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Titre :
Le monde ouvrier = The labor world
Éditeurs :
  • Montréal :[The labor world = Le monde ouvrier],1916-,
  • Fédération provinciale du travail du Québec,
  • Fédération des travailleurs du Québec,
  • Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec
Contenu spécifique :
FTQ 1957-1997
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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    Prédécesseur :
  • Demain (Montréal, Québec)
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Le monde ouvrier = The labor world, 1997-01, Collections de BAnQ.

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FEDERATION DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES DU QUEBEC k FÉDÉRATION DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES DU QUÉBEC «Si / .V- 1957 À Québec, le 16 février 1957, les délégués de la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ) et de la Fédération des unions industrielles du Québec (FUIQ) fondaient la FTQ d'aujourd'hui.Que se passait-il dans le Québec d'il y a quarante ans?La structure industrielle se modifiait et se modernisait.Mais, au plan politique, cetait ce que l’on a appelé, peut-être à tort, la grande noirceur au Québec.À tort, puisque le Québec bougeait, avançait.Les débats politiques étaient plus vifs qu’on l’a dit souvent, le syndicalisme s’agitait, contestait.Mais il marchait contre un gouvernement, celui de Duplessis, qui, depuis 1944, pratiquait un antisyndicalisme primaire.Mjmm 'Utefi ï.t [oHfuwce Pourquoi 1957?Et pas 1956?Ou 1958?La fusion de la FPTQ et de la FUIQ faisait partie d’un vaste mouvement à l’échelle continentale, amorcé en 1955 aux États-Unis, poursuivi en 1956 au Canada.Il s’agissait de bâtir un syndicalisme plus fort, plus uni, en mariant les traditions des syndicats de métier et industriels et en oubliant surtout les vieilles chicanes et les différences d’orientations.La décision des leaders de la FPTQ et de la FUIQ de réunir leurs forces n’allait pas sans déchirements et compromis.Il n’était pas évident de faire maison commune avec le rival d’hier.Et ce n’est sans doute que plusieurs années plus tard que les identités FPTQ et FUIQ s’estompèrent pour laisser toute la place à l’identité FTQ.Le ralliement de la FTQ au projet social-démocrate puis à la cause souverainiste illustra cette aptitude de la centrale à se situer dans le champ politique.Mais cette FTQ de l’après-Révolution tranquille était bien différente de la FTQ de 1957.La syndicalisation des secteurs public, parapublic et péripublic était passée par là.Elle avait entraîné dans son sillage une présence féminine qui, depuis, ne s’est pas démentie, qui a changé la face de la centrale et donné une toute autre allure aux photographies d’instances.2 •a IM» eae*: 111» < •*» of Loeij iS-'-it- n*r M j - Quelques réflexions.des anciens et des nouveaux Henri Massé, secrétaire général depuis 1993 «Quarante ans plus tard, nous constatons que les bases de la fusion FPTQ-FUIQ étaient solides.Aujourd'hui, il appartient à chacun et chacune d'entre nous de travailler au maintien de cette unité et de cette solidarité qui nous caractérisent.» Roger Provost, président, 1957-1964 Fernand Daoust, président, 1991-1993, secrétaire général 1969-1991 «La fusion de la FPTQ et de la FUIQ en 1957 a été un mariage de raison.Mais les mariages de raison sont souvent plus solides que les mariages d'amour.» Claude Mérineau, secrétaire général, 1968-1969 «En 1957, j'étais jeune représentant des Ouvriers unis |du textile, le s syndicat dirigé par 1 Roger Provost, le premier président de la FTQ.Roger a été un grand président, un homme de gauche mais aussi un homme pragmatique et un grand négociateur.» Gérard Rancourt, secrétaire général, 1965-1968 Clément Godbout, secrétaire général, 1991-1993, président depuis 1993 «Ce sont nos ancêtres qui ont bâti la FTQ que nous connaissons aujourd'hui.Des milliers d'hommes et de femmes à qui nous devons beaucoup et que nous pouvons remercier en poursuivant, inlassablement, leur oeuvre, leurs rêves.» Louis Laberge, président, 1964-1991 «J'étais d'accord à 100 % avec la fusion.3e me disais que ça allait injecter du sang neuf et regénérer notre mouvement.Et ça nous a effectivement ravigotés.La fusion devait être faite et elle s'est bien faite.» Quarante ans, vraiment?La FTQ a en fait bien plus que quarante ans.Ses origines remontent à la fin du 19* siècle, ce qui en fait la plus ancienne oiganisation syndicale au Québec.Elle est vieille des traditions mêlées des syndicalismes européen et nord-américain.Elle est forte des parcours juxtaposés de syndicats aux mémoires différentes.Elle est l’héritière de l’histoire riche du mouvement ouvrier international.Et s’il est une chose qu'une organisation syndicale ne saurait oublier, n’est-ce pas son histoire?Cette histoire qui lui dit son passé, mais ce faisant lui indique aussi l’avenir.Nos racines L’Amérique du Nord s’est industrialisée au rythme d’un bouillonnement de cultures et de traditions diverses, dont le mouvement syndical nord-américain témoigne tout particulièrement.Rameau du syndicalisme canadien, la FTQ a participé à la mise sur pied d’un mouvement autonome par rapport au mouvement américain.Mais, par les racines des syndicats qui la composent, la FTQ fait partie du vaste mouvement de construction du mouvement ouvrier nord-américain qui a pris naissance au XIXe siècle.Elle est à ce titre et à sa façon l’héritière des premiers syndicats qui virent le jour au Québec, des premiers groupes d'ouvriers qui se mirent sur pied pour défendre leurs droits.Il fut un temps où d’un côté il y avait les syndicats de métier et de l’autre les syndicats industriels à vocation plus générale.Petit à petit, plusieurs syndicats de métier se transformèrent de l’intérieur afin de recruter plus massivement; d’autres, et c’est le cas dans la construction, ont maintenu leur identité originelle.Des syndicats industriels se mirent sur pied.À l’exemple de ce qui s’est passé ailleurs au Canada et aux États-Unis, la FTQ est le résultat d’une fusion UN CERTAIN LOUIS GUYON.Le nom de Louis Guyon, l'auteur de cette gravure, ne dira probablement rien à personne aujourd’hui, sauf peut-être à quelques consoeurs et confrères qui agissent comme plaideurs ou réviseurs au Bureau de révision paritaire de Montréal.Une des salles d'audiences porte son nom dans l'édifice de la CSST.En février 1886, Louis Guyon, mécanicien de son métier et Chevalier du Travail, devient le premier président du Conseil central des métiers et du travail, l'ancêtre de l'actuel CTM.Suite aux révélations de la Commission royale d'enquête sur le Capital et te Travail de 1886, mettant en lumière les pitoyables conditions de travail existant alors, le gouvernement du Québec décidait, en 1888, de nommer trois inspecteurs pour voir à l'application de la Loi des manufactures.Louis Guyon, alors âgé de 35 ans, est nommé inspecteur des manufactures avec le soutien des groupements ouvriers de la métropole et même de représentants d’employeurs.Il ne faut donc pas trop se surprendre d'apprendre qu'un autre parrain du mouvement syndical québécois, Gustave Francq, fondateur et éditeur du Monde Ouvrier et figure marquante de l'histoire de la FTQ, ait retenu, en 1919, pour orner la page frontispice du Code des lois ouvrières qu'il publiera annuellement durant plus de quarante ans, une esquisse réalisée par une vieille connaissance, Louis Guyon.entre le regroupement québécois des syndicats de métier et celui des syndicats industriels.La FTQ d'aujourd'hui demeure une structure décentralisée, orientée vers le soutien à ses syndicats et vers leur représentation politique ainsi que chargée de la construction de réseaux de solidarité.C O ï) E h 111 liais Quyufeés ottoclagitisllbs clé 1?.i’r.'-.iucv c!.; Québoc Mi-sL+t Ko.*».» V.; L :.w, •».( .t yx-ft.vui :L-ê îcy/t.j.ta* co»s .Lùboivr ‘HH.! Lùy.T» olthu Provmctf'ût Quiàbt-x;" and Fsdf.-T>d l a fvlfrén&y «ijj Si yjter-.-««y?»/¦ 4 Ne s’y retrouvent que les membres des syndicats .*>• ,r uion _ t: * wlleur* ¦ De TOutaouais à la Côte-Nord, de la Baie James à la Gaspésie en passant par Montréal, 480 000 personnes, travaillant dans les secteurs, usines, .s, magasins, bureaux, forêts, hôpitaux, chantiers deconstruction, institutions financières, communications, hôtels, trains.Nous sommes autant de différences que là FTQ rassemble.Notre diversité Avec des structures et des fonctionnements spécifiques, bâtis au fil des ans pour être plus efficaces face au patronat et plus démocratiques avec les membres.À chacun sa façon.À chacun ses contraintes.La FTQ est une centrale de syndicats qui ne se ressemblent pas, qui conservent leurs façons de faire, leur vocabulaire même, mais qui ont en commun.la FTQ, justement.Imaginez que les affiliés de la FTQ appartiennent, pour certains, à des syndicats à envergure nord-américaine.Pour d’autres, de plus en plus nombreux, à échelle canadienne.Et d’autres encore à dimension québécoise.Désordre?Non, respect des différences.La géographie n’est pas tout.La FTQ et ses ancêtres avaient en fait plusieurs couleurs politiques.L’utopie côtoyait l’accommodement, le radicalisme du verbe des uns répondait au radicalisme de l’action des autres.Et tous se retrouvaient dans une organisation qui avait la qualité de respecter la dissidence, de susciter des débats.La scène se passe à un congrès de la FTQ.Quarante personnes réunies dans un atelier se présentent.S’ensuit une litanie de sigles et de numéros.Incompréhensibles pour qui n'est pas de la FTQ.Ne concernés, complices, car nous sommes tous faits de sigles et de numéros, de lettres et de chiffres qui préservent nos identités collectives, qui nous départagent à l’intérieur de la FTQ, et qui nous différencient radicalement des autres organisations syndicales.Soyons-en fiers.Nous n’avons de noms que ceux de nos syndicats, que ceux de nos métiers.Et nous ne nous identifions pas par ceux de nos employeurs.UNE IMAGE DE LA DIVERSITÉ Dans le cadre des activités du 40' anniversaire, la FTQ a réuni neuf personnes qui étaient présentes au congrès de fondation en 1957.«Quels étaient les objectifs et les enjeux au congrès de fusion!», leur avons-nous demandé.De ces souvenirs racontés pendant plus de deux heures, naîtra une vidéo disponible à compter de la fin février.La diversité de la FTQ, elle est évidente à la lecture des noms des syndicats auxquels appartenaient les personnes sur cette photo.Pour respecter la réalité historique, les noms des syndicats sont ceux de 1957.De gauche à droite, en avant: François Gagné, Fraternité internationale des travailleurs de la pulpe, du bisulphite et du papier; Louis Laberge, Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale; Huguette Plamondon, Travailleurs unis des salaisons d'Amérique; Jacques-Victor Morin, Fédération des unions industrielles du Québec.En arrière: Fernand Daoust, Congrès du travail du Canada; René Rondou, Syndicat international des travailleurs du tabac; Jean Gérin-Lajoie, Métallurgistes unis d'Amérique; Claude Mérineau, Ouvriers unis du textile d'Amérique et Robert Dean, Syndicat international des travailleurs de l'électricité, de la radio et de la machinerie.SERGE J0NGUÉ I notre lange ni notre religion.Des syndicats pas a ceux et celli nous précédèrent Sam L'ouverture Notre originalité Davantage que celui du reste de l'Amérique du Nord, le paysage syndical du Québec est varié.Le pluralisme syndical qui règne ici est unique, héritage d'une double tradition, nord-américaine et catholique.La FTQ et les organismes qui lui ont donné naissance ont toujours marqué une distance à l'égard des dogmes, fussent-ils politiques, confessionnels ou nationalistes.Voilà pourquoi l’idéologie clérico-nationaliste, qui dominait jadis une grande partie des milieux politiques, syndicaux et intellectuels du Canada français, ne trouva pas prise chez nous.De même, et en corollaire, avons-nous su recevoir dans nos rangs les exilés et les réfugiés victimes de discrimination, d'intolérance ou bien pire, en dépit du fait qu’ils ne partageaient ni d'étrangers disaient certains.Non.Tout simplement des syndicats de Québécois ouverts sur le monde, à une époque où c’était encore mal vu.L'action politique Notre attitude face à l’action politique, une deuxième distinction.Nous démarquant ici encore des autres organisations syndicales, l’action politique directe et l’affichage de nos couleurs ne répugnaient *• Alex Boyer, président du Parti ouvrier de Montréal, était membre du comité exécutif du Conseil des métiers et du travail de Montréal et de la loge Ste-Marie (no 234) de la Fraternité des wagonniers d'Amérique.•" C'est dans les syndicats de la FTQ que se retrouvaient la majorité des travailleurs et travailleuses venus d'ailleurs.Cette photo illustre bien cette réalité avec ses pancartes en français, en italien et en anglais.Il s'agit d'une grève des Travailleurs amalgamés du vêtement d'Amérique chez Hyde Park, à Montréal en 1958.6 CHARLES PLANTHIER DES PROMISSES/NOW DE L'ACTION/OW/ f NO/ YBS/\ PROMISES LA PAR CI A ASSEZ DURÉ C KEIK FNP10I UURCATHW (rffCIÆTICi Mew VmKtdic Party ÏK - y _ » t Maman ’Parti Vé> tacrdique K________ LIBERAL m-M-m XlicheJJL IfeSi&l *+ 4i *• Assemblée monstre du NPD, le 3 novembre 1965 au Palais du commerce à Montréal.Au micro, Robert Cliche, chef du NPD-Québec.À sa gauche, Louis Laberge, président de la FTQ et à sa droite, Tommy Douglas, le leader fédéral du NPD.Cette action politique s’est d’abord exercée à l’échelle des structures régionales des ancêtres de la FTQ, à Montréal et Québec dès la fin du 19l siècle.Les premiers candidats ouvriers à des élections venaient des rangs de nos syndicats dits internationaux.L’action politique s’est aussi exercée de façon plus massive dans le cadre de campagnes électorales, au cours desquelles nous appuyions les formations politiques socialistes ou social-démocrates comme le Parti social-démocratique (PSD, CCF en anglais) et le Nouveau parti démocratique (NPD).Les droits humains Une troisième distinction au sein du paysage syndical québécois a marqué le syndicalisme de la FTQ.Notre approche des droits humains et sociaux s’inscrivait dans le sillage du courant socialiste qui s’épanouissait depuis le XIXe siècle dans tous les pays occidentaux.Les droits de la classe ouvrière à l’égalité, la reconnaissance de la dignité du travail, de la négociation et de l'exercice du rapport de force.autant de principes sacrés et moteurs d’action.L’influence de la doctrine sociale de l’Église et du corporatisme quelle prêchait s’est fort peu fait sentir à la FTQ, en grande partie grâce au fait que nos syndicats étaient implantés non seulement dans tous les secteurs de l’activité ouvrière, mais aussi dans tous les groupes linguistiques et religieux ainsi qu’au sein des «multinationales» de l’époque.La condition féminine Cette conception «laïque» des droits humains et sociaux a fait en sorte que les apôtres du maintien ou du retour des femmes au foyer n’étaient pas chez nous.L'évolution de la FTQ face aux problèmes spécifiques des femmes n’a pas été rapide et facile, loin de là.Mais la centrale a joué un rôle de premier plan en matière de condition féminine dans le mouvement syndical.C’est chez nous que les ouvrières du vêtement purent s’organiser, et firent la célèbre grève des midinettes en 1937 à Montréal.C’est aussi à la FTQ que fut mis sur pied le premier comité de condition féminine d’inspiration féministe, en 1972.Et ce sont les femmes de la FTQ qui déclenchèrent un mouvement de 7 17563561 Acteur politique majeur, porteur d’une représentativité qui lui confère une responsabilité, la FTQ a pourtant toujours insisté sur deux conditions d’efficacité à l’activité de représentation: des résultats concrets accompagnés de la possibilité de faire avancer les droits des travailleurs et travailleuses; des mécanismes de consultation pour garantir que les points de vue exprimés correspondent au sentiment général.Ces volontés sont consignées tant dans nos statuts que dans des déclarations de politique.*¦ Le secrétaire général, Henri Massé et le présiden, Clément Godbout à la Conférence sur le devenir social et économique du Québec en mars 1996.La FTQ a aussi joué un rôle important au Sommet sur l'économie et l'emploi, également organisé par le gouvernement du Parti Québécois en octobre 1996.Une politique de présence féminisation des dénominations d’organismes, mouvement qui par la suite fit boule de neige.En 1985, la Fédération des travailleurs du Québec devenait la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, tout en conservant le sigle FTQ.Quatrième distinction: la FTQ a toujours voulu exercer pleinement son rôle de représentation politique de ses affiliés dans les organismes et forums traitant d’enjeux les concernant.L’adoption de plus en plus affirmée par la FTQ au cours des décennies soixante-dix et quatre-vingt d’un projet de société social-démocrate a encore raffermi ce désir.8 DIDIER OEBUSSCHÉRE *>:‘4£Rv SHBHHHBi * ’\ ?• XXlll' Congies XXUJ' Congrès ^°N NA^ é' X#f i* V $0hi % «.*?.y-, vr: Bl/HMI/J min us DfM/rrs 37 JSvV' l«7£ fiWANt/fr vm ~—¦ ¦muam »dU j fl\tl%Wl f c c r\ aHHgSftwâg; *V; Nos luttes La FTQ n'avait pas un mois d'existence qu'éclata la toujours célèbre grève des mineurs de Murdochville.Conflit fondateur, combat héroïque des Métallos contre l'employeur sans doute le plus rétrograde de l'époque, la Noranda Mines, qui utilisa tous les moyens possibles pour empêcher les mineurs d'avoir un syndicat.Baptême de la nouvelle FTQ, ce conflit devait permettre à la FTQ de gagner le test de la solidarité.De même qu’il fut aussi l’occasion de concrétiser à nouveau la solidarité intersyndicale.Une autre grande bataille contribuait à cimenter la nouvelle FTQ: la campagne de syndicalisation à Hydro-Québec.Dans un premier temps, la FTQ réussisait à convaincre ses syndicats qui avaient des membres dans l'une ou l'autre des 33 unités d'accréditation, de laisser le champ libre au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) contre la CSN.Dans un deuxième temps, la centrale obtenait l'étroite collaboration, particulièrement dans •" La marche sur Murdochville, le 19 août 1957.les régions, de tous les syndicats qui soutenaient activement les efforts du SCFP.Le 30 septembre 1966, c'était la victoire contre la CSN.Quarante ans après Murdochville, ce sont des dizaines et des dizaines de luttes que les affiliés de la FTQ ont menées.Bien des syndicats qui menèrent ces luttes vivent aujourd’hui sous d’autres noms et dans le cadre de nouvelles structures.Bien des gens qui s’y sont illustrés ne sont plus des nôtres.La grève des Postes en 1965.Des souvenirs parmi d'autres Les énumérations sont imprudentes.Aussi nous contenterons-nous de rappeler les principaux conflits dans lesquels la FTQ a joué un rôle actif dans l’organisation de la solidarité et dans la direction du conflit.Ainsi de la grève des Postes en 1965, alors que facteurs et postiers luttaient pour des droits syndicaux élémentaires.Ainsi de la grève à la General Motors (1970), alors que le droit de 12 210000 ?travailler en français était un enjeu important.Quelques années plus tard (1972), c était au tour des affiliés du secteur public québécois de débrayer massivement, entraînant un mouvement spontané de grèves d'appui dans les rangs de la FTQ.Plusieurs dizaines de militants et militantes furent emprisonnés, incluant les chefs des trois centrales.À la même époque (1971), la FTQ se mobilisait pour défendre les salariés de La Presse, par suite du *• Le soir du 30 septembre 1966, on célèbre la victoire du SCFP contre la CSN suite au vote de représentation syndicale à Hydro-Québec.Au-dessus de la pancarte, le président de la FTQ, Louis Laberge.*- Le «NOUS» a été le symbole rassembler des 210 000 travailleurs et travailleuses des secteurs public et parapublic lors des négociations entre le Front commun et le gouvernement québécois en 1972.syndiqués le précompte syndical; le conflit dura 20 mois et fut aussi l’occasion d’actions de solidarité chez tous les affiliés de la FTQ et même d'un appel de la FTQ à une grève de solidarité de 24 heures, une première pour la centrale.La FTQ a aussi joué un rôle actif dans la lutte pour la reconnaissance syndicale des téléphonistes de Bell Canada (1979-80) de même que dans celle des 47 000 commis aux écritures du gouvernement fédéral en 1980.Autant de luttes qui ont construit la FTQ, en ont fait une centrale plus forte et mieux équipée pour soutenir ses affiliés, et surtout ont créé parmi les affiliés de la FTQ un sentiment d’appartenance commune.lock-out sauvage de nos membres (typographes et autres métiers de l'imprimerie).Période agitée, car les premières années de la décennie 1970 furent également marquées par la lutte pour l’indexation des salaires puis contre le contrôle des salaires.Cette lutte culmina, le 14 octobre 1976, dans une grève générale à la grandeur du Canada.Vers la même époque, la United Aircraft, maintenant Pratt & Whitney, s’entêtait à refuser à ses employés A* J$ Présente sur tous les fronts D’autres sortes de combats marquèrent la vie de la FTQ, des combats qui n’opposaient pas cette fois un syndicat à un employeur.Ainsi de plusieurs conflits internes à des syndicats, au cours desquels la FTQ agit comme enquêteur, arbitre, et prit souvent le parti des membres québécois contre leur direction syndicale.De même combien d’efforts lurent-ils investis dans le sauvetage de la Regent Knitting Mills (1974), aventure qui devint l’expérience autogestionnaire de Tricofil.Comment ne pas rappeler Québec-Presse, hebdomadaire •• En février 1980, les téléphonistes en grève de Bell Canada manifestent dans les rues de Montréal.laP o •• Une vaste campagne de boycottage a fait baisser le tirage du quotidien La Presse en 1971.14 que le mouvement syndical mit sur pied et tenta de faire vivre avec tant d’acharnement.Nos affiliés de la construction se , souviennent de \ l’épisode de la ^ Commission d’enquête Cliche, qui mit au jour des pratiques de corruption dans certains syndicats, mais fut ensuite prétexte à une opération de répression que la FTQ dénonça haut et fort.Des dizaines de milliers de Québécois et de Québécoises ont acheté et porté cette croix ou fleurdelisé en signe de solidarité avec les grévistes de la United Aircraft en 1974-1975.L mm **• ir.nt *&sm s3p0»-i oKS •'> /: \//’•’- (,V\A •" Page couverture d un manifeste de la FTQ dénonçant l’opération de répression dont étaient victimes les syndicats de la construction.alliance de LA FONCTION PUBL10UE un organisme aussi respecté que différent, dédié également à la formation économique des salariés et à la démocratisation des entreprises.routiers ont l’impression qu’une page, la plus héroïque, s’est tournée.Mais c’est bien la même histoire qui se poursuit, les mêmes enjeux qui sont en cause, même si davantage qu’avant, c’est par son rôle d’acteur politique que la FTQ travaille à défendre les intérêts de ses affiliés, des travailleurs et travailleuses.celui de l’emploi.Nous sommes loin, en termes d’années écoulées, des premiers balbutiements de notre «politique de plein emploi».Nous nous sommes ainsi donné, en 1983, un outil économique syndical voué au maintien et à la création d'emplois, le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ).Au départ aventure qui en laissait plusieurs dubitatifs, le Fonds est devenu depuis À se remémorer tous ces événements, on peut avoir l’impression que la FTQ s’est assagie.Et cette impression vaut tout autant pour ses affiliés.Certains vieux Les trois centrales et le mouvement populaire ont lancé en 1969 un hebdomadaire progressiste qui a duré 5 ans.Le contexte a changé, la situation économique est plus difficile.Les conflits localisés se sont en effet en partie effacés au profit de dossiers politiques et économiques.Parmi tous ces dossiers, le plus important est bien sûr *¦ Dans le cadre de la manifestation du 1" mai 1974, des grévistes de la fonction publique fédérale manifestent.Un nouveau contexte 15 L’histoire de la FTQ, c’est celle d’une série d'adaptations aux changements de l'environnement socioéconomique et politique.La liste des syndicats de la FTQ en témoigne, car c’est là qu’on identifie les fusions, les regroupements et aussi les départs.Chaque année nous apporte des syndicats plus forts et plus puissants, plus en mesure de défendre adéquatement les membres.La FTQ et ses syndicats constituent aujourd’hui, et de loin, la principale force syndicale au Québec.Nous avons bâti ensemble une organisation dont nous pouvons être fiers.Il est d’usage d’offrir des souhaits à ceux et celles que l’on fête.Que pourra it-on souhaiter à la FTQ?En vrac : de continuer à être elle-même de négocier les virages nécessités par les mutations socioéconomiques de rester fidèle à ses idéaux de départ qui n’ont pas pris une ride de demeurer un lieu de débats et de confrontations d’opinions d’assumer les changements sans renier le passé Et quoi encore?A chacun son souhait, son idée.11 s'agit après tout de l’avenir du syndicalisme, et c’est ensemble que nous y verrons.Bon quarantième dans la solidarité! Up Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec FTQ :4; boulevyt J Ciâma/ie 1st \r ru.v Monti< ai -Quél>c\ i II2M2VI Téléphone (514) 38V8OO0 lckvi ,’ivtir '5141 >83-8001 Publication spéciale dans le cadte du 40 anniversaire de la FTQ Président: Clément Godbout Se< Mue gêner i : Henri Masse Responsable: André Messier Collaboration: Robert Demers, louis Fournier, Mona-Josée Gagnon, Michel Matte.Maria Pires.Isabelle Reny, Émile Vallée, Aline Vailles Graphisme: Anne Brissette Illustration de la page couverture: «LA GRÈVE AU CANAL DE LACHINE», dans L'Opinion publique, vol.IX.no 2, jeudi 10 janvier 1378, p.?2 Produit pa; des travailleurs et travailleuses syndiqué-e-s chez Ri HARD VlILtUX, IMPRIPÎUR Tirage: 60 000 exemplaires, dont 50 j0 insérés dans Le Monde ouvrier de janvier-février 1997 Dépôt légal à la Bibliothèque nationale du Québec ISBN 2-89480-004-5 ¦J 5 7 :J ii / em
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