Radiomonde, 17 juillet 1943, samedi 17 juillet 1943
' Hi.Hi Pi , >¦ .ié .- ¦¦¦¦¦¦¦MMIm g+WiyWI : iœâüâB VOL.V — No 31 — MONTRKAL, 17 JUILLET 1943 OÙ IL EST QUESTION DE PIERRE DAGENAIS tjoysuin Photos des vodottos do Vopéra à Radio Canada NOTRE RADIO À LONDRES par yyjarcel Ouimet PHOTO : FAMOUS STU J/acc^iieS ^ydulert ECHOS DE LA COUR ET DU JARDIN 4) C’est sans cloute pour nous faire plaisir que notre anu “Big Chief” Goulet continue à souffler dans sa trompette.R Une jeune Américaine de 15 ans, lauréate d un high-school de Jersey City, a passé plusieurs jours dans une maison abandonnée, après s’être sauvée de la maison paternelle ’’pour vivre sa vie”.Elle est retournée chez elle parce que les maringouins la dévoraient.Interrogée sur les motifs qui l’ont poussée à quitter le toit familial, la jeune fugitive a répondu qu’elle était tenue trop sévèrement par ses parents.Mais la police américaine déclare que l’étudiante est tout simplement victime de la radio, ayant écouté trop de romans à épisodes.Voilà ce que le savon n’avak pas prévu! R Cet acteur, qui a des lettres, nous parle des rigueurs de la canicule.Il s’est épongé le front, comme nous tous, et a soupiré: — La nature est inclémente! £ Paul-Emile Corbeil, noble basse et jovial compagnon, possède une collection de buvards qui porte les devises les plus inattendues.Ainsi, l’une d’elles (rédigée sans doute avec une bonne intention par la société qui les imprime) est ainsi libellée: — Donne-toi aujourd’hui même! Maurice Chevalier chantait jadis: "Je m donne, je m'donne, je m’donne un mal de chien!’’ 0 Aux dernières nouvelles, Eddy Tremblay des “Joyeux Troubadours” patrouillait le Lac St-Louis à la recherche de nouveaux “gags” pour l’automne.Eddy est un marin intrépide qui brave les tempêtes.£ Le comique Ti-Pit a une nouvelle partenaire qui s’appelle Joséphine.Il s’agit de la mignonne Ginette Berger qui est devenue la partenaire de I i-Pit et vient d’accomplir une très fructueuse tournée dans le Bas Saint-Laurent.L’impresario Duaner-Renaud estime que “Ti-Pit et Joséphine” constituent sa meilleure attraction à date.exception faite de “Vie de Famille bien entendu.0 II est possible que la pièce de Mme 't vette-O.Mercier-Gouin, “Péché de Femme”, soit reprise, cet été.En effet, on nous annonce une soirée de gala, le 1 2 août prochain à Sorel.0 Des esprits voleurs hantent les studios et plus particulièrement les bureaux des annonceurs.Le Don Juan de la Chanson s’est fart dérober, samedi dernier, une magnifique bouteille de vin écossais qu il destinait à sa consommation personnelle.Inutile d’ajouter que le Don Juan, d’habitude si pacifique, était dans une rage à nulle autre pareille.Ça se comprend ! £ Rose Amy, vedette du Casino de Paris, de l’Empire et des Folies-Bergères, créatrice de “La Madelon” et de “Lison, Lisette”, devait faire ses débuts à New-York.Mais la guerre en a décidé autrement et c est chez nous que la brillante artiste a débuté.Nous espérons la réentendre bientôt.0 Trois artistes français nous quitteront bientôt pour aller à Hollywood.Il s’agit de Jaque Catelain, Fernande Albany et Charles Dechamp.La compagnie Metro-Goldwyn les a engagés pour doubler certains films américains.Là-bas, ces artistes trouveront aussi l’occasion de jouer en anglais comme l’ont fait Victor Francen, Dalio et Marie Marbeau (devenue Lebeau).Avant la guerre, Jaque Catelain comptait parmi les principales vedettes du flm français et il était tout désigné pour s’occiqoer de la production de ces nouveaux films.^ La saison prochaine nous réserve des surprises, tant au théâtre qu’à la radio.De jeunes artistes qui promettent semblent avoir trouvé leur voie et se dégagent des conventions et se spécialisent dans des genres différents.Il faut être soi-même! Voilà la clef du succès pour les jeunes.O Amanda nous annonce que sa fille Pierrette donnera un récital d’adieu, avant de partir pour Philadelphie.Il faut donc s’attendre à une soirée en l'honneur de Pierrette Alarie, quelque part dans le mois d’août.Et vous pouvez compter sur Amanda pour vous organiser ça dans les TROIS X Shau inigan Falls, le 7 Juillet, 1943 Radimonde, 1434 ouest, Ste-Catherine, Montréal, P.Q.Monsieur l'éditeur.Je viens de terminer la lecture d’un article en page S de Radio-monde du S Juillet, article gui m’a déplu au suprême degré.Il s’agit de l’article intitulé; “Pourquoi une restriction sur la musique allemande t” Quant à l’inauguration de l’édifice de la montagne, de l’Université de Montréal, peut-être aurions-nous pû inclure de la musique française et aussi, canadienne.Très bien pour cette portion de l’article.Mais l’auteur va jusqu’à dire qu’on devrait enlever complètement la musique allemande de nos concerts à cause de la guerre ! Quelle étroitesse a’es-prit, mon cher monsieur a pu pousser cet homme à écrire de telles choses.Enlex'ons la musique ‘‘ennemie’’ de nos programmes, et voyons ce qui nous reste.De la musique française, russe, américaine, canadienne, anglaise, polonaise, tchèque, etc.C’est très bien, d'inclure cette musique à nos programmes, mais le répertoire en est limité.Il nous faut de la musique allemande et italienne, laquelle musique fut produite par les plus grands maîtres, aux répertoires les phis variés.Pourquoi avoir ce sentiment si fanatique au sujet de la musique.Nous sommes en guerre; c’est une guerre causée par des différents politiques.Itss arts n’ont rien à faire dans la déclaration d’une guerre; la musique, la littérature, la peinture et la sculpture sont d’un caractère international.M.Deems Taylor, commentateur des programmes de la Philharmonique de New-York, a donné son opinion à ce sujet, au cours de la dernière saison régulière de cetts organisation.Il considère la musique comme divertissement essentiel aux soldats, marins et aviateurs.Il est d’avis que toute musique doit être admise, que ce soit en temps de guerre ou en temps de paix.Il me semble qu’il ne devrait pas y avoir de fanatisme de ce genre au sujet de la musique.Si on aime vraiment la musique, on ne peut se soumettre à de telles “restrictions de guerre" comme le voudrait l’auteur de l’article ci-haut mentionné.S’il y a moyen j’aimerais à ce que cette lettre paraisse dans votre Les RIVES NORD et SUD du BAS de QUÉBEC ÉCOUTENT 1230 ky.CHGB 250 watt.Ste-Anne-de-la-Pocatière (Affilié au Réseau Français de RADIO-CANADA ) journal, afin que l’article signé Bravo” soit réfuté publiquement.Bien A vous, Jean-Paul MARCHAND, 81, rue Stewart, Ottawa.Adresse jusqu'au 1er septembre: +9, rue Hemlock, Shawinigan Falls, P.Q.* Ÿ * Montréal 17 juin 19jS RADIO MON DE, Montréal.Messieurs, Comme je suis abonnée à Radio-monde depuis le début et que les activités théâtrales m’intéressent, je me permets de vous donner mon humble opinion sur un sujet assez discuté de ces temps-ci.Il s'agit de la question: “Doit-on ou non admettre les artistes français à l’union des artistes de la radiof” L’opinion que j’ose exprimer ici est d'ailleurs celle d’un bon nombre de jeunes filles qui s'intéressât beaucoup à la radiophonie.Plusieurs d’entre elles étudient avec des professeurs réputées telles que Maubourg et Dorsenn.Je pense que l’artiste canadien-français a assez de difficultés à gagner son pain et celui de sa famille et qu’il est injuste de favoriser à son détriment des artistes étrangers lorsque la saison d’été est arrivée.L’artiste français n’a-t-il pas fait le magot durant la saison théâtrale d’hivert Pourquoi, lorsque les programmes se font rares donnerait-on la préférence à ces derniers plutôt qu’aux artistes de chez nous qui, d'ailleurs les "valent” sans vouloir déprécier le talent de chacun.Je ne désaprouve pas une soirée bénéfice organisée au profit d'un artiste étranger qui est éprouvé par la maladie ou autre malheur, mais c'est réellement dommage qu’on n’aie pas eu cette idée plus tôt quand “un des nôtres”, ancienne vedette de l’Arcade, a, lui aussi, été frappé durement par la maladie.Peut-être, lui a-t-on offert et qu’il aie refusé; si tel est le cas, je m’excuse, mais si au contraire personne n'y a pensé, je trouve qu’on a eu fort et que c’est injuste pour le Canadien de voir la préférence marquée qu’on a pour le Français.Encore une fois, j’apprécie ces soirées pour venir en aide à un artiste éprouvé, mais pour être loyal il faudrait faire de même pour tous, Canadien ou Français affligés par la maladie ou autres malheurs.Il m’est pénible de constater qu’un jeune artiste canadien, très derué; dans un moment de légèreté se soit permis d’insulter des artistes canadiens beaucoup plus âgés que lui; ne doit-il pas sa popula- rité au public “canadien-français”.Comme je vous l’ai dit au début je vous transmets mon opinion per-sonnelle et celle de mes amies qui est, je crois, celle de la majorité, qui suit assidûment les programmes radiophoniques.Excusez la composition qui n ul pas celle d’un grand écrivain mais elle exprime clairement ce que nous pensons A ce sujet.Veuillez croire d mon entière tin, vérité.Louise COTK, 7901 De Gaspé, (3) Montréal, P.Q.Débat oratoire mixte Les Anciens du Plateau (promotion 1939-1940) devant le succès remporté par leur précédent déliât en avril dernier: Danses d’hier ou d'aujourd'hui organisent pour le 3 août prochain une grande joute oratoire sur le thème: Plages mixtes ou non.Cette soirée promet Cotre l'une des mieux réussies de la saison.Sun Honneur le Maire de Montréal a bien voulu accepter la pie-sidnece d’honneur.Jfr.¦=471 i ORRESPOND%N< K * 'JL POl K T Kl H VE II VOTRE IDEAL.«ou* distraire, faire «1< - j ronnainv.inccs, etc.Fait* -* j partie de notre club.Pour | i détails et listes de membres, écrives mi (MR NATIONAL de ('ORUI>-PONDAKCK.C.P.1722, Québec.HOTEL LA NORMANDIE PERCE • GASPE Situé sur la plage face au rocher 75 chambres avec bain et douche Cuisine française.Prix spécial à la semaine ou au mois.Neuville GRATIS une bouteille de >ar« ftim •’GARDENIA" d’une valeur de 60 donnée gratuitement comme ann mec à tous ceux qui en fort ia demande.Envoyés .15 en monnaie pour frai» de transport it d'emballage.PRIMES DE LUXE EN RG., DEPT.P., de Portneuf, P.Q.Ne manquez jhis “Les actualités canadiennes” Un montage de Roger Iiaulu Le dimanche soir à 8 heures PAGE 2 Radiomonde R* ¦17 JUILLET 1943! \VIM- ÏÏŸP vor IJME V — No SI REDACTION-ADMINISTRATION: TEL.PLATEAU 4186 MONTREAL, 17 JUILLET 1943 1434 OUEST, STE-CATHERINE MONTREAL ^y^cte de d\ eôeôpo ir ÏÔÔ (Devant le rationnement de l’lnspiration.) O ma Muse, je voudrais, .tous ce ciel ouvert, Epouser la Nature sous son manteau vert.Pour mieux toucher du doigt tous ses charmes voilés, Qu aitnent tant /es [>oètos, ces amants zélés.Mais, la Muse trahie jtar la main qui se tord.N’ose plus réveiller le cerveau qui s’endort.Et dès lors, devant moi, s’éloigne Vhorizon, El tout meurt, décrépi, à Tarrière-saison.Dans un bruit agaçant la phrase alambiquée Se couche, désespérant mon oreille choquée.Mieux audrait n être plus! Ignorer les climats.Et n’atxnr pour douceur que le froid des frimas.Ce n’est qu’ensevelie dans Véternel hiver, Que l’âme s'affranchit de son sort trop amer.I^Nadi J4JL W 1943 J yiUOOl Joseph CHOUINARD Québec, le 1er juillet 1943.D’ici quelques jours, Miss Radio, élue par les lecteurs de “Radiomonde’’, se dirigera vers Hollywood où elle passera quelques semaines.En effet, notre reine, mademoiselle Yvette Brind’Amour, a obtenu assez de loisirs pour entreprendre un voyage facile en temps de paix mais assez difficile au milieu des embarras de guerre.D’ores et déjà, elle a obtenu quelques “screen-tests’’ qui lui ouvriront peut-être les portes vers une autre carrière.I.tà-bas, elle rencontrera d’excellents amis des Canadiens.En cour de visite elle se documentera sur l’industrie du cinéma et acquerra, sans doute, une nouvelle expérience du métier dramatique.Ses partisans de l’an dernier, les lecteurs de “Radiomonde’’, ses camarades 6e joignent à nous pour lui souhaiter Bon Voyage.RADIOMOMM-: "Ho-Hum! , .maintenant si j'at'ais le DON JUAN DE LA CHANSON pour me chanter une p’tite chanson, mon bonheur serait /tarfait!" OU IL EST QUESTION DE DAGENATS ("EST heur et malheur de chroniqueur d’avoir à ouïr ce qu’il est dit de par le monde.Sur ce propos grave et cette constatation philosophiquement cauteleuse que je commence ces dits sur votre personne, cher Messire Pierre Dagenais ainsi que sur les activités qui en issent.Qti’il vous plaise que j’utilise cette forme épistolaire pour tirer parti des renseignements que d’aucuns m’ont apportés quant à vous.Vows êtes le chef de ‘l’Equipe’, je paris donc en compagnon.N’ayez crainte qu'ici je vous veuille blâmer.Loin de là, je veux plutôt m’ébaudir des travaux insignes dont vous êtes, me jure-t-on, l’animateur autant que l’ouvrier.Ayez ici complaisance que je passe d un style plus contemporain puisque j’évoquerai pour mes nirpnr insignes lecteurs, des rlLltltL choses du temps.Le premier style con-vient particulièrement à l’esprit de la croisade dont votre vaillance n’a pas redouté l’exécution difficile.Le second s’adaptera mieux à la diligence, aux circonstances et au lieu de votre activité.On me rapporte donc que votre “Atelier”, groupe de jeunes enthousiastes du théâtre dont vous êtes le leader, a organisé un chantier de construction dans le Nord de la ville, vers la rue Saint-Dominique où règne le phis grand zèle d la préparation de sa prochaine saison théâtrale qui débuterait — m’en fie-je à mes informateurs — par la présentation de “Tessa” de Giraudoux.On m’indique de plus que vos interprètes se sont transformés en hommes et femmes-orchestre, c’est-à-dire qu’ils sont devenus, par la grâce et l’amplitude de leur foi en l’art dramatique, peintres de décors, constructeurs de frises, mouleurs de praticables et constructeurs de meubles scéniques.Ainsi donc telle actrice qui jouera les grandes coquettes coud les toiles de fond! Tells ingénue future rassemble les gazesf Le jeune premier de demain, aujourd'hui manipule un large pinceau et le grand amoureux se cogne les pouces en plantant des clous f Mais voilà qui m’épate et agréablement.Vous avez donc tellement foi à votre cause que, comme les professionnels, vous ne vous contentiez pas de calculer le poids des cachets à obtenir et que vous vous souciiez de minutie dans la miss en scène, de détails dans la présentation aussi bien que de justesse de l’interprétation T Mais vous êtes révolutionnaires, messieurs de l’Equipe et dignes des pires représailles! Alors qu’est-ce qui adviendra du je m’enfoutisme normal de notre théâtret Forcerez-vous les grands administrateurs de troupes commerciales à sortir plus de sous de leurs recettes pour au moins équivaloir vos réalités f Cela ne se fait pas M.Pierre Dagenais ! Quoi! chercher le “bel ouvrage”! Pour l’atteindre, aller jusqu’au travail manuel ! Et ne pas trop se soucier de la caisse! Mais c’est de l'inconscience matérielle ! On pardonne l’inconscience intellectuelle, jamais la matérielle.Et voilà, Messire Dagenais, le grave penser que les dits qu'on m’a référés de vos agissements m'ont inspiré.Di>°u vous garde ! et veuillez, dans votre for intérieur, croire que si l'exemple du passé me fait tout redouter pour vous, je n’en admire pas moins votre courage et vous offre de m’associer à votre réussite avec les humbles moyens de ma plume.BOYSVIN Le seul périodique consacré exclusivement aux artistes de la radio !17 JUILLET 1943! Radio monde l’ACE 3 cCa C^riti Quel horrible métier! Quelle noble tâche! .Détestable dans tbut te que peut avoir d'odieux le rôle de juger les autres ., .Magnifique dans tout ce que comporte ce rôle, lorsqu’il est bien compris, et surtout bien appliqué .Terriblement difficile lorsqu'on possède, à dose égale, la conscience professionnelle et trop de coeur.La conscience professionnelle veut qu'on aille s'asseoir dans une salle de spectacle et que, froidement, on juge, apprécie, dissèque, pour rentrer ensuite chez soi, et mettre sur le papier la conclusion dee arguments qu'on a soutenus avec soi-même, pour ou contre.Mais si vous avez pour deux sous de coeur, eh bien, vous voilà aux prises avec le désir de ne pas faire de la peine.Si vous déclarez bien ce qui est mauvais, vous passez pour un ignorant aux yeux de ceux qui ont vu le spectacle.Si vous déclarez mauvais ce qui est mauvais, vous passez pour une brute auprès des gens dont vous venez d'analyser le travail.Si vous déclarez mauvais ce qui est bien pour la majorité des profanes, vous passez pour un fanfaron qui se croit plus fin que les autres.Si vous passez telle interprétation sous silence plutôt que de vous prononcer, vous êtes un lâche.Si vous faites une critique soignée, méticuleuse, détaillée, constructive, vous êtes un pion.Si vous restez dans le vague et présentez un "papier" ni chair ni poisson, vous vous faites attrapper par le rédacteur en chef.Si vous êtes un homme, et que trois fois de suite, vous trouvez bien certaine jolie vedette et le proclamez avec trop d'enthousiasme, votre femme vous fera la tête.Si vous êtes du sexe faible et vous vous arrêtez trop souvent à tel comédien pas trop mal tourné, évidemment que c'est parce que vous êtes éprise.Si vous avez du ventre et pas de cheveux, et que vous vous complaisiez un peu trop à décrire les grâces des ingénues, vos confrères vous classeront parmi les gâteux.Si vous n'avez que vingt ans et chantez les louanges de telle star en route vers les duègnes, gare à vous, jeune critique, ce n’est pas alors l’opinion du public, du rédacteur en chef, des confrères qui soit à craindre, c'est .Mais non, point n'est besoin de mettre idées en tête à nos critiques en herbe.Inutile d’essayer de plaire à tout le monde et à son père.Surtout lorsque vous faites de la critique de théâtre.Le principal c’est de réussir à se plaire à soi-même.C'est de relire un article publié le lendemain d'un spectacle, et pouvoir se dire: voilà, la main sur la conscience, c'est ce que je crois être juste et honnête; je suis convaincu que le spectacle est mauvais et je le dis avec autant d'égards que possible; je ne ridiculise et n'humilie personne; je donne les raisons qui me font trouver ça mauvais, et je suggère le moyen d'y remédier; je ne me suis laissé guider par aucun sentiment d'animosité ou d'amitié; je suis honnête avec moi-même, envers les personnes jugées, envers le public; mon papier ne sent pas le pédantisme, je n'ai pas étalé inutilement mes petites connaissances; il ne sent pas non plus la fiaresse, je ne l’ai pas bâclé en cinq-sec! .Ou encore: j'ai trouvé le spectacle très bien, et je le dis; je le dis sans mesquiner mes enthousiasmes, mais je dis pourquoi je m’enthousiasme, et je ne me suis pas enthousiasmé sur les jolies toilettes,'mais sur le travail intérieur de l'interprète; pas tant sur son joli minois que sur son très beau talent; pa3 tant à cause du dîner que m'a offert le directeur, la semaine précédente, mais parce que le directeur, vraiment, a fait un excellent travail.Si je fais des réticences, ce n'est pas parce que j’ai un besoin maladif de détruire avec deux mots, le plaisir que j'aurai procuré par le chapitre précédent, mais parce que cette réticence touche un point assez important pour s’y arrêter, afin que cette lacune ne se trouve plus, si possible, dans les spectacles qui suivront.Et voilà! .Seulement, ce n'est pas facile de se plaire d'une façon aussi complète.Ce n'est pas facile de faire une critique qui nous donne autant de satisfaction.D'abord, parce que le critique est un être humain susceptible d'être la victime de ses humeurs moroses; parce qu'il arrive de ne pas du tout aimer la pièce, et de fait, se rend au théâtre mal disposé pour juger les interprètes; ou d’aimer beaucoup l'oeuvre affichée, mais d’avoir une dent contre tel interprète; ou d'avoir trop d'amitié pour un tel.au détriment de ses partenaires; ou d’avoir été si bien reçu au cocktail offert par la direction, qu'il hésite à saboter la recette de la semaine; ou encore, et c’est la pire des choses, d'être tellement au courant des difficultés de coulisses qu'il se sent pris de grande commisération pour les interprètes qui n'ont eu leur texte que trois jours avant la première, et de grande pitié pour le peintre des décora qui, à cause des rationnements de guerre, ne peut plus se procurer du vermillion; ou encore .Bref, il y a nombre de raisons qui font que rarement le critique est satisfait de lui-mêrne.Quel horrible métier! Quelle migraine! .Il y a deux sortes de critiques: ceux qui se tiennent loin des coulisses et ceux qui aiment être au courant.Lesquels ont raison?Le plus facile est encore de se tenir loin.On ignore les difficultés qui se sont accumulées au cours des répétitions.On arrive au théâtre vierge de tous sentiments d'amitié ou d’antipathie.On regarde, on écoute, on juge, on écrit.C'est facile.On n'a pas à avoir de coeur.On n’a qu'à avoir du jugement, du goût et, évidemment .une bonne connaissance du sujet.(Ici, les directeurs de certains journaux n’en demandent pas tant.Cette dernière considération n'est pas de première importance pour eux.) Pour ceux-là donc qui s'abstiennent de se mêler à la vie d'arrière-ecène, la tâche est simplifiée.Jusqu’à un certain point ce sont ceux-là qui ont raison.Le critique est là pour juger ce qu’on présente et n'a pas à faire de sentiment.En France, un critique aurait eu bien tort de s’en faire.Là où les spectacles sont montés en deux mois, les directeurs n'ont pas d'excuses de présenter de l'à-peu-près.Mais ici, grand Dieu! Les pauvres comédiens, dans quelles conditions travaillent-ils! Et si l'interprète a bien des excuses de ne ix»s être au point, un soir de première, lorsque les textes ne sont revenus du bureau de la copiste que trois jours auparavant, le critique, qui est au courant de la chose, a bien des excuses lui aussi d'être plus humain que critique, lorsqu'il devra émettre une opinion.Tout le monde a raison: interprètes et critique.Mais pourtant ça pêche par la base.Il ne faudrait pas qu'il en fût ainsi.Alors où est le bobo?A la direction qui n'a pas prévu assez tôt la marche de ses spectacles, laquelle direction trahit ses interprètes, lesquels paralysent le travail du critique, lequel critique passe pour ignare aux yeux du public et pour “flanchard” aux yeux des confrères qui ont fait leur métier avec leur conscience seulement, et non pas avec leur conscience et leur coeur.Difficile métier! Mais métier qu'on aime bien, quand on aime le théâtre, quand on aime les comédiens.Et j’aime le théâtre avec tout ce qu’il comporte de joies et de déceptions, et j’aime les comédiens avec tous leurs défauts et leurs caprices.et leurs belles qualités.Jean DESPREZ Je prie madame "Madeleine” de m'envoyer son adresse afin qu’il nue soit possible de lui répondre personnellement.Adresses: Jean Desprez, a s La Librairie Larocque, Hull, P.Qué.M.MARCEL .JOURNET, que nous avons entendu dernièrement dans “Romance'’ au Radio-Théa-tre français vient, d'être engagé par La Metro-Goldwyn-Mayer.A la fin de son engagement à New-York, M.Journet se rendra à Hollywood pour remplir son magnifique contrat.LES ETOILES BRILLERONT MARDI PROCHAIN * Claire Gagnier * Clément Latour * Olivette Thibault * Jean Lalonde h René Coudée * Ray Denhez et ton orchestre l’artiste invitée sera ARMANDE LEBRUN AU CAFÉ-CONCERT KRAFT CKAC e1 CHRC-8H30 • Remplissons prescriptions d'oculistes • Lunettes, lorgnons et réparations opTiC»ets „ ._ 6528 St-Denis BT RKAIJ: "TCI A r— —y Tou» 1seph-Henry Dorion.* Renaud a publié «bez Olivier Ditson, New-York, une bonne «piantité «I autres oeuv r«?s dont nous «humerons la liste prochainement.Pour finir, une suggestion.On pourrait peut-être trouver là-dedans ce qu’il faut pour remplacer certaines pièces euro-péennes que les professeurs locaux ne peuvent se procurer à loisir * Il commence à faire chaud, bien chaud, ce n’est pourtant pas encore le temps de la canicule.C’est une bonne affaire que la Société des Concerts Symphoniques ait inauguré sa saison des «xmcerts d’été au Chalet de la Montagne: les mélophiles peuvent écouter les plus belles oeuvres musicales sans être obligés de s’éponger tout le temps.Comme on le sait, c’est le chef d’orchestre russe Emil Cooper qui a dirigé le premier contort.Et jeudi soir encore, il sera au pupitre.Il sera suivi d’Howard Barlow, de Jean-Marie Beaudet, de Sir Ernest MacMillan.d’Brno Rapee et de Désiré Defauw.Je donne tous ces noms, non pas en primeur, car on les a déjà annoncés ailleurs.Mais c’est une .façon do dire que la fameuse assemblée annuelle de la Société a eu lieu enfin — un mois en retard sur celle de l’an dernier.Mozaillc ne s’est pas tout à fait trompé en annonçant plusieurs mois à l’avance qu’Emil Cooper deviendrait le directeur de notre orchestre, car à l’époque ou plutôt dans le temps, Désiré Defauw avait bel et bien démissionné.Et voici qu’on annonce maintenant qu’il demeuré directeur-artistique de ia Société.Il dirigera trois ncerts réguliers et trois matinées aux dates «|ui lui iront le mieux, c'est-à-dire lorsqu’il pourra s'absenter de Chicago.Mais il y a aussi un autre chef qui dirigera trois concerts et autant de matinées symphoniques que M.Defauw, et c’est Emil Cooper.Il paraît donc évident que si le chef belge n’avait pu prévoir s'absten-ter occasionnellement de Chicago, ç’aurait été M.Cooper qui, en définitive.serait devenu directeur-artistique de notre orchestre.C’eet donc dire aussi que RADIO-MONDE n'était pas trop mal informé, du moins dans les grandes lignes.M.Defauw demeurant, tout en étant les trois quarts du tempe absent, il ne pouvait être question d’avoir deux directeurs-conjoints et c’est pourrjuoi on a choisi Bruno Walter et Vladimir Golscham pour diriger chacun un concert.Quant aux solistes, ils sont déjà connus, Arthur Rubinstein, Gregor Risti-gorsky (deux habitués) et le pianiste français Robert Casadesus (seconde visite), Yehudi Menuhin, et le pianiste canadien Ross Pratt.Arthur DcBlanc reste sur le «avr-rcau.,.* * a Décentralisation C'est encore rester dans le domaine symphonkjue que souligner l’incorporation de l'Orchestre Symphonique d
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.