Lettre de Gaspard-Roch-George Chaussegros de Léry à Louis-René Chaussegros de Léry
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- Titre :
- Lettre de Gaspard-Roch-George Chaussegros de Léry à Louis-René Chaussegros de Léry
- Date de création :
- 12 février 1793
- Genre spécifique :
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- Archives textuelles
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- Version intégrale légèrement normalisée : «La Haie [La Haye] ce 12 février 1793] J'ai reçu ce matin ta lettre du cinq. Il est fâcheux qu'on ne puisse pas trouver de moyens auprès de mylord [Milord] Aukland. Il faudra s'en passer s'il est possible; c'était la plus sûre voie de réussir. Le général Dumoulin est absent, l'amiral de Kinsberg est de retour mais je n'ai pas pu encore le trouver; ainsi mes affaires paraissent toujours au même état d'incertitude. Demain est jour de jeune public; un Hollandais ne recevrait pas un payement de cent milles francs ce jour là; juge de l'importance qu'ils y attachent. Il faut donc que je remette à voir l'amiral à après-demain; j'aurais pu le voir peut-être hier si je n'avais été dans les embarras de chercher une chambre ce qui est fort rare ici. Tout reflue à La Haie de Bréda, Bergoprom, Bois-le-duc et Maestrick [Maestricht] les bonnes gens se croient plus en sûreté dans l'intérieur. Il ne faut [...]
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- Version intégrale légèrement normalisée : «La Haie [La Haye] ce 12 février 1793] J'ai reçu ce matin ta lettre du cinq. Il est fâcheux qu'on ne puisse pas trouver de moyens auprès de mylord [Milord] Aukland. Il faudra s'en passer s'il est possible; c'était la plus sûre voie de réussir. Le général Dumoulin est absent, l'amiral de Kinsberg est de retour mais je n'ai pas pu encore le trouver; ainsi mes affaires paraissent toujours au même état d'incertitude. Demain est jour de jeune public; un Hollandais ne recevrait pas un payement de cent milles francs ce jour là; juge de l'importance qu'ils y attachent. Il faut donc que je remette à voir l'amiral à après-demain; j'aurais pu le voir peut-être hier si je n'avais été dans les embarras de chercher une chambre ce qui est fort rare ici. Tout reflue à La Haie de Bréda, Bergoprom, Bois-le-duc et Maestrick [Maestricht] les bonnes gens se croient plus en sûreté dans l'intérieur. Il ne faut pourtant compter que sur les forces du Roi de Prusse pour défendre le pays. Les soldats hollandais ne paraissent pas trop faits pour la guerre; ils ont plutôt l'air de poupée. D'ailleurs les patriotes leur donneront probablement de l'ouvrage dans l'intérieur. Ils fourmillent. On a traduit en hollandais le testament du Roi. Les états généraux ont publié encore hier un manifeste où ils expliquent au peuple les motifs qui dirigent les Jacobins. Que s'ils n'avaient voulu déclarer la guerre qu'au Stathoudre [Stathouder], ils auraient attaqué ses possessions en Allemagne et non la république de Hollande dont il n'est que membre. Mais en général, à l'exception de Lahaye, on n'a pas marqué à beaucoup près autant d'horreur ici point l'assassinat du Roi, qu'en Angleterre, quoiqu'en général le petit peuple soit pour le prince; mais ils sont apparemment moins sensibles. Les ministres ont pourtant fait des sermons pathétiques à ce sujet. On a chanté plusieurs services pour le Roi dans toutes les chapelles des Ambassadeurs, on annonçait aujourd'hui que les patriotes on pillé deux villages près de Bréda. Bien des gens se flattent encore qu'il n'y aura pas de guerre. Le diable les confonde! Ce sont les gens riches qui sont les plus enragés démocrates ils ont pourtant l'exemple des Brabançons qui ne se louent pas beaucoup de leurs frères les Français. Sois bien persuadé que je ne négligerai rien pour terminer mes affaires ici, l'avenir me paraît furieusement embrouillé. Les princes ont écrit aux Français qui sont en Hollande de ne pas se désespérer. Dans une autre lettre ils annoncent qu'ils verraient avec bien de la peine les officiers du génie et de l'artillerie. Cela est fort aisé à dire. Il est vrai pourtant que si les choses se rétablissaient en France sur un pied honnête et que le militaire y fut respecté comme il l'aurait du toujours être dans une monarchie dont il faisait la principale force, le petit nombre d'ingénieurs qui surnagerait dans le naufrage général, devrait faire espérer un grand avancement; mais cela est une conjecture, il faut bien des choses pour la rendre vraisemblable. Il sera toujours temps d'y songer si les autres projets. Celui de Russie n'est pas des plus praticables; l'impératrice a fait des offres au prince de Condé et à son armée; mais on ne sait pas si c'est pour donner des terres en Crimée, ou de l'emploi dans ses armées: le premier but paraît le plus général. Il est bien difficile de débrouiller tout cela. La position de Lévy est pourtant bien autrement embarrassante. Je voudrais bien le voir tiré de là. Dieu sait comme il en sortira. Si c'était possible de parer à tous les inconvénients, on serait trop heureux. Il me paraît pas encore ici bien assuré que monsieur soit reconnu régent par les puissances du moins les politiques n'osent pas l'assurer, quand ces messieurs doutent, il n'est plus permis d'en avoir, ainsi il n'a peut-être pas à craindre de quelques temps qu'on envoie à la Guadeloupe un ingénieur émigré. D'autant plus qu'il y en a déjà. Tout mon embarras est sur la conduite qu'il a à tenir en France. On ne pardonne pas à ceux qui servent et il a pris de l'emploi. Il ne doit plus guère rester de moyen de sortir actuellement. Si tu juges qu'il n'y ait pas de danger, je te prie de lui envoyer cette lettre. Il me dit de ne pas prendre de parti d'après les circonstances et de ne me pas gêner. Il a bien raison d'ajouter qu'on n'en peut pas prendre dans ce temps qui soit exempt d'inconvénients. Adieu mon cher ami je t'embrasse de tout mon coeur et suis pour la vie ton bon frère et ami. GEORGES DE LERY. Je ne puis toucher ici les dix louis de Maestrickt sans un nouvel ordre du cher Herrier [Herris, Herries]. Je m'adresse à ma tante. Dans les circonstances il ne serait pas prudent de rester à court. Si d'ailleurs j'obtenais ce que je sollicite il n'y aurait pas de temps à perdre pour mes uniformes et mon équipage de campagne. Je prie ma tante de me faire passer quinze louis, cela serait nécessaire si j'étais assez heureux pour réussir. Mes respects et l'assurance de mon sincère attachement à ma tante et à mon oncle Johnstone. Dits-moi si dans ses dernières lettres ma mère savait que j'avais été en Angleterre. On voit ici que les paquebots ne sont pas sûrs. Monsieur de Léry chez le colonel Johnstone à Wolwich près de Londres.»
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