Argus, 1 janvier 2016, Vol. 44, No 3
[" ARCHITECTURE ET BIBLIOTHEQUES w * Pour toutes vos fournitures, pensez BRPL ! Livraison en 48 h maximum ( beaucoup \\ de travauj.Pour chaque ) commande! 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NO 3 I 5 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES L'architecture des bibliothèques au Québec, 1893-1969 j jmj 4 r J * un fil \u2022 mjJl ' MARCEL LAJEUNESSE/ De la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle, il s\u2019est construit peu de bibliothèques au Québec, et l\u2019on doit constater que le Québec n\u2019a pas développé en ces années une tradition d\u2019architecture spécialisée dans le domaine des bibliothèques, comme ce fut le cas dans le reste de l\u2019Amérique.Voyons les exemples les plus marquants.La fin du XIXe siècle fut marquée par la construction de deux bibliothèques importantes : la Bibliothèque Redpath de l\u2019Université McGill et la Bibliothèque publique de Westmount.À McGill, le géologue John William Dawson donna au cours de son long mandat de principal, de 1855 à 1893, un formidable développement à l\u2019Université McGill avec l\u2019aide du mécénat de trois riches familles montréalaises, les Molson, les Redpath et les Macdonald.C\u2019est ainsi qu\u2019au début de la décennie 1890, Peter Redpath présente au principal Dawson le projet d\u2019une bibliothèque universitaire.Il choisit comme architecte son cousin par alliance, Andrew Taylor.Celui-ci avait déjà construit de nombreux édifices de \u20224?Bibliothèque Redpath de la rue McTavish.Vers 1895.4 Westmount Public Library.Avant 1912.Marcel Lajeunesse est professeur associé à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information de l'Université de Montréal.Il y a enseigné de 1970 à 2006.Il a été directeur de l'École de 1987 à 1994 et vice-doyen de la Faculté des arts et des sciences de 1994 à 2002.Ses recherches et ses publications ont porté particulièrement sur l'histoire du livre et des bibliothèques, de même que sur les aspects comparés et internationaux de l'information.marcel.lajeunesse@umontreal.ca 6 PHOTO : BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC.BANQ VIEUX-MONTRÉAL.FONDS DE LA BIBLIOTHÈQUE DE ST-SULPICE.MSS125 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES ÏÏ 1 fl1! ty»| Bibliothèque Assemblée nationale.Bibliothèque St-Sulpice.McGill et des résidences de riches hommes d\u2019affaires.Redpath s\u2019implique dans le projet.Il visite avec Taylor plusieurs bibliothèques de la Nouvelle-Angleterre, dont celles de Boston.La bibliothèque, inaugurée en 1893, avait alors une capacité de 140 000 volumes.La Bibliothèque Redpath est un amalgame remarquable d\u2019éléments canadiens, britanniques, français et américains.L\u2019extérieur de l\u2019édifice, de pierre calcaire grise de Montréal, est de style à prédominance romane, et la salle de lecture de « Gothic Revival » contient des éléments qui font référence au Moyen Âge.La petite ville anglophone de Westmount, qui comptait près de 8000 habitants, veut pour sa part célébrer en 1897 le jubilé de diamant de la reine Victoria en construisant une bibliothèque municipale.Il est décidé que la bibliothèque sera construite sur une partie du parc Westmount.L\u2019architecte choisi, Robert Findley, est connu pour avoir construit notamment le Victoria Hall, le premier siège social de la Sun Life et de nombreuses résidences pour les riches anglophones de Westmount et du Golden Square Mile.Le bibliothécaire de McGill, Charles Gould, est consultant pour ce projet.Findley sera influencé pour le style de l\u2019édifice par les plans de bibliothèques de la Nouvelle-Angleterre, notamment des bibliothèques Carnegie, que lui soumet Gould.Le style retenu est le « Tudor Revival » et le matériau choisi, le grès rouge.Cette magnifique bibliothèque, inaugurée en 1899, constitue la première bibliothèque municipale du Québec.Les années 1915 à 1920 furent des années fastes concernant la construction des bibliothèques au Québec.Quatre bibliothèques, la Bibliothèque Saint-Sulpice, la Bibliothèque de l\u2019Assemblée législative du Québec, la Bibliothèque municipale de Montréal et la Bibliothèque Atwater furent construites au cours de ce lustre.À la suite de la vente du Cabinet de lecture, situé dans le Vieux Montréal, qui logeait la bibliothèque paroissiale fondée en 1844 sous le nom d\u2019Œuvre des bons livres, les Sulpiciens font connaître leur projet de construction d\u2019une grande bibliothèque « publique » et de recherche dans le Quartier latin.Un concours d\u2019architecture - sans doute le premier au Québec - est ouvert du 1er avril au 1er juin 1911 à tous les « archi- Les années 1915 à 1920 furent des années fastes concernant la construction des bibliothèques au Québec.Quatre bibliothèques, [.] furent construites au cours de ce lustre.tectes canadiens-catholiques de la province de Québec » pour un édifice d\u2019environ 150000 $ avec une capacité de 200000 volumes.Des 11 projets déposés, le gagnant du concours est celui d\u2019Eugène Payette.Son projet sera modifié à deux reprises, à la suite des corrections apportées par le sulpicien Marie-Édouard-Pierre Dupaigne.Les plans de Payette représentent une bibliothèque de deux étages, avec une salle de conférences de 800 places au sous-sol, et au - 1er étage, une salle de lecture, 14 cabinets ^7 I 7 argus I VOLUME 44-N°3 PHOTO : CHRISTIAN CHEVALIER, 2010 PHOTO : NOTMAN &SON, 1920.PERMISSION DE REPRODUIRE.DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Bibliothèque Atwater.M 3 a 3 spéciaux, une salle des périodiques et un magasin de livres.Le projet final donne à l\u2019édifice de style Beaux-Arts qui emploie le grès chamois de l\u2019Ohio, l\u2019allure d\u2019un hôtel particulier que d\u2019aucuns ont rapproché de l\u2019Hôtel Carnavalet de Paris.La Bibliothèque Saint-Sulpice ouvre ses portes en 1915.En 1915 est inauguré à Québec l\u2019édifice qui deviendra l\u2019Édifice Pamphile-Le May en 1980, construit pour loger la Bibliothèque de l\u2019Assemblée législative du La Bibliothèque municipale de Montreal, inaugurée en 1917 par le maréchal Joffre en mission au Canada, fut le couronnement d\u2019une quinzaine d\u2019années de débats autour de la finalité d\u2019une bibliothèque publique Québec.Le ministre des Travaux publics et du Travail, Louis-Alexandre Taschereau, autorise en 1910 la construction de cet édifice, mais il refuse un concours d\u2019architecture sous le prétexte que cet édifice sera semblable aux autres bâtiments environnants.Les travaux de construction s\u2019étendent de 1911 à 1915.L\u2019édifice est dû aux plans des architectes Jean-Omer Marchand et Paul-Émile Tanguay.L\u2019édifice est de style Beaux-Arts; de plan rectangulaire, l\u2019immeuble en pierre de quatre étages est coiffé d\u2019un toit mansardé.L\u2019édifice Pamphile-Le May voisine l\u2019Hôtel du Parlement, auquel il est relié par une passerelle.La Bibliothèque Fraser-Hickson.Ittl mi \u2022i.&i bibliothèque occupe le rez-de-chaussée du nouvel immeuble.Une salle magnifique, rythmée de deux rangées de dix colonnes, présente une grande galerie bordée de part et d\u2019autre par des bas-côtés où sont rangés les livres.L\u2019histoire des débuts de la Bibliothèque municipale de Montréal est une véritable saga.La Bibliothèque, inaugurée en 1917 par le maréchal Joffre en mission au Canada, fut le couronnement d\u2019une quinzaine d\u2019années de débats autour de la finalité d\u2019une bibliothèque publique.Après l\u2019échec du projet d\u2019une bibliothèque Carnegie, la ville établit une bibliothèque technique.En 1910, la ville acquiert la riche collection Gagnon pour en faire le cœur d\u2019une future bibliothèque.Le notaire et bibliophile Victor Morin, échevin depuis 1910, réussit à lancer en 1914 la construction de la Bibliothèque municipale face au parc La Fontaine.Prudent, le notaire Morin s\u2019est assuré que l\u2019archevêque de Montréal, Mgr Bruchési, ne soit pas cette fois opposé au projet.En mai 1914, l\u2019architecte Eugène Payette fait valoir l\u2019expérience acquise en construisant la Bibliothèque Saint-Sul-pice et ses études réalisées en architecture des bibliothèques.Il est choisi le 17 juillet 1914 pour dessiner les plans du futur édifice.La Bibliothèque municipale aura 109 pieds sur 115 de large, avec une annexe de 103 pieds sur 45, alors que Saint-Sulpice mesure 108 pieds sur 144, c\u2019est-à-dire 12 % plus d\u2019espace pour la Municipale.La ville, qui tenait au marbre et au granit pour « son monument », pour son « palais des livres », ajoute au budget de 445 000 $ une rallonge de 16000 $ pour que la monumentale façade romaine SOURCE : TIRÉE DU LIVRE DE EDGAR C.MOODEY, THE FRASER-HICKSON LIBRARY.AN INFORMAL HISTORY, LONDON, CLIVE BINGLEY, 1977. DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Édifice de la bibliothèque McLennan.I Jl ait des colonnes corinthiennes en granit de Stanstead.La Bibliothèque Atwater, héritière du Mechanics\u2019 Institute, fondé à Montréal en 1828, voulait quitter la rue Saint-Jacques dont la localisation ne convenait plus à ses activités.Elle prend la décision de s\u2019établir rue Atwater.Son nouvel édifice, estimé à 120000 $ est construit de 1918 à 1920 d\u2019après les plans des architectes Hutchison, Wood et Miller.Cette société d\u2019architectes a construit notamment l\u2019église St.Andrew et le Shaughnessy Building.L\u2019édifice de style Beaux-Arts présente des façades symétriques ornées de manière classique.L\u2019ornementation de l\u2019édifice rappelle les métiers du Mechanics\u2019 Institute d\u2019origine.La construction réunit la pierre, la brique, l\u2019acier et le béton.Il est le seul institut du genre à être encore en activité au Canada et l\u2019un des derniers dans le monde.La Bibliothèque Atwater est devenue en 2005 lieu historique national du Canada.Le Fraser Institute est établi en 1870 à la suite du legs de l\u2019homme d\u2019affaires Hugh Fraser.Cette bibliothèque est, dès son ouverture en 1885 à Burnside Hall, au centre-ville de Montréal, bien soutenue par le mécénat de l\u2019élite anglophone montréalaise.Pierre Boucher de Crèvecoeur, bibliothécaire de 1901 à 1930, donne à cette bibliothèque un grand rayonnement dans la société montréalaise.Les locaux s\u2019avèrent au cours des années inadéquats au point de causer des fermetures en 1926-1927, de même qu\u2019en 1938, pour y effectuer des réaménagements.Un legs important en 1956 d\u2019un professeur de McGill, le Dr J.W.A.Hickson, de même que la vente de Burnside Hall, permettent la relocalisation de la bibliothèque dans un Pierre Boucher de Crèvecoeur, bibliothécaire de 1901 à 1930, donne à cette bibliothèque un grand rayonnement dans la société montréalaise.nouvel édifice.Celui-ci, est construit dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce par les architectes Durnford, Bolton, Chadwick et Ellwood, connus pour avoir construit de nombreux ensembles commerciaux et résidentiels à Montréal.La bibliothèque, renommée Bibliothèque Fraser-Hickson, inaugure son nouvel édifice en 1959.L\u2019immeuble sobre et moderne de la bibliothèque se caractérise par l\u2019intégration de deux grandes murales de céramiques extérieures de Louis Archambault.L\u2019Université Laval et l\u2019Université McGill se dotent en 1969 d\u2019une nouvelle bibliothèque.Au début de la décennie 1960, l\u2019Université Laval ressent le besoin urgent de rassembler les différentes bibliothèques de secteur de son nouveau campus de Sainte-Foy.Une étude confiée à Edwin Williams et Paul-Émile Filion en donne en 1962 les contours dans un rapport intitulé Vers une bibliothèque digne de Laval.L\u2019Université s\u2019assure par la suite du concours de Keyes D.Metcalf de l\u2019Université Harvard, reconnu pour sa grande expertise dans la conception des bibliothèques universitaires et de recherche.L\u2019Université Laval désire un immeuble qui puisse combler ses besoins d\u2019espace pour une trentaine d\u2019années.La firme d\u2019architectes choisie par l\u2019institution, composée des - architectes St-Gelais, Tremblay et Tremblay I 9 argus I VOLUME 44-N°3 Bibliothèque de l'Université Laval.Construction du pavillon Jean-Charles-Bonenfant, Université Laval, 10 juillet 1968.de Jonquière, est la même qui avait réalisé les plans du Collège de Jonquière et de nombreuses églises modernes.Le bâtiment de l\u2019Université Laval est un bâtiment fonctionnel et un bon exemple d\u2019architecture moderne nord-américaine, chère à la conception « American Modular » du spécialiste Metcalf.Dans les années 1960, la Bibliothèque Redpath, même agrandie à plusieurs reprises, ne peut plus satisfaire les besoins documentaires des étudiants de McGill.La solution retenue est de construire une nouvelle bibliothèque pour les études supérieures et la recherche, Redpath devenant alors une bibliothèque pour les étudiants du premier cycle.La Bibliothèque McLennan, inaugurée en 1969, est un édifice carré, massif, qui rompt par sa masse et son apparence avec le style des édifices construits jusqu\u2019alors sur le campus de McGill.Cette bibliothèque est un autre exemple de l\u2019architecture des bibliothèques universitaires nord-américaines selon l\u2019influence des idées de Keyes Metcalf.On y retrouve une certaine ressemblance avec la bibliothèque de Laval, bien que celle de McGill soit plus grande.McGill est passé du style « American Romanesque » de la Bibliothèque Redpath en 1893 à celui d\u2019« American Modular » de la Bibliothèque McLennan en 1969.À partir de la Révolution tranquille et de la décennie 1960, le Québec assista à un changement notable concernant la création ou l\u2019aménagement des bibliothèques gouvernementales, universitaires, collégiales et publiques, avec le recours à des architectes pour en dessiner les plans et en diriger la planification des travaux.Citons comme seul exemple la création des 37 bibliothèques publiques du Québec, dont les projets ont été retenus dans le cadre du centenaire de la Confédération canadienne en 1967.X BIBLIOGRAPHIE Blanchet, Joseph-Marie, « Construction d'une bibliothèque : expérience vécue à l'Université Laval », Bulletin del'ACBLF.vol.18,2 (1972), p.81-86.Dagenais, Michelle 1996, « Vie culturelle et pouvoirs publics locaux.La fondation de la Bibliothèque municipale de Montréal », Revue d'histoire urbaine/ Urban History Review, vol.33, h 2 (mars), p.40-56.Gallichan, Gilles 1985, «Les 70 ans de l'édifice Pamphile Le May», Cap-aux-Diamants, vol.1, p.31-34.Hanson, Elizabeth I.1988, «Architecture and Public Librarianship in the Early Twentieth Century : The Westmount Public Library », Libraries & Culture, vol.23, ri.2, p.172-203.Lajeunesse, Marcel 1996, « Les bibliothèques publiques à Montréal au début du XXe siècle : essai d'histoire socioculturelle », in Peter F.McNally (ed.).Readings in Canadian Library History 2, Ottawa, CLA, p.173-198.Lassonde, Jean-René, La Bibliothèque Saint-Sulpice, 2e éd., Montréal, BNQ, 1987, 400p.McNally, Peter R1993, « Dignified and Pictoresque : Redpath Library in 1893 », Fontanus, vol.6, p.69-84.Moodey, Edgar C.1977, The Fraser-Hickson Library.An Informal History, London, Clive Bingley., 224p.Plante, Jacques 2013, Architectures de la connaissance, Québec, Publications du Québec, 249p.(Philippe Lupien, « La Bibliothèque Saint-Sulpice », p.20-25; François Dufaux, « La Bibliothèque de l'Assemblée nationale : les défis d'une architecture publique », p.26-31) Reicher, Daniel 1977, « Lignes de force dans l'architecture contemporaine des bibliothèques québécoises », in Georges-A.Chartrand (dir.).Livre, bibliothèque et culture québécoise, Montréal, ASTED, vol.1,p.463-479.Wagg, Susan 2013, The Architecture of Andrew Thomas Taylor, Montréal, McGill-Queen's University Press, 246p.10 PHOTO : W.B.EDWARDS INC./UNIVERSITÉ LAVAL, DIVISION DE LA GESTION DES DOCUMENTS ADMINISTRATIFS ET DES ARCHIVES, P309, NO 791. DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Le prix Architecture 2015 de bibliothèques et de centres d'archives du Québec1 YVON-ANDRÉ LACROIX/ Le 18 novembre 2015, le Congrès des milieux documentaires du Québec annonçait que le prix Architecture 2015 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec était décerné à la Ville de Montmagny et à Éric Pelletier architecte / Lemay pour la bibliothèque de Montmagny.Le jury accordait aussi une mention ex-aequo à deux bibliothèques de la Ville de Montréal, soit à la bibliothèque Marc-Favreau de l\u2019arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, une réalisation de Dan Hanganu, architectes, et à la bibliothèque Saul-Bellow de l\u2019arrondissement de Lachine, une réalisation de Chevalier Morales architectes.Accompagné d\u2019un tableau, un bilan est esquissé relativement aux prix de 2011, de 2103 et de 2015.Créé en 2010 par le Congrès des milieux documentaires du Québec, ce prix bisannuel a comme objectif de donner une visibilité et de contribuer au rayonnement des meilleures réalisations architecturales de bibliothèques et de centres d\u2019archives situées sur le territoire québécois, et, pour cette troisième édition, achevées et ouvertes au public entre le 1er juillet 2013 et le 30 juin 2015.Sous la présidence d\u2019Yvon-André Lacroix, le jury du prix Architecture 2015 de LES CANDIDATURES DU PRIX ARCHITECTURE 2015 Le jury a étudié dix dossiers de bibliothèques auxquels ont participé six firmes d'architectes et quatre consortiums d'architectes : 10 candidatures - par types de bâtiments BIBLIOTHÈQUES -, Bâtiment neuf : 3 (du Boisé, Saint-Hippolyte, Varennes) -, Rénovation majeure : 3 (Beauharnois, Le Tournesol, Cégep Limoilou) -, Agrandissement et recyclage : 2 (Marc-Favreau, Montmagny) -, Agrandissement et rénovation majeure : 1 (Saul-Bellow) -, Agrandissement, recyclage, rénovation majeure et restauration patrimoniale : 1 (Château-Richer) CENTRES D'ARCHIVES -, Aucun 10 candidatures - par types de bibliothèques BIBLIOTHÈQUES MUNICIPALES : 9 -, 6 de la région métropolitaine de Montréal -, 3 des autres régions : Capitale nationale et Chaud ières-Appalaches BIBLIOTHÈQUE DE NIVEAU COLLÉGIAL À QUÉBEC : 1 Yvon-André Lacroix est détenteur d'une maîtrise en histoire, d'une maîtrise en bibliothéconomie et d'un certificat en archivistique.Il a créé la Bibliothèque municipale de Brassard, l'a dirigé de 1976 à 1992 et il en a fait un modèle d'institution culturelle dynamique et bien intégrée dans son milieu.Il a été directeur général de la diffusion de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).il a reçu le diplôme d'honneur de l'Université de Montréal en reconnaissance de son cheminement professionnel.yalacroix@gmail.com | 11 argus I VOLUME 44-N°3 m WM 4 \t Bibliothèque de Montmagny.LES CANDIDATURES DU PRIX ARCHITECTURE 2015 bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec était composé de quatre autres membres issus des milieux documentaires, Bruno Lemay, Patricia Lemieux, Micheline Perreault et Diane Polnicky, ainsi que de deux représentants des milieux de l\u2019architecture, les architectes Manon Asselin et Anne Carrier.LE LAURÉAT DU PRIX ARCHITECTURE 2015 : LA BIBLIOTHÈQUE DE MONTMAGNY Le jury accorde le prix Architecture 2015 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec aux deux partenaires : la Ville de Montmagny et à Éric Pelletier architecte / Lemay pour la Bibliothèque de Montmagny.Le jury est fortement séduit par cet heureux mariage entre le bâtiment très contemporain, paré de bois blanc et embelli d\u2019une marquise, et le vieux presbytère aux pierres grises, patrimoine architectural habilement respecté, recyclé et intégré.Il apprécie l\u2019implantation de la bibliothèque au centre-ville, entre la mairie, l\u2019église et le marché public, légèrement en retrait dans un parc paysager et bordée d\u2019une promenade de bois.L\u2019ensemble constitue un arrimage parfaitement chorégraphié et impeccable tant sur les plans urbanistique qu\u2019identitaire.Ville de Beauharnois - BIBLIOTHÈQUE DE BEAUHARNOIS Espace Vital Architecture (Rénovation majeure) photo : STÉPHANE LEMIRE Ville de Château-Richer- Centre culturel Richard-Verreau BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE CHÂTEAU-RICHER DG3A architecte (Agrandissement, recyclage, rénovation majeure et restauration patrimoniale) photo:davetremblay Ville de Montmagny - BIBLIOTHÈQUE DE MONTMAGNY Éric Pelletier architecte / Lemay (Agrandissement et recyclage) photo : Stéphane groleau Ville de Montréal - Arrondissement Saint-Laurent -BIBLIOTHÈQUE DU BOISÉ Cardinal Hardy / Labonté Marcil / Éric Pelletier, architecte (Bâtiment neuf) photo : DOUBLESPACE photography + amanda +younes 2015 Ville de Montréal - Arrondissement de Lachine -BIBLIOTHÈQUE SAUL-BELLOW Chevalier Morales architectes (Agrandissement et rénovation majeure) PHOTO ! CHEVALIER MORALES ARCHITECTES 12 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Bibliothèque de Montmagny, promenade de bois.r\u2014 Ville de Montréal - Arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie - BIBLIOTHÈQUE MARC-FAVREAU Dan Hanganu, architectes (Agrandissement et recyclage) photo:michelbrunelle Ville de Québec - Le Tournesol - CENTRE COMMUNAUTAIRE PAUL-ÉMILE BEAULIEU Coarchitecture (Rénovation majeure) photo : STÉPHANE groleau Municipalité de Saint-Hippolyte -BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-HIPPOLYTE Hébert Zurita Danis Smith architectes (Bâtiment neuf) photo : boyer media Ville de Varennes- BIBLIOTHÈQUE DEVARENNES Labbé, Laroche et Gagné, Leclerc et associés (Bâtiment neuf) photo :ville devarennes Cégep Limoilou - CARREFOUR DE L'INFORMATION DU CAMPUS DE CHARLESBOURG Planidesign (Rénovation majeure) photo : benoit lafrance L\u2019espace est fonctionnel et très dégagé, sans obstacle visuel et ce, aux deux étages, grâce à l\u2019enchâssement des étagères plus hautes aux murs latéraux et des plus basses disposées parallèlement.La dominance du blanc et des grandes fenêtres en lien avec le paysage ainsi que la variété des éclairages dont ceux intégrés aux rayonnages facilitent une compréhension rapide du lieu et créent un fort sentiment de bien-être.Le presbytère est réservé aux bureaux administratifs et à des fonctions non silencieuses, comme le coin café et les périodiques, les locaux pour le travail en groupe et la magnifique salle d\u2019exposition et d\u2019animation aux poutres apparentes.Le jury souligne la qualité, l\u2019élégante sobriété et la cohérence entre la volumétrie extérieure et l\u2019aménagement intérieur, un souci du détail sans superflu, l\u2019effet chaleureux de l\u2019utilisation du bois pour envelopper les salles de lecture et encastrer l\u2019escalier, les discrets mais présents comptoirs de prêt et d\u2019aide, la qualité du mobilier et le positionnement des fauteuils face aux larges baies vitrées, les alcôves et les longues banquettes des enfants.Le jury retient la mobilisation du milieu, bénévoles et compagnies locales, l\u2019accessibilité et le développement durable notamment le système de rétention des eaux, l\u2019utilisation d\u2019une toiture blanche à faible émissivité et la maximisation de l\u2019éclairage naturel.| 13 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES 'Tn,r7TrT',i*w*-i : \u2014 ¦ iiv- Bibliothèque de Montmagny.Dans cette region de la chasse aux oies blanches, la bibliothèque est une belle métaphore d\u2019une cache chaleureuse et feutrée pour les 11 500 Montmagnytois aux aguets de la chasse au savoir.Le prix Architecture 2015 de bibliothèques et de centres d'archives du Québec a été accordé le 18 novembre 2015 à la bibliothèque de la Ville de Montmagny.De gauche à droite, Yvon-André Lacroix, président du jury, Bernard Létourneau, directeur général de Montmagny, Jean-Guy Desrosiers, maire de Montmagy, et Guillaume Lévesque, vice-président de l'Ordre des architectes du Québec.Dans cette région de la chasse aux oies blanches, la bibliothèque est une belle métaphore d\u2019une cache chaleureuse et feutrée pour les 11500 Montmagnytois aux aguets de la chasse au savoir.Cette réalisation bibliothéconomique et architecturale, en soignant le patrimoine local et en haussant la barre qualitative, sera certainement pour toutes les municipalités du Québec une source d\u2019inspiration et de dépassement.Le jury salue l\u2019audace de Montmagny.Le prix Architecture 2015 de bibliothèques et de centres d\u2019archives du Québec a été accordé le 18 novembre 2015 à la bibliothèque de la Ville de Montmagny.De gauche à droite, Yvon-André Lacroix, président du jury, Bernard Létourneau, directeur général de Montmagny, Jean-Guy Desrosiers, maire de Montmagy, et Guillaume Lévesque, vice-président de l\u2019Ordre des architectes du Québec.MENTIONS HONORIFIQUES 2015 EX-AEQU0 À DEUX BIBLIOTHÈQUES DE LA VILLE DE MONTRÉAL Le jury du prix Architecture 2015 accorde une mention ex-aequo à la bibliothèque Saul-Bellow de l\u2019arrondissement de Lachine de la Ville de Montréal, une réalisation de Chevalier Morales architectes.Cette mention est également accordée ex-aequo à la bibliothèque Marc-Favreau de l\u2019arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie de la Ville de Montréal, une réalisation de Dan Hanganu, architectes.14 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Bibliothèque Saul-Bellow.1 TM\t¦ ¦ -¦ Le jury honore aussi la Ville de Montréal et ses arrondissements pour leur volonté « esstradinaire », pour paraphraser le personnage de Sol de Marc Favreau, de combler le déficit du passé en matière de superficie et l\u2019heureuse perspective bibliothéconomique ainsi offerte aux citoyens des autres quartiers et arrondissements de Montréal.LA BIBLIOTHÈQUE SAUL-BELLOW Située à l\u2019angle des deux artères principales de Lachine, la bibliothèque Saul-Bellow, d\u2019architecture brutaliste datant de 1974, a été agrandie, complètement réaménagée et rénovée en intégrant la structure précédente de deux étages et des fragments de mémoire et en recourant à un revêtement de verre et d\u2019aluminium blanc pour intensifier sa présence dynamique et urbaine.Le jury est ravi de la transformation du bâtiment original et particulièrement du sous-sol tristounet en un niveau excavé, largement fenêtré et ouvert sur l\u2019extérieur.Dès le hall, une pente douce conduit l\u2019usager vers l\u2019icône du lieu, le café, relié à la terrasse extérieure et de biais avec le comptoir de prêt/accueil et l\u2019élégant escalier hélicoïdal.Il note aussi les divers espaces incluant des salles de travail, un salon silencieux et un gradin de lecture familial, la luminosité soutenue par le blanc omniprésent, la transparence totale entre l\u2019intérieur et l\u2019extérieur grâce au verre qui Bibliothèque Saul-Bellow.: i X rend d\u2019ailleurs la bibliothèque très attirante particulièrement de nuit.Le jury estime ce projet comme un modèle significatif de la mutation d\u2019un lieu de transit sombre et replié sur lui-même en un lieu de parcours, d\u2019expérience et de découvertes.Un lieu de vie.Le jury apprécie les liens tissés avec les divers intervenants du milieu, la mise en valeur du personnel comme médiateur, l\u2019autonomie de l\u2019usager - par la pleine utilisation de la technologie I 15 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Bibliothèque Marc-Favreau RFID.Sur le plan du développement durable, la volonté de l\u2019obtention d\u2019une certification LEED pour l\u2019aménagement écologique, la gestion efficace de l\u2019eau, de l\u2019énergie et des matériaux dont le verre ultra-clair, le toit vert et les planchers de bois et l\u2019utili-sation de porte-à-faux contre le rayonnement solaire.Une vision à long terme qui présage des mutations plus faciles du bâtiment aux changements inévitables à venir au cours des 25 prochaines années.LA BIBLIOTHÈQUE MARC-FAVREAU Le jury relève d\u2019abord les qualités du lieu d\u2019implantation situé à deux pas du métro, des bus et d\u2019une piste cyclable.Urbaine et moderne, visible et accessible, la bibliothèque occupe la partie la plus intéressante d\u2019un ancien site industriel, rasé et décontaminé, qui a laissé place à plusieurs types d\u2019habitations.Elle récupère et rénove de belle façon un édifice d\u2019inspiration Art déco qu\u2019elle partage avec un Centre de la petite enfance (CPE) et auquel s\u2019intégrent le nouveau bâtiment enveloppé de verre sérigraphié et le Parc Luc-Durand, en cours de réalisation.Le jury considère cet ensemble structuré et efficace, observe la lisibilité et la convivialité du lieu dès l\u2019entrée avec le salon actualité, le retrait du café, du comptoir d\u2019accueil et du retour des documents, et, à l\u2019étage, la place centrale et invitante du comptoir d\u2019aide aux usagers et des ordinateurs, les salles de travail de groupe et de formation.La circulation est facile et la luminosité généreuse est amplifiée par la présence du bambou pour les planchers.Le jury retient la présence fortement évocatrice de l\u2019imaginaire de Sol, ce fabuleux personnage incarné par Marc Favreau qui confère au lieu un cachet quasi ludique bonifié par un aménagement fluide, par le charme du solarium et de son foyer, par la fraîcheur du jardin intérieur, par les diverses pièces d\u2019art dont, la nuit tombée, l\u2019œuvre numérique extérieure de 6 000 pixels colorés, une création de la Société des arts technologiques.Un lieu décontracté, familial et intergénérationnel que les citoyens s\u2019approprient déjà massivement.Le jury est sensible aux divers partenariats entrepris avec les milieux culturels et sociaux de l\u2019arrondissement, l\u2019autonomie de l\u2019usager par la pleine utilisation de la technologie RFID l\u2019utilisation du bambou, bois renouvelable, l\u2019aménagement d\u2019un toit blanc et la certification à venir LEED Or.BREF BILAN DES PRIX DE 2011, DE 2103 ET DE 2015 Il est excitant de relever que les jurys ont étudié 26 candidatures, ce qui constitue en si peu d\u2019années une notable activité architecturale particulièrement du côté des bibliothèques municipales.En examinant les sept types de bâtiments du Tableau ci-contre, il est à noter que 18 candidatures (69%) concernent dix bâtiments neufs et huit rénovations majeures/recyclages mais malheureusement aucune candidature de la part des centres d\u2019archives.Quant aux cinq types de bibliothèques, 20 candidatures (77%) sont issues des milieux municipaux dont 14 de la région métropolitaine de Montréal (54%).16 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Il n\u2019est par ailleurs pas surprenant que les trois prix (Longueuil en 2011, La Malbaie en 2013 et Montma-gny en 2015) et trois des quatre mentions (Magog en 2013 et à Montréal ex-aequo pour les bibliothèques Saul-Bellow et Marc-Favreau en 2015) aient été attribués à des bibliothèques municipales.Une mention a été accordée à une bibliothèque universitaire (Université Laval en 2011).les bâtiments, les collections et les services.Il nous apparaît que ces nouveaux bâtiments, plus dégagés, plus zen et plus chaleureux, se rapprochent davantage de la conception architecturale des bibliothèques Scandinaves.Les nombreuses qualités de ces candidatures rendent le choix des lauréats (prix et mention) plus serré et heureusement plus stimulant pour les membres des jurys.CANDIDATURES PRÉSENTÉES EN 2011, 2013 ET 2015 - TOTAL ET POURCENTAGE 2011\t2013\t2015 Total % Types de bâtiments / constructions\tAgrandissement\t2\t1\t0\t3\t12 \tAgrandissement/recyclage\t0\t0\t2\t2\t8 \tAgrandissement/rénovation majeure\t1\t0\t1\t2\t8 \tAgrandissement/recydage/rénovation majeure/ restauration patrimoniale\t0\t0\t1\t1\t4 \tBâtiment neuf\t3\t4\t3\t10\t38 \tRénovation majeure\t1\t1\t3\t5\t19 \tRénovation majeure/recyclage\t0\t3\t0\t3\t12 TOTAL\t\t7\t9\t10\t26\t100 Types de bibliothèques\tBibliothèques municipales région Montréal\t5\t3\t6\t14\t54 \tBibliothèques municipales autres régions\t0\t3\t3\t6\t23 \tBibliothèques collégiales\t1\t1\t1\t3\t12 \tBibliothèques universitaires\t1\t1\t0\t2\t8 \tAutres bibliothèques\t0\t1\t0\t1\t4 Centres archives\tCentres d'archives\t0\t0\t0\t0\t0 TOTAL\t\t7\t9\t10\t26\t100 Des 26 candidatures étudiées depuis 2011, retenons principalement que les équipes, multidisciplinaires, s\u2019emploient à mieux localiser les bibliothèques en prenant en compte divers aspects sociaux et environnementaux; à créer une interpénétration fluide des espaces extérieur et intérieur notamment grâce à des aires ouvertes et à une judicieuse utilisation de la lumière naturelle et électrique; à harmoniser les nécessaires complémentarités du beau et du fonctionnel.Tout cela pour que les usagers, au cœur de cette démarche, s\u2019approprient avec facilité 1.L'auteur a longuement traité de tous les aspects du prix Architecture de bibliothèques et de centres d'archives du Québec tant de l'historique et des règlements que des lauréats des prix remis en 2011 et en 2013.Voir le numéro thématique double de Documentation et Bibliothèques portant exclusivement sur les bibliothèques et l'architecture.Avril-septembre 2014:62-73.X I 17 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES La bibliothèque Saint-Sulpice MÉLISSA RHÉAUME/ p iggil®'\u2019-' Tel qu\u2019annoncé le 31 janvier 2016, la bibliothèque Saint-Sulpice de Montréal accueillera dès 2017 un espace culturel et technologique destiné aux adolescents ainsi qu\u2019un laboratoire d\u2019innovation.Retrouvant enfin sa vocation publique et culturelle après une dizaine d\u2019années d\u2019inoccupation, il va sans dire que le nouveau programme redonnera un coup de jeunesse à ce magnifique bâtiment patrimonial délaissé trop longtemps.Le potentiel de cet édifice patrimonial en tant que bibliothèque du voyage a d\u2019ailleurs été le sujet de mon essai-projet de maîtrise en architecture et pour lequel j\u2019ai conçu un montage vidéo accessible sur u-tube à : www.youtube.com/watch?v = I7Bu22orcKE.À cette fin, j\u2019ai exploré les possibilités des bibliothèques spécialisées dans le nouveau paradigme qu\u2019adoptent les bibliothèques du 21e siècle, mais également ce que le voyage peut apporter à la réhabilitation d\u2019un édifice patrimonial.Voici un aperçu du cheminement de ce projet.La bibliothèque Saint-Sulpice est construite de 1912 à 1914 par l\u2019architecte Eugène Payette, gagnant du concours d\u2019architecture lancé par les Sulpiciens.Misant sur un style classique typique de l\u2019engouement de son époque pour l\u2019École des Beaux-Arts à Paris, l\u2019accent est mis sur les espaces d\u2019apparat comme la façade, le hall, l\u2019escalier monumental et la salle de lecture.En effet, à l\u2019intérieur, le marbre côtoie les boiseries de chêne, les ornementations classiques et les imposants luminaires suspendus en bronze.Plusieurs vitraux complètent l\u2019ensemble, révélant chacun un thème ou une ville de par leur composition.Toutefois, à l\u2019aube du 20e siècle, l\u2019architecte utilise aussi les dernières avancées techniques pour l\u2019entreposage des livres dans une structure métallique autoportante de Diplômée à la maîtrise en architecture de l'Université Laval en 2015, Mélissa Rhéaume complète à présent son stage chez Boudreau Fortier Huot architectes à Québec afin d'obtenir le titre d'architecte.Elle s'intéresse particulièrement à la conservation du patrimoine bâti afin que celui-ci raconte l'histoire de la société aux générations futures.C'est cette vision qui l'a guidée tout au long de ses études et aujourd'hui dans sa carrière.rheaumemelissa@hotmail.com 18 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES illli ÜIH \u2022T V 1 «a» Coupe longitudinale de la bibliothèque Saint-Sulpice.L'ajout en toiture respecte le bâtiment patrimonial par sa discrétion.quatre étages, maximisant l\u2019espace dédié au magasin dans un esprit de modernité.Presque conservés tels que lors de la construction, ces lieux sont d\u2019une grande valeur architecturale et historique.Ce modèle de bibliothèque est toutefois bien différent de celui du 21e siècle.La composition mathématique du style classique transparaît dans la symétrie des espaces et la disposition régulière des ouvertures, apportant une certaine rigidité, tant au niveau de son fonctionnement que du parcours emprunté lors de la visite.En 2016, le voyage, à la fois parcours physique et imaginaire, permet de mettre en place des concepts de design pour la réhabilitation de la bibliothèque Saint-Sulpice en une bibliothèque tournée vers l\u2019avenir répondant aux nouveaux besoins des usagers, tout en dialoguant avec le passé.Voyager, c\u2019est partir ailleurs, un ailleurs qui peut prendre plusieurs formes : le monde, le temps, les autres, le cyberespace.C\u2019est répondre à un désir de liberté, d\u2019inconnu et d\u2019inattendu.Par la mise en valeur des caractéristiques historiques, architecturales et artistiques de la bibliothèque patrimoniale, le parcours de celle-ci révèle autant un passé apte à faire voyager dans l\u2019imaginaire qu\u2019un monde infini de découvertes grâce aux nouvelles interventions contemporaines contrastant avec l\u2019ancien et à ses collections et activités axées sur les voyages.En plus d\u2019intégrer le voyage dans le concept d\u2019intervention architectural, le projet en fait également une particularité de la bibliothèque, la redéfinissant comme une annexe à la Grande Bibliothèque située à quelques pas.La proximité et l\u2019histoire unissant ces En 2016, le voyage, à la fois parcours physique et imaginaire, permet de mettre en place des concepts de design pour la rehabilitation de la bibliothèque Saint-Sulpice en une bibliothèque tournée vers l\u2019avenir répondant aux nouveaux besoins des usagers, tout en dialoguant avec le passé.deux constructions mènent facilement à la conclusion que la bibliothèque Saint-Sulpice doit être en lien avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec.En effet, la bibliothèque sulpicienne était devenue en 1968, avec l\u2019entrée en vigueur du dépôt légal, le siège de la Bibliothèque nationale du Québec.En tant que bibliothèque axée sur le voyage, on peut imaginer qu\u2019elle permettra la découverte des riches collections patrimoniales de cartes géographiques et de cartes postales, mais aussi d\u2019une collection universelle de prêt et de référence quant à elle composée de documents permettant à la fois de planifier un voyage (atlas, cartes géographiques et touristiques, dictionnaires de langues, guides de voyages, récits de voyage, etc.) et de découvrir une autre culture (revues du monde entier, ouvrages illustrés, vidéos documentaires, CD de musique du monde, etc.).Les nouvelles bibliothèques sont des lieux où les J usagers prédominent, où de nouvelles fonctions et ! de nouveaux services se multiplient.L\u2019architecture î d\u2019une bibliothèque axée sur le voyage répond à cette t demande en favorisant les rencontres et les échanges, l les parcours physiques et imaginaires, les - expériences collectives ou individuelles.À | 19 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES La bibliothèque Saint-Sulpice sera un parfait exemple de la transformation qu\u2019ont subie les bibliothèques au cours du 20e siècle.Autrefois un lieu réservé à la bourgeoisie et à l\u2019entreposage de livres, l\u2019espace s\u2019adapte au contexte contemporain et à la demande des usagers.l\u2019intérieur du projet présenté lors de mon essai-projet sur la réhabilitation de la bibliothèque Saint-Sulpice, la collection et l\u2019architecture étaient à l\u2019avant-plan de l\u2019incarnation du thème du voyage.Le projet proposé misait entre autres sur l\u2019ajout en toiture d\u2019un nouvel étage surprenant, aboutissement d\u2019une promenade architecturale à travers l\u2019édifice patrimonial vers un lieu de tous les voyages.Créant un ailleurs dans la ville, un ailleurs dans la bibliothèque et son architecture, un ailleurs dans Nouvel étage conceptualisant le voyage grâce au plafond ondoyant.E SÉJOU l\u2019imagination, la nouvelle toiture symbolisait le voyage à plusieurs degrés.Elle a d\u2019ailleurs été inspirée de ce qui guidait les grands explorateurs et ce qui guide encore aujourd\u2019hui plusieurs voyageurs, les éléments de la nature comme les vents, les courants marins et les cartes topographiques.Grâce à des logiciels paramétriques, l\u2019ajout contemporain était ancré sur les tracés rigoureux de l\u2019architecture m de style Beaux-Arts d\u2019origine.L\u2019agrandissement, bien J que distinctif, était donc en harmonie visuelle avec la < bibliothèque existante.\t| L\u2019étage de la toiture, nommé « Le séjour », était un iÿ espace se voulant une halte dans la ville, de même g L'ancien amphithéâtre au sous-sol est transformé en espace d'accueil et met à la disposition des usagers les collections de prêt. fl^l Les vitraux existants sont protégés d'un plancher de verre, les rendant accessible pour une contemplation unique.À l'arrière du bâtiment, le stationnement actuel est devenu un jardin de lecture.qu\u2019un endroit pour y relaxer et y faire des rencontres rappelant un salon urbain.Meublé par de confortables fauteuils et une multitude de poufs mobiles, le lieu laissait place à l\u2019imagination pour son utilisation.Un comptoir de prêt d\u2019appareils électroniques mobiles permettait d\u2019accentuer le caractère nouveau et sans contraintes de l\u2019addition.Les courbes d\u2019acier perforé filtraient la lumière du soleil et les ombres créées, avec leur mouvement tout au long de la journée, donnant vie à l\u2019ensemble.Le visiteur, ayant maintenant atteint sa destination, débutait en fait un nouveau voyage : libre de suivre les courbes flottantes, les tracés projetés au sol, ou encore l\u2019appel de certaines sections, c\u2019était son imagination qui guidait son parcours et ses pauses.La volonté initiale de la bibliothèque sulpicienne, à la fois municipale et universitaire, était de rendre accessible aux citoyens leurs richesses et de les conserver en lieu sûr pour les prochaines générations.C\u2019est encore cette volonté de pérennité qui était à la base de ce projet d\u2019architecture, et retrouvée également dans la nouvelle vocation annoncée par la ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Mme Hélène David, et le maire de Montréal, M.Denis Coderre.L\u2019« Incubateur Saint-Sulpice »', nouvel espace pour les adolescents et laboratoire d\u2019innovation, permettra à la bibliothèque de renaître avec une fonction résolument tournée vers le futur et l\u2019imagination.Répondant aux attentes d\u2019une bibliothèque du 21e siècle en combinant plusieurs services et fonctions, elle favorisera également la socialisation, l\u2019expérimentation et la collaboration.Que ce soit sur le thème du voyage ou des nouvelles technologies, patrimoine architectural et bibliothèque du 21e siècle peuvent cohabiter habilement pour offrir aux usagers une expérience culturelle encore plus riche.La bibliothèque Saint-Sulpice sera un parfait exemple de la transformation qu\u2019ont subie les bibliothèques au cours du 20e siècle.Autrefois un lieu réservé à la bourgeoisie et à l\u2019entreposage de livres, l\u2019espace s\u2019adapte au contexte contemporain et à la demande des usagers.Servant la population d\u2019une façon beaucoup plus riche qu\u2019auparavant grâce à une offre culturelle et sociale unique, elle deviendra un lieu d\u2019exception pour socialiser, se détendre ou se divertir.1.Il s'agit du nom du projet présenté dans le complément d'information du communiqué de presse du ministère de la Culture et de la Communications disponible via le lien suivant : https ://www.mcc.gouv.qc.ca/index.php?id=2328&no_cache=1&tx_ttnews%5Btt_news%5D=73 91&cHash=aefc34e82b6bd857d5dafc457a572113 X | 21 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES De la bibliothèque comme monument public NICHOLAS ROQUET/ Depuis 20 ans, plusieurs grandes bibliothèques ont délaissé leurs bâtiments d\u2019origine pour investir des locaux plus modernes et spacieux : pensons à la Bibliothèque François-Mitterrand (1996), à la British Library (1998) ou à la Grande Bibliothèque de Montréal (2005).Ce mouvement de transhumance reflète d\u2019abord l\u2019exiguïté relative des bibliothèques nationales et publiques créées au 19e et au début du 20e siècle.Conçues comme des lieux où tout le savoir accumulé de l\u2019humanité serait centralisé, celles-ci n\u2019ont pas suffi, malgré d\u2019impressionnants espaces d\u2019entreposage, à contenir de façon adéquate des inventaires en croissance continuelle.DeC.ZG.Façade principale de la New York Public Library sur la 5e avenue (1907).COLLECTIONS NUMÉRIOUES DE LA NEW YORK PUBLIC LIBRARY La fermeture de ces anciens temples du savoir exprime aussi ce que les documentalistes ont perçu, à la fin du 20e siècle, comme leur faillite idéologique.Avec le développement des technologies numériques, la bibliothèque traditionnelle semblait soudain mal équipée pour diffuser la connaissance au plus grand nombre.Pis encore, son architecture souvent monumentale paraissait peu propice à attirer le public.La bibliothèque devait donc faire peau neuve, au moyen d\u2019une architecture transparente, aérée et appropriable par ses usagers.Selon l\u2019architecte Manon Asselin, le temps des cathédrales du livre serait révolu : la bibliothèque est désormais un « living-room public », chargé de forger un esprit de communauté entre citoyens1.Mais se pourrait-il que l\u2019on ait annoncé prématurément la mort de la bibliothèque en tant que monument?C\u2019est ce que suggère la controverse qui a éclaté en 2012 à la suite de l\u2019annonce par l\u2019administration de la New York Public Library d\u2019un projet de transformation de son vénérable édifice phare sur la 5e avenue par l\u2019architecte britannique Norman Foster2.Confrontée à une baisse de son financement et à la nécessité de restaurer ce bâtiment historique, l\u2019administration prévoyait vendre deux succursales dans le centre de Manhattan et relocaliser les opérations de prêt à la Bibliothèque centrale.Or, depuis 1981, celle-ci ne servait plus que comme bibliothèque de référence, dotée de la troisième collection en importance aux États-Unis.Pour rendre possible son changement de vocation, on envisageait de transférer la collection patrimoniale dans un entrepôt au New Jersey, 22 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈQUES op1IClANb m m hi - DHBB Selon l\u2019architecte Manon Asselin, le temps des cathédrales du livre serait révolu : la bibliothèque est désormais un « living-room public », charge' de forger un esprit de communauté entre citoyens.Se pourrait-il que l\u2019on ait | annoncé prématurément la mort de la bibliothèque I en tant que monument?o ô < 0 1\tde démolir l\u2019ancien magasin de livres et d\u2019aménager | dans l\u2019espace ainsi libéré de nouvelles aires de lec-g ture et de détente autour d\u2019un atrium haut de quatre 5 étages.| Présenté par l\u2019administration comme un renou- 0 S veau necessaire, qui rendrait la bibliothèque plus g accessible, vivante et adaptée aux besoins des usagers | contemporains, le Central Library Plan a cependant Q ^ fait l\u2019objet de critiques virulentes.Ses détracteurs | ont dénoncé non seulement le saccage appréhendé S | d\u2019une architecture de grande qualité (au moment de ^ sa construction, le magasin était un chef-d\u2019œuvre d\u2019ingéniosité technique), mais aussi la destruction de l\u2019une des institutions centrales de la vie publique g new-yorkaise3.< | Ce dernier argument mérite que l\u2019on s\u2019y arrête, car S la Bibliothèque centrale de New York n\u2019a rien d\u2019un 1\tliving-room.Cet édifice d\u2019échelle colossale, érigé entre S 1902 et 1911 par les architectes Carrère & Hastings sur < S le site d\u2019un ancien réservoir d\u2019eau, occupe un terrain Q s hors norme équivalant a deux îlots new-yorkais, qui ° interrompt le cours de la 41e rue.Il déploie également 1 une splendeur de matériaux exceptionnelle, avec des g pavements de granit, un revêtement de marbre blanc O £ massif en façade, et un décor intérieur enrichi de < ü - Q ^ Vue en coupe de la New York Public Library, montrant les g sept niveaux du magasin de livres surmontés de la salle | de lecture (1911).Z\tCOLLECTIONS NUMÉRIQUES DE LA NEW YORK PUBLIC LIBRARY stucs, de dorures, de plafonds a caissons et de lambris de bois sculpté.| 23 argus I VOLUME 44-N°3 S&Wl VL \u2019Aï 'ifï La salle de lecture principale de la New York Public Par sa composition, enfin, l\u2019édifice transforme une visite à la bibliothèque en une procession sacrée.Depuis l\u2019entrée principale sur la 5e avenue, le lecteur gravit un emmarchement monumental, franchit un portique aux allures d\u2019arc de triomphe romain, puis pénètre dans un hall voûté de marbre d\u2019où l\u2019on a, par une porte vitrée, une vue axiale sur les richesses cachées du magasin.De là, le visiteur doit ensuite emprunter quatre volées d\u2019escaliers et traverser une série d\u2019antichambres avant d\u2019accéder à la salle de lecture principale.Cette salle immense, haute de plus de 15 mètres, a été située au troisième et dernier étage pour l\u2019éloigner du bruit de la rue, y faire pénétrer la lumière et la dégager de toute colonne.Mis à part les ouvrages de référence qui en tapissent les murs, les livres y sont relativement absents.C\u2019est que, en termes symboliques et constructifs, la salle de lecture prend appui sur les sept niveaux de magasin situés en dessous.Comme le suggèrent les fresques de ciel ensoleillé qui en ornent le plafond, c\u2019est un lieu consacré avant tout au travail de l\u2019esprit.Il serait difficile d\u2019imaginer une architecture plus empreinte de hiérarchie, de rituel et de références savantes à l\u2019Antiquité.Comment alors expliquer la levée de boucliers de la part de tant de citoyens devant la perspective de sa modernisation?En partie, le débat sur le sort de la Bibliothèque centrale a relevé d\u2019un combat puéril entre élitisme et populisme.Ainsi, l\u2019auteur Edmund Morris a ridiculisé le projet de Foster en évoquant le spectacle d\u2019une bibliothèque de recherche envahie par des hordes d\u2019ados sirotant bruyamment leurs cafés lattés4; la chroniqueuse Chloe Schama a aussitôt répliqué que la « racaille » y avait autant sa place que le plus prestigieux des intellectuels5.Mais à la décharge de Morris, l\u2019image d\u2019une « biblio-thèque-Starbucks » visait surtout à remettre en question l\u2019application de critères mercantiles aux institutions culturelles : l\u2019utilité sociale d\u2019une bibliothèque se mesure-t-elle au nombre de visiteurs annuels ou au savoir qu\u2019elle contribue à construire?À ce sujet, l\u2019historien David A.Bell rappelle que la Bibliothèque centrale a joué un rôle clé pour plusieurs auteurs importants, qui y ont trouvé une communauté de lecteurs partageant les mêmes questionnements.Grâce aux échanges entre voisins aux tables de consultation, sa salle de lecture a constitué un vaste espace public, contribuant à la vitalité intellectuelle de la métropole américaine6.De simples usagers se sont également joints au débat.Selon le blogueur Matthew Zadrozny, l\u2019importance de la Bibliothèque centrale tiendrait à son statut d\u2019exception dans la culture contemporaine.Alors que 24 PHOTO : ALEX PROIMOS, 2011.LICENCE CC-BY-2.0.SURWIKIMEDIA COMMONS [COMMONS.WIKIMEDIA.ORG/WIKI/FILE :GRAND_STUDY_HALL,_NEW_YORK_PUBLIC_LIBRARY_(5914733818) JPG], 1ER AVRIL 2016. DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES les librairies ferment leurs portes et que l\u2019internet est constamment surveillé, où sauf ici peut-on s\u2019isoler avec un livre1 2 3 * * * 7?Tout en reconnaissant la vétusté des lieux, la journaliste Karrie Jacobs met elle aussi l\u2019accent sur leur singularité.Depuis sa fondation, l\u2019institution offre un accès universel et gratuit à un fonds inépuisable de livres : c\u2019est la pérennité de cette promesse qui en fait le trésor.Peu importe alors que les documents soient stockés dans le magasin d\u2019origine ou dans des voûtes souterraines - mais faire d\u2019un tel lieu une « bibliothèque sans livres » le viderait de son sens8.Depuis 2014, la New York Public Library a tenté de faire amende honorable, s\u2019engageant à conserver la majorité des volumes sur place et chargeant la firme néerlandaise Mecanoo (à qui l\u2019on doit les bibliothèques de Birmingham et de l\u2019Université technique de Delft) d\u2019entreprendre une nouvelle réflexion sur l\u2019aménagement des lieux.Saura-t-elle faire mieux que Foster?Ce n\u2019est pas sûr, car la déconfiture qu\u2019a subie la bibliothèque me semble attribuable à une lecture profondément erronée de l'édifice dans sa forme actuelle.Jugée élitiste et rebutante par ses gestionnaires, la Bibliothèque centrale, avec son architecture monumentale, est ancrée en réalité dans le projet des Lumières de faire de la ville un théâtre de la vie publique.Elle évoque la grandeur de Rome parce que ses constructeurs souhaitaient qu\u2019elle soit, comme dans l\u2019Antiquité, un forum pour des citoyens libres, En fin de compte, la valeur de la Bibliothèque centrale de New York tient à sa rareté, à son effet d\u2019étrangeté et à la certitude qu\u2019il ne se construira plus d\u2019édifices pareils.éclairés et actifs.Elle est empreinte de cérémoniel parce qu\u2019on comprenait la citoyenneté comme une aptitude à laquelle il fallait se former, et non comme un simple fait de naissance.Elle se pare des attributs d\u2019un temple, enfin, parce qu\u2019on lui attribuait une finalité morale : celle de permettre à chacun d\u2019améliorer sa condition, de cultiver la vertu et de contribuer ainsi à son propre bonheur.En fin de compte, la valeur de la Bibliothèque centrale de New York tient à sa rareté, à son effet d\u2019étrangeté et à la certitude qu\u2019il ne se construira plus d\u2019édifices pareils.Au lieu de la travestir en un intérieur du 21e siècle, il vaudrait mieux en perpétuer l\u2019usage, la libérer d\u2019altérations néfastes et la mettre à profit pour ce qu\u2019elle est : un monument d\u2019un autre âge, soit, mais encore utilisable, et où le public peut entrevoir un rapport au savoir radicalement différent de ce que proposent les bibliothèques contemporaines.| J nicholas.roquet@umontreal.ca PhD (McGill, 2011).Professeur agrégé, École d'architecture, Université de Montréal.1\tManon Asselin, « De Châteauguay à Saint-Hubert : quelques réflexions sur les défis des bibliothèques publiques au Québec », Architectures de la connaissance au Québec, dir.Jacques Plante (Québec : Les Publications du Québec, 2013): 39-46.2\tPour une synthèse du projet et de sa longue genèse, voir l'article du critique d'architecture Paul Goldberger, « Firestorm on Fifth Avenue », Vanity Fair, 13 novembre 2012 (Web).3\tVoir les essais d'Ada Louise Huxtable, « New York Public Library : Under- taking its destruction », The Wall Street Journal, 3 décembre 2012 (Web), et de Michael Kimmelman, « In Renderings for a Library Landmark, Stacks of Questions », The New York Times, 29 janvier 2013 (Web).Voir aussi les reportages de Scott Sherman, dont « Upheaval at the New York Public Library », The Nation, 20 novembre 2011 (Web); « Save the New York Public Library! », The Nation, 17 avril 2013 (Web); «The Hidden History of New York City's Central Library Plan », The Nation, 28 août 2013 (Web); et « The New York Library Wars », Chronicle of Higher Education, 24 juin 2015 (Web).4\tEdmund Morris, « Sacking a Palace of Culture », The New York Times, 21 avril 2012 (Web).5\tChloe Schama, « Let in the Riffraff : In Praise of the New York Public Library's Renovation Plan », The New Republic, 27 avril 2012 (Web).6\tDavid A.Bell, «The Bookless Library», The New Republic, 12 juillet 2012 (Web).7\tSvati Kirsten Narula, « This Human of New York Takes his Libraries Seriously », The Atlantic, 27 février 2014 (Web).8\tKarrie Jacobs, « The Library Whisperer : Can architect Francine Houben remake the public library?», Curbed, 9 décembre 2015 (Web).I 25 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Consciente du besoin de soutenir et de stimuler une relève de calibre professionnel en critique d'architecture dans ce secteur sous-représenté du journalisme au Québec, c'est en 2011 que la Maison de l'architecture du Québec a créé un concours bilingue qui se fait sous l'égide d'un jury des meilleurs experts en la matière.Pour sa quatrième édition, sur le thème d'Une bibliothèque pour le XXIe siècle, plus d'une vingtaine de bibliothèques construites à travers le Canada ont fait l'objet d'analyses critiques par les candidats de 34 ans ou moins, issus de partout au pays.Voici les textes de deux finalistes.Concours Jeune Critique MAQ en architecture D -\"'Ml» ¦'\u2022lyrnond The Bibliothèque Raymond-Lévesque in Longueuil and the Beaverbrook Branch of the Ottawa Public Library in Kanata offer a sharp contrast with their surrounding built environment and bring life to architecturally deserted places.Oases in the Architecturally Arid Suburban Lands SAMUEL DUBOIS/ Twenty years ago, former dean of MIT\u2019s School of Architecture and Planning William J.Mitchell argued in his book \u201cCity of Bits\u201d that the era where library users would to go to a card catalogue and manually retrieve books from the stacks was coming to an end because of the prominence of online and digital libraries.However, the number of new public libraries built since then, especially within the past five years in Canada, has shown that Mitchell\u2019s prediction was inaccurate.We know today that technologies have not replaced traditional libraries.Rather, technologies have eased new patterns of accessing information.This has consequently influenced the way libraries are designed, making them sufficiently flexible to adapt to technological changes that will inevitably keep on coming.26 The Bibliothèque Raymond-Lévesque makes a statement through different environmental choices, such as the selection of sustainable materials, the efficient management of wastewater, as well as good air quality through an automated natural ventilation system.For many architects, the ever-evolving technology of the 21st century nurtures a desire to reinvent programs and spaces that may have been perceived as immutable in the past.In fact, the introduction of new technologies in the design of contemporary public libraries can generate rampant success.In Canada, one of the best known examples - which also happens to be the most visited library in North America -is the Grande Bibliothèque du Québec, located in the heart of Montreal\u2019s vibrant Latin Quarter.That being said, can a successful public library, from both a social and architectural standpoint, be located -\tor more so reinvented - in a suburban city?This question is worth asking, especially considering that suburbs are - using the words of Rem Koolhass -\tthe epitome of \u201cjunkspace\u201d.Compared to urban cities, suburban areas often offer fewer opportunities as far as cultural and educational institutions are concerned.Fortunately, there are exceptions.The Bibliothèque Raymond-Lévesque in Longueuil and the Beaverbrook Branch of the Ottawa Public Library in Kanata are two recent public libraries built in the middle of suburbia and in which technologies have a central place.BIBLIOTHEQUE RAYMOND-LEVESQUE Located in the city of Longueuil on the south shore of Montreal, the Bibliothèque Raymond-Lévesque is situated in the Parc de la Cité - the city\u2019s principal civic park - and occupies a total area of 4,000 square ; metres.Winner of a Quebec-wide architectural com- [ c petition held in 2008, the building was designed: by Manon Asselin, Architect and Jodoin Lamarre t Pratte & Associates Architects, and was completed l in 2010.The building is shaped as an off- - centre square with an exterior courtyard in ^7 KMn Bibliothèque Raymond-Lévesque I 27 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSiER / ARCHiTECTURE ET BiBLiOTHÈQUES its core.The irregular yet very functional interior floor plan offers unexpected spatial experiences to the users.The shape of the building, which \"ripples and floats\u201d lightly above the ground like a \"flying carpet\u201d - a metaphor used by the architects - is also influenced by the sensitive inclusion of innovative green technologies.In that regard, the Bibliothèque Raymond-Lévesque makes a statement through different environmental choices, such as the selection of sustainable materials, the efficient management of wastewater, as well as good air quality through an automated natural ventilation system.However, what makes these advanced building system technologies unique in this project is the fact that they also express strong metaphoric meanings.The wooden louvers on the facades allude to the forest surrounding the library, while the mineral basin adjacent to the building reminds us of a river streaming under a covered bridge.Even the benches in the courtyard are shaped like airplane propellers, intimately linked to Quebec\u2019s aeronautic industry.All these examples form an indivisible symbolic whole, which is very striking when one actually walks through the project.These observations somehow substantiate the position of McGill professor Alberto Perez-Gomez in his 1983 text \"Introduction to Architecture and the Crisis of Modern Science\u201d.Perez-Gomez argues that architecture should consist of a perfect combination between practice (functional and technological) and theory (mythopoetic and symbolic).In the case of the Bibliothèque Raymond-Lévesque, it is clear that there was a desire to marry modern technologies with the overall phenomenological experience of the library users.BEAVERBROOK BRANCH OF THE OTTAWA PUBLIC LIBRARY Adjoining the John G Mlacak Community Centre in Kanata, a suburb west of Ottawa, the Beaverbrook Branch of the Ottawa Public Library underwent a $10 million worth major renovation and expansion.This work doubled the size of the second-highest circulating branch in the Ottawa Public Library system, bringing it to a total area of 2,225 square metres.Designed by Moriyama & Teshima Architects and completed in the summer of 2014, the Beaverbrook Branch Library was entirely reimagined.The architects transformed the formerly small and uninviting building into a two-storey, bright library with clear programmatic and conceptual intentions.One prominent element in the architecture of the building is the elegance of the main façade, which features a floor-to-ceiling curtain wall near which prime public and communal areas are located.When inside, one can notice how the natural light was an integral part in the architects\u2019 design, exposing the rich materials of the technology-enabled interior spaces.Unlike the Bibliothèque Raymond-Lévesque, the architects of the Beaverbrook Branch Library had the clear desire to uncover the \"machine\u201d behind the library.Not only are all of the electromechanical equipment and structural elements purposely exposed, the architects also chose to showcase the technical services associated with a modern library.The key feature is the book conveyer that is suspended from the ceiling, which snakes its way from the main entrance to the material processing room.Moreover, the fact that this room is partially glazed enables the visitors to gaze at the \"behind-the-scene\u201d library material processing, something that one cannot do in a typical library.This approach is reminiscent of prolific writer and architectural critic Peter Reyner Banham who argues that the best architectural form is an expression of its technology and that buildings should employ the latest technology.Most importantly, Banham considers that architecture should first and foremost benefit society.Observing the wide variety of people utilising the facilities of the Beaverbrook Branch Library - from babies to seniors - it is undoubtedly a spirited social place featuring practical and technology-enabled spaces.A LIBRARY FOR THE 21st CENTURY ?As we enter the 21st century, public libraries face momentous challenges that need to be taken into account.Library leaders and designers nationwide are 28 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Cela adapting to the technological shift by reimagining the library as a place for social interaction, but also as an engaged cultural and educational centre.As Emmanuelle Van Rutten - one of the architects of the Beaverbrook Branch Library - said in an interview, the 21st century public library \u201chas to be a building that invites people in and inspires them to learn, connect, and grow.\u201d It is especially true when the public library is located in suburban cities, where public places are generally scarcer.Because they are usually characterized by the mechanical repetition of the same architectural typology, suburbs are often underestimated - or even disregarded - when it comes to high quality architectural production.Considering that the overwhelming majority of the suburban built environment arguably consists of \u201cmere\u201d buildings, it is always refreshing to observe architecturally successful buildings in suburbs, especially when those buildings embody public places.This type of success is represented by the recently built public libraries in both Longueuil and Kanata.In their own way, the two projects are exemplary in highlighting how different technologies can be aptly integrated in a 21st century public library.The Bibliothèque Raymond-Lévesque poetically expresses technologies conjugated with sustainable design while the Beaverbrook Branch Library formally exposes the technologies associated with the intrinsic operating of a modern library.Two technological oases in architecturally arid suburban lands.samueldubois.sd@gmail.com Samuel Dubois est un étudiant à la maîtrise en architecture à l'Université Carleton à Ottawa, il concentre ses projets de design et ses recherches sur l'architecture publique.Samuel est également stagiaire en architecture inscrit auprès de l'Ordre des architectes du Québec.Bibliothèque Saul-Bellow, Lachine, Montréal.PASCALE JETTE/ Il y a presque deux cents ans, au sujet de la littérature et de l\u2019architecture, Victor Hugo écrivait « ceci tuera cela ».S\u2019il est vrai que les paradigmes de l\u2019architecture ont pu être ébranlés à de multiples reprises, cet art de la construction n\u2019a cessé d\u2019évoluer.et de subsister! Au-delà des styles, l\u2019architecture demeure un complément à la littérature - plutôt qu\u2019un adversaire - pour exprimer l\u2019histoire humaine.Toutefois, avec l\u2019émergence du numérique, la question actuelle est surtout de savoir si l\u2019informatique ne tuera pas à la fois « ceci » et « cela ».Aujourd\u2019hui, quelle place reste-t-il pour le livre et la bibliothèque?Dans le cadre du programme RAC1, le concours de l\u2019agrandissement de la bibliothèque de Lachine a été lancé avec ces mêmes questionnements en trame de fond.Outre le défi colossal de concevoir une bibliothèque contemporaine, la nouvelle construction devait s\u2019arrimer au bâtiment existant datant de 1974.Une certification LEED Or® était visée, et la proposition devait encourager une évolution dans le temps.Au terme du concours, l\u2019équipe gagnante Chevalier Morales a-t-elle réussi son pari de réaliser une bibliothèque adaptée au XXIe siècle?Attardons-nous d\u2019abord au site choisi, sis au croisement de la rue Saint-Antoine et de la 32e avenue.Comment mettre à profit ces strips | 29 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES À une époque où la lecture n\u2019a plus besoin de support ni de lieu, la creation d\u2019un espace ne se determine plus tant par son utilité que par son adaptabilité et le plaisir d\u2019y être.mi-commerciaux, mi-résidentiels sans saveur?Imposer une construction clinquante aurait certainement dénaturé le quartier tout en rappelant le redoutable manque de planification urbaine qui y a sévi.Chevalier Morales propose plutôt un bijou épuré, distingué sans être tapageur, qui amène espoir et fraîcheur.Cette insertion n\u2019est pas étrangère aux enjeux auxquels l\u2019architecte contemporain est confronté.À une époque où la lecture n\u2019a plus besoin de support ni de lieu, la création d\u2019un espace ne se détermine plus tant par son utilité que par son adaptabilité et le plaisir d\u2019y être.Pour arriver à cette fin, trois mots d\u2019ordre ont donc orienté l\u2019approche conceptuelle de Chevalier Morales : mouvement, légèreté et ouvertures.La finalité consiste à attirer le lecteur en lui proposant notamment une diversité d\u2019expériences sensorielles.Et expériences sensorielles il y a! La double hauteur du hall impressionne dès l\u2019entrée et permet de jeter un regard sur les expositions, la réception, l\u2019aire de jeux.En progressant à l\u2019intérieur, l\u2019usager déambule sur une pente douce descendante vers le cœur du lieu.Ce changement de niveau providentiel permet de fuir l\u2019achalandage des rues adjacentes et crée un rez-de-jardin.Dans cette vaste aire ouverte, l\u2019escalier central capte immédiatement l\u2019attention.Tel un vortex envoûtant, il exhibe ses courbes blanches spiroïdales, aspirant immanquablement le lecteur à l\u2019étage.Plus loin, une cascade de lumière attire aussi la curiosité.Sous cette aura, des gradins se déploient pour former une zone multifonctionnelle, un geste mimétique de la bibliothèque d\u2019OMA à Seattle.Tout en assumant ce clin d\u2019œil architectural, Chevalier Morales réinvente néanmoins efficacement les gradins-escaliers avec l\u2019insertion de puits de lumière, puisque le plancher du deuxième étage semble s\u2019incliner - sous forme d\u2019estrade - pour laisser passer les rayons solaires et le va-et-vient des usagers.Ainsi, la facture se révèle résolument moderne, l\u2019enveloppe étant presque exclusivement composée de verre.À cela s\u2019ajoute un vaste volume blanc en suspension qui contribue à la hiérarchisation des espaces intérieurs et extérieurs.Tout en s\u2019harmonisant au bâtiment existant de par son échelle, l\u2019extension offre un contraste saisissant avec sa légèreté et ses angles irréguliers.Non sans rappeler ces blocs hermétiques des bibliothèques classiques (Sainte-Geneviève à Paris ou la Boston Public Library), une nouvelle typologie se greffe cependant ici, sous le volume opaque du savoir : un cube de verre léger, aérien, qui englobe et met en scène la frénésie associée aux activités quotidiennes.Contrairement au caractère monastique bien connu des bibliothèques, il règne à Saul-Bellow un bruit de fond perpétuel auquel s\u2019ajoutent ponctuellement des éclats de rire.Le grand salon silencieux, offrant une vue en plongée sur l\u2019accueil, explique cette ambiance.En créant ce lieu propice à la réflexion, l\u2019émergence de rencontres, de découvertes et de créations est 30 facilitée dans l\u2019ensemble des autres espaces.Le programme ainsi conçu s\u2019inspire de YIdea Store, un nouveau concept de bibliothèque développé à Londres proposant avec convivialité une diversification des services (garderie, formations, café, etc.).Depuis sa crise identitaire, la bibliothèque se veut donc une agglomération multifonctionnelle.Seul bémol : les espaces extérieurs constituent les grands oubliés de cette mutation.À Saul-Bellow, la terrasse adjacente au café, exposée à la rue, reste sous-utilisée.Il s\u2019agit là d\u2019une occasion ratée d\u2019aménager une agora accueillant des lectures en plein air, des projections.Si cette carence de liens avec le site extérieur désole, il faut cependant reconnaître que le site en soi offre un potentiel limité.Impossible de rivaliser, sur ce point, avec les sites enchanteurs de bibliothèques telles que Guy-Bélisle ou Raymond-Lévesque.Puisqu\u2019il est d\u2019ailleurs question de sites ingrats, rappelons que Chevalier Morales a semé une première graine dans la terre lachinoise avec l\u2019espoir que se propagent d\u2019autres projets florissants.Comme plusieurs, ils partagent l\u2019objectif avoué de faire de Saul-Bellow un vecteur favorisant le développement d\u2019une vie de quartier en s\u2019immisçant dans un circuit composé de commerces de proximité, de marchés publics, etc.Aujourd\u2019hui, malheureusement, sans la concrétisation de cet ambitieux plan de densification, cette première semence paraît bien futile.Difficile de ne pas être cynique lorsque notre regard se porte sur l\u2019immense masse blanche du Maxi derrière z O lequel s\u2019estompe complètement la signaletique forte | O que le volume de 1\u2019entree de la bibliothèque devait « représenter.\tg O 2 LU Malgré ces anicroches, les lauréats ont-ils réussi à S EL concevoir une bibliothèque du XXIe siècle?Mouve- @ ment, légèreté et ouvertures sont définitivement au § 3E rendez-vous, et la bibliothèque Saul-Bellow n\u2019en est ^ que plus irrésistible.À la fois fonctionnelle et accueillante, son programme tout comme sa richesse spatiale prouvent sa pertinence.La littérature - comme l\u2019architecture - aura subi de multiples évolutions, voire des révolutions.La crainte que ne disparaisse l\u2019une au profit de l\u2019autre, ou même que ne disparaissent les deux à la fois, demeure fondée.Toutefois, avec des réalisations telles que Saul-Bellow, il y a tout à parier que « ceci » et « cela » survivront encore quelque temps.1.Programme de rénovation, d'agrandissement et de construction de bibliothèques pascalejette@gmail.com Pascale Jette est diplômée d'une maîtrise en architecture de l'Université de Montréal.Jeune architecte, elle œuvre au sein de la firme LEMAYMI-CHAUD à Montréal.X | 31 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Livre ouvert sur la Maison de la littérature CHARLES BENJAMIN/ Le 20 avril dernier a eu lieu la première conférence organisée par la CBPQ dans le cadre de son nouveau programme d\u2019événements professionnels.L\u2019activité s\u2019est déroulée dans une ambiance conviviale au pub L\u2019île Noire situé sur la rue Saint-Denis, à Montréal, où une trentaine de participants ont échangé à l\u2019occasion de ce premier 6 à 8 de la saison.Les intervenants du milieu des bibliothèques ont été conviés à ce rendez-vous pour assister à la présentation-causerie de Bernard Gilbert et de Jean-Philippe Marcoux-Fortier sur La Maison de la littérature est un lieu de creation, de diffusion et d\u2019animation consacre aux arts littéraires.la Maison de la littérature de Québec.Les deux conférenciers ont fait découvrir à l\u2019auditoire un espace de médiation culturelle unique en Amérique du Nord et ont raconté la réussite des activités organisées au moment de son ouverture à l\u2019automne 2015.Ils ont également vanté la beauté architecturale du bâtiment qui héberge la Maison de la littérature et ont partagé les secrets de la campagne promotionnelle déployée lors de son inauguration.La Maison de la littérature est un lieu de création, de diffusion et d\u2019animation consacré aux arts littéraires.Elle est administrée par l\u2019Institut Canadien de Québec et est arrimée au réseau de 25 succursales de la Bibliothèque de Québec.Elle loge dans un ancien temple méthodiste construit en 1848 et cédé à la Ville en 1944.L\u2019édifice a accueilli à l\u2019époque la première bibliothèque municipale de Québec ainsi qu\u2019une salle de spectacle très fréquentée qui a dû fermer ses portes en 1999.Alors conseiller pour l\u2019Institut Canadien, qui occupait aussi la bâtisse, Bernard Gilbert a développé presque aussitôt le concept d\u2019une « maison de la littérature » et a mis 12 ans à convaincre les élus locaux de la pertinence de sa proposition.L\u2019élection, en 2009, du maire Régis Labeaume et de la conseillère Julie Lemieux, enthousiasmés par le projet, lui a permis de concrétiser son plan.Ses efforts ont enfin été récompensés lorsqu\u2019il a inauguré la Maison de la littérature à titre de directeur le 8 octobre 2015.L\u2019édifice patrimonial qui abrite la Maison de la littérature dans le Vieux-Québec, auquel s\u2019est greffé un bâtiment plus moderne, a été converti par la firme Chevalier Morales Architectes.Les concepteurs n\u2019ont pas voulu recréer un temple de lecture sacré, mais ont plutôt aménagé les espaces pour libérer les énergies créatrices et favoriser la rencontre entre les citoyens, les écrivains et les artisans du livre.Installée dans une vaste enceinte blanche illuminée par une généreuse fenestration, la Maison de la littérature renferme une bibliothèque publique spécialisée en littérature québécoise, une exposition permanente d\u2019œuvres manuscrites et d\u2019archives audiovisuelles consacrée au patrimoine culturel québécois, une résidence d\u2019écrivains où séjournent des auteurs d\u2019ici et d\u2019ailleurs, trois cabinets d\u2019écriture, et une salle polyvalente.Elle compte également des ateliers animés 32 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES i t rà Jean-Philippe Marcoux-Fortier, bibliothécaire de la Maison de la littérature au 6 à 8 de la CBPQ.iÜ \"ft M.CC MVCSMlei fcl'info motte ityiùmiipitiséM I t l-jl .par quatre bédéistes, un studio de création multimédia, une galerie d\u2019exposition, ainsi qu\u2019une « scène littéraire » qui peut recevoir 120 spectateurs et servir à l\u2019enregistrement d\u2019émissions de Radio-Canada.Enfin, un salon de quiétude permet à l\u2019usager de se réfugier et d\u2019échapper à l\u2019effervescence des lieux.L\u2019immense succès de la programmation d\u2019ouverture de la Maison de la littérature a constitué une agréable surprise pour Bernard Gilbert et ses partenaires de l\u2019Institut Canadien et de la Ville de Québec.En marge de l\u2019inauguration officielle et des journées portes ouvertes qui se sont déroulées du 3 au 18 octobre 2015, les organisateurs ont préparé une édition spéciale du festival Québec en toutes lettres.Ils ont en outre attiré 270 auteurs provenant de 80 pays, dont Margaret Atwood, Yann Martel et Russell Banks, pour le 81e congrès de la prestigieuse association d\u2019écrivains PEN International.La compagnie Les concepteurs n\u2019ont pas voulu recréer un temple de lecture sacré, mais ont plutôt aménagé les espaces pour libérer les énergies créatrices et favoriser la rencontre entre les citoyens, les écrivains et les artisans du livre.de création Azur a aussi élaboré un grand parcours déambulatoire urbain qui a séduit plus de 10 000 personnes.Reliant l\u2019Hôtel de Ville à la Maison de la littérature, le parcours Volatil entraînait les participants tout au long de huit stations thématiques vouées à la chanson, la poésie, le cinéma ou la bande dessinée.Des textes originaux ont notamment été commandés à Christine Brouillet, François Blais et Francine Ruel, alors que 80 écrivains et artistes ont participé à des ateliers de création ou à des prestations musicales en direct.M Librairie a Votre partenaire pour une gestion efficace de vos ressources documentaires ! 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Marcoux-Fortier, veille à la conservation et à la diffusion d\u2019une collection d\u2019environ 25 000 documents consacrée majoritairement à la Son ouverture à l\u2019automne 2015 marque le retour d\u2019une bibliothèque municipale dans le Vieux-Québec et permet aux utilisateurs de profiter d\u2019un service de quartier et de proximité.littérature québécoise.Son ouverture à l\u2019automne 2015 marque le retour d\u2019une bibliothèque municipale dans le Vieux-Québec et permet aux utilisateurs de profiter d\u2019un service de quartier et de proximité.La bibliothèque est également dépositaire du Fonds imaginaire québécois, qui réunit notamment les œuvres de 150 grands auteurs classiques, ainsi que du fonds Claude Janelle consacré à la science-fiction et au genre fantastique.L\u2019ensemble du rayonnage est mobile et permet de transformer l\u2019espace en bibliothèque troisième lieu, propice à la tenue de rencontres d\u2019auteurs ou à la création d\u2019un fab lab littéraire.La bibliothèque sert également de « laboratoire de recherche et de développement » en élaborant des projets de médiation culturelle qui peuvent être exportés dans tout le réseau de la Bibliothèque de Québec.Depuis son inauguration, la Maison de la littérature a rejoint des publics variés en organisant 125 activités différentes, dont des ateliers d\u2019écriture, des rencontres citoyennes, un bal littéraire, des lectures publiques, des débats et des expositions temporaires.Bernard Gilbert et Jean-Philippe Marcoux-Fortier accueillent plus de 2 000 visiteurs par semaine dans le décor chaleureux et l\u2019environnement familial de leur « maison ».Motivés par ce départ retentissant, le directeur et ses hôtes souhaitent maintenant encore innover en offrant une programmation audacieuse à l\u2019importante population touristique qui envahit le Vieux-Québec durant la saison estivale.X charlesbenj@yahoo.ca Charles Benjamin est professeur de science politique au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu.Il est également commis à la Bibliothèque municipale de Longueuil depuis plus de 15 ans.Il a récemment été invité à siéger sur le comité de rédaction de la revue Argus.34 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES La Maison de la littérature La liberté habitable \t \t JEAN-PHILIPPE MARCOUX-FORTIER/ Le 8 octobre 2015 a été officiellement inaugurée la Maison de la littérature, une composante du réseau de la Bibliothèque de Québec.Administrée et animée par L\u2019Institut Canadien de Québec, la Maison est issue d\u2019un partenariat entre la Ville de Québec et L\u2019Institut.En amont de nombreuses festivités d\u2019ouverture, dans l\u2019ancien temple méthodiste Wesley, qui constitue le cœur de ce nouveau lieu, une audacieuse transformation architecturale a été réalisée sur près de trois ans.La Maison de la littérature est l\u2019un des premiers bâtiments religieux de style néogothique de la ville et il a été conçu par l\u2019architecte Edward Stavely dans la lignée des Commissioners\u2019 Churches d\u2019Angleterre de la Révolution industrielle.La Maison de la littérature constitue à la fois un lieu de création, d\u2019animation et de diffusion voué à la littérature et à l\u2019écriture.Il s\u2019agit d\u2019un espace de rencontre entre les citoyens, les écrivains et les créateurs en arts littéraires, un concept unique en Amérique du Nord.S\u2019y retrouvent une bibliothèque spécialisée en littérature québécoise, l\u2019exposition permanente En toute liberté, des cabinets d\u2019écriture, des salles de travail et de réunion, un studio de création multimédia, un atelier de bandes dessinées, une résidence d\u2019écrivains, un espace bistrot, une scène littéraire et une riche programmation.L\u2019Institut, organisation à but non lucratif fondée en 1848, se consacre à la diffusion et la médiation culturelle.Depuis 1897, il est gestionnaire des bibliothèques publiques de la Ville de Québec.Au sein de cette longue histoire de culture, le temple Wesley a constitué un lieu névralgique dans le développement de la mission de L\u2019Institut à travers ses nombreuses vocations.HISTORIQUE DU BÂTIMENT Le temple est la partie la plus ancienne du bâtiment qui constitue aujourd\u2019hui la Maison de la littérature.Il a été construit en 1848 entre les rues Saint-Stanislas, Dauphine et Sainte-Angèle dans le Après des études en littérature et en histoire, Jean-Philippe Marcoux-Fortier s'est dirigé vers la bibliothéconomie.Durant sa maîtrise, il a travaillé à la Bibliothèque Georgette-Lepage.Diplômé de l'EBSI en 2014, il a été embauché par l'Institut Canadien de Québec.Depuis 2015, il occupe le poste de coordonnateur du service bibliothèque à la Maison de la littérature.Jean-Philippe.Marcoux-Fortier@bibliothequedequebec.qc.ca | 35 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Scène littéraire, attenante au Boudoir.Vieux-Québec.Il est l\u2019un des premiers bâtiments religieux de style néogothique de la ville et il a été conçu par l\u2019architecte Edward Stavely dans la lignée des Commissioners\u2019 Churches d\u2019Angleterre de la Révolution industrielle.Après 80 ans de culte, le bâtiment a été désaffecté en 1931, la communauté méthodiste wesleyenne de Québec fusionnant avec les presbytériens de l\u2019église Chalmers.La nouvelle communauté s\u2019est installée dans un autre édifice, à un jet de pierre, sur la rue Sainte-Ursule, alors que l\u2019ancien temple connaissait une décennie d\u2019incertitude et de déshérence.La firme montréalaise Chevalier Morales Architectes a remporte' le concours par sa proposition de repousser les cadres antérieurs et de prendre de l\u2019expansion par un agrandissement moderne, l\u2019ensemble totalisant 2 325 m2.En 1941, le sénateur Lome C.Webster a acheté le temple Wesley et en a fait don à la Ville de Québec dans le but d\u2019y loger L\u2019Institut, ce qui permit d\u2019entreprendre la première transformation de ce bâtiment.Sous la direction des architectes Charles Jean et Sylvio Brassard, des travaux se sont échelonnés jusqu\u2019en 1944.La nef a été convertie en salle de spectacle connue alors sous le nom de la Salle de L\u2019Institut, une salle majeure à Québec pendant plus d\u2019un demi-siècle et où se sont produits comédiens, chanteurs, conférenciers, auteurs et musiciens.Le rez-de-chaussée est devenu la Bibliothèque de Québec, accueillant le siège social de l\u2019organisme jusqu\u2019à son transfert à la bibliothèque Gabrielle-Roy en 1983.(D\u2019après Mendel, David, « Un temple pour L\u2019Institut.L\u2019ancienne église Wesley », Cap-aux-Diamants, hors série, 1998, p.38-39) À la fermeture de la salle de spectacle en 1999, L\u2019Institut a imaginé un concept novateur qui puisse répondre aux besoins du milieu littéraire et offrir une vitrine à la littérature québécoise, tout en demeurant la bibliothèque des citoyens du Vieux-Québec.Les années 2000 ayant permis son mûrissement, le projet a été annoncé en grande pompe lors du sommet Québec horizon culture en 2009.C\u2019est en 2012 que la bibliothèque, toujours sise dans le bâtiment, fermait ses portes pour se réinventer.LA MAISON DE LA LITTÉRATURE Un concours d\u2019architecture lancé en 2011 a mené à la recherche d\u2019un concept novateur, axé sur le programme de la liberté, alliant conservation patrimoniale et ressources modernes afin de remplir les nombreux besoins de ce lieu intégré.La firme montréalaise Chevalier Morales Architectes a remporté le concours par sa proposition de repousser les cadres antérieurs et de prendre de l\u2019expansion par un agrandissement moderne, l\u2019ensemble totalisant 2 325 m2.Cette approche, qui permet de minimiser 36 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Luminosité dans le salon de quiétude.les altérations et de conserver la valeur patrimoniale du temple Wesley, permet de maintenir le volume et l\u2019espace au cœur de l\u2019édifice, destiné à l\u2019espace bibliothèque.Selon les architectes, cette approche offre « une multitude de parcours déambulatoires dégageant un fort sentiment de liberté » (tiré de « Texte de conception », Dossier étape concept, Chevalier Morales Architectes, 2012, p.2).Par son contraste avec l\u2019édifice néogothique, l\u2019agrandissement moderne crée un dialogue entre passé et futur en offrant un visage contemporain à la Maison de la littérature et à ses espaces de création.En effet, s\u2019y retrouvent l\u2019entrée principale, la résidence d\u2019écrivains et les studios de création.Les étages supérieurs de l\u2019agrandissement sont consacrés à des aires de création.Cette partie moderne s\u2019inscrit en complément de l\u2019ancien temple, maintenant de nombreux liens physiques avec ce dernier.Entré par le rez-de-chaussée de l\u2019agrandissement, le visiteur accède à ce qui constitue le pivot de l\u2019édifice : le boudoir et l\u2019espace bistrot où se situent le comptoir d\u2019accueil et la billetterie.II peut à la fois consulter des périodiques et consommer des boissons chaudes le jour et accéder au service de bar lors d\u2019événements en soirée.Y voisinent un espace d\u2019exposition temporaire et la scène littéraire pouvant accueillir 70 spectateurs dans une ambiance feutrée.D\u2019importantes ouvertures architecturales, au-dessus du boudoir et de la scène littéraire, permettent d\u2019élever le regard jusqu\u2019à la voûte du temple.Le visiteur peut emprunter un escalier monumental en spirale menant du boudoir à la bibliothèque, cette dernière occupant l\u2019étage supérieur et la mezzanine.Tout l\u2019espace de la nef se trouve ainsi habité, offrant un plafond élevé et une fenestration d\u2019une grande luminosité amplifiée par la blancheur omniprésente des murs.On y trouve une collection spécialisée en littérature québécoise d\u2019une capacité de 25 000 documents et l\u2019ensemble des services de bibliothèque Par son contraste avec l\u2019édifice néogothique, l\u2019agrandissement moderne crée un dialogue entre passe' et futur en offrant un visage contemporain à la Maison de la littérature et à ses espaces de cre'ation.propres au réseau de la Bibliothèque de Québec.De nombreux rayonnages sur roulettes ainsi que du mobilier modulable permettent une grande souplesse de disposition des lieux, lesquels peuvent accueillir des activités d\u2019animation d\u2019une capacité de 120 personnes.Vis-à-vis l\u2019espace bibliothèque, dans l\u2019agrandissement, se trouve la résidence d\u2019écrivains avec vue sur le nord du Vieux-Québec.Une passerelle lie les deux sections, alors que la résidence possède une - entrée directement vers la bibliothèque.I 37 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Espace bibliothèque.TOOltfH L'escalier menant à la mezzanine.mm Un second escalier en spirale guide le visiteur de l\u2019espace bibliothèque à la mezzanine, où se retrouvent les collections de théâtre, de poésie et de bandes dessinées.S\u2019y côtoient également trois cabinets d\u2019écriture et un salon de quiétude.Ces salles de travail et ce lieu de lecture, entièrement vitrés, bénéficient de la généreuse fenestration originale et offrent une ambiance lumineuse et sereine.Grâce à des stations multimédias thématiques, des zones d\u2019écoutes, des projections vidéo et des citations dispersées dans l\u2019espace, l\u2019exposition met de l\u2019avant la littérature qui se déploie progressivement.Au même niveau, dans l\u2019agrandissement, prennent place le studio de création multimédia et l\u2019atelier de bandes dessinées La shop à Bulles, organisme associé à la Maison de la littérature.La shop est un collectif de quatre auteurs de bandes dessinées.Le studio de création multimédia, utilisé entre autres par les Productions Rhizome, offre l\u2019équipement et un espace permettant des tournages, des enregistrements et le développement de productions en arts littéraires.Ces studios concentrent, avec la résidence, une bonne part des espaces créatifs de la Maison.À chaque étage, le visiteur peut découvrir l\u2019exposition permanente En toute liberté, portant sur la littérature québécoise et quelques-uns de ses auteurs incontournables.La scénographie de cette installation appuie le concept architectural de tout le lieu.Qu\u2019ils soient contés, chantés ou récités, partout les mots s\u2019affichent librement.Grâce à des stations multimédias thématiques, des zones d\u2019écoutes, des | projections vidéo et des citations dispersées dans l\u2019espace, l\u2019exposition met de l\u2019avant la littérature qui se déploie progressivement.À découvrir à l\u2019aide d\u2019audioguides, l\u2019histoire littéraire québécoise y côtoie les moments marquants de l\u2019histoire du Québec, de 1837 à nos jours.Le blanc architectural se trouve à plusieurs reprises investi par des citations ou des projections multimédias, comme autant de pages blanches sur lesquelles s\u2019inscrit la libre découverte du passé et du présent littéraire du Québec.L\u2019exposition devient ainsi le point focal d\u2019une architecture au service de ses habitants, offrant un lieu physiquement chargé de contenu tout en laissant place à la créativité de ses visiteurs qui peuvent s\u2019y retrouver pour.ÉCRIRE.LIRE.VIVRE 38 INSTITUT CANADIEN DE QUÉBEC DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES La bibliothèque, le théâtre de tous les possibles Entrevue avec Robert Lepage à propos de l'exposition La bibliothèque, la nuit MARIE-EVE AUCLAIR ET YVON-ANDRÉ LACROIX/ Avant-dernier d\u2019une famille de quatre enfants, Robert Lepage est élevé dans une famille modeste de la ville de Québec.« Mes parents lisaient peu et ne m\u2019ont pas tellement poussé à lire.Mon frère et ma sœur aînés sont ceux par qui les livres arrivaient à la maison », explique-t-il.Enfant, c\u2019est à travers les lectures et les goûts de son frère qu\u2019il découvre des livres, Robert lepage.'notamment ceux de Walt Disney.Les deux aînés, au contraire de leur cadet, fréquentent l\u2019école anglaise et c\u2019est donc dans la langue de Shakespeare que le jeune Lepage fait ses premières lectures.« Une immense bibliothèque séparait la chambre que je partageais avec mon frère, et c\u2019est en pigeant dans les volumes de celui-ci que j\u2019ai fait mes premières découvertes intéressantes », se souvient l\u2019homme de théâtre.Lepage raconte que, quelques années plus tard, lors de ses études à l\u2019École secondaire publique Joseph-François-Perrault, la bibliothèque avait ceci de particulier qu\u2019elle servait également de salle de spectacle puisqu\u2019elle avait été installée dans un ancien gymnase doté d\u2019une scène pour les représentations.Ainsi, bien qu\u2019il n\u2019ait pas été lui-même un grand lecteur au cours de son adolescence, c\u2019est à la bibliothèque qu\u2019il aimait le plus se rendre.« Je ne m\u2019intéressais pas à la lecture plus qu\u2019il ne le faut, au secondaire.J\u2019y allais pour faire du théâtre », se remémore-t-il.Ainsi, c\u2019est dans cette même bibliothèque travestie en salle de spectacle qu\u2019il a présenté ses premières pièces de théâtre.Il se rappelle que la salle avait une bonne acoustique grâce aux livres qu\u2019elle abritait.Il aimait s\u2019y réfugier.Il allait à la bibliothèque pour son calme et son silence, pour y flâner et y lire des magazines sur ses groupes de rock préférés.LE LIVRE, CET OUTIL DE TRAVAIL Robert Lepage est attaché aux livres et à l\u2019imprimé.Il raconte que, de la fin des années 1980 au début des années 2000, son équipe et lui créent leurs propres bibliothèques de travail pour la conception et la réalisation de leurs différentes productions.Il mentionne, entre autres, le spectacle Les sept branches de la rivière Ota ou Projet Hiroshima, réalisé en 1994, pour lequel l\u2019équipe avait amassé tant de documents qu\u2019il avait fallu ajouter une Elle est actuellement bibliothécaire à la Ville de Montréal pour l'arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension.Elle s'implique activement auprès de la CBPQ et plus particulièrement, au sein de la revue Argus à titre de rédactrice en chef.En plus de sa maîtrise en bibliothéconomie de l'EBSl à l'UdeM, elle détient un baccalauréat en histoire de l'art et une maîtrise en muséologie de l'UQAM, ce faisant elle s'intéresse plus particulièrement aux liens entre la muséologie, les archives et la bibliothéconomie.revueargus@gmail.com | 39 argus I VOLUME 44-N°3 Sas d'entrée de l'exposition La bibliothèque, la nuit.boîte de transport complète au matériel de tournée, et même déterminer un système de classement par thématique.Par la suite, cette boîte, comme celles qui l\u2019avaient précédée et celles qui suivirent, a été versée aux archives d\u2019Ex Machina, sa compagnie de création multidisciplinaire.Puis peu à peu au cours de la dernière décennie, les bibliothèques physiques de l\u2019équipe de production de Lepage se sont dématérialisées.Aujourd\u2019hui, elles se composent des différents signets favoris de l\u2019équipe, glanés au fil des navigations Internet et partagés à tous.Lepage, son équipe d\u2019Ex Machina et Manguel s\u2019allient pour créer une exposition immersive de réalité virtuelle autour de dix bibliothèques de par le monde.Paradoxalement, malgré cette dématérialisation de la bibliothèque ou à cause d\u2019elle, Lepage insiste toujours, même si certains, selon ses dires, le « trouvent fou », pour que la plupart de ses projets s\u2019accompagnent d\u2019une publication papier; ce fut le cas, notamment, pour Le projet Anderson, Le dragon bleu et Le moulin à images.Il note, par contre, que le type de publication qui accompagne ses productions a évolué au fil des ans.Si, auparavant, il s\u2019agissait simplement de rendre compte du texte de ses pièces en le publiant, il en va tout autrement des livres qu\u2019il conçoit aujourd\u2019hui.Pour Lepage, ses publications doivent être des objets d\u2019art en soi qui reflètent l\u2019expérience de ses réalisations, mais qui également « s\u2019ouvrent sur autre chose » pour dépasser le simple compte rendu et offrir un nouvel espace de découvertes.LA BIBLIOTHÈQUE, LA NUIT - LE PROJET Pour souligner son dixième anniversaire, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) souhaitait présenter un grand projet rassembleur et innovateur.Elle contacta alors Robert Lepage pour l\u2019inviter à réaliser une exposition éponyme d\u2019après le livre La bibliothèque, la nuit d\u2019Alberto Manguel.Lepage juge d\u2019abord qu\u2019il n\u2019a pas de temps pour le projet, puis il se ravise et accepte, voyant là une occasion unique de travailler avec Alberto Manguel, un ami depuis trente ans.La demande vient en outre de ce dernier, et Lepage a beaucoup aimé sa lecture de La bibliothèque, la nuit.Lepage, son équipe d\u2019Ex Machina et Manguel s\u2019allient pour créer une exposition immersive de réalité virtuelle autour de dix bibliothèques de par le monde.L\u2019exposition La bibliothèque, la nuit comprend deux espaces scéniques, soit une représentation de la bibliothèque personnelle d\u2019Alberto Manguel qui tient lieu de sas d\u2019entrée, et une évocation d\u2019une salle de bibliothèque, avec les tables et les classiques lampes de couleur vert opaline, plantée au cœur d\u2019une forêt de bouleaux oniriques où les feuilles sont livres.C\u2019est dans cette salle que le visiteur, par le biais d\u2019une expérience immersive, vit sa rencontre avec les dix bibliothèques choisies.Pour Lepage, la métaphore 40 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES de cette forêt est une évidente référence au symbole utilisé en langue japonaise pour désigner à la fois un arbre et un livre.Narrée par Manguel, l\u2019exposition débute d\u2019ailleurs sur ces mots : « On entre dans une bibliothèque comme on entre dans une forêt », consolidant ainsi le lien entre les deux.Dès le départ, Lepage cherche à donner au projet une direction novatrice et intéressante.Un jour, comme cela arrive souvent, un groupe se présente à la Caserne d\u2019Ex Machina avec un nouveau prototype.Il s\u2019agit de la technologie Oculus Rift, une lunette de visionnement permettant une expérience immersive à 360° degrés.Ce nouvel appareil issu du monde des jeux vidéo est ce qu\u2019Ex Machina cherchait sans le savoir.Grâce à cette technologie, « on filme avec une douzaine de caméras installées sur une perche spéciale, et toutes ces images-là sont recomposées, cousues ensemble », explique Lepage, ce qui permet au spectateur de réaliser, à l\u2019aide du casque de visionnement, son propre enchaînement d\u2019images.Ce fut même le tournage le plus facile de sa vie puisqu\u2019il n\u2019avait pas à choisir pour le spectateur, et, en ce sens, cela ressemble au théâtre.Il pouvait laisser le spectateur faire ses propres choix d\u2019images.L\u2019exposition La bibliothèque, la nuit est une invitation à la découverte et un voyage immobile.En effet, durant cette expérience immersive, le visiteur doit être assis, d\u2019ailleurs comme pour lire.Il peut tourner la tête, se pencher, mais il ne peut se lever, marcher, ni se déplacer.L\u2019équipe a tenté de donner au spectateur l\u2019expérience la plus riche possible en lui offrant le maximum à voir et en ajoutant des pistes sonores et des figurants pour attirer son attention vers les différents points d\u2019intérêt des bibliothèques.Réalisé sur une période d\u2019une année et demie de travail, ce projet nécessitait de choisir rapidement quelles bibliothèques allaient faire partie de l\u2019exposition.Pour des raisons évidentes, l\u2019idée simple était de sélectionner dix institutions pour souligner le dixième anniversaire de BAnQ.Le choix des bibliothèques revint à Manguel qui, au départ, présenta une liste de 58 bibliothèques.Ensuite, pour des raisons géographiques ou politiques, technologiques ou pratiques, certaines ont été écartées.L\u2019équipe avait à cœur de choisir les bibliothèques les plus représentatives de l\u2019univers des bibliothèques.La bibliothèque d\u2019Alexandrie apparaissait comme un incontournable, tout comme la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris, la Bibliothèque nationale et universitaire de Sarajevo, la L\u2019exposition La bibliothèque, la nuit est une invitation à la découverte et un voyage immobile.Vue de l'exposition La bibliothèque, la nuit.Lv \u2022efi toute nouvelle Bibliothèque de Mexico et la mythique bibliothèque du Nautilus du Capitaine Nemo, imaginée par Jules Verne.Des contraintes techniques ont obligé l\u2019équipe d\u2019Ex Machina à mettre de côté certaines bibliothèques.Le coût des assurances dans certains pays en guerre en est un exemple.La Bibliothèque Warburg de Londres, pour sa part, fut rejetée parce que son espace ne se prêtait pas à un tournage à 360°, nécessaire à la technologie immer-sive du projet d\u2019exposition.| 41 argus I VOLUME 44-N°3 Vue de l'exposition La bibliothèque, la nuit.QU\u2019EST-CE QU\u2019UNE BIBLIOTHÈQUE?Pour Lepage, la réalisation de cette exposition fut l\u2019occasion d\u2019une remise en question de son propre rapport à la bibliothèque et fit surgir dans son esprit de nombreux questionnements : À quoi sert une bibliothèque?Qu\u2019est-ce qu\u2019une bibliothèque, et aussi, que sera-t-elle demain?Avec cette exposition, il ne suffisait pas simplement de faire un travail d\u2019anthologie; il fallait également réfléchir et faire réfléchir aux bibliothèques d\u2019hier, d\u2019aujourd\u2019hui et de demain.Il ajoute que « dans une bibliothèque, il y a un silence, mais un silence bavard ».La bibliothèque parle de son propriétaire, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une bibliothèque privée ou publique.Une grande bibliothèque, comme BAnQ, « reflète l\u2019organisation mentale d\u2019une société », selon Lepage.C\u2019est cette conviction de l\u2019artiste multidisciplinaire qui a orienté l\u2019exposition, le choix de lieux et la manière de les présenter.Les bibliothèques, surtout les grandes bibliothèques, sont des symboles.Ainsi, la bibliothèque de Sarajevo, dans l\u2019exposition, est montrée au moment de la guerre de 1992 où elle est livrée aux brasiers allumés par l\u2019armée serbe.Manguel, dont la voix accompagne chacune des visites, dénonce alors ce qu\u2019il nomme un mémoricide, c\u2019est-à-dire un génocide de la mémoire et de la culture d\u2019un peuple.Dans la même veine, Lepage, évoque les nombreux livres catalans brûlés et les jeunes auteurs catalans qui, par esprit de résistance, ont de mémoire retenus les mots de livres entiers pour ensuite pouvoir les transmettre par la parole.Il parle aussi des bibliothèques espagnoles fermées sous le régime de Franco ou de la conviction du dictateur Joseph Staline quant au caractère subversif et dangereux des livres pour son gouvernement et le peuple russe.LA GRANDE BIBLIOTHÈQUE - LA 11e BIBLIOTHÈQUE Les bibliothèques évoluent.Autrefois organisées essentiellement autour de l\u2019objet livre, elles associent maintenant une expérience du lieu, une manière de goûter la culture qui leur est propre.Lepage évoque l\u2019ouverture récente de la Maison de la littérature à Québec et compare celle-ci à une lanterne dans le Vieux-Québec.Fier de la Grande Bibliothèque, Lepage emprunte à Christiane Barbe, présidente-directrice générale de BAnQ, l\u2019expression « la 11e bibliothèque » lorsqu\u2019il évoque sa venue dans le paysage québécois.Convaincu de la nécessité d\u2019une telle bibliothèque dès le début de sa conception, il croyait également à l\u2019importance de sa construction en lieu et place de l\u2019ancien Palais du Commerce et du Colisée du livre, en plein cœur du Quartier latin à Montréal.Il avoue cependant qu\u2019il doutait de l\u2019ampleur du succès populaire qu\u2019aurait la plus grande institution culturelle sous le ciel de Montréal et du Québec.Une agréable surprise, d\u2019autant que la Grande Bibliothèque est magnifique sur le plan de l\u2019architecture, de l\u2019aménagement et de la symbolique - pensons notamment à ses deux chambres de bois.En soulignant ce dixième anniversaire par la présentation de l\u2019exposition La bibliothèque, la nuit, Robert Lepage et BAnQ ont choisi d\u2019affirmer sans complexe l\u2019ouverture de la Grande Bibliothèque sur le monde et de célébrer une décennie d\u2019existence, de concert avec les bibliothèques de tous les continents.Les propos de cet article ont été recueillis lors d\u2019une entrevue que Robert Lepage a généreusement accordée aux auteurs, le 30 mars 2016, dans les locaux de l\u2019Usine C à Montréal.Avec les remerciements chaleureux des auteurs.42 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Visite de l'exposition La bibliothèque, la nuit MARIE-CLAIRE B A R B E A U - S Y L V E S T R E / Pour souligner le 10e anniversaire de la Grande Bibliothèque, Bibliothèque et Archives nationales du Québec présente durant 10 mois l\u2019exposition La bibliothèque, la nuit.Conçue et réalisée par Robert Lepage / Ex Machina, conjointement avec Alberto Manguel, bibliophile bien connu et auteur du livre éponyme, M ° JUr- l\u2019exposition est en fait une visite virtuelle immersive de 10 bibliothèques fabuleuses choisies autour du monde, à travers les époques.L\u2019auteure l\u2019a visitée pour Argus avec plaisir.En préambule de l\u2019exposition, les visiteurs sont introduits, en petits groupes, dans une reproduction de la fameuse bibliothèque personnelle d\u2019Alberto Manguel, qui occupait jusqu\u2019à récemment un ancien presbytère du Poitou.Ils ont alors quelques instants pour explorer librement cette bibliothèque factice à l\u2019esthétique, il faut bien l\u2019admettre, un peu « carton-pâte ».Néanmoins, l\u2019on observe les titres, les jeux de références entre ceux-ci et les babioles personnelles qui habitent la bibliothèque et l\u2019on comprend bien que celle-ci constitue, comme le soulignera la voix d\u2019Alberto Manguel qu\u2019on entendra bientôt, une sorte d\u2019autobiographie de son propriétaire.Puis voici qu\u2019on nous plonge dans cette semi-obscurité d\u2019une bibliothèque, la nuit, et que des jeux de lumière révèlent un à un des éléments auparavant dissimulés, qui portent désormais cette bibliothèque personnelle, particulière, au-delà d\u2019elle-même.Le narrateur Alberto Manguel livre alors quelques réflexions sur la nature et le sens d\u2019une bibliothèque, ainsi que les diverses relations que nous entretenons avec elle.Une bibliothèque, avance-t-il, est comme une forêt dont on ne saisit pas d\u2019emblée l\u2019ordonnancement.Toute bibliothèque, par ailleurs, porte en filigrane les livres qu\u2019elle ne contient pas, qui ont été rejetés, voire bannis.Sont Après des études en Histoire, culture et société à l'Université du Québec à Montréal, Marie-Claire Barbeau-Sylvestre s'est dirigée vers la philosophie.Elle a entrepris une maîtrise à l'Université de Montréal et consacre son mémoire à la métaphore et à l'emphase comme précédés philosophiques chez Emmanuel Levinas.Elle a enseigné la philosophie au Collège Jean-de-Brébeuf, puis au Cégep du Vieux Montréal.Ancienne libraire, elle est aussi rédactrice et aime présenter les livres qu'elle rencontre.mclaire.b.sylvestre@gmail.com | 43 argus I VOLUME 44-N°3 DOSSIER / ARCHITECTURE ET BIBLIOTHÈOUES Le visiteur est ainsi littéralement renvoyé', depuis l\u2019univers prive' de Manguel, à une forêt e'the're'e où cohabiteraient toutes les bibliothèques, fictives ou réelles, autobiographies, cette fois, des sociétés qui les ont construites.enfin évoquées les bibliothèques détruites par les guerres et reconstruites, révélant ainsi leur rapport à « quelque chose d\u2019essentiel dans la nature humaine ».Cette bibliothèque personnelle, patiemment constituée, renvoie donc à son tour à une certaine idée fondamentale de la bibliothèque, puis, de là, à toutes les bibliothèques du monde et de l\u2019Histoire, qui ont constitué autant de manifestations de cet idéal.Après quelques instructions techniques relatives au casque d\u2019immersion vidéo que le visiteur sera bientôt invité à revêtir, le guide fait pivoter l\u2019un des pans de cette bibliothèque étonnante pour découvrir un passage secret - réalisant un fantasme bien connu des bibliophiles! Il invite le groupe à passer de l\u2019autre côté.Le visiteur est ainsi littéralement renvoyé, depuis l\u2019univers privé de Manguel, à une forêt éthé-rée où cohabiteraient toutes les bibliothèques, fictives La bibliothèque, la nuit, à la Grande Bibliothèque jusqu'au 28 août 2016.Visite d'une durée totale d'environ 45 minutes.Réservation nécessaire : www.banq.qc.ca.5$ pour les abonnés (10$ non-abonnés), sans frais les mardis.ou réelles, autobiographies, cette fois, des sociétés qui les ont construites.C\u2019est là, confortablement assis sur une chaise pivotant sur 360 degrés, que le visiteur revêtira le casque d\u2019immersion lui permettant d\u2019entrer à sa guise dans 10 bibliothèques remarquables de l\u2019Histoire et de découvrir, par le récit de leur construction ou de leur destruction, par la présentation de leur architecture ou par l\u2019observation de leurs usages changeants, les rapports qui les unissent à leur époque.Porté par la narration d\u2019Alberto Manguel, il pourra pénétrer tour à tour dans la mythique bibliothèque d\u2019Alexandrie, emportée par les flammes, la bibliothèque fictive du Capitaine Nemo au fond de l\u2019océan, la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris, éclairée au gaz dès le 19e siècle, ou encore la très contemporaine Bibliothèque José Vasconcelos de Mexico.L\u2019œuvre immersive signée Lepage et la narration enveloppante de Manguel placent le visiteur au cœur des bibliothèques, l\u2019y introduisant comme un témoin discret de l\u2019esprit des lieux dont il se laissera pénétrer.Il règne en effet en chaque bibliothèque une atmosphère bien distincte, de sorte que le visiteur, un moment plongé dans l\u2019horreur bien réelle de la guerre en Bosnie-Herzégovine, sera bientôt ravi par la fantaisie d\u2019une bibliothèque du Parlement où, la nuit venue, s\u2019échappent les oiseaux du guide Audubon.44 HORS THÈME Les Idées fructueuses Un concept original qui porte fruit à la Bibliothèque de l'Université Laval CLAUDINE LUSSIER, NORMAND PELLETIER ET GASTON QUIRION/ Les Idées fructueuses (IFs) consistent en un cycle informel d'exposés ou de discussions pour favoriser les échanges entre les employés de la Bibliothèque de l'Université Laval.Leur objectif est centré sur le partage d'expériences, de connaissances, d'idées, ainsi que sur la présentation de ressources ou de projets reliés à la Bibliothèque.GENÈSE DES IFS Un premier projet de séminaires de perfectionnement pour l'ensemble des employés de la Bibliothèque avait été imaginé en 1979.Les artisans de ce projet désiraient alors favoriser une meilleure communication tout en permettant à la Bibliothèque d'assumer un certain leadership intellectuel dans la communauté universitaire.Il aura fallu attendre juin 2003, lors d'une journée de réflexion des bibliothécaires intitulée « Les Idées heu- reuses », pour que se concrétise enfin l'idée d'organiser des rencontres d'échanges sur une base régulière.Il faut dire que le contexte était propice à la mise en place d'un tel forum, et qu'avec l'arrivée de nouveaux collègues, les bibliothécaires désiraient réfléchir sur leur rôle et mettre en place des initiatives favorisant le développement d'un sentiment d'appartenance.Partant du principe que chacun peut s\u2019enrichir de l\u2019expérience des autres, les IFs visent à éliminer les barrières entre les différentes catégories d\u2019employés.En octobre de la même année, les conseillers à la documentation ont décidé d'aller de l'avant avec l'implantation d'un projet en ce sens.Le défi était de trouver un « espace commun » qui n'avait pas de lien avec les réunions de travail inhérentes à la tâche des bibliothécaires, tout en étant libre de tout rapport hiérarchique.Une structure a alors été mise en place pour établir un calendrier et assurer la régularité des rencontres.C'est la naissance des Idées fructueuses.Partant du principe que chacun peut s'enrichir de l'expérience des autres, les IFs visent à éliminer les barrières entre les différentes catégories d'employés.Les présentations sont donc ouvertes à tous les employés de la Bibliothèque.Une première conférence ayant pour thème « l'organisation du travail » a été présentée en janvier 2004.Par la suite, les thèmes ont naturellement suivi l'évolution des besoins, des projets et des préoccupations de l'ensemble des employés de la Biblio- | 45 argus I VOLUME 44-N°3 PHOTO : LES IDÉES FRUCTUEUSES, UNIVERSITÉ LAVAL HORS THÈME Une moyenne d\u2019assistance de 35 personnes par séance, bon an mal an, suggère que les IFs sont devenues, en quelque sorte, une activité rassembleuse de la Bibliothèque de l\u2019Université Laval.thèque, qui peuvent proposer un thème à condition de le lier à l'un des six volets suivants : -, Programmes (développement des collections -analyse-matière - référence - formation documentaire); -, Organisation du travail (trucs et astuces, méthode, etc.); -, ABC de la collection (sources d'information incontournables selon les disciplines) -, Ateliers, congrès, etc.auxquels participent les membres du personnel -, Projets majeurs et collectifs de la Bibliothèque -, Une journée dans la vie de.(par exemple : une journée dans la vie d'une technicienne du Bureau d'aide à la recherche); Des professeurs, des employés de différentes unités qui travaillent en collaboration avec la Bibliothèque, des techniciens de l'Université ou d'ailleurs, des éditeurs, des auteurs, des membres de groupes de recherche ou de chaires, peuvent également participer aux IFs à titre de conférenciers.Les sujets abordés doivent toutefois toucher les milieux documentaires.FONCTIONNEMENT DES IFS LE COMITÉ DES IDÉES FRUCTUEUSES : LE CIF Les IFs sont gérées par un comité, le comité des Idées fructueuses (CIF).À l'origine, le CIF était composé de trois bibliothécaires pour un mandat de trois ans.Chacun des membres assumait à son tour la présidence pour une période d'une année, généralement dans la troisième année de son appartenance au comité.Il était ensuite remplacé par un nouveau collègue qui prenait la relève pour une année, et ainsi de suite.Le CIF s'est assuré que les mandats de ses membres ne se terminent pas tous la même année, afin d'assurer une certaine continuité dans ses activités.Ainsi, le mandat de trois ans offre la stabilité voulue dans l'organisation des IFs, tout en permettant au plus grand nombre de s'impliquer dans l'organisation de l'activité.Le Comité compte aujourd'hui trois membres, provenant de différentes catégories d'employés, mais son principe de fonctionnement reste le même.Les activités du CIF sont consignées à l'intérieur d'un manuel de procédures, le Manuel interne des Idées fructueuses, lequel décrit de façon exhaustive toutes les activités liées à la gestion des IFs (calendrier des activités pour les membres du CIF, étapes et procédures à suivre, dates de tombées pour les communications, choix des conférenciers et des contenus, statistiques de participation à l'activité, etc.).On y trouve également des notes historiques sur les présentations et l'évolution du comité.LE CALENDRIER DES IFS Le manuel de procédures détaille le cycle de rencontres informelles pour l'année en cours dans un calendrier préparé l'année précédente.L'établissement de ce calendrier tient compte de différents paramètres, dont un équilibre entre les conférenciers provenant de la Bibliothèque et ceux de l'extérieur.La dernière rencontre de l'année, en mai, est réservée au volet Afe-liers, congrès, etc.Tous les employés de la Bibliothèque reçoivent le calendrier annuel par courriel.Le CIF maintient également sur l'Intranet de la Bibliothèque un site dont l'objectif principal est de faciliter la diffusion des 46 HORS THÈME contenus comme le calendrier annuel et de rendre accessibles en permanence les présentations des participants.Les informations pertinentes concernant l'activité, comme le rapport annuel, se trouvent aussi sur le site.Les rencontres, dont la durée n'excède pas 90 minutes, ont généralement lieu le mardi, à 10 h 30, dans une salle de formation de la Bibliothèque.LE 10e ANNIVERSAIRE DES IFS La 87e édition des Idées Fructueuses a donné lieu à une activité toute spéciale qui avait pour but de souligner le 10e anniversaire des IFs.Cette séance, tenue le 21 janvier 2014, a permis de faire un bilan des activités.L'exercice s'avérait pertinent puisque, depuis le lancement de la première conférence, le 20 janvier 2004, plusieurs nouveaux employés se sont joints à l'équipe de la Bibliothèque.Il nous apparaissait donc important de faire le point sur l'activité, et de mener une réflexion commune sur son avenir.TABLEAU 1.STATISTIQUES DES 10 PREMIÈRES ANNÉES\t DES IDÉES FRUCTUEUSES\t io ans d\u2019idées fructueuses\t Nombre de séances\t87 Nombre de présidents\t9 Nombre de conférenciers\t147 Nombre de participants\t2520 Une moyenne d'assistance de 35 personnes par séance, bon an mal an, suggère que les IFs sont devenues, en quelque sorte, une activité rassembleuse de la Bibliothèque de l'Université Laval.L'implication de près de 150 conférenciers rejoignant plus de 2500 participants témoigne non seulement de la pertinence de l'activité, mais aussi de la qualité des thèmes abordés, qui ont su capter l'intérêt du personnel.D\u2019abord mises en place pour favoriser la communication entre bibliothécaires, les Idées Fructueuses ont évolué pour intégrer les échanges avec les techniciens et les commis.Un sondage, effectué auprès de l'ensemble du personnel de la Bibliothèque à l'occasion de cet anniversaire, a permis de relever quelques suggestions, dont l'enregistrement des conférences sur vidéo et la modification de l'horaire des présentations.Ces changements permettraient de rejoindre à la fois les employés de jour, de soir et de fin de semaine.On a même proposé de tenir l'activité occasionnellement hors des murs de la Bibliothèque pour ouvrir l'activité à l'ensemble de la communauté universitaire.L\u2019AVENIR DES IDÉES FRUCTUEUSES Le concept a porté fruit.En témoigne l'intérêt soutenu des employés, toutes catégories confondues, pour les rencontres des Idées fructueuses.Elles se sont avérées des lieux d'échanges riches et formateurs pour mieux comprendre les tâches et projets des collègues, qu'ils oeuvrent auprès des usagers ou dans un travail plus technique.Les résultats du sondage réalisé à l'occasion du 10ème anniversaire, confirment cet intérêt qui devrait ration de la Bibliothèque.se maintenir au cours des prochaines années, et ce, malgré le contexte actuel de restructu- I 47 argus I VOLUME 44-N°3 HORS THÈME TABLEAU 2 - Quelques commentaires (C) recueillis à l'occasion du 10e anniversaire d'idées fructueuses C1 =« Je trouve déjà que c'est une initiative qui permet l'échange d'idées et l'ouverture vers des réalités qu'on connaît parfois moins, mais qui touchent notre travail.» C2 =« J'aime bien lorsqu'il y a des présentateurs de l'externe.À part les sciences de l'information, j'aime bien les présentations sur des aspects du fonctionnement du campus (direction, recherche, enseignement, etc.).» C3 =« Continuez à nous faire découvrir des professeurs du campus, des chaires, etc.par la présentation de sujets d'intérêt général.Nous sommes entourés de spécialistes qui savent vulgariser leurs connaissances.» En outre, le besoin d'échanger sur les nouveaux défis auxquels font face les bibliothèques universitaires, et les stratégies de la Bibliothèque de l'Université Laval pour les relever, est manifeste.Le plaisir de découvrir et d'échanger sur les nouvelles collections et les nouveaux services qu'impliqueront les orientations de la bibliothèque, constituent une source inspirante pour l'avenir des ILs.La récente mise en place d'un réseau interne de partage sur Lacebook contribue aussi à alimenter les échanges sur de nouveaux sujets également susceptibles de servir d'inspiration.D'abord mises en place pour favoriser la communication entre bibliothécaires, les Idées Lructueuses ont évolué pour intégrer les échanges avec les techniciens et les commis.Elles contribuent ainsi à la synergie entre les différentes catégories d'employés.La décision récente d'élargir la composition du comité pour y adjoindre des techniciens accentue cette approche, et permet certainement de maintenir et de bonifier ce beau projet qui a su conserver son dynamisme depuis sa création.D'heureuses idées à des idées fructueuses, le projet est indéniablement porteur de nouvelles idées, porteur d'avenir pour la communication entre pairs.Claudine.Iussier@bibl.ulaval.ca Claudine Lussier est détentrice d'un baccalauréat en histoire de l'Université de Montréal, d'un certificat en gestion de la main-d'œuvre de l'UQAM et d'une maîtrise en sciences de l'information de l'Université McGill.En tant que bibliothécaire, elle a travaillé dans plusieurs centres de recherche de la fonction publique fédérale pour ensuite poursuivre sa carrière à la bibliothèque de l'Université Laval.Normand.Pelletier@bibl.ulaval.ca Normand Pelletier est à l'emploi de la Bibliothèque de l'Université Laval depuis une quinzaine d'années à titre de bibliothécaire-conseil.Il a une formation de 1er cycle en administration/communication, et détient une maîtrise en sciences de l'information.Attitré à la Faculté des sciences de l'administration, il est impliqué dans certains projets phares de la Faculté, tels les Missions commerciales.Ses intérêts portent également sur l'entrepreneuriat, la gestion internationale, les études de marché et la recherche d'emploi.Gaston.Quirion@bibl.ulaval.ca Gaston Quirion travaille à la Bibliothèque de l'Université Laval depuis une quinzaine d'années comme bibliothécaire-conseil.Il a une formation de 1er cycle en génie géologique et en enseignement des mathématiques, et détient une maîtrise en sciences de l'information.Bibliothécaire de données, il travaille au Centre Géostat de la Bibliothèque, et s'occupe aussi de la discipline Économique.Il est impliqué activement dans l'initative de démocratisation des données de Statistique Canada pour les universités et collèges canadiens.48 COMPTE RENDU Journée professionnelle de BAnQ du 11 mars 2016 SOPHIE APRIL/ Avec 237 personnes sur place et 162 inscriptions en ligne, la journée professionnelle de BAnQ n'était pas commencée qu'elle était déjà un succès.En choisissant la thématique « Une bibliothèque ancrée dans son milieu » et en présentant plusieurs intervenants de secteurs variés, l'équipe des milieux documentaires de BAnQ remplit bien sa mission d\u2019offrir un accès égal à l\u2019information à tous les professionnels par la gratuite' de l\u2019e've'nement et la diffusion en ligne pour les professionnels e'ioigne's.BAnQ aura réussi à convaincre les professionnels toujours plus occupés de se libérer et de se déplacer le temps de ce rassemblement annuel.BAnQ remplit bien sa mission d'offrir un accès égal à l'information à tous les professionnels par la gratuité de l'événement et la diffusion en ligne pour les professionnels éloignés.La journée s'est ouverte avec des conférences portant sur la Déclaration des bibliothèques québécoises.Christiane Barbe, présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), a présenté les grandes lignes de cette Déclaration et incité les professionnels à faire part de leurs idées pour la promotion de cette Déclaration, qui sera prochainement soumise à l'Assemblée nationale.Stéphane Legault, président de l'Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ), a ensuite souligné la valeur de la Déclaration auprès des dirigeants municipaux.En effet, l'appui de l'Union des municipalités du Québec est un argument que l'on pourra faire valoir pour soutenir nos demandes aux dirigeants municipaux.Danielle Cha-gnon, directrice générale de la Grande Bibliothèque, a clôt le premier bloc de conférences en invitant les bibliothécaires à créer un mouvement citoyen pour les bibliothèques, toujours en s'appuyant sur la Déclaration.La deuxième partie avait pour sujet « Des services sur mesure : aller à la rencontre des publics ».Nathalie Martin, conseillère, et Mia Emmanuelle Jordan, bibliothécaire et agente de liaison, ont présenté les services hors les murs avec « agents de liaison » des bibliothèques de Montréal, services qui visent plus particulièrement les immigrants.Jennifer Ricard, bibliothécaire à l'Espace Jeunes de la Grande Bibliothèque, a ensuite présenté avec passion les services offerts dans un centre jeunesse.Les jeunes de 6 à 12 ans ont découvert petit à petit le plaisir de lire grâce à des rencontres qui ont lieu depuis plus de trois ans.Mme Ricard a mis sur pied le Moulin à idées, base de données disponible sur le site de BAnQ, qui donne accès aux canevas des activités qu'elle a réalisées avec les jeunes.La troisième partie, intitulée « La parole aux usagers », a débuté en après-midi par la conférence en anglais de John Pateman, président-directeur général de la bibliothèque publique de Thunder Bay.La présentation portait sur la transition de la bibliothèque traditionnelle vers la bibliothèque dirigée par la communauté.L'exemple de la bibliothèque de Thunder Bay | 49 argus I VOLUME 44-N°3 COMPTE RENDU permettait de visualiser comment la transition peut se faire graduellement.A suivi la diffusion d'une vidéo très dynamique sur la démarche participative à la Bibliothèque Louise-Michel, à Paris.C'est avec beaucoup d'humour et un enthousiasme contagieux que nos collègues français ont présenté leur bibliothèque 3e lieu, où l'usager prend part à la vie de la bibliothèque.La conférencière suivante était Céline Martin, stratège en mobilisation et collaboration.Son objectif était de démontrer comment mobiliser les usagers pour en arriver à ancrer la bibliothèque dans sa communauté.En plus de guider les participants pour leur faire connaître les étapes et les outils utiles à la réalisation d'ateliers collaboratifs, Mme Martin a insisté sur le fait que, parfois, les ateliers collaboratifs peuvent ne pas fonctionner - c'est tout à fait normal, et les bibliothécaires doivent le voir comme un encouragement à poursuivre leurs efforts.La quatrième partie, dont le thème était « Mieux servir les usagers : la bibliothèque au coeur de sa communauté », s'est ouverte par six présentations éclair qui ont permis de faire un tour d'horizon de projets réalisés dans différents milieux - collégial, municipal, hors les murs et scolaire -, donnant ainsi des idées et des exemples variés de façons d'ancrer sa bibliothèque au coeur de sa communauté.À la suite de ces conférences, quatre vidéos sur des projets de médiation culturelle en milieu municipal et scolaire furent présentées.La journée s'est terminée par une conférence de Guylaine Blais, bibliothécaire jeunesse à Saint-Jean-sur-Riche-lieu et chargée de cours à l'EBSI.Mme Blais a démontré comment les bibliothèques et les bibliothécaires peuvent s'impliquer au point de faire la différence dans la vie de chacun des usagers.Si l'édition de l'an dernier s'était conclue par la reconnaissance du besoin de faire adopter une loi sur les bibliothèques publiques, ce que l'on retient de l'édition de 2016 est l'importance d'ancrer nos bibliothèques dans leurs communautés pour en assurer la promotion et la place dans notre société.Pour visualiser les vidéos et les présentations des conférences : www.banq.qc.ca/services/services_professionnels/milieux_ doc/services_bibliotheques/journees_professionnelles/com-munaute/index.html Le Moulin à idées, présenté par Jennifer Ricard de BAnQ : www.banq.qc.ca/services/services_professionnels/milieux_doc/ ressources/jeunesse/?language_id=3 aprils@mediatheque.qc.ca Sophie April est bibliothécaire responsable des services publics à la Médiathèque Maskoutaine et administratrice à la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec (CBPQ).50 OCLC WorldShare* regroupe les données et les activités de bibliothèques afin de rationaliser les Ht* chaînes de travail R foi améliorer la gestion 1^1 des contenus électroniques alléger les tâches routinières et vous permettre de concentrer vos efforts sur les services à vos utilisateurs.Les applications OCLC WorldShare proposent une nouvelle approche pour la gestion coopérative des chaînes de travail en bibliothèques.\u2022\tAcquisitions \u2022 Prêts entre bibliothèques \u2022\tAnalytiques \u2022 Gestion des licences \u2022\tPrêts\t\u2022 Gestion des métadonnées \u2022\tRecherche Les bibliothèques du monde.Pour en savoir davantage, veuillez nous rendre visite au www.oclc.org. 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