Le nouvelliste, 23 novembre 1991, Cahier 2
[" Le Nouvelliste 4 Trois Rivières Samedi 23 novembre 1991 Arts et spectacles Restaurants Vacances / voyage À la vie, à la mort, les jeunes angles sont avant tout.bilingues 1 ¦RP-: ¦LB Trois-Rivieres Philippi' Koran.Lara Pringles et Julie Fortin: la preuve que le bilinguisme sourit à la vie qui le leur rend bien.ot-Dogs el Sloppy Joes» sont offerts, chaque mardi midi, à la cafétéria du Three-Rivers High School.Une preuve délectable que la mentalité anglophone mijote encore dans la région, même si la communauté se fond, à petit feu, dans le bain-marie français.«Les parents viennent faire la cuisine, volon- y wJ Isabelle Légaré taircmcnt, accompagnés des professeurs», raconte, enjouée, Julie Fortin, 17 ans.Née d\u2019un père américain et d\u2019une mère québécoise, Julie passe du français à l\u2019anglais.Même couplet et refrain chez Philippe Koran.Son père est d\u2019origine hongroise et sa mère, canadienne-française.Pour Lara, c\u2019est la langue de Shakespeare tout azimut; ses parents sont natifs de la Colombie-Britannique.Relish, moutarde, ketchup Les anglophones s\u2019épanouissent, enveloppés d\u2019un état d\u2019esprit qui leur est propre.Les Hot-dogs et Sloppy Joes, parce que préparés suivant la tradition, symbolisent en quelque sorte le sentiment d\u2019appartenance qui les unit, explique Julie.Sa génération ne s\u2019identifie pas plus à la collectivité anglophone que francophone.Les jeunes anglos veulent, avant toute chose, préserver ce qui les renoue à l\u2019essentiel; les vertus inculquées par le milieu familial et institutionnel dans lequel ils évoluent.Jusqu\u2019en 1989, l\u2019uniforme gris et blanc était de mise au Three-Rivers High School.Son retrait a eu des conséquences.«Sans qu\u2019on ne sache trop pourquoi», s\u2019interroge encore Lara.Dans des jeans et sous des T-shirts imagés: «On a remarqué que certains avaient perdu leurs attaches, leurs valeurs, bref, qu\u2019ils restaient indifférents à ce qui se passe ici», diagnostique Julie.Depuis septembre 1991.un comité d\u2019orientation composé d\u2019élèves, d\u2019enseignants, de parents et de commissaires essaient de trouver des solutions.Des journées sportives et des soirées dansantes ont été organisées.«Ça crée de l\u2019atmosphère», témoigne Philippe qui aimerait que les jeunes des autres institutions scolaires \u2014 ti- Un thé?mides, suppose-t-il \u2014 participent à leur boum du vendredi.Un pour tous, tous pour un «Nous sommes comme des frères et soeurs», prêchent inlassablement ces élèves de cinquième secondaire.Des «teenagers» qui se querellent et se réconcilient depuis les comptines de la maternelle et qui posteront, au printemps prochain, des formulaires d\u2019admission à des collèges différents.Une première séparation après avoir usé, pendant douze ans, leur jupe et pantalon sur les bancs d'une école.bilingue, insistent-ils.Le fait anglais existe à Trois-Rivières, la «ville la plus francophone d\u2019Amérique».So what?Intégrés à part entière, Philippe, Lara et Julie se définissent comme des Québécois, peu importe la langue qu'ils utilisent en classe, à la maison ou avec les copains du Trois-Rivières (IL) Parce que les tuyaux de l\u2019orgue doivent être dépoussiérés, le tapis devant l\u2019autel, changé, et la facture d\u2019Hydro-Qué-bec, remboursée, l\u2019Association des dames de St.James Church organise, depuis cinq ans, un salon de thé qui gagne en popularité.Auprès des francophones surtout qui trouvent l\u2019idée amusante, charmante, très «english» quoi.«Les Trifluviennes de langue française nous aident beaucoup», les remercie Mme Helen Matte.Heureusement.Car si la présidente du regroupement paroissial féminin ne devait se fier qu'à la générosité de ses quinze membres, la collecte serait déficitaire.La population québécoise vieillit; les anglophones aussi.Les dames qui participent au salon de thé ont atteint ce que Mme Matte estime un «âge respectable».Ses compagnes habitent tous les coins de la ville.Environ 5000 $ sont amassés, annuellement, pour les coffres de la sacristie.Vivement les salons de thé!* » quartier.Et des amis(es), ils en ont, qui ne sont pas uniquement de l\u2019école primaire et secondaire sur la rue Nicolas-Perrot.Les adolescents ont un dialecte bien à eux.L.eurs expressions, même si caricaturales, empruntent rarement le vocabulaire politique, encore moins constitutionnel, d\u2019où la bonne entente généralisée.Ils osent, parfois, se prononcer sur la question linguistique.Et lorsque le trio interrogé s\u2019en mêle, c\u2019est pour vanter les mérites d\u2019être.trilingue.«Il ne faut pas sc limiter à deux lan gués», affirment ces adolescents voués à la connaissance, à la culture et à la communication.En septembre 1992, Philippe fréquentera probalement le collège anglophone Marianpolis, à Montréal.11 étudiera les sciences pures.«Ce que j'aime de ce cégep, c\u2019est qu\u2019il est petit, comme ici.» Pour une raison de santé, Lara prendra une année sabbatique.Elle en profitera pour réfléchir sur son avenir.Quant à Julie, elle hésite encore entre le domaine de la santé et celui de l\u2019administration.Mais c\u2019est le «St.Lawrence College», à Québec, ou l\u2019Université d\u2019Ottawa qui l\u2019accueillera.Selon leur propre enquête effectuée auprès des 23 finissants du Three-Rivers High School, la moitié d\u2019entre eux comptent poursuivre, à Trois-Rivières et en français, leur formation post-secondaire.Si Philippe, Julie, et les autres ont opté pour la continuité «in english», c\u2019est avant tout pour une question pratique.«Toutes nos études ont été faites en anglais.Les termes scientifiques dans nos livres scolaires seront en anglais.L\u2019académie, au niveau universitaire, se développe plus souvent qu\u2019autrement en anglais», rappelle Julie.Il ne faut pas se leurrer non plus.Quitter Trois-Rivières et voler de ses propres ailes, loin de «mom and dad», a ce petit quelque chose d\u2019inconnu mais de combien attirant.«C\u2019est sûr que l\u2019idée d'aller étudier à l\u2019exté rieur.» ne va pas plus loin Phi lippe, sourire complice au visage Si le marché de l\u2019emploi veu bien de leur spécialité laborieu %emcnt acquise, ils reviendron dans la région une fois leur diplô me en main.«Il y a beaucoup à faire ici», déclare Julie, approu vée par Philippe et Lara qui iron où s\u2019ouvriront les «opportun! ties», qu\u2019elles soient francopho nés, anglophones ou mieux, double sens \u2022 Autres temps, autres moeurs \u2014 page P2 «Encore un peu de thé?» a de-^ mandé le révérend Michael Mare.«Avec plaisir» ont répondu Mmes Yvette Turcotte et Yvette Charbonneau. P2 Le Nouvelliste samedi 23 novembre 1991 V Que devient la communauté anglophone en Mauricie?Qui sont-ils?Que font-ils?Où vont-ils?Isabelle l.éj»aré Trois-Rivières John Conway, 68 ans, hésite avant de conclure qu\u2019il n\u2019existe plus de communauté anglophone dans la région.Du moins, pas comme celle qui a l'ait la pluie et le beau temps des années 40, 50 et 60, avec des milliers de familles actives dans un milieu industriel prospère.«Autres temps, autres moeurs», constate-il, en précisant que jamais il n\u2019a eu à payer le prix de cette transformation par la perte de son identité culturelle.Statistique Canada enregistrait, en 1986, 8365 anglophones (personnes dont c\u2019est la langue maternelle ou d\u2019usage à la maison) dans la région 04.Sur ce.6000 environ seraient regroupés à Trois-Rivières.En 1991, les anglophones continuent de représenter 1,8 ff/o de la population de la Mauricie.M.John Conway, de Grand-Mère, est un de ceux-là.Ingénieur forestier retraité de la Con-solidated-Bathurst, division Lau-rentide, M.Conway est débarqué d\u2019Irlande en 1948.Son accent est prononcé, mais ne laisse aucun doute sur sa volonté de s\u2019intégrer dans une ville où le français est maître et roi.De l\u2019Après-guerre jusqu\u2019au début des années 70, les anglophones de la Mauricie avaient pignon sur rue Maple, Broadway ou Farmer, parlaient couramment anglais au travail, envoyaient leurs enfants dans un High School, priaient dans leurs 9 propres églises catholiques, protestantes, unies ou anglicanes, arrosaient leur terrain de golf et fréquentaient assidûment associations et clubs privés.Rarement ils ont eu à se faire comprendre en français, même au marché d\u2019alimentation, où des caissières réussissaient à leur baragouiner le montant de la facture.Bien avant que le gouvernement péquiste n\u2019adopte la Loi 101, plusieurs compagnies ont centralisé leurs boss à Montréal ou Toronto.Les entreprises Grand-Mère Knitting, Shawini-gan Water and Power (nationalisée et rebaptisée Hydro-Québec), Grand-Mère Shoes, BF Goodrich.sont disparues pour cause économique, ou ont pris de l\u2019expansion sous la mainmise de gens d\u2019affaires canadiens-français.Mine de rien, les anglophones ont légué leur pouvoir et se sont dispersés.( hemin de croix À Trois-Rivières, les parois- i Devant sa maison de type anglo-saxon, M.John Conway s\u2019est intégré au milieu francophone, comme l\u2019ensemble de la communauté anglophone de la Mauricie d'ailleurs.siens de l\u2019église unie St.Andrew se recueillent chaque dimanche avec les pèlerins anglicans de St.James Church, dans le temple historique sur la rue des Ursuli-nes.À Shawinigan, l\u2019église Trinity et St.John Evangelist Church ne font plus qu\u2019une.À Grand-Mère, les cloches de St.Steven Church et de l\u2019église Belle United sonnent en même temps.«Ça démontre à quel point notre population a diminué», commente M.John Conway.La communauté vieillit, même si 260 jeunes sont actuellement inscrits au Three Rivers High School.L\u2019école St.Patrick en reçoit 232, Shawinigan, 240 et La Tuque, 95.Le cinquième niveau secondaire complété, plusieurs élèves quitteront la région pour poursuivre leurs études collégiales et universitaires en anglais, à Montréal, Ottawa ou ailleurs.Et peu nombreux sont ceux qui reviennent travailler dans la région.Résultat: les adultes âgés entre 35 et 64 ans composaient 38,7°7o de la peuplade anglophone, alors que les gens de plus de 65 ans représentent un pourcentage de 14,3 °7o.Les citoyens de 20 à 34 ans totalisent, quant à eux, le quart des 8365 personnes recensées, en 1986, par Statistique Canada.* «Rien ne nous empêche de bien vivre notre vie dans la région» Trois-Rivières (IL) \u2019 \"\t.'\tv / r w y w *r> Mme Brenda Anderson, d\u2019Alliance-Québec Saint-Maurice.P l endam que les politiciens continuent de provoquer la controverse, la place du Québec dans le Canada laisse les citoyens plus ou moins indifférents.Alliance Québec Saint-Maurice regarde la scène et s\u2019y intéresse.de loin.Alliance Québec Saint-Maurice est un regroupement social avant d\u2019être politique.Le recrutement des membres est difficile; seulement 140 personnes, majoritairement anglophones, participent à ses activités et pro-_ fitent de ses services communautaires.| Contrairement à Montréal, où les réac-£ lions d\u2019Alliance-Québec font la manchette 1 des journaux: «Ici, la politique n\u2019est qu\u2019une in-£ fime partie de notre programme.Vous savez, I les membres sont très bien intégrés à leur mi-= lieu».témoigne Mme Brenda Anderson, £ coordonnatrice de l\u2019association établie depuis 1 1982 à Trois-Rivières, jf Ses partisans, d\u2019«un certain âge», fait-elle ~ remarquer, préfèrent l\u2019information à la prise de position.Alliance Québec Saint-Maurice respecte ce mandat et organise des repas-con- férences; traduit en anglais des dépliants sur la terminologie médicale utilisée dans les centres hospitaliers; dresse une liste de numéros de téléphone d\u2019urgence; encourage la culture par la publication annuelle d\u2019un recueil de poèmes, récits et contes; invite des troupes de théâtre dans les institutions scolaires.«On ne s\u2019identifie pas à un parti politique spécifique, et nous ne sommes pas non plus un groupe qui se tient à l\u2019écart de la communauté francophone», signale Brenda Anderson.Nous ne restons pas à Trois-Rivières parce qu\u2019on nous y oblige.On va au Festival, dans les musées, au cinéma.Rien ne nous empêche de bien vivre notre vie dans la région.» Canadian Club Si, la veille, Robert Bourassa et Jacques Parizeau y sont allés d\u2019une déclaration fracassante dans les couloirs du Parlement, M.John Conway avoue qu\u2019un débat animé s\u2019ensuivra probablement entre les adeptes du Canadian Club, qui perpétue sa tradition depuis 1936 auprès de la gent masculine de Grand-Mère, Shawinigan, Shawinigan-Sud, Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine.À tous les mois, un conférencier entretient les membres \u2014 une centaine \u2014 sur un sujet d\u2019ordre national.Plus d\u2019une trentaine de francophones y participent régulièrement.«Le but du C anadian Club est de promouvoir l\u2019unité du pays», explique M.Conway.«Il est question des institutions et des préoccupations actuelles de la société.» De la Constitution canadienne?«On n\u2019en parle pas plus que vous autres, les Québécois de langue française», répond-il, en haussant les épaules.M.Conway préfère couper court au discours politique, après avoir déclaré cependant que la place du Québec dans le Canada fait l\u2019unanimité parmi ses confrères du Canadian Club, tant anglophones que francophones.* Pour Lise Watier, la cible est internationale «Quand j'ai commencé en 1965, je savais exactement où tout ca m'amènerait» § Suzanne Dansereau Toronto (PC) Son but dans la vie est d\u2019embellir le monde.C\u2019est pourquoi Lise Watier, la petite Québécoise qui s\u2019est frayé un chemin dans le domaine hyper-compétitif de la beauté en petits pots, a entrepris de le conquérir.Mme Watier se prépare en grande pour l\u2019année 1992.Elle aura 50 ans, ses cosmétiques, eux, en auront 20, et c\u2019est à ce moment qu\u2019elle foncera vers l\u2019Europe et les États-Unis.Lise Watier compte en effet ouvrir au début de l\u2019année prochaine une boutique à Paris ou elle vendra ses cosmétiques et une mini-collection de vêtements.Le local est déjà trouvé depuis 1990, rue Faubourg St-Honoré sur la chic Rive Gauche, mais des ennuis légaux ont retardé son ouverture.Puis, ce sera New York, avec qui elle est en négociation.Et peut-être Londres.En plus de Hong Kong, fienève, et l\u2019Arabie Saoudite.Pour Lise Watier, la cible est internationale.Fondatrice d\u2019une petite compagnie où l\u2019on enseignait le maintien et l\u2019étiquette aux femmes québécoises en 1965, Lise Watier a construit, au fil des ans, un empire québécois qui fait partie du «Québec Inc.», avec un chiffre d\u2019affaires «dans les huit chiffres».Lise Watier, ce sont 268 produits qui portent son nom, dont quatre parfums, 39 produits de soins pour la peau et des centaines de produits de maquillage.C\u2019est aussi un Institut de beauté et un luxueux Spa, le plus grand au Canada, qui occupe cinq étages d\u2019un grand building rue Laurier, dans le chic Outremont.A Paris, les débuts seront modestes, admet-elle.N\u2019est-il pas trop ambitieux de rivaliser les Chanel ou Dior?«Non.Ces gens-là ont, eux aussi, commencé quelque part.Ils ont déjà été petits et ont grandi.Je ne vois pas pourquoi cela ne m\u2019arriverait pas, puisque j\u2019y crois.» Voilà, en résumé, la pensée de Lise Watier: pour réussir, il faut croire dur comme fer en ce que l\u2019on fait et ne jamais perdre de vue son objectif.«Quand j\u2019ai commencé en 1965, je savais exactement où tout cela m\u2019amènerait.C\u2019était comme une prémonition, je voyais déjà les cosmétiques que j\u2019ai créés six ans plus tard, en 1972», relate-t-elle.Marché canadien Lise Watier veut agrandir son marché au Canada anglais.Elle a pénétré le marché ontarien \u2014 surtout torontois \u2014 où les cosmétiques Lise Watier sont vendus dans 55 grands magasins.Mais, insatisfaite, elle veut augmenter ses ventes dans la Ville-Reine.«Les ventes en Ontario ne représentent actuellement que 25 pour cent du chiffre d\u2019affaires québécois.Je ne vois pas pourquoi elles ne seraient pas égales ou supé rieures», croit-elle.Mme Watier sait très bien qu\u2019elle ne sera jamais aussi proche des Ontariennes que des Québécoises, qui la connaissent depuis les années 60 alors qu\u2019elle animait une émission de télé, mais elle mise sur le fait que son produit est canadien.«Je fais partie du quotidien de la femme québécoise.En Ontario, c\u2019est différent.Les femmes pensent que Lise Watier est un produit français, explique-t-elle.Je veux que les Ontariennes soient fières d\u2019acheter un produit canadien.» Forme superbe C\u2019est pourquoi, depuis un mois.Lise Watier multiplie les entrevues et les campagnes de promotion à Toronto.Elle aimerait mieux être la maison et s\u2019occuper de son «intérieur» plutôt que de faire des relations publiques \u2014 je suis une personne fondamentalement casanière, dira-t-elle \u2014 mais elle a du travail à faire ici.À 49 ans.Lise Watier est dans une forme superbe.Même si, a-t-on appris, elle rafole des chips.«C\u2019est mon péché mignon», confic-t-cllc.Et le régime?«Je suis toujours au régime.Je fais at tention, puis je fais une folie et je m\u2019achète un sac de chips bien sa lés.F.t je le regrette après, en man géant les dernières croustilles.» Femme jusqu\u2019au bout des ongles, Lise Watier.Et belle à conquérir le monde * V- 1 » J * Ll Nouvelliste Sdiriodi 23 novembre 1991 P3 Le harcèlement sexuel c'est quoi au juste?Pavillon-Jardin: un an plus tard Mme Florence Bettez-Boisvert s'épanouit sous son propre toit Stephen Nicholls Presse Canadienne Le harcèlement sexuel, phénomène social ou bataille de grande envergure mettant aux prises hommes et femmes dans un engagement qui pourrait modifier à jamais les relations entre «elle» et «lui».Le harcèlement sexuel en milieu de travail n\u2019est rien de nouveau.Depuis des décennies ont en parle abondamment.Mais, tout récemment, ce «comportement» a été jeté devant les feux de l\u2019actualité lorsque des dizaines de millions de Nord-Américains sont demeurés rivés à leur téléviseur pour écouter Anita Hill «décrire» les «descriptions» que le juge Clarence Thomas \u2014 qui accéda quelques jours plus tard à la Cour suprême des Etats-Unis \u2014 faisaient devant elle de ses prouesses sexuelles et des instruments qui lui permettaient d\u2019ainsi performer.Les experts en harcèlement sexuel affirment que le phénomène est très répandu \u2014 de la ligne d\u2019assemblage aux grands bureaux \u2014 mais que relativement peu de cas de ce type sont signalés en hauts lieux.Les victimes sont Harcèlement sexuel ___________ *____ Nombre de plaintes pour harcèlement sexuel soumises aux commisions des droits de l\u2019homme.Plaintes inscrites du 1er avril 1990 au 31 mars 1991 (ou pour l'année, entre parenthèses.Terre-Neuve\t (pour 91 seulement)\t12 l.-P.-C.\t1 Nouveau-Brunswick\t12 Nouvelle-Ecosse\t26 Québec (1990)\t100 Ontario\t157 Manitoba (1990)\t45 Saskatchewan\t34 Alberta\t69 C-B.\t53 Fédéral (1990)\t74 \u2019 .es expers croient que les piamtes inscrites ne représentent qu'un faible pourcentage du nombre reel d'mcdents impliquant du harcèlement sexuel au trava i Ton a Co«»3'' (PC) souvent trop craintives ou embarrassées pour faire part de leurs doléances aux personnes en autorité.D\u2019autres, toutefois, y compris les hommes qui s\u2019opposent aux législations actuelles traitant du harcèlement sexuel, affirment que seulement un pourcentage très réduit de femmes au travail sont harcelées et que, en règle générale, ces incidents procèdent d\u2019un simple malentendu.C\u2019est quoi le harcèlement?Le harcèlement sexuel est normalement défini comme un comportement d\u2019une nature sexuelle \u2014 habituellement celui d\u2019un homme \u2014 provoquant un malaise chez une autre personne \u2014 habituellement une femme.Dans les plaintes, on fait souvent état de remarques lascives, d\u2019avances indésirées et persistantes et d'attouchements.Lise explique pourquoi elle a quitté son emploi de fille de table, en colère, après que son patron lui eut caressé les fesses à maintes reprises, malgré ses protestations.Beth, agent de recouvrement, affirme qu\u2019elle fut bouleversée lorsque son employeur offrit d\u2019intervenir dans une querelle qui l\u2019opposait à un autre employé .si elle couchait avec lui.Caroline, pour sa part, se souvient d\u2019une collègue de travail qui fut presque poussée à la dépression par les remarques obscènes et persistantes de ses collègues mâles.La femme finit par déposer une plainte en justice, mais ele dût en payer le prix.«Personne ne lui adressait '\t1 parole, affir- me Caroline.Elle était totalement boycottée, ostracisée par les hom mes du bureau.» Les circonstances varient souvent, dans les cas de harcèlement, mais certaines constantes s\u2019en dé gagent.Soif de pouvoir Une des principales raisons de ce comportement se retrouve dans le «jeu du pouvoir», affirme le Dr Gail Robinson, psychiatre de Toronto.Un patron peut dire ou laisser entendre à une employée qu\u2019elle sera congédiée si elle ne cède pas à scs avances.«II utilise son pouvoir pour la contrôler et obtenir de profiter de la situation, même si ce n\u2019est que pour la rendre dépendan te.» Parfois, des subalternes harcèleront une femme en autorité de leur entourage en l\u2019affublant de surnoms blessants ou en la submergeant de lettres haineuses, affirme Paddy Stamp, responsable des cas de harcèlement sexuel à l\u2019Université de Toronto.«Ils tentent de miner son autorité», soutient-elle.Les cas les plus difficiles à traiter sont peut-être ceux procédant des comportements sociaux acquis.Imaginez une femme qui, dans une réunion de production, se fend d\u2019une présentation de belle valeur et qui, pour récompense, se fait dire par son patron qu\u2019elle a de belles jambes.«Ces hommes ne réalisent pas que.dans une telle situation, la femme se sent dévaluée», affirme Mme Robinson.Un simple flirt Il existe également un certain rituel d\u2019approche.«Les hommes s'attendent à ce que les femmes répliquent à leurs avances par la négative et ils croient qu'ils peuvent poursuivre sans vergogne, au point que leur comportement devient coercitif et agressif», de dire Mme Stamp.Le problème, affirme l\u2019avocat Ross Virgin, c\u2019est «que notre société prend la femme pour une sainte nitouche».Comment, alors, un homme peut-il savoir quand «elle» veut vraiment dire non?Le flirt au travail «est constant et les femmes y participent au tant que les hommes», ajoute Me Virgin, porte-parole de l\u2019organisme «In Search of Justice», un groupe de défense des hommes de Woodbridge, en Ontario.Si une femme n\u2019est pas sensible aux avances d\u2019un homme, «le gars se demande si elle joue les saintes nitouches ou si elle refuse vraiment ses invitations».Lana Stermac, une psychologue de Toronto spécialisée dans les affaires de harcèlement sexuel, affirme que toute la controverse \u2014 jeux de pouvoir, ignorance, incompréhension \u2014 procède des mêmes raisons.«En réalité, tout cela tient aux rôles sociaux traditionnels qu'on confère aux femmes et aux hommes.» Mme Stermac admet «que beaucoup de personnes ne croient pas qu'il s'agisse d'un problème réel: vous savez, les garçons seront toujours des garçons.» Plaintes futiles Pour un, Me Virgin juge que la majorité des plaintes de harcèlement sexuel sont «futiles».Pourtant, Mme Stermac estime qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un «problème grave» qui suscite une profonde détresse chez ses victimes.Et d\u2019ajouter le Dr Robinson: «Cela a une influence considérable sur la femme, son amour-propre, son besoin de sécurité et de bien-être au milieu de son entourage.» Les hommes qui sont mis en accusation souffrent, eux aussi, de dire Me Virgin, citant des cas où des hommes ont été littéralement «détruits» émotionnellement et financièrement par les procédures légales.Si les avis sont partagés, du moins tous les intervenants s\u2019entendent-ils pour dire que la victime doit toujours expliquer clairement ses sentiments.Que faire alors?«Les femmes doivent élever la voix», suggère Mme Robinson.«Ainsi, si vous entendez un homme raconter une histoire de fesses, ne riez pas et faites clairement comprendre à votre entourage que vous ne trouvez rien de drôle à de telles blagues.Si l'homme continue de se comporter de même fa çon, je crois que vous devez lui dire clairement que ce genre de comportement vous horripile et qu'il vous devient difficile, dans une telle situation, de faire votre travail.Vous devez également lui faire bien comprendre que vous ap précieriez au plus haut point qu'il modifie son comportement.» Me Virgin, qui croit que les femmes se plaignent trop facilement.affirme que la femme «est dans l'obligation de faire comprendre à l'accusé qu'elle n'aime pas sa façon d'agir, .l'aimerais que la plaignante fasse comprendre ses sentiments par écrit.De cette façon, l'accusé reçoit un message beaucoup plus clair.» La psychologue Stermac croit pour sa part qu\u2019il est impérieux que les employeurs appliquent une politique ferme au chapitre du harcèlement sexuel.«C'est là une forme de discrimination.On doit considérer ce phénomène comme était une violation des droits individuels et un grave pro blême de comportement en milieu de travail.»* Isabelle [.égaré Trois-Rivières-Ouest Mme Florence Bettez-Boisvert fait des envieux depuis son déménagement, il y a un an, dans un Pavillon-Jardin sis sur le terrain de sa fille, à Trois-Rivières-Ouest.«Quatre ou cinq femmes au moins sont venues me visiter, avec leurs enfants, pour avoir une idée d\u2019ensemble de la maison», raconte la dame de 78 ans.Première résidente en Mauricie à profiter du projet pilote de la Société d\u2019habitation du Québec, Mme Bettez-Boisvert a fait la une de maints reportages, comme les trois autres sujets d\u2019expérience établis à Saint-Etienne-de-Lauzon, Gran-tham-Ouest et Capucin.Depuis 1989, 124 demandes ont été formulées à la Société d\u2019habitation du Québec.Le Pavillon-Jardin, une maisonnette de 56 mètres carrés adaptée pour les gens âgés et installée sur le terrain d\u2019un enfant, suscite beaucoup d\u2019intérêt.D\u2019où la popularité de Florence.«Mes amies me font fâcher et m'appellent «la vedette», dit-elle, en faisant la moue.«Mais si ça peut en aider d\u2019autres.», ajoute Mme Bettez-Boisvert, en souriant au photographe.Une belle-mère adoree Mme Florence Bettez-Boisvert est demeuree 37 ans sur la rue Lajoie, à Trois-Rivières, avant d\u2019emmenager, l\u2019année dernière, sur la rue Bellevue, à Trois-Riviè-res-Ouest.Parallèlement.Florence n\u2019a jamais été aussi proche de sa fille Margot, son gendre Erik Gruninger et de ses petites-filles Anne et Sophie, âgees de 14 et 18 ans.M.Gruninger \u2014 «Un gendre en or», témoigne Mme Bettez-Boisvert \u2014 ne s\u2019est jamais opposé à ce qu\u2019elle occupe une partie de son terrain.Les activités de l\u2019Âge d\u2019or de la paroisse Sainte-Catherine-de-Sienne tiennent grand-maman beaucoup trop occupée pour qu\u2019elle ait le temps et ose marcher sur les plates-bandes des affaires personnelles de ce dernier.Mme Bettez-Boisvert ne veut embarrasser personne.Elle n\u2019habitera jamais la même maison que Margot, ni celle de ses deux autres enfants, à Valleyfield et Saint-Hubert.«J'ai élevé ma famille, qu'ils élèvent la leur, dans leur propre intimité», dit-elle, avant d\u2019ajouter: «Ici, je peux recevoir qui je veux quand je veux, sans craindre de déranger.Et c'est la même chose s\u2019ils veulent en faire autant.» Mais Florence voit ses petites-filles aussi souvent qu\u2019elle en a envie, et l\u2019inverse se produit aussi souvent que désiré, quasi quotidiennement.Autonome, Mme Bettez-Boisvert a malgré tout signifié à sa fille, son gendre et leurs enfants: «Si vous avez besoin de moi.vous savez où me trouver.» Margot a une clé du Pavillon en sa possession, qu\u2019elle peut utiliser quand bon lui semble, surtout si sa mère devait être victime d\u2019un accident ou d\u2019un malaise.La proximité des lieux engendre un sentiment de confiance qui remplace de nombreuses therapies: «Le Pavillon m'empêche de vieillir», affirme Florence.La preuve: l\u2019été dernier, Mme Bettez-Boisvert en avait assez de veiller sur un balcon en bois traité.Elle s'est agenouillée pour décaper et peinturer ce qui allait briller, par la suite, de gris et blanc «Dans mon temps, le bois traité voulait dire que ce n'était pas fini», rappelle la septuagenai re pour se justifier, heureuse que son initiative ait surpi is sa fille.et les gens de la Société d\u2019habitation du Québec qui poursuivent entre-temps l'évaluation du concept auprès des quatre propriétaires au Québec, leurs enfants et voisins.Au début de l\u2019année 1992, ils devraient pouvoir tirer leurs conclusions quant au développement de ce projet d\u2019habitation.* Depuis un an, Mme Florence Bettez-Boisvert (en médaillon) vit paisiblement dans son Pavillon-Jardin (à droite) situé tout près de la maison de son gendre et de sa fille.Les «baby-boomers» et la garde des parents Québec (PC) La génération des 45-55 ans, ces baby-boomers tant enviés, sont mal préparés pour assumer la responsabilité de prendre soin de leurs parents vieillissants.Entre leur travail, leurs enfants qui «collent» à la maison, et les parents dont il faut s\u2019occuper, ils ne savent plus où donner de la tête et sont devenus la «génération sandwich» des sociologues américains.La responsabilité des parents âgés est nouvelle et inattendue.Du début du siècle, jusqu\u2019à il y a 30 ans, les parents devenus vieux étaient recueillis par l\u2019un ou l\u2019autre de leurs nombreux enfants.Cela allait de soi.L a venue de l\u2019État-providence a fait que les vieux ont été placés dans les centres d\u2019accueil durant une bonne dizaine d\u2019années, de 1970 à 1985.Depuis 5 ans, l\u2019instauration de la politique du maintien à domicile veut que les personnes âgées restent chez elles.à la charge de leurs enfants.Toutes les recherches démontrent que les enfants s\u2019occupent plus de leurs parents qu\u2019autrefois, estime Jacques Laforêt, sociologue et directeur du certificat en gérontologie à l\u2019Université Laval: les personnes âgées sont plus nombreuses (en 1900, 1 grand-parent sur 4 était vivant, en 1990, 3 sur 4 le sont), vivent plus longtemps et il y a moins d\u2019enfants pour s\u2019en occuper.Des études québécoises chiffrent à 6,5 milliards $ la valeur des soins donnés par les proches à leurs parents âgés.Une recherche récente effectuée par la Fédération des CLSC démontre que 75 pour cent des besoins de maintien à domicile sont comblés par l\u2019entourage des personnes âgés, et 4 pour cent seulement par les services de maintien à domicile des CLSC.«Paradoxalement, poursuit M.Laforêt, la mentalité persiste: on se décharge de ses parents en les confiant au centre d'accueil.L'État nous y a habitués.Mais la politique de maintien à domicile force les enfants \u2014 les filles surtout \u2014 à prendre soin de leurs parents.Le problème.c'est que contrairement au début du siècle.il n'y a plus de modèle social sur le rôle filial.» Ne pas se faire étouffer «II y a des gens qui sacrifient leur vie pour se consacrer à leurs parents âgés; s'ils sont à l'aise dans ce rôle, tant mieux.D'autres ont des capacités limitées et se sentent coupables.Satisfaire les exigences d'un parent insatiable peut être un gouffre sans fond», constate Jean- Rock Boutin.Travailleur social et consultant en gérontologie, il a traduit de l\u2019américain et adapté une série de cours «Quand les parents vieillissent» offerts par les CLSC et les commissions scolaires.La baby-boomers n\u2019ont pas été consultés avant l\u2019adoption de la politique gouvernementale du maintien à domicile, et «ils se ramassent avec la patate chaude aujourd'hui», poursuit M.Boutin.«Les 45-55 ans sont mal préparés pour s'occuper de parents en perte d\u2019autonomie.Les services sociaux font des pressions pour qu'ils s'en occupent.Mais changer sa mère de couche, ce n'est pas comme langer son enfant», explique-t-il.«La première personne envers qui on a des devoirs, c\u2019est envers soi-même.Il faut tenir compte de ses capacités physiques et psychologiques avant de s'engager dans les soins aux parents.Viennent ensuite le conjoint et les enfants.On ne peut s'occuper de ses parents à leur détriment», explique M.Boutin.Certains enfants sont égoïstes, admet le travailleur social, reflets d\u2019une société qui glorifie l\u2019individualisme, les loisirs, la jeunesse.«Un enfant qui refuse de s'impliquer auprès de ses parents a peut-être été lui-même négligé.C'est difficile aussi de quantifier le nombre d'heures qu'il faut passer auprès de ses parents pour être moralement correct.II ne faut pas ju ger trop vite.» Une affaire de femmes Sans chiffres à l\u2019appui, le sociologue Jacques Laforêt constate tout de même que ce sont surtout des femmes qui s\u2019occupent des parents âgés.Pourquoi ?«C\u2019est une question de moeurs, de tradition, risque Huguette F.Avant, les hommes travaillaient toute la journée, les femmes s'oc cupaient des enfants, des malades, des person nés âgées.» «Même quand les femmes travaillent, ce sont elles qui s'occupent de leurs parents», ajoute Marie-Andrée Laniel, qui garde sa mère chez elle depuis 5 ans.«C'est simple, constate l\u2019infirmière Françoise Godbout: dans une famille, les gars s'occupent des finances des parents.les filles s'occupent du reste!» line expérience jamais facile Sur les 764 946 personnes âgées de 65 ans et plus au Québec, 7,2 pour cent sont hébergées dans un centre d'accueil, un pavillon pour personnes âgées ou dans un centre hospitalier.Les autres habitent chez elles, chez leurs enfants ou dans l\u2019une ou l\u2019autre des résidences privées qui poussent comme des champignons.Impossible toutefois de dénombrer les femmes qui comme Ginette, Monique, Huguette, hébergent leurs parents.L\u2019expérience de garder un parent chez soi n\u2019est jamais facile.Elle peut être profitable, pour la personne âgée surtout, comme le souligne Monique A.Elle peut aussi être dramatique et mener à la violence.Dans les visites qu\u2019elle fait au domicile des personnes âgées, l\u2019infirmière Françoise Godbout se rend compte qu\u2019il y a de la violence en sourdine.On fait sentir à la personne âgée qu\u2019elle est de trop, on menace de la «placer».En donnant le bain, l\u2019infirmière constate les bleus.«Parlez-en pas», supplient les personnes âgées.La violence envers les personnes âgées n\u2019étonne pas Jean-Rock Boutin.Les personnes qui décident, sur un coup de tête et dans un élan de générosité, d\u2019héberger leur parent, sont les plus susceptibles de mal accepter la présence du parent, à la longue.Les frustrations quotidiennes, l\u2019impatience sont un potentiel de violence, dit-il.«Dans certains cas, l'agressivité s'accumule, monte, il y a des écarts de langage, puis un jour, la main part et c\u2019est l'oeil au beurre noir.» I.a violence envers les personnes âgées est toujours condamnable et injustifiable, affirme M.Boutin.Elle est parfois compréhensible.Le Pavillon-Jardin Le «Pavillon-Jardin» est une solution de remplacement à la cohabitation avec un parent âgé.Quatre expériences pilotes sont en cours depuis deux ans, sous les auspices de la Société d\u2019habitation du Québec, à Saint-Étienne-de-Lauzon, Trois-Rivières, Capucin, en Gaspésie et Grantham, près de Drum-mondville.De petites maisons d\u2019une valeur de 40 000 $, paysagement inclus, sont construites pour les parents dans la cour de la maison de leur enfant.Elle pourra facilement être déménagée.L\u2019expérience est encore trop jeune pour déterminer si on l\u2019étendra, dit André Lachapelle, porte-parole de la SHQ.«Mais le son de cloche que nous avons c\u2019est que les gens sont au septième ciel.Le pavillon jardin a le mérite d\u2019allier la sécurité et l'autonomie des p;-sonnes âgées.» La dérogation au zonage municipal, les taxes, les services d'égout et d'aqueduc comptent parmi les problèmes à surmonter en installant un Pavillon-Jardin dans sa cour.q 6 P4 Arts et spectacles Trois Rivières Samedi 23 novembre 1991 Autodidacte à 16 ans Jean-Alexandre Sarrazin fait fi des conventions Trois-Rivières rv Agé de 16 ans seulement, Jean-Alexandre Sarrazin l'ait fi des conventions.Pia-niste de concert, le jeune homme est devenu, après quelques années d\u2019études avec des professeurs, autodidacte.Maintenant, il préfère travailler son art seul, sans l\u2019aide de personne.«Je n\u2019étudie a>ec aucune université, aucune école.Je suis de façon autodidacte des cours avec moi-même», a-t-il confié au journal cette semaine.Mais avant de se «suffire» à lui-même, le jeune pianiste a suivi des cours avec des professeurs, et il reconnaît que cette démarche était indispensable.ün constatera dans ses propos qu\u2019il n\u2019a pas la langue dans sa poche et, qu\u2019il a même une (assez) haute opinion de lui-même.«Ces professeurs m\u2019ont énormément aidé \u2014 c'était absolument nécessaire \u2014 mais j\u2019ai dû prendre une distance par rapport à eux atln de créer un style qui m'est particulier.Parce que dans un milieu où tous les musiciens jouent pareil de peur de briser les conventions, il y a une certaine rigidité qui fait qu'on ne transmet pas les émotions au public quand on est trop académique.Alors, il faut sortir des règles, même si bien souvent les gens ne sont pas d'accord avec vous: il faut être capable de porter le poids de l'innovation.» Comme il répond lui-même à ses besoins musicaux, Sarrazin ne suit pas de cours dans d\u2019autres matières non plus «Absolument pas.Je lis beaucoup.Je me propose aussi d'étudier les langues, l'italien et l\u2019allemand, de même que le russe.J'ai quitté le niveau secondaire en qua- trième année.» Outre par la lecture, le pianiste se cultive au contact d\u2019artistes et d\u2019intellectuels.«Je parle beaucoup avec des gens de différents milieux, comme la littérature.Une fois, j\u2019ai rencontré dans un restaurant Jean-Pierre Sauriol.On a discuté et ya été très intéressant.J'apprends plus par ces rencontres-là que sur un banc d'école», commente Sarrazin.Comme il fréquente un monde composé surtout d\u2019adultes, il n\u2019a pas d\u2019amis de son âge.«Pas du tout.Je me suis séparé complètement de ça étant donné les travaux que j\u2019avais à faire, et étant donné les choses qui ont fait que j'ai grandi un peu plus vite dans la vie et que j'ai toujours eu de la misère à comprendre les jeunes.J'en suis un et je me comprends mal moi-même, admet-il.Mais j'essaie de les aider de plus en plus, de m'ouvrir à eux, de les rejoindre comme clientèle», donne à entendre celui que certains voient comme le digne successeur de Glen Gould «Me dépasser» Quand on demande au pianiste quelle est son ambition dans la vie, il répond, du tac au tac: «Me dépasser, aller le plus loin possible, et aller à l\u2019étranger.» L\u2019agent de l\u2019adolescent travaille sur différents scénarios de projets, que ce soit ici ou outre-frontières.«Je compte rester au Québec tant et aussi longtemps qu'on va avoir besoin de moi.Sauf que je n\u2019ai jamais joué pour le 2% de la population qui connaît la musique classique.Je joue toujours pour les gens du peuple, les gens qui sont autour de moi.Je veux rejoindre toutes les couches de la société.Je peux faire des émissions à Radio-Canada ou d'autres comme «Ad Lib».Ça peut paraître bizarre de faire des émissions comme celle-ci.parce qu'aucun artiste classique ne l\u2019a fait.Mais il faut le faire,.faut bien remplir les salles après tout.» Parmi ses projets, il y a un do- cumentaire avec un réalisateur qui lait l\u2019objet d\u2019une ébauche.Mais le jeune prodige n\u2019écarte pas l\u2019idée d\u2019avoir à faire ses valises pour aller jouer à l\u2019extérieur.«Mes valises sont déjà faites, sauf que je suis obli gé de sortir mes habits de concert pour aller dans des endroits aussi beaux que la Mauricie», dit-il sur un ton humoristique.11 y a aussi un projet de disque.Une «belle parole» Demain après-midi, Sarrazin effectuera sa première incursion en Mauricie, plus précisément au Centre de la culture de Grand-Mère.Son jeune âge ne l\u2019empêche pas d\u2019avoir un sens de la «belle parole», comme on s\u2019en est déjà aperçu.Ainsi, il dira de la région: «Malheureusement, c\u2019est la première fois que je vais dans votre région.J'aurais bien aimé y aller avant, étant donné la beauté des lieux, mais, malheureusement, il n\u2019y a pas d'organisateurs qui m'avaient demandé d'y aller.» Le contenu du concert Lorsqu\u2019on lui demande de quoi sera composé son récital de demain, il répond: «Le concert que je vais faire dans votre beau coin de pays est composé entre autres de musique russe, hongroise.Je me spécialise plutôt dans une musique russe post-romantique, comme Rachmaninov.» Le jeune pianiste avoue qu\u2019il privilégie la musique russe parce qu\u2019elle est «très forte émotionnellement»», soutient-il.«C\u2019est une musique qui touche toutes les couches d'âge et de société, c\u2019est une musique très directe, très forte.On n\u2019a pas à chercher des émotions dans cette musique-là: elles sont déjà là, on les donne, tandis qu\u2019avec certains compositeurs de l'époque classique, comme Beethoven, qui sont mal interprétés, je pense, il faut chercher les émotions.Il y a beaucoup d\u2019interprètes qui les jouent de façon très froide.» Roland j Paillé b yÿ* Up with People RHYTHM OF THE WORLD \u2022 RHYTHMUS DER WELT \u2022 RITMO DEL MUNDO \u2022 RYTHME DU MONDE \u2022 RHYTHM OF THE WORLD UN SPECTACLE QUI BAT AU RYTHME DU MONDE C?X?LE GROUPE \u201cUP WITH PEOPLE\u201d VOUS PRESENTE SON TOUT NOUVEAU SPECTACLE \u201cRYTHME DU MONDE\u201d.X X ?DEUX HEURES INOUBLIABLES AVEC UNE TROUPE DE 100 CHANTEURS ET DANSEURS DU MONDE ENTIER.ïfl MLLE J.dNTONIO THOMPSON ADULTES 16$ ÉTUDIANTS «t ÂGE D'OR 13$ BILLETTERIE 380 9797 Préfriv* p«r *©tr* quotMar* Le Nouvelliste « 0,;MI-N5SAM AOUR PLUS OC Rf NSdONFMfNTS 375 9390 S RHYTHM OF THE WORLD \u2022 RHYTHMUS DER WEIT \u2022 RITMO DEL MUNDO \u2022 RYTHME DU MONDE \u2022 RHYTHM Of THF WORID Malgré qu\u2019il ne soit âgé que de 16 ans, le jeune prodige québécois du piano, Jean-Alexandre Sarrazin, fait fi des conventions et n'hésite pas à innover, même si ça lui attire à l'occasion des critiques.«Il faut être capable de porter le poids des innovations.» On notera aussi qu\u2019il ne met pas sur un piédestal ses contemporains musiciens.Ainsi, lorsqu\u2019on lui fait remarquer que l\u2019écriture de l\u2019époque classique était plus rigoureuse et devait suivre des règles bien strictes, Sarrazin rétorque: «Les interprètes aussi, et ils le sont toujours: ça n'a pas changé, malheureusement ».Pour renforcer son argumenta- tion, il cite la basse Claude Corbeil qui se demandait «qui allait avoir le génie d'interpréter le compositeur comme c\u2019est écrit?» Après un éclat de rire, Sarrazin réplique: «Ce n\u2019est malheureusement pas le cas de nos jours, au contraire, les gens ne cherchent pas, ils ne sont pas assez innovateurs.C'est la raison pour laquelle j'ai quitté des structures.J\u2019étais à l\u2019Université McGill et je suis parti après deux jours parce que je n'y trouvais pas ce que je recherchais.Je voulais être avec d\u2019autres passionnés de musique comme moi, mais ça n\u2019a pas été le cas.Ce n\u2019était pas l'ambiance pour développer mon talent.» Jean-Alexandre Sarrazin se produit demain au Centre de la culture de Grand-Mère, et le récital débute à 14 h.\u2022 SAMEDI 15 FEVRIER, I4h 8$ DIMANCHE 15 MARS, I4h 8) SAMEDI 2 MAI, I4h S P ÉCIAL ABONNE MENT: 15$ ¦a Achetez votre abonnement avant le 21 décembre I7h au guichet de la salle | Antonio Thompson remplissez correctement le bon de participation déposez le dans la boite de tirage dans le hall déntree Soyez un des 10 gagnants a vous mériter lors d un tirage au sort\" 10 locations gratuites dans une des 9 Videotek de la region lune valeur moyenne de Î5J) un abonnement d un an pout un enlant a la Bibliothèque municipale de Trois Rnrietes (une valeur moyenne de 2$) POUR ICS PARENTS a votre choix, une paire de billets\" de faveur pour un des spectacles présentés a la salle | Antonio Thompson de février a juin 1902 /une valeur moyenne de SOS) \u2022\u2022 Selon lex Mie* (ItvponWrs au mompm STÉRÉO .(\t1 j- CONSUL HITACHI GARANTIE 3 ans pièces et main-d oeuvre 2 ans sans supplément^ Tans pièces et MAIN-D'OEUVRE TÉLÉVISEUR \u2022 67902 Écran 28 po Stéréo / bilingue / télécommande *t nos \" \" PRIX SPÉCIAL GARANTIE TÉLÉVISEUR HITACHI 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