Le monde ouvrier = The labor world, 1 mai 1947, Mai
mt Çitlnir %t JU muty (Diiuricr tarns 32e Année — No5 MAI 1947 — MONTREAL — MAY, 1947 32nd Year — No.5 La loi doit être respectée par tous Départ et arrivée Il n'y a rien de plus pénible que ces continuelles disputes industrielles, car elles causent du mal à tous et ne font de bien à personne ; d'un côté, les grévistes perdent des jours et des jours de travail et combien ne faut-il pas de temps pour rattraper, — par des augmentations de salaire, — ce qu’ils ont perdu ; d'autre part, l'employeur intéressé voit son usine fermée, sa machinerie arrêtée, des commandes inachevées et qui parfois ne sont jamais plus livrées et combien d'ordres perdus qui vont à d'autres de ses concurrents.Quand on évalue le bilan des pertes subies de part et d'autre et qu'on le compare à ce que cela aurait coûté en dollars et cents pour éviter cet arrêt de travail, il est permis de se demander si au siècle moderne où nous vivons il n'y aurait pas un moyen efficace d'éviter tout cela.Depuis quelques années les gouvernements, — provinciaux surtout, — ont adopté des mesures législatives pour empêcher, autant que faire se peut, les grèves et les contre-grèves (lockouts) ; ils ont garanti aux ouvriers le droit d'association, ils ont obligé les employeurs à reconnaître, — sous certaines conditions, — les représentants attitrés d'une association ouvrière groupant la simple majorité de leurs employés et il les contraint de négocier une entente collective de travail et ce dans un délai de trente jours ; si tout cela ne marche pas, un conseil d'aibitrage est nommé, — il se compose généralement d'un représentant des employeurs, d'un des ouvriers, nommé par eux, et enfin d'un president qui, presque toujours, est un juge, nommé par les représentants d'un commun accord ou par le Ministre du Travail s'ils ne s'entendent pas.Dans bien des cas les deux parties décident d'accepter la décision du bureau d'arbitrage et de s'y conformer.Il vous semble qu'avec cette législation il ne devrait y avoir que bien rarement des grèves ou des contre-grèves ; malheureusement, ce n'est pas cela qui arrive, il doit donc y avoir des raisons majeures qui entrent en jeu et font échec à ce que Ton est en droit de croire être un système infaillible.Evidemment, les deux côtés rejettent le blâme sur l'autre et il y a du vrai là-dedans ; car tantôt c'est l'un et tantôt c'est l'autre qui est bien décidé à ne pas céder un pouce de terrain.A ce sujet, permettez-moi de vous donner une opinion personnelle que j'ai dite et répétée des centaines de fois au cours de mes quelque cinquante années de participation active dans le mouvement ouvrier, c’est que lorsqu'on ne peut obtenir ce ce que Ton veut et croit juste et raisonnable par sa propre force économique et qu'on est obligé de soumettre le cas à l'arbitrage, cela veut dire qu'inévitablement on est certain de ne pas pouvoir obtenir ce que Ton veut dans son entièreté, qu'il faudra faire des concessions et accepter un compromis.C'est assez souvent l'employeur, qui vit encore dans le pussé, qui s'imagine être le seul maître des destinées de ses employés et entend jouer au dictateur ; pour lui, reconnaître une association ouvrière et traiter avec ses représentants, c'est presque une déchéance ; il essaiera de tout pour y échapper, il ne veut même pas comparaître devant le tribunal d'arbitrage et s'y fait représenter par un avocat de corporation ou un de ses employés supérieurs, et c'est précisément de là que naissent les difficultés : mon expérience m'a prouvé qu’il y a presque toujours moyen de s'entendre avec l'employeur, mais rarement avec celui qui le remplace et qui est payé pour le faire ; avec ce dernier, il n'y a guère de chance d’arriver à un compromis acceptable.Heureusement, le nombre de ces employeurs rebelles diminue de jour en jour, combien d'entre eux ont payé bien cher pour apprendre leur leçon, et les pratiques interdites par la loi ont certes un effet salutaire, quoique leur application fait malheureusement encore assez souvent défaut.Il y a aussi le côté ouvrier, il arrive que des demandes exagérées sont faites et que des gens bien intentionnés mais mal avisés ont décidé, dans leur for intérieur, de ne rien accepter, ce qu'ils veulent c’est de monter les esprits, de créer du mécontentement et d'avoir, envers et contre tous, une bonne petite grève avec tout ce qui s'en suit.Mais c'est là plutôt rare, car généralement le représentant ouvrier sur un tribunal d'arbitrage est un homme sensé, qui remplit tout son devoir, qui essaie d'obtenir pour ceux qu'il représente tout ce qu'il pourra, tout en restant dans la note juste.Je sais qu'il y en a beaucoup qui ne seront pas de mon avis, mais pour qu'un tribunal d'arbitrage remplisse réellement sa mission, il faut que ses membres soient absolument désintéressés des deux parties en cause, sans cela ce ne sont plus des arbitres mais bien des partisans d'un côté ou de l'autre, et alors il n'y a plus que le président qui est véritablement l'arbitre et c'est lui seul (Suite à la page 6) Législation ouvrière Tandis qu’on a accorde des pages et des pages à l'exposé de la doctrine Truman, c’est à peine si l’on a signalé la nouvelle législation ouvrière qui vient d’etre passée outre-fontière.Apparemment, les masses ouvrières ne comptent pas beaucoup depuis que la guerre est finie et les riches contrats terminés.Pour le moment, la législation n'a été adoptée que par le comité de la Chambre et du Sénat.Mais il y a gros à parier que le président ne mettra pas son veto à ces mesures.Dans un certain sens, certaines d'entre elles s'imposaient, mais d'autre part, il est extraordinaire que des lois d’une telle importance ne donnent pas lieu à des consultations d'un caractèrèc national.Somme toute, une législation qui va affecter l’existence de quelques cinquante ou soixante millions de travailleurs est plus importante que celle qui vise à régler le sort de quelques Palestiniens ou de quelques Arabes.Voici en substance la teneur de cette législation.Les Républicains veulent enlever les concessions faites aux ouvriers par le New-Dcal.Que certaines mesures du New-Dcal aient été mauvaises, c’est ce que personne ne contestera.Mais de là à enlever des droits acquis par une section de la population, il y a de la marge.Il serait intéressant de savoir si le Congrès envisagerait meme le passage de lois restreignant d’une façon équivalente l’activité des organisations patronales.Il semble qu'en toute logique si Ton arrive à la conception de la restriction des droits ouvriers, on peut en arriver également à celle des droits patronaux .Voici les provisions des bills ouvriers : Les uns s'en vont, bon débarras ! Les autres s'en viennent, ils sont les bienvenus.Que d'encre a coulé pendant une quinzaine de jours dans la plupart des journaux du pays.Franchement, je crois qu'on a donné trop d'importance à ces deux événements.Que dire des opinions exprimées ?Les unes sont des éloges immérités ; les autres sont une condamnation catégorique que rien ne justifie.Comme une opinion de plus ou de moins ne changera rien à la situation, je puis bien donner la mienne.Tout d’abord, je dois dire que mon opinion est tout à fait désintéressée et de plus qu'elle n'engage personne autre que ma bien petite personnalité.Commençons donc par ceux qui sont partis de la terre hospitalière qu'était le Canada pour eux pour retourner dans leur pays d'origine, soit la Yougoslavie.Un bon nombre d'entre eux s'étaient fait naturaliser, cela veut dire qu'il y avait déjà plusieurs années qu'ils étaient au Canada, ils devaient de ce fait être au courant de nos us et coutumes ; il n'y ont pas trop mal réussi puisque dans les marchandises qu'ils emportent avec eux il y avait des automobiles, des tracteurs, et une foule d'autres objets qu'ils n'auraient jamais, au grand jamais, pu se payer en Yougoslavie.Beaucoup se demandent, mais pourquoi alors retournent-ils dans leur pays natal ?La réponse est assez simple, car, au cours de la vie, j'en ai connu plus d'un qui, après avoir passé dix, quinze, vingt ans au Canada se sont vus, du jour au lendemain, atteints du mal du pays ; ils voulaient aller revivre dans leur pays natal après avoir amassé ici une certaine aisance, bien des fois à force de privations et en vivant comme des petits Séraphin Poudrier, et un jour ils se sont embarqués, croyant retrouver des parents, des anciens copains, un pays comme celui qu'ils croyaient avoir vu et connu dans le bon vieux temps ; mais, règle quasi générale, à peine arrivés chez eux, quelle désillusion.Ce n'était plus la même chose, le confort manquait, il y avait toutes sortes de degrés dans l'échelle sociale et ils n'appartenaient à aucun, l'argent acquis au Canada leur aurait permis de monter un degré ou deux plus haut que celui dans lequel ils avaient grandi mais ils étaient tout dépaysés et dans ces un ou deux degrés plus bas où ils avaient été élevés ils y manquaient de tout : le contraste avec la vie qu'ils menaient au Canada était trop fort.et qu'arriva-t-il alors ?Quelques années après, ils étaient tout fiers, et des plus heureux, de revenir vivre au Canada.1) Atelier fermé: interdit par la Chambre et le Sénat.2) Atelier unioniste: interdit par la Chambre, si les patrons s’y opposent.Le Sénat exige pour l’interdiction un vote majoritaire ouvrier contre.3) Accord collectif: Interdit par la Chambre.Reste intouché par le Sénat.4) Grèves “paralysantes" : Bill autorisant une injonction fédérale contre les grèves menaçant le bien-être public.5) Unions dirigées par des communistes: Perdraient leurs droits de pottrparers.Où commence et où fini le communisme?) 6) Unions de contre maîtres: N’auraient plus aucun droit de pourparlers (Pour quoi cette discrimination?) 7) Responsabilité des Unions : Les unions pourraient être poursuivies et être condamnées à des dommages, en cas de piquetage, de boycottage et de grèves reconnues (juridictional strikes).11 est probable que la Chambre acceptera les suggestions du Sénat qui ne sont pas aussi radicales .pour le moment.— (Le Clairon.) Les ouvriers veulent des augmentations Toronto (C.L.R.) — Les ouvriers en Acier Unis d’Amérique (CIO-CCI.) et les ouvriers unis de l’automobile d’Amérique CIO, (CCI.), seront forcés de demander des augmentations de salaires cette année, ont déclaré des officiers des deux grosses unions ici, à cause de la hausse ininterrompue du coût de la vie et parce que le "gouvernement a failli à sa tâche de retenir la ligne de démarcation du coût de la vie”.Parmi les Yougoslaves qui viennent de partir — la rumeur veut que la grosse majorité soient des communistes, est-ce vrai ! — mais communistes ou non, le résultat sera le même, quelques-uns feront bien dans leur patrie, mais le plus gros nombre vont amèrement regretter leur embardée.Pourront-ils revenir au Canada ?That is the question ; on peut quitter le Canada quand on veut mais il n'est pas aussi facile d'y revenir, surtout si on a perdu son titre de citoyen canadien.Si la Canada ne leur plaisait plus, ils ont bien fait de retourner chez eux, ils n'ont d'ailleurs fait que ce qu'on dit couramment quand un étranger se plaint du Canada ou prétend que tout se fait mieux chez lui qu'ici : "si vous n’êtes pas content, pourquoi ne retournez-vous pas dans votre pays ?" Pourquoi alors leur reprocher d'avoir fait ce qu’on leur a tant dit de faire ?Ils sont partis, bon voyage et bon débarras.H U U tt tt tt Parlons maintenant des 100 Polonaises qui viennent de nous arriver.La plupart sont de fortes filles de campagne qui ont beaucoup souffert de la guerre, presque toutes ont passé par le travail forcé dans des camps de concentration allemands et plus tard dans d'autres camps de personnes déplacées, elles ont été triées sur le volet par des prêtres polonais, ce sont toutes des catholiques et il y a plusieurs soeurs dans le lot.Au point de vue moral, il paraît que c'est parfait ; au point c’e vue humanitaire, ce sont des pauvres filles qui ont souffert, qui n'avaient pas grand chose à attendre dans leur pays ; elles sont ici pour se faire une nouvelle vie, pour essayer d'être heureuses.Il n'y a pas de doute que dans cette centaine de jeunes filles, il y en a qui fonderont des foyers et deviendront de bonnes mères de famille canadiennes, tout comme il y en aura probablement d’autres qui ne feront pas si bien ou tourneront plus ou monns mal, c'est là le risque que nous courons tous.Dans les circonstances, nous leur souhaitons tout le bien possible, qu'elles maintiennent la bonne réputation des femmes polonaises, honnêtes et bonnes travaillantes.Bonne chance, mesdemoiselles, et que Dieu vous garde.Au point de vue salaire et conditions de travail : la Commission du salaire minimum est là pour voir à ce que la Corn- (Suite à la page 7) .J < o.- LO Tt ^ .J O ^ O J -J CO H iC -J — LJ < D X Ui - lO • £ J ¦û U) 2 _ D O 3 C£ Page 2 MAI 1947 MONTREAL MAY, 1947 THE LABOR WORLD COMPLIMENTS LES PIANOS LESAGES STE-THERESE, QUE.Téléphone 289 175, avenue Scott Le plus gros nettoyeur à sec du Nord" SAINT-JEROME.P.Q.Rues Labelle et Legault Téléphone 30 MM.Paul-A.Castonguay et L.-Napoléon Castonguay MAISON CASTONGUAY Enrg.MAGASIN DEPARTEMENTAL SAINT-JEROME, P.Q.503, rue Saint-Georges Téléphone 54 LA FERRONNERIE A.LANGLOIS, Limitée A.LANGLOIS HARDWARE, Limited FERRONNERIE — HARDWARE SAINT-JEROME, P.Q.295a, rue Saint-Georges Spécialité : FOURRURES Manteaux — Robes — Costumes — Blouses — Jupes Hommages aux Ouvriers SAINT-JEROME, P.Q.LA LITHOGRAPHIE DU SAINT-LAURENT LIMITEE 7501 boulevard Saint-Laurent.CAlumet 5751 COMPLIMENTS Chez les marins On peut dire que les marins (tant ceux d'eau douce que d’eau salée) ont certes fait parler d’eux depuis quelques années, tantôt en bien tantôt en mal.On savait depuis assez longtemps que la plupart des dirigeants de l'Union des marins canadiens étaient des communistes ou tout au moins des sympathisants, qu’on en voyait dans la plupart des grèves en cours à Montréal ou dans le Québec lorsque ces grèves avaient comme dirigeants d'autres communistes ou fellow-travelers, ils étaient au premier plan dans les lignes de piquetage.Il a fallu toutefois que leur ex-président, Pat Sullivan, celui qu'ils avaient monté aux nues, le citant comme un exemple d'honnêteté et de droiture, pour le mépriser, le fouler aux pieds, lui donner tous les qualificatifs possibles, du jour au lendemain il était devenu un sale ivrogne invétéré, qui ne remplissait pas son devoir, etc., etc.U a fallu, dis-je, que Pat Sullivan avoue lui-même être un communiste et déclare que l'Union des marins était menée par des communistes, pour que nous en ayons une preuve irréfutable.N'empêche pas qu'il y a une couple d'années, il affirmait au Congrès de Québec qu'il n'était pas communiste et qu'il ne laisserait jamais, au grand jamais, ses opinions ou sa conduite comme secrétaire-trésorier du Congrès des Métiers et du Travail du Canada être influencées ou dominées par des considérations politiques ou philosophiques.On sait tous, aujourd'hui, comment il a tenu parole jusqu'au moment où il rencontra son chemin de Damas.Ceux qui l'ont remplacé à la direction de l'Union des marins font à peu près les mêmes serments.Qui sera assez naïf pour les croire ?Ces pauvres marins sont donc bien mal partagés, ils méritent certes mieux car des centcines et des centaines d'entre eux se sont conduits en héros au cours de la dernière guerre, ils ont fait preuve de courage et de dévotion à leurs devoirs dans la marine marchande et ils ont bien mérité de la patrie et du Travail Organisé.Voilà maintenant que pour les diviser davantage Pat Sullivcn vient de lancer une nouvelle union qui porte le nom de 1' "Union canadienne des marins des Grands Lacs".Son but est tout d'abord de grouper les marins dans une organisation qui ne sera pas dominée par des communistes mais par des hommes qui sont des marins de métier et qui connaissent à fond leurs conditions de travail et leurs besoins particuliers et qui n'hésiteront pas à employer les grands moyens pour leur obtenir ce qu'ils auraient dû avoir depuis longtemps ; il dit que sans demander l'impossible il exigera ce qui est juste et raisonnable et au besoin aura recours à la grève pour l'acquérir.L'ancien serétaire-trésorier de l'Union des marins, Jack Chapman, vient d'être nommé directeur de l'organisation de la nouvelle Union de Sullivan ; que faut-il en penser ?Cette Union aurait déjà des officiers dans les différents ports des Grands Lacs et sous peu on en entendra parler.Ce ne semble pas être là le langage d'un traître à la classe ouvrière, attendons les événements pour le juger, lui et sa nouvelle union ; en attendant, voilà ces pauvres marins avec une quatrième Union sur les bras, à laquelle vont-ils accorder leur confiance ?# # » L'Union des marins canadiens vient de lancer une lettre-circulaire à toutes les organisations ouvrières, leur demandant de pétitionner le gouvernement pour remettre en liberté Conrad Sauras qui purge actuellement une sentence de six mois pour être monté à bord d'un bateau sans l'autorisation du capitaine et ce en vertu d'une ancienne loi odieuse qui date du temps d'une mutinerie dens la Marine Anglaise, il y a de cela plus d'un bon siècle, peine excessivement sévère pour une offense plutôt bénigne, d’après l'honorable juge Lazure lui-même qui fut contraint de l'appliquer, mais bien à regret, parce que c'était la loi.Le geste en lui-même est très beau, et Sauras a la sympathie de bien du monde, il serait malade à la prison et, toujours d'après cette circulaire, il serait même en danger de mort.Nous souhaitons tous qu'il soit gracié, mais on ne peut s'empêcher de trouver que l'Union des marins a suivi une ligne de conduite bien maladroite : depuis l'arrestation de Saurcs et sa condamnation, les dirigeants de cette Union n'ont cessé de lancer des injures à l'adresse de ceux même à qui ils demandent aujourd'hui de la clémence.Quand on veut obtenir une faveur d'un gouvernement, on devrait avoir assez de jugement pour ne pas mettre celui-ci dans la position d'avoir à céder à des menaces ; en admettant qu'il fasse remettre Sauras en liberté on ne pourra empêcher un tas de gens de dire que le gouvernement a eu peur, qu'il a cédé devant les menc-ces des communistes, etc., etc.Il est hors de doute que ce fameux Shipping Act est démodé, qu'il est grand temps de le mettre au rancart et de le remplacer par quelque chose de plus moderne et de plus juste ; tout le monde est d'accord là-dessus, espérons que cela se fasse sous peu, et que le gouvernement jugera bon de gracier Conrad Sauras, victime d'une loi démodée et tyrannique au possible.SOCIUS.Les communistes et les unions ouvrières (Des Relations Industrielles de Lavaly La publicité qui a entouré de récents événements nous oblige à revenir sur un sujet que nous avons déjà traité l’an dernier, celui des communistes au sein des unions ouvrières canadiennes.Que des communistes se soient infiltrés au sein de certains syndicats, qu’ils en soient même devenus les dirigeants, c’est un fait reconnu et admis de tous.11 s’en trouve d’ailleurs dans beaucoup d’autres milieux.Cependant, notre position qui nous met en relations avec les groupements ouvriers tout autant qu'avec les groupements patronaux nous permet d’affirmer que ce ne sont encore là que des cas exceptionnels.Ce n’est pas parce que certains chefs ouvriers, dans des circonstances particulières, que nous nous abstenons de juger, emploient des méthodes assez radicales pour revendiquer ce qu’ils considèrent comme le droit des travailleurs que l'on est autorisé à crier au communisme.Soyons réalistes.Cela n’émeut pas du tout les syndicats et bien plus, c’est faire une belle propagande aux communistes que de leur attribuer des avantages que les unions ouvrières réussissent à gagner pour leurs membres.11 n’y a pas de doute (pie tout effort doit être tenté pour extirper des unions ouvrières canadiennes le germe du communisme et que la collaboration de toutes les bonnes volontés doit être obtenue à cette fin.Toutefois, nous nous permettons de signaler que, dans ce travail de collaboration, chacun doit prendre les moyens qui lui conviennent.Sinon, on obtiendra un eftet contraire et au lieu de guérir le mal, on l’aggravera.Mais avant tout, il est nécessaire de se demander comment il se fait qu’il y a du communisme et des communistes et comment ceux-ci ont réussi à prendre la direction de certaines unions ouvrières.Si l’on se donnait la peine de relire — ou de lire — certains passages des documents pontificaux publiés depuis une quinzaine d’années, on se rendrait probablement compte de la clairvoyance des souverains pontifes et on trouverait peut-être aussi les vraies réponses à ces questions.En 1037, dans Div.ni Rçïlcniptoris, Pie XI avait dit: “Pour comprendre comment le communisme a réussi à se faire accepter sans examen par les masses ouvrières, il faut se rappeler que les travailleurs étaient déjà préparés à cette propagande par l’abandon religieux et moral où ils furent laissés par l’économie libérale .On recueille donc l’héritage des erreurs tant de fois dénoncées par nos Prédécesseurs et par Nous même.” Et plus loin, il ajoutait : “Il n’y aurait ni socialisme, ni communisme si les chefs des peuples n’avaient pas dédaigné les enseignements de l’Eglise et ses maternels avertisse- ments.Mais ils ont voulu élever sur les bases du libéralisme et du laïcisme d’autres constructions sociales qui tout d’abord paraissaient puissantes et grandioses; mais on vit bientôt qu'elles n’avaient pas de fondements solides.” En 1931, dans Quadrogcsimo A two, le même pontife avait déjà affirmé: “Nous ne jugeons assurément pas nécessaire d’avertir les fils et fidèles de l’Eglise touchant la nature impie et injuste du communisme, mais cependant Nous ne pouvons voir sans une profonde douleur l'incurie de ceux qui, apparemment insouciants de ce danger imminent et lâchement passifs, laissent se propager de toutes parts des doctrines qui, par la violence et le meurtre, vont à la destruction do- la société tout entière.Ceux-là surtout méritent d’être condamnés pour leur inertie qui négligent de supprimer ou de changer des états de choses qui exaspèrent les esprits des masses et préparent ainsi la voie au bouleversement et à la ruine de la société” .Les employeurs ont sans doute un rôle à remplir dans ce domaine, même (Suite à la paye 3) Tel.LAncaster 3858 Salon de Fleurs St-Denis 1590, rue SAINT-DENIS (Edifice du Théâtre Saint-Denis) Spécialités : Bouquets de Noces, Tributs floraux Escompte de 10% aux membres des unions ouvrières.Mme ROVIRA — Fiés.MA.8488 LE MONDE OUVRIER MAI 1947 — MONTREAL MAY, 1947 Page 3 Hommages de LA LAITERIE DES PRODUCTEURS Limitée 3641, rue Lafontaine LAncaster 7209 — LAncaster 7200 Soir : 3875 Wellington WE.2214 — DE.4598 YVES PELLETIER AVOCAT 60 ouest, rue Saint-Jacques Suite 600 MONTREAL Les • v ¦ ¦ ¦ (SI Montréal, (CLR).— Inaugurant une "campagne éducative déterminée à contrecarrer le préjugé racial et religieux dans les rangs du travail organisé", plus de 200 délégués d'unions ouvrières de Montréal, représentant le Conseil des Métiers et du Travail et le Conseil Ouvrier de Montréal, ont voté pour l'établissement d'un comité permanent de deux organisations ouvrières pour lutter contre l'intolérance raciale et religieuse.Telephone : 400 3 chars en service Passagers assurés St-Georges TAXI Fernand PILON, prop.• Près du LUNCH CAR SAINT-JEROME, QUE.TEL.848 Jules Ed.GINGRAS Ressorts d'automohiles et de camions réparés, renforcés, retrempés Réarqués D'une lame à un ressort complet SAINT-JEROME, QUE.Tel.806 Olf.: 143 HOTEL ROYAL GEORGE-H.COTE, prop.GRILL
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.