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Titre :
Le monde ouvrier = The labor world
Éditeurs :
  • Montréal :[The labor world = Le monde ouvrier],1916-,
  • Fédération provinciale du travail du Québec,
  • Fédération des travailleurs du Québec,
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
Contenu spécifique :
Supplément
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Demain (Montréal, Québec)
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Le monde ouvrier = The labor world, 1996-04, Collections de BAnQ.

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SANTÉ-SÉCURITÉ BULLETIN DE LA FÉDÉRATION DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES DU QUEBEC (FTQ) SUPPLÉMENT AU MONDE OUVRIER, AVRIL 1996, N° 9 FWÎ SW ÉÉSÉÉ ¦¦¦¦" «te nWfff I nous aider à mieux ci à prévenir les LATR.» ¦ - L'action syndicale au coeur de la prévention des LATR Les lésions attribuables au travail répétitif (LATR) sont un phénomène important et complexe de notre société industrielle.Elles sont devenues une plaie dans plusieurs de nos milieux de travail.Pendant que les dirigeants syndicaux influencent les orientations des grands organismes en santé et en sécurité du travail, les militants et les militantes reçoivent de la formation et contribuent à éliminer les dangers à la source.Ce numéro spécial du bulletin À la source a pour but de brosser un aperçu de notre action syndicale pour la prévention des LATR.Les représentants syndicaux siègent au conseil d'administration de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CS5T).Ils ont le soutien du Service de santé et de sécurité de la FTQ qui participe aux différents comités de travail de la Comission.Depuis presque dix I ans, tous déploraient le laisser-aller et le manque de leadership de la CSST dans le dossier de la prévention.En réponse aux nombreux commentaires des sections locales, ils se plaignaient notamment de l'absence de soutien de la part des inspecteurs, «parfaits pour identifier les problèmes mais hésitantsau moment de suggérer des solutions».«On voulait que la CSST change son orientation et mette plus d'efforts à la prévention, rappelle le président de la FTQ, Clément Godbout.De son côté, la CSST essayait de convaincre les employeurs de collaborer.» EE3 Mpsy MfpttirLypwiw EaEKMl ES « «La FTQ utilise régulièrement l'expertise de l'IRSST en j c=»r,+À-eA,-.rjté du travail Le bilan des connaissances publié dernièrement est une contribution concrète qui va WIJUI|i*)NDES Des projets-pilotes En 1994, la CSST a entamé un virage en faveur de la prévention-inspection.Les nouvelles orientations tiennent compte des préoccupations de tous les intervenants en matière de santé et de sécurité au travail dont, bien sûr, les syndicats.Pour tester ses nouvelles orientations, la CSST a mis sur pied cinq projets-pilotes de prévention, dans cinq régions du Québec (voir en page 2).Ces expériences doivent faire l'objet d'une évaluation prochainement avant d'élargir la même approche à d'autres entreprises qui présentent un risque élevé de LATR.UN VASTE BILAN SUR LES LATR 1 Nouvelles orientations de la CSST Prévention et inspection: de nouveaux alliés contre les LATR Dans le cadre de nouvelles orientations en prévention-inspection, la CSST a mis sur pied, en novembre 1994, un groupe de travail CSST-IRSST pour identifier et comprendre la problématique des lésions attribuables au travail répétitif (LATR), afin de proposer ensuite une stratégie d'intervention.Il en est ressorti qu'il fallait miser sur la prise en charge de la prévention par le milieu de travail et encourager la concertation: entre les syndicats, les employeurs et les intervenants régionaux, qu'il s'agisse des inspecteurs, des agents d'indemnisation et des conseillers en réadaptation de la CSST, ou encore des médecins et des ergonomes des régies régionales de la santé.Cinq projets-pilotes Pour concrétiser ses bonnes intentions, la CSST sélectionne cinq régions où l'on retrouve des entreprises à forte concentration de LATR.Sept entreprises sont ciblées dans quatre grands secteurs d'activité: aliments et boissons, caoutchouc et produits en plastique, habillement et finalement, équipements de sport et cuir.Les travailleurs et les travailleuses sont syndiqués dans six des sept cas.Une équipe MULTIDISCIPLINAIRE Après avoir convaincu les employeurs et les syndicats de participer à l'expérience, il faut leur associer l'équipe locale de santé au travail, l'association paritaire de leur secteur ou l'IRSST, le cas échéant.Bien sûr, l'inspecteur de la CSST est mis dans le coup.C'est ainsi qu'au printemps 1995, les salariés de CCM Sport Maska, à Saint-Jean-sur-Richelieu, sont impliqués dans un projet-pilote (voir page 3).Un comité d'ergonomie paritaire est formé dans l'entreprise.Il a pour mandat la prévention des LATR.Formation Le comité ergonomique reçoit une formation sur la démarche à entreprendre et des notions de base sur les risques reliés aux LATR ainsi qu'en ergonomie.Les membres du comité participent à l'analyse LES LATR: UNE LONGUE HISTOIRE Au début du XVIIIe siècle, le médecin italien Ramazzini notait que les scribes souffraient de ce qu'il appelait la «paralysie du scribe».La cause: l'usage répété de la main, une posture inadéquate et un exercice mental excessif.Il mentionne même un travail sans joie et sous pression constante.Au siècle suivant, on parle aussi de crampes chez les télégraphistes et les pianistes.Aujourd'hui, des centaines de milliers de personnes se plaignent du «syndrome du clavier».Les militants et militantes en santé et sécurité du travail connaissent bien le «syndrome du canal carpien».S'ils sont si anciens, pourquoi les problèmes musculo- „ squelettiques suscitent-ils tout à coup tant d'intérêt?La hausse du nombre de lésions sous l'effet de l'industrialisation et de l'automatisation, en plus des pressions croissantes subies au travail sèment l'inquiétude.Les coûts sociaux et financiers reliés à ce problème sont énormes.On en a pris graduellement conscience et on reconnaît de plus en plus leur importance.Le travail répétitif et la santé, Québec Science / IRSST, septembre 1995.des postes de travail sélectionnés, à la recherche de solutions, à l'élaboration d'un plan d'action et au suivi.Riches de cette expérience, ils doivent pouvoir poursuivre la prévention lorsque les experts se seront retirés.Après une évaluation de ces projets-pilotes ce printemps, la CSST espère suggérer la même démarche à d'autres milieux de travail où les LATR sont très présentes. CCM Sport Maska Un projet-pilote en prévention pour éviter les LATR Au printemps 1995, CCM Sport Maska accepte de participer à un projet-pilote visant la prise en charge de la prévention par le milieu de travail.Initiée par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), la démarche a pour but de prévenir les lésions attribuables au travail répétitif (LATR) par la prévention.La section locale 8830 des Métallos compte environ 850 membres dans cette usine de fabrication d'équipements de hockey située à Saint-Jean-sur-Richelieu.En 1994, la moitié des lésions rapportées étaient attribuables au travail répétitif.On déclare une moyenne de 30 accidents de travail par mois chez Sport Maska.Pour démarrer le projet et encadrer le comité d'ergonomie paritaire, la CSST fait appel à un médecin et à un inspecteur.L'équipe est complétée par un ergonome de la Régie régionale de la santé de la Montérégie.Les délégués en santé-sécurité, France Dugas et Michel Fournier, sont impliqués dès le début dans le comité d'ergonomie.L'entreprise y compte deux représentants.Tout au long du processus, les membres sont consultés.«Nous avons même questionné ceux qui n'ont pas eu d'accident de travail pour voir si leur méthode de travail était différente et si elle pouvait nous aider», explique Michel Fournier.Une première étape: L'ÉTUDE DE TROIS POSTES Trois postes sont d'abord étudiés: l'assemblage des casques, le montage des formes de patins et le nettoyage des patins assemblés.Ils font l'objet de certaines modifications peu coûteuses, fabriquées sur place, après évaluation des experts et souvent à Le nettoyage des patins.De nombreuses manipulations.Le montage des casques.Le poignet et l'épaule sont les plus sollicités.partir des suggestions recueillies auprès des travailleurs et des travailleuses.problèmes aux épaules, des tendinites aux poignets et des syndromes du canal carpien.La vice-présidente syndicale a contribué à l'aménagement de son poste de travail.«On a organisé le poste en îlot de deux et nous faisons la rotation à toutes les heures, explique Lisette Simic.Le coussin en forme de beigne posé sur le tournevis à air nous évite de trop forcer.Maintenant, on est en train de tester un prototype de table pour fixer la grille du casque.» Avec l'assentiment des travailleuses, on procède aux mêmes modifications sur d'autres postes.Les résultats sur la santé se font déjà sentir.Soulagements AU LAVAGE DES PATINS Lyne Clouâtre travaille au lavage des patins.Elle nettoie 20 patins en 12 minutes.À chaque jour, elle manipule au delà de 2 000 paires de patins.Comme d'autres, elle se plaignait de douleurs aux épaules et aux poignets.Les transformations apportées depuis quelques mois ont procuré du soulagement mais on fera un suivi pour maximiser les résultats.Chez Sport Maska, il existe environ 300 postes de travail.L'ergonomie y fait ses premiers pas.On s'est fixé un objectif d'un poste par mois où il existe des problèmes de lésions musculosquelettiques.¦ France Dugas et Michel Fournier sont d'accord: «La formation de base, ça nous aide à comprendre l'ergonomie et à identifier les problèmes.Mais pour mieux intervenir dans l'usine, on aura besoin de plus.» L 'assemblage des casques: IL FALLAIT Y PENSER Les travailleuses de l'unité des casques manipulent une trentaine de casques à l'heure: soulever, tirer, peser, retenir ensemble les pièces, visser, riveter sont autant de tâches qui provoquent des En 1994, l'entreprise Lightolier constate les graves problèmes de lésions attribuables au travail répétitif (LATR) vécus par ses salariés, suite aux nombreuses démarches syndicales.Prenant la décision d'agir, elle profite des recherches déjà en cours à l'Institut de recherche en santé et en sécurité du travail (IRSST).Dans une enquête-maison que vient de réaliser le syndicat, 79 % des membres de la section locale 576Q du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) déclarent ressentir des douleurs au bas du dos, aux épaules, aux coudes, aux poignets ou aux mains.Chez Lightolier, ça fait longtemps que le syndicat parle de ce type de problème à l'employeur.«On a eu une ou deux déclarations de maladie professionnelle par semaine durant les trois premiers mois de 1994», se souvient l'ancien président de la section locale, Réjean Dussault.Chiffres en main, l'entreprise s'inquiète: les employés ayant plus de 8 ans d'ancienneté commencent à avoir de sérieux problèmes.L'âge moyen augmente.De plus, un sondage mené à la demande de l'association sectorielle en 1989 a fait ressortir l'importance des lésions musculosquelettiques reliées au travail répétitif dans l'industrie de la fabrication de produits électriques.À l'IRSST, l'ergonome Marie Saint-Vincent a développé et testé une grille d'analyse des postes de travail à partir d'observations menées chez Camco, une autre entreprise du secteur syndiquée avec le SCEP.Déjà sensibilisé au problème, le syndicat est mis à contribution au sein du comité d'ergonomie.À l'assemblage DES RÉFLECTEURS ENCASTRÉS Au poste d'assemblage des réflecteurs encastrés, il fallait s'étirer pour saisir les pièces, faire de nombreuses manipulations pour assembler, exercer une pression, s'étirer encore pour l'emballage.Résultat?Des tendinites aux épaules L'assemblage des réflecteurs encastrés.et aux poignets, des syndromes du canal carpien en grand nombre.On en a fait le poste-cible dans le but de prévenir les lésions.Un meilleur aménagement permet d'avoir les pièces à portée de la main.L'assemblage se fait de façon mécanique et un convoyeur place les projecteurs sur un plateau tournant, prêts pour l'emballage.La robotisation peut régler certains problèmes.Depuis cette première intervention, plusieurs postes ont été réaménagés.De nouveaux équipements robotisés ont été achetés pour alléger le travail sur plusieurs chaînes de montage; les tournevis pneumatiques ont été remplacés par des tournevis à mécanisme d'arrêt automatique; l'emplacement du matériel a été repensé pour réduire les gestes répétitifs et les problèmes de dos; plusieurs tables de travail sont ajustables; les boutons de commande manuelle des presses ont fait place à des dispositifs thermosensibles.«En plus de diminuer le nombre de lésions, la plupart des modifications ont fait augmenter la productivité, affirme André Bissonnet, président de la section locale.En 1995, on a eu seulement quatre maladies avec perte de temps reliées à des lésions.Mais le travail se poursuit.Maintenant, on pense toujours à l'ergonomie.» APRES La table a été abaissée et la chaise peut être ajustée pour le confort de chaque personne.Les malaises ont presque disparu.L'ASSOCIATION SECTORIELLE PARITAIRE L'employeur refuse d'appuyer le projet de recherche du CINBIOSE et établit plutôt une collaboration avec l'association sectorielle paritaire (ASP).Avec l'Institut de recherche en santé et en sécurité du travail (IRSST), l'association met au point une grille Les TCA chez Marconi La formation à la base de l'action en prévention La formation est le plus souvent le point de départ de l'action syndicale.En prévention, nous en avons des exemples fréquents, comme celui de Diane Mimeault, représentante à la prévention du Syndicat national de l'automobile, chez Marconi.Au cours d’une formation intensive de 5 semaines offerte par son syndicat en 1992, Diane rencontre des chercheures du Centre d'étude des interactions biologiques entre la santé et l'environnement (CINBIOSE) de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).Ces femmes s'intéressent aux usines d'électronique pour étudier l'effet composé du travail répétitif et de l'exposition aux solvants.«C'est là qu'ont vraiment démarré des actions dans l'entreprise, se souvient la militante syndicale.L'année précédente, un sondage réalisé par la section locale auprès de 65 travailleuses nous avait mis la puce à l'oreille.On y rapportait des consultations fréquentes chez le chiropraticien et en physiothérapie pour des douleurs et de la fatigue.» D'autre part, des statistiques révèlent que les travailleuses de Marconi vieillissent: la moyenne d'âge est de 42 ans et l'ancienneté moyenne de 17 ans.En outre, 20 demandes d'indemnisation sont présentées à la CSST pour des problèmes reliés au travail répétitif.d'analyse ergonomique pour identifier les postes à risques.On forme un groupe d'ergonomie composé de la représentante syndicale, de l'hygiéniste du travail, d'un responsable des méthodes industrielles et d'un ingénieur des procédés.Les membres du comité participent à une formation de base de 8 heures en ergonomie.La grille d'analyse ERGONOMIQUE Débute une série d'observations à l'aide d'entrevues, de bandes vidéo et de la grille d'analyse pour identifier les mouvements, les postures, la force, les pressions et examiner en détail les différentes opérations.Plusieurs postes sont analysés et modifiés.Au dénudage des fils, on fait des modifications pour éliminer l'utilisation du bras en position surélevée.Les travailleuses accomplissent maintenant le montage complet de l'unité, ce qui diversifie beaucoup les mouvements.À la faveur d'un déménagement, le groupe d'ergonomie participe à la ! réalisation d'un document visant l'installation des postes d'ordinateurs.Plus de 600 postes sont ainsi ajustés.Diane Mimeault constate que depuis un an, «tous les postes de travail qui nécessitent la position assise durant 8 heures ont été modifiés.» On ne se plaint plus de fatigue et de malaises au dos, aux épaules ou à la nuque.L'équipe s'attaque maintenant aux postes de travail debout.Il faut dire que Diane a développé un réseau syndical en santé-sécurité pour l'aider.Et la formation se poursuit! Sa AVANT Le plan de travail trop haut exige un tabouret.Mal adapté, le poste de travail crée des problèmes de posture et des maux de dos.5 PHOTO ROBERT ETCHEVERRY.REVUE PREVENTION AU TRAVAIL II faut agir maintenant pour changer les milieux de travail et prévenir les LATR -:’;é J GUIDES DIAGNOSTIQUES DES LATR peu développée au Québec.Par exemple.> de diagnostic des LATR.Pour répondre à e en santé et en sécurité du travail (IRSST) ne du travail^ ins manquent l’Institut de r les docteurs in guide inostique lusculosqi auprès d’i it s’avérer un :antes en ¦Ai Les recherches en ergonomie menées aux États-Unis et ailleurs depuis 10 ans sont assez avancées pourqu'on puisse agir efficacement dans les milieux de travail.Les ergonomes disposent déjà de moyens très valables pour intervenir.Celle qui affirme cela est la Drc Barbara Silverstein.Elle était l'invitée de Prémus 1995 (voir l'encadré).Assistante spéciale aux programmes d’ergonomie de l’Occupational Safety and Health Administration des Etats-Unis, elle est responsable de l’élaboration d’une norme ergonomique qui permettrait de prévenir les lésions musculo-squelettiques chez les travailleuses et les travailleurs américains.Intervenir à l'extérieur des MILIEUX DE TRAVAIL Dans une entrevue publiée dans la revue Prévention au travail de janvier-février 1996, la docteure en ergonomie affirme qu’il faut aussi intervenir à l’extérieur des milieux de travail.Par exemple, dans les collèges et les universités, pour sensibiliser les futurs ingénieurs, dessinateurs industriels et gestionnaires aux diverses facettes de l’organisation du travail et aux capacités physiques des travailleurs et travailleuses.Elle est aussi membre du comité sur les lésions musculosquelettiques formé par la Commission internationale du travail.Les chercheurs comme madame Silverstein aident les entreprises à résoudre des problèmes concrets.Ils travaillent souvent par secteur.En même temps, ils mettent au point des modèles d’intervention pouvant s'appliquer à d'autres milieux de travail pour prévenir les LATR.â Pour éliminer les LATR Apprendre à observer le travail à travers la lunette ergonomique La lunette ergonomique, vous connaissez?Non, on ne la trouve pas sur le marché.En fait, il s’agit d'un outil privilégié, disponible uniquement pour les affiliés de la FTQ qui veulent agir pour éliminer les lésions attribuables au travail répétitif (LATR).Il y a quatre ans, lorsque la FTQ a mis sur pied le cours Actions en prévention, avec la collaboration de l'UQAM, l'expérience était innovatrice et unique en Amérique du Nord.Depuis lors, des dizaines de membres des syndicats affiliés ont suivi cette formation spécialisée qui se déroule sur deux semaines non consécutives.Pendant deux jours, on aborde l'analyse ergonomique en compagnie de deux ergonomes: Raymonde Pelletier, de l'Association sectorielle paritaire du secteur de l'habillement, et Marie Authier, des Sciences biologiques de l'UQAM.L 'observation SUR VIDÉO À partir de l'observation de six situations de travail tournées en vidéo avec la collaboration de syndicats affiliés, on apprend à analyser et à évaluer l'activité de travail pour être ensuite en mesure de faire des recommandations.L'objectif est d'éliminer les dangers à la source pour prévenir les LATR.D'ailleurs, la bande vidéo est un outil précieux dans toute bonne démarche ergonomique.Au bout de la deuxième journée, les formatrices retracent les différentes étapes de l'intervention ergonomique.Une bonne MÉTHODOLOGIE Un peu à la manière d’une enquête, la méthodologie ergonomique débute avec l'analyse de la demande pour terminer avec le suivi, en passant par les étapes d'observation, la cueillette des informations, l'analyse des données et l'élaboration des recommandations.«Nous voulons fournir aux militants et militantes en prévention une démarche détaillée qui puisse leur être utile dans leur action syndicale», souligne le responsable de la session pour la FTQ, Roger Genest.Avec ces outils en main, les participants et participantes retournent dans leur milieu de travail mieux équipés.«On en fait pas des ergonomes, précise Roger.Mais ils comprennent mieux comment travaille un ergonome.Ils sont mieux en mesure d'évaluer si son intervention est valable et efficace.Ils ont des outils pour participer à la démarche ergonomique.Ils peuvent s'impliquer dans la recherche de solutions.» On peut obtenir plus d'informations en s'adressant à Roger Genest, au Service de l'éducation de la FTQ.«Tu ne peux plus regarder quelqu'un travailler de la même façon après avoir suivi un cours en ergonomie».Raymonde Pelletier «L'analyse ergonomique du travail est centrée sur la personne et non sur le poste.» Marie Authier «La formation en ergonomie offerte par la FTQ donne les moyens de justifier à l'employeur nos recommandations pour prévenir les LATR.» Roger Genest 7 De façon générale, l'industrie du vêtement est caractérisée par un travail à la chaîne où la parcellisation des tâches est fort poussée.On y retrouve beaucoup de cycles très courts, une cadence d'exécution rapide qui provoque une répétition excessive des gestes.«Le problème se complique, explique l'ergonome Raymonde Pelletier, du fait que le travail répétitif inclut aussi le maintien d'une posture statique, l'utilisation de la force pour manipuler certains tissus rigides jumelée à des exigences de précision et la monotonie de la tâche.» Raymonde Pelletier a été la première ergonome à être embauchée par une association sectorielle au Québec.À l'emploi de l'Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur de l'habillement depuis 8 ans, elle participe aussi à la formation en ergonomie offerte par la FTQ dans le cadre du cours Actions en prévention.Le travail en équipe La rémunération à la pièce est un autre facteur de risque présent dans l'industrie du vêtement.C'est d'ailleurs une caractéristique déterminante de l'organisation du travail dans les ateliers de couture.Ce modèle est tellement intégré qu'il est difficile de le remettre en question.Pourtant, des recherches ont démontré les effets néfastes qu'il pouvait avoir sur la santé des travailleuses.Bien que le travail à la chaîne soit encore largement majoritaire, le travail modulaire, c'est-à-dire en équipe, est graduellement introduit au Québec depuis environ quatre ans.Raymonde s'inquiète des effets de cette nouvelle forme d'organisation du travail sur les travailleuses.«Un des arguments de vente de ce nouveau modèle, g c'est qu'il n'y aura plus de problèmes musculo-squelettiques des membres supérieurs § chez les couturières, g g mentionne-t-elle.La grosse question qu'il faut se poser est si la rotation des tâches va véritablement régler les problèmes reliés aux mouvements répétitifs.» Selon ses observations, dans les cas où le travail modulaire a remplacé le travail à la chaîne, des problèmes surgissent assez rapidement.Ils sont associés aux membres inférieurs.En effet, la plupart du temps, les travailleuses sont debout plutôt qu'assises pendant de longues périodes pour faciliter les déplacements au sein de l'équipe.Elles développent des maux de jambes et de pieds.«Et on n'en connaît pas encore les conséquences à plus long terme sur le dos et l'influence qu'elle aura sur les problèmes aux membres supérieurs, constate Raymonde Pelletier.Pour cela, on aura besoin de comparaisons et du recul nécessaire à une meilleure évaluation.»
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