Le monde ouvrier = The labor world, 1 juin 1979, Juin
C'EST PAS CAT ft 11 COMPLIQUE r J m I ¦Mi Bulletin d’information de la • Fédération des travailleurs du Québec ^ JUIN 1979 Rattrapage et indexation Les travailleurs de Catelli défoncent e patronale page 3 * i Port de retour garanti, si adressé à Fédération des travailleurs du Québec, 1290 rue St-Denis, 5ème étage, Montréal.Téléphone: (514) 288-7431.1 + Canada Postai post Canada Pottage paid Port pay 'J Third Troisième class classe B-678 MONTRÉAL Boycotter les sacs Glad, une question de sécurité une première au TNM En grève depuis près de six mois sur des questions de sécurité d'emploi et de sécurité au travail, les 350 métallos de la Union Carbide ont lancé avec l'appui de la FTQ, une campagne de boycottage de certains produits fabriqués par cette compagnie, soit les sacs Glad, les piles Eveready et l'antigel Prestone.Près de six mois après le début du conflit et en dépit d’une tragédie qui a causé la mort de cinq employés-cadres en janvier dernier, la multinationale Union Carbide maintient la même attitude intransigeante et irresponsable.Union Carbide s'obstine à vouloir réduire son personnel et mettre ainsi en jeu la sécurité physique des travailleurs.Récemment, elle a même poussé l'odieux jusqu'à brandir une menace de fermeture de son usine à Beauharnois.André Demers, président de la section locale 5987 du Syndicat des métallos (FTQ), explique ainsi les enjeux du conflit qui a débuté le 25 novembre dernier: "Pour nous, la sécurité d'emploi, c’est une condition essentielle pour le respect de la sécurité et de la santé au travail.Union Carbide veut réduire le nombre de travailleurs requis pour chaque opération; ainsi, la compagnie propose de réduire le nombre de travailleurs pour opérer chaque four.C'est justement l’explosion de l'un de ces fours qui a récemment causé la mort de cinq employés-cadres qui continuaient les opérations en dépit de la grève; vouloir effectuer ce travail avec un personnel réduit, constitue un danger très grand pour la sécurité des travailleurs." Les métallos en grève demandent donc une garantie sur le nombre de travailleurs requis pour chaque classification.Ils réclament également une protection contre les sous-contrats donnés à des compagnies de l’extérieur.Les métallos de la Union Carbide comptent sur la solidarité de tous les travailleurs pour sortir victorieux de cette dure lutte.Tout soutien financier doit être fait à l'ordre du “Local 5987 Métallos" et envoyer au Local 5987, Casier postal 125, Beauharnois, Québec.: Les métallos de Union Carbide informent les consommateurs dans différents centres d’achat sur les raisons de boycotter les sacs Glad, les piles Eveready et l'antigel Prestone.Les 28 employés affectés aux guichets, aux bars, aux vestiaires et à la salle, membres de la FTQ, viennent de conclure avec la direction du Théâtre du Nouveau Monde, au terme d’une grève de cinq semaines, une première convention collective supérieure à celles des employés occupant des fonctions identiques dans d’autres salles de spectacles du Québec.La lutte fut dure parce que la direction a mis du temps à reconnaître la légitimité du syndicat, continuant à présenter des spectacles malgré les lignes de piquetage.C’est probablement l’approche des représentations de la pièce “Les fées ont soif” et l’évidente contradiction que la coexistence de ce spectacle avec une grève aurait représentée, qui a convaincu la direction à négocier de bonne foi.Les employés voient donc leur ancienneté reconnue; certains d’entre eux auront un statut régulier; ils auront droit de postuler à n’importe quel poste vacant de l’unité de négociation, les salaires les plus bas sont de $4.50 l’heure et tous bénéficieront pour chacune des deux prochaines années d’une augmentation de 8%; ils jouiront d’une clause de grief prévoyant le paiement à 60% par l’employeur des frais d’arbitrage; une clause protège leur droit de ne pas franchir les lignes de piquetage des autres employés syndiqués; un régime de vacances donne droit à trois semaines après un an, quatre après trois ans; les employés non réguliers bénéficient d’une prime de 7.5% de leur revenu en remplacement de leurs bénéfices marginaux.Pour les employés, qui ont accepté ces offres à 80%, il s’agit d’un début, l'essentiel ayant été de faire reconnaître de plein droit leur syndicat.Page 2 Percée importante chez Catelli Les travailleurs rattrapent les salaires perdus sous les contrôles Grâce à une solidarité à toute épreuve, les 350 travailleurs de Catelli sont sortis victorieux d’une grève de deux mois et ont rattrapé ce qu’ils avaient perdu sous la loi du contrôle des salaires (loi C-73).C’est une perçée importante que viennent d’effectuer ces travailleurs dans la résistance patronale à tout rattrapage salarial pour compenser pour les pertes causées par les mesures Trudeau et par l’augmentation du coût de la vie.Les travailleurs de l’usine Catelli de l'est de Montréal demandaient des augmentations salariales de $1.00 pour la première année et de $1.00 pour la deuxième année de leur contrat.Ils ont finalement obtenu $1.00 pour la première année et $0.75 pour la deuxième année ($0.65 à partir du 1er janvier 1980 et ; ¦ $0.10 au 1er juillet 80) accompagnés d’une formule d’indexation partielle à partir de la deuxième année.Ils peuvent donc compter sur des augmentations pouvant aller de $1.83 à $1.95 pour un contrat de deux ans, ce qui représente une augmentation globale d’environ 26%.Une victoire significative ¦La victoire des travailleurs de Catelli, membres du local 333 de l’Union internationale des travailleurs en boulangerie, confiserie et tabac (FTQ), est d’autant plus importante et significative qu’elle survient à un moment où plusieurs groupes de travailleurs tentent de reprendre le terrain perdu sous le régime des mesures de contrôle des salaires.On sait que les employeurs, tant du secteur public que du secteur privé, offrent une résistance farouche à toute demande de rattrapage ou d’indexation.Les ouvriers de la Canadian Steel Wheel et de United Auto Parts ont dû faire de dures grèves pour rattraper en partie ce qu’ils avaient perdu.Noranda mène une lutte farouche contre ses 1,200 mineurs de Murdochville, en grève depuis plus de sept mois pour retrouver la parité qu’ils ont perdue avec les travailleurs de Montréal.Le gouvernement du Québec présente des offres ridicules aux employés du secteur public et se propose de leur retirer la clause actuelle d’indexation.Une solidarité à toute épreuve Tout au long des négociations et de la grève, les travailleurs de Catelli ont témoigné d’une solidarité à toute épreuve.A quatre reprises, ils ont refusé les offres soumises par l’employeur par des votes variant entre 83% et 95%.Après cinq semaines de grève, ils ont lancé, avec l’appui du Conseil du travail de Montréal (FTQ), une campagne de boycottage des produits Catelli et Habitant; pour soutenir cette campagne, ils ont dressé des piquets d'information aux portes des grands centres d’achat de la région de Montréal.Catelli n’était pas un employeur facile à faire plier.Catelli est une composante du groupe Ogilvie Mills qui est sous le contrôle total de la société John Labatt, qui fait partie de l’empire Brascan.Ogilvie Mills, y compris Catelli, est le secteur le plus rentable de Labatt et avait largement profité de la période des contrôles alors que ses revenus nets avaient grimpé de plus de 50%.Pendant ce temps, les travailleurs de Catelli avaient subi deux fois les coupures de la Commission antiinflation.Le président du syndicat local, Roger Nantel, résume ainsi la grève: “Cela fait 20 ans que nous sommes syndiqués chez Catelli; en vingt ans, nous avons fait une grève de deux semaines il y a 10 ans.Cette fois-ci nous étions bien décidés à obtenir ce que nous demandions et rien de moins.” Aussi dans ce numéro: • Condamnation de Jean-Claude Parrot p.4 • Les comparaisons de Parizeau p.5 • L’Hydro-Québec attendue de pied ferme P.7 * Délégation de la FTQ en Suède p.8 à 12 • Les élections fédérales p.15 * Les fêtes du Premier Mai p.16 Page 3 Condamnation de Jean-Claude Parrot La FTQ dénonce le cynisme de la justice “Si Jean-Claude Parrot est coupable d’un crime, c’est d’avoir lutté avec détermination pour sauver les emplois et les droits des 23,000 postiers canadiens.Un tel crime ne justifie pas l’emprisonnement de son auteur; il devrait plutôt susciter l’appui de l’ensemble des travailleurs canadiens", a déclaré M.Louis Laberge, président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), en guise de commentaire à la condamnation du président du Syndicat des postiers du Canada à une peine de prison de trois mois.Ayant assisté au prononcé de la sentence, Louis Laberge a affirmé qu’il trouvait “les 18 mois de probation imposés à Jean-Claude Parrot encore plus graves que les trois mois de prison’’.“On impose ainsi au président des postiers un véritable carcan et on veut le rendre responsable du respect de la loi auprès des 23,000 postiers; la justice ne pose même pas de telles exigences au solliciteur général du Canada en ce qui a trait aux agissements illégaux de la GRC", a noté le président de la FTQ.Celui-ci s’est dit profondément scandalisé par les propos du procureur de la Couronne, Me Douglas Rutherford, qui, pour appuyer sa demande de sentence exemplaire, a soutenu que le fait que M.Parrot ait été de bonne foi rendait sa faute encore plus grave.“C'est à se demander jusqu’où la justice canadienne poussera le cynisme", s’est interrogé M.Laberge.Jean-Claude Parrot, président du Syndicat des postiers du Canada, a été condamné à la prison pour avoir respecté son mandat syndical.Les mineurs de Sudbury veulent donner une leçon à l’Inco Depuis le 15 septembre dernier, soit depuis près de 9 mois, les 11,500 mineurs de l'Inco à Sudbury sont en grève.Tout récemment, ils décidaient majoritairement de poursuivre leur lutte et donner une leçon à la puissante Inco.Celte compagnie multinationale, dont le siège social est à Toronto, ne manque pas d'arrogance.Le 13 février 1978, elle mettait à pied 2,300 mineurs à Sudbury et 1,000 autres à 'Thompson et à Port Colborne; deux isemaines plus tard, une première livraison de nickel venant de ses F Page 4 mines du Guatemala arrivait à ses usines de Wales.Avant le déclenchement de la grève, l'Inco offrait de prolonger le contrat actuel d’un an sans augmentation salariale et sans indexation ! Jusqu'à tout récemment.l'Inco a pu compter sur des stocks empilés avant la grève; aujourd'hui, ces stocks sont presque épuisés et le prix mondial du nickel est à la hausse.Les mineurs de Sudbury ont décidé de profiter de ce nouveau rapport de force.Solidarité Murdochville-Sudbury Les grèves de Murdochville et de Sudbury ont plusieurs points en commun.Membres du même syndicat, le Syndicat des métallos, les mineurs de la Gaspésie et du Nord de l'Ontario font face à deux géants, la Noranda et l'Inco qui refusent des revendications élémentaires, qui réalisent des profits exhorbitants (plus de $100 millions chacune en 1978), qui réinvestissent les profits réalisés ici dans des pays comme le Chili, le Nicaragua et le Guatemala.Ces deux groupes de mineurs sont aussi bien organisés et déterminés à tenir le temps qu'il faudra pour avoir gain de cause.Au moment d'écrire ces lignes, des négociations intensives avaient lieu à Murdochville, pour la première fois depuis le début de la grève qui dure depuis plus de 7 mois.Plus de 1,500 sympathisants ont participé le 25 mai dernier à une soirée de solidarité, à Montréal, envers les grévistes de Murdochville et de Sudbury.Pour appuyer ces travailleurs en lutte, faites parvenir vos dons à: • "Local 6500 USWA Strike Fund", au District 6, United Steelworkers of America, 100 Lombard Street, Toronto, Ont.M5C 1L4.• "Local 6086 Métallos”, Case postale 746, Murdochville, Qué. Secteur public/secteur privé Les comparaisons de Parizeau: de la poudre aux yeux ! Plutôt que d’amorcer sérieusement les négociations avec le Front commun des 185,000 employés du secteur public, le ministre des Finances du Québec, Jacques Parizeau, a décidé de se lancer publiquement dans de savantes comparaisons entre les salaires payés dans le secteur public et ceux du secteur privé.Après un examen sérieux, on constate que les comparaisons du ministre Parizeau sont douteuses pour ne pas dire malhonnêtes; c’est à tout le moins une tentative de jeter de la poudre aux yeux de la population.• Le ministre Parizeau ne tient absolument pas compte du fait que 80% des travailleurs du secteur privé ne sont pas syndiqués et qu'ils ne peuvent donc pas négocier leurs salaires; quand on fait la comparaison entre les travailleurs syndiqués du secteur public et les travailleurs syndiqués du secteur privé, on s’aperçoit que les salaires payés dans le secteur privé sont plus élevés que ceux du secteur public pour la majorité des catégories d’emplois.• Les comparaisons salariales ont été faites sur la base des titres d’emploi et non des contenus de tâche.Cela entraîne des erreurs importantes; ainsi dans le soutien scolaire, parce qu’il n’y a pas de catégories d’emploi “dactylos” et “réceptionnistes", le gouvernement n'en tient pas compte; pourtant, ces deux catégories se retrouvent sous le titre “agent de bureau, classe II".• L’enquête du gouvernement sur les salaires est aussi viciée par le fait qu’une partie importante des emplois dans le secteur public ne se retrouve pas dans le secteur privé (par exemple: infirmier, diététiste,.); d’après les chiffres fournis par le gouvernement, son enquête de salaires ne couvre que 21.2% des ses employés dans le secteur des affaires sociales et 13.5% dans le secteur de l’éducation ! Comment Parizeau peut-il se baser sur ces chiffres pour établir une politique salariale pour 100% des employés du secteur public?Ce ne sont là que quelques exemples flagrants du caractère boiteux des comparaisons entre les salaires des secteurs public et privé.Il y en a plusieurs autres comme par exemple le fait que le gouvernement a accordé un poids démesuré au secteur "finances" (banque et compagnies d’assurances) dans l’échantillon de son enquête auprès des employeurs du secteur privé; on sait que ce secteur n’est pas syndiqué et a la réputation de payer les plus bas salaires.En fait, cescomparaisonssont une tentative de mystification de l’opinion publique avant les négociations; il est navrant de voir les journalistes des grands media d’information mordre aussi facilement à l'hameçon que leur lance Parizeau.Quelques chiffres révélateurs Voici quelques chiffres qui montrent que les affirmations globales du ministre Parizeau, à l'effet que les travailleurs du secteur public recevraient des salaires 16% plus élevés que ceux du secteur privé, ne correspondent pas à la réalité.PUBLIC PRIVÉ SYNDIQUÉ PRIVÉ NON S YNDIQUÉ SALAIRE SALAIRE DIFFERENCE SALAIRE PUBLIC/PRIVE HORAIRE AJUSTE PUBLIC/PRIVE AJUSTE Electricien $7.80 $8.63 — 9.6% $8.20 — 4.9% Entretien ménager (lourd) 5.40 6.04 —10.6 5.43 — 0.6 Entretien ménager (léger) 5.16 4.60 -M2.2 4.43 +16.5 Gardien 5.29 6.73 —21.7 4.58 +15.5 SALAIRE ANNUEL SALAIRE ANNUEL PUBLIC/PRIVE SALAIRE ANNUEL PUBLIC/PRIVE MIN.MAX.MIN.MAX.MIN.MAX.MIN.MAX.MIN.MAX.Dactylo $9,482 $10,101 $ 9,502 $10,982 —0.2% —8.0% $ 8,004 $ 9,583 +18.5% +5.4% Réceptionniste 9,482 9,919 10,010 11,762 —5.3 —15.7 8,744 10,784 + 8.4 — 8.0 Magasinier (niveau 1) 9,519 10,793 10,848 13,954 —12.3 —22.7 11,264 13,069 -15.5 —17.4 ! Construction La négociation par métiers est reconnue Une entente est intervenue entre l'Association des entrepreneurs en construction du Québec (AECQ) et la FTQ-construction sur une structure de négociations par métiers, spécialités et occupations en vue du renouvellement du décret de la construction.C’est la première fois que les employeurs de la construction, depuis la centralisation des négociations en 1969, acceptent une négociation sur la base des métiers."C’est une importante victoire pour la majorité des travailleurs de la construction qui ont choisi les syndicats de métier affiliés à la FTQ.Depuis 10 ans, nous réclamons une négociation par métiers, spécialités et occupations, tout en prévoyant certaines clauses communes.L'AECQ accepte enfin cette structure de négociations qui est la seule efficace pour l’industrie de la construction.Chaque union de métier pourra négocier et signer les clauses qui la concernent", a commenté Maurice Pouliot, secrétaire général du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (FTQ).Il est prévu qu’un comité de coordination verra au déroulement général des négociations et que la négociation des clauses communes sera distribuée entre les tables particulières.D’autre part, l’entente prévoit une augmentation salariale de $0.70 l'heure pour la première année du décret; un premier $0.40 est rétroactif au 17 mai et $0.30 seront versées au moment de la signature de la prochaine convention.L’entente a aussi été endossée par la CSN-Construction à titre d’observatrice.Les négociations pour le renouvellement de l’ensemble du décret peuvent donc enfin démarrer.On sait que ce dernier a été unilatéralement prolongé, sans aucune consultation avec les parties, par le ministre du Travail jusqu.au 31 juillet prochain.Liste des Conflits FTQ (au 28 mai 1979) Employeur Ville Nbre de trav.Syndicat Début Mines de Gaspé Murdochville 1,200 Métallos 17/10/78 Union Carbide Beauharnois 350 Métallos 25/11/78 Câbles industriels Québec 55 Métallos 29/11/79 Boisfrancs Ka’n’enda Mont-Laurier 70 Bûcherons 13/02/79 U.O.P.Produits forestiers Deux-Rivières 30 Bûcherons 14/02/79 Canada Cup Lachine 24 Ind.chimiques 19/03/79 S.H.H.M.Camp McNob 7 Machinerie lourde 21/03/79 Signal Ford Truck Montréal 41 T.U.A.26/03/79 Sonolab Montréal 34 SCFP 17/04/79 Building products Canada Ltée Lasalle 210 SITIPCA 18/04/79 J.H.Normick Inc.Lasarre 420 FUCMA 23/04/79 Mussens equipment Sept-lles 8 Machinistes 25/04/79 Buckhingham plastic and Co.Buckhingham 46 SCTIC 30/04/79 Rolph-Clark-Stone Ltée Emballage Lawson Ltée Industrie Summerville Belkin Ltée Montréal 185 Arts graphiques 04/05/79 Les emballages Bonar East Angus 115 SCTP (Papier) 07/05/79 (lock-out) Centre d'accueil Myriam Chomedey 65 SCFP 15/05/79 Sheraton Mont-Royal Montréal 346 Hôtel & Rest.17/05/79 (lock-out) MLW Bombardier Montréal 900 Métallos 18/05/79 Peerless Montréal 75 Machinistes 22/05/79 Woodhouse 283 Commerce 16/05/79 Northern Telecom Ltée Aylmer 530 STCC (Communications) 18/05/79 Banque Canadienne Nationale Rouyn et Amos Commerce lock-out *Page 6 Lock-out au Sheraton Mont-Royal La direction de l’hôtel Sheraton-Mont-Royal n’y va pas de main morte à l’endroit de ses 355 employés syndiqués.Le 17 mai dernier, elle a fait appel à la police pour briser une assemblée syndicale et le lendemain elle décrétait un lock-out contre les travailleurs membres du local 31 de l'Union des employés d’hôtels, motels et restaurants (FTQ).L’hôtel Sheraton-Mont-Royal refuse de signer la même convention collective signée il y a quelques mois entre le local 31 et 10 grands hôtels de la métropole; cette convention prévoit une augmentation salariale de $0.90 (un premier $0.40 le 1er avril 1979 et $0.50 le 1er avril 1980); la direction du Mont-Royal offre $0.80 étalés sur deux ans en quatre versements et refuse d’octroyer un congé additionnel.Le syndicat, avec l’appui de la FTQ, a demandé une enquête en vertu des dispositions antiscabs.Les employés frappés par le lock-out sont les femmes de chambre, les employés des cuisines, les caissiers, les portiers, les serveurs, les employés de l’entretien ménager.Les syndiqués attendent l’Hydro de pied ferme Sans convention collective depuis le 31 décembre dernier, les 12,000 travailleurs syndiqués de l'Hydro-Québec attendent de pied ferme leur employeur.Ils viennent de rejeter dans une proportion de 94.7% les dernières offres patronales qui leur enlèvent la clause actuelle d’indexation des salaires et qui constituent des reculs sur plusieurs autres points.Au gouvernement de bouger “C'est à l’Hydro-Québec et, derrière elle, au gouvernement du Québec de bouger.Nous attendons.” C’est l’attitude qu’ont décidé d’adopter les employés de métier, les employés de bureau et les techniciens de l'Hydro-Québec, membres des sections locales 1500, 2000 et 957 du Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ).La participation aux assemblées générales qui ont rejeté les offres patronales a été massive.Les syndiqués ont décidé d’attendre les prochains gestes de l’Hydro-Québec avant de voir s’il y a lieu de passer à l’action.Tout est donc au point mort mais les syndiqués sont prêts à se TUhif mobiliser au moment opportun.Des demandes légitimes Les 1 2,000 syndiqués demandent un contrat de deux ans avec des augmentations de 8% la première année et de 10% la deuxième année.Ils réclament l’indexation des prestations de retraite de 3% par année, un système de vacances pré-retraite et l’abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans sur une base facultative.D’autre part, les employés de la société d’Etat revendiquent une diminution de la semaine de travail ainsi que l’abolition des contrats à forfait.A toutes ces revendications, l’Hydro-Québec a opposé un non catégorique et s'est retranchée derrière un mandat qu’elle dit avoir reçu du Conseil du trésor.Il semble donc que le ministre des Finances, Jacques Parizeau, et le gouvernement péquiste aient décidé de jouer dur avec les travailleurs de l’Hydro-Québec comme avec ceux du secteur public en général.Cela ne laisse rien présager de bon pour les prochains mois.t ±-r r mm oc l 20C ' «EAU> [TüT ! POUR L H ¦’X - : • ' v *r A* ‘ Q/c-r Les 12,000 travailleurs de l’Hydro-Québec sont prêts à se mobiliser si nécessaire.Page Délégation de la FTQ en Suède ((Un mouvement syndical qui représente Du 24 au 31 mars dernier, une délégation de 11 représentants de ia FTQ a été reçue par les grandes centrales syndicales suédoises.Composée de membres du Bureau et de représentants de syndicats affiliés, cette délégation était dirigée par Louis Laberge, président de ia FTQ Ce voyage avait pour but d’approfondir les relations patronales-ouvrlères, le mode d’organisation syndicale, les différentes lois et commis- sions protégeant ia qualité de vie au travail, l’éducation syndicale, ia situation de ia femme et la situation de l’emploi et du développement en Suède.Le Monde Ouvrier a interviewé Louis Laberge pour recueillir ses impressions sur ce voyage.Vous trouverez aussi dans ces pages un reportage de Jean-Guy Frenette, responsable du service de recherche de ia FTQ, qui faisait partie de ia délégation.Monde Ouvrier: Pour un leader syndical québécois, quel est le fait le plus marquant dans une visite en Suède?Louis Laberge: Ce qui m'a le plus impressionné, c’est sans aucun doute le fait que 95% des travailleurs manuels sont syndiqués et plus de 80% des cols blancs.C'est impressionnant de voir un mouvement syndical qui représente l'ensemble des travailleurs du pays et qui n'est pas obligé de dépenser ses énergies et ses fonds pour la syndicalisation des non-syndiqués.Cela permet au mouvement syndical de s'attaquer à d'autres priorités.M.O.: Comment expliquer que le taux de syndicalisation soit aussi élevé?L.L.: Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain.Cela s'explique en bonne partie par l'implication politique du mouvement syndical.C'est le mouvement syndical qui a permis l'émergence d’un Parti social-démocrate fort qui a été au pouvoir pendant 44 ans.Ce gouvernement n’a pas seulement favorisé l'accès massif à la syndicalisation mais il l'a encouragé par de multiples législations.C'est ainsi que la formation syndicale a été soutenue sur une très vaste échelle, que le mouvement syndical participe directement aux politiques de main-d’oeuvre comme l'assurance-chômage.M.O.: Les grandes négociations en Suède se font de façon très centralisée.N’y a-t-il pas un danger que ces négociations échappent au contrôle de la base?i L.L.: Un tel danger existe.Mais ' je dois dire que, contrairement à ! l'idée que je m'étais faite des '.négociations en Suède, celles-ci n'échappent pas au contrôle de la base.Ce contrôle s'exerce de façon très serrée au moment de la préparation des demandes.Cela ressemble un peu à ce qui se passe ici dans les négociations dans le sécteurautomobile: il y a la négociation centrale d'une convention "maîtresse" et il y a des négociations locales sur plusieurs points.Je me suis aperçu que la social-démocratie ne fait pas automatiquement des syndicats jaunes et des aristocrates syndicaux.Un avantage certain de leur régime de négociation.c’est la grande force de frappe du mouvement syndical; une grève déclenchée par le mouvement serait quasiment une grève générale.Cela n’empêche pas un certain nombre de grèves limitées: il y en avait un certain nombre en cours pendant notre Louis Laberge.président de la FTQ.salue Gunnar Nilsson, président de la orande ?re AnneSMadrfiSp ^°‘ qU' re9.roupe deux millions de travailleurs manuels.Au cen-Petersson qui est responsable de la condition féminine à LO Les •“* leader?.syndicaux ont eu un échange approfondi sur la réalité syndicale en du Uavaflen gTnér'al P°M,iqUe dU m0uvemen« sVndi
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