Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 septembre 1983, Septembre - Octobre
[" Volume XXXII, no 11, Septembre-Octobre 1983 LE PRECURSEUR h i Revue bimestrielle d\u2019information missionnaire publiée par: LES SOEURS MISSIONNAIRES DE L'IMMACULÉE-CONCEPTION Chers lecteurs et lectrices, L\u2019équipe de la Rédaction.De gauche à droite: Antoinette Castonguay, m.i.c.et Paulette Gagné, m.i.c.SOMMAIRE\t Il Comla\t291 Notre-Dame de Guadaloupe\t295 Femmes engagées\t296 Nos voix sont «asséchées»\t298 Mon plan n\u2019est pas ainsi\t301 Jeter un pont\t303 Le mystère d\u2019un Temple\t308 Délia Trétreault\t312 Entre nous\t313 Terre en marche\t314 Départs missionnaires\t316 Couverture: 1,400 religieuses participent au 2e Congrès Missionnaire latino-américain et sont reçues, logées par les familles de la petite ville de Huamantla, Dioc.Tlaxcala.À dr.: Anita Perron, m.i.c.et au centre, Isabel Duque, o.p., missionnaire espagnole.Malgré tout l'essouflement qu\u2019apportent la rentrée des classes et le retour plus assidu au travail, la période de l\u2019automne est un temps d\u2019enthousiasme, de reprise, de couleurs.«L\u2019enthousiasme est la chaleur de l\u2019imagination au plus haut degré» nous rappelle Marmontel.Garder son enthousiasme dans la vie chrétienne est indispensable.Jésus nous dit: «Vous êtes le sel de la terre.Si le sel s\u2019affadit avec quoi le salera-t-on?» (Mat.14,34).Un large horizon s\u2019ouvre devant le chrétien, un horizon sans frontières.Le dimanche des Missions, en octobre, nous éveille à cette réalité.Nous sommes invitées à quitter notre petit patelin et à aller à la rencontre de nos frères et soeurs qui ne connaissent pas ou connaissent si mal la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.L'amour de Dieu que nous avons reçu gratuitement, nous avons à le partager gracieusement avec un coeur toujours renouvelé, un enthousiasme communicatif.Le Premier Pasteur de notre Église nous écrit à l\u2019occasion du dimanche des Missions: «Que chacun fasse siennes les paroles de l\u2019Apôtre Paul: «L'amour du Christ nous presse».Il ajoute: «la Journée Mondiale des Missions de cette année est en pleine harmonie avec le contenu théologique du Jubilé de la Rédemption.Entrer dans l\u2019esprit de l\u2019Année Jubilaire signifie donc se plonger dans l\u2019esprit missionnaire, tourner son coeur non seulement vers les profondeurs de sa propre conscience, mais aussi vers tous ceux qui sont nos frères et ont le droit de connaître le Christ.Je répète donc, le coeur rempli de sollicitude: «Ouvrez, ouvrez, toutes grandes les portes au Christ: Allons vers le Sauveur, et apportons-le à tous les hommes! Apportons-le avec la force entraînante et persuasive du St-Esprit, invoqué et obtenu par la prière missionnaire».C\u2019est avec l\u2019élan que nous communique Jean-Paul II et questionnés par le thème du dimanche des missions: TENDS LA MAIN À TES FRÈRES ET SOEURS DU MONDE, que nous réalisons de plus en plus que chacun et chacune de nous avons une mission spécifique envers eux.Demeurons solidaires les uns des autres, missionnaires au loin, missionnaires ici, pour que le Dieu qui nous unit fasse de nous des apôtres dynamiques.Le 2e Congrès Missionnaire du Mexique est terminé ainsi que la 6e Assemblée mondiale du Conseil Oecuménique des Églises.Réjouissons-nous, l\u2019Église est vivante! Bonne Mission! Paulette Gagné, m.i.c.Antoinette Castonguay, m.i.c.290 MEXIQUE CONGRES 16-21 mai 1983 MISSIONNAIRE LATINO-AMÉRICAIN Du 16 au 21 mai 1983, des chrétiens de l\u2019Amérique latine se réunissent dans le diocèse de Tlaxcala, Mexique.Ils viennent d\u2019Amérique centrale, d\u2019Amérique du Sud et des Antilles.Ils sont quelques milliers, représentant à peu près 23 pays: Mexicains en très grand nombre, Péruviens, Boliviens, Haïtiens.campagnards indigènes, jeunes, couples, séminaristes, religieux et religieuses, prêtres et évêques.Tous, ils sont là, expression vivante d\u2019un phénomène nouveau dans l\u2019Église.Et nous, missionnaires venus de l\u2019Amérique du Nord et de l\u2019Europe, nous sommes là aussi, peu nombreux mais bien présents! De façon pres-qu\u2019imperceptible mais très réelle, le Cçngrès permet qu\u2019un dialogue s\u2019engage entre les Églises latino-américaines et nous.Elles nous disent, avec vaillance et franchise: «Nous sommes Église; nous sommes donc missionnaires.Nous avons à prendre notre place et à jouer notre rôle dans la mission de l\u2019Église universelle.» Et nous, les missionnaires de longue date, les \u2018professionnels\u2019 de par Murielle Dubé, m.i.c.la mission, avons le goût de leur répondre: «Mais ce n\u2019est pas possible! Qu\u2019est-ce qui vous prend?Vos Églises reçoivent encore de nombreux missionnaires du Canada, d\u2019Europe, des États-Unis.Vous avez besoin de nous! Comment pouvez-vous penser à la mission alors que vous êtes encore des Églises \u2018missionnées\u2019?La mission, n\u2019est-ce pas notre privilège à nous, Églises bien structurées qui jouissons de bonnes ressources économiques?» Et les jeunes Églises latino-américaines, Églises qui croissent dans la foi et vivent, bien souvent avec héroïsme, les conflits de la guerre, de la pauvreté, de l\u2019injustice, de rétorquer: «Nous avons reçu gratuitement, nous voulons donner gratuitement.On n\u2019allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau! Nous voulons donner de notre pauvreté.» Toute une prise de conscience qui est une nouveauté.La mission, c\u2019est la responsabilité de tout chrétien où qu\u2019il soit, quelle que soit sa situation, même s\u2019il est pauvre et opprimé! Participantes au Congrès: De g.à dr.: Lucette Gilbert, m.i.c.Anita Perron, m.i.c., Thérèse Beaudet, m.i.c., Murielle Dubé, m.i.c. DES CHIFFRES QUI EN DISENT LONG D\u2019ailleurs, si nous regardons certaines statistiques, nous ne pouvons que rendre grâce à Dieu pour la prise de conscience qui s\u2019exprime dans l\u2019événement II COMLA.OU VIVENT LES PEUPLES DU MONDE?Europe OU VIVENT LES CATHOLIQUES DU MONDE?Les experts en statistiques affirment qu\u2019en l\u2019an 2,000, la moitié des catholiques du monde entier se retrouvera en Amérique latine.Cela signifie que l\u2019avenir de l\u2019évangélisation repose en grande partie sur les épaules de ces jeunes Églises.Elles doivent donc être prêtes à relever le défi.UN SURVOL RAPIDE DU CONGRÈS Il COMLA a comme objectif: Augmenter l\u2019animation missionnaire dans les Églises particulières d\u2019Amérique latine, afin d\u2019atteindre, avec Marie, Mère et modèle, une plus grande coopération au service de l\u2019Église qui, selon l\u2019exigence du Salut, doit rendre présent le Christ au monde.Cet objectif, que veut-il dire au juste?Peut-être tout simplement ceci: «Par ce Congrès, nous, chrétiens de Panama, Guatémala, Chili, Paraguay, Équateur, République dominicaine., nous voulons rénover l\u2019animation missionnaire qui se fait dans nos Églises latino-américaines.Ainsi, tous, enfants, jeunes, adultes, familles, communautés chrétiennes, diocèses, nous serons éveillés à notre responsabilité d\u2019être porteurs de la Bonne Nouvelle dans les différents milieux et dans le monde entier.Marie, que nous aimons tout particulièrement et que nous invoquons si facilement, sera notre Modèle!» TROIS JOURS DE RÉFLEXION PERMETTENT DE CREUSER CET OBJECTIF Le 18 mai, le thème présenté est celui-ci: L\u2019Église missionnaire, réponse à l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui.L\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui, i.e.celui qui rencontre Dieu dans les grandes religions ou dans les religions dites primitives; celui-là aussi qui est interpellé par les grands courants athéisants, écrasé par l\u2019injustice, enchaîné par le faux mysticisme de nombreuses sectes.L\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui, cet homme concret de 1983 qui cherche une Espérance! L\u2019Église, nous tous, savons-nous dire à cet homme d\u2019aujourd\u2019hui la parole qui fait vivre?Le 1 9 mai, nous nous arrêtons pour voir à qui revient le devoir missionnaire.Ce jour-là, nous nous rendons compte qu\u2019il est très facile de penser et de dire: «La mission, bien.c\u2019est l\u2019affaire des évêques.Et puis, c\u2019est le travail des missionnaires! Ce n\u2019est pas pour nous, les bonnes gens qui vivons simplement!» Vous qui me lisez, qu\u2019en dites-vous?Ça vous regarde la mission de l\u2019Église?Au soir de cette journée, une conviction nous habite: eh oui, la mission, ça nous regarde tous! Que je fasse la cuisine ou que je prêche; que je sois une bonne soeur ou une maman de 10 enfants; que j\u2019aie 7 ans ou que j\u2019en aie 77: que je sois 292 Immenses cadres, à même le sol, fabriqués avec des sciures de bois teints de diverses couleurs.évêque du plus grand diocèse du monde ou caté-chète d\u2019une petite communauté campagnarde; si je suis chrétien, la mission, c\u2019est mon affaire, comme c\u2019était l\u2019affaire de la Vierge Marie qui courait vers sa cousine Élisabeth pour lui partager sa joie! Enfin, le 20 mai, la responsabilité missionnaire de l\u2019Amérique latine fait l\u2019objet de notre étude.Les situations missionnaires du continent sont nombreuses.Les peuples indigènes, les Afro-Américains, (par ex., les noirs du Brésil), les Asio-Américains (Japonais, Chinois, Coréens, émigrés en A L.) attendent l\u2019Évangile.Les groupes humains les plus divers, malmenés par les migrations réclament une Bonne Nouvelle.Les grandes masses qui surpeuplent les capitales de nos pays latino-américains, demandent avec urgence l\u2019annonce d\u2019une Parole qui leur révèle leur dignité d\u2019hommes et de femmes.Au coeur de ces réalités, assumer notre responsabilité missionnaire, c\u2019est: *\topter pour les pauvres, découvrir leur potentiel évangélisateur et cheminer avec eux vers des situations plus humaines; *\tfaire en sorte que l\u2019Évangile pénètre les cultures et s\u2019exprime à travers elles; *\tpromouvoir la naissance d\u2019une Église locale autochtone; *\touvrir chaque Église locale à la dimension universelle de sa foi.Tout un chemin à parcourir, n\u2019est-ce pas?Un long travail à réaliser! Une profonde conversion à vivre! CLÔTURE DU CONGRÈS Le 21 mai, nous vivons la fête dans le champ situé tout près du Séminaire de Tlaxcala.Les congressistes s\u2019unissent aux très nombreux représentants du diocèse de Tlaxcala qui viennent aussi participer à l\u2019Eucharistie de clôture du Congrès.De g.à dr.: Juan Mamani, diacre, une religieuse mexicaine, Mu-rielle Dubé, m.i.c., Eusebio Choque, catéchète.La concélébration rassemble au moins 30 évêques, plus de 200 prêtres, sûrement 1,400 religieuses, au moins 230 couples participants, un nombre incalculable de séminaristes et.des milliers de personnes.C\u2019est la foule joyeuse qui se salue, se retrouve pour chanter, prier, rendre grâce! L\u2019Église du Mexique présente ses missionnaires qui vont très bientôt partir pour l\u2019Angola, la Mozambique et quelques autres pays.Tout comme au temps de Jésus c\u2019est l\u2019envoi: «Allez, de tous les peuples, faites des disciples.» À la fin de la célébration, le ciel se remplit d\u2019oiseaux qu\u2019on lâche en liberté et de ballons porteurs de messages de fraternité.Un symbole des chrétiens qui repartent sur les routes du monde pour dire aux hommes et aux femmes que Dieu est notre Père et qu\u2019en Jésus nous sommes tous frères et soeurs! *>4*^ ' ' Oiseaux.ballons.symboles des chrétiens qui repartent sur ies routes du monde. À l\u2019Eucharistie de clôture.\\f' Vf ¦ .' c* S» >\u2014 UNE SOURDINE AU CONGRÈS.Cet article présente le II COMLA dans son aspect le plus positif.Pour être fidèle à la réalité, il faut quand même ajouter ce que plusieurs d\u2019entre nous, jeunes, séminaristes, religieuses avons vécu avec peine et déception.Disons d\u2019abord que l\u2019organisation du Congrès a rendu à peu près impossible une véritable expérience de communion en Église.Alors que nous avions tant à apprendre les uns des autres, nous nous sommes retrouvés en vase clos; les religieuses réunies dans la petite ville de Huamantla, tandis que les évêques sont à Apizaco, les couples à Chiautempan, les séminaristes à Tlaxco, les représentants des mouvements laïcs à Zacatelco, les prêtres à Tlaxcala et les malades à Ocotlan.Pourtant, le Peuple de Dieu c\u2019est.nous tous ensemble! Ensuite, dans nos différentes villes d\u2019accueil, comme au moment de l\u2019inauguration et de la clôture du Congrès, c\u2019est une Église triomphante, une Église qui aime la pompe, les honneurs, l\u2019éclat qui fait surface.Dommage! la majorité d\u2019entre nous représentons une Église pauvre et souffrante.Où sont nos solidarités?Enfin, les conférenciers, malgré leurs brillants exposés, oublient trop souvent de parler de la réalité bien concrète de l\u2019Amérique latine, réalité d\u2019injustice, d\u2019oppression et d\u2019égoïsme.C\u2019est là pourtant, qu\u2019avec la grâce de Dieu, doit surgir un nouveau dynamisme missionnaire.À la fin du Congrès, des jeunes s\u2019expriment ainsi: \u201cNous ne sommes pas d\u2019accord avec une Église qui adopte la structure politique du système qui nous gouverne, abandonnant ainsi l\u2019esprit de son Fondateur, le Christ.Nous contestons une Église théorique qui annonce un message abstrait et inconsistant.Nous refusons une Église qui recherche davantage la quantité que la qualité et s\u2019aveugle dans les honneurs et les ostentations matérielles, oubliant son peuple qui souffre l'ignorance, la faim,\t* la misère.Nous protestons contre une Église spiritualiste et désincarnée qui recherche sa paix intérieure sans tenir compte des luttes véritables de l'homme en quête de libération.Nous ne voulons pas d'une Église peureuse, une Église qui ne risque pas sa vie pour que son frère obtienne une vie digne et libre à laquelle tout homme a droit.Toutefois nous sommes Église et nous croyons en une Église en marche.Nous exprimons donc notre acte de foi et d\u2019espérance! Nous voulons une Église de communion et de participation, où les relations sont fraternelles et où chaque personne est respectée.Nous croyons en une Église où les responsabilités sont des services vécus dans la pauvreté et l\u2019humilité parce qu\u2019on suit Jésus, le Maître qui s'est mis à genoux pour laver les pieds des disciples.Nous voulons une Église solidaire et engagée avec son peuple, une Église qui partage avec ses membres, la pauvreté, la répression, la prison, une Église capable de vivre le martyre au nom de l\u2019Amour, comme Jésus lui-même Ta fait.Nous croyons en une Église qui vit la Parole à partir de l\u2019histoire des hommes et qui construit l\u2019histoire des hommes à partir de la Parole.Nous voulons une Église authentique, une Église d\u2019espérance, une Église témoin.Nous nous engageons dans cette Église, avec tout le peuple chrétien, pour donner à nos frères les hommes l\u2019espérance du Salut qu'ils attendent.Que Jésus habite nos coeurs et nous donne la lucidité nécessaire pour choisir le vrai Chemin .» (Traduit de l'espagnol) Ce cri des jeunes, c\u2019est aussi un fruit du II COMLA, le Ile Congrès Missionnaire latino-américain.294 A VEC MARIE, MISSIONNAIRES DU CHRIST! MEXIQUE Lourdes, Fatima, deux lieux, deux visites Où Marie ouvrit son coeur aux petits.Tepeyac, Mexique, la colline où l\u2019Indien Juan Diego Reçut le message et l\u2019image de la Vierge, Sur son manteau.Dans la suite des temps, Dans la persécution religieuse, Dans les inégalités sociales, La Vierge de Tepeyac, Notre-Dame de Guadaloupe Comme elle se nomma elle-même, Forma l\u2019âme mexicaine, Facilita l\u2019émergence d\u2019une nation fiêre, Dans la fusion d\u2019un peuple conquis et divisé.Aujourd\u2019hui encore, son sanctuaire Est lieu privilégié, Où riches et pauvres se retrouvent frères Autour de leur reine et patronne nationale: NOTRE-DAME DE GUADALOUPE 295 HAITI\tPauline Mailloux, m.i.c.avec ses élèves.FEMMES ENGAGÉES PORTEUSES D\u2019ESPÉRANCE par Pauline Mailloux, m.i.c.t m: /V ** ¦.T * \u2019?Femmes engagées?Oui, elles le sont et le seront, ces jeunes filles du Centre Professionnel d\u2019Arts Ménagers «MYRIAM» qui chantent avec coeur: Haïtien, an nou levé kampè, ô pou peyi nou kap délivré mas pep la, an nou levé kampè, ô pou peyi nou kap libéré.HAÏTIENS, LEVONS-NOUS DEBOUT POUR QUE NOTRE PA Y S SOIT DÉLIVRÉ PEUPLE, LEVONS-NOUS DEBOUT POUR QUE NOTRE PAYS SOIT LIBÉRÉ.1.\tSi je travaille et vous critiquez, c\u2019est la misère, la faim, la souffrance.Si nous travaillons avec méthode la misère, la faim disparaîtront.2.\tTous les gens pauvres, ouvrons nos yeux connaissons nos droits et nos devoirs.Quand on nous fait du mal, appelons, quelqu\u2019un nous portera secours.3.\tSi je travaille et vous flânez, la jalousie et l\u2019ambition ne finiront pas.Si nous travaillons le coeur content, nous ne serons plus jamais des sinistrés! Nous sommes aux Cayes, en Haïti.104 jeunes filles sont là et forment 6 classes bien vivantes.33 d\u2019entre elles ont eu la chance de terminer leurs études primaires.Les autres 71 ont eu une ou deux années de scolarité ou sont arrivées au Centre, analphabètes.Pourtant, regardez-les! Connaissez leur vitalité! Causez avec elles! Vous les verrez comme un beau don à la société haïtienne qui a tellement besoin de personnes formées et engagées pour le bien de l\u2019ensemble! Le Centre MYRIAM, établi aux Cayes depuis 1 956, est un modeste Centre d\u2019Arts Ménagers.Au début: 11 élèves! Maintenant, 104! Oeuvre de la Providence?Peut-être! Une Providence qui au cours des années a pris un nom: Pères Oblats, Oxfam Québec, Oxfam Angleterre, Caford, Soeurs MIC.C\u2019est grâce à eux tous que peu à peu se sont construits les locaux.C\u2019est aussi grâce à eux qu\u2019actuellement leurs cours terminés, on paye les salaires de quelques jeunes filles qui deviennent professeurs de leurs compagnes! Les cours se donnent habituellement en créole; cours de puériculture, d\u2019hygiène, de français, de comptabilité, de coupe, de broderie, d\u2019art culinaire, de sociologie, de morale, de catéchèse.Un peu de tout.Le but de tout cela: la promotion intégrale de la femme haïtienne et la formation d\u2019animatrices en arts ménagers pour les zones rurales.Nous voulons des jeunes filles conscientes de leur dignité.Bien souvent la femme de chez-nous se considère inférieure à l\u2019homme.Pourtant, dans le grand plan d\u2019amour voulu par Dieu, la femme comme l\u2019homme, a à prendre sa place et à vivre sa mission là où elle est, dans son foyer, dans son pays, dans l\u2019Église.Au Centre MYRIAM, ce qui compte, ce n\u2019est pas le rang social, la fortune, la profession, le nom, mais bien la qualité d\u2019être, car la femme, c\u2019est la compagne, l\u2019amie, l\u2019éducatrice, l\u2019épouse, la mère, la porteuse d\u2019espérance jusque dans l\u2019impossible! Préparer nos filles à être cette femme, c\u2019est le défi! Et nous savons qu\u2019elles le relèveront dans la mesure où elles rencontreront le Christ, et le reconnaîtront dans leurs freres et soeurs.Nous souhaitons que Marie, patronne du Centre, soit le guide de ces jeunes femmes, signes d\u2019espérance pour la société haïtienne d\u2019aujourd\u2019hui et de demain. I*S'Ha\tJH J De g.a dr: Anita Torres, m.i.c., Pierrette Bernier, m.i.c., Elmire Allary, m.i.c., Thérèse Lebeau, m.i.c.(debout) et deux fermiers de Yauri.par Therese Lebeau, m.i.c «Nous de l\u2019équipe MIC sentons le pressant appel à être la «voix» de nos frères et soeurs péruviens acculés à une situation de misère extrême.» Au coeur des Andes péruviennes, c\u2019est le drame.Un mot d\u2019abord prononcé avec anxiété est maintenant écrit partout dans la nature, chez les bêtes, et sur le visage des gens: SÉCHERESSE.Les yeux et le coeur n\u2019en peuvent plus de s\u2019habituer aux terres désertes.Même les voix sont «as- séchées».LE PÉROU ET SES DÉPARTEMENTS Je vis avec ces montagnards de la province d\u2019Espinar.Mes compagnes religieuses SS.Elmire Allâry, Pierrette Bernier, Agnès Bouchard, Anita Torres et moi-même ne pouvons garder le silence plus longuement.Nous sentons un pressant appel à être la voix de cette population acculée à une situation de misère extrême.Le peuple andin, en particulier celui d\u2019Espinar, vit dans une pauvreté angoissante qui le prive de la possibilité de lancer son cri de détresse.ANALYSE DE LA SITUATION Espinar, province de Cuzco, au climat rigoureux, a vu sa récolte de pommes de terre \u2014 richesse agricole principale du milieu \u2014 détruite en totalité dans certaines zones, ou à 80% dans d\u2019autres endroits.Cette destruction signifie la perte de l\u2019unique source importante d\u2019alimentation pour les familles, revenu qui leur permettait d\u2019accomplir des transactions en vue d\u2019obtenir les autres produits de base, indispensables à la subsistance.Les fortes gelées et l\u2019absence des pluies causent du dégât au fourrage nécessaire aux animaux - ?* i ! 298 I ¦ I de la région: moutons, lamas, alpacas et quelques bovins.S\u2019ajoute le taux de maladies qui croît dans tous les secteurs par le manque d\u2019eau potable.Déjà se perçoivent les conséquences de cette sécheresse.Conséquences: Elles sont nombreuses, j\u2019en énumère quelques-unes: \u2022\tPauvreté croissante \u2022\tMalnutrition \u2022\tMaladie - Mortalité \u2022\tPerte d\u2019animaux ou vente à bas prix \u2022\tMigration vers d\u2019autres régions avec espoir de trouver du travail \u2022\tDésorganisation des communautés rurales -perturbation dans les foyers \u2022\tVols multiples qui aggravent la situation \u2022\tVente d\u2019ENFANTS.(incroyable mais vrai) pour assurer la survie des autres membres de la famille! DES AGENTS DE PASTORALE RÉAGISSENT Une lettre circulaire écrite par les agents de pastorale de cinq juridictions touchées par le fléau, fut envoyée aux paysans pour les faire réfléchir et les encourager.Il est très intéressant de voir dans cet écrit la profonde réflexion que cela suscite et la solidarité des gens devant la misère et l\u2019injustice.En voici quelques extraits dont cette première question: Quelles sont les causes de la sécheresse?Il y en a qui disent que cela ne dépend que du climat, et des forces naturelles.Ceux-là déclarent les provinces en état d\u2019urgence sans plus.Ils se gardent bien de dire que la situation est due à une mauvaise économie, à l\u2019injustice, à l\u2019exploitation par quelques-uns de la masse rurale.Ils affirment que ces problèmes existent depuis toujours mais que cette année la sécheresse ravage plus durement.Ils oublient d\u2019ajouter que les campagnards de la région sud du pays sont marginaux et oubliés et qu\u2019il n\u2019existe aucun plan du Gouvernement pour les pauvres de cette zone.Mais tous, nous savons que du temps des Incas, les catastrophes naturelles de la sécheresse ne produisaient pas la faim.La production du paysan n\u2019appartenait pas à un petit groupe mais elle était gardée dans des silos pour être répartie aux temps de la sécheresse entre ceux qui en avaient besoin.Fatalisme ou espérance?Les auteurs de la lettre continuent: les paysans croient que cette sécheresse est une punition de Dieu.Plusieurs n\u2019attendent qu\u2019un miracle pour s\u2019en sortir.«Je suis né pauvre, disent-ils, parce que Dieu l\u2019a voulu ainsi.Il a créé les pauvres, il a créé les riches, je n\u2019ai rien à faire, c\u2019est comme cela.» Ceux qui raisonnent ainsi ne font que perpétuer ce qu\u2019ils ont entendu depuis des siècles en réponse à leur misère.Avons-nous déjà pensé jusqu\u2019à quel point ces explications ont empêché les paysans de se prendre en mains pour changer cette situation et construire une société moins pauvre et plus juste?Notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est né dans une étable par amour pour nous.De la région dépréciée de Galilée, Il annonça la Bonne Nouvelle aux pauvres et la libération aux opprimés (Luc 4,18-20).Ne mettons pas la faute sur Dieu de tout le mal que font ceux qui nous oppriment.Ce serait méconnaître la bonté de Dieu, ce serait croire que Dieu est notre patron et non notre Père.Le Dieu en qui nous croyons nous appelle à lever la tête pour chercher notre libération.Ce Dieu nous appelle à nous unir comme frères et soeurs dans la même pauvreté et la même espérance.Il nous donnera la force pour chercher ensemble les solutions réelles et concrètes face à la /- V s \u2022\t» *\u2022, V-*?- .,.;v y %* *2^ - H T* # * J i ¦ \ty.->- sécheresse par manque d\u2019eau et à la sécheresse par manque de justice.Se prendre en mains Il arrivera de l\u2019aide, des promesses, et même des mensonges.Quand on nous fera parvenir des vivres ou autre chose, il se peut qu\u2019il y ait parfois du favoritisme, de la corruption, des délits dans la population.Nos organisations campagnardes et populaires peuvent contrôler ces aides et veiller à une répartition plus juste.Mais ce à quoi nous aspirons le plus présentement, c\u2019est de nous entraîner à nous prendre en mains aussi bien en temps ordinaire qu\u2019en temps d\u2019urgence.Nous avons besoin de systèmes d\u2019irrigation en plus grand nombre, d\u2019aide financière pour acheter des graines de semence, d'assistance technique pour améliorer les terrains d\u2019ensemencement, le pâturage et l\u2019élevage de troupeaux.Les industries des produits de notre région y gagneraient à être exploitées à fond.Nos jeunes veulent aussi travailler avec des adultes dont les relations commerciales seraient basées sur le respect et l\u2019appui des communautés agricoles.Tout cela et rien que cela est la solution à la pauvreté et à la sécheresse.Unis en fédérations, en coopératives, en comités de production et de commercialisation, nous pourrons exiger et canaliser l\u2019aide que l\u2019État doit donner à notre région.AIDER DES GENS QUI S\u2019AIDENT La lettre des agents de pastorale se termine par un appel à la solidarité, solidarité qui existe déjà car en bien des endroits des groupes chrétiens s\u2019unissent et s\u2019entr\u2019aident.Autour de la parole de Dieu ils retrouvent courage et force pour mieux vivre leur quotidien.Actuellement tous les efforts sont conjugués pour trouver des solutions à court terme, mais bien vite les secours immédiats trouvent leurs limites devant la gravité de la situation comme devant ses conséquences à long terme.Merci Je garde un vif espoir que notre «CRI» trouvera écho en vos coeurs, frères et soeurs mieux partagés.Déjà nous, les Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception de Yauri, nous vous exprimons notre gratitude et nous vous remercions au nom de tous ceux qui retrouveront une «vie plus humaine» et auront raison de croire au Dieu de la «Vie», grâce à vous.L\u2019aide reçue permettra de procurer quelques aliments et aussi l\u2019achat des semences pour septembre prochain car selon les informations de techniciens agronomes, notre région devra souffrir pour le moins pendant trois ans des suites de cette sécheresse.Amis(es) lecteurs, j\u2019ai su que des pluies abondantes ont fait craindre pour vos moissons cette année, mais heureusement à cause d\u2019un soleil réparateur les pertes seront moins lourdes.Vous avez été épargnés, le sud du Pérou ne l\u2019a pas été! \" i -\u2022w %?Un couple de Yauri.PROJET: AIDEAUX SINISTRÉS PÉRUVIENS Je désire aider nos frères d\u2019Espinar par une contribution de $.NOM _____________________________________ ADRESSE _______________________CODE _____ Envoyer à: Procure des Missions des SS.Miss, de l\u2019Immaculée-Conception, 121, Ave Maplewood, Montréal, H2V 2M2.Désirez-vous un reçu d\u2019impôt?oui ?non ?300 MON PLAN N\u2019EST PAS AINSI par Colette Soucy, m.i.c.Moi, dit le bon Dieu, Quand j\u2019ai créé ciel et terre.J\u2019ai vu à ce que tous mes enfants Aient de quoi sous la dent.C\u2019est aux fils d\u2019Adam Que j\u2019ai confié mon Plan.Et pourtant, A cette heure exactement, Des cinq enfants naissants.Trois ne vivront pas.Mon premier mourra avant même de vivre: On ne le veut pas.On est bien libre, dit-on; Alors on l\u2019étranglera, le supprimera.Et puis quoi, il n\u2019y a rien là.Puisque cette chose n\u2019a même pas de voix.En vérité je te le dis, Mon plan n\u2019est pas ainsi.Mon second naîtra se tordant de froid: Les siens n\u2019ont que le vent, On est pauvre, sans toit.On ne sait pourquoi, L\u2019enfant partira sans un bruit.Et puis quoi, c\u2019est peut-être mieux ainsi Puisqu\u2019il n\u2019a même pas d\u2019abri.En vérité je te le dis, Mon plan n\u2019est pas ainsi.Quant à mon troisième, il survivra Seulement pour quelque temps.Les yeux couleur de pluie Il percera le soir de ses cris.Il a faim, il a froid.On ne l\u2019entend pas et il crèvera.Et puis quoi, il n\u2019y a rien là.C\u2019est que simplement il n\u2019a pas de veine.En vérité je te le dis.Mon plan n\u2019est pas ainsi.Photo: Nations Unis JL,» iijjift- ¦%*' \u2022 yyiR W\u2018 301 Mon quatrième péniblement deviendra grand Seul avec son coeur qui s\u2019ébat.Lui, il ne comprend pas Pourquoi survivre est si pénible.Dans sa chair en haillons.Il vit mal sa blessure D\u2019être né dans le mauvais tiers du monde.Et chaque soir, il priera pour sa bouchée.Et puis quoi, il n\u2019y a rien là.Et puis son sort, ça ne dépend pas de moi.En vérité je te le dis.Mon plan n\u2019est pas ainsi.Mon cinquième deviendra grand et fort.Il est gavé, gâté, presque pourri.Mais parfois il lui manque l\u2019amour.L\u2019amour qui fait germer le coeur En même temps que le corps.Pauvre enfant, lui aussi Il rêve grand mais pour lui seul.Faute d\u2019aimer.Il vivra laissant mourir son frère.Il vivra en vendant la guerre, Et les poches pleines de deniers.Il mourra d\u2019avoir trop mangé.Il mourra sans avoir partagé.Et puis quoi, il n\u2019y a rien là.Si c\u2019est cela sa destinée.En vérité je te le dis, Mon plan n\u2019est pas ainsi.Fils d\u2019Adam, Que fais-tu de ton Frère?Que fais-tu de mon plan de Père?Les fils d\u2019Adam ne répondent pas.Se peut-il qu\u2019ils n\u2019entendent pas?Et toi? JETER UN PONT par Murielle Dubé, m.i.c.HIËSjSÈ C\u2019est avec grand plaisir que je viens vous présenter mes nouveaux amis, quelques personnes âgées rencontrées à Montréal et en Haïti.DU CÔTÉ DU QUÉBEC Nous sommes à la Résidence St-Dominique, au 95 Boul.St-Joseph Est, Montréal.Une belle résidence pour personnes âgées.210 personnes vivent ici! Les aînés du groupe ont 94 ans.Les plus jeunes sont dans leur soixantaine.Tous et toutes sont des personnes pas mal dynamiques, intéressées à un tas de projets.Ici, on ne veut pas vivre replié sur soi.Au contraire, on cherche à s\u2019ouvrir aux besoins des autres, on s\u2019intéresse à ce qui se passe dans le monde et on est toujours prêt à tendre une main fraternelle! Mlle Huguette Chartrand, directrice générale de la Résidence et le Père Jean-Claude Secours, c.s.v., un des animateurs spirituels, appuient cet élan et même le stimulent! C\u2019est pourquoi un beau jour, le Père Jean-Claude m\u2019invite à aller rencontrer ses amis: «Tu pourras leur parler de ta chère Bolivie où tu as vécu 1 2 ans et leur raconter la vie des gens de là-bas.Présente-leur des diapositives! Tu verras comme ils s\u2019intéresseront à ton travail missionnaire».Alors, un après-midi, je me retrouve au milieu d\u2019eux tous.L\u2019accueil est chaleureux! On ne fait plus qu\u2019un: les gens de la Résidence, les frères et soeurs de la Bolivie, la missionnaire que je suis! Pour moi, qui viens à peine de rentrer au Québec, c\u2019est une plongée qui me permet de me sentir «chez-moi», «chez-eux»! On dialogue, on visionne des diapositives, on fait un pacte: à partir d\u2019aujourd\u2019hui, nous prierons les uns pour les autres afin que nous soyons de vrais missionnaires, c\u2019est-à-dire «témoins de Jésus»! Et puis, est-ce selon la coutume, on passe «le chapeau».On veut partager avec les amis de Bolivie! Quand je laisse les gens de la Résidence, j\u2019ai le coeur content: notre amitié est née.DU CÔTÉ D\u2019HAÏTI Quelque temps après cet événement, il me faut partir pour Haïti où j\u2019ai la joie de visiter l\u2019Asile communal du Cap-Haïtien.Pour la plupart d\u2019entre nous, le mot asile évoque des images plutôt négatives.Au Cap-Haïtien, l\u2019appellation «asile communal» veut simplement dire: résidence pour personnes âgées.Avec les aînés de l\u2019Asile communal, je revis ma visite chez les aînés de la Résidence St-Dominique! Pourtant, ici tout semble différent! Imaginez: 134 personnes réparties dans deux grandes salles et trois petites pièces! Murielle Dubé, m.i.c aria Cés^c'e- ù \"a RESIDENCE ST-DOMINIQUE 1.\tRésidence St-Dominique 2.\tJoseph Skoda 3.\tLionel Lanthier, Germaine Brunet 4.\tAlfred Vaillancourt, Blanche Bergeron, J.L.Mar-sola is 5.\tBernard Brodeur, Lionel Lanthier, Léona Picard, Blanche Bergeron, Paulette Gagné, m.i.c., Muriel-le Dubé, m.i.c.6.\tBernard Brodeur, Adélard Cardinal, Blanche Bergeron, Adhéman Chapdeleine, Édouard Trachy, Léona Picard 7.\tMurielle Dubé, m.i.c., Lionel Lanthier 8.\tJeanne Delfosse, Blanche Bergeron 9.\tBerthe Marsolais, J.L.Marsolais, Hélène Wexler 10.\tMarie-Joseph Binette 11.\tMgr Oscar Gauthier § ASILE COMMUNAL 1.Jean Under, Jacques Petit Frere, Alcinor Joseph, Edner Joseph, Véniel Antoine 2.\tBoileau Daqum 3.\tThéophile Aldus 4.\tAméda Justinien 5.\tRachel Blanchet, m.i.c.6.\tMéritus Pierre, Rachel Guay 1.Lovanna Pierre 8.\tLéma St-Firmin, Lucita Eustache 9.\tLucita Eustache, Lucienne Déry, m.i.c.10.\tCédan Pierre 11.\tAltagrâce Blanc, Virginia Dieujuste 12.\tSinois Lacatte m. \"-Zf* « 'éS'denCe' lômers a° Mlle Huguette Chartrand, directrice générale de la résidence St-Domi-nique.Mrrie Anto, Dans une grande salle, 56 hommes! Dans une autre, 56 femmes! Le mobilier est simple: un lit et une chaise pour chaque personne.Parfois, en dessous du lit, la richesse d\u2019un chacun: un chaudron, une tasse, un plat, quelques vêtements.Un peu en deçà des grandes salles, trois petites pièces, dont un bout de galerie, pour accueillir les plus grands malades, hommes ou femmes qui ont besoin d\u2019une attention particulière.Actuellement, ils sont 22 dans cet espace.Et puis, il y a la grande cour qui favorise le travail et le repos, la véranda qui invite au bavardage, la salle de récréation qui permet à certains et à certaines de jouer aux cartes, de chanter et de se bercer! Dans cet asile communal du Cap-Haïtien, deux missionnaires canadiennes: S.Rachel Blanchet, m.i.c., y travaille depuis 1958, tandis que S.Lucienne Déry, m.i.c., est là depuis 1973.Elles sont «l\u2019âme de l\u2019endroit».L\u2019amour qu\u2019elles prodiguent à leurs vénérables aînés est source, vie, joie! On le sent partout! Il rejoint tous ceux qui mettent les pieds à l\u2019Asile! Il réchauffe le coeur même si tout est simplicité et pauvreté! Le midi, les gens mangent un bon repas.Le matin et le soir, on se contente d\u2019un petit pain et d\u2019un breuvage.Pour le fonctionnement de l\u2019Asile, le gouvernement haïtien donne 09Ç par jour, pour chaque personne résidente.Des 21 employés (les 2 Soeurs et leurs 1 9 aides) 9 employés seulement sont payés par lui.Le reste de la facture est acquitté par des amis de l\u2019oeuvre.On y reconnaît l\u2019action de la Providence qui arrive toujours à temps.Par exemple, depuis un certain temps, les 134 résidents de l\u2019Asile reçoivent chaque samedi un beau 20ç, grâce à l\u2019aide d'un bienfaiteur.Vous voyez ça: de l\u2019argent de poche pour chacun! Les uns l\u2019utilisent pour se payer une douceur: tabac, pain, bonbons.Les au- tres le partagent avec quelqu\u2019un de la famille qui vit dans l\u2019extrême pauvreté.Comment vous communiquer le beau et le bon que j\u2019ai vécus en visitant ces personnes?Comment vous faire sentir la joie de vivre qu\u2019elles m\u2019ont partagée! Elles sont devenues «Bonne Nouvelle» pour moi! Toutes ont connu, avant d\u2019arriver à l\u2019asile, une vie dure, difficile, ingrate.Après ce temps de misère, voilà qu\u2019elles trouvent un «chez-soi», une maison où elles se sentent aimées.Et cet amour qu\u2019elles découvrent leur révèle celui de Dieu.Elles en sont tellement émerveillées qu\u2019elles deviennent elles-mêmes «amour» et elles le partagent! C\u2019est pour cela que dans l\u2019Asile règne un grand esprit d\u2019entraide et de service.Qu\u2019il s\u2019agisse de peler les légumes pour le repas, de laver du linge à la main, de tricoter des tuques de laine pour se protéger de l\u2019air frais de la nuit, de défaire de vieux morceaux de linge qu\u2019on utilisera pour des pansements, une fois stérilisés; toutes les personnes capables, hommes et femmes, sont là et collaborent.Parfois, le service consiste à faire manger celui ou celle qui ne peut plus le faire seul.Ou encore, c\u2019est le terrain de l\u2019Asile qu\u2019on cherche à embellir.Trois hommes, chacun n\u2019ayant qu\u2019une jambe, s\u2019adonnent à ce travail! Et puis, à l\u2019Asile, on prie pour les missionnaires, pour les frères et soeurs du monde, pour les bienfaiteurs, et pour tous ceux qui en ont besoin.JETER UN PONT Résidence St-Dominique, Asile communal: de grandes divergences et, en même temps, quelque chose d'identique.Ici comme là-bas, là-bas comme ici je retrouve amour, compréhension, service! Je goûte le même esprit missionnaire; il s\u2019exprime différemment mais il est aussi vivant! J\u2019écris donc à Montréal au Père Jean-Claude et lui envoie des photos.Par lui, ce sont tous les aînés de la Résidence St-Dominique que je rejoins.Ensemble, nous voilà en train de construire un pont de fraternité et de solidarité.À la Résidence du Boul.St-Joseph on s\u2019emballe! On prie pour les frères et soeurs d\u2019Haïti; le Carême de partage prend un sens nouveau! On recueille 325$ qu\u2019on fait parvenir à l\u2019Asile communal.Ceci permet de remplir des barils de riz et de pois et de faire l\u2019achat d\u2019un bon quart de boeuf! Mes aînés de la Résidence St-Dominique et de l\u2019Asile communal m\u2019interpellent.Grâce à eux, je sais maintenant qu\u2019on est missionnaire partout, que l\u2019on peut s\u2019entr\u2019aider et s\u2019ouvrir à l\u2019autre, même si on ne le connaît pas.Pour nous, chrétiens, les frontières n\u2019existent pas.Je remercie le Seigneur pour cette merveilleuse expérience.Il m\u2019a permis d\u2019ajouter ma part de «ciment» dans la construction d\u2019un pont qui unit le Québec, Haïti,.la Bolivie, et l\u2019Église universelle! Donne à qui te demande et ne te détourne pas de qui veut t\u2019emprunter.Si ton frère te dérange, sois dérangé, et cent fois dérangé, et tout de suite.Vivre alerté vaut mieux que mourir de solitude.Tiré de «Quelque part en Bellechasse» par: Benoît Lacroix, o.p.DANS LA JOIE DU CHRIST S.Doris Hague, m.i.c.lors de son jubilé de diamant.V*7v->-,jS MJ'Æ MISSIONNAIRE «ESPIÈGLE», notre soeur Doris nous laisse le souvenir d\u2019une personne toute vouée à Dieu et douée d\u2019un esprit de foi remarquable.Son sens de l\u2019humour lui fut très précieux auprès des peuples chinois, japonais et philippin qu\u2019elle aimât beaucoup.Par des ingéniosités de toutes sortes, elle assura le riz quotidien des enfants sous sa charge.De retour au pays après 25 ans de mission, elle y entreprit une troisième carrière: celle d\u2019aide familiale auprès des jeunes foyers de Laval.Durant sa dernière maladie, cette missionnaire reconnue comme volontaire et résolue, abandonna toutes choses entre les mains de Celui qu\u2019elle avait servi de son mieux.La joie et la reconnaissance dominaient chez elle.Son merci résonna des millions de fois durant ses 80 belles années de vie.Née à Montréal, le 8 février 1903.Décédée à Pont-Viau le 8 août 1 983, après 62 ans de vie religieuse.307 MVSTE k£ UN \\ NAST?RE Le Père Bède donne un enseignement dans la salle commune.par Colette Soucy, m.i.c.Shantivanam, Monastère de la Sainte-Trinité, est situé au sud-est de l\u2019Inde tout près de la rivière sacrée Cavery.Pour le curieux ou le pèlerin qui s\u2019y rend, la fin du voyage doit s\u2019effectuer \u2018à pied sec\u2019.à moins que ce ne soit la saison des pluies! Le monastère se dissimule dans une épaisse végétation sauvage faite de bananiers, cocotiers et bon nombre d\u2019arbres géants dont j\u2019ignore les noms.Ce temple respire le calme, le silence et le recueillement.C\u2019est un ashram.et un ashram bien spécial.Le mot ashram s\u2019associe avec un groupe de personnes qui, d\u2019abord et avant tout, sont centrées sur Dieu (quel que soit le nom qu\u2019on lui donne).Ces personnes sont sous la direction d\u2019un maître spirituel qui a dédié sa vie entière au sacré.Ce maî- tre spirituel, on peut l\u2019appeler un Guru, un Acharya, un Mataji ou Behnji.L\u2019appellation est secondaire.mais son rôle est indispensable et capital.Sans lui l\u2019ashram n\u2019existe pas! Le travail essentiel et fondamental de l\u2019ashram est le Sadhana, i.e.la recherche sérieuse de l\u2019union à Dieu selon l\u2019esprit et la spiritualité indienne qui utilise les trois moyens classiques (Marga), c\u2019est-à-dire la dévotion (Bhakti), la sagesse (Jnana) et le service gratuit (Karma).À part ces traits caractéristiques fondamentaux remontant à l\u2019ancienne tradition hindoue, chaque ashram a sa vocation particulière et ses traits spécifiques.UN ASHRAM PAS COMME LES AUTRES Le tout a débuté dans les an- nées 50 à Shantivanam, avec l\u2019initiative de deux missionnaires français et le support de l\u2019évêque du lieu.L\u2019un des deux missionnaires est mort après quelques années seulement pendant que le second, le Père Henri de Saux, OSB, est finalement devenu moine errant sur les routes de l\u2019Inde (tout comme le Sannyasi ou moine hindou).Il est décédé dans les années 70 en ermite dans les Himalayas.Ces deux missionnaires, fondateurs de Shantivanam, sont vénérés comme des saints.C\u2019est seulement après le départ des deux missionnaires que Dom Bede Griffiths vint à Shantivanam avec deux compagnons indiens du Kerala, tous deux moines bénédictins de rite syrien.Aujourd\u2019hui, à part Dom Bede, le guru de l\u2019ashram de la Sainte- 308 Trinité, l\u2019équipe permanente est constituée d\u2019une dizaine de moines de rites différents.De plus l\u2019ashram peut accommoder jusqu\u2019à quarante invités se recrutant parmi les Indiens et aussi parmi les personnes venant de différents pays.et pour toutes sortes de motifs! Les uns sont des Hindous, les autres des Par-sis (ou des autres religions de l\u2019Inde).Les uns sont des prêtres, des religieux, les autres des laïques chrétiens, pratiquants ou pas.Les uns sont des jeunes cherchant un sens à leur vie, les autres sont des hippies cherchant un gîte et un couvert \u2018à prix modique\u2019 (l\u2019ashram ne charge rien pour l\u2019hospitalité!).Sans aucune investigation, tous sont reçus comme des frères.Sans faire pression, chacun est invité à se livrer à la contemplation et à chercher la vraie paix que Dieu seul peut offrir gratuitement à ceux qu\u2019il veut.Mais que fait-on de particulier à l\u2019ashram de Shantivanam?On tente de mettre en pratique une audacieuse entreprise: rapprocher et relier l\u2019expérience hindoue et chrétienne de Dieu.Shantivanam est comme un \u2018la- boratoire\u2019 religieux qui veut rendre l\u2019expérience chrétienne plus accessible à l\u2019Inde hindoue.Shantivanam se sent appelé à vivre un style de vie contemplative basée sur la Règle de Saint-Benoît et les traditions de la renonciation hindoue, le Sannya-sa.De cette synthèse religieuse, qui ne se veut pas syncrétisme religieux, on espère qu\u2019un nouveau type indien de vie monastique va émerger ainsi qu\u2019une liturgie chrétienne et une théologie acceptable à l\u2019Église catholique universelle.Non, Shantivanam n\u2019est pas un ashram comme les autres! Il remplit une mission de réconciliation à plus d\u2019un niveau.SIMPLICITÉ ET PRIÈRE Pour celui qui va séjourner à Shantivanam, c\u2019est toute une adaptation! Le lever est avant l\u2019aube.et dès le lever, c\u2019est ensemble qu\u2019on loue Dieu dans la création.Après ce temps de méditation et de contemplation, l\u2019Eucharistie est célébrée sur un autel de pierre.C\u2019est facile de se rendre à l\u2019église (elle n\u2019a pas de murs) car tous les sentiers de Shantivanam conduisent là! L\u2019église ou temple ne contient aucun ameublement.Elle n\u2019est qu\u2019une coupole suspendue sur de solides piliers de ciment.Célébrant et participants sont pieds nus et accroupis par terre.Assise sur le plancher sans tapis, une bonne part de l\u2019assemblée semble quand même confortable et détendue.Du moins, c\u2019est vrai pour l\u2019Indien qui est habitué à s\u2019asseoir à ras le sol.Quant à moi (et plusieurs autres étrangers), je me suis sentie plutôt crampée! C\u2019est le moins que je puisse dire! À l\u2019extérieur de l\u2019église, selon la tradition hindoue, on peut admirer plusieurs sculptures et diverses représentations du sacré.Entre autres, on y voit la sculpture du Christ, des douze apôtres et de Notre-Dame du Perpétuel Secours.La coupole, juste au-dessus de l\u2019autel, représente le Trône de Dieu.Il est décoré de plusieurs plumes de paon, symbole d\u2019immortalité.Il est aussi entouré de lotus, la fleur sacrée qui symbolise la pureté.L\u2019ÉGLISE DEVIENT INDIENNE L\u2019Eucharistie, les prières com-munes et les autres formes I d\u2019adoration sont une expérience Devant le temple, Colette Soucy, m.i.c., (à gauche) avec une amie anglaise. Au réfectoire.On fait la lecture durant les repas.'Æ , N- unique où les pratiques hindoues ont été intégrées, bénies et sanctifiées dans le culte chrétien telle l\u2019offrande de fleurs, de fruits, d\u2019encens.On chante en Sanskrit et les hymnes du Tamil sont accompagnées du tambour, de la flûte, de la cymbale et d\u2019autres instruments utilisés dans les temples hindous de l\u2019Inde.C\u2019est très harmonieux quand l\u2019assemblée entonne le Mantra: «Hare Jesus Hare Christa».Pour une heure on ne répète que cette courte phrase.Le temps n\u2019est pas calculé selon l\u2019horloge.Là-bas, on conseille même de ne pas faire usage de la montre.C\u2019est le temps cosmique qui règle les activités journalières.À Shantivanam, pn croit que c\u2019est urgent pour l\u2019Église catholique de devenir indienne non seulement en paroles mais aussi en actes.C\u2019est pourquoi on fait beaucoup usage de concepts, images et symboles qui sont significatifs à l\u2019expérience religieuse de l\u2019Hindou et qui résonnent profondément dans le coeur de la grande majorité des Indiens.De cette façon, on croit fermement que l\u2019hindouisme et le christianisme se rapprocheront.PEUT-ON VIVRE AVEC SI PEU?Shantivanam a aussi un autre rôle à jouer.Dans un pays où règne la pauvreté, le monastère de la Sainte-Trinité donne le témoignage d\u2019un style de vie simple et plutôt rigoureuse.Les dix moines qui vivent là en permanence habitent dans une toute petite hutte à toit de chaume.La fenêtre est seulement une ouverture dans le mur.On n\u2019a ni moustiquaire, ni éventail! Et les mous- Père Bède.v; tiques abondent et le climat est tropical.Pour vivre, les religieux cultivent un morceau de terre, prennent soin des bananiers et cocotiers et font l\u2019élevage de quelques vaches.Ainsi, ils ont assez de nourriture pour eux-mêmes et leurs invités.Bien sûr qu\u2019il n\u2019y a aucun abus alimentaire! La diète est strictement végétarienne.On ne boit ni liqueur douce ni alcool.Le lait des vaches est apprécié ainsi que l\u2019eau qu\u2019on doit pomper soi-même.On va pieds nus, on dort sur la dure et on s\u2019asseoit sur le sol.On s\u2019éclaire à la chandelle ou à l\u2019aide d\u2019une torche.C\u2019est important car il serait malencontreux de mettre le pied sur un serpent! La possession du moine se limite à deux morceaux de tissu de couleur \u2018safran\u2019 qui, pour l\u2019Indien, signifie le dépouillement et le renoncement.Les huttes n\u2019ont ni garde-robe, ni tapis, ni chaise, ni autre ameublement.Le lit est fait de ciment à même la hutte ou de quelques planches de bois brut.Au réfectoire on déguste son repas en silence et les cinq doigts de la main droite servent d\u2019ustensiles.Pour le visiteur allant séjourner pour un temps plus ou moins long à l\u2019ashram, il y a une période d\u2019ajustement.Après quoi, 310 on trouve quasi incroyable de pouvoir vivre avec si peu.On vit une libération.et une grande joie dans le profond du coeur.INTERPELLATION Dans son style de vie, Shanti-vanam incarne la vraie paix du coeur si essentielle à tout rêve de justice sur cette terre des hommes.«La justice», dit saint Augustin, «est tranquillité et ordre».Cette tranquillité ou harmonie (appelée \u2018Yoga\u2019 dans la tradition indienne) est réellement ce qui transpire de l\u2019atmosphère de Shantivanam.Mais ce partage de paix profonde n\u2019est-il pas en soi une OEUVRE DE JUSTICE?Qu\u2019est-ce que la paix sinon LE RÉ-ÉTABLISSEMENT HARMONIEUX DES RELATIONS AVEC SOI-MÊME, LES AUTRES, LE COSMOS ET DIEU?La réalité est harmonie et la \u2018retrouvail- Colette Soucy, m.i.c.le\u2019 de cette harmonie perdue consiste à se réconcilier avec ce qui est divisé en soi et autour de soi.Au fond, le travail de conversion qui s\u2019opère à Shantivanam est une \u2018lutte paisible\u2019 pour la justice et la paix dans cet endroit où les classes sociales, les castes, les hors castes ou intouchables n'existent plus.TOUS FRÈRES ET FILS DE DIEU.ET TRAITÉS COMME TELS! Comme chrétienne et religieuse missionnaire, Shantivanam m\u2019a fortement interpellée et invitée à accepter et accueillir une théologie de libération, de réconciliation et de justice sociale.Il m\u2019a interpellée dans le sens d\u2019une conversion plus profonde au Christ qui seul peut me rendre capable de vivre en Église \u2014 dans ma communauté MIC comme dans mon apostolat \u2014 l\u2019harmonie, la communion et l\u2019amour.«Jour après jour, d\u2019un seul coeur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain.Ils étaient dans la joie.Ils louaient Dieu.Ils se tenaient tous d\u2019un commun accord.» (Actes 2: 46-47) Nous sommes à l\u2019Aréna de Ville de la Baie, diocèse de Chicoutimi.L\u2019occasion?L\u2019envoi missionnaire diocésain par Mgr Jean-Guy Couture, le 13 juin 1983, de trente-deux missionnaires de la région dont cinq Missionnaires de l\u2019Immaculée-Con-ception.Une foule de 2,500 personnes est là pour appuyer ses concitoyens qui quittent leur pays cette année.S.Marie-Josèphe Simard, m.i.c., au service de la pastorale missionnaire diocésaine depuis trois ans est invitée à donner un témoignage au moment de l\u2019homélie.Elle confie à l\u2019audience sa joie de retourner en Haïti et le bonheur goûté ici parmi les siens, alors qu\u2019elle redécouvrit l\u2019histoire de son Église locale, perçue à travers l\u2019engagement d\u2019un chacun.«Aux jeux d\u2019hiver dans la région, on a beaucoup parlé nous dit-elle, des 10,000 bénévoles qui ont travaillé et ont contribué à la réussite de ce projet.Si je m\u2019attardais aujourd\u2019hui à calculer le nombre de personnes qui s\u2019engagent gratuitement au service de notre Église locale, je suis certaine que le chiffre dépasserait de beaucoup celui de 10,000.» Elle ajoute: «Maintenant, quand on parle de solidarité et de communion entre deux Églises, je vois les visages des gens avec qui j\u2019ai travaillé.L\u2019histoire de mon Église, ils ont su me la raconter.À mon tour, j\u2019ai été appelée à leur dire l\u2019histoire sainte que Dieu écrit chez le peuple haïtien.Est-il besoin de nous convaincre que notre Église a besoin de tous pour vivre sa dimension universelle?» La Rédaction Marie Josèphe Simard, m.i.c.JL- .-«*>»**i> 311 «DÉLIA TÉTREAULT et son message» REGARDE L\u2019ÉTOILE Dans une nuit obscure alors que la route est incertaine, l\u2019étoile qui brille au-dessus de nos têtes apporte lumière, espérance et joie.«Si tu es en péril.lève la tête, regarde l\u2019Étoile, invoque Marie.» nous rappelle saint Bernard.Délia Tétreault a maintes fois exprimé en des termes qui lui étaient personnels, la conviction que Marie reste toujours l\u2019Étoile qui guide, la voie assurée pour accueillir Dieu et aller à Lui.Repassant le long cheminement qui l\u2019avait amenée à la fondation de son Institut \u2014 mis de façon providentielle sous l\u2019égide de l\u2019Imma-culée-Conception par le pape saint Pie X lui-même \u2014 Mère Marie du Saint-Esprit aimera rappeler à ses compagnes: «La Sainte Vierge, mais c\u2019est elle qui a tout fait dans notre fondation!» MOULÉE EN MARIE Il serait sans doute fort intéressant de retracer les interventions multiples, la sollicitude constante de la Vierge Marie dans la genèse et le développement de la famille religieuse que Délia Tétreault a donnée à l\u2019Église, mais nous voulons nous mettre à l\u2019écoute de la Fondatrice et la regarder pour apprendre d\u2019elle comment aimer, imiter Marie.En 1892, Délia Tétreault se voue à la Mère de Jésus et termine ainsi son acte de consécration: «Ô Marie, je suis à vous; maintenant faites de moi ce que vous voudrez.» Souplesse, confiance, abandon, disponibilité: voilà ce qui se dégage de cette filiale conclusion.Délia Tétreault, Fondatrice des Soeurs Missionnaires de Tlm-maculée-Conception, née à Marieville en 1865.Toute la vie de la Vierge de Nazareth ne peut-elle se résumer, au sommet, par ces trois mots que l\u2019on retrouve dans l\u2019évangile de Luc, au récit de l\u2019Annonciation et de la Visitation: ECCE.FIAT.MAGNIFICAT?Ainsi en va-t-il pour Mère Marie du Saint-Esprit.ECCE.«Me voici!», c'est l\u2019attitude de présence: présence à Dieu dans la contemplation et l\u2019action; présence aussi au monde dont Délia perçoit et épouse la souffrance et les multiples besoins.attitude d\u2019écoute: «Parle, Seigneur, ton enfant est attentive.» .enfin, expression de disponibilité: «Que veux-tu que je fasse?» FIAT.c\u2019est le OUI total à un Père dont elle est sûre; c\u2019est l'adhésion amoureuse à sa volonté désirée, aimée, recherchée, accueillie dans la confiance et la joie.OUI, non seulement aux grandes orientations de la vie, mais à l\u2019humble événement de chaque jour, heureux ou décevant.FIAT, c\u2019est vraiment l\u2019AMEN de la foi au Dieu de l\u2019impossible; c\u2019est le OUI qui se situe au-delà de la rationalité et qui se place dans la ligne de l\u2019être; un «être», chez Délia Tétreault, entièrement mû, comme chez Marie, par l\u2019Esprit-Saint et qui fait déboucher sur un «agir» évangélique et évangélisateur.MAGNIFICAT.Il est une troisième attitude de Marie que nous retrouvons chez notre Fondatrice: celle du MAGNIFICAT, rayonnement de la joie dans le service de Dieu et du prochain.Remplie de la présence du Verbe incarné, la Vierge s\u2019est empressée d\u2019aller assister sa cousine Élisabeth devant qui elle redit les merveilles du Seigneur.Quand le MAGNIFICAT est vécu au niveau de l\u2019être, il explose en rayonnement joyeux au niveau de l\u2019agir.Ainsi le comprend Délia Tétreault qui veut entraîner ses Soeurs dans cette voie mariale: «Que toute notre vie soit un MAGNIFICAT perpétuel!» Service et joie, constituantes du MAGNIFICAT, sont donc aussi des caractéristiques de l\u2019esprit laissé à sa famille religieuse et proposé à tout chrétien par Mère Marie du St-Esprit.Voilà la route simple et sûre dans laquelle elle a marché en fixant les yeux sur MARIE, L\u2019ÉTOILE DU MATIN.Pauline Longtin, m.i.c.312 A suivre: À L\u2019ÉCOUTE DE L'ESPRIT CORREOS
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