Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1 juillet 1986, Juillet - Août
[" LE PRECURSEUR Volume4XXXIV, no 4, CUBA % w''/ ^ \u2022- - HAÏTI - \u2022***)£* ^46»- X ^ ^2' * ¦ rjt' LE PRECURSEUR I Revue bimestrielle d\u2019information missionnaire publiée par les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.Directrice et Rédactrice en chef: Céline Bourbeau, m.i.c.Maquettiste: Fleur-Ange L\u2019Heureux, m.i.c.Comité de la revue: Céline Bourbeau, m.i.c.Thérèle LeBlanc, m.i.c.Rita Ostiguy, m.i.c.Françoise Saucier, m.ic.Bertrand Roy, p.m.é.François Gloutnay Secrétariat et Diffusion: Équipe M.I.C.Abonnement 1\tan $4.00 À l\u2019étranger $5.00 2\tans $7.00 3\tans $10 00 à vie $75.00 NOTRE COUVERTURE: Les pièces d\u2019artisanat de ces femmes péruviennes retiennent l\u2019attention des visiteurs étrangers.Photo: Andrea Morrison LE PRECURSEUR SOMMAIRE Mes vacances et celles des autres.99 Une Église qui s\u2019évangélise.100 L\u2019Église de Cuba sort du silence.102 Pour tout changement d\u2019adresse, s'il vous plaît, faire parvenir l'ancienne et la nouvelle.Adresse: CP 157 Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, Qué.H7N 4Z4 té!.: (514)663-6460 Une femme de chez nous.107 Une chaise pourchacun.108 Le Japon se fait missionnaire.110\t* L\u2019aventure d\u2019amour de Délia.112 Imprimerie: Interlitho Inc.Nouveaux projets missionnaires 114 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec ISBN 0315-9671 Courrier de deuxième classe.Enregistrement no 035 7.Port de retour garanti.Membre de l\u2019Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC).Pour une Haïti nouvelle.116 Vers la lumière.121 Départs missionnaires.123 La Mission ici et là-bas.124 98 MES VACANCES ET CELLES DES AUTRES Bonnes vacances à toutes et à tous! Les vacances évoquent, pour la plupart d\u2019entre nous, le repos, l\u2019évasion, les voyages, la plage rafraîchissante, les couchers de soleil merveilleux, les randonnées en chaloupe, le ski aquatique, les voiliers.mille et une façons inventées pour notre détente.Que d\u2019occasions de louer le Seigneur et de le remercier! Pendant ces mois de chaleur, aurons-nous une pensée pour ceux qui devront peiner au travail dans les usines ou sur les routes, pour les malades alités et souffrants, pour les nombreux accidentés, pour les personnes âgées ou seules qui attendent ceux et celles qui ne reviendront jamais, pour les missionnaires à travers le monde?L\u2019intention missionnaire du mois d\u2019août nous rappellent une autre réalité: Elle nous fait prier POUR CEUX QUI, EN AFRIQUE MEURENT DE FAIM.Au cours de la saison estivale, aurons-nous une prière pour ces multitudes d\u2019affamés et d\u2019assoiffés.Les artistes du Québec ont enregistré une chanson intitulée: «Les Yeux de la faim».Elle évoque le souvenir de milliers d\u2019enfants: Ils ne pleurent plus, n\u2019ont plus de larmes, Plus de sourire, juste des yeux.Ils n\u2019ont plus que leurs yeux, Que leurs yeux pour nous parler! Ils ne bougent plus, n\u2019ont plus de jeu, Plus de rire, juste des yeux, Ils n\u2019ont plus que leurs yeux, Que leurs yeux pour nous parler! Les enfants, les enfants qui nous regardent.Les enfants de demain, ils ont le droit de vivre! Oui, nous avons droit à un bon repos, une détente bien méritée.Eux, n\u2019ont-ils pas droit à la vie, une vie digne d\u2019une personne humaine?Si l\u2019on faisait penser aux enfants et aux jeunes à partager de leur abondance, de leur surplus, si on leur ouvrait les yeux sur d\u2019autres réalités que celles qui tissent leur quotidien?Les vacances auraient alors, je crois, une dimension de plénitude.Ce serait de vraies belles et bonnes vacances.Céline Bourbeau, m.i.c.99 Pérou UNE EGLISE QUI S\u2019EVANGELISE par Agnès Bouchard, m.i.c.S.Agnès Bouchard, m.i.c.originaire de Petite-Rivière St-François du Diocèse de Québec, est heureuse de vivre avec les plus pauvres.Au Pérou depuis 19 ans, elle voit avec bonheur une Église locale en train de germer.«Allez par le monde entier, de toutes les nations faites des disciples».Le missionnaire est celui qui a compris cette parole.Il est envoyé à une autre Église pour y vivre sa foi, la partager, mais aussi pour susciter des prises en charge des Églises locales par elles-mêmes.Depuis 1972, je vis dans la prélature de Sicuani, dans le diocèse de Cuco, au Pérou.Pour desservir les 249 villages de la prélature, il n\u2019y a que 11 prêtres et 23 religieuses.Sur ces 34 agents de pastorale, seulement 10 sont originaires du pays.Cette pénurie de personnel péruvien m\u2019a toujours préoccupée.Avant de vous parler des solutions envisagées pour résoudre ce grave problème, laissez-moi vous décrire le cadre de vie dans lequel nous vivons, perdus dans les Andes péruviennes.OÙ SOMMES-NOUS?Située dans la Cordillère des Andes, la prélature de Sicuani existe depuis 25 ans et fait partie du grand archidiocèse de Cuzco.La Prélature compte quatre grandes provinces.Les villages sont accrochés au flanc des montagnes ou situés soit entre les rochers soit dans les hauteurs.L\u2019accès est très difficile car les routes sont impraticables ou tout simplement inexistantes.Pour se rendre d\u2019un lieu à un autre il faut voyager à pied pendant 10 à 15 heures ou monter à cheval.CONTEXTE SOCIO-ÉCONOMIQUE Les habitants de la zone vivent de la terre ou de son sous-sol.Les Agnès Bouchard, m.i.c.avec des membres de l\u2019Institut Notre-Dame-du-Carmel de Sicuani, au Pérou.r^cii m 100 Danse folklorique exécutée par les séminaristes et les membres de l'Institut Notre-Dame-du-Carmel.provinces de Canas et de Chum-bivilcas sont relativement fertiles.En général, le campagnard possède un lopin de terre d\u2019une étendue moyenne de 0.7 hectare.La province d\u2019Espinar, où je vis présentement, est moins favorisée.Trop souvent la gelée ou la sécheresse détruisent les efforts de nos gens.À petite échelle on récolte la quinua, la canihus, deux céréales très nutritives, et une petite patate amère.À côté du pauvre cultivateur qui lutte pour survivre, les grands propriétaires jouissent des terres les plus fertiles.Elles occupent de 1000 à 20 000 hectares chacune.85% de la population vit à la campagne.Parmi cette population rurale, 50 à 60% des adultes sont analphabètes.Pour corriger cette situation, les parents font des sacrifices coûteux pour bâtir une école primaire dans leur village.Et c\u2019est le plus souvent le garçon qui bénéficie de l\u2019éducation.CONTEXTE RELIGIEUX ACTUEL Il y a 20 ans toute la population était catholique, c\u2019est-à-dire tous étaient baptisés.L\u2019apparition des sectes a brisé cette unité.Le manque d\u2019agents pastoraux dans la zone laisse carte blanche à toutes les sectes.Cependant leur action est en partie neutralisée par le travail des catéchistes.Ces animateurs de la foi sont d\u2019humbles paysans qui, après avoir suivi quelques sessions, se sentent responsables de la foi des gens de leur village.UNE SOLUTION: FORMATION DE LEADERS Pour rejoindre le peuple dans sa réalité culturelle et sociale, pour comprendre les vrais problèmes de ces pauvres, pour répondre aux besoins spirituels de cette population, Mgr Albano Quinn a vu la nécessité de former des agents de pastorale du milieu.C\u2019est la vieille formule de l\u2019Action catholique \u2014 évangéliser le milieu par les gens du milieu.En 1979, l\u2019évêque de Sicuani a fondé un séminaire pour les jeunes qui se sentent appelés à consacrer leur vie au service de leurs frères.Actuellement, 16 jeunes de la Prélature étudient la théologie à Juliaca (Puno).Nous prévoyons d\u2019ici 10 ans, une relève de 5 ou 6 jeunes prêtres de la région.Des jeunes filles ressentaient elles aussi l\u2019appel du «Viens et suis-moi».Cette fois elles ne furent pas laissées de côté.Dès 1977 un institut, celui de Notre-Dame-du-Carmel, était fondé pour former des missionnaires diocésaines.À leur tour, elles iraient porter la Bonne Nouvelle jusqu\u2019aux coins les plus reculés de la région.Pas de problème de langue ou de culture: c\u2019est l\u2019évangélisation des Quechuas par des Quechuas.Les débuts de l\u2019Institut furent difficiles: l\u2019imprécision des objectifs et le manque de personnel disponible pour la formation des sujets en furent les causes.À la fin de 1982, les agents de pastorale ont demandé aux autorités d\u2019investir toutes les énergies possibles pour le développement de cet Institut.Des entrées s\u2019annonçaient.Depuis, quatre nouvelles recrues se sont jointes au groupe pour un pré-postulat.UNE PRÉSENCE D\u2019ACCOMPAGNEMENT En 1983 à la demande de l\u2019évêque et avec le consentement de ma congrégation, je me suis engagée dans ce projet de formation pour une période de cinq ans.Je le fais avec beaucoup d\u2019espérance.Pourquoi?Je discerne, dans la femme des Andes, des valeurs très positives qui sont un terrain propice pour la vie religieuse.Elle est silencieuse, humble, très pieuse, elle a une grande capacité de service et est constante dans ce qu\u2019elle entreprend.J\u2019ai côtoyé de près ces femmes d\u2019Espinar.Je suis sûre que le Seigneur en désire pour sa moisson.D\u2019une façon différente de la nôtre elles sauront se donner entièrement pour la mission.Étant du milieu, elles atteindront plus vite le coeur des gens et le but de l\u2019évangélisation.101 Cuba L\u2019ÉGLISE DE CUBA SORT DU SILENCE par Éliette Gagnon, m.i.c.D\u2019un peu partout neus viennent des éches parfpis discordants au sujet de l\u2019ENEC (Rencontre nationale de l\u2019Église cubaine), tenue à La Havane, du 17 au 23 février dernier.Certains journalistes \u2014 ils étalent 109 de différentes nationalités, accrédités pour l\u2019événement \u2014 se sont étonnés d\u2019entendre l\u2019hymne national pendant l\u2019Eucharistie de clôture; d\u2019autres parlent d\u2019aggiornamento, de Révélation dans la Révolution.Que s\u2019est-il passé exactement?Nous avons demandé à notre compagne, S.Éliette Gagnon, m.i.c., missionnaire à Cuba depuis 1959 et engagée dans le processus de la Réflexion ecclésiale cubaine dès la mise en terre de ce «grain de sénevé», de nous donner une vue d\u2019ensemble de cet événement.if Près de la Vierge de la Charité et du drapeau cubain, l\u2019abbé Francisco Campos s\u2019adresse à la foule rassemblée dans la cathédrale de La Havane.102 UNE NOUVELLE PENTECÔTE Je commencerai par cette «Pentecôte» du 23 février dernier, à la cathédrale de la Havane.Tous nous avons été surpris de cet éclatement de vie après 25 ans de silence, de confinement aux temples et de relations facilement tendues.Plus d\u2019un a cru rêver, ce matin-là, en arrivant à la cathédrale.Sur la façade du superbe édifice colonial, entre les deux clochers, une énorme banderole: «IGLESIA SIN FRONTERAS, SOLI DARIA EN EL AMOR»1 puis, droit sur la place, un amplificateur géant qui transmet chants et prières de la célébration.Des douzaines de journalistes et de photographes, à la recherche de l\u2019angle idéal, jouent des coudes parmi la foule exorcisée du démon de la peur, vibrante, colorée, étonnamment joyeuse et docile.Quelques 10,000 croyants venus des sept diocèses de l\u2019Ile sont massés dans la nef, juchés sur les autels latéraux et les confessionnaux ou, pour les moins chanceux, groupés sur la place.L\u2019apparition du drapeau cubain et de celui de l\u2019État du Vatican, l\u2019arrivée des délégués de l\u2019ENEC, l\u2019entrée du Cardinal Pironio, le chant de l\u2019hymne national au début de la célébration, l\u2019homélie, bien sûr, tout provoque d\u2019irrésistibles et interminables salves d\u2019applaudissements.Les larmes coulent, de partout s\u2019agitent mouchoirs et feuilles de chants.sans que s\u2019interrompe pour autant l\u2019immense chorale.Oui, la foule chante.C\u2019est indescriptible! Elle chante ses aspirations comme Église: Être, Seigneur, tes mains d\u2019amour et de paix; Être, comme toi, force et salut; Être humble signe de ton amour et de ta vérité. Elle chante aussi sa prière à la Vierge «mambisa»:2 Donne l\u2019unité à ton peuple; Fais que nous, tes fils, nous soyons tous frères.Cette supplique, le Cardinal Pironio l\u2019a faite sienne au cours de l\u2019Eucharistie: «Nous te prions, Marie, pour notre peuple cubain, pour ses gouvernants et pour son Eglise.Que nous sachions construire ensemble une patrie de frères»! LONGUE PRÉPARATION Comme toute Pentecôte, celle-ci a été longuement préparée.La première intuition remonte à juillet 1979: «Ce dont nous avons besoin, comme Église, c\u2019est d\u2019un petit \u2018Puebla\u2019, pour nous».Ce fut le grain de sénévé semé aux pieds de la Vierge de la Charité, patronne de Cuba, au cours de la rencontre sacerdotale annuelle.Suit une longue période d\u2019incubation.Puis, en septembre 1982, naît la Commission Centrale.Constituée de 20 personnes, laïcs, religieuses et prêtres appartenant aux sept diocèses de nie, cette Commission reçoit la mission de mettre l\u2019Église en état de réflexion sur son être et son agir dans le passé, le présent et l\u2019avenir.Réflexion qui pourrait éventuellement déboucher sur une rencontre nationale.Entre temps, d\u2019avril à juin 1985, se sont tenues sept Assemblées diocésaines.Ces Assemblées diocésaines ont marqué une étape importante dans le développement de la Réflexion ecclésiale cubaine: prise de conscience de notre pauvreté, mais aussi de la force de la communauté réunie au nom du Seigneur.Puis l\u2019idée d\u2019une rencontre nationale devint de plus en plus claire comme fruit de la réflexion de tous et comme nouveau départ vers un avenir différent.De juin 1985 à février 1986, les événements se sont précipités: entrevue de Fidel avec les évêques de Cuba («sûrement un miracle de la Vierge de la Charité», a dit en badinant le chef d\u2019État au moment de les saluer), publication-surprise et accueil inattendu du livre «Fidel et la religion»3, rédaction d\u2019un document de travail fidèle aux apports des diocèses, étonnamment cgurageux et décidément ouvert au dialogue avec l\u2019État.UNE VISION D\u2019UNITÉ, D\u2019ESPÉRANCE À son retour en Espagne, un invité spécial à l\u2019ENEC, Monseigneur Carlos Amigo, président de la Commission épiscopale espagnole responsable de la célébration du Ve Centenaire de la découverte et de l\u2019évangélisation de l\u2019Amérique, donnait ses impressions sur ce document.4 En résumé: Décidés, coûte que coûte, à participer pleinement à la construction d\u2019un monde meilleur pour leur patrie, les catholiques de Cuba sont réalistes mais ne veulent pas se laisser dominer par la peur.Ils s\u2019y révèlent conscients des progrès réalisés par la Révolution en certains domaines comme l\u2019instruction populaire, la santé et l\u2019emploi; conscients aussi de la marginalisation dont ils sont l'objet; lucides quant aux différences fondamentales entre la foi chrétienne et la nouvelle culture.Cependant, dans un climat de dialogue serein, sans argent, ni pouvoir, ni idéologie, ils offrent simplement ce qu\u2019ils sont et ce qu\u2019ils ont et qu\u2019eux seuls peuvent apporter à leur peuple.103 À une autre question sur les notes caractéristiques de l\u2019Église actuelle de Cuba, Monseigneur Amigo répondait: Sa forte unité, sans fissures.On y discute beaucoup mais dans les cadres de l\u2019unité.C\u2019est une Église courageuse qui affronte la réalité \u2014 avec prudence \u2014 et réclame la liberté nécessaire pour agrandir ses espaces d\u2019évangélisation.Son désir de dialogue avec l\u2019État n\u2019est pas tactique, il est exigence évangélique.J\u2019ai perçu une Église purifiée qui a beaucoup souffert et a su donner à ses souffrances un sens transcendant.L\u2019ENEC, une assemblée: Un président, merveilleux de compréhension, de respect, de spiritualité vécue, de tact dans ses interventions peu nombreuses mais inoubliables: le Cardinal Eduardo Pironio, représentant du Pape Jean-Paul II.Des évêques, «présents» mais discrets, presque trop discrets! Des invités positifs et sereins.Puis ces 180 délégués, en grande majorité laïcs, une gamme équilibrée de participation juvénile et féminine.Moyenne d\u2019âge, 41.2 ans.Laïcs engagés dont un prêtre disait: «Pour un seul d\u2019entre eux, ça vaut la peine de se faire prêtre».Laïcs à qui Monseigneur Adolfo Rodriguez s\u2019adressait en ces termes, lors du discours d\u2019ouverture: Pendant ces 27 dernières années, l\u2019Église de Cuba a déposé entre vos mains ce qu\u2019elle a de plus précieux et de plus saint, l\u2019Eucharistie, pour que J -gjyjfrÆ Ci-dessus: Mgr Jaime Ortega, archevêque de La Havane, ancien élève du séminaire de Colon, dirigé par les Prêtres des Missions Étrangères de Pont-Viau, est heureux de serrer la main au P.Juan de Dios Hernandez, s.j.Ci-contre - la rencontre de l\u2019ENEC, fut une occasion de fraternité.104 L\u2019Église de l\u2019ENEC s\u2019est faite attentive au passé pour y découvrir les leçons de l\u2019histoire.vous la portiez aux malades; l\u2019Ecriture, pour que vous la proclamiez à l\u2019Assemblée; l\u2019économie des paroisses, pour que vous administriez.Avec la même confiance, cette Église vous remet aujourd\u2019hui son avenir, sûre de votre responsabilité, de votre sérénité, de votre obéissance et de votre objectivité.L\u2019ENEC, une grande célébration: \u2022\tde notre FOI en Jésus-Christ et en son Évangile; \u2022\tde notre FOI en l\u2019homme et en la force irrésistible du bien; \u2022\tde notre FOI en l\u2019Église concrète, l\u2019Église de Dieu à Cuba, sainte et pécheresse, parfaite et perfectible, appelée à la conversion et à la sainteté.L\u2019ENEC, des réclamations claires: \u2022\tque l\u2019Église dispose d\u2019un espace suffisant de liberté pour pouvoir réaliser toute sa mission; \u2022\tque soit assurée la possibilité d\u2019annoncer la.foi à tous les hommes; \u2022\tque cette même foi cesse d\u2019être considérée comme un problème, une faiblesse et un motif de discrimination.L\u2019ENEC, trois grandes options: \u2022\tune Église MISSIONNAIRE.\u2022\tune Église PRIANTE.\u2022\tune Église INCARNÉE.Et pour y arriver, Église de l\u2019ouverture, du dialogue, de la participation, de la main tendue; Église des «portes ouvertes», du pardon et de la diaconie.Une Église qui accepte de «laver les pieds» comme le Maître; une Église qui «donne aussi le manteau à qui lui demande la tunique»; une Église qui sait «présenter la joue gauche à celui qui la frappe sur la droite»; une Église qui se présente toujours avec quelque chose d\u2019inattendu: \u2022\tla sérénité \u2022\tla compréhension \u2022\tl\u2019amour.L\u2019ENEC, oeuvre de l\u2019Esprit-Saint: Une expérience extraordinaire où l\u2019action de l\u2019Esprit s\u2019est faite visible.Qu\u2019elle était belle, cette Assemblée, tournée vers Jésus-Christ, pendant que dans le reste du pays, les chrétiens priaient, en union avec Marie de la Charité! Qu\u2019elle était belle, l\u2019Église de l\u2019ENEC, attentive au passé, non pour le condamner mais pour découvrir les leçons de l\u2019histoire! Qu\u2019elle était belle, cette Église, qui n\u2019a pas cherché à dissimuler ses erreurs mais a su se regarder avec les yeux de miséricorde du Seingeur et se re-découvrir sacrement de salut, don de Dieu pour tous les hommes! Qu\u2019elle était belle, cette Église, capable de pardonner, de croire en elle-même et dans les autres, cette Église décidée, avec la force de l\u2019Esprit, à recommencer la tâche de toujours, la millénaire et libératrice tâche d\u2019évangélisation! L\u2019ENEC, un nouveau style «d\u2019être Église»: L\u2019ENEC est terminée, mais commence un nouveau style «d\u2019être Église», en communion et participation, dialogue et engagement.Ce n\u2019est pas que nous soyons une autre Église, c\u2019est que nous avons découvert une nouvelle manière «d\u2019être Église», rien d\u2019autre que l\u2019antique et originale manière des Béatitudes, de Pierre et de Paul, des Actes des Apôtres.l\u2019Église de la prière, de la fraternité, de la liberté respectueuse, de l\u2019unité pluraliste.105 v ^ * A Cette réalité,une jeune étudiante en génie civil, Jenny Navarro, de Santiago de Cuba, l\u2019affirmait déjà, au début de l\u2019ENEC: «Dieu a voulu que nous vivions et travaillions dans une société socialiste et c\u2019est dans ce contexte que nous sommes appelés à évangéliser.Nous, catholiques cubains, sommes prêts à lutter chaque jour pour le développement intégral de notre peuple.L\u2019idéologie n\u2019est pas pour nous une barrière infranchissable quand il s\u2019agit d\u2019aimer le prochain.» Le Pape Jean-Paul II viendra-t-il à Cuba?L\u2019avenir le dira plus sûrement que les rumeurs, assez tenaces, il faut le reconnaître.Ce qui est certain, c\u2019est que les catholiques cubains le désirent ardemment et que nos gouvernants ne semblent pas opposés.Pour le moment, nous continuons de méditer dans nos coeurs les impressionnantes paroles d\u2019adieu de son représentant, le Cardinal Pironio: Au nom du Saint-Père, je dis aux évêques cubains: «N\u2019ayez pas peur! Continuez d\u2019animer votre peuple avec un coeur de père, de frère et d\u2019ami.» Aux prêtres et aux consacrés: «Soyez partout et toujours transparence sereine du visage de Jésus.» .Aux laïcs: «Ne vous lassez pas.C\u2019est l\u2019heure de Dieu pour vous, heure de contemplation et de présence, heure de courage et d\u2019espérance, heure de croissance dans la communauté pour et avec le peuple.» À tous: «Soyez joyeux dans l\u2019espérance, forts dans la tribulation, persévérants dans la prière.» Oui, l\u2019ENEC est finie mais tout commence! 106 À quoi pense le P.Bruno?Ce salésien a été un agent très actif dans la préparation de la rencontre nationale de l\u2019Eglise cubaine.1.\t«Église sans frontières, solidaire dans l\u2019amour».2.\tLes «mambis», héros de l\u2019indépendance cubaine, vouaient un culte spécial à la Vierge de la Charité.3.\t«Fidel et la religion» par Frei Betto, o.p.4.\t«Osservatore Romano», édition en langue espagnole, 16 mars 1986. Une femme de chez nous Voulez-vous connaître la fondatrice des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception?Délia Tétreault Mère Marie du Saint-Esprit Née à Marieville, Québec, le 4 février 1865, elle fondait en 1902 le premier Institut missionnaire canadien: l\u2019Institut des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.Décédée le 1er octobre 1941, ses restes furent exhumés le 19 octobre 1983 (Le Précurseur, janvier-février 1984).Le 19 mai 1985, marquait le commencement des procédures officielles en vue du procès de béatification de la servante de Dieu.VISITEZ: le CENTRE DÉLIA TÉTREAULT 314, chemin Ste-Catherine (Outremont) Montréal H2V 2B4.Tél.: 495-1551 Le CENTRE comprend les lieux où a vécu la Fondatrice, les meubles et objets qui ont été à son usage.Sur place vous pourrez obtenir de la documentation sur sa vie, son oeuvre et sa spiritualité.Une galerie de photos permet de revivre des pages d\u2019histoire.VISITEZ: le TOMBEAU DE MÈRE DÉLIA 100, Place Juge-Desnoyers, Pont-Viau, Ville de Laval, H7G 1 A4.Tél.: 663-6460 COMMUNIQUEZ: au BUREAU DE LA CAUSE 100, Place Juge-Desnoyers, Pont-Viau, Ville de Laval, H7G 1 A4.Tél.: 663-6460 Le BUREAU s\u2019occupe spécifiquement de la promotion de la Cause de béatification à Rome et à l\u2019archevêché de Montréal.Achemi-nez-y vos demandes de faveurs et les faveurs obtenues par l\u2019intercession de la servante de Dieu ainsi que vos dons pour la promotion de la cause de béatification.Tout don est déductible d\u2019impôt.107 Haïti UNE CHAISE POUR CHACUN Une \u201cbonne nouvelle\u2019\u2019 pour les pauvres de l'Asile communal au Cap Haïtien: chaque malade a maintenant sa chaise à lui.S.Rachel Blanchette m.i.c.raconte comment cela est arrivé.par Rachel Blanchette, m.i.c.Arrivée en Haïti en 1943, j\u2019ai travaillé pendant plus de 10 ans auprès des pauvres à \u201cLa Charité, s.v.p.\u2019\u2019 aux Cayes.Après un congé au Canada, j\u2019étais nommée au Cap-Haïtien où, depuis déjà 27 ans, j\u2019ai la direction de l\u2019asile communal Sténio Vincent.Sténio Vincent est un établissement public relevant du Ministère de la Santé.Il accueille actuellement 135 pensionnaires, hommes et femmes, tous des pauvres parmi les plus pauvres.La plupart sont sans famille ni foyer.Parmi eux on compte 43 aveugles, 2 lépreux, des paralytiques, des épileptiques, des personnes 108 âgées ou handicapées.Nous devons les nourrir, les soigner et surtout les choyer autant que faire se peut.S.Lucienne Déry, m.i.c.et moi-même travaillons avec une vingtaine de laïcs.L\u2019État paie le salaire de neuf employés et fournit une subvention mensuelle de $425.00.Dans les conditions économiques du pays, c\u2019est déjà beaucoup, mais c\u2019est nettement insuffisant pour répondre aux besoins de l\u2019institution.La Providence est toujours là, prête à nous venir en aide.Elle le fait par l\u2019intermédiaire de nombreux bienfaiteurs canadiens et américains.Grâce aux dons reçus nous pouvons engager plus de personnel.Mais cette même Providence veut aussi se servir de nos mains, de nos coeurs et de nos imaginations.La vie «avec» nos gens a développé notre sens de la créativité.Vers l\u2019année 1960, j\u2019eus l\u2019idée de me procurer des meubles, au moins une chaise pour chacun de nos pensionnaires.Étant enfant, je m\u2019étais amusée dans l\u2019atelier de mon père.Il était un habile artisan et il m\u2019avait appris à travailler le bois.Si donc j\u2019avais fabriqué des jouets de bois, pourquoi ne pas mettre mes talents au service des pauvres? Nous avons donc décidé de planter des arbres dans notre immense jardin.J\u2019avais observé, dans les champs du voisinage, de nombreuses pousses de chênes.Nous avons planté des centaines de petits chênes qui, au bout de dix ans, étaient rendus à maturité.Ils pouvaient être coupés et servir.Ce fut l\u2019occasion de procurer du travail à deux jeunes de chez nous; d\u2019abord la coupe du bois, et ensuite, je leur ai transmis mes connaissances en menuiserie.Et voilà que nos chênes étaient transformés en planches fortes et bien polies.Puis toutes les bonnes volontés des résidents de l\u2019Asile ont été mises à profit pour donner des formes à ce bois.Au grand plaisir de tous et de chacun, des meubles, des chaises, des portes et des bancs sont sortis de ces mains de vieillards et de malades.Et nous avons eu du bois de chauffage pour la cuisson des aliments.Jour après jour des merveilles s\u2019opéraient.Maintenant chacun et chacune a sa propre chaise, confortable, propre et jolie.Nos pensionnaires sont heureux! Ils se sentent utiles.Leur chez-eux prend tout un autre visage; c\u2019est le fruit de leur travail, leur création.Et quand l\u2019un d\u2019eux meurt, il est déposé dans un cercueil fait de nos arbres, de nos mains et avec nos coeurs.\u201cVoyez les bancs sortis de nos mains\u201d, nous disent les amis de S.Rachel Blanchette, m.i.c.4*2 .##*\u2022** * »* # « * * * *.'***»» < * INTENTIONS MISSIONNAIRES JUILLET: Pour l\u2019Eglise catholique à Hong Kong.AOÛT:\tPour ceux qui, en Afrique, meurent de faim.109 Japon LE JAPON SE FAIT M par Céline Bourbeau, m.i.c., L\u2019Église du Japon est une Église dont on parle peu.Dans ce pays économiquement développé de 120 millions d\u2019habitants, l\u2019Église est pauvre numériquement et matériellement.Les dernières statistiques indiquent, qu\u2019au Japon, sur 1000 personnes 996 ne connaissent pas encore Jésus-Christ (Journal catholique, 30 mars 1986).Malgré cette masse imposante de non-chrétiens, depuis quelques années l\u2019Église manifeste un désir, une volonté de participer, elle aussi, à la mission en envoyant des missionnaires à l\u2019étranger.En août 1979, un document sur «les politiques de base et les priorités de l\u2019Église catholique au Japon» tournait les yeux vers le monde extérieur.«En bâtissant l\u2019Église du Japon, notre attention ne doit pas se 110 porter uniquement sur nos problèmes internes.Nous devons dès maintenant partager avec l\u2019Église tout entière le peu que nous avons.Il nous est demandé de partager avec nos frères et soeurs, non seulement de notre abondance, mais aussi une partie de notre pain quotidien même si nous devons en souffrir.» Actuellement 273 missionnaires japonais travaillent sur tous les continents.Qui sont-ils?LES MISSIONNAIRES.DES MAÎTRES Le Père Hiroshi Kajikawa, secrétaire du Comité de Coopération internationale, a visité ses compatriotes dans leurs champs d\u2019apostolat.Voici son témoignage: «À les voir vivre, nos missionnaires sont devenus mes maîtres.J\u2019ai mieux compris le sens de ma vie de prêtre qui est une vie de service.Lors d\u2019une visite en Afrique, on avait parlé devant moi des maladies dont souffraient les Africains de l\u2019endroit: malaria, tétanos et autres maladies tropicales.J\u2019étais terrassé, pris de panique.Comment vivre à l\u2019abri des microbes?Pour éviter tout danger, je me privais de sortir, de rencontrer les gens.J\u2019étais prisonnier de mes peurs.En observant les missionnaires vivant au milieu des gens, j\u2019ai été libéré de mes anxiétés.Peu à peu je me suis senti capable de rencontrer les gens, de les saluer, même de les embrasser, de boire de leur eau, de manger de leur nourriture.» .DES TÉMOINS De quoi témoignent-ils?Comment témoignent-ils?Un exemple concret nous le dira. S.Nakamura Keifo, f.m.m.est missionnaire en Angola.À la fin de 1983, un groupe de guérilleros envahit le village où elle habitait.Elle raconte: «Après avoir tout pillé, ils amenèrent les missionnaires étrangers avec eux en captivité.Jusqu\u2019à maintenant je vivais avec les gens et je prétendais les comprendre.Mes quatre mois de captivité m\u2019ont ouvert les yeux.Pendant les 11 premiers jours, nous avons marché de 11 à 12 heures par jour.À la mission, nous avions un jeep ou une auto pour nous déplacer.J\u2019ai compris ce que c\u2019était que de franchir de longues distances à pied.Quand la pluie nous a inondés et que nous grelottions de froid, j\u2019ai eu compassion des gens de notre village qui doivent, pendant les 6 mois de pluie faire de longs trajets sans parapluie, sans rien pour les protéger.Pour dormir, une simple toile au-dessus de nos têtes en guise de tente, et tous les sans-abri, les sans-logis! Ajoutez à tout cela l\u2019incertitude du lendemain.Oui, pour la première fois depuis mon arrivée en Afrique, j\u2019ai compris le sort des pauvres avec qui pourtant je voulais partager ma vie.J\u2019ai fait l\u2019expérience de leur quotidien.Après trois mois de cette vie de captivité, un prêtre angolais, venu aux quartiers généraux de la guérilla pour nous interpréter, nous a dit: «Je souhaite que cette expérience ne vous décourage pas.Depuis le début de votre captivité vous avez fait un magnifique travail missionnaire: vous avez goûté à la souffrance du peuple angolais.Vous nous comprenez mieux maintenant.On ne peut mesurer l\u2019importance pour notre Église de ce que vous venez de vivre.» .DES SIGNES DE RÉCONCILIATION La guerre creuse des fossés de haine, de rancoeur.C\u2019est difficile d\u2019oublier les souffrances vécues et de pardonner à ses oppresseurs d\u2019hier.Les missionnaires peuvent devenir des agents de réconciliation.Le Japon et les Philippines étaient ennemis.Aujour- d\u2019hui il y a échange de missionnaires entre les deux pays.Lors des événements de février dernier, notre compagne japonaise, S.Atsuko Sagara, m.i.c.s\u2019est jointe aux gens de Manille pour bloquer les chars d\u2019assaut prêts à foncer sur cette haie humaine.Elle n\u2019a pas craint de risquer sa vie pour ses frères et soeurs philippins.N\u2019est-ce pas là une façon de faire avancer le Royaume?Ce Royaume qui est amour et réconciliation.Dans son décret Ad Gentes, Vatican II disait: «Il convient tout à fait que les jeunes Églises participent effectivement à la mission universelle de l\u2019Église en envoyant elles aussi des missionnaires qui pourront annoncer l\u2019évangile par toute la terre, bien qu\u2019elles souffrent d\u2019une pénurie de clergé.La communion avec l\u2019Église universelle sera d\u2019une certaine manière consommée lorsque, elles aussi, elles participeront activement à l\u2019action missionnaire auprès d\u2019autres nations.» (no 20) Le Japon l\u2019a compris.C\u2019est un signe d\u2019espérance.Quand des étrangères peuvent vivre la fraternité, une Bonne Nouvelle est arrivée.Sur cette photo des M.I.C.de trois pays: S.Adelaida Santiago, S.Elizabeth Relacion, S.Angelina Olimba philippines, S.Lucie Gagné, canadienne, S.Keiko Hasegawa, S.Atsuko Sagara, japonaises.111 L\u2019aventure d\u2019amour de Délia (DÉLIA TÉTREAULT, fondatrice de l'Institut des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception) £oc-loVv iilfairvÿ^ de ?Zx\\h tbta.e.Wsi ûV ^Ixi^veun is/ic^iAts se.ifeaniment c.V\\tx leb hvss^oijV Illustrations: Anne-Marie Ouellet Texte: Collaboration m.i.c.I rüYYW Wb nrwssioa*; .T rva^a y\\at\\ dv - - - - [ OA o A , ^ 1 û.lA ^e\\ma SûaüveAS ^iie.d\u2018ax Aiem'aAdj 0 j àe.s e^f£ü.\\jes , Aa-» ^dine', Ap151-1^ o\\dWav< le.sacrés de d£S olCxxnL ÇoA.d'àdOôas .fî 5e_ ueax Aoat ce o^ae vjôqs Uoale.7.Ain n^di üûaS \\e.üûü Ve.z_ \\L e_A tA ûeVûA 'aï V 1 S' 1 ¦>.> , N If 1/ U ^ C\\u^tts At i a \\omW.lei ^)rv\\daAl 2) uY\\£ l e.f\\V-aA\\S i ' > zr tAKt\tAoijavAVE.S^'ru , oulüVCT.r\\üt> Co6di^ 2 V2i d.1 irY\\ eA
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