Annales de l'A.C.F.A.S., 1 janvier 1935, 1935
[" PibltotbèquejBationalf bu Québec Don de œsâ W\u2019fm Ts * ,r .a r*m* mm A ANNALES ' DE ' L\u2019ACFAS \t\\ \" ,\t\t \t\t\t Volume 1\t\t-\t1935 TK ANNALES - CE - L\u2019ACFAS ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L\u2019AVANCEMENT DES SCIENCES MONTRÉAL, CANADA.I r à fi i o-tV - SOMMAIRE I.\tAvant-propos.La Rédaction 9 II.\tLettres patentes de l\u2019ACFAS.H III.\tListe des sociétés affiliées.13 IV.\tL\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences.F.Marie-\\ ictorin 14 V.\tLes débuts de l\u2019ACFAS.Notice historique.Jacques\tRousseau 19 VI.\tLe premier congrès (Montréal, 1933).F.Marie-Victorin 25 A.\tCompte rendu général.Jacques Rousseau 29 B.\tRésumés des communications présentées.45 Section 1: Sciences morales.45 Section 2: Mathématiques, Physique et Chimie.\t52 Section 3: Sciences naturelles.63 Sous-section d\u2019Ornithologie.80 Section 4: Pédagogie des sciences.91 VII.\tLe deuxième congrès (Québec, 1934).94 A.\tCompte rendu général.Joseph Risi 94 B.\tRésumés des communications présentées.122 Section 1: Philosophie et Sciences sociales.122 Section 2: Pédagogie.I\u201d5 Section 3: Philologie.i28 Section 4:\tHistoire et Géographie.131 Section 5:\tChimie.133 Section 6:\tBotanique.142 Section 7 :\tZoologie.1^2 Sous-section d\u2019Ornithologie.I58 Section 8: Mathématiques, Physique, Chimie physique et Physique biologique.160 Section 9: Géologie et minéralogie.165 Section 10: Sciences médicales.170 VIII.\tIndex des noms de personnes.176 91514 I.AVANT-PROPOS.U Association canadienne-franifaise pour V Avancement des Sciences présente le premier volume de ses «Annales».Destinées d\u2019abord à paraître annuellement et à contenir une relation succincte des opérations de V association, les «Annales de V AC F AS)) pourront éventuellement se muer en véritable périodique scientifique et renfermer notamment des articles d\u2019orientation scientifique, des bibliographies et des documents relatifs à l\u2019histoire des sciences canadiennes.Les comptes rendus des congrès comprennent un résumé des communications présentées.Il est difficile en cent mots de rendre justice à un travail; mais comme la plupart sont destinés à la publication dans des périodiques techniques, l\u2019inconvénient est amoindri.Toutes les communications présentées au cours des deux premiers congrès ne sont pas d\u2019égale valeur.Toutefois, l\u2019ensemble laisse augurer des résultats intéressants.L\u2019édition de cette publication a été confiée à un comité de rédaction composé de MM.Adrien Pouliot, président de l\u2019ACFAS, pour 193^-35, Jacques Rousseau, secrétaire de l\u2019ACFAS, Joseph Risi, secrétaire du comité d\u2019organisation du congrès de Québec en 1934, et Jules Brunel, secrétaire de la Société canadienne d\u2019Histoire naturelle.Vu le faible espace disponible, les rédacteurs ont dû réduire à la limite de cent mots, préalablement fixée, certains résumés; pour des raisons d\u2019uniformité, il a aussi fallu, dans quelques cas, en modifier la forme.L\u2019impression de cette publication a été rendue possible grâce à un octroi du Gouvernement de la Province de Québec.L\u2019ACFAS remercie bien sincèrement le Conseil des Ministres pour cette aide généreuse.LA RÉDACTION mm IL LETTRES PATENTES DE L\u2019ACFAS.Lettres patentes constituant en corporation 1\u2019«Association Canadienne-française pour l\u2019avancement des Sciences».CANADA, Province de Québec.George V, par la grâce de Dieu, roi de Grande-Bretagne, d\u2019Irlande et des territoires britanniques au delà des mers, défenseur de la foi, empereur des Indes.A tous ceux qui ces présentes lettres verront ou qu\u2019icelles pourront concerner, Salut.Attendu que la troisième partie de la loi des compagnies de Québec statue que le lieutenant-gouverneur peut, au moyen de lettres patentes expédiées sous le grand sceau, accorder à trois personnes ou plus qui en font la demande par requête, une charte les constituant en corporation sans intention de faire un gain pécuniaire, dans un but national, patriotique, religieux, philanthropique, charitable, scientifique, social, professionnel, athlétique ou sportif ou autre de même genre; Attendu que les personnes ci-après désignées ont demandé par requête une charte qui les constitue en corporation pour les objets ci-après décrits; et Attendu que lesdites personnes ont rempli les formalités prescrites pour l\u2019obtention de la charte demandée et que les objets de l\u2019entreprise de la corporation projetée sont de ceux pour lesquels le lieutenant-gouverneur peut accorder une charte en vertu des dispositions de la troisième partie de.la loi des compagnies de Québec.A ces causes, nous avons, en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés par ladite troisième partie de la loi des compagnies de Québec, constitué et, par les présentes lettres patentes, constituons en corporation les personnes suivantes, savoir: Ernest Gendreau, médecin: Antonio Barbeau, médecin; Victor Doré, président de la Commission des Écoles Catholiques de Montréal; Jacques Rousseau, professeur, tous de la cité de Montréal, et Adrien Pouliot, professeur, de la cité de Québec.Ainsi que les autres personnes qui sont ou deviendront actionnaires de la corporation et ce pour les objets suivants: 12 ANNALES DE L\u2019ACFAS Le développement et l\u2019expansion au Canada français des sciences mathématiques, naturelles, physiques et morales et de toutes les sciences en général, la propagande et la vulgarisation de toutes données scientifiques, l\u2019organisation et la tenue de conférences publiques d\u2019initiation scientifique et de cours de perfectionnement, l\u2019étude et la discussion de toutes questions d\u2019ordre scientifique, l\u2019encouragement et l\u2019aide aux recherches propres à contribuer à l\u2019avancement des sciences, l\u2019organisation de concours, l\u2019octroi de prix et bourses d\u2019études pour en promouvoir le développement, la préparation et la présentation de thèses et de mémoires, l\u2019exposé et la publication de travaux y relatifs, l\u2019administration, aux fins d\u2019avancement des sciences de fondations et de subventions similaires, l\u2019exercice de toutes autres activités proptes au développement, à l\u2019expansion et à l\u2019avancement de toutes les sciences.Le nom de la corporation sera (( Association Canadienne-fran-çaise pour l\u2019Avancement des Sciences Inc.».La principale place d\u2019affaires de ladite corporation sera dans les cité et district de Montréal dans notre province.Le montant auquel sont limités les biens immobiliers que la corporation peut posséder est de deux cent mille dollars ($200,000.).Sont nommées directeurs provisoires de la corporation les personnes suivantes, savoir: Tous les requérants.En foi de quoi, nous avons fait rendre nos présentes lettres patentes et sur icelles apposer le grand sceau de notre dite province de Québec.Témoin: notre très fidèle et bien-aimé l\u2019honorable Henry George Carroll, lieutenant-gouverneur de notre dite province de Québec.Donné en notre hôtel du gouvernement, à Québec, ce vingt-neuvième jour de janvier, l\u2019an de grâce mil neuf cent trente et un et de notre règne le vingt-unième.Par ordre: \u2014 Le sous-secrétaire de la province Alexandre Desmeules.Enregistré le 30 janvier 1931, Libro 139, Folio 137.Le sous-registraire de la province Alexandre Desmeules. III.LISTE DES SOCIETES AFFILIEES dans l\u2019ordre de leur affiliation.Société de Biologie de Montréal.12\tjanvier\t1924 Société canadienne d\u2019Histoire naturelle (Montréal).'.12 janvier 1924 Société médicale de Montréal.12\tjanvier\t1924 Société de Mathématiques et d\u2019Astronomie (Montréal).12\tjanvier\t1924 Société de Philosophie (Montréal).12\tjanvier\t1924 Société historique de Montréal.26\tavril\t1924 Société de Mathématiques de Québec.8\tmai\t1929 Société linnéenne de Québec.1\toctobre\t1930 Société de Physique et de Chimie (Montréal).27 octobre\t1932 Société lévisienne d\u2019Histoire naturelle (Lévis).27 octobre\t1932 Société Provancher d\u2019Histoire naturelle (Québec).4 novembre\t1933 Société d\u2019Études médiévales d\u2019Ottawa.4\tnovembre\t1933 Société de Stomatologie de Québec.15\tfévrier\t1934 Société zoologique de Québec.25\tmai\t1934 Société agronomique de Québec.25\tmai\t1934 Société du Parler français au Canada (Québec).27 septembre\t1934 Société de Chimie de Québec.2\tfévrier\t1935 Société historique et littéraire acadienne (St-Joseph, N.-B.).16\tmars\t1935 Société philosophique de Québec.16\tmars\t1935 Société des Sciences morales et politiques (Montréal).16\tmars\t1935 Société canadienne-française d\u2019Êlectrologie et de Radiologie médicales.16 mars 1935 Société médicale de Québec.16\tmars\t1935 Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec.16\tmars\t1935 IV.L\u2019ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L\u2019AVANCEMENT DES SCIENCES'.PAH F, MARIE-VICTORIN, f.e.c.Directeur de V Institut botanique de V Université de Montréal.Le fait dominant de l\u2019histoire du dernier siècle est sans doute le développement étourdissant des sciences physiques et naturelles, avec le bouleversement économique qui en est fatalement résulté.Rien, à l\u2019heure actuelle, n\u2019indique que ce développement et ce bouleversement approchent de leur terme.Combien Renan avait raison et combien il avait tort quand il s\u2019écriait à Lagny, le 1er mai 1865, au cours d\u2019une conférence: «Jamais des gens, quelque ingénieux qu\u2019on les suppose, ne bénéficiant pas des acquisitions successsives d\u2019une science organisée, n\u2019auraient découvert l\u2019emploi de la vapeur, le télégraphe électrique, le gaz d\u2019éclairage, le télescope, la photographie.Voilà des découvertes savantes, supposant une science organisée.Eh bien! messieurs, désormais il n\u2019y en a plus guère d\u2019autres à faire.Le champ des découvertes instinctives, empiriques, est épuisé; on ne trouvera plus rien sur les grands chemins; il faut s\u2019engager dans les chemins les plus secrets et les plus détournés.11 n\u2019y a plus moyen de créer des instruments nouveaux à l\u2019humanité, si l\u2019on ne procède par l\u2019analyse la plus profonde, par une analyse qu\u2019un très petit nombre d\u2019hommes peuvent comprendre.» Tombées des lèvres du grand pontife de la religion de la science, ces paroles font aujourd\u2019hui sourire.Eh oui! malgré son fétichisme de la science, ce prophète a manifestement vu trop court.On a encore trouvé sur les grands , chemins et il }r a sans doute encore beaucoup à découvrir.Cependant si le hasard reste toujours le merveilleux sorcier qui combine ou isole les éléments et les phénomènes, il commence tout de même à y avoir beaucoup de déjà vu, nombre de facettes du diamant de la vérité sont connues au moins sous quelque angle, et les chances de découvertes par «l\u2019homme 1 Extrait de la «Revue Trimestrielle Canadienne», 10: 95-99.1924. ANNALES DE l\u2019ACF AS 15 sur la rue» sont déjà moindres.Nécessairement, à mesure que les combinaisons simples s\u2019épuisent, le domaine de la découverte appartient de plus en plus exclusivement au chercheur professionnel, «engagé dans les chemins secrets et détournés», et pourvu du puissant projecteur de l\u2019analyse.Aussi, à peine sorties de la fournaise de la guerre, les grandes nations, qui ont fait la navrante expérience d\u2019un outillage scientifique encore plus puissant pour détruire que pour créer, reprennent néanmoins, avec une ardeur rajeunie, les travaux scientifiques de la paix relative dont elles jouissent.Dans cette course à la connaissance et à la découverte, comme dans celle aux armements, nulle nation ne peut s\u2019arrêter sans devenir automatiquement tributaire de celles qui battent la marche.Le jeune peuple canadien-français n\u2019a certes jamais été indifférent aux progrès réalisés par ses aînés, mais, \u2014 et c\u2019est presque un lieu commun de le répéter, \u2014 ses efforts se sont surtout exercés dans le domaine particulier de la survivance nationale et religieuse, et dans celui de l\u2019organisation sociale et économique.Ceux qui nous ont précédés ont visé à l\u2019essentiel et paré au plus pressé.Ils nous ont conquis péniblement et de haute lutte une cohésion et une armature morale dont nous sommes fiers.Ils ont atteint, et largement, le but qu\u2019ils se proposaient: ils ont réalisé ce qu\u2019on a appelé le miracle canadien et qui n\u2019était peut-être que le résultante d\u2019énergies concentrées et dirigées sur un seul point par les chefs religieux et civils d\u2019un petit peuple têtu résolu à ne pas céder ce qui le faisait lui-même.De ces labeurs et de ces conquêtes, nous devons savoir gré aux lointains ancêtres dont nos enfants épellent les noms dans les manuels, comme aux nôtres d\u2019hier et qui seront demain l\u2019histoire.Mais, tout en gardant précieusement les acquisitions d\u2019un passé qui ne fut pas sans vraie gloire, l\u2019heure n\u2019est-elle pas venue de tourner les yeux vers les vastes champs du savoir où moissonnent déjà, et depuis longtemps, les hommes de toute langue et de tout pays?Nos universités, \u2014 hâtons-nous de le dire, \u2014 l\u2019ont parfaitement compris.Et nous avons vu partout les études se développer, les programmes se perfectionner, les horizons anciens s\u2019élargir et de nouveaux s\u2019ouvrir devant notre jeunesse laborieuse.Mais l\u2019éducation de l\u2019esprit, dans le meilleur sens du mot et le plus fécond, ne consiste pas seulement dans la connaissance de // 16 ANNALES DE L\u2019ACFAS l\u2019immense quantité de faits désormais accessibles, et des lois, nombreuses aussi, et plus ou moins complexes, qui paraissent les régir.Elle implique encore, \u2014 et cela est suprêmement important, \u2014 le développement de la faculté de classer et de synthéthiser, de chercher et de découvrir de nouveaux faits, de nouvelles applications et de nouvelles lois.Cette éducation une fois faite, \u2014 c\u2019est proprement la haute mission de nos Universités, \u2014 commence le rôle des mécènes et de l\u2019organisation scientifique, rôle qui consiste surtout à découvrir les compétences et les vocations, à stimuler et à faciliter la recherche.Les motifs de la recherche peuvent être aussi variés que le tempérament, les goûts et les besoins de ceux qui s\u2019y engagent.Mais le motif qui doit primer les autres, \u2014 que les hommes pratiques avant tout ne s\u2019en scandalisent pas de prime abord, \u2014 est incontestablement le plaisir très noble et très élevé qui se trouve dans la recherche de la vérité pour elle-même.Les profits industriels, la gloire scientifique, voire même l\u2019amélioratioh des conditions matérielles de la vie de l\u2019humanité, sont des stimulants certes légitimes, et qui continueront sans doute à recruter la masse des travailleurs scientifiques.Il n\u2019en est pas moins vrai cependant que ces stimulants présentent un danger, qui est celui de tous les stimulants.Inconsciemment peut-être, les intérêts en jeu, les idées préconçues et les buts trop précis gêneront la conduite des recherches, entraîneront dans des directions déterminées et peut-être irrémédiablement vides, empêcheront, en tous cas, de battre dans tous les sens la grande nuit de l\u2019inconnu.L\u2019histoire de la découverte scientifique montre que, le plus souvent, on trouve ce qu\u2019on ne cherchait pas, et que c\u2019est le hasard qui, en faisant concourir fortuitement les ordonnées, est le grand découvreur de rapports et de faits nouveaux.Mais encore faut-il que le hasard trouve au point de concours des ordonnées révélatrices, pour recueillir ses révélations, des esprits préparés et attentifs, capables d\u2019enregistrer l\u2019éclair qui n\u2019a lui qu\u2019un instant, d\u2019en dégager les sources et d\u2019en calculer la portée.Il faut donc que le chercheur, \u2014 ayant préalablement choisi un sujet de recherches, \u2014 n\u2019en soit pas l\u2019esclave, qu\u2019il se laisse remorquer par les imprévus inévitables et entraîner au besoin sur un tout autre terrain.La vérité scientifique est à la fois trop profonde et trop simple pour qu\u2019elle puisse être imaginée ou devinée.Ainsi donc, se laisser prendre par le sujet de la recherche, par le désir de tout connaître et de tout découvrir! Que si, tout à coup, s\u2019ouvre ft ANNALES DE L\u2019ACFAS 17 un champ inattendu de découverte, un plan nouveau de vérité, s\u2019abandonner alors longuement à l\u2019éréthisme intellectuel, à l\u2019extase qui soulève et décuple les puissances créatrices des facultés! Mais pour cela, être suffisamment indépendant des contingences matérielles, et suffisamment dégagé dans l\u2019espace et dans le temps; ne pas être sans cesse harcelé par la nécessité d\u2019accoucher à date fixe d\u2019une découverte ou du mémoire qui en donne l\u2019illusion aux patrons de la recherche! Certes, l\u2019argent n\u2019est qu\u2019un symbole et un outil, la forme statique de l\u2019énergie humaine.Il n\u2019est pas l\u2019intelligence et ne la crée pas, non plus que dans le carrare, le marteau du sculpteur ne crée l\u2019Apollon ou la Madone.Mais si l\u2019argent ne crée pas l\u2019intelligence, il la découvre souvent, et la libère, et l\u2019affranchit.Et c\u2019est pourquoi on ne saurait surestimer le rôle bienfaisant qu\u2019ont assumé dans ces derniers temps ces magnats de la finance et de l\u2019industrie qui, ayant réuni entre leurs mains d\u2019immenses fortunes, s\u2019en sont servis pour allumer dans leurs patries respectives, ou mieux encore dans la grande patrie humaine, le flambeau de la recherche scientifique.Qu\u2019il suffise de nommer le prince Demidoff en Russie, le prince de Monaco, et ici, en Amérique, parmi tant d\u2019autres, les Carnegie et les Rockefeller.Ceux qui usent ainsi de la puissance de l\u2019argent sont en vérité excusables de la posséder si formidable! Depuis la guerre, le gouvernement britannique a accordé près de dix millions aux associations ayant pour but la recherche scientifique.Dans le lointain Japon, on vient d\u2019établir un laboratoire de recherches auquel le Mikado a personnellement contribué pour un demi-million.Qui ne sait qu\u2019une seule firme allemande, la Badische Soda und Anilin Fabrik a dépensé pendant dix-sept ans plus de cinq millions de dollars pour arriver à la synthèse de l\u2019indigo.Ce que l\u2019on sait moins, c\u2019est qu\u2019au moment de la déclaration de la guerre l\u2019Allemagne vendait annuellement des teintures synthétiques pour le triple de cette somme.Enfin, pour ne pas multiplier les exemples, disons que le budget annuel du Département de l\u2019Agriculture des Etats-Unis, \u2014 qui est surtout un organisme de recherches, \u2014 atteint presque quarante millions.Mais si l\u2019argent est le nerf de la guerre, il n\u2019en est que le nerf, le cerveau est ailleurs.Aussi dans tous les grands pays, on ne s\u2019est pas contenté de subventionner la recherche.Pour grouper les forces et coordonner les travaux, pour stimuler et diriger, pour multiplier les points de contact entre des spécialités et des spécialistes qui 18 ANNALES DE L ACF AS risqueraient de s\u2019ignorer et de se méconnaître, de grandes organisations dites «associations pour l\u2019avancement des sciences», ont été créées partout.On connaît les Associations française, anglaise et américaine.Il y en a d\u2019autres.La dernière née est Y Association canadienne-française pour l\u2019Avancement des Sciences.Elle date déjà de plusieurs mois et c\u2019est complètement organisée qu\u2019elle se présente aujourd\u2019hui au public qui, \u2014 tout porte à l\u2019espérer, \u2014 lui fera bon accueil.Beaucoup plus qu\u2019une simple coopération d\u2019individus, l\u2019Association est une fédération de sociétés.Le nombre des sociétés adhérentes e^t déjà important et c\u2019est Tardent désir des promoteurs de réunir tous les corps savants de langue française en Amérique.Toutes ces sociétés adhérentes, qui conservent leur complète autonomie, sont d\u2019ailleurs sur un pied d\u2019égalité absolue dans l\u2019Association, ainsi qu\u2019on pourra le constater par le statut.C\u2019est un pas en avant définitif que nous venons de faire.C\u2019est la mise en faisceau de nos modestes ressources, et la mise en valeur dans tous les domaines scientifiques des talents et des bonnes volontés qui ne nous manquent pas.Chez une nation si jeune d\u2019espoir et qui possède l\u2019immense avantage de parler Tune des trois langues scientifiques du monde, nul ne peut prévoir la portée immense d\u2019une telle création.Nous savons seulement que désormais des cadres sont dressés, où vont s\u2019organiser les travaux et les études de nos compatriotes.Nous savons encore que ce séculaire isolement du travailleur scientifique, isolement splendide mais désastreux, va cesser.Le branle est donné et rien ne l\u2019arrêtera plus! / V.LES DEBUTS DE L\u2019ACFAS.NOTICE HISTORIQUE.PAR JACQUES ROUSSEAU Professeur à V Université de Montréal.Le 15 mai 1923, la Société de Biologie de Montréal conviait à un dîner au Cercle Universitaire une vingtaine de personnes du monde universitaire représentant des sociétés scientifiques de la région de Montréal.Jusque là, chaque société avait travaillé isolément.D\u2019autre part, l\u2019essor donnée depuis peu aux sciences dans les milieux universitaires du Québec promettait des recrues prêtes à apporter leur quote-part au mouvement scientifique du pays.L\u2019heure était venue de grouper ces énergies.A cette réunion présidée par M.Arthur Bernier1 et où le F.Marie-Victorin 2 agissait comme secrétaire, on proposa donc de fédérer nos sociétés scientifiques sous le nom d'Association canadienne-française pour VAvancement des Sciences.Les premières sociétés adhérentes étaient les suivantes: Société de Biologie de Montréal, Société canadienne d\u2019Histoire naturelle, Société médicale de Montréal, Société de Chimie, Société de Physique, Société de Chimie industrielle3, Société des Sciences historiques et politiques 4, Société de Mathématiques et d\u2019Astronomie, Société de Philosophie5.1\tPrésident de la Société de Biologie, professeur de bactériologie à l\u2019Université de Montréal, décédé le 29 avril 1928.2\tAlors secrétaire de la Société de Biologie.3\tLes Sociétés de Chimie, de physique et de Chimie industrielle se sont fusionnées plus tard pour donner naissance à la Société de Physique et de Chimie.4\tCette société, dès le 12 janvier 1924, était scindée en Société d\u2019Économie politique et Société de Recherches historiques.L\u2019une et l\u2019autre sont restées à l\u2019état de projet.5\tCette société, restée longtemps à l\u2019état de projet, a été organisée en 1933. 20 ANNALES DE l\u2019ACFAS A la réunion suivante du conseil provisoire composé du conseil de la Société de Biologie et du président de toutes les sociétés adhérentes, MM.Edouard Montpetit, Arthur Bernier, et F.Marie-Victorin étaient chargés d\u2019élaborer les statuts et règlements de l\u2019ACF AS.Le 12 janvier 1924, le conseil provisoire de l\u2019ACFAS et les conseils des sociétés adhérentes réunis en assemblée générale acceptèrent les règlements et élirent le premier conseil de l\u2019Association.L\u2019inauguration officielle de l\u2019Association eut lieu le 15 mai 1925 au Cercle Universitaire, au cours d\u2019un banquet où prirent place les sommités du monde universitaire, politique et professionnel de Montréal.Le 30 janvier 1930, l\u2019ACFAS obtenait de la Législature de Québec les lettres-patentes la constituant en corporation 1.Un petit nombre de sociétés adhérentes faisant partie de l\u2019ACFAS lors de la formation disparurent au cours des premières années 2.Par contre plusieurs autres, et des plus actives, s\u2019affilièrent par la suite.On en trouvera la liste ailleurs3.Depuis sa fondation, l\u2019ACFAS a été administrée par des conseils comprenant les personnes suivantes (les dates sont celles des assemblées générales où furent constitués ces conseils): 12 janvier 1924 Président Léo P ARISE AU Premier vice-président Gustave Archambault Second vice-président Germain Beaulieu Secrétaire F.Marie-Victorin, f.e.c.Trésorier Victor Doré ?27 décembre 1924 Le conseil précédent est réélu.9 octobre 1925 Président Edouard Montpetit Premier vice-président G.-W.Derome Second vice-président Germain Beaulieu Secrétaire Abbé Wilfrid Labrosse Trésorier Victor Doré 1\tVoir page 11.2\tVoir notes 3 et 4.3\tVoir page 13. ANNALES DE l\u2019aCFAS 13 novembre 1929 20 octobre 1926 Président Jean Flahault Président E.-G.Asselin Premier vice-président Abbé Wilfrid Labrosse Premier vice-président Louis Bourgoin Second vice-président Adrien Pouliot Second vice-président F.M arie-Vi ctorin, f.e.c Secrétaire Antonio Barbeau Secrétaire Abbé Wilfrid Labrosse Trésorier Victor Doré Trésorier Victor Doré Secrétaire adjoint Jacques Rousseau 28 octobre 1927 4 novembre 1930 Président Ernest Gendreau Président E.-G.Asselin Premier vice-président Adrien Pouliot Premier vice-président F.Marie-Victorin, f.e.c Second vice-président Antonio Barbeau Second vice-président André Wendling Secrétaire Jacques Rousseau Secrétaire Abbé Wilfrid Labrosse Trésorier Victor Doré Trésorier Victor Doré 9 décembre 1931 Le conseil précédent est réélu ?27 octobre 1932 14 novembre 1928 Président Jean Flahault Président Abbé Alexandre Vachon Premier vice-président E.-G.Asselin Premier vice-président P.Ceslas Forest, o.p.Second vice-président André Wendling Second vice-président Germain Beaulieu Secrétaire Abbé Wilfrid Labrosse Secrétaire Jacques Rousseau Trésorier Victor Doré Trésorier Victor Doré 22 ANNALES DE L ACFAS 4 novembre 1933 Président P.Ceslas Forest, o.p.9 octobre 1934 Président Adrien Pouliot Premier vice-président Germain Beaulieu Premier vice-président Georges-H.Baril Second vice-président Georges-H.Baril Second vice-président Georges Maheux Secrétaire Jacques Rousseau Secrétaire Jacques Rousseau Trésorier Victor Doré Trésorier Victor Doré Depuis l\u2019année 1933, il est entendu que le président est choisi alternativement dans le district de Montréal et dans le district de Québec.Eh outre, afin d\u2019assurer plus de continuité à l\u2019œuvre de l\u2019Association, le premier et le second vice-présidents de l\u2019Association deviennent respectivement, l\u2019année suivante, président et premier vice-président.Chaque discipline scientifique doit être représentée à la présidence à tour de rôle.Jusqu\u2019à date elles l\u2019ont été comme suit: médecine (6 années de présidence), chimie (3 années), économie politique (1 an), philosophie (1 an), mathématiques (1 an), physique (4 années, déjà comptées dans les six années de présidence des médecins).L\u2019un des premiers actes de l\u2019ACFAS après sa fondation fut d\u2019adresser un questionnaire aux hommes de science canadiens-français.Cette formule, outre quelques notes biographiques, contenait une bibliographie détaillée de chaque personne et un aperçu des travaux en cours.Malheureusement, après l\u2019incendie de l\u2019Ecole polytechnique, en 1928, ces documents, avec tous ceux des archives de l\u2019Association, endommagés par l\u2019eau, ne furent pas conservés.Toutefois le secrétaire d\u2019alors, l\u2019abbé Wilfrid Labrosse, put conserver les procès-verbaux des assemblées tenues depuis la fondation de l\u2019Association.L\u2019ACFAS s\u2019occupa toujours activement de la vulgarisation des sciences; aussi coopéra-t-elle activement au concours de botanique organisé par le journal Le Devoir, en 1930, et depuis à l\u2019organisation des Cercles des Jeunes Naturalistes.Ce groupement compte aujourd\u2019hui environ 400 cercles et près de 10,000 membres.L\u2019ACFAS organisa aussi des conférences publiques dans les milieux ANNALES DE l\u2019aCFAS 23 universitaires, les collèges, les écoles normales, les écoles primaires et les Cercles des Jeunes Naturalistes.Les conférences données directement sous les auspices de l\u2019ACFAS se chiffrent aux nombres suivants: Années\tNombre de conférences 1924-\t25 .4 1925-\t26 .6 1926-\t27 .5 1927-\t28 .4 1928-\t29 .3 1929-\t30 .v.10 1930-\t31 .'.29 1931-\t32 .54 1932-\t33 .44 1933-\t34 .46 L\u2019ACFAS ne pouvait s\u2019occuper uniquement de vulgarisation des sciences.L\u2019un de ses rôles en effet est de favoriser et de promouvoir les recherches scientifiques.Les trois moyens employés sont la subvention pour la publication de mémoires scientifiques, les congrès annuels et la création d\u2019une bibliothèque.Jusqu\u2019à date, l\u2019ACFAS a accordé plusieurs subventions pour la publication de mémoires scientifiques qui ont reçu un bon accueil dans le monde de la science.Le premier congrès de L\u2019ACFAS eut lieu à Montréal en 1933; le deuxième à Québec en 1934.Comme ces congrès sont l\u2019objet de rapports élaborés, il n\u2019y a pas lieu d\u2019en parler plus longuement ici; qu\u2019il suffise de dire qu\u2019à l\u2019avenir, ils auront lieu alternativement à Montréal et à Québec.A la fin de l\u2019année 1934, l\u2019ACFAS a entrepris la création d\u2019une bibliothèque destinée à réunir toutes les publications canadiennes (ou se rapportant au Canada) couvrant le champ de la science.En effet, les organisateurs de cette bibliothèque n\u2019entendent pas limiter son objet aux sciences exactes.La philosophie, l\u2019histoire, la géographie, les sciences sociales, le droit, la médecine y seront représentés, comme les mathématiques, la physique, la chimie, les sciences naturelles, etc.Toutes les publications, relatives à ces disciplines, en langue française ou anglaise, \u2014 volumes, périodiques, tirés-à-part et cartes géographiques, \u2014 seront reçues avec plaisir par le secré- A VI.LE PREMIER CONGRÈS (Montréal, 1933).1 PAR F.MARIE-VICTORIN, f.e.c.Jeudi soir, le 2 novembre, s\u2019ouvre à Montréal le premier Congrès de l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019Avancement des Sciences.Pour ceux qui ne s\u2019en douteraient pas, disons tout de suite que c\u2019est une date dans l\u2019histoire culturelle de notre pays, parce que c\u2019est la première tentative de réunir, de grouper en un faisceau, non pas seulement, \u2014 comme nous en avons l\u2019habitude invétérée, \u2014 de beaux projets et des espérances sur le papier, mais des réalisations, les réalisations opérées dans le domaine scientifique à la suite d\u2019un mouvement concerté qui date d\u2019une dizaine d\u2019années.Certes, ces réalisations sont modestes, si on les compare à ce qu\u2019elles pourraient être ici même, et à ce qu\u2019elles sont dans d\u2019autres pays, comme le nôtre en crise d\u2019adolescence.Mais telles qu\u2019elles sont, ces réalisations surprendront sans doute l\u2019observateur attentif, familier avec la situation d\u2019il y a vingt ans.La simple lecture du programme de ce congrès est une révélation.On y voit que vingt communications seront présentées dans la section des sciences morales; quarante et une dans la section des sciences mathématiques, physiques et chimiques; quatre-vingt-dix-neuf dans la section des sciences naturelles; six dans la section de la pédagogie des sciences; le tout formant un total de cent soixan-te-six-travaux.Il n\u2019est que juste de dire qu\u2019une notable partie de ce succès est due au comité d\u2019organisation et au travail acharné du dévoué secrétaire de l\u2019ACFAS, M.Jacques Rousseau.Il faut souligner tout de suite la diversité des milieux d\u2019où viennent les communications, diversité qui affirme une réconfortante unité dans la détermination de travailler à la création d\u2019une science canadienne-française.Pour une fois, les.questions de clocher, les rivalités de chapelles, les oppositions de clans ne sont pas intervenues.Les congressistes et les auteurs de travaux viennent de toutes les parties de la province.Les universitaires y coudoient les professeurs de l\u2019enseignement secondaire et de l\u2019enseignement 1 Extrait du «.Devoir, » 30 octobre 1933. 26 ANNALES DE l\u2019ACFAS primaire supérieur; les techniciens de nos services gouvernementaux y fraternisent avec les sociologues et les philosophes.C\u2019est, en vérité, au milieu des tristesses que tout le monde connaît, l\u2019un des spectacles consolants de l\u2019heure.On dirait que l\u2019épreuve nous a assagis et nous a permis à nouveau d\u2019apprécier les valeurs spirituelles.Sans doute, ce congrès ne fera pas disparaître beaucoup de mystères.Et qui s\u2019en étonnera?Maeterlinck a écrit avec autant de raison que d\u2019humour: «Il est bien rare qu\u2019un mystère disparaisse; d\u2019ordinaire, il ne fait que changer de place.Mais il est important et très désirable qu\u2019on parvienne à le changer de place!» Avec le congrès de 1933, l\u2019ACFAS se dégage définitivement de ses langes.Qu\u2019il soit permis à un ouvrier de la première heure de dire qu\u2019elle a connu des heures difficiles, et qu\u2019après un excellent dîner d\u2019inauguration, il y a quelque dix ans, elle fut laissée à peu près à ses propres forces.Mais rendons cette justice à l\u2019honorable Athanase David, secrétaire de la province, qu\u2019il lui resta fidèle et que son intervention opportune permit à l\u2019ACFAS de survivre pendant cette période critique où, le feu d\u2019artifice évanoui, la jeunesse des laboratoires dut s\u2019outiller péniblement et, petit à petit, prendre conscience d\u2019elle-même.Il faut aussi rendre hommage à la clairvoyance et au dévouement discret de M.Victor Doré qui, depuis dix ans, a assuré la liaison entre une organisation destinée à développer la science en notre pays et un organisme scolaire qui en sera le premier bénéficiaire.Tous les grands pays ont des Associations pour l\u2019avancement des sciences.On connaît la British Association for the Advancement of Science, VAssociation française pour VAvancement des Sciences.Plus et mieux que des groupements d\u2019individus, ces Associations sont des groupements de sociétés, et leur rôle est essentiellement un rôle de coordination.L\u2019expérience a abondamment montré qu\u2019elles constituent un merveilleux instrument de travail et de progrès.On peut regretter que chez nous cette formule, à peine créée, ait été de suite délaissée pour d\u2019autres formules, utiles sans doute, mais infiniment plus coûteuses, et dont l\u2019académisme, en faisant de nous d\u2019éternels et passifs auditeurs, nous éloigne de l\u2019action qui crée et qui construit.Le Congrès de l\u2019ACFAS va donc nous permettre de dresser l\u2019inventaire de nos modestes ressources scientifiques, de marquer le progrès accompli, de faire le point.Nous allons mesurer le chemin ANNALES DE L\u2019ACFAS 27 parcouru, mais nous éviterons de nous féliciter naïvement les uns les autres d\u2019être enfin entrés en ligne avec un demi-siècle de retard.Nous éviterons aussi de croire que ce progrès est le résultat nécessaire de l\u2019accélération temporelle, une bille sur un plan incliné, et que nous n\u2019avons qu\u2019à laisser rouler la bille.En réalité, dans les choses de l\u2019esprit, la courbe du progrès est plutôt sinusoïdale.M.Léon Lortie, professeur à la Faculté des Sciences, présentera dans la section pédagogique une note historique qui ne manque pas de sel.C\u2019est un extrait de la «Gazette de Québec» (1840), corroboré d\u2019ailleurs par un article du «Canadien», qui relate une séance d\u2019examens publics au Petit Séminaire de Québec.On y lit ceci: « L\u2019examen des élèves sur toutes les branches qu\u2019on leur a enseignées s\u2019est fait avec une sévérité et une persistance qui ont dû faire voir au public qu\u2019on y allait consciencieusement.Hâtons-nous maintenant d\u2019arriver aux mathématiques.Ici, nous éprouvons un sentiment d\u2019orgueil pour Québec et pour le pays; nous osons le dire, il n\u2019y a peut-être pas sur tout le continent américain une école de mathématiques qui soit comparable à celle du Petit Séminaire de Québec.Toutes les branches de mathématiques y sont enseignées, telles que l\u2019arithmétique ordinaire, l\u2019algèbre, la géométrie, les deux trigonométries rectiligne et sphérique, les sections coniques et les calculs différentiel et intégral.Tous ceux qui ont été interrogés sur _ les différentes parties de cette science ont très bien répondu; mais c\u2019est surtout sur le calcul différentiel et sur le calcul intégral qu\u2019ils se sont distingués; leurs réponses fermes et assurées ont dû étonner ceux qui connaissent les difficultés que l\u2019on éprouve à retenir dans son esprit l\u2019enchainement des conséquences qui mènent à la solution d\u2019un problème.C\u2019était cette manière de répondre qui faisait dire, il y a trois ans, à un étranger distingué, qu\u2019il n\u2019aurait jamais cru qu\u2019il y eût une école de mathématiques si forte en Canada.» Cette citation est fort curieuse, car on admettra sans peine que peu de nos maisons d\u2019éducation non universitaires sont à ce niveau aujourd\u2019hui.Que faut-il donc penser de l\u2019éternelle excuse du peuple jeune invoquée pour justifier toutes les stagnations ?En même temps que le congrès de l\u2019ACFAS, et comme partie intégrante de ce congrès, se tiennent deux expositions régionales de jeunes naturalistes l\u2019une à Montréal, l\u2019autre à Québec.De l\u2019exposition de Québec, qui se tient à l\u2019Académie Commerciale, disons seulement qu\u2019elle remportera cette année, et pour la troisième fois, 28 ANNALES DE L\u2019ACFAS un beau succès, et que, dans le domaine des expositions, nos amis de Québec nous ont sûrement devancés.L\u2019exposition de Montréal se tient au Mont-Saint-Louis et s\u2019ouvre vendredi soir par une conférence scientifique présidée par M.Edouard Montpetit, secrétaire général de l\u2019Université de Montréal.Environ une centaine de Cercles de jeunes naturalistes des régions de Montréal et d\u2019Ottawa ont envoyé des exhibits.On sait que ces Cercles, par leur affiliation à la Société canadienne d\u2019His-toire naturelle, sont des filiales de l\u2019ACFAS et constituent à l\u2019heure actuelle l\u2019un de ses plus sérieux espoirs.Que le public aille nombreux admirer et encourager l\u2019effort étonnant de notre jeunesse, effort qui s\u2019étage depuis l\u2019école du rang jusqu\u2019aux classes de philosophie de nos collèges classiques, en passant par nos couvents et nos académies.Ce n\u2019est pas là chose puérile, si tant est qu\u2019il y ait des choses puériles en éducation, mais bien au contraire, l\u2019une des plus sérieuses initiatives de l\u2019heure présente.Il s\u2019agit en effet de toucher à l\u2019exquise faculté réceptive des âmes toutes neuves, de transformer la vision de l\u2019univers pour une génération qui, avec ou sans notre consentement, sera complètement différente de la nôtre.Faut-il répéter ici la parole de Chesterton: « Les écoles et les sages les plus insondables n\u2019ont jamais atteint la gravité qui se montre dans les yeux d\u2019un enfant.C\u2019est la gravité de l\u2019étonnement devant l\u2019Univers, et l\u2019étonnement devant l\u2019Univers n\u2019est pas du Mysticisme, c\u2019est le sens commun transcendant.» Tout le monde saisira le rapport étroit qui unit le congrès de l\u2019ACFAS et les expositions des C.J.N.On a souvent dit que notre stagnation scientifique, que personne ne songe plus à nier, a été le résultat d\u2019un cercle vicieux: un enseignement trop inadéquat pour créer les éléments d\u2019un milieu scientifique; un milieu scientifique indigent, impuissant à engendrer un corps professoral à la hauteur de sa tâche.En l\u2019occurrence, nous assistons à un méritoire effort pour briser le cercle par deux points à la fois.A l\u2019occasion de la fondation des C.J.N., et de la part qu\u2019y a prise un groupe d\u2019universitaires, certains esprits claquemurés dans une conception collet monté du rôle de l\u2019université, nous ont accusés, si l\u2019on peut dire, de faire entrer l\u2019école primaire dans l\u2019université.J\u2019estime qu\u2019il faut s\u2019exprimer autrement.L\u2019Université s\u2019est inclinée vers le collège et vers l\u2019école pour les élever jusqu\u2019à elle.et ce salutaire mouvement de flexion était un peu en retard, avou-ons-le ! ANNALES DE l\u2019aCFAS 29 # La liaison est maintenant faite, au moins dans certains domaines, et toute à bénéfice réciproque.Souhaitons qu\u2019elle devienne de plus en plus étroite et que le collège, l\u2019école, soient constamment atteints et vivifiés par le rayonnement de nos universités.Pour que le peuple sente que l\u2019université est sa maison, et pour que l\u2019université devienne de plus en plus ce qu\u2019elle était au moyen âge, la fontaine universelle du savoir! A.-COMPTE RENDU GÉNÉRAL.PAR JACQUES ROUSSEAU 1.Séance d\u2019ouverture, à l\u2019Université de Montréal.30 a)\tAllocution du premier vice-président de l\u2019ACFAS, le P.Ceslas Forest, o.p.-.30 b)\tMessages du gouverneur général du Canada, du lieute- nant-gouverneur de la province de Québec, du premier ministre du Canada, du premier ministre de la Province et du recteur de l\u2019Université Laval.\t30 c)\tBienvenue du recteur de l\u2019Université de Montréal.\t32 d)\tConférence de M.Léo P arise au: « Les étapes d\u2019une recherche ».32 e)\tAllocution de Son Honneur Fernand Rinfret, maire de Montréal.36 2.\tDeuxième séance publique, au Mont-Saint-Louis.36 a)\tAllocution du directeur général des Cercles des Jeunes Naturalistes, le F.Adrien, c.s.c., et ouverture de l\u2019exposition d\u2019histoire naturelle.36 b)\tConférence du F.Marie-Victorin, f.e.c.: « Les flores condamnées du golfe Saint-Laurent )).\t36 c)\tAllocution de M.Edouard Montpetit, secrétaire gé- néral de l\u2019Université de Montréal.38 3.\tBanquet de clôture, au Cercle Universitaire.38 4.\tExpositions tenues au cours du Congrès.41 5.\tComités spéciaux.45 30 ANNALES DE L\u2019ACFAS 1.SÉANCE D\u2019OUVERTURE.Le premier congrès général de l\u2019ACFAS a été inauguré le jeudi soir, 2 novembre 1933, à l\u2019Université de Montréal par une conférence publique sous la présidence d\u2019honneur de l\u2019honorable Fernand Rinfrbt, maire de Montréal.Allocution du vice-président.En l\u2019absence du président de l\u2019ACFAS, 'l\u2019abbé Alexandre Vachon, directeur de l\u2019École supérieure de Chimie de Québec, en voyage en Europe, le P.Ceslas Forest, premier vice-président de l\u2019ACFAS, ouvre officiellement le congrès.Après quelques mots à l\u2019adresse du président de l\u2019ACFAS, il expose le but de l\u2019Association, rend témoignage aux initiateurs de ce mouvement et à l\u2019honorable L.-A.David, secrétaire de la Province, et donne lecture des principaux messages reçus.Message du gouverneur général du Canada.«His Excellency desires me to say that he wishes the association every success in its endeavours.» James F.Crowdy, Assistant secretary to the Governor General.Message du lieutenant-gouverneur de la Province.« Au moment où s\u2019ouvre votre congrès, laissez-moi vous transmettre l\u2019expression de mes vives félicitations.J\u2019estime à l\u2019égal des plus importantes et comme une œuvre nationale votre initiative.« De nos jours, où les applications de la science ont quasi révolutionné les modes de vie et continuent, chaque jour, d\u2019ouvrir des perspectives nouvelles, il est sûr que négliger l\u2019étude des sciences serait, pour un peuple et pour ses élites, à la fois cause et signe d\u2019infériorité ou de décadence.« Mais tout autre est le spectacle que, \u2014 avec des groupes de plus en plus importants d\u2019éducateurs et de savants, \u2014 nous offre votre association fondée pour promouvoir, chez nous, l\u2019avancement des sciences.C\u2019est qu\u2019évideinment la tâche que nous avons à accomplir, dans ce domaine, est aussi vaste qu\u2019elle est essentielle au prestige de notre Province et de ses institutions. ANNALES DE L\u2019ACFAS 31 « C\u2019est donc avec empressement que je fais des vœux pour le succès de votre congrès.» H.G.Carroll, Lieutenant-gouverneur.Message du premier ministre du Canada.« Au nom du gouvernement du Canada, j\u2019offre à l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019Avancement des Sciences, les plus sincères félicitations.Vos délégués jouiront sans doute de leur séjour à Montréal et j\u2019ai confiance que les travaux de votre congrès seront du plus grand avantage pour le peuple du Canada.)) R.B.Bennett.Message du premier ministre de la Province.« L\u2019étude de la science constitue déjà en elle-même une gymnastique de l\u2019esprit féconde en excellents résultats.« Mais la fonction pratique de la science est d\u2019une importance plus immédiate et plus tangible, puisqu\u2019elle asservit à l\u2019homme intelligent et sensible une nature indifférente et souvent marâtre.« Et c\u2019est à ceux qui cherchent à allier ces deux fonctions de la science pour les mettre au service de leurs concitoyens que doit aller la reconnaissance d\u2019un peuple.« Depuis sa fondation par une élite de savants canadiens-fran-çais, l\u2019ACFAS n\u2019a pas seulement atteint le but qu\u2019elle s\u2019était assigné, mais elle a dépassé les prévisions les plus optimistes et sa vitalité est telle qu\u2019elle crée l\u2019enthousiasme partout où elle se ramifie.« Un pays prodigue comme le nôtre en richesses et en beautés naturelles de toutes sortes nous invite à l\u2019observation, à l\u2019étude, à la classification des phénomènes innombrables qui se déroulent à chaque instant autour de nous.« L\u2019ACFAS ne réussira jamais trop à mettre de l\u2019ordre dans nos perceptions et de la clarté dans nos impressions.Le Canadien français, il faut le dire, a plus de cœur que de science.Assouplir son intelligence, concentrer sa réflexion, affiner son goût est un apostolat qui mérite l\u2019encouragement de tous les vrais patriotes.« Si jamais se réalise le désir que nous avons d\u2019une humanité plus heureuse par un meilleur emploi de tout ce que nous offrent les conquêtes de la science, nous le devrons sûrement, pour une 32 ANNALES DE L\u2019ACFAS bonne part, nous, Canadiens français, à l\u2019ACFAS, dont l\u2019influence est appelée à se faire sentir plus profondément chaque jour dans notre économie nationale.» L.-A.Taschereau.Message du recteur de V Université Laval.Monsieur le Secrétaire général, « Je prévois que je ne pourrai assister à votre premier congrès général.Et je tiens à vous dire tout de suite, en réponse à votre aimable invitation, combien je m\u2019intéresse moi-même et combien l\u2019Université Laval s\u2019intéresse et à l\u2019œuvre de votre association et à votre congrès.Nos universités sont en plein développement scientifique et un groupement de forces et de maîtres comme le vôtre ne peut que rendre de très grands services à l\u2019enseignement supérieur des sciences et aux recherches de laboraroires.« Je suis particulièrement heureux de voir nos professeurs de l\u2019Université Laval prendre une part si active à votre congrès et collaborer avec tous ceux qui travaillent à l\u2019avancement des sciences.¦ SO 2 comme une réduction, car le passage S0 à SIV peut être considéré comme un gain d\u2019électrons.Il faut insister sur la notion de covalence, ou mise en commun d\u2019électrons, qui corrige ce que la définition électronique de l\u2019oxydation et de la réduction peut avoir de trop rigoureux et d\u2019outrancier.20.\tContribution à l\u2019étude de l\u2019acide ^-anthronyl - @ -phényl-propionique.Synthèse de la 7-anthronyl-a-hydrin-done.\u2014 Paul-E.Gagnon et Lucien Gravel.Da benzaldéhyde et l\u2019o-chlorbenzaldéhyde furent condensés avec le diéthyl et le diméthyl-malonate pour donner naissance à des esters non saturés.Les esters furent condensés avec l\u2019anthrone en solution alcoolique en présence de pipéridine.L\u2019hydrolyse du produit avec l\u2019acide sulfurique a fourni l\u2019acide ^-anthronyl-^-phény-propionique.Le chlorure de cet acide fut préparé par l\u2019action du pentachlorure de phosphore.Deux dérivés tautomériques de la 7-anthronyl-a-hydrindone résultèrent de l\u2019action du chlorure d\u2019aluminium sur le chlorure de l\u2019acide (3-anthronyl- ^-phényl-pro-pionique.L\u2019action du brome sur les deux formes tautomériques de la 7-anthronyl-a-hydrindone donna naissance à un seul monobromure, et l\u2019oxydation des deux tautomères n\u2019a fourni que de l\u2019anthraquinone et de l\u2019acide phtalique.La méthode de préparation de l\u2019acide ^-anthronyl-^-phényl-propionique a été améliorée et 17 composés décrits pour la première fois.(Travail publié dans le « Naturaliste Canadien », 60: 221-225.1933).21.\tContribution à l\u2019étude de la précipitation des sels basiques de plomb et des phosphates métalliques.\u2014 Louis Cloutier.Pour cette étude, il faut employer un appareil à mélange rapide rendant complètement homogène, en un centième de seconde environ, un mélange de deux liquides miscibles.Dans chaque série d\u2019expériences, les solutions métalliques étaient de titre constant et les solutions salines d\u2019alcalinité variable.Les précipités ont été analysés quantitativement et leur constitution ainsi déterminée.En suivant cette méthode, l\u2019étude de la précipitation méthodique de quelques sels dé plomb a permis de rencontrer les composés suivants: CÔ 3Pb; 2CO 3Pb.Pb(OH) 2; Cr04Pb; CrO 4Pb.Pb(OH) 2; ANNALES D.E L ACFAS 60 CrO 4Pb.2Pb(OH) 2; Cl2Pb.Pb(OH) 2; Cl 2Pb.6Pb(OH) 2; S04Pb.3Pb(OH) 2; 2SiO 2.3Pb(OH) 2; B 20 3.Pb(OH) 2; 2B 20 3.7Pb(OH) 2.Par contre, dans l\u2019étude d\u2019un grand nombre de phosphates métalliques, des phosphates définis basiques n\u2019ont jamais été obtenus.22.\tIdentification de la substance aromatique des produits de l\u2019Érable à sucre.\u2014 Jos.Risi et Arthur Labrie.La sève d\u2019Érable contient de la vanilline, de l\u2019acide vanillique et du gaïacol à partir desquels la matière aromatique est synthétisée au cours de la cuisson du sirop.L\u2019écorce d\u2019Érable contient un ferment, appelé acérase, qui hydrolyse la coniférine du bois d\u2019Érable.La sève fraîche contient un ferment du type de l\u2019amylase.L\u2019alcool et l\u2019aldéhyde coniférylique ne sont pas présents dans la matière aromatique.L\u2019arome caractéristique des produits de l\u2019érable est principalement dû à la formation d\u2019hadromal au cours de la cuisson.L\u2019hadromal est composé de furfural, de vanilline et de gaïacol et il peut être synthétisé à partir du sucrose, de la vanilline et du gaïacol.Le spectre d\u2019absorption prouve la parenté de l\u2019hadromal avec la lignine.(Voir le « Naturaliste Canadien », 60: 313-318.1933).23.\tRecherches analytiques sur la matière aromatique des produits de l\u2019Érable à sucre.\u2014Jos.Risi et Elphège Bois.Des réactions sur les extraits éthérés des sirops permettent de distinguer les produits authentiques des imitations.Il est possible d\u2019apprécier quantitativement la matière aromatique présente dans les produits d\u2019érable.(Travail publié dans le « Naturaliste Canadien », 60: 181-193.1933).24.\tEssais de chloruration du gaz naturel de Lanoraie, Qué.\u2014 Jos.Risi et Maurice Lessard.Le gaz naturel de Lanoraie se compose de: 96.2% de méthane, 2.3% d\u2019azote, 0.8% d\u2019oxygène, 0.5% d\u2019homologues du méthane, 0.1% de CO 2.A la suite d\u2019un grand nombre d\u2019essais plus ou moins infructueux, les auteurs ont trouvé une méthode qui permet de transformer économiquement ce gaz en CH 3C1 avec un rendement de plus de 90%.Le catalyseur employé consiste en un mélange de pierre ponce, de graphite et de charbon activé, imbibé et saturé d\u2019une solution saturée de CuCl2; on ajoute alors une quantité égale de NiO en poudre et on chauffe le tout dans un tube de quartz dans ANNALES DE L\u2019ACFAS 61 le four électrique pendant 8 heures à 450°, en présence d\u2019azote.Avec ce catalyseur, la chloruration du gaz naturel se fait ensuite sans complications, en introduisant dans un tube de quartz chauffé 10 volumes d\u2019azote, 5 volumes de gaz naturel et 1 volume de chlore, à des vitesses variant de 18 à 72 litres à l\u2019heure.25.\tContribution à l\u2019étude des émulsions de la triétha-nolamine avec le kérosène et des huiles lubrifiantes minérales.\u2014 Jos.Risi et Hervé Bernard.Une émulsion de 87 parties de kérosène, 9 parties d\u2019acide oléi-que et 4 parties de triéthanolamine dans 50 parties d\u2019eau reste stable pendant plusieurs mois.Sa densité, le point de congélation {pour test), le point éclair (flash point), le point d\u2019allumage {fire point), ses propriétés corrosives et détersives ont été déterminées.Une émulsion de 89 parties d\u2019huile lubrifiante minérale, 3.9 parties de triéthanolamine, 7.1 parties d\u2019acide oléique et 50 parties d\u2019eau forme une huile soluble, neutre et miscible à l\u2019eau en toutes proportions.Ses constantes physiques sont données.Le coefficient de friction démontre qu\u2019elle est plus lubrifiante qu\u2019une huile à moteur commerciale, mais devient moins efficace, lorsque la quantité d\u2019émulsion ajoutée est insuffisante.(Travail publié dans (( Canadian Journal of Research», 11: 247-248.1934).26.\tQuelques nouveaux dérivés de l\u2019acridine.\u2014 Jos.Risi et Henri Sheiiyn.Les auteurs ont préparé quelques nouveaux dérivés de constitution analogue à la 8-oxy-quinoléine (oxine), mais de poids moléculaire plus élevé.L\u2019étude de l\u2019acide éthoxyphényl-anthranilique de Matsumura est complétée par la préparation de ses esters méthy-liquesetéthyliques.Deux acides: l\u2019acide 2-éthoxy-l-naphtyl-anthra-nilique (C \\ 9H 170 3N, cristaux rose pâle, P.F.1860) et l\u2019acide 2-éthoxyphényl-3-amino-2-naphtoïque (C 19H 170 3N, feuillets jaunes, P.F.1560) ont été trouvés.Leur cyclisation devrait conduire à des molécules plus compliquées du type de Toxine.27.\tNotes pratiques sur la chimie des corps thermosensibles, les écrans sélecteurs, etc.\u2014 Léo Pariseau.Supplément à la conférence publique du jeudi 2 novembre.Étude des diverses substances dites thermotropes.Pourquoi l\u2019au- 62 ANNALES DE L\u2019ACFAS teur a choisi l\u2019iodure double de mercure et d\u2019argent.Est-ce un simple mélange intime ou un composé défini?Diverses formules pour le préparer.Étude de la thermo-sensibilité de son produit.L\u2019analyse chimique montre qu\u2019il correspond assez à la formule Ag2HgI4.Analyses colorimétriques avant et après virage.Courbes obtenues avec l\u2019analyseur chromatique.Recherche d\u2019un échan sélecteur donnant le maximum de contraste visuel entre parties chaudes et froides, d\u2019une masse inégalement chauffée.Pourquoi un écran au bleu de bromophénol est préférable à tout autre.Spectrogram-mes montrant la bande d\u2019absorption très nette vers 6100 unités Angstrom.Recherche du meilleur écran pour la photographie.Présentation des résultats obtenus avec un écran vert-lumière et tartrazine.28.\tSur le rapport entre le cuivre et la capacité respiratoire dans les sangs hémocyaniques.\u2014 Gaston Gosselin et R.Guillemet.29.\tNotes préliminaires sur les indices des cires d\u2019abeilles canadiennes.\u2014 Georges-H.Baril et Lionel Lemay.30.\tNotes sur la détermination de l\u2019indice de saponification des cires.\u2014 Georges-H.Baril.31.\tSur les rapports oenologiques de certains vins doux.\u2014\tGeorges-H.Baril.32.\tTaux d\u2019absorption des radiations de courte longueur d\u2019onde dans divers milieux.\u2014 Ernest Gendreau.33.\tLe contrôle du papier de chiffons par le laboratoire.\u2014\tAlbert Karcii.34.\tNotes sur la télévision.\u2014 J.-C.Bernier.35.\tObservations sur l\u2019éclipse du 31 août 1932.\u2014 F.Robert, f.e.c.36.\tEtude analytique sur les projections.\u2014 Jules Poivert.37.\tDétermination du \u201cSpace Group\u201d: (1) tourmaline; (2) diaphanate de rubidium.\u2014 André Wendling. ANNALES DE l\u2019ACFAS 63 (Voir « Mémoires et Comptes rendus Soc.royale Canada », 3ième série, vol.27, sect.3: 133-140; 169-175.1933).38.\tL\u2019imaginaire à une puissance imaginaire est une quantité réelle.Curiosité mathématique.\u2014 André Wendling.39.\tSomme des séries trigonométriques et à phases en progression arithmétique.\u2014 André Wendling.40.\tIntroduction de l\u2019infini dans l\u2019intégration des fonctions rationnelles.\u2014 Adrien Pouliot.41.\tMéthode symbolique permettant d\u2019obtenir certaines formules relativement aux équations intégrales.\u2014 Adrien Pouliot.42.\tProcédé d\u2019intégration de certaines équations différentielles linéaires.\u2014 Adrien Pouliot.Section 3: Sciences naturelles.1.\tNotes sur quelques Insectes aquatiques.\u2014 Gustave Chagnon.Description du genre de vie du Coléoptère Psephenus herricki.La larve, aquatique et à respiration branchiale, est recouverte d\u2019une sorte de carapace segmentée de forme ovalaire et très dilatée de manière à cacher tous les appendices du corps.Elle vit dans les eaux courantes, fixée sur le dessous des pierres.L\u2019adulte est aérien, mais effectue sa ponte dans les eaux.Certains Hyménoptères de la famille des Ichneumonides, genre Agriotypus, entrent dans l\u2019eau et marchent sur le fond pour parasiter les larves de Trichoptères.D\u2019autres du même ordre de la famille des Proctotrupides parasitent les œufs de Gerris.2.\tPrésentation de l\u2019ouvrage de M.Gustave Chagnon en cours de publication: \u201cContribution à l\u2019étude des Coléoptères de la Province de Québec\u201d.\u2014 Henri Prat.Une partie importante de l\u2019ouvrage a déjà paru par tranches dans le « Naturaliste Canadien », depuis 1933.(Voir le « Naturaliste Canadien », 60: 166-178; 202-213; 289-302; 319-330; 343-351. 64\tANNALES DE L\u2019ACFAS 1933.\u2014 61: 18-26; 84-95; 99-110; 137-157; 182-198; 215-230; 269-282; 309-319.1934.\u2014 62: 40-52.1935).La publication de cette étude se continue.A date deux fascicules de 64 pages chacun ont été tirés à part.3.\tSur la ponte du Cafard commun (Blatella germanica L.) \u2014 Georges Maheux.L\u2019auteur a cherché à déterminer le taux de multiplication du Cafard commun.De ses observations il ressort que la période de croissance de la nymphe, dure environ trois mois; que la ponte se fait par lots de 25 à 42 œufs enfermés dans une oothèque; que la proportion des mâles par rapport aux femelles est de 1 à 5; qu\u2019une même femelle peut pondre au moins trois fois pendant la période de son activité ovarienne.Les Blattes sont donc très prolifiques.Suit une description détaillée de l\u2019oothèque.4.\tRemarques sur la Petite Mineuse (Fenusa pumila Klug) des feuilles de Bouleau dans la province de Québec.\u2014 Lionel Daviault.Cette petite Mouche à scie, introduite en Amérique il y a quelques années seulement, se rencontre aujourd\u2019hui dans tout l\u2019est des Etats-Unis et du Canada, jusqu\u2019aux Grands Lacs.Cette Mineuse parasite presque indifféremment toutes nos espèces indigènes de Bouleau, mais surtout le Bouleau gris (Betula populi-foîia) et le Bouleau à papier (B.papyrifera).Comme son nom français l\u2019indique, la larve de l\u2019insecte passe presque toute son existence à miner les feuilles entre les deux épidermes.La portion de la feuille réduite à ses deux épidermes se dessèche, se recroqueville, et tombe parfois, laissant ainsi les pousses terminales complètement dénudées.Cette défoliation prématurée entraîne une forte réduction de la croissance des tissus.5.\tLes Bruches du Québec.\u2014 F.Joseph Ouellet, c.s.v.Cinq espèces de Bruches se trouvent dans notre province Bruchus pisorum L., B.oblectus Say, B.discoidem Say, B.fraterculus Horn, et B.musculus Say.Leurs larves rongent l\u2019intérieur de diverses semences de Légumineuses: Pois, Haricot, Lentille, Desmo-die, Robinier, etc.Bienfaisants lorsqu\u2019ils se contentent de limiter le trop grand nombre des semences, ces Insectes deviennent un ANNALES DE l\u2019aCFAS 65 fléau quand on s\u2019avise de cultiver leurs plantes préférées.Ces Insectes font perdre ou débourser des sommes considérables, sans que la science ait encore su les réduire à l\u2019impuissance.(Travail publié dans le « Naturaliste Canadien », 61: 65-68.1934).6.\tL\u2019Amyda spinifera (Le Sueur) dans le Québec.\u2014 F.Alexandre, f.e.c.Au début de juin 1933, des pêcheurs d\u2019Anguille d\u2019Iberville (sur le Richelieu) recueillaient dans leurs nasses la Tortue à carapace molle, Amyda spinifera (Le Sueur).Déjà trouvé dans les eaux du lac Champlain (Babcock), ce Reptile n\u2019avait pas encore été signalé plus haut dans le Québec.Le spécimen mesurant huit pouces de longueur de carapace était jeune.Description: corps plat, ovale; carapace molle, coriace, avec bords retombants, de couleur olive, marginée de jaune avec lignes noires, et parsemée de taches noires ocellées; plastron blanc avec bordure jaune; tête, pattes et queue olive avec lignes de points noirs.7.\tRemarques sur la faune littorale de l\u2019estuaire du Saint-Laurent.\u2014- Georges Préfontaine.L\u2019observation de la faune littorale du Saint-Laurent dans la région de Trois-Pistoles, ainsi qu\u2019en aval et en amont, montre les faits suivants: (1) La pauvreté de cette faune par rapport à celle des localités plus rapprochées de l\u2019océan comme St.-Andrews (Nouveau-Brunswick), Woods Hole (Etats-Unis), Plymouth (Angleterre), Port-Erin (Mer d\u2019Irlande), Millport (Ecosse), Wimereux et Roscoff (France).La diminution de la salinité semble être le principal facteur de cet appauvrissement.(2) La réaction des espèces contre la dessalure progressive par une localisation à des niveaux de plus en plus bas de la zone des marées.(3) L\u2019uniformité de la faune dans les limites de la zone intercotidale et la difficulté d\u2019y établir des zones à sériation nette caractérisées par un faciès zoologique particulier.8.\tComparaison de la faune et de la flore de l\u2019estuaire du Saint-Laurent et de celles des estuaires de la côte occidentale d\u2019Écosse.\u2014 Henri Prat et Georges Préfontaine.(1) Dans leur ensemble les Êchinodermes du Saint-Laurent ne se retrouvent pas sur la côte d\u2019Écosse.Les affinités de ce groupe 66 ANNALES DE L\u2019ACFAS semblent totalement boréales.(2) Les Mollusques du Saint-Laurent comprennent un élément arctique, non présent en Écosse, englobant environ la moitié des Gastropodes et les deux tiers des Lamellibranches.(3) La majorité des Crustacés du Saint-Laurent sont des espèces arctiques ou nord-américaines non représentées sur les côtes d\u2019Écosse.(4) Les Poissons comportent plusieurs espèces appartenant à la faune des profondeurs et éliminées des relevés écossais par l\u2019étendue de la plateforme continentale.(5) Les Algues du Saint-Laurent existent pour la plupart sur les côtes d\u2019É-cosse; mais les espèces de Trois-Pistoles sont moins nombreuses en raison de la salinité réduite.9.\tQuelques précisions sur la flore de l\u2019Abitibi.\u2014 F.Marie-Victorin, f.e.c.La flore de l\u2019Abitibi manque de caractéristiques positives.A peine peut-on signaler quelques éléments comme le Mertensia pa-niculata et le Lonicera hirsuta qui la distinguent de la flore du reste du dictrict laurentien.Beaucoup plus remarquables sont les substitutions d\u2019espèces (Solidago uliginosa remplaçant généralement le S.canadensis) et les caractéristiques négatives, comme l\u2019absence presque totale de certains groupes importants (Oenothera, Rubus sect.Eubatus, etc).10.\tÉtudes de tératologie végétale.\u2014 F.Marie-Victorin, f.e.c.L\u2019auteur étudie quelques cas tératologiques dans diverses familles.(1) Un Aralia nudicaulis virescent et présentant une transformation en feuilles allongées d\u2019un ovaire infère 5-loculaire.(2) Une série de transformations florales chez le Trillium grandiflorum.(3) Un cas de virescence totale dans tous les capitules d\u2019une colonie d\u2019Aster acuminatus.(4) Une série d\u2019anomalies phyllotaxiques chez le Scrofularia lanceolata.11.\tQuelques entités nouvelles de la flore du Québec.\u2014 F.Marie-Victorin, f.e.c.L\u2019auteur signale la découverte sur le territoire du Québec de plusieurs espèces importantes.Le Ptelea trifoliata et le Potamogeton gemmiparus s\u2019ajoutent à la florule allogène de la région du lac Saint- ANNALES DE l\u2019aCFAS 67 Pierre; le Polygala polygama et le Sporobolus cryptandrus sont deux additions importantes à la flore de l\u2019Ottawa; Y Euphrasia stricta et le Polygala sanguinea sont apparemment des immigrants récents qui vont se fondre avec la flore indigène.12.\tNote sur une composée halophytique de la baie des Chaleurs: Cotula coronopifolia.\u2014 F.Marie-Viotorin, f.e.c., et Émile Jacques.Cette plante, inconnue dans le Québec jusqu\u2019à 1930, a été trouvée par les auteurs à Bonaventure, sur la baie des Chaleurs.Les mentions les plus anciennes (1678) la situent dans la Colonie du Cap.Elle a été cultivée dans les jardins botaniques d\u2019Europe dès 1687, et depuis s\u2019est échappée de culture; cela explique toute la distribution européenne; car, établie au voisinage d\u2019un port de mer, elle pouvait facilement se répandre.Toutes les mentions de cette plante en Amérique, pour la plupart sur l\u2019océan Pacifique, sont récentes, ce qui indiquerait qu\u2019elle est probablement introduite.Il est assez douteux qu\u2019une plante aussi remarquable ait pu échapper à l\u2019observation des botanistes.13.\tNotes sur quelques additions importantes à la flore du Richelieu.\u2014 F.Rolland-Germain, f.e.c.Le Richelieu introduit dans le Québec des éléments appartenant à la vallée du lac Champlain.Plusieurs de ces éléments ont été décelés le long du Richelieu entre Chambly et Saint-Jean.Les plus remarquables sont: Littorella americana, Potamogeton crispus, Potamogeton Robbinsii, J uncus compressus, Scirpus Torreyi, Ana-charis occidentalis, Arisaema Stewardsonii, Amelanchier grandiflora.14.\tNotes bio-écologiques sur l\u2019Anacharis canadensis.\u2014 F.Rolland-Germain, f.e.c.La bio-écologie de YAnacharis canadensis a été étudiée par l\u2019auteur durant plusieurs saisons successives sur les grèves de Lon-gueuil, près de Montréal, où la plante croît en abondance.D\u2019intéressantes précisions ont été obtenues sur le développement de la fleur staminée, sur les particularités de l\u2019anthère et sur la pollinisation. 68 ANNALES DE l\u2019aCFAS 15.\tNotes sur un inventaire des Usnea du Québec.\u2014 René Meilleur.Les espèces de la province sont au nombre de cinq.L\u2019étude d\u2019un matériel abondant et provenant de tous les coins de la province permet de tirer des conclusions intéressantes au sujet de la spécificité et de la distribution géographique.Les Usnea se rencontrent sur le plupart de nos arbres: ils sont fréquents surtout sur nos Conifères et aussi sur le Bouleau, l\u2019Érable, etc.L\u2019étude détaillée de la répartition de chaque espèce d'Usnea sur ces hôtes nous apprend qu\u2019il n\u2019y a aucune spécificité, aucune préférence d\u2019une espèce pour un arbre défini.Nos différentes espèces d\u2019Usnea sont réparties uniformément dans toute la Province, du moins dans la partie explorée.16.\tNotes sur quelques Algues marines du bas Saint-Laurent, et sur leur distribution géographique.\u2014 Marcelle Gauvreau.Parmi les Algues marines récoltées dans l\u2019estuaire du Saint-Laurent, durant l\u2019été 1933, huit espèces représentatives ont été particulièrement étudiées.De cette étude, il est possible de tirer des conclusions d\u2019ordre écologique et d\u2019ordre phytogéographique.Pour résumer, les huit espèces traitées sont pour la plupart des espèces circompolaires, à distribution très étendue dans l\u2019hémisphère boréal.17.\tLe genre Micrasterias dans le Québec.\u2014 Jules Brunel.Les deux premières espèces de Micrasterias du Québec furent mentionnées par Borge,1909.Lowe, en 1927, ajouta trois autres espèces.L\u2019auteur a mentionné en 1932 deux espèces additionnelles.Au cours de l\u2019été 1933, l\u2019auteur, avec la collaboration de M.Roger Payen, a fait une étude spéciale du genre et a découvert les onze espèces suivantes, qui n\u2019avaient jamais été observées sur notre territoire: M.rotata, M.pinnatifida, M.denticulata, M.abrupta, M.de-pauperata var.Wollei, M.radiosa, M.conferta var.hamata, M.crux-melitensis, M.muricata, M.mahabuleshwarensis (et var.serrula-ta), M.Thomasiana.Le nombre des espèces connues dans le Québec est donc maintenant de 18. ANNALES DE l\u2019aCFAS\t69 18.\tÉtude de la variation chez le Micrasterias radiata.\u2014 Roger Payen.Au cours d\u2019études sur les Micrasterias du Québec, effectuées sous la direction de M.Jules Brunel, l\u2019auteur a été frappé de l\u2019abondance et de la variabilité du M.radiata.La variation chez cette espèce a d\u2019ailleurs été étudiée déjà, mais au cours de cette étude, quelques types nouveaux s\u2019intercalant dans la série des formes observées par d\u2019autres auteurs ont été trouvés et photographiés.19.\tNotes sur la découverte du Tuomeya fluviatilis dans le Canada oriental.\u2014 Jules Brunel.Le Tuomeya fluviatilis, décrit en 1858, est une Rhodophycée d\u2019eau douce, extrêmement rare.Depuis sa découverte, il y a 75 ans, il n\u2019a été trouvé que cinq ou six fois, et aux Etat-Unis seulement.E!n 1932, l\u2019auteur l\u2019a récolté dans les Laurentides, près de Nominin-gue, dans un ruisseau rapide.L\u2019étude de sa distribution fait ressortir les points suivants: (1) la distribution est exclusivement est-américaine; (2) la plante se rencontre dans le bassin du golfe du Mexique (où elle fut d\u2019abord découverte), le bassin de l\u2019Atlantique (où elle a été trouvée le plus souvent), le bassin du Saint-Laurent; (3) la localité laurentienne nouvelle étend de 200 ou 300 milles au nord la distribution de l\u2019espèce.20.\tNotes sur le Cytospora Tiliae, nouveau pour PAmé-rique du Nord.\u2014 Jules Brunel et Jacques Rousseau.Ce champignon, du groupe des Fungi Imperfecti, s\u2019est développé sur une branche de T ilia glabra Vent., dans une armoire de l\u2019Institut Botanique de l\u2019Université de Montréal; il fut identifié par le Prof.W.-H.Weston, de l\u2019Université Harvard.Les cirres étaient blancs et exceptionnellement longs.Les dimensions des spores (longueur moyenne, 7.5 mu; largeur, 1 mu) correspondent exactement à celles mentionnées par Saccardo.Les caractères du strome subcortical, la structure des pycnides et la couleur des cirres correspondent parfaitement aussi.Le Cytospora Tiliae n\u2019avait encore été trouvé qu\u2019en France sur le T ilia europaea 70 ANNALES DE l\u2019aCFAS 21.\tLa végétation du sous-bois comme indice de la qualité de station dans les forêts boréales du Québec.\u2014 Robert Bellefeuille.Cinquante secteurs d\u2019un quart d\u2019acre ont été établis dans des peuplements purs (pour la plupart équiennes) d\u2019Epinette noire, de Pin gris et de Bouleau, dans les forêts du bassin des rivières aux Sables et Bersimis.Il ressort de ces études, basées surtout sur des méthodes de Raunkaier, que les associations végétales du sous-bois dans le Québec peuvent être considérées comme indices de la capacité de production des stations.Cinq types principaux ont été décelés: deux plus ou moins xérophyles, présentant des analogies avec les forêts à Mousses sèches et à Lichens de la Finlande; un type caractérisé par une association mésophyle appartenant aux forêts à Mousses humides de Cajander; enfin, deux autres, plus ou moins hygrophyles, apparentés aux forêts des sols d\u2019humus brut de Cajander.22.\tDe l\u2019emploi du permanganate de potassium en pisciculture.\u2014 Gustave Prévost.Depuis quelques années la permanganate de potassium est utilisé comme antiseptique dans les stations de pisciculture.Si l\u2019on emploie exactement les concentrations recommandées par Embody et Kingsbury, l\u2019on s\u2019expose à subir de grandes pertes de poissons et un retard considérable dans leur croissance.Tel est le résultat d\u2019expériences exécutées dans deux établissements de pisciculture de la province de Québec.De ces expériences il est possible de conclure que l\u2019emploi du permanganate de potassium peut être bon à condition que l\u2019on tienne compte de la teneur de l\u2019eau en matières organiques afin de déterminer les diverses concentrations de permanganate de potassium que l\u2019on devra utiliser.- 23.\tLes Spirochètes de la bouche.\u2014Gérard Gardner.Les observations ont porté sur trois groupes de personnes: Premier groupe, 9 sujets, Spirochètes présents dans 7 cas; deuxième groupe, 49 sujets, Spirochètes présents dans 36 cas; troisième groupe, 12 sujets (Esquimaux), Spirochètes présents dans 6 cas.Les Spirochètes de la bouche que l\u2019on trouve associés à des cas pathologiques (maladies graves à Spirochètes exceptées) une fois installés avec d\u2019autres microbes anaérobies, peuvent causer des lésions qui ANNALES DE L\u2019ACFAS 71 ne sont peut-être pas dues simplement à leurs présence, mais que leur présence peut contribuer à rendre plus graves.24.\tNotes sur le Taphrina.ulmi.\u2014 René Pomerleau.L\u2019examen de jeunes Ormes élevés en pépinière a révélé à l\u2019auteur la présence d\u2019une affection intéressante du feuillage.Des taches grises d\u2019abord, rouges ensuite, assez bien délimitées et situées sur le limbe foliaire en constituent en gros les caractéristiques.L\u2019examen microscopique révèle que cette maladie est causée par une Exo-ascacée du nom de Taphrina Ulmi (Fckl.) Johans.Des expériences sur le traitement de cette maladie ont démontré que des pulvérisations de bouillie soufrée (50% de bouillie commerciale), faites au printemps avant l\u2019ouverture des bourgeons, empêchaient presque complètement l\u2019infection du feuillage.(Travail publié dans le « Naturaliste Canadien », 61: 305-308.1934).25.\tNotes sur le Sclerotium bifrons.\u2014 René Pomerleau.La maladie des Peupliers causée par un Champignon, décrite par Seaver en 1926, a été trouvée fréquemment dans le Québec sur le Peuplier de Lombardie, le Peuplier faux-tremble et le Peuplier de Caroline.Elle est quelquefois la cause de dommages considérables sur les deux premiers.L\u2019auteur a obtenu une culture avec sclérote en mettant sur gélose des débris de jeunes feuilles de Peuplier le Lombardie en partie noircies comme à la suite d\u2019une gelée printanière.D\u2019après Whetzel, ce Champignon, cultivable sur gélose, se nomme temporairement Sclerotium pseudo-bifrons pour le différencier de celui formant des sclérotes sur les feuilles de Peuplier.26.\tNotes sur l\u2019écologie de Gnomonia ulmea.\u2014 René Pomerleau.Le cycle vital de ce Champignon des feuilles de l\u2019Orme est étudié depuis 1931 en rapport avec les facteurs écologiques.Cette étude a permis d\u2019établir les faits suivants: (1) La décharge des asco-spores au printemps ne se produit qu\u2019après la pluie, lorsque la température moyenne hebdomadaire a atteint 50 °F.et cesse lorsque cette température a dépassé 60 °F.(2) Le développement du feuillage de l\u2019Orme commence aussi lorsque la température a atteint le même niveau.(3) L\u2019infection primaire dépend de la décharge des asco- 72 ANNALES DE l\u2019aCFAS spores et du degré d\u2019humidité de l\u2019air.(4) Les infections secondaires suivent aussi les fluctuations de l\u2019humidité atmosphérique et les sommets de la courbe de l\u2019augmentation du nombre de taches sur les feuilles indiquent le nombre des générations de conidies.27.\tLes Champignons responsables de la fonte des semis de Conifères à la pépinière de Berthierville.\u2014René Pomerleau.(1) La fonte des semis de Conifères est une cause de perte souvent considérable dans les pépinières forestières.(2) Les Champignons, le plus souvent trouvés associés avec cette maladie, sont le Rhizoctonici Solani et diverses espèces de Fusarium.(3) Le Pythium Debaryanum (trouvé en abondance en 1934 seulement) est probablement, ici comme ailleurs, une cause importante de la fonte.(4) Le Rhizoctonia Solani s\u2019attaque surtout aux radicelles et empêche la levée des plantules au moment de la germination.(5) Dans un essai sur le degré de virulence des Fusarium, le Fusarium Solani et le Fusarium sporotrichoides semblent être les plus dangereux.28.\tLes associations forestières mésophytiques de la région du lac St-Pierre.\u2014 René Pomerleau.En collaboration avec M.Henri Roy, l\u2019auteur a étudié la végétation des terrains boisés dans la région indiquée.Au moyen de quadrats et aussi grâce à des travaux de sylviculture effectués par les étudiants de l\u2019École des Gardes forestiers, deux types principaux ont été reconnus: le type Acer saccharum\u2014Tsuga et le type Pinus\u2014Acer rubrum.Pour chacun de ces types, les éléments caractéristiques de chaque étage de végétation ont été dégagés.Ainsi dans les associations du type Tsuga, on trouvera dans les étages inférieurs les espèces suivantes: Viburnum al ni folium, V.cassinoides, Acer pennsylvanicum, A.spicatum, Gaultheria procumbens, Coplis grœnlandica, Dalibarda repens, Mitchella repens, Cornus canadensis, Lycopodium obscurum etc.; tandis que dans celles du type Pinus les éléments suivants domineront: Corylus cornuta, Rubus alleghenien-sis, Pyrola elliptica, Chimaphila umbellata, Uvularia sessifolia, Lycopodium flabelliforme, Polytrichum piliferum.29.\tAssociations et successions végétales dans le marais de Lanoraie, Qué.\u2014 René Pomerleau.Pour faire l\u2019analyse de cette végétation, des quadrats ont été distribués à intervalles réguliers depuis le centre du marais, la par- ANNALES DE L ACFAS 73 tie la plus basse, jusqu\u2019au sommet de la berge sablonneuse qui l\u2019entoure.On a ainsi reconnu quatre zones de végétation assez distinctes, suivant l\u2019élévation du niveau du substratum: (1) La zone découverte, où domine l\u2019association Sphagnum\u2014Car ex oligosper-ma\u2014Chamaedaphne.(2) La zone du Mélèze, avec l\u2019association La-rix\u2014Alnus\u2014Car ex\u2014Sphagnum.(3) La zone de l\u2019Epinette noire, où se rencontre l\u2019association Picea-\u2014Alnus\u2014Rubus trifolius\u2014Sphagnum.(4) La zone sablonneuse du rebord, où d\u2019hydrophile la végétation devient brusquement xérophile, par suite du relèvement rapide du niveau du sol.30.\tLa végétation xérophytique de la région du lac St-Pierre.\u2014 René Pomerleau.Des îlots sablonneux, privés d\u2019abri forestier, constituent, dans la région du lac St-Pierre, un milieu xérophytique dont le cas extrême se manifeste par la formation de dunes.Lorsque le sable est mobile, il n\u2019y a guère que le Pteridium latiusculum qui puisse vivre.Le plus souvent cependant se sont les Cladonia et les Mousses du genre Polytrichum qui recouvrent ces sols.Avec des conditions meilleures, un certain nombre de plantes herbacées se mêlent aux Mousses et aux Lichens.Puis le Bouleau gris envahit graduellement le terrain et, grâce à lui, le sol fertile se reconstitue.Enfin, le Pin blanc s\u2019installe, suivi d\u2019une série de successions qui se rapprochent de plus en plus de la forêt climatique.% 31.\tLa pourriture noire des racines du Tabac.\u2014R.Bordereau.La cause de cette maladie est un Ascomycète (Thielavia basi-cola Zopf) qui s\u2019attaque non seulement au Tabac, mais aussi à d\u2019autres plantes, spécialement les Légumineuses.Ce Champignon s\u2019attaque au Tabac, soit en couches, soit au champ, causant des lésions aux racines, lésions qui affectent la croissance et la qualité.Les expériences conduites à la Station Expérimentale fédérale de Farnham ont démontré qu\u2019il fallait transplanter des plants sains seulement, choisir un terrain légèrement acide, des fertilisants acidifiants et des variétés résistantes.Une quinzaine de variétés essayées dans un terrain artificiellement infecté ont vu leur rendement diminuer de 25% à 75% selon leur degré de résistance.La qualité a aussi diminué, mais de façon moins prononcée.(Travail publié dans le « Naturaliste Canadien », 60: 307-312.1933). 74 ANNALES DE l\u2019aCFAS 32.\tLes recherches bryologiques de M.H.Dupret, p.s.s.dans la région de Montréal.\u2014 Aldéric Beaulac, p.s.s.(Ce travail est publié dans les « Contrib.lab.bot.Lmiv.de Montréal », N ° 25, 70 pages, 1934, sous le titre de :« Études sur les Mousses de la région de Montréal par H.Dupret, p.s.s., revu et publié par A.Beaulac, p.s.s.»).33.\tLa flore bryologique de l\u2019Abitibi.Description d\u2019une Mousse nouvelle.\u2014 Aldéric Beaulac, p.s.s.Cent espèces différentes ont été récoltées dans cette région.Une variété est nouvelle pour la science.34.\tSur une nouvelle méthode de prélèvement d\u2019objets microscopiques dans l\u2019eau.\u2014 P.Venance, o.m.cap.Cette méthode, qui est un perfectionnement de la méthode de Cabarello, permet le prélèvement, dans l\u2019eau, d\u2019objets microscopiques (Desmidiées, etc.) dépourvus de rigidité et susceptibles de se déformer lorsque prélevés par les méthodes ordinaires.L\u2019auteur décrit aussi la technique qu\u2019il a employée dans la fabrication de micropréparations systématiques pures de Desmidiées.35.\tNotes sur la flore de la région de Rawdon.\u2014 Sœur Marie-Jean-Eudes, s.s.a.La flore de Rawdon, uniformément silicole, est celle des collines laurentiennes.Toutefois on y découvre des espèces particulièrement intéressantes: Epipactis latifolia, Orchidée européenne; Sporobolus uniflorus, peu récolté dans le Québec, mais qui abonde à Rawdon; Eleocharis nitida, encore inconnu ailleurs que dans la vallée de l'Ottawa; Carex lepidocarpa, de distribution plutôt boréale, et Car ex Haydeni, récolté seulement au Lac Saint-Jean; Ru-bus flagellaris, probablement nouveau pour notre flore; Potentilla tridentata, extrêmement rare dans l\u2019ouest du Québec, Myriophyl-lum tenellum, peu connu dans notre province; Uiriculariapurpurea, inconnu dans le Québec jusqu\u2019à ces dernières années; enfin Xiris montana et Cladium mariscoides.36.\tNotes sur le genre Typha.\u2014 F.Adrien, c.s.c.De nombreuses anomalies furent trouvées dans un champ de Typha latifolia et de T.angustifolia, à St-Laurent près Montréal. ANNALES DE l\u2019ACFAS 75 Plusieurs se rapprochent de l\u2019hybride T.angustifolia X latifolia.Les anomalies sont plus fréquentes chez T.latifolia.Voici les principales: (1) interruption, à l\u2019insertion des bractées, de l\u2019épi pistillé, formant ainsi plusieurs petits épis (cette forme est la plus fréquente).(2) Pénétration, parfois sur une assez longue étendue, de l\u2019épi staminé dans l\u2019épi pistillé.(3) Bifurcation de l\u2019épi pistillé et, par suite, de l\u2019épi staminé.37.\tQuelques plantes intéressantes du Québec.\u2014 F.Adrien, c.s.c.La communication porte sur quelques plantes peu fréquentes dans le Québec: Asplénium platyneuron (L.) Oakes, trouvé à Phi-lipsburg (Ce.Missisquoi) en 19 27 ; Phytolacca decandra L.au même endroit en 1928; Podophyllum peltatum L., à Odanak en 1927; Rorippa amphibia (L.) Bess., à St-Barthélemi (Co.Berthier)en 1927; Carex eburnea Boott.et Kœllia virginiana (L.) Kuntze, à Ste-Ge-neviève, île de Montréal, 1926; Ceanotihus americanus L., à Oka en 1926 et à Ste-Geneviève en 1927; Collomia linearis Nutt., à St-Laurent, près Montréal.38.\tNotes sur la distribution géographique des Poly-gala dans le Québec.\u2014 Marcel Raymond.Jusqu\u2019ici le genre Polygala était pauvrement représenté dans notre flore: le Polygala Senega L.était connu de quelques endroits de la région de Montréal, et le Polygala paucifolia Willd.avait été récolté à la Seigneurie de Mingan (D.-N.St-Cyr), et dans la région de l\u2019Ottawa.Récemment cette dernière espèce a été récoltée dans la région de Montréal.L\u2019auteur a en outre récolté dans la tourbière de Farnham le P.viridescens L., nouveau pour le Québec.Depuis, cette plante a été récoltée à Iberville et à Contrecœur.Le P.polygama Walt, se rencontre dans le Québec sur la frontière ontarienne.39.\tNote sur l\u2019introduction de la Cuscute pentagonale (Cuscuta pentagona Engelm.) dans le Québec oriental.\u2014 R.-D.Cartier.Cette espèce est originaire du centre des Etats-Unis.Dans la province de Québec elle est circonscrite à la paroisse de Saint-Philippe de Laprairie.C\u2019est la première fois qu\u2019on la mentionne pour 76 ANNALES DE L\u2019ACFAS la province; Cette plante est très nuisible; elle affecte très sérieusement les cultures de Légumineuses, particulièrement celles de Lentille (Vicia sativa).Le Cuscuta pentagona diffère du C.Gronovii par ses pétales aigus, sa corolle à tube court ne dépassant pas le calice, sa capsule globuleuse, déprimée; de plus, le C.pentagona ne se rencontre que sur les plantes cultivées, tandis que le C.Gronovii se rencontre sur les plantes sauvages.40.\tLa destruction de la Moutarde dans les céréales.\u2014 Orner Caron.L\u2019auteur fait des observations sur les Moutardes depuis 1927.Les espèces que l\u2019on rencontre dans la province de Québec sont Brassica arvensis, B.campestris, B.nigra et B.Juncea, auxquelles il faut ajouter Raphanas Raphamstrum, qui tient lieu de Moutarde en certains endroits.Les principaux caractères physiologiques et écologiques de la plante et de la graine sont décrits.La destruction de la Moutarde au moyen des arrosages de saumure (25%) ou de solution de vitriol (2.5%) est recommandée.Au moyen de ce procédé appliqué lorsque les plants de Moutarde n'ont que quelques feuilles, par des journées chaudes et ensoleillées, on détruit facilement de 90 à 100% des individus.Les Céréales, le Trèfle et la Luzerne qu\u2019on arrose en même temps que la Moutarde ne souffrent pas du traitement d\u2019une manière appréciable.41.\tQuelques entités nouvelles nord-américaines du genre Astragalus.\u2014 Jacques Rousseau.Ces entités, nouvelles pour la science, sont les suivantes: Astragalus alpinus var.parvulus n.var.(régions arctiques), A.ame-ricanus f.glabrescens n.f.(Montagnes Rocheuses), A.americanus f.Williamsii n.f.(Wyoming), A.americanus f.pallescens n.f.(Dakota), A.Brunetianus n.comb.(district St-Jean\u2014Resti-gouche), A.eucosmus f.caespitosus n.f.(Terre-Neuve), A.eucos-mus f.minor n.comb, (régions arctiques), A.eucosmus var.terrae-novae n.var.(Terre-Neuve), A.eucosmus f.viüosus n.f.(Terre-Neuve), A.frigidus var.dawsonensis n.var.(Yukon), A.gaspen-sis n.sp.(Gaspésie), A.Jabradoricus f.albinus n.f.(fleuve St-Laurent), A.littoralis n.comb, (régions arctiques), A.nutzotinen-sis n.nom.(Yukon).La plante du St-Laurent, qui jusqu\u2019à date a passé pour VA.alpinus L.var.Brunetianus Fernald est VA.labra- doricus DC.(La description de ces plantes a paru dans les « Contrit».lab.bot.Univ.Montréal », N° 24, 66 pages, 1933).ANNALES DE L ACF AS 42.\tLe rôle des racines de certaines plantes ripariennes dans la formation actuelle de concrétions argileuses.\u2014 Jacques Rousseau.Ces concrétions ont une origine actuelle et se forment au niveau du sol, dans la zone intercotidale de l\u2019estuaire du St-Laurent.Les noyaux responsables de leur formation sont des racines de Scir-pus rufus et de Juncus balticus var.littoralis.Elles s\u2019enfoncent dans l\u2019argile bleuâtre.La putréfaction des racines détermine une oxydation de l\u2019argile ordinaire.L\u2019action périodique de la marée isole les concrétions et les porte sur la partie supérieure du littoral.(Cette étude a paru dans « Journ.of Sedimentary Petrology », 4: 60-64.1934; et le « Naturaliste Canadien », 62: 99-105.1935).43.\tLa phytogéographie des Astragalus du Québec.\u2014 Jacques Rousseau.(1) Des deux côtés de l\u2019Atlantique boréal, il y a différenciation progressive de la flore, du nord au sud.(2) Aucun de nos As-tragalus, semble-t-il, n\u2019est préglaciaire.Rs se seraient établis sur le territoire à la période que l\u2019auteur nomme période présylvatique et qui s\u2019est écoulée de la fin de la glaciation à l\u2019établissement de la forêt boréale.Dans le territoire occupé aujourd\u2019hui par cette forêt, ont persisté des îlots subarctiques conservant des reliques présylva-tiques.(3) Le groupe de l\u2019A.alpinus a été l\u2019objet à l\u2019époque présylvatique probablement, d\u2019une crise de mutabilité.(Cette étude est comprise dans les « Contrib.lab.bot.Univ.Montréal », N ° 24, 1933).44.\tEtudes phytométriques de l\u2019inflorescence de l\u2019An-drosace septentrionalis.\u2014Jacques Rousseau.L\u2019Androsace septentrionalis typique et le var.robusta sont étudiés.Le travail porte particulièrement sur le nombre moyen d\u2019ombelles par individu, le nombre de fruits par ombelle, la longueur des hampes florales.Le rapport entre la longueur des hampes et le nombre de fruits par ombelle est une constante. 78 ANNALES DE l\u2019aCFAS 45.\tÉtude floristique de la batture de l\u2019île aux Grues.\u2014 Jacques Rousseau.Entre File aux Grues et Elle aux Oies, comté de Montmagny, se trouve une batture recouverte d\u2019eau pendant les grandes marées.Cette prairie naturelle fournit du fourrage.L\u2019étude comprend un inventaire floristique et un aperçu écologique de la batture.(Publié dans le « Rapport annuel de la Soc.de Québec pour la protection des plantes », 25ième et 26ième rapports, p.82-86.1934).46.\tVestiges de l\u2019époque glaciaire le long de la Côte-Nord du Saint-Laurent.\u2014 Cari Faessler.Les géologues et les botanistes qui ont étudié la région de la Minganie et de l\u2019île d\u2019Anticosti ne s\u2019entendent pas sur l\u2019aire de l\u2019invasion glaciaire du Wisconsin.L\u2019auteur, après un travail de plusieurs années le long de la Côte-Nord doit conclure de ses propres observations que la région située à l\u2019ouest de la Minganie, entre Tadoussac et Godbout, à certainement subi une très forte érosion glaciaire.Les auges, vallées, stries glaciaires et les nombreux fjords indiquent une direction uniforme du nord-ouest au sud-est.La carte géographique de la région montre un parallélisme frappant entre les cours différents tributaires du Saint-Laurent qui coulent presque tous du nord-ouest vers le sud-est, direction probable d\u2019écoulement du glacier du Wisconsin.47.\tNotes sur le paléozoique des environs de Chicoutimi.\u2014 Abbé J.-W.Laverdière.Au cours d\u2019une expédition géologique organisée en 1932 par le service des Mines de Québec dans la région de Chicoutimi et du lac St-Jean, l\u2019auteur a pu recueillir un bon nombre de fossiles dans les formations paléozoïques.La faune est composée surtout de Bra-chiopodes, de Graptolites, de Gastéropodes et de Trilobites.Bien que, dans cette région, chaque affleurement de calcaires ou de schistes se montre fossilifère, on a repéré certains gisements particulièrement riches; ainsi l\u2019affleurement de schistes qui se trouve à trois milles à l\u2019ouest de l\u2019église St-Honoré et les calcaires près de la chute aux Galets, sur la rivière Shipshaw.La faune récoltée appartient au Trenton et à l\u2019Utica inférieur. ANNALES DE l\u2019aCFAS 79 48.\tLes roches de Saint-Laurent, Qué.\u2014 P.Léo Morin, c.s.c.Inventaire du sol et du sous-sol de la région de Saint-Laurent (superficie: environ 2 milles carrés).Le sol comprend: (1) Des débris glaciaires: argile mêlée de cailloux présentant toute la série des roches granitiques des Laurentides.Débris de transport contenant: schistes, roches éruptives du Mont-Royal, etc.(2) Débris de l\u2019époque Champlain: argiles à Leda et à Saxicava.Le sous-sol renferme du calcaire de Trenton (Ordovicien) avec joints et fissures de cristaux de calcite et de sidérose.Ces cristaux présentent souvent des cas d\u2019isomorphisme, ou mieux, de « symbiose minérale ».Les fossiles sont nombreux.(Ce travail a été publié dans « L\u2019Enseignement secondaire au Canada », décembre 1933).49.\tLes Gymnosporangium du Québec.\u2014Elzéar C ampagn a.L\u2019auteur présente quatre espèces recueillies sur 16 hôtes.(1) Gymnosporangium clavipes Cke.& Pk., sur Amelanchier sanguinea (Pursh.) DC., A.canadensis (L.) Medic., A.laevis Wieg., Sorbus americana Marsh., Crataegus sp., Aronia melanocarpa (Michx) Britton, Py-rus malus L., Juniperus communis L.var.depressa Pursh et J.ho-rizontalis Moench.(2) G.davariaeforme (Jacq.) DC.sur Amelanchier canadensis (L.) Medic., A.laevis Wieg.et Juniperus communis L.var.depressa Pursh.(3) G.Juniperi Link (G.cornutum Art., G.aurantiacum Chev.), sur Sorbus americana Marsh et Juniperus communis L.var.depressa Pursh.(4) G.globosum Farl., sur Crataegus sp.et Juniperus horizontalis Moench.Ces observations furent faites dans les comtés de Kamouraska et de l\u2019Islet.Dans l\u2019ouest de la Province (près de Hull) on aurait observé (fide F.Marie-Victorin et Brunel) Gymnosporangium Juniperi-virginianae Schw., sur Juniperus virginiana L.50.\tImportance économique dy Gymnosporangium clavipes dans l\u2019est du Québec.\u2014 Elzéar Campagna.Ce parasite affecte les fruits du Pommier (Pyrus communis L.) et cause une maladie appelée Rouille du Pommier.Il fut observé pour la première fois dans la province de Québec, à Ste-Anne de la Pocatière, en 1929.Depuis on l\u2019a signalé dans tout le Bas-Québec, de Bellechasse à la Rivière-du-Loup.Les principales variétés affectées sont: La St-Laurent, la Fameuse, la Jaune Transparente, la 80 ANNALES DE L\u2019ACFAS McIntosh, la Tetowsky et l'Alexandre.En 1932 le pourcentage de fruits affectés variait de 0.5 à 6.0% pour les variétés commerciales que nous venons de mentionner et allait jusqu\u2019à 35% sur des variétés d\u2019importance secondaire.51.\tLes variations de la formule sanguine chez les Cobayes vaccinés au B.C.G.\u2014 Armand Frappier et Victorien Fredette.Etude de la cytologie sanguine chez une douzaine de Cobayes vaccinés par voies péritonéale ou sous-cutanée avec 0 gr.0025, Cgr.005 ou Ogr.010 de B.C.G., et chez trois Cobayes témoins iion vaccinés.L\u2019expérience dure depuis trois mois.De fortes différences individuelles rendent difficile la définition exacte des périodes de polynucléose, de lymphocytose et de mononucléose.52.\tL\u2019allergie tuberculinique chez les cobayes vaccinés au B.C.G.\u2014Armand Frappier et Victorien Fredette.Au moyen de doses intradermiques décroissantes de tuberculine, administrées en série, il semble possible, d\u2019après l\u2019expérience des auteurs sur plus de 25 Cobayes vaccinés avec Ogr.0025, Ogr.005 ou Ogr.010 de B.C.G., de déterminer la courbe de l\u2019évolution de la sensibilité.C\u2019est vers le deuxième et le troisième mois, que, pour les vaccinés par voie sous-cutanée, apparaît le maximum d\u2019allergie, soit des réactions positives à 0 cc.00001 de tuberculine.53.\tDéveloppement des laboratoires et de la technique du B.C.G.à l\u2019Université de Montréal.\u2014 Armand Frappier.Les laboratoires du B.C.G.et la technique de préparation de ce vaccin à l\u2019Université de Montréal remplissent rigoureusement les conditions essentielles énoncées par Calmette.La Faculté de médecine de Montréal est le pionnier en Amérique du Nord de la vaccination des enfants par le B.C.G.On y poursuit des recherches expérimentales et cliniques, grâce au Conseil national des Recherches du Canada.54.\tLa yoghourtisation du lait écrémé.\u2014 J.-M.Rosell et Ed.Brochu.La yoghourtisation du lait écrémé et sa combinaison aux pâtées et moulées alimentaires a pour but une meilleure utilisation du lait ANNALES DE L\u2019ACFAS 81 écrémé et la préparation d\u2019aliments plus appropriés à la nutrition animale.Les transformations que font subir au lait écrémé ou lait de beurre les divers agents du yoghourt, (Streptococcus thermophi-lus, Thermobacterium yoghourti et Bacterium bulgaricum) en font un produit des plus hygiéniques, très nutritif et savoureux.Le lait écrémé se montre d\u2019une grande efficacité dans la correction alimentaire des niveaux protéiques élevés, de même que pour la prévention et la guérison de certaines maladies infectieuses, en particulier les maladies de l\u2019appareil digestif.Il est surtout indiqué dans la cocci-diose, la diarrhée blanche des volailles, la typhose et le choléra aviaires.55.Caractères biologiques et culturaux de l\u2019agent étiologique ordinaire de la mammite streptococcique de la vache.\u2014 J.-M.Rosell.Les investigateurs qui ont travaillé sur la mammite reconnaissent à la presque unanimité le Streptococcus mastitidis, ou S.agalac-tiae contagiosa, comme l\u2019agent étiologique de cette maladie.D\u2019autres Streptocoques ont parfois été trouvés, soit seuls, soit associés au S.mastitidis.Mais d\u2019après l\u2019expérience de l\u2019auteur basée sur l\u2019étude de plusieurs milliers d\u2019échantillons de lait pris aseptique-ment, dans 98% des cas, l\u2019agent est le S.mastitidis.Ses caractéristiques sont les suivantes: Lait tournesolé: acidification et coagulation avant 24 heures, faible réduction au fond du tube.Lait et bleu de méthylène (1 partie pour 20,000): ni réduction ni changement.Dédoublement fort d\u2019hippurate de soude.pH final des cultures en lactose et glucose, 4.4, 4.7.Hémolyse: jamais du type mais parfois du type a ou a 1 ; généralement elle correspond au type 7 ou fait défaut.\u2014 Glucides qui fermentent toujours: lactose, saccharose, salicine, tréhalose, glucose, maltose; sucres qui ne fermentent jamais: raffinose, inuline; sucres qui ne fermentent qu\u2019ex-ceptionnellement : mannite, sorbite et arabinose.Ne réduisent pas le nitrate, ni le rouge neutre.Pas de fermentation de la glycérine ni fluidification de la gélatine.N\u2019est pathogène que pour la vache et quelques autres animaux lorsque injecté à l\u2019intérieur du pis, mais jamais lorsque injecté dans d\u2019autres tissus.Le point thermique léthal est généralement de 60°C.(pour 20 minutes). 82 ANNALES DE l\u2019aCFAS 56.\tLes connexions du pneumogastrique droit avec le plexus solaire chez un embryon de Porc de 18 mm.\u2014 Wil-brod Bonin.Déjà chez un embryon de 18 mm.de longueur le nerf pneumogastrique droit donne ses branches anastomotiques au pneumogastrique gauche; un contingent important de fibres se dirige vers l\u2019estomac et un autre groupe se jette dans le plexus solaire.Mais, en plus, beaucoup de fibres continuent directement dans le pancréas et dans le méso d\u2019une anse intestinale sans passer par le plexus solaire.Il n\u2019y a pas, dans ce cas, synapse avec les cellules sympathiques du plexus solaire: le pneumogastrique peut innerver le pancréas et l\u2019intestin soit directement, soit après synapse avec les cellules nerveuses intramurales de ces organes.Présentation d\u2019un modèle en cire représentant les terminaisons du pneumogastrique droit.57.\tLes connexions entre les cellules argentaffines et les nerfs de la muqueuse intestinale chez l\u2019embryon de veau.\u2014 L.-C.Simard.Dans l\u2019intestin d\u2019embryon de veau, la méthode de Rogers modifiée met en évidence les neurites de plexus nerveux, les cellules ganglionnaires et les cellules argentaffines de la muqueuse.Les cellules argentaffines du fond des glandes ont avec les nerfs du plexus péri-glandulaire des relations de contiguité et de continuité.Quelques cellules argentaffines apparaissent même à l\u2019intérieur des nerfs de la muqueuse.Aussi l\u2019hypothèse du neurentoderme de Masson recevrait un commencement de démonstration et les deux types de cellules, l\u2019un neurocrine, l\u2019autre à fonction ganglionnaire, répondraient à quelque chose de réel dans l\u2019organogénèse des vertébrés.58.\tSur la fréquence des lésions nerveuses de l\u2019appendice humain.\u2014 L.-C.Simard.Depuis les mémoires de Masson sur les lésions nerveuses de l\u2019appendice, très peu de cliniciens se sont préoccupés de rechercher si les lésions décrites par cet auteur correspondaient à un syndrome clinique.Le diagnostic d\u2019appendicite chronique, avec toutes ses imprécisions, demeure le terme sous lequel s\u2019abrite une clinique trop facilement satisfaite.L\u2019auteur a fait un relevé statistique des diagnostics anatomo-pathologiques comparés aux ANNALES DE L ACFAS 83 diagnostics cliniques des appendices enlevés à l\u2019hôpital Notre-Dame au cours de cinq années (1927-1931).Le nombre total des appendices s\u2019élève à 742.Dans les cas diagnostiqués cliniquement appendicite chronique se rencontraient 52% d\u2019appendices qui ne présentaient que des lésions nerveuses.Dans les appendices enlevés au cours de la paratomie, 31% ne comportaient que des lésions de même nature.59.\tSur la présence de cellules argentaffines dans les nerfs de l\u2019intestin de Phoque.\u2014 L.-C.Simard.Chez un jeune Phoque (Phoca vitulina De Kay), âgé de deux mois environ, l\u2019auteur a trouvé de nombreuses cellules argentaffines dans les nerfs de la muqueuse du petit intestin.Mis à part l\u2019appendice humain, c\u2019est la première fois que des cellules argentaffines sont trouvées en dehors de l\u2019épithélium, dans les nerfs de l\u2019intestin.La présence des cellules argentaffines dans les nerfs de l\u2019appendice humain n\u2019apparaît donc pas comme un fait isolé.Les phénomènes décrits par Masson dans l\u2019appendice ne seraient que l\u2019exagération, vraisemblablement pathologique, d\u2019un processus survenant normalement dans l\u2019organogénèse et le développement de l\u2019intestin.60.\tHomologie entre la formation du nerf olfactif et celle du nerf acoustique.\u2014 Ernest Van Campenhout.L\u2019étude d\u2019une série d\u2019embryons de Porc mesurant de 4 à 20 millimètres montre que le ganglion du nerf acoustique (huitième nerf crânien) dérive d\u2019une migration de cellules de la paroi de la vésicule auditive, c\u2019est-à-dire de la placode épiblastique.D\u2019autre part les fibres nerveuses et les cellules satellites des nerfs olfactifs se différencient aux dépens de la placode olfactive.Le développement embryonnaire du nerf olfactif et celui du ganglion acoustique sont donc homologues et ces deux organes des sens sont homologues des autres nerfs crâniens mixtes (trijumeau, facial, glossopharyn-gien et pneumogastrique) dont les ganglions se forment en partie aux dépens de placodes épiblastiques.61.\tSur le développement embryonnaire et la régénération du nerf optique dans les Amphibiens.\u2014 Ernest Van Campenhout.Sur une série d\u2019embryons de Rana pipiens, un œil a été énucléé puis a été replacé dans l\u2019orbite en orientation normale; dans tous 84 ANNALES DE L ACF AS les cas, le bout oculaire du nerf optique a été coupé à sa sortie de l\u2019œil.Le nerf optique s\u2019est régénéré dans 70 pour 100 des Cas.Parfois il suit un trajet plus ou moins long dans la cavité orbitaire, parfois il peut être suivi jusqu\u2019au diencéphale, mais dans la majorité des cas le nerf optique se développe dans l\u2019œil; il s\u2019insinue entre la rétine et la choroïde et se termine éventuellement dans la chambre antérieure.62.\tMitoses et mitonécroses.\u2014 Pierre Masson.La mitose est considérée unanimement comme le phénomène vital par excellence puisqu\u2019il est le mode de multiplication des cellules.L\u2019auteur observe, dans des cellules normalement inaptes à la multiplication mitotique, étudiées sur des sujets morts de toxi-infections, des mitoses qui avortent régulièrement et se terminent par la mort de la cellule.Il donne à ce phénomène le nom de mitonécrose.Comparant d\u2019une part les conditions d\u2019apparition et d\u2019autre part les caractères essentiels de la mitose, de la mitonécrose et de la nécrose, l\u2019auteur montre leur analogie et conclut que, selon toute vraisemblance, la mitose normale répond à un moment de souffrance, à une maladie de la cellule.63.\tLes Bactéries symbiotes de l\u2019appendice du Lapin.\u2014 Pierre Masson.Les follicules clos de l\u2019appendice coecal du Lapin contiennent toujours, dans les interstices de leurs lymphocytes, d\u2019innombrables Bacilles Gram-positifs que l\u2019on n\u2019est pas parvenu à cultiver jusqu\u2019à présent.Ces Bactéries proviennent de la cavité intestinale, traversent l\u2019épithélium qui revêt les follicules et se multiplient parmi les cellules lymphoïdes adaptées à elles.Beaucoup sont phagocytées par des macrophages qui les transportent au voisinage des lacs lymphatiques qui bordent les follicules et les digèrent.Il y a là un exemple de symbiose comparable à celui qu\u2019on observe entre Bactéroïdes et racines chez les Légumineuses, entre Bactéroïdes et tissu adipeux chez les Blattes, et cela, chez un Mammifère.Tous les Cuniculides présentent cette particularité intéressante.64.\tNotes sur la faune entomologique des environs de Longueuil.\u2014 F.Jules, f.e.c. ANNALES DE L\u2019ACFAS 85 : 65.\tEssais de fumigation des habitations à l\u2019aide de l\u2019acide cyanhydrique pour détruire le Cimex lectularius L.\u2014\tGeorges Maheux.66.\tRemarques sur la distribution du plancton dans l\u2019estuaire du Saint-Laurent entre Tadoussac et Portneuf.\u2014\tHenri Prat et Georges Préfontaine.67.\tLa faune et la flore littorales de l\u2019archipel des Bermudes.\u2014 Henri Prat.68.\tLe Genévrier des Bermudes et ses affinités systématiques.\u2014 Henri Prat.69.\tObservations sur le développement des épiphyties de tavelure dans les vergers du sud-ouest du Québec.\u2014 Fernand Godbout.70.\tLes Hépatiques de la région de Montréal.\u2014 Onil Lesieur, p.s.s.71.\tNotes sur quelques Orchidées du Québec: Cypripe-dium arietinum, Corallorrhiza maculata, Epipactis latifo-lia.\u2014 Léopold Fortier.72.\tLes virus et les plantes.\u2014 M.-C.Perrault.Sous-section d\u2019Ornithologie.1 1.Suggestions pour la revision des noms vernaculaires des Oiseaux du Canada.\u2014 Noël Mayaud.Il y a lieu d\u2019établir une collaboration entre ornithologistes du Canada et de France, en raison de l\u2019homogénéité de la faune holarctique.Tous, des deux côtés de l\u2019Atlantique, bénéficieraient des connaissances qu\u2019ils acquerraient ainsi et qui élargiraient leurs horizons.L\u2019échange de revues et l\u2019analyse du contenu de ces revues seraient un moyen efficace d\u2019établir cette liaison entre l\u2019Europe et le Canada.1 Les 12 premiers travaux se rapportent à la nomenclature française des Oiseaux du Canada.(Voir page 45) 86 ANNALES DE L\u2019ACFAS 2.\tAnnotations, remarques et suggestions relatives aux noms vernaculaires français.\u2014 P.-A.Taverner.Les conditions actuelles de l\u2019ornithologie canadienne-française sont les mêmes que celles où se trouvait l\u2019ornithologie anglaise en Amérique avant la publication de la première liste de revision de VAmerican Ornithologists Union en 1886.Pour codifier les noms vernaculaires français des Oiseaux du Canada, on devra tenir compte des règles suivantes: (1) Conserver les noms européens des Oiseaux qui se rencontrent dans les deux hémisphères.(2) Donner aux Oiseaux américains un nom qui leur soit propre.(3) A moins d\u2019appellations inadéquates, maintenir les noms vernaculaires le plus en usage.(4) Autant que possible, établir un rapport entre le nom français et le nom anglais.(5) Donner des noms parfaitement français et éviter les barbarismes.(6) Rendre les noms spécifiques ordinaires aussi concis que possible.(7) Sauf de graves inconvénients, tenir compte de la priorité.Dans cette liste de revision, on devra suivre VA.O.U.Check List quant aux noms scientifiques.On fera suivre le nom français de tous les synonymes connus.3.\tLes Anatidés du Québec.\u2014 Abbé René Tanguay.La nomenclature suivie est celle adoptée ici par l\u2019A.O.U.et également par la Société ornithologique de France.De plus, chaque nom spécifique est accompagné de son équivalent vernaculaire français.On rencontre dans les régions françaises de l\u2019Acadie et de la Louisiane, des appellations en usage dans la province de Québec.Dans la famille des Anatidés, nous comptons, dans l\u2019est du Canada, sept sous-familles renfermant 26 genres.4.\tNoms populaires des Oiseaux de la région de Nicolet.\u2014 Bruno Bellemare.Les noms populaires sont entre parenthèses.Râle de Virginie, (Petit canard des champs); Râle de Caroline, (Cut); Gallinule de Floride, (Ralle à bec rouge) ; Grand Chevalier à pieds jaunes, (Les pattes jaunes); Pluvier kildir, (Oiseau de coteaux); Pluvier doré, (Pluvier de mer) ; Oiseaux de proie ou ordre des Raptores, (Mangeurs de volailles); Busard des marais, (Cossade); Faucons, (Mangeux de pigeons) ; Balbuzard d\u2019Amérique, (Aigle) ; Duc de Virginie, (Hibou); Harfang, (Hibou blanc); Pic doré, (Poule de bois); En- ANNALES DE L\u2019ACFAS 87 goulement d\u2019Amérique, (Mangeur de maringouins) ; Engoulevent criard, (Bois-pourri); Moucherolle de Caroline, (Batteur de corbeaux); Geai bleu, (Mangeux de blé-d\u2019Inde); Harles, (Becs-scies); Canard d\u2019Amérique, (Sarcelle de France); Canard huppé, (Branchu), Milouin à tête rousse, (Cou rouge) ; Macreuses, (Les sourds) ; Canard noir à pattes rouges, (Le noir d\u2019en-bas).5.\tLes Ictéridés du Québec.\u2014 F.Adrien, c.s.c.Les appellations vernaculaires d\u2019Etourneaux, de Loriots, de Mainates données à nos Ictéridés sont reconnues comme inadéquates et prêtent à la plus grande confusion.L\u2019auteur auggère de leur substituer le nom générique de Troupiales, appliqué par Buf-fon et employé par Cuvier, Vieillot, Bonaparte, Daudin, Brisson et autres.Dans la nomenclature, il a été tenu compte de la priorité lorsque les noms ne présentent aucune ambiguïté.Le premier nom est celui usité actuellement; celui entre parenthèses est le nom proposé.Loriot de Baltimore, (Troupiale de Baltimore ; Baltimore); Loriot des vergers, (Troupiale varié, T.des vergers); Mainate bronzé, (Troupiale versicolore) ; Mainate couleur de rouille, (Troupiale ferrugineux); Etourneau aux ailes rouges, (Troupiale à ailes rouges; Commandeur); Etourneau ordinaire, (Petit troupiale noir) ; Etourneau à tête jaune, (Troupiale à tête orangée) ; Etourneau des prés, (Stourne; nom donné par Buffon); Goglu, ce nom d\u2019origine canadienne ne porte aucunement à la confusion et serait employé de préférence à ceux de Troupiale acutipenne, de Drapiez, et de Gros-bec agripenne, de Buffon).6.\tLes Pics et les Hirondelles du Québec.\u2014 Léopold Varin.Dans la plupart des cas,|la nomenclature vernaculaire de nos Pics se retrouve dans les vieux auteurs français: il n\u2019y aurait donc que quelques corrections à faire.Au contraire, dans la famille des Hirondinidés, la nomenclature a subi davantage l\u2019influence des auteurs américains, en dépit de l\u2019existence de noms français donnés par Vieillot, Cuvier, Buffon et autres.La liste de revision est soumise au comité de la nomenclature française des oiseaux du Québec.7.\tLes noms vernaculaires des genres européens représentés en Amérique.\u2014 Noël Mayaud. 88 ANNALES DE L\u2019ACFAS 8.\tListe de revision des Oiseaux du Canada.\u2014 P.-A.Taverner.9.\tListe de revision des Oiseaux du Québec.\u2014 D.-A.Déry.10.\tLes Pinsons du Québec.\u2014Abbé Léon Marcotte.11.\tLes noms vernaculaires des Oiseaux du bas Saint-Laurent.\u2014 G.Langelier.12.\tLes Oiseaux du Québec.\u2014 J.-G.Coote.13.\tL\u2019ornithologie et les musées.\u2014 F.Florian Crète, c.s.v.Les musées ont profondément modifié leurs méthodes éducatives.On ne porte plus, comme autrefois, toute l\u2019attention sur l\u2019objet lui-même; on concentre les forces sur une idée, une notion de science et on se sert de l\u2019objet pour l\u2019illustrer.Au point de vue éducatif, il ne s\u2019agit pas de tirer d\u2019une collection ornithologique, par exemple, des connaissances nouvelles mais de communiquer, au moyen d\u2019objets choisis et bien disposés, les découvertes déjà faites par les hommes de science.Les musées scolaires doivent être avant tout éducatifs.14.\tLe Pinson chanteur en captivité.\u2014 F.J.-A.Paquette, c.s.v.De tous les Oiseaux en captivité, le Pinson chanteur est sans contredit, le plus intéressant.C\u2019est un ensemble de contradictions.Chaque individu offre une étude spéciale.Même en captivité, ce Pinson conserve sa ruse.Il aime passionnément l\u2019eau: même en hiver il réclame ses ablutions quotidiennes.Il est plus friand d\u2019insectes que les autres Pinsons.Son chant est très varié.Un jeune Pinson élevé en captivité mit trois ans à donner une marque distinctive à son chant.Un autre Pinson capturé il y a quatre ans chante sa cantilène à la lune.(Travail publié dans les « Naturaliste Canadien », 60: 337-341.1933).15.\tObservations sur quelques oiseaux en captivité.\u2014 Abbé J.Mignault.Un Merle femelle adopte comme sien un jeune qu\u2019on lui confie et le soigne avec grand soin.Un Pinson chanteur libre dans le .- . t ANNALES DE L\u2019ACFAS\t89 salon fait la chasse aux teignes (mites).Plusieurs autres Oiseaux élevés en captivité par l\u2019auteur offrent aussi un grand intérêt, entre autres: le Chardonneret jaune, le Pinson indigo et le Faucon épervier.16.\tLes sanctuaires d\u2019Oiseaux dans la province de Québec.\u2014 Harrison-F.Lewis.La plupart des Oiseaux sont protégés au Canada parce qu\u2019ils sont une ressource d\u2019importance nationale.Un des meilleurs moyens de protection pour les Oiseaux est l\u2019établissement de sanctuaires d\u2019Oiseaux.Dans la province de Québec il existe maintenant 23 sanctuaires d\u2019Oiseaux établis, sous l\u2019autorité de la Loi de la Convention concernant les Oiseaux migrateurs, par le gouvernement du Dominion d\u2019accord avec la Province.Douze de ceux-ci sont maritimes et douze se trouvent à l\u2019intérieur des terres.Us ont prouvé leur efficacité en protégeant la vie précieuse des Oiseaux et certains d\u2019entre eux sont aussi une importante attraction pour les touristes.Il existe aussi un grand nombre de sanctuaires privés dans la Province.17.\tNotes ornithologiques.\u2014 A.-C.Nicol.Le bas niveau du fleuve St-Laurent au cours de l\u2019été et de l\u2019automne 1933, ayant attiré plusieurs espèces vers les mares boueuses, 1 auteur s est surtout applique à l\u2019étude des Oiseaux de rivage de la région de Montréal.Les observations les plus intéressantes sont les suivantes: Bécassines rousses, le 10 août.Cet automne, les Mau-bèches à poitrine cendrée sont plus nombreuses que jamais; leur passage s\u2019effectue du 5 octobre au commencement de novembre.Le 21 octobre, première apparition de Maubèches à dos roux.Sur la fin du même mois, abondance de Farlouses et de Plectrophanes de Laponie et de Pinsons niverolles.L\u2019Alouette ordinaire et l\u2019Alouette des prairies sont aussi très nombreuses.18.\tLe Râle jaune dans la province de Québec.\u2014 R.Meredith.Cette communication est faite en vue de signaler l\u2019apparition du Râle jaune dans la province de Québec.On a tué un de ces Oiseaux à Yamachiche, (M.Lowe, octobre 1921); un à Kamouraska, B 90 ANNALES DE L ACF AS (Willie Labrie, 1922); deux à Ste-Anne-de-la-Pocatière, (Elzéar Campagna, Georges Bouchard, C.-E.Pouliot, 1930); deux près de Ste-Anne de Beaupré, (tués par l\u2019auteur, 1931); un autre à Château-Richer, (tué par l\u2019auteur, 1932); deux à ia Rivière-des-Chiens, (D.-A.Dery et Gustave Ratte, septembre 1933); deux autres (tués par l\u2019auteur et M.Raymond, septembre et octobre 1933.) 19.\tRévulsifs pour les Oiseaux ravageurs des plantes cultivées.\u2014 Georges Maheux.Dans le Québec deux groupes d\u2019Oiseaux ravagent les cultures: les Corneilles dans les champs de Maïs, les Etourneaux dans les vergers.L\u2019empoisonnement, le piégeage donnant des résultats aléatoires, l\u2019auteur recommande l\u2019emploi des révulsifs: goudron, rouge de plomb, mélange de pétrole, d\u2019acide phénique et de goudron, mélange de sulfate de cuivre et de goudron.L\u2019auteur donne la formule de ces révulsifs, le mode d\u2019application et discute de leur efficacité.Il met en garde contre l\u2019empoisonnement qui provoque la mort d\u2019un grand nombre d\u2019Oiseaux utiles.20.\tObservations sur la Fauvette jaune.\u2014 F.Yves, c.s.c Une Fauvette couve depuis quelques jours déjà.On lui change son joli petit nid pour un autre très rudimentaire, formé de planu-res d\u2019emballage.Elle continue sa couvée et sept ou huit jours après elle est mère de cinq petits.Plusieurs Chardonnerets, capturés vers la mi-juin en 1930 et 1933, ont vécu facilement en captivité.21.\tObservations sur quelques Oiseaux.\u2014 F.Paul, c.s.c.L\u2019auteur fait conaître le résultat de ses observations sur les mœurs de certains oiseaux: intrépidité du Merle d\u2019Amérique et du Moucherolle de Caroline; ruse du Pinson chanteur; évolutions du Chardonneret jaune et du Martinet des cheminées; ténacité du Moineau domestique.22.\tL\u2019ornithologie et les Cercles des Jeunes Naturalistes.\u2014 F.Adrien, c.s.c.Cette communication tend à démontrer: (1) Ce qu\u2019ont fait jusqu\u2019ici les C.J.N.pour l\u2019ornithologie: statistiques sur l\u2019arrivée et ANNALES DE L ACFAS 91 le départ des Oiseaux migrateurs; observations sur les mœurs de certains Oiseaux; monographies publiées dans les chroniques des C.J.N.; construction de centaines de maisonnettes pour le logement des Oiseaux; une trentaine de causeries données sous les auspices de 1 ACFAS, à quelque cinq mille jeune naturalistes (causeries accompagnées de projections, et où la protection des Oiseaux et des ressources naturelles reçoit une attention particulière) ; tracts distribués gratuitement à tous les membres des C.J.N.(2) Ce que les C.J.N.peuvent encore faire pour l\u2019ornithologie: étiquetage des Oiseaux; recensement annuel; panneaux-réclames en faveur de la protection des Oiseaux; distribution de nourriture en hiver; création de sanctuaires privés.23.\tMoeurs du petit Butor.\u2014 L.-McI.Terrill.Description de certaines mœurs du petit Butor, ainsi que la manière dont les petits sont nourris, et des notes sur leur naissance et leur développement.L\u2019auteur a eu la bonne fortune d\u2019observer de près des adultes et des jeunes à différents âges.24.\tObservations sur le Chardonneret.\u2014 Yves LeRouzès.25.\tLes sanctuaires d\u2019Oiseaux.\u2014 D.-A.Déry.Section 4: Pédagogie des sciences.1.L\u2019enseignement de la géographie à l\u2019école primaire.\u2014 Benoît Brouillette.Cet enseignement, bien compris, cultive le raisonnement, l\u2019imagination, la mémoire, même la volonté; il développe en nous le sentiment de la solidarité et enrichit notre notion de l\u2019espace.La méthode, logique, sera sous la double dépendance de la chose enseignée et de l\u2019être à qui on enseigne.Elle consiste à faire pénétrer chez les élèves l\u2019idée des phénomènes géographiques par l\u2019observation directe, à l\u2019agrandir par la présentation d\u2019images, de récits pittoresques, en utilisant le goût de l\u2019observation et l\u2019imagination de l\u2019élève, puis à redescendre des notions générales vers la réalité qui se présente souvent d\u2019une façon complexe. 92 ANNALES DE L\u2019ACFAS 2.\tL\u2019enseignement des sciences exactes en 1840 à Québec.\u2014\tLéon Lortie.\u2022 Les comptes rendus des examens publics du Séminaire de Québec en 1840 dans « Le Canadien » et la « Gazette de Québec » montrent que l\u2019enseignement des mathématiques, de la physique et de la chimie était très avancé.Les mathématiques étaient au programme de toutes les classes.En philosophie, on étudiait les sections coniques, les trigonométries rectiligne et sphérique, le calcul différentiel et le calcul intégral.Les élèves semblaient faire des travaux pratiques de physique et de chimie.3.\tNotes sur l\u2019enseignement de l\u2019astronomie élémentaire.\u2014\tF.Robert, f.e.c.L\u2019enseignement de l\u2019astronomie élémentaire ne doit avoir pour fin que la culture intellectuelle de ceux qui le reçoivent.L\u2019astronomie en effet n\u2019est pas une science utile, comme la physique.Cependant une connaissance convenable de l\u2019astronomie est indispensable au philosophe, à l\u2019écrivain, à l\u2019homme instruit.Dans l\u2019enseignement de l\u2019astronomie, il faut s\u2019efforcer de ne pas rebuter l\u2019élève.On doit le familiariser avec la connaissance des constellations, lui donner des notions d\u2019astrophysique et le mettre au courant des principaux faits de l\u2019histoire de l\u2019astronomie.Afin que la leçon soit profitable, il faut introduire des problèmes.Il en est qui exigent des connaissances mathématiques, d\u2019autres ne demandent qu\u2019un peu de réflexion ou d\u2019observation: il est possible de proposer quelques exercices à base littéraire, par exemple en étudiant les.grands écrivains au point de vue des notions astronomiques introduites dans leur œuvre.4.\tL\u2019oeuvre des C.J.N.\u2014 F.Adrien, c.s.c.Fondés au mois d\u2019avril 1931, les Cercles des Jeunes Naturalistes comptent aujourd\u2019hui (en 1933) 344 unités réparties dans tous nos genres d\u2019institutions.Ces cercles ne sont pas confinés à la province de Québec; on en trouve encore au Nouveau-Brunswick, à l\u2019Ile-du-Prince-Edouard, au Manitoba, en Ontario, en Alaska, au Yukon, voire au Bengale, Asie.Les 196 rapports de fonctionnement reçus à date fournissent les statistiques suivantes: 141 cercles ont un musée scolaire; 48 ont un jardin botanique; ANNALES DE L ACFAS 93 118 ont organisé des expositions locales; 137 étaient représentés à l\u2019exposition régionale de Montréal (en 1933); 1402 réunions se sont tenues; 159 cercles ont fait 1375 excursions au cours desquelles les spécimens suivants ont été récoltés : 46,964 plantes, 3,478 minéraux, 44,007 insectes, 793 mammifères, poissons, oiseaux, etc.Soixante-seize conférences sous les auspices de l\u2019ACFAS ont été données à environ 12,000 auditeurs.La Société canadienne d\u2019Histoire naturelle a distribué gratuitement onze tracts à chacun des membres des C.J.N.Le Ministère fédéral de l\u2019agriculture a adressé plusieurs publications à chaque cercle.Les chroniques des C.J.N.sont publiées dans quatre journaux et trois revues.Des milliers de plantes, d\u2019insectes, de minéraux, etc., ont été identifiés gratuitement à la Commission des C.J.N.5.\tUn modèle de manuel élémentaire dé géologie.\u2014 Georges Préfontaine.L\u2019analyse comparative de sept manuels élémentaires de géologie, en langue française, montre la difficulté d\u2019exposer cette matière selon la méthode concrète, base fondamentale de toute la pédagogie des sciences naturelles.Un seul auteur sur les sept a trouvé la véritable formule.Après avoir énuméré les défauts par lesquels on reconnaît un mauvais manuel, l\u2019auteur montre comment Emile Brucker a réussi à les éviter dans un livre d\u2019une remarqauble facture, « Géologie )), classe de quatrième de l\u2019enseignement secondaire français.(Librairie Larousse, 1928).6.\tLe Jardin zoologique de Québec.\u2014 Armand Brassard.7.\tL\u2019enseignement des sciences biologiques à l\u2019Université de Montréal.\u2014 Henri Prat.(Ce travail a paru dans la « Revue Trimestrielle Canadienne » > 19: 353-367.1933). VII.LE DEUXIEME CONGRES (Québec, 1934).A.\u2014 COMPTE RENDU GÉNÉRAL.PAR JOS.RISI Professeur à V Université Laval.1.\tSéance d\u2019ouverture, à PUniversité Laval.95 a)\tAllocution du président de l\u2019ACFAS, le P.Ceslas Forest, o.p.95 b)\tBienvenue de Son Honneur J.-E.Grégoire, maire de Québec.96 c)\tBienvenue de l\u2019Université Laval, par Mgr François Pelletier.97 d)\tConférence de M.Adrien Pouliot: « Comment l\u2019humanité a appris à compter\t».98 e)\tAllocution de Son Excellence le lieutenant-gouverneur, l\u2019honorable E.-L.Patenaude.100 2.\tDeuxième séance publique, à l\u2019Académie Commerciale.101 a)\tAllocution du directeur de l\u2019Académie Commerciale, le F.Germain, f.e.c., et ouverture de l\u2019exposition d\u2019histoire naturelle.101 b)\tConférence de M.Georges Maheux: « Au seuil de l\u2019entomologie ».105 c)\tAllocution de l\u2019honorable Cyrille Delage, surintendant de l\u2019Instruction publique de la province\tde Québec.107 3.\tBanquet de clôture, au Château Frontenac.108 a)\tAllocution du président de l\u2019ACFAS, M.Adrien Pouliot.109 b)\tAllocution de Mgr Camille Roy, recteur de l\u2019Université Laval.114 c)\tAllocution de M.Jacques Maritain, professeur à l\u2019Institut Catholique de Paris.116 ANNALES DE L\u2019ACFAS 95 4.\tExcursions organisées au cours du Congrès.117 5.\tExpositions tenues au cours du Congrès.117 6.\tLettre de Son Éminence le Cardinal Villeneuve aux organisateurs du Congrès.121 1.SÉANCE D\u2019OUVERTURE.Le congrès de 1934 s\u2019est ouvert en la salle des Promotions de l\u2019Université Laval, le 7 octobre, à 8 heures du soir, en présence d\u2019un nombreux auditoire.Allocution du président de V ACF AS.Le P.Ceslas Forest, o.p., président de l\u2019ACFAS, prononce l\u2019allocution d\u2019ouverture.L\u2019ACFAS, affirme-t-il, avait projeté l\u2019an dernier, alors que l\u2019abbé Alexandre Vachon était président de l\u2019Association, de tenir son premier Congrès à Québec.Mais l\u2019on craignait un échec, et à Montréal un échec avait plus de chances de passer inaperçu.Ces craintes ont été dissipées, si rapidement et si complètement que l\u2019on peut espérer que le congrès de l\u2019ACFAS sera désormais une institution annuelle et la révélation d\u2019un puissant mouvement d\u2019études et de recherches.C\u2019est par la recherche que nous finirons par compter comme peuple.Parce que nous avons tardé à admettre cette vérité, nous n\u2019occupons pas dans le domaine scientifique la place que nous devrions occuper.Nous nous en excusons en nous répétant que nous sommes jeunes.Sommes-nous plus jeunes que nos compatriotes de langue anglaise ?Ayons donc plutôt le courage de reconnaître nos lacunes et de nous mettre résolument à la besogne.L\u2019ACFAS est heureuse d\u2019avoir l\u2019encouragement d\u2019une personnalité aussi digne que celle de son Excellence le Lieutenant-gouverneur.Il lui fait plaisir d\u2019être reçue à Québec par un maire dont la culture est une garantie de sympathie poulies membres de l\u2019Association.Le président termine par des remerciements à l\u2019adresse de S.E.le Cardinal, du premier ministre de la province, l\u2019hon.L.-A.Taschereau, du secrétaire de la province, l\u2019hon.Athanase David, des organisateurs du congrès et de l\u2019Université Laval, qui reçoit les congressistes.¦J \t 96 ANNALES DE L\u2019ACFAS Bienvenue du maire de Québec.Son honneur le maire J.-E.Grégoire, professeur à l\u2019Univer-sité Laval, qui présente aux congressistes, au nom de la ville de Québec, les meilleurs vœux de succès, s\u2019adresse dans les termes suivants : « La Cité de Québec reçoit depuis longtemps des congressistes.C\u2019est sans doute parce qu\u2019elle aime les congressistes et se plaît à les voir chez elle.« Au risque d\u2019être dénoncé, même de subir des enquêtes, je confesse un faible à l\u2019égard des congressistes de l\u2019Association cana-dienne-française pour l\u2019Avancement des Sciences ou plutôt, parlons plus intimement, pour l\u2019ACF AS.« Vous êtes les bienvenus, messieurs et mesdames de l\u2019ACFAS, au milieu de la population de Québec, qui se trouve grandement honorée de votre présence.Si vous n\u2019étiez pas déjà entrés dans nos murs, soyez certains que je vous offrirais avec un immense plaisir, en qualité de maire, les clés de la ville.« Vous êtes les bienvenus, parce que vous êtes des nôtres, parce que vous figurez en tête de la file qui escalade les sommets du savoir, parce que vous constituez l\u2019un des groupements les plus utiles de notre société canadienne-française.« Au milieu de la nuit que traverse en ce moment le monde civilisé, c\u2019est à Dieu et à la Science qu\u2019il faut demander la route à suivre.L\u2019empirisme serait un bien mauvais guide à travers les écueils pernicieux dont est remplie, à notre époque, la vie morale, aussi bien que l\u2019ordre matériel.«De quelque côté que nous nous tournions, des problèmes se posent dont la solution ne peut s\u2019ajourner indéfiniment.L\u2019économie, l\u2019organisation sociale et la politique exigent le rajeunissement de nombreuses formules qu\u2019hier on croyait définitives.L\u2019évolution commencée nous conduira-t-elle vers un état social meilleur ou nous entraînera-t-elle à quelque abîme?La réponse est à nos savants, qui peuvent non seulement prévoir l\u2019avenir, mais influencer cette évolution par une action éclairée autant que courageuse sur les personnes et sur les choses.« Messieurs les philosophes, les sociologues et les pédagogues, il nous faut compter sur vous pour imposer à notre société la ferme discipline intellectuelle et morale indispensable à son triomphe sur les difficultés présentes. ANNALES DE L\u2019ACFAS 97 « Messieurs les mathématiciens, les chimistes, les biologistes, les physiciens, les minéralogistes, les géoloques, les botanistes, les zoologues, les entomologistes, c\u2019est vous qui pouvez, qui devez, par votre travail, ajuster la machine économique aux besoins nouveaux d\u2019une société transformée par le machinisme et par différents autres agents contemporains.« Et vous, messieurs les linguistes, les littérateurs, les historiens, les géographes, les astronomes, vous ferez de la race cana-dienne-française un peuple cultivé qui, grâce à son amour de la vie, traversera facilement les crises de toutes sortes.« Les hommes publics éprouvent le besoin de se montrer très modestes devant les représentants de la Science.Et la population tout entière admire le génie créateur au service de l\u2019humanité, tout en regrettant que les fruits de votre travail soient trop souvent gâtés par l\u2019esprit de lucre et l\u2019égoïsme des autres.« Continuez, messieurs, à nous donner le bon exemple du « labor improbus » qui vainc tous les obstacles; continuez de vous élever vers les hauteurs de la science humanisante et tâchez de nous entraîner tous un peu; continuez d\u2019élargir indéfiniment les horizons à mesure que croît la famille humaine et que se multiplient ses besoins.C\u2019est un plaisir de le proclamer: vous constituez l\u2019un des groupes les plus intéressants.Vous comptez parmi les principaux créanciers de votre prochain.Vous êtes les dix justes capables de racheter non seulement une ville, mais tout un monde où les parasites causent beaucoup de mal et de scandale.« Encore une fois, messieurs, la Cité de Québec vous remercie de l'honneur que vous lui faites en tenant chez elle votre second congrès.Elle voùs invite à vous considérer de la famille et elle espère que vous emporterez de Québec un agréable souvenir, avec le goût d\u2019y revenir.)> Bienvenue de V Université Laval.En l\u2019absence de Mgr Camille Roy, recteur de l\u2019Université Laval, qui a dû quitter Québec la journée même, Mgr François Pelletier, doyen de la Faculté des Arts, déclare qu\u2019il est heureux d\u2019ouvrir toutes larges les portes de l\u2019Université aux hommes de sciences de l\u2019ACFAS.Au nom du recteur, au nom des directeurs et des professeurs de l\u2019Université, il souhaite à tous les congressistes la bienvenue la plus amicale et la plus fraternelle.Il souhaite plein succès aux auteurs des travaux qui seront, présentés au cours des 98 ANNALES DE l\u2019A CF AS différentes réunions de sections et il assure que ces assises seront profitables non seulement aux congressistes, mais à la science en général.Conférence de Monsieur Adrien Pouliot.Monsieur Adrien Pouliot, professeur à l\u2019Ecole supérieure de Chimie de Québec, prononce ensuite une conférence intitulée: « Comment l\u2019humanité a appris à compter ».Cette conférence était illustrée par de nombreuses projections lumineuses.En voici un résumé.Le système de numération écrite et orale que nous employons tous les jours ne s\u2019est pas imposé aussi naturellement qu\u2019on pourrait le croire.Cette numération constitue une conquête scientifique, relativement récente, sur les numérations babylonienne, égyptienne, chinoise, grecque et romaine.En rétablissant dans les grandes lignes le cours naturel de l\u2019évolution humaine, il est possible de mesurer la distance qui sépare sur bien des points nos habitudes logiques actuelles de la mentalité primitive.Par exemple, chez nous comme chez toutes les nations civilisées, la numération précède le calcul.C\u2019est qu\u2019au premier stade, la pensée numérique paraît contenue beaucoup plus dans les choses que dans l\u2019esprit de l\u2019homme.Ceci explique le rôle joué par les différentes parties du corps et en particulier par les doigts de la main dans la numération des peuplades sauvages.Que les premiers hommes aient commencé à compter sur leurs doigts, la chose n\u2019est pas douteuse.Ce procédé était d\u2019ailleurs en usage courant jusqu\u2019aux premiers siècles de notre ère.Les Romains en avaient fait un art qu\u2019ils appelaient indigitatio, la digitation, art qui était commun à plusieurs peuples, de sorte qu\u2019il en était résulté une espèce de langage universel.Une fois la digitation adoptée comme moyen instrumental par excellence, les hommes, se rendant compte que les groupes d\u2019unités assurant des poses et des repos facilitent la numération, ont, en se servant de la main gauche, constitué un premier système, le système quinaire, en groupant les objets cinq par cinq.Du système quinaire, on passe tout naturellement au système décimal en adjoignant la main droite à la main gauche.Ce système, qui est le nôtre, remonte assez loin dans l\u2019antiquité et il a toujouts été d\u2019un usage presque universel. ANNALES DE L\u2019ACFAS 99 Dans l'antiquité, il existe cependant d\u2019autres systèmes que le quinaire et le décimal.Certains peuples comptaient avec leurs pieds.On arrivait au système vigésimal.Il y avait aussi chez les Saxons le système duodécimal (dont la douzaine et la grosse constituent quelques traces).Il y eut aussi le système binaire en usage chez les Chinois dès la plus haute antiquité.Les plus anciens documents indiquant l\u2019usage systématique de la numération graphique dans le système décimal viennent des anciens Sumériens et des Egyptiens et remontent à environ 3500 ans avant J.-C.Le principe appliqué est toujours le même et consiste uniquement en la répétition du symbole qu\u2019on fait correspondre à l\u2019unité.Ce symbole revêt le plus souvent la forme d\u2019un trait vertical.Les Grecs à l\u2019origine, les Etrusques ensuite, puis les Romains se servirent de cette numération primitive dont il reste encore des traces dans les quatre premiers chiffres romains.Les dés, les dominos, les cartes, la répétition même par les horloges d\u2019un même son pour les heures, voilà autant de traces qui subsistent encore de cette numération rudimentaire fort commode mais encombrante pour représenter des nombres élevés.Ce système des chiffres romains, surtout, n\u2019était pas pratique pour les multiplications, divisions et autres opérations de l\u2019arithmétique.On recourait à l\u2019abaque.Elle consistait en une tablette rectangulaire où se trouvaient creusées quelques cannelures parallèles, l\u2019une servait pour les unités, l\u2019autre pour les dizaines.On n\u2019avait qu\u2019à disposer dans chaque cannelure autant de petits cailloux, ou calculs, qu\u2019il y avait d\u2019unités de l\u2019ordre indiqué dans le nombre à représenter.L\u2019emploi de cette abaque comme moyen de calcul devint vite universel.En fait, de cet emploi à l\u2019introduction du principe de position, il n\u2019y avait qu\u2019un pas.Et pourtant, ce pas, les Grecs pas plus que les Romains ne purent parvenir à le faire, tellement se trouvait opposée à ce principe de position la loi exclusivement additive qui régissait le système des numérations grecques et romaine.Si stupéfian.t* qu£ jnojijS apparaisse cet .éohec des plus grands génies de l\u2019antiquité- -en facër'dhme tfanSf>dsition qui sauterait aux yeux d\u2019un enfant 4e -huit àps, àüjÉoûcd\u2019njiij {cet* échec est pourtant bien explicable\u2018quand on songé* que le'Zéro ri\u2019avâit jamais été conçu comme susceptible de prendre place parmi les nombres! _ 100 ANNALES DE L ACF AS Aussi l\u2019introduction du zéro dans le système numérique par les Indiens au Vile siècle de notre ère constitue-t-elle l\u2019une des plus grandes découvertes de l\u2019humanité.Habitués comme nous le sommes à l\u2019usage quotidien de notre système actuel de numération, nous pouvons difficilement nous faire une idée exacte du trait de génie qu\u2019il a fallu pour oser introduire au milieu des sj^mboles représentant les neuf premiers nombres un dixième symbole que l\u2019on traitera dorénavant comme un nombre et qui, par définition même, représente l\u2019absence de nombre.Car le zéro ne vaut rien en soi, et pourtant par le fait de sa présence, la valeur de ses voisins sera décuplée, centuplée et même susceptible de s\u2019accroître indéfiniment.Pauvre zéro, essentiellement altruiste, il est là pour prouver qu\u2019il ne faut pas confondre la valeur d\u2019un être avec son mérite.La découverte du zéro donnait naissance à notre système décimal actuel.Pour son application pratique cependant, il faudra attendre huit siècles avant que les Arabes fassent pénétrer cette nouvelle numération en Occident.Le nouveau système en effet ne triompha qu\u2019au XVIle siècle.De l\u2019Arabie, le système passe en France.Grâce à lui, le développement de l\u2019arithmétique s\u2019accentuera.Tous les obstacles s\u2019aplaniront au grand émerveillement des calculateurs eux-mêmes.Notre système de numération s\u2019est tellement imposé aux esprits depuis les XVIe et XVIIe siècles qu\u2019il semble maintenant à priori le seul logique et le seul pratique.Cet optimisme serait toutefois un leurre: demandez-le plutôt aux mathématiciens qui sont souvent obligés d\u2019avoir recours à d\u2019autres systèmes, en particulier au système exponentiel.C\u2019est par un processus extrêmement lent que l\u2019humanité a pu s\u2019élever jusqu\u2019à notre numération décimale, numération qui reste elle-même susceptible de perfectionnement considérable, à tel point peut-être que, dans quelques milliers d\u2019années, les générations d\u2019alors tourneront vers notre système décimal ce même regard tout chargé d\u2019une ironique pitié avec lequel nous scrutons à l\u2019heure actuelle les vieilles inscriptions poudreuses de l\u2019Égypte et de la Chaldée.Allocidiori 'du 'Lieatèndnt-ÿouvzrnëur.Son Excellente le\"Lieutenant-gouverneur' de la- province, l\u2019honorable E.-L.Patenaude, qui a bien voulu rehausser de sa pré- ANNALES DE L\u2019ACFAS 101 sence l\u2019éclat de cette séance, remercie le conférencier en insistant sur la signification du travail de l\u2019ACFAS au point de vue national.Voici un résumé de son allocution: Le conférencier nous a montré qu\u2019au cours des siècles on a beaucoup travaillé, il nous a appris aussi le mérite du zéro, qui par lui-même n\u2019a aucune valeur.De là, deux leçons: une leçon de travail et une leçon d\u2019humilité.Nous tous, nous ne valons peut-être pas grand\u2019chose, mais avec l\u2019aide du voisin, nous pouvons souvent beaucoup.C\u2019est sans doute l\u2019une des raisons qui ont poussé les organisateurs de l\u2019ACFAS à fonder leur association.Ainsi les hommes de sciences appartenant aux disciplines les plus diverses, en s\u2019unissant, pourront contribuer à l\u2019avancement de la science.Dans son discours inaugural, le président a parlé de nos lacunes.Il vaut mieux les admettre en effet et travailler à les combler.Nous le devons à nos devanciers, nous le devons à nous-mêmes, nous le devons à notre race.Pourquoi n\u2019en prendrions-nous pas la résolution ce soir, sous ce toit universitaire où l\u2019on a toujours le désir de s\u2019orienter de plus en plus vers le progrès.Notre génération a-t-elle suffisamment travaillé à l\u2019avancement: de la science ?Nos jeunes travaillent-ils suffisamment ?Il est en tout cas certain que nous avons le devoir de redoubler d\u2019ardeur afin de reprendre en ce pays, dans ce domaine, la place que doit occuper notre race, c\u2019est-à-dire la première.2.DEUXIÈME SÉANCE PUBLIQUE.Une foule considérable assistait le lundi soir, 8 octobre, à la brillante ouverture de la quatrième exposition d\u2019histoire naturelle du district de Québec, à l\u2019Académie Commerciale.Allocution du directeur de VAcadémie Commerciale.Le F.Germain, f.e.c., directeur de l\u2019Académie Commerciale, qui préside la séance, prononce l\u2019allocution suivante.« Je me sens quelque peu à la gêne et je ne sais comment répondre aux délicates attentions du comité d\u2019organisation du deuxième congrès de l\u2019ACFAS.En effet, ce comité a bien voulu que la modeste exposition des jeunes naturalistes, tenue dans les salles de l\u2019Académie Commerciale, fasse partie du programme de ce con- 102 ANNALES DE L\u2019ACFAS grès.De la part de ces messieurs, je devrais dire de ces savants, c\u2019est plus que de la courtoisie, c\u2019est un excès de condescendance.« Au nom du personnel de l\u2019Académie Commerciale, au nom des directeurs, des maîtresses, des collaborateurs et des membres des différents cercles des jeunes dont les travaux sont exposés, je demande respectueusement à ces Messieurs du comité de l\u2019organisation de l\u2019ACFAS de bien vouloir agréer l\u2019humble hommage de leur vive gratitude et de leur entière reconnaissance.« L\u2019Académie Commerciale a été une des premières maisons d enseignement à entrer dans le mouvement que le directeur de l\u2019Institut de Botanique de Montréal a lancé en faveur de l\u2019étude de la nature.Les professeurs ont fait leurs les paroles du chantre de la flore laurentienne lorsqu\u2019il écrivait: « Dans la création, le beau est partout, dans les plus petits objets comme dans les plus grands, dans les spectacles d\u2019ensemble et dans les menus détails.Voir, aimer le beau de première main dans la nature, constitue une éducation du sens esthétique beaucoup plus rationnelle que celle obtenue par l\u2019étude plus ou moins intelligente d\u2019un manuel ou la copie servile d\u2019un modèle stéréotypé, le tout servi entre quatre murs nus avec un horizon de toits et de cheminées d\u2019usine.» Le succès de nos expositions, nous le devons à nos présidents de haute valeur qui ont tenu à nous apporter en leur personne l\u2019encouragement des grands corps d\u2019État qu\u2019ils honorent.C\u2019est ainsi que le gouvernement provincial, par son Surintendant de l\u2019Instruction publique, l\u2019Hon.Cyrille Delage, président de l\u2019ouverture de la première exposition en 1931, et président d\u2019honneur de cette conférence, puis l\u2019Université Laval, par son très digne recteur, Mgr Camille Roy, et la Société Zoologique de Québec, par son généreux président, Me Charles Frémont, sont venus nous aider dans notre tâche.« Nous devons aussi ce succès à nos conférenciers: le R.F.Marie-Victorin, qui nous a montré le chemin de l\u2019école de la route, M.l\u2019abbé W.Laverdière, qui a traité de la géologie du Québec, M.le docteur Brassard, qui a fait passer devant nos yeux quelques scènes de la vie au jardin zoologique de Charlesbourg.Et ce soir M.Georges Maheux, entomologiste provincial, nous dira ce qu\u2019il y a « Au seuil de l\u2019entomologie ».Nous le devons aussi ce succès,à la grande publicité de nos journaux québécois: « Le Soleil »,\t« L\u2019Événement » et « L\u2019Actioi Catholique » par sa chro- nique hebdomadaire.¦ - \u2014. ANNALES DE l\u2019aCFAS 103 « A tous, aujourd\u2019hui, je dis du fond du cœur le merci le plus ému! Permettez-moi de vous dire que nous éprouvons un grand sentiment de sécurité quand nous travaillons sous la tutelle des deux sociétés québécoises, Société linnéenne et Société zoologique.Leurs présidents, qui sont des hommes très avertis dans le domaine des choses de l\u2019histoire naturelle, nous sont tout dévoués; et à l\u2019occasion, ils nous délèguent leurs membres à l\u2019effet de contrôler les classifications ou de déterminer la valeur des exhibits.« Rien d\u2019étonnant qu\u2019un grand nombre de garçons et d\u2019élèves des couvents se soient intéressés à l\u2019histoire naturelle, à l\u2019appel de leurs maîtres et de leurs maîtresses qui leur disaient : Amis, dans les plaines fleuries, Élancez-vous, chantez, courez ! A vous le gazon des prairies, A vous les cailloux diaprés, A vous les fleurs.Regardez vivre L\u2019insecte, sous l\u2019herbe abrité Qui comme vous joue et s\u2019enivre Des joyeux parfums de l\u2019été.Ils sont partis, ces jeunes, à la conquête de cette science privilégiée, « une science de plein air dont les secrets se lisent à même les pages fleuries du grand livre du Bon Dieu ».« Je ne doute pas que les promoteurs de ce mouvement doivent éprouver un sentiment de bien légitime fierté en considérant le succès de leur initiative.Ils ont parlé! et des centaines, des milliers de voix ont répondu: Nous voici! Que faut-il faire ?Nous sommes prêts! Quand partons-nous en excursion?\u2014 Qui donc a dit que les jeunes Canadiens français étaient des paresseux ou des indifférents ?ou moins vaillants que les étudiants des autres pays ?Sont-ils en retard sur leurs cousins de France, par exemple?Cette semaine,' dans une revue scientifique de France, la « M.E.» (Miscellanea entomologica), livraison de septembre, p.88 et s., je lisais ceci: « les sciences naturelles ne semblent pas avoir la faveur de la jeunesse française actuelle.Je me déclarais prêt à les guider dans cette étude, dit M.Briel, leur disant les joies et les satisfactions que procure une telle étude dès que l\u2019on s\u2019y est engagé et leur faisais connaître que je nommerais avec plaisir leurs spécimens qui me seraient envoyés.Ma proposition n\u2019a eu d\u2019autre résultat que de me valoir deux brèves demandes de renseignements, lesquelles ont 104 ANNALES DE l\u2019aCFAS été suivies d\u2019un silence complet et définitif.Mais ce qui est pis, c\u2019est que les jeunes à qui je montre mes cartons d\u2019insectes admirent ma patience, mais se demandent ce que je peux bien faire de mes bêtes.C\u2019est peine perdue de leur expliquer l\u2019intérêt d\u2019une telle collection: ils ne peuvent le comprendre.Il leur manque la curiosité pourtant innée chez l\u2019enfant, mais qui a été vite étouffée par la pratique des jeux modernes, dans lesquels l\u2019idéal vient vite de surpasser les camarades.Ne cherchons pas les causes de cette indifférence à l\u2019endroit des sciences, ailleurs que dans l\u2019attrait excessif des sports, du cinéma et des randonnées à bicyclette ou en auto.Nous sommes au siècle du mouvement, du tumulte et d\u2019une fiévreuse a-gitation parfois sans but bien déterminé, aussi bien dans le domaine des plaisirs que dans celui des occupations ».Et M.Briel, auteur de cet article, conclut en disant: « C\u2019est chez le jeune écolier qu'il faut faire renaître le goût de l\u2019histoire naturelle.» « N\u2019est-ce pas ce qui s\u2019est fait au Canada français depuis quelque six ans ?Les directeurs de cercle sont des professeurs, qui organisent des promenades pour la cueillette des plantes ou la capture des Insectes, et ils consacrent tous leurs efforts non seulement à provoquer des vocations, mais à les soutenir par des encouragements aussitôt qu\u2019elles se manifestent.Spencer, dans son autobiographie, rappelle avec bonheur ses expéditions dans la campagne à la recherche des fleurs, des Mûres ou des Champignons, et les délices qu\u2019il éprouvait à errer dans les Fougères; il se montre observant le manège des Abeilles sur les fleurs de Haricot, regardant les larves de moucherons monter et redescendre dans l\u2019eau stagnante d\u2019un abreuvoir abandonné, ou encore stimulé par son père, confectionnant lui-même ses lignes pour la pêche, qu\u2019il adorait: la plupart des enfants, conclut-il, sont instinctivement naturalistes et, s\u2019ils étaient poussés dans cette voie, passeraient de l\u2019observation sans but à l\u2019observation délibérée et attentive.« Mais qui peut les y pousser ?leurs maîtres et maîtresses, sans doute, mais aussi leur mère ou leur père, s\u2019ils veulent bien prendre parfois la peine de faire avec eux, dans la campagne, une de ces promenades qui amusent et instruisent les enfants, rajeunissent les parents, resserrent l\u2019intimité, et font entrer dans l\u2019âme et le corps, par tous les pores, la joie de vivre.Et les enfants grandissant, leur vie consciente s\u2019enrichira de tout ce que lui apportent des sens dont les données gagnent en étendue, en précision, en intensité: sens des odeurs et des parfums, sens de la couleur, du rythme et ANNALES DE L\u2019ACFAS 105 de la musique, sens de la beauté sous toutes ses formes; elle s\u2019enrichira des émotions, des interprétations, des inquiétudes que suggèrent à l\u2019âme en éveil les drames de la nature, les aubes délicates et les rouges crépuscules, les printemps triomphants et les automnes nostalgiques.Et alors l\u2019adolescent, comme le héros de l\u2019opéra, entendra chanter dans son cœur: « Pourquoi dans les grands bois aimé-je à m\u2019égarer?» Conférence de monsieur Georges Maheux.Monsieur Georges Maheux, entomologiste provincial et professeur a l\u2019Université Laval, donne une conférence illustrée de projections lumineuses et intitulée « Au seuil de l\u2019entomologie ».En voici un aperçu.Si la fréquentation assidue de la nature familiarise l\u2019homme avec le milieu où il vit, si la pratique des sciences naturelles développe l\u2019esprit d\u2019observation, affine le jugement, aiguise le sens de la mesure, il n\u2019en reste pas moins que la fonction la plus noble de l\u2019histoire naturelle est de nous fournir des moyens de rechercher et de connaître la vérité.Sans qu\u2019il s\u2019en rende toujours un compte exact, n\u2019est-ce pas la vérité, le pourquoi des choses que poursuit le jeune amateur de botanique, de zoologie ou de géologie?Et c\u2019est justement pour préciser quelques vérités relatives à la constituton et aux phénomènes vitaux des Insectes que, ce soir, nous plaçant au « seuil de l\u2019entomologie », sous le regard moqueur de ces curieuses bestioles, nous examinerons sommairement quelques points intéressants que, dans sa fièvre de chasseur, le jeune naturaliste est porté à négliger.Chez l\u2019Insecte, la beauté et le merveilleux se confondent, et justement le- corps de l\u2019Insecte, la vie du plus humble Papillon, les mœurs d\u2019un minuscule Moustique, sont à nos yeux un tissu de merveilles.Le conférencier rend d\u2019abord hommage aux naturalistes de jadis: Reaumur, Lamarck, Linné, Cuvier, Provancher, Fabre, qui contribuèrent à soutenir une science nouvelle et à lui préparer la faveur dont elle jouit actuellement.Aujourd\u2019hui, l\u2019entomologie est, avec la botanique, la science naturelle qui compte le plus d\u2019adeptes et s\u2019enorgueillit de la plus abondante littérature.Tout différent du Chat, l\u2019Insecte ne possède aucune ossature, aucune charpente interne.Ce qui en tient lieu est une mince enve- 106 ANNALES DE l\u2019aCFAS loppe extérieure, suffisamment rigide, peu perméable aux liquides, incrustée d\u2019une substance particulière, à laquelle, en 1821, Ooier donna le nom de chitine.Aucun muscle, aucun organe sensible au dehors; ils sont tous recouverts par la cuirasse protectrice.L\u2019insecte est beaucoup mieux pourvu que l\u2019animal supérieur pour soutenir la lutte pour l\u2019existence.Le corps est désarticulé.Il est formé d\u2019anneaux ou segments, emboîtés les uns dans les autres, unis entre eux par un tissu plus souple et susceptible d\u2019expansion, le tissu conjonctif.Ces segments forment trois grandes régions: la tête, le thorax, l\u2019abdomen.La tête est précédée d\u2019une paire de cornes ou antennes; le thorax partagé en trois articles où se fixent trois paires de pattes \u2014 le véritable caractère distinctif de tous les Insectes sans exception \u2014 et généralement une ou deux paires d\u2019ailes attachées à la partie dorsale; l\u2019abdomen est dépourvu d\u2019organes locomoteurs.D\u2019autres caractéristiques sont la propriété de l\u2019Insecte.Plusieurs sont perceptibles à l\u2019œil nu; les autres sont révélés par la loupe ou le microscope.La curiosité du jeune naturaliste n\u2019est pas satisfaite de cet examen de surface; elle veut pénétrer aussi les secrets de la vie qui palpite sous cette enveloppe rigide.Entr\u2019ouvrons donc le squelette et essayons de nous reconnaître dans le dédale des organes dont il est rempli.Une juste remarque au cours de cette reconnaissance: ni vaisseaux, ni artères pour porter le sang aux organes comme l\u2019Homme et les autres Mammifères.Nous passons ensuite à l\u2019étude des multiples transformations qui précèdent le développement complet de l\u2019Insecte.Plusieurs surprises attendent le jeune naturaliste.La plus déroutante, celle à laquelle nous prenons quelque temps à nous habituer, réside dans la diversité des formes qu\u2019un même Insecte peut présenter de l\u2019éclosion à la mort.La Mouche de la pomme et le Hanneton en sont de frappants exemples.Nous voyons ainsi la repoussante chenille passer de l\u2019état de cocon à celui de chrysalide pour devenir, enfin, l\u2019attirante petite bête, aux ailes couvertes d\u2019écailles fines comme la poussière et parées de couleurs éclatantes, qui se nomme Papillon.Parvenu au terme de la perfection et en pleine possession de ses moyens, le Papillon essaye ses ailes.Les muscles se dégourdissent sous l\u2019effet de cette gymnastique; les coups d\u2019ailes deviennent ANNALES DE l\u2019aCFAS 107 plus rapides; subitement, l\u2019Insecte glisse dans l\u2019azur et va se poser sur les fleurs où il puise les sucs nourriciers.Des ennemis multiples guettent les Insectes dont il leur faut habilement se garer.Dans la lutte pour l\u2019existence, certains Insectes possèdent des armes, et la plupart se servent de l\u2019arme la plus efficace, la ruse.Ils vivront, par exemple, dans un milieu où leur présence reste imperceptible: grâce à une particularité de structure ou une analogie de couleur, l\u2019Insecte se fondra avec son milieu: mimétisme et homochromie.Chez les Insectes, comme dans la société humaine, les parasites ont le talent de vivre aux dépens des autres.Un exemple: un Ichneumonide, sans avis préalable, donne le coup de pointe à un innocent Puceron, et, du même coup, laisse un œuf dans le ventre de l\u2019adversaire.Résultat: la larve du parasite dégustera à petites gorgées le plasma du Puceron déjà condamné à mourir à petit feu.Prêt à prendre son vol, l\u2019Insecte que nous avons vu naître au seuil de l\u2019entomologie murmure une prière, à la façon du Grillon de Charles Derennes; elle s\u2019adresse, cette prière, tout autant au Créateur, qu\u2019à la foule humaine: « Je m\u2019adresse à la générosité sans bornes de celui qui m\u2019a donné la faveur de naître, c\u2019est-à-dire, à vous Madame-Nature, et à vous Papa-Bon-Dieu.Mon Dieu, je suis si petit, et si seul que votre aide doit m\u2019être accordée plus qu\u2019aux autres créatures.Accordez-moi de garder intacte cette richesse de savoir, d\u2019instinct, de prudence, de présentiment, acquise par des milliards d\u2019ancêtres pour la léguer à ceux qui naîtront de moi ».S\u2019adressant aux jeunes :« Ecoutez la prière du Grillon.Voyez les Lis des champs et leur splendeur; penchez-vous aussi sur l\u2019Insecte, laboratoire de_ merveilles où votre soif de connaître pourra se désaltérer.» Allocution du surintendant de VInstruction publique.L\u2019honorable Cyrille Delage, surintendant de l\u2019Instruction publique, le président d\u2019honneur de la séance, remercie le conférencier.Il prononce l\u2019allocution suivante: « Votre invitation, veuillez le croire, m\u2019a été particulièrement agréable; aussi l\u2019ai-je acceptée avec empressement, car elle me fournissait une si heureuse occasion de vous prouver la sincérité de sentiments maintes fois exprimés.« La critique est facile, a-t-on dit avec raison ; nécessaire même, 108 ANNALES DE L ACF AS elle ne doit pas être trop sévère, partant déprimante, mais constructive et, ainsi, salutaire pour nous Canadiens français qui sommes aujourd\u2019hui la minorité et, sans aucun doute, le serons encore demain dans ce pays.N\u2019oublions donc jamais que nous sommes une minorité dont la situation est précaire, les ressources limitées, ne pouvant attendre aucun secours de l\u2019extérieur, ne devant compter que sur nos propres forces.Dans de telles conditions, avancer à pas lents, ne point songer à l\u2019envahissement à la fois de tous les domaines, mais c\u2019est agir avec la plus élémentaire prudence et une pareille conduite ne devrait provoquer aucune remarque au moins désobligeante.Toutefois, celle-ci m\u2019arrive: « Vous n\u2019occupez pas une très large place dans le monde scientifique; c\u2019est malheureux, regrettable ».« Soit, mais nous n\u2019avons pas été, nous ne sommes pas indifférents aux sciences naturelles.Hier, les Laflamme, les Provan-cher, les Dionne, les Comeau, les nôtres, s\u2019y sont distingués; aujourd\u2019hui, les Vachon, les Pouliot, les Marie-Victorin, les Maheux, marchent sur leurs traces.Non! nous n\u2019avons pas été, nous ne sommes pas, nous ne serons pas indifférents aux sciences naturelles.« Nous ne sommes pas toujours prompts, assez prompts, je l\u2019admets, à accepter une proposition, à endosser un projet, mais une fois convaincus, décidés, nous nous mettons à l\u2019œuvre avec ardeur, enthousiasme et, souvent, reprenons avec rapidité le temps apparemment perdu.« Soit! nous n\u2019occupons pas encore une très large place dans le monde scientifique, mais elle s\u2019agrandit rapidement.« Nous voulons l\u2019avenir sous ce rapport.Qui a l\u2019enfant, a l\u2019avenir! Nous avons l\u2019enfant, nous aurons l\u2019avenir.Il se forme déjà une élite.« Cette belle exposition des jeunes naturalistes, comme celle de l\u2019an dernier, en est la preuve manifeste.A ceux auxquels nous sommes redevables d\u2019un si bel effort, d\u2019une si réconfortante réponse, mes félicitations avec mes remerciements et l\u2019offre de ma modeste contribution pour la réalisation de leurs plus chers projets.» 3.BANQUET DE CLÔTURE.Le banquet qui devait faire tomber le rideau sur le congrès de Québec, eut lieu mardi soir, 9 octobre, au Château Frontenac, ANNALES DE L ACF AS 109 sous la présidence de monsieur Adrien Pouliot, nouveau président de l\u2019ACFAS.Il y avait 110 convives.Allocution du président de l\u2019ACFAS.A l\u2019issue du repas, monsieur Pouliot présente J\u2019allocution suivante : « La coutume de procéder aux élections quelques heures seulement avant l\u2019issue du congrès comporte, certes, le salutaire avantage de libérer l\u2019auditoire d\u2019un trop long discours du nouveau président; elle place, par contre, ce dernier, \u2014 je le reconnais plus que jamais en ce moment, \u2014 devant l\u2019inquiétante perspective d\u2019avoir à rassembler, dans un ordre plus ou moins douteux, des idées plus ou moins nettes.Pour ma part, j\u2019eusse infiniment goûté la rare faveur d\u2019une méditation prolongée, qui m\u2019aurait permis de chercher, dans l\u2019arsenal des mathématiques, ces formules qui se prêtent avec tant d\u2019élégance à toutes les situations de la vie.« Grâce à la théorie des minima, par exemple, il m\u2019eût été possible de faire montre de toute mon indignité ainsi que de la com-fusion avec laquelle je me trouve occuper ce soir le fauteuil présidentiel.Et celle des maxima, par contre, m\u2019aurait mis à même de découvrir les mots qu\u2019il faut pour vous exprimer sans lieux communs, mais non sans émot ion, ma reconnaissance la plus vive pour T honneur, tout enveloppé de cordialité, que vous avez bien voulu me décerner cet après-midi.« Il est toutefois des faits auxquels ne saurait s\u2019adapter nulle formule.Et le spectacle du congrès qui s\u2019achève en ce moment apparaît bien comme l\u2019un de ceux-là.« Est-ce une illusion, mais il me semble que les jours que nous venons de vivre marquent une date dans l\u2019histoire du Canada, nous venons d\u2019assister, je ne dirai pas, \u2014 ce serait tout de même exagéré, \u2014 à la découverte chez les nôtres de l\u2019esprit scientifique, mais, en tout cas, à un réveil inconnu jusqu\u2019ici de cet esprit, réveil que laissait entrevoir sans doute le beau congrès de l\u2019an d er-nier, à Montréal, mais qui, pour la première fois peut-être dans notre histoire, se traduit nettement cette année par un mouvement scientifique coordonné, compris et encouragé.« Aussi convient-il de rendre hommage, en ce moment, au nom de 1 Association, à tous ceux dont le bienveillant concours a rendu possibles les présentes assises. no ANNALES DE l\u2019aCFAS « Nos remerciements s\u2019adressent à Son Excellence le Lieutenant-gouverneur, qui a daigné nous faire bénéficier du prestige de sa personne et de sa haute dignité, en nous accordant son gracieux patronage.La bienveillance de ce patronage était la plus haute marque d'estime que pouvait souhaiter l\u2019Association.« L\u2019honorable premier ministre de la province n\u2019est pas ici, ce soir, empêché par un engagement antérieur, mais nul d\u2019entre vous n\u2019ignore qu\u2019à l\u2019aurore de ce congrès il nous a fait parvenir une nouvelle particulièrement intéressante, je dirais même intéressante au point de vue capital, c\u2019est que son gouvernement consentait à nous accorder un gracieux octroi, afin de nous aider dans l\u2019organisation de notre congrès et de nous permettre de publier un rapport de ses activités.Nous prions l\u2019hon.Cyrille Delage, qui le représente ici, ce soir, de lui transmettre nos plus vifs remerciements et pour avoir si intelligemment compris nos besoins et pour y avoir si éloquemment répondu.Que M.Delage veuille bien également se faire, auprès de l\u2019Hon.secrétaire provincial, M.David, qui consent à nous accorder un octroi annuel, l\u2019interprète de notre gratitude mathématique, c\u2019est-à-dire d\u2019une gratitude qui tend vers l\u2019infini.« Son Eminence le cardinal Villeneuve a daigné adresser aux organisateurs un mot fort bienveillant où, avec ses regrets d\u2019être absent de la ville, cette semaine, il nous transmet ses meilleurs vœux de succès.Aux pieds du primat de l\u2019Eglise canadienne, l\u2019ACFAS dépose, avec tous ses remerciements, l\u2019assurance de ses plus respectueux hommages.« Mgr Camille Roy, recteur de l\u2019Université Laval, a, de l\u2019avis unanime, grandement mérité de tous les congressistes.L\u2019hospitalité de grand seigneur qu\u2019il a bien voulu nous offrir n\u2019est égalée peut-être que par cette éloquence, si universellement appréciée, qu\u2019il daignera, avec son obligeance coutumière, mettre tout à l\u2019heure à notre service.Il n\u2019y a d\u2019ailleurs qu\u2019à lire entre les lignes les derniers discours universitaires de Mgr Roy pour se rendre compte qu\u2019avant longtemps il défendra les sciences avec autant d\u2019ardeur qu\u2019il l\u2019a toujours fait pour les lettres.« Si la sagesse et la science doivent s\u2019entendre et se prêter un mutuel appui, les représentants de la science canadicnne-française ont raison d\u2019être fiers, ce soir, de l\u2019honneur que leur procure la présence, parmi eux, d\u2019un des plus grands représentants de la sagesse, j\u2019ai nommé M.Jacques Maritain, ce philosophe magistral, si sou- ANNALES DE L\u2019ACFAS 111 vent cité chez nous, et dont le nom resplendit de toute Tauréole qui s\u2019attache ici à la contemplation des choses de l\u2019Ecole.M.Ma-ritain a bien voulu consentir à nous dire quelques mots dans un instant.C\u2019est à projeter dans le monde, et avec le succès que vous savez, la vivifiante lumière de la philosophie thomiste que M.Ma-ritain a consacré sa vie tout entière, et vous vous rendrez compte tout à l\u2019heure, en l\u2019entendant parler, que la façon dont il propage cette lumière constitue vraiment, pour employer le langage des physiciens, une sorte de phénomène de « réflexion sur l\u2019intelligence ».« Vous m\u2019en voudriez, mesdames et messieurs, de ne pas remercier le premier magistrat de la cité, S.H.le maire Grégoire, de son magnifique discours de dimanche ainsi que de sa présence ici, ce soir.Personnellement, je crois bien que le comité local en voulait un peu à notre maire, parce que nous comptions sur lui pour fonder une société scientifique; mais, après réflexion, nous avons compris que si, comme avocat, M.Grégoire ne trouvait pas le temps de fonder une société d\u2019économie politique, c\u2019est que, comme maire, il était trop occupé à pratiquer la politique de l\u2019économie.« Une autre figure dont tous les congressistes garderont le meilleur souvenir, c\u2019est sûrement celle du R.F.Germain, directeur de l\u2019Académie commerciale, collectionneur systématique et animateur de tous les grands mouvements.Une fois de plus, le Irère Germain a ouvert toutes larges les portes de son admirable institution.en même temps que les tiroirs de ses précieuses collections.En raison de l\u2019un et de l\u2019autre geste, il suffit d\u2019avoir du cœur et d\u2019avoir du goût pour lui garder la plus vive reconnaissance.« Je n\u2019en finirais pas s\u2019il fallait signaler les noms de toutes les personnes à qui l\u2019ACFAS doit aujourd\u2019hui témoigner quelque gratitude.Mentionnons toutefois M.et Madame Charles Fremont et le docteur Brassard qui ont bien voulu convier les congressistes à des réceptions unanimement goûtées.« Et puis, il y a les organisateurs : ceux de Montréal, tels que le R.P.Forest, président sortant de charge, dont la maîtrise est loin de se limiter à la théologie; tel aussi Jacques Rousseau, l\u2019âme dirigeante du congrès de l\u2019an dernier, qui s\u2019est chargé, cette année de faire converger vers Québec toute l\u2019activité scientifique de la métropole; ceux de Québec, au premier rang desquels figurent deux de nos amis, qui se sont vraiment montrés les grands artisans du présent congrès, j\u2019ai nommé Me Germain Beaulieu et le Dr Jo- 112 ANNALES DE l\u2019aCFAS seph Risi.Depuis six mois, ces deux hommes ont, pour ainsi dire, vécu uniquement en fonction du congrès; aussi l\u2019Association est-elle heureuse de leur rendre cet hommage que le succès de ce congrès constitue pour eux un succès personnel.« Quel dommage que M.Beaulieu, dont vous appréciez tous le talent d\u2019écrivain autant que le savoir de naturaliste, soit en proie, de temps en temps, à des crises de modestie extrêmement aiguës; c\u2019est ce qui lui est arrivé cet après-midi.Et voilà pourquoi cet homme si distingué, pour la première fois de sa vie n\u2019est pas à sa place ce soir; en sorte que, par ricochet, je me trouve, moi-même, à usurper le fauteuil présidentiel qu\u2019il lui appartenait d\u2019occuper en ce moment.« Et pourtant, le prestige et l\u2019expérience de M.Beaulieu nous eussent été extrêmement précieux, car il n\u2019est peut-être, à l\u2019heure actuelle, au Canada français, aucune association dont le rôle soit plus important que celui de l\u2019ACFAS, du point de vue national.Ce rôle a été fort bien reconnu par un des écrivains étrangers qui ont semblé le mieux comprendre notre peuple, M.Georges Vattier, l\u2019auteur de l\u2019« Essai sur la mentalité canadienne-fran-çaise ».« Dans le domaine scientifique, écrivait-il en 1928, il faut reft connaître que, jusqu\u2019ici, nos anciens compatriotes n\u2019ont pas fait « preuve de brillantes dispositions.Le Dr Pariseau disait, avec « raison, le 15 mai 1924: « Nous pouvons compter sur les doigts « ceux des nôtres que nous oserions appeler des savants ».« Il est fort probable cependant, ajoute M.Vattier, que cela « va changer d\u2019ici peu.La fondation de la Société canadienne-fran-« çaise pour l\u2019Avancement des sciences, la création de laboratoires, « l\u2019achat d\u2019instruments plus perfectionnés, le développement du « pays y contribueront.» « Remarquez que M.Vattier indique comme première cause d\u2019un changement probable la fondation de notre Association.« Si le programme du congrès qui s\u2019achève tombe sous les yeux de M.Vattier, celui-ci constatera sans doute avec joie que le jour où il a prononcé ces mots, c\u2019est plus en prophète qu\u2019en écrivain qu\u2019il a parlé.« Cent soixante travaux inédits, présentés en dix sections, travaux s\u2019étendant à la philosophie, aux sciences sociales, aux sciences pédagogiques, aux sciences linguistiques, aux sciences historiques et géographiques, à la chimie, à la botanique, à la zoolo- ANNALES DE L\u2019ACFAS 113 gie en général et à l\u2019ornithologie en particulier, aux mathématiques, à la physique, à la physique biologique, à la géologie, à la minéralogie et aux sciences médicales! Voilà, en résumé, le bilan du dernier congrès, bilan qui laisse loin derrière lui les prévisions les plus optimistes.« Quel chemin nous avons parcouru depuis cinq ans! Et pourtant, il faut le reconnaître franchement, comme nous sommes encore en retard dans le domaine scientifique! Comme nous devons encore continuer à travailler pour reprendre le temps perdu depuis un quart de siècle.« Nos universités s\u2019en rendent compte de plus en plus, et je crois bien qu\u2019à l\u2019heure actuelle, à Montréal aussi bien qu\u2019à Québec, seule une question de finances limite peut-être encore le rendement dans certaines branches de l\u2019activité scientifique.« Ah! si tous les Canadiens français pouvaient mesurer le chemin qu\u2019il nous reste encore à parcourir pour rejoindre nos compatriotes anglais, de plain-pied, sur le terrain scientifique! Et pourtant, mesdames et messieurs, si la culture de la science chez un peuple est un facteur essentiel de la transcendance, eh bien! lorsque ce peuple se trouve, comme le nôtre, associé à un autre peuple pour former une nation, cette culture de la science devient dans ce cas un impérieux devoir, parce qu\u2019elle constitue alors une condition nécessaire à sa survivance.« Pas plus dans le domaine des sciences que dans celui des lettres et des arts, nous n\u2019avons le droit de rester inférieurs à nos compatriotes anglais.! « Emparons-nous du sol », crie-t-on et avec raison à nos classes populaires.Nous pouvons et nous devons de même crier à notre classe d\u2019élite: « Emparons-nous des sommets! » « C\u2019est à cela qu\u2019il faut travailler de toutes ses forces, individuellement et collectivement.C\u2019est à cela que travaille, depuis onze ans, l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences, en groupant un nombre de plus en plus considérable de sociétés scientifiques, et en provoquant entre elles une féconde émulation.« Oui, mesdames et messieurs, c\u2019est à s\u2019emparer des sommets que l\u2019ACF AS doit continuer et qu\u2019elle continuera à travailler, avec une ardeur de plus en plus vive, à mesure qu\u2019elle s\u2019apercevra que, comme cette année, son travail n\u2019a pas été inutile, et que le succès, si humble soit-il, commence enfin à couronner ses modestes efforts.» 114 ANNALES DE L\u2019ACFAS Allocution du Recteur de VUniversité Laval.Mgr Camille Roy, recteur de l\u2019Université Laval, prononce ensuite l\u2019allocution suivante: « On veut bien me demander de vous dire un mot ce soir, à la fin de ce congrès et de ce banquet; je crois que c\u2019est pour me punir de mon absence de dimanche soir.« Je devais, dimanche soir, dire la bienvenue de l\u2019Université Laval aux congressistes de l\u2019ACFAS, j\u2019en ai été empêché par une absence de la ville.Mgr Pelletier l\u2019a fait excellemment, j\u2019en suis sûr, en mon nom.De sorte que ce soir, c\u2019est une affaire toute personnelle que l\u2019on veut régler avec moi.« J\u2019aime bien cette petite persécution faite au nom de la science.Elle ne pourra affliger que vous-mêmes.« Il m\u2019est très agréable de vous dire à la fin de ce congrès combien l\u2019Université Laval a été heureuse de pouvoir collaborer à vos travaux.Elle y a collaboré non seulement en vous offrant des salles, des cadres matériels pour vos séances d\u2019études, mais aussi en vous communiquant par ses professeurs, par les rapports ou mémoires qu\u2019ils ont présentés très nombreux à vos différentes sections quelque chose de l\u2019effort considérable qu\u2019elle fait pour l\u2019enseignement et l\u2019avancement des sciences.« Je n\u2019ai pas qualité pour apprécier tant de travaux, si variés, qui vous ont fait toucher à tous les domaines de la science: depuis la philosophie, la sociologie, la pédagogie, les sciences linguistiques, jusqu\u2019à ces autres sciences qui se flattent peut-être de mettre plus de précision rigoureuse dans leurs objets, ou dans leur méthode comme la chimie, la botanique, la zoologie, les mathématiques, physique, biologie, géologie, médecine.« Je n\u2019ai pas à hiérarchiser leurs mérites, ni leurs méthodes, ni leurs objets.« Cette hiérarchie serait un beau thème à discussion entre savants venus de si différentes provinces du savoir ! La phi osophie seule, peut-être cher M.Maritain, échapperait à toute contestation, on s\u2019accorderait sans douté en votre présence à lui reconnaître sa suprématie royale.« Mais les autres! et comme,à vouloir les mettre en juste place, on risquerait d\u2019offrir le spectacle d\u2019une anarchie intellectuelle digne des temps où nous vivons.« Je n\u2019ai, d\u2019ailleurs, avec vous qu\u2019à rendre hommage à toutes ANNALES DE L\u2019ACFAS 115 les sciences pour ce qu\u2019elles apportent de richesses et de lumière à l\u2019esprit humain, pour ce qu\u2019elles font même admirer l\u2019admirable Créateur qui a multiplié leurs objets, et qui avec leurs objets a si hautement manifesté la sagesse et la puissance de Dieu.Je n\u2019ai aussi qu\u2019à vous offrir des félicitations très vives pour le nombre et le prix de vos travaux.De toutes parts viennent les compliments que je suis heureux de rassembler ce soir sur mes lèvres et de vous transmettre.« Mais ce congrès est plus qu\u2019un succès, il est une espérance.« Il contient l\u2019espérance de voir se développer de plus en plus chez les Canadiens français le goût des sciences, le désir de s\u2019y livrer pour être plus utile à notre pays, à l\u2019économie de notre Province, pour être plus utiles à la science elle-même.« Je n\u2019ai pas à revenir sur le reproche qu\u2019on fait souvent aux Canadiens français qui ont fait des études, d\u2019avoir été dans le passé trop littéraires et pas assez, scientifique.Le reproche ne vaut guère puisqu\u2019en somme nous n\u2019avons été dans le passé ni assez littéraires, ni assez scientifiques et que nos méthodes en lettres comme en sciences ont manqué de la vie abondante qui est une condition du progrès, et que nos enseignements ont manqué des ressources qui sont, pour une si large part, une condition de la vie.« Ce n\u2019est pas le temps d\u2019insister sur les lacunes du passé.Il faut même faire comme vous, MM.les membres de l\u2019ACFAS, travailler dans le présent avec l\u2019esprit nouveau qui vous anime, et préparer par tout ce travail un meilleur avenir.« L\u2019Université Laval veut faire sa large, sa très large part, dans cette restauration des études scientifiques et dans ces progrès de la science.Ses Écoles supérieures et ses Instituts supérieurs sont des témoignages certains, vivants, de sa volonté.« En cela, elle s\u2019unit par toutes les ambitions de ses maîtres, à l\u2019Université de Montréal.Toutes les deux, Université de Montréal, Université de Québec, veulent être des foyers toujours allumés, toujours fervents, d\u2019une activité qui ne se borne pas à enseigner la science, mais qui se propose, par des recherches jamais finies, de plus en plus multipliées, de créer la science.Elles veulent coopérer toutes deux, dans la réalisation de l\u2019idéal commun, intellectuel et social, qui est leur raison d\u2019être.« Et il me plaît de rendre hommage ce soir, et aux professeurs de Montréal et aux professeurs de Québec, qui ont apporté aux 116 ANNALES DE L ACFAS travaux du Congrès une contribution si abondante et de si haute qualité.« Cet hommage s\u2019étend du reste, aussi fervent, à tous ceux-là qui, en dehors des écoles universitaires, travaillent eux-mêmes avec tant de zèle et de succès à l\u2019étude, à la recherche, à l\u2019avancement des sciences.« Messieurs, je ne puis en terminant que joindre à vos vœux les vœux de l\u2019Université Laval.Que notre jeune Association reste dans la voie nouvelle qu\u2019elle a voulu ouvrir chez nous; qu\u2019elle y avance.Ce Congrès de Québec marquera une étape précieuse.Qu\u2019elle continue par ses présidents distingués comme ceux-là des années précédentes, et comme celui qui sort, le R.P.Ceslas Forest, et celui qui entre, M.Adrien Pouliot, de représenter sa meilleure et sa plus haute ambition; qu\u2019elle continue par tous ses membres de multiplier son travail, et de nous donner à tous un noble exemple, et mieux encore, une leçon persuasive et pratique de belle vie intellectuelle.» Allocution de Monsieur Maritain.Monsieur Jacques Maritain, professeur à l\u2019Institut catholique de Paris, est ensuite invité à parler.Il dit sa joie d\u2019être au milieu des hommes de science du Canada français.En parcourant le programme du congrès, il a admiré la diversité des travaux dont il a entendu dire beaucoup de bien.Il ajoute: « Je viens d\u2019entendre les premières critiques de votre vie intellectuelle au point de vue scientifique.L\u2019autocritique est, à mon sens, le meilleur signe de vitalité intellectuelle.Je vous en félicite.« Votre président étant un mathématicien distingué, il conviendrait peut-être que je fasse l\u2019éloge des sciences mathématiques qui heureusement de nos jours se rapprochent de plus en plus de la philosophie.Laissez-moi plutôt préciser sur un point la conférence que je donnais hier sur les rapports qui doivent exister entre les sciences et la philosophie.» Et M.Maritain rappelle brièvement les temps où science et philosophie étaient séparées.La théologie exerçait un impérialisme un peu brutal.Mais ces temps ne sont plus.Il ne s\u2019agit pas d\u2019ailleurs de revenir au moyen âge.Il nous faut plutôt marcher vers un nouvel idéal de culture où tout en tenant compte de la philosophie, nous rendrons justice aux efforts scientifiques modernes.- ANNALES DE l\u2019ACFAS 117 Les sciences ne doivent pas se séparer de la philosophie mais simplement s\u2019en distinguer.Il faut réconcilier la Sagesse et la Science.« C\u2019est cette œuvre que poursuit votre association, je le vois bien depuis mon arrivée.Sous la direction d\u2019un homme comme votre président, \u2014 s\u2019il a autant de sagesse que d\u2019esprit, \u2014 l\u2019ACFAS atteindra certainement le succès.» 4.\tEXCURSIONS.Lundi après-midi, 8 octobre, les congressistes se divisèrent en trois groupes pour visiter des endroits intéressants de la région L\u2019excursion géologique conduisit les congressistes au port de Québec, aux sites fossilifères de Lévis et aux chutes Montmorency.L\u2019excursion zoologique consista en une visite de la colonie.d\u2019Oies blanches du cap Tourmente.Enfin les chimistes visitèrent la manufacture de papier de 1\u2019Anglo-Canadian Pulp and Paper Co., à Limoilou.L\u2019après-midi du 9 octobre était réservé à la visite du Jardin Zoologique de Charlesbourg.M.A.Brassard, directeur du Jardin, conduisit les visiteurs.Les congressistes furent ensuite les hôtes du président de la Société Zoologique de Québec et de Madame Charles Frémont.5.\tEXPOSITIONS.Exposition des Cercles de Jeunes Naturalistes.Avec le Congrès de l\u2019ACFAS coïncidait l\u2019ouverture de l\u2019exposition régionale des Cercles des Jeunes Naturalistes, à l\u2019Académie Commerciale.L\u2019exposition dura du 9 au 14 octobre inclusivement et attira une foule considérable de visiteurs.Trente cercles de Jeunes Naturalistes du district de Québec y étaient représentés.Ils offraient à la curiosité du public de beaux herbiers, de précieuses collections minérales, entomologiques et ornithologiques.Tout cela arrangé avec goût dans une salle élégamment ornée, où les feuilles d\u2019Érables aux ors, aux bruns, aux verts et aux rouges vifs formaient une imposante partie du décor. 118 Jacques Cartier devant les naturalistes.Exposition de documents de M.Léo Pariseau ANNALES DE L\u2019ACFAS Le quatrième centenaire de la découverte du Canada ne pouvait passer inaperçu au Congrès de l\u2019ACFAS.M.Léo Pariseau en profite pour nous présenter au moyen de bouquins de sa bibliothèque Jacques Cartier comme naturaliste.(1)\tCartier cosmographe.Il s\u2019est élevé, dans son épître dédicatoire à Francois 1er, contre l\u2019erreur de ceux qui affirment que la ceinture tropicale et les calottes de la Terre étaient inhabitables pour l\u2019homme.Afin de prouver que c\u2019était bien là ce qu\u2019on disait au début du XVIe siècle, M.Pariseau montre une vieille encyclopédie latine publiée en 1508.Mais Cartier, comme tous ceux de son temps, croyait que la Terre était immobile, et que le Soleil tournait autour d\u2019elle.Il était géocentriste, disciple de Ptolémée.Ici, pour souligner, on voit une édition de l\u2019« Almageste » de Ptolémée, publiée en 1541, avant le troisième voyage de Cartier.Copernic et Galilée changèrent tout cela, comme on sait.Les visiteurs sont invités à contempler l\u2019immortel ouvrage qui mit Galilée dans de mauvais draps.D\u2019autres attestent les luttes poursuivies pendant 50 ans pour faire triompher définitivement la doctrine de l\u2019héliocentrisme.(2)\tCartier minéralogiste et prospecteur.Il se trompa gravement, prenant de la pyrite pour de l\u2019or et des cristaux sans valeur pour des diamants.Ici figure un ouvrage fameux contenant toutes les connaissances minéralogiques du temps, le « De re metallica » d\u2019AcRicoLA.(3)\tLes monstres de Cartier.Des notes en marge d\u2019un ancien portrait de Rabelais nous rappellent que celui-ci s\u2019est moqué de notre Cartier, qu\u2019il place parmi les élèves du funambulesque Ouy-dire, le maître de l\u2019Escho-le de Témoignerie.Ce jugement est injuste, mais Cartier eut peut-être tort de rapporter, sans y contredire, le conte riducule du ANNALES DE L ACF AS 119 chef indien qui affirma l\u2019existence au Canada d\u2019hommes n\u2019ayant point de fondement, n\u2019ayant qu\u2019une jambe, etc., etc.Plusieurs ouvrages (de Pauw, Lafitau, Maillet) émettent à ce sujet, pour le bénéfice du visiteur, des opinions très diverses.Les livres les plus curieux de la section sont ceux qui montrent des hommes sans tête, des Acéphales.C\u2019étaient, est-il besoin de le dire, des hommes dont la tête avait été aplatie par leurs parents dès leur naissance.Mais les écrivains brodèrent là-dessus et les imagiers se laissèrent aller aux plus ébouriffantes fantaisies.On est stupéfait de voir ces cocasseries figurer encore dans des ouvrages du XVIIe siècle.(4) Cartier et la bête aux dents d'Olifant.Aux îles de la Madeleine et ailleurs, il vit des bêtes curieuses aj'ant des dents d\u2019Olifant (Éléphant).C\u2019étaient des Morses.M.Pariseau nous montre une image datant de 1585 et qui représente, plutôt mal que bien, l\u2019éléphant de mer, comme on disait alors.Puis, il nous rappelle que la défense de Morse était reconnue comme succédané de la dent (ou pseudo-corne) du Narval et que cette dernière se vendait à prix fabuleux, sous le nom de corne de licorne.Le roi Henri II paya l\u2019équivalent de 150,000 dollars pour une corne creusée en forme de coupe à boire.Tout breuvage empoisonné était censé devenir inoffensif au contact de la paroi.Malheureusement, la Licorne de terre n\u2019a jamais existé que sur les vieilles tapisseries, et.les armoiries du Canada.Les ouvrages illustrant ce sujet sont très curieux et très rares.Notons, en passant, un Al-bert-le-grand publié en 1519.On y apprend que le féroce Uni-corne devenait inoffensif, et même tendre aux approches d\u2019une jeune vierge.(5) Cartier et le gros mil de Brezil.Il en vit des quantités dans les champs cultivés entourant la bourgade d\u2019Hochelaga.C\u2019était du Maïs, que l\u2019Europe ne connaissait pas avant la découverte du Nouveau Monde.Les livres de cette section ont beaucoup intéressé les nombreux botanistes inscrits au congrès de l\u2019ACFAS.Entre autres on y voit la première figuration du froment de Turquie (nous disons encore: blé d\u2019Inde).Elle se trouve dans Fuchs (1542).Notons aussi des images illustrant les 120 ANNALES DE L\u2019ACFAS livres de Lafitau, Beverley et autres.Elles montrent nos sauvages en train de manger du blé d\u2019Inde.Au premier plan, de très beaux épis.La série est close par un livre du fameux Parmentier.(6)\tCartier et les febves du Canada.Le marin de Saint-Malo savait observer et ne manqua pas de constater que certaines Fèves de notre pays n\u2019étaient pas comme celles de France.En effet, il s\u2019agissait des Haricots, que la France ne connaissait pas encore ou très peu, puisque le Haricot, le Pha-seolus vulgaris, est certainement originaire d\u2019Amérique.Ici encore de beaux livres illustrés datant pour la plupart du siècle de Cartier, soutiennent les dires de M.Pariseau.Le plus rare du groupe est sans contredit « Canadensium plantarum historia »\t(1635), la première « Flore » canadienne.A côté de la planche de Cornuti, représentant la Phaséole, s\u2019étale celle du Père Charlevoix, qui en est la copie exacte mais retournée.(7)\tCartier et les mêlions d\u2019Hochelaga.Tout permet de dire que ces Melons étaient des Citrouilles, que les Indiens cultivaient avec amour.Ici un livre très prisé des bibliophiles canadiens, les « Lettres Historiques de Marie de l\u2019Incarnation ».(L\u2019illustre Ursuline de Québec parle en termes presque gourmands des citrouilles iroquoises).(8)\tCartier et Yherbe à fumer.La description que Cartier fait des fumeries d\u2019Hochelaga est classique.Elle n\u2019est pas la première en date, mais elle est la plus pittoresque, la plus détaillée qui ait paru jusqu\u2019alors.Le Tabac aussi, comme le Maïs et les Haricots, est originaire d\u2019Amérique.Dans cette section on peut admirer de très vieilles gravures figurant l\u2019herbe à Nicot, les calumets, les fumeries, etc.On est surpris de constater queles gens du XVIe et du XVIIe siècle attribuaient au Tabac des vertus médicinales extraordinaires et des propriétés redoutables.Il y eut, à son sujet, d\u2019ardentes discussions.L\u2019un des livres exposés est ouvert à la page où l\u2019on peut lire, se faisant suite, un poème latin vouant le Tabac aux enfers et une pièce héroï-comique, en français, qui le porte aux nues.L\u2019Encly- ANNALES DE L\u2019ACFAS 121 pédie des Voyages, de Grasset St-Sauveur (1795) parle de la recente invention d un Parisien, qui prétend ressusciter les noyés au moyen d\u2019une boite permettant de leur administrer des.lavements de fumée de Tabac.Cela n\u2019est pas très neuf, ajoute Grasset.En effet le livre de Dièreville (1707) ouvert à la bonne page, nous apprend que les Micmacs de l\u2019Acadie recouraient au même artifice pour ramener les noyés.Expositions diverses.Au cours du congrès, les visiteurs purent en outre admirer quelques collections privées.Ce sont: Une collection de crânes de Mammifères de la province de Québec, exposés par M.Viger Plamondon, de Québec.b) La collection paleontologique de l\u2019abbé J.-W.Laverdière, professeur de géologie à l\u2019Université Laval.°) Une collection de minéraux canadiens appartenant à M.Carl Faessler, professeur de minéralogie à l\u2019Université Laval.d)\tLa collection d\u2019Oiseaux de M.Lucien Thibaudeau, de Québec.e)\tLes collections d\u2019histoire naturelle de l\u2019Université Laval./) Les collections entomologiques du F.Germain, f.e.c., de l\u2019Académie Commerciale.6.LETTRE DU CARDINAL VILLENEUVE.Son Éminence le cardinal Villeneuve, qui manifeste si souvent l\u2019intérêt qu\u2019il porte à l\u2019ACFAS, était absent de Québec lors du congrès.Il a bien voulu depuis nous adresser la lettre qui suit.Monsieur le Docteur J.Risi, Secrétaire du comité d\u2019organisation École Supérieure de Chimie, Québec.Le 13 novembre 1934.Monsieur le Secrétaire, J ai déjà exprimé ma satisfaction particulière de voir se développer l\u2019esprit scientifique des nôtres sous l\u2019égide de l\u2019ACFAS.L\u2019occasion me sera, en outre, offerte bientôt de dire de quelle façon je souhaite, pour le bon renom de nos institutions catholiques et le profit de notre race, que ce progrès s\u2019affirme de plus en plus. 122 ANNALES DE l\u2019aCFAS En attendant, je me joins à tant d\u2019autres pour féliciter votre Association du succès remarquable de son dernier congrès à Québec.J\u2019ai d\u2019autant plus regretté de ne pouvoir m\u2019associer aux autorités civiles et universitaires qui l\u2019ont honoré de leur présence.De loin, néanmoins j\u2019ai pu juger par les échos qui m\u2019en sont parvenus quel éclat il a donné aux efforts naissants d\u2019une formation scientifique plus générale parmi les nôtres et partant quels espoirs on peut justement d\u2019ores et déjà entretenir à ce sujet.Je loue volontiers le zèle des initiateurs et des apôtres de ce mouvement auquel j\u2019assure tous mes encouragements et toutes mes bénédictions.Avec l\u2019assurance de mes pieux sentiments en Notre-Seigneur et Marie Immaculée, J.-M.Rodrigue Card.Villeneuve, o.m.i.Archevêque de Québec.B.\u2014 RÉSUMÉS DES COMMUNICATIONS PRÉSENTÉES.Section 1: Philosophie et Sciences sociales.1.Le droit des gens d\u2019après saint Thomas d\u2019Aquin.\u2014 P.Romain Légaré, o.f.m.Faut-il, d\u2019après S.Thomas, rattacher le droit des gens au droit naturel, ou au droit positif, ou aux deux à la fois ?L\u2019interprétation suivante semble la mieux justifiée par l\u2019étude directe des textes.Si l\u2019on considère le droit des gens, dans sa matière, dans sa substance \u2014 c\u2019est-à-dire ces conclusions prochaines, déduites des principes de la nature ou de l\u2019ordre absolu des choses \u2014 il faut le ramener au droit naturel, parce que, dit S.Thomas, \u201841 est nécessaire que tout ce qui découle du droit naturel, comme une conclusion, appartienne au droit naturel\u201d (V Eth.L.XII).Mais si on le considère dans sa source proxime, c\u2019est-à-dire la raison, il faut le ramener immédiatement au droit positif ou loi positive humaine.« Est de ratione legis humanae, quod sit derivata a lege naturali.et secundum hoc dividitur jus positivum in jus gentium et jus civile » (la - Ilae, q.95, a.4).D\u2019où cette définition: « Le droit des gens est cette partie du droit positif, laquelle dérive du droit naturel par une conclusion nécessaire, de la même manière que, dans les sciences, les conclusions ANNALES DE L\u2019ACFAS 123 se déduisent des principes ».(Cathrein, s.j., «Philosophia mordis », n.456).2.\tLa place de la gnoséologie en philosophie.\u2014 P.Julien Peghaire, c.s.sp.La clef du problème: c\u2019est la détermination de l\u2019objet formel.A nos yeux, c\u2019est non « Yens sub ratione veri possessi », mais nos facultés cognitives, en tant que pouvant, ou non, atteindre l\u2019être.La gnoséologie n\u2019entre pas dans la logique, dont l\u2019objet est « ens rationis »; ni dans la psychologie, dont l\u2019objet est nos facultés en tant qu\u2019entités; ni dans la théodicée, ni dans la métaphysique générale laquelle a pour objet l\u2019« ens ut sic »; mais forme une partie autonome de la métaphysique au sens large.Sa place est au terme de la philosophie, que l\u2019on considère soit l\u2019ordre d\u2019invention, soit celui d\u2019exposition.En effet, les autres parties construisent l\u2019édifice philosophique, celle-ci l\u2019éprouve scientifiquement; historiquement, la réflexion critique s\u2019est exercée après la différenciation des autres parties; l\u2019expérience prouve que le commençant ne peut comprendre vraiment le problème qu\u2019après avoir philosophé.On sauvegarde ainsi le caractère essentiellement réflexif de la gnoséologie, et sa valeur positive qui exclut une position défensive.0- 3.\tLe rôle de l\u2019irrationnel dans la philosophie de Meyer-son.\u2014 Abbé Albert Hamel.M.Meyerson est un épistémologue.Il vise à dégager le mécanisme intiipe de la pensée en étudiant ses procédés constants à travers l\u2019histoire de la science.En cherchant une cause à tout phénomène, l\u2019homme affirme implicitement qu\u2019il croit la nature entièrement explicable.L\u2019explication consistera à réduire le changeant et le divers à une identité sous-jacente et réelle.Ce qui apparaît / comme devant, par son essence même, résister à toute tentative de reduction en éléments purement rationnels sera reconnu comme l\u2019irrationnel.Il y a des irrationnels dans tous les domaines de la science.L\u2019attitude de l\u2019esprit par rapport aux irrationnels qui se déduisent de l\u2019existence du divers dans le temps et l\u2019espace illustre bien les rôles respectifs de la science et de l\u2019irrationnel.Tout dans la diversité n\u2019est pas incompréhensible; la sciènce doit faire reculer l\u2019irrationnel.Cette épistémologie, bien qu\u2019imparfaite, ouvre des avenues vers la métaphysique. 124 ANNALES DE L\u2019ACFAS 4.\tLa relativité einsteinienne et la philosophie.\u2014 Charles de Koninck.Il faut faire une distinction entre le principe méthodologique de la relativité et le principe expérimental.Les objections contre les théories d\u2019Einstein sont en réalité contre le principe méthodologique qui est inattaquable, étant impliqué dans la définition même de la grandeur physique.La structure métrique de l\u2019espace réel doit-être découverte par voie expérimentale.L\u2019espace de la philosophie de la nature est informe.I 5.\tLa primauté ontologique de l\u2019existence.\u2014 Jacques DE MONLÉON.L\u2019existence, dans son exercice même, est d\u2019abord une donnée.Elle ne révèle sa fonction et sa primauté ontologiques que si on la pense formellement comme objet intelligible.Distincte de l\u2019essence, in creatis, elle transcende celle-ci et constitue, cependant, le moment le plus profond de l\u2019intériorité des choses.C\u2019est que se communiquant, non au titre de détermination constituante, mais au titre de pur achèvement terminal et de suscitation immanente, sa fonction est d\u2019identifier et d\u2019éveiller chaque être à lui-même.Elle est donc aussi racine de la polyvalence extensive de l\u2019être analogique, et racine de la polyvalence intensive de chaque chose en particulier.6.\tPhilosophie scolastique et culture classique; de quelques idoles conceptuelles.\u2014 P.M.-D.Chenu, o.p.7.\tL\u2019influence de la terminologie aristotélicienne dans la définition thomiste de la connaissance.\u2014P.Louis Lachance, o.p.8.\tRemarques sur quelques objets de la connaissance intellective.\u2014 Abbé H.Grenier.9.\tDirigée ou réglementée.\u2014 Arthur Saint-Pierre.L\u2019économie dirigée est condamnable sans réserve.Chacun se croit en droit de s\u2019approprier la formule et de faire prendre sous cette étiquette à l\u2019organisation économique, la forme idéale qu\u2019il a rêvée.Malgré les efforts faits pour l\u2019humaniser, pour la christianiser même, l\u2019économie dirigée garde quelque chose de faux et de trou- ANNALES DE LA CF AS blant.On peut découvrir sous l\u2019apparente malléabilité que d\u2019air cuns lui attribuent, sa véritable substance socialiste, rigide et inaltérable.L\u2019économie dirigée c\u2019est la mainmise de l\u2019État sur la vie économique d\u2019un pays, c\u2019est le dépouillement ouvertement accompli ou hypocritement dissimulé de tous ceux qui possèdent, c\u2019est l\u2019asservissement de tout le monde à une poignée de fonctionnaires.10.La concurrence du monopole.\u2014 Paul-Henri Guimont.Lorsque nous étudions les lois de la valeur, nous surestimons la portée des principes orthodoxes de la libre concurrence et la théorie néo-classique du monopole.Les faits de la vie pratique contredisent cette distinction théorique.C\u2019est pourquoi il nous faut amender la théorie de la valeur, explorer le champ intermédiaire très vaste qui sépare la concurrence libre du monopole de fait.Dans ce champ intermédiaire, chaque vendeur possède un monopole absolu de son produit, sujet toutefois à la concurrence des succédanés.Si donc chacun est virtuellement un monopoleur devant faire face à certains concurrents, nous pouvons définir les forces de cette-concurrence particulière comme celles de la concurrence monopolistique.Dans ce cas, le point d\u2019équilibre entre la production et la consommation s\u2019établit sur la courbe, à gauche du point d\u2019efficacité maximum.Les prix sont donc en réalité plus élevés que les prix libres.Les profits ne sont pas plus élevés, puisque au point d\u2019équilibre la courbe du prix de revient et la courbe de la demande se touchent.La production maximum n\u2019est pas atteinte; le résultat, c\u2019est une diminution dans le revenu national.Section 2: Pédagogie.1.L\u2019enseignement sans livre.\u2014 Pellerin Lagloire.Des observations faites à des cours d\u2019entomologie économique illustrent bien les erreurs que peut entraîner un enseignement trop livresque.Ces observations se ramènent aux suivantes: (1) Au laboratoire d\u2019anatomie, deux groupes d\u2019élèves, le premier aidé de livres, le deuxième, sans livre: quatre observations.(2) Aux cours de taxonomie, les étudiants du premier groupe qui étudient au moyen de livres et d\u2019illustrations sont ensuite mis en présence de spécimens d\u2019insectes; ceux du deuxième groupe étudient sur les ANNALES DE L ACFAS spécimens et prennent ensuite connaissance des illustrations: trois observations.(3) Chez de jeunes cultivateurs et de vieux praticiens: deux observations.Conclusion: l\u2019enseignement livresque tend non seulement à dégoûter de l\u2019étude, mais fait travailler l\u2019imagination aux dépens du raisonnement et favorise l\u2019acquisition de notions inexactes.Le livre ne devrait être qu\u2019un adjuvant.2.\tL\u2019organisation des recherches en sciences biologiques à l\u2019Université de Montréal.\u2014 Henri Prat.Orientation générale : inventaire et localisation de la faune et de la flore; études écologiques et sociologiques sur le terrain, en fonction des besoins immédiats et des possibilités actuelles; anatomie végétale.La liaison entre l\u2019enseignement et la recherche, entre les établissements d\u2019enseignement primaire, secondaire et supérieure s\u2019accomplit, grâce à l\u2019admirable développement des Cercles des Jeunes Naturalistes.3.\tLes C.J.N.en 1933-34.\u2014 F.Adrien, c.s.c.De 344 qu\u2019il était en novembre 1933, le nombre des cercles est monté à 398.Le nombre des membres est d\u2019environ 15909.Plusieurs expositions locales ont eu lieu au cours de l\u2019année.Les spécimens soumis pour identification à la commission des C.J.N.se multiplient constamment.Le nombre de conférences données aux membres des cercles sous les auspices de l\u2019ACFAS est sensiblement le même que l\u2019an dernier.4.\tLes conditions d\u2019un enseignement humaniste des sciences naturelles au cours secondaire.\u2014 Georges Pré-fontaine.(1) La méthode: Partir de l\u2019observation concrète et analyser les faits; amener les élèves, par la pratique du raisonnement inductif, à généraliser les faits sous forme de loi; pour les élèves plus âgés (15 à 19 ans), critique de la loi; faire un constant appel à l\u2019activité personnelle des élèves (observations, descriptions, dessins, excursions, collections); simplifier le vocabulaire.(2) Le maître: Son choix; sa formation; la situation qu\u2019on doit lui faire au collège.(3) L\u2019organisation matérielle: Matériel de projections et de démonstrations; collections pédagogiques; laboratoire spécial pour les sciences naturelles.(4) Les programmes: Leur importance secon- ANNALES DE l\u2019aCFAS 127 daire; nécessité d\u2019échelonner les sciences naturelles sur plusieurs années et de les introduire dans le cours de lettres-grammaires.(5) Les manuels: Il en faut plusieurs, la matière étant vaste et complexe.Pour l\u2019enseignement de l\u2019hygiène et de la biologie générale, les manuels de France peuvent être adoptés; mais pour l\u2019enseignement de la zoologie, de la botanique et de la géologie, qui demandent des exemples locaux, l\u2019adoption des manuels français présente de sérieux inconvénients.(6) Les sanctions sont actuellement inopérantes ou milles; l\u2019enseignement, la qualité des examens et des corrections varie selon les collèges.Il faut en arriver à plus d\u2019uniformité.5.\tL\u2019enseignement de la physique élémentaire.\u2014 F.Robert, f.e.c.Le professeur de physique doit être mathématicien, sans être nécessairement profond mathématicien.Il doit être dessinateur et habile de ses doigts.Si le professeur est savant, tant mieux; mais un professeur consciencieux qui connaît bien le domaine de la physique pourra être efficace sans être savant éminent.Ses qualités pédagogiques sont celles de tout professeur.Son honnêteté scientifique doit être au-dessus de tout soupçon.La méthode inductive s\u2019offre alors même qu\u2019il ne faudrait pas en être esclave.La méthode historique ne semble pas offrir d\u2019avantages marqués sauf pour les conférences.Les problèmes s\u2019imposent.Au cours de la leçon les vérifications expérimentales doivent être nombreuses, mais il faut éviter la perte de temps.Les manuels de physique élémentaire publiés en France-sont écrits pour les Français et ne répondent pas à nos besoins.Le manuel doit être clair, intéressant, à date, et laisser l\u2019impression que la science va se développer constamment.Le travail de laboratoire est utile, mais il ne faut pas lui accorder trop de temps au détriment de la leçon.Le rapport de physique qui suit la séance de physique doit être soigné et ne pas être réduit à de simples résultats numériques.6.\tPsychogramme évolutif des états d\u2019arriération mentale simple.\u2014 J.-C.Miller.A l\u2019intention des éducateurs de l\u2019école primaire, l\u2019auteur présente, sous une forme schématique et condensée, les principales acquisitions de la psychologie pathologique en regard de la pédagogie. 128 ANNALES DE l\u2019aCFAS C\u2019est un projet de fiche scolaire permettant à l\u2019éducateur de connaître le degré d\u2019arriération mentale de l\u2019élève, lui fournissant l\u2019indication d\u2019une orientation pédagogique utile à l\u2019enfant sous-doué, et enfin laissant entrevoir dès l\u2019école primaire les aptitudes probables à la vie sociale au cours de l\u2019âge adulte.7.\tL\u2019agriculture au cours primaire.\u2014 Leroy Poulin.L\u2019éducation agricole est l\u2019affaire de l\u2019école primaire à tous les degrés et à tous les cours.Tout doit y contribuer: livres, leçons, direction.Les candidats à l\u2019enseignement doivent recevoir leur formation dans des écoles normales à caractère agricole bien marqué.Tl faut leur assurer une situation économique et sociale qui retienne dans l\u2019enseignement les personnes les mieux qualifiées.L\u2019instruction agricole à l\u2019école primaire doit consister en des leçons de sciences naturelles à orientation agricole.Enseigner de l\u2019agriculture systématique est une erreur, la matière étant vaste et compliquée, et la fréquentation scolaire de courte durée.Les enfants laissant généralement l\u2019école après la troisième ou la quatrième année, il en résulte de graves inconvénients.En effet, une bonne formation générale en français et en arithmétique est encore ce qui peut faciliter le plus le progrès de l\u2019agriculture au triple point de vue technique, coopératif et professionnel.8.\tLa place de la chimie dans l\u2019enseignement secondaire \u2014 Léon Lortie.(Ce travail a été publié dans: « L'enseignement secondaire au Canada », 14: 254-261, 1935).Section 3: Philologie.1.Quelques termes du terroir.\u2014 Adjutor Rivard.Les mots naissent, vivent et meurent, et c\u2019est le peuple qui les fait naître.Le mot n\u2019est pas un produit de laboratoire.Notre peuple a-t-il gardé le génie de la langue française au point de pouvoir créer des mots français ?Question discutée.Mais il est certain que, soit accident soit évolution légitime, nous avons créé des mots qui paraissent avoir de la naissance et qui sont dignes du droit de cité. ANNALES DE l\u2019aCFAS 129 L'auteur donne de nombreux exemples.(Travail publié dans le « Canada français », 22: 295-302.1934).2.\tLa diphtongue oi dans le franco-canadien.\u2014 L.-P.Geoffrion.Dans le franco-canadien populaire, oi se prononce (1) wè dans la dernière syllabe sonore des mots (ardoèse, avoène, etc.); (2) wê dans quelques monosyllabes (moué, toé, etc.) et surtout dans les syllabes non accentuées où les groupes oi, oy ne sonnent pas é ni d (bouésson) ; (3) wâ dans les monosyllabes bois, mois, etc.(4) è dans quelques mots (crère, adrète) ; (5) é, dans frédir, cré ainsi que dans quelques mots où oy se rencontre (bréyer, créable); (6) o, avec variante en on (pongner, motié).Ces différentes prononciations étaient d\u2019un usage général en France au XVe et au XVIe siècles.Certaines étaient sur leur déclin dans la capitale française à la fin du XVIe siècle.(Travail publié dans le « Canada français », 22: 384-390.1934).3.\tPoudrer et poudrerie dans le franco-canadien.\u2014 L.-P.Geoffrion.Dans le franco-canadien, poudrer s\u2019emploie tantôt intransitivement avec le sens de tourbillonner dans le vent, tantôt impersonnellement pour signifier qu\u2019il fait une tempête de neige, et poudrerie a deux acceptions particulières, celle de neige fine et sèche que le vent soulève en tourbillons, celle aussi de tourmente de neige.L\u2019usage de poudrer et de poudrerie avec ces acceptions est général chez les Canadiens qui parlent français.Il est ancien aussi: on le trouve déjà dans une relation de 1709.Les acceptions canadiennes de ces mots ne semblent pas venir de dialectes français, ni de l\u2019ancienne langue.Le mot poudrerie d\u2019ailleurs a été créé par nos pères.Ils l\u2019ont tiré de poudrer, comme on avait tiré causerie de causer, tasserie de tasser.4.\tComment se forment et se déforment les noms de famille.\u2014 Abbé Aimé Labrie.Avant le Xle siècle les noms de famille étaient inusités en France.La nécessité de distinguer les personnes portant le même nom amena la création des surnoms.Individuels, d\u2019abord, ces surnoms devinrent dans la suite héréditaires.Ils se répartissent en 130 ANNALES DE L ACFAS trois classes: ceux d\u2019origine, ceux de profession et les sobriquets.Les principales déformations des noms de famille se ramènent aux suivantes : transformation des noms étrangers difficiles à prononcer ; substitution, addition ou suppression de lettres; addition de préfixes et de suffixes; fusion de prénoms et de noms de famille; remplacement des noms de famille par des surnoms, etc.5.\tLe français au palais.\u2014 Antonio Langlais.Si la langue française des avocats de la province de Québec n\u2019est ni riche, ni pure, il faut en trouver la cause dans l\u2019ambiance.L\u2019ambiance de l\u2019avocat, c\u2019est d\u2019abord le milieu de sa naissance et de son éducation; c\u2019est ensuite ce qu\u2019il trouve au palais: le langage des témoins, l\u2019oreille des jurés, les vieux auteurs, les vieux actes des notaires, la jurisprudence ancienne, et enfin, la législation de notre province qui abonde en anglicismes, en erreurs de syntaxe, en fautes de construction, en impropriétés, en redondances.La rédaction française de nos lois réclame des experts en droit et en français.La « Société du Parler Français au Canada » a marqué un acheminement vers une langue plus claire, plus précise et plus pure.La lutte doit se faire non seulement chez les gens instruits, mais surtout et d\u2019abord chez les primaires afin d\u2019améliorer l\u2019ambiance.(Travail publié dans le « Canada français », 22: 483-495.1935).6.\tQuelques additions au « Glossaire du parler français au Canada )).\u2014 Jacques Rousseau.Cette étude renferme plus de 100 termes dont un certain nombre figurant pour la première fois dans des études du parler franco-canadien.Quelques-uns sont des variantes phonétiques.D\u2019autres sont mentionnés dans des acceptions qui ne figurent pas dans le « Glossaire » ou sont de simples précisions.(Travail publié dans le « Canada français », 22: 580-590.1935).7.\tLa terminologie franco-canadienne dans les sciences physiques.\u2014 Abbé Rosaire Benoit.8.\tQuelques formes du français populaire du XVIIe siècle.\u2014 Paul Lebel. ANNALES DE L\u2019ACFAS 131 Section 1+: Histoire et Géographie.1.\tLe pays acadien.\u2014 F.Antoine Bernard, c.s.v.La région des Apalaches, qui englobe la côte atlantique des États-Unis,- renferme aussi, à son extrémité septentrionale, une terre profondément découpée par les courants marins: la terre acadienne, que l\u2019on peut identifier avec les Provinces maritimes d\u2019aujourd\u2019hui.Accrochée au flanc du Bouclier canadien, cette région géologique reste marquée par la râpe du glacier primitif, par la morsure des vagues, par l\u2019ancien duel de l\u2019eau et du feu.Pays aux vastes horizons marins, aux larges vallées boisées comme la Saint-Jean ou fleuries comme celle d\u2019Annapolis, la terre acadienne possède des richesses naturelles: forêts, pêcheries, agriculture, mines, forces hydrauliques, etc., que l\u2019on trouve analysées dans cette étude, après un aperçu géologique de la région.2.\tLa vie acadienne au Nouveau-Brunswick nord-oriental.\u2014 F.Antoine Bernard, c.s.v.Le triangle de Tracadie-Caraquet-Bathurst, c\u2019est-à-dire le comté de Gloucester, au Nouveau-Brunswick nord-oriental, compte aujourd\u2019hui 34,872 Acadiens, sur une population totale de 41,914 âmes (cens de 1931).Cette région maritime et basse possède une savoureuse histoire qui la rapproche de sa voisine plus accidentée du nord: la Gaspésie sud-orientale, de Bonaventure à Percé.L\u2019agriculture et la pêche se partagent les soins de ses habitants, fils d\u2019Aca-diens qui ont absorbé des éléments canadiens comme les familles Mailloux, Chénard, Paulin, Brideau, Gauvin, Lozier, et des éléments jersiais comme les Duval, De Gruchy, Delagarde, Dumaresq, Sormany, Leriche, etc.Les musées historiques de Mgr Trudel à Bathurst-ouest et de M.le curé Allard à Bathurst-est évoquent agréablement le passé français de cette côte qui garde la tombe et le souvenir de Nicolas Denys.3.\tLa vie acadienne dans Pile du Cap-Breton.\u2014 F.Antoine Bernard, c.s.v.Sur une population totale de 132,581 habitants, en 1931, Pile du Cap-Breton en comptait 17,966 de descendance acadienne.Ces Acadiens, fils d\u2019exilés qui vinrent de l\u2019île du Prince-Edouard ou des 132 ANNALES DE L\u2019ACFAS îles Saint-Pierre et Miquelon, se groupent surtout dans la région de Chéticamp (côte nord-ouest) et du côté d\u2019Arichat (côte sud).Les mines de Sydney et de Glace Bay emploient environ 6,000 Acadiens.Dix paroisses de File du Cap-Breton sont actuellement dirigées par un curé de langue française.C\u2019est la meilleure garantie de la survivance française en cette partie de l\u2019Acadie, avec la présence, en certains endroits, de religieuses enseignantes comme les Filles de Jésus.Mgr Chiasson, évêque de Chatam, est un enfant de File du Cap-Breton, de même que le regretté docteur Edmond Au coin, maître en bronchoscopie.4.\tUn programme d\u2019humanités modernes.en 1846, par l\u2019honorable Barthélémi Joliette.\u2014Abbé Wilfrid Caillé.Dans l\u2019enseignement secondaire de la province, Barthélémi Joliette fait figure de précurseur en préparant vers 1845 un programme d\u2019humanités adapté aux besoins de l\u2019agriculture, de l\u2019industrie, des professions libérales et de l\u2019état ecclésiastique.Le premier acte pratique fut la fondation d\u2019un collège à l\u2019Industrie (Joliette) en 1846.En 1847, ce collège est confié aux Clercs de St-Viateur.C\u2019est d\u2019abord un collège d\u2019humanités modernes comprenant un cours littéraire et scientifique de cinq années.\u2014 la philosophie comprise \u2014 et complété, pour les élèves qui le désirent, par un cours abrégé de latin.L\u2019anglais et les sciences naturelles reçoivent une attention toute particulière.Le dessin, les mathématiques, la tenue des livres, les éléments d\u2019agriculture sont déjà au programme des deux premières années.5.\tLes origines démographiques des Canadiens français.\u2014 Abbé Ivanhoë Caron.Les ancêtres des Canadiens français sont venus des provinces du nord-ouest de la France, principalement de la Normandie.De 1608 à 1760, 10,000 colons, environ, ont passé dans la Nouvelle-France.La plus forte émigration se fit de 1633 à 1660; elle venait surtout du Perche.Les premiers colons de Montréal furent recrutés dans les provinces de l\u2019Aunis, du Poitou et de l\u2019Anjou.Sous l\u2019administration de Talon, on envoya de France un nombre considérable de jeunes filles qui devinrent les épouses des colons déjà établis.Après 1700, l\u2019émigration diminue considérablement; de 1700 à 1756, elle est composée d\u2019engagés, de soldats, de faux sauniers ANNALES DE L\u2019ACFAS 133 que l\u2019on expédiait au Canada comme prisonniers.En 1763, les 10,000 Français s\u2019étaient tellement accrus, par le seul fait des mariages et des excédents de naissances, qu\u2019ils formaient une population de 65,000 âmes.6.\tArchives vivantes.\u2014Dollard Dubé.7.\tUn effort d\u2019éducation nationale.\u2014Abbé Albert Tessief.8.\tLa défense de l\u2019esprit français au Canada.\u2014 Abbé N.Morissette.Section 5: Chimie.1.\tContribution à l\u2019étude de l\u2019Acer saccharum.\u2014 Elphège Bois et Aristide Nadeau.Il existe dans la sève de l\u2019Acer saccharum un ferment capable d\u2019hydrolyser l\u2019amidon sans formation de maltose, mais en libérant, outre du sucrose, un glucide réducteur probablement en C 12.Il se distingue donc nettementdes deux types d\u2019amylases connues jusqu\u2019à date: les a-amylases et les ^-amylases qui hydrolysent l\u2019amidon en maltose.Par la réaction du chlorure de phénylhydrazine sur la sève d\u2019Êrable, il ne se forme pas de maltosazone: donc absence de maltose dans la sève.Dans les racines de Y Acer saccharum y l\u2019amidon de réserve disparaît au cours de l\u2019hiver avec formation de sucrose et d\u2019un sucre réducteur qui n\u2019est pas du maltose.(Travail publié dans le « Naturaliste canadien », 62: 106-112.1935).2.\tContribution à l\u2019étude du Rhus Toxicodendron.\u2014 Elphège Bois et L.-P.Jean.Le latex toxique du Rhus Toxicodendron (Sumac vénéneux) se rencontre dans toutes les parties de la plante; mais il est spécialement localisé entre le bois et l\u2019écorce de la racine et de la tige.L\u2019agent toxique n\u2019existe pas dans le pollen et n\u2019est pas volatil.La dermatite du Rhus n\u2019est pas causée par un virus, puisque l\u2019extrait de la plante est encore toxique après avoir subi des températures supérieures à 100 °C.Le latex s\u2019oxyde à l\u2019air libre.Cette oxydation est d\u2019autant plus rapide que l\u2019atmosphère est plus sèche; elle est favorisée par un ferment soluble oxydant.Quand l\u2019extrait de Sumac est soumis à la sublimation dans le vide, on obtient des cristaux tabu- 131 ANNALES DE L\u2019ACFAS laires très solubles dans l\u2019éther.On obtient en outre une sorte d\u2019huile, qui, à une température déterminée, libère des cristaux différents des précédents.La plante renferme aussi un glucoside.3.\tÉtude comparée des conditions hydrographiques de l\u2019estuaire du Saint-Laurent et des côtes de la Nouvelle- Écosse.\u2014 Abbé Alexandre Vachon et Louis-Paul Dugal.Cette comparaison porte sur la teneur en sel et les températures des lieux étudiés.On remarque à chaque endroit trois couches d\u2019eau bien distinctes.(1) Couche supérieure: a) Nouvelle-Écosse: profondeur variant de 25 à 60 mètres; salure 5°C.b) Trois-Pistoles: profondeur, 25 à 30 m.; salure 5°C.(2) Couche intermédiaire: a) Nouvelle-Écosse: épaisseur, 100 m.; salure oscillant entre 32.00 0/00 et 32.50 0/00; température
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.