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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Novembre - Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1964-11, Collections de BAnQ.

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[" LE PRECURSEUR Novembre=Décembre f I mr y » : \t mm.¦ ^ ru ,.; \u2019 & f :/\u2022- i \" ^ .>X-A v\\Nl MS ivU | il» .«wn \u2022 \" \u2022.«K4SB» vtll I I fît tl îwl ^ .Mi Le laïc doit être témoin du Christ dans Vaccomplissement de ses tâches terrestres; toute sa vie, inspirée de VEvangile, doit parler du Christ.Les tâches temporelles elles-mêmes associent Vhomme à Vœuvre de la création selon la volonté de Dieu.R.P.Schutte, S.V.D.supérieur général PAGES=COUVERTURE : BAGUIO, ILES PHILIPPINES Fillette de la tribu igorote, timide et pensive.Sr Villarin et une novice de rimmaculée= Conception en visite chez les Igorots.Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Port payé à Montréal. 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal (26) Canada le :::::::::: No 6 Novembre - Décembre 1964 Vol.XXIIIe Revue bimestrielle publiée par les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception avec l\u2019autorisation de l\u2019Ordinaire de Montréal.NIHIL OBSTAT: M.l\u2019abbé A.Cossette, p.m.é., 16 juin 1964.SOMMAIRE Un grand Missionnaire n\u2019est plus\t242 Opération Sapang Palay\t243 Sr Marie-Albertine, m.i.c.Poème en vert\t249 Sr Saint-Marcel, m.i.c.Le folklore haïtien\t252 Maître Beaufort Péan Visites apostoliques\t260 Sr Eustelle-de-VEucharistie, m.i.c.Partantes de 1964\t264 En pleine ère œcuménique\t267 Sr Saint-Léon-le-Grand, m.i.c.Six mois au Japon\t270 Sr Michelle-du-Sacrê-Cœur, m.i.c.Mon histoire\t275 Un étudiant réfugié La province de Chiloé\t281 M.l'abbé Abel Macias Sagesse hébraïque et sagesse malgache\t286 Sr Anne-de-la-Présentation, m.i.c.Abonnement: Par an $ 1.50 4 ans $ 5.00 A vie $25.00 Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.4991^6 Un grand Missionnaire n\u2019est plus Le 21 juillet dernier, une mort tragique enlevait au monde missionnaire canadien un apôtre zélé en la personne de Mgr Edgar Larochelle, directeur national de l\u2019Oeuvre pontificale de la Sainte-Enfance et exsupérieur général de la Société des Missions-Etrangères du Québec.Si le regretté disparu n\u2019appartient pas au noyau initial dont fut constituée la Société en 1921, il n\u2019en compte pas moins parmi les pionniers.Jeune prêtre, après un court stage à la paroisse de Beauport et à la propagande du journal l\u2019Action Catholique, il fut prêté par le diocèse de Québec pour aider le Séminaire de Pont-Viau alors à ses débuts.Peu après, il se joignait définitivement aux prêtres des Missions-Etrangères.Le 10 septembre 1926, l\u2019abbé Larochelle quittait le Canada pour la Mandchourie en compagnie de six confrères.C\u2019était le deuxième départ dans la Société qui avait envoyé, l\u2019année précédente, un premier contingent formé de MM.Adhémar Lapierre, Eugène Bérichon et Léo Lomme.Le 5 décembre 1926, le jeune missionnaire écrivait de Moukden à Mère Marie-du-Saint-Esprit, fondatrice et supérieure générale des Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception: «.ayez pour votre aumônier de l\u2019an dernier un bon souvenir dans vos prières, afin qu\u2019il puisse faire un bon et saint missionnaire en Chine.» Cet objectif, il ne le perdit point de vue au milieu de ses travaux nombreux et difficiles.Bonté, zèle des âmes, dévouement joyeux et sans limite, esprit surnaturel et amitié sincère pour son peuple d\u2019adoption caractérisèrent son action apostolique.Très tôt, il devint supérieur régional des établissements de la Société en Mandchourie.Le 25 juillet 1937, il était nommé préfet apostolique de Lintung « Mission la plus pauvre de la Mandchourie », et le 12 septembre, installé en sa cathédrale de Linsi par S.Exc.Mgr A.Lapierre.L\u2019Eglise de la Mongolie ne devait pas garder longtemps son chef bien-aimé.Le 11 juillet 1938, le Chapitre général de la Société des Missions-Etrangères, tenu à Pont-Viau, le choisissait comme supérieur général.Après avoir fourni en dix ans une carrière bien remplie au front de l\u2019apostolat, il allait présider à Montréal au développement de plusieurs autres champs d\u2019action de la Société: aux Philippines, au Japon, à Cuba, au Honduras et au Pérou.Avec beaucoup de sympathie Mgr Larochelle s\u2019est penché spécialement sur la situation de l\u2019Eglise en Amérique Latine.Malgré sa charge et ses occupations accaparantes, il réussit toujours à s\u2019intéresser de très près à l\u2019Oeuvre de la Sainte-Enfance dont il assuma la direction au plan national dès 1939.Il fut l\u2019ami des enfants.Il aimait s\u2019adresser à eux dans leur petit journal Le Messager de la Sainte-Enfance.On peut dire même que sa dernière pensée, sa dernière démarche sur terre fut pour eux.En effet, Mgr Larochelle s\u2019apprêtait à se rendre à une réunion des propagandistes de l\u2019Oeuvre, à la maison des Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception de Québec, quand la mort le surprit, Chemin Sainte-Foy, non loin de la Probation des Missions-Etrangères dont il était le supérieur depuis quelques années.Le départ de Mgr Larochelle est profondément ressenti.La Société des Missions-Etrangères pleure un grand missionnaire qui s\u2019est dépensé corps et âme; notre propre Société déplore la disparition d\u2019un ami dévoué et fidèle; la Sainte-Enfance regrette un chef paternel et attentif.Enfin, c\u2019est l\u2019Eglise « des quatre vents » qui perd en lui un serviteur et un bienfaiteur zélé.La Rédaction £ \u2018pejr:*,* 'i* HAW» KDHMY mSAPANG S2!T HALVES , ¦ mi S&/, y'j *¦ z .-Pi.i: n# ^ 11! ?4 K 003 UH5 Dans l\u2019Eglise des pauvres.PALAY par Sœur Marie-Albertine \\ m.i.c.Depuis des mois, les squatters d\u2019Intramuros avaient été sommés par les autorités municipales d\u2019avoir à faire place nette.Mais diplomatie ou menace n\u2019avait eu aucun effet.Les squatters sont de pauvres familles avec peu ou pas de travail installées dans des abris de fortune, sur des terrains appartenant à des particuliers ou au gouvernement.Cette fois c\u2019est pour vrai! Dimanche, 1er décembre, vers 8 h.30 du matin, les 15,000 squatters voient arriver sur les lieux, une armée de 500 policiers et de 2,000 démolisseurs.Ils se rendent vite compte que, cette fois, c\u2019est sérieux.Donc, sans se révolter \u2014 d\u2019ailleurs ils n\u2019en ont guère le temps, \u2014 ils ramassent leur maigre bagage.La plupart seront transférés à Sapang Palay.Leur déplacement nous affecte, car il entraînera la fermeture de notre école gratuite d\u2019Intramuros fréquentée par 191 de leurs enfants.Le secours s\u2019organise Mardi, 10 décembre.Quatre missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception répondent à l\u2019invitation du Père Curé de la paroisse Saint-Augustin et montent en voiture pour aller visiter les « déplacés » de Sapang Palay.Elles apportent quantité de choses de première nécessité.Le lotissement se trouve à deux heures d\u2019auto de Manille par une route assez cahoteuse.Mais les missionnaires ont le cœur en joie à la pensée de revoir et d\u2019aider leurs amis de naguère.Sapang Palay constitue une partie des 750 hectares affectés par le gouvernement à l\u2019établissement des innombrables squatters dispersés un peu partout à travers le grand Manille.Malgré son charme champêtre, il apparaît comme un tombeau.Solitude et ennui planent sur cet endroit devenu comme une terre d\u2019exil pour des gens habitués à la trépidation et au bruit d\u2019une ville populeuse.1 Jacqueline Blondin, Longueuil 243 A la recherche d'un abri à Sapang Palay.ksz$m$k SSÈ ' '¦*\" ;HvNiO ^ Î'* -SiM SjSfeJÇS ïtss»- mm&m : bC2 r-'Jr c \u20225SS VV\u201c \u2014 Un nouveau transplanté avec tous ses effets sur les épaules.Sr Sainte-Flavie (Carmen Castonguay, d\u2019Edmundston) et Sr Marie Elmire (Jeanne d\u2019Arc Allary, de Sainte Mélanie) distribuant des conserves d\u2019apricots que le R.P.Désautels, S.J., a reçus d\u2019un bienfaiteur américain.A l\u2019arrivée des Soeurs, une foule de figures connues et souriantes cernent la voiture, et les mains se tendent.Par les châssis sortent des vêtements, de la nourriture dont 800 beignets donnés par les Charités Catholiques, du lait en conserve, du sucre des bonbons, etc.Logique du cœur ou de la raison ?23 décembre.Les Sœurs retournent à Sapang Palay.Cette fois elles visitent les familles à leurs abris et distribuent de quoi manger.Elles grimpent jusqu\u2019à la bicoque de Marcellino pour lui porter sa part de secours.Marcellino les remercie et les prie d\u2019attendre un instant.Quelle n\u2019est pas la surprise des missionnaires quand il réapparaît avec deux œufs qu\u2019il leur offre.On voudrait refuser.mais cela blesserait: ce serait en quelque sorte refuser la gratitude d\u2019un noble cœur.Alors ?il n\u2019y a qu\u2019à accepter ce cadeau démesuré d\u2019un pauvre.Et Marcellino, content, invite les visiteuses à revenir.244 il* ! * m, nj> À Vf v ?« Vous, les Sœurs.» 24 décembre.Ce matin, Sœur Sainte-Flavie, supérieure de notre maison d\u2019Intramuros, reçoit à une Newspaper Boys' Party.Ils sont trente, les plus pauvres d\u2019entre les pauvres, avec leur leader M.Madrigan.Ce bon monsieur est celui-là même qui, il y a quelques mois, avait apostrophé la supérieure en ces termes: « Vous, les Sœurs, vous êtes ici seulement pour les riches, seulement pour les Chinois.» Après avoir écouté patiemment toutes les invectives, Sœur Sainte-Flavie avait répondu: « Monsieur, je suis ici ni pour les Philippins ni pour les Chinois mais pour les âmes.C\u2019est pour cela que je veux vous aider à sauver la vôtre.» Beaucoup de patience, de la charité, de la bonté souriante, ont retourné cet homme.Hier, il frappait à notre porte et demandait de préparer quelque chose pour « ses garçons », les petits vendeurs de journaux.Ils sont donc là, les trente, tous très gentils, polis, bien stylés.Un goûter leur est servi, et chacun reçoit en cadeau un pantalon neuf, deux sacs de bonbons, une belle rrtédaille avec chaîne.Ensemble on chante des Noëls, ensemble on prie un brin.Tous apprennent l\u2019Offrande de la journée et promettent de la réciter au petit matin, avant d\u2019entreprendre leurs courses à travers les rues.La fête est un succès, et le cher M.Madrigan rayonne.Il n\u2019a pas maintenant de meilleures amies que les Sœurs Missionnaires.De la part de Madame la Présidente 26 décembre.Malacanang nous fait parvenir cent boîtes d\u2019étrennes pour nos élèves de Sapang Palay.Chaque colis renferme une poupée, une robe, une boîte de lait en conserve, un calepin, un crayon, un peigne, un savon, une serviette, etc., bref, un pied cube d\u2019émerveillement et de bonheur pour chacune de nos petites filles.Premier de VAn missionnaire De grand matin, nos Sœurs se rendent à Sapang Palay.Aujourd\u2019hui, pas de cadeaux matériels; c\u2019est Dieu lui-même qui se donnera à eux avec ses grâces.La chapelle (si l\u2019on peut appeler ainsi un toit posé sur quatre poteaux) se remplit de quelque 300 adultes et de 150 enfants.Les Sœurs aident à la préparation des confessions, et le Père distribue les pardons de Dieu pendant deux heures.Puis c\u2019est la messe qu\u2019une Sœur explique en dialecte.Une quarantaine de personnes communient.Que c\u2019est bon des apricots! La messe finie, le prêtre administre 26 baptêmes.Ici encore, l\u2019on entre dans le renouveau liturgique, et tous les rites s\u2019accompagnent d\u2019un commentaire.Un problème se posait: les 191 élèves d\u2019intra-muros déménagées à Sapang Palay, allaient manquer leur année scolaire.80 d\u2019entre elles se préparaient à la première communion.Comme il ne restait que trois mois et demi de classe, il fallait agir, et agir vite ! Au début de janvier, Sœur Sainte-Flavie rencontre le Secrétaire d\u2019Etat, M.Marino.Elle expose la situation: \u2014 Nous avons le mobilier, les livres, l\u2019institutrice.\u2014 Qu\u2019avez-vous besoin de plus ?\u2014 Un abri, un simple abri ! Construction-éclair 245 Le Centre de 1 \u2019 I mmaculée-Conception de Sapang Palay murs de sawali et toit de nipa.**\u202212 .¦¦i Le bin de Baguio, si haut et si noble, parle tous les langages et connaît la psychologie humaine.Majestueux, grand et ferme, ü domine la vanité mondaine des estivants.A la porte des églises ou veülant sur les tombes, ü se tient digne et religieux.Son arôme sain et revigorant est un tonique pour les citadins.Ce toujours vert répand le réconfort et la fraîcheur de sa couleur verte telle une espérance.Son feuillage luxuriant symbolise l\u2019hospitalité philippine, car u abrite et les oiseaux en fite et les humains en pleurs.Mais quand la nuit tombe, comme le pin devient mystérieux! Alors ü tend de longs bras vers la lune en une sorte d\u2019appel.On dirait que, sous ses racines, ait un trésor caché.Sa noire silhouette se dresse même terrifiante.Aussi, je préféré le contempler au soleil de midi r /v*5 \u2019 *7^ \".*7\" 'À ¦ Et la feuüle étroite du pin avec ses trois parties louent constamment après elles la Trinité.ou tout de suite après la pluie.Quelle variété de tons ü déploie lorsqu\u2019il secoue les gouttelettes de ses aiguules! Et quelle inspiration trouvent en lui les novices qui vont se recueillir au jardin.Marchant doucement sous les pins, en ce sanctuaire de verdure, elles prient l\u2019adorable Trinité pour les bienfaiteurs qui les aident à réaliser leur vocation missionnaire.J*.¦V V- ^ ' '''Æ.-L'\"*'.i^.v \u2022*(%.vm I ^ V 3 !a.\t:\t¦ » R\u2018 Ci «J > .sAvi3t?r\" 'J r » ?*Sv U.\u2019îJSLifer'- FOLKLORE HAÏTIEN Par Maître Beaufort Péan âii m M.Péan, avocat et professeur d'Histoire au Collège Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours du Cap-Haïtien, a présenté le travail ci-contre aux étudiants de cette institution ainsi qu'aux élèves de l'Ecole Normale de la même ville.Nos lecteurs seront sans doute intéressés à connaître la pensée de M.Péan sur le folklore de son pays, sur ses origines, son importance, sa nécessité.Les sous-titres de cet article sont de la Rédaction.L\u2019étude du folklore révèle à l\u2019Haïtien toute sa philosophie de la vie.Elle l\u2019incite à prendre conscience de son « moi haïtien » et l\u2019empêche de contrefaire, dans son comportement général, certains modes de vie qui étouffent sa personnalité en comprimant ses aspirations propres.Que de luttes les pionniers du folklore ont menées pour orienter l\u2019homme haïtien (il s\u2019agit d\u2019un certain type d\u2019Haïtien lettré) vers l\u2019étude de sa culture primitive! Les causes de cette résistance ont été multiples.Confusion et opposition Le folklore a été pendant longtemps une source d\u2019incompréhension.Involontairement ou par calcul, on a confondu folklore et vodou.Etait-ce souci de défendre la pureté de la doctrine chrétienne ou bien témoignage de fidélité au christianisme ?Il y a plutôt lieu de croire que cette con- fusion traduisait une méconnaissance et de la religion chrétienne et du vodou.Le grand cauchemar venait du tambour conique, objet radicalement superstitieux.Mais y a-t-il vraiment des objets essentiellement superstitieux ou cabalistiques?Non, mille fois non ! Tous les éléments ont été créés par Dieu, et l\u2019homme, par simple déplacement de la matière, par juxtaposition d\u2019éléments premiers, a fabriqué des objets ou des richesses pour la satisfaction de ses besoins.Ainsi un objet ne devient superstitieux ou cabalistique que par l\u2019usage qu\u2019on en fait.Un Christ, suivant qu\u2019il surmonte le tabernacle ou l\u2019autel d\u2019un humfort (endroit de culte superstitieux), est un objet de culte chrétien ou de superstition.252 De plus, le folklore a été combattu dans certains milieux par des influences ou des complexes.« Ce peuple, dit le Dr Jean Price-Mars, éprouve une gêne à assimiler, voire quelque honte, à entendre parler de son passé lointain.A la rigueur, l\u2019homme le plus distingué de ce pays aimerait mieux qu\u2019on lui trouve quelque ressemblance avec un Esquimau, un Samoyède ou un Touangouze, plutôt que de lui rappeler son ascendance guinéenne ou soudanaise.» Ce secteur du peuple haïtien subit encore l\u2019influence de l\u2019école nordique du XIXe siècle, inspirée des théories racistes d\u2019un Gobineau, d\u2019un Vacher de Laponge et même d\u2019un Alexis Carrel.Ces gens ne croient qu\u2019à une seule culture, porteuse de valeurs, la culture occidentale.En dehors d\u2019elle, tout n\u2019est que barbarie, sauvagerie, ignorance, ténèbres.Erreur puérile! L\u2019ignorance n\u2019est pas là où on la soupçonne.Car l\u2019enseignement des sociologues et ethnographes modernes, pourtant fils de l\u2019Occident, s\u2019inscrit en faux contre une telle aberration.Pas de société sans culture, déclarent ces derniers; pas de culture sans valeurs humaines.Le mot « primitif » a changé de sens dans la terminologie des savants contemporains.L\u2019art africain a été découvert; la culture africaine a été étudiée, appréciée à sa juste valeur.Les temps sont changés, grâce à la science, sauf dans certains secteurs de la société haïtienne, en retard d\u2019un demi-siècle sur le monde qui, à leur insu, continue encore de changer.Préjugé social Le folklore n\u2019a pas été seulement combattu par suite de la confusion folklore-vodou ou d\u2019un certain complexe d\u2019infériorité, il a été l\u2019objet de mépris par préjugé social.Car le folklore ou mieux l\u2019idée de folklore s\u2019associe ordinairement à celle de peuple.Et ce vocable est quelquefois enveloppé d\u2019une frange d\u2019ironie ou de dégoût.Tout ce qui vient du peuple, aux yeux de plus d\u2019un, est vil, méprisable, indigne d\u2019attention.Véritable hypocrisie ! Car ceux-là qui pensent ainsi n\u2019ont fait, ne font et peut-être ne feront rien de méritoire pour sortir le peuple de ses véritables misères morales.Ils sont disposés à l\u2019y enliser davantage de manière que son réveil ne trouble pas leur sécurité.Premières réactions Et voici 1915.l\u2019occupation américaine ou l\u2019effondrement du prestige haïtien.Les vrais patriotes, appelés en ce temps-là « nationalistes », ont vite réagi.Il faut sauver Haïti, relever son prestige.Il faut sauvegarder le patrimoine ancestral, éviter une transmutation du « moi haïtien » par l\u2019invasion de l\u2019américanisme.Le français, langue officielle de la République, était en péril.Le Dr Price-Mars embouche la trompette.Il sonne le ralliement.Et par des conférences, des études à caractère ethnologique et sociologique, il revivifie tout ce qui est haïtien et provoque une nouvelle prise de conscience.Il fait école.Autour de lui se rangent amis et disciples: les Dorsainvil, Holly, Denis, Duvalier, Maximilien, etc.Des attaques sont lancées contre lui; on l\u2019a-nathématise ainsi que son groupe.On l\u2019accuse de prêcher le retour à l\u2019Afrique, autrement dit à la barbarie, aux superstitions.Le Dr Mars proteste dans Une étape de l'évolution haïtienne: « Beaucoup de mes compatriotes sont trop fiers ou trop paresseux pour lire une œuvre scientifique écrite par un Haïtien.C\u2019est parmi ce groupe que s\u2019est créée la légende bête que je préconise un retour vers l\u2019Afrique, parce que j\u2019ai cherché les origines de mon peuple et de ses croyances sur la terre où s\u2019érigèrent les pyramides et où le métissage des races produisit les plus inextricables des problèmes ethnographiques.» Le Dr Dorsainvil fit une déclaration précise concernant le vodou: « Le vodou, dans son état présent, n\u2019est qu\u2019un ensemble de croyances hétérogènes, mêlées parfois à des pratiques de magie qu\u2019aucun esprit sérieux ne saurait présenter comme idéal religieux à un peuple.» Mais malgré ces prises de positions, les complexes sociaux incitèrent à confondre études ethnographiques et vodou, déformèrent la réalité et luttèrent longtemps encore contre le folklore.A Vheure actuelle La vérité scientifique, peu à peu, s\u2019imposa.L\u2019étude du folklore passionna les esprits sérieux.Les préjugés commencèrent à s\u2019effriter.L\u2019indigénisme gagna du terrain.Le folklore conquit les scènes des salles de spectacles.Des équipes, des écoles de danses folkloriques furent créées.La jeunesse y prit goût, donna le ton, et divorça avec les erreurs ou les réticences de certains aînés.Et actuellement, le R.P.Joseph Augustin oriente le folklore vers d\u2019autres conquêtes.La route suivie a été longue, semée de difficultés.Les résultats sont assez satisfaisants, certes, mais la victoire prochaine, la victoire définitive ne sera remportée que si la jeunesse haïtienne sait exactement ce 253 « & * 'fîT £ © Jeune Haïtienne, membre d\u2019une équipe de folklore.Dans le folklore haïtien où s\u2019allient le charme africain et la grâce occidentale se découvre le vrai visage de l\u2019âme haïtienne.qu\u2019est le folklore, quelles sont ses exigences et ses possibilités sur le plan culturel; si elle parvient à y découvrir le vrai visage de l\u2019âme haïtienne.Le folklore sera un enrichissement, s\u2019il sert à revaloriser notre personnalité d\u2019Haïtien, s\u2019il nous aide à saisir l\u2019originalité de la culture haïtienne qui n\u2019est ni africaine ni européenne, mais un complexe de valeurs humaines aux origines diverses, comme toutes les cultures, mais moulé dans une ambiance géographique fournie par le génie propre du peuple haïtien.Qu\u2019est-ce que le folklore?Pour atteindre ce but, il convient de se demander: Le folklore, en somme, qu\u2019est-ce?Je ne puis proposer aucune définition.C\u2019est l\u2019afifaire des folkloristes et je confesse que je ne suis pas folkloriste.Je m\u2019intéresse au folklore en dilettante ou, pour parler haïtien, en amateur.Comme vous, je commence à peine à l\u2019étudier.C\u2019est donc sim- plement pour vous aider à faire votre choix que je relève ce que j\u2019ai retenu des ouvrages de Price-Mars: Ainsi parla l'Oncle; d\u2019André Varagnac: Définition du folklore; et d\u2019Emmanuel C.Paul: Panorama du folklore haïtien.Une erreur à redresser au départ: folklore n\u2019est pas synonyme de danses folkloriques.Les danses folkloriques font partie du folklore.Labillot, embrassant le folklore dans sa généralité, enseigne qu\u2019il n\u2019est qu\u2019une « ethnographie traditionnelle » autrement dit, « une étude de la civilisation populaire ».Deux notions sont mises en lumière: celle de vie populaire et celle de tradition.A bien réfléchir, celle de vie populaire est trop restreinte, car il existe aussi un folklore des villes.Ainsi le folklore n\u2019est pas seulement un fait populaire.Varagnac cite l\u2019exemple de la superstition qui est commune aux campagnes comme aux villes.Le rural, sans sourciller, consulte le âoMwgan (diseur de bonne aventure) par l\u2019intermédiaire de la chandelle, de la tasse de 254 Invitation à la danse sur le tambour conique, PP WÈ 1 1% ¦ ai *~i '4 igy ?! r .T « j* V 1 \u2022 ¦m ,?V'« ¦»b'.3 m café, du verre de cendre, etc.Le citadin de son côté, consulte des tireuses de cartes, des chiromanciennes, etc.Devrait-on s\u2019en tenir à la notion de « tradition » ?Cette notion est trop large.Car que penserait-on des traditions ou usages administratifs, parlementaires, juridiques ?Dans les campagnes haïtiennes « l\u2019habitant » croit fermement que le voisin limitrophe ne peut vendre sa portion de terre sans qu\u2019il la lui propose; sinon, d\u2019après lui, la vente faite à un autre, un inconnu qu\u2019il appelle étranger, est radicalement nulle.Voilà une tradition bien ancrée chez le paysan.Et pourtant, une telle obligation n\u2019est pas prévue par le code civil.Cette tradition juridique est-elle du folklore?Faudrait-il confondre folklore et religion?La différence naît, enseigne encore Varagnac, du fait que « telle dévotion considérée est ou n\u2019est pas rattachée consciencieusement ou organiquement à l\u2019ensemble des dogmes; d\u2019où, folklore veut dire croyances collectives sans doctrine, pratiques collectives sans théorie.» Qu\u2019on s\u2019arrête plutôt, même provisoirement, à cette définition : Le folklore est un ensemble de contes, de légendes, de chansons, de dictons, de proverbes, de jeux, etc., que l\u2019on peut qualifier de littérature orale.Même si cette définition n\u2019est pas définitive ni complètement satisfaisante, il y a lieu pourtant de souligner les grands caractères du folklore, comme l\u2019a fait Varagnac, dans Une définition du folklore: 1.\tTout fait folklorique est collectif.2.\tTout fait de folklore comporte à la fois et à quelque degré, répétition et innovation.3.\tLe folklore est le domaine de l\u2019hybride.Car tout fait folklorique a un caractère international (sauf les usages d\u2019origine historique relativement récente).Ainsi les héros de la guerre de l\u2019Indépendance ont inspiré certains faits folkloriques de même que les officiers de l\u2019occupation américaine.4.\tTout fait folklorique qui n\u2019est localisé ni dans le temps ni dans l\u2019espace doit être provisoirement tenu pour inutilisable.5.\tTout fait folklorique a un caractère fonctionnel.Il répond à un besoin, comporte une explication, symbolise une croyance.Le folklore est susceptible d\u2019enrichissement En conséquence, le folklore exclut toute fantaisie.On exécute, en matière de danse, par exemple, fidèlement, sciemment.Une stylisation s\u2019impose peut-être en certaines circonstances, mais sans excès, pour éviter toute déformation.Car le folklore n\u2019est pas un ensemble d\u2019activités gratuites, absurdes.Le folklore est en outre l\u2019expression d\u2019une culture non immuable, mais toujours en expansion.Une culture immuable, statique, est appelée à périr.C\u2019est pourquoi le folklore s\u2019enrichit des diverses transformations sociales ou techniques.Le proverbe « rail pour train, train pour rail » n\u2019a-t-il pas pris naissance à partir de l\u2019introduction des chemins de fer en Haïti?Si, au tout début, vous avez constaté que des confusions de toutes sortes, des complexes et des préjugés sociaux ont failli étouffer la libre expression du folklore dans tous les milieux haïtiens, conviendrait-il de tomber dans l\u2019excès contraire et de transformer l\u2019étude du folklore en une littérature de combat à caractère raciste?Ce serait priver le folklore de nouvelles sources d\u2019enrichissement.Ce serait verser dans un déplorable défaut, car le folklore exclut tout nationalisme outré et aveugle.Le folklore haïtien n\u2019est pas une évasion vers l\u2019Afrique, dans ce sens qu\u2019il traduirait ce sentiment que l\u2019Haïtien, sur le plan culturel, appartiendrait seulement à l\u2019Afrique.Dans l\u2019hypothèse affirmative, qu\u2019est-ce que l\u2019Afrique culturelle ?Que signifie cette expression ?La première société humaine serait-elle née en Afrique?Hypothèse vraiment séduisante avalisée par les études d\u2019anthropologues et d\u2019ethnologues compétents: Arembourg, l\u2019Abbé Breuil, Van Riet Lowie, Lea Hey (tous cités par Eugène Guerrier, dans L'Apport de l'Afrique à la pensée humaine.Les frères Diop sont aussi de cet avis.Mais cette doctrine, malgré tout, n\u2019a pas rallié l\u2019opinion de tous les savants.Les Africains, i.e.les Noirs, seraient-ils originaires d\u2019Afrique, alors qu\u2019on les rencontre, depuis des millénaires, également en Asie et en Europe ?Ils ont été mêlés tant aux jaunes qu\u2019aux blancs, tantôt en vainqueurs, tantôt en vaincus, tantôt en maîtres, tantôt en esclaves.Juxtaposition d\u2019abord, mélanges ensuite, brassage de cultures, de croyances, de pratiques, d\u2019arts, etc.Les Africains transportés à Saint-Domingue, au 17e et au 18e siècle, ont apporté avec eux une partie du bagage culturel de tous les peu- 256 tf > 'Wfèk WsÊSSk- Normaliennes de notre école du Cap=Haïtien, enthousiastes du folklore de leur pays.pies avec lesquels ils avaient été en contact, quelquefois dans toute sa pureté, d\u2019autres fois repensé ou réinterprété en termes africains.Alors, par l\u2019Afrique, c\u2019est le fond commun de l\u2019humanité qui est entré à Saint-Domingue; de l\u2019Egypte au Cap, les ethnographes ont relevé et catalogué des points communs en matière de culture.Ainsi le folklore ne souffre ni nationalisme direct ou voilé ni racisme.Ecoutez Price-Mars parlant de L'Oncle Bouqui ou de Ti-Malice: « Ces Contes sont-ils de vrais produits autochtones ou bien ne sont-ils que des réminiscences d\u2019autres contes et d\u2019autres légendes venus de périodes antérieures à la servitude?Sont-ils nés sur le sol comme notre créole lui-même, produit hétérogène de transformation et d\u2019adaptation déterminées par le contact du maître et de l\u2019esclave ?L\u2019une et l\u2019autre hypothèses sont aisément justifiables et il est possible de découvrir dans les éléments constitutifs de nos contes des survivances lointaines de la terre d\u2019Afrique, autant que des créations spontanées ou des adaptations de légendes gasconnes, celtiques ou autres.» « Ces contes qui se répètent depuis l\u2019époque coloniale, dit Emmanuel C.Paul, ont deux grandes sources qui sont celles de notre peuplement: l\u2019Afrique et l\u2019Europe.Les contes et de héros et de Loup-Garou ont également leurs correspondants en Europe et en Afrique.Et que dire des proverbes et expressions de la sagesse non d\u2019un peuple mais de l\u2019humanité?» Il n\u2019est pas jusqu\u2019au folklore dans son aspect chansons ou danses qui ne conduise à l\u2019humain.Certaines danses folkloriques haïtiennes puisent leurs origines, comme l\u2019a souligné Emmanuel C.Paul, dans des danses européennes, tels le menuet, la contre-danse, les lanciers, la polka, que pratiquaient les colons de Saint-Domingue et que s\u2019assimilèrent les esclaves.« Ces danses, a noté l\u2019auteur de Panorama du folklore haïtien, se sont depuis long- 257 «MM»-.1 temps folklorisées en Haïti après avoir connu leurs moments de vogue dans nos salons qui voulaient imiter ceux de la France des 17e et 18e siècles.Il faut pénétrer dans les milieux ruraux les plus reculés pour en trouver les traces.Une autre variété de danses d\u2019origine européenne comprend les batouis ou danse de rubans.On ne saurait donc dire que c\u2019est uniquement l\u2019Afrique ou l\u2019âme africaine que l\u2019Haïtien recherche dans son folklore.L'âme haïtienne d'abord son âme, avec tout son être.Son intelligence pour comprendre, sa sensibilité pour s\u2019amuser sainement par des émotions joyeuses, sa raison pour en tirer des leçons morales.Le Pinga-Pinge du R.P.J.Augustin, amuse et instruit, distrait et assagit.Quant aux danses, elles sont instructives si elles sont exécutées non par des automates mais par de véritables êtres humains apportant dans tous leurs actes, les ressources de leurs facultés humaines.Saisir le symbolisme des gestes, le sens des rythmes, de l\u2019harmonie; dégager tous les enseignements de la danse, vbilà ce qui est enrichissant, voilà ce qui empêche l\u2019esprit d\u2019être domestiqué par le corps.C\u2019est d\u2019abord l\u2019âme haïtienne, c\u2019est son « moi haïtien » que le fils d\u2019Haïti veut appréhender par le biais de l\u2019Afrique.C\u2019est ce qu\u2019il y a d\u2019humain dans son folklore qu\u2019il veut saisir également par le biais de l\u2019Europe et de l\u2019Amérique.En fait, le caractère fonctionnel du folklore incite l\u2019Haïtien à pratiquer le folklore avec toute Folklore à l\u2019Asile communal du Cap-Haïtien.Orchestre de vaccines et tambour.¦V ~ v * h i\\% y Point d'interrogation Une question importante se pose: que faire si certains gestes, certaines danses, par suite de modifications culturelles et sociales, ont perdu leur contenu originairement élevé?Vu la mentalité sociale actuelle, ne convient-il pas de styliser ces gestes et ces danses, pour empêcher qu\u2019ils blessent la décence ou la morale publique ?L\u2019homme n\u2019a pas été créé pour porter des habits; pourtant, la contrainte sociale est telle aujourd\u2019hui, que personne, au Cap-Haïtien, ne s\u2019aviserait d\u2019instituer un club de nudisme.La société entière protesterait; et le directeur de la Police des mœurs interviendrait, saisi d\u2019une juste colère, pour étouffer le mal dans l\u2019œuf.Alors, vivre en société, n\u2019est-ce pas avant tout respecter les convenances sociales?La question reste entière: Que faire si certaines danses, par les gestes qui les caractérisent, suggèrent d\u2019une façon non équivoque, brutale même, l\u2019acte de fécondité?Que faire au cas où elles ne provoquent que de l\u2019érotisme, incendient le système ne veux, déclenchent l\u2019énervement ou un certain déséquilibre psychique ?« La vie a toujours été adorée par l\u2019homme normal, a écrit l\u2019auteur des Prodigieuses victoires de la psychologie moderne; symboliquement, l\u2019acte sexuel est un acte sacré.Chez certaines peuplades, absolument saines, l\u2019action sexuelle est parfois publique, considérée comme un rituel de vie et couverte de fleurs par le village entier.» En est-il de même aujourd\u2019hui ?Non.Inutile de faire le tour du monde pour affirmer que cet acte sain, sacré en soi, hier comme aujourd\u2019hui, a été profané, désacralisé, avili; qu\u2019il a été ravalé au niveau d\u2019un acte purement matériel, sans aucune résonnance spirituelle.Il n\u2019est pas nécessaire non plus de visiter les grandes villes européennes ou américaines pour se convaincre de ce fait.Demandez à tous ceux-là qui viennent d\u2019outre-Atlan-tique, ou aux Haïtiens qui ont voyagé, réclamez beaucoup de sincérité sur la question et vous serez vite dégoûté.Trop souvent, on cherche en vain en Conclusion L\u2019animateur du mouvement qui étudie les valeurs authentiques du folklore haïtien, le R.P.Joseph Augustin, professeur au Lycée Philippe Guerrier et auxiliaire à la cathédrale.ce domaine un geste d\u2019homme.On n\u2019y trouve même pas celui des animaux \u2014 car ceux-ci ont gardé une certaine noblesse; ils n\u2019ont jamais transgressé sauf exceptions rares, les lois ou les impulsions naturelles de l\u2019instinct, et n\u2019ont jamais posé cet acte sain à contre-temps.A-t-on le droit alors de taire la vérité?Par respect pour la société ou par amour pour la patrie, de cette patrie dont nous défendons le patrimoine culturel, il est nécessaire de modifier ou mieux de styliser certains gestes qui, hier encore, exprimaient une vérité respectée de tous, mais qui a été traînée plus tard dans la boue.Ce ne serait plus du folklore, dirait-on ?Et pourquoi pas ?Les folkloristes ont décrété: Tout fait folklorique peut répondre, au cours des siècles, à des besoins différents et à des mentalités différentes.N\u2019appellent-ils pas cette indépendance de la forme, quant au fond: le transfert folklorique ?Quand, dans une société, la forme du fait folklorique ne répond plus au contenu, c\u2019est un devoir de le transformer, au nom de la morale.Le folklore n\u2019est pas immuable, comme tout ce qui est vivant, il est soumis à la loi de l\u2019évolution.L\u2019étude du folklore s\u2019avère, enfin, nécessaire à l\u2019Haïtien pour mieux se connaître, pour découvrir son « moi haïtien », pour rejeter la défroque, la contrefaçon de culture qu\u2019il a mal assimilée et qui étouffe sa personnalité.L\u2019étude du folklore détruira ses complexes stupides en diminuant la distance qui sépare le lettré de l\u2019homme inculte des masses.L\u2019étude du folklore est un départ vers une culture haïtienne originale, dans le cadre de la culture humaine.Un étranger ne vient pas en Haïti pour retrouver un pâle reflet de sa propre culture, mais une culture spéciale sui generis.Le folklore bien approfondi, bien orienté, sortira certains Haïtiens du nationalisme outré, en étoffant leur personnalité et leur patriotisme.L\u2019étude du folklore, tout en revivifiant les valeurs nationales, ouvrira l\u2019intelligence des retardataires à la grande culture humaine, sans bornes ni frontières.Ils communieront plus facilement avec leurs compatriotes ainsi qu\u2019avec tous les hommes dans la fraternité universelle.Que l\u2019étude du folklore haïtien soit donc pour notre peuple la poussée vers un nouvel humanisme tendant à l\u2019unité nationale, de même qu\u2019à l\u2019unité de la famille humaine ! 259 Cette fois-là l\u2019auteur partait avec Sr Marie-Laura (Eva Marier de Québec).JT * -» :V* >¦ r >t < V ' ' * / \u2022 ¦T' H»sr %- / It ROCHE-A-BATEAU, HAITI VISITES APOSTOLIQUES Par Sœur Eustelle-de-l\u2019Eucharistie \\ m.i.c.Il est 2 heures de l\u2019après-midi.Mon sac à main bourré de médicaments, de vitamines, de médailles et d\u2019images, je pars avec Sœur Yvonne-de-Jésus 1 2 pour la visite des braves gens de la campagne Le soleil d\u2019Haïti lance des flèches brûlantes, mais qu\u2019importe, si cette marche au feu procure un peu de joie et de soulagement à des frères affligés.Au sortir du village, une femme assise sur sa galerie surveille son petit commerce.Que vend-elle?des sachets de sucre, quelques bonbons.C\u2019est la maman de deux de nos élèves de l\u2019école; nous sommes heureuses de la rencontrer et de prendre des nouvelles de sa famille.Une petite de trois ans qui souffre de rachitisme viendra au dispensaire pour des soins appropriés.I f 260 1\tEustelle Samson, Lauzon.2\tPauline Mailloux, Sainte-Angèle. t b» Ën haut de la colline vit une grand-mère de quatre-vingts ans passés.« Vous venez me voir, dit-elle en nous apercevant, comme je suis contente ! » Toute tremblante, elle nous conduit à sa caille au toit de chaume.Deux modestes pièces composent ce logis.Pour meubles, de vieilles chaises et une table sur laquelle l\u2019octogénaire a « Oh ! je ne suis pas belle, mais je sais que cela a peu d\u2019importance, ce qui compte, c\u2019est le dedans ! » xmm < .1 iW.h W l'Z *' déposé sa récolte de petit-mil, toute sa nourriture pour une semaine.Elle-même a planté et coupé ces céréales de ses mains.« Tous mes voisins sont bons pour moi, affirme-t-elle.Quelqu\u2019un va me chercher de l\u2019eau à la source, une personne vient coucher avec moi la nuit: mon fils m\u2019envoie des aliments.» De ce rien qui constitue son avoir, grand-mère est satisfaite et remercie Dieu.Quelle leçon ! Il faut dire que ce Seigneur divin la fortifie surtout de sa Chair et de son Sang, car on lui apporte la sainte communion de fois à autre.Avant de la quitter, nous demandons à l\u2019aïeule la permission de prendre sa photo en souvenir des bons moments passés en sa compagnie.« Oh ! ré-plique-t-elle, je ne suis pas belle, mais je sais que cela a peu d\u2019importance, ce qui compte, c\u2019est le dedans ! » Ce dedans, il reflète un bonheur, une paix, un abandon qui nous font envie.Que de belles âmes chez ces pauvres de Yahvé qui vivent dans le détachement et la simplicité du cœur !\t« Le petit-mil est abondant, disent les cultivateurs des alentours, il faut remercier Papa Bon Dié ! » Les difficultés ne manquent cependant pas pour les habitants des mornes.Avec des vitamines nous semons chez eux des paroles de réconfort et d\u2019encouragement, essayant surtout d\u2019allumer dans leurs âmes le feu de la divine charité.Onzième visite.C\u2019est pour une dame très âgée couchée sur une natte à même le sol.Elle semble à ses derniers instants mais trouve encore la force de nous demander le chapelet promis il y a un certain temps.Sa main décharnée saisit le précieux objet et un sourire éclaire son visage marqué par l\u2019approche de la mort.Dans la pièce voisine, son mari nous montre les deux cercueils qu\u2019il a fabriqués et placés sur les poutres.Autre pays, autres coutumes ! le bon vieillard paraît tout heureux de posséder ces quatre planches vernies qui recevront son corps et celui de sa femme.« A notre âge, dit-il, quand l\u2019un quitte la terre, l\u2019autre le suit de près.Nous mourrons tranquilles puisque nous avons déjà notre cercueil.» Dans cette maison, le Seigneur ne viendra donc pas comme un voleur, on l\u2019attend: corps et âmes sont en paix, en règle pour le dernier voyage.Sous le ciel d\u2019Haïti, le jour baisse de façon brusque; il faut vite regagner le couvent.La nature est exceptionnellement belle en ce coin de mornes.En bas, la mer des Antilles prend une couleur argentée sous les caresses du soleil couchant.A droite, des montagnes rivalisent entre elles pour la beauté du paysage.Panorama splendide de cocotiers, palmiers, bananiers, manguiers, lauriers en fleurs, plantés là par le Créateur pour la louange de sa Gloire.Devant un tel spectacle, et la joie qui gonfle le cœur dans le service de frères que nous aimons, les complications de la route s\u2019effacent: descentes a-bruptes, rafales de poussière, roches énormes à sauter, tout devient chant d\u2019amour et d\u2019actions de grâces envers le Seigneur qui nous a choisies pour ses humbles missionnaires.Oui, merci à Dieu et merci aux chers amis du pays natal dont les prières et les sacrifices achètent pour nous les grâces et les consolations de l\u2019apostolat! Pêcheurs de la Mer des Caraïbes, à Roche-à-Bateau. .S- \u201e\t* fi5#; .:3# H.r-HT v, >* .- .v.'X -, - /* K _ih»r K .Mssjt ,4' v/ ' '¦ «\u2022 xS Wmm tty ,* \\ izmZ &wu,; 'N 'o)mt4j^fmj Sm> VM* Pêche au tuna.Un expert de la F.A.O.aide le gouvernement chilien dans son effort pour faire' ajouter le poisson au mets national.Photo: Nations Unies.\t_ - -T : ^, i-*\u2019 * \u2019 wi y.mW X'-i ÿ** \\ trmw ; cient de la balance d\u2019échange de la production de Chiloé en relation avec celle du reste du Chili.En effet, alors que la valeur totale des produits distribués de Chiloé aux autres régions chiliennes s\u2019élève à quelque 2 millions d\u2019escudos {Yescudo est l\u2019unité monétaire du Chili et vaut environ le tiers du dollar canadien), la valeur des produits entrant à Chiloé est de quelque 4 millions d\u2019escudos : il s\u2019ensuit donc la perte annuelle d\u2019un capital de 2 millions.Tant que pareil déséquilibre subsistera, on ne peut parler de tonifier l\u2019économie de la province.La production actuelle allant de Chiloé au continent est ainsi constituée: environ 700,000 pouces de bois, 7,000 à 10,000 têtes de 283 « Le lac et le volcan Villarica, au Chili, & v La justice délivre de la mort.Yahvé ne laisse pas le juste affamé.Pr X, 2-3 Qui répugne à la réprimande est stupide.Pr XII, 1 Les aimables propos sont un rayon de miel: doux au palais, salutaires au corps.Pr XVI, 24 En pressant la colère, on suscite la querelle.Pr XXX, 33 Le juste ne peut périr.S\u2019irriter quand on reçoit une réprimande, c\u2019est être insensé.Les bonnes paroles sont une bonne nourriture.Le cœur qui déborde rompt la bonne entente.Et que d\u2019autres je pourrais encore citer ! Cette découverte de la sagesse malgache mystérieusement alliée à la sagesse biblique a accrû mon estime et mon affection pour ce peuple simple, jovial, profondément religieux.S\u2019il possède déjà à un haut degré la sagesse salomonienne, pourquoi n\u2019en arriverait-il pas à vouloir faire sienne toute la Parole de Dieu, Ancien et Nouveau Testament ?En lui se vérifierait à la lettre ce passage du Livre de la Sagesse: «.avec elle (la sagesse) me sont venus tous les biens, et par ses mains d\u2019innombrables richesses » (VII, 11).288 Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception CANADA MAISON MERE, 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal 26.NOVICIAT, Pont-Viau, Montréal 40.OUTREMONT, 314, Chemin Sainte-Catherine, Montréal 8.HOPITAL CHINOIS, 112 ouest, rue Lagauchetière Montréal 1.NOMININGUE, comté Labelle, Qué.RIMOUSKI, 85, rue Saint-Germain.JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis.QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille.VANCOUVER, Refuge de ITmmaculée-Conception 236, rue Campbell VANCOUVER, Hôpital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard.TROIS-RIVIERES, 1325, rue de la Terrière.GRANBY, 35, rue Dufferin.GRANBY, 50, rue Saint-Joseph.CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle.SAINTE-MARIE-DE-BEAUCE, Qué., SAINT-JEAN, Qué., 430, rue Champlain.OTTAWA, 30, rue Goulburn.PERTH, N.-B., C.P.259.EDMUNDSTON, N.-B., 85, rue Victoria.ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street.HONG KONG MAISON NOTRE-DAME-DE-FATIMA, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong.MAISON NOTRE-DAME-DE-L\u2019ESPERANCE, Clear Water Bay Road, Kowloon, Hong Kong.FORMOSE KUANHSI, 783 Cheng I Lu, Hsinchu Hsien, Taiwan, Republic-of China.SHIH KUANG TSE, Hsinchu Hsien, Taiwan, Republic of China.TAIPEI, 363, An Tung Chieh, Taiwan, Republic of China SUAO, 36 Chung Cheng Rd., Suao Ilan Hsien, Taiwan, Republic of China.JAPON KORIYAMA, 96 Toramaru, Koriyama shi, Fukushima ken.WAKAMATSU, 480, Sakae machi, Aizu Wakamatsu.TOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya ku.ITALIE ROME, via Giacinto Carini, 8.MADAGASCAR MORONDAVA, Madagascar.AMBOHIBARY, Sambaina, Madagascar.ANTSIRABE, Paroisse Ste-Thérèse de Mahazoarivo.PEROU PUCALLPA LIMA, Escuela Maria de la Providencia, Napo y Centenario, Azcona (Brena.) GUATEMALA TOTONICAPAN, Colegio P.Betancourt, Guatemala, A.C.BOLIVIE SANTA CRUZ, Cardinal Cushing Business College, Calle Lemoine, Casilla 70.COCHABAMBA, Academia Comercial, Calle Oruro No 3403, Casilla 1667.IRUPANA, Hospital Nuestra Senora de la Providencia, Irupana, Sud Yungas.CHILI ANCUD, Colegio Inmaculada Conception, Calle Errazuriz.ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Anglo Chinese Academy, General Luna St., Intramuros.MANILLE, 2212 S.del Rosario St., Tondo.SAN JUAN, Little Baguio, Rizal.LAS PINAS, Rizal.MATI, Davao Province.DAVAO City, Our Lady of Good Counsel Hall.PADADA, Davao Province.BAGUIO City, 73, Pacdal.ANTILLES LES CAYES, HAITI.LES COTEAUX, Haiti.ROCHE-A-BATEAU, Haiti.PORT-SALUT.Haïti.CAMP-PERRIN, Haïti.MIREBALAIS, Haïti.LIMBE, Haïti.CAP-HAITIEN, Haïti.CHANTAL, Haïti.TROU-DU-NORD, Haïti.PORT-AU-PRINCE, Orphelinat, Cité no 2, Haïti.PORT-AU-PRINCE, Noviciat, Cité no 2, Haïti.CROIX-DES-BOUQUETS, Haiti.DESCHAPELLES, Hôpital Albert Schweitzer, C.P.no 4, Saint-Marc, Haïti.LA BOULE, Haïti.HINCHE, Haïti.COLON, Province de Matanzas, Cuba.AFRIQUE KATETE, Champira P.O., Nyasaland, C.Africa.MZAMBAZI St John\u2019s Parish, Eutini P.O., Nyasaland, C.Africa.RUMPI, St.Patrick\u2019s Parish, Rumpi P.O., Nyasaland, C.Africa.KARONGA, St Mary\u2019s Parish, Karonga P.O., Nyasaland, C.Africa.KASEYE, Fort Hill P.O., Nyasaland, C.Atrica.MZUZU, Convent School, Mzuzu P.O., Box 24, Nyasaland, C.Africa.NKATA BAY, Nkata Bay P.O.Box 9, Nyasaland, C.Africa.FORT JAMESON, P.O.Box 107, Northern Rhodesia, C.Africa.KANYANGA, Lundazi P.O., Northern Rhodesia, C.Africa.NYIMBA, Sacred Heart Hospital, Northern Rhodesia.C.Africa.CIKUNGU, Kazimuli P.O., Northern Rhodesia, C.Africa. ¦ \\ « ^
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