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Titre :
Le monde ouvrier = The labor world
Éditeurs :
  • Montréal :[The labor world = Le monde ouvrier],1916-,
  • Fédération provinciale du travail du Québec,
  • Fédération des travailleurs du Québec,
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Demain (Montréal, Québec)
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Le monde ouvrier = The labor world, 1966-04, Collections de BAnQ.

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I 6 i E A !.ROOKE •J T R E A L p.12-13 .••>’.»cr.rjm à n VBE& « tV- r V jPjwSS® reclassement — p.8 - 9 A** ?166,896 p.lo-n PAGE 2 JUILLET 1966 - MONTREAL JULY 1966 LE MONDE OUVRIER EDITORIAL Le chat est enfin sorti du sac!.Le chat est enfin sorti du sac I.Pendant des années, ta CSN avait réussi à faire croire à bien des gens que sa campagne systématique de maraudage contre des affiliés de la FTQ-CTC avait réellement pour but de "libérer" les travailleurs de syndicats internationaux à prédominance américaine ou de syndicats canadiens à prédominance anglophone.Plusieurs se sont fait prendre à son jeu et ont accordé leur appui, dans la presse, dans les plus hautes sphères gouvernementales, dans les milieux nationalistes ou séparatistes, à cette soi-disant croisade patriotique s'inscrivant dans le cadre de l'éveil du Québec.On a cru de bonne foi aux slogans : "N'envoyer pas votre argent aux Etats-Unis !" — "Donner-vous des institutions qui vous soient propres !" Des travailleurs ont sacrifié des structures syndicales fort valables sur l'autel de cette religion nouvelle.Aujourd'hui, il faudrait être bien naïf pour ajouter foi à semblable propagande.Il faudrait êtro complètement aveugle pour prendre ces vessies pleines de vent pour les lanternes de la vérité absolue.Depuis le 5 juillet dernier, en effet, on sait que les incursions de la CSN dans les rangs de la FTQ-CTC ne visaient pas essentiellement les syndicats internationaux, ni les syndicats pancanadiens, mais tout syndicat ayant des membres au Québec.Depuis le 5 juillet, on sait que dès le printemps 1961, c'est-à-dire vers l'époque de l'ouverture des hostilités intersyndicales au Québec, la CSN ne s'en prenait pas seulement aux affiliés nord-américains et pancanadiens de la FTQ-CTC, mais également aux affiliés d'une centrale d'enseignants aussi québécoise, canadienne-française et catholique que la CSN, la CIC, la Corporation des instituteurs catholiques.Voici ce que déclarait au congrès de la CIC, son jeune président, M.Raymond Laliberté, pour démontrer qu'il y a véritablement maraudage systématique de la part de la CSN, et même recours à des techniques de subversion : "Au printemps de 1961, on avait appris, ce dont je ne me cachais pas, mon mécontentement de la C.I.C.MM.Robert Sauvé et Jean-Paul Geoffroy, qui n'étaient alors pas secrétaires généraux de la C.S.N., mais y occupaient des fonctions officielles, me firent venir à leurs bureaux de la rue St-Denis à Montréal, tentèrent d'obtenir des précisions sur les sujets de mon mécontentement, me proposèrent ieurs services bénévoles et 'désintéressés' et suggérèrent carrément de passer, avec la fédération dont j'étais président, dans leurs rangs, non sans avoir habilement flatté mon orgueil.A quoi, évidemment, je répondis que les carences à combler devaient se faire de l'intérieur même de la C.I.C.et qu'on n'avait pas besoin de leurs services."Les techniques étaient déjà bien au point, à l'usage qu'on en avait fait ailleurs.Les modalités ont pu se raffiner aujourd'hui, la corde nationaliste joue fort bien dans certains milieux, même à l'encontre de l'unité de certification et on démollit allègrement des réputations mais les méthodes sont les mêmes." Le président Laliberté avait souligné qu'il s'agissait là d'"un exemple type, que l'on a répété, à quelques variantes près, auprès d'au moins deux de nos conseillers techniques et d'au moins deux de nos présidents d'association".Eh bien ! Voilà qui devrait suffire à détruire le mythe de la libération des travailleurs québécois de leurs syndicats internationaux et pancanadiens.A moins, évidemment, que l'on puisse démontrer que l'argent des enseignants de la CIC ne reste pas au Québec, que leurs syndicats sont dominés par les Américains ou les Canadiens anglais, la preuve est faite que la maraudage de la CSN tient beaucoup plus de l'expansionnisme impérialiste que de toute entre prise de décolonisation.Le chat est sorti du sac.Et il n'est pas très beau à voir .LA DIRECTION.©rat Les "nouveaux aristocrates" "Le syndicalisme, tel qu'il se pratique au Québec, aussi bien que dans toute l'Amérique du Nord, risque de créer une aristocratie du travail, une nouvelle classe de travailleurs en passe de devenir aussi égoïstes et indifférents à la misère humaine que les employeurs dont ils contestent le pouvoir," a déclaré dernièrement le secrétaire-général de la FTQ, M.Gérard Rancourt.M.Rancourt cite l'exemple des dockers et des ouvriers du bâtiment, qui viennent d'obtenir pour deux ans une majoration de leur salaire représentant le salaire minimum légal prévu pour les régions hors de Montréal."Il ne saurait être question pour le syndicalisme,4' ajouteft-il cependant, "de freiner ses revendications, car cela n'aiderait en rien les pauvres et les économiquement faibles." M.Rancourt est d'avis que les gains réalisés par les syndiqués, par la pression à la hausse qu'ils exercent sur le niveau général des salaires, filtrent dans une certaine mesure jusque dans les goussets des non-syndiqués.Ce que veut souligner le porte-parole de la FTQ, c'est l'écart qui existe entre syndiqués et non-syndiqués."Il y aura toujours," dit-il, "des non-syndiqués parmi nous, mais je ne crois pas qu'il doive s'ensuivre qu'il y ait toujours des pauvres." Il déplore le fait que les syndicats, au lieu de s'interroger sur les limites de leur action, au lieu de se battre pour l'obtention d'un salaire minimum réellement viable, au lieu de faire effort pour porter au pouvoir un parti populaire, s'amusent à remettre constamment en question les structures du syndicalisme."On assiste présentement," fait remarquer M.Rancourt, "à un concours de popularité entre syndiacts rivaux et à une escalade de gains de plus en plus spectaculaires dans les secteurs fortement organisés." Selon lui, un syndicat s'embourgeoise quand les travailleurs eux-mêmes exigent qu'on sacrifie sur l'autel de l'efficacité et du rendement la vocation première du syndicalisme, qui est toujours la défense des faibles et des exploités." condamnation du travail accompli par le syndicalisme dans le domaine de la sécurité sociale."Longtemps étrangère à notre milieu, dit-il, — lequel faisait davantage confiance aux vertus traditionnelles de prévoyance et de charité privée, — cette notion a été importée au Québec par ans actuellement, non seulement pour protéger tous les citoyens contre les risques financiers de la maladie, mais pour leur procurer un régime quasi complet incluant les soins dentaires et les lunettes pour les enfants, et comportant au surplus une expansion considérable des institutions Un travail de pionnier M.Louis Laberge, président de la FTQ, considère la sécurité sociale comme un droit fondamental du citoyen, droit qui ne devrait pas normalement faire l'objet de négociations ni de marchandage.Il qualifie les régimes privés négociés par les syndiacts de "travail de pionnier", de "pis-aller", adoptés en attendant un régime public complet de sécurité, qu'ils ne sauraient en aucun cas remplacer."C'est pourquoi," dit-il, "plutôt que de se reposer sur les lauriers de gains parfois spectaculaires dans ce domaine, le syndicalisme poursuit une lutte incessante en faveur de mesures telles que l'assurance-maladie." Les régimes privés ont pour conséquence, selon M.Laberge, d'accentuer plutôt que d'atténuer les inégalités sociales.C'est le consommateur qui paie le plus souvent "la part de l'employeur".Les fonds énormes constitués par la cotisation des travailleurs peuvent fort bien être investis à l'étranger, alors qu'on en aurait besoin ici pour créer des emplois et s'assurer une certaine participation à la gestion de l'économie.Le leader syndical a tenu à souligner que ses propos ne constituent aucunement une les syndicats, via les intrusions fédérales dans ce champ laissé en friche." Le "baiser de la mort" Le secrétaire-général de la FTQ qualifie de "franchement aberrante" la conception que la Chambre de Commerce semble se faire de la justice sociale en s'opposant au principe selon lequel "ce qui est donné à un individu doit être donné à tous et chacun", notamment en matière de santé.M.Rancourt n'est pas tendre pour cet organisme qu'il accuse de chercher à soustraire les riches à l'impôt sur le revenu — moyen tout indiqué pour récupérer les prestations de sécurité sociale payées à ceux qui n'en ont pas besoin et assurer du même coup une meilleure distribution des richesses.M.Rancourt s'élève également contre le "faux choix" imposé par M.Caron, président de la Chambre de Commerce, entre l'assurance-maladie et l'équipement des services médicaux et hospitaliers.Les deux questions doivent aller de pair.Le porle-parole de la FTQ souligne que, d'après le rapport Hall, il n'en coûterait, en 1971, que $20 de plus par personne, soit de 1 1 à 12% de plus que ce que nous pay- hospitalières et des écoles de formation médicale, ainsi qu'une augmentation importante des ressources consacrées à la recherche médicale.De plus, la Commission Hall prouve que le gros des dépenses consacrées à la santé aurait lieu de toute façon sans assurance-maladie.Il faudrait que la Chambre de Commerce puisse démolir scientifiquement les données de base et les thèses du rapport, ce qui n'a pas été fait encore.Quant au nouveau ministre de la Santé, M.Jean-Paul Cloutier, le leader syndical émet l'avis qu'il se doit de dissiper 1oute équivoque sur son adhésion au principe de l'universalité de l'assurance-maladie, s'il ne veut pas être rangé dans le camp des ennemis traditionnels et irréductibles de la sécurité sociale."L'intervention de la Chambre de Commerce devrait constituer le 'baiser de la mort' pour la politique de prudence récemment énoncée par M.Cloutier." Le Québec mis de côté La société Canadian General Electric vient de décider de construire son usine d'eau lourde à l'île du Cap Breton, plutôt qu'à Gaspé ou à Montmagny.M.Gérard Rancourt, secrétaire-général de la FTQ, se demande si le climat politique actuel du Québec n'y serait pas pour quelque chose.Le porte-parole de la FTQ réclame une enquête sur les agissements de la CGE.L* doyen des journaux syndicaux canadiens Monde m OUVRIER Fondé par Gustave Francq, en 1916 1 ublié dans le but de prumouvuir tes réformes législatives nécessaires a la protection de la classe ouvrière du Québec et à l'amélioration de son sort.Organe officiel de la FEDERATION DES TRAVAILLEURS DU QUEBEC Comité exécutif : Louis LABERGE, président; Gérard RANCOURT, secrétaire général; Jean GERIN-LAJOIE, André THIBAUDEAU, René RONDOU, Marcel RAYMOND et Fernand DAOUST, vice-présidents.Directeur: Louis LABERGE; rédacteur: Noël PERUSSE.Collaborateurs: Louis GENDREAU, Christiane RICHARD et Paul-Martel ROY, de l'Action Sociale Etudiante.Adressez toutes communications h : 3333 est, boul.Métropolitain, Montréal 38 — Tel.725-5221 Imprimé par Metropolitan Rota Offset Press Corp.DU.7-6218 .109 •• ministère des Postes, A Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envol comme objet de la deuxième classe de la présente publication. LE MONDE OUVRIER JUILLET 1966 MONTREAL JULY 1966 PAGE 3 _ .^ ; j:£$j : •Via* Enfoui sous des tonnes de béton .Par Christine RICHARD La FEDERATION DES TRAVAILLEURS DU QUEBEC - dans un mémoire soumis le 21 juillet au Comité interministériel pour étudier les lois et règlements relatifs à la sécurité publique et à la sécurité des travailleurs — RECOMMANDE LA CREATION D'UNE COMMISSION DE LA SECURITE ET DE L'HYGIENE PROFESSIONNELLES.Cette commission devra être dotée de pouvoirs et d'un personnel suffisants pour protéger les travailleurs contre les risques professionnels de maladie et d'accident.Le DOCUMENT soumis au comité présidé par M.Raymond Gérin, CONSTITUE 'UNE SEVERE MISE EN ACCUSATION DES ASSOCIATIONS PATRONALES DE PREVENTION ET DES SERVICES GOUVERNEMENTAUX D'INSPECTION.— Qu'est-ce qui ne va pas ?Qu'est-ce qui se passe ?Encore un mémoire, encore une Commission .Et toujours des jérémiades .Quand est-ce que ça va finir ?Ça finira quand le travailleur sera assuré d'une protection satisfaisante, ce qui est loin d'être le cas à l'heure actuelle.Ça ne va guère mieux, par exemple, dans le domaine des accidents du travail.Les statistiques le prouvent : le nombre des accidents ayant fait l'objet d'une réclamation a augmenté de près de 50% de 1961 à 1964.De 103,000, il est passé à 153,000.Serait-ce dû à l'augmentation proportionnelle de la main-d'oeuvre ?Non, celte augmentation n'était que de 7.5% dans le Québec.En outre, à côté de ces chiffres officiels, l'expérience prouve' qu'un nombre considérable d'accidents ne font jamais l'objet d'un rapport à la Commission.Et que dire de la situation de ces travailleurs — employés de l'hôtellerie, du commerce, de l'agriculture — qui ne tombent même pas sous la protection de la loi ?Que dire de la pénurie de médecins spécialisés dans le dépistage des maladies professionnelles ?Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a encore — Que se passe-t-il ?Ce qui se passe est très simple.Le gouvernement et les patrons ne prennent pas les responsabilités qui leur incombent.Depuis de nombreuses années, les syndicats se battent pour obtenir une protection suffisante pour les travailleurs.De nettes améliorations ont été apportées touchant la réparation des accidents du travail.Une belle indemnité, quand il vous manque un oeil ou une jambe, ça console un peu .Une prime ô la veuve et aux orphelins, quand le chef de famille est enfoui sous des tonnes de béton, ça ne console pas, mais ça se prend .On a beau dire, il y aurait peut-être un moyen plus simple de limiter les dégâts.Car ce qui ne va pas, mais pas du tout, c'est le domaine de la prévention.Des faits sont là, sanglants, qui le prouvent.N'aurait-on pu éviter, ou jusqu'à un certain point limiter ces terribles tragédies qui ont marqué le creusage du métro, la construction de l'échangeur Turcot, l'érection du pont de Trois-Rivières?— Un gouvernement arriéré Que dirait-on d'un gouvernement qui, à l'ère de l'élec- du chemin à faire .tricité, doterait son peuple de lampes à l'huile pour s'éclairer ?Ce n'est pas mal, une lampe à l'huile, mais l'électricité .c'est mieux.La comparaison peut s'appliquer aux mesures prises depuis quelques années.Ce n'est pas mal, bien sûr, mais .ça ne suffit pas.Il ne faut pas se gêner pour le dire.Les services d'inspection gouvernementaux, par exemple, à quoi ça se résume ?Les inspecteurs de la Commission des accidents du travail ne sont que des enquêteurs, qui ont pour tâche de constater s'il y a vraiment eu accident, au sens de la loi.Les inspecteurs des établissements industriels et commerciaux ne sont pas assez nombreux et, parce qu'ils sont mal rémunérés, il est difficile d'exiger d'eux la compétence et le rendement désirables.Quant à ceux de l'hygiène industrielle, ils ne sont que six ou huit, comparativement à plus de vingt en Ontario.Cela suffit à expliquer que les rapports d'enquête ne reposent sur aucune analyse scientifique des causes d'accidents.Ce n'est pas trop brillant.— Les travailleurs, ces sans-dessein.Les associations de prévention existant à l'heure actuelle sont toutes de caractère privé.On peut mettre en doute leur efficacité, les chiffres parlent d'eux-mêmes.Elles ont bonne conscience cependant.La plupart des accidents, soutiennent-elles, ne sont-ils pas dus à la distraction ou à la négligence des travailleurs ?Il y aura toujours des erreurs imputables à l'ouvrier, c'est humain.Il ne faudrait tout de même pas qu'on exagère I Les causes physiques d'accidents (machinerie défectueuse, parquet encombré, échafaudages fragiles, etc.l sont loin d'être éliminées dans la plupart des secteurs.Les inspecteurs à l'emploi des associations patronales ne semblent pas en mesure de prescrire à une entreprise l'adoption de mesures de sécurité adéquates.Etant directement sous la tutelle de l'em- possible pour éduquer ses employés en matière de sécurité.Il fera son "mea culpa'', car cette éducation n'a pas été faite.Si elle l'avait été, on aurait pu réduire sensiblement le nombre d'accidents imputés au "j'm'en foutisme".Un homme averti en vaut deux.— Ça suffit comme ça .Conscients de l’inefficacité de cette politique de prévention, les syndicats ont voulu s'en mêler.En novembre 1961, la FTQ, en collaboration avec la CSN, soumettait au ministre du Travail et aux membres de la Commission des accidents du travail un mémoire en 52 recommandations sur lesquelles elles demandaient au gouvernement de s'appuyer pour procéder à une réforme complète des lois de prévention et de rééducation.Une des principales recommandations portait sur l'article 110 de la loi, droit de nommer leurs propres porte-parole I L'argument invoqué par le patronat pour justifier son monopole sur ces associations, c'est que les subventions qu'elles reçoivent de la CAT proviennent de ses cotisations, qu'il s'agit là de son argent.Argument fumeux s'il en fut, les cotisations à la CAT étant normalement comprises dans le prix de revient des entreprises.Les patrons ne voulaient pas jouer franc jeu, soit I On n'allait pas se battre plus longtemps contre des moulins à vent.Il fallait trouver un mécanisme pour remplacer ces associations de prévention désuètes et impuissantes.— Où est la solution ?Il est temps que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités pour promouvoir la ployeur, il leur faut ménager la chèvre et le chou .Il n'est pas suffisant non plus de fournir à l'ouvrier du matériel protecteur, il faudrait encore que ce matériel ne lui nuise pas dans son travail.Beaucoup se plaignent, par exemple, des lunettes de sécurité mal ajustées, des casques protecteurs trop lourds, des combinaisons qui se transforment l'été en fournaise.Ils n'ont pas toujours tort.Pour ménager quelques piastres, le patron n'a souvent aucun scrupule touchant la qualité du matériel qu'il achète.La négligence n'est pas toujours là où on pense.Au lieu de traiter le travailleur comme un irresponsable, au lieu de lui imposer par la force des mesures de sécurité, que l'employeur fasse donc appel à son intelligence I Qu'il se demande s'il a fait tout son qu'on voulait voir abrogé de façon à ce que, désormais, les travailleurs soient adéquatement représentés au niveau de la prévention.En juillet 64, l'article 110 fut modifié dans un sens accepté par les syndicats.La partie patronale allait interpréter à sa façon cet amendement.Le gouvernement avait dit : "Entendez-vous sur les modalités de représentation." Les cinq associations de prévention, sauf une, refusaient de faire quoi que ce soit avant d'avoir été avisées par le gouvernement de ce que serait, justement, ce mode de représentation.C'était à qui se renverrait la balle .L'Association pour la Prévention des Accidents Industriels adressait aux employeurs une circulaire où elle leur demandait de lui soumettre le nom d'un représentant ouvrier "approprié", lequel devait être nommé par son conseil d'administration.C'est donc dire qu'on refusait aux travailleurs le santé et la sécurité du travailleur.Ou bien la prévention relève de la Commission des accidents du travail, ou bien elle relève d'un organisme distinct.La première solution a été rejetée par le syndicat.Pourquoi ?Parce que si la CAT# en 35 ans d'existence n'a pu trouver de formule adéquate de prévention, ce n'est pas aujourd'hui qu'elle le fera.Elle a bien d'autres chats à fouetter, à vrai dire, il lui reste beaucoup à faire en matière de réparation et de rééducation.On doit donc mettre sur pied une nouvelle structure, indépendante de la CAT, mais travaillant avec elle en étroite collaboration.C'est pourquoi la FTQ propose au comité Gérin un programme de réformes en 19 points, chapeauté par la création de la Commission de la Sécurité et de l'Hygiène professionnelles.Voir recommandations à la page suivante. PAGE 4 JUILLET 1966 MONTREAL JULY 1966 LE MONDE OUVRIER ON VEUT.0 la codification dos lois sur l'hygiène et la sécurité industrielles et leur administration par le ministère du Travail; • la délégation des pouvoirs du ministère à une commission tripartite composée de deux représentants du syndicalisme, de deux délégués du patronat et d'un représentant du gouvernement; O la Commission et ses agents auront l'autorité nécessaire pour sévir de façon sommaire contre les contrevenants; 0 l'organisme aura des bureaux dans les grandes agglomérations industrielles; • la formation d'un Conseil consultatif permanent syn-dical-patronal de la sécurité et de l'hygièno professionnelles 0 la création de comités consultatifs régionaux semblables; • la création de comités paritaires semblables dans toutes les entreprises groupant au moins cinq employés; • les frais de la Commission sont assumés par la CAT, à même son budget et ses réserves excédentaires; O la Commission sera soustraite, comme l'Hydro-Qué-bec, à la juridiction de la Commission de la fonction publique; • aucune subvention n'est plus versée aux associations existantes de prévention; 0 tout l'équipement sécuritaire, telles les lunettes, les chaussures, etc., est à la charge de l'employeur; • les entreprises comptant au moins 200 employés se pourvoient d'un infirmier diplômé et d'un préposé à la sécurité, pour chaque équipe de travail; • dans la construction, cette obligation s'applique pour toute équipe d'au moins 50 employés; 0 les représentants autorisés des travailleurs acquièrent le droit do pénétrer sur les lieux d'un accident mortel du travail; 0 les entrepreneurs, sous-traitants et fournisseurs en relation avec les divers niveaux de gouvernement perdent leur privilège de soumissionner en cas de négligence répétée; 0 un encouragement gouvernemental à la formation d'hygiénistes et de physiologistes du travail; 0 l'inscription de cours d'hygiène et de sécurité professionnelles au programme des institutions de formation technique et professionnelle; 0 la création d'une chaire universitaire de physiologie du travail; 0 la Commission est chargée d'un programme de formation et d'éducation en matière de sécurité au travail, ainsi que de la publication d'un journal traitant cette question.n PRIVATE MEMBERS Par Louis GENDREAU Dans la dernière édition du MONDE OUVRIER, on vous a invités à faire du camping.Le campeur québécois vit dans une situation intolérable et, grâce à la collaboration de Serge Dey-glun, commentateur bien connu# et de Jean Laboissière, journaliste de La Presse", attaché au camping, nous pouvons aujour-d hui vous exposer une autre facette de cette forme de tourisme.Il reste que le campisme est une excellente forme de délassement, mais nous devons nous élever contre certains abus.— Une bande de vagabonds Pourquoi dépenser tant d'argent pour des vagabonds ?" C est en somme ce que déclarait notre ( ?) sous-ministre du tourisme, chasse et pêche.Oui, des vagabonds, mais qui bien souvent arpentent nos routes avec une caravane derrière leur voiture.L Ontario, qui, en 1896, commençait déjà à développer ses parcs, dispose actuellement de 16,000 emplacements pour tentes et caravanes.Le Québec, dans tout î >3 politique de grandeur, en a 2,600, dont 1,700 au Mont Tremblant.(Je ne mentionne ici que les parcs administrés par "Etat.» — On fait vivre les voisins L'Etat de New-York prévoit un budget de dix millions de dollars pour l'aménagement de ses terrains de camping.Que le Québec se ferme les yeux, que le Québec n'encourage pas le "vagabondage", cela arrange bien nos voisins.Des villes entières ne vivent pratiquement que du tourisme québécois.Plattsburg en est un très bon exemple.Evidemment, le camping ne rapporte pas comme le tourisme bourgeois.Cependant, les quelque 200 familles additionnelles qu'abrite actuellement Cobourg, petite localité ontarienne, ont fait doubler le chiffre d'affaires des commerçants locaux.— On n'a rien compris En deux ans, nous avons eu quatre ministres du tourisme.Y faut pas rire des gens ! On n'a pas besoin d'aller chercher loin.L'lle-du-Prince-Edouard est mieux équipée que le Québec pour le camping.Nous sommes les seuls à n'avoir RIEN COMPRIS.— Des lacs ou des piscines?Pour une population de 2,000,000 habitants, on a moins de 500 emplacements de tentes et roulottes.Les Montréalais doivent faire plus de cent milles pour sortir de la "boucane", pour passer une fin de semaine sans se faire asphyxier I Essayez donc de vous baigner sur l'île.Presque tous les cours d'eau des régions métropolitaines sont polluées.Comble du ridicule, à Dorval et Lachine, entre autres, on peut voir des piscines publiques en face d'un lac.— le braconne, tu braconnes, il.„ 11 est difficile de dissocier le camping de la chasse, de la pêche et de l'excursion en forêt."Les Québécois sont un peuple de braconniers." Et, c'est très vrai.Les compagnies forestières et les clubs privés se servent fréquemment de cet argument pour fermer leurs vastes domaines à la population.Plus de 3,000 clubs privés se partagent un important butin: la faune du Québec.L'ensemble forme un inimaginable casse-tête chinois.75°o des rivières à saumons sont concédées (surtout à des Américains).Sur 44,000 milles carrés de forêts accessibles par voies carrossables, 97% sont concédées.Comment aller à la chasse ou à la pêche si l'on ne braconne pas ?'Keep Off' Quiconque oserait ne pas se plier aux directives des concessionnaires, aller au-delà de l'affiche qui menace d'un : "KEEP OFF PRIVATE", se verrait confisquer son équipement et possiblement même son automobile.Québec est la seule province au Canada, le seul Etat en Amérique du Nord, peut-être au monde, à faire de telles concessions de territoires.Les parcs et réserves québécois n'ont pas été conçus pour le peuple québécois, mais pour les touristes étrangers ou bourgeois.En Europe, particulièrement en France, 80% des touristes sont des ouvriers; ici, 80% des touristes sont des professionnels, des collets blancs.Ça s'explique, allez donc payer $30 pour passer une journée dans un des chalets de nos ( ?) parcs.Ou allez donc payer $4.00 par soir pour planter votre tente dans certains terrains privés des Laurentides.— Les deux pieds dans la même bottine On s'est fait fourrer, on s'est fait extorquer nos territoires par nos ( ?) représentants au gouvernement.Alors que le citoyen québécois a la chance de vivre dans un vaste pays constellé de lacs et de forêts, il lui faut des prodiges d'ingéniosité pour trouver un endroit convenable afin de planter sa tente, mouiller sa ligne ou abattre du gibier.Mais, les "canayens", ça ne se révoltent pas facilement; les gouvernements n'ont rien à craindre.On se fait paisiblement voler ses forêts, ses rivières et ses lacs.On se fait polluer ses cours d'eau.On se laisse arracher ses territoires (l'île d'Anticosti est actuellement la propriété de la Consolidated Paper celle-ci fait la pluie et le beau temps sur l'île, il faut payer $1,000 par semaine pour pécher à Anticosti).On paie des taxes pour amuser les bourgeois.On nous force à émigrer périodiquement pour trouver des endroits de camping convenables.On nous oblige à prendre l'avion (ce qu'il nous est impossible de faire) pouf chasser et pêcher.— Ecoeurons-nous Au Québec, le nombre de campeurs augmente de 22% par année.Dans 20 ans, on aura énormément plus de loisirs.Nous sommes, à l'heure actuelle, incapables de recevoir le dixième des campeurs qui se sont rendus aux Expostiions de New-York et de Seatle.Qu'est-ce que ce sera en 1967, en 1987 ?Mais maud .; le temps presse.Débarrassons-nous de nos derniers vestiges de féodalité.Nous sommes au vingtième siècle.Les richesses naturelles appartiennent au peuple, pas à une clique ! : * .0 K**':-.yj 'Va Bien sûr il est possible de se baigner sur l'île de Montréal.Cette photo le prouve.Ces gamins ont été photographiés alors qu'ils prenaient leurs ébats dans le canal Lachine, au milieu d'ordures en décomposition et d'autres choses que vous devinez .La politique de grandeur ne leur a pas fourni de piscines gratuites et ces garçons ne sont pas membres d'un "club".|WïWm A PHOTOGRAPHE SYNDICAL DEPUIS 1945 FEDERAL PHOTOS 1405, MACKAY - VI.2-2836 ¦ , SWSSt1: &6fet.&üh» ;tt.,.^wi' iS^CÎ?'4 ¦'¦¦'> «ii.fliMi.v;:! ;s:>v V;i3â R**»*.v*'wta JULY 1966 PAGE 5 le Monde en 400 hectares devient une réalité sur son emplacement unique : une jetée et deux îles sur un des plus grands fleuves du globe.Huit mois avant l'ouverture officielle et sous le signe de la "Terre des Hommes", le visage géographique de l'Exposition universelle et internationale de 1967 se précise et sort do terre à un rythme qui ne pourra désormais plus s'arrêter.Tout sera prêt pour l'ouverture, le 28 avril 1967.70 pays participeront à l'Expo, mais aussi des organismes internafionaux, tels la Communauté économique européenne et les Nations-Unies."Terre des Hommos" a déjà donné lieu à des précédents, à des rapprochements, à des collaborations historiques.Par exemple, sept Eglises du Canada, qui groupent 95% de la chrétienté du pays, ont uni leurs efforts pour la conception et la réalisation du Pavillon chrétien.Expo 67 développera son thème dans des pavillons spéciaux.On y illustrera les incursions aux frontières de l'espace, on y présentera une étude de toutes les initiatives suscitées par nos génies contemporains dans les domaines de la santé, de l'exploration, de la vie communautaire et de la culture.Un programme de divertissements d'une ampleur et d'une variété sans précédent a été prévu.Il y en aura pour tous les goûts : ballets, concerts, opéras, festivals de films, spectacles d'artistes de renommée mondiale, manifestafions sportives et populaires.Nous irons à la Place des Arts, à l'Autostade de la Cité du Havre, à l'Expo-Théâtre.Au jardin des Etoiles, les jeunes danseront, les adultes assisteront à des revues de cabaret d'envergure internationale.Des spectacles gratuits seront présentés dans plusieurs secteurs de l'emplacement, notamment à la Place des Nations.Il y aura des kiosques 6 musique et des théâtres ambulants, des jongleurs, des bouffons, des magiciens.Et, pour une fois, ce sera possible de s'amuser jusqu'aux petites heures du matin.Des visiteurs des quatre coins du globe feront des milliers do milles pour admirer le Monde transporté par magie et pour une saison sur un petit coin du sol québécois.Les vacances 67 s'annoncent merveilleuses.Nous n'aurons pas assez de nos cinq sens pour jouir de ce que nous réserve ce moment unique dans une vie : l'Expo universelle.UN AVANT-GOUT DE CE OUI VOUS ATTEND.y./.'/// Après le travail.une séance d'étude.LC MONDE OUVRIER JLHUET 1966 MONTREAL BANS LIS PLANTATIONS Jacques-V.Morin, du syndicat canadien de la fonction publique, est de retour d'une mission d'éducation ouvrière à Ceylan, organisée par le 8ureau International du Travail.Il vient de passer quatre mois avec le Congrès des travailleurs de Ceylan, qui groupe 340,000 employés des plantations de thé.Le thé est l'un des principaux produits d'exportation du pays.Il ne semble pas que le confrère Morin se soit laissé distraire par les charmes de la nature et des jolies indigènes, puisqu'il a abattu là-bas un boulot monstre.Il lui fallait commencer par donner aux cadres syndicaux un enseignement sur les structures syndicales, les négociations collectives, le règlement des différends, la législation industrielle et sociale et sur des sujets plus généraux comme l'ONU, l'OIT et la coopération technique.La formation de cadres spéciaux, responsables de l'éducation MAISON A VENDRE ROSEMERE, A environ 2 milles de Ste-Thérèse, maison été-hiver, 624, Gronde Cdte, coin Delorme.Chauffage central huile.Baignoire-douche.5 pièces.Vaste terrain de deux lots.Zone en plein développement.Près école régionale.Plage è proximité.Autobub.Prix net $5,950.AV.8-9597.dans tout le mouvement, était ensuite prévue.Pendant ces quatre mois de la mission, neuf stages en internat ont été ténus, destinés aux différents échelons des cadres : permanents, présidents de district, dirigeants de jeunes syndiqués, déléguées de l'organisation féminine, présidents des sections syndicales au niveau des plantations elles-mêmes.Un stage, enfin, fut réservé à une vingtaine de futurs responsables d'éducation, sélectionnés parmi les quelque 250 participants des stages précédents.Au cours de l'année qui vient, le nouveau service d'éducation, mis sur pied grâce à la compétence de notre confrère, se propose de tenir une quarantaine de stages semblables.M.Morin s'est servi de méthodes actives d'enseignement, en partant des problèmes concrets des stagiaires, et a fait un large usage des moyens audio-visuels et du sociodrame.D'après lui, les quelque 250 syndiqués qui ont participé aux stages ont fait montre d'un sérieux et d'un intérêt soutenus.La débrouillardise et la soif de culture des jeunes Ceylanai-ses l'ont particulièrement frappé.M.Morin ne doute aucunement que les travailleurs parmi lesquels il a vécu pendant quatre mois sauront mettre à profit l'aide qui leur a été fournie par le programme d'éducation ouvrière du BIT. PAGE 6 JUfliET 1966 MONTREAL JULY 1966 LE MONDE OUVRIER Canada Packers Sursis dans les abattoirs Lei lalaisom de Canada Packed lont actuelement paralyses par une grève qui l'étend d'une mer à l'autre.Afin d'éviter le conflit, la compagnie avait fait une dernière offre d'augmentation de salaire qu'elle voulait alléchante.Le six juillet, nos confrères des salaisons ont rejeté cette offre et voté la grève.Treize jours plus tard, on formait les lignes de piquetages.Les principes d'abord "Je ne vous parlerai pas des salaires, ils sont absolument secondaires dans nos revendications." Nous avons rencontré Jean Gladu, président du local 357 des OUSA, afin qu'il nous fasse valoir le point de vue syndical."Les conditions de travail sont de loin les plus importantes de nos revendications.Nous exigeons Çrè reueô G* reueô années de service soient le critère qui ~ détermine le choix des candidats aux = promotions." 2 Libertés syndicales Le temps supplémentaire doit être sur * une base volontaire.Finie l'époque où s on pouvait obliger un gars à travailler = au-delà des heures régulières.Nous = n'avons pas fait de grève pendant 19 ans.Celle-ci, nous allons la gagner.Nous sommes prêts à tenir longtemps s'il le faut.Canada Packers devra respecter ses employés.On ne veut plus d'incident comme celui d'Edmonton.Dans cette ville, un président du syndicat a été suspendu parce que la compagnie n'était pas d'accord avec les explications qu'il donnait aux travailleurs".850 grévistes A Canada Packers, l'ouvrage est dur.On travaille souvent dans le sang jusqu'aux chevilles.Les animaux passent devant vous, il faut les tuer, les dé-charner, les dépecer, etc.Et ce, à la G' rei/eâ Çrè reveS Monsanto Senes Money to USA me CanaàiMs are emploi TRItfE / mité de placement est continuellement à l'oeuvre.Les compétiteurs de Canada Packers sont bien heureux d'engager des travailleurs compétents.Ça nous permet de sans cesse renflouer le fonds de grève et ça fait penser les patrons .Il y en a d'autres que les Packers." Le siège de Canada Packers pourra s'éterniser.Ce ne sera pas les grévistes qui en souffriront le plus.Préparer une longue lutte est sûrement un bon moyen d'inciter la compagnie à céder rapidement.Louis Gendreau Kï muon3 n JUSTICE JUJiuc .g 'uc
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