Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 juillet 1983, Juillet - Août
[" Volume XXXII, no 10, Juillet-Août 1983 LE PRECURSEUR : \u2022 JÜ,., ' 3 # -î.m, ' ¦ P» \u201d .¦ Photo.M I C Revue bimestrielle d\u2019information missionnaire publiée par SlliUi \\ LES SOEURS MISSIONNAIRES DE L'IMMACULEE-CONCEPTION Chers lecteurs, L\u2019équipe de la Rédaction.De gauche à droite: Antoinette Castonguay, m.i.c.et Paulette Gagné, m.i.c.SOMMAIRE Rencontrer l\u2019autre, pieds nus\t259 Dire Dieu.\t261 Communications\t264 «Mon Dieu! Elle est toute en feu!» 266 Départs missionnaires\t271 «Programmés» pour.\t273 4 semaines.\t274 Chacun sa place.\t278 Marie.\t280 Délia Tétreault\t281 Terre en marche\t282 Resurrexit\t285 Couverture: Soeur Lucille Lasalle, m.i.c.spécialiste en économie familiale au Malawi (Afrique) avec Chatasi, premier bébé d\u2019une étudiante de l\u2019école.C\u2019est du soleil plein le coeur et la plume fleurie (peut-être un peu fanée suite aux pluies torrentielles) que nous vous rejoignons aujourd\u2019hui soit à la ville ou à la campagne.Nous supposons que vous vous reposez un peu et que vous vous donnez du temps pour rencontrer parents et amis et même que vous faites de nouvelles connaissances.Rencontrer, communiquer avec les personnes n\u2019est pas toujours facile, mais la vraie parole du coeur est le meilleur media de communication.Elle établit des ondes qui peuvent traverser les coeurs les plus souffrants et les carapaces les plus dures.Il suffit de laisser passer les vibrations du coeur, les vraies, comme l\u2019indique notre dessin du mois.La communication peut aussi émettre des ondes négatives et briser l\u2019harmonie.L\u2019émission passe alors par un coeur aigri, ambitieux, égoïste, les ondes sont détournées avant d\u2019être captées.Dans un sens plus large, le pape à l\u2019occasion de ia journée des communications, nous livrait ceci: «La communication et l\u2019information constituent aujourd\u2019hui un pouvoir qui peut servir efficacement la haute et noble cause de la paix.Mais il peut également aggraver les tensions et favoriser de nouvelles formes d\u2019injustice et de violation des droits de l\u2019homme.» Il y a quelque temps nous avons eu l\u2019occasion d\u2019assister à un court séminaire en communication avec Pierre Babin, o.m.i.à l\u2019université St-Paul.Pour communiquer la foi en termes audio-visuels il faut, nous disait-il, d\u2019abord une affinité au Christ c\u2019est-à-dire que l\u2019émetteur (lire chacun de nous) ait eu une expérience du Christ, et que le récepteur (les voisins du camping) soit en état d\u2019accueil, d\u2019attente de cette foi que l\u2019autre porte en lui.Il faut aussi une certaine affinité d\u2019influence entre l'émetteur et le récepteur, entre le missionnaire et le peuple.Cette influence pour être valable ne peut venir que de l\u2019intériorité et de l\u2019authenticité de la personne qui transmet ou reçoit.Notre professeur de réputation internationale terminait son exposé sur la communication à l\u2019ère électronique en nous disant qu\u2019il fallait aussi une affinité électronique, ce phénomène de communication au-delà des distances, des frontières, des races.Durant cette période de vacances où nous dépassons physiquement les limites de nos villes, de nos provinces, de notre pays, puissions-nous devenir des récepteurs et des éveilleurs de la foi en Celui qui nous rend tous frères et soeurs! Bonnes Vacances! 1 258 Paulette Gagné, m.i.c.Antoinette Castonguay, m.i.c. Rencontrer l\u2019autre, pieds nus Avant de revenir au pays pour mon congé, j\u2019ai rendu visite à nos Soeurs des montagnes de Bukidnon (province des Philippines) oeuvrant auprès de la tribu des Talaandig.J\u2019étais très enthousiaste au sujet de ce voyage et vraiment désireuse de connaître cette mission.J\u2019ai dû traverser la mer qui sépare Manille de Cagayan de Oro, du nord au sud du pays, puis faire une longue route en autobus, pour finir par une montée ardue de six heures et demie, à travers monts et collines à pied!.Quelle randonnée!.En bonne Québécoise «Je m\u2019en souviendrai».longtemps.La température était au beau, sauf sur les derniers milles où de gros nuages éclatèrent, ce qui m\u2019obligea à patauger dans la boue.La première chose à faire en entrant dans la maison était de me débarrasser de mes chaussures boueuses.À la porte d\u2019entrée, un poster frappa particulièrement mon attention.On y lisait ceci: La première approche d\u2019un autre peuple, D\u2019une autre culture est D\u2019ENLEVER SES CHAUSSURES.Sinon, nous risquerions d\u2019écraser du pied Des rêves humains.C\u2019est un lieu saint! Et plus sérieusement encore, Nous pourrions oublier que Dieu y est arrivé Avant nous! Bishop Kenneth Cragg «Enlever ses chaussures» à l\u2019approche d\u2019une autre culture n\u2019est pas aussi facile que d\u2019enlever ses souliers boueux.geste d\u2019un moment, alors que l\u2019autre suppose un procédé d\u2019acculturation continue dans un nouveau milieu.Dieu est sû- par Lucie Gagné, m.i.c.rement là avant notre arrivée, et à mesure que nous nous connaissons, nous découvrons Sa Présence.Comme missionnaire, nous nous inscrivons à «l\u2019université de la vie» du peuple, de manière à pouvoir reconnaître avec lui les «signes des temps», ceux de la présence de Dieu et du Verbe de vie, lesquels sont manifestés à travers nos expériences quotidiennes.Ce procédé de découverte, d\u2019apprivoisement présuppose une ouverture à l\u2019autre et même une facilité de communication.Le langage du peuple vers lequel nous sommes envoyées s\u2019apprend plus facilement à «l\u2019université de la vie» car les gens sont si heureux de nous enseigner leur langue.Lucie broie le maïs avec une famille de Bukidnon.259 >.-N,: Lucie Gagné, m.i.c.communique avec les Philippins des montagnes par sa musique.Durant mon court séjour à Miarayon, je n\u2019étais alors qu\u2019en visite, je n\u2019ai pu parler avec les gens dans leurs propres dialectes «binukid» et «vi-sayan».J\u2019ai cependant réussi à leur communiquer «ma joie de vivre» et mon bonheur d\u2019être avec eux, grâce à l\u2019universel langage de la musique.Ayant trouvé sur place une guitare, j\u2019ai maintes fois chanté avec eux, en «traduction spontanée» leurs vibrantes mélodies philippines à leur grand enthousiasme.Cette guitare et ces chants ont été ma première approche du peuple Talaandig de Miarayon, Bu-kidnon.Retournant tout prochainement aux Philippines, j\u2019ai la ferme assurance de retrouver dans les montagnes un peuple ami, qu\u2019avec le temps j\u2019aurai le bonheur de connaître plus profondément.TAIWAN DES RELIGIEUSES SOLIDAIRES DES FEMMES D\u2019ASIE Célia Chua, m.i.c.Des religieuses de onze pays de l\u2019Asie pâf= ticipantes de AMOR VI se réunissent à Chan-gua, Taiwan, pour réfléchir sur la qualité de vie des femmes en Asie.«Nous avons découvert, disent-elles, que les nouvelles politiques économiques adoptées telles que: une industrie orientée vers l\u2019exportation, une intensification de la production.une lourde dépendance des corporations multinationales.ont grandement affecté les styles de vie traditionnels de la femme en Asie.Tandis que des chances d\u2019avancement sont offertes à quelques-unes, la grande majorité supporte le pesant fardeau de ces changements, spécialement en ce qui a trait à l\u2019économie, à l\u2019exploitation sexuelle et à l\u2019inégalité des salaires.La Parole de Dieu nous pousse à envisager ces réalités d\u2019une manière critique et à étudier le traditionalisme aussi bien que le modernisme pour: \u2014\tjouer un rôle prophétique dans le changement social \u2014\tredécouvrir la «beauté» de la femme \u2014\ttravailler ensemble avec foi et espérance pour redonner à la femme la dignité que Dieu a voulue pour elle.Le groupe de religieuses s\u2019engage à être solidaire des femmes d'Asie en épaulant leurs efforts pour la justice et la paix.Elles veulent continuer l\u2019éducation de la femme par l\u2019analyse sociale des situations et des données de la foi sur ces réalités et approfondir la connaissance de Dieu agissant dans l\u2019histoire des peuples et des événements d\u2019aujourd\u2019hui.Félicitations à notre compagne Célia Chua, l\u2019une des organisatrices de ce Congrès.Les femmes du monde vous sont solidaires! 260 DIRE DIEU À TRAVERS UNE NOUVELLE OU UNE INTERVIEW TÉLÉVISÉE par Evelyn O\u2019Neill, m.i.c.Originaire de Sainte-Foy, Québec, Soeur Evelyn est missionnaire en Zambie depuis 25 ans.Avec les Zambiens, elle a travaillé sept ans dans le domaine des médias.En septembre dernier, elle suivit quelques cours à la faculté des Communications Sociales de l\u2019Université Saint-Paul à Ottawa.Elle nous livre aujourd\u2019hui quelques réflexions concernant la situation de l\u2019Église et des médias.L\u2019année 1983 a été proclamée «Année mondiale des communications sociales».En apprenant cette nouvelle, je me suis posé la question suivante: «Qu\u2019est-ce qui va se vivre de particulier dans l\u2019Église au niveau des mass-media?Si seulement l\u2019Année des communications pouvait conscientiser à l\u2019urgence de l\u2019utilisation des moyens modernes d\u2019apostolat, un but serait déjà atteint.LE TIERS MONDE PLUS ÉVEILLÉ QUE NOUS.Le Père Marcel Patry, directeur du Département des Communications Sociales de l\u2019Université Saint-Paul, à Ottawa, faisait remarquer que sensibiliser la communauté ecclésiale à l\u2019importance des communications sociales dans l\u2019Église et à la transformation profonde qui s\u2019opère dans ce domaine, n\u2019est pas une tâche facile.«Il est urgent, dit-il, pour les enseignants, les agents de pastorale, les ca-téchètes, les animateurs et autres, de se mettre à l\u2019étude de ce phénomène contemporain par une préparation adéquate.Dans ce sens, les Églises du Tiers monde s\u2019ouvrent avec beaucoup plus d\u2019inquiétude que nous devant les nouveaux médias».Au cours des dernières années académiques, presque tous les étudiants inscrits à plein temps en Communications Sociales à l\u2019Université Saint-Paul, venaient des pays du Tiers monde.Le Père Patry pousse plus loin sa pensée en disant que chaque diocèse et chaque communauté religieuse devraient avoir des spécialistes en communications sociales.Rejoignant en cela la pensée S.Evelyn à la médiathèque de l\u2019Université Saint-Paul.%, ' m jÿ Lu 261 .\u2019 ; IVv \\ V ' ¦< du Père Patry, Mgr Metzinger, président du Département des Communications Sociales du CELAM (Conférence Épiscopale Latino-Américaine) faisait la déclaration suivante: «L\u2019Église devrait consacrer ses efforts à la formation de gens capables de créer des programmes pour les moyens de communications.Elle se trouve affrontée aujourd\u2019hui à un défi, celui de ne pas se contenter de publier d\u2019excellents documents sur la communication, mais d\u2019entrer résolument dans le champ d\u2019action et de réalisation en ce domaine.Sous l\u2019influence des communications sociales, de l\u2019informatique et de la télématique, une société nouvelle et une nouvelle culture sont en train de naître.Si l\u2019Église se laisse distancer dans ce domaine, elle risque de se trouver en marge de cette société naissante et mal équipée pour y accomplir sa mission évangélisatrice.» L\u2019ÉGLISE DE ZAMBIE ET LES COMMUNICATIONS SOCIALES Ces propos du Père Patry et de Mgr Metzinger me font prendre conscience que depuis quelques années en Zambie, l\u2019Église afait de bons pas en avant au niveau des mass-media, bien qu\u2019il reste une tâche énorme à accomplir dans ce domaine.Parmi les centres de communication mis sur pied dans cinq diocèses, celui de Chipata comprend: une bibliothèque où les prêtres, religieuses, catéchètes et ministres des autres religions peuvent se procurer une variété de livres de spiritualité, de prières, d\u2019autres sujets éducatifs, bibles, etc.le tout écrit en anglais et dans le dialecte du pays, le Nyanja.Ceux qui utilisent les moyens audio-visuels pour leur travail y trouvent un choix assez convenable de films, diaposi-262 Étudiantes en communications (Zambie).tives, posters ainsi qu\u2019un service de polycopie.PROGRAMMES RELIGIEUX Avec la collaboration des laïcs, la préparation de programmes de radio fait partie des activités.Cela comprend: le service religieux du dimanche, d\u2019une durée de 28 à 30 minutes, lequel passe sur les ondes une fois dans le mois; une réflexion priante pour l\u2019ouverture du poste de radio le matin et sa fermeture le soir.À midi, une pensée chrétienne d\u2019environ cinq minutes est diffusée une semaine par mois.Il faut dire qu\u2019en Zambie, même si la radio est nationalisée, le gouvernement accorde généreusement le temps demandé pour les programmes chrétiens.Donc invitation est faite aux producteurs de préparer des programmes spéciaux à l\u2019occasion de Noël, de Pâques, ainsi que toute autre émission pouvant intéresser la population.L\u2019an dernier, une équipe de quatre leaders a mis sur pied un programme, genre table ronde, intitulé: «Nos Coutumes zambiennes, païennes et chrétiennes».L\u2019Évêque avait accepté de présider et d\u2019adresser la parole à l\u2019ouverture du programme; il en fut très satisfait.INSTRUMENT MODERNE.POUR LA BONNE NOUVELLE Je tiens à signaler l\u2019importance que Mgr Mazombwe, un Zambien, évêque de Chipata, accorde à l\u2019utilisation des mass-media au niveau de l\u2019évangélisation.Il parle même d\u2019une urgence et voit dans les mass-media l\u2019instrument moderne par excellence pour la proclamation de la Bonne Nouvelle.Dès 1 975, il fit des démarches pour obtenir des fonds pour la construction d\u2019un Centre de communications au niveau du diocèse.Plus tard, il adressa une lettre collective aux missionnaires, prêtres diocésains, religieuses ainsi qu\u2019aux leaders chrétiens pour annoncer l\u2019ouverture du Centre et les engager à utiliser ses services au maximum.Il sollicita leur collaboration en vue de former des Zambiens pour la production et la création de programmes radiophoniques.Plus tard, il ajoutait: «Il faut se hâter de préparer des personnes pour la télévision, afin que l\u2019Église puisse transmettre son message à travers les moyens les plus modernes à sa disposition.» LA PREMIÈRE GÉNÉRATION AUDIO-VISUELLE Dans sa causerie, Mgr Metzinger mentionnait encore: «Si l\u2019Église veut influencer la société, elle doit utiliser les moyens modernes de communications sociales.Nous assistons, dit-il, à un changement de culture et de société en grande partie conditionné par la communication sçciale et dans ce domaine l\u2019Église accuse un retard dangereux.Je remarque, dit-il, que dans certains pays, il y a un effort réel pour la formation de gens qui ont à travailler dans le domaine des médias, mais dans d\u2019autres régions, il n\u2019y a rien.» Et il ajoute: «Les jeunes âgés de vingt ans sont nés et ont grandi avec ces techniques nouvelles et on les appelle à juste titre la première génération audio-visuelle.Il s\u2019est ainsi développé chez eux une nouvelle façon de sentir et de penser les choses et une nouvelle façon de les exprimer.Si l\u2019on veut entrer en contact avec cette jeunesse et exercer une influence sur elle, il faudra parler le même langage.Même de la chaire, le prêtre devra annoncer l\u2019Évangile dans cette langue d\u2019aujourd\u2019hui, s\u2019il veut atteindre l\u2019esprit et le coeur de l\u2019homme moderne.» Dans son exhortation apostolique «La catéchèse en notre temps», Jean-Paul II dit ceci: «Je pense spontanément aux grandes possibilités qu\u2019offrent les moyens de communications sociales et communications de groupe: télévision, radio, presse, disques, cassettes et tout l\u2019au-dio-visuel.Les efforts accomplis en ces domaines sont de nature à donner les plus grands espoirs.» Mis au service de l\u2019Évangile, ces moyens sont capables d\u2019étendre presque à l\u2019infini le champ d\u2019écoute de la Parole de Dieu.COMMUNICATEURS DE L\u2019ÉGLISE ET NOUVELLES.Le Père Brian Riley, directeur de l\u2019Information pour l\u2019Archidio-cèse de San Francisco et réalisateur de programmes de nouvelles et d\u2019interviews télévisés, écrivait dans la revue MEDIA ET VALEURS de l\u2019automne dernier, que les programmes de culte et services religieux sont appelés à disparaître graduellement de la télévision.Pour plusieurs ils sont déjà relégués «au Service du dimanche matin».Comment allons-nous annoncer la Bonne Nouvelle?, dit-il.Il donne lui-même la réponse.«La télévision développe un appétit croissant pour les nouvelles et celles du soir sont devenues sa priorité.Comme le temps et l\u2019espace pour les nouvelles augmentent, de même l\u2019intérêt des médias pour les nouvelles à dimension spirituelle.Mais les médias ne sont pas seulement fascinés par un Jean-Paul II et une Mère Teresa, mais aussi par des sujets tels que: la moralité de la course aux armes nucléaires, l\u2019intervention militaire en Amérique Centrale, etc.» Le Père Riley ajoute que la télévision offre des opportunités croissantes aux communicateurs de l\u2019Église pour exprimer leur foi dans un contexte de nouvelles ou d\u2019interviews et pour la plupart du temps cela a un impact incomparable sur les populations.Mais pour réussir et exercer une influence profonde sur les auditeurs, cela exige une préparation très soignée, de la compétence, car apprendre l\u2019art subtil et difficile des nouvelles et interviews télévisées en y incorporant une teinte religieuse est très exigeant pour l\u2019animateur chrétien engagé.Celui-ci le fera à partir de son expérience profonde de Dieu, appuyé sur la prière et la confiance en ce Dieu qu\u2019il veut communiquer.Les politiciens, les gens d\u2019affaires sont entraînés à projeter la meilleure image possible et à communiquer le bon message dans des émissions télévisées.Il est temps de former nos leaders religieux, pasteurs, animateurs, directeurs de départements à exprimer leur foi, à dire Dieu à travers une nouvelle ou une interview télévisée.Animateurs en communications à l\u2019Université Saint-Paul.263 I i « « I « ICI, RADIO SAN RAFAEL (Bolivie) i \\ \u2022 * *5, 264 CET ÉVANGILE DE DIEU.NOUS VOUS L\u2019ANNONÇONS! NOUS VOUS RECEVONS! # épfï au tombed rcv.est ((Elle se releva flamme vivante en criant et marchant.J\u2019étais sidérée de terreur.» La première partie de cet article a été relaté par S.Germaine Pérusse m.i.c., témoin de l\u2019accident.Le reste du contenu provient de lettres et de témoignages compilés par la Rédaction.Le 16 avril avant-midi, S.Yvette Carie, après avoir réglé les derniers détails d\u2019administration et remis la direction du Centre de santé à sa compagne infirmière, S.Henriette Sylvestre, m.i.c., partait pour une dizaine de jours de vacances bien méritées au bord du lac Malawi où nous avons une maison de repos.En chemin, elle rejoignit Soeur Germaine Pérusse, m.i.c.et le lendemain dimanche, après la messe, elles se dirigeaient allègrement vers le lac, un bon cent milles de là.Soeur Germaine raconte.Ce 1 8 avril fut une journée merveil- leuse à tous points de vue.Soleil radieux, température idéale, lac très calme, tout nous promettait des vacances heureuses et relaxantes.S.Yvette me disait: «C\u2019est la première fois de ma vie que ça me tente vraiment de partir en vacances, j\u2019étais contente de tout laisser contrairement à mon habitude, car partir de la maison m\u2019a toujours demandé un effort».À notre arrivée, Soeur Yvette prépara un bon repas de poisson frais selon une recette fameuse de sa mère.Puis nous nous sommes assises sur une grosse roche face au magnifique lac, jusqu\u2019à la noirceur qui arrive tôt en Afrique.Au souper et dans la veillée, le calme des alentours créa une atmosphère d\u2019intimité, les souvenirs de famille remon- tèrent à la surface et Yvette me parla de ses parents, combien ils l\u2019avaient aimée et bien guidée.Au cours de la soirée, nous avons récité un chapelet lequel a duré plus d\u2019une heure.Nous écoutions des chants à Marie et S.Yvette donnait des intentions, le monde entier y a passé.la Pologne, l\u2019Amérique du Sud, les malades, les prêtres, les bienfaiteurs, les amis.LE FEU.Et le drame a commencé à 2h a.m.Un accident banal mais avec des conséquences tragiques.Notre réfrigérateur qui fonctionne à l\u2019huile à lampe fumait.La veille, S.Yvette l\u2019avait bien réglé, avec sa longue expérience de mission elle s\u2019y connaissait bien en ce domaine, mieux que moi.M\u2019étant aperçue la première de ce problème je l\u2019appelai, elle arriva sans tarder, habituée à répondre à l\u2019appel jour et nuit, elle ne dormait jamais «dur» comme elle le disait.Accroupie par terre, elle baissa complètement la mèche.Comme le feu continuait, elle tira lentement le réservoir pour l\u2019huile en soufflant sur le brûleur pour l\u2019éteindre.Dans l\u2019espace d\u2019une seconde, le feu se jeta sur elle et prit instantanément dans sa figure, ses cheveux et son vête- Yvette Carie, m.i.c.au Malawi.266 * ' - ment.Elle se releva flamme vivante en criant et marchant.J\u2019étais sidérée de terreur.N\u2019ayant pas de couverture de laine sous la main, je pris mes draps pour éteindre les flammes.S.Yvette alla s\u2019asseoir sur son lit, j\u2019enlevai les lambeaux de son vêtement, c\u2019est là seulement que je réalisai qu\u2019il était en nylon, il avait fondu sur elle.Je la conduisis couverte d\u2019un drap au dispensaire de la mission à trois milles, et de là à l\u2019hôpital de Mzuzu situé à une trentaine de milles.En arrivant elle refusa la civière et marcha la distance entre la réception et sa chambre.Il était 4h.a.m.Quand le docteur la vit, il me dit en particulier: «Les 48 heures qui vont suivre seront très critiques, je ne peux prévoir ce qui arrivera, il faudrait que l\u2019une de vos religieuses reste constamment auprès d\u2019elle.» Le Seigneur avait tout prévu.Deux de nos soeurs infirmières étaient de passage à Mzuzu, elles se partagèrent la garde au chevet de notre chère malade avec notre supérieure provinciale venue de Mzimba immédiatement après avoir été informée par téléphone de l\u2019accident.Très vite la triste nouvelle se répandit partout.Le Canada reçut le téléphone dans la soirée du 19, il était environ 15h.là-bas.En Afrique aussi bien qu\u2019au Canada des prières ardentes et nombreuses jaillissaient de partout.Mgr J.Ls.Jobidon, notre évêque, visita notre chère malade et la bénit.Un Père de la paroisse, P.H.Dupuis, p.b.lui conféra le sacrement des malades.PARTIE POUR DEUX SEMAINES DE VACANCES, LE SEIGNEUR LUI A DONNÉ LE REPOS ÉTERNEL S.Yvette a gardé tout le temps une lucidité surprenante.Ses beaux yeux avaient été épargnés, elle surveillait tout et coo- Yvette Carie, Jeanne Plante, m.i.c.et le personnel du dispensaire.pérait à tous les traitements.Elle qui n\u2019était jamais montée sur un lit d\u2019hôpital, qui n\u2019avait jamais connu de maladie sérieuse dut trouver ses dernières heures pénibles mais ne se plaignait pas.Elle m\u2019avait dit tout récemment: «Je ne sais pas ce que je ferai quand je serai malade car je n\u2019ai jamais connu cela, il me semble que ça sera dur.» Le bon Dieu a permis qu\u2019elle ne souffre pas trop longtemps.Pour elle c\u2019est une grâce.Elle aurait pu traîner de longs mois car 50% de son corps était brûlé et des brûlures profondes comme les siennes prennent beaucoup de temps à guérir.Malgré les meilleurs soins son coeur flancha au matin du 20 avril.On s\u2019attendait à cette éventualité, mais pas si tôt vu la grande résistance de S.Yvette.Pendant la nuit, S.Lucienne Gauthier, une infirmière m.i.c., priait de temps en temps à haute voix et S.Yvette très consciente répondait, mais à un moment donné elle s\u2019arrêta en di- sant: «Sainte Marie, Marie.» elle quittait cette terre en compagnie de celle qu\u2019elle aimait tant.MISSIONNAIRE DURANT 30 ANS EN AFRIQUE Le 10 décembre 1 982, comme chaque année, S.Yvette écrivait sa lettre annuelle à ses parents et amis.Pour vous la faire connaître nous reprenons ici quelques extraits de cette longue lettre qu\u2019elle fit parvenir à une compagne, S.Gisèle Leduc, m.i.c.B.,*-V- 4e al Maison de repos sur le lac Malawi.267 «Bien chers parents, amis, bienfaiteurs, 1982 s\u2019enfuit rapidement, bientôt nous serons au seuil de 1983.Qu\u2019a été pour vous l\u2019année qui s'écoule et que sera celle qui commence?Dieu seul le sait.Je demande donc à l\u2019Enfant de la crèche de répandre sur vous et toutes vos familles ses faveurs de choix: Santé, Bonheur, réalisation de tous vos projets d\u2019avenir.En commençant cette lettre, je me demande bien ce que je pourrais vous dire d\u2019intéressant et surtout de nouveau, car après 30 ANS BIEN SONNÉS, PASSÉS DANS UN PAYS, DANS UN TRAVAIL QUASI ROUTINIER AUPRÈS DES MALADES ET DANS L\u2019ADMINISTRATION D\u2019UN CENTRE DE SANTÉ, PRESQUE PLUS RIEN NE DEVIENT ASSEZ SENSATIONNEL POUR APPARAÎTRE EN MANCHETTE DANS LE JOURNAL.L'an dernier, je vous disais que le personnel qualifié était rare, cette année, je suis très heureuse de vous annoncer le contraire.Depuis trois mois, un infirmier gradué ainsi que trois infirmières sages-femmes travaillent ici, ce qui me permet de me libérer de certains travaux, comme par exemple du service de nuit et je suis moins inquiète quand je dois m\u2019absenter.Je suis appelée seulement la nuit quand il y a des cas difficiles à la maternité.Cette année a été prospère, nous avons enregistré à date 614 NAISSANCES, plus une cinquantaine de cas, qui arrivèrent après l\u2019accouchement, soit que l\u2019enfant soit né en chemin ou au village et qu\u2019il y ait eu des complications.Avec cela, nous avons eu malheureusement plusieurs mortalités infantiles chez les nouveaux-nés.Les causes peuvent être: trop forte dose de remèdes, ou suite d\u2019anémie sévère de la mère, travaux trop violents que s\u2019impose la future maman etc.Je veux vous assurer, chers parents, amis et bienfaiteurs, que durant toute l\u2019année j\u2019ai pensé à vous tous et très souvent.J\u2019ai bénéficié de vos générosités et si j\u2019ai pu faire quelques améliorations et aider les sans-le-sou, les malades, c\u2019est grâce à votre libéralité, à vos prières.En recevant de vos nouvelles j\u2019étais heureuse et ça m\u2019aidait à passer par-dessus les petites difficultés de chaque jour.Quelques moments après la naissance.^ 268 En retour, je demande à Celui qui connaît et peut tout, ainsi qu'à sa Mère Immaculée de vous payer au centuple ma dette de reconnaissance pour tout ce que votre générosité vous a inspiré d\u2019accomplir pour que je puisse en votre nom, faire passer le message de paix, de joie, d\u2019amour que la fête de Noël, en la personne de l\u2019Enfant-Jésus apporte sur la terre, chaque année.Je vous tiens tous dans ma pensée et mes prières.Elle ajoute de sa main: f J- 7»r / .C FEMME AU COEUR DE FEU Fille unique, Yvette n\u2019a pas hésité à l\u2019âge de 20 ans à répondre à l\u2019appel du Seigneur dans la vie religieuse missionnaire.Toute donnée à son Dieu, Yvette a fi- dèlement entretenu cette relation intime au milieu d\u2019occupations pressantes.Oui, car c\u2019était une femme forte, et dont le dévouement demeurera légendaire.Des débuts de sa mission en Afrique en 1 952 jusqu\u2019à ce jour, jamais elle n\u2019hésita quand il s\u2019agissait de secourir les malades.Elle les transporta même à bicyclette \u2014 les obstacles ne sont-ils pas faits pour être surmontés?Cela était partie prenante de son ascèse personnelle qui a pu parfois la rendre intransigeante pour d\u2019autres.Agréable compagne, attentive à ses soeurs dans la vie fraternelle, Yvette avait de plus le sens du partage des dons matériels qu\u2019elle recevait avec largesse car elle avait su créer des liens, en particulier avec ses cousines, et avec la population de Jo-liette, d\u2019où elle était native.Femme aimante, elle était aussi beaucoup aimée.«L\u2019amour, c\u2019est le FEU.» nous rappelait encore notre fondatrice et la population africaine a été très sensible à cette affection qui, chez Yvette, prenait forme d\u2019un service à plein, facilité par sa connaissance de la langue.C\u2019est «en service» qu\u2019elle s\u2019est consumée.au terme d\u2019une vie dévorée par le feu missionnaire.Yvette a été affinée par un FEU de souffrances qui, nous en avons l\u2019assurance, l\u2019a purifiée et rendue plus précieuse que l\u2019or.COURRIER AFRIQUE-CANADA Depuis son décès, la correspondance entre l\u2019Afrique et le Canada et vice versa n\u2019a point cessé.Ces lettres ne contiennent pas seulement le récit du drame d\u2019Yvette, mais des mots de sympathies aux compagnes qui ont vécu avec elle.A S.Jeanne Plante qui a travaillé près d\u2019elle pendant 12 ans on écrit: «Je viens sympathiser avec toi pour le départ subit de notre chère Yvette, je savais Distribution de farine le jour de Noël.combien tu l\u2019aimais et l\u2019appréciais! Aurais-tu la bonté d\u2019exprimer ma sympathie à S.Alice Pépin, S.Marie-Marthe Therrien.» Ces missionnaires d\u2019Afrique dépassaient leur souffrance et pensaient aux missionnaires en congé au Canada qui avaient vécu avec elle.Ce n\u2019était plus seulement l\u2019Afrique qui était en deuil.De tous les pays où des M.I.C.ou des amis étaient présents, l\u2019on ouvrait son coeur et ses mains pour accepter la volonté du Seigneur dans la foi.NOS FRÈRES AFRICAINS L\u2019une des missionnaires d\u2019Afrique écrit: «Nous en aurions long à dire sur la sympathie des gens».Oui, ils étaient là à la messe des funérailles malgré les grandes distances à parcourir en peu de temps.Presque toutes les paroisses du diocèse étaient représentées à la messe concélébrée par 25 prêtres réunis autour de l\u2019évêque.Ils ont prié et chanté.Et cela continue.De partout nous sont arrivées et arrivent encore chaque jour de nombreuses expressions de gratitude de personnes que S.Yvette a aidées physiquement et spirituellement.Les Africains sont bien reconnaissants au Seigneur d\u2019avoir permis qu\u2019elle demeure parmi eux au-delà de la mort.S.Yvette repose dans le petit cimetière paisible près de Le Père Tréguier, p.b.aide Yvette pour le transport des malades.269 Cercueil d\u2019Yvette au pied de l\u2019autel.reste ouverte.Des groupes de l\u2019évêché et c\u2019est pour eux un cadeau très précieux.Ils sont convaincus, comme nous d\u2019ailleurs, que de là-haut elle continue de nous aimer et de nous aider.Une religieuse africaine s\u2019exprimait ainsi: «Par sa vie, ses souffrances et sa mort, S.Yvette a scellé de son sang l\u2019alliance des religieuses M.I.C.avec l\u2019Afrique.» UNE COUTUME AFRICAINE À Katete, l\u2019endroit où Yvette demeurait, la porte de la maison tous les coins de la paroisse viennent prier et sympathiser avec les missionnaires; on apporte farine, arachides, oeufs, fèves et quelques «tambala» (sous).Plusieurs personnes ont marché jusqu\u2019à 30 milles pour venir; tous pleurent S.Yvette, «leur mère», comme ils aiment à l\u2019appeler.Oui, nous dit S.Françoise Saucier, la provinciale d\u2019Afrique, ce fut une occasion de resserrer les liens entre les missionnaires et la population.Ce fut terrible et merveilleux à la fois.FLAMME VIVANTE En terminant l\u2019histoire merveilleuse de notre héroïne, nous reprenons les mots du Père Denis-Paul Hamelin, p.b.s\u2019adressant aux jeunes lors d\u2019une messe de funérailles ici au Canada.«Vous, les jeunes, vous rêvez de grandes choses.Vos vies sont devant vous, vous les voulez belles, signifiantes, fructueuses.Vous vous cherchez des héros.Le sport, le cinéma, la musique vous en offrent, mais combien vous restez insatisfaits devant ces modèles qu\u2019on vous propose.S.Yvette est de la trempe des héros pour qui les vraies valeurs ont pris toute la place.Vous savez comme elle rayonnait de joie.Son secret, ce fut Jésus; son idéal, le don de soi.Une telle vie mérite d\u2019être imitée.» Oui, flamme à jamais vivante, Yvette brûle en terre africaine.P ri o ns-la «d\u2019embraser nos coeurs pour qu\u2019ensuite nous puissions communiquer cette flamme dans le monde entier.» CADEAU-DÉPART Votre «CADEAU-DÉPART», aidera une de nos missionnaires à atteindre sa mission et ainsi vous serez solidaire de son travail d\u2019évangélisation.Il méfait plaisir de vous envoyer le montant de $.pour aider aux frais de voyage d\u2019une de vos Soeurs.Adresser à: Procure des Missions des SS.Miss, de l\u2019Immaculée-Conception, 121, Ave Maplewood, Montréal H2V 2M2\t;\t-i «Desirez-vous un reçu d\u2019impôt?» En indiquant votre:\toui ?non ?NOM .ADRESSE .CODE 270 Envoi des soeurs missionnaires de l\u2019immaculée-conception AFRIQUE Louise Denis Terrasse Vaudreui Dioc.Valleyfield PEROU Gabrielle Legare Charlesbourg Dioc.Québec PEROU Therese Bergeron Ste-Sophie Dioc.Québec MADAGASCAR Noëlla Bernard Ste-Madeleine Dioc.St-Hyacinthe HAITI HONG KONG AFRIQUE Jeannette Caron St-Georges de Beauce Dioc.Québec BOLIVIE I / Anita Dubé St-Eusèbe Dioc.Rimouski AFRIQUE JAPON Louise Sauvé St-Timothée Dioc.Valleyfield .A Jeanne Gauvin Jonquière Dioc.Chicoutimi ONG KONG 4m AFRIQUE Pierrette Quevillon Montréal Dioc.Montréal Edith Faucher Ste-Marie-de-Beauce Dioc.Québec mm, Louise Bussières Montréal Dioc.Montréal Marie-Jeanne Fortin St-Octave-de-Métis Dioc.Rimouski «PROGRAMMES» POUR LEXPÉRIENCE DE DIEU JÉSUS DIT À LA SAMARITAINE: «SI TU SA VAIS LE DON DE DIEU ET QUI EST CEL UIQ UI TE DIT: DONNE-MOI À BOIRE, CEST TOI QUI LEN AURAIS PRIÉ ET IL T AURAIT DONNÉ DE LEAU VIVE.» (Jean 4:10) La samaritaine c'est chacun et chacune de nous «programmés» pour l'expérience de Dieu.car il y a dans l'homme une racine contemplative qui ne doit pas être oubliée ni frustrée sous peine d'une déshumanisation ou d'une mutilation de sa réalisation humaine.L evangélisateur chrétien authentique est un contemplatif, qui transmet à d\u2019autres sa propre expérience de Dieu et du royaume.Segundo Galilea «CE QUE NOUS AVONS ENTENDU, CE QUE NOUS AVONS VU DE NOS YEUX, CE QUE NOUS A VONS CONTEMPLÉ, CE QUE NOS MAINS ONT TOUCHÉ DU VERBE DE VIE, NOUS VOUS L ANNONÇONS.» (I Jean 1,1) France Dodier, 19 ans, coiffeuse de Sawyerville.Sylvie Richard, 22 ans, de Montréal, finissante en enseignement secondaire.Anne-Marie Chagnon, 17 ans, étudiante de Rosemère.Anne Beauchesne, de Québec 25 ans, étudiante en théologie.m 1 4 SEMAINES QUÉBÉCOISES COEURS RENOUVELÉS.Adrienne Guay, m.i.c.originaire d\u2019Albanel, Lac St-Jean, et ex-missionnaire de Madagascar est responsable du Centre d\u2019Orientation Vocationnel-le à notre maison de Québec.Elle accompagna quatre jeunes Canadiennes pour une insertion missionnaire d\u2019un mois en Haïti.Ces jeunes ont accepté de répondre à nos questions.POURQUOI ETES-VOUS ALLEES EN HAITI?Anne \u2014 Je crois que toutes nous voulions vérifier l\u2019appel de service à la Mission par un projet à court terme.Cependant pour moi, c\u2019était surtout une démarche de discernement à la vie religieuse missionnaire.Anne-Marie \u2014 Moi, c\u2019était simplement pouraller aider les gens et j\u2019ai appris énormément de choses là-bas, même si nous avions déjà une bonne préparation avant de partir.EN QUOI CONSISTAIT CETTE PRÉPARATION?Sylvie \u2014 Invitées au Centre d\u2019Orientation Voca-tionnelle par S.Adrienne Guay et son équipe nous avons rencontré des missionnaires d\u2019Haïti, puis 274 des religieuses haïtiennes, m.i.c.ce qui donna lieu à des échanges fort enrichissants.Puis il y eut des Camps Missionnaires pour six fins de semaine.Enfin durant cette préparation qui dura entre six et huit mois nous avons lu beaucoup de documentation et visionné des diaporamas sur le pays et ses gens.J\u2019ajoute à cela les échanges de vues sur l\u2019évangélisation et la mission.Ceci permit à chacune un cheminement individuel.Anne-Marie \u2014 Avec un bon aperçu de la situation économique, politique et socio-culturelle, nous savions un peu à quoi nous attendre.C\u2019est pour cela qu\u2019en arrivant à Port-au-Prince, nous n\u2019étions pas vraiment dépaysées.Mais en dépit de cette préparation il y eut quand même des chocs culturels. VOUS VOULEZ BIEN NOUS DIRE UN MOT DE CES CHOCS CULTURELS?France \u2014 Pour moi, ce fut celui de voir tant de monde sur la rue, surtout dans la capitale.Il y avait des gens partout, assis par terre, sur les seuils de portes, sur le bord du chemin, plein la chaussée.Et tout ce monde semblait heureux et manifestait bruyamment sa joie d\u2019être ensemble.Quelle chaleur humaine! En dépit de la misère matérielle dans laquelle la plupart sont plongés, ils sont gais: ils chantent beaucoup.Dans leurs chants ils expriment la faim, le chômage, la mort des démunis ainsi que le beau soleil «d\u2019Ayiti chérie».Oui, ils chantent tout cela.Anne \u2014 Les personnes côtoyées sont au courant des injustices qui leur sont faites.Longtemps résignées, elles se conscientisent de plus en plus.J\u2019ai vu les chrétiens de là-bas s\u2019engager pour se défendre mutuellement contre l\u2019exploitation et apporter dans leurs prières et célébrations liturgiques leurs soucis quotidiens.Et j\u2019ai compris pourquoi l\u2019Église d\u2019Haïti prenait sa place avec les pauvres et faisait sienne leur souffrance.Choc dy- namique pour moi que cette Église vivante et signifiante! Anne-Marie \u2014 Nous avions eu l\u2019occasion d\u2019apprendre un peu de créole avant de partir, et j\u2019en remercie Soeur Denise Beaudoin, m.i.c.et Soeur Mésina Paulémon, m.i.c.car j\u2019ai bien apprécié pouvoir aborder les gens.Bien sûr, c\u2019était avec un vocabulaire restreint mais je sentais qu\u2019un lien se formait entre nous.À travers mon «baragouinage», je faisais passer mon émerveillement devant leur courage, leur gaieté de coeur, leur vie simple et frugale et surtout leur sens inné du partage! Cela m\u2019a vivement frappée.Un jour je vis un petit garçon tout rachitique qui acheta un morceau de «casave», genre de pain sans levain, fait de farine de manioc.Il se retira dans un coin et s\u2019apprêtait à le manger quand un autre bambin s\u2019amena.Sans un mot, le premier sépara son morceau et le donna à l\u2019arrivant qui repartit en courant avec sa portion.Cela semblait si naturel aux deux, comme allant de soi! Sylvie \u2014 Dans la famille aussi tout est partagé avec parents, amis, cousins, même le maigre sa- ! If\\ I l ; En arrière de g.à dr.: Anne Beauchesne, S.Myrtha Michel, m.i.c., S.Adrienne Guay, m.i.c., Emmanuela Vincent.En avant: France Dodier, Anne-Marie Chagnon, S.Mesina Paulémon, m.i.c.275 sourire a K 5» VT '¦'Tm ¦ T\"\"^è laire est divisé avec ceux qui n\u2019en ont pas.Ce n\u2019est pas étonnant quand on connaît l\u2019amour que la mère manifeste aux siens.J\u2019ai aidé quelque peu en pédiatrie et j\u2019ai vu comment les mamans sont très présentes à leur petit.Elles arrivent à l\u2019hôpital, tôt le matin, apportant avec elles le petit chaudron qui contient les repas de la journée.Elles montent la garde du bébé malade ne sortant que le temps nécessaire pour réchauffer le dîner dehors sur un feu de branchages.Elles s\u2019occupent vraiment de leur petit malade et acceptent tous les inconvénients pour assurer cette présence aimante.Malgré moi, je pensais à nos structures hospitalières et à la qualité de présence ici.France \u2014 Je me suis posé une question: que font les hommes?C\u2019est que je voyais la femme circuler avec de grosses charges de fruits et de légumes sur la tête.Au marché public, les commerçants étaient en majorité des femmes.Ici et là quelques hommes poussaient des charrettes de charbon, mais la plupart causaient en petits groupes, jouaient aux dominos, à la loto, ou regardaient la bataille de coqs.Il faut dire qu\u2019à la ville il y a peu d\u2019industries pour l\u2019embauchage.À la campagne par contre, l\u2019homme travaille aux champs et la femme vend le produit des récoltes.Dans certaines zones agricoles par exemple, le revenu annuel d\u2019un paysan varie entre $50.00 et $75.00 par année, vous pouvez imaginer que la moindre récolte doit être vendue pour les cinq bouches à nourrir.Ce qui explique pourquoi 60% des enfants meurent avant l\u2019âge d\u2019un an et que les cliniques des mornes sont débordées.Sylvie \u2014 Une expérience choc pour moi fut celle du dénuement des écoles rurales primaires de 276 Coureuse, Léturo, La Souffrière, Ravine des Roches et Frémont.Les enfants marchent deux ou trois milles, matin et soir, pour plusieurs sans déjeuner et pour tous, sans service de cafétéria à l\u2019école! Comme notre visite coïncidait avec les premiers jours de classe en janvier, on nous expliqua que les absences étaient dues à une certaine superstition qui voudrait que des esprits mauvais rôdent pour nuire à ceux qui viennent s\u2019inscrire.Dès la deuxième semaine le nombre d\u2019élèves passe à 60 par classe.Peu de livres, de cahiers et de crayons pour tout le monde.Au moins les écoliers ont un toit et des professeurs courageux qui suppléent à ce qui manque.Anne-Marie \u2014 J\u2019ai changé d\u2019attitude et de comportement sur deux points en particulier.Je suis revenue avec une appréciation plus grande de ce que mes parents sont et font pour moi.Je les prenais par manière d\u2019acquit.Ayant vu tant de jeunes dans le besoin, je ne rechigne plus quand mon père ou ma mère me demande quelque chose.\t( j\u2019y cours! L\u2019autre point, c\u2019est un intérêt renouvelé pour mes études et pour la lecture des journaux où je dévore les nouvelles d\u2019Haïti et des autres pays.France \u2014 Mon regard sur mon pays et sur mon peuple a évolué.Je ne suis plus portée à la critique, je suis plus sérieuse dans l\u2019usage de mon temps et de l\u2019argent.Je veux dire à tous combien certains de nos besoins sont relatifs comparés aux grands problèmes de malnutrition, d\u2019absence de services médicaux, de manque d\u2019écoles, d\u2019eau courante, etc.APRÈS CE MOIS INTENSIF EN HAÏTI, QUE VOUS RESTE-T-IL? Anne et Sylvie donnent un coup de pouce aux jeunes des zones rurales.de bonnes nous.bananes ,é9umes Pour Sylvie \u2014 Je ne lis plus l\u2019Evangile de la même façon.La parole de Dieu: «J\u2019avais faim et vous m\u2019avez nourri, j\u2019étais malade et vous m\u2019avez visité» prend plus de sens pour moi maintenant.Pendant le carême, j\u2019ai fait un chemin de croix avec des amies.Des liens se faisaient tout naturellement entre la souffrance du Christ, celle de mes frères haïtiens et nous.J\u2019ai aussi été interpellée par leur confiance en Dieu, le goût de vivre et leur espérance à toute épreuve.Maintenant je me vis plus forte face aux difficultés.Anne-Marie \u2014 Quand je parle de mon expérience en Haïti, je sens que tout le monde voudrait en savoir plus long.Alors j'offre la possibilité de faire quelque chose.Je suis à ramasser des fonds pour installer des latrines pour un groupe de 150 orphelins et faire creuser un puits en zone rurale.Sylvie \u2014 La Mission, nous l\u2019avons à peine vécue.un mois, ce n\u2019était qu\u2019un survol! Pour moi, je veux m\u2019engager à donner deux ans comme missionnaire laïque.Anne \u2014 Ce qui me reste?C\u2019est l\u2019amour que le Seigneur a mis dans mon coeur pour le peuple haïtien et celui qui anime les missionnaires rencontrés.De plus, j\u2019ai trouvé la réponse à mon discernement.J\u2019ai compris qu\u2019une coopérante s\u2019engage au nom de son pays, quelquefois au sien propre, comme témoin de la fraternité universelle, tandis que la missionnaire laïque, elle, s\u2019engage comme témoin du Christ par une présence temporaire qu\u2019elle renouvelle à volonté.Quant à la religieuse missionnaire, c\u2019est par le don de toute sa vie, vécue non pas seule, mais avec une famille religieuse qu\u2019elle témoigne.Et cette forme de vie m\u2019attire.MAINTENANT QUE VOUS ÊTES DE RETOUR ICI, QUELS SONT VOS PROJETS?Anne \u2014 À la suite de mon expérience en Haïti, je vois bon de conscientiser mes amis à la surabondance qui est la nôtre.Il y a plusieurs défis à relever mais je connais une foule de jeunes ici qui veulent et peuvent transformer notre société.Pour moi, j\u2019ai choisi d\u2019être postulante chez les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.ADRIENNE, COMME RESPONSABLE DU PROJET, AURAIS-TU QUELQUES COMMENTAIRES?Adrienne \u2014 Je peux dire que grâce à la préparation sérieuse de chacune, ce projet fut un succès véritable pour un temps si court.Il permit à quatre jeunes de cerner ce qu\u2019est l\u2019appel à la Mission aujourd\u2019hui, puis de réaliser comment chacune porte en elle la réponse à cet appel.Sous un soleil tropical, face à un horaire chargé, le groupe garda son «pep» jusqu\u2019à la fin.Grandement facilité par l\u2019accueil enthousiaste des religieuses de chaque fraternité M.I.C., et l\u2019abord chaleureux des collaborateurs (ici je pense au bon docteur Amédée et à notre aimable Jor-nalia, pour n\u2019en nommer que deux), cette démarche en terre haïtienne les a définitivement marquées.Pour toutes ce fut une expérience d\u2019amour partagé et d\u2019acceptation réciproque.La preuve.c\u2019est qu\u2019elles reviennent après quatre semaines, avec des coeurs renouvelés et le désir d\u2019un engagement à long terme! Antoinette Castonguay, m.i.c.277 Animateurs et participants du Séminaire International de Cap-Rouge.CHACUN SA PLACE SOUS LE SOLEIL.DE CAP-ROUGE MANAKORYIANAREO TSIRAIRAY AVY (Bonjour à chacun et à chacune) C\u2019est avec toute la chaleur de mon pays, l\u2019île de Madagascar, que je vous salue et vous redis Ma-nakory daholo ianareo.Au Canada depuis un an, je viens aujourd\u2019hui avant de retourner chez moi le 1 9 juin prochain, partager avec vous une très belle expérience vécue à Cap Rouge l\u2019été dernier.Ce séjour estival m\u2019a prouvé combien chaque personne est riche de capacités d\u2019accueil et de compréhension de l\u2019autre malgré des différences qui pourraient diviser.Oui, moi, Julienne Rasoarivelo, Malgache, je me suis retrouvée soudainement avec 15 nationalités différentes dans un pays qui n\u2019est pas le mien.Qui et quoi nous réunissaient ensemble à Cap Rouge?L\u2019Institut de Formation et de Rééducation de Montréal (I.F.R.M.) avait planifié un séminaire international ouvert à tous les pays, pour rejoindre des groupes d\u2019animateurs et formateurs chrétiens, spécialement ceux des pays moins favorisés d\u2019Amérique latine et d\u2019Afrique francophone.Comme je suis appelée dans mon pays à travailler avec des jeunes, à les aider dans leur croissance, j\u2019ai pensé que la nouvelle approche psychologique de l\u2019Institut basée sur les «Forces du moi» me serait d\u2019un grand secours.Aujourd\u2019hui, mon but n\u2019est pas de vous décrire le processus de cette approche, mais bien de vous parler de mon expérience d\u2019internationalité vécue dans le site mer- par Julienne Rasoarivelo, m.i.c.veilleux de Cap-Rouge où la nature, l\u2019espace, le beau fleuve Saint-Laurent ont facilité la réflexion et le partage.COMMENT T\u2019APPELLES-TU?Il a fallu d\u2019abord «s\u2019apprivoiser» et accepter de faire un pas chaque jour, puis apprendre nos noms aux résonnances toutes nouvelles.Des facteurs comme l\u2019accueil sympathique et amical des Canadiens-français ont sûrement contribué à bâtir l\u2019unité du groupe.Ces animateurs nous ont facilité des rencontres par maintes activités telles que soirées culturelles et sorties de fin de semaine pour des visites panoramiques.De plus, un intérêt commun autour du contenu et du vécu de la démarche d\u2019actualisation des forces psychologiques alimentait nos conversations quotidiennes.MOMENT FORT D\u2019UNITÉ Mais le moment, qui selon moi, parlait le plus fort d\u2019unité était la Célébration Eucharistique.Autour de l\u2019autel, table décorée de mille et une façons selon des coutumes locales, on y voyait les célébrants portant des chasubles des plus multicolores et multiformes.La musique et les chants que nous nous efforcions d\u2019apprendre dépassaient les harmonies connues, c\u2019était un monde nouveau où tout et tous avaient leur place.Je cite quelques exemples.L\u2019accompagnement des 278 chants avec le tam-tam et la flûte par le groupe du Bénin était une vraie invitation à nous joindre à eux pour la danse au moment des offrandes.Cela créait l\u2019atmosphère d\u2019une grande fête de famille.Par des salutations profondes face à l\u2019autel et au peuple, la délégation du Zaïre convoquait ses ancêtres pour qu\u2019ils viennent prier avec eux.Pour nous, le groupe malgache, le moment de la communion était un rappel direct d\u2019une coutume familiale où les enfants, soeurs et belles-soeurs servent les invités tandis que les parents reçoivent les hommages.Ce furent donc les participants malgaches et non les prêtres qui se chargèrent de servir le pain et le vin eucharistiques.Que dire aussi de ces processions où le livre de la parole de Dieu était transporté respectueusement sur la tête des Sénégalaises?Chaque participant et participante trouvait ce qu\u2019il y avait de mieux dans sa culture pour parler de Dieu, pour parler à Dieu.Devant Celui qui a accepté d\u2019être Pain rompu pour tous, nos divisions, nos barrières tombaient.Dieu devenait vraiment le trait d\u2019union entre nous.Fort de ce Dieu qui nous unissait, nous nous retrouvions frères et soeurs, non seulement durant l\u2019Eucharistie, mais aussi après l\u2019envoi.Le partage de la parole de Dieu fut aussi d\u2019une richesse indescriptible, je crois que c\u2019est le meilleur cours de Bible que j\u2019ai reçu jusqu\u2019ici.RICHESSE DE COMMUNION La plupart de nos cours étaient donnés par Jeannine Guindon, directrice de l\u2019Institut, et la di- rectrice adjointe, Marie-Marcelle Desmarais, c.n.d.Elles ont su nous communiquer non seulement leur savoir mais leur vécu avec beaucoup de respect.J\u2019ai compris que la connaissance de soi, de ses valeurs, oriente le sens que l\u2019on veut donner à sa vie et détermine aussi la richesse de la communion avec les autres.Comme nous avons à nous dire pour que l\u2019autre saisisse mieux qui nous sommes! Dans notre groupe, la langue française était parlée par tous, mais chacun y ajoutait son petit accent local et coloré ce qui a demandé parfois de la patience pour se comprendre.Heureusement, il n\u2019y eut pas de ségrégation; chaque personne trouvait sa place sous le soleil.UN COEUR UNIVERSEL Ce séminaire m\u2019a aidée à comprendre davantage la dimension internationale de ma Congrégation.Je suis convaincue que l\u2019on peut vivre ensemble, collaborer, s\u2019entraider, même si l\u2019on a des mentalités et des coutumes différentes.Quand chaque personne a sa place et prend en charge le sens qu\u2019elle donne à sa vie, elle acquiert facilement un coeur universel qui est centré sur le Christ et ses frères.Cette expérience m\u2019a donné le goût de vivre avec mes compagnes missionnaires et les gens de différents pays.Je me sens un coeur plus accueillant et ouvert à l\u2019étranger que! qu\u2019il soit, car je sais que j\u2019y découvrirai de la beauté et un lien de parenté dans le Christ.De g.à d.Julienne de Madagascar, m.i.c., Charlotte du Zaire, Françoise d\u2019Haïti, Antoinette de Tanzanie. MARIE.AUX LIGNES OUVERTES! *'1* W* st /V r Im Sainte Marie, tu ne te reposes donc jamais ' Tu es toujours à l\u2019écoute Toi qui dès le début de ta vie a accueilli l\u2019Annonce N\u2019es-tu point fatiguée d\u2019être lieu de confidences ?Il me semble que depuis longtemps, des siècles.Tu as entendu les mêmes cris: Sainte Marie prie pour, prie pour nous.Ne sont-ils pas toujours pour toi «Nouvelles» Ces messages transmis sur les ondes du tempçjî Ne sont-ils pas notre besoin de désirer Comme toi, le Sauveur?Marie-Hélène Roy, m.i.c.-i-i\u2014 j* ,v t, ?Æ .Mit * li ¦ 'à 'Vv'' #\u2019¦ «I y K li \u2022 v&Ffsm 't-* ÿh.- y m \\ 1 ï > ! 4 \\ M M 280 O ^ i * ' ' - 'r A Délia Tétreault, Fondatrice des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, née à Marieville en 1865.«DÉLIA TÉTREAULT et son message» MYSTIQUE AUTHENTIQUE Notre chronique a, depuis un an, suivi Délia Tétreault comme une novatrice au dynamisme entreprenant, une femme d\u2019oeuvres dont l\u2019audace apostolique n\u2019a pas connu de frontières.Sera-t-il téméraire maintenant de vouloir atteindre en elle la source profonde d\u2019où ont jailli tant d\u2019initiatives, téméraire d\u2019essayer de trouver le secret qui révèle son coeur et l\u2019esprit qui l\u2019animait?Il est normal que l\u2019on désire connaître où elle puisait le souffle qui anima sa vie de fondatrice et de missionnaire, de savoir d\u2019où lui venait cet élan qui a assuré l\u2019unité de sa vie et son vaste rayonnement apostolique.Réalisations de la grâce en elle, assurément, mais aussi, effets indéniables de sa fidélité à cette même grâce.Nous voulons, à partir d\u2019aujourd\u2019hui, la présenter aux lecteurs comme une mystique authentique, une mystique dans l\u2019action.Or, la mystique a été définie comme le fait de «se livrer à Dieu», et la mystique d\u2019action comme consistant «à suivre Dieu à la trace partout où il passe et repasse pour accomplir ses oeuvres».Voilà bien où nous reconnaissons la Fondatrice, et voilà le domaine mystérieux et attirant où nous tenterons de pénétrer.FEMME LIVRÉE À DIEU Ces mots pourraient être le résumé parfait de la vie de Délia Tétreault: ses écrits et les témoignages de celles qui l\u2019ont côtoyée l\u2019attestent.Mais le Dieu à qui Délia, jeune fille, a désiré vouer sa vie, Celui qu\u2019elle a aimé et servi avec tant d\u2019ardeur, n\u2019est pas pour elle un Être lointain, inaccessible.Son expérience de Dieu a été marquée d\u2019authenticité; elle a émergé du coeur même de son existence où elle a trouvé un Dieu personnel; tout proche, présent dans le quotidien, un Dieu AMI.Elle a vécu de cette conviction et n\u2019a cessé de l\u2019inculquer à ses missionnaires./i & cJh* ;\ty y*- ./f/é Voilà déjà révélée la source: Celui «en qui l\u2019on trouve tout et en dehors duquel rien ne se trouve».Mais quels ont été les contacts de Délia avec cette Source?.Une recherche poursuivie à travers ses notes personnelles et sa vaste correspondance a permis de mettre en lumière un aspect qui apparaît caractéristique de son cheminement spirituel: l\u2019amour passionné de la volonté de Dieu en vue d\u2019un service qui fut à sa gloire et au bien du cher prochain.C\u2019est pourquoi nous pouvons parler de la Fondatrice comme d'une mystique et une mystique dans l\u2019action.MARIE DU SAINT-ESPRIT Le nom que choisit Délia Tétreault en prononçant son engagement religieux est lui-même indicatif de son attitude fondamentale: SE LIVRER À L\u2019ACTION DE L\u2019ESPRIT en épousant la \u2018forme\u2019 qui permit à Dieu de devenir l\u2019un de nous, la FORME DE MARIE.Voilà tracée de façon simple et concrète la voie que suivra la Fondatrice, celle, où comme elle, nous pouvons constamment puiser l\u2019inspiration.Pauline Longtin, m.i.c.A suivre: REGARDE L'ETOILE.281 fN MARC JAPON UN CERCLE DE PRIÈRES POUR L\u2019ANNÉE SAINTE Une semaine de prières a été organisée pour toutes les communautés de vie active du Japon.Au nombre de 80, ces communautés comptent environ 6,000 religieuses.Un programme de sept jours a été pensé autour du thème: «pour une revalorisation de notre vie religieuse consacrée».Pour un pays non chrétien, ça promet! AYASE-TOKYO: DES HANDICAPÉS SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL Depuis quelque temps S.Virginia Guerrero, m.i.c.originaire des Philippines, se rend tous les samedis pour aider les handicapés.Elle nous écrit: «Ce sont des jeunes du cours secondaire qui s\u2019initient à des activités produc-282 trices non compliquées offertes par certaines compagnies telles que Sony.La plupart des handicapés sont en chaise roulante.J\u2019ai été impressionnée par leur lutte pour la vie et aussi par le dévouement des professeurs qui veulent encourager ces jeunes dans leur effort pour devenir autonomes.» Bon succès Virginia! CANADA GENS D\u2019OUTREMONT, SAVIEZ-VOUS?.Une invitation est lancée dans le bulletin paroissial de Saint-Viateur d\u2019Outremont et voilà l\u2019église presque remplie.En cette soirée d\u2019avril, S.Pauline Longtin, m.i.c.fait brièvement l\u2019histoire de la communauté des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception et démontre l\u2019appui que les gens d\u2019Outremont, en particulier les Clercs de Saint-Viateur, ont apporté à l\u2019Institut naissant.Depuis, bien des années ont passé, mais il convient, nous dit la conférencière, que les paroissiens de Saint-Viateur soient informés des démarches entreprises pour introduire la cause de béatification de Délia Tétreault, fondatrice des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception et 35 ans leur co-paroissienne.Celle-ci a d\u2019abord vécu au 27 du Chemin Sainte-Catherine qui porte aujourd\u2019hui le numéro 343.Puis trois ans plus tard, la maison étant devenue trop petite à cause de nombreux élèves, on acheta une maison sur le flanc de la montagne, une maison sans système d\u2019éclairage et sans eau courante.Cette maison aujourd\u2019hui agrandie est au numéro 31 4.Consulter l\u2019histoire, nous dit Pauline, c\u2019est comme tourner les pages d\u2019un album de famille.Des personnes chères revivent et des noms qu\u2019on ne peut oublier jaillissent comme les Bourassa, les Berthiaume, les Joubert.pour remonter jusqu\u2019aux premiers habitants d\u2019Outremont, les Indiens de la bourgade d\u2019Hochelaga.Ce retour savoureux dans le passé fut fortement goûté de l\u2019assistance.La grande générosité des Clercs de St-Viateur envers la petite communauté qui débutait presque simultanément avec leur paroisse, celle des Dames Auxiliaires également, jusqu\u2019aux lutins, sauteurs de clôtures pour manger les pommes du verger des Soeurs.tout cela fut finement souligné par S.Pauline Longtin, responsable auprès des autorités ecclésiastiques de la Cause Délia-Tétreault.Avec ce guide bien documenté, nous affirmons que quelque chose nous reste de ce parcours de près d\u2019un siècle dans l\u2019histoire.Pauline Longtin, m.i.c.C\u2019est la fidélité de cette femme de chez nous, à l\u2019appel du Seigneur, à sa mission d\u2019Église! Cette fidélité, comme nous le rappelle Pauline en terminant, a eu des répercussions jusqu\u2019au bout du monde, et l\u2019on peut mesurer un peu les conséquences d\u2019un oui dans une vie humaine \u2014 un oui vécu jour après jour, dans la joie de servir et l\u2019abandon à la Providence.Puisse Délia, encore aujourd\u2019hui, nous servir de modèle et d\u2019inspiration! Céline Cloutier, m.i.c.HONG KONG PÂQUES ET LES NOUVEAUX CHRÉTIENS Pour Soeur Céline Cloutier, m.i.c.et Soeur Lucia Virginia, m.i.c.la semaine sainte exigea beaucoup de travail pastoral, des efforts qui aboutirent dans un éclatement de joie car deux personnes de notre paroisse furent baptisées durant la vigile pascale.La paroisse Sainte-Thérèse reçut aussi dans sa communauté chrétienne 92 adultes et 35 enfants.Dans tout le diocèse, il y eut à peu près 1,400 catéchumènes qui reçurent le baptême.Ces nouveaux chrétiens se préparent durant deux ans tout en s\u2019insérant graduellement dans la communauté chrétienne.Ils sont prêts maintenant à accepter leur responsabilité de disciples du Christ.Plusieurs de ces nouveaux baptisés ont reçu une éducation religieuse dans les écoles catholiques.L\u2019une de nos anciennes étudiantes de notre école de Good Hope, nous a bien impressionnées le jour de son mariage à Pâques, lorsqu\u2019elle renonça, d\u2019accord avec son mari catholique aussi, à la cérémonie traditionnelle comportant les bouquetières, les demoiselles d\u2019honneur, etc.pour donner cet argent aux religieuses de Mère Teresa qui travaillent dans le diocèse.Nos anciens étudiants nous donnent des leçons de charité chrétienne et de grande générosité: à nous de ne pas rester en arrière.283 Départ missionnaire de Louise Sauvé, m.i.c.t *h, CANADA MERCI, LOUISE! Au Québec depuis cinq ans, Louise Sauvé, m.i.c.laissa son nom et son visage souriant un peu partout.On l\u2019a vue à l\u2019émission «Jour du Seigneur» lors du dimanche des missions, elle a animé différentes sessions et retraites missionnaires, et a travaillé à la rédaction des «Cahiers Missionnaires».Mais son travail principal la retenait le plus souvent à Québec au Bureau National des Oeuvres Pontificales Missionnaires où elle fut directrice adjointe.À nouveau la mission du Japon l\u2019appelle.Son service d\u2019animation missionnaire dans l\u2019Église canadienne étant terminé, elle accepte de retourner chez ses chers Japonais avec qui elle a déjà vécu 1 8 ans.Son oui, elle l\u2019a prononcé au fond d\u2019elle-même avec son Dieu, mais elle a consenti aussi à le dire en Église.C\u2019est pourquoi en ce dimanche 22 mai, fête de la Pentecôte, nous la retrouvons dans sa paroisse natale, à Saint-Timothée, diocèse de Valleyfield, avec parents, amis et paroissiens.C\u2019est durant l\u2019Eucharistie que le \u2018 curé de la paroisse, M.Yves Beaudin, commença le rite d\u2019envoi par ces mots: «Au jour de son baptême le père de Soeur Louise et son parrain avaient posé la main sur elle pour demander la foi.Aujourd\u2019hui, j\u2019invite les paroissiens à renouveler ce geste et cette fois, en Église».Une forte émotion saisit tous les participants quand les mains se levèrent (comme pour se poser sur Louise), pendant que le célébrant engageait le dialogue: «Louise, consens-tu à repartir vers tes frères japonais pour aller en notre nom leur porter la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité?» «Oui, je le veux».C\u2019est en Église, que Louise prononça son «oui» et c\u2019est avec, au nom de cette Église qu\u2019elle part joyeusement annoncer la Bonne Nouvelle.Sa famille accepte aussi ce départ dans la foi.Le papa déjà âgé dit à Louise: «Si 284 j\u2019étais plus jeune Louise, je partirais avec toi».«Et que ferais-tu là-bas papa?» «Mais voyons, je pourrais encore parler du Bon Dieu et de la Sainte Vierge.» Nos parents ne sont-ils pas missionnaires avant nous?CHILI-ANCUD DES VIVRES POUR 1 82 FAMILLES S.Gilberte Ferras, m.i.c.reçut de «Caritas Allemagne» un montant d\u2019argent pour les nécessiteux de la région.Farine, riz, remèdes, apportèrent un peu d\u2019espoir à quelque 182 familles.Seize familles ont pu réparer leur maison, un centre d\u2019enfants reçut un montant pour l\u2019achat de souliers et de vêtements et un jeune étudiant en 3e année de pédagogie pourra terminer ses études, grâce à l\u2019aide reçue.Des gens vivront plus heureux, merci aux bienfaiteurs! BOLIVIE PROJET CANADA - KOLKAPIRHUA C\u2019est à la paroisse de Kolkapirhua, en collaboration avec l\u2019Ambassade du Canada, les Clubs Jeunes du Monde du Québec et les Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception qu\u2019un projet de poste sanitaire s\u2019élabore.Ce centre comprendra une salle d\u2019examen médical, une salle d'accouchement, une salle pour les soins dentaires de même qu\u2019une chambre de trois lits.Merci à tous les collaborateurs et bon succès! AFRIQUE - KASEYE SONNER LA BONNE CLOCHE! Vers quatre heures cet après-midi, la cloche sonne à l\u2019église.On se demande ce qu\u2019elle peut bien annoncer.Le Père Myiren-da aussi se le demande.Il est dans son bureau à parler avec Monseigneur.Les deux sortent pour voir ce qui se passe.Un jeune homme se tient près du clocher et attend.Ils l\u2019interrogent:\t^ \u2014 «Je veux voir S.Thérèse», dit-il.«J\u2019étais en bas à l\u2019hôpital et j\u2019ai demandé S.Thérèse.On m\u2019a dit: \u2014 «Montez en haut et sonnez la cloche.» On lui dit qu\u2019il valait mieux d\u2019aller sonner la petite cloche à la maison des Soeurs, s\u2019il veut voir S.Thérèse.Depuis ce jour, Soeur Thérèse Gouin réalise davantage son importance à Kaseye. S.Berthe Fiché (Marie-de-Béthanie) GRANDE PRIANTE, Berthe avait une foi forte et montrait une affection particulière pour la Vierge du St-Rosaire.Apparemment indépendante, elle cachait une vive sensibilité et un coeur d\u2019or.Elle donna des preuves de sa grande générosité tant à l\u2019Hôpital Chinois de Montréal qu\u2019au Refuge pour Orientaux et à l\u2019Hôpital du Mont St-Joseph de Vancouver où elle travailla pendant plus de 35 ans.Née le 25 octobre 1 903 à St-Raymond de Port-
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.