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Titre :
Radiomonde
Éditeur :
  • Montréal :Radiomonde,1939-1952
Contenu spécifique :
samedi 21 juillet 1951
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Radiomonde et télémonde
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Références

Radiomonde, 1951-07-21, Collections de BAnQ.

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¦mi -VvK / RADIOMQND VOLUME XIII —NUMERO 33 MONTREAL, 21 JUILLET 1951 10 CENTS N’EST PAS SÉRAPHIN (VOIR PAGE 3) Les Wes dents sont celles de Marjolaine Hébert: les beaux nez sont des Baulus.Jean, a gauche, et Roger a droite.Avant que le jeune Jean ne s'embarque sur le bateau *'Regina Polaris" à destin ation du grand nord canadien, il a voulu dire bonjour a son frere Roger.Miss Radio na pas manqué le départ, elle non plus, et a souhaité au rejeton d es Bauné tin heureux voyage, au nom de ses centaines de sujets, NICOLE GERMAIN VS MARJOLAINE HÉBERT (VOIR PAGE 9) 7 m \PAMS LOEIL Vous souvenez-vous FADIOMONDE DANS /^n a reproché souvent aux petits postes de la province de négliger la production en direct d émissions préparées avec des talents locaux et de n'être, en définitive Que des stations de relais pour les divers réseaux de la province.Il est vrai quelles ne s’en soucient pas beaucoup Mais peut-on leur laisser tout le poids du blâme?Voit.' La preparation dun programme en direct 1 * n’est pas une petite affaire.Elle exige un ma- ll NE FAUT PAS BLÂMER LES PETITS POSTES tériel technique que le petit poste ne peut se permettre d’acquérir.Table de bruit, disques d'ambiance, plusieurs “channels” pour parler comme les ingénieurs à la même table de contrôle.Voilà ce qui est coûteux.Ensuite, il devient nécessaire d'avoir un ingénieur et un bruiteur d’expérience.Cela ne se trouve pas dans les petits postes de provinces.Et de plus, il faudrait un réalisateur de metier.Ça, c’est de la plus grande importance.f\e plus grande importance, parce que si on désire l J monter quelque chose de bien avec des amateurs, il faut pour cela obtenir les services d’un producer, qui connaît son affaire et qui est disposé à faire répéter aussi longtemps que le texte ou la musique n’est à point.Ah! si un réalisateur de Montréal ou de Québec consentait à se dévouer, il y aurait des chances qu’un petit poste obtienne un bon résultat.Les bons réalisateurs de Montréal ou de Québec ont plus de besogne qu'ils n'en peuvent accomplir.Jamais le petit poste ne pourrait suffire par son budget à pareilles initiatives.De plus l’annonce locale ne paie pas assez pour fournir la somme suffisante.On comprend que.handicappé de pareille façon, le petit poste ne peut aider beaucoup les -talents locaux”.Tl est bien beau de lux jeter la pierre.En principe, il devrait travailler en oe sens.Cela se lit bien sur un rapport En pratique, ont-üs les moyens de s’aventurer?On a prôné la décentralisation de la radio hors de Montréal et de Toronto.Offre-t-on aux postes de province les moyens de prendre une partie dans f organisation de la T JS S.?"C’est formidable comme 'WAN L INTREPIDE, a changé l’attitude du cavalier de Margot, son pérel" UNE, NOTE: “C'est à Montréal- que Rodio-Canoda transmet le plus grand nombre de ses émisions.Les statistiques du mois de mai viennent encore de le démontrer.Montréal a diffusé 1953 émissions contre 637 de Toronto.La relation du temps indique 314 heures 45 de radiodiffusion pour Montréal et 169 heures 45 pour Toronto.j^JENRI LETONDAL intitule le troisième chapitre de son reportage sur Hollywood: “Cecil-B.de Mille aime à plaisanter et Paulette Goddard a de belles dents blanches.(C'est sans doute pour les admirer souvent que de Mille plaisante.?) Miville Couture, ancien annonceur de CJBR, vient d’être nommé annonceur pour CBF-CBM.(Il a un portrait à la jeune premier et des.cheveux!) Le mariage du docteur Benoît Chariebois et Mme ChaHebois (vedette des Variétés Lyriques) a été célébré à Québec.Rue Principale fête sa 1,000e émission.Le poste CKAC lance sa Revue Militaire, qui voyagera de camp en camp./"QUEBEC RAPPORTE: "Il est un monsieur de la capitale qui n'osera ^ jamais plus douter de l’excellence du service d'information de CHRC.C’est un vétéran, employé dans un des services de la Défense nationale.La semaine dernière, il eut le malheur de perdre son chèque de paye, au montant de $ 100.CHRC, en roison de son titre de vétéran, lui fit la courtoisie de prévenir la population.Quelques heures plus tard un jeune homme de Saint-Romuald rapportait le dit chèque.Un chroniqueur donnait quelques exemples de la fascination que peuvent avoir les romans-fleuve sur le public."Un sanatorium, c’est-à-dire ses malades, envoya une lettre collective à un réalisateur pour lui conseiller d'hospitoliser un tuberculeux, qu’on venait d'inventer dans un sketch, dans une institution plutôt que dans une autre.un auditeur s'est adressé à notre courrier pour “réserver uAe chambre à la Pension Velder”.(Quelle va être la réaction de Monsieur de Bienville?) .L'Archiviste WENDREDI SOIR, la Société Radio-Canada lancera une grande et excellente nouvelle: la création d’un concours d’art dramatique de première grandeur et dont les prix aux gagnants seront somptueux.Je n’ai pas de précisions complètes.Les détails officiels me manquent.Dans les milieux bien informés, comme on dit, on répète que ce concours prendra l’ampleur de celui de « Nos futures étoiles » et que son lancement serait tout aussi solennel.PIECES ORIGINALES IL Y A CINQ ANS, un concours similaire avait été organisé sous le titre général: « Les horizons nouveaux », série d’émissions d’une demi-heure, qui eut un succès appréciable.Seuls, les amateurs pouvaient y prendre part.Cette fois, on demandera à professionnels et amateurs d’y participer.Les émissions seront d’une heure.Les juges, dont les noms ne seront révélés qu’à la fin de l’épreuve, seraient des connaisseurs en théâtre et en radiophonie, mais non des personnes intéressées directement .à écrire ou jouer à la radio.Ces pièces devront être originales.SOUS UN PSEUDONYME IL EST PROBABLE que les textes seront présentés avec pseudonyme, de façon à ce que la réputation ou la renommée du candidat ne puisse influencer sur le jury.Comme dans tous les concours de la Société Radio-Canada, toutes les précautions seront prises pour assurer une impartialité absolue.QUAND ET POUR COMBIEN ' DE TEMPS | E DIRECTEUR du réseau français annoncera la date d'ouverture et la durée.Il exposera les règlements et les formalités à suivre.Inutile de suggérer que tous Ils auteurs seront à l’écoute.Sans doute, la date sera vers la mi-août pour que les candidats aient suffisamment de temps pour écrire leur essai.La tâche n’est pas facile, nous vous prions de le croire.Si le concours est une superbe initiative de la part de Radio-Canada, elle pose à nos auteurs une offre d'émulation à laquelle ils doivent souscrire.La direction du réseau français mérite des félicitations pour la décision qu’elle a prise.Elle fournit ainsi l'occasion à plusieurs des nôtres de faire leurs preuves.Ceci est dans l’esprit du rapport de la Commission royale d'enquête sur l’avancement des arts, lettres et sciences au Canada.LE CRAN JJNE PETITE NOTE, publiée dans notre édition de la semaine dernière, révélait que Madame Laurette Larocque-Auger, (lean Desprez) entrait à l’hôpital Notre-Dame.Elle y subira une intervention chirurgicale mercredi prochain.La perspective n est pas celle d’une Fête.Et je n’en reviens pas, (moi que le spectacle d’une chambre d'hôpital rend morbide), de constater quelle gaieté elle manifeste J’ai eu l’occasion de lui parler au téléphone.C’est une femme étourdissante de volubilité et qui se fiche de ce qui se prépare pour elle.C’est avoir du cran ! * BERTHE LAVOIE Une autre qui a du cran, c'est Berthe Lavoie, qu’un excès de travail à Radio-Canada a retenu à l'hôpital pendant des semaines et à son foyer depuis des mois.Elle n’a pas cessé, un moment, de faire son travail principal : < Francine Louvain » et « L'ardent voyage ».dont elle prépare les textes.Ses amis, qui prennent des nouvelles de sa santé, sont renversés par sa joie de vivre.Pourtant, pour une personne active comme elle, ce ne doit pas être amusant d être immobilisée à la maison.Du cran ! C'est à en faire rougir les hommes qui, dans de pareilles situations, se découragent vite.DES TORRENTS QUELQU'UN me faisait remarquer, l'autre ^ jour, jusqu'à quel point VALDOMBRE peut être cruel pour ses personnages.Il a terminé sa série 1950-51 sur un drame: le petit Séraphin s’est perdu dans les bois.Donalda était affolée: de tous ses poumons, elle appelait son enfant adoré.Les larmes pleuvaient dru.S’il faut qu'elle passe deux mois dans ce martyr, qu’elle crie, qu elle pleure qu'est-ce qui va arriver, grands dieux ! De nouveaux lacs surgiront-ils dans les pays d’en-haut?Ce problème devrait intéresser les contrôleurs de nos eaux.Puis le petit, qu’est-ce qu’il mange ou qui le mange?.Nous ne saurions vous le dire avant le mois de septembre prochain.ROB PAGE 2 • RoétoMcnde 9 21 JUILLET 1951 CLWIGRAPHES A LOUER $5.00 par mois Underwood - Royal - Remington Sterling Typewriter Co.Spécialistes en réparation 2123, Bleury LA.8611 VOLUME XIII 10c le Numéro $3.50 par année Rédaction et Administration: 425, RUE GUY.Montréal Tel.: Wllbank 3072 - MONTREAL Autorisé coniine envoi postai de ia deuxième classe.Ministère des Postes Ottawa.' MONTREAL, 21 JUILLET 1951 POUR VOS DISQUES, MUSIQUE EN FEUILLE, ACCESSOIRES ELECTRIQUES L'Herbier et Latour 2216 est, Bélanger GR.3014 NUMERO 33 Séraphin se paye un lunch de $10.75 Pendant que Donalda mange de la galette de sarazin et que l'Indien Wabo cherche son petit gars, lui se paie un lunch de $10.75 Et au chic Club 400 s'il-vous-plait ! une idée subite: photographié pour.compléter — "Vous allez pas parler de ce une collection de photos.pour.’* diner-là dans RadioMonde, au — “Ben, j’aimerais ben acheter moins?" la plaque, si ça coûte pas trop — ‘Y3lh non! On vous a juste cher!” .,iv„ ¦ * ‘ ¦ mm .p ' ««eN v * ¦ivw.v-04'-;' : Regardez bien la photographie qui paraît dans le journal! Sur la droite, voua voyez la jolie Mine Edouard Lelarge, épouse du propriétaire du chie Club 400, rue Drummond ; et qui erd mtr la gauche?.Nul autre que ce sac ri pan de Séraphin.Au centre, en avant des deux autre*, une table proprette et, sur la table, regardez bien attentivement: Un vin tTAlsace.$4.00 Un Dubonnet.75 Un homard à TAméricaine $4.00 Une crépi* suzette.$2.00 Total: $10.75 Kt ai vous étudiez encore plus ^ rien de faire des dépenses de attentivement la photo, vous cons- table si on est .pour en laisser les tâterez qu’il n’y a personne autre trois quarts dans l’assiette.J’vous dans le voisinage.Malgré que la rai d“s artistes, des • in e ec après deux ou trois soubresauts d- .regarde-moi que e ’ de la pomme d'Adam, il répondit: mais ceux-la furent les premiers r à l’ignorer, à être embarrassés de p l t ?ars’ * le" ._____ Wabo le cherche toujours.J en ai .pas eu de nouvelles deqiuis une Seule Mme Lelarge, hôtesse ^zaine de jours.C’est dur, vous courtoise et de bon coeur, vint s'asseoir un moment avec notre avare national.Et, remarquez bien encore.Séraphin-ne lui a même pas offert, oh! ne serait-ce qu'un v.rre de ginger ale, comme les lionnes manières l’auraient exigé.Car, un ginger ale, ça coûte de l arjin.Pas plus d'ailleurs qu’il n'a donné un pourboire au garçon Pierre Bourgetel qui venait de le servir.Il lui a seulement donné une petite carte d’invitation à assister à une émission de “Un Homme et Son Péché”, quand la fameuse série recommencera le 3 septembre prochain.Et, n'importe qui de Radio-Canada sait qu'il n’y h pas besoin d’invitation pour visiter le somptueux immeuble de la Société et assister à une émission de radio.Quand Séraphin se vit surpris en flagrant délit par Lord Oh! Oh! et le photographe Roméo Gariépy (appelés là par un tuyau) Séraphin voulut tout d'abord se cacher le visage d’une serviette devant le camera, mais 11 était trop tard.I,u photo était prise.Il voulut ensuite se choquer, mais la vue de Gariépy le glaça.Il sait qu’un photographe peut le déshabiller complètement en public un jour ou l’autre s’il lui en prend fantaisie.— ’Vous ne jeûnez pas aujourd’hui à ce que je vois”, de suggérer le reporter avec sa malice habituelle.— “Ben, y faut toujours ben manger un brin si on veut avoir l’estomac en ordre et avoir bonne santé pour élever sa famille avec bon sens!” — "Et Donalda, votre femme?.Vous ne l’avez pas amenée au *H00”?— "Ça, ça vous r’garcfe pas, monsieur.D’abord, Donalda, aile est pas ben mangeuse^et ça sert savez de perdre son p’tit gars, pi si Wabo le retrouve pas tout de suite, eh ben, ça va m’eouter des bidoux.Ces sauvages-là y a rien qui aiment mieux que de plumer des visages pâles”.Et Séraphin prit une longue rasade de Dubonnet pour avaler son chagrin et son inquiétude.— ‘‘Que faites-vous de votre été, Séraphin?” — "Bern, j’prends une vacance à St-Bruno.J’ia mérite bien, vous admettrez, et ça fait du bien de sortir un peu de l'atmosphère de chez nous pour se reposer dans une bonne hôtellerie." — “Donalda est-elle avec vous?” — “Non!.Elle a accepté de rester à la maison pour surveiller de plus proche les recherches du p’tit gars.Fallait ben que quelqu'un garde la maison.On est pas riche, mais quand même, y a assez de voleurs qui rôdent par les temps qui courent.” — ‘‘Et.votre grenier?” Séraphin manqua d’étouffer sur la question.— 'Vest pas d’vos affaires ça! D’ailleurs, je l’ai nettoyé avant de partir mon grenier”.Comme Gariépy et le reporter allaient se retirer, Séraphin eut Une délicieuse petite Aurore Qui serait la petite Aurore du film canadien qui se tourne actuellement aux studios de Côte-des-Neiges?Quel enfant pourrait avec talent et spontanéité rendre le bouleversant jeune personnage d'un des plus célèbres mélodrames de notre répertoire théâtral.Ce problème si ardu pour les responsables du nouveau film de l’Alliance Cinématographique Canadienne, a été résolu merveilleusement au cours de la dernière fin de semaine.C'est une fillette de douze ans, espiègle, spontanée, Yvonne Laflamme, qui tiendra le rôle-titre du film "La petite Aurore, l'enfant martyre" tiré du roman d'Emile Asselin.La petite Yvonne n’est pas à ses débuts au cinéma, puisqu'elle a déjà tourné dans un court métrage sur la danse.Elle est d’ailleurs familière arec le micro puisqu'on la maintes fois entendue sur les ondes dans “Les histoirm du Dr Lambert"; elle a fait du théâtre avec le populaire chansonnier canadien Félix Leclerc et elle suit les cours de danses de Ruth Sorel.Jouer le personnage d'Aurore, une petite fille de son âge téresse vivement; et malgré tous les mauvais traitements qu'elle devra, comme son personnage, endurer au cours des prises de vues, Yvonne ne cesse de sourire très convaincue qu’on ne lui fera aucun mal.La petite Yvonne Laflamme sera demain la Carlettina du cinéma canadien.Le seul périodique consacré exclusivement aux artistes de ia 21 JUILLET 1951 • RadioMonde • PAGE 3 # teirx um OSWALD jo*# A?#//Af/#4/bexri O//£//£ Ç/J£ i/A'fif£L?A/£ C* *£// AVA*/7~ M£S?C//£ OV A//££7'-/£' Az>oÆ>A&6e?6^5 iA/ ~\ Inf S/ cS frrrr/s^s s?ss£2.Z a rV«r Jean-Louis Laporte ü y a une quinzaine d’année un jeune homme de 25 ans environ débutait à CKAC.C’était Roger Bau-lu.En quelques mois U aoquit une place unique dans le monde radiophonique.On se demandait d’où venait ce grand jeune homme à la figure pâle et à la chevelure noire.Toujours impeccablement vêtu Roger Baulu ressemblait à un prince de sang.Jamais on l’entendait médire d’un confrère et s’il fallait rendre service à quelqu’un Roger, comme par hasard, était présent.Sa diction parfaite, son talent unique d’improvisation, son sens de l’ironie firent de lui en moins d’un an l’annonoeur le plus populaire et le plus apprécié des radiophiles.Mais encore une fois d’où venait celui que l’on nommait déjà “Le Prince des Annonceurs” et qui encore aujourd'hui garde son titre?De la salle de rédaction du “Canada".Roger Baulu eut l’heureuse chance d'apprendre son métier de Journaliste sous la direction d'Oli-var Asselin.Pendant que le grand frère écrivait dans le “Canada*, son fréro, en culotte courte, dévorait ses articles, le matin, avant de partir pour l'école.En route, il se disait: Moi aussi, je serai Journaliste.Puis lorsque Roger devient annonoeur à CKAC l’enfant terminait rapidement ses devoirs afin d’écouter le grand frère à la radio et avant de s’endormir, il se disait: Moi aussi, je serai annonceur à la radio.les années passèrent, et l’enfant devient jeune homme.Au moment où lui, Jean, se croyait apte à faire ses premiers pas dans le journalisme, la guerre éclata.A vingt ans, ôn n’hésite pas.L’honneur du nom d’abord.Jean Baulu qui avait rêvé durant çies années à une carrière journalistique e t radiophonique s’engagea dans le régiment de “La Chaudière”.Pendant quatre ans, le sergent Baulu fit le coup de feu sur presque tous les champs de batailles de l’Europe occupée par l’ennemi.Ses aventures son multiples et son expérience unique! On le porta disparu; il revient.Il fut blessé mais retourna sur le front.Une fois la guerre terminée Jean Baulu débarqua au pays couvert de gloire mais trop vieux pour débuter dans le métier de ses rêves d’enfants.Un reporter débutant ne gagne pas assez pour faire vivre une famille et Jean désirait un foyer afin de vivre dans la paix lui qui avait connu l’horreur.Il réalisa donc, son second rêve: Il s’engagea comme annonceur à CKVL.On lui confia au bout de quelques temps le poste de chef des annonceurs.Mais Jean Baulu n’était pas satisfait il voulait toujours “faire du journalisme”.Il n’entendait que l’occasion.Elle s’est présentée la semaine dernière.“Le Petit-Journal” cherchait un reporter pour le voyage du Regina Polaris mais ce journaliste devait, en même temps, être capable d’exécuter des reportages sonores pour la radio.C’était la chance qui passait pour Jean Baulu.Lui qui n’avait pu entrer dans un journal par la petite porte y entrait par la grande.En effet, pour ses premières armes on lui offrait un grand reportage.Maintenant il vogue vers les mers polaires en réalisant que ses rêves d’enfant sont réalisés s’il continue à suivre l’exemple de son frère Le Prinoe des Annonceurs.J.-L.!.Pour Jean Baulu.ce fut un joyeux départ.Le Petit Journal et CKVL étaient copieusement représentés au café Montmartre, où les adieux officiels furent prononcés.Naturellement, l’événement devait toucher les chiens puisque Jean Baulu.comme interprète du Dr Ballard, est écouté — avec une fidélité de chien — par tous les caniches de la métropole chaque soir.(Ils espèrent toujours se reconnaître).Dans le photo-montage à côté, on voit au haut Alain Gravel, qui agissait comme maître de cérémonie, regarder avec ébahissement le pianiste-compositeur Pierre Roche offrir à Jean Baulu une affiche du Dr Ballard, à l intention des chiens esquimaux du Pôle Nord.Au centre, c est le grand frère Jean qui surveille les indications offertes par la Reine de la Radio.Marjolaine Hébert, déguisée pour l occasion en mignonne esquimaude.M.André Lesage, propriétaire du Montmartre, baisse pudiquement les yeux du Pôle que couronne Edmond Martin pour ne regarder que I autre pôle, celui du Montmartre.Plus bas encore, c’est de nouveau Alain Gravel qui assiste aux présentations.Marjolaine Hébert, en femme prudente, remet à Jean Baulu une boussole pour assurer son retour et le héros de la fête emmitoufflé d'un capot de chat et d'un casque de seal, gagne de seconde en seconde.I envie irrésistible de partir.En bas.l'envie est en voie de satisfaction puisque Jean-Louis Laporte.Henri Soucie et Jean Rafa poussent Jean Baulu (chargé des bagages essentiels) dans la voiture avec laquelle Henri Poulin l'escortera en triomphe, jusqu à Québec, où Jean doit enfin s’embarquer.L'histoire ne dit pas qu'une avarie a rendu le voyage i Québec inutile, mais pas du tout désagréable.21 JUILLET 1951 RoéioMonde PAGE 5 • ••• FOWNONS MA VOISINE: Saviez-vous qu« Paule.la femme de Mario V' tdon.ne trouvait rien de plus intér.‘3sant à faire durant •es loisirs que la couture de sa fille Johanne?Il faut dire qu’elle est très hab le de ses dix doigts et que Johanne possède une garde-robes qui ferait l’envie de plus d’une star Je la métropole.Si Jamais Mario décidait de chômer, Paule aurait une belle carrière à so fairs nomme couturière.Il est .vrai qu’elle avait d’abord rêvé d’être chanteuse et qu’elle retournerait peut-être à cette vocation pre- mière.Ouars .et puis je me demande un peu pourquoi on se casse la tête puisque Mario est en excellente forme et qu’il n’a pas du tout.oh! mais là alors pas du tout envie de se mettre au repos! .Jusqu'à ce Jour Je n’avais pu digérer pour les hommes, le port des cravates fluorescentes.Affaire de goût cependant.Marcel Gama-che qui s’y -onnait (on n’est pas marchand-tailleur pour rien) m’affirme qu’elles sont très goûtées du public En fait, comme je sui3 allée me ballader en voiture à la campagne, je me suis rendue compte à mon tour, qu elles a-x aient leur utilité: les paysans désormais ne s’astreignent plus, comme ils l’avaent toujours fait jusqu’ici! à poser des lumières à l’arrière de leurs vo’tures.Ils assoient tout simplement "Ve petit dernier" de la famille, porteur de l’une des dites cravates, à l’endroit où brillait Jadis, le feu rouge indiquant le danger.et la circulation se fait maintenant sans encombres.Comme quoi à quelque chose malheur est bon!.Samedi le 14 Juillet, on célébrera comme chaque année, à pareille date, la fête nationale des Français.“Liberté, fraternité, égalité” seront encore une fois à l’honneur et la Société Radio-Canada, offrira à ses auditeurs à cette occasion, au cours de l’émission "L'heure de rOpéra" à leux heures de l'après-midi, l'enregistrement de "Carmen" de Bizet, chanté sous la direction d'André Cluytena.avec Solange Michel et Raoul Jobin.dans les principaux rôles.Jeanne Quintal.l'inoubliable Mina Latour, de "Métropole" s'est enfin décidée entre la mer canadienne et la mer américaine pour ses vacances.Elle est partie pour un court séjour à Old Orchard où elle retrouvera à coup sûr des amis à elle.Nous avons consulté une cartomancienne qui nous a déclaré qu’elle recevrait même la “visite-surprise” d’une journaliste montréalaise qu'elle connaît bien! .D'babituie, les auditeurs écou- tent surtout la radio durant Phi-ver- Dans mon cas, c’est tout le contraire, 1 hiver Je suis occupée à «ouvrir pour le journal, les différentes réceptions qui se donnent ici et là.Et Dieu sait qu'il s'en donne! Et Dieu sait, qu'en règle générale je ne m'en plains pas.Sauf lorsqu’il me faut manquer ainsi, des émissions de choix.Je dois dire que cet été, Je trouve les auditeurs gâtés.Certes un grand nombre d’émissions régulières sont discontinuées.Mais il s'en trouve d’autres qui.sans être dans la même veine sont très divertissantes pour la période de canicules.Depuis que je suis régulièrement à l'écoute, j'aime souligner les contes écrits par Elo: de Grandmoat inscrits à l'horaire de CB F, le jeudi soir à 8 heures moins le quart et qui passent sous le titre de: “Chacun sa drôle de vie”.Ils témoignent de la part de l’auteur d'un grand esprit d’observation et cehii-ci sert un humour à froid, loin d’être désagréable.“La gloire du colonel” m’a fait passer un bon moment.Cependant les textes d’E-loi ne sont pas toujours aussi a-rr usants.J’en ai écouté un autre d’un tout autre calibre, dont je n’arrive pas à me souvenir le titre.Une chose poignante en tout cas.et qui prouve bien les dons de souplesse du scripteur.Depuis un certain temps on se demandait dans les milieux radiophoniques.ce que Revenait la belle Andrée G ingras, ex-secrétaire du chanteur Fernand Robidoux et auteur d'un certain nombre de chansonnettes canadiennes ravissantes.Nos antennes nous guidant nous avons découvert qu’Andrée après avoir été au repos durant un certain temps, était maintenant à l’emploi de la compagnie du Bell Telephone, “toujours dans les airs" comme dit l’autre, et qu’elle continuait néanmoins de composer de la romance.A notre question: “où comptez-vous passer vos vacances?” Andrée a répondu: “Moi j'adore la chaleur, si bien que je demeure tout l’été à Montréal pour en profiter pleinement.Mais l'h:ver prochain par exemple je compte aller Le poste CHLP n'a pas laissé passer inaperçue la fête nationale des français, aussi a-t-il invité à nés microphones le très populaire compositeur et chanteur Pierre Roche.On le voit ici interprétant une de ses ritournelles à l'occasion du bimitlénaire de Pari».Pour l'occasion, Raymond Lévesque se Joint à finterprotation.Oh! Paris.Paris, Ville Lumière! en FJoridî!” Sage décision, vraiment.Bon succès! .Un autre qui a réintégré le bercail, gérés avoir quitté son travail pour “ de maladie est l'aimable auteu de “La fin des songes”, dans la vie de tous les jours, publiciste à Radio-Canada.Monsieur Robert Elie.Une excellente nouvelle pour tous ceux qui appré- cient et sa compétence et son aptitude à rendre service.Et voilà p//ur les potins! A bientôt ma voisine.Je vais durant cinq jours me rafraîchir les poumons, ma's reviens de ce pas parmi vous pour le journal de la semaine prochaine.Eh! eh! on ne se débarrasse pas si facilement de moi savez-vous!.*5$p EUGENE CLOUTIER est un gars formidable et comme scripteur radiophonique.t| est à nul autre pareil, pour les trouvailles, car H faut admettre qu'il ne manque ni d'imagination, nf d'inspiration.Apres avoir remisé son p'Ut train du matin, pour la saison estivale, le voilà qui se lance dans le domaine qui a toujours hanté le cerveau des humains dès le réveil: celui des songes.Cet instantané fût pris dorant l'émission dont il signe les textes: -J'ai rêvé cette nuit" vendredi soir dernier, dans fun des studios dr Radio-Canada.y w .Grâce à l’Initiative de Oorey Thompson, gérant dn ponte CKV1, une émission spéciale fut relayée directement des studios verdnnois à la station de la R.C.A.F.de Saint-Jean, Que.On voit snr eette photo, les trois premières jeunes filles à s’enrôler dans le corps féminin de l’Aviation Canadienne.les jeunes filles ont participé à eette émission spéciale.Ile g.à d.: Pierrette I.avallée de Québec.Jacqueline Daigle de Uharleboiirg.Kosann Roberta de Québec, et Corey “Oncle Troy" Thompson de Cadillac ville ! 21 JUILLET 1951 PAGE 6 • BsdisMcrJe 9 m&m CHAPITRE I Edgar Magnan et moi, nous nous étions mariés .C’était par un jour froid de janvier U y a quelques années.Le mariage avait été une cérémonie également bien proportionnées; ma soeur était toutefois un peu plus grande que moi.Elle était de deux ans mon aînée mais ne prétendait jamais user de ce droit de préséance Nous étions deux soeurs à se chérir franchement.Quelque chose de rare! gJAprès cette première rencontre.* — ^ .• J- • ——— —" — —* —— — V — — ® ' — V • V U S V f extrêmement intime, en presence de Edgar vint souventes fois à la mai- mes seuls parents et de la famille d’Edgar.Tandis que le prêtre prononçait les paroles sacrementelles, nous avions tous réalisé que quelqu’un d’autre était parmi nous; une jeune füle qui avait été un symbole de charme et de gaieté, et que nous avions tous aimée.Ma soeur, Marguerite.On sentait qu'elle était là.Nous la sentions plus près de nous que si elle s’était trouvée parmi les assistants.Dans nos coeurs, elle régnait .- Edgar Magnan, voulez-vous prendre France Rocheleau comme épouse?— Oui avait répondu Edgar d’une voix ferme.— France Rocheleau, voulez-vou» prendre ?Inconsciemment, j’avais dit oui; mais mon esprit n'avait pu se detacher du souvenir de ma soeur.J’avais entendu un sanglot de maman derrière moi.Je savais qu’elTe pleurait parce que la phrase du prêtre aurait dû commencer par cet autre nom.à la place du mien: Marguerite Rocheleau .Et pendant les cérémonies de mon proore mariage, je m’étais remémoré le passé; les fiançailles de Marguerite et d'Edgar .la disparition de ma soeur .Où était-elle maintenant?Morte?Cachée?Enlevée?Qui sait ."dgar avait passé l’alliance à mon doigt, d'un geste herveux, en mordant sa lèvre.Puis, avec un sourire qu'on sentait forcé, il m’avait embrassée.Pour un instant, j'avais oublié Marguerite.— Eh bien! madame Magnan, m avait dit Edgar, notre train part dans une heure! J’avais souri.— Je vous suivrai partout, monsieur Magnan! Puis ce fut la lune de miel dans les Rocheuses.Deux semaines au cours desquelles la douceur, l’attention.l'amour d’Edgar libérèrent mon esprit de sa hantise.Deux semaines qui me firent découvrir que j’aimais mon mari passionnément.Tl m’avait toujours beaucoup plu.car il était grand, fort et beau.Et cette expression dans les traits elle était unique.Quand je l’avais rencontré pour la première fois, je l’avais tout de suite aimé.Il n’était alors qu'un ami de Marguerite.CHAPITRE 2 Au printemps d’il y a deux ans.fl y avait quelques mois que Margot connaissait Edgar.Lorsqu’il vint la chercher à la maison pour la première fois,,, j’ouvris la porte.— Bonsoir, mademoiselle, je suis Edgar Magnan.Je viens chercher Marguerite.— Entrez donc ! Je m’appelle France, la soeur de Margot.Il rit de.toutes ses dents blanches.— La maison des Rocheleau est donc pleine de jolies filles! * son, et fut bientôt admis comme un membre de la famille.Ou presque puisqu'il était fiancé à ma soeur.Marguerite prenait généralement beaucoup de temps à s’habiller et à se maquiller.Ainsi m’arrivait-il souvent de tenir compagnie à son fiancé tandis qu’elle achevait de se préparer.Un soir d’été, j’étais occupée à lire dans le jardin quand il arriva: — Alors, France, on reste à la maison comme ça, des soirées durant?Je répondis sur le même ton.en plaisantant: dégourdir un peu les jambes.— Tu ne vois pas Edgar ce soir?ajoutai-je.— Non.Je crois d’ailleurs qu’il est en visite chez des amis — De quel côté vas-tu?Car je l’enverrai à ta rencontre s’il arrivait.— D’abord à la pharmacie pour y prendre un calmant.Je suis si énervée en ce moment! Et puis je ferai un petit pèlerinage.Je ne serai pas longtemps.Elle sourit et partit.Je ne la revis plus .A minuit, je montai me coucher.Edgar n’avait pas téléphoné, et Marguerite n'étais pas encore entrée.J’en déduisais que tous deux s’étaient retrouvés.Vers quatre twurcs du matin, je fus éveillée par un étrange et violent sentiment de malaise.Quelqu’un frappait à ma porte.C’était maman; elle était pâle, les traits étirés, la voix tremblante : douche dans la salle de bain où elle demeurait si longtemps à se mettre belle pour l’arrivée de son bien-aimé.Ainsi, cahin-cahant, le temps passait.Papa et moi nous employions notre temps à aider maman, à lui aider à surmonter sa peine.Edgar avait continué à venir plusieurs fpis par semaine.Parfois U m’invitait à faire une courte promenade avec lui pour me changer les idées.— Aujourd'hui, lui demandai-je un jour où nous étions seuls, que pensez-vous qu'il lui est arrivé?— Une crise d’amnésie probablement.Marguerite était d’un naturel trop bien équilibré pour se livrer de sang-froid à un geste inconsidéré.— Qu’entendez-vous par "un geste inconsidéré”?— Nous n’en savons rien — Oui.repris-je.nous ne savons rien.Si seulement nous savions.par Ange Furi — Que voulez-vous?J'ai tout ce qu’il faut pour faire une vieille fille .Personne ne recherche ma compagnie.— Mais moi.je vous aime, me dit-il sur le ton léger que nous adoptions souvent entre nous.Et il ajouta: — Mais surtout, n’en dites rien à Margot! — Coeur de ribabbelles! — Je vous en prie, je n’aime pas les grands mots ! Plus sérieux, Edgar ajouta: — Ecoutai, France, si vous vous ennuyez, venez avec nous.Nous irons prendre une consommation aux Forges: puis nous danserons.Ça vous va?— Il fait trop chaud, protestai-je, juste comme Marguerite arrivait.— Trop chaud pour quoi?dit-elle.— Pour vous suivre tous les deux ce soir.— Mais non, il fera beaucoup moins chaud qu'ici.Et ça te désen-nuira.Viens.Je ne veux pas de soeur vieille fille, tu sais! J’y allai.En dansant avec mon futur beau-frère, je rêvai d'épouser un tel homme.La date du mariage de ma soeur avec Edgar fut fixée fin octobre.Marguerite et moi aimions beaucoup cette saison d'automne qui rouille les frondaisons bordant notre beau Saint-Laurent.Etant enfants, nous aimions aller jouer sur las bords du fleuve, à la belle saison.Et l’automne venu, nous adorions aller goûter, sous le ciel gris, le nostalgique plaisir de passer une heure dans la petite cabine que papa nous avait installé sur la plage.Marguerite m’avait confié que cette petite cabine était un souvenir Important dans sa vie.C’est là qu’à seize ans, elle avait reçu son premier baiser des lèvres de notre cousin.Marcel.Très sentimentale, Marguerite n'avait jamais oublié ce premier baiser Et elle allait souvent dans la petite cabine, pour rêver ^-Est-ce une déclaration?plai-.santai-je.Mes relations avec Edgar, dans — C'en serait une si je n’étais l’attente du jour de leur mariage, déjà fiancé à votre soeur Margot.— Fiancé?Mais comment?Elle ae nous a rien dit! — C’est-à-dire, dit Edgar en souriant, qu’elle ne le sait même pas elle-même.J’entendais le faire ce soir.— Et qui vous dit qu’elle acceptera?le taquinai-je.— Moi.Je suis de ce genre d’homme qui obtient touiours ce qu'il veut! Marguerite arriva à ce moment: — Parle-t-on de moi?Si oui, est-ce en mal ou en bien?— Prétentieuse!.répondis-je affectueusement.Marguerite était très jolie.On disait que nous nous ressemblions beaucoup.Brunes toutes les deux et étaient assez étranges.C’est-à-dire qu’elles allaient parfois — en paroles — au delà d’une simple affection fraternelle.Il ne manquait iamais une occasion de se montrer galant avec moi, même en présence de Marguerite.Il prenait aussi un plaisir évident à nos bavardages, lorsque ma soeur était absente ou pas encore prête.L’été se passait ainsi, et nous étions à trois semaines du mariage.Maman.Marguerite et mol étions fort occupées les journées durant, aux préparatifs de la fête qui devait revêtir une grande solennité.Un soir, après le souper, Marguerite se prépara à sortir.— Tu t’en vas?fit.maman.— Juste un pettt tour pour me — France, me dit-elle, Margot n'est pas encore entrée.Je suis morte d'inquiétude.Je cherchai mais en vain une explication raisonnable: — Peut-être s'est-elle trouvée fatiguée chez les Magnan et y est-elle restée à coucher?— Elle m’en aurait prévenu, voyons Et maman regagna sa chambre qu’elle arpenta durant toute la nuit.A l'heure du petit déjeuner, nous nous retrouvâmes, maman, papa et mii, toujours aussi anxieux.— Peut-être n’ont-ils pas eu la patience d’attendre «et se sont-ils sauvés! suggéra papa avec un espoir subit dans la voix.Et il se précipita sur le téléphone Bien vite son visage s’attrista à nouveau.C’était Edgar lui-même qui avait répondu.Il n’avait pas vu Marguerite .Elle lui avait toutefois téléphoné de la pharmacie pour lui dire qu’elle ne le verrait que le lendemain, étant un peu fatiguée.Dix minutes plus tard, il était là.— Il faut immédiatement prévenir la police! conseilla-t-il.Elle était si nerveuse ce temps-ci qu’il n'est pas impossible qu’elle ait eu une perte subite de mémoire.Ou qu’elle se soit évanouie.— Voyons .— Aucune réponse n’est impossible.Ce sont des choses qui arrivent en pareille circonstances.— Bien alors Appelions la police.Le détective nous rassura.Il nous fit part en effet de son opinion à l’effet que les explications d'Edgar étaient très plausibles.— Le cas, avait-il dit, est plus fréquent qu'on ne le pense généralement.— Mais que ferez-vous?— Enquête immédiate! — Ce sera long?— Je ferai mon possible pour trouver votre fille le plus tôt! L’Inspecteur avait ajouté: — Seul un vivant peut se cacher aussi soigneusement.En acceptant les prétentions de la police, nous nous étions installés dans toute notre angoisse.Edgar venait passer les veillées chez nous.Et les semaines passaient.sans nouvelles de Margot! Je me sentais très désolés pour Edgar qui, paraissant très éprouvé, essayait quand même d'entretenir l’espoir dans nos coeurs.Et dans le sien.Ses yeux étaient devenus tristes et ses larges épaules s’af-faisaient un peu.Et les mois passaient .toujours sans nouvelle aucune de Margot! Notre maison, qui avait jadis été si gaie, était devenue triste comme une tombe.Tout nous rappelait Marguerite: les rideaux qu’elle avait fait, le piano qui était son instrument favori, les tartes qui étaient sa gourmandise, le bruit de la Nous pourrions peut-être trouver la fo.ee d'accepter même le pire.— Il faut pourtant continuer à vivre! soupira Edgar.Un jour, plus tard, ü m’a demandé: — Depuis quand n’étes-vous pas allée au cinéma?— Depuis que Marguerite — Vous ne pouvez continuer a vous enterrer ainsi! — Et vous?— Moi non plus! — Mais — Ne protestez pas, France.Ce soir, je vous amène avec moi.Vous voulez bien?J’ai accepté.A partir de ce jour-là.nous commençâmes à sortir ensemble de plus en plus fréquemment.Et un soir, à la porte de chez moi .un beau soir de lune.Je me souviens de cette nuit merveilleuse, de cette température enchanteresse qui fait chanter les coeurs, qui les fait danser sur un fil de fer.Et comme il est difficile de ne pas tomber de ce fil de fer.Comme il est difficile de ne pas tomber en amour, de ne pas laisser aller son coeur à la romance.ce soir-là, ma main s’était attardée dans la sienne .mes yeux s’étaient accrochés aux siens .ses lèvres avaient touché les miennes .et j’eus la révélation que mon affection fraternelle s’était changé en amour .amoureuse de l'ancien fiancé de ma soeur! — Tu m'aimes, France?— Oh oui! je vous aime, Edgar — Tu veux .Il hésita; puis il termina sa phrase en me prenant dans ses bras: — être ma femme?— C’est mon plus grand désir! Maman, aussitôt que je l’en informai, se mit à pleurer.Et elle nous souhaita beaucoup de bonheur.Quant à papa, U avait ajouté d’un air sombre: — Je suis sûr que Marguerite approuverait CHAPITRE 3 Nous avions été extraordinairement heureux pendant les trois premiers mois de notre mariage.J’y avals éprouvé cet étrange bonheur que l’on a à faire quelque chose pour quelqu'un que l’on chérit, uniquement parce que l’on désire le faire et que l’on ne pense plus à soi-même.Cette agréable chaleur qui envahit notre être à la simple constatation que l'être que l’on aime est là, tout près.J’étais sûre qu'Edgar ressentait la même quiétude, le même bonheur, quoique parfois il semblait distrait, perdu dans un songe.Bien sûr, comme tous les jeunes ménages, U arrivait que nous ne soyions pas du même avis.Mais r* n'était jamais bien grave.Ainsi ce jour où il s’opposa avec entêtement à ce que nous allions voir le film que je préférais, sous prétexte que les histoires de crime lui portaient sur les nerfs.Toutefois, de tels accrocs étaient extrêmement rares et très brefs.Le printemps revint.C’est à ce moment que notre bonheur fut chaviré.L’inspecteur Lamy, qui avait été chargé de l’enquête relative à la disparition de Marguerite, se présenta à la maison un après-midi, en l’absence d’Edgar.— Le corps de votre soeur a été retrouvé.— Pas possible.— Positif! — A-t-il été identifié?— Oui.par la brigade fluviale.— Où était-il?demandai-je.— Enlisé dans un banc de sable au bqrd du f’euve.La décrue vient de le découvrir.Je me laissai tomber dans un fauteuil.incapable de pleurer tant la surprise était à son comble J'éprouvais une douloureuse sensation de vide.Machinalement je lui demandai si l’on savait ce qui s’était passé.— Pas exactement.— Vous avez des doutes?— Peut-être une piste.— De quel côté?— J'aimerais, madame Magnan, vous poser quelques questions quand vous vous sentirez mieux.D’un signe de la tête.ie l'invitai à parler tout-de-suite.— Ces questions, madame, sont susceptibles de vous troubler.Il s’agit de votre mari.— De mon mari?fis-je interloquée.— D'Edgar Magnan.J’aimerais connaître, par exemple, la nature de son attitude vis-à-vis de vous je veux dire avant la disparition de votre soeur, alors qu'il était encore fiancé avec elle Je sursautai: — Je ne comprends pas Ou voulez-vous en venir?— Une simple formalité Il se leva.— Réfléchissez, madame Magnan.Il n’y a rien d'étonnant a ce que vous ne puissiez pas répondre immédiatement.Je reviendrai vous voir dans quelques jours.En fermant la porte derrière le policier, je fus en proie à ur.terrible trouble.Pourquoi, du fait que le corps de Marguerite avait été retrouvé, voulait-il connaître l’attitude d’Edgar vis-à-vis moi, au temps où ma soeur vivait encore?Pourquoi?Je courus chez mes parents.Je devais les prévenir.C’était mon devoir .Pauvre maman ! En quelques minutes, je crus voir sa figure vieillir de dix ans.Elle articula faiblement: — Je crois que je l'avais deviné Le dos voûté, elle monta dans sa chambre en pleurant.Je téléphonai à Edgar.— Nous voici donc fixés définitivement! dit-il lentement lorsque ie lui annonçai la nouvelle.Et ne sachant l’un et l'autre qu'ajouter, nous raccrochâmes.Dans (suite à la page 18) LES SECRETS DE LA VIE JEUDI 9 h.p.m.CKVI — CKCV — CHLN — CJSO 21 JUILLET 1951 RodioMonde PAGE 7 3s«M (¦p :> Art**.p n blâmerait?.Marjolaine avec son physique 'e bébé rose et ses cheveux blonds argent pourrait faire "bonbon".Mais parce qu’elle sait éviter les franfreluches et aime ne ligne simple et dépouillée, elle fait bien habillée.A l’été — :oute la gamme des tons pastels s’offre à Marjolaine et elle les aorte tous bien — l’heureuse élue a un petit faible pour le vert — exemple cette robe soleil qu’elle nous présente ici — elle est en sheer vert-feuille — brodée de pastilles blanches.Une véritable vision de jeunesse et de printemps — que Marjolaine nous laisse avec un royal sourire.ROGER LEBEL et sa compagnie découvrent Vildrac En effet, à l’émission du théâtre de Roger Lebel et sa compagnie, mardi prochain rtous entendrons une adaptation de Albert Brie de la pièce de Charles Vildrac: “Le Pèlerin”.C’est une pièce en un acte très intéressante, et qui s’adapte merveilleusement à la radio.Comme toujours, l’équipe sera composé de Gaëtan Plante du côté technique, de Roger Barbeau du côté de la réalisation, et des meilleurs interprètes de la capitale du côte dramatique.On annonce également que la compagnie théâtrale Roger Lebel -Çonnaitra probablement les feux de la rampe, la saison prochaine.Il est même question d’une pièce de Albert Brie pour cette occasion, pièce qui aérait peut-être présenté au Keslval d’Art Dramatique.Mais oe ne sont là que des rumeurs.Ce qui est oertain, c’est que le programme de mardi prochain.Le Pèlerin de Charles Vildrac sera tout particulièrement intéressant.H.V."Encor* un spectacle qui sort de l'ordinaire.** — Trépaniez.La Patrio Deux spectacles tous les soirs PAUL REMOS et ses LIVE TOY BOYS BOURBON & BAIN Danseurs comiques et musicaux RUDYA RUDYAS Délicieuse chanteuse de chanson anglaises espagnoles et française — Matinées SAM.ET DIM.Spectacle complet du soir.Pas de frais d'admission Léon Lachance chanteur et nx.Deux spectacles tous les soirs 1er: 10:30 p.m 10 h.en fin de semaine Johnny Dj Mario Air climatisé son orchestre Trio Eric Linton St-Urbain et Ste-Catherine e Téléphone : BE.7097 y* NON, > iézette/ i JE N'EN Al PAS MANQUÉ UNE SEULE "r.JE UES Al Yr TOUTES ^ ( FRAPPÉES.' > vous AVEZ .J - MANQUE UNE MARCHE, > PARA?if 21 JUILLET 1951 PAGE 9 ^ C EST LE t MEILLEUR ENDROIT.QUAND RAPA SE LÈVE LA NUIT, IL N'EST TpUJOURS > QU'À MOITIE ^-7 RÉVEILLE J • RadfoMoade m mu® ¦ .¦iimt .* % Au pays des Esquimaus, dit-on, on s’embrasse du nés, c'est-à-dire que le baiser le plus respectueux consiste à se toucher nés à nés.Le poste CKVL et le Petit Journal, au courant de cette coutume, n'ont pas hésité à déléguer l’un des Baulns, car leur formation nasale leur facilite le baiser esquimau! Ici Jean se pratique sur le nés de la Miss marjolaine 1ère.québécois que c'est un exercice formidable?) Il avait à peine deux an» lorsque sa famille plia bagage pour se rendre dans la vallée du Bas St-Lauient, Sayabec plus exactement, mais le trajet ne se fit pas en canot puisque la famille était déjà nombreuse et que le chef préférait garder ses énergis afin de prendre la direction d’un Hôtel qui devenait sa propriété.Comme tous les jeunes de son âge, Henri se permit bien des aventures qui ne faisaient pas toujours la joie de sa pauvre maman.Ce n'est certe pas sans "Soucie”, qu’elle réussit à garder main forte sur cnacun d’eux, parce que je vous l'assure, ils n’étaient pas toujours des anges au paradis.Après l'école primaire, il se dirigea vers le collège classique de Rl-mouski.C’est là, quç ses tendances artistiques commencèrent à surgir à l’aurore d'un idéal, qui était le sien.Tout en poursuivant ses études, Henri Soucie participa aux présentations de quelques classiques.Po-lyeucte, des extraits de Otello, le Cid.Ses études terminées au collège de Gaspé, il se rendit au poste CHNC de New-Carlisle.Comme tout aspirant, on lui fit passer une audition et à son grand bonheur le directeur l'invita à se Joindre au personnel des annonceurs.De peine et de misère et de nervosité, qui se calma après quelques mois de travail acharné il se fixa dans la vie radiophonique qui devenait l'idéal de sa vie.Après avoir passe un an et demi au service de ce poste situé au milieu de la belle Gaspésie, la maladie de la radio montréalaise s’empara de lui, c’est alors qu’il entra au service de Radio-Canada service international.En 1948, un nouveau poste s’ajoutait à la liste des postes privés, à Matane sur la frontière gaspésienne.Il retournait donc en province pour un an.En août 1949, il entrait aux services du Corps d’Aviation Royal Canadien, un domaine bien différent de la radio.Licencié un an plus tard, U retournait à ses premiers amours, la Radio.C’est donc au mois d’août dernier qu’il entrait à CKVL, où après une audition, on l’invita à faire partie du personnel, qui, à son avis, est l’un des plus sympathique.D’après lui, l'atmosphère de l’endroit où il est actuellement, lui plaît énormément.Il compte déjà un bon groupe d'amis (les) et surtout des centaines et des centaines d’admiratrices.Enfin.il en a bien le droit, puisqu'Henri est encore célibataire.Nous nous joignons à tous nos lecteurs, pour lui souhaiter tout le succès qu’il mérite.A tout prendre, qu'est-ce qu'un boiser?Nos Annonceurs Il y a différentes sortes de baisers., ., * .• _ En Amérique to,U d abord, il y a le baiser de cinema, le baiser de scene, le baiser de nul,o.le baiser (U- tourten-aux dans un parc désert.U> lunser de ci, le baiser di ta.w fc *v?aT /e baùer détour.savant que deux acteurs pratiquent une centaine de fous afin de le remire réaliste.Ccst un baiser minute, contrôle et ,xis du tout sucré’ U baiser de *cè-,u- est presque un acte de terrorisme pratique par deux acteurs afin de démontrer clairement au spectateur T amour qui existe entre les deux; ordinairement, les lèvres ,U‘ l’un et de Vautre ne se touchent même pas! Le baiser de la rcuho est Vm livre du bruiteur qui fait rêver les auditeurs! Le baiser de c, ou celui de ça, on ^ «m-naîtf U baiser des jeunes tourten-aux dans un /tare desert est plus souvent l a, tu n de baiser que le plaisir
de

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