Radiomonde et télémonde, 10 janvier 1959, samedi 10 janvier 1959
Sir Wilfrid : Dupuis odioo1 MONDE MONDE Vol.XXI - No 7 MONTREAL, 10 JANVIER 1959 Aznavour l'avait dit jour serai riche ii ENFIN! Le Père DUVAL parmi nous Deviendra-t-il le principal rival du Père Bernard, l'autre prêtre-chanteur ?Savons pas .De toutes façons, le Père Duval, qui dit que son tour de chant constitue une forme d'apostolat, se fera entendre partout dans la province, à Montréal d'abord.De santé fragile, le troubadour du Seigneur a une crainte : le froid."Votre hiver est terrible; il me rappelle ma jeunesse, dans les Vosges." On n'aurait pu fair, un mailltur choix.PAUL OUPUIS .'art an effet *u confiât, par la TV torontoise, la rôle ô.S.r W'Ifr.d Laurier dan.un.sup.r-production d.u> «J.priaantéa an deux 4n;sojiS les 14 et 21 janvier, qui font partie de la sen* "Wednesday Night".Vedette internationale,^Paul Dupuis e,t un des rares Canadiens français a avoir conquis la gloire surdie continents Natif de Montréal, il a passé plusieurs années en FranTe où il a surtout fait du théâtre, et en Angleterre ocJ * fut un des grands du cinéma.Les deux émissions sur Sir Wilfi é seront en anglais; elles durwont deux heures chacune.•• ••• S! .' il' :• A • •.$ tourné Mtl?a 20 ans.Voici ce fut sa carrière m (Voif à Vous avez reçu votre compte de téléphone avec application de la hausse des tarifs autorisés par la Commission des Transports du Canada, ainsi qu'une carte expiquant comment s'impose cette augmentation des taux mensuels?Vous avez fait comme moi.En regardant ta facture, vous avez soupiré et vous avez signé votre chèque avec résignation.Avez-vous, dans cet état d'âme, pris le temps de parcourir le dépliant que contenait l'enveloppe?Si non, vous avez eu tort! Ce fascicule, qui a pour titre "Nouvelles du téléphone" nous apporte une note consolatrice sous la manchette: "UNE DATE A RETENIR": "Le 12 janvier, le Réseau Téléphonique Transcanadien présentera un nouveau programme musical télévisé sur le réseau anglais de Radio-Canada.Ce divertissement de musique classique et populaire sera réhaussé par des vedettes telles que Hdrry Bellafonte, Renata Tebaldi, Maurice Evans, la "New York City Ballet Company", Donald Voorhees et l'orchestre.Les marionnettes de Baird ajouteront une note de fantaisie au spectacle.Ne manquez pas le programme du 12 janvier de 8.30 à 9.30 p.m.".C'est prometteur, c'est séduisant, c'est réjouissant pour les Canadiens .anglais, pour les abonnés anglais de The Bell Telephone Company of Canada.Mais pour nous les abonnés de langue française de la Compagnie de téléphone Bel! du Canada, rien de semblable! Naturellement, nous devons subir les petits "spots" commerciaux que lo cie Bell nous sert à la vidéo françois, mais c'est tout .Nous ne cherchons pas à récriminer, mais nous invoquons ce qu'on appelle le "fairplay".Si le monopole téléphonique canadien se met en frais pour ses clients de langue anglaise, pourquoi n'agirait-elle pas de la même façon à l'égard de ceux de langue française.Il nous plairait à tous qu'elle nous offre, de temps à autre, un témoignage de sa considération par des émissions faites pour nous à CBFT.(Evidemment, l'heure n'est pas propice pour entreprendre la tâche — la grève n'est-ce pas?— mais on peut y songer).O PRODIGE! Nous avons vu à la Télévision (dimanche soir) un long-métrage qui — 6 prodige, ô merveille! — ne datait pas de l'époque antédiluvienne; il"a été tourné au printemps de 1958.Quel régal pour les yeux que le luminosité des images et les prunelles ne me brûlaient pas après fa projection .Le film, par lui-même,, est splendide.Et il y a de quoi! Son sujet: le Bourgeois gentilhomme, de Molière interprété par les artistes de la Comédie-Française, avec sa mise-en-scène, ses décors, ses costumes, le concours de chanteurs et de danseurs de l'Opéra et celui de producteurs et de techniciens de cinéma.Et c'est le "premier spectacle filmé de la Comédie-Française".Si le plan de l'administrateur général de la Comédie s'applique il en y aura d'autres.M.Pierre Descaves définit ainsi ses buts: "Réaliser et diffuser par le cinéma les chefs-d'œuvre classiques du répertoire avec le concours exclusif de la Comédie-Française: telle est cette alliance nouvelle et inédite entre la scène et la caméra." Cela nous promet une belle série de films de haute tenue, si l'on en juge par Un bon gag, ce serait de voler chez les réalisateurs.pendant qu'ils sont dehors! 20 ans et merci! Nous avons attendu jusqu'à aujourd'hui pour témoigner de notre gratitude à tous ceux qui nous ont aidés à atteindre le vingtième anniversaire de notre fondation.Notre premier numéro est daté du premier janvier 1939.Nous aurions dû publier l'expression de notre reconnaissance il y a une semaine; nous avons craint qu'elle passât inaperçue au milieu des voeux de Bonne Année qui foisonnaient dans nos pages.Nos "mercis" sont sincères et "émus".D'abord et avant tout, rfterc! à nos lecteurs qui nous ont accordé leur clientèle constante depuis les tout débuts; merci à nos lecteurs qui nous ont aidés, par leurs votes, è choisir nos Miss Radio (plus tard, Miss Radio-Cinéma-Télévision) et à attribuer la Médalle d'or et le Trophée Radomondc, trophées de popularité.Nos lecteurs ne se sont jamais égarés dans leur choix des gagnants; d'ailleufs, ils avaient, seuls, le droit de les élire par voie de scrutin.Merci aux diretteurs de postes, aux agences de production, aux agences de publicité, aux réalisateurs et aux divers services de presse qui ont coopéré avec nous aux moments propices.Merci aux diverses unions oV associations syndicales avec lesquelles nous avons entretenu des relations familières et qui ont appuyé, en maintes circonstances, certaines de nos initiatives.Merci à nos annonceurs, petits et grands.Ils ont fait leur part — et la font encore — dans le progrès de notre hebdomadaire.Enfin, merci à tous nos artistes de leur amitié fiable et de leur contribution active à nombre de nçs organisations.Nous entrons, grâce à ces bonnes volontés, dans notre vingt et unième année, et c'est avec enthousiasme que "RADIOMONDE ET TELEMONDE" veut poursuivre sa carrière.René-Q.BOIVIN ""J m (Suite) le premier.Il a été hautement prisé.André Maurois a dit: "Phénomène inattendu: la représentation est encore meilleure qu'à la scène.Les gros plans des visages permettent de mieux saisir les expressions.La camera guide l'oeil.Les scènes de symétrie qui tiennent du Ballet ( quatuors, amants, valets, soubrette) se détachent mieux.Joie de penser que le monde entier verra ainsi Molière dans sa juste gloire!" 'Considéré sous cet angle de rayonnement mondial,, M.Maurois a indiscutablement raison.Mais lorsqu'il affirme que la représentation à l'écran est "encore meilleure qu'à la scène", je ne suis pas tout-à-fait de son opinion.J'ai vu, en l'automne de 1955, le Comédie-Française donner le "Bourgeois" sur la scène du Saint-Denis.J'avoue que je préfère encore ce spectacle au théâtre, qu'au cinéma.Peut-être est-ce que justement "ces gros plans de visages" et "ces scènes de symétrie" distrayent trop souvent nos esprits du personnage principal et de la comédie même?Qui sait?Qu'on me comprenne bien.J'aime le film et le reverrais avec plaisir, mais j'ai encore plus d'admiration pour la pièce telle que jouée au théâtre.En terminant, ‘souhaitons que la Société Radio-Canada ne s'arrête pas et qu'elle continue à nous offrir des productions récentes.action M V S D “le seul périodique .exclusivement consacré à la radio, è la télévision et à ses artistesf Rédaction et administration : 8430, CASGRAIN, Montréal DU.7-6218 MEMBRE DE L H\ » Abonnement : $3.50 par année lOt le numéro Autorisé ccmmt envol postal d« la deuxième classe par le Ministère des Postes.Ottawa MÜ v v La Radio française du Québec et un groupe de postes commerciaux ont préparé les grandes lignes d’un projet aux fins de hâter l’introduction de la télévision au Canada (.) Son principe, cependant, paraît être une collaboration entre la Société Radio-Canada et les stations privées, collaboration par laquelle la première partie paierait la construction des télétransmetteurs dans lëS centres métropolitains et, la seconde partie, le coût d’opération — c’est-à-dire l’une, l’acquisition d’un matériel-capital et, l’autre, le défrai d’une valeur-roulement.(Un plan similaire avait été suggéré en France.) Un grand nombre d'artistes participent au ralliement des paroisses, organisé pour la première fois par la Fédération des oeuvres de charité canadiennes-françaises, au Forum .Les Amis de l'art lancent un Concours de danse de ballet.Fondation de l'Institut d'art cinématographique è Montréal.Mario Duliani est directeur de l'enseignement et Mme Odette Oligny est un des professeurs parmi lesquels H y a un cameraman et un ingénieur du son de Fiat Films de Paris.?M.Eugène Lapierre, qui croit ferme à ce que l’unanimité se fasse autour du choix d’“0 Canada” comme hymne national, répond à la question suivante: "(.) Le Parlement serait donc prêt à passer la mesure sans opposition à la prochaine session?” "Nous ne disons pas cela.Ce qui se fait au Parlement et le sens commun, ce sont deux choses bien distinctes.La politique et le sens commun sont parfois aux antipodes l’une de l’autre (.).” Nous avons su, il y a peu de temps, qu’il en est ainsi.L'ARCHIVISTE page 2 Radiomonde et 1959 sfcwmwwr 20 ans de Grande pompe RADIOMONDE a une double raison de se réjouir.Notre |ourna! fete ses • nt ans révolus et, en même temps, l'établissement pratique de I Ordre de ^ nt Genès (incorporé par lettres patentes enregistrées au Parlement de Quebec, 30 septembre 1958) et dont les cadres administratifs viennent d être formés.On verra par la suite, quel lien puissant rattache ces deux événements aüî noUs plongent dans l'allégresse; pour l'instant, ils peuvent para.tre sans relation l'un à l'autre, mais attendons .Monsieur Marcel Provost, FON- Croissance ultra-rapide, n’est-ce DATEUR de RADIOMONDE, dont pas?il dirige les destinées depuis les pourtant les milieuxjournalist! U Ull*Ov * J)_ débuts nourrissait un ideal, d a-bord indéfini, mais qui se précisa bientôt.A l’origine, il voulait que les artistes et artisans de la TSF obtiennent la publicité écrite qui leur revenait.Cette publicité était mince.La presse d’alors ouvrait lar ques se gaussaient bien un peu du nouveau-né.“Il ne poui'rait survivre,” disait-on.“Il prenait le départ en pleine crise économique et entrait en circulation dans le “temps des Fêtes”, période au cours de laquelle les esprits sont beaucoup plus occupés de ré- cr^nient ses pages au théâtre, au jouissances—et surtout à équili-foncert et au cinéma; elle ne brer les budjets iaciuiiaux—qu a iaisait que la charité d’un chiche la lecture et surtout a cel1® d u"e See à la radiophonie.Cette dis- publication nouvelle.RADIO-e Pace a ia rd F MONDE, affirmait-on ne pourrait durer et pourtant il y a vingt ans qu’il dure .• La “folle” aventure rallia aussitôt des participants presque bénévoles.Notre numéro un a, pour équipe, Henri Letondal, Paul de Saint-Georges, Andre Versailles (Hervé de Saint-Geor- leurs artistes, notre journal, le 21 octobre, 1939, lance cet appel: “Lecteurs de Radiomonde, à vous appartient le plaisir de choisir l’artiste de la radio canadienne-française qui devra être couronnée Miss Radio 1940.“Celle qui sera choisie sera couronnée au Bal des artistes de la Radio, une grande fête qui réunira “une foule d’interprètes et admirateurs.Le vote pour l’élection de notre première “Reine” dure plusieurs semaines et le 6 février 1940, au deuxième grand Bal annuel des artistes de la radio, Mimi d’Estée est couronnée dans un faste qui émerveille.La fête est sous le distingué patronage de Son Honneur le maire de Montréal et de Mme Ca-milien Houde et du Secrétaire de V Ci saille» ^ —- milieu * - ges), Eddy Baudry et Roger Ja Province phon.Henri Groulx T-»_1.- T «nntro nromiArS Ptaflt - , ._ l __' MARCEL PROVOST Is directeur-fondateur.crimination s’explique aisément.Après ses 16 ans d’existence, les quotidiens, surtout, et les autres publications considéraient encore la Radio, en intruse qu’il fallait bien tolérer par la force des choses, mais qui leur apparaissait comme une rivale malvenue—surtout dans l’information.Aussi valait-il mieux n’en moins parler possible .Notre directeur, partant de là, prit la décision de pallier le mieux possible à cette semi-discrimination dont souffraient la radio, ses accomplissements et ses animateurs.Il fallait créer un Baulu.Les quatre premiers étant disparus, M.Baulu demeure donc __ chronologiquement parlant le doyen de nos collaborateurs.A ceux-ci vinrent se joindre: Roger Provost, Marcel Baulu, Paul Gélinas, Armand Goulet (Big Chief), Aida Micaëli, Marcel Ouimet, Jacques Laroche (Jean Béraud), Jean Dufresne (Marcel et Madame Groulx et sous la présidence de M.Edouard Baudiy, président de l’Union.Miss Radio et ses dames d'honneur portent de* costumes qui sont les répliques exactes de ceux qui furent portés par la Reine d’Angleterre et ses suivantes, lors Valois), Louis Morisset, Jean Gil- de son Sacre à Londres.Detail let, Jean Desprez, Marcel Gagnon Réjane des Rameaux, Ferdinand Biondi, Camille Ducharme, Lionel Daunais, Eugène Lapierre, René-O.Boivin, Gilles Duhamel et Jeanne Rochefort de Québec .et nous n’en étions qu’à noti e centième livraison, soit trente mois de publication.Et notre premier tirage, 12,000 copies, était passé à 45,000.mémorable: les bouquets de corsage, fournis par la maison Dale Estate, portent l’autographe de Sa Majesté la Reine Elizabeth II.RADIOMONDE avait surgi non seulement pour publier articles et vignettes sur la T.S.F.et ses animateurs: directeurs, réalisatcui s, Kiumaicmj.n .- auteurs, acteurs, musiciens et ar- journal qui leur fut exclusive- tisans, mais aussi pour prendie i if____' ___a.MA.,nAnnn1la Hanc ]P do» ment dévoué.M.Provost, qui avait été administrateur de ‘La lyre”, se fit d’abord la main en lançant: L'Oeil en coulisse, périodique sur panier glacé qui eut une durée éphémère: il coûtait trop cher de production.une part personnelle dans le domaine.Dès février, 1939, il instituait la MEDAILLE D’OR, honneur que nos lecteurs devaient attribuer, par scrutin, à ‘l’artiste le plus populaire” de la radio.Ainsi voulions-nous que le public prenne un contact encore plus réel avec ceux qui avaient pour mission de le divertir et de choisir, parmi Puis fraîchement sorti des presse du quotidien “La Patrie”, un petit journal, daté du premier .-— - ., janvier 1939, apparaissait, dès le eux, celui (ou celle) QU .da 16 décembre 1838, aux comptoirs l’ensemble, mentait la primauté, de quelques Kiosques et restau- .„ t , rants: estait le premier numéro Le premyr^du^tot GgUe» d* RVDIOMONDE 16 pages en Gelinas, qui, dtja, conn , kauiumoinoû, au f ** .«ramie voeue avec son emission blanc et noir qui, annonçait-on, granue vogue avet ^ _ ROGER BAULU .le doyen .et le blanc et noir qui, a"no"çai5l'°dni; hebdomadaire à CKAC: “Le train pr£mier Trophée Radiomonde devait paraître le 1 et le 15 du avec Azelma.Fanfan P MIMI D'ESTEE .la première Miss Radio .“Une foule de près de douze cents personnes se pressait dans les salons du (l’hôtel) Windsor.A onze heures et trente, une trompette sonna l’appel.Les invités se placèrent en haie de chaque côté du “Peacock Alley”.Au second appel, la Reine parut escortée de ses dames d’honneur et de ses pages.Elle se rendit à son trône et là, madame Mia Riddez (hérault) lut la proclamation qui fut accueillie par la foule en délire.Et le bal fut ouvert.Le président de la Fédération (Eddy Beaudry) donna le bras à notre souveraine.“Le Couronnement fut irradié sur le réseau français de Radio-Canada, grâce à l’initiative de cette Société.Le ‘speaker’ était M.Tony Leclerc, annonceur en chef dé CBF.” Le bal étant en même temps une mascarade: “Le poste CKAC irradia cette parade de costuipps, et M.Roger Baulu en fit une description pleine de couleur et de fantaisie.” Laissons à Marcel Gagnon de décrire en partie, cette première mois.En janvier, il ne paraît qu une fois—accrochage bien admissible dans les circonstances.De février à la fin de septembre 1939, il est bi mensuel.En octobre, il devient hebdomadaire.Durant l’été 1910, U revient à la livraison par quinzaine.Depuis septembre de cette année-là, il est demeuré hebdomadaire jusqu’à maintenant.de plaisir”, avec Azelma, Fanfan et compagnie.Oh! A propos, le premier article de Roger Baulu s'intitulait; “Viens-tu, Fanfan” .Dans le même but, c’est-à-dire d’inciter les radiophiles à participer encore plus au succès de “Le Bal de la Fédération des Artistes de la Radio, rehaussé par cérémonie “royale” qui s’est perpétuée” jusqu’à nos jours: le Couronnement de Miss Radio 1940 (Mimi d’Estée) remporta, mardi soir, un succès sans précédent.Le 17 février de la même année, la direction redemande à ses clients une nouvelle contribution, celle de désigner le méritant d’une nouvelle distinction : la Coupe ou le Trophée Radiomonde (on désigne des deux noms ce prix dans les annonces du concours).En révisant les résultats de notre premier scrutin sur la Médaille d’Or, nous avions constaté que nos abonnés avaient voté aussi bien pour des annonceurs que pour des acteurs.Afin d’éviter la confusion dans le choix des candidats, nous avons alors créé cette “Coupe” ou “Trophée Radiomonde” strictement réservé aux speakers (pour ne pas répéter le mot annonceur !).Le premier titulaire en fut Roger Baulu, annonceur (encore !), maître de cérémonies, commentateur et autres emplois, depuis quatre ans au poste CKAC.Nous proclamions sa victoire le 6 avril.Inutile de ie dire, Médaille d’Or et Trophée Radiomonde sont attribués annuellement depuis, GRATIEN GELINAS .la première médaille d'or .sion de notre centième numéro (17 mai 1941), un nouveau prix: la Plaque de bronze.Cette fois, nos lecteurs n’ont pas à participer à sa distribution.Il n’y est plus question de popularité, mais d’appréciation de travail : “Il ne sera pas donné à date fixe, mais bien chaque fois qu’un réalisateur, un interprète, un directeur ou même un poste de radio réalisera un effort important ou posera un acte d’éclat.Ce trophée sera décerné par un jury secret assemblé par le directeur de RADIOMONDE.” Les deux premières Plaques de Bronze vont “pour leur travail consciencieux, leur souci de perfection et les beaux résultats qu’ils ont obtenus dans l’interprétation des*personnages qu’ils incarnent” à Hector Charland (rôle de Séraphin, dans “Un homme et son péché”) et à Georges Bouvier (le suave Fulgence de “Nazaire et Barnabé”).Nous avons insisté sur ces initiatives des débuts de RADIOMONDE, parce qu’elles ont été les premières marques de jiotro collaboration active au développement de notre monde artistique — et qu’elles sont encore, • après vingt ans, en plein essor : élection de Miss Radio, Médaille d’Or, Trophée Radiomonde, Plaque de bronze.Dire que la répartition de ces honneurs ne développait pas une saine émulation chez les artistes et leurs admirateurs serait mentir.Et, souvent, la passion montait pendant la vo- (Suite à la 6e page) mia riddez mais voici «u'apparait, à locca- U premier herault d arme,.Radiomonde et Télémonde MïéZZZZZ l’AG£ * * ^ f ï sMi !*©s Notre doyen ?La Médaille d'Or Miss Radio 1940 Plaque de bronze Coupe ou trophée notre journa 10 JAN.1959 Illllllillllllilllllllllllllllllllllllllllllll amiinimiiiiiiiiiiiii.R'GARDANT LA BOITE AUX IMAGES RAYMOND GUERIN tniiiiiiiiiiiiiiiiiimïr Pour être comédien En même temps que l’Union des Artistes appuyait la grève des réalisateurs de Radio-Canada, cette société, pour combler les vides, passait sur ses écrans un film montrant ce qu’il faut faire pour devenir artiste.Un excellent film, du reste — quoique vieillot.Ce fut dans l’après-midi du Jour de l’An qu’on eut l’occasion d’assister à ce véritable cours d’art dramatique donné par quelques-uns des plus grands maîtres du théâtre français.Dullin, René Simon, combien d’autres, vinrent expliquer leurs techniques respectives.Un documentaire précieux pour tous les jeunes qui aspirent à vivre du côté productif de la rampe.sans, des noms connus, ou qui devaient le devenir : Denis de la Patelière (le réalisateur d’ “Eaux Vives”) chez les casteliers, Roland Petit pour la chorégraphie, Odile Versois parmi les “voix” du doublage.la botte et l'absolution Un tant soit peu ridicule, mais cinématographiquement passable, que l’épisode récent des “Trois Mousquetaires”, où il était question du méchant usurpateur et surtout du prêtre batailleur, escrimeur, qui ne perdait toutefois pas l’occasion d’accorder sa bénédiction solennelle — quoique rapide — à chacune des victimes qu’il venait de pourfendre! Et je crois bien que les auteurs de cette oeuvre ont intentionnellement appuyé sur la rigidité, la sévérité des professeurs envers leurs élèves.Apprendre le théâtre n’est pas une sinécure — même si ça peut le paraître.Et il faut se débarrasser en premier du respect humain et de la gêne, pour évoluer à son aise devant ses condisciples, et encaisser les horions prodigués, avec une dureté voulue souvent, par les maîtres.J’ajouterai qu’il se produit l’excès contraire : le malheur, à l’occasion, c’est que des acteureaux se sont débarrassés tellement du respect humain et de la gêne qu’ils en deviennent insolents, polissons, mal appris et mal élevés, et totalement insouciants des notions les plus élémentaires de la décence, de la politesse ou de la propreté.Tout pour l’Art ! L'histoire d'Alice Alice au Pays des Merveilles.Le Lièvre de Mars qui consultait toujours sa montre parce qu’il était en retard à ses rendez-vous; le Chat de Cheshire qui souriait et ricanait comme un idiot; le Chapelier, abstrait, distrait, qui fourrait dans une théière la tête du Loir; la Reine de Coeur qui voulait faire décapiter tout le monde; les hérons qui servaient de mailloche pour jouer au croquet; les griffons, les dodos, et autres bêtes étranges qui formaient la cour royale .Combien de souvenirs de ce merveilleux conte n’auront-ils pas été évoqués jeudi dernier, avec la projection d’un film qui sut fort bien rendre, en général, l’esprit et l’ambiance du récit fantasmagorique de Lewis Carroll ! La pellicule nous offrait en partie un personnage vivant — Alice — mais elle était surtout peuplée par des marionnettes ou des personnages dessinés.Le tout fut bien fait.Mais le plus grand intérêt de ce film pour ceux qui s’intéressent de près à la chose du cinéma fut encore qu’on y releva, parmi ses arti- Si je me souviens assez de Dumas, les mousquetaires qu’on voyait dans ce récit ne correspondaient pas tellement à l’idée de leur auteur.Passe encore pour d’Artagnan; mais Aramis paraissait fade; Athos manquait de cette aristocratie, de cette noblesse tant vantée dans le roman; et Porthos, dont Dumas a tant répété qu’il était un géant et qu’il dépassmt tous les autres par sa taille gigantesque — Porthos était petit, trapu, avec la corpulence d’un bon buveur de bière.Mais l’histoire — écrite pour la très, très vaste consommation populaire — fut bien menée et jouée avec conviction.A propos, a-t-on reconnu, dans le rôle d’Athos, le compositeur •italien Domenico Modugno?(Mais oui, l’homme de “Volare”.) L'enfant et les sortilèges On ne parle plus de Minou Drouet.Pourtant, j’ai été fort heureux de la voir au soir du Jour de l’An, quand CBFT a redonné l’entrevue de cette fillette par Judith Jasmin; une entrevue filmée il y a déjà longtemps au domicile de la petite, en France, mais qu’il ne m’avait pas été donné de voir à sa première “passe”.Et, bien en retard des autres, je n’ai pu, de mon côté, éviter la fameuse question: qu'est-ce que Minou Drouet?Une enfant prodige?Une adulte précoce?Un phénomène cérébral?Ou simplement une exploitation publicitaire?On n’y pense plus depuis longtemps.D’autres événements ont occupé l’actualité.Mais il reste que si Minou a vraiment tout le talent qu’on lui prête — et qu’elle accepte sans fausse modestie — ce talent ne s’est pas évanoui avec les manchettes des spoutniks; il existe toujours.Et il faudra bien s’attendre un jour à ce qu’il se manifeste à nouveau.A moins qu’il ne décline avec l’âge.Il se peut que Minou Drouet soit un petit génie à neuf ans.Et qu’à trente ans, elle devienne la plus banale, la plus conventionnelle des femmes.Ceux qui s’y connaissent, psychologues ou autres, disent souvent que l’être humain atteint vers dix ans le maximum de son intelligence.Ne pas confondre avec raisonnement.On n’est pas adulte, on n’a aucun expérience de la vie, on n’est pas encore très instruit; mais c’est à cet âge-là, paraît-il, que la sensibilité est à son plus fort et la perception mentale la plus facile.A ce compte, qu’elle “produise”, la charmante enfant! Et beaucoup! Pour laisser des témoignages de ce qu’elle aura été.Noir sur blanc Au fait, tous tant que nous en sommes, les plus vivaces souvenirs de toute notre vie ne remontent-ils pas à notre enfance de dix ans?Impressions, sensations, perceptions .n’était-ce pas l’âge du rêve, de la poésie inconsciente, de la vie constante dans un univers de jeu et de chimère?Est-ce que tout n’apparaissait pas transformé, symbolisé par notre imagination?Minou Drouet, elle,, l’a concrétisé noir sur blanc, sur du papier.Tous les enfants ne l’ont pas fait.Mais tous les enfants sont des poètes .Et il y en a qui s’en souviennent.Je pense au très grand romancier George Simenon, dont les descriptions sentent à plein les impressiors d’enfance; qui est extrêmement sensible à l’aiqbian-ce, à l’atmosphère des rues, de la pluie, qui peuvent frapper un garçonnet.Simenon respire,, inconsciemment peut-être de ses impressions de jeunesse qui sont toujours marquées au plus vif de son esprit.Et si le cas de Minou est inventé ou même surfait, eh bien, vraiment! Il faut lever son chapeau à ses instigateurs, et reconnaître que voilà vraiment une glorieuse supercherie, un magnifique bateau publicitaire dont n’aurait pas à rougir le gérant d’Elvis Presley lui-même.Elle a dit de fort jolies choses, dans cette entrevue avec Judith Jasmin, la petite Minou! Elle a parlé des “choses plein mon coeur”, elle a récité de sa poésie, elle a montré qu’elle pouvait faire de savantes équations, qu’elle composait des oeuvres musicales, qu’elle jouait du piano et de la guitare.Tous les talents.Radio-Canada pourrait l’engager dans ses fameux “package deals” et la faire aller sans ambûches de “Music-Hall” jusqu’“A la Romance”, en passant par “Chacun son Métier”! Oui, une entrevue intéressante.L’enfant est charmante, mignonne, adorable, et cabotine de la plus sympathique façon, sans le savoir peut-être elle-même.Elle a raconté comment elle composait ses poèmes en scandant, de son doigt, le rythme du vers.Elle a ajouté qu’elle ne s’occupait pas de la rime, que cela l’inquiétait peu, et que selon elle ça n’était pas nécessaire.Curieux que, quelques secondes plus tard, elle ait chanté un refrain à elle où il était question de “chèvre brune”, de “dune”, et de “clair de lune”, en succession.Les cartes de Daudet N’était-ce pas la gentille Clairette, en vedette à la sympathique Boîte à Chansons du Café St-Jacques, que nous avons vue lundi soir dernier dans “Le Secret de maître Cornille”, l’un des trois contes de Daudet réalisé par Marcel Pagnol dans son excellent film “Lettres de Mon Moulin?” Comme dit la^ chanson, si ce n’était elle, ce 'devait être sa soeur .Car tout y était ! Et il faut la féliciter d’avoir rempli ce rôle bref, épisodique, avec une verve et un talent du meilleur aloi l On ne pouvait faire mieux.Quant au film lui-même, il a été excellent — dumoins en ses deux premières parties, car je n’ai pu voir la troisième.Mais on peut présumer.Avec “Le Secret de Me Comille” et “L’Elixir du révérend frère Gaucher”, c’était Daudet fidèlement recapturé et retransmis.On sait l’intrigue si finement amusante de ces deux savoureuses histoires.Maître Cornille est le dernier meunier authentique de Pamperigousse.Depuis dix-huit ans, il fait croire aux autres villageois que son moulin tournent à vide.Question d’orgueil— d’un bel et fier orgueuil.Il faut bien que la tradition des meuniers soit conservée quand les gens du sol se sont tous tournés, transfuges qu’ils sont, vers la minoterie ., .Et un jour Daudet—le “monsieur de Paris”—découvre la navrante histoire.Et tout les villageois, à qui il la conte, viennent encourager Me Cornille—sans lui dire, bien sûr, qu’ils connaissent maintenant son émouvante supercherie.Quant à ’’L’Elixir du Frère Gaucher”, c’est l’aimable récit d’un bon frère qui avait hérité d’une formule pour fabriquer une liqueur plus douce que le nectar et l’ambroisie; et qui était seul à pouvoir l’apprêter pour des fins de vente, dont les profits servaient non seulement à relever le pauvre abbaye où besognaient des moines bien sympathiques, mais aussi à assurer le relèvement d’enfants destitués pris en charge par le doux prieur.Seulement, le frère Gaucher, quand il dégustait ses préparations, recevait la visite du démon.Et plus il dégustait, plus le démon agissait; et.le frère chantonnait des refrains de moins en moins monastiques .C’est là sans doute les contes les plus amusants jamais écrits en aucune langue.A l'envers de Stanley S’il est une série de documentaires filmés qui conserve son intérêt, c’est bien “Aventures”.L’émission, pour qui s’intéresse un tant soit peu à la faune et à la flore étrangères au Québec, ne présent aucun aspect trop aride, ni trop scientifique, ni trop routinier.Assurément, elle contient des lieux communs et des clichés, et parfois elle évoque l’Encyclopédie de la Jeunesse dans ses pages les plus roses.Mais quoi de mal à ça !.Si les téléspectateurs y trouvent matière à recapturer leurs rêves d’antan et à se replonger dans Jules Verne, c’est autant d’heureux instants arrachés à la monotone corvée du petit train-train quotidien.Un bel exemple de la qualité généralement constante du programme nous a été apporté lundi soir dernier, avec le voyage du couple Robinson au travers de l’Afrique équatoriale.Ces gens — dont “Aventures’* nous avait déjà montré une autre expédition dans le continent noir — effectuaient cette fois une sorte de pèlerinage, puisqu’ils parcouraient le même chemin suivi par Stanley il y a plus d’un demi-siècle; sauf qu’ils l’accomplissaient en sens inverse.Les Robinson, au lieu de franchir l’Afrique de l’ouest à l’est, partirent donc, au contraire, des sources du Congo pour en arriver à Monbasa, sur l’Océan Indien.Une aventure passionnante, sans aucun doute.La pellicule, comprimée en une demi-heure, n’a pu rendre évidemment toutes les émotions d’une apreille équipée.Mais il a été intéressant de voir l’endroit où le journaliste américain découvrit les sources du Congo; de contempler les ruines des fortins qu’il a érigés; d’observer les forêts immémoriales qu’il a traversées.Tout cela agrémenté d’animaux à profusion: éléphants, zèbres, giraffes, singes, guépards, lions.Ma foi, il n’y manquait que Tarzan ! Et Stanley découvrit Livingston, et s’enquit de l’identité de ce dernier dans une phrase demeurée traditionnelle.U reste aux officiels de Radio-Canada à découvrir que le nom Livingston ne se prononce pas “stone”, comme s’il s’agissait d’une roche .La mise en garde.Il est dommage que Radio-Canada ait passé une préface prévenant la population de la province qu’il n’y avait rien de mal dans ces doux fabliaux où le clergé était si gentiment représenté.Non pas que je blâme la Société.(Suite à la 5e page) PAGE 4 Radiomonde et Télémonde 10 jan.1959 « ¦® Les artistes seront-ils payés La question est sur toutes les lèvres; elle est brûlante: les ar-tutes (comédiens, chanteurs, musiciens, auteurs) qui réfutant de traverser la ligne de pi* aosroge mise sur pieds par les réalisateurs de Radio-Canada uront-ils payés?Ou les directors de Radio-Canada mettront-ils en pratique la menace qu'ils auraient faite vendredi dernier?, .Aux premiers jours de la grè-v#.tous les chômeurs du mé- tier semblaient heureux de leurs vacances nouveau genre: surtout que le congé arrivait à~ la belle époqye des Fêtes.Mais quelques jours plus jarc| — probablement sous la recommandation de leur gérant de banque — les sympatisants grévistes commencèrent à penser à l'argent.Allaient-ils être payés, même s'ils ne faisaient rien?Ou perdraient-ils tous leurs cachets?Jean Duceppe, dans une grande assemblée de tous les membres de l'Union des Artistes vendredi dernier, les rassura."Vous serez payés!", lança-t-il.Et il ajouta: "Ne traversez pas la ligne de piquetage!" les deux affirmations étaient précises, claires, radicales.Etaient-elles gratuites?L'avenir le dira.Ce qui est important, c'est cette rumeur qui veut que les directeurs de Radio-Canada aient dit au président de la nouvelle association des réalisateurs, Fernand Quirion, dans une assemblée vendredi: "Nous vous donnons jusqu'à dimanche (le 4) pour casser la grève.Sans quoi les artistes qui vous appuient ne seront pas payés.Pas plus que vous!" De plus, lundi soir, ,les*mêmes directeurs annonçaient, officiellement cette fois, qu'ils avaient demandé aux presidents des unions sympathisantes de voir à ce que leurs membres retournent immédiatement au travail, sans quoi ils "risquaient" de n'être pas payés.Or, la grève des sympathisants n'a pas été cassée.Au moment où nous écrivons ce papier, mardi matin, elle dure toujours .Que va-t-il se produire?A 16 degrés sous zéro, ça réfléchit mal! RUFI Otage // GILLES PELLERIN, eu Monument National, mardi, le 13, racavra (believe It or not) !¦ ceintura bleue du |udoi Mare Scala le décorera.Jour de battage: un film de l'ONF sur la campagne S’il y a encore des citadins qui entretiennent des idées romanesques sur les travaux de la ferme, voici l’occasion toute trouvée de les rafraîchir et de les rapprocher de la réalité.En effet, le film Jour de battage, réalisé par l’Office national du film, est un regard neuf sur la vie des agriculteurs.Et on a choisi un moment particulièrement intéressant des travaux agricoles celui du battage de l’avoine, de l’engrangement de la récolte.Ce film passera à la télévision dans la série Temps présent, le dimanche, 11 janvier, à 7 heures.En images rapides, précises, extrêmement variées, voici donc une journée à la campagne.Ce film a été tourné chez des fermiers de langue anglaise de la province de Québec, soit à Huntingdon.Et comme pourront le constater les téléspectateurs, l’atmosphère qui règne ici, le sens de l’hospitalité, de la collaboration entre gens de la campagne ressemblent beaucoup à ce qu’on trouve chez les cultivateurs canadiens de langue française.Un film plein de soleil, de grand air, d’activité paysanne.Activité dans les champs, mais aussi dans la cuisine.Et puis, 10 J AN.Le 20 novembre 1958, CBC Folio présentait aux téléspectateurs du réseau anglais de Radio-Canada un drame de M.-Charles Cohen intitulé Hostage.Ce spectacle provoqua une émotion si profonde dans le public et parmi les critiques, que plusieurs de ces derniers, des Américains de passage à Toronto, invitèrent l’auteur à venir rencontrer & New-York certains dirigeants de la radio, de la télévision et du cinéma.Sans attendre les résultats du voyage de M.-Charles Cohen, Adèle Lauzon a traduit et adapté Hostage pour le réseau français de Radio-Canada.Ainsi, les téléspectateurs d’En première pourront applaudir cette pièce, sous le titre Otage, dimanche 11 janvier à 10 heures du soir.Les Canadiens français connaissent peu M.-Charles Cohen, mais nos compatriotes de langue anglaise ont eu souvent l’occasion d’apprécier ses oeuvres aux réseaux anglais de radio et de télévision de Radio-Canada.Montréalais d’origine, l’auteur d’Hostage a été pendant quelques années travailleur social avant de s’adonner uniquement à la littérature dramatique.Il a déjà écrit plus d’une quarantaine de textes pour Radio-Canada.La plupart des grandes séries théâtrales du réseau anglais ont présenté une ou plus plusieurs de ses oeuvres.Cohen a écrit notamment pour CBC Folio, Halifax Theatra, Vancouver Thoatro et Playbill.Otago est un drame de guerre qui présente dans une optique très humaine la vanité et la cruauté, voire l’inutilité et l’absurdité des conflits entre les peu- pies.L’auteur expose une situation d’une brûlante actualité, sans parti pris, mais avec beaucoup de réalisme et d’émotion.La pièce sera interprétée par Jacques Auger, Jacques Galipeau, François Lavigne, François Tassé, Bertrand Gagnon, Sacha Tar-ride, Jean-Pierre Dasson, Jacques Godin, Percy Rodriguez, Uriel Luft, Marcel Sabourin, Mathieu Poulin, Pierre Dufresne, Jean-Louis Paris, Julien Bessette, François Guillier et le petit Joël Brard.Le seul rôle féminin sera tenu par Ginette Letondal.Décors : Léo Jacques;’ costumes : Gérard Hébert.Réalisation de Paul Blouin.Télégramme de Duceppe Mardi après-midi, on répétait, aux alentours de Radio-Canada, que Jean Duceppe venait d'adresser un télégramme de protestation au T.H.John Diefenbaker, premier ministre du Canada.Duceppe aurait également adressé un second télégramme, cette fois à l'Hon.Lester B.Pearson, chef de l'opposition aux Communes d'Ottawa.Le texte des deux télégrammes renfermerait de vives protestations, de la part du président de l'Union des Artistes, à l'endroit des directeurs de Radio-Canada.Jean Duceppe ne priserait pas la façon dont ceux-ci se comportent dans l'affaire de le grève.Un vote secret?A l'assemblée des membres des unions "sympathisantes", mardi matin, quelques membres ont demandé qu'un vote secret fut pris.Leur demande est tombée dans le néans.% Par la suite, le vote ouvert a décidé que les membres des unions "sympathisantes" continueraient è ne pas briser la ligne de piquetage établie par les réalisateurs è la porte de Radio-Canada.Or, il était rumeur, au moment où nous allions sous presse mardi après-midi, qu'une autre assemblée soit convoquée pour mercredi et que lè, le vote secret soit permis.Ce qui permettrait aux artistes de décider si,, OUI ou NON, ils appuient (dans leur fort intérieur) les producers en grève.quand les hommes se reposent à l’ombre avant d’entreprendre un lourd après-midi, de quoi parlent-ils?De ce qui préoccupent, tous les autres hommes du monde: des satellites, des voyages à la lune, des nouvelles du jour; aussi des machines oratoires qu’un jour on contrôlera à distance.Pourquoi pas?Le film Jour da battage passera à la TV dans la série Tempi présent, le dimanche, 11 janvier, à 7 heures.iï En regardant.(Suite de la 4e page) Ce que ’j’en dis: il est dommage que beaucoup de gens dans le Québec aient besoin d’un tel avertissement pour leur faire comprendre qu’il n’y avait dans un pareil récit aucun blasphème, aucun •sacrilège.Car ils sont encore joliment nombreux, chez-nous, ceux qui auraient vertement protesté auprès du poste de l’Etat, du fait que ce dernier leur servait des histoires de ‘‘messieurs prêtres intoxiqués”.La douce satire, si inoffensive et si poétique soit-elle, n’est pas encore le fait de notre bonne race paysanne.Ça viendra .quand vous et moi serons morts et enterrés.Cot homme a le fort def artlttef entre tef main*.Journaliste (féminine) demandée "RADIOMONDE ET TELEMONDE" est à la recherche de sang nouveau .Nous cherchons un.d.itüd., Elle devra être |eune, posséder un » nouve|le équivalant à la 12ième année, avoir le sen.dea ,, pouvoir consacrer beaucoup de temps à sa nouvelle ca riire- “ rrts ttr-art: SUrïT* t leur, découvrira U «s.nd.des ar.i»£ le, candidate, devront commun, qu.r avec A Rufiange jeudi et vendredi de cette semaine • » janvier) ainsi que lundi (le 12 i°"V,.rl •"'« '*’ * L .JZ.A PO 6 2311 Rufi les recevra un® à une d ici un® semaine; la 'meilleure candidate aura son poste assur "RADIOMONDE ET TELEMONDE .^ DIRECTION a l neures.- ^ IM» Radiomonde et Télémonde »îi H PAGE S ïii Les 20 ans de notre journal «s ¦y-, ÿ 90: r- i *358» W -;'4- SOYEZ BELLE ET SEDUISANTE • Mesdames et mesdemoiselles, pour votre ligne, rien de mieux que la culture physique • Vos hanches, vos jambes, vos cuisses seront parfaites • Chez Olyvine, chaque cas est étudié individuellement (et discrètement) 0 LEÇONS POUR $9.00 ChezOLYVINl Cour* du tour *t du aolr.10 ct.m.A S p.m.STUDIO DE CULTURE PHYSIQUE | 6038, ST-ANDRE (coin BoIIechasse) CR.7-6213 pas avoir assez de matériel cana-dien-français à leur disposition.Le 18 octobre 1941, nous proposons à nos lecteurs de participer à un Concours de chansons (le premier d’une série).Le gagnant aura un prix intéressant (pour l’époque).Son oeuvre sera publiée dans une très jolie édition, orchestrée et lancée à la radio par un chanteur connu.L’auteur encaissera ses droits entiers.Les juges seront l’inoubliable Jeanne Maubourg-Roberval, MM.Charles Goulet, directeur des Variétés lyriques, André Durieux, chef d’orchestre, Eugène Lapierre, directeur du Conservatoire national de musique, et René-O.Boivin (à titre de représentant du journal .).Le 7 mars 1942, un jeune Québécois, étudiant en droit et chanteur à la radio dans ses loisirs, décroche le premier prix pour sa chanson gaie, dont il a écrit la musique et les paroles : “Bonjour, Mamzelle”, qui, après sa création- C ASTON ST-JACQUES «U time boom mt u9 Vol.1 No.1 MONTREAL, 1er JANVIER 1939 LE NUMERO 5 SOUS r.¦ ¦¦ i m ——— • mm—¦¦ -¦¦¦ - — * .i ———mm — ij Jean Lalonde est-il 0 enfin amoureux ¦ (TOT» MOI B) GEORGES BOUVIER HECTOR CHARLAND ‘ / ffW.niMM SMkJ .les premières plaques de bronze .le soir suivant, après la fermeture, un planton faisait la garde de nuit.Hein ?.jusqu’à quoi peut mener la ferveur.électorale 1 connut une vogue fort plaisante à son auteur.et pour nous.A l'extérieur L'ai-je bien descendu ?A propos de Miss Radio, il y eut, au cours des années, un incident bien cocasse.La table d’honneur, en forme de V, était dressée sur des plates-formes assez élevées.A l’heure de l’ouverture du bal, le maire de Montréal s’apprêtait à donner le bras à la souveraine pour le premier tour de valse.La Reine, toute radieuse, se lève, fait un pas et, tout à coup, disparaît.La pointe de son talon s’est accrochée au bord de l’estrade et la pauvre a plongé, tête en avant.Nous n’avons jamais vu quelqu’un se redresser plus vite.A part ceux qui étaient très près d’elle, personne ne s’est rendu compte de la pirouette, et il n’y eut pas ce grand rire — si sympathique — que soulèvent de semblables mésaventures .Mais revenons aux choses sérieuses.La chanson Disons d’abord que nous avons déjà notre chanson-thème : “Ra-diomonde est à la page, etc”, composition de Léo Lesieur, lyrics de Roger et Marcel Baulu (1939).Nos chanteurs populaires se plaignent de plus en plus de ne Notre pays est en guerre depuis 3 ans.L’A»mée établit des troupes de variétés qui viennent donner des représentations dans les casernes militaires pour divertir les soldats.Ainsi, à tour de rôle, se présentent des “unités” composées de comédiens, chanteurs, danseurs, acrobates.L’idée est merveilleuse en soi.Mais — malheureusement — dans sa sollicitude .l’Armée a oublié qu’il y avait un surnombre de Canadiens français dans le district no 4.Et ils n’ont pas de spectacles en langue française.RADIOMONDE met tout en oeuvre pour corriger cette situation.Son directeur fait des démarches afin d’obtenir le concours de tous.Et les bonnes volontés se groupent.La Société Radio-Canada fait sa large part.Elle met sur les ondes la série “Tambour battant”, dont Lucio Agostini est le chef et dons les vedettes sont Marthe Lapointe et le quatuor Alouette.Cette émission (30 minutes) est donnée directement des camps et reliée au réseau français de la Société.Elle sera “l’ouverture” au programme divertissant qui durera au moins deux heures.De son côté, l’AFRA (Union des artistes) offrira une collaboration précieuse et de tous les instants.No^ meilleurs — et plus grands — comédiens, chanteurs et fantai- J’ai dansé, avec Paulette Mauve - (voa moi m HENTrrnsŸC liw UTBnwuui' A la Pension Velder pistes «’embrigaderont • dans le mouvement.Et des commanditaires privés — surtout des associations — paieront le minimum de frais que peuvent occasionner de pareils déplacements.L’organisation mise à point, RADIOMONDE peut annoncer que les débuts du “Tambour-Major” (nom de la troupe itinérante) auront lieu au camp de Jacques-Cartier, le 7 octobre.1942.Le “Tambour-Major” sera à Saint-Jérôme le 14 octobre; à Sorel, le 21; et à Valleyfield, le 28.Dans les mois qui suivront, il rayonnera beaucoup plus loin.Il passera aux Trois-Rivières et même à Québec.Inutile de décrire l’enthousiasme des nôtres en uniforme quand nos musiciens, comédiens et autres membres du groupe descendaient des longs autobus qui les menaient au “barraques” 1 Cet enthousiasme est si émouvant que notre premier* page couverture les organisateurs des tournées, dès le 17 octobre, réunissent une seconde unité qui alternera avec la première.Puis s’en forment d’autres, dont, en particulier, cel- -(.rof* rasa 14 le des “Fusilliers de la gaieté" Tout le monde est heureux di succès, militaires, amuseurs, col laborateurs et promoteurs.(A suivre) PACE 6 Radiomonde et Télémonde îo jan.1959 (Suite de la 3e page) tation.Nous dûmes même — nous en rions bien maintenant — demander la protection de la police municipale.Un planton La lutte pour le choix de la Reine était très serrée, cette année-là.Des partisans (un ou deux ?) trop enflammés d’une des candidates pénétrèrent par effraction dans nos bureaux que nous avions déménagés de l’hôtel Ford à l’édifice Empire Life, rue Sainte-Catherine.Es cherchèrent à forcer la porte du bureau où nous conservions les bulletins de vote.Sans doute furent-ils dérangés dans leur “travail” par des bruits de pas ou par nous ne savons quoi.Toujours est-il qu’ils décampèrent sans avoir mis la main sur le “butin”.Nous étions à deux jours de la proclamation des résultats du comptage des bulletins.Nos cambrioleurs avaient, cependant, laissé des traces indiscutables de leur passage.Et, Alors que je n'étais qu'une lectrice de Radiomonde.Avant que je ne parte en vacances, le patron me réclame mes souvenirs du V 'ie n'était qu'une lectrice de "RADIOMONDE" .puisque nous fêtons cette année, notre* vingtième année d'existence.Et c'est quelque chose, un hebdo veux de vingt ans, dans ce pays.(par HUGHETTE) Ta première fois qu’une petit* m a écrit pour me demander J conseils, à savoir comment faire pour devenir journaliste, I ai été prise de panique! T.y a deux ans que la chose ,-est produite.Et cela m’a fait une telle impression, que J ai couru vitement vers ma glace, afin de voir si j’avais vraiment ]> figure parcheminée de rides et si d’aventure, mes cheveux ne aéraient pas devenus blancs! Car s’il est bien vrai de dire nue le commun des mortels ne se sent pas vieillir, avec le genre de vie échevelée que nous menons dans le métier, nous ne voyons pas du tout filer les ans.Les journées, toujours trop courtes à notre gré, s’entassent les unes sur les autres et nous sommes bien étonnés de ressentir désormais une fatigue plus vive, lorsque nous nous couchons trois soirs d’affilée vers les quatre heures du .matin! j’ai donc eu un petit sursaut, en constatant que, pour parler “souvenirs" et me remémorer le temps où je n'étais “qu’une lec-trice de Radiomonde’, il me fallait retourner douze ans en arrière .C’était bien avant l’avènement de la télévision! Et avouer que l’on a connu l’époque glorieuse de la radio, c’est s’accuser, auprès -de la jeunesse actuelle, de faire partie d’une certaine catégorie de gens classée "in petto” aux côt,s des témoins de la guerre des Boers!.On n’y peut rien, hélas! Il faut avouer la triste vérité! Comme j’hésite tout de même à joindre déjà les rangs des ancêtres, je me ratrappe tout de suite, en vous disant qu en ce temps-là, j’allais encore au couvent .Le petit kiosque à journaux Pour nous rendre au couvent, il nous fallait emprunter les transports en commun.C’est là que j’ai pris, pour la vie, les prolétaires en pitié.c’est là aussi que je me suis juré sur ma propre tête de travailler même dix-huit heures par jour, afin de pouvoir m’offrir un taxi ou une voiture, une fois passée aux rangs des adultes! En six ans de voyages, ligne Amherst-Ste-Catherine — vers l>est — je me suis assise deux fois,' le matin! Et encore, une fois, parce que Roger Baailu, nouvellement marie et habitant dinand Biondi, Roy Malouin, Gérard Delage et Jean Lalonde, pour des prix d’un dollar, accumulaient des auditeurs toujours plus nombreux.Quelles délices, une fois qu’on les avaient vus dans ‘‘Radiomonde’’, de pouvoir les# contempler en chair et en os .Mm maîtres Personnellement, quand j’ouvrais "Radiomonde”, je lisais Re-né-O.Boivin, parce que je trouvais qu’il écrivait divinement bien, qu’il avait la phrase fleurie .et, en plus, peur de personne.n Ensuite, je passais à l’Ouvreuse, qui savait tout, connaissait tout et tout le monde et intercalait souvent, dans sa chronique, des petits poèmes qu’on ne trouvait pas, hélas, dans les recueils de poésie de mon couvent.De là, je sautais à la chronique de Laurette Larocque-Auger.Une maîtresse-femme, celle-là, qui n’avait pas froid aux yeux, attaquait directement les questions et dont les opinions concordaient presque toujours avec les miennes.Ce qui fait que je lui trouvais, évidemment, un jugement supérieur! .Et pourtant.je lisais René-O.Boivin, parce que je trouvais qu'il écrivait divinement.et je sautais âr la chronique de Lauretta Larocque Auger .qui n'avait pas froid aux yeux .Car j’avais été .dans ce cas-là, plus perspicace que dans celui de Jean Desprez .Plus tard, beaucoup plus tard, Robert Lamou-reux devait, en exploitant à peu près le même thème, se mériter la cote d’amour internationale et récolter plusieurs millions .Mais cela, c’est une autre histoire.Comme est une autre histoire mon entrée comme coHaboratrice à "Radiomonde”.Je vous la dirai peut-être un jour, quand nous célébrerons nos noces d’or!.c'est dans le tram que nous commencions la lecture de Radiomonde ."Les Trois Mousquetaires" Au pensionnat Sainte-Catheri' ne, où nous poursuivions nos étu des universitaires, nous, étions quatre inséparables.Si bien que l’on nous avait baptisées "Les Trois Mousquetaires”.Indisciplinées, très curieuses de tout ce qui se passait “dans le inonde” (dont on nous disait tant d’horreurs, que nous ne songions qu’à aller y voir.), mais bûcheuses, plus peut-être que tout le reste des élèves de la classe réunies, nous étions à la fois la terreur des religieuses et aussi leur source d’information.Au fond, je crois qu’elles nous aimaient bien, malgré notre turbulence, les distractions que nous avions au milieu de la leçon la plus sérieuse .parce que nous apportions un élément de fantaisie et de diversion.Toutes quatre, nous étions, il va sans dire, folles des artistes! Mais folles d’une drôle de façon.Pour nous, les membres de la colonie étaient des gens à part, des espèces d’idoles vivant d’une vie parfaitement unique.Et puis, notre romantisme le voulait ainsi, ils étaient tous très malheureux, donc dignes de nos soins attendris! Ai-je besoin de dire que.dans ces conditions, "Radiomonde” était notre manne hebdomadaire, en quelque sorte notre bréviaire?Nous le lisions de la première à la dernière ligne.la rue du parc Lafontaine, avait eu la courtoisie de m’offrir sa place! Comment vouliez-vous que, dans de pareilles conditions, mon amour des artistes n’ait pas grandi?C’est d’ailleurs/dans le tram, ,0 c,u- ballotées de gauche comme de étions .droite, que nous commencions la de lecture de "Radiomonde”.Il nous fallait faire vite, car nous n’avions pas, chaque semaine, l’argent nécessaire pour nous en procurer .un exemplaire chacune .Non, mademoiselle, nos allocations hebdomadaires, en ce temps-là, n’avaient rien de comparable avec ce que vous dépensez, maintenant, dans une seule journée .Nous nous prêtions, à tour de rôle, le journal! Car je vous ai dit que nous étions curieuses de tout voir et de tout entendre! Au lieu de manquer une pièce ^ théâtre à l’Arcade, où les soeurs Giroux nous ont fait verser de bien douces larmes, nous nous serions fait hacher menues! Pour entendre Tino Rossi gratter sa guitare et roucouler ses romances “au miel et au lait”, nous n’avidhs pas hésité à ramasser, durant des semaines, les $3.65 qu’on nous réclamait au His Majesty’s pour un fauteuil d’orchestre .Et je vous passe sous silence "Les Matinées symphoniques”, où Me Wilfrid Pelletier s’acharnait, avec une rare patience, à nous faire différencier une flûte d’un basson et nous initiait à la belle musique.Nous suivions tout cela et les programmes questionnaires, qui s’appelaient pas encore quizz” et où Roger Baulu, Fer- ne Ma première peine de coeur.Je devais avoir à peu près seize ans, quand je connus ma première peine de coeur! Et je dois dire que je la dois à Jean Desprez!.Qu’on ne se méprenne surtout pas sur le genre d’amour que je lui portais! A ce moment-là, Laurette, j’ignore dans quel but, s’était mise à rédiger une série de messives amoureuses, sous le titre trompeur de “Lettre à Suzy”, par Jean Desprez.C’était l’article que je gardais pour le dessert.Quelle sensibilité, quelle finesse, quelle tendresse avait cet homme! C’était mon héros de roman et, au lieu de tomber amoureuse de mon voisin, de mon cousin ou de l’enfant de choeur, comme cela se faisait beaucoup dans mon jeune temps, moi, c’est de Jean Desprez que j’étais amoureuse! Le jour où j’appris que Jean Desprez était une femme, j’ai bien failli lui écrire pour lui dire son fait.Heureusement, ma paresse naturelle fut plus forte que mon dépit! N’empêche que j’en pinçais sérieusement pour "lui” à l’époque.Ah! ces belles amours de tête, que ne les çe-trouve-t-on plus tard?.\ J’oubliais de vous mentionner les écrits de Lord Oh! Oh!, ce cher vieux Lord Oh! Oh!, que la mort a ravi trop tôt à notre • salle de rédaction.Il lui avait pris, un jour, fantaisie de rédiger ses papiers sur ses enfants.11 avait intitulé ces délicieux écrits remplis de charme naïf et de poésie tendre sous le titre général de "Les fils de Joe”.Ils m’enthousiasmaient.Malheureusement, ils n’enthousiasmaient pas.du tout le patron, qui ne voyait là, avec raison, "rien de radiophonique”.Lord Oh! Oh! les abandonna avec regret.Je le suppliai d’écrire un volume.Il n’en voulut rien faire, doutant une fois de plus de son talent réel, n eut grand tort.Deux nouvelles séries d'émissions Cette semaine, deux nouvelles émissions en provenance de Québec agrémenteront les heures de détente des téléspectateurs.Deux émissions de facture simple, agréable, sans prétention, mais dont l'une est conçue de façon à mettre en éveil le sens d'observation du public et l'autre à l'intéresser* à la chanson de qualité, à la chanson populaire mars de bon goût.Cette semaine, deux nouvelles émissions en provenance de Québec agrémenteront les heures de détente des téléspectateurs.Deux émissions de facture simple, agréable, sans prétention, mais dont l’une est conçue de façon à mettre en éveil le sens d’observation du public et l’autre à l’intéresser à la chanson de qualité, à la chanson populaire mais de bon goût."Vous êtes témoin" "Vous êtes témoin” débutera au réseau français de télévision, hindi 12 janvier, à 9 heures du soir.Deux "témoins” participeront à chaque émission.Ils seront choisis au hasard pour la semaine suivante à même le courrier reçu.Chaque témoin devra se soumettre au supplice de cinq questions.La réponse exacte vaudra un prix.A chaque réponse inexacte, la question deviendra publique et le téléspectateur pourra y répondre par écrit.• Les participants comme les téléspectateurs verront des séquences filmées.Il s’agira pour eux, soit d’identifier des personnages, des scènes, soit de se remémorer des faits, des lieux, etc.Les sujets seront tirés de films d actualités, récents ou anciens, de scènes filmées spécialement pour les fins de l’émission, de films d’intérêt géographique ou historique ou de films musicaux.Bruno Cyr animera chaque semaine l’émission "Vous êtes témoin.” On le reconnaît depuis quelques mois comme un des meilleurs animateurs de la télévision.Son aisance, sa souplesse d’adaption, sa chaleur communicative sont autant d’atouts essen- tiels pour bien animer un "qui* télévisé”.Louise Duquet l'assiste-ra dans ce travail."Petit format" Jean Coutu présentera chaque semaine, à compter du mercredi 14 janvier, à 10 h.45 du soir, une courte émission de variétés."Petit format” ne veut être qu’une boîte à chansons sans décors fastueux, sans corps de ballet.Chaque semaine, un artiste invité, une vedette de la chanson viendra de Paris de New-York ou de Montréal.Souvent même une vedette qui n’a rien .de la vedette, sans tape-à-l’oeil, ni mise en scène calculée.Un artiste, tout simplement, qui viendra chanter les chansons qu’il aime, des chansons de bon goût, des chansons qui cadrent bien avec le caractère intime de la télévision.On y attend notamment la visite de Jean-Claude Darnal, de Maria Rémuzat, de Jacques Framy (ce dernier remporte actuellement de brillants succès dans l’opérette "Irma la douce, ’ à Paris).L’orchestre de “Petit format” sera sous la direction de Paul de Margerie.Bernard Parent réalisera, d® Québec, ces deux nouvelles émissions.On sait que ce réalisateur, qui fut à l’époque comédien chez les Compagnons de St-Laurent, a réalisé depuis son entrée à Radio-Canada quelques-unes des émissions les plus populaires de la télévision.Citons “Rendez-vous avec Michelle”, "La Rigolade , “La Clé des champs”, "Savez-vous voyager?” et "Chacun son métier”.• *« ucnuere ligne.— — —- ' io MN.1959 Radiomonde et Télémond.* * * * * PAGE 7 Am*" '^,'.'.v :*#A*:-; %«Pîsj8$ Mm» œ&M; - ; 1 4» -*WSS^ , ' vs> ONDE DIM UIN MAR MER JEU VEN SAM j 2 3 4 5 8 9 10 11 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 BEATRICE PICARD DORIS LUSSIER AVRIL DIM LUN MAR MER JEU VEN SAM 12 3 4 5 6 7 8 • 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 A JEUDI, 15 JANVIER (suite) 2.45 Q Nursery School of the Air CD Ciné-Matinée 3.00 00CDCD LonS métrage "Piodalu à Paris", comédie satirique, avec Ded Rysel et Félix Oudard.Ur> brave paysan, tran-ç-i3 veut ré former le® iinances de son pays.0 The Big Pay Off g Douglas Fairbanks Presents .g Beat the Clock CD Music Makers 3.30 0 Verdict is Yours O Fémini-thé 0 From These Roots g Open House Q Who Do You Trust?CD Votre hôtesse 3.45 QCB Cinéfeuilleton 4.00 g Brighter Day Q A la bonne franquette* 0 Queen for a Day g Roundabout 0 Menu à la Carte 0 American Bandstand (0 Propos culinaires 4.15 0 Secret Storm CD Dessins animés 4.30 OOOCDCD La Boîte à surprises g Edge of the Night 0 Country Fair g Maggie Muggins g Matinee with Sally 4.45 ra Pieces of Eight g Le théâtre des petits 3.00 OOOCDCD La Boîte à surprises O Chuckwagon Taies 00 Rin Tin Tin g Dusty Show Q Whistleton Q Commodore Bob Show i.30 0QQQCDCD Sang et Or 1 Texte: Bernard Letremble.O CD Rin Tin Tin Mickey Mouse Club Woody Woodpecker RADIO Chansons-vedettes canadiennes et françaises du lundi au vendredi -CBF- Comptoir du disque 10 hres A.M.Rythme et chansons 1 h.30 P.M.- CKVL - Hit Parade Français 1 hre P.M Succès du tour 9 hres P.M.- CKAC - Music-Hall 9 hres P.M.Chant du soir 11 h.15 P.M.-CJMS- 3 étoiles 3 h.15 P.M.Aie DiIah rA(û 1es et commencer à louanger sntinuellement.S'assagir, c'est ïnnaître le code, en contour-er les articles et dire tout ce ue l'on veut dans une langue paragraphes qui précèdent; je les ai écrits pour démontrer que notre métier n'est pas toujours rose comme se l'imaginent la plupart des jeunes lec- François Pilon, référant à la comédie de Broadway "La Plume de ma Tante": "Le Chapeau de mon Oncle".RU Fl Maintenant à la télévision, le "Telephone Hour" présenter» Harry Belafonte dans quelques-unes de ses remarquable* spécialités musicales dans "Adventures in Music" à CBM-TV, lundi le 12 janvier, à 8 h.30 p.m., heure normale de l'est.Donald Voorhees, le directeur musical du nouveau programme télévisé "Telephone Hour", s'entretient avec Renata Tebaldi; dans sa loge de l'Opéra Métropolitain, I artiste s* prépare à la première représentation de "Madame Butterfly".Mlle Tebaldi chantera deux extraits de cet opéra de Puccini au nouveau programme "Telephone Hour , qui sera présenté en direct sur le réseau anglais de la Société Radio-Canada, lundi le 12 janvier, à 8 h.30 p.m., heure normale de l'est.Les poupées sur la table de toilette de Mlle Tebaldi lui furent présentées en souvenir de soirées d'ouverture*, elles font désormais partie de toutes ses tournées de concert* ou d'opéras.Harry Belafonte, Maurice Evans, les marionnet-tes Baird, les pianistes-duettistes Gold et Fizdale, et le New York City Ballet seront aussi de la distribution d* cette télémission d'une heure, le "Telephone Hour".io Jan.1959 Radiomonde et Télémonde PAGE 17 Paulette de Courval aura-t-elle enfin le succès qu'elle mérite?\ m titrait* y : " V vj _____________________________________________________________: - ^ ci» ^ ¦H :v::x;v' gg».:’: üseSpÇi ¦-N - - * " ?* ¦ :$x •• x-x-xxæx&x :¦ ïM mm " .jypp x¥:£&i .S::;:SS?MÜÉ mmsm La chanson fantaisiste a peu d'interprètes chez nous.Ce genre, assez difficile d'ailleurs, exige beaucoup de métier, une intelligence vive, de l'esprit, un "sens du timing" comme on dit dans le jargon, ce qui n'est pas donné à tout le monde.Parmi les rares chanteuses qui se sont fait une spécialité d*u genre, chez nous, le nom de Paulette de Courval se détacha bien en relief.Celle qu'à Paris, on a baptisé "Mam'zelle Québec" et qu'aujourd'hui, on identifie presque toujours par ce nom, apporte vraiment à ce genre toutes les ressources d une personnalité et d'un métier riches.Née à Giffard, elle débutait très contré des compositeurs qui ont jeune dans la carrière artistique, écrit spécialement pour vous?menant de front et le théâtre et —Oui.Castel et Casti.Ils m’ont la chanson.Ses études au Conser.donné deux chansons adorables, que j’inscris d’ailleurs souvent à vatoire de Québec lui permirent d’acquérir les notions de base, que les contacts avec le public, à la radio et à la scène, enrichirent.A Québec, tout d’abord, puis à Montréal.Tout le monde se souvient de l’émission musicale où elle tint la vedette avec Jacques Labrecque, à l’antenne de CBF, 2 ans et demi durant.Dans le même temps, elle tenait des rôles importants dans les romans radiophoniques des différents postes montréalais.Et c.’est le départ pour l’Europe.—Paulette de Courval, vous êtes restée longtemps là-bas?_____D’abord, un an en Angleterre, où à la B.B.C.à Londres, j’ai surtout travaillé comme comédienne.Et ensuite six années de séjour merveilleux en Europe.__Vous y avez travaillé?—J’y ai travaillé, étudié et surtout beaucoup vu.A part des émission à la Radiodiffusion Française, où je chantais et disais mes textes, je suis passée à l’A.B.C.et j’ai fait des tournees, cette fois comme chanteuse uniquement, notamment en Bretagne, en Normandie.Mais j’ai surtout vécu à Paris, dont deux années complètes sur la Butte Montmartre, au coeur du domaine des chansonniers et où j’ai vu travailler et entendu tous les gens du métier, tous les grands noms.—A Paris, n’avez-vous pas ren- VAL-DAVID, P.Q.J.-L.Dufresne, prop.L'endroit idéal pour faire du SKI Aussi [COLL DE SKI pour les débutants.Raymond Lanctôt, instructeur Monte-pente en fonction toute la semaine.Jeux de société et sports intérieurs mon tour de chant: Le Turlututu et Les P’tits.—Chansons nettement dans le genre fantaisiste?—Oui, et lesquelles je pense, sont bien acceuillies du public ici.—Et depuis votre retour âfu Canada, vous vous confinez à la chanson?—Comme comédienne, je joue encore à la radio, en particulier dans Les Visages de l’Amour, où la réalisatrice, Charlotte Savary, m’offre de beaux rôles, mais c’est surtout à la chanson que je consacre la plupart de mes activités.—Surtout à la chanson canadienne?une autre, paroles et musique cette fois de Singler: L’Amour est à Nous.Singler est un jeune, bourré de talents et dont on entendra souvent parler.—C’est donc dire que vous croyez à l’avenir de la chanson canadienne?—Sans aucun doute, si nos compositeurs n’hésitaient pas à présenter leurs oeuvres aux interprètes, même si pour une d’acceptée, il y en a trois ou quatre de refusées, il y aurait là des débouchés intéressants pour eux, et plusieurs connaîtraient de gros succès, surtout aujourd’hui avec l’expansion du disque.» —Et vous Mam’zelle Québec, à quel genre de chansons vont vos prérérences?—J’aime et j’interprète souvent la chanson fantaisiste, même si la chanson sentimentale garde toujours un certain attrait pour moi et pour le public aussi je pense.•—En plus des disques que vous enregistrez et qui connaissent un beau succès, quelles sont vos activités en ce moment?—Je prépare actuellement un tour de chant, que je donnerai bientôt dans les cadres du Carnaval de Québec et je continue à présenter mes chansons dans différents spectacles, surtout en province.—Et vous oubliez la télévision .Question indiscrète, pourquoi ne vous y voit-on pas souvent?Le public vous connaît et vous aime bien, boudez-vous ce médium?—Pas du tout.J’y ai paru à quelques reprises.La semaine dernière, Maurice Dubois, le réalisateur m’avait invitée pour le Club des Autographes.Mais je joue de malchance, la télémission ayant dû être contremandée, comme vous le savez.Quoi qu’il en * soit, j’accepte ce qu’on m’offre à la TV.Au Québec, où les boîtes de chansonniers sont pratique- Une pomme par jour., the doctor away.keep* au 60 chambres — Cottages Motel d* luxe avec TV RanMÎgn*m*nt i e* réservation TELEPHONER SANS FRAIS DE MONTREAL UN.6-8262 —Pourquoi pas?Il y a Canada français, de bons compositeurs, de bons paroliers, et je ne demande pas mieux que de chanter leurs chansons.D’ailleurs le public, de plus en plus, les apprécient, quand elles sont bien faites.—Vous avez enregistré plusieurs de ces chansons?¦—Les dernières à date, chez London toujours: Chanteurs de Pommes et Tout en Sifflant, paroles de Rafa et musique de Robert Singler, avec arrangements de Herbert Ruff qui dirige aussi l’ensemble d’accompagnement.Et La via sourit aux audacieuses ment inexistantes, c’est un excellent moyen, pour une interprète de se faire connaître et de faire apprécier et ses chansons et son travail, de prendre contact avec le public, quoi, et quel vaste public! Et malgré toutes les difficultés rencontrées ici pour réussir dans la carrière de chanteuse, Paulette de Courval garde son sourire et son optimisme et elle a raison de croire en sa bonne étoile.Le disque en a fait une interprète très populaire et sans aucun doute, notre télévision lui accordera la place de choix qui lui revient.Elle a vraiment quelque chose à nous apporter dans le domaine du Music-Hall.Son métier est sûr, sa personnalité est authentique et son travail a le cachet du fini fles vraies artistes.Madeleine CARDIN La publicité, c'est bon.La bonno, surtout 1 pagi is Radiomonde et Télémonde 10 JAN- 1959 le R.P.Duval à Montréal Les grévistes bousculent le chanteur L'Herbier! La grève des réalisateurs a été déclarée lundi le 29, à 5 heures.La dernière télémission en direct à être projetée sur l'écran du 2 fut "Rolande et Robert", 2 heures et 45 minutes PLUS TARD.L'Herbier, qui n'avait pas brisé la ligne de piqueteurs puis-qu'entre la répétition de l'après-midi et le programme du soir, || n'était pas sorti du studio Stanley de la CBC, fut rudoyé par les grévistes lorsqu'il quitta l'édifice à 8 h.20.Bousculé, pous-saillé, il est tombé par terre, pendant qu'on l'invectivait (à tort, croyons-nous, puisqu'il n'avait pas traversé la ligne).Rejoint chez lui par téléphone, mardi soir, L'Herbier a nié que l'incident se fut produit.Pourtant.il s'est produit.Et c'est très disgracieux .Fernand Guérard, directeur des programmes de la TV, aurait déclaré la semaine dernière : "Depuis des années, on se plaint que les réalisateurs de la TV font le jeu de quelques cliques, qu'ils font preuve de favoritisme.Si nous acceptons leur union, nous ne pourrons pas faire le nettoyage tant réclamé I" Quelques artistes m'ont dit : "Duceppe a agi trop vite.Tout au moins, il n'aurait pas du se mêler au piquetage, boulevard Dorchester".D'autres m'ont confié qu'ils sont heureux de "la claque" que mangeait Radio-Canada, mais Ils ont ajouté qu'ils avaient une peur bleue qu'Ottawa.tienne son bout et que la grève s'éternise .Un député conservateur m'a assuré : "Radio-Canada a des ordres; elle ne pliera pas devant les producers".Un publicitaire (bleu) m'a soufflé à l'oreille : "C'est dommage pour les bons réalisateurs".Un conseiller législatif a déclaré à un auteur: "Prend des vacances; ça va être long,c'te grève-là !" .Que penser de cet abandon de travail ?Les questions d'union sont trop complexes pour que -je m'y retrouve.Je me contente d'écoutèr parler les gens concernés et de rapporter leurs déclarations.Un fait qui m'étonne, cependant, c'est que peu de gens (outre quelques artistes) leur sont sympathiques.Pierre Valcour : "Moi, je suis prêt à tougher la game".Une star, qui préférera sûrement que je taise son nom : "Ben bon pour André Ouimet; j'espère que tout va lui r'tomber sur le nez".Doris Lussier : "Ils ont du gufts, les réalisateurs.J'suis pour !" .Jean Coutu : "J'm'en mêle pas.Quand ils auront fini leur portage d'écriteaux, je retournerai à Radio-Canada '.Un réalisateur : "J'aimerais ça qu'Emma Hogson passe devant moi; l'essaierais de lui échapper mon drapeau sur la tête".• Paul Berval aux réalisateurs : "Vous auriez pas pu faire ça en été, cette grève-là ?Je serais venu marcher avec vous autres; mais, avec le temps qu'il fait, vous perdez un joueur I".Pierre Thériault, passant le café aux réalisateurs : "C'est de la part de Miville I" /.A la porte de la Société, rue Dorchester, on a même vu des artistes faire la cour aux producers.J'en ai vu.Des "pas sincères" qui profitaient de l'affaire pour se gagner l'amitié (?) de ceux qui, peut-être, finiront par les engager dans leurs émissions.Notons, cependant, que les réalisateurs, qui ont bien des défauts, ne les ont pas tous.Etre adepte du favoritisme ne veut pas nécessairement dire être dupe .Aznavour : "Je ne traverse pas la ligne de piquetage.Je fais partie d'une union-soeur, à Paris".Raymond Lévesque : "J'aime ça, le Canada.Y'a d'I'action I".Dans tout ce brouhaha, une lettre de Paris arrive à un ami de CKVL.C est une lettre qui a son charme.Elle vient de Suzanne Avon.Après avoir souhaité "Bonne Année" à l'envoyeur, Suzanne ajoute, en post-scriptum : "Est-ce vrai qu'il y a eu une grève des réalisateurs à Radio-Canada ?" .André RUFIANGE “Chanter.C'est mon travail de missionnaire", déclare-t-il (par Marcel BEAUREGARD) m "Le révérend père Aimé Duval, s.j., compositeur, poète, guitariste, chanteur et prêtre, est un phénomène, même en France." Or, ce phénomène, selon cet extrait d’un article paru en décembre dernier, dans la revue "Coronet”, nous avions le plaisir de le rencontrer pas plus tard que lundi dernier, à Montréal.Il nous a paru tout simple, tout naturel, mais, à mesure qu’il nous parlait, nous avons compris pourquoi le R.Père Duval a obtenu de tels succès et fait tant de bien, non seulement en France, mais dans tous les autres pays où il a été appelé à exercer, comme il dit, "son travail de missionnai-re .Il y a maintenant sept ans que ce “voyageur de commerce de Dieu”, comme l’on appelé certains journaux, se promène d’une ville à une autre, vêtu de sa soutane et sa guitare en mains, pour exprimer ce que sont selon lui, pour le chrétien, Dieu, l’amour, l’espérance, la misère, la joie, et quoi encore.Au lieu de parler aux assistances, au lieu de leur faire des sermons, il s’assied devant elles et, après s’être recueilli, il chante ce que l’expérience lui a appris,—expérience qu’il a surtout acquise en causant avec les hommes et les femmes, en analysant le pourquoi de leurs peines ou de leurs joies, de leurs espoirs ou de leurs désespoirs.Le R.P.Duval ne cherche pas les mots; ils lui viennent même avec une facilité qui surprend, ce qui explique le nombre étonnant de chansons qu’il a pu produire en quelques années.“Je ne veux pas faire de conversions, nous a-t-il confié.Je veux teut simplement exprimer, en des mots très simples, ma conception de la vie: ce qu’elle peut être ou ne pas être, comment il est mieux de la vivre, et où elle peut conduire”.Un prêtre avant tout Chez lui, pas d’éclat.Il est prêtre avant tout et, s’il chante aux sons de la guitare pour se faire comprendre, c’est que ce moyen lui semble plus facile pour se rapprocher des foules et causer avec elles.Ainsi, au début des récitals qu’il donne, il est déjà assis devant un micro, sa guitare en mains, lorsqu’on tire le rideau."Puis je commence de chanter, nous dit-il, et pendant la première demi-heure je cherche à savoir où en sont les gens.Ceci fait, tes chansons suivent les chansons”.—Avez-vous une cigarette?nous demande-t-il.Je n’en ai plus.Et rien de surprenant à cela, car il fume une cigarette après l’autre.Il est nerveux, il parte et il fume.Plutôt il ne parle pas.Il explique.Il n’a jamais connu la vie facile.Et pourtant, à ce qu’il nous dit, il n’a jamais connu la misère mais il l’a vue de près, tant au cours de la dernière guerre que depuis qu’il* est prêtre.Fils de modestes fermiers et originaire du petit village de Val d’Ajol dans tes Vosges, il devait marcher 5 milles tous les jours pour se rendre à l’école.Pour se distraire, il chantait.Comme il était trop frêle pour s’adonner au sport, il consacra ses loisirs à apprendre le piano et l’harmonica.Puis, à 20 ans, il entra chez tes Jésuites.Un an plus tard, la guerre ayant éclaté, il devait s’enrôler comme simple soldat et était envoyé en Syrie avec un détachement d’ingénieurs.Il refusa d’aller à une école d’officiers.“Je voulais vivre avec tes soldats”, dit-il.Après la chute de la France, il retourna au noviciat pour poursuivre ses études.Les débuts C’est au cours d’une vacance à Paris, après avoir été reçu prêtre, que le R.P.Duval reprit la guitare.Il en loua une à 5 francs par jour, puis, tout en jouant, il composa une première chanson.A Toulouse, devant un groupe de jeunes, il la chanta.C’était “Seigneur, Mon Ami”.A sa grande surprise, quand il se tut, on lui demanda de chanter encore.II laissa une copie de sa chanson et quelques mois plus tard, alors qu’il se trouvait à la maison des Jésuites, à Dijon, il s’aperçut que partout où il allait l’on chantait sa première composition.La mission du R.P.Duval devait commencer.D’abord, dans tes cafés de Dijon, "où je passai corn, bien de soirées à chanter devant les clients et à causer avec eux”.Au début, les propriétaires des cafés ne voulaient pas de lui, mais ils constatèrent bientôt qu’il y avait foute partout où il allait.Peu de temps après, l’on put voir des affiches devant tel ou tel café, annonçant que “Le Père Duval et sa guitare seront ici demain soir”.Et ces cafés, chaque fois, étaient remplis à craquer.Puis, ce fut 1e tour de la France, puis des invitations venant de Londres, Berlin, Bruxelles, Amsterdam, enfin de toutes tes principales villes du continent.Le R.P.Duval, à ce moment-là, n’avait donc d’autres chansons du même genre, qu’il interprétait comme tes siennes en s’accompagnant sur la guitare.“C’était.et c’est encore mon travail de missionnaire”, nous dit-il.Toutefois, ce sont ses disques qui devaient contribuer le plus à faire connaître le R.P.Duval.Jusqu’ici, 850,000 de ses disques ont été vendus ,alors qu’il a donné 160 récitals.Il a chanté dans des salles aussi connues que te Palais des Sports, le Gaumont Palace et la salle Pleyel à Paris; 1e théâtre de la Verdure à Nice; l’Albert Hall à Londres; le Victoria Hall à Genève; 1e théâtre Maria Guerre-co à Madrid, mais il a aussi chanté gratuitement dans des prisons, des hôpitaux et des usines.Quant aux recettes des récitals qu’il donne dans tes grandes salles, elles vont à des oeuvres charitables ou missionnaires.Le R.P.Duval en est à son.premier voyage au Canada.Il a trouvé, comme chacun peut s’y attendre, qu’il fait froid en notre pays."Pourtant, nous dit-il, j’ai vu ce que c’est 1e froid, dans tes Vosges, mais il y déjà plusieurs années que j’en suis parti”.Il donnera ses premiers récitals dans le Québec, samedi et mardi prochains, 10 et 13 janvier, au Gesù, à Montréal, puis il chantera à Québec, 1e 22 janvier; à Chicoutimi, le 17-et à Sherbrooke, le 4 février.Il se peut qu’il se rende ensuite au Manitoba avant de rentrer en France.Ici comme ailleurs, sans aucun doute, il aura fait du bien — beaucoup de bien.Le R.P.Duval, «'accompagnant sur sa guitare, chante l'une de ses compositions en France.mm • i •x-.; §tf|ü Radiomonde et Télémonde PAGE 19 /"TRI.
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