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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Mars - Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 1998-03, Collections de BAnQ.

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[" MMW * ¦ > ¥ V t MARS-AVRIL 1998 .***\u2022*¦» '\"'/-T, '.-VV''-.'- i: 'ï ¦ i /«M» [k^ % *JS# MfÜK iSk&tf Directrice ; Louise Denis, m.i.c.Rédactrice en chef : Céline Gauvin, m.i.c.Collaboratrices à la rédaction : Ma.Anthea Raso, m.i.c.Gilberte Bleau, m.i.c.Thérèse Lortie, m.i.c.Collaboration spéciale s Christian Beaulieu Secrétaire : Christine Desrochers Service de la comptabilité : Pâquerette Gauthier, m.i.c.Service de la promotion : Gemma De Grandpré, m.i.c., une équipe de M.I.C.et de laïques Service aux abonnements : Véronique Bernatchez, m.i.c., René Cournoyer une équipe ae M.I.C.et de laïques Traductrice : Antoinette Kinlough Infographiste s Christiane Beaulieu Peluculage : Film-O-Progrès Inc.Imprimerie : Transcontinental Inc.Abonnement :\tSoutien s 8$\t1\tan\t10$ 15$\t2\tans\t20$ 23$\t3\tans\t30$ 15$\tEtats-Unis et autres pays (1 an) La revue paraît cinq (5) fois l'an.Reçus aux fins de l\u2019impôt : Enregistrement : 0940007-47 PRESSE MISSIONNAIRE M.I.C.Pour tout changement d'adresse, s'il vous plaît, faire parvenir l'ancienne et la nouvelle.En renouvelant votre abonnement, inclure votre numéro d'abonné.Adresse : LE PRÉCURSEUR CP.157 Suce.Laval-des-Rapides Laval (Québec) Canada H7N 4Z4 Téléphone : (514) 663-6460 Télécopieur : (514)663-1522 Site Internet s http://www.mission-mic.org Courrier électronique : leprecur@microtec.net Date de parution : Mars 1998 Dépôt légal : Bibliothèque Nationale du Québec ISBN 0315-9671 Envoi de publication Enregistrement n° 0357 Membre de l'Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC).Page couverture : Beauté de la tribu Atayal - Chin Shan, Taïwan Photo : H.Chopdeloine, m.i.c.Fleurs de frangipanier Photo : M.I.C.Zambie.Nicole Joly, m.i.c., lors de son envoi missionnaire.Joliette, Québec Photo : T.Lortie, m.i.c.REVUE D'INFORMATION ET D'ANIMATION MISSIONNAIRES PUBLIEE DEPUIS 1920 PAR LES SŒURS MISSIONNAIRES DE LTMMACULÉE-CONCEPTION VOLUME 41, NUMÉRO 2 \u2022 MARS-AVRIL 1998 -f SOMMAIT2E f- Éditorial : À L 'image du printemps.3 Céline Gauvin, m.i.c.Une mission qui ne peut attendre 4 Jean-Paul II Parlez-nous d'AMOR 5 Interview Ici, tout est à faire! g Rosen elle Lacredelle, m.i.c.Passages vers la démocratie iq Doris Twyman, m.i.c.La santé pour tous 12 Jacqueline Vachet, m.i.c.Une nouvelle génération s'exprime 14 Agnès Mao, m.i.c.En faveur de la Vie ^5 Église de Belo Horizonte, Brésil Délia Tétreault est VÉNÉRABLE 16 Chemins d'espérance : Je n'ai personne 18 Christian Beaulieu Les chercheurs d'or de Mollehuaca 20 Agnès Bouchard, m.i.c.Témoins de l'Évangile 22 Le bateau repart dans 30 minutes.24 Mary Olga Lam, m.i.c.Au jardin de Dieu 26 Jeanne Guinois, m.i.c.Intermissions 28 Interaction 30 2 Nous avons tous hâte au printemps.Nous aimons observer les signes de son retour quand la vie cherche à percer de toutes parts.Et chose merveilleuse, ce printemps qui s'installe dans la nature prend place aussi à l'intérieur de nous.Nous faisons corps avec cette terre en train de se renouveler.Nous sentons déjà en nous plus d'élan, de courage, de dynamisme.Nous avons la surprise de nous sentir plus jeunes.En secret, la vie bouillonne au milieu de nous.Nulle saison ne convient mieux que le printemps pour vous présenter le témoignage de personnes qui agissent en faveur de la vie.Dans leur engagement, nous retrouvons la même sensibilité à faire naître la vie, à la faire grandir.Elles ont l'audace des prophètes pour changer les situations et transformer le cours de l'histoire.Au milieu de ces témoins, Délia Tétreault, fondatrice de notre Communauté, les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, a une place toute spéciale.Dans ce numéro, nous partageons avec vous la grande joie de la voir proclamée vénérable par le pape jean-Paul II.La beauté de sa vie éclate au grand jour.Nous célébrons aussi le 50e anniversaire de la Déclaration des droits de la personne.1948-1998! Malgré des reculs tragiques, un long chemin de solidarité a été parcouru.Les articles de cette revue nous montrent des efforts réalisés sur tous les continents pour la croissance d'un monde plus juste, plus humain.Ils nous parlent, à leur manière, de l'urgence de nous engager dans cette mission.Permettre aux forces de la vie d'éclore, c'est faire advenir le printemps de l'humanité, nous dit Benoît Lacroix, o.p.: Le printemps de la nature arrive tout seul.Le printemps des hommes et des femmes, Il faut le faire en offrant sa vie à l'humanité.La saison de Pâques, à l'image du printemps, nous fait apprécier la Vie que Dieu nous donne en abondance.Cette Vie passe par nos gestes les plus concrets : l'hospitalité, le service, l'entraide, la prière.Elle actualise la Parole de Dieu : Je suis venu pour que tous aient la Vie et l'aient en abondance, (jn 10,10) Bon printemps! joyeuses Pâques! ?Céline Gauvin, m.i.c. Photo :\tMalawi U(fC jvtrssroif OCX NE PEUT ATTENDRE Jean-Paul II Jean-Paul II donne ici une vision du développement des peuples tout spécialement de ceux qui s'efforcent d'échapper à la misère.Le développement ne se réduit pas au progrès technique et économique.Il implique la croissance de toute la personne et de toute personne.L'Evangile nous responsabilise face à cette mission urgente car l'amour prend parti et s'engage.a mission ad gentes se déroule encore aujourd'hui en grande partie dans les régions du sud, là où l'action pour le développement intégral et la libération de toute oppression est la plus urgente.L'Église a toujours su éveiller, parmi les populations qu'elle a évangélisées, un élan vers le progrès.Aujourd'hui, plus que dans le passé, les gouvernements et les experts internationaux reconnaissent que les missionnaires sont aussi des promoteurs du développement et ils admirent les remarquables résultats obtenus avec très peu de moyens.Dans l'encyclique sur L'intérêt actif de l'Église pour la question sociale, j'ai déclaré que l'Église n'a pas de solutions techniques à offrir face au problème du sous-développement comme tel.Cependant, elle apporte sa première contribution à la solution du problème urgent du développement quand elle proclame la vérité sur le Christ, sur elle-même et sur l'être humain en l'appliquant à une situation concrète.La Conférence des évêques latino-américains à Puebla a affirmé que le meilleur service à rendre à l'être humain est l'évangélisation qui le dispose à s'épanouir comme enfant de Dieu, le libère des injustices et encourage son développement intégral.La mission de l'Église n'est pas d'agir directement sur le plan économique, technique, politique, ou de contribuer matériellement au développement, mais elle consiste essentiellement à offrir aux peuples non pas plus d'avoir mais plus d'être, en réveillant les consciences par l'Évangile.Le développement humain authentique doit se fonder sur une évangélisation toujours plus profonde.(.) L'être humain, créateur de son PROPRE DÉVELOPPEMENT Le développement d'un peuple ne vient pas d'abord de l'argent, ni de l'aide matérielle, ni des structures techniques, mais bien plutôt de la formation des consciences, du mûrissement des mentalités et des Afrique.Malawi.Des professeurs remercient Thérèse Déziel, m.i.c., pour le matériel offert à leur école.comportements.C'est l'être humain qui est l'artisan du développement, et non pas l'argent ni la technique.L'Église éduque les consciences : elle révèle aux peuples le Dieu qu'ils cherchent sans le connaître; elle leur apprend la grandeur de l'être humain créé à l'image de Dieu et aimé par lui; elle leur enseigne l'égalité de toutes les personnes comme enfants de Dieu (.) et leur devoir de s'engager pour le développement de tout être humain et de tous les êtres humains.Par l'Évangile, l'Église apporte une force qui libère et qui agit en faveur du développement, précisément parce qu'il amène à la conversion du cœur et de l'esprit, parce qu'il fait reconnaître la dignité de chacun, parce qu'il dispose à la solidarité, à l'engagement, au service d'autrui et qu'il insère la personne dans le projet de Dieu, celui de construire un Royaume de paix et de justice (.).C'est la perspective biblique des deux nouveaux et de la terre nouvelle (cf.Is 65,17; 2 P 3, 13; Ap 21, l) qui a été dans l'histoire le stimulant et le but de la marche en avant de l'humanité.Le développement de l'être humain vient de Dieu (.) et il doit conduire à Dieu.C'est la raison pour laquelle il y a un lien étroit entre l'annonce de l'Évangile et la promotion de la personne.La contribution de l'Église et de l'évangélisation au développement des peuples ne concerne pas seulement les pays du sud pour y combattre la misère matérielle et le sous-développement, mais également les pays du nord exposés à la misère morale et spirituelle engendrée par le sur-développement.Une certaine modernité a-religieuse prévaut dans diverses régions du monde.Elle se fonde sur l'idée que, pour rendre l'homme plus homme, il suffit de s'enrichir et de poursuivre la croissance technique et économique.Mais un développement sans âme ne peut suffire à la personne et l'excès d'opulence est nocif pour elle tout comme l'excès de pauvreté.C'est le 4 Photo : E.Dominguez, m.i.c.Bolivie.Une Église se construit en partageant sa foi et ses talents.Rita Ostiguy, m.i.c., et des catéchistes L- -v rs * .T.*-*.' / J r , m & modèle de développement édifié par l\u2019hémisphère nord et qu\u2019il répand dans le sud où le sens religieux et les valeurs humaines qui s\u2019y trouvent risquent d\u2019être emportés par l\u2019envahissement de la consommation.Changer de vie pour lutter contre la faim, tel est le slogan qui est apparu dans des milieux ecclésiaux et qui montre aux peuples riches le chemin pour devenir frères des peuples pauvres : il faut revenir à une vie plus austère afin de favoriser un nouveau modèle de développement intégrant les valeurs éthiques et religieuses.L'activité missionnaire apporte aux pauvres lumière et encouragement pour leur véritable développement.La nouvelle évangélisation devra entre autres faire prendre conscience aux riches que l\u2019heure est venue de se montrer réellement frères des pauvres, grâce à une conversion commune au développement intégral ouvert sur l\u2019Absolu.La charité, source et critère DE LA MISSION L'Église dans le monde entier veut être l'Église des pauvres (.).Elle veut mettre en lumière toute la vérité contenue dans les Béatitudes du Christ, et surtout dans la première : Bienheureux les pauvres de cœur.Elle veut enseigner cette vérité et la mettre en pratique, comme Jésus est venu le faire et l\u2019enseigner.(.) Fidèle à l\u2019esprit des Béatitudes, l\u2019Église est appelée à partager avec les pauvres et avec les opprimés de toutes sortes.C\u2019est pourquoi j\u2019exhorte tous les disciples du Christ et toutes les communautés chrétiennes, des familles aux diocèses, des paroisses aux Instituts religieux, à faire une révision de vie sincère, dans le sens de la solidarité avec les pauvres.En même temps, je remercie les missionnaires qui, par leur présence aimante et leur humble service, travaillent en vue du développement intégral de la personne et de la société, grâce aux écoles, aux centres de santé, aux léproseries, aux maisons d\u2019accueil pour les personnes handicapées et les vieillards, aux initiatives pour la promotion de la femme, et d\u2019autres encore.Je remercie les prêtres, les religieux, les religieuses et les laïcs pour leur dévouement et j\u2019adresse mes encouragements aux volontaires des Organisations non gouvernementales, aujourd'hui toujours plus nombreux, qui se consacrent à ces œuvres de charité et de promotion humaine.Ce sont en effet ces œuvres qui témoignent de l'âme de toute activité missionnaire, c'est-à-dire de l'amour qui est et reste la source de la mission et qui est également l'unique critère selon lequel tout doit être fait ou ne pas être fait, changé ou ne pas être changé.C'est le principe qui doit diriger toute action.C'est la fin à laquelle elle doit tendre.Quand on agit selon la charité, (.) rien n'est désavantageux et tout est bon.?Extraits de l'Encyclique de Jean-Paul II, La mission du Christ Rédempteur, ch.V INTENTIONS MISSIONNAIRES MARS 1998 Que le témoignage des Martyrs du XXe siècle donne aux jermes le courage de la foi et la joie de la communiquer partout dans le monde.AVRIL 1998 Que la Communauté internationale encourage et protège les droits religieux, écologiques et sociaux des peuples de l'Océanie.5 Philippines.Des soins de qualité et beaucoup d'amour pour ces enfants qui souffrent de malnutrition.Judy Saludes, m.i.c.et Angelita Olimba, m.i.c.^ H I TAÏWAN I Parlez-nous Quand on entend le mot AMOR pour la première fois, on se demande de quoi il s'agit.Mais pour les religieuses d'Asie, le mot est populaire et familier.AMOR (Asian Meeting of Religious) est un groupe de plus de 50 congrégations religieuses féminines qui s'engagent à promouvoir une qualité de vie chez les femmes, les jeunes et les opprimés.Celia Chua, m.i.c., et Ditma Luz Trocio, m.i.c., nous parlent d'AMOR avec beaucoup de conviction.D'origine chinoise, S.Celio est née aux Philippines.Elle est riche d'une belle expérience : à Hong Kong, elle a été responsable de la formation pour notre Communauté et au Canada, membre du Conseil général de notre Institut.Aujourd'hui, elle est supérieure provinciale à Taïwan et vient d'être mandatée pour trois ans comme directrice d'AMOR.S.Ditma Luz est originaire des Philippines et engagée depuis 15 ans aux services d'éducation et d'animation postorale auprès des travailleurs saisonniers Philippins, à Taïwan.Missionnaire dynamique et engagée, elle est tout à fait qualifiée pour remplir le mandat de secrétaire d'AMOR.Nous n'avons aucune idée de ce que peut être AMOR.Pouvez-vous nous en donner un aperçu?S.Celia : AMOR (Asian Meeting of Religious) est une assemblée générale qui représente les religieuses d'Asie et du Pacifique.Tous les deux ou trois ans, les déléguées de congrégations féminines asiatiques se réunissent pour mettre en commun leurs expériences et leurs recherches sur les grands problèmes d'Asie, surtout ceux des jeunes, des femmes et des opprimés.AMOR est ainsi un instrument d'animation, d'échange, de communication et de conscientisation pour les religieuses et leurs collaborateurs.S.Ditma Luz : AMOR a été officiellement établi et reconnu à Hong Kong en 1972, après une difficile période de gestation.La prise de conscience de situations aiguës de pauvreté, provoquées par des systèmes socioéconomiques et politiques injustes, a incité les religieuses d'Asie à promouvoir les droits humains, la dignité de la femme, le droit à la vie et à la qualité de vie pour tous.À travers leurs insertions, animation et éducation, les religieuses s'engagent à faire avancer la justice et la paix sous toutes leurs formes, à tous les niveaux et dans tous leurs engagements.AMOR a fêté un premier jubilé.Durant ces 25 ans, quelles ont été ses principales réalisations?S.Ditma Luz : C'est en terme de conscientisation des personnes, de transformation des mentalités qu'il faut juger l'impact d'AMOR.Les assemblées générales, qui ont lieu tous les trois ans, mobilisent les forces vives des religieuses de chaque pays.Ces rencontres les engagent à agir de façon concertée sur des situations où le respect de la vie et des valeurs est menacé.Le programme des rencontres d'AMOR allie de façon remarquable les conférences données par des personnes-ressources, la visite de points d'insertion stratégiques dans les différents pays, le partage d'expériences et la recherche de solutions.Voici des thèmes étudiés depuis 1980 : Bangalore, Indes.5.Celia (à g.) et S.Ditma Luz expérimentent la beauté des rites de la culture indienne ! \u2022ï# ÉjÉÉÉHÜâÜÉ Foi et combat des peuples pour un développement intégral.(Sri-Lanka, 1980) Mission des femmes dans T Église d\u2019Asie.(Corée, 1985) Rôle prophétique des religieuses pour notre temps : dynamiser les femmes pauvres.(Philippines, 1994) Écoféminisme - Racines et bourgeons, signes d\u2019espoir.(Indes, 1997) S.Celia : Avec le thème de la dernière rencontre d'AMOR sur l'écoféminisme, notre vision et notre mission en tant que religieuses ont été mises en état d'alerte et de vigilance.Les 91 religieuses venues de 21 pays, de l'Inde à l'Asie, du Pacifique à l'Océanie, sont reparties in- Photo : AMOR Photos : C Chug, m.i.c.Dans les villages hors castes se retrouvent souvent des filles exploitées, violentées.Il est vital de leur venir en aide.¦ *K k ¦ y\t\u2022 * ' I u ^\t- ¦.\t.v ,\u2022\t- v ,>3.a tensément motivées.Elles étaient déterminées à travailler avec les femmes et les autres organisations concernées par le respect de la vie, des valeurs féminines et la protection de l'environnement.Dans ce climat de ferveur, les déléguées ont décidé que la prochaine assemblée d'AMOR, en l'an 2 000, aura lieu à Hiroshima au Japon.Elle aura pour thème : La Réconciliation.Mon engagement dans AMOR me montre l'importance de changer les mentalités pour en arriver à des projets pertinents.Tout découle de cette vision différente de la réalité.Vous avez été mandatées pour trois ans comme directrice et secrétaire d'AMOR.Comment voyez-vous votre rôle respectif?S.Celia : Le comité exécutif a la responsabilité de mettre en application les résolutions et les suggestions de chaque assemblée dAMOR.Nous sommes actuellement chargées d'animer et de coordonner le suivi dAMOR XI (Écoféminisme) et de préparer AMOR XII (Réconciliation).S.Ditma Luz : Le secrétariat, Asian Service Center (ASC), exécute les projets décidés et suggérés lors des assemblées dAMOR.Il expédie un bulletin trimestriel.Il entretient l'expérience de solidarité dAMOR avec les femmes d'Asie et du Pacifique.Il essaie également de créer des liens avec d'autres groupes qui ont des objectifs similaires.Qu'avez-vous trouvé de plus marquant lors de votre dernière assemblée à Bangalore aux Indes?S.Celia : L'expérience sur le terrain nous a ouvert les yeux sur l'oppression des femmes et l'agression contre l'environnement.Les participantes se sont mises en route pour visiter des zones proches de Bangalore où différentes formes de détresse sont prises en charge par des congrégations féminines: - villages hors castes où les hommes travaillent comme esclaves des seigneurs de la terre et où les femmes sont esclaves de leur mari ; -\trefuges pour mères célibataires et femmes battues par leur mari alcoolique; -\tashram Océan de VAmitié où, à travers prière, méditation et dialogue interreligieux, des pauvres et des opprimés peuvent revivre; -\tcentres pour les enfants des rues, les chômeurs délaissés, les lépreux.S.Ditma Luz : J'ai beaucoup aimé l'excursion de deux jours à l'ashram Maitri Sagan.Ce monastère accueille des gens de toutes confessions et offre des services de santé.Son approche holistique favorise la relation avec Dieu, avec les personnes et avec la nature.Le centre de méditation est magnifique, rempli de symboles qui favorisent la réflexion sur la vie et la relation au Créateur.J'ai expérimenté combien toutes les participantes se sentent rejointes par ce nouveau type de spiritualité.S.Celia : Pour dire comment AMOR nous amène à penser et à vivre notre mission, j'aime me servir d'une poésie qui a jailli de ces rencontres : Vous êtes les artisans de la terre et les artistes de l'univers.N'ayez aucune crainte.Entrez dans la danse, entrez dans la vie.Vous êtes créatrices de la vie que j'ai remise entre vos mains.(.) Allez par le monde entier, Filles de Ma vie, et mettez-vous à l'œuvre pour que l'univers en sa totalité devienne espace harmonieux où se déroule et se déploie dans la paix le patient voyage de tous les vivants vers Ma ressemblance et vers Ma beauté.D N.D.L.R.Article fait à partir d'interviews.Québec-Taïwan Alphabétisation dans un village de parias.7 Agir comme un levain d'espérance! Telle est la mission de S.Rosenelle (à dr.).HAITI f ! r v a tcttUy CAI/ par Rosenelle Lagredelle, m.i.c.Engagée auprès des plus pauvres sans jamais perdre souffle, S.Rosenelle Lagredelle, m.i.c.haïtienne, connaît bien les combats à mener pour la vie de son peuple.Hier, actions de conscientisation pour sortir de la dictature, solidarité avec des groupes en péril : groupements paysans, communautés ecclésiales de base, enfants de la rue.Aujourd'hui, prise en charge de projets pour contrer la pauvreté dans un bidonville de Port-au-Prince.Haïti, nous dit-elle, est une société qui questionne et invite à faire des choix.I hoisir de travailler en Haïti, V_^mon pays que j'aime tant, c'est opter de façon permanente pour une démarche de discernement car ici, tout est à faire.Quatre années comme directrice à l'Institut de Pastorale de Port-au-Prince et une période de temps beaucoup plus longue au comité Justice et Paix de la Conférence Haïtienne des Religieux (CHR) m'ont préparée à faire le choix en faveur des plus pauvres.Ce choix s'impose dans le contexte de crise généralisée au sein des institutions du pays où la faim et la misère s'étendent, où l'inflation, l'insécurité, l'injustice sont omniprésentes.Dans les villes et surtout à la capitale, la migration interne draine une population paysanne dépossédée de sa terre, à la recherche d'un mieux être.Aussi, une zone de la banlieue de Delmas regroupe un certain nombre de femmes analphabètes qui survivent grâce à un petit commerce malgré les pénuries d'argent et de vivres.Fortes de leur solidarité Dans le cadre de notre Plan pas- toral m.i.c.et dans l'optique de la nouvelle Évangélisation, mon option pour des projets en vue de l'éducation de ces plus pauvres, spécialement des femmes, tend à se concrétiser.Il y a l'accompagnement d'un groupe de femmes afin de favoriser une prise de conscience de leurs droits et de leur rôle dans notre so- ciété haïtienne.Leur assiduité à la rencontre hebdomadaire montre l'intérêt qu'elles y portent.Écoutons-les : C'est un moment qui nous est donné pour nous connaître, nous retrouver comme femmes, regarder nos problèmes et, pour quelques heures, remettre aux pères le soin des enfants.À leur grande joie, elles se rendent compte L'alphabétisation : une clé pour sortir de la misère et de l'exploitation 'Wt fp S A eUfkea W .V.», » 8 de la force de leur solidarité, de la confiance qui grandit entre elles, des façons nouvelles d'envisager leurs responsabilités.Il faut dire aussi qu'Haïti compte un pourcentage très élevé d'analphabètes et ce sont les femmes qui sont les plus privées du pain de l'instruction.J'ai donc ouvert quatre centres d'alphabétisation où une soixantaine de femmes peuvent avoir accès à la formation.Le cœur de la démarche vise à promouvoir chez chacune la prise de conscience de sa dignité, de sa valeur comme femme et à susciter un changement de mentalité chez l'homme comme chez la femme.Construire ensemble Le souci des plus pauvres me pousse du même coup vers les gens du bidonville qui entoure notre demeure.Aussi, ai-je commencé à les visiter.La première rencontre n'a pas été un succès.J'étais accompagnée d'une religieuse d'une autre nationalité et en guise d'accueil, des flots de paroles agressives se sont abattues sur elle.Gênés à cause de leur misère, les jeunes de ce bidonville déclaraient : Nous en avons assez de vendre notre misère à l'extérieur.Des étrangers viennent nous photographier, nous fümer et ils nous exhibent ensuite chez eux.Ils prennent plaisir à regarder notre pauvreté.Et ils me disaient : Toi, tu peux entrer mais pas elle.J'ai refusé d'être accueillie seule et d'accepter le rejet de ma compagne.Finalement, après un échange de vues, ils nous ont largement ouvert la porte de leur cœur.Et depuis, ils se font un honneur d'introduire les groupes de personnes qui circulent avec moi dans leur quartier.L'étape des visites du bidonville où j'ai essayé de me faire proche de ces pauvres et de vivre l'amitié avec eux a soulevé tout un monde d'attentes.J'ai trouvé nécessaire, lors de nos premières rencontres, de faire le point sur ce que nous pourrions réaliser ensemble.Nous avons parlé d'alphabétisation, de rencontres avec les femmes, de services sanitaires pour la zone : construction de latrines, canalisation, drainage.Après de multiples démarches, des projets ont démarré.L'année 1998 verra la construction de 150 latrines.J'essaie d'obtenir le financement pour construire un petit escalier allant des cahutes vers la route principale.Présentement, qu'on le veuille ou non, on doit ramper à plat ventre en certaines zones escarpées si on veut Beauté et courage de la femme haïtienne avoir accès à la route.Il est urgent aussi de voir à l'aménagement d'un canal car l'eau utilisée pour les nécessités quotidiennes traverse le petit marché provoquant de multiples dégâts.Ces divers projets ont été jugés urgences prioritaires par les pauvres eux-mêmes.Quant à celui de la scolarisation des jeunes et des enfants, nous n'avons pu le réaliser faute de moyens.Oui, tout est à faire dans ce milieu et oser y aller les mains vides, c'est faire l'effort de lutter avec les gens pour transformer leur situation, c'est inventer avec eux les moyens pour sortir de leur misère.Investir de cette façon les aide à comprendre qu'il ne s'agit pas seulement de recevoir des dons mais aussi d'apporter sa part.Chacun sait qu'il doit participer.Il s'agit de construire ensemble, lentement peut-être, mais ensemble.Ce long processus favorise le respect mutuel, la fraternité, l'autonomie.Des activités qui rassemblent Ce travail trouve son sens et sa cohésion au cœur d'une communauté chrétienne que j'anime avec une équipe pastorale d'une douzaine d'adultes.Nous nous rassemblons pour les célébrations eucharistiques du dimanche mais nous cherchons aussi à favoriser d'autres rencontres.Nous organisons des sorties récréatives pour enfants et adultes, du cinéma, une mini-foire en vue de préparer la rentrée scolaire des plus pauvres et de créer un fonds de prêt pour les femmes défavorisées.Nous offrons aussi une formation en secourisme, des con-=| férences, une table ronde sur les choix de vie, des temps d'écoute de la Parole de Dieu.Voilà autant d'activités qui nous rassemblent.Elles naissent de notre désir de regarder, d'aimer et de servir les personnes comme Jésus nous invite à le faire.Elles nous ramènent constamment à l'Évangile, Bonne Nouvelle qui libère et recrée.Pourquoi préférer ces types d'engagements et ne pas répondre à d'autres demandes qui se font pressantes?Je suis venu pour qu'ils aient la Vie et l'aient en abondance.(jean 10,10).Cette parole de Jésus éclaire merveilleusement mes sentiments profonds, mon engagement : faire jaillir la vie, rendre compte de l'espérance qui m'habite, être une présence accompagnant les pauvres, susciter la joie, le bonheur, même au milieu de grandes difficultés.Je désire par là faire sentir aux pauvres qu'ils sont importants à mes yeux et surtout aimés de Dieu.Je leur propose d'être sujets et acteurs de leur propre histoire.D \\ p.9 / MALAWI I Passages VERS LA DÉMOCRATIE par Doris Twyman, m.i.c.Doris Twyman, m.i.c., travaille au Malawi, en Afrique depuis 30 ans.Dès le début, elle s'est engagée à fond avec les Young Christian Students (YCS).Les membres de ce mouvement d1 Action catholique sont très actifs dans les écoles secondaires et collégiales du pays.Avec le virage vers la démocratie, la nécessité d'une solide formation sociale se fait sentir au Malawi, nous dit S.Doris.Pour les YCS, ce projet est devenu prioritaire./ , iberté! Démocratie! Quel que soit le pays où ils circulent, ces mots éveillent les aspirations profondes du\ti W .#* m£m't ¦* * cœur humain.Ils font surgir\t beaucoup d'espoir et rêver\t d'une vie meilleure! Mais Tap-\t: pel à la démocratie et à la li-\t.> berté suscite aussi bien des\t4 ' chocs, bien des discussions et\t.{ même des illusions.Changement de direction Durant les années '60, plusieurs pays d'Afrique ont connu leur indépendance politique.Les premiers chefs d'état ont travaillé à construire l'identité de leur peuple formé de plusieurs tribus.Mais avec le temps, certains leaders sont devenus autoritaires, intolérants et dictateurs.Dans plusieurs pays, un système politique à parti unique régissait le peuple.Depuis dix ans, nous assistons au déclin de plusieurs états africains.Le Malawi n'a pas échappé à la crise politique et sociale qui traverse le continent.En 1992, commence toute une série d'événements.Ils vont amener la chute du régime totalitaire dirigé par le Dr Hastings Banda, président du pays depuis 1964 et devenu président à vie en 1971.Au mois de mars 1992, une lettre pastorale des évêques identifie les droits et les devoirs des citoyens.Elle pointe les actions à entreprendre pour résoudre les problèmes énormes concernant la santé, l'éducation, la participation à la vie publique.Durant les mois qui suivent, des ambassadeurs européens doivent intervenir afin de protéger la vie des huit évêques signataires du document.Au mois de mai, devant la flagrante violation 10 S.Doris et un groupe YCS des droits humains - disparitions, empoisonnements, assassinats - la Communauté européenne fait pression et suspend ses octrois financiers.En juin 1993, un référendum s'organise.La consultation a pour but de choisir soit plusieurs partis politiques, soit un seul.On vote alors en faveur du changement et divers groupes politiques se forment pour les élections.En l'espace de deux ans, la population vit avec frénésie le virage vers la démocratie.Enfin, elle peut s'exprimer, réclamer ses droits, faire sauter des interdits.Tout devient permis.Les YCS au sein d'un pays en crise Comment rejoindre les jeunes dans ces transformations sociales?Puisqu'il existe un mouvement d'Action catholique dans presque toutes les écoles secondaires du pays, nous avons pensé utiliser la méthode Voir-fuger-Agir propre à la Jeunesse Étudiante Chrétienne (JEC / YCS).Cette pédagogie alliée à la spiritualité du mouvement Photo : E.Ferolino, Photo : M.-P.Chorbonneou, m.i.c.r> aidera les jeunes à questionner la façon de construire une société démocratique et à trouver dans leur foi et dans l'Évangile, l'inspiration et la direction à prendre.En 1994, les jeunes leaders choisissent comme thème de la réunion nationale : Démocratie et jeunesse chrétienne.Avec Yohanne, Agatha, Clara et Donald, je reviens à Mzuzu pleine d'enthousiasme pour entreprendre cette éducation sociale chrétienne.Nous préparons des posters et diverses enquêtes.Avec ce matériel, nous visitons des groupes de YCS durant les fins de semaine.Nous organisons aussi notre propre ralliement pour le diocèse de Mzuzu qui représente le tiers du pays.Une douzaine d'institutions scolaires y participent, environ 300 jeunes.Des personnes-ressources sont invitées.Le juge Charles Mkandawire commente la Charte des droits et libertés et l'abbé Mark Mkandawire nous parle des piliers d'une solide démocratie.Toutes ces activités sont de belles occasions pour les jeunes de discuter et de partager leur compréhension de la démocratie.Ils retournent dans leurs écoles avec le matériel nécessaire pour continuer leur réflexion.s'engagent avec détermination et confiance.La méthode du Voir-Juger-Agir porte ses fruits.Les jeunes découvrent ce que signifient ces droits et comment les promouvoir.Voici comment se manifestent leur ouverture et leur maturité.Liberté d'expression.Libérer la parole a eu un effet magique et l'enthousiasme a gagné les cœurs.Les jeunes ont parlé, écrit, chanté pour revendiquer leurs droits.Mais plusieurs se sont retrouvés en prison ou ont été renvoyés de leur école pour avoir protesté contre la direction de l'école ou encore avoir manifesté leur révolte en détruisant des propriétés.Les jeunes savent maintenant que l'apprentissage de la vraie liberté est long et difficile.Liberté et possibilité d'aller à l'école.C'est une des plus grandes aspirations des jeunes au Malawi.Et quand on vit dans un pays appauvri par une situation de dépendance créée tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, il faut apprendre à tirer le mieux de ce qui est possible.Cette situation fait mal aux jeunes et exige beaucoup de patience et de créativité.C'est une expérience de maturité et de foi.Liberté de se marier et de faire des choix majeurs concernant la direction de sa vie.Dans la société rurale et patriarcale du Malawi, le mariage est vécu comme un contrat entre deux familles.Aujourd'hui, la jeune fille désire marier celui qu'elle choisira et l'on voit souvent les garçons dt'lJl i Entre son passé et l'avenir, la famille africaine invente son présent.Ces YCS expériment la force de l'équipe pour transformer leur milieu.Pour ne pas faire fausse route Le temps est court, les bouleversements socio-politiques se vivent à grande allure.Malgré ce climat de tourmente, le jeune africain veut vivre libre et heureux.Mais où trouver la liberté et le bonheur?Le mirage des droits humains peut fausser sa route.Il est important que le jeune réalise que s\u2019il a des droits, les autres en ont aussi et qu'il doit les respecter.C'est ensemble que l'on grandit dans une société pluraliste.Maintenant, l'heure n'est plus à l'uniformité de la tribu ni du système totalitaire.se délier du joug de la famille.Cette façon d'agir a des conséquences sur leur identité et leur sens d'appartenance au village, à la famille.Le passage du milieu rural au milieu urbain les amène à négliger les valeurs traditionnelles de solidarité, de partage pour faire l'apprentissage des valeurs modernes de liberté, d'autonomie.Avec le temps, ils parviennent à faire le lien entre ces deux mondes.Ensemble, nous approfondissons donc le sens de l'amour qui est fait de tolérance, de respect, de support mutuel.Nous apprenons à travailler sans nous exploiter et à nous réjouir du succès des autres.Les droits humains respectés sont le point de départ d'un monde fait d'espoir et de joie.Fais aux autres ce que tu voudrais qu'on te fasse, nous dit Jésus.C'est un long chemin où les YCS Ces résultats, si minimes soient-ils, sont pour moi source d'espérance.Ils m'invitent à poursuivre avec courage la formation de ces missionnaires de l'intérieur que sont les YCS.Leur rôle est important pour construire un pays où la dignité de la personne et ses droits sont reconnus, où les valeurs traditionnelles et modernes sont respectées.?Photo : P.O.L'Heureux, M.Afr. ZAMBIE I U SANTÉ POUR TOUS par Jacqueline Vachet, m.i.c.Depuis 13 ans, Jacqueline Vachet, m.i.c., est directrice du Centre de santé de Kanyanga en Zambie, Afrique.Infirmière et sage-femme, elle connaît d'expérience les défis que présente une clinique de brousse.Aidée d'une équipe médicale compétente et appuyée par des organisations internationales, S.Jacqueline poursuit avec élan sa mission de guérir et d'améliorer la qualité de vie des gens du milieu.S.Jacqueline accueille les mamans avec affection et respect.itué dans une région pauvre de l'est de la Zambie, éloigné des routes principales mais à proximité de plusieurs petits villages, le Centre de santé de Kanyanga bourdonne d'activités.11 héberge une centaine de malades autour desquels gravitent parents et amis et reçoit en plus, chaque jour, près de 150 patients.À la Maternité, on retrouve encore une trentaine de jeunes femmes, la plupart avec leur nouveau-né et, au fond de la cour, isolées, les personnes atteintes de maladies contagieuses.Les jours de clinique pour les 0-5 ans amènent la longue file d'attente des mamans et de leurs bébés.Au milieu de tout ce monde, l'équipe médicale s'affaire: 2 assistants médicaux, 14 infirmières dont trois sages-femmes, et un personnel de soutien d'environ 30 personnes.En un mot tout le roulis d'un petit hôpital.L'équipe a aussi en charge les soins préventifs et l'éducation sanitaire de la zone.Fondé par les M.I.C.en 1957, le centre s'est considérablement développé; il est même devenu le lieu de référence des dispensaires environnants.Un plan d'action En 1978, le Centre de santé de Kanyanga fait sien l'objectif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS): La santé pour tous en l'an 2 000.À cet effet, il met en place un ensemble de mesures connues sous le nom de soins de santé primaires (SSP).Ces soins comportent: les soins curatifs courants, la fourniture de médicaments essentiels, la protection maternelle et infantile, les vaccinations, l'assainissement du milieu, l'amélioration de la nutrition y compris l'approvisionnement en eau potable, la lutte contre les épidémies locales et l'éducation pour la santé.Aujourd'hui, le Centre bénéficie d'une longue et fructueuse expérience en matière de santé et de prévention.L'impact de ces efforts est manifeste.La génération actuelle est plus convaincue des bénéfices de la médecine préventive.Plus de personnes aussi savent comment prévenir les maladies telle que la malaria et utiliser de simples remèdes comme la réhydratation orale pour soigner la diarrhée.Ce processus de prévention et d'éducation dans les villages demeure prioritaire.Aujourd'hui 26 personnes, initiées à l'approche, sillonnent les villages.Les campagnes de sensibilisation et les journées d'étude se poursuivent.Des gens sont recrutés et formés pour agir dans le milieu.Nouveau défi Depuis 15 ans, le sida est venu s'ajouter à la longue liste des maladies spécifiquement tropicales que la sous-alimentation rend plus menaçantes et * plus dévastatrices.Sur 8 millions d'habitants, 700 000 sont officiellement reconnus porteurs de la maladie * et 130 000 enfants se retrouvent orphelins.À Kanyanga, tous les mois, 10 nouveaux cas sont diagnostiqués.Le dépistage et le suivi des personnes 12 ¦j ¦va - tarr it\t~«8îgaat ?',  zû*H Les gens de Kanyanga saluent avec joie l'arrivée de l'eau.Denise Duhamel, m.i.c., a supervisé le projet.atteintes s'imposent.La solidarité s'organise.Des séminaires d'information et de formation sont offerts dans les villages et les écoles.Nous visons à assurer la prévention, le traitement et la prise en charge psychologique, sociale et pastorale de toutes les personnes impliquées.Des bénévoles se mobilisent pour donner des soins aux malades, distribuer les médicaments, éduquer les gens.Mais la situation est loin d'être simple et les moyens sont inadéquats quand on sait que le budget annuel alloué à la santé varie entre 3 $ et 5 $ par personne et que souvent les soins les plus élémentaires ne sont pas disponibles.Dans les années à venir nos activités médicales et pastorales devront se porter plus particulièrement vers les malades atteints du sida.L'effort commencé doit s'intensifier.Solidarité inter-Eglises Être engagée dans la mission d'un Centre de santé de brousse, c'est être sous pression pour trouver les fonds nécessaires au bon fonctionnement des programmes en place.La population rurale toujours plus appauvrie ne peut apporter qu'une minime contribution.Les moyens dont l'État dispose sont réduits en raison d'une situation socio-économique difficile.Dans cette lutte contre la maladie, la collaboration de divers organismes mondiaux et des Églises s'avère nécessaire.En 1995, nous avons bénéficié de la générosité de Misereor, un organisme d'entraide de l'Église d'Allemagne.La clinique externe a pu être agrandie et le nombre de lits est passé de 58 à 104.La rénovation du Centre de Maternité et de deux autres salles d'isolation est en cours.Des maisons seront aussi aménagées pour le personnel médical et pour les familles des malades.L'installation de panneaux solaires et d'un système de réservoir d'eau a été l'innovation- Les agents de santé communautaire ont une formation de base en médecine préventive et curative.clé de l'histoire du Centre.Cela vient faciliter notre travail et nous permet d'offrir les conditions maximum de propreté et d'hygiène nécessaires pour un service médical de qualité.L'ouverture officielle de l'extension du Centre de santé fut grandiose.Des responsables du gouvernement et de l'Église ont participé à la cérémonie.Ils ont manifesté un grand intérêt pour le développement du Centre et ils en ont parlé comme d'une expérience-pilote.La fierté et la reconnaissance se lisaient sur les visages des gens de Kanyanga.Une fête qu'ils ne sont pas prêts d'oublier.Nous remercions Dieu et nous prions pour les personnes qui ont rendu possible un tel projet.Les personnes d'abord La vie quotidienne apporte toujours le combat contre la maladie.Mes journées sont remplies de multiples tâches pour assurer la bonne marche du Centre et répondre aux urgences surtout à la Maternité.Au milieu de tout cela les personnes à soulager, à guérir viennent en premier.À travers des gestes d'aide et de réconfort, j'essaie de montrer le visage d'un Dieu tout proche qui les aime.J'en ressors le cœur enrichi, transformé par tout ce que les malades et la population de Kanyanga me partagent : leur amour de la vie, leur solidarité, leur humour, leur courage.EU 13 / QOME I mwamEfétâmoMmpzm par Agnès Mao, m.i.c.Rome.Automne '97.Premier Congrès international des jeunes religieuses et religieux.804 jeunes, délégués de nombreuses Congrégations et provenant de 80 pays des cinq continents.Ils viennent témoigner de leur expérience spirituelle et réfléchir ensemble aux thèmes proposés: vocation, spiritualité, mission, communauté.Agnès Mao, m.i.c (Taipei, Taïwan) et Carmen Tito Silva, m.i.c.(Lima, Pérou) participent à cette rencontre.Après la publication de l'Encyclique de Jean-Paul II sur la Vie consacrée, les supérieurs généraux (hommes et femmes), réunis à Rome, forment le projet de tenir un Congrès international pour les jeunes de leurs Communautés.Leur but : bâtir un réseau de collaboration où les jeunes pourront porter attention aux signes des temps et renouveler leur espoir dans le futur de la vie religieuse.Du 29 septembre au 4 octobre 1997, je participe donc à Rome à ce rassemblement avec Carmen Tito Silva, m.i.c.péruvienne.Ce que nous avons vu et entendu, NOUS VOUS L'ANNONÇONS (1 Jn 1,3) Dès le début du congrès, nous vivons dans une ambiance chaleureuse : beaucoup de chant, de danse, de partage, de i airw n i r: è Si souci des autres, de simplicité.Ce qui frappe surtout, c'est l'enthousiasme, la joie, la diversité des talents de ces jeunes religieuses et religieux venus de tous les coins du monde.Une telle expérience ouvre nos coeurs à l'universalité de notre foi.Nombreux et différents, l'amour du Seigneur nous unit et fait de nous un seul peuple.Notre Dieu est vivant au milieu de nous.Nous sommes heureux de nous redire que nous partageons la même mission, celle de Marie-Madeleine : annoncer à tous le Christ ressuscité.Cest le thème de notre congrès : Nous avons vu le Seigneur.Un programme souple et original a été préparé pour faciliter la rencontre des personnes et les échanges.La session du matin comporte la présentation des thèmes suivie des témoignages de jeunes.L\u2019Eucharistie termine ces ateliers.La célébration est solennelle et joyeuse.Elle prend des formes variées et s'exprime dans une grande richesse de langues et de cultures.Les activités de l'après-midi sont remplies d'échanges.Les participants sont répartis en groupes linguistiques : espagnol, anglais, allemand, italien, français.La deuxième journée nous rassemble dans la grande basilique St-Pierre pour l'Eucharistie célébrée par le cardinal Eduardo Martinez Somalo, préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique.Ensuite, réunis au Vatican, dans la salle Paul VI, nous recevons le message du pape Jean-Paul II : Soyez non seulement capables d'hériter de la glorieuse histoire du passé de la vie consacrée, mais aussi de construire le futur avec des formes traditionnelles et originales.Et le Pape insiste : Je vous aime beaucoup.J'ai confiance en vous! Nous nous sentons maintenant responsables de continuer dans l'avenir les traditions si riches des personnes qui ont fondé nos Communautés.On nous demande de risquer, d'être remplis de courage, de trouver de nouvelles avenues et de compter sur l'Esprit qui nous communique aussi la sagesse.?L'une vient du Pérou, l'autre d'Asie.À Rome, elles se rencontrent pour la première fois. * Je m'engage à Lutter pour La Vie, vie qui bouiLlonne au miLieu deo excLiu, ded enfantd abandonnéd à la rue, deo femmed violentéed, ded dand-abri, ded maladed, de ceux qui ont faim de pain et d'amour, vie reflétée dand la rédidtance, dand la foi et l'edpérance de ceux qui n 'ont rien, vie prédente au milieu ded communautéd qui partagent leur pain.Je m'engage à ne jamaid faire le jeu de l'injudtice et à ne jamaid opprimer quelqu 'un.Je travaillerai pour que la politique doit vécue comme middion et comme exercice du pouvoir qui de fait dervice.Je dédire avoir led yeux purd et le cœur ouvert pour parvenir à didcerner la nouveauté naiddante, dpécialement au milieu ded exclud.Je veux ré-enchanter mon regard dur led poddibilitéd du monde et de mon milieu.§ «/
de

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