Argus, 1 janvier 2014, Vol. 43, No 2
[" IIAiiO NUMÉRIQUE Première(s) page(s) manquante(s) ou non numérisiée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec EJ ES ES ES ARGUS VOLUME 43, N° 2 LE MOT DE PRÉSENTATION // 5 Les défis [Le comité de rédaction Argus] DOSSIER / LES DÉFIS // 7 De l\u2019intérêt d\u2019utiliser un outil de collecte de données statistiques.Le télévoteur // 8 L\u2019implantation d\u2019applications sur tablettes tactiles aux bibliothèques de l\u2019Université Concordia [Éthel Gamache et Katharine Hall] // 12 Et si Wikipédia était scientifique?// 16 Wikisource.Le défi d\u2019une bibliothèque virtuelle bénévole! // 19 La bibliothèque de survie de Charles Sagalane // 23 Fleurs de bitume\t// 27 Défis actuels des bibliothécaires.Tour d\u2019horizon // 31 L\u2019accessibilité universelle dans les bibliothèques // 34 Relever le défi de l\u2019entrepreneuriat social // 37 Les défis informationnels dans les PME du Québec // 39 À la Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage, les nouveaux arrivants et les partenaires.Un défi d\u2019engagement envers la communauté // 43 Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec Corporation of Professional Librarians of Quebix ; différence CBPQ Histoires d'u Sur YouT Corporation des bibliotheca ires professionnels du Québec Corporation at ProfcsiloraP Librarians ol La CBPQ a produit trois capsules vidéo qui visent à faire découvrir à tous comment le bibliothécaire, à titre de professionnel, peut dans l'exercice de son travail, faire une différence auprès d'un public adulte, enfant ainsi qu'auprès des professionnels.liiHvBlvJmii.-J Rendez-vous à l'hôpital La première capsule relate un fait vécu en milieu hospitalier et démontre comment l'intervention du bibliothécaire a changé le cours des choses.Sur le terrain La deuxième capsule se déroule en milieu communautaire et on suit l'évolution d'une jeune femme dans le cadre d'un atelier de création.Se découvrir à travers les mangas La troisième capsule se passe en milieu scolaire et on découvre le parcours d'un jeune homme qui, grâce à un atelier sur les mangas organisé par le bibliothécaire, sur les mangas, s'est découvert de nouvelles aptitudes.Quel que soit le milieu de pratique, la contribution des bibliothécaires porte fruit !!! LE MOT DE PRÉSENTATION Les défis LE COMITÉ DE RÉDACTION ARGUS/ Nos vies professionnelles sont remplies de défis de tous acabits.Après avoir réussi ses études, il faut d'abord trouver un emploi, puis s'adapter à une culture organisationnelle.Une fois au travail, nous rencontrerons des situations, des collègues et des usagers et usagères difficiles à cerner.Nos valeurs seront questionnées.Nous ferons face à de multiple changements : technologiques, démographiques, politiques, climatiques, sociaux.Les réponses à ces changements seront gérées par et avec nous, nous seront imposées ou se laisseront attendre.D'autres défis auront été choisis et nous permettront d'arriver à nos buts plus efficacement.Ce qui est certain, c'est que chacun et chacune d'entre nous aura son lot de défis professionnels à relever.Sans parler des défis dans les autres sphères de nos vies! Dans ce numéro, nous vous proposons de nous intéresser aux moyens utilisés pour les relever.D'abord, explorerons les réponses aux défis technologiques, notamment avec l'utilisation d'outils statistiques, la sélection d'applications pour tablettes prêtées en bibliothèques et la participation citoyenne et collaborative aux outils de type wiki.Nous nous intéresserons ensuite à une bibliothèque de survie.Puis nous croiseront la poésie au détour d'une ruelle avec « Fleurs de bitume ».Finalement, nous converserons plus ponctuellement avec des défis : un portrait, des questions d'accessibilité, d'implication sociale, le travail en PME (petite et moyenne entreprise) et en milieu multiculturel.Nous espérons que ce numéro saura vous accompagner dans votre réflexion sur les défis à travers lesquels notre profession et nous-mêmes pourrons continuer à grandir et nous adapter avec succès.revueargus@gmail.com COMITÉ DE RÉDACTION : EDWARD BILODEAU, ETHELGAMACHE, CHARLES LECOURS-PELLETIER, ISIS LOPEZ, MARILYNE S.VEILLEUX//CORRECTION ET RELECTURE : MERCI À CLAUDE BONNELLY, SYLVIE CARON, SOPHIE LECOQ, GUYTEASDALE // ILLUSTRATION DE LA PAGE COUVERTURE : MICHEL FALARDEAU - Ml IC H E LFA LFR D EAU.B LOG S P OT.CA // DIRECTION ARTISTIQUE : MARTINE MAKSUD - MAKSUDGRAPHISME.COM // IMPRESSION - JB DESCHAMPS // PUBLICITÉ - AURORE ACAPO 514 S45-3327 // ARGUS SUR LE WEB : REVUEARGUS.ORG DÉPÔT LÉGAL.BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU CANADA.BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC ISSN 0315-9930 POSTE PUBLICATION 40021801 -TIRAGE 1000 EXEMPLAIRES //ARGUS EST UNE REVUE PUBLIÉETROIS FOIS L'AN PAR LA CORPORATION DES BIBLIOTHÉCAIRES PROFESSIONNELS DU QUÉBEC (C.B.P.Q.) DONT LE SIÈGE SOCIAL EST SITUÉ AU : 1453, RUE BEAUBIEN EST, BUREAU 215, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2G 3C6 - TÉLÉPHONE : 514 845-3327 - TÉLÉCOPIEUR : 514 845-1618, INFO@CBPQ.QC.CA//TOUS LES TEXTES PUBLIÉS DANS LF REVUE EXPRIMENT LES POINTS DE VUE ET OPINIONS DES AUTEURS ET N\u2019ENGAGENT QUE CEUX-CI.ABONNEMENT ANNUEL 33$ (QUÉBEC TARIF INDIVIDUEL 12$ LE NUMÉRO) QUÉBEC INSTITUTIONNEL 40 $ (15 $ LE NUMÉRO) CANADA 48 $ (17 $ DU NUMÉRO) ÉTATS-UNIS 48$ CAD.(17$ CAD.DU NUMÉRO) ÉTRANGER 50$ CAD., ÉTUDIANTS (QUÉBEC, CANADA) 23$.TOUTE DEMANDE CONCERNANT LES NUMÉROS MANQUANTS DOIT ÊTRE ENVOYÉE AU PLUS TARD UN MOIS APRÈS LF DATE DE PARUTION AU SECRÉTARIAT DE LF C.B.RQ.TOUTE REPRODUCTION DES ARTICLES, EN TOTALITÉ OU EN PARTIE, DOIT ÊTRE AUTORISÉE PAR LE COMITÉ DE RÉDACTION.LES ARTICLES DE LF REVUE SONT INDEXÉS DANS : > ARTICLEFIRST (OCLC) > FRANCIS > LIBRARY, INFORMATION SCIENCE& TECHNOLOGY ABSTRACTS (LISTA) > LIBRARY LITERATURE > REPÈRE > WILSON OMNI.I 5 argus I VOLUME 43 - N°2 /nr Y' Dossier Les défis Les défis peuvent sembler insurmontables mais ils sont souvent une occasion de se surpasser, de se réinventer.De victime d'accident à super héroïne bionique, d'institution menacée à vecteur d'innovation, de travailleurs de l'ombre à professionnels reconnus, la route peut sembler bien longue mais la persévérance saura en venir à bout.Comme cette illustration qui nous a touché-e-s droit au cœur, nous espérons que les textes qui suivent sauront vous inspirer au dépassement.I 7 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS De l'intérêt d'utiliser un outil de collecte de données statistiques Le télévoteur MARIE-CHRISTINE BEAUDRY/ La technologie Turning Point fait des adeptes un peu partout dans les milieux éducatifs.L\u2019engouement s\u2019avère incontestable dans un contexte où l\u2019interactivité et la circulation des opinions sont devenues des faits sociaux.Ces prémisses admises, l\u2019expérience a été tentée en formation documentaire au moment de la rentrée universitaire 2014 à l\u2019UQÀM.Happer l\u2019attention en était l\u2019idée motrice.La réception des étudiants fut positive lors de la distribution des télécommandes, objets d\u2019intérêt.L\u2019un des buts dissimulés derrière l\u2019emploi de cet outil ludique était de sonder les habitudes informationnelles des publics en présence et, surtout, de tenter d\u2019ajuster en temps réel ladite formation leur étant destinée.Il paraît incontournable de connaître les différents profils d\u2019étudiants en classe, et ce rapidement, car l\u2019intervention faite par un bibliothécaire un des buts dissimulés derrière l\u2019emploi de cet outil ludique était de sonder les habitudes informationnelles des publics en présence et, surtout, de tenter d\u2019ajuster en temps réel ladite formation leur étant destinée.advient dans une période bien précise (et courte) de leur vie estudiantine.La deuxième finalité de l\u2019utilisation de ces instruments était de mesurer la perception de la formation reçue chez les apprenants.Les télévoteurs n\u2019y ont donc pas été utilisés dans leur contexte habituel, c\u2019est-à-dire à des fins de validation de leurs connaissances et compétences sur nos systèmes de recherche, contrairement à la tendance de travail avec ces outils de collecte de don- nées.\u201cThis technology allows instructors to gauge the knowledge of specific concepts and, if appropriate, expand on the different answer choices\u201d (Buhay, Best, & Mcguire, 2010, p.1).Quatre groupes ont été soumis à l\u2019expérimentation.Le nombre de participants variait entre 14 et 16, sauf pour un groupe composé de 6 étudiants.Deux questions fondamentales étaient posées à tous les groupes, et certaines supplémentaires ont été ajoutées (en lien spécifique avec la nature de leur formation octroyée).Deux groupes provenaient du premier cycle et les deux autres étaient issus des cycles supérieurs.Chaque groupe avait le privilège de bénéficier d\u2019une formation de trois heures.Ajoutons que trois des groupes recevaient une formation documentaire et l\u2019autre une formation EndNote, accompagnée d\u2019informations sur des fonctionnalités avancées de l\u2019agré-gateur EBSCO.Certains résultats ont été étonnants; cet article a pour objectif de présenter un sommaire des résultats obtenus spontanément, mais ne prétend aucunement découler d\u2019une démarche scientifique.PREMIER CONSTAT Google est l\u2019outil de recherche de prédilection.La première question posée à trois des groupes demandait : « Quand vous faites de la recherche, par quel outil débutez-vous?»1.Des trois groupes sondés, presque 100 % des étudiants ont répondu qu\u2019ils démarraient leurs recherches avec Internet2.Il semblerait donc que malgré le contexte encadrant d\u2019une formation documentaire (qui invite à l\u2019utilisation d\u2019autres outils de recherche d\u2019informations, par exemple, ceux proposés par la bibliothèque - et dont les coûts sont très élevés) les étudiants admettent qu\u2019ils sont portés naturellement vers Google pour entamer leurs explorations. DOSSIER / LES DÉFIS Il semble possible de poser l\u2019hypothèse que les cégeps interviennent davantage que nous pourrions l\u2019envisager auprès de leurs clientèles étudiantes en ce qui a trait à la formation documentaire.De cette tendance, des pistes supplémentaires peuvent être dégagées pour guider nos interventions relatives à leur comportement en matière de compétences informationnelles.Cette prédisposition reflète le type de requête qu\u2019ils formulent au moment de l\u2019interrogation de nos outils : lors d\u2019exercices de recherche en formation, ceux-ci préfèrent inscrire quelques termes imprécis dans la boîte de recherche et ensuite observer leurs résultats pour parfois en faire le tri de à l\u2019aide des facettes.Ils recommencent ensuite le processus jusqu\u2019à satisfaction, ce qui peut prendre du temps lorsqu\u2019ils ignorent les principes des vocabulaires contrôlés et d\u2019autorités.Ils calquent sans doute là leurs habitudes informationnelles acquises sur Internet.DEUXIÈME CONSTAT Plus de la moitié des étudiants du premier cycle avaient reçu de la formation documentaire auparavant; les résultats fluctuent pour les étudiants des cycles supérieurs.Les étudiants de premier cycle rencontrés avaient reçu pour plus de la moitié d\u2019entre eux (53 %) de la formation documentaire par le passé3.Il semble possible de poser l\u2019hypothèse que les cégeps interviennent davantage que nous pourrions l\u2019envisager auprès de leurs clientèles étudiantes en ce qui a trait à la formation documentaire.Par exemple, grâce à des questions ouvertement posées à tous, quelques étudiants affirmaient connaître certaines ressources documentaires de type « bases de données » (telles Eurêka, Érudit et Repère).Pour les cycles supérieurs, les données surprennent.À peine 1/3 des participants du premier des deux groupes avaient déjà reçu de la formation.Or, précisons qu\u2019une partie de l\u2019explication réside dans le fait que plusieurs étaient des étudiants étrangers (29 %).Pour le deuxième groupe rencontré, les participants étaient divisés à part égale sur cette question.TROISIÈME CONSTAT Les étudiants affirment bien comprendre l\u2019organi-sation et le fonctionnement des bases de données.Il apparaît pour plusieurs des bibliothécaires-formateurs de l\u2019UQÀM que cette portion de la performance informationnelle s\u2019avère la plus difficile à inculquer.Conséquemment, le plan de travail était de présenter d\u2019abord l\u2019outil de découverte et par après les bases de données, selon la logique de recherche.La question qui a alors été soumise aux étudiants au terme de l\u2019exposé sur les chemins d\u2019accès aux bases de données était de savoir si les diverses options avaient été clairement présentées.À un taux très élevé, les étudiants ont répondu Oui (respectivement 100 %, 82 % et 93 %); tous les autres étudiants ont sélectionné le deuxième choix : Oui, mais j\u2019aurais aimé plus de temps.Bref, aucun participant n\u2019a déclaré être confus ou n\u2019a répondu Non, ce qui a semblé stupéfiant pour un bibliothécaire-formateur.QUATRIÈME CONSTAT Les étudiants de premier cycle ont trouvé satisfaisant la durée de leur formation; un des groupes des cycles supérieurs a manifesté éprouver une insuffisance du temps alloué.I 9 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS Cette question, qui s\u2019enquérait à savoir si les participants auraient préféré avoir plus de temps pour approfondir un sujet précis au cours de leur formation, a été énoncée vers la fin des différentes présentations.92 % des apprenants du premier cycle ont déclaré Non, signifiant probablement que la période de formation correspondait à leurs besoins et à leur patience face à ce type d\u2019apprentissage.Seuls 8 % des participants ont manifesté qu\u2019ils auraient souhaité bénéficier de temps additionnel pour l\u2019étude des bases de données.Ce résultat statistique confirme que la tâche de formation documentaire devient incontournable parmi toutes celles accomplies par un bibliothécaire de re'fe'rence.Elle devient le pivot de son offre de service auprès de la communauté académique.Cette tendance s\u2019est inversée dans un des groupes des cycles supérieurs.Plus de la moitié des participants (54 %) ont soutenu qu\u2019ils auraient souhaité plus de temps.Ils étaient par contre divisés sur leur besoin d\u2019explications supplémentaires, partagés entre l\u2019envie d\u2019obtenir des précisions sur les bases de données et sur l\u2019utilisation A\u2019EndNote.On pourrait déduire de ces résultats que les étudiants des cycles supérieurs comprennent avec acuité la portée des apprentissages reliés à l\u2019utilisation des ressources documentaires dans leur parcours universitaire (vers un succès académique), ce qui apparaît peut-être plus abstrait chez les étudiants de premier cycle, à la rentrée scolaire.L\u2019autre groupe des cycles supérieurs (celui ayant reçu la formation EndNote) s\u2019est montré satisfait à 100 % de la durée impartie pour chacun des sujets abordés.CINQUIÈME CONSTAT Les étudiants estiment presque tous avoir trouvé la formation utile.Afin de mesurer cet aspect fondamental de l\u2019évaluation de la performance de la formation, il semblait incontournable de s\u2019enquérir de la satisfaction des apprenants4.En moyenne, 95 % des répondants ont répondu Oui à la question « Est-ce que la formation a été utile?».Ces résultats probants invitent à croire que l\u2019intervention d\u2019un bibliothécaire-formateur s\u2019avère pertinente dans le parcours d\u2019un universitaire, notamment puisqu\u2019il se révèle l\u2019expert de la présentation des ressources documentaires dont il observe quotidiennement les différentes métamorphoses.Ce résultat statistique confirme que la tâche de formation documentaire devient incontournable parmi toutes celles accomplies par un bibliothécaire de référence.Elle devient le pivot de son offre de service auprès de la communauté académique.Il est certain qu\u2019aujourd\u2019hui, plusieurs outils facilitent la recherche d\u2019informations - tels les outils de découverte.Néanmoins, les étudiants comprennent rapidement qu\u2019ils rencontrent des difficultés dans le repêchage qualitatif des documents ou dans l\u2019optimisation du temps alloué à cette activité quand ils sont dépourvus de soutien5.DES RÉSULTATS ATTENDUS ET INATTENDUS Plusieurs collègues pourraient arguer ne pas être surpris par ces données, qu\u2019elles représentent bien les habitudes informationnelles de l\u2019heure chez les étudiants ou leur compréhension globale de nos systèmes de recherche documentaire.On pourrait même affirmer l\u2019inutilité de colliger des statistiques aussi évidentes.Or, trois résultats surprenants ressortent du lot : le premier relativement à l\u2019étendue de l\u2019activité de formation en milieu préuniversitaire; le deuxième en lien avec la clarté de compréhension des étudiants sur l\u2019accès aux bases de données et sur leur fonctionnement; le troisième concernant le désir 10 DOSSIER / LES DÉFIS de recevoir plus de temps de formation (affirmation soutenue par un groupe des cycles supérieurs).C\u2019est en cela que l\u2019utilisation des télévoteurs a servi.Elle a permis d\u2019avoir accès à ce type d\u2019informations qui auraient été ignorées à ce jour.L\u2019emploi de l\u2019outil a donc été concluant : le piège de l\u2019introduction d\u2019un gadget impressionnant mais inutile a été évité.Pour aller plus loin, si l\u2019on songe aux futures offres de formation de la bibliothèque, le dernier résultat statistique pourrait être utilisé auprès du corps professoral pour plaider une présence accrue auprès des étudiants.Ajoutons au sujet du travail avec ces télécommandes un dernier point à ne pas négliger : le formateur qui interroge des participants doit être en mesure de rebondir sur les résultats livrés.Introduire ce type d\u2019outil peut séduire quiconque étant avide de dynamiser et de stimuler une formation.Néanmoins, il faut être apte à procéder à une analyse rapide et instantanée à partir de statistiques générées en temps réel.Si cela peut paraître anodin, ce ne l\u2019est pas du tout dans le cas où les participants se prononcent majoritairement pour ou contre une question de manière inattendue, par exemple, la réponse Non à l\u2019interrogation sur l\u2019utilité d\u2019une formation en cours; de quoi pétrifier un formateur.Pour terminer sur une note plus positive, ajoutons que cet inconvénient réel s\u2019efface avec l\u2019usage régulier de l\u2019outil.Un bibliothécaire prêt à tenter l\u2019expérience dépassera cette crainte s\u2019il est déjà capable d\u2019autocritique.L\u2019expérience aussi est d\u2019or.Notes 1\tPour chaque groupe, il a été précisé que le terme recherche sous-entendait une collecte d'informations liées à leur discipline universitaire 2\tLa seule participante de tous les groupes ayant sélectionné Autre à la question a avoué devant la classe, après la publication des résultats, qu'elle s'était trompée de choix.3\tCette donnée statistique inclue les étudiants qui s'étaient déjà inscrits, lors d'une session scolaire antérieure, au cours obligatoire pour lequel chaque année une formation documentaire est octroyée puis, qu'ils l'avaient abandonné.4\tDans le cas des quatre groupes, les étudiants devaient se déplacer à la bibliothèque afin de recevoir leur formation comme leurs écoles et départements respectifs sont éloignés géographiquement de nos laboratoires; un effort supplémentaire à prendre en compte.5\tCe commentaire est fréquemment recueilli lors de périodes données au comptoir de référence ou en séance de mentorat au moment où ils entament réellement leurs recherches.beaudry.mc@uqam.ca Bibliothécaire, UQÀM X BIBLIOGRAPHIE Buhay, D., Best, L.A., & Mcguire, K.(2010).The Effectiveness of Library Instruction: Do Student Response Systems (Clickers) Enhance Learning?Canadian Journal for the Scholarship of Teaching and Learning, 7(1).| 11 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSiER / LES DÉFiS L'implantation d'applications sur tablettes tactiles aux bibliothèques de l'Université Concordia ETHEL GAMACHE ET KATHARINE HALL / Les bibliothèques offrent l\u2019accès à de nombreuses ressources, et de plus en plus à de nouvelles technologies.Dans cette démarche d\u2019intégration de nouvelles technologies, les bibliothèques de l\u2019Université Concordia ont, au cours des dernières années, intégré le prêt de tablettes tactiles offrant des contenus et des applications numériques.Nous décrirons dans cet article le déroulement de cette implantation, et plus spécifiquement le processus de sélection et de choix des applications qui ont été installées sur les tablettes et proposées plus généralement aux étudiants et aux étudiantes.MOTIVATIONS ET CONSIDERATIONS TECHNIQUES La première motivation pour ce projet était d\u2019assurer une meilleure diffusion des livres électroniques disponibles dans les collections.Les Bibliothèques achètent des livres électroniques à l\u2019unité, mais aussi en grappes, avec des abonnements à « Palgrave Connect », « SpringerLink Ebooks » et autres fournisseurs du genre.Un comité a été mis sur pied pour évaluer le meilleur choix pour les bibliothèques.Nous avons aussi pu compter sur la collaboration des bibliothèques de l\u2019Université McGill qui avaient fait auparavant un projet pilote sur les liseuses.Finalement, les tablettes électroniques ont été choisies aux dépens des liseuses, étant plus polyvalentes en ce qui a trait aux fonctionnalités et au téléchargement de contenu libre.Plusieurs de nos abonnements en bouquets à des livres électroniques ne permettent ni téléchargement aisé, ni une lecture conviviale dans un navigateur.De plus, l\u2019utilisation des tablettes ouvre la porte à une plus grande sélection de contenu libre relativement aux applications, permettant ainsi aux usagères et aux usagers d\u2019accéder plus aisément à des contenus liés aux bibliothèques, mais aussi à des produits éducatifs, tels que des programmes de fiches de style Flashcards, des atlas anatomiques, des quiz, des visualisations de données et des représentations géographiques.Pour notre première flotte de tablettes, le choix s\u2019est arrêté sur les produits Apple, soit des iPads, car un plus grand nombre d\u2019applications étaient alors disponibles sous ce format.Lorsque nous avons commencé à explorer les options de liseuses et de tablettes en mars 2011, les iPads étaient sur le marché depuis un an et la deuxième génération était déjà disponible.Les autres tablettes n\u2019étaient pas sur le marché depuis aussi longtemps (comme point de comparaison, notons que la première génération de Galaxy Tab de Samsung n\u2019était sur le marché que depuis quatre mois, ayant été lancée en novembre 2010).Les iPads paraissaient alors comme l\u2019option la plus fiable.Notons que les services informatiques ont été partie prenante des discussions pour l\u2019appropriation de cette technologie par les bibliothèques.Plusieurs considérations techniques ont eu un impact sur le contenu proposé.Bien sûr, les tablettes requièrent des stations d\u2019accueil pour pouvoir être rechargées.Aussi, afin d\u2019éviter tout vol de données, tout le contenu des tablettes doit être complètement effacé - histoire, fichiers, applications, .après le retour de chaque emprunt.Le système d\u2019opération et les applications pré-sélectionnées sont alors installés de nouveau.Ces considérations nous ont amenées à limiter à vingt-cinq le nombre d\u2019applications de base, afin d\u2019assurer un temps de rechargement court.Un autre élément important a été le coût d\u2019une flotte de vingt-cinq tablettes.Nous avons eu la chance d\u2019avoir un financement de l\u2019association étudiante.En effet, l\u2019association étudiante de Concordia, Concordia Students Union (CSU), a voté, il y a quelques années, 12 SOURCE : WEST, A.J.(2012,16 JANVIER).UNBOXING 50 IPAD 2SAT CONCORDIA UNIVERSITY'S LIBRARY [FICHIER VIDÉO] RÉCUPÉRÉ DE WWW.YOUTUBE.COM/WATCH?V=_HHBM9DOR6E Capture d'écran de Unboxing 50 iPad 2s at Concordia University's Library.une proposition visant à donner aux bibliothèques une portion des revenus tirés de leurs frais d\u2019adhésion à l\u2019association.Cet argent nous permet d\u2019offrir des services qu\u2019il serait autrement difficile de financer.En discutant avec des représentants et représentantes du CSU, nous pouvons élaborer et financer des projets tels qu\u2019une salle de réserve, un service d\u2019entretien pour les nuits (ce qui permet aux bibliothèques d\u2019être ouvertes 24h), l\u2019ajout de plantes, l\u2019achat de chaises qui absorbent le bruit, etc.D\u2019autres partenaires importants ont été l\u2019équipe de la circulation et celle de la sécurité.Cette collaboration entre de nombreux acteurs a été une pierre angulaire pour le succès de ce projet.CHOIX ET SÉLECTION DES APPLICATIONS Tel que mentionné plus haut, le projet a été entamé en 2011: à ce moment, aucun abonnement institutionnel à un ensemble d\u2019applications n\u2019était disponible, contrairement à ce qui se faisait déjà aux États-Unis.Il n\u2019y avait pas encore de programme éducatif au Canada pour suggérer des applications ouvertes à toutes les étudiantes et étudiants, ni de licences multiples.Nous avions une belle opportunité pour faire un travail de sélection des applications qui pouvaient être pertinentes pour nos usagères et usagers, notamment quant à la recherche, à l\u2019étude, à l\u2019éducation, à la productivité, aux services de bibliothèques et aux services offerts à Montréal, où nos bibliothèques sont localisées.Il s\u2019agissait d\u2019un travail similaire à celui du développement des collections.Nous avons dû prendre en compte le fait que les licences individuelles sont parfois coûteuses.Nous avons fait le choix de déployer des applications qui étaient gratuites (certaines ont pu être négociées) ou pour lesquelles nous avons eu l\u2019accord écrit de son ou de sa propriétaire (les démarches ont été plus fructueuses lorsque nous discutions avec de petites compagnies ou directement avec le programmeur ou la programmeuse).Par la suite, une revue de littérature a été réalisée dans le but d\u2019évaluer ce qui était offert dans d\u2019autres bibliothèques et reconnu par le milieu Cette collaboration entre de nombreux acteurs a été une pierre angulaire pour le succès de ce projet.académique et celui de l\u2019éducation.Nous avons aussi utilisé les catégories proposées dans le Apps Store pour parcourir les sections liées à l\u2019éducation, à la productivité, à la référence, aux actualités et à des disciplines spécifiques (par exemple, une application liée à l\u2019anatomie pour la kinésiologie, ou permettant la création de graphiques pour les mathématiques et les sciences).Un autre élément important pour le choix des applications a été la collaboration de nos pairs.Ce sont de véritables mines de ressources pour suggérer des applications, qu\u2019elles soient liées à la - productivité ou à un domaine précis.| 13 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS Capture d'écran d'un iPad des Bibliothèques de L'Université Concordia, 2014.Afin d\u2019acquérir et de tester les applications, nous avons utilisé un certificat cadeau de 100$.Cela nous a permis de nous créer un compte dans le Apple Store et de tester les applications gratuites ou peu coûteuses.Pendant la période d\u2019essai de ce projet, en plus des applications disponibles par défaut sur les iPads, les applications suivantes ont été testées: Flashcards Deluxe Goodreader Pcalc RPN Calculator Lite Quick Graph iWork: Keynote iWork: Numbers iWork: Pages CBC News Globe & Mail The Gazette AP News Metro News for iPad ArcGIS World bank datafinder MTL Mobile TED Nous avons aussi installé un navigateur Web spécifique aux ressources des Bibliothèques sur la première page des tablettes.De tous ces choix, il a fallu limiter à vingt-cinq les applications téléchargées sur les tablettes tactiles.Tel que mentionné plus haut, cette limitation venait du temps nécessaire pour télécharger de nouveau les iPads après chaque utilisation : plus il y a d\u2019applications, plus la période de téléchargement - et donc d\u2019attente pour pouvoir emprunter la tablette de nouveau - est longue.Par contre, il a été possible de proposer l\u2019ensemble des ressources pertinentes par l\u2019entremise d\u2019une page Web (sur laquelle nous suggérons des applications sans tenir compte de restrictions techniques ou financières : http://library.concordia.ca/research/internet/apps.php).La tablette reste ouverte aux modifications : une usagère ou usager peut y ajouter des applications, en tester, etc.Ces ajouts sont effacés lorsque la tablette est retournée \u2022 - î_ au comptoir de circulation.Tous les employés et employées travaillant à la référence ont eu une formation pour pouvoir soutenir les usagers.RÉSULTATS ET SUIVIS Le lancement des tablettes tactiles a été fait au cours de la célébration remerciant les étudiantes et les étudiants du financement qu\u2019ils et elles avaient offert aux bibliothèques en 2012, après le succès du projet pilote à l\u2019automne précédent (en ce sens, un autocollant du CSU a été apposé sur chaque tablette pour souligner leur investissement).La promotion de ce service a été par la suite faite dans les journaux étudiants, dans le journal de la communauté de Concordia et en communiquant avec les départements.Les tablettes ont tout de suite été très populaires! Un court sondage a été distribué avec les iPads lors du projet pilote : nous voulions savoir à quelles fins les étudiantes et les étudiants les utilisaient, ce qu\u2019ils et elles pensaient de l\u2019outil et du service, quelles applications avaient été utilisées et s\u2019ils ou elles avaient d\u2019autres suggestions d\u2019applications.À la question « Quelle application déjà installée sur la tablette avez-vous trouvé utile?», nous avons reçu 202 réponses qui mentionnaient des applications spécifiques.36 d\u2019entre elles n\u2019étaient mentionnées qu\u2019une fois.Plusieurs des applications identifiées n\u2019étaient pas pré-installées sur les iPads et avaient sûrement été ajoutées par les répondants et répondantes.Six applications ont récolté 50% des mentions: Site Web des bibliothèques (5.4%), TED (6.4%), Goodreader (8.4%), iBooks (8.9%), iWork: Pages (9.9%) et iWork: Keynote (10.4%).II convient également de noter que les applications liées aux nouvelles ont, ensemble, recueilli 13.4% des nominations.14 DOSSIER / LES DÉFIS Le questionnaire se terminait en demandant quelles applications devraient être ajoutées aux tablettes des bibliothèques de Concordia.Parmi les 151 réponses recueillies, 72 applications uniques ont été suggérées.Plusieurs de ces applications étaient déjà installées sur les tablettes, tandis que d\u2019autres n\u2019étaient mentionnes qu\u2019une fois ou deux.Ce sondage nous a permis de comprendre à quel point plusieurs utilisatrices et utilisateurs avaient des préférences individuelles pour des applications spécifiques.Les suggestions les plus courantes concernaient des applications liées au Web social, avec en tête de peloton Skype (8.6%) et Facebook (6.6%).De nombreuses suggestions étaient aussi liées à la suite bureautique Microsoft Office - logiciel de productivité (7.3 %) et aux applications liées à des cours spécifiques, tel que FirstClass (6.6%), qui est utilisée par notre École d\u2019études commerciales.Suite à l\u2019analyse des résultats du sondage, nous avons réduit le nombre d\u2019applications installées sur les tablettes tactiles et nous avons encouragé les étudiantes et étudiants à utiliser leur propre compte Apple pour télécharger des applications pertinentes.Nous avons aussi créé une page Web (http://library.concordia.ca/research/internet/apps.php, mentionnée ci-haut) où sont énumérées les applications recommandées et suggérées à partir des réponses obtenues grâce au questionnaire susmentionné et les applications que nous avons retirées des tablettes pour seule fin de légèreté.Cette page Web est relativement bien fréquentée : selon Google Analytics, cette page est visitée en moyenne une vingtaine de fois par semaine.Le projet est réévalué régulièrement.Au bout d\u2019un an, en raison de l\u2019appréciation donnée à ce service, d\u2019autres tablettes ont été achetées.Elles sont popu- Un projet d\u2019implantation de tablettes électroniques tactiles nécessite une démarche réfléchie et des ressources financières, mais le succès nous montre qu\u2019il répond à un besoin dans notre communauté.laires et empruntées : l\u2019été est leur seule période de repos.Les applications offertes sont revues annuellement, afin d\u2019offrir une sélection toujours pertinente à nos usagères et usagers.Le but de ce projet est de soutenir les étudiantes et les étudiants vers une meilleure appropriation des technologies qui peuvent leur être utiles dans leur vie étudiante.Somme toute, le projet d\u2019implantation de tablettes tactiles et des applications sélectionnées qui les accompagnent est un beau succès.La collaboration, la coordination, la formation et la promotion ont été des éléments clefs de cette réussite.Plusieurs projets en lien avec les applications sont toujours possibles.Il serait notamment intéressant de créer nos propres applications.Les universités Queens (avec l\u2019application SeQure) et York (avec York U Safety) ont créé leurs propres outils pour améliorer la sécurité sur leurs campus.Un projet d\u2019implantation de tablettes électroniques tactiles nécessite une démarche réfléchie et des ressources financières, mais le succès nous montre qu\u2019il répond à un besoin dans notre communauté.ethel.gamache@concordia.ca Bibliothécaire en religion, théologie et philosophie katharine.hall@concordia.ca Bibliothécaire de référence en sciences I 15 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS Et si Wikipédia était scientifique?MARISE BONENFANT-COUTURE/ Imaginez que Wikipédia soit combinée à un article scientifique : toutes les forces de la collaboration et de l\u2019accessibilité avec la rigueur et la fiabilité de la méthode scientifique.La science accessible, transmise.Permettre que la science soit plus efficacement au service de la pratique.C\u2019est ce que fait Unipsed en offrant des informations et des connaissances rigoureuses scientifiquement, tout en se basant sur des processus collaboratifs.Cet organisme de charité vise à combler le fossé entre chercheurs et intervenants dans les domaines psychosociaux et ainsi à participer à l\u2019amélioration des pratiques.Pour ce faire, Unipsed offre gratuitement une base de données en ligne dans les domaines psychosociaux, dont les processus collaboratifs assurent aussi la qualité scientifique du contenu.Ceci a eu pour effet d\u2019amener l\u2019organisme Le défi reside donc dans l\u2019innovation de ce processus et les changements qu\u2019il apporte par rapport aux processus traditionnels, particulièrement ceux du milieu académique.à réinventer le processus de publication scientifique, à créer un lieu unique et organisé pour la diffusion et à bâtir une communauté d\u2019intervenants, de chercheurs, d\u2019étudiants et d\u2019organismes partenaires.Pour Unipsed, les défis sont partout, à chaque étape du cycle de vie des documents : lors de la création ou de l\u2019acquisition, de l\u2019organisation, de la diffusion, de la mise à jour ainsi que de la conservation et de l\u2019archivage.DEFI DE CREATION Le défi de la création tient principalement dans le processus de publication scientifique d\u2019Unipsed qui permet la collaboration tout en maintenant la rigueur scientifique.En effet, comme présenté dans la figure 1, intervenants, étudiants, professeurs et chercheurs peuvent écrire.L\u2019article est par la suite révisé jusqu\u2019à son approbation par les lecteurs-arbitres comme pour toute revue scientifique.Afin de faciliter ce processus, les auteurs sont accompagnés par des « experts-guides », des spécialistes sur le sujet traité par l\u2019article, ainsi que par des directeurs de publications qui encadrent le tout.Le défi réside donc dans l\u2019innovation de ce processus et les changements qu\u2019il apporte par rapport aux processus traditionnels, particulièrement ceux du milieu académique.DÉFI D\u2019ACQUISITION Le défi de l\u2019acquisition tient dans la sélection des documents pertinents, mais surtout dans les ententes partenariales qu\u2019Unipsed crée avec des organismes faisant office d\u2019autorités dans le domaine.Ces ententes permettent à Unipsed de diffuser sur sa plateforme Web (www.unipsed.net) des documents souvent méconnus par la communauté, puisqu\u2019ils étaient difficiles et longs à trouver individuellement chez chacun de ces organismes.Chacun de ces documents répond à nos critères de rigueur et d\u2019accessibilité, ce qui signifie que le document a toute la valeur d\u2019un article scientifique, mais que son message est adapté au public qu\u2019il cible.Communiquant donc directement avec les organismes créateurs de documents, Unipsed doit considérer les normes et valeurs de ceux-ci, tout en respectant les siennes, lors de la sélection des documents, mais aussi lors des échanges entre les organismes et c\u2019est là que réside tout le défi d\u2019acquisition.16 DOSSIER / LES DÉFIS CRÉATION Intervenants Chercheurs Chercheurs -\u2022 Écril i\tture >\t \t>\t\t < -\u2022 Révi\t> sion\t r-\\ ACQUISITION \t\t \t\t ACQUISITION > Hébergement > Redirection H» ORGANISATION Normes; Interopérabilité et transférabilité; Portails; Recherche avancée et par étape DIFFUSION Site Web et Forum; Réseaux sociaux; Conférence et soirée de discussion ÉVALUATION ET COMMENTAIRES Qualité et rigueur des informations DISPOSITION : APRÈS UN CERTAIN NOMBRE DE COMMENTAIRES, UNE NOUVELLE VERSION/ÉDITION EST PRODUITE.ARCHIVAGE DE L'ANCIENNE VERSION DÉFI D\u2019ORGANISATION Unipsed est constamment en cours de développement, l\u2019adaptation est donc le plus gros défi dans l\u2019organisation : l\u2019adaptation aux changements technologiques et aux changements de ressources, qui sont particulièrement incertaines pour un organisme de charité mais, surtout, l\u2019adaptation aux besoins immédiats et futurs et le rôle qu\u2019y jouent les normes documentaires choisies et adaptées au milieu.Ces normes doivent en effet répondre aux besoins et ressources actuels, mais aussi permettre l\u2019adaptation aux besoins et ressources futurs.C\u2019est donc avant tout pour leurs qualités d\u2019interopérabilité et de transférabilité que les normes utilisées sont choisies, puis adaptées.Ainsi, la base de données actuelle est hébergée sur Wordpress et peut contenir des documents de différentes sources et d\u2019une multitude de formats, d\u2019éditions et de versions, mais pourra aussi facilement être transférée vers une plateforme plus adaptée aux besoins qui auront évolué.DEFI DE DIFFUSION Une diffusion gratuite, pour tous, en tout temps : un site Web.Mais ensuite?Se faire connaître est un défi.L\u2019utilisation des réseaux sociaux est non négligeable, mais parfois insuffisante.Pour un jeune organisme, rejoindre sa communauté est un défi, car cette dernière n\u2019en connait pas toujours l\u2019existence.C\u2019est pourquoi Unipsed n\u2019est pas qu\u2019en ligne, mais organise aussi des conférences et des soirées de discussion afin d\u2019aller chercher les gens tout en offrant des services complémentaires.La diffusion s\u2019opère d\u2019abord sur le site, par l\u2019organisation des portails, par la section « Approfondir » des articles qui lie les documents complémentaires les uns aux autres, ainsi \\ que par le Forum, un lieu d\u2019échange et de liens entre [ documents.À l\u2019extérieur du site, la diffusion conti- \\ nue par les conférences, les soirées de discussion et c les réseaux sociaux, qui ne servent pas qu\u2019à se faire \\ connaître, mais aussi à diffuser le contenu.Le tout : c vise à ce que la communauté s\u2019approprie les connais- \\ sances diffusées et qu\u2019elle les utilise par la - suite dans sa pratique.\t^7 I 17 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS DÉFI DE MISE À JOUR Afin de conserver la valeur rigoureuse des documents, l\u2019actualité et la justesse des informations sont cruciales.Unipsed compte sur sa communauté pour assurer la mise à jour constante des informations par des moyens d\u2019évaluation et de commentaires sur chacun de ses articles.Cette section permet ainsi aux lecteurs de nous informer sur le manque de clarté, les L\u2019organisme met la communauté au centre de ces processus et, ainsi, unit les efforts souvent disparates des collectivités concernées, que ce soit au niveau de la production, de l\u2019organisation, de la diffusion ou de l\u2019utilisation des connaissances.informations manquantes ou erronées, etc.Chacun participe donc au maintien de la rigueur scientifique et à la qualité des articles.Le défi de mise à jour est de ce fait un défi de mobilisation : bâtir une communauté et la mobiliser afin d\u2019assurer que toutes les connaissances sont à la fine pointe de la recherche.DÉFI DE LA CONSERVATION ET DE L\u2019ARCHIVAGE Après un certain nombre de commentaires ou un certain temps déterminé, l\u2019ancienne version de l\u2019article est archivée, restant ainsi accessible aux lecteurs, tandis que la nouvelle version repasse par le processus d\u2019écriture et de révision avant d\u2019être publiée.C\u2019est du moins le cas pour les documents créés par les membres d\u2019Unipsed.Pour les documents que nos partenaires diffusent, la question est tout autre et encore en cours de résolution.Le défi du proces- sus d\u2019archivage réside dans la multitude de formats, d\u2019éditions et de versions qu\u2019il est possible d\u2019avoir pour chacun de nos documents, qu\u2019ils soient créés ou acquis.Chacun de ces défis est vecteur de changements visant l\u2019amélioration de la pratique dans les domaines psychosociaux et un meilleur accès à des connaissances de qualité.Pour se faire, Unipsed réinvente le transfert de connaissances issues de la recherche scientifique par ses processus de production et de diffusion de l\u2019information.L\u2019organisme met la communauté au centre de ces processus et, ainsi, unit les efforts souvent disparates des collectivités concernées, que ce soit au niveau de la production, de l\u2019organisation, de la diffusion ou de l\u2019utilisation des connaissances.Unipsed est un jeune organisme où tout est à construire.Les défis sont certes nombreux, mais ce sont certainement eux qui donnent tout l\u2019aspect stimulant et novateur au projet.marise.bonenfant@unipsed.net Directrice de la base de données.Responsable du développement documentaire.Unipsed 18 DOSSIER / LES DÉFIS Wikisource Le défi d'une bibliothèqu ERNEST BOUCHER/ Les archives du domaine public ont toujours été une ressource inestimable pour la recherche, l\u2019étude, ou simplement pour le plaisir de lire ce qui s\u2019est publié à travers les âges.Pour les créateurs, la possibilité de puiser dans un aussi vaste répertoire de textes que l\u2019on peut adapter ou moderniser a permis de nous offrir de nouvelles œuvres d\u2019intérêt.Citons l\u2019exemple des fables de Jean de la Fontaine dont certaines étaient inspirées du travail d\u2019Ésope dans l\u2019Antiquité grecque.Avec l\u2019arrivée des technologies modernes, les œuvres sont devenues plus faciles à consulter.Plus besoin de se rendre physiquement dans les archives nationales.Nous pouvons désormais en quelques clics accéder à des milliers d\u2019ouvrages en format numérique sur des portails Web comme ceux de la Bibliothèque nationale de France (BnF) ou de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Certes, les portails Web de BnF et BAnQ n\u2019offrent pas toujours une version textuelle fiable où il est facile d\u2019effectuer des recherches (l\u2019océrisation est parfois incluse mais non vérifiée), mais l\u2019accessibilité sans frontières demeure toutefois un avantage indéniable.De vastes projets de numérisation ont aussi été entrepris dans les universités nord-américaines par Google.Le projet original était génial : Google numérisait les ouvrages et les rendait accessibles gratuitement aux gens sur son portail Google Books.Malheureusement, cette belle idéologie de l\u2019accès gratuit s\u2019est vite effondrée, car certains éditeurs ont décidé de publier à nouveau ces ouvrages en format numérique et ont exigé leur retrait des collections rendues publiques par Google.L\u2019entreprise, ne voulant pas perdre des ressources financières importantes en frais juridiques pour défendre ce principe, a tout simplement obtem- e virtuelle bénévole! Logo de Wikisource.péré en retirant ces œuvres, qui doivent maintenant être achetées auprès des éditeurs ou encore être consultées à la pièce sur d\u2019autres portails payants.La technologie a changé les règles du jeu sur le plan de l\u2019accessibilité et de la monétisation des œuvres du domaine public.Avec la facilité de publication et de distribution qu\u2019offrent aujourd\u2019hui les livres numériques, la possibilité de bénéfices infinis devient un atout majeur.Une fois qu\u2019un ouvrage est préparé, il n\u2019y a plus aucune limite au nombre d\u2019exemplaires que nous pouvons vendre, et ce, sans aucun distributeur ou intermédiaire.De plus en plus d\u2019éditeurs, à l\u2019affut de nouvelles parts de marché dans la révolution de l\u2019information qu\u2019internet a causée, puisent donc dans les ouvrages du domaine public pour les rééditer en format numérique et les revendre, souvent tels quels, sans devoir verser de droits d\u2019auteur.Autrefois limités par des coûts importants de réédition et de réimpression, les éditeurs devaient s\u2019assurer de l\u2019intérêt de la population envers un ouvrage avant de le mettre sous presse, sous peine de rester avec des inventaires de livres invendus imprimés à fort prix.L\u2019ère du livre numérique a aboli cette barrière.De plus, alors qu\u2019il était relativement simple d\u2019estimer le tirage d\u2019un classique, la publication numérique ne nous le permet plus, car rares sont les éditeurs qui publieront leurs résultats.Combien de livres de Jules Verne, pour ne citer | 19 argus I VOLUME 43 - N°2 SOURCE : NICHOLAS MOREAU, LICENCE CC BY-SA 3.0 ?.'\"if * I, \u2022 -n * Bibliothèque nationale de France, site Richelieu.que celui-ci, ont été vendus cette année?Et combien les gens auront déboursé pour se porter acquéreurs de ses œuvres qui pourtant appartiennent au patrimoine francophone?Voici les nombreuses raisons pour lesquelles le projet Wikisource a vu le jour en 2003.Non seulement afin que les œuvres du domaine public soient accessibles à tous, mais surtout pour qu\u2019elles le soient facilement et gratuitement, tel qu\u2019il se doit.Wikisource est une bibliothèque numérique où plus d\u2019un million d\u2019ouvrages sont offerts au public, dans plus de 60 langues différentes.Les volumes d\u2019archives nationales étant de plus en plus numérisés afin de faciliter leur consultation sans risquer de dégrader les œuvres, le défi que s\u2019est lancé Wikisource et ses contributeurs/ Voici les nombreuses raisons pour lesquelles le projet Wikisource a vu le jour en 2003.Non seulement afin que les œuvres du domaine public soient accessibles à tous, mais surtout pour qu\u2019elles le soient facilement et gratuitement, tel qu\u2019il se doit.éditeurs bénévoles est de permettre à tous, où qu\u2019ils soient dans le monde et peu importe leur support de lecture (ordinateur, liseuse, tablette, téléphone intelligent), d\u2019accéder à ces volumes édités et vérifiés grâce à Internet, et ce, sans frais.L\u2019interface de Wikisource permet d\u2019accéder facilement non seulement aux volumes complets mais aussi en mode page par page.Ainsi, les gens peuvent, selon leur disponibilité, corriger ou valider quelques pages ou plusieurs d\u2019entre elles, et les ouvrages se complètent peu à peu et sont livrés au public.D\u2019autres préféreront éditer la mise en page selon les paramètres utilisés par l\u2019interface, le point commun de tout ce travail bénévole étant de permettre la diffusion de notre patrimoine littéraire.Toute personne qui aime la lecture peut contribuer au projet.Une de nos participantes est une dame de 71 ans qui amorce sa journée en buvant son café et en faisant la relecture de quelques pages tous les matins.Quelques minutes suffisent et l\u2019étendue de cette collaboration permettra de faire des avancées considérables.Si 10 personnes finalisent deux pages par jour dans un volume de 500 pages, plus de 25 jours seront requis pour publier le livre.Cependant, si 100 personnes ne prennent que cinq minutes par jour pour compléter l\u2019édition d\u2019une seule page, en moins d\u2019une semaine, le volume sera publié.Imaginez les possibilités d\u2019un tel projet si quelques milliers de francophones posaient un tel geste quotidien! Ce principe de collaboration, quoique simple, nécessite aussi d\u2019intéresser les gens à participer.Il faut maintenant que le projet soit connu du public, ce à quoi nous mettons tous nos efforts.L\u2019énorme défi de ces projets collaboratifs bénévoles n\u2019est pas seulement de trouver des personnes qui s\u2019y intéressent, il s\u2019agit aussi de renouveler les participants car, comme dans tous les projets bénévoles, certaines personnes cessent de participer pour se tourner vers d\u2019autres activités ou d\u2019autres projets.Malgré tout, chaque année, ce sont plusieurs centaines de livres du domaine public qui sont ainsi « libérés » gratuitement au bénéfice de tous dans les interfaces du projet Wikisource.20 SOURCE : DVORTYGIRL (OWN WORK) LICENCE CC BY-SA 4.0 DOSSIER / LES DÉFIS Numérisation d'un livre.au bénéfice de tous dans les interfaces du projet Wikisource.Intérieur de la Grande Bibliothèque du Québec (BAnQ) [.] chaque année, ce sont plusieurs centaines de livres du domaine public qui sont ainsi « libérés » gratuitement Du côté francophone, en date du 30 septembre 2014, aucune publication québécoise ou canadienne-fran-çaise n\u2019était malheureusement disponible.D\u2019où le lancement du Projet Québec/Canada, avec la collaboration de Wikimédia Canada, le chapitre canadien du mouvement Wikimédia, et l\u2019appui financier de la Wikimédia Foundation elle-même.En date du 3 janvier 2015, 14 livres du domaine public avaient été publiés et près de 140 livres sont actuellement accessibles sur l\u2019interface de Wikisrouce.Différentes présentations ont été faites, notamment à l\u2019Université de Montréal dans le cadre des midi-conférences, à BAnQ dans le cadre du mois de la contribution francophone, à la télé communautaire, et sous peu dans certaines bibliothèques publiques.Nous cherchons également à intéresser les écoles secondaires.Avec des sujets aussi variés que les romans, la poésie, le théâtre ou l\u2019histoire, la possibilité d\u2019intéresser les étudiants à un tel projet ne pourrait être que bénéfique pour tous.L\u2019intérêt du milieu des bibliothèques et du milieu scolaire est la clé du succès dans un tel projet.En 2010, la Bibliothèque nationale de France a décidé d\u2019adhérer au projet en numérisant 1400 œuvres pour les téléverser directement sur Wikisource afin que les collaborateurs puissent faire l\u2019édition et la publication numériques qui les rendront accessibles gratuitement.D\u2019autres partenariats se sont développés en France, notamment avec les Archives départementales des Alpes-Maritimes.De ce côté-ci de l\u2019Atlantique, les choses ont évolué différemment.La volonté des bibliothécaires et archivistes n\u2019est pas en cause, car tous ceux à qui nous avons présenté le projet jusqu\u2019ici sont enthousiasmés par de telles possibilités de collaboration.Là où le travail reste à faire, c\u2019est au niveau des décideurs.À l\u2019heure actuelle, partout dans le monde, le mouvement se met en branle avec GLAM (Galleries, Libraries, Archives & Museums).Plusieurs grandes institutions reconnues ont décidé d\u2019emboîter le pas en Europe et aux États-Unis.Il est primordial que ce mouvement atteigne aussi le Québec et le - Canada.| 21 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS Des livres et des libraires M Librairie a Le plus vaste choix de littérature jeunesse et de bandes dessinées proposé en librairie au Québec.Tous les livres numériques francophones disponibles.Le Salon mensuel des nouveautés propose la plus grande sélection de titres diffusés au Canada.MonetPRO.ca, le catalogue virtuel conçu spécifiquement pour répondre aux besoins des bibliothécaires: sélections, classifications thématiques et suggestions./__^ Laurent Borrégo, Service aux institutions laurent@librairiemonet.com Librairie Monet \u2022 Galeries Normandie 2752, rue de Salaberry, Montréal (Qc) H3M 1L3 librairiemonet.com *TéL: 514-337-4083 Tél.sans frais: 1-888-337-4083 À l\u2019heure actuelle, partout dans le monde, le mouvement se met en branle avec GLAM (Galleries, Libraries, Archives & Museums).Plusieurs grandes institutions reconnues ont décidé d\u2019emboîter le pas en Europe et aux États-Unis.En octobre 2014, Bibliothèque et Archives nationales du Québec démarrait un projet-pilote du côté de ses manuscrits en téléversant 2 documents : la transcription d\u2019un procès contre Marie-Josephe-Angélique de 1734, et un rapport sur le Témiscamingue présenté au ministre des Travaux publics à Ottawa par Charles-Alfred-Marie Paradis en 1884.Nous espérons bien entendu que ces partenariats n\u2019iront qu\u2019en s\u2019accroissant.Plus la compréhension des projets collaboratifs comme Wiki-source se répandra, plus la collaboration à tous les niveaux se développera.Les partenariats se multiplieront, non seulement avec la collaboration du public en général, mais aussi dans le milieu des bibliothèques; certaines bibliothèques publiques ont déjà formé leurs employés à l\u2019utilisation de WikiSource et souhaitent offrir des formations publiques dans leurs locaux.Les gens du milieu des bibliothèques peuvent être des personnes-ressources de premier ordre dans un projet tel que celui-ci.Ils sont sans aucun doute la clé qui permettra à ce grand défi de rendre les œuvres de notre patrimoine national à la population, et non aux corporations.Un défi de taille certes.mais quel beau défi! eboucher@jecontribue.ca Membre de Wikimédia Canada et instigateur du Projet Québec/Canada sur Wikisource http://jecontribue.ca 22 DOSSIER / LES DÉFIS La bibliothèque de survie de Charles Sagalane - ~ .Diego Audet et Charles Sagalane JEAN-MICHEL LAPOINTE/ En octobre 2013, le milieu littéraire québécois mène tambour battant la campagne « Sauvons les livres ».Au même moment, le poète jeannois Charles Sagalane décide de s\u2019inviter dans la mêlée, mais d\u2019une manière discrète et décalée.En effet, loin du tumulte qui agite les librairies et les réseaux sociaux, il lui plaît davantage de se frotter aux vents du large qui balaient le lac Saint-Jean et d\u2019affronter les vagues qui gonflent cette mer intérieure afin de trouver refuge dans l\u2019agglomération d\u2019îles désertes situées à l\u2019extrême limite de son village natal, Saint-Gédéon-de-Grandmont.Dans cet endroit franchement en retrait, il a entrepris de construire avec les moyens du bord ce qu\u2019il appelle une « bibliothèque de survie ».Derrière ce projet un peu fou - qui l\u2019a conduit à installer dans sept îles de cet archipel tout autant de meubles singuliers destinés à héberger une collection d\u2019ouvrages littéraires soigneusement choisis - se trouve une idée toute simple : « ce sont les livres qui nous sauvent ».Ce renversement de perspective ne signale pas un désaccord avec ses collègues, puisque Sagalane tente plutôt d\u2019élargir la réflexion, notamment en essayant de « dépoussiérer notre rapport à la lecture et aux livres ».Cette expérience aux ramifications complexes et imprévisibles suggère une autre façon d\u2019occuper le territoire et d\u2019habiter la culture.J\u2019ai profité d\u2019un séjour dans la région, au mois d\u2019août 2014, pour aller à la rencontre du poète et de sa bibliothèque à ciel ouvert.Rendez-vous a donc été fixé dans le fort bien nommé Rang des îles, au bout d\u2019une route sinueuse qui épouse les | 23 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS contours du lac, à la résidence de son complice dans ce projet, Diégo Audet.Ce dernier lève les yeux de sa lecture, nous accueille en déposant son exemplaire fatigué de L\u2019histoire de l\u2019œil de Georges Bataille et nous entraîne sans plus tarder dans sa cour arrière, où nous attend un paysage de carte postale : le lac immense et, en plein centre, un chapelet d\u2019îles sous un ciel nuageux transpercé de soleil.Ma blonde est ravie.Œuvrant le jour en tant que peintre-débosse-leur au garage familial, ce monsieur Audet est un curieux personnage : le soir venu, il troque ses outils contre un ordinateur et assure la destinée de la bibliothèque municipale, sise au-dessus de la mairie du village.L\u2019excursion qui se prépare est placée sous sa gouverne, mais il semble hésiter à nous engager vers le large.Le poète arrive, nous lui exposons le problème.Il a plu toute la matinée, des éclaircies laissent présager un dégagement, mais le vent menace de se lever et de rendre la navigation impraticable.Qu\u2019à cela ne tienne.« On y va ».Nous voici lancés tous les quatre sur le lac, les mains fébrilement accrochées au plat-bord de l\u2019antique chaloupe d\u2019aluminium, la proue pointant vers la plage de la Petite île Verte, à environ un kilomètre et demi de la côte.Nous accostons sur la rive sablonneuse et prenons le sentier qui traverse l\u2019île.Après quelques minutes de marche dans cette forêt dense, le terrain devient de plus en plus accidenté.Nous atteignons enfin un plateau rocheux qui surplombe tout le versant nord du lac.En contrebas de la falaise s\u2019offrent à notre regard l\u2019île sans nom et, derrière elle, la Grande île Verte.Devant un tel panorama, il est facile de s\u2019improviser météorologue : le soleil plombe sur Métabetchouan, Desbiens est sous les nuages, une averse tombe sur Chambord, et ainsi de suite jusqu\u2019à Mashteuiatsh.Après, plus rien, le littoral disparaît entre ciel et mer.Sagalane s\u2019approche du vide pour considérer un pin gris, trapu et solidement accroché à la paroi rocheuse : « Ce bonsaï a au moins 70 ans.Les Japonais viendraient ici pour vénérer cet arbre ».Nous Diego Audet et Charles Sagalane J***- mm r is.*-* \u2022; gfï ' y DOSSIER / LES DÉFIS longeons le promontoire et bifurquons dans un sentier balisé par des plants d\u2019atocas.Une centaine de pas plus loin, nous voici face à un énorme pin rouge déraciné.Installée à même les grosses racines tournées vers le ciel, à hauteur d\u2019épaules, la bibliothèque de la Petite île Verte est pourvue de trois livres emballés individuellement : les Contes de Jacques Ferron, La canicule des pauvres de Jean-Simon Desrochers et une monographie du centenaire du village.Chaque pochette imperméable comprend un livre, des feuilles de bloc-notes et un crayon de plomb - matériel incitant les visiteurs à laisser une trace de leur passage.Sur un bout de papier planté dans le livre de Desrochers, probablement en guise de marque-page, on lit cette note d\u2019un certain François : « Je vais le continuer en camping cet été ».Difficile de connaître l\u2019affluence dans les îles.Mes guides m\u2019assurent néanmoins qu\u2019elles sont presque autant achalandées l\u2019été - on s\u2019y rend en bateau, en kayak, en canot - qu\u2019en hiver, alors que la nappe d\u2019eau devient un couvercle de glace permettant les Lorsque le promeneur échoué dans les îles se fait soudainement lecteur, son rapport au lieu se modifie, son imagination se met en branle, les pages lues se greffent à sa réalité et recomposent le sens de sa visite.déplacements en raquettes, en skis de fond et en motoneige.Chose certaine, le confinement de l\u2019endroit empêche les foules de s\u2019y presser.La récente vocation culturelle de l\u2019archipel n\u2019a d\u2019ailleurs pas été publicisée.Selon le poète, « le ouï-dire, la rumeur et la légende conviennent mieux au projet.La bibliothèque de survie c\u2019est une sorte d\u2019annexe sauvage de la bibliothèque municipale.On est à côté du cadre institutionnel, même si on suit le même mandat! » En proposant des livres là où on ne les attend pas, les deux acolytes cherchent à provoquer des rencontres inattendues, voire insolites.Ainsi, le bibliothécaire du village me raconte comment il a trafiqué un piège à martre pour en faire un appât littéraire, ce qui pousse Sagalane à répondre du tac au tac : « Dans les îles du Bélier, on trappe le lecteur! » Lire auxîles.¦J,\t\"1'» ' I 25 argus I VOLUME 43 - N°2 À Grosse île Verte.Cette médiation littéraire est assurément une manière originale d\u2019inscrire la culture dans le territoire.Lorsque le promeneur échoué dans les îles se fait soudainement lecteur, son rapport au lieu se modifie, son imagination se met en branle, les pages lues se greffent à sa réalité et recomposent le sens de sa visite.Chaque île se transforme alors en salle de lecture unique, dotée d\u2019ouvrages de référence sélectionnés parce qu\u2019ils s\u2019accordent bien avec le milieu qui les héberge.Sur un îlot rocailleux à l\u2019embouchure de la rivière Petite décharge, par exemple, se trouvait encore il y a quelques semaines une bibliothèque faite de croûtes de bois et abritant un seul livre, Chez les ours, une plaquette de poésie nourrie des pérégrinations nordiques de Jean Désy.Cet heureux mariage entre nature et littérature a pourtant été de courte durée puisqu\u2019un mauvais plaisantin a réduit la construction et son contenu en fumée.Loin de se laisser démonter par cette mésaventure, Sagalane se fait philosophe : « Je l\u2019ai reconstruite deux fois, et elle fut brûlée deux fois.Il y a une stratégie d\u2019occupation du territoire là-dedans, comme dans la vie sauvage.Comment le livre existe-t-il sur les lieux, que lui arrive-t-il, comment résiste-t-il aux intempéries?Le but ultime est de ne pas banaliser la magie de cet objet, sa fragilité, sa persistance.Une fois qu\u2019il est en territoire, il peut arriver n\u2019importe quoi au livre.Le sacro-saint respect des livres dans une bibliothèque est ici remplacé par un appel sacré, déraisonnable peut-être, mais essentiel et inscrit dans un cycle vivant : faire vivre le livre.».Dans l\u2019esprit de son fondateur, cette installation in situ est appelée à se métamorphoser au fil du temps, telle une œuvre de land art.Les visiteurs y participent pleinement, changeant l\u2019offre des livres, développant la collection selon des principes tantôt barbares, tantôt civilisés.Qui plus est, la nature elle-même s\u2019en mêle à sa façon : la pluie s\u2019infiltre dans les pochettes mal scellées, la neige accumulée recouvre certaines bibliothèques, leur assurant une protection inespérée durant la saison froide, avant de les faire ressurgir au printemps.Pour Charles Sagalane, tout a commencé en jouant au geocaching, une sorte de chasse au trésor reposant sur le géopositionnement par satellite (GPS).Ce loisir a ensuite dérivé vers autre chose.En février 2013, la première bibliothèque est installée.« Je sentais le besoin d\u2019une pratique littéraire liée à mes autres pratiques : randonnée, cueillette, canot.Avec le temps, l\u2019idée m\u2019est venue d\u2019un lieu plus intégré de partage et de vie littéraires.Et Diégo était le complice parfait, fin connaisseur des livres et des bois.».Cette démarche est à la croisée de plusieurs approches artistiques, qui sont toutes arrimées au grand œuvre auquel l\u2019écrivain travaille depuis 20 ans, son Musée moi.À ce jour, il en a tiré quatre recueils de poésie publiés par La Peuplade.Il documente ses virées dans les îles, se fait le mémorialiste des phases de cette « création en territoire » où figurent en bonne place les écrivains québécois d\u2019aujourd\u2019hui.Certains d\u2019entre eux, « des collègues », dédicacent leurs ouvrages avant qu\u2019ils ne soient acheminés vers l\u2019écosystème qui s\u2019harmonise le mieux avec leur texte, suite à quoi ils peuvent s\u2019informer de sa vie insulaire en consultant son site Web (www.sagalane.com).Chaque île de la bibliothèque de survie dispose de sa propre fiche numérique, accompagnée de photographies et de remarques diverses déclinées en prose poétique.Ce que nous redoutions devient réalité.Le vent se lève.Nous retraversons l\u2019île en vitesse et, dans un grand désordre, prenons le large.Ballottés par la houle comme un bouchon sur la mer, les vagues nous entraînent avec elles vers une suite de récifs où, irrémédiablement, elles vont se briser.Les flots heurtent notre frêle embarcation et nous éclaboussent copieusement.La tension monte.Notre capitaine parvient à négocier un passage vers le rivage.Nous foulons le sol, hilares et détrempés.Nous avons survécu.jmichel_lapointe@hotmail.com Bibliothécaire-étudiant à la bibliothèque Reginald-J.-R-Dawson de Ville Mont-Royal X DOSSiER / LES DÉFiS Fleurs de bitume Ils se souviennent parfois du temps où c\u2019était eux, habillés comme des dieux injuriant des moins de moitié d\u2019hommes.Le tout est embrouillé, Leur heure de gloire écoulée, ils ont encore la peau des doigts écorchée de s\u2019être agrippé aux aspérités d'une falaise sociale charbonneuse et huilée.Combien de rocs ont-ils gardés en main, chutant par là même inexorablement?Là-bas en vieille ville, des touristes achètent des Inukshuk en plastique à leurs enfants.MELANIE P ERROUX/ Enfant, en dehors de mes frères, mes amis étaient colorés, reliés et paginés.J'étais une enfant introvertie, plutôt pauvre, vivant dans une campagne luxuriante.Mais mon talent de lecture était développé au point de tout lire partout, tout le temps : chambre, salon, salle de bain, aucune pièce ne pouvait se sentir mal aimée par ma face cachée derrière une couverture.À travers mes lectures, trouvées à tort et à travers, je développais d'arrogantes connaissances ainsi qu'une suffisance devant l'ignorance qui amena mon surnom de Madame Je-Sais-Tout.Cependant, j'étais avide de savoir, de connaître le monde au-delà des étroites limites cantonales.L'école ne m'était pas suffisante.Et si en classe, j'acceptais d'abandonner provisoirement mon bouquin, c'était pour mieux me précipiter le nez entre ses pages, le portail scolaire tout juste dépassé, tandis qu'il me restait une bonne marche avant la maison.Jamais je ne rentrais dans les piétons : j'étais introvertie.Cette situation était problématique.Mon budget livre dépassait allègrement les finances de mes parents.Heureusement, les bibliothèques de mon grand-père et de ma grand-mère étaient fournies suite à plusieurs générations de syllogomaniaques, ces gens qui ne savent pas jeter.Lors de mes vacances chez eux, mes valises étaient toujours les plus lourdes, surchargées de mes emprunts de cellulose.Car, il faut bien l'avouer, malgré mes essais répétés, j'étais désespéré- ment incapable d'entrer dans une bibliothèque municipale.La vue de tous ces livres à l'appel d'un lecteur, alignés telles les colonnes d'un temple, semblait me mettre au défi.Comment pourrais-je les lire tous en une vie?C'est pourquoi je m'étais fait la règle absolue de ne jamais relire plusieurs fois le même livre, peu importe à quel point je pouvais l'aimer.Adulte, cette passion m\u2019a suivie.Lors de mes départs pour des missions humanitaires, je faisais toujours deux fois ma valise.Après en avoir terminé une première ébauche, je la laissais reposer quelques heures.Puis, décidée, j'enlevais la moitié de poids de vêtements, rajoutais son équivalent en livres, et insérais quelques billets de plus dans mon portefeuille : les livres en français ou en anglais étaient souvent des denrées plus rares que les nippes.Un jour, ils s\u2019asphalteront, monticules lassés des coups.Telles des bêtes blessées, après que chaque année en ait été 12, ils se coucheront dans un coin et s\u2019abandonneront, deviendront béton ou pétrole solidifié.Là-bas dans le port, des touristes achètent des attrapes-rêves à leurs enfants.argus | VOLUME 43 - No 2 I 27 DOSSiER / LES DÉFiS Malgré tout mon amour des livres, je dois reconnaître que mes plus belles leçons de vie ne me sont pas parvenues à travers eux, ni même dans mes missions humanitaires.Ce sont des sans-voix, des sans-écrits, et des sans-logis à qui je venais distribuer des livres d'une sorte de bibliothèque itinérante.Pour revenir à la genèse, j'avais enfin vaincu ma répulsion des bibliothèques, et disons que je m'étais mis un plus grand défi que de bouquiner tous les livres existants.Sauf que maintenant, je voulais en ajouter un à l'étalage, le mien.Je voulais écrire un livre.Ou plutôt, un livre s'écrivait tranquillement en dedans de moi, creusant le sillon impatient d\u2019une urgente exfiltration.Il faut dire que l'expérience était de taille : pendant 6 mois, j'avais habité un bidonville du Bangladesh, avec pour mission de structurer un foyer pour enfants des rues et d'y développer un projet de bus médical.Pourtant, ce n'est pas de moi et de cette expérience éprouvante qu'il s'agit dans mon livre sinueux.J'avais un besoin impérieux de raconter leur histoire.L'histoire de cette fille, de ce garçon, ou de plusieurs qui ont préféré la rue et ses drames plutôt que de subir les coups et le manque d\u2019amour de ceux censés les aimer : leurs parents.Pour eux, le temps se comptait en jours plutôt qu\u2019en années et l\u2019espace, réduit à des coins de rue, était symbole de liberté.Bien des années ont passé depuis qu\u2019ils m\u2019ont livré leur vie.Depuis, ils sont sûrement tous morts.À 8, 12, ou 20 ans peut-être.Pas trop tôt, mais trop vainement disparus, pour des adultes inaccomplis.Ils sont le silence des journaux.Même les rubriques de faits divers ont abandonné de les raconter tellement ils sont nombreux à être maltraités, violés ou à mourir comme asphaltés.Pourtant, fleurs de bitume, certains étaient le courage et la dignité réincarnés.Ils m\u2019habitent encore.Toutefois, malgré toute ma bonne volonté, un voile d'indistinction a recouvert ma mémoire, comme pour me protéger des cauchemars à répétition, comme pour me pousser vers un chemin plus lumineux.Avec toute ma culpabilité de les avoir doublement abandonnés, je suis partie à la recherche d'une thérapie de choc pour retrouver souvenirs et sentiments.Aussi, j'ai découvert une association nommée Exeko.Une association qui, à travers sa promotion de la « présomption d'égalité des intelligences et des cultures >2, réunit mes besoins de m'engager, de revisiter des expériences passées et mon envie de sortir de ma bulle pour rencontrer, parler aux itinérants.Exeko, où aucune soirée ne se ressemble.Et pour cause, imaginez-vous entrer dans une van qui transporte en arrière du matériel pour l'auto-défense intellectuelle : des crayons, du papier, des lunettes et des dizaines de livres.Mais l'idée d'Exeko n'est pas seulement de fournir des livres aux itinérants montréalais et plus particulièrement aux autochtones.IDAc-tion Mobile et l'équipe prenant place dans ce bus, affectueusement appelée « The books people > par les résidents de la rue, visent à permettre une médiation intellectuelle et culturelle.Ce sont des discussions, des ateliers créatifs ou citoyens, des échanges avec les personnes sûrement les plus marginalisées de notre société d'abondance.Et croyez-moi, le mot « médiation » n'est pas anodin et le concept d\u2019« échange » n'est pas juste théorique.28 DOSSIER / LES DÉFIS Invisibles, ils ne se cachent plus même pour chier.Ils se sont métamorphosés en bête humaine où la sincérité des besoins vitaux n'est plus cachée derrière un ramassis de politesses.Dans la rue, tout se fait sur bord de trottoir, de manger à se masturber.Maintenant, indignifiés, ils n\u2019ont plus d\u2019intimité.Leur esprit s\u2019emplit de mots bibliques en échange d\u2019une soupe ou d\u2019une douche.Diogènes des temps modernes, Jéhovah ou Jésus-le-glorieux, ils croient à tout.Là-bas, rue Sainte Catherine, des touristes achètent des tambours amérindiens à leurs enfants.Dès mon premier soir dans le bus IDAction d'Exeko, ces hommes et ces femmes, ayant en apparence les vies les plus déstructurées qui soient ou les croyances ancestrales les plus incomprises de la masse, sont venus déstructurer mes certitudes et mes préjugés.Je découvrais qu'ils avaient des familles mais, surtout, qu\u2019ils les appelaient, gardaient des liens avec elles : « Family\u2019s first! » me dit cette jeune fille en agitant ses dreadlocks.Je me souviens.À Dacca, capitale noire et gluante au milieu d'un Bangladesh rural et vert, les murs étaient noirs de crasse, comme une couche indélébile qui, avec les années, aurait tellement imbibé les briques rougeâtres qu\u2019elles semblaient être gris pétrole de l'origine.Tout était construit de parpaing de béton gris, et finalement, n'était jamais peint selon les plans architecturaux initiaux.Y avait-il une place pour la beauté dans cette mégalopole où la survie brutale prime?Quand la vie est jaugée sans valeur, la beauté est en exil.À travers Exeko, c'est ce besoin partagé de beauté que je redécouvrais : « I\u2019m from Calgary.I live in the streets of Montréal since 3 months because Calgary is too capitalistic for me.Why did I choose Montréal?Well, because both the people are nicer and the streets are more beautiful.Look, the lovely church in front of where I sleep every night! » Cette envie de beauté, beaucoup d'entre eux l'expriment à travers des dessins et des tatouages surtout les itinérants autochtones.Nombreux sont les carnets de croquis et les crayons que nous distribuons.* ^ « I love to read, yeah yeah.», nous dit un grand maigre, les yeux brillants et la peau dégoulinante de sueur à cause d'une crise de manque.« Yeah, I love to read you know.Do you have porn books?» Sourire.Qui sommes-nous pour juger?D'autres vont avoir des demandes qui me paraîtront toutes aussi saugrenues.D'ailleurs, ce soir-là, le sujet des livres les plus réclamés par ces sans-logis sera la cuisine, suivi par les massages et les livres concernant la santé.Quelques-uns toutefois ont des domiciles, exilés dans les extrémités de Montréal où aucun bus de la STM ne passe.Pourtant, soir après soir, nous les retrouvons dans la rue.Qu'auraient-ils à faire, toute la journée, dans cette coquille vide qui les enferme?Pas de travail.Pas de réseau social dans un quartier choisi par les services sociaux pour le bas prix des loyers.j= LC Et puis, la location payee, que reste-t-il pour vivre g quand t'es sur le BS?Peanuts.Alors autant s\u2019occuper s avec les amis de galere dans ces lieux connus de fond £ en comble, où les deux principales occupations sont | l'oubli, peu importe la manière intoxicante, - et l'observation des « vrais » gens.Ceux qui | 29 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS passent en costard-cravate.Ceux qui sont pressés d'aller à leur travail, puis d'en revenir.Ceux qui sont intoxiqués aux anxiolytiques, vitamines, énergisant, excitants, etc.pour mieux oublier qu'ils ne se sentent pas moins vivants que ces pestiférés assis par terre.Ils observent les femmes tapiner, les suivant au détour d\u2019une ruelle sordide pour se toucher brutalement, les écoutant imiter l'orgasme rocailleux de trop de fois, presque le vêlement d\u2019un bœuf avant l\u2019abattoir dans une vaine conscience de l\u2019absurdité de la vie.Ils ne se cachent plus, n\u2019ayant plus honte, n\u2019étant plus rien que chair.Expurgés des cache-misère humains, ils deviennent enfin des hommes.De ceux qui ne se cachent pas pour vivre, de ceux qui gardent leur animalité à fleur de peau.Certains jours même, ils deviennent des borborygmes incarnés.Et pendant ce temps, des dents de baleines sculptées sont vendues aux touristes pour leurs enfants.Un soir, je rencontre deux femmes autochtones extraordinaires qui ont vécu des choses qui devraient toujours être extra ordinaires.L\u2019une, la peau burinée et striée par intermittence de larmes, semble en avoir tellement laissé couler qu'une cicatrice rougeâtre en traçait le chemin.L'autre porte des croûtes gigantesques sur le visage.Est-ce la pleine lune qui les fait se confier autant à moi?Peu importe car, rapidement, je comprends que ces blessures visibles ne sont pas les pires.Et malgré leurs confidences où les mots « raped », « abused » et « blow job » résonnent trop souvent, cette fois ce n'est pas de leurs histoires dont j\u2019aimerais parler.Ces femmes m'ont fait résonner sur un sujet plus personnel : Pourquoi, tandis que je porte la « casquette » d'Exeko, je suis capable d'approcher les personnes vivant dans la rue, de leur parler longuement et de leur donner suffisamment confiance pour amener la confidence, alors que seule, sans Exeko derrière moi, je me sens timide, dérangeante et incapable de leur adresser la parole.De quoi ai-je peur?Qu'ils me rejettent comme eux-mêmes sont constamment rejetés?Que les gens autour me jugent?De ne pas savoir quoi leur dire?Ou que sais-je encore?R.me dit que, pour elle, l'important c'est le sourire, qu'elle n'aime pas les passants qui tirent la gueule.J'aurais aimé leur dire à toutes les deux que, bientôt, tout va bien aller pour elles mais ce serait vraisemblablement un mensonge.J'aimerais croire que je ne les oublierai jamais mais c'est sûrement une illusion.Ce que je sais, c'est qu'en leur honneur, je vais essayer de sourire plus.Je ne serai pas une passante grincheuse et sans casquette.Je vais leur sourire.À tout le monde.Aujourd'hui, être dans une foule me met au défi : comment pourrais-je tous les rencontrer, connaître tous ces gens, en une seule vie?Mais, contrairement aux livres, maintenant, je m\u2019octrois le droit de les déchiffrer plus d'une fois.C\u2019est que je ne suis plus une enfant introvertie.1.www.exeko.org perrouxmelanie@yahoo.fr Coordonnatrice de recherche, Université de Montréal X 30 DOSSIER / LES DÉFIS Défis actuels des bibliothécaires Tour d'horizon SOPHIE TROLLIET- MARTIAL/ Avant d\u2019entrer à la maîtrise en sciences de l'information à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) de l'Université de Montréal en 2013, je me disais que la profession de bibliothécaire était aussi définie que celles de plombier, de médecin ou de comptable.J'avais à la fois l'image d'un superhéros ayant une connaissance surdimensionnée de tous les domaines et celle d'une personne organisée qui passait son temps à placer des livres sur les étagères.Je voyais la Bibliothèque comme une institution noble, silencieuse et accessible où les personnes cultivées et assoiffées de lecture viennent se ressourcer, où les étudiants finissent leurs travaux de session avec en main des documents de référence et où les plus jeunes, assis par terre, dévorent les bandes dessinées.Bien que ces impressions ne soient pas complètement fausses, cette profession et l'institution qui l'héberge, sont, des réalités, beaucoup plus diversifiées, complexes et changeantes, évoluant dans un environnement politique, culturel et économique.Le XXIe siècle a marque' un tournant radical dans notre profession principalement au niveau technologique, ce qui implique une connaissance et une maîtrise de l'informatique très approfondies.Dans le cadre de ma formation en sciences de l\u2019information j'ai été amenée à réfléchir sur les différents défis que rencontrent les bibliothécaires qui effectuent «des tâches de gestion (personnel, ressources financières et technologiques) et [/ou] des tâches bibliothéconomiques (référence, sélection, classification, formation documentaire)» (Salaün, 2009).Afin de connaître les nombreux enjeux auxquels sont confrontés les bibliothécaires à Montréal et les compétences personnelles et techniques nécessaires pour surmonter ces défis, j'ai approché des professionnels de différents milieux et fonctions illustrant au mieux la diversité de cette profession.J'ai donc interrogé des professionnels des milieux universitaires, scolaires, publics et spécialisés afin d'élaborer une liste non exhaustive, mais réelle des défis qui m'attendent, une fois mon diplôme obtenu.Le XXIe siècle a marqué un tournant radical dans notre profession principalement au niveau technologique, ce qui implique une connaissance et une maîtrise de l'informatique très approfondies.Ainsi, l'implantation d'un nouveau système de gestion de données est une des tâches dont peuvent être responsables bon nombre de bibliothécaires.C'est le cas d'Isabelle Laplante, bibliothécaire au Centre de documentation collégiale CDC) qui se définit comme «véritable chef d'orchestre» dans le cadre de l'implantation d'une «Archive Ouverte, soit un lieu de dépôt et de diffusion, sous la forme d'une base de données, mais où les documents sont disponibles librement».En plus d\u2019utiliser ses compétences techniques de catalogueuse, cette dernière a rédigé le projet et l\u2019appel d\u2019offres, ainsi qu'assuré le suivi avec le consultant et le graphiste.Un tel projet nécessitait des talents de négociatrice de même qu'une bonne capacité d'analyse et de synthèse.Céline Arsenault, bibliothécaire au Jardin botanique, a aussi dû mettre en place, devant la croissance exponentielle annoncée des images numériques, un système unique de gestion incluant différents types de supports pour toute la collection institutionnelle.Le principal défi qu'a rencontré madame Arsenault fut celui de « [gérer] le changement quant aux fonctions de gestion, de repérage et de | 31 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS conservation des images institutionnelles».Sa ténacité et sa créativité, sa connaissance profonde des collections, des besoins des usagers et des possibilités technologiques ont permis «le développement de technologies abordables et fiables», « [l'ouverture] au partage des ressources» et la sensibilisation et la formation des utilisateurs.Dans le milieu universitaire où les bibliothécaires disciplinaires créent des tutoriels pour la formation aux compétences informationnelles des étudiants, on peut noter, l'utilisation d'outils technologiques déjà existants à des fins pédagogiques et de recherche C\u2019est ce qu\u2019a fait Oliver Charbonneau, bibliothécaire titulaire à la Bibliothèque Webster de l'Université Grâce aux competences techniques spécifiques au contexte de la bibliothèque, mais aussi aux qualités relationnelles, à l'engagement et à la patience, il est possible de rejoindre le public vise' et de travailler en équipe et de motiver son personnel.Concordia.De plus, il alimente deux blogues : out-find.ca, un outil dédié directement à son travail de bibliothécaire et culturelibre.ca, un « carnet traitant du droit d'auteur, d'internet, des bibliothèques et de la vie numérique».On voit, par ces réalisations, que les professionnels des sciences de l\u2019information doivent être capable de saisir les opportunités en optimisant les outils à leur disposition, tout en se tenant à jour au niveau des systèmes, appareils, applications, logiciels, médias sociaux, etc.En parallèle à l'environnement technologique dans lequel est plongé le bibliothécaire, ce dernier est un être sociable qui reste en permanence en contact et à l'écoute de ses usagers.Capter l'attention des jeunes afin que ces derniers aient le goût de la lecture dès le plus jeune âge est un des premiers chevaux de bataille d\u2019Olivier Hamel, bibliothécaire à la Commission scolaire Marguerite Bourgeois, mieux connu sous le nom de Biblio boxeur.Grâce à «milles et une astuce de vieux loup de mer de la bibliothéconomie en milieu jeunesse qu' [il] a appris au contact des élèves et des enseignants», il peut maintenir «l'intérêt des jeunes pendant plus d'une heure et réaliser [des] activités littéraires devant plus de 75 étudiants».Ainsi, en plus de posséder une maîtrise en bibliothéconomie, il «possède désormais des diplômes beaucoup plus prestigieux : mangathologie, super-héros-théconomie et monstrologie [et plus encore] ».Grâce aux compétences techniques spécifiques au contexte de la bibliothèque, mais aussi aux qualités relationnelles, à l'engagement et à la patience, il est possible de rejoindre le public visé et de travailler en équipe et de motiver son personnel.Michel Claveau, actuellement à la Direction des activités regroupées des Bibliothèques de la Ville de Montréal, souhaitait dans le cadre de son ancienne fonction de bibliothécaire relancer l'activité de l'heure du conte.Le «personnel était démobilisé et brûlé» en raison, notamment, de la non-participation des familles au projet.En soulignant l\u2019importance du projet, Michel Claveau a su s\u2019entourer de personnes ressources.Grâce à sa préparation et son bon jugement, il a su rallier le personnel afin que le projet devienne une réussite.Enfin, le bibliothécaire ne travaille pas en vase clos, il s'intégre dans une communauté.Il apprend à composer avec les acteurs du milieu afin de favoriser des 32 DOSSIER / LES DÉFIS partenariats.Louise Guillemette-Labory, directrice associée des Bibliothèques de la ville de Montréal a souligné lors de sa présentation du 5 novembre 2014 à l'EBSI, qu'un des dix principes clés des Bibliothèques de Montréal, est la «collaboration, [c'est-à-dire] [une] bibliothèque [ ] ouverte sur la communauté et [qui] développe des liens et des partenariats avec une variété d'acteurs».À cet effet, Maxime Beaulieu, bibliothécaire à la bibliothèque publique d'Anjou avoue qu'un des plus gros défi qu'il a dû relever est celui de participer à «la Table de concertation de la Petite Enfance pour la mise en place du Programme d'action d'éveil à la lecture et à l\u2019écriture (PAELÉ) financé par le Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS)».Apprendre à travailler ensemble, à fixer des objectifs communs et à élaborer un plan d'action conformément aux critères du Ministère tout en vulgarisant les programmes et les offres de services de la bibliothèque sont des compétences indispensables pour la mise en place de projets.Grâce à cette étude, j'ai eu l'occasion de rencontrer des bibliothécaires passionnés et soucieux de faire progresser et de faire grandir la profession.J'ai appris que le bibliothécaire d'aujourd'hui et de demain a BIBLIOGRAPHIE Salaün, J.(2009).Introduction aux sciences de l'information.Montréal, Québec.: Presses de l'Université de Montréal.Charbonneau, Olivier.(2014).CultureLibre.ca.Repéré le 8 décembre 2014 à www.culturelibre.ca Charbonneau, Olivier.(2014).outfind.ca.Repéré le 8 décembre 2014 à http://outfind.ca besoin d'un ensemble de compétences et que c'est cette combinaison cohérente et transversale qui va être primordiale pour relever les défis.Le leadership semble être l'élément fondamental que l'on retrouve dans chaque situation, car il influence à la fois les compétences techniques, professionnelles et relationnelles d'un gestionnaire de projet.Un bibliothécaire leader est un visionnaire capable de rassembler une équipe afin de les encourager à agir autour de valeurs communes.Ainsi, l'idée du bibliothécaire superhéros que j'avais en tête au début de cet article n\u2019est pas si éloignée de la réalité, car chacun l\u2019est, à sa manière.C\u2019est la couleur que le professionnel va donner à son travail qui mettra en valeur l'image et le rôle du bibliothécaire au sein de notre société.sophie.trolliet@yahoo.ca Étudiante à la maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l'information à l'EBSI (UdeM) | 33 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS L'accessibilité universelle dans les bibliothèques MARINA LE CHÊNE/ Espaces de vie universels, les bibliothèques sont des lieux de rassemblement où les citoyens peuvent profiter d\u2019une offre culturelle variée mais aussi vivre une expérience à part entière.Enfants, adolescents, adultes, familles, aînés, chacun devrait pouvoir y accéder.Trouver un livre et un endroit pour le feuilleter, participer à une activité d\u2019intérêt ou développer un nouveau loisir sont autant de rôles indispensables que peut simplement jouer une bibliothèque.Cependant, ces moments simples de la vie peuvent devenir un véritable défi pour certains.33 I DE LA POPULATION N\u2019UTILISENT PAS LES SERVICES DE LEUR BIBLIOTHÈQUE Se rendre à la bibliothèque de son quartier peut représenter de nombreux défis pour les personnes ayant une limitation fonctionnelle, qui représentent près de 33 % de la population1, que ce soit une personne aînée ou encore une famille accompagnant un jeune ayant un trouble du spectre de l\u2019autisme.Trouver la bibliothèque constitue une première étape importante pour de nombreuses personnes, d\u2019où l\u2019importance de communiquer l\u2019emplacement et les heures d\u2019ouverture de manière universellement accessible.Cela peut être par un site Internet qui permet à une synthèse vocale de lire ces informations ou encore une réponse adéquate au téléphone lorsqu\u2019une personne ayant une déficience intellectuelle, des difficultés d\u2019audition ou d\u2019élocution appelle pour se renseigner sur les services offerts par la bibliothèque de son quartier.Une fois sur place, l\u2019architecture peut se révéler problématique.Est-il possible pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant, mais aussi les familles ayant des poussettes ou encore les personnes aînées ayant de la difficulté à marcher de se rendre dans les différents espaces de la bibliothèque, y compris les toilettes?Enfin, savoir trouver un document précis peut se complexifier si le système de classement est différent d\u2019une bibliothèque à une autre.Des conseils et un accueil adéquat constituent, la majeure partie du temps, la meilleure solution pour permettre aux clients de se retrouver.[.] La mise en place d\u2019activités adaptées pour les personnes ayant une déficience visuelle ou auditive, un trouble du spectre de l\u2019autisme ou encore une déficience intellectuelle peut encourager ces personnes et leur entourage à se rendre dans les bibliothèques DES SOLUTIONS ACCESSIBLES POUR LES BIBLIOTHÈQUES Afin d\u2019accroître la participation des citoyens aux bibliothèques, de nombreuses solutions existent à moindre coût.Par exemple, la mise en place d\u2019activités adaptées pour les personnes ayant une déficience visuelle ou auditive, un trouble du spectre de l\u2019autisme ou encore une déficience intellectuelle peut encourager ces personnes et leur entourage à se rendre dans les bibliothèques.34 Établir des partenariats avec les organismes de personnes handicapées qui organisent des activités pour ce type de clientèle peut être une autre solution.Dans chaque région, ces organismes peuvent vous aider à améliorer l\u2019architecture, apporter des conseils sur l\u2019accueil ou encore organiser des activités.Les centres de réadaptation peuvent également constituer d\u2019excellentes ressources pour améliorer l\u2019accessibilité universelle dans les bibliothèques.Il ne faut pas oublier que si une bibliothèque ou les activités qui y sont organisées sont adaptées aux personnes ayant une limitation fonctionnelle, il y a de fortes chances que le parent ou l\u2019enfant de cette personne l\u2019accompagnera également.Une occasion pour les bibliothèques de toucher non seulement cette clientèle ciblée mais aussi leur entourage.DES EXEMPLES CONCRETS AU CŒUR D\u2019UNE FORMATION PERTINENTE Des formations existent et peuvent vous donner rapidement les outils pour donner le meilleur service possible à l\u2019ensemble de votre clientèle.Adaptées à la réalité des organisations, ces formations sont proposées par AlterGo afin de permettre une meilleure Les centres de réadaptation peuvent également constituer d\u2019excellentes ressources pour améliorer l\u2019accessibilité universelle dans les bibliothèques.compréhension des besoins des personnes ayant une limitation fonctionnelle, afin de leur offrir le meilleur service possible.Pour plus d\u2019informations concernant les formations offertes, visitez le site Internet d\u2019AlterGo Formation (www.altergoformation.com).Aussi, l\u2019achat d\u2019équipement pour faciliter la lecture et améliorer les espaces de repos peut être une façon simple et rapide de permettre aux visiteurs de rendre leur passage à la bibliothèque plus agréable.Un guide d\u2019achat de matériel pour améliorer l\u2019accessibilité universelle des bibliothèques est d\u2019ailleurs mis à la disposition de ces dernières (www.altergo.ca/fr/ ressources/publications).Bien entendu, cette liste est amenée à évoluer avec le temps, mais elle donne un aperçu des différentes possibilités pour rendre une bibliothèque plus accessible dès maintenant.| 35 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS J 7' UN EXEMPLE DE RÉUSSITE : LE MOIS DE L\u2019ACCESSIBILITÉ UNIVERSELLE DANS LES BIBLIOTHÈQUES DE MONTRÉAL Organisé par la Ville de Montréal en collaboration avec des organismes préoccupés par l\u2019accès aux loisirs des personnes handicapées de Montréal, le Mois de l\u2019accessibilité universelle dans les Bibliothèques de la Ville de Montréal vise à augmenter le nombre de personnes ayant une limitation fonctionnelle qui visitent les bibliothèques.Cette collaboration entre le milieu des bibliothèques et celui des personnes ayant une limitation fonctionnelle permet à ces citoyens de recevoir plus d\u2019informations concernant les services mis à leur disposition par la bibliothèque de leur quartier.Cela est également l\u2019occasion pour le personnel des bibliothèques de mieux comprendre les besoins et la réalité de cette clientèle.En 2014, plus d\u2019une trentaine de bibliothèques à Montréal se sont mobilisées pour y participer.La Direction des bibliothèques de la Ville de Montréal a d\u2019ailleurs été classée finaliste dans la catégorie Municipalités du Prix À part entière.Remis tous les deux ans par l\u2019Office des personnes handicapées du Québec, ce prix vise à rendre hommage aux personnes et aux organisations qui contribuent à accroître la participation sociale des personnes handicapées.Une initiative reconnue qui pourrait être étendue à l\u2019ensemble du Québec! 1.Institut de la statistique du Québec, 2011.marina@altergo.net Agente de communication, AlterGo X 36 DOSSIER / LES DÉFIS Relever le défi de l'entrepreneuriat social VINCENT CHAPDELAINE/ Être entrepreneur, par définition, est une longue aventure dans un parcours parsemé de défis.Mais un défi n\u2019est pas nécessairement indésirable.Avant d\u2019être une contrainte ou un obstacle, le défi est un objectif, une ambition que l\u2019on se donne et qui nous propulse.En 2009, je terminais ma maîtrise à l\u2019EBSI, et je démarrais, avec quelques camarades, un organisme à but non lucratif nommé « Espaces temps », dont la mission \u2014 contribuer à la circulation de l\u2019information et des connaissances \u2014 n\u2019est pas étrangère à la vocation de notre profession de bibliothécaire.Affirmer que nous avons eu des défis pour en arriver là serait un euphémisme.Et maigre' tout le chemin parcouru, j\u2019ai le sentiment que nous ne sommes qu\u2019au commencement.À ses débuts, « Espaces temps » avait comme seul projet une plateforme collaborative (sous la forme d\u2019un calendrier web) permettant la mise en commun, de manière structurée et ouverte, de tous les événements se déroulant à Montréal.Ce projet prendra rapidement de l\u2019ampleur, et me poussera, un an plus tard, à « faire le saut » : quitter mon agréable emploi dans un réseau de bibliothèques publiques pour me consacrer à temps plein à « Espaces temps », développer le modèle d\u2019affaire, et faire grandir l\u2019organisation.Quatre années se sont écoulées depuis ce grand saut.Aujourd\u2019hui, « Espaces temps », ce sont 22 personnes, des bureaux à Montréal, à Québec et à Brest, et surtout, des projets extrêmement emballants avec des partenaires et clients qui nous font confiance.Affirmer que nous avons eu des défis pour en arriver là serait un euphémisme.Et malgré tout le chemin parcouru, j\u2019ai le sentiment que nous ne sommes qu\u2019au commencement.Un de mes objectifs, et ce depuis que j\u2019ai quitté mon emploi dans le milieu des bibliothèques, est de faire d\u2019« Espaces temps » un acteur impliqué dans la discussion sur la transformation des bibliothèques, que nous voulons participatives, dynamiques, chaleureuses, centrées sur les êtres humains et flexibles dans leur capacité à s\u2019adapter à notre monde en changement.Nous avons commencé à publier des articles, donner des conférences, organiser des colloques, partager nos idées.Et là, quelque chose de formidable est arrivé : nos idées ont été bien reçues, et on nous a demandé de les mettre en œuvre concrètement, dans toutes sortes de projets de bibliothèques actuelles ou en conception.J\u2019ai commencé à recruter d\u2019autres bibliothécaires dans notre équipe, mais également des designers, architectes, programmeurs et spécialistes en communication.Aujourd\u2019hui, « Espaces temps » offre ses services à plusieurs bibliothèques à travers le Québec pour les accompagner dans leur planification stratégique et dans leur volonté de mettre sur pied des projets innovants.Il reste énormément de défis à relever : le défi de garder l\u2019organisation centrée sur quelques grands projets et services; les défis liés à la gestion d\u2019une organisation en croissance; les défis I 37 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS [.] Quelque chose de formidable est arrive' : nos ide'es ont été bien reçues, et on nous a demande' de les mettre en œuvre concrètement, dans toutes sortes de projets de bibliothèques actuelles ou en conception.L'équipe d'Espace temps.À l'avant : Vincent Chapdelaine, Simon Emmanuel Roux, Audrey Wells, Antoine Roy-Larouche, Joëlle Sarrailh.À l'arrière : Étienne Després, Marc Larivière, Marilyne S.Veilleux, Catherine Duchesneau, Alexandre Simard.O 0 1 O.liés au développement de mon propre leadership; les défis de recrutement; les défis techniques, stratégiques, et j\u2019en passe.Ce sont là les défis du quotidien, qui ne sont pas inintéressants, mais qui ne sont pas les principaux moteurs de la motivation qui m\u2019anime.Car des défis exaltants, il y en a! Le défi de créer le milieu de travail le plus agréable, le plus valorisant et le plus serein possible.Le défi de créer ensemble des projets pour le bien commun qui ont un impact social significatif sur les communautés qu\u2019ils rejoignent.Et bien sûr, le défi de prendre du recul et de savourer chaque instant de cette vie fantastique.vincent@espacestemps.ca Directeur général, Espaces Temps X 38 DOSSIER / LES DÉFIS Les défis informationnels dans les PME du Québec JULIE RODRIGUE/ Au Québec, 99,8 % des entreprises sont des PME et, de ce nombre, 72 % ont moins de 10 employés (Vallée, 2013).Pour la grande majorité des entrepreneurs, la gestion de l\u2019information et surtout sa surabondance sont trop souvent négligées, soit par manque de ressources ou tout simplement parce qu\u2019ils croient être en contrôle de leur actif informationnel.Dans cet article, je souhaite vous présenter mon expérience de terrain en tant que consultante de gestion d\u2019information aux PME.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une étude de cas ou d\u2019une analyse de sondage, mais bien d\u2019un résumé d\u2019expériences tirées de nombreuses rencontres auprès de dirigeants de PME de différentes tailles.Je dresserai un portrait des principaux enjeux et défis informationnels rencontrés par les entrepreneurs, avant de livrer quelques pistes de réflexion.Un de mes plus grands défis, en tant que consultante en gestion d\u2019information, est de faire comprendre aux entrepreneurs ce dont il est question quand on parle de gestion d\u2019information et pourquoi l\u2019information doit être prise et gérée dans son ensemble.LES DÉFIS À TITRE DE CONSULTANTE Un de mes plus grands défis, en tant que consultante en gestion d\u2019information, est de faire comprendre aux entrepreneurs ce dont il est question quand on parle de gestion d\u2019information et pourquoi l\u2019infor- mation doit être prise et gérée dans son ensemble.Il est en effet déstabilisant pour un entrepreneur de se faire dire que ses ressources informationnelles comprennent, non seulement les documents papiers et électroniques de son entreprise, mais également les courriels, les bases de données, son site web, son intranet et son extranet, certaines publications sur ses réseaux sociaux, la messagerie instantanée si elle est utilisée.et même, les connaissances de ses employés ! Le deuxième défi est de convaincre ces mêmes entrepreneurs, qui viennent de réaliser dans quel chaos informationnel leur entreprise se trouve, et la perte de productivité qui y est associée, qu\u2019il est temps de passer à l\u2019action.Et c\u2019est seulement après avoir fait cet exercice qu\u2019ils réaliseront que la solution proposée est un investissement et non une dépense.Un investissement dans l\u2019organisation et la gestion de leurs actifs informationnels qui se hissera de plus en plus au niveau de ceux qu\u2019ils font déjà afin d\u2019augmenter leur productivité, notamment l\u2019achat de nouveau matériel, l\u2019agrandissement, l\u2019embauche.LES DEFIS INFORMATIONNELS DES ENTREPRENEURS Par la réalisation de nombreux mandats en gestion d\u2019information dans des PME, et à travers des discussions lors de différentes activités de réseautage dans le milieu des affaires, j\u2019ai été amenée à côtoyer plusieurs entrepreneurs, propriétaires de PME, et à discuter avec eux des défis et enjeux auxquels ils font face en matière d\u2019organisation et de gestion du contenu de leur entreprise.Le premier constat qui s\u2019impose est que, peu importe la | 39 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS taille des entreprises, grandes ou petites, les défis liés à l\u2019information sont les mêmes, par exemple : -, L\u2019augmentation phénoménale de l\u2019information -, L\u2019accessibilité à l\u2019information -, La perte de temps pour trouver l\u2019information -, La nécessité de faire le lien entre les besoins de l\u2019entreprise et l\u2019information disponible -, L\u2019obligation de connaître les concurrents et leurs produits pour demeurer compétitif -, L\u2019importance de concevoir une architecture efficace pour un site web -, Les difficultés à suivre l'évolution constante des technologies de l\u2019information et des communications.Parmi les enjeux les plus souvent énoncés par les propriétaires de PME, on retrouve : -, la difficulté à trouver un document -, la perte de connaissance due au mouvement de personnel -, la difficulté de connaître son environnement d\u2019affaires et ses concurrents -, l\u2019accessibilité de l\u2019information sur leur site web -, les difficultés à déléguer De nombreux entrepreneurs, en période de croissance, réalisent qu\u2019ils ne sont pas en mesure de déléguer.Cela peut être dû au fait qu\u2019ils possèdent la connaissance, mais ne l\u2019ont pas documentée, ou encore qu\u2019ils savent comment trouver l\u2019information qu\u2019ils ont créée, mais qu\u2019ils sont les seuls à pouvoir le faire.Afin de pallier cette situation, les employés créent à leur tour leur propre structure d\u2019organisation d\u2019information qu\u2019ils sont seuls à comprendre, ce qui ne fait qu\u2019exacerber le problème initial.Ainsi, j\u2019ai pu constater de nombreux exemples d\u2019entreprises où pour 15 employés, il y a 16 façons d\u2019organiser l\u2019in- formation.Bref, un temps fou est perdu à trouver l\u2019information à l\u2019interne, ou encore à recréer celle-ci parce qu\u2019on ne la retrouve pas.Lorsque l\u2019information externe est existante dans leurs dossiers, il est même plus simple pour certaines organisations de faire une recherche pour la retrouver sur le web que d\u2019essayer de la retrouver dans leurs dossiers où la structure est inexistante.Les pertes de temps sont bien réelles et bien senties dans les entreprises.Le premier constat qui s\u2019impose est que, peu importe la taille des entreprises, grandes ou petites, les défis lie's à l\u2019information sont les mêmes.On remarque également une certaine inquiétude par rapport à tout ce qui touche le web.C\u2019est-à-dire que du côté de leur présence numérique, les entrepreneurs reconnaissent facilement le défi qu\u2019est l\u2019architecture web pour répondre aux besoins de leurs clients afin de leur rendre l\u2019information accessible.Tout en souhaitant que leur site soit repéré facilement lors d\u2019une recherche, ils souhaitent que le client qui arrive sur celui-ci puisse y trouver ce qu\u2019il cherche rapidement.Sans avoir en tête les mots « optimisation » et « taxonomie », c\u2019est un besoin qu\u2019ils expriment spontanément dans leur langage.Je suis de plus en plus témoin d\u2019une prise de conscience de la part des propriétaires et gestionnaires d\u2019entreprises quant au fait que le roulement de personnel amène une perte des connaissances 40 DOSSIER / LES DÉFIS que l\u2019organisation doit constamment recréer.Dans un contexte où les entrepreneurs réalisent que leur environnement d\u2019affaires évolue plus vite que jamais, que leurs concurrents innovent et qu\u2019ils se doivent d\u2019être proactifs pour demeurer compétitifs, l\u2019organisation et la gestion de l\u2019information deviennent plus que nécessaires.PISTES DE RÉFLEXION Face à ces constats, nul ne peut nier l\u2019importance de sensibiliser les entrepreneurs quant à la gestion de l\u2019information et la nécessité de les accompagner dans la mise en place de solutions basées sur les meilleures pratiques qui répondront à leurs besoins précis.Il est à mon avis important que les professionnels de l\u2019information se tournent vers les PME pour offrir leur expertise.Que l\u2019on soit expert en gestion documen- Dans un contexte où les entrepreneurs réalisent que leur environnement d\u2019affaires évolue plus vite que jamais, que leurs concurrents innovent et qu\u2019ils se doivent d\u2019être proactifs pour demeurer compétitifs, l\u2019organisation et la gestion de l\u2019information deviennent plus que nécessaires.taire, en veille, en taxonomie, en recherche d\u2019informations, en gestion des connaissances, ou en tout autre domaine lié aux sciences de l\u2019information, nous avons des connaissances qui sont essentielles pour évaluer l\u2019information dans son ensemble dans une entreprise.Notre profession et nos compétences sont méconnues.C\u2019est aux professionnels de l\u2019in- - formation de se faire connaître, de se mettre ^7 | 41 argus I VOLUME 43 - N°2 PHOTO : PEOPLEIMAGES/ISTOCK DOSSIER/LES DÉFIS en valeur et de sensibiliser les entrepreneurs aux défis informationnels tout en démontrant l\u2019impact de ces derniers sur leur rentabilité et leur productivité.Que ce soit par des conférences données, par du réseautage d\u2019affaires, par une formation, par une présence sur les médias sociaux.les moyens sont nombreux pour rejoindre les entrepreneurs.Encore faut-il parler le langage des affaires et non pas utiliser les termes de bibliothéconomie afin de les rejoindre.Il m\u2019apparaît également essentiel de faire preuve d\u2019une grande flexibilité lorsque l\u2019on travaille de concert avec des PME.Il faut adapter la théorie, trop souvent pensée pour les grandes entreprises, à l\u2019échelle et à la réalité des PME.Il faut mettre en place une solution efficace en gestion d\u2019information, qui répondra aux besoins de l\u2019entreprise en fonction de ses réalités et de ses ressources disponibles.Pas plus et pas moins.C\u2019est sans surprise que je constate sur une base régulière que les PME sont dépassées par l\u2019abondance d\u2019information.Le Québec avec ses 250 000 PME (Le Devoir, 26 octobre 2013) représente un terrain fertile pour les professionnels de l\u2019information.Ayant assimilé le concept de ressource informationnelle, c\u2019est sans aucune difficulté que les entrepreneurs admettent que les statistiques sont certainement réalistes quant au fait que leurs employés perdent en moyenne 30 minutes par jour (16 jours par année) à la recherche de documents.Ils font le calcul et se rendent rapidement compte que cela représente 3 900 $ par employé/an en perte de productivité (sur la base de 30 $/h) (Harmonie, 2011).Les opportunités à saisir sont nombreuses.Il faut démystifier la gestion d\u2019information et en faire un outil flexible pour les entrepreneurs.Il est important de bien comprendre leurs besoins pour être en mesure de mettre en place des solutions performantes basées sur des outils de plus en plus accessibles.julie.rodrigue@information-design.ca Expert-conseil en gestion d'information, Information Design X BIBLIOGRAPHIE Vallée, Pierre.2013.« Dans PME, le P est beaucoup plus grand que le M! La FCEI prône toujours la nécessité d'un autre cadre législatif québécois », Le Devoir, 26 octobre 2013.[www.ledevoir.com/economie/actualites-economi-ques/390731/dans-pme-le-p-est-beaucoup-plus-grand-que-le-m.] Elarmon.ie, 2011.[https://harmon.ie/blog/users-waste-30-minutesday-searching-documents-infographic] 42 DOSSIER / LES DÉFIS À la Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage, les nouveaux arrivants et les partenaires Un défi d'engagement envers la communauté MAGDA ZEMMOU/ En 2011, sur une population de 79273 habitants, la Ville de Brossard comptait près de 40 % d\u2019immigrants issus de 57 communautés culturelles différentes.Ces données démographiques qui ne cessent de croître placent Brossard à la tête des villes les plus multiculturelles du Québec.Soucieuse de mieux servir les usagers issus de ces communautés, la Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage a conclu, cet été, une série de partenariats avec quelques organismes locaux œuvrant auprès des nouveaux arrivants, afin de mettre en œuvre une nouvelle approche de développement communautaire, participative et collaboratrice.[.] En plus d\u2019être un lieu de savoir, d\u2019échanges, de rencontres et d\u2019accès à l\u2019information pour bien des immigrants, elle est aussi considérée comme un endroit social, accueillant, chaleureux, neutre et dépourvu d\u2019obstacles, où l\u2019on peut briser son isolement et demander de l\u2019aide sans crainte de se faire juger.La bibliothèque publique occupe une place prépondérante dans l\u2019intégration des nouveaux arrivants à la société québécoise.En effet, en plus d\u2019être un lieu de savoir, d\u2019échanges, de rencontres et d\u2019accès à l\u2019information pour bien des immigrants, elle est aussi considérée comme un endroit social, accueillant, chaleureux, neutre et dépourvu d\u2019obstacles, où l\u2019on peut briser son isolement et demander de l\u2019aide sans crainte de se faire juger.Plus encore, cette institution culturelle est également importante par la qualité de ses services gratuits et inclusifs pour l\u2019ensemble de ses communautés.Afin de renforcer son engagement envers les populations immigrantes, la Bibliothèque de Brossard Georgette-Lepage a produit, en 2008, un rapport énonçant les grandes lignes de son projet interculturel.Ce rapport proposait des pistes d\u2019actions concrètes en vue de développer des services aux immigrants.On y retrouve notamment la bonification de la collection multilingue existante, la création d\u2019une documentation spéciale pour les nouveaux arrivants leur permettant de connaître et d\u2019intégrer la culture de la société d\u2019accueil, de même que des visites guidées pour les étudiants en francisation.À la suite de ce rapport, la Direction de la bibliothèque a mis sur pied un volet interculturel concret qui rejoint à la fois les attentes et les besoins des communautés culturelles et en même temps démontre le caractère singulier de Brossard, ville ouverte sur le monde.Ce nouveau volet comprend plusieurs services dont l\u2019objectif est de faire découvrir la bibliothèque aux nouveaux arrivants et améliorer leur maîtrise du français.Tout d\u2019abord, l\u2019atelier de lecture et d\u2019écriture, Planète livres, qui permet aux Brossardois de toutes les origines de discuter de la culture québécoise et d\u2019en découvrir d\u2019autres.Ensuite, pour favoriser leur intégration sociale, la bibliothèque a élaboré un programme de visites adaptées aux besoins des étudiants en francisation en vue de leur faire découvrir les principes de base d\u2019une bibliothèque publique et aussi les différentes ressources et services offerts.Dans la même foulée, une nouvelle série de conférences et d\u2019ateliers interculturels animés par des gens issus de l\u2019immigration sont organisés, tout au long de Tannée, pour encourager le rapprochement interculturel et ainsi donner l\u2019occasion aux participants de découvrir d\u2019autres cultures et d\u2019échanger, avec des citoyens d\u2019origines différentes, dans le respect de la diversité.D\u2019autre part, | 43 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS ÆU la bibliothèque a mis sur pied, à l\u2019automne 2012, un nouveau service d\u2019aide aux devoirs pour les enfants du primaire dont la majorité est issue de familles immigrantes allophones.L\u2019impact social de ces sessions est important, car le français n\u2019étant pas la langue maternelle pour la plupart des parents, l\u2019aide aux devoirs dispensée à leurs enfants contribue à la réussite scolaire de ces derniers.Les jeunes profitent également des heures du conte dans les langues étrangères les plus parlées à Brassard en vue de renforcer leur culture d\u2019origine tout en suscitant l\u2019amour de la lecture.Les nouveaux arrivants ont également à leur disposition une grande collection d\u2019ouvrages tels des documentaires sur le Québec, des méthodes de lan- gues pour apprendre le français, des ouvrages de référence linguistiques (dictionnaires et grammaires) ainsi qu\u2019une collection multilingue composée de livres en huit langues (arabe, espagnol, portugais, chinois, vietnamien, allemand, italien et russe) qui est constamment renouvelée et bonifiée par l\u2019acquisition de nouveaux titres.Enfin, pour consolider son rôle dans l\u2019installation des personnes immigrantes au Québec, la Bibliothèque de Brassard Georgette-Lepage a récemment mis en ligne une nouvelle page Web dédiée spécialement à cette clientèle dans le but de faciliter son intégration et son établissement au sein de la société d\u2019accueil en général et à Brassard en particulier.44 DOSSIER / LES DÉFIS Cette orientation singulière que porte la Bibliothèque de Brassard Georgette-Lepage aux champs d\u2019intérêt et aux besoins des immigrants l\u2019a conduite à créer, en 2012, un poste de bibliothécaire - agent de liaison.Le rôle de ce dernier est de nouer des liens directs avec eux, d\u2019évaluer leurs besoins, de les encourager à fréquenter la bibliothèque et de créer de nouveaux services, si nécessaire.C\u2019est ainsi qu\u2019un programme d\u2019animation a été mis en place et que des accords stratégiques ont été conclus récemment avec quelques organismes communautaires et certains membres des communautés culturelles travaillant directement avec Échanger Communiquer Écrire en français Brossard Bibliothèque de Brossard Gwgrtté Ltpagt Bien que ces collaborations n\u2019en soient qu\u2019à leurs débuts, nous constatons déjà que des usagers issus de differentes origines commencent de plus en plus à frequenter la bibliothèque grâce aux liens de proximité et de confiance qui ont été bâtis par ces ententes.québécois et étrangers.Cet rencontres permettront U langue française.Le tout suivi de Jeux d'é Pour les adultes qui apprennent le français (niveaux intermédiaire et avancé) Pour les Brossardors francophones qui désirant échanger sur leur culture et Bibliothèque de Brossard SJTjj Georgette-Lepage ~\t.\u2022 ur van i-«ixeto.IrotMtd Brossard biotswd les nouveaux arrivants comme la Maison internationale de la Rive-Sud, le centre Sino-Québec de la Rive-Sud, la Maison Afghane-Canadienne et la Maison de la famille de Brossard.Ces ententes, fort appréciées par ces partenaires, permettront essentiellement de comprendre et de découvrir les attentes concrètes des différentes communautés et d\u2019être à leur écoute en vue de définir les services qui répondront réellement à leurs besoins.Cette nouvelle vision assure l\u2019implication des membres de la communauté dans la planification et le développement des services et aussi l\u2019élaboration des politiques.Elle renforcera indéniablement l\u2019aspect inclusif de la Bibliothèque de Brossard qui accueille de façon proactive les membres de toutes les communautés de la ville.\t- | 45 argus I VOLUME 43 - N°2 DOSSIER/LES DÉFIS Bien que ces collaborations n\u2019en soient qu\u2019à leurs débuts, nous constatons déjà que des usagers issus de différentes origines commencent de plus en plus à fréquenter la bibliothèque grâce aux liens de proximité et de confiance qui ont été bâtis par ces ententes.Des groupes en francisation, provenant de ces organismes, sont maintenant nombreux à démontrer leur intérêt à visiter la bibliothèque afin de découvrir ses collections et d\u2019assister aux différentes animations.Également, pour la première fois, la programmation interculturelle de l\u2019hiver 2015 a été élaborée en tenant compte du calendrier interculturel et en association avec certaines communautés locales pour souligner leurs événements importants.Par exemple, en collaboration avec le Centre Sino-Québec, au mois de février, il y aura une activité sur le Nouvel An chinois.Ce sera une occasion de faire découvrir cette culture à l\u2019ensemble de la population, soulignant ainsi le fait que la communauté chinoise est l\u2019une des plus importantes de la ville.De plus, au mois de mars, conjointement avec la Maison Afghane-Canadienne, une soirée culturelle célébrant le Nouvel An afghan sera au rendez-vous.C\u2019est encore une opportunité pour les usagers de connaître l\u2019histoire, la culture et les traditions de cette grande communauté culturelle de Brassard.Cette association afghane a contribué à BIBLIOGRAPHIE Cuban, Sondra.2007.Serving New Immigrant Communities in the Library.Westport, Conn.: Libraries Unlimited.255 p.Working together.[www.librariesincommunities.ca/?page_id=8 [page consultée le 4/11/2014], Voir aussi la trousse d'outils : www.librariesin-communities.ca/?page_id=6 la bibliothèque par un don important de livres en dari dont pourront bénéficier la communauté de même que la population iranienne.Cette nouvelle documentation constitue un atout pour la Bibliothèque de Brassard Georgette-Lepage qui est jusqu\u2019à maintenant la seule au Québec à offrir cette collection.En conclusion, on constate que le rapprochement avec les communautés culturelles et les organismes travaillant de concert avec les immigrants est garant du succès dans la participation de ces derniers aux activités de la bibliothèque.Ces partenariats confirment aussi l\u2019engagement à long terme de la bibliothèque dans l\u2019établissement de programmes et de services adaptés pour cette clientèle en vue de renforcer son intégration.En effet, quoi de mieux que les nouveaux arrivants pour exprimer eux-mêmes ce dont ils ont besoin.Le défi est maintenant de consolider, voire perpétuer ces relations de part et d\u2019autre, et de tout mettre en œuvre pour que les services proposés soient toujours aussi appréciés par la population immigrante et la société d\u2019accueil.C\u2019est dans cette optique que la bibliothèque aménagera bientôt un espace offrant une collection spéciale pour les nouveaux arrivants et pour les étudiants en francisation.magda.zemmou@brossard.ca BibliothÈcaire, agent de liaison 46 IIAiiO NUMÉRIQUE Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec EJ ES ES ES "]
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