Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 mai 1961, Mai - juin
[" PRECURSEUR Vol.XXIe - No 9 Mai - Juin 1961.IÏSM1 \u2022owinr* . L(& Piré©(uiirm(&(uiir 2900, Chemin Sainte-Catherine \u2014 Côte-des-Neiges, Montréal 26 Imprimatur : f Mgr Paul Touchette, P.A.V.G., 31 décembre 1959.Nihil obstat : A.Cossette, p.m.é., 2 janvier 1961.Vol.XXIe - 41e année Montréal, Mai - Juin 1961 No 9 \u2014 «Sfii .: SOMMAIRE Par an Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.AVANTAGES : Les abonnés participent aux prières, travaux et sacrifices de toutes les Religieuses de la Communauté, naires dans les De plus, une messe est abonnés vivants et une re pour les défunts.Mère Marie-de-la-Providence.395 La Rédaction Cinquante ans de retraites fermées collectives 399 Sœur Alfred-Marie, mi.c.La Semence lèvera-t-elle?.407 Sœur Marie-Corinne, m.i.c.Lettre du Pérou .414 Sœur Saint-Némése, m.i.c.La fête des bateaux-dragons.418 Sœur Joseph-Arthur, m.i.c.Le sacrifice du boeuf.422 Sœur Marie-Hélène, m.i.c.L\u2019adaptation de la religieuse infirmière en mission .425 Sœur Eustelle-de-l'Eucharistie, m.i.c.La loi de bouddha au Japon .434 Sœur Marie-de-la-Rédemption, m.i.c.Pour ta fête .440 Sœur Lucille et Sœur Carmen, novices Nécrologie .442 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.________________________ Page-couverture : Le tambourinaire est de toutes les fêtes et de toutes les cérémonies en Haiti. MÈRE MARIE DE LA PROVIDENCE 2e supérieure générale de l\u2019Institut des Soeurs Missionnaires de PImmaculée=Conception En hommage filial Aux apprêts du dernier Noël, à la Maison Mère, se mêlaient les joyeux préparatifs d\u2019un jubilé d\u2019or de profession religieuse: celui de notre chère Mère Marie-de-la-Providence, remplaçante immédiate de notre vénérée fondatrice comme supérieure générale de notre Communauté.Occasion exceptionnelle, semblait-il, pour des filles qui n\u2019oublient pas, de redire leur affection et leur reconnaissance à celle qui, pendant plus de trente ans, s\u2019était dépensée pour le bien de tout leur Institut en assumant les lourdes charges d\u2019assistante et de supérieure générale! Mais les desseins du bon Dieu ne sont pas nos desseins.Souverain Maître des destinées, Il avait décidé 1 Sœur Thérèse-de-l\u2019Enfant-Jésus (Yvonne Gérin, de poser Lui-même sur le front de sa généreuse servante une couronne autrement plus resplendissante que celle de notre pauvre invention.Le 20 décembre au matin, en effet, nous apprenions avec peine que la chère malade, plus fatiguée depuis quelque temps, avait subi une crise cardiaque au cours de la nuit.Et vers 11 h.15, a.m., alors que, de l\u2019autre côté des mers, une de nos missionnaires 1 formée par elle expirait presque au même moment, à Hong Kong, notre bonne Mère Marie-de-la-Providence, paisiblement, comme elle avait vécu, et dans un acte de soumission entière, remettait son âme à son Père du ciel.Ici-bas, un voile de tristesse tom- dc Coaticook).\t395 bait sur sa famille religieuse dispersée à travers les cinq continents, mais là-haut commençaient pour elle les noces étemelles dans la demeure de TÊpoux.Sur la tombe de cette deuxième supérieure générale de notre Institut qui fut comme un prolongement de notre incomparable Mère fondatrice, nous déposons l\u2019hommage ému de notre filiale gratitude en retraçant brièvement les principales étapes de sa vie religieuse et les caractères dominants de sa personnalité.Mère Marie-de-la-Providence (Anna Paquette) était née à Montréal, le 12 décembre 1886.Nature plutôt timide, elle n\u2019aimait rien tant que s\u2019effacer.Elle s\u2019enrôla cependant toute jeune dans la Congrégation de la Sainte Vierge envers qui elle professait une solide dévotion.A l\u2019été de 1908, elle se rendit, avec une cousine 1, au petit couvent d\u2019Outremont où Mère Marie-du-Saint-Esprit avait installé les premières religieuses de sa Société fondée six ans auparavant.La pauvreté affichée sur les murs défraîchis et les planchers de bois noueux n\u2019eut pas l\u2019air d\u2019effrayer les deux visiteuses; au contraire, toutes deux éprouvèrent une sorte d\u2019attrait pour cette maison placée sous le vocable de l\u2019immaculée.La fondatrice accorda une entrevue à chacune et leur conseilla de suivre une retraite fermée, ce qu\u2019elles firent peu après, séparément.Sans se consulter encore, Mlle Paquette et sa cousine entraient comme postulantes, au numéro 314 chemin Sainte-Catherine, le 5 août suivant.Six mois plus tard, 11 février 1909, elles revêtaient le Saint Habit.Mlle Paquette reçut le nom de Sœur Marie-de-la-Providence.La nouvelle novice n\u2019eut aucune difficulté à se soumettre à la loi de l\u2019obéissance et aux pratiques conventuelles.Sous la conduite de la fondatrice elle-même, elle apprit le secret de la vie d\u2019union à Marie, et la faim de la volonté de Dieu.Ainsi formée par une maîtresse de vie intérieure, elle se trouva prête à se lier au Seigneur par l\u2019émission des vœux, le 10 janvier 1911.Très tôt, le bon Dieu voulut que cette fervente religieuse remplit l\u2019obscur et fécond apostolat de la souffrance.Quatre ans seulement après sa profession, elle se voyait atteinte de la tuberculose et fut envoyée à notre maison de Nominingue, profiter du climat plus salubre des Laurentides.Mais les mois, les années passent et la guérison ne vient pas.Un jour du printemps 1918, Mère Marie-du-Saint-Esprit était allée visiter ses filles malades au « Béthanie » du Nord.A cette époque, sa petite Communauté comptait, peu de sujets aptes au gouvernement: tous avaient le défaut d'être trop jeunes! Causant avec Sœur Marie-de-la-Providence, toujours alitée, elle se sentit probablement inspirée du ciel et lui dit à brûle-pourpoint: «Ma fille, j\u2019ai besoin de vous, il faut vous lever! » Dans sa grande obéissance et sa foi en l\u2019autorité, la malade sortit aussitôt du lit et demanda la permission de s\u2019agenouiller.Elle le fit.Peu après, elle était désignée comme conseillère générale et revenait à Outremont, 14 septembre 1918.La date est significative.En accueillant sa fille bien-aimée, Mère Marie-du-Saint-Esprit la saluait par ces paroles: « Le bon Dieu a permis que vous arriviez aujourd\u2019hui, fête de 396 Eugénie Charland (Sœur Marie-des-Neiges). l\u2019exaltation de la Sainte Croix.N\u2019êtes-vous pas, vous aussi, un triomphe de la croix, de la souffrance?Depuis trois ans sous l\u2019étreinte de la maladie, vous voilà maintenant toute rayonnante et guérie! » Oui, l\u2019exaltation de la croix.Sœur Marie-de-la-Providence comprit-elle alors le mystère caché sous ces mots et le rôle futur qui lui serait dévolu: aider sa Mère à porter la croix de l\u2019autorité, partager avec elle les soucis, les angoisses, les tribulations, part inévitable de tous les fondateurs ?Quoiqu\u2019il en soit, quand l\u2019orage viendra, quelques années plus tard, secouer le jeune Institut, fille aimante et dévouée, elle sera là pour soutenir sa supérieure dans l\u2019épreuve.Elle, si frêle et si timide, se montrera, pour sa défense, hardie et inflexible; elle sera le porte-étendard de la loyauté.Nommée assistante générale en juillet 1921, elle obtiendra, en 1925, malgré les vents contraires qui soufflent sur la barque missionnaire, la nomination à vie de celle qui en dirige le gouvernail : Mère Marie-du-Saint-Esprit.Cette faveur, accordée par le Souverain Pontife Pie XI lui-même, ce sera la victoire de la piété filiale et du dévouement intégral de Sœur Marie-de-la-Providence.Cependant, en 1938, notre vénérée Mère, terrassée depuis quelques années par un mal inexorable, ne peut plus marcher ni même presque plus parler.A la demande de la Sacrée Congrégation des Religieux, un Chapitre se réunit pour le choix d\u2019une nouvelle supérieure qui puisse la suppléer.Sœur Marie-de-la-Providence est désignée.Qui mieux qu\u2019elle pouvait reproduire en sa personne l\u2019esprit et les qualités de la fondatrice ?Au soir de ce jour, une scène émou- vante se passait dans la chambre de la malade.Avant de lui communiquer le résultat des élections, la nouvelle élue tenait à l\u2019assurer, au nom de toutes ses Sœurs, qu\u2019elle demeurerait toujours leur Mère aimée et vénérée.« Et moi, ajoutait-elle, je reste votre bras droit! ».Oui, son bras droit! Et plus que jamais, Mère Marie-de-la-Providence est liée au développement de l\u2019œuvre apostolique de la grande missionnaire canadienne.Elle travaille dans le même esprit, avec le même zèle des âmes, le même amour de l\u2019Église.En 1940, elle entreprend la visite officielle des maisons de Vancouver et de l\u2019Extrême-Orient.Elle, qui avait été si longtemps confinée dans sa chambre, voyage durant un an, par mer et par terre, et revient heureusement au pays par le dernier bateau en partance de Hong Kong.Tous les autres sont mobilisés pour fins de guerre.L\u2019année suivante, 1er octobre 1941, Mère Marie-de-la-Providence a le douloureux devoir de fermer les yeux à la plus aimée des fondatrices.et de recueillir son cœur conservé dans un oratoire spécial à la Maison Mère.Elle gardera aussi sa pensée et s\u2019emploiera à l\u2019extension de son œuvre.Malgré les temps difficiles, elle imprime à l'Institut un nouvel essor: construction de la maison de Chicoutimi et de l\u2019hôpital du Mont-Saint Joseph de Vancouver; fondation aux Etats-Unis; transformation du Patronage de Granby en École secondaire; ouverture de sept maisons en Haïti, de cinq à Cuba, de six au Nyas-saland, d\u2019une au Japon et d\u2019une à Madagascar, sans parler de la réorganisation des œuvres de Kowloon, des Philippines et du Japon 397 interrompues durant le conflit, en Orient.Le Chapitre général de 1952 confiait à des mains plus jeunes mais non moins fidèles les rênes du gouvernement de la Communauté.Humblement, comme elle avait fait en l\u2019acceptant, l\u2019édifiante Mère déposa son fardeau, puis avec confiance s\u2019en remit à celle qui lui succédait pour recevoir son obédience.Six mois encore, la Maison Mère eut le privilège de jouir de sa présence et d\u2019admirer son humilité, sa ferveur dans l\u2019observance de la Règle, sa délicatesse à l\u2019égard des membres du nouveau Conseil généralice.Elle dirigea ensuite durant trois années notre maison de Retraites de Saint-Jean, puis sa santé ayant fléchi, elle vint se reposer à Outremont, berceau de son enfance religieuse et lieu de chers souvenirs.Mais son cœur faiblissait de plus en plus.A la fin de 1958, elle entrait à notre Ermitage Marie-du-Saint-Esprit, aménagé à Pont-Viau tout spécialement pour nos vénérables anciennes et pour nos malades.C\u2019est là, près de la petite chapelle, qu\u2019elle offrit au divin Maître ses dernières immolations.« Rien n\u2019est plus parfait que de faire la volonté du bon Dieu; les grâces s\u2019achètent non seulement par la prière, mais surtout par la souffrance », aimait-elle à répéter après notre vénérée fondatrice.Ce conseil, elle le mit elle-même en pratique, se montrant toujours totalement abandonnée et soumise, toujours reconnaissante des soins qui lui étaient prodigués.Un seul souci: être à charge le moins possible aux autres.Le matin même de sa mort, sentant la fin toute proche, elle dit à notre révérende Mère générale, accourue près d\u2019elle, son regret de partir juste avant Noël: « Ce n\u2019est pas un bien bon temps pour les Sœurs! » murmura-t-elle.Mais notre très révérende Mère lui ayant rappelé la volonté du bon Dieu: « Oui, reprit-elle, la volonté du bon Dieu! » Dans cet acte d\u2019amour parfait, elle s\u2019éteignit doucement, si doucement qu\u2019on saisit à peine son dernier souffle.Sa belle âme rejoignait là-haut celle de Mère Marie-du-Saint-Esprit.« Venez, ma fille, dut lui dire notre vénérée fondatrice, vous avez bien gardé mon dépôt et fait fructifier mon jardin missionnaire; partagez avec moi la glorieuse récompense des apôtres! » La Rédaction INTENTIONS MISSIONNAIRES de l\u2019Apostolat de la Prière MAI: La formation religieuse des laïcs en vue de l\u2019apostolat en mission.JUIN: Que les professeurs catholiques, dans les écoles de mission, forment des chrétiens dignes de ce nom.ri ans de retraites fermées collectives dans la Société des Sœurs Missionnaires de rimmaculée=Conception En 1929 sortait des presses du Messager, à Montréal, un ouvrage rédigé en collaboration par des Pères de la Compagnie de Jésus et intitulé « Les Retraites fermées au Canada ».En appendice aux « Monographies des Maisons de retraites pour les hommes » figure un article sur les Retraites fermées collectives féminines qui s\u2019étaient développées parallèlement.L\u2019auteur, le R.P.J.-A.Plamondon, attribue à la révérende Mère Marie-du-Saint-Esprit le mérite d\u2019avoir inauguré l\u2019œuvre féminine au Canada, en accueillant, à la Maison d\u2019Outremont, le 26 juin 1911, un premier groupe de 42 jeunes filles retraitantes.Mais ce que ne dit pas le Père Plamondon, c\u2019est qu\u2019il donna lui-même les exercices de cette retraite, comme il devait donner également ceux de la deuxième, du 3 au 7 juillet, à laquelle participèrent 35 jeunes filles.Ces détails se retrouvent sous la plume de son confrère, le R.P.Alphonse Daignault, conseiller et soutien de la fondatrice, qui écrivait avec humour, le 2 juin 1911, aux Sœurs de la Mission de Canton: « Vous savez sans doute que le Père Plamondon donnera deux retraites à des jeunes filles à la Maison Mère, à la fin du mois et au commencement de juillet.Il y a plus de cent demandes d\u2019admission! Imaginez s\u2019il y aura place pour tout ce monde-là! Il faudra que les petites sœurs se spiritualisent à la manière des anges, ne prennent plus aucune place! On ne peut s\u2019attendre à autant de la part des retraitantes, et ce sera encore une grosse difficulté.» On tourna la difficulté en organisant, en août, deux autres retraites prêchées par le même bienveillant jésuite.Par les fruits magnifiques que produisirent les saints exercices, Mère Marie-du-Saint-Esprit comprit tout de suite la nécessité d\u2019établir l\u2019œuvre d\u2019une façon systématique sinon permanente.Désormais, à chaque interruption de l\u2019année scolaire \u2014 car au couvent d\u2019Outremont les religieuses s\u2019occupaient d\u2019éducation \u2014 des retraites dites « de vocation ou 39» Guides de la Martinique en retraite fermée à la Maison d\u2019Outremont.112% de décision » eurent lieu régulièrement.Le 16 mars 1914, un premier groupe de 30 dames, recrutées par Mmes McKenzie et E.-B.Richard, entrait en retraite sous la direction d\u2019un prédicateur bien connu, le R.P.Louis Lalande, SJ.Malgré le confort très relatif que l\u2019humble demeure pouvait offrir à ses hôtes, l\u2019œuvre s\u2019y maintint bien vivante jusqu\u2019en 1920.Mais à cette époque, l\u2019accroissement de la Communauté obligea la fondatrice à suspendre ce genre d\u2019apostolat à la Maison Mère pour un temps indéterminé.Le 314 Chemin Sainte-Catherine redevint Maison de Retraites en 1939 après avoir subi une transformation radicale l\u2019adaptant à cette fin.Cela ne signifie nullement que le zèle de Mère Marie-du-Saint-Esprit pour les retraites se fût ralenti.Malgré la pauvreté de son très jeune Institut où tout était à créer, l\u2019ardente femme-apôtre jeta hardiment les bases de nouveaux centres de retraites fermées féminines dans plusieurs diocèses du Québec: Manrèza, l\u2019actuel Béthanie de Nomingue (1915) ; à Rimouski, la Maison Saint-François-Xavier (1919) et plus tard la Maison Sainte - Thérèse - de - l\u2019Enfant - Jésus (1933-1943); à Joliette, la Maison de l\u2019Immaculée-Conception (1921); en la ville de Québec, la Villa Saint-Paul (1921-1948) et le Cénacle (1928); à Granby, la Maison Marie-Médiatrice (1930); à Chicoutimi, la Maison Notre-Dame-des-Missions (1930); à Saint-Jean, la Maison Sainte-Bernadette (1935).On se demande par quel miracle la fondatrice a pu faire surgir à un rythme accéléré tous ces centres de retraites fermées.Partout s\u2019est répé- tée la même histoire: commencement « en petit », travail et zèle, confiance en la Providence.A certaine supérieure, qui s\u2019épouvantait de la dette contractée pour l\u2019achat d\u2019un terrain où devait s\u2019élever une maison de retraites, elle écrivait vers 1925: « Je vois dans votre lettre que la dette.vous fait trembler de tous vos membres: ce n\u2019est pas joli, ma fille! Où est donc votre esprit de foi?.Est-il plus difficile au bon Dieu de payer les grosses dettes que les petites?Ne faites pas de peine à Notre-Seigneur et ne m\u2019en faites pas non plus en vous inquiétant de l\u2019avenir.Aimons le bon Dieu et tout le reste nous viendra par surcroît.Pour ma part, je n\u2019ai pas la moindre inquiétude ni pour les entreprises de X.ni pour les autres! » Et aux pionnières de Chicoutimi elle laissait comme dernières recommandations ces paroles admirables: « Je ne me demande pas si vous aurez de quoi manger, de quoi vivre; cela ne m\u2019inquiète pas: je sais que la Providence y pourvoira.Je ne vous demande qu\u2019une chose: c\u2019est de vous aimer les unes les autres.» Mère Marie-du-Saint-Esprit sut communiquer à ses premières filles sa technique de l'édification de l'œuvre par le réalisme des débuts modestes, l\u2019entraide fraternelle, l\u2019effort optimiste et l\u2019abandon à la Providence.A la fondation des Maisons de Retraites sont liés les noms des aînées de la famille: Sœur Marie-de-Loyola, Soeur Saint-Ignace, Sœur Marie-de-1\u2019Épiphanie, Sœur Saint-Michel-Archange, Sœur de-la-Nativité-de-Jésus, Sœur Marie-de-la-Salette, Sœur Marie-Bernard, Sœur Marie-de-la-Trinité, Sœur Mechtilde-du-Saint-Sacrement, Sœur Gertrude-du-Sacré-Cœur, et combien 401 d'autres encore! Cependant l\u2019enracinement, le développement rapide des retraites fermées féminines eût été aléatoire sans la sympathie et la générosité des milieux où elles s\u2019implantèrent.Mais par-dessus tout, les précieux encouragements de la hiérarchie contribuèrent à leur essor.Avec raison, les chefs spirituels des diocèses voyaient en ce mouvement un puissant moyen de restauration de l\u2019esprit chrétien dans la société moderne.Lors de la bénédiction du Cénacle, S.Ém.le Cardinal R.-M.Rouleau disait: « Je prie la Vierge Immaculée de répandre sur ce nouveau Cénacle ses meilleures bénédictions, afin que cette Institution réponde au but de ses fondateurs et qu\u2019elle soit pour notre pays un phare lumineux qui dirigera toutes les âmes chrétiennes.» Depuis la mort de Mère Marie-du-Saint-Esprit (1941), trois autres phares ont été allumés: l\u2019un, sous le vocable de Notre-Dame-du-Rosaire, à Samte-Marie-de-Beauce (1943), l\u2019autre sous l\u2019égide de Notre-Dame-Reine-des-Missions, à Marlboro, Massachusetts (1946), le troisième à la Maison Notre-Dame-du-Bon-Conseil, de Davao, Iles Philippines (1953).L\u2019œuvre des retraites fermées féminines émigra avec les filles de la fondatrice canadienne.A Canton, Chine, durant la période 1937-1948, il se donna 56 retraites.En juillet 1939, à Wakamatsu, Japon, le R.P.Sa-wade prêchait une première retraite.Après la guerre, quelques-unes eurent lieu successivement à Wakamatsu, à Koriyama et à Tokyo.Ce genre d\u2019apostolat s\u2019établit, selon la formule de 1911, à Kowloon (1956); en Haiti, aux Cayes (1948) et au Cap Haïtien (1958); à la Maison de Colon, Cuba; dans ITle de Formose, à Kuanhsi (1956) et à Shih Kuang Tse (1959).Veut-on hâter la formation des élites catholiques dont l\u2019Église a si grand besoin à l\u2019heure actuelle ?Procurons aux chrétientés jeunes et moins jeunes le bienfait de la retraite fermée! Évolution des retraites fermées féminines au Québec Le dernier quart de siècle a été marqué chez nous par l\u2019avènement de l\u2019Action Catholique spécialisée, un mouvement ascendant de la dévotion mariale, la recherche de l\u2019unité de pensée et d\u2019action au sein de groupements professionnels.Dirigeantes et militantes jocistes, jacistes, jicistes et jécistes sentirent le besoin de connaître davantage le Christ pour le mieux rayonner dans leur milieu.S.Ém.le Cardinal M.-R.Villeneuve appelait très justement les retraites fermées le « noviciat de l\u2019Action Catholique ».En 1945, il écrivait à ce propos: « Si l\u2019ouvrier est bon, l\u2019œuvre sera bonne.Je me fais donc un devoir d\u2019encourager nos prêtres à la propagande de la retraite fermée.» La retraite traditionnelle pour les jeunes filles subsista tout en se prêtant à diverses adaptations: retraites d\u2019étudiantes, de finissantes, de congréganistes, d\u2019employées de bureau et de magasins, d\u2019institutrices, d\u2019infirmières, de fiancées, etc.Les retraites mariales et les retraites de vie intérieure rassemblent aujourd\u2019hui une élite qui affronte sans peur un silence complet de cinq ou huit jours.La dernière innovation apporta la retraite conjugale de deux jours.Il va sans dire que le développement des retraites exigea l'agrandissement des maisons et la modernisation de l\u2019équipement matériel.Certains centres de retraites portent idéalement à la méditation : Nominingue enfoui dans les sapins et surplombant le lac, Outremont au flanc du Mont-Royal, Saint-Jean et Chicoutimi sis sur les bords des majestueuses rivières Richelieu et Saguenay.Mais partout ailleurs, l\u2019on a eu soin d\u2019aménager un lieu retiré et attrayant où il fait bon converser avec le Seigneur.403 Enfoui dans les sapins, le Béthanie de Nominingue. Appréciations Depuis 50 ans, 13,408 retraites 1 fermée de fiancée, ç\u2019a été l\u2019article le ont eu lieu dans les Maisons de la plus utile de mon trousseau! » Société des Sœurs Missionnaires de Telle autre jeune fille, qui vint en ITmmaculée-Conception, au Québec, retraite par pur snobisme, avait eu et 356,766 retraitantes y ont parti- soin de se munir de deux ouvrages r ^ A Saint-Jean.Face au Richelieu, la Maison »inte-Bernadette et son gracieux parterre cipé.Il est absolument impossible d\u2019apprécier les grâces de lumière descendues dans les âmes.Dieu seul pourrait le faire.Cependant il arrive parfois \u2014 peut-être Dieu le permet-il pour encourager celles qui se dévouent dans ce service de l\u2019Église?\u2014 que des retraitantes et même des retraitants laissent parler leur cœur.Voici quelques témoignages glanés entre mille: Une jeune femme disait, un an après son mariage: « Ma retraite d\u2019André Maurois « au cas où elle s\u2019embêterait ».Elle n\u2019eut pas à recourir à l\u2019humour de l\u2019Académicien, car elle rencontra le Christ et son amour.La jeune snob est maintenant.missionnaire.Une étudiante a dédié ces lignes à celles qui lui succéderaient: « Lorsque j\u2019entrai dans cette chambre qui ressemble si peu à la mienne, je pleurai sans trop savoir pourquoi.Peu à peu, j\u2019y découvris deux puissantes forces d\u2019attraction: le Christ et l\u2019ima- J à l\u2019étranger : 558 retraites, 14,897 retraitantes.405 ge de la Vierge.Et je goûtai du vrai bonheur dans ma petite chambre.J\u2019aime beaucoup la vie, le monde, le plaisir, mais cette retraite m\u2019a fait comprendre dans quelle mesure je dois les aimer et m\u2019y adonner.Jamais je ne regretterai d\u2019être venue ici, car le bon Dieu m\u2019a accordé de grandes grâces.N\u2019ayez pas peur du silence, c\u2019est ce qui fait le plus de bien pendant la retraite.» Combien sublime ce récit authentique: une sainte maman de 65 ans vint en retraite fermée pour obtenir la conversion de son fils non pratiquant et blasphémateur.Elle recommanda cette intention au Père prédicateur et aux religieuses.Elle-même joignit la pénitence à la prière: les trois nuits de la retraite, elle coucha, enveloppée dans sa robe de chambre, sur le plancher nu, la tête appuyée sur un mince coussin.Rentrée chez elle, cette mère admirable écrivait à la supérieure de la Maison que la grâce avait été obtenue: son fils se trouvait en retraite fermée pour y faire ses pâques.Dans son humilité, elle attribuait non à sa foi et à sa générosité le retour du prodigue, mais aux prières des Sœurs! En janvier 1959, pendant les vacances de Noël, le R.P.J.Ledit, S.J., La retraite fermée Oui! et plus que jamais! Le prophète Jérémie se lamentait: « La désolation règne partout sur la terre parce qu\u2019on ne sait pas assez réfléchir.Que dirait-il de nos temps où l\u2019on vit et pense en vitesse, sous un dé- donnait au Cénacle une première retraite mixte pour les étudiants de TUniversité Laval: 25 messieurs, 36 dames et jeunes filles suivirent les exercices.Un retraitant consignait ainsi ses impressions: « Amie, ami, toi qui t\u2019apprêtes à lire cette page, entends les prières intimes et les explosions joyeuses de tes confrères; elles sont chargées de l\u2019enthousiasme sincère et vrai qui découle d\u2019une belle aventure.Écoute.« Nous étions venus d\u2019un peu partout avec de l\u2019espoir plein le cœur mais aussi des points d\u2019interrogation dans la tête.Pour ma part, je croyais faire quelque chose de ridicule et j\u2019avais bien soin de m\u2019en cacher.mais bientôt c\u2019est l\u2019enchaînement des découvertes: découverte d\u2019un Dieu de chair et d\u2019os, découverte de la joie.Et c\u2019est dans ce chaud silence qu\u2019une aventure s\u2019est amorcée: une rencontre.J\u2019ai compris que pour sentir le Christ plus près de soi, il faut le regarder avec les yeux de la foi.J\u2019ai trouvé la joie.Je ne sais trop comment elle est venue mais je la possède.Je ne sais quoi écrire.Le Christ et moi, nous nous sommes connus, c\u2019est tout.Et voilà, tout cela est résumé dans ce petit mot: la JOIE.» est=elle nécessaire?luge d\u2019images fugitives et sonores?A n\u2019en pas douter, il clamerait l\u2019urgente nécessité pour tout chrétien d\u2019un séjour annuel dans un de ces îlots de silence et de méditation que sont les maisons de retraites fermées.Sœur Alfred-Marie \\ m.i.c.406 Marcelle Prévost, de Québec. KATETE, NYASSA-NORD Dans la parabole du Semeur, il est dit que des graines tombées dans la bonne terre « donnèrent du fruit, cent pour une, soixante pour une, trente pour une.» (Matt., XIII, 8).En sera-t-il ainsi de la semence jetée à la volée lors de la Semaine de la Vocation tenue à Katete, du 17 au 24 juillet dernier?Avec la grâce de Dieu nous l\u2019espérons! Certes, il se rencontre au Nyassa-Nord des âmes ouvertes à l\u2019appel divin.Mais à peine entendue, cette invitation à une vocation supérieure sombre, hélas! dans le flot tumultueux des coutumes païennes.Prêtres LA SEMENCE LÈVERA-T-ELLE?par Sœur MARIE-CORINNE, m.i.c.(Hollande Langevin, de Québec.) 407 et religieuses se recrutent difficilement dans nos chrétientés qui n\u2019ont pas encore de racines profondes.Aussi un grand séminariste plein de zèle et bien connu dans la région, l\u2019abbé Bernardo Rungu, entreprit-il d\u2019organiser à Katete une Semaine de la Vocation.Il visita lui-même les écoles de la brousse, puis celles de la mission centrale, révélant aux jeunes la sublime beauté du sacerdoce et de la vie religieuse.Chez nous, au pensionnat de l\u2019Immaculée-Concep-tion, l\u2019Abbé Rungu parla d\u2019abord devant toutes les élèves assemblées; mais à la prière des grandes du standard VI, il voulut bien revenir pour un entretien genre forum.Un après-midi entier, il répondit d\u2019une façon précise, avec tact et délicatesse, aux nombreuses questions de ces demoiselles: faut-il obéir à nos parents qui refusent de nous laisser partir pour répondre à l\u2019appel de Dieu ?comment résoudre le problème de la dot, car nos parents ne peuvent se résigner à renoncer aux vaches ou à l\u2019équivalent en pounds que nous leur rapportons en nous mariant ?quand dans son coeur, on a entendu l\u2019appel divin et qu\u2019après cela on fréquente des amies qui détournent de la vocation, y a-t-il une faute?etc.De son côté, en compagnie de Sœur Magdalena, religieuse africaine, Sœur Espoir de la jeune Eglise du Nyassa septentrional: le séminariste Bernardo Rungu (qui sera le premier prêtre Atumbukaj, Sœur Maria-Rosaria et une postulante de la société africaine des Rosarian Sisters. Au pavillon des Sciences domestiques de Katete.Sœur Marie-Corinne peut vous démontrer que la vocation religieuse vient parfois en fabricant des biscuits.Supérieure 1 se rendit à plusieurs endroits reculés de la brousse, réunissant les filles et leur expliquant, au moyen de photos, ce que signifient le postulat, les vœux, le travail pour Dieu des wamayi (Sœurs) tant africaines qu\u2019européennes.Mieux que des photos, Sœur Magdalena illustrait d\u2019une façon concrète cette chose abstraite et mystérieuse: l\u2019état religieux.En fin de semaine, la gent étudiante participait à Katete au ralliement final de la campagne des vocations.Certains de ces jeunes avaient dû couvrir à pied vingt, trente milles.Jusqu\u2019à la plus humble et la plus lointaine des écoles de brousse qui comptait ses représentants! La soirée du samedi s\u2019ouvrit par un débat oratoire mené par nos étudiantes du standard VI.Le thème en était « la Vocation religieuse est-elle supérieure à la Vocation du mariage ?» Les deux camps avaient si bien préparé leurs arguments que les auditeurs ne savaient auquel Soeur Marie-de-Fatima (Marguerite Legault, des Cèdres) 409 Qu\u2019est-ce qui se passe dans la tête de Sabina tandis qu\u2019une novice Rosarian fait son pansement ?Etonnement?admiration?désir d\u2019être religieuse infirmière?accorder la victoire.Enfin la dernière à parler le fit en faveur de la vocation religieuse, et avec tant d\u2019aplomb et de persuasion, que la salle éclata en applaudissements, lui donnant gain de cause.Il y eut bien ici et là quelques hou! hou! de désapprobation.mais la prise de position de l\u2019assistance signifiait son verdict.A leur tour les garçons jouèrent des sketches pour montrer le rôle du prêtre, du frère enseignant, de la religieuse.La présentation d\u2019un film termina ces masewero (amusements) d\u2019un type nouveau.Bon nombre d\u2019entre les spectateurs n\u2019avaient jamais vu se dérouler sur l\u2019écran des vithuzithuzi (images) comme ils disent.Quelle ne fut pas leur surprise de voir évoluer des personnages bien connus: les Rosarian Sisters et l\u2019abbé Kamera, prêtre africain, autrefois vicaire à Katete, aujourd\u2019hui à Ka-seye.Un chant à la Sainte Vierge couronna cette fête, sans précédent dans l\u2019histoire de la Mission, et appela toutes les bénédictions du ciel sur la semence jetée avec tant de profusion par des moyens audio-visuels.Le lendemain, nos élèves exécutèrent une vraie pièce de village.Mais au lieu de l\u2019immanquable scène de ménage à propos de la sima pas cuite, mal cuite ou volée, et le procès comique qui s\u2019ensuit à la cour du chef, l\u2019intrigue mettait en vedette une aspirante à la vie religieuse aux 410 Jeannettes d'Amérique, Kristina partage votre idéal: servir joyeusement.\u201d \u2022 ¦¦ prises avec quantité d\u2019obstacles.Evidemment, l\u2019héroïne n\u2019avait pas de chance: ses parents païens allaient consulter les grands-parents, les oncles, les tantes et les anciens du village, et tout le monde était contre.Mais elle se montra si généreuse, si habile et si constante qu\u2019elle retourna leur cœur, les convertit et remporta l\u2019autorisation refusée jusque-là.C\u2019était la première fois qu\u2019un tel sujet était abordé devant la jeunesse de la brousse.Un silence parfait régnait dans la salle; on mangeait des yeux les actrices merveilleuses dans leur rôle; on n\u2019en pouvait croire ses oreilles qu\u2019une fille, sans manquer au respect dû aux walala (personnes âgées ou importantes), parvienne à ses fins.Le ralliement s\u2019acheva sur cette note stimulante.Les groupes se reformèrent aussitôt, car les élèves des postes éloignés devaient tous rentrer chez eux le jour même.L\u2019abbé Rungu, fier et heureux, recueillait au passage des appréciations enthousiastes.Gervasio Banda, 8 ans, et sa sœur Tereza, 6 ans, annoncèrent à Sœur Supérieure leur décision, l\u2019un de se faire prêtre, l\u2019autre religieuse.tout de suite.Sœur Supérieure leur demanda s\u2019ils avaient le consentement de leurs parents.Sur leur réponse affirmative, elle accepta Tereza pour « la prochaine entrée » des postulantes et promit à Gervasio de lui faciliter l\u2019accès au petit séminaire.En manière de certificat, tous deux reçurent.une image! Ils s\u2019en furent donc le cœur content, publiant leur admission.Mais Sœur Magdalena, rencontrée en route, brisa leurs illusions avec quelque chose d\u2019analogue à « t\u2019es bien trop petit, mon ami.» Gervasio très déçu eut alors cette belle réplique: « Je sais ce que c\u2019est, un prêtre! c\u2019est un jeune homme qui se donne au bon Dieu pour sauver les âmes des autres! » Peu après la Semaine de la Vocation, un triste événement parut confirmer ces paroles de l\u2019abbé Rungu: « C\u2019est un devoir de suivre sa vocation, quand une fois on a entendu l\u2019appel dans son cœur.» En septembre, Asteriya, jeune professeur à notre école de Katete, était entrée au postulat des Rosarian Sisters.C\u2019avait été pour elle l\u2019accomplissement d\u2019un rêve longtemps caressé.Au cours de l\u2019année, ses parents, qui l\u2019avaient laissée partir d\u2019assez bonne grâce, regrettèrent leur consentement et la réclamèrent.Par crainte de les fâcher, la pauvre enfant résolut de quitter le postulat sans abandonner pour cela l\u2019enseignement.Au bout de quelques mois, elle tombait malade.Rien de grave: une grippe, un rhume.L\u2019infirmière du dispensaire, Sœur Marguerite-de-Jé-sus ', lui enjoignit de laisser sa classe et de se reposer une semaine.La jeune fille profita de ce congé forcé pour aller à son village voisin de la Mission.Là, dans le but de hâter son rétablissement, on lui administra de ces remèdes africains dangereux parce que trop forts et non dosés.De mauvaises nouvelles arrivèrent bientôt à nos oreilles.Sœur Supérieure se rendit sur les lieux et trouva, de fait, son ex-postulante d\u2019une faiblesse extrême.Elle la ramena à l\u2019hôpital de la Mission où tout fut mis en œuvre pour la sauver.Bons soins, injections, rien n\u2019y fit.Asteriya demeurait dans le même état alarmant.On décida de la transporter à l\u2019Hôpital de Mzim-ba.Avant le départ, la jeune malade pria le R.P.L.Croussette, p.b., 412 1 fimilia Martin, de Saint-François-d\u2019Assise. de lui donner les derniers sacrements.Un mois s\u2019écoula.Les nouvelles de Mzimba étaient de moins en moins rassurantes.Le dimanche, 24 juillet, clôture de la Semaine de la Vocation, le médecin nous apprit qu\u2019il n\u2019y avait plus d\u2019espoir.Le 1er août, Sœur Supérieure reçut ce message laconique: Asteriya mourante; venez la chercher.Mzimba est à une quarantaine de milles de la Mission.Le Père Crous-sette, Sœur Supérieure et l\u2019infirmière se rendirent immédiatement au che- vet de la jeune fille.Elle n\u2019avait plus qu\u2019un désir: mourir à Katete.Ramenée à l\u2019hôpital de la Mission, elle y expira le soir même après avoir enduré d\u2019indescriptibles souffrances.La nouvelle du décès jeta Katete et le voisinage dans la consternation, car Asteriya était bien connue et aimée du petit peuple écolier.Les chrétiens disaient sentencieusement qu\u2019il vaut mieux ne pas disputer à Dieu un bien qu\u2019il s\u2019est réservé, mis à part.Maryia, 8 ans.Ce problème de la vocation., faut-il déjà y penser? lettre dt *2?érou Pucallpa, 22 octobre 1960 Chers amis lecteurs, Au temps de mes études, un professeur de composition nous avait proposé en classe comme début de lettre une phrase de ce genre : « Étant donné qu\u2019il pleut, j\u2019ai pensé t\u2019écrire.» Je vous avoue avoir jugé alors que l\u2019exemple manquait d\u2019originalité et ne comportait rien de flatteur pour cette correspondante dont on se souvient seulement aux jours gris.Aujourd\u2019hui cependant je constate le réalisme de ce bon professeur, car il pleut à verse et j\u2019ai pensé vous écrire.Oui, cela m\u2019est venu soudain, à 1 h.20 la nuit dernière, quand une pluie torrentielle a fracassé mon sommeil.On eût dit que le toit allait enfoncer sous la pression de cette masse d\u2019eau déferlant d\u2019une digue rompue là-haut.Le déluge dut ressembler à cela! C\u2019est très efficace pour rappeler la toute-puissance de Dieu, surtout s\u2019il y a accompagnement de tonnerre et d\u2019éclairs.Pour ma part, mes jambes flageolaient lorsque je me levai pour baisser la fragile Persienne de ma fenêtre sans vitre ni contrevent.L\u2019eau s\u2019y précipitait à cœur joie.Mon bureau sauvé de l\u2019inondation, je regagnai mon lit, le chapelet autour du poignet.Impossible de me rendormir tellement l\u2019averse tapageait sur la tôle du toit.Je pensai au grand nombre de nos élèves qui habitent des maisons de bambous ou de planches mal assemblées avec toit de chaume plus ou moins troué selon l\u2019âge de fabrication.Je pensai aussi que je ne vous avais jamais entretenus de cela ni de ma nouvelle patrie d\u2019adoption.Et voilà comment, en pleine nuit, la pluie des tropiques m\u2019a suggéré de vous écrire.Il y a deux ans, me trouvant à Cuba, j\u2019entendis parler du Pérou où Mgr Gustave Prévost, p.m.é., évêque expulsé de Chine par les communistes, venait de prendre possession du vicariat de Pucallpa.La mention des serpents, qui hantent la jungle péruvienne, eut le don de tuer chez moi tout désir d\u2019aller là-bas.A tel point que je passai cette réflexion: « Si jamais vous apprenez ma nomination pour le Pérou, dites-vous bien: cette Sœur-là fait tout un sacrifice! car ça ne me tente pas du tout d\u2019aller vivre dans la jungle! » Mais ô paradoxe! lorsque je reçus mon obédience pour le Pérou, c\u2019est étrange.toutes mes aversions s\u2019écroulèrent comme par en- chantement.(La Grâce, ça existe certainement, la Grâce avec un grand G, pour nous aider à remplir notre devoir d\u2019état!) Non moins étrange.cette terre inconnue exerça sur moi une réelle fascination, et cela malgré tout l\u2019amour que je portais à Cuba, la belle, la riante et carinosa terre ensoleillée des Caraïbes! En atterrissant à Lima, le 22 janvier 1960, ce fut le coup de foudre quoi! J\u2019aimai tout de süite le pays.Et pourtant c\u2019est une terre difficile, fantasque, presque terrifiante dans sa majestueuse beauté.Ce fut là ma toute première impression, impression qui dure encore.En refaisant pour vous le voyage Lima - Pucallpa, vous aurez une idée assez claire de la complexité de cette contrée et des grands problèmes qui s\u2019y posent.Après un séjour dans la Ville des Rois (surnom de la capitale), pour y remplir les formalités nécessaires.Sœur Claire-de-la-Providence1 et moi2 montions dans un bimoteur de la Compagnie Faucette, à destination de Pucallpa, premier champ d\u2019action 'de notre Société au pays des Incas.Il était 7 h.15 environ.A peine avions-nous décollé qu\u2019on nous servait le déjeuner, et il fallait l\u2019avaler à la hâte en prévision de l\u2019altitude que devait prendre l\u2019avion.Le Pérou se divise en trois grandes régions si distinctes entre elles qu\u2019on y réfère souvent comme à trois pays en un seul, chacun possédant ses caractères géographiques et humains bien tranchés, ce qui par le fait même crée une sérieuse entrave à l\u2019unité nationale.1\tClaire Desrochers, de Saint-Charles de Mandeville.2\tSœur Saint-Némèse (Claire Garceau, des Trois-Rivières) 415 Lima, que nous venons de quitter, est sur la Côte.La Costa est une bande de terre aride où à peu près jamais il ne tombe une goutte de pluie; donc où il n\u2019est ni arbre, ni plante, ni herbe qui ne soit le résultat d\u2019une savante irrigation et du travail humain.Nous ne survolons la Costa qu\u2019une dizaine de njinutes, il me sembl^avant d\u2019entrer dansla deuxième région ,appeté@/'ia Sierra.L\u2019appareil, fqui n\u2019a^peésé de monter depuis le dmrtlage, voie mainienanï à 18,000 pieds pour ne pas encourir le risque de s\u2019aplatir sur quelque colossal massif de la Cordillère des Andes.Nos petites fenêtres s\u2019er buent, il fait froid, il faut respirer/âe l\u2019éven^t et lalïhyté^ jLunej lé vie l\u2019oxygène.On nous minces boyaux de quels se fixent aux Et c\u2019est ainsi.jeure partie) le relief du( ïout: occiu\tvu ut ptuc oc cher de ressehtinune certa ne fra L\u2019altitude de /1 vertigineuse d^ tude désertiqi pressionne.11/ d\u2019une envolf couvrir, très d\u2019un ravin, Id tracé nuscule.Étrange rêne le cœuy de senti! en bas, qu\u2019il y a de li- !a 1 es, la ui cela bien, te, de déprofondeur village mi-ça n ue ça bou ie! de moteur la vérité, et Montréal donef de les-' avion, la ma-lualifié _____\tC\u2019est que tout en admirant la nhajedité des pics enneigés qui percent les nuages et pointent menaçants vers tout oiseau métallique^ on ne pejut s\u2019empê- leur.'Te né^sajs si tous les voyageui réagissent comme moi, mais depuis! mon baptême de l\u2019air, en 1944, à bord d\u2019un avion de la Colonial Airlines volant de New York à Montréal, je considère toujours inconsciemment tomber ent ouftqmber dans les Andes péruviennes, >it bien, peu importe l\u2019endroit, à une vie meilleure.Toute-(ans le cas du premier trajet, moyen de s\u2019illusionner en se disant! que l^pp^reil aura peut-être h chance d'atterrir-dans un champ; mais d^iïs le second Vas, pas d\u2019illu-mi possible: on ne vbi^ que pics, Trionta ;îïês pâr-dessus montagnes, pas ui piel carré de terrain plat! Après u ie h- \u2022' pour gagner la confiance des gens, une compagne infirmière respecte la tradition des cataplasmes de feuillage, bien que ce genre de traitement mettent littéralement ses patients « dans de beaux draps », et que ces draps soient ceux de Thopital ! Par contre il faut savoir s\u2019opposer aux traitements indigènes qui entraînent l\u2019aggravation du mal.Ainsi, tous les matins, un flot de miséreux affectés de plaies syphilitiques, tuberculeuses, de toutes grandeurs, défilent au dispensaire.Nous les pansons avec beaucoup de charité dans une salle spéciale.A tous nous devons défendre expressément d\u2019appliquer, une fois rentrés chez eux, de la boue, des toiles d\u2019araignées, des feuillages, ce qu\u2019ils ne manqueront pas de faire s\u2019ils ne sont pas satisfaits de nos pansements.Par une chaleur torride, panser ces plaies qui répandent une odeur nauséabonde, et cela au milieu de la cacophonie des cris d\u2019enfants, exige l\u2019adaptation surnaturelle de l\u2019esprit à l\u2019esprit de l\u2019Évangile: voir en tous ces miséreux des membres souffrants du Christ; avoir la patience de traiter avec douceur et affection le centième tout comme le premier.A l\u2019égard des objets superstitieux que portent nos malades comme préventifs ou curatifs, nous suivons le conseil de S.Exc.Mgr Augustin, auxiliaire à Port-au-Prince.Dans une conférence spéciale à des infirmières, ce prélat de nationalité haïtienne a recommandé d\u2019enlever aux malades ces choses, mais d\u2019avoir toujours soin de les remplacer par quelque insigne catholique: médaille, chapelet.Ces talismans consistent d\u2019ordinaire en deux perles enfilées attachées au poignet, en une petite clef, en des sachets contenant des prières et suspendus au cou.Aux enfants on met une chemise rouge, cette couleur ayant la vertu d\u2019apaiser les esprits des ancêtres.Si vous enlevez la petite chemise rouge, vous devez la remplacer par un autre vêtement.Naturellement, il faut en chaque circonstance expliquer l\u2019impuissance des superstitions et proposer le recours à la Très Sainte Vierge ou aux saints.Haïti est un pays catholique; la population baptisée connaît Maman la Vierge, même si les croyances fondamentales sont nébuleuses et entachées de superstitions.Des compagnes, ex-missionnaires d\u2019Afrique, nous ont fait remarquer que le conseil de Mgr Augustin, valable en pays catholique, ne le serait pas en pays païen où la médaille et le chapelet seraient regardés comme de nouvelles amulettes.Dans nos missions du Nyassaland et de la Rhodésie, la médaille est le signe distinctif des catéchumènes, la croix des futurs baptisés, et le chapelet des chrétiens.Médailles et chapelets ne sont jamais distribués à des non-chrétiens.Nos infirmières essaient d\u2019obtenir des malades \u2014 ou de leurs parents quand ce sont des enfants \u2014 qu\u2019ils renoncent à leurs remèdes superstitieux: certains les abandonnent quitte à les reprendre si les médicaments européens ne produisent pas la guérison.En Afrique comme en Haïti, nos dispensaires ne sont ouverts que dans la matinée.Mais ici encore l\u2019adaptation demande que cette consigne souffre des exceptions: cas d\u2019urgence, patients venus de loin, nouveaux venus qui ignorent le règlement, pauvres gens des environs qui ne comprennent pas grand-chose 430 & ^ Vl-l-.% w i An dispensaire de Nkata Bay, Nyassaland.\u201cKamwana kakwala\u201d (bébé est malade), a dit cette jeune maman Tonga à l'infirmière, Sœur Saint-Bonaventure (Hedwidge Lapierre, de Sainte-Marie de Beauce) à un règlement et qu\u2019un refus blesserait.La consigne est excellente: sans elle le dispensaire serait assiégé jusqu\u2019au soir et l\u2019infirmière avec: mais que la consigne soit toujours appliquée avec souplesse, tact, douceur et patience.Cette façon de tenir le dispensaire nous laisse la latitude de faire au besoin, dans l\u2019après-midi, des visites à domicile, de nous prêter à diverses occupations, et aussi d\u2019accomplir nos exercices spirituels sans qu\u2019il se déclenche de ces tristes conflits \u2014 comme le cinéma aime en illustrer \u2014 entre la charité envers le prochain et les devoirs envers Dieu prescrits par la Règle.Kathryn Hulme a posé le problème « religieuse contre infirmière » dans son roman « Au Risque de se perdre ».L\u2019héroïne, Sœur Luc, infirmière en mission au Congo, écourte ses exercices spirituels parce que surchargée de travail : elle accomplit la tâche de deux infirmières.Nous ne discuterons pas du cas particulier de cette religieuse infirmière missionnaire qui n\u2019a jamais eu, en premier lieu, de vraie vocation religieuse et n\u2019a jamais pu comprendre le sens du don total de soi selon la volonté de Dieu manifestée par la Règle et les supérieures qui représentent Dieu.Mais le problème « religieuse contre infirmière », le difficile accord entre Marthe et Marie, le dilemme horaire de la Maison Mère et œuvres d\u2019apostolat, trouvent leur réponse dans l\u2019admirable discours de S.S.Pie XII aux religieuses infirmière (24 avril 1957): « Afin qu\u2019une telle vie religieuse ne soit pas mise en danger par votre œuvre d\u2019assistance des malades, disait le Souverain Pontife, vous devez réagir contre tout ce qui s\u2019oppose à l\u2019esprit de consécration absolue et permanente à Dieu.« Faites attention par exemple à cette attitude désordonnée et inquiète, qui ne laisse ni temps ni calme, pour retrouver le Seigneur, L\u2019écouter, Lui demander quels sont ses désirs, ses volontés, ses préférences, Lui rendre compte de ce que vous avez fait.« Faites attention à ce qui pourrait vous arracher trop souvent à la vie de Communauté: si celle-ci comporte quelques renoncements, elle est aussi une protection efficace pour votre vie intérieure et un grand exercice de charité ».« Si Nous vous avons recommandé de ne rien accepter qui puisse nuire à l\u2019authentique esprit religieux, Nous devons aussi vous faire observer que certains horaires et usages pourraient parfois rendre moins efficient et moins 432 facile votre rôle auprès des malades.Les Supérieures doivent se montrer, en cela, sages et vigilantes.Vous devez être des religieuses et, en même temps, assister les malades: il faut vous appliquer à avoir présentes à l\u2019esprit ces deux exigences et à y satisfaire 10.» Ces paroles du Saint-Père s\u2019entendent également des religieuses infirmières en mission, de même que ces autres appuyant sur la nécessité d\u2019une préparation professionnelle soignée: « Il ne suffirait pas pour cette œuvre d\u2019être des religieuses, ni même des religieuses parfaites; il est nécessaire de posséder également les connaissances techniques, indispensables, relatives aux nouvelles méthodes de cure, aux nouveaux instruments qui doivent être employés, aux nouveaux remèdes qui doivent être administrés u.» Ici qu\u2019on nous permette de formuler une remarque et un vœu, au nom de nos infirmières d\u2019Afrique et de quelques infirmières d\u2019Haïti qui, bien souvent, sont confrontées avec une tâche à laquelle elles n\u2019ont pas été préparées, par exemple en obstétrique et en petite chirurgie.N\u2019y aurait-il pas moyen de leur procurer, dans un hôpital, avant le départ, des cours post-gradués qui les enrichiraient de notions solides et d\u2019une précieuse expérience pratique qu\u2019attesterait ensuite un certificat médical ?Pour nos infirmières missionnaires, ce serait là une sûreté, une compétence réelle dont bénéficierait leur apostolat.Nous terminons ce modeste exposé de l\u2019adaptation par ce mot de S.Exc.Mgr Maury, Délégué Apostolique à Dakar, reconnaissant que la religieuse infirmière en mission est à l\u2019avant-garde des contacts humains, d\u2019où pour elle le devoir d\u2019être adaptée à sa tâche spirituellement et techniquement: « Parmi les malades, certains n\u2019auront encore jamais rencontré l\u2019Église et la rencontreront pour la première fois en la personne de cette religieuse; de sorte que, lorsqu\u2019ils rentreront chez eux, ils se représenteront l\u2019Église d\u2019après le premier témoignage qu\u2019ils en auront reçu et d\u2019après la manière dont ce témoignage aura été porté par l\u2019infirmière qui les aura soignés.C\u2019est à travers elle qu\u2019ils verront l\u2019Église n.» 2\tCité par Mgr J.Malenfant, la Vocation missionnaire, p.92 3\tR.P.P.Charles, Études Missiologiques, ch.III, p.115 4\tidem 5\tidem, pp.156, 157 6\tMaximum illud, le Siège Apostolique et les Missions I, p.38 7\tDécret Lo sviluppo, idem .68 p.8\tle Siège Apostolique et les Missions II, p.205 9\tDiscours lors du 1er Congrès italien des religieuses infirmières, G.Courtois, les États de perfection, p.339 10\tidem.p.341 11\tidem, p.341 12\tProblème de la Religieuse d\u2019aujourd\u2019hui, le Rôle de la Religieuse dans l\u2019Église, pp.140, 141 433 LA LOI DE BOUDDHA AU JAPON par Sœur Marie-de-Ia-Rédemption \\ m.i.c.Origines du bouddhisme Il y a environ vingt-cinq siècles, à Ka-pilastu, sur la frontière du Népal, vivait Siddharta Gautama, fils de roi, riche et choyé.Une éducation raffinée, l\u2019absence de tout contact avec les misères humaines, auraient dû faire de ce prince l\u2019homme le plus heureux de la terre, et pourtant, ces avantages lui laissaient le cœur vide.A vingt-neuf ans, désireux de connaître d\u2019autres horizons, il quitta le château paternel, accompagné de Channa son charretier.En chemin, il fit d\u2019abord la rencontre d\u2019un vieillard tout courbé.Premier choc pour la sensibilité du jeune Hindou!.Qu\u2019est-ce que l\u2019homme ?où va-t-il ?pourquoi cette décrépitude?.autant de questions qui surgirent en son esprit.Un peu plus loin, un blessé gisait sur le bord de la route.L\u2019émotion gagnait de plus en plus le prince.Il croisa ensuite un cortège qui conduisait un mort au bûcher funéraire.« Que signifie tout cela: vieillesse maladie, cercueil ?\u2014 Maître, répondit Channa, personne en ce monde n\u2019échappe 434 Basilisse Maillet, de Saint-Louis, N.-B' fvnttu] _.Mà .«T' - 's ; 4?, \u2022-.\u2022 jtmn l*XL SSSQ Hft \u2019 '.;:V L ^ *\u2022, 4», î» «\u2022V J* ; ' \u2022.- \u2022.\u2019\u2022 mm. aux souffrances, c\u2019est le lot de tout individu, fût-il de lignée royale.» Cette nuit-là, sur sa couche somptueuse, Siddharta Gautama ne put trouver le repos; trois fantômes: la douleur, la caducité, la mort, hantaient son imagination.Comment chasser ces spectres et en débarrasser du coup l\u2019humanité ?La tête dans les mains, il commença à réfléchir.Revêtu du froc des moines mendiants, Siddharta s\u2019en fut ensuite dans un monastère de Brahmanes, mais bientôt, déçu de l\u2019enseignement des maîtres de cette école, il se retira : les recherches abstraites n\u2019apportaient aucune solution pratique aux problèmes de la vie; et d\u2019autre part, les mortifications excessives affaiblissaient le corps en empêchant le travail de l\u2019intelligence.Telle n\u2019était pas la voie qu\u2019il cherchait.S\u2019enfonçant encore plus dans la solitude, Siddharta atteignit la montagne de Tuyet Son.Il s\u2019assit sous un figuier, les jambes croisées, immobile, et resta là six années, ne prenant pour nourriture qu\u2019un grain de riz et un grain de gingembre par jour.Au terme de cette longue épreuve, une vive illumination envahit son esprit.Il découvrit l\u2019enchaînement des causes et des événements, la loi de la vie s\u2019éclaira de façon merveilleuse et devant lui s\u2019ouvrit le chemin de la délivrance.Il était devenu l'Illuminé, le Bouddha.Dans son premier sermon aux portes de Bénarès, le « Sage parfait » promulgua les quatre vérités qui constituent l\u2019essentiel de sa doctrine; 1° la souffrance est universelle; 2° sa source provient des désirs égoïstes de l\u2019homme; 3° la suppression de ces désirs chasse la douleur et permet d\u2019aspirer au Nirvana; 4° la voie du Nirvana, c\u2019est la 4e vérité sainte énoncée en huit préceptes, discipline de toutes les facultés; croyance pure, volonté pure, langage pur, action pure, moyens de subsistance purs, attention pure, mémoire pure, méditation pure.436 Bientôt, une foule de disciples accoururent vers Bouddha.Le fondateur leur donna dix règles, les cinq premières découlant de la noble Voie des 8: ne pas voler, ne pas tuer, ne pas mentir, ne pas commettre d\u2019impureté, ne pas boire de boissons enivrantes.Les cinq autres concernent les ordonnances monastiques: ne pas prendre de nourriture solide avant l\u2019heure de midi; ne pas participer à des réjouissances mondaines; ne pas se vêtir d\u2019habits somptueux; ne pas se reposer sur une couche moelleuse; ne pas accepter d\u2019argent.A ceux que rebutait la vie de renoncement total des bonzes, le Maître enjoignait au moins l\u2019observance des cinq premiers préceptes, avec le soutien des monastères et l\u2019accomplissement fidèle de leurs devoirs vis-à-vis de la société.Ainsi pouvaient-ils espérer l\u2019entrée dans l\u2019autre vie en compagnie des moines et l\u2019accès au Nirvana, c\u2019est-à-dire à l\u2019état d\u2019anéantissement complet, fin des cycles de transmigration de l\u2019âme.De l\u2019Inde où il prit naissance, le bouddhisme émigra en d\u2019autres contrées d\u2019Asie.Il se développa alors en deux groupes principaux: le Petit Véhicule (Hinayana) et le Grand Véhicule (Mahayana).Le premier s\u2019applique plutôt au salut individuel des moines dans les couvents; le second s\u2019adresse aux masses auxquelles il prétend assurer le salut étemel par la seule invocation à Bouddha Amitab-ha.C\u2019est sous cette dernière forme, à tendance simplement altruiste, que le bouddhisme fut introduit au pays du Soleil Levant.Le bouddhisme au Japon Vers le milieu du 6e siècle, un petit groupe de moines bouddhistes coréens débarquaient au sud du Nippon.Bra- vant la morgue des seigneurs féodaux et l\u2019hostilité des prêtres shintoïstes, ils réussirent à pénétrer jusqu\u2019à la cour de l\u2019Empereur Kimmei à qui ils offrirent les cadeaux de Suong Myong, leur souverain: une statue en or de Bouddha, des parchemins sacrés et autres objets.Gagné, l\u2019Empereur accepta l\u2019érection d\u2019un oratoire à l\u2019Illuminé dans son palais; mais les prêtres du Shinto s\u2019y objectèrent avec vigueur: Qu\u2019a-vait-on besoin de Bouddha au pays d\u2019Amatérasu, la déesse du Soleil ?Les partisans- bouddhistes se tinrent cois pour quelque temps, se contentant d\u2019étendre en secret leur influence parmi les familles les plus puissantes du pays.Ironie du sort, c\u2019est en raison même des rivalités entre ces clans qui se disputaient le pouvoir que le bouddhisme dut en partie ses chances.Le régent Shôtoku Taishi (593-621) en fut le principal protecteur.Sur son invitation, de nombreux bonzes, savants et artistes, vinrent de Corée.Ils érigèrent des temples et des monastères, et commencèrent à enseigner trois soûtras du Mahayana (Grand Véhicule) que le prince avait fait traduire.Pour justifier son zèle en faveur de la nouvelle religion, Shôtoku Taishi avançait ceci : « Le Shinto est la voie des kami et la première que les hommes ont suivie (elle concerne le passé) ; le Judo est la voie de Confucius et du juste milieu (elle concerne le présent); le Butsudô, voie du Bouddha, disserte de la vie future (c\u2019est la voie dans laquelle il faut mourir pour se procurer une éternité heureuse).» 1 Cette formule définit d\u2019avance l\u2019éclectisme des Japonais qui honorent les kami par un sentiment de patriotisme, empruntent au confucia- A.Hauchecorne.« Histoire des Religions », par Maurice Brillant et R.Aigrain.Vol.2.437 nisme un code de morale individuelle et se tournent vers le bouddhisme à l'heure de la mort afin d'obtenir une heureuse transmigration au pays du pur bonheur.Au culte très sobre du Shinto et à ses temples en bois sans ornements, les bonzes substituèrent les cérémonies grandioses dans des temples d\u2019architecture imposante.Alors que les prêtres shintoïstes ne se souciaient guère d\u2019enseigner et de prêcher, les moines bouddhistes considéraient comme un devoir la prédication de leur doctrine (de nos jours encore, le prosélytisme est une dominante de la foi bouddhique) et l\u2019initiation à la culture générale.Aux plus importants monastères s\u2019annexèrent des terakoya, genre d\u2019écoles de paroisse où des professeurs érudits inculquaient les arts et les sciences de la Chine et de l\u2019Inde.Déjà, à la mort de Shôtoku Taishi, le pays comptait 46 temples bouddhiques avec 818 bonzes et 569 bonzesses.En l\u2019an 674, l\u2019Empereur Temnu obligea chaque famille japonaise à posséder son autel bouddhique domestique, le butsudan.Le bouddhisme japonais doit encore une bonne part de sa réussite à son esprit d\u2019adaptation.Au lieu de lutter contre les déités locales, il les accueillit dans son panthéon.La brillante Amatérasu elle-même fut reconnue comme une réincarnation du Bouddha.On groupa toutes ces divinités, Bouddha et futurs bouddhas, en trinüés, dont Amida Butsu, le seigneur du paradis de l\u2019Occident, Bouddha Shakya Muni, le Bouddha historique, et Kwannon Bosatsu (déesse de la miséricorde), bouddha de l\u2019avenir, constituaient la plus célèbre.D\u2019aspect désertique, le Nirvana devenait un royaume de bonheur, peu- plé d\u2019oiseaux de tous plumages, agrémenté de fleurs de différentes couleurs.La secte Jodô Vers la fin du 12e siècle, Honen, bonze à l\u2019esprit ouvert et conciliant, fonda le Jodô (Vraie terre pure), secte du bouddhisme basée sur des principes beaucoup plus larges.Son message fut d\u2019autant mieux reçu que le peuple étouffait depuis trente ans dans l\u2019atmosphère déprimante d\u2019une guerre civile déclenchée par les clans rivaux, Minamoto et Taira.Le moine prêchait un salut rendu plus accessible aux ouvriers, aux serviteurs et aux femmes.« Réjouissez-vous, disait-il, la vie é-ternelle est à votre portée! Pour vous surtout, femmes, Amida Butsu est clément; point n\u2019est besoin de transmigration dans le corps d\u2019un homme pour atteindre la félicité, une simple invocation: « Namu Amida Butsu » (Je vénère le bouddha Amida) et tous vos péchés sont effacés.» Pour sa part, Honen redisait cette prière 60,000 fois par jour afin d\u2019obtenir le salut universel.Shinran, son neveu et disciple, fit un pas de plus dans la voie de l\u2019indulgence en déclarant la rédemption des méchants encore plus facile que celle des bons: une seule récitation du Nembutsu leur méritait la «Vraie terre pure ».Plus que jamais, le peuple se tourna vers le bouddhisme.Les bonzes célébraient des cérémonies funèbres, organisaient des festivals et des pèlerinages, fabriquaient des talismans et des amulettes.Outre Kwannon, la miséricordieuse, on recourait encore à l\u2019intercession de Benten, la gracieuse princesse parée des ornements de la longévité; à Binzuru, le dieu de la médecine, et autres.Le plus adulé, 438 cependant, c\u2019était Jizo, divinité hindoue transformée par les Japonais en dieu des enfants et des voyageurs.D\u2019après une croyance bouddhique, les petits entraient en paradis seulement après le passage du sai no kawara (rivière caillouteuse des âmes).Pour cela, ils devaient ériger de minuscules digues avec les pierres du lit de la rivière, mais Shozuka no baba, cruelle sorcière, les démolissait méchamment.Par bonheur, Jizo n\u2019avait qu\u2019à se montrer pour la faire déguerpir, et les mioches traversaient en paix le cours d\u2019eau.Si jamais vous visitez le Japon, vous apercevrez sans doute des monticules de cailloux devant les statues de Jizo disséminées le long des routes.Alors sachez que des mains maternelles les ont édifiés en mémoire de leurs jeunes disparus, comme une prière muette au dieu secourable de l\u2019enfance.Le Zen La doctrine de Honen et de ses disciples apportait à la masse apaisement et consolation; pourtant, elle ne satisfaisait pas les samourai, guerriers sans peur, sinon sans reproche, qui la considéraient comme sentimentale et peu pratique.Ils trouvèrent une compensation dans la secte austère du Zen introduite au Japon en 1191, par le moine Eisai.C\u2019est en Chine où il avait étudié, que ce moine avait découvert le Zen.Cette forme de bouddhisme, dépourvue de métaphysique, inexplicable, fourmille de contradictions.Chacun doit l\u2019expérimenter en son esprit et la réaliser par ses efforts personnels.C\u2019est une discipline rigoureuse du caractère.L\u2019adepte, a-vant d\u2019atteindre à l\u2019illumination ou incarnation du Bouddha dans sa propre âme, doit s'astreindre à une série d\u2019exercices très durs, destinés à maîtriser sa volonté.Cette mystique a fourni au Japon une élite d\u2019hommes éminents qui ont exercé leur influence dans tous les domaines.Les monastères de la secte, véritables académies de sciences et d\u2019arts, ont dominé la vie culturelle du Japon féodal et donné des peintres comme Sesshû, des poètes comme Ba-shô.On leur doit aussi le pavillon du thé, de même que la cérémonie du thé, inventée par Eisai, et qu\u2019on pourrait considérer comme un rite accompli dans le recueillement.Conclusion L\u2019histoire du progrès intellectuel japonais est l\u2019histoire même du bouddhisme.Ce que le Christianisme fut pour l\u2019Europe \u2014 source d\u2019inspiration surtout en matière de littérature et d\u2019arts \u2014 le bouddhisme le fut pour le Japon.Il demeura néanmoins impuissant à dissiper dans l\u2019âme de la nation une triste confusion en regard du but ultime de la vie.Ignorant Dieu, athée par conséquent, son système débouche inévitablement sur la vallée des ténèbres et de la mort dont parle l\u2019Écriture.Les Japonais ont donc continué de soupirer après une vision plus claire de la « Vraie terre pure ».Cette lumière, François Xavier la leur apporta près de mille ans après l\u2019introduction de la voie de Bouddha.L\u2019âme du Japon tressaillit.Et alors que personne n\u2019avait jamais sacrifié sa vie pour l\u2019amour des kami ou du Bouddha, des milliers de Nippons versèrent leur sang jusqu\u2019à la dernière goutte par loyauté envers le Christ, seul chemin de la Vérité et de la Vie, vrai Maître du ciel! 439 Pour ta fête.AU NOVICIAT DE PONT-VIAU Chère Maman, Dans quelques heures, ce sera la Fête des Mères, ta fête donc.Me voici avec mon cœur débordant d'allégresse et de reconnaissance pour te souhaiter tout) le bonheur possible.Puisse le bon Dieu te conserver longtemps à tes enfants, toi, notre confidente, notre conseillère, notre MAMAN ! Tu nous as fait « ce que nous sommes aujourd'hui », façonnant chacune de nos âmes selon ton idéal chrétien.Et ainsi tu travaillas si bien le terrain que le Seigneur devait y déposer des germes de vocation religieuse.Dès notre plus tendre enfance, tu nous appris à considérer Jésus, la Sainte Vierge et les saints comme de grands amis avec qui l'on peut causer familièrement.Notre adolescence s'écoula sous le signe labeur, pureté et joie.De septembre à juin, tes soirées étaient mangées par la récitation des leçons, l\u2019explication des devoirs.Les fins de semaine et les vacances d'été ramenaient avec elles les visites, les voyages, les randonnées en auto à travers la Province et même outre-frontières.Que de souvenirs dans ma mémoire! Les problèmes d\u2019espace vital dfins les malles toujours trop petites pour contenir tout ce que nous voulions apporter.la gravité du départ quand papa demandait: « Avez-vous bien fermé toutes les portes et les fenêtres?».l\u2019enthousiasme des premiers milles.les repas-pique-niques.la beauté sans cesse renouvelée des paysages.la recherche d'un motel confortable pour la nuit.Comme tu vois, petite maman, je n'ai rien oublié de ce passé de rêve ! Ces excursions, ces voyages, c\u2019est toi qui les organisais dans les moindres détails.Oh! papa t\u2019offrait bien ses services, mais, malgré sa bonne volonté, il ne réussissait pas beaucoup dans la préparation des malles {si, peut-être, quand pour les fermer, il s\u2019asseyait sur le couvercle récalcitrant !) ou dans la confection des COOKIES, des salades et des sandwiches {il savait plutôt les , apprécier!) Les joyeux départs appelaient les paisibles retours avec des collections de coquillages, de cailloux rares et tout un bric-à-brac de souvenirs.Et l\u2019existence reprenait son cours normal.Tu profitais de cette période de loisirs pour nous montrer la couture, le tricot, l\u2019entretien des vêtements {que nous n\u2019aimions pas trop) et l\u2019art culinaire {que j\u2019aimais beaucoup).Comme tu nous paraissais la maîtresse de maison idéale! la femme heureuse entre toutes parce qu\u2019elle trouve son bonheur à donner du bonheur à sa famille! Et c\u2019est ainsi que tu nous préparas à notre insu \u2014 et au tien sans doute \u2014 à la vie missionnaire.Mais oui! car la vie missionnaire a les exigences les plus diverses.Quand arriva le jour marqué par le Seigneur pour nous révéler ses desseins, 440 le sacrifice de la séparation coûta de part et d'autre.Cependant tu n'as jamais contrecarré nos projets.Loin de là! Tu t'es appliquée à nous aplanir les difficultés, fidèle à ta saine philosophie: l'art d'être heureux, c'est de faire ce que Von doit.Et maintenant, deux de tes filles portent les blanches livrées de Marie.En ce jour de fête, elles prient le Maître de te bénir, de te combler de grâces en retour de tes innombrables bontés.Qu'il suscite d'autres mamans qui auront, comme toi, le courage et la patience d'élever chrétiennement leurs enfants! 0 la meilleure des mamans, nous te laissons à la garde de la Reine-Mère pour te retrouver plus tard en sa douce compagnie.Tes deux grandes filles qui te chérissent « toujours plus qu'hier et bien moins que demain » Sœur Lucille et Sœur Carmen, novices 441 Jlécrologie S.Exc.Mgr A.Martin, évêque de Matanzas, Cuba; Mgr William J.Conway, P A V.G., curé de la Cathédrale d\u2019Edmundston, N.-B.; Rév.Edward F.Garesche, S.J., E.-U.; Rév.Frère André Paquette, C.S.V., Joliette, frère de notre regrettée Mère Marie-de-la-Providence; nos chères Sœurs Saint-Anaclet (Elodie Boisvert, de Sherbrooke), Saint-Léon (Irène Nadeau, de Bedford) et Thérèse-de-rïEnfant-Jésus (Yvonne Gérin, de Coaticook) sœur de nos Sœurs Madeleine-de-la-Croix, Marie-du-Cénacle, Marie-Auguste, Marie-Léonise et Marie-Emma; M.J.-B.Maillet, Saint-Louis, N.-B.père adoptif de notre Sœur Marie-de-la-Rédemption; M.Ernest Julien, Montréal, père de notre Sœur Eulalie-de-Jésus; Mme Joseph Lebel, Saint-André de Kamouraska, mère de notre Sœur Bernadette-Soubirous; Mme Louis Pageau, Montréal, mère de notre Sœur Jean-Louis; Mme Samuel Demers, Laprairie, mère de notre Sœur Saint-François-de-Borgia; M.Aurèle Normand, Saint-Jean-Port-Joli, père de notre Sœur Sainte-Antoinette; Mme Philippe Dumas, Saint-Eloi de Témiscouata, mère de notre Sœur Sainte-Valérie; M.Olivier Dériger, Montréal, père de notre Sœur Paul-de-Jésus; M.J.-G.Labrèche, Pointe-Gatineau, père de notre Sœur Jean-de-Galilée; M.Edouard Juneau, Sainte-Catherine de PortNeuf, père de notre Sœur Rose-Madeleine; M.Elie Bourbeau, Beaudry, Abitibi, frère de notre Sœur Marie-du-Saint-Sacrement ; Mme Joseph Landriault.ChêneviUe, sœur de notre Sœur Marie-de-l\u2019Annonciation; M.Jules Lavallée, Lauzon.frère de notre Sœur Marie-Auxiliatrice; M.Robert Ricard.Saint-Laurent, Montréal, frère de notre Sœur Saint-Yves; M.Lucien Cantin, Québec, frère de notre Sœur Marie-Ruth; Mme Léo Letendre, Saint-Hyacinthe, sœur de nos Sœurs Saint-Aimé et Marguerite-de-l\u2019Enfant-Jésus; M.Bruno Lemay, Saint-Hyacinthe, frère de notre Sœur Sainte-Albine; Mlle Lucille Dubois, Saint-Ferdinand d\u2019Halifax, sœur de notre Sœur Saint-Odilon; M.Rosario Blanchet, Lambton, frère de notre Sœur Marie-Léopold; Mlle Anna De Grandpré, Pawtucket, R.I.sœur de notre Sœur Sainte-Lucille; Mlle Louise Bélainsky, Saint-Basile-le-Grand, sœur de nos Sœurs Saint-Benoît et Sainte-Scholastique; Mme Bouvier, Worcester, Mass., sœur de notre Sœur Joseph-de-la-Sainte-Famille; M.Georges Bussières, Québec, frère de notre Sœur Marguerite-Bourgeoys; M.J.-Alfred Laforest.Rivière-du-Loup, frère de notre Sœur Madeleine-de-Jésus; Mme Albert Labelle, Sainte-Agathe, sœur de notre chère Sœur Cécile-de-Milan ; Mme J.-D.Guillemette, Saint-Hyacinthe, grand-mère de notre Sœur Saint-Camille; Mme Thomas Imbeault, Pointe-aux-Bouleaux, Cté Charlevoix, grand-mère de notre Sœur Marie-Léa; Mme Alfred Tessier, Sainte-Elisabeth de Joliette, grand-mère de notre Sœur Gérard-Majella; Mme J.-A.Ouellet, Bromptonville; Mme Esdras Jutras, Montréal-Nord; Mme Esther Quesnel, Saint-Aubin sur Mer, Seine Maritime, France; Mlle Mélina Vaillancourt, Québec; Mme René Bergeron, Mme Florence Casey, Montréal; M.J.-Clodomir Aubert, Pont-Viau; M.Anthime Lamontagne, Saint-Lambert; M.Fortunat Monette, Saint-Philippe de Laprairie; Mme Hormisdas Gratton, Sainte-Thérèse de Blainville; Mme Joseph Allard, Sainte-Elisabeth; Mme Emile Laporte, Notre-Dame de Lourdes; Mme Alfred Beaupré, Sainte-Béatrix; Mme Valérie Poulin, Richmond; Mme Lucien Gervais, Mme Emile Côté, Saint-Hyacinthe; Mme Joseph Bureau, Mme L.Giroux.Mme I.-N.Doucet, Saint-Louis de Courville; Mme Ulric Legault, Ile Perrot Sud; M.Noël Couture, Montréal; M.Louis-Philippe L\u2019Ecuyer, Hull; Mme Auguste Morin, Mme Daniel McMahon, Québec; Mme Napoléon L\u2019Ecuyer, Saint-Alban; Mme Arthur Nadeau, Saint-Frédéric; Mme Arthur Perreault, Sainte-Marie; Mme Ludger Ouellet, Saint-André de Kamouraska; M.Joseph Perron, Saint-Prime; Dr Gustave Gauthier, Chicoutimi; Mme Paul Bourdeau, Embrun, Ont.; M.Charles-Edouard Roy, Trois-Pistoles; M.Roma Mitchell, Montréal; Mme Joseph-Eugène Boutet, Beauport; Mme Johnny Veillette, Québec; M.Anthime Laurin, Chasy, N.-Y.; Mme Arthur-I.Bergeron, Marlboro, Mass.; Mme Joséphine Roy, Newton, Mass.; Mme Arsène Bossé, Salem, Mass.; Mme Léon Laplante, Melocheville; Mme Joseph Demers, Montréal; M.Jos.-Wilfrid Pigeon, Edmonton; Mme Cyrille Hupé, Rimouski; Mme Alexis Desbiens, Saint-Ambroise; Mme P.Bélanger, Saint-Pamphile; Mme Hercule Manny, Saint-Sébastien.442 Maisons des Soeurs Missionnaires de l\u2019immaculée-Conception AU CANADA MAISON Al ERE, 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal 26.NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 40.OU TREMONT, 314 Chemin Sainte-Catherine Montréal 8.HOPITAL CHINOIS, 112 ouest, rue l.agauchetière Montréal I.NOMININQUE, comté Labelle, Qué.RIMOUSKI, 85, rue Saint-Germain.JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis.QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille.VANCOUVER, Refuge de l\u2019Immaculée-Conception 236, rue Campbell.VANCOUVER, Hôpital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard.TROIS-RIVIERES, 1325, rue de la Terrière.G R AN BV, 35, rue Dufferin.GRANBY, 50 rue Saint-Joseph.CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle.SAINTE-MARIE DE BEAUCE, Qué.SAINT-JEAN, Qué., 430, rue Champlain.OTTAWA, 30 rue Goulburn.PERTH, N.-B., C.P.259.EDMUNSTON, N.-B., 18, rue Saint-Jean.AUX ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street.EN CHINE MAISON NOTRE-DAME-DE-FATIMA, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong.NOTRE-DAME-DE-LA-PROTECTION, Clear Water Bay Road, Kowloon, Hong Kong.FORM OSE KUANHSI, Cheng Mou Yuen, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.SHIH KUANG TSE, Catholic Church, Hsinchu Hsien, Taiwan, Free China.TAIPEI, 363, An Tung Chieh, Taiwan, Free China.SU AO, Catholic Mission, P.O.Box 2, Suao Vilanhsien, Taiwan, Free China.AU JAPON KORIYAMA, 90 Toramaru, Koriyama Shi, Fukushima Ken.WAKAMATSU 480, sakae machi, Aizu Wakamatsu.TOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya ku.EN ITALIE ROME, via Giacinto Carini, 8.A MADAGASCAR MORON DAVA.Madagascar.AM BOH 1 BAR Y, Madagascar.EN BOLIVIE COCHABAMBA, Academia Comercial, Calle Oruro No 300, Casilla 1667 IRUPANA.AU PEROU PUCALLPA.AUX ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Anglo Chinese Academy, Gen.Luna St., Intramuros.MANILLE, 2212 S.del Rosario St., T'ondo.MANILLE, Little Baguio, San Juan, Rizal.LAS PINAS, Rizal.MAT I, Davao Province.DAVAO City, Our Lady of Good Counsel Hall.PA DA DA, Davao Province.BAGUIO, City, II, Pacdal, Mountain Province.AUX ANTILLES LES CAVES, Haiti.LES COTEAUX, Haiti.ROCHE-A-BATEAU, Haiti.PORT-SALUT, Haiti.CAMP-PERRIN, Haiti.MIREBALAIS, Haiti.LIMBE, Haiti.CAP-HAITIEN, Haiti.CHANTAL, Haiti.TROU-DU-NORD, Haiti.PORT-AU-PRINCE, cité no 2, Haiti.DESCHAPELLES, Hôpital Albert Schweitzer, Boite Postale no 4, Saint-Marc, Haiti.LA BOULE, Haiti.MARTI, Province de Matanzas, Cuba.M ANGUITO, Province de Matanzas, Cuba.LOS ARABOS, Province de Matanzas, Cuba.MAXIMO GOMEZ, Prov.de Matanzas, Cuba.COLON, Province de Matanzas, Cuba.SAN JOSE de LOS RAMOS Prov.de Matanzas, Cuba.EN AFRIQUE KATETE MISSION, Champira P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZAMBAZI MISSION, Kafukule, P.O.Nyasaland,' B.C.Africa.RUMPI MISSION, Rumpi, P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KARO NO A MISSION, Karonga P.O.Nyasaland, B.C.Africa.KASEYE MISSION, Fort Hill P.O.Nyasaland, B.C.Africa.MZUZU, Convent School, Mzuzu P.O., Box 24, Nyasaland, B.C.Africa.NKATA BAY MISSION, Nkata Bay P.O.Box 9, Nyasaland, B.C.Africa.FORT JAMESON, P.O.Box 107 Northern Rhodesia, B.C.Africa.KANYANGA MISSION, Lundazi P.O.Northern Rhodesia, B.C.Africa.NYIMBA MISSION, Sacred Heart Hospital, Northern Rhodesia, B.C.Africa. 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