019en prie, fais quelque chose.Je suis charretier, cette bête est mon gagne-pain et celui de ma famille.Déconcertée, la religieuse pense tout de même qu\u2019il vaut mieux ne pas désappointer ces pauvres gens.Elle sait depuis longtemps que parfois, au soir de journées laborieuses, les missionnaires enregistrent de bien prosaïques records.Mais leur rôle con- siste justement à vivre de la vie des païens, à partager tous leurs problèmes, non seulement les spectaculaires, mais aussi les insignifiants et les vexants.Et là, devant la bête ballonnée et râlante, elle réfléchit à un diagnostic possible.Comment méde-ciner pareil cas?.D\u2019un coup d\u2019œil, elle inventorie son coffret de remèdes et ne trouve rien de mieux qu\u2019une fiole d\u2019huile de ricin dont elle verse le contenu dans la gorge de l\u2019animal.Ensuite, elle fait appliquer de larges révulsifs au point stratégique où le mal semble tenir et complète le traitement par une magistrale « aiguille médicinale » à l\u2019unanime approbation des témoins dont les yeux étudient chacun de ses gestes.Puis, abandonnant à la Providence le soin de tirer profit de son aventure.et de ses ordonnances, elle reprend, sous les étoiles, le chemin de la Mission.Le lendemain, dans l\u2019après-midi, Vase de Bénédictions en personne apportait au dispensaire la plus inattendue des nouvelles: sa mule était guérie! Dans la matinée, elle s\u2019était dressée sur ses pattes et avait mangé.L\u2019homme explosait de joie: « Dix mille remerciements, docteur!.tu m\u2019as sauvé la vie! » Huit jours après, c\u2019était la veille de Noël et l^s chrétiens arrivaient de tous côtés dans leurs charrettes massives ou la famille entière avait pris place.Même les petits, accroupis au fond et serrés entre eux pour conserver la chaleur, car à cette époque, le froid pince.Mais la fête de Noël enchante les Chinois et, pour y assister, ils ne reculent pas devant un voyage de trois jours et une distance de vingt, trente milles et davantage.Pas en taxi évidem- 302 .1 'll ment! mais en chariots à boeufs ou à mulets.Cette année-là, la caravane du Village à l\u2019Herbe Jaune présentait de l\u2019inédit.Vase de Bénédictions, debout dans sa charrette tirée par la fameuse mule, entrait le premier et presque en triomphe à la Mission.Radieux, il montrait à tout venant sa bête regail-lardie et pimpante sous son harnais de cordages garni de pompons rouges.Maintes fois déjà il avait entendu parler de Noël dans son entourage et, voulant témoigner son estime et sa reconnaissance envers les missionnaires, il avait décidé de célébrer lui aussi la nuit sainte « où les chrétiens prient, chantent et font éclater des pétards.» / î\u201cj;i m.V M Pour la veillée, tout le monde s\u2019entassa dans la salle de l'école où, chaque année, un groupe de petits acteurs font revivre avec un charme ingénu les mystères de Noël.Dans la salle, l\u2019enthousiasme est à son comble, les païens déclarent qu\u2019ils n\u2019ont jamais rien vu de si beau! Et voici que dans la nuit bleue, les cloches égrennent leur chanson de joie: Noël! Noël! Les chrétiens envahissent l\u2019église gaiement illuminée par une armée de lanternes multicolores.Ils n\u2019ont pas assez d\u2019yeux pour admirer les inscriptions de fête, les fleurs de papier doré qui miroitent autour de la crèche, et surtout le petit Jésus emmaillotté de rouge, la Sainte Mère « plus belle que tous les nénuphars de Chine » et saint Joseph avec son bonnet rond orné de globules.Après l\u2019Évangile, grand sermon.Le père raconte la naissance du Sauveur: « Ce petit Enfant-Dieu, il est né pour vous, pour chacun de vous, et plus tard, il mourut sur la croix, pour vous encore.pour vous sauver et vous ouvrir le ciel.» Debout, au fond de l\u2019église dans une attitude de respect instinctif, les païens entendent l\u2019heureuse nouvelle pour la première fois.Le sermon terminé, un groupe se hasarde au milieu de la nef, c\u2019est Vase de Bénédictions suivi de sa femme.Parfum de Laurier, et aussi des petits, tout ronds dans leurs habits ouatés.Ensemble, ils vont faire une triple et profonde révérence devant la crèche.Émerveillés, ils semblent comprendre que la joie de Noël est aussi pour eux et qu\u2019ils ont leur place avec leurs frères près du berceau de l\u2019Enfant-Dieu.Il va de soi, en pareille fête, les pétards figurent au programme dès avant la messe.Mais les plus formidables éclatent à l\u2019élévation et annoncent pendant un quart d\u2019heure aux collines environnantes le sublime mystère qui vient de s\u2019accomplir, « Un petit Enfant nous est né! » Il faut bien que toute la ville l\u2019apprenne, cette ville où vivent des milliers d\u2019âmes païennes.Après la messe, l\u2019allégresse explose en de nouvelles pétarades bien nourries et fort soutenues, pendant que les chrétiens en habits de fête échangent leurs souhaits et causent avec entrain.On trouvera gîte dans l\u2019école pour le reste de la nuit.Car on n\u2019est pas difficile: un coin seulement où l\u2019on puisse s\u2019étendre, tout habillé, sur le plancher.Le lendemain, après la messe du jour, les fidèles s\u2019en vont présenter leurs vœux au missionnaire et Vase de Bénédictions les suit.\u2014Père, dit-il, cette première nuit de Noël, je ne l\u2019oublierai jamais.car le petit Enfant m\u2019a béni! (Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019un homme s\u2019appelle Vase de Bénédictions!) Très ému, il continua, en tournant entre ses doigts son énorme casque de poil: \u2014Père, je demande à devenir chrétien avec toute ma famille, et nous serons aussi les enfants du Maître des deux.Maintenant, Père, je sens que mon cœur vit.et mon existence en est toute soulevée, toute réjouie.Comme les pastoureaux de Bethléem, Vase de Bénédictions s\u2019en retournait « en louant Dieu de ce qu\u2019il avait vu et entendu ».304 Sœur SAINT-EDMOND, m.i.c.(irma De Ladurantaye, de Cap Saint-Ignace.) TAIPEI La vie paysanne a formose par Sœur SAINTE-EMERENTIENNE, m.i.c.(Marie-Certhe Fleurent, de Saint-Germain de Grantham.) Janvier touche à sa fin.Nous voyageons en autobus vers Kuanhsi où toutes les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception se réunissent pour la retraite annuelle.La capitale est déjà loin derrière nous avec le tumulte de ses rues encombrées d\u2019une population toujours grandissante.La splendide campagne étale maintenant sous nos yeux les richesses de sa végétation sans cesse en voie de renouvellement.Le froid ne fait ici que foncer le vert des arbustes.Les légumes sont en pleine croissance: choux, betteraves à sucre, pommes de terre, céleri, tomates poussent à vue d\u2019œil sous la fraîche haleine d\u2019un semblant d\u2019hiver.Une lisière de verdure sépare les propriétés individuelles des cultivateurs.Celles-ci se limitent à quelques pièces de terre d\u2019environ trois acres.Pas de capitalistes à Formose! La préparation des rizières est commencée.On divise le terrain par bandes égales, disposées en terrasses, puis on consolide chaque palier par une bordure de roches cimentées entre elles.Un bon système d\u2019irrigation, construit jadis au temps des Japonais, entretient l\u2019humidité des rizières et favorise leur fertilité.Actuellement, le sol est inondé de deux pieds d\u2019eau environ.C'est dans cette mare de boue que les Taïwanais guident leurs buffles pour le labourage.Nu-pieds et le pantalon relevé jusqu\u2019aux genoux, ils retournent ainsi plusieurs fois le même petit carré.Aucun tracteur ici; le bruit des instruments aratoires motorisés n\u2019a pas encore profané le calme et le silence des campagnes du Kuan- hsi, région presque entièrement consacrée à l\u2019agriculture.Sous l\u2019action patiente des fermiers, la terre fertile produit deux et même trois récoltes par année.Aussi, Formose est-elle considérée comme un grenier à riz.En plus de nourrir ses dix millions d\u2019habitants, l\u2019Ile fournit une bonne quantité de grain pour l\u2019exportation.Le thé et le sucre constituent deux autres sources importantes de revenus.Fidèle compagnon du paysan, le buffle est un animal créé tout exprès, semble-t-il, pour le pénible labeur de la culture formosane.Des nuées d\u2019oiseaux blancs au long cou viennent se percher sur la tête et le dos des lourdes bêtes qu\u2019ils aiment à accompagner durant leur travail.Une superstition défend de tuer ces volatiles, même s\u2019ils ravagent passablement les récoltes.Ici et là, s\u2019élèvent des pagotins champêtres où l\u2019on conduit les buffles pour les abreuver à la fontaine sacrée.La majorité des Taïwanais mènent une vie très dure.Leur esprit de travail et d\u2019endurance en a façonné un peuple énergique, ouvert, humble et sympathique, apte par conséquent à recevoir l\u2019enseignement de l\u2019Évangile et à en observer les préceptes.Pour lui procurer ce grand bien, nous consacrerons, s\u2019il le faut, notre vie tout entière.Daignent le Christ-Roi et la Vierge Immaculée bénir notre apostolat et faire un jour de Formose la Belle, leur royaume de prédilection! par Sœur MARIE-DE-LA-REDEMPTION m.i.c.Hil : *¦% * Sa légende et ses usages Il y a tout juste mille ans, à cette époque où les fées se promenaient en plein jour par monts et vallées, un vieux coupeur de bambou s\u2019était rendu comme d\u2019habitude ramasser des fagots sur la montagne.Le soleil embrasait l\u2019atmosphère de ses rayons de feu, aussi, après quelques heures, le bon paysan harassé s\u2019était-il assis sur un tapis de mousse, à l\u2019ombre du bosquet, pour se reposer.Les longs roseaux frémissaient à peine sous la brise chaude.Et notre homme de songer: « Quelle richesse que ces tiges souples et gracieuses, plantées à profusion par les dieux dans le sol de notre pays! » Reprenant vite la serpe, le Nippon s\u2019attaque avec vigueur aux troncs merveilleux.Mais, ô surprise! le fer n\u2019a pas plutôt mordu l\u2019écorce vert tendre, que des étincelles jaillissent tout autour et une voix cristalline appelle par trois fois le paisible coupeur.Effrayé, celui-ci songe à fuir: peut-être son amour passionné du bambou l\u2019a-t-il poussé dans quelque domaine réservé aux esprits?.Une minute d\u2019hésitation et voici que d\u2019une section de l\u2019arbre entaillé, sort une fée minuscule, éclatante comme le soleil, belle comme la fleur du yama-buki (rose jaune).A sa vue, les frayeurs du brave Japonais s\u2019évanouissent.Oubliant ses fagots, il prend la main de la charmante princesse et dévale avec elle les pentes qui conduisent au village.Kaguyahime devint l\u2019enfant chérie du vieux coupeur et le servit durant toute son existence avec une piété vraiment filiale.Quand il mourut, la légende ajoute que la jeune fille fut enlevée sur un rayon de lune et transportée au royaume des fées.Princesse aux mains secourables, Kaguyahime devint le symbole de l\u2019arbuste généreux et serviable qui offre à tous tout son avoir.Par ses innombrables propriétés, en effet, le bambou se présente comme une fée bienfaisante, semeuse de lumière, de réconfort, de vie; c\u2019est la mine d\u2019or du pauvre.On se permet quelquefois de classer le bambou parmi les arbres.Pourtant, cette merveille du monde végétal appartient tout simplement à l\u2019humble famille des graminacées.C\u2019est une sorte de roseau, remarquable par sa haute taille qui atteint jusqu\u2019à quatre-vingts et cent pieds.Ses tiges tubulaires sont cloisonnées par des nœuds solides et recouvertes à l\u2019extérieur d\u2019un dépôt de matière siliceuse.Le Japon compte neuf genres de bambou avec plus de trente espèces différentes se ramifiant en une centaine de variétés.Au point de vue industriel, le madake ou bambou aux nœuds longs, aux fibres résistantes, occupe le premier rang.Le hachiku vient en second.Très facile à trancher, cette espèce possède en même 1 Basilisse Maillet, de Saint-Louis, N.-B.309 temps la dureté de la pierre.Une autre variété fort appréciée est le medake (bambou femelle) renommé pour sa souplesse et ta finesse de sa texture.Les plus hautes tiges s'emploient dans la tuyauterie.On perfore les cloisons qui sectionnent les troncs et l\u2019on obtient des tuyaux légers et durables à la fois, exempts de la rouille et de la moisissure.Ces per- i A Les pousses de bambou, légume très recherché. ches servent aussi comme mâts de bateaux, hampes de drapeaux, membrures de portes, etc.Les tiges plus courtes entrent dans la fabrication de pipes, paniers, cages d\u2019oiseaux, broches à tricoter, aiguilles de phonographes, jouets, manches à balais, armatures de parapluies, cannes à pêche, escabeaux, chapeaux, bâtonnets, flûtes, trompettes, vases à fleurs, cercles de tonneaux, mallettes, clous, couteaux, parquets de maisons, etc.Pareille liste suffirait, il nous semble, à démontrer l\u2019étendue des services rendus par cette graminée géante.Mais en toute justice, on se doit d\u2019ajouter encore quelque chose.Avec les branches fines et flexibles du bambou, les menuisiers confectionnent des balais d\u2019une résistance éprouvée.De plus, les enveloppes des jeunes tiges, espèce de papier ciré naturel, servent d\u2019emballage imperméable dans les épiceries, chez les bouchers et les marchands de poisson.Elles sont aussi utilisées dans la fabrication des semelles de geta (sandales).Ces enveloppes représentent à elles seules 10% du produit total de l\u2019industrie du bambou au Japon.En outre, les pousses neuves constituent un légume très recherché en Orient.Comme l\u2019asperge, les take no ko (racines de bambou; littéralement: enfant de bambou) sont coupées dès leur sortie du sol, sinon elles deviennent coriaces.Levés dès la pointe du jour, les fermiers fouillent les monticules de terre fraîchement remuée et y retirent les belles pousses d\u2019un blanc crème.Celles-ci mesurent souvent un pied de longueur et cinq à six pouces de grosseur.Cuites avec la sauce de fèves soya, légèrement sucrées et agrémentées de cubes de fromage aux fèves, elles figureraient avec honneur sur la table d\u2019un roi.On peut aussi les macérer dans l\u2019eau salée ou les confire.A part son utilité domestique, le bambou est considéré comme l\u2019un des principaux produits d\u2019exportation du Japon.De la superficie pourtant restreinte du pays, cinq cents milles carrés sont affectés à cette culture.L\u2019art a adopté le bambou comme symbole de droiture et de rapidité de développement.( A sa sortie de terre, il croît en effet d\u2019un pied par jour).La peinture japonaise compte parmi ses sujets favoris les branches de bambou ployant sous la neige.Il figure aussi dans les décorations du Nouvel An.A tous égards, donc, ce roseau arborescent se révèle un riche don de la Providence paternelle de Dieu à ses créatures humaines, particulièrement au peuple japonais.Un savant, admirateur du Japon, a écrit: « Otez le bambou, et la vie japonaise se conçoit aussi difficilement qu\u2019un paysage sans lumière.» Su Tung P\u2019e, peintre-poète chinois affirme de son côté: « On peut vivre sans viande, mais on ne peut se passer de bambou.Le manque de viande fait maigrir, mais le manque de bambou mène à la vulgarité.» 1 4^ Â/v&mtt/ bwh/ , ('fH*M/pMuu/5J>*nU/, ^SÇ**' 4; C6UU£V iflAtottl \\ i HHIHI par Sœur MARIE-GEORGES *, Les Noëls japonais diffèrent beaucoup de ceux du Canada.Dès la mi-novembre, on commence ici à parler du joyeux Christmas: les grands magasins rivalisent de goût et d\u2019ingéniosité dans les décorations où figurent Santa Claus avec ses rennes, des sapins saupoudrés de neige artificielle, etc.; la radio, à l\u2019imitation des pays d\u2019Europe et d\u2019Amérique, diffuse les Silent Night, les Jingle bells et autres chants de Noël; mais le 25 décembre, ces mélodies aux notes gaies et pieuses n\u2019influencent en rien la masse des travailleurs qui se rendent à leurs besognes comme aux jours ordinaires.Avant la guerre, et pour une raison tout à fait étrangère à la fête, Noël était chômé, mais ce congé national a été aboli, et seules des poignées de chrétiens se rassemblent dans les trop rares églises catholiques pour célébrer l\u2019anniversaire du touchant mystère de la Nativité divine.Quelques païens, attirés par la curiosité 1 Agathe Bolduc, de Saint-Damien de Brandon. ou la sympathie, se mêlent parfois à ces adorateurs pleins de foi et de piété.L\u2019an dernier, trois jeunes bon-zesses à tête rasée, revêtues de tous leurs atours monastiques, y compris le collier aux fines broderies d\u2019or, assistaient dans notre chapelle à la messe de minuit.L\u2019une d\u2019elles s\u2019intéresse à notre religion et pose souvent des questions sur les croyances catholiques.Mais, dans l\u2019ensemble, les Japonais n\u2019ont aucune connaissance du sens religieux de Noël, et cette fête passe pour eux inaperçue.Le premier de l'An, au contraire, s\u2019entoure de beaucoup de solennités.La veille, on déguste du soba (nouilles) en guise d\u2019heureuse conclusion à la vieille année.Il convient, ce soir-là, de ne pas se coucher afin de voir se lever l\u2019an nouveau.Toute la nuit, les foules assiègent les comptoirs des magasins pour l\u2019achat de cadeaux et de victuailles, car le 1er janvier et les deux jours suivants, les boutiques fermeront leurs portes.On visite aussi les temples, et pour les habitants du gigantesque Tokyo en particulier, le centre d\u2019attraction primordial réside au sanctuaire shintoïste dédié à l'empereur Meiji.Dans l\u2019obscurité mystérieuse, des vagues humaines roulent en bonds lents et continus vers ce temple sacré bâti au fond d\u2019une forêt miniature.De temps en temps, la faible lueur 315 des lanternes disséminées ici et là éclaire les figures silencieuses et recueillies des fervents pèlerins.Tout à l\u2019heure, le flot sombre de ces priants s\u2019immobilisera au pied du dieu-empereur, fondateur du Japon moderne, pour lui offrir ses hommages et solliciter sa protection pour l\u2019année nouvelle.Chaque maison japonaise s\u2019orne à cette époque du traditionnel kado-matsu : branches de pin, de bambou et de prunier entrelacées de la façon la plus artistique.Le pin, arbre robuste à la verdure étemelle, est un emblème de vigueur et de longévité; le bambou, élancé et plein d\u2019endurance, symbolise la force de résistance; et le prunier, pur et doux, qui fleurit même sous la neige, représente la vertu.D\u2019après la tradition, un déjeuner de cérémonie, arrosé de vin de riz au parfum d\u2019épices, réunit toute la famille.(Les épices employées sous forme de breuvage possèdent, selon la croyance antique, le pouvoir de chasser les mauvais esprits).On déguste des mochi, gâteaux confectionnés de riz pilé dans un mortier et cuit à la vapeur.Le plat de résistance consiste en une soupe claire où flottent des boules de pâte de riz et des herbes marines.On sert également des haricots noirs, des algues confites et des pâtisseries multicolores à base de fèves sucrées.De nos jours, cette coutume de la réunion matinale du Jour de l\u2019An subit maintes infractions, car les jeunes, imprégnés d\u2019idées modernes, désertent souvent le foyer la veille 316 Des vagues humaines roulent en bonds lents et continus vers ce temple sacré. au soir pour assaillir les gares, armés de leurs skis, et remplir les trains en partance pour les régions de montagnes.Au cours de la journée, les familles nippones rencontrent leurs parents et amis pour échanger leurs souhaits, et la formule de vœux consacrée: Akemasite o medeto gozaimasu! (L\u2019an neuf.Félicitations!) circule ainsi des millions et des millions de fois à travers le Japon.Dans toutes les demeures, la joie rayonne.Les adultes s\u2019adonnent au jeu de cartes réservé à ce jour; les jeunes s\u2019amusent à l\u2019extérieur au jeu de volant, avec des balles et des raquettes spécialement peintes pour la circonstance.Les amateurs de spectacles se délectent d\u2019une pièce de Kabuki (art de la danse et du chant), théâtre classique ancien adapté aux temps présents et toujours en grande faveur.Le 2 janvier marque pour les enfants nippons l\u2019inauguration des leçons d\u2019écriture.Après le déjeuner, installés dans une pièce dorée de soleil et sous le regard intéressé de leurs parents, ils promènent pour la première fois le pinceau sur une large feuille de papier qu\u2019ils décorent de caractères à la signification joyeuse.De leurs efforts dans ce premier essai dépendront leurs progrès de l\u2019année en calligraphie.Les ouvriers tiennent aussi en ce jour à étrenner leurs outils et les artistes leurs instruments, afin d\u2019assurer le succès de leur métier.C\u2019est qu\u2019aux yeux de tout Japonais, l\u2019alpha et l\u2019oméga d\u2019un événement prennent une importance extraordinaire.Ainsi, en décembre, chacun se doit-il d\u2019acquitter ses dettes et de mettre ordre à ses affaires personnelles; puis, au matin du premier de l\u2019An, on s\u2019éveille à une vie nouvelle: sérieux devoir donc, d\u2019y entrer, dans une atmosphère de paix, de joie et de prière.Avec ces sentiments de noblesse et de religiosité, quelle ferveur surnaturelle n\u2019apporterait pas le peuple nippon à la célébration chrétienne de nos grandes et incomparables fêtes de Noël et du Nouvel An! «a mÜ .\\ x i * * Crèche de Noël dressée en plein air par un Missionnaire jésuite, à Taipei, Formose. P0NT-V1AU HO EL amn sdt&wBfêB&tt \u2014Est-ce beau Noël au Noviciat ?Cent fois depuis quelques semaines, nous avons posé cette question à nos Soeurs aînées.Toujours sages mais un brin taquines, elles nous ont répondu: \u2014Attendez, vous verrez! Avec le début de TA vent, le service des postes à été suspendu au Colombier : lettres et colis s\u2019accumulent, paraît-il, dans deux immenses paniers dont notre maîtresse a la garde.Pas de visites non plus.La vie s\u2019écoule tranquille, presque trop calme pour nos habitudes encore toutes récentes de trépidation et de bruit.Et nous redemandons avec une note d\u2019anxiété: \u2014Y aura-t-il un arbre de Noël ?Plusieurs, c\u2019est visible, nourrissent de réelles inquiétudes et redoutent l\u2019ennui pour les fêtes aux traditions si joyeuses vécues depuis notre enfance.Ici, aucun indice de leur approche: pas de réclames pour les cadeaux, pas d\u2019emplettes, ni même de chants à la radio! Seuls les « Venez, divin Messie.» et les Rotate cœli » à la cha- pelle nous remémorent l\u2019attente du Dieu rédempteur et le retour du grand anniversaire de sa naissance ici-bas.\u2014Patience, petites sœurs, vous ne serez pas déçues! murmurent les novices, riches de leur expérience d\u2019un an et plus au Noviciat.Pas très convaincues, nous nous résignons, offrant le sacrifice des joies familiales comme préparation à la venue du doux Emmanuel dans notre cœur.Actes de désir, d\u2019amour et de renoncement se multiplient.Notre maîtresse ne nous a-t-elle pas affirmé: « Les plus généreuses parmi vous seront les plus heureuses! » Nous voilà à la dernière semaine de l\u2019Avent et soudain de petits mystères s\u2019ébruitent.Ici et là, derrière les portes closes, des empressements inusités, des chuchotements discrets révèlent.quoi ?Nos grandes sœurs se dévouent à la décoration des pièces.Dans le parcours des longs corridors, nos yeux qui n\u2019ont pas encore acquis la modestie de saint Bernard découvrent, à travers les portes vitrées, 320 des couronnes et des guirlandes accrochées aux murs et aux fenêtres, d\u2019écla-tants poinsettias et des clochettes argentées agrémentant les larges tableaux noirs des classes.\u2014Joli comme tout! ne peut s\u2019empêcher de souffler l\u2019une de nous, la plus pessimiste du groupe peut-être.24 décembre.Comme le temps a passé vite! C\u2019est que cet Avent à Pont-Viau, nous l'avons vécu en plénitude et pour la première fois, sans doute, nos âmes ont vraiment épousé l\u2019esprit et les sentiments de la sainte Liturgie.La grande nuit nous apporte du bonheur au-delà de toutes nos espérances.Tôt au lit, comme des enfants \u2014 ne sommes-nous pas les benjamines au Noviciat \u2014 nous laissons à nos Mères et à nos grandes sœurs le plaisir de compléter à notre insu les préparatifs de la fête et de nous ménager des surprises.Onze heures! Le son de clochettes joyeuses et les chants d\u2019anges terrestres nous convient à la chapelle où déjà de nombreux parents et amis sont rassemblés.Jamais notre pieux sanctuaire n\u2019a paru aussi magnifique, aussi brillamment illuminé! Au milieu des sapins, une crèche rustique, éclairée par les étoiles rouges et vertes de multiples lampions, offre à notre vénération le plus charmant Enfant-Jésus, le Dulcis Rex pads! Dans le chœur, deux gentils acolytes clignent des yeux sous l\u2019éclat de tant de splendeurs, tandis que la chorale entonne avec allégresse des Noëls anciens et nouveaux.Après la messe, d\u2019autres émotions nous sont réservées.Et d\u2019abord, le croiriez-vous ?un réveillon, oui un vrai, tout comme chez nous.Par surcroît, le réfectoire s\u2019est paré de gracieuses étoiles qui piquent les murs tout blancs de leurs pointes aux couleurs variées.Au cours des agapes fraternelles, je capte cette réflexion, écho de nos pensées à toutes: \u2014Si nos parents voyaient combien nous sommes choyées! Notre salle elle aussi se montre toute transformée et, ô bonheur! sa majesté l\u2019arbre de Noël y occupe une place d\u2019honneur, abritant sous ses branches les colis et les lettres adressés par nos chères familles.Une crèche minuscule figure aussi au pied Enfants gâtées, nous n\u2019oublions de l\u2019arbre vert.Elle nous fournit une pas, cependant, celle qui maintenant suggestion pour plus tard.En pays remplit auprès de nous l\u2019office de de missions, il nous faudra sûrement, mère.L\u2019après-midi se passe à la pré-avec un petit Jésus en plâtre, quel- paration d\u2019une petite fête de famille ques brindilles de paille et beaucoup en l\u2019honneur de notre chère maîtresse, d ingéniosité, monter une crèche sem- Chacune prête son concours avec sim-blable pour réjouir les jeunes con- plicité pour organiser sketchs, chants fiés à nos soins et leur rappeler le et mimes qui s\u2019inscriront au promystère de l\u2019Enfant-Dieu.\tgramme de la soirée.La matinée n\u2019est pas assez longue Et puis, de belles journées de vapour le dépouillement du volumineux cances font cortège au temps de courrier.Cartes et lettres nous parlent Noël.Les classes suspendent leurs des êtres chers auxquels nous nous activités et des congés chômés les sentons plus unies que jamais malgré remplacent.Agréable détente dont la séparation.nous profitons pour chausser nos patins et faire un tour sur la glace.Et tandis que les gaies patineuses, les joues rougies par le froid qui pince, glissent, pirouettent, essaient même un grand aigle, en s\u2019enivrant d\u2019air pur, leurs dernières miettes d\u2019appréhensions s\u2019éparpillent dans le vent, laissant place tout entière à la joie et à la reconnaissance.Jamais nous n\u2019aurions imaginé fêtes si belles et si réjouissantes dans l\u2019enclos d\u2019un couvent! Le centuple promis par le Maître à ceux qui sacrifient tout pour le suivre, déjà, au seuil de notre vie religieuse, nous commençons à en savourer l\u2019exquise réalité.Une postulante. Cartes et lettres parlent des êtres chers auxquels on se sent unie plus que jamais. Vacances de Noël.On en profite pour chausser ses patins et faire un tour sur la glace. KATETE, NYASSA-NORD I Lovenes^ par Sœur FRANCOISE-DE-LISIEUX \\ m.i.c.Au nombre des cent dix pensionnaires inscrites à notre école pour l\u2019année 1957, figurait une adolescente de quinze ans affublée du nom typique de Loveness.Elle venait d\u2019un village à trois cents milles d\u2019ici, distance énorme pour notre pays de brousse! Pourquoi partir de si loin, elle soi-disant non-catholique, pour aller fréquenter une institution tenue par des religieuses?Voici: Son ancien professeur, nouvellement promu au poste d\u2019inspecteur et soucieux de l\u2019avancement de sa région, encourageait les parents à diriger leurs enfants vers l\u2019école réputée la plus moderne du Nyassa-Nord: la Katete Girls\u2019 School.Loveness arrivait avec cinq autres jeunes filles de Nthalire.Elle était douée d\u2019un caractère gai, plein de fraîcheur et de simplicité.A l\u2019encontre de ses compagnes, elle ne montrait ni méfiance ni froideur à l\u2019égard des religieuses et cette attitude m\u2019avait frappée.Un jour, elle confia à Mary qu\u2019elle avait déjà reçu le baptême dans l\u2019Église romaine.Surprise, la jeune aide me communiqua le mystérieux secret, croyant bien en cela rencontrer le désir de la brebis égarée.Comme je longeais, un soir, la plantation de bananiers, j\u2019entends tout à coup les pas de Loveness battre le sol derrière moi.\u2014Qu\u2019y a-t-il?dis-je, feignant de tout ignorer.Silence.\u2014Voyons, vous avez un secret pour moi ?\u2014Peut-être! Dans le noir de la nuit, ses dents blanches éclataient maintenant de toute leur longueur! La barrière était tombée.Loveness avait vu le jour au Sud-africain où son père, en quête de travail, était allé s\u2019établir.Quoique païens, ses parents l\u2019avaient fait étudier à la Mission catholique où elle avait été baptisée ainsi que sa sœur aînée.Agatha, c\u2019était son nom chrétien, vivait heureuse au foyer familial, quand un jour, un cousin germain se présente à l\u2019improviste, invitant le père à rejoindre sa tribu d\u2019origine.D\u2019après les coutumes indigènes, en effet, on ne peut abandonner sa 1 Marie-Claire Lacombe, de Montréal.325 tw Wikü m, ' Ig] Ml ^llui ^\t^ P*'?W ^ \u2019\u2022\"' im -py ¦ ¦\u2019 ^ lüü M ^ iuu ^ ^»\\ ^ fini ^ tiâ^ ^ ku Jyy |MÏ iy^j liit^ ilui |m| ^ jyy M l i M ina ! Lui n®f jjy jyy\tyy 44 Hop scotch \u201d le jeu favori des écolières.Agatha (à gauche de Sœur Françoise-de-Lisieux) oublie un instant son terrible cousin. patrie que pour un temps déterminé.M.Loth décida donc de partir, mais la mère, se réclamant de la même tradition, refusa de quitter son village.L\u2019aînée des filles, Élisabeth, s\u2019obstina aussi à rester et pour cela réussit à se cacher.Désolé de cette escapade, le père envoya le cousin Nelson seul avec quatre de ses enfants, dont Agatha âgée de dix ans.Le trajet à parcourir était de mille milles.Désormais, la fillette ne reverra plus ses parents, car son père mourra avant de la rejoindre et sa mère ne se souciera plus d\u2019elle.Le cousin se chargea des orphelins, mais à peine Loveness avait-elle atteint ses douze ans, qu\u2019il résolut de lui choisir un fiancé, escomptant pour plus tard la dot traditionnelle.Depuis son arrivée dans sa nouvelle famille, elle avait continué de dire son chapelet en cachette et de prier dans son cœur, mais bientôt, privée du secours des sacrements, elle laissa toute pratique de religion.La Providence veillait néanmoins sur cette enfant et, dans ses desseins miséricordieux, la conduisit vers nous.* Maintenant réconciliée avec le Dieu de son enfance, Agatha restait cependant inquiète et songeuse.Qu\u2019allait dire son cousin-frère ?Et son fiancé ?.L\u2019époque des vacances aggrava la situation et le départ fut mouillé de larmes, car au village la nouvelle de sa conversion l\u2019avait précédée.Des coups de fouet accueillirent son arrivée, avec cette menace peu rassurante: « Désormais, tu n\u2019iras plus à l\u2019école! » Sommée de renouer des relations avec son ami, Agatha prit la pioche des fiançailles et la fit remettre à son * prétendant.Colère et raclée s\u2019abattirent sur elle; elle ne broncha pas.Elle écrivit à Katete pour faire connaître sa situation, mais sa jeune sœur à qui elle avait confié sa lettre eut l\u2019étourderie de décacheter l\u2019enveloppe et de déchiffrer la missive rédigée en anglais.Nelson fut informé et de nouveau la malheureuse enfant subit l\u2019effet de son courroux.Un peu plus tard, profitant d\u2019une occasion inattendue, elle m\u2019adressait un bout de papier avec ces mots griffonnés à la hâte: Je vous en supplie.Mère, envoyez-moi un billet d\u2019autobus le plus tôt possible, afin que je puisse m\u2019enfuir d\u2019ici.Priez pour moi.Votre pauvre enfant, Agatha.La rentrée des élèves était effectuée et les nouvelles rapportées par les compagnes de Loveness s\u2019avéraient des plus tristes.Que faire ?Je résolus d\u2019écrire à ce Nelson dont la conduite me révoltait.Je glissai deux billets d\u2019autobus dans ma lettre, un pour Agatha, l\u2019autre pour Agrita, une élève du même endroit encore absente elle aussi.(Ma chère maman m\u2019avait envoyé une aumône pour couvrir les frais de scolarité d\u2019Agatha).Nos prières montèrent ferventes vers notre Mère du ciel.Mais les jours et les semaines passent sans apporter de réponse.Le bruit court même que le mariage d\u2019Agatha se prépare.Nous redoublons 328 d\u2019instances auprès de l\u2019immaculée.La fête de la Présentation arrive.Pendant la récréation des élèves ce matin-là, des exclamations partent de cent voix à la fois.Je m\u2019enquiers.\u2014Agatha est ici, ma Sœur! \u2014Agatha! Je n\u2019en puis croire mes oreilles! Je cours à sa rencontre.La chère enfant se jette dans mes bras.Geste spontané, presque extraordinaire chez nos Africaines, surtout chez une jeune fille de cet âge, et envers une religieuse étrangère! Les premières émotions passées, les questions pleuvent dru: \u2014D\u2019où venez-vous ?Comment avez-vous pu fuir?etc., etc.La reprise des cours laisse la curiosité insatisfaite pour le moment, mais la joie imprègne toutes les figures.A la réception de ma lettre, Nelson, avait mis les billets dans sa poche, puis sans aucune explication, avait roué sa cousine de coups.Perspicace, celle-ci devina alors l\u2019arrivée d\u2019une réponse de Katete.Elle n\u2019en souffla mot, mais en l\u2019absence de son tuteur, elle se faufila dans sa chambre et fouilla meubles et habits.O bonheur! les deux billets étaient là tout frais! Tremblante, elle en prit un et le cacha soigneusement afin de s\u2019en servir à la première chance.Nelson ne remarqua rien et la vie reprit son cours ordinaire.Pouvait-il soupçonner qu\u2019une jeune fille sans argent et sans guide osât s\u2019aventurer dans la brousse, à la merci des bêtes et des malfaiteurs?Le samedi 16 novembre, Agatha prétexte une visite chez son oncle paternel et y passe le dimanche en compagnie de son jeune frère.A l\u2019aube, elle se lève sans bruit et rassemblant son courage et ses forces, elle se dirige vers la gare en suivant des sentiers déserts.Toute la matinée, elle court et arrive vers midi à Paromombo où l\u2019autobus doit stationner.Haletante, fatiguée, elle a à peine pris sa place dans la voiture, que son œil aux aguets aperçoit Nelson furieux, scrutant du regard tous les coins du véhicule.S\u2019il y découvrait la fugitive!.Pour qui connaît les autobus ouverts aux quatre vents du Nyassa-Nord, avec leurs bancs rustiques disposés dans le sens de la longueur, il semble impossible qu\u2019une personne puisse s\u2019y cacher.Mais ici, vrai miracle de Notre-Dame! les yeux inquisiteurs ne remarquent rien d\u2019anormal.Pour plus de sûreté, Nelson demande à monter, mais le conducteur, simple affaire d\u2019humeur pour le moment, refuse net, disant qu\u2019on ne peut entrer sans payer.Agatha a tout entendu et son cœur bat avec la force d\u2019un moteur électrique.Enfin, la voiture démarre et la pauvre enfant, quasi morte de peur, sent un tremblement dans tous ses membres.Au cours de la journée, le nombre des voyageurs s\u2019accroît à chaque arrêt.Très nombreux le soir, ils décident de passer la nuit dans l\u2019autobus.Soulagement pour Agatha qui ne sait vraiment où chercher un gîte! Le mercredi soir, on atteignait Mzimba, à quarante milles de Katete.Le père d\u2019une de nos élèves donna à la voyageuse un shelling qu\u2019elle dépensa pour apaiser sa faim: elle n\u2019avait rien mangé depuis trois jours! Le lendemain, elle était au milieu de nous, heureuse de se trouver enfin à l\u2019abri des taloches et des tracasseries.Paix de courte durée cependant! 329 Quelques jours plus tard, un policier se présente au couvent, exigeant des informations sur la jeune fille.Les explications demandées sont fournies sans détour, puis comme l\u2019agent réclame la présence de l\u2019intéressée, je vais la chercher à la récréation.Elle me suit, gardant et son sourire et son tricot! Elle répond avec calme à toutes les questions et conclut par ces paroles: « Je suis catholique.Je ne veux pas me marier, mais continuer mes études.On m\u2019a battue, aussi je ne retournerai plus au village.Mon intention n\u2019èst pas de causer du tort à celui qui a bien voulu me recueillir, mais je veux pratiquer ma religion.Je promets de rembourser à mon cousin tout l\u2019argent dépensé pour moi.» Durant cette visite, Agatha s\u2019était contenue, mais après le départ de l\u2019officier, son émotion éclata et les larmes coulèrent comme d\u2019une source longtemps endiguée.Depuis, un voile de tristesse et de frayeur flotte souvent sur sa figure d\u2019ébène.\u2014Oh! m\u2019avoue-t-elle parfois, comme nous sommes malheureuses, nous Africaines! On nous achète, on nous trafique comme des bêtes de somme! Nelson connaît maintenant mon lieu de refuge, aussi à tout instant, je crois le voir surgir comme un fou pour m\u2019emmener avec lui.N\u2019a-t-il pas déjà parcouru mille milles pour nous ravir à nos parents, mes sœurs et moi, lorsque nous étions jeunes?Mais, ajoute-t-elle à la fin, pourquoi craindre ?Je possède une cachette sûre: les bras de Marie! Et ce que cette tendre Mère garde est bien gardé, n\u2019est-ce pas?Oui, Marie protégera sûrement son enfant, mais je me permets de rappeler cette jeune Africaine au souvenir de toutes ses sœurs blanches d\u2019Amérique qui jouissent et peut-être abusent parfois du bien si précieux de leur liberté.INTENTIONS MISSIONNAIRES de ^Apostolat de la Prière Janvier: Afin que la vision de l\u2019unité de 1 Eglise attire les peuples à la foi.Février: Pour que l\u2019action sournoise du communisme en Chine ne parvienne pas à séparer les chrétiens de l\u2019union avec Rome. MAXIMO GOMEZ, CUBA Jeu d\u2019enfants.Vocations futures par Sœur SAINT-ATHANASE », m.i.c.Le passage, Tan dernier, d\u2019un missionnaire jésuite, recruteur de vocations, et la participation de quelques-uns de nos élèves de 3e et 4e années à une cérémonie d\u2019ordination au Séminaire Saint-Ignace-de-Loyola de La Havane, avaient provoqué un mouvement d\u2019enthousiasme extraordinaire au Collège.Un petit groupe parmi les plus fervents se forma et, de leur propre initiative, ces jeunes se constituèrent en une association dite « Communauté de Saint-François ».Pratiques de piété, application au travail et menus renoncements, autant de bourgeons qui vinrent éclore sur les branches du frêle arbuste! Le vent des vacances, pensions-nous, secouera vite ces fleurs précoces, coupant par le fait même tout espoir de fruits.Mais non.Voici que profitant de l\u2019interruption des classes, Père Curé et religieuses s\u2019absentent tour à tour pour une semaine de retraite à Colon.Nos moines en herbe sont intrigués; que ne suivent-ils l\u2019exemple de leur pasteur et de leurs professeurs pour avancer eux aussi dans les voies de la perfection ?.Et huit jours durant, avec le plus grand sérieux du monde, nos petits bouts de franciscains se promènent tranquillement dans la cour du presbytère, le chapelet à la main ou la tête penchée sur quelque bouquin.Ils organisent des processions et chantent en chœur le Kyrie, le Gloria, etc.Toute la matinée s\u2019écoule ainsi dans le silence et la prière.Du coin de l\u2019œil, nos retraitants ne manquent pas cependant d\u2019apercevoir les Sœurs qui évoluent au couvent et, sans doute., s\u2019édifient de leur ferveur! Cette belle illusion a l\u2019effet d\u2019un stimulant sur les volontés qui songeraient à faiblir.Tout de même, il n\u2019est pas téméraire de leur part de croire que nous nous intéressons à eux; avant la clôture de la retraite, Sœur Supérieure va s\u2019informer si la confession est au programme de leurs 331 1 Thérèse Bergeron, de Sainte-Sophie de Mégantic. Les petits \u201c moines de Saint-François en conférence^ spirituelle.IL* , ¦¦***& pieux exercices.La confession?.ah! non, on n\u2019y a pas songé; cet acte de religion entre si peu dans les coutumes du peuple cubain! Le jour même l\u2019on s\u2019acquittait de ce devoir.Des vacances si bien commencées furent pour nos garçonnets une détente agréable et des plus appréciées.Septembre nous les ramena, tous reposés et remplis des meilleures dispositions.Plusieurs ont pris l\u2019habitude d\u2019aller réciter leur chapelet à la chapelle au sortir de l\u2019étude.Un jour, l\u2019un d\u2019eux reste en classe après 4 heures.Sœur Sainte-Véronique 1 s\u2019inquiète: \u2014Vous ne partez pas avec vos compagnons ?\u2014Non, ma Sœur.Dans notre Communauté, voyez-vous, si l\u2019un de nous se conduit mal, il reçoit une pénitence.Ordinairement, je la donne aux autres, car je suis le chef.Moi, c\u2019est Antonio, mon assistant, qui m\u2019avertit de mes manquements.Alors, comme je n\u2019ai pas bien agi ce matin, il m\u2019a assigné comme punition de lire ce livre: je dois lui obéir.» Et l\u2019humble moinillon de se replonger dans les « Conférences des Écoles catholiques », brochure d\u2019une vingtaine de pages.Jeu d\u2019enfants?Oui, bien entendu, mais pour quelques-uns, au moins, espérons-le, préparation éloignée à la vie d\u2019abnégation, de prière, de sacrifice et de dévouement exigée du clergé autochtone, encore si peu nombreux, de la Perle des Antilles.1 Fabienne Bematchez, de Pont-Rouge.333 üécrologte M.l\u2019abbé Pierre Trudel, p.s.s., Pueblo, Colorado; notre chère Sœur Sainte-Lucie (Madeleine Bertrand, de Mont-Laurier); notre chère Sœur Saint-Louis-de-Gonzague (Anna Girard, de Claremont, N.H.); M.Alphée Dubois, Sainte-Croix, père de notre Sœur Sainte-Agathe; Mme Alfred Béliveau, Princeville, mère de notre Sœur Marie-Céline; M.Joseph-Louis Larocque, Montréal, père de notre Sœur Marie-Paule; M.Samuel Ménard.Saint-Isidore de Prescott, Ont., père de notre Sœur Saint-Gaétan; M.Raoul Sabourin, Très-Saint-Rédempteur, comté Vaudreauil, père de notre Sœur Saint-Léonard-de-Port-Maurice; M.Jules Paquette, Montréal, père de notre Sœur Michelle-du-Sacré-Cœur et frère de notre Mère Marie-de-la-Providence; Mme Isidore Bouchard, Québec, mère de notre Sœur Saint-Isidore; Mme Lazare Tremblay, Saint-Cyprien.mère de notre Sœur Sainte-Adélaïde; Mme Pierre Mathieu, Notre-Dame-de-Ia-Guadeloupe, mère de notre Sœur Sainte-Angélique; Mme Lucien Beaumont, Saint-Pierre-de-Montmagny, mère de notre Sœur Marie-Laure; Mme Henri Dugal, Québec, mère de notre Sœur Madeleine-de-Pazzi ; M.Léopold Forest, L\u2019Epiphanie, frère de notre Sœur Saint-Antoine-de-Padoue; Mme Z.Martin, Lachine, sœur de notre Sœur Marie-Bernadette; M.Anicet Létourneau, Mont-Louis, frère de notre Sœur Marie-du-Calvaire; M.Ernest Vézina, Québec, frère de nos Sœurs Thérèse-de-Lisieux et Marie-Marthe; Mme J.-O.Montreuil, Montréal, sœur de notre Sœur Madeleine-du-Sauveur; Mme Ernest Bilodeau, Brooklyn, N.-Y., sœur de nos Sœurs Jeanne-Mance et Rita-du-Sacré-Cœur; M.Joseph-Louis Paquin, Montréal, frère de notre Sœur Saint-Albéric; R.Frère Louis Courteau, Trappiste, Oka, et M.Joseph Courteau, Montréal, neveux de notre vénérée Mère Fondatrice; M.Louis Marquette, M.Orner Dansereau, Mlle Marie-Louise Lamarre, Mme Gustave Landry, M.J.-A.Desjardins, M.Olivier Jasmin, Mme Orner Lord, Mme J.-D.Bonin, M.Victor Dufort, Mme Lucien Beau-chesne, Montréal ; M.André Chicoine.Belœilville ; Mme Gaspard Pelletier, Ville Lasalle, Mme Wilfrid Leclerc, Verdun; Mme Luc Marchesseault, West Shefford; M.Henri-Paul Sabourin, Très-Saint-Rédempteur, comté Vaudreuil; M.Joseph Hébert, Mme Oscar Thuot, Saint-Jean; Mme Léopold Moreau, Saint-Luc; M.Edmond Poulette, Sainte-Théodosie; M.Joseph-C.Hénault, Saint-Gabriel de Brandon; M.Philias Chabot, Lachute; M.Joseph Villeneuve, Saint-Agathe; Mme Alfred Daneault, Sainte-Flore; Mme Joseph-H.Boutet, Loretteville; M.Alfred Pépin, Saint-Eugène-de-Gui-gues; M.Anthime Rivard Saint-Prime; M.Paul Plamondon, M.Héliodore Bédard, Québec; Mme Ph.Bourassa, M.Joseph Fecteau, Lauzon; M.Adolphe Arel, Lévis; M.Thomas Guimont, Saint-Eugène, comté LTslet; M.Georges Boucher, Salem, Mass.; M.Delphis Lacouture, Brockton, Mass.; M.Emery-J.Gaudette, Lowell, Mass.; * Mme Fred Leavitt, Bangor, Maine; Mlle Noëlla Simard, Roberval, sœur de notre Sœur Blandine-de-Jésus; Mlle Cécile Michaud, Saint-André de Kamouraska, sœur de nos Sœurs Jeanne-de-Domrémy et Thomas-de-Jésus; M.Guy Perron, Lac-aux-Sables; M.Charles-Edouard Ménard, Sainte-Elisabeth, frère de notre Sœur Sainte-Elisabeth; MM.Georges Martin.Saint-Alexis de Matapédia, et Emile Martin, Atholville, frères de notre Sœur Marguerite-de-Jésus; Mme René Champagne, Montréal.334 Maisons des Soeurs Missionnaires de l\u2019immaculée-Conception AU CANADA MAISON MERE, 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal 26.NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 9.OUTREMONT, 314 Chemin Sainte-Catherine Montréal S.HOPITAL CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetiére Montréal I.NOMININQUE, comté La belle, Qué.RIMOUSKI, 85, rue Saint-Germain.JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis.QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille.VANCOUVER, Refuge de l\u2019Immaculée-Conception 236, rue Campbell.VANCOUVER, Hôpital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard.TROIS-RIVIERES, 1325, rue de la Terrière.GRANBY, 35, rue Dufferin.GRANBY, 279, rue Principale.CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE, Qué.SAINT-JEAN, Qué., 430, rue Champlain.PERTH, N.-B., C.P.259.OTTAWA, Ont., 443, rue Gilmour.AUX ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street.EN CHINE MAISON NOTRE-DAME-DE-FATIMA, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong.NOTRE-DAME-DE-LA-PROTECTION, Clear Water Bay Road, Kowloon, Hong Kong.FORMOSE KUANHSI, Cheng Mou Yuen, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.SHIH KUANG TSE, Catholic Church, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.TAIPEI, 363, An Tung Chieh, Taiwan, Free China.SU AO, Catholic Mission, P.O.Box 2, Suao Yilanhsien, Taiwan, Free China.AU JAPON KORIYAMA, 96 Toramaru, Koriyama Shi, Fukushima Ken.WAKAMATSU, 480, sakae machi, Aizu Wakamatsu.TOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya ku.EN ITALIE ROME, via Giacinto Carini, 8.A MADAGASCAR MORON DAVA, Madagascar.AM BOH IB ARY, Madagascar EN BOLIVIE COCHABAMBA, Academia Comercial, Calle Oruro, No 300, Çasilla 1667 AUX ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Anglo Chinese Academy, Gen.Luna St., Intramuros.MANILLE, 2212 S.del Rosario St., Tondo.LAS PINAS, Rizal.MATI, Davao Province.DAVAO City, Our Lady of Good Counsel Hall, PADADA, Davao Province.BAGUIO, City, II, Pacdal, Mountain Province.AUX ANTILLES LES CAVES, Haiti.LES COTEAUX, Haiti.ROCHE-A-BATEAU, Haiti.PORT-SALUT, Haiti.CAMP-PERRIN, Haiti.MIREBALAIS, Haiti.LIMBE, Haiti.CAP-H AITIEN, Haiti.CHANTAL, Haiti.TROU-DU-NORD, Haiti.PORT-AU-PRINCE, cité no 2, Haiti.DESCHAPELLES, Hôpital Albert Schweitzer, Boite Postale no 4, Saint-Marc, Haiti.LA BOULE, Haiti.MERCEDES, Province de Matanzas, Cuba.MARTI, Province de Matanzas, Cuba.MANGUITO, Province de Matanzas, Cuba.LOS ARABOS, Province de Matanzas, Cuba.MAXIMO GOMEZ, Prov.de Matanzas, Cuba.COLON, Province de Matanzas, Cuba.SAN JOSE de LOS RAMOS, Prov.de Matanzas, Cuba EN AFRIQUE KATETE MISSION, Katete River, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZAMBAZI MISSION, Kafukule, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.RUMPHI MISSION, Rumphi, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KARONGA MISSION, Karonga P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KASEYE MISSION, Fort Hill P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZUZU MISSION, P.O.Box 24.Nyasaland, B.C.Africa.NKATA BAY MISSION, Nkata Bay P.O.Nyasaland, B.C.Africa.FORT JAMESON, P.O.Box 107 Northern Rhodesia, B.C.Africa.KAN YANG A MISSION, Lundazi P.O.Northern Rhodesia, B.C.Africa. _ - ¦ T vV-f "]
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