Le nouvelliste, 5 janvier 1948, lundi 5 janvier 1948
[" Hommages aux pionniers de l\u2019industrie IcÆuvclliste 26e ANNEE \u2014 No 56 TROIS-RIVIERES.LUNDI, 5 JANVIER 1948 3 SOUS LE NUMERO Hommages % aux pionniers de l\u2019industrie / / k / / Vyi b / 4 / / /> / / * / 1/ / W\\A xx\\j 7a //A 'l / \u201c% / 0 % :*r ¦ H r / f il ' H » / i, v- ' \" ^ ^ /, r ' r 'V.i ln /VU / f\\ iïr\\ //// i l r; \\ m x iiit \\{ XL y 00:14 / -/ a,y v ï Pionniers de la grande industrie aux Trois-Rivières Nous rendon* aujouid hui honunaqe aux pionniêr* de la grande industrie triiluvienne.aux C -R.Whitehead.J Greenshields et Leslie Grault Craig gui ont fonde la Wabasso Cotton Company.Limited, en 1907 et la Wa-yagamack Pulp and Paper Company en 1911; a John McDougall et aux frère* Drummond qui, en formant la Canada lion Corporation en 1909, ont perpetue ici l\u2019industrie du fer.issue des Forges du Saint Maurice et des Forges de Radnor; aux Docqe et aux Grant qui ont établi dans notre ville en 1920, la plus imposante usine a papier au monde, la Canadian International Paper Co.; aussi aux Timmins, aux Rankin et aux Fox sans lesquels nous n aurions pas la St Lawrence Pape: Mills.C'est un hommage collectif a l'assemblée des bâtisseurs de notre grande industrie, laquelle célébré avec la Wabasso en cet hiver 1947-48 son quarantiere anniversaire, et un hommage particulier à M C -R Whitehead qui fêtera demain le quatre-vingtième anniversaire de sa naissance.Ln raison de ce double anniversaire Le Nouvelliste publie une edit.on spéciale ou il racontie Thistoue du Trois-Rivieres industriel.Cette histoire est la plus complete possible.On la trouvera sous le titre de troisième page.\"L'industrie créatrice\", lequel coiffe le récit de la fondation de chacune de nos cinq grandes us;nes avec les dates et les noms qu il faut retenir.Nous v retraçons les faits de l'industrie du bois jusqu'en 1850, puisque cette industrie a précédé directement cell® du pap\u2019er.Nous passons rapidement sur l'histoire des Vieilles Forges et moins rapidement sur celle des Forges du Radnor, vu qu on trouve la les ancêtres de la Canada Iron Foundries.Il y a aussi la Shawinican Water and Power qui a fourni a l'industrie des Trois Rivieres et du Saint-Maurice d'enormes quantités d'enerqi® électrique; il y a les villes de Shawimgan, de Grand'Mère, du Cap-de-ia Madeleine et de La Tuque dont le développement a concouru avec la transformation des Trois-Rivieres.ville pastorale en 1908.aujourd'hui centre industriel de premiere importance.C\u2019est pourquoi la Mauricie elle-même n'a pu être étrangère a notre récit.Nous parlons aussi du port des Trois Rivieres le troisième au Canada et qui, en 1S80, n'etait encore qu'une longue plage sablonneuse, des chemins de fer et des routes qui ont ouvert nctre ville au monde extérieur, des services de telephone et de gaz, etc.*\t^ L* récit est illustré de quelques photos d'autrefois et de photos d'aujourd\u2019hui, eu le contraste entre le passe et le présent saute aux yeux.Nos lecteurs liront de plus avec intérêt l'entrevue que nous avons sollicitée di M.C.-R.Whitehead, lequel a découvert l'avenir industriel de notre v.lle en y faisant de nuit une excursion en raquettes au mois de janvier 1907.i A?7/ / Y \u2014T I 1 >/ V\" A //J y \u20224 H+4 ST /T JM.G.TR.Whitehead i lin' Hi I tr Ü ?A ' ii'1 » i U4Ç ¦mm iis**.n « i > ril V \u2022\"V i 7/\u2018 T> \u20ac I LI WOUVrLLISTE LUMD! S JANVltR îMf « ./ UNE PAGE D\u2019HISTOIRE « QU\u2019IL NE FAUT PAS OUBLIER La Cité des Troîs-Rivîères a été le berceau de la grande industrie canadienne.C'est en effet dans sa banlieue que commençait, en août 1738,l'exploitation des forges St-Maurice.Aujourd'hui la ville fondée par Laviolette compte parmi les centres industriels les plus importants du pays.Ce n'est pas l'exploitation des forges, cependant qui donna naissance au grand progrès industriel que connaissent actuellement notre ville et notre vallée.A cause de sa position géographique, Trois-Rivières ne pouvait se développer qu'avec l'exploitation des richesses hydrauliques et forestières du bassin du St Maurice.Tant que ces richesses demeurèrent inexploitées, la ville sommeilla.Sans la vision et l'esprit d'initiative des capitalistes étrangers et des ingénieurs qui découvrirent dans les eaux et les chutes du St-Maurice une source intarissable de force motrice, la cité fondée par Laviolette serait encore un village bourgeois et paresseux.Mais ils sont venus ces hommes de courage et de vision.Ils virent dans le site de la ville de Trois-Rivières, au confluent du St-Maurice et du fleuve St-Laurent, l'endroit prédestiné pour la réalisation de leurs gigantesques projets.Les plans furent précipités, les capitaux affluèrent et l'on vit, en 1907 s'élever la grande filature de la Wabasso Cotton Company Limited, en 1909 la Canada Iron Foundries Limited, puis en 1911, la première usine de pâte à papier, la Wayagamaclu De tous côtés arrivèrent des hommes alertes et désireux de travailler.Le village de 1908, en partie rasé par l'incendie, se releva vite de ses ruines.D'autres industries surgirent: en 1919 la Canadian International Paper et en 1924, la St-Lawrence Paper Mills.Le commerce prit un essor considérable avec l'augmentation de la population.Depuis, la ville n'a cessé de grandir et de prospérer.Grâce à Dieu, les pionniers d'autrefois, qui ont assis le progrès de Trois-Rivières sur des bases solides et robustes, demeurent les figures dominantes de notre vie industrielle.Il convient aujourd'hui de leur offrir nos hommages d'admiration et de gratitude.Nous sommes donc heureux d'offrir nos félicitations à la direction de la Wabasso Cotton Company Limited, a l'occasion de son 40eme anniversaire de fondation, et à M.C.-R.Whitehead, président et fondateur de la Wabasso, fondateur et vice-président de la Consolidated Paper Corporation, qui célébrera demain son 80ème anniversaire de naissance.Parmi les pionniers de notre progrès industriel, il fut l'un de ceu x qui manifestèrent le plus de vision, de ténacité et de courage.La population trifluvienne lui en est reconnaissante.____.\t^\tÆ LA CORPORATION DE LA CITÉ DES TROIS-RIVIÈRES SON HONNEUR LE MAIRE ^Arthur Rousseau * MESSIEURS LES ECHEVINS Chailes P.Rocheleau M&Jeric Dufresne J.Arthur Guimont Emmet Boland Frédéric Poliquin Albert Paquin /.Albert Durand J.Amedée Desruisseaux Le gérant Municipal JrH.Vahquette LE NOUVELLISTE.LVWDf I JANVIEN TTIt -\u2022 ^créatrice QùZjSk ra®4iæ 4 V\tmv \u2022 I f *XS ^Bte^vy^TÉNHP^^i\t?\u2022\u2022\u2022 -IJ naDOD® æ ^ yéxzi K&saJàô La vache de Monsieur i'Echevin Chaque famille trifluvienne digne de ce nom possédait alors une vache.On pouvait même en posséder deux, trois quatre ou davantage.La tradition le voulait, les exigences de la maisonnée aussi.Sans crémeries ni laiteries modernes \u2014 elles ne tarderaient pas à venir \u2014 Trois-Rivières avait évolué lentement depuis la Commune de Louis XIV, depuis la guerre de Sept Ans et depuis l'invasion a-méricaine.L'ére de la grande industrie allait finalement interrompre la tradition et précipiter l'évolution.Napoléon Lamy, échevin, donnait le ton.trayant pour sa part matin et soir une des superbes vaches dont les enclos étaient distribués aux quatre coins de la ville, même dans cet espace au-Jourd hui civilisé, commercialisé et entièrement bâti que nous appelons pompeusement le \"coeur de la Cité\u201d.Elles furent bien sympathiques, ces vaches de 1900-1910.les dernières d une ample genealogie de vaches sans histoire et sans pretention dont les ancêtres axaient contribué au bien-être du peuple sous le règne du Roi-Soleil.Comme les rare* que Trois-Rivières a conservées, qui ont échappe à l'hecatacombe de l'industrialisation et qu'on a acculées à la limite ouest de la ville, dans le peu qui reste de la vieille Commune, \u201clies avaient les yeux ronds, humides et rêveurs, et leur degré de discipl ne ne lut jamais supérieur, sem-ble-t-ii.a celui des vaches de race que les puissants automobilea écrasent maintenant sur les routes de Louiseville, et de Champlain.Un sens profond d\u2019indépendance et la débrouillardise n'ont pas manqué à la vache de M.Lamy.Elle s était dit que \"l'herbe est toujours plus tendre dans le pré du voisin .entraînant dans ces a- » Pastorale trif.uvicnnr de 1894 «Collection de l'abbé Tessier' Wéjm mmm ventures une quinzaine d'autres bétfs au génie malfaisant.Les ouvriers qui ont construit la Wabasso en 1907 et 1908 retrouvaient régulièrement ce troupeau à la porte de l'usine.On chassait les va- j ches comme le naturel et.comme le naturel, elles revenaient aussitôt.Non pouvant plus, C.-R.Whitehead, président-fondateur de la compagnie, a.un beau matin, conduit les bétes rebelles dans une é-table pour animaux perdus.Les proprétaires y ont retrouvé leurs vacnes après avoir parcouru la ville en tous sens, jusque sur les coteaux.Tous ont mal pris la chose.M Lamy en particulier.Il fit une tempête à la prochaine séance du conseil municipal et l'enlèvement de la vache de Monsieur I'Echevin fut durant quelques jours le grand scandale de l'hôtel de ville.Bien d'autres scandales de cette nature ont marqué, d ailleurs, la transformation que notre ville a subie au début du siècle.Habituée depuis deux cents ans è un train-t.ain presque régulier, Trois-Rivières sortait si brusquement d'un passé qui semblait immuable.Il fallait qu\u2019un petit centre pastoral, aux rues étroites et cahoteuses, cédât le pas au centre nouveau et irrésistible, et M Lamy.que ses contemporains ont appelé \"le Lion\" à cause de l'ardeur avec laquelle il a embrassé toute les nobles causes, fut un des défenseurs de ce passé bucolique mais, plus éloquement encore avec son ami et collègue.M Page, l'avocat au conseil de ville de l'avenir industriel de la Cité de Laviolette.Heureux, violents et conquérants Incidents et scandales étaient bien dans l esprit de nos pères.qui avaient autant d'aptitude à se chicaner que d'aptitude â se réconcilier.On s'obstinait au conseil, on se parlait nez à nez dans le parc Champlain on réglait les cas sérieux à la boutique et au bord de l'eau, on se cassait la 'Igure dans les campagnes électorales, pour rire ensemble et s\u2019amuser le lendemain de la dernière bonne blague qui circulait en ville.Les gay nineties \u2019 des Etats-Unis avaient chez nous leurs correspondants.Ce fut lèpoque Joyeuse getene-reuse d avant la guerre, où chacun était à lui seul une personnalité où tout lé monde tendait à un double objectif: bâtir et s'amuser, tendance universelle qu on retrouvait à Paris et â Londres aussi bien qu'â New-York, Chicago et Montreal.Pa tie de 1 initiative de ce* gens à favoris, a pantalon étroit et â chevelure abondante, 1 entreprise privée allait transformer notre bonne vieille ville, et cette transformation considerable allait rayonner dans toute la légion, pour atteindre des centres naissants comme Shawlnigan et Grand -Mère et donne! à La Tuque sa raison d exister.L\u2019année 1900 \u2014 nous la choisissons un peu à cause du chiffre rond \u2014marque dans l'histoire de la Mau icie le debut d une ère encore plus que d\u2019un siècle.Il s'est passé des choses très imposantes autour de 1890 et de 1910, mais elles ont gravité tcute.s autour de 1900, que, peur les besoins de la cause, nous appellerons 1 annee-clef des changements capitaux que nous exposerons dans ce récit.En ce début de siècle, Monseigneur François-Xavier Cloutier occupe le siège épiscopal laissé vacant l'année p écédente par feu Monseigneur Louis-François Laflèche: l'évéque bâtisseur succède â l\u2019évèque des combats: un champion relève un autre champion; le premier a lutté pour conserver et sa victoire retentissante permet â l'autre de lutter pour agrandir le patrimoine en même temps spirituel et matériel des Trlfluviens.A 1 hôtel de ville, les séances sont orageuses.Les maires se sucedent avec la rapidité des cabinets de la IIIc République française.Entre le 17 Janvier \u2019898 et le 13 Juillet 1908, on n en compte pas moins de sept, y compris le maire L-D Faquin qui sera élu à deux reprises En voici les noms et le* dates d élection A thur Oi*- j vicr, 17 janvier 189b.L-D.Faquin, 4 juin 1900; N.-L.Denoocour.14 juillet 1902: N.-L.Duplessis, 11 Juillet 1904; L.-D.Faquin, 3 avril 1905.J.-F.Bellefeuille, 12 juin 1905; F-S.Tourigny, 9 juillet 1906.L.\t-P.Normand, 13 juillet 1908 Trois-Rivières demeure, cependant, plus solide que ses conseils municipaux.Dans la population une idee domine toutes les autres celle de 1 avenir industriel.Le port, qui servira d'a.gument suprême auprès des capitalistes, est en pleine expansion.On bâtit le quai du boulevard Turcotte et on bâtira bientôt le quai Bureau.Le commerce, autre argument capital en faveur de l'industrialisation, s'est empare des rues Notre-Dame et du Platon et gagne petit à petit la rue Des Forges.I>e chemin de fer Montréal-Trois-Ri\\ières-Quebec est excellent; celui de Troia-Rivières-Shawinigan sera inauguré le 31 décembre 1906 on bouge à Grand'Mère.on bouge a La Tuque; toute la région est en éveil.L\u2019electricite produite aux chutes de Saint-Narcisse éclaire nos principales rues, la North Shore Power Company ayant obtenu i une L anchise exclusive aux Trois-Rivières.L'industrie au bois a atteint des proportions considérables sur I le Saint-Maurice.On expédie le bois de construction en Angleterre, aux Etats-Unis et ailleurs, et le bois de pulpe est chargé dans des | barges à l'embouchure de la rivière pour expédition aux usines de i 1 Hudson via le Richelieu Enfin, plusieurs autres industries moyennes et petites alimentent la prospérité relative dont jouit notre ville.Quelques-unes, comme celles de Girard et Godin et de J.-N.Godin, survivront à l'époque ae la transformation.La main d oeuvre trifluvienne est en majeure partie employée aux moulins à scie durant l'été et aux chantiers du Saint-Maurice durant l'hiver.Ces faits se présentent pêle-mêle à l'esprit des Trifluviens de 1900 et leurs donnent toutes les raisons d'e.spérer et de désespérer.Le journal de P.-V.Ayotte éperonne sans cesse l ambition de ses lecteurs, disant et répétant que notre ville ne peut pas rester comme ça, qu\u2019il faut faire quelque chose, qu'un surplus de main d'oeuvre exl te chez nous, que nos richesses sent immenses et inexploitées, etc Montréal et d autres centres, dit-il, connaissent déjà un développement considérable tandis que nous demeurons ici immobiles dans une stagnation séculaire.Conseil de ville, chambre de commerce et journalistes en tète, les Trifluviens sont ainsi lancés dans une croisade en faveur de la g.ande industrie.Cette croisade impose- , ra même à l'hôtel de ville les plus lourds sacrifices, par exemple cet onéreux octroi de $70.000.accordé en 1905 aux constructeurs du chemin de fer de Shawlnigan.Sa croisade produira d heureux résultats, Trois-Rivières sortira bientôt de sa léthargie.Une excursion en raquettes Vers le milieu du mois de janvier 1907.deux hommes se présentent aux Trois-Rivières en pleine nuit.Ils reviennent en sleigh de Shawlnigan ou ils n'ont pas trouvé le site qu'ils cherchaient dans la région du Saint-Mau.ice.Ils ont pris la route de Saint-Etienne et des Forges, la seule qui relie présentement les Chutes à notre vu.e Ils avalent une bouchée \"chez le Chinois\" et.pendant que les citoyens.caressent dans leur sommeil le rêve de la corne d abondan c ils entreprennent au clair de lune unr tournée en raquettes dans les espaces vacants des Trois-Rivières.Les mystérieux visiteurs arpentent les coteaux, atteignent le Saint-Maurice, le longent jue courage et la vision des directeurs de la Compagnie délectricité ont été pleinement Justifié* depuis.Séar.ce spéciale du conseil Il fallait aussi une entente avec la ville MM Whitehead, Greenshields et Craig ont approche à ce sujet ! honorable Jacques Bureau, député fédéral et un de nos citoyens les plus en vue d a-îors Ils ont exposé leur projet a M.Bureau qu'en a discuté io.igue- ' ;V:\t^\t1 Trrffs-RIv.erea 1900 d aprm unr rarte postale de l'epoqut\t«Collection de labbé Te»sien t ?- passé, amis *e* appsronce.s tmmi \u2022 soiidemon\u2019 préparé l'avenir.' ! lè **ult# à la LE NOUVELLISTE LUNDI I JANVIER 'industrie créatrice \u2022 Smit de .a page 1* ./industrie du fer Lhiivre atta
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