La presse, 3 février 2014, Cahier A
[" Montréal lundi 3 février 2014 Le plus grand quotidien français d\u2019Amérique 130® année No 85 48 pages, 5 cahiers 1,00$ taxes en sus - Édition provinciale 1,10$ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées LE CRI D\u2019ALARME DE LASTM Déficit d\u2019entretien de 3 milliards, première coupe dans les services aux usagers en 15 ans, sources de revenus à sec: la STM fait face à des défis colossaux.Et se tourne vers Québec.pages A2 et A3 LA PRESSE CHAUDIÈRE-APPALACHES UN DRAME FAMILIAL SÈME LÉMOI Trois morts et deux personnes grièvement blessées: un triangle amoureux pourrait être à l\u2019origine de cette tragédie.PAGE A10 ;\u2022 \\v - m ¦ K -J-*®»: PHOTO CAROLINE GREGOIRE, LE SOLEIL SUPER BOWL XLVIII DOMINATION SANS PARTAGE Les Seahawks ont écrasé les Broncos hier, et remporté le premier Super Bowl de leur histoire.Compte rendu, réactions et analyse.SPORTS Le quart-arrière des Seahawks de Seattle Russell Wilson soulève le trophée Vince Lombardi PHOTO CHRIS O'MEARA, ASSOCIATED PRESS AU NOM DE L\u2019HONNEUR LE MODÈLE ANGLAIS Les succès et les limites de l\u2019offensive lancée en Grande-Bretagne contre les mariages forcés.PAGE A12 ILLUSTRATION YANICK NOLET, LA PRESSE LA MORT D\u2019UN ACTEUR D\u2019EXCEPTION Sa disparition subite ébranle le monde du 7e art.MARC-ANDRE LUSSIER ARTS PHOTO VICTORIA WILL, INVISION/ASSOCIATED PRESS irai VULNERABLES INVESTISSEURS Malgré la succession de scandales financiers, les épargnants sont encore bien peu protégés contre les arnaqueurs.AFFAIRES VINCENT LACROIX UN HOMME «SIMPLE» QUI VEUT UNE VIE » L\u2019ex-grand patron de Norbourg profitera d\u2019une libération conditionnelle complète dans quelques jours.PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE MON CLIN D\u2019ŒIL STÉPHANE LAPORTE Encore 364 jours de pubs normales.OËH Venez voir mon blogue! www.lapresse.ca/laporte L-V 621924 98765 1 Vous entendez mois ne comprenez pas toujours?Venez foire l'examen de dépistage auditif.Le modèle illustre n est pas couvert par la RAMQ Longueuil 774, Fréchette 450 396-4848 Laval 1435, boul.Saint-Martin Ouest 450 629-9887 Mont-Saint-Hilaire 261, boul.Laurier 450 396-4848 Saint-Jean-sur-Richelieu 900, boul.Séminaire Nord bureau 140 450 349-1260 Cowansville 370, rue de la Rivière 450 378-7337 Granby 320, boul.Leclerc Ouest 450 378-7337 - REDUCTION DES BRUITS DE FOND - MAXIMISATION DE LA PAROLE Une prothèse auditive SANS FRAiS ET SANS LiMiTE D'ÂGE, selon les règles de la RAMQ.Une évaluation est requise par l\u2019audioprothésiste pour le choix du modèle de prothèse auditive.1 800 422-6181 Loflomme & ASSOCIÉS AUDIOPROTHÉSISTES 40 ans d'évolution Montréal 525, rue Sherbrooke Est 514 849-4500 www.laflammeetassocies.com 621924987651 A 2 LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 FÉVRIER 2014 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ACTUALITÉS £ï.r.«dShürtflj Jü'v HÜ A kljfete P*Slff liBtvtmu AUTOBUS ET MÉTRO EN PANNE DE FINANCEMENT La STM devra effacer un déficit d\u2019entretien de 3 milliards d\u2019ici 2030 La STM ne sait plus comment financer la remise en état de ses infrastructures, dont le métro.Ses sources de revenus habituelles sont à sec.Québec ne répond plus.En 2014, les services d\u2019autobus seront réduits de 3,1 %, une première coupure de services aux usagers en 15 ans.Est-ce seulement le début?«On est rendu au pied d\u2019une montagne», dit le directeur général Carl Desrosiers.SOMMA RE Amusez-vous !\tARTS 6\tLoteries\tA13 Astrologie du jour\tAFFAIRES 6\tMonde\tA11 et A13 Débats\tA14 et A15\tPersonnalité\tAFFAIRES 8 Décès\tAFFAIRES 6\tPetites annonces\tAFFAIRES 3 et 6 Horaire télévision\tARTS 4\tSudoku\tAFFAIRES 4 Météo Ensoleillé avec passages nuageux, maximum -8, minimum -13.AFFAIRES 6 CHÂTEAU D\u2019IVOIRE - JOAILLIERS &«¦- MONTRÉAL \u2022 2020 RUE DE LA MONTAGNE.514 845 4651 SANS-FRAIS I 888 883 8283 WWW.CHATEAUDIVOIRE.COM Château d'Ivoire vous invite à une exposition exceptionnelle mettant en vedette les pièces exclusives de Pomellato, du 3 au 22 décembre seulement.BRUNO BISSON Le 13 janvier dernier, quand un imposant morceau de béton s'est détaché d'un viaduc du boulevard Henri-Bourassa pour tomber sur une voiture qui roulait sur l'autoroute 40, le monde des transports en commun a tremblé.La possibilité qu'une partie des fonds destinés à l'entretien des routes soit plutôt attribuée aux transports collectifs, en difficulté financière, est soudainement devenue, ce jour-là, moins probable.« Le recours aux ressources de l'État est limité en raison de la situation des finances publiques, dit le président de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb, en entrevue à La Presse.Nos besoins financiers augmentent à cause du maintien des actifs, mais on va devoir faire compétition, dans l'opinion publique, avec des viaducs qui perdent des morceaux, qui créent une urgence.» En comparaison, dit-il, « les tunnels du métro ont été bien entretenus.Ça se dégrade, mais à un rythme qui n'est pas affolant ».Et tant mieux, fait remarquer Carl Desrosiers, «parce que si on perd des morceaux, dans un tunnel, on ne peut pas envoyer le métro sur une voie temporaire.» «Un métro qui arrête, c'est catastrophique, ajoute-t-il.À la station McGill, en heure de pointe, c'est l'équivalent de 12 Boeing 747 qui circulent dans ces tunnels, chaque cinq minutes.» Un déficit de 3 milliards Ce n'est pas un scénario que la STM redoute, mais comme en témoignent les travaux de plusieurs dizaines de millions de dollars prévus dans les tunnels de la ligne 4 (jaune), en direction de Longueuil, au cours des prochains mois, une grande partie du réseau du métro a aujourd'hui plus de 47 ans, et ses infrastructures ont pris un coup de vieux.De même que des garages pour ses autobus et des stations qui ont besoin d'être rénovés.Berri-UQAM, à elle seule, coûtera près de 100 millions.Au total, estime la STM, le déficit d'entretien de ses équipements atteint aujourd'hui 3 milliards, et devra être résorbé d'ici 2030.« Ce sont des investissements qu'on doit faire pour maintenir la fiabilité des réseaux, insiste M.Schnobb.Une clientèle satisfaite, ce sont des clients qui prennent des autobus qui arrivent à l'heure, et qui ne restent pas coincés dans une panne de métro.On n'a pas le choix, il faut faire ces investissements, mais les revenus ne sont pas là.» À court terme, la STM prévoit que le maintien de ses actifs va accaparer 77 % de son programme d'immobilisations de 2,2milliards, d'ici 2016.Même si la majorité de ces investissements est financée à 75 % ou plus par Québec, la part des projets que la STM doit financer elle-même fera grimper le service de la dette de 77,5 millions à 109,3 millions à la fin de 2016.Un modèle brisé «Pour 2015, précise Carl Desrosiers, c'est 25 millions de plus sur le service de la dette.Et je ne sais pas où on va le prendre.Si je le fais absorber par les usagers, c'est une augmentation de 5 % des tarifs, juste pour ça, sans l'inflation et le reste.Et l'année suivante, c'est 5 % de plus.» « Le modèle d'affaires actuel des transports en commun ne tient plus la route, ajoute le directeur général.Même si on ne fait rien, même si on n'ajoute pas un centimètre de nouveaux services cette année, on est dans le trouble, parce que le modèle ne génère plus les revenus suffisants.Sans une nouvelle source de financement, c'est dans les services qu'on va devoir couper.Et là, les chiffres sont hors de proportion.» La STM, dit Philippe Schnobb, «fonde de grands espoirs dans la Politique québécoise de mobilité durable » que le ministre des Transports du Québec, Sylvain Gaudreault, déposera.éventuellement.Cette nouvelle politique, retardée en 2012 par un changement de ministre, puis en 2013 par un changement de gouvernement, devait finalement être présentée en décembre.Elle a été reportée en janvier.Janvier est passé, et la PQMD est toujours attendue.La semaine dernière, dans le cadre des consultations prébudgétaires du ministère des Finances et de l'Économie, la STM a formulé une dizaine de propositions (voir encadré) au gouvernement du Québec afin de diversifier ses sources de financement et hausser ses revenus.Dans l'intervalle, la STM s'active pour une année qui pourrait bien malgré tout être faste et fébrile.Le développement des nouvelles voies réservées aux auto- « Un métro qui s\u2019arrête, c\u2019est catastrophique.À la station McGill, en heure de pointe, c\u2019est l\u2019équivalent de 12 Boeing 747 qui circulent dans ces tunnels chaque cinq minutes.» bus, entièrement financé par Québec, va se poursuivre.L'installation de 300 nouveaux abribus interactifs et attrayants financés grâce à une entente commerciale avec Québecor, doit aussi commencer cette année.Le déploiement de la téléphonie cellulaire dans le métro - entièrement financé par quatre entreprises de télécommunications - sera progressivement mis en œuvre dans les stations du centre-ville et de ses environs immédiats, d'Atwater à Beaudry, sur la ligne 1 (verte), et de Bonaventure à Mont-Royal sur la ligne 2 (orange).Avant la fin de 2014, si les essais sont concluants, les usagers du métro pourraient même monter pour la première fois dans les nouvelles voitures de métro Azur, construites par Bombardier et Alstom, au coût de 1,2 milliard.« Maintenant qu'elles arrivent, dit M.Schnobb, il va falloir commencer à les payer.» LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 FÉVRIER 2014 A3 NllllllllllllMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllNllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllim ACTUALITÉS i.j PHOTOROBERTSKINNER, ARCHIVESLAPRESSE mm BUDGET 2014 1,3 milliard Budget 2014 de la STM, en hausse de 0,6 % par rapport à 2013 609.4\tmillions Revenus anticipés provenant de la clientèle, en hausse de 3,1 % 384.1\tmillions Contributions municipales au budget 2014, en baisse de 3,8 millions (-1 %) 46,7% Part du budget assumée par les usagers de la STM 165 000 Nombre d\u2019heures réduites sur les services d\u2019autobus en 2014 78.1\tmillions Kilométrage par année parcouru par les rames du métro 65 millions Somme des compressions budgétaires effectuées par la STM 20 millions Manque à gagner à combler dans le budget 2014 169.5\tmillions Subvention du gouvernement provincial 117 millions Autres ' ; > ¦- PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE 10 demandes de la STM au gouvernement du Québec 9.1 1 « Hausser les revenus du\t^4 < Donner priorité aux\t7>.Hausser et indexer Fonds des réseaux de transport\ttransports collectifs dans le\tles droits d\u2019immatri- terrestre (FORT), qui finance les\tnouveau Fonds Chantiers\tculation sur tout le travaux routiers et les réseaux de\tCanada.\tterritoire métropolitain.transports en commun.\t5\tSoumettre les véhicules commerciaux aux droits 2\t\u2022J « Consacrer les 2/3 du\td\u2019immatriculation pour \u2022 Hausser à 30 % la part\tFond Vert (provenant des\tles transports collectifs.des transports collectifs dans les\trecettes du marché du car-\t investissements de transport du\tbone) pour l\u2019amélioration des\t^8 .Prélever la taxe Plan québécois des infrastructures\ttransports collectifs.\t 2013-2023 (2,2 milliards de plus\t\tsur l\u2019essence en pour- sur 10 ans, selon le plan actuel).\t6 .Hausser la taxe régio-\tcentage des achats \t\tde carburant, au lieu 3\tnale sur l\u2019essence de 5 cents\td\u2019un montant fixe par J» Augmenter la contribution\tpar litre, à raison de 0,5 cent\tlitre, pour indexer de Québec à la SOFIL et hausser\tpar année, pendant 10 ans,\tla contribution des la part des transports en commun\tpour financer la part munici-\tautomobilistes.dans ses dépenses.\tpale des transports collectifs.\t Maintenir le tarif L réservé aux clients industriels d\u2019Hydro-Québec pour l\u2019alimentation en électricité du métro (voir autre texte).10.Financer adéquatement le transport adapté.Québec finançait 75 % des coûts de ces services jusqu\u2019en 2012.Le financement actuel couvre seulement 58% des coûts, dit la STM.Source: STM, consultations prébudgétaires 2014-2015 Un tarif qui décourage l\u2019électrification BRUNO BISSON Alors que le gouvernement du Québec vient de placer l'électrification des transports parmi ses grandes priorités économiques, la STM va perdre, cette année, son accès au tarif préférentiel L, dont elle bénéficie pour l'alimentation électrique du métro.Résultat: une facture additionnelle de plus de 430 000$ par année pour faire rouler la plus importante infrastructure de transport électrique du Québec.Dans un avis présenté dans le cadre des consultations prébudgétaires présentement en cours, au ministère des Finances et de l'Économie, la STM estime que de telles conditions « sont plutôt de nature à décourager l'électrification ».Selon la STM, la facture d'Hydro-Québec est la deuxième en importance dans les dépenses liées à l'exploitation du métro, après la rémunération de ses employés.Elle représente 9 % des coûts d'exploitation d'un réseau qui assure quotidiennement 950 000 déplacements, dans l'île de Montréal et vers les villes de Laval et de Longueuil.Un «surcoût» de 430 000$ En 2013, la STM prévoit que cette facture d'électricité s'élèvera à environ 24,6 millions.Avec le tarif L, «désormais réservé aux clients industriels», l'augmentation de la facture pour le métro aurait été limitée à environ 2,4%, selon la société.Avec la perte du tarif L, la hausse sera plutôt de 4,15 %, «soit un surcoût de 430 114$ pour la seule année 2014».Selon la STM, cette « exclusion du tarif L contrevient aux objectifs gouvernementaux d'électrifier les transports.Le passage à des modes électriques pour le réseau de surface (bus, trolleys, etc.) est déjà une entreprise dispendieuse, qui implique des surcoûts d'exploitation et des coûts d'immobilisations très importants».« Si l'énergie doit en outre coûter plus cher, l'intérêt de choisir l'électrification s'en voit certainement affecté », conclut la STM, en réclamant le maintien du tarif L d'Hydro-Québec.Une mauvaise nouvelle pour les transports en commun BRUNO BISSON « Avec la hausse des coûts d'exploitation (carburants, salaires, etc.) et la stagnation des montants reçus de la part du gouvernement du Québec, le maintien des services actuels est loin d'être assuré, ce qui représente une véritable urgence.» « La non-indexation des sommes reçues depuis 2011 et le report de la Politique québécoise de mobilité durable (PQMD) sont de très mauvaises nouvelles pour les sociétés de transport en commun et pour les usagers, qui espèrent la mise en place de mesures qui permettront de poursuivre ce qui a été amorcé.» « Le manque de financement chronique, associé entre autres au report de la PQMD, a un impact majeur sur le maintien des actifs et des conséquences immédiates sur le transport adapté.Il ne faut pas attendre de voir survenir une interruption majeure du service ou de constater que les usagers l'abandonnent graduellement parce qu'il ne répond plus à leurs besoins (fiabilité, rapidité, etc.).» « Le transport en commun a déjà été mis à contribution lors des récents problèmes survenus au pont Champlain, à Montréal, de même que ceux survenus au pont Dubuc, dans la région du Saguenay, où des autobus supplémentaires ont été utilisés pour pallier une situation de crise.Il ne faut pas attendre que le transport en commun soit lui aussi en panne avant d'intervenir.» - Extraits du mémoire de l'Association du transport urbain du Québec, qui regroupe les neuf plus grandes sociétés de transport collectif, dans le cadre des consultations prébudgétaires. -trt- c 3 \"O CTI j= CL O S.Q- o o c «-J l_» \"O 2^' Q- CL C 2 c l/i CL CL.0-0 + T3 -O^i 3T3^ o O o E \"o o CD J3 =d CT1 C I\u2014 s ^ 3 CO HP c o o o Hu -o O -D l_) -o CL 3 O \"O 't O -o -o CL-O CL CL ^ :2 CL C -trt- O '3 O CL rY1 < 2 c in rvi -p r£ 2 :î & _ Ë CL O 2-2 CL O r£ 3 \"O T3 3 13 O U CL 3 CL CL CT1 \"O cl *3- m o -o '-2 ojloO^ ra c je o o = E ^ î! .2 tu cl_£ - en \"O \u201cSisir !s U ^ UXJID H m° o c 3 Ï^'S13 ï ^-1111 CL .H ni >ÔCq V m E '-Cl CL c ! ,XJ \u2018cnL 2.i « -\t- - c -° : F - cl en E 2 \"° _ 1 = c 2 03 S £ nu :2i i S S\t| Q.J rô \u2014 F ^\t° 1 = p SPt E \u2019¦£ f 2 O' -\u2014L -o -Î2 § 2 ai = \u2014 .2 -a ~ e a.p\u2018l «j ¦ ru LO ai .v* .¦iiSsï! V* - *\u201c CL JC JC \"O ~1 Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier > Président et éditeur Éric Trottier > Vice-président à l\u2019information et éditeur adjoint Mario Girard et Alexandre Pratt > Directeurs principaux de l\u2019information André Pratte > Éditorialiste en chef ÉDITORIAUX La « familiphobie » MARIO ROY mroy@lapresse.ca Un nouveau terme est né, la «familiphobie», qui a fait descendre au moins 100 000 citoyens dans les rues de Paris et de Lyon, hier.Ces marches étaient organisées par le mouvement «Manif pour tous», créé pour lutter contre le mariage gai, légalisé en France en mai 2013 malgré l'opposition.En ciblant cette nouvelle phobie, le mouvement étend son combat à tout ce qu'il estime être une menace pour la famille.Et des menaces, il en voit plusieurs.La procréation médicalement assistée accessible aux couples lesbiens.Le recours aux mères porteuses.L'introduction à l'école de la théorie dite du genre.Sommes-nous là en présence d'un Tea Party français, comme l'affirme le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls?Pas exactement.Le mouvement français est de nature strictement morale.Et l'Église catholique est ouvertement impliquée dans «Manif pour tous».sans cependant faire obstacle à l'œcuménisme: hier, les musulmans étaient nombreux à la tête de la manifestation pour dénoncer les unions homosexuelles.Il ne faut pas prendre l'affaire à la légère : ce courant ultra-conservateur possède des racines profondes en France.Au Québec, hypnotisés que nous sommes par les excès de la droite chez nos voisins du Sud, il est facile d'oublier que l'Europe a été aux XIXe et XXe siècles le berceau des doctrines extrêmes.Or, « Manif pour tous » a mobilisé à plusieurs reprises depuis 18 mois des foules considérables et compte sur des appuis ailleurs en Europe.Le mouvement a tendance à entraîner dans son sillage des groupuscules assez nauséabonds, racistes, homophobes et potentiellement violents.Hier, par exemple, la police a interpellé 12 militants du Groupe Union Défense (GUD), une mouvance étudiante réputée pratiquer l'intimidation et l'assaut.Et la «familiphobie», elle?Un épouvantail, affirme-t-on dans les officines ministérielles du gouvernement Ayrault.Non, l'élargissement de l'accès à la procréation assistée et aux mères porteuses (la gestation par autrui, dans le jargon bureaucratique) n'est pas au menu du projet de loi sur la famille qui sera bientôt déposé.Quant à la Politiquement, « Manif pour tous » met tout le monde dans l\u2019embarras.théorie dite du genre, non, elle n'a pas gangrené les écoles par le biais d'un programme scolaire que « Manif pour tous » assimile aux gender studies à l'américaine et à certaines théories abracadabrantes sur l'identité sexuelle.Comme épouvantail, on ne trouve pas mieux, en effet ! Politiquement, cette contestation met un peu tout le monde dans l'embarras.À droite, l'Union pour un mouvement populaire (UMP) doit se méfier à la fois de la désertion d'une partie de son électorat et d'une trop grande proximité avec cette sorte de «rue».Chez les socialistes, on voit encore une fois le président François Hollande bousculé, ce dont il n'a vraiment pas besoin.Les enjeux sociétaux, nous-mêmes ne le savons que trop bien, ne font pas bon ménage avec la politique politicienne.Le coup de M.Trudeau ANDRÉ PRATTE apratte@lapresse.ca En expulsant du caucus les 32 sénateurs nommés sous la bannière libérale, Justin Trudeau a réussi un coup fumant, au moins sur le plan tactique.Par ce geste sans précédent, il a projeté l'image d'un chef déterminé, capable d'innover, quitte à affronter la vieille garde du Parti libéral.Bien sûr, il y a une bonne part d'artifice dans cette manœuvre.Dans les faits, les sénateurs demeurent des libéraux et continueront à voter contre la plupart des projets de Justin Trudeau a projeté l\u2019image d\u2019un chef capable d\u2019innover, quitte à affronter la vieille garde de son parti.loi déposés par le gouvernement Harper.Le premier ministre n'a pas eu tort de se moquer: « Si j'ai bien compris ce que le chef libéral a annoncé, c'est que les sénateurs libéraux non élus sont désormais des sénateurs non élus qui se trouvent à adhérer au Parti libéral.» Néanmoins, M.Trudeau a réussi à attirer l'attention des médias sur sa proposition de réforme de la chambre haute.«J'en suis venu à la conclusion que le Sénat doit être non partisan, composé principalement d'individus réfléchis qui représentent les valeurs variées, les perspectives et les identités de ce merveilleux pays», a expliqué le chef du PLC.Les libéraux touchent là le cœur du problème.Le Sénat n'aurait pas perdu toute crédibilité si les premiers ministres qui se sont succédé en avaient toujours choisi les membres sur la base du mérite plutôt que sur celle des services rendus (ou à rendre) à leur formation politique.Si le Sénat n'était pas trop souvent le refuge d'organisateurs et de financiers des partis, ou encore la sinécure accordée à d'anciens députés, sa nature non élective ne choquerait pas tant.La Cour suprême statuera bientôt sur la marge de manœuvre dont jouit le gouvernement fédéral pour modifier le mode de sélection des sénateurs sans l'accord des provinces.Selon la plupart des constitutionnalistes, le tribunal dira que tout changement substantiel nécessite l'accord d'au moins 7 provinces représentant 50% de la population.L'abolition pure et simple de la deuxième chambre, l'idée simpliste défendue par le NPD, exigerait l'accord de toutes les provinces du pays.La proposition libérale vise à améliorer la façon de choisir les sénateurs sans avoir à ouvrir la boîte de Pandore constitutionnelle.Le premier ministre continuerait à nommer les membres de la chambre haute, mais il le ferait suivant «un processus public, ouvert et transparent».Les libéraux songent à un comité de sages qui proposerait des noms au gouvernement, ou auquel le premier ministre devrait soumettre les candidatures envisagées.La proposition libérale est encore embryonnaire.La création (en 2000) d'un comité de ce genre pour les nominations à la Chambre des lords n'a pas eu l'effet souhaité.Ici comme en Grande-Bretagne, quel que soit le mécanisme mis en place, c'est la volonté du premier ministre qui est déterminante.Devenu chef de gouvernement, Justin Trudeau résisterait-il à la tentation à laquelle ont succombé tous ses prédécesseurs?5/ X GAGNE GO 000 DOLLARS ET DÉPENSE 79 000 Cest UN Québécois DROITS RÉSERVÉS / apcote@lesoleil.com OPINION VALEURS MOBILIÈRES Non à la centralisation PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Le ministre des Finances, Jim Flaherty revient à la charge avec son projet de commission nationale des valeurs mobilières.J EMILIO B.IMBRIGLIO L\u2019auteur est président et chef de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton.Le gouvernement fédéral travaille à l'élaboration d'un projet de loi qui aura pour effet de créer une commission nationale des valeurs mobilières.Moins de trois ans après la décision unanime de la Cour suprême, qui jugeait inconstitutionnel le précédent projet de création d'une commission nationale, le ministre des Finances du Canada, M.Jim Flaherty, revient à la charge avec une nouvelle mouture dite « coopérative » et en apparence moins contraignante, mais qui demeure tout aussi inacceptable pour l'économie du Québec, ses entreprises et ses talents.Une commission nationale dont le régulateur en chef serait basé à Toronto affaiblirait la compétitivité du Québec et de sa métropole dans le secteur financier.Il s'agit d'un domaine-clé où l'on retrouve un important bassin de talent, plusieurs créateurs de richesse et où l'on attire des investissements étrangers importants.Pourquoi d'ailleurs affirmer que ce nouveau régime de réglementation sera coopératif, alors que seulement deux provinces acceptent à ce jour d'y adhérer?Cela fait plus de 65 ans que notre firme accompagne les entreprises dynamiques d'ici, particulièrement les PME, afin qu'elles réalisent leur plein potentiel et puissent assurer leur pérennité.Nous constatons tous les jours que, pour réussir, les entrepreneurs doivent avoir accès à un marché des capitaux dont la réglementation est adaptée à leur réalité, offre de la flexibilité et minimise les coûts liés aux contrôles et à la bureaucratie.Sans être parfait, le système actuel favorise l'équilibre entre, d'un côté, une réglementation adaptée aux marchés et, de l'autre, un accès local aux services qui tiennent compte des particularités régionales d'un pays aussi vaste que le Canada.L'enjeu de la langue revêt aussi une importance, surtout lorsqu'il est question de notions ou de produits financiers spécialisés.La nouvelle réglementation doit proposer des moyens permettant aux PME d'avoir un meilleur accès au marché des capitaux, plutôt que de chercher à être centralisée.Un marché des capitaux qui tient mieux compte des besoins et des particularités des PME locales permettrait d'appuyer plus efficacement les projets de développement de celles-ci.Pourquoi affirmer que ce nouveau régime de réglementation sera coopératif, alors que seulement deux provinces acceptent à ce jour d\u2019y adhérer?Il faut réduire les barrières à l'entrée de ces marchés, simplifier les règles relatives aux émetteurs assujettis et imaginer de nouvelles façons de rassembler les fournisseurs de capitaux et les dirigeants de PME.Cela s'impose d'autant plus si l'on veut tirer le meilleur parti possible du grand potentiel entrepreneurial des PME du Québec et du Canada.L'accès aux capitaux pour la PME québécoise a beaucoup évolué au cours des dernières années.Des fonds d'investissement tels ceux du Fonds de solidarité FTQ et de la Caisse de dépôt et placement du Québec ont donné aux PME en croissance une solution de rechange intéressante aux bailleurs de fonds traditionnels.De plus, grâce au rôle important que joue présentement l'Autorité des marchés financiers au Québec, nos talents en devenir du domaine financier peuvent aspirer à occuper des emplois stratégiques ici, au Québec.Le projet de création d'une commission nationale des valeurs mobilières va à l'encontre de notre volonté collective de permettre à nos futurs diplômés d'évoluer dans un environnement concurrentiel en ce qui a trait à l'encadrement et à la surveillance des marchés des capitaux.Le domaine de la finance exerce aussi un fort pouvoir d'attraction sur les étudiants étrangers et les nouveaux arrivants.Nous ne pouvons nous permettre de perdre le contrôle de notre réglementation, car nous perdrions alors de grands talents ! POURNOUSJOINDRE La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?\tVOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca\tÉcrivez-nous à debats@lapresse.ca RÉDACTION 514.285.7070 commentaires@lapresse.ca\tABONNEMENT 514.285.6911 ou 1.800.361.7453 www.lapresse.ca/abonnement\t\tPUBLICITÉ 514.285.6931 PETITESANNONCES 514.987.8363ou1.866.987.8363 petitesannonces@lapresse.ca\t\tDÉCÈS 514.285.6816 deces@lapresse.ca\tCARRIÈRES 514.285.7320 carrieres@lapresse.ca Seule La Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la PresseAssociée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est impriméàTranscontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles,division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.GuyCrevier.Président et éditeur.\t\t\t LA PRESSE MONTRÉAL LUNDI 3 FÉVRIER 2014 A15 À BIEN Y PENSER Pourquoi est-ce si important et urgent de vouloir en finir avec une situation qui ne pose pas de problèmes majeurs dans notre société?Déclencher une élection sur le sujet épineux de la Charte ne ferait que raviver des tensions où les préjugés entretenus sans raison l\u2019emporteraient sur la raison.\u2014 Yves Deslauriers, Prévost DEBATS Le beurre et l\u2019argent du beurre ALAIN DUBUC COLLABORATION SPÉCIALE adubuc@lapresse.ca Le mythe voulant que la prospérité menace la solidarité est très tenace au Québec.Quand j'étudiais en sciences économiques, on utilisait souvent une allégorie pour expliquer les courbes de production, celle du beurre et des canons.Dans une économie, les ressources ne sont pas infinies et le potentiel de production est limité.Il faut donc faire des choix.Plus on produira de canons, moins il restera de ressources pour le beurre, et vice-versa.Inconsciemment, c'est cette même grille qu'appliquent un grand nombre de Québécois dans un débat très présent dans notre société, celui qui oppose les impératifs du développement économique et ceux de la justice sociale.Il faut faire un choix, dit-on.Et le Québec en a fait un, ajoute-t-on.Le Québec est peut-être moins prospère que ses voisins, mais il est plus égalitaire.L'argument est attrayant, mais il est faux.Il est faux parce que si on regarde autour de nous, on peut bien voir que l'un n'exclut pas l'autre, qu'on n'a pas à choisir entre les deux.C'est un cas où on peut avoir le beurre et l'argent du beurre.Il suffit de voir ce qui se passe en Europe du Nord.C'est un thème sur lequel je reviens depuis des années.Et c'est avec plaisir que j'ai vu que le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, dans le Bilan 2013 qu'il vient de publier, consacre un chapitre très documenté à cette question, avec chiffres et tableaux.Au Québec, le revenu des 20 % les plus riches, après transferts et impôts, est 4,7 fois plus élevé que celui des 20 % les plus pauvres.Cela fait du Québec une société moyennement égalitaire.Mieux Le mythe voulant que la prospérité menace la solidarité est très tenace au Québec.que les 5,4 du Canada, et beaucoup mieux que les États-Unis, un pays très inégalitaire, où ce rapport est de 7,9, et mieux que les autres pays anglo-saxons.Mais dans tous les pays du nord de l'Europe, les inégalités de revenus sont moindres : 4,5 en France, 4,3 en Allemagne et aux Pays-Bas, 4,0 en Suède, 3,9 en Norvège, 3,6 au Danemark.Et ces pays, sans exception, ont un niveau de vie supérieur au nôtre : le PIB par habitant, en 2012, était par exemple de 52 771$ en Suède, en dollars canadiens, de 51 739$ au Danemark, de 50 580$ en Allemagne, contre 44 428 au Québec.Malgré leur structure plus égalitaire.Cela nous dit deux choses.La première est qu'il n'y a pas de règle.On peut être égalitaire, et donc avec un État interventionniste, tout en étant performant, ou on peut être performant et inégalitaire.La seconde, c'est que le Québec, s'il s'y mettait, pourrait augmenter son niveau de vie sans compromettre la justice sociale.Mais le mythe voulant que la prospérité menace la solidarité est très tenace au Québec.Il est vrai qu'au Québec, nous partageons mieux la tarte qu'ailleurs en Amérique du Nord, et que cela compense en partie la faiblesse de notre niveau de vie.Ce qu'on oublie trop souvent de dire, c'est que notre tarte est plus petite, avec une foule de conséquences, comme notre crise fiscale permanente.Ce choix, celui d'être solidaires, mais peu performants, à peu près personne d'autre ne l'a fait.Il serait pas mal plus intelligent de produire une plus grosse tarte et de bien la partager.En toute honnêteté, il n'est pas tout à fait vrai qu'on peut avoir le beurre et l'argent du beurre.II y a un prix à payer pour concilier justice et prospérité, et c'est d'augmenter la productivité, comme l'ont fait tous ces pays européens.Cela ne repose pas sur l'exploitation - la Scandinavie n'est certainement pas un goulag -, mais sur un changement de stratégie économique et un changement de culture, qui fait assez peur à certains d'entre nous pour qu'ils préfèrent une plus petite tarte.¦ , WÊËm - .m.I!1 '¦ jjfc~ i# PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE/KCNA/KNS La dynastie des Kim en Corée du Nord pourrait s\u2019arrêter avec Jong-un, qui, contrairement à son père et son grand-père, n\u2019a pas eu le temps d\u2019asseoir solidement sa réputation et de développer le culte de sa personnalité avant de prendre le pouvoir.CORÉE DU NORD Le dernier des Kim?JOSEPH CHUNG ET PIERRE FORTIN Les auteurs sont respectivement professeurs au Centre d\u2019études sur l\u2019intégration et la mondialisation et au département des sciences économiques, à l\u2019UQAM.Le 13 décembre dernier, le monde entier a appris que le jeune chef suprême de la Corée du Nord, Kim Jong-un (30 ans), venait de faire exécuter son oncle, Jang Song-taek (67 ans).Jusqu'à tout récemment, plusieurs considéraient Jang comme le dirigeant numéro deux du pays.Il était un promoteur des réformes économiques.Il ne fait pas de doute qu'il en était venu à être considéré comme une menace grave au pouvoir de Kim Jong-un, dont la famille règne sur le pays depuis 1948.Le fondateur de la dynastie, Kim Il-sung, a dirigé la Corée du Nord de 1948 à 1994; son fils, Kim Jong-il, de 1994 à 2011; et son petit-fils, Kim Jong-un, depuis 2011.Deux questions se posent sur le phénomène tout à fait unique d'une succession dynastique dans un État communiste : qu'est-ce qui explique la longévité de la dynastie des Kim et quelle est la probabilité que Kim Jong-un réussisse à son tour à la perpétuer?La famille, le nationalisme et la terreur La Corée du Nord est gouvernée, au plan politique, par le Comité central du Parti des travailleurs de la Corée et, au plan militaire, par le Comité de la défense nationale.La dynastie des Kim a réussi à s'emparer du pouvoir absolu et à le conserver grâce à sa capacité à monopoliser la direction de ces instances et de leurs émanations.Leur pouvoir a reposé jusqu'ici sur trois piliers : la sacralisation de la famille, l'idéologie nationaliste et la terreur.La représentation du fondateur, Kim Il-sung est celle d'un surhomme.Le Président Éternel est omniprésent dans les chants, les images et les monuments.Une orchidée, la kimilsungia, porte même son nom.La naissance du fils, Kim Jung-il, aurait eu lieu sur le mont Paektu, la montagne sacrée du pays.Elle aurait été sanctifiée par l'apparition d'une Comme en Allemagne de l\u2019Est en 1989, il y a en Corée du Nord un ferment de révolte potentielle.hirondelle et de deux arcs-en-ciel.Étant un fils divin, il avait lui aussi un pouvoir surhumain.Plus de quarante mille ouvrages sont consacrés au culte personnel de Kim Il-sung et de Kim Jong-il.Au plan idéologique, la famille Kim a élaboré et propagé le juchéisme, doctrine qui redéfinit le marxisme-léninisme en préconisant l'indépendance et l'autosuffisance totales de la nation: politique, économique et militaire.L'art, la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature et les sports collectifs sont entièrement mobilisés pour amener les Nord-Coréens à s'identifier au juchéisme comme fondement de leur vie personnelle.Le pouvoir des Kim repose enfin sur la terreur.Kim Il-sung et Kim Jong-il ont fait liquider des dizaines de milliers de personnes jugées déloyales ou indésirables.L'exemple de Jang Song-taek démontre que les purges se poursuivent sous Kim Jong-un.Des centaines de milliers de personnes sont présentement enfermées dans les camps et les prisons.Dynastie vulnérable Est-ce que Kim Jong-un va réussir à survivre et à perpétuer la dynastie?Nous en doutons.Le nouveau chef suprême est vulnérable pour trois raisons.La première est qu'au plan des symboles, il ne donne pas à son peuple l'image d'un être divinisé, contrairement à son père et à son grand-père.La deuxième raison est son jeune âge.Kim Jong-un n'a pas eu le temps de compléter son apprentissage de l'art de gouverner et d'assurer une base large et solide à son pouvoir.La troisième raison est que les Nord-Coréens sont de plus en plus nombreux à percevoir l'écart béant entre leur niveau de vie et celui des Sud-Coréens.Comme en Allemagne de l'Est en 1989, il y a là un ferment de révolte potentielle.La survie de la dynastie est en danger.Le régime pourrait bien s'effondrer cette fois-ci, à moins d'un virage, pour l'instant improbable, de ses priorités en faveur du développement de l'économie.I Pourquoi je porte le voile ELSY FNEICHE Lauteure est psychoéducatrice dans des écoles de Montréal.Elle collabore régulièrement aux pages Débats.Pourquoi portes-tu le voile?Si vous m'aviez posé la question à 16 ans, je vous aurais répondu: «Le voile?Mais voyons, c'est pour Dieu, évidemment ! » Au fil du temps, ma vision du hidjab a connu de nombreuses transformations et aujourd'hui, bien que les aspects spirituels demeurent, je réalise combien le hidjab fait surtout partie intégrante de mon identité.Nos croyances, nos choix vestimentaires ainsi que nos goûts personnels, sont des facettes de notre identité qui évoluent perpétuellement.En fait, le tempérament, la culture et l'environnement dans lequel on évolue sont tous des facteurs qui contribuent à forger notre personne.Dernièrement, de nombreuses musulmanes pratiquantes m'ont témoigné trouver difficiles les confrontations qu'elles subissent quotidiennement.Elles ressentent constamment l'obligation de justifier leurs choix.D'un côté, il y a les plus orthodoxes qui voient en la différence une menace à l'identité collective et religieuse.De l'autre côté, il y a des incrédules pour qui l'affirmation et l'individualité de la femme musulmane deviennent des menaces aux préjugés qu'ils cultivent.Moi-même, je ne peux compter le nombre de fois où je me suis sentie coincée entre l'arbre et l'écorce, trop ceci ou pas assez cela.D'ailleurs, récemment, le chroniqueur, non-musulman, d'un journal populaire partageait la photo d'une jeune musulmane coquette en lui reprochant un « manque de pudeur».Pourtant, nulle part n'est-il dicté un modèle standard que la femme musulmane est forcée de suivre.Prenez l'exemple de ma famille ; nous sommes quatre femmes complè- Qu\u2019advient-il du «vivre et laisser vivre» et du droit de la femme d\u2019habiller son corps au gré de ses envies?tement distinctes.Ma mère porte le hidjab de façon très sobre, moi je le porte de manière très colorée.L'aînée de mes sœurs a passé sa jeunesse à le mettre et à l'enlever, tandis que l'autre est plutôt conventionnelle.Autant cette pluralité est espérée, autant elle laisse les gens perplexes : « Mais pourquoi n'êtes-vous pas toutes pareilles, n'avez-vous pas le même Dieu ?» En pratique, il n'existe pas de modèle unique représentant la femme musulmane.Par conséquent, les justifications et motivations derrière le port du voile peuvent être aussi nombreuses que le sont celles qui choisissent de le porter.Bien que la foi soit l'élément de raccord au cœur de cette diversité, les choix que font ces femmes et les explications qu'elles détiennent diffèrent.Dans ce cadre d'idées, l'exposition Et Voilà! Le voile musulman dévoilé, présentée au Musée des religions du monde, reflète bien cette vaste diversité chez les musulmanes.En réalité, que l'on décide de porter le hidjab un jour et l'enlever le second, que l'on se fasse coquette ou sobre, que l'on se baigne en public ou en privé, ces choix ne devraient être ni d'ordre public ni interprétés comme étant de mauvaise foi.Qu'advient-il du «vivre et laisser vivre » et du droit de la femme d'habiller son corps au gré de ses envies?La mauvaise foi réside plutôt dans le fait de prêcher l'émancipation des femmes tout en voulant faire taire l'individualité de celles qui l'expriment à leur manière.Rappelons qu'au-delà de la liberté d'expression, de la liberté de conscience et du droit de porter un symbole religieux, existe aussi la liberté d'esprit, soit celle de n'être opprimé ni au nom d'une religion ni au nom d'une laïcité.rsw Trouvez un emploi où vous aurez moins de pression.Faites-vous découvrir par les meilleurs employeurs d'ici.Que vous travailliez tous les jours ou encore un seul jour par année, il est important d'aimer ce que vous faites.Si vous croyez que le moment est venu de passer à autre chose, faites appel à Workopolis.Nous vous proposons des milliers de nouveaux emplois chaque mois, parmi lesquels vous trouverez sûrement un milieu de travail moins stressant.Sortez de l'ombre et trouvez votre prochain emploi sur Workopolis.workopolis.com\t#workopolis WORKOPOLIS smm "]
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