Le monde ouvrier = The labor world, 1 février 1967, Février
vr/ it.Mi!?,, ' • • Article en page 6 .- m ¦ .ggjjP MqSsE?L :¦ W *W: IwisS jSl fc&gpRg ffals S®*5 1 ¦'Æ W ,ytt*SXKtfei V'»V5?,Trrrr~.*-~vr>' Wxé&x-pàèi 1 r:m wsÊË% mm ?fjpjnv sfisnl mm mv M.;\Tr.' 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Nous croyons qu’il n’en est rien.D'abord, à Radio-Canada, les préposés à la production télévisée se sont prononcés majoritairement à deux ou trois reprises, même au Québec et à Montréal, en faveur de syndicats pan-canadiens appuyant le principe de l’unité “nationale” de négociation.Ils l’ont fait en adhérant successivement au Syndicat canadien de la télévision, débouté par le CCRO pour un motif de vices de forme seulement, puis au Syndicat canadien de la fonction publique, lequel a obtenu la pluralité des voix à l’occasion du récent scrutin d’allégeance syndicale.Par contre, à l’Office des autoroutes, les employés n’ont jamais eu l’occasion de se prononcer d’une façon ou d’une autre sur leur intégration à l’unité de négociation de la fonction publique, ni sur leur absorption par le Syndicat des fonctionnaires provinciaux (CSN).Jamais, d’ailleurs, les représentants de cette dernière organisation ne les ont invités à adhérer librement, ni ne se sont même donné la peine de les rencontrer pour discuter avec eux la situation.On peut dire que la CSN a plutôt procédé à leur affiliation par signification d’huissier.Sur le plan juridique, si les commissions de relations de travail, comme le CCRO fédéral et la CRT québécoise, n'ont pas l’habitude de fractionner des unités de négociations existantes, elles n’ont pas davantage celle de les faire disparaître d’un trait de plume, même pour les fondre à une plus vaste unité.Dans le cas de l’Hydro-Québec, par exemple, c’est volontairement que les syndicats en place, de la FTQ comme de la CSN, ont renoncé à une vingtaine d’accréditations pour permettre aux travailleurs de se donner un agent négociateur unique, le SCFP-FTQ.Sur le plan des institutions syndicales, le problème se pose différemment, aussi, à l’Office des autoroutes et à Radio-Canada.Dans ce dernier cas, la CSN ne pouvait invoquer aucun droit acquis, alors que, dans le premier cas, la Fraternité unie des charpentiers-menuisiers, se trouvait en possession d’une accréditation de 1963, confirmée aussi récemment qu’en octobre 1966, et d’une convention collectivement renouvelable en août dernier.Il sera intéressant d’observer, dans les semaines qui vont suivre, comment le milieu québécois va réagir à une violation de la liberté syndicale bien de chez nous, commise au surplus en faveur de la CSN et au détriment d’un syndicat international représentant une centaine de simples ouvriers.Qui vivra, verra l’attachement que l’on peut avoir, ici, à un minimum de principes.Truth This Side Of The Ottawa Blaise Pascal realized a long time ago what contradictions human institutions can let themselves in for when they deal with such problems as freedom of association.“Truth this side of the Pyrenees,” the 17th century French philosopher once wrote, “error beyond.” What he meant was that an accepted truth in France need not always apply in Spain.Today, bearing in mind the problems of freedom of association that have arisen in different degrees at Radio-Canada and at the Quebec Autoroutes Authority, one might well paraphrase Pascal by saying “Truth this side of the Ottawa, error beyond.” Some people figure there is an assassination of freedom of association by the Canada Labour Relations in the Radio-Canada case, whereas in the autoroutes case it is a mere statement of facts by the Quebec Labour Relations Board.The federal government is being asked to prepare a privileged place for the CNTU on the CLRB; to upset the board’s established practices, to impose upon it the hazy concept of the “natural” bargaining unit; and all this to satisfy a minority at Radio-Canada that is more separatist than unionist.Then, in virtually the same breath, the Quebec Labour Relations Board is asked to harshly apply an iniquitatious law which — after having dished up the provincial civil servants to the CNTU on a silver platter — now is apparently delivering it the autoroute maintenance workers, bound hand and foot in the barred cage of a purely legalistic decision handed down by Judge Gérard Vail-lancourt.There may be some who find that the QFL contradicts itself by demanding on the one hand the maintenance of the Canadawide negotiation unit at Radio-Canada, and on the other hand charging that freedom of association is violated along the autoroutes by the enforced integration of the maintenance workers into the civil service bargaining unit.But we say it just isn’t so.In the first place, TV production department workers at Radio-Canada have made a majority pronouncement two or three times, even in Quebec and Montreal, in favour of pan-Canadian unions which uphold the principle of the national negotiation unit.They did it by joining the Canadian Television Union, which was ousted by the CLRB on grounds of errors of form only, then the Canadian Union of Public Employees, which obtained the majority of votes during the recent balloting on union allegiance.On the other hand, the employees of the Quebec Autoroutes Authority have never been given the opportunity to say yes or no to integration in the civil service negotiation unit, nor to their absorption by the Union of Provincial Employees (CNTU).Moreover, the representatives of that union have never invited the maintenance workers to join it of their own free will, nor even bothered to get together with them to discuss the situation.One might say it was more like he CNTU securing their affiliation by using a process-server.If — judicially speaking — the federal and Quebec Labour boards aren’t in the habit of sp’itting up existing negotiation units, they aren’t in the habit either f wiping units out with a stroke of the pen, even to merge them with bigger units.In the Quebec-Hydro case, for instance, the established unions (QFU as well as CNTU) renounced a score of certifications so that the workers could select a single bargaining agent; which turned out to be the CUPE-QFL.At the union institution level, the problem has a different aspect, as at the Autoroute Authority and at Radio-Canada.In the latter case the CNTU had no acquired right to invoke; whereas in the autoroute case the United Brotherhood of Carpenters & Joiners had a 1963 accreditation and a collective agreement that was renewable last August.Ce mois-ci dans Le Monde Ouvrier Vous trouverez ce mols-cl dans Le Monde Ouvrier plusieurs articles qui sembleront arides à plusieurs.Mais, nous croyons que nous devions les publier.On ne pouvait, par exemple, passer inaperçu le mémoire présenté par la FTQ à la Commission d'étude sur la constitution et les structures du CTC.Dans ce mémoire, la FTQ prend des positions dont l'application s'avère très urgente pour le renouvellement du dynamisme du syndicalisme international et pancanadien au Québec.Il est très important que chaque travailleur affilié à la FTQ prenne connaissance des suggestions de la FTQ et les discute.Notre article le plus aride mais aussi le plus Important do ce numéro est un texte d'Adrien Gagnier sur la situation syndicale à Radio-Canada.On a beaucoup parlé de Radio-Canada et on en parlera encore.Il est très important que la position des syndicats à Radio-Canada soit inspirée par l'objectivité et colle de très près à la réalité de la Société d'Etat.En ce sens, le texte d'Adrien Gagnier apporte au débat sur le conflit de juridiction des employés de la production à Radio-Canada une note toute nouvelle, une analyse dépouillée de tout parti-pris, un regard calme et serein éclairé par les vues de l'expérience du syndicalisme à travers le monde.Nous touchons aussi, dans ce numéro, à un problème très actuel à Montréal: l’habitation.Nous accordons une grande importance à deux articles sur la syndicalisation de secteurs très difficiles: les employés d'hôtels, motels et restaurants et les employés de l'optique au Québec.Mêm ouvrier Fondé par Organe officiel do Gustave Francq, la Fédération en 1916 dos travailleurs du Québec Founded by Official organ of tho Gustave Francq, Quoboc Fodoration in 1916 of Labour Comité de rédaction Editorial Committee Noôl Pôrusso Directeur Director Gaétan Dufour Rédacteur on chef Editor in chief Louis Laborgo Président de la FTQ President of QFL Gérard Rancourt Secrétaire général do la FTQ General Secrotary of QFL Adressez toutos communications à Address ail correspondence to: Composition Impression 145 3333 est, boul.Métropolitain, Montréal 38 Tôl.: 725-5221 MGM Inc.Los Presses Métropolitaines Rota Offset Inc.Lo Ministôro des Postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissemont en numéraire et l'envoi comme objet do la douxiômo classe do la prôsonto publication LE MONDE OUVRIER «THE LABOUR WORLD FEVRIER 1967 • 3 A quand une politique du logement?Le Congrès du travail du Canada suggère à tous les travailleurs du pays de réfléchir, pendant le mois de février, sur l'un des besoins prioritaires du pays: l’habitation.L’observateur un tant soit peu attentif n’aura pas attendu l’invitation du CTC pour se poser quelques questions, surtout s'il habite Montréal.Quelles questions doit se poser le travailleur qui gagne entre $3,000 et $4,000 par année et qui a observé, aux quatre coins de la ville, les nouveaux développements domiciliaires tous plus luxueux les uns que les autres?Quelles questions doit se poser le travailleur à faible revenu qui voit du jour au lendemain son quartier livré à l’acharnement destructeur des “bulldozers" et qui se met à la recherche d’un loyer dont le prix pourrait être comparable à celui de son taudis?Même celui qui gagne entre $5,000 et $9,000 par année ne peut s’empêcher de s’inquiéter devant la floraison des nombreux gratte-ciels à appartements dans le paysage de Montréal.Lorsqu’il connaît le prix des loyers de ces superappartements, il se posera la question: “Existe-t-il vraiment, à Montréal, assez de personnes qui ont les moyens de s’offrir un appartement à ce prix?Est-ce que les sociétés qui ont investi dans ces gratte-ciels de luxe ne risquent pas de faire faillite?” Des questions La période de l’Expo aura fait connaître à plusieurs Montréalais l’angoisse de l’insécurité.A la menace d’une augmentation substan-ciellc des loyers, dans plusieurs cas, est venue s’ajouter un autre imprévu: le danger de devoir quitter son domicile et de chercher un nouveau gite.L’Expo aura permis à plusieurs d’exprimer ouvertement ce qu’ils pensaient depuis plusieurs années: quelque soit les revenus de chacun, il en coûte très cher pour se loger à Montréal.Même si le gouvernement a prévu une loi pour geler le prix des loyers, une question demeurera toujours aigue à l’esprit du locataire Montréalais: "Est-ce que les nouveaux appartements de grand luxe indique la voie de l’avenir dans le domaine de la l’habitation à Montréal et la nouvelle philosophie du loyer ou n’est-cc qu’une phase passagère provoquée par l’Expo?Est-ce que les les autorités municipales prévoient une politique du logement pour l’avenir?” Si celui qui gagne entre $5,000 et $9,000 par année entretient ces inquiétudes qu’en est-il des gagne-petit et des plus défavorisés?Sortons-le du classeur ! Dans le rapport qu’il a soumis au public en octobre 1966 et intitulé “Opération rénovation sociale", le Conseil des oeuvres de Montréal a consacré un chapitre entier au logement dans les zones défavorisées.Il est essentiel, croyons-nous, de sortir des classeurs ce mémoire et de se rappeler les éléments de solution mis de l’avant par le Conseil des oeuvres.C’est en I965, à l’instigation du Conseil du travail de Montréal, qu'un premier travail d'investigation sur la pauvreté à Montréal a été entrepris, sous la direction du professeur Emile Gosselin.Il ne faudrait pas que I967 soit l'année de l'euphorie universelle et qu'elle serve de prétexte aux divers niveaux de gouvernement pour oublier qu’il y a encore des aspects qui ne sont pas “les plus beaux” à Montréal et ailleurs dans la province.Une politique du logement Le Conseil des oeuvres, même s’il se préoccupe surtout ici des zones défavorisées, fait ressortir l’idée d'une “politique rigoureuse de logement” et la distingue de l'idée de la simple rénovation qui.dans biens des cas, met un peu de peinture sur le mal sans le changer.Le mémoire du Conseil des oeuvres révèlent par ailleurs des chiffres très intéressants.Il signale, par exemple, que "le taux de logements vacants est à peu près nul, si on tient compte à la fois des besoins et des revenus des familles de nos zones prioritaires.Ainsi, une enquête menée entre le 25 octobre et le 21 décembre 1961 établissait à 8,129 le nombre des logements vacants à Montréal.Or, sur ce nombre, 4,516 étaient des appartements de grandes conciergeries.Parmi les autres logements, 2,815 étaient sous le contrôle de la Régie des loyers; or, durant les deux mois de l’enquête, 1,135 d’entre eux avaient été reloués et 169 avaient été démolis.Il restait donc un total de 1,511 logements vacants à loyer modique; mais, au témoignage même des enquêteurs, "un bon nombre de ces derniers pourraient être catalogués comme taudis et sont assujettis à une démolition dans un avenir rapproché”.Ces mêmes enquêteurs concluaient donc que “ce sont les logements neufs qui enregistrent le plus grand nombre de vacances car, en effet, le grand centre de la cité ne subit pas beaucoup de variation et l’on trouve rarement des logements à louer dans cette région de la Métropole”.Or, depuis cette enquête de 1961, plus de 2,000 autres logements à bas marché ont été démolis dans le bas de la ville.” Le mémoire conclue donc que “la moitié des zones prioritaires ne sont pas logées convenablement et que, par contre, il apparaît très imprudent de démolir des logements a bon marché sans trouver des solutions de remplacement satisfaisantes qui soient accessibles aux familles à reloger".Les solutions Le mémoire propose deux types de solution aux problèmes du logement dans les zones défavorisées; des solutions à long et à court terme.Ces deux politiques, à long et court terme, s’avèrent nécessaires “si l’on veut, sur une période de 15 à 20 ans, assurer à toutes les familles de Montréal un logement conforme aux normes proposées".Une politique à long terme devrait “a) prévoir quelle sera, dans un avenir prévisible, la demande effective de logements, en tenant compte de la capacité de payer et de la dimension des ménages; b) vérifier dans quelle proportion l’inventaire actuel de logement ne correspond pas aux normes proposées; c) estimer quelle proportion de l’inventaire actuel devra être démolie de toute façon pour faire place à d’autres usages (vg: voirie, parcs, immeubles, etc.); d) parmi les autres logements actuels qui ne correspondent pas aux normes proposées, il faudrait encore distinguer entre ceux qui sont “réhabi-tahlcs.” et ceux qui devront être démolis dans un avenir rapproché.” Le Conseil est concient que bien des travaux de rénovation ou les constructions nouvelles ne pourront s’effectuer sans une hausse des prix.C’est pourquoi il suggère de créer en marge du marché régulier qui peut répondre aux besoins des classes moyennes (là encore on peut émettre des doutes), un secteur assez large de logement social (c’est à dire de logement public et de logement subventionné) pour répondre plus spécifiquement aux besoins des économiquement faibles.Pour faire face aux besoins les plus immédiats et qui ne pourraient trouver réponse dans une politique à long terme, le mémoire du Conseil suggère diverses mesures (inspection régulière qui indiquerait les réparations possibles à faire, les réaménagements rentables selon la politique à long terme; la responsabilité du gouvernement de forcer les proprios à faire les réparations; la mise sur pied d’une équipe volante de divers métiers qui se chargeraient de faire les réparations (ce qui pourraient en abaisser le coût), ainsi qu’un service de relogement.Trop idéalistes ?Comment le travailleur moyen qui, comparativement aux défavorisés, a atteint un certain minimum vital doit-il réagir à ces propositions du Conseil des oeuvres?La vraie réponse sera sûrement personnelle.On ne peut pas toutefois s’empêcher de penser que les propositions du Conseil, du moins certaines, peuvent avoir une extention chez les gens à revenus moyens.On ne peut, par exemple, souhaiter une politique de logement pour les zones féfavorisées sans demander au gouvernement responsable d’étendre cette politique à tous les secteurs de la population.Le régime qui prévaut aujourd’hui, celui du libre marché, ne pourra échapper bien longtemps à un certain contrôle du gouvernement.La suggestion d’un organisme de relogement pourrait s’appliquer aussi à tous les locataires, du moins ceux de la classe dite moyenne.Aujourd’hui.le seul et unique guide du locataire, est la section des annonces classées des grands quotidiens.Bien qu’utile ce moyen n’en demeure pas moins incomplet.11 ne permet pas une classification des logements.Un service de relogement rendrait aussi grandement service aux gens de province qui viennent s’établir à Montréal ainsi qu’aux émigrants.blie labour iu#rld Housing Enigma: High-RiseTabu Without Raise The Canadian Labour Congress is asking working people throughout the country to concentrate their attention this month on a priority need: housing.The CLC can be assured that, at least in Montreal, the worker and just about everyone from the low and modest income sector is giving housing earnest, and somewhat bewoldered, thought.Ordinary folk let their eyes stray up into the growing maze of swank, skyscraping apartment towers and wonder: “Where the .do they get so many tenants with that kind of cash?Surely the promoters of these high-rise blocks are going to go bust." The constant bulldozing of low-cost dwellings to make way for luxury apartments, the ever-present threat of rent increases and the absence of a municipal housing policy all contribute to the distress of the family for whom existence already is a struggle.It isn’t only the $3,000 - $4,000 a year family man who is worried about being crowded out.Today the concern bites into the ranks of the up-to-$9,000 bracket as well.Only Expo scents to offer a glimmer of hope.Has it touched off the surge of a high-class, high-cost housing philosophy and will it be followed by government- supervised program of planning and development that takes the low-income group into account?Last year le Conseil des Oeuvres de Montréal (a counterpart of the Montreal Council of Social Agencies) published a report called "Operation Social Renewal.” An entire chapter was devoted to housing in underprivileged areas.One of the main points it made was that if there is success in raising the standard of education and the employment position of the less-favoured classes — in effect the assurance of sufficient income — then the individual should normally be able to afford adequate housing in the sector of his choice.But the mistake of putting the cart before the horse must be carefully guarded against.If the physical aspects of housing or of a district are changed without the precaution of prior improvement in the socio-economic conditions of the residents, then we have a picture of people being herded from their homes without any solution to their basic problems.A society that has any selfrespect at all must guarantee its citizens adequate housing and a suitable environment.But this cannot be acrieved without a vigorous housing and urban renewal policy.__________«I s'jrwt’-'f 1 ¦ : n • '’Pis urta i, [ 4 • FEVRIER 1967 LE MONDE OUVRIER » THE LABOUR WORLD | la Fbq parboub courrier Comité industriel à La Tuque La Tuque — Le Conseil du travail de La Tuque qui groupe au-delà de mil sept-cent travailleurs a présenté au Conseil municipal de La Tuque un mémoire dans lequel il se prononce en faveur de la création d'un fonds industriel, d'un comité industriel, d'un centre industriel et d'un centre domiciliaire ouvrier.Le mémoire recommande fortement "la création d'un fonds industriel par un amendement à la Chartre de la ville,.afin de faire servir les ressources actuelles qui dorment, avec une bonne administration, à l'expansion de l'industrie dans notre ville."Par ce fonds industriel, la ville pourra aider financièrement, mais avec des garanties solides, de petites et moyennes industries à s'établir ou à se développer pour le plus grand bien et dans le meilleur intérêt des contribuables de La Tuque." Le Conseil du travail suggère ensuite la création d'un comité industriel composé de représentants du Conseil municipal et des différentes organisations locales “afin que, par son travail et sa coopération avec les autorités municipales et par ses recommendations, il puisse faire servir le “Fonds industriel" et le Centre industriel dans l’intérêt de toute la population." Vient ensuite la suggestion de créer un centre industriel, i.e.un endroit où la ville grouperait un nombre de lots qui pourraient être vendus à un prix modique, certain et déterminé à l'avance afin d'attirer les industries en éliminant tout risque de spéculation.Pour faire contre-poids au Centre industriel, le mémoire suggère la création d'un centre domiciliaire ouvrier."Nous croyons, dit le mémoire, que ['établissement d’un "Centre domiciliaire ouvrier" serait une mesure sociale des plus profitables et des plus avantageuses, tant pour la collectivité en général que pour la classe ouvrière en particulier."Nous croyons que la ville devrait acheter un certain emplacement, situé à proximité du Centre industriel, et y revendre, à prix modique, certain et déterminé à l'avance, des terrains pour la construction d'habitations."S’il faut protéger les industriels contre la spéculation, à plus forte raison faut-il protéger les ouvriers." Ce mémoire a été très bien reçu par le Conseil municipal de La Tuque.Nous apprenions, en dernière heuie, que le Conseil municipal avait invité le Conseil du travail à nommer 6 membres sur le comité industriel, ce qui lui donne la majorité.Pour le maire Filion de La Tuque, c’est une chose toute normale puisque les ouvriers constituent 95% de la population de La Tuque.Non à Von Thadden MONTREAL — La fédération des travailleurs du Québec et la Confédération des syndicats nationaux se sont opposées à la diffusion, par la société Radio-Canada, de tout interview télévisée avec le leader néo-nazi allemand Adolf von Thadden, exofficier des divisions Panzer Hitlériennes et dirigeant-fondateur du Nationaldemokratishe Pariei Deut-schlands.Les secrétaires généraux de la CSN et de la FTQ, MM.Robert Sauvé et Gérard Rancourt, ont déclaré que le mouvement syndical canadien ne fait en cela que s'associer par solidarité au syndicalisme démocratique de l'Allemagne de l'ouest, lequel, soulignent-ils, combat vigoureusement les manifestations de cette résurgence du nazisme.Les deux leaders syndicaux ont nié que leur opposition à la présence de von Thadden puisse être interprétée comme une tentative de censure ou une atteinte aux libertés d'information et d'expression.Ils voient plutôt le projet de Radio-Canada comme une manifestation de sensationnalisme journalistique de mauvais goût."Il y a une différence, ont-ils dit, entre rendre compte d'un phénomène inquiétant à des fins d'information, d'une part, et fournir, d'autre part, une tribune gratuite à un représentant d'un parti politique étranger encore marginal dans son propre pays.” MM.Rancourt et Sauvé ont considéré au surplus l'invitation faite à von Thadden comme une insulte gratuite à l'endroit de travailleurs canadiens d'origine juive, dont plusieurs sont des survivants des camps de la mort nazis.Dans une usine de tabac Les membres du local 318 du S.I.T.T., employés de Beson A Hedges Canada Ltd., sont des privilégiés en comparaison d'autres locaux.Le comité exécutif de ce local sont des membres très actifs.Ils possèdent une Caisse d'économie très forte et bien administrée avec un actif de plusieurs milliers de dollars.97% des membres sont sociétaires.Nous avons signé une convention collective complète et très généreuse pour deux ans.(1ère étape: du 30 nov.1966 au 30 nov.1967: 7% d'augmentation; 2ème étape: 30 nov.1967 au 30 nov.1968: 7% d'augmentation).Nos salaires sont actuellement de $2.32 à S2.83 pour les femmes et de S2.64 à $3.46 pour les hommes pour une semaine de 37 heures.Le 28 décembre dernier, l'Union des pressiers de Montréal se réunissait à la salle de réception de la Brasserie Dow pour célébrer deux événements importants: a) la remise du premier chèque de fonds de pension des Imprimeurs et b) la remise du bouton de vingt ans d'appartenance à l'Union.Nous apercevons sur la première photo le premier récipiandaire du fonds de pension, M.Albert Fournier (deuxième à gauche) recevant son chèque des mains de M.Alfred Sinel, représentant de Employing Printers Association of Montréal et président du fonds de pension.M.Fournier est accompagné de M.Victor Volpé, représentant officiel de l'Union des pressiers sur le comité du fonds de pension.Sur notre deuxième photo, nous apercevons les récipiandalres du bouton de vingt ans.On remarque debout à l’arrière de gauche à droite: Walter Larkin, Eugène Laperrière, L.Phil.Birtz, Albert Fournier, Gilbert Brisson, Bertrand K.Bishop, Victor Volpé, secrétaire-trésorier et agent d’affaires, Hector Brunet, Chaim Gamus, W.H.Gardner, Marcel Bellefleur; et en avant de gauche à droite: Hymie White, Georges Beaupré, Paul E.Trudel, Edwin Kollmar, Maurice Gervais, Robert H.Brown, vice-président canadien, Robert Lortie, président du Local 52, Henri Leprohon, Roland Chayer, George Robson.Sam Schumann.mm .m ' Monsieur Gaétan Dufour, Munsieur, Jai été très intéressé par le no du “Monde Ouvrier” qui m’a été adressé.La présentation en est superbe et les articles sont instructifs.Je me suis réjoui de voir que les membres de la FTQ sont conviés au spectacle que donnera le T.N.M.en février-mars.Il est certain que la civilisation des loisirs nous demande un autre effort que celui de s'asseoir devant l'écran de TV! Dans le même ordre d’idées, je vous offrirais mes spectacles à un personnage, qui sont.on ne peut plus économiques et ont été mis au point en plus de 12 ans de représentations à travers le Canada.J’espère vous rencontrer à ce sujet.Croyez, je vous prie, à mes meilleurs sentiments.Salvator-Catta Le Monde Ouvrier, Journal Syndical, Monsieur le directeur, Cher confrère, Ici je viens vous faire observer que votre journal est un bon journal, mais au point de vue des Québécois syndiqués, votre journal bilingue manque de fierté nationale: il manque de dignité, et c'est une insulte envers les franco-Québécois et envers vous-même.80% de vos membres sont des québécois de langue française et comme tels, le journal doit être publié entièrement dans leur propre langue.Le Québec est français, la majorité est de 80% de langue française, pourquoi cette absence de dignité et fierté nationale?Cette soumission au bénéfice des anglo-saxons est au détriment de vos propres compatriotes.Jamais je ne croirai que depuis cent ans que ça existe cette exploitation et cette injustice, que vous n'avez pas encore les yeux ouverts?Si les gros directeurs anglo-saxons nous accordent quelques petites faveurs, ce n’est pas par sympathie — non — ils nous haïssent trop, mais c’est pour mieux nous exploiter, nous mordre et nous ruiner.Heureusement que le Québec se réveille de sa léthargie.Oui messieurs, le Québec se réveille à un point qu'un jour viendra où les colonisateurs et leurs valets seront expulsés et écasés.Le Québec est une nation, Le Québec est une patrie, Le Québec a une seule langue.La française, la langue la plus belle, la langue la plus parfaite.Les anglo-saxons maudissent notre langue par jalousie, par envie, par égoïsme et par fanatisme.Les Québécois ont les pieds bien plantés dans leur sol et non pas dans la lune; ce n'est pas leur planète, et n'entendent pas y être délogés par leurs compatriotes au profit d'éléments étrangers.A l'avenir, messieurs, tâchez de m’envoyer votre journal entièrement en français; une phrase en anglais et le journal va être soumis au feu du poêle sans prendre la peine de le lire.En terminant, messieurs, je vous demande de prendre ma lettre en considération, sinon, ca va être une lutte sans merci.Messieurs, c’est dans votre intérêt comme dans le nôtre.Fraternellement vôtre, indépendantiste républicain, VIVE LE QUEBEC LIBRE DE TOUTE ENTRAVE! Arthur Gareau, 4555 est, rue Notre-Dame, Maisonneuve, Montréal 4, Québec, Etat du Québec.Notre seule patrie.Monsieur Gaétan Dufour, Rédacteur en chef, Cher monsieur, Il nous a été agréable de constater que la Fédération des Travailleurs du Québec s’est donnée un journal syndical capable de bien présenter scs vues sur les problèmes de scs affiliés et ceux de la société en général.Nous espérons que la transformation du MONDE OUVRIER sera susceptible d'en faire un solide instrument d’appui à vos revendications, revendications qui trouveront toujours chez nous une oreille sympathique.Syndicalcment vôtre, Claude Larivière, Directeur aux Affaires nationales.AGEUM M.Noël Pérusse, directeur, Le Monde Ouvrier, Cher Noël, Félicitations pour la nouvelle présen- i tation du "Monde Ouvrier”.Comme j quoi il n’est pas nécessaire de tomber I dans le surréalisme (Le Travail!) pour | faire un journal “qui colle" à la réalité! ï Une petite critique: Dans l’article au sujet de Gentilly je lis: “Nous publions ! d'ailleurs un extrait de la propagande | distribuée dans les familles de Bécan- | court et de la région par la centrale I rivale .J’ai cherché vainement cet ï “extrait" ailleurs dans le journal.C'est une petite chose, mais un journal, comme le civisme, est fait d'une foule de "petites choses".Cet article sur Gentilly constitue, à mon avis, un exemple de la meilleure façon d'exposer les tactiques de la C.S.N., celte “pure” centrale syndicale dirigée par les “purs" Pépin, Sauvé et autres, qui pontifient et déclarent à tout j venant qu'ils sont opposés à ce qu'on j érige le maraudage “comme système".' Laissez-moi rire.Nombreux sont ceux ' qui pourraient donner des exemples du ! contraire.En voici un, parmi bien d'uu-très: A Wabush (Pointe Noire), une tenta- I tive de "raid” de la C.S.N.pendant la j période légale a lamentablement échoué.Lors de 1’ “assemblée de formation" un- : noncée par la C.S.N.au moyens de cir- | culaires distribués aux travailleurs, PAS ! UN SEUL travailleur de Wabush n'a I franchi le seuil de la porte.Par la suite, nous avons signé la convention collée- i tive qui expire nu mois d'octobre 1968.Or, la C.S.N.continue et accentue son porte à porte pour (enter de recruter des membres.Et après ça.Pépin va es- : sayer de faire croire à la population que sa centrale ne "raid” que lorsque les travailleurs la "supplient" de le faire.Le moins qu’on puisse dire c’est que Pépin, pour un homme de sa grosseur, n'a pas le bras difficile à "tordre".Bon succès nu Monde Ouvrier.Ouvrier.Emile Boudreau, coordonnateur régional Les Métallos Louis La berge est reçu plombier Le 17 anvicr dernier, le président de la FTQ, M.Louis Laberge, est devenu membre du local 144 de l’Association unie des plombiers du Canada.C’st la deuxième fois, au Canada, que l'Association unie des plombiers décerne un tel honneur.Le premier récipiandaire du certificat d’honneur qui en fait un membre en règle de l’Association est l’actuel sous-ministre du travail du Nouveau-Brunswick.Les membres du local 144 ont voulu souligner, en posant ce geste, l’ensemble des qualités syndicales de M.Laberge et, particulièrement, les efforts qu'il a déployés pour rapprocher les syndicats industriels et les syndicats de métier.Sur notre photo, nous apercevons M.Laberge recevant les félicitations d’un membre du local; 144.Ce dernier a été la victime, il y «U trois mois, d’un pénible accident de| travail.Il a touché un fil de hauU tension dont la charge était de 33,t)tr volts. LE MONDE OUVRIER * THE LABOUR WORLD FEVRIER 1967 • 5 Maraudage de la CSN à Tamper Lsr5!î»< WfUMi Of •
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