Le monde ouvrier = The labor world, 1 décembre 1976, Décembre
Bulletin d'information do la FTQ DÉCEMBRE 1976 ¦¦ Canada Postes , H mÊÊ post Canada / HI Po»Ugepaid Port paya Third Troisième class classe B-678 MONTRÉAL Port de retour garanti, ai adreaaé à Fédération dea travailleurs du Québec, 1290 rue St-Denis, Sème étage, Montréal.Téléphone: (514)-288-7431.•Canadian Tire: le droit de se syndiquer ' P.5 •Mussens: des grévistes victimes de la loi C-73 P 6-7 •Le Rapport Beaudry sur la santé P.12 •La santé au travail en Chine P.13-14-15 •Le congrès du CRTAT P.16 La victoire du PQ f Us II* y 4 f|, | | 1 m>r, P.2-3 ; ÜV ¦Hi LOCAL a «O iriïiflH® W« on SHeppas m UN MILLION DE TRAVAILLEURS EN GRÈVE CONTRE LES MESURES TRUDEAU Victoire du PQ PAGE 2 I DEFAITE DE Un vent de liberté et de responsabilité vient de souffler sur Je Québec.En portant au pouvoir le Parti Québécois, la population du Québec se donne un gouvernement qui a les mains libres face aux grands intérêts financiers et qui pourra être attentif aux véritables problèmes des travailleurs québécois.Le nouveau gouvernement fera face à d’immenses responsabilités mais nous sommes confiants qu’il saura les assumer.De plus, cette élection a été la défaite du gouvernement le plus antiouvrier que le Québec est connu.En faisant mordre la poussière à Robert Bourassa, à Guy Saint-Pierre, à Jean Marchand et à tout le Parti Libéral, la population du Québec ne s’est pas laissée tromper par la fantastique machine à peur et à mensonge qu’ils avaient créée.C’est la défaite d’un parti et de politiciens qui avaient cru pouvoir bâtir leur avenir sur le dos du mouvement syndical, et particulièrement de la FTQ.C’est la défaite de la basse démagogie anti-syndicale.Les problèmes auxquels le nouveau gouvernement devra s’attaquer sont multiples: le chômage, le logement, la santé et la sécurité des travailleurs.le durcissement des TEST u LANTI-SYNDICAIISME conflits de travail et la répression de plus en plus violente des grandes compagnies envers les travailleurs québécois, la situation de la femme au travail, le vol de l’assurance-automobile, l’impossibilité pour une partie importante des travailleurs d’accéder au syndicalisme sont quelques-uns de ces problèmes.Les travailleurs québécois sont convaincus que le nouveau gouvernement s’attaquera résolument à ces problèmes qui les confrontent chaque jour.Nous savons par ailleurs que le gouvernement libéral a laissé le Québec dans une situation financière, économique et sociale déplorable.Nous sàvons que le Québec a une pente très difficile à remonter.Nous croyons cependant qu’en mettant fin au coulage des fonds publics dans des projets mal planifiés comme celui de la Baie James, qu’en exigeant que le gouvernement d’Ottawa assume ses responsabilités face au déficit des Jeux Olympiques et qu’en mettant fin au régime de patronage et de favoritisme, il sera possible pour le nouveau gouvernement de s’attaquer rapidement à la solution des vrais problèmes des Québécois.Pour sa part, la FTQ continuera à jouer pleinement son rôle de centrale syndicale en mettant de l’avant les revendications des travailleurs et en prenant la défense de leurs droits.La FTQ a l’intention d’appuyer les initiatives que prendra le nouveau gouvernement pour solutionner les problèmes des travailleurs.Nous n’avons jamais caché qu’il existe des divergences entre le PQ et le mouvement syndical sur certains points.Nous croyons cependant qu’il sera possible de discuter franchement et ouvertement avec le nouveau gouvernement des revendications des travailleurs.Louis Laberge, président Fernand Daoust, secrétaire général est un bulletin d’information publié par le service d'information de la Fédération des travailleurs du Québec.Responsable» Pierre Richard.1290 rue Saint-Denis, 5èrne étage, Montréal.Téléphone (514) 2887431.Ce numéro a été publié à 25,000 exemplaires.Ce numéro a été fabriqué et imprimé par des travailleurs membres de la FTQ à l'Atelier DSC et à l’imprimerie Transcontinentale.Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Québec.PAGE 3 V\v» LE GRÈVE ILLÉGALE N’EST PAS UN MOTIF DE CONGÉDIEMENT Me Jean-Serge Masse commente pour les lecteurs du Monde Ouvrier un jugement de première importance rendu par le juge en chef du Tribunal du travail dans le cas d'un travailleur congédié pour avoir participé à une grève illégale.Le juge en chef Jean-Paul Geoffroy du Tribunal du travail rendait une décision fort importante pour les travailleurs québécois le 7 juillet 1976.La question que le juge devait trancher pourrait se résumer ainsi: l’employeur peut-il congédier un travailleur qui a participé à une grève illégale?.Dans le cas d’espèce, il s’agissait de syndiqués à l’emploi de “Ambulance Paul-Georges Godin Ltée” et de “Ambu-lancla Ouest-Montréal Ltée” qui avaient décidé de quitter le travail pour une session d’étude.Suite à cette sortie, un Syndiqué était congédié et dans un premier temps, un commissaire-enquêteur maintenait le congédiement.près du Tribunal du travail qui, par la voie d* Mn |uge «n ch.l, vient de renyereer le action collective ne peut constituer un motif valable de congédiement.Si le fait de débrayer Illégalement ne constitue pas un motif de congédiement, il ne faut cependant pas oublier qu’un salarié pourrait être l’objet de mesures disciplinaires s’il commettait personnellement et Individuellement une faute.Bien que le jugement soit silencieux sur ce point précis, le fait d’inciter au débrayage illégal pourrait donner ouverture èdes sanctions disciplinaires.Pour Illustrer ce qui précède, l’officier syndical qui incite publiquement les salariés è débrayer illégalement ne serait possiblement pas à l’abri de mesures disciplinaires car le Tribunal pourrait alors décider que l’incitation à la grève illégale constitue un act# Individuel contrairement à la participation à la grève Illégale qui se qualifie comme un acte col.¦ lectlf ¦ V- >'-.¦¦¦: Le Tribunal, après avoir aaalysé la Après avoir suivi le raisonnement qui mince jurisprudence qui existe sur le eu- précède quant au caractère collectif de la ’"^^^¦"‘li^tei^iusionou’une.grèyér^^ " '" .syndicat porta le tout en appel au- décision du commissaire-enquêteur.i PAGE 4 v; -f'i.' ¦ ’¦ ¦__-.“••••'avocat Canadian Tire LA NEGATION DU DROIT DE SE SYNDIÛUER Les multiples obstacles que les employés du magasin Canadian Tire de Sherbrooke ont rencontré depuis deux ans tout d'abord pour se syndiquer et ensuite pour négocier une première convention collective, c’est l’illustration frappante de la quasi impossibilité dans laquelle se trouvent actuellement des milliers de travailleurs, notamment dans le commerce, de se syndiquer dans le cadre des lois actuelles.La direction du magasin Canadian Tire de Sherbrooke avait créé un véritable climat de terreur pendant toute l'année qu'a duré la campagne de recrutement syndical.Les employés ont finalement pu se donner un syndicat.Depuis maintenant dix mois, aucune rencontre véritabje de négociation n'a eu lieu.La compagnie a tout simplement décidé de ne pas signer de convention collective avec ses employés syndiqués et obtenir ainsi la mort du nouveau syndicat.Méthodes raffinées Depuis quelques semaines, après avoir congédié un négociateur syndical, la direction du magasin a recours à des méthodes plus raffinées.Elle a notamment créé un "comité de bonne entente" composé de 3 cadres et de 2 employés pour s’occuper de la discipline; ce comité peut même recommander le congédiement d'un "mauvais” employé! La direction engage du nouveau personnel en prenant soin de lui souligner “l’inexistence” du syndicat.Elle a aussi imaginé un système de points de démérite pour ses employés.Quelques jours avant l'assemblée générale au cours de laquelle les employés étaient appelés à prendre un vote de grève, la direction du magasin a accordé une augmentation de $0.25.À l'assemblée générale, la direction du magasin a envoyé huit gé-.rants de département et assistants-gérants ainsi qu'une dizaine d'employés non syndiqués de son Ülj^nTRE O’ËIÏÏRETIEn Photo par Michel Elliott kittre îlmnÈ® garage pour intimider lesemployés syndiqués; cette stratégie d’intimidation a porté fruit car le vote de grève a été rejeté à un peu plug de 50%.Profitant des lois actuelles qui nient dans plusieurs cas le droit à la syndicalisation, Canadian Tire refuse donc de reconnaître le syndicat et utilise impunément le favoritisme et le harcèlement.Le boycottage continue Le drame que les employés de Canadian Tire de Sherbrooke vivent depuis près de deux ans, concerne tous les travailleurs au Québec.C’est le droit à la syndicalisation qui est en cause.C'est pourquoi la campagne de boycottage contre Canadian Tire, lancee par l'Union des employés de commerce (FTQ) et appuyée par la FTQ, doit se poursuivre.Cette campagne a été lancée dans plusieurs régions du Québec, notamment sur la Côte-Nord et dans le Nord-Ouest.Des manifestations se sont déroulées dans quelques villes, dont Hull et Granby.A Montréal, le Conseil du travail a organisé du piquetage devant plusieurs magasins Canadian Tire quatre samedis consécutifs.• TRAVAILLEURS EN LUTTE • TRAVAILLEURS EN LUTTE • TRAVAILLEURS EN LU PAGES Mussens engage des scabs DES GRÉVISTES VICTIMES DES MESURES TRUDEAU x S'appuyant sur la loi Trudeau sur le contrôle des salaires et n’hésitant pas à recourir au matraquage judiciaire, la compagnie Mussens, à Lachine, refuse de respecter ses engagements envers ses employés et tente par tous les moyens de décapiter et même de détruire le syndicat.Les travailleurs, membres du local 1450 des Travailleurs unis de l'automobile (FTQ), sont sortis en grève dite illégale, il y a plus de trois mois, pour amener la compagnie Mussens à verser les augmentations de salaire qu’elle s'était engagée à accorder au moment de la signature de la convention collective.La compagnie refuse de respecter ses engagements en se cachant derrière la loi C-73 sur le contrôle des salaires.y*-»*) *WN*m8SSS, Cette attitude de la compagnie Mussens est d'autant plus odieuse qu'elle avait réussi à empêcher le déclenchement d’une grève légale en mai dernier en proposant la signature d’une lettre d'entente dans laquelle elle s'engageait à versèr les pleines augmentations consenties dans la convention collective.Dans sa volonté de ne pas respecter ses engagements, la compagnie a obtenu un appui de taille de la part de la Commission Pépin: après une première grève "illégale" de sept jours en juin, la Commission Pépin a réduit de 17% à 8’/4% les augmentations salariale prévues dans la convention collective.Briser le syndicat La compagnie Mussens se réfugie derrière la Loi C-73 pour justifier son attitude intransigeante.Mais cela n’est qu'une façade.Dans les faits, la compagnie tente de profiter du présent conflit pour se débarasser du syndicat.Un mois après le début de la grève, elle a congédié 95 employés en grève et elle a recours à v,».-; v« une cinquantaine de scabs.Elle a obtenu quatre injonctions et la condamnation de 5 officiers à des amendes de $200 pour outrage au tribunal.Elle a clairement fait connaître son intention de ne pas réembaucher les principaux militants syndicaux.Elle a recours à tout l'arsenal anti-syndical classique: téléphones et lettres personnelles aux grévistes, visites au domicile des grévistes, intimidations de toutes sortes,.Elle menace les travailleurs en grève, dont plusieurs ont entre 15 et 27 ans d’ancienneté, de perdre cette ancienneté et tous les droits qui y sont rattachés.Des scabs itinérants La compagnie Mussens vend et loue de l'équipement lourd (grues, pelles, bull-dozers, loaders, lift-trucks, compresseurs,.) et en assure l’entretien et la réparation.Plusieurs compagnies importantes au Québec (mines, métallurgie, construction, papier,.) font affaire avec Mussens pour l'entretien de leur machinerie lourde.Malgré la grève, Mussens continue d'offrir ce service d’entretien et de réparation; une bonne partie des quelque 50 scabs se promènent de compa- gnie en compagnie pour faire cet entretien.Les grévistes comptent sur la solidarité des travailleurs des compagnies qui font appel à Mussens, pour rappeler aux scabs qu'ils agissent en briseurs de grève.La compagnie Mussens loue, vend et entretient l'équipement suivant; les bulldozers, loaders et lift-trucks Allis Chalmers et Fiat Allis; les grues et pelles P & H Harnischfeger; lep compresseurs Ingersoll-Rand (CIR).LISTE DES CONFLITS (FTQ) 30 NOVEMBRE 1976 Nbre Compagnie Ville demolovés Syndicat Début orëve St.Lawrence Columbium Oka 150 Métallos 4/2/76 Hercule Can.Liée St-Jean 6 Métallos 2/8/76 Mussens Lachine 150 TUA 31/8/76 Robin Jones & Whittman Grande-Rivière 60 UEC 14/4/76 CKSH (lock-out) Sherbrooke 16 NABET 22/6/76 Standard Desk Ltd Laval 200 Rembourreurs 17/11/76 American Air Filter Boucherville 60 TUA 25/11/76 Télé-Direct Québec-Montréal-Rouyn 85 UIEPB 26/11/76 • TRAVAILLEURS EN LUTTE • TRAVAILLEURS EN LUTTE • TRAVAILLEURS EN LUTTE • T PAGE 7 vjLaaj^ CASSE- CROUTE CASSE ROUTE ST LUC ST LUC i -.Mk \ \ ifi liî^yiu* | E ' “r B,r DWLHS n *1,1 ; WLB GflPI/É'GÉNÉRÉ Photos par Jean-Claude Champagne UN MILLION DE TRAVAILLEUR Le 14 octobre dernier, le Canada a vécu la première grève générale nationale de son histoire.D’un bout à l’autre du Canada, plus d’un million de travailleurs ont débrayé pour protester contre les mesures de contrôle des salaires et réclamer le retrait de la loi C-73.Seulement au Québec, plus de 230,000 travailleurs ont participé à cette grève générale; sur ce nombre, 160,000 sont membres de syndicats affiliés à la FTQ._ Toutes les régions ont été touchées, particulièrement Montréal où plus de 130,000 travailleurs ont débrayé.Des régions comme Sept-lles, le Nouveau-Québec et Thetford-Mines ont été totalement paralysées.Les secteurs les plus touchés ont été les mines, la métallurgie, les raffineries de sucre, les brasseries, l’automobile, le vêtement, le tabac, les industries chimiques, le commerce.Les techniciens de Bell Canada, qui viennent tout juste de se syndiquer, ont participé au mouvement, les employés de Radio-Canada à Montréal, les postiers et facteurs.Dans plusieurs régions, les travailleurs de la construction ont participé à la journée de protestation.Par ce geste de solidarité sans précédent, les travailleurs québécois et canadiens ont clairement indiqué qu’ils n’étaient pas dupes de la préten- PAOE I fi, l uà*1 EN GRÈVE CONTRE LA LOI C-73 due lutte à l’inflation du gouvernement d’Ottawa.Ils ont clairement démontré leur ferme opposition à des mesures dont le véritable but est de faire payer la crise inflationniste aux travailleurs.Au Québec, la lutte des travailleurs a commencé à porter fruit.Dans la campagne électorale qui a précédé son accession au pouvoir, le Parti québécois s’est engagé à respecter les ententes intervenues avec les employés du>ecteur public et parapublic quels que soient les avis que formulera la Régie De Coster.Le gouvernement Trudeau, qui a perdu toute crédibilité et qui court à sa perte, devra tenir compte de l’opposition massive des travailleurs à son programme de contrôles.Le ministre des Finances Macdonald, pour la première fois, vient d’évoquer la possibilité de mettre fin à ce programme.Trudeau et ses ministres sont obligés de jouer sur la défensive.La grève générale du 14 octobre ne suffira probablement pas à venir à bout de la résistance du gouvernement fédéral.La mobilisation des travailleurs contre ces mesures profondément injustes devra être relancée et de nouveaux gestes devront être posés.PAGE 9 [«¦Mimai 4335 14 octobre: UN PAS DÉCISIF DANS LA LUTTE CONTRE LES MESURES TRUDEAU Les dirigeants de la FTQ, de la CSN et de la CEO ont pris la tête de la manifestation de quelque 20,000 travailleurs à Montréal.Dans un geste nettement politique, la police a brisé les lignes de piquetage dressées par les employés d’entretien de lp CTCUM et a permis à une partie des autobus de rouler.PAGE 10 Le Syndicat des métallos a été à l’avant-garde de la grève générale du 14 octobre.Au Québec, plus de 26,000 de ses membres ont débrayé.syndicat des ?' .' -»*-• i JS i tâÉsâ Plus de 160,000 membres de syndicats affiliés à la FTQ ont participé à la grève générale du 14 octobre.i '-fil fa Ü) s * ¦#! Les ouvriers du' vêtement étaient présents pour protester contre les mesures de contrôle des salaires.BDpmz us «Fusras i'fML louiâ,^ I ; «LVfV.¦JTtv SSbom f* mm ES® P&'J I nnl r * i i .' '* 1 - 1 i i 1 tvvytv I ' i Efi J r £ PAGE 11 Santé et sécurité LE RAPPORT BEAUDRY PROPOSE UNE RÉFORME GLOBALE Le Comité Beaudry sur la salubrité dans l'industrie de l’amiante, créé au moment de la longue grève des mineurs de l’amiante, vient de déposer un imposant rapport.Avec une compétence et une objectivité indiscutables, le Comité Beaudry aborde non seulement les problèmes de santé dans l’industrie de l'amiante mais propose une réforme globale dans tout le domaine de la qualité de vie au travail.Le Rapport Beaudry constitue en fait un constat dramatique de l'incurie et de l’irresponsabilité du gouvernement Bourassa et de ceux qui l'ont précédé, en matière de santé et de sécurité.Après un examen rapide du rapport, la FTQ a constaté que la plupart des recommandations du Comité Beaudry rejoignent les revendications qu elle met de l'avant depuis plusieurs années.Au cours des prochains mois, la FTQ a l’intention de procéder avec les militants engagés dans le domaine de la sécurité à un examen en profondeur des implications du Rapport Beaudry.On doit s'attendre a ce que' le nouveau gouvernement, qui a affirmé que la question de la santé et de la sécurité au travail était une priorité, donne suite à ces revendications vitales.Tous les secteurs industriels Le Comité Beaudry souligne qu’il n’y a pas de solution aux problèmes de santé des travailleurs de I amiante sans une réforme en profondeur de tout le domaine de la santé et de la sécurité.C’est pourquoi ses recommandations débordent le seul secteur de l’amiante pour embrasser l’ensemble de l’activité industrielle.Parmi les multiples lacunes soulevées par le Comité Beaudry en matière de santé au travail mentionnons: I incroyable fouillis créé par le fait que les questions de santé et de sécurité relèvent d’une dizaine de ministères et organismes gouvernementaux différents; l’absence de règles uniformes en matière de santé industrielle; l’inefficacité complète de la Commission des Accidents de Travail; l’absence de véritable "médecine du travail" et .l’impuissance des départements de santé communautaire dans ce domaine; le peu de ressources et l’absence de coordination dans le domaine de la recherche.PAGE 12 Régie de la santé Au chapitre des grandes recommandations, le Comité Beaudry insiste sur la nécessité “d’un programme unifié de surveillance de la salubrité du milieu de travail et de la santé au travail”.Dans ce sens, le Comité recommande de créer une “Régie de la santé au travail” qui serait un organisme central chargé de la coordination et de la direction de tous les programmes en matière de santé et d’environnement au travail.Il insiste aussi sur l’obligation pour l’Etat de mettre sur pied une structure globale de médecine du travail pour concevoir, appliquer et évaluer des programmes de surveillance de la santé au travail, non seulement dans l’industrie de l’amiante, mais dans toute l’industrie.l m3 •mÊm MM LA SANTE DIS TRAVAILLEURS EN CHINE En mai dernier, Emile Boudreau, permanent au Syndicat des métallos, et Pierre Richard, responsable de l'information à la FTQ, participaient à un stage d’étude en Chine.Dans cet article, Emile Boudreau nous livre quelques réflexions sur la sécurité et la santé des travailleurs en Chine.Il serait impossible à quiconque, au cours d’un voyage de 14 jours en Chine populaire, de prétendre cerner tous les aspects d’un sujet aussi complexe que celui de la prévention des accidents du travail et des ma-làdies professionnelles dans ce pays.Il n’est pas possible non plus, lorsqu’on parle de la Chine, de traiter d'un sujet particulier sans tenir compte de l’ensemble du contexte de la révolution qui est à s’accomplir dans ce pays et qui semble bien devoir se poursuivre (avec, peut-être, certains changements d’orientation) pendant de nombreuses années encore.Par exemple, lorsqu’on parle de sécurité Des équipes sanitaires de “médecins aux pieds nus” sont présentes sur tous les lieux de travail en Chine.,lci, une telle équipe est à l’oeuvre sur un chantier de construction.PAGE 13 LA SANTE DES EN CHINE (suite de la page 13) et de santé des travailleurs en Chine, on ne peut pas parler comme on le ferait ici des seuls travailleurs industriels, puisque l’immense majorité de la population “travailleuse" de Chine se retrouve dans les quelques 80,000 communes rurales (dont certaines regroupent plus de 80,000 habitants et possèdent des ateliers de fabrication de meubles, de machines agricoles, etc.).Et aussi, lorsqu’on traite de ce sujet, on ne peut en parler comme on le ferait ici en termes de revendications et de luttes de travailleurs soumis à tout un réseau d’entreprises capitalistes exploitées en vue du profit, mais plutôt en termes d’un seul élément, si important soit-il, dans la grande entreprise de la révolution visant à rétablissement de la dictature du prolétariat sous la directive unique du Parti Communiste Chinois.Qu’on en pense ce qu'on veut, c’est là le moteur, la toile de fond de toutes les activités au pays de Mao.Qu’on ne se méprenne pas sur le sens de ce que je viens dè dire.Il est incontestable que les Chrnois accordent une grande importance à la vie, à la santé, à l’environnement, à la qualité de la vie, etc.Mais ils accordent aussi une grande importance à l’auto-suffisance sur le plan alimentaire comme sur le plan de l'énergie, à l’expansion de leur production industrielle, à la préparation pour la guerre pour le cas d'une tentative d'invasion 0ar un pays ennemi, etc., etc., etc.Tout ça, ça fait partie de la grande entreprise qui s’appelle, en Chine, la révolution! PAGE 14 Qualité de la vie Et c’est “en ne comptant que sur leurs propres moyens” (selon la directive de Mao.on n’en sort pas!) que les travailleurs chinois améliorent constamment, à un rythme étonnamment rapide si on en juge par l’état des usines et des ateliers que nous avons pu visiter, l’aspect “qualité de là vie" dans leur environnement de travail.Ils le font au niveau de chaque usine, de chaque commune rurale, de chaque atelier de commune ou de quartier, en s’inspirant des améliorations réalisées ailleurs et en les perfectionnant au fur et à mesure des découvertes qui se font par la “discussion" et-par I apport de techniciens issus du milieu, qui sont allés acquérir des connaissances dans les universités et qui sont revenus travailler dans le milieu.On décèle facilement une sorte d’émulation entre les travailleurs de différentes usines dans le domaine de l’amélioration des conditions de travail.Ce domaine en est par ailleurs un sur lequel les Chinois reconnaissent volontiers leurs “insuffisances" et nous demandent de les critiquer”.(Ces mots reviennent très fréquemment dans leur conversation).Au service du peuple Quant à la “médecine du travail" telle qu on Tentend ici, ça n'existe pas en Chine.Bien sûr on retrouve partout dans les usi- ^ mm, La Chine a accordé une grande importance au développement de la technique de réimplantation des membres sectionnés par accident.Sur ces photos, on voit le bras arraché d’une ouvrière et on voit la meme ouvrière au travail après l’opération de greffe.nés et les ateliers des “médecins aux pieds nus” et certaines usines possèdent même leur propre hôpital pourvu de toute une équipe de “professionnels de la santé” comme on les appellerait ici.Mais on retrouve ce même service dans toutes les communes rurales d'importance et aussi dans les quartiers.Il n’existe aucune différence en Chine entre le traitement prodigué à l’accidenté du travail et celui accordé au paysan blessé aux champs ou au cycliste heurté par un autobus sur la route.Et on accorde la même importance à la recherche d’une solution au fléau du rhumatisme et des infections aux pieds des paysans qui oeuvrent dans les rizières qu’à la recherche de solutions aux problèmes causés par les poussières dans les mines de charbon ou dans les usines de textile.La différence, c’est qu’au lieu de simplement en parler, en Chine on semble les rechercher véritablement, les solutions.Et puisque je suis sur le sujet de la médecine, ce qui nous a particulièrement frappé au cours de notre court voyage en Chine fut de constater jusqu'à quel point on a pu la mettre à la disposition du peuple en la “désacralisant”, c'est-à-dire en établissant un système en vertu duquel ce ne sont pas les médecins qui en sont les seuls dépositaires à titre de "grand-prêtres” détenant un pouvoir absolu.Dans ce domaine comme dans bien d’autres, on ne peut évidemment pas transplanter le régime chinois ici, mais il reste qu'on aurait un grand nombre de choses à apprendre des Chinois! Visite à l’hôpital , Et pour terminer, je souhaite à tous les sceptiques qui me lisent de vivre, comme je l'ai vécue à Nankin, l’expérience d’une visite à un hôpital très propre mais non “aseptisé” à outrance, d’y parler (si on peut dire.il y avait quand même une certaine “barrière linguistique!) avec un paysan auquel on avait regreffé un pied totalement sectionné par une machine agricole, et y assister à quatre opérations sous anesthésie par acupuncture en circulant librement (avec masque et uniforme, évidemment) d’une salle d’opération à l’autre.L’une de ces opérations: l’ablation d’une tumeur à la glande thyroïde de la grosseur d’une balle de golf.Pendant l’opération, le chirurgien échangeait des propos enjoués avec l'opéré.Pourquoi?Parce que lorsque le patient parle, on voit vibrer les cordes vocales et on ne risque pas de les sectionner accidentellement.Sous acupuncture, 100% de réussites.Sous anesthésie médicale, les cordes vocales sont endommagées dans un peu plus de 20% des cas.Quand je vous disais que nous avons des choses à apprendre des Chinois! Et l’acupuncture, ce n’est pas “communisse” puisque ça existait des milliers d’années avant Mao.Mais il reste que ce n’est que depuis 1958 qu’on l’utilise pour les opérations chirurgicales.PAGE 15 Dans le Nord-Ouest CONGRÈS DU CONSEIL RÉGIONAL Les assises statutaires du Conseil Régional des travailleurs de l'Abitibi-Témiscamingue (FTQ) se tenaient à Rouyn les 30 et 31 octobre 1976.Outre les délégués à ce congrès, on notait la présence de MM.Louis La-berge.président de la FTQ.Julien Major.vice-président exécutif du CTC.J.P.Bélanger, directeur du service de l'éducation de la FTQ.Roger Fortier, président du STENOQ et trois représentants du Conseil régional de la Mauricie.Bois-Francs et Drummond-ville (FTQ).Les délégués se sont divisés en deux ateliers afin de discuter du thème principal " Le Travailleur et son engagement sur le plan syndical, politique.économique, social et culturel." Parmi les nombreuses résolutions adoptées en plénière, les principales sont que le CRTAT en collaboration avec le service de l'éducation de la FTQ et Ie3 différents syndicats affiliés.se charge de former une banque de formateurs qui auront pour tâche de s'occuper dejéducation syndicale dans la région; de former des comités qui s'occuperont de l'aide aux luttes, et de renseigner les travailleurs sur les différentes lois sociales telles.l'Assurance-chômage.les accidents du travail, etc.De plus, des comités ont été formés pour s'occuper des retraités, des défavorisés.de la pollution et de la pré-vension des accidents de travail.Une campagne de sensibilisation se fera dans les prochaines semaines en ce qui a trait aux différentes coopératives de la région.Enfin, les délégués ont endossé la position de la FTQ concernant l'appui au Parti Québécois dans la campagne électorale.PAOE 1S Élections CONSEIL O*ADMINISTRATION Ont été élus: Président • Germain Boudreau (SCFP); vice-président • Paul Gill (Métallos!: trésorier.André Langlois (Métallos); Directeurs exécutifs.Diana Simard (SCFP) et R.Champagne (SCFP) DIRECTEURS OE ZONES Rouyn-Noranda Marcelle Guénard (SCFP); Matagami-Joutel: Camil Boudreau (Métallos); Lebel sur Quévillon-Senneterre R.Bérubé (SCTP); Malartic-Val DOr G.Wis-becq (Métallos); Témiscamingue Yves Rochon (FUCMA).Pour ce qui est des zones de Chi-bougamau.LaSarreet Amos.les élections se dérouleront au début de tannée 1977.Germain Boudreau nouveau présidant du CRTAT UWQVWHWm I* Ml» W »>MII«I MMIM •» nm> K m nwi
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