Le monde ouvrier = The labor world, 1 octobre 1957, Octobre
Autorisé comme envoi postal de 2e classe, Ministère des Postes, Ottawa.le lllondc (Ouvrier Le doyen des journaux ouvriers canadiens oOMA//4 42e Année — No 10 OCTOBRE 1957 — MONTREAL — OCTOBER, 1957 Authorized as second class mail, Post Office Department, Ottawa.Jhelnbor World ! ____The Dean of Canadian Labor Paper» 42nd Year — No.10 APRES QUEBEC ET MliRDOQIVIEEE LE PROCHAIN CONGRÈS SERA INÉVITABLEMENT POLITIQUE Il n’est pas besoin d’être prophète pour prévoir que le congrès de la Fédération des Travailleurs du Québec, qui aura lieu à Montréal les 14, 15 et 16 novembre prochains, constituera en quelque sorte un prolongement des événements qui ont récemment monopolisé l’attention et les énergies de notre mouvement.Une grève pour l’instant perdue, la mort tragique de deux confrères grévistes, des manifestations retentissantes qui ont eu la manchette de tous les grands journaux du pays, les déclarations unanimes des principaux chefs syndicalistes de la province en faveur de l’action politique, tout cela ne peut qu’imposer à nos travaux une allure politique.Il n’est pas exagéré de dire que nous serons pendant trois jours, comme nous l’avons été à maintes reprises au cours des derniers mois, le point de mire de la nation.On a vu récemment, à l’émission de télévision “Prise de bec”, le président Roger Provost pressé de questions par un avocat de compagnie et un professeur d’université qui voulaient à tout prix savoir ce que la F.T.Q.entend par Inaction politique” dont il a été si souvent question à l’occasion “t e qui relèvera notre ni- veni i économique, ce n’est pas seulement nos négocia- tion s, mais aussi notre ac- lion politique”.Roger Provost, président de la F.T.Q.des manifestations de Mur-dochville, de Drummondville et de Québec.Mais si la population en général veut connaître nos intentions, il est à prévoir que les syndiqués eux-mêmes tiendront, au cours de leur congrès, à définir leur action, ou du moins à exiger qu’on prépare un programme sur lequel ils pourront se prononcer plus tard.On a beaucoup parlé également, tant à la base qu’à la direction de notre mouvement, d’un arrêt de travail général ou de grèves tournantes destinés à faire reconnaître une fois pour toutes dans cette province le droit d’association, bafoué de façon flagrante à Mur-dochville et à Drummondville.Les avis semblent assez partagés là-dessus.Pour les uns, c’est une aventure qui pourrait nous conduire au suicide; pour les.autres, c’est le seul recours qui reste au mouvement syn-! dical s’il veut se libérer de la prise d’étranglement qui lui est appliquée par le patronat et le gouvernement.Le congrès voudra sans doute se pro- noncer sur les mérites de ces deux théories.“Il faudrait qu’un jour tous les syndiqués soient prêts à fermer les boutiques dans la province de Québec”.Roméo Mathieu, trésorier de la F.T.O.Les congressistes débattront de nombreuses questions, soit d’intérêt proprement syndical, comme les lois des relations ouvrières et des accidents de travail, soit d’intérêt public, comme I’assurance-santé, l’éducation, la revision de la carte électorale, les ressources naturelles et la circulation routière.Mais tout porte à croire qu’à la suite des récents événements, la principale préoccupation de la plupart des délégués sera de changer le climat poli- tique de cette province, rendu tout à fait irrespirable pour les travailleurs syndiqués et ceux qui veulent se joindre à nous.On peut dire qu’un an après sa fondation, la Fédération des Travailleurs du Québec se trouve déjà à la croisée des chemins.Elle doit faire son choix entre des routes divergentes qui ne se rejoignent pas souvent.Quelle que soit l’orientation qu’il prendra, le deuxième congrès de la F.T.Q.sera historique.A lire en page 3 L'opinion de René Lévesque sur les congrès syndicaux.UNE PETITE ORPHELINE DE GREVE RETROUVE DES MILLIERS DE PAPAS ' ¦: ¦ .V.§f*iÿ ¦ :::: La petite Josette Bernatchez, âgée de quatre ans, semble nous demander, dans la photo de gauche, ce que nous ferons pour elle maintenant que son papa Hervé a sacrifié sa vie pour une cause qui nous tient tous à coeur : le droit d'association.Dans celle de droite, le président Léo Lebrun, de la Fraternité canadienne des employés municipaux de Montréal, répond wmMÊÊ0: ' ' ' ^ .V .s a * • - ü.; ¦ v%- ' -V • ’ à 1 appel de la fillette en remettant un chèque de mille dollars à Hélène Antonuk, secrétaire du Comité exécutif de la Fédération des travailleurs du Québec.La F.T.Q.a nommé cinq fiduciaires chargés de recueillir et d'administrer un fonds destiné à venir en aide aux familles d'Hervé Bernatchez et d'Edgar Fortin, qui ont été, selon l'expression de Roger Bédard, des Métallurgistes-unis d'Amérique, "victimes d'un capitalisme barbare".Il s'agit du "Fonds de secours Murdochvillo".On trouvera dans ce numéro de nombreuses photos des familles Bernatchez et Fortin, ainsi qu une liste des dons qui ont été faits jusqu'ici au "Fonds de secours Murdochville".(Voir les pages 6 - 7 • 10 - 12).Bibliothèque Municipale ¦'ÎO e, Sherbrooke, PAGE 2 OCTOBRE 1957 — MONTREAL — OCTOBER, 1957 THE LABOR WORLD le Monde (Ouvrier Belabor World Publié derna lo but do promouvoir los réformes legislatives nécessaires à la protection de la classe ouvrière du Québec, et à l'amélioration de son sort.Organe officiel de la FEDERATION DES TRAVAILLEURS DU QUEBEC Comité exécutif Roger PROVOST, président ; Romuald LAMOUREUX, Edouard LAROSE, vice-présidents ; Armand MARION, secrétaire ; Roméo MATHIEU, trésorier.Fondateur: Gustave Francq ; Directeur: Roger Provost Rédacteur : Noël PERUSSE Adressez toutes communications a : 1476 ouest, rue Sherbrooke — Téléphone: WEllington 7-9195 Imprimé par Mercantile Printing, Limited.11 ouest, rue St-Paul, Montréal 1, Que.¦ ?'tgsyüikgftv ^ i UN PARALLELE TROUBLANT POURQUOI SHEFFERVILLE N’EST PAS MURDERVILLE “Culottes baissées” Nos confrères de langue anglaise ont une expression savoureuse qui exprime bien la situation de quelqu'un qui se fait surprendre dans une position embarrassante : "To be caught with his pants down".Se faire prendre culotte baissée, c'est un peu ce qui est arrivé aux centrales syndicales de Montréal, à l'occasion des élections municipales.Bien loin de nous la pensée de critiquer les attitudes prises à cette occasion par les trois conseils de travailleurs.Même s'ils n'ont pu publier une déclaration commune, ils ont néanmoins réussi à présenter devant l'opinion publique un front à peu près uni.Mais si le cartel métropolitain a pris des positions fort convenables, il reste qu'il a été pris de court.Son comité intersyndical a eu beau multiplier les consultations et les négociations de toutes sortes, tout cela s'est fait dans une atmosphère électorale, peu propice à l'élaboration d'une politique à longue échéance.Il ne s'agit aucunement ici de reprocher à qui que ce soit ce qui a été fait ou ce qui n'a pas été fait.Car on ne pouvait faire mieux dans les circonstances.Ce qui importe maintenant, c'est qu’il y aura des élections provinciales dans trois ou quatre ans et qu'il ne faudrait pas que le mouvement syndical ait à se choisir une ligne de conduite dans un climat de campagne électorale.Si nous attendons trop longtemps avant d'étudier cette question, nous réussirons probablement à nous rallier autour d'une formule vague ou négative, mais certains tiendront peut-être à présenter des candidats, d'autres choisiront le parti du moindre mal, d'autres encore favoriseront l'annulation des bulletins de vote ou encourageront les travailleurs à simplement voter selon leur conscience.La diversité des opinions et la dispersion des efforts compromettent toute action que pourraient exercer les travailleurs syndiqués dans le domaine politique.Pour que les ouvriers votent de façon disciplinée, il faut qu'on leur présente des directives claires et positives qui auront été longuement et patiemment élaborées à tous les échelons de notre mouvement.En d'autres termes, si les travailleurs veulent avoir leur mot à dire aux prochaines élections provinciales, il est urgent qu'ils fassent de l'éducation et de l'action politiques de manière permanente.Il est également urgent qu'ils s'entendent à l'avance sur un minimum de principes qui sauront, le moment venu, rallier leur adhésion et leur assurer peut-être l'appui du reste de la population.C'est à cette condition seulement qu'on ne nous reprendra plus "culotte baissée".Les journaux nous annonçaient récemment que le Syndicat des Métallurgistes-unis d’Amérique a signé, avec la compagnie Iron Ore, une convention collective prévoyant une augmentation globale d’environ 37 cents l’heure.Le contrat, d’une durée de deux ans, comporte également .etc.inutile d’aller plus loin; tout le monde a pris connaissance de cette nouvelle dans les journaux, à la radio ou à la télévision.C’est ce qui peut se cacher derrière cette heureuse nouvelle qui peut intéresser maintenant les syndiqués.Après ce qui est arrivé à Murdochville, on se demande comment il se fait que les choses soient allées aussi rondement à Shefferville.Car on a fait vite, dans le cas de la compagnie Iron Ore, qui exploite les gisements de fer du nord-est québécois.Qu’une convention collective puisse être signée moins d’un mois après l’octroi d’un certificat de reconnaissance syndicale, cela peut encore se comprendre, puisque des syndicats s’entendent parfois avec des employeurs sans attendre leurs fameuses lettres de créance de la Commission des relations ouvrières.Mais le plus étonnant, dans cette affaire, c’est la diligence avec laquelle la C.R.O.a reconnu officiellement l’existence des Métallurgistes de Shefferville et de Sept-Iles.Bien loin de nous la pensée de nous en plaindre.Mais les travailleurs — et en particulier ceux de Murdochville et de Drum-mondville — sont en droit de se demander ce qui a pu se passer.Sous le titre “Le diable se fait moine”, Gérard Filion pose, dans le Devoir, une question troublante à laquelle il faudra bien apporter une réponse satisfaisante un jour.“Serait-il vrai, se demande Filion, que la direction de l’Iron Ore aurait reçu, de la plus haute autorité de la province de Québec, le conseil de résister à la demande de certification des Métallurgistes unis et de prendre une injonction contre la Commission de relations ouvrières?Une indiscrétion nous porte à croire que l’information, pour incroyable qu’elle soit, ne serait pas totalement controuvée”.Cette question n’a pas reçu de réponse, ni l’insinuation de démenti.Si cela est vrai, — et nous avons tout lieu de croire que les faits sont encore plus accablants pour le gouvernement, — cela veut dire que le régime Duplessis ne se contente plus de soutenir les entreprises antisyndicales en i prostituant la loi et la police.C’est lui-même, maintenant, qui nous fait la guerre, même contre le gré d’employeurs qui ont appris à coexister avec notre mouvement.On n’aura jamais assisté à une pareille dégradation du pouvoir public.CONVENTION GREETINGS ATLAS CONSTRUCTION CO (&jçl LIMITED / V ENGINEERING and CONSTRUCTION g® TELEPHONE * G l 2361 • 4701 ST CATHERINE ST WEST WESTMOUNT 6.QUE.ON FERME SA TV, LE LUNDI à 8h.30 p.m.La société Radio-Canada met une demi-heure hebdomadaire, cette année, à la disposition des travailleurs syndiqués.Nous devrions donc nous faire un devoir d'écouter “LA VIE OUVRIERE” tous les lundis soir, de 8h.30 à 9h.Le commentateur attitré de l'émission est le confrère Philippe Vaillancourt, directeur du Service d'éducation du C.T.C.pour la province de Québec.L'animateur est le confrère Jean-Paul Lefebvre, directeur-adjoint du Service d'éducation de la C.T.C.C.L'émission comporte un bulletin d'informations d'intérêt syndical, des commentaires, des interviews et, à l'occasion, un forum sur un sujet d'actualité.?ord! D'acc Ou régnent gaiete et franche camaraderie, la Dow est toujours servie! Emportez-en a la maison .^ SEULE LA BIÈRE DOW EST CLIMATISÉE LE MONDE OUVRIER OCTOBRE 1957 MONTREAL — OCTOBER, 1957 PAGE 3 1 COMPLIMENTS of Radio Engineering Products 1 GRANBY QUEBEC WHEN IN HUNTINGDON, VISIT LEACH TEXTILES LTD.MILL STORE STORE HOURS Monday, Tuesday, Wednesday, Thursday, 1.00 to 6 p.m.Friday and Saturday — 1.00 to 9 p.m.Located Next Walker Bridge (Upper Bridge) LORNE AVE., HUNTINGDON René Lévesque nous regarde GENERALI! )ELECTRIC “Ali Materials Required For a Complete Industrial Installation*"’ 9 STREET LIGHTING PLASTICS TRAFFIC CONTROL GLYPTAL AIR HEATERS SILICONES FLOOD LIGHTING WIRE AND CABLE CONDUIT MERCURY SWITCHES CARBOLOY TOOLS MOTORS & CONTROLS REMOTE CONTROL WIRING LIGHTING TRANSFORMERS LAMPS WATT HOUR METERS "EVERYTHING ELECTRICAL FOR THE HOME" • - FREEZERS DISPOSALLS REFRIGERATORS DISH WASHERS RANGES IRONERS WASHERS TELEVISION RECEIVERS DRYERS RADIOS AIR-CONDITIONERS ELECTRONIC TUBES WATER-HEATERS IRONS VACUUM CLEANERS TOASTERS CLOCKS KETTLES FRY PANS MIXERS ELECTRIC BLANKETS FLOOR POLISHERS COFFEE MAKER “Progress is our Most Important Product*’ Canadian General Electric Co.Ltd.Wholesale Department 5000 NAMt’It ST.—• MONTREAL, Quo RE.3-9911 05 BEL, YEI1ERE ST.— SHERBROOKE.Quo 1,0.9-B0-11 2309 ROYAI.E ST.— THREE RIVERS, Quo FR.5-1058 «50 nr: i,.\ reine — Quebec, quo 2-6815 III,Y1).IGNACE — CHICOUTIM , Quo 1,1.3-4158 — Voici donc revenue la saison [ des grands congrès syndicaux, j Si nous ramassions en quel-{ ques traits les critiques les plus courantes à l'endroit de ces réunions annuelles ?Ça donne à peu près ceci : les congrès sont à la fois 1) trop courts; /2) trop longs ; 3) trop vides ; 4) trop pleins.Bien sûr, c'est pour s'amuser, j cette énumération, et vous êtes j gentils d'en sourire.Sur ce, re-prenons-la pour voir si elle ge pourrait pas aussi vous faire grincer des dents un peu sérieusement.Trop courts .Une semaine, et à plus forte raison deux ou trois jours, est-ce suffisant pour examiner à fond, comme il se doit, les problèmes de plus en plus vastes et complexes du mouvement syndical ?Pour les examiner, les comprendre, et aussi pour déterminer une poli-1 tique, rajuster des attitudes, élaborer des solutions ?Et pour confronter des opinions divergentes, se mettre d'accord ?Evidemment, par définition les délégués ne sont pas des millionnaires, non plus que ceux qui les envoient.Alors, moins de délégués peut-être ?ou des j congrès moins fréquents, mais plus longs, où Ton sente moins de va-vite et d'à-peu-près et de "on en reparlera la prochaine fois" ?Trop longs .C'est paradoxal, mais c'est un fait que ces congrès si courts, aux heures si parcimonieusement comptées, donnent à certaines séances une impression de longueur.Parce qu'on en gaspille, de ces heures précieuses, à des par-lottes officielles et très protocolaires : "Messieurs et chers confrères, .etc.'', banquets, solennités et autres passe-temps que certaines associations peuvent bien s'offrir, puisqu'elles n'ont que ça comme raison d'être ; mais le mouvement ouvrier, qu'on dit en pleine lutte, en crise permanente d'expansion, de fusion, de consolidation ?Trop vides .Autrement dit, de la substance possible d'un congrès, quelle est la fraction qui se réalise ?Combien de résolutions importantes sont-elles sacrifiées au profit d'autres, qui le sont moins, mais qui ont l'avantage d'être de tout repos, sans danger pour personne ?Combien d'idées neuves, de suggestions peut-être provocantes mais peut-être aussi fructueuses, prennent-elles le chemin du panier ou du remis - à - Tan - prochain alors qu'une longue attention est accordée à des choses sur lesquelles tout le monde est d'accord et qu'on entend depuis dix ans ?On dit volontiers ique le syndicalisme est chez nous une avant-garde.Chose certaine, il Ta été.Mais ces temps-ci, on pourrait croire qu'il a eu peur tout à coup de ce rôle d'éclaireur, qu'il se sent trop exposé, là, tout seul, en avant .et qu'i la décidé de rentrer prudemment dans le AVERTISSEMENT Noua désirons faire observer à nos lecteurs que c'est do l'intérieur, — et non pas do l'extérieur, — du mouvement syndical que “René Lévesque nous regarde*'.Notre collaborateur, qui est commentateur et reporter à la radio comme à la télévision, est également directeur do l'Union des artistos, affiliéo au Congrès du Travail du Canada.René Lôvesquo a accepté, à notro invitation» do se faire pour LE MONDE OUVRIER l'avocat du diable, c'est-à-diro d'exposer ici les travers et les déficiences du mouvement syndical.Il nous communiquera aussi, en sa qualité do reporter, les préjugés qui ont cours à l'endroit du syndicalisme.Cela.René Lévesque le fera de façon piquante peut-être, mais toujours sympathique, car son dévouement à la cause ouvrière ne peut faire de doute pour personne.Sa chronique a pour but de provoquer la discussion, mais ses interlocuteurs devront tenir compte du fait qu'ils s'adressent à un ami qui no demande pas mieux que do pouvoir leur donner raison.Nous croyons que les travailleurs du Québec ont assez de maturité pour entendre dos critiques qui, venant de Lévesque, constituent do fait une véritable auto-critique.Ajoutons que René Lévesque, qui pourrait faire payer grassement sa collaboration à n'importe quel journal riche, consent à nous aider gratuitement.Nous l'en remercions.La Rédaction.lique.Il y aura toujours des ambitions, des groupes qui poussent par-ci et d'autres qui tirent par là, et la nature humaine sera toujours ce qui change le moins dans notre univers.Mais faut-il que le syndicalisme aille jusqu'à ressembler parfois à un ramassis d'intérêts féroces et de gens en place — ou qui ne pensent qu'à s'y mettre ?Dieu sait que nous en avons déjà suffisamment, de ces phénomènes, tout autour de nous .Le mouvement ouvrier, lui, n'a-t-il pas moins à défendre qu'à conquérir, moins à cacher qu'à proclamer bien haut ?Plus qu'ailleurs, par conséquent, ne doit-on pas y trouver de la lumière, avec toutes les cartes sur la table, et une démocratie qui soit rude et franche et chatouilleuse ?rang massif des satisfaits pas pressés.Sinon, pourquoi ces escamotages de problèmes et de débats ?Trop pleins .de manoeuvres trop savantes, de barguignages trop évidents, de "horsetrading" trop continuel.On ne vit pas dans la lune, bien entendu, ni dans un monde cmgé- Lire en pages 8 et 9 la réponse du président ROGER PROVOST RENE LEVESQUE Yole de grève à Druminondville Drummondville, (POC) .— Les employés de la Canadian Celanese, à Drummondville, membres de l’Union des Ouvriers du Textile d’Amérique, ont voté le 19 octobre dernier une résolution par laquelle ils autorisent leur exécutif à déclarer la grève si cela devient nécessaire.On sait que les ouvriers de la Canadian Celanese luttent depuis de nombreux mois pour essayer d’obtenir la reconnaissance syndicale.SUPPORT + RED CROSS À PAGE 4 OCTOBRE 1957 — MONTREAL OCTOBER, 1957 THE LABOR WORLD FemmeSetFaMiLiesfeMMeSETfAmlLLeSFEmM CHEZ LES MIDINETTES ABDIQUE Par GISELE BERGERON La récente visite de la reine Elisabeth et du duc d'Edimbourg dans notre pays a remis en vedette pour un temps cette institution désuète et charmante: la monarchie.Nos visiteurs étaient des représentants de la monarchie constitutionnelle; à Montréal, nous avons encore mieux : la monarchie démocratique.Ce sont les midinettes qui, il v a quelques années, connaissaient toutes les horreurs de la “sweatshop”, ce sont ces midinettes qui maintenant peuvent se payer le luxe d’une souveraine.Mais comme toutes les femmes syndiquées, nos midinettes croient à la démocratie et elles élisent une nouvelle reine chaque année.Samedi 23 novembre, dans les salons de l'hôtel Mont-Royal, on élira la reine 1958 des midinettes de Montréal.Pour courir la chance de gagner la couronne et le sceptre, aucun titre de noblesse n’est requis.Ce n’est pas non plus un concours «le beauté.11 suffit simplement que vos compagnes d'atelier vous choisissent pour votre distinction, votre élégance et votre personnalité et vous remplissez les conditions exigées.Les juges passent en revue les concurrentes le soir du bal et vers le milieu de la soirée on présente la nouvelle souveraine à ses sujets.On s’attend à ce que sera comme cela se fait dans tous les bals royaux qui se respectent.L’Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames organise depuis 1946, à l’occa- Lîi compagne Gisèle Bergeron, qui possède déjà une assez longue expérience des publications syndicales, in.augurera dans notre prochaine livraison un “Courrier du coeur" pas comme les «autres.Contrairement à ce qui se fait dans les «autres journaux, et qui constitue une pratique déplorable, ce n'est pas elle qui donnera personnellement des conseils aux lecteurs qui la consulteront.Elle fera appel à des spécialistes: médecins, psychiatres, assitantes sociales, avocats, etc., selon le cas qui lui sera soumis.“Le Monde ouvrier" sera ainsi en mesure de fournir des avis vraiment sérieux, fondés sur une expérience scientifique.Si vous désirez obtenir quelque conseil d«ans notre livraison de novembre, veuillez soumettre votre problème à notre collaboratrice d’ici le 10 novembre, en adressant votre lettre à “Le courrier de Gisèle”, Le Monde ouvrier, 1476 ouest, rue Sherbrooke, Montréal 25.quelque vingt ateliers envoient des représentantes.Le maire de Montréal offre habituellement le champagne et le buffet.Pour les candidates, dont l’âge varie de 16 à 22 ans, ce sera tout probablement leur premier verre de champagne.La reine, couronnée du Dé royal et aiguille (sceptre) en main, ouvrira le bal.Et l’on dan- Le billet d’Huguette sion de la Sainte-Catherine, ce traditionnel bal des midinettes.Les candidates reçoivent un joli souvenir.L’an dernier on leur a remis un dé en porcelaine anglaise et ce sera peut-être un ciseau en or cette année.La plupart des chefs ouvriers assisteront au bal du couronnement.Quand un pays en guerre mobilise ses hommes et les envoie se battre pour se protéger, il est entendu que l'état s'engage à prendre soin des dépendants de ceux qui mourront pour la patrie.C'est très juste et personne ne trouve à redire là-dessus.Eh bien ! Moi, je pense que le mouvement syndical ne peut faire moins que les gouvernements les plus réactionnaires.Je veux dire que s'il arrive qu'un de ses membres se fasse tuer dans une lutte pour la cause commune, le mouvement doit alors prendre à sa charge la famille ainsi privée de son gagne- LE MONDE OUVRIER accueille, en page féminine, la compagne Huguette Plamondon, vice-présidente du Congrès du Travail du Canada.Une simple anecdote suffira à démontrer qu’avec elle, les droits de I«a femme seront bien protégés.Au moment du dessert, Huguette demande à ses commensaux s’ils ne croient pas, comme elle, qu’il y a de la cannelle d.ans l«a tarte aux pommes.Un confrère lui répond, taquin, que s’il se trouve quelqu'un «autour de la t.able qui devr.ait le savoir, c’est bien elle.Huguette, en colère: “Tu sauras que je ne m’y connais pas plus que toi; je ne fais jamais l«a cuisine!” Alors, son compagnon de gauche, faisant semblant de vouloir réparer la gaffe: “D’ailleurs, tout le monde sait que les meilleurs cuisiniers sont des hommes”.Nouvelle colère d’Huguette qui, heureusement, n’est pas rancunière.Comme quoi la discrimination contre les femmes peut prendre bien des formes; il faut toujours veiller au grain.¦mm * -f-T • < LA REINE DES MIDINETTES 1957.— Mlle Madeleine Desjardins, qui est âgée de 23 ans, s’apprête à transmettre sa couronne et son sceptre à celle qui, l’année prochaine, régnera à sa place sur les ateliers de couture syndiqués de la métropole.Mais si elle doit perdre sa couronne, Mlle Desjardins a néanmoins trouvé, durant son règne, un prince consort qu’elle fiancerait, selon la rumeur, au temps des Fêtes.HERE’S HOW I FEEL When a nation mobilizes its manpower and sends them to war in self-defence, it is now accepted that the government guarantee the support of the dependents of those who die in defense of their country.That is just, and everyone agrees to it.Well, frankly I feel that the labour movement cannot do less than the most reactionary of governments.My meaning is that when one of our members is killed in fighting for labour's cause, the movement should assume the care of the worker's family so deprived of its bread-winner.Every time I've marched on a picketline — as at Murdoch-vilie — I've encouraged our men to fight, if necessary, against the scabs and the police.But 1 understand when the father of a family hesitates to risk his life and leave his wile and kids in misery.But at times the worker just hasn't the right to retreat and, in the crisis of the moment, there isn't time to ask his wife if it's OK that he risk his life.At Murdochville that happened to our Brothers Bernatchez and Fortin.They gave their lives fighting for our rights without asking the wife or their young children.I like to think that their families would not have liked to see the father bow his head before the combined forces of the Government and Gaspé Copper Mines — but they had the right to choose between humiliation and misery.But those families didn't have the chance to choose.The labour movement can't bring back the husband to his wife or the father to his children .but we have a moral obligation to the Fortin and Bernatchez family ; we must ease that misery that was not of their choice.That we should and must do.The government looks after war-widows and orphans ; our movement must do as much for our strike-widows and strike orphans.pain.Chaque fois que je me suis trouvée sur une ligne de piquetage, comme à Murdochville, j'ai toujours encouragé nos gars à se battre, s'il le fallait, contre la police ou les scabs.Mais je comprenais qu'un père de famille puisse hésiter à risquer sa vie et à laisser dans la misère sa femme et ses enfants.Mais il y a des moments où un travailleur n'a pas le droit de reculer et il n’a pas toujours le temps de consulter les siens pour savoir s'ils consentent à ce qu'il risque sa vie.C'est ce qui est arrivé à nos confrères Bernatchez et Fortin, à Murdochville.Ils ont donné leur vie pour nous tous sans consulter leur femme, et encore moins leurs enfants en bas âge.Sans doute, ces familles n'auraient-elles pas voulu que leur chef courbe la tête devant les forces combinées du gouvernement et de la Gaspé Copper Mines, mais elles avaient quand même le droit de choisir entre l'humiliation et la misère.Elles n'ont pas pu choisir.Le mouvement ouvrier, c'est certain, ne peut rendre leur mari à ces femmes, ni leur père à ces enfants.Mais il a contracté une obligation morale à l'égard des familles Fortin et Bernatchez : c'est de soulager la misère qu'elles n'ont pas choisie.Cela, nous pouvons et nous devons le faire.L'état s'occupe des veuves et des orphelins de guerre ; notre mouvement doit faire au moins autant pour les veuves et les orphelins de qrève.Huguette PLAMONDON.__ Huguette PLAMONDON.“Made RIGHT.Here In Canada.By Canadian Workers.” LE MONDE OUVRIER OCTOBRE 1957 — MONTREAL — OCTOBER, 1957 PAGE 5 iNTERnATiONaLlNrernATioNaL iNTerNationaL Un an après leur révolution d’octobre LES TRAVAILLEURS RECOURENT MAINTENANT A LA RESISTANCE PASSIVE U y a eu un an te 23 octobre, le peuple hongroia, ayndicaliatea en tête, »e aoulevait contre l’occupant aoviétique et aea quialinga indigènes.La révolte devait être définitivement écraaée par l’armée ruaae le 4 novembre.A l’occaaion de ce double anniveraaire, le aervice de preaae de la C.I.S.L.noua rappelle ce qu’a atora été le rôle joué par lea ayndiquéa hongroia et le travail qu’ila font encore aujourd’hui pour la cauae de la liberté.LA REDACTION.La révolte hongroise a été l'oeuvre de travailleurs qui ont appris à haïr les salaires de famine, les normes de travail inhumaines et la propagande trompeuse d’un état communiste.Les ouvriers hongrois n’avaient pas la vie facile sous le régime communiste.Pour les communistes, le mouvement syndical, fortement influencé par les sociaux-démocrates, était l’ennemi numéro un.A la fin, les syndicats avaient été transformés en instruments du régime, comme en Union soviétique.Des milliers et des milliers de syndicalistes ont été victimes des vagues d’arrestations qui se sont succédé de 1949 à 1952.Ils furent en fait tellement nombreux qu’on flut leur construire un camp de concentration bien à eux.Les syndicalistes avaient cessé de s’occuper des intérêts des travailleurs; leur rôle était désormais de voir à ce (pie les ouvriers observent les normes de production afin de mener le plan à bonne fin.Le droit de grève n’existait plus.Voilà pourquoi des .mineurs ont attaqué les tanks I soviétiques à coups de pic et de marteau, pourquoi les travailleurs ont transformé des usines en forteresses, pourquoi ils se sont retrouvés «avec les jeunes gens, aux premiers rangs des rebelles.Ceci explique la haine fanatique du peuple tout entier pour la police politique, l’occupant, les statues de Staline, l’étoile rouge et les publications de propagande.Aussitôt la liberté recouvrée, les syndicats se sont remis à leurs tâches traditionnelles.Us se sont débarrassés de leurs dirigeants communistes et ont rompu leurs relations avec la Fédération mondiale des syndicats.Le syndicalisme cessait d’être soumis à l’état ou à un parti politique.Pendant les quelques jours de liberté qui lui furent alloués, la nouvelle organisation syndicale a travaillé sans relâche dans la ligne du plus pur syndicalisme.La grève des travailleurs hongrois, qui s’est poursuivie pendant plusieurs semaines coupées de brèves interruptions, a permis au peuple d’ar- • WARMTH • SOFTNESS • DURABILITY combined in PURE WOOL BLANKETS “Canada's Own" TRAVEL RUGS AYERS LIMITED LACHUTE MILLS, P.QUE.Established 1870 Patronize Our Advertisers radier d’importantes concessions au gouvernement Kadar comme à son prédécesseur, le gouvernement Nagy.C’est la force brutale seule qui a finalement eu raison du soulèvement ouvrier.La poursuite de la grève a été empêchée par la répression de la police politique, qui a effectué à cette occasion des arrestations massives.Mais l’esprit révolutionnaire n’est pas mort en Hongrie et la résistance des travailleurs n’est pas près de cesser.L’ouvrier hongrois poursuit la lutte partout oit il se trouve, à l’usine, à la mine ou dans les champs.Mais au lieu de faire le coup de feu ou la grève, les travailleurs pratiquent maintenant la résistance passive.Et ils le font avec le même courage que les révolutionnaires armés qui ont envahi et occupé les rues de Budapest, à la fin d’octobre 1956.LE PRIX NOBEL DE LA PAIX EST UN SYNDIQUE En annonçant l’octroi du Prix Nobel de la paix 1957, on a dit bien des choses de son titulaire, Lester B.Pearson.On a rappelé qu’il a été ministre des Affaires extérieures du Canada, président de l’Assemblée générale des Nations unies, professeur d’université, et quoi encore ?Ah oui ! On a dit qu’il est le successeur éventuel de Louis Saint-Laurent à la tête du-parti libéral et qu’il a ainsi de bonnes chances de devenir un jour premier ministre.Evidemment, c’est déjà beaucoup, et cela devrait suffire à identifier parfaitement Mike Pearson, l’un des Canadiens les mieux connus à travers le monde entier.Mais ce n’est pas tout et, pour nous, les journaux ont oublié l’essentiel: c’est que M.Pearson est syndiqué.Depuis qu’il publie dans plusieurs journaux une chronique diplomatique hebdomadaire, l’ancien ministre a donné son adhésion à T American Newspaper Guild (FAT-COI-CTC).Il s’est volontiers rendu à l’invitation de la Toronto Newspaper Guild, qui lui faisait observer que son papier paraissait dans des journaux dont le personnel était entièrement syndiqué.Le Momie Ouvrier offre donc ses félicitations au confrère Pearson.INTERNATIONAL SOLIDARITY DAY November Fourth marks the first anniversary of the brutal suppression of the Hungarian uprising which started in Budapest on October 23, 1956.Perhaps few events in the history of man’s continuous struggle for freedom have had such an electrifying effect on the people of the world as the tragic and heroic events in Hungary, between October 23 and November 4, 1956.The world knows now the story of Hungary’s struggle for freedom.It was vividly described at the time by the press, radio and television.Verdict of United Nations The Eleventh Session of the United Nations General Assembly recently debated the two-volume UN report on Hungary, which has been submitted last June by a five-man commission, appointed by the Assembly, and consisting of representatives of Australia, Denmark, Tunisia, Ceylon and Uruguay.The unanimous findings of the Committee were upheld by th UN Assembly, and were as follows: 1.Russia violated the UN Charter by depriving the Hungarian people of their political independence; 2.The present Hungarian régime was imposed by armed Soviet intervention; 3.Russia has carried out mass-deportations of Hungarian citizens; i 4.The present régime in Hungary has violated human By Kalman Kaplansky, Director, Department of International Affairs, Canadian Labour Congress.rights guaranteed by the peace-treaty with Hungary.Thi s was the verdict of mankind’s conscience as expressed through the United Nations.ICFTU Recommendation The Congress of the International Confederation of Free Trade Unions, recently held in Tunis, adopted a recommendation to the effect that “the ICFTU and its affiliates .should give full attention to the first anniversary of the Hungarian revolution next October, and that it would be appropriate on that occasion to compare it with the Bolshevik revolution of 40 years ago, which has, in the course of time, developed into a most vicious and cruel dictatorship.” J.H.Oldenbroek, General Secretary, after consulting the ICFTU Executive Board members, has accordingly asked the affiliates in 93 countries, representing a membership of 55 million workers, that November 4, the date of the final suppression of the Hungarian uprising, be proclaimed as International Solidarity Day.He suggested that “such a day would be devoted not only to remembering the Hungarian revolution, but to demonstrating the feeling of solidarity of the workers throughout the world with all their fellow-workers in need”.International Solidarity Day will be inaugurated in Brussels, on November Fourth, at a mass-meeting to be held that evening at the Cirque Royal, which seats 2,500 people.It will be attended by the ICFTU Executive Board, which is meeting at that time.The Austrian, Danish and Italian affiliates have advised the ICFTU headquarters that they are proceeding with arrangements for mass-meetings on that day, and the “Deutsch-er Gewerkschaftbund” (Federation of German Trade Unions) plans a celebration in the famed Paulskirche in Frankfurt.It was there that Germany’s first democratic Parliament met in 1848.Thus, the workers of the free world will not forget the Hungarians’ heroic struggle for freedom and the tragic end of their uprising.The anniversary of their fight will inspire ithem to give concrete expression to the solidarity of the workers and to support the efforts of free trade unions everywhere to promote the attainment of economic plenty, political freedom and a world of peace.Mental illness is becoming increasingly common in Canada.More than one half the occupied hospital beds accommodate mentally ill people.There is more hope for quick cure if the patient receives early diagnosis and treatment.É ^535 PAGE 6 OCTOBRE 1957 — MONTREAL — OCTOBER, 1957 THE LABOR WORLD LE MONDE OUVRIER OCTOBRE 1957 — MONTREAL — OCTOBER, 1957 PAGE 7 * rj vwtou.iUflK* -xxar~2 ¦'4'j'Svy'yA!.47Ka£j piffl ' V 'A ïîj?• ' .• v ; §§§11 a Bm •••> : ENFIN, NOUS POUVONS CONNAITRE.Les deux familles que nous devons aider Mme EDGAR FORTIN Bien qu’éloignées par la distance qui sépare Gaspé de Rivière-au-Renard, les deux veuves de la grève de Murdochville se sentent solidaires dans le malheur qui s’est abattu sur leurs familles par suite d’un conflit où Edgar Fortin et Hervé Bernatchez combattaient ensemble pour une même cause.Leurs maris sont morts par esprit de solidarité avec leurs camarades grévistes.Pouvons-nous, nous-mêmes, nous désolidariser de la misère à laquelle deux familles ouvrières sont maintenant exposées du seul fait que Bernatchez et Fortin ont sacrifié Mme HERVE BERNATCHEZ leur vie dans notre lutte commune?D’ailleurs, si madame Fortin ou madame Bernatchez nous téléphonait un soir, alors qu’après notre journée de travail nous prenons quelques moments de repos au sein de notre famille, si nos veuves de guerre appelaient ainsi au secours, nous n’hésiterions pas à leur venir en aide.C’est exactement l’appel que lance en leur nom la Fédération des Travailleurs du Québec, par l’intermédiaire du “Fonds de secours Murdochville”.La grève de Murdochville a fait deux morts, deux veuves et six orphelins.Un autre entant naîtra bientôt dans la famille de l'une des victimes de se conflit meurtrier.Les morts, nous les connaissons assez bien et jamais nous ne pourrons oublier les noms d'Hervé Bernatchez et d'Edgar Fortin, martyrs ouvriers et victimes, comme l'a dit Roger Bédard, représentant des Métallurgistes-unis d'Amérigue, "d'un capitalisme barbare”.Nous savons que Bernatchez a été tué par une explosion de dynamite et que Fortin est mort subitement peu après avoir fait feu sur les émeu tier s qui menaçaient sa famille, au soir de la marche sur Murdochville.Reportage photographique de Robert Millet Quand Edgar Fortin a succombé à une crise cardiaque au soir de la Marche sur Murdochville, sa femme, enceinte de quelques mois, s’est trouvée totalement dépourvue, avec deux enfants en bas âge sur les bras.Ce sont Arlette (2 ans) et Monelle (10 mois), que l’on voit dans la photo ci-dessus.Dans la première photo de droite, la petite Arlette cherche à retrouver l’affection de son papa dans les bras d’un de ses oncles Fortin.Dans la deuxième, bébé Monelle semble se consoler.sur l’épaule de grand-maman Fortm, de tous les malheurs de sa famille.Mais si nous connaissons un peu ces morts, pour lesquels nous ne pouvons plus rien, nous connaissons très mal leurs familles, envers qui nous avons pourtant les plus graves obligations.Cest pourquoi nous publions ces pages qui, en nous faisant pénétrer dans l'intimité des familles Fortin et Bernatchez, en nous faisant connaître ces mères esseulées et ces enfants aux grands yeux interrogateurs, nous aideront à les aider.On ne peut pas aimer quelqu'un que l'on ne connaît pas.Mais alors, comment pourrions-nous rester insensibles maintenant à la sécurité de ces veuves dont nous connaissons le visage courageux, mais inquiet ?Comment ne pas nous préoccuper désormais de loger ces familles qui nous sont devenues familières et qui pourraient être les nôtres ?Comment, surtout, pourrions-nous ne pas nous soucier de l'éducation et de l’avenir de ces entants que nous pouvons appeler par leurs noms et dont nous savons l'âge ?Bernatchez et Fortin sont morts pour le syndicalisme, dont la principale raison d'être est de protéger les intérêts des travailleurs et de leurs dépendants.Alors, pourrions-nous tolérer que les familles de deux syndicalistes aussi convaincus vivent maintenant moins bien que des familles de scabs vivants, pourrions-nous tolérer que les enfants ne reçoivent pas l’éducation que leur père voulait leur donner et pour laquelle, précisément, il se battait avec nous tous ?!S.O.S.s.o.s.S.O.S.Les travailleurs syndiqués luttent pour la justice.Nous ne devrions pas permettre que les familles de deux confrères qui ont donné leur vie pour l’avènement de la justice, vivent une seule heure de la charité.Nous pouvons acquitter partiellement la dette que nous avons contractée à l’endroit d’Edgar Fortin et d’Hervé Bernatchez en adressant IMMEDIATEMENT nos contributions, faites à l’ordre du “Fonds de secours Murdochville”, au secrétariat de la Fédération des Travailleurs du Québec, 1476 ouest, rue Sherbrooke, Montréal 25.On a entrepris, à Rivière-au-Renard, à 85 milles de Murdochville, la construction d'une modeste maison où logera la famille d'Hervé Bernatchez.Madame Bernatchez vivra ainsi près de la ferme de ses parents, M.et Mme Adem Lambert, chez qui elle habite en ce moment.11 semble qu'elle pourra s'y transporter avec ses entants avant l'hiver.On songe également à donner un toit à la famille d'Edgar Fortin, qui loge présentement chez les parents du disparu, M.et Mme Adrien Forth,, à Gaspé.La mise en chantier aurait lieu au printemps.Depuis la mort tragique de son père, le jeune Jean-Marc Bernatchez est devenu, à 9 ans, l’homme de la maison.C’est un petit gars studieux qui fréquente le couvent de Rivière-au-Renard, où il fait actuellement sa quatrième année.C’est aussi un enfant, hclas! qui a commencé à aller bien jeune à l’école de la vie et de la mort.Jean-Marc a l’âge de comprendre que son père est mort pour une juste cause, mais que pensera-t-il de nous, plus tard, si nous ne nous occupons pas, comme Hervé Bernatchez l’aurait fait, de préparer son avenir?Quand son mari, “martyr ouvrier”, a péri dans une explosion de dynamite à Murdochville, madame Bernatchez a hérité de la lourde responsabilité de nourrir quatre jeunes enfants et de leur assurer une éducation convenable.Elle a aussi hérité, en vertu d’une disposition du contrat de vente grâce auquel Hervé Bernatchez pouvait se rendre à son travail “sur la finance”, d’une automobile qu’elle a maintenant appris à conduire.Dans la photo ci-dessus, on voit trois des petits orphelins: de gauche à droite, Josette (4 ans), Jacinthe (6 ans) et Alain (3 ans), dans les bras de sa mère.L’aîné, Jean-Marc (9 ans), se trouvait à l’école, au moment où cette photo fut prise. PAGE 8 OCTOBRE 1957 — MONTREAL — OCTOBER, 1957 THE LABOR WORLD DOMINION BLANK BOOK CO.LIMITED ST.JOHNS P.Q.Le Prés.Provost répond à Lévesque COMPLIMENTS OF J.J.BARKER COMPANY Limited COWANSVILLE, Que.CANADA The Borden Company Limited Division des produits de la ferme LAIT • CREME - BEURRE - OEUFS FROMAGE COTTAGE 280 rue Murray Montréal GLenview 5335 L’ECONOMIE EMBELLIT LA LA BANQUE D’ÉPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTREAL TOUTES NOS SUCCURSALES SONT OUVERTES LE SOIR du LUNDI au VENDREDI de 7 à 8 heures.IL Y A UNE SUCCURSALE DANS VOTRE VOISINAGE CONVENTION GREETINGS AIRCRAFT INDUSTRIES OF CANADA LIMITED Complete overhaul and conversion on all types of aircraft.D.O.T.AND R.C.A.F.APPROVED Box 100 —Phone FI.7-7517 — ST.JOHNS, P.Q.CLAEKI, «ou»* COMPLIMENTS OF HUNTINGDON WOOLEN MILLS LIMITED HUNTINGDON QUEBEC CONVENTION GREETINGS STANDARD CLAY PRODUCTS LIMITED Manufacturers of Salt Glazed Vitrified Clay Sewer Pipes and Other Clay Products Head Office ST.JOHNS, QUE.Safes Office Factories University Tower Building ST.JOHNS, QUE.MONTREAL, QUE.NEW GLASGOW, N.S.J’ai lu attentivement les observations du confrère René Lévesque.Il m’a fait à peine sourire, mais beaucoup réfléchir.Son paradoxe n'est pas aussi paradoxal qu'on pourrait le croire à première vue.Il a bien regardé, comme seuls savent le faire les journalistes intelligents et sympathiques qui assistent à des congrès syndicaux.II me semble le voir au moment du départ pour couvrir” un congrès syndical.“Trois jours de séances.lion Dieu que c’est court”.Et.après la première ou la deuxième séance : “Bon Dieu que c’est long, tout ce temps perdu! Comme certains me semblent prudents, inquiets presque !” Et puis viennent les élections ! De vraies élections politiques, moins les discours ! Il y a les caucus, les “slates”, les “on t’supportc si tu nous supportes” et, à partir de ce moment, les grands principes semblent être oubliés, mis sur la tablette.Eh oui ! C’est un peu ça, c'est même beaucoup ça.Mais pourquoi?Il doit y avoir certaines raisons, ou du moins certaines explications.En effet.René Lévesque suggère moins de délégués ou des Congrès moins fréquents.Moins de délégués?Mais en restreignant la représentation, les locaux avec un nombre limité de membres seront presque tous bannis des congrès.Dautrc part, comprimer par le haut, nous placerait dans une position parallèle à la carte politique de cette province, que nous combattons âprement, depuis plusieurs années.Des Congrès moins fréquents?A tous les deux ans, tous les trois ans, mais pour dix ou douze jours peut-être?Là encore le problème n’est pas simple, et la solution encore moins.Il faut se rappeler que ce sont les délégués qui déterminent la fréquence des congrès.Or, sur le plan national, à Toronto, en avril 1956, il a fallu tout le prestige des officiers pour faire accepter le congrès biennal.Et qui sait ce qui arrivera en avril 1958, à Winnipeg, alors que déjà une campagne est en marche pour revenir au Congrès annuel ?I.cs délégués veulent avoir l’opportunité de juger les actes de leurs officiers chaque année.Nos congrès sont trop longs, nous dit encore le confrère René Lévesque.D’accord, il y a trop de discours officiels.Le maire, le ministre, le représentant de tel service gouvernemental, de tel autre service, et qui encore.D’accord, mais comment les éliminer?Graduellement, chaque année, nous en oublions un ou deux, mais il existe des personnalités que nous ne pouvons ignorer, sans encourir la colère de plusieurs, sinon de presque tous les délégués.Serait-il possible d’ignorer la présence du president Jodoin au point de ne pas l'inviter à parler?I.c président devrait-il jeter au panier son discours traditionnel au risque de ne pas donner “le ton” au congrès?On y gagnerait à faire ees gestes, beaucoup peut-être, mais n’y perdrions-nous pas davantage?Je pose la question, mais je n’ai pas la réponse.Quant aux banquets et aux danses le soir, le confrère René ne semble pas leur attacher une LE MONDE OUVRIER OCTOBRE 1957 — MONTREAL — OCTOBER, 1957 PAGE 9 wmm HB Compliments of McDonald & robb LIMITED MILLERS Cable Address : "DONROBB" Codes : Bentley-Western Union-Riverside Revised VALLEYFIELD, P.Q.CANADA COMPLIMENTS OF Graham Food Products (Quebec) Limited ROGER PROVOST COMPLIMENTS o/ if grande importance.Toutefois, si nous voulons que les délégués se fassent accompagner de leurs épouses, afin qu’elles comprennent mieux le travail qu’accomplit le délégué à longueur d’année pour son syndicat, il faut penser à madame.S’il n’y a rien pour elle, son époux la laissera à la maison et il y aura bientôt une ‘scab’ dans la famille.Ce que femme veut, mon cher René !.Nos congrès sont-ils trop vides?11 ne m’a jamais semblé que des résolutions importantes mais provocantes aient été mises de côté pour faire place à des résolutions de lieu commun.Je ne conteste pas, cependant, que nos congrès discutent très peu de résolutions provocantes.La résolution doit émaner de la cellule locale surtout, sinon le congrès deviendrait une négation de la formule démocratique qui veut que la politique soit déterminée par le syndiqué qui, dans sa cellule locale, élabore les résolutions qu’étudiera le congrès.Or, l’union locale présente rarement des résolutions provocantes., Pour que le mouvement syndical puisse reprendre sa fonction d’avant-garde, il faut tout d’abord refaire l’unité de pensée à l’intérieur du mouvement.Coincés entre une droite extrêmement prudente, satisfaite, et une gauche parfois trop pressée, qui souvent n’a que faire des lenteurs inhérentes à la démocratie et qui présenté toujours s’exprime avec une souplesse “éléphantine”, les responsables se sentent presque figés dans un centre gauche où ils sont fort mal à l’aise.Us se cantonnent dans cette position malheureuse pour ne pas agrandir les fissures, pour empêcher le tout de craquer, tandis qu’ils supplient ceux qui doivent faire l’éducation des syndiqués sur une base locale, de pousser plus vite et plus à fond cette éducation, afin de créer une pensée véritablement syndicale, vraiment collective et réellement progressive.J'ai bien aimé la dernière phrase de René Lévesque : ‘‘une démocratie qui soit rude, franche et chatouilleuse”.Comme lui, j’abhore les tractations, les jeux de coulisse.Hélas! il m’apparaît bien difficile d’éliminer tout ceci d’un seul coup.Le jour où nous aurons dans le mouvement syndical une démocratie rude, franche et chatouilleuse, je me réjouirai avec René Lévesque et des centaines d’autres.COMPLIMENTS OF THOMPSON & ALIX LTD.430 Sud, rue Wellington, Sherbrooke, Que.CONVENTION GREETINGS Sherbrooke Machineries Ltd.Established 1908 Manufacturers of PULP AND PAPER MAKING MACHINERY ‘ ¦*;**.ji a — iilSi&u., .© SHERBROOKE, QUE.COMPLIMENTS OF UNION SCREEN PLATE COMPANY OF CANADA LIMITED INDUSTRIAL PLATING SCREEN PLATES LENNOXVILLE QUEBEC CABLES, CONDUITS LIMITED Manufacturers of Electric Wires and Cables ST.JOHNS QUEBEC CANADIAN REFRACTORIES CRADLE THE FIRES OF INDUSTRY Quality products help insure prosperity CANADIAN REFRACTORIES Ltd.MONTREAL — HAMILTON — TORONTO Hall Machinery of Canada Limited DESIGNING — ENGINEERING MANUFACTURING Lcmdsdown Street SHERBROOKE, Que. PAGE 10 OCTOBRE 1957 — MONTREAL — OCTOBER, 1957 THE LABOR WORLD LE FONDS DF, SECOURS MURDOCHVILLE - - MURDOCHVILLE MEMORIAL FUND Les Métallos canadiens et les employés manuels de Montréal donnent des montants de 4 chiffres La campagne de souscriptions en vue de venir en aide aux familles des confrères Bernatchez et Fortin, tués au cours de la grève de Murdochville, bat son plein, et déjà le secrétariat de la F.T.Q.a reçu des sommes de quatre chiffres, c’est-à-dire des montants d’au moins mille dollars.Les deux principaux donateurs collectifs sont jusqu’ici les Métallurgistes unis d’Amérique (bureau national de Toronto), qui ont versé $5,000., et la Fraternité canadienne des employés municipaux (Local 1 du C.T.C.), qui nous a fait parvenir un chèque de $1,000.Le Fonds de secours Murdochville a déjà reçu de nombreuses souscriptions de plus de $100., ainsi que quelques dons individuels de $50.Nous publions ici une première liste de dons de $25.et plus.Nous compléterons cette liste dans notre prochaine livraison.Steelworker* of America, Toronto, Ont.Fraternité Canadienne des Emp.Municipaux, Montréal, Qué.Steelworker* of A., 1064, Sydney, N.S.Steelworker* of A., Rouyn, Qué.Steelworker* of A., 1005, Toronto, Ont.Tobacco Worker*, 237, Montréal, Qué.Tobacco Workers, 242, Granby, Qué.Steelworker* of A., 2931, Galt, Ont.Steelworker* of A., 3546, Vancouver, B.C.Union Nat.des Ouvrier* du Verre, 206, Montréal, Qué.Steelworkers of A., 5115, (Gate Collection, Kitimat, B.C.Steelworker* of A., (Toronto office), Toronto, Ont.Steelworker* of A., 2904, Preston, Ont.Steelworker* of A., 2899, Galt, Ont.Steelworkers of A., 4885, Ajax, Ont.Steelworker* of A., 2905, Galt, Ont.Steelworkers of A., 4121, Bell Ilsland, Nfld.Steelworkers of A., 3390, Toronto, Ont.Steelworkers of A., 4589, Montréal, Qué.Steelworkers of A., 2843, Lachine, P.Q.Steelworkers of A., 4595, Port Colborne, Ont.Steelworkers of A., 2894, Sheffield, Ont.Steelworkers of A., 2858, Toronto, Ont.Steelworkers of A., 2837, Owen Sound, Ont.Steelworkers of A., 3394, Toronto, Ont.Steelworkers of A., 2537, Hamilton, Ont.Steelworkers of A., 3910, Vancouver, B.C.C.L.C., 144, Rubber Workers, St-Jérôme, Qué.Steelworkers of A., 4077, Joliette, Qué.Inter.Ass.of Machinists, 1896, Beebe, Qué.C.B.R.E., 117, Montréal, Qué.Le* Travailleur* Unis de la Radio & T.V., Montréal, Qué.Steelworkers of A., 2771, London, Ont.Steelworkers of A., 3250, Hamilton, Ont.Mr.Don Taylor, Office W.Steelworkers, Toronto, Ont.M.Raymond Lapointe, Steel, Val-d'Or, Qué.Steelworkers of A., Fred Young, Toronto, Ont.Steel Workers of A., 1817, Oshawa, Ont.Steelworkers of A., 2000, Hespeler, Ont.Pulp & Sulphite, 708, Prince Rupert, B.C.Steelworkers of A., 2871, Hespeler, Ont.Steelworker* of A., 3292, Kitchener, Ont.Steelworker* of A., 3534, Kitchener, Ont.Steelworker* of A., 3684, Toronto, Ont.Steelworker* of A., 4575, St-Jean, Qué.Mr.Bill Mahoney (personal), Toronto, Ont.Steelworker* of A., 2895, Galt, Ont.Steelworkers of A., 5207, Waterloo, Qué.Steelworkers of A., 3683, Ingersoll, Ont.Steelworkers of A., 4045, Preston, Ont.Steelworker* of A., 4163, Preston, Ont.Steelworkers of A., 4752, Hamilton, Ont.Steelworker* of A., 2940, Hamilton, Ont.Steelworkers of A., 3466, Atikokan, Ont.Steelworker* of A., 4087, Winnipeg, Man.Steelworker* of A., 2946, Toronto, Ont.Steelworkers of A., 4815, St-Thomas, Ont.Steelworker* of A., 5297, Kingston, Ont.Steelworkers of A., 3495, Vancouver, B.C.Steelworker* of A., 3000, Guelph, Ont.Steelworkers of A., 4771, Roxboro, Qué.Steelworkers of A., 2655, Vancouver, B.C.Steelworkers of A., 5497, St.Catharines, Ont.Paper Makers, 455, St-Jérôme, Qué.Pulp & Sulphite, 138, Beaupré, Qué.Steelworker* of A., 4487, Toronto, Ont.Sheet Metal Workers, 116, Montréal, Qué.Steelworker* of A., 4996, Kitchener, Ont.Steelworker* of A., 3129, Toronto, Ont.Mr.J Fenw'ick, Steel, Toronto, Ont.Steelworkers of A., 2729, Toronto, Ont .Steelworker* of A., 5375, Toronto, Ont.Steelworker* of A., 4844, Montréal, Que.Steelworkers of A., 4127, Galt, Ont.$5,000.00 1,000.00 500.00 350.00 250.00 250.00 200.00 200.00 200.00 200.00 195.73 175.00 150.00 150.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 100.00 85.00 75.00 75.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 50.00 40.00 30.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 i Steelworkers of A., Walter Baskiewicz, Winnipeg, Steelworkers of A., 1004, Hamilton, Ont.Steelworkers of A., 4702, Pictou, N.S.U.Rubber, Cork Linoleum, 483, Québec, Qué.Steelworkers of A., 4222, Preston, Ont.Steelworkers of A., 4151, Niagara Falls, Ont.Steelworkers of A., 4850, St.Catharines, Ont.Steelworkers of A., 2784, Oshawa, Ont.Steelworkers of A., 3998, Toronto, Ont.Steelworkers of A., 5482, Scîirborough, Ont.Steelworkers of A., 3692, Hamilton, Ont .Steelworkers of A., 4210, Spencerville, Ont.Steelworkers of A., 4170, Ottawa, Ont.Steelworkers of A., 4125, Galt, Ont.Steelworkers of A., 4592, Hamilton, Ont.Steelworkers of A., 3975, Toronto, Ont.Steelworkers of A., 5294, Hamilton, Ont.Steelworkers of A., 5390, Oakville, Ont.Steelworkers of A., 2903, Galt, Ont.Steelworkers of A., 4064, Gananoque, Ont.Steelworkers of A., 4574, Milton, Ont.Steelworkers of A., 4606, Mettitton, Ont.Steelworkers of A., 4152, St.Catharines, Ont.Steelworkers of A., 3345, Edmonton, Alta.Steelworkers of A., 2766, Welland, Ont.Steelworker* of A., 5019, Smiths Falls, Ont.Steelworkers of A., 5049, Fort Erie, Ont.Steelworkers of A., 3564, Guelph, Ont.Steelworkers of A., 4444, Hamilton, Ont.Steelworkers of A., 5271, Oshawa, Ont.Steelworkers of A., 3376, Vancouver, B.C, Steelworkers of A., 3749, Brantford, Ont.Int.Bro.Electrical W., 568, Montréal, Qué.C.B.R.E., 277, Québec, Qué.Ma 25.00 25.00 25.00 25.00 ; 25.00 25.00 25.00 | 25.00 I 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 25.00 Fonds de secours Murdochville Les cinq fiduciaires chargés par la F.T.Q.de constituer et d'administrer le Fonds de secours Murdochville sont : Président : BERNARD SHANE, Union Internationale des Travailleurs du Vêtement pour Dames Secrétaire : PHILIPPE VAILLANCOURT Congrès du Travail du Canada Trésorier : ROMEO MATHIEU Travailleurs Unis des Salaisons Directeurs : R.J.LAMOUREUX Métallurgistes-U nis d'Amérique GASTON A.RAMAT Union Internationale des Employés de Restaurants et d'Hôtels.Le Fonds de secours Murdochville s'est fixé un objectif minimum de $50,000.Les contributions reçues au moment d'aller sous presse s'élèvent à environ $14,000.LISEZ-VOUS LA PRESSE?ALORS, LISEZ CECI.Si vous lisez La Presse tous les jours, cela vous coûte 30 cents par semaine.Si, en vous rendant à votre travail, vous achetez en outre Montréal-Matin, cela vous coûte encore 30 cents par semaine.Si, pour le week-end, vous vous procurez Le Petit Journal, cela fait 10 cents.Si, durant la semaine, vous achetez aussi Allô Police et Nouvelles et Potins, il vous en coûte encore 20 cents.Si vous lisez en outre Le Journal des Vedettes, qui se vend 10 cents, vous dépensez au total $1.00 par semaine pour lire des journaux capitalistes qui défendent des intérêts exactement contraires aux vôtres et qui représentent souvent des partis politiques qui veulent la disparition même du syndicalisme.Qu'elles lisent ces journaux ou d'autres, on peut dire que la plupart des familles ouvrières dépensent $1.00 par semaine pour engraisser des patrons et subir une propagande contraire à tout ce que l'on prêche dans les syndicats.Or, pour la même somme (UN DOLLAR), vous pouvez vous abonner POUR UN AN à VOTRE journaL LE MONDE OUVRIER.C'est un journal qui vous appartient et que l'on pourra, avec votre aide, rendre aussi intéressant que n'importe quel journal capitaliste et anti-ouvrier.Si vous désirez vous y abonner, vous n'avez qu'à remplir le coupon d'abonnement et à nous le retourner, à l'adresse indiquée, avec un chèque ou un mandat-poste au montant d'un dollar par abonnement.LE MONDE OUVRIER, 1476 ouest, rue Sherbrooke, Montréal, 25.Je désire obtenir abonnement(s) au Monde Ouvrier et je vous envoie ci-inclus la somme de .__ dollar(s).NOM: _____________________ ADRESSE: ________ VILLE :_________ PROVINCE :________________ LE MONDE OUVRIER OCTOBRE 1957 — MONTREAL OCTOBER, 1957 PAGE 11 -—-, EDITORIAL I CAUGHT PANTS DOWN! To be caught "with one's pants down'' is darn embarrassing.Yet that is, to some txetne, the situation in which the three Montreal labour councils found themselves on the question of the municipal elections.Far from us the intention to criticize the positions taken on that occasion by the three councils.For even though they weren't able to publish a joint statement, they were able to present a fairly-well united front to the public.But even though the labour cartel took very acceptable positions, it was in fact caught short.Even though the infer-union committee increased the number of their joint consultations and negotiations — all this was at the time of election fever; a time little-subject to reasoned elaboration of a longterm program.I.A.M.SICK BAY VISITED Most night of the week, at least one member of I.A.M.Lodge 712 is being visited by a fellow Lodge member brining a small gift of fruit and cigarettes.The visitor is a member of the Lodge Social Committee assigned to visiting sick members at hospitals in and around Montreal, Quebec.A program of sick visits by corn-mittee members has been in operation since August 1955, Aldo Caluori, Lodge Business Representatives, reports.During this period a total of 1,526 visits have been made by the three committee members assigned to this part of the social committee’s duties.Again this is not meant in any way as a criticism of what was or wasn't done.It was impossible under the circumstances to do better.The important point is that there will be provincial elections within three or four years and we don't want the labour movement to be forced to choose a line of action in the heat of the election campaign.We will probably have to rally around a vague or negative program if we wait too long before study of this question.But some members will insist candidates should run ; others will choose the party of the lesser evil ; still others will say to annul the vote or encourage all to vote according to their conscience.Such diversity of opinions and needless division of efforts weakens all action that the organized labour movement could take in the political field.We must present the workers with a clear, well-defined policy that has been long considered and patiently formulated at all levels of our movement in order that the workers vote in a logical, disciplined way.If the workers want to have their say in the fast-approaching provincial elections, it is urgent that a continuing program of political education and action be set-up on a permanent basis.Agreement must be reached in advance on a minimum of principles of action which will, when the time comes, rally the workers' support, as well (it is hoped) as the support of the rest of the population.Only after this will we be in a position not to be again caught "with one's pants down".The average number of weekly visits over the past two years has been 25-30.However, some weeks, the total has reached as high as 50.When an employee of Cauadair Ltd., the Plant for which Lodge 712 bargains, makes a claim for a group insurance payment for hospital care, the social committee is informed immediately.A committee member is then assigned to visit the patient if he is in a hospital within a 25-mile radius of Montreal.Each member is given an attractive basket of fruit and a box of cigarettes which costs the Lodge $3.50.The cost of providing these baskets has exceeded $5,000.00 since the sick visit program was started.Members who make up the social committee, one of the busiest in the Lodge, are M.Roberge (president) ; G.Dcsilets, A.Bardonnex; R.Beaudoin ; and L.Martineau .Recently, Desilcts and Bardonnex have seen how the program works from the receiving end.They have both been patients.If you read The Montreal Star daily it costs you 35 cents a week.If, on your way to work you pick up a copy of the Gazette every day that adds up to 30 cents a week.If on the weekend you pick up a copy of the Star Weekly, it means another dime.Maclean's costs you 15 cents.And maybe you sneak a peak at Midnight or some other "popular" newspaper .well that's 10 cents again.Or maybe it's more if you pick up those others !.Anyway, it means that you spend around $1.00 a week to read newspapers controlled by high finance, who defend the interests of high finance and often would like to destroy the labour movement.adds up to the fact that your $1.00 goes to support those r i?^ht unionism .to those interests that want to fill you frill of all the sorts of propaganda that is against the better pondes of your unions.the same cost ($1) you can subscribe FOR ONE YEAR to 30R WORLD.It's your paper.And with your help it can as interesting and important as any high-finance, antipaper.Jus fill in the form and return it along with a cheque y-order for $1.00 (per subscription).-.I I ¦rtiE h LBOR WORLD, 1476 Sherbrooke St.West, Mpntrçgd 25.Please enrôle my- subscription(s) to THE LABOR WORLD.Enolê»4d is the amount of _____________________________ dollar(s) ¦ * ,* , NAME ______________________________________ Ifjfe ADDRESS _____________________ V u', ~ ~ V -i m & CITY or town-PROVINCE ________ Notes in Brief The pastor of the United Church in Murdochville (Rev.W.H.Burleigh) in an article in the September 25th "The United Churchman" has added his clerical weight to the propaganda line of Gaspé Copper Mines.He accused the Steelworkers of open promotion of racial discord.(We thought the Company's employment policy did that ! ) He tells how he attended a "democratic" meeting of the scabs aimed at starting a union (the suggestion is that the Steelworkers meetings were never "democratic").His conclusion : ".my hope that they will be able to regain the ground lost by Labour when the Labour Movement of Canada took a backward step under the USWA union" What about that old saying .he who pays the Pastor calls the tune.• • « I hate "Time" magazine.Its political line smells to high heaven.Its style also stinks.But occasionally (I hate to admit) it curtly sums up a point.In its September 1 Gth edition, under a picture showing a young Negro girl student in Charlotte (N.C.) being followed by a group of jeering, heckling teenagers was the caption : " Spit on her,' a woman cried, and some did." There it was all summed up in nine words.All the hate.All the disrespect for another human being.It was all there.The historical weight of hate, segregation, discrimination .and fear.Fear of frowing and economic and intellectual competition from progressive Negro citizens.I don't think it's good for Canadians to wash their hands in an holier-than-thou attitude and thank celestial forces that "nothing of that sort happens here".Agreed Negroes can eat and drink at their leisure in most restaurants in the major cities.But less than 75 Negroes in Montreal own their own property.And on the job front .how many Negro policemen have you seen .or firemen .or busdrivers ?Have you ever wondered how many of the 700 or more Negroes working as railroad employees have university degrees ?Progress against job discrimination is being made.But not as fast as some of our cast-the-first-stoners think.• • • In case you're thinking of it — don't buy a Volkswagon ! It's true that the 30 thousand workers of Volkswagon are organized at their West German plant.But in Canada it's a different story.The Windsor United Auto Workers district council has condemned the company's "Nazi-like attitude towards its Canadian workers".According to their report the management has, in reaction to the UAW organizing campaign, made threats "of dismissal and deportation against workers in the plant, and on occasion threats of physical violence".In fact, the company has dismissed several workers for union activities.Reminds me of the Krupp case.I don't think we're against foreign investment.But Krupp claimed, and Volkswagon has, good labour relations in Germany.But what about here .Paul KING.CR.6-3641 T.H.HIGGINSON, VirePresidenf "AUTOMATIC" SPRINKLER COMPANY OF CANADA, LIMITED Manufacturers and Installers of APPROVED FIRE PROTECTION EQUIPMENT GENERAL OFFICES 7000 JEANNE MANCE STREET, MONTREAL 15, QUE.COMPLIMENTS OF ZEPHYR TEXTILES LIMITED ORMSTOWN QUEBEC PAGE 12 OCTOBRE 1957 — MONTREAL — OCTOBER, 1957 THE LABOR WORLD FATHERLESS STRIKE-ORPHANS FIND NEEDED AID • «a (Li, i> ,Aa y-%, rm ¦.'**k9$.WWWm Wmm 'I St»â ¦T.4MWjre Benefiting from THE MURDOCHVILLE MEMORIAL FUND are the children of the two families who are today left fatherless by the death, on the line of union action, of Edgard Fortin and Hervé Bernatchez.The photo at left shows baby Monelle Fortin whose young age of ten months leaves her ignorant of why she no longer sees daddy.At right, Jean-Marc Bernatchez is seen helping with the chores on his grandfather's farm.Jean-Marc is nine.For him the memory of his father will be clear.He learnt at that young age what sacrifice for labour's cause can mean.The middle photo shows the work started on the house that will soon lodge Mrs.Hervé Bernatchez and her four young children.The house will seem empty for a while.Daddy isn't there.But the house will continue as a reminder of the aid given the family by the union movement.For it's union dollars that are building the house.And in this work your dollar can help ! (For other photos of the members of the Bernatchez and Fortin families see pages 1, 6 and 7).After Quebec and Murdochville The QFL Convention Will Be Political No crystal-ball is necessary to foresee that the fast-approaching convention of the Quebec Federation of Labour, November 14, 15 and 16th in Montreal, will continue to explore the meaning of the events that have recently monopolized the attention and energy of our movement.A strike lost (at least for the moment), the tragic death of two strikers, the important labour demonstrations of solidarity that have made headlines in all the major newspapers across Canada, the statements of our principle Provin- cial labour leaders in favour of political action.the combined force of all these events direct our considerations into the field of politics.There is no exagération in saying that the deliberations during our three-day convention will be carried on under the spotlight of Canadian interest.During the French-speaking program “Prise de bec”, we saw Roger Provost, President of the Federation, being pressed to answer questions coming from a Company lawyer and a university professor as to what the Q.F.L.means by CONVENTION GREETINGS aUc (6a = c11 c C A N A D A ’ b FINEST V-"' CIGARETTE “political action” — the phrase i by industry and government, so often heard during speeches The convention will certainly at Murdochville, Drummond-ville and Quebec.If the genera] public wishes to know want to study both theories.Other important questions will be up for debate.Ques our intentions, it is safe to say tions of immediate interest to the labour movement — the labour laws, the Workmen’s Compensation Act — will be debated.Resolutions of general interest to all citizens — health insurance, education, revision of the boundaries of electoral constituencies, nat-that it is the workers’ delega- ural resources, traffic circulates assembled in convention tion — will also be discussed, that will define the course of But even with these matters, action or, at least, insist that it seems that the pressure of an action program be drafted recent events will center the and made public at a later | concern of most delegates on date.methods to change the political Much has also been heard at climate of this province; a all levels of administration in political climate insufferable to our movement of a general unionists and future union work stoppage or dispersed, consecutive work stoppages in order to gain recognition once members.One year after its creation the Quebec Federation of La- and for all in this province of hour finds itself policy-wise at the right of association; the cross-roads.Two roads right to organize that is being action are open — before it roads that don’t often meet.The second convention of the Federation — whatever it de- destroyed so insidiously at Murdochville and Drummond-ville.Opinions seem divided Some say that the action of a cides — will be historic, work stoppage would lead to the destruction of the labour movement.Others feel that it “One clay, all the organized workers should lie ready to close the shops in the Province of Quebec”.Romeo Mathieu, Treasurer of the Q.F.L.is the only remaining course \ of action if the labour move-1 ment is to free itself of the strangle-hold being applied ; S.O.S.S.O.S.¦de 3VFi ^-ir> ^ s*»K ;ms.Contributions must be made now to the order of the "MURDOCHVILLE MEMORIAL FUND" and addressed to 1476 Sherbrooke Street West, Montreal 25,
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