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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mai - Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1969-05, Collections de BAnQ.

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[" LE PRECURSEUR Mai \u2014 Juin 1969 Montréal \u2014 Vol.XXVe \u2014 no 9 Premier amour de Rico.3g fm m* f w , ÀfR '4 > V\u2019 f* \t \t 'fW*- i'vÆ :.«>^r- ï-ï&i INTENTION\tMISSIONNAIRE DE MAI :\tPour un heureux et fécond développement de l\u2019apostolat des laïcs dans les pays de mission.\tReçois nos prières, Seigneur! INTENTION\tMISSIONNAIRE DE JUIN:\tPour le rétablissement de la liberté religieuse dans tous les pays d\u2019Asie.Reçois nos prières, Seigneur! Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 0357 Port de retour garanti. LE PRECURSEUR No 9 \u2014 Mai-Juin 1969 \u2014 Vol.XXVe SOMMAIRE \u2022 N DIRECTION Sœur Gisèle Villemure, M.I.C.COMITÉ DE RÉDACTION Tout entière au service de Sœur Gabrielle Ouimet, M.I.C.la Rédemption Sœur Madeline Maillet, M.I.C.Sœur Agnès Lavallée, M.I.C.322 Henri-Marie Guindon, S.M.M.TIRAGE Sœur Rita Ready, M.I.C.La vocation missionnaire 324 Mgr J.Lecuona, M.E.B./ ABONNEMENTS: LE PRÉCURSEUR 2900, Chemin Sainte-Catherine Côte-des-Neiges, Montréal 250 Canada La femme haïtienne 327 Sœur Elisabeth Vanchestein, M.I.C.Mot-Fantôme CONDITIONS d\u2019abonnements: Par an $ 1.50 2 ans $ 2.50 A vie $30.00 Le tambour Pour tout changement d\u2019adresse, ne pas oublier d\u2019envoyer l\u2019ancienne et la nouvelle.334 Monsieur Jean-Claude Langlois 336 Michel Laguerre, ecc.Revue bimestrielle publiée par les Sœurs Missionnaires de ITmmaculée-Conception avec l\u2019autorisation de l\u2019Ordinaire de Montréal.T aoïsme 344 Sœur Agnès Lavallée, M.I.C.NIHIL OBSTAT: M.l'abbé A.Cossette, p.m.é.24 janvier, 1969 Témoins du Christ au Malawi 348 Sœur Thérèse Blais, M.I.C. Tout entière au service Rien ne peut exprimer plus clairement la vie de Marie.Il y a des existences qui apparaissent, à première vue, d\u2019une merveilleuse unité.On les croirait faites expressément pour telle oeuvre.Rien n\u2019en a jamais fait dévier la trajectoire.D\u2019autres, au contraire, tâtonnent tout au long de leur durée.Après avoir essayé ceci, elles optent pour cela.Elles ont l\u2019air de ces feuilles séchées que le vent arrache aux arbres pour les emporter capricieusement.Elles s\u2019accrochent un instant, quelque part, roulent un peu plus loin, sous un nouveau souffle, et finissent par se blottir dans quelques creux de terrain ou contre un mur pour y pourrir.Marie n\u2019a eu qu\u2019UNE SEULE raison d\u2019être.Sans doute, il ne serait pas faux de dire que, sous ses capricieuses cabrioles, la feuille détachée de l\u2019arbre suit un dessin linéaire fixé d\u2019avance.On ne saurait pourtant mettre sur un pied d\u2019égalité, à l\u2019égard de Dieu, une chose aussi indifférente et une liberté humaine.Une Providence admirable préside à toutes choses, mais de manière diversifiée à l\u2019extrême.L\u2019homme est l\u2019objet d\u2019une attention toute particulière.« Tu nous gouvernes avec de grands ménagements », remarque l\u2019écrivain sacré (Sag.12, 18).Mais aucune créature n\u2019a été l\u2019objet de délicatesses semblables à celles dont Marie a été comblée.Sa vocation exceptionnelle de Mère du Fils de Dieu en fait ce que le Concile appelle une « Mère prédestinée », (Lumen Gentium, no 56).Liée, au surplus, de par la volonté divine, à l\u2019œuvre meme de son Fils, elle n\u2019existe que pour cela.Ce que se plaît à souligner le texte conciliaire, c\u2019est précisément l\u2019incomparable dimension de cette collaboration: « épousant à PLEIN CŒUR, sans que nul péché ne la retienne, la volonté divine de salut, Marie se livra elle-même TOTALEMENT comme la servante du Seigneur, à la personne et à l\u2019œuvre de son Fils, pour servir dans sa dépendance et avec lui, par la grâce du Dieu tout puissant, AU MYSTERE DE LA REDEMPTION)), (ibid).322 de la Rédemption Tout ce que Von peut ajouter ne peut être que Vexplication de cette affirmation du Concile.Tout, en Marie, est polarisé par cette attitude foncière, tout comme le Christ n\u2019a été que Sauveur.Le Concile rappelle fermement que « l\u2019Eglise tout entière est MISSIONNAIRE », même si une élite seulement de ses fils et de ses filles est embauchée dans les rangs de ceux que l\u2019on appelle des Missionnaires.{L\u2019Activité missionnaire, no 35).Si tant de gens se désintéressent de ce caractère de leur vie chrétienne, n\u2019est-ce-pas, pour une part, qu\u2019ils l\u2019ignorent et, surtout, qu\u2019ils croient trop facilement y avoir satisfait par l\u2019aumône annuelle qu\u2019ils versent aux missions?Tous, nous devons, à l\u2019exemùle de Marie, être au service de la Rédemption qui se continue, dans le temps, à travers l\u2019activité missionnaire de l\u2019Eglise.En rappelant précisément la participation des laïcs à la mission de l\u2019Eglise, le Concile en montre la relative facilité.Le passage suivant est peut-être l\u2019un des plus lumineux de tout le Concile pour faire comprendre ce qu\u2019est l\u2019apostolat, mot que tout le monde a dans la bouche et dont si peu savent ce qu\u2019il signifie.« L\u2019Eglise est faite pour étendre le règne du Christ à toute la terre.Elle fait ainsi participer tous les hommes à la rédemption et au salut.ON APPELLE APOSTOLAT TOUTE ACTIVITE DU CORPS MYSTIQUE QUI TEND VERS CE BUT)).{L\u2019Apostolat des Laïcs, no 2).Qui, après cela, ne peut être missionnaire, depuis l\u2019enfant qui s\u2019éveille au sens des autres jusqu\u2019au vieillard impotent qui n\u2019a plus à offrir que ses désirs et son impuissance?TOUTE ACTIVITE: travail, prière, souffrance, et même son inertie, qui devient ici une activité par l\u2019offrande qui en est faite, devient, par cette orientation de pensée, d\u2019intention, activité missionnaire, et combien efficace! Voilà comment, à la suite de Marie, être TOUT ENTIER AU SERVICE DE LA REDEMPTION! Henri-Marie Guindon, S.M.M.323 T^Jne spiritualité missionnaire « La spiritualité missionnaire n\u2019est pas un genre ou un type de spiritualité spécifiquement différent des autres spiritualités chrétiennes, mais elle est une orientation, un style de vie intérieure, une forme d\u2019union au Christ, qui est en harmonie avec l\u2019idéal missionnaire.Cet idéal est une aspiration universaliste à répandre dans le monde entier les trésors inépuisables de la grâce rédemptrice, ou encore un ardent désir d\u2019unir au Christ et de rassembler dans le filet de son Eglise l\u2019humanité régénérée tout entière.» C\u2019est ainsi que le P.Salaverri résumait, en 1953, le sens de la spiritualité missionnaire.Aujourd\u2019hui nous disposons d\u2019indications précieuses données par le Concile, qui nous permettent de préciser davantage ces notions.Toute spiritualité chrétienne doit avoir une résonance catholique, et manifester le désir de répandre l\u2019Evangile à travers le monde, le souci de « rassembler l\u2019humanité entière avec toutes ses richesses, sous la Tête qu\u2019est le Christ, dans l\u2019unité de son Esprit ».(Lumen Gentium).Cette orientation est nécessaire; elle correspond à la vocation missionnaire générale, qui est commune à toute l\u2019Eglise.Mais c\u2019est la physionomie spirituelle propre au missionnaire \u2014 à laquelle fait allusion le no.24 du Décret Ad Genies \u2014 qui nous préoccupe en ce moment.Elle doit correspondre aux traits caractéristiques de sa vocation, tels qu\u2019ils sont définis dans le texte conciliaire.Par conséquent, l\u2019union à Dieu s\u2019accompagnera, chez le missionnaire, d\u2019une grande promptitude et d\u2019une disposition intérieure à être envoyé par la Hiérarchie en vue d\u2019annoncer l\u2019Evangile et d\u2019implanter l\u2019Eglise; il doit vouloir sortir de son propre milieu chrétien pour se rendre dans celui qui ne l\u2019est pas et y prêcher en qualité d\u2019envoyé de l\u2019Eglise.En elle-même, cette spiritualité consiste dans l\u2019intention droite qui doit animer le missionnaire.Il est évident que l\u2019exigence spirituelle esquissée au no.24 dissipe tout rêve d\u2019aventure ou de conquête.Mais, par ailleurs, elle rectifie aussi l\u2019opinion de ceux qui mettent une sourdine, ou peu s\u2019en faut, au zèle apostolique et à la prédication, par crainte de tomber dans un « prosélytisme » néfaste, accentuant plutôt la nécessité du témoignage et d\u2019un humble service.Le Concile maintient ici le juste équilibre de la vérité.Cela pose déjà bien des exigences: il faut renoncer aux liens de la chair et du sang pour se donner (lie partie) LA VOCATION entièrement à la Personne et aux préoccupations universalistes du Christ; avoir la force et le courage de prêcher le Mystère du Christ et de porter sa croix: posséder la patience, l\u2019humilité et la charité nécessaires pour faire découvrir les richesses de l\u2019Evangile à des peuples de mentalité et de culture très différentes; et ceci, par l\u2019exemple de la vie plutôt que par des paroles: sans prendre des airs de conquistador, mais confiant en la force rayonnante du message qu\u2019on apporte.Enfin, l\u2019obéissance, qui est « la vertu caractéristique du ministre du Christ», doit être particulièrement forte et robuste chez 324 celui qui est envoyé aux peuples lointains.Elle seule lui permettra de s\u2019adapter et d\u2019agir au nom du Christ, en tant qu\u2019envoyé de l\u2019Eglise.Il est clair qu\u2019on ne pourrait embrasser un tel idéal sans une « inspiration du Saint-Esprit ».Pour garder sa force et sa consistance, l\u2019engagement missionnaire demande que l\u2019âme s\u2019alimente aux grands dogmes chrétiens, perçus dans leurs perspectives foncièrement universalistes.Le dessein plein d\u2019amour du Père qui veut sauver les hommes en se les unissant dans un seul peuple en Jésus-Christ; la rédemption universelle du Christ; le destin également universel de l\u2019Eglise, Corps Mystique du Christ, auquel tous doivent être incorporés.voilà les sources d\u2019eau vive qui alimenteront les pensées et les énergies du missionnaire.Dans le chapitre I du Décret, qui comporte une synthèse harmonieuse de ces dogmes fondamentaux, le missionnaire trouvera la raison d\u2019être de sa vie et de son apostolat.ÏJn engagement \u201cpour la vie\" Un certain nombre de Pères Conciliaires demandaient qu\u2019on supprime l\u2019expression « pour la vie », parce qu\u2019elle restreignait, à leur avis, la vocation missionnaire à ceux-là seuls qui voueraient toute leur existence aux missions.La Commission répondit: « Les mots Ad vitam veulent signifier une généreuse disposition d\u2019âme: le missionnaire doit avoir l\u2019intention de persévérer dans sa vocation et dans sa mission.» Il ne s\u2019agit pas nécessairement de demeurer physiquement toute sa vie dans un territoire de missions.Pour lever toute ambiguïté à ce sujet, on fait figurer ces mêmes termes dans un passage ultérieur, où on traite des dispositions intérieures du missionnaire.L\u2019expression doit être maintenue pour deux raisons.Il y a d\u2019abord la fidélité religieuse que l\u2019homme doit témoigner à l\u2019égard de Dieu qui l\u2019appelle.Mais il y a aussi le fait que l\u2019activité missionnaire elle-même exige une préparation spéciale qui se prolonge durant des années, ainsi qu\u2019une adaptation (linguistique, culturelle, etc.) qui demande, elle aussi, du temps.C\u2019est pxmrquoi, au cours des réunions qui précédèrent immédiatement le vote final du Décret, la Commission des Missions tint à justifier sa position: « Bien que, dit-elle, l\u2019œuvre de ceux qui travaillent en missions pour un temps déterminé ait une grande importance, il existe, cependant, MISSIONNAIRE Mgr J.Lecuona, M.E.B.Le missionnaire doit s'intégrer à des peuples de mentalité et de culture très différentes. La persévérance courageuse au service de la mission n\u2019est=elle pas une des principales exigences de la vocation missionnaire?li.a»\t.objectivement, une grande différence entre un engagement temporaire et un engagement total et définitif.Il en résulte qu\u2019on peut appliquer ici par analogie ce que la Constitution Lumen Gentium affirme au no.44, de la consécration religieuse: « L\u2019engagement menant à l\u2019activité missionnaire sera d\u2019autant plus parfait qu\u2019il implique des liens plus fermes et plus stables.» Par ailleurs, le bien de l\u2019Eglise exige aussi qu\u2019on distingue la nécessité et la valeur d\u2019un engagement perpétuel: en effet, le travail missionnaire demande ordinairement une longue préparation, une adaptation et une persévérance courageuse, soutenue par une grande énergie.Cette exigence de demeurer fidèle à la vocation missionnaire durant toute sa vie ne contredit pas ce qui est dit, à d\u2019autres endroits, de l\u2019assistance temporaire aux missions: en effet, dans ce passage-ci, on parle de l\u2019idéal missionnaire tel que nous le trouvons dans l\u2019Ecriture et tel que l\u2019exige le travail missionnaire, proprement dit; ailleurs on vise plutôt à encourager tous ceux qui prennent part, à titre temporaire, à ce même travail missionnaire.Enfin, la Commission peut accepter des modifications de textes qui améliorent l\u2019expression des idées, mais non pas celles qui changent des idées, approuvées à une grande majorité en Congrégation Générale.Par conséquent, le texte est maintenu.» Sur ce point, nous trouvons chez saint Thomas une remarque très éclairante: « Il est nécessaire, dit-il, de confier à chacun des tâches distinctes, si l\u2019on veut que toutes choses se fassent dans l\u2019ordre et sans confusion.» Dans ce passage, Thomas montre que la diversité des états (de vie) et des professions est nécessaire à l\u2019Eglise pour l\u2019accom- plissement des tâches qui lui sont imparties, car « ce qui se réfère au devoir d\u2019état d\u2019une personne est seul à pouvoir constituer son état de vie, car la notion de l\u2019état de vie est corrélative à celle de liberté ou d\u2019esclavage, que ce soit dans l\u2019ordre spirituel ou dans l\u2019ordre civil.» Une activité de ce genre absorbe généralement la vie d\u2019un homme; elle exige normalement un engagement total, en fixant quelqu\u2019un d\u2019une manière définitive dans l\u2019état de vie apostolique auquel le Seigneur l\u2019appelle.Un pareil engagement à vie semble rencontrer de grandes résistances dans la jeunesse de notre temps: plus jalouse de sa liberté et de son indépendance, elle repousse tant qu\u2019elle le peut les options définitives et en arrive à croire que tout peut se faire moyennant une série d\u2019obligations de courte durée.Nous ne voulons pas insinuer ici qu\u2019un travail temporaire dans les missions soit inefficace et stérile.Au contraire, une telle collaboration apporte une contribution très utile et méritoire.Elle est recommandée par le Concile, tout comme elle le fut par Pie XII dans son encyclique Fidei Donum.Cependant il faut bien maintenir que l\u2019œuvre missionnaire ne peut être menée à bien uniquement au moyen de collaborations temporaires.Il ne faut pas qu\u2019on tombe dans l\u2019illusion de croire trop facilement qu\u2019on a répondu complètement à 1\u2019appel de Dieu en travaillant seulement pendant quelques années dans les missions, alors que la grâce nous a peut-être sollicités de consacrer notre vie entière au service d\u2019une cause aux vastes proportions, mais où les progrès se font fort lentement.Il convient donc de remarquer que le Concile requiert avec insistance unè généreuse disposition d\u2019âme pour s\u2019engager dans l\u2019apostolat missionnaire.Il est dit, au sujet du candidat missionnaire, qu\u2019il doit être disposé à accepter le travail missionnaire, et à demeurer fidèle à sa vocation durant toute sa vie (nos.23 et 24).Mais on demande également au prêtre diocésain qui se consacre au service d\u2019une Eglise particulière, d\u2019avoir, lui aussi, de pareilles dispositions, au cas où l\u2019évêque l\u2019autorise à partir aux missions ou qu\u2019il désire l\u2019y envoyer.Parce que « le don de l\u2019Esprit que reçoivent les prêtres à leur ordination ne les dispose pas à une certaine mission très étendue et universelle.C'est pourquoi les prêtres des diocèses plus riches en vocations doivent volontiers se montrer disposés à exercer leur ministère dans les régions, les missions ou les œuvres souffrant d\u2019un manque de prêtres moyennant l\u2019approbation ou à la demande de leur Ordinaire.(à suivre) Reproduit de: Rythmes du monde no 1-2 1967.* 326 P texte: SR E.VANCHESTE1N, M.I.C.photo: SR G.VILLE MURE, M.I.C.Quelques ligures historiques féminines émergent des lignes écrites sur Thistoire de Saint= Domingue.La femme haïtienne a, en quelque sorte, hérité des fortes vertus de ses devancières dont il est toujours intéressant de relire les actes si éloquents par eux=mêmes et si pleins de cette originalité qui captive./ r > V V- - .r ¦ x:8 j \u2022 m.?La Femme La présence d\u2019esprit de Madame Pageot, intendante du curé de la Petite-Rivière de l\u2019Artibonite, permet à Dessalines d\u2019échapper à la prison et, sans doute, à la mort.Le général français Andrieux, ayant reçu l\u2019ordre d\u2019arrêter le général noir, prie le curé de l\u2019inviter à dîner.Au cours du repas, l\u2019intendante avertie du complot, prévient Dessalines, Haïtienne par un geste expressif, qu\u2019on s\u2019apprête à le mettre sous corde.Et celui-ci d\u2019un geste aussi rapide s\u2019enfuit et échappe à la trahison.Marie-Jeanne, mulâtresse, jeune, jolie, originaire de Port-au-Prince, reste pour nous le symbole de la femme soldat.Compagne de Lamartinière, elle 327 était avec lui au fort de la Crête-à-Pierrot assiégé par une armée française de plus de douze mille hommes.L\u2019histoire nous la dépeint « pleine d\u2019entrain, martiale, armée d\u2019un fusil et d\u2019un sabre, remontant le courage des soldats, pansant leurs blessures et n\u2019hésitant pas à parcourir les remparts distribuant les cartouches, aidant à charger les canons, se plaçant au premier rang au moment de l\u2019attaque »: digne émule de Madeleine de Verchères.Au premier rang des martyres pour la liberté se place Sanite Bélair, à l\u2019âme d\u2019airain, au caractère altier, violent et autoritaire.Sanite, jeune affranchie, épouse le brillant général Charles Bélair, aide de camp de Toussaint.Bélair avait combattu à Savannah pour l\u2019indépendance des Etats-Unis Apprenant que Toussaint est trahi et déporté, Sanite devient l\u2019inspiratrice de son mari.Patriote convaincue, elle le décide à se soulever pour continuer la lutte en faveur de l\u2019émancipation.Partout aux côtés de son mari, en tenue de campagne, elle assiste à toutes les réunions, tombe dans une embuscade française et est faite prisonnière.Charles, désespéré, se livre au général Leclerc pour obtenir la libération de sa femme ou pour subir le même sort.Il est condamné à la fusillade et elle, à la décapitation.Elle reste impassible, le voit tomber sous les balles et le front haut, les yeux bien ouverts, refuse de courber la tête sous le billot.A l\u2019Arcahaie, le 18 mai 1803 lors de la création du drapeau national par Dessalines, une femme, Catherine Flon, coud le bleu et le rouge du drapeau français auquel on a arraché le blanc, et présente à son chef le premier drapeau haïtien: le bleu, symbole des noirs et le rouge, des mulâtres.Marie-Claire Heureuse Bonheur, originaire de Léogâne, cache sous son lit le naturaliste Descour-tilz poursuivi par la fureur de Dessalines, son mari.Marie-Claire conserva, au faîte des honneurs, son humilité, son humeur égale, sa charité active; elle était aimée et honorée par tous ceux qui l\u2019approchaient.Elle avait un grand ascendant sur son mari et ne craignait pas d\u2019encourir ses foudres pour sauver des malheureux de sa colère.Après l\u2019assassinat de ce dernier, elle éleva des jeunes filles pauvres et vécut très âgée entourée de la vénération publique.L\u2019histoire a retenu bien d\u2019autres noms de ces héroïnes au grand cœur dans le sillage duquel marche la femme haïtienne.La femme d\u2019aujourd\u2019hui \" semble avoir hérité de l\u2019énergie, de l\u2019endurance, du sens des rites, de la poursuite d\u2019un haut idéal comme aussi des pratiques superstitieuses dues au culte des esprits dont on craint et vénère la puissance.Les esprits jouent un grand rôle dans la vie de la paysanne haïtienne.Souvent elle perte un charme pour se protéger ainsi que son enfant contre le mauvais œil.Quand l'époque de la délivrance approche, elle fait des offrandes aux esprits ancestraux.Avoir un enfant, c\u2019est la vie de la femme haïtienne! Comme ce p>etit être est attendu, combien il sera choyé! Pour le préserver de toute incommodité ou de tout danger, on sera fidèle à une foule de prescriptions traditionnelles; au besoin, on aura recours au Bocor, surtout si l\u2019on pense avoir affaire à une maladie « surnaturelle », c\u2019est-à-dire causée par la magie.Une femme qui, un an après son mariage n\u2019a pas encore d\u2019enfant, commencera à s\u2019inquiéter et aura recours aux bons offices du médecin ou du bocor suivant sa classe sociale.Des neuvaines seront faites aux saints pour implorer leur aide en vue d\u2019obtenir un enfant.Dès le début de la grossesse, la femme, particulièrement celle de la bourgeoisie, prend les plus grandes précautions et consacre la majeure partie de son temps aux préparatifs de la naissance, confection de la layette et autres.Le jour de la naissance, on fait chercher en même temp>s que le praticien, les personnes âgées de la famille: mère, belle-mère, tante ou voisine.L\u2019accouchée est l\u2019objet de la sollicitude générale.Elle reçoit beaucoup de fleurs et de cadeaux, tous ses parents et ses amis viennent la voir.A la maison ou à l\u2019hôpital, il y a constamment quelqu\u2019un au chevet de la nouvelle maman.Le bébé est entouré d\u2019une attention continuelle.On exécute fidèlement les prescriptions du médecin ou de la sage-femme jusqu\u2019à ce que la mère se lève.Si la famille est aisée, une bonne est attachée au service exclusif du bébé ou bien, si les moyens économiques ne le permettent pas, une petite domestique est spécialement chargée de le promener et de l\u2019amuser sous le contrôle vigilant de la mère.La maman a tendance à trop alimenter ses poupons: l\u2019idéal, c\u2019est d\u2019avoir un gros bébé! En général, elle est très coquette pour lui, surtout si c\u2019est une fille.Elle lui confectionne de jolies robes, lui fait percer les oreilles et la pare de rubans: c\u2019est le centre d\u2019attraction de la famille et tous les adultes doivent se plier à ses caprices.C\u2019est pour cela sans doute que l\u2019adolescente aime les toilettes, les parures et fait preuve de réel bon goût dans l\u2019art de se vêtir.Vers cinq ou six ans, les garçons et les filles sont envoyés à l\u2019école.Les fillettes y sont très actives et leur mémoire devient un atout bien avan-tangeux.C\u2019est le bond du créole au français qui handicape certaines.L\u2019étude des leçons à haute voix leur est une précieuse gymnastique pour la diction française.Cet entrain avec lequel elles travaillent, elles le déploient surtout au jeu: la 328 Elle est très coquette pour lui. LA FEMME HAÏTIENNE AU TRAVAIL LA FEMME ¦ ¦ HAÏTIENNE 4 EST TOUT COEUR ^ TOUT SENTIMENT Vf t La femme haïtienne si sensible à l'amour, si vibrante de foi n\u2019est«elle pas le jardin idéal pour y semer la vérité?danse semble être l\u2019amusement préféré.Elles aiment beaucoup chanter.Leur répertoire peut aller jusqu\u2019à une centaine de chansons.Elles les apprennent très vite, car le rythme est inné chez elles.Le samedi, la majorité des petites filles s\u2019occupent de travaux de lessive et de repassage.Elles s\u2019entraînent de bonne heure à la couture: robes de poupée pour lesquelles elles savent utiliser les plus petits chiffons, ourlets pour aider maman et même raccommodage.La fillette en général est très débrouillarde: on en a vu coudre avec une épine d\u2019oranger faute d\u2019aiguille.Elle est éminemment sociable: elle aime la compagnie des amies.A la maison, on l\u2019a formée sévèrement au respect des personnes âgées.Si elle appartient à la classe moyenne ou pauvre, elle sera de bonne heure entraînée à faire le marché et même le commerce pour sa maman.Elle a toute la tenue nécessaire pour ces charges.De la réserve^ la femme haïtienne en donne l\u2019impression tout au long de son existence.son mystère, elle le garde! Bien avisé sera celui qui le dénouera! Et pourtant une simplicité charmante lui fait voir la réalitée tout en nourrissant beaucoup d\u2019idéal.Espiègle, la fillette l\u2019est au grand ébahissement de ses éducatrices: telle cette élève qui efface le 3 de son rang de 32e pour le remplacer par un 1 sur le carnet de notes afin de ne pas subir le mécontentement de sa maman; de retour en classe, elle remet le 3- pour donner le carnet à son professeur.O clairvoyance de ces derniers qui ont quand même à leur service un ange protecteur! La fillette qui grandit poursuit ses études et n\u2019a qu\u2019une ambition: aller toujours plus avant.Les citadines fréquentent les Lycées où se donne le Cours Secondaire.Il est plus facile aux provinciales de s\u2019inscrire au Brevet d\u2019abord et ensuite à l\u2019Ecole Normale ou au Cours d\u2019infirmière et même à l\u2019Ecole de Commerce.La maman est prête à tous les sacrifices pour permettre à sa fille bien douée de se perfectionner en vue d\u2019un travail plus rémunérateur.Quelques privilégiées vont même à l\u2019étranger et il n\u2019est pas rare de les voir briller au premier rang.En général, les filles s\u2019intéressent à leurs études et obtiennent de meilleures notes que les garçons.A cet âge, elles préfèrent la conversation au jeu; elles aiment le bal, le cinéma, les promenades avec les garçons de leur âge.Les études terminées, le souci est d\u2019aider la famille.En Haïti, c\u2019est un devoir sacré d\u2019aider les siens.Ce pieux devoir s\u2019étend parfois aux cousins; n\u2019est-ce pas tout normal de partager?Il arrive bien souvent que la jeune fille ne travaille que pour gagner un salaire et ne soit pas beaucoup intéressée à sa profession.La fillette de treize ou quatorze ans et parfois de huit à dix ans a souvent un amoureux.Elle attache beaucoup d\u2019importance à sa toilette, encouragée en cela par sa mère.Plus elle approche de l\u2019âge du mariage, plus ses efforts sont dirigés en vue de plaire à un jeune homme avec qui elle échange des promesses.Très souvent, les fillettes sont ainsi « engagées » à quatorze ou quinze ans, mais ce n\u2019est que vers dix-sept ou dix-huit ans, que les relations viennent sérieuses et que les parents sont prévenus.Tant que le père du jeune homme n\u2019a pas présenté sa demande à la famille de la 332 J1:- f
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