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Titre :
Radiomonde
Éditeur :
  • Montréal :Radiomonde,1939-1952
Contenu spécifique :
samedi 16 novembre 1940
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Radiomonde et télémonde
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Radiomonde, 1940-11-16, Collections de BAnQ.

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m il®- Qllii*i 4.S/osionTlittie.M*-e MARTHE LAPOINTE BETTINA de “La Mascotte aux VARIETES LYRIQUES MONTREAL, IS NOVEMBRE i*MI VOL.U NI ME KO IS x;: : :~SX mm it* &&%***• DOW LA BIERE DE BON GOUT Feuilles de route des nouvelles recrues Lea nouvelles recrues, mobilisées pour la deuxième période d'entraînement militaire qui commencera le 22 novembre, recevront le 9 novembre une feuille de route pourvoyant à leur transport de leur domicile au camp d'entiaîncment qui leur a été désigné.On est prié de noter à ce propos que les feuilles de route non utilisées devront être retournées intactes au régistraire de division.On notera aussi que ces feuilles de route seront honorées par le Gouvernement vis-à-vis les seules compagnies de transport qui y figurent.Quelques émissions commanditées Les Secrets du Docteur Morhanges : 8.00 P.M.Ironized Yeast Mere redi S.V.P.: 9.00 P.M.L.O.Grothé Ltée Jeudi Les Meuniers Mélomanes 8.30 P.M.Robin Hood Flour Mills E tOuWEUR JACQUES DES B ULLETS A LONDRES.Un autre montréalais, et l'une des figures les mieux connues de la radio canadienne, a quitté la Métropole cette semaine à destination de l'Angleterre.Il s'agit de Jacques DesBaillets, le Gentleman de l'Air’, comme l'a baptisé "Radiomonde”, qui, choisi par ses chefs, s'en va renforcer l'équipe de la Société Radio-Canada qui' poursuit noblement son effort de guerre dans les studios de la B.B.C.A l'heure où paraîtront ces lignes DesBaillets nous aura quittés, probablement à bord du "Clipper”, et dans quelques jours on l’entendra d'outre-mer.Il se joindra à Rooney Pelletier pour diffuser des programmes destinés au Canada français.Il collaborera également avec Bob Bowman et Gerry Wilmot qui s'occupent des programmes anglais.Il est probable qu’on l'attachera à l'une des deux unités mobiles de la Société Radio-Canada qui voyagent dans la campagne anglaise et rendent visite à nos soldats cantonnés ici et là.Jacques DesBaillets apporte avec lui les meilleurs souhaits de tous.Ses camarades et ses amis ont confiance qu'avec sa versatilité et sa connaissance des deux langues il fera un travail excellent.C'est une expérience splendide, dangereuse, si l'on veut, mais Jacques n'a pas un tempérament qui le porte à s’inquiéter outre mesure.Il nous reviendra dans plusieurs mois avec un tas d’anecdotes qui viendront s'ajouter aux multiples expériences de sa carrière féconde.L'ARMISTICE La situation actuelle, en dépit de sa gravité, n’a pas empêché les peuples britanniques de se souvenir de la Grande Guerre.Dans la majorité des villes les plus importantes du Canada on a rendu hommage à ’.a mémoire de ceux qui croyaient en 1918 assurer à jamais la liberté et la tranquillité des générations à venir.Radio-Canada a diffusé une description des cérémonies qui se déroulaient à Ottawa, au pied du magnifique monument aux morts.Le reportage, confié à Gérard Arthur, était bien fait.Une émission spéciale diffusée de Toronto avait aussi nécessité le déplacement du chef annonceur des studios montréalais de R a d i o - Canada, Orner Renaud.On peut le voir, la Radio-Etat ne ménage rien pour donner à ses auditeurs un portrait de tous les événements importants-Louis Francoeur et M.-H.Halton n’étaient-ils pas à Poughkeepsie dans l'Etat de New-York au soir des élections américaines pour assurer au public canadien un compte rendu vivant de ce qu'ils avaient pu voir au cours de leur bref séjour dans P’antichambre” du Président .Poughkeepsie se trouve en effet à quelque quatre milles de la résidence ancestrale de Roosevelt à Hyde Park.que musical très connu aux Etats-Unis et au Canada.Dans une analyse rapide des conditions qui peuvent permettre à un compositeur de donner libre cours à son talent, M.Taylor a pu attaquer indirectement les états totalitaires et tout ce qu’ils représentent.Il a souligné lee efforts qu'un musicien de génie peut fournir.“Mozart et Beethoven", disait-il, "savaient composer même quand ils avaient l’estomac creux et qu’ils se trouvaient dans une chambre froide.Ils auraient pu composer même s’ils avalent été condamné à la pendaison, pourvu, qu'on leur dise combien de temps ils avaient encore à vivre; trois, quatre ou cinq mois selon le cas.Mais, à l'heure actuelle, en plusieurs pays d'Europe, les pauvres artistes vivent une existence terrible.Comme tout le monde, ils ignorent quand ils seront anéantis, à quelle seconde, à quelle minute, à quelle heure.Us savent que le danger est sans cesse présent; ils ne jouissent d'aucun calme indispensable à la création d'oeuvres de génie”.M.Taylor après s'être longuement apitoyé sur le sort des musiciens, des peintres et des sculpteurs européens a lancé un appel en faveur des artistes américains.Il a demandé qu'on leur permettre de travailler librement."L'Amérique, dit-il, est le dernier refuge des artistes et je serais très surpris si d'ici 1950 il nous vient d'outremer une oeuvre de valeur.Aidons donc les nôtres et comptons nous chanceux de pouvoir jouir de leur art.Nous avons cette ehanee de ne pas être sous le joug étran- ger.mais il ne faut pas que nous laissions uniquement à la ehanee le soin de sauvegarder nos libertés et no# intérêts”.Paroles émouvantes et d'une profonde vérité.Des potins et des faits.Quel est cet annonceur qui recherche Guy Beaudry et Adrien Lauzon avec une brique et un fanal, depuis que ces messieurs se sont faits des cinquièmes colonnes radiophoniques et qu'ils ont lancé de fausses rumeurs à son sujet.Devinez ?.* * * Yves Bourassa fermait !a marche de son régiment, le 65e, lundi matin, à l'occasion de la parade de l’Armistice.Il a défilé tout à fait bien devant le brigadier général qui recevait le salut des troupes .Le Lt Bourassa ne pensait certes pas à ce moment à la "Course au Trésor”, ou à "Quitte ou double”.* * V Paul Dupuis affichait, ces jours derniers, une belle égratignure au-dessus de l'arcade sourcillière.Papa s’était amusé à taquiner le petit et le petit malgré sa jeunesse avait montré ses griffes ! ! ! * * * Le 9 octobre dernier, parmi les mobilisés de la première heure on comptait René Lecavalier, du bureau du trésorier à Radio-Canada.Jeudi midi il est revenu au travail après un mois d'entrainement au camp de Valleyfield.Lecavalier n'a que des éloges à faire de la vie de camp.Il a engraissé de dix livres, durci ses muscles et bronzé sous ie vent d'octobre."Ca fu,t du bien, disait-il, et le mois passe vire.Nous sommes bien traités, bien nourris, et c'est une expérience que je regrette aucunement".l’ne coquille savoureuse.Un typographe du Canada a sans doute voulu se payer la tète du lecteur quand il écrivait mercredi, dans la critique de M.Léo-Pol Morin au sujet des concerts symphoniques; "Le très sonore et tics cuivré Chasseur en Maudit de César Frank .POUR BIEN DORMIR Prenez EX VENTE D.1XS TOI TES LES PHARMACIES ILYA QUELQU'UN DANS CE Ol/ARTID* Une allocution sentie «le Deems Taylor.Tous ceux qui écoutaient dimanche la diffusion du concert symphonique sous la direction de John Barbirolli ont dû goûter les commentaires de Deems Taylor, criti- FAGE 2 Radiomonde 16 iNOV.1940 —.-gf Réduction et Administration Ch.361, Hôtel Ford MONTBKAL Téléphone: Plateau 4186* Publié toutes les semaines (Toutes les deux neninlnen durant juillet et août) ABONNEMENT $2.00 PAR AN Le seul périodique exclusivement consacré aux Artistes de la Radio YOU II NIJMKRO 48 MONTREAL, 16 NOV.1940 EDITION FINALE Rédigé en collaboration Cinq sous le numéro En avant le théâtre! Au Saint-Denis — Le Scandale A Victor Francen Nous éprouvons à l'égard de Victor Francen, un sentiment de reconnaissance.Nous ne pouvons que le remercier infiniment de cette sensation d'Art qu'il nous a procurée.Que cet apôtre de l'Art soit heureux dans sa gloire et heureux dans sa vie privée.Que la gracieuse épouse qui tient son coeur entre ses doigts donne du bonheur à l'exilé réfugié en terre d’Amérique!.Que Léno, la poupée aux yeux bleus qui naquit de leurs amouis rappelle au maître qu’il est un heureux parmi les malheureux puisqu’il lui sera donné de renaître en elle, lui dont le coeur a cru mourir dans la honte de la France.Victor Francen, comme tant d'autres, a tout perdu.Tout perdu?Allons donc.Toujours et partout, Victor Francen emportera avec lui les trésors de son talent immense, les ressources de ce génie qui fait de lui la première figure de la scène et de l’écran.A Antoinette Giioux.Comme il nous fait plaisir d'applaudir sans réserve au succès de l’une des nôtres! Jamais Antoinette n'a joué un rôle avec tant de maîtrise.Et pourtant, celui de Charlotte, dans “Le Scandale" est un piège à pathos pour une interprète à la recherche de succès facile.Si, depuis une couple d'années, nous pouvions reprocher à notre grande jeune première, cette routine qui lui faisait passer au moule les rôles qu’on lui confiait, elle se fait pardonner d'un seul coup et conquiert en bloc notre profonde admiration.Pas un cri, pas un geste inutile, et pourtant, pas un mot qui ne porte, pas un regard qui ne nous aille au coeur.A Jeanne Demons.On prend trop souvent pour acquis, ce qu'on a à la portée de la main.On emploie Jeanne Demons à toutes les sauces.On se contente de la trouver très bien.Ça ne suffit pas.Après sen interprétation extraordinaire dans "La Flamme", passer de but en blanc dans la vieille madame Férioul.Jeanne Demons est une très grande artiste.C'est une Berthe Bovy qui aurait eu sa place sur les grandes scènes parisiennes si la vie, le hasard, je ne sais quoi n’était venu la greffer au Canada il y a une vingtaine d'années.A Pierre Durand.A celui dont on ne peut se passer ni a la scène ni à la radio, des félicitations sincères.Dans “Le Scandale", son rôle n'avait peut-être pas l'envergure de ceux qu'on lui confie généi alement.mais c’était Pierre Durand qui le jouait.Ajoutez à celui-là.la figure douteuse du gars douteux de la semaine précédente, ajoutez-y l'interprétation de cette crapule de grande classe qu’il jouait dans "La Danse de Minuit".Et saluez bien bas.A Jaque Catelain Après le succès remporté dans “La Danse de Minuit" et “La Flamme", un conseil: qu’il ne permette plus qu'une mauvaise distribution vienne compromettre la courte car- RESULTATS A DATE 10 lires a.m.— 12 novembre Miss Radio 1941 lefort Marcelle .722 Thibault Olivette .611 Brind’Amour Yvette .558 Jasmin Judith.611 Busilières Andrée .537 Lapointe Marthe .53G Schmitd Gisèle.534 Germain Nicole .526 I-aporte I.ucile .521 Poitras Lucie .524 Giroux Antoinette.121 Mauffette Estelle .311 Sutto Janine .335 Lebrun Armand .2110 Des Hameaux Kéjane .289 DeCourval Paulette .260 Bernier Jovette .255 Dumont I.ucile .225 Teasdale Margot .220 Millard Muriel .217 Pelland Lucette .212 Bourret Laurette .185 Moins de 150 votes : D'Arcy Nlta, Thierry Marthe, Soeurs Gingras, Bernard Jacqueline, Lorrain Yvette.Cardin Madeleine, Alarie Pierrette, Bernier Rolande et Ratté Mariette.Mme Mimi d’Estée, (Miss Radio 1910) est hors concours.DE LA JUSTICE S.V.P.On proteste, et on a raison, contre ces directeurs ou réalisateurs de programmes qui se distribuent des rôles dans des émissions que leur ont confiées nos postes montréalais.Et pourtant, quel est l'interprète qui osera protester ouvertement, qui osera soumettre le cas à lTInion, par exemple, en demandant qu’on y mette le hola ?Aucun .Parce que celui-là qui s’aviserait d’ouvrir la bouche, sait très bien que son acte d’audace lui coûterait cher, et qu'il serait rayé à tout jamais des programmes que ces messieurs dirigent.Dans les programmes “de soutien , on me dit que ces messieurs attachés régulièrement aux postes, ne touchent pas de cachet.C est un piètre argument.Le minimum fixé par l Union n’est pas assez exhorbitant pour que nos postes locaux ne puissent attacher un cachet à chacun des rôles que requiert tel ou tel sketch.Si on ne peut payer pour ce rôle, qu’on le coupe.Si le rôle est indispensable, qu'on en paie l’interprète.Si on paie l’interprète, que ce soit un interprète et non un directeur ou un réalisateur du poste qui en bénéficie.Dans les programmes commerciaux, un tel procédé est une injustice flagrante pour nos comédiens.Dans un des derniers programmes du Théâtre du lundi soir, deux interprètes avaient été recrutés parmi le personnel de Radio-Canada.Dans quel but ?Je l'ignore.Nous voulons signaler cet abus à l’autorité compétente.Si nous voulons conserver à la radio les bons éléments qui y sont, il ne faut pas que les mêmes aient l'assiette au beurre plus souvent qu’à leur tour.Il faut vivre, c'est entendu .mais il faut aussi laisser vivre.Pascal GARNEAU rière qu'il est appelé à faire parmi nous.A François Rozet.Un souhait: des rôles à la hauteur de son talent.A tous les autres.Mon admiration pour le courage et la bonne volonté déployés au cours des deux dernières semaines.A Ginette Letondal.Deux mots: une seul», petite Ginette, était capable de sauter dans un taxi, après la représentation au Saint-Denis pour arriver à six heures et une minute, jouer “à mière vue" ton rôle à !a radio.Celle-là, c’est toi.Merci.Jean DESP’RES INAUGURATION DES NOUVEAUX BUREAUX DE “RADIO PROGRAMME PRODUCERS •a* .• MàW ’ ffgHT tlH; TOOL » * UPl*: ¦i oj» Paul («anglais et Ivan Tyler avaient Invités samedi dernier, quelques amis du monde de la radio et de la publicité à “pendre la crémaillère” dans leur nouveau local, de l’édifice Keefer.Sur la photo, on remarque de gauche à droite, assis : Simon LANGEAIS, Yves BOURASSA, Y van TYLER et Paul LANGEAIS, de Radio Program Producers, Edouard BAUDRY, Imperial Broadcasting, Oscar BASTIEN.du Club des Artistes.Debout, dans le nif ni» ordre: C.F.GOLDTWAITE, de Lord & Thomas, Gilbert GIIKHEY, de Montreal Tramways, Ernie SMITH de CFCF.Thomas MOORE, jr., J.Walter Thompson, Thomas ARCHER, de “Montreal Gazette", Fred McNEIL et Jacques HERDT, de R.P.P., John WINTERS de CFCF, Robert M.CAMPBELL de A.McKIm, Mori KRUSHEN de “Variety", Kerk BOYD, de Dominion Recordings, Art.GRIFFITH de Cockfield Brown, Wilfrid CHARI.AND de Whitehall Broadcasting.Me Clarence A.QUINLAND, Françoise LORANGER.de K.P.P.Charley MORAIS de Colgate Palmolive, Hertel LAROCQUE.Me Paul GALT MICHAUD, J.-A.Gagnon de la Banque Canadienne Nationale, Olivier CARIGNAN de Canadian Advertising, Lovell MICKLES jr., Joseph Hershey MeGILLIYERAY et autres.16 NOV.1940 Radiomonde r.YGL J par LOUIS MORISSET — ii — CONFLITS (Suite) — El figure-toi que lorsque je lui ai appris que c’était Jean Lange vin qui m’avait fait changer d'idée, il voulait me dire une foule de choses à son sujet.Mais je n'ai rien voulu entendre.— Tu as bien fait, chérie.Nous devons trop de reconnaissance au docteur Lange-vin pour que nous puissions seulement écouter le3 racontars qui peuvent être faits sur son compte.Sa vie privée ne nous regarde pas.Tout ce qui nous importe de savoir, c'est que ce grande médecin s'intéresse au cas de Jacques et qu'il va essayer de sauver notre petit frère.Et nous pouvons avoir confiance, il fera tout en son pouvoir! Les yeux de Micheline, à la fois moqueurs et inquiets, scrutaient le beau visage calme de son aîr.ée.— Cest vraiment tout ce qui t'importe à toi, Claire.à propos du docteur Langevin?— Mais certainement, chérie! — Tu es convaincue de ça?— A quoi penses-tu, Micheline?Pourquoi ne me crois-tu pas?— Oh! Tu sais, moi, au contraire, je me demande qu'à te croire.Je veux même te croire de toutes mes forces.Le ton était si changé que malgré sa préoccupation, Claire en fut frappée et regarda Micheline avec plus d'attention: — Qu'est-ce que tu me chantes-là, toi! ^ —Tu ne devines pas?Vraiment, tu ne sais pas encore pourquoi je n'ai pas quitté Montréal?, - Mais c'est parce que le docteur Lan-gevin t'a fait comprendre que c'était une véritable folie! — Pas tout à fait! C'est seulement parce que c'e- t lui, Jean Langevin, qui m'a demandé de ne pas partir! Voilà la vraie raison.— Micheline je ne te comprends pas! — Qu'est-ce que ça peut te faire?Elle hésita un peu et sournoise, d'une voix toute douce: — Je veux dire, est-ce que ça te ferait quelque chose si j'étais.amoureuse du docteur Langevin?Claire resta interdite.Le coup avait été bien calculé.E; Micheline, le coeur serré, enregistra une fêlure dans la voix de sa soeur: •—Me faite quelque chose.à moi?— Oui! Est-ce que ça te vexerait?Déjà Claire s'était reprise: — Mais pourquoi cela me vexerait-il?— Tu comprends, il m'a dit si joliment ce qu'il pensait de l’amour et du mariage! Pendant qu'il m'expliquait tout cela j’ai compris que c'étaient les mêmes choses que je rêvais.Ah! Il n'est pas comme les autres hommes, lui! — Peut-être! Mais je crois deviner qu'ayant consacré sa vio à soulager les autres ou qu’ayant lui-même beaucoup souffert.il craint seulement.Micheline trancha: — Oh! Il a des rêves, lui aussi, j'en suis sûre! Et ce serait tellement merveilleux" de lui aider à les réaliser! — Tu n'es qu'une petite fille.Miche.Tu ne te rends pas compte de l'étrangeté de "GRANDE SOEUR” est Irradié tous les jours (lundi au vendredi) à 10 h.45, par les postes CKAC, Montréal; CIIRC, Québec; (JBR, Rlmouskl et CIINC, New Carlisle, ROMAN TIRE DE L’A DA PT ATI O DU GRAND SUCCES RADIOPHOMQU tes sautes d'humeur! Tu es amoureuse de l'amour, tout simplement.Tu cherches ton idéal et tu as encore bien du temps pour le trouver.Le docteur Langevin a pu certainement t'émouvoir en te parlant de l'expérience qu'il a de la vie, en te conseillant amicalement, mais.Micheline s'installa dans un fauteuil.— C'est l'homme le plus merveilleux que je connaisse! Et s'il a souffert ou s’il est désabusé, il me semble que j'aimerais tant lui faire oublier ses tristesses.Mais tu comprends qu'avant de me laisser aller à mes rêves fous, je veux être bien sûre que ça ne te fera rien.— Pourquoi persises-tu à croire que cela pourrait vraiment me faire quelque chose, ma chérie?— Je ne sais pas! J'ai pensé un instant que le docteur Langevin ne t'était pas indifférent.Et dans ce cas, pour tout au monde je n'aurais voulu te causer la moindre peine! Tu le sais bien, n'est-ce pas, grande soeur?— Oui, je le sais! L'ombre envahissait la pièce voilant sur le visage de Claire ce que Miche y cherchait.Entre les deux femmes un silence lourd s'étendait.L'aînée n'osait bouger de crainte de sentir sourdre la douleur qui avait pincé son coeur pendant le cruel babillage de cette gamine de Micheline.En un instant, elle venait de perdre la paix et la sérénité de plusieurs années de résignation et de dévouement.Il lui était maintenant totalement impossible de se jouer plus longtemps la comédie.Simple reconnaissance, l'émotion causée par les visites de ce grand chirurgien?Admiration platonique, ce besoin de se confier à lui! Non?Elle venait enfin de sc l’avouer.Elle l’aimait! La nuit avait noyé tout à fait le petit salon et l'àme de grande soeur s’y perdait.Elle se leva enfin, alluma la petite lampe sur la bibliothèque.Tout près, dans le grand fauteuil d'osier, Miche, les jambes ramassées sous sa jupe, en petite boule, s'était endormie! Fatiguée, et gênée sans doute du mutisme inusité de sa confidente, elle avait sombré peu à peu dans l’oubli bienfaisant.Grande soeur eut un triste sourire qui décrocha une larme rebelle.Elle contemplait avec pitié, avec tendresse, ce petit bout de femme qui venait de détruire en elle tant de paix, en lui lançant à la tête cet amour en projet qu'elle avait décidé de destiner au docteur Langevin.Courbant sa jolie taille elle effleura d'un baiser la peau éblouissante de sa rousse cadette endormie.— Ne crains rien, petite fille! Dors tranquille! Essaie de te faire aimer.Moi, vois-tu, je ne serai jamais qu'une grande soeur! III M.LENOIR, CELIBATAIRE Roméo Lenoir avait pénétré dans l'inti-jpité de la famille Briand par un moyen qui, dordinaire, mène le plus directement à la sortie et au bannissement perpétuel d'une demeure honnête! Follement, traîtreusement, fiévreusement et sans réfléchir il avait, profitant d'un moment de surprise, embrassé Micheline sur la bouche, dans le buieau particulier de Henri Laurin, ami intime de Lenoir.Roméo Lenoir avait quarante-deux ans, le visage déjà un peu flétri et le crâne légèrement dénudé.Mais il n'en avait pas moins pour cela l'oeil vif.Sa réussite complète dans les affaires lui avait donné de l'assurance et même une certaine audace.Célibataire endurci, il avait un penchant marqué vers le beau sexe."Maudit, la belle femme!” était dans sa bouche une expression familière.Il n’était pas pour celâ un plus méchant homme que les autres.De souche paysanne, il était trapu, gras- N E souillet, rougeaud et toujours de bonne humeur.Il avait l'intelligence de ne pas chercher à cacher ses origines et gardait meme des allures un peu rustres qui mettaient immédiatement à l'aise ses interlocuteurs.Un coeur d’or.Mais c’était aussi "une tete comme disaient ses amis les cultivateurs de l’Epiphanie à Saint-Sulpice, qui ajoutaient malicieusement, car ils connaissaient bien "Méo”, que cette tête-là tournait facilement quand il y avait eu.vue une fille "bien prise", un molet bien rond ou de jolis bras bien blancs.Cependant en affaires, il fallait s’y prendre à deux fois pour le rouler et encore n’y réussissait-on pas.Il s’étalt, dès sa jeunesse intéressé au commerce.Et petit à petit, étape par étape il était arrivé à une situation de fortune très enviable.Quelques années plus tôt, il avait hardiment ouvert à Grand'Mère une poterie à qui tout le monde avait promis une faillite retentissante.Ces pronostibs n'eurent aucune suite puisque la Poterie Lenoir est maintenant, comme chacun sait, une grande et prospère entreprise.Précisément parce qu'il avait passé ses plus belles années à travailler dur et à peiner, Lenoir, parvenu à la quarantaine, aimait à s'entourer de jeunes.Mais parmi cette jeunesse, il y avait surtout des femmes.Et le fait d’avoir à ses côtés des échantillons du beau sexe d'une génération autre que la sienne n’allait pas sans dangers, sans de petites tentations auxquelles Lenoir résistait le mieux qu'il pouvait.Oh, bien sûr, il restait dans les justes limites que lui indiquait sa conscience d'honnéte homme! Mais parfois, parfois.Ç'est ainsi que ce jour-là au cours d'une visite à Henri Laurin, apercevant Micheline dans le bureau de son ami, il n’avait pu se retenir de prononcer quelques mots aimables à l'adresse de la jeune fille.Une fois seul avec Laurin il avait remarqué d'un ton détaché: "Belle fille, cette perite rousse".— "Tu as des goûts communs avec mon frère, mon vieux.Lui aussi semble lui trouver bien du charme”, avait répliqué Laurin.— Ah! Lis avaient abandonné ce sujet de conversation et Roméo avait fait de louables efforts pour redevenir pendant plus d'une heure 1 homme d'affaires consciencieux.Mais vers cinq heures, un petit démon qu’il ne connaissait, hélas! que trop bien lui souffla quelque chose comme une inspiration pleine de promesses.Il dit alors à Laurin: — Tout le monde semble se préparer à partir?— Oui le bureau ferme dans quelques minutes.Pourquoi cette remarque?— Figure-toi que j'aurais quelques lettres à dicter et.— Tu voudrais le faire ici?— Oui et non.Il est un peu tard.— Crois-tu que ta secrétaire.Au fait comment s'appelle-t-elle?— Micheline Briand.Je crois qu’elle resterait avec plaisir pour accommoder un ami et un client de la Maison Laurin.— D’ailleurs je la paierais tu sais! Si tu voulais lui demander ça, tu me rendrais vraiment un grand service.La chose s’arrangea le plus simplement du monde.Lenoir était connu des employés de chez Laurin.On savait qu'il apportait à la Maison des fortes commandes.Laurin partit donc, cédant son bureau à son ami et à Micheline.Tout d’abord Lenoir, très sérieux, fut aussi très correct.Il dictait, passant et repassant devant et derrière Micheline qui penchée sur son carnet sténographiait cette lettre dont elle n’apercevait guère l’importance.Elle pensait: "Cest pour me dicter cette idiotie que ce vieux chameau-là m'a fait rester après cinq heures!” 16 Car le petit démon (le "démon de cinq heures") qui inspirait Roméo en ce riment, avait omis de lui dire qu'il n’est pas bon de faire travailler une secrétaire api< s les heures règlementaires; que rien n’est plus propice à exciter son courroux et que si, comme c’était le cas de Miche, la sociétaire a par dessus le marché un rendez-vous, on court à un désastre et on s'expose à se faire traiter, tout bas, bien entendu, de tous les noms imaginables.Il passait c.s choses sous silence, ce petit démon.Ma:?H ne manquait pas, sur d'autres points, d'éloquence.Et c’est à cause de lui que Roméo Lent,.-, continuait à déambuler dans le bureau; cherchait ses mots; s'arrêtait, rêveur, api s un “cher monsieur”; regardait le plafond après avoir dit “virgule”; puis abaissait ses regards vers les jolies jambes croisées de Micheline; s'exclamait tout à coup: 'Q'u'eM-ce que je disais?; et une fois remis sur la bonne voie tentait, sans grand succès.
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