Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 mars 1979, Mars - Avril
[" Volume XXX no 8, Mars-Avril 1979 'ill II HAITI «Perle des Antilles W'T | **WSS^' CSl^- rp/ f.>' J ¦ b'J< f.li v y ty\" 'iv r* Y?* w, ¦:# » ; PRECURSEUR Revue d'information missionnaire publiée par les Soeurs Missionnaires de i\u2019immacuiée-Conception avec l'autorisation de l'Ordinaire de Montréal.; NOTRE COUVERTURE: Les charmes d\u2019Haiti sont si variés qu\u2019on s\u2019étonne de tant de beautés étranges et toujours nouvelles.Haiti rit de la chaleur de son soleil.Elle rit de la bonté de son peuple.Elle rit amoureusement de son climat envoûtant et du parfum enivrant de ses fleurs.S PRÉSENTATION SOMMAIRE PEUPLE par Étiennette Guérette, m.i.c.MON PAYS par Marie-Thérèse Colimon .DRAPEAU NATIONAL par Simone Germain RÉFORME DE L\u2019ÉDUCATION.N 174 175 178 180 182 Directrice et Rédactrice en chef: Huguette Turcotte, m.i.c.Collaboratrices à la rédaction: Équipe M.I.C.Secrétaire à la rédaction: Géraldine Vaillancourt, m.i.c.Services artistiques: Fleur-Ange L\u2019Heureux, m.i.c.Isabelle Ethier, m.i.c.Anita Julien, m.i.c.Secrétariat de l\u2019AMIC et Diffusion: Équipe M.I.C.Abonnement: 1 an $3.00 2 ans $5.00 à l\u2019étranger $4.00 Pour tout changement d'adresse s'il vous plaît, faire parvenir l\u2019ancienne et la nouvelle.Adresse: AMIC C.P.157 Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, Qué.H7N 4Z4 tél.: 663-6210 MUSIQUE par Jean Franck Saint-Cyr .185 ARTISANAT par Leconte Moïse .187 ASPECT CULTUREL par Louis Gabriel Blot .188 LOISIRS par Dr Jeanne Philippe.189 ¦ ' t ! ART CULINAIRE par Mme Gilberte Paillère Benoit .191 CLIMAT par Rita Legrand, m.i.c.192 À L\u2019ÉCOUTE DES MIC .194 SANTÉ par Marcelle St-Gelais, m.i.c.197 FAUNE par Jeannette Dufresne, m.i.c.198 Celles qui partent .200 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec ISBN 0315-9671 Courrier de la deuxième classe.Enreqistrement no 0357.Port de retour garanti.Imprimerie: Librairie Beauchemin Limitée CHANGEMENT À LA RÉDACTION r \"N L\u2019année 1979 marquera une étape dans la vie du PRÉCURSEUR puisqu\u2019elle s\u2019est ouverte sous la responsabilité d\u2019une nouvelle directrice, S.Huguette Turcotte, m.i.c., remplaçante de S.Réjane Gaudet dont l\u2019état de santé ne permet plus de continuer ce poste qu\u2019elle avait assumé en 1973.Depuis son retour des Philippines où elle fut missionnaire durant douze années, S.Huguette a travaillé au Département des Missions de la Conférence religieuse canadienne (CRC), puis au secrétariat général de sa communauté jusqu\u2019en 1976.Elle revient actuellement d\u2019un stage de deux ans au siège de l\u2019Organisation Catholique Internationale du Cinéma (OCIC) à Bruxelles, Belgique.À la nouvelle directrice, qui a accepté de mettre son expérience au service de la revue, une cordiale BIENVENUE et meilleurs voeux de succès.À S.Réjane, qui a dépensé le meilleur d\u2019elle-même et qui continuera sa collaboration, un sincère MERCI et l\u2019assurance de notre gratitude pour une tâche bien accomplie.v Flore Savignac, m.i.c.Supérieure provinciale J Un documentaire sur Haïti Il est indéniable que des liens d\u2019amitié se sont créés entre le Canada et Haïti ces dernières années.Un flot incessant de touristes s\u2019envole vers l\u2019île pour y apprécier la douceur du climat et l\u2019accueil cordial de la population.D\u2019autre part, la présence de centaines de missionnaires canadiens là-bas et celle d\u2019un nombre important d\u2019Haïtiens chez-nous ont éveillé l\u2019intérêt pour ce pays.Pour leur part, les M.I.C.oeuvrent en Haïti depuis 35 ans.Elles participent à la croissance de cette jeune Église dont les pasteurs sont tous autochtones et qui donne des signes évidents de vitalité.Dispersées dans toutes les régions de l\u2019île, tant dans les villes que dans les zones plus isolées, leur présence est active dans la pastorale, la formation de catéchètes, l\u2019éducation, la santé et l\u2019assistance sociale.C\u2019est pour mieux découvrir certains aspects de ce pays que nous publions un modeste dossier sur Haïti dans ce numéro.Présenté par la Supérieure provinciale, S.Madeleine Grenier, il se compose en majeure partie d\u2019articles fournis par nos amis haïtiens.Espérons qu\u2019il saura capter l\u2019attention des lecteurs qui s\u2019intéressent à la « Perle des Antilles» et en gagner d\u2019autres à fraterniser avec ce peuple sympathique.173 PRÉSENTATION par Madeleine Grenier, m.i.c.Supérieure provinciale d\u2019Haïti Avant de nous mettre en route vers Haïti, saluons la nature printanière du Québec chargée de sourire, de musique et de chansons.La vie renaît! L\u2019espérance grandit! Chez toi.chez moi! Dix-sept ans de vie missionnaire sur l\u2019île du soleil et au pays de la lumière, de la verdure et des fleurs suffisent-ils pour découvrir la réalité profonde d\u2019un peuple?J\u2019ai l\u2019impression que ces années m\u2019ont tout simplement permis d\u2019en esquisser quelques contours.Le fait ethnologique dans sa densité et sa complexité n\u2019exige-t-il pas un long temps d\u2019observation, d\u2019étude et d\u2019approfondissement si vraiment l\u2019on veut en découvrir et en apprécier à leur juste valeur toutes les richesses culturelles, sociologiques et religieuses?Depuis cinq ans, mes randonnées du Nord au Sud, de l\u2019Est à l\u2019Ouest, m\u2019ont ouvert de nouveaux horizons.Elles m\u2019ont aidée à plonger au creux de certaines réalités existentielles et suscitent en moi de nombreuses questions qui me donnent un goût de recherches pour atteindre à une plus grande intégration.Qui d\u2019entre nous aujourd\u2019hui, grâce aux techniques modernes de communications, ne connaît pas Haïti, surnommée la «Perle des Antilles»?Les écrans, les publications, les documentaires regorgent d\u2019information mettant en relief ce pays de contrastes.En effet, richesse et pauvreté, instruction et ignorance, abondance et disette se côtoient dans tous les secteurs géographiques.C\u2019est à travers cet éventail de différences symbolisées par la lumière et l\u2019ombre du drapeau bicolore qu\u2019apparaît la physionomie haïtienne.Cet homme haïtien, fier de sa liberté chèrement acquise, héritier d\u2019un sol fortement accidenté, balotté par des événements socio-économiques difficiles à surmonter, tel que décrit par Hubert Constant dans son article, m\u2019apparaît comme un héros dans sa volonté de survie.Seul le dynamisme de son espérance peut engager tout son être dans une action concrète et soutenue.L\u2019appel à la vie l\u2019entraîne tantôt dans les pratiques religieuses du culte vaudou, tantôt dans l\u2019expression simple de sa foi au Dieu de Jésus-Christ.Pourquoi ce synchrétisme religieux n\u2019a-t-il par réussi à interpeller plus fortement l\u2019Église catholique pour arriver à une approche vraiment haïtienne de l\u2019évangélisation comme le remarque notre ami Louis Gabriel Blot?Comment annoncer la parole de Dieu pour qu\u2019elle soit vraiment Bonne Nouvelle pour le peuple?Et comment évangéliser ses valeurs humaines, pierres d\u2019attente, semences du Verbe, pour qu elles deviennent libération et promotion?Questions essentielles qu\u2019un coeur missionnaire porte dans sa pauvreté.Malgré les incertitudes du lendemain, les inégalités sociales, les exploitations de toutes sortes, l\u2019Haïtien croit à la vie, valeur première du peuple, et s\u2019ouvre à l\u2019espérance.Ces souffles de vie, ces bourgeons neufs font monter une sève printanière dans le coeur des M.I.C.d\u2019Haïti qui croient et espèrent dans les forces vives d\u2019un pays qui se veut promoteur et agent de son propre développement.Dynamisées par ces élans et conscientes de leur rôle de collaboratrices de l\u2019Église locale, elles veulent continuer leur service par et dans une intégration plus profonde aux réalités sociales, culturelles et religieuses du pays.Avec nos frères haïtiens, nous chantons la vie en Celui qui est Voie, Vérité et Vie! 174 O HAITI PEUPLE Étiennette Guérette.m.i.c.tochtone dégagé de préjugés et de complexes qui tente, le plus objectivement possible, \u2014 en esprit de fraternité universelle \u2014 de lever le voile sur le mystère de sa propre identité.C\u2019est ce qu\u2019a voulu faire le Père Hubert Constant, Haïtien d\u2019origine et éducateur chevronné de surcroît, dans une conférence à un groupe de missionnaires soucieux d\u2019adaptation et à la recherche d\u2019une façon «vernaculaire» de transmettre le Message évangélique.L\u2019auteur nous a permis de livrer ici un condensé de cette conférence.PHYSIONOMIE HAÏTIENNE Décrire la mentalité d\u2019un peuple constitue une entreprise toujours hasardeuse.On ne circonscrit pas une réalité vivante et mouvante comme on délimite un territoire géographique ou qu\u2019on enferme une propriété privée: des aspects vous échappent, on ne peut pas tout dire, et ce qui est aujourd\u2019hui pourra être modifié demain.Il convient cependant d\u2019accorder crédit à l\u2019au- 175 PHYSIONOMIE GÉNÉRALE DE L\u2019HOMME HAÏTIEN Sans nier, bien sûr, l\u2019aptitude que l\u2019Haïtien partage avec tous les hommes à s\u2019élever aux choses de l\u2019esprit, sa philosophie semble cependant plutôt dynamique et orientée vers le concret.Parlant du Noir, les Africologues insistent sur sa vision axée sur la force vitale.L\u2019Haïtien, toutefois, est polarisé davantage par la Vie que par la force, celle-ci n\u2019étant, en fait, que l\u2019une des manifestations de la vie elle-même.Cette force est omniprésente, car chaque objet palpable peut être l\u2019incarnation temporaire d\u2019un «esprit», dont l\u2019influence est quelquefois bienfaisante, mais le plus souvent néfaste, dans la mesure précisément où elle peut lui apporter un surcroît de vitalité (par les biens, la santé, la descendance.) ou le diminuer (en provoquant des accidents, des souffrances, des maladies.) Voilà pourquoi il cherchera à se concilier ces puissances ou à les détourner de sa route, car s\u2019estimant plus faible, il refuse la lutte.En fait, il capitule.La Vitalité se manifeste encore par la fécondité.Le père vit, grandit dans l\u2019enfant: sa fécondité est un signe de puissance et de vigueur.On sait que le polygame tire vanité de son état.Bien sûr, il faut faire la part du loup à sa sensualité! Il n'empêche cependant! Voyez aussi avec quelle anxiété on attend la naissance d\u2019un garçon, garantie de la postérité.Chaque famille, en effet, tient à se perpétuer.Ainsi s\u2019explique, en partie, que cette Vie soit sentie à la fois comme physique et spirituelle: les ancêtres transmettent la vie et continuent à vivre dans l\u2019autre monde.Les liens ne sont pas rompus.Bien au contraire, l\u2019influence des disparus est la plus importante de celles qui peuvent faire accroître ou décroître la vie.Que l\u2019Haïtien soit attiré par l\u2019existentiel, le mouvement et la vie ne peut nous surprendre si l\u2019on songe que sa civilisation est agricole, donc proche de la Nature, spontanée, empirique, intuitive, tendue vers ce qui bouge, ce qui vit.Civilisation orale aussi: danses, récits, contes, proverbes, toutes choses que la transmission quotidienne rend présentes, mouvantes, vivantes.L\u2019on comprend dès lors que la force \u2014 la Vie surtout \u2014 soit le creuset où se forge la mentalité de l\u2019Haïtien, c\u2019est-à-dire, ses modes de sentir, d\u2019agir et de réagir.PHYSIONOMIE PARTICULIÈRE DE L\u2019HOMME HAÏTIEN Nous avons tous, un peu, les défauts de nos qualités, la nostalgie de l\u2019avers de nos déficiences.Ne soyez donc pas surpris de trouver sous la rubrique «RESSOURCES» des mises en garde contre les abus possibles, et sous celle des ÉCUEILS des hublots de sauvetage (des fenêtres d\u2019espérance).176 RESSOURCES RELIGIOSITÉ (ou sentiment religieux).Sentant un besoin inné de croire à quelque chose, l\u2019Haïtien croit à tout ou peu s\u2019en faut.Cependant, les pôles principaux de sa religiosité sont, outre le Tout-Puissant, le culte des esprits (ancêtres, morts) et le culte des parents.De plus, cette religiosité n\u2019est pas intériorité: sa prière veut s\u2019extérioriser.La liturgie devra en tenir compte.HOSPITALITÉ.Chez l\u2019Haïtien, la famille est très élargie: le «cousinage» s\u2019étend loin au-delà du 1er et du 2e degré.Une parenté étroite existe aussi entre le parrain et la marraine vis-à-vis du filleul, de même qu\u2019entre les «frères de baptême ou de communion».Entre eux, la loi de partage est de rigueur.Cette loi qui exprime un fort sentiment de solidarité, développe parfois chez ceux qui en bénéficient un certain parasitisme.Ajoutons à cela que des parents vivent souvent au crochet de leurs enfants, exploitant les filles surtout, plus dociles.COURAGE.A rebours, on peut l\u2019appeler «Résignation».Dans les épreuves, l\u2019Haïtien (la femme surtout) est très courageux.Ce courage résigné confère à l\u2019Haïtien une mentalité d\u2019homme écrasé, d\u2019abruti.Il y a aussi des révoltés, mais c\u2019est l\u2019exception.SENSIBILITÉ.Elle est épidermique tout en étant profondément enracinée.On pourrait dénifir l\u2019Haïtien comme un être vibrant, palpitant.Oui, il vibre à tout: joies, tristesses, musique, danses, chansons, drames; il pleure aussi facilement qu\u2019il rit à gorge déployée.Surtout, il ne peut vivre sans chaleur humaine.Cette sensibilité, canalisée, est une immense richesse, car elle témoigne d'une aptitude fondamentale de compassion et de solidarité humaine.FIERTÉ.Elle est si intense chez l\u2019Haïtien qu\u2019elle engendre la susceptibilité.Cette fierté avoisine l'autodéfense, surtout en face de l\u2019étranger: relent sans doute d\u2019un certain complexe: celui du faible, du démuni, de l\u2019opprimé même, mais qui tient, en dépit de tout, à sa dignité d\u2019homme «libre» GÉNÉROSITÉ.Encadré et mis en confiance, l\u2019Haïtien voit ses forces se décupler car il est un brin vaniteux.S\u2019il se rend compte que vous vous méfiez de lui ou que vous n\u2019avez aucun égard pour sa personne, alors son rendement diminuera et il se la coulera douce.Il est aussi serviable; il dit «non» assez rarement.Mais, ne le pressez pas si, après avoir réfléchi, il dit «non» car, trop gêné pour refuser jusqu\u2019au bout, il rusera, dira «oui», mais ne tiendra pas sa promesse.POLITESSE.On la dit proverbiale.Voilà pourquoi l\u2019Haïtien est profondément blessé (il se dit «vexé») lorsqu\u2019on le traite avec rudesse et désinvolture.Il suffit d\u2019avoir omis, ou simplement négligé de le saluer pour que tout son sang fasse au moins deux tours.à suivre page 181 MON PAYS par Marie-Thérèse Colimon S\u2019il me fallait, au monde, présenter mon pays Je dirais la beauté, la douceur et la grâce De ses matins chantants, de ses soirs glorieux Je dirais son ciel pur, je dirais son air doux L\u2019étagement harmonieux des mornes bleuissants Les molles ondulations de ses collines proches L\u2019émeraude changeant des cannes au soleil Les cascatelles glissant entre les grosses pierres: Diaphanes chevelures entre les doigts noueux Et les soleils plongeant dans des mers de turquoise Je dirais, torches rouges tendues au firmament, La beauté fulgurante des flamboyants ardents, Et ce bleu, et ce vert, si doré si limpide v Qu\u2019on voudrait dans ses bras serrer le paysage. jasmam Je dirais le madras de la femme en bleu Qui descend le sentier son panier sur la tête, L\u2019onduleux balancement de ses hanches robustes Et la mélopée grave des hommes dans les champs Et le moulin grinçant sous la lune la nuit, Les feux sur la montagne à mi-chemin du ciel.Le café qu\u2019on recueille sur les sommets altiers, L\u2019entêtante senteur des goyaves trop mûres.Je dirais dans les villes, les torses nus et bronzés De ceux qui dans la rue sous la dure chaleur Ne se laissent effrayer par la plus lourde peine Et les rameurs menant, à l\u2019abri de nos ports Lorsque revient le soir, les corallins dansants, Cependant que les îles au large, paresseuses Laissent monter en fumée, au fond du crépuscule La lente imploration de leurs boucans lointains.V , Mais j\u2019enflerais ma voix d\u2019une ardeur plus guerrière Pour dire la vaillance de ceux qui l\u2019ont forgé Je dirais la leçon qu\u2019au monde plus étonné Donnèrent ceux qu\u2019on croyait des esclaves soumis Je dirais la fierté, je dirais l\u2019âpre orgueil, Présents qu\u2019à nos bercequx nous trouvons déposés Et le farouche amour que nous portons en nous Pour une liberté au prix trois fois Et le bouillonnement montant dans nos Lorsqu\u2019au fond de nos bois nous Du conique tambour que nos Ont porté jusqu\u2019à nous des rives de I\u2019/ Mère vers qui sans cesse sont S\u2019il me fallait, au monde.Je dirais plus encor, r i pays, je il ¦ SS ¦ HAITI DRAPEAU NATIONAL par Simone Germain Le tricolore français flottait Autrefois dans Arcahaie, Vieux bourg, où s\u2019étaient réunis Les soldats noirs enfin unis.C\u2019était le dix-huit mai mil huit cent trois; Des groupes se formaient en maints endroits, Quand Pétion leur dit, le front serein: «Voici notre chef, cet homme d\u2019airain».Le tricolore, au vent, disait sa chanson.Le blanc fut arraché, jeté sur le gazon Par Dessalines, qui, toujours debout, À Catherine Flon remit les bouts.Elle les cousit.Et comme l\u2019aurore, Sous le ciel, a lui notre bicolore.180 4 suite de la page 177 ÉCUEILS SERVITUDE SOCIALE.On n\u2019est peut-être pas assez attentif à l\u2019imperméabilité réelle entre les classes qui incline les nantis à mépriser leurs frères moins fortunés.On remarquera de même une certaine rivalité entre les membres d\u2019une même classe qui portera l\u2019un, au besoin, à évincer l\u2019autre ou les autres.Est-il besoin de parler des conditions souvent infra-humaines dans lesquelles vivent la plupart, en marge de la société, en dehors de toute sphère d\u2019épanouissement ni même de salubrité?La vie artistique se ramène aux danses et aux chansons, mais ces dernières années ont vu naître chez les lettrés un certain engouement pour le théâtre.Mis à part le football, sport national, les loisirs s\u2019arrêtent au domino, aux trois-sept et aux combats de coqs.Quant à la vie politique, elle se résumait, il y a peu, à la passivité.Un sursaut aujourd\u2019hui est perceptible, telles des végétations de lendemains plus mûrs.CONTRAINTE ÉCONOMIQUE.Le revenu annuel per capita est mince.Le paysan surtout vit au jour le jour, «à battre de l\u2019eau pour faire du beurre».La paupérisation s\u2019exprime en tout: habitat, appareil vestimentaire, alimentation.«Il est facilement voleur, menteur, immoral», dit-on souvent.Propension naturelle?.Sûrement pas! Si «ventre affamé n\u2019a point d\u2019oreilles», il n\u2019a pas non plus de morale.IGNORANCE, a) Intellectuelle: Analphabétisme! Et pourtant quelles ressources inexploitées! Notre tâche?(Cf Décret sur l\u2019activité de l\u2019Église missionnaire, no 12; Constitutions sur l\u2019Église dans le monde, no 60, par.3).b)\tTechnique: Elle est encore inquiétante tant au point de vue agricole qu\u2019artisanal.Et alors?.(Voir Const, sur l\u2019Église, no 66).c)\tReligieuse: Immense elle aussi cette ignorance! Il y a superposition de valeurs, mais pas d\u2019imprégnation ni d\u2019absorption consciente et réfléchie; il y a bon voisinage \u2014 au mieux \u2014 mais pas d\u2019union vitale entre ce que les masses sont vraiment et ce qu\u2019est vraiment la Religion.DISCIPLINE.On doit admettre le fait d\u2019une conception étriquée de l\u2019autorité et de l\u2019obéissance.Autant l\u2019Haïtien, dit-on, est docile aux forts, autant il peut être dur pour les faibles.Les abus d\u2019autorité sont fréquents.Pour prouver sa «puissance», le nanti se passe des lois ou les bafoue effrontément.Il faut donc enseigner le sens de la discipline et le respect de la personnalité.LE MILIEU.L\u2019Haïtien est fortement marqué par le milieu ambiant: il en est conditionné.Aussi est-il souvent pétri de respect humain.L\u2019individu s\u2019efface souvent devant et dans le groupe où il se noie et dont il attend trop.Seul, il est désemparé, d\u2019où une certaine passivité, un manque de responsabilité (infidélité aux engagements, abandon des convictions que ne partage pas le groupe, idôlatrie des traditions.) L\u2019on pressent, n\u2019est-ce-pas, ce qu\u2019il y a à faire?ÉDUQUER.Nous avons essayé de cerner quelques aspects, à notre avis, primordiaux de l\u2019ensemble qui constitue la «mentalité haïtienne».Nous avons eu le souci d\u2019être vrai.Si nous nous sommes trompés, c\u2019est de bonne foi.Évangélisateurs, gardons-nous donc de nous fourvoyer en nous conduisant en «potentes» incontestés, parlant et agissant «ex cathédra».Cette attitude corrosive est vouée à l\u2019échec: l\u2019Haïtien est facilement heurté quand on lui impose quelque chose de haut.N\u2019a-t-il rien à apporter?.Creusons et nous lui arracherons quelque chose.Cette barrière franchie, un autre danger nous guette: celui de devenir purement et simplement des ethnologues ou des sociologues.Il faut davantage.Une fois la mentalité découverte, il ne suffit pas d\u2019y adapter le message, mais, bien plus encore, son propre comportement, dans une rencontre fraternelle et amicale, évangélique quoi ! Attitude où l\u2019on marie à l\u2019adaptation de la Parole celle du Héraut, porteur de la Bonne Nouvelle.181 HAITI ÉDUCATION RÉFORME DE L\u2019ÉDUCATION EN HAÏTI Sous l\u2019habile direction du Secrétaire d\u2019État, M.le Dr Raoul Pierre-Louis, le Département de l'Éducation Nationale vient d\u2019entreprendre une série de Réformes dans ce secteur.Monsieur le Ministre a exposé ses principaux objectifs dans un discours qu\u2019il a prononcé à l\u2019Institut Pédagogique National le 25 mai dernier.Avec son autorisation, nous publions ce texte.OBJECTIFS GÉNÉRAUX Conformément aux objectifs généraux de développement du pays, le Département de l\u2019Éducation Nationale vise tout particulièrement dans son programme de rénovation du système éducatif haïtien, au cours des prochaines années, à la réalisation des quatre objectifs prioritaires suivants: \u2014\tAugmenter le nombre des écoles pour une politique de constructions scolaires réalisées plus particulièrement avec l\u2019assistance de la Banque Mondiale, l\u2019UNICEF, etc.\u2014\tAugmenter le nombre et la qualité des maîtres en utilisant notamment les ressources de l\u2019Institut Pédagogique National et de l\u2019UNESCO.\u2014\tRemettre en forme le système administratif de l\u2019éducation avec notamment l\u2019assistance de l\u2019UNESCO dans le cadre du Projet « Éducation pour le Développement».(Planification de l\u2019Éducation, Administration, Statistiques) \u2014\tRefondre les contenus et programmes éducatifs en commençant par l\u2019enseignement primaire, normal et non-formel.Cette refonte se fera également avec l\u2019assistance de la Banque Mondiale et de l\u2019UNESCO.A cet effet, un «Comité de Curriculum» fonctionnant à l\u2019Institut Pédagogique national est déjà chargé de définir les nouveaux contenus répondant plus précisément aux besoins du milieu socio-culturel haïtien ainsi qu\u2019aux priorités de développement socio-économique du pays.L\u2019éducation ne peut plus en effet rester seulement élite et humaniste, mais doit devenir aussi un investissement planifié et contrôlé.REFONTE DU CURRICULUM DES ÉCOLES PRIMAIRES Il s\u2019agit là d\u2019une première phase de rénovation et d\u2019adaptation des curricula qui se poursuivra dans la suite par une remise en ordre des curricula de l\u2019enseignement secondaire, technique, professionnel et supérieur.En ce qui concerne la rénovation de l\u2019enseignement primaire, il convient tout d\u2019abord de ne pas perdre de vue que la nouvelle formation donnée dans les écoles primaires s\u2019adressera aux élèves de 6 à 16 ans et comprendra un ensemble de trois cycles ayant chacun des objectifs spécifiques à atteindre: \u2014 UN PREMIER CYCLE de quatre ans accueillera d\u2019abord les enfants de 6 à 10 ans et regroupera l\u2019ensemble des cours préparatoires et élémentaires.Ce premier cycle visera à dispenser un apprentissage essentiellement pratique dans les quatre disciplines fondamentales de base: langage, lecture, écriture et calcul.Il devra en même temps aider l\u2019enfant à s\u2019identifier par rapport à la fois: à la société (à sa famille, à son école, à sa communauté.) à la nature (à son milieu, à son environnement), à ses aptitudes (intellectuelles, motrices, sociales, affectives, etc.) Tout au cours de ce premier cycle seront donc particulièrement développées des facultés d\u2019observation, d\u2019imagination, de mémorisation, d\u2019expression et aussi de jeu.On encouragera également un certain esprit d\u2019initiative et d\u2019indépendance en relation avec d\u2019autres qualités aussi nécessaires de discipline et d\u2019obéissance.Il s\u2019agit au contraire de privilégier, avant tout, de réelles dispositions à s\u2019exprimer spontanément (oralement ou par écrit) qu\u2019une étude trop prématurée de la syntaxe risque de paralyser.À l\u2019issue de ce premier cycle, et pour les élèves qui ne pourront pas accéder au cycle suivant, un certain nombre de débouchés leur seront offerts en matière de formation professionnelle: centres d\u2019artisanat (agricole, artisanal, industriel, etc.) que déjà l\u2019Institut National de Formation Professionnelle va aider à mettre en place dans les différentes régions du pays.UN SECOND CYCLE de trois ans regroupera ensuite les deux cours Moyens (CM1 et CM2) et une année d\u2019observation.Ce second cycle rassemblera les enfants de 10 à 13 ans et sera confié à des maîtres possédant, en plus de leur formation pédagogique certaines connaissances de psychologie de l\u2019enfant et des techniques d\u2019orientation scolaire.182 Au cours de ce second cycle (dialogue initiation) seront surtout développées les aptitudes au raisonnement, à la pensée logique et scientifique, à l\u2019abstraction, au jugement, etc.Un effort particulier sera fait dans les domaines des sciences d\u2019observation en amenant notamment l\u2019enfant à observer, identifier et classer, (sciences naturelles, géographie).On développera aussi son sens de curiosité et de la recherche en l\u2019amenant à réaliser certains travaux personnels d\u2019enquête.Enfin on lui donnera essentiellement le goût de la lecture et de la réflexion par la pratique de la lecture dirigée et commentée.Dans le même temps, les enfants recevront une initiation aux travaux manuels, au sport, à la musique, au chant, à la danse, de façon à révéler toutes les dispositions naturelles ou potentialités susceptibles d\u2019être développées par la suite.À l\u2019issue de ce second cycle, une «Attestation de scolarité» sera délivrée aux élèves qui auront suivi régulièrement les deux premiers cycles de formation et qui auront donné satisfaction dans leur travail.L\u2019examen traditionnel du certificat d\u2019études sera supprimé puisqu\u2019il ne représente plus qu\u2019une épreuve de sélection pour l\u2019enseignement secondaire.Au lieu «d\u2019organiser», le Département de l\u2019Éducation Nationale «dirigera» l\u2019évaluation des résultats de l\u2019enseignement primaire en s\u2019attachant davantage à la reconnaissance des compétences et du mérite qu\u2019à la sélection.Enfin, l\u2019année d\u2019observation permettra, elle aussi, d\u2019apprécier la valeur des élèves et de les orienter en fonction d\u2019abord de leurs résultats, mais aussi de leurs aptitudes et de leurs goûts.Elle permettra de les diriger soit vers le troisième cycle d\u2019enseignement primaire, soit vers un certain nombre d\u2019écoles de formation professionnelle du type «école professionnelle des Salésiens».UN TROISIÈME CYCLE de trois ans terminera enfin la formation au niveau de l\u2019enseignement primaire et sera réservé aux enfants de 13 à 16 ans.Ce troisième cycle reprendra dans ses grandes lignes le programme de préparation du Brevet Élémentaire.Il prévoira également l\u2019étude de deux langues étrangères.Un diplôme sanctionnera alors l\u2019ensemble des études du cycle primaire.A l\u2019issue de ce troisième et dernier cycle de l\u2019enseignement primaire, l\u2019élève aura alors la possibilité d\u2019accéder à un type de formation technique et professionnelle de bon niveau, constitué par l\u2019enseignement dispensé par les Collèges techniques: J.B.DAMIER, CANADO-HAÏTIEN, les écoles VOCATIONNELLES Agricoles, les Écoles moyennes d\u2019agriculture, les Écoles Normales, l\u2019École de Conservatoire de musique ou d\u2019art dramatique, etc.Ceux qui seront aptes à poursuivre les études académiques accéderont au premier cycle de l\u2019enseignement secondaire puis aux études universitaires. CHOIX DE LA LANGUE D\u2019ENSEIGNEMENT: En attendant les résultats des recherches du Centre de Linguistique appliquée, l\u2019enseignement continuera à être dispensé en français, mais en laissant la possibilité d\u2019enseigner en créole certaines disciplines, au cours du premier cycle.De toute façon, une pédagogie rénovée de l\u2019enseignement du français devra être mise en application, à l\u2019image des émissions de langage de la radio éducative, basée sur les études comparatives entre le créole et le français.En outre, certaines expériences d\u2019enseignement complet, en créole, au niveau du premier cycle, pourront être réalisées pour vérifier les avantages qu\u2019apporterait un tel choix, étant entendu que durant toute la période d\u2019enseignement en créole, une initiation au français oral serait dispensée régulièrement pour permettre ensuite de reprendre le cours normal de scolarité en français.Il semble qu\u2019une telle formule offrirait le double avantage d\u2019une part, de fixer solidement les apprentissages de base réalisés en créole en matière de lecture, écriture et calcul et d\u2019autre part, d\u2019amener ensuite à une meilleure maîtrise du français lui-même.PLACE ET RÔLE DE LA RADIO ÉDUCATIVE La radio éducative qui diffuse régulièrement chaque jour des émissions éducatives destinées tant à l\u2019enseignement primaire (maîtres et élèves) qu\u2019à l\u2019enseignement non-formel (éducation communautaire de l\u2019ONAAC) devra constituer un instrument privilégié de mise en application de la rénovation du système scolaire.Elle sera à la fois un instrument d\u2019APPUI (auprès des maîtres) et visera à l\u2019amélioration aussi bien qualitative que quantitative de l\u2019enseignement.Elle s\u2019adressera donc dans tous les cas à des publics préalablement choisis, formés et organisés en groupe d\u2019écoute: \u2014 À améliorer la QUALITÉ de l\u2019enseignement, notamment dans certaines disciplines encore difficiles à maîtriser par les maîtres, telles que le LANGAGE (passage du créole au français oral), l\u2019ÈTUDE DU MILIEU (pédagogie des sciences et du calcul directement tirée du milieu haïtien et des grandes activités de déve- loppement du pays), certaines DISCIPLINES D\u2019ÉVEIL, l\u2019HISTOIRE et la CULTURE D\u2019HAÏTI, CHANT, etc.\u2014 A AUGMENTER LE NOMBRE DE MAÎTRES et à améliorer leur formation en préparant et organisant des groupes éducateurs utilisant la radio et un système de documentation écrite et de démonstration.Cette formation pourra s\u2019adresser: a) aux maîtres déjà en service n\u2019ayant jamais reçu de formation professionnelle, à raison de cinq heures d\u2019émission par semaine; b) aux postulants à la fonction enseignante qui seront formés parallèlement au système classique des écoles normales, au moyen d\u2019un programme radiophonique hebdomadaire qui sera néanmoins préparé avec ces écoles normales et dont la durée reste à déterminer; c) aux maîtres déjà formés, mais ayant besoin de perfectionnement ou de recyclage, à raison de deux heures d\u2019émission par semaine.La Radio Éducative répondra ainsi à l\u2019un des voeux du Plan quinquennal, à savoir qu\u2019il convient d\u2019assurer la formation d\u2019environ 900 maîtres par année alors que les capacités actuelles des Écoles Normales ne permettent pas d\u2019en former plus de 200.Enfin, la Radio Éducative, en tant qu\u2019élément du Projet «Éducation pour le développement», relève à la fois de la double tutelle de la direction de la Station nationale et du Département de l\u2019Éducation nationale.Aussi, en plus de la réalisation des émissions proprement pédagogiques et sociales qui sont de sa responsabilité, la Radio Éducative pourrait-elle participer dans le cadre général des programmes d\u2019information éducative et de motivation de la Station Nationale à des séries de programmes sur la politique générale de l\u2019éducation en Haïti (les réformes en cours, la durée des études, les examens, les débouchés, les langues d\u2019enseignement, les livres, les honoraires, etc.).Ces séries destinées au grand public (parents, élèves, éducateurs, responsables de services de formation, libraires, sociologues, économistes, etc.) devraient de préférence être réalisées en forme de «table ronde» permettant ainsi de connaître et de répondre à l\u2019ensemble des préoccupations de ceux qu\u2019intéressent le plus directement les problèmes de devenir de l\u2019éducation.184 HAÏTI MUSIQUE * } par Jean Franck Saint>Cyr La musique populaire est liée à toutes les étapes de la vie du peuple haïtien.Les moments de joies, de peines, de colère, etc.sont exprimés par des airs populaires.Jean Price Mars définit le peuple haïtien: «un peuple qui chante et qui souffre, qui peine et qui rit, qui danse et se résigne».Et Jean Fouchard disait: «Une de nos caractéristiques est la danse ou le chant qui accompagne tous les actes de notre vie quotidienne, nos moindres gestes.Nous sommes un peuple qui chante et qui danse de la naissance à la mort, dans nos plaines, dans nos montagnes, pour la joie, pour la peine, pour la terre qui craquelle, pour la rosée et pour la pluie, pour apaiser la faim, pour célébrer la marmite bouillante, le lourd épi, les nuits de lune et les matins de lumière.»1 Ainsi, sur un fond folklorique, les différentes mélodies provenant de nos masses paysannes forment la source intarissable de notre littérature musicale.«Cette source intarissable, disait Emmanuel C.Paul, est un fond encore vierge qui attend d\u2019être exploité malgré quelques tentatives assez louables».Des classiques haïtiens, un Justin Elie, un Occide Jeanty, un Ludovic Lamothe, s\u2019en sont quelquefois inspirés et ont produit d\u2019excellentes oeuvres ».Mais il faut attendre l\u2019historique mouvement indi-géniste que dirigera le Dr Jean Price Mars, auteur de l\u2019immortel Ainsi parla l\u2019Oncle, pour qu\u2019on puisse comprendre qu\u2019il y a en Haïti de très belles promesses d\u2019une forme d\u2019art originale.Dans les années «40», le développement du Tourisme a fini par mettre cette vérité en évidence.Des troupes se sont formées.Des intellectuels d\u2019avant-garde, des hommes d\u2019action lucides ont, par leurs talents et leur savoir-faire, aidé à l\u2019expansion du mouvement.On ne peut pas oublier les noms de Robert Baussan, de Jean Brierre, de Pierre Chauvet; comme dirigeants du tourisme à l\u2019époque, ils ont beaucoup travaillé dans ce sens.Le gouvernement Dumarsais Estimé, de son côté, n\u2019y est pas resté indifférent.Il entretint une troupe folklorique nationale, un théâtre populaire, deux musées d\u2019art et de tradition populaire, auxquels il revient de conserver ce patriotisme.L\u2019exemple tracé par ces patriotes a été si bien suivi que l\u2019Haïtien a été pris tout d\u2019un coup d\u2019une sorte de «chauvinisme».C\u2019était un revirement et dans les gestes et dans les attitudes.On était pris de sympathie et d\u2019amour pour l\u2019île enchanteresse et c\u2019était un engouement de communier avec la vie du paysan, de la lavandière, en un mot, avec tout ce qui fait partie du terroir.Aussi, apparurent sur la scène les artistes les plus talentueux: Martha Jean-Claude, Lumane Casimir, Emérante Des-pradines, Michel Desgrottes, Guy Durosier, les frères Duroseau, Ernest Lamy, Rodolphe Legros, etc.et des jazz: Chancy, Rouzier, Issa El Saich, Scott, François Guignard, des jeunes, Septentrional, etc.Notre folklore était en honneur et notre musique populaire avait connu un élan tel que dans tous les recoins du pays, on fredonnait certains refrains du terroir (Haïti Chérie, de Othello Bayard, Choucoune, de Michel Mauléart Monton).Mais, malgré les efforts qu\u2019avaient faits ces musiciens, l\u2019avenir artistique et national de notre musique populaire nous paraît bien incertain.Car les nouveaux venus ne semblent pas pressés de posséder le métier à toute épreuve que les meilleurs de leurs aînés avaient acquis dans les techniques de production.On les voit trop souvent aller aux plus superficielles des dernières modes, aux exhibitions para-musicales qui peuvent plus ou moins masquer, pour la durée d\u2019une soirée, mais pas davantage, l\u2019inanité d\u2019une partition, tandis que la richesse de notre folklore, provenant d\u2019une source intarissable dont les anciens ont goûté la douce saveur, est de nos jours rêvée par les adultes et inconnue par la jeunesse.La musique populaire haïtienne, grâce et parure du pays, est l\u2019arme innocente avec laquelle on peut réaliser le plus de bien possible.Éveiller les masses, diriger leurs pensées, leurs efforts vers le beau, tel est le but honnête que doivent viser les musiciens d\u2019Haïti.Mais pour pouvoir se placer dans une telle contexture, il faut que nos musiciens cherchent l\u2019inspiration musicale haïtienne dans le folklore haïtien.1 Jean Fouchard, La méringue, Coll.«Caraïbes», 1973.185 L\u2019Année Internationale de l\u2019Enfant «Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même» (Mc 9:37) .* 186 HAITI 4 « % ! ARTISANAT par Leconte Moïse L\u2019évolution de l\u2019artisanat en Haïti a fait un bond formidable.Il y a à peine 25 ans, ce que l\u2019on produisait dans le pays se résumait à quelques chapeaux, des paniers, des macoutes, des chaises, etc.Ces articles ne présentaient pas de fini, on s\u2019en servait pour l\u2019usage ordinaire.Peu à peu, le goût de l\u2019Haïtien a évolué au point de pouvoir créer.Les touristes qui nous visitent achètent de nous et nous avons été obligés de diversifier la production pour pouvoir maintenir le marché.Chaque fois que l\u2019artisan fait un travail, il cherche à produire quelque chose qui pourra lui rapporter un peu plus d\u2019argent.et il crée.C\u2019est ainsi que l\u2019artisanat finit par connaître ces jours-ci un essor raisonnable.Nous avons chez nous des matériaux à profusion \u2014 l\u2019essentiel est de les transformer.Plus nous aurons des artisans intelligents, plus le travail sera appréciable.Toutefois, un point reste important: c\u2019est l\u2019encadrement technique.Seul un bon encadrement peut aider à l\u2019amélioration de l\u2019artisanat chez nous.Ici, à Damien, nous sommes décidés à former tous ceux qui le veulent de manière qu\u2019ils puissent aussi aider les autres.A ce rythme, nous espérons que d\u2019ici une dizaine d\u2019années, notre artisanat connaîtra des jours meilleurs.Note: M.Leconte Moïse est Responsable du Centre de formation artisanal du DARNDR (Division de l\u2019Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural).-SÆ'' 's/*/ 5s >*' y.\" ^\t.J* ¦% y /\t-' j *¦\t^ HAITI ASPECT CULTUREL par Louis Gabriel Blot LE VAUDOU Chaque peuple est marqué par un trait culturel qui est comme sa marque de fabrique.Cet élément qui fait la spécificité de l\u2019Haïtien est ce qu\u2019on appelle le vaudou.On en a tant parlé! En bien comme en mal.Dans un simple article de revue, il est très difficile de cerner cette réalité complexe et vitale de l\u2019homme haïtien.Quel qu\u2019il soit, l\u2019Haïtien en est marqué dans son être intérieur d'une façon ou d\u2019une autre.Cependant, dans une approche bien simpliste, nous allons voir ce qu\u2019il en est.En effet, une vision profonde du vaudou n\u2019est pas trop facile aux intellectuels qui écrivent sur ce sujet car ils ne sont pas toujours vaudouisants.Ils vivent plutôt pour la plupart, comme la grande majorité des Haïtiens, d\u2019un syncrétisme religieux.C\u2019est pourquoi il n\u2019est ni osé, ni trop fort de parler de façade dans la vie religieuse de ce peuple.Dans la vie sociale et publique, c\u2019est la bonne dévotion, c\u2019est la participation au culte, c\u2019est l\u2019observance du dimanche; et dans la vie privée, c\u2019est le «sôlôkôtô», le «babaco».Et toute l\u2019ironie de cette bivalence nous est rapportée par l\u2019artiste Maurice Sixto dans La petite veste de galerie de papa.Est-ce la conséquence d\u2019une évangélisation à la légère et mal à point?Une évangélisation qui n\u2019a pas tenu compte des dimensions sociales, culturelles et politiques de ce nègre transporté d\u2019Afrique en Amérique et vivant sous le fouet de l\u2019Européen?En tout cas, le vaudou reste pour l\u2019Haïtien une réalité vitale.Comme nous le disions, ceux qui vivent l\u2019essence du vaudou n\u2019écrivent pas à ce sujet car ce ne sont pas les intellectuels, mais des analphabètes pour la grande majorité.Et nos ethnologues n\u2019ont pas encore tout percé de ce mystère car il y a des rites et des cérémonies secrètes où ne sont acceptés que des initiés.En effet, on se dit souvent: vaudou, est-ce bon ou mauvais?La relativité des goûts et des cultures ne nous permet pas de porter un tel jugement.Pourtant, nous pouvons le voir sous deux aspects.D'abord, nous pouvons dire que tout dans le vaudou n\u2019est pas superstition, tout n\u2019est pas cérémonie rituelle.Il y a cet aspect de récréation que nous ne devons pas oublier.Le paysan n\u2019a pas de télévision.Il n\u2019a ni cinéma, ni bal, ni grand boulevard.C\u2019est pourquoi il est obligé de «fouiller» son vaudou.Et là, c\u2019est la rencontre fraternelle, l\u2019échange, la danse et la détente.L\u2019autre aspect qui est plus important et qui intéresse davantage est son rapport avec la religion, ou plus précisément, la religion catholique.En effet, le vaudou en lui-même est une religion.Il a une hiérarchie, un sacerdoce, un culte, une morale, etc.Cependant, dans sa pratique, il est comme un décalque du catholicisme.Ses dévots ou serviteurs croient en l\u2019existence d\u2019un Dieu unique, le «Gran Mèt».Mais pour eux, ce dernier est si loin, si occupé qu\u2019il ne faut pas le déranger.Il faut donc passer par des intermédiaires et il est comme un dieu de dernière instance.Et les intermédiaires, les «loas», correspondent presque chacun à un saint de notre religion catholique.Les images de nos saints les plus exploités par cette religion du vaudou sont: Saint Jacques, Notre-Dame du Mont-Carmel, Sainte Anne, Saint Louis, La Vierge Marie, Saint Patrick, Saint Yves.On ne saurait entrer dans un sanctuaire, dans un temple vaudou, un houmfort, sans trouver une image de saint, parfois même une statue.Et sans vouloir accuser les vaudouisants de complicité dans les vols d\u2019église, on peut se contenter de relater qu\u2019on rencontre facilement chez eux des ornements et vases liturgiques catholiques.Et la condition sine qua non de l\u2019action d\u2019un loa, d\u2019un prêtre du vaudou, d\u2019un bocor sur quelqu\u2019un est qu\u2019il soit baptisé.À chacune des grandes fêtes du catholicisme, à chaque sacrement correspond une cérémonie dans le vaudou.C\u2019est juste pour dire combien les rapports sont grands et imprègnent toute la vie religieuse de l\u2019homme haïtien.Une situation qu\u2019il faut changer?Peut-être! Conséquence d\u2019une mauvaise évangélisation?Certainement! Un fait culturel qu\u2019il faut combattre et rayer?Non! Mais que les responsables de l\u2019évangélisation en Haïti doivent connaître pour pouvoir l\u2019exploiter et concevoir une nouvelle politique d\u2019évangélisation, une approche non importée, mais une approche vraiment haïtienne du christianisme.188 HAITI LOISIRS par Dr Jeanne Philippe » (Extraits d\u2019une conférence donnée en avril 1974 lors du Premier Séminaire National pour Femmes Dirigeantes.Publiée avec l\u2019autorisation de l\u2019auteur qui a révisé le texte.) Avec la plupart des auteurs, nous divisons la société haïtienne en trois classes: la classe paysanne \u2014 80% de la population totale \u2014, la classe moyenne \u2014 15% de la population \u2014, la classe aisée \u2014 5% de la population.(.) Dans notre étude, nous plaçons les classes dominantes rurales formées de commerçants, fonctionnaires publics, professionnels, dans la classe moyenne.Cette classe est à cheval entre la ville et la campagne.Les enfants vont tous en classe dans les grandes villes et ses résidences s\u2019y trouvent aussi.La classe rurale basse et les couches moyennes rurales forment donc cette classe paysanne.Le paysan connaît de longues heures de loisirs.Il joue aux cartes, il «tire des contes» (raconter des histoires), il joue des saynètes, il se livre à des répétitions de mots cumulatifs, aux devinettes, il assiste aux combats de coqs, aux veillées mortuaires, etc.Les veillées mortuaires sont des événements très importants qui réunissent un grand nombre de personnes.Elles sont l\u2019occasion de rendre des hommages au mort, et aussi de se divertir.Dès que quelqu'un meurt, un membre de la famille pousse «un rèle» qui est un cri strident; les voisins arrivent les uns après les autres pour offrir leurs condoléances et repartent après quelques minutes.Les amis les plus intimes restent et offrent leurs services à la famille éplorée.Ils aident à préparer la veillée, ils apprêtent des infusions de verveine pour ceux que le deuil a frappés et leur mettent au front du marc de café enveloppé d\u2019un tissu blanc.Les pleureuses professionnelles restent et crient jusqu\u2019à ce que le mort soit sous la terre.C\u2019est ainsi que quand une pleureuse est seule à crier et qu\u2019elle doit se déplacer, elle dit à une femme: «kinbé rélé la pou moin» (continuez le cri à ma place).À la tombée de la nuit, les voisins et amis arrivent et la veillée commence.Les paysans se livrent à des activités différentes.Un choeur chante des cantiques catholiques appropriés à la circonstance, un groupe échange des devinettes, un autre groupe joue aux cartes.Le tout est arrosé de «thé» (infusion) de gingembre, de cannelle, etc.et aussi de «tafia» (boisson alcoolisée).On ne se sépare qu\u2019au lever du soleil, content d\u2019avoir bien honoré le mort et de s\u2019être bien amusé.Le paysan haïtien se livre au combat de coqs dans des terrains aménagés à cet usage appelés «gaguères».Les propriétaires de coqs parient une somme variable suivant leur fortune et les qualités du coq.Les assistants parient aussi.Au cours de ces combats, on discute beaucoup, on boit et on anime les coqs du geste et de la parole.Un coq de combat est très bien entretenu par son propirétaire qui lui donne du lait, des oeufs, des vitamines, etc.Le carnaval paysan ou «rara» a lieu les samedis et les dimanches de carême.Il dure toute la nuit et les gens s\u2019habillent de couleurs voyantes.Ils dansent au son du tambour qu\u2019accompagne un choeur féminin «chanterelles».Le groupe est appelé «bande» et a un roi revêtu d\u2019un costume [> J ¦ pailleté, d\u2019un manteau et d\u2019une couronne.Il s\u2019y trouve parfois d\u2019autres dignitaires qui sont souvent plus nombreux que les membres non gradés.Les contes, les devinettes, les saynètes traduisent tous la grande sagesse de ce peuple qui, quoique illettré, est très intelligent.Les coumbites organisées dans le but de travailler sont aussi une occasion de se distraire.Une des formes est très courante dans les campagnes éloignées et entre les paysans pauvres.Celui dont le jardin est prêt à être ensemencé annonce à ses amis que tel jour, il organise une coumbite.Le jour dit, il sonne le Iambi dès l\u2019aube et ses amis s\u2019empressent d'arriver.Leur nombre est variable, environ cinquante.On distribue un petit «grog» (boisson alcoolisée).Le tambourineur et le Simidor animent les autres qui dansent et chantent.La journée se termine par un repas à trois ou quatre heures de l\u2019après-midi.Dans ce cas, chacun des participants a droit à une journée de la part de celui qui a organisé la coumbite et on ensemence ainsi les jardins de tous les voisins.Cette forme de coumbite est une entraide entre voisins.Le groupe est formé solidement et comme certains auteurs le pensent, on peut parler de coopératives entre ces paysans.Dans une autre coumbite, celui dont le champ est prêt à être ensemencé appelle ses voisins.Ils ensemencent et à la récolte, il leur donne une partie des produits du jardin.La chanson suivante raconte l\u2019histoire d\u2019un homme qui appelle ses amis à la coumbite: \t1er couplet Lapli tombé\tOua rélé Mésié yo Tè moin rouzé\tPou vi\u2019n aidé\u2019n travay Moin pral travay\tLè ma rékolté (bis) Kouzin oua sonnin\tMa séparé avè yo\t Iambi pou moin\t2e couplet Rélé rélé\tSéklé moin pa ouè yo Souflé souflé\tPlanté moin pa ouè yo Moin pa ouè yo\tlè ma rékolté lakay A A\u2019 moin pralé\tMa fè yo malonèt (bis) paré pou yo\tMoin paré pou yo \tTraduction Il a plu, Ma terre est arrosée\t Je vais travailler,\tCousin, sonne le Iambi Appelle les amis Pour qu\u2019ils m\u2019aident à travailler A la récolte.Je leur donnerai leur part.\t On appelle, on appelle.On souffle, on souffle Je ne les vois pas, Ah! Ah! je les attends Quand je sarcle, je ne les vois pas Quand je sème, je ne les vois pas.A la récolte je les chasserai.Je les attends.\t Voici une troisième forme: un «gros habitant», c\u2019est-à-dire un des membres de la classe moyenne qui vit de l\u2019agriculture fait une coumbite.Il rassemble les habitués: des paysans pauvres, un choeur de chanteurs et de musiciens.Nous avons assisté une fois à une coumbite organisée par un Monsieur qui habite Pétion-Ville, située à 6 km de Port-au-Prince et dont le terrain est à Frères, à 8 km de sa maison.Une centaine de paysans pauvres étaient réunis par la coumbite.Ils avaient un choeur de dix chanteurs environ, deux tambourineurs, d\u2019autres qui soufflaient dans du bambou et d\u2019autres qui scandaient le rythme à l\u2019aide d\u2019une batterie rudimentaire.Nous ne nous rappelons pas les paroles exactes de ces chansons mais elles exaltaient les qualités de Monsieur et Madame, gros habitants charitables, grands travailleurs devenus riches grâce à la sueur de leur front et non par des moyens magiques.A la fin de la journée, ces paysans reçurent des produits alimentaires et une petite somme d\u2019argent.La bourgeoisie haïtienne connaît les loisirs les plus variés.Beaucoup cultivent l\u2019art pour l\u2019art.La plupart des jeunes filles de l\u2019aristocratie jouent du piano et cet instrument est un meuble presque toujours présent dans les maisons bourgeoises.Certains font de la peinture, de la sculpture ou du ballet classique.Cette classe pratique le sport.Haïti possède des clubs de tennis, de ping-pong, de volley-ball, de basket-ball, etc.Les bourgeois fréquentent les cinémas.On compte une dizaine de salles, dont quelques-unes très «chic», où l\u2019on se rend le soir, en tenue de ville pour des pièces de théâtre, des concerts, etc.On y assiste par goût et aussi par snobisme.Ces bourgeois vont aussi se baigner sur les plages dont certaines sont entretenues et fréquentées par un public distingué.Beaucoup de maisons ont une piscine autour de laquelle se réunissent les baigneurs.On cause, on déguste des boissons glacées entre deux plongeons.Les promenades en voitures sont très à la mode.Les couples ou les familles longent la Cité de l\u2019Exposition, l\u2019Avenue Jean-Jacques Dessalines ou la route de Delmas.Cette promenade est entrecoupée d\u2019arrêts devant les restaurants où des garçons viennent servir la crème glacée, les sandwichs ou le plat national «griot» et «banane pesée».Les couples vont parfois danser dans des boîtes de nuit très sélects.La danse est entrecoupée de spectacles offerts par des artistes haïtiens ou étrangers.Une vie intellectuelle très active circule à Port-au-Prince et les conférences qui se donnent le soir sont en même temps des rencontres mondaines.(.) L\u2019élite haïtienne riche, instruite, raffinée, vit dans le luxe et occupe bien ses loisirs.La classe moyenne, divisée en couches, copie la classe aisée, a les mêmes distractions qu\u2019elle, les mêmes goûts, les mêmes systèmes de référence.Cependant, certaines distractions sont chères; ceci explique pourquoi l\u2019individu de la classe moyenne en a moins que le «bourgeois» et le paysan.Cette classe est tournée vers l\u2019Occident dont elle emprunte le mode de vie et la pensée.La majorité du peuple haïtien, faisant partie de la classe paysanne, nous pouvons conclure avec Price Mars que «l\u2019Haïtien est un peuple qui chante et danse».190 HAITI >.s i ) ART CULINAIRE par Mme Gilberte Paillère Benoit L\u2019Art culinaire, cette science plus que millénaire, est tellement apprécié en Haïti qu\u2019il préside à toutes les manifestations de sa vie de peuple, en toutes circonstances et dans tous les domaines: familial, religieux, social, culturel et politique.Au départ, la Cuisine était pratiquée dans nos campagnes par la mère de famille, aidée de ses enfants, filles et garçons.Dans nos villes et bourgs, toujours par ces dévouées mamans de la classe pauvre.Dans la grande majorité, cette tâche était confiée à des femmes humbles, ne sachant ni lire, ni écrire, et qui, cependant, par la pratique régulière et quotidienne, exerçaient le métier de cuisinière avec une telle maestria qu\u2019elles étaient nombreuses les cordons bleus qui permettaient à plus d\u2019un de goûter avec plaisir aux délices de la table.Quand trouvons-vous les traces de l\u2019Art Culinaire dans le domaine éducationnel?Nous devons remonter à la fin de la première moitié du XIXe siècle.En effet, c\u2019est vers 1845 qu\u2019un pensionnat pour jeunes filles fut fondé et sa Directrice, Madame Joseph Courtois, y introduisit «Les Arts Ménagers».En 1880, une nouvelle institution fut fondée et sa direction confiée à Madame Argentine Bellegarde Foureau.Elle inclut dans son programme des cours de «Cuisine et Pâtisserie».En 1913, une section d\u2019Arts Ménagers était intégrée à l\u2019École Elie Dubois.À l\u2019exemple de cette institution, nombre d\u2019Écoles Professionnelles et Nationales introduisirent dans leur programme d\u2019enseignement un cours d\u2019Économie domestique.C\u2019était le départ.Dans les salons et réceptions, tous mangeaient avec délices, mais un nombre plutôt restreint s\u2019adonnait à cet art.Sa pratique, dans certains milieux, était non seulement méconnue, mais méprisée.Néanmoins, cet art si utile et tellement passionnant a fait son «bonhomme de chemin» au fur et à mesure dans le milieu haïtien.Vers les années «42», Mme Luc Chancy ouvrit le premier cours de «Cuisine, Pâtisserie et Bar».Deux années après, son élève, Mlle Gilberte Paillère, l\u2019imita.Dans les cercles mondains et littéraires, on en parla avec abondance et c\u2019était, à qui mieux mieux, les éléments les plus réticents, les plus réfractaires qui fréquentèrent ces cours, afin de devenir des femmes utiles à leur famille et à la société.Vers les années «53-54», c\u2019était l\u2019ouverture de l\u2019École Hôtelière d\u2019Haïti.Et depuis lors, les Écoles d\u2019Arts Ménagers, tant privées que nationales, se multiplièrent à un rythme tel que nous comptons actuellement, à Port-au-Prince seulement, plus d\u2019une cinquantaine d\u2019écoles privées, à part les Écoles Nationales de > ; 191 filles un peu plus nombreuses encore.Même les écoles privées mixtes ont tendance à avoir une section d\u2019économie domestique comprenant aussi les garçons.Cependant, ces derniers sont d\u2019un très faible pourcentage par rapport au nombre élevé de filles.Nous ne perdons pas l\u2019espoir de voir dans un avenir pas trop lointain le sexe fort se joindre à nous et, comme nous, sans complexe aucun, en tablier et bonnet blancs, pour devenir de vrais disciples d\u2019un Savarin, d\u2019un Carême, d\u2019un Escoffier, d\u2019un Dubois et plus près de nous, de notre grand contemporain, Raymond Thuilier, ce Prince de la Gastronomie, surnommé par ses élèves, «Seigneur des Baux», qui tourne le dos à la politique, au commerce, à la peinture, pour pratiquer, jusqu\u2019à nos jours \u2014 car il vient de fêter son 82e anniversaire au milieu de sa brigade d\u2019étudiants qu\u2019il appelle «ses enfants» \u2014 cette science, cet art qu\u2019un Auteur définissait en ces termes: «LA CUISINE N\u2019EST PAS SEULEMENT UN ART GASTRONOMIQUE ET CHIMIQUE, MAIS ELLE EST ENCORE ET SURTOUT UN ART PSYCHOLOGIQUE ET SPIRITUEL».Note: Madame Gilberte Paillère est directrice des Écoles des Arts Ménagers, à Turgeau, à Bourdon (Port-au-Prince), et à Pétion-Ville.MENU POUR FAMILLE HAÏTIENNE POUR LE «RÉVEILLON (nuit de Noël) Cocktail au rhum Bouillon de Cabri Pâté de Noèl Pois et riz «Sauce Ti Malice» (sauce piquante) Bûche de Noël Rhum-Soda Coca-Kola POUR LE 2 JANVIER: (Fête des Aïeux) Crémas au lait évaporé Timbale de poisson Salade avec pois congo Dinde ou Coq rôti paré Banane ou pain Macaroni au gratin Pudding de l\u2019Union Gâteau national Liqueur des Aïeux HAITI CLIMAT par Rita Legrand, m.i.c.Quel est le climat de cette île enchanteresse baignée de lumière?Sa position dans la zone torride sous le tropique du cancer pourrait laisser croire que la chaleur y est excessive et presque insupportable.Il n\u2019en est pas ainsi.La température est généralement chaude: elle varie entre 25 et 32 degrés centigrades.Cependant, elle décroît régulièrement avec l\u2019altitude.Grâce à son relief, le pays ne manque pas de régions où la fraîcheur favorise le travail de l\u2019homme et permet un repos bienfaisant.De plus, l\u2019effet des grandes chaleurs est atténué, comme l\u2019écrit Paul Pereira, «soit par la bienfaisante action alternée des brises de mer et de terre, soit par la position des plaines entre les chaînes de monta- gnes dont les directions presque parallèles provoquent un libre courant d\u2019air dans l\u2019espace intermédiaire, soit encore par la chute des pluies qui, en maintes régions, coïncide avec la saison chaude, soit enfin grâce à la multiplicité des rivières qui influent heureusement sur la température locale».1 Si les températures varient d\u2019une localité à l\u2019autre à cause du relief, elles changent très peu d\u2019une saison à l\u2019autre au point que la différence de température entre le jour et la nuit, 10 à 12 degrés centigrades, est plus grande que la différence entre le mois le plus chaud et le mois le moins chaud, de 3 à 4 degrés centigrades.Ce qui constitue la principale caractéristique du climat haïtien: amplitude diurne forte, amplitude annuelle faible.2 192 f LES SAISONS La succession de quatre saisons nettement marquées comme dans l\u2019Amérique du Nord est inconnue ici.Le climat d\u2019Haïti présente plutôt une succession alternée de deux saisons pluvieuses et de deux saisons sèches.Certaines régions font cependant exception, ne présentant qu\u2019un climat de deux saisons pour toute l\u2019année.Le cours régulier des quatre saisons est réglé par les pluies des vents alizés et nordés que séparent deux saisons sèches.Ce type de climat touche le Nord et le Nord-Ouest du pays, les côtes du golfe de Port-au-Prince et la presqu\u2019île du Sud, du côté de la mer des Caraïbes.La première saison \u2014 avril et mai \u2014 est remarquable par des pluies abondantes.Elle est suivie d\u2019une période de sécheresse d\u2019environ deux mois \u2014 juin et juillet.La troisième période \u2014 août, septembre et octobre \u2014 se caractérise par de fortes pluies et parfois par des cyclones.Tels ceux de 1900, 1915, 1935, 1954 (Hazel), 1958 (Ella), 1963 (Flora), 1964 (Cléo), 1966 (Inez).Véritables vents d\u2019ouragan qui balaient tout sur leur passage.Les voyages sur la mer sont dangereux à cette époque.Beaucoup de marins ont fait l\u2019expérience d\u2019une pénible traversée.Le cycle des quatre saisons se termine par la saison sèche de novembre à mars.Parfois, une pluie vient tempérer la chaleur; parfois aussi, sévit une grande sécheresse qui nuit gravement à l\u2019économie agricole.Quant au climat de deux saisons, il n\u2019est qu\u2019une variante locale de celui de quatre saisons.Il englobe le centre du pays et la côte occidentale de la presqu\u2019île du Sud.Les pluies marquent la période du mois d\u2019avril au mois d\u2019octobre, avec un ralenti en juillet.Et la saison sèche s\u2019étend de novembre à la fin de mars.Si cette présentation des climats vaut pour tout le pays en général, chaque région connaît des particularités.LES PLUIES La précipitation atmosphérique est parfois très différente pour des localités très rapprochées et elle se présente également de façon différente selon les régions et la période de l\u2019année.Tantôt ce sont des pluies fines et continues de longue durée qui ont un effet excellent sur les récoltes.Tantôt elles tombent en violentes averses de courte durée, souvent accompagnées de grands vents, d\u2019éclairs et de tonnerre, causant parfois de grands dégâts aux maisons, sur les routes et dans les jardins.Que de ravages aussi sur certaines montagnes dénudées! Quel risque pour celui qui ose braver la force des rivières en crue! Par contre, comme elles sont bienfaisantes ces pluies ordinaires qui mettent en fête la nature, ainsi que tous ses habitants! VILLÉGIATURE Haïti ne connaît pas la neige et très rarement la grêle.Cependant, certaines régions comme celles de Pétionville, La Boule, Kenscoff, Furcy, grâce à leur basse température, offrent des lieux de villégiature très fréquentés par les Haïtiens et les touristes, surtout durant les périodes de grande chaleur.Ainsi, tout cet ensemble de lumière, de chaleur, de pluies, et de brises fait de ce pays d\u2019Haïti un lieu agréable où l\u2019on aime vivre et célébrer.Références: Géographie d\u2019Haïti, Paul Pereira p.37 La Nation Haïtienne, Dantès Bellegarde L\u2019Espace haïtien, Georges Anglade, p.19. HAITI A L\u2019ECOUTE DES MIC LIMBÉ Camp des Goélands Depuis quelque cinq ans, s\u2019est établie chez nous l\u2019habitude d\u2019organiser un camp de formation pour jeunes filles.Cette année, nous nous proposions d\u2019aller à Hinche, où nos SS.Lise Calixte, Cécile Ménard et Cécile Frappier nous réservaient un accueil des plus chaleureux.Mais, des imprévus nous ont forcées à opter pour le Bas-Limbé.C\u2019est ainsi que le 18 août, douze filles et trois religieuses se laissaient transporter par L\u2019Amitié (camionnette) en direction de ce beau coin de terre qu\u2019est le Bas-Limbé.Après une heure de trajet, nous sommes accueillies par une marmaille gaie, souriante, s\u2019offrant à transporter nos effets du bas de la colline dans les salles de classe qui nous sont réservées.Le thème de notre camp \u2014 «VIVRE, C\u2019EST QUOI?» \u2014 et les sous-thèmes \u2014 «VIVRE, C\u2019EST SE LIBÉRER, C\u2019EST AIMER, C\u2019EST RÉPONDRE A UN APPEL» \u2014 ont dynamisé le groupe dès le premier jour.Les montages «Le Goéland», «Aimer demain» et la récollection ont aussi alimenté notre quotidien durant cette huitaine.«VIVRE, C\u2019EST également FRATERNISER».Nos amis du Limbé venus nous voir ont fourni l\u2019occasion de pratiquer l\u2019accueil.«VIVRE, C\u2019EST AUSSI S\u2019OUBLIER».C\u2019est ainsi que nous avons consacré les après-midis à confectionner des chemisettes et autres vêtements qui seront distribués aux enfants pauvres à NoëL «VIVRE, N\u2019EST-CE PAS AUSSI NOUS ÉMERVEILLER» devant cette nature radieuse, chef-d\u2019oeuvre du Créateur?Voilà pourquoi nous avons passé le dernier jour du camp au bord de la mer où nous avons pris le temps d\u2019admirer l\u2019immensité de l\u2019Océan.«Que c\u2019est bon VIVRE LE CAMP DES GOÉLANDS!», de s\u2019exclamer une participante, il m\u2019a permis de me poser certaines questions et j\u2019espère trouver ma route dans le prochain camp».«Ce camp, de dire une autre, est un grain qui, dans l\u2019avenir, deviendra un grand arbre».Voilà ce qu\u2019a été notre camp: excellent moyen de connaissance réciproque pour les jeunes filles et nous-mêmes et aussi, occasion d\u2019une recherche plus poussée pour l\u2019avenir de ces jeunes.Léna Lagredelle et Monique Pierre, m.i.c.Expérience à RENAUDIN Travaillant auprès de 40 élèves dans le centre du bourg de Roche-à-Bateau, je n\u2019ai pas souvent l\u2019occasion de rencontrer les paysans des sections rurales, gens simples, accueillants, sensibles à la relation interpersonnelle.Je fus donc heureuse d\u2019accepter la proposition que me fit le Père Marquis, notre curé: prendre la responsabilité de la chapelle de Renaudin, dépendant de la paroisse de Roche-à-Bateau, sur la côte sud d\u2019Haïti.Le piéton prend deux heures pour s\u2019y rendre.Les sentiers qui y conduisent longent un petit cours d\u2019eau que l\u2019on traverse cinq fois.On se sent petit au pied de ces hautes montagnes, tantôt verdoyantes et touffues, tantôt dénudées.C\u2019est dans la prière et la réflexion que je cherchai la méthode pour aider les membres de cette Église à se prendre en charge et cela, sans enlever aux chrétiens déjà engagés le rôle qu\u2019ils remplissent déjà.Pour ces gens privés du nécessaire, la satisfaction des besoins matériels immédiats les préoccupe souvent plus que le spirituel.En témoigne leur première question: «Qu\u2019est-ce que tu apportes au peuple?Un centre de couture?» Je leur fis comprendre que mon aide était plutôt spirituelle.Avec le directeur de la chapelle et ses collaborateurs, nous décidions de prêcher une mission pour tous les membres de cette Église.194 Ils proposèrent les points à traiter: «L\u2019Amour appelle l\u2019Amour» \u2014 «Nous formons l\u2019Église.» Comme les disciples, ils allèrent, deux par deux, inviter les gens à la rencontre.Environ 450 personnes répondirent et durant deux fins de semaine (quatre jours), la chapelle fut remplie.Deux laïcs engagés, résidant à Renaudin, se partagèrent les causeries qu\u2019ils avaient préparées avec moi.Je complétai par des exemples et des témoignages de vie.Depuis cette mission, les membres sont plus vivants et plus nombreux aux offices.Dans la préparation de ces rencontres, je suis toujours la grande bénéficiaire: j\u2019approfondis ma foi en voulant aider les autres.Cette mission me dispose donc à ma nouvelle fonction : l\u2019animation dans quatre chapelles de Chantal.Adeline Bony, m.i.c.Mond\u2019Ami à ROCHE-À-BATEAU En 1975, de passage au Canada, j\u2019ai eu le bonheur de rencontrer S.Évangéline Plamondon et de partager son dynamisme missionnaire dans le mouvement «Mond\u2019Ami».J\u2019ai aussi bénéficié de la journée «La Montée des Jeunes» et de l\u2019Envoi Missionnaire à Donnacona.Ces expériences ont imprimé en moi une trace très profonde.De retour à mon pays natal, en Haïti, une pensée hantait mon esprit: celle d\u2019éveiller nos frères à cette dimension missionnaire par le mouvement «Mond\u2019Ami.» J\u2019ai donc semé le grain.Je laisse les deux pionniers du mouvement, Cécile Dumornay et Lanorze Louis-Jean, vous en exposer l\u2019esprit, l\u2019évolution et ses principales activités.Arlette Toussaint, m.i.c.L\u2019Esprit Nous avons formé une équipe-noyau qui vient chaque dimanche se ressourcer afin de rayonner le Message et stimuler les autres à le vivre.Comme je voudrais vous faire vivre également ces moments exquis de la réunion des animateurs! Outre le partage de la Parole, la préparation de la réunion avec l\u2019équipe et, à travers les recherches sérieuses pour trouver le thème de la semaine, les saillies amusantes ne manquent pas de faire irruption pour nous faire goûter plus profondément la joie de l\u2019Amour qui nous unit.Le premier pas est fait et la route à parcourir est encore longue.Mais nous sommes heureux de la poursuivre car l\u2019Ami de tous chemine avec nous en vue de bâtir ce Mond\u2019Ami, Rêve du Père.Cécile Dumornay Un nouvel horizon s\u2019ouvre à notre esprit et à notre coeur.Une concrétisation du grand idéal divin par une prise de conscience, une découverte émerveillée de notre être et de celui de nos frères du bout du monde.Est-il donc un bonheur plus grand que celui de se savoir, avec le Christ, créateur de liens, semeur de joie, ferment d\u2019unité dans le monde! C\u2019est par un bel après-midi de 1975 que S.Directrice nous fit part de son projet de compléter la formation spirituelle de nos jeunes par l\u2019éducation du sens missionnaire.Et ce fut l\u2019éclosion du mouvement « Mond\u2019Ami».Groupés dans la jeep « Roche-à-Bateau», nous essayons, par nos modestes moyens, d\u2019atteindre le plus de frères possible soit par nos prières, soit par le partage de la Parole, des jeux, des gestes d\u2019union avec les plus proches.L\u2019Évangile du dimanche, des revues bi-mensuelles procurent un aliment substantiel pour ces jeunes et les guident lentement par la découverte d\u2019eux-mêmes, vers leur épanouissement, ce qui rejaillit en semence de fraternité.Évolution et Activités Les débuts du mouvement furent très modestes, mais peu à peu, il s\u2019affirma et se développa sous l\u2019impulsion des trois dirigeants.Au cours de l\u2019année 1977-78, les résultats ont dépassé nos espérances.Nos jeunes, plus conscients et plus dévoués, se 195 sont montrés très assidus et plus nombreux aux réunions qui se font chaque dimanche après-midi, de trois heures à cinq heures.Échange sur l\u2019Évangile, travail d\u2019équipe, mise en commun, jeux se partagent les deux heures de rencontre.Depuis un an, nous avons introduit l\u2019étude d\u2019une langue étrangère dans le but de faire saisir aux jeunes la possibilité de dialoguer avec des personnes qui parlent une langue différente de la nôtre.Le message reçu au cours de cette rencontre est ensuite diffusé à toute la gent écolière.Les fêtes missionnaires, les fêtes de Noël et de Pâques, la Semaine des Vocations, la fête des Mères fournissent l\u2019occasion de faire prendre conscience aux enfants de leur engagement.Des temps forts de rassemblement \u2014 une journée de récollection par an, un camp de trois à cinq jours \u2014 permettent de vivre l\u2019entraide, la solidarité et l\u2019amitié avec des élèves d\u2019autres écoles.Tous ceux qui, comme nous, se dépensent et travaillent à l\u2019épanouissement de la jeunesse, nous vous saluons de tout coeur.Lanorze Louis-Jean, prof.Catéchèse à LA BOULE Depuis quelques années, les réunions de catéchistes étaient en veilleuse.Afin de ranimer la flamme apostolique de nos dévoués apôtres, une session leur a été offerte du 19 au 21 août 1978 par S.Josette Hercule, s.f.a.deuxième responsable du Centre catéchétique du Département du Sud, «SILOE».Y ont participé des représentants des différentes chapelles de la paroisse: Grenier Montagne Noire, Redoute, Soissons, Piron, Fes- sard, Desrivières et quelques-uns de Thomassin.Pour la plupart des participants, la méthode de catéchèse qui leur fut présentée est nouvelle; trois jours ne suffisent pas pour la comprendre à fond, mais comme nous étions entourés de gens courageux, le travail commença dès la distribution des livrets.Tout se déroula en créole.Les sessionnistes ont appris à prier en utilisant les textes bibliques.Les repas du midi leur permirent de se connaître, d\u2019échanger et de se détendre.La troisième journée, le dimanche, ces catéchistes animèrent la célébration eucharistique de 8h30, tout en créole et une substantielle homélie prononcée par S.Josette capta l\u2019attention de tout l\u2019auditoire.Dans l'après-midi, le groupe se dispersa en promettant de se rencontrer tous les quinze jours.S.Junia Monpoint, s.c.s.l., accepta de les faire avancer dans leur formation en leur assurant des cours de Bible.Germaine Lefrançois, m.i.c.V ; p : '¦ Formation des Instituteurs «Éducation pour le Développement», voilà le thème central du Département de l\u2019Éducation Natio- nale dans son programme de rénovation du système éducatif haïtien.Parmi les quatre objectifs généraux prioritaires de cette réforme se retrouve celui d\u2019augmenter le nombre et la qualité des maîtres en utilisant les ressources de l\u2019I.P.N.(Institut Pédagogique National) et de l\u2019UNESCO.En octobre 1976 naissait dans le Sud le projet d\u2019École Normale Professorale.Ce projet de cyclage et de recyclage des instituteurs déjà en service est devenu projet NATIONAL patronné par la C.H.R.(Conférence Haïtienne des Religieux).Affiliés à une des Écoles Normales, des centres annexes sont ouverts dans les différentes localités d\u2019une zone.Au rythme de six à dix heures par semaine, les élèves-maîtres reçoivent des cours de formation académique, professionnelle et pratique, selon le Nouveau Programme des Écoles Normales de 1976.Les cours sont dispensés par des normaliens (professeurs ayant obtenu leur diplôme d\u2019École Normale).Une structure s\u2019imposait pour le bon fonctionnement de ce projet National; ainsi, des RESPONSABLES DE ZONE sont en fonction depuis octobre 1978.Pour la Côte-Sud, je prends part à cette formation des multiplicateurs au niveau de six localités, animant et supervisant les Centres d\u2019École Normale Professorale.Lise Doucet, m.i.c.196 HAITI SANTÉ par Marcelle St-Gelais, m.i.c.En août 1971, une loi décrétait un système de Régionalisation des Services de Santé en Haïti.Ce système régionalisé des services de Santé se définit comme un ensemble d\u2019éléments ordonnés en unités organico-fonctionnelles dénommées «régions sanitaires», susceptibles d\u2019assurer l\u2019usage méthodique des ressources humaines et matérielles des institutions de Santé publiques et privées.Ces unités sont organisées de manière à pouvoir offrir des services de santé intégraux de quantité suffisante et de qualité adéquate et assurer une meilleure couverture sanitaire de la population, à un coût compatible avec les fonds disponibles.Afin d\u2019obtenir l\u2019extension de cette couverture sanitaire, le Département de la Santé Publique et de la Population a entrepris la formation d\u2019un nouveau type de ressources qui serviraient de complément aux ressources déjà existances: l\u2019AGENT DE SANTÉ.L\u2019AGENT DE SANTÉ est un membre de la communauté, homme ou femme, choisi par la communauté et qui, après un entraînement spécial, fait partie du personnel du Département de la Santé Publique et de la Population.Il a pour mission d\u2019aider la collectivité à solutionner les problèmes de santé primaires tant au point de vue curatif que préventif.Il travaille sous la supervision du personnel médical et infirmier du D.S.P.P.et dépend directement des Auxiliaires-infirmières polyvalentes.Les ACTIVITÉS PRINCIPALES des AGENTS DE SANTÉ tournent autour de plusieurs situations: a) maladies courantes des enfants et des adultes; b) protection materno-infantile; c) maladies transmissibles; d) nutrition; e) hygiène du milieu et assainissement; f) accidents et soins d\u2019urgence (premiers soins) ; g) développement communautaire; h) information et éducation sanitaire.Parmi les ACTIVITÉS INTERMÉDIAIRES se trouvent le dépistage et le contrôle de certaines maladies transmissibles endémiques en Haïti, telles que la typhoïde, la malaria, la tuberculose, les maladies vénériennes et les maladies endémiques.Un choix de communautés s\u2019impose.La priorité est accordée aux localités qui ont déjà un embryon d\u2019organisation.Encadrées par un conseil communautaire qui prend les décisions, ces localités sont intégrées dans un programme de développement.Cette procédure est motivée par la nécessité d\u2019obtenir l\u2019appui total de la communauté.Priorité pour les communautés de 500 à 2,000 habitants; priorité pour les communautés qui ont des moyens de communication avec un Centre de Santé ou un Dispensaire (pas plus de trois heures de marche).L\u2019ENTRAÎNEMENT DES AGENTS DE SANTÉ est assuré par une équipe du Département de la Santé Publique et de la Population et par toute institution qui s\u2019engage à suivre les normes de ce même département et qui est autorisée par lui.Le cycle d\u2019entraînement dure au minimum trois mois.Les cours théoriques comptent 240 heures de travail.Après leur entraînement, les AGENTS DE SANTÉ sont pris en charge par le Directeur régional qui les intègre dans la Communauté où ils auront à travailler.Après avoir vécu la période dite de «démarrage» qui durera de huit à douze semaines, ils s\u2019engageront dans la période de développement proprement dite.SUPERVISION DES AGENTS DE SANTÉ: contrôler le travail des AGENTS DE SANTÉ et veiller à ce qu\u2019ils ne sortent pas du cadre de leurs activités et tâches; identifier les problèmes susceptibles d\u2019être résolus par le recyclage des AGENTS; identifier les barrières qui s\u2019opposent au développement de l\u2019AGENT DE SANTÉ et organiser les ressources du Département de la Santé Publique et de la Population pour surmonter ces barrières.Cette supervision se fait au niveau local (conseil communautaire, Auxiliaire au niveau Régional et Central).Tiré de Normes de Formation et d\u2019Utilisation des Agents de Santé à l\u2019usage des Éducateurs.HAITI FAUNE par Jeannette Dufresne, m.i.c.: Que dire de la faune d\u2019Haïti?On y rencontre les animaux domestiques des pays tempérés: le cheval; le boeuf, le porc, le mouton, la chèvre, appelée cabri, le chien, le chat.Le cheval est utilisé surtout comme monture à la campagne.Cependant pour une longue course dans les mornes, le mulet est la bête de voyage par excellence: il suit sans tomber les chemins étroits et dangereux.L\u2019âne est indispensable comme bète de somme.On le rencontre partout.Il est sobre, infatigable et transporte de lourdes charges dans des sacs de paille appelés «macoutes», Très tôt le matin, nous pouvons contempler la caravane des joyeuses paysannes conduisant les bourriques qui transportent les produits du jardin au marché.Dans la plaine, les boeufs traînent les cabrouets chargés de canne à sucre; ils font tourner les petits moulins pour le broiement de la canne.L\u2019anolis, espèce de petit lézard inoffensif, est vif, très leste et si familier qu\u2019il monte sur les personnes.Son regard est fixe, on dirait qu\u2019il s\u2019intéresse à ce que l\u2019on dit.Il est utile en ce qu\u2019il se nourrit de mouches, d\u2019araignées et d\u2019insectes qu\u2019il avale en entier.La mangouste, introduite en Haïti pour lutter contre les rats, les détruit vraiment mais gare aux volailles qu\u2019elle aime aussi! On ne voit en Haïti aucun animal féroce, aucun reptile venimeux, aucun insecte dangereux.La piqûre des araignées-crabes, des mille-pattes, des scorpions, quoique douloureuse, n\u2019est pas grave.Parmi les insectes, nommons: l\u2019abeille, le papillon, l\u2019araignée, la fourmi, la cigale, la guêpe, la sauterelle, le criquet, le ravet, le moustique, le termite.Les sauterelles et les criquets sont redoutés des cultivateurs, car ils peuvent en moins d\u2019une journée, détruire les belles récoltes.Surveillons les serrures de portes, c\u2019est l\u2019endroit préféré des «guêpes-maçonnes».Elles y font leur demeure avec de la glaise qui, une fois durcie, empêche la clef de fonctionner.Les termites, «poux de bois», vivent en sociétés et s\u2019attaquent surtout aux constructions et objets en bois.En une dizaine d\u2019années, ils viennent à bout d\u2019une table, d\u2019une porte.Ils endommagent aussi sérieusement les livres et les vêtements.Le soir, quand la pluie tombe, il arrive parfois que les termites envahissent la maison, voltigent autour de la lampe et tombent en perdant leurs ailes; alors ils se faufilent dans les fentes du bois.Les habitations de ces insectes sont faites de boulettes d\u2019argile agglomérées par leur salive.198 T PRÊTS À FONDS PERDU ' ' Vous voudriez aider les missions tout en vous assurant une rente annuelle durant votre vie?Voici votre affaire! Demandez des renseignements concernant les Prêts à fonds perdu et faites parvenir votre demande à: LES SOEURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION 121 rue Maplewood, Montréal.H2V 2M2 NOM .ADRESSE .VILLE .CODE .Date de naissance I De tous les insectes, il faut se méfier du moustique dont la femelle, «anophèle», communique le paludisme par sa piqûre.En ce qui a trait aux oiseaux, on dit qu\u2019ils sont rares en Haïti, mais Dantès Bellegarde rapporte qu\u2019il en a été dénombré 215 espèces connues.Les oiseaux de basse-cour sont élevés pour leur chair savoureuse: coq, poule, dindon, canard, pintade, pigeon.On élève aussi les coqs pour la lutte.Le combat de coqs, «ga-guère», est un divertissement fréquent en Haïti.L\u2019éper-vier, «malfini», rapace, enlève les poules.Le hibou et la chouette, «grisé», chassent les rats durant la nuit; la corneille, «bourse-tabac», se reconnaît à sa voix rauque; le pélican, «grand gosier», vit en bandes près de la mer et constitue un appât pour les amateurs de chasse; l\u2019oiseau «palmiste» fait son nid par escouade de 8 à 10 couples; le colibri, petit oiseau-mouche se cache facilement dans une fleur d\u2019hibiscus.L\u2019alouette se rencontre surtout au sommet des montagnes tandis que le gai pipirit et le rossignol réjouissent la campagne de leurs chants joyeux.Parmi les oiseaux chanteurs, le «musicien» tient le premier rang.C\u2019est un oiseau mystérieux que bien peu de gens ont vu, mais qui sait charmer par sa mélodie.«Le musicien, dédaigneux des vains bruits d\u2019en bas, ne fait entendre que dans la solitude des cimes altières son invariable et tremblotante mélopée».(G.Sylvain).W \"4 9?\u201d ft '¦m* 199 Haïti 3e départ Guatémala 1er départ Pérou 4e départ Japon 5e départ Josette Liautaud, m.i.c.Port-au-Prince Haiti Françoise Massicotte, m.i.c.St-Tite Dioc.Trois-Rivières Marguerite Simard, m.i.c.Montréal Dioc.Montréal Thérèse Laliberté, m.i.c.Lotbinière Dioc.Québec \tMalawi V\t4e \tdépart \t Jeannette Caron, m.i.c.\t St-Jean-de-la-Lande\t Dioc.Québec\t Pérou 3e départ Gisèle Guinois Châteauguay Dioc.Valleyfield Madagascar 3e départ Fernande Gouge, m.i.c.Québec Dioc.Québec Zambie 4e départ Imelda Saurette, m.i.c.Letellier Dioc.St-Boniface Japon 3e départ Zambie 3e départ Madagascar 3e départ Zambie 4e départ Paule-lda Coulombe, m.i.c.Giffard Dioc.Québec Claire Guérard, m.i.c.Québec Dioc.Québec Gemma Ouellet, m.i.c.St-Épiphane Dioc.Rimouski Jeanine Blanchard, m.i.c.Montréal Dioc.Montréal CADEAU-DEPART Votre \u201cCADEAU-DÉPART\u201d, joint au coupon suivant, aidera une de ces MISSIONNAIRES à atteindre sa mission et ainsi vous serez solidaire de son travail d\u2019évangélisation.Il me fait plaisir de vous envoyer le montant de $ .pour aider aux frais de voyage d\u2019une de vos Soeurs partantes.Procure des Missions des SS.Miss, de l\u2019Immaculée-Conception 121, Ave Maplewood, Montréal.H2V 2M2 NOM: .ADRESSE: .VILLE: .CODE: .\u201cDésirez-vous un reçu d\u2019impôt?\u201d oui ?\tnon ?200 SOEURS MISSIONNAIRES DE L\u2019IMMACULÉE-CONCEPTION 3 \u2014\tMaison Généralice et Procure des Missions 121, Avenue Maplewood, MONTRÉAL H2V 2M2 \u2014\t125, Avenue Maplewood MONTRÉAL H2V 2M2 -Maison-Mère, 314 Chemin Ste-Catherine, MONTRÉAL H2V 2B4 \u2014\tMaison Provinciale, 7535 St-Dominique, MONTRÉAL H2R 1X4 \u2014\t64, rue Somerville MONTRÉAL H3L 1A2 \u2014\t564 Terrasse Godin, STE-DOROTHÉE Ville de Laval H7X 2J2 \u2014\t2100 rue De Londres, MONTRÉAL H4L 3A6 \u2014\t5550, Avenue Louis-Colin, MONTRÉAL H3T 1T7 \u2014\t5720, rue Plantagenet, MONTRÉAL H3S 2K3 \u2014\t906, Chemin Sydenham, CHICOUTIMI G7H 2H3 \u2014\t85, rue Alexandra GRANBY J2G 2P4 \u2014\t750, rue St-Louis, JOLIETTE J6E 2Z8 \u2014\tC.P.368 LABELLE Cté Labelle JOT 1H0 \u2014\tCentre Chinois, 30 Av.Goulbum, OTTAWA, Ont.H1N 8C8 \u2014\tRés.des Étudiantes, 28 Av.Goulburn, OTTAWA, Ont.KIN 8C8 \u2014\t54, rue Desnoyers, PONT-VIAU, Ville de Laval H7G 1A4 \u2014\tSolitude Délia Tétreault, 1600 Notre-Dame, ST-SULPICE J0K 3J0 \u2014\t466, rue Bonaventure, TROIS-RIVIÈRES, G9A 2B4 \u20141060, Ave du Parc, app.5-4-10, QUÉBEC G1S 2W7 \u2014\t225, rue St-Germain ouest, RIMOUSKI G5L 4B9 \u2014\t430, rue Champlain, SAINT-JEAN, Qué.J3B 6W8 \u2014\t2950, Prince Edward St.VANCOUVER, B.C.V5T 3N3 2 < s ai LU | O CO \u2014\tColegio Pedro de Bethancourt, TOTONICAPAN, Guatémala, America Central.\u2014\tCalle Xelaju 3-27, Puerto de CHAMPERICO, Guatémala, America Central.\u2014\tCATAVI, Bolivia, America del Sur.\u2014\tCalle Oruro 3403, Casilla 1667, COCHABAMBA, Bolivia, America del Sur.\u2014\tVILLA TUNARI: (Chapare) adresser: Casilla 1027, COCHABAMBA, Bolivia, America del Sur.\u2014\tIRUPANA adresser: Academia Santa Rita (IRUPANA) Casilla 2893, La Paz, Bolivia, America del Sur.\u2014\tAvenida Abaroa 895, Casilla 2893, LA PAZ, Bolivia, America del Sur.d )\t\u2014 Casilla 282, Calle Errazuriz 227, ANCUD (Chiloe) Chile, America del O l Sur.¦ \u2014\tCasa Provincial, Francisco de Orellana no 338, LIMA 5, Peru, America del Sur.\u2014\tNapo 1124, LIMA 5, Peru, America del Sur.\u2014\tCarlos Lopez Aldana 156, Santo Domingo \u2014 La Victoria, LIMA 13, Peru, America del Sur.\u2014\tAtahualpa 240, Casilla 241, PUCALLPA, Peru, America del Sur.\u2014\tSANTA LUZMILA adresser: Hnas Misioneras de la Inm.Conc.(nom de la Soeur) Apartado 5611, LIMA 100, Peru, America del Sur.\u2014\tYAURi, Provincia de Espinar, Dpto Cuzco, Peru, America del Sur.\u2014\tMaison provinciale, C.P.1085 Ave Hailé Sélassié, Cité 2, PORT-AU-PRINCE, Haiti, Les Antilles.\u2014\tOrphelinat, C.P.1085, Delmas PORT-AU-PRINCE, Haiti, Les Antilles.\u2014\tLa Boule: Via C.P.1085, Cité 2, PORT-AU-PRINCE, Haiti, Les Antilles.\u2014\tC.P.63 LES CAYES, Haïti, Les Antilles.\u2014\tÉcole Normale, C.P.81, CAP HAÏTIEN, Haiti, Les Antilles.\u2014\tVia C.P.63, LES CAYES, (Chantal) Haiti, Les Antilles.\u2014\tVia C.P.1085, PORT-AU-PRINCE, Cité 2 (Hinche) Haiti, Les Antilles.\u2014\tVia C.P.63, LES CAYES, (Les Côteaux) Haiti, Les Antilles.\u2014\tVia C.P.81, CAP HAÏTIEN, (Limbé) Haiti, Les Antilles.\u2014\tVia C.P.63, LES CAYES, (Port-Salut) Haiti, Les Antilles.\u2014\tVia C.P.63, LES CAYES, (Roche-à-Bateau) Haiti, Les Antilles.\u2014\tVia C.P.81, CAP HAÏTIEN, (Trou-du-Nord) Haiti, Les Antilles.\u2014\t101 Del Prado Drive DALY CITY, Cal.94015, U.S.A.\u2014\t2700 Merion Drive SAN BRUNO, Cal.94066, U.S.A.\u2014\tApartado postal No 21, Pr.de Matanzas, COLON, Cuba.\t\\ \u2014\tCalle 146, No 904, et 9 y 11 Mariano 16, LA HABANA, Cuba.\tI c \u2014\tCalle Marti, No 16, Pr Ciego de Avila MORON, Cuba.\tj 5 \u2014\tCalle Marti, No 126, HOLGUIN, Cuba.\t) * \u2014\tProvincial House, P.O.Box 47, MZIMBA, Malawi, Central Africa.\u2014\tRés.de Banga, Nkhata-Bay Sec.School, P/Bag, NKHATA BAY, Malawi, Central Africa.\u2014\tP.O.Box 14, KARONGA, Malawi, Central Africa.\u2014\tKaseye, P.O.Box 100, CHITIPA, Malawi, Central Africa.\u2014\tKatete, P.O.Box 8, CHAMPHIRA, Malawi, Central Africa.\u2014\tP.O.Box 3, EUTHINI (Mzambazi) Malawi, Central Africa.\u2014\tMarymount Girls\u2019 Secondary School P.O.Box 24, MZUZU, Malawi, Central Africa.> ¦n \u2014\tP.O.Box 107, CHIPATA, Zambia, Central Africa.\u2014\t(Chikungu), P.O.Box 69, CHIPATA, Zambia, Central Africa.\u2014\tKanyanga, adr.: P.O.Box 150, LUNDAZI (Kanyanga), Zambia, Central Africa.\t' -\tMaison Provinciale, Tsaramasay, TANANARIVE, Madagascar.-\tAMBOHIBARY, Sambaina, Madagascar.-Ste-Thérèse de Mahazoarivo, B.P.146, ANTSIRABE, Madagascar.-02 F 10, Route d\u2019Ambositra, B.P.207, ANTSIRABE, Madagascar.-Via B.P.53, MORONDAVA, Madagascar.(MAHOBO) Via B.P.53, MORONDAVA, Madagascar.\u2014\tProvincial House, Good Hope, Clear Water Bay Road, KOWLOON, Hong Kong.\u2014\tTak Oi Secondary School 8 Tsz Wan Shan Road, KOWLOON, Hong Kong.\u2014\tTak Sun School, 103 Austin Road, KOWLOON, Hong Kong.X O z o \u2014\t65, Jui An St., TAIPEI, Taiwan 106 (or Formosa)\t\\\t^ \u2014\t119 Cheng I Lu, KUANHSI Hsinchu Hsien, Taiwan 306 (or Formosa)\tI\t> \u2014\t56-7 SHIH KUANG TZE, Hsinchu Hsien, Taiwan 306 (or Formosa)\t}\tS \u2014\tNan Ao Catholic Hospital, 112 Ta Tung Rd., NAN AO, Han Hsien,\tI Taiwan 272 (or Formosa)\t/ \u2014\tProvincial House, 13-16 Fukazawa 8 chrome, Setagaya Ku.TOKYO 158, Japan.-3-18 Toramaru machi, KORIYAMA Shi 963, Fukushima, ken, Japan.\u2014\t3-8 Momomidai KORIYAMA shi 963, Fukushima ken, Japan.\u2014\t1-49 Nishi Sakae machi, Aizu WAKAMATSU 965, Fukushima ken, Japan.¦v O z \u2014\tProvincial House, P.O.Box 468 GREENHILLS Metro Manila, Philippines 3113 \u2014\tStudents\u2019 House, P.O.Box 468 GREENHILLS Metro Manila, Philippines 3113 \u2014\tI.C.A.P.O.Box 326 GREENHILLS Metro Manila, Philippines 3113 \u2014\tNovitiate P.O.Box 30 BAGUIO CITY, Philippines 0201 \u2014\tSAPAVEC, Minuyan SAPANG PALAY, San Jose del Monte \u2014 Bulacan, Philippines 2625 \u2014\tI.C.A.of Manila, 2212 S.del Rosario GAGALANGIN, Tondo, Metro Manila, Philippines 2807 \u2014\tP.O.Box 3400 MANILA Metro Manila, Philippines 2801 \u2014\tGood Counsel, Florentino Torres St.DAVAO CITY, Philippines 9501 \u2014\tSaint Michael's School of PADADA Davao del Sur Philippines 9513 \u2014\tI.H.M.Academy MATI Davao Oriental, Philippines 9601 \u2014\t(Calamintao) adr.: c/o Parish Rectory MAMBURAO, Mindoro Occ.Philippines 4301 ¦o z ?z m co J?& ,
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.