La presse, 23 décembre 2015, Cahier A
[" Montréal mercredi 23 décembre 2015 132® année No 056 34 pages, 3 cahiers 1,20$ taxes en sus - Édition provinciale 1,30$ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées LA PRESSE 2015 VUE PAR PIERRE KARL PÉLADEAU Notre entrevue avec le chef de l\u2019opposition officielle PAGE A3 PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE It El CANADIEN 1 WILD 2 ÇA CONTINUE Y a-t-il un marqueur dans la salle?SPORTS PHOTO JIM MONE, ASSOCIATED PRESS ADIEU BANANES ?Le fruit jaune que vous retrouvez dans votre supermarché est menacé de disparition.Portrait d\u2019une épidémie que l\u2019on a (presque) vue venir.Et regard sur ce qui pourrait le sauver.PAGE A2 m :> mm PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LAPRESSE minuit 1111111 < >1 mill feadïS RNCMÉ EN RÉFLEXION L\u2019entreprise qui possède les stations CHOI Radio X (Québec) et 91.9 Sport (Montréal) charge une banque dévaluer ses options pour l\u2019avenir.AFFAIRES PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE S) tri ER W tiotl PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE Rare incursion dans le plus grand hôpital psychiatrique à sécurité maximum du Québec, PAGE A5\t^57 À\ti NATHALIE PETROWSKI LA MAGIE DE MONTRÉAL ARTS PAGE A17 THE BIG SHORT 8 MINUTES AVEC CHRISTIAN BALE ARTS PAGE A16 MON CLIN D'ŒIL STÉPHANE LAPORTE C\u2019est le Noël des campeurs pour tout le monde! Ocri Venez voir mon blogue! www.lapresse.ca/laporte L-V 621 924987651 1111 ¦ ¦ ! tu ¦> !¦! Mil 1 ni ¦¦ Il y a des millions de Canadiens sur notre liste.Nous livrerons des millions de colis durant les Fêtes, dont les vôtres, chez vous ou tout près, à l'un de nos 6 200 bureaux de poste.Nous sommes fiers d'être votre choix pour la livraison de vos achats des Fêtes faits en ligne.Joyeuses Fêtes de Postes Canada.Du monde en ligne jusqu'à vous lCMarque de commerce de la Société canadienne des postes postescanada.ca/letempsdesfetes 621924987651 A 2 LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 23 DÉCEMBRE 2015 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ACTUALITÉS La banane menacée de disparition La survie de la banane telle qu\u2019on la connaît dans les supermarchés occidentaux est sérieusement menacée.Détails d\u2019un assaut (qui n\u2019a pris personne par surprise) et portrait d\u2019un ennemi bien connu des autorités.STÉPHANIE BÉRUBÉ LES FAITS La banane consommée par les Occidentaux est la Cavendish.Depuis quelques années, plusieurs plantations de l'Australie, de l'Asie et même de l'Afrique ont été frappées par la maladie de Panama, qui détruit tout sur son passage.Si la maladie devait attaquer les plantations de l'Amérique latine, où est produite la majorité des Cavendish, cette belle banane jaune pourrait disparaître à jamais.DESCRIPTION DU SUSPECT C'est à Cuba, en 1910, que le responsable de la maladie de Panama a été formellement identifié : il s'agit du Fusarium oxyspo-rum f sp.cubense.L'épidémie qui détruit actuellement les plantations de Cavendish est toutefois une mutation de la maladie de Panama, le TR4.Ce champignon est redoutable puisqu'il peut rester dans le sol très longtemps et voyage avec la terre, sur des équipements agricoles ou même sur les chaussures des travailleurs.Il ne s'attaque qu'aux bananiers, mais les laisse dans un piteux état: l'intérieur de la plante est en bouillie et dégage une odeur fétide.CRIMES PRÉCÉDENTS «La meilleure approche pour limiter la migration du TR4 est d'établir des protocoles qui préviendront ou 4 i PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE Si la maladie de Panama qui détruit les plantations devait sévir en l\u2019Amérique latine, la banane Cavendish pourrait disparaître à jamais.retarderont sa propagation dans de nouvelles régions », explique Augustin Molina, du groupe de recherche Biodiversity International.La maladie de Panama a déjà frappé durement : elle a pratiquement rayé de la carte la banane Gros Michel, il y a 60 ans.La Gros Michel était alors la banane préférée des Occidentaux.Cette extinction a laissé la voie libre à la Cavendish, qui est alors devenue la banane d'exportation de choix, puisqu'elle était résistante à une première forme de la maladie de Panama.LENT PARCOURS À la fin des années 60, c'est à Taiwan que la maladie de Panama est réapparue, s'attaquant cette fois.à la banane Cavendish.Il a quand même fallu quelques années avant de l'identifier.Plus tard, durant les années 90, le champignon a frappé les bananes Cavendish d'Indonésie et de Malaisie, puis attaqué les plantations australiennes.On l'a repéré au début des années 2000 aux Philippines et, depuis deux ans, à l'extérieur de l'Asie, en Jordanie, au Pakistan et au Liban.Cette année, le Mozambique a signalé l'arrivée de la maladie dans ses plantations.CHRONIQUE D\u2019UNE MORT ANNONCÉE En janvier 2003, un article publié dans le New Scientist prédisait la mort de la banane Cavendish 10 ans plus tard.La maladie de Panama frappait alors en Afrique du Sud et l'on estimait que le parasite allait trouver le moyen de se rendre jusqu'en Amérique latine, où poussent les plus importantes plantations de Cavendish.«Je ne crois pas que la Cavendish va s'éteindre complètement », nuance Augustin Molina, qui croit que certains scientifiques profitent de la propagation de la maladie pour prédire un « bananageddon » et subtilement faire la promotion du développement d'une banane transgénique.CONSÉQUENCES DÉSASTREUSES On oublie parfois que la banane est une denrée essentielle dans plusieurs pays en développement, dit le professeur Gert Kema, de l'Université de Wageningen, aux Pays-Bas, et coauteur d'un article sur la maladie de Panama publié dans le journal Plos Pathogens le mois dernier.Il y a peu d'investissements en recherche pour mettre au point des variétés plus résistantes.« Les ressources sont très limitées, dit-il, surtout si on les compare à celles d'autres cultures.» Et c'est ce qui fait qu'on se retrouve sans banane d'exportation de remplacement, à minuit moins une.DÉFI TECHNIQUE La création d'une banane hybride est compliquée, et si on n'a pas réussi à imposer une variété sur le marché, ce n'est pas faute d'avoir essayé.Les bananes Cavendish ont beau avoir une forme inspirant de bonnes blagues grivoises, elles sont stériles.« La Cavendish commerciale n'a pas de graines, explique Augustin Molina.Plusieurs variétés produites par les fermiers autour du monde, même celles pour consommation locale, n'ont pas de graines.» Cela complique grandement la vie des créateurs de variétés hybrides.PROIE FACILE La plupart des bananes du monde sont consommées localement: seulement 15 % de la production est destinée à l'exportation.Par contre, cette petite partie est pratiquement totalement constituée de Cavendish.En accaparant tout le marché d'exportation, on a mis en place des plantations de monoculture qui rendent la vie bien facile à un parasite qui peut faucher une plante après l'autre, toujours la même.Il existe des centaines de variétés de bananes dans le monde, mais contrairement à d'autres fruits et légumes, comme les pommes ou les pommes de terre, les épiceries nord-américaines ne tiennent généralement que la Cavendish.\t \t Amusez-vous!\tAFFAIRES 6\tMonde\tA12 etA13 Astrologie du jour\tSPORTS 7\tPetites annonces\tSPORTS 7 Arts\tA15à A17\tAFFAIRES 4 Débats\tA14\tSudoku\tAFFAIRES 4 Décès\tSPORTS 8 et 9\ti, maximum 10, minimum 9.SPORTS 7 Météo Ciel variable avec faible pluie en après-midi\t CLE DE CARTIER Nouvelle Collection CHATEAU D\u2019IVOIRE MONTRÉAL \u2022 2020 RUE DE LA MONTAGNE, 514 845 465 1 SANS-FRAIS I 888 883 8283 WWW.CHATEAUDIVOIRE.COM Un policier en civil a dégainé son arme lors d\u2019une manifestation LOUIS-SAMUEL PERRON Un policier en civil qui était encerclé par des manifestants non armés a sorti son pistolet parce qu'il « craignait pour sa vie », a déclaré hier Ian Lafrenière, commandant au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Cette situation critique est survenue vendredi soir à la toute fin d'une manifestation contre l'austérité qui s'est soldée par huit arrestations pour agression armée, entrave et voies de fait.Vers 21h, la manifestation à laquelle avaient pris part environ 150 personnes tirait à sa fin, moins d'une heure après son départ du parc Émilie-Gamelin.Près de la rue Logan, dans le quartier Centre-Sud, des manifestants étaient rassemblés près de deux policiers habillés en civil.Les manifestants les ont alors accusés d'être des policiers « undercovers », puisque ces derniers avaient participé incognito à la marche.«Les policiers étaient encerclés.Ils n'avaient pas d'autres portes de sortie.Ils se sont identifiés et ont crié qu'ils étaient policiers.Ils ont demandé aux gens de reculer, mais ça n'a pas fonctionné», a expliqué le commandant Lafrenière.Un des policiers a alors dégainé son arme de service et l'a pointée en direction du groupe.«Est-ce que c'est souhaitable?Absolument pas, parce que ça nous dit que nos policiers étaient en situation de danger.[.] Si les personnes avaient été armées, ça aurait fini avec des coups de feu», ajoute-t-il.Il n'y a pas eu une seule arrestation liée à cet incident.De nombreux manifestants ont dénoncé à La Presse la présence de policiers en civil dans la manifestation.« Oui, il y avait plusieurs policiers en civil », convient d'emblée Ian Lafrenière, au début de l'entrevue.« Ce n'est pas la première fois qu'on en utilise, ce n'est pas la dernière non plus.Le but, c'était de les avoir sur le terrain, à proximité des gens qui commettaient des actes criminels pour les arrêter.» Des manifestants interrogés par La Presse ont aussi accusé le SPVM d'utiliser des «agents provocateurs » masqués qui auraient lancé des projectiles sur leurs collègues pour mettre le feu aux poudres.Le commandant Ian Lafrenière balaie du revers de la main ces accusations.« Tirer un projectile, des fusées éclairantes, ça peut avoir de graves conséquences, alors je ne suis pas sûr que c'était une manifestation très pacifique», évoque-t-il.La Presse a assisté à cette scène, sur la rue Sainte-Catherine, et n'a rien vu laissant croire que ces protestataires étaient des policiers.Une manifestante de 23 ans, Katie Nelson, a dû être hospitalisée vendredi soir pour soigner des blessures au bras et à la tête subis lors d'une chute.Or, l'étudiante de l'Université Concordia soutient qu'elle a été poussée « violemment» au sol par un policier en civil.« J'ai crié pendant plusieurs secondes: \"Ce sont des policiers, ce sont des policiers !\"Puis on m'a poussée avec force.J'étais au sol et je ne pouvais plus bouger», a-t-elle raconté à La Presse.Elle soutient que le policier en question faisait partie des agents visés par une poursuite de 24 000$ qu'elle a intenté contre la Ville en 2013 pour «profilage politique».Mme Nelson dit être visée injustement par certains policiers en raison de son militantisme.Elle a reçu une vingtaine de constats d'infraction depuis la grève étudiante de 2012.Des « recherches » ont été entamées par le SPVM sur cette affaire.«Jusqu'ici, on n'arrive pas à la même version qu'elle [.] Ça ne veut pas dire qu'elle n'a pas été bousculée.Ça, je ne peux pas le confirmer à 100 % », indique Ian Lafrenière.«Les policiers étaient encerclés.Ils n\u2019avaient pas d\u2019autres portes de sortie.Ils se sont identifiés et ont crié qu\u2019ils étaient policiers.Ils ont demandé aux gens de reculer, mais ça n\u2019a pas fonctionné.» \u2014 Ian Lafrenière, commandant au SPVM la presse Montréal mercredi 23 décembre 2015\tA j iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ENTREVUE À LA PRESSE PKP contre le gouvernement des médecins VINCENT MARISSAL CHRONIQUE A sa première question à l'Assemblée nationale comme nouveau chef de l'opposition officielle, en mai, Pierre Karl Péladeau avait offert à Philippe Couillard sa collaboration pour organiser un grand sommet sur l'économie.Un peu plus de sept mois plus tard, le chef du Parti québécois (PQ) tourne la page sur 2015 en brossant un sombre portrait des réalisations économiques du gouvernement libéral.« L'économie, c'est pas la force du Parti libéral, il n'y a pas beaucoup d'entrepreneurs.Martin Coiteux, pas sûr qu'il a créé beaucoup de jobs dans sa vie.Il a peut-être été un brillant professeur, tant mieux pour lui, mais ce n'est pas quelqu'un qui a été dans le vif de l'activité économique », a lancé Pierre Karl Péladeau, en entrevue à La Presse.Une des très nombreuses salves contre le bilan économique du gouvernement Couillard.Comme il l'a fait plus tôt cet automne, PKP reproche aux libéraux de s'être écrasés devant Bombardier, mais en ce moment, c'est surtout le dossier Pétrolia, à Anticosti, qui l'agace.«Pétrolia, ça va finir devant les tribunaux, ça va donner une image exécrable du Québec, a-t-il dit lors d'une visite dans la nouvelle salle de rédaction de La Presse.Philippe Couillard s'en va à Davos pour courtiser des investisseurs, mais ceux-ci vont lui dire: \"Comment peut- avec les médecins?S'il veut aller chercher de l'argent, il pourrait le faire.» Le chef péquiste se moque par ailleurs de la verte conversion de son rival, qui était jusqu'à récemment favorable aux forages pétroliers à Anticosti.« Depuis quand Philippe Couillard est-il vert?demande-t-il.Ça change au gré des saisons.Il a parlé de délabrement [à Anticosti].Il faudrait que quelqu'un nous explique en quoi ça consiste.C'est quand même assez grand, l'île d'Anti-costi, c'est 10 fois grand comme l'île de Montréal, et je ne suis pas sûr que c'est ce qui se produirait.On a trois forages à fracturation à faire et il y a des millions de forages qui ont été faits aux États-Unis.» Selon le chef du PQ, le gouvernement Couillard « a des cibles, mais pas de plan».Il qualifie par ailleurs le projet d'électrification des transports de « show de boucane ».Et lui-même, peut-il se prétendre vert tout en prônant l'exploitation pétrolière dans un sanctuaire naturel ?lui ai-je demandé «J'ai toujours été attentif à l'environnement, répond-il.J'ai une voiture électrique, j'ai toujours composté et je suis végétarien depuis 15 ans.Lorsque vous êtes végétarien, vous participez beaucoup moins aux coupes de forêt au Brésil pour faire du bœuf et pour faire du McDonald's.» « Il y en a pour les médecins, mais beaucoup moins pour les patients.Pourquoi ?Est-ce que c\u2019est parce que ce sont des médecins qui dirigent ?» \u2014 Pierre Karl Péladeau on te faire confiance?Tu ne respectes même pas un contrat avec une entreprise du Québec, un contrat dans lequel le gouvernement a investi.\" » Contrairement à Philippe Couillard, M.Péladeau croit au projet d'Anticosti.« Je crois surtout qu'on doit respecter le contrat parce qu'il y a un principe en droit, c'est la sécurité des contrats, et si on ne le fait pas, c'est plate à dire, mais ça va être l'anarchie.Est-ce qu'il va aussi décider un moment de ne plus respecter le contrat Quant à Bombardier, un des sujets chauds de la dernière session, PKP n'en démord pas : le gouvernement aurait dû s'assurer d'avoir une voix avant d'injecter plus de 1 milliard de fonds publics.« Le gouvernement avait le gros bout du bâton dans cette négociation, dit-il.Bombardier n'était pas dans une position très favorable pour négocier et Québec aurait pu exiger beaucoup plus.Lorsque tu mets 1,3 milliard dans une compagnie, tu devrais avoir le droit PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a l\u2019intention de continuer de défendre les programmes sociaux contre un gouvernement qui, dit-il, veut seulement diminuer la taille de l\u2019Etat et qui s\u2019oppose idéologiquement aux CPE.de dire deux ou trois choses.Moi, je sais comme ça marche une entreprise, j'en ai fait, des transactions.» À la défense des « missions essentielles» À l'Assemblée nationale, PKP a l'intention de continuer de défendre les programmes sociaux contre un gouvernement qui, dit-il, veut seulement diminuer la taille de l'État et qui s'oppose idéologiquement aux CPE.« J'ai tendance à penser que certains membres du gouvernement Couillard souhaitent une diminution de la taille de l'État, et ces gens peuvent forcer la main du premier ministre.Moi, je crois qu'il y a des missions essentielles qui doivent être effectuées par l'État.» M.Péladeau critique, notamment, la privatisation « sournoise» des soins de santé et les conditions salariales des médecins.« Il y en a pour les médecins, mais beaucoup moins pour les patients.Pourquoi ?Est-ce que c'est parce que ce sont des médecins qui dirigent?On a eu Philippe Couillard, on a eu Bolduc, et on a maintenant Barrette.N'est-il pas légitime de se demander s'il n'est pas temps d'avoir autre chose qu'un médecin comme ministre de la Santé?», a-t-il lancé.Sur le front politique, Pierre Karl Péladeau admet sans détour que le PQ a « beaucoup de travail à faire » lorsqu'on lui demande de commenter l'état de mobilisation et d'appui à son option souverainiste.Il dit d'abord vouloir « réengager» les jeunes, avant de se lancer dans un long exposé économique.M.Péladeau mise aussi sur la création de l'Institut de recherche sur l'indépendance en 2016, un engagement de sa course à la direction.« Ça s'en vient, dit-il.C'est plus long que prévu parce que je ne peux pas tout faire en même temps.» Le chef du PQ veut se préparer à répondre à « la peur du référendum» exploitée par les libéraux à chaque élection.Comment?« J'ai tendance à penser que les gens sont plus éduqués maintenant, et ceux qui sont susceptibles de tomber dans ces adéquations, des fois, malheureusement, on fait appel à l'ignorance, à l'inquiétude, à la peur», avance-t-il.EN VRAC Sur Justin Trudeau «lia mené une très bonne campagne.J\u2019ai aimé son positionnement, qui allait à l\u2019encontre des campagnes négatives de Stephen Harper.Il semble aussi vouloir tenir ses promesses électorales, contrairement à Philippe Couillard.Cela rehausse l\u2019image des politiciens.Pour le reste, il est trop tôt, on verra à l\u2019usage.» Sur sa fiducie «Je suis très à l\u2019aise avec la formule retenue et il n\u2019y aura pas de changement.» Sur ses relations avec les journalistes «Je n\u2019ai pas parlé de la partition du Québec.Je ne veux pas critiquer le travail des journalistes, mais c\u2019est une interprétation des journalistes parce que je n\u2019ai pas été péremptoire, et quand on n\u2019est pas péremptoire, cela prête à interprétation.Ça fait partie des ajustements que je dois apprendre à faire.» PROPOS SUR LE DÉSÉQUILIBRE FISCAL Lopposition tire à boulets rouges sur le ministre Leitao PHOTO BLAIR GABLE, ARCHIVES REUTERS Lors d\u2019une entrevue à La Presse à la suite de la conférence semi-annuelle des ministres des Finances du pays, le ministre Leitao a estimé qu\u2019il n\u2019y avait pas de déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces, à l\u2019heure actuelle.VINCENT BROUSSEAU-POULIOT OTTAWA \u2014 « C'est une bourde», dit le chef péquiste Pierre Karl Péladeau.La CAQ est « estomaquée ».Québec solidaire se demande s'il s'agit « d'ignorance ou d'insouciance».Les partis de l'opposition à Québec ont dénoncé hier les propos du ministre des Finances du Québec Carlos Leitao, qui considère qu'il « n'y a pas un déséquilibre fiscal aujourd'hui» entre Ottawa et les provinces.Les trois partis de l'opposition à l'Assemblée nationale sont plutôt d'avis qu'il existe actuellement un déséquilibre fiscal entre le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec.« C'est une bourde », dit Pierre Karl Péladeau, chef du Parti québécois et chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, à propos des déclarations du ministre Leitao.« J'aimerais bien ça qu'il me donne sa définition de son déséquilibre fiscal, affirme-t-il en entrevue à La Presse.C'est clair qu'il y en a un, tout le monde le dit, y compris le Conference Board [dans un rapport en 2014].Le simple fait qu'il y a des transferts est la preuve qu'il y a un déséquilibre fiscal, sinon toutes les provinces auraient les ressources pour remplir leurs missions essentielles.» « Si tu dis que tout va bien, tu abandonnes immédiatement, tu n'as aucun pouvoir de négociation.On est à genoux devant le gouvernement fédéral », dit François Bonnardel, député de la Coalition avenir Québec et porte-parole en matière de finances.« Est-ce par ignorance ou par insouciance ?Un gouvernement qui impose des sacrifices, qui coupe de manière aussi sauvage dans les services, devrait être soucieux d'aller chercher ce qui lui revient», affirme Amir Khadir, député de Québec solidaire et porte-parole en matière de finances.Transferts en santé Lors d'une entrevue à La Presse à la suite de la conférence semi-annuelle des ministres des Finances du pays, le ministre Leitao a expliqué ne pas croire à un déséquilibre fiscal actuellement, s'est dit plus préoccupé par le phénomène à long terme et a noté que le portrait changeait avec le nouveau programme économique du gouvernement Trudeau.Québec demande notamment à Ottawa de revoir la formule de calcul des transferts en santé afin de tenir compte de l'âge de la population (la formule actuelle tient uniquement compte de la taille de la population).« C'est un piètre négociateur, c'est malhabile, dit François Bonnardel, député de la CAQ.Il y a un déséquilibre fiscal, ça va nous frapper encore plus fortement [en raison de la hausse des coûts en santé].Nous ne pouvons pas attendre des négociations dans 5 ou 10 ans.Comment est-ce possible de faire prendre conscience de cette situation au gouvernement fédéral?Il faut lever le ton et expliquer notre contexte démographique.» La CAQ dénonce aussi le fait que le premier ministre Couillard avait déclaré en 2014 que le maintien de la hausse des transferts de santé à 6% par an était «difficile à maintenir [.] dans le contexte économique financier actuel».Sur la péréquation En 2016-2017, le Québec recevra 10,03 milliards en péréquation, soit 57 % de l'enveloppe totale de péréquation de 17,88 milliards.Par habitant, le Québec occupera le cinquième rang sur six provinces bénéficiaires.Le ministre Leitao a expliqué lundi que la péréquation « est une composante très efficace du fédéralisme fiscal canadien».Sur ce dernier point, l'opposition est divisée à Québec.La CAQ estime qu'il n'y a « rien de réjouissant» à recevoir de la péréquation, tandis que Québec solidaire pense le contraire.« J'aurais aimé voir le ministre dire qu'on va développer notre économie [et recevoir moins de péréquation à long terme] », dit François Bonnardel, député de la CAQ.«Qu'on soit indépendantiste comme moi ou fédéraliste comme M.Leitao, on doit se soucier de la juste répartition de la richesse, affirme Amir Khadir, député de Québec solidaire.Je ne suis jamais honteux de répartir la richesse.C'est la chose la plus noble qu'on puisse faire.» \u2014 Avec la collaboration de Vincent Marissal Profitez de conseils d\u2019experts dès aujourd\u2019hui aux magasins suivants : # 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période de facturation peutne pas débuter le jour où vous souscrivez à nos services.Le tarif mensuel courant s'applique donc aux services rendus avant votre première période de facturation complète de 30 jours ou si Bell annule vos services pendantune période de facturation de 30 jours.Tous les prix sont sujets à changement.(3) Télé Fibe: inclut l'installation du modem,de l'enregistreur Partoutchezvous et de jusqu'à 2 récepteurs HD; voir bell.ca/installationtelefibe.Frais d'installation de 50$pour chaque enregistreur additionnel.Téléphonie: Installation inclut 1 prise au pointde branchementdu service (si aucune); 75$/1re prise additionnelle, 50$/chaque prise subséquente.(4) Suivantl'activation de tous les services, le clientrecevra la carte-cadeau électronique La Source par courriel.La carte peutêtre utilisée en ligne ou dans un magasin La Source participant jusqu'au31 mars 2016.En magasin, imprimer etprésenter le courriel avec le numéro de la carte-cadeau.Sujetàchangementsans préavis; ne peutêtre combiné avec d'autres offres.Non monnayable etnontransférable.D'autres conditions s'appliquent.Fibe estune marque de commerce de Bell Canada.la vie est LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 23 DÉCEMBRE 2015 A5 NOEL A PINEL Quand Noël est une blessure Depuis 2003, Yves Sylvain passe Noël à Pinel.Chaque année, les Fêtes raniment de douloureux souvenirs chez celui qui a tué sa fille sous l\u2019emprise d\u2019un délire psychotique.Brève incursion dans la Noël du plus grand hôpital psychiatrique à sécurité maximum de la province.KATIA GAGNON Yves Sylvain ne passera pas Noël avec sa famille.Il ne trinquera pas avec sa femme, il ne donnera pas de cadeaux à ses filles, qu'il n'a pas vues depuis 12 ans.S'il pouvait leur parler, leur écrire, voici ce qu'il leur dirait.«Je vous aime.J'aimerais vous revoir.Et j'aimerais que vous me pardonniez.» Il y a 12 ans, moins d'un mois avant Noël, Yves Sylvain est arrivé en trombe dans son entrée.Il a foncé vers la porte de sa résidence.Elle était verrouillée.Il l'a défoncée d'un coup d'épaule.Sa femme et ses trois filles étaient là, à l'intérieur.Elles le regardaient, terrifiées.Yves Sylvain s'est jeté sur le chien qu'il venait d'acheter.«Pour moi, ce chien-là, c'était le mal.C'était devenu un démon.C'est lui qui avait fait entrer le mal dans ma maison », a-t-il raconté dans le film Pinel, de la documentariste Hélène Magny, tourné il y a quatre ans à l'institut psychiatrique.Jessica, 14 ans, s'est ruée sur son père.Elle voulait sauver son chien.«Je l'ai prise pour un autre démon.Pour moi, ça n'était pas ma fille.» « Je l'ai battue à mort.» Yves Sylvain était malade.Il avait reçu, quelques mois avant son crime, un diagnostic de bipolarité.« Mais je n'avais pas accepté ce diagnostic, nous a-t-il raconté lors de notre passage à Pinel.Ma sœur était bipolaire.Je voyais comment elle était, comment elle vivait.J'ai dit: \"Non, moi, je ne suis pas malade.\" Alors je n'ai pas pris ma médication.Je la jetais dans les toilettes, même si ma femme me disait de la prendre.Elle comptait même les pilules pour être sûre que je les prenais.» Le meurtre de sa fille Jessica a été commis sous l'emprise d'un puissant délire psychotique.Jésus, les disciples, les démons, tout ça se pressait dans la tête d'Yves Sylvain.Après une évaluation psychiatrique, il a très rapidement été jugé non criminellement responsable, inapte à avoir un procès.Il a été interné à Pinel, où il vit depuis 12 ans.Et depuis toutes ces années, à l'approche des Fêtes, ces douloureux souvenirs refont surface.Il ressent aussi de façon aiguë l'ampleur de ce qu'il a perdu: sa famille.Lors de notre passage dans l'unité E-1, Yves Sylvain a été incapable de nous raconter PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE Pour avoir poignardé à mort l\u2019une de ses filles, Yves Sylvain est interné depuis 12 ans à l\u2019hôpital psychiatrique Pinel.pose des premières décorations.« Les Fêtes ici, c'est dur.Même s'ils organisaient des choses, je m'isolais, parce que ça me rappelait le temps où j'étais avec mes enfants et ma femme.» « Il n'était pas dans un état qui lui permettait de sortir, ça aurait été dangereux, raconte le Dr Dumais.C'est très difficile à prendre, comme décision, de restreindre ainsi les libertés de « Je n\u2019avais plus le goût de vivre.J\u2019ai fait des tentatives de suicide.J\u2019avais l\u2019impression que je ne méritais plus de vivre.» \u2014 Yves Sylvain son délit.Trop douloureux.Il nous a cependant autorisés à relater, dans cet article, la nature de son crime.Progrès et rechutes Son premier Noël à Pinel a été vécu dans le brouillard épais de la dépression.« Je n'avais plus le goût de vivre.J'ai fait des tentatives de suicide.J'avais l'impression que je ne méritais plus de vivre.» Année après année, la blessure se rouvrait avec la Lentement, les choses ont évolué.« Il y a eu beaucoup d'obstacles et énormément de travail sur ma personne.Surtout ces deux dernières années.» Du progrès, oui.Mais non sans quelques rechutes.L'an dernier, Yves devait sortir, pour aller passer les Fêtes avec sa mère et son frère, à Québec.Mais peu avant le départ, son psychiatre, le Dr Alexandre Dumais, lui a finalement interdit de sortir.quelqu'un dans une période comme celle des Fêtes.» Un an plus tard, Yves Sylvain, qui a maintenant 49 ans, commence à se réconcilier avec Noël.Il a accepté de nous rencontrer pour expliquer ce que c'est que de passer les Fêtes chargé d'un aussi lourd fardeau.Mais surtout, il a un message pour d'autres hommes, qui, comme lui, seraient tentés de refuser un diagnostic de maladie mentale.« Prenez-les, vos pilules.» Dernièrement, il faut dire qu'un grand changement est survenu dans sa vie : il s'est fait une nouvelle copine.« J'ai participé aux décorations dans son appartement.C'est pas mal différent que de faire un sapin à Pinel ! » Sa nouvelle amie de cœur connaît son histoire et son délit.Elle viendra bientôt rencontrer son psychiatre traitant, afin de déterminer si Yves peut passer une nuit chez elle dans le temps des Fêtes.Cette année, il y pourrait donc y avoir autre chose que des concours de poches et des bols de chips au ketchup pour le Noël d'Yves Sylvain.Il y aura un vrai sapin et de vrais cadeaux, et par-dessus tout, une femme qui l'aime.Mais pour lui, le vrai Noël viendra si un jour ses filles lui offrent l'immense et douloureux cadeau d'un pardon.P À LIRE À LA PAGE 6 «FÊTER EN DEDANS». 1, * - ¦H BMWxDrive20i 2016 avec le groupe sport M illustrée.BMWX1 28i 2016 4,9 Taux à la location jusqu\u2019à 48 mois %\u2022\u2022 498$141 053$ Mensualités à la location Montant dû à la livraison de 3 802 $ et dépôt de sécurité de 563 $ Prix de vente au comptant JUSQU\u2019AU 4 JANVIER BMW Canbec - Montréal 4090, rue Jean-Talon Ouest 514.731.7871 BMW Laval 2450, boul.Chomedey 450.682.1212 514.990.2269 Park Avenue BMW - Brossard 8400, boul.Taschereau Ouest 450.445.4555 514.875.4415 BMW Sainte-Julie 1633, boul.Armand-Frappier 450.922.1633 514.875.4400 Hamel BMW-Blainville 620, boul.de la Seigneurie Ouest 450.437.5050 BMW West Island 2000, aut.Transcanadienne Sud 514.683.2000 Modèle européen illustré.Certaines options peuvent ne pas être offertes au Canada.Le concessionnaire peut égalementvendre à un prix inférieur que celui affiché sur cette offre.*Offre à l'achat : le prix de vente au comptant est de 41 053 $, ce qui inclut le PDSF (38 800 $), le transport et l'inspection de prélivraison (2 095 $), la taxe sur la climatisation (100 $), la taxe de gestion des pneus (12 $), les frais d'administration du concessionnaire (jusqu'à 459 $) et le rabais BMW Canada.Taxes et immatriculation en sus.**Taux à la location offert par les Services financiers BMW, sur approbation du crédit, uniquement pour les modèles de base BMW X1 28i 2016 en stock.Offre à la location : 38 800 $ sur 48 mois à un taux d'intérêt annuel de 4,9 %, avec un acompte de 1 050 $, pour des mensualités de 498 $.Un montant de 4 365 $ est exigé à la signature du contrat de location, qui inclut la première mensualité, un dépôt de garantie équivalant à une mensualité, le transport et l'inspection de prélivraison, la taxe sur la climatisation, les frais d'administration du concessionnaire, la taxe sur la gestion des pneus ainsi que les services RDPRM et autres frais relatifs.Taxes et immatriculation en sus et payables à la signature.La valeur résiduelle du véhicule à l'échéance du terme est de 19 400 $.L'obligation locative totale est de 27 251,94 $.La mensualité varie selon le montant de l'acompte versé et de la valeur résiduelle.Le kilométrage annuel alloué estde 16 000 km;0,15$du kilomètre excédentaire.Le concessionnaire peut décider d'un prix au particulier et exiger des frais d'administration qui peuvent modifier le prix du véhicule.Des frais peuvent être exigés pour usure excessive.Cette offre d'une durée mitée est sujette à la disponibilité et peut être modifiée ou annuléesans préavis.Levéhicule doit être livré au plus tard Ie4janvier 2016.tLes véhicules BMW 2016 achetés au Canada d'un concessionnaire autorisé sont couverts par un programme d'entretien aux périodes recommandées sans frais de4ans ou 80 000 km, selon la première éventualité.Certaines conditions s'appliquent.Consultezun concessionnaire BMWpour obtenir tous les détails.©2015 BMW Canada inc.« BMW», le logo BMW, les désignations des modèles BMW ettous les autres symboles, marques et images afférents à BMW sont la propriété exclusive et/ou sont des marques déposées de BMW AG utilisées sous licence. A 8 LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 23 DÉCEMBRE 2015 NllllllllllllMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllNllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllim ACTUALITÉS AIDE MÉDICALE À MOURIR Victoire de Québec en Cour d\u2019appel PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD Après avoir été brusquement fermée au nez des malades, au début du mois de décembre, la sortie de secours de l\u2019aide médicale à mourir a été rouverte, hier, par la Cour dappel du Québec.Satisfait, le gouvernement assure maintenant aux médecins qu\u2019ils peuvent agir sans crainte de poursuites, alors que les opposants à l\u2019«euthanasie» promettent de continuer leur bataille acharnée.FEU VERT DES JUGES La Cour dappel s\u2019est essentiellement prononcée sur un point de droit: contrairement à ce qu\u2019avait décidé la Cour supérieure le 1er décembre, l\u2019incompatibilité apparente entre le Code criminel et laide médicale à mourir ne paralyse pas cette dernière.La loi québécoise pourra donc continuer à s\u2019appliquer au moins jusqu\u2019à ce qu\u2019Ottawa modifie les articles du Code criminel interdisant l\u2019aide au suicide, tel que la requis la Cour suprême en février dernier.«D\u2019ici là, les dispositions invalides du Code criminel qui prohibent laide médicale à mourir ne peuvent à elles seules» bloquer la Loi concernant les soins de fin de vie, écrit la Cour dappel.COMMENTAIRES POSITIFS Même s\u2019il n\u2019avait pas à trancher sur le fond du débat - ce qui sera fait plus tard -, le tribunal a tout de même tenu des propos qui peuvent réjouir les partisans de l\u2019aide médicale à mourir.La loi « permet aux personnes affectées de problèmes de santé graves et irrémédiables de bénéficier de l\u2019aide médicale à mourir, laquelle fait partir du droit à la vie, à la liberté et à la sécurité», écrit le tribunal.« Cette loi encadre fortement l\u2019aide médicale à mourir, ce qui permet d\u2019en limiter les risques.» PHOTO MATHIEU WADDELL, ARCHIVES LA PRESSE La loi sur l\u2019aide médicale à mourir «permet aux personnes affectées de problèmes de santé graves et irrémédiables de bénéficier de l\u2019aide médicale à mourir, laquelle fait partir du droit à la vie, à la liberté et à la sécurité», écrit dans sa décision le tribunal.BARRETTE RASSURE LES MEDECINS Pour le gouvernement, cette décision est «une victoire complète», s\u2019est réjoui le ministre de la Santé et des services sociaux Gaétan Barrette.« C\u2019est une excellente journée pour les patients.» Pour les médecins aussi, chez qui le jugement devrait faire disparaître toute trace de doute quant à la possibilité d\u2019être poursuivis, de l\u2019avis du ministre.«Ça vient fermer la porte à double, à triple, à quadruple tour» sur ce point, a-t-il dit.« C\u2019est clair, net et précis.Avec ce jugement-là, il n\u2019y a pas un médecin qui peut être poursuivi.» Il a ajouté qu\u2019à sa connaissance, aucun patient n\u2019avait encore fait le grand saut depuis l\u2019entrée en vigueur de la loi, le 10 décembre.HIVONSE REJOUIT La «mère» de la Loi concernant les soins de fin de vie, la péquiste Véronique Hivon, s\u2019est aussi réjouie de la victoire «très, très importante» et « non équivoque» de Québec.«Aujourd\u2019hui, la Cour d\u2019appel vient donner clairement raison à Québec et avaliser la position du Québec, ainsi que confirmer notre pleine compétence pour adopter cette loi», a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique.«La loi n\u2019a plus d\u2019épée de Damoclès au-dessus de la tête [.].On peut arrêter d\u2019agiter des épouvantails.» SABA CONTINUERA Son de cloche différent du côté du Dr Paul J.Saba, qui contestait avec la patiente Lisa D\u2019Amico l\u2019applicabilité de l\u2019aide médicale à mourir.«Ça ne change rien, on va continuer le débat sur le fond des choses pour démontrer que la loi est illégale», a dit le médecin, qui se bat depuis des années contre ce qu\u2019il qualifie d\u2019« euthanasie ».Il met aussi en garde ses collègues: « les médecins qui pratiquent l\u2019euthanasie vont contre leur déontologie» et s\u2019exposent à des «plaintes criminelles privées» de la part des familles de leurs patients morts, assure-t-il.136 FORMULAIRES DISTRIBUES Par ailleurs, La Presse a obtenu de nouvelles données sur un autre aspect de la Loi concernant les soins de fin de vie.La Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ) a confirmé hier que 136 patients avaient commandé le formulaire nécessaire à l\u2019expression de «directives médicales anticipées» auprès de l\u2019organisation.Ce document permet à toute personne apte d\u2019établir les actes qu\u2019un médecin pourra ou ne pourra pas faire une fois que le signataire devient inapte.« Les directives médicales anticipées ont la même valeur que des volontés exprimées par une personne apte à consentira des soins», explique le ministère de la Santé et des services sociaux. Président du conseil d\u2019administration Guy Crevier > Président et éditeur Éric Trottier > Vice-président, Information et éditeur adjoint Alexandre Pratt et Mélanie Thivierge > Directeurs principaux, Information Pascale Breton > Directrice principale, Débats ÉDITORIAL Pour ne plus stationner la misère / PAULJOURNET paul.journet@lapresse.ca Le nouveau plan montréalais sur l'itinérance dérange parce qu'il pose une question délicate.Le réseau de refuges aide-t-il vraiment à long terme les personnes itinérantes?A-t-on oublié de le vérifier parce qu'on était trop convaincu de se rendre utile en offrant des lits et repas ?Cet examen, le Mouvement pour mettre fin à l'itinérance (MMFI) a eu l'audace de le faire, comme le démontre son plan déposé vendredi.Certes, un service d\u2019urgence minimal doit être maintenu.Mais il devrait servir à évaluer les personnes itinérantes, puis les référer à une aide.Pas à normaliser leur statut.La lutte contre l'itinérance est menée à la fois par le fédéral, le provincial et le municipal.Le risque d'éparpillement est donc grand.Le MMFI l'évite en coordonnant l'action de quelque 30 organismes communautaires et intervenants en santé, en plus de la Ville et de la chambre de commerce du Montréal métropolitain.Cela se fera selon une nouvelle approche.Au lieu de gérer l'itinérance, on l'éliminera.La gérer, c'est ce que fait le réseau actuel de refuges.On y stationne la misère.Certes, un service d'urgence minimal doit être maintenu.Mais il devrait servir à évaluer les personnes itinérantes, puis les référer à une aide.Pas à normaliser leur statut.Cela ne revient pas à dire que l'itinérance est un choix et qu'il faudrait se montrer dur avec ceux qui vivent dans la rue.Pas du tout ! Au contraire, il faut tendre la main pour les aider à se relever.Cela signifie de réduire le nombre de lits en refuge pour investir ailleurs, afin de donner rapidement accès à un logement et d'y offrir des soins adaptés (santé mentale, toxicomanie, etc.).Mais cela signifie aussi de donner accès à un logement seulement si c'est possible.En effet, une telle autonomie restera impensable pour les cas plus lourds.Une prise en charge sera alors nécessaire.Cette approche a déjà été testée par des projets-pilotes dans cinq villes canadiennes, dont Montréal.En mars dernier, une étude du Journal of the American Medical Association confirmait son succès.Pour poursuivre ce virage, le MMFI et le maire Coderre ont procédé dans l'ordre.En recensant d'abord la population itinérante (3016 en mars dernier), puis en se donnant un objectif mesurable (sortir 2000 personnes de la rue d'ici cinq ans) et en chiffrant le coût (37 millions de dollars).Plus de la moitié de cette somme sera puisée dans les programmes actuels.Le reste viendra du public ou de dons privés.Cela aidera à réduire la misère humaine.On a déjà vu des investissements moins rentables.Le plan du MMFI reste toutefois incomplet.Il manque la prévention, comme le soulignait le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).Ce volet sera dévoilé l'année prochaine.Il devrait se pencher sur les personnes seules.Depuis 2003, les différents programmes d'aide ont permis de réduire la pauvreté des familles monoparentales, mais ce taux a par contre grimpé chez les personnes seules.Si on veut réduire le risque, il faudra s'y attaquer.OPINION Du folklore pour les médecins?GILLES BRIEN Météorologue et auteur du livre Les baromètres humains: comment la météo nous influence Malgré la pluie d'études sur le sujet, malgré les millions de personnes arthritiques, de migraineux et de malades qui se plaignent de l'aggravation de leurs symptômes quand la météo change, la communauté médicale reste toujours tiède devant l'évidence.Les préjugés ont la vie dure.Parce que la météo est un élément qu\u2019on ne peut pas contrôler, on préfère l\u2019ignorer.Grave erreur.Pour beaucoup trop de médecins, le lien entre l'état du ciel et les maladies n'est souvent que du folklore, des histoires de grand-mère.Pas étonnant alors que bien des gens qui souffrent de maladies sensibles à la météo n'en parlent pas à leur docteur, de crainte d'être jugés.Or, le père de la médecine, Hippocrate lui-même, accordait beaucoup d'importance à ces connaissances.Mais les préjugés ont la vie dure.Parce que la météo est un élément qu'on ne peut pas contrôler, on préfère l'ignorer.Grave erreur.On a oublié, mais pendant des années, avant que les gouvernements s'en chargent, les réseaux météorologiques au Canada et aux États-Unis ont été mis en place et gérés par des médecins ! Ils étaient les premiers témoins des effets du climat sur la santé des colons.C'était le cas pour le premier météorologue au Canada, Jean-François Gaultier (1708-1765), un médecin de Québec.Membre de l'Académie royale des sciences de Paris, il a été le premier à installer une station météo au Canada.Dans ses relevés, Gaultier évoque à 13 reprises l'influence de la météo sur les maladies des « Canadiens ».Le froid faisait beaucoup de victimes.Louis Hébert, le premier colon au Québec, est mort des suites d'une chute sur la glace.C'est dire toute la place de la météo dans la santé des Québécois.Une autre chose que les médecins semblent avoir oubliée.Au Québec, l'hiver n'est pas un pays.C'est un tueur en série.¦ ' K> ttùi L wm.WÆm POURNOUSJOINDRÉ La Presse, 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 VOUS AVEZUNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?\tVOUS VOULEZ EXPRIMERVOTRE OPINION?Écrivez-nous à nouvelles@lapresse.ca\tÉcrivez-nous à debats@lapresse.ca REDACTION 514.285.7070 commentaires@lapresse.ca ABONNEMENT 514.285.6911 ou 1.800.361.7453 www.lapresse.ca/abonnement PETITESANNONCES 514.987.8363ou1.866.987.8363 petitesannonces@lapresse.ca DÉCÈS 514.285.6816 deces@lapresse.ca PUBLICITÉ 514.285.6931 CARRIÈRES 514.285.7320 carrieres@lapresse.ca Seule La Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la PresseAssociée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, Itée dont le siège social est sis au7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est impriméàTranscontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles,division de Imprimeries Transcontinental GT.inc.GuyCrevier.Président et éditeur.DROITS RÉSERVÉS/serge.chapleau@lapresse.ca OPINION Le cœur de N oë PHOTO THINKSTOCK «Cette histoire de cœur nous rappelle également, à travers le regard de Maman Noël, que nous demeurons les parents de nos enfants à la vie, à la mort, et que même devenus grands, ils restent encore nos petits, porteurs d\u2019une magie qui mérite d\u2019être célébrée, particulièrement en ce temps de l\u2019année», confie l\u2019auteure.une maman Noël proche de ma belle-famille; une grand-maman de mini-lutins, mais surtout la maman de trois lutins aujourd'hui devenus grands.Son lutin sandwich, coincé entre l'aîné, le lutin sérieux, et le benjamin, le lutin responsable, était un lutin plutôt solitaire et un passionné de nature et de plein air.Le lutin menait son petit bonhomme de chemin et avait soufflé ses 40 bougies l'an dernier.Puis, au printemps 2014, il s'est effondré subitement, victime d'un imprévisible malaise cardiaque.La vie venait de basculer.Elle ne serait plus possible pour le lutin que grâce Puis, au moment où ils ne l\u2019attendaient plus, l\u2019appel tant espéré: «Viens-t\u2019en; on a un cœur pour toi.» à une transplantation cardiaque que toute la famille s'est mise à espérer.Maman Noël a vécu une douloureuse et cruelle attente; les jours qui défilent en un injuste compte à rebours et le temps qui semble s'accélérer alors qu'on voudrait le ralentir.Elle aussi aurait voulu faire un arrêt sur image, non pas pour jouir du moment, mais pour éviter que le temps lui file entre les doigts et emporte avec lui ce qu'elle a de plus précieux.Soudainement, il n'y avait plus que l'espoir.Un espoir matérialisé en un téléphone, duquel le lutin ne pouvait jamais se séparer et qui devait éventuellement lui annoncer que les magiciens de l'Institut de cardiologie avaient un cœur pour lui.Jamais Maman Noël et son lutin n'auront autant tripoté un téléphone, vérifié le niveau de sonnerie et la charge de la batterie; ils l'ont aimé, haï, imploré de sonner.Puis, au moment où ils ne l'attendaient plus, l'appel tant espéré : «Viens-t'en; on a un cœur pour toi.» Depuis près de 100 jours maintenant, le nouveau cœur du lutin bat avec vigueur et lui rend, lentement mais sûrement, les forces qui l'avaient abandonné.Si le lutin fêtera Noël au rythme des battements de son nouveau cœur, cette aventure qui finit bien représente aussi le cœur de Noël, le sens vrai et profond que cette fête devrait avoir et que nous pouvons tous lui donner, chacun à notre façon.Cette histoire de cœur nous rappelle également, à travers le regard de Maman Noël, que nous demeurons les parents de nos enfants à la vie, à la mort, et que même devenus grands, ils restent encore nos petits, porteurs d'une magie qui mérite d'être célébrée, particulièrement en ce temps de l'année.Enfin, puisque Noël est aussi une histoire de cadeaux, profitons donc de l'occasion pour faire un geste susceptible de devenir un inestimable cadeau de vie pour un petit ou grand lutin: signons notre carte de don d'organes.MÉLANIE DUGRÉ Avocate, elle collabore régulièrement à la section Débats.La magie de Noël n'a de véritable sens que dans les yeux des enfants; dans leur regard rempli d'émerveillement, de candeur et de fraîcheur.Noël est ce moment unique où je ressens l'urgence de me gaver de mes enfants et de faire un arrêt sur image pour retenir mes oisillons là où ils sont; à 10, 7 et 5 ans, alors qu'ils ont acquis une salutaire autonomie dans leurs besoins primaires, tout en se blottissant encore volontiers sous mon aile maternelle.Bien qu'il faille reconnaître que nos lionceaux ne nous appartiennent pas, qu'ils ne nous sont que prêtés par la vie et que notre rôle est de les accompagner et les aider à devenir des adultes épanouis et des citoyens responsables, il n'en demeure pas moins que nos enfants sont l'épicentre de plusieurs de nos décisions significatives et que notre bonheur reste indissociable de leur bien-être.Dès leurs premiers pleurs, nous devenons habités par le bouleversant sentiment qu'une part de nous est désormais inquiète à jamais, alors qu'ils élisent subitement domicile à perpétuité dans nos pensées.Cette réalité maternelle, et parentale, a pris cette année toute sa signification pour LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 23 DÉCEMBRE 2015 LA PRESSE ARTS A15 DANSE ÿïMÈëïi CREATIF PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE NOUVEAUX VISAGES PENDANT LES FÊTES, L\u2019ÉQUIPE DES ARTS VOUS PRÉSENTE DES NOUVEAUX VENUS QUI ONT BRILLÉ EN 2015 ET QUI DEVRAIENT BRILLER ENCORE DAVANTAGE EN 2016.RISQUE LE MANUEL ROQUE Manuel Roque n\u2019est pas à proprement parler un nouveau visage en danse.En tant qu\u2019interprète, il a marqué les esprits au sein de la Compagnie Marie Chouinard.C\u2019est plus récemment qu\u2019il s\u2019est fait connaître en tant que chorégraphe par un public plus large.Toujours en questionnement, Roque sonde son identité créatrice en refusant les voies tracées d\u2019avance.Retour sur le chemin parcouru.IRIS GAGNON-PARADIS CIRQUE ORCHESTRA -CIRQUE ÉLOIZE (1999) Originaire de France, Manuel Roque est débarqué à Montréal pour poursuivre une formation en acrobatie aérienne à l'École nationale de cirque.Il participe à Cirque Orchestra, le tout premier spectacle créé par le Cirque Éloize.«Mon Dieu.Je ne pourrais plus faire ça [en voyant la finale où il se lance dans le vide].J'ai arrêté l'École pour aller faire la tournée.C'est ce qui m'a permis de rencontrer Peter James, Lucie Vigneault, Alain Francoeur [qui signait la mise en scène] et Johanne Madore.Je regardais ces quatre-là qui travaillaient en performance, en théâtre, en danse, et j'ai capoté.C'est à ce moment que j'ai commencé à prendre des cours de danse.» ORPHÉE ET EURYDICE -COMPAGNIE MARIE CHOUINARD Manuel Roque est engagé par la Compagnie Marie Chouinard pour remplacer le danseur David Rancourt, dont il reprend les parties au pied levé, notamment dans Body-Remix/Goldberg-Variation.En 2008, il participe à la création d'Orphée et Eurydice.«Marie m'a fait confiance, j'ai été sur scène très rapidement.C'est moi qui faisais cette partie?Je ne m'en souvenais même pas.Il y avait souvent des changements (rires).[.] J'ai rencontré des gens exceptionnels comme Carol Prieur; des gens qui étaient toujours en état de recherche.C'est sûr que mon travail avec Marie a posé des bases.Il y a des choses qui ne partiront jamais.» RAW-ME -MANUEL ROQUE Après trois années à tourner avec Marie Chouinard, Manuel Roque quitte la compagnie.Il a besoin d'une pause, mais il a aussi envie de créer.RAW-me, un solo «d'autofiction», est créé par un interprète en quête de son identité artistique.« Ce solo est un peu la réponse à un questionnement sur mon engagement artistique ; une façon de jeter un pavé dans la mare.Il y avait là une simplicité qui me faisait beaucoup de bien après la pression d'une compagnie internationale.Aujourd'hui, je vois dans cette création tous les défauts d'une première pièce.Mais on voit aussi poindre une certaine physicalité.» NE MEURS PAS TOUT DE SUITE, ON NOUS REGARDE - MANUEL ROQUE Manuel Roque possède une grâce naturelle et une présence remarquable sur scène.Les gens s'attendent à ce qu'il utilise ses talents dans ses créations, mais le chorégraphe refuse de suivre la voie qui s'imposerait dans cette seconde œuvre, un duo avec sa complice Lucie Vigneault.« Les gens voulaient me voir danser et j'ai décidé qu'on ne danserait pas, Lucie et moi ! On a essayé plusieurs trucs, puis, au bout de quelques mois, j'ai dit à Lucie: \"Les belles chorégraphies, les comptes.on les oublie! On travaille ces deux énergies brutes, celles de deux enfants qui jouent.\" Autant c'est magnifique et plein de grâce, autant c'est violent.Il y a des gens qui ont détesté.et d'autres qui ont adoré.» DATA - CIE MANUEL ROQUE Présenté d'abord à l'Usine C, Data est un solo à la physicalité exacerbée, où Roque donne à voir toute sa virtuosité.Sa programmation au FTA 2015 a été une consécration.La pièce correspond à la création de la Cie Manuel Roque.« C'était une vraie surprise de me faire inviter au FTA; j'étais naïf et surtout terrorisé! [.] Avec Data, je désirais retrouver ce qui est à moi, repousser les influences extérieures.Mais après des mois de travail, je me suis rendu compte que c'est avec ces influences qu'on se construit.Tout l'acharnement que j'avais à trouver une signature physique kinesthésique, eh bien, cette question a tout à coup perdu son importance ! Il me suffisait de bouger et d'être moi-même.» 4-OR - CIE MANUEL ROQUE Il s'agit pour Manu Roque d'une toute première chorégraphie où il ne danse pas (et où il s'est découvert un côté control freak).Minimaliste, voire radicale, la pièce pour quatre danseurs (dont Lucie Vigneault), présentée par Tangente début décembre, est très loin de Data.« Certains sortent de là et adorent; d'autres veulent nous tuer! Oui, j'exagère! [.] Dans ce cas-ci, je sentais que ça prenait une prise de position radicale.Pour moi, c'était aussi une façon de me désinvestir d'un besoin de plaire à tout prix, même aux diffuseurs qui attendaient une \"suite\" de Data.C'est important pour moi de prendre des risques.J'ai besoin de savoir que je peux tout perdre pour faire ce métier-là.» PROCHAIN RENDEZ-VOUS: 2017 En vrai « boulimique», Manuel Roque a déjà posé les assises de sa prochaine création, qui sera très physique et athlétique.Un diffuseur montréalais est associé au projet, qui sera présenté en 2017 à Montréal.Impossible d'en savoir plus pour le moment, sauf que le chorégraphe y dansera en compagnie de Lucie Vigneault et Sophie Corriveau, qui étaient toutes deux dans 4-OR.A suivre ! A16 LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 23 DÉCEMBRE 2015 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnmnmnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ARTS THE BIG SHORT O) \\ ., è&û W j£v.v) PHOTO JAAP BUITENDIJK, FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES Dans le film The Big Short, Christian Bale incarne un financier atypique qui a fait sa fortune en pressentant la chute de l\u2019économie au milieu des années 2000.CINÉMA 18 minutes avec Christian Bale SONIA SARFATI LOS ANGELES «Un tête-à-tête avec Christian Bale, c'est bon pour toi?» Heu.Est-ce qu'on demande au skieur québécois s'il a envie qu'une bordée de neige vienne blanchir Noël et le reste des vacances?Un tête-à-tête avec Christian Bale, en plus à l'occasion de la sortie du formidable (à plus d'un titre) The Big Short d'Adam McKay, c'était oui, oui.Oh, et OUI.Malgré le caractère imprévisible de l'acteur dont les écarts de conduite sont bien «documentés » et dont la légendaire intensité vire parfois au laconique extrême lorsque vient le moment de rencontrer les médias.Mais vivons dangereusement.et OUI.«Tu auras 15 minutes.» Cool.Habituellement, dans un tel contexte, on parle de 10.Alors, top chrono ! D'abord, l'heureuse surprise: Christian Bale en mode The Big Short est volubile, enthousiaste même.On croit sentir la présence de l'homme, pas de la movie star.Normal : il ne se voit pas ainsi.« Steve McQueen, lui, était une movie star.Il y avait quelque chose de viscéralement cool en lui, quelque chose qui ne peut être feint.au risque d'avoir l'air d'un idiot.Ce sont les gens comme lui que j'admire.» Il ne pense pas être de ces gens-là.Et comme il ne semble pas abonné à l'autodépréciation, on va le croire.« Quand je crée un personnage, j'ai l'impression que ce doit être exténuant.Je cherche cet endroit de \"vérité\".Et cela n'est jamais facile.Je travaille comme un fou.» Ce, même s'il n'a jamais planifié faire carrière au cinéma.« Mon fantasme, c'était de faire de la course à moto.» Sa sœur, elle, voulait jouer.La famille la suivait.Allait voir la pièce de théâtre, le spectacle.Le jeune Christian affichant une mine renfrognée.Et puis, après quelques passages à la télévision, il a été remarqué par un certain Steven Spielberg.À 13 ans, il est devenu Jim dans Empire of the Sun.Les dés ont alors été jetés.Christian Bale s'est fait acteur.« Mes parents étaient derrière nous pourvu que nous faisions quelque chose de créatif.Ç'aurait été une autre paire de manches si j'avais parlé de devenir banquier.» L\u2019antihéros La perche est tendue pour revenir à The Big Short - bien que la relationniste responsable de l'horaire de l'acteur nous indique que dans deux minutes, notre entretien sera terminé.Re-top chrono.Et les deux minutes ne seront pas suffisantes.Entre autres parce que Christian Bale a vu le film.Pas une, mais trois fois.Normal?Oui.Mais non: il arrive régulièrement que les comédiens n'aient pas vu l'œuvre où ils sont en vedette au moment d'en parler aux médias.Il était impensable pour Christian Bale de faire ainsi cette fois.parce qu'il n'avait qu'une vague idée du film avant d'assister à une projection.Il a en effet travaillé à peu près seul, pendant 9 jours, avec le réalisateur Adam McKay.«Il est la vraie star ici.Il est parvenu à faire quelque chose d'incroyablement divertissant avec un sujet à propos duquel il était impensable de faire un film!» Sa mission était accomplie avant que le reste de la distribution (qui compte entre autres Steve Carell, Ryan Gosling et Brad Pitt) ne se mette à l'ouvrage.Dans cette comédie grinçante retraçant les agissements de quatre financiers qui ont anticipé l'éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis et qui en ont profité, il incarne Michael Burry, ex-neurologue qui a créé le fonds spéculatif Scion Capital.Un être au tempérament particulier, « au cerveau exceptionnel», et atteint du syndrome d'Asperger.Un homme que Christian Bale trouve « merveilleux».« Bien sûr, dans le film, vous ne le voyez qu'à un moment où il l'est peut-être moins, et il est le premier à le reconnaître: il n'y a rien d'héroïque à ce qu'il a fait, il a gagné une fortune grâce à la chute de l'économie.» L\u2019attrait du «différent» Pour saisir le personnage, l'acteur a rencontré Michael Burry.Un original qui travaille souvent pieds nus, en écoutant du heavy métal ou en jouant de la batterie (ce qui donne lieu à des scènes d'anthologie dans lesquelles Christian Bale est brillant).Un asocial qui communique la plupart du temps par courriel.« Même avec des gens qui sont dans la pièce voisine.» Comprendre que Christian Bale s'est ainsi, une nouvelle fois, glissé dans la peau d'un homme.disons, psychologiquement différent.« Ce sont les plus intéressants pour moi.Je n'ai jamais vu un film où je me reconnaissais dans le leading man.Il est plus facile pour moi d'avoir de l'empathie pour des personnages \" différents \".Je les comprends mieux.Et ils m'intéressent.Oui, j'ai joué des leading men - mais ça m'ennuie.» Et Christian Bale fuit l'ennui.Au point où il peut couper court à une interview qui ronronne trop.Mais quand il embarque, c'est avec sa fameuse intensité.Bref, le chrono s'est finalement arrêté quelques secondes après 18 minutes.Victoire?Un peu.Soulagement?Pas mal.Et surtout, cette impression, trop rare dans ce genre de conditions, de vraie rencontre.The Big Short (Le casse du siècle) prend l\u2019affiche aujourd\u2019hui.Les frais de voyage ont été payés par Paramount Pictures.«Steve McQueen, lui, était une movie star.Il y avait quelque chose de viscéralement cool en lui, quelque chose qui ne peut être feint.» \u2014 Christian Bale DES PERSONNAGES «DIFFÉRENTS» AUJOURD\u2019HUI DANS LA SECTION PAUSE OXYGENE LASECTION PAUSE PRÉSENTE DES THÈMES DIFFÉRENTS TOUS LES JOURS, UNIQUEMENT DANS LA PRESSE+.U PRESSE-*- PAUSE VIDÉOS SPORTIVES VIRALES PAUSE Les jeunes les admirent, les commanditaires et-les \u2022Entrevue avec trois vedettes sportives de l\u2019internet.SÉRIE NOËL SELON PLUS VITE,\t\u2014 PLUS HAUT, PLUS POPULAIRES OXYGENE APPRENDRE LE FLAMENCO DANS SONO SALON \\ MARIANNE ST-GELAIS Téléchargez dès maintenant Disponible dans TApp Store Google play Livrée avant 5 h 30.Et c\u2019est gratuit.LA PRESSE I PHOTO FOURNIE PAR UNIVERSAL PHOTO FOURNIE PAR PARAMOUNT > PATRICK BATEMAN Golden boy de Wall Street méchamment psychopathe dans American Psycho de Mary Harron (2000).> TREVOR REZNIK Machiniste insomniaque et squelettique dans The Machinist de Brad Anderson (2005).PHOTO FOURNIE PAR PARAMOUNT > DICKIE EKLUND Boxeur dont l\u2019heure de gloire est passée et qui a sombré dans la drogue dans The Fighter de David O.Russell (2010).PHOTO FOURNIE PAR COLUMBIA PICTURES f m A__ > IRVING ROSENFELD Escroc et usurier, ventru et « per-ruqué» dans American Hustle de David O.Russell (2013). LA PRESSE MONTRÉAL MERCREDI 23 DÉCEMBRE 2015 MMMMiMiiiMiiiMMiiiiMii ARTS PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE Les bascules de la place des Festivals, gracieuseté du programme de Luminothérapie, sont une formidable réussite, dit notre chroniqueuse.La magie de Montréal NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE C9 était un vendredi soir de la mi-décembre.L'air avait la douceur duveteuse d'une première neige même s'il ne neigeait pas.En sortant de l'Astral, j'ai aperçu le marché de Noël fraîchement installé sur l'esplanade de la Place des Arts.Une initiative de la Tribu et de Juste pour rire, qui réunit une poignée de petits producteurs venus vendre qui leurs fromages, qui leurs pâtés, qui leurs queues de castor, qui une délicieuse tourtière concoctée par les lutins du Pied de cochon.C'est la première année que ce marché voit le jour et j'ose espérer que ce ne sera pas la dernière tant il est agréable et apaisant de se promener en plein centre-ville dans ce néo-village du père Noël.Mais ce soir-là, avant d'aller chercher ma tourtière, j'ai dérivé lentement vers le cœur de la métropole culturelle : la place des Festivals qui brillait de tous ses feux, ses contours parés de lumières de Noël dont l'éclat était accentué par les projections stylisées sur les neuf façades des bâtiments environnants.Une musique rêveuse se répandait comme du miel sur une trentaine de bascules illuminées comme des fusées et prises d'assaut par la foule qui en activait les notes et les sons.Ces bascules, gracieuseté du programme de Luminothérapie qui, depuis six Dans toutes les métropoles civilisées du monde, la période des Fêtes est l\u2019occasion idéale pour sortir, vivre sa ville et profiter d\u2019une offre culturelle.ans, cherche à ensoleiller notre hiver et à nous faire jouer dehors, sont une formidable réussite.Elles sont tellement amusantes et invitantes qu'elles restent rarement inoccupées, de jour comme de nuit.Mais ce qui était formidable ce soir-là, c'est qu'une foule bigarrée s'y pressait, une foule composée à la fois de familles d'immigrants, d'enfants de tous les âges et de toutes les couleurs, de couples du troisième âge et d'ados en goguette, tout ce beau monde se mêlant joyeusement sur ce terrain de jeu impromptu imaginé par des créateurs et des designers d'ici et d'ailleurs.Montréal n'est pas toujours une ville magique.La plupart du temps, c'est une ville paralysée par la circulation et plombée sur ses grandes artères par les nids-de-poule et par des dizaines locaux à louer.Mais ce soir-là, au Quartier des spectacles, Montréal était non seulement une ville féerique, mais une ville habitée par une réelle magie.Et ce qui est encore plus magique, c'est que cette année, Montréal ne fermera pas pendant la période des Fêtes.Je le souligne parce qu'il n'y a pas si longtemps, arrivé au 24 décembre, il n'y avait subitement plus rien à faire à Montréal.Tous les théâtres tiraient leurs rideaux et fermaient boutique.La Place des Arts ressemblait à un grand hall de gare vide et les rares touristes français ou américains qui s'aventuraient chez nous pour les Fêtes se croyaient débarqués dans une ville abandonnée de la Sibérie.Une ruche animée Mais cette année, pendant la période des Fêtes, le Quartier des spectacles sera une ruche animée avec ses bascules lumineuses et musicales, son marché de Noël et ses théâtres ouverts.La Place des Arts s'est aussi mise de la partie et offrira des spectacles dans la plupart de ses salles : le mythique Casse-Noisette à Wilfrid-Pelletier, Décembre de Québec Issime à Maisonneuve, l'exposition À la poursuite du loup-garou, dans la salle d'exposition du grand hall.Il y aura même du théâtre chez Duceppe.Dans toutes les métropoles civilisées du monde, la période des Fêtes est l'occasion idéale pour sortir, vivre sa ville et profiter d'une offre culturelle qui, le reste de l'année, échappe à bien des citadins, faute de temps et de disponibilités.Montréal a mis des années à comprendre le concept.Abandonnée par les banlieusards ou par les campagnards repartis dans leur campagne, Montréal s'ennuyait à mort pendant la période des Fêtes.C'était la période creuse de l'année.Et cette absence d'activités culturelles en ville n'avait qu'un résultat : elle précipitait des hordes de familles en congé dans les bras des centres commerciaux, les poussant à consommer à outrance et à faire le plein de dettes.Mon souhait le plus cher pendant la période des Fêtes cette année, c'est justement que les banlieusards désertent leur Carrefour Laval ou leur DIX30 et qu'ils reviennent en ville profiter de ses lumières, de ses foules bigarrées, de ses théâtres, de ses restos et de ses musées.Et s'ils n'en ont pas les moyens, alors qu'ils viennent tout simplement se promener au marché de Noël de la Place des Arts, se réchauffer autour des braises des foyers, visiter la maison du père Noël ou l'atelier des lutins, danser un set carré ou jouer à cache-cache parmi les arbres illuminés.Puis, le moment venu, je les invite à descendre sur la place des Festivals et à sauter sur la première bascule musicale qui se libère, retrouver l'esprit des Fêtes et l'insouciance de l'enfance.Sur ce, chers amis lecteurs, je vous souhaite un joyeux temps des Fêtes plein de chaleur, de bonheur et de convivialité.On se retrouve en janvier.a Pour joindre notre chroniqueuse: npetrowski@lapresse.ca il ^ M ^ =3.JH 11 Mi \u201c PREMIER ENVOL M INSPIRÉ DU FILM DE m JAMES CAMERON Avat a R PLONGEZ DANS L\u2019AVENTURE AVEC LE CIRQUE DU SOLEIL® EN VENTE MAINTENANT! 21 DEC - 3 JAN Centre Bell cirquedusoleil.com/toruk COMMANDITAIRES OFFICIELS XerOX (Jt\tactiveon JOYEUX TEMPS Prix de départ du modèle Ram 1500 Rebel HEMIMD V8 4X4 2016 à cabine d'équipe montré, incluant les rabais totauxde 11 000 $° (qui consistent en une remise au comptant de 7 500 $*, un boni de fidélisation et de conquête de 1 500 $A et le boni des Fêtes de 2 000 $\u2022) : 45 540 $** RAM 1500 2016 1000$ RÉDUCTION
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