Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 septembre 1967, Septembre - Octobre
[" LE PRÉCURSEUR Septembre \u2014 Octobre 1967 MONTRÉAL\u2014VoU XXIV e \u2014no 11 kta*» ^ ^ ¦ 1 \t UEQUATEUR Si j\u2019ai le temps dans le temps de mon âge J\u2019attacherai l\u2019un à l\u2019autre au hasard Un vieux chemin espagnol, un portage Un bout de rue, trois sentiers, deux boulevards Un long chemin d\u2019eskimau dans la neige Et les chemins des gitans éternels Et sur cela l\u2019inlassable cortège Des gens d\u2019ici à la quête du ciel.Ferai planter les coteaux et les plaines Tant de sapins que de fiers orangers Ferai chanter rossignol et fontaine Français, latin et langage étranger Chacun portant son pays aux semelles Nous bâtirons un étrange chemin De cent pays une terre nouvelle Durcie au pas des voyages humains.Je veux ceinturer Madame la Terre Faire un équateur avec des souliers Des pas et des pieds d\u2019amis et de frères Et droit d\u2019y passer pour le monde entier.Gilles Vigneault, « Quand les Bateaux s\u2019en vont )), Edition de l\u2019Arc, 1965, p.80.NOTRE COUVERTURE : Coin pittoresque sur la Terre des Hommes : Pavillons de Monaco, d\u2019Haïti et de la France.Photo : Sr.G.Villemure, m.i.c.Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Port payé à Montréal. 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal (26) Canada le Revue bimestrielle publiée par les Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception avec l\u2019autorisation de l\u2019Ordinaire de Montréal.NIHII.OBSTAT: M.l\u2019abbé A.Cossette, p.m.é., 23 mai, 1967.No 11 Septembre-Octobre 1967 Vol.XXIVe SOMMAIRE Perspective apostolique du tourisme\t434 par Soeur Marie-de-la-Rédemption, m.i.c.Pax Romana à Hong Kong\t442 par Soeur Aline Dumas, m.i.c.A partir d\u2019un sac d\u2019écolière\t445 par Soeur Michelle-du-Sacré-Coeur, m.i.c.Grands mondes d\u2019autrefois\t447 par Soeur Gabrielle Ouimet, m.i.c.Aggiornamento\t456 par la Rédaction Entraide\t458 par S.Marguerite-de-VEnfant-Jésus, m.i.c.Complémentaires, lui et toi\t462 par Soeur Françoise Pageau, m.i.c.Une visite à « Chombe Tea Estate »\t468 par Soeur Yvonne Ayotte, m.i.c.Sisal, fibre magique!\t472 par Soeur Cécile Frappier, m.i.c.Pierres d\u2019attente\t476 par Soeur Pierre-Joseph, m.i.c.Un lecteur nous écrit\t480 Abonnement: Par an\t$\t1.50 2 ans\t$\t2.50 4 ans\t$\t5.00 A vie\t$30.00 Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.^25995 Tourisme international : phénomène nouveau L\u2019Expo 67 à Montréal illustre à merveille le fait touristique.Le Canada est fier d\u2019être l\u2019hôte du monde entier et il désire explorer les richesses qu\u2019on lui apporte; non pas dans un esprit de concurrence mais comme étant le « prisme de l\u2019humanité du XXe siècle, offrant au visiteur un abrégé de notre monde tel que l\u2019homme l\u2019a fait ».Les Canadiens veulent partager avec l\u2019univers le sentiment qu\u2019ils pourront contribuer à la construction d\u2019une terre nouvelle.Depuis le 28 avril, sur un territoire de quatre cents hectares, Montréal donne rendez-vous à plus de 70 pays.De son côté, l\u2019assemblée générale des Nations Unies a proclamé l\u2019année 1967 « Année internationale du Tourisme ».Des chiffres publiés par le Courrier de l\u2019Unesco soulignent l\u2019extension de ce phénomène récent.Pour 1965, cette publication relève 115 millions de touristes, 180 millions de voyageurs par avion dans 110 pays.Avec 1967, il faut croire que la croissance de mouvement ne se ralentira pas.Au nombre des facteurs de développement, signalons: l\u2019élévation du niveau de vie et l\u2019extension des loisirs, le besoin de détente, les séjours organisés à prix réduits et l\u2019assouplissement des formalités administratives.On peut y ajouter l\u2019importance sans cesse accrue du tourisme culturel.Longtemps restreint aux classes privilégiées, il est devenu un phénomène de masse depuis que la classe moyenne y participe.Selon de récentes statistiques, le tourisme augmente d\u2019environ 15% pour un accroissement de 10% des revenus.Ce phénomène suscite des réactions très justifiées: chez plusieurs, curiosité, surprise, émerveillement; peut-être un certain snobisme chez d\u2019autres et, sans doute, un intérêt réel chez le sociologue.Mais, je vais plus loin.Ce fait touristique affecte aussi tout chrétien qui se doit d\u2019en exploiter les possibilités apostoliques.Soucieux d\u2019annoncer le Message évangélique à ces voyageurs qui l\u2019attendent ou le cherchent, le chrétien profitera de cette occasion pour les accueillir ou les rejoindre quels que soient leur couleur, leurs coutumes, leur credo; il s\u2019ouvrira à la fraternité, au dialogue, à l\u2019échange; il préparera l\u2019unité.Instinct migrateur ou quête du spirituel?Dans toutes les civilisations et à toutes les époques historiques, des âmes vagabondes ont entendu un appel de l\u2019inconnu tout à fait impérieux.Que cherchaient-elles « au-delà » ?L\u2019attrait de l\u2019étranger.Etrange.Etranger.Le mystère du « pas encore vu ».\t« Tu aimeras l\u2019étranger » dit la Bible! Les grandes migrations ont peuplé le monde; les dispersions et les exodes ont rapproché et fondu ensemble les éléments de la société humaine.Le tourisme serait-il donc la forme présente du vieil instinct de migration?Le Père F.de Dain-ville, S.J., nous en donne une appréciation peut-être plus profonde quand il dit dans Tourisme et Pastorale : « Le mouvement si nouveau qui jette la foule moderne sur les routes et la pousse vers la nature est, plus qu\u2019il ne paraît, quête du spirituel.Claudel n\u2019a pas tort non plus lorsqu\u2019il voit, dans les millions de touristes qui chaque été envahissent les plages, des \u2018 pèlerins inconscients \u2019 qui \u2018 vont prier Dieu dans le désert et entonnent au fond de leur âme, devant le soleil qui se couche, une espèce de Psaume inchoatif\u2019.» La mobilité se présente également comme un « signe » qui rappelle au touriste sa condition terrestre à.'Homo viator, en marche vers la Maison du Père.Ne préserve-t-elle pas un peu de la tentation de s\u2019installer, de s\u2019embourgeoiser dans une vie 434 PERSPECTIVE APOSTOLIQUE DU TOURISME « Chercher jusqu'à trouver.C'était le désir du Bon Pasteur.Telle est aussi l'attitude de l'Eglise qui ne s'étonne de rien et sereinement cherche des voies nouvelles d\u2019accès dans ce nouveau monde qu\u2019a fait surgir le tourisme.Telle devrait être aussi l\u2019attitude de tout touriste.Multipliez les rencontres et allez à la recherche des brebis, partout.)) Mgr R.Etchegaray i§H 5^ iSSsaisilliiÇiiS S 5 * 5 5» s S ^ 5 *« £.5 S> 5 TjseJT ¦** 3> Ills?imm& - .S:?» F .Vît wss * mm ss«s h * > «' Photo : Office Municipal du Tourisme de Montréal Montréal autour de sa cathédrale Ul*' 4 Ev ¦: t \\ ¦ ¦ JSf JUj-1 .iv\u2019cr\u2014 -J C-: , ^\u20ac1 MHt * I facile?Qui ne voit, même en des proportions très inégales, la part d\u2019avantages et la part de gênes que comporte en soi le tourisme ?Oui, il devient, comme le déclare Paul VI, « une expérience humaine capable de conduire l\u2019esprit à ses plus hautes ascensions ».Levain dans la masse Parmi les « mangeurs d\u2019espace » poussés par un irrésistible esprit de conquête des âmes est-il be- 436 soin de rappeler l\u2019apôtre Paul ?En face du fait touristique de notre époque, quelle serait sa réaction ?Ne verrait-il pas là une « porte ouverte » à l\u2019apostolat?D\u2019ailleurs l\u2019histoire de l\u2019Eglise nous apprend que souvent la Bonne Nouvelle se répandit en Palestine, en Syrie, en Grèce et à Rome grâce à des rencontres dues au hasard et aux « bavardages » d\u2019humbles voyageurs.Le touriste chrétien du XXe siècle découvre aussi dans ce phénomène des facteurs sains et po- ¦ \u201d y ir£y * à r ! Touriste philippine.A l\u2019arrière plan, l\u2019Université de Montréal.sitifs, voire même missionnaires.Convaincu que les moments de repos et l\u2019honnête détente peuvent être ordonnés à autre chose qu\u2019à eux-mêmes et éveillé par une conscience apostolique, il devient le « bon levain dans la masse ».Le tourisme, en effet, offre la possibilité de rencontres spirituelles avec les réalités du monde présent et avec les réalités suprêmes.Il favorise aussi entre personnes de diverses régions et nationalités un rapprochement fraternel très précieux pour la compréhension mutuelle sur le plan psychologique et religieux.Lors de la 3e session du Concile, Paul VI précisait aux participants de la première assemblée du Bureau International du Tourisme Social que « le premier fruit du tourisme est la découverte de ce qui est commun au sein de la diversité ».Et par là même, c\u2019est à une « véritable éducation de la charité » qu\u2019il fait appel car « il faut au touriste une volonté positive de sortir de son isolement pour que son voyage lui soit profitable et qu\u2019il puisse donner aux autres parce qu\u2019il accepte de recevoir; pleinement homme parmi les autres hommes, il participe à leurs peines et à leurs joies et vit avec eux dans un amour fraternel.» Cependant personne ne peut se lancer sur la route sans une certaine préparation.Aller nez au vent ne manque pas de charmes, mais qu\u2019il est décevant, au retour, de découvrir qu\u2019on est passé à côté des plus belles choses sans les voir, faute d\u2019un effort.Dans un aimable petit livre Les chemins de l'homme, Claire Lucques remarque « que la préparation indispensable à toute espèce de tourisme, c\u2019est la délicatesse des sentiments, cette justesse d\u2019âme, ce discernement ferme qui permet de « correspondre » au nouveau, aux êtres, aux choses, aux événements, aux institutions humaines: toutes ces figures passagères et transitoires de la Providence.» Les pays que visite le touriste ne sont pas des musées.Des hommes y vivent, enracinés dans leur histoire.A lui de les découvrir.Pas facile, sans doute, d\u2019entrer en contact.Toutefois, le respect de l\u2019autre, la possibilité d\u2019aimer ce qu\u2019on découvre constituent l\u2019enrichissement véritable des séjours à l\u2019étranger.Plusieurs oublient les échanges de sentiments, cette solidarité humaine dans la compréhension qui crée la fraternité souhaitable entre tous les enfants de Dieu.437 /\" Notre photographe a rencontré la fraternité sur la « Terre des Hommes ».Photo de la carte de voeux du maire de Montréal, M.Jean Drapeau, sur laquelle est collé un médaillon transparent contenant de la terre.Les lignes suivantes démontrent l\u2019originalité de cette carte : Voici de la terre.Nous l'avons prélevée dans les deux îles qu'occupent les soixante-quinze pays qui participent à l'Exposition universelle à Montréal.Le thème d'Expo 67, « Terre des Hommes », est l'expression de notre foi dans une fraternité mondiale inspirée par la générosité et l\u2019amour.Puissent les îles de l\u2019Exposition rendre plus heureux tous les peuples de la terre et puisse aussi ce présent gage de notre amitié devenir un porte-bonheur pour ceux qui le conserveront et pour les êtres qui leur sont chers. Tourisme culturel Le tourisme contribue à maints égards à l\u2019éducation, à la culture et à la compréhension internationale.Faire naître le souhait de consacrer ses loisirs à des voyages qui enrichissent l\u2019esprit tout en satisfaisant une curiosité latente, tel est un des objectifs de l\u2019Année internationale du Tourisme.Cet objectif ne rejoint-il pas le texte de la Constitution L'Eglise dans le monde de ce temps qui dit au no 61 : « Que les loisirs soient bien employés, pour se détendre et pour fortifier la santé de l\u2019esprit et du corps: en se livrant à des activités libres et à des études désintéressées; à l\u2019occasion de voyages en d\u2019autres régions (tourisme) qui affinent l\u2019intelligence et qui, de surcroît enrichissent chacun par la connaissance de l\u2019autre.Que les chrétiens collaborent donc aux manifestations et aux actions culturelles collectives qui sont de leur temps, qu\u2019ils les humanisent et les imprègnent d\u2019esprit chrétien ».L\u2019Expo 67 constitue une merveilleuse opportunité de pratiquer ce tourisme « social ».Si elle offre à des milliers de touristes l\u2019attraction de nombreux divertissements, à plus forte raison peut-elle devenir le terme d\u2019un voyage riche en découvertes de toutes sortes.A cette occasion, le chrétien cherche à percevoir le sens global de l\u2019événement, à dépasser son intérêt immédiat et individuel; il s\u2019ouvre pour accueillir les faits, et surtout les hommes tels qu\u2019ils sont; il explore les nouvelles avenues qui s\u2019offrent à lui; il contribue également à relever le niveau de vie et de culture.Il y a certes convergence à Montréal de la culture mondiale, car l\u2019Expo présente seize pavillons thématiques où le visiteur peut à loisir s\u2019interroger sur son époque.La « Terre des Hommes » lui dévoi- le l\u2019impressionnant paysage de ses progrès dans les beaux-arts, les sciences pures, la technologie, les sciences agricoles ou les sciences sociales.Quel bilan! C\u2019est le but de l\u2019Expo de mettre ainsi sous les yeux des hommes, humbles et grands, toutes les ressources dont ils disposent déjà et dont ils disposeront demain.Mais qu\u2019ils sachent surtout « qu\u2019Hommes, ils sont les joyaux précieux autour desquels tout s\u2019ordonne ».Enfin le Pavillon Chrétien fournit des espaces méditatifs à ceux qui éprouvent le besoin de se re-trouver, de se re-cueillir entre deux courses sur la « terre des hommes ».Car on admet avec le docteur Alexis Carrel que « ce monde est incapable de satisfaire à nos vrais besoins, où nous resterons éternellement des étrangers ».Tourisme, passeport pour la paix La revue Connaissance du Monde présente à l\u2019occasion de l\u2019Année internationale du Tourisme un rappel à la paix.« La connaissance mutuelle des peuples est le meilleur moyen de prévenir les mésententes, les haines, les guerres.S\u2019il est un luxe presque réservé aux habitants des pays riches, le tourisme n\u2019en est pas moins un moyen excellent de faire connaissance des peuples et des pays.Traditions, coutumes, langages, idées, tout diffère d\u2019un pays à l\u2019autre.Pour se comprendre, il faut se connaître.Les clefs de la paix ne sont pas nombreuses, le tourisme en est une.» Paul VI exprimait, en des termes différents, les mêmes souhaits de compréhension et de paix.« Dérouté, disait-il, par la disparité des mœurs jusque-là inconnues de lui, le voyageur passe de l\u2019ignorance et de l\u2019indifférence à la compréhension et à la sympathie, à la condition toutefois qu\u2019il veuille bien sortir de lui-même et regarder autour de lui avec un regard amical et un cœur bienveillant.A en croire le poète, ajoutait-il, ceux qui traversent les mers changeraient de ciel, mais non de cœur.» Tous les touristes chrétiens devraient faire mentir ce pessimisme du vieil Horace! Puissent-ils revenir chez eux le corps reposé par un repos bienfaisant, l\u2019esprit enrichi par de nombreuses découvertes et le cœur élargi par la rencontre des autres.Soeur Marie-de-la-Rédemption, m.i.c. par Soeur Aline Dumas, m.i.c.PÂX ROMÀNA V A HONG KONG Dans le monde d'aujourd\u2019hui en marche vers l\u2019unité, chaque forme de collaboration internationale prend de plus en plus d\u2019importance.Fax Romana reconnut, la première, il y a 46 ans, les possibilités d\u2019action de l\u2019Eglise et profita de toutes les occasions pour les exploiter.Cette communauté, que ne divise ni problème racial, ni prestige national, ni même différends politique, social ou économique, est profon dément unie dans une même conception du monde et de la vie, dans la foi, l\u2019espérance et l\u2019amour du Christ.En février dernier s\u2019est tenu à Hong Kong le 3e Séminaire asiatique Fax Romana sur le thème: « La contribution des chrétiens d\u2019Asie à l\u2019édification de leurs communautés respectives ».Les délégués venus des diverses contrées du continent: Inde, Indonésie, Japon, Malaisie, Pakistan, Philippines, Corée du Sud, Sud Vietnam, Taïwan, Thaïlande, ont pu se rencontrer à Hong Kong et durant cinq jours s\u2019entretenir de leurs problèmes.Ils ont relevé leurs préoccupations communes et mesuré l\u2019avantage d\u2019échanger des expériences réalisées dans des contextes différents.Il reste que la reconnaissance de certaines divergences a elle-même été source de rapprochement.Le thème de réflexion choisi appelait une étude précise et approfondie, car il engage la responsabilité des membres de Pax Romana et le comportement futur des participants désireux d\u2019entrer d\u2019esprit et de cœur dans les perspectives de Vatican IL Mgr L.Bianchi ouvrit le séminaire en déclarant que les aspirations des peuples étaient clairement exprimées dans la doctrine sociale de l\u2019Eglise dont les principes de base posés par le Christ sont, par son Esprit, développés et adaptés aux conditions des temps modernes.Ses références à Pacem in Terris, Mater et Magistra et Gaudium et Spes appuyaient cette déclaration.M.G.Strasser, secrétaire général de Pax Romana, présenta ensuite le programme et les thèmes que le séminaire entendait développer.L\u2019introduction courte et suggestive ne devait servir que de point de départ pour un travail intensif en groupes.Le dialogue entre les participants s\u2019est révélé très valable, car chacun pouvait y apporter une contribution complémentaire.Ayant assisté à ce séminaire comme guest participant, voici, il me semble, les points qui ont particulièrement retenu l\u2019attention de l\u2019assemblée.442 Photos : Catholic Press Bureau, Hong Kong if iMiEMa ! \\mmiifi 'cmana Jiong J^on^ n I /I Un mot résume presque toutes les délibérations: ADAPTATION.En plein accord, et mettant en commun leurs avis, les membres ont analysé ce propos d\u2019adaptation.Le christianisme, a-t-on remarqué, se présente souvent comme « religion de l\u2019Occident ».Il y a là une mise à niveau qui s\u2019impose.Qu\u2019on se rappelle que l\u2019élément original et nouveau de notre temps réside dans le fait que jamais, à aucune autre époque, la religion n\u2019a été plus considérée comme une rencontre des besoins, des attentes, des aspirations profondes de l\u2019homme et des hommes vivant dans une société particulière.Il est évident que l\u2019insertion du christianisme dans la trame de la vie humaine de ces personnes se fera avec plus d\u2019influence par un clergé autochtone. Que le christianisme européanise les Orientaux, qu\u2019il les détache de leur milieu, que parfois il les dépersonnalise dans une certaine mesure, c\u2019est là un fait sur lequel on a souvent insisté, et qui semble disparaître.Pourtant, déceler les causes du mal et lui chercher des remèdes se montrent encore d\u2019actualité et c\u2019est à cela qu\u2019ont travaillé les participants du séminaire.Signalons encore cet autre fait d\u2019aujourd\u2019hui: le surgissement, tant dans le domaine religieux que profane, de toutes les catégories de l\u2019espèce humaine, qui jusqu\u2019à présent ne contribuaient pas pleinement aux biens de la civilisation.Dans cette promotion, on a souligné la mission des laïcs qui désirent de plus en plus coopérer effectivement à la vie de l\u2019Eglise et l\u2019intervention plus directe des jeunes non seulement dans les questions qui les concernent mais aussi dans la vie économique, politique et religieuse de leurs pays.Ici, les participants ont constaté que certaines difficultés majeures et plusieurs problèmes essentiels se retrouvent partout.En revanche, les brefs exposés des délégués ont fait apparaître l\u2019extrême diversité des situations.Par exemple, les étudiants d\u2019Indonésie et de Thaïlande sont très actifs.Les Thaïlandais approfondissent leur patrimoine culturel pour y mieux intégrer le christianisme.Par contre, la plupart des jeunes de Hong Kong restent intéressés au seul salut de leur âme.Plusieurs n\u2019ont aucune idée d\u2019une Eglise sociale et portent peu ou pas d\u2019intérêt aux autres religions.Le problème de l\u2019éducation catholique en Asie a aussi alimenté les débats.Très appréciées par les Asiatiques, les écoles catholiques restent à l\u2019avant-garde pour l\u2019adaptation des programmes, et les résultats aux examens militent en faveur du haut standard de leur enseignement.Cependant, on déplore l\u2019indifférence des jeunes à l\u2019égard des principes religieux dispensés dans ces institutions.La question des subsides a été étudiée.Là où le gouvernement n\u2019accorde aucune assistance financière, l\u2019école catholique s\u2019occupe le plus souvent des enfants des classes privilégiées et néglige la masse.Liée par les règlements, les programmes et le manque d\u2019argent, elle a perdu quelque peu ses objectifs premiers pour « fabriquer », elle aussi, le plus grand nombre possible de diplômés.On émet donc le vœu d\u2019étudier la question financière des institutions chrétiennes.Un autre souhait du séminaire: que les écoles organisent des rencontres de parents afin de les sensibiliser aux problèmes de leurs enfants.On a insisté sur le fait que l\u2019Eglise demande beaucoup à l\u2019intellectuel d\u2019Asie, car sa préparation lui ouvre des possibilités pour l\u2019apostolat laïc.En un mot, les intellectuels catholiques asiatiques ne pourront assumer leurs responsabilités sans une spiritualité adaptée à leurs tâches.Aucun inconvénient alors qu\u2019un chrétien s\u2019engage même dans le domaine politique non par souci de prestige mais bien dans un esprit de service à la communauté humaine.La collaboration entre chrétiens et non-chrétiens, quoi qu\u2019elle soit un fait d\u2019expérience quotidienne, a mérité attention.Car on a signalé que jusqu\u2019ici l\u2019activité œcuménique concernait surtout le clergé.Pourtant, on le sait, elle est affaire non pas seulement de spécialistes mais de toute la communauté ecclésiale, encore que, selon les niveaux où elle se situe, elle requiert de ceux qui la mènent une préparation particulière.Le dialogue avec les non-chrétiens a une importance primordiale en Asie où la majorité de la population n\u2019est pas baptisée.Ce dialogue, a-t-il été dit, doit s\u2019exercer d\u2019une manière désintéressée.Il ne saurait être un moyen de conversion mais un véritable témoignage.On recommande grandement dans l\u2019esprit de Vatican II l\u2019étude des religions afin de les mieux comprendre.En dernière analyse, on s\u2019arrêta sur les relations entre laïcs et pasteurs.Les laïcs, rassemblés dans le Peuple de Dieu, sont tous appelés, quels qu\u2019ils soient, à contribuer comme membres actifs à l\u2019accroissement de l\u2019Eglise.On a souhaité que le personnel religieux se décharge graduellement des tâches matérielles et administratives pour assumer son rôle primordial et privilégié qui est l\u2019animation spirituelle de son territoire.Ainsi la présence de chrétiens convaincus et compétents intensifiera la vitalité chrétienne de ces milieux.Mais pour que chacun soit mieux préparé à faire face à ses responsabilités, on a insisté sur un plus large développement culturel surtout chez les jeunes Asiatiques afin de susciter des hommes et des femmes qui ne soient pas seulement cultivés, mais qui aient aussi une personnalité dynamique capable de se dévouer pour leurs pays.Ainsi assumeront-ils de plus en plus des charges dans le domaine de la direction et de l\u2019administration.Une messe d\u2019action de grâces célébrée à la Cathédrale a clôturé le séminaire asiatique Pax Ro-mana.Le Révérend Père P.Morris, directeur spirituel de l\u2019Ecole Pax Romana à Hong Kong, a chanté la messe assisté du Révérend Père J.Kasyr, délégué du Japon, du Révérend P.Augustine Rah, de Corée et du Révérend Père Pham Van Hoi, du Vietnam.Qui n\u2019y verrait un symbole d\u2019unité! 444 JAPON PARTIR D\u2019UN Septembre apporta un répit aux chaleurs estivales.Dans l\u2019air frais du matin, livres sous le bras, je m\u2019acheminai vers Sakura Shin-machi pour prendre l\u2019autobus de Tokyo Eki, tout à la joie de poursuivre pendant quelques mois encore mes études en langue japonaise.J\u2019élaborais un plan de travail qui me permettrait de maîtriser enfin ces idiomes si difficiles lorsque l\u2019autobus crème et rouge stoppa au terminus.Vide, quand j\u2019y montai, il était déjà bondé trois arrêts plus loin: et quand je dis bondé veuillez croire que les sardines dans leur boîte respirent plus à l\u2019aise! A un arrêt suivant, une jeune étudiante du High School vint se placer debout devant moi; son allure simple et modeste m\u2019impressionna.D\u2019un geste je m\u2019offris à prendre sur mes genoux sa lourde serviette; elle accepta avec un sourire reconnaissant.En descendant, elle reprit son sac, se faufila à travers la foule, puis une fois sur le pavé me salua d\u2019une inclination profonde: nous n\u2019avions pas échangé un seul mot.Par une curieuse coïncidence, nous nous sommes retrouvées tous les jours dans le même véhicule, et ces gestes répétés tissaient entre nous des liens imperceptibles mais puissants.En octobre, à chaque rencontre dans l\u2019autobus, elle me cherchait du regard et me tendait spontanément son sac.Un soir, au couvent, Sœur Marie-Annuntiata qui préparait le bazar du Jardin d\u2019enfance, offrit quelques billets gratuits à distribuer à nos connaissances.Je songeai immédiatement à ma jeune compagne de voyage.Pourtant j\u2019hésitai.Comment la rejoindre pour lui expliquer le pourquoi de ce billet ?Nous sommes parfois si éloignées l\u2019une SAC D\u2019ECOLIERE par S.Michelle-du-Sacré-Coeur, m.i.c.de l\u2019autre dans l\u2019autobus.Le plus simple serait de lui écrire un mot et de lui remettre l\u2019enveloppe avec sa serviette.Je traçai donc en kana et en kanji quelques lignes, profitant de la circonstance pour me présenter. Nous nous sommes retrouvées tous les jours dans le même véhicule, et ces rencontres tissaient entre nous des liens imperceptibles mais puissants.*1: «' WSF T I' * t fri j Wki, ~ ^ J U ¦ Mademoiselle, vous vous demandez sans doute qui est cette religieuse qui prend l\u2019autobus en même temps que vous tous les jours.Je suis une missionnaire catholique.Je vous invite à notre bazar qui aura lieu dimanche.Nous étions au mercredi.Jeudi matin, un gai soleil irradiait le ciel nippon.Attendant l\u2019autobus, anxieuse je me disais: Que pensera-t-elle de cette démarche?A l\u2019arrêt habituel la jeune fille monta; en prenant sa serviette de cuir bleu, je lui tendis l\u2019enveloppe.Une main délicate en sortit le contenu; une flamme de joie brilla dans son regard; son visage souriant s\u2019inclina vers moi; « Ah.Domo arigato gozaimashiia ».Merci beaucoup! Elle était contente.Je me détendis.Le dimanche suivant elle vint au bazar et me remit une lettre qui peut se traduire ainsi; Michelle sama.Reconnaissant merci pour votre petit mot.Quel bonheur j\u2019ai éprouvé en le lisant Pourquoi donc à chacune de nos silencieuses rencontres mon âme éprouvait-elle tant de bonheur ?Je ne le comprends pas.Je me suis dit que l\u2019aimable religieuse qui chaque matin s\u2019offrait à porter mon sac, ce pouvait Sien être une lumière de la divinité sur ma route.Mon nom est Machiko Aogi.Pourrais-je vous rencontrer plus directement et connaître le Dieu qui vous a envoyée au Japon, car vous êtes de Lui n\u2019est-ce pas ?Mon cœur tressaillit d\u2019une émotion profonde en lisant ces lignes si limpides: la grâce était passée sur notre route.Depuis lors, chaque dimanche, bien fidèlement Aogi Machiko san vient prendre des leçons de catéchisme.Peu de temps après j\u2019obtins une passe de métro qui m\u2019obligeait à modifier mon itinéraire habituel.Pourquoi donc n\u2019avais-je pu obtenir cette passe avant?Je trouvais la réponse dans ces paroles du psalmiste: « Yahvé me guide par le juste chemin pour l\u2019amour de son nom! » Ps 23 Touchée, je compris que partout dans toutes les situations où Dieu nous place nous sommes à même de vivre et d\u2019incarner un témoignage chrétien rayonnant.Comme je me doutais bien peu\tt en ce premier jour de classe que le Seigneur se servirait de moi pour atteindre cette jeune âme! L\u2019unique problème qui me préoccupait alors c\u2019était le sentiment très vif qu\u2019on ne peut pas être mission-\tt naire sans se soucier des autres, qu\u2019on ne peut pas faire la découverte de Dieu sans en préparer la voie aux autres.et cela même à partir d\u2019un sac d\u2019écolière.446 ^7 x par Sr Gabrielle Ouimet, m.i.c Photo : Pacifique Canadien > r^m *\u2022 > fp- NDS r .'i .i V , Vtà' t .i^v \u20224«~ v,'y / 3^» h i Tous les jeunes n\u2019aiment pas la géographie mais tous s\u2019emballent à la perspective d\u2019une excursion organisée en vue de répondre au programme de cette matière.Ainsi pour faciliter l\u2019étude d\u2019un chapitre sur le thé.nous projetons une visite à Chombe Tea Estate.La patience des filles fut mise à l\u2019épreuve de nombreuses heures.N\u2019arrivera-t-il jamais cet autobus?Dix heures trente.Enfin, le voilà! Trente élèves y montent allègrement et s\u2019installent.Une seule voix entonne leur chant favori: « Nous, les filles de Maria Goretti School » et toutes reprennent en chœur.L\u2019autobus démarre, et en route pour Chombe.Subitement, le chauffeur applique les freins.« On est arrivé ?» demandent les unes.« Mais, non, on vient à peine de partir! » Les chemins noyés par les pluies récentes empêchent d\u2019aller plus loin.Il faut marcher les trois milles qui nous séparent encore de Chombe.Gaiement, les jeunes entreprennent cette dernière étape.Sœur Marie-Laurentia et moi partons à bicyclette.Une frayeur incontrôlable me saisit à chaque traversée des 17 ponts étroits et branlants.Quel soulage-\t^ ment quand j\u2019aperçois l\u2019enseigne qui indique Chombe Tea Estate\\ Un guide nous y attend.Avec lui nous contemplons le site imposant qui entoure la plantation puis nous pénétrons dans une salle\tk spacieuse et bien éclairée où, cahiers en mains, les élèves notent avec précision les premiers détails que leur fournit le guide.Précieuse documentation! 468 MALAWI UNE VISITE s A \u201cCHOMEE TEA ESTATE\u201d mïPii &f.' .¦\u2022 ¦U\" \"' \u2019 \u2022Wf* ' ¦rpv .\u2022>> ¦?LV : .V.grv.: -v s< 4 ,V'^ V 'S'.: Le thé, apprend-on, est une plante originaire du sud-ouest de la Chine et du nord du Tonkin; elle fut cultivée sur une grande échelle dans de nombreux pays d\u2019Asie: Japon, Ceylan, Pakistan, Java et Philippines.Plus tard, introduite dans d\u2019autres continents, la culture du théier se développa dans l\u2019Afrique orientale anglaise au début du siècle.On fit pousser les premiers arbres à thé dans le Malawi vers 1900.Presque toute la production de ce pays vient des régions de Mlanje et de Cholo, et un peu aussi de Nkata Bay.Après cette introduction, le guide nous conduit à la plantation où travaille près de deux cents hommes.Devant une étendue de plus de 100 acres de théiers, nous avons le loisir d\u2019observer ses feuilles et son fruit.Cette plante toujours verte appartient à la famille des caméliacées qui croît dans les humides régions intertropicales, aux pluies abondantes l\u2019été.A l\u2019état sauvage, elle atteint plusieurs mètres de hauteur, mais dans les plantations, on la cultive uniquement sous forme d\u2019arbustes, trois pieds au plus, de façon à en faciliter la cueillette.Ses fleurs clairsemées, au court pétiole, ont la forme d\u2019un fer de lance, avec les bords inférieurs entiers et les supérieurs dentelés; de couleur vert foncé, elles ressemblent à celles des saules blancs.De ces feuilles on tire la savoureuse boisson dont la consommation augmente sensiblement à travers le monde.L\u2019arbrisseau possède de nombreux rameaux et une écorce grisâtre.Les fleurs blanches 469 ou légèrement jaunâtres, peu odorantes, sont solitaires; le fruit représente une capsule à deux ou trois lobes, dans chacun desquels se développe une seule graine.La cueillette des feuilles s\u2019opère pour la première fois quand la plante a trois ans.Le meilleur résultat s\u2019obtient au cours de la 8e année, et l\u2019arbrisseau produit encore pendant quatre ou cinq ans.On détache seulement les feuilles terminales des rameaux, car les bourgeons fournissent le thé le plus recherché et le plus dispendieux.C\u2019est avec soin qu\u2019on enroule les feuilles sur elles-mêmes quand on les fait sécher au soleil afin de provoquer une sorte de fermentation qui les enrichira de saveur et d\u2019arôme et en accentuera la teinte brun foncé.Quittant le champ, nous nous rendons à l\u2019usine.Là, une fois la fermentation terminée, on sèche les feuilles sur des plaques métalliques soumises à un feu direct.L\u2019on obtient ainsi un produit dit 470 ! » * i i Le guide nous conduit à l\u2019usine où il nous explique les différentes opérations que l\u2019on fait subir à la feuille du théier.¦ \u2022;\u20185V A thé noir.Il faut distinguer aussi les thés verts, constitués par les feuilles torréfiées ou rôties dès la récolte, et les thés en briques, brisures et déchets, comprimés en tablettes.La dernière opération consiste à séparer les différentes classes de thé.Comme le Malawi ne consomme qu\u2019une faible partie de sa production, il exporte le reste à Londres.Ici s\u2019est terminé avec l\u2019histoire du thé au Malawi notre visite à Chombe Tea Estate.Cette pré- sentation audio-visuelle du 6e chapitre de la géographie du Malawi restera à jamais gravée dans la mémoire de ces trente écolières.Que désirent-elles maintenant si ce n\u2019est que l\u2019examen final porte sur la production du thé au Malawi! Soeur Yvonne Ayotte, tn.i.c.471 SISAL, FIBRE MAGIQUE! par Soeur Cécile Frappier, m.i.c. Transport du sisal du champ à l\u2019usine.De la famille des amaryllidacées l\u2019agave ou sisal, dont le port rappelle l\u2019aloès, avec plus de raideur, est une plante grasse originaire des contrées chaudes de l\u2019Amérique Centrale.Ses longues feuilles terminées par une pointe noirâtre très acérée pous-ent en touffes.Elles fournissent des fibres tex-iles appréciées dans l\u2019industrie d\u2019Haïti.L\u2019histoire rapporte que Christophe Colomb a été le premier Européen à contempler une sisaleraie à son arrivée dans l\u2019archipel des Bahamas.Cependant, les peuples primitifs connaissaient déjà les précieuses fibres de l\u2019agave.On dit que les Mayas, anciens habitants du Yucatan, l\u2019appelaient « or vert » et l\u2019utilisaient de diverses façons.Nombreuses sont les variétés d\u2019agaves; plus de 532 espèces étaient reconnues en 1930 et groupées en trois classes d\u2019après les caractères de leurs fleurs.Le sisal tire son nom d\u2019un port du Yucatan au Mexique; il se classe parmi les agaves rigides qui fournissent une série de matières textiles: pite, tampico, etc.La sève de cette plante, sucrée et très abondante, est employée par les Mexicains à la préparation d\u2019une boisson fermentée, appelée pulque.Le sisal demande peu de soins, il se cultive en plusieurs régions d\u2019Haïti, mais la plaine semi-aride du nord de la République, dans les environs de Montrouis et de Saint-Marc, offre un terrain propice.La plantation Dauphin, établie à Phaéton depuis plus d\u2019un quart de siècle, procure du travail à des milliers d\u2019employés.Voyons maintenant quelques particularités de la culture du sisal et les opérations qu\u2019on lui fait subir avant qu\u2019il devienne article d\u2019exportation et de commerce: récolte, décortication, lavage, séchage.Les feuilles du sisal qui atteignent une longueur de 30 à 40 pouces ne peuvent être récoltées que quelques années après la plantation.En compensation, de nouvelles feuilles apparaissent et Les fibres, séparées de la pulpe par battage, sont conduites au séchage.ism * Les fibres formant écheveaux sont brossées et mises en ballots, l\u2019on fabrique ensuite câbles, paniers, etc. ;.* une abondante récolte se poursuit pendant six à dix ans, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019au temps où la plante fleurit et meurt épuisée par cette hampe florale qui en quelques jours atteint une impressionnante hauteur.En Haïti, les feuilles prêtes à être recueillies sont coupées avec un long couteau appelé machete.Ces feuilles sont ensuite transportées à l\u2019usine pour la décortication.Autrefois on broyait à la main avec un maillet les feuilles posées sur un bloc de bois.L\u2019invention du Raspador principle selon G.W.Lock dans « Vingt-cinq ans de recherches sur le Sisal » est attribuée à un moine franciscain nommé Ceron qui vivait au Mexique au début du dix-neuvième siècle.Le Père Ceron prenant en pitié les misérables travailleurs enleva une roue de son buggy, y attacha quelques couteaux rugueux et plaça le tout sur un axe de fer.C\u2019était en 1859.Plus tard, Manuel Ceci-lio Villamor inventa une machine actionnée par des chevaux ou des bœufs.Depuis lors, les appareils à décorticage se perfectionnent de plus en plus.A l\u2019usine Phaéton, les fibres sont décortiquées et lavées, d\u2019abord à l\u2019eau salée, ensuite elles passent entre deux gros rouleaux pourvus de jets d\u2019eau douce.Les fibres descendent alors sur des cordages jusqu\u2019au séchoir lequel est divisé en cinq compartiments à températures variées.Cette opération ne dure ordinairement que vingt à trente minutes; il est donc possible de soumettre au séchage plus de cinq cents kilogrammes de fibres par heure.Devenues raides et froides, les fibres formant écheveaux sont battues légèrement et classées selon leur longueur.On les presse ensuite en ballots pesant plusieurs kilogrammes qu\u2019on expédie à l\u2019étranger.Avec la fibre du sisal communément appelée « pite » (les Haïtiens gardent avec raison au sisal ce nom français), on fabrique des cordes et des câbles.Teinte en différentes couleurs, elle est aussi transformée en chapeaux, sacs à main, pantoufles et souliers.La jeune fille haïtienne confectionne aussi bien que la bonne grand-mère ces chapeaux sur lesquels elle peint un palmier ou un paysage.Quel touriste n\u2019a pas admiré ces chapeaux de sisal typiquement décorés?Quelle missionnaire sur le sol haïtien n\u2019a pas reçu un témoignage de gratitude en sisal ?A la vérité l\u2019agave demeure pour le paysan de la plaine une source de revenu appréciable.475 PHILIPPINES PIERRES D\u2019ATTENTE Naguilian, ville de 30,000 habitants, se situe à l\u2019intérieur des plaines de l\u2019Ilocos.Le passage de missionnaires dans l\u2019île est rappelé par les vestiges d\u2019une église de plus de cent ans.Mais si les prêtres évangélisateurs jetèrent la semence de la foi, trop peu nombreux, hélas! ils ne purent veiller à sa croissance.Aujourd\u2019hui encore, un seul pasteur assure le service de toute la population.Economiquement pauvres, les catholiques ne réussissent guère à soutenir leur propre école.Et comme les institutions publiques ne dispensent pas l\u2019enseignement du catéchisme, la plupart des jeunes grandissent dans l\u2019ignorance religieuse.Une fois baptisé, le nouveau chrétien bénéficie rarement des secours dont il aurait besoin et, à l\u2019heure de la mort, il part souvent sans recevoir les derniers sacrements.Que se passe-t-il alors au décès d\u2019un des membres de la communauté?Parents et voisins es- saient de suppléer d\u2019une certaine manière à l\u2019irrémédiable par une veillée de prières auprès de la dépouille funèbre.Dans la chambre mortuaire règne un silence révérenciel, interrompu par l\u2019arrivée des dames âgées qui donnent libre cours à leurs dung-ao, bruyantes lamentations.D\u2019ordinaire, après quelque temps, les pleurs s\u2019atténuent, et la conversation se poursuit sur un ton modéré.En cette occasion, il est d\u2019usage de verser quelque aumône à la famille éprouvée qui, à cette fin, dépose une assiette au pied du cercueil et une feuille de papier pour l\u2019inscription des donateurs.Au cimetière, après la récitation de prières sur la tombe, le cadavre est inhumé au milieu de cris et de sanglots.Puis, les assistants déambulent sur les lieux en y jetant plusieurs poignées de terre dans l\u2019espoir que cette mesure empêchera l\u2019esprit du disparu de revenir les troubler.Dépeçage d\u2019un coq.L\u2019oiseau, croit-on, transportera sur ses ailes l\u2019âme du défunt jusqu\u2019à la porte du ciel ¦ jfr^arr rçjcty-» RITES Les jointures des bras et des mains sont frottées avec un mélange de liqueur et un peu de terre pris sur la tombe du défunt* * *Vi 7 A* N* $Àm&§êè ti i h L*huile redonnera force et vigueur.T FUNERAIRES Hommes, femmes et enfants attendent leur tour pour le « golgol », shampooing rituel.^ ^ É mm \t De retour à la maison, l\u2019ainé du groupe procède au dépeçage d\u2019un coq.Tous croient que l\u2019oiseau transportera sur ses ailes l\u2019âme du défunt jusqu\u2019à la porte du ciel que saint Pierre ne manquera pas d\u2019ouvrir au chant d\u2019un victorieux cocorico.Le lendemain, nous les retrouverons au bain à la rivière: un rituel champooing (golgol) les rafraîchira de toute langueur d\u2019esprit et de corps, et l\u2019huile dont une auguste doyenne imprégnera les chevelures leur redonnera force et vigueur.Remis de leurs émotions, tous ces paysans reprendront, dispos, le cours de leurs besognes journalières tout en pourvoyant aux nécessités tant physiques que spirituelles du trépassé.Aussi, le jour des obsèques ont-ils commencé à son intention une neuvaine comprenant la récitation de quelques dizaines du chapelet suivies de longues litanies.Chaque soir, à l\u2019heure du souper, ils mettent même un couvert à la place inoccupée.Tout le village désire participer à cette neuvaine qui débute tard dans la soirée pour accommoder le plus grand nombre.Les premiers arrivés accèdent à l\u2019intérieur de la maison, et les autres s\u2019installent dans l\u2019escalier ou, à proximité, sur un tronc d\u2019arbre.Evidemment, les pratiques superstitieuses l\u2019emportent encore de haute main dans le tribut au mort.De telles coutumes appellent toutefois une résonance positive.Le fait de s\u2019agenouiller ensemble pour prier entretient la vie de foi qui, dans les districts reculés surtout, se serait peut-être complètement éteinte sans ces réunions occasionnelles.De plus, la neuvaine remémore les prières apprises durant l\u2019enfance.Et les particularités funéraires observées présentent autant de pierres d\u2019attente aux réalités surnaturelles.De la douleur temporelle de la séparation d\u2019avec un être cher, d\u2019aucuns passeront à cette autre peine imcomparable de la perte de l\u2019éternelle vie; du bain rafrîchissant à la rivière, aux sacrements qui guérissent et purifient; de la coutume de réserver une portion de nourriture à l\u2019absent, à l\u2019unique aliment vraiment utile: l\u2019offrande eucharistique pour le repos de l\u2019âme; du réconfort en la fraternelle sympathie de la communauté d\u2019ici-bas, à la joie ineffable en l\u2019assemblée des élus dans la bienheureuse Cité.Soeur Pierre-Joseph, m.i.c.((Bibiana Flora, Philippines) 479 UN LECTEUR NOUS ÉCRIT Ottawa (Ont.), le 10 avril 1967.Le Précurseur, 2900, chemin Sainte-Catherine, MONTRÉAL (P.Q.) Mes Révérendes Soeurs, Comme nous étions absents de la maison lorsque vos soeurs sont passées pour notre renouvellement, il me fait plaisir de vous joindre un chèque au montant de $2.50 pour notre abonnement pour deux ans.En passant, permettez-moi de vous féliciter de la belle tenue du Précurseur.Votre revue est vraiment à la page.Personnellement, je lis toujours avec intérêt les nouvelles transmises par vos soeurs missionnaires.Puis-je ajouter qu'en juillet dernier, j'étais victime d'une thrombose coronarienne.Comme je n'ai que 43 ans et que j\u2019ai sept enfants, j\u2019ai prié de tout coeur votre vénérée fondatrice (je continue d\u2019ailleurs à dialoguer avec elle tous les jours) de m\u2019aider à survivre et à reprendre mon travail sans difficulté.Sans être aussi fort qu\u2019auparavant, je dois admettre toutefois que la bonne Mère Marie du St-Esprit m'aide visiblement et je profite de cette occasion pour lui rendre un bel hommage de reconnaissance.Comme je suis hélas un homme plein de défauts, j\u2019ose croire que les religieuses de T Immaculée-Conception (que j\u2019estime et que f admire depuis ma tendre enfance) prieront également pour moi pour que je tienne le coup.On se déprime vite quand on est cardiaque.En terminant, puis-je vous dire que notre monde est meilleur parce que vous êtes là sur tous les fronts.Veuillez croire à mon profond respect.R.M.RÉSULTAT DU CONCOURS 1er prix : une descente de lit en peau de lama (Bolivie) gagnée par : Madame Amanda Mulaire Saint-Pierre Jolys Manitoba 2e prix : une magnifique robe de chambre pour homme en soie chinoise (Hong Kong) 3e prix : une assiette décorative incrustée de nacre gagnée par : Mademoiselle Edna Authier 1227, rue Sainte-Elisabeth Montréal, P.Q.gagnée par : Madame Lucien Marcoux 320, rue Ste-Marie Dorval, P.Q.Nous remercions sincèrement tous ceux et celles qui ont contribué à faire monter la courbe de nos abonnés. Soeurs Missionnaires de PImmaculée-Conception CANADA OUTREMONT, 314, Chemin Sainte-Catherine, Montréal 8 MAISON MERE, 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal 26 MAISON PROVINCIALE, 5550, rue Louis Colin, Montréal 26 NOVICIAT, Pont-Viau, Cité Laval HOPITAL CHINOIS, 355 est, rue Paillon, Montréal 10 NOMININGUE, comté Labelle, Qué.RIMOUSKI, 85, rue Saint-Germain JOLIETTE, 750, rue Saint-Louis QUEBEC, 1073 ouest, rue Saint-Cyrille VANCOUVER, Refuge de ITmmaculée-Conception 236, rue Campbell VANCOUVER, Hôpital du Mont-Saint-Joseph 3080, rue du Prince-Edouard TROIS-RIVIERES, 1325, rue de la Terrière GRANBY, 35, rue Dufferin GRANBY, 50, rue Saint-Joseph CHICOUTIMI, 766, rue du Cénacle SAINT-JEAN, Qué., 430, rue Champlain OTTAWA, 30, Avenue Goulburn PERTH, N.-B., C.P.259 EDMUNDSTON, N.-B., 85, rue Victoria ETATS-UNIS MARLBORO, Mass., 207 Pleasant Street HONG KONG MAISON NOTRE-DAME-DE-FATIMA, 103 Austin Road, Kowloon, Hong Kong MAISON- NOTRE-DAME-DE-L\u2019ESPERANCE, Clear Water Bay Road, Kowloon, Hong Kong NOVICIAT, 125 Waterloo Road, Kowloon, Hong Kong TAIWAN KUANHSI, 83 Cheng I Lu, Hsinchu Hsien, Taiwan, Republic of China SHIH KUANG TSE, Hsinchu Hsien, Taiwan, Republic of China TAIPEI, 363, An Tung Chieh, Taiwan, Republic of China SUAO, 36 Chung Cheng Rd., Suao Ilan Hsien, Taiwan, Republic of China HSINCHU CITY, 49, Shui Yuan Street, Kuang Fu Li, Taiwan, Republic of China JAPON KORIYAMA, 3-18 Toramaru, Koriyama shi, Fukushima ken WAKAMATSU, 1-49, Nishi Sakae machi, Aizu Wakamatsu, Fukushima ken TOKYO, 108-4 cho me, Fukazawa cho, Setagaya ku ITALIE ROMA 0881, via Giacinto Carini, 8 MADAGASCAR MORONDAVA, Madagascar AMBOHIBARY, Sambaina, Madagascar ANTSIRABE, Paroisse Ste-Thérèse de Mahazoarivo TANANARIVE, Tsaramasay MAHABO, via Morondava PEROU PUCALLPA LIMA, Escuela Maria de la Providencia, Napo 1124, Azcona (Brena) GUATEMALA TOTONICAPAN, Colegio P.Betancourt, Guatemala, A.C.BOLIVIE SANTA CRUZ de la Sierra, Cardinal Cushing Business College, Calle Lemoine, Casilla 70 COCHABAMBA, Academia Comercial, Calle Oruro No 3403, Casilla 1667 IRUPANA, Hospital Nuestra Senora de la Providencia, adresse postale: La Paz, casilla 2893 LA PAZ, Academia Santa Rita, casilla 2893 CATAVI, adresse postale: Oruro, casilla 434 CHILI ANCUD, Colegio Inmaculada Concepcion, Calle Errazuriz, Casilla 82 ILES PHILIPPINES MANILLE, Immaculate Conception Academy, General Luna St., Intramuros MANILLE, 2212 del Rosario St., Tondo SAN JUAN, Provincial House, P O.3400, Manila LAS PINAS, Rizal MATI, Davao Province DAVAO City, Our Lady of Good Counsel Hall, Florentino Torres St.PADADA, Davao Province BAGUIO City, 73 Pacdal, Box 83 ANTILLES LES CAYES, HAITI LES COTEAUX, Haiti ROCHE-A-BATEAU, Haiti PORT-SALUT, Haiti CAMP-PERRIN, Haiti MIREBALAIS, Haïti LIMBE, Haiti CAP-HAITIEN, Haïti CHANTAL, Haïti TROU-DU-NORD, Haïti.PORT-AU-PRINCE, Orphelinat, Cité no 2, C.P.1085, Haïti PORT-AU-PRINCE, Noviciat, Cité, no 2, C.P.1085, Haïti CROIX-DES-BOUQUETS, C.P.1291, Haïti DESCHAPELLES, Hôpital Albert Schweitzer, Boite postale 2213 B, Port-au-Prince, Haïti LA BOULE, C.P.1085, Haïti HINCHE, Haïti COLON, apartado 21, Province de Matanzas, Cuba AFRIQUE CENTRALE KATETE, St.Teresa\u2019s Parish, Champira P.O., Malawi MZAMBAZI, St.John\u2019s Parish, Eutini P.O., Malawi RUMPI, St.Patrick\u2019s Parish, Rumpi P.O., Malawi KARONGA, St.Mary\u2019s Parish, Karonga P.O., Malawi KASEYE, St.Michæl\u2019s Parish, Chitipa P.O.Box 100, Malawi NKATA BAY, Nkata Bay P.O.Box 9, Malawi MZUZU, Mzuzu P.O.Box 24, Malawi MZIMBA, St.Paul\u2019s Parish, Mzimba P.O., Malawi FORT JAMESON, P.O.Box 107.Zambia KANYANGA, Lundazi P.O., Zambia NYIMBA, Sacred Heart Hospital, Nyimba P.O., Zambia CIKUNGU, Kazimuli P.O., Zambia 1 * Près du Pavillon Chrétien, les drapeaux des Nations Unies, Photo symbolique pour le touriste, ^26 \u2022*' Klli kî, ¦4\" 4 Sr^R! .v ^ Ptoto : Sr, G.yillemure, m.i.c.- / MN \\ ti' m\\$ \\ 14 -î\u201d r±m s, ! ^ >4^ "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.