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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mai - Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1993-05, Collections de BAnQ.

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[" ip SEUR Volume 36, Numéro 15 Mai - Juin 1993 4 J \u2022V- > ,Mf ^ i tt - ¦fi** * 1 ;,;41 \u2022\u2022\"W* .^ espoir esperance Revue bimestrielle d\u2019information missionnaire publiée par les Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception le Précurseur SOMMAIRE 451\tLe combat de l\u2019espérance 452\tEn avoir le choix.455\tComment je suis devenue missionnaire laïque 456\tUn chemin de libération pour la femme quechua 459 20 ans d\u2019amour avec la Bolivie 461 La couleur de l\u2019espérance dans la vie et l\u2019oeuvre de Délia Tétreault 469 Un virage à ne pas manquer 472 Marche dans la joie 474 Pourquoi je repars?476\tNouvelles en bref 477\tUne mission à vivre ensemble 478\tRentrer chez Dieu Date de parution: Mai 1993 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec ISBN 0315-9671 Envoi de publication Enregistrement no 0357.Port de retour garanti.Membre de l\u2019Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC).Directrice: Micheline Marcoux, m.i.c.Rédactrice en chef: Marie-Paule San façon, m.i.c.Collaboratrices à la rédaction: Gilberte Bleau, m.i.c.Thérèse Lortie, m.i.c.Maquettiste: Huguette Van Roey-Blain Promotion: Gemma De Grandpré, m.i.c.Secrétariat et Diffusion: Christine Desrochers Équipe de M.I.C.et de laïcs dirigée par Lucille LaSalle, m.i.c.Abonnement 1 an\t7.00$ Soutien (1 an) 10.00$ 3 ans\t20.00$ À vie\t100.00$ À l'étranger (1 an) 15.00$ Pour tout changement d\u2019adresse, s\u2019il vous plaît, faire parvenir l\u2019ancienne et la nouvelle.En renouvelant votre abonnement, inclure votre numéro d\u2019abonné.Adresse: \u201cLE PRÉCURSEUR\u201d C.P.157 Suce.Laval-des-Rapides Ville de Laval, Qué., Canada H7N 4Z4 té!.: (514)663-6460 Imprimerie: Interweb 1981 Inc.En Bolivie, une espérance est née chez la femme quechua.iSEUR m D&'espoir jttkpérance 450 N.Tinguely Editorial Le combat de l\u2019espérance Espérance! Mot dynamique chargé de désir, d\u2019attente et de promesses.Mot qui met en route et qui exprime un appel à un plus, un passage d\u2019un vouloir vivre à une certitude faite de foi et de confiance en Celui qui est Amour.De l\u2019espoir à l\u2019espérance Ces quelques lignes balisent le chemin \u2018de l\u2019espoir à l\u2019espérance\u2019.L\u2019espoir au coeur de l\u2019être humain, est ce désir de vivre poussant au risque et à l\u2019audace; il est cet espace vert propice à l\u2019accueil du don de l\u2019espérance laquelle repose sur la foi en la Promesse de Quelqu\u2019un dont on se sait aimé.L\u2019espérance est souvent un combat permanent et combien pénible parfois! Mais depuis que Jésus de Nazareth a vaincu les forces de la mort, le tombeau vide est le berceau de l\u2019espérance la plus audacieuse! L\u2019espérance chrétienne, c\u2019est son nom, est cette ancre sûre et solide qui nous permet de rêver et d\u2019espérer un à-venir à la dimension du grand Projet de Dieu pour l\u2019humanité.L\u2019ancre: symbole de l\u2019espérance chrétienne Dès les tout premiers siècles du christianisme, les chrétiens ont sculpté l\u2019ancre dans le marbre des pierres tombales comme symbole de leur espérance en la vie future.L\u2019épître aux Hébreux nous invite \u201cà saisir cette espérance qui nous est offerte\u201d (He 6,19).Cette certitude de l\u2019amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, mort-ressuscité, dynamise la vie du croyant et le lance sur un chemin de liberté où il devient possible \u201cde rendre compte de son espérance\u201d.Une force qui ne trompe pas Cette force de l\u2019espérance, Lorraine Caza, C.N.D., nous la fait palper dans la vie et l\u2019oeuvre de Délia Tétreault.Nous la retrouvons également dans l\u2019engagement des missionnaires de Bolivie et des quatre coins du monde ainsi que dans la lutte de tous ces peuples qui mènent, au prix de leur sang, le combat de l\u2019espérance pour obtenir justice et liberté.Puisse la lecture des articles qui suivent être une invitation à jeter l\u2019ancre de notre vie dans le Christ Ressuscité dont l\u2019espérance ne trompe pas.Puissions-nous, avec foi et audace, être contagieux d\u2019espérance, là où nous sommes, en nous rappelant cette pensée d\u2019un auteur contemporain: \u201cLe monde appartiendra à celui qui lui offrira la plus grande espérance.\u201d ¦ Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.451 ifjfi * y: ( Bolivie En avoir le choix par|Suzanne Labelle, m.i.c.Photo: A.-M.Labetle Si vous aviez le choix, de quelle nationalité souhaiteriez-vous être?Votre regard irait-il vers nos voisins superpuissants?Aimeriez-vous plutôt retourner vers une lointaine mère-patrie?Chercheriez-vous une culture asiatique millénaire?À moins que vous ne souhaitiez imiter le Seul qui ait pu vraiment choisir, le Fils de Dieu qui se fit homme au sein du peuple juif?De telles questions me sont venues suite à la réflexion d\u2019une jeune Québécoise, étudiante dans une grande école polyvalente de l\u2019Outaouais.Après une rencontre missionnaire où il avait été question surtout de la Bolivie, elle écrivait ce bref commentaire: \u201cMalgré tout le développement que nous avons ici, j\u2019ai désiré être Bolivienne puisque là-bas, on y retrouve l\u2019amour, le partage, la collaboration.\u2019\u2019 Une rue du village minier Llallagua, Bolivie À première vue Des personnes bien informées et qui se veulent réalistes vous diront que la Bolivie, petit pays du Tiers-Monde, n\u2019offre rien pour susciter l\u2019envie.Situé au coeur de l\u2019Amérique du Sud, ce pays est le plus pauvre, bien qu\u2019il ne manque pas de ressources naturelles.Il possède, entre autres, les plus riches mines d\u2019étain au monde.Mais trop longtemps mono-exportateur de ce produit à l\u2019état brut, sa production a diminué de beaucoup depuis quelques années et il souffre des fluctuations de prix à l\u2019échelle mondiale.Il demeure, comme tant d\u2019autres, dépendant des grandes puissances pour sa survie même.452 WHSP» tre de santé à Hi ancarani, S.iuzanne, méde nn, apporte récoi fort et com-pét '.nce à ses p ztients.£*3 Les statisticiens auront beau jeu d\u2019aligner les chiffres les plus négatifs pour décrire les conditions quasi infra-humaines dans lesquelles vit une forte proportion d\u2019habitants de ce pays, leur population atteindra sept millions et demi cette année.\u2022\tpauvreté: 70% dont 30% d\u2019extrême pauvreté \u2022\trevenu per capita par jour: $1.69 \u2022\ttaux de chômage: 20% \u2022\ttaux de sous-emploi: 60% \u2022\thabitations: 64% sans eau courante, 66% sans électricité \u2022\tbénéficiaires d\u2019assistance sociale: 21.4% \u2022\tespérance de vie: 50.7 ans \u2022\tmortalité infantile: 1 sur 5 avant l\u2019âge d\u2019un an 5 sur 10 avant l\u2019âge de 10 ans 7 sur 10 avant l\u2019âge de 15 ans \u2022\tanalphabétisme: 55% le plus haut indice en Amérique Latine.* À vol d\u2019oiseau La géographie de la Bolivie en fait un pays de contrastes, en trois niveaux bien délimités.À quelques 4 000 mètres d\u2019altitude, les hauts plateaux des Andes offrent un climat froid et une terre aride.Les deux tiers de la population y vivent sur un tiers du territoire national.En certains endroits, on ne mange que des patates et du maïs à l\u2019année longue.Les principales mines d\u2019étain se trouvent dans cette région.On exploite aussi le zinc en quantité importante.La région tropicale, au niveau de la mer, produit en abondance fruits et légumes, sucre, riz, coton, café, etc.On y exploite aussi le gaz naturel, le pétrole.Mais les revenus sont, en grande partie, entre les mains d\u2019exploiteurs étrangers.La zone intermédiaire attire par un climat agréable, tempéré.Comme dans tout le pays, sa population est fortement agricole.Il manque, là aussi, l\u2019industrialisation nécessaire à tout progrès économique dans un monde de compétition féroce.Pour compenser, l\u2019industrie de la cocaïne profite, si l\u2019on peut dire, à 20% de la population et produit les malheurs que l\u2019on sait, là et ailleurs.Au plan politique, la Bolivie devenue indépendante en 1825, a connu plus d\u2019un siècle et demi d\u2019instabilité.Les gouvernements s\u2019y remplaçaient souvent.Depuis quelques années, la démocratie tente de s\u2019implanter et permet certains espoirs.En y regardant de plus près Lorsqu\u2019on a le privilège d\u2019aller vivre en Bolivie, il faut peu de temps pour remarquer les qualités de coeur et d\u2019esprit des Quechuas et Aymaras, qui forment encore la majorité de ce peuple.On est vite frappé par l\u2019accueil de ces fiers descendants des Incas, par leur simplicité, leur bonté, leur générosité.Peu importe l\u2019exiguïté de Fiers descendants des Incas, les Boliviens sont accueillants et généreux.\u2022iBr 453 leur demeure, ils insisteront pour loger le visiteur, parent ou étranger.Il y aura toujours place à table, même si le repas est plus que frugal.Si la terre rapporte peu, ce n\u2019est pas la vaillance au travail qui manque.Par exemple, quand le \u201cjuge d\u2019eau\u201d du village assigne des heures de nuit pour irriguer tel champ, le propriétaire est là, dans l\u2019obscurité, à surveiller le bon écoulement dans ses canaux d\u2019arrosage.Et cela, malgré la longue journée de travail qui a précédé et celle qui suivra.La femme, dont la condition laisse encore beaucoup à désirer, répond avec empressement et courage aux possibilités qui lui sont offertes pour améliorer son sort.Ce faisant, c\u2019est toute la famille qui en bénéficie.Faute de soin beaucoup d\u2019enfants meurent avant l\u2019âge de dix ans.Le sens profondément religieux de ces \u201cpauvres de Yahvé\u201d entretient leur soif de Dieu.Mais ils sont pauvres aussi d\u2019assistance spirituelle.Lorsque celle-ci leur est accessible, ils aiment former de petites communautés ecclésiales de base, pour réfléchir ensemble sur la Parole de Dieu, voir en quoi elle peut influencer leur vie de chaque jour et les aider à progresser tant sur le plan matériel que spirituel.Sentant alors l\u2019unité entre eux, ils ne demandent pas mieux que d\u2019apporter leur collaboration à un projet en vue du bien commun.D\u2019ailleurs, l\u2019esprit de coopération a chez eux des racines séculaires.Chaque village a son organisation pour les tâches communautaires.Se met-on d\u2019accord pour construire une école ou un petit centre de santé?La liste des chefs de famille existe déjà: chacun s\u2019engagera volontiers à fabriquer lui-même le nombre de briques requis.Il fournira les heures de travail qu\u2019on attend de lui pour réaliser la construction planifiée.Lorsqu\u2019il s\u2019agira d\u2019acheter le ciment, le bois, les vitres, la tôle dont on aura besoin, une aide de l\u2019extérieur sera presque indispensable.Dans le concret de la vie Mais à quoi bon un centre de santé si on ne peut y garantir un personnel médical en permanence?Des missionnaires oeuvrant en ce domaine ont préparé une relève.Les \u201cmédecins en sandales\u201d, techniciens de la santé, peuvent assurer un minimum de soins en plusieurs endroits éloignés des grands centres.Certains jeunes Boliviens souhaitent aider les leurs avec plus de compétence encore.Jaime Richard Molina désire devenir médecin pour aider les siens.Richard Molina en est un.Son père, qui a travaillé en collaboration avec les M.I.C.de Huanca-rani, s\u2019est adressé à notre revue LE PRÉCURSEUR.Professeur rural et catéchète, il ne peut assumer tous les frais de scolarité et de pension de l\u2019étudiant.Celui-ci souhaiterait obtenir une bourse pour poursuivre ses études universitaires de médecine dans son propre pays, et exercer ensuite sa profession auprès des siens, en Bolivie.Un choix réaliste Revenant à la question du début sur un choix hypothétique de nationalité, l\u2019attitude la plus sage est sans doute de désirer conserver celle qu\u2019on a reçue du Créateur et d\u2019y trouver son bonheur.Mais cette option n\u2019empêche personne de vivre des valeurs de partage avec ceux et celles qui sont beaucoup moins favorisés sur le plan matériel.Quelques-uns de nos lecteurs et lectrices offriraient peut-être leur aide à Jaime Richard?Tout en demeurant ce que l\u2019on est, ce pourrait être une manière de devenir Bolivien ou Bolivienne avec les Boliviens et Boliviennes.Que vous en semble-t-il?.¦ * D\u2019après Gregorio Iriarte, o.m.i., Una mira-da al mundo de los pobres, Cochabamba, Bolivie, juin 1992.-1 454 Bolivie - Témoignage je Comment suis devenue missionnaire laïque par Lucienne Frenette r etite fille, je rêvais de devenir infirmière et d\u2019aller en mission.Mais je me suis mariée, j\u2019ai eu cinq filles qui m\u2019ont occupée pendant plusieurs années.Devenues jeunes adultes, elles ont quitté la maison.Puis, mon mari est décédé prématurément à l\u2019âge de 56 ans.C\u2019était un grand tournant.Ma vie aurait pu être de loisirs, mais cela ne me satisfaisait pas.J\u2019ai demandé l\u2019aide du Saint Esprit, et un jour en m\u2019éveillant, une voix intérieure m\u2019a dit: \u201cTu voulais devenir infirmière et missionnaire, c\u2019est possible maintenant.\u201d Dans LE PRÉCURSEUR, j\u2019ai vu le nom de Pauline Williams, m.i.c., responsable de la formation des missionnaires laïques.Nous nous sommes rencontrées et, sur son conseil, j\u2019ai suivi pendant trois ans, les cours de soins infirmiers, la formation missionnaire et j\u2019ai appris l\u2019espagnol de base.Tout n\u2019a pas été facile.Il y a eu des hauts et des bas et des remises en question, mais j\u2019ai persévéré.En mai dernier, un projet en Bolivie m\u2019est offert et ma candidature est acceptée à CEC! (Centre d\u2019Étude et de Coopération Internationale), organisme qui appuie les projets dans le \u201cTiers-Monde\u201d.Je travaillerai à Cochabamba dans le service santé en zone rurale et dans les serres pour l\u2019amélioration de la culture potagère, car je détiens aussi un diplôme dans ce domaine.Deux semaines de formation intensive prédépart à CECI et me voici prête.Mon projet missionnaire est avant tout chrétien; je vivrai en lien avec les Soeurs de l\u2019Immaculée-Con-ception.La formation reçue a approfondi ma foi et me permettra de vivre plus intensément les valeurs évangéliques.Je vois mon rêve d\u2019enfant se concrétiser et j\u2019en rends grâce à Dieu.Mes premières impressions en terre bolivienne Arrivée à Cochabamba, en octobre dernier, j\u2019ai été accueillie chaleureusement par les M.I.C.et le représentant de CECI en Bolivie, M.Diego Laneuville.Une trentaine de minutes plus tard, nous étions à l\u2019I.E.R.(Institut d\u2019Éducation Rurale) et de là, au modeste appartement qui m\u2019est désigné.L\u2019Institut, à environ dix kilomètres de Cochabamba, est situé sur un grand territoire orné de palmiers, eucalyptus, figuiers, etc.potager, rosiers sans oublier la kantuta (fleur nationale), les poules et les vaches, le grand air et le chant des oiseaux.Étant née à la campagne, quel bonheur de vivre ici! Le climat est extraordinaire.l\u2019été, le vent doux, le soleil clair, tout est merveilleux.J\u2019ai la chance d\u2019assister aux soirées folkloriques.Les Boliviens sont des gens simples.Ils aiment s\u2019amuser, rire et danser.Leur piété et leur respect pour les aînés m\u2019ont profondément touchée.J\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir toujours vécu à Cochabamba.Je désire apprendre l\u2019espagnol rapidement.Pour le moment, je respecte la consigne de l\u2019Entraide Missionnaire: \u201cLes premiers mois, regardez.grands yeux, petite bouche.\u201d Je remercie le Seigneur pour la joie d\u2019être ici et de pouvoir apporter ma contribution au soulagement de la souffrance et de la misère humaine.Je vous reviendrai plus tard pour vous parler de mon travail qui s\u2019annonce fort intéressant.Nous sommes à former une nouvelle équipe et elle prendra la relève dès février prochain.jHasta lu ego! ¦ 455 Bolivie Un chemin de libération pour la femme quechua par l\u2019équipe de l\u2019I.E.R.L'Institut d'Éducation Rurale (I.E.R.) est un service de promotion pour la femme campagnarde de divers départements de Bolivie et plus particulièrement du département de Cochabamba.Aujourd'hui le milieu rural a besoin de femmes responsables, autonomes et dynamiques.Une équipe M.I.C.répond à ce besoin de formation de la femme quechua pour la pleine réalisation des programmes en faveur du développement intégral de la personne.IOCESANOdeFORMACION Para lJujerCaupesina ïWlliî- ii* < Au I.E.R.Colette Belley, m.i.c., assume l\u2019enseignement de la catéchèse et les cours techniques pour la promotion féminine.Former pour un mieux-être Cochabamba se caractérise par la fertilité de sa vallée agricole où la femme joue un rôle économique très important mais malheureusement non valorisé.Si dans les pays du Nord et de l\u2019Europe existent encore certaines réticences à reconnaître la contribution de la femme dans la société, ici, en Bolivie, la campagnarde est marginalisée par le seul fait d\u2019être femme et de parler le quechua.En effet, une faible minorité seulement s\u2019exprime en espagnol.Le premier but poursuivi par le centre I.E.R.est d\u2019aider la stagiaire à prendre confiance en elle-même.La formation technique reçue pour une meilleure gestion lui sera utile pour améliorer la situation économique de sa famille et de son milieu.L\u2019initiation aux jardins communautaires permet une meilleure variété dans l\u2019alimentation.Plus équilibrée, elle a des répercussions sur la santé.Avant le coup d\u2019état du 19 juillet 1980, où un septième président de la République prenait le pouvoir dans l\u2019espace de deux ans, l\u2019I.E.R.offrait des cours de promotion aux campagnards en général, hommes et femmes, en collaboration avec la radio San Rafael et l\u2019office diocésain de catéchèse.Interrompues par l\u2019occupation militaire, les activités reprennent en 1982, mais de façon différente.Création du centre CADECA (Casa del Cate-quista) par un prêtre allemand qui se spécialise dans la formation des hommes tandis que nous à l\u2019I.E.R.nous continuons la formation des 'emmes.Chaque année nous préparons une quarantaine de jeunes filles entre 18 et 25 ans qui deviennent promotrices pour aider les autres femmes de leur milieu.Assurer un développement intégral de la personne L\u2019I.E.R.est le seul internat de formation de la femme quechua avec un programme à longue échéance qui l\u2019accompagne dans ses premiers pas de promotrice au service des communautés rurales.Au centre, les jeunes filles reçoivent des cours d\u2019alphabétisation, d\u2019hygiène, de santé préventive, d\u2019horticulture, d\u2019économie 456 Cours de cuisine et de couture à l\u2019Institut A leur tour, ces jeunes Jilles deviennent promotrices dans ~ \u201d'1 les communautés rurales.i>\u2019un esprit pratique, *'¦ S.Gaëtane trouve !pi solution à certains ^ problèmes urgents.' En route vers les communautés rurales, Monique Bigras m.i.c., (à gauche) supervise le travail de l\u2019équipe d\u2019animation.T v Photos: C.Belley, m.i.c.457 domestique, de cuisine et des matières académiques élémentaires.À ces dernières s\u2019ajoutent la formation technique en coupe et couture, broderie, tissage au métier et le tricot à la main et à la machine.Le tout complété par la formation chrétienne au moyen de la catéchèse et des cours d\u2019initiation biblique.Toujours en vue d\u2019un plus grand service à la communauté, nous facilitons à quelques jeunes filles des études dans des domaines spécialisés tel que: santé, catéchèse ou études secondaires.La plupart d\u2019entre elles s\u2019ouvrent à un monde nouveau, différent des mentalités plutôt fermées de leur petit village.Le coude à coude entre jeunes filles de diverses cultures: quechua, aymara, camba ou étrangère, permet de s\u2019ouvrir à la véritable réalité du pays.Nous avons organisé des équipes dans les villages pour seconder la jeune promotrice dans son apprentissage.Les jeunes filles de ces équipes viennent périodiquement à l\u2019I.E.R.recevoir de la formation, évaluer le chemin parcouru et elles retournent avec plus de dynamisme.Ainsi nous rejoignons plus de femmes dans les campagnes; elles deviennent responsables de leur libération et de leur réalisation personnelle.Prenant conscience de leur valeur comme femme, elles s\u2019engageront avec confiance au développement social et économique de leur milieu.L\u2019I.E.R.unit ses efforts à l\u2019unité sanitaire gouvernementale et appuie les agents de pastorale et de promotion sociale qui travaillent au développement en milieu rural.Poursuivre le travail Elles sont encore bien nombreuses les femmes qui ont besoin que nous leur tendions la main pour leur permettre de prendre la place qui leur revient au sein de la communauté humaine bolivienne.Elle est encore longue la route devant nous, mais l\u2019espérance chante déjà avec plus de force et de vérité et pas à pas un rêve devient réalité.Une oeuvre d\u2019éducation des campagnardes s\u2019autofinance difficilement.C\u2019est toujours pour nous un motif d\u2019action de grâces pour l\u2019appui reçu des organismes canadiens comme celui du Cardinal Léger.Nous sommes là au nom de l\u2019Église canadienne pour servir les plus démunis de l\u2019Église bolivienne.Bâtir une communauté de foi En plus de l\u2019aspect promotion humaine, l\u2019I.E.R.donne beaucoup d\u2019importance à l\u2019évangélisation.Les cours de catéchèse donnés par Colette Belley, m.i.c., trouvent une place de choix dans la programmation de l\u2019institut.Les jeunes campagnardes découvrent les merveilles du salut et apprennent à louer Dieu dans la prière pour son amour gratuit de Père.Plusieurs d\u2019entre elles deviennent messagères de la Bonne Nouvelle aux quatre coins de la Bolivie.Sous la supervision de Monique Bigras, m.i.c., ces jeunes filles réunissent les gens dans les villages pour des partages de la Parole, préparent les enfants à recevoir les sacrements de l\u2019Eucharistie et de la Confirmation et enseignent la couture, le tricot et les principes de base d\u2019une bonne alimentation.Devant la carence des soins médicaux dans ces milieux défavorisés, la promotion de la santé a pris une grande importance pour l\u2019Institut où nous formons des auxiliaires infirmières.Juliette Ouellet, m.i.c., oriente et encourage leurs efforts dans les dispensaires.Un service régulier de soins préventifs et curatifs est assuré aux malades et aux enfants souvent affectés par la malnutrition.Les mères y reçoivent les cours de base pour une saine alimentation.Les campagnards immigrés dans les quartiers marginaux des villes sont de tous les plus oubliés.Gaëtane Guiliemette, m.i.c., s\u2019occupe de la soupe populaire et leur donne du temps pour qu\u2019ils se prennent en main.Elle organise et obtient des autorités des projets pour solutionner de nombreux problèmes urgents.C\u2019est ainsi que S.Gaëtane a aidé à la perforation de plus d\u2019un puits, à la construction de réservoirs d\u2019eau ou encore à l\u2019installation de l\u2019électricité.L\u2019I.E.R.(Institut d\u2019Éducation Rurale) cherche à être depuis sa fondation le 11 mai 1958, une porte grande ouverte pour que tous nos frères et soeurs des campagnes boliviennes puissent prendre une part active à la vie de leur communauté.Fondé par un prêtre séculier bolivien et animé, administré par des M.I.C.depuis 1974, l\u2019I.E.R.continue la même ligne d\u2019action et de pensée au service de ce peuple que nous aimons.¦ INTENTIONS MISSIONNAIRES MAI: Nous te prions, Marie de Nazareth, pour toutes les femmes du monde.Qu\u2019en te contemplant, si intensément présente à Dieu et à ton peuple, chacune d\u2019elles découvre et vive plus profondément sa mission propre dans la famille, la société et l\u2019Église! JUIN: Père, tu veux que tous tes enfants de par le monde s\u2019aiment comme des frères et soeurs.Aide les peuples du Moyen-Orient à construire une paix définitive, fondée sur la justice et la solidarité humaine, sociale et religieuse.458 Granby 20 ans d\u2019amour avec la Bolivie par Nicole Raquette -j*.* » mL^,: .\tWt-~'~.^ .v-^* ¦\t\u2022 .\t0 -i #4MÜ ¦-sr~*- üc Pour S.Rita Ostiguy, originaire de l\u2019Ange-Gardien, la mission prend l\u2019allure d\u2019un échange, un pont entre deux cultures.C\u2019est pourquoi elle est de retour au Québec afin de faire découvrir aux gens d\u2019ici l\u2019entraide, le sens de la communauté qui caractérise les Boliviens.\u201cJe veux être une messagère.J\u2019apporte quelque chose que tout le monde n\u2019a pas vu avec ses yeux\u201d, explique la missionnaire, qui a passé 20 ans en Bolivie, entrecoupés de trois séjours au Québec.Et elle en a des choses à raconter.Il y a la vie quotidienne à la mission de Huancarani, un petit village de la cordillère des Andes, à 3 500 mètres d\u2019altitude, où elle oeuvre avec deux autres missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.Les coutumes locales, les fêtes colorées, les pratiques religieuses qui diffèrent parfois des nôtres.Ainsi, une coutume veut qu\u2019on S.Rita.presque Bolivienne Dans une interview réalisée avec Rita Ostiguy, m.i.c., Nicole Paquette, journaliste à la Voix de VEst de Granby, démontre bien Venjeu actuel de la mission.Nous en publions ici quelques extraits.Huancarani, petit village au flanc des montagnes, maisons de terre sans électricité apporte le crucifix de sa paroisse là où se célèbre une messe spéciale.Cela porte chance à la communauté.On fait de même à Noël avec la statuette représentant l\u2019enfant Jésus.La religieuse sort ensuite des photos montrant une petite maison en briques de terre séchée, murs intérieurs recouverts de stucco, patio décoré de cactus, tout ça au pied d\u2019immenses montagnes.Dépaysement garanti.Le village a l\u2019eau courante depuis peu mais pas encore d\u2019électricité.L\u2019hiver - durant les mois de mai, juin, juillet et août - le mercure peut descendre à moins de 10 °C dans des maisons sans chauffage.Dans la région immédiate de Huancarani, on trouve une dizaine de petits villages semblables, 459 Présence dynamique au coeur des Boliviens éparpillés dans les quelques vallées fertiles.Chaque agglomération compte 300, 350 foyers, environ 2 000 personnes, soit un bassin de 20 000 Boliviens.Les trois religieuses sont les seules personnes-ressources en matière religieuse et sociale.\u201cCes gens-là n\u2019ont jamais eu d\u2019agents de pastorale, de prêtres.Ils sont délaissés du gouvernement.Ils ont leur petit lopin de terre, très petit et ils mangent surtout des patates et du maïs.Ils ont des troupeaux de moutons et vont en tuer un de temps en temps\u201d, raconte S.Rita.De l\u2019eau et de la foi Depuis une dizaine d\u2019années la congrégation M.I.C.s\u2019est installée dans cette région montagneuse afin de se rapprocher des plus démunis.Les trois femmes consacrent leur temps aux tâches religieuses et sociales, allant de village en village pour des célébrations de la Parole, formant des catéchè-tes qui deviendront ensuite des animateurs dans les paroisses voisines.Elles font la promotion de l\u2019éducation, incitent les villageois à améliorer leur qualité de vie.Les religieuses ont aussi encouragé les villageois à construire un canal pour amener l\u2019eau courante au village.Un projet qui a pris quatre ans, mais qui évite maintenant aux femmes du village un trajet quotidien de quelques kilomètres pour aller à la rivière.\u201cIl a fallu les sensibiliser d\u2019abord, parce qu\u2019une habitude créée est difficile à changer.\u201d Entraide Mais ce que S.Rita retient de l\u2019expérience, c\u2019est le sens de la communauté qui anime les villageois.Toutes les énergies sont nécessaires pour compléter un projet, toutes les mains sont mises à contribution, comme ce fut le cas pour creuser le canal qui amène maintenant l\u2019eau au village.Photo : M.-P.Charbonneau, m.i.c.CI 5 'V Sur ce plan, les Québécois peuvent apprendre beaucoup des Boliviens.Et c\u2019est pour assurer cet échange de valeurs que la religieuse est revenue dans son pays, afin d\u2019être missionnaire auprès des fidèles d\u2019ici.\u201cL\u2019essentiel de mon message, c\u2019est le sens de la fraternité, de la communauté qu\u2019ont ces gens-là.Le besoin de l\u2019autre et le besoin de donner à l\u2019autre, de se rencontrer.\u201d Le voyage de S.Rita, son passage du Sud au Nord, l\u2019amène aussi à s\u2019interroger sur l\u2019abondance dans laquelle nous vivons ici.À son retour, elle a connu le choc de la société de consommation, les nouveaux produits qu\u2019on mini invente à la seule fin de vendre davantage, les enfants désabusés qui s\u2019ennuient dans des chambres tapissées de jouets.Une culture menacée En Bolivie, les gens sont habitués à lutter pour leur survie, sans relâche, avec une patience infinie.Avec humour ils saisissent le moindre prétexte pour faire la fête avec leur musique, leurs habits colorés.S.Ostiguy est toutefois consciente que ces valeurs pourraient à leur tour être menacées avec l\u2019arrivée d\u2019un certain progrès.\u201cJe crois qu\u2019ils feront la même chose que nous et qu\u2019ils changeront.Déjà, on parle d\u2019amener l\u2019électricité au village et qu\u2019est-ce que les gens vont s\u2019acheter en premier?Une télévision.Cela changera la mentalité des jeunes, ils peuvent perdre leurs valeurs\u201d, souligne S.Rita.\u201cIl faudrait prévenir le phénomène, leur apprendre à garder ce qui est bon dans leur culture.Mais comment prévenir le changement?\u201d ¦ LA VOIX DE L\u2019EST - février 1993 S.Rita s\u2019est habituée à vivre de peu.460 'Æ. \u2022; \u2022,1 .fiT»*** f»f »\u2019* mvi;, Colloque La couCeur cCe [espérance dans Ca vie et [\u2019oeuvre de Détia Létreauh S.Lorraine, doyenne de la Faculté de Philosophie et de Théologie au Collège Dominicain d\u2019Ottawa, est la première femme à tenir un tel poste à cet endroit.L me faisant la grande confiance de m\u2019inviter à prendre la parole dans le cadre du colloque: DELIA TETREAULT ET MONTRÉAL MISSIONNAIRE, Pauline par S.Lorraine Caza, C.N.D.Née à St-Jean, Qué., Lorraine Caza est religieuse de la Congrégation Notre-Dame.Spécialisée en mathématiques, elle s'oriente, après Vatican II, en théologie et y obtient son doctorat.S.Lorraine, écrivaine prolifique, est souvent demandée pour des conférences, des sessions, des retraites.même aux évêques du Québec.Le texte intégral de sa conférence soutiendra votre intérêt par sa vision d'espérance de la vie de Délia Tétreault présentée sous le cachet d'une belle amitié avec Mère Sainte Anne-Marie, C.N.D., qui l'a soutenue dans la fondation de son oeuvre.Longtin, m.i.c., a évoqué des liens de profonde et fidèle amitié entre une des plus grandes pionnières de l\u2019éducation supérieure des femmes en notre pays, Mère Sainte Anne-Marie, C.N.D., et Délia Tétreault.C\u2019est avec deux expressions particulièrement touchantes de cette amitié que j\u2019aimerais introduire mon intervention d\u2019au- jourd\u2019hui.1) De New York, le 17 juillet 1901, Mère Sainte Anne-Marie répond à une lettre que Délia lui a adressée: Vous êtes vraiment bien bonne de penser à moi, et de me le dire d\u2019une façon si aimable; et bien que vous ne vouliez pas que je vous écrive, je ne veux pas, moi, 461 rentrer à Montréal sans vous avoir dit combien je suis touchée de votre souvenir! Continuez s\u2019il vous plaît de prier pour moi, chère amie, j\u2019en ai d\u2019autant plus besoin que je ne prie guère au milieu de mes courses.Savez-vous que je commence à être fatiguée de cette vie-là.J\u2019ai vu bien des belles choses, mais finalement rien n\u2019est aussi réconfortant que ma solitude du musée, mes chers livres, la conversation de mes soeurs, et puis les bonnes petites visites de Mlle Tétreault! C\u2019est qu\u2019elle est maintenant entrée dans ma vie, Mlle Tétreault, et que je lui suis absolument dévouée, bien que je sache peu le lui dire.Mais la Providence est bonne, et j\u2019espère qu\u2019elle me donnera l\u2019occasion de le lui prouver un jour.Êtes-vous triste encore quelquefois?Ma chère amie, les grandes oeuvres se préparent dans la souffrance.Vous êtes consacrée par le regard de Dieu.Soyez heureuse - vous avez tant de motifs de l\u2019être.Qui donc N.S.a-t-il aimé plus que vous?.J\u2019ai lu et relu ce texte ne sachant trop quoi admirer davantage: la simplicité avec laquelle Mère Sainte Anne-Marie exprime son amitié à Délia ou la si grande confiance de la grande éducatrice en l\u2019appel qui se dessine dans la vie de la fondatrice.Il est déjà question d\u2019espérance dans les conseils qui terminent la touchante missive, mais je dirais de l\u2019espérance de Dieu dans l\u2019oeuvre à venir de Délia, espérance de Dieu passant par le coeur pénétrant de Mère Sainte Anne-Marie: \u201cMa chère amie, les grandes oeuvres se préparent dans la souffrance.Vous êtes consacrée par le regard de Dieu.\u201d 2) De Montréal, en 1904, Mère Sainte Anne-Marie écrit à Mgr Bruchési qui est à Rome et qui a confessé plus tard qu\u2019il avait alors résolu de ne pas demander l\u2019approbation de la communauté que Délia porte dans son coeur, mais qu\u2019il s\u2019était laissé attendrir parce que, subitement, à 44 ans, l\u2019abbé Bourassa, le père de l\u2019École \u201cC\u2019est qu\u2019elle est maintenant entrée dans ma vie, Mlle Tétreault\u201d de dire Mère Sainte Anne-Marie, C.N.D.apostolique était décédé et que l\u2019archevêque sentait qu\u2019il devait s\u2019instituer protecteur du projet.Mère Sainte Anne-Marie confie donc à l\u2019archevêque: Ce pauvre M.Bourassa ne songeait pas, à votre départ, qu\u2019il serait dans l\u2019éternité le 8 décembre.Je ne puis pas assez vous peindre la douleur de l\u2019École apostolique.Savez-vous que la veille de sa mort, il voulait absolument me donner certains messages pour vous.Comme il était fatigué, les médecins n\u2019ont pas voulu que Mlle Tétreault vint me chercher.M.Bourassa père se montre favorable à l\u2019oeuvre de son fils.Mlle Tétreault ne veut que la volonté du bon Dieu: que l\u2019oeuvre vive ou meurt, elle ne veut que ce qui glorifiera Notre Seigneur.C\u2019est une âme très élevée, angélique, que vous aimerez d\u2019autant plus que vous la connaîtrez davantage.Je vous avoue, mon bon Père, que cette École apostolique me tient très fort au coeur.Je persiste à prophétiser qu\u2019elle sera l\u2019une des plus belles oeuvres de votre épiscopat, celle qui vous donnera le plus de consolations à l\u2019heure de la mort.M.Bourassa a offert sa vie au bon Dieu pour qu\u2019elle vive! Elle vivra, n\u2019est-ce pas, mon Père?Ce second témoignage d\u2019amitié dit très fort la confiance de Mère Sainte Anne-Marie dans l\u2019authenticité de l\u2019appel de Délia.J\u2019aime à saluer en Mère Sainte Anne-Marie ce prophète de l\u2019espérance que l\u2019oeuvre de Délia vivra et l\u2019appui inconditionnel qu\u2019elle donne à la personne qui porte le projet.La conviction de l\u2019éducatrice n\u2019a d\u2019égale que celle que Délia exprimera lorsque l\u2019une de ses soeurs lui demandera quels étaient ses sentiments alors qu\u2019elle attendait l\u2019approbation: \u201cMa Mère, quelle joie vous avez dû éprouver en apprenant la Au colloque les scolastiques sont responsables du vestiaire.R.|v) 462 4 i r( À bonne nouvelle, car je me figure que votre anxiété devait être bien grande dans l\u2019appréhension qu\u2019une sentence de mort pouvait vous être donnée\u201d.Notre bonne Mère repartit avec calme et d\u2019un ton pénétré: \u201cMa fille, je n\u2019ai pas reçu cette nouvelle comme une chose que je n\u2019attendais pas.Après toutes les grâces que le bon Dieu m\u2019avait faites, ce n\u2019était pas seulement une espérance que j\u2019avais, c\u2019était une certitude.\u201d .pendant que Mme Lorraine Champoux, M.Emile Bélisle et Juliette Morneau, m.i.c., mettent la dernière main au buffet.Avec cette confidence de Délia, nous sommes plongé(e)s au coeur de son espérance.J\u2019aimerais que nous scrutions d\u2019abord cette espérance en voyant comment en sa vie se dit son désir profond, ce désir qui est d\u2019ailleurs inséparable de sa certitude d\u2019être sous la promesse de Dieu: \u201cNos désirs profonds sont des promesses de Dieu.\u201d 1.LE DÉSIR QUI NAÎT Le désir de Délia Tétreault, j\u2019essaie de le saisir à travers trois moments de lumière au matin de sa vie: La fondatrice, dans sa relation à Monseigneur Gauthier, en 1922, raconta comment, à l\u2019âge de 10 Dans Voeuvre à venir de Délia, Mère Sainte Anne-Marie décèle Vespérance de Dieu.ans, elle fit un rêve qui s\u2019inscrivit bien profond dans sa mémoire: Dans ce rêve, j\u2019étais à genoux près de mon lit, et tout à coup, j\u2019aperçus un champ de beaux blés mûrs qui s\u2019étendait à perte de vue.À un moment donné tous ces blés se changèrent en têtes d\u2019enfants; je compris en même temps qu\u2019elles représentaient des âmes d\u2019enfants païens.Je fus frappée de ce rêve, mais je n\u2019eus pas l\u2019idée de le raconter à personne, pas même à ma mère à qui je disais tout ordinairement.À sa première compagne, Joséphine Montmarquet (Soeur Marie de Saint-Gustave) peu après la fondation de la communauté et le 1er octobre 1933, au Chanoine J.A.Roch, premier supérieur général du Séminaire des Missions-Étrangères du Québec venu lui apporter le saint Viatique et l\u2019onction des malades, elle confia un second souvenir qui ne l\u2019avait pas laissée depuis son court séjour comme postulante, à l\u2019âge de 17-18 ans, chez les soeurs de la Charité de Saint-Hyacinthe: Un soir que j\u2019étais avec des postulantes dans une petite pièce, il m\u2019a semblé que Notre-Seigneur me disait que je devais plus tard fonder une congrégation de femmes pour les missions étrangères, et travailler à la fondation d\u2019une semblable société d\u2019hommes, d\u2019un Séminaire des Missions-Étrangères sur le modèle de celui de Paris.J\u2019oubliai bientôt cet incident: il me revint à l\u2019esprit à l\u2019ouverture de notre maison, sans que j\u2019eusse l\u2019idée d\u2019en parler à personne C\u2019est encore à Joséphine Montmarquet, sa première compagne, qu\u2019elle confiait vers 1914: La même année ou l\u2019année suivante où j\u2019eus l\u2019idée d\u2019une congrégation de femmes missionnaires ou d\u2019un Séminaire des m* K I \"b*\u201d1 , r\"'' * i *1 ¦ \" *\u2022* 463 Présence du Ressuscité dans nos vies Le Ressuscité est le centre de notre foi et de notre espérance chrétiennes.Il est la Source qui transforme toute notre existence.Les écrits évangéliques conduisent le chrétien, la chrétienne à découvrir le Christ vivant dans le quotidien de la vie.Les artistes boliviens l\u2019ont compris et puisent leur inspiration dans les récits bibliques.Les disciples d\u2019EmmaüS(Lc24i3ài5) \u201cEt voici que ce même jour, deux d\u2019entre eux faisaient route vers un village du nom d\u2019Emmaüs, à soixante stades de Jérusalem, et ils s\u2019entretenaient de tout ce qui s\u2019était passé.Or, tandis qu\u2019ils devisaient et discutaient ensemble, Jésus en personne s\u2019approcha et fit route avec eux; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.\u201d «SS .H '-\u2022sa! Sur les bords de la mer Tibériade (Jn 21,9 et 12) \u201cUne fois descendus à terre, les disciples aperçoivent un feu de braise avec du poisson dessus et du pain.Jésus leur dit: \u2019\u2019Venez déjeuner.\u201d Aucun des disciples n\u2019osait lui demander: \u201cQui es-tu?\u201d, car ils savaient bien que c\u2019était le Seigneur.\u201d Demandons au Seigneur de nous ouvrir les yeux et le coeur pour reconnaître sa présence qui est tout près de nous.464 Photos: C.Belley, m.i.c. Au nom de Louise Lefebvre, m.i.c., et de l\u2019équipe du centre de santé de Katete nous vous disons: Merci! Merci! et encore Merci! Votre générosité à répondre au projet: Opération amour paru dans LE PRÉCURSEUR de Nov.-Déc.dernier, apporte un grand réconfort pour continuer l\u2019assistance auprès des bébés devenus orphelins par le sida au Malawi.Nous vous assurons que déjà vos dons soulagent cette misère en terre africaine.Que le Dieu de tendresse vous comble de ses bienfaits pour votre sensibilité envers ces petits démunis. Missions (1883 ou 1884), étant à la campagne chez un oncle, j\u2019allai un jour, avec mes cousines cueillir des framboises.Au moment où j\u2019étais ainsi occupée de ma cueillette, je vis en esprit une grande maison, comme un monastère, qui était peuplé de religieuses.Un peu comme on peut deviner la plante dans le grain de semence, il nous semble que l\u2019avenir de Délia est déjà tout tracé dans ces trois rêves (nocturnes ou éveillés): avenir d\u2019engagement pour ouvrir le trésor de la foi aux multitudes; avenir de fondation d\u2019une communauté de femmes pour les missions étrangères et de participation à la fondation d\u2019une communauté d\u2019hommes également pour les missions étrangères.Le deuxième moment lumineux auquel Délia réfère en termes d\u2019une mission qui lui est confiée par Notre-Seigneur évoque clairement la dimension: vocation-reçue-de-Dieu du projet.On pense alors tout naturellement à ce quatrième point de repère auquel elle aime revenir: cette expérience qu\u2019elle aurait vécue durant ce séjour dans sa famille après l\u2019essai infructueux chez les Soeurs de la Charité, alors qu\u2019elle était assise dans le jardin de la maison paternelle: elle aurait éprouvé l\u2019entrée du Saint-Esprit dans son âme.L\u2019Esprit lui aurait fait comprendre, avoue-t-elle, qu\u2019il la dirigerait.2.LE DÉSIR QUI EST NOURRI Délia Tétreault nous a livré des informations au sujet des personnes et événements qui ont contribué à alimenter ce grand désir, promesse de Dieu: Dans la même lettre où elle raconte à Monseigneur Gauthier le rêve des épis de blé (1er novembre 1922), elle dit se souvenir: qu\u2019enfant je cherchais toujours les occasions de me cacher dans le grenier de la maison paternelle pour y lire d\u2019anciennes annales de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la Foi que j\u2019y avais trouvées dans une caisse.Il ne me venait pas à 466 l\u2019esprit que je pouvais un jour devenir missionnaire, ma pensée enfantine n\u2019allait pas plus loin qu\u2019à une grande admiration pour les religieux et religieuses qui avaient ce bonheur.Après la conférence, Celia Chua, m.i.c., anime avec finesse la période de questions.À peu près dans le temps où elle fit un séjour chez les soeurs de la Charité de St-Hyacinthe, Délia a été stimulée en son élan missionnaire par la venue à sa paroisse de Marieville d\u2019un grand missionnaire: Dans le cours de l\u2019année, Mgr Vital Justin Grandin, missionnaire du Nord-Ouest vint dans notre paroisse pour solliciter des aumônes en faveur de ses missions; la vue de ce saint missionnaire parcourant l\u2019église et tendant la main aux fidèles m\u2019impressionna profondément; il me semblait voir saint Paul visitant les églises qu\u2019il avait fondées.Le passage de ce grand missionnaire comme celui d\u2019un autre évêque de l\u2019Ouest, Mgr dut, venu quelques années plus tard achevèrent de me détacher du monde.Bien qu\u2019éprouvant une inexprimable admiration pour la vie apostolique, je n\u2019aurais jamais osé y prétendre.D\u2019ailleurs la vie apostolique ne me paraissait pas possible, puisqu\u2019il n\u2019existait au Canada aucune Communauté de religieuses missionnaires.Alors que Délia a à peu près 25 ans, elle fait la connaissance du Père John Forbes, des Pères Blancs d\u2019Afrique.À peu près trois ans plus tard, en 1893, elle rencontre le Père Alphonse-Marie Daignault, ami de sa famille, jésuite, missionnaire au Zambèze, en Afrique.Raguin semble hésitant à déterminer avec lequel de ces deux missionnaires, Délia a rêvé de partir pour l\u2019Afrique.Elle avoue, en effet, que la veille du départ, elle tomba malade et dut renoncer à son projet: Le jour où je devais m\u2019embarquer pour l\u2019Afrique, il pleuvait à plein ciel et je crois que j\u2019ai versé autant de larmes qu\u2019il tombait de gouttes de pluie.Délia a certainement trouvé nourriture pour son désir profond dans l\u2019aide spirituelle qu\u2019elle reçut du P.Almire Pichon s.j.à l\u2019oeuvre duquel (Béthanie) elle consacra presque 10 années de sa vie, puis de l\u2019abbé Bourassa et du Père Alphonse-Marie Daignault s.j.On ne saurait cependant oublier les confidences du 11 octobre 1915 que Délia fit à Soeur Marie-de-Loyola: Ma fille, je n\u2019eus jamais d\u2019autre directeur que ma mère; les Pères ne m\u2019ont aidée qu\u2019en ce qui concernait directement cette oeuvre-ci.Un jour, je dis un mot, oh! rien qu\u2019un mot de ma vocation à mon curé, un saint homme.(J\u2019étais peu ouverte).Il me répondit: \u201cCela, c\u2019est vous qui allez arranger cela.\u201d Et corn-me il me parlait toujours d\u2019humilité, je me suis dit qu\u2019il me croyait trop orgueilleuse pour suivre les conseils d\u2019un autre et qu\u2019il ne voulait pas m\u2019en donner.Cette réponse que je prétendais être un refus m\u2019humilia beaucoup.Ça semble étrange, mais il n\u2019y a que sa mère de qui on puisse vraiment savoir la pensée à notre endroit.Que de déboires j\u2019ai eus avec des directeurs, comme il m\u2019a fallu m\u2019en tirer toute seule.i Suzanne Loiselle, présidente de l\u2019Entraide Missionnaire, soulève plusieurs points pertinents de la conférence.J\u2019ajouterais que le désir a été en quelque sorte émondé: Délia a identifié l\u2019avenir auquel Dieu l\u2019appelait non pas uniquement par des portes qui se sont ouvertes devant elle, mais tout autant par des portes qui se sont fermées: porte du Carmel, porte des soeurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, porte de Béthanie, après 10 années de service, porte de l\u2019Afrique.Entre sa décision de consacrer sa vie à Dieu: Vers ma treizième année, je sentis un vif attrait pour la vie religieuse; ces aspirations étaient accompagnées de grandes grâces qui m\u2019aidèrent à me corriger de mes défauts et me firent rechercher la solitude et la prière.Dans ma quatorzième ou plutôt dans ma quinzième année, je me sentis poussée, pressée, dans un moment de ferveur de faire le voeu de chasteté perpétuelle, ce que je fis effectivement, sans en comprendre la portée et sans avoir consulté Au moment du buffet S.Lorraine et le P.Chaussé rencontrent des invités désireux de poursuivre le dialogue.mon confesseur, ne sachant pas que je devais le faire, et la mise sur pied de son oeuvre, n\u2019oublions pas qu\u2019il y a vingt ans d\u2019attente.Quelles possibilités de cultiver l\u2019espérance! Le désir a été magistralement nourri le jour où Pie X lança: \u201cFondez, fondez, Monseigneur, et la bénédiction de Dieu descendra sur cette nouvelle fondation.\u201d 3.LE DÉSIR QUI EST MÛRI ET INTÉRIORISÉ Du 4 septembre 1916, nous avons une lettre de Délia, écrite de Nominingue à Soeur Marie-lm-maculée (Alice Vanchestein) qui était alors à Saint-Bruno.Je n\u2019en citerai que la section que l\u2019on considère ordinairement comme la \u201cchartre de vie\u201d des Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception.Elle me semble une merveilleuse expression du désir en sa maturité: Saisissez toutes les occasions de cultiver les vertus, celles surtout qui doivent caractériser notre Institut: l\u2019humilité, la charité, l\u2019obéissance, la joie, le silence et la reconnaissance.Quant à cette dernière, chaque moment nous apporte l\u2019avantage de la pratiquer.Ah! que je voudrais vous en dire long sur cet important et délicieux devoir de l\u2019action de grâces! Plus Notre-Seigneur me fait pénétrer dans l\u2019esprit de notre vocation, et plus il me semble que la principale raison d\u2019être de notre Société, c\u2019est vraiment l\u2019action de grâces, en union avec notre Immaculée Mère et tous les bienheureux du ciel.L\u2019apostolat auprès des infidèles nous a été donné, me semble-t-il, par la Ste Vierge, comme moyen extérieur de manifester notre reconnaissance.Dieu nous a tout donné, même son propre Fils, quel meilleur moyen de le payer en retour - autant qu\u2019une faible créature le peut faire en ce monde - que de lui donner des enfants, des élus qui, eux aussi, chanteront ses bontés dans les siècles des siècles?Que notre vie à toutes soit donc, par la prière, le sacrifice et le travail, un chant perpétuel de reconnaissance pour nous-mêmes et pour tous ceux qui oublient de remercier Celui auquel ils doivent tout.Empreignons-nous de cette idée, vivons-en, faisons si bien que nous la laissions en héritage à celles qui nous remplaceront.Il faut m\u2019arracher à ce sujet qui me captive, pour vous donner quelques conseils qui vous seront peut-être utiles.Oui, à mesure qu\u2019elle s\u2019approfondit, Délia Tétreault peut toujours mieux définir son désir, l\u2019espérance qui la fait vivre, en termes de devenir une femme d\u2019action de grâces, pour la gloire de Dieu.À 51 ans, Délia Tétreault voit la mission à l\u2019extérieur comme un service de la vie d\u2019action de grâces, comme un service qui aurait été confié par Marie.Quel beau langage pour dire le caractère théologal de son espérance: elle est toute tendue vers la mission, oui, mais en autant que le but dernier de cette mission est la confession de la grâce de Dieu, l\u2019action de rendre la grâce reçue.Cette merveilleuse compénétration de la dimension mariale, de l\u2019action de grâce, de la mission, du désir vécu par Délia et sa communauté revêt leur espérance d\u2019une teinte caractéristique.4.LE DÉSIR ÉPROUVÉ RADICALEMENT L\u2019espérance de Délia Tétreault s\u2019est faite patience: la première image qu\u2019on a d\u2019elle nous prépare bien à ce qui suit.À la naissance, elle est chétive et son frère jumeau, en bonne santé; il meurt, elle vit.Elle est de santé fragile, connaît des succès médiocres en classe.Elle a 2 ans et demi lorsque sa mère meurt et que son père part gagner sa vie aux É.U.Sa grande amie Ida Lafricain sera fondatrice avec Monseigneur Lan-gevin des Missionnaires Oblates du Sacré-Coeur et de Marie-lm-maculée.Une de ses soeurs sur qui elle avait fondé beaucoup d\u2019espoir, S.Marie-du-Sacré-Coeur, fondera les Missionnaires du Christ-Roi.Une autre de ses soeurs, S.Saint-Alphonse fondera les Missionnaires de Notre-Dame-des-Anges.Délia Tétreault connaîtra de grandes épreuves venant de l\u2019extérieur: évêques, prêtres qui sont en désaccord avec sa façon de gouverner; elle connaîtra aussi des difficultés à l\u2019intérieur: difficultés de la mission de Canton, de celle de Vancouver.Déjà au moment de fonder, elle avait expérimenté de grandes tentations.Elle s\u2019est ouverte de ses peines à S.Marie du Bon-Conseil: Ce bon Père (il s\u2019agit du Père Pichon) disait que c\u2019était bien là ma vocation (ce qu\u2019elle faisait à Béthanie) et que j\u2019étais dans l\u2019illusion quand je me sentais poussée à fonder une communauté missionnaire.De son côté, Mgr Bruchési me pressait de commencer, mais moi j\u2019étais dans de grandes anxiétés et sous le poids d\u2019une tentation épouvantable.De plus, j\u2019étais malade, j\u2019avais mal à la tête, aux poumons, etc.M\u2019occuper de cette fondation, c\u2019était pour moi quitter une position assurée, pour un avenir incertain, pour l\u2019inconnu.J\u2019étais même persuadée que cela ne réussirait pas, je me croyais vraiment dans l\u2019illusion et j\u2019avais honte de moi.J\u2019étais même convaincue que je dépenserais ainsi les biens que j\u2019avais reçus de mes parents, et que malade, dépourvue de secours, je m\u2019en irais à l\u2019hôpital et finirais par être damnée.Ces pensées me troublaient jour et nuit, m\u2019enlevaient le sommeil et j\u2019affaiblissais beaucoup.Je m\u2019éveillais la nuit comme hors de moi-même.je ne voulais que la volonté du bon Dieu, mais ne savais comment l\u2019accomplir.Oh! si alors j\u2019avais eu quelqu\u2019un pour me diriger, mais je n\u2019avais personne.Le Père Pichon, voyant que je persistais dans ma résolution m\u2019expulsa de la Société et je restai seule, sans appui.Oh! combien j\u2019ai souffert.Une nuit enfin je me levai et me mis à genoux les bras en croix près de mon lit, et dis au bon Dieu que je voulais faire sa volonté.Et alors la tentation s\u2019évanouit pour toujours, j\u2019éprouvai un grand soulagement, un calme, une paix qui n\u2019a cessé depuis d\u2019habiter dans mon âme, malgré les difficultés et les épreuves de tous genres.La tentation, car c\u2019en était une, avait disparu pour ne plus revenir.Si je vous dis cela, ma fille, c\u2019est pour que cela vous serve.5.LE DÉSIR QUI S\u2019ACCROÎT SANS CESSE Elle avait rêvé, de si loin, fonder une communauté de soeurs missionnaires pour les régions lointaines et participer à la fondation d\u2019un séminaire des Missions Étrangères vraiment de chez-nous.Elle s\u2019engagea bientôt dans une activité très diversifiée pour éveiller le sens missionnaire, ici: promotion des oeuvres de la Sainte-Enfance et de la Propagation de la foi; fondation de la revue: LE PRÉCURSEUR; mise sur pied des écoles apostoliques, des ouvroirs destinés à secourir les postes nécessiteux des missions; ouverture de maisons de retraites fermées.Elle multiplia les ouvertures de maisons au Canada et, dès 1909, à Canton et en d\u2019autres coins de la Chine, en Mandchourie, aux Philippines, au Japon.Les soeurs contribueront à la fondation des Thérésiennes en Chine et des soeurs de N.D.du Rosaire, en Mandchourie.Et nul doute que de nous pencher sur la prière de Délia Tétreault nous permettrait d\u2019entrer encore plus profondément dans son espérance.MOT DE LA FIN \u201cC\u2019est qu\u2019elle est entrée dans ma vie, Mlle Tétreault\u201d avait dit Mère Ste Anne-Marie dans sa lettre à Délia du 17 juillet 1901.À mon tour, j\u2019avoue qu\u2019elle est également entrée dans ma vie, Mlle Tétreault.Je remercie à nouveau celle qui m\u2019a permis cette nouvelle amitié.Toute sa vie me parle d\u2019un Dieu fidèle à ses promesses, d\u2019une femme qui vit sous la promesse dans la confiance et la patience, d\u2019une famille dont tout le propos est geste d\u2019espérance: -\tassurance que l\u2019Esprit est agissant -\tassurance que l\u2019évangile doit être proclamé partout.Oui, Délia Tétreault est vraiment \u201cconsacrée par le regard de Dieu.\u201d ¦ Photos: T.Lortie, m.i.c.468 par Raymond Duval, ptre En octobre dernier, 600 congressistes de toutes les régions du Québec, se réunissaient à Montréal pour explorer les voies d\u2019avenir des paroisses au Québec.Les paroisses, où sont-elles rendues maintenant?Quelles sont leurs forces et leurs faiblesses?Ont-elles un avenir?Trois buts étaient visés: explorer le vécu des communautés chrétiennes; discerner les orientations à privilégier dans les années à venir; choisir les voies les plus porteuses d\u2019avenir.Pour RISQUER L\u2019AVENIR, thème du congrès, il ne faut certainement pas manquer le virage.M.Raymond Duval l\u2019a bien compris.Nommé récemment curé à la paroisse St-Joseph à Sept-Iles, il nous fait part de son expérience avec son ancienne équipe paroissiale de St-Georges à Baie-Comeau.Se mettre en marche Au mois d\u2019août 1980, j\u2019arrive à la paroisse St-Georges de Baie-Comeau avec un nouveau vicaire, Louis-Marie Beaumont et une religieuse qui nous aide à temps partiel.La grande question qui se pose à l\u2019équipe: Comment orienter la paroisse?Nous nous rendons compte de deux faits: une nette décroissance religieuse surtout au niveau des jeunes et notre service trop collé au quotidien manque de perspective d\u2019avenir.Ce dernier aspect m\u2019interpelle beaucoup.Nous travaillons dans l\u2019immédiat pour répondre aux besoins à ras le sol, mais nous n\u2019avons pas d\u2019objectif à long terme pour bâtir la communauté.C\u2019est un travail paroissial à la pièce sans grande envergure ce qui me paraît une grande faille pour assurer l\u2019avenir de la paroisse.Suite à la session \u201cLa Nouvelle Image de la Paroisse\u201d vécue par quelques-uns des paroissiens nous décidons de tenter l\u2019expé- rience d\u2019instaurer par étapes des communautés ecclésiales de base dans la paroisse pour une période de 10 à 15 ans.Cet objectif dynamisant à long terme est proposé à l\u2019assemblée paroissiale.Avec une grille d\u2019analyse nous étudions systématiquement la paroisse pour en connaître les besoins et le problème-clef.Nous sommes frappés par le modèle pyramidal d\u2019Église tout centré sur le prêtre.Cette prise de conscience nous amène à décentraliser pour établir une Église communion, une Église peuple 469 'hoto: M.Marcoux, m.i.c.de Dieu où il y a partage, participation et co-responsabilité.Ce qui a pris 5 ou 6 ans, le temps de changer les mentalités et des prêtres et des laïcs, puisque nous sommes formés au même modèle.Les premières années sont consacrées à créer un climat fraternel dans la paroisse par des événements où tous sont invités à participer.Progressivement le nombre de laïcs engagés augmente selon les projets et les services.Nous ne sommes pas arrivés à l\u2019objectif final des communautés ecclésiales de base, mais la paroisse s\u2019est mise en marche.Pour planifier et orienter les décisions de la paroisse, nous mettons sur pied l\u2019assemblée paroissiale et le conseil d\u2019évangélisation paroissial.Une fois par année l\u2019assemblée fait l\u2019évaluation, regarde les besoins et prend les grandes orientations pour la paroisse.Il ne suffit pas d\u2019avoir de bonnes intentions, il nous faut des objectifs précis et des moyens de les réaliser à court et à long termes.Ce qui exige un minimum d\u2019organisation et d\u2019évaluation de l\u2019action enclenchée.Le conseil d\u2019évangélisation est venu au monde après quelques années de cheminement.Il répond aux enjeux perçus dans la paroisse sous l\u2019inspiration de l\u2019encyclique de Paul VI: L\u2019évangélisation dans le monde moderne.Le conseil d\u2019évangélisation paroissial est le lieu où nous nous préoccupons de tous les aspects de l\u2019annonce de l\u2019Evangile aux pratiquants comme aux non-pratiquants.Vous allez me dire quelle différence avec un comité paroissial pastoral?C\u2019est une question d\u2019accent et d\u2019intention explicite par rapport à l\u2019annonce de l\u2019Évangile.L'abbé Duval et Mme Raymonde Carrier prennent une part active au congrès.Shmufû : r, qu; 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