Le nouvelliste, 5 avril 1999, Cahier 2
mJI.ü> f\(f\(f\ /f \ ) w y/ y TROIS-RIVIÈRES, 5 avril 1999 i ?I l http://www.uqtr.uquebec.ca ou (819) 376-5011 LU-S Université du Québec à Trois-Rivières L'IM TR, p n rrr vivra WmêÊM ._ HP m (MURE Francoeur ans l'artiste, disait Anatole France, nous douterions du fait que la vie .est belle.Quelque maussades que puissent parfois être ses humeurs, - et on sait pertinemment que les causes peuvent en être nombreuses -, il restera toujours en l'être humain cette capacité d'émerveillement devant le beau.La satisfaction de l’art a, depuis toujours, apaisé nombre de frustrations, cicatrisé bien des blessures, dissipé tant de doutes.Jamais l'art et la culture en général n'ont cessé de rasséréner l'âme.Ils l'exhaussent encore.Bien peu de choses ont changé dans l'exercice de l'art et la manifestation de la culture.Les créateurs ont toujours existé.Ce ne sont que les moyens et les courants qui ont évolué en suivant l'irréversible cours du temps.S'il apparaissait impératif de se pencher sur l'état de la culture et de ceux qui l'animent, la consomment et la soutiennent, il n'était pas moins pertinent d'observer comment elle s'insère dans une société, comment elle en devient, à toutes fins utiles, la quintessence.Ce n'est surtout pas le passage à un nouveau millénaire qui va bousculer les arts et la culture.Mais il constitue un singulier prétexte pour en disséquer certains aspects.Le livre et la lecture, que l'on reconnaît comme étant la pierre angulaire de la culture, font face à de nouvelles réalités.La langue, canal d'expression de la culture, se module à l'évolution de la société.L'apprentissage des arts, fondamental, se heurte à des réticences et à des conditions pernicieuses.La consommation culturelle, quelle que soit la lentille à travers laquelle on l'observe, se colle aux réalités de temps, de moyens et de courants que l'homme ose encore se donner.Et les événements, manifestations et institutions dont il se dote doivent, immanquablement, répondre à des attentes de plus en plus variées.C'est avec l'intime conviction d'avoir rencontré les personnes les plus passionnantes qui soient que je vous invite à réfléchir avec elles sur l'avenir des arts et de la culture.Mais il y a tant d'autres choses auxquelles je voudrais vous inviter.Au théâtre, au concert, à lire un livre, au musée, au cinéma.À prendre conscience, effectivement, que la vie est belle.Bonne lecture ^ mm 5U0 ï * ¦ PRÉSIDENT ET ÉDITEUR: JEAN SISTO RÉDACTEUR EN CHEF: ANDRÉ POfTRAS COORDINATION ET RÉALISATION: ALAIN TURCOTTE TEXTES: MARTIN FRANCOEUR MISE EN PAGE: CLAUDE DESSUREAULT NORMAND AUBRY PHOTOGRAPHES: PATRICK BEAUCHAMP ALAIN BÉDARD STÉPHANE CÔTÉ MARIE DUHAIME CLAUDE GILL SYLVAIN MAYER CARICATURISTE: JEAN ISABELLE IMPRESSION: TR.OFFSET ÜÜ In parle beaucoup en conjuguant au futur.On laisse défiler des comptes à rebours qui nous séparent du jour où 1999 deviendra 2000.On argumente sur la date réelle de passage au troisième millénaire.Les textes de ce cahier, même, riment presque tous avec prospective.On n'en a que pour l'avenir.Pourtant, c'est la sagesse du passé qui devrait le mieux nous renseigner sur notre présent et notre avenir.«Le passé devient une sorte de référence, une poignée de porte à laquelle on peut s'accrocher quand ça va mal.Il enrichit la réflexion qu'on a sur notre présent et permet de relativiser l'ampleur de nos problèmes.» Celle qui parle ainsi est justement bien placée pour le savoir.Avec l'intime conviction qu'on se prépare toujours à léguer quelque chose au futur, Sylvie Dufresne mène un combat de tous les jours pour éviter que la société devienne amnésique.Un combat qui va bien au-delà de celui qu'elle continue à mener pour la viabilité du Musée des arts et traditions populaires.La directrice générale du Musee fait partie des soldats qui se battent pour que subsiste le souci du passé, pour que triomphe la mémoire.Sylvie Dufresne prêche d'ailleurs par l'exemple.En début d'entrevue, elle prend une note dans un cahier déjà presque rempli.«Lundi 8 février.16 heures.Martin Francoeur.Cahier du millénaire pour Le Nouvelliste.» Ou quelque chose du genre.Ce n'est pas son agenda.C'est une sorte de journal qu'elle tient rigoureusement.Chaque ren-^ contre, chaque appel téléphonique, chaque déplacement y est dûment inscrit.Elle veut tout ' conserver, sachant qu'un jour, peut-être, elle aura à fouiller dans ce qui deviendra son propre passé.Imaginons un peu cette attitude à l'échelle d'une société.«Il n'y a pas de nation sans mémoire», lance-t-elle d'entrée de jeu.Même lorsqu'elle est très près de nous, la mémoire J peut s'éteindre.«Et le jour Pv où la société sera amnésique, la nation ne pourra plus se construire.» du toriques et patrimoniaux d'autres spécialistes.de la culture avec une foule V*.'.1 P JH On aurait très bien pu discuter des aspects his- Sylvie Dufresne, directrice générale du Musée des arts et traditions populaires de Trois-Rivières.Ils auraient à peu près tous, sans doute, relevé l'importance de conserver des traces du passé.À Trois-Rivières, nous avons toutefois la chance d'avoir une des plus prestigieuses voûtes aux souvenirs et Sylvie Dufresne en est plus que consciente.Au musée, on entre en contact avec les traces matérielles laissées par les acteurs, peu importe l'époque à laquelle ils ont vécu.Et c'est tout un portrait de nos sociétés et de leur évolution que l'on peut brosser à partir de ces traces.Lieu de sensibilisation, de contacts humains, de socialisation, le musée, au fond, constitue une invitation à la découverte.Le muséologue devient le médiateur qui doit transformer en mots les legs du passé, qui va créer un environnement entre l'objet et le public.«Il faut absolument laisser parler les objets.Parce qu'un objet est un véhicule capable de cristalliser une relation entre deux êtres humains séparés par le temps.Entre un vivant et un mort», explique Sylvie Dufresne.Au lieu de focaliser sur l'objet et sa pérennité, sur les matériaux, le cheminement, la stylistique, la directrice du Musée préfère plutôt redonner aux gens l'accès à ces objets, leur ouvrir la porte aux réminiscences et à la réflexion.«On peut garder un objet le plus longtemps possible, tout en s'assurant de le laisser vivant.Un objet, ça doit être documenté, montré et, si possible, animé», plaide-t-elle.L'avantage, au cours des prochaines années, c'est qu'on pourra regarder le passé avec les outils du troisième millénaire.Les musées virtuels, les prouesses du multimédia et les techniques avancées de conservation et de restauration viennent d'ailleurs modifier le cadre de travail des soldats du passé et faciliter la communication entre l'objet et le public.Sylvie Dufresne rêve d'ailleurs du jour où la virtualité permettra d'asseoir une femme berçant son enfant fiévreux sur une vraie chaise en babiche.De façon plus générale, elle souhaite que les années qui viennent puissent nous donner l'occasion de se retourner davantage vers le passé.Le travail de sensibilisation est colossal, certes, et les moyens dont on dispose sont souvent limités.Entre alors en considération la notion de deniers publics.«Ma principale crainte est que, sous prétexte d'une saine économie, on sabre dans des secteurs fragiles, comme le développement culturel ou l'enseignement de l'histoire.Mais il est essentiel de soutenir adéquatement la culture.Elle est le ciment de la société.Elle a le mérite de contribuer à l'enrichissement de l'âme», conclut Sylvie Dufresne.4 JEAN FORTIN & ASSOCIÉS SYNDICS INC.PROBLEMES FINANCIERS?JOINDRE LES DEUX BOUTS, C'EST POSSIBLE ! La faillite n'est pas toujours la solution.CONTACTEZ NOS EXPERTS CONSULTATION GRATUITE TROIS-RIVIERES 3910, boul.des Forges Bureau 202 SHAWINIGAN • CAP DE LA MADELEINE L’inberirpo^Li+é Ils ont réalisé des fresques sur les parois d'une grotte à Lascaux.Ils ont érigé des pyramides et sculpté un sphinx à Gizeh.Ils ont joué des tragédies d'Euripide dans un théâtre du Péloponnèse.Ils ont peint des icônes à Byzance.Ils ont tour à tour écrit une Divine Comédie en trois parties de trente-trois chants chacune, transcendé les règles de l'art pour ennoblir la voûte de la chapelle Sixtine, composé des oratorios pour la gloire du Messie, porté au grand écran la plus tristement célèbre des tragédies maritimes, réinventé l'art du geste et la vivacité du mouvement pour produire le nec plus ultra du cirque dans un complexe de la capitale du je Ils ont traversé le temps.Sans coup férir, les artistes ont su demeurer des témoins, des interprètes, der critiques de leur époque.Le métier d'artiste ou de créateur est peut-être celui qui a le mieux vieilli.Les courants et les moyens ont certes évolué, mais jamais ils n' cessé de toucher, de choqué d'émerveiller.Cette irréprochable constance, ils la doivent à un besoin de l'humain, à une sorte d'insatiable soif de beau.Au fil des siècles, les arts et la Six artistes formant trois couples.Guy Marchamps, Josée Richard et Aline Beaudoin (à l'avant), ainsi que Jean-Pierre Gaudreau, Monique Juteau et Denis Charland (derrière).culture ont acquis une rassurante pérennité qui démontre que, même aux portes du troisième millénaire, rien ne changera dans l'exercice de l'art et dans le processus de création en soi.Pour en discuter, nous avons réuni trois couples d'artistes qui vivent de leur art et qui le font ici-même, dans la région.Denis Charland est artiste en arts visuels et éditeur de la revue Art Le Sabord.Son épouse, Aline Beaudoin, est elle aussi artiste en arts visuels.Ils ont deux enfants, Eveline et Olivier.L'aînée ?est comédienne depuis u e I q u e s nnées dans es produc-ions locales à Trois-Rivières.osée ichard est h o r é -aphe, fon-fctrice et irectrice istique de 6 la compagnie Corpus Rhésus Danse, et enseigne la danse.Elle partage sa vie avec la compagnie Corpus Rhésus Danse, et enseigne la danse.Elle partage sa vie avec Guy Marchamps, poète et musicien, qui tient une librairie spécialisée dans les livres usagés.Ils ont une petite fille, Marilou, âgée de deux ans.Monique Juteau est écrivaine, récipiendaire du Prix de littérature Gérald-Godin en 1998.Son mari, Jean-Pierre Gaudreau, est artiste-peintre et sculpteur.Il a remporté le Prix des arts visuels Stelio-Sole en 1997.Trois couples de témoins, donc, qui abordent le rôle qu'ils ont à jouer dans la société sous l'angle du temps.Dans un touchant unisson, ils estiment que l'art et la culture ont si bien su traverser le temps parce qu'ils constituent de puissants symboles du temps que l'on prend pour soi.«L'art, c'est un combat contre le temps.Dans notre société contemporaine, le temps est devenu une véritable obsession.Mais quand, par exemple, quelqu'un s'asseoit et lit un livre, il arrête le temps.La lecture, tout comme l'appréciation d'autres formes d'art, est un moment privilégié», estime Monique Juteau.«Les plus beaux moments, c'est quand on réussit à se sentir hors du temps», renchérit Guy Marchamps.Denis Charland croit de son côté que le contact avec l'art est une relation avec l'éternité.«L'introspection peut nous relier à nos ancêtres et nous permet parfois d'anticiper le futur», estime-t-il.C'est en bonne partie pour cette raison que l'humain prend encore le temps d'apprécier différentes formes d'art.Et c'est pour cela aussi qu'il croit que le rôle de l'artiste devrait prendre de plus en plus d'importance.«On aura de plus en plus besoin des artistes.D'une société d'économie, on passe à une société des communications et les différentes formes d'art sont des moyens de communication», insiste l'éditeur du Sabord.Mais quel est-il ce rôle que les artistes seront encore appelés à jouer?«C'est un rôle critique, je pense.L'artiste nous donne le loisir de réfléchir sur des questions cruciales.» Selon ses dires, l'art n'est surtout pas exclusivement une question d'esthétique.«Si c'était ça, ce ne serait pas le plus vieux métier du monde», renchérit Jean-Pierre Gaudreau.Josée Richard en remet.Elle plaide en rappelant Lascaux.«On a des traces de l'ancienneté de l'art.Il faut être en mesure d'apprendre à se connaître et à se reconnaître à travers ces traces de l'observation de notre communauté, peu importe les époques.Et c'est important de communiquer, par l'art, l'environnement dans lequel on vit, afin que d'autres personnes puissent se reconnaître et puissent aussi prendre conscience de ce qu'ils ressentent», croit la chorégraphe.Pour Denis Charland, le passage au troisième millénaire doit être marqué par le passage de l'art dans le public.Il importe de rendre l'art encore plus accessible, d’éliminer toute apparence de ghettoïsation.Et déjà, les membres t*-' Jean-Pierre Gaudreau et Monique Juteau I I .«L'art, c'est un combat contre le temps» JM " / \\>v j.de ce sextuor improvisé estiment qu'il y a un bon bout de chemin de fait en ce sens.«La démocratisation de la culture nous a permis de sortir de nos cercles fermés», estime Jean-Pierre Gaudreau.Les musées, exemplifie Aline Beaudoin, sont moins élitistes qu'ils l'ont déjà été.«Ils tendent à se démystifier, progressivement, en s'adaptant aux besoins du public.» En fait, estime son conjoint, ce sont les lieux de l'art qui changent.L'art est maintenant dans des espaces publics.«On sent une volonté de faire éclater la création pour la rendre accessible, une volonté d'abolir les barrières», remarque-t-il.Tendre des perches est essentiel, ajoute Josée Richard.Des perches assez longues pour rejoindre le plus grand nombre de personnes possible, renchérit Monique Juteau.Denis Charland et Aline Beaudoin .t - Celle-ci est toutefois consciente que la société consomme rapidement et qu'elle renouvelle constamment ses images.«La création, quant à elle, est un lent processus.On ne peut pas toujours suivre le mouvement», note-t-elle.Son conjoint acquiesce.«On la sent, cette pression-là», remarque Jean-Pierre Gaudreau.L'artiste de l'an 2000, maintenant.Comment se definit-il?De quelle façon évoluera-t-il?Pour Denis Charland, l'artiste d'aujourd'hui n'est pas très loin de l'artiste de Lascaux.«On mettrait les fresques de Lascaux dans un musée d'art contemporain et probablement qu'on crierait au génie», lance-t-il spontanément.«La boucle est en train de se boucler, soutient Guy Marchamps.Ce qui est intéressant, c'est de se demander 7 ce qui va se passer après.» Mais tous conviennent qu'il est extrêmement difficile d'anticiper ce mystérieux «après».«L'an 2000 et le passage au troisième millénaire, ça signifie un changement d'époque dans l'imaginaire collectif.Ce changement-là est déjà amorcé, assurément.Les communications sont le résultat de l'intérêt des communautés pour l'échange.Je pense qu'on se dirige vers une époque de type «Renaissance» parce que les champs d'intérêt des artistes, qui embarquent aussi dans ce mouvement-là, sont plus larges.La spécialisation est révolue et c'est aussi vrai en art», résume Denis Charland.Le sacro-saint processus de création doit maintenant de plus en plus s'allier à une préoccupation pour la communication.«L'art pour l'art est une chose, soutient I Guy Marchamps et Josée Richard W Et s'il est une chose dont les créateurs auront aussi besoin, dans dix ans comme dans cent ans, c'est le soutien des gouvernements.«L'État doit se sentir concerné par la culture.Si les subventions con- \WV Jean-Pierre Gaudreau, mais l'art allié à la communication en est une autre.C'est toujours une lutte que de devoir trouver l'équilibre entre la recherche et la capacité de la communiquer.» Et cette capacité de communiquer l'art passe inévitablement par la reconnaissance.Celle du public, bien sûr, mais aussi celle des pairs et celle de la critique.La sensibilité à ces réactions n'est pas près de changer non plus.La création, insiste Guy Marchamps, sous-tend nécessairement une idée de partage.Mais que l'on n'en conclue pas que les créateurs font ce qu'ils font pour être aimés.«Ça deviendrait alors un art de concession», prévient Jean-Pierre Gaudreau.Cette notion irait alors complètement à l'encontre de l'essence même de la création.«C'est comme un voyage, la création.Quand j'embarque dans ma production, c'est un no man's land.Bien souvent, il y a très peu de place pour la réflexion.Ce qui prend le dessus, c'est la passion, l'émotion brute», soutient Aline Beaudoin.Et c'est pour ça, ajoute Monique Juteau, qu'il y a généralement un vertige dans le processus de création.Parce qu'on est seul dans un tel processus.Pourtant, on semble s'y plaire.Les artistes sont de grands solitaires, c'est connu.Et ce n'est surtout pas l'ordinateur qui va venir leur tenir compagnie et interférer dans cette relation privilégiée qu'ils ont avec leurs oeuvres.«L'ordinateur est ^ un nouvel outil.Il y a un "" 'À engouement parce que w- c'est nouveau, mais je \ pense qu'on va s'affranchir de l'intérêt subit de l'appareil pour en faire un instrument utile.Et même à l'apogée de la technologie, il y aura toujours le désir d'être le plus sensuel, le plus naturel possible.L'art nous , ramène à l'humain, à Jr jSKLj l'individu.Et ça, on en aura encore plus besoin dans le futur», estime Denis Charland.stituent un moyen de se sentir concerné, c'est tant mieux», remarque Aline Beaudoin.Pour Guy Marchamps, il va de soi que l'État contribue financièrement à la culture.«L'art est un besoin pour les citoyens.Comme les impôts que l'on verse à l'État doivent servir à combler certains besoins de la population, il me semble que c'est logique que les gouvernements interviennent financièrement dans la culture.» Les six s'entendent pour dire que lorsqu'on regarde ce que la culture génère, il est clair qu'elle est sous-sub-ventionnée.Peu importe les stratégies que pourrait mettre de l'avant un gouvernement qui aurait un penchant pour la chose culturelle, peu importe les machines qu'on mettra à la disposition des artistes, peu importe les courants qui repousseront les limites de chaque discipline artistique et peu importe la réaction des publics face aux manifestations culturelles, il est une chose qui ne changera pas, selon le libraire Marchamps.Et ce sont les personnes qui rendent la culture vivante.«On est des contemplatifs, des épicuriens.On est d'éternels rêveurs et ça va toujours être comme ça.Les artistes de la danse, comme ceux de la musique, de la peinture, de la sculpture, du théâtre ou de la littérature, ont traversé le temps.Ci-dessous, quatre membres de la troupe trifluvienne Corpus Rhésus Danse./ JK* \ 'JW 8 potentiel créateur sont deux des facettes privilégiées par le Cégep de Trois-Rivières tant dans ses programmes d'études que dans les activités qui gravitent autour de ceux-ci : Cégeps en spectacle, Théâtre ZIP, Science, on tourne!, Cégep monde, le certificat de réussite éducative IMPULSION, 5 à 7 poétique, danse, etc.Pour nous rejoindre 3500.rue De Courval, C P 97 Trois-Rivières (Québec) C9A 5E6 819.376.1721 Un atout de taille! Découvrez nos programmes www.cegeptr.qc.ca CEGEP DE TROIS-RIVIÈRES I Le 12 février 2000, l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières laissera entendre ses premières notes depuis que la plus célèbre page du calendrier aura été tournée.C'est la sixième symphonie de Gustav Mahler qui constituera, à proprement parler, le premier événement musical du «nouveau millénaire» dans la région.Les guillemets, bien entendu, ne servent qu'à étouffer le sempiternel débat sur la date à laquelle commencera ce fameux millénaire.Le public qui assistera au concert de l'OSTR sera, presque à coup sûr, séduit par le produit.Que l'on n’en conclue toutefois pas que la partie est gagnée d'avance.Avant de conquérir un public par la qualité d'une oeuvre, d'un événement ou d'une activité, il faut d'abord l'attirer, le séduire.Ce défi existe déjà, certes, mais il semble qu'il prendra de plus en plus d'importance au cours des années à venir.«Le public en général est de plus en plus difficile parce qu'il peut voir beaucoup de choses.Alors il devient plus sélectif.Il faut les surprendre, les impressionner», remarque Daniel Gélinas.Surprendre, impressionner, sortir des sentiers battus.Ces expressions ont été lancées par la quasi-totalité des intervenants rencontrés.Avec les spécificités de la discipline ou de l'événement dont ils sont les porte-parole.Les Nouveaux Compagnons, par exemple, ont déjà réagi à des baisses d'assistance observées au cours des dernières années.«On constatait un plafonnement et il a fallu trouver une solution.On a pris le virage de la création, qui est un créneau assez particulier.Et ça évite qu'on se marche sur les pieds», explique le président, François Poisson.L'important, selon lui, est de s'assurer que les gens suivent.Et il constate que c'est toujours à recommencer.Chaque pièce a son public et il faut cibler, bien qu'il semble difficile de parfaitement connaître ces publics.La notion de création implique nécessairement la volonté de conquérir un public, en transmettant une émotion.C'est un objectif commun à toutes les disciplines artistiques, remarque Daniel Gélinas, coordonnateur de l'International de l'art vocal de Trois-Rivières.Comment, au cours des prochaines années, voire des prochaines décennies, faudra-t-il s'y prendre pour attirer le public?Les organisateurs d'événements et dirigeants d'institutions culturelles ont leur petite idée là-dessus.François Poisson, président des Nouveaux Compagnons 10 Marc-André Dowd, cofondateur et directeur artistique du Théâtre des Gens de la place.Le directeur artistique et cofondateur du Théâtre des Gens de la place, Marc-André Dowd, croit qu'il suffit d'amener les gens au théâtre une première fois pour leur donner le goût d'y revenir.«Une fois dans la salle, le public vit quelque chose de complètement différent que ce que la télé ou le cinéma leur offre.«Le spectateur se retrouve devant quelque chose de vivant, à quelques mètres de lui.C'est la communication des émotions en temps réel, dans un même espace.Et il faut miser sur cette spécificité, savoir la vendre», explique-t-il.Selon lui, le développement des technologies a entraîné un certain repli, une sorte de solitude, d'isolement.Paradoxalement, les gens ressentent de plus en plus le besoin de contrer ce phénomène.«Et un spectacle est justement une autre occasion d'être en communauté, de se rassembler», croit le jeune homme.Mais pour provoquer ces rassemblements, il faut des idées originales, qui vont piquer la curiosité du public.Créé il y a six ans, l'International de l'art vocal mise maintenant sur des spectacles concepts, des événements, des happenings.«Il y a tellement d'événements d'été qu'on n'a pas le choix d'avoir quelque chose d'unique à offrir.Et plus ça va, plus on va être reconnu au Québec comme étant un événement culturel et pas seulement un événement festif», explique Daniel Gélinas.Mais même avec l'auréole culturelle, un événement demeurera toujours un produit qu'il faut vendre.«Le succès, c'est une combinaison de qualité du produit, de marketing et de saine gestion.C'est plate à dire, mais c'est ça.Ce qu'on gère, c'est une il ' 1 * r Daniel Gélinas, coordonnateur de l'International de l'art vocal de Trois-Rivières.entreprise et je ne pense pas que ça dénature l'art ou l'aspect artistique», ajoute-t-il.Si le Festival international de la poésie de Trois-Rivières est devenu ce qu'il est aujourd'hui, c'est en bonne partie en raison des visions d'entreprise qu'a son directeur, Gaston Bellemare.«La poésie, c'est une business, sauf que personne ne fait de l'argent avec.On ne fait pas ça pour gagner notre vie.On fait juste ça pour ne pas la perdre», philosophe-t-il.Au fil des ans, et avec une approche marketing pointue, le festival a fait la démonstration que la poésie n'était pas aussi élitiste qu'on pourrait le croire.«Mais pour ça, il faut sans cesse trouver des façons neuves de la présenter», ajoute M.Bellemare.Évidemment, Gaston Bellemare applique au festival une recette semblable à celle qu'il utilise pour sa maison d'édition.Aux Écrits des Forges, les ventes augmentent presque sans cesse depuis 1985.Mais selon l'éditeur, il faut provoquer ça, convaincre les lecteurs par des activités.«J'essaie d'avoir au moins une activité par jour, que ce soit un lancement, une présence dans un salon du livre, une publicité, une lecture publique», explique-t-il, toujours convaincu qu'il faille aller rejoindre d'autres clientèles que les lecteurs de poésie invétérés.Il faut aussi initier.Sylvie Dufresne, directrice générale du Musée des arts et traditions populaires du Québec, est aussi de cet avis.«Le défi est d'attirer des publics nouveaux.De plus en plus, on constate que la fréquentation est devenue un critère qui va déterminer le succès d'un événement.Je pense qu'il faut mettre un bémol â cette réalité-là.On doit plutôt trouver un équilibre entre la qualité et la popularité», croit-elle.Audace et combativité doivent être au rendez-vous, puisque selon elle, rien n'est jamais gagné.Et même quand on attire entre 600 000 et 700 000 visiteurs, il ne faut pas s'asseoir sur un succès de foule.Le Mondial des cultures de Drummondville doit cette année travailler avec un budget révisé à la baisse parce qu'on a constaté une légère diminution de l'affluence.Selon Michel Morin, coordonnateur des communications, il faut alors travailler plus fort, voir comment on peut faire aussi bien avec moins de ressources.«On a un bon produit, mais il y en a plein d'autres qui poussent un peu partout.À ce moment-là, il faut développer la rétention, l'originalité», plaide-t-il.Le défi, selon lui, est de positionner l'événement stratégiquement, en prenant bien soin de conserver l'émotion qu'il suscite.Et on se doit, pour cela, de tenir compte du fait que l'événement est présenté en région.«Parfois, on veut emprunter des éléments des recettes de certains événements qui ont lieu à Montréal ou à Québec.Mais il faut tenir compte du ÎJ Æy_ fait qu'on est en région et que la réalité est complètement différente», ajoute-t-il en prenant soin d'indiquer que c'est pourtant loin d'ètre un handicap que d'ètre en région.S'il y en a un qui le sait, c'est bien Gilles Bellemare, directeur artistique et chef attitré de l'OSTR, premier orchestre régional à avoir vu le jour au Québec il y a vingt et un ans.«L'OSTR et son public ont évolué en même temps.Encore aujourd'hui, il faut s'or-ga-niser pour que chaque concert soit un assemblage , d'oeuvres où le I pu-blic se retrouve.Une programmation doit tenir compte de l'intérêt du public et ça, pour un chef, c'est un défi.Il faut prendre les moyens de maintenir la relation de confiance qu'on bâtit avec le public», explique le maestro.À cela s'ajoutent des contraintes financières particulière ment importantes pour , Gilles Bellemare, directeur artistique et chef attitré de .l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières.dimanche matin et qui faisaient le tour des galeries pour voir les expositions.On est davantage dans la culture de l'événement.Les gens veulent en avoir plein la vue», explique Alain Fleurent, artiste et administrateur de Presse-Papier.La coopérative, qui existe depuis deux décennies, compte une vingtaine de membres.«Il faut continuellement adapter la structure aux besoins des artistes.On entre dans une phase où on se doit d'être davantage des initiateurs de projets, pour stimuler la création», remarque la présidente de Presse-Papier, Francine Turcotte.Quand la création va, tout va, pourrait-on dire, puisque c'est à ce moment qu'on retrouve une certaine diversité culturelle, ce qui est indispensable pour attirer le public.«Je pense que la population a toujours été assez proche des arts, mais il faut maintenant la convaincre de se réapproprier les lieux de diffusion», résume Alain Fleurent.Le Mondial des cultures de Drummondville est une des manifestations culturelles majeures dans la région.Comme la majorité des institutions et des événements culturels, le Mondial doit sans cesse relever le défi d'attirer et de renouveler son public.Alain Fleurent et Francine Turcotte, respectivement membre du conseil d'administration et présidente de l'Atelier Presse-Papier.un ot-c h e s t r e professionnel.«Sur le plan financier, les orchestres sont des institutions qui coûtent très cher.La musique est un peu prisonnière de ça.Mais je pense qu'elle est plus forte que les éléments financiers qui la conditionnent.Quand on n’aura plus d'argent pour subventionner, il restera toujours la musique, les partitions, les musiciens.La culture va continuer à vivre», estime-t-il Enfin, du côté des arts visuels, la réalité est différente.À l'Atelier Presse-Papier, auquel est greffée Là Galerie, par exemple, on cherche à donner aux gens une occasion de se déplacer.«Il ne faut pas se leurrer.On n'a plus vraiment les publics qui partaient le Ac porte inconnu é Gaston Bellemare, directeur du Festival international de la poésie de Trois-Rivières et directeur général des Écrits des Forges.U *>r ' LEUR SURE QUVEAU MILLENAIRE ANCE IERNIER & CRÊPE AU 3 1 DO, BOULEVARD ST-JEAN Trois-Rivieres-Due st (B19i 377-3D77 WL, issance» Hydro v Québec ^echnoLojie^ 0£ Le, écofxcri£f\ ^Jruand, dans les années vingt, on a mis en place les premiers organismes puolics chargés de diffuser des programmes radiophoniques, on a cru que le livre allait être ébranlé.Quand, dans les années 50, les téléviseurs ont fait leur apparition dans les foyers québécois, on a une fois de plus frémi en pensant à l'avenir du livre.Quand, enfin, Internet s'est mis à gagner des adeptes jusque dans les chaumières, on tendait presque l'oreille pour entendre sonner le glas du papier et du livre.Mais c'était peine perdue.Chaque fois, on sous-estimait le pouvoir du livre.Le livre n'est pas près de disparaître.Au contraire, c'est un vent d'optimisme qui souffle sur le domaine de l'édition.Certains s'empressent toutefois de nuancer.«Le livre tel qu'on le connaît aura été beaucoup plus résistant aux changements qu'on annonçait.Le livre résiste, certes, mais il aurait peut-être normalement dû se développer compte tenu de l’augmentation de la scolarisation de la population», explique Pascal Assathiany, directeur général des Éditions du Boréal et président de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL).Le livre est en effet demeuré relativement stable depuis dix ou quinze ans.En proportion, il a peut-être perdu un 75 Pascal Assathiany, directeur général des Éditions du Boréal et président de l'Association nationale des éditeurs de livres.P P h Wi mm développement qui aura été neutralisé, en quelque sorte, par l'émergence de nouveaux moyens technologiques.Le pire semble toutefois passé, puisqu'on estime maintenant que les nouvelles technologies, qui ont pourtant déjà alimenté plusieurs débats quant à l'avenir du livre, ne devraient plus affaiblir le bon vieux bouquin outre-mesure.L'amélioration du taux et du degré de scolarisation pourrait cette fois avoir un impact positif sur la lecture et sur l'édition.Mieux encore, on compte utiliser le riche potentiel des moyens électroniques pour mettre en valeur les vertus du livre.Édition élertronique, autoédition, diffusion sur le réseau Internet, microédition et librairies virtuelles sont autant de notions que l'on ne pouvait même pas anticiper il y a à peine deux décennies.Dans le temps de le dire, elles sont pourtant devenues les défis et les enjeux qui attendent les éditeurs.«Le débat par rapport à l'électronique et à la disparition du livre est complètement faux, à mon avis.Je pense même qu'on va connaître l'âge d'or du papier et du livre avec le phénomène de l'édition électronique.Quand on va se chercher un livre sur Internet, on veut l'avoir sur un support papier», explique Michel Gagné, assistant de recherche au sein du Groupe de recherche sur l'édition littéraire au Québec.Pour son mémoire de maîtrise, l'étudiant se penche justement sur l'avènement des nouvelles technologies de l'information dans l'édition littéraire au Québec.Celui-ci ne croit pas que le monde de l'édition au Québec soit prêt à prendre le virage électronique.«Et je me demande s'il le sera un moment donné.Il n'y a pas une assez grosse demande pour le moment», croit-il.L'édition électronique, qui consiste à numériser des ouvrages ou à en créer des nouveaux exclusivement pour les supports informatisés, présente toutefois certains inconvénients considérables, dont celui de ne pas être reconnue parce qu'elle n'a pas de matérialité.Pour que le texte ait une validité, d'un point de vue épistémologique, il faut non seulement qu'il soit imprimé, mais qu'il ait aussi une certaine reconnaissance, un capital symbolique.» Et les seuls à qui on reconnaît généralement le pouvoir de légitimer les oeuvres, ce sont les éditeurs.16 Même le jour où on trouvera des éditeurs électroniques qui auront une crédibilité, il restera toujours l'image d'un lecteur qui achète avec plus de facilité un livre publié et disponible sur support papier», croit Pascal Assathiany.Pourquoi?Pour des raisons sensuelles, principalement.Lecteurs, libraires et éditeurs s'entendent pour dire qu'il existe aussi un attachement sentimental, sensuel au livre.Rien, jusqu'à maintenant, ne peut remplacer le plaisir de feuilleter, de plier le coin d'une page, de souligner.La banale odeur d'une disquette ne vaut pas celle d'un livre neuf ou, mieux, celle d'un livre ancien.Et rarement complimentera-t-on une bibliothèque dépourvue de livres.La vue, l'odorat, le toucher sont sollicités par la lecture.«Il y a quelque chose de très physique dans le rapport qu'on a avec la lecture.Je ne sais pas si cela peut être un facteur qui va assurer une pérennité au livre, mais c'est un facteur qui, jusqu'à maintenant, a traversé les époques», commente M.Assathiany.Bien que l'on ait déjà lancé des prototypes de livres électroniques dont le format vertical est légèrement plus petit qu'un ordinateur portable, il semble que l'on ne soit pas près de voir un gadget se substituer à la mobilité et au caractère pratique du livre.Les SoftBook dont on nous claironne l'arrivée prochaine pourraient difficilement, de l'avis des principaux intéressés, remplacer le livre ou le magazine dans l'autobus ou aux toilettes, par exemple.Parallèlement aux développements technologiques reliés à la création et à la diffusion du livre, on voit se développer un engouement de plus en plus marqué pour la lecture.Le président de l'ANEL estime d'ailleurs que celle-ci se porte plutôt bien, en prenant toutefois soin de mettre un bémol à cette affirmation optimiste.«Le problème avec le Québec, c'est son marché.Pour faire vivre une culture et les infrastructures nécessaires pour la produire, on a toujours dit qu'il fallait une masse critique de dix à douze millions d'habitants.Ici, comme on n'est que six millions de francophones, la lecture et la culture en général ne se portent bien que dans la mesure où elles sont soutenues par les gouvernements», explique Pascal Assathiany.Un soutien, ajoute-t-il, qui est absolument nécessaire afin de diversifier l'offre.Si le soutien gouvernemental apparaît comme une nécessité, il en va de même pour la participation de la population.Les gens doivent acheter plus de livres.On doit lire davantage.Les éditeurs ont déjà leurs idées là-dessus.Ce sont toutefois les libraires qui ont compris le message et qui tentent de relever le lourd défi de l'attraction pour la lecture.Certains d'entre eux, comme la vénérable Librairie Garneau, se sont déjà positionnés sur le réseau Internet, histoire d'élargir la clientèle potentielle.«Il faut toutefois prendre soin de maintenir un réseau dynamique de librairies qui mettront en circulation les premiers exemplaires du tirage d'un livre.Pour qu'ils soient offerts sur Internet, dans des librairies virtuelles, par exemple, il faut d'abord que le livre existe et qu'il ait, déjà, un premier réseau d'accueil qui ne soit pas électronique», remarque M.Assathiany.Les librairies virtuelles, comme amazon.com ou camelot.ca, ne seraient, en somme, que des bras commerciaux importants.Des portes ouvertes sur les clientèles éloignées, sur l'exportation.B*/’ La banale odeur d'une disquette! ¦ ne vaut pas ul Wf Quelque négligeable que puisse paraître l'influence des nouvelles technologies sur l'industrie du livre à proprement parler, il ne faudrait pas, néanmoins, croire que les auteurs, les éditeurs, les détaillants et les gouvernements se croisent les bras.Car si le nombre de titres publiés par les quelque 130 maisons d’édition reconnues au Québec est passé de 1297 en 1972 à 3708 en 1996, et que le nombre de titres par tranche de 100 000 habitants est passé de 21,4 à 50,2 entre ces mêmes années, il faut surtout être préoccupé par le tirage moyen par titre.En 1972, on tirait en moyenne 3566 exemplaires d'un livre, alors qu'en 1996, on n'en imprimait que 2713 en moyenne.Malgré cela, le tirage total a fait un bond de plus de 5 millions d'exemplaires en vingt-cinq ans, passant de 4 626 000 à 10 061 000 exemplaires.Comme partout ailleurs dans le monde occidental, l'édition québécoise traverse des zones de turbulence.L'émergence de nouvelles technologies, le durcissement des lois du marché qu'impose la mondialisation de l'économie, la présence parfois trop envahissante de la culture américaine et de l'édition française, et la nécessité à la fois de rajeunir et de diversifier le public lecteur forcent l'industrie à se remettre en question.C'est avec optimisme que les éditeurs québécois semblent vouloir le faire.Et cet optimisme s'allie d'ailleurs à une ferme volonté gouvernementale de redonner un peu de vie à la lecture.Avec le sommet sur la lecture, convoqué au printemps 1998, et avec la politique qui en découle, plusieurs éditeurs, écrivains et libraires se trouvaient ragaillardis par cette volonté de l'État de soutenir et de revitaliser tous les secteurs du livre.On construira d'ailleurs, à Montréal, la Grande bibliothèque du Québec, une institution que l'on souhaite voir devenir le symbole de la place grandissante qu'occuperont le livre et les autres formes d'expression écrite lors du prochain millénaire.«L'avenir du livre est à consolider.Il faut se battre constamment, ne rien prendre pour acquis, en raison de notre bassin de population qui est constamment fragile.S'il y a un peu de conscience sociale et politique, si on protège les structures de production et de diffusion, moi je ne suis pas trop inquiet pour l'avenir du livre au Québec», conclut Pascal Assathiany.17 Les Ursulines De 1697 à 2000 LE MUSÉE ET LES ARCHIVES: Lieux d'accès aux richesses culturelles du passé MUSÉE DES URSULINES La famille Duplessis et son époque Du 14 avril au 31 octobre Exposition présentant des objets ayant appartenu au jeune Maurice Duplessis ainsi qu'à sa famille: parents, soeurs et descendance.L'événement Duplessis veut souligner le 40e anniversaire du décès de Maurice Duplessis.GALERIE LE RÉFECTOIRE Exposition des élèves de 6e année du Collège Marie-de-l'lncarnation Du 14 mai au 13 juin 1999 Hommage à Marie de l’Incarnation Du 16 juin au 1er août 1999 Renée Sirois, aquarelliste Du 4 août au 12 septembre 1999 Thibeault, Thibeault, Gaudreau, Hernandez, techniques mixtes Du 15 septembre au 31 octobre 1999 Jours et heures d'ouverture Mai à novembre: mardi au vendredi 9 h à 17 h samedi et dimanche 13H30 à 17 h Mars et avril: mercredi au dimanche 13h30 à 17 h Novembre à mars: avec réservation Frais d'entrée Adulte: 2.50$ Etudiant:1.50$ Âge d'or:1.50$ Gratuit pour les enfants.PRIX DE GROUPE AVEC RÉSERVATION 734, rue des Ursulines, Trois-Rivières, G9A 5B5 TéL: (819) 375-7922 Téléc.: (819) 375-0238 ARCHIVES La consultation est possible avec rendez-vous en contactant Soeur Germaine Blais o s.u (819) 375-6039 Æy médioc^i^ Lorsque Lise Bissonnette a été nommée à la tète de la Grande bibliothèque du Québec, elle devenait du coup dirigeante d'un organisme relevant du gouvernement.Et quand est venu le temps de s'installer dans des bureaux temporaires en attendant la construction, il lui a été permis d'aller rendre visite à John Porter, directeur du Musée du Québec, afin de fouiner un peu dans la collection de prêt d'oeuvres du musée.En moins de deux, Lise Bissonnette est devenue la deuxième plus importante cliente du musée en ce qui a trait au prêt d'oeuvres d'art à des ministères ou organismes relevant du gouvernement.La Grande bibliothèque du Québec, qui occupe pour l'instant qu'un étage d'un sobre immeuble appartenant à la Ville de Montréal, n'est devancée, au curieux palmarès de John Porter, que par le ministère de la Culture et des Communications.À peine trois cents mètres carrés et pourtant, une quarantaine d'oeuvres d'art.Les bureaux temporaires de la Grande bibliothèque ont beau être un modèle de S .V S modestie, ils n'en sont pas moins habités par l'art.Et déjà, on les sent imprégnés de la passion de la directrice.Quand elle parle de culture.Lise Bissonnette ne connaît pas l'euphémisme.Elle dénonce, félicite, approuve sans ambages.Elle porte un regard à la fois cru et amoureux sur le monde de l'art et des artistes, sur les publics et sur les pouvoirs qui les méconnaissent.Regard cru parce qu'elle s'en prend vertement à la médiocrité.«À bien des égards, lance Lise Bissonnette, nous sommes une société moins cultivée, ayant moins d'accès à la culture que le reste de l'Amérique du Nord.» La directrice de la Grande bibliothèque illustre ses propos par l'exemple de la lecture.Le Québécois moyen lit moins de livres, de journaux ou de magazines que les autres Nord-Américains, à quelques exceptions près.«Le taux d'abonnement aux bibliothèques publiques, le taux d'emprunt des livres, la fréquence des visites à la bibliothèque, peu importe l'indice qu'on regarde, on est toujours en dessous des moyennes.Et à mon avis, il n'y a pas de meilleure mesure de la culture générale que la lecture.» L'ex-directrice du Devoir estime qu'on est en présence d'un «paradoxe assez désolant», puisque le Québec réclame toujours, peu importe que l'on soit fédéraliste ou souverainiste, d'être reconnu pour sa distinction.Distinction que l'on assoit sur la langue et la culture.«Ça va assez bien pour la langue.On parle français et les autres parlent anglais.Mais on dit toujours la langue et la culture.Et en matière de culture, le retard du Québec est inquiétant», explique Mme Bissonnette.Le public, selon elle, n'est tout simplement pas à la hauteur de la création qui se fait ici.«La quantité de personnes qui sont prêtes à consommer convenablement les produits culturels n'est pas à la hauteur de nos prétentions.JTa XJ & "" V Æ 19 4 C'est
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