La presse, 26 septembre 2015, Arts
[" www.lapresse.ca/arts MONTRÉAL SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2015 NATHALIE PETROWSKI JE SUIS.MIKEOU JÉRÉMY?PAGE 3 LA PRESSE ¦çrwj ARTS EXCLUSIF HUMOUR UN 10e ALBUM DU PEUPLE POUR FRANÇOIS PÉRUSSE PAGE 10 LA LISTE DE NOTRE INVITÉ JEAN-CARL BOUCHER PAGE 14 Wj&STA AMERICAINE CONQUETE STROMAE En Europe, Stromae n\u2019a qu\u2019à lever le petit doigt pour envoûter ses millions de fans.Mais au pays de Michael Jackson, il est encore un inconnu.Le 1er octobre, il sera le premier artiste d\u2019expression française à se produire au Madison Square Garden.New York va-t-il lui dérouler le tapis rouge?À voir.UN REPORTAGE DE SYLVIE ST-JACQUES EN PAGES 8 ET 9 PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE Lafitte Lafitte Lafitte Laf mt iiiiimm\t\tIIIMIb.II!\tm\tllllglf-.ill\t|M>\" sonatine Un thriller exceptionnel : LA révélation de l'année ! RaDio-canaDa TNM.QC.CA ÆSKmfWW \"S OC» * 21 « »¦ Avec Yamoussa Bangou Frédérike Bédard Vincent Bilodeau LUdovic Bonnier Jean-François Ca Normand D'Am°U Sylvain Delisle Steve Gagnon Tommy Gauthier Reda Guerinik Gisle Henriet Sylvain Marcel Mathieu Richard Guillaume Saladi David Savard texteBRYAN perro DOMIC CHAMPAGNE d'apres L'ŒUVRE DEI MISE EN SCÈNE HERMAN MELVILLE DOMINIC CHAMPAGNE Coproduction Théâtre du Nouveau Monde + Théâtre Il va sans dire igoura Casabon mour adin ici : « une pièce originale et efficace, à la fois comique et cruelle.une mise en scène ingénieuse, efficace, ludique.» LUC BOULANGER, LA PRESSE «Vivant, humain, tonique, rempli de drôleries et de portraits féroces et justes.On recommande!» odiletremblay, ledevoir « C\u2019est brillant, c\u2019est drôle, c\u2019est triste, c\u2019est fin.D\u2019un rythme implacable.» NATALIA WYSOCKA, MÉTRO « [Simon Boudreault a] un don pour les formes scéniques divertissantes, un talent pour croquer une peinture sociale ainsi que l\u2019art de tirer profit au maximum de l\u2019espace théâtral.» marie labrecque, ledevoir «C\u2019est une oeuvre puissante, profondément humaine.C\u2019est vraiment un délice, un bon divertissement.» francinegrimaldi, samedietriendautre, iciradio-canadapremière © placedesarts.com duceppe.com Canada LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2015 ARTS 3 NllllllllllllMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllNllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllim ARTS PANORAMA Séparées à la naissance Christiane Charette Jennifer Grey m : m Ces deux sœurs virtuelles sont nées au mois de mars.L\u2019animatrice québécoise Christiane Charette et lactrice américaine Jennifer Grey, inoubliable vedette du film Danse lascive (Dirty Dancing dans la langue de Max Pacioretty), partagent, en outre, un sourire irrésistible et une formation en arts.Merci à Suzanne Dion.«Êtes-vous prêts à réchauffer l\u2019ambiance, Montréal?Oups! Québec.Désolée.Visiblement, mon cerveau a surchauffé.\u2014 Madonna, s\u2019adressant à ses fans réunis au Centre Vidéotron de Québec, lundi dernier.PHOTO YAN DOUBLET, LE SOLEIL I En hausse.en ba isse Viola Davis Ouvreuse de portes, la vedette de How To Get Away With Murder est devenue, dimanche dernier, la première comédienne afro-américaine à remporter un prix Emmy pour un premier rôle dans une série dramatique.Viola Davis a profité de son discours de remerciements pour plaider avec élégance en faveur de légalité des chances: «Vous ne pouvez pas gagner un Emmy pour des rôles qui n\u2019existent pas», a-t-elle fait remarquer fort justement.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Stromae Viendra, viendra pas au Centre Bell ?On a beau le trouver formidable, le Belge a continué à jouer avec nos nerfs en annulant à la dernière minute un concert à Minneapolis mardi, après avoir subi un « petit accident» dont la nature n\u2019a pas été précisée par son équipe.Le promoteur evenko a toutefois tenu à préciser hier que Stromae serait bel et bien sur scène lundi et mardi prochains à Montréal.Jérémy Gabriel PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Je suis.Mike ou Jérémy ?^ à NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE Je suis Mike Ward?Je suis Jérémy Gabriel?Je suis les deux?Ni l'un ni l'autre?Je pose la question, mais je connais déjà la réponse.Je l'ai entendue toute la semaine de la bouche des commentateurs invités à se prononcer sur la poursuite qu'intente la Commission des droits de la personne contre Mike Ward au nom du petit Jérémy Gabriel.La vaste majorité des commentateurs n'ont pas hésité longtemps avant de prendre fait et cause pour le petit Jérémy devenu grand.Je les comprends.Le petit Jérémy est la victime idéale.Au moment du gag dégradant et blessant de Ward à son sujet, il était une cible extraordinairement facile : enfant, handicapé, innocent, fragile, sans défense, candidat à l'intimidation, il fallait vraiment être méchant et tordu pour s'en prendre à lui.À l'inverse, Mike Ward est le bouc émissaire parfait.Monument de vulgarité, raclant les fonds d'égouts avec son humour poubelle, c'est le colon qui transgresse, « le gros tas de marde en forme de poire », comme il se décrit lui-même dans ses shows.Qui, à part Julius Grey, serait assez fou pour le défendre?précisément ce marketing et cette exploitation d'un enfant handicapé à des fins commerciales que dénonce Mike Ward.Quand il s'écrie: « Il meurt pas, le petit tabar-nak ! », il ne souhaite pas une seule seconde la mort de l'enfant.Il dénonce l'opportunisme crasse de son entourage qui a brandi le spectre de sa mort à venir pour faire mousser sa carrière.Est-ce que Mike Ward aurait pu formuler les choses autrement pour que sa charge contre l'instrumentalisation du petit Jérémy passe mieux?Absolument ?Ward y est allé au plus simple, au plus grossier, au plus blessant.Mais sans vouloir le défendre, je suis obligée de rappeler que son genre d'humour - l'humour transgressif - fait mal.C'est dans sa nature même puisqu'il tire sa source de la cruauté humaine.Or, ce que cette cruauté vise n'est pas tant le handicap d'un enfant que l'hypocrisie bien pensante d'une société qui fait semblant de respecter les handicapés quand, en vérité, elle ne leur offre que pitié et exclusion.Mais oublions Mike Ward un instant.Faisons comme s'il n'avait jamais lancé l'ombre d'une blague sur le petit Bref, il n\u2019y avait rien d\u2019innocent dans la puissante machine de marketing derrière l\u2019enfant.Lui n\u2019y était peut-être pour rien, mais on ne peut en dire autant de son entourage.En apparence, tout concorde pour donner entièrement raison au petit Jérémy devenu grand.Sauf qu'on oublie une chose : en s'attaquant au petit Jérémy, Mike Ward ne s'attaquait pas à un enfant handicapé anonyme et enfermé chez lui qui ne demandait rien à personne.Il s'attaquait à une personnalité publique, à un enfant vedette, encouragé par ses parents, qui ont tout fait pour lui permettre de réaliser son rêve grandiose de chanter devant le pape.D'ailleurs, sans son handicap et son physique si particulier et si touchant, bref, si Jérémy n'avait pas été handicapé, il est à peu près certain qu'il n'aurait jamais pu avoir la carrière qu'il a eue.En 2010, au moment où l'humoriste lance le spectacle Mike Ward s'eXpose et que résonnent ses blagues sur Jérémy, l'enfant est plus que jamais une vedette.Il a chanté devant le pape à Rome, au Centre Bell avant un match du Canadien, à Vegas avec Céline.Il est passé à la télé des dizaines de fois, a fait la couverture des magazines avec Céline, a publié un livre, La vie rêvée de Jérémy.Il a même un agent.Et si je me fie aux propos que tenait Paul Arcand en ondes cette semaine, l'agent poussait fort sur son poulain.Bref, il n'y avait rien d'innocent dans la puissante machine de marketing derrière l'enfant.Lui n'y était peut-être pour rien, mais on ne peut en dire autant de son entourage.Or, à travers ses blagues de mauvais goût, c'est Jérémy.Ce dernier aurait-il échappé aux railleries dont il a fait les frais sur les réseaux sociaux?Est-ce qu'à l'école, il aurait subi des moqueries ?Fort probablement, à cause de sa notoriété combinée à sa différence, un cocktail propice aux pires préjugés.Il en a convenu lui-même dans une entrevue accordée au Journal de Montréal il y a un an.À la question « Avez-vous bien vécu votre secondaire ?», le petit Jérémy a répondu: « Ça a été difficile socialement, car j'avais l'étiquette du petit Jérémy.On disait des choses épouvantables sur moi.Comme j'étais passé à la télé, on disait de moi que j'étais un enfant de riches, que j'avais tout eu cuit dans le bec.La direction de l'école n'a pas eu d'autre choix que d'intervenir.» À la fin, il ajoutait : «Heureusement, j'ai toujours été en mesure de faire face à la musique » - une contradiction que l'avocat de Mike Ward n'a pas manqué de relever.Jérémy a répondu qu'il y a un an, il n'était pas encore prêt à avouer les tourments qu'il a traversés.Je n'en doute pas.Aujourd'hui, ces tourments se sont dissipés.Jérémy est même en train d'enregistrer un disque.Il répète à qui veut l'entendre qu'il espère devenir le plus grand chanteur du monde.Il en demande beaucoup à la vie, le petit Jérémy.Je lui souhaite de réussir, mais qu'il ne s'étonne pas si, à vouloir à tout prix briller sous les projecteurs avec une différence qui n'est pas un gage de talent, il s'y brûle. 4 A RT S LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2015 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ARTS THÉÂTRE SAUVAGEAU SAUVAGEAU Incandescent PHOTO FOURNIE PAR LE THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI Le jeune acteur Gabriel Szabo offre une performance tout simplement époustouflante.\u201e\tJ «-£ 'ÏV-il j_£-3.CUtHU'- ÛuüwnJ> -mJi -SX&Acu 'XjsmJ à wm PÆfoi WiËk\\ wm.MARIO CLOUTIER CRITIQUE ?Un coup de poing dans la gueule du conformisme.L'Yves Sauvageau adapté et mis en scène par Christian Lapointe garde toute sa pertinence 45 ans après sa mort.Certaines scènes définissent des spectacles.Par leur contenu et leur esthétique, elles comprennent tout, des intentions de départ jusqu'au rendu final.C'est le cas du très long monologue livré de façon époustouflante par le jeune Gabriel Szabo aux deux tiers du spectacle Sauvageau Sauvageau, conçu et mis en scène par Christian Lapointe.Le jeune acteur nous rappelle justement par sa dégaine le Lapointe vu l'été dernier au Festival TransAmérique lors de son marathon Artaud.Gabriel Szabo habite les mots du jeune Sauvageau et les rend dans leur brute incandescence.Sans s'arrêter, à bout de souffle, en transe presque.Sur fond de projections d'écrits de Sauvageau et de dessins frôlant le surréalisme.Avec un piano mécanique sur scène et un immense rectangle mobile qui remplit diverses fonctions au gré de la pièce.Dans cette prestation renversante de Szabo, il y a toute l'exaltation et la désespérance du poète qui veut « élever le monde, l'univers ».Son enthousiasme adolescent pour l'amour et sa détresse impuissante de simple mortel.Une parole vivante Christian Lapointe a réussi un condensé de Sauvageau, montrant que le propos du suicidé reste d'une grande actualité : l'omniprésence de la télévision et de la publicité, le pouvoir de l'argent, la fatigue de la jeunesse étudiante, la faim et la soif sans fin d'un homme qui cherche l'amour, Dieu ou une œuvre d'art libre.Il y a un mal-être chez ce jeune artiste entier, qui ne connaît ni sacrifice ni compromis - «j'ai pas coutume de perdre mon temps à rire » -, mais qui vit surtout « un voyage pas long, mais profond».La construction du spectacle est impeccable.On entre dans l'univers de Sauvageau en écoutant les voix de ceux qui l'ont connu (Ronfard, Roux, Millette, etc.).Un brillant dialogue s'installe ensuite entre le jeune Sauvageau et le vieux (Paul Savoie), celui-là plus indulgent pour la vie qu'il n'a pas vécue.Mais la plus belle réussite de ce merveilleux spectacle est encore de nous faire voir Gabriel Szabo habite les mots du jeune Sauvageau et les rend dans leur brute incandescence.Sans s\u2019arrêter, à bout de souffle, en transe presque.que Sauvageau est vivant, que sa parole peut encore faire sourire, émouvoir, déranger.Cet homme précoce dans toutes les fibres de son être parlait de mort et de vie comme il respirait.On comprend, à entendre sa parole, qu'il aura finalement vécu toute sa vie, qu'il aura connu la pleine mesure de la vie qu'il pouvait vivre.Comme il l'écrivait lui-même: «Même mort, je sourirai.» Au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui jusqu\u2019au 10 octobre.PHOTO YVES RENAUD, FOURNIE PAR LE TNM Dans Moby Dick, Normand D\u2019Amour incarne un Achab à la fois aveuglé par son désir de vengeance et lucide face à la mise en barils de l\u2019huile à baleine.iCT' THEATRE DENI5E-FELLETIER DIRECTION ARTISTIQUE CLAUDE POISSANT IU\tPartenaire de saisor Hydro VX.Québec 30 SEPTEMBRE AU 24 OCTOBRE 2015 ON NE BADiNE PA5 AVEC L\u2019AMOUR >6 * ¦ ^ UN DES PLUS BEAUX ET CRUELS DIALOGUES AMOUREUX DE LA LITTÉRATURE TEXTE ALFRED DE MUSSET MISE EN SCENE CLAUDE POISSANT AVEC ADRIEN BLETTON, HENRI CHASSÉ, FRANCIS DUCHARME, OLIVIER GERVAIS-COURCHESNE, RACHEL GRATON, MARTIN HÉROUX, ALICE PASCUAL, CHRISTIANE PASQUIER ET DENIS ROY UNE PRODUCTION DU THEATRE DENISE-PELLETIER Partenaire média Billetterie 514 253-8974 denise-pelletier.qc.ca Québec! MOBY DICK Audacieux mais bavard JEAN SIAG CRITIQUE ?C'est un récit épique rock que Dominic Champagne et Bryan Perro proposent au public avec cette adaptation scénique ambitieuse de Moby Dick, qui ouvre la nouvelle saison du TNM.Une pièce forte en testostérone, bruyante par moments, où les rugissements des marins se fondent dans des riffs de guitare et des chants de baleine.C'est le personnage d'Ish-mael, incarné avec justesse par Steve Gagnon, qui nous fait le récit de ce voyage en mer.Le narrateur de Moby Dick, qui s'engage sur le Péquod par pur désœuvrement, sera vite initié à la chasse à la baleine.C'est l'époque d'avant le forage du scène et rythmées par la musique omniprésente de Ludovic Bonnier et la voix marine de Frédérike Bédard.Sans compter le « dépeçage » de la bête dégoulinante de sang, qui donne une couleur rouge à ce Moby Dick.Des acteurs à la hauteur Si le récit tend à tourner en rond et à se perdre en circonvolutions, surtout dans la deuxième partie, les acteurs eux, parviennent à donner du souffle à cette aventure.À commencer par Normand D'Amour, qui incarne un Achab à la fois aveuglé par son désir de vengeance et lucide face à la mise en barils de l'huile à baleine.Il n'est pas seul.David Savard, dans le rôle de Starbuck, incarne parfaitement cette industrie gour- Dominic Champagne, qui a bien vu dans Moby Dick une critique de la révolution industrielle et de la surexploitation des ressources naturelles, réussit à créer des images fortes qui illustrent bien ce combat perpétuel entre l\u2019homme et la nature.pétrole, où l'huile de baleine est la principale source de combustible.À bord de ce baleinier, Ishmael se rendra compte que le capitaine Achab (Normand D'Amour), qui a été défiguré et a perdu une jambe en tentant de harponner une immense baleine blanche, cherche en fait à se venger du cétacé qu'il a baptisé Moby Dick.S'engage alors une bataille épique entre l'homme et le monstre marin, qui rappelle d'ailleurs un autre grand roman, Le vieil homme et la mer, d'Ernest Hemingway.Dominic Champagne, qui a bien vu dans Moby Dick une critique de la révolution industrielle et de la surexploitation des ressources naturelles, réussit à créer des images fortes qui illustrent bien ce combat perpétuel entre l'homme et la nature.À cet égard, il faut dire que les scènes de harponnage sont particulièrement bien rendues.Une chorégraphie inventive, avec quelques acrobaties parfaitement mises en mande qui veut s'enrichir à tout coût, mais qui tempère aussi les ardeurs d'Achab en le mettant en garde contre la colère de Dieu.De son côté, Jean-François Casabonne, fidèle à lui-même, compose un harponneur sauvage magnétique qu'on ne quitte jamais des yeux.Sylvain Marcel, dans le rôle de l'officier-matelot tyrannique, détonne un peu du reste de l'équipage avec son joual, mais il permet d'alléger l'ambiance parfois lourde qui s'installe à bord du Péquod.Ce Moby Dick audacieux demeure très bavard.Avant d'affronter la grande baleine blanche, il faudra vous armer de patience et accepter de voguer à travers vents et marées, et encore entre marées et vents avant le dénouement de cette aventure épique.Une aventure bruyante, qui donne parfois le mal de mer, mais qui nous entraîne aussi dans une épopée qui est loin d'être banale.Au TNM jusqu\u2019au 17 octobre. ADMISSION GRATUITE MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL DÈS LE 1er OCTOBRE MBH / / \"\t¦ i Nouveau ! Réseau Sélection invite les citoyens de 65 ans et plus à participer à la première édition des Beaux-jeudis au Musée des beaux-arts de Montréal.Admission gratuite, visites guidées des collections du Musée* et des activités culturelles.Pour la programmation et vous inscrire: reseau-selection.com/musee ou 1-844-738-7248 *Excluant les grandes expositions RÉSEAU SÉLECTION J Complexes pour retraités n # s idsanté' en mode mieux-être ARTS THÉÂTRE LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2015 ON NE BADINE PAS AVEC LAMOUR Fontaine, je ne boirai pas de ton eau PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Le metteur en scène Claude Poissant demeure épris de la période romantique : « Ce sont des auteurs qui me parlent, une époque que j\u2019aime», souligne-t-il.Pour inaugurer sa première saison à la barre du Théâtre Denise-Pelletier, Claude Poissant a choisi d\u2019adapter une pièce d\u2019Alfred de Musset, On ne badine pas avec l\u2019amour.Une façon d\u2019affirmer son désir de continuer à monter des pièces du répertoire classique.JEAN SIAG S'il tient à conserver la vocation classique du Théâtre Denise-Pelletier (TDP) - en plus de programmer des pièces contemporaines -, Claude Poissant avoue quand même avoir un faible pour le théâtre romantique.Chaque fois qu'il a «pris la parole » au TDP, c'était pour monter des pièces de ce répertoire : Les caprices de Marianne et Lorenzaccio, d'Alfred de Musset; Marie Tudor et Lucrèce Borgia de Victor Hugo.« Ce sont des auteurs qui me parlent, une époque que j'aime», nous dit le metteur en scène, qui a misé sur deux jeunes acteurs très «physiques», Francis Ducharme et Alice Pascual, pour interpréter les rôles principaux.« Les romantiques sont des plaintifs engagés.Des êtres qui sont prêts à se coucher par terre dans la rue et hurler leur désespoir pour être entendus.J'aime ça!» On ne badine pas avec l'amour est un drame romantique qui met en scène deux jeunes cousins, Perdican et Camille, promis l'un à l'autre par leurs parents.Mais la jeune Camille, qui sort d'un couvent, refuse de s'abandonner à son cousin, malgré tout l'amour qu'elle a pour lui, convaincue (par les nonnes) que les relations amoureuses se soldent toujours par des échecs.Christiane Pasquier, Henri Chassé, Denis Roy, Rachel Graton, Adrien Bletton, Martin Héroux et Olivier Gervais-Courchesne font également partie de la distribution.Désir de beauté La pièce d'Alfred de Musset est connue pour sa fameuse scène de la fontaine, où Perdican lance à sa cousine : « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches ; méprisables et sensuels.Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées [.], mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de ces êtres si imparfaits.» « C'est un texte que je trouve magnifique, insiste Claude Poissant.Chez Musset et probablement chez les romantiques, ce n'est jamais noir ou blanc.On est toujours dans le déséquilibre.Le gouffre du doute est permanent, le désir de la beauté des choses, des êtres, des gestes, de l'humanité est toujours présent.Autour de ce dialogue entre Camille et Perdican, il y a une histoire à la fois charmante et dramatique.» Perdican n'abandonnera pas facilement la partie.« Il est convaincu que Camille est la femme de sa vie, nous dit Francis Ducharme, qui interprétera le rôle de Perdican.Et il est convaincu qu'elle aussi est amoureuse de lui, donc il ne peut pas s'arrêter, il veut la réveiller, il veut qu'elle s'abandonne et qu'ils retrouvent la relation fusionnelle qu'ils avaient lorsqu'ils étaient plus jeunes.» Face à ses refus répétitifs, Perdican courtisera la jeune Rosette, fille de la domestique, essentiellement pour la rendre jalouse.Mais la jeune fille tombera éperdument amoureuse de Perdican.Elle ne survivra d'ailleurs pas à ce stratagème quand elle apprendra les sentiments profonds de Perdican pour Camille.D'où le titre: « On ne badine pas avec l'amour.» Cette relation tumultueuse et passionnée entre Perdican et Camille n'est pas étrangère à la relation qu'a entretenue Alfred de Musset avec l'écrivaine George Sand.Selon Alice Pascual, qui incarnera le rôle de Camille, ces rapports sont très modernes.« Ce que je trouve fabuleux, dit-elle, c'est ce trait d'union entre la puissance romantique et le mot juste, c'est ce qui m'a toujours plu dans le théâtre de Musset.» À l'heure des grandes déceptions amoureuses, la pièce d'Alfred de Musset risque de faire mouche.Claude Poissant nous fait d'ailleurs remarquer qu'à l'époque, l'entourage des deux jeunes cousins était lui aussi désabusé.« Il n'y a que le père de Perdican qui n'est pas cynique.Il veut pour son fils ce qu'il n'a pas complètement réussi pour lui-même.C'est le seul qui a un dernier élan de romantisme», analyse-t-il.Un lieu inventé Claude Poissant a profité de l'absence d'unité de lieu et de temps dans la pièce d'Alfred de Musset pour situer l'action dans un lieu inventé.« La scénographie est très picturale, détaille le metteur en scène.Nous sommes dans un espace poétique complètement fabulé.Je représente vaguement le château, le jardin, mais ce n'est pas du tout réaliste.Il y a quelque chose du dessin primaire, c'est très schématique.Au niveau des costumes, j'ai gardé des lignes classiques, mais ça reste très contemporain.» On ne badine pas avec l'amour demeure une pièce sur l'orgueil, les deux amoureux cherchant constamment à avoir le dernier mot.« J'aurais le goût de leur crier: \"Arrêtez! Vous allez finir par vous haïr!\", nous dit Claude Poissant.J'ai dit aux acteurs qu'ils devaient se dire, à leur sortie de scène: \" Merde, ce n'est pas ce que j'aurais dû dire.\" C'est ce que je veux que le spectateur ressente.Comme lorsqu'on texte quelque chose à quelqu'un et qu'on se dit, la seconde suivante : \" J'aurais pas dû.\" Justement parce que Camille et Perdican sont trop orgueilleux.» Au Théâtre Denise-Pelletier, du 30 septembre au 24 octobre.STEVIE WONDER ¦un concert fascinant» - Billboard It.«.ce concert prouve que Wonder est un trésor national » - SF Weekly triomphal et immense» - Rolling- Stone ^ ,un chef-d\u2019œuvre » |\t- Boston Herald le concert événement de la saison - The Philadelnhia'lnnuirermm al donne vie à son chef-d\u2019œuvre r musical sur scène » - Las Vegas Weekly POUR UNE SEULE ET UNIQUE SOIREE ! Centre Bell CE MERCREDI ! 30 septembre Billetterie du Centre Bell evenko.ca | 1 855 310-2525 Produit par Wonder Productions, Inc « [.] exceptionnel ! » \u2014 C'est pas trop tôt ! ICI Radio-Canada Première O RODIN LA PLUS GRANDE EXPOSITION RODIN AU CANADA ! Ouvert jusqu'à 21 h Gratuit pour les les jeudis 1er,\tenfants de 12 ans 8 et 15 octobre et moins Accompagnés d'un adulte Non applicable aux groupes Billets à % prix les mercredis soirs Applicable à l'achat d'un billet au prix courant de 20 $, de 17 h à 21 h À VISITER DÈS MAINTENANT ! Une présentation de AIR CANADA I FieraCapital Bell /Ml TOUNSM6/ MormeaL MABI Une exposition organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal et le musée Rodin, Paris.Installation de l'exposition Métamorphoses.Dans Je secret de l'atelierde Rodin au MBAM.Photo MBAM, Denis Farley MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2015 ARTS 7 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ARTS THÉÂTRE PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE Macbeth, «c\u2019est la tragédie hémoglobine par excellence de Shakespeare», souligne la metteure en scène Angela Konrad (au centre, entre les acteurs Dominique Quesnel et Philippe Cousineau).MACBETH Shakespeare baroque Comment monter Macbeth avec 2500$?Avec beaucoup d\u2019idées, un coup de pouce de l\u2019Usine C et de l\u2019UQAM, une adaptation de Michel Garneau, cinq acteurs, dont Dominique Quesnel et Philippe Cousineau, et une mise en scène baroque d\u2019Angela Konrad.Ces complices de la «relève quinquagénaire du théâtre québécois», s\u2019amusent-ils à dire, travaillent ensemble pour la troisième fois.MARIO CLOUTIER ANGELA KONRAD Celle qui tient tous les fils de cette production baroque s'attaque à Macbeth pour la troisième fois.Elle a inclus dans sa mise en scène des éléments absents du texte.«Tout est possible au théâtre, dit-elle.Ça me plaît beaucoup de pousser la logique et la morale plus loin, ce qui crée une interrogation pour le public.On parle beaucoup de Macbeth comme des coulisses du pouvoir, de l'ambition et de la politique.Mais il y a une autre histoire, celle du couple, celle de l'héritage et de la gestion du temps.Il y a aussi la question de la stérilité, du désir d'avoir des enfants, de tuer les enfants de l'autre.Le génie shakespearien est de superposer l'histoire de l'Angleterre et de l'Écosse de l'époque sur la condition humaine.» MICHEL GARNEAU La traduction de 1978 du poète Michel Garneau garde toute sa pertinence, selon les artisans de la pièce.« Pour moi, Shakespeare a été un choc esthétique et je ne m'en suis pas encore remise, 30 ans plus tard, dit Angela Konrad.Garneau me ramène à ce choc initial.J'ai retrouvé [dans son texte] quelque chose de la force évocatrice et métaphorique de Shakespeare.Après Garneau, toutes les traductions en français me sont apparues édulcorées.» « C'est une langue québécoise poétique.C'est jouissif.On est choyés de mordre là-dedans.Il parle de \"notre pauvre pays\" en référence à l'Écosse, mais ça reste intéressant par rapport à notre pauvre Québec qui ne sait plus où se garrocher», ajoute la comédienne Dominique Quesnel.MACBETH «Physiquement, c'est un rôle exigeant, dit son interprète Philippe Cousineau.Il faut jouer, c'est sportif.Macbeth, c'est un peu le dindon de la farce.C'est un grand paranoïaque.Il veut tenir le monde, mais n'a pas les moyens de le faire.Il n'arrête pas de parler de l'au-delà.Il y a quelque chose de très chrétien là-dedans.Et c'est du Garneau, un grand poète.Sa traduction est considérée comme LA traduction en français de Macbeth.» LADY MACBETH «Je me disais qu'à 51 ans, je ne pourrais jamais jouer Lady Macbeth, avoue son interprète Dominique Quesnel.Mais heureusement, il y a cette folle d'Angela Konrad.Elle nous laisse énormément de liberté.On peut créer parce qu'on sait qu'au final, elle tient le fil.Je peux faire 56 000 niaiseries parce que je fais confiance à son intelligence.Elle ne se sent pas menacée par notre apport.» LES TROIS SORCIÈRES Gaétan Nadeau, Alain Fournier et Olivier Turcotte jouent les trois sorcières, en plus d'une galerie de personnages parmi la vingtaine que compte l'œuvre originale.« Les sorcières, c'est l'incarnation des forces du mal, note Angela Konrad.Ce sont elles qui mènent le bal.Elles font vivre ce théâtre où elles font apparaître le couple qui, lui-même, croit manipuler le monde.C'est plutôt le monde qu'il a engendré qui le manipule.Les sorcières incarnent les autres personnages.On met un manteau et un autre et un autre par-dessus.» SHAKESPEARE « Ce qui m'intéresse toujours chez Shakespeare, c'est le théâtre dans le théâtre, dit Angela Konrad.Shakespeare est traversé par le baroque, le théâtre médiéval, qui repose sur la transformation de l'acteur.Je m'inscris dans le néo-baroque.On multiplie les perspectives, les signes.Ça crée des renversements et demande à l'acteur une grande mobilité dans le jeu.On reste fidèle à la fable, mais on entre dans l'intimité du couple.Pour le jeu des acteurs, la progression dramatique est de l'ordre de la démesure.» LE SANG La série américaine House of Cards s'inspire grandement des pièces shakespeariennes comme Macbeth, dont le texte met en scène un véritable bain de sang.« Macbeth traverse le temps, croit Philippe Cousineau.La preuve, c'est la popularité de House of Cards avec Kevin Spacey, qui est un grand acteur shakespearien.» « C'est la tragédie hémoglobine par excellence et la plus courte de Shakespeare, note Angela Konrad.Je ne sais pas encore s'il y aura du sang.J'ai vu beaucoup de Macbeth.Ce qui m'a toujours dérangée, c'est le côté réaliste.S'il y a beaucoup de théâtre dans le théâtre, c'est pour le dévoiler et montrer comment la réalité, elle, se voile.Mettre du sang dans la pièce, c'est de l'ordre du réalisme qui n'a pas lieu d'être.» À l\u2019Usine C du 29 septembre au 10 octobre.\t Tous les samedis dans La Presse\t ® THEATRE OUTREMONT Montréal?Le théâtre de tous les possibles rabais pours spectacles et plus Info billets theatreoutremont.ca % £ A SANDRA LE COUTEUR Le Phare INSTRUCTIONS POUR UN EVENTUEL GOUVERNEMENT SOCIALISTE QUI SOUHAITERAIT ABOLIR LA FÊTE DE NOËL Michael Mackenzie | CTDA Avec Sophie Desmaraiset Luc Picard 15 au 17 oct.Igor Dobrovolskiy | Ballet-théâtre atlantique du Canada 6 nov.,.4SSà, DAMIENROBITAILLE Pièce par pièce 4 déc.SOLEIL D'ESPAGNE, VIESET POÉSIESDELORCA Avec Richard Desjardins, Alexandre Da Costa et Alexandre Éthier | Desjardins BIANCOSUBIANCO Daniele Finzi Pasca | Compagnia Finzi Pasca 18 déc.ET PLUS ENCORE ! ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Présente par KENT NAGANO Hydro Vdu Québec DIRECTEUR MUSICAL VIOLON ROMANTIQUE ARTISTES Emmanuel Krivine, chef d'orchestre Vilde Frang, violon SEPTEMBRE 20 h ŒUVRES Humperdinck, Hansel et Gretel, Ouverture Komgold,Concerto pour violon L'œuvre la plus populaire de Korngold également compositeur de musique de film pour la firme Warner Bros dans les années 30-40.OCTOBRE 20 h BILLETSAU PARTERRE a partir de GIL SHAHAM & BACH GilShaham, violon SAM.r/ Bach, Sonates et partitas pour violon seul « Le violoniste américain le plus remarquable de sa génération.» Time Magazine Un récital unique, avec film projeté sur écran géant.OCTOBRE 19h 30 BILLETSAU ARTERR à partir de 60$ Présente en collaboration avec Pro Musica RAFAE BLECHACZ JOUE CHOPIN ŒUVRE Chopin, Concerto pour piano n° 2 Blechacz : grande sensation de la Virée classique 2014 OCTOBRE 20 h BILLETSAU PARTERRE ARTISTES BramwellTovey, chefd'orchestre Rafal Blechacz, piano a partir de 67$ OCTOBRE 10h30ET 19h TAXES EN SUS OSM.CA 514 842-9951 PARTENAIRES PUBLICS PARTENAIRE DE SAISON CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Montrea BMO 8 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2015 LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2015 ARTS 9 FORMIDABLE MAESTRO » £y'~< PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE SYLVIE ST-JACQUES NEW YORK Dans le monde francophone, le maestro Stromae n'a qu'à lever le petit doigt pour envoûter ses millions de fans.«Deux millions de billets, trois millions d'albums, des succès à un milliard », autant de chiffres qui défilent en introduction de Stromae Takes America, vidéoclips rigolos signés Jérôme Guiot, qui jouent sur le contraste entre la célébrité européenne de Paul Van Haver (son vrai nom) et son anonymat au pays de Michael Jackson.Le 1er octobre, Stromae sera le premier artiste d'expression française à se produire au Madison Square Garden.New York lui déroulera-t-il le tapis rouge ?«Est-ce qu'il reste de bons billets pour Stromae?», demande-t-on au guichetier du Madison Square Garden, à New York, non sans accentuer notre prononciation à l'américaine de «maestro» en verlan.Trop tard pour les places à 74$, dans les sections adjacentes à la scène.Il reste celles à 44$, dans les gradins supérieurs, mais le choix est limité.Tout indique que le Madison Square Garden va vibrer fort sur Alors on danse, jeudi soir.Deux semaines après Madonna - qui, dans la vidéo Stromae Takes America, confie à la caméra son intérêt à travailler avec Stromae -, le prestigieux aréna new-yorkais accueillera l'auteur de Formidable et de Papaoutai.Mais depuis le début de la semaine, l'artiste, qui a annulé son concert de Minneapolis après un mystérieux accident qui l'aurait blessé au visage, garde en haleine les détenteurs de billets pour les concerts prévus à Royal Oak, Michigan (hier), Toronto (ce soir), Montréal (28 et 29 septembre) et New York (1er octobre).Joint par Skype chez lui à Bruxelles, le réalisateur Jérôme Guiot ne se montrait pas trop affolé par l'accident de Minneapolis.«Je l'ai appris comme tout le monde, en lisant les journaux », a dit à La Presse cet ami personnel du chanteur pop autodidacte qui, dans ses récents clips faits dans la lignée des Leçons de Stromae, a cherché à accentuer le décalage entre la célébrité de Stromae en Europe et son anonymat à Seattle et à New York, où ont été tournés les vidéoclips.Formidable et imprévisible Dans Stromae Takes America, la pop star en nœud papillon et culotte courte, fraîchement débarquée à New York, joue les «hommes-sandwichs», sortant seul d'un taxi jaune et tentant sa chance comme musicien dans le métro ou piochant sur son petit clavier, en plein Time Square.Jérôme Guiot explique que la drôlerie de la réalité a inspiré l'art.«À un moment donné, nous nous sommes retrouvés devant le Madison Square Garden, relate-t-il.Il y avait une foule qui sortait d'un match de basket.On se disait: \"On va jouer là! \" et sur un grand écran, il y avait la photo de Stromae.Mais personne ne le reconnaissait.Cela a inspiré l'écriture de la vidéo.» La star de 30 ans, qui a triomphé aux FrancoFolies de Montréal en 2014, enchaîne depuis 2009 les tubes et les collaborations artistiques prestigieuses.Alors on danse, qui a propulsé sa carrière, a été remixé par Kanye West.En 2013, Papaoutai, premier single issu de son album Racine carrée, s'est hissé au sommet du palmarès iTunes, dans 18 pays.Lorde, quant à elle, lui a fait une place dans la trame sonore de Hunger Games: Mockingjay - Part 1.Mais Stromae semble rejeter le EN CHIFFRES statut de star et encore plus l'idée qu'il soit un modèle pour la jeunesse.Adepte du coup publicitaire et des performances annoncées à la dernière minute sur les réseaux sociaux, Stromae jongle avec l'imprévisible, pour le meilleur et pour le pire.Pour des raisons de santé, il a annulé sa prestation au Festival Osheaga, à l'été.Ce faux bond suivait l'annulation d'une grande partie de sa tournée africaine, en raison de problèmes de santé: il aurait subi des effets secondaires marqués d'un traitement contre le paludisme.Désillusion, avec du beat, titrait en octobre 2013 le New York Times, qui offrait à ses lecteurs un long portrait de ce prince de l'euro pop devenu l'emblème d'une génération qui cherche surtout à oublier les problèmes de l'endettement, du chômage, du divorce et de la crise économique.Au fait, qui ira applaudir Stromae au Madison Square Garden, jeudi soir?Les mélomanes américains curieux ou les nombreux expatriés francophones établis dans la Grosse Pomme?Selon Jérôme Guiot, qui rappelle que Stromae a fait une première tournée américaine en 2014, ça pourrait être un peu des deux.«Au début de la première tournée, le public se composait surtout d'expa-triés européens, précise-t-il.Mais dans la deuxième phase, sur la côte Ouest, il y a eu un intérêt grandissant de la part des Américains.Nous avons bon espoir que les gens vont s'intéresser au personnage.Quelqu'un m'a demandé s'il voulait fuir l'Europe.Pas du tout ! L'état d'esprit de Stromae, c'est surtout de partager avec plus de gens.Il faut quand même se rappeler qu'il a commencé à Bruxelles : ce n'est pas le chemin habituel pour se rendre à Time Square!» Au Centre Bell les 28 et 29 septembre, 19 h 30.2,5 Il a vendu plus de 2,5 millions d\u2019exemplaires de Racine carrée, son deuxième album, dans le monde 2009 On la découvert en 2009 avec Alors on danse, succès mondial extrait de son premier album, Cheese 11 À 11 ans, Stromae commence à s\u2019intéresser à la musique et s\u2019inscrit à l\u2019Académie musicale de Jette (région de Bruxelles-Capitale) 2 Nombre dalbums à son actif: Cheese et Racine carrée Nombre de tournées: une européenne, le Stromae Tour, en 2011 et une mondiale, Racine carrée tour, de 2013 à 2015 5 Nombre de Victoires de la musique qu\u2019il a récoltées, en France, dans les catégories suivantes: album de musiques électronique ou dance de l\u2019année avec Cheese en 2011, artiste masculin, vidéo-clip pour Formidable et album de chansons, variétés en 2014, et concert de lannée en 2015.188 Nombre de concerts donnés dans le cadre de la Racine carrée Tour, dont 139 en Europe 10 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2015 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ARTS PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE Le succès des albums de François Pérusse, dont le premier tome est paru en 1991, est sans équivoque.À ce jour, près de 2 millions d\u2019exemplaires ont été vendus.\u2022\t.M (
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