[Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Valleyfield], 1 janvier 1938, Lettre encyclique de notre très Saint-Père Pie XII par la divine providence Pape
[" LETTRE ENCYCLIQUE DE NOTRE TRÈS SAINT-PÈRE PIE XII PAR LA DIVINE PROVIDENCE PAPE À SES VÉNÉRABLES FRÈRES LES PATRIARCHES, PRIMATS, ARCHEVÊQUES, ÉVÊQUES ET AUTRES ORDINAIRES EN PAIX ET COMMUNION AVEC LE SIÈGE APOSTOLIQUE, AINSI QU\u2019À TOUT LE CLERGÉ ET AUX FIDÈLES DE L\u2019UNIVERS CATHOLIQUE SUR LES MOYENS PLUS OPPORTUNS DE FAIRE PROGRESSER LES ÉTUDES BIBLIQUES ÉDITIONS DE L\u2019ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE 1944 À NOS VÉNÉRABLES FRÈRES LES PATRIARCHES, PRIMATS, ARCHEVÊQUES, ÉVÊQUES ET AUTRES ORDINAIRES EN PAIX ET COMMUNION AVEC LE SIÈGE APOSTOLIQUE, AINSI QU\u2019À TOUT LE CLERGÉ ET AUX FIDÈLES DE L\u2019UNIVERS CATHOLIQUE PIE XII PAPE VÉNÉRABLES FRÈRES ET CHERS FILS, SALUT ET BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE INTRODUCTION Occasion de l'Encyclique « Providentissimus Deus » Manière d\u2019en célébrer le cinquantenaire Sous l\u2019inspiration de l\u2019Esprit Saint, les Écrivains sacrés ont composé les livres, que Dieu dans sa paternelle bonté a voulu donner au genre humain « pour enseigner, convaincre, corriger, former à la justice, en vue de rendre l\u2019homme de Dieu parfait, apte à toute bonne œuvre 1 ».Ce trésor, qui lui est venu du ciel, l\u2019Église le tient comme la source la plus précieuse et une règle divine de la doctrine de la foi et des mœurs.Il n\u2019est donc pas étonnant qu\u2019elle l\u2019ait gardé avec le plus grand soin tel quelle l\u2019a reçu intact des mains des Apôtres; qu\u2019elle l\u2019ait défendu contre toute interprétation fausse et perverse; qu\u2019elle l\u2019ait employé avec zèle dans sa tâche de procurer aux âmes le salut éternel, comme d\u2019innombrables documents de toute époque l\u2019attestent clairement.Mais parce que, dans les temps modernes, la divine origine des Saintes Écritures et leur interprétation correcte ont été par- I.Il Tin., ni, 16 sq. \u2014 3 \u2014 ticulièrement mises en question, l\u2019Église s\u2019est appliquée à les défendre et à les protéger avec encore plus d\u2019ardeur et de soin.Aussi le saint Concile de Trente, dans un décret solennel, a-t-il déjà déclaré, au sujet de la Bible, qu\u2019on devait en reconnaître « comme sacrés et canoniques les livres entiers, avec toutes leurs parties, tels qu\u2019on a coutume de les lire dans l\u2019Église catholique et tels qu\u2019ils sont contenus dans l\u2019ancienne édition de la Vulgate latine 2 ».Puis, de notre temps, le Concile du Vatican, voulant réprouver de fausses doctrines sur l\u2019inspiration, a déclaré que l\u2019Église tient les Livres saints pour sacrés et canoniques, « non parce que, œuvre de la seule industrie humaine, ils auraient été approuvés ensuite par son autorité, ni pour cette seule raison qu\u2019ils contiendraient la vérité sans erreur, mais parce que, écrits sous l\u2019inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour auteur et ont été transmis comme tels à l\u2019Église 3 ».Plus récemment cependant, en dépit de cette solennelle définition de la doctrine catholique, qui revendique pour ces « livres entiers, avec toutes leurs parties », une autorité divine les préservant de toute erreur, quelques écrivains catholiques n\u2019ont pas craint de restreindre la vérité de l\u2019Écriture Sainte aux seules matières de la foi et des mœurs, regardant le reste, du domaine de la physique ou de l\u2019histoire, comme « choses dites en passant » et n\u2019ayant \u2014 ainsi qu\u2019ils le prétendirent \u2014 aucune connexion avec la foi.Mais Notre Prédécesseur, Léon XIII, d\u2019immortelle mémoire, dans son Encyclique Providentissimus Dens du 18 novembre 1893, a confondu à bon droit ces erreurs et réglé l\u2019étude des Livres divins par des instructions et des directives très sages.Puisqu\u2019il convient de célébrer le cinquantième anniversaire de la publication de cette Encyclique, considérée comme la loi fondamentale des études bibliques, après avoir affirmé dès le commencement de Notre Pontificat Notre intérêt pour les sciences sacrées 4, Nous avons jugé très opportun, d\u2019une part, de rappeler et de confirmer ce que Notre Prédécesseur a établi dans sa sagesse et ce que ses Successeurs ont ajouté pour affermir et parfaire son œuvre; d\u2019autre part, d\u2019indiquer ce que les temps pré- 2.\tSessio IV, deer.1; Ench.Bibi., n.45.3.\tSestio III, Cap.2; Ench.Bikln.62.4.\tSermo ad alumnus Seminariorum.in Urbe (24 juiri 133.») ; Ada Ap.Sedts, XXXI (1933).pp.245-251 \u2014 4 \u2014 sents semblent postuler, afin de stimuler de plus en plus à une entreprise aussi nécessaire et aussi louable tous les fils de l\u2019Église qui s\u2019adonnent à ces études.I PARTIE HISTORIQUE ŒUVRE DE LÉON XIII ET DE SES SUCCESSEURS EN FAVEUR DES ÉTUDES BIBLIQUES § 1.Œuvre de Léon XIII Doctrine de l\u2019inerrance biblique Le premier et principal soin de Léon XIII fut d\u2019exposer la doctrine de la vérité des Livres saints et de la venger des attaques lancées contre elle.Il proclama donc avec insistance qu\u2019il n\u2019y a absolument aucune erreur quand l\u2019hagiographe, traitant des choses de la nature, « a suivi ce qui apparaît aux sens », comme dit le Docteur angélique 5 6, parlant « ou par une sorte de métaphore, ou comme le comportait le langage usité à cette époque; il en est encore ainsi aujourd\u2019hui, sur beaucoup de points, dans la vie quotidienne, même parmi les hommes les plus savants ».En effet, « les écrivains sacrés ou, plus véritablement \u2014 ce sont les paroles mêmes de saint Augustin 6 \u2014 l\u2019Esprit de Dieu, qui parlait par leur bouche, n\u2019a pas voulu enseigner aux hommes ces vérités concernant la constitution intime des objets visibles, parce qu\u2019elles ne devaient leur servir de rien pour leur salut7 » ; principe qu\u2019il « sera permis d\u2019appliquer aux sciences du même genre et notamment à l\u2019histoire », en réfutant « de la même manière les objections fallacieuses des adversaires », et en défendant « la vérité historique de l\u2019Écriture Sainte contre leurs attaques8 ».Il ne faut pas, en outre, imputer une erreur à l\u2019Auteur sacré « là 5.\tCf.Ia, q.70, art.1 ad 3.6.\tDe Gen.ad lilt., 2.9, 20; P.L., XXXIV, col.270 s.; C.S.E' L., XXVIII (Sectio III, pars 2), p.46.7.\tLeonis XIII, Acta, XIII, p.355; Ench.Bibl., n.106.8.\tCf.Benoit XV, Encyclique Spiritus Paraclitus, Acta Ap.Sedis, XII (1920), p.396; Ench.Bibl., n.471. \u2014 5 \u2014 où des copistes, en exécutant leur travail, ont laissé échapper quelque inexactitude », ou « lorsque le sens véritable de quelque passage demeure douteux ».Enfin, il serait absolument funeste « soit de limiter l\u2019inspiration à quelques parties seulement de la Sainte Écriture, soit d\u2019accorder que l\u2019écrivain sacré lui-même s\u2019est trompé », puisque l\u2019inspiration divine « non seulement par elle-même exclut toute erreur, mais encore l\u2019exclut et y répugne aussi nécessairement que nécessairement Dieu, souveraine vérité, ne peut être l'auteur d\u2019aucune erreur.Telle est la foi antique et constante de l\u2019Église9 ».Cette doctrine, que Notre Prédécesseur Léon XIII a exposée avec tant de force, Nous la proposons aussi avec Notre autorité et Nous insistons pour qu\u2019elle soit religieusement tenue par tous.Nous statuons aussi qu\u2019on doit se conformer, aujourd\u2019hui encore, avec la même application aux conseils et aux encouragements qu\u2019il a donnés, pour son temps, avec une si grande sagesse.En effet, comme de nouvelles et graves difficultés et problèmes avaient surgi, soit en raison des préjugés du rationalisme, qui s\u2019était insinué partout, soit surtout à la suite des fouilles et des explorations de monuments très anciens, effectuées en maintes régions de l\u2019Orient, afin de rendre plus sûrement et plus abondamment accessible, pour l\u2019utilité du troupeau du Seigneur, cette source insigne de la révélation catholique, et aussi afin de ne pas la laisser violer en aucun point, Notre Prédécesseur, poussé par la sollicitude de la charge apostolique, souhaita et voulut « que plusieurs entreprennent, comme il convient, la défense des Saintes Lettres et s\u2019y attachent avec constance; et que, surtout, ceux qui ont été appelés par la grâce de Dieu dans les ordres sacrés mettent de jour en jour un plus grand soin et un plus grand zèle à lire, à méditer et à expliquer les Écritures; rien n\u2019étant plus conforme à leur état10 ».Impulsion donnée aux éludes bibliques : École Biblique de Jérusalem.Commission Biblique C\u2019est pourquoi le même Pontife loua et approuva 1 École pour les Études bibliques, fondée à Jérusalem, au couvent de Saint- 9.\tLeonis XIII, Acta XIII.p.357 sq.; Ench.Bibl., n.109 sq.10.\tCf.Leonis XIII, Acta XIII, p.328; Ench.Bibl., n.67 sq. \u2014 6 \u2014 Étienne, par les soins du Maître général de l\u2019Ordre sacré des Prêcheurs; école grâce à laquelle, disait-il, « la science biblique a reçu des avantages sérieux, et dont elle en attend de plus grands encore 11 ».Puis, dans la dernière année de sa vie, il trouva un nouveau moyen pour rendre chaque jour plus parfaites ces études tant recommandées par son Encyclique Prondentissimus Deus, et pour les faire progresser le plus sûrement possible.En effet, par la Lettre apostolique Vigilantiae du 30 octobre 1902, il institua un Conseil ou Commission, composé d\u2019hommes compétents, « dont la fonction devait être de diriger tous leurs soins et tous leurs efforts à ce que les Divines Écritures trouvent partout, chez nos exégètes, cette interprétation plus critique, que notre temps réclame, et qu\u2019elles soient préservées non seulement de tout souffle d\u2019erreur, mais encore de toute témérité d\u2019opinions 12 ».Ce Conseil, Nous l\u2019avons, Nous aussi, confirmé et accru, suivant l\u2019exemple de Nos Prédécesseurs, usant de son ministère, comme il avait été fait plusieurs fois auparavant, pour rappeler aux interprètes des Livres sacrés les saines lois de l\u2019exégèse catholique, que les Saints Pères, les Docteurs de l\u2019Église et les Souverains Pontifes eux-mêmes ont transmises 13.§ 2.Œuvre des Successeurs de Léon XIII Pie X: Grades académiques Programme des études bibliques.Institut Biblique Ici il ne semble pas hors de propos de rappeler avec reconnaissance les contributions de Nos Prédécesseurs au même but, du moins les plus importants et les plus utiles; contributions que Nous dirions volontiers les compléments ou les fruits de l\u2019heureuse initiative de Léon XIII.Tout d\u2019abord Pie X, «voulant procurer un moyen certain de préparer en abondance des maîtres recommandables par la profondeur et l\u2019intégrité de leur doctrine, qui se consacreraient dans les écoles catholiques à l\u2019interprétation des Livres Saints., institua les grades académiques de li- 11.\tLettre Apost.Hierosolymae in cuenobiu, 17 septembre 1892; Lkonis XIII, Acta, XII.pp.239-241, v.p.240.12.\tCf.Leonis XIII, Ada, XXII, p.232 ss.; Ench.Bibl., nn.130-141; v.nn.130, 132.13.\tLettre de la Commission Pontificale des Études Bibliques aux Archevêques et Evêques d\u2019Italie, 20 août 1941; Acta Ap.Scdis, XXXIII (1941), pp.465-472. \u2014 7 \u2014 cencié et de docteur dans la science de l\u2019Écriture Sainte.à conférer par la Commission Biblique 14 ».Il porta ensuite une loi « sur les règles qui doivent présider à l\u2019enseignement de l\u2019Écriture Sainte dans les grands séminaires » visant à ce que les séminaristes, « non seulement eussent une pleine notion et compréhension de la portée, de la valeur et de la doctrine des Livres Saints, mais encore pussent, avec une science saine, se livrer au ministère de la parole sacrée et défendre.contre les attaques les livres écrits sous l\u2019inspiration divine 15 ».Enfin Pie X voulut i< qu\u2019il y eût dans la ville de Rome un centre de hautes études relatives aux Livres Saints, afin de développer le plus efficacement possible, selon l\u2019esprit de l\u2019Église catholique, la science biblique et toutes les études annexes ».Il fonda donc l\u2019Institut Biblique Pontifical, à confier aux soins de l\u2019illustre Compagnie de Jésus; il statua qu\u2019il serait « pourvu de cours supérieurs et de toutes les ressources de l\u2019érudition biblique » ; et lui donna lui-même des lois et un règlement, affirmant qu\u2019il voulait réaliser en cela « le projet salutaire et fécond » de Léon XIII16.Pie XI: Grades académiques prescrits Monastère de Saint-Jérôme pour la révision de la Vulgate Tout cela enfin fut achevé par Notre dernier Prédécesseur, Pie XI, d\u2019heureuse mémoire, quand il décréta, entre autres, que nul ne serait admis « à professer l\u2019enseignement des Saintes Écritures dans les séminaires, s\u2019il n\u2019avait pas obtenu légitimement, après avoir suivi des cours spéciaux de science scripturaire, les grades académiques devant la Commission ou l\u2019Institut Biblique ».A ces grades il voulut que fussent reconnus les mêmes droits et les mêmes effets qu\u2019aux grades dûment conférés en théologie et en droit canonique; il établit en outre qu\u2019à personne ne devrait être conféré « un bénéfice comportant canoniquement la charge d\u2019expliquer au peuple la Sainte Écriture, s\u2019il ne possédait, en plus des autres qualités, la licence ou le doctorat en science 14.\tLettre Apost.Scripturae Sanctae, 23 février 1904; Pie X, Acta, I, pp.176-179; Ench.Bibl., nn.142-150; v.nn.143-144.15.\tCf.Lettre Apost.Quoniam in re biblica, 27 mars 1906; Pie X, Acta, III, pp 72-76; Ench.Bibl., nn.155-173; v.n.155.16.\tLettre Apost.Vinea electa, 7 mai 1909; Acta Ap.Sedis, I (1909), pp.447-449; Ench.Bibl., nn.293-306; v.nn.296 et 294. \u2014 8 \u2014 biblique ».Il invitait en même temps les Supérieurs généraux des Ordres religieux et des Congrégations religieuses, ainsi que les Évêques du monde catholique, à envoyer les plus aptes parmi leurs sujets fréquenter les cours de l'Institut Biblique et y conquérir les grades académiques.De plus, il confirmait ses exhortations par l\u2019exemple en constituant généreusement, à cet effet, des revenus annuels 17.Enfin, après que Pie X eut favorisé et approuvé en 1907 « la tâche confiée aux religieux Bénédictins de préparer, par leurs investigations et leurs études, les éléments nécessaires à une nouvelle édition de la traduction latine des Écritures, connue sous le nom de Vulgate 18 », Pie XI, voulant établir sur des bases plus solides et plus sûres cette « entreprise laborieuse et ardue » qui exige beaucoup de temps et de grandes dépenses, et dont la très grande utilité était manifestée par les excellents volumes déjà parus, éleva depuis ses fondements le monastère romain de Saint-Jérôme et le dota largement d\u2019une bibliothèque et de tous les autres moyens de travail19.§ 3.Sollicitude des Souverains Pontifes pour l\u2019usage et la diffusion des Livres Saints Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence le soin avec lequel Nos Prédécesseurs, quand l\u2019occasion s\u2019en présentait, ont recommandé l\u2019étude ou la prédication des Saintes Écritures, comme aussi leur pieuse lecture et leur méditation.Pie X, en effet, approuva chaleureusement la Société de Saint-Jérôme, qui s\u2019applique à recommander aux fidèles la si louable coutume de lire et de méditer les Saints Évangiles, et à rendre, par tous les moyens, cette pratique plus facile.Il l\u2019exhorta à persévérer avec ardeur dans cette entreprise, en déclarant que « c\u2019était là chose utile entre toutes, qui répondait très bien aux besoins du temps », puisque cela ne contribue pas peu à « dissiper ce préjugé selon lequel l\u2019Église voit de mauvais œil et entrave la lecture de l\u2019Écri- 17.\tCf.Motu proprio Bibliorum scientiam, 27 avril 1924; Acta Ap.SeJis, XVI (1924), pp.180-182; Ench.Bibl.nn.518-525.18.\tLettre au Rév.me D.Aidan Gasquet, 3 décembre 1907; Pie X.Acta.IV, pp.117-119; Ench.Bibl., n.285 sq 19.\tConst.Apost.Inter praecipuas, 15 juin 1933; Acta Ap.Sedis, XXVI (1934), pp.85-87. \u2014 9 \u2014 ture Sainte en langue vulgaire 20 ».A l\u2019expiration du quinzième siècle écoulé depuis la mort de saint Jérôme, le plus grand des Docteurs dans l'interprétation des Saintes Lettres, Benoit XV, après avoir très religieusement rappelé les instructions et les exemples du saint Docteur, ainsi que les principes et les règles donnés par Léon XIII et par lui-même, et après d\u2019autres recommandations des plus opportunes dans cette matière, qui ne doivent jamais être oubliées, exhorta « tous les enfants de l\u2019Église, et principalement les clercs, au respect en même temps qu\u2019à la lecture pieuse et à la méditation assidue de la Sainte Écriture », il les engagea à « chercher dans ces pages la nourriture qui alimente la vie spirituelle et la fait avancer dans la voie de la perfection », rappelant que « l\u2019Écriture sert principalement à sanctifier et féconder le ministère de la parole divine ».Enfin, Benoît XV loua de nouveau l\u2019œuvre de la Société établie sous le nom de saint Jérôme, par les soins de laquelle les Évangiles et les Actes des Apôtres sont répandus aussi largement que possible, « de manière que ces livres aient désormais leur place dans chaque famille chrétienne, et que chacun prenne l\u2019habitude de les lire et méditer chaque jour 21 ».§ 4.Fruits de cette multiple activité Mais ce n\u2019est pas seulement grâce à ces entreprises, à ces préceptes, à ces encouragements de Nos Prédécesseurs que la science des Saintes Écritures et leur usage ont notablement progressé parmi les catholiques, c\u2019est aussi, il est juste et agréable de le reconnaître, grâce aux efforts et aux travaux de tous ceux qui les secondèrent par leur zèle, en méditant, en étudiant, en écrivant, comme aussi en enseignant et en prêchant, en traduisant ou en propageant les Livres Saints.Déjà, en effet, de très nombreux professeurs d\u2019Écriture Sainte sont sortis des écoles de haut enseignement théologique et biblique, principalement de Notre Institut Biblique, et il en sort chaque jour, qui, animés d\u2019un zèle ardent pour les Livres Saints, s\u2019emploient à pénétrer le jeune clergé du même zèle généreux, et se dévouent à lui communi- 20.\tLettre à l\u2019Ém.me Card.Cassetta Qui piam, 21 janvier 1907; Fie X, Acta, IV, pp.23-25.21.\tEncyclique Spirilus Paraclitus, 15 septembre 1920; Acta Ap.Sedts, XII (1920), pp.385-422; Ench.Bibl., nn.457-508; v.nn.457, 495, 497, 491 \u2014 10 \u2014 quer la doctrine qu\u2019ils ont reçue eux-mêmes.Nombre d\u2019entre eux aussi, par leurs écrits, ont fait avancer et font avancer en différentes manières la science biblique, soit en publiant les textes sacrés selon la méthode critique, soit en les expliquant, en les illustrant, en les traduisant en langue vulgaire, soit en les proposant à la pieuse lecture et à la méditation des fidèles, soit enfin en cultivant et s\u2019assimilant les sciences profanes utiles à l\u2019interprétation de l\u2019Écriture.Ces travaux et d\u2019autres initiatives encore, qui, de jour en jour, se répandent plus largement et s\u2019affermissent, comme, par exemple, les sociétés, congrès et semaines bibliques, les bibliothèques et les associations pour la méditation de l\u2019Évangile, Nous font concevoir une ferme espérance que le respect, l'usage, la science des Saintes Lettres se développeront de plus en plus pour le bien des âmes.Il en sera ainsi, pourvu que tous observent avec une fermeté, une ardeur et une confiance toujours plus grandes la méthode des études bibliques prescrite par Léon XIII, développée et perfectionnée par ses Successeurs, confirmée et enrichie par Nous, seule méthode sûre et pleinement approuvée par l\u2019expérience, sans se laisser décourager par les difficultés, qui, ainsi qu\u2019il arrive toujours dans la vie humaine, ne manqueront jamais à une œuvre aussi excellente.II PARTIE DOCTRINALE DES ÉTUDES BIBLIQUES DANS LES TEMPS ACTUELS Conditions présentes des études bibliques Il n\u2019y a personne qui ne soit à même de remarquer combien, au cours des cinquante dernières années, se sont modifiées les conditions des études bibliques et des disciplines auxiliaires.Ainsi, pour ne pas parler du reste, au temps où Notre Prédécesseur publiait son Encyclique Providentissimus Deus, c\u2019est à peine si l\u2019on avait commencé l\u2019exploration de l\u2019un ou de l\u2019autre des sites de la Palestine au moyen de fouilles scientifiques.Maintenant les explo- -11- rations de ce genre ont grandement augmenté en nombre, tandis qu\u2019une méthode plus sévère et un art perfectionné par l\u2019expérience nous fournissent des résultats plus nombreux et plus certains.Quelle lumière jaillit de ces recherches pour une intelligence plus exacte et plus pleine des Saints Livres, tous les spécialistes le savent, ainsi que tous ceux qui se livrent à ces études.L\u2019importance de ces explorations est encore accrue par la fréquente découverte de monuments écrits, qui sont d\u2019un grand secours pour la connaissance des langues, des littératures, des événements, des mœurs et des cultes les plus anciens.La découverte et l'étude des papyrus, aujourd\u2019hui si développées, ne sont pas d'un moindre intérêt; car ils nous font mieux connaître la littérature ainsi que les institutions publiques et privées, surtout à l\u2019époque de notre Sauveur.En outre, d'anciens manuscrits des Livres Saints ont été découverts et publiés avec soin et sagacité ; l\u2019exégèse des Pères de l\u2019Église a été plus largement étudiée et plus profondément; enfin la manière de raconter et d\u2019écrire des anciens a été illustrée de nombreux exemples.Toutes ces ressources, que notre âge a conquises, non sans un secret dessein de la Providence, invitent en quelque sorte les interprètes des Saintes Lettres et les engagent à user avec allégresse d\u2019une si belle lumière pour scruter plus à fond les paroles divines, les commenter plus clairement, les exposer plus lumineusement.Que si, avec une suprême consolation, Nous voyons que ces mêmes exégètes ont déjà répondu avec empressement à cet appel et y répondent encore, ce n\u2019est certes ni le dernier, ni le moindre fruit de l\u2019Encyclique Providen-tissimus Deus, par laquelle Notre Prédécesseur, Léon XIII, comme pressentant cette floraison nouvelle de la science biblique, a invité au travail les exégètes catholiques et leur a tracé avec sagesse la voie et la méthode à suivre dans ce travail.Nous aussi, par la présente Encyclique, Nous désirons obtenir non seulement que ce travail soit continué avec persévérance et constance, mais qu\u2019il devienne de jour en jour plus parfait et plus fécond; c\u2019est pourquoi Nous Nous proposons de montrer à tous ce qui reste à faire et dans quelles dispositions l\u2019exégète catholique doit s\u2019adonner aujourd\u2019hui à une tâche si importante et si sublime, voulant aussi donner aux ouvriers, qui travaillent avec zèle dans la vigne du Seigneur, de nouveaux stimulants et un nouvel élan. \u2014 12 \u2014 § 1.Recours aux textes originaux Étude des langues bibliques A l\u2019exégète catholique, qui se dispose au travail de comprendre et d\u2019expliquer les Saintes Écritures, déjà les Pères de l\u2019Église, et surtout saint Augustin, recommandaient avec force l\u2019étude des langues anciennes et le recours aux textes originaux 22.Cependant, à cette époque, les conditions des lettres étaient telles, que rares étaient ceux qui connaissaient même imparfaitement la langue hébraïque.Au Moyen Age, tandis que la théologie scolastique était à son apogée, la connaissance de la langue grecque elle-même était depuis longtemps si affaiblie en Occident que même les plus grands docteurs de ce temps, pour commenter les Livres Divins, ne se servaient que de la version latine de la Vulgate.De nos jours, au contraire, non seulement la langue grecque, rappelée en quelque sorte à une vie nouvelle dès le temps de la Renaissance, est familière à presque tous ceux qui cultivent l\u2019antiquité et les lettres, mais aussi la connaissance de la langue hébraïque et des autres langues orientales est largement répandue parmi les hommes cultivés.Il y a maintenant tant de facilités pour apprendre ces langues, que l\u2019interprète de la Bible, qui, en les négligeant, s\u2019interdirait l\u2019accès aux textes originaux, ne pourrait échapper au reproche de légèreté et de nonchalance.Il appartient en effet à l\u2019exégète de chercher à saisir religieusement et avec le plus grand soin les moindres détails sortis de la plume de l\u2019hagiographe sous l\u2019inspiration de l\u2019Esprit Divin, afin d\u2019en pénétrer plus profondément et plus pleinement la pensée.Qu\u2019il travaille donc avec diligence à s\u2019assurer une maîtrise chaque jour plus grande des langues bibliques et orientales, et qu\u2019il étaie son exégèse avec toutes les ressources que fournissent les différentes branches de la philologie.C\u2019est cette maîtrise que saint Jérôme s\u2019efforçait anxieusement d\u2019acquérir suivant l\u2019état des connaissances de son temps; c\u2019est à elle qu\u2019aspirèrent avec un zèle infatigable, et non sans un réel profit, plusieurs des meilleurs exégètes des xvi\" et xvip siècles, bien que la science des langues fût alors très inférieure à ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui.C\u2019est en suivant la 22.Cf.p.ex.S.Jérome, Praef.in IV Evang.ad Damasum P.L., XXIX, col.526-527; S.Augustin, Dp doclr.christ., II, 16; P.L., XXXIV, col.42-43. \u2014 13 \u2014 même méthode qu\u2019il importe d\u2019expliquer le texte primitif, qui, écrit par l\u2019auteur sacré lui-même, a plus d\u2019autorité et plus de poids qu\u2019aucune version, même la meilleure, ancienne ou moderne; ce en quoi on réussira sans doute avec plus de facilité et de succès, si l\u2019on adjoint à la connaissance des langues une solide expérience de la critique textuelle.Importance de la critique textuelle Quelle importance il faut attribuer à une telle méthode critique, saint Augustin nous l\u2019enseigne avec pertinence, quand, parmi les préceptes à inculquer à qui étudie les Livres Saints, il met en première ligne le soin qu\u2019il faut avoir de se procurer un texte correct.« La sagacité de ceux qui désirent connaître les Écritures Divines doit veiller en premier lieu à corriger les manuscrits, \u2014 ainsi s\u2019exprime l\u2019illustre Docteur de l\u2019Église \u2014 afin que les manuscrits non corrigés cèdent le pas à ceux qui sont corrigés 23 ».Cet art de la critique textuelle, qu\u2019on emploie avec beaucoup de succès et de fruit dans l\u2019édition des textes profanes, doit servir aujourd\u2019hui, à plus forte raison en vérité, pour les Livres Saints, à cause du respect qui est dû à la parole divine.Le but de cet art est, en effet, de restituer le texte sacré, autant qu\u2019il se peut, avec la plus grande perfection, en le purifiant des altérations dues aux insuffisances des copistes, et en le délivrant, dans la mesure du possible, des gloses et des lacunes, des inversions de mots et des répétitions, ainsi que des fautes de tout genre qui ont coutume de se glisser dans tous les écrits, transmis à travers plusieurs siècles.D\u2019aucuns, il est vrai, ont employé la critique, il y a quelques dizaines d\u2019années, d\u2019une façon tout arbitraire, et souvent de telle sorte qu\u2019on aurait pu dire qu\u2019ils agissaient ainsi afin d\u2019introduire dans le texte sacré leurs opinions préconçues; mais aujourd\u2019hui, il est à peine besoin de le remarquer, la critique possède des lois si stables et si assurées, qu\u2019elle est devenue un instrument de choix pour éditer la parole divine avec plus de pureté et d\u2019exactitude, tout abus pouvant être facilement dépisté.Il n\u2019est pas nécessaire de rappeler ici, \u2014 car c\u2019est trop évident et trop connu de tous ceux qui s\u2019adonnent à l\u2019étude de l\u2019Écriture 23.De doctr.ckrisl., II, 21; P.L .XXXIV, col.46. -14- Sainte \u2014 combien l\u2019Église depuis les premiers siècles jusqu'à nos jours, a eu en honneur ces travaux de l\u2019art critique.Aujourd\u2019hui donc que cet art a été si parfaitement discipliné, c\u2019est pour ceux qui étudient les questions bibliques une tâche honorable, sinon toujours facile, de s\u2019employer à ce que paraissent le plus tôt possible, suivant les opportunités, des éditions soit des Livres Saints eux-mêmes, soit de leurs anciennes versions, préparées par des catholiques, selon cette règle, qu\u2019au respect le plus absolu pour le texte sacré se joigne l\u2019application de toutes les lois de la critique.Que tous le comprennent bien: ce travail de longue durée n\u2019est pas seulement nécessaire pour comprendre, comme il faut, le texte écrit sous l\u2019inspiration divine; il est encore vivement requis par cette piété, qui doit nous porter à être infiniment reconnaissants envers la Providence divine, de ce qu\u2019Elle nous a destiné ces livres comme des lettres paternelles, envoyées du siège de sa majesté à ses enfants.Portée du décret du Concile de Trente sur l\u2019usage de la Vulgate.Traductions en langues vulgaires Et que personne ne voie dans ce recours aux textes originaux, conformément à la méthode critique, une dérogation aux prescriptions si sagement formulées par le Concile de Trente au sujet de la Vulgate 24.Car c\u2019est un fait appuyé sur des documents certains, que le saint Concile chargea ses présidents de prier le Souverain Pontife en son nom \u2014 et ils le firent \u2014 de faire corriger d\u2019abord le texte latin, ensuite, autant que possible, les textes grec et hébreu 25, afin de les publier plus tard pour l\u2019utilité de la sainte Église de Dieu.S\u2019il ne fut pas possible de répondre alors pleinement à ce désir, à cause des difficultés du temps et d\u2019autres obstacles, Nous avons la confiance que, maintenant, il pourra y être donné plus parfaitement et plus entièrement satisfaction grâce à la collaboration entre savants catholiques.Si le Concile de trente a voulu que la Vulgate fût la version latine « que tous doivent employer comme authentique », cela, chacun le sait, ne concerne que l\u2019Église latine et son usage public de l\u2019Écriture, mais ne diminue en aucune façon \u2014 il n\u2019y a pas le moindre doute 24.\tDecr.de editione et usu Sacrorum Librorum\u2022 Conc.Trid., éd Soc.Goerres, t.V, p.91 s.25.\tIb., t.X, p.471; cf.t.V.pp.29, 59, 65; t.X.p.446 sq'.' \u2014 15 \u2014 à ce sujet \u2014 ni l\u2019autorité ni la valeur des textes originaux.Au surplus, il ne s'agissait pas alors des textes originaux, mais des versions latines qui circulaient à cette époque; versions, entre lesquelles le Concile, à juste titre, déclara préférable celle qui, « par un long usage de tant de siècles, était approuvée dans l\u2019Église ».Cette autorité éminente de la Vulgate, ou, comme l\u2019on dit, son authenticité, n\u2019a donc pas été décrétée par le Concile surtout pour des raisons critiques, mais bien plutôt à cause de son usage légitime dans les Églises, prolongé au cours de tant de siècles.Cet usage, en vérité, démontre que, telle qu\u2019elle a été et est encore comprise par l\u2019Église, elle est absolument exempte de toute erreur en ce qui concerne la foi et les mœurs; si bien que, la même Église l\u2019attestant et le confirmant, on peut la produire en toute sûreté et sans péril d\u2019erreur dans les discussions, dans l\u2019enseignement et dans la prédication.D\u2019où une authenticité de ce genre ne doit pas être qualifiée en premier lieu de critique, mais bien plutôt de juridique.C\u2019est pourquoi l\u2019autorité de la Vulgate en matière de doctrine n\u2019empêche donc nullement \u2014\taujourd\u2019hui elle le demanderait plutôt \u2014 que cette doctrine soit encore justifiée et confirmée par les textes originaux eux-mêmes, et que ces textes soient appelés couramment à l\u2019aide pour mieux expliquer et manifester le sens exact des Saintes Lettres.Le décret du Concile de Trente n\u2019empêche même pas que, pour l\u2019usage et le bien des fidèles, en vue de leur faciliter l\u2019intelligence de la parole divine, des versions en langue vulgaire soient composées précisément d\u2019après les textes originaux, comme Nous savons que cela a déjà été fait d\u2019une manière louable en plusieurs régions avec l\u2019approbation ecclésiastique.§ 2.De l\u2019interprétation des Livres Saints Importance et recherche du sens littéral Bien fourni de la connaissance des langues anciennes et des ressources de la critique, l\u2019exégète catholique peut aborder la tâche \u2014\tla plus importante de toutes celles qui lui incombent \u2014 de découvrir et d\u2019exposer le véritable sens des Livres Saints.Que les exégètes, dans l\u2019accomplissement de ce travail, aient toujours devant les yeux, qu\u2019il leur faut avant tout s\u2019appliquer à discerner 16 et à déterminer ce sens des mots bibliques qu\u2019on appelle le sens littéral.Ils doivent mettre le plus grand soin à découvrir ce sens littéral des mots au moyen de la connaissance des langues, en s\u2019aidant du contexte et de la comparaison avec les passages analogues; toutes opérations qu\u2019on a coutume de faire aussi dans l\u2019interprétation des livres profanes, pour faire ressortir plus clairement la pensée de l\u2019auteur.Que les exégètes des Saintes Lettres, se souvenant qu\u2019il s\u2019agit ici de la parole divinement inspirée, dont la garde et l\u2019interprétation ont été confiées à l\u2019Église par Dieu lui-même, ne mettent pas moins de soin à tenir compte des interprétations et déclarations du magistère de l\u2019Église, ainsi que des explications données par les Saints Pères, en même temps que de « l\u2019analogie de la foi », comme Léon XIII les en avertit très sagement dans l\u2019Encyclique Providentissimus Deus 26.Qu\u2019ils s\u2019appliquent d\u2019une manière toute particulière à ne pas se contenter d\u2019exposer ce qui regarde l\u2019histoire, l\u2019archéologie, la philologie et les autres sciences auxiliaires, \u2014 comme Nous regrettons qu\u2019on ait fait dans certains commentaires; - mais, tout en alléguant à propos ces informations, pour autant qu\u2019elles peuvent aider à l\u2019exégèse, qu\u2019ils exposent surtout quelle est la doctrine théologique de chacun des livres ou des textes en matière de foi et de mœurs, de sorte que leurs explications ne servent pas seulement aux professeurs de théologie à proposer et à confirmer les dogmes de la foi, mais encore quelles viennent en aide aux prêtres pour expliquer la doctrine chrétienne au peuple, et qu\u2019elles soient utiles enfin à tous les fidèles pour mener une vie sainte, digne d\u2019un chrétien.Usage exact du sens spirituel Quand les exégètes catholiques donneront une pareille interprétation, avant tout théologique, comme Nous avons dit, ils réduiront définitivement au silence ceux qui assurent ne rien trouver dans les commentaires, qui élève l\u2019âme vers Dieu, nourrisse l\u2019esprit et stimule la vie intérieure, prétendant en conséquence qu\u2019il faut avoir recours à une interprétation spirituelle, ou, comme ils disent, mystique.Que cette manière de voir ne soit pas juste, l\u2019expérience d\u2019un grand nombre l\u2019enseigne, qui, 26.Leonis XIII, Acta.XIII, pp.345-3*16; Ench.BibL.nn.94-96. \u2014 17 \u2014 considérant et méditant sans cesse la parole de Dieu, ont conduit leur âme à la perfection et ont été entraînés vers Dieu par un amour ardent.C\u2019est aussi ce que montrent clairement et la pratique constante de l\u2019Église et les avertissements des plus grands docteurs.Ce qui ne signifie certes pas que tout sens spirituel soit exclu de la Sainte Écriture; car les paroles et les faits de l'Ancien Testament ont été merveilleusement ordonnés et disposés par Dieu de telle manière, que le passé signifiât d\u2019avance d\u2019une manière spirituelle ce qui devait arriver sous la nouvelle alliance de la grâce.C\u2019est pourquoi l\u2019exégète, de même qu\u2019il doit rechercher et exposer le sens littéral des mots, tel que l\u2019hagiographe l\u2019a voulu et exprimé, ainsi doit-il exposer le sens spirituel, pourvu qu\u2019il résulte certainement qu\u2019il a été voulu par Dieu.Dieu seul, en effet, peut connaître ce sens spirituel et nous le révéler.Or, un pareil sens notre Divin Sauveur nous l'indique et nous l\u2019enseigne lui-même dans les Saints Évangiles; à l\u2019exemple du Maître, les Apôtres le professent aussi par leurs paroles et leurs écrits; la tradition constante de l\u2019Église le montre; enfin, le très ancien usage de la liturgie le déclare, quand on est en droit d\u2019appliquer l\u2019adage connu: « La loi de la prière est la loi de la croyance.» Ce sens spirituel donc, voulu et ordonné par Dieu lui-même, les exégètes catholiques doivent le manifester et l\u2019exposer avec le soin, qu\u2019exige la dignité de la parole divine.Qu\u2019ils veillent religieusement toutefois, à ne pas présenter d\u2019autres significations métaphoriques des choses ou des faits comme sens authentique de la Sainte Écriture.Car si, dans le ministère de la prédication surtout, un emploi plus large et métaphorique du Texte sacré peut être utile pour éclairer et mettre en valeur certains points de la foi et des mœurs, à condition de le faire avec modération et sobriété, il ne faut cependant jamais oublier que cet usage des paroles de la Sainte Écriture lui est comme extrinsèque et adventice.Il arrive même, surtout aujourd\u2019hui, que cet usage n\u2019est pas sans danger, parce que les fidèles, et en particulier ceux qui sont au courant des sciences sacrées comme des sciences profanes, cherchent ce que Dieu nous signifie par les Lettres Sacrées de préférence à ce qu\u2019un écrivain ou un orateur disert expose, en jouant habilement des paroles de la Bible.« La parole de Dieu, vivante et efficace, plus acérée qu\u2019une épée à deux tranchants, - 18 - si pénétrante qu\u2019elle va jusqu\u2019à séparer l\u2019âme de l\u2019esprit, les jointures et les moelles, qui démêle les sentiments et les pensées des cœurs 27 », n\u2019a pas besoin de colifichets ni d\u2019ornements humains pour émouvoir et frapper les esprits.Les Pages sacrées, en effet, écrites sous l\u2019inspiration de Dieu, abondent par elles-mêmes de sens propre; douées de vertu divine, elles valent par elles-mêmes; ornées d\u2019une beauté qui vient d\u2019en haut, elles brillent et resplendissent par elles-mêmes, pourvu que le commentateur les explique si pleinement, si soigneusement, que tous les trésors de sagesse et de prudence, y contenus, soient mis en lumière.L\u2019étude des Saints Pères et des grands exégètes doit être stimulée Pour s\u2019acquitter de sa tâche, l\u2019exégète aura bénéfice à s\u2019aider par une étude sérieuse des œuvres, que les Saints Pères, les Docteurs de l\u2019Église et les plus illustres exégètes des temps passés ont consacrées à l\u2019explication des Saintes Lettres.Ceux-là, en effet, bien que leur érudition et leurs connaissances linguistiques fussent moins poussées que celles des exégètes modernes, excellent, en vertu du rôle que Dieu leur a attribué dans l\u2019Église, par un discernement tout suave des choses célestes et par une admirable puissance d\u2019esprit, grâce auxquels ils pénètrent plus avant dans les profondeurs de la parole divine, et mettent en lumière tout ce qui peut servir à illustrer la doctrine du Christ et à faire progresser la sainteté de la vie.Il est certes regrettable que ces précieux trésors de l\u2019antiquité chrétienne soient si peu connus de maints écrivains de notre temps, et que les historiens de l\u2019exégèse n\u2019aient pas encore accompli tout ce qui semblerait nécessaire pour une étude méthodique et une juste appréciation de cette matière si importante.Plaise au ciel que se lèvent en grand nombre des travailleurs, qui explorent avec zèle l\u2019interprétation catholique des Écritures, auteurs et œuvres, et qui épuisent, pour ainsi dire, les richesses presque immenses amassées par ces auteurs.Ils contribueront ainsi à manifester toujours mieux avec quel soin ceux-là ont scruté et mis en lumière la doctrine des Livres Saints, et à obliger les exégètes contemporains à s\u2019inspirer de leur exemple, à chercher chez eux des arguments opportuns.Ainsi se réalisera 27.Uebr., IV, 12. - 19- enfin l\u2019heureuse et féconde union de la doctrine et de l\u2019onction des anciens avec l\u2019érudition plus grande et l\u2019art plus avancé des modernes; union, qui produira des fruits nouveaux dans le champ des Lettres Divines, lequel ne sera jamais ni suffisamment cultivé, ni entièrement épuisé.§ 3.Les tâches particulières des exégètes de nos jours Etat actuel de l\u2019exégèse Désormais Nous avons de bonnes et justes raisons d\u2019espérer que notre temps lui aussi apportera sa contribution à une interprétation plus pénétrante et plus exacte des Saintes Lettres.Car bien des points, en particulier parmi ceux qui touchent à l\u2019histoire, ont été expliqués à peine ou insuffisamment par les exégètes des siècles écoulés, parce qu\u2019il leur manquait presque toutes les connaissances nécessaires pour les élucider.Combien il était difficile et quasi impossible aux Pères mêmes de traiter certaines questions, nous le voyons, pour ne rien dire d\u2019autre, aux efforts réitérés de beaucoup d\u2019entre eux pour interpréter les premiers chapitres de la Genèse, comme aux divers essais tentés par saint Jérôme pour traduire les Psaumes de façon à mettre clairement en lumière leur sens littéral, c\u2019est-à-dire celui que les mots mêmes expriment.Il y a enfin d\u2019autres livres ou textes sacrés, dont les difficultés n\u2019ont été découvertes qu\u2019à l\u2019époque moderne, depuis qu\u2019une meilleure connaissance de l\u2019antiquité a soulevé des questions nouvelles, faisant pénétrer d\u2019une manière plus appropriée dans le vif du sujet.C\u2019est donc à tort que certains, ne connaissant pas exactement les conditions actuelles de la science biblique, prétendent que l\u2019exégète catholique contemporain ne peut rien ajouter à ce qu\u2019a produit l\u2019antiquité chrétienne, alors qu\u2019au contraire notre temps a mis en évidence tant de questions, qui, en exigeant de nouvelles recherches et de nouveaux contrôles, stimulent grandement à une étude énergique les exégètes modernes.Il faut tenir compte du caractère de l\u2019hagiographe Notre âge, en vérité, qui soulève de nouvelles questions et de nouvelles difficultés, fournit aussi à l\u2019exégète, grâces à Dieu, de nouvelles ressources et de nouveaux appuis.Sous ce rapport, \u2014 20 \u2014 il paraît juste de faire une mention particulière de ce que les théologiens catholiques, en suivant la doctrine des Saints Pères, surtout celle du Docteur angélique et commun, ont scruté et expliqué la nature et les effets de l\u2019inspiration biblique d\u2019une façon plus appropriée et plus parfaite qu\u2019on n\u2019avait coutume de le faire dans les siècles passés.Partant, dans leurs recherches, du principe que l\u2019hagiographe, en composant le Livre Saint, est ôpyavov ou instrument de l\u2019Esprit Saint, mais instrument vivant et doué de raison, ils remarquent à juste titre que, conduit par la motion divine, il use cependant de ses facultés et de ses forces de telle manière, que l\u2019on peut facilement saisir dans le livre, composé par lui, « son caractère particulier et, pour ainsi dire, ses traits et linéaments personnels 28 ».L\u2019exégète doit donc s\u2019efforcer, avec le plus grand som, sans rien négliger des lumières fournies par les recherches récentes, de discerner quel fut le caractère particulier de l\u2019écrivain sacré et ses conditions de vie, l\u2019époque à laquelle il a vécu, les sources écrites ou orales qu\u2019il a employées, enfin sa manière d'écrire.Ainsi pourra-t-il bien mieux connaître qui a été l\u2019hagiographe et ce qu\u2019il a voulu exprimer en écrivant.Il n\u2019échappe, en effet, à personne que la loi suprême de l\u2019interprétation est de reconnaître et de définir ce que l\u2019écrivain a voulu dire, comme nous en avertit admirablement saint Athanase: « Ici, ainsi qu\u2019il convient de faire dans tous les autres passages de la Sainte Écriture, il faut observer à quelle occasion l\u2019Apôtre a parlé, remarquer avec soin et impartialité à qui et pourquoi il a écrit, de peur qu\u2019en ignorant ces circonstances ou les comprenant autrement, on ne s\u2019écarte du véritable sens 29 ».Importance du genre littéraire, surtout en histoire Or, dans les paroles et les écrits des anciens auteurs orientaux, souvent le sens littéral n\u2019apparaît pas avec autant d\u2019évidence que chez les écrivains de notre temps; ce qu\u2019ils ont voulu signifier par leurs paroles ne peut pas se déterminer par les seules lois de la grammaire ou de la philologie, non plus que par le seul contexte.Il faut absolument que l\u2019exégète remonte en quelque sorte 28.\tCf.Benoit XV.Encyclique Spiritus Paraclitus; Acta Ap.Sedü, XIT (1920).p.390; Ench.Bibl , n.461.29.\tContra Arianos, 1, 54; P.G , XXVI, col.123. \u2014 21 \u2014 par la pensée jusqu\u2019à ces siècles reculés de l'Orient, afin que, s\u2019aidant des ressources de l\u2019histoire, de l\u2019archéologie, de l\u2019ethnologie et des autres sciences, il discerne et reconnaisse quels genres littéraires les auteurs de cet âge antique ont voulu employer et ont réellement employés.Les Orientaux, en effet, pour exprimer ce qu\u2019ils avaient dans l\u2019esprit, n\u2019ont pas toujours usé des formes et des manières de dire dont nous usons aujourd\u2019hui, mais bien plutôt de celles dont l\u2019usage était reçu par les hommes de leur temps et de leur pays.L\u2019exégète ne peut pas déterminer a priori ce quelles furent; il ne le peut que par une étude attentive des littératures anciennes de l\u2019Orient.Or, dans ces dernières dizaines d\u2019années, cette étude, poursuivie avec plus de soin et de diligence qu'autrefois, a manifesté plus clairement quelles manières de dire ont été employées dans ces temps anciens, soit dans les descriptions poétiques, soit dans l\u2019énoncé des lois et des normes de vie, soit enfin dans le récit des faits et des événements de l\u2019histoire.Cette même étude a déjà établi avec clarté, que le peuple d\u2019Israël l\u2019emporte singulièrement sur les autres nations de l\u2019Orient dans la manière d\u2019écrire correctement l\u2019histoire, tant pour l\u2019antiquité que pour la fidèle relation des événements; prérogative qui est due, sans doute, au charisme de l\u2019inspiration divine et au but particulier religieux de l\u2019histoire biblique.Néanmoins personne, qui ait un juste concept de l\u2019inspiration biblique, ne s\u2019étonnera de trouver chez les Écrivains Sacrés, comme chez tous les anciens, certaines façons d\u2019exposer et de raconter, certains idiotismes propres aux langues sémitiques, des approximations, certaines manières hyperboliques de parler, voire même parfois des paradoxes destinés à imprimer plus fermement les choses dans l\u2019esprit.En effet, des façons de parler dont le langage humain avait coutume d\u2019user pour exprimer la pensée chez les peuples anciens, en particulier chez les Orientaux, aucune n\u2019est étrangère aux Livres Saints, pourvu toutefois que le genre employé ne répugne en rien à la sainteté ni à la vérité de Dieu; c\u2019est ce que déjà le Docteur angélique a remarqué dans sa sagacité, lorsqu\u2019il dit: « Dans l\u2019Écriture, les choses divines nous sont transmises selon le mode dont les hommes ont coutume d\u2019user 30.» De 30.Comment ad Hebr., cap.I, lectio 4. \u2014 22 \u2014 même que le Verbe substantiel de Dieu s\u2019est fait en tout semblable aux hommes « hormis le péché 31 », ainsi les paroles de Dieu, exprimées en langue humaine, sont semblables en tout au langage humain, l\u2019erreur exceptée.C\u2019est là la crvyKaTâ/Jao-iç, ou condescendance de la divine Providence, que saint Jean Chrysos-tome a déjà magnifiquement exaltée, affirmant à plusieurs reprises qu\u2019elle se trouve dans les Livres Saints32.Ainsi donc, pour bien répondre aux besoins actuels des études bibliques, que l\u2019exégète catholique, en exposant l\u2019Écriture Sainte, en prouvant et défendant son absolue inerrance, use prudemment de cette ressource; qu\u2019il recherche comment la manière de parler ou le genre littéraire, employé par l\u2019hagiographe, peut amener à la vraie et exacte interprétation; et qu'il se persuade ne pouvoir négliger cette partie de sa tâche sans un grand détriment de l\u2019exégèse catholique.Souvent, en effet, \u2014 pour nous en tenir là \u2014 lorsque certains se plaisent à objecter que les Auteurs sacrés se sont écartés de la fidélité historique ou qu\u2019ils ont rapporté quelque chose avec peu d\u2019exactitude, on constate qu'il s\u2019agit seulement de manières de dire ou de raconter habituelles aux anciens, dont les hommes usaient couramment dans leurs relations mutuelles, et qu\u2019on employait en fait licitement et communément.L\u2019équité requiert donc, lorsqu\u2019on rencontre ces expressions dans le langage divin, qui s\u2019exprime au profit des hommes en termes humains, qu\u2019on ne les taxe pas plus d\u2019erreur que lorsqu\u2019on les rencontre dans l\u2019usage quotidien de la vie.Grâce à la connaissance et à la juste appréciation des façons et usages de parler et d\u2019écrire des anciens, bien des objections, soulevées contre la vérité et la valeur historique des Lettres Divines, pourront être résolues.En outre, cette étude conduira d\u2019une façon non moins appropriée à un discernement plus complet et plus lumineux de la pensée de l\u2019Auteur sacré.I 'étude des antiquités bibliques doit être encouragée Ceux donc qui, parmi nous, s\u2019adonnent aux études bibliques, doivent soigneusement faire attention à ce point, et ne rien né- 31.\tHebr., IV, 15.32.\tCf.p.ex.In Gen., I, 4 (P.G., LUI, col.34-35); In Gen., II, 21 (ib., col.121); In Gen., III.8 (ib., col.135); Hom.15 in loan., ad I, 18 (P.G., LIX, col.97 sq.). \u2014 23 \u2014 gliger de ce qu\u2019ont apporté de nouveau l\u2019archéologie, l\u2019histoire de l\u2019antiquité et la science des lettres anciennes, rien de ce qui est apte à mieux faire connaître la mentalité des écrivains anciens, leur manière de raisonner, de raconter et d\u2019écrire, leurs formules et leur technique.En cet ordre de choses, les laïques catholiques, qu\u2019ils le remarquent bien, ne rendront pas seulement service aux sciences profanes, mais mériteront encore beaucoup de la religion chrétienne, s\u2019ils se livrent avec toute l\u2019application et tout le zèle possible à l\u2019exploration et à l\u2019investigation de l\u2019antiquité, et s\u2019ils contribuent dans la mesure de leurs forces à résoudre les questions de ce genre, demeurées jusqu\u2019ici moins claires et moins manifestes.Toute connaissance humaine, en effet, même non sacrée, ayant une dignité et une excellence quasi innée, en tant qu\u2019elle est une participation de la connaissance infinie de Dieu, reçoit une nouvelle et plus haute dignité, et comme une consécration, quand elle s\u2019emploie à mettre les choses divines en une plus vive lumière.§ 4.Manière de traiter les questions plus difficiles Difficultés heureusement résolues par les études récentes Par le progrès, dont Nous avons parlé plus haut, de l\u2019exploration des antiquités orientales, par l\u2019étude plus approfondie des textes originaux, comme aussi par une connaissance plus étendue et plus minutieuse des langues bibliques et orientales en général, il est arrivé heureusement, avec l\u2019aide de Dieu, que maintes questions soulevées au temps de Notre Prédécesseur d\u2019immortelle mémoire, Léon XIII, par des critiques étrangers ou même opposés à l\u2019Église, contre l\u2019authenticité des Livres sacrés, leur antiquité, intégrité et vérité historique, ne présentent plus de difficultés aujourd\u2019hui et sont résolues.Les exégètes catholiques, usant correctement de ces mêmes armes d\u2019ordre scientifique, dont abusaient trop souvent nos adversaires, ont proposé des interprétations, qui, tout en s\u2019accordant avec l\u2019enseignement catholique et les sentences traditionnelles, paraissent en même temps répondre aux difficultés soulevées par les nouvelles explorations et les nouvelles découvertes, ou à celles dont l\u2019antiquité a laissé à notre temps la solution.D\u2019où il est résulté que la confiance dans l\u2019autorité de la Bible et dans sa valeur historique, ébranlée jus- \u2014 24 \u2014 qu\u2019à un certain point auprès de quelques-uns par tant d\u2019attaques, est aujourd\u2019hui complètement rétablie chez les catholiques; bien plus, il ne manque pas d\u2019écrivains même non catholiques, qui, grâce à des recherches entreprises avec calme et sans préjugés, ont été amenés à rejeter les opinions des modernes et à revenir, au moins ici ou là, aux sentences plus anciennes.Ce changement est dû, en grande partie, au labeur infatigable, par lequel les commentateurs catholiques des Saintes Lettres, sans se laisser effrayer par les difficultés et les obstacles de tout genre, se sont employés de toutes leurs forces à utiliser tout ce que les recherches actuelles des érudits, soit en archéologie, soit en histoire ou en philologie, ont apporté pour résoudre les questions nouvelles.Difficultés non encore résolues ou insolubles Personne, toutefois, ne doit s\u2019étonner qu\u2019on n\u2019ait pas encore tiré au clair ni résolu toutes les difficultés, et qu\u2019il y ait encore aujourd\u2019hui de graves problèmes, qui préoccupent sérieusement les exégètes catholiques.Il ne faut pas, pour autant, perdre courage, ni oublier que dans les disciplines humaines il ne peut en être autrement que dans la nature, où ce qui commence croît peu à peu, et où les fruits ne se recueillent qu'après de longs travaux.C\u2019est ainsi que des controverses, laissées sans solution et en suspens dans les temps passés, ont été enfin débrouillées en notre temps, grâce au progrès des études.On peut donc espérer que celles-là aussi, qui aujourd\u2019hui paraissent les plus compliquées et les plus ardues, s\u2019ouvriront enfin un jour, grâce à un effort constant, à la pleine lumière.Que si une solution désirée tarde longtemps et ne nous sourit pas à nous, mais que peut-être une heureuse issue ne doive être obtenue que par nos successeurs, personne ne doit le trouver mauvais; car il est juste que s\u2019applique aussi à nous l\u2019avis donné par les Pères pour leur temps, et en particulier par saint Augustin 33: que Dieu a parsemé à dessein de difficultés les Livres Saints qu\u2019il a inspirés lui-même, afin de nous exciter à les lire et à les scruter avec d\u2019autant plus d\u2019attention, et pour nous exercer à l\u2019humilité par la constatation salutaire de la capacité limitée de notre intelligence.Il n\u2019y aurait 33.Cf.S.Aug., Epist.149 ad Paulinum, n.34 (P.L., XXXIII, col.644); De diversis quaes tionibus, q.53, n.2 (ib., XL, col.36); Enarr.in Ps.146, n.12 (ift., XXXVII, col.1907). \u2014 25 donc rien d\u2019étonnant, si l\u2019une ou l\u2019autre question devait rester toujours sans réponse absolument adéquate, puisqu\u2019il s\u2019agit parfois de choses obscures, très éloignées de notre temps et de notre expérience, et puisque l\u2019exégèse, elle aussi, comme toutes les sciences et les plus importantes, peut avoir ses secrets, inaccessibles à nos intelligences et revêches à tout effort humain.Des solutions positives doivent être cherchées Même dans ces conditions, cependant, l\u2019exégète catholique, poussé par un amour de sa science actif et courageux, sincèrement dévoué à notre Mère la sainte Église, ne doit, en aucune façon, se défendre d\u2019aborder, et à plusieurs reprises, les questions difficiles qui n\u2019ont pas été résolues jusqu\u2019ici, non seulement pour repousser les objections des adversaires, mais encore pour tenter de leur trouver une solide explication, en accord parfait avec la doctrine de l\u2019Église, spécialement avec celle de l\u2019inerrance biblique, et capable en même temps de satisfaire pleinement aux conclusions certaines des sciences profanes.Les efforts de ces vaillants ouvriers dans la vigne du Seigneur méritent d\u2019être jugés, non seulement avec équité et justice, mais encore avec une parfaite charité; que tous les autres fils de l\u2019Église s\u2019en souviennent.Ceux-ci doivent se garder de ce zèle tout autre que prudent, qui estime devoir attaquer ou tenir en suspicion tout ce qui est nouveau.Qu\u2019ils aient avant tout présent, que, dans les règles et les lois portées par l\u2019Église, il s\u2019agit de la foi et des mœurs, tandis que dans l\u2019immense matière contenue dans les Livres Saints, livres de la Loi ou livres historiques, sapientiaux et prophétiques, il y a bien peu de textes dont le sens ait été défini par l'autorité de l\u2019Église; et il n\u2019y en a pas davantage sur lesquels règne le consentement unanime des Pères.Il reste donc beaucoup de points, et d\u2019aucuns très importants, dans la discussion et l\u2019explication desquels la pénétration et le talent des exégètes catholiques peuvent et doivent avoir libre cours, afin que chacun contribue pour sa part et d\u2019après ses moyens à l\u2019utilité commune, au progrès croissant de la doctrine sacrée, à la défense et à l\u2019honneur de l\u2019Église.Cette vraie liberté des enfants de Dieu, qui, gardant fidèlement la doctrine de l\u2019Église, embrasse avec reconnaissance comme un don de Dieu et met à profit tout l\u2019apport des sciences; cette liberté, \u2014 26 \u2014 secondée et soutenue par la confiance de tous, est la condition et la source de tout réel succès et de tout solide progrès dans la science catholique, comme nous en avertit excellemment Notre Prédécesseur d\u2019heureuse mémoire, Léon XIII, lorsqu\u2019il dit: «Si l\u2019on ne sauvegarde pas l\u2019union des esprits et le respect des principes, il n\u2019y aura pas à espérer qu\u2019une multitude de travaux variés fasse réaliser à cette science de notables progrès M.» § 5.L\u2019usage de l\u2019Écriture Sainte dans l\u2019instruction des fidèles Différentes manières d'utiliser l\u2019Ecriture Sainte dans le ministère sacré Considérant les immenses efforts soutenus par l\u2019exégèse catholique pendant près de deux mille ans, pour comprendre toujours plus profondément et plus parfaitement la parole divine communiquée aux hommes par les Saintes Lettres et pour l\u2019aimer plus ardemment, on se persuadera aisément que c\u2019est un grave devoir pour les fidèles, et en particulier pour les prêtres, d\u2019user abondamment et saintement de ce trésor accumulé pendant tant de siècles par les génies les plus élevés.Les Livres Saints, en effet, Dieu ne les a pas accordés aux hommes pour satisfaire leur curiosité ou leur fournir des sujets d\u2019étude et de recherche, mais, comme le remarque l\u2019Apôtre, pour que ces divines paroles puissent nous « donner la sagesse qui conduit au salut par la foi en Jésus-Christ », et « en vue de rendre l\u2019homme de Dieu parfait, apte à toute bonne œuvre 35 ».Que les prêtres donc, à qui est confié le soin de procurer aux fidèles le salut éternel, après avoir scruté par une étude diligente les Pages sacrées et se les être assimilées par la prière et la méditation, aient à cœur d\u2019expliquer les célestes richesses de la parole divine dans leurs sermons, leurs homélies, leurs exhortations; qu\u2019ils confirment la doctrine chrétienne par des maximes tirées des Livres Saints; qu\u2019ils l\u2019illustrent par les merveilleux exemples de l\u2019histoire sainte, et nommément par ceux de l\u2019Évangile du Christ, Notre-Seigneur, évitant avec un soin attentif les accommodations subjectives, arbitraires et cherchées trop loin, qui sont non un usage mais un abus de la parole divine; 34.\tLitt.Apost.Vigilanliae; Leonis XIII.Acta, XXII p.237; Ench.Bibl., n.136.35.\tCf.Il Tim., III, 15, 17. \u2014 27 \u2014 qu\u2019ils exposent tout cela avec tant d\u2019éloquence, de netteté et de clarté, que les fidèles ne soient pas seulement mus et excités à y conformer exactement leur vie, mais encore conçoivent un souverain respect envers l\u2019Écriture Sacrée.Ce respect, les Évêques s\u2019attacheront à l\u2019accroître toujours davantage et à le rendre parfait chez les fidèles qui leur sont confiés, en encourageant toutes les initiatives, entreprises par des apôtres zélés dans le but louable d\u2019exciter et d\u2019entretenir, parmi les catholiques, la connaissance et l\u2019amour des Livres Saints.Qu\u2019ils favorisent donc et qu\u2019ils soutiennent ces pieuses associations, qui se proposent de répandre parmi les fidèles des exemplaires des Saintes Lettres, surtout des Évangiles, et qui veillent à ce que la pieuse lecture s\u2019en fasse tous les jours dans les familles chrétiennes; qu\u2019ils recommandent instamment par la parole et par l'usage, là où les lois liturgiques le permettent, les traductions de l\u2019Écriture Sainte, approuvées par l\u2019autorité ecclésiastique; qu\u2019ils tiennent eux-mêmes ou fassent tenir par des orateurs sacrés particulièrement compétents des leçons ou conférences publiques sur des questions bibliques.Que tous les ministres du sanctuaire soutiennent, dans la mesure de leurs forces, et divulguent opportunément, parmi les différents groupes et rangs de leur troupeau, les périodiques qui se publient d\u2019une manière si louable et si utile, dans les diverses parties du globe, soit pour traiter et exposer les questions bibliques selon la méthode scientifique, soit pour adapter les fruits de ces recherches au ministère sacré ou aux besoins des fidèles.Que les ministres du sanctuaire en soient bien convaincus: toutes ces initiatives et les autres du même genre, que le zèle apostolique et un sincère amour de la parole divine trouveront appropriées à ce sublime dessein, leur seront d\u2019un secours efficace dans le ministère des âmes.Enseignement biblique dans les séminaires Mais il ne peut échapper à personne que tout cela ne peut être convenablement effectué par les prêtres, si eux-mêmes, pendant leur séjour au séminaire, n\u2019ont pas reçu un amour actif et durable des Saintes Écritures.C\u2019est pourquoi les Évêques, à qui incombe la direction paternelle de leurs séminaires, doivent veiller avec soin à ce que, en ce domaine aussi, rien ne soit omis qui puisse contribuer à cette fin.Que les professeurs d\u2019Écriture Sainte \u2014 28 \u2014 organisent tout le cours biblique de telle manière, que les jeunes gens, destinés au sacerdoce et au ministère de la parole divine, soient instruits de cette connaissance des Saintes Lettres et pénétrés de cet amour envers elles, sans lesquels l\u2019apostolat ne peut guère porter des fruits abondants.Il faut donc que leur éxégèse fasse ressortir avant tout le contenu théologique, en évitant les discussions superflues, et en omettant tout ce qui est pâture de curiosité, plutôt que source de doctrine véritable et stimulant de solide piété.Que les professeurs exposent le sens littéral, et surtout le sens théologique, d\u2019une manière si solide, qu\u2019ils l\u2019expliquent si pertinemment, qu\u2019ils l\u2019inculquent avec tant de chaleur, qu\u2019il advienne à leurs élèves ce qui arriva aux disciples de Jésus-Christ, allant à Emmaüs, lorsqu\u2019ils s\u2019écrièrent après avoir entendu les paroles du Maître: « Notre cœur n\u2019était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, lorsqu\u2019il nous découvrait les Écritures 36 ?» Qu\u2019ainsi les Lettres divines deviennent pour les futurs prêtres de l\u2019Église une source pure et permanente pour leur propre vie spirituelle, un aliment et une force pour la tâche sacrée de la prédication qu\u2019ils vont assumer.Quand les professeurs de cette matière importante, dans les séminaires, auront atteint ce but, qu\u2019ils se persuadent avec joie qu\u2019ils ont grandement contribué au salut des âmes, au progrès de la cause catholique, à l\u2019honneur et à la gloire de Dieu, et qu\u2019ils ont accompli une œuvre intimement liée aux devoirs de l\u2019apostolat.Sens de la parole divine en ce temps de guerre : elle est la consolation des affligés, la voie de la justice pour tous Ce que Nous venons de dire, Vénérables Frères et chers Fils, nécessaire en tout temps, l\u2019est certainement beaucoup plus en ces jours malheureux, où presque tous les peuples et nations sont plongés dans un océan de calamités, tandis qu\u2019une guerre affreuse accumule ruine sur ruine, carnage sur carnage, tandis que, par le fait des haines impitoyables des peuples excités les uns contre les autres, Nous voyons, avec une suprême douleur, s\u2019éteindre dans beaucoup d\u2019hommes non seulement le sens de la modération chrétienne et de la charité, mais celui même de l\u2019humanité.Qui peut porter remède à ces mortelles blessures de la société 36.Luc, XXIV, 32. -29- humaine, sinon celui à qui le Prince des Apôtres, plein d\u2019amour et de confiance, adressa ces paroles: « Seigneur, à qui irions-nous ?Vous avez les paroles de la vie éternelle 37.» A notre Rédempteur très miséricordieux il nous faut donc, de toutes nos forces, ramener tous les hommes: Il est le consolateur divin des affligés; Il est celui qui enseigne à tous \u2014 qu\u2019ils tiennent en main l\u2019auto-tiré publique, ou que leur incombe le devoir de l\u2019obéissance et de la soumission, \u2014 la probité digne de ce nom, la justice intègre, la charité généreuse; Il est enfin, et Lui seul, celui qui peut être le ferme fondement et le soutien de la paix et de la tranquillité: « Car personne ne peut poser un autre fondement, que celui qui est déjà posé, savoir Jésus-Christ38.» Or ce Christ, auteur de notre salut, les hommes le connaîtront d\u2019autant plus parfaitement, l\u2019aimeront d\u2019autant plus ardemment, l\u2019imiteront d\u2019autant plus fidèlement, qu\u2019ils seront poussés avec plus de zèle à la connaissance et à la méditation des Saintes Lettres, en particulier du Nouveau Testament.Car, comme le dit saint Jérôme, le Docteur de Stridon: « L\u2019ignorance des Écritures est l\u2019ignorance du Christ39 », et « s\u2019il y a quelque chose qui tienne l\u2019homme sage en cette vie, et le persuade, au milieu des souffrances et des tourmentes de ce monde, de garder l\u2019égalité d\u2019âme, j\u2019estime que c\u2019est en tout premier lieu la méditation et la science des Écritures 40 ».C\u2019est ici que tous ceux qui sont fatigués et opprimés par l\u2019adversité et l\u2019affliction puiseront les véritables consolations et la vertu divine de souffrir et d\u2019endurer; ici \u2014 à savoir dans les Saints Évangiles \u2014 le Christ est présent pour tous, exemple suprême et parfait de justice, de charité et de miséricorde; ici s'ouvrent pour le genre humain, déchiré et inquiet, les sources de cette grâce divine, sans laquelle peuples et conducteurs de peuples ne pourront établir ou consolider ni l\u2019ordre public ni la concorde des esprits.C\u2019est là, enfin, que tous apprendront à connaître ce Christ, « qui est le chef de toute principauté et de toute puissance 41 », et « qui, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, et justice, et sanctification, et rédemption42 ».37.\tIoan., VI, 69.38.\t1 Cor., III, 11.39.\tS.JÉROME, In Isaiani, prologue; P.L., XXIV, col.17.40.\tId., In Ephesios, prologue; P L., XXVI, col.439.41.\tCol., II, 10.42.\tI Cor., I.30. -30 \u2014 CONCLUSION Exhortation à tous ceux qui cultivent les études bibliques Après avoir exposé et recommandé les moyens requis pour adapter les études bibliques aux besoins de l\u2019heure, il Nous reste, Vénérables Frères et chers Fils, à féliciter avec une paternelle bienveillance tous ceux qui cultivent les études bibliques, et qui, en fils dévoués de l\u2019Église, suivent fidèlement sa doctrine et ses directives, de ce qu\u2019ils ont été élus et appelés à une tâche aussi noble.A ces félicitations Nous voulons ajouter Nos encouragements afin qu\u2019ils poursuivent de tout leur zèle, avec tout leur soin et avec une énergie toujours nouvelle, l\u2019œuvre heureusement entreprise.Noble tâche, avons-Nous dit, car qu\u2019y a-t-il de plus sublime que de scruter, d\u2019expliquer, de proposer aux fidèles, de défendre contre les infidèles, la parole même de Dieu, donnée aux hommes sous l\u2019inspiration du Saint-Esprit ?L\u2019esprit lui-même de l\u2019exégète se nourrit de cet aliment spirituel et en profite « pour le renouvellement de la foi, pour la consolation de l\u2019espérance, pour l\u2019exhortation de la charité 43 ».« Vivre au milieu de ces choses, les méditer, ne connaître ni ne chercher rien d'autre, cela ne vous paraît-il pas dès ici-bas comme le paradis sur terre 14 ?» Que les âmes des fidèles se nourrissent aussi du même aliment, qu\u2019elles y puisent la connaissance et l'amour de Dieu, le progrès spirituel et la félicité.Que de tout leur cœur les commentateur de la parole divine se donnent à ce saint commerce.« Qu\u2019ils prient pour comprendre45.» Qu\u2019ils t.availlent pour pénétrer chaque jour plus profondément dans les secrets des Fages sacrées; qu\u2019ils enseignent et qu\u2019ils prêchent pour ouvrir aussi aux autres les trésors de la parole de Dieu.Ce qu\u2019aux siècles révolus les illustres interprètes de la Sainte Écriture ont réalisé avec tant de fruit, que les modernes s\u2019efforcent de l'imiter autant qu\u2019ils le peuvent, en sorte que, comme aux temps passés, ainsi à l\u2019heure actuelle l\u2019Église ait des docteurs éminents dans l\u2019exposition des Lettres divines, et que les fidèles, grâce à leur peine et à leur travail, reçoivent des Saintes Écritures pleine lumière, exhorta- 43.\tCf.S.Aug., Contra Faustina, XIII, 18.F L.XL1I, col.294; C.S.E.L .XXV.p.400 44.\tS.JÉROME.Bp.S3, 10; P L .XXII.col.S49; C.S.B.L.UV, p.463.45.\tS.AUG.De doctr.christ.Ill, 56; P L.XXXIV.col.89. \u2014 31 - tion, allégresse.Dans cette tâche, certes ardue et lourde, qu\u2019ils aient eux aussi « pour consolation les Saints Livres 16 » ; qu\u2019ils se souviennent de la récompense qui les attend, puisque « ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du firmament, et ceux qui en auront conduit beaucoup à la justice seront comme les étoiles, éternellement et sans fin 17 ».Et maintenant, tandis que Nous souhaitons vivement à tous les fils de l\u2019Église, et nommément aux professeurs des sciences bibliques, au jeune clergé et aux orateurs sacrés, que, méditant sans relâche la parole de Dieu, ils goûtent combien l\u2019esprit du Seigneur est suave et bon 48, comme gage des faveurs célestes, en témoignage de Notre paternelle bienveillance, à vous tous et à chacun d\u2019entre vous, Vénérables Frères et chers Fils, Nous accordons, très affectueusement dans le Seigneur, la Bénédiction Apostolique.Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 30 septembre, en la fête de saint Jérôme, le plus grand des Docteurs dans l\u2019exposition des Saintes Écritures, l\u2019année 1943, cinquième de Notre Pontificat.46.\t/ Mach.XII.9.47.\tDan., XII, 3.48.\tCf Sap., XII, 1.PIE XII, PAPE TABLE DES MATIÈRES Introduction.2 I.\t\u2014 Partie historique Œuvre de Léon XIII et de ses successeurs en faveur des études bibliques 1.\tŒuvre de Léon XIII Doctrine de l'inerrance biblique\t4 Impulsion donnée aux études bibliques: Ecole Biblique de Jérusalem, Commission Biblique.5 2.\tŒuvre des successeurs de Léon XIII.6 Pie X: Grades académiques.6 Programme des études bibliques.Institut Biblique.\t6 Pie XP Grades académiques prescrits.\t7 Monastère de Saint-Jérôme pour la révision de la Vulgate, .,\t7 3.\tSollicitude des Souverains Pontifes pour l\u2019usage et la DIFFUSION DES LIVRES SAINTS.\t8 4.\tFruits de cette multiple activité .\t9 II.\u2014 Partie doctrinale Des études bibliques dans les temps actuels Conditions présentes des études bibliques 1.\tRecours aux textes originaux.\t12 Etude des langues bibliques.\t12 Importance de la critique textuelle.13 Portée du décret du Concile de Trente sur l\u2019usage de la Vulgate.Traductions en langues vulgaires.\t14 2.\tDe l\u2019interprétation des Livres Saints.15 Importance et recherche du sens littéral.\t15 Usage exact du sens spirituel.16 L\u2019étude des Saints Pères et des grands exégètes doit être stimulée\t18 3.\tLes tâches particulières des exégètes de nos jours.19 Etat actuel de l\u2019exégèse.19 Il faut tenir compte du caractère de l\u2019hagiographe.19 Importance du genre littéraire, surtout en histoire.20 L\u2019étude des antiquités bibliques doit être encouragée.22 4.\tManière de traiter les questions plus difficiles.\t23 Difficultés heureusement résolues par les études récentes.23 Difficultés non encore résolues ou insolubles.24 Des solutions positives doivent être recherchées.25 5.\tL\u2019usage de l\u2019Ecriture Sainte dans l\u2019instruction des FIDÈLES.26 Différentes manières d\u2019utiliser l\u2019Ecriture Sainte dans le ministère sacré.26 Enseignement biblique dans les séminaires.27 Sens de la parole divine en ce temps de guerre: elle est la consolation des affligés, la voie de la justice pour tous.28 Conclusion.\t 30 Exhortation à tous ceux qui cultivent les études bibliques.30 "]
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