Le nouvelliste, 16 février 1991, Cahier 2
[" Le Nouvelliste Trois Rivières Samedi 16 février 1991 Plus Arts et spectacles Restaurants Vacances / voyage m «Ça va être terriblement exigeant» II / Mario Dubois Saint-Grégoire Val-d\u2019Or au Labrador en automobile représente déjà un péril blanc en soi au cours de Thiver.Imaginez parcourir ces 2500 km de neige folle, de vent glacial et d\u2019avaries à bord d\u2019une motoneige durant 11 jours.Et qu\u2019en plus vous roulez à pleine puissance pendant qu\u2019une meute de bolides palmés menacent de ronger le dos de votre siège.Vous éprouveriez alors le syndrome «des marathoniens» de la deuxième édition de la Course mondiale de motoneiges Harri-cana pour laquelle le départ officiel est prévu le 25 février.«Courir comme Ben Johnson, je ne suis pas capable.Mais sur une motoneige, attention!», clame Benoît Desroches, motoneigiste de 24 ans de Saint-Nazaire-d\u2019Acton et détenteur de la quatrième position l\u2019an passé.Grâce à l\u2019expérience d\u2019André Boucher (Saint-Grégoire) et de Clément Raby (Drummondville), tous deux âgés de 42 ans, il entend offrir au Centre du Québec (leur équipe) les grands honneurs cette année.Cette distinction revient à l\u2019équipe dont le troisième membre à franchir la ligne d\u2019arrivée enregistre le meilleur chrono cumulatif pendant les dix étapes du périple.Le trio de la Mauricie se dit quand même très optimiste.«C\u2019est nous autres qui allons gagner, voyons!», lance péremptoirement Benoît en concédant que le facteur chance n\u2019est pas nég'i-geable.Être couronnés champions du monde face aux meilleurs Canadiens, Finlandais, Américains et Japonais serait grisant.Reconnus par les Québécois et par plus de 80 millions d\u2019Européens friands de ce sport n\u2019aurait rien de banal non plus.«Mais ce qui importe uj A*3' (oU] davantage c\u2019est de participer à un vrai rallye, et la fierté de se rendre jusqu'au bout», explique Benoît.Préparatifs longs et coûteux «Se préparer à affronter le Grand-Nord demeure tout un défi, signale André.Juste le fait de prendre la ligne de départ représente 50% de la course!.» Une participation à Harricana n\u2019est pas à la portée de tous les portefeuilles.Elle coûte 115 000 $ (la bourse globale d\u2019Harricana totalise 100 000 $.) Les frais en cause couvrent l\u2019inscription (60 (XX) $), l\u2019achat de motoneiges et de pièces (30 000 $), l\u2019entretien des engins, le transport, l\u2019équipe de soutien logistique et mécanique (deux personnes) et la promotion.«Nous ne sommes pas riches.On a travaillé d'arrache-pied pour obtenir les sommes nécessaires».HL confie Benoît.Pour s\u2019en sortir il a fallu opter pour les commandites de prestige et la vente d\u2019articles divers (casquettes, gilets, épinglettes).Depuis cinq mois, une trentaine d\u2019amis supportent leurs efforts.Outre les préparatifs logistiques (matériel de survie), la planification stratégique de la course nécessite aussi beaucoup de temps.Étant donné qu\u2019aucune équipe n\u2019a le droit d\u2019emprunter le tracé Val-d\u2019Or-Labrador avant la journée du départ, le trio de mo-toneigistes examine plusieurs scénarios climatiques et tactiques.Les entraînements (600 heures!) sur les circuits de neige folle et les sentiers de bois ne nuiront pas, ont-ils analysé.Profil du départ 24 février.C\u2019est le prologue de qualification Harricana au circuit SSS * « Gilles-Villeneuve de Montréal.Si tout se passe bien pour les Mauriciens, direction Val-d\u2019Or en soirée.Une petite nuit partagée entre le sommeil et l\u2019angoisse.Le lendemain, 7 h: environ une trentaine d\u2019équipes de trois personnes emmitouflées et casquées s\u2019activent près de la ligne de départ.Les motoneiges s\u2019étirent les muscles, rugissent, fument.Le personnel de soutien qui les suivra à toutes les haltes quotidiennes s\u2019affaire.Le tiers des bêtes mécaniques sont munies d\u2019un traîneau de 200 livres.Chaque équipe y a planqué tente, sacs à couchage, réchaud, bois de chauffage, victuailles, trousse de secours, dispositif de communication par satellite.On s\u2019aligne.Go! À intervalle d\u2019une minute, les motoneiges partent trois par trois.Ils s\u2019engagent à rouler 250 km (en (Flageol Photo \u2014 Daniel Flageol) moyenne) à chaque jour par tranche de huit heures.En 10 étapes.Avec une seule journée de repos! «Ca va être terriblement exigeant, cette année, parce qu'on a deux jours de moins pour parcourir la même distance qu\u2019avant», laisse tomber André.Les embûches de la course Hormis l\u2019endurance de la compétition et les impondérables stratégiques, la route est semée d\u2019embûches climatiques.Couche poudreuse profonde, «slush», blizzard, tempête de neige, fossés, dérapages, embardées, bris mécaniques.Et n\u2019oublions pas les ruses et les traquenards des compétiteurs.Le mode de vie journalier des nomades courseurs n\u2019est pas «plus jojo».Attention aux refroidissements par exemple! «Quand tu sors de ton sac de couchage tout chaud et que tu mets les pieds dehors à -40 degrés Celcius, je te jure que c\u2019est dur vrai.», mentionne Benoît.Tout ça sans compter la malnutrition et la diarrhée qui les guettent au détour.«C'est pas facile: j\u2019ai perdu 25 livres l\u2019an dernier», tient à préciser Benoît.Les splendeurs du Nord Tout au long de la course, les splendeurs de la nature du Nord québécois font cependant oublier la barrière psychologique du temps et de l\u2019espace (phénomène qu\u2019éprouvent tous les joggeurs), de même que les «écueils» du voyage, raconte Benoît dans une élan poétique peu commun.«Si tu voyais les banquises s\u2019étendant au loin.Le soleil qui reflète sur la glace.Et devant nous les troupeaux de caribous qui galopent à plus de 70 km.Ils courent si vite, qu'à cause de la traction de leurs sabots sur la neige tu reçois des halles glacées dans la visière de ton casque.» L\u2019hospitalité des communautés amérindiennes l\u2019émeut tout autant.Il se rappelle l\u2019an dernier avoir dressé sa tente à Chisasibi.«Mon homme, t\u2019es accueilli comme un roi! Il y a pas grand-monde qui va dans ce coin-là.Quand des étrangers viennent sur leurs territoires, ils sont contents», souligne-t-il.Aux yeux de Benoît, le suprême délice survient sur le tard de l\u2019expédition, au moment où «quelque part en dedans de soi la patate bat comme une grenouille dans l\u2019eau.» En d\u2019autres mots, a-t-il défini, l\u2019individu ressent une grande satisfaction de s\u2019être dépassé.«Je suis convaincu qu'on va se rendre à l\u2019autre bout, soutient André.Pas de problème.On est préparés.» Malgré son expérience, admet pour sa part Benoît, «je commence à être nerveux» devant l\u2019imminence de la course.«Mais on n\u2019a pas le choix: on est embarqués.» \u2022 nique Le lundi 18 février de 6h à lOh 102 6* P2 Lt Nouvelliste samedi 16 février 1991 Neuf jeunes de la région en Bolivie Tout un été en mission au service des orphelins U,] la H Dans l\u2019ordre habituel, l'équipe est composée de Jannie Bolduc, responsable, Sandra Sher-ping, secrétaire, Lynne Vallières, vice-responsable et Marc Fréchette, trésorier.Les autres membres de l\u2019équipe sont Julie Levasseur, Lucie Lefebvre, Daniel Lippé, Jinnv Jam et Su-zie-Dominique Beaulieu.Lynne Vallières est étudiante au Cégep de Trois-Rivières.Tous les autres fréquentent le collège Laflèche.\t(Klaneol Photo \u2014 Patrick Beauchamp) Trois-Rivières Sept étudiantes et deux étudiants de niveau collégial passeront l\u2019été à travailler dans des orphelinats et pour les missions des frères oblats et des soeurs de l\u2019Immaculée-Conception, à Cochabamba, en Bolivie.Leur séjour se fera d\u2019abord dans un orphelinat pour les enfants de 0 à 5 ans.Par la suite, ils s\u2019engageront dans un travail de rue auprès des jeunes de 6 à 9 ans pour terminer leur été dans un institut socio-cdm-munautaire du monde rural de Cochabamba, une ville de quelque 250 000 habitants.Cette expérience hors du commun est une initiative du service de pastorale du collège Laflèche de Trois-Rivières.Comme à chaque année, le responsable de ce service, M.Michel Gadbois, voulait trouver un moyen intéressant de sensibiliser les étudiants du collège aux problèmes du Tiers-Monde.De fil en aiguille, l\u2019idée d\u2019un sta- ge chez les missionnaires a suscité l\u2019intérêt de la majorité.«Nous étions nombreux à vouloir participer au projet, au départ.Toutefois, il nous faut faire beaucoup d\u2019efforts pour amasser les fonds nécessaires à sa réalisation, ce qui en a découragé plusieurs.Maintenant nous sommes neuf dans le groupe», explique Jannie Bolduc, la responsable de l\u2019équipe.Un bien-cuit pour le maire Leblanc Le groupe doit recueillir 40 000 $ d\u2019ici au mois de mars pour réaliser son ambition et ce ne sont pas les idées qui manquent.Le 15 mars, le maire de Trois-Rivières, M.Guy Leblanc, fera l\u2019objet d\u2019un bien-cuit à la salle Hubert-Reeves du collège Laflèche, à 20 h.Parmi les cuistots, on compte le député P.-H.Vincent (si la santé le lui permet, bien sûr), M.Gilles Lamarre, des Caisses populaires, M.Gilles Boisjoli et M.René Lord, professeur à l\u2019UQTR et ancien journaliste au Nouvelliste.Le groupe recevra aussi une aide substantielle du ministre Yvon Picotte, son président d\u2019honneur, et compte beaucoup sur l\u2019apport financier des organismes internationaux comme le YMCA, le club 2A et le Centre d\u2019éducation et de coopération internationale.L\u2019aide des communautés religieuses, l\u2019appui de l\u2019évêché et une vente de gilets à l\u2019effigie du projet devraient compléter les besoins financiers.Parmi les neuf jeunes du groupe, il en est un pour qui cette expérience revêt un caractère tout à fait particulier, puisqu\u2019il est semi-voyant.Marc Fréchette a pris son courage à deux mains et a su se faire accepter par les autres membres de l\u2019équipe.«Au début, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre.Pour ma part, c\u2019était la première fois que je côtoyais une personne semi-voyante, explique Jannie.Quand nous avons vu combien il désirait vivre cette expérience, nous en avons discuté franchement ensemble, nous avons éclairci nos questionnements et maintenant, ça va très bien.» «Moi, je le fais pour mon enrichissement personnel, dit Marc.Je veux me prouver que je suis capable de faire de telles expériences, moi aussi.» Marc exercera son savoir au sein des communautés religieuses à titre de stagiaire en comptabilité car c\u2019est là sa spécialité d\u2019études.Son travail, en ce sens, sera différent de celui des autres membres de l\u2019équipe.Afin de mieux s\u2019acquitter de sa tâche, il Semi-voyant, Marc a pris son courage à deux mains devra apporter avec lui certains instruments spéciaux.Un de ces instruments, le «Navigateur», est un appareil doublé d\u2019un ordinateur qui traduit instantanément les caractères brailles en caractères réguliers.En Bolivie, les non-voyants et les semi-voyants sont condamnés par la société à mendier dans les rues, a-t-il appris.Aussi est-il possible que des échanges très fructueux soient organisés entre Marc et des non-voyants boliviens.Les jeunes du groupe ont tout à faire et tout à apprendre avant de partir pour ce séjour qui s\u2019étend du 25 mai au 10 août.En plus de s\u2019occuper de la levée de fonds, ils suivent des cours du soir en espagnol dans le but d\u2019avoir au moins une base pour communiquer.De toutes façons, ce stage a été conçu pour être sécuritaire.Un missionnaire maîtrisant parfaitement l\u2019espagnol sera auprès d\u2019eux tout au long de leur séjour.«Quant au choix de la destination, la Bolivie a été choisie pour sa stablité politique.Il n\u2019était pas question de les envoyer au Pérou avec ce qui se passe là-bas en ce moment et il était encore moins question de les envoyer à Haïti», explique M.Gadbois.# Louise René de Cotret a vécu dix ans d'amitié avec les lecteurs du Nouvelliste «Je me suis vite rendu compte que la grande préoccupation des gens c'est la solitude» IffUw Brigitte I rahan Trois-Rivières I l y a dix ans, on avait sollicité la diplomatie et le doigté de Mme Louise René de Cotret pour créer un courrier du coeur dans le quotidien Le Nouvelliste.«( \u2019est M.René Ferron, alors directeur de la rédaction, qui m\u2019avait approchée pour ça, raconte-t-elle.Je me suis dit: Pourquoi moi?Voyons, je ne pourrai jamais faire ça! Pen dant deux ou trois nuits, je me réveillais à 3 h du matin en y pensant.J\u2019avoue que ça m\u2019inquiétait un peu de me lancer dans cette aventure-là.Ft puis j\u2019ai plongé.Ft je ne le regrette pas.» Une séparation n\u2019est jamais un moment très gai a vivre et Louise n\u2019est pas la seule à terminer cette tâche avec un pincement de coeur.«Abandonner mon courrier, ça me fait quelque chose, mais quand j\u2019y pense, apres tout ce temps la, c\u2019est peut-être mieux que quelqu\u2019un d\u2019autre prenne la releve.Depuis que j\u2019ai annoncé mon départ dans mon cour rier, j\u2019ai reçu de nombreuses lettres de gens qui me disent merci pour ce que j\u2019ai fait.Un monsieur a même eu la gentillesse de m\u2019envoyer une rose.Quelle délicate attention.» Mme De Cotret ne cessera pas pour autant ses activités.«Je ne sais vraiment pas quand je vais arrêter.Je ne suis pas capable de res ter sans rien faire.Mon mari pense que je vais mourir avec une liste de choses à faire», dit-elle en riant.C\u2019est d\u2019ailleurs ce dynamisme inné qui a amené Mme René de Cotret dans les médias pendant sa jeunesse.«Chère Louise» n\u2019est qu\u2019une expérience parmi tant d\u2019autres.Avant de se marier, en 1955, elle travaillait au poste de radio CHLN.«J\u2019avais un programme d\u2019une heure intitulé «Fn faisant des galipettes, se rcmémore-t-ellc avec un large sourire J\u2019y faisais ce que je voulais, je recevais toutes sortes de gens, f nsuite, j\u2019ai été transférée à la rédaction des nouvelles.Un peu plus tard, j\u2019animais une émission d\u2019une demi heure sur la personnalité du jour.» En plus de sa carrière radiophonique, elle a rédigé de nombreux articles dans diverses publications dont «La chronique de la vallée du Saint-Maurice», la revue «Alerte» de la Société Saint-Jean-Baptiste et même dans Le Nouvelliste où elle était collaboratrice à la chronique de voyages.Plusieurs années plus tard, lorsque Le Nouvelliste lui offrit la responsabilité d\u2019un courrier du coeur, Mme De Cotret a pris la résolution d\u2019en faire plutôt un courrier d\u2019amitié.«Je me suis très vite rendu compte, en effet, que la plus grande préoccupation des gens, de nos jours, c\u2019est la solitude, t\u2019est pour quoi au bout d\u2019environ un an, j\u2019ai proposé à M.Ferron de faire quelque chose pour tous ces gens seuls qui m\u2019écrivaient.Le Nouvelliste avait alors organisé- une grande croisière à bord du M / S Jacques-Cartier afin que tous ces hommes et tou tes ces femmes seuls puissent nouer des amitiés.De cette croisière est né un club d\u2019amitié pour les gens de 40 ans et plus.L\u2019expérience a été si concluante, que de là, peu de temps après.Le Nouvelliste a lancé le courrier «J\u2019Amoure».» Louise n\u2019a pas jeté une seule des lettres que lui ont envoyées les lecteurs du Nouvelliste.«Je les ai placées dans des feuilles plastifiées et jc les ai reliées dans des albums.Je veux les conserver non seulement comme souvenir mais je pense qu\u2019elles pourraient un jour être utiles à quelqu'un qui voudra faire une étude sur les inquiétudes des gens des années 80.» Le gros bon sens Louise René de Cotret s\u2019est toujours servie «du gros bon sens» pour répondre aux préoccupations de ses correspondants.«Je n\u2019ai jamais eu recours aux psychologues pour m\u2019aider.Je me suis servie de mon expérience de vie.Par contre, je soumettais parfois certains pro blêmes de jeunes à mes enfants ou certains problèmes d'hommes à mon mari.Nous en discutions ensemble et de cette manière, j'avais un point de vue différent du mien, ce qui était fort utile.» Pour des cas plus «concrets» Mme De Cotret pouvait toujours compter sur des amis bien placés pour conseiller ses correspondants.«J\u2019ai des amis médecins, mon neveu et ma nièce sont avocats, j\u2019ai souvent eu recours à l\u2019abbé Panneton pour des sujets qui concernent la religion, j\u2019ai eu l'aide du notaire Gilles Gar ceau; la librairie Morin m'a souvent aidée à trouver les livres de référence dont j\u2019avais besoin.» Le courrier qui l\u2019a toutefois le plus marquée est «En quête».«C\u2019est vraiment extraordinaire de donner un coup de fil à quelqu'un pour lui dire: «Madame, je crois que je viens de retrouver votre fille».» Mme De Cotret explique que nombreux sont les cas de couples ayant eu un enfant hors mariage à une période où la chose était mal vue.«Ces gens-là, souvent, ne pouvaient se marier tout de suite par manque d\u2019argent ou autre.Alors ils donnaient leur enfant en adoption.Mais par la suite, plusieurs finissaient par se marier et cherchaient à ravoir leur premier-né.Imaginez quand parents et enfant se retrouvent.C\u2019est merveilleux!» Louise quitte son courrier d\u2019amitié avec le sentiment d\u2019avoir accompli quelque chose de bon.«Souvent, les gens finissaient leur lettre en écrivant «merci de m\u2019avoir lu».Je pense que pour plusieurs, le courrier était la seule place où ils étaient vraiment accueillis.»# N DI .R: La responsabilité de ce courrier sera dorénavant assumée par Mme Michelle Roy.Vous avez maintenant rendez vous avec «Le courrier de Michelle».« * U NMraNtstt samedi 16 tevner 1991 P3 «Quand mon garçon est sorti de l'hôpital, je l'ai fait garder pour aller jouer au bingo» Guy Veillette Trois-Rivières e pense que j\u2019ai toujours eu ça dans le sang.Je n'ai jamais été capable de me dire que je vais mettre 2 $ dans la machine, et qu'aprés je vais arrêter.Après un trente sous, c\u2019en était un autre, puis un autre.Je suis une femme très compulsive; je n'étais tout simplement pas capable de me fixer de limites.» Raymonde fêtera bientôt la première année d\u2019existence des «gamblers anonymes», un mouvement qu\u2019elle a mis sur pied le 11 décembre 1989.Ce n\u2019est pas sans laisser transparaître une certaine satisfaction qu\u2019elle confie ce fait d\u2019arme au Nouvelliste.Car même si elle avoue qu\u2019elle ne se sortira probablement jamais de sa nature de joueuse, Raymonde insiste pour dire que son mouvement représente maintenant l\u2019une des priorités de sa vie.«Même mon mariage peut être considéré comme une gageure, re- late-t-elle.Ce fut un véritable coup de tête.J'avais le choix entre deux hommes.Finalement, je me rends compte qu'il s'agit de la seule chose que j\u2019aie bien réussie.» La Trifluvienne représente l\u2019exemple parfait du parieur pathologique décrit par l\u2019équipe de recherche lavalloise.C\u2019est un peu avant de se marier, en 1973, que Raymonde sera victime de la tragique piqûre.En accompagnant sa belle-mère au bingo, elle tombe immédiatement dans le panneau.Sans le savoir à ce moment, elle venait de se lancer dans une longue et pénible aventure.Rapidement, Raymonde réclame sa partie de bingo à tous les soirs.Elle gagne sa vie comme réceptionniste, mais avant de se rendre au travail, elle fréquente les salles de bingo.Sa passion pour ce jeu prend vite des proportions démesurées.«Quand mon garçon est sorti de l\u2019hôpital, je l'ai fait garder pour aller jouer au bingo», avoue-t-elle.Une mer de problèmes Après le bingo, les machines à poker.Peu à peu, Raymonde gruge une partie de plus en plus importante de la paye de son conjoint.Une faillite personnelle de 16 000 $ vient frapper le couple.Mais la leçon ne porte pas.En 1977, Raymonde retire la somme nette de 3000 $ de ses aventures financières, sa meilleure année selon elle.Néanmoins, son entourage se pose des questions.Plutôt que d\u2019aller payer les comptes, elle les joue.«Une fois, j'avais commencé à jouer dans une machine à poker, et je n'avais pas été chanceuse.Je me disais que la personne qui embarquerait après moi remporterait le gros lot.J'ai alors demandé de l\u2019argent à quelqu'un.Au début, il ne voulait pas m'en donner.Mais je le brassais, je le suppliais.une vraie droguée! Finalement, j\u2019ai eu mon argent.Cette soirée m'a coûtée 400 $.À partir de ce moment, je me suis vraiment aperçue que j\u2019a vais un problème.» Raymonde laisse entendre qu\u2019il semblait exister deux personnes en elle: la mère de famille et la joueuse.«Pendant que je jouais, je ne voyais rien autour de moi.Mais quand je me couchais, je me deman dais comment je rembourserais tout ce que j\u2019avais emprunté.La femme avoue sans détour que son hobby lui a fait atteindre le fond du baril.«Fn novembre 89, j'ai raté ma troisième tentative de suicide.» Par la suite, elle a décidé de se prendre en main en se rendant à Montréal, pour discuter de son problème dans un mouvement qui l\u2019inspirera dans la création des «Gamblers anonymes».Vie familiale perdue Aujourd\u2019hui, Raymonde est capable de parler de son problème de «parieur» et des conséquences que cela a engendrées.«Je regrette beaucoup ce que j'ai fait, car je constate que je n\u2019ai pratiquement pas eu de vie familiale.J'ai eu des enfants garroches: à tout bout de champ, ça leur prenait une gardien ne pour que j\u2019aille jouer.» «A un moment donne, j'ai vraiment atteint les bas-fonds.Je me demandais pourquoi j'étais au monde, pourquoi je faisais tant de mal aux autres.» Elle avoue qu\u2019encore aujourd\u2019hui, les remises en question surgissent régulièrement.«Je crois que je ne me sentirai jamais vraiment bien dans ma peau.Je ne serai jamais vraiment guérie, (e n\u2019est pas facile de se mettre dans la tête que là, c\u2019est fini, les jeux.» Surtout pour une personne qui avait l\u2019habitude de jouer au bingo sept soirs par semaine, de miser HX) $ sur les loteries pendant la même période, en plus des quelques parties de poker à travers ça-.«C\u2019est un monde de rêve, d'immaturité.», constate-t-elle.Raymonde évalue à environ 50 000 $ les sommes anéanties dans les jeux au cours des dix-sept dernières années.Mais elle est consciente que, pour certaines personnes, il s\u2019agit d\u2019une somme dérisoire.«Une chance que je n'aimais pas les courses.», ricane-t-elle.Même si elle a enregistré certains progrès au cours de la dernière année, Raymonde est en mesure de constater à quel point elle s\u2019est enlisée dans ce monde de dettes perpétuelles.«Ma dernière rechute remonte au mois de juillet.(,a m'a coûté 700 $.Mon mari m'a avertie qu'il s\u2019agissait de la dernière dette qu'il paierait.» Pour le moment, Raymonde se cherche un emploi.En compagnie d'une dizaine de personnes, elle confie deux fois par semaine les problèmes qu\u2019elle a vécus, au Cl SC de Cap-de-la-Madeleine.Les «Gamblers anonymes» représentent une tribune de choix pour ceux et celles qui désirent partager leur angoisse.Une autre branche vient d'ailleurs d\u2019être créée à Sha-winigan.«C\u2019est difficile, car il existe plein de choses dans la vie de tous les jours qui me rappellent ce que j\u2019ai vécu.Je suis consciente que j\u2019ai fait beaucoup plus de bêtises que de bien.Au bout du compte, le jeu détruit une personne plus qu\u2019on ne le pense.», conclut-elle.* Les commandements du parieur malade Québec (GV) Mme Caroline Sylvain, professionnelle au laboratoire de recherche à l\u2019école de psychologie de l\u2019Université Laval, identifie neuf critères précis qui servent à mesurer la dépendance d\u2019un individu face au jeu: \u2014 La préoccupation continuelle, c\u2019est-à-dire si la personne ne peut s\u2019empêcher de penser au jeu au cours des semaines.\u2014 La prise de conscience, à un moment donné, que l\u2019individu a misé plus qu\u2019il en avait l\u2019habitude à ses débuts.\u2014 L\u2019augmentation des sommes pariées pour atteindre le même niveau d\u2019excitation qu\u2019au début.Ce critère n\u2019est pas sans rappeler le phénomène des consommations de drogues.\u2014 La personne devient facilement irritable lorsqu\u2019elle ne se sent pas en mesure de jouer.Si, par exemple, une personne s\u2019attendait à pouvoir jouer sur une machine et que cette dernière est occupée, des sautes d\u2019humeur seront remarquées.\u2014 La tendance à vouloir récupérer l\u2019argent perdu.À partir de ce moment, il est évident que l\u2019individu s\u2019engage dans un cercle vicieux.\u2014 L\u2019incapacité de pouvoir arrêter de parier, après des efforts répétés.\u2014 La volonté de continuer à jouer malgré les contraintes professionnelles et sociales que cela apporte.\u2014 Le sacrifice de certaines activités sociales aux dépens du jeu.\u2014 La poursuite des habitudes de jeu malgré le fait que la personne ait pleinement conscience des problèmes que ce passe-temps lui apporte.Comme nous pouvons le constater, tous ces critères illustrent des situations particulièrement délicates pour le parieur averti.Pour les personnes qui se reconnaissent dans certaines de ces situations, Mme Sylvain rapporte que ceux qui répondent à quatre de ces neuf critères sont identifiés comme des parieurs pathologiques.* Les ieux de hasard Lad Les courses de chevaux et la loterie, deux formes de paris très populaires au Québec «Il y en a qui prétendent gagner leur vie en misant aux courses» Mme Caroline Sylvain a participé à la recherche du professeur Ladouceur sur le cas des parieurs au Québec.Selon elle, la panoplie de jeux que Ton peut retrouver dans les bars n'aide pas les personnes qui éprouvent des problèmes de contrôle.«Ça provoque des illusions, comme celle de la richesse.» Trois-Rivières Mme Caroline Sylvain, qui a participé à la recherche du professeur Ladouceur, ne nie pas qu\u2019une région comme Trois-Rivières est particulièrement attirante pour les parieurs.En effet, en plus de toutes les facilités retrouvées chez les détaillants de loteries, la région trifluvienne renferme également un hippodrome, où il circule évidemment des sommes d\u2019argent considérables.En date du 15 octobre, l\u2019hippodrome de Trois-Rivières avait présenté 89 programmes, soit 19 de plus que la saison dernière.L\u2019assistance moyenne se chiffre cette année à 1095 personnes par programme, une centaine de moins que l\u2019an dernier.Chacune de ces personnes a parié 120$ en moyenne pendant les douze derniers mois.Au cours des deux dernières années, les sommes totales pariées à l\u2019hippodrome de Trois-Rivières tournent autour des deux millions de dollars.M.Robert Paré, directeur général de l\u2019endroit, mentionne qu\u2019il possède une clientèle assez stable.Une grande partie de son assistance provient de Québec et de Montréal; les vrais mordus n\u2019hésitant pas à venir tenter leurs chances dans la région trifluvienne.Mais les mordus, ils ne sont pas seulement que dans les gradins: depuis un an, l\u2019hippodrome de Trois-Rivières offre même des programmes durant l\u2019hiver.Les dépenses supplémentaires que ce choix entraîne, près de 75 (XX)$, sont absorbées par les hommes de chevaux.Les extrêmes Si les courses de chevaux représentent un divertissement fort populaire dans la région, M.Paré ne se cache pas pour affirmer que des personnes se sont retrouvées dans la rue à cause de leur passion excessive.«Il y en a qui prétendent gagner leur vie en misant aux courses.», confie-t-il.À l\u2019hippodrome local, le record de mises pour un programme s\u2019est produit le 18 juillet 1989, au cours de l\u2019Amble Ville de Trois-Rivières.À cette occasion, pas moins de 224 000$ ont été pariés pendant la soirée.C\u2019est presque le double de la moyenne observée au cours des deux dernières années, qui tourne autour de 130 000$.Même que 30 000$ avaient été pariés pour une seule course au cours de ce même program- Plus de 140 000 personnes ont des problèmes de comportement face aux jeux de hasard Québec (GV) Selon une étude réalisée par un groupe de chercheurs en psychologie à l\u2019Université Laval de Québec, il existerait présentement près de 100 (XX) personnes qui éprouveraient des problèmes de paris, et 45 600 autres qui seraient classés comme «joueurs pathologiques» au Québec.Ce sont les deux principales données qui se dégagent du rapport mené par le professeur Robert Ladou-ccur.L\u2019étude précise qu\u2019il faut entendre par «joueur pathologique» un individu victime d\u2019une «impuissance chronique et progressive à résister aux impulsions provoquées par le jeu.» Ces parieurs deviennent donc émotionnellement dépendants du jeu et perdent le contrôle sur les aspects personnels, familiaux et vocationnels de leur vie.Le groupe s\u2019est inspiré de plusieurs études américaines avant d\u2019entreprendre leur recherche.En 1987, on estimait aux États-Unis qu\u2019au cours de Tannée qui avait précédé, 91 % des Américains avaient parié au moins une fois, 32^0 l\u2019avaient fait régulièrement, et 5,7% étaient classés comme «pathologiques».En 1988, une équipe de professeurs avaient entrepris le même genre d\u2019étude, mais pour la région de Québec.Le taux de parieurs pathologiques atteignait 3,6% à ce moment-là.Toujours en 1988, une étude anglaise faisait ressortir qu\u2019une quarantaine de jeunes parieurs âgés de 13 ans avaient commencé à jouer en moyenne dès l\u2019âge de huit ans! Une première au Québec L\u2019étude de l\u2019équipe de recherche lavalloise est la première d\u2019une envergure semblable au pays.Mil- le deux entretiens ont été réalisés par téléphone, chez des adultes de 18 ans et plus.Il en ressort que 2,6% des adultes de la Belle Province démontrent des problèmes de contrôle face au jeu, et 1,2% sont des parieurs pathologiques.D\u2019autres données permettent de tracer un portrait global de la personne qui éprouve des problèmes de comportement vis-à-vis les jeux.En effet, l\u2019étude nous apprend que cette clientèle renferme 75,9% d\u2019hommes, 41,6% ont moins de trente ans, 33,6% ont entre 40 et 49 ans.Sur le plan financier, il est intéressant de constater que 38% des joueurs invétérés possèdent un revenu évalué entre 15 000 et 25 000 dollars, et 43,8% reçoivent entre 35 000 $ et 50 000 $ par année.Encore une fois, on remarque que les personnes qui éprouvent des problèmes de paris commencent habituelle- ment beaucoup plus jeunes que les parieurs réguliers.Seulement 11,5% des joueurs problématiques et pathologiques ont reçu l\u2019aide appropriée pour corriger leur péché mignon.L\u2019équipe de chercheurs s\u2019appuie sur cette donnée pour avancer qu\u2019il doit exister un nombre important de parieurs qui ne sont pas conscients que leur comportement est anormal.La raison de cet engouement progressif pour le jeu?Le professeur Ladouceur met deux hypothèses en relation.En premier lieu, pour les jeunes de moins de trente ans, qui représentent la plus grande proportion des faibles salariés, la passion du jeu se développe dans Tespoir d\u2019apporter des revenus supplémentaires au foyer.Pour la clientèle âgée entre 40 et 49 ans, dont le revenu est supérieur, le but n\u2019est pas tant de gagner de l\u2019argent que de s'amuser \u2022 Le cas des loteries Le directeur général de l\u2019hippodrome avoue être très vulnérable face à la conjoncture économique du pays.Et comme nous amorçons une période de récession, il y a fort à parier que les recettes de Thippodro-me s\u2019en ressentiront.Mais M.Paré estime qu\u2019il existe un autre facteur qui n\u2019aide pas du tout le monde des courses de chevaux: les loteries.«Un jeu comme La Quotidienne, où les gens sont invités à jouer tous les jours, est en concurrence directe avec nous, déplore-t-il.Fn plus, ces loteries sont nuisibles pour notre économie.L\u2019argent ne roule pas.À l'hippodrome, 82% des mises sont retournées en bourses.» Chose certaine, les montants dépensés dans ces jeux de paris portent à réflexion.Au cours de la dernière année fiscale, les Québécois ont englouti la rondellette somme de 1 214 543 000$ au profit de Loto-Québec.C\u2019est la 6 / 49 qui s\u2019avère, et de loin, la loterie la plus populaire dans la Belle Province.Pas moins de 620 000 000$ ont été misés dans ce jeu au cours de la dernière année, ce qui représente un peu plus de 50% de l\u2019ensemble des sommes pariées pour toutes les loteries.Au bureau de Loto-Québec à Montréal, on estime que la Mauricie contribue pour près de 6% des sommes pariées au Québec.Ça veut donc dire que pour la dernière année, les gens de la région ont investi 72 800 000$ dans cette forme légale de pari.Il s\u2019agit d\u2019une augmentation d\u2019un peu moins de 3 400 000$ par rapport à Tannée 88-89.Du reste, Loto-Québec n\u2019est pas prêt de déclarer faillite.Les Québécois n\u2019hésitent pas à adopter rapidement les nouveaux jeux mis de Tavant par la société.Par exemple.Banco se révèle jusqu\u2019ici une véritable affaire d\u2019or: depuis sa mise en marché, cette loterie a soutiré plus de 63 000 000$ des poches des Québécois.Et présentement, ce n\u2019est pas moins de deux millions par semaine qui se misent sur ce jeu.Il ne fait donc aucun doute, la population québécoise est friande de jeux de hasard de toutes sortes.Que ce soit par simple plaisir ou en rêvant de devenir millionnaire.Comme dans n\u2019importe quoi, le danger se situe dans l\u2019abus.Et avec les sommes précédemment citées, il y a fort à parier que ça existe.\u2022 P4 Le Nouvelliste Trois Rivières Samedi 16 février 1991 Arts et spectacles Lola de «Chambres en ville» et Laura dans «La ménagerie de verre» Anne Dorval, une Trif lu vienne qui vibre sous les feux de la rampe Trois-Rivières ~W e savais que c\u2019était ça que yy I je voulais faire», déclare ' ' U Anne Dorval au sujet de sa jeune carrière de comédienne.Son ton déterminé et enthousiaste ne laisse aucun doute.On croirait entendre parler Lola, l\u2019adolescente rebelle et pas- sionnée du téléroman «Chambres en ville».Le vendredi 22 février, cette Trifluvienne revient au bercail, l\u2019espace d\u2019une soirée.Elle nous présentera Laura, un personnage troublé de «La ménagerie de verre» de Tennessee Williams.Anne Dorval a 30 ans.Elle a vécu une partie de son enfance et toute son adolescence à Trois-Rivières, avec sa famille, dans une maison sur le boulevard des Chenaux, près de la rue Lajoie.Études secondaires au Collège Marie-de- l\u2019Incarnation, option dessin au Cégep de Trois-Rivières, théâtre scolaire par ici, amateur par-là, les arts ont pris une place marquante dans le choix de carrière de l\u2019étudiante.Samedi après samedi lors de sa dernière année collégiale, Anne s\u2019est rendue à Montréal pour suivre des cours privés d\u2019expression dramatique.Elle voulait mettre toutes ses chances de son côté et réussir les auditions du Conservatoire.Ce qu\u2019elle fit avec succès.« Mes parents?Ça ne faisait peut-être pas leur affaire au début.Le théâtre est un métier très insécurisant.Mais c\u2019était ça ou les arts plastiques, qui ne sont guère plus rassurants.Ils se sont faits à l\u2019idée.Ils ont bien vu que c\u2019est la scène qui me rend heureuse.Et mes parents m\u2019ont toujours encouragée à continuer», précise-t-elle.tes de Radio-Canada ou les différentes boîtes de «casting» de la métropole.Mme Dorval et la vente personnelle, c\u2019est deux.La comédienne s\u2019est faite patiente, on a remarqué son talent pour que finalement: «Des gens du théâtre sont venus me chercher.Renée Richard Cyr et C laude Poissant entre autres.» Son répertoire est impressionnant, composé de pièces de grande renommée: «L\u2019éveil du printemps» de Wedeking et «L\u2019école des femmes» de Molière, adaptées par Renée Richard Cyr; «Les lettres d\u2019une religieuse portugaise» d\u2019un auteur inconnu mais dirigée par Denys Arcand; et «La ménagerie de verre», une autre mise en scène de Cyr.f y I Normand D\u2019Amour et Anne Dorval dans La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, mise en scène de Renée Richard Cyr.La pièce sera présentée à Grand-Mère et à Trois-Rivières, les 21 et 22 février.les quatre dernières émissions de la saison du moins.Le papa comptable n\u2019a pas eu de quoi s\u2019inquiéter non plus.Depuis que sa fille a complété sa formation de comédienne, en 1983, elle n\u2019a jamais cessé de travailler.Pourtant, Anne n\u2019est pas de ceux et celles qui visitent régulièrement les scénaris- CONSERVATOIRE DE RIUSIQUE OU QUESEC TROIS-RIVIÈRES CONCERT de l'Orchestre du Conservatoire sous la direction de Gilles Bellemare Au programme: HAYDN, MOZART, SAINT-SAËNS, QUANTZ Ce concert est présenté avec la collaboration de l'Association des parents des élèves du Conservatoire le dimanche 17 février 1991 à 20 heures CENTRE CULTUREL DE TROIS-RIVIÈRES Prix d entrée 6 S Les billets sont en vente au guichet de la salle J -A -Thompson, le soir du concert Chambres en ville Même si Anne Dorval a participé à plusieurs télé-théâtres (Cyrano de Bergerac), à quelques dramatiques et téléromans (Tandem et La Maison Deschêsnes), c\u2019est «Chambres en ville», de l\u2019auteure Sylvie Payette, diffusé chaque semaine à TVA, qui l\u2019a véritablement fait connaître au grand public.L\u2019émission relate les problèmes sexuels, de drogue, amoureux, scolaires, familiaux, etc., que vit la jeune génération d\u2019aujourd\u2019hui.«Chambres en villes» est très populaire.Le personnage de Lola aussi.Partie en Afrique pour faire le point sur sa vie, Lola, Anne Dorval en fait, a demandé qu\u2019on la retire momentanément du petit écran, et qu\u2019elle puisse se concentrer davantage sur ses rôles au théâtre.Les auditeurs peuvent toutefois se rassurer, Pete aussi, Lola va revenir de son «trip» africain, pour Anne Dorval a 30 ans, Lola a quelque chose entre 17 et 19 ans.Ce n\u2019est pas la première fois que la comédienne interprète une jeune fille en quête de son identité.«C\u2019est toujours ça qu\u2019on me fait jouer.Disons, bof, que je commence à être habituée.Peut-être qu\u2019un jour, j\u2019au rai le rôle d\u2019une vraie femme! dit-elle en riant.Mais ce n\u2019est pas l\u2019âge qui fait que le personnage est intéressant ou non.Ce sont l\u2019essence et les émotions que nous y mettons.Lola ne sait pas ce qu\u2019elle veut mais elle sait par contre ce qu\u2019elle ne veut pas.Ce n\u2019est pas une victime.Au début, j\u2019ai eu peur d\u2019elle, c\u2019est vrai.Je la trouvait très violente verbalement.C\u2019est pourquoi j\u2019ai ajouté un peu d\u2019humour dans ses propos.» La ménagerie de verre Cette fois, c\u2019est dans la pièce de Tennessee Williams, «La ménagerie de verre» que vibre l\u2019âme artistique d\u2019Anne Dorval, pièce qui sera présentée à Grand-Mère le jeudi 21 février et le lendemain, à Trois-Rivières, à la salle Thompson.La comédienne devient Laura, une jeune femme infirme qui vit avec sa mère frustrée, abandonnée par un mari aventureux.Son frère Torn rêve aussi de partir, comme son père.Laura se réfugie dans sa musique, en s\u2019occupant de sa ménagerie de verre, puis, survient Jim, un Américain, qui changera sa vie.ANNE DORVAL Ixiura Anne Dorval ne voulait pas que son adolescente reflète que de l\u2019agressivité, mais elle est consciente d\u2019une chose cependant: «Lola reste très réaliste.On en voit beaucoup, des jeunes comme elle, qui traversent des mauvaises périodes, qui sont solitaires, qui songent au suicide et qui parfois, passent aux actes.» La mise en scène de René Richard Cyr est bouleversante, comme Ta toujours voulu le dramaturge américain Williams.Anne Dorval parle de la pièce avec nuance: «C\u2019est très fragile.On joue avec les atmosphères.Parce que moins on en fait, mieux c\u2019est pour ne pas se per dre.» BAR BRASSETTE DES PÉCHEURS 493, BOUL.STE MADELEINE, CAP À Montréal, où elle a pris l\u2019affiche à la mi-janvier, «La ménagerie de verre» obtient les faveurs des critiques et du public.On Ta dit actuelle.La pièce met en vedette Anne Dorval, bien sûr, Hélène Loi-selle dans le rôle de la mère, Normand D\u2019Amour dans celui de Jim, tandis que Patrick Goyette incarne Torn \u2022 HELENE LOISELLE Amanda J* SOIREE » iVJ iwt-mx/nn i«tt-* nnn ifs ,7 sim ei\"*êrz, SA a9e ?r\"iacteflr°e s % i y r CANADA 40 «a TPS 16,73$ Incluant: transport par autocar de luxe, 3 couchers, 9 repas, toutes les activités sur place, cabane à sucre, danse, taxes et pourboires, guide accompagnateur.PÂQUES À NEW YORK Départ de jour Du 29 mars au 1er avril (4 jours) Prix par pers.en occ.(2) 289s (3) 269s (4) 259s Inclus: transport par autocar deluxe; 3 couchers en hôtellerie de 1ère classe; Tour de ville avec guide francophone local; Excursion à Atlantic City; Taxes et pourboires inclus; Guide accompagnateur LOUISIANE - NOUVELLE-ORLÉANS - Du 18 mai au 6 juin 1991 Prix par personne en occ.(2) 1689$ (3) 1539s (4) 1439s Inclus: transport par autocar deluxe, tous les couchers en hôtellerie 1ère classe, tour de ville Chicago, Dallas, San Antonio, New Orléans, 2 jours sur un ranch, 6 repas, visite plantation de canne à sucre.Excursion dans les bayous, assurance multi risques, manutention des bagages, taxes et pourboires, guide accompagnateur.Si vous réservez avant le 20 février 1991 avec dépôt un rabais de 40* par per-sonne vous sera accordé.flew Je ! 'â^e 599, bout.Ste-Madeleine.bureau 103 Ste-Marthe du Cap 379-4433 776 4e Rue Shawinigan 537-7223 lllllllllllllllllllllllllllllllll Sur les ondes de CITR114 ¦ R A D I O AM INFO Lundi a vendredi 12H21 Le samedi: À cinq (5) reprises, entre 9h et 15h écoutez bien les conseils de Madame Mireille Mongrain et retenez la destination de la semaine PLUS DE Complétez le coupon et déposez-le chez Club Voyage Super Soleil du 1484, Notre Dame, Trois-Rivières ou aux Galeries Du Cap.Les règlements de ce concours sont disponibles à C.J.T.R.estmation oe la semaine 3000s À GAGNER I ADRESSE: DESTINATION DE LA SEMAINE Le Nouvelliste CJTR114 Collaboration de vacances CflCWB VOYAGES avec le temple de Jerusalem, de la tour de Babel, de l\u2019arche de Noe, des basiliques de Lourdes, de Lisieux et de Fatima.Plus de 500 miniatures décorent la colline.Le ciment est sousent agrémenté de coquillages, de pierres et de quartz.L\u2019exhibit principal qui donna un des noms à l\u2019attraction est la grotte Ave Maria.Elle est le résultat d'un travail titanesque, évoquant une grotte véritable avec ses stalagmites, ses stalactites, dont le personnage principal est la Vierge Marie.Cette grotte et ses célèbres voisins attirent chaque annee des milliers d'admirateurs, de dévots et de curieux qui, en route vers le Sud, sont sérieux de lâcher leur volant pendant quelques heures afin de se retremper dans une atmosphère de calme et de sérénité.Né à Landshut en Bavière, en 1878, Joseph Zoettl émigra aux États-Unis en 1892 et fut un des premiers élèves du Collège de Cullman.Plus tard, il décida de devenir un frère de l\u2019Ordre des bénédictins et travailla aux cuisines de l\u2019abbaye de Saint-Bernard.Pendant ses heures de loisir.Brother Jo aimait construire des minisanctuaires qui se vendaient au magasin de souvenirs de l\u2019abbaye.Les profits de ces ventes furent utilisés pour acquérir les matériaux nécessaires à la construction de ces mini-villes de pierre pour lesquelles le petit moine avait un véritable talent d\u2019ingénieur, un peu comme ces mayons du Moyen âge qui, avec des outils primitifs, réussissaient à bâtir les plus belles cathédrales du monde.Brother Jo décéda en 1961.Ses funérailles eurent lieu à la Grotte Ave Maria qu\u2019il aimait tant.Mais l\u2019oeuvre de sa vie reste bien vivante.Aujourd\u2019hui, des élèves en architecture s\u2019émerveillent de la précision, de la minutie et de la justesse apportées à la confection de ces répliques dont le petit moine n'avait jamais vu les originaux mais qu\u2019il reproduisait le plus fidèlement possible d\u2019après les cartes postales et les photos qu\u2019on lui envoyait.En novembre dernier, il pleuvait solidement au moment où je me rendais à l\u2019abbaye de Saint-Bernard, si bien que je crus que ma promenade en forêt parmi les «Sermons de pierre» allait être annulée.Mais c\u2019était sans compter sur les pouvoirs de persuasion du père Aloysius Plaisance, o.s.b., en charge des relations publiques du sanctuaire.Il semble avoir une ligne directe avec le Ciel car au moment précis où j\u2019ouvrais mon parapluie, un soleil radieux fit son apparition en même temps qu\u2019un sourire triomphant sur les lèvres du père Aloysius!# L\u2019EXCELLENCE DES VOYAGES GROUPES SUPER GOLF À MIAMI EN AVION 5 avril au 12 avril TOUT INCLUS: GOLFEUR 970s NON GOLFEUR 680$::» Accompagnatrice Mme Denise Jordan 376-3307 FLORIDE AUTOCAR SH0REWALK 9 mars au 3 avril\t4 OC Acc.Mme J.Tremblay I WWw\tH FLORIDE AUTOCAR MIAMI COLONIAL Départ du 2 mars au 20 mars Acc.: M.et Mme Beaumier 1299® NEW YORK A PAQUES 28 mars au 1 er avril Best Western Inclus: Grand tour de ville de 4 heures, autocar de luxe, 3 nuits d'hôtel, guide accompagnateur français, assurance maladie incluse.4 jours 259$, occ.double Taxes etjrais service 40$.A VENIR SUPER GROUPE PRINTEMPS/ETE New-York Ouest Canadien Californie/Croisière en Alaska Louisiane/Texas Iles-de-la-Madeleine Niagara Maritimes Atlantic City Wildwood Washington et plusieurs autres au Québec.CONSULTEZ LE CONSEILLER CLUB VOYAGES | SERVICE AFFAIRES SPECIAUX DERNIERE MINUTE A TOUS LES JOURS! 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