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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Juillet - juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1959-07, Collections de BAnQ.

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[" Vol.XXe \u2014 40e année Juillet-Août 1959 Montréal No 10 Lb Piré©iui/p&@Binr 2900, chemin Sainte-Catherine - Côte-des-Neiges, Montréal 26 Imprimatur: f Mgr Paul Touchette.P.A.V.G.10 octobre 1958.Nihil obstat: François Brouillette.ptre.15 décembre 1958.Vol.XXe 40e année\tJuillet-Août 1959\tNo 10\t Revue bimestrielle, publiée par les Sœurs Missionnaires\tSOMMAIRE\t\t4 1 de ITmmaculée-Conception.\tLe pécheur des Iles\t435\t* || \tSœur Saint-Edmond, m.i.c.\t\t ABONNEMENT :\t\t\t Par an\t$1.00\tLes maris africains et les sciences domestiques 441 Sœur Sainte-Alcxandrine, m.i.c.\t\t A vie\t20.00\tDans un coin de brousse\t Sœur Marie-Via tour, m.i.c.Tuez-moi donc !\t447\t \t\t.\t450\t \tSœur Marie-de-Fatima, m.i.c.\t\t \t\t\t \tLa légende du chapelet bouddhique\t456\t \tSœur Joseph-Arthur, m.i.c.\t\t AVANTAGES :\tA toi qui crains la vie missionnaire\t\t459\t Les abonnés participent aux prières, travaux et sacrifices de toutes les Reli-\tFantaisie japonaise sur les insectes\t Sœur Marie-de-la-Rédemption, m.i.c.\t463\t4 1 gieuses de la Communauté, particulièrement des Mission-\tBarbato \t\t469\tÀ naires à l\u2019œuvre dans les cinq parties du monde.\tSœur Saint-Amédée, .m.i.c.\t\t De plus, une messe est\tAu nouveau poste d\u2019Ambohibary\t472\t célébrée chaque semaine pour les abonnés vivants et une\tSœur Saint-Rémi=de«France, m.i.c.\t\t autre pour les défunts.\tComment l\u2019Ilang-Ilang mérita sa floraison\t.475\t \tPage-couverture :\t\t \tLolita revient du marché.\t\t \\ * \\ Le pêcheur des Iles I ILES\" PHILIPPINES par Sœur SAINT-EDMOND m.i.c.Chaque soir, quand le fugace crépuscule des tropiques a déployé ses voiles sur la nature, la baie de Manille présente un spectacle que plus d\u2019un touriste étranger prendrait aisément pour un carnaval flottant.De multiples bateaux de pêche la sillonnent en tous sens, sous la féerie de lumières étincelantes qui étoilent l\u2019obscurité et plongent des rayons d\u2019or dans les eaux.Ces barques, montées par des centaines d\u2019hommes, s\u2019affairent à la recherche des quelque cent cinquante espèces de poisson qui peuplent la baie.Dans ce vaste et inépuisable bassin, large de vingt-cinq milles, on capture annuellement sept millions de kilogrammes de faune marine, faible portion cependant du total des pêcheries aux Philippines.Plus peut-être qu\u2019aucun pays du monde, l\u2019archipel présente des conditions favorables à la pêche; ses sept mille îles donnent accès à d\u2019immenses étendues d\u2019eau, lesquelles procurent au peuple d\u2019incalculables ressources.Avec un programme systématique d\u2019exploitation, les Iles Philippines pourraient tenir le premier rang dans le monde pour 435 Irma De Ladurantaye, de Cap Saint-Ignace. y>>'^ l\u2019exportation du poisson.En fait d\u2019instruments de pêche, les dernières inventions opèrent sur le principe du radar et facilitent singulièrement les captures en signalant le passage des bancs de poisson.Cependant, le pêcheur ordinaire ne possède pas ces instruments modernes, ni même un bateau de pêche.Tout ce qu\u2019il peut avoir en propre est une nombreuse famille et peut-être une légère banco.Il travaille donc avec d\u2019autres et se joint de préférence aux équipes de nuit car l\u2019obscurité favorise son labeur et lui fait escompter une excellente prise.S\u2019il existe quelqu\u2019un qui n\u2019aime pas la lune, c\u2019est bien lui; il reproche à l\u2019astre des nuits d\u2019attirer le poisson par sa réflexion sur les eaux, et de l\u2019empêcher ainsi d\u2019entrer dans ses filets.Les préparatifs d\u2019une expédition de pêche commencent vers quatre heures de l\u2019après-midi.A ce moment, le village s\u2019anime et toute la place monte en effervescence.On voit le pêcheur scruter l\u2019horizon; le temps sera-t-il propice?Parfois, le flot mu- tine et la brise se montre méchante, mais il ira quand même à son dangereux métier car il n\u2019a pas d\u2019autre choix.Pendant que les uns ramassent les filets et les portent au rivage, les autres tirent des abris les barques motorisées ou les petits voiliers, puis ils appareillent au milieu du brouhaha et des couleurs locales habituelles.Bientôt la nuit tombe et les hommes de la mer partent, pleins d\u2019espoir.Pour eux, la pêche n\u2019est pas une simple industrie mais une merveilleuse aventure.Quelle fête de tirer du fond des eaux un filet bien rempli! et quoi de plus exaltant que de voguer sur ces profondeurs mouvantes à la clarté bienveillante des étoiles! Là-bas sur la rive, les huttes de nipa avec leurs baies illuminées clignotent aux marins un anxieux au revoir, pendant que la vaillante flottille glisse vers le large.Souvent les pêcheurs parcourront la baie pendant plusieurs heures * *î>; avant d\u2019y découvrir les masses itinérantes éparpillées sous les eaux et de pouvoir jeter leurs filets.Ils travaillent ferme toute la nuit, aux prises parfois avec une mer mauvaise et des vents contraires.La phase la plus ardue de l\u2019entreprise v consiste à tirer hors de l\u2019eau un réseau immense et lourd comme du plomb, pendant que les barques l\u2019encerclent en avançant pouce après pouce.Au point du jour, la flotte revient vers la rive où les femmes l\u2019attendent avec leurs larges paniers.Elles procèdent aussitôt au triage du poisson, lequel est vendu sur place puis apportant ce qui reste, elles le salent copieusement dans des jarres ou bien le font sécher sur un treillis de bambou au brûlant soleil de la cour.Ensuite, elles retournent au rivage, avec leurs marmots sur les talons et le bébé à la hanche, selon la coutume du pays; aidées des petits, elles recueillent dans le sable les crabes et autres mollusques comestibles qui augmenteront un peu le revenu familial.En touchant le bord, les hommes ont monté leurs barques sur la berge pour les nettoyer et les réparer au besoin.Ils emportent les filets, et les hissent sur des perches pour la routine quotidienne du séchage et du reprisage.Parfois la lune brille et les expéditions de pêche en haute mer sont suspendues temporairement.Alors le pêcheur prend son sakag (araignée).Avec ce filet triangulaire, il peut capturer le gros poisson n\u2019importe quand dans les eaux peu profondes.Il attrape les petits à l\u2019aide du carrelet, rejetant à l\u2019eau le trop menu fretin qui d\u2019ailleurs se remet vite de son émotion.Le salakad, utilisé par endroits, est une sorte de trappe en forme de panier dans lequel le pêcheur saisit le poisson avec la main nue.Dans les eaux claires des courants et des rivières, on emploie le harpon.L\u2019homme, muni de lunettes spéciales, poursuit les carpes géantes avec tant d\u2019adresse qu\u2019aucune n\u2019échappe à son œil exercé.Aperçoit-il sa victime, il ajuste la fouine, lance le coup.et prend un succulent dîner.Les Chinois de l\u2019archipel pratiquent surtout la pêche au connoran; ils ont soin de tenir ces oiseaux en laisse pour les empêcher d\u2019avaler leur proie.Certains pêcheurs n\u2019utilisent encore que des méthodes archaïques et un outillage très primitif mais, grâce à leur entraînement et à leur habileté, ils savent tirer parti des coutumes d\u2019autrefois excellentes au temps de grand-père \u2014 et la mer, toujours bonne, récompense largement leurs efforts.Du reste, la Providence a développé au cœur du pêcheur philippin un courage indomptable et quelquefois une véritable passion pour son rude métier.Aucune difficulté ne l\u2019arrête.Son attitude d\u2019endurance et d\u2019optimisme est simplement empoignante.« Il est fou, répète-t-il à tous, il est fou de ne pas espérer malgré la misère, l\u2019insuccès.» La pêche, voilà son destin! et les agrès de pêche, son unique possession.Sa hutte de nipa, il la construit face à la mer qui lui procure sa subsistance et l\u2019enchantement continuel de ses sites merveilleux, la mer où, quand tout lui fait défaut, il peut toujours tendre une voile ou jeter un filet.Ses économies n\u2019iront jamais à l\u2019acquisition d\u2019une maison plus spacieuse mais bien à l\u2019achat d\u2019une 438 Un fusil à flèche de sa fabrication et des lunettes protectrices pour plonger dans la mer, voilà tout ce qu\u2019il faut au pêcheur philippin pour se procurer son repas banco neuve; c\u2019est là pour lui et les siens la plus précieuse des richesses.En somme, il mène avec sa famille une existence paisible, idyllique même pour qui aime à vivre sans taxes ni factures d\u2019aqueduc ou d\u2019électricité, sans démêlés avec les collecteurs d\u2019impôts.Gypsy de la mer, le pêcheur des îles se révèle philosophe et poète.Battre les océans ou les rivières, y rencontrer à chaque instant un nouveau motif d\u2019admiration, sentir partout le rythme de la nature dans son infinie variété, quoi de plus beau et de plus purifiant! Cette pénétration du divin dans son âme et dans sa vie, il ne peut s\u2019en défendre ni, du reste, l\u2019exprimer.Dans son bateau curieusement appelé The Sea RoameT (Vagabond des mers), il fixe sans cesse le ciel ou le courant, et son visage bronzé où luisent des yeux de jais reflète une dignité rude, une imperturbable sérénité.Musicien, comme tous ceux de sa nation, il module souvent des refrains de pêcheurs, des louanges à la mer et à sa bienfaisance.Hélas! son dur métier l\u2019épuise souvent avant l\u2019âge.Affaibli et usé, il reste quand même lié à la mer et continue à pêcher, accompagnant les jeunes et les aidant de sa longue expérience car, pour lui, l\u2019eau et ses habitants n\u2019ont plus de secrets.Parfois il part seul dans sa barquette et se laisse pousser très loin par le vent.Personne ne le voit rentrer, car il a la nostalgie des marées nocturnes et des paysages de minuit.Puis, un jour, le vieillard doit rester à la hutte, ne pouvant plus qu\u2019aider à repriser les filets.Il est encore pêcheur mais en souvenir seulement.Chaque soir, au crépus- cule.il descend au bord des flots.Un sentiment de propriété le possède: l\u2019immensité bleue n\u2019est-elle pas son héritage et celui de tous les pêcheurs! Ses yeux errent sur la mer, il écoute son silence, sa paix infinie.Doucement, et comme sur la pointe des pieds, les petites vagues viennent tour à tour le saluer amicalement, il sourit et oh! non, il n\u2019a pas d\u2019illusion la mer sourit aussi.Quand son petit-fils veut le ramener à la maison, il supplie: Encore un peu! -Mais le vent est trop frais, grand-père! Non, non, il redonne les forces perdues, il apporte les senteurs de la mer.Ne les respires-tu pas, mon petit ?Respirer quoi, grand-père ?Ah! ces jeunes, ils ne peuvent comprendre! Et I\u2019a'ieul poursuit sa rêverie.Le sommeil est loin, et le bon Dieu, très proche.On devine sa foi invincible, n\u2019a-t-il pas vécu enveloppé du ciel et de la mer?Si souvent il s\u2019est représenté le Christ enseignant, marchant, dormant sur la mer, le Christ qui connaissait bien les pêcheurs et qui a voulu tirer de la mer ses premiers disciples et le chef de son Église.Ah! le bon saint Pierre, pêcheur par excellence, avec quel sourire d\u2019ami il l\u2019accueillera au seuil du paradis! Aussi, c\u2019est dans une paix sereine que ce vétéran des eaux navigue maintenant vers la rive céleste.Il sait que le Seigneur lui prépare dans l\u2019au-delà une petite banc a à la mâture d\u2019or dans laquelle, rajeuni, joyeux et tout habillé de lumière, il pêchera sans fin dans les océans infinis de l\u2019Amour éternel.440 RHODES IE DU NORD LES MARIS AFRICAINS et les sciences domestiques (Causerie prononcée à Lusaka par Sœur Sainte-Alexandrine \\ m.i.c., au Congrès des Communautés religieuses féminines, du 11 au 20 juin 1958, où l\u2019on étudia le milieu africain en Rhodésie du Nord et les techniques missionnaires de pénétration.Ce fut un échange d\u2019idées et d\u2019expériences aussi enrichissantes que diverses.Les écoles de sciences domestiques, si propices présentement à l\u2019apostolat des femmes, soulevèrent un vif intérêt.Il revint à la Mission de Fort Jameson de faire connaître l\u2019opinion des maris africains, touchant l\u2019éducation des femmes, et de traiter des conditions nécessaires pour que les sciences domestiques atteignent leur but éducatif et apostolique.) Les maris africains en général, du moins en Rhodésie du Nord, sont vraiment intéressés à ce que leurs femmes étudient les sciences domestiques.Pourquoi?Parce qu\u2019ils placent leurs espérances, comme les autres humains, en ce qui semble devoir rapporter quelque avantage.Plusieurs même croient que l\u2019initiation des femmes aux arts ménagers est la clef du succès, dans l\u2019effort tenté pour améliorer le standard de la vie africaine et l\u2019élever autant que possible au niveau de l\u2019européen.Les uns apprécient la valeur des sciences domestiques pour le bien que toute la famille en retirera, tandis que les autres s\u2019arrêtent à leur intérêt personnel.Des faits confirment cet énoncé: M.Tembo aimerait voir son épouse fréquenter le Centre des Sciences domestiques pour qu\u2019elle y apprenne le soin des enfants, la tenue du logis, l\u2019art d\u2019être une maîtresse de maison accomplie.M.Cibwana s\u2019informe si l\u2019on enseigne chez nous les méthodes des étrangers, en sorte que les Africains éduqués puissent adopter le genre de vie des Européens: « Le temps est venu pour les Africains, remarque-t-il, d\u2019avoir le même standard de vie que les Européens, et cela ne peut se réaliser qu\u2019à travers l\u2019éducation des femmes.» M.Mwale désire que son épouse s\u2019enregistre comme étudiante, à l\u2019instar de la femme de son voisin, « laquelle n\u2019est plus jamais désœuvrée: elle coud, tricote, reprise, et sa maison brille de propreté.Elle sait aussi cuire le pain et les gâteaux, préparer la confiture de mangues et de nouveaux assaisonnements pour la sima.» Mme Banda compte parmi nos élèves depuis une semaine seulement, et son mari s\u2019en-quiert déjà: « Sera-t-elle bientôt capable de me tricoter un chandail et des bas?de me coudre une chemise à la machine?d\u2019apprêter un rosbif?de confectionner des gâteaux?» M.Phiri nous livre cette confidence: « Ma plus grande ambition est de donner à mes six enfants une bonne 1 Evelyn O'Neill, de Québec 441 ^ ^ \u2022J*JOSES FAILED ' *1 ^ fcl i*6 Sb , ** .* *' wm v ¦ % Sœur Saint-Epiphane (Gemma Ouellet, de wSaint-Epiphane) chez une de ses élèves de l\u2019Ecole des Sciences domestiques.Les étoiles apposées au tableau d\u2019honneur témoignent des succès de cette maman africaine dans la bonne tenue de sa maison. éducation, mais comment y parvenir si leur mère n\u2019est pas en mesure de les aider et de continuer l\u2019œuvre de l\u2019école?De grâce! acceptez ma femme au Centre et enseignez-lui à élever les enfants, à coudre et à repriser! » Le cas de M.Phiri est celui de 95% des Africains éduqués.Tandis que le mari a étudié huit, dix ou douze ans, le bagage de connaissances de la femme se borne à ceci: broyer le maïs au thuli, cuire la sima, écosser les fèves, écaler les arachides.Si l\u2019on considère les possibilités de développement dont on a favorisé l\u2019élément masculin, il faut avouer qu\u2019on a négligé l\u2019élément féminin.La disproportion existant entre l\u2019édu- cation de l\u2019homme et l\u2019éducation de la femme est la cause du malheur de nombreux ménages.Là se trouve la source de tant de mésententes et de séparations.Un garçon qui a poussé ses études jusqu\u2019à la onzième année et qui épouse une fille de la brousse, quasi illettrée, s\u2019en fatiguera vite, et après un an ou deux, s\u2019en choisira une autre plus délurée.Cette triste aventure, point du tout rare, serait évitée si les deux conjoints jouissaient de la même éducation, partageaient les mêmes pensées, les mêmes goûts, les mêmes aspirations.L\u2019épouse serait alors respectée de son époux.Tout le monde admet qu\u2019il est urgent d\u2019appuyer sur la formation des femmes et des filles.Mais pour en arriver là et obtenir des résultats concrets la coopération des maris ou des pères de famille est indispensable.Au foyer africain \u2014 c\u2019en est la coutume \u2014 il appartient à l\u2019homme de prendre toutes les décisions, et la femme dépend de lui dans les moindres détails, Ainsi, s\u2019il a décidé qu\u2019elle suivra ou ne suivra pas le cours des sciences domestiques, l\u2019affaire est classée.Nombre de femmes souhaiteraient venir au Centre mais en sont empêchées par l\u2019obstacle argent.Parmi nos élèves plusieurs ont dû vendre de la farine et des légumes au marché pour payer leurs frais de scolarité ou acheter les tricots et vêtements qu\u2019elles confectionnent.Autre difficulté: quoique l\u2019on enseigne au Centre une cuisine simple et économique, certaines étudiantes ne peuvent l\u2019introduire chez elles parce que leurs maris refusent d\u2019acheter les ingrédients, les ustensiles et les marmites nécessaires.C\u2019est pourquoi il importe de saisir toutes les occasions possibles d\u2019intéresser les hommes qui nous confient leurs femmes: ils se montreront moins récalcitrants lorsque surgira le point épineux des dépenses.Dès qu\u2019elles savent coudre et tricoter passablement, nous demandons à nos élèves de confectionner quelque chose pour leurs maris.En outre, elles leur apportent chaque semaine les plats apprêtés à la leçon d\u2019art culinaire.Chacune a chez elle un tableau d\u2019honneur; on y lit les matières au programme: couture, tricot, repassage, tenue de la maison, propreté de la cour, hygiène.Lors de la visite du professeur, des étoiles sont apposées pour toute application pratique des principes enseignés au Centre.Au bout de six mois, les 444 femmes, invitent leurs maris à un tea-party organisé et servi par elles, à l\u2019école même.Comme conséquence de cette manière de procéder, la plupart des maris deviennent très intéressés aux progrès de leurs femmes, alors qu\u2019une minorité se cantonnent dans leur égoïsme et refusent de collaborer.Il en est même de si intéressés qu\u2019ils ont demandé pourquoi ils n\u2019auraient pas eux aussi leur tableau d\u2019honneur ?pourquoi leur travail autour et à l\u2019intérieur de la maison ne serait pas coté?.Il va sans dire que c\u2019est à de tels foyers qu\u2019évolue davantage l\u2019éducation des femmes.Lorsque nous commençâmes, à Fort Jameson, l\u2019École des Sciences domestiques pour les Africaines, nous ne songions pas à englober les maris dans cette œuvre de formation féminine.Mais le temps et l\u2019expérience nous ont appris que la coopération de ces derniers est absolument nécessaire pour arriver à bonne fin; et depuis, nous avons entrepris de les visiter eux-mêmes à domicile, comme nous le faisions déjà pour leurs femmes.Quel est l\u2019objet et la valeur réelle de ces contacts?Les visites à domicile nous révèlent la vie des Africains, nous aident à comprendre et parfois même à résoudre leurs problèmes.Au début de notre apostolat, que de choses, que de manières d\u2019agir nous paraissaient inconcevables! Nous aurions voulu tout réformer.Mais nous avons pénétré le milieu familial et découvert ainsi combien nos gens sont liés à leur parenté et à leur tribu! Cette constatation nous rendit plus indulgentes et plus compréhensives et, à partir de ce moment, nous nous sommes Sœur Sainte=Alexandrine (Evelyn O\u2019Neill, de Québec), en visite dans une famille évoluée de Fort=Jameson.senties capables de les aider.Les visites à domicile offrent souvent l\u2019opportunité de réconcilier mari et femme et d\u2019inciter la partie en faute à s\u2019amender.Une de nos chrétiennes, mariée depuis cinq ans, confiait un jour, à son professeur en visite, qu\u2019elle était désespérée et avait résolu de quitter son époux qui ne pratiquait plus sa religion et buvait son salaire.La religieuse lui conseilla de prier beaucoup et lui montra son devoir.Par ailleurs elle rencontra le mari et s\u2019arrangea pour le voir régulièrement à la maison.Résultat: il cessa ses mauvais traitements à l\u2019égard de son épouse et de ses enfants, et reprit le chemin des sacrements.Tous les dimanches nous voyons la petite famille à la messe.Les visites à domicile font disparaître le colour-bcn et les préjugés mutuels.S\u2019asseoir au foyer africain et même y accepter une tasse de thé fait plaisir.L\u2019Africain dit: « Les missionnaires sont des nôtres! » Les visites à domicile nous gagnent la confiance du milieu.Notre titre 445 de professeur de sciences domestiques ne nous est qu\u2019un permis d\u2019entrée.Témoigner de l'intérêt et de la sympathie à nos gens, les écouter, tout cela prend du temps mais procure des connaissances précieuses.Les visites à domicile éclairent les professeurs chargés de toucher des sujets tels que le soin des bébés, l'hygiène, la tenue de la maison, les devoirs envers Dieu et la famille.Elles sont encore de merveilleuses occasions de ramener à la pratique de la religion des catholiques que le paganisme a repris, parce qu\u2019ils ne connaissaient pas suffisamment leur foi.Par exemple, Ignasio, père de sept enfants et non marié devant l\u2019Eglise.Esther avait été pendant dix-sept ans sa seule épouse.Étudiante au Centre, elle était visitée chaque semaine par son professeur.Une fois, la missionnaire rencontre Ignasio seul.Le sachant catholique, elle aborde la question de la pratiqua religieuse et l'engage à faire régulariser son mariage.\u2014Voulez-vous dire qu'après cela je pourrai recevoir la Sainte Communion?demande Ignasio.\u2014Pourquoi pas ?Ignasio exulta de joie.Et depuis la famille entière assiste à la messe dominicale; et bientôt Esther et son mari feront bénir leur union.Les visites à domicile nous ont ancrées dans cette opinion, qu\u2019en général les querelles de ménage, les séparations, sont dues, premièrement, à la mauvaise conduite des maris.Il est vrai que beaucoup d\u2019Africaines non évoluées sont paresseuses et ne semblent pas se soucier d\u2019améliorer leur foyer et leurs habitudes de vie.Mais si l\u2019époux est infidèle et buveur, s\u2019il ne parle à l\u2019épouse que pour critiquer son comportement ou la tancer sur son manque d\u2019intelligence et d\u2019adresse, rien de surprenant que la pauvre femme devienne apathique et paresseuse! Deuxièmement, les mésententes sont dues à l\u2019extrême différence d\u2019éducation que nous avons signalée; troisièmement aux mauvaises coutumes pratiquées jsuqu\u2019au sein des familles chrétiennes! L\u2019homme aussi bien que la femme a été initié de bonne heure aux superstitions et aux coutumes de sa tribu.Or ces pratiques, préjudiciables à la vie chrétienne, devraient être abolies.Là encore, la coopération masculine est absolument nécessaire.On s\u2019efforce d\u2019amener les femmes et les filles à renoncer aux superstitions et aux rites païens: on travaillera en vain tant qu\u2019un effort parallèle n\u2019atteindra pas les garçons de l\u2019école et les jeunes gens.Après cela seulement, l\u2019épanouissement d\u2019authentiques foyers chrétiens ne sera plus chose rare.Enfin les visites à domicile sont un encouragement et pour la visitée et pour la visiteuse.Celle-ci goûte le bonheur d\u2019apporter un peu de Dieu dans les maisons et celle-là éprouve la joie de s\u2019acheminer vers le bon Sauveur ou de recouvrer son amitié.Les cadres de cette conférence « Les Maris africains et les Sciences domestiques » ont éclaté sous la chaleur de notre opinion touchant les visites à domicile.C\u2019est que nous sommes persuadées que, sans ces visites, le cours des sciences domestiques ne déterminera qu\u2019une faible évolution dans la vie matérielle de nos Africains et n\u2019aura aucune résonnance spirituelle dans les profondeurs de leur âme.446 MORONDAVA, MADAGASCAR DANS UN COIN DE BROUSSE par Sœur MARIE-VIATEUR, m.i.c.(Thérèse Drainville, de Laval-des-Rapides) 1 Thérèse Leblanc, de Saint-Sylvère.En fin de semaine, tandis que nos cent cinq pensionnaires s\u2019adonnent à l\u2019entretien de leur linge ou à l\u2019arrangement des fines tresses de leur chevelure, nous partons.Sœur Sainte-Félicité 1 et moi, vers Tanabao, village de brousse à environ un kilomètre de notre Mission.Le trajet d\u2019une bonne demi-heure de marche, sous un soleil brûlant, ramène parfois en mon esprit le souvenir d\u2019une belle bicyclette C.C.M.qui roulerait si bien sur le sentier durci! Mais la fatigue de cette course disparaît vite, quand surgit la poignée de cases en terre ou en bambou, 447 groupées autour d\u2019une toute petite église encore en construction.Là, nous attendent des enfants et aussi des adultes désireux de s\u2019instruire des vérités de la P'oi.Plusieurs de ces Malgaches sont catholiques mais comme nous le signalait Mme Marie-Rose, la chrétienne qui nous avait invitées à les visiter, ils sont kamo (paresseux) et ne pratiquent pas leur religion, par pure ignorance.Faute de prêtres, ils n\u2019ont pas bénéficié comme_ nous des enseignements de la sainte Église.Notre apostolat auprès d\u2019eux s\u2019est d\u2019abord limité à la récitation du chapelet dans la pauvre chapelle, puis à de simples entretiens avec les femmes assises devant leur case pour leur travail de couture.Un jour, on nous conduit chez une dame âgée, sourde et aveugle; elle n\u2019est pas baptisée.De peine et de misère, nous réussissons à la catéchiser et à lui faire désirer le sacrement de !a régénération que le prêtre vient ensuite lui administrer.Depuis le mois de mai, la statue de Notre-Dame du Sourire nous accompagne chaque samedi à Tana-bao, où les habitués du Rosaire se réunissent maintenant de plus en plus nombreux.Au murmure des Avé succède le chant de cantiques, puis «< * Soeur Sainte-Adélaïde (Adélaïde Tremblay, de Saint-Cyprien de Témiscouatai donne une leçon de blanchissage aux pensionnaires de l\u2019Ecole de Morondava.fjWM ^ . s la cérémonie se clôt par une courte exhortation en langue malgache.C\u2019est en revenant d\u2019une de ces tournées apostoliques, qu\u2019un grand bonheur, rêve de toute missionnaire, m\u2019échut en partage.Comme j\u2019arrêtais à l\u2019hôpital, voir la maman d\u2019une élève pensionnaire, un homme m\u2019interpelle : \u2014Mère, venez vite, un bébé se meurt et il n\u2019est pas ondoyé! Le cœur rempli d\u2019émotion, je me hâte vers l\u2019enfant mourant.La sage-femme apporte de l\u2019eau, je me recueille un instant et prononce les paroles rituelles: « Marie-Georgine, Sœur Marie-Vlateur (Thérèse Drainvüle, de Laval-des-Rapides) je te baptise, au nom du Père et du Fils.» Le nom avait été choisi par la mère, autrement, j\u2019aurais placé cette petite fille sous le patronage des saintes Marie-Madeleine et Anita, en souvenir de personnes bien chères; ce sera pour la prochaine fois.Lorsque je repassai le lendemain au même endroit, l\u2019âme de Marie-Georgine s\u2019était envolée en Paradis.Je l\u2019invoque depuis lors en faveur de ses frères Malgaches, des missionnaires à l\u2019œuvre sur la Grande Ile, et de tous ceux qui s\u2019intéressent à leur travail d\u2019apostolat.449 K A TETE, N Y ASS AL AND Tuez-moi donc! par Sœur MARIE-DE-FATIMA m.l.e.Neuf heures.Les postulantes des Rosarian Sisters sont en classe, les unes comme professeurs à l\u2019école élémentaire, les autres comme élèves à l\u2019école normale; une couple s\u2019entraînent aux soins des malades à l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur, Le postulat est désert.Quelqu\u2019un vient m\u2019arracher à mes marmots des subs A et B.Le père de Tomaida, l\u2019une des postulantes, est arrivé à la Mission, la hache à la main, et, terrible, il demande à voir sa fille.Immédiatement le cours la chercher au pavillon des Sciences domestiques où elle seconde Sœur Marie-Corinne 2 auprès des élèves: « Tomaida, votre père est ici et il veut vous.voir.» Le visage de ma jeune postulante passe du brun foncé au brun grisâtre et elle me suit avec crainte et tremblement.J\u2019aborde M.Phiri avec mon plus beau sourire, mais ça ne prend pas.Sans préambule il somme sa fille d\u2019avoir à quitter la Communauté des Rosarian Sisters: \u2014 Il faut que tu t\u2019en viennes aujourd\u2019hui avec moi au village ou bien je te tue sur place.450 1\tMarguerite Legault, Les Cèdres.2\tRollande Langevin, de Québec. .pli S* J H ujjnn Tïtuà^ 'ûiLJXl_uJ.) Postai ante des RosaHan Sisters.\u2014Je ne m\u2019en irai pas.de reprendre l\u2019enfant.Vous pouvez me tuer.Palije kanthu! N if wire Ciuta! Peu importe! je mourrai pour Dieu! Fâché, le père me tend alors une lettre émise par les Autorités indigènes du Borna de Kasungu.Le grand chef lui-même nous signifie que To-maida est entrée chez les Rosarian Sisters sans le consentement de son père et que celui-ci a tous droits sur elle, qu\u2019il peut donc la réclamer et la ramener au village.Mais, pensé-je, ce papier a-t-il vraiment tant d\u2019importance ?Je vais consulter le Père Supérieur de la Mission qui me répond: S\u2019il n\u2019y a pas de loi stipulant qu\u2019à partir d\u2019un certain âge les enfants sont majeurs et par conséquent libres d\u2019agir selon leur volonté, nous n'y pouvons absolument rien.C\u2019est malheureux, mais il faudra que Tomaida retourne chez son père.» Le cœur me crève à cette seule idée, et j\u2019appelle au secours notre bonne Mère du ciel.Au retour, j\u2019arrête à l\u2019école et prie les élèves d\u2019offrir leur travail pour le succès d\u2019une affaire difficile.Puis je reviens à M.Phiri qui m\u2019attend avec impatience assis sur l\u2019herbe devant le postulat.Invité à se rendre chez le Père Supérieur pour le règlement de son mlandu (procès) il gronde: \u2014Il faut que vous veniez vous aussi avec ma fille.452 ^ ï - M .-¦ ïsm£ Broyant le maïs pour la SI MA. -\tSûrement que nous y allons! Les RR.PP.J.Van der Pol et M.Riopel nous attendent au bureau.Il y a des chaises pour nous et une belle peau de lion par terre pour le plaignant.Silence de mort.C\u2019est solennel on ne peut plus: on se croirait à la Cour Suprême.Tomaida sanglote à mes côtés et j\u2019avoue, à ma honte, que je ne fais pas meilleure figure.On cherche dans le Nyasa-land Time du mois précédent s\u2019il n\u2019y aurait pas un article traitant de la majorité des filles.Mais on ne trouve rien.Le Père Riopel procède à l\u2019interrogatoire: Tapson, pourquoi veux-tu ta fille?.pour la marier et avoir quatre ou cinq vaches?(On savait que Tapson, polygame, désirait une troisième femme.C\u2019est toujours la même chanson! Pour acheter cette femme il lui faut des vaches; en mariant sa fille il en reçoit en dot; avec cette dot il se procure une femme!) Est-ce de l\u2019argent que tu veux ?et combien ?continue le Père Riopel.Mais la réponse tombe têtue et laconique: -\tJe veux ma fille.C\u2019est tout.Le Père Supérieur essaie de parler du bon Dieu, du ciel, de l\u2019enfer, mais ces grandes vérités planent très haut, au-dessus de la compréhension d\u2019un païen aussi mal disposé que Tapson: Tomaida est à moi.Il n\u2019y a ni ci ni ça, je la ramène aujourd\u2019hui au village ou je la tue avant de partir.Mais tuez-moi donc, répète Tomaida aussi obstinée que son père.Moi, je veux rester ici.Voyant qu\u2019ils ne gagnent rien, le Père Supérieur et le Père Riopel décident qu\u2019il vaut mieux que la jeune fille suive son père.La loi est contre nous.La Native Aulhorithv n\u2019applique que la loi.Le Père Riopel conseille à Tomaida d\u2019aller faire son katundu (paquet) et d\u2019accepter généreusement la volonté de Dieu.À ce moment la scène devient pathétique: la peine de ma postulante eût attendri un léopard.Nous rentrons à la maison et j\u2019aide Tomaida à ramasser ses effets.Il est 11 heures et demie.J\u2019entends les postulantes qui récitent, à la chapelle, le deuxième chapelet du Rosaire pour leur infortunée compagne.Les voix ne vont pas allègres comme d\u2019habitude.il y a des sons rauques et des silences à travers les Timuwoneni Maria.Au dîner, Tomaida refuse de manger la sima.Pourtant elle a besoin de ses forces, la pauvre! car elle devra marcher une vingtaine de milles pour atteindre son village.Mais on comprend qu\u2019elle n\u2019ait pas faim.Puis elle doit se résigner à quitter le costume bleu des postulantes pour revêtir sa petite robe fleurie d\u2019autrefois.Seule avec elle au dortoir, j\u2019en profite pour lui adresser mes recommandations et l\u2019engager à être généreuse: « Le bon Dieu a des vues qui nous semblent bien étranges parfois, mais il voit tellement plus clair que nous en ce qui concerne l\u2019avenir, que nous ne serions pas sages si nous n\u2019acceptions pas sa volonté.» Une dernière visite à la chapelle.Pendant ce temps, M.Phiri en colère pénètre dans la cour de l\u2019école et avec sa hache dessine des moulinets en l\u2019air devant les petites filles qui pleurent à cause du départ de leur professeur et amie.Tomaida paraît, son katundu sur la tête.« Paweme », dit-elle simplement aux enfants.Mais aux postulantes elle jette cet adieu suppliant et douloureux: « Muni-lombere ine.prie?pour moi!.nkhu- 454 Une lèçon d\u2019arî culinaire.Sœur Marie-Corinne (Hollande Langevin.de Québec).luta na satana.je m\u2019en vais avec un satan! » Et comme un agneau qu\u2019on amène à la boucherie elle partit, silencieuse et docile, à la suite de son redoutable père.La peine remplissait mon cœur jusqu\u2019au bord.Je frissonnais à la pensée des luttes et des combats que cette jeune fille de dix-huit ans devra soutenir seule, contre son père et son village, pour rester bonne.Et dire qu\u2019il y a dans mon pays des jeunes filles qui n\u2019osent répondre à l\u2019appel du Maître, parce qu\u2019elles ont « la peur de vivre » ! J\u2019entends encore les paroles véhémentes de To-maida qui eût préféré la mort à la perte de sa vocation : « Mais tuez-moi donc! je veux rester ici! » 455 HONG KONG du cha / égende â par Sœur depuî caté M cet h puis 1 n\u2019a pas coup dévotion.San Chen, elle entrevoT grandeur, ell prières apprises neur de Bouddh grener son :ptuagénaire chinois luelque temps aux iénat.les premières cia neuf, l\u2019aïeule, fidèï ice au dieu de ses pè evoir renoncer tout d\u2019un inciennes pratiques de a fait un partage: à ieu nouveau dont la bonté et la les courtes ment; en l\u2019hon-continue d\u2019é-de cent SEPH uddhique grains sur lesquels veur: « Nam mo oh Mais la grâce divine ^ de cette âme, aura bien toute la place, et grand-murera plus que les Avé du de Notre-Dame.Je vous livre quand même là\u201d lé gende du grossier chapelet de bois qui a glissé si longtemps entre les doigts de ma vieille catéchumène et que tous les adeptes du bouddhisme enfilent à leur cou.Un jour, raconte-t-on, saint Th 456 m.i.c.mission aux Ini cun endroit con ration du Sain 1 avec ses nombrj ésespoir de caus ers la pagode de la vi| à emprunter une des temple païen.« Un refus catég perdre la face, se di dhiste, usons d\u2019un offre à saint Th spacieuse en réaj* d\u2019énormes dieu de mille livre^___ -Si tu pejjÉP'îes transporter dehors et le|3tamener après ta cérémonie, je te cède ce lieu, dit-il.Entendu, je reviendrai demain.A J'heure fixée, saint Thomas se pyaflPavec tous ses chrétiens.Les bonzes sont là, riant sous cape de la déconvenue certaine de l\u2019apôtre.Très calme, celui-ci dépose ses valises et s\u2019agenouille en prière.Or voici que bito, les statues colossales se met-ent en mouvement et, à la file, franchissent le seuil de la pagode.Stupeur chez les moines! on ouvre le trouve pour arifice de chrétiens, se dirige it demande fes du vaste e me ferait moine boud-ient.» Et il une pièce fort mais encombrée bronze du poids cun.1 Laura Thérien, de Saint-Léonard d'Aston. J « des yeux étonnés, effrayes! Le dernier dieu de métal sorti, Thomas, paisible, installe son autel portatif, prépare sa messe et invite les chrétiens à remplir son église improvisée.La cérémonie se déroule dans le silence et le recueillement, puis tout le monde se retire, le cœur heureux, l\u2019âme imbibée de consolation et de paix.Les bonzes eux blêmissent de colère; ils se jettent sur saint Thomas, le menacent : - Arrête! tu ne partiras pas d\u2019ici avant d\u2019avoir replacé tous nos bouddhas.Du calme, mes bons amis, ne vous ai-je pas promis de laisser la salle en parfait ordre ?Les yeux au ciel, l\u2019apôtre implore l\u2019assistance du Tout-Puissant.Alors, les idoles massives, la plus imposante en tête, reviennent au trot léger, occuper leur place coutumière.De ce moment, prêtres bouddhistes et prêtre chrétien, deviennent amis, et la pagode voit le prodige du déménagement se renouveler chaque matin.Un jour cependant, averti par révélation des derniers instants de la Vierge Marie, l\u2019apôtre quitte en hâte le vieux temple, sans songer aux dieux grotesques campés dans la Fidèle depuis l\u2019enfance au dieu de ses pères. cour.Un bateau met à la voile pour Jérusalem, il décide d\u2019y monter afin de porter ses ultimes hommages de reconnaissance et de vénération à la divine Mère.Le navire démarre quand paraît sur le rivage un petit bonze essoufflé, gesticulant avec force; il apoelle Thomas, le fuyard, l\u2019infidèle! Celui-ci baisse la tête en signe de culpabilité, mais que faire pour réparer son oubli ?Descendre ?le bateau repart ira sans lui, la Mère de Jésus va mourir et, encore cette fois, il ne sera pas avec les autres.Sur sa demande, on stoppe, et au jeune bouddhiste en larmes, le saint donne cet ordre: Retourne chez toi et prononce sur tes dieux ces quatre mots que tu n\u2019auras garde d\u2019oublier: San cap loh loh! (l\u2019Esprit vous enjoint de rentrer).« San cap loh loh! San caù loh loh!.» répète le moine qui tourne aussitôt les talons.Il court droit aux bouddhas et lance à chacun le mystérieux commandement: San cap loh loh! O prodige! Les lourdes statues s\u2019ébranlent et l\u2019une derrière l\u2019autre, regagnent leurs pénates, au grand émerveillement de tous les frères-bonzes.On se presse autour du messager : Apprends-nous donc la phrase magique qui opère pareil phénomène.Mais lui, énervé, l\u2019esprit fatigué par le roulement continu des mêmes monosyllabes, sent sa langue chavirer et, des quatre mots partis à la dérive, il ne repêche que ces fretins, sans parenté avec les termes originaux: Nam mo oh Ici loh.Avec l\u2019addition du caractère faai (bouddha), cet assemblable d\u2019aucune signification précise sert maintenant de formule à tous les dévots bouddhistes pour la récitation de leur chapelet aux cent grains.INTENTIONS MISSIONNAIRES de l\u2019Apostolat de la Prière JUILLET: Pour répanouissement de l\u2019Eglise catholique au* Siam.AOUT:\tAfin que le manque de ressources ne retarde pas le recrutement des vocations en mission. NOVICIAT DE PONT-VIAU A toi qui crains la vie missionnaire je dédie ces lignes.Car moi aussi j\u2019ai eu peur.et quelle peur ! J\u2019avais dix-sept ans et j\u2019étais à l\u2019école normale, quand le Seigneur m\u2019a appelée à le suivre.Je n\u2019ai pas trouvé ça drôle.En mon cœur, ç\u2019a été oui quand même.Mais je ne < ** 0* \u2018rds V'^v mm savais pas vers quelle forme de vie religieuse m\u2019orienter.Alors, tout en continuant mes études, j\u2019ai cherché ma voie au milieu des innombrables informations sur les Communautés canadiennes.Un jour, on présenta à l\u2019école le film Procès au Vatican.À mon insu et par ricochet ce fut le procès de ma vocation.Une lumière presque trop vive éclaira mon âme.À ce moment, je me sentis glacée d\u2019effroi: Moi, missionnaire ?Non, non, jamais de la vie! entendez-vous?jamais! Rien que d\u2019y penser j\u2019en avais la chair de poule: quoi?souffrir un tas de privations, me plier à des coutumes étrangères, m\u2019habituer à manger des chenilles, être toujours aux aguets pour détecter à temps la présence d\u2019un scorpion ou d\u2019un serpent, vivre dans le voisinage de bêtes féroces non muselées ou de fourmis aussi féroces que des lions, et pour finir le bouquet, peut-être mourir martyre ?Je ne concevais pas autrement la vie missionnaire.D\u2019après moi, il fallait avoir une âme de héros pour embrasser une telle vocation, et mon âme n\u2019a rien de cornélien! À force de luttes, le cauchemar causé par lé fameux Procès au Vatican perdit de son acuité, et je songeai à l\u2019enseignement dans mon pays.Mais.nous recevions à la maison des revues missionnaires, et j\u2019avais toujours aimé les lire en diagonale.On a beau reconnaître qu\u2019on n\u2019est pas un héros, on peut tout de même sans compromission se frotter, dans les livres, aux héros.Et voici que certain après-midi creux, une revue missionnaire me tomba sous la main.DENDE délectable : des chenilles ! Au haut d\u2019une page, en caractère gras, s\u2019étalait un titre « La Vocation missionnaire », et en sous-titre « Qualités et Aptitudes requises pour être missionnaire ».Je voulus lire pour me convaincre davantage que cette vocation n\u2019était pas mon affaire.Malheur.ou bonheur! voici que se rouvrit mon procès: ces aptitudes, ces qualités qu\u2019on énumérait, ça n\u2019appartenait pas qu\u2019à des héros, puisque je n\u2019en étais pas dépourvue.Mais n\u2019étais-je point le jouet de mon imagination ?Nul n\u2019est bon juge dans sa propre cause! Pour tirer cette question au clair, je consultai mon directeur spirituel.Je lui exposai mon problème, mes inquiétudes, surtout mes luttes antérieures, espérant secrètement que ça l\u2019aiderait à répondre dans la négative.Il examina mon cas, puis, après réflexion, m\u2019affirma qu\u2019il croyait en toute sincérité à ma vocation.Je faillis échapper un hélas! car tout de suite le cortège des fourmis, des chenilles, des scorpions, des serpents et des lions m\u2019avait traversé l\u2019esprit.Mais j'aime être loyale avec le devoir.Alors, sans tarder, j\u2019allai au noviciat de Pont-Viau chercher des A l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur de K&tete, Sœur Marie-de-la-Présentation (Berthe Surprenant, de Swanton, Vt.) distribue du bon lait.Mais les nouvelles mamans ne sacrifient pas pour cela leurs succulentes mphalata (fourmis) ! détails précis sur ma vie future de novice et sur l\u2019apostolat à l\u2019étranger.A mon soulagement et à ma joie, j\u2019appris qu\u2019il ne figure jamais de chenilles ni de sauterelles au menu des missionnaires; que les serpents et les fauves préfèrent la brousse dense à l\u2019espace déboisé des missions; que les scorpions ne sont pas légions comme les maringouins; qu\u2019il suffit de respecter les processions de fourmis pour que celles-ci vous respectent.À ma joie aussi, on me dit que les missionnaires dirigent des écoles secondaires et même universitaires, et que les institutions de Manille et de Hong Kong, par exemple, rivalisent de développement culturel avec les écoles de mon cher pays.Et moi qui pleurais presque sur les vaines sueurs de mon brevet « A » ! Franchement, je respirai.Quelle belle vie pleine et enthousiasmante s\u2019offrait à moi! Je ne savais plus s\u2019il fallait répondre oui ou non à l\u2019appel, tellement je me sentais indigne! Pour la première fois de ma vie je pris mon missel pour réciter le Magnificat : « Mon âme glorifie le Seigneur, parce qu\u2019il a fait en moi de grandes choses! » Aujourd\u2019hui je suis novice de l\u2019immaculée.Je rêve plus que jamais à ma Mission lointaine.Mais chaque jour je prie pour toutes les futures missionnaires, et d\u2019une façon spéciale pour celles qui ont peur des chenilles, des fourmis, des scorpions, des serpents et des lions sans muselière.Sœur Louise Sœur Marie-Délia (Marie-Marthe Terrien, d\u2019Ottawa) ft l\u2019école de Karonga, Nyassaland.t Fantaisie japonaise insectes par Sœur MARIE»DE-LA-REDEMPTION \\ m.i.c.sur les Entants d\u2019un pays qui se caractérise par sa beauté naturelle aux capricieux effets artistiques, les Japonais prennent un singulier plaisir à la contemplation de cette beauté.Pour eux, l\u2019art est une chose vivante qui pénètre la trame du monotone quotidien.Ils se perdent en muette admiration devant une branche tordue d\u2019arbre mort, une pierre de forme étrange, l\u2019empreinte d\u2019une patte d\u2019animal sur de la neige fraîchement tombée.Et cette tendance à goûter le beau n\u2019est pas l'apanage exclusif des hautes classes de la société; elle a glissé jusque dans les masses populaires.Un essayiste contemporain a remarqué avec justesse: « Tandis que la plupart ont au moins une appré- ciation de l\u2019art, les Japonais, eux, ont fait un art de l\u2019appréciation.» Vivant en étroite intimité avec la nature, ils la comprennent dans sa forme visible, mieux que nous les Occidentaux.De quel cœur ils souscriraient à cette affirmation de G.K.Chesterton: «.les hommes pourraient jeûner cinquante jours pour le plaisir d'entendre chanter un merle.» Peut-on s\u2019étonner alors qu'un tel peuple se soit épris du Poverello d\u2019Assise, l\u2019aimable saint François qui conversa avec les oiseaux et les poissons, et apprivoisa le loup de Gubbio ?Au Japon, chaque saison comporte quelque festival pittoresque.Les foules en fête visitent les temples ou les endroits célèbres, et cela à la 1 Basilisse Maillet, de Saint-Louis, N.-B.463 seule fin de rendre un poétique hommage, soit par exemple aux cerisiers en fleurs, soit à la pourpre d\u2019automne des érables.Des trains et des autobus spéciaux sont mis à la disposition de ces pèlerins de la beauté.Parmi les plus originaux passe-temps d\u2019été figurent les récentions où l\u2019on écoute le chant des insectes.Selon l\u2019anthologie Manyoshu « La Myriade des Feuilles » et autres anthologies classiques de la poésie japonaise, cet amusement remonte à une dizaine de siècles.A cette époque primitive, comme il n\u2019existait que de rares instruments de musique fort rudimentaires, le peuple faisait ses délices et contentait son goût musical à l\u2019audition des mélodies rustiques et rythmiques des sauterelles, des criquets et des cigales.On dit que des marchés publics commencèrent la vente d\u2019insectes musiciens, vers le milieu de l\u2019ère de Yedo 0603).Ce genre de divertissement tut à l\u2019apogée de sa popularité au dix-neuvième siècle.Au début du vingtième, il continuait à être un favori en certains milieux seulement.Cet art délicat offre peu d\u2019attraits aux Japonais d\u2019aujourd\u2019hui qui vivent dans une atmosphère de haute tension zébrée de néons, vibrame de jazz et de cinéma.Ces dernières années toutefois, d\u2019anciens passe-temps, sans aucune con- nexion avec l\u2019esprit de l\u2019âge atomique, sont réapparus.Sa Majesté l\u2019empereur Hirohito raffole, dit-on.des auditions d\u2019insectes musiciens.Quoi qu\u2019il en soit, le commerce de ces bestioles, en déclin durant la première moitié du siècle, est un fait d\u2019actualité, puisque des magasins à rayons maintiennent, en été, des sections spéciales à cet effet.Par ailleurs, aux premiers jours de juillet, des marchands indépendants envahissent la Ginza, ce centre si coloré des affaires de la capitale, et font un gros commerce de petites bêtes à musique.Ils se retrouvent aussi dans la cour des temples shintoïstes ou bouddhistes.Là, vous croisez des messieurs graves et importants, d\u2019humbles travailleurs, des élégants et des élégantes, des écoliers rieurs, tous portant une gracieuse cage de bambou et s\u2019émerveillant du babil- lage de ses captifs.D\u2019ordinaire les cages sont en bois, car, d\u2019après l\u2019opinion commune, les insectes détestent les maisonnettes de métal.La nuit, elles sont suspendues à l\u2019extérieur, afin que leurs occupants puissent jouir de la fraîcheur de la rosée.N\u2019est-ce pas un autre exemple de la délicatesse japonaise ?Parmi les insectes musiciens les plus intéressants on remarque les semi ou cigales.Cette sorte de cri- 464 quet des arbres, particulière au Japon, et dont il existe plusieurs types, a la réputation de surpasser en virtuosité les fameuses cigales des climats tropicaux.Mais l\u2019artiste le plus aimable du monde musical des insectes japonais est le minminzemi dont le nom dérive de la mélodie de son chant; les dévots du bouddhisme affirment: « Il chante comme un bonze qui récite les soûtras!.» Faisant suite au minminzemi, de bonne heure à l\u2019automne chante le higarahi dont les notes résonnent claires et moelleuses comme la sonnerie d\u2019une cloche: kana, kana, knna, kana,.Un autre sonneur de cloche le suzu mushi lance une chanson argentine toujours la même: rin, rin, rin, rin.Quant à la plus curieuse créature de l\u2019orchestre champêtre, c\u2019est la minuscule sauterelle ambrée, connue sous le nom étrange de hotoke no urna (cheval des morts) à cause de sa tête qui rappelle d\u2019assez loin celle du cheval.Elle émet un son craintif, tremblottant, que le Japonais interprète comme une répétition des syllabes junta.Une certaine grenouille, longue d\u2019environ un pouce et nommée Kajika, chante aussi très doucement, lorsque bien dressée.ce qui implique des heures d\u2019entraînement fastidieux, le professeur tirant de sa flûte de bambou un son spécial susceptible d\u2019amener la petite bête à répondre sur le même ton.Par bonheur - et pour la grenouille et pour le fervent de sa chanson! la vertu de patience ne manque pas au Japon.Cet étonnant Japon, qui a fait un événement social des concerts d\u2019humbles bestioles, a créé un autre divertissement du genre: les parties où l\u2019on contemple de jolis insectes.Les héros de ces réceptions ne sont pas des musiciens; ils ont d\u2019autres grâces, telles la luciole ou hotaru et la libellule ou tomba.Dans nos dictionnaires d\u2019Occident, la mouche à feu n\u2019occupe pas grand-place; mais dans les anthologies de prose ou de poèmes japonais il en va tout autrement.La section de la mythologie du Hihon Shoki renferme la description d\u2019un dieu aussi « rayonnant que la luciole » ! Ne voyons-nous pas en cela la manifestation du haut degré de respect que l\u2019homme de l\u2019antiquité a toujours témoigné aux objets dégageant quelque lumière. l'époque de la rhevalerie, les belles dames de la cour et les samouraïs couraient ces réceptions où, montés dans des barques brillamment décorées, ils se pâmaient au spectacle des lucioles dansant dans la nuit, au bord de la rivière.La musique du shamisen et la chaleur du saké aidant, l\u2019inspiration s\u2019éveillait chez ces gens raffinés qui se prenaient à rivaliser d\u2019esprit dans la composition de brefs poèmes sur ces points d\u2019or en évolution dans l\u2019espace.De ces poèmes, quelques-uns sont des camées exquis de la pensée tel ce tanka (poème de 31 syllabes) : Yuku hotaru Natsu no yo sugara, Ika ni shite Kemuri no tatazu Moe wataru ramu.Comment se peut-il que la luciole brille et vole d\u2019un vol léger à travers les nuits d\u2019été sans émettre de fumée ?Les nobles n\u2019étaient pas seuls à admirer les lucioles.Depuis les temps les plus reculés, les enfants japonais ont toujours attendu avec impatience la saison qui ramène le plaisir d\u2019attraper ces petites lumières volantes.Ils s\u2019attroupent, se concertent sur l\u2019innocente ruse de guerre à déployer, puis s\u2019étant confectionné de légères baguettes des tiges de colza, ils chantent en chœur le vieux refrain: « Oh! oh! mouche â feu! viens ici où l\u2019eau est douce; ne va pas où l\u2019eau est amère.Oh! oh! mouche à feu! » Le gérant d\u2019un restaurant de Tokyo a adopté la coutume de mettre ses clients à même de cultiver leurs doux sentiments envers les lucioles: moyennement la minime somme de cent yens, tout hôte a droit à une menue cage dans laquelle il peut apporter chez soi, en souvenir, un certain nombre de mouches à feu! La libellule détient le second rang quant à la popularité.Quantité de 466 poèmes exaltent les lignes fuyantes de son corps, ses ailes transparentes, son délicat coloris.Un jour, le poète moraliste Basho (1644-1673) effectuait une promenade en compagnie de son disciple favori Kikaku.Ce dernier, inspiré par le passage d\u2019une libellule pourprée, composa sur son aile le haïkaï suivant (poème de 17 syllabes) : Aka tombo Hane wo tottara Togarashi.Enlevez les ailes à la libellule pourpre il reste un piment! Ce à quoi le tendre Basho, désireux d\u2019instiller au cœur de Kikaku quelque chose de son amour pour toute chose vivante, répondit par cet autre haïkaï: Togarashi Hane wo tsuketara Akatombo.Posez au piment rouge des ailes, et il se change en libellule! Une des plus belles espèces de libellule, fine et longue, luisante comme une pierre précieuse, porte le noble titre de « libellule du Fils du Ciel ».Une autre, plus grosse, sert de jouet aux enfants.En général, les petits Japonais sont fous des insectes et n\u2019éprouvent aucune répugnance à les saisir.Il n\u2019est pas rare que des Sœurs Missionnaires, nouvelles venues au Jardin d\u2019enfants, aient à réprimer un mouvement de surprise quand des bambins déposent entre leurs mains, en guise de cadeau d\u2019amitié, une poignée d\u2019insectes grouillants.On a dit des enfants japonais qu\u2019ils préfèrent s\u2019amuser avec des joujoux vivants plutôt qu\u2019avec de mornes jouets mécaniques.Dans leur amour extrême de la nature, les poètes du Soleil Levant n\u2019ont pas dédaigné de chanter même les vulgaires mouches, les marin-gouins, les puces.voire les poux! Mais le cher poète de l\u2019Écosse, Bobbie Bums, n\u2019a-t-il pas dédié lui-même des vers délicieux « to a lousie » !.«SP* .«N La fantaisie humoristique dont se pimente la littérature japonaise brille surtout dans le haïkaï.Ainsi, un poète invitant son ami moine bouddhiste à visiter son ermitage lui écrit : Waga yado wa Ka no chiisaki wo Chiiso ka na ! À ma hutte tout ce que j\u2019ai à vous offrir c\u2019est que les maringouins sont petits, Issa, célèbre poète de l\u2019ascétisme, adresse ce haïkaï aux puces qui infestent sa cabane: Nomidomo mo Yonaga dara zo Sabishikaro.Ma hutte est petite, s\u2019il vous plaît, sautez quand même, puces mes amies! Toujours penchés sur la nature, les Japonais ne demeurent indifférents à aucune de ses multiples facettes.Quand donc reconnaîtront-ils le Créateur de l\u2019univers qui a répandu ses dons avec tant de prodigalité sur leur propre sol du Soleil Levant ? ILES PHILIPPINES BARBATO Le protégé de la Vierge par Sœur SAINT-AMEDEE », m.i.c.À Las Pinas, notre couvent est contigu à l\u2019église paroissiale et s\u2019associe à toutes ses activités.Offices liturgiques, processions, cérémonies diverses nous réunissent tour à tour sous les voûtes de ce temple deux fois centenaire, Ces rencontres fréquentes avec le bon peuple philippin, naturellement si dévot, nous sont souvent un sujet d\u2019édification et parfois aussi une occasion de contacts apostoliques.Depuis déjà assez longtemps, je remarquais tous les matins un malheureux infirme écrasé dans le dernier banc, vis-à-vis le modeste oratoire dédié à Notre-Dame de la Protection.Vêtu de misère, paralysé, il restait là sans bouger de la messe.À la pitié physique qu\u2019il m\u2019inspirait, s\u2019ajoutait une sympathie morale encore plus grande: jamais cet homme ne s\u2019approchait de la Table sainte.Par crainte d\u2019indiscrétion, je m\u2019abs- 1 Emilienne Vézina, de Québec.tenais de l\u2019interroger et me contentais de le recommander à Notre-Seigneur et à sa sainte Mère.Un jour cependant, comme je récitais mon chapelet sur la véranda, je l\u2019aperçois qui s\u2019avance d\u2019un pas torturé, au tournant de la route.Vite, je descends au jardin, y cueille des fleurs et les lui offre avec mon meilleur sourire.Pour toute réponse: un regard étonné.Où demeurez-vous, grand-père?Il me fait signe: Au bord de la mer.Êtes-vous seul ?\u2014Oui.- Vous avez bien du mérite à venir ainsi chaque jour à l\u2019église sur vos jambes malades; le bon Dieu doit être content de vous! À son tour, il sourit et nous nous quittons.Quelques semaines après, je me 469 rendais jusqu'à son logis, au cours d\u2019une promenade sur la grève en partie inférieure de la maison philippine, cet espace encadré de pilotis, ordinairement réservé aux animaux?C\u2019est là que gîte Barbato, avec pour dénuement! Des fruits en cadeau et une médaille miraculeuse allument une flamme de reconnaissance et de joie dans le regard profond du paralytique.Il hésite un moment puis balbutie: « Un chapelet, un scapulaire! » C\u2019est promis pour la prochaine fois.La voie des confidences est ouverte /+,-/////'\u2022 /y,* * '\t-L l ^ fa*''*'' maintenant.Pauvre Barbato! avec sa langue engourdie et son extrême difficulté à se faire comprendre, il n osait depuis bien des années se présenter au confessionnal.D\u2019autre part, pouvait-il songer à communier quand ses jambes l\u2019empêchaient de s\u2019agenouiller à la balustrade ?Tout va s\u2019arranger à présent pour ce grand enfant timide et malheureux.Dès le lendemain, le R.Père Curé, averti, attendait Barbato au presbytère pour sa confession.Dans la suite, chaque matin, après la consécration, le parquet de la vieille église résonnait sous les petits coups de bâton, dont Barbato scandait sa marche d\u2019amour à la rencontre de son Dieu.Ah! cette messe quotidienne, c\u2019était pour l\u2019infirme, si malade, le renouvellement d\u2019un effort quasi héroïque.Une fois même, il fit un faux pas et roula dans la mer où on le repêcha tout transi.Un mois plus tard, je préparais ma rentrée au pays natal pour un congé, après plus de vingt ans de missions.J\u2019allai dire adieu à mon protégé.Il se montra affecté.« Ces derniers temps, soupira-t-il, j\u2019étais heureux, quelqu\u2019un pensait à moi: maintenant, je vais redevenir seul comme autrefois.» Et son visage prit une expression de tristesse douloureuse.Le jour du départ, alors que tout le monde s\u2019affairait aux derniers préparatifs, le tintement d\u2019un glas vint frapper mes oreilles.Ma Sœur, c\u2019est votre Barbato qui est mort, me dit le Père Curé; il est tombé inconscient au sortir de la messe.Revenu de cette faiblesse, il a pu se traîner à sa mansarde où je l\u2019ai extrémisé.Pauvre Barbato! la souffrance de se sentir rejeté dans l\u2019abandon l\u2019avait-il tué?.Il restait quelques minutes avant de nous rendre au port; en hâte, je payai une visite furtive à mon vieil ami.Il reposait sur le sol, revêtu de l\u2019habit de coton blanc que nous lui avions donné.Comme dernier témoignage d\u2019amitié chrétienne, je lui laissai une fervente prière et sollicitai sa protection pour notre longue traversée.Puis le bateau s\u2019éloigna.En quittant le beau pays des Philippines, j\u2019emportais, avec mille souvenirs chers, celui de Barbato, le paralytique pauvre et oublié que la Vierge miséricordieuse m\u2019avait aidée à conduire vers son divin Fils.471 MADAGASCAR Au nouveau poste lettre de Sœur SAINT-REMI-DE-FRANCE m.î.c., à ses Sœurs de (a Maison Mère.Le 7 septembre, nous prenions possession du poste d\u2019Ambohibary.On nous a remis tout d\u2019abord la direction de l\u2019école catholique comptant 450 élèves échelonnés de la première à la septième année inclusivement.Quelles furent les réactions des nouvelles venues en face de ce petit monde au teint bronzé ?Dès le contact initial, l\u2019enfance malgache a conquis notre affectueuse sympathie.Mine éveillée, ouverte, animée par des yeux noirs pétillants qui laissent soupçonner une belle intelligence, tels nous sont apparus nos écoliers.Ce qui frappe, c\u2019est de constater chez ces jeunes une réelle avidité d\u2019apprendre, malgré les pénibles conditions dans lesquelles ils travaillent: locaux insuffisants (ils sont tassés comme des sardines, c\u2019est le cas de le dire); mobilier des plus rudimentaires, pupitres non appropriés et trop peu nombreux, matériel scolaire presque inexistant.Beaucoup n\u2019ont pas en mains les manuels indis- pensables; dans une classe de quarante-neuf, une seule fillette possède une arithmétique.Ils n\u2019ont ni crayons ni papier brouillon; tout leur travail se fait à l\u2019encre, avec un encrier pour cinq et souvent pour dix.On se passe la plume de l\u2019un à l\u2019autre jusqu\u2019à la bouteille d\u2019encre et on attend patiemment qu\u2019elle revienne chargée.Je pense à nos belles écoles canadiennes si bien pourvues et je m\u2019attriste de voir si dénuée la ruche confiée à nos soins.Comme nos pauvres Malgaches seraient heureux d\u2019écrire sur des tableaux noirs, d\u2019avoir à leur usage personnel crayons, plumes, encre, etc.Quel intérêt ne porteraient-ils pas à des gravures religieuses ou autres qui orneraient les murs de leur classe! Tout cela contribuerait à leur développement intellectuel et moral.L\u2019autre jour, je suis allée chez les plus petits; il m\u2019a fait mal au cœur de les voir grelotter de froid; plusieurs vitres brillent par leur absence, 472 Rose-Blanche Noël, de Lauzon.330 L\u2019école d\u2019Ambohibary.« m i ¦s e et même si nous sommes au printemps, la saison est assez rigoureuse, surtout le matin et le soir.Nos élèves, en général, se montrent dociles, actifs et très bien doués.Nous les aimons déjà et c\u2019est une souffrance pour nous de les voir dans un tel état de pauvreté.Mais par contre, il est encourageant de penser qu\u2019avec un peu de ressources et du temps, nous pourrons certainement arriver à d\u2019heureux résultats.En mission, l\u2019on expérimente que les choses vont lentement; il faut savoir attendre, et si l\u2019on a acquis un peu de patience au Canada, on trouve largement à l\u2019utiliser.Le programme des études est assez chargé, surtout en mathématiques et en français.Les vacances durent trois mois et, de plus, chaque semaine apporte une journée et demie de congé, sans parler des « extra ».Pour tout dire: heures de classes 473 très limitées.Nous espérons pouvoir remédier à cette lacune, mais il ne faut pas tout bouleverser en arrivant.Néanmoins, le succès de cette première année est d\u2019une grande importance pour le nom de l\u2019école.Nous prenons notre tâche à cœur et comp- tons sur la grâce divine et les prières de nos chères Sœurs du Canada.On commence en petit, donc le bon Dieu accomplira son œuvre car elle est en réalité la sienne plus que la nôtre.Ce* comC'ci fi 3c 01 & 0* 1 Les semeurs de l\u2019Évangile qui peinent aujourd\u2019hui dans les régions lointaines font progresser une cause semblable à celle de l\u2019Église primitive.Ceux en effet qui, avec les Princes des Apôtres Pierre et Paul, apportaient la vérité de l\u2019Évangile à la citadelle de l\u2019empire romain, se trouvaient à Rome à peu près dans des conditions semblables.Quiconque considère l\u2019Église qui naissait à cette époque la verra dépourvue de toutes ressources humaines, soumise aux difficultés, aux malheurs, aux attaques; il ne pourra se défendre d\u2019un sentiment d\u2019admiration en voyant que la troupe pacifique des chrétiens a vaincu une puissance telle qu\u2019il n\u2019y en avait peut-être jamais eu de plus grande.Or, ce qui est arrivé alors, arrivera encore sans aucun doute maintes et maintes fois.De même que le jeune David, se confiant plus dans le secours divin que dans sa fronde, jeta à terre le géant Goliath que protégeait une cuirasse, ainsi cette société divine que le Christ a fondée, ne pourra jamais être vaincue par aucune puissance terrestre, mais elle triomphera d\u2019un front serein de toutes les attaques.Bien que Nous sachions que cela soit l\u2019effet de promesses divines qui ne faillirent jamais.Nous ne pouvons cependant Nous retenir d\u2019exprimer Notre reconnaissance à tous ceux qui ont témoigné de leur foi courageuse et invincible à Jésus-Christ et à l\u2019Eglise, colonne et fondement de la vérité, tout en les exhortant à continuer toujours avec la même constance.Nous recevons très souvent des nouvelles de cette foi invincible et de ce courage intrépide, et c\u2019est pour Nous une grande consolation.S il n a pas manqué d\u2019hommes pour s\u2019efforcer de séparer les catholiques de ce Siège Apostolique de Rome, sous prétexte que l\u2019amour de chacun pour sa propre patrie et la fidélité envers elle requerrait une telle séparation, Nos fils ont pu et peuvent à bon droit répondre qu\u2019ils ne le cèdent à aucun citoyen en matière de patriotisme, mais qu\u2019ils veulent absolument jouir d\u2019une juste liberté.474 S.S.Pie XII Encyclique « Evangelii Præcones » PHILIPPINES Comment l\u2019Ilang-Ilang mérita sa floraison L\u2019ilang-ilang est un arbre des Philippines.De ses fleurs odorantes, on extrait une huile dite « essence d\u2019i-lang-ilang », laquelle, exportée en Amérique ou en Europe, est largement employée dans les parfumeries.Une aimable légende, transmise par la tradition, raconte ainsi l\u2019origine de cette précieuse fleur: C\u2019était aux tout premiers jours du monde.Le bon Dieu parachevait son œuvre de création en distribuant à certains arbres de riches floraisons, en regard des services qu\u2019ils rendraient à l\u2019humanité.Le tortueux ilang-ilang attendait sagement son tour, espérant lui aussi quelque faveur de la main libérale' du Tout-Puissant.Il ne reçut hélas! que des feuilles pour ornement.Son cœur d\u2019arbre en souffrit mais ne recéla aucune amertume; au contraire, il conserva le désir d\u2019être utile si possible à quelque créature.Un jour, un violent typhon s\u2019abattit sur les îles.Tout être vivant, homme, animal, insecte, courait de côté et d\u2019autre, en quête d\u2019un abri contre les éléments déchaînés.Seuls, deux papillons dorés, fraîchement sortis de leurs cocons, ne surent où se réfugier.Ils voletèrent piteusement au hasard, puis, dès les premières gouttes de pluie, se glissèrent timidement sous les branches d\u2019un manguier.Donnez-nous asile sous vos feuilles, supplièrent-ils.Non! partez d\u2019ici! cria le manguier.Ne voyez-vous pas que je dois protéger mes propres fruits, si nombreux et si tendres?Les papillons s\u2019enfuirent, effrayés d\u2019une telle dureté.Plus loin ils trouvèrent un dap-dap, majestueux dans son manteau de fleurs écarlates.Cet arbuste si beau nous accueillera, pensèrent les mignons frérots, en se faufilant parmi les corolles de flamme.Allez-vous-en!.s\u2019écria le dap-dap avec impatience.Vous pourriez meurtrir mes fleurs! Hélas! il m\u2019en restera si peu après cet orage! Ne 475 fek ' V : %-j venez donc pas ajouter à leur destruction.La pluie fouettait de plus en plus.Pris de panique, les bébés papillons s\u2019élancèrent vers un acacia géant.\u2014De grâce, abritez-nous! gémirent-ils.Nous ne venons que de naître et ne vouions pas mourir aussitôt.L\u2019acacia eut un geste indifférent.\u2014Je n\u2019y puis rien, dit-il.Restez, si cela vous plaît.Pour moi, je me replie toujours pendant l'orage.Et il corn- W mença à refermer ses feuilles, laissant les deux frêles créatures aux prises avec la bourrrasque.Suffoqués et déjà tout trempés, les malheureux papillons faillirent choir sur le soi boueux.Mais, au prix d\u2019un effort désespéré, ils se remirent à battre des ailes.À ce moment, une rafale les projeta contre le tronc rugueux d\u2019un arbre disgracieux.- Non, non, pas ici! haleta l\u2019un des petits.Cherchons ailleurs.\u2014 Et pourquoi donc ne pas vous abriter chez moi ?s\u2019enquit doucement une voix amie.\u2014 Parce que.nous pourrions causer du dommage à vos fleurs, à vos fruits.ou peut-être vous allez aussi vous replier ?L\u2019arbre fit entendre un rire amusé.- Vous ne me connaissez pas.dit-il, je ne suis qu\u2019un ilang-ilang et je ne possède rien que vous puissiez endommager; de plus, je ne sais pas me refermer.Demeurez donc ici, jolis princes, vous trouverez paix et sécurité sous mes feuilles.Réconfortés, les deux frères se blottirent sous l\u2019hospitalière ramure et, brisés de fatigue, bientôt s\u2019endormirent.Lorsqu\u2019ils s\u2019éveillèrent, le typhon ne rageait plus, et le soleil étincelait dans un ciel de turquoise.Émerveillés, les reclus sortirent de leur cachette et modulèrent un couplet de gratitude au bienfaisant ilang-ilang.Ne me remerciez pas, répondit ce dernier, j\u2019ai seulement agi en camarade.Du reste, vous êtes hébergés sur un arbre inutile qui n\u2019a pas de fleurs.Oh! non, pas inutile! puisque vous nous avez sauvés! Aussi, vous en recevrez le prix.Trop tard!.soupira l\u2019ilang-ilang.Allons mes petits, jouissez maintenant à plein cœur dans la lumière et l\u2019air pur.Mais n\u2019hésitez pas à revenir si jamais vous avez besoin d\u2019un ami.\u2014 Plus tôt que vous ne croyez! promirent les papillons, en s\u2019envolant sur un rayon de soleil.Le lendemain à son réveil, l\u2019ilang-ilang trouva ses branches chargées de papillons dorés.Tout heureux il s\u2019écria: -Bonjour mes amis! Que désirez-vous de moi ?Aucune réponse ne vint, aucune paire d\u2019ailes ne bougea.Intrigué, il les examina de plus près.O Merveille! Une myriade de fleurs parfumées recouvraient ses rameaux noueux et brillaient comme l\u2019or dans la lumière matinale: magnifique récompense de sa charité envers deux bébés papillons battus par la tempête.t' (Légende philippine) 478 Maisons des Soeurs Missionnaires de l\u2019immaculée-Conception U Canada MAISON MERE, 200.Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal 26.NOVICIAT, Pont-Vian, Montréal 0.OUI REMONT, 314 Chemin Sainte-Catherine Montréal 8.HOPITAL CHINOIS, 112 ouest, rue l.asrauchetiOre Montréal I.NOMININÜUE, comté Labelle, Que.RIMOUSK1, 85, rue Saint-Germain.JOLIE TTE, 750, rue Saint-Louis.QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille.VANCOUVER, Refuge de l\u2019immaculée-Conception 236.rue Campbell.VANCOUVER, Hôpital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard.TROIS-RIVIERES, 1325.rue de la Terrière.GRANBY, 35, rue Dufferin.GRANBY, 27.rue Principale.CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE, Qué.SAINT-JEAN, Qué.430, rue Champlain.PERTH.N.-B.C.P.250.Ol T.AWA, Ont.143, rue Gilmour.AUX ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street.EN CHINE M A ISO N NOIR E-DAM E-DE-FA ITM A, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong.NOTRE-DAME-T) E-LA-PROTECTION, Clear M'ater Bay Road, Kowloon, Hong Kong.FO R .MOS E KUANHSI, Cheng Mou Tuen, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.SHIH KUANG TSE, Catholic Church, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.TAIPEI, 363, An Tung Chieh.Taiwan, Free China.S U AO, Catholic Mission, P.O.Box 2, Suao Yilanhsien, Taiwan, Free China.AU JAPON KO RI \\ AM V, 06 Toramaru, Koriyama Shi, Fukushima Ken.M AKAMATSU 480 sakae machi, Aizu Wakamatsu.TOKYO, :08-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya ku EN ITALIE ROME, via Giacinto Carini, 8.A MADAGASCAR MORON DAY A.Madagascar.AM BOH I BAR Y .Madagascar.EN BOLIVIE COCHABAMBA, Academia Comercial, Callc Oruro No 300.Casilta 1667 AUX ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Anglo Chinese Academy, Gen Luna St., Intramuros.MANILLE, 2212 S.del Rosario St., Tondo.LAS PINAS, Rizal.MAT I, Davao Province.DAVAO City, Our Lady of Ciood Counsel Hall.PADADA, Davao Province.BAGUIO, City, II, Pacdal, Mountain Province AUX ANTILLES LES CAVES.Haiti.LES COTEAUX'.Haïti.ROCHE-A-BATEAU, Haïti.PORT-SALUT, Haiti.CAMP-PERRIN.Haïti.MIREBALAIS, Haïti.LIMBE, Haïti.CAP-HAÏTIEN, Haïti.CHANTAL.Haïti.TROU-DU-NORD.Haïti.PORT-AU-PRINCE, cité no 2, Haïti.DESCHAPELLES, Hôpital Albert Schweitzer.Boite Postale no 4.Saint-Marc, Haiti.LA BOULE, Haïti.MERCEDES, Province de Matanzas, Cuba.MARTI, Province de Matanzas, Cuba.MANGUITO, Province de Matanzas, Cuba.LOS ARABOS, Province de Matanzas, Cuba.MAXIMO GOMEZ, Prov.de Matanzas, Cuba.COLON, Province de Matanzas, Cuba.SAN JOSE de LOS R AMOS Prov, de Matanzas, Cuba EN AFRIQUE K AT ETE MISSION.Champira P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZAMBAZI Y\\ ISS 10N.Kafukule, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.RUMPHI MISSION.Rumphi, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KARONGA MISSION, Karonga P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KASEYE MISSION, Fort Hill P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZUZU, Convent School, Mzuzu P.O., Box 24, Nyasaland, B.C.Africa.N K AT A BAY MISSION, Nkata Bay P.O.Nyasaland, B.C.Africa.FORT JAMESON, P.O.Box 107 Northern Rhodesia, B.C.Africa.KAN YANG A MISSION, l.undazi P.O.Northern Rhodesia, B.C.Africa. 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