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Titre :
Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Éditeurs :
  • Outremont, Montréal :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception,1920-,
  • Ville de Laval :Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception
Contenu spécifique :
Avril - Juin 2014, Vol. 57, No. 2
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le précurseur : bulletin des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 2014-04, Collections de BAnQ.

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[" VOL.57, N° 2\t| AVRIL \u2022 MAI \u2022 JUIN 2014\t|\t4.00$ CrCot/ hs&tsvuyty Malawi, Afrique WONGANI, UN RÊVE DEVENU REALITE Fukushima, PEU D\u2019ESPOIR EN VUE Dossier INTENTIONS MISSIONNAIRES AVRIL 2014 Pour que le Seigneur ressuscité comble d'espérance le cœur des personnes qui sont éprouvées par la douleur et par la maladie.MAI 2014 Pour que Marie, Étoile de l'Évangélisation, guide la mission de l'Église dans l'annonce du Christ au monde entier.JUIN 2014 Pour que l'Europe retrouve ses racines chrétiennes par le témoignage de foi des croyants.Messes offertes à vos intentions dans les pays suivants: Janvier: Canada Février: Cuba Mars: Philippines Avril : Haïti Mai: Canada Juin: Bolivie Juillet: Malawi etZambie Août: Hong Kong etTaïwan Septembre: Madagascar Octobre: Pérou Novembre: Japon Décembre:Canada RUBRIQUES ¦¦ DOSSIER SOMMAIRE | AVRIL VOL.57, N° 2 JUIN 2014 Vie spirituelle Se débrancher mieux se brancher \u2014André Gadbois pour Cultures et Mission Bolivie - Des ados en mission! \u2014 Christine Husson, l.o.p.Jeunes L\u2019être et la conscience \u2014 Émilien Roscanu BRANCHE SUR QUOI ?II Fukushima, peu d\u2019espoir en vue \u2014 Yoriko Takita H Sauvons les arbres de Baguio \u2014 Milagros Duque, m.i.c.16\tEt.le courant passait \u2014 Marcelle St-Gelais, m.i.c.\u2022ROPOS DES Une vie d\u2019engagement (suite) \u2014Monique Cloutier, m.i.c.20 Wongani, un rêve devenu réalité \u2014 Muguet te Ostiguy m.i.c.LE PRECURSEUR Revue missionnaire publiée par les Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception Nos bureaux Presse Missionnaire MIC 120, place Juge-Desnoyers Laval (Québec) Canada H7G 1 A4 Directrice Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Adjointe à la direction Carole Guévin Rédaction Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.Claudette Bouchard, m.i.c.André Gadbois Révision / Correction Gilberte Bleau, m.i.c.Suzanne Lachapelle Animation / Promotion Thérèse Chabot, m.i.c.Gemma De Grandpré, m.i.c.Thérèse Lebeau, m.i.c.Service aux abonnés Yolaine Lavoie, m.i.c.Lucy Virginia Hung, m.i.c.Michelle Paquette, m.i.c.Comptabilité Thérèse Déziel, m.i.c.Suzanne Lachapelle, m.i.c Conception graphique Caron Communications graphiques Imprimerie Solisco Couverture : Shutterstock Téléphone: (450)663-6460 Télécopieur: (450)972-1512 Courriel : leprecurseur@pressemic.org Site Internet: www.soeurs-mic.qc.ca Équipe éditoriale Louisa Nicole, m.i.c.Léonie Therrien, m.i.c.André Gadbois Émilien Roscanu Reçus aux fins de l'impôt Enregistrement: NE 89346 9585 RR0001 Presse Missionnaire MIC Dépôts légaux Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 0315-9671 Abonnement (4 numéros) à l'unité : 4$ (frais d'expédition en sus) au Canada : 1 an - 12$ aux États-Unis : 1 an - 18$ us à l'étranger: 1 an - 25$ can Membre de l'Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC) Nous reconnaissons l'appui financier du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève du Patrimoine canadien.Canada EDITORIAL LE CARNET DE DÉLIA Sur quoi et pourquoi ?Au temps de Jésus, un homme, petit de taille, désirait voir ce qui se passait.Alors, il s\u2019est « branché » ! Il est monté sur la branche d\u2019un sycomore et sa vie a changé.Aujourd\u2019hui, qui ne se sent pas petit devant les conséquences de la mondialisation, la vitesse des communications et le progrès incessant de la technologie?Un désir de mieux voir, mieux comprendre nous incite à nous brancher sur les réseaux sociaux.Oui, de nos jours, c\u2019est bon d\u2019être branché, mais sur quoi et pourquoi?Zachée, notre homme «branché», a attiré l\u2019attention de Jésus: Zachée, descends vite, il me faut demeurer chez toi (Luc 19,6).Cette rencontre et ce regard de tendresse le touchent, il comprend qu\u2019il a du prix aux yeux de Dieu.Et son regard sur les autres et sur l\u2019humanité entière change.Percepteur d\u2019impôts, il en profitait pour escroquer ses concitoyens et s\u2019enrichir à leurs dépens.Soudain, il est animé d\u2019un élan généreux et il est prêt à tout donner.Nous avons maintes occasions de réaliser que notre vie et celle des autres ont de la valeur, que chaque personne est importante aux yeux de Dieu.Cette prise de conscience éveille le cœur missionnaire, sensible à bien des abus qui se passent dans le monde et le poussent à la révolte.Pourquoi alors ne pas faire preuve d\u2019altruisme et participer à des œuvres caritatives ?Nul doute à ce sujet: la vie de la Vénérable Délia Tétreault était bien « branchée» sur Dieu etsasainte Volonté.Elle souhaitait qu\u2019il en soit ainsi pour nous tous et toutes.SE BRANCHER SUR DIEU.Oh ! ma chère enfant, vivez de la vie intérieure, ne vous dissipez pas au dehors: vous ferez du bien dans la mesure où vous serez unie au bon Dieu.(4 septembre 1921) Demandez pour vous-même et pour tous les membres de la Communauté l\u2019union à Dieu.On ne peut s\u2019imaginer le bien que font les âmes unies à Notre Seigneur, les grâces qu\u2019elles obtiennent au monde et la gloire qu\u2019elles donnent à Dieu.(28 juillet 1922) .ET SA SAINTE VOLONTÉ Sourire à la très sainte Volonté de Dieu par quelque créature qu\u2019elle nous soit manifestée et sourire au cher prochain, toujours malheureux par quelque côté, avec lequel le bon Dieu nous met en contact, n\u2019est-ce pas tout ce que nous avons à faire en ce monde?.(19avril 1915) Encore une fois, ne vous éparpillez pas, consacrez-vous, mieux que jamais, par les mains de notre Immaculée Mère, à la Ce numéro de la revue nous montre qu\u2019il est bon de se brancher pour mieux écouter, réfléchir et s\u2019engager afin d\u2019aider des personnes à avoir une vie plus humaine, telle Christine qui, en Bolivie, a motivé des ados à participer à des actions positives tandis qu\u2019au Japon, un groupe est revenu plus sensibilisé suite à leur visite des lieux du désastre causé par le tremblement de terre et le tsunami.Ils ont appris qu\u2019en toute circonstance, l\u2019aide est appréciable, mais qu\u2019il faut aussi se retrousser les manches et se mettre au travail.André, Emilien, Marcelle nous entraînent dans une réflexion profonde qui démontre que ce n\u2019est pas tout de se brancher, mais que l\u2019important est de se poser la question: Sur quoi et pourquoi suis-je branché?Bonne lecture.'c-eoyi tf,./.c r \\ très sainte Volonté de Dieu.Si vous êtes attentive, vous la découvrirez partout, cette adorable Volonté.Faites-vous les missionnaires de cette dévotion des dévotions.Goûter tout ce que Dieu veut ou permet, quelle grâce ! (6 avril 1917) Où ma lettre va-t-elle vous trouver ?Est-ce à Canton ?Est-ce à la léproserie ?Quel que soit le lieu de votre résidence, ne recherchez qu\u2019une chose : l\u2019accomplissement de la sainte Volonté du bon Dieu.(L'avril 1922) POUR TOUTE FAVEUR DÉSIRÉE OU REÇUE Cause Délia-Tétreault 100, place Juge-Desnoyers Laval (Québec) H7G 1A4 Canada Courriel : causedtetreault@gmail.com Se débrancher pour mieux se brancher Le désert, c'est comme un « changement d'huile » qui nous permet de mieux entendre VAutre et les autres.Ça évite les pannes de conscience.André Gadbois /Récemment j\u2019ai eu l\u2019occasion de ¦AV marcher dans le désert, de descendre au fond de plusieurs canyons et d\u2019y voir le soleil uniquement par un tout petit orifice, de grimper sur de très hauts sommets rocheux et de rester bouche bée devant des kilomètres et des kilomètres de colonnes rougeâtres et finement ciselées, de pics rocheux tellement bien sculptés, sans végétation ou presque.Une occasion pour réfléchir, méditer, s\u2019interroger sur le déroulement de la Création et de rendre grâces pour la beauté du monde.Sans m\u2019y attendre s\u2019est faufilé en moi, un jour, cet épisode dont trois des quatre évangélistes font mention : Jésus tenté au désert, un peu après son baptême dans le Jourdain, nous disent-ils.Le désert: synonyme de silence, de solitude, de dépouillement qui favorise la réflexion sur l\u2019essentiel.Le désert, un lieu qui peut donner soif de vérité à la conscience et l\u2019abreuver pour la route à parcourir.Le désert, un lieu qui peut affecter notre cerveau, le calmer, le disposer à la recherche intérieure.Se croire bien branché pour toujours est un leurre. PHOTO: Mont Sinaï, Égypte Crédit: R.M.Nunes / Shutterstock JÉSUS ET LE DÉSERT Durant son séjour au désert (40 jours, dit-on), Jésus a dû «se débrancher» pour entendre la voix de sa conscience, la voix de son Père, la voix de Dieu.Récemment baptisé publiquement par son cousin qui prêchait l\u2019urgence d\u2019une rude conversion pour réparer les inégalités entretenues depuis des siècles et qui ne se gênait pas pour défier ceux qui ne juraient que par les immuables traditions héritées d\u2019Abra- 4 | LE PRECURSEUR | PRINTEMPS 2014 ham (çf Luc 3,7-9),Jésus a senti le besoin de voir dans quel bateau il venait de s\u2019embarquer.Il a dû ressentir une certaine pression pour être à la hauteur de ce que son peuple attendait (la victoire par l\u2019épée, la vengeance, la belle vie par la suite, la facilité.) et de ce que sa conscience de Fils lui indiquait (le partage, le don de soi, le pardon, le souci de la justice et de la paix, la pauvreté du cœur et la compassion, le service aux plus défavorisés).Cette « tentation» de Jésus au désert, c\u2019est la réflexion de quelqu\u2019un qui est tiraillé entre deux visions importantes et qui fait appel à sa conscience de Fils pour orienter sa vie et parvenir à une décision limpide; un Fils qui se laissait éclairer par l\u2019Écriture, nous rapportent les évangélistes.C\u2019est la démarche de quelqu\u2019un qui se débranche de tout ce qu\u2019il a vu et entendu, qui fait appel au silence pour mieux voir et qui cherche à se brancher lucidement.D\u2019ailleurs, ces trois évangélistes nous apprennent qu\u2019assidû-ment Jésus se retirait à l\u2019écart (une autre sorte de désert) pour prier et se situer fidèlement dans la continuité de ce qu\u2019il avait choisi initialement lors de son baptême par son cousin.Jésus était bien conscient que se croire bien branché pour toujours est un leurre : le choix initial (baptême, vœux perpétuels, mariage.) doit souvent être revu en toute conscience pour continuer à porter du fruit.en abondance.YAHVÉ ET LE DÉSERT Yahvé a conduit au désert son peuple victime de l\u2019esclavage pour le faire réfléchir et pour l\u2019épauler dans la recherche d\u2019un statut libre et autonome.Il a fallu 40 ans, dit la Bible, pour qu\u2019il arrive à assumer sa liberté.Se croyant branchés pour toujours, les Hébreux ont oublié par la suite le sens du désert pour entendre la voix de leur conscience; ils ont «fait comme tout le monde» et ils ont pris le champ, ils ont perdu leur liberté et leur dignité.Quand le cerveau et le cœur se laissent INCONSCIEMMENT imposer des choix, c\u2019est toute l\u2019orientation d\u2019une vie qui en subit des conséquences décevantes.NOTRE CONSCIENCE ET LE DÉSERT Nous vivons à une époque où les déserts sont rares: nous sommes toujours branchés à des images, à des messages et à des voix.Nous n\u2019avons pas beaucoup l\u2019occasion d\u2019apprivoiser une saine et nécessaire solitude, de fréquenter le silence, de remettre en question nos choix, nos décisions, d\u2019évaluer notre fidélité, de cesser de nous comparer aux autres et d\u2019être nous-mêmes.Durant mon court «séjour» dans le désert de ma ville, j\u2019ai vu des gens avec leur téléphone cellulaire ! Sur le trottoir de la rue Ste-Catherine, une belle fille m\u2019est rentrée dedans parce qu\u2019elle textait : bang ! Au marché, près de chez moi,j\u2019ai entendu un gars de 25-30 ans dire à sa blonde au téléphone: «Chérie, m\u2019as-tu dit Froot Loops ou Rice Krispies?»; deux allées plus loin, le même gars: «Chérie, sauce Worcestershire Selection ou l\u2019originale?» Et moi j\u2019ajoute: autonome ou hétéronome?Car voilà la vraie question: suis-je libre ou dépendant(e) ?Nous ne négligeons pas de changer l\u2019huile du moteur de notre auto pour éviter des problèmes, mais prenons-nous le temps de changer l\u2019huile de notre cerveau et de notre cœur?Jésus a toujours recherché pour Lui, pour ses disciples et pour ses concitoyens et concitoyennes la liberté, ajoutant que «laVérité vous rendra libres».Aller au désert, c\u2019est oser se retirer à l\u2019écart pour développer NOTRE GOÛT D'ENTENDRE LE SILENCE afin d\u2019être plus disponible à l\u2019écoute des autres et de TAutre.Y demeurer 40 jours ou 40 ans n\u2019a aucune importance, car ce chiffre symbolique veut simplement nous souligner l\u2019importance de notre démarche pour réussir à vivre librement, A'v.Bolivie-Des ados en mission ! Ilya quelques années, en collaboration avec les Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, Christine et sa famille partaient pour la Bolivie.Une première expérience missionnaire familiale longuement réfléchie.Aujourd'hui, suite à cette expérience, Christine a le désir de transmettre aux jeunes du Québec l'entraide, la persévérance, la débrouillardise, le goût des autres, la connaissance de soi.À nouveau, Dieu lui fait signe et elle répond à cet appel.Christine Husson, l.o.p Partir avec sept ados pour un projet missionnaire, c\u2019est tout une aventure ! L\u2019idée a d\u2019abord germé lors de notre témoignage familial sur notre année passée à Vlnstitut d\u2019Éducation Rurale (1ER) en 2009.Puis des jeunes se sont mis à dire «J\u2019aimerais bien partir aussi».et la réponse est venue naturellement : pourquoi pas?On en parlait au sein de notre fraternité laïque dominicaine.Les parents trouvaient que ce serait une belle occasion pour leurs enfants de découvrir une autre réalité du monde.Ils étaient prêts à soutenir le projet.Les jeunes étaient enthousiastes, ils se connaissaient bien et avaient hâte de partir.Ils étaient prêts à s\u2019investir dans le projet, à venir à des rencontres préparatoires et même à apprendre l\u2019espagnol.Pendant deux ans, nous avons rencontré les jeunes de la fraternité et leurs amis.Quelques-uns ont renoncé au projet, d\u2019autres se sont rajoutés.A la fin, le groupe sera constitué de cinq gars et deux filles âgés entre 12 et 16 ans, prêts à vivre l\u2019expérience loin de leurs parents, de leurs amis et.des jeux vidéo.Dès le début, l\u2019idée de réaliser une action concrète sur le terrain était impor- tante pour les jeunes.Avec l\u2019arrivée de Mireille Chalifour, environnementaliste au Québec dans le bassin versant de la Matapédia en Gaspésie, et la collaboration de Murielle Dubé, m.i.c., de l\u2019IER, le projet s\u2019est précisé : « On manque d\u2019eau potable à Cochabamba et on en perd beaucoup en arrosant les jardins».Ce fut l\u2019idée qui déclencha le but du projet.Chercher un moyen de récupérer l\u2019eau des lavoirs pour irriguer le jardin.Utiliser les eaux usées et éviter ainsi la contamination des sols en empêchant l\u2019eau de se répandre dans la rue sans traitement.D\u2019autres idées furent lancées: «Si on enseignait ce procédé aux étudiantes de l\u2019école?elles pourraient l\u2019appliquer dans leur communauté d\u2019origine».On a pu ajouter un volet enseignement à notre projet grâce à l\u2019expérience en éducation environnementale de Mireille.D\u2019autres manifestèrent l\u2019envie de participer à la vie des étudiantes de l\u2019IER et de visiter un peu la Bolivie.Une autre, ayant de l\u2019expérience comme travailleuse sociale, suggéra l\u2019idée de donner un atelier sur la violence conjugale avec l\u2019aide des deux filles du groupe.Certains ont également eu 6 | LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 2014 CULTURES ET MISSION **: .4k ^arrW le goût d\u2019aller faire du bénévolat dans un orphelinat.Bref les idées ne manquaient pas et, croyez-le ou non, elles furent presque toutes réalisées.Une partie du projet consistait à amasser 4000$ pour permettre à dix jeunes filles boliviennes d\u2019étudier à FIER.On décida de partager les profits de notre vente de Noël annuelle et on organisa une vente de garage.Une autre idée fut lancée : il faudrait faire nos visites touristiques avec des groupes de filles de l\u2019IER pour leur permettre, à elles aussi, de visiter leur pays.Il nous fallait trouver 2 000$ de plus.On décida donc de fabriquer des objets en tissu bolivien et de les vendre.Grâce au travail, à la participation et au soutien des membres des fraternités dominicaines et de la famille dominicaine, nous avons atteint notre objectif de financement.Le programme du séjour à FIER a été préparé afin que les jeunes vivent des activités diversifiées, en interaction avec les Boliviens et qu\u2019ils réalisent quelque chose de concret qui les valoriserait.Ces objectifs ont été atteints au-delà de nos espérances.Les jeunes ont appris à faire du pain, à cuisiner sur des feux de feuilles d\u2019eucalyptus, à laver leur linge à la main, à s\u2019occuper du jardin.Ils ont aussi fait des activités sportives avec les étudiantes, ont appris les danses traditionnelles boliviennes.Ils ont fait de l\u2019alphabétisation, se sont occupés d\u2019enfants et ont travaillé très fort sur le projet de récupération de l\u2019eau.Ils ont vécu aussi toutes sortes d\u2019émotions dont le choc culturel causé par le fait de vivre dans un pays où on parle une langue étrangère.Ils ont été confrontés à des habitudes de vie complètement différentes : l\u2019eau non potable, le traumatisme de certaines toilettes et des moments de fatigue où l\u2019on n\u2019a pas vraiment envie de creuser en plein soleil.Mais je dois dire qu\u2019ils ont tous été impressionnants tant par leur bonne humeur que par leur capacité d\u2019adaptation.Ils ont tous appris quelque chose sur eux-mêmes et ont eu à se dépasser.Je reviens de cette expérience stimulée et heureuse de ramener les jeunes satisfaits de leur expérience.Je suis reconnaissante envers toutes les personnes qui nous ont permis de réaliser cette belle aventure.Merci aux jeunes, à leurs parents, à la communauté MIC, à Mireille Chalifour pour son expertise, à Sr Murielle et à toutes les Sœurs de la fraternité de Cochabamba.Merci aussi à José, Ruben, Gregorio, Basilesa,Yolanda, les professeurs de l\u2019école, pour leur générosité dans l\u2019accueil de nos jeunes.Merci aux étudiantes de FIER pour avoir su si bien les intégrer à leur vie quotidienne.Merci à tous les bienfaiteurs qui ont participé à nos campagnes de financement.Que l\u2019esprit missionnaire de Mère Délia continue d\u2019inspirer des personnes de tous les âges et de tous les horizons dans cet appel intérieur à tenter l\u2019aventure missionnaire.Que cette expérience en Bolivie apporte à Tayo, Emmanuel, Philippe, Clément, Simon, Camille et Camille, un enrichissement personnel qui leur permettra de réaliser un monde de solidarité auquel nous aspirons tous en tant que chrétiens, PHOTOS: 1\tSortie aux eaux thermales avec les élèves de HER, le groupe d'ados etla famille Marier 2\tClément et Don Gregorio coupent les tuyaux pour le système d'irrigation.3\tSimon et Don José creusent les trous qui serviront à filtrer les eaux usées; Mireille supervise les travaux; Clément et Tayo ramassent la terre.4\tFin de la journée, les gars reconduisent Sr Murielle à la maison.5\tLes deux Camille s'en vont creuser sous le soleil.Crédits: C.Husson LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 2014 | 7 L'être et la conscience Émilien Roscanu Nous ne sommes pas seulement faits de chair et d\u2019os, nous sommes plus que de simples organismes.Les humains sont sans conteste dotés d\u2019intelligence, mais ce qui distingue réellement notre race du règne animal c\u2019est que nous possédons une capacité d\u2019avoir connaissance de notre propre existence.Autrement dit, nous avons une conscience.Nous avons en nous cette capacité d\u2019être conscient du monde qui nous entoure, cette capacité d\u2019émerveillement, plus juste, de la manière qui semble pour nous être emplie de sens.C\u2019est en usant de notre conscience que nous sommes capables de donner un sens à nos actions, à notre vie tout entière.VOIX INTÉRIEURE Notre conscience est constamment en compétition avec les stimuli extérieurs.Il est cependant primordial d\u2019accorder une importance égale et même supérieure à ce que notre esprit, notre nous, nous commu- 'à^£i NA N cette curiosité innée qui nous habite et qui nous pousse sans cesse vers l\u2019inconnu, vers de nouveaux records.C\u2019est grâce à notre conscience que nous sommes capables d\u2019appréhender notre existence.On se situe dans le temps et dans l\u2019espace grâce à cette conscience.Nous sommes conscients de la durée finie de notre vie terrestre et on peut ainsi user de ce laps de temps qui nous est imparti, de la manière qui nous semble le nique, et ce qui nous stimule de l\u2019extérieur.Nous avons tous une petite voix intérieure que l\u2019on décide d\u2019écouter ou d\u2019ignorer.Cette petite voix intérieure est l\u2019une des manifestations de notre conscience, qui est trop souvent reléguée aux oubliettes.C\u2019est cette petite voix au fin fond de notre être que nous choisissons de taire délibérément, à tort.Cette bête que sont les stimuli extérieurs y est pour quelque chose.8 | LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 2014 JEUNES Cette petite voix intérieure qui nous guide dans nos actions, qui nous aide à distinguer le bien du mal, il nous faut l\u2019écouter.C\u2019est ce faisant que les actions que nous entreprendrons, les chemins que nous emprunterons nous paraitront pleins de sens.LES ENNEMIS DE LA CONSCIENCE L\u2019extérieur à notre être est loin d\u2019être fondamentalement mauvais, mais plusieurs éléments le constituant jouent le rôle d\u2019obstacle considérable à l\u2019épanouissement de la conscience.Omniprésentes dans nos vies, les nouvelles technologies et leur incontrôlable affluence de stimuli divers sont un obstacle à la conscience de l\u2019être.En étant constamment branché, que ce soit sur son téléphone intelligent ou sur les réseaux sociaux, on ne prend plus le temps de vivre des moments d\u2019introspection, des moments d\u2019interrogation, des rencontres privées avec notre être.Les technologies de l\u2019information et des communications doivent rester un outil au service de l\u2019humanité et non une finalité.Elles peuvent très bien être vectrices de conscience lorsqu\u2019utilisées à bon escient et de façon non-exagérée.Bien que ces nouvelles technologies constituent un obstacle de taille à l\u2019introspection et à la conscience, d\u2019autres éléments également présents dans nos vies nous en éloignent.Le bruit, qu\u2019il provienne d\u2019une télévision constamment allumée ou encore de la radio qui crache son lot de publicités vides de sens et de musique répétitive, est également un obstacle à toute introspection, à tout questionnement.Comment pouvons-nous nous concentrer sur notre être, sur notre esprit, et être à son écoute quand, tout autour de nous, des stimuli sonores sont incessants?Le bruit est l\u2019ennemi du calme nécessaire à la conscience.Les drogues, peu importe leur origine, sont aussi un obstacle à la conscience.Que ce soit un abus d\u2019alcool ou de narcotiques, ou encore une dépendance aux jeux de hasard, ces drogues nous font perdre la concentration et le temps nécessaires à notre quête de sens, à notre écoute intérieure.La quête de richesse et de pouvoir absolu sont autant d\u2019entraves à notre cheminement intérieur.Au lieu de chercher des réponses au plus profond de notre être, on croit les trouver dans la luxure et la domination des autres.On se complait dans des chimères, des illusions qui nous écartent du droit chemin.Elles sont de véritables tentations auxquelles il faut résister, des tentations comme celles auxquelles Jésus a dû résister dans le désert.Nous avons tous une petite voix intérieure que l'on décide d'écouter ou d'ignorer.SE DÉBRANCHER.POUR MIEUX SE REBRANCHER! Sur quoi faut-il se brancher?La réponse à cette question se trouve en nous, et pour pouvoir la découvrir, il faut être à l\u2019écoute de notre soi intérieur.C\u2019est en se débarrassant et en mettant de côté ces stimuli externes facultatifs, ces drogues et vices de tous les jours, que l\u2019on peut créer un moment propice aux idées, propice à la pensée, propice à la méditation, à la prière.Dans nos sociétés instantanées, tout doit être immédiat, accessible, rapide.Toutefois, certaines questions, les plus importantes, restent sans réponse pour de plus grandes périodes de temps.Sans intériorisation, sans prendre le temps d\u2019être seul avec soi-même, on ne peut pas espérer y répondre.Ce n\u2019est qu\u2019en faisant la paix avec soi-même qu\u2019on peut être en mesure de se brancher sur autre chose et prendre des décisions de vie qui ont un sens réel.Ce qui nous distingue des animaux, et qui nous distingue aussi des autres humains, ce n\u2019est pas seulement le physique, mais c\u2019est aussi une différence bien plus profonde.La conscience de chaque être humain est différente.Chaque personne voit et conçoit le monde à sa façon.Pour être quelqu\u2019un, un être à part entière, il ne suffit pas d\u2019être, il faut aussi être en communion avec sa conscience.Il ne suffit pas d\u2019être conscient, il faut être conscient de sa propre conscience, LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 2014 | 9 'J1* dU es*- O\"*'** PlSP£NS/iR£ P£ KjJtl/^W en 2~AW£ \\/0iC,i oM-tmdu.t) ybx,e & y/oî £n fe&onnQj&WC'&i ne&n UN DON PLANIFIE \u2014 UNE PART POUR LA MISSION AU BÉNÉFICE DES SOEURS MISSIONNAIRES DE L ' I M M A C U L É E - C 0 N C E P T I 0 N POSTERA: PROCURE DES MISSIONS Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception 121, avenue Maplewood Montréal (Québec) Canada H2V2M2 INFORMATIONS: Téléphone (514)274-5691 Télécopieur (514)274-3298 Courriel generalat.mic@bellnet.ca Trois moyens d\u2019aider nos missionnaires Les LEGS TESTAMENTAIRES Les PRÊTS À FONDS PERDUS / Vous assurent une rente votre vie durant; vous permettent une réduction d'impôt; vous donnent l'occasion d'aider efficacement nos missionnaires.L\u2019ASSURANCE- VIE C'est un capital-décès versé par une compagnie d'assurances./Elle vous permet d'aider généreusement sans léser votre famille; votre contribution, sous forme de prime d'assurance, est déductible de votre revenu imposable à titre de don de charité.Nom:______________________________________________________ Adresse :.Ville:___ App.:.Code postal :.Province/Pays :.Tél: (\t) _ COURRIEL: Dossier Branché sur quoi ?MA, PEU D'ESPOIR EN VUE Située dans le nord-est du Japon, la ville de Fukushima est tristement célèbre dans le monde entier à cause du terrible tremblement de terre et du tsunami qui ont frappé le 11 mars 2011.«Fuku» en japonais signifie «heureux» et «Shima» veut dire «terre», une terre couverte d'arbres et de beauté.Malheureusement, ces caractéristiques n'existent plus et Fukushima est maintenant synonyme de malédiction.Il y a peu d'espoir à Fukushima et le temps semble s'être arrêté.Sr Kyoko Takahashi, m.i.c., directrice de la maternelle Setagaya Seibo deTokyo,a organisé la visite du site dans le cadre d'une journée d'étude.Sr Kesayo Sato et Sr Sachiko Flongo, deux sœurs MIC, ont joint les rangs des enseignantes et ont pris part à la visite.Voici un extrait décrivant les observations de l'auteure, Yoriko Takita.* * ¦ i- l Fukushima Sendai Namie ©Fukushima Daiichi Minamisoma \t 20 km (12 milles) zone d'évacuation i?£ K.' 30 km (18 milles) zone d'évacuation ou interdiction de sortie - zone d'exclusion aerienne 80 km (50 milles) zone d'évacuation recommandée par les É.-U.Tokyo BRANCHE SUR QUOI ?h Jm YorikoTakita En collaboration avec Kyoko Takahashi, m.i.c.Ghislaine Parent, m.i.c.TOUT AU LONG DE LA ROUTE A partir du terminus d\u2019autobus de Fukushima situé dans une partie agréable de la ville, et cela grâce aux efforts et au soutien de ses habitants, nous avons pris la route vers l\u2019est pour nous rendre à Kawamata.En moins de dix minutes, nous pouvions admirer le paysage verdoyant de la campagne.Toutefois, on nous informa que toute cette région était contaminée par la radioactivité.Les rizières, devenues impropres à la culture, étaient abandonnées et désertes, et il n\u2019y avait que quelques hommes en vêtement de travail tentant de décontaminer les abords de la route.De nombreux tas de terre contaminée recouverts de toile blanche et bleue étaient alignés le long de la route et on attend toujours de trouver des endroits sûrs poulies enterrer.La décontamination est un travail simple et manuel, il faut creuser et enlever au moins 8 cm de terre, ensuite, on lave les arbres avec de l\u2019eau à haute pression et on les écorce.Les maisons tout près de ces arbres sont aussi lavées de la même manière et séchées avec des chiffons.Indécises, les familles qui vivent dans cette région font face à des problèmes financiers et se demandent si elles doivent rester ou partir.Notre guide, Sr Shizuko Endo, c.n.d., née à Minamisoma, nous a dit: Les gens ont besoin de faire quelque 12 | LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 20 14 chose de leur propre initiative et certains ne veulent pas attendre passivement l\u2019aide du gouvernement.Ils se demandent si la situation est réellement «temporaire» ou si le mot «temporaire» est utilisé pour décrire une situation semi-permanente.Pour la première fois, j\u2019ai réalisé de près la dure réalité des habitants qui ne peuvent plus entrevoir d\u2019avenir pour eux.Leur quotidien n\u2019est fait que de problèmes et de soucis.LA VILLE DE MINAMISOMA En regardant au loin, on voyait la partie de la berge la plus gravement endommagée par le tremblement de terre et le tsunami.Un projet a été mis sur pied, à Fukushima, afin d\u2019accélérer le processus de nettoyage et de remise en état des communautés éprouvées.M.Hangai, un ancien employé de la compagnie d\u2019électricité de Tokyo, a instauré un nouveau parc agricole alimenté par énergie solaire.Ce parc regroupe plus de 2000 panneaux solaires et deux serres protégées par des dômes gonflés à l\u2019air.Cette centrale fournit non seulement l\u2019électricité mais permet aux agriculteurs de faire pousser des légumes.Les enfants des écoles primaires peuvent donc comprendre ce qu\u2019est l\u2019énergie renouvelable et en avoir une expérience pratique.On dit que les laitues et le céleri récoltés dans ces serres sont délicieux.Remercions les auteurs de DOSSIER cette heureuse initiative, car c\u2019est ainsi que cesseront les rumeurs négatives voulant qu\u2019il soit impossible de récolter quoi que ce soit à Fukushima.Ces exemples de réussite redonneront confiance aux enfants qui doivent construire l\u2019avenir.Après le désastre, le nombre d\u2019enfants fréquentant la maternelle catholique de Haramachi est passé de 80 à 13 et le personnel, de cinq à trois.Il faut voir le grand dosimètre sur le terrain de jeu.Pour ne pas priver les tout-petits de leurs jeux, on a mis à l\u2019abri, dans la maternelle, le bac à sable, le jeu modulaire et tout l\u2019équipement du terrain de jeu.On a réussi à maintenir le taux de radiation à un niveau acceptable en recouvrant tout le terrain de gazon artificiel et de fragments de caoutchouc.DES VILLES FANTÔMES En dernier beu, nous avons visité Odakaku, Narnie et le port d\u2019Ukedo.Ces endroits ont été complètement dévastés.Jusqu\u2019à ce jour, les immeubles effondrés sont toujours recouverts de vinyle et les débris entassés.C\u2019est un spectacle bouleversant.J\u2019ai été frappée par ces mots «Accrochons-nous ! » écrits sur le ruban adhésif retenant les toiles en vinyle.Au moment du désastre, certaines personnes qui n\u2019ont pu être évacuées sont demeurées sur place.Lorsque les recherches furent interdites dans cette zone, on cessa les efforts de sauvetage.On nous raconta que des corps furent trouvés plus tard, derniers vestiges d\u2019une vie qui n\u2019était plus.J\u2019étais vraiment ébranlée ! Au port d\u2019Ukedo, on peut toujours voir les carcasses des voitures et des bateaux échoués, les berges effondrées et les maisons détruites, tout est encore dans le même état de désolation.La puissance destructrice du tsunami dépasse l\u2019imagination.On a vu des membres d\u2019enfants emportés par des vagues de plusieurs mètres de haut.Plus d\u2019une centaine de personnes sont mortes là où je me tenais exactement.J\u2019étais dépassée par ce que je voyais et par la présence d\u2019un homme qui marchait le long du port et qui fixait la mer.est-ce que des êtres chers avaient été emportés par ces vagues 2 3 I £ R - destructrices?La scène nous toucha et Sr Hongo déclara : qu\u2019importe qui était cette personne, elle voulait vivre.Elle prit deux bouts de bois et en fit une croix.A ce moment, je fus touchée de compassion pour la perte que cet homme avait subie et je pleurai avec lui.LES RÉPERCUSSIONS DU SÉISME On ne parle pas assez de la complexité de la situation de Fukushima dans les médias.Il y a peu de soutien financier poulies personnes vivant dans les régions éprouvées par le séisme.Les gens essaient de se débrouiller comme ils peuvent pour survivre, mais tous n\u2019y arrivent pas.Certains ont des problèmes de santé mentale, des familles se brisent, les divorces augmentent.Il y a beaucoup de souffrance et ce n\u2019est pas tout le monde qui peut relever les immenses défis qui se dressent devant eux.Pour tous ceux d\u2019entre nous qui n\u2019ont jamais dû subir un tel drame, nous devons saisir le message : n\u2019avons-nous pas oublié d\u2019être reconnaissants pour notre vie paisible et tranquille?Ne sommes-nous pas portés à n\u2019être jamais satisfaits et à nous plaindre pour rien?Que ce désastre ne soit jamais oublié et qu\u2019il nous rappelle d\u2019être reconnaissants pour ce que nous avons.Gardons tout cela en tête en mémoire des victimes, PHOTOS: 1\tPersonnel de la maternelle Setagaya Seibo et Sr Kyoko Takahashi, m.i.c., directrice (I8 rangée, au milieu) Sr Sachiko Hongo, m.i.c., (I8 rangée, 58 à gauche) Sr Kesayo Sato, m.i.c., (I0 rangée, 78 à gauche) 2\tPile de débris 3\tAmas de terre contaminée 4\tDosimètre Crédits: Mina Ota 1 J* LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 2OI4J 13 BRANCHE SUR QUOI ?«^\u2022*u Ug-Tii EN YOUa CrREELlïï Les arbres de Baguio,aux Philippines, sont la clé de la survie de cette ville bien-aimée.Non seulement ils fournissent l'oxygène nécessaire à la vie des habitants, mais absorbent le dioxyde de carbone, l'oxyde nitreux, l'oxyde sulfurique et d'autres gaz à effet de serre.Les arbres retiennent l'eau, empêchent l'érosion et les ruissellements excessifs.Le site de Luneta Hill et ses arbres n'ont pas qu'une importance écologique ou culturelle, mais ils ont aussi une valeur historique pour la ville de Baguio et pour les gens qui l'habitent.Sans l'air frais et les arbres qui la caractérisent, la Cité des Pins ne pourrait être à la hauteur de sa renommée.Sauvons les arbres de BAGUIO Milagros Duque, m.i.c.i'4 ¦ 14 | LE PRÉCURSEUR RÉTROSPECTIVE SM City, Baguio - Que veut dire SM City?L\u2019expansion d\u2019une chaîne de magasins à souliers est devenue Shoe Mart, nom donné au plus grand centre commercial de la région.Le complexe entier occupe une superficie de 860000 pieds carrés.Ouvert officiellement le 21 novembre 2003, ce centre commercial conçu comme un navire de croisière est entouré de pins et de jardins luxuriants.En 2011, on annonça que le centre commercial serait agrandi.Un stationnement de sept étages avait déjà été conçu et était prêt à être construit.Des centaines de pins allaient être abattus.La population réagit en lançant un cri d\u2019alarme: Nous avons besoin des arbres et non d\u2019un plus grand centre commercial.Malheureusement, il fut décidé que les arbres seraient enlevés et transplantés dans d\u2019autres villes.RÉUNION D'URGENCE L\u2019évêque, Mgr Carlito Cenzon, prit la chose au sérieux.Conscient de l\u2019impact environnemental que ce projet pouvait avoir sur sa communauté, il fit appel aux supérieurs de différentes congrégations religieuses du diocèse de Baguio et les invita à participer à une réunion d\u2019ur- PRINTEMPS 2014 gence à Baguio.Le point crucial de l\u2019ordre du jour était la protection des 182 arbres qu\u2019on voulait abattre.On organisa donc des activités de protestation.Le 14 janvier 2013, Mgr Cenzon était en tête du mouvement de protestation.Sensible aux questions environnementales, nous, les MIC des Philippines avons aussi pris part aux protestations.Des étudiants d\u2019écoles catholiques, d\u2019autres membres de congrégations religieuses, des MIC dont Sr Milagros Duque, Sr Lourdes Serrano et Sr Félicitas Tobias et d\u2019autres groupes sympathiques à la cause se joignirent au mouvement de Mgr Cenzon.On demanda alors à tous les résidents de la ville de Baguio et aux touristes de signer une pétition adressée au président Benquino Aquino III pour lui demander d\u2019arrêter immédiatement le projet d\u2019expansion du centre commercial.DES EXPERTS ET DES MEMBRES DE COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES SE FONT ENTENDRE Au premier rang du mouvement de protestation se trouvait le Dr Michael A.Bengwayan, un arboriste qui osa s\u2019exprimer afin de protéger l\u2019environnement : Les arbres sont les organismes vivants les DOSSIER plus efficaces pour absorber le dioxyde de carbone (CO2).Us emmagasinent le CO2 avant qu\u2019il soit envoyé dans l\u2019atmosphère et qu\u2019il emprisonne la chaleur autour de la surface de la terre.' Un autre mouvement qui vise à la préservation, la remise en état et au développement durable des terres publiques de la ville de Baguio est le Kafagivan.Mike Arvisu, un défenseur aguerri et président de ce mouvement, déclarait : Les arbres et les différentes plantes de Luneta Hill ont ensemble la capacité d\u2019absorber de 12 à 24 tonnes d\u2019air vicié chaque année.Us produisent conjointement 26 tonnes d\u2019oxygène annuellement.Il ajoute et c\u2019est le plus important : Le couvert forestier intercepte la pluie et empêche le ruissellement des eaux qui cause l\u2019érosion et endommage les terres.Etant donné que presque toutes les collines entourant Baguio sont couvertes de maisons et d\u2019édifices commerciaux, l\u2019érosion et les inondations sont des phénomènes qui se produisent de plus en plus fréquemment et qui causent beaucoup de dommages ces dernières années.L\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture souligne que le taux de déforestation aux Philippines est parmi les plus élevés du monde.D\u2019ici à 50 ans, presque les deux tiers des forêts du pays auront disparu passant de 26 à 16 millions d\u2019acres} Sœur Fidelis, religieuse de l\u2019Assomption, et présidente de la AWRBB (Association de femmes religieuses de Baguio Benguet), déclarait au nom des membres de son association : Nous prenons part à ces protestations parce que nous ne pouvons séparer notre foi de nos actions, nous sommes appelées à protéger l\u2019environnement.Sr Fidelis précisait plus tard que ce n\u2019était pas une question de savoir à qui appartient la terre, mais bien une question de conscience.Dans sa déclaration pastorale, Mgr Cenzon exprima sa consternation devant la décision de la cour de rejeter la cause contre SM.Il encouragea fortement tous les résidents de Baguio d\u2019exprimer haut et fort ce qu\u2019ils pensaient en espérant que SM et ses agents tiendraient compte de leur opinion.LE COMBAT CONTINU\t1 Liporada Rudy, Legsde \u2022aÇjtr Malgré le mouvement de résistance, le géant SM a déjà obtenu les permis nécessaires des agences nationales et locales pour mener à bien le projet d\u2019expansion.Ils sont persévérants et jurent qu\u2019ils déménageront les 182 arbres.Mais le géant SM est-il au courant de ce qui est arrivé aux 497 pins qui ont été transplantés en 1994 par Camp John Hay Development Corp.?M.Bengwayan a déclaré que moins de 20% des arbres ont survécu et ceux qui ne sont pas morts montrent des signes de détérioration.Ainsi, on peut conclure que sur les 182 pins qu\u2019on veut transplanter, une trentaine à peine survivront.3 Bien que les résidents de Baguio respectent la décision rendue par la cour, ils refusent d\u2019abandonner la partie et jurent qu\u2019ils épuiseront tous les moyens possibles mis à leur disposition pour se porter à la défense des arbres de Luneta Hill.Le combat pour la justice environnementale à Baguio continue, 182 arbres à Baguio, Asian Journal, 3 décembre 2013 2\tIbid.3\tIbid.PHOTOS: 1\tContestation contre la coupe des arbres Oéd/f.'Bro-Martin-Francisco 2\tSM centre commercial Crédit LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 2014 | 15 BRANCHE SUR QUOI ?En lisant cette page de vie missionnaire de sœur Marcelle, force nous est de constater qu'elle a toujours été branchée sur l'Essentiel : La Parole de Dieu.Lorsqu'elle conscientisait une situation-appel, le courant passait.Elle se branchait.et agissait, relevant ainsi de nombreux défis.Et.le courant passait Marcelle St-Gelais, m.i.c.AUX ÉTUDES.UN COURANT LUMINEUX Conscientiser, pour moi, c\u2019est entendre de l\u2019intérieur un « appel particulier» à vivre pleinement à la «suite de Jésus»; c\u2019est me brancher courageusement sur Sa Présence de Ressuscité pour lui consacrer ma vie.C\u2019est un APPEL à tout quitter pour Le suivre et pour servir et je l\u2019ai entendu fortement au cœur de mes études d\u2019infirmière.Après mûres réflexions et prières, j\u2019ai enfin dit «OUI» au Seigneur.Une très grande joie et une paix profonde m\u2019ont envahie.Rien, ni personne ne pouvait me faire reculer, ni me faire changer d\u2019idée.J\u2019étais séduite par le Seigneur (Jr 20,7).En 1948,j\u2019ai donc fait mon entrée à VInstitut des Sœurs Missionnaires de Vlnunaculée-Conception.LA FORCE DU COURANT EN HAÏTI Le peuple haïtien m\u2019accueillit chaleureusement en août 1953 au moment où j\u2019atterrissais en Haïti surnommée alors, «la Perle des Antilles».Mon cœur était habité par cette Parole de Jésus : « Ce que vous faites aux plus petits d\u2019entre les miens, c\u2019est à Moi que vous le faites» (Mt 25,40).Cette parole me motivait à prendre joyeusement la route chaque matin.Mes engagements, vécus dans l\u2019Action de grâce, me permirent de faire circuler «la Vie en abondance» promise par Jésus.Pendant nombre d\u2019années,j\u2019ai pris soin des malades dans des dispensaires et aussi dans des visites à domicile; parfois, le cheval était le seul moyen de locomotion.Pendant plus de cinq ans, j\u2019ai eu la chance de vivre un apostolat spécial à l\u2019Hôpital Albert Schweitzer, hôpital dirigé par des protestants américains et fondé par le Dr Larimer Mellon.Ce dernier, homme humble et profondément humain tel le bon Samaritain, recueillait les moribonds sur les routes, les faisait monter dans sa voiture pour les conduire à l\u2019hôpital.On embaucha des médecins, des chirurgiens, des techniciens en laboratoire, des radiologistes et des infirmières diplômées pour faire fonctionner l\u2019établissement.Vivre dans un milieu cosmopolite et œcuménique était un beau défi! Nous étions une équipe de cinq religieuses canadiennes catholiques, partagions les tâches avec environ 200 employés de religions et d\u2019origines diverses : Haïtiens, Asiatiques, Européens, Américains.Pour nous, religieuses, il n\u2019était pas question de faire du prosélytisme, mais de témoigner et de l6 | LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 20 14 DOSSIER prendre conscience que chaque patient, chaque intervenant, quelle que soit son appartenance religieuse, était un «Enfant de Dieu » à respecter et à aimer.Ma dernière année dans ce pays d\u2019adoption s\u2019est déroulée à LA CHARITÉ, S.VP.Comme son nom l\u2019indique, cette institution était un centre d\u2019accueil pour les personnes âgées démunies.Ce milieu leur permettait très souvent de partir pour l\u2019au-delà en toute paix et sérénité.Que de fois, j\u2019ai pu constater combien l\u2019âme haïtienne avait le sens de l\u2019abandon véritable à « Papa Bondié », «Bondié bon ! » miniature réussit enfin.J\u2019ai eu droit à un large sourire qu\u2019elle n\u2019avait jamais manifesté auparavant.Quelle récompense ! Et du petit Sadrak, âgé de 6 ans, très agressif, incapable de voir, de parler ou de se tenir sur ses jambes qui, lui aussi, réussit à s\u2019épanouir à force d\u2019amour et d\u2019attentions de toutes sortes.Comment ne pas entendre la parole de Jésus:J\u2019étais malade, handicapé, et tu es venue à Moil (Mt 25,36) PHOTOS: 1\tMarcelle St-Gelais, m.i.c., avec Dr Larimer Mellon, américain, fondateur de l'Hôpital Albert Schweitzer Haïti, 1974 2\tÀ l'écoute de Dieu Crédits: MIC Émerveillement et action de grâces habitaient mon cœur.ET QUE DIRE DU COURANT AU QUÉBEC! A mon retour au Québec, la mission s\u2019est poursuivie mais différemment.La pastorale de la confirmation et du baptême étaient pour moi des moments privilégiés pour continuer d\u2019annoncer la Bonne Nouvelle.La participation au mouvement Foi et Lumière, mouvement fondé par Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu en 1971 qui réunit mensuellement des personnes handicapées intellectuellement avec leurs parents et amis, m\u2019a fait, une fois de plus, prendre conscience de la dignité de toute personne humaine, quel que soit son état.Emerveillement et action de grâces habitaient mon cœur.A ce propos, à la fin d\u2019une année où j\u2019avais donné une catéchèse adaptée à une dizaine d\u2019entre eux, j\u2019ai dû leur annoncer mon départ pour une autre mission.Il y avait beaucoup d\u2019émotion de part et d\u2019autre et les larmes manifestaient notre attachement réciproque.Alors, l\u2019un d\u2019entre eux m\u2019a fait signe de le suivre dans leur petit oratoire et, devant le tabernacle, il a fait une prière d\u2019action de grâce au Seigneur pour l\u2019affection que je leur avais prodiguée.Puis, se retournant vers moi, il m\u2019a fait une petite croix sur le front.et j\u2019ai fait de même sur lui! Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre; ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu Vas révélé aux petits.(Mt 11,25) Et que dire de Linda lourdement handicapée qui, après des mois d\u2019efforts constants pour manier le clavier d\u2019un piano OCTOGÉNAIRE, ON PEUT ENCORE SE BRANCHER Présentement, j\u2019ai le bonheur de « faire surgir un peu de vie » auprès de mes Sœurs en perte d\u2019autonomie.La plupart ont parcouru les «Routes du monde», au service de la Mission de Jésus.Et maintenant, elles s\u2019acheminent vers la Lumière de la Vie éternelle.En écrivant cette page de ma route missionnaire, je prends conscience une fois de plus de la force de Sa Parole vivante méditée et vécue au quotidien.Elle m\u2019a permis de demeurer branchée sur l\u2019essentiel.de capter ses appels et d\u2019y répondre.Au soir de ma vie, je cueille le fruit de Sa Promesse : celle de me rendre heureuse.Et si j\u2019avais à recommencer?je reprendrais le même chemin.LE PRECURSEUR | PRINTEMPS 2014 | IJ vi UNE VIE D\u2019ENGAGEMENT (suite) Dans notre revue d\u2019automne 2013 \\ un interview présenté par Sr Huguette Turcotte, m.i.c., a suscité beaucoup d\u2019intérêt.À la fin de l\u2019entretien, elle invite Sr Monique Cloutier à donner suite à son long parcours de soixante ans au Japon.Dans le présent numéro, Sr Monique répond à l\u2019appel.PHOTO: 1 Monique Cloutier, m.i.c., auteure de l'article, avec deux de ses filles spirituelles MON ADAPTATION Dès le début de mon apostolat au Japon, quand j\u2019ai commencé à annoncer la Bonne Nouvelle,je me suis rendu compte que notre terminologie religieuse n\u2019avait pas d\u2019équivalent dans la langue japonaise et qu\u2019il me fallait expliquer, paraphraser chaque terme pour en faire comprendre le sens.Alors, pour pouvoir exprimer chaque réalité spirituelle en mots ordinaires, familiers à mes interlocuteurs, il m\u2019a fallu en méditer, en repenser longuement le contenu.Ceci m\u2019a amenée à approfondir et personnaliser ma propre foi, ce que je considère comme Tune des plus grandes grâces de ma vie missionnaire.Partie pour communiquer ma foi, c\u2019est au Japon que je l\u2019ai redécouverte ! Je pensais aussi que la philosophie de Saint Thomas d\u2019Aquin, notamment la théologie naturelle, me serait une précieuse aide dans mon enseignement.Mais l\u2019expérience m\u2019a vite montré que la manière discursive de raisonner, propre aux occidentaux, ne correspondait pas à la psychologie des Japonais qui sont d\u2019abord intuitifs.Ils ont le sens du mystère et quand ils ont saisi le cœur d\u2019un message, ils n\u2019éprouvent pas le besoin de longs raisonnements.J\u2019ai alors compris pourquoi Jésus - qui était un oriental - n\u2019avait pas fait de longues dissertations théologiques mais avait communiqué les vérités les plus profondes au moyen d\u2019exemples et de paraboles.Où trouver meilleur modèle?J\u2019ai donc résolu de l\u2019imiter et de me servir d\u2019exemples qui collent à la vie des gens.Et j\u2019ai fait l\u2019expérience que pour transmettre le message, du moins au Japon, amour et imagination sont plus efficaces que le savoir livresque.ENSEIGNEMENT \u2014 PARTAGE DE LA FOI Après trois années d\u2019étude de la langue japonaise à Tokyo, en 1954 je prends la direction de notre Jardin d\u2019enfants à Koriyama.Trois ans plus tard, on me demande de me rendre à Wakamatsu où je commence ma longue carrière d\u2019enseignement de l\u2019anglais et de la religion aux jeunes de nos écoles.Pendant ma première année sabbatique en 1966, après 15 années consécutives au Japon, je me suis inscrite aux cours de théologie et missiologie donnés à l\u2019Université Saint-Paul à Ottawa.Et pour mieux connaître la culture de mon pays d\u2019adoption, j \u2019ai aussi suivi des cours sur les religions asiatiques, en particulier le bouddhisme.Ceci m\u2019a beaucoup aidée à comprendre la mentalité japonaise et à y adapter mon enseignement.Je croyais que cela me serait aussi nécessaire pour un dialogue interreligieux formel, mais c\u2019était une autre illusion.Mis à part les bonzes et les spécialistes en la matière, le Japonais ordinaire n\u2019a pas de notions définies concernant le bouddhisme.Au Japon, le bouddhisme est une religion l8 | LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 2014 A PROPOS DES MIC 1 plus familiale que personnelle et consiste surtout en rites et fetes religieuses.Ainsi, un ancien directeur d\u2019une école supérieure de Wakamatsu que j\u2019ai eu la joie de conduire au baptême, à mon offre de commencer mon cours par la comparaison de nos religions respectives, me répondit : Je vous en prie, ma Sœur, commencez par le catholicisme, du bouddhisme je n\u2019en sais rien.En 1984, je suis transférée à notre école secondaire Xaverio de Koriyama.Je concentre dès lors tous mes efforts sur l\u2019instruction religieuse des adultes, en majorité, des parents et des professeurs.RÉPONDRE AUX DEMANDES Pour une missionnaire, communiquer la Parole est essentiel; cependant, cette Parole doit aussi être traduite en acte.Avec les élèves de notre école supérieure de Wakamatsu, j\u2019ai mis sur pied un club de bénévoles qui visiteraient une fois par mois les résidences de personnes âgées et aussi des institutions pour enfants et adolescents souffrant de surdité ou de déficience mentale.Lors d\u2019un court séjour aux Philippines en 1983, j\u2019avais constaté que la pauvreté empêchait beaucoup de jeunes de poursuivre leurs études.De retour au Japon, j\u2019ai incité Y Association des Elèves de Koriyama à organiser un système de bourses d\u2019études pour permettre au plus grand nombre de ces jeunes de se mettre en mesure de gagner leur vie.Actuellement les Associé-es de notre Communauté MIC, qui sont une quarantaine à Koriyama et dont j\u2019étais l\u2019animatrice, collaborent comme bénévoles aux activités organisées par la ville pour les évacués des régions les plus affectées par l\u2019irradiation nucléaire.Ceci nous permet de leur apporter quelque réconfort en prêtant une oreille compatissante au récit de leur malheur et de partager leur souffrance en conversant intimement avec eux.UN TÉMOIGNAGE PARMI BIEN D\u2019AUTRES Un jour, lors d\u2019une fête que nous avions préparée pour les sinistrés de Fukushima, dans l\u2019un de leurs centres d\u2019accueil, la direction nous demande de ne pas faire mention de notre appartenance religieuse.Mais au cours de la fête, une dame âgée avec qui je conversais, me demande : Dites-moi, à quelle organisation appartenez-vous?Que répondre, en respectant la consigne?Je lui dis: Nous sommes un groupe de personnes qui trouvent leur joie à en donner aux autres.Et la dame de s\u2019exclamer : Alors vous êtes des catholiques ! Pourriez-vous nous faire une fête de Noël aussi?Et n\u2019oublions pas qu\u2019ils étaient tous non-chrétiens ! Après la réunion, nous rapportons la chose aux responsables qui, à notre grande surprise, acceptent aussitôt.Donner de la joie, c\u2019est donner de l\u2019amour.Et donner de l\u2019amour, c\u2019est donner Dieu.Et ceci a été ma grande joie tout au long de ma vie missionnaire au Japon.Magnificat! 1 Le Précurseur, Vol.56, N° 4 -Automne 2013- p.12-13 PHOTOS: 23 Des Associé-es MIC organisent une fête pour les sinistrés.Crédits: MIC 'il 1 « ¦ -a LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 2014 | 19 Huguette Ostiguy, m.i.c.WONGANI, UN REVE DEVENU RÉALITÉ Après plusieurs mois de construction et de préparation, la nouvelle école primaire de Wongani au Malawi a accueilli plus de 120 enfants de la première à la cinquième année.La cérémonie d\u2019ouverture a été riche en émotion pour les religieuses MIC africaines.Le rêve d\u2019avoir une école primaire, en plus de notre maternelle, est enfin devenu réalité.STATISTIQUES SUR LE MALAWI Le Malawi couvre une superficie de 118 000 km2 et compte une population de 16 777 547 habitants (juillet 2013).Enclavé dans le continent africain, le Malawi est un des pays les plus densément peuplés du monde et un des moins bien développés.Il occupe le 160e rang sur 182 parmi les pays les plus pauvres.Près de 85% de la population est rurale et exerce une agriculture de subsistance avec un revenu annuel de moins d\u2019un dollar par jour.L\u2019espérance de vie est de 55 ans et le taux de mortalité infantile est de 79 décès pour 1 000 naissances.Le taux de prévalence du VIH/Sida est élevé et prive le pays de sa main-d\u2019œuvre tout en coûtant cher au trésor public.20 | LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 20 14 LES DÉLIS DE L\u2019ÉDUCATION Plus de 70% de la population au Malawi est constituée d\u2019enfants et de jeunes de moins de 25 ans et il existe une forte demande pour de nouvelles écoles.Environ 35% des enfants peuvent fréquenter l\u2019école primaire.De ce nombre, 60% seulement atteindront la deuxième année et 30 % la cinquième année.Le taux d\u2019abandon est plus élevé chez les filles que chez les garçons.Bien que l\u2019école primaire soit gratuite, 30% des enfants défavorisés n\u2019y auront jamais accès pour diverses raisons, entre autres, à cause de l\u2019absence de transport scolaire.L\u2019école secondaire et les études supérieures sont réservées aux plus nantis.Peu d\u2019enfants sont choi- A PROPOS DES MIC sis pour fréquenter les écoles financées par le gouvernement, car ils sont sélectionnés selon les résultats de leur examen final.Les élèves non sélectionnés doivent eux-mêmes subvenir financièrement à leur éducation.Le gouvernement ne peut faire face seul à l\u2019énorme défi de l\u2019éducation et c\u2019est pourquoi la participation du secteur privé est bienvenue.LES MIC ET L\u2019ÉDUCATION Les MIC ont contribué d\u2019une façon particulière à l\u2019éducation au Malawi.Depuis quelques années, nous avons réussi à mettre sur pied quatre maternelles pour les enfants de trois à six ans dans nos six différentes missions.Désireuses de répondre aux souhaits des parents, nous avons planifié la construction d\u2019une école primaire à Mzuzu sur une parcelle de terrain non loin de notre maternelle de Wongani.Nous avons acheté un couvent désaffecté et nous l\u2019avons transformé en édifice administratif.Petit à petit, avec l\u2019aide financière disponible, nous avons aménagé une école de huit classes près du couvent et ouvert L\u2019école primaire de Wongani le 9 septembre 2013.LE MOT WONGANI Le mot Wongani signifie « louer Dieu ».Les MIC souhaitent ardemment que notre garderie et l\u2019école primaire soient, aux yeux des enfants qui viennent à nous, des endroits où on loue le Seigneur.Nous avons choisi «Apprendre et aimer» comme devise pour notre école et ces mots ont pour but de rappeler au personnel et aux élèves de se consacrer à apprendre, bien sûr, mais surtout à aimer.On peut atteindre ce défi en travaillant sans relâche et en profitant de toutes les différentes opportunités qu\u2019offre l\u2019école.Pour les MIC, Délia Tétreault est toujours vivante dans nos cœurs.Nous voulons aussi qu\u2019elle soit vivante à l\u2019école pour tous.Inscrit à l\u2019entrée de l\u2019édifice administratif, le mot Wongani rappelle à tous d\u2019être aimables envers les enfants à l\u2019exemple du Christ qui nous invite à reconnaître le Royaume de Dieu présent en chacun de nous.LE RÊVE DEVENU RÉALITÉ Catherine Mkamanga, m.i.c., est la directrice de l\u2019école, Grace Phiri, m.i.c., la trésorière et Louise Lefebvre, m.i.c., s\u2019occupe du volet social et aide les enfants, et parfois les parents, à relever les défis de la vie.L\u2019équipe en place nous aide à prodiguer la meilleure éducation possible.La première année, nous avons accueilli 120 élèves répartis de la première à la cinquième année.Avec les années, nous espérons accueillir 400 élèves.Nous croyons fermement qu\u2019éduquer les enfants c\u2019est éduquer une nation et que l\u2019école de Wongani réussira à enseigner à tous la manière de louer et de remercier le Seigneur pour toutes ses bontés.INVITATION À PARTICIPER À NOTRE MISSION L\u2019école de Wongani n\u2019a pas encore un an et elle ne peut donc pas marcher toute seule encore.Peut-être vous posez-vous la question.Comment aider L\u2019école primaire de Wonganil Nous vous en serions très reconnaissantes.Voici la situation actuelle : il y a deux saisons au Malawi: durant la saison sèche, les enfants peuvent facilement aller à l\u2019extérieur mais, lors de la saison des pluies, ils doivent demeurer à l\u2019intérieur et c\u2019est pourquoi nous avons besoin d\u2019une salle.Tout don pour construire une salle pour l\u2019école sera le bienvenu.A cause de la situation économique difficile du Malawi et de la dévaluation de la monnaie nationale, tout projet de construction s\u2019avère onéreux.Nous avons donc réellement besoin de l\u2019aide de généreux donateurs pour construire cette salle.Nous, les religieuses MIC du Malawi, sommes reconnaissantes envers toutes les personnes qui, tout au long de cette aventure, ont rendu ce rêve possible et nous tenons à remercier tous ceux qui répondront à notre requête à l\u2019avenir, ii ¦¦in ¦ I mV\u2014 iofos MIC LES DONS PEUVENT ÊTRE ENVOYÉS À: Procure des Missions Projet : Wongani au Malawi 121, avenue Maplewood Montréal QC Canada H2V 2M2 LE PRÉCURSEUR | PRINTEMPS 2014 I 21 hsUAy\tCO&UAy.(is.40,11) Marie-Lucienne Déry,m.i.c.- Sœur Marie-Lucienne (1916-2013), Ste-Anne-de-la-Pocatière, Québec Consacrée à la sainte Vierge lors de son baptême, Marie-Lucienne a une dévotion marquée envers Marie.Assurée de sa protection, elle entre au noviciat le 1er février 1937.Heureuse de rendre service, c\u2019est auprès des malades quelle excellera.Vu ses remarquables habiletés dans cette profession, Sr Marie-Lucienne fera son cours d\u2019auxiliaire-infirmière à 52 ans.À l\u2019Asile Communal au Cap-Haïtien, elle prodiguera pendant 17 ans, avec une attention et une patience infatigables, les soins appropriés aux 140 vieillards pensionnaires, aveugles, infirmes, lépreux, abandonnés.À 90 ans, c\u2019est la vraie retraite.Comme son chapelet ne l\u2019a jamais quittée, le réciter, à la fin de sa vie, lui sera une consolante présence mariale.Gabrielle Laurent, m.i.c.- Sœur Marie-de-Lorette (1919-2013), Québec En 1919, nait Gabrielle, troisième fille parmi cinq enfants.Ayant opté pour la vie missionnaire dans notre Institut, les deux ainées, Rita et Lorette, ont la joie de l\u2019accueillir en 1941.À Totonicapan au Guatémala, l\u2019alphabétisation, l\u2019animation sociale en milieu carcéral, le partage de la vie des indigènes la comblent.De retour de mission, Sr Gabrielle met ses talents de secrétaire et d\u2019accueil à Québec, chez les Pères Blancs, puis chez les Jésuites au collège St-Charles-Garnier.Professionnalisme et discrétion la font apprécier.Dans sa dernière maladie, elle reste ouverte à l\u2019actualité.Le 27 octobre 2013, le Seigneur l\u2019invite à aller chanter, avec ses grandes sœurs, l\u2019éternel Magnificat.Ruth Bégin, m.i.c.- Soeur Rachel-Marie (1918- 2014), Lévis, Québec Le parcours missionnaire de Sr Ruth nous révèle une vie à reflets d\u2019Évangile.Lors d\u2019une retraite fermée, elle reconnaît la vocation missionnaire qui l\u2019habitait depuis toujours.En 1939, notre noviciat l\u2019accueille et, en 1959, sa vocation s\u2019épanouit en Zambie (Afrique) où, pendant 10 ans, se déploie sa capacité d\u2019organisatrice en catéchèse, arts ménagers, maintenance.Elle met sur pied une coopérative.Son retour au Québec la met au service des jeunes adolescentes en difficulté et des personnes dans le besoin.Pendant la dernière étape de sa vie, elle demeurera éveilleuse de vie et semeuse d\u2019espérance par son accueil et son écoute attentive.MERCI, chère Sr Ruth, d\u2019avoir su aimer si inconditionnellement.comme LUI. Du 8 au ï 9 septembre 20 H 12 jours / 10 nuits jt\t£-¦>%¦ fê vt t- /a^i Accompagné por Père Robert Lebel En collaboration avec Fondation catholique\tf* I\t, f\tf
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