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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Janvier - Mars 2006, Vol. 49, No. 1
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 2006-01, Collections de BAnQ.

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[" DEPUIS 19 2 0 PRECURSEUR Jeunes\t| y Le pari 'J4 DE MON RÊVE Missionnaires laïques Partir pour mieux RETROUVER DlEU L\u2019imaginaire fcî, l\u2019émerveilleme Revue des Soeurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception MOT DE LA RÉDACTION Le printemps est de passage, quelle saison sympathique ! Il porte l'espoir de beaux jours, de lumière, de chaleur, de vies nouvelles.Il est le symbole de l\u2019espérance qui nous habite : vivre eu plénitude ! Le temps pascal nous invite à approfondir et à faire grandir cette espérance enracinée dans notre foi au Ressuscité ! Nous espérons que Le Précurseur vous offrira quelques rayons de la lumineuse vie du Christ ressuscité.SOMMAIRE VOL.49, N,;i i | JANVIER ¦ FÉVRIER ¦ MARS 2006 Vie spirituelle Miroirs d\u2019humanité Paulette Gagné, m.i.c.Missionnaires laïques Partir pour mieux retrouver Dieu Anne Godbout Le Projet Kasiglahan D'après Bec L.Yao, as.m.i.c.Jeunes 10 Le pari de mon Rêve Alexis Pearson RUBRIQUES Joyeuses Pâques ! MESSES À VOS INTENTIONS Janvier : Canada Février : Cuba Mars : Philippines Avril : Haïti Mai : Canada Juin : Bolivie et Chili Juillet : Malawi et Zambie Août : Hong Kong et Taïwan Septembre : Madagascar Octobre : Pérou Novembre : Japon Décembre : Canada Famille Mission : grands-parents Suzanne Gervais, as.m.i.c.DOSSIER L\u2019imaginaire et l\u2019émerveillement 13-20 À PROPOS DF.S MTC Nouvelles de l\u2019Institut A Madagascar, des ouvrières pour la moisson Dmise Page, m.i.c.Témoignages 22 Chuiio et bette à carde en altitude Entrevue avec Elmire Allary, m.i.c., par Marie-Eve Homier 24 Dessine-moi un Centre.Dmise Page, m.i.c.Actualité missionnaire Profession : messager Moi, partir en mission ?LE PRÉCURSEUR\tDirectrice\tComptabilité Revue missionnaire publiée\tPaulette Gagné, m.i.c.\tThérèse Déziel, m.i.c.par les Sœurs Missionnaires\tRédactrice en chef\tGraphisme de l\u2019Immaculée-Conception\tMarie-Eve Homier\t5/5 Communication Nos bureaux\tAdjointe administrative\tMarketing Presse missionnaire MIC\tCarole Guévin\tPré-Presse 120, place Juge-Desnoyers\tRévision / Correction\tF0P Inc.Laval (Québec) Canada H7G 1 A4\tGilberte Bleau, m.i.c.\tImprimerie Téléphone : (450)663-6460\tLouise Pagé, m.i.c.\tTranscontinental Inc.Télécopieur : (450) 972-1512\tPromotion\tCouverture Courriel : leprecurseur@pressemic.org\tGemma De Grandpré, m.i.c.\tsaint François d\u2019Assise, Site Internet : www.soeurs-mic.qc.ca\tService aux abonnés Alma Couture, m.i.c.Thi Hien Duong\tsculpture par Franchi (Assise, Italie) Équipe éditoriale Monique Bigras.m.i.c.Pauline Williams, m.i.c.Geneviève Dick André Gadbois Reçus aux fins de l'impôt Enregistrement : NE 89346 9585 RR0001 Presse missionnaire MIC Dépôts légaux Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 0315-9671 Membre de l'Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC) Abonnement (4 numéros) à l'unité : 3 $ (frais d'expédition en sus) 1 an : 10 $, 2 ans : 20 $, 3 ans : 25 $ aux États-Unis : 1 an : 15 $ US à l'étranger : 1 an : 20 $ Nous reconnaissons laide financière du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications (PAP) pour nos dépenses d\u2019envoi postal, convention de la poste-publications n° 40064029 n° d'enregistrement09641 EDITORIAL A VOUS LA PAROLE On ne vit pas que de pain et de raison.Marie-Eve Homier Le don de fantaisie vaut plus à mes yeux que mon talent pour absorber le savoir, estimait Albert Einstein.Véritablement, l\u2019être humain a autant besoin de raison, de connaissances objectives et d\u2019explications logiques que d\u2019émotion, d\u2019intuition et d\u2019imagination; de poésie, de symboles et de légendes.Pourtant, le scientisme actuel soutient que la logique cartésienne peut éradiquer l\u2019irrationnel en l\u2019humain, que la vie n\u2019a pas un sens déterminé, que le monde est absurde.La science n\u2019a pas pour tâche de fournir des réponses aux questions existentielles, mais d\u2019apporter des faits crédibles pour expliquer comment fonctionne la nature ou se fabriquent les choses.Sa méthodologie (qui par ailleurs fait sa force) la rend incapable d\u2019aborder le monde du sens, des valeurs, de l\u2019éthique - en somme, l\u2019univers du pourquoi et du comment vivre.' Le XXe siècle n\u2019a-t-il pas montré, en allant plus loin que jamais dans la barbarie, que la science et la technique peuvent apporter le meilleur et le pire ?Le progrès scientifique, tout admirable et utile soit-il, nous a coûté notre candeur, notre « naïveté ».Par le fait même, nous avons perdu le secret du bonheur.Si vous ne devenez pas comme des tout-petits, vous n 'entrerez pas dans le Royaume des deux (Matthieu 18,3).Est-ce à dire que la porte d\u2019accès, pour nous qui sommes si riches de science, passe par un retour à l\u2019esprit d\u2019enfance ?2 La grande force du merveilleux est justement de réenchanter ce monde que notre ultramodemité a désenchanté.Nous devenons ce que nous admirons, affirmait Gandhi.Or, notre société ne nous reflète pas nos qualités, nos richesses, nos beautés.Elle met l\u2019accent sur nos manques de toutes sortes.que la consommation pourrait combler, selon la publicité.L\u2019émerveillement peut casser le cercle de la surabondance.Quand on a découvert quelque chose qui emplit son être, on n\u2019a désormais besoin que de peu de choses.On recherche la simplicité non pas pour la simplicité, mais pour laisser l\u2019espace à ce qui nous habite, nous nourrit.Pour pouvoir s\u2019émerveiller, il faut commencer par s\u2019arrêter ! Simplifier sa vie, dans le contexte actuel de performance et d\u2019efficacité.Puis prendre le temps de regarder, d\u2019écouter et.de se laisser surprendre.Découvrir sous chaque chose quelque chose de nouveau.Celui qui ne peut plus éprouver ni étonnement ni surprise est pour ainsi dire mort : ses yeux sont éteints, disait Einstein.Un regard renouvelé - émerveillé - peut réenchanter la vie et le monde.En faire un chemin de joie.1 cf.Hubert Reeves, Les artisans du huitième jour 2 cf.Éloi Leclerc, Sagesse d'un pauvre leprecurseur@pressemic.ora vous interpelle ! Cette chronique vous appartient.Faites-nous part de vos impressions ou réagissez aux articles, pour aller plus loin.La parole est à vous ! Le Précurseur ne publiera pas les lettres non signées ni celles dont les propos sont contraires à l'éthique journalistique.Nous nous réservons le droit d'abréger les lettres.Rose Bourque, Bécancour Le Précurseur, tout un phénomène.Quelle revue extraordinaire et unique où l\u2019on peut prendre connaissance du travail des missionnaires dans tous les pays ! Revue d\u2019intérêt universel qui nous tient en lecture du commencement à la fin.J\u2019apprécie beaucoup la messe offerte chaque semaine.Bravo ! Tenez bon, vous avez le vent dans les voiles.Continuez ! Et vous, directrice et collaboratrices félicitées, merci pour votre dévouement ! Maude Jalbert, Saint-Eustache Vraiment votre revue s\u2019est enrichie dans les textes et la qualité de la présentation.Félicitations ! Le reportage sur les JMJ m\u2019a beaucoup intéressée.Merci.Diane Lauzon, Saint-Jérôme J\u2019ai lu le dernier numéro en deux soirées et un déjeuner ! Ça vous dit l\u2019intérêt que j\u2019en ai eu.Elle est plus variée, plus accessible et facile à lire pour une laïque comme moi.Elle reflète davantage la jeune génération et la génération intermédiaire.Benoît Lacroix, o.p., Montréal L\u2019éditorial, sagement rédigé, donne le ton.Les rubriques, le dossier, les nouvelles et les témoignages viennent confirmer que ce qui est rédigé ne peut l\u2019être sans la présence de toutes ces femmes généreuses.et vertueusement entêtées qui continuent.unies aux malades, à préparer l\u2019avenir.Merci d\u2019être là ! Pierre Gagnon, Notre-Dame des Prairies La vivacité des couleurs chaudes et l\u2019invitation à consulterdossiers et a rticles m\u2019ont attiré.Vous avez très bien équilibré les sujets traités par des personnes aux styles littéraires différents, mais toujours d\u2019excellente facture.La disposition des articles, bien aérée, et les couleurs qui les encadrent poussent à siroter le contenu.Katie Wong, Verdun J\u2019aime découvrir, par le biais de votre magazine, le travail que vous effectuez dans différents pays.Lecture des plus passionnantes ! Monique Bédard Grégoire, Sainte-Foy Le calendrier 2006 n\u2019était pas au rendez-vous.Je veux vous exprimer ma déception.Les messages qu\u2019il véhicule sont sous les yeux de tous les membres de ma famille, alors que la revue, je suis la seule à la lire.Nous avons reçu nombre de commentaires, tous fort intéressants.Un grand merci ! Maintenons cet échange vivifiant! Continuez de vous faire entendre ! 1 Voile de carême (détail), Jacques-Richard Chéry, peintre haïtien Fresque biblique créée en 1987 pour l'organisation catholique Misereor (Allemagne) j.iMIROL.i ZfflOJIIM d humanité Nés il y a plus de deux mille ans en Israël, les chants poétiques que sont les psaumes incarnent encore aujourd\u2019hui la prière du monde.par Paulette Gagné, m.i.c.Traduits en français et dans les langues vernaculaires depuis Vatican II, les psaumes sont devenus de plus en plus familiers au peuple chrétien.Cris, supplications, prières, chants de louange et d\u2019action de grâce, la Bible nous présente les psaumes comme une source inépuisable pour nourrir la prière des croyants.COMME AUTANT DE MIROIRS Les historiens soutiennent que la plupart des psaumes partagent une origine très ancienne, même probablement païenne pour certains.Ils auraient été adaptés, par la suite, à la foi d\u2019Israël.Beaucoup de psaumes ont été composés spontanément par des croyants; leur création était ensuite adoptée par leur communauté pour exprimer à Dieu leur foi et leur fidélité.L\u2019auteur était vite oublié.D\u2019autres psaumes, enfin, étaient parfois remaniés, pour les besoins du culte.David, roi hébreu très connu, a organisé la liturgie d\u2019Israël.On lui attribue d\u2019ailleurs la composition de quelques psaumes.Poète, la Bible le présente aussi comme un joueur de cithare doué.Rassemblés en un livre appelé psautier, les 150 psaumes se font l\u2019écho d\u2019une humanité bien réelle, avec ses larmes et ses joies, comme autant de miroirs de révoltes et de fidélités, d\u2019agonies et de résurrections, d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui.Th es la lumière de ma lampe, Seigneur mon Dieu, tu éclaires ma nuit.Grâce à toi, je saute le fossé, Grâce à mon Dieu, je franchis la muraille.(Ps 11) PSAUMES OU POÈMES ?On n\u2019aborde pas les psaumes de plein fouet! Ils demandent qu\u2019on les apprivoise, qu\u2019on se familiarise avec eux, qu\u2019on brise leur écorce, parfois un peu rude, pour en extraire la sève.Cela exige un certain effort, et.de la patience.Si l\u2019on cherche dans les psaumes une poésie pieuse et édifiante, on risque d\u2019être déçu.Joseph Gelineau, jésuite français, pionnier du chant liturgique et des psaumes en français précise que la poésie des psaumes n\u2019est pas à chercher dans le sentiment subjectif.Elle tient d\u2019abord à un phénomène linguistique parfaitement objectif: l\u2019alternance binaire entre les moments où ça parle et les moments où ça ne parle pas.L\u2019homme qui pousse un cri d\u2019appel ne fait pas de phrases.Il condense son message en peu de syllabes.Les mots s\u2019emplissent ainsi de puissance sonore et émotive.Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! (Ps 129) Pour le poète, l\u2019artifice du discours discontinu est la condition même de son art : il décompose le discours ordinaire et le recompose pour que, dans la nouvelle forme créée par lui, les mots s\u2019emplissent de sens et de goûts nouveaux, d\u2019idées et d\u2019émotions encore non dites et non entendues.Je veux chanter, Je veux jouer pour Toi, Seigneur.Éveille-toi mon cœur!.Je veux éveiller l\u2019aurore.(Ps 62) LES GRANDES FAMILLES DE PSAUMES Tous les psaumes n\u2019ont pas la même tonalité spirituelle.Certains chantent la beauté de la Création ou célèbrent la gloire du Créateur.D\u2019autres expriment l\u2019attitude confiante et suppliante de l\u2019humanité devant Dieu.Beaucoup sont des appels au secours, des cris de détresse ou d\u2019humbles requêtes.D\u2019autres encore rendent grâce à Dieu pour sa bonté et sa miséricorde.Certains psaumes, enfin, sont de véritables méditations sur la condition humaine ou cherchent à livrer un enseignement à partir de l\u2019expérience des « sages ».Jésus a prié les psaumes, de même que Marie, les apôtres et les premières commu- 4 | LE PRÉCURSEUR | HIVER 2006 VIE SPIRITUELLE 1 < r m U * nautés chrétiennes.C\u2019est pourquoi ils sont devenus la prière officielle de l\u2019Eglise.On les retrouve dans tous les rassemblements liturgiques chrétiens.LA PRIÈRE DU MONDE Si les psaumes expriment tous les sentiments humains, il devient difficile de faire une lecture uniquement «intimiste» et personnelle des psaumes.Ces prières pathétiques, surgies du creuset de toutes les souffrances, particulièrement de l\u2019oppression et de l\u2019injustice, prennent une acuité plus intense encore quand la conscience des hommes et des femmes devient planétaire.Prier les psaumes, confie Michel Hubaut, prêtre français, c\u2019est pour moi greffer ma petite histoire sur une Histoire, celle du Peuple de Dieu.Une Histoire qui concerne tous les hommes.Découvrir qu\u2019il n\u2019y a, finalement, qu\u2019un seul Peuple qui chante, tâtonne, avance, recule, repart.Les psaumes peuvent donc devenir la prière de chacun et de chacune et, en même temps, celle de la communauté qui les récite ou les chante.Cependant, à travers chaque personne qui prie les psaumes, tous les pauvres et les opprimés de la terre font entendre leur plainte et leur espérance.C\u2019est Jésus lui-même, identifié à jamais aux affamés et aux sans-abri, aux démunis et aux petits, qui élève sa prière et son appel.Et moi, je suis un ver, pas un homme, Raillé par les gens, rejeté par le peuple.Tu m\u2019as répondu! Et je proclame ton nom devant mes frères.Je te loue en pleine assemblée.(Ps 21) Les psaumes, que Jésus priait, ont aussi structuré son dialogue avec son Père.Ainsi, prier les psaumes, c\u2019est s\u2019associer à la grande voix du Christ, à celle de l\u2019Eglise et à celle de toute personne.On ne prie jamais seul.avec les psaumes.UNE TRADITION VIVANTE Comment expliquer que, depuis près de trois millénaires, des millions d\u2019hommes et de femmes relisent ces poèmes inlassablement durant toute leur vie et que le goût spirituel qu\u2019ils y trouvent croisse sans cesse ?Les psaumes ne seraient-ils pas habités par une Présence ?Les Juifs, qui composaient et priaient les psaumes, vivaient dans la foi leur situation personnelle et les événements de leur histoire.Les priants d\u2019aujourd\u2019hui, en reprenant ces mots, y trouvent eux aussi l\u2019expression de leur misère, de leur recherche de Dieu, de leur louange.Ces poèmes, mâchés, ruminés, changent les regards et les cœurs.On peut aussi faire une lecture chrétienne des psaumes.Le plus grand priant de ces chants religieux d\u2019Israël, Jésus de Nazareth, est aussi le Messie dont ils ont annoncé la venue, la mort et la résurrection.Ainsi, prier les psaumes, c\u2019est prier avec Lui.Pour nous, chrétiens, qui reconnaissons en Jésus de Nazareth le Messie promis par Dieu, nous croyons que Son Esprit habite ces prières juives.Il nous les fait comprendre, nous les fait goûter de 1 l\u2019intérieur, en fait pour nous une nourriture quotidienne et en révèle toute la saveur.Traduits dans toutes les langues, chantés sur des mélodies grégoriennes ou propres aux cultures de chaque pays, repris par plusieurs musiciens classiques (César Frank, Mozart, Palestrina) et par de nombreux artistes contemporains, les psaumes expriment encore la prière du monde et demeurent des poèmes à utiliser comme autant de miroirs d\u2019humanité.os>> Seigneur, règle l\u2019allure de mes pas.Je ne me précipiterai pas.Tu m\u2019incites à des pauses régulières.Tu me pourvois d\u2019images paisibles Qui rétablissent ma sérénité.Tu me conduis sur la voie de l\u2019efficacité Par le calme de l\u2019esprit et ta direction de paix.Même si j\u2019ai un grand nombre de choses à accomplir chaque jour, Je ne me tourmenterai pas, Carta présence, Seigneur, m\u2019accompagne.(Version japonaise du Psaume 23) LE PRÉCURSEUR | HIVER 2006 | 5 Kenya, novembre 2002.Je marche sur un petit chemin de terre rouge bordé d'arbustes fleuris et de petites maisons aux toits rouges.Je m'arrête pour contempler un magnifique arc-en-ciel aux couleurs très intenses.Mon âme chante de joie ! Mes frères et mes sœurs de l'Afrique me donnent tellement d'amour, j'ai l'impression de vivre au paradis.Soudain une pensée me traverse l'esprit : « Dieu se serait-il servi de ma passion des voyages pour me rencontrer ?» par Anne Godbout P M II JT II 11 pour mieux retrouver Dieu Photo : L'auteure (au centre), entourée de jeunes femmes en formation et de leur responsable au village des Focolari au Kenya 1 Osée 2,16 2 Thérèse de Lisieux Le besoin de partir m\u2019habite depuis un certain temps, mais je ne comprends pas vraiment pourquoi.Je prends donc une année sabbatique pour faire le tour du monde.« Je la conduirai au désert et je la séduirai.»1 Quelques mois avant mon départ, je fais la connaissance de quelques membres du mouvement ecclésial des Focolari.Leur spiritualité, axée sur l\u2019unité, m\u2019interpelle vivement.Je veux en faire l\u2019expérience ! Dès lors, le but de mon voyage change radicalement : plutôt que faire du tourisme, je veux approfondir cette spiritualité et ma relation avec Dieu.Je me retrouve donc dans un des petits villages du Mouvement, au Kenya.L\u2019accueil et l\u2019amour fraternel extraordinaires qui y régnent m\u2019émeuvent profondément, souvent jusqu\u2019aux larmes.Là, je découvre d\u2019une façon nouvelle l\u2019amour immense de Dieu pour moi.J\u2019apprends à voir et à aimer Jésus dans l\u2019autre et à offrir les moindres petites actions par amour pour Lui.Je décide de prolonger mon séjour pour participer à une Mariapolis, la rencontre annuelle des Focolari.Là, je reçois une grâce spéciale : celle de désirer donner à Dieu la première place dans ma vie.Mon « oui » Lui permet de faire éclater Sa lumière dans les parties les plus sombres et les plus blessées de mon être.Eloignée de mon milieu, par conséquent détachée de tous mes rôles, de mes fausses identités, des attentes des autres sur moi, de mes nombreuses occupations et préoccupations, je suis entièrement disponible à entendre cet appel et à Lui laisser la place.Quelle sera ma voie ?Au Brésil en 1991, bouleversée par l\u2019immense fossé séparant riches et pauvres, la fondatrice des Focolari, Chiara Lubich, réunit des gens d\u2019affaires et leur propose de fonder des entreprises qui partageraient leurs profits en trois parts : la première pour venir en aide aux démunis, la seconde pour éduquer à « la culture du don » et la dernière pour développer l\u2019entreprise.Plusieurs entrepreneurs se sentent interpellés par son invitation.Bien que Chiara Lubich ne soit pas économiste, son idée emballe de nombreux experts : sociologues, économistes, philosophes.L\u2019économie de communion est née ! Aujourd\u2019hui, plus de 800 entreprises réparties sur tous les continents participent à ce projet et plus de 100 thèses universitaires ont porté sur le sujet.Cette façon d\u2019être en affaires me semble une aide concrète aux démunis et un moyen de mettre mes talents à leur service.Elle m\u2019attire.Dès mon retour au Québec, je choisis de me lancer dans cette direction par la réalisation du projet d\u2019entreprise que j\u2019avais mis en veilleuse depuis un certain temps déjà.A l\u2019époque, j\u2019avais plus de 10 ans d\u2019expérience professionnelle en organisation de 6 I LE PRÉCURSEUR I HIVER 2006 MISSIONNAIRES LAÏQUES voyages de groupe.Prenant également conscience que mes nombreux voyages avaient été autant d\u2019occasions de croissance personnelle et spirituelle très intenses, je rêvais d\u2019une entreprise spécialisée dans les voyages de croissance humaine et de ressourcement spirituel.En découvrant l\u2019économie de communion, je venais de trouver le terreau dans lequel enraciner mon intuition.Spiritours était né.Le vrai patron Dans l\u2019économie de communion, on laisse à Dieu la possibilité d\u2019intervenir.Souvent, lorsqu\u2019on agit à contre-courant (ce que le monde des affaires déconseille fortement), Il intervient sous la forme d\u2019une chance à saisir, d\u2019un contrat inespéré, d\u2019une idée de produit à succès.Autant d\u2019encouragements pour moi à continuer sur cette voie et à Lui remettre tout sans cesse.Dans les débuts, j\u2019avais fait imprimé quelque 1 000 dépliants pour annoncer nos premiers voyages.Je pensais que cela suffirait pour faire sonner le téléphone.Quelle illusion ! J\u2019avais inscrit à mon agenda pour une certaine soirée : « conférence : La route des abbayes d\u2019Europe ».Le soir venu, je suis fatiguée, je n\u2019ai plus envie d\u2019y aller.Pourtant, une petite voix intérieure m\u2019assaille.Docilement, je fais un petit effort.Non seulement c\u2019est l\u2019une des plus belles conférences que j\u2019aie entendues, mais le parcours du conférencier me touche tant que, peu après, je le recrute comme accompagnateur pour Spiritours ! Il créera d\u2019ailleurs le circuit La Route des monastères de France.De plus, ce même soir, l\u2019organisme qui coordonnait cette conférence (et en présente régulièrement plusieurs autres) m\u2019offre d\u2019inclure le dépliant publicitaire de mon entreprise naissante dans son publipostage ! Dès lors, le téléphone s\u2019est enfin mis à sonner et nous avons eu nos premières inscriptions.Un an plus tard, plusieurs diocèses me confient l\u2019organisation des Journées mondiales de la jeunesse à Cologne.Cet important contrat me permet de rembourser quelques dettes et de partager enfin une partie des bénéfices pour l\u2019économie de communion.«Ma vocation, c'est l'amour!»2 La mission de Spiritours est de permettre à des individus de s\u2019arrêter, de faire le point et de se ressourcer.Nos voyages sont un lieu d\u2019accueil pour tous, peu importe leurs croyances religieuses.Ce sont d\u2019abord des voyages spirituels, non pas religieux.Je sens que ma mission est d\u2019apporter le Christ là où II n\u2019est pas.Ma clientèle se compose en grande partie de personnes âgées entre 35 et 65 ans qui ont du mal à nommer ce qu\u2019elles cherchent au cœur d\u2019elles-mêmes, ou qui restent marquées par de mauvais souvenirs d\u2019Eglise.Quelques clients m\u2019ont confié qu\u2019ils se sont réconciliés avec l\u2019Eglise grâce à leur rencontre avec des communautés vivantes lors d\u2019un séjour avec nous.Je vois là un signe véritable que Dieu est à l\u2019œuvre, car Lui seul peut opérer de tels miracles.Comme tous les baptisés, ma première mission est d\u2019aimer mon prochain, tel que Jésus nous l\u2019a commandé.Dans mon travail, cela veut dire aimer concrètement les clients, les employés, les fournisseurs et même les compétiteurs.Pour aimer mes clients, je m\u2019efforce de bien écouter leurs besoins, d\u2019être patiente avec eux, de ne pas abu- ser de leur confiance et de leur donner l\u2019information juste.Pour aimer mes employés, je les traite de façon juste et équitable, je les encourage à prendre des initiatives et à développer leurs talents et leur créativité.Pour aimer mes fournisseurs, je m\u2019efforce d\u2019établir une relation amicale et franche et de payer rapidement mes factures.Pour aimer mes compétiteurs, je leur réfère des clients qui me demandent des destinations que je n\u2019offre pas et qu\u2019ils offrent.Auprès des Focolari, j\u2019ai appris l\u2019art d\u2019aimer : aimer en premier (prendre l\u2019initiative), aimer tout le monde (voir la présence du divin dans l\u2019autre), aimer même quand c\u2019est difficile.Dans mes voyages, le contact avec la nature tient une place importante.Dans le « safari spirituel » au Kenya, je suggère aux participants de vivre l\u2019excursion en silence afin de s\u2019intérioriser.La nature invite à la contemplation ! A travers la Création, nous pouvons communier avec notre Créateur.L\u2019émerveillement, cet état de grâce, nous met en relation avec Dieu.Voilà pourquoi à mes yeux le voyage ouvre une porte sublime pour Le rencontrer ! Parc national d'Amboseli, Kenya Photo ;Anne Godbout LE PRÉCURSEUR I HIVER'2006 MISSIONNAIRES LAÏQUES LE PROJET KASIGLAHAN Inspirées et dynamisées par la spiritualité d'action de grâces des MIC, un groupe de femmes aux Philippines se sont associées aux religieuses au débutdes années 1990 pour cheminer avec elles.Aujourd'hui, elles mènent de front vie spirituelle et engagement social dans un projet missionnaire audacieux et novateur.D\u2019après les propos de Bec L.Yao, as.m.i.c.À Manille, capitale des Philippines et métropole de près de 15 millions d\u2019habitants, de nombreux sans-abri occupent illégalement des logements vacants ou des terrains désaffectés.Quand les squatters deviennent trop nombreux, le gouvernement les déménage hors de la ville sur un terrain vague, leur bâtit des maisonnettes très rudimentaires et leur offre quelques services publics.C\u2019est ainsi qu\u2019est né le « village » de Kasiglahan, à une trentaine de kilomètres de l\u2019école primaire et secondaire des MIC, leur oeuvre principale à Manille.Connaissant la situation précaire de ces nouveaux transplantés, les Associées aux Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception (ASMIC) ont eu une idée folle : adopter le village ! Une plan d'aide à plusieurs volets Désirant intervenir auprès des relocalisés avec une approche holistique qui engloberait les aspects physique, psychologique et spirituel de la personne, les ASMIC ont conçu un plan d\u2019aide intégral.Le plus urgent, c\u2019était la santé.Ainsi, dès 2002, une visite médicale annuelle a été instaurée.Deux ans plus tard, d\u2019anciennes diplômées de l\u2019école des MIC qui poursuivaient des études en soins infirmiers ou en médecine y apportent leur précieuse collaboration.Ces spécialistes restent une semaine entière dans le village, travaillant côte à côte avec les Associées.Toujours très attendue, cette visite est fort appréciée par les familles; elle permet même la distribution de médicaments et d\u2019autres services, comme des radiographies et des électrocardiogrammes.Conscientes qu\u2019un soutien spirituel et religieux est nécessaire pour aider ces anciens squatters à retrouver leur dignité, quelques religieuses MIC offrent des sessions d\u2019étude biblique avec partage et réflexion.Parallèlement, les Associées assurent la catéchèse et un séminaire de huit rencontres, intitulé Vivre dans l\u2019Esprit, qui amène les villageois à approfondir leur vie de foi.Egalement, dans une grande simplicitié, on a rendu le sacrement de mariage possible pour de nombreux couples qui n\u2019avaient pas pu se marier avant de commencer leur famille à cause de leur extrême pauvreté.De plus, la récente construction d\u2019une église et l\u2019arrivée d\u2019un prêtre permanent ont réjoui ces fervents croyants que leur relocalisation avait coupés de plusieurs services religieux.Du côté des études, la Magnificat Scholarship Foundation a fourni jusqu\u2019à maintenant à 52 jeunes de Kasiglahan une bourse d\u2019études et un peu d\u2019argent de poche pour subvenir à leurs besoins, par exemple celui du transport, car l\u2019école secondaire n\u2019est pas à proximité de Kasiglahan.Comme il n\u2019y a pas d\u2019autobus scolaires, les écoliers doivent payer leurs déplacements quotidiens, ce que les familles ne peuvent assumer, vu leur grande pauvreté.Cette fondation a pu voir le jour grâce à l\u2019aide de parents, d\u2019amis, d\u2019anciennes élèves de l\u2019école des MIC résidant aujourd\u2019hui aux Etats-Unis ou ailleurs dans le monde, et même d\u2019Associés anglophones du Québec.De plus, le dynamique groupe d\u2019ASMIC philippin caresse le projet d\u2019un « Centre 8 I LE PRÉCURSEUR I HIVER 2006 MISSIONNAIRES LAÏQUES d\u2019apprentissage » où les élèves pourraient s\u2019entraider dans leur formation, consulter des ouvrages de références sur place ou emprunter des livres usagés.Pour réaliser ce rêve, il faut un local.ce qui implique la permission du gouvernement pour utiliser une de ses maisonnettes dévolues uniquement aux familles relocalisées à Kasiglahan.L\u2019heure est à l\u2019espérance, car ces autorisations gouvernementales se décrochent difficilement.L\u2019un des volets les plus ambitieux du plan d\u2019aide intégral est la création d\u2019un programme de soutien financier qui permettrait aux villageois d\u2019emprunter de petites sommes d\u2019argent pour monter des projets d\u2019entreprise selon leurs habiletés et leurs compétences.Ainsi, ils pourraient faire vivre leur famille décemment.Un comité d\u2019Asso-ciées travaille généreusement et ardemment à cet autre projet.L'arroseur arrosé Quand on s\u2019implique dans un projet d\u2019entraide, il arrive qu\u2019on en ressorte complètement transformé, alors qu\u2019on pensait simplement apporter son expertise et son soutien pour transformer une situation affligeante.C\u2019est ce que vit la majorité des Associées impliquées dans les divers projets à Kasiglahan.Par exemple, dans le cadre d\u2019un stage exigé par leurs études, trois étudiantes au doctorat en études sur la famille et l\u2019enfance ont donné en mai 2005 un séminaire portant sur La vie, la sexualité et les valeurs.En dispensant cette formation, le trio a découvert la générosité, l\u2019attachement et la reconnaissance des gens de Kasiglahan qui racontent leur vécu en toute gratuité.Malgré leur grande pauvreté et leur relocalisation forcée, ces personnes savent donner un sens à leur vie et gardent le sourire.Les universitaires en ont été déconcertées.Les échanges n\u2019en sont devenus que plus enrichissants de part et d\u2019autre.Une lancée contrecarrée Soucieuses de donner aux anciens squatters un moyen de gagner dignement leur vie et de soutenir leur famille, les Associées ont conçu un « Centre de couture » comprenant cinq machines à coudre électriques.Quel a;rand espoir pour les femmes de Kasiglahan ! A tour de rôle, car elles sont nombreuses, elles apprennent à confectionner des vête- ments de bonne qualité qu\u2019elles pourront vendre par la suite.Malheureusement, le Centre à dû céder sa maisonnette à une famille nouvellement arrivée à Kasiglahan.Il a donc cessé ses opérations momentanément.Les épouses et mères de famille qui participaient au projet espèrent trouver un nouveau local bientôt, car ce travail est pour elles une source de fierté et un moyen de contribuer au revenu familial.Tant de choses à accomplir dans la vigne du Seigneur ! Les Associées aimeraient faire davantage encore à Kasiglahan, mais elles ont aussi leur vie personnelle à gérer, tre une bonne épouse et une mère aimante, poursuivre une carrière et répondre aux appels à l\u2019aide de frères et de sœurs, cela ne va pas toujours de soi.Heureusement, leur engagement aux côtés des MIC leur permet de garder un certain équilibre.En approfondissant la spiritualité et le charisme de Délia Tétreault, la fondatrice des MIC, et en vivant l\u2019Evangile, elles apprennent à accueillir l\u2019amour inconditionnel du Seigneur dans une grande expression d\u2019action de grâces.C\u2019est seulement à partir de cet amour reçu et donné qu\u2019elles peuvent rejoindre les autres dans toutes leurs différentes facettes, un peu comme dans ce « Projet Kasiglahan ».LE PRÉCURSEUR | HIVER 2006 | 9 Le pari de mon Rêve Souvent, pour réaliser nos rêves les plus profonds, il faut troquer nos certitudes et nos sécurités pour le chemin de l'humilité, de la recherche de sens.par Alexis Pearson B ien installés dans notre confort matériel et social, ce chemin de la quête de sens, parsemé d\u2019échecs, de questionnements, d\u2019incompréhension et, pour nos êtres chers, d\u2019inquiétude, nous paraît inhospitalier.Pourquoi s\u2019aventurer sur cette voie risquée ?Parce qu\u2019elle seule peut mener vers un bonheur plus parfait.La recherche de sens est intimement liée à nos aspirations profondes, à nos grands Rêves.Présents en chacun de nous, ces désirs puissants expriment tangiblement notre mission personnelle, dont la réalisation nous rapproche de Dieu.Or, s\u2019unir à Lui qui est tout Amour, n\u2019est-ce pas là notre vocation ultime ?Quel sens pour ma vie ?Récemment, dans ma vie professionnelle, je me suis sentie poussée à réaliser enfin un rêve que je caressais depuis plusieurs années.Vu de l\u2019extérieur, le changement radical qu\u2019exigeait ce choix pouvait sembler incompréhensible, mais moi, j\u2019étais en paix : Dieu m\u2019avait amplement préparée à cette nouvelle orientation.Je travaillais dans un organisme caritatif catholique au sein de son service d\u2019information et de communication.J\u2019insiste sur le mot « catholique », car c\u2019était très signifiant pour moi.Ayant grandi dans l\u2019Eglise, je fais partie depuis l\u2019adolescence des mouvements de jeunes de ma paroisse.Le témoignage de Jean-Paul II m\u2019avait marquée et je désirais contribuer par mon travail à la construction de la « civilisation de l\u2019amour » dont il parlait si souvent.Dans cet emploi, j\u2019avais tout pour être heureuse : un bon poste, un bon salaire, une bonne équipe de travail.J\u2019en tirais une certaine satisfaction.Cependant, au-delà des apparences, mon cœur souffrait.J\u2019ai mis du temps à prendre conscience de cette souffrance, et davantage encore à comprendre pourquoi : c\u2019est que, même en travaillant pour l\u2019Eglise, même en faisant un travail utile pour des personnes en détresse, je me sentais encore très loin de mon désir réel et profond.Comment faire la volonté de Dieu ?Comment répondre à l\u2019Evangile ?S'abandonner à la Grâce Plus le temps passait, plus se creusait en moi un gouffre sombre et caverneux.Dans cet état douloureux - qui heureusement n\u2019a pas duré longtemps ! -, j\u2019ai compris ce que signifiait « avoir tout, mais n\u2019avoir rien » : tous mes besoins extérieurs étaient pourvus, mais rien dans ma vie ne pouvait combler et guérir ma plaie béante intérieure.Même la prière, durant cette période, ne me procurait aucune consolation.Malgré ma souffrance, j\u2019ai attendu longtemps avant de céder à la petite voix à l\u2019intérieur de moi.Peut-être avais-je peur de perdre mes acquis ?Peut-être attendais-je un signe plus clair ?Finalement, après avoir consulté plusieurs personnes, j\u2019ai décidé de laisser mon travail.sans savoir pour autant où je me dirigeais.Mes épreuves n\u2019ont pas cessé avec la décision de partir.En fait, le processus de discernement venait tout juste de commencer ! J\u2019ai d\u2019abord cherché un travail dans mon domaine, la communication.Curieusement, chaque fois que je dénichais une ouverture JEUNES de poste, mon enthousiasme initial se muait en tristesse et mon cœur s\u2019emplissait d\u2019amertume.Pendant trois mois de recherches infructueuses, j\u2019ai dû prendre des décisions dont j\u2019étais incertaine et décevoir des personnes qui comptaient sur moi.Seule me guidait ma voix intérieure, bien frêle.Le courage récompensé Un jour, en parcourant mes courriels, je suis tombée sur une offre d\u2019emploi envoyée par une de mes amies.Tout de suite, mon cœur a tressailli : c\u2019était ce que j\u2019attendais depuis ma démission ! Ma lettre de présentation et mon curriculum vitae ont été expédiés en un clin d\u2019œil.Quelques jours plus tard, après un processus de sélection enlevant, j\u2019ai reçu la bonne nouvelle : j\u2019avais obtenu le poste ! Il n\u2019y a aucun doute dans ma tête : c\u2019était la réponse à ma prière.Je travaille maintenant au sein d\u2019un organisme au service des jeunes de la rue, une tranche de la société marginalisée à cause de ses problèmes visibles : dépendance à la drogue, détresse psychologique, difficulté à gérer son impulsivité.et tout ce que cela entraîne : itinérance, prostitution, criminalité.Pourtant, à la base, ce sont des jeunes en difficulté qui ont besoin d\u2019amour et d\u2019attention comme nous tous.Souvent, il suffit pour les aider de les écouter sans juger.J\u2019admire la capacité de mes collègues à entrer en relation avec eux, à leur faire sentir que malgré la brutalité de leur milieu et les actes dégradants qu\u2019ils ont pu poser, ils restent des personnes humaines.Avec une collègue, je fais de la prévention : toutes les semaines, nous visitons des écoles de l\u2019île de Montréal pour sensibiliser les étudiants et étudiantes aux dangers de la me, ainsi qu\u2019à la réalité des gangs de me et de la prostitution juvénile.Les élèves sont généralement très respectueux; le contact avec eux est toujours agréable ! Mon présent emploi a très peu à voir avec ma formation, mais il répond à un désir profond et tenace en moi : celui de répondre directement aux besoins des personnes.d\u2019ici.Mon travail précédent me rapprochait de cette réalité en me permettant d\u2019œuvrer pour des personnes démunies.Maintenant, j\u2019ai la chance de travailler auprès d\u2019elles.Etonnamment, pouvoir m\u2019appuyer sur ma propre démarche intérieure constitue ma plus grande force pour accomplir mon occupation actuelle.Je peux ainsi aider les autres à parcourir le dur chemin menant vers la découverte de leur propre identité.Mon travail est très humble en réalité, mais je ne saurais imaginer rien d\u2019aussi profondément gratifiant pour moi.Pour cette raison, j\u2019éprouve aujourd\u2019hui un bonheur que je ne pensais pas possible : c\u2019est véritablement un cadeau de Dieu, Il me donne de le savourer chaque jour.En servant mes frères et sœurs, je contribue à bâtir une Eglise qui met sa sagesse et sa capacité de relation au service de l\u2019humanité.Bienheureux les rêveurs ! Par cette expérience et par le bien-être que j\u2019éprouve aujourd\u2019hui, je sais que mes souffrances n\u2019ont pas été vaines.J\u2019ai appris qu\u2019il ne faut pas avoir peur du chemin qui conduit à la réalisation de nos rêves.Puisque Dieu a pris soin de nous façonner individuellement, faisant à chacun le cadeau d\u2019être unique, quelle joie de découvrir, à travers nos rêves et les événements de notre vie, notre unicité ! Nous ne sommes pas tous appelés à accomplir de grandes missions comme celle de Moïse.Cependant, Dieu a réservé une mission particulière à chacun et chacune de nous.Mission que nous sommes libres d\u2019accepter ou de refuser.en n\u2019oubliant jamais que Dieu désire pour nous un chemin d'épanouissement où notre capacité d\u2019amour est creusée; nos talents, exploités; nos désirs profonds, comblés.Un chemin où nous goûtons au bonheur promis par l\u2019Evangile.Dans la mesure où le Rêve en nous est heu de rencontre avec Dieu, ne craignons pas de choisir ce chemin et de le re-choisir souvent.Du rêve à la réalité Depuis l\u2019enfance, je rêve de devenir missionnaire.Après un bref séjour à l\u2019étranger, il y a deux ans, j\u2019ai compris que ma mission, je voulais la vivre chez moi, à Montréal, afin de bâtir ici, avec les gens LE PRÉCURSEUR I HIVER 2006 I II Mission : grands-parents Il était une fois des aînés qui voulaient implanter une « Maison des grands-parents » dans leur milieu.Aucune nécessité d'avoir des petits-enfants à soi pour y être bénévole.Il suffisait d'aimer.par Suzanne Gervais, as.m.i.c., secrétaire de la Maison des grands-parents Née en 1999, la « Maison des grands-parents » du Grand Joliette résulte du désir des membres du conseil pastoral paroissial de l\u2019église Saint-Pierre de donner suite au message de Vatican II, concernant l\u2019implication des laïques dans leur milieu.A l\u2019heure où la famille vit de grands bouleversements, le rapprochement entre les générations prend tout son sens.De plus en plus d\u2019aîné(e)s reprennent le chemin de l\u2019école pour partager leurs expériences et leurs connaissances, mais surtout leur amour, leur disponibilité et leur tendresse.A l\u2019arrivée des grands-parents, les yeux des élèves s\u2019illuminent, révélant ainsi combien la présence des aînés leur est significative.La grande complicité établie avec le temps entre ces bénévoles, le personnel enseignant et les responsables des Centres de la famille est tout aussi éloquente.Tous collaborent, main dans la main, au succès de leur mission.Noël, la Saint-Valentin, Pâques, le temps des sucres, la fin de l\u2019année scolaire - toutes les occasions sont bonnes pour fêter et tisser des liens.Avec les années, le milieu a reconnu notre regroupement et les demandes de soutien se sont accrues.Des exemples de notre action ?Un programme d\u2019aide aux devoirs a vu le jour grâce à notre collaboration.De jeunes mamans peuvent profiter des services du C.L.S.C.pendant que nous berçons leurs poupons.A la requête du Centre jeunesse, nous offrons un soutien pédagogique à des garçons âgés de 9 à 12 ans pour les aider en classe à exécuter les travaux demandés par l\u2019enseignante.Nos services commencent également à intéresser les écoles secondaires.Les grands-parents, les enfants, les intervenants - tous sortent gagnants de cette expérience.Nos bénévoles pourraient vous raconter bien des choses ! Un enfant qui se jette dans nos bras en nous appelant tendrement grand-maman.Un autre qui fond en larmes en raison de difficultés familiales ou scolaires.La diversité d\u2019âges (entre 55 et 83 ans), de charismes et d\u2019expériences de vie et de travail chez les bénévoles permet une grande variété de types d\u2019accompagnement et d\u2019intervention, en tenant compte des goûts, des intérêts, des capacités et des disponibilités de chacun.Tous et toutes participent activement à la planification et à l\u2019élaboration des projets de la Maison.Cette année, une subvention du ministère de la Famille et des Aînés et de la Condition féminine du gouvernement du Québec nous a aussi permis d\u2019offrir gratuitement aux bénévoles une formation en Communication fonctionnelle et accompagnement pour faciliter leurs interactions avec les jeunes.Au fil du temps, des liens merveilleux se sont tissés et la petite Maison croît d\u2019année en année.Comme dans les belles histoires, plusieurs grands-parents de la région vécurent heureux et eurent beaucoup de.petits-enfants ! Suite à cette lecture, peut-être rêverez-vous d\u2019enfanter un projet aussi inspirant dans votre région ?Nous ne pouvons que vous encourager chaudement à aller de l\u2019avant, car c\u2019est une merveilleuse façon de créer des liens intergénérationnels signifiants et de participer activement à la vie de votre communauté.Bonne chance ! a*> l\u2019imaginaire et l\u2019émerveillement Porte d\u2019accès au Royaume de Dieu L\u2019émerveillement, c\u2019est l\u2019élargissement du cœur.Par lui, petits et grands sont amenés à entrevoir un monde plus large, un monde plus grand.La vie humaine comporte beaucoup plus que ce que nous pouvons voir, toucher, entendre.Le merveilleux ouvre une porte pour Dieu : il rend possible la saisie de l'Infini et de l\u2019Éternité.Merci Harry Potter ! par Guylain Prince, O.F.M.Dans le monde chrétien, surtout anglophone, d\u2019âpres débats ont eu lieu autour des livres et des films de Harry Potter.Certains groupes, surtout parmi les chrétiens fondamentalistes, craignent de voir les enfants banaliser certaines pratiques associées à la magie (cartomancie, incantations, sorts, etc.).De plus, remarque-t-on, les grands repères chrétiens ne sont pas mentionnés.On n\u2019expliquerait pas aux enfants le sens des congés de Noël et de Pâques.De plus, le sens moral de Harry serait élastique ; il aurait une éthique douteuse.Sans compter qu\u2019il serait colérique ! Quant à moi, je bénis le ciel de m\u2019avoir ouvert l\u2019univers exceptionnellement riche de l\u2019auteure, J.K.Rowling.J\u2019ai été, comme tant d\u2019autres, complètement séduit.J\u2019ai lu et relu chacun des livres, en français comme en anglais et, bien sûr, j\u2019ai vu tous les films ! Chacune de ces sorties fut pour moi l\u2019occasion de discuter avec mes neveux et nièces, avec les enfants de mes amis, avec les adolescents qui grandissent au rythme du jeune héros.Puis je me suis penché sur l\u2019œuvre de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux) et, plus récemment, sur les écrits de Carl C.Lewis (Les Chroniques de Narnia).Moi qui étais déjà populaire auprès des enfants.je suis devenu l\u2019oncle « qui parle le langage des jeunes », qui « connaît tout de Harry Potter ».Et ce, grâce à quelques heures de lecture.J\u2019aurais dû le faire plus tôt ! L'IMAGINAIRE ET L\u2019ÉMERVEILLEMENT Note sur l'auteur : Guylain Prince, O.F.M., est rédacteur en chef de la Nouvelle revue franciscaine.En tant que bibliste, il donne sessions et retraites.En tant que musicien, il a créé la Maison InterCD qui publie et produit des disques et spectacles inspirés par l'Évangile.Lecteur assidu, il s'est penché récemment sur le phénomène Harry Potter, Seigneur des Anneaux et Chroniques de Narnia.En page de garde : Photo : Dragonsite, www.munrogifts.com LE LANGAGE DE CŒURS QUI VOIENT LOIN Il faut avouer qu\u2019en termes d\u2019histoires extraordinaires, j\u2019avais été bien initié.Je suis un bibliste.J\u2019ai donc complété une formation théologique spécialisée en Ecritures saintes.J\u2019ai approfondi avec bonheur l\u2019hébreu et le grec; j\u2019ai exploré des textes mystérieux et parfois étranges, remplis de mort et de vie.J\u2019ai vécu l\u2019expérience de décortiquer un récit avec de plus savants et plus vénérables que moi et de voir se déployer un univers de sens qui habite toujours mon cœur.L\u2019imaginaire enracine dans l\u2019intelligence et le cœur des symboles qui nous permettent d\u2019interpréter le réel.L\u2019émerveillement est le plaisir de l\u2019âme qui découvre de nouveaux horizons.Grâce à ma formation biblique, surtout axée sur les approches sémiotique et rhétorique, je peux relire ma vie avec un regard plus grand que le réel.sans pour autant le quitter.Les gens qui manquent d\u2019imagination manquent aussi de recul.Ils peinent à entrevoir un monde qui pourrait être différent.Même le Royaume de Dieu est alors à l\u2019étroit dans de tels cœurs, dans de telles âmes.PAUVRE IMAGINAIRE CHRÉTIEN ! Nous avons considérablement rétréci l\u2019univers religieux de nos enfants en diminuant l\u2019accès aux « belles histoires » de la Bible et de notre passé religieux.À la fin des années 80, j\u2019enseignais la catéchèse dans une école privée d\u2019Ottawa.Un mardi après-midi, j\u2019arrive dans un groupe de 2e secondaire.J'ai une superbe histoire, un récit extraordinaire à vous présenter.Aussitôt des petits yeux s\u2019allument, des oreilles se tendent; on fait silence.Il s\u2019agit de l\u2019histoire de Zachée.La rumeur s\u2019élève, écoeurée : Oh non, monsieur, pas encore Zachée / Laissez-nous tranquilles avec Zachée.On l\u2019a eu en lre année, en 3e et en 5e.Nous sommes tannés, monsieur.Quelque chose n\u2019allait pas et pourtant.je comprenais difficilement ce dont il s\u2019agissait.Par la suite, j\u2019ai travaillé pour la Société catholique de la Bible (SOCABI).Peu après mon arrivée, le ministère de l\u2019Education du Québec (Département enseignement catholique) nous a demandé une analyse globale des programmes, d\u2019un point de vue biblique, de la Te année du primaire à la 2e année du secondaire.Après avoir évalué chacune des années, un avis général fut envoyé.C\u2019était catastrophique ! Des personnes bien intentionnées avaient structuré presque tous les programmes sur.une vingtaine de récits.Et nous avons remarqué que, dans tous les textes utilisés, on n\u2019avait affaire qu\u2019à des « héros à hauteur d\u2019enfants », c\u2019est-à-dire, des personnages positifs, qui semblaient proches, à première vue de la réalité des enfants.Notre erreur a été de ne pas présenter des histoires et des personnages complexes, des anti-héros, des contre-figures.À vouloir seulement présenter des modèles positifs, on a créé une génération d\u2019enfants qui ne peuvent plus interpréter le réel, y compris dans une perspective chrétienne.Il n\u2019y a plus de sens de la durée, de la continuité, de l\u2019accomplissement.L\u2019imaginaire chrétien s\u2019est aplati ; la capacité de s\u2019émerveiller dans la sphère religieuse, aussi.LA BIBLE, DES HISTOIRES À SE TENIR DEBOUT ! La Bible est l\u2019ouvrage de conteurs.Toutes les personnes qui ont vécu dans une culture de tradition orale savent ce que ça veut dire.Des soirées entières à écouter l\u2019histoire d\u2019un peuple, la genèse de son clan, la formation de la terre et des étoiles, ces histoires, racontées par ceux qui savent et qui ont apprivoisé le réel \u2014 dans certains cas, qui ont appris à survivre dans le réel \u2014 devient la clé qui fait entrer dans le monde.À Gjoa Haven (dans le Nunavut, territoire Arctique du Canada), j\u2019ai passé une bonne dizaine de soirées à me faire conter la formation des aurores boréales et du continent.J\u2019ai compris comment une terre aussi meurtrière avait pu devenir la maison d\u2019un peuple.Par l\u2019imaginaire, la toundra est devenue le lieu de leur liberté.Intérieure et extérieure.La Bible a été composée, au début, par un peuple nomade, un peuple de tradition orale.Même à l\u2019époque de Jésus, moins de 10 % de la population savait lire et écrire.Les histoires bibliques, on se les contait.Bien sûr, avec la mise en place du royaume d\u2019Israël, on a transféré sur « papier » les grandes traditions orales, mais globalement, le peuple n\u2019a pas pour autant perdu son identité de conteurs.Même Jésus, lorsqu\u2019il enseignait, ne s\u2019est jamais soucié de « mettre par écrit ».Comme cela se faisait, ce sont ses disciples qui prenaient des notes.Ce sont eux qui ont colligé, rassemblé « les dires et les faires » de Jésus.Et selon la tradition juive, il faut exposer les bons et les mauvais côtés des héros.Il ne faut pas hésiter à montrer des Jacques et Jean qui appellent les foudres du ciel sur les villages incrédules (Luc 9, 54), les Pierre qui ne comprennent rien et qui trahissent, des disciples qui sont lents à croire.Le monde biblique sait que la vie est complexe.Son imaginaire comporte des situations difficiles à résoudre, des personnages qui tombent et font du mal, des gens qui se trompent et qui le regrettent.L\u2019Evangile est truffé de personnages dont il ne faut pas suivre l\u2019exemple, dont on ne comprend pas aisément les motivations.parce que dans la vie, il en est ainsi.L\u2019imaginaire a besoin de personnages et de situations complexes pour interpréter le réel avec finesse.I 4 | LE PRECURSEUR HIVER 2006 DOSSIER Pour reconnaître Dieu, il faut avoir le coeur bien entraîné à la surprise et à l'étonnement.« CONTE-MOI ENCORE L\u2019HISTOIRE DE.» Il n\u2019y a personne qui ait l\u2019habitude de border des enfants qui ne se soit fait demander : Raconte-moi encore cette histoire ! Et l\u2019on se demande, lorsque pour la trentième fois, on recommence, ce qu\u2019il peut bien encore y trouver.Il en va de même pour les jeunes et les adultes.Certains récits sont éculés, on en a fait le tour.Les personnes ont l\u2019impression d\u2019en avoir extrait tout le suc.D\u2019autres sont aussi frais que s\u2019ils nous avaient été contés hier pour la première fois.D\u2019un strict point de vue de l\u2019information, l\u2019auditeur sait déjà de « quoi ça parle ».Il est probablement en mesure de raconter l\u2019histoire dans ses grandes lignes.Pourquoi veut-il encore l\u2019entendre, cette histoire ?Tant qu\u2019il y a de la matière « à intégration », l\u2019auditeur éprouve encore le goût de la réentendre.Quelque chose est en train de se passer.Ecouter avec attention, c\u2019est se laisser mettre en mouvement.Le cœur se déplace en des zones inexplorées de sa conscience, il rencontre des amis et des ennemis, des zones d\u2019ombre et de lumière.A travers le récit, pour l\u2019auditeur attentif, quelque chose est en train de se « résoudre » en son cœur, il est en train de déployer des outils qui l\u2019aideront à comprendre le réel.Jésus a été le champion des paraboles, ces petites histoires d\u2019apparence inoffensive, qui permettent de décoder le Royaume dans les situations les plus inattendues.L\u2019absence de paraboles entraîne une absence de lucidité évangélique.On n\u2019arrive plus à « voir Dieu » dans les situations les plus inattendues.Car pour reconnaître Dieu, il faut avoir le cœur bien entraîné à la surprise et à l\u2019étonnement.Dans un monde où l\u2019imagination est devenue un business, il est difficile de retrouver en soi tout le ressort créateur de nouveauté, celui qui permet de rencontrer Dieu.Pas impossible, mais difficile.RETROUVER LE SENS DE L\u2019EFFORT CRÉATIF Le plus grand héritage de cette jeune génération, celle des Harry Potter, Seigneur des Anneaux et Chroniques de Narnia, sera sans contredit d\u2019avoir redécouvert le goût de la lecture, de l\u2019effort qui ouvrent des horizons inexplorés.Chacun des livres, des films, dans son langage propre, a créé de l\u2019attente, de la joie, de la peine.Chacun de ses ouvrages a mis en scène des héros et des anti-héros qui évoluent de manière complexe et dans un monde imaginaire qui est aussi complexe.Lorsque vient le temps de partager notre foi et nos valeurs chrétiennes, nous le verrons très bientôt, des générations d\u2019enfants et de jeunes adultes auront comme héritage le questionnement de ces œuvres merveilleuses.Si nous connaissons leur langage, nous pourrons sans crainte leur parler de Dieu.Ils auront été entraînés à la grandeur, à l\u2019effort, à la patience et.à l\u2019invisible.L\u2019imaginaire est une merveilleuse porte d\u2019entrée pour la foi.L\u2019émerveillement est la clé qui nous ouvre à Dieu qui sait nous surprendre à tout instant.Et pour l\u2019éternité.LE PRÉCURSEUR | HIVER 2006 | 15 L'IMAGINAIRE ET L\u2019ÉMERVEILLEMENT Le Géant OUS LES APRÈS- MIDI, en revenant de l\u2019école, les enfants avaient l\u2019habitude de pénétrer dans le jardin du géant, pour y jouer.C\u2019était un très grand jardin ravissant, où s\u2019étalait l\u2019herbe fine, bien verte, d\u2019immenses gazons.Cette herbe était parsemée de fleurs brillantes comme des étoiles, et une douzaine de pêchers y croissaient.Au printemps, ils se couvraient de fleurs d\u2019un rose tendre et nacré, et à l\u2019automne, ils donnaient en abondance des fruits succulents.Les oiseaux se posaient sur les branches et chantaient si suavement que parfois les enfants s\u2019arrêtaient de jouer pour les écouter.« Comme on est bien ici », se disaient-ils.Un jour, le géant revint.Il rentrait chez lui, après avoir rendu visite à l\u2019un de ses amis, l\u2019ogre de Cornouailles, qui l\u2019avait retenu durant sept ans.Il lui avait fallu tout ce temps-là pour lui raconter tout ce qu\u2019il avait à lui dire, et enfin il s\u2019était décidé à rentrer en sa maison, qui à vrai dire était un château.En arrivant, il vit les enfants qui jouaient dans son jardin.Cela ne lui plut pas.« Que faites-vous là ?», tonna-t-il d\u2019une voix courroucée, et les enfants de s\u2019enfuir aussitôt.« Ce jardin, c\u2019est mon jardin », déclara l\u2019ogre.« Chacun peut le comprendre, et personne d\u2019autre que moi n\u2019a le droit de s\u2019y amuser.» Il fit alors construire un mur très haut, tout autour du jardin, et il y fit accrocher un écriteau avec cette inscription : « Défense d\u2019entrer, sous peine de châtiment.» C\u2019était un géant très égoïste.Désormais, les pauvres enfants n\u2019avaient plus d\u2019endroit agréable où aller jouer.Ils tentèrent bien de s\u2019amuser sur la chaussée, mais cette chaussée était poudreuse, pleine de cailloux, et cela ne leur plaisait pas de s\u2019y ébattre.En rentrant de l\u2019école, ils longeaient le mur sinistre, si haut, si infranchissable, et ils se disaient : « Comme nous étions heureux dans ce jardin ! » Bientôt le printemps revint, la terre se couvrit partout de fleurs, et les oiseaux chantaient à qui mieux mieux.Mais dans le jardin du géant égoïste, et là seulement, l\u2019hiver était demeuré.Les oiseaux ne voulaient pas venir y chanter, les ar- EGOÏSTE Oscar Wilde 20 I LE PRÉCURSEUR I HIVER 2006 À PROPOS DES MIC nouvelles de l\u2019institut Fondé en 1902, l'Institut des Sœurs Missionnaires de l'immaculée Conception, compte près de 700 membres de 17 nationalités à l'œuvre dans 13 pays.Au service de l'Église, les religieuses et leurs associé-es laïques (ASMIC) oeuvrent dans des engagements multiples : promotion de la femme, enseignement, soin de la santé, pastorale paroissiale et diocésaine, engagement social, etc.La fondatrice, Délia Tétreault, a laissé à l'Église et au monde un héritage des plus riches : éveil et croissance à la dimension missionnaire de la foi, ouverture sur le monde, respect des différences et des cultures.Plus que tout, elle a légué au peuple chrétien une spiritualité axée sur la reconnaissance des dons gratuits de Dieu au monde, dons à partager au-delà de toutes frontières.Maison provinciale 10 710, boulevard Grande-Allée Montréal (Québec) Canada H3L2M7 Téléphone: (514) 384-4624 Courriel : provmic@videotron.ca Centre d'animation missionnaire 314, chemin Côte-Ste-Catherine Montréal (Québec) Canada H2V 2B4 Téléphone: (514) 495-1551 Courriel : animamic@yahoo.ca www.soeurs-mic.qc.ca À MADAGASCAR, DES OUVRIÈRES POUR LA MOISSON par Louise Pagé, m.i.c.Il y a de cela plus de 50 ans, quelques femmes du Québec, Sœurs Missionnaires de l\u2019Immaculée-Conception, partaient pour Madagascar.Elles ont vécu au milieu du peuple, auprès des familles, prenant soin des malades, érigeant des écoles.Imperceptiblement, elles jetaient la semence.Les années et les ouvrières se sont succédé.Aujourd\u2019hui, voici venu le temps de la moisson : dans le sillage des Canadiennes, de nombreuses jeunes Malgaches se sont engagées au sein de notre Institut religieux, partageant une même mission.Eduquer la jeunesse demande une solide préparation; aussi, plusieurs de nos jeunes sœurs malgaches étudient-elles en ce moment.Ainsi, à Tsaramasay, un quartier pauvre de la capitale où nous oeuvrons en enseignement au primaire, en pastorale, en alphabétisation, en santé et en formation professionnelle pour les femmes, Monique-Joseph soutient son mémoire intitulé Création d'un Centre deformation humaine et chrétienne.En même temps, à l\u2019Institut national de formation pédagogique de Mahamasina, un village dans la région de la capitale, Erika-Jeanne termine trois années de formation pour travailler comme conseillère pédagogique dans nos écoles.Quant à Marie-Angèle, elle vient d\u2019obtenir un baccalauréat au lycée français.Présentement, sept jeunes femmes vivent le postulat, première étape dans la découverte d\u2019une vocation religieuse missionnaire authentique.Au noviciat, deuxième étape d\u2019entrée en vie religieuse, Edwige, Emilienne et Christine ont accueilli en juillet dernier Josée Martineau, une Québécoise.Dans la prière et la réflexion, l\u2019étude et le travail, elles approfondissent ensemble leur expérience de la vie communautaire.Le 8 septembre dernier, quatre jeunes Malgaches ont prononcé leurs premiers vœux : Nous, Danièle-Fréderice, Marie-Anne, Marie Eudoxie-Eva, Josiane-Georgine, faisons notre premier engagement.Séduites par le Christ qui nous appelle à Le suivre, nous désirons nous donner à Lui.Les vœux perpétuels sont l\u2019aboutissement d\u2019un long cheminement pour Moni-que-Robine qui, dans une joie profonde, s\u2019est engagée définitivement en août dernier.Disséminées à travers le monde, une vingtaine d\u2019autres sœurs malgaches oeuvrent dans les différents engagements de l\u2019Institut.Autres celles qui ont semé, autres celles qui ont arrosé, autres encore celles qui moissonnent.Malgaches, Chinoises, Cubaines, Sud-américaines, Haïtiennes, Canadiennes, Japonaises, Philippines, Africaines - toutes issues de différentes cultures, nos sœurs font connaître de par le monde la Bonne Nouvelle : Jésus le Christ est venu parmi nous pour nous dire « Vous avez un Père et II vous aime tous, chacun et chacune.» LE PRÉCURSEUR I HIVER 2006 I 21 I Pour donner a de de l'autonomie, sauce sociale f.Elmire Allary, m o et bette à en altitude s femmes autochtones d'Amérique du Sud un sentiment de fierté et une reconnais-lar leurs communautés d'appartenance, i.c., imagine des projets.inusités.: - entrevue avec Elmire Allary, m.i.c., par Marie-Eve Homier PRÈS diverses expériences missionnaires à l\u2019étranger et au Québec, Elmire part en octobre 1981 pour le Pérou, à Yauri dans le département du Cuzco.L'aventure andine À 3 900 m d\u2019altitude, dans la rareté d\u2019oxygène, le froid et la désolation de l\u2019altiplano des Andes, elle doit d\u2019abord s\u2019adapter physiquement.Une fois remise sur pied, avec ses compagnes MIC, elle cherche où s\u2019impliquer, observant, écoutant, vivant avec les autochtones quechua.La nécessité de remédier aux sérieuses lacunes dans l\u2019alimentation apparaît clairement.Chuno (patate amère déshydratée typique de la région) et viande de lama ou de mouton composent le menu quotidien.Elle conçoit donc un projet de « jardins communautaires et familiaux », appelés luier-tas en espagnol.De concert avec l\u2019ambassade du Canada qui accepte de financer l\u2019initiative, elle commence à former des femmes.Pendant des mois, aidée d\u2019une promotrice locale et d\u2019un sociologue, soutenue par un matériel adéquat (des semences, un téléviseur, un lecteur de vidéo ainsi que les vidéos de langue quechua, et une batterie d\u2019auto, car l\u2019électricité n\u2019existe pas dans les Andes), elle met son projet en route.Les débuts sont ardus.Bien des facteurs engendrent des difficultés, parmi lesquels le manque d\u2019expérience de ces femmes dans la direction et la coordination de projets communautaires - un domaine réservé aux hommes depuis toujours.Egalement, l\u2019absence de modèles à imiter les oblige à tout apprendre, à tout découvrir par elles-mêmes.Par exemple, inventer de petites serres, protéger les jardins des animaux andins qui mangent les récoltes.Ces femmes travaillent d\u2019arrache-pied, ne se décourageant pas.Trois ou quatre ans plus tard, le succès couronne leurs efforts : elles parviennent à l\u2019autonomie en achetant les semences avec les gains de vente de leurs produits alimentaires.Un vent de changement Avec le temps, on constate, raconte Elmire, que par le biais d\u2019une meilleure alimentation, on influence positivement bien d\u2019autres aspects de la vie.Les projets de formation mis sur pied pour promouvoir la reconnaissance de la femme par la société améliorent l\u2019éducation des enfants, la santé, l\u2019éducation de la vie chrétienne, etc.Dans notre projet, il y a la prière quotidienne, un temps pour méditer sur l\u2019attitude de Jésus de Nazareth qui, en son temps, a pris parti entre autres pour les femmes.Ces Andines comprennent maintenant qu\u2019elles ont une place ainsi que des droits et des devoirs dans la société.Les huertas sont pour elles un moyen concret et intéressant pour nourrir leur famille, mais leurs répercussions dépassent l\u2019unique désir d\u2019améliorer l\u2019alimentation.Changer les habitudes alimentaires d\u2019une communauté demande patience et persévérance.On n\u2019apprivoise pas du jour au lendemain le goût nouveau de la carotte, de la betterave, du chou, de la laitue, du radis, de la bette à carde - les quelques légumes capables de pousser dans les Andes.Les premiers, les enfants en apprécient la saveur.En route pour l\u2019école, ils cueillent au passage une carotte, mangent des feuilles de laitue sous le regard sceptique de leur mère ou grand-mère.Len- LE PRÉCURSEUR I HIVER 2006 22 À PROPOS DES MIC témoignages tement, les villageois se convertissent.Des légumes apparaissent même au menu des restaurants du village ! Les participantes au projet, une trentaine par village, se sentent valorisées.Ce travail, c\u2019est le leur, il leur appartient en propre.S\u2019ils le désirent, les hommes peuvent y collaborer, mais la responsabilité des huertas relève des femmes.Conséquemment, dans les familles de ces « jardinières », la relation homme-femme se transforme peu à peu.Autre qui sème, autre qui récolte Le temps de préparer la terre, de la semer, puis de partir, telles des nomades, les MIC se retirent de Yauri après 19 années de présence.Le ministère de l\u2019Agriculture, très intéressé par la nouveauté des huertas, reproduit le projet dans d\u2019autres régions du Pérou.Pour les missionnaires, la reprise en main et la poursuite d\u2019une initiative missionnaire par une instance locale est signe de réussite.Elmire quitte donc le Cuzco avec la sérénité du devoir accompli, sachant que, grâce aux huertas, des femmes se tiennent maintenant debout et ne seront plus jamais les mêmes.Nouvel élan, même direction Poursuivant dans la voie de la promotion de la femme, Elmire s\u2019insère dans un autre projet missionnaire, cette fois à Cochabamba en Bolivie, à Y Institute) de Education Rural (1ER), fondé en 1958 par un prêtre bolivien pour venir en aide aux jeunes paysans que-chuas qui vivent pauvrement et très isolés dans les campagnes avoisinantes.En 1976, l\u2019arrivée des MIC à l\u2019IER donne un second souffle à cet institut qui, graduellement, s\u2019oriente vers la formation professionnelle des femmes.Affilié au ministère de l\u2019Education, l\u2019IER accueille près d\u2019une centaine de jeunes campagnardes pensionnaires de 16 ans et plus qui n\u2019ont pu poursuivre leurs études.Grâce à cette formation, elles peuvent décrocher un emploi et occuper une place dans la société.Trois techniques sont offertes.Pour celles qui ont terminé prématurément le primaire : L\u2019IER offre des cours de couture, tricot, broderie, tissage en alternance avec les matières principales : étude de la langue (espagnol), des mathématiques, des sciences et de la catéchèse.De plus, un technicien agronome dispense des notions d\u2019agriculture appliquées dans la création et l\u2019entretien d\u2019un grand potager.Un seul critère d\u2019admission : que chacune soit envoyée à l\u2019IER par sa communauté ou par une ONG afin que, à son retour dans son village, elle s\u2019engage auprès des siens, enseignant ce qu\u2019elle a appris et animant les célébrations religieuses, car les campagnes, très isolées par la géographie montagneuse, reçoivent très peu de visite de prêtres.Pour celles qui s\u2019engagent dans des études secondaires : Deux années de cours en techniques vétérinaires sont offertes.Première année : pure théorie ; deuxième année : théorie et pratique, soit sur de petites fermes avoisinantes, soit à l\u2019IER qui possède du bétail et même un poulailler de 6 000 poules ! Au terme de leur formation, certaines travaillent en équipe de deux comme vétérinaires itinérantes.D\u2019autres, embauchées par une municipalité, assure la santé animale.Les campagnes de vaccination qu\u2019elles organisent leur permettent de rencontrer des cultivateurs pour partager avec eux des connaissances nouvelles en soins animaliers.Pour celles qui choisissent le domaine de la santé : Il existe une formation pour devenir infirmière auxiliaire au terme de laquelle un titre officiel, décerné par le ministère de la Santé de Bolivie, permet aux jeunes diplômées de travailler dans des Centres de Santé en milieu rural et dans des hôpitaux.Pour ces jeunes femmes, c\u2019est franchir un grand pas vers l\u2019autonomie et la dignité.Il n\u2019est pas facile d\u2019initier des changements, surtout en matière de comportement, explique Elmire.Travailler à la promotion de la femme, dans des milieux éloignés, à peu près abandonnés, demande de croire d\u2019abord à la dignité inhérente à toute personne et de vouloir de toutes ses forces l\u2019épanouissement intégral des personnes.Pour moi, cela demeure possible parce que Jésus de Nazareth m\u2019a montré, par sa vie et son enseignement, que l\u2019être humain créé à l\u2019image et la ressemblance de Dieu est ce qu\u2019il y a de plus grand sur cette terre.Présentement en repos au Canada, Elmire retournera au Pérou à l\u2019automne prochain.Souhaitons-lui d\u2019autres inspirations aussi originales et lumineuses ! os>> LE PRÉCURSEUR | HIVER 2006 | 23 TEMOIGNAGES He rm^rnm wi À propos de l'auteur : Louise a travaillé en animation missionnaire dans différents diocèses du Québec, en catéchèse au diocèse de Montréal, et en éducation à la foi à l'office diocésain péruvien.Je rêve de « Centres culturels chrétiens » où grands-parents et parents trouveraient les ressources nécessaires et des horaires adaptés à la vie familiale d'aujourd'hui.par Louise Pagé, m.i.c.Au long des routes parcourues tant au Québec qu\u2019au Pérou, les enfants m\u2019ont appris la confiance et l\u2019abandon à la Parole de Dieu que je propose encore aux jeunes d\u2019aujourd\u2019hui.Marcher avec eux, est le lieu de l\u2019expérience quotidienne de Dieu.Je lis sa présence à l\u2019œuvre dans leur vie.Ils accueillent simplement et vivent la Parole en laquelle ils croient.Je n\u2019oublierai jamais Jean-François, garçonnet de 6 ans, qui s\u2019est exclamé un matin à la catéchèse : Je voudrais ouvrir toutes les portes, toutes les fenêtres de ma maison pour crier à tout le monde que Jésus nous aime! Expression naïve, mais combien profonde d\u2019une expérience vitale, se savoir aimé et y croire.J\u2019aime revoir s\u2019illuminer le regard éteint d\u2019Eduardo, à l\u2019écoute de la Parole : Je t'aime d'un amour éternel Jérémie 31, 3).Il L\u2019a entendue, il a cru en Elle et sa vie s\u2019est transformée.Eduardo, enfant de l\u2019Amazonie péruvienne, avait été abandonné.Au moment où je l\u2019ai connu, il vivait avec une vieille dame qu\u2019il servait depuis qu\u2019elle l\u2019avait recueilli.Oui, elle est vivante la Parole de Dieu ! Elle ouvre les cœurs, elle guérit les blessures, elle donne un sens à la vie.De nos jours, plusieurs se posent la question : Jésus-Christ demeure-t-il pertinent à l'enfance, à la jeunesse à l'adulte d\u2019aujourd\u2019hui ?Certainement ! Les enfants, les jeunes, les adultes de ce temps, tout comme ceux d\u2019autrefois, continuent d\u2019avoir faim et soif d\u2019un Amour qui ne cessera jamais.Le défi à relever se pose par une autre question : comment Le faire connaître en ce 21e siècle ?Un peu partout dans le monde, des efforts sont faits pour accompagner le cheminement nécessaire à l\u2019éveil et à la croissance de la vie de foi.Nous sommes à un tournant de l\u2019histoire de l\u2019évangélisation.Aussi, je rêve de parents désirant voir naître leur enfant à la foi chrétienne aussi fortement qu\u2019ils ont désiré sa naissance.Je rêve de milieux organisés où des chrétiens et des chrétiennes s\u2019engageraient à accompagner ces parents; des milieux qui offriraient l\u2019espace et le matériel nécessaires, de même que des horaires adaptables à la vie familiale, afin que chacun naisse et grandisse dans une saine relation à Dieu, aux autres et à soi-même.En court, je rêve tout simplement de la mise sur pied de « Centres culturels » où l\u2019éducation à la foi chrétienne serait possible.Mon projet est d\u2019autant plus riche qu\u2019il se nourrit du passé et du présent afin d\u2019imaginer l\u2019avenir.Pour qu\u2019il prenne vie, j\u2019en parle autour de moi.et je découvre que d\u2019autres personnes le portent aussi ! J\u2019essaie donc de les intéresser à le faire naître.Mon rêve est-il réalisable ?Je crois que l\u2019Esprit de Dieu est encore présent dans notre monde et qu\u2019il féconde toujours les cœurs épris du Dieu de Jésus-Christ.24 | LE PRÉCURSEUR | HIVER 2006 À PROPOS DES MIC actualité missionnaire Profession : messager Moi, partir en mission ?Trois mois après son élection, en janvier 1959, le pape Jean XXIII prend tout le monde par surprise en convoquant un concile œcuménique : Vatican IL Cet événement majeur du XXe siècle réunit à Rome 2800 évêques et théologiens des quatre coins du monde pour mieux comprendre les signes des temps.Parmi les nombreux documents issus de ce concile, le décret sur L'activité missionnaire de l'Eglise (« Ad gentes » en latin) est publié le 7 décembre 1965.Très controversé au départ, ce document transforme radicalement la conception de la mission.Auparavant, l\u2019Eglise envoyait des missionnaires pour assurer une présence chez les non chrétiens ; elle leur demandait de convertir, de baptiser, en bref, de faire des chrétiens.Ad Gentes affirme que Y Eglise-peuple de Dieu, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire : la mission est désormais perçue comme la responsabilité de tous les baptisés, non plus comme une entreprise de spécialistes.Depuis l\u2019événement Ad Gentes, « le temps de l\u2019activité missionnaire comme mouvement unilatéral du nord vers le sud, des pays de chrétienté vers des pays non chrétiens, est bien révolu et la géographie missionnaire a beaucoup changé.(.) Ce sont les différences sociales, culturelles et religieuses qui définissent aujourd\u2019hui les frontières que l\u2019Eglise est appelée à franchir pour être fidèle à sa raison d\u2019être.»* Quarante ans plus tard, le document conciliaire interpelle toujours.Sachant que l\u2019Esprit du Seigneur précède, guide et accompagne ses messagers, comment voir aujourd\u2019hui le rôle missionnaire de tout baptisé, envoyé pour annoncer l\u2019Evangile d\u2019une manière pertinente là où il a les pieds ?* La mission ad extra du plus proche au plus loin, du comité des missions de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec, sept.2005.Imaginez que vous venez de gagner à la loterie 500 000 $.Votre cœur ne bondira-t-il pas de joie ?Il y a fort à parier qu\u2019en un clin d\u2019œil vous serez au téléphone pour annoncer avec enthousiasme à vos proches cette excellente nouvelle.N\u2019aurez-vous pas aussi envie de donner un peu, ça et là, de ce cadeau gratuit inespéré ?Il y a plus de joie à donner qu 'à recevoir, lit-on dans les Actes des Apôtres.La mission, ça ressemble à ça.Lorsqu\u2019on prend conscience qu\u2019on est aimé personnellement de Dieu et que Son amour inconditionnel est plus vaste, plus puissant que l\u2019océan, le mouvement naturel du cœur ne peut être que celui du geyser : une explosion euphorique de reconnaissance.Comme le lit de la rivière reçoit l\u2019eau vive de la source et la fait passer au fleuve, le missionnaire est envoyé pour transmettre joyeusement, par ses paroles et ses actions, une Excellente Nouvelle : Dieu est Amour.Bien que chaque chrétien puisse être ce genre de messager là où il est, certains ressentent un appel particulier : partir à l\u2019étranger, au nom de leur foi, pour offrir leur expérience professionnelle.Pour des laïques intéressés à s\u2019engager ainsi, il existe un Programme intercommunautaire de formation missionnaire.Une première démarche de discernement aide les participants à vérifier les motivations sous-jacentes à leur désir d\u2019engagement missionnaire à l\u2019étranger.Elle est suivie d\u2019une démarche d\u2019approfondissement de la vocation missionnaire et d\u2019acquisition d\u2019outils pratiques en lien avec cet engagement.Les sessions ont lieu une fin de semaine par mois, de septembre à avril.Repas et hébergement inclus.Soirée d'information : Le 4 mai 2006 à 19 h Centre international de formation missionnaire 8055, rue Casgrain Montréal (Québec) Renseignements : Sylvia Dupuis, m.i.c.(514)276-1128 stdomic@videotron.ca Bertin Dickner] PA/ïTmi missionnaires nous ecnve; ' (V\u2014 - ^ ^ ssra-ïsnsîs Chers amies et amis,\tà Tsaramasay, une ^^''^dTuxIllettet^S S marchait S présence en ville t» g»,* quelque chose pour elle, chirurgiens, ) espérais gu ils P®\u201c q c\u2014lon \u201eu'elle soit b, P\t||q Apres examen, il!i o\"l\u2022 e«efi\tit bien alimentée.Ce:a gum n ^ feu is=iii=s5=\" UUlUinuiu^'- sans difficulté .-Une missionnaire heureuse, Thérèse Leblanc-Cormier, m.i.c.La directrice, Mary Olga Lam, m.i.c., remettant un insigne à Mme Lydia Lam Lai Chu pour souligner ses 35 années de dévouement à Tak Oi Photo MIC tfOUAJy dU, rope I Amis et amies pe Mnqq[ SF Aujourd hui, l'école dispense lensein^ daire a envir°n 500 élèves KnsaisS ^ i occasion do rp 9ns \u2022 La direction de l'émio , ¦ festivité ! Réjouissez-voustecnm,^\tdes deu* muées de L éfltnna rlnr> h/itn < ,, .Photos MIC .\t\u2014 \u2018uuo avec nous I Leqmpe des MIC de ,eco,e secondaire Tljr.n, Que VEsprit vous pénètre et vous donne un coeur g: comme le monde deKé«°9an\"' sœu(s itusigue à ^^gtéch'ese dans ' n UturQie et en ^ Apves :Tft JEAN SVJZt1- Professeur de aussi engagée et auprès de i ans à Aatsnade.L ^otonda^a- DORIS TWYMAN de La Tuque, Qc Après plusieurs années comme supérieure à la Maison Mère de Montréal, Sœur Doris retourne en Afrique où elle assumera la responsabilité de supérieure provinciale au Malawi et en Zambie.toujours joyeux Ians Vespérance VOUS porter au monde, avec Vardeur de Québec, Qc universitaires en r Chili.Elle sera au nnaires au niveau n des apôtres, ANITA DUBÉ d< ' APrès plus de 55 retourne en Haïti haïtiennes.Sur la uorisiriond, o.m i le Saint-Eusèbt ans de la lumière du Christ ! Vos cadeaux-départs aident nos missionnaires Adressez à R: M Ci-inclus le montant de ______________ $ Nom : ________________________________ PROCURE DES MISSIONS Soeurs Missionnaires DE L\u2019iMMACULÉE-CONCEPTION Adresse : _______________________________________________ App.: Ville : __________________________ Province/Pays : _______________ 121, avenue Maplewood Montréal (Québec) Canada H2V 2M2 Code postal : TéL: (\t) Désirez-vous un reçu aux fins de l\u2019impôt ?OUI Q NON Q Tél.: (514) 274-5691 Merci de votre solidarité ! ers une vie nouvelle Lucienne Ayotte, m.i.c.Sœur Sainte-Chrétienne (1910-2005) St-Justin, Québec Sœur Lucienne a passé vingt ans à parcourir les villes et les villages du Québec pour faire connaître notre revue aux familles qui l'accueillaient.Afin d'éveiller à la dimension missionnaire, elle rencontrait des jeunes dans les écoles, organisait différentes activités avec des bénévoles.Devenue aveugle à la fin de sa vie, elle tricotait encore pour les autres.Vous qui avez tant donné au service de Dieu, allez rejoindre allègrement le Bien-Aimé.Il vous attend.Gisèle Lambert, m.i.c.Sœur Saint-Fidèle (1926-2005) Québec, Québec Durant une grande partie de sa vie, Sœur Gisèle fut responsable de maternelles au Japon.Sa grande sensibilité lui donnait des antennes pour capter les besoins des autres et admirer l'action de Dieu dans leur vie.Marie-Marthe Terrien, m.i.c.Sœur Marie-Délia (1919-2005) Ottawa, Ontario Missionnaire en Afrique, Sœur Marie-Marthe a si bien maîtrisé le chitumbuka (la langue du Malawi) qu'elle l'a enseigné aux prêtres et religieuses nouvellement arrivés dans ce pays.Elle aimait beaucoup Délia Tétreault dont elle portait fièrement le nom.Madeleine Coursol, m.i.c.Sœur Françoise-du-Carmel (1916-2005) Montréal, Québec Au Japon durant de nombreuses années, Sœur Madeleine a enseigné le piano aux jeunes dont elle admirait la délicatesse.De retour au pays, des cours en bibliothéconomie et en informatique lui ont permis de rendre de précieux services, en particulier au secrétariat de notre revue.28 I LE PRÉCURSEUR I HIVER 2006 Digna Magtibay, m.i.c.Sœur Jose-Andres (1931-2006) Calapan, Philippines Éducatrice et artiste dans l'âme, Sœur Digna a dansé sa vie missionnaire.Aux Philippines, elle a fondé le Centre Délia-Tétreault et le Club des Amis de Délia.Faire connaître la vie et le rêve de la Fondatrice a été le coeur de sa mission.Adine Nadeau, m.i.c.Sœur Marie-Ernest (1908-2005) Québec, Québec Ayant enseigné l'art ménager en Haiti, Sœur Adine a parcouru bien des kilomètres en montagnes pour connaître les parents de ses élèves.Son habileté manuelle remarquable et son exquise amabilité ont marqué les personnes qui l'ont côtoyée. HUMOUR MISSIONNAIRE Par l$s J eu % d\u2019uit \u2022y.ft/aftt: Un petit garçon de 4 ou 5 ans, extrêmement turbulent, accompagne ses parents à la messe.Juste avant de prononcer les paroles de la consécration, le prêtre le fait venir à l\u2019avant et l\u2019assoit sur l\u2019autel, dos à l\u2019assemblée.Pris par surprise, l\u2019enfant se tient coi.Sur le mur devant lui, une croix géante est suspendue.Le sculpteur n\u2019y avait épargné aucun détail du corps crucifié de Jésus.Pendant la consécration, saisi par la vision de ce corps torturé, l\u2019enfant s\u2019exclame très fort, l\u2019horreur dans la voix : « Qu\u2019est-ce qu\u2019on y\u2019a fait ?» Un grand silence tombe sur toute l\u2019église.Ce fut comme si l\u2019assemblée, habituée à ce crucifix, voyait pour la première fois les souffrances du Christ.La consécration prit un tout autre sens ce jour-là.grâce au regard frais et neuf d\u2019un petit garçon plein de vie.DvccuVetT* Un jeune garçon non croyant vit un échange interculturel dans une famille chrétienne en Colombie-Britannique.À l\u2019heure du repas, le père de la famille d\u2019accueil ouvre les bras de chaque côté (pour le bénédicité).Lejeune, assis à ses côtés, s\u2019écrie : « Yéééé! Tape là-dedans !» Il a vite réalisé qu\u2019il ne s\u2019agissait pas de ce geste-là ! I léser du coeur Un matin d\u2019hiver, sur le chemin vers la garderie, une maman discute avec son fils, âgé de presque 4 ans : -\tTrésor, tu sais quoi ?-\tQuoi ?-Je t\u2019aime.-\tO.K.-\tTrésor, aujourd\u2019hui tu ne dois pas oublier que Jésus, qui est dans le Ciel, t\u2019aime.-\tBen voyons, Maman ! Je peux pas l\u2019oublier : Jésus est dans mon cœur.Tu t\u2019es trompée ! La maison de Jésus est dans mon coeur.Pri«r«' erisctr tr eillée Un papa prie tous les soirs avec son fils de 5 ans en récitant le Notre Père et le Je vous salue, Marie.Un soir où il avait grand sommeil, le petit garçon a prié ainsi : «Je te salue, Marie, pleine de tentations.» Visitez notre site Internet www.soeurs-mic.qc.ca ABONNEMENT-CADEAU à la revue LE PRÉCURSEUR ?J\u2019offre l\u2019abonnement à : (s.v.p.écrire en lettres majuscules) » Merci d\u2019adresser votre chèque à l\u2019ordre de : Nom :_______ Adresse : __ Ville : ____ Code postal : - App.: Province/Pays : _____________ Tel: (\t) - LE PRÉCURSEUR 120, place Juge-Desnoyers Laval (Québec) Canada H7G 1A4 ?De la part de : (s.v.p.écrire en lettres majuscules) Nom :______________________________________________________ Téléphone : (450) 663-6460 Adresse : _______________________________________________ App.: Ville : _________________________ Province/Pays : _______________ Courriel : leprecurseur@pressemic.org Code postal : _______________ Tél.: (\t) ____________________________ c-, T , r\tv '\tSite Internet : J abonnement au Canada :\t?1 an : 10 $\t?2 ans : 20 $\t?3 ans : 25 $\twww.soeurs mic.qc.ca ?aux États-Unis :\t?1 an : 15 $ US ?à Vétranger : 1 an : 20 $ ?Je fais un don : ____________$ Les reçus sont autorisés seulement pour les dons et non pour l\u2019abonnement.Reçu : OUI ?NON ?LE PRÉCURSEUR | HIVER 2006 | 29 club>?voyages PLM SPËCfALISTE DES VOVAGE5 POUR MISSIONNAIRES DEPUIS PLUS DE 30 ANS - ' £ * (5141 338-9241 | cvplm
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