L'Escholier : gazette du Quartier latin, 6 octobre 1916, vendredi 6 octobre 1916
[" Volume 2, No 3 6 OCTOBRE 1916 L\u2019Escholier Rédaction et administration CASIER POSTAL 475 Téléphone : MAIN 7460 I I GAZETTE DU QUARTIER LATIN Rédigée en collaboration Quatre pages : Abonnement : -\t5 sous 1.25 sous PARAIT TOUS LES VENDREDIS Annonces : 15 lignes agathe :\t-\t50 sous MAURICE B A USE T Hi'iimix qui pour la gloire ou pour lu lilicrtr, 1>uiis l'orgueil ilr lu forer et l'Ivresse du rêve.Meurt ainsi, d'une mort éblouissante et brève! \u201cLi s tiu)i»mi;i:s\u2019\\ Maurice Bausel est ionil>6 au champ I embrumait les cerveaux.d'honneur.lit plus brave mort ne vint jamais consommer plus brave vie! j ries polémiques: \"il faisait bruit dans le dernier silence on pouvait compter sur lui pour éventer la cendre le dernier l\u2019ar l'éclat de son sacrifice, il fisie sur nos lèvres les hommages banals cl la concision de son épitaphe militaire échue notre funéraire éloquence.Aussi ne venons-nous pas pleurer sur Odes et Satyres Dans un parloir de nonnes l'ne fois que j'étais entré Dans un petit parloir de nonnes, Où le soleil s'était cloîtré Dans de grands rideaux en cretonnes, J'ai vu la nudité du mur, I.es pet it es chaises en Igné, Il avait une âme latine, ouverte aux quatre vents de l\u2019esprit et que rehaussait une mâle sensibilité.Insatiable liseur, de lionne heure il meubla avec sa mémoire: c'est dans l'allégresse que se choix les cellules bien aérées de son cer- regrettent les héros et il convient que leur tombe ne soit pas attristée par l\u2019ombre des saules mais exaltée par les lauriers glorieux à travers (pii s'epand le grand soleil.Nous ne saurions exprimer qu\u2019en termes solennels l'admiration que nous ressentons devant le radieux holocauste de cette jeune vie.Mais une pudeur nous en défend.Nous ne vouions pas être trop inférieur à la tâche ni risquer d'effaroucher, par delà la mort, ennuyeux!\u201d l\u2019humilité profonde de notre ami.Mieux vaut nous borner à retracer le sillon qu'il a creusé dans nos co urs.et veau et sut, à travers les aléas et malgré les courbatures de son intense vie d\u2019étudiant, y maintenir une propreté et un ordre exceptionnels.(\"n professeur, qui avait de l'esprit, lui disait, en signant un jour avec lui un bail de paix relative, au lendemain d'une frasque quelconque: \u201cOh! vous n\u2019efes' peut-être pas l\u2019élève le plus appliqué de la classe, mais vous êtes un des moins Bauset avait un caractère d\u2019une loyauté inflexible, et parmi ses intimes, proverbiales étaient sa franchise et sa droi- plus (pie leur devoir et le Canada sera fier de ses fils.Kn somme, c'est tout ce (pie nous voulons!\u201d On a à souhait \u2014 apologistes et détracteurs \u2014 fouillé les raisons qui ont déterminé la jeunesse canadienne-fran-yaise à s'enrôler.Mais, s'il est un devoir rétrospectif \u2014 à part celui de révérer sa mémoire \u2014\u2022 qui oblige tous ceux quid'ont connu et qui ont été les! témoins immanents de l'accession de sa conscience, dans les veilles frénétiquesj La table avec son tapis mur, où se pétrissait sa décision, c\u2019est de dire; Les portraits des saints à l'air digne, avec combien de bravoure, d\u2019abnéga-j lion, de désintéressement et de sincérité j Au fond, le grand tableau d\u2019honneur, Maurice Bauset se rangea sous les drapeaux.Aucun chauvinisme, nous irons même jusqu\u2019à dire aucun patriotisme hagard ci surchauffé ne possédaient son âme: mais une émotion fébrile devant la Dans sa boite do style ancien grandeur de la lutte,un amour accru sur la maternelle noblesse de la Kranee, déesse des Arts et suprême patrie de l u piano, dont le pied bascule, l\u2019esprit, une frémissante épouvante devant la puissance de la menace, et le de vois, comme en une vision, désir empoignant et sublime de jeter un Passer des petites sœurs, lentes, cœur de plus dans les roues de l'envahis- Avec i les airs de cout rit ion, seur, tels furent, tous et seuls, ferments (pii soulevèrent sa volonté et lui firent faire, d\u2019âme sereine, l'offrande La statuette d'une Vierge, I n ( 'hrist, le front plein de douleur, Aux pieds duquel s'écrase un cierge Dort le vieux cuMir d\u2019une pendule.Kn un coin, veuf de musicien, les Murmurant des choses dolentes.Maintenant qu\u2019il n\u2019est plus et que j mro: ces qualités s\u2019alliaient au charme toute licence est permise à notre amitié j naturel de sa personne, (pie paraient qu\u2019elle soit soupçonnée d\u2019activer j un cœur prodigue cl une haute intclli- sans dans ses encensoirs la fumée d'une flatte-| genre.Il écrivait d'une façon exquise rie de cénacle, nous pouvons, nous (pii tel s\u2019il ne publia jamais rien, malgré les l'avons intimement connu et (pii, peu- offres qu'on lui fit et les occasions (pii le dan! des années, avons partagé avec lui tentèrent, il nous reste de lui une cor- de sa vie.La machine barbare s\u2019est vengée : elh a broyé cotte vie.et combien d'autres niais déjà elle s'inquiète, et lourde de ce i sang \u2014 dont aucune goutte ne fut inu- Kt., ce jour-là, j'ai prié Dieu Ce sont des cantiques très vieux, Comme des airs de villanelle, \u2014J'en ai des larmes dans les yeux Que l'on chante dans la chapelle.la même demeure et rompu, autour de la même table, le pain quotidien du corps et de l\u2019esprit, raviver d'une main brève et légère le fin profil de sa figure.Maurice Bauset était d'abord et resta toujours un jeune! 11 était de cette jeunesse à la fois gaie, enthousiaste et sérieuse, dont le groupement a commence respondance volumineuse et en tous] points remarquable par la finesse de la] pensée, la distinction pittoresque du; slyle et la cordialité des sentiments.Formé dans un collège anglo-canadien ] d'Ottawa, à une épi h pic où commençait \u2022 à gronder, dans l\u2019Ontario, l'orage bilin-l gue, Bauset eut, en arrivant à Montréal.à se former dans son temps et qui, de- la brusque révélation de la civilisation puis son passage à I I niversité, n'a cessé | française.Il sen éprit aussitôt et fut de s'élargir.11 fut de la génération du réveil et ceux qui, aujourd\u2019hui, ont réussi à publier \u2014 et à faire lire \u2014 \u201cl'Ktudiant\" et'\u201cl\u2019Escholier\u201d sont les héritiers de sa pensée: ils font le geste qu\u2019il avait rêvé.Champion de la liberté des étudiants, intransigeant ennemi de toutes les hégé- le plus bouillant des propagandistes.Dans ce temps-là, comme, à l\u2019oly-i technique, afin d'assaisonner la fadeur du : brouet mathématique journalier, sur-J gissait à tout propos des rangs obscurs quoique nouveau poèle boule-en-lrain, | grand rimeur de gazettes, l'un d\u2019eux monies, il déchira bien des gloires usur-j avait un jour commis contre Bauset cet pées, arracha bien des fausses barbes, et ' alexandrin définitif: se galonna d\u2019une popularité dont le \u201cM
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