Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 mars 1983, Mars - Avril
[" Volume XXXII, no 8, Mars-Avril 1983 Femme africaine, âme du pays, porteuse de sagesse et de vie PRECURSEUR Revue bimestrielle d\u2019information missionnaire publiée par les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception avec l\u2019autorisation de l\u2019Ordinaire de Montréal.aUK-êkt».pvrfus* NOTRE COUVERTURE rr » ' La promotion de la femme africaine est une priorité pour les religieuses missionnaires dans ce continent.En pages centrales: À l\u2019École secondaire Marymount de Mzuzu, Malawi, S.Yvonne Ayotte, m.i.c., travaille à l\u2019éducation des jeunes filles qui seront les mères de demain.Directrice et Rédactrice en chef: Huguette Turcotte, m.i.c.Collaboratrices à la rédaction: Équipe M.I.C.Maquettiste: Fleur-Ange L'Heureux, m.i.c.Services artistiques: Anita Julien, m.i.c.Secrétariat de l\u2019AMIC et diffusion: Équipe M.I.C.Abonnement: 1 an\t$4.00 2 ans\t$7.00 dans\t$10.00 Pays étrangers (inc.É.-Unis) $5.00 à vie\t$75.00 Pour tout changement d\u2019adresse, s\u2019il vous plaît, faire parvenir l\u2019ancienne et la nouvelle.Adresse: A MIC C.P.157 Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, Qué.H7N 4Z4 tél: (514) 663-6210 Imprimerie: Interlitho Inc.194 SOMMAIRE UNE EXPÉRIENCE À L\u2019ARCHE par Jeannette Fanfan, m.i.c.196 DÉLIA TÉTREAULT ET SON MESSAGE: Courage et persévérance par Pauline Longtin, m.i.c.199 UN CONGRÈS DES JEUNES EN HAÏTI par Clémence Trudel, m.i.c.200 DES PHILIPPINES.À LA BAIE D\u2019HUDSON par Mireille Morin, m.i.c.202 ENVOI MISSIONNAIRE.205 CHEZ LES PARSIS par Colette Soucy, m.i.c.206 DIEU! PÈRE! .210 JEUNES DU MONDE, AU REVOIR! par Anita Perron, m.i.c.211 PAGE DE JOURNAL par Claire Garceau, m.i.c.212 HA VIEN: ARTISTE VIETNAMIEN par Huguette Turcotte, m.i.c.214 MISSIONNAIRES CHEZ NOUS .216 J\u2019AI CHERCHÉ TON VISAGE, SEIGNEUR par Élisabeth Lemire, m.i.c.218 DANS LE MONDE M.I.C.219 COURRIER M.I.C.220 EN BREF.222 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec ISBN 0315-9671 Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 0357.Port de retour garanti.Membre de l\u2019Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC). 1983: ANNEE SAINTE POUR L\u2019EGLISE Décrétée pour célébrer le 1 950e anniversaire de la Rédemption, cette Année Sainte, selon les intentions de Jean Paul II, devrait permettre de «faire naître chez les hommes un amour et un culte plus grands pour l\u2019oeuvre de salut accomplie par le Christ.» Elle a débuté avec l\u2019ouverture du Carême, le 16 février.ET ANNÉE DES COMMUNICATIONS SOCIALES A un autre niveau, mais non moins importante à cause des objectifs qu\u2019elle se propose d\u2019atteindre pour le progrès de l\u2019humanité, l\u2019Année mondiale des communications a été décidée par les Nations Unies.Sa proclamation est l\u2019aboutissement de quatre années de négociations au niveau intergouvernemental.Son objectif est la mise en place d\u2019infrastructures de communications qui mettront à profit les progrès gigantesques de la technologie pour le développement harmonieux de l\u2019ensemble de l\u2019humanité dans les domaines économique, social et culturel.L\u2019Église, qui reconnaît l\u2019importance et la très grande influence des médias dans la vie de l\u2019homme contemporain, s\u2019est dotée, après le Concile, d\u2019une Commission Pontificale des Moyens de Communication sociale.Par une heureuse coïncidence, les assemblées mondiales des trois associations catholiques internationales, Unda (radio et télévision), OCIC (cinéma et audio-visuel) et UCIP (presse), se tiendront dans le cours de cette année à Nairobi pour les deux premières, et à Dublin pour la troisième.A TOUS MES LECTEURS: AU REVOIR! - Au terme de mon mandat comme rédactrice en chef de la revue, je vous quitte, chers lecteurs, pour reprendre un travail déjà connu au Secrétariat général de l\u2019Organisation catholique internationale pour le cinéma (OCIC) à Bruxelles.J'apporterai mon concours à la préparation du congrès mondial qui se tiendra à Nairobi en novembre prochain.Les pages de la revue vous apporteront des échos de cet événement important pour la diffusion du Message évangélique dans les quatre-vingts pays membres de l\u2019OCIC, et plus particulièrement dans ceux du continent africain, choisi pour la tenue de ces assises.Je vous redis mon appréciation pour votre soutien à la vocation missionnaire de la communauté M.I.C., pour votre collaboration généreuse aux appels lancés en faveur de frères et de soeurs démunis, pour votre intérêt, souvent exprimé, envers la revue.Vos encouragements ont été un stimulant au travail et j\u2019espère que vous les continuerez aux compagnes qui assumeront la relève, S.Paulette Gagné et S.Antoinette Castonguay, toutes deux ex-missionnaires aux Philippines.BIENVENUE et BONNE ROUTE! Bien amicalement à tous, dans la joie du Christ, Huguette, m.i.c.195 Avec Yvon durant les vacances en Suisse, au Foyer «La Forestière» gf \u2022 v \"v ' : UNE EXPERIENCE A L\u2019ARCHE par Jeannette Fanfan, m.i.c.Un an après mon expérience à l\u2019Arche de Trosly-Breuil au nord de Paris, en juillet et août 1981, le souvenir en demeure bien vivant.Je connaissais déjà l\u2019Arche en Haïti, puisque je faisais partie du Conseil d\u2019Administration à Port-au-Prince et ma petite soeur Thérèse, handicapée mentale, est à l\u2019origine de la création de l\u2019Arche à Chantal, mon village natal.Ce qui explique pourquoi à Trosly, je ne me suis pas trouvée en milieu inconnu.Mais rencontrer occasionnellement des personnes handicapées et vivre avec elles durant deux mois est tout autre chose.C'est ce «vivre avec» que j\u2019essaierai de partager avec vous dans les lignes qui suivent.L\u2019ARCHE, UNE FAMILLE Ce qui distingue l\u2019Arche des autres institutions, c\u2019est son aspect familial.Chaque communauté se compose de petites maisons appelées «foyers» où vivent des adultes handicapés mentaux avec des assistants.Le terme «assistant» désigne aussi bien la cuisinière que l\u2019éducateur spécialisé, le directeur ou la secrétaire.Le rôle des assistants n\u2019est pas de «faire des choses» pour les personnes handicapées, mais de vivre avec elles et de nouer des relations interpersonnelles.Partage, amitié, communion: telles sont les valeurs vécues dans ce milieu fraternel et aimant, respectueux de la personnalité de chacun.AU FOYER «LES RAMEAUX» À mon arrivée à Trosly, j\u2019ai été envoyée aux Rameaux où j\u2019ai vécu avec André, Dominique, Jean-Michel, Jay Claude, Jessy, Pierrot, tous handicapés, et trois assistants: Heather, canadienne anglaise, Kay, allemand et Philippe, français Dans cette présentation de la maisonnée, j\u2019ai distingué les catégories mais quand un visiteur arrive dans un foyer, il ne sait pas qui est handicapé ou non, à moins d\u2019entendre de petites phrases comme celle-ci: «Tout le monde à la vaisselle!» ou encore: «Viens-tu demeurer longtemps avec nous?» UNE JOURNÉE AUX RAMEAUX Le lever est libre et le petit déjeuner, préparé à tour de rôle, est servi à 8 h.On se dit bonjour, on raconte ses rêves ou ses cauchemars, et on part pour le travail, soit au jardin ou dans les ateliers de poterie, de tissage, de mosaïque, de ferronnerie, 196 d\u2019après les possibilités de chacun.Le travail à l\u2019Arche a un sens profond.Ce n\u2019est pas un travail d\u2019usine ni un travail occupationnel.Son objectif est avant tout thérapeutique.Heather, la responsable du foyer, était souvent partie à cause de ses nombreuses rencontres; Kay et Philippe allaient travailler avec les hommes et je remplissais l\u2019office de maîtresse de maison: ménage, cuisine, entretien du linge.Comme il y a des jeunes de partout qui viennent passer une ou deux semaines à Trosly, une fille venait toujours m\u2019aider.L\u2019avant-midi passait bien vite et à 11 h 30, tous les jours quand il revenait du travail, j\u2019avais droit au salut de Pierrot: «J\u2019en ai marre du boulot!» Et je répondais: «Moi aussi!» Tout le monde arrivé, nous passions à la salle à manger et quelqu\u2019un du groupe bénissait la table en commençant un chant.On échangeait sur les événements de la matinée, rires et taquineries fusaient.Parfois, André se fâchait parce que Dominique parlait trop souvent de ses réunions, celles déjà passées et celles à venir.Après la vaisselle, c\u2019était la détente au salon et les hommes fumaient une cigarette en attendant la reprise du travail à 2 h.À leur retour vers 5 h j\u2019étais là pour les accueillir en leur adressant un bon mot, un sourire.Et c\u2019était le moment où chacun faisait ce qui lui plaisait: écouter de la musique dans sa chambre, lire, causer avec quelqu\u2019un, faire une promenade, etc.L\u2019Eucharistie de 6 h 15 à la grande chapelle était libre, car les handicapés, comme les assistants, sont accueillis sans distinction de religion.L\u2019Arche se veut signe d\u2019unité en créant des liens avec des personnes de tout âge, de toute nationalité, de tout niveau intellectuel, de tout rang social.Les demandes d\u2019admission sont nombreuses et la priorité dans le choix des handicapés est accordée aux plus déshérités, aux abandonnés.À 7 h 30, le souper nous réunissait tous ensemble dans un climat de joie.Nous accueillions souvent à notre table des amis des autres foyers ou des visiteurs, excepté le mercredi, jour de notre rencontre communautaire où chacun s\u2019exprime sur tout ce qui concerne la vie du foyer et sur son vécu personnel.Les anniversaires de naissance ou d\u2019arrivée au foyer et les fêtes de l\u2019Arche sont particulièrement soulignés.Les soirées s\u2019achevaient toujours par la prière du soir inspirée de la Parole de Dieu.Nous rendions grâce au Seigneur pour ses bienfaits et nous portions aussi dans cette prière tous nos frères du monde entier.Prière simple, spontanée, qui se termine par le chant de la prière de l\u2019Arche.VIE FRATERNELLE Dans cette vie communautaire partagée entre personnes handicapées et assistants, où tous mangent à la même table, travaillent et fêtent ensemble, où les joies et les peines des uns deviennent celles des autres, où des relations authen- Devant le Foyer «Les Rameaux».De g.à d.: Jay Claude, André, Jessy, Jeannette.v * L .4 MUÉ et- .v 1 197 «A la veille d\u2019une fête à l\u2019Arche, nous faisions de la peinture pour la décoration du Foyer.» tiques se créent, chacun sent qu\u2019il a une place, sa place, qu\u2019il vit pleinement et qu\u2019il est chez lui.Le milieu de vie devient un milieu thérapeutique.Au sujet de la personne abandonnée, rejetée, la directrice de la communauté de Trosly, Odile Cey-rac, écrit: «À cause de ses rejets, la personne handicapée arrive difficilement à trouver confiance en elle-même et dans les autres, elle tend à se rejeter elle-même et à vivre dans une forme larvée de dépression.Ce qu\u2019elle attend de nous, assistants, c\u2019est surtout que nous l\u2019aidions, à travers une relation de confiance, à découvrir qu\u2019elle peut avoir confiance en elle-même, qu\u2019il est possible de vivre et d\u2019avoir une espérance.Dans cette relation, elle «Au cours d\u2019une visite à la mosaïque, j\u2019ai demandé à Alice si je pouvais la photographier et elle a accepté.» découvrira qu\u2019elle peut aimer et que sa personne est plus importante que son handicap.» Ce ne sont pas simplement des mots, des idées, cela se concrétise dans le vécu.Ce qui m\u2019a le plus frappée à l\u2019Arche, c\u2019est le respect et l\u2019attention accordés à chaque personne.On y vit simplement, fraternellement.Jean Vanier, le fondateur, Odile, la directrice, Alain St-Macary, le vice-coordinateur de la Fédération Internationale, sont des assistants comme les autres et vivent dans un foyer comme les autres.Il n\u2019y a pas de pouvoir hiérarchisé à l\u2019Arche.Le «vivre avec» est important mais très exigeant: ce n\u2019est pas simple de vivre avec des personnes dont le coeur est plein de frustrations, de colère, de violence.Il y a des heurts, des conflits, entre personnes handicapées d\u2019une part et aussi entre les assistants.À travers les imperfections, les échecs, les réussites, la vie communautaire demeure possible car chacun y met du sien.Elle est faite d\u2019amour, de délicatesses réciproques, d\u2019écoute, de partage, de pardon mutuel, d\u2019acceptation de l\u2019autre avec ses différences.HANDICAPÉS EN VACANCES J\u2019ai vécu un peu le même genre d\u2019expérience avec un autre groupe de personnes handicapées durant un mois de vacances avec elles en Suisse.À la fin de ces deux mois, je me suis sentie enrichie et transformée par la tendresse, la simplicité, la spontanéité de tous ces frères et soeurs blessés mais dont il faut découvrir les valeurs insoupçonnées par un contact fréquent.La prière de Jean-Pierre, de Jean Vaquelin, durant les vacances en Suisse, m\u2019a profondément marquée.Ils priaient ainsi: «Seigneur, c\u2019est grâce à toi si j\u2019ai pu aller me promener aujourd\u2019hui, si j\u2019ai pu laver la voiture, merci, Seigneur!» \u2014 «J\u2019ai fait le ménage avec Jeannette ce matin.C\u2019était bien n\u2019est-ce pas?Merci, Jeannette.» «Jacques a été dur avec moi, je lui pardonne, Seigneur.» Regardant Jacques, il poursuit: «Je te pardonne».Et Jacques remercie.Le tout avec une simplicité charmante.En vivant cette expérience à l\u2019Arche, j\u2019ai compris un peu mieux ce passage de Luc où Jésus tressaille de joie sous l\u2019action de l\u2019Esprit-Saint et s\u2019exclame: «Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d\u2019avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l\u2019avoir révélé aux tout-petits» (Luc 10,21-22).Merci, Jessy, Jean-Luc, Yvon.parce que vous m\u2019avez révélé la bonté et la tendresse du Père.198 s© COURAGE ET PERSÉVÉRANCE Chez Délia Tétreault, le service est une présence agissante, expression de fidélité aux appels de Dieu à travers l\u2019Église et le monde de son temps.L\u2019étendue de son aventure apostolique \u2014 esquissée à grands traits dans les chroniques antérieures \u2014 fait pressentir quelle somme de courage, quelle ténacité il a fallu à la Fondatrice pour mener à terme ses audacieuses entreprises.En effet, il en faut de l\u2019audace pour innover, car il y a toujours les risques des avenues nouvelles.Mais que de persévérance aussi, pour surmonter les obstacles de toutes sortes qui auraient dû, semble-t-il, l\u2019arrêter dès les débuts! Nous avons présenté la jeune fille délicate de santé, poursuivant péniblement ses années d\u2019étude; l\u2019heure venue, sûre que «Dieu la voulait tout à Lui», elle était allée frapper au Carmel.sans toutefois y être admise.Elle s\u2019était alors tournée vers les Soeurs de la Charité de Saint-Hyacinthe; moins de deux mois après son entrée, une épidémie l\u2019obligeait à retourner dans sa famille.Des années durant, la future Fondatrice demeura chez ses parents, hantée par la pensée des missions; elle se prépara même à partir pour l\u2019Afrique, mais tomba malade la veille du départ! Va-t-elle pour autant cesser de chercher la voie où Dieu la veut?Elle se dévouera durant dix années dans une maison de Charité, à Montréal, tout en se sentant appelée à fonder une «Oeuvre pour les missions».De ses parents adoptifs fortunés, Délia aurait pu normalement attendre les fonds nécessaires pour lancer et soutenir son entreprise: la faillite d\u2019une banque ruina ses espérances.Un prêtre compréhensif s\u2019était trouvé sur son chemin et avait contribué à obtenir l\u2019approbation de l\u2019archevêque pour commencer une École Apostolique: à peine la permission était-elle donnée que la tuberculose forçait la future Fondatrice à prendre de longs mois de repos.Elle aurait pu être tentée d\u2019abandonner ses plans novateurs.Qu\u2019à cela ne tienne! L\u2019année 1902 voit l\u2019ouverture de la petite Oeuvre pour la formation de futures missionnaires.Enfin, la route semble s\u2019aplanir et permettre un peu de détente: il en sera autrement, car le prêtre ami et guide spirituel est enlevé au groupe des débutantes par une mort prématurée.Courage, persévérance: traits saillants dans la vie et l\u2019oeuvre de Délia Tétreault; ce qui précède en donne une idée.Mais à tout cela, il faut aussi ajouter les soucis de toutes sortes inhérents aux commencements: pauvreté, pénurie de personnel, longues heures de travail, maladie, séparations., répéter avec la Fondatrice que Dieu n\u2019agit pas à la façon des hommes.Mais l\u2019on peut aussi se demander, tout en le soupçonnant, où cette humble femme trouvait la force et le courage pour triompher des nombreuses difficultés qu\u2019elle ne cessa de rencontrer.C\u2019est son amour profond, son attachement indéfectible à Jésus-Christ qui l\u2019avait amenée à modeler sa vie sur Celui qui «n\u2019a jamais été oui et non, mais en qui il n\u2019y a eu que OUI» (cf 2 Co 1:19).Le COURAGE qui anima et soutint Délia Tétreault, le secret de sa PERSÉVÉRANCE, c\u2019est l\u2019intensité, la simplicité de la FOI et de la CONFIANCE qui permettent de dire OUI dans l\u2019ombre comme dans la lumière, dans l\u2019échec aussi bien que dans le succès, dans la vie ou dans la mort! Si Délia Tétreault s\u2019est révélée une femme d\u2019oeuvres audacieuse, atteignant l\u2019au-delà des frontières canadiennes, sa perspective apostolique elle-même annonce l\u2019authenticité de sa contemplation mystique.Nous tenterons donc de percevoir quelque chose de cette VIE D\u2019INTIMITÉ AVEC DIEU où, par l\u2019action de l\u2019Esprit, elle reçut l\u2019empreinte des traits qui nous la font reconnaître.Pauline Longtin, m.i.c.199 PHOTO-REPORTAGE UN CONGRES DES JEUNES EN HAÏTI par Clémence Trudel, m.i.c.l.\tDes responsables de l\u2019accueil des congressistes.À droite, S.Clémence Trudel, m.\ti.c.^41 2.Les congressistes étaient accueillis par ce comité sympathique.JJ L\u2019Année Eucharistique et Mariale décrétée en Haïti en 1982 a été l\u2019occasion de nombreuses célébrations religieuses dans tout le pays.Ici, aux Cayes, le Comité diocésain dont je suis membre a organisé un Congrès régional des jeunes d\u2019Haïti.Deux mille jeunes de sept diocèses y ont assisté.Le programme du congrès était orienté de façon à aider les jeunes à découvrir leur place dans l\u2019Église.Nous sommes heureux des résultats et l\u2019avenir fera probablement apparaître des fruits insoupçonnés actuellement.Pendant trois jours, des conférenciers et personnes-ressources ont parlé et dirigé les débats sur les thèmes suivants: «La justice et la paix dans le monde des jeunes», 7.D\u2019excellentes cuisinières bénévoles préparent de bons repas.6.Une collaboratrice populaire et affairée, ce fut Madame Liliane Mars, chargée des provisions.Elle n\u2019en a pas perdu son sourire pour autant! àh. 4.Délégation du diocèse de Port-au-Prince (Côte de Fer), accompagnée d\u2019une Soeur de St-François d\u2019Assise.3.Un groupe d\u2019animateurs qui dirigèrent l\u2019étude des thèmes du con grès dans les équipes.! «L\u2019Eucharistie et les jeunes dans l\u2019Église», et «Marie, maman des jeunes en Haïti».Le congrès a mobilisé toute la population des Cayes car le transport, l\u2019hébergement et le ravitaillement de deux mille jeunes présentaient quelques problèmes de logistique! Les difficultés ont été surmontées avec beaucoup de bonne volonté et d\u2019entraide.Quelques photos ci-contre illustrent certains aspects du congrès.Des jeunes remplis d\u2019idéal et prêts à vivre des options chrétiennes pour la justice et la paix, il y en a en Haïti! Je considère comme une grande grâce d\u2019avoir vécu l\u2019Année Eucharistique et Mariale avec le peuple haïtien, en communion profonde avec tous ceux qui m\u2019entourent ici.r^y|?5.Les jeunes chargés des décorations sont en train de réaliser leurs projets artistiques.U*888* 9.Le Père Sony Decoste, président du Comité, a assumé sa large part dans l\u2019organisation et le succès du congrès des jeunes.8.Et voilà les nattes pour dormir! ¦ 4 m*\\ RENCONTRE DES PHILIPPINES.À LA BAIE D\u2019HUDSON par Mireille Morin, m.i.c.Dans le jardin de la Maison-Mère, Teresita et S.Mireille Morin (au centre) rencontrent S.Fleurette Lagacé, sec.gén.H y-' V ÏA Une missionnaire laïque originaire des Philippines travaille dans le Grand Nord canadien.Le fait n\u2019est pas banal! Il m\u2019a même semblé tellement inusité que j\u2019ai posé quelques questions à Teresita Tan lors de notre rencontre à Montréal durant un congé.Je les partage ici avec nos lecteurs.\u2014\tTeresita, je suis étonnée qu\u2019une fille d\u2019un pays chaud comme le tien envisage d\u2019aller vivre au Grand Nord! Qu'est-ce qui t\u2019a poussée à cette aventure?Comment as-tu abouti à Frobisher Bay?\u2014\tC\u2019est une longue histoire! Tout entremêlée d\u2019événements providentiels.Pour commencer, revenons à Manille où j\u2019étais enseignante au Collège Ste-Scholastique, une institution privée pour filles dirigée par des Soeurs Bénédictines.Pour pousser plus loin mes études, je suis allée aux États-Unis faire une maîtrise en Éducation religieuse à l\u2019Université Fordham.C\u2019est là que j\u2019ai entendu une conférence par Mgr Orner Robidoux, o.m.i., évêque de Churchill-Baie d\u2019Hudson.Il était très ouvert au laïcat et il faisait appel à des volontaires pour exercer de nouveaux ministères dans son diocèse.Ses paroles ont réveillé un rêve d\u2019enfance toujours présent au fond de moi: devenir missionnaire.J\u2019ai eu une entrevue et nous avons convenu que j\u2019irais passer un an dans les Territoires du Nord-Ouest, à titre de catéchiste.Là-bas, j\u2019ai trouvé bien des occasions de servir cette jeune Église; j\u2019ai même remplacé le curé d\u2019une paroisse parti en congé.Remplacer, le mot est peut-être trop fort car il y a encore des limites aux ministères féminins.Mais les ouvertures et les possibilités sont nombreuses, il s\u2019agit de les découvrir et de plonger! 202 J\u2019ai accepté de continuer une seconde année, cette fois à Frobisher Bay, un port de l\u2019Arctique dans la terre de Baffin, peuplé surtout d\u2019Esqui-maux.\u2014\tJustement, les Esquimaux, comment sont-ils?Tu les connais certainement beaucoup mieux que moi qui suis Canadienne, car mon expérience missionnaire m\u2019a amenée du côté de l\u2019Afrique.\u2014\tJ\u2019aime beaucoup les Esquimaux et je crois qu\u2019ils me le rendent car je suis accueillie chez eux comme un membre de la famille.En fait, je considère qu\u2019ils sont les seuls véritables Canadiens, avec les Amérindiens, puisqu\u2019ils habitent le pays depuis des millénaires.C\u2019est pourquoi je suis heurtée quand je vois qu\u2019ils sont parfois considérés comme des citoyens de seconde classe.Ce sont des gens simples.Peu nombreux et habitant d\u2019immenses régions glacées, en luttes continuelles contre une nature hostile, ils apprécient les rassemblements humains et surtout la famille.Merveilleusement bien adaptés à leur rude climat, ils n\u2019ont pas besoin pour survivre de tous les gadgets de la société de consommation.Je crains même que l\u2019avènement de la technologie moderne dans leurs milieux apporte des besoins et des problèmes inconnus jusqu\u2019à maintenant.\u2014\tTeresita, tu as travaillé surtout avec les femmes.Peux-tu élaborer un peu là-dessus?\u2014\tC\u2019est vrai, je leur ai consacré le meilleur de mon temps, essayant de me rendre solidaire de leur vie laborieuse tout en respectant les coutumes ancestrales.Disons d\u2019abord que la séparation entre hommes et femmes est très accentuée dans la société esquimaude.Par exemple, si une femme veut communiquer avec son beau-père, elle ne le fera pas directement mais par l\u2019entremise de sa belle-mère.Étant femme, et célibataire par surcroît, je me devais de fréquenter surtout les femmes.J\u2019admire beaucoup les mères car elles sont vraiment des donneuses de vie, dans tout le sens du terme.Elles sont prêtes à tous les sacrifices pour faire croître la vie des autres.Et l\u2019enfant est roi dans la famille; il obtient tout ce qu\u2019il veut, on ne le punit jamais.J\u2019ai appris la tolérance au contact des femmes esquimaudes, et la patience aussi! \u2014\tEt tes activités comme catéchiste, en quoi consistaient-elles ?\u2014\tIl ne faut pas prendre le terme trop à la lettre.Étant qualifiée comme professeur pour la formation de catéchistes adultes, je n\u2019enseignais pas aux enfants.Ignorant tout de la culture esquimau- de à mon arrivée, je ne voulais pas me présenter devant les gens avec un livre de questions et réponses toutes faites et leur dire: «Voici un catéchisme.Si vous y croyez, vous serez sauvés!» Non, mon approche est plus personnelle et part de la vie, quitte à étonner ceux qui sont axés sur les méthodes traditionnelles.Les chrétientés esquimaudes ont à peine cinquante ans d\u2019existence et plusieurs Églises ont fait des adeptes avant nous.Le mouvement oecuménique progresse mais il faudra encore du temps pour que ce peuple arrive à expérimenter son histoire personnelle du Salut avec son génie propre, dans sa façon de vivre l\u2019amour, le pardon, la réconciliation, le service.En un mot qu\u2019il arrive par lui-même à reconnaître l\u2019action de Dieu dans son existence quotidienne.\u2014\tEn t\u2019écoutant, j\u2019ai l\u2019impression que ton respect du milieu t\u2019a porté à privilégier le témoignage personnel de ta vie de chrétienne engagée, plutôt qu\u2019un enseignement formel.As-tu utilisé d\u2019autres moyens concrets pour ton apostolat?\u2014\tOui, bien sûr.J\u2019ai constaté là-bas l\u2019influence des moyens de communication sociale, en particulier de la radio si indispensable dans le Grand Nord.J\u2019ai beaucoup utilisé mon magnétophone pour enregistrer des chants religieux à contenu catéchétique et plusieurs de ces cassettes furent diffusées par des postes locaux.Ces programmes sont captés partout et très populaires.La Canadian Broadcasting Corporation, par exemple, fait des émissions spéciales pour les Esquimaux.Plutôt que de créer du neuf dans ce domaine, pourquoi ne pas collaborer activement et profiter des avantages offerts par un réseau aussi puissant?Je pense qu\u2019il y a là une piste d\u2019avenir à exploiter davantage.\u2014\tQuels sont les problèmes des Esquimaux dans le milieu où tu vis?\u2014\tLa réponse n\u2019est pas facile et je crois qu\u2019elle est fortement colorée par le fait que je suis originaire des Philippines, c\u2019est-à-dire d\u2019un pays colonisé par l\u2019Espagne durant trois siècles et qui a subi de nombreuses influences étrangères.Je vois donc les Esquimaux comme «colonisés» en quelque sorte par leurs concitoyens des zones centrales et surtout par le gouvernement car ils sont sujets à des lois particulières.Les symptômes de cette «colonisation» sont facilement perceptibles et les résultats aussi: aliénation, régression des valeurs ethniques, de celles de la famille en particulier.Tout cela avec la meilleure bonne volonté de tout le monde! Par ailleurs, on voit aussi des efforts pour sauvegarder la culture esquimau- 203 ' : - À Frobisher Bay, avec un bébé esquimau sur le dos, Teresita Tan désigne celle qui l\u2019a conduite jusqu\u2019à la Baie d\u2019Hudson: Ste-Thérèse de l\u2019Enfant-Jésus, patronne des missions esquimaudes.de.C\u2019est un peu comme une lutte entre plusieurs influences et je ne sais qui l\u2019emportera.Situation parfois paradoxale et fort complexe, à mon avis.\u2014\tTu viens de mentionner les valeurs du peuple esquimau.Quelles sont celles qui émergent davantage?\u2014\tIl y a le respect envers les parents et les personnes âgées; le sens de la responsabilité chez l\u2019aîné d\u2019une famille quand les parents sont décédés ou incapables de pourvoir aux besoins des plus jeunes enfants; la valeur personnelle attachée à l\u2019individu plutôt qu\u2019à ses possessions matérielles; l\u2019attention donnée par les plus forts à ceux qui sont faibles et démunis.Le sens de la vie est très fort.Peut-être parce que la vie dans l\u2019Arctique est rude et difficile, on l\u2019apprécie davantage.Cependant, en voyant l\u2019envahissement progressif des valeurs matérialistes et la détérioration qui peut s\u2019en suivre, je pense que ces valeurs de la société esquimaude perdront de leur force dans les années à venir, au détriment de la collectivité, évidemment.\u2014 Teresita, au terme de cette entrevue, j\u2019aimerais revenir à l\u2019origine de ta vocation missionnaire laïque.Ce rêve de ton enfance, réalisé aujourd\u2019hui, est-il survenu à la suite d\u2019un événement quelconque?\u2014\tCette aspiration est intimement liée à mon prénom: Teresita, Thérèse en français.Ma mère avait une grande affection pour la jeune carmélite de Lisieux; dès mon enfance, elle m\u2019a raconté sa vie et j\u2019ai grandi avec le désir d\u2019imiter ma sainte patronne.Je savais qu\u2019elle aurait voulu partir en mission lointaine sans avoir pu le faire.Alors, moi je me disais: «Je réaliserai ce qui a été impossible à Thérèse».J\u2019ai souvent pensé que donner quelques années de ma vie à la Mission serait un moyen concret de prouver à Dieu ma reconnaissance pour tous les bienfaits dont II a comblé ma famille.Ces aspirations prirent corps le jour où j\u2019ai entendu l\u2019appel de l\u2019évêque du Grand Nord venu à Ford-ham.Et je suis partie, tout simplement.\u2014\tTeresita, il est émouvant de clore notre échange sur ce «simplement» qui caractérise bien l\u2019attitude avec laquelle tu rencontres les frères et soeurs que le Seigneur met sur ta route.Merci d\u2019avoir partagé ton expérience et avoir éveillé chez moi un intérêt nouveau pour mes concitoyens peu connus: les Esquimaux.Et bonne route, depuis les glaces polaires jusqu\u2019aux rives ensoleillées de ton pays tropical! N.D.L.R.\u2014 Nous apprenons que le séjour de Teresita à Frobisher Bay se prolongera indéfiniment, résultat d\u2019un événement heureux: son mariage avec un Québécois qui est à l\u2019emploi de Transport Canada.\\ -PRÊTS À FONDS PERDU- Savez-vous que les prêts à fonds perdu sont un moyen très efficace d\u2019aider les missions?Nous accueillons volontiers toute demande d\u2019information.Écrivez-nous! Procure des Missions Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception 121, rue Maplewood, Montréal H2V 2M2 Je désire recevoir de l\u2019information sur les prêts à fonds perdu.NOM .ADRESSE .VILLE .CODE .DATE DE NAISSANCE .V\tJ 204 .^ 1 Lise Doucet, Shawinigan, Dioc.Trois-Rivières, Haïti.ENVOI MISSIONNAIRE 2 Laurence Tourigny, Ste-Eulalie, Dioc.Nicolet, Haïti.3 Angèle Alix, L\u2019Ange-Gardien, Dioc.St-Hyacinthe, Haïti.4 Colette Soucy, St-Alexan-dre de Kamouraska, Dioc.La Pocatière, Hong-Kong.5 Rosario Salazar, Dioc.Manille, Philippines, Pérou.6 Jeannine Forcier, Chicopee Falls, Dioc.Springfield, Mass.E.-LL, Zambie.7 Cécile Blais, Sherbrooke, Dioc.Sherbrooke, Zambie.8 Marie-Reine Ouellet, St- Ulric de Matane, Dioc.Ri-mouski, Haïti.9 Monique Bigras, Greenfield Park, Dioc.St-Jean, Bolivie.CADE A U-DÉPART Fidèles à leur vocation, les M.I.C.partent et repartent inlassablement vers des Églises d\u2019accueil du monde entier.Vous pouvez donner votre appui à cet envoi par une contribution à leurs frais de voyages en utilisant le coupon ci-dessous.MERCI! Procure des Missions des SS.Miss, de l\u2019Immaculée-Con-ception 121, Ave Maplewood, Montréal H2V 2M2 Il me fait plaisir de vous envoyer le montant de $.pour aider aux frais de voyage d\u2019une de vos Soeurs.NOM: .ADRESSE: .VILLE: .CODE: .\u201cDésirez-vous un reçu d\u2019impôt?\u201d oui ?\tnon ?205 INDE r-8' / CHEZ LES PARS/S par Colette Soucy, m.i.c.Les deux jeunes adeptes au moment où les prêtres parsis les ceignent du cordon.En Inde, même si l\u2019Hindouisme est prédominant, une grande multitude de groupes religieux hétérogènes se partagent la population, donnant au visiteur l\u2019impression d\u2019une mosaïque diversifiée de cultes et de croyances.Durant mon séjour dans ce pays, j\u2019ai connu des Parsis qui sont devenus mes amis.C\u2019est à leur contact que j\u2019ai appris l\u2019essentiel de la doctrine et des rites du parsisme.Centrée autour du culte du Feu, la religion des Parsis est étroitement reliée au Mazdéisme (Mazdâo signifie lumineux), ancienne religion qui, chez les Mèdes, fut organisée et définie par Zoroastre.Le Mazdéisme était l\u2019ancienne religion des Iraniens qui se répandit ensuite dans la Perse et en Inde.Les Parsis, à cause de guerres avec les Musulmans, débarquèrent dans le continent indien au début du Ville siècle.Les grands événements de la vie de Zoroastre sont exposés dans le Zend-Avesta.Le Mot Zend signifie commentaire ou interprétation et l\u2019Avesta est le livre saint du Zoroastrisme.Au cours des siècles, ce livre a été remanié à plusieurs reprises.Il contient des hymnes liturgiques, des textes religieux, une cosmogonie, des prescriptions aux fidèles pour éviter les souillures, de nombreuses invocations aux divinités, etc.Ce sont surtout les prêtres Parsis qui utilisent le Zend-Avesta.Ceci est normal étant donné qu\u2019une notable partie du livre traite du code sacerdotal des Parsis, et les prêtres sont fidèles à en observer les prescriptions.Les Parsis déifient les forces naturelles et en particulier le Feu.Ils ont emporté de Perse le «Feu sacré» et ils ont toujours continué de l\u2019adorer sur les autels du Feu.La Terre et l\u2019Eau sont aussi de très grande importance et, ne devant pas être souillées, les cadavres ne sont pas enterrés.Par respect pour le Feu, on ne les brûlera pas non plus.On les transporte dans les tours du silence pour y être dévorés par les vautours.Quand les chairs impures n\u2019y sont plus, les ossements sont ensuite respectueusement déposés dans les ossuaires.Dans cette religion, le culte des bovins est de grande importance ainsi que la nécessité d\u2019une vie vertueuse.La notion de pureté joue un rôle primordial dans la vie du Parsi.À certaines 206 époques, l\u2019adepte doit s\u2019abstenir de ceci ou de cela et se soumettre à de nombreuses ablutions sous peine de sanctions.Les dieux des Parsis sont des dieux ambivalents constamment en lutte.Les uns sont bons tandis que les autres sont mauvais.Les deux principaux sont Ahura-Mazdâ et Angra Mainyu.Ahura représente le dieu bon et Angra incarne l\u2019Esprit du mal, mais à la fin, c\u2019est le bien qui triomphera.Ahura se manifeste aux hommes sous des aspects de lumière et Angra excelle par ses déguisements ténébreux.On voit que la religion des Parsis est profondément dualiste, opposant constamment le Bien au Mal, la Lumière aux Ténèbres.Les Parsis se concentrent surtout dans les grandes villes.Ils sont des milliers à Bombay et on les trouve surtout dans la classe bien pourvue.À Delhi, ils sont moins nombreux mais bien unifiés quand même.C\u2019est dans cette ville que j\u2019ai rencontré plusieurs croyants Parsis.Ils m\u2019ont invitée à participer aux rites de puberté d\u2019un garçon et d\u2019une fille de 1 2 ans.Au cours de la cérémonie, les jeunes reçurent la ceinture sacrée et furent revêtus d\u2019un vêtement également sacré.Ce rite a pour but de marquer l\u2019entrée officielle de l\u2019adepte dans le monde Parsi, absolument comme une seconde naissance.Étant donné que plusieurs invités (dont j\u2019étais) n\u2019étaient pas Parsis, la cérémonie eut lieu à l\u2019extérieur car personne, sous peine de mort, ne peut s\u2019approcher de l\u2019autel du Feu sacré.J\u2019ai essayé mais en vain.Des prêtres vigilants gardaient la porte du Temple et me mirent au courant (je Pétais déjà!) de l\u2019interdiction.Je n\u2019ai pas insisté.Ils furent très polis pour répondre à mes nombreuses questions sur leur religion.Au cours du banquet qui suivit la cérémonie, j\u2019ai échangé longuement avec les invités.Les deux familles m\u2019ont avoué que, pour elles, les rites d\u2019initiation ont plus ou moins perdu leur caractère religieux.Ils observent la coutume pour être fidèle aux tra-ditions familiales.Toutefois, même si ces gens ont laissé tomber plusieurs prescriptions parsis, ils continuent à croire en l\u2019immortalité de l\u2019âme.Une bonne vie se voit récompensée par l\u2019éternelle Lumière et la punition d\u2019une vie de ténèbres est l\u2019éter- nelle torture.Les Parsis ne croient pas à la réincarnation.À sa façon, tel un Moïse en prière devant le buisson ardent, le croyant parsi vénère et adore le Dieu transcendant qui se révèle à lui sous la forme du feu.Sur son front en prière, j\u2019ai reconnu des reflets du divin.Tout en priant pour qu\u2019éclate sur lui toute la splendeur de la lumière du Christ-Sauveur, ce sont des actes de louange qui sont montées de mon coeur à mes lèvres au cours de ces expériences.Oui, l\u2019Esprit nous précède et prépare les hommes de bonne volonté à accueillir la Bonne Nouvelle de Jésus, Lumière du monde.«C\u2019est pourquoi, comme l\u2019a dit si justement Jean Paul II au Japon, «on ne peut impunément saper les bases religieuses d\u2019un peuple sans blesser le plus intime de son être social».La greffe de l\u2019Évangile fait porter de nouveaux fruits à l\u2019arbre déjà nourri de sève divine.A La mère de la jeune fille offre le vêtement nouveau dont sera revêtu l\u2019initiée au cours de la cérémonie.A ' » > ! \\ * 'y 207 L\u2019éducation de la femme fait grandir un peuple. IHIIIW * '%ÊÊÊT' i^É ¦ K i m .'**%+***'.W?^vKm :*i?T \u2022; DIEU! PERE! Dieu! Père! Je suis ton enfant Une enfant démunie, dépouillée Par les blessures du passé.Ton Verbe s'incarne En mille visages pour moi! Visages de paix, paix du visage Visages d'accueil, accueil du visage, Douceur, bonté, tendresse Creusent les rides souriantes De ces mille visages Au regard transparent.Dieu! Père! Je suis ton enfant Une enfant re-trouvée En ton Fils Incarné.Ta Parole faite chair M'annonce l'étonnant mystère Que tu es: Dieu-Père! Tu me révèles ta solitude habitée Par les soifs de l'humanité, Et du creux de ton silence Jaillit abondamment la Vie Présence de ton Esprit.Dieu-Père! Je suis ton enfant Une enfant re-créée En ton Fils Ressuscité! La bohème du Dieu-Père (Hong Kong, 1982) Photo: F.A.L'Heureux, m.i.c. JEUNES DU MONDE, AU REVOIR! par Anita Perron, m.i.c.N.D.L.R.\u2014 L'auteur de ce court message vient de repartir vers la Bolivie.Durant son congé au pays natal, S.Anita a beaucoup investi de son temps dans l\u2019animation missionnaire de tous les milieux mais particulièrement chez les jeunes.Nous reprenons ici un article qu\u2019elle a laissé en partant à la revue «Jeunes du Monde», organe du mouvement «jeunes» des Oeuvres Pontificales Missionnaires, avec lequel elle a collaboré activement.* * * Au moment de m\u2019envoler vers la Bolivie, je veux vous saluer tous.J\u2019aimerais vous appeler chacun par votre nom.Impossible! Vous êtes près de 4,000 dans ce mouvement d\u2019éducation à la solidarité internationale.Bravo! J\u2019ai eu beaucoup de bonheur à travailler avec les «Jeunes du Monde» tant au niveau diocésain que national.Je suis encore plus convaincue que la solidarité c\u2019est DONNER, mais c\u2019est aussi RECEVOIR.Je vous ai donné quelques heures de mon temps, quelque chose de mon expérience missionnaire, mais j\u2019ai beaucoup REÇU de vous tous: votre dynamisme débordant, votre joie pétillante, votre intérêt soutenu pour le tiers-monde, votre engagement concret dans votre milieu et avec les Jeunes de Bolivie.et cette année avec ceux de l\u2019Équateur.MERCI pour ce beau cadeau! Mais pourquoi partir?Simplement parce que, au plus intime de moi, JÉSUS-CHRIST me redit: «Comme le Père m\u2019a envoyé, moi aussi je t\u2019envoie».Je me sens «envoyée» pour dire du bien de Dieu aux pauvres, ses préférés; pour les accompagner dans leur marche vers la libération; pour alimenter la petite mèche d\u2019espérance qui scintille dans la nuit de leur oppression.Je me sens «envoyée» aussi comme lien visible de fraternité entre l\u2019Église canadienne et l\u2019Église bolivienne, entre les «Jeunes du monde» d\u2019ici et les «Jeunes sans frontières» de là-bas.J\u2019ai partagé avec vous les merveilles de la foi dont j\u2019ai été témoin en Bolivie; maintenant, je pars raconter les merveilles que j\u2019ai vues chez les jeunes d\u2019ici.Finalement, je me sens «envoyée» pour voir à la bonne marche du Projet-Action Bolivie.Je vous donnerai des nouvelles de nos réalisations grâce à votre solidarité internationale.En vous écrivant, j\u2019écoute Édith Butler et je fais mien son refrain d\u2019au revoir: «.je m\u2019en vais demain c\u2019est la vie qui recommence et je suis bien.On se reverra peut-être un peu plus loin.» Heureuse de vous avoir connus, je vous donne rendez-vous «un peu plus loin!».211 PÉROU PAGE DE JOURNAL par Claire Garceau, m.i.c.Il y a quelques jours, suite à un fait vécu ici, j\u2019ai écrit une prière au Seigneur.L\u2019idée me vient de la partager avec d\u2019autres parce qu\u2019ils en tireront peut-être profit.J\u2019explique tout de suite qu\u2019il m\u2019arrive d\u2019écrire mes prières parce que dans ma jeunesse, au pensionnat, je faisais mon journal.Évidemment, ce carnet était sacré et surtout bien caché aux regards indiscrets.Aujourd\u2019hui, mon sens du partage s\u2019est développé au point de vouloir partager mes confidences au Seigneur mais, quoiqu\u2019on en pense, il y a encore des lacunes à combler.La suite de mon récit le montrera avec évidence.Il y a donc belle lurette que je ne consigne plus mes juvéniles émotions dans un cahier mais l'habitude d\u2019écrire m\u2019est restée et je cause parfois de cette façon avec le Seigneur, soit pour lui raconter ma dernière tuile, le remercier pour une grande joie, ou tout simplement pour lui parler de ceux que j\u2019aime.Voici donc cette prière que je faisais au lendemain de ma participation à une «bonne oeuvre» dont les profits serviront à bâtir un bureau de poste ici à Santa Luzmila, cette pampa désertique en banlieue de Lima où j\u2019ai planté ma tente depuis bientôt cinq ans.Il s'agissait de contribuer à la «parrillada» en achetant un billet pour un bon steak cuit sur la braise.Fait assez banal en soi.Mais revenons à ma page de journal pour connaître mon cheminement à partir d\u2019un vulgaire morceau de viande: Cher mon Dieu, Depuis hier, tu le sais, j\u2019ai dans la pensée et dans les yeux un grand péché d'égoïsme ressemblant à celui d\u2019Ananie et de Saphire dans les Actes des Apôtres.Eh oui, à ma suggestion, nous avons acheté ce billet pour la «parrillada» et j\u2019y suis allée, d'abord pour participer avec le peuple, et puis aussi, je l\u2019avoue, parce que j'aime bien manger de bonnes choses.Et un steak rôti à point, en ces temps de vaches maigres, n'est pas à dédaigner! Pendant que je faisais la queue pour être servie, Tu passas, Seigneur dans la personne de cette pauvresse qui portait un bébé sur le dos et poussait une voiturette remplie de vieux morceaux de bois.La vue de cette autre réalité mit une sourdine à mon appétit, mais ne voulant pas perdre mon tour, je restai là, pensant qu\u2019en sortant, Tu verrais à mettre sur mon chemin une autre personne avec qui partager mon steak.Comme si cette femme avait saisi ma pensée, la voilà qui s\u2019arrête, revient sur ses pas et se met à regarder les gens qui mangent et boivent, et aussi les grandes tranches de boeuf qui cuisent en pétillant.Je me sentais un peu mal à Taise, avec ce billet en main.Seigneur, je dis «Tu passas» parce qu\u2019à ce moment, je n\u2019ai vu que la femme.Une fois servie, comme elle était toujours là, je lui ai dit: «Venez avec moi, nous allons partager.» En chemin, je me mis à faire un savant calcul, à savoir quelle proportion du morceau lui attribuer.Rendue à la maison, décision prise, je coupai magnanimement le grand morceau pour elle et le plus petit pour moi (pas tellement plus petit tout de même).Mais voilà que le démon de la gourmandise s\u2019empara de moi, me harcela, me tenta au point que je retranchai à mon profit une petite pointe du morceau réservé pour elle.Quelle honte, Seigneur! Après tant de sublimes pensées sur Tamour effectif des pauvres! Sans faire de masochisme, il faut que je Te parle de cette affaire parce que cette pointe de steak, elle est restée fixée dans mon esprit.Je t\u2019en prie, Seigneur, fixe-la maintenant dans mon coeur car je reconnais qu\u2019avoir ainsi succombé à mon égoïsme, c\u2019est une grâce qui vient de Toi.Cette faiblesse bien humaine \u2014 insignifiante peut-être \u2014 me vaut une bonne leçon.Moi, Claire, apparemment si dévouée envers les pauvres \u2014 et bien nourrie par surcroît \u2014, j\u2019ai enlevé une bouchée de 212 viande à une pauvresse qui porte un bébé sur son dos.Au-delà de la honte qui me fait rougir en y pensant, donne-moi, Seigneur, l\u2019amour qui me fait regretter et que cette grâce ne reste pas stérile en moi.C\u2019est Toi que je veux voir parmi les petits, dans ces petits: «Ce que vous faites au moindre des miens, c\u2019est à moi que vous le faites» (Mt 25,40).J'ai causé avec la femme, et le bébé, nommé So-ledad, est celui de sa fille.Quel nom significatif pour une enfant qui commence la vie dans de telles conditions: sur le dos d\u2019une grand-maman sans chaussures, sans dents et sans croûte à manger! Seigneur, prends soin de Soledad, de sa mère, de sa grand-mère et de tous ceux qui ne peuvent que regarder le steak de loin, sans jamais parvenir à y goûter.Convertis-moi, convertis-nous et nous serons convertis.La guerre, la violence et l\u2019injustice n\u2019existeront plus, comme on le lisait avant Noël dans Isaïe 2,5.Le matin de Noël, autre expérience de conversion.En entendant le sifflet caractéristique de l\u2019aiguiseur de couteaux, je me penche à la fenêtre, pensant que le dit aiguiseur avait peut-être trop bu en la «Nochebuena».Jugement gratuit! Non, il s\u2019agissait d\u2019un jeune homme bien droit, bien correct.Seigneur, comme il faut avoir désespérément besoin de sous pour chercher des couteaux à aiguiser un matin de Noël! Convertis-moi! C\u2019est peut-être un peu fou d\u2019écrire tout cela, ces sentiments qui m\u2019étreignent devant de si petites choses survenues dans ma vie.Qu\u2019est-ce qui m\u2019arrive?Je n\u2019ai d\u2019autre raison à donner que tous ces yeux d\u2019enfants, tous les jours plus nombreux au marché, qui me suivent suppliants, cherchant à vendre un petit paquet de serviettes de papier ou un «chupete» (eau sucrée glacée), parfois des bambins de sept ou huit ans à peine.Ces regards m\u2019atteignent profondément.Dans un secteur de Santa Luzmila (Comas), à Lima, à l\u2019heure du déjeuner des enfants.mmt dÊÊÊÊmm [ ; l\u2019Amérique latine, les sessions d\u2019étude sur ce document se multiplient et les ouvriers sont de plus en plus nombreux à y participer.C\u2019est parce qu\u2019ils croient en un Dieu juste et bon qu\u2019ils sont décidés à sortir de leur intolérable marginalité.La Bible leur enseigne que le Dieu de l\u2019Exode est avec eux.Elle leur dit que tous les hommes sont frères et qu\u2019ils ont des droits humains égaux et inaliénables, que ce soit pour le travail, la santé, l\u2019éducation, l\u2019habitat, le loisir ou.un morceau de steak sur la braise, au moins quelques fois durant leur existence si dure.En constatant où j\u2019en suis de mes réflexions à partir de mon expérience à la «parrillada», je conclus en disant: Heureuse faute! Oui, tout est grâce si l\u2019on tâche de saisir ce que Dieu nous révèle par les événements de la vie quotidienne.Sa miséricorde nous permet de recommencer chaque matin, malgré les faiblesses de la veille, à mieux aimer les pauvres et à les mieux servir.Je ne sais si l\u2019encyclique de Jean Paul II sur le travail a eu de grandes répercussions dans la presse mondiale.Mais ici au Pérou et dans toute Et l\u2019idée du journal, de la lettre au Seigneur pour Lui raconter ma journée, ce n\u2019est peut-être pas si démodé! Devant la maison où se fait la distribution de repas aux enfants.Un couple y rencontre S.Fernande St-Pierre, m.i.c.(à g.).s î*' 213 !> i^»i| ïn\\ï±;/e/ss.i.HA VIEN: ARTISTE VIETNAMIEN par Huguette Turcotte, m.i.c.214 Parmi les milliers de réfugiés du Sud-Est asiatique accueillis à Montréal en I960, l\u2019arrivée d\u2019un jeune homme de vingt-huit ans, seul et ne parlant que sa langue maternelle, est passée inaperçue.Comme tant de ses compatriotes, après une rapide initiation à la vie canadienne dans un Centre d\u2019orientation et de formation des Immigrants (COFI), il chercha dans une manufacture un modeste emploi pour gagner sa vie.Dès qu\u2019une certaine sécurité matérielle fut assurée, il se procura quelques matériaux indispensables et, peu à peu, il se remit à créer des peintures murales composées parfois de centaines de pièces de bois découpées.C\u2019est que ce jeune homme, HA VIEN (dont le vrai nom est Ngo Duc Vien), est un artiste sculpteur bien connu dans son pays d\u2019origine, le Viêt-Nam.Vers l\u2019âge de dix-huit ans, il commença à faire des tableaux où la peinture et la sculpture s\u2019harmonisent dans une technique reflétant le raffinement de la culture orientale.Après avoir complété ses études en arts au Collège de Décoration du Viêt-Nam, il débuta dans sa carrière par une première exposition à Dalat (Viêt-Nam du Sud) en 1971, suivie d\u2019autres à Saigon en 1973 et 1975.Au cours de ces années, M.Ha Vien a participé à plusieurs manifestations artistiques au niveau national.Après une période forcément inactive dans un camp de réfugiés en Indonésie, Ha Vien arrivait à Montréal en février 1980.Il organisait lui-même, quelques mois plus tard, sa première exposition des oeuvres qu\u2019il venait de créer en terre canadienne.Deux autres expositions en 1981 et 1982, au Complexe Desjardins cette fois, eurent beaucoup de succès et contribuèrent à faire apprécier son talent au public de la métropole.Fruit d\u2019une longue gestation et d\u2019un travail ardu, l\u2019oeuvre d\u2019art fait jaillir d\u2019une matière inerte une image conçue intérieurement.Les tableaux de Ha Vien sont le reflet de la patience orientale mariée à l\u2019inspiration artistique.On a le souffle coupé devant ses fresques d\u2019un réalisme saisissant et d\u2019une minutie extraordinaire! Durant l\u2019été de 1982, un grand nombre de visiteurs au Pavillon du Québec à Terre des Hommes ont pu admirer ses tableaux à l\u2019Exposition d\u2019art visuel intitulée: Le Québec, c\u2019est tout un monde de création.Dans une brochure publiée à cette occasion par le Ministère des Communautés culturelles et de l\u2019Immigration, Ha Vien est cité avec une vingtaine d\u2019autres néo-canadiens comme apportant une contribution originale à la vie artistique de leur pays d\u2019accueil.* * * Vien, et Chau, son épouse, sont mes amis depuis deux ans déjà.Catholiques, bien intégrés à la vie urbaine, ils peuvent maintenant s\u2019exprimer en français.Hier, ils m\u2019invitaient pour un repas à leur modeste appartement de la Côte-des-Neiges.C\u2019est toujours une joie de nous revoir et de constater les progrès de leurs deux bébés.Intéressée aux tableaux de Vien, je m\u2019enquérais de ses plus récentes productions.«J\u2019ai cessé d\u2019en faire, avoua-t-il, les acheteurs sont trop rares.» Je suis rentrée chez moi, songeuse.L\u2019idée d\u2019une présentation de cet artiste qui gagnerait à être mieux connu s\u2019est fait jour en mon esprit: les pages du «Précurseur» sont ouvertes et un peu de publicité ne fait jamais tort.N\u2019est-ce pas aussi votre avis, amis lecteurs?Bon succès dans ta carrière chez nous, Vien! On peut contacter Ha Vien à son domicile de Montréal: 3165, rue Bedford, App.1.Tél.: 737-7939.215 .PAR LA PASTORALE DES IMMIGRANTS Qu\u2019arrive-t-il à une missionnaire «partie pour la vie» quand sonne l\u2019heure du retour au pays natal?Je puis en parler par expérience car c\u2019est ce que j\u2019ai vécu il y a huit ans à mon départ définitif de Taiwan.D\u2019abord, même si l\u2019âge est là, même si les forces physiques sont diminuées, on se sent encore remplie de vitalité et pas complètement résignée à quitter l\u2019apostolat actif.J\u2019éprouvais une certaine crainte de m\u2019ennuyer dans ma chambre de retraitée.Mais quoi faire?Ma connaissance du chinois me faisait penser qu\u2019il y avait peut-être un engagement possible avec les immigrants mais il a fallu un événement dramatique pour m\u2019interpeller directement et me lancer dans l\u2019action: l\u2019exode des réfugiés du Sud-Est asiatique.Quand j\u2019ai appris que mes compagnes de Pont-Viau s\u2019occupaient de plusieurs familles de réfugiés, j\u2019ai espéré que ma place pouvait être là et je me suis offerte.C\u2019était au plus fort de l\u2019arrivée massive des réfugiés en 1980 et le travail ne manquait pas.J\u2019ai pu rendre service en donnant des cours de français à des adultes, hommes et femmes, garçons et filles, enfants de tous âges.Au moins une trentaine d\u2019entre eux ont pas- S.Alice chez Boun My et Nipha, avec les jumeaux Paul et Robert.A d., S.Huguette Turcotte, rédactrice à la revue et bénévole à l\u2019accueil des réfugiés.y* ^ sé sur les chaises de ma petite salle de classe et nous avons vite noué de forts liens d\u2019amitié.Je m\u2019émerveille de leur reconnaissance pour le moindre service rendu.À Noël cette année, ce fut une procession de visiteurs chargés de cadeaux, gages de leur gratitude.Même les premiers élèves, ceux d\u2019il y a deux ans, sont venus.La plupart travaillent, quelques-uns sont mariés et j\u2019éprouve des sentiments de véritable grand-mère quand ces jeunes couples me mettent un nouveau-né dans les bras.Malgré toute la satisfaction qu\u2019apporte ce travail, j\u2019avoue qu\u2019il manquait quelque chose à mon bonheur jusqu\u2019en octobre dernier.Je souhaitais qu\u2019on me propose un jour de donner des cours de religion en vue du baptême.Il me semblait que cette tâche tellement dans la ligne de ma vocation missionnaire viendrait combler mes aspirations les plus profondes.J\u2019attendais.et c\u2019est arrivé! Un jour, les Soeurs de Sainte-Croix m\u2019ont demandé si j\u2019accepterais d\u2019initier à la doctrine catholique une famille de Laotiens qu\u2019elles ont parrainés.Ces gens parlent le mandarin et leur connaissance du français est encore trop rudimentaire pour songer à leur enseigner la religion dans cette langue.S.Laure Morin est donc venue me présenter Boun My et son épouse Nipha.Leurs jumeaux de deux ans sont nés au Canada et ils habitent à Ste-Rose dans un bungalow fourni par les Soeurs.Comme le papa travaille, je donne les cours assez tôt le matin et chacun à tour de rôle car il faut assurer la garde de Paul et de Robert.Voilà maintenant trois mois que nous cheminons ensemble dans la découverte du plan de Dieu sur l\u2019humanité et sur eux en particulier car leur recherche du Seigneur a été provoquée par des circonstances mystérieuses.Pour Nipha, c\u2019est le film «Jésus de Nazareth» qui a été le choc révélateur.Elle a été fascinée et n\u2019a pas perdu une minute de tous les épisodes télévisés.«Je veux le connaître absolument, m\u2019a-t-elle dit, Il m\u2019a parlé en dedans.» Quant à Boun My, il m\u2019a raconté comment il a vécu un fait extraordinaire lors de la naissance des jumeaux.Je suis souvent émue d\u2019entendre leurs questions, leurs prières et la révélation de leur foi naissante durant nos échanges mi-français, mi-chinois.216 D\u2019ici quelques mois, je crois qu\u2019ils seront en mesure d\u2019être présentés au catéchuménat diocésain pour en parcourir toutes les étapes en vue du baptême.Ce jour-là, j\u2019aurai certainement envie de chanter, comme le vieillard Siméon, mon «Nunc Dimittis».À L\u2019OEUVRE DE ST-PIERRE APÔTRE Alice Larouche, m.i.c.Depuis mai 1982, je travaille au Secrétariat de l\u2019Oeuvre Pontificale Missionnaire de St-Pierre Apôtre à Montréal.Elle a pour but de venir en aide aux jeunes Églises pour la formation d\u2019un clergé issu de leur pays, condition importante pour l\u2019in-culturation du message évangélique aux valeurs traditionnelles locales.Si elle se définit comme «pontificale», c\u2019est que l'Oeuvre a reçu directement du Pape son mandat d\u2019intéresser les chrétiens à la formation du clergé autochtone au même titre que les autres O.P.M.bien connues: la Propagation de la Foi et ses organismes pour les jeunes.L\u2019oeuvre se fait connaître par des publications et principalement par la prédication dans les paroisses.Suite à cette animation, des lettres nombreuses accompagnées de dons parviennent au Secrétariat de la part de chrétiens intéressés à soutenir les vocations sacerdotales et religieuses dans les jeunes Églises, surtout en Asie et en Afrique.Quelle joie pour moi de remercier les bienfaiteurs pour ces gestes de solidarité fraternelle! Ces lettres me permettent de constater le bel esprit missionnaire qui existe chez nos compatriotes.Nombreux sont ceux qui ouvrent leur coeur et sacrifient certains revenus pour permettre à des jeunes de réaliser leur désir de devenir prêtre malgré leur pauvreté matérielle.Comme j\u2019ai pu goûter personnellement la joie de servir une jeune Eglise, celle de Madagascar, il m\u2019est facile de répondre à ces lettres en évoquant l\u2019impact de la contribution reçue pour la promotion du clergé autochtone.À certains correspondants qui ont soutenu depuis de longues années la montée vers le sacerdoce d\u2019un jeune d\u2019Afrique ou d\u2019Asie, j\u2019ai parfois le bonheur d\u2019annoncer: «Votre séminariste sera bientôt ordonné prêtre!» Mon travail de secrétaire, qui pourrait être purement technique, je l\u2019accomplis animée d\u2019une foi profonde en tous ces gestes généreux des bienfaiteurs de l\u2019Oeuvre, persuadée qu\u2019ils ont une répercussion sur la croissance des jeunes Églises.S\u2019il y a pénurie de vocations dans nos propres Églises, n\u2019est-il pas réjouissant de pouvoir soutenir celles qui surgissent si nombreuses dans les pays de jeunes chrétientés?Marie-Thérése Desharnais, m.i.c.AU SECRÉTARIAT DU «PRÉCURSEUR» Quand je suis revenue au Canada, malade, après quinze ans de vie missionnaire à l\u2019étranger, j\u2019ai passé dix ans de repos à Nominingue pour rétablir ma santé.Petit à petit, mes forces revinrent et j\u2019ai pu recommencer à faire des petits travaux faciles.Le secrétariat de la revue semblait tout indiqué.Mes supérieures m\u2019y ont nommé et j\u2019y suis encore.après vingt-cinq ans! J\u2019ai pris de l\u2019intérêt au travail car n\u2019est-ce pas qu\u2019«il faut savoir fleurir là où l\u2019on est semé»?J\u2019ai toujours pensé que mes heures de travail dans ce bureau servaient une grande cause.Il faut dire que j\u2019étais déjà intéressée parce que j\u2019avais fait un premier stage au secrétariat dès mon noviciat.Cela remonte pas mal loin dans le temps.Notre Mère Fondatrice avait vu mon écriture et la trouvait très lisible pour adresser les revues car dans ce bon vieux temps, tout se faisait à la main.Plus tard, après ma profession, je suis revenue au «Précurseur» comme propagandiste.Le soir, quand nous préparions la sortie du lendemain, notre Mère venait nous dire un bon mot.Je me souviens de cette phrase: «Mes petites Soeurs, vous faites autant de bien que les Soeurs de Chine.» Ce n\u2019était pas peu dire car nous admirions beaucoup nos compagnes de ce lointain pays.Cette phrase m\u2019a souvent stimulée durant mes vingt-cinq années de service à la revue.Une autre pensée qui m\u2019inspire, c\u2019est l\u2019attachement qu\u2019avait notre Fondatrice à la revue et à l\u2019Oeuvre de la Sainte-Enfance, connue aujourd\u2019hui sous le titre de Mond\u2019Ami.Avec son intuition et sa vision quasi prophétique, elle prévoyait l\u2019influence qu\u2019auraient ces oeuvres pour développer l\u2019esprit missionnaire au Canada et elle y affectait de nombreuses ouvrières.L\u2019histoire montre que ses intuitions se sont vérifiées.C\u2019est pour toutes ces raisons que je suis heureuse dans mon service d\u2019arrière-garde, au Secrétariat du «Précurseur».Aurore Lusignan, m.i.c.217 J\u2019AI CHERCHE TON VISAGE, SEIGNEUR par Élisabeth Lemire, m.i.c.Je ne sais trop quel auteur a dit que «Dieu écrit droit avec des lignes courbes», mais peu importe! C\u2019est la pensée qui m\u2019est venue spontanément à l\u2019esprit en écoutant la vie de M.Nouxay Douang Boulom, un ami laotien que j\u2019ai eu la joie d\u2019initier à la foi chrétienne.Par quel dessein mystérieux ce réfugié de 68 ans, atteint de cancer aux poumons, est-il parvenu au baptême?Tes voies sont insondables, Seigneur! M.Boulom et son épouse demeurent à Rimouski chez leur fils aîné, Kommy, lui-même marié et père de deux enfants.Il désirait le baptême depuis longtemps et c\u2019est à Dieu qu\u2019il attribue d\u2019avoir échappé à des périls mortels.Mais il ne savait à qui s\u2019adresser pour parvenir à ce but, la langue constituant un obstacle.Par un enchaînement de circonstances providentielles, je suis entrée en contact avec lui et j\u2019ai pu l\u2019instruire en cantonnais.Le baptême eut lieu à domicile car l\u2019état de santé du catéchumène ne lui permet pas de se déplacer.C\u2019est l\u2019abbé Maurice Griffin, curé de la paroisse Annonciation de la Sainte Vierge de Nazareth, qui lui administra ce sacrement, suivi de la confirmation.Mgr Gilles Ouellet, notre archevêque, avait suggéré que je sois la marraine et ma joie était presque aussi manifeste que celle de Nouxay.Le bon vieillard était profondément incli- L\u2019abbé Maurice Griffin baptise M.Nouxay Boulom à son domicile.S.Élisabeth est sa marraine après avoir été sa caté-chète.y»1 ? t, * i- ' W 4'x ,\t^ V ,\t#:\u2022 -V .iiüiî K.\tI 's.né, le cierge allumé entre les mains et l\u2019on sentait qu\u2019il jouissait à plein coeur de sa rencontre avec ce Jésus qu\u2019il avait si longtemps cherché.Le lendemain, Mgr Ouellet est venu me prendre au couvent pour aller faire une visite à M.Boulom qui nous attendait, radieux, dans son fauteuil.Il s\u2019exprimait en cantonnais avec le respect et la joie de recevoir un tel visiteur, comptant sur sa marraine pour l\u2019interpréter.Durant l\u2019aller et retour, Mgr Ouellet sut trouver des paroles réconfortantes pour m\u2019encourager à continuer mes services à la pastorale des immigrants.Quelques jours plus tard, un groupe nombreux comprenant aussi la famille Thieng, leurs trois enfants, et M.Kay, autre Laotien de la paroisse, assistait au baptême du bébé de Kommy.L\u2019abbé Griffin sut adapter sa catéchèse à ces gens qui ont été baptisés dans un camp de réfugiés il y a cinq ans.Ils n\u2019avaient pas eu l\u2019occasion depuis lors de recevoir le sacrement du pardon.Ce fut fait ce jour-là et ils vont maintenant à la messe dominicale.Et moi, devant toutes ces merveilles qui s\u2019accomplissent sous mes yeux, je chante ma reconnaissance.À tous ces nouveaux amis que tu places sur ma route, permets, Seigneur, que je puisse révéler ton visage! 218 r i\\.\\ IE /momde /m.ii.c amammmmmmrn ENGAGEMENTS PERPÉTUELS DE M.I.C.MALGACHES La province communautaire de Madagascar s\u2019est réjouie d\u2019accueillir définitivement deux de ses membres par l\u2019émission des voeux perpétuels de S.Isabelle-Mathylde Raheliarisoa et de S.Julienne Rasoarivelo.S.Isabelle a prononcé ses voeux à Antanifotsy, son village natal, le 12 septembre dernier.L\u2019évêque du lieu, Mgr Jean-Marie Rakotondrasoa, présidait la cérémonie dans l\u2019église paroissiale remplie des parents et amis de la nouvelle missionnaire.Quelques semaines plus tard, c\u2019est au Canada, dans la chapelle de notre maison de Pont-Viau que S.Julienne s\u2019engageait à son tour dans la grande famille M.I.C.Notre grande fête patronale de l\u2019Immaculée-Conception, rehaussée d\u2019une cérémonie de profession religieuse, regroupait des Soeurs de la plupart des maisons montréalaises et particulièrement celles qui ont connu autrefois S.Julienne dans son pays d\u2019origine.La cérémonie fut présidée par l\u2019abbé Jean-Louis Martin, supérieur général de la Société des Missions Étrangères, assisté de ses confrères MM.Fernand Gaudry et Gérard Loiselle, de l\u2019abbé André Lamoureux, attaché à l\u2019archevêché de Montréal et du P.Julien Alain, c.s.c.Un compatriote, le Frère Léonard Rakotondramialy Rantso, a pris une part active en chantant des cantiques en langue malgache.C\u2019est dans le déroulement d\u2019un rite traditionnel à Madagascar, le rite de l\u2019eau, que S.Julienne a intercalé l\u2019émission de ses voeux.Ce rite s\u2019accomplit avec des paroles qui souhaitent une plénitude de vie, symbolisée par l\u2019aspersion de la personne.En se présentant au Seigneur pour lui consacrer sa vie entière, S.Julienne a répondu à un appel ratifié par la bénédiction de son père, obtenue à son entrée dans la vie religieuse, un an après la mort de sa mère.Nul doute qu\u2019aujourd\u2019hui, à travers le temps et l\u2019espace, le bon papa absent a ratifié cette bénédiction à l\u2019occasion de la consécration perpétuelle de sa fille.S.Julienne est venue au Canada l\u2019été dernier pour le Séminaire international organisé à Cap-Rouge par l\u2019Institut de Formation et de Rééducation de Montréal et retournera à Madagascar d\u2019ici quelques mois.Photo de gauche: S.Julienne reçoit la bénédiction de l\u2019officiant, M.Jean-Louis Martin, p.m.é.; à g., S.Cécile Millette, sup.prov., et au centre, M.Fernand Gaudry, p.m.é., aumônier.Photo de droite: À Antanifotsy, Madagascar, Mgr Jean-Marie Rakotondrasoa re-met a S.Isabelle l\u2019anneau d\u2019or, symbole de son engagement au Christ. courrier m.i.c.\u2022 S.Hedwidge Lapierre est une infirmière qui a parcouru beaucoup de chemins durant sa carrière missionnaire: le Malawi, Vancouver, Rimouski et Haïti ont jalonné ses étapes.Elle court encore sur les routes haïtiennes pour accomplir efficacement sa tâche de Coordonnatrice à la Commission médico-sociale au secteur national.Suivons-la sur cette lettre: «Mon pied-à-terre est Port-au-Prince.J\u2019ai à coordonner les activités des sept diocèses où il y a un Comité régional, ce qui impose de nombreux déplacements.Si vous regardez la carte d\u2019Haïti, vous pourrez mieux me suivre.De la capitale pour aller au diocèse des Gonaïves: voyage de plusieurs heures en camion public quand il n\u2019y a pas d\u2019occasions.Même chose pour le Cap-Haïtien.Je reviens de Jérémie, le bout du monde! En camion quand il n\u2019y a pas crue des eaux dans les rivières à traverser, c\u2019est au moins douze heures.«J\u2019ai pu visiter quelques postes de santé, et constater les énormes besoins de ce diocèse le plus éloigné.J\u2019ai rencontré des personnes magnifiques d\u2019engagement et de courage.Par exemple, le curé d\u2019une paroisse qui pendant plus de dix ans, avec son conseil communautaire et les paysans, a réussi à construire un bout de route de huit kilomètres pour pouvoir atteindre la capitale, assurer l\u2019approvisionnement et le transport des malades.«Sur la route qui mène à Jérémie, il y a le diocèse des Cayes où on se rend en trois heures par la nouvelle route construite par le Canada et les États-Unis.Elle se termine là malheureusement.Pour aller à Hinche, diocèse pauvre mais bien organisé et témoin de l\u2019engagement social de l\u2019Église de Vatican II, il faut une sérieuse raison car la route est très difficile.Et Port-de-Paix, qui sera le prochain diocèse.J\u2019irai là cette semaine, par camion public toujours, pour une première visite.Ce sera l\u2019occasion d\u2019aller à l\u2019île «La Tortue» évaluer l\u2019énorme besoin de cette population délaissée depuis le départ progressif de l\u2019équipe du Père Riou.«Bonjour La Tortue, ce n\u2019est qu\u2019un au revoir!» Voyage en bateau cette fois, depuis Port-de-Paix.«Enfin, Port-au-Prince, capitale et immense diocèse avec sa complexité à tous les niveaux.Je suis à étudier un programme qui vise à sortir un bon nombre des religieuses engagées de l\u2019anonymat des grandes villes.Attachée aussi au service des consoeurs de notre province M.I.C.en ce qui regarde les besoins infirmiers et pharmaceutiques.Et que de temps passé dans les paperasses! La Commission débute et c\u2019est l\u2019étape des défricheurs, même si celles qui m\u2019ont précédée ont donné les premiers coups de pioche avec beaucoup de persévérance et d\u2019audace.Je me donne à cette seconde carrière \u2014 malgré l\u2019usure de mes soixante années \u2014 avec un élan nouveau, poussée et soutenue par le souffle initial de mon appel d\u2019autrefois à cette vocation, dans l\u2019allégresse d\u2019un engagement missionnaire que j\u2019aime passionnément!» \u2022 De S.Bernadette Dumas, Mzimba, Malawi, responsable des projets pour la province d\u2019Afrique, quelques lignes qui font écho au bazar tenu à Pont-Viau l\u2019automne dernier: «Nous vous devons bien des remerciements pour l\u2019organisation de la Kermesse dont les répercussions se font sentir ici.Nos trois Centres d\u2019Éducation religieuse se sont vus dotés d\u2019un don tout à fait inespéré, apparu sur les états de compte de la Procure des Missions.C\u2019est un encouragement formidable pour nos trois Soeurs en charge de ces Centres: S.Gabrielle Saucier à Mzimba, S.Thérèse Godbout à Mzam-bazi et S.Germaine Pérusse à Katete.\u201cNous avons bien besoin d\u2019une armée d\u2019arrière-garde pour soutenir celle qui se trouve à l\u2019avant-garde; continuez-nous cet appui indispensable.Autre bonne nouvelle: nos effectifs viennent d\u2019être renforcés par l\u2019arrivée de deux compagnes des Philippines.Elles sont merveilleuses, des M.I.C.à 100% et elles s\u2019adaptent facilement à l\u2019Afrique.» \u2022 D\u2019un autre poste du Malawi, Katete, S.Yvette Carie brosse un tableau des activités de l\u2019année 1982 au dispensaire: «L\u2019an dernier, je me plaignais que le personnel qualifié était rare.Cette année, je suis heureuse d\u2019annoncer le contraire.Depuis trois mois, un infirmier diplômé ainsi que cinq infirmières sages-femmes travaillent ici, ce qui permet de me libérer de certaines tâches et d\u2019être moins inquiète quand je dois m\u2019absenter.On m\u2019appelle la nuit seulement quand il y a des cas difficiles à la maternité.«Cette année a été prospère, nous avons enregistré à date 614 naissances, plus une cinquantaine de cas arrivés après l\u2019accouchement, soit que l\u2019enfant soit né en chemin ou au village ou qu\u2019il y ait eu des complications.Malgré nos efforts, plusieurs mortalités sont survenues chez les nouveau-nés.Les causes ne sont pas toujours connues, mais elles peuvent être celles-ci: abus de 220 ft m&tri Photo: W, Pawek 1 \u2018.S\u2019* ^ #r ¦: i Z.e véhicule de la mission transporte une patiente de Mughese au dispensaire de Katete.À d., S.Yvette Carie, m.i.c.remèdes africains pris sans dosage, anémie sévère de la mère ou travaux trop violents pour une future maman.«Petit à petit, on essaie d\u2019améliorer les conditions de vie et rendre le travail plus fonctionnel.Durant le cours de 1982, j\u2019ai développé notre basse-cour afin de procurer des protéines aux enfants sous-alimentés.J\u2019ai fait l\u2019élevage des canards, mais j\u2019avoue que mes succès ont été minces avec les canetons.Qui me dira pourquoi les canes ne persévèrent pas sur leurs oeufs?Quelque chose manque mais je me creuse la tête pour le savoir.Avis à ceux qui auraient des conseils à me donner car mes canards vieillissent et les jeunes sont rares.Ensuite, j\u2019ai élevé quatre petites antilopes qui ont été données aux enfants car ici le boeuf est difficile à acheter.Il faut faire 40, 60 ou 1 50 milles pour se procurer de la viande convenable; imaginez un peu le coût de revient d\u2019un seul kilo quand on sait le prix exorbitant d\u2019un gallon d\u2019essence: six kwatchas (8$ Can.)! J\u2019ai eu aussi une brebis donnée en paiement de frais d\u2019hospitalisation d\u2019une patiente et elle a un rejeton depuis sept mois.La présence de ces petits animaux apporte du piquant dans la vie quotidienne.«Enfin, événement d\u2019un ordre plus spirituel: la première messe de l\u2019abbé Joseph Zuza dans notre église paroissiale.Son père est professeur dans une école de brousse et toute la famille reconnaît l\u2019honneur que le Seigneur lui a fait de se choisir un prêtre parmi ses enfants.Ce fut une fête extraordinaire à laquelle participèrent plus de deux mille personnes.L\u2019église étant trop petite, bien des gens restèrent à l\u2019extérieur durant les cérémonies religieuses.Comme c\u2019est la coutume, on a acheté pour le banquet: vaches, chèvres, poules et des cuisines furent installées ici et là à l\u2019extérieur pour faire cuire la viande.Les chrétiens ont donné la farine de maïs et le riz.Plusieurs personnes passèrent toute la nuit à préparer le festin.Ces grandes fêtes permettent aux gens de se rencontrer.Ils sont si fiers de retrouver ceux avec qui ils ont fait leur catéchuménat et suivi les instructions préparatoires au baptême.» «S.Marie-Paule Gaudreau est tout enthousiasmée de son travail avec les handicapées qu\u2019elle aime déjà beaucoup.En fait, ces chères enfants sont vraiment attachantes et les progrès qu\u2019elles font dans tous les domaines sont encourageants.Ceci a un grand impact apostolique dans la pa-.roisse et de petits dons viennent toujours nous tirer d\u2019embarras au bon moment.«Kanyanga se développe et il n\u2019est pas question d\u2019abandonner ce poste qui est si bien dans la ligne de notre objectif communautaire «d\u2019aller aux plus loins».Nous espérons que le projet de Mgr Ma-zombwe d\u2019avoir des Pères Camilliens se concrétisera; il a demandé un prêtre-docteur et l\u2019affaire est à l\u2019étude avec des chances d\u2019aboutir.» 221 EN BREF ¦\tÀ Koriyama, Japon, S.Agathe Bolduc a été nommée membre, avec mandat écrit, du Comité sur l\u2019Oecuménisme.C\u2019est à ce titre qu\u2019elle a participé au Congrès national «Choto Kai» et à la réunion du «Tohoku» tenue à Morioka.En novembre dernier, elle était invitée par le «Choto Kai» à parler à un groupe de 1 7 ministres protestants sur le thème: l\u2019Église.Elle continue ses causeries à une cinquantaine d\u2019étudiants des Universités «Nichi dai» et «Joshi dai» et, encouragée par l\u2019accueil reçu, elle se sent assez audacieuse pour se lancer maintenant dans une série de cours de préparation au mariage.¦\tAprès le Festival Chrétien de mai dernier, auquel plusieurs M.I.C.participèrent à divers titres, la ville d\u2019Ottawa a été le lieu d\u2019un «Magoshan» sur le campus de l\u2019Université.Ce mot algonquin signifie rassemblement, fraternité.Dom Helder Camara et John Littleton figuraient au programme, lequel comportait des ateliers, panels, films et spectacles.S.Anne-Marie Ouellet, m.i.c.collabora activement à l\u2019organisation.¦\tAux Philippines, l\u2019Académie de l\u2019Immaculée-Conception située à Gagalangin, quartier de Manille, vient de célébrer le trente-cinquième anniversaire de sa fondation.La construction en fut entreprise en 1 947, peu de temps après la fin de la guerre mondiale qui avait laissé la ville en ruines.Des milliers d\u2019élèves y ont passé leurs années d\u2019études élémentaires et secondaires et la plupart des M.I.C.canadiennes envoyées aux Philippines y ont travaillé.¦\tLa province M.I.C.d\u2019Amérique du Sud vient de souligner, par une célébration tenue à Cochabamba, les vingt-cinq années de présence de la communauté dans ce pays.C\u2019est en 1957, le 24 septembre précisément, que S.Irène Trudel et S.Lu-cile Baril touchaient pour la première fois le sol bolivien, ouvrant ainsi le chemin aux 78 M.I.C.qui les ont suivies ensuite.¦\tÀ Tananarive, Madagascar, la joie de l\u2019action de grâce s\u2019est manifestée également pour trente années de présence dans l\u2019«île rouge».Deux des pionnières y sont encore à l\u2019oeuvre: S.Carmelle Caron et S.Marie-Odila Plante.¦\tL\u2019École secondaire «Good Hope» de Hong Kong vient de célébrer ses vingt-cinq années de fondation.Le 7 novembre, plus de 400 élèves, exélèves et professeurs se réunissaient à l\u2019Hôtel Regent pour un banquet de circonstance.S.Marie-Thérèse Beaudette, supérieure provinciale, adressa le mot de bienvenue; puis le programme se déroula dans la joie des revoirs.On ne manqua pas d\u2019évoquer la mémoire des absents, particulièrement celle de plusieurs M.I.C.qui travaillèrent de nombreuses années à Good Hope.L\u2019ASSOCIATION MISSIONNAIRE DE LTMMACULÉE-CONCEPTION (AMIC) vous offre un moyen de soutenir la présence M.I.C.dans plusieurs pays du monde.Tous les Associés ont part aux messes et prières offertes à leurs intentions.MERCI et BIENVENUE à tous!\t\t AMIC-PRÉCURSEUR C.P.157, Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, Qué., Canada H7N 4Z4\t1 an\t\t$ 4.00 NOM: \t\tPays étrangers (inc.E.-Unis)\t\t.$ 5.00 ADRESSE: \t\t2 ans\t\t.$ 7.00 \tCODE:\t\t3 ans\t\t.$10.00 (La revue PRÉCURSEUR est envoyée à tous nos membres)\tà vie\t\t.$75.00 222 SOEURS MISSIONNAIRES DE L'IMMACULEE-CONCEPTION CANADA Maison Généralice et Procure des Missions 121.Avenue Maplewood, MONTRÉAL H2V 2M2 1 25, Avenue Maplewood, MONTRÉAL H2V 2M2 Maison-Mère, 314 Chemin Ste-Catherine, MONTRÉAL H2V 2B4 Maison provinciale 1061 rue Dutrisac, MONTRÉAL H4L4H7 7535 St-Domimque, MONTRÉAL H2R 1 X4 64, rue Somerville, MONTRÉAL H3L 1 A2 564 Terrasse Godin, STE-DOROTHÉE Ville de Laval H7X 2J2 2100 rue De Londres MONTRÉAL H 4L 3A6 5550, Avenue Louis-Colin, MONTRÉAL H3T 1 T7 5720, rue Plantagenet, MONTRÉAL H3S 2K3 1436, rue Jeanne-d'Arc, MONTRÉAL HI W 3T4 4450, rue St-Hubert, MONTRÉAL H2J 2W9 790, rue Dollard, LONGUEUR J4K 4M4 906, Chemin Sydenham, CHICOUTIMI G7H 2H3 85, rue Alexandra, GRANBY J2G 2P4 750, rue St-Louis, JOLIETTE J6E 2Z8 C P 368, LABELLE Cté Labelle JOT 1 HO Centre Chinois, 30 Av Goulburn, OTTAWA.Ont.Kl N 8C8 Rés des Étudiantes, 28 Av Goulburn, OTTAWA, Ont.Kl N 8C8 100, Place Juge-Desnoyers, PONT-VIAU, Ville de Laval H7G 1 A4 Solitude Délia Tétreault, 1600 Notre-Dame ST-SULPICE J0K3J0 466, rue Bonaventure, TROIS-RIVIÈRES, G9A 2B4 1 060, Ave du Parc, app, 5-4-10, QUÉBEC G1 S 2W7 1 044, rue Murray, QUÉBEC GIS 3B6 225, rue St-Germain ouest, RIMOUSKI G5L 4B9 430, rue Champlain, SAINT-JEAN, Qué J3B 6W8 2950, Prince Edward St VANCOUVER, B C.V5T 3N3 56, Indian Road Crescent, TORONTO, Ont.M6P 2G1 CUBA Apartado postal No 21, Pr de Matanzas, COLON.Cuba Calle 1 46, No 904 et 9 y 1 1 Marianao 1 6, LA HABA-NA.Cuba Calle Marti, No 16, PrCiegode Avila, MORON, Cuba Iglesia Catolica, Calle Prado y Revolucion, Reparte Vista Alegre, HOLGUIN, Cuba Iglesia Catolica, Avenida 23 #3202, LOS PALACIOS, Pr Pinar del Rio, Cuba BOLIVIE Calle Oruro E 0482, Casilla 1667, COCHABAMBA, Bolivia, América del Sur 1ER Casilla 731, COCHABAMBA, Bolivia, América del Sur Avenida Abaroa 895, Casilla 2893, LA PAZ.Bolivia, América del Sur LLALLAGUA: Casilla 434, Oruro, Bolivia, América del Sur BAURES: Casilla 34, Trinidad, Beni, Bolivia, América del Sur CHILI Casilla 282, Calle Errazuriz 227, ANCUD (Chiloe) Chile, America del Sur.Casa Parroquial, CHAITEN, Provincia de Palena, Chile, America del Sur, PÉROU Casa Provincial, Francisco de Orellana No 338 LIMA 5, Peru América del Sur Napo 1 1 24, LIMA 5, Perd, América del Sur Calle Moyobamba 281, Santo Domingo, LIMA 13, Perd, América del Sur Santa Luzmila, Apartado 5611, LIMA 100, Perd, América del Sur Atahualpa 853, Casilla 241, PUCALLPA.Perd, América del Sur SAN JUAN DE MIRAFLORES: Atahualpa 853, Casilla 241, Pucallpa, Perd, América del Sur YAURI: Centeno 111, Provincia Espinar, Dpto Cuzco, Perd, América del Sur HAITI Maison Centrale, C P 1085, PORT-AU-PRINCE, Haïti, Les Antilles Maison de Delmas (Noviciat), C P 1085 PORT-AU-PRINCE.Haïti, Les Antilles LA BOULE: Via C.P 1085, Cité 2, PORT-AU-PRINCE, Haïti, Les Antilles C P 63 LES CAYES, Haïti, Les Antilles C.P 81 CAP HAÏTIEN, Haïti, Les Antilles Via C P 63, Les Cayes, ICHANTALI Haïti, Les Antilles Via C P 1085, Port-au-Prince, Cité 2 IHINCHE) Haïti, Les Antilles Via C.P 63, Les Cayes, ILES COTEAUX) Haïti, Les Antilles Via C P 81, Cap Haïtien, ILIMBÉ) Haïti, Les Antilles Via C.P.63, Les Cayes, (PORT-SALUT) Haïti, Les Antilles Via C P 81, Cap Haïtien, (TROU-DU-NORD) Haïti, Les Antilles Via C.P.63, Les Cayes IROCHE-À-BATEAU), Haïti, Les Antilles.MALAWI MZIMBA: Provincial House, P O Box 47, Mzimba, Malawi, Central Africa Rés de BANGA: c/o Nkhata Bay Secondary School, P O.Nkhata Bay, Malawi, Central Africa KASEYE: P O Box 100, Chitipa, Malawi, Central Africa KATETE: P O Box 48, Champira, Malawi, Central Africa MZAMBAZI: PO Box 3, Euthini, Malawi, Central Africa.MZUZU: Marymount Girls' Secondary School, P O Box 24, Mzuzu, Malawi, Central Africa ZAMBIE CHIPATA: P O Box 107, Chipata, Zambia, Central Africa.CHIKUNGU: P O Box 69, Chipata, Zambia, Central Africa.KANYANGA: P O Box 1 50, Lundazi, Zambia, Central Africa.ÉTATS-UNIS 141 7 - 38th Ave SAN FRANCISCO.Cal 94122 U S A MADAGASCAR Maison provinciale, Tsaramasay, TANANARIVE 101, Madagascar Sambaina, L T A .AMBOHIBARY 111, Madagascar Ste-Thérèse de Mahazoarivo, BP 146, ANTSIRABE 11 0, Madagascar Noviciat, Lot 02 F 1 0 Route d'Ambositra, B P 207, ANTSIRABE 110.Madagascar B P 53 MORONDAVA 61 9, Madagascar HONG KONG Provincial House, Good Hope, Clear Water Bay Road, KOWLOON.Hong Kong Tak Oi Secondary School 8 Tsz Wan Shan Road, KOWLOON.Hong Kong Tak Sun School, 1 03 Austin Road, KOWLOON.Hong Kong TAIWAN 30, Lane 148, Fu-Hsing South Road, Sect.2, TAI PEI, Taiwan 1 06 .119 Cheng I Lu, KUANHSI.Hsinchu Hsien, Taiwan 306 56-7 SHIH KUANG TZE, Hsinchu Hsien, Taiwan-306 JAPON Provincial House, 13-16 Fukazawa 8 chôme, Setagaya Ku, TOKYO 1 58 Japan 3-18 Toramaru machi, KORIYAMA Shi 963, Fukushi-ma ken, Japan 3-18 Momomidai, KORIYAMA shi 963, Fukushima ken,Japan 1-49 Nishi Sakae machi, AIZU WAKAMATSU 965, Fukushima ken, Japan PHILIPPINES Provincial House, P O Box 468 GREENHILLS.Metro Manila, Philippines 3113 1C A .P O Box 326 GREENHILLS.Metro Manila, Philippines 3113 I.C.A, of Manila, 2212 S, del Rosario GAGALANGIN, Tondo, Metro Manila, Philippines 2807 INTRAMUROS, P O Box 3400, Metro Manilla, Philippines 2801 ROSAL: P.O.Box 468, Greenhills, Metro Manila, Philippines 3113 Good Counsel, Florentine Torres St DAVAO CITY, Philippines 9501 I H M Academy, MATI, Davao Oriental, Philippines 9601 Novitiate, P O Box 30 BAGUIO CITY, Philippines 0201 MIARAYON: M I C.Sisters, c/o Bishop's Residence, Malaybalay, Bukidnon, Philippines 8201 MALITA: Good Counsel, Florentine Torres St.Davao City, Philippines 9501 Au service du peuple Zambien: S.Blanche Cloutier, m.i.c., infirmière à Kanyanga."]
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