Le monde ouvrier = The labor world, 1 décembre 1932, samedi 17 décembre 1932
18e Année — No 51 SAMEDI, 17 DECEMBRE 1932 - MONTREAL - SATURDAY, DECEMBER 17, 1932 100 Years of Brewing Experience behind it % fciliur wrld %t Jiilmtii ©üurfe Drink DOW’S ALE Standard of Strength and Quality Rédaction et administration: 9 et 11, rue Saint-Paul Ouest.OPINIONS Où allons nous?Il semble que ceux qui pourraient, de par leur situation actuelle, mettre un peu d’ordre dans ce chaos écono inique où nous étouffons, soient précisément ceux qui ont “intérêt” à n’en rien faire.Do même que la piociéation inconsciente et désordonnée dont s'honore, encore aujouidhui, 1 humanité “bien pensante”, est cause de défectuosités sociales sans nombre dans le domaine ethnique, de même une économie non diiigée, voguant sur l’esquif inéquilibré de "l’offre et la demande , nous a menés a ce chaos économique dont le moins qu’on puisse dire c’est qu’il ressemble à notre politique: plus on l'explique, moins on le comprend.Le mal dont nous souffrons tous — ou plutôt presque tous — tient dans cette simple foi mule.1 inégalité fantastique du pouvoir d’achat parmi les individus.Le remède consisterait donc, sinon à établir une égalité absolue de cette puissance d achat, du moins son “équivalence” c'est-a-dire une répaitition plus équitable, se rapportant davantage aux besoins normaux de chacun, basé plutôt sur la satisfaction rationnelle de ces besoins que sur la loi du plus fort, du plus habile et, osons le dire, du moins scrupuleux dans le choix des moyens pour “parvenir”.Nos gouvernants, aux prises avec une pareille situation, y perdent le peu de latin qu’ils savent parce que de deux choses l’une, ou ils sont incapables d’élaborer une solution proportionnelle au problème à résoudre ou ils n osent pas, les connaissant, appliquer les réformes qui amèneraient un changement pour le mieux.D’autre part, il ne faut pas perdre de vue que nombre de nos chefs politiques ont été éduqués pour la pratique de l’égoïsme plutôt que pour donner le bon exemple du désintéressement personnel.Dans ces conditions, l’exercice du pouvoir ne peut qu’aviver ce germe malfaisant de l’intérêt et ignorer le dévouement a base d’altruisme.C’est pourquoi, même s’ils voient des multitudes souffrir autour d eux, ils n osent pas, ne veulent pas ou ne peuvent pas, selon le cas, faire abstraction de leur personnalité pour se consacrer, sans arrières-pensées, au bien public.Ayant leurs petits intérêts personnels à ménager, ceux de leur parenté, de leurs amis politiques et des amis de ces derniers, il ne leur reste plus de temps, même s’ils y pensaient.pour faire travailler leur cerveau dans le sens de l’intérêt général; ils n’entrevoient même pas la nécessité, pourtant urgente, de se pencher sur les déshérités de la fortune et trouver les moyens de leur rendre l’existence plus normale, plus conforme au droit naturel de chaque être vivant.Non seulement les politiciens en place ignorent les plaintes des malheureux qui montent vers eux par millions, mais ils paraissent toujours disposés, les misérables, à faire cause commune avec les “grands" de ce monde — financiers cossus, capitaines d’industrie, rois du commerce, éducateurs-mercantis, etc.— quand ceux-ci sont menacés dans leurs intérêts matériels ou dans leur pouvoir de domination morale (?) sur leurs concitoyens.Ceci nous porte à penser, sinon à croire, que tous ces gens “de la haute” sont complices les uns des autres et s’entendent comme larrons en foire pour tenir le haut du pavé social sans se préoccuper de la masse qui vit en bas ou plutôt qui vivote plus ou moins misérablement.Dans l’état actuel des choses, il semble que.dans les hautes sphères de notre aimable société, on ne se rende pas bien compte ou on ne veuille pas se rendre compte de ce qui se passe au-dessous.A-t-on peur de la vérité?Est-ce ignorance ou vénalité, impuissance ou corruption, faiblesse ou crainte?On ne sait au juste, mais ce qu’on sait bien, par exemple, c’est que la situation s’éternise et que, loin de s’améliorer, elle parait empirer; que la charité joue un trop grand rôle dans notre économie nationale, qu’il y a autour de nous trop de jouissances et trop de souffrance, morale et physique; que les autorités constituées, en dépit d’efforts apparents, ne font aucun progrès dans la voie d’une meilleure économie nationale; que les espoirs d’hier ont fait place au découragement d'aujourd'hui, précurseur du désespoir de demain.Tous comptes faits, il semble que ceux qui devraient, de par la situation sociale qu’ils occupent, mettre un peu d’ordre parmi l’état chaotique où nous gémissons, soient précisément ceux dont l’intérêt est de n'en rien faire.Où allons-nous?Pol Berre.‘INSTRUIRE ET AMELIORER” Le secret professionnel du médecin Tél.: LAncaster 5361 :: *'"*** ••••*•• .On sait que l’usage comme la loi impose aux médecins l’obligation du secret professionnel et dans son intégrité absolue.Cette règle peut-elle quelque ois céder à des considérations supérieures?Le bon sens, le respect de la vie peuvent-ils intervenir pour desceller les lèvres des praticiens?C’est une question de casuistique laïque qu’il importe d étudier.Le problème, comme bien des gens, a deux faces, l’une légale l’autre sociale, il est généralement admis que le médecin ne doit sous aucune considération dévoiler un secret dont il a obtenu la confidence ou qu’il n’a surpris que grâce à son titre et dans l’exercice de ses fonctions.Le monde est extrêmement strict sur cette question et il ne tolérerait pas plus une indiscrétion chez un médecin que chez un prêtre.Pour la plupart, le médecin est un confesseur, sinon un directeur de conscience.Un docteur apprend qu’un jeune homme qu’il soignait pour un mal — dont ceux qui habitèrent le château de Versailles ainsi que celui de Windsor ne furent pas exempts — apprend, dis-je, que cet avarié devait épouser la fille d'un de ses plus grands amis.Il lui îeprésente l’énormité des conséquences d'une union avec cette demoiselle bien élevée sur qui les parents avaient veillé comme sur la prunelle de leurs yeux.U le somme d'ajourner la bénédiction nuptiale jusqu’au jour où il pourra convoler sans danger pour sa fiancée et sa progéniture à venir, le menaçant, s'il ne s’exécutait pas, de tout révéler à la famille.Le misérable s’obstine dans son dessein et refuse de s'exécuter.Le médecin furieux tient sa parole et fait connaître la vérité à qui de droit.Le mariage est rompu.Le jeune homme ainsi évincé prend la résolution de poursuivre en justice le délateur qui lui a fait manquer une belle proie — le père de la jeune fille jouit d’une imposante fortune.L'avarié gagnera-t-il son procès?Certainement, si le juge s'en tient à l’idée reçue que sous quelque prétexte que ce soit un médecin n’a pas le droit de révéler les secrets captés dans son cabinet de consultations.La loi anglaise est précise: cependant on ne doit pas faire tort à son prochain.Mais quand ce mal est commis en vue d’un plus grand bien?.Si.en causant préjudice à un individu, on sauve toute une famille de la pire des infections, on arrache une innocente et pure personne â la promiscuité d'un être dangereux qui la contaminera infailliblement ainsi que ceux qui naîtront d'elle, est-ce que la loi ne devrait pas autoriser la divulgation d'un tel secret quand le bien de plusieurs est en jeu?L'immoralité, il me semble, c'est, pour sauver un sale type, de mettre d’honnétes gens en péril.La société qui édicte des lois doit avoir pour but de réaliser autant que possible la justice sur la terre, devrait-on pour cela sinon supprimer quelques unités suspectes, au moins les empêcher de nuire, de propager leur terrible mal.L'Etat dépense des milliers de dollars pour enrayer ce terrible fléau et voilà que l’on condamnerait à la prison ou à l’amende un brave homme qui se dévoue pour sauver le corps de la communauté.L’important, c’est de vivre et de bien vivre, et de préserver l'humanité des maux qui menacent de la détruire.Elle doit sacrifier à cette nécessité ce qu’on appelle la justice, une personne aveugle, qui boite toujours d’une jambe.La morale, c'est d’abord d'être en santé, "mens sana in corporc sano".La morale, c'est que rien ne vienne polluer la source de la vie.Le droit doit céder à un intérêt primordial, celui de la race.Il y a des occasions où la société délie le médecin de son secret professionnel et l'oblige à faire une déclaration aux autorités des cas de maladies contagieuses qu’il soigne pour qu'elles puissent circonscrire et enrayer la marche d’une épidémie possible, alors pourquoi lui ferait-on tort d'une delà- tion nécessaire qui vise à la protection de ses membres sains?Que l’obligation morale du secret professionnel subsiste, mais que la cons-, cience du médecin soit mise à l'aise et ! qu'il puisse en certain cas user de son I jugement pour sauver du plus triste des! sorts d’inconscientes victimes.C’est dans le maniement de la loi qu’il faut employer de subsils distinguos.On me dira qu’un médecin ne peut pas rendre lui-même la justice.Dans certaint cas, il est mieux placé que le magistrat sur son banc, pour pratiquer cette opération nécessaire, l'ablation de certains articles du code qui font du tort à la collectivité par la protection qu’ils accordent à des êtres vicieux comme à de grands voleurs, ceux qui après un stage de quelques années, par exemple, de ratés qu'ils étaient sont devenus millionnaires.Le respect de la vie, tel devrait être l'objectif de nos législateurs.C'est autour de lui que doit pivoter la morale, d’assez bonne composition et qu'on aurait tort de prendre au sérieux.Elle est Protée et ses principes souvent doivent composer avec les moeurs.C'est ainsi qu’au Japon une jeune fille respectable a le devoir avant son mariage de se payer au plus grand nombre possible de séducteurs pour apporter un magot arrondi à sr- conjoint.Ici c'est tout le contrail -l'essayons pas de figer cette matière mouvante en des moules rigides qui devront se briser par l’action d’une incessante fermentation.N’enfermons pas en de rigides formules ce dont la nature est d’être en perpétuel mouvement.Que le sentiment de notre conservation soit la première des vertus: “Aime-toi dans le prochain.Ne donne pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te donnât.Tue le péché dans ses microbes, tâche d’apprendre la science du bien et du mal.dont l'arbre fut coupé au paia-dis terrestre.” JULIEN SAINT-MICHEL.Au Conseil des Métiers Les longues heures de travail supplémentaire U a été maintes fois dit que le travail imposé aux ouvriers, aux employés, à tous les salariés, après les heures régulières, devrait leur être payé à un taux supérieur à celui sur lequel est basé leur travail ordinaire.Ainsi dans tout atelier, usine, manufacture, entreprise quelconque où le travail cesse régulièrement à (i heures du soir, tout labeur impose de G heures à minuit devrait être payé sur la base de temps et demi: celui imposé après minuit, sur la base de temps double et les dimanches ou jours fériés, sur celle du temps triple ou quadruple.Pourquoi cette coutume, déjà adoptée par certaines firmes, n'est-elle pas imposée par une loi sévèrement appliquée?Cette loi éviterait toute sorte d’exploitation du travailleur qui considère tout d’abord le montant qu'il reçoit, n’attachant qu'une attention secondaire au temps de service fourni à son patron.J’ai vu des ouvriers faire des semaines de 90 heures, oubliant, dans la joie du montant reçu, la modestie de leur salaire par heure.Certains patrons exagèrent l'exploitation de l’ouvrier en ayant ¦ recours aux heures supplémentaires.Je sais bien qu’en cette période de crise mondiale bien des chômeurs accepteraient de longues heures de tiavail pour un salaire réduit.Aussi presque tous les patrons en ont profit,¦ pour diminuer le salaire de leurs employés.C’est justement cette exploitation de la misère due au chômage qu'il y a lieu de prévoir et den empêcher le retour.A' si tout travailleur est heureux de trouver un patron qui l'em-ljl°ic.il ne peut pas oublier que tout patron est également très heureux de trouver des salariés qui travaillent pour lui.Ceci est tellement vrai rJUon 1 vu des esprits bizarres souhaiter l'illégalité de la grève, arme dangereuse qui fait autant de mal à l’ouvrier qu'au patron, mais qui ¦istc la seule que les travailleurs puissent employer on désespoir de cause.On parle actuellement à Québec de fixer à 50, ou peut-être à 55, p n°mbro d’heures maximum de la semaine de travail.Aux Etats-Unis, ¦l Federation Américaine du Travail propose do limiter à 30 heures la durée du travail hebdomadaire, cc- qui fait pousser dos hauts cris à bien des journalistes.( opendant l’emploi toujours plus développé de la machinerie devrait °Kiqiioment conduire à la diminution dos heures de travail puisqu il pot nid d’obtenir la production nécessaire aux besoins en beaucoup mnlns do temps qu’avant son emploi.N’oxistc-t-il pas, aux Etats-Unis, coi (aines manufactures de chaussures qui peuvent fabriquer en trois 1110i;s ’oulement la quantité do chaussures nécessaires a la population "tu ip des Etats-Unis pour un an?N'a-t-on lias vu bien des gens x 111 \pi contre remploi de pelles à vapeur pour les travaux exécutés pom A11,1 "" aide aux chômeurs, au lieu do multiplier les entreprises et "sage de cos pelles?Le développement do la machinerie doit logiquc-'J1111 '’htralncr la réduction des heures do travail.On oblige bien les 1 " bands à former boutique plusieurs soirs par semaine.Mais comme l’ouvrier, tout comme son patron, a besoin de mangei °"s ips jours, même le dimanche, il est nécessaire que son salaire 'obtiomadalre lui permette non seulement do manger tous les jours mais Jioerp dp se logeri [1(1 se vêUr c)c se distraire et d’élever sa famille °hvcnableinent.La diminution des heures do travail qu’entraîne h'pl'-i de machines exige une augmentation de son salaire pai heuie, L’assemblée régulière du Conseil des Métiers et du Travail a eu lieu jeudi soir dernier, au Monument National sous la présidence de J.T.Poster, as sisté du vice-président Ben Drolet.Plusieurs questions importantes furent discutées.La question de l’avis de trois mois de location a de nouveau été portée à l’attention du Conseil par suite de la lecture d’une communication de la logt 606 des Wagonniers, demandant au Conseil de faire une pression auprès des autorités compétentes pour que cet avis ne comprenne qu’un mois au lieu de trois comme actuellement.Tous les délégués qui prirent part à la discussion abondèrent dans le sens de la communication des wagonniers.En plusieurs circonstances, un ouvrier loue un logis près de son travail et lorsqu’il change de position pour aller travailler dans un autre district, la question du bail annuel devient pour lui un réel embarras.Le président Foster fit remarquer que cette question n’est pas nouvelle, ayant été souvent discutée par les délégués, et il se déclare en faveur d’un bail à court terme.' * * * La question de l’uniformité des salaires |»ur les ouvrières de la chaus sure par toute la province fut discutée à la suite de la lecture d’une communication venant du Club ouvrier St Edouard et des travailleurs en chaussures.Cette question a été référée au co mité exécutif pour étude et rapport.* # * La question de l’assurance chômage fut le sujet d’une longue discussion après la lecture de la comnnication sut vante venant du Congrès des Métiers et du Travail du Canada: “Le Congrès des Métiers et du Travail du Canada, à sa dernière conven tion tenue dans la ville de Hamilton, Ont., a approuvé une recommandation du Conseil Exécutif de solliciter la co opération des organisations nationales intéressées ( pourvu qu’elles ne soient pas hostiles au Congrès) dans la présentation au Gouvernement d'une requête pour l’établissement d’un systè me d'assurance-chômage contributoiie Immédiatement après la convention des invitations ont été envoyées à dix huit organisations de se joindre à une délégation représentant les différentes catégories de l'activité sociale; un certain nombre ont répondu à l’invitation, d'autres nous ont informé que la question serait référée à leur organisation Nous étions à faire les préparatifs nécessaires quand le premier ministre annonça, le 22 novembre dernier, que le gouvernement ferait des démarches définitives concernant l'assurance-chômage contributoire, et qu’il ap pellerait une conférence entre les re présentants des gouvernements provinciaux et fédéral, laquelle s’assemble rait le 17 janvier prochain, pour considérer la question et aussi quels changements il serait nécessaire d'apporter à l'Acte de l’Amérique britannique du Nord pour donner au gouvernement l'autorité complète pour décréter et ad ministrer une telle mesure.Nous croyons que nos activités et la publicité que nous avons faite au sujet de la délégation que nous avions pro posée, a servi à convaincre le gouvernement que le public demandait l’as surance-chômagc et par conséquent la formation de cette délégation n’est plus nécessaire car notre but a été atteint Notre action future sera dictée après que le résultat de la conférence inter provinciale sera connu.Dans l’inter vale si le gouvernement venait à décider de faire des invitations à d'au très qu’aux représentants des gouvernements à cette conférence, tous les efforts possibles seront faits pour qus le Congrès y soit représenté.Si elles étaient limitées qu’aux représentants du gouvernement, alors nous devrons faire en sorte de faire connaître l’opinion de notre mouvement à ceux qui y participeront.Nous avons demandé à nos comités exécutifs provinciaux de faire pression auprès de leurs gouvernements respec tifs, demandant de supporter toute proposition qui permettrait au gouver nement fédéral de décréter et d’administrer l'assurance chômage contribu toire sur une base générale d’applica tion pour tout le Canada, quand bien même il serait nécessaire d’amender l’Acte de l'Amérique britannique du Nord, tel qu'annoncé par le premia ministre l’Honorable R.B.Bennett.Les Conseils des Métiers et du Travail pourraient aider considérablement durant cette campagne en se servant de tous les moyens à leur disposition, afin de tenir en éveil l’intérêt public sur ce sujet dans leur juridiction respective.Les représentants de la Législature provinciale, de la Chambre des Communes et au Sénat, dans votre district, devraient être entrevus ou des communications devraient être échangées avec eux afin qu’ils soient suffisamment au courant de la politique ouvrière, que leur appui soit sollicité afin d'amener l'adoption d'une loi fédérale pourvoyant à un système d’assurance-chômage contributoire, à une date aussi rapprochée que possible.Nous demandons respectueusement que cette communication reçoive votre attention immédiate afin que par la coopération du mouvement ouvrier dans tout le Canada nous obtenions cette mesure qui amènerait le soulagement à ceux qui souffrent par le chômage.Cette question a été référée au co mité exécutif pour définir les mo>ens à prendre pour assurer le succès de cette question.* # # L’union des cordoiuiiers fait appel aux délégués du conseil à l'occasion de la campagne de propagande qu'elle a entreprise en faveur de l'étiquette des cordonniers.Cette question est référée au comité exécutif.* * * La question du prix du lait fut Ion guement discutée par les délégués.Le président Poster fit rapport de l'entrevue qui avait eu lieu avec les j autorités municipales relativement à j cette question et dit que c'est un crime que les ouvriers soient appelés à payer un prix aussi élevé pour le lait.Le président Foster dit que ce sont toujours les unions qui doivent faire la lutte pour obtenir le redressement : des griefs des travailleurs et dit qu’elles sont prêtes à se défendre.Cette augmentation du lait est un crime et nous devons nous y opposer énergique ment.Le délégué Cuppello dit que la ville j devrait s’occuper sérieusement de la question comme elle l'a fait lorsqu’il s’est agit de protéger les consomma tours de lait contre les épidémies de j typhoïde.Elle devrait se saisir de la question et agir avec sévérité contre! cette criante injustice.Après la transaction des affaires de1 routine, le Conseil s’ajourne à jeudi, 5 janvier.ON PARLE TOUJOURS DE REDUCTIONS Salaires de ville vs salaires de campagne La Commission du salaire minimum des femmes de la province de Québec vient de décider qu’elle maintiendra, pour le moment du moins, des taux de salaires minima différents pour Montréal et sa banlieue immédiate et pour le restant de la province, et ce en dépit des sollicitations pressantes de manufacturiers de grands centres.A première vue, cette politique de la Commission semble anormale, car le manufacturier des grands centres, qui est contraint par la loi de payer une moyenne de deux à trois dollars par semaine de plus que le manufacturier des districts ruraux doit faire concurrence à ce dernier sur le marché sinon mondial tout au moins national; s’il paie un salaire plus élevé il se trouve de ce fait handicappé.La Commission répond à cet argument en invoquant que les minima de salaires ont été basés d’après le budget du coût de la vie d’une ouvrière et que le budget d’une ouvrière des grands centres est sensiblement plus élevé que celui des ouvrières des districts ruraux et des centres moins populeux; il s’en suit que pour être équitable il doit être plus élevé.Il est bon de remarquer, dit-elle, que la grande majorité des ouvrières des petits centres vivent dans leur famille, n'ont pas à faire de dépenses de billets de tramways et ont du travail plus stable; ce qui fait qu’en fin de compte si leur salaire est moins élevé elles en tirent plus de profit.C’est une erreur de croire que parce qu’un manufacturier de petits centres paie des salaires moins élevés que son compétiteur des grandes villes — à moins que la marge en soit excessive — il est par ce fait beaucoup plus avantagé, car il a à faire face à des facteurs défavorables que ne connaît pas celui des grands centres, il n'a pas à sa disposition le marché du travail, s’il veut de la main-d’oeuvre compétente il doit la former lui-même et répéter ce procédé continuellement pour remplir les vides causés par les ouvrières qui se marient généralement assez jeunes, par celles qui une fois au courant du métier sont éblouies par le salaire fictif plus élevé des villes; il y a encore un autre facteur qui joue un rôle important, c est le côté psychologique de l'ouvrière des campagnes qui n’a pas été plié à la discipline rigide de la vie industrielle, c’est tout un problème de la faire arriver à l’heure, de se rendre à l'atelier beau temps, mauvais temps, étant plus indépendante que sa soeur des villes elle est plus réfractaire aux règlements et.endure moins ies petites ti acesseries et vexations du travail en commun, elle n'est pas imbue de la mentalité ouvrière et pour un oui ou un non mal placé elle s’en retourne au foyer paternel.Il est vrai que la grande industrie qui s’établit de plus en plus dans nos districts ruraux finira par triompher de toutes ces velléités d’indépendance mais en attendant le manufacturier doit y faire face et doit traiter ses ouvrières plus paternellement qu’on ne le fait généralement en ville; ajoutez à cela qu’il y a un surplus de fiais d expédition pour la matière première, pour l’article manufacturé, les frais de tenir un bureau ou une salle d’échantillons ou de vente en dehors de sa manufacture, tous ces item juxtaposés finissent pai écoinei les bénéfices et font disparaître la marge qui existe dans les taux de salaires.La décentralisation do 1 industrie peut en elle-même être une bonne chose, mais il faut qu’elle se fasse rationnellement et progressivement, si l’on veut en faire un succès; autant la petite industrie a de chances de réussite si elle dispose d’un capital suffisant pour faire face, aux premières éventualités, autant la grande industrie a de risques à courir a moins qu’elle ait ses propres débouchés et son noyau d'ouvrières compétentes venues de la ville qui donne l’élan à la main-d’oeuvre locale inexpérimentée.Il y a un danger à l’introduction de la grande industrie dans nos districts ruraux auquel bien peu s’arrêtent, c’est qu’elle contrebalance le mouvement du retour à la terre dont on escompte tant de bons résultats.Un jeune homme ou une jeune fille qu'on arrache à la ferme pour les transplanter dans une manufacture ne retourneront jamais aux travaux des champs, ce sont autant de déracinés qui fatalement viendront s’échouer dans les grands centres si, pour une raison ou une autre, ils perdent leur emploi ou qu’ils aient à faire face au moindre contretemps, la première chose qui leur viendra à l’idée, c’est qu’il y a d'autres manufactures qui paient de meilleurs salaires et où les heures de travail sont moins longues en plus de l’attirance des grandes villes avec toutes leurs jouissances auxquelles la jeunesse résiste difficilement.Ce sont tous ces à-côtés qui entrent en ligne de compte quand on compare la situation de l'industrie dans les grands centres avec celle des districts ruraux.C’est pour cela que ceux qui sont au courant de la question approuvent l’attitude de la Commission du salaire minimum de maintenir des minima de salaires plus bas dans les campagnes que dans les villes.SOCIUS.car il n’est pas possible de diminuer le montant de son salaire hebdomadaire.J’admets que cette décision doit être générale, mais puisque la proposition vient des Etats-Unis, je crois qu’elle peut être acceptée également au Canada sans causer de bien grands troubles.De grands changements se préparent et s’annoncent.Il n’est pas à souhaiter que les capitalistes et les dirigeants agissent comme l’ont fait Louis XVI ou Nicolas II et n’ouvrent les yeux que trop tard.Une action des plus simples qui tend à éviter la surproduction qui est une des causes du malaise actuel est la limitation des heures de travail au minimum nécessaire et en conséquence une augmentation du salaire par heure.Nous nous acheminons vers ce but en rendant presque impossible, sans de valables raisons, le travail supplémentaire si néfaste dans scs conséquences et dans l'abus qu'on en peut faire.LABOR.Par le temps qui court, on n’entend parler que de réduire.les salaires, pour parvenir à boucler le budget.Que ce soit la Ville ou une compagnie privée qui parle de budget, il n’y a qu’un moyen de parvenir à équilibrer un budget: c’est celle de la réduction de la rémunération des salariés, comme s'ils étaient responsables de l’administration — bonne ou mauvaise — de la compagnie ou corporation qui les emploie.A la Ville, il y a même jusqu'au maire et aux échevins qui font mine de vouloir réduire leur traitement pour pouvoir plus aisément parvenir à obtenir des concessions volontairement (?) consenties de la part du personnel.On a même vu un échevin, — c'est à Québec que la chose se passait — donner son traitement entier à la Saint-Vincent de Paul.On semble faire croire que ce sera la même chose Ici.du moins jusqu'à ce que les salaires des employés gagnant moins de $2,000 aient subi une baisse appréciable.Même la Compagnie des Tramways parle de "couper” les salaires de ses employés, comme cadeau du Jour de l'An.Nous espérons toutefois que l'économie réalisée servira à.chauffer un peu les tramways et à faire baisser le prix des billets.Car.logiquement, si I les frais baissent, il est juste que tout le monde en profite: la compagnie et j les passagers.Si on veut faire revenir la prospérité, i ce n'est pas le bon moyen qu'il faut I prendre: ce n’est pas en appauvrissant ' tout le monde qu’on y parviendra.' S Dependable Dollars For people in all walks of life, the most dependable investment is money in a Savings Account.It is always safe—always available—never affected by falling markets.The security and convenience of a savings account comprise a dual feature seldom found in any other type of investment.The Royal Bank of Canada 3004 m ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ECOLES TECHNIQUES MONTREAL QUEBEC HULL Cours technique (trois ans) Cours d’apprentissage Cours des métiers (deux ans) Cours spéciaux.COURS DU SOIR: Montréal, Port-Alfred, Chicoutimi, La Tuque, Beauce-vllle, Lévis, Lauzon, Saint-Romuald, Sherbrooke, Saint-Hyacinthe, Valley-fleld, Lachlne, Shav.ïnigan Palis.Direction Générale de l’Enseignement Technique 1430, rue Saint-Denis, MONTREAL Page 2 SAMEDI, 17 DECEMBRE 1932 — MONTREAL — SATURDAY, DECEMBER 17, 1932 Demandez l’étiquette de l’Union sur toutes vos marchandises Always demand the Union Label - It pays Reproduction des marques syndicales, cartes d'ateliers, boutons Union Labels, Shop Cards, Working Buttons and Emblems used et insignes de travail qui désignent l’affiliation aux unions to designate membership in the affiliated National and Interinternationales affiliées à la Fédération Américaine du Travail, national Unions with the American Federation of Labor.RjLü 0.P.&C.F.IA 314 »r n>« J» itëSlpffl 4 ununl H’tiiiil •( NlONïjk-'l LAPE l> -« • , f***M«w * ‘V Y * * 1 N|ON LABtx ' ' ?: UNION NtABKT • O: .: — \v.QRkERS UNION UNION l&TAMP â • l .t.t .r Slml MiKl *.k''i - o- girr.[35^ .-/AgfGUARANlHDl 2^: .>4 Si .mira lia-itniii tsj-.r.'Acrij i Ltb v'L'i\LT.tomiiK»PiP ‘TOO BUSY TO WORK’ ‘SHERLOCK HOLMES’ ALWAYS SOMETHING GOOD AT LOEW’S TALLULAH BANKHEAD in “FAITHLESS” On tlie stage: Stuart and Lash m BELIEVE IT OR NUTS The Union-Right Through MUllo-1 Dollar Playhouse PALACE fit.Catherine W.opposite VlotorU St.“LIFE BEGINS” Mary McDougall Axelson's pie, A Story with Dramatic Punch IMrgiUn Mutin** 11 u.m.to Ij.so u0 VTTAPHONE ind MOVIBTONB imperial Comédie chantée et parlée “Cendrillon de Paris” et un Drame Moderne ‘LE FILS DE L’AUTRE PRINCESS THEATRE TWO FAMOUS NOVELS “THE CRUSADER" “Hearts of Humanity” 10-1, 25c; 1-6, 35c.— Week Days Sat.& Sunday Aft.: 40c; 6-1], v), A.C.LESLIE & CO.Limited IRON, STEEL and METALS MONTREAL All Imperial products at* man ii fart ii red In Canada by Canadian workmen, at our nix modern lUfluerlea one of which In located at .Montreal Ka«t.IMPERIAL OIL LIMITED , The Windsor Hotel ON DOMINION SQUARK MONTREAL J.ALDERIC RAYMOND Vice-President DOMINION BRIDGE CO.Limited Head Office and Works at LACHINE, P.Q.Branch Works: Amherst Ottawa Toronto Winnipeg Calgary Vancouver Faites vos achats de MERCERIES et VETEMENT1-5 kSHION-PRAFT chez LECHASSEUR, Limitée 974 ouest rue Ste Catherine 281 est, rue Sainte-Catherine 375 ouest rue St-Jacques The Canadian Convertors’ Company, Limited 470 LAQAUCHETIERE ST.WEST MONTREAL LAPORTE, MARTIN LIMITED bpiolerh en qbob 840, rue Saint-Paul Ouest Tél.MArquette 3761.MONTREAL A G HKAT CANADIAN INDLHTUY DOMINION TEXTILE CO.LIMITED J.SYLVIO MATHIEU SERVICE DE TOILETTE Tablier», Jaquette», Gilet», Nappe», Napkin», Serviette»
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