Le monde ouvrier = The labor world, 1 septembre 1939, samedi 16 septembre 1939
25e Année — No 37 SAMEDI, 16 SEPTEMBRE 1939 — MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 16, 1939 25th Year — No.37 DRINK DOW’S ALE Standard of Strength and Quality fatmr mm TRY BLACK HORSE ALE 100 Years of Brewing Experience behind it Rédaction: 11, rue Saint-Paul Ouest INSTRUIRE ET AMELIORER Téléphone: LAncaster 5361 A bâtons rompus Les hostilités ont développé une multitude de prophètes.Depuis une quinzaine, les prophètes ont poussé au Canada comme des champignons, de même que les stratégistes militaires, les uns et les autres se prononçant avec autorité sur la durée de la guerre européenne et sur la façon de la gagner avec un minimum de dégâts.11 va sans dire que ces prophètes et ses stratégistes sent de l'espèce dite de cabinet particulier et qu'ils ne sont guère mieux renseignés que le commun des mortels sur ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique.Mais leur imagination travaille, leur enthousiasme se donne libre cours et leurs pronostics sont basés moins sur une connaissance exacte de la situation que sur leurs souhaits, leur inclination et une tendance à poser en connaisseurs.C'est ainsi que certains prédisent que la guerre sera nécessairement de courte durée, alors que d'autres lui donnent de trois à dix ans avant que les partis aux prises signifient leur volonté de mettre bas les armes.Quant aux stratèges, ils sont pleins d'idées lumineuses en regard de quoi les plans du général Gamelin ne seraient que de la petite bière ! Le mieux, en l'occurrence, nous semble-t-il, est de ne pas avancer d opinions définitives et de borner nos commentaires au simple aveu de notre ignorance quant à la durée possible du conflit actuel et aux moyens de vaincre un adversaire qui ne se laissera pas manger sans boire, selon le dicton populaire.La guerre et le coût de la vie.Il y a à peine quinze jours que les hostilités ont commencé et déjà le coût de la vie a augmenté de façon assez visible dans le cas de plusieurs articles de consommation journalière, notamment le sucre, le beurre, le sel, les oeufs et le riz, pour ne citer que ceux-là.Les pauvres gens, et ils sont légion parmi nous, voient naturellement la chose d'un fort mauvais oeil car leur budget, déjà insuffisant avant cette montée des prix, fait encore plus triste mine que jamais, ce qui n'est pas peu dire.Il est vrai que nous sommes en état de guerre et que les autorités compétentes, conscientes des privations inhérentes à une croissance subite et injustifiée du coût de l'existence et du mécontentement populaire qui peut s'en suivre, se proposent de mettre un frein salutaire à l'appétit insatiable de cette catégorie spéciale de profiteurs de guerre.Etant donnée la situation exceptionnelle qui prévaut en ce moment, il est permis de croire que la commission nommée pour enrayer la coupable activité de certains commerçants va faire son devoir, tout son devoir.Par ailleurs, la vérité nous oblige à constater que les commerçants, s'ils sont les premiers coupables, ne sont pas les seuls à surveiller.Il y a aussi certains consommateurs qui, mieux renseignés que les autres citoyens et disposant du si précieux "cash", ont eu peur, sans raison, de se voir couper les vivres en dépit de leur porte-feuille bien garni, se sont rués chez l'épicier comme des désespérés et ont fait main basse sur tout ce qu'ils ont pu acheter.Mais cette furie est en passe de se calmer et il se pourrait que tout rentre bientôt dans Tordre si, comme nous l’espérons, les autorités interviennent de la bonne manière pour décourager des mercantis trop ambitieux et tranquilliser l'inquiétude du peuple quant aux possibilités d'approvisionnement pour l’avenir.En marge des événements.Avez-vous remarqué que bien des choses se sont transformées depuis le 3 septembre ?Tout d'abord, la guerre tout court a succédé à une déprimante bataille de nerfs.Ensuite, nos partis politiques ont enterré la hache de guerre et ont inauguré une ère de solennelle harmonie nationale.En outre, des saboteurs de l'unité nationale sont tout à coup devenus muets comme des carpes avant que leur semence de haine intercitoyenne ait pu germer au Dominion et les voilà, ces haineux chroniques, qui ne mangent plus du tout du juif, eux qui, pourtant, en faisaient leur plat quotidien.Mais ce n'est pas tout.Certains de nos journaux locaux, jadis plus ou moins pronazis ou pro-fascistes, se sont ré-éditorialisés, si Ton peut dire, depuis que le Canada a déclaré la guerre à l'Allemagne, et ne sont plus, tant s'en faut, les ennemis jurés de la perfide Albion.Cette métamorphose est vraiment remarquable, surtout dans le cas d'une petite feuille du matin.Par ailleurs, nos autorités fédérales sont parties en guerre, naturellement, contre tous les saboteurs du régime d'urgence qui nous est imposé par les graves événements d'Europe, notamment les profiteurs de toute espèce qui menaçaient d'affamer les pauvres gens par une hausse injustifiée du coût de la vie.Dans les domaines politique et économique, bien des gens qui, hier encore, s'entendaient comme chiens et chats, sont aujourd'hui devenus de bons voisins, sinon des amis, et fraternisent volontiers entre deux rasades de spiritueux.Toutes ces transformations prouvent, une fois de plus après tant d'autres, qu'à quelque chose malheur est bon.L’ouvrier allemand ira-t-il jusqu’au bout ?En temps de paix, l'ouvrier allemand a vécu un régime de terreur depuis 1933.Mille faits significatifs l'attestent, de nombreux rapports le démontrent, des témoignages irrécusables le prouvent.Dans ces conditions, on peut se demander dans quel état vit et travaille l'ouvrier allemand depuis que son pays est en état de guerre avec la Pologne, l'Angleterre et la France.Il est probable que le servage industriel intense que subissaient les travailleurs du Troisième Reich avant ce fatidique 3 septembre a été L'exploitation du travailleur Sous des formes diverses, elle persévère, mais il n’est pas dit qu’elle soit immortelle.C est surtout depuis que la mécanisation industrielle a déprécié la muin-d oeuvre humaine que 1 ouvrier subit davantage le joug de celui qui le commande ou le paie ou, si Ton préfère, qu'il en souffre le plus, sod qu il se sente plus malheureux qu auparavant, soit qu'il ait plus conscience de son état de serf industriel que jadis.Mais que ce soit son chef immédiat, en l'espèce son contremaître, ou bien son grand chef, le gérant d'entre-pris, la situation reste la meme, lamentable et tenace.Et encore cette exploitation serait encore pire qu'elle n'est sans la bienfaisante action collective des syndicats ouvriers de tous métiers, mais ceux-ci ne constituent guère, en^ dépit de toute la bonne volonté et le zèle immense de leurs officiers , qu un palliatif au mal économique dont souffrent le travailleur salarié des champs, celui de l'usine et des chantiers de constructions immobilières.Dans certains ateliers de notre patriarcale métropole, de subtils contremaîtres ont fait et font encore ce qu'on appelle du zèle.Soucieux de montrer au gérant que son "département" est lucratif pour la firme qui le "paie", tel ingénieux contremaître ne craint pas, aussi souvent qu'il le peut, dans le cadre de l'hygiène ei de la législation en vigueur, de surmener son personnel, de le faire travailler à haute pression.Il fait même mieux ou pire en certaines circonstances : il conseillera, par exemple, sur le ton le plus paternel, de ne pas pointer leur temps de travail à certaines employées peu expéditives, d'oublier de "puncher" à l'horloge enregistreuse une journée par semaine.Il fera cela sous le prétexte de ne pas contrevenir aux règlements touchant les salaires minima, mais en réalité pour augmenter sa production sans supplément de salaire.C'est la pauvre ouvrière qui écope, comme on dit, mais le contremaître zélé, lui, recevra force compliments du gérant et, peut-être, quelque chose de plus tangible encore sous forme d'un bonus en récompense de sa "bonne administration".Et le tour est joué ! Dans d'autres cas, certaines firmes, dont les quartiers généraux sont aux Etats-Unis ou en Angleterre, voire même en d'autres pays, ont ici un gérant local auquel est allouée une somme fixe pour fins d'administration générale, somme avec laquelle il a le devoir strict de se "débrouiller" ou de se démettre.Or comme il ne tient pas du tout à chômer, il se débrouillera en payant son personnel le moins possible et en Drenant, pour cela, tous les petits moyens imaginables.En effet, disposant d'une somme fixe, qu il ne doit pas dépasser, il s'arrange pour en avoir généralement trop, le supplément étant dûment empoché par lui, à l'époque joyeuse de la Noël, sous la forme d un bonus annuel plus ou moins substantiel, selon 1 importance de la firme, le potentiel d'affaires en perspective et sa rapacité personnelle.Mais que ce soit sous Tune ou l'autre forme, c'est toujours l'ouvrière ou l’ouvrier, plus encore celle-là que celui-ci, qui est victime de cette iniquité économique.Il y a bien, me direz-vous, la loi du salaire minimum qui prime en tout ceci.D'accord, mais ce minimum légal n'est, le plus souvent, en fait, qu'un maximum, et la loi elle-même, qui est essentiellement le fruit d'un accord intervenu entre délégués ouvriers et délégués patronaux — avec des hommes politiques comme arbitres suprêmes (?) — n est guère, entre nous soit dit, qu'un habile camouflage destiné à montrer la sollicitude de nos gouvernants pour la classe ouvrière en général et pour rassurer, par la même occasion, le patronat dont les sacro-saints intérêts doivent nécessairement prévaloir, en définitive, sans quoi les plou-tocrates oublieraient volontiers leur prochaine contribution à la caisse électorale de nos partis politiques traditionnels, d'où un double danger : des candidats éventuellement dépourvus d'argent au moment psychologique et des élections, dès lors, vouées au sort étrange de devenir honnêtes et non spiritueuses ! On le voit, il semble que l'exploitation du travailleur soit inhérente à notre régime politico-économique actuel, la raison d'être même de ce régime, et nous aurions, nous, ouvriers, bien mauvaise grâce, en vérité, d'exiger un régime meilleur, plus humain, faute de quoi nous courrons le grave risque de voir les crétins qui nous surveillent nous dénoncer comme de dangereux novateurs, voire même comme d'impitoyables révolutionnaires ( ?), des attenteurs inscrupuleux à la suprême majesté des choses traditionnelles, de la substance banditiste et criminelle ! Tant il est vrai que la stupidité de nos crétins est infinie.Mais pardonnons-leur, car ils ne savent ce qu'ils disent ou ce au'ils font.M Georges DELPEQUE.encore accentué par les besoins militaires que la camarilla hitlérienne a sans doute imposés, d'abord pour l'agression polonaise et ensuite pour fins de défense contre une formidable offensive qui se déclenche actuellement, au dire des journaux, contre le front ouest allemand.Naturellement, nous ne savons pas, avec exactitude, ce qui se passe chez les adversaires de la paix européenne, mais le peu que nous connaissons à ce sujet nous indique qu'il y a du mécontentement parmi les ouvriers du Reich, surtout depuis une quinzaine de jours, et que leu-dégoût de la situation où ils sont présentement pourrait bien produire un état de choses imprévu par les furieux dictateurs de Berlin.Aussi est il permis de se demander, advenant que les forces alliées pénètrent bien avant dans le district industriel de la Rhénanie, si les ouvriers de Kruno et consorts ne profiteraient pas d'une situation anormale pour en créer (Suite à ta quatrième page) PAGE 2 SAMEDI, 16 SEPTEMBRE 1939 — MONTREAL — SATURDAY, SEPTEMBER 16, 1939 La vie des unions ouvrières par Ben.Protêt UNE CAMPAGNE D'ORGANISATION Pour une raison plausible, la célébra tion officielle de l’inauguration d’une campagne d’organisation par l’union locale 382, des employés d’hôtels et de res taurants, qui devait avoir lieu mardi dernier, le 9, a été remise à ce soir, aux quartiers généraux de l’union, 1252 rue Stanley.Pour la circonstance, il y aura bal, avec le concours de l’orchestre syndiqué de Percy Sky.On prévoit qu’il y aura foule et que le tout sera un succès sans précédent.Les membres, leurs parents et leurs amis y sont tous cordialement invités.Jack LENGER.Organisateur.-: « ;- BUANDIERS FELICITES Les membres de l’union locale 122, des buandiers, teinturiers et nettoyeurs ont appris, non sans satisfaction, la décision des juges de la parade de la Pète du Tra vail qui les concerne.C’est du moins ce qui ressort des délibérations de la réunion du 13 courant.A cet égard, on rapporte que lesdits juges ont adressé des félicitations, bien méritées du reste, aux dames et demoiselles ayant pris part au défilé du 4 septembre, notamment aux ouvrières blan chasseuses qui ont paradé à pied, en qualité de seules déléguées d’une buande die au personnel syndiqué, répondant gracieusement aux bravos répétés de la foule qui saluait au passage cette phalange de jolies filles élégamment vêtues de blanc.11 a aussi été question d’un malentendu qui existerait, parait-il, parmi les membres de l’union.M.R.Lepage, agent d’affaires, produisit un mémoire à ce sujet, mémoire où il est rappelé que ce malen tendu est de nature à paralyser les efforts de l’union si les membres eux-mômes, au lieu de rester étroitement unis, se font les saboteurs inconscients de leur organisation par leurs luttes intestines.Il faut, au contraire, serrer les coudes plus que jamais pour faire face à la situation précaire qui nous est faite par les impôts de guerre, directs et indirects, lesquels augmentent le coût de la vie sans égard à l’état de pauvreté déjà exis tant dans nombre de nos familles ouvrières.Au cours d’une prochaine réunion, qui aura lieu le 11 octobre, on discutera la préparation d’un mémoire touchant cette grave question ainsi qu'un referendum par quoi on se propose d’établir sur une base plus solide la stabilisation de l'union locale 122.LE COUT DE LA VIE Voilà maintenant que les autorités fédérales, sous prétexte de faire face aux débousés de guerre, augmentent les Impôts, directs et indirects, qui affectent le plus la classe ouvrière parce que lesdits impôts frappent des articles de consommation quotidienne.Comme il va en résulter une augmentation du coût de la vie, les ouvriers vont être justifiés de réclamer des augmentations de salaires pour faire face, à leur tour, à une existence plus coûteuse ou bien de boycotter la consommation de tous les articles outrageusement grevés par Ottawa.On ne peut pas Impunément augmenter le coût de la vie sans augmenter les salaires en proportion, sans quoi l'existence deviendrait bientôt impossible pour nos familles ouvrières.La production canadienne d'amiante a atteint pour les six premiers mois de 1939 le total de 144.207 tonnes, comparativement à 132,171 tonnes pour la période correspondante de 1938.APPEL DES COMPAGNONS BARBIERS De tous les membres de nos unions ouvrières internationales qui sont restés fidèles au mouvement, les adhérents à l'union internationale des compagnons barbiers occupent une place à part.On sait que parmi cette catégorie de travailleurs existe une division malheureuse, laquelle rend difficile l'application du soli-darisme ouvrier parmi eux.Cependant, l'union locale 455, de cette ville, dirigée par M.Bruno Roy, qui est affiliée à plusieurs corps centraux, croit avoir le droit de réclamer l’appui moral des^ membres associés.Cet appui fraternel consiste à encourager de préférence les salons de toilette où le cadre de l’union est en évi dence.Ce cadre signifie que les ouvriers qui y sont employés sont possesseurs d'une carte émanant de l’union internationale des compagnons barbiers d'Amérique.Afin de faciliter la tâche des ouvriers des autres métiers en quête d’un salon de coiffure où est affiché le cadre de l’union, nous donnons ci après une liste de ces salons où le personnel est dûment syndiqué : D.Richard, 654, rue Liège Z.Di Muro, 1806, rue Saint-Zotique N.Guillaume, 1124, avenue Van Horne M.Bashefsky, 254 ouest, rue St-Viateur J.Sonin, 287 ouest, avenue Laurier W.Schneider, 4375, rue Saint Laurent S.Fogel, 4359, rue Saint Laurent A.Barin, 4094, rue Saint-Laurent.Shuster Gittelman, 4007, rue St Laurent C.Plesz, 3573.rue Saint Laurent I.Galfand, 3633, rue Saint Laurent J.Struzer, 1467, rue Saint-Laurent J.Kozloff, 32 ouest, rue Rachel E.Rousseau, 1252, rue Bleury I Shapiro, 1410, rue Bleury H.Fradkin, 1435, me Bleury L.Shamtoff, 372 ouest, Ste-Catherine J.Prosen, 1401, rue St Alexandre A.Croll, 11 ouest, rue Ste-Catherine F.Levasseur, 1410, rue Eeaudry A.Léger, 507, rue Congrégation Nos unionistes sauront donc où trouver des salons de coiffure dont le personnel est syndiqué et qu’ils ont le devoir d’encourager de préférence à tout autre.-:0.- UN TEMPLE DU TRAVAIL Les ouvriers syndiqués de cette ville posséderont ils, un jour, un Temple du Travail, c'est à dire un endroit idéal, spacieux et confortable où toutes nos unions ouvrières pourront avoir leurs réunions?Cela serait d’une réalisation assez facile si les intéressés le voulaient avec assez de force et de conviction.Ce Temple ou Bourse du Travail serait naturellement dans le centre de la métropole, ce qui permettrait plus facilement aux membres des diverses organisa tions de l’atteindre, d’où une plus grande assiduité des membres aux réunions.Aux termes des déclarations dont nous avons pris connaissance à ce sujet le jour de la Fête du Travail, il semble que certains de nos hommes publics s'intéressent à ce grand projet.Ils en donnaient tout au moins l’assurance à des diri géants du mouvement ouvrier.On dit même à cet égard, que la Cité de Montréal serait disposée à céder un terrain vacant sur lequel pourrait être édifiée cette Bourse du Travail.Etant donné cette situation toute nouvelle et d'un caractère fort pratique, on peut supposer que ce projet de Temple du Travail est en bonne voie de réalisation prochaine si.toutefois, le mouvement ouvrier syndiqué fait un effort d’ensemble suffisamment marqué, s’il reste uni pour un tel effort comme il l'est sur le plan de la vie industrielle.Bravo pour ceux qui cherchent à faire revivre ce grand et utile projet Nous les en remercions bien sincèrement.LES REMBOURREURS GAGNENT DU TERRAIN L’union locale 302, de l’internationale des ouvriers rembourreurs, matelassiers et tapissiers, a eu, le 8 courant, une réunion très réussie zu Monument National.Quarante nouveaux adhérents furent initiés et prêtèrent l’obligation d'usage, selon laquelle ils marquent leur volonté de se conformer aux lois et règlements de l'organisation syndicale.Cette assemblée était présidée par M.Wilfrid Bélanger, président de cette union locale.Les orateurs ouvriers qui agrémentèrent la réunion de leurs discours furent les confrères Hugh Corrigan, membre de l'Exécutif du Conseil des Métiers et du Travail; L.-A.Beaudry, vice-président général de la Fraternité des Wagonniers, et Raoul Trépanier, président du Conseil des Métiers et du Travail.Les discours portèrent sur les conditions actuelles du travail et sur les sa laires, notoirement insuffisants, aujourd’hui payés dans l'industrie du rembourrage.Les orateurs s’appliquèrent à faire revivre, par la pensée, ce qu'étaient autrefois cas conditions de travail et ces salaires, alors que les ouvriers de cette industrie étaient solidement syndiqués et qu’ils faisaient preuve d’un véritable so-lidarisme.D’autres réunions de ce genre auront lieu désormais tous les 2e et 4e vendredis de chaque mois, au Monument National.Les organisateurs, nous dit-on, se proposent de tenir de ces assemblées tant que tous les ouvriers rembourreurs n’auront pas adhéré à l'union.Espérons que ceux qui sont encore en dehors de l’union comprendront bientôt leur devoir et adhéreront en masse.Leur intérêt le leur corn mande.A LA LOGE SAINTE-MARIE La Loge Sainte-Marie, de la Fraternité des Wagonniers, s’intéresse beaucoup, naturellement, à ce que ses membres conservent leur emploi aux usines Angus.D'après un important rapport, déposé par le confrère Henri Vaiilancourt, président du Comité de protection, il appert que des rumeurs circulent, depuis quelques jours, selon lesquelles le C.P.R.aurait l’intention d'effectuer une réduction de son personnel à ces usines.En présence d'une pareille alternative, le Comité de protection s'est empressé de pressentir les autorités du C.P.R.à ce sujet.Tous les efforts ont été faits pour convaincre les directeurs de la compagnie ferroviaire de la nécessité de maintenir leur personnel au complet aussi longtemps que possible, étant donnée la période troublée que nous traversons.Cette question vitale souleva une discussion fort intéressante au cours de la deuxième réunion de la Loge Sainte-Marie qui eut lieu le 8 courant, en son local habituel, sous la présidence du confrère Alfred Mathieu.En fin de compte, le Comité de protection a reçu instruction de continuer son excellent travail.Ce qui intéressa également le nombreux auditoire des wagonniers, c’est le rapport financier présenté par M.Alfred Mont-petit, rapport émanant du Conseil Conjoint du système de protection du C.P.R., auquel la Loge a contribué la somme de $2,000.00 durant l'année finissant le 31 août 1939.On relève dans ce rapport que les recettes totales ont été de $12,000.00, ce qui laisse un excédent de $3,000.00.L’ordre du jour étant épuisé, la séance a été ajournée au 13 octobre prochain, après quoi les réunions auront lieu, comme par le passé, les 2e et 4e vendredis de chaque mois, à l’Assistance Publique.UN OUBLI Dane un compte rendu relatif à la Fête du Travail inséré dans notre dernier numéro, nous avons omis le nom de M.Adolphe Gariépy, ancien trésorier du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal, comme juge de ladite fête.Aussi prions-nous M.Gariépy de bien vouloir excuser ce qui n’est, de notre part, qu’un oubli bien involontaire et que nous avons été les premiers à regretter après une tardive constatation.^f0nc^ Ouvrier.ELECTION D'OFFICIERS AU LOCAL 200 DES EMPLOYES DE TAVERNES L’union locale 200, des préposés aux tavernes, a décidé, au cours de sa réunion du 10 courant, de renouveler son abon nement au “Monde Ouvrier”.C’est la, pensons nous, un bon exemple que de vraient suivre toutes nas unions ouvrit* res.Divers membres dirent ce qu’ils per.saient de ce journal ouvrier, soutenant que c’est le seul organe qui renseigne exactement les ouvriers syndiqués de cette province.Comme il avait été convenu à la première séance de septembre, celled a été consacrée à l’élection des officiers poui le terme 1939 1940.On procéda donc aux nominations puis au vote par bullet;.: secrets, avec les résultats suivants: M.Nelson Fortier a été réélu président et Victor Bougie premier vice président alors que Jack Brodie était aussi rée! i deuxième vice-président et Edouard Dé sormiers secrétaire trésorier.Georges o.s tiguy devient secrétaire-archiviste frau çais et Jack Frawley secrétaire-archlvi -, anglais.Jaseph Marino demeure sen’: nelle et Joseph Shaeron guide.Les non veaux vérificateurs des comptes soi., MM.Joseph Bell, Joseph Robülard Albert Billandraye.Les membres suivants ont été ajoura au Comité exécutif, lequel se compost:,! de neuf membres, y compris les officia: déjà élus.Ce sont MM.C.-A.Bouchard.A.Coulombe et Jaseph Robillard Les délégués au Conseil des Métiers et : Travail sont MM.Edouard Désormit : Vict'S" Bougie et Jack Frawley.Des félicitations furent adressées .confrère Désormiers et au Conseil c Métiers, étant donné que celui ci ava; exprimé sa confiance au confrère Désor miers en l’élisant délégué au Congrès
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