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Titre :
Annales de l'A.C.F.A.S.
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1935-1995
Contenu spécifique :
1937
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Annales de l'A.C.F.A.S., 1937, Collections de BAnQ.

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[" _ ANNALES L\u2019ACFAS Volume 3 1937 ANNALES E \u2022 L'ACFAS IASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L\u2019AVANCEMENT DES SCIENCES MONTRÉAL, CANADA. Les ANNALES DE L\u2019ACFAS sont publiées annuellement par I\u2019Association canadienne- FRANÇAISE POUR L\u2019AVANCEMENT DES SCIENCES, qui a son siège social à l\u2019Université de Montréal, 1265, rue Saint-Denis, Montréal.Le volume 3 est sorti des presses le 24 avril 1937. SOMMAIRE I.\tConseil et comité exécutif de l\u2019ACFAS pour l\u2019année 1936-37.9 II.\tRapport du secrétaire de l\u2019ACFAS pour 1935-36.12 Appendice 1.Bibliothèque de l\u2019AC F AS: Donateurs 15 Appendice 2.Quelques aspects scientifiques de la restauration nationale, par Jacques Rousseau.\t16 Appendice 3.L\u2019œuvre de l\u2019ACFAS, par Jacques Rousseau.23 III.\tRapports annuels des sociétés affiliées.28 Société de Biologie de Montréal.28 Société canadienne d\u2019Histoire naturelle.30 Société médicale de Montréal.32 Société de Mathématiques et d\u2019Astronomie.33 Société de Philosophie.33 Société Historique de Montréal.33 Société de Mathématiques de Québec.34 Société linnéenne de Québec.34 Société de Physique et de Chimie (Montréal).35 Société lévisienne d\u2019Histoire naturelle.37 Société Provancher d\u2019Histoire naturelle du Canada.\t38 Société d\u2019Études médiévales d\u2019Ottawa.39 Société de Stomatologie de Québec.40 Société zoologique de Québec.40 Société agronomique de Québec.42 Société du Parler français au Canada.42 Société de Chimie de Québec.43 Société historique et littéraire acadienne.\t43 Société philosophique de Québec.44 Société des Sciences morales et politiques.45 Société canadienne-française d\u2019Électrologie et de Radiologie médicales.46 Société médicale de Québec.46 8 ANNALES DE L ACFAS IV.Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec Société de Sylviculture de Québec.Société d\u2019Histoire naturelle de la Pocatière.Société agronomique de Ste-Anne-de-la-Pocatière.Société dentaire de Montréal.Société d\u2019études économiques de Québec.Le quatrième congrès (Québec 1936).A.\tCompte rendu général.B.\tRésumés des communications présentées.Section 1 : Mathématiques, Physique et Chimie.Section 2: Botanique.Section 3: Zoologie et Biologie médicale.Section 4: Sciences morales.47 49 50 50 52 53 55 55 84 84 92 104 114 V.\tDiscours de M.Léo Pariseau lors de l\u2019inauguration de l\u2019ACFAS en 1925.120 VI.\tNotices biographiques et bibliographiques sur les anciens présidents de l\u2019ACFAS.127 M.Léo Pariseau.127 M.Edouard Montpetit.132 M.Elie-Georges Asselin.135 M.Jean Flahault.135 M.Ernest Gendreau.137 M.l\u2019abbé Alexandre Vachon.139 R.P.Ceslas Forest.139 M.Adrien Pouliot.139 M.Georges-H.Baril.140 M.Georges Maheux.143 VII.\tMémoires.149 La botanique canadienne à l\u2019époque de Jacques Cartier, par Jacques Rousseau.151 Notes sur le \u201cCours abrégé de leçons de chymie\u201d de Jean-Baptiste Meilleur, par Léon Lortie.237 VIII.\tIndex des noms de personnes.267 I.CONSEIL ET COMITE EXECUTIF DE L\u2019ACFAS pour l\u2019année 1936-37.CONSEIL Président M.GEORGES MAHEUX Chef du service de la protection des plantes, Ministère de l\u2019Agriculture, Québec Vice-présidents R.F.MARIE-VICTORIN, F.E.C.Directeur de l\u2019Institut botanique, Université de Montréal M.CHARLES FRÉMONT Président de la Société zoologique de Québec Secrétaire M.JACQUES ROUSSEAU Professeur agrégé, Institut botanique de l\u2019Université de Montréal Secrétaire-adjoint M.JOSEPH RISI Professeur à l\u2019École supérieure de Chimie, Québec Trésorier M.VICTOR DORÉ Président de la Commission des Écoles catholiques de Montréal 10 ANNALES DE L\u2019ACFAS Anciens présidents 1 M.E.-G.Asselin, (1926-27 et 1927-28).M.Jean Flahault, (1928-29 et 1929-30).M.Ernest Gendreau, (1930-31 et 1931-32L M.l\u2019abbé Alexandre Vachon, (1932-33).R.P.Ceslas Forest, o.p., (1933-34).M.Adrien Pouliot, (1934-35).M.Georges-H.Baril, (1935-36).Conseillers Société de Biologie de Montréal.\u2014 M.E.-G.Asselin.Société canadienne d\u2019Histoire naturelle et Cercles des jeunes Naturalistes.2\u2014 R.F.Marie-Victorin, f.e.c.Société médicale de Montréal.\u2014 M.Edmond Dubé.Société de Mathématiques et d\u2019Astronomie, Montréal.\u2014 M.André Wendling.Société de Philosophie, Montréal.\u2014 Société historique de Montréal.\u2014 M.Aegidius Fauteux.Société de Mathématiques de Québec.\u2014 M.Althéod Tremblay.Société linnéenne de Québec.\u2014 M.Orner Caron.Société de Physique et de Chimie, Montréal.\u2014 M.Roger Barré.Société lévisienne d\u2019Histoire naturelle, Lévis.\u2014 M.J.-Arthur Fafard.Société Provancher d\u2019Histoire naturelle, Québec.\u2014 M.Alphonse Desilets.Société d\u2019Études médiévales d\u2019Ottawa.\u2014 P.Benoît Mailloux, o.p.Société de Stomatologie de Québec.\u2014 M.Gustave Ratté.Société zoologique de Québec.\u2014 M.Charles Frémont.Société agronomique de Québec.\u2014 M.H.-C.Bois.Société du Parler français au Canada.\u2014 Mgr Camille Roy.Société de Chimie de Québec.\u2014 M.l\u2019abbé Alexandre Vachon.1 D\u2019après les règlements de l\u2019ACFAS le conseil comprend les présidents sortants des dix dernières années.2 Les Cercles des jeunes Naturalistes (C.J.N.) sont au nombre de 537. ANNALES DE L ACFAS 11 Société historique et littéraire acadienne.\u2014 R.P.Orner Le Gres-ley, Société de Philosophie de Québec.\u2014 M.Cyrias Ouellet.Société des Sciences morales et politiques, Montréal.\u2014 M.Raymond Tanghe.Société canadienne-française d\u2019Êlectrologie et de Radiologie médicales.\u2014 M.J.-E.Panneton.Société médicale de Québec.\u2014 M.Achille Paquet.Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec.\u2014 M.P.-C.Dagneau.Société de Sylviculture de Québec.\u2014 M.Henri Roy.Société d\u2019Histoire naturelle de la Pocatière.\u2014 M.Elzéar Cam-pagna.Société agronomique de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.\u2014 M.Charles Gagné.Société dentaire de Montréal.\u2014 M.J.-F.Perreault.Société d\u2019Études économiques de Québec.\u2014 M.Paul-Henri Guimont.COMITÉ EXÉCUTIF Le président, M.Georges Maheux.Les vice-présidents, R.F.Marie-Victorin, M.Charles Frémont.Le secrétaire, M.Jacques Rousseau.Le secrétaire-adjoint, M.Joseph Risi.Le trésorier, M.Victor Doré.Le président sortant, M.Georges-H.Baril.Trois conseillers, MM.Léo Pariseau, Jean Bruchési et Georges Pféfontaine. IL RAPPORT DU SECRÉTAIRE DE L\u2019ACFAS pour l\u2019année 1935-36 K Messieurs, Avec la présente assemblée générale se termine la quatorzième année de l\u2019ACFAS.L\u2019activité de l\u2019Association au cours de l\u2019année, peut-être, ne fut pas ce qu\u2019auraient désiré les dirigeants; nos faibles ressources ne permettaient pas davantage.Toutefois, il faut le reconnaître, l\u2019année écoulée n\u2019a été en rien inférieure aux précédentes.Une refonte des règlements a marqué le début de l\u2019année.On en trouvera le texte dans le volume 2 des Annales de V AC F AS.Pendant cette période, il y eut deux assemblées du conseil et deux assemblées du comité exécutif.En accord avec les règlements, le comité exécutif a été chargé des affaires de régie.Ce comité était composé de: M.Georges-H.Baril, président, M.Georges Maheux et F.Marie-Victorin, vice-présidents, M.Jacques Rousseau, secrétaire, M.Joseph Risi, secrétaire-adjoint, M.Victor Doré, trésorier, M.Adrien Pouliot, président sortant, MM.Ernest Gendreau, Léo Pariseau et Jean Bruchési, conseillers.L\u2019une des principales préoccupations de l\u2019Association depuis quatre ans est l\u2019organisation des congrès.Ces congrès ont toujours remporté un grand succès.Cependant, ils faillirent parfois s\u2019acheminer vers l\u2019insuccès, ce qui serait nécessairement arrivé si les organisateurs n\u2019avaient payé de leur personne.Les congrès sont un faisceau des travaux du petit monde scientifique canadien-français.Dans les quatre tenus à date, 542 communications furent présentées.On peut l\u2019affirmer sans crainte d\u2019être contredit, rien n\u2019a encore contribué autant à l\u2019avancement des sciences chez les Canadiens français.1 Rapport présenté à l\u2019assemblée générale de I\u2019Acfas, le 13 octobre 1936. ANNALES DE L\u2019ACFAS 13 Le deuxième volume des Annales de V ACF AS a paru au cours de l\u2019année.Avec ce volume, les éditeurs ont entrepris la publication des rapports annuels des sociétés affiliées.Nous aurions voulu publier des mémoires élaborés, mais les ressources financières ne l\u2019ont pas permis.Au cours de l\u2019année, l\u2019Association s\u2019est affiliée quatre sociétés.Ce sont: la Société d\u2019Histoire naturelle de la Pocatière, la Société agronomique de Ste-Anne-de-la-Pocatière, la Société dentaire de Montréal, la Société d\u2019Études économiques de Québec.Au cours des derniers douze mois, 164 conférences ont été données sous les auspices de l\u2019Association, indépendamment des causeries et des réunions organisées par les filiales.La bibliothèque de l\u2019ACFAS a reçu plusieurs dons, notamment: 501 volumes et brochures, 6 cartes géographiques, 3 nouveaux périodiques qui s\u2019ajoutent aux 33 reçus régulièrement à titre gracieux.La liste des donateurs est en appendice.L\u2019Association a facilité la publication du troisième fascicule des Coléoptères du Québec de M.Gustave Chagnon.Le F.Marie-Victorin était le délégué de l\u2019Association au Congrès de l\u2019American Association for the Advancement of Sciences tenu à Saint-Louis, Missouri, en janvier dernier et au Catholic round table of Scientists tenu lors de ce congrès.M.Ernest Gendreau a été délégué au congrès de l\u2019Association française pour l\u2019Avancement des Sciences tenu à Marseille en juillet dernier et au congrès de la British Association for the Advancement of Sciences tenu à Blackpool, Angleterre, à la fin de l\u2019été.Selon l\u2019habitude adoptée depuis quelques années, les délégués de l\u2019ACFAS n\u2019ont reçu aucune subvention.A la dernière assemblée générale, l\u2019Association ayant émis le vœu que la province organise des parcs nationaux où les aspects scientifiques jouiraient d\u2019une considération toute particulière, le secrétaire de l\u2019Association a publié une étude sur le sujet.A la demande du journal Le Devoir, il a également préparé un travail sur l\u2019œuvre de l\u2019ACFAS.Ces documents sont annexés au rapport. 14 ANNALES DE L ACFAS Cette année, l\u2019ACFAS est passée par une crise financière aiguë.Le rapport du trésorier nous Ta révélé.Une subvention spéciale nous avait été promise mais n\u2019a jamais été versée.La subvention de mille dollars versée annuellement par le secrétaire de la province, due depuis un an, ne nous est jamais parvenue non plus.Parmi les comptes dus, au montant de $860.43, il y en avait qui demandaient un règlement urgent.La Société canadienne d\u2019Histoire naturelle, le secrétaire-adjoint et le secrétaire général durent s\u2019en charger en attendant des jours meilleurs.Je ne puis terminer ce rapport sans signaler deux événements qui réjouissent les esprits ouverts qui s\u2019intéressent vraiment à l\u2019avancement des sciences.Tout d\u2019abord, le développement rapide malgré certaines oppositions, du jardin botanique de Maisonneuve.Il s\u2019agit là d\u2019une initiative du F.Marie-Victorin et de la Société canadienne d\u2019Histoire naturelle, filiale de notre Association; l\u2019ACFAS peut donc voir là un peu son œuvre.Le deuxième événement est le prochain congrès de la langue française, organisé par la Société du parler français au Canada, une autre filiale, et qui aura lieu en juin prochain.Les membres de l\u2019ACFAS travaillent tous au progrès de l\u2019entité canadienne-française: ils auront une occasion de se recueillir et de voir où en sont chez nous la langue et l\u2019esprit français.Un simple coup d\u2019œil en arrière permet de mesurer le progrès accompli par l\u2019ACFAS en quelques années.Ainsi, pour ne citer qu\u2019un exemple, au cours de l\u2019année 1928-29, l\u2019Association n\u2019avait à son actif que trois conférences publiques.Cependant, les revenus d\u2019alors étaient les mêmes qu\u2019aujourd\u2019hui.Depuis sept ans que j\u2019ai une part active au travail de l\u2019Association, j\u2019ai pu me rendre compte des possibilités d\u2019action d\u2019une société qui a une idée définie, qui ne néglige ni efforts ni labeurs et qui ne recherche aucunement la satisfaction d\u2019avantages personnels.Le secrétaire, Québec, le 13 octobre, 1936.\tJacques Rousseau ¦ ANNALES DE L\u2019ACFAS\t15 APPENDICE 1 \u2014 BIBLIOTHÈQUE DE L\u2019ACFAS LISTE DES DONATEURS POUR L\u2019ANNÉE 1935-361 Alberta (Province).\u2014 2 brochures.Archambault, La Salle.\u2014 19 brochures.Association française pour l\u2019avancement des sciences.\u2014 1 volume.Baril, G.-H.\u2014 1 brochure.Bausch et Lomb Optical Co.\u2014 1 brochure.Campenhout, Ernest van.\u2014 6 brochures.Canada, Banque du Canada.\u2014 2 brochures.Canada, Commission biologique.\u2014 1 périodique, 11 brochures.Canada, Conseil national des Recherches.\u2014 2 brochures.Canada, Ministère de l\u2019Agriculture.\u2014 2 brochures.Canada, Ministère du Commerce, Service des Statistiques.\u2014 3 brochures, 8 volumes.Canada, Ministère de la Défense nationale.\u2014 2 brochures.Canada, Ministère de l\u2019Intérieur.\u2014 4 brochures.Canada, Ministère de l\u2019Intérieur, Observatoire du Dominion.\u2014 6 brochures.Canada, Ministère de la Marine.\u2014 1 brochure.Canada, Ministère de la Marine, Service hydrographique.\u2014 7 brochures.Canada, Ministère des Mines.\u2014 39 brochures, 1 carte.Capucins (Les révérends pères).\u2014 1 brochure.Colombie britannique (province).\u2014 104 brochures.Devoir, Le.\u2014 88 brochures, 2 cartes.Dupire, Louis.\u2014 1 brochure.Faessler, Cari.\u2014 1 brochure.Fournier, abbé Ovila.\u2014 9 brochures.Gauvin, Dominique.\u2014 2 brochures.Labrie, A.\u2014 1 brochure.Lagloire, Pellerin.\u2014 25 brochures.Laroque, Aurèle.\u2014 2 brochures.Laverdière, abbé J.-W.\u2014 1 brochure.Maheux, Georges.\u2014 2 brochures.Marie-Victorin, F.\u2014 1 brochure.Marion, Léo.\u2014 8 brochures.Morazain, Gaston.\u2014 3 brochures.Ontario (Province).\u2014 32 brochures.Pariseau, Léo.\u2014 2 volumes.Québec, Jardin zoologique de Québec.\u2014: 4 brochures.Québec, Ministère de l\u2019Agriculture.\u2014 7 brochures.Québec, Ministère des Terres et Forêts.\u2014 3 cartes.Québec, Service des Statistiques.\u2014 2 périodiques, 1 volume.Risi, Joseph.\u2014 3 brochures.Rousseau, Jacques.\u2014 8 brochures.Roy, F.Edmond.\u2014 6 volumes.Scolasticat Saint-Joseph.\u201418 volumes.Simard, Paul.\u2014 2 volumes.Société canadienne d\u2019Histoire naturelle.\u2014 48 brochures.Société Provancher d\u2019Histoire naturelle.\u2014 1 brochure.Université de Montréal, Institut botanique.\u2014 3 brochures.1 Les périodiques mentionnés sont reçus régulièrement. 16 ANNALES DE L\u2019ACFAS 2 \u2014 QUELQUES ASPECTS SCIENTIFIQUES DE LA RESTAURATION NATIONALE1 Par Jacques Rousseau Depuis son avènement le nouveau Gouvernement a entrepris de doter la province d\u2019une politique adaptée aux aspirations de l\u2019entité canadienne-française.Cela comporte naturellement des aspects scientifiques.Beaucoup de problèmes nationaux en effet sont, en définitive, des problèmes scientifiques.Pour avoir méconnu chez nous cette vérité, pour avoir trop souvent relégué à l\u2019arrière-plan des techniciens sérieux et comblé des arrivistes qui devaient leur renommée aux relations plutôt qu\u2019à la compétence, des questions capitales ont été totalement négligées et les nôtres ont perdu la place qui devait leur revenir.Pour rattraper le plus vite possible le temps perdu, il importe que la province fonde un Conseil 'provincial des recherches.Mais pour obtenir un rendement maximum, il faudra en même temps réorganiser les études scientifiques, à l\u2019Université et ailleurs.Ce dernier point a déjà fait l\u2019objet d\u2019études du F.Marie-Victorin et de la Société d\u2019étude et de libre discussion des problèmes universitaires.Il sera effleuré ici sous un aspect particulier: l\u2019éducation des masses par les musées et les parcs provinciaux.LE CONSEIL PROVINCIAL DES RECHERCHES Un certain nombre de services scientifiques sont dispersés dans les ministères provinciaux.La tâche des techniciens généralement y est nettement délimitée: elle s\u2019arrête aux faits positifs et d\u2019application immédiate.Il leur incombe, par exemple, d\u2019organiser la production, d\u2019appliquer et d\u2019adapter les connaissances scientifiques déjà établies, de vulgariser dans les milieux professionnels les notions nécessaires à l\u2019amélioration du rendement; cela complété d\u2019une besogne administrative des plus fastidieuses.1 Le Devoir, 3 et 5 octobre 1936. ANNALES DE L\u2019ACFAS\t17 La tâche accomplie, il ne reste guère de temps, on le conçoit, pour les recherches scientifiques que les techniciens voudraient entreprendre.En resterait-il que ces travaux se feraient difficilement dans l\u2019atmosphère administrative.Un autre obstacle est l\u2019isolement: les services scientifiques provinciaux sont des îlots séparés par les frontières précises des ministères et sans contact entre eux.Pourtant, des problèmes qui auraient une portée considérable sur le bien-être de la province attendent une solution.On la trouverait cette solution dans l\u2019activité d\u2019un Conseil provincial des recherches dûment organisé.Les services techniques des ministères continueraient comme par le passé à s\u2019occuper de la vulgarisation, de l\u2019administration et des questions pratiques ne soulevant pas de problèmes nouveaux; mais l\u2019organisation des recherches proprement dites dépendrait d\u2019un organisme central relevant directement du conseil des ministres.Les recherches exigent des méthodes de travail particulières et ne livrent pas toujours des résultats immédiatement tangibles.Ellea demandent souvent la coopération de chercheurs appartenant à différentes disciplines scientifiques.Une même discipline scientifique, d\u2019autre part, intéresse parfois plusieurs ministères: la pathologie végétale, l\u2019entomologie et la chimie, par exemple, sont aussi nécessaires à l\u2019agriculture qu\u2019à l\u2019industrie forestière.Une centralisation complète des milieux de recherches éviterait à un peuple relativement pauvre la dispersion des.efforts et la multiplication inutile des laboratoires et des bibliothèques.On éviterait ainsi la situation créée dans les organismes universitaires où les particularismes non refrénés ont engendré tant de duplicatures, de confusion et de faiblesse.En plus des travaux figurant au programme régulier, le Conseil des recherches mettrait à l\u2019étude les problèmes scientifiques soumis par les services techniques des ministères et par les industriels.Les problèmes demandant une attention immédiate sont nombreux et peuvent se grouper en grande partie sous les chefs suivants : 1.Inventaire géologique, floristique et faunistique de la province : biologie lacustre et marine. 18 ANNALES DE L ACFAS 2.\tBotanique appliquée: acclimatation de plantes étrangères; création de variétés horticoles pour les différentes régions de la province; pathologie forestière et agricole; utilisation des plantes indigènes, dans la petite industrie notamment (par exemple, organisation de l\u2019osiériculture à base de plantes du pays).3.\tEntomologie économique.4.\tRecherches industrielles: produits et sous-produits forestiers; utilisation des sous-produits agricoles; céramique, textiles et industries chimiques en général.5.\tHygiène et médecine.6.\tRecherches ethnologiques, sociologiques et d\u2019économie domestique.7.\tOrganisation scientifique des parcs nationaux.La Commission géologique, la Commission biologique, la Commission des recherches industrielles, en autant que la recherche est concernée, dépendraient du Conseil provincial des recherches.Le personnel du Conseil des recherches doit comprendre un bureau de direction et une équipe de chercheurs choisis dans les services techniques et les universités.Tous ces derniers ne sont pas attachés de façon permanente au Conseil des recherches.Si un travail est limité, il suffit de détacher temporairement un technicien des services réguliers ou d\u2019employer des universitaires pouvant consacrer quelque temps aux recherches.Il doit y avoir une collaboration étroite entre cet organisme de recherches et les universités, les jardins botaniques et zoologiques, les stations biologiques et l\u2019ACFAS.C\u2019est d\u2019ailleurs dans les laboratoires déjà établis que devraient s\u2019effectuer la plupart des recherches, le Conseil provincial étant avant tout un conseil de direction et non pas une vaste construction.C\u2019est à ce conseil et à l\u2019ACFAS que devrait incomber la tâche de pourvoir à la formation d\u2019une élite scientifique par l\u2019octroi de bourses d\u2019étude.Il faudrait multiplier particulièrement les bourses de vacances.L\u2019homme de science, en contact quotidien avec des difficultés, sait précisément les lacunes qu\u2019il lui faut combler.Quelques mois ou même quelques semaines auprès des ANNALES DE L ACFAS 19 spécialistes etrangers lui sont souvent indispensables pour mener à bonne fin des problèmes à solution complexe.LES MUSÉES ET LES PARCS PROVINCIAUX Chaque année, le gouvernement dépense des sommes considérables pour sauvegarder ce qui nous reste des ressources naturelles, mais les résultats sont loin d\u2019être encourageants.Le gros gibier disparaît, les lacs se vident, la forêt est toujours à la merci de la moindre imprudence.Ici se pose d\u2019abord un problème d\u2019éducation; car le respect de la nature ne s\u2019impose pas par des lois.Grâce au mouvement si admirable des Cercles des jeunes Naturalistes, récemment déclaré d\u2019utilité publique par le gouvernement de la province de Québec, cette nécessaire entreprise d\u2019éducation a déjà fait un grand pas.Le moment est venu de faire plus.Les musées et les parcs provinciaux, mieux que toute autre chose, pourront établir entre le public et la nature un contact intime.Même en ne considérant que l\u2019aspect récréatif, l\u2019établissement de ces organismes s\u2019impose.Depuis trois ou quatre ans, la jeunesse des écoles s\u2019est tournée vers la nature.Les frivolités qui ont occupé les générations précédentes, les jeux et les exercices sans objet déterminé ne sont plus les seuls moyens de récréation des jeunes.Les courses dans les champs et les bois les attirent; la nature les fascine.Ils se récréent, mais en même temps, ils apprennent.Il faut dès maintenant se préoccuper de cette génération de jeunes naturalistes.La province renferme de vastes parcs provinciaux, comme le parc des Laurentides et celui de la Gaspésie.Ces parcs, inaccessibles pour la presque totalité de la population, sont plutôt des réserves.Leur utilité est incontestable; mais il faudrait, en outre, de très nombreux parcs, de petite étendue, et dispersés à travers la province.Il existe nombre de ces parcs dans l\u2019Ontario, dans 1 état de New-^ork et ailleurs aux États-Unis.Les dimanches et jours fériés, ce sont les endroits de prédilection des automobilistes.Chez nous, ceux qui veulent se promener sont condamnés à errer toute la journée sans pouvoir s\u2019arrêter nulle part.La multiplication des petits parcs leur donnerait l\u2019occasion de passer des 20 ANNALES DE L\u2019ACFAS heures agréables dans des sites enchanteurs et, ce qui ne nuit à rien, d\u2019apprendre quelque chose.Les frais minimes de stationnement des voitures paieraient en partie l\u2019entretien des parcs Les musées sont le complément indispensable des parcs naturels.La nature ne se livre pas facilement.Ses secrets se découvrent par parcelles et sans ordre.L\u2019obstacle du temps, de l\u2019espace et du défaut de classification disparaît dans les musées où les collections sont disposées méthodiquement.Les musées font pratiquement défaut dans la province.C\u2019était un outil dont manque notre enseignement.Un plan d\u2019organisation de musées et de parcs nationaux devrait, ce me semble, comporter les points suivants : 1.\tJardins botaniques et zoologiques.\u2014 Les gouvernements fédéral et provincial coopèrent cette année à la construction du jardin botanique de Montréal; il faudrait à l\u2019avenir un octroi régulier de la province.Ce jardin botanique sera l\u2019endroit tout désigné pour l\u2019acclimatation des plantes économiques étrangères, pour la recherche de nouvelles variétés horticoles et pour l\u2019adaptation des plantes indigènes susceptibles de jouer un rôle économique.Montréal a aussi besoin d\u2019un jardin zoologique.L\u2019île Sainte-Hélène a déjà été désignée à cette fin; on pourrait ne pas négliger ce point de vue au cours des travaux qu\u2019on y exécute.Quant à la ville de Québec, elle possède un jardin zoologique où l\u2019on se propose d\u2019aménager également un arboretum.Ce travail serait grandement facilité grâce à la coopération du jardin botanique de Montréal.2.\tMusée d\u2019histoire naturelle à Montréal.\u2014 Le gouvernement de la province possède à Québec un musée des beaux-arts et d\u2019histoire naturelle.L\u2019une des plus grandes lacunes de l\u2019enseignement parascolaire de Montréal est l\u2019absence d\u2019un musée d\u2019histoire naturelle.L\u2019endroit tout indiqué pour ce musée est le vaste terrain dont dispose le Jardin botanique de Montréal.Les deux organisations d\u2019ailleurs pourraient coopérer étroitement 3.\tMusées locaux.\u2014 On peut multiplier dans la province les petits musées spécialisés et en confier généralement la garde à ANNALES DE LA CF AS 21 des institutions d\u2019enseignement.Il faut des musées agricoles; il faut de petits musées dans tous les parcs provinciaux; il faut dans la Gaspésie un musée consacré à l\u2019industrie de la pêche.4.\tParcs provinciaux consacrés aux ressources naturelles.\u2014 Le premier devrait être le parc laurentien comprenant un lac, une tourbière et un coin typique de forêt où les plantes sont étiquetées avec soin, une érablière, un jardin zoologique et un aquarium réunissant les animaux laurentiens.Les dépôts fossilifères, des rochers glaciaires, des moraines et d\u2019autres sites géologiques intéressants, des fosses à saumons, certaines mines, les sites d\u2019anciens villages indiens peuvent faire l\u2019objet de parcs peu étendus et très utiles.5.\tParcs provinciaux dans les régions d'endémiques et sanctuaires d\u2019oiseaux.\u2014 Il y a dans la province plusieurs sites où se trouvent des groupes d\u2019espèces végétales extrêmement localisées.Dans bien des cas, ces espèces n\u2019existent nulle part ailleurs.Parfois, des plantes occupant ici des aires restreintes ne se retrouvent plus que dans des régions éloignées, par exemple les Montagnes Rocheuses, les régions arctiques, la Scandinavie, l\u2019Asie orientale.On protégera facilement ces formations en décrétant ces lieux parcs nationaux et en y interdisant l\u2019herborisation.Cette législation est urgente.Cet été, dans la région du Bic, il est venu à ma connaissance que des stations classiques de plantes inconnues ailleurs dans l\u2019est de l\u2019Amérique ont été détruites entièrement par des personnes travaillant apparemment pour le compte de commerçants d\u2019herbiers.Les sites d\u2019endémiques les plus accessibles se trouvent au Bic, dans la Minganie, sur Anticosti et sur la côte de la Gaspésie.D\u2019une façon plus générale, on pourrait protéger certaines plantes comme on protège les oiseaux migrateurs en interdisant leur cueillette dans toute la province.Il existe dans plusieurs états américains de telles lois pour la protection des plantes indigènes.Le cas des sanctuaires d\u2019oiseaux est quelque peu analogue au précédent.Il faut multiplier ces sanctuaires et les protéger en interdisant la chasse dans un rayon d\u2019une étendue raisonnable.6.\tParcs provinciaux dans les sites remarquables par leur beauté.\u2014 Certains sites offrant un intérêt surtout esthétique sont 22 ANNALES DE L\u2019ACFAS susceptibles d\u2019attirer les touristes et les citadins cherchant un peu de verdure.Plusieurs de ces endroits méritent d\u2019être transformés en parcs nationaux.Ainsi les collines montérégiennes, le cap Tourmente, la- pointe Argentenay à l\u2019extrémité est de l\u2019île d\u2019Orléans, le cap Trinité et le cap Éternité sur le Saguenay, le voisinage de chutes et de rapides, etc.7.Organisation de sentiers.\u2014 Les montagnes du Vermont sont sillonnées de sentiers très achalandés par les amateurs de la vie au grand air.On pourrait aménager de tels sentiers dans la province, notamment en Gaspésie.La plupart de ces sentiers d\u2019ailleurs sont déjà tracés et demandent peu d\u2019entretien.Actuellement, seuls les explorateurs et les chasseurs les fréquentent.Pour faciliter le voyage à tous, il suffirait de construire de distance en distance des abris en bois rond et d\u2019afficher ici et là les indications nécessaires.La route projetée de Sainte-Anne-des-Monts à New-Richmond suivra le parcours de l\u2019un des principaux sentiers de la Gaspésie.Ce chemin terminé, il ne resterait plus qu\u2019à pourvoir à l\u2019organisation de sentiers latéraux, tous courts d\u2019ailleurs, pour gagner le sommet des montagnes.Ces sentiers ont un intérêt touristique, mais ils favorisent aussi le travail d\u2019exploration.De tels sentiers pourraient se trouver également dans les montagnes du sud de la province, dans la région du Saguenay, dans la Mauricie et un peu partout dans les Laurentides L\u2019organisation scientifique des parcs et musées pourrait être confiée au Conseil provincial des recherches et l\u2019administration pourrait être remise ultérieurement à une commission réunissant les ministères intéressés.Tous ces projets ne peuvent être mis à exécution en un tournemain, mais il serait sage que l\u2019on établît dès maintenant un plan défini.Si nous voulons attirer les touristes, il faut songer d\u2019abord à les intéresser.Ce point de vue toutefois n\u2019est que secondaire.C\u2019est pour nous en premier lieu qu\u2019il faut organiser la province.Il nous faut la connaître.Nous ne pouvons rester indéfiniment étrangers chez nous. ANNALES DE L\u2019ACFAS 23 3 \u2014 L\u2019OEUVRE DE L\u2019ACFAS 1 LE CONGRÈS DE QUÉBEC Par Jacques Rousseau Dimanche prochain, le 11 octobre, s\u2019ouvrira à Québec le quatrième congrès de V Association canadienne-française pour l\u2019Avancement des Sciences.Presque tous ceux qui, cette année, chez nous, ont contribué par leurs travaux à l\u2019avancement des sciences, même de la façon la plus modeste, présenteront des communications sur les résultats de leurs recherches.Le programme de ce congrès n\u2019est inférieur ni par le nombre des communications ni par leur qualité à celui du dernier congrès tenu à Montréal l\u2019an dernier.Au programme, figurent 101 communications, réparties en 4 sections : section de mathématiques, de physique et de chimie (6 travaux de mathématiques, 3 de physique et 12 de chimie); section de botanique et de géologie (30 travaux de botanique et 8 de géologie et de minéralogie) ; section de zoologie et de biologie médicale (21 travaux de zoologie et 8 de biologie médicale et de médecine) ; section des sciences morales (7 travaux de philosophie, 2 de pédagogie, 2 d\u2019histoire et 2 de sciences sociales et économiques).Malgré tous nos efforts, la section des sciences morales reste toujours la moins achalandée.La raison en est peut-être que ces dernières disciplines sont considérées chez nous plus sous leur aspect littéraire que sous leur aspect scientifique.Il y a probablement aussi plus d\u2019individualisme dans les milieux où l\u2019on s\u2019adonne aux sciences morales que dans les milieux versés dans les sciences pures.Pourtant, cette section devrait être des plus florissantes et pourrait être même scindée en plusieurs sections autonomes.Une section d\u2019histoire du Canada devrait réunir toutes les sociétés régionales et tous les chercheurs de la petite histoire, si nombreux chez nous.Il y a certainement lieu d\u2019exposer encore une fois au public non initié ce qu\u2019est l\u2019ACFAS.L\u2019ACFAS, fondée en 1923, est une fédération de nos modestes sociétés savantes.A l\u2019origine, ces sociétés étaient au nombre de neuf,\u2014 et encore certaines n\u2019existaient que sur le papier.Elles 1 Le Devoir, 10 octobre 1936. 24 ANNALES DE l\u2019ACFAS étaient toutes de Montréal.Aujourd\u2019hui, l\u2019ACFAS compte 28 sociétés affiliées distribuées d\u2019Ottawa à l\u2019Acadie.L\u2019une de ces sociétés, la Société d\u2019Histoire naturelle, contrôle à elle seule 525 filiales,\u2014 les Cercles des jeunes Naturalistes,\u2014 dispersés à travers tout le pays et même à l\u2019étranger.Les 28 sociétés affiliées se partagent, selon les disciplines, en 10 groupes: Histoire naturelle: Société de Biologie (Montréal), Société canadienne d\u2019Histoire naturelle (Montréal), Société linnéenne de Québec, Société lévisienne d\u2019Histoire naturelle, Société Provancher d\u2019Histoire naturelle (Québec), Société zoologique de Québec, Société d\u2019Histoire naturelle de la Pocatière Mathématiques, physique et chimie: Société de Mathématiques et d\u2019Astronomie (Montréal), Société de Mathématiques de Québec, Société de Physique et de Chimie (Montréal), Société de Chimie de Québec.Médecine: Société médicale de Montréal, Société canadienne-française d\u2019Électrologie et de Radiologie médicales (Montréal), Société médicale de Québec, Société médicale des Hôpitaux universitaires de Québec.Art dentaire: Société de Stomatologie de Québec, Société dentaire de Montréal.Agronomie: Société agronomique de Québec, Société agronomique de Sainte-Anne-de-la-Pocatière.Sylviculture: Société de Sylviculture de Québec.Philosophie: Société de Philosophie de Montréal, Société d\u2019Études médiévales d\u2019Ottawa, Société philosophique de Québec.Sciences sociales: Société des Sciences morales et politiques (Montréal), Société d\u2019Études économiques de Québec.Linguistique: Société du Parler français au Canada (Québec).Histoire: Société historique de Montréal, Société historique et littéraire acadienne.Ces sociétés comprennent au delà de 3,000 membres, outre les 15,000 membres des C.J.N.relevant de la Société canadienne d\u2019Histoire naturelle.Ces sociétés sont indépendantes les unes des autres et travaillent, chacune dans sa sphère, à atteindre son but particulier.Mais l\u2019ACFAS, fédération de toutes ces sociétés, a aussi son objet propre qui peut s\u2019exprimer dans le programme suivant: ANNALES DE LA CF AS 25 1.\tDirection et expansion du mouvement scientifique chez les Canadiens français.\u2014 L\u2019ACFAS groupe tous les hommes de science de langue française du Canada, universitaires, techniciens des services gouvernementaux, etc.Mieux que tout autre organisme, l\u2019ACFAS peut donner au Canada français une orientation scientifique.2.\tCoopération entre les travailleurs scientifiques canadiens-français.\u2014 Avant l\u2019avènement de l\u2019ACFAS quelques sociétés locales groupaient un nombre restreint de membres, mais il n\u2019y avait aucune relation entre les différentes sociétés.Ainsi, les universitaires de Québec et de Montréal vivaient éloignés et sans contact.De toutes nos associations, l\u2019ACFAS est encore la seule à avoir établi des liens intimes et durables entre nos deux universités canadiennes-françaises.3.\tOrganisation de congrès.\u2014 L\u2019ACFAS a déjà tenu trois congrès et ces jours-ci s\u2019ouvrira le quatrième.Les programmes des quatre congrès réunissent 542 titres de communications scientifiques.Toutes ne sont pas d\u2019égale valeur; cependant la majorité des tfavaux apportent une contribution à l\u2019avancement des sciences.L\u2019un des multiples avantages de ces congrès scientifiques est de permettre la prise de contact entre personnes d\u2019une même spécialité, de faciliter la discussion et les échanges d\u2019idées, de favoriser la critique constructive.Sans critique avertie et vigilante, on le sait, rien n\u2019avance.Les congrès sont aussi un stimulant pour ceux qui ont normalement peu d\u2019ardeur et qui, sans cet aiguillon, remettraient toujours à une date ultérieure l\u2019étude des problèmes qui les préoccupent.Au programme des congrès de l\u2019ACFAS ne figurent pas que les sciences pures, mais aussi les sciences appliquées, (sylviculture, agronomie, médecine vétérinaire, génie civil, etc.), et les sciences morales (philosophie, pédagogie, histoire, géographie, linguistique, sciences sociales).4.\tAnnales de V AC F AS.\u2014 L\u2019Association publie chaque année, depuis deux ans, un périodique portant le nom d\u2019Annales de VAC-FAS.On y trouve, outre les rapports annuels des secrétaires de l\u2019ACFAS et des sociétés affiliées, un résumé des travaux et des documents divers.Dès que la situation financière le permettra, les Annales de V ACF AS renfermeront des mémoires scientifiques élaborés.5.\tConférences de vulgarisation.\u2014 Il s\u2019est donné jusqu\u2019à date sous les auspices de l\u2019ACFAS, à travers toute la province, au delà de 450 causeries et conférences de vulgarisation. 26 ANNALES DE L ACFAS 6.\tCours de perfectionnement par des professeurs étrangers et des professeurs canadiens \u2014 Dès la fondation de l\u2019ACFAS, il fut entendu que l\u2019Association inviterait régulièrement des professeurs étrangers.La fondation de l\u2019Institut scientifique força notre Association à abandonner temporairement ce projet.Je n\u2019insiste pas davantage sur ce point qui a été traité par le F.Marie-Victorin dans le Devoir (25 et 26 septembre derniers).Lorsque l\u2019ACFAS aura les dotations nécessaires, elle pourra faire venir de l\u2019étranger, mais pas exclusivement de la France, les professeurs et les techniciens dont les services nous sont utiles.Ces professeurs ne seront pas simplement destinés à un public d\u2019amateurs ou à un auditoire mondain, mais s\u2019adresseront plutôt à un auditoire préparé, et chercheront à faire école.L\u2019ACFAS désire organiser aussi des cours spéciaux qui ne sont pas donnés dans les universités et qui seront confiés à des Canadiens particulièrement compétents.Jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, l\u2019ACFAS a surtout songé à un cours d\u2019histoire des sciences qui serait confié au Dr Léo Pariseau, l\u2019un de nos hommes de sciences les plus en vue et qui, dans tout autre pays, aurait un rang distingué dans le monde universitaire.7.\tSubventions pour les recherches et la publication de travaux scientifiques.\u2014 L\u2019ACFAS a déjà distribué quelques octrois pour faciliter la publication de travaux scientifiques.Il a semblé préférable d\u2019agir ainsi plutôt que de subventionner directement des recherches.Mais ce n\u2019est là qu\u2019une solution provisoire imposée par une question de budget.Avec des dotations plus considérables, l\u2019ACFAS pourra encourager directement les recherches.8.\tBibliothèque de V AC FAS.\u2014 Depuis deux ans, notre Association travaille à mettre sur pied une bibliothèque visant à réunir toutes les publications canadiennes tant françaises qu\u2019anglaises, couvrant le champ de la science.En effet, l\u2019objet de cette bibliothèque ne s\u2019arrêtera pas aux sciences pures.La philosophie, l\u2019histoire, la géographie, le droit, la médecine, les sciences sociales, etc., y seront représentés au même titre que la chimie, les mathématiques, la physique et les sciences naturelles.Cette bibliothèque comprendra aussi des collections de manuscrits, de photographies et de découpures de journaux relatives à l\u2019histoire de la science canadienne.Le nombre des publications scientifiques enregistrées depuis un an dépasse 5,000, sans compter une quarantaine de périodiques reçus régulièrement.La collection de cartes géographiques canadiennes a été particulièrement soignée.Ces cartes ANNALES DE L\u2019ACFAS 27 sont au nombre de 1,300, les cartes météorologiques quotidiennes non comprises.Quand l\u2019ACFAS aura un local, cette bibliothèque sera à la disposition des chercheurs.9.\tOctroi de bourses.\u2014 L\u2019un des premiers projets de l\u2019ACFAS est d\u2019accorder des bourses d\u2019études, pour les vacances particulièrement, aux professeurs et techniciens désirant se perfectionner dans les milieux scientifiques étrangers.Les infimes ressources de l\u2019Association l\u2019ont empêchée jusqu\u2019à ce jour de mettre à exécution cet article de son programme.10.\tOrganisation de concours scientifiques dans l\u2019enseignement primaire, secondaire et universitaire et octroi de prix aux professeurs méritants.Cet article n\u2019a pu être mis à exécution toujours pour des raisons d\u2019ordre financier.11.\tOrganisation d'expositions scientifiques.\u2014 A chaque congrès de l\u2019ACFAS, il y eut toujours deux ou trois de ces expositions.12.\tFondation de musées scientifiques locaux.\u2014 L\u2019Association se propose de coopérer à l\u2019organisation de musées scientifiques locaux.Il a été particulièrement question d\u2019organiser un Musée de l\u2019abbé Provancher au Cap-Rouge et un Musée du capitaine Bernier à Québec ou à Lévis.13.\tPrix scientifiques provinciaux.\u2014 Lorsque l\u2019ancien gouvernement fonda le prix David, il fut décidé que les sciences auraient régulièrement leur tour dans l\u2019octroi du prix.Mais la chose n\u2019a eu lieu qu\u2019une fois, et encore avait-on décidé par arrêté ministériel que le prix pourrait être accordé non seulement pour des ouvrages scientifiques mais aussi pour tout ouvrage traitant d\u2019un art quelconque.En toute décence, il faut que les ouvrages scientifiques importants reçoivent la consécration officielle.Pour des raisons pratiques, il y a certainement lieu de créer des prix distincts et de même importance pour les ouvrages scientifiques et pour les ouvrages littéraires.Au lieu d\u2019un seul prix considérable, on pourrait en accorder plusieurs de moindre importance.L\u2019ACFAS est l\u2019organisme désigné pour choisir les lauréats des prix scientifiques.Ne serait-il pas temps de mettre un peu plus d\u2019ordre en cette pagaïe en faisant juger ces concours par des jurys permanents et tout désignés que sont la Société royale, l\u2019ACFAS, 1 Académie Saint-Thomas d\u2019Aquin et autres sociétés sérieuses ? III.RAPPORTS ANNUELS DES SOCIETES AFFILIEES'.X.SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE DE MONTRÉAL Le conseil de la Société de Biologie pour l\u2019année 1935-36 comprenait : Président: E.-G.Asselin.Vice-présidents: Georges-H.Baril, Wilbrod Bonin.Secrétaire: Armand Frappier.Secrétaire-adjoint: Victorien Fredette.Trésorier: Joseph Demers.La société compte 62 membres titulaires.A part la séance de réorganisation, la société a tenu cinq réunions au cours desquelles 11 travaux originaux ont été présentés : 3 octobre 1935.\u2014 Louis Paré: Essais sur la transmission de la rougeole aux lapins.\u2014 Gaston Gosselin et Georges-Émile Cloutier: L\u2019action du bleu de méthylène dans le traitement de l\u2019intoxication par l\u2019oxyde de carbone.18 novembre 1935.\u2014 L.-Charles Simard: Cellules sympa-thicotropes et complexes sympathico-insulaires du pancréas de l\u2019homme adulte.\u2014 Roger Barré: Pouvoir antiseptique de quelques composés organiques du mercure.14 janvier 1936.\u2014 Jacques Rousseau: Étude sur les tourbières littorales de la Nouvelle-Écosse.\u2014 L.Forté: Étude bactériologique du nouveau masque chirurgical \u201cJel\u201d.Son efficacité comparée.1 Les rapports couvrent la période écoulée entre les deux dernières assemblées générales de l\u2019Association. ANNALES DE L ACFAS 29 Mars 1936.\u2014 Paul-Émile Riopel: Action antiglycolytique de quelques acides organiques halogène sur la glycolyse du sang humain in vitro.\u2014 L.Nègbe: Étude des propriétés immunisantes de nouveaux bacilles à colonies lisses.27\tavril 1936.\u2014 J.-L.Riopelle: Éosinophilie sanguine et tumeur maligne.\u2014 Gaston Gosselin et Philippe - Bouthillier : I/eau fixée chez les plantes aquatiques.\u2014 Pierre Masson: Innervation des glomus cutanés.A l\u2019Heure de biologie, dirigée par M.Georges Préfontaine et donnée cette année toutes les semaines, sous les auspices de l\u2019Institut de Zoologie et de la Société de Biologie, les conférences suivantes ont été données: 31 octobre 1935.\u2014 Georges Préfontaine: Les Bernards-l\u2019ermite, merveille d\u2019adaption 7 novembre 1935.\u2014 Abbé Albert Tessier: Images mauriciennes: scènes de la forêt canadienne.14 novembre 1935.\u2014 Léo Pariseau: Trois grands micrographes : Malpighi, Swammerdam et Leeuwenhoek.21 novembre 1935.\u2014 Jules Brunel: Les géants du monde végétal.28\tnovembre 1935.\u2014 F.Adrien, f.e.c: Les étourneaux du Québec.5\tdécembre 1935.\u2014 F.Marie-Victorin, f.e.c: Le jardin botanique de Munich.12\tdécembre 1935.\u2014 Ernest Gendreau: Le cancer.19 décembre 1935.\u2014 Armand Frappier: La guerre bactérienne.23 janvier 1936.\u2014 Léon Lortie: L\u2019affaire des poisons.30 janvier 1936.\u2014 V.-C.Wynne-Edwards: Sea birds of Atlantic.6\tfévrier 1936.\u2014 Georges-H.Baril: La chimie au service de l\u2019humanité souffrante.13\tfévrier 1936.\u2014 Jacques Rousseau: L\u2019hérédité à la lumière des découvertes récentes.\t' 30 ANNALES DE l\u2019 A CF AS 20 février 1936.\u2014 Gustave Prévost: L\u2019aviation au service de la pisciculture.27 février 1936.\u2014 F.Robert, f.e.c: Mathématiques et biologie.5 mars 1936.\u2014 Jules Labarre: Comment se fait la digestion ?12 mars 1936.\u2014 René Pomerleau: La pathologie forestière dans l\u2019est du Canada.19 mars 1936.\u2014 F.Dominique, f.e.c: Les précurseurs de l\u2019homme.26 mars 1936.\u2014 Lionel Daviault: L\u2019organisation des services entomologiques dans les divers pays.2 avril 1936.\u2014 Victorien Fredette: Les infiniment petits domestiqués.16 avril 1936.\u2014 Roger B aéré: La guerre chimique.Au cours de l\u2019année, la société a perdu un de ses membres les plus distingués, M.Ernest Van Campenhout, qui est retourné en Belgique.La société a reçu la visite du Dr Nègre de l\u2019Institut Pasteur.La société a eu aussi la joie de voir deux de ses membres honorés par des instituts célèbres: M.Pierre Masson, que l\u2019Académie de médecine a reçu dans son sein, et le F.Marie-Victorin auquel l\u2019Académie des Sciences a décerné le prix Coincy.M.G.-H.Baril a été élu président de l\u2019ACFAS.2.SOCIÉTÉ CANADIENNE D\u2019HISTOIRE NATURELLE Le bureau de direction de la Société canadienne d\u2019Histoire naturelle pour l\u2019année 1935-36 comprenait: Président: F.Marie-Victorin, f.e.c.Vice-présidents: E.-G.Asselin, Georges Peéfontaine.Secrétaire: Jules Brunel. ANNALES DE L ACFAS 31 Secrétaire-adjointe: Marcelle Gauvreau.Trésorier: Jacques Rousseau.Directeur général des C.J.N: F.Adrien, c.s.c.Au cours de l\u2019année la Société a tenu 8 réunions: 27 octobre 1935.\u2014 Séance de démonstration donnée par des Cercles de jeunes Naturalistes.Cercle de lTmmaculée-Conception : Le jeu de Kim aux oiseaux.Cercle Henri-Fabre: Une étude systématique sur la géologie du Mont-Royal.26 novembre 1935.\u2014 Pierre Masson: Quelques résultats nouveaux sur la circulation périphérique chez les homéothermes.17\tdécembre 1935.\u2014 F.Alexandre: Les Batraciens du Québec.\u2014 Léo Pariseau: Quelques applications de la lumière polarisée en histologie.29 janvier 1936.\u2014 F.Marie-Victorin, f.e.c: Un manuscrit botanique prélinnéen: l\u2019Histoire des Plantes de Canada.(Discours présidentiel).Assemblée générale.18\tfévrier 1936.\u2014 Jacques Rousseau: Jacques Cartier, botaniste.\u2014 Jules Brunel: Coup d\u2019œil sur les genres de Desmi-diées.17 mars 1936.\u2014 Ulric-E.Germain: Technique de l\u2019identification des bois commerciaux du Québec.21 avril 1936.\u2014 Ovila Fournier: Les Libellules ou Demoiselles.\u2014 Pierre Dansereau: Les Esquimaux du détroit d\u2019Hudson.26 mai 1936.\u2014 Henry Teuscher: Le jardin botanique moderne.Les projets d\u2019aménagement du Jardin de Montréal.\u2014 Georges Préfont aine: Déterminisme des caractères sexuels secondaires.L\u2019année écoulée a été particulièrement féconde en événements heureux pour la Société.Le Jardin botanique de Montréal, entreprise particulièrement chère à la Société, est maintenant en bonne voie de réalisation.La Société est officiellement représentée par M.Claude Mélançon à la Commission du Jardin botanique. 32 ANNALES DE L ACF AS L\u2019œuvre des C.J.N., filiale de la Société, ne cesse de prendre de l\u2019ampleur.Cette organisation compte actuellement plus de 525 cercles.Le R.F.Adrien, directeur général des Cercles, continue, par toute la province, son active campagne.Au cours de l\u2019année il a donné au delà de 150 conférences devant les C.J.N.La Société a obtenu deux bourses d\u2019étude de géologie, pour le P.Léo Morin et M.Gabriel Lefebvre.Le nombre des membres à vie de la Société est de 60 et celui des membres actifs est de plus de 150.Au cours de l\u2019année la Société a publié 8 tracts, ce qui porte à 23 la sérje complète : 16.\tLes chenilles à tente.Par Gustave Chagnon.17.\tL\u2019Achigan.Par Claude Mélançon.18.\tFleurs de mai.Par Bernard Taché, sj.19.\tL\u2019Écureuil volant ou Polatouche.Par Harry Bernard.20.\tL\u2019Écureuil roux.Par Harry Bernard.21.\tUne maladie du Pin blanc: la rouille vésiculeuse.Par René Pomerleau.22.\tMéthode de travail en minéralogie.Par Léo Morin, c.s.c.23.\tL\u2019Orignal, le Caribou et le Cerf de Virginie.Par Claude Mélançon 3.SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL A la dernière assemblée générale de la Société, le conseil suivant a été élu: Président: Edmond Dubé.Vice-président: Albéric Marin.Secrétaire-trésorier: J.-A.Séguin.Secrétaire des séances: Georges Manceau. ANNALES DE l\u2019aCFAS 33 La Société compte 249 membres actifs et 1 membre honoraire.Communications présentées au cours de l\u2019année: 11 février 1936.\u2014 M.Binet (de Vichy): Conception actuelle sur la pathogénie et le traitement des angio-cholécystites.\u2014 Georges-H.Baril: Valeur comparative des tests de la fonction hépatique.7 avril 1936.\u2014 A.Cantero: Chlorhydrate d\u2019histidine dans ^traitement des ulcus peptiques.\u2014 R.Doré : Maladie de Basedow.\u2014\tG.Lefebvre: Réactions secondes.\u2014 G.Pouliot: Phlegmon de l\u2019amygdale en clientèle.\u2014 A.Bourbe au: L\u2019électroplaste dans le traitement des ulcères.5 mai 1936.\u2014 Charles Lefrançois: Grossesse communicante dans l\u2019utérus et la trompe.\u2014 Jean Lesage: Contrôle des ictères.\u2014\tA.Labelle: Néphropathie post-transfusionnelle.\u2014 P.-R.Archambault: Faux abris pulmonaires.\u2014 L.Bernard: Un cas de pancréatite.\u2014 Armand Derome: Synovectomie du genou.9\toctobre 1936.\u2014 R.Moricard (de Paris): L\u2019hormonothérapie gynécologique.10\tnovembre 1936.\u2014 E.Legrand: Présentation de malades avec affections neurologiques.\u2014 P.Larivière : Troubles mentaux dans la sclérose en plaques.\u2014Jean Panet-Raymond: Un cas de sclérose latérale amyotropique.17 novembre 1936.\u2014 P.Smith: Un cas de dolicho-colon.4.\tSOCIÉTÉ DE MATHÉMATIQUES ET D\u2019ASTRONOMIE, MONTRÉAL La Société n\u2019a pas fourni de rapport.5.\tSOCIÉTÉ DE PHILOSOPHIE, MONTRÉAL La Société n\u2019a pas soumis de rapport.6.\tSOCIÉTÉ HISTORIQUE DE MONTRÉAL La Société n\u2019a pas soumis de rapport. 34 ANNALES DE L\u2019ACFAS 7.SOCIÉTÉ DE MATHÉMATIQUES DE QUÉBEC A la dernière assemblée annuelle, le conseil suivant fut élu: Président: Althéod Tremblay.Vice-président: Ivan Vallée.Secrétaire: J.-B.Michaud.Directeurs : abbé Oscar Bergeron, Paul Joncas, J.-E.Perron, Charles Savary, F.Joachim, f.e.c., Adrien Pouliot.8.SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE QUÉBEC A la dernière assemblée annuelle, le 2 octobre 1936, le conseil suivant fut élu: Président: Orner Caron.Vice-président: Albert Bourget.Secrétaire-trésorier: Georges Gauthier.*\tDirecteurs: Cari Faessler, F.Germain, f.e.c., Abbé J.-W.Laverdière.- Le nombre des membres actifs est de 51.La Société a tenu six réunions d\u2019étude au cours desquelles huit travaux furent présentés: 22 novembre 1935.\u2014 Arthur Fafard: Les migrations des poissons.13 décembre 1935.\u2014 F.Germain, f.e.c: Les mouches à feu. ANNALES DE L\u2019ACFAS 35 17 janvier 1936.\u2014 F.Michel, f.e.c: Au pays des menhirs et des dolmens.28 février 1936.\u2014 L\u2019abbé Laverdière: Les principauxéboulis de la province.\u2014 F.Godbout: La gelure des pommiers.27 mars 1936.\u2014 Georges Gauthier: Le hanneton dans l\u2019histoire et dans l\u2019actualité.\u2014 Cari Faessler: A la recherche de l\u2019ancien lit de la rivière Montmorency.8 mai 1936.\u2014 G.Langelier: Le mystère de la migration des oiseaux.9.SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE DE MONTRÉAL La Société de Physique et de Chimie fut fondée en 1931.Elle résulte de la fusion de la Société de Physique et de la Société de Chimie qui, elles-mêmes, dataient de la fondation de l\u2019ACFAS.La Société, depuis sa fondation, a été dirigée par des conseils comprenant les personnes suivantes.1931-\t32 Président: Léon Lortie.Vice-président: André-V.Wendling.Secrétaire: Philippe Montpetit.Trésorier: Gérard Delorme.Conseillers: André de Passillé, Abbé Wilfrid Labrosse.1932-\t33 Le conseil précédent est réélu.1933-\t34 Président: André-V.Wendling.Vice-président: Léon Lortie.Secrétaire: Philippe Montpetit.Trésorier: Gérard Delorme.Conseillers: Paul Gagnon, Joseph Demers.1934-\t35 Président: Léon Lortie.Vice-président: F.Robert, f.e.c.Trésorier: Joseph Demers.Secrétaire: Marcel Rinfret.Conseillers: Jules Labarre, Origène Dufresne, Abel Gauthier.1935-\t36 Président: Origène Dufresne.Vice-président: Roger Barré.Trésorier: Joseph Demers.Secrétaire: Marcel Rinfret.Conseillers: Léon Lortie, Abbé Henri Robillard, Lucien Piché. 36 ANNALES DE l\u2019aCFAS A la dernière assemblée générale de la Société, le 8 mai 1936, le conseil suivant fut élu: Président: Roger Barré.Vice-président: J.-C.Bernier.Secrétaire: Marcel Rinfret.Trésorier: Lucien Piché.Conseillers : Origène Dufresne, André de Passillé, Gérard Delorme, Roger Lamontagne, Paul Charbonneau.La Société a tenu 5 réunions d\u2019étude au cours desquelles les communications suivantes furent présentées: 20 novembre 1935.\u2014 P.Émile Cambron, sj: Étude pratique des tarifs de l\u2019électricité industrielle.\u2014 Léon Lortie: Résumé analytique des travaux récents sur l\u2019eau lourde et l\u2019hydrogène lourd 11 décembre 1935.\u2014 P.Lucien Matte, s.j: Conservation et dégradation de l\u2019énergie.\u2014 Roger Barré: Composés chimiques produisant le cancer.29 janvier 1936.\u2014 André de Passillé: Moments polaires.19 février 1936.\u2014 Ernest Gendreau: Récents progrès dans l\u2019étude de la constitution de la matière.1er avril.\u2014 J.-C.Bernier: Télévision.Les membres de la branche cadette de la Société se réunissent une fois par semaine pendant l\u2019année universitaire.Ces séances sont consacrées à des études diverses préparées par les élèves des cours supérieurs de Physique et de Chimie.La Société décerne chaque année un prix de cinq dollars à l\u2019élève qui a présenté le meilleur travail à l\u2019Hebdo-Chimie.Cette année, M.Roger Payen s\u2019est vu attribuer le prix lors de la collation des gradés.La Société de Physique et de Chimie de Montréal compte 82 membres actifs. ANNALES DE l\u2019A CF AS 37 10.SOCIÉTÉ LÉVISIENNE D\u2019HISTOIRE NATURELLE A la dernière assemblée générale de la Société, le 10 février 1936, le conseil suivant fut élu: Président: Arthur Fafaed.1er vice-président : N.-Z.Guimont.2e vice-président: Cyrille Vaillancourt.Secrétaire: L.-P.Jean.Trésorier: Jean-Ch.Michaud.Assistant-secrétaire: C.-E.Gagnon.Assistant-trésorier: Albini Joncas.Archiviste: Fénelon Cayouette.Directeurs: abbé J.-E.Carrier, abbé Théophile Pageot, J.-Arthur Carrier.Au cours de l\u2019année, la Société a tenu six réunions d\u2019étude: 24 janvier 1936.\u2014 Abbé W.Laverdière: La terre et son évolution.28 janvier 1936.\u2014 Abbé Alexandre Vachon: Merveilles des profondeurs marines.20 février 1936.\u2014 Robert Lagueux: Les insectes.27 février 1936.\u2014 Cari Faessler: L\u2019industrie des métaux au Canada.26 avril 1936.\u2014 Cyrias Ouellet: Rayons cosmiques.Cette année encore, la Société a favorisé la plantation, à Lévis, d\u2019arbres d\u2019ornementation.Six cents unités nouvelles ont été ajoutées aux deux mille des deux années précédentes.La Société a accordé beaucoup de soin à l\u2019installation de son musée, à l\u2019école Saint-François-Xavier, où la Commission scolaire l\u2019a gratifiée d\u2019un local.De nombreuses additions ont été faites aux collections. 38 ANNALES DE L ACFAS 11.SOCIÉTÉ PROVANCHER D\u2019HISTOIRE NATURELLE DU CANADA A la dernière assemblée générale, le 25 mars 1936, la Société a élu le conseil suivant : Président: Alphonse Desilets.1er vice-président: James-F.Ross.2e vice-président: Gustave Ratté.Secrétaire-trésorier: Louis-B.Lavoie.Chef de la section scientifique: Reginald Meredith.Chef de la section de propagande éducationnelle; G.-Ulric Tessier.Chef de la section de protection: Adrien Falardeau.Chef de la sec.d\u2019information scientifique et pratique: D.-A.Déry.Directeurs: G.-Stuart Aheen, Edgar Rochette, Robert Hunter.Au cours de l\u2019année la Société a pris les initiatives suivantes: Conférence de William-L.Finley, propagandiste du Congrès de Washington, pour démontrer l\u2019importance de conserver des réserves, ou habitats naturels afin d\u2019assurer la reproduction des espèces indigènes.Remise d\u2019une médaille d\u2019or au F.Marie-Victorin à l\u2019occasion de la publication de son ouvrage, la Flore laurentienne.Octroi d\u2019un prix de $10.00 à l\u2019École supérieure d\u2019Agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière pour l\u2019élève qui s\u2019est le plus distingué dans l\u2019étude des sciences naturelles.Surveillance du refuge d\u2019oiseaux appartenant à la Société (Ile-aux-Basques et les deux Razades) par deux gardiens assermentés, pendant la saison de nidification (avril à août).Le canard Eider d\u2019Amérique (900 nids), le goéland argenté (600 nids), le Grand Héron Bleu et plusieurs autres espèces d\u2019oiseaux sont ainsi efficacement protégés pendant la couvaison.Cet habitat naturel ANNALES DE L\u2019A CF AS 39 assure la reproduction en toute sécurité de plusieurs milliers d\u2019oiseaux d\u2019une valeur économique considérable.Première expérience de la récolte de l\u2019édredon sur la rive sud du Saint-Laurent La Société compte actuellement 31 membres à vie, 559 mem-bres[actifs, 3 membres honoraires et 4 membres correspondants.12.SOCIÉTÉ D\u2019ÉTUDES MÉDIÉVALES D\u2019OTTAWA Conseil élu à la dernière assemblée générale : Directeur: P.M.-D.Chenu, o.p.Président: P.Benoît Mailloux, o.p.Secrétaire: P.Julien Péghaire, c.s.sp.Trésorier: P.J.-M.Parent, o.p.Selon son programme, la Société a continué d\u2019initier une trentaine d\u2019étudiants aux méthodes et recherches historiques au moyen d\u2019une double série de cours généraux et spéciaux.Des exercices pratiques adjoints à ces cours ont dirigé de façon plus immédiate le travail personnel des étudiants.En novembre et décembre 1935, un auditoire nombreux a'suivi les 4 cours du P.M.-D.Chenu sur l\u2019humanisme médiéval étalés 3 conférences de M.Étienne Gilson sur la métaphysique de Duns Scot.Le tome VI des Publications de la Société est paru en juillet 1936 sous le titre: Intellectus et ratio selon S.Thomas d\u2019Aquin, par J.Péghaire, c.s.sp.1 vol.gr.in-8 de 318 pp.Paris-Ottawa 1936.Les membres de la Société ont aussi collaboré à un recueil d\u2019études et recherches, édité par le Collège Dominicain, 1 vol.gr.in-8 de 160 pp.Ottawa 1936.De même une quinzaine d\u2019articles parus dans divers périodiques ont été signés par des membres de la Société.Les membres actifs de la Société sont au nombre de 12. 40 ANNALES DE L\u2019ACFAS 13.SOCIÉTÉ DE STOMATOLOGIE DE QUÉBEC Le conseil élu a la dernière assemblée de la société pour 1936-37 est le suivant: Président: Gustave Ratté.1er vice-président: Jules Hamel.2e vice-président: Eugène Blouin.Secrétaire correspondant: Rod.Talbot.Bibliothécaire: Viger Plamondon.Secrétaire-trésorier: Émile Bourdon.Au cours des réunions de la Société durant l\u2019année 1935-36, J es travaux suivants furent présentés: 7 novembre 1935.\u2014 Jacques Samson et Rémy Langlois: Observations sur la dernière clinique d\u2019automne, à Montréal.21 janvier 1936.\u2014 Lucien Beaumont: La thérapeutique dentaire.\u2014Roméo Baribeau: Présentation d\u2019un nouvel appareil de prothèse.4 mars 1936.\u2014 Jos.Risi: Les récents progrès réalisés dans l\u2019étude des vitamines.27 avril 1936.\u2014 Antoine Pouliot: Les kystes dentaires.\u2014 Geo.Laroche: L\u2019hygiène dentaire.14.SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE QUÉBEC Conseil de la Société élu pour 1936-37: Président d\u2019honneur: O.Gagnon.Président: Charles Frémont.Vice-président: Edgar Rochette.Secrétaire: J.-A.Brassard.Trésorier: Jos.-P.Roy.Publiciste: Claude Mélançon. ANNALES DE L ACFAS 41 Directeurs: L.-A.Richard, Louis Chollet, Gérard Coûte, Georges Maheux, Sylvio Brassard, J.-A.Roy.Membres du comité d\u2019études: Louis Berger, R.Potvin, J.-A.Brassard.Bibliothécaire: Philippe Gagnon.Propagandiste: Ewart Donovan.Durant l\u2019année la Société a tenu douze réunions mensuelles au cours desquelles fut étudié le programme d\u2019aménagement du Jardin zoologique.Études de plans et devis de quelques améliorations nouvelles exécutées à la fin de l\u2019année de 1935 et au début de 1936.Exécution d\u2019une partie de l\u2019arboretum et construction d\u2019une cage pour les ours polaires.Étude de quelques projets: creusage d\u2019un lac pour les canards, organisation des sections pour les reptiles, les batraciens et les poissons canadiens.Le point de vue éducationnel proprement dit n\u2019a pas été négligé.Le programme des journées-écoles, qui consistait à recevoir les enfants de la ville pour leur donner une leçon de choses sur les lieux, a eu des résultats fort encourageants.Au delà de 3,000 enfants ont pu jouir de ce privilège au cours des vacances.La Société a continué à encourager les jeunes à l\u2019étude des sciences naturelles en accordant des récompenses aux plus méritants.Certains membres de la Société ont fait une campagne en faveur de la protection de nos ressources naturelles par la voix des journaux et an moyen de conférences publiques.La Société a décidé de publier un tract au moins chaque mois sur un sujet d\u2019actualité en histoire naturelle.Sur recommandation du bureau de direction une bourse d\u2019étude a été accordée par la province à M.Richard Bernard, assistant-secrétaire du Jardin zoologique.M.Bernard fera des études de biologie à l\u2019Université de Toronto. 42 ANNALES DE L ACFAS 15.SOCIÉTÉ AGRONOMIQUE DE QUÉBEC A la dernière assemblée générale, le 20 avril 1936, la Société a élu le conseil suivant : Président: H.-C.Bois.Vice-président: E.Theriault.Secrétaire-trésorier: Chs-E.Lesage.Conseillers: Orner Caron, Adrien Morin, J.-H.Lavoie Les membres actifs de la Société sont au nombre de 75.16.SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA A la dernière assemblée générale tenue le 12 octobre 1936, la Société a élu le conseil suivant : Président: Mgr Camille Roy.Vice-président: L.-P.Geoffrion.Secrétaire: Antonio Langlais.Trésorier et archiviste: abbé Maurice Lalibeeté.Secrétaire-adjoint: abbé Aimé Labrie.Directeurs: Adjutor Rivard, abbé Arthur Maheux, Cyrille-F.Delage, chanoine Cyrille Gagnon, abbé Rosario Benoît, abbé Émile Beaudry.La société a continué la série des feuillets intitulés Corrigeons-nous et a mis sur pied l\u2019organisation du deuxième Congrès de la Langue française au Canada, qui aura lieu en juin prochain.La société publie, conjointement avec l\u2019Université Laval, le Canada français.Elle compte 1,000 membres actifs environ.Au cours de l\u2019année elle a tenu près de 50 réunions d\u2019étude. ANNALES DE L\u2019ACF AS 43 17.SOCIÉTÉ DE CHIMIE DE QUÉBEC Le Conseil de la Société élu à la dernière assemblée générale, le 15 mai 1936, est le suivant: Président: abbé A.Vachon.Aviseur: O.-A.Bériau.Vice-président: J.-B.Gabneau.Secrétaire: P.-E.Gagnon.Assistant-secrétaire: L.Cloutier.Trésorier: J.-E.Theriault.Conseillers: A.Pouliot, M.Archambault, J.-H.Rowley.Au cours de la période 1935-36 la Société a tenu cinq réunions d\u2019étude : 15 novembre 1935.\u2014 L.-M.Davies: The Canadian Institute of Chemistry.18 décembre 1935.\u2014 E.Cliche: Répartition érythroplas-matique de quelques médicaments organiques.24 janvier 1936.\u2014 J.Risi: Récents progrès réalisés dans l\u2019étude des vitamines.23 mars 1936.\u2014 J.-U.Demers: Histoire de la pharmacie particulièrement dans la province de Québec.\u2014 P.-E.Gagnon: Contribution à l\u2019étude des carbonates normaux et basiques.1 mai 1936.\u2014 J.-E.Thériault: Étude des terres noires de la province de Québec.La Société compte 60 membres actifs.18.SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE ACADIENNE A la dernière assemblée générale de la Société, le conseil suivant fut élu : Président: P.Orner Le Gresley.Vice-président: Henri Blanchard. 44 ANNALES DE L ACFAS Secrétaire: abbé J.-A.Allaf.d.Trésorier: abbé J.-J.-V.Gaudet.Conseillers: D.-T.Robichaud, abbé A.Cormier, Gaspard Boucher, Alfred Roy.La Société compte 1 membre à vie, 12 membres actifs et 1 membre honoraire.19.SOCIÉTÉ DE PHILOSOPHIE DE QUÉBEC La Société fut fondée le 7 mars 1935, par: MM.Charles de Koninck, Adrien Pouliot, Auguste Viatte, Jean-Marc Dufresne, Louis-Philippe Pigeon, MM.Jean-Louis Tremblay, Joseph Risi, Cari Faessler, Cyrias Ouellet, Roméo Blanchet.La Société n\u2019a pas de bureau de direction, mais elle désigne, chaque année, un membre pour s\u2019occuper de l\u2019organisation des conférences et des relations extérieures.Au cours de l\u2019année 1935-36, M.Cyrias Ouellet a exercé ces fonctions.Les dix réunions d\u2019études tenues au cours de l\u2019année et les six conférences publiques comportaient le programme suivant: Jacques de Monléon: L\u2019art.Charles de Koninck: L\u2019angélologie thomiste et la philosophie des mathématiques.(Deux causeries.) Abbé Albert Hamel: L\u2019anthropologie et l\u2019évolution.Jean-Marc Dufresne: La philosophie de Hegel et le marxisme.(Deux causeries).Auguste Viatte: L\u2019occultisme au dix-huitième siècle.Charles de Koninck: La signification historique des idées philosophiques de Nietzsche.L\u2019étude comparée du surhomme nietzschéen et du magnanime d\u2019Aristote.(Deux conférences publiques). ANNALES DE L\u2019ACFAS 45 Auguste Viatte: L\u2019idée de surhomme dans la littérature du dix-neuvième siècle.L\u2019influence de Nietzsche sur la littérature contemporaine.(Deux conférences publiques).La Société a aussi tenu deux conversations générales sur les sujets suivants: Le surhomme comme entité statistique; Nietzsche contre le puritanisme et le jansénisme.20.SOCIÉTÉ DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES A la dernière assemblée générale de la Société le conseil suivant fut élu: Président: Raymond Tanghe.Vice-président: Jean Bruchési.Secrétaire-trésorière : Rolande Proven cher.Les communications présentées au cours des séances d\u2019étude de l\u2019année 1935-36 sont les suivantes: 29 octobre 1935.\u2014 Jean Bruchési: Les événements de 1837-38 au Canada.12 novembre 1935.\u2014 Raymond Tanghe: Quelques notes sur l\u2019Éthiopie.3 décembre 1935.\u2014 Rolande Proven cher: Exposé historique de l\u2019immigration au Canada.14 janvier 1936.\u2014 Jean Casgrain: Les droits successoraux dans la province de Québec.24 mars 1936.\u2014 René Guénette: Questions d\u2019enseignement.28 avril 1936.\u2014 Gérard Parizeau: Quelques problèmes d\u2019actualité en matière d\u2019assurance-vie.Quatre membres de la Société ont pris part, à la radio, à un débat intitulé \u201cGuerre à la guerre\u201d, sous les auspices de l\u2019Association canadienne pour la Société des Nations.Ce sont: MM.Raymond Tanghe, Roger Brassard, Fernand Chaussé et Jean Cornez.La Société compte 12 membres actifs. 46 ANNALES DE L\u2019ACFAS 21.\tSOCIÉTÉ CANADIENNE-FRANCAISE D\u2019ÉLECTROLOGIE ET DE RADIOLOGIE MÉDICALES La Société, fondée le 22 mai 1928, est dirigée actuellement par le conseil suivant : Président: J.-E.Panneton.Vice-président: J.-E.Perron.Secrétaire: Albert Comtois.Trésorier: Doriva Léonard.Secrétaire de la section montréalaise : Origène Dufresne.Secrétaire de la section québécoise: Jules Gosselin.Assistant-trésorier: R.Payeur.Au cours de l\u2019année la Société a tenu trois réunions d\u2019étude.22.\tSOCIÉTÉ MÉDICALE DE QUÉBEC A la dernière assemblée générale de la Société, le 31 janvier 1936, le conseil suivant fut élu: Président: Achille Paquet.1er vice-président: E.Bissonette.2e vice-président: Euclide Faucher.Secrétaire: C.-A.Gauthier.Trésorier: Paul Laf.ochelle.La Société a tenu 5 réunions d\u2019étude, au cours desquelles les communications suivantes furent présentées: 20 novembre 1935.\u2014 J.Vaillancourt et C.-A.Gauthier: A propos du problème des névrites optiques.\u2014 Elz.Couillard: Les différentes formes de polyomélite.31 janvier 1936.\u2014 J.-C.Côté: Scarlatine et méningite cérébro-spinale associées chez un enfant de neuf ans.\u2014 Louis Berger: ANNALES DE L\u2019A CF AS 47 La biopsie, moyen d\u2019investigation clinique.\u2014 Achille Paquet: Appendicostomie; résultats personnels.\u2014 Jules Gosselin: Ionisation électrique.28\tfévrier 1936.\u2014 S.Leblond: La syphilis en clinique.\u2014 J.-G.Fisher: Les indications de l\u2019examen urologique chez l\u2019enfant et le nourrisson.\u2014 W.Le Blond: Une technique de l\u2019azotémie à la portée du praticien.\u2014 J.Tremblay: Ostéomyélite aiguë de la colonne vertébrale.27 mars 1936.\u2014 M.Langlois: Gastro-entérites des nourrissons; acquisitions thérapeutiques récentes.\u2014 G.Desrochers: Chorée chronique: expression clinique d\u2019un hématome sous-dural ancien.\u2014 L.Reid et F.Roy: Hémmorragie rétro-placentaire et interstitielle de l\u2019utérus.29\tavril 1936.\u2014 M.de la B.Foetier: Fièvre aseptique de la première enfance.\u2014 Em.Gaumond: Les symptômes dermatologiques et leur signification.27 mai 1936.\u2014 L.Roy: Traitement du pied bot congénital.\u2014 M.Beaudry: Considérations sur l\u2019évolution de certaines pyrodermites.\u2014 P.-H.Rainville: Le secret d\u2019un bon diagnostic.La Société compte 152 membres actifs.23.SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC La Société, à sa dernière assemblée générale, a élu le conseil suivant : Président: P.-C.Dagneau.Vice-président: Saluste Roy.Secrétaire: Roland Desmeules.Trésorier: Gustave Desrochers.Conseillers: Arthur Vallée, A.-R.Potvin, Charles Vézina.La Société, au cours de l\u2019année, a tenu plusieurs réunions d\u2019études où les communications suivantes furent présentées: 48 ANNALES DE l\u2019ACFAS 4 octobre 1935.\u2014 C.Vézina: Un cas de syphilis de l\u2019estomac.\u2014 R.Mayrand et E.Gaumond: Chancre syphilitique du dos de la main.\u2014 J.Guérard et J.-B.Jobin: Septicémie à staphylocoques.\u2014 J.Caouette et O.Garant: Hermaphrodisme gynandre.\u2014\tA.-R.Pot vin: A propos d\u2019hermaphrodisme.\u2014 J.-L.Petti-clerc: Fracture ouverte par éclat d\u2019obus.25 octobre 1936.\u2014 C.-A.Painchaud et M.Samson: Méningite tuberculeuse et syndrome de Froin.Présentation anatomoclinique.\u2014 J.-C.Miller et A.Pelletier: Syndrome cérébelleux.Présentation clinique.\u2014 L.LaRue et A.Patry: Un cas de septicémie à staphylocoques.\u2014 S.Caron et G.Desrochers: compression de la moelle cervicale chez un enfant de 6 ans.Discussion du diagnostic étiologique et des indications thérapeutiques.\u2014\tG.-H.LaRue: Tuberculome et épilepsie.8 novembre 1935.\u2014 E.Gaumond et J.Morissette: Deux cas d\u2019hérédo-syphilis.\u2014 N.Lavergne: Guérison spontanée d\u2019une T.B.rénale par calcification.\u2014 Florian Trempe: Cholécystite gangréneuse perforée.Péritonite généralisée d\u2019origine appendiculaire chez un homme de 74 ans.\u2014 Sylvio LeBlond: Syphilis gastrique.\u2014 J.»E.Perron: Congrès des radiologistes de langue française et Congrès de gastro-entérologie.22 novembre 1935.\u2014 J.-P.Roger: Thoracoplastie dans la tuberculose pulmonaire.\u2014 Louis Rousseau et Henri Marcoux Épithélioma du rein : métastases pulmonaires.\u2014 Roland Desmeules: Perforation d\u2019un ulcère du duodéum avec symptômes particuliers.\u2014 Henri Marcoux: Étude comparée des courbes de sédimentation et du poids dans la tuberculose.\u2014 Jules Gosselin: Hypertrophie du thymus et radiothérapie.6 décembre 1935.\u2014 J.Guérard et Berchmans Paquet: Deux cas d\u2019encéphalite.\u2014 J.-L.Petitclerc et Alphonse Giguère: Cancer du rectum; abdomino-périnéal en un temps.\u2014 J.Gué-RAED et R.Lessard: Empoisonnement collectif.\u2014 C.Vézina et L.-P.Roy: Ostéomyélite du péroné.\u2014 Fernando Hudon: Anesthésie endo-trachéale.\u2014 Jos.Guérard et J.-B.Jobin: Épithélioma secondaire de la plèvre.20 décembre 1935.\u2014 C.-A.Painchaud et S.Caron: Encéphalopathie infantile: type clinique d\u2019un syndrome de Little à manifestations prédominantes extra-pyramidales.\u2014 Mathieu Sam- ANNALES DE L ACFAS 49 son et S.Caron: Étude antomo-clinique d\u2019une encéphalie.\u2014 L.LaRue et Patry: Un cas de mythomanie.\u2014 G.Desrochers et S.Caron: Syndrome du lobe frontal.Discussion du diagnostic étiologique.\u2014 G.-H.LaRue et G.Desrochers: Amyotrophie myélopatique syphilitique du type Aran-Duchenne.24.SOCIÉTÉ DE SYLVICULTURE DE QUÉBEC A sa dernière assemblée générale, la Société a élu le conseil suivant : Président: Henri Roy.Vice-président: Albert Bourget.Secrétaire: Robert Bellefeuille.Conseillers: A.Massé, Zéphirin Rousseau, T.Mercier.Au cours de l\u2019année la Société a tenu 6 réunions d\u2019étude au cours desquelles les communications suivantes furent présentées: 22 janvier 1936.\u2014 E.Porter: Préparation des travaux techniques.7\tfévrier 1936.\u2014 G.Tessier: La mouche à scie européenne de l\u2019épinette et ses parasites.21 février 1936.\u2014 E.Fleury: Recherches sur l\u2019extraction de certains produits des eaux résiduelles de la pulpe au sulphite et sur la transformation de la tourbe en pulpe.4 mars 1936.\u2014 R.Pomerleau: Les maladies exotiques des arbres.18 mars 1936.\u2014 J.-W.Michaud: Le problème forestier dans l\u2019empire britannique.8\tavril 1936.\u2014 E.Gagné: La forêt, la colonisation et nos sources d\u2019eau.La Société a publié un travail de M.Fernand Boutin, intitulé Le calcul de la valeur d\u2019avenir des peuplements forestiers (16 pages miméographiées.) La Société compte 83 membres actifs. 50 ANNALES DE L ACFAS 25.SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE NATURELLE DE LA POCATIÈRE La Société d\u2019histoire naturelle de la Pocatière fut fondée le 3 mai 1936, par: MM.Elzéar Campagna, Abbé R.Tanguay, Abbé J.Diamant, Orner Caron, Paul-Émile Bernier, E.Chevrette, MM.Léopold Tremblay, J.Blanchet, Bernard Baribeau, Champlain Perreault, L.-de-G.Fortin, L.-A.Dupuis, Louis Lafontaine.A sa première assemblée, la Société a élu le conseil suivant : Président: Elzéar Campagna.Vice-président: abbé R.Tanguay.Secrétaire-trésorier: Paul-Émile Beenier.Secrétaire-archiviste: J.Blanchet.Directeurs: Bernard Baribeau, Abbé J.Diamant.Les membres actifs de la Société sont au nombre de 15.26.SOCIÉTÉ AGRONOMIQUE DE STE-ANNE-DE-LA-POCATIÈRE La section de Ste-Anne-de-la-Pocatière de la Société des agronomes canadiens, affiliée à l\u2019ACFAS sous le nom de Société agronomique de Ste-Anne-de-la-Pocatière, fut fondée le 1er octobre 1925 par: MM.G.Ampleman, G.Bouchard, B.Bourgault, E.\tCampagna, P.Carignan, R.Caron, R.Charbonneau, G.Ducasse, J.-A.Dupré, L.-de-G.Fortin, Abbé A.Giasson, A.Godbout, F.\tGodbout, F.Gosselin, MM.G.Gilbert, M.Hudon, L.Lafrance, L.-V.Lachaine, R.Leblanc, A.\tMathieu, J.Michaud, B.\tPotvin, R.PoMERLEAU, D.POMERLEAU, H.-N.Racicot, L.Raynauld, A.Sirois, J.-A.Ste-Marie. ANNALES DE L\u2019ACFAS 51 La Société, depuis sa fondation, a été dirigée par les conseils suivants : 1925 Président: R.Charbonneau.Vice-président: Adélard Godbout.Secrétaire-trésorier: Elzéar Campagna.1926 Président: R.Charbonneau.Vice-président: Domina Fortin.Secrétaire-trésorier: B.Baribeau.1927 Président: J.-H.Ste-Marie.Vice-président: Domina Fortin.Secrétaire-trésorier: B.Baribeau.1928 Président: Abbé F.-X.Jean.\u2022 Vice-président: Paul Carignan.Secrétaire-trésorier: Elzéar Campagna.1929 Président: Adélard Godbout.Vice-président: Paul Carignan.Secrétaire: Elzéar Campagna.1930 Président: Adélard Godbout.Vice-président: Paul Carignan.Secrétaire: Elzéar Campagna.1931 Président: Adélard Godbout.Vice-président: Paul Carignan.Secrétaire: Elzéar Campagna.1932 Président: Paul Carignan.Vice-président: Albert Sirois.Secrétaire: Rosaire Proulx.1933 Président: Elzéar Campagna.Vice-président: Charles Gagné.Secrétaire: Bernard Baribeau.1934 Président: Elzéar Campagna.Vice-président: Florian Champagne.Secrétaire: Bernard Baribeau.1935 Président: Florian Champagne.Vice-président: Charles Gagné.Secrétaire: Bernard Baribeau.1936 Président: Charles Gagné.Vice-président: Bernard Baribeau.Secrétaire: Gérard Gaudette.La Société agronomique de Ste-Anne-de-la-Pocatière s'est affiliée à l\u2019ACFAS le 17 juin 1926. 52 ANNALES DE L\u2019ACFAS La Société tient des réunions mensuelles pour l\u2019étude des problèmes agricoles.Elle organise des excursions de botanique et d\u2019entomologie, participe chaque année à l\u2019exposition d\u2019Histoire naturelle de l\u2019École d\u2019Agriculture et organise des causeries agricoles pour les dames-fermières.La Société ne publie elle-même aucun périodique mais elle contribue à la rédaction de la Revue agronomique, organe de l\u2019Association des Agronomes canadiens, ainsi qu\u2019à différents journaux comme la Bonne Terre, le Journal des Étudiants de l\u2019École, le Journal d\u2019Agriculture, le Bulletin de la Ferme.La Société compte 33 membres actifs.27.SOCIÉTÉ DENTAIRE DE MONTRÉAL La Société dentaire de Montréal fut fondée le 9 juin 1925 par: MM.Jacques Lantieb, J.-A.Pinault, Paul Geoffrion.Le conseil élu par la Société pour 1935-36 est le suivant: Président: J.-F.Perrault.Vice-président: Alphonse Bel air.Secrétaire: Gérard DeMontigny.Trésorier: E.Malo.Secrétaire-adjoint: Lucien Reeves.Aviseur légal: Gérard Plamondon.Au cours de l\u2019année, les travaux suivants furent présentés aux réunions d\u2019étude de la Société: 2 octobre 1935.\u2014 Paul Geoffrion: Les causes des anomalies de mal positions des dents et mal formations des arcades et les moyens préventifs.31 octobre 1935.\u2014 Jules Brault: Certains rapports qui existent entre l\u2019ondotologie et l\u2019ophtalmo-oto-rhino-laryngologie. ANNALES DE l\u2019ACFAS 53 15 novembre 1935.\u2014 H.-S.Dunning: Soins que doit apporter le dentiste aux cas chirurgicaux.27 novembre 1935.\u2014 Paul Poitras : Histoire de la chirurgie dentaire à travers les siècles.\u2014 V.Mar and a: Articulateur Ma-randa.\u2014 L.-B.Amyot: Diagnostic oral et son importance en pratique générale.18 décembre 1935.\u2014 W.-C.Bushell: Confection complète de la coiffe en porcelaine \u201cJacket Crown\u201d.29 janvier 1936.\u2014 Dr Seldin: Anesthésie générale et chirurgie.6 mars 1936.\u2014 Viger Plamondon: Anatomie comparée du système dentaire.1er avril 1936.\u2014 Gérard DeMontigny: Solution anesthésique isotonique et à pH normal.20 avril 1936.\u2014 E.Ziskins: Interprétation des négatifs et des tumeurs avec modèles colorés des tissus pathologiques et leur étude.Septembre 1936.\u2014 Jules Thébaud: La pyorrhée.La Société compte 76 membres actifs et 15 membres honoraires.28.SOCIÉTÉ D\u2019ÉTUDES ÉCONOMIQUES DE QUÉBEC La Société fut fondée le 3 février 1936 par: MM.A.Bélisle, F.Nicétas, f.e.c., Paul-Henri Guimont, Arsène Morin, MM.Paul Lebel, Irénée Breton, Gérard Lemay,' Charles Robitaille.A sa dernière assemblée générale, le 8 juin 1936, la Société a élu le conseil suivant : Président: Paul-Henri Guimont.Vice-présidents: Henri-C.de Lottinville, L.-A.Bélisle. 54 ANNALES DE l\u2019aCFAS Secrétaire: Charles-H.Robitaille.Trésorier: Paul Brune au.Conseillers: Henri-A.Bois, Paul Lebel, F.Nicétas, Édouard Picard.Au cours de l\u2019année, les travaux suivants furent présentés aux réunions d\u2019étude de la Société: 3\tfévrier 1936.\u2014 Paul-H.Guimond: La concurrence des monopoles.2 mars 1936.\u2014 Louis-A.Bélisle: Avantages et désavantages des trusts.6 avril 1936.\u2014 F.Nicétas, f.e.c: Capital et capitalisme.4\tmai 1936.\u2014 Henri De Lottinville: Inflation monétaire et inflation du capital.8 juin 1936.\u2014 P.Simon Arseneault, s.v: L\u2019économiste et le sociologue.La Société compte 41 membres actifs et 1 membre honoraire. IV.LE QUATRIEME CONGRES (Québec 1936).A.CQMPRE-RENDU GÉNÉRAL.SÉANCE D\u2019OUVERTURE.Le quatrième congrès de l\u2019ACFAS s\u2019est ouvert, à Québec, le 11 octobre 1936 en la salle des promotions de l\u2019Université Laval.Cette séance était sous le haut patronage de Son Éminence le cardinal J.-M.-R.Villeneuve, o.m.i., et de Son Excellence l\u2019honorable E.-L.Patenaude, lieutenant-gouverneur de la province de Québec et la présidence active de M.Georges-H.Baril président de l\u2019ACFAS.Ce dernier ouvrit le Congrès par l\u2019allocution suivante, reproduite textuellement.Allocution du Président de VACFAS.« Au moment d\u2019ouvrir le quatrième congrès de l\u2019ACFAS, nous apprenons que Monsieur l\u2019abbé Vachon vient d\u2019être éprouvé par la perte d\u2019un membre de sa famille, sa sœur étant décédée hier soir.Monsieur l\u2019abbé Vachon nous a priés de l\u2019excuser d\u2019être absent ce soir.Au nom de l\u2019ACFAS, je lui offre les sincères condoléances de ses membres.« Depuis son avènement au Siège archiépiscopal de Québec, S.E.le cardinal Villeneuve n\u2019a cessé, par ses paroles et par ses écrits, de s\u2019intéresser aux progrès des études et des recherches scientifiques.« De son côté, nous le savons, S.E.l\u2019honorable Patenaude, lieutenant-gouverneur de la province, suit avec beaucoup de sympathie l\u2019essor du mouvement intellectuel canadien-français.« Tous deux ont accordé à la séance d\u2019ouverture du quatrième congrès de l\u2019ACFAS leur très haut patronage.Nos assises ne pouvaient commencer sous de plus heureux auspices.« Je prie S.E.le cardinal archevêque de Québec et S.E.le lieutenant-gouverneur d\u2019agréer l\u2019expression de nos hommages respectueux et de notre profonde gratitude.« Monsieur le Maire, je sais votre culture très étendue, votre amour du travail et des livres, l\u2019intérêt constant que vous portez aux arts, aux lettres et aux sciences.Les travaux de l\u2019ACFAS ne 56 ANNALES DE L ACFAS pouvaient donc vous laisser indifférent.Malgré vos occupations multiples, vous avez trouvé le temps de venir, au nom de la vieille cité de Champlain, souhaiter la bienvenue à nos congressistes.Très simplement je vous en remercie.« Monsieur le Recteur, pour un quatrième congrès, c\u2019est dans les murs de l\u2019Université mère que s\u2019ouvrent et se tiennent les réunions au cours desquelles les scientifiques canadiens-français exposeront leurs travaux.« Dans quelques instants vous nous accueillerez avec la très grande bienveillance qui a toujours été la caractéristique de votre personne.« A plus d\u2019un titre, je suis heureux que la Providence me fasse ce soir le porte-parole de l\u2019ACFAS.Nos relations personnelles passées, dont je garde le plus précieux souvenir, l\u2019accueil chaleureux que l\u2019Université Laval fait chaque année aux travailleurs de l\u2019Université de Montréal qui désirent bénéficier des facilités de recherches que leur offre la Station biologique de Trois-Pistoles, les liens qui unissent les deux institutions auxquelles tous deux, à des titres divers, nous consacrons notre vie me rendent particulièrement agréable le devoir que j\u2019ai en ce moment de vous présenter les hommages de l\u2019ACFAS et le témoignage de sa reconnaissance.« Vous êtes de ceux qui ont compris le rôle que les sciences jouent dans la vie d\u2019un peuple et revendiqué pour elles plus d\u2019attention de la part des éducateurs.En nous recevant dans les murs de Laval, vous encouragez moralement nos efforts et vous les aidez matériellement.Je vous en remercie ccmme je remercie Monsieur le Recteur de l\u2019Université de Montréal, Monsieur le Ministre de la Chasse et des Pêcheries et les visiteurs distingués qui ont bien voulu honorer de leur présence cette séance d\u2019ouverture.« L\u2019ACFAS a été fondée en 1923.C\u2019est une fédération de sociétés qui a pour objet le développement et l\u2019expansion au Canada français des sciences mathématiques, naturelles, physiques et morales, bref de toutes les sciences en général.« Elle a aussi pour but, dit sa charte, (( la propagande et la « vulgarisation de toutes données scientifiques, l\u2019organisation et la « tenue de conférences publiques d\u2019initiation scientifique et de cours « de perfectionnement, l\u2019étude et la discussion de toutes les ques-« tions d\u2019ordre scientifique, l\u2019encouragement et l\u2019aide aux recher-« ches propres à contribuer à l\u2019avancement des sciences, l\u2019organisa-« tion de concours, l\u2019octroi de prix et bourses d\u2019études pour en ANNALES DE L\u2019ACFAS 57 « promouvoir le développement, la préparation et la présentation « de thèses et de mémoires, l\u2019exposé et la publication de travaux y « relatifs, l\u2019administration, aux fins d\u2019avancement des sciences, « de fondations et de subventions similaires, l\u2019exercice de toutes « autres activités propres au développement, à l\u2019expansion et à (( l\u2019avancement de toutes les sciences ».« Pour atteindre les fins énumérées ci-dessus, les sociétés affiliées dont les noms figurent à la page 4 du programme tiennent des réunions périodiques dont le nombre et l\u2019importance dépendent des difficultés de vie de chacune.Depuis quelques années, une réunion annuelle plénière groupe les têtes dirigeantes du mouvement et tous ceux qui peuvent et veulent se joindre à eux.« Ces Congrès ont pour objet de mesurer du regard l\u2019étendue du chemin parcouru au cours de l\u2019année écoulée ; de se rendre compte de l\u2019intensité de la vie qui circule dans les sociétés affiliées; de cimenter les liens d\u2019amitié qui doivent unir ceux qui partagent le même idéal et luttent pour les mêmes principes, mais que les nécessités de la vie forcent à vivre éloignés les uns des autres; de se concerter enfin sur les moyens à prendre pour rendre plus vigoureux un organisme auquel manquent encore des collaborations précieuses et des ressources financières adéquates.« Un magnifique programme a été élaboré par nos amis de Québec.D\u2019aucuns feront peut-être observer que les travaux du dernier congrès et de celui-ci sont moins nombreux que lors des réunions précédentes.Je ne crois pas que cela doive nous inquiéter.Si les communications sont moins nombreuses, c\u2019est sans doute que les premiers congrès ont en bonne partie liquidé les notes et observations accumulées de longue date et qui dormaient dans les dossiers poudreux.« J\u2019ai tout lieu de penser que la qualité supplée à la quantité et qu\u2019en divers milieux on se préoccupe beaucoup plus de travailler en profondeur que de multiplier les notes plus ou moins importantes et les essais insuffisamment mûris.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui ressort de la lecture des titres des communications.Moins de travaux d\u2019amateurs; plus de recherches émanant des laboratoires.Nos jeunes diplômés se joignent aux aînés; ils gardent davantage contact avec leurs maîtres.Le désir de travailler, de vivre « dans la paix sereine des bibliothèques et des laboratoires » s\u2019affirme.Mais cette collaboration reste tout de même limitée et l\u2019avenir des sciences et des scientifiques en notre pays est encore un problème 58 ANNALES DE L ACFAS auquel le grand public et les chefs de la nation doivent d\u2019urgence s\u2019intéresser.Il y a longtemps que Pasteur a écrit que les laboratoires étaient « les temples de l\u2019avenir, de la richesse et du bien-être )).Il faudra bien que notre population finisse un jour par le comprendre.Et ceci m\u2019amène à faire une autre observation inspirée, comme les premières, par l\u2019examen du programme du congrès.« Le public doit être frappé comme nous de la disproportion numérique qui semble exister entre les travaux de la section I (mathématiques, physique et chimie) et ceux des sections II et III.De cette apparente réalité certains esprits tirent vanité; ce en quoi ils ont tort.Mais le fait demande quelques explications.Il ne faudrait pas penser que cette disproportion (plus apparente que réelle, je le répète), que le silence de certains laboratoires ou de plusieurs services universitaires et autres tient à la paresse, au défaut de zèle pour la Science et les sciences, ou à l\u2019incompétence des travailleurs.Si l\u2019on pesait ainsi, on commettrait une erreur grossière doublée d\u2019une grave injustice.L\u2019explication que j\u2019ai le devoir de fournir n\u2019est pas une excuse de circonstance ou un faux prétexte.Elle est un fait qui doit son existence à plusieurs facteurs à savoir: le défaut de ressources financières de beaucoup de laboratoires, la surcharge de travail d\u2019enseignement imposé à certains professeurs, la rareté des sujets neufs qui est la difficulté inhérente aux recherches en sciences chimiques, mathématiques et physiques.« M.P.Lecomte du Noûy l\u2019écrivait récemment, en présentant quelques réflexions sur l\u2019organisation du laboratoire de recherche.Il pose comme condition fondamentale la suivante: « Dans un laboratoire de recherche tout doit contribuer à assurer « la liberté complète de la pensée du travailleur ».Cette phrase impose immédiatement un certain nombre de nécessités d\u2019ordre moral, sentimental et matériel au premier rang desquelles il place celle qu\u2019il énonce en ces termes: « En effet pour avoir l\u2019esprit « libre, le chercheur doit être heureux, ou tout au moins satisfait.« Il doit donc toucher un salaire suffisant pour ne pas avoir à « s\u2019inquiéter du confort de sa femme et de ses enfants, ou, s\u2019il « n\u2019est pas marié, pour ne pas se sentir incapable de fonder un « foyer ce qui serait une limitation de sa liberté.Il ne doit pas « s\u2019inquiéter de l\u2019avenir: donc, il faut une retraite honorable, une « assurance sur la vie, semblable à celle qui existe aux États-Unis, « et qui s\u2019adresse à tous les professeurs et membres d\u2019institut de « recherche (Teachers Insurance and Annuity Association) ».Or, ANNALES DE L ACFAS 59 ce n\u2019est un secret pour personne qu\u2019en bien des endroits cette condition n\u2019est pas réalisée.« Ne parlons pas de la surcharge d\u2019enseignement qui en général frappe plutôt les professeurs des sciences physiques que les autres (certains font, je l\u2019ai déjà écrit, jusqu\u2019à 24 heures de cours ou travaux pratiques par semaine) et abordons la question des difficultés « des problèmes à résoudre.C\u2019est encore M.P.Lecomte du Noüy qui me fournit la réponse.Répondant à la question: « Pourquoi « faut-il tant d'argent aujourd\u2019hui, alors qu\u2019autrefois.?)) il écrit: « Pour la raison bien simple qu\u2019à de rares exceptions près, tout ce « qui pouvait se trouver facilement a été découvert, et que chaque « découverte, tout en accroissant l\u2019étendue de notre domaine, nous « a révélé d\u2019autres problèmes plus profonds, plus mystérieux.Nous « sommes moins ignorants aujourd\u2019hui que nous l\u2019étions vers 1860, « certes, mais le plus grand bénéfice que nous ayons tiré de nos « travaux est qu\u2019ils nous ont permis de mesurer notre « ignorance, « alors qu\u2019à cette époque, nous ne mesurions que nos connaissances.« Nous les extrapolions avec un optimisme qui nous fait défaut « aujourd\u2019hui.» « Les comparaisons sont souvent odieuses; mais il faut bien qu\u2019on le comprenne; en notre pays, la lutte (et j\u2019entends une lutte courtoise) ne peut pas être à armes égales entre les scientifiques de tous les groupes.Sans vouloir diminuer le mérite de qui que ce soit, en félicitant même ceux qui ont la bonne fortune d\u2019interroger facilement la nature et de nous en faire connaître les merveilleuses beautés, retenons que les conditions, les difficultés de travail et l\u2019appareillage ne sont pas les mêmes; les problèmes abordés non plus.« Alors que le sol canadien offre à nos botanistes, à nos géologues et à nos zoologistes une forêt vierge et une terre inexplorée sur laquelle ils n\u2019ont qu\u2019à se pencher pour y recueillir la matière première de travaux qui conduiront sûrement à des mémoires originaux, et presque en un temps défini, le chimiste, le mathématicien, le physicien travaillent dans un domaine qui a été tellement exploré qu\u2019il n\u2019y a guère de place pour une recherche vraiment originale.« En outre, dans le domaine des sciences physiques, les expériences sont longues et aléatoires.Un chercheur peut travailler des années sans aboutir à des conclusions qui vaillent la peine d\u2019être publiées, sans compter la déception qui l\u2019attend si un autre chercheur plus heureux ou mieux servi par les circonstances et les facilités 60 ANNALES DE L\u2019ACFAS de travail le précèdent de quelques semaines ou de quelques mois dans la publication de ses résultats.« Enfin, dans le même domaine l\u2019appareillage est dispendieux et les travailleurs sont fréquemment « handicapés » tant dans le choix du sujet que dans la rapidité de son étude par le défaut d\u2019appareils adéquats, quelquefois même indispensables.Ecoutons encore P.Lecomte du Noüy: « Dans beaucoup de laboratoires, « on en est encore à l\u2019âge des appareils improvisés au moyen de « bouts de bois et de ficelles.Cela est excellent pour former des « professeurs, mais devient inexcusable quand il s\u2019agit de recherche » Et ailleurs: « Un homme de génie peut toujours transformer une « cuisine ou une arrière-boutique en laboratoire de recherche au « service de son idée.Mais il est facile de comprendre qu\u2019on ne « peut éternellement compter sur les rares hommes de génie que « l\u2019humanité nous fournit parcimonieusement, pour faire avancer « la science.Il importe au contraire de susciter l\u2019apparition d\u2019hom-« mes simplement doués, intelligents et travailleurs qui, placés « dans un milieu convenable, produiront, sinon des découvertes « sensationnelles, tout au moins des travaux utiles.Un jour, le « grand homme paraît et peut tirer parti des documents accu-« mulés.» « Souhaitons que la création d\u2019un Conseil provincial de recherches, dont j\u2019ai exposé un plan d\u2019organisation à l\u2019honorable Athanase David il y a maintenant près de six ans (exactement le 29 septembre 1931), projet dont j\u2019ai présenté les lignes essentielles lors d\u2019une réunion de la Société de Physique et de Chimie le printemps dernier et dont j\u2019ai transmis copie à l\u2019honorable secrétaire actuel de la Province dès les premières semaines de septembre, souhaitons, dis-je, que la création de ce Conseil, sous la forme susmentionnée ou sous une autre, permette bientôt aux talents canadiens-français de s\u2019extérioriser sans distinction de clans, d\u2019écoles ou de couleur politique.« En attendant ces jours bénis pour les scientifiques, que le public évite de comparer entre eux les travaux ou des listes de travaux qui ne souffrent pas la comparaison; ils sont différents.Qu\u2019il ne se hâte pas de conclure à la supériorité ou à la suractivité de telle ou telle discipline, de tel ou tel service, de tel ou tel groupe et à l\u2019infériorité, à l\u2019apathie ou à la négligence de tels autres.Il y a des travailleurs qui peinent modestement dans l\u2019ombre, depuis trois ans et plus sur des questions de très grand intérêt pour la ANNALES DE L ACFAS 61 science, voire même d\u2019intérêt économique pour le Canada français, et qui commettraient une erreur grave de livrer à une publicité prématurée les prémices de leurs conclusions.« Pour porter jugement à bon escient, le public devrait connaître toutes les données de ce problème extrêmement complexe.Peut-il espérer les connaître?Je ne le crois pas.Que le public prenne donc plutôt la résolution de presser les gouvernants, qui sont on ne peut mieux disposés, nous en avons la certitude, de hâter la solution des graves problèmes de l\u2019enseignement supérieur et de notre essor économique.Du haut en bas de notre organisation sociale, du haut en bas de nos enseignements primaire, secondaire et supérieur, il y a des hommes de valeur.Les uns, chargés de lourdes responsabilités, occupent des postes de premier plan et, jusqu\u2019à preuve du contraire, y font honneur; les autres, en sous-ordre, n\u2019en contribuent pas moins au succès de la cause commune.Tous sont animés du désir sincère de travailler chacun dans sa sphère d\u2019action à la grandeur et à la prospérité du Canada français.Tous font, je crois, le mieux qu\u2019ils peuvent dans les conditions difficiles où ils se trouvent.Aidons-les à faire profiter pleinement la nation des talents dont la Providence les a doués.« Dans le groupement de toutes les bonnes volontés vers ce but élevé, l\u2019ACFAS est sûrement appelée à jouer un rôle considérable.Elle se doit de grouper toutes les énergies; elle a le droit de compter sur tous les dévouements.Aussi ferai-je en son nom un pressant appel aux travailleurs de la pensée d\u2019entrer dans ses rangs afin de mener à bien un mouvement scientifique encore jeune, mais plein d\u2019enthousiasme et prometteur des plus féconds lendemains.« Tout en combattant énergiquement et en toute vérité pour le triomphe des idées qui nous sont chères, sachons éviter les paroles et les écrits qui divisent pour ne penser qu\u2019aux mots de ralliement qui forcent l\u2019adhésion et assurent le succès des grandes et nobles causes.Car l\u2019union seule fait la force des individus comme des peuples.Nous terminons ces quelques remarques en nous rappelant une des belles paroles de Pasteur: « Heureux celui qui porte en soi « un Dieu, un idéal de beauté, et qui lui obéit; idéal de l\u2019art, idéal « de la science, idéal de la patrie, idéal des vertus de l\u2019Évangile.« Ce sont là les sources vives des grandes pensées et des grandes « actions.Toutes s\u2019éclairent des pensées de l\u2019infini ». 62 ANNALES DE L\u2019ACFAS Bienvenue du Maire de Québec.Son honneur le maire J.-E.Grégoire, professeur à l\u2019Université Laval, qui présente aux congressistes, au nom de la ville de Québec, les meilleurs voeux de succès, parle dans les termes suivants: « Bis repetita placent )), avons-nous appris dans quelqu\u2019un de nos manuels scolaires, au temps où nous n\u2019avions pas encore commencé a connaître les hommes avec leurs qualités et leurs défauts.« S\u2019il se trouve, dans ma carrière municipale, un acte qu\u2019il m\u2019est particulièrement agréable de poser une seconde fois, c\u2019est bien, je vous l\u2019assure, celui de dire la bienvenue aux congressistes de l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019Avancement des Sciences.(( L\u2019amour de ma ville et ma sympathie pour les savants de chez nous, voila les deux sources dont je tire mon extrême plaisir à vous voir délibérer en cette vieille et toujours jeune cité de Champlain.« Québec est une ville universitaire qui sait combien « noblesse oblige » et qui « se souvient » tout particulièrement de ses obligations intellectuelles.De même que la province de Québec veut etre, dans l\u2019ordre moral des choses, une seconde France, une France américaine, la France du Nouveau-Monde, ainsi la ville de Québec désire etre la capitale intellectuelle de cette France nouvelle, un petit Paris, quoi! « On me dira peut-être que ce rêve est encore loin de la réalisation.J\u2019en conviens tout de suite.Mais, s\u2019il est vrai que Paris ne s\u2019est pas fait en un jour, \u2014 et c\u2019est même une vérité passée en proverbe, il est peut-être opportun de commencer immédiatement à préparer les réalisations qui feront le bonheur des générations du siècle prochain.« Et si vous me trouvez maladroit d\u2019exposer de telles ambitions pour ma ville, devant des représentants d\u2019autres cités qui pourront peut-être lui disputer l\u2019honneur convoité, je m\u2019empresse de m'expliquer: la rivalité des villes canadiennes-françaises dans le domaine de l\u2019intellectualité est ce que nous pouvons désirer de mieux pour la race canadienne-française; et si un extraordinaire développement intellectuel rendait demain impossible à la ville de Québec la conquête ou le conservation du premier rang, je trouverais dans cet épanouissement de l\u2019intelligence canadienne-française, au milieu de la vaste mer anglo-saxonne d\u2019Amérique, toutes les consolations nécessaires à mon cœur de Québécois désappointé.\t\t \t \t ANNALES DE l\u2019ACIAS 63 « Car, rie l\u2019oublions pas: c\u2019est la race canadienne-française qui doit compter à nos yeux.Le jour où notre peuple se sera refait une situation digne d\u2019une fierté nationale moyenne, ce jour-là, l\u2019esprit de clocher aura perdu une grande part de son importance.Et si, pour ma part, j\u2019aime tant Québec, c\u2019est uniquement parce que cette ville est la partie de mon pays que je connais le mieux.N\u2019est-ce pas, messieurs les philosophes, que l\u2019amour suit généralement la connaissance ?« Ma sympathie pour les savants, vous la connaissez: je vous l\u2019ai exprimée bien sincèrement, lors de votre premier congrès tenu à Québec.Vous êtes la force, l\u2019exemple et la fierté de notre peuple canadien-français.Vous êtes notre force, parce que, à l\u2019instar de tous les autres groupes de la terre, nous ne pouvons être forts que par l\u2019esprit.Or, l\u2019esprit qui spécule et l\u2019esprit qui construit, l\u2019esprit qui cherche le vrai, le beau et le bien pour leur valeur propre, puis l\u2019esprit qui conçoit les formules de mieux-être pour les masses souffrantes.« Vous êtes aussi notre exemple, parce que votre inlassable activité dans le domaine scientifique est propre à nous entraîner nous aussi vers les hauteurs du savoir, où l\u2019homme devient plus humain et plus apte à se faire de la vie présente et future une juste conception.(( Vous êtes, enfin, notre fierté, parce que, s\u2019il est vrai que l\u2019homme vaut par son intelligence et par son cœur (le cœur tend toujours à prendre le niveau de l\u2019intelligence), c\u2019est par vous que nous aimons à voir les autres peuples nous juger, vous qui, avec succès, vous appliquez constamment à mettre en valeur les énergies de vos robustes cerveaux.a Je ne vous surprends certes pas en vous disant que je vois en tout savant un patriote.Ainsi que nous le lisions récemment, à votre propos, dans le journal le plus estimé de cette ville, ¦ oc.*=i 1 f=i \u2018 6.\tTomographie (planigraphie) et Stéréotomographie.\u2014 E.Perron. 86 ANNALES DE L ACFAS 7.\tLa présence du plomb dans le sucre d\u2019érable.\u2014 Elphège Bois.Depuis le printemps dernier, l\u2019industrie du sucre d\u2019érable est aux prises avec un nouveau problème.L\u2019entrée aux États-Unis du sucre d\u2019érable comme aliment est maintenant réglementée suivant sa teneur en plomb.Le plomb provient de tous les ustensiles par où passe la sève au cours de la fabrication du sirop.On trouve jusqu\u2019à 100 parties de Pb par million de sucre.La sève d\u2019érable est corrosive; le pH, de 6.8 au moment de la récolte, baisse jusqu\u2019à 6.2 à l\u2019état de sirop.La présence d\u2019acides formique, acétique et et autres pour une valeur correspondante à 4.0 cc d\u2019acide 0.1 normale pour 100 gr de sirop, permet l\u2019attaque des ustensiles même étamés et galvanisés.Les coliques qui suivent les fêtes à la cabane à sucre seraient saturnines.8.\tContribution à l\u2019étude de l\u2019Acer saccharum.\u2014 Elphège Bois et Aristide Nadeau.Les courbes de neutralisation faites sur de la sève d\u2019érable concentrée et dialysée donnent deux paliers, qui se traduisent dans les courbes de coefficient-tampon en deux minima au pH 4.6 - 4.9 et 6.5 - 6.7 respectivement.Ces minima correspondent aux points où la substance étudiée passe par un minimum de pouvoir tampon analogue au point isoélectrique des protéines.Ces résultats confirment de nouveau la présence de deux amylases dans la sève de Y Acer saccharum, comme nous l\u2019avons déjà constaté et que nous avons nommées succrogène-amylase et cellobiogène-amylase.9.\tContribution à l\u2019étude de la précipitation des carbonates.\u2014 L.Cloutier, P.-E.Pelletier et Paul-E.Gagnon.10.\tContribution à l\u2019étude de l\u2019eau fixée chez les plantes d\u2019eau douce.\u2014 Gaston Gosselin et Philippe Bouthillier.Pour étudier l\u2019eau fixée chez les plantes in vivo, les auteurs ont adopté une méthode basée sur la solubilité de l\u2019alcool éthylique dans l\u2019eau libre tissulaire.L\u2019eau fixée est cette partie de l\u2019eau totale des tissus qui ne dissout pas l\u2019alcool.Rapportée à 1 gramme de plante sèche, la quantité d\u2019eau fixée se chiffre en moyenne à 1.4 g.chez YAnacharis densa, 1.0 g.chez les Ludwigia et YHydrocleis ANNALES DE L\u2019ACFAS 87 Nymphoides.Chez les plantes dévitalisées par l\u2019eau bouillante ou par le bichlorure de mercure, la valeur de l\u2019eau fixée est presque nulle.11.\tDétermination de l\u2019eau fixée chez les plantes marines in vivo.Sa variation avec la salinité de l\u2019eau de mer.\u2014 Philippe Bouthillier et Gaston Gosselin.La quantité d\u2019eau fixée chez le Fucus vesiculosus et le Fucus platycarpus, déterminée par la méthode de l\u2019alcool diffusé dans la plante, est égale à 0.57 g.par gramme de matière sèche.Chez les Entéromorphes, elle est de 0.43 g.Les variations de la salinité ont une influence sensible sur la valeur de l\u2019eau fixée.Chez le Fucus platycarpus, dans une eau de mer dont la salinité est réduite de moitié, la valeur de l\u2019eau fixée s\u2019élève à 0.71 g.; au contraire, elle tombe à 0.38 dans une eau de mer de concentration double.12.\tAbsorption de l\u2019eau et de l\u2019eau lourde par la cellulose.\u2014 Thomas King et Cyrias Ouellet.Au moyen de balances en fibre de quartz, les auteurs ont mesuré l\u2019adsorption de H O et D O par la cellulose à 23.4 C.Les résultats obtenus avec H O sont en bon accord avec ceux de Filby et Maas.Aux basses pressions, les quantités moléculaires de D O et H O ad-sorbées sont équivalentes; mais aux pressions plus élevées, où apparaît la condensation capillaire, le rapport de D O sur H O croît rapidement.Les auteurs ont aussi étudié la cinétique de l\u2019adsorption de D O à plusieurs pressions.Après la désorption de H O la cellulose revient à son poids initial, tandis qu\u2019après celle de D.O on trouve un excédent de poids qui résulte probablement d\u2019un remplacement des hydrogènes de certains groupements par des atomes d\u2019hydrogène lourd.13.\tPropriétés, mécanisme de formation et constitution des polystyrènes.\u2014 Joseph Itisi et Dominique Gauvin.Les auteurs prouvent que le distyrène de Stoermer et Kootz est un composé saturé et lui donnent une nouvelle formule.Par traitement du distyrène de Fittig-Erdmann avec de l\u2019acide sulfurique on obtient un isomère saturé.Les polystyrènes catalytiques sont également saturés.Les polystyrènes se forment par une réaction à chaîne différente de celle préconisée par Staudinger.Les ¦ 88 ANNALES DE L\u2019ACFAS auteurs proposent une nouvelle formule de constitution pour les polystyrènes.14.\tAcoustique et musique.\u2014 J.-Robert Talbot.15.\tSur l\u2019activité des ions H dans les solutions aqueuses de carbonates alcalins.\u2014 Léon Loetie et Pierre Demers.Au moyen de l\u2019électrode à hydrogène, les auteurs ont mesuré le pH de solutions de carbonate de potassium et de carbonate de sodium.Le diagramme E - log M présente une allure linéaire entre les concentrations 0.006 M et 1.5 M pour le sel de potassium et de 0.001 M à 1 M pour le sel de sodium.L\u2019activité du cation Na+ ou K+ peut être considérée comme proportionnelle à la modalité, ce qui paraît s\u2019accorder avec une loi générale de l\u2019hydrolyse des sels.16.\tSur l\u2019activité des ions H dans les solutions aqueuses de carbonate de sodium additionnées de polyols.\u2014 Léon Lortie et Pierre Demers.Le pH de solutions de carbonates de sodium additionnées de glycérine, de saccharose, de lévulose ou de glucose a été mesuré au moyen d\u2019une électrode à hydrogène.Les courbes obtenues indiquent une influence évidente du degré d\u2019ionisation du polyol ajouté.Elles se superposent dans l\u2019ordre que les valeurs de la constante d\u2019ionisation permettent de prévoir.L\u2019abaissement de pH n\u2019est cependant pas proportionnel à la valeur de cette constante.17.\tÉtude comparée des températures de surface du fleuve et du golfe St-Laurent avec celles de l\u2019océan Atlantique \u2014 Abbé Alexandre Vachon et Roger Gaudry.Le capitaine du S.S.Cairnesk a fait parvenir à l\u2019abbé Alexandre Vachon 4 courbes représentant les températures de surface des eaux sillonnées par le vaisseau dans 4 voyages consécutifs, en 1930, entre Québec et Pentland Firth, au Nord de l\u2019Écosse.Ces courbes sont interprétées dans la communication.On remarque une chute brusque de température près du Saguenay.C\u2019est d\u2019ailleurs là que se rencontrent les eaux les plus froides de tout le parcours.Les eaux du golfe sont en général plus chaudes que celles de l\u2019estuaire du Saint-Laurent.Au large de Belle-Isle, on trouve les eaux froides _ ANNALES DE L\u2019ACFAS 89 du courant du Labrador.De là, la température de l\u2019Atlantique augmente lentement mais régulièrement jusqu\u2019aux côtes d\u2019Europe.Les eaux chaudes, à l\u2019Ouest des îles Britanniques, sont dues au Gulf Stream.18.\tL\u2019emploi de la paille de lin dans la manufacture du papier.\u2014 J.-Gaston Morazain.Ce travail est le résultat d\u2019une étude très approfondie en vue d\u2019établir d\u2019une façon définitive la possibilité de transformer la paille de lin en une matière susceptible de servir à la fabrication du papier fin.L\u2019auteur arrive à la conclusion que cette matière première peut être transformée par des agents chimiques en une pâte dérivée des chiffons de lin, et que de plus cette méthode peut s\u2019appliquer à la production de fibre textile pouvant avantageusement remplacer le coton.19.\tEssai de concentration des diastases glycolytiques du sang.\u2014 Jules Labarre et P.-E.Riopel.Par une série de précipitations successives des principes hydrosolubles du sérum sanguin, au moyen de l\u2019acétone ainsi qu\u2019au moyen de l\u2019alcool, plusieurs complexes organiques aux propriétés glycolytiques ont été isolés.Les substances ainsi précipitées, ajoutées en très petite quantité au sérum normal, ont pour effet d\u2019accroître l\u2019activité glycolytique de ce dernier.Les produits précipités par l\u2019acétone sont plus actifs que ceux précipités par l\u2019alcool.De plus, les liqueurs alcooliques laissent à l\u2019évaporation un résidu dont la présence augmente le pouvoir diastasique des substances précédentes.La comparaison de la vitesse et de l\u2019intensité de la glycolyse des sérums additionnés de ces divers produits, avec l\u2019activité diastasique de sérum normal, permet de confirmer que la disparition du sucre sanguin in vitro est due à l\u2019action conjointe d\u2019une pro-et d\u2019une co-diastase, puis de conclure que ces deux constituants diffèrent l\u2019un de l\u2019autre par leur solubilité dans l\u2019alcool.20.\tNotes sur les poudres de fruits et légumes.\u2014 Georges-H.Baril.Au Congrès de 1934, l\u2019auteur a exposé une technique de laboratoire pour la préparation de la poudre de pommes par dessicca- 90 ANNALES DE L\u2019ACFAS tion à basse température dans le vide.Grâce à une subvention du Conseil national des Recherches du Canada, l\u2019auteur a pu faire préparer dans ses laboratoires diverses poudres, qu\u2019il présente (bananes, poires, pêches, oranges, concombres, etc.) Les expériences qui ont été conduites récemment à l\u2019échelle des appareils semi-industriels que possèdent les laboratoires du Conseil national des Recherches ont permis de démontrer que la technique employée en laboratoire est générale.21.\tLe p.-nitro phényle carbamate de myricyle.\u2014 Roger Barré et Lionel Lemay.Le p.-nitro phényle carbamate de myricyle est préparé par l\u2019action de l\u2019isocyanate de p.-nitro phényle sur l\u2019alcool myricique.Cet éther n\u2019avait pu être obtenu par les méthodes ordinaires.Les rendements sont de 99 à 99.5 % à l\u2019ébullition avec des solutions aussi faibles que 1 % d\u2019alcool myricique dans l\u2019éther de pétrole 90 ° \u2014\t100°.Le produit est très peu soluble dans le chloroforme, le tétrachlorure de carbone, etc., et possède un point de fusion de 35° plus élevé que celui de l\u2019alcool myricique.Ces qualités et le fait, que la cire d\u2019abeille contient une proportion notable d\u2019alcool myricique, permettent d\u2019utiliser cette synthèse pour le dosage de la cire d\u2019abeille dans la plupart des mélanges.22.\tQuelques semicarbazides substituées en position 4.\u2014\tRoger Barré et Lucien Piché.Un certain nombre de semi-carbazides d-substitués ont été synthétisées afin de permettre l\u2019étude de l\u2019influence des substitutions sur la réactivité du groupe semi-carbazide et celle des caractères des semi-carbazones correspondantes.Au nombre des nouvelles semi-carbazides synthétisées, les auteurs signalent la p-nitrophényl-4-semi-carbazide.Cette dernière a été obtenue par deux procédés différents, dont un original; elle fournit avec les aldéhydes et les cétones des semicarbazones très peu solubles à points de fusion relativement élevés; dans la plupart des cas, leur formation et leur cristallisation est rapide.La p-nitrophényl-4-semi-carbazide donne avec le glucose une semi-carbazone peu soluble dont les caractères et les conditions de formation sont à l\u2019étude. ANNALES DE LA CF AS 91 23.Synthèse du diphényl-l:3-butène-3.\u2014 Léo Marion.Ce diphénylbutène, qui possède la structure attribuée au dis-tyrène n\u2019était connu que sous la forme de son mélange azéotropique avec le diphénylpropane, mélange obtenu par la pyrolyse du polystyrène.Il fut donc décidé d\u2019en effectuer la synthèse et d\u2019en préparer certains dérivés caractéristiques.Comme point de départ, l\u2019auteur a choisi l\u2019acide ay-diphénylbutylique, déjà préparé par Kohler.L\u2019ester éthylique de cet acide fut réduit par la méthode de Bou-veault et l\u2019alcool diphénylbutylique, résultant de la réaction, déshydraté au moyen du bisulfate de potassium.Le produit éthy-lénique obtenu, qui est la substance désirée, est une huile visqueuse, incolore, (éb.156-158°/lmm.), donnant, par oxydation au permanganate, la phényl-phényléthyl-cétone.Traité avec le brome en solution chloroformée le distyrène synthétique forme un dérivé dibromé bien cristallisé, F.86.5°.24.A propos d\u2019une pipette jaugée fausse.\u2014 Georges-H.Baril.Deux élèves avaient comme programme de manipulation la préparation d\u2019une soude décinormale à partir de la soude normale qu\u2019ils avaient faite quelques jours auparavant.En vérifiant les solutions, je constate que les décinormales que me présentent ces élèves sont fausses.Cependant, ils ont suivi rigoureusement la technique et, les normales dont ils sont partis sont justes.En éliminant une à une les causes possibles d\u2019erreur, je m\u2019arrête à une pipette jaugée de 25 cm3 dont la forme et la dimension m\u2019intriguent.Vérification faite, je constate que cette pipette mesure en réalité 30 cm3 du trait de jauge à la pointe.Les excès ou les déficits d\u2019un dixième de centimètre cube sur des burettes de 50, 25 et 10 cm3 ne sont pas rares au laboratoire ; mais une erreur de 5 cm3 sur une pipette de 25 cm3 ne doit pas se rencontrer tous les jours.En autant que nous avons pu retracer la provenance de cette pipette, elle faisait partie d\u2019un lot de verreries jaugées qui avait été acheté dans une vente de surplus de stock, au rabais.(Ce résumé avait été omis par erreur dans le rapport du congrès de 1933). 92 ANNALES DE L\u2019ACFAS Section 2: Botanique.1.\tLe coeur brun du chou de Siam.\u2014 Elzéar Campagna.2.\tObservations sur la flore adventice du comté de Bonaventure.\u2014 Elzéar Campagna.3.\tNotes sur quelques Urédinées du comté de Bonaventure.\u2014 Elzéar Campagna.4.\tListe préliminaire des Rouilles du Québec.\u2014 Emile Jacques.Cent trente et une espèces de Rouilles sont actuellement connues dans le Québec.Toutes ces espèces sont représentées par vingt genres et deux formes (Aecidium et Peridermium) et sont réparties dans les trois familles qui forment l\u2019ordre des Urédinales.Huit espèces sont signalées ici pour la première fois: Frovimea obtusa (Str.) Arth., Melampsora euphorbiae (Schub.) Cast., Phrag-midium rubi-odorati Diet., Puccinia andropogonis Schw.var.pustulata Curt.Arth., Puccinia microsora Korn.Tranzschelia thalictri (Chev.) Diet., Uromyces proéminent (DC.) Pass., Uromyces pyriformis Cooke.5.\tNotes sur deux épiphyties de nos arbres.\u2014 René POMERLEAU.Une épiphytie s\u2019est déclarée sur les grands saules de la Gaspésie vers 1926.Après avoir détruit les saules qui bordaient la Baie des chaleurs et s\u2019être répandue à l\u2019est de Québec, il semble y avoir eu un arrêt momentané dans la marche de cette maladie.Depuis un an, avec une recrudescence de force, elle s\u2019est répandue à l\u2019est d\u2019une ligne que l\u2019on pourrait tracer depuis Ste-Agathe-des-Monts jusqu\u2019à Lambton dans le comté de Frontenac en passant par Louiseville et Victoriaville.D\u2019après des observations encore fragmentaires, il semblerait que des individus sont épargnés.Les jeunes trembles qui peuplent les brûlées et autres lieux abandonnés sont fortement affectés par un parasite qui semblait bénin il y a quelques années.Cette maladie, la tache d\u2019entre du peuplier, est causée par un champignon nommé Sclerotinia bijron.La biologie de cet organisme a été étudiéè par l\u2019auteur. ANNALES DE L\u2019ACFAS 93 6.\tDéveloppement d\u2019un curieux Pénicillium.\u2014 Orner Caron.Il arrive parfois que, dans le jus de citron mis en bouteille et stérilisé, une certaine forme de Pénicillium produise dans le liquide une végétation abondante qui ressemble à une chenille géante.L\u2019auteur présente des observations sur l\u2019un de ces cas.7.\tUne intéressante addition à la flore du Québec: le Micrasterias verrucosa Bisset ex Roy.\u2014 Jules Brunel.L\u2019auteur mentionne la découverte dans le Québec d\u2019une des espèces les plus rares du genre Micrasterias, le M.verrucosa Bisser ex Roy, qui n\u2019avait été rencontré encore que dans le nord de l\u2019Écosse et le Minnesota.Trois spécimens seulement furent trouvés, mais chacun porte l\u2019ornementation très caractéristique de l\u2019espèce.Ces spécimens indiquent une variabilité considérable des dimensions, ainsi que de la forme du lobe polaire.8.\tEnquête sur la distribution de l\u2019Ambrosia trifida et de l\u2019Ambrosia artemisiifolia dans le comté de Gharlevois.\u2014 Georges Michaud.Cette enquête a été faite pour savoir s\u2019il serait possible de détruire les quelques stations de ces plantes existant dans l\u2019est du comté de Charlevoix afin de favoriser le tourisme.On sait que le pollen des herbes-à-poux cause la maladie dite fièvre des foins.Les touristes qui en sont affectés recherchent pour la villégiature les endroits où ces plantes n\u2019existent pas, comme la Gaspésie ou autres régions encore mal connues.9.\tLa flore phanérogamique du rocher aux Oiseaux (îles de la Madeleine, Qué.).\u2014 Marcelle Gauvreau.D\u2019après les notes du professeur Fernald, de l\u2019Université de Harvard, et celles de l\u2019auteur, il y aurait seulement vingt-deux espèces de plantes supérieures au rocher aux Oiseaux.Ces espèces sont: Achillea Millefolium, Taraxacum officinale, Leontodon autumnalis, Capsella Bursa-pastoris, Ranunculus acris, Trifolium pratense, T.hybridum, T.repens, Senecio vulgaris, Juncus bufonius, Ehphrasia americana, Gnaphalium uliginosum, Draba incana var.confusa, Rhinanthus grista-galli.Quelques Graminées sont un peu plus 94\tANNALES DE L\u2019ACFAS fréquentes: Agropyron repens, Phleum pratense, Agrostis stoloni-fera var.compacta, Festuca rubra, Poa annua et Poa pratensis, Les espèces dominantes sont: Plantago juncoides var.decipiens et Hordeum jubatum.10.\tEssai de bibliographie botanique canadienne: IL Mémoires et Comptes rendus de la Société royale du Canada.\u2014 Jacques Rousseau et Marcelle Gauvreau.Il y a dans les Mémoires et Comptes rendus de la Société royale du Canada (1882-1935) trois-cent-cinq travaux intéressant la botanique canadienne, en algologie, biochimie végétale, botanique économique, cytologie, écologie, génétique, géobotanique, histologie, morphologie, mycologie, paléobotanique, pathologie végétale, pha-nérogamie, physiologie, etc.On y compte environ 151 nouvelles espèces décrites, 7 nouveaux genres, 10 variétés, 1 nouvelle forme, 3 nouvelles combinaisons et 1 nouvelle mutation.11.\tNotes sur les ronds-de-sorcière de Fougères dans la province de Québec.\u2014 Jacques Rousseau, Georgette Simard et Marcelle Gauvreau.Dans un bois de Laprairie, des ronds-de-sorciers se sont révélés très nombreux: il n\u2019y en avait pas moins d\u2019une centaine, intéressant quatre espèces différentes.Les plus fréquents sont ceux d\u2019Osmunda Claytoniana et d\u2019O.cinnamomea.Les ronds-de-sorcière d\u2019O.regalis sont beaucoup plus rares et un seul de Thelypteris spinolosa a été observé.C\u2019est apparemment la première fois que l\u2019on mentionne des ronds-de-sorcière d\u2019O.cinnamomea et de Thelypteris spinulosa.12.\tÉtude comparative de la température de la zone intercotidale et des habitats voisins dans l\u2019estuaire du Saint-Laurent.\u2014 Jacques et Bernard Rousseau.Les habitats étudiés sont les suivants: (1) Zone intercotidale asséchant à marée basse; (2) partie de la zone intercotidale n\u2019asséchant pas à marée basse; (3) taillis de la berge; (4) pelouse au-dessus de la berge.L\u2019étude basée sur 1225 lectures de thermomètre faites au cours d\u2019un été concorde nettement avec l\u2019hypothèse émise précédemment par l\u2019un des auteurs (Jacques Rousseau, Les Astragalus du Québec et leurs alliés immédiats.Contrib.lab.bot.Univ. ANNALES DE l\u2019aCFAS 95 de Montréal 24: 27-29.1933).L'étude de la température de la phytogéographie de ces habitats permet donc de considérer le premier habitat (1) comme un îlot subarctique et le second (2) comme un îlot méridional, tous deux inclus dans la région boréale.13.\t\u2014* Quelques additions importantes à la flore de la région du Bic.\u2014 Jacques Rousseau, V.-C.Wynne-Edwards et Pierre MacKay Dansereau.Espèces nouvelles pour le Québec: Orobanche terrae-novae, Ranunculus lapponicus.Espèces nouvelles pour la région: Elaeagnu argentea, Oenothera ammophiloides, Cypripedium reginae, Isoetes Braunii.Limite orientale et boréale de quelques espèces: Ulmus americana, Quercus borealis, Fagus grandifolia, Callitriche herma-phroditica, Lycopodium flabelliforme, Allium Schoenoprasum.Extension de l\u2019aire de quelques épibiotes, endémiques et plantes arctiques: Abies balsamea var.phanerolepis, Picea glauca f.parva, Salix Candida, Achillea lamulosa, Androsace septentrionalis, Polys-tichum Lanchistis, Eriger on compositus var.trifidus, Anemone parviflora, Carex subspathacea, Rosa Williamsii.14.\tNouvelles notes sur les rhizonconcrétions argileuses.\u2014 Jacques Rousseau.De nouvelles études sur le terrain permettent d'ajouter des notes importantes aux études publiées par l'auteur sur le sujet (Journal of Sedimentary petrology, 4: 60-64.1934; Naturaliste canadien, 62: 99-105.1935; Annales de l\u2019ACFAS, 1: 77.1935).En plus des plantes déjà mentionnées, YEquisetum arvense jour un rôle important dans la formation des rhizonconcrétions.Dans ce cas les concrétions ne se développent pas sur le littoral, mais sur la berge argileuse.Le processus de formation de ces dernières concrétions, dans les grandes lignes, est celui décrit précédemment par l\u2019auteur.15.\tLes balles sablées de Saint-Vallier.\u2014 Jacques Rousseau.Description d'un curieux type de nodules argileux à revêtement sablé de formation actuelle. 96 ANNALES DE L ACFAS 16.\tMouvements périodiques de l\u2019Oenothera ammophi-loides.\u2014 Pierre MacKay Dansereau.Comme tous les Onagres, cette espèce a des fleurs s\u2019ouvrant surtout la nuit.Exceptionnellement les fleurs sont ouvertes le jour.Cette étude comprend des graphiques détaillés sur les mouvements périodiques des fleurs de cette espèce, depuis l\u2019ouverture du bourgeon jusqu\u2019au flétrissement de la fleur, au cours de la saison de végétation et en rapport avec les variations météorologiques.17.\tL\u2019Erigeron compositus dans la province de Québec.\u2014 Pierre MacKay Dansereau.(1) Revue des descriptions de VE.compositus Pursh typique et des variétés qu\u2019on rencontre dans le Québec en plus du type: var.multifidus (Rydb.) Macbr.et Payson et var.trijidus Hook.Synonymie.Tableau des caractères de chaque variété.(2) Extension d\u2019aire: E.compositus var.typicus à Percé (Dansereau 1934); var.trifidus au Mont-Saint-Pierre (Wynne-Edwards 1936); région du Bic (Rousseau et Dansereau 1936).Les périodes de floraison des var.multifidus et typicus sont apparemment discordantes.(3) Etude écologique des colonies d\u2019E.compositus.18.\tNotes sur des variétés et hybrides de Populus dans la région de Montréal.\u2014 Ernest Rouleau.19.\tLa notion de l\u2019espèce, du point de vue de l\u2019horticulteur.\u2014 Henry Teuscher.L\u2019étude du comportement des plantes soumises à la culture fournit un excellent moyen de mettre à l\u2019épreuve la permanence des caractères sur lesquels une espèce a été basée; en effet, plus d\u2019une espèce n\u2019aurait jamais été décrite si elle avait d\u2019abord été éprouvée de cette façon.Certains caractères héréditaires qui ne peuvent être observés dans les conditions naturelles, mais qui sont d\u2019une grande importance pratique pour l\u2019horticulteur, \u2014 telles les différences dans la rusticité, dans le port et les qualités du bois, etc., \u2014 ne peuvent être exprimés par un nom simple, puisque la nomenclature botanique ne renferme aucun terme qui les décrit.Une plus grande coopération entre le taxonomiste et l\u2019horticulteur serait aussi avantageuse pour l\u2019un que pour l\u2019autre. ANNALES DE L\u2019ACFAS 97 20.\tLa résistance aux maladies chez les plantes.\u2014 Henry Teuscher.Le croisement n\u2019est pas une panacée pour combattre les maladies chez les plantes, comme on l\u2019a souvent prétendu.Dans des nombreux cas ce moyen est tout à fait inefficace.De nouvelles méthodes doivent être trouvées dans ce domaine de la pathologie.Une comparaison entre les maladies chez les animaux et chez les plantes montre plusieurs similitudes frappantes et laisse entrevoir que le botaniste pathologiste et le médecin auront beaucoup à apprendre l\u2019un de l\u2019autre.Bien qu\u2019il puisse être impossible d\u2019immuniser les plantes par les mêmes méthodes que celles qui sont employées chez les animaux, à cause des différences fondamentales entre la circulation du sang et le courant de la sève, cette résistance aux maladies peut être réalisée par d\u2019autres méthodes que la vaccination.21.\tL\u2019évolution de la flore laurentienne vers un état d\u2019équilibre.\u2014 F.Cléonique-Joseph, f.i.c.Cette communication et la suivante furent l\u2019objet d\u2019un travail considérable, publié dans les Contributions du Laboratoire de Botanique de l\u2019Université de Montréal (No 27).22.\tLe rôle des lacs dans l\u2019accumulation et la conservation de nos richesses florales et dans l\u2019établissement de la phytomosaïque laurentienne.\u2014 F.Cléonique-Joseph, f.i.c.23.\tÉtude de quelques tellurures.\u2014 Paul-E.Auger.Nature et mode de présentation des tellurures dans les dépôts minéraux.Principaux producteurs de tellurures.Le Canada comme pays producteur.Etude des méthodes d\u2019investigation actuellement utilisées.Une nouvelle méthode étudiée et partiellement mise au point.Résultats de quelques observations personnelles sur l\u2019action de la lumière sur les tellurures en sections polies.Analyse chimique de quelques tellurures canadiens et leurs formules possibles.24.\tObservations sur quelques fossiles ordoviciens de la vallée du Saint-Laurent.\u2014 Abbé J.-W.Laverdière.La faune paléontologique des environs de Québec, comparée à celle de l\u2019État de New-York, paraît offrir quelques différences ANNALES DE LA CF AS avec cette dernière dans la distribution verticale de certaines espèces.Ainsi dans les schistes d\u2019Utica, faciès riche en Graptolites, on trouve quelques formes considérées comme caractéristiques du Trenton de New-York.D\u2019après les exemples cités par l\u2019auteur, il faudrait admettre que, dans la vallée du St-Laurent, quelques espèces disparaissent un peu plus tard que dans l\u2019État de New-York.25.\tGéologie des environs de Marbleton, canton de Dudswell.\u2014 Abbé J.-W.Laverdière.La présente communication comprend une étude géologique du conton de Dudswell, comté de Wolfe.Cette étude, faite au cours de l\u2019été 1935, à la demande du Service des Mines de la province de Québec, est publiée dans le rapport de ce Service pour l\u2019année 1935.26.\tLes bois exotiques.\u2014 Joseph W.Michaud.L\u2019auteur explique comment l\u2019importation des bois exotiques tropicaux s\u2019est accrue en Europe et en Amérique du Nord par suite de la demande de bois précieux pour l\u2019ameublement de luxe, etc., et par suite de la pénurie des essences forestières indigènes.Il mentionne comment ces débouchés nouveaux ont fait se développer en Amérique du Sud, en Australie, en Afrique et en Asie, les recherches techniques pour l\u2019utilisation de leurs produits ligneux.Mais les bois de luxe ne sont pas les seuls exportés de ces pays, plusieurs sont expédiés comme simples substituts aux bois indigènes qui se font déjà rares.Certains de ces bois exotiques ne nous sont connus que par leurs sous-produits: huile, tannins, colorants, etc.27.\tDommages que peut causer la dartrose de la pomme de terre.\u2014\u2022 Champlain Perrault et René-O.Lachance.Durant trois étés consécutifs la dartrose, causée par un Colle-totrichum a diminué sensiblement le rendement des parcelles d\u2019expériences et des champs de pommes de terre de certains producteurs de la région.En 1935, saison remarquable par la température élevée et sa période de sécheresse, une partie des parcelles fut détruite par cette maladie dès les premiers jours du mois d\u2019août.Quelques unes d\u2019entre elles eurent 60% de leurs plants desséchés.La maladie fut plus prononcée chez les plantes déjà affectées de virus, mais les plantes saines ne furent pas épargnées.Par là il est évident que le ANNALES DE L\u2019ACFAS 99 champignon, dans certaines conditions favorables, n\u2019infecte pas seulement les plantes affaiblies.La quantité de tubercules marchands provenant de 200 plants sains et malades fut de 1327 et 405 respectivement.28.\t\u2014 Influence de l\u2019eau chaude sur le pouvoir germinatif de certaines variétés de blés et d\u2019orges.\u2014 Champlain Perrault.Le charbon de blé (Ustilago tritici) et le charbon nu de l\u2019orge (Ustilago nuda) ne peuvent être enrayés que par le traitement du grain de semence à l\u2019eau chaude.Or il arrive que certaines variétés de blés et d\u2019orges montrent un pourcentage de germination plus ou moins élevé dans les champs, après avoir fait subir à la semence le traitement recommandé.Cette observation amena l\u2019auteur à étudier l\u2019influence du traitement sur le pouvoir germinatif de certaines variétés.Le traitement fut uniforme pour toutes les variétés tout en tenant compte de la différence de température et de temps exigés pour le blé et l\u2019orge.Les résultats démontrent que la perméabilité des grains et la sensibilité des embryons varient selon les variétés.Certaines variétés ont un pourcentage de germination plus faible à la suite de leur immersion dans l\u2019eau chaude et toutes les variétés subissent un retard dans la germination.29.\t\u2014 Maladie sclérotique de la pomme de terre.\u2014 Bernard Baribeau et Champlain Perrault.Notée pour la première fois dans le Québec en 1924 cette maladie ne fut pas observée durant les années subséquentes.Cette année on l\u2019a trouvée dans deux champs de pommes de terre du comté de Gaspé Nord.Dès le 22 août, environ 5% des plantes de l\u2019un des champs montraient une infection grave, quelques-unes même étaient complètement desséchées.Le 25 septembre, 10% à 15% des plantes du même champ étaient détruites par la maladie.Le Sclerotinia isolé de ces plantes malades ressemble beaucoup à celui du Sclerotinia sclerotiorum communément trouvé sur le tournesol.Son mode de croissance et les principaux symptômes sur l\u2019hôte sont identiques à ce dernier.L\u2019infection commence généralement au niveau du sol mais dans certains cas la partie supérieure seulement était desséchée et renfermait des sclérotes indiquant la possibilité d\u2019une infection tardive et aérienne. 100 ANNALES DE LA CF AS 30.\tSur la destruction des formations de Zostères (herbe à Bernaches) de la région de l\u2019île Verte.\u2014 Jean-Louis Trem-blay et Roger Gaudry.Cette communication a été publiée dans le Naturaliste canadien, 63: 257-261, 1936.31.\tNote sur une localité du Pro taxi tes dans la Gaspésie.\u2014 F.Marie-Victorin.Cette localité est à Cross Point, Qué., le long de la route entre cette localité et Matapédia.Il s\u2019agit d\u2019une ancienne carrière.Cette localité semble avoit été oubliée des géologues modernes.La carrière est à quelque 50 pieds de la route, mais elle est masquée par un rideau de Conifères.Le tronc de Prototaxites est à une hauteur d\u2019une cinquantaine de pieds.Il surgit du flanc vertical de la roche et son diamètre est d\u2019environ trois pieds.Pendant l\u2019exploitation de la carrière la dynamite a détruit une longueur de tronc qu\u2019il est difficile d\u2019apprécier.Il est recommandé que l\u2019ACF AS prenne des mesures pour sauver ce remarquable fossile de la destruction complète et l\u2019on suggère de le transporter au Jardin botanique de Montréal.32.\t\u2014 Observations sur les Ptéridophytes reliquales de la péninsule de Bruce, Ontario.\u2014 F.Marie-Victorin.La péninsule de Bruce, Ontario, est considérée comme un territoire à reliques préglaciaires.Parmi ces reliques on distingue particulièrement plusieurs Ptérisophytes : (1) Thelypteris Filix-mas.Cette espèce, de distribution générale en Europe, est disséminée dans l\u2019Amérique du Nord.Dans la péninsule de Bruce le T.Filix-mas se trouve en compagnie d\u2019autres reliques, mais dans un entourage très différent de l\u2019entourage gaspésien {Acer, Ulmus, etc.).Cet entourage ressemble assez à l\u2019entourage qu\u2019on lui connaît en Europe.(2)\tPolystichum Lonchitis.Dans la Gaspésie, cette espèce se cache dans des habitats sauvages, froids et humides.Dans Bruce, elle croît dans des bois d\u2019érables et d\u2019ormes, au bord des routes.En certains cas, elle se comporte un peu comme un mauvaise herbe.(3)\tPhyllistis Scolopendrium, var.americana.Croissant avec T.Filix-mas, P.Lonchitis et A.Trichomanes sur les rochers moussus, la formation reconstitue presque un lambeau eurasiatique perdu ANNALES DE L\u2019A CF AS 101 dans un ensemble américain.La physiopraphie du territoire qui entoure le Cap Crocker rappelle étrangement la Minganie, un autre domaine à reliques préglaciaires.Mêmes falaises, formées par des calcaires horizontaux, mêmes talus d\u2019éboulis, mêmes caractéristiques de basse altitude.L\u2019absence de glaciation est-elle la vraie cause de la localisation de ces espèces?Où la tructure physique combinée avec des conditions de climat joue-t-elle un rôle qui n\u2019a pas été complètement approfondi ?33.\t\u2014 Quelques précisions sur la flore de l\u2019ouest de l\u2019Ontario.\u2014 F.Marie-Victorin.La flore de l\u2019ouest de l\u2019Ontario a été étudiée assez bien localement, mais ses rapports avec la flore de l\u2019est du pays ont été négligés.Quelques districts particuliers méritent de retenir l\u2019attention: (1) le district de la rivière Thames, où vient mourir la flore carolinienne et où la végétation est étonnamment luxuriante; (2) la Pointe-Pelée, qui offre nombre d\u2019espèces caroliniennes sur leur extrême limite nord: (Opuntia Rafinesquii, Morus rubra, îpo-maea pandurata, etc.); (3) les dunes boisées bordant le lac Huron dans le district de Great Bend avec nombre d\u2019espèces caractéristiques (Ceanothus americanus et C.ovatus, Polygala polygama, Cir-sium Pitcheri, Cirsium Hillii, Lithospermum croceum, etc.) ; (4) la péninsule de Bruce avec, du côté de l\u2019ouest, ses grandes tourbières sablonneuses où croissent des éléments de toute provenance (Po-tentilla fruticosa, Houstonia ciliolata, Primula intercedens, Parnas-sia caroliniana, Pogonia ophioglossoides, etc.), souvent sous des formes inaccoutumées.L\u2019Habenaria unalaschensis est abondant du côté ouest et dans des conditions rappelant assez peu les conditions boréales de l\u2019aire principale de l\u2019espèce.Par contre les Fougères reliquales sont localisées sur les affleurements de calcaires dolo-mitiques du côté est, mais ce n\u2019est là sans doute qu\u2019une liaison phy-siographique.34.\tSur quelques additions importantes à la flore du Québec.\u2014 F.Marie-Victorin.Cette note signale un certain nombre d\u2019additions spécifiques notables et remarquables à la flore du Québec, additions issues de l\u2019identification de matériaux accumulés à l\u2019Institut Botanique depuis 1931: Eleocharis flaccida var.olivacea (lac tourbeux du comté 102 ANNALES DE L ACFAS d\u2019Argenteuil), Carex siccata (baie de Pontiac), Carex oligocarpa (mont Saint-Bruno, mont Johnson, lac Gatineau), Symphytum asperrimum (cap Blanc, Québec), Bromus latiglumis (Caughnawaga, Saint-Jérôme, Contrecœur, Pointe-du-Lac, Matapédia), Panicum Bicknellii (Longueuil, mont Johnson), Piuccinella maritima (Pas-pébiac), Polypogon monspeliensis var.maritimus (St-Roch des Aulnaies), Eragrostis major (Montréal), Koeleria cristata (St-Jérôme de Métabetchouan), Astragalus Forwoodii (Fort-Témisca-mingue), Galium Mollugo (lac Temiscouata), Rorippa subglobulosa ( = R.amphibia x R.sylvestris) (Boucherville, Varennes, Contrecœur), Cuscuta campestris (Laprairie), Chaerophyllum temulum (Stanbridge Station), Hieracium murorum (Saint-Vallier), Artemisia Abrotanum (Fort Témiscamingue), Anagallis arvensis (Longueur, Saint-Paul d\u2019Abbotsford).35.Les premiers essais d\u2019introduction de reliques gas-pésiennes dans le Jardin botanique de Montréal.\u2014 F.Marie-Victorin.Le F.Marie-Victorin et ses aides, FF.Rolland-Germain et Dominique, Jacques Rousseau et Pierre MacKay Dansereau, ont envoyé au Jardin Botanique de Montréal durant la saison d\u2019été, environ 3000 plantes appartenant à près de 300 espèces.La moitié environ de ces plantes appartient à la flore de l\u2019Ontario occidental (région des Grands Lacs) l\u2019autre moitié à la flore de la Gaspésie.D\u2019une façon générale, et grâce aux techniques soignées appliquées par M.H.Teuscher, horticulteur en chef du Jardin botanique, pour les différentes catégories de plantes, à peu près toutes ont réussi.La mortalité est certainement inférieure à 1 %.Les plantes, reçues au cours de l\u2019été, \u2014 mauvaise saison pour les transplantations, \u2014 ont été placées en pots dans les serres, ou sur des lits de pépinières spécialement préparés pour recevoir les plantes de la silice, du calcaire, de l\u2019humus, du gravier, du sous-bois, de la tourbière, etc.Certaines plantes annuelles (Gentiana gaspensis, etc.) ont pu être menées jusqu\u2019à la graine.Certaines plantes considérées comme exclusivement subarctiques, comme le Saxifraga caespitosa, semblent plus à l\u2019aise à Montréal que dans leur habitat naturel.Plusieurs halophytes (Solidago sempervirens, Ranunculus Cymbalaria, Glaux maritima, etc.) sont très luxuriantes en terre ordinaire.D\u2019autres plantes, comme le Hudsonia tomentosa, après une période diffi- ANNALES DE l\u2019ACFAS 103 cile, ont commencé à proliférer de l\u2019extrémité.En somme, les résultats sont très encourageants, et il est dès à présent certain que l\u2019on pourra cultiver à Montréal la plupart des espèces remarquables de notre Gaspésie.36.\tSur les possibilités offertes par la création du Jardin Botanique de Montréal dans le domaine de l\u2019éducation.\u2014 F.Marie-Victorin.Le Jardin botanique de Montréal est désormais une réalisation grâce à la sympathie concertée de l\u2019opinion publique et des gouvernements.Outre son aspect scientifique, et ses aspects récréatif et touristique, le Jardin botanique offre de très grandes possibilités au point de vue éducationnel: (1) familiariser le public en général, mais en particulier les écoliers et les étudiants avec les plantes indigènes, et les plus remarquables parmi les plantes étrangères, particulièrement les plantes d\u2019importance économique; (2) répandre la pratique de l\u2019horticulture et contribuer à l\u2019embellissement de la maison; (3) contribuer à l\u2019embellissement de l\u2019école de rang; (4) aider à la formation du petit jardinet de l\u2019écolier et de l\u2019écolière; (5) organiser, durant la saison d\u2019été, des démonstrations sur le terrain et durant la saison d\u2019hiver des conférences sur l\u2019horticulture; (6) aider à la formation de petits jardins botaniques dans les maisons d\u2019éducation.37.\tRapport sur l\u2019organisation du catalogue de plant e du Québec.\u2014 F.Marie-Victorin.Avec l\u2019aide d\u2019un octroi du Conseil national des Recherches, le Catalogue des Plantes du Québec a été organisé à l\u2019Institut botanique de l\u2019Université de Montréal.Chaque entité de la flore phané-rogamique et de la flore cryptogamique du Québec est représentée par un dossier contenant la liste des spécimens distribués dans les divers herbiers, avec date, localité, noms des collecteurs et indications bibliographiques.Le dossier contient aussi une carte où les localités connues sont pointées en sorte que le catalogue est non seulement une liste complète des entités mais en même temps un état à jour de la distribution des espèces.Le travail d\u2019inscription est commencé sur divers points à la fois, et il se poursuivra désormais régulièrement à l\u2019Institut botanique de l\u2019Université de Montréal. 104 ANNALES DE L\u2019ACFAS 38.\tSur la valeur taxonomique et la distribution du Picea rubens dans le Québec.\u2014 F.Rolland-Germain, f.e.c.Le Picea rubens est une entité spécifique à contours assez vagues que les botanistes du Québec avaient hésité jusqu\u2019à présent à séparer du P.mariana.La valeur du P.rubens s\u2019impose surtout aux botanistes d\u2019outre-quarante-cinquième qui ont sans cesse cette forme sous les yeux, à l\u2019exclusion de la série déroutante des formes du P.mariana telle qu\u2019elle se présente dans le Québec, surtout boréal.Néanmoins, des observations faites dans le Québec semblent indiquer qu\u2019un P.rubens suffisamment typique se rencontre dans les vallées des rivières afférentes à l\u2019Ottawa (rivière du Nord, rivière Rouge, etc.) ainsi que sur notre frontière sud-ouest (Covey Hill).39.\tMinéraux particuliers du Grenville du canton de Suzor.\u2014 C.Faessler.40.\t\u2014 Études à la base du Grenville.\u2014 C.Faessler.41.\t\u2014 Notes additionnelles sur la géologie de Québec.\u2014 C.Faessler et Abbé J.-W.Laverdière.Section 3: Zoologie et Biologie médicale.1.Répartition de la Pyrale du Maïs (Pyrausta nubilalis Hbn.) dans le Québec.\u2014 Pellerin Lagloire.Introduite dans la Province depuis 10 ans, la Pyrale envahit progressivement les régions à maïs en procédant d\u2019ouest à l\u2019est.Où en est-elle rendue ?Quels dégâts laisse-t-elle sur son passage ?Telles sont les questions auxquelles l\u2019auteur répond avec précision à la suite d\u2019un examen complet de la province.2.Distribution de Rhagoletis pomonelle (mouche des Pommiers) autour des collines Montérégiennes (1935).\u2014 René Mougeot.Résultat d\u2019une enquête faite dans les grandes pommeraies sises autour des monts St-Hilaire, Rougemont et St-Paul d\u2019Abbotsford.Des cartes soigneusement préparées montrent la distribution de ANNALES DE l\u2019aCFAS 105 l\u2019insecte et les variantes de sa nocuité, par rapport à la zone occupée par les vergers.3.\tUne épidémie généralisée du puceron des Carottes, Myzus parcisse, dans la région de Québec, en 1936.\u2014 Georges Maheux.Observations relatives à la première épidémie de cet insecte dont l\u2019auteur ait été témoin depuis deux décades.4.\tInvasion de nouvelles régions du Québec par Lepti-notarsa decemlineata L.\u2014 Georges Maheux.Cette note signale l\u2019apparition du Doryphore de la pomme de terre pour la première fois aux îles de la Madeleine et pour la seconde fois au Témiscamingue en 1936.5.\tEssais de destruction des larves de Hanneton.\u2014 George Maheux et Georges Gauthier.Dans les sols hébergeant une forte population de vers blancs les dégâts qu\u2019ils causent aux récoltes sont très prononcés.Les procédés de culture, utilisés à bon escient, peuvent-ils déterminer un taux de mortalité élevé ?Divers essais prouvent que le moment de moindre résistance au cours de l\u2019évolution de l\u2019insecte se place à la fin de la troisième année de vie larvaire, pendant les 3 ou 4 semaines que dure la nymphose.Dérangés par la charrue ou la herse, pendant cette période où les tissus sont d\u2019une extrême délicatesse, les chrysalides succombent en masse ; si elles réussissent à atteindre le stade d\u2019adulte ce sont des êtres imparfaits dont les ailes restent à l\u2019état embryonnaire.6.\tLe phototropisme des Hannetons a-t-il une valeur pratiquer \u2014\u2022 Georges Maheux et Georges Gauthier.Au printemps de 1936, lors de l\u2019envol en masse des hannetons dans la région au nord de Montréal, les auteurs ont fait une série d\u2019essais avec pièges lumineux pour capturer les Hannetons.Ils ont utilisé sur divers sites des lumières de teintes et d\u2019intensité variables.Les Hannetons ne sont pas attirés au même degré par tous les pièges lumineux; les captures sont surtout abondantes autour des ampoules claires d\u2019une puissance d\u2019au moins 100 watts. 106 ANNALES DE L\u2019ACFAS Par ailleurs, au photropisme positif des mâles correspond le phototropisme négatif des femelles.La valeur pratique de ce mode de piégeage s\u2019en trouve considérablement infirmée.7.\tInsectes aquatiques de l\u2019île d\u2019Orléans (première liste).\u2014 Georges Gauthier.La faune entomologique des eaux douces du Québec est encore très imparfaitement connue.L\u2019exploration systématique d\u2019une unité géographique restreinte et facile d\u2019accès comme l\u2019île d\u2019Orléans nous a paru chose désirable.La présente liste, nonobstant son caractère préliminaire, montre la grande variété des espèces et des groupes qui habitent au stade larvaire les ruisseaux de cette île: Coléoptères, Diptères, Hétéroptères, Ephémères, Odonates, Plé-coptères, Trichoptères et Amphipodes, soit 23 espèces.8.\tEssais d\u2019acclimatation de la Mante religieuse.\u2014 R.Potvin et M.Giroux.Commune dans le Midi de la France, où Fabre l\u2019a magistralement observée et décrite, la Mante religieuse a fait depuis quelques années son apparition aux États-Unis; elle remonte actuellement jusqu\u2019au nord de la Pensylvanie, où on la trouve fréquemment à l\u2019état sauvage.Des oothèques maintenus tout l\u2019hiver à la température de la glacière, puis réchauffés en avril, ont fourni un très fort pourcentage d\u2019éclosions.L\u2019élevage se fait facilement malgré un déchet considérable dû à l\u2019encombrement et au cannibalisme.Inoffensive et insectivore, la Mante serait sans doute un insecte à propager.Des essais d\u2019acclimatation sur une plus grande échelle sont en cours.9.\tLa Mouche à scie du Bouleau, Hylotoma McLeayi Leach.\u2014 René Gobeil.Ce Tenthrédinidé est un insecte peu connu s\u2019attaquant aux feuilles de Bouleaux et autres feuilles.A la réserve de Parke, Co.Kamouraska, il n\u2019y a qu\u2019une génération par an.La larve hiverne sous la mousse dans un cocon à paroi double.L\u2019adulte émerge vers la mi-juillet et meurt au bout de neuf à onze jours.Les femelles sont parthénogénétiques et pondent approximativement 45 œufs qui sont déposés dans l\u2019épiderme des feuilles sur le bord de celles-ci.La période d\u2019incubation est d\u2019environ 17 jours.Les larves passent ANNALES DE L\u2019 A CF AS 107 par 5 stades avant de filer leur cocon.Elles dévorent les feuilles et cette période de nocivité dure un mois.Le cocon est à paroi double: une extérieure tissée lâche et une autre intérieure plus compacte et parcheminée.Trois espèces de parasites furent trouvés sur cet insecte: deux Ichneumonides, Stylocryptus mucronatus Pro.et une espèce du genre Proterops.L\u2019autre parasite est un Tachinide du genre Lydélla.10.\tLe Coléoptère européen Staphylinus globulifer dans le Québec.\u2014 Gustave Chagnon.Découverte à Montréal du Staphylinus globulifer Fourc.(Note publiée dans le \u201cCanadian Entomologist\u201d, 68: 116.1936.) 11.\tUne Fourmi ponérine nouvelle pour le Québec.\u2014 Gustave Chagnon.Une colonie de la fourmi Stigmatomma pallipes Hald.a été trouvée à Saint-Joseph-du-Lac, comté des Deux-Montagnes, par le frère Jules, f.e.c.du Collège de Longueuil, le 26 avril 1936.La capture de cette intéressante espèce qui compte au nombre des plus primitives Fourmis, n\u2019a pas encore été signalée, ni pour le Québec, ni pour le reste du pays.12.\tA propos de la substance d\u2019Oriel.\u2014 Alphonse Bernier.Oriel en 1930 isolait de l\u2019urine des porteurs de manifestations allergiques une substance extraite par l\u2019éther en milieu acide et il en fit une protéose spécifique de l\u2019allergie en cause.Injectée dans le derme elle donnait, suivant Oriel et ses collaborateurs, une réaction spécifique et avait des effets thérapeutiques remarquables.L\u2019école dermatologique française de Lyon prétend aussi avoir obtenu des effets semblables.Suivant rigoureusement les données techniques de l\u2019école française l\u2019auteur a essayé d\u2019obtenir les mêmes résultats.La substance d\u2019ORiEL fut isolée chez seize malades.Sur huit eczémas chroniques, il y eut: 2 guérisons, 3 améliorations, et 3 échecs; sur 1 cas d\u2019eczéma allergique: 1 échec; sur un cas d\u2019eczéma dishidrosique: 1 échec; sur 2 cas d\u2019asthme: 1 amélioration, 1 échec; sur 3 cas de prurigo: 1 guérison, 2 échecs; sur 1 cas de dermatite artificielle: 1 guérison.Les résultats ne sont donc pas aussi concluants qu\u2019on l\u2019a prétendu. 108 ANNALES DE L ACFAS 13.\tSur l\u2019origine des ganglions crâniens chez un Ganoi'de, Amia calva.Notes préliminaires.\u2014 Wilbrod Bonin.D\u2019après certains auteurs les ganglions des nerfs crâniens se forment à la fois aux dépens de la crête ganglionnaire et aux dépens de l\u2019épiblaste suivant un rapport qui varie pour chaque espèce animale et même pour chaque ganglion.Néanmoins la plupart n\u2019admettent pas la contribution de l\u2019épiblaste.L\u2019auteur a étudié l\u2019origine des ganglions crâniens chez un Ganoïde, Amia calva.Certaines cellules des placodes épiblastiques (zones localisées dans la tête ou l\u2019épiblaste s\u2019épaissit par multiplciation cellulaire) perdent contact, s\u2019isolent et émigrent dans la profondeur, c\u2019est-à-dire dans la zone occupée par la crête ganglionnaire correspondante.Elles acquièrent un aspect neuroblastique pendant leur progression puis s\u2019associent pour constituer un ganglion.Les figures de migration et de transformation neuroblastique sont très nettes et ne permettent pas de doute pour tous les ganglions annexés aux nerfs crâniens sauf pour celui de la ligne latérale de la septième paire.L\u2019étude d\u2019embryons plus jeunes permettra de rechercher la contribution de l\u2019épiblaste à ce dernier ganglion.Les placodes épiblastiques jouent, par conséquent, un rôle primordial dans la formation des ganglions crâniens.14.\tTraitement de la péritonite diffuse appendiculaire par l\u2019appendicostomie.\u2014 Achille Paquet.La péritonite diffuse d\u2019origine appendiculaire est guérie plus sûrement en complétant l\u2019opération par un drainage du cæcum fait à l\u2019aide d\u2019un cathéter Nélaton, opération appelée appendicostomie.Nos statistiques ont été améliorées de façon très appréciable, depuis que nous appliquons cette méthode dans le traitement chirurgical de l\u2019appendicite aiguë compliquée de péritonite diffuse.15.\tOstéomyélite aigue de la colonne vertébrale.\u2014 Jacques Tremblay.La littérature médicale ne mentionne qu\u2019environ 200 cas d\u2019ostéomyélite aiguë de la colonne vertébrale.L\u2019auteur présente un cas étudié récemment par lui et insiste sur la question des atteintes du rachis par le Staphylocoque.La commuaication comprend les aspects suivants: historique, étiologie, anatomie pathologique, étude clinique, évolution, diagnostic, pronostic et enfin traitement. ANNALES DE L\u2019A CF AS 109 16.\tAnomalie de la vésicule biliaire.\u2014 R.Potvin et L.Payeur.Les auteurs ont observé une patiente dont le foie était muni de deux vésicules bien constituées.Il s\u2019agit d\u2019une anomalie de l\u2019embryogénèse provenant du dédoublement précoce du bourgeon vésiculaire.Pas plus que le dédoublement ou la bifidité du pouce, de la langue ou de l\u2019utérus, cette anomalie n\u2019a de conséquences pathologiques.Elle témoigne une fois de plus de la fréquence insoupçonnée des malformations viscérales.17.\tHernie colique dans la plèvre gauche.\u2014 R.Potvin et L.Payeur.La hernie du colon à travers le diaphragm est d\u2019occurrence rare, mais non rarissime.Un cas observé récemment est celui d\u2019une jeune fille venue à l\u2019hôpital pour troubles abdominaux plutôt vagues.L\u2019examen radiologique a révélé dans la plèvre gauche la présence d\u2019un très long segment colique remontant jusqu\u2019à la clavicule.La coupole diaphragmatique gauche était réduite à deux bandes musculaires bordant un immense hiatus.Il s\u2019agit d\u2019une malformation d\u2019origine embryonnaire par cloisonnement incomplet de la cavité coelomique.18.\tNotes sur un cas de pseudo-intersexualité chez le porc.\u2014 Maurice St-Pierre et Paul-Émile Bernier L\u2019examen des organes génitaux d\u2019une « femelle )), qui urinait de façon anormale révéla la présence d\u2019un seul testicule dans un scrotum imparfait et l\u2019atrésie de la poche préputiale.La verge au lieu d\u2019être prolongée sous le ventre sortait sous l\u2019anus; elle était dirigée vers la queue.L\u2019autopsie dévoila la présence d\u2019un second testicule beaucoup plus petit que le premier; il était placé dans la cavité abdominale et suspendu près des reins.Les canaux déférents étaient accolés à de petites trompes utérines.Ces dernières se joignaient pour former un conduit assez large analogue au vagin.Un cordon très dur ressemblant à la verge fut trouvé à la suite de ce conduit.Ce cordon replié plusieurs fois sur lui-même se terminait à la vulve et se prolongeait d\u2019environ deux pouces à l\u2019extérieur.La verge n\u2019était pas en communication avec le vagin.Ce genre de développement anormal se rencontre presque exclusivement chez le 110 ANNALES DE L\u2019ACFAS mâle.La pseudo-intersexualité peut s\u2019expliquer par un déséquilibre endocrinien durant la période de différentiation des organes sexuels accessoires chez l\u2019embryon.19.\tNote sur l\u2019hérédité de la coloration des tarses chez la poule domestique.\u2014 Paul-Emile Bernier.Le croisement d\u2019un coq nain Sebright doré (tarses noirs) avec des poules Brahma pâles (tarses jaunes) a donné des mâles avec tarses blancs et des femelles avec tarses noirs.Les sujets de cette F j ont donné une F 2 se répartissant comme suit pour la coloration des tarses: 9 avec tarses noirs; 3 avec tarses blancs; 3 avec tarses verts et 1 avec tarses jaunes.Deux facteurs seraient responsables de la pigmentation des tarses; une paire empêchant la déposition de pigment lipochrome et l\u2019autre favorisant la déposition de mélanine.Employant la lettre A pour le premier facteur et la lettre B pour le deuxième nous aurions les phéno-types suivants: AB = noir, aB = vert, Ab = blanc, ab = jaune.Cette hypothèse vient en contradiction avec tous les travaux antérieurs.La plupart des investigateurs n\u2019ont pas continué leur étude à la F 2.Ils ont toujours conclu que le facteur de pigmentation mélanique est récessif et lié au sexe.Cette conclusion ne s\u2019accorde pas avec nos résultats vu le rapport 9:3:3 :1 de la F.2 Pour expliquer le dimorphisme sexuel de la F t au point de vue coloration des tarses, l\u2019auteur émet l\u2019hypothèse que chez la poule, l\u2019hormone ovarienne de concert avec le gène B étend la mélanine aux tarses.Normalement les modificateurs qui empêchent la mélanine de se déposer chez le coq devraient agir de même chez la poule.20.\tRésultat d\u2019un croisement entre un canard Coureur indien fauve et blanc et une cane Pékin blanche.\u2014 Paul- Emile Bernier.Le croisement d\u2019un canard Coureur indien fauve et blanc et d\u2019une cane Pékin blanche a donné les résultats suivants: les mâles ont un plumage gris bleu sur le corps, une étroite bande blanche sur le cou et une tête brune (un des mâles a du rouge sur la poitrine).Les femelles ont un plumage fauve à l\u2019exception d\u2019un collier blanc.Ces résultats démontrent l\u2019existence d\u2019un caractère de pigmentation lié au sexe.Le canard Coureur monogamétique posséderait ce caractère à l\u2019état récessif tandis qu\u2019il serait à l\u2019état dominant chez ANNALES DE L\u2019ACFAS 111 la cane Pékin, qui est digamétique.Comme ce caractère de pigmentation ne s\u2019exprime pas chez la cane Pékin, il faut supposer l\u2019existence de facteurs empêchant la déposition de pigment, tels que déficience d\u2019oxidase ou de chromogène.Ce croisement a aussi démontré que le collier blanc du Coureur indien est un caractère dominant.21.\tDécouverte d\u2019une Man tide nouvelle pour le Québec.\u2014 F.Jules, f.e.c.Un Orthoptère, Paratenodera sinensis Sauss., (Famille des Mantidés), a été capturé à Longueuil, Qué., le 14 septembre 1936.Cette espèce est originaire d\u2019Asie.Elle fut introduite dans l\u2019est de États-Unis en 1895 et se répandit rapidement dans les Etats de New-York, New-Jersey, Connecticut, etc.C\u2019est la première fois que sa capture est signalée dans le Québec.22.\tLa congélation moderne des poissons ou sur une récente découverte relative à la congélation du poisson.\u2014 Louis Bérubé.La congélation dans l\u2019air donne un produit dont la cristallisation cellulaire est forte au point de briser et dissocier la cellule elle-même.La congélation dans un liquide réfrigérant, saumure de calcium, de sodium, etc.est venue corriger les défauts de la première mais n\u2019a pu être simplifiée au point de devenir pratique.De plus elle a ses limitations.Enfin l\u2019on a trouvé un moyen terme, l\u2019air humide.Par ce système l\u2019on tient un air saturé d\u2019humidité constamment en circulation autour du poisson à congeler.23.\tLes variations de couleur des feuilles de pois en fonction de l\u2019activité du puceron Illinoia pisi Kalt.\u2014 J.-B.Maltais.24.\tSur la diminution du nombre des complexes neuroinsulaires dans le diabète.\u2014 L.-C.Simard.Dans six pancréas prélevés chez les diabétiques, les complexes neuro-insulaires ont considérablement diminué de nombre et parfois disparu dans des tranches du corps de la glande coupée en série. 112 ANNALES DE L\u2019ACFAS Il existe peut-être une relation de cause à effet entre cette diminution et disparition des complexes et le diabète.25.Détermination de la teneur en C02 dans certains tissus de Mollusques.\u2014 Louis-Paul Dugal.Avec l\u2019appareil Van Slyke, tel que modifié par Irving et Ferguson, l\u2019auteur a fait plusieurs déterminations de la teneur en CO 2 des muscles lent et rapide de Pecten irradians, du muscle palléal de Venus mercenaria, des manteaux de V.mercenaria, P.irradians, et Mya arenaria; enfin des tiges cristallines de P.irradians.Le muscle rapide contient moins de C02 que le muscle lent, Le manteau de V.mercenaria contient de 16 à 22%; celui de P.irradians de 18 à 22%; chez M.arenaria, où la coquille est plus frêle, la quantité de C02 dans le manteau est moindre, soit de 10 à 16%.Quelle que soit l\u2019espèce, il y a moyen d\u2019augmenter considérablement la teneur en CO 2 du manteau en variant les conditions de milieu.Toutes ces constatations, au sujet du manteau, attirent l\u2019attention sur la relation qui semble exister entre la nature de la coquille et la teneur en CO 2 du manteau.Les études des tiges cristallines n\u2019ont pas donné de résultats bien significatifs, sauf que la teneur en CO 2 de ces tissus est très faible, de 2 à 3%.26.Un problème de calcification chez Venus mercenaria.\u2014 Louis-Paul Dugal.L\u2019auteur démontre que le procédé de formation de la coquille chez Venus mercenaria est réversible, dans certaines conditions.Cette conclusion est basée sur l\u2019augmentation en CO 2 du liquide de la cavité palléale; le C02 passe de 5% chez un sujet normal et frais, à 65% et 70% chez un sujet conservé en dehors de l\u2019eau au delà de 100 heures.Et il faut bien remarquer que dans ces cas de pourcentage élevé en C02, il ne s\u2019agit pas d\u2019individus mourants: car, la teneur en CO 2 redevient normale lorsque les individus sont replacés dans leur milieu.Dans les mêmes conditions, on remarque les mêmes changements pour le calcium du liquide de la cavité palléale, pour le CO 2 et le calcium du liquide coelomique, pour la capacité du CO 2, pour le CO 2 et le calcium du manteau.Le pH est constant; il semble donc qu\u2019il faille attribuer la dissolution de la coquille à une diastase qui serait présente dans le manteau. ANNALES DE L\u2019ACFAS 113 27.\tNote préliminaire sur les Coelentérés épiphytes de Boltenia ovifera de l\u2019estuaire du St-Laurent et addition à la liste des espèces de Coelentérés du même endroit.\u2014 Louis-Paul Dugal.Les Boltenia ovifera, Ascidies qui ressemblent à des pommes de terre, récoltées dans l\u2019estuaire du St-Laurent par le personnel du laboratoire de la Station biologique de Trois-Pistoles pendant les saisons 1932, 1933 et 1934, sont recouvertes d\u2019épiphytes, animaux et végétaux.Les groupes d\u2019épiphytes animaux les plus importants sont des Coelentérés et des Bryozoaires.Nous avons commencé l\u2019étude de ces coelentérés épiphytes.Il y en a 29 espèces, dont quelques-unes ont déjà été mentionnées pour d\u2019autres localités de l\u2019estuaire du St-Laurent par M.Georges Préfont aine; une quinzaine sont mentionnées pour la première fois.Deux ou trois espèces sont critiques.28.\tRésultats de l\u2019empoissonnement des lacs par hydravion.\u2014 Gustave Prévost.A l\u2019automne de 1935, le Service de Pisciculture autorisa l\u2019auteur à lancer d\u2019un hydravion volant à 100 pieds d\u2019altitude, dans un lac dépourvu de tout poisson 1000 fretins de truite mouchetée.Ce fretin mesurait alors 9 cm.et pesait 10 gr.A l\u2019automne de 1936, on capturait dans ce lac des truites d\u2019une longueur de 22 cm.et d\u2019un poids de 142 gr.Ces résultats démontrent donc l\u2019innocuité de cette méthode d\u2019empoissonnement.29.\tUne pièce rare: la thèse du docteur Pierre de Sales Laterrière sur la fièvre puerpérale.\u2014 Léo Pariseau.En 1766 débarquait à Québec l\u2019aventureux Pierre de Sales Laterrière.En 1812 il rédigeait des mémoires que la famille fit imprimer en 1873.M.Pariseau n\u2019ajoute pas foi aux pages où Laterrière raconte sa vie médicale.Celui-ci, par exemple, dit avoir été témoin des premières tentatives de transfusion sanguine, bientôt interdite par le Roi.Or cela se passait exactement un siècle auparavant! Laterrière se sera trompé en recopiant une note destinée à donner apparence de vérité à ses fantaisies.En 1786 la pratique de la médecine fut réglementée au Bas Canada: Invité à produire ses diplômes, Laterrière allégua qu\u2019il les avait perdus.On l\u2019obligea à faire un stage dans une université.Il choisit Cam- 114 ANNALES DE L ACFAS bridge (aux États-Unis).Il y soutint une thèse intitulée \u201cA dissertation on Puerperal Fever\u201d (Boston, 1789).C\u2019est cette pièce rarissime que M.Pariseau présente et discute.30.Sur les pas d\u2019Audubon: notes sur l\u2019avifaune labra-dorienne.\u2014 Abbé René Tanguay.L\u2019auteur a visité en compagnie de M.Harrisson Lewis les principaux refuges situés entre le détroit de Belle-Isle et Mingan, soit ceux de Bradore, de St-Augustin, des îles Ste-Marie, de l\u2019Oua-pitagan, la réserve des Goélands de Delaware à la pointe au Mau-rier.Il en a rapporté une documentation photographique abondante particulièrement sur les espèces suivantes: le Macareux arctique, le Pingouin commun, le Guillemot, la Sterne commune, la Sterne arctique, le Faucon pèlerin, le Petrel, le Pinson de Lincoln, le Pinson à couronne blanche.Section 1+: Sciences morales.1.Sur la notion d\u2019aventure: I Structure du complexe d\u2019Ulysse; II Leitmotiv dans la littérarure contemporaine.\u2014 Pierre MacKay Dansereau.(1) Mécanisme: L\u2019aventure n\u2019est ni un accident ni un effet direct de la volonté, c\u2019est une formule de vie qui résulte d\u2019un instinct bien défini et reconnaissable dans les actes du sujet.Quatre éléments principaux dans le mécanisme: absorption dans le présent et dans le milieu; affinité marquée pour ce qui est différent de lui; indifférence à la tradition; espérance tenace en des lendemains glorieux.(2) Structure essentielle: Sens analytique,\u2014>¦ discontinuité d\u2019intention\u2014extroversion»\u2014^-aventure.Structure secondaire: non-sentimentalité\u2014^curiosité\u2014^-instabilité\u2014^intrépidité ; goût de l\u2019expérimentation\u2014*-foi en elle seule\u2014^horreur du définitif.(3) Valeur morale: aucune en soi.Tendance à plusieurs sauts; susceptibilités de polarisation dans un sens constructif (aventure-pensée ou aventure-entreprise).(4) Leitmotiv dans la littérature contemporaine: André Gide, Marc Chadourne, Marcel Pagnol, André Malraux, Roger Martin du Gard, O\u2019Neill, Thomas Wolfe, Hugh Walpole, William Seabrook, Walt Whitman, Alfred Des Rochers, Léo-Paul Desrosiers.(Notes critiques). ANNALES DE L\u2019ACFAS 115 2.\tL\u2019équation réversible entre Masse et Energie (M^=£E) en regard de la philosophie.\u2014 Lucien Matte, s.j.La matérialisation interne du photon répugne philosophiquement, à moins que l\u2019on admette que le rayonnement, du moins en partie, est de nature matérielle, que ces photons ont un support matériel, qu\u2019ils sont des parcelles infimes de matière, en définitive, philosophiquement parlant, une substance capable de se soutenir par elle-meme.Les physiciens modernes se rallieront-ils un jour à ces vues ?Nous savons cette hypothèse gratuite, mais nous croyons pouvoir démontrer qu\u2019elle n\u2019est pas antiscientifique.L\u2019annihilation de la matière, a notre sens, n\u2019est qu\u2019apparente.Conséquemment, pas de difficulté réelle pour la philosophie.Dans le cas où l hypothèse prônée ci-haut serait reçue, l\u2019équation réversible entre masse et énergie (M^TE) ne présenterait plus de difficulté philosophique, nous aurions de la matière ordinaire qui se transformerait en une autre sorte de matière, que nous voudrions appeler (p.296).« Et y a en toutes ces terres4 grand quantité d\u2019arbres et de plusieurs sortes, comme chaignes, fraignes, cèdres, ciprez, hommeaulx, arables, fayens, arbres de vye, qui portent médicine ; ilz ont la gosme blanche comme neige ; pyns privés, desquelz on faict les matz de navires, trambles, boulz, lesquelz resemblent à cerisiers.Et y a des cèdres fort gros.Aussi y a forces noix et nusilles, et y a esté trouvé prunes rouges de manière de ces prunes que nous appelions cou-brejau.Aussi y a force poix de la nature de la terre et forces groi-selles et fraizes.[.] Et toute chose que l\u2019on y sème n\u2019est que deux ou trois jours à venir sur terre.Le bled y croist si bien que j\u2019ay compté en vne espy de bled six vingtz grains, mesme grain que celluy de France, lequel avoit faict semer Jacques Quartier.Et la terre est si bonne que si vous le semez en mars, il sera mûr à la my 1\tBaie de Gaspé.2\tLa Côte-nord depuis Anticosti jusqu\u2019au Saguenay environ.3\tLes montagnes de la Gaspésie.4\tLes rives du Saint-Laurent, particulièrement en amont de Québec. 174 ANNALES DE L\u2019ACFAS (24) aoust.Les eaues y sont beaucoup meilleures qu\u2019elles ne sont en France.Et mon advis est tel, que si la terre estoit labourée et plaine de gens, qu\u2019elle seroit aussi chaulde que la Rochelle.Et qui cause qu\u2019il y neige si souvent, c\u2019est que quant il pleut, la pluye se con-vertist en neige.Et n\u2019y pleut sinon du vent vers oriant ; et devers occident n\u2019y pleut point.Et devers le vent de septentrion y a abundance de neiges, et y neige si fort en novembre, décembre, janvier et febvrier que la neige monte bien environ la haulteur de six piedz.Il y a d\u2019aussi belles forestz comme est au monde possible de veoir.» (pp.298-299).André Thêvet1 Le moine Thévet, natif d\u2019Angoulême, fit un voyage en Amérique du sud, d\u2019où il revint en 1556.C\u2019est à la suite de ce voyage qu\u2019il publia « Les singularitez de la France antarctique, autrement nommée Amérique.» Il publia plus tard (1575) la « Cosmographie universelle » dont les passages relatifs au Canada sont en grande partie une répétition de ceux de l\u2019ouvrage précédent.Il ne vint jamais au Canada ; mais se renseigna sur ce pays auprès de Cartier et de Donnacona, emmené en France en 1535.On ne peut donner, en général, beaucoup de crédit à ces témoignages de ouï-dire.« Les singularitez de la France antarctique » furent publiées en 1557-58.Paul Gaffarel en a donné une édition en 1878.C\u2019est de cette édition que proviennent les extraits suivants intéressant le Canada.« Cette région 2 est habitée de plusieurs gens, d\u2019assez grande corpulence, fort malins, et portent ordinairement visage masqué, et déguisé par linéamants de rouge et pers : lesquelles couleurs ils tirent de certains fruits.» (p.400).« Puis par les neiges qui leur sont familières, toute l\u2019année, suyvans les cerfs au trac par lesdites neiges assez profondes, descouvrent la voye, laquelle estant ainsi découverte, vous y planteront branches de cedre qui verdoyent en tout temps, et ce en forme de rets, sous lesquelles ils se cachent armez en ceste manière.» (p.404).1\tPour des raisons d\u2019ordre typographique, il a fallu reconstituer les nasales an, en, in, on, un, quand les voyelles a, e, i, o, u étaient surmontées de tilde.2\tGolfe Saint-Laurent. (25) ANNALES DE L\u2019ACFAS 175 « Aussi ne veux omettre cecy qui est singulier, que quand lesdits Sauvages sont malades de fievre ou persécutez d\u2019autre maladie intérieure, ils prennent des fueilles d\u2019un arbre qui est fort semblable aux cedres, qui se trouvent autour de la montagne de Tarare, qui est au Lyonnois : et en font du ius, lequel ils boivent.1 Et ne faut doubter que dans vingt quatre heures il n\u2019y a si forte maladie, tant soit elle inveterée dedans le corps, que ce breuvage ne guérisse : comme souventes fois les chrestiens ont expérimenté, et en ont apporté de la plante par deçà.» En marge : « Bruvage souverain dont ils usent en leurs maladies.» (p.404-405).« Ils habitent par villages et hameaux en certaines maisons, faites à la façon d\u2019un demy cercle, en grandeur de vingt à trente pas, et dix de largeur, couvertes d\u2019ecorces d\u2019arbres, les autres de ioncs marins.» (p.408).« Nous avons dit qu\u2019ils couvrent leurs maisons d\u2019ecorces de bois, aussi en font-ils barques, pour pescher en eau douce et salée.» (p.409).« D\u2019avantage lesdits canadiens habitet en conmunité, ainsi que les Amériques, et là travaille chacun selon ce qu\u2019il sçait faire.Aucuns font pots de terre, les autres plats, escuelles et cuillers de boys : les autres arcs et fléchés, paniers, quelques autres habillemens de peau, dont ils se couvrent couvrent contre le froid.Les femmes labourent la terre, et la remuent avec certains instrumens faits de longues pierres et sement les grains du mil spécialement, gros conme pois, et de diverses couleurs, ainsi que l\u2019on plante les legumes par deçà.La tige croist en façon de cannes à sucre, portant trois ou quatre espis, dont y en a tou-siours un plus grand que les autres, de la façon de nos artichaux.Ils plantent aussi des feves plates et blanches conme neige, lesquelles sont fort bonnes.Il s\u2019en trouve de ceste espece en l\u2019Amérique et au Peru.Il y a d\u2019avantage force citrouilles et coucourdes, lesquels ils mangent cuites à la braise, conme nous faisons les poires de par deçà.Il y a en outre une petite graine fort menue2, ressemblant à la graine de Mariolaine, qui produist une herbe assez grande.Ceste herbe est merveilleusement estimée, aussi la font ils secher au Soleil, après en avoir fait grand amas: et la portent à leur col ordinairement en de 1\tSerait-ce l\u2019annedda?2\tThévet ne semble pas se douter qu\u2019il s\u2019agit du tabac qu\u2019il a déjà rencontré dans l\u2019Amérique du sud et longuement décrit dans le même ouvrage.(Voir pélun dans la liste annotée). 176 ANNALES DE L\u2019ACFAS (26) petits sachets de peaux, de quelque beste, avec une manière de cornet persé, où ils mettent un bout de ceste herbe ainsi sechée: laquelle ayans frottée entre leurs mains, y mettent le feu et en reçoivent la fumée par la bouche par l\u2019autre bout du cornet.Et en prennent en telle quantité, qu\u2019elle sort par les yeux et par le nez : et se perfument ainsi à toutes heures du iour.» (pp.410-412).« Pour continuer nostre propos, les femmes de Canada portent chausses de cuir tanné, et fort bien labouré à leur mode, enrichi de quelque teinture faite d\u2019herbes et fruits, ou bien de quelque terre de couleur, dont il y a plusieurs especes.» (p.416).« Quant au traitement de leurs petis enfans, ils les lient et enveloppent en quatre ou cinq peaux de martres cousues ensemble : puis les vous attachent et garrottent sur une planche ou ais de bois persée à l\u2019endroit du derrière, en sorte qu\u2019il a tousiours ouverture libre, et entre les iambes comme un petit entonnoir, ou gouttière faite d\u2019écorce mollette, ou ils font leur eau.» (pp.417-418).« Et ainsi s\u2019en viennent sur l\u2019eau, avec leurs petites barquettes\u2019 longues, et larges bien peu, faites d\u2019escore de bois, ainsi qu\u2019en l\u2019Ame-rique et autres lieux circonvoisins.» (p.421).« Ils usent1 pareillement de poisons faits d\u2019aucunes fueilles d\u2019arbres, herbes, et fruits, lesquelles matières sechées au Soleil, ils mestent parmi ces fagots et ramages, puis y mettent le feu de loing, voyans approcher leurs ennemis.» (p.422).Une gravure accompagne cette description (p.421).« Ainsi se combatent ces canadiens à coups de fléchés, rondes massues, basions de bois à quatre quaires, lances et piques de bois, aguisées par le bout d\u2019os au lieu de fer.» (pp.423-224).« II2 porte plusieurs arbres et fruits, dont nous n\u2019avons la cognoissance par deçà.Entre lesquels y a un arbre3 de la grosseur et forme d\u2019un gros noyer de deçà, lequel a demeuré longtemps inutile et sans estre congnu, iusques à tant que quelcun le voulant coupper en saillit un suc, lequel fut trouvé d\u2019autant bon goust, et délicat, que 1\tPendant les guerres.2\tLe Canada.3\tL\u2019érable à sucre.Gaffarel, à tort, dit que c\u2019est une espèce de hêtre, sans doute parce que Sagard a écrit déjà: «on faisoit une fente dans l\u2019escorce de quelques gros fouteau, et avec une escuelle on amassoit la liqueur ».Le fouteau, diminutif de fou (éty.latin fagus), ancien nom du hêtre. (27) ANNALES DE L\u2019ACFAS 177 le bon vin d\u2019Orléans, ou de Beaune : mesme fut ainsi jugé par noz gens qui lors en firent l\u2019expérience : c\u2019est à sçavoir le capitaine et autres gentils honmes de sa compagnie, et recueillirent de ce ius sur l\u2019heure de quatre à cinq grands pots.le vous laisse a penser, si depuis ces Canadiens afriandez à ceste liqueur ne gardent pas cest arbre chèrement, pour leur bruvage, pusqu\u2019il est ainsi excellent*.Cest arbre, en leur langue est appelé Couton.Une autre chose quasi incredible est, qui ne l\u2019auroit veüe.Il se trouve en Canada plusieurs lieux et contrées, qui portent très beaux ceps de vigne, du seul naturel de la terre, sans culture, avec grande quantité de raisins gros, bien nourris, et très bons a manger : toutefois n\u2019est mention que le vin en soit bon en pareil.» (pp.427-429).La « Cosmographie universelle d\u2019André Thévet», publiée en 1575, comprend, au livre XXIIIe, deux chapitres (3 et 4, feuilles 1008, verso, à 1016, recto).Cet ouvrage renferme les extraits botaniques suivants : « En la région donc plus voisine de la Floride (que aucuns ont appellee terre Françoyse, & ceux du pays Norombegue1 2) la terre est assez fertile en diverses sortes de fruictz, comme sont Mandourles, qui est un fruict fait comme une citrouille, l\u2019eau duquel est fort bonne, & la chair délicate.» (p.1010 verso).« Les couleurs dequoy ils3 se paignent la face, sont tirées de certaines herbes & fleurs, desquelles ils espraignent le iust, & lors en font leur painture aussi vive, que vous feriez icy avec de l\u2019Azur, ou de la Laque la plus fine que on vous apporte des pays Orientaux.Ils ont du millet pour vivre, & en font de la farine.Ils ont des melons aussi, mais non si bons que par deçà4, .» (p.1010 verso).« La plus part de leurs combatz5 se donnent sur les rivieres, dans leurs petites barquettes, qui sont longues, & bien peu larges, faites d\u2019escorce de boys, comme en plusieurs endroits les Sauvages en usent.» (p.1012 recto).1\tVoir plus loin le texte de la p.1014 de la Cosmographie universelle de Thé vet.2\tNouvelle-Angleterre et Nouvelle-Écosse en partie.3\tLes Indiens dans la région du golfe St-Laurent, mais au sud de la baie des Chaleurs.* i.e.plus au sud.4\tChez les mêmes Indiens que précédemment. 178 ANNALES DE L\u2019ACFAS (28) « Or 1 pour se fortifier sans perte de leurs gens, ils ont force fagots, fassines, pieces, & rameaux de boys de Cedre, tout gressé de gresse de Loup marin, & autres poissons, & quelque composition venimeuse : & voyans leurs ennemys, taschent de se tourner contre le vent, & le mettre à leur adversaire en face : & lors ils mettent le feu en ces fagots, desquels sort une fumee si espaisse, noire et dangereuse à sentir, tant pour la puanteur des matières, que poisons mixtionnees qui sont en ces fagotz, que plusieurs en sont suffoquez.Ils ont aussi des arbres, lesquels sont fort haults & grands, desquels ils n\u2019usent que pour cest effect, a cause qu\u2019ils sont si venimeux, que la seule odeur de leur fumée fait mourir un homme : & si quelqu\u2019un s\u2019endort dessoubs, il sent un tel estonnement de teste, que s\u2019il n\u2019y remedie soudain, il se met en danger de perdre la vie : & l\u2019appellent Hoga Athau2, qui signifie autant que arbre froid.Desquels arbres, les feuilles & branches estans coupees par morceaux, rendent un certain laict iaunastre, dont ils frottent leurs flesches pour les envenimer.C\u2019est de ce iust que les Canadeens usent en leurs guerres, pour faire mourir ceux à qui ils ont affaire.» (p.1012 recto et verso).« Ne penses qu\u2019ils aillent sans ordre3, veu qu\u2019ils font des enseignes de branchages, de bouleaux, ou autres arbres.» (p.1012 verso).« Il se trouve en ce pays4 * force citrouilles & coucourdes, qu\u2019ils nomment Casconda, lesquelles ils mangent cuites à la braise, comme nous faisons les poires.Usent aussi de certaine graine menue, comme celle de Margeolaine, laquelle toutefois sort d\u2019une herbe assez grande, nommee Theniot.6 Cette herbe est fort estimee entre eux : laquelle ils amassent à taz, & la font seicher au Soleil, & puis estant seiche, ils la pulvérisent, & la mettent dans des sachets de cuir.C\u2019est de ceste pouldre, qu\u2019ils se parfument bien souvent le long du iour, en mettans dans un cornet, & y mettans le feu de l\u2019autre part, puis reçoivent ceste fumee, de telle sorte qu\u2019elle leur desgorge & par les yeux & par autres conduits du visage, disans que cela les conserve en vie.En lieu que ceux-cy usent de telle pouldre, ceux de nostre 1\tPendant les combats dans la région du St-Laurent.2\tMancénillier.8 Indiens du Canada, à la guerre.4 Canada.6 C\u2019est le tabac.Thévet ne se doute pas que c\u2019est le pétun de l\u2019A- mérique du Sud dont il parle longuement ailleurs. (29) ANNALES DE l\u2019aCFAS 179 Antarctique 1 prennent du Petun, dans une fueille de Palme, pour le plaisir qu\u2019ils ont sentans une bonne odeur : Et vous en puis asseurer, pour l\u2019avoir expérimenté, de combien cela est profitable pour purger le cœur.Au reste, le pays de Canada est beau de soy, en belle assiette, & bien plaisante.Il y a force arbres, & de diverses sortes, desquels nous n\u2019avons aucune cognoissance pardeçà, & qui ont grande propriété : & en fut apporté plusieurs plantes et arbrisseaux, que Ion voit encores auiourd\u2019huy au iardin Royal de Fontainebleau.Entre autres s\u2019en trouve un, qu\u2019ils nomment Cotony, lequel est de la grosseur d\u2019un gros noyer pardeçà2.Cest arbre a esté long temps inutile & sans aucun proffit, iusques à ce que quelcun des nostres le voulans coupper, dés qu\u2019il l\u2019eut touché au vif, en feit sortir une liqueur en quantité, laquelle estant goustee, fut trouvée de si bon goust, que plusieurs l\u2019esgalloient à la bonté du goust de vin, de sorte que plusieurs recueillerent de ceste liqueur en abondance, & ayda à rafraischir les nostres : Et pour voir & experimenter dont procedoit la source de ceste boisson, ledit arbre fut scié, le tronc duquel estant par terre, fut trouvé comme chose miraculeuse au cœur de l\u2019arbre, une Fleur de lys bien effigiee.Les Canadeens n\u2019oubliront pas l\u2019ex-ellence de ceste liqueur, & se souviendront tousiours de ceux qui en trouvèrent l\u2019usage, veu la bonté de ce breuvage, meilleur pour vray, que celuy duquel auparavant ils usoient, comme plusieurs de leurs voisins.Outre cestuy y en croist un autre, qu\u2019ils appellent Auzuba, lequel est grand & gros, & les fueilles semblables à celles de noz poiriers, mais beaucoup plus espaisses.Le fruict est bien des plus délicats qu\u2019on sçauroit manger, estant tout ainsi fait que les poires Musquetees, que i\u2019ay autrefois mangé en l\u2019Isle, de Negrepont, & au terroir d\u2019Athènes.Bien est vray, que si vous ne mettez ce fruict dans l\u2019eau, pour y faire retraindre un certain laict qu\u2019il iette, tout semblable à celuy qui sort d\u2019une figue encor verdoiante, il vous seroit impossible de le manger, tant il est gluant : mais dés qu\u2019il a un peu trempé dans l\u2019eau, tout ce laict & viscosité s\u2019escoule, & le pouvez manger tout à vostre aise.Encor vous diray-ie un cas, qui sem-bleroit presque incroyable, & à moy aussi, n\u2019estoit que ie l\u2019ay veu en quelques endroits de Bacaleos : C\u2019est que en Canada, en plusieurs contrées de ceste coste, on voit de beaux ceps de vigne, y croissans sans labeur ou culture d\u2019homme qui vive, & qui portent de gros raisins, que les Sauvages appellent Orobà, & sont bons à manger : 1\tFrance antarctique: dans l\u2019Amérique du Sud.2\tC\u2019est l\u2019érable.Voir arable dans la liste annotée. 180 ANNALES DE L\u2019ACFAS (30) toutefois ie ne sçay si le vin en est bon, à cause que ie ne Pay point veu en œuvre.Et si vous en estes esbahiz, pensez que ceux qui l\u2019ont veu, & en ont mangé du fruict, ne l\u2019ont pas esté moins, voyans l\u2019assiette du lieu, qui sont de grandes montaignes.Ces vignes s\u2019adonnent fort aux Peupliers & Ormeaux, ausquels estants iointes, abondent de telle maniéré en fueillage & branchage, que à grand peine les peult on séparer sans les rompre.le m\u2019asseure, que si ces vignes estoient cultivées, elles apporteroient de fort bon vin.» (p.1014 recto et verso).« Encor s\u2019y trouve un arbre, que les Canadiens nomment Guiabar, semblable à un cormier en tige, mais les fueilles en sont fort larges, comme ayans demy pied en largeur, & esgale longueur, sur lesquelles on peult escrire avec un poinçon ou couteau, ou avec quelque chose ayant la pointe menuë, & en est la lettre facile à lire, à cause que la superficie de la fueille ne s\u2019efface point, & y apparoissent les lettres toutes blanches, & la fueille fort verdoyante, & tirant un peu sur le rouge.Ce Guiabara porte un fruict tout semblable à des grapes de raisin, fort claires & rares, & de couleur de rose rougeastre, ou comme tirant sur un rouge violet : Et sont bonnes à manger, bien qu\u2019il n\u2019y ait pas grand chair, à cause que le noyau emporte plus que tout le fruict.» (p.1015 recto).« Ce peuple se sentant ainsi assubiety à telles incomoditez, & craignans la fureur des foudres, ont esté enseignez de la mesme nature, qu\u2019il y a & des arbres & des bestes, sur lesquelles jamais ce feu celeste ne descend.Pour ce s\u2019en allans à la pescherie, loing de leurs loges, ils mettent dans leurs Barquerottes qu\u2019ils nonment Casnouy, des branches d\u2019un arbre nonmé Cahené, à cause d\u2019une Isle, où ils le prennent, portant semblable nom, en laquelle ne se trouve d\u2019autres arbres que cestuy cy.Ayans de cest arbre avec eux, ils disent que iamais le foudre ne la tenpeste ne les peult endommager.Davantage, és lieux que les Canadeens pensent qu\u2019il y aye des serpens & bestes venimeuses, ils ne font qu\u2019y semer des fueilles ou rameaux de cest arbre Cahené, ou de l\u2019escorce de l\u2019arbre, & tout aussi tost il n\u2019y demeurera pas une de ces bestes en vie : & est un grand cas que ces viperes fuyans l\u2019odeur du Cahené, & les Sauvages faisant du feu ez lieux où ces fueilles ne sont point, les serpens ayment mieux se lancer au feu, ou se laisser prendre & tuer, que non pas s\u2019approcher de chose que tant ils detestent.Ils ont encor une herbe qui a ses fueilles semblables à l\u2019Agrimoine sauvage que i\u2019ay veu en l\u2019Arabie (31) ANNALES DE L\u2019ACFAS 181 heureuse, laquelle ils nomment Hoguadà, de pareille force & vertu contre les venins &bestes nuisibles que l\u2019arbre susdit.» (p.1016 recto).Jacques Noël Le seul texte qui nous intéresse a été cité précédemment (p.11) Le voyage de Hore.Le récit de ce voyage, qui a pour titre : « The voyage of master Hore and divers other Gentlemen, to Newfound land, and Cape Breton, in the yeere 1536, and in the 28 yeere of king Henry the eight,» a été publié pour la première fois par Hakluyt en 1589, et reproduit par Biggar, dans son édition des voyages de Cartier.On y trouve la mention de deux noms de plantes dans un passage qui se rapporte à.Terre-Neuve :.((they returned to their shippe, not finding the Savages, nor seeing any thing else besides the soyle, and the things growing in the same, wich chiefly were store of firre and pine trees.» (Biggar, p.275).Le terme firre (fir) s\u2019applique sans doute à tous les Conifères à aiguilles isolées et pine tree aux vrais pins.Lettre à Vambassadeur portugais en France (154-1).Cette lettre, datée du 12 novembre 1541, est adressée de Nantes à l\u2019ambassadeur portugais en France par un agent secret.On y trouve un passage sur la végétation du Canada, basé sur les renseignements fournis par des marins accompagnant Cartier dans son dernier voyage.Ils venaient alors d\u2019arriver à Saint-Malo.« Estos dizen que alli donde dexaron a este Jaques Quartier hallaron muchas uvas bravas y muy grandes.Yo vi ciertos granos secos, y tambien hallaron mucho mijo de lo que se cria en Italia que cresce sin ser sembrado y assi muchas frutas de todas suertes, y que la tierra es bien templada.; estos dizen que los de la tierra les dezian que mas adentro ay cia vos, mas no que sepan ser verdad.» 1 (Traduction : Ces hommes disent que là où ils ont laissé Cartier, ils ont trouvé en abondance des vignes sauvages et de forte taille.J\u2019ai vu certains grains secs ; et ils ont aussi trouvé en quantité du millet2 comme il y en a en Italie et qui croît sans culture, et aussi 1\tBiggar, A collection of documents., pp.410-411.2\tC\u2019est plutôt le seigle de mer que le mais. 182 ANNALES DE LA CF AS (32) beaucoup de fruits de toutes sortes ; on dit que la terre y est tempérée.Ces hommes disent que les aborigènes leur ont affirmé que plus a l\u2019intérieur il y avait des épices, mais ils ne peuvent dire si c\u2019est la vérité).Interrogatoire de marins relativement à Cartier Cet interrogatoire, reproduit par Biggar dans « A collection of documents relating to Jacques Cartier.» fut tenu le 23 septembre 1542 à Fuenterrabia, près de San Sebastian, sur la frontière de la France et de l\u2019Espagne.On y trouve deux courts passages sur la végétation du Canada.Dans l\u2019interrogatoire de Robert Lefant, marin de Bayonne, on relève le passage suivant : « Dize mas que el dicho Breton le dixo que en esta tierra ay vino y mijo yabas .» (p.453).(Et il dit en outre que le même Breton 1 lui a dit qu\u2019il y2 a de la vigne, du millet, des herbes .).Dans l\u2019interrogatoire de Clemente de Odelica, de Fuenterrabia, on trouve par contre le passage suivant : « Y que ay en esta ribera nogales y castanos.» (p.462).(Et sur la berge de cette rivière3 il y a des noyers et des châtaigniers)./ Lettre de Lagarto à Jean III, roi du Portugal.Dans cette lettre adressée probablement le 22 janvier 1539, Lagarto, sans doute un espion portugais, y raconte son entrevue avec François I.Ce document laisse entrevoir l\u2019idée que François I se faisait de la Nouvelle-France.Après avoir longtemps nourri de grands espoirs, on devait apprendre en France qu\u2019il n\u2019y avait au Canada ni or, ni diamants, ni épices.On comprend facilement que l\u2019enthousiasme de la cour de France pour la colonisation de la Nouvelle-France ne pouvait durer dans ces conditions.Sans être la seule 1\tUn marin breton rencontré à Terre-Neuve.2\tSur le fleuve Saint-Laurent.3\tLe fleuve St-Laurent.Effectivement il existe des noyers dans la région de Québec (Grosse-isle) ; mais il n\u2019y a pas de châtaigniers dans la province de Québec (33) ANNALES DE L\u2019ACFAS 183 raison, la déception des découvreurs a dû être pour beaucoup dans l\u2019abandon de la colonisation de la Nouvelle-France.La lettre de Lagarto, dont des extraits suivent, a été publiée par H.P.Biggar dans « A collection of documents relating to Jacques Cartier and the Sieur de Roberval.» « .E pasados os saltos diz el Rey de framça que Ihe diz este Rey imdio que ha huna grande cidade que se chama Sagana1 omde a muitas minas douro e prata em gramde camtidade e gente que veste e calça como nos e que ho crano e noz mozcada e pimenta muita (.) e a na emtrada do Rio laramyas e Romanas.» (Biggar, pp.77-78).(Et le roi de France rapporte que le roi indien2 lui a dit qu\u2019au delà des chutes se trouve une grande ville appelée Sagana où se trouvent plusieurs mines d\u2019or et de l\u2019argent en grande abondance, et des personnes qui s\u2019habillent et portent des chaussures comme nous ; et qu\u2019il y a en abondance du clou de girofle, de la muscade et du piment (poivre ?).; et à l\u2019embouchure de la rivière il y a des oranges et des grenades3).« .E pergumtou que me parecîa eu Ihe dise que ha especearia numca sachara ate gora senam debaixo ha linha ou acerqua e que este seu Rio que esta do tropico de Cancer pera ha parte do norte mais do que ha do tropico de Cancer pera ha parte do norte mais do que ha do tropico a linha e que me parecia iposivel auer especiaria nem ouro que prata bem poderia ser emtam me dise que em umgria avia huna mina ou minas doure muito fino e que era terra tam fria e mais porque dista da linha mais pera a parte do norte como de feito he asy.» (pp.78-79).(Et le roi me demanda ce que je pensais ; ce à quoi je répondis que les épices n\u2019ont encore été trouvées que sous la ligne équatoriale ou dans son vdisinage, et que sa rivière est dans le tropique du Cancer, mais plus au nord que la distance du tropique du Cancer à la Ligne, et qu\u2019il me semble impossible qu\u2019on y trouve des épices et de l\u2019or, bien qu\u2019il puisse y avoir de l\u2019argent.La-dessus il me dit qu\u2019en Hongrie il y a bien une mine ou des mines d\u2019or fin, et que le pays était aussi froid et même plus, parce qu\u2019il se trouve bien au nord de la Ligne, ce qui est un fait).1\tII ne serait pas impossible que le royaume de Saguenay dont il est souvent question chez Cartier et ses contemporains corresponde à la région du lac Supérieur.Voir Biggar, Voyages of Cartier, p.170.2\tDonnacona.3\tVoir liste annotée aux mots girofle, muscade et 'piment.Voir aussi, dans le chapitre 1, les pages 6 et 10. 4.LES PRECURSEURS DE CARTIER Les Norsemen au Vinland S\u2019il faut en croire la saga du Vinland, les Scandinaves sont venus deux fois en Amérique au début du Xle siècle.Leif Ericsson, en l\u2019an 1000, s\u2019est rendu à un endroit qu\u2019il nomma Vinland.Thorfinn Karlsefni au cours des années 1003-1006 (?) fit également des voyages dans ces parages.Rafn, dans les Antiquitates americanae 1 situe le Vinland dans le Massachusetts.Gustave Storm, en 1888, le place en Nouvelle-Écosse.Fernald, en 1910, se basant seulement sur des preuves botaniques, croit que les Norsemen n\u2019ont pas du s\u2019aventurer beaucoup au sud du golfe St-Laurent.Steensby (1918 et 1930) le situe au contraire dans le voisinage de Montmagny, dans l\u2019estuaire du St-Laurent, et considère comme le Hop,\u2014endroit où a demeuré Karlsefni,\u2014le bassin de Montmagny.C\u2019est surtout cette hypothèse de Steensby qui nous fait envisager ici les aspects botaniques des voyages au Vinland.Gustav Holm admet comme plausible que le Hop soit le bassin de Montmagny ; mais le Vinland de Leif Ericsson,\u2014où se serait pas parvenu Karlsefni,\u2014ne pourrait être localisé exactement, faute de renseignements assez précis.Matthias Thordarson (1930) prétend qu\u2019il n\u2019est pas facile de localiser avec précision le Hop.Wilfrid Bovey (1936) le situe sur la baie des Chaleurs.Quoi qu\u2019il en soit, on peut envisager l\u2019aspect botanique indépendamment des aspects historique et géographique, et se demander si les identifications proposées pour les plantes du Vinland ou de Hop ont quelque apparence de réalité.Trois plantes sont mentionnées dans le récit des Scandinaves: vinber (vigne), hveiti (de même origine que wheat, blé) et môsurr (un arbre).On avait toujours considéré comme une vraie vigne (Vitis), le vinber, qui a donné son nom au Vinland, mais Fernald, en 1910, a suggéré une hypothèse entièrement nouvelle.D\u2019après des preuves linguistiques,\u2014rejetées cependant par Leroy Andrews (1913),\u2014et le fait que la vigne ne pousse pas en Nouvelle-Écosse, le vinber des Norsemen serait probablement le Vaccinium Vitis-Idaea.J\u2019en ai 1 Copenhague, 1837 (35) ANNALES DE L\u2019ACFAS 185 repéré de belles formations dans la région de Canso, en Nouvelle-Écosse.D\u2019autre part, cette plante atteint sur le St-Laurent l\u2019île d\u2019Orléans et Montmagny.Cette région est la limite occidentale de l\u2019aire de l\u2019espèce sur le fleuve, les dernières colonies importantes que j\u2019aie rencontrées se trouvant à Berthier-en-bas, quelques milles en amont de Montmagny.Plus récemment, Leroy Andrews (1913), Steensby (1918) et Bruun (1918) revenant à l\u2019ancienne interprétation, soutiennent, pour des raisons linguistiques, qu\u2019il s\u2019agit bien d\u2019une vigne.Si le Hop est situé tel que le prétend Steensby, cette opinion est très vraisemblable, car la région de Montmagny est actuellement la limite orientale de l\u2019aire du Vitis vulpina.Schübeler, de Christiana, en 1859, avait identifié le hveiti des Norsemen au Zizania aquatica.Fernald ne croit pas cette identification vraisemblable : beaucoup d\u2019autres plantes en effet ressemblent plus au blé, et le Zizania ne croît pas en Nouvelle-Écosse; d\u2019autre part YElymus arenarius est parfois considéré en Scandinavie comme un blé, et les Islandais du XVIIIe siècle en ont même extrait une farine.Le blé des Norsemen serait ce même Elymus que Cartier lui-même a considéré comme un blé.Kalm avait déjà suggéré cette identification ; mais elle serait inacceptable d\u2019après Daniel Bruun, les Scandinaves connaissant bien YElymus arenarius depuis le Xe siècle au moins.Si le Hop est à Montmagny, le hveiti pourrait correspondre au Zizania palustris qui croît tout le long du St-Laurent jusqu\u2019à l\u2019eau salée (dans le voisinage de l\u2019Islet).L\u2019Elymus arenarius, se rencontrant au contraire dans le voisinage de l\u2019eau salée, là où le Zizania cesse de croître, ne pourrait se trouver qu\u2019à quelques milles en aval de Montmagny.Comme il y a dans la région de Montmagny de grandes battures recouvertes de Cypéracées et de Graminées on peut se demander aussi, en acceptant l\u2019hypothèse géographique de Steensby, si ces plantes graminoïdes des battures n\u2019auraient pas toutes été prises pour du blé sauvage.Quel que que soit le bien-fondé de ces hypothèses une chose est sûre, le hveiti ne peut être le maïs comme on l\u2019a suggéré déjà, cette espèce ne poussant pas spontanément comme le blé des récits des Norsemen.Le môsurr enfin a été identifié tour à tour au bouleau (Fernald» Steensby, Bruun) ou à un érable (Steensby, etc.).Les deux identifications sont vraisemblables et s\u2019accordent avec la localisation du Hop à Montmagny.Si le Hop se trouve,comme le croit Bo VEY,sur la baie des Chaleurs, 186 ANNALES DE l\u2019aCFAS (36) on peut accepter l\u2019identification du môsurr ; mais le hveiti ne peut être que VElymus arenarius, et le vinber, le Vacdnium Vitis-Idaea.Pour terminer cet aperçu, il y a lieu de mentionner l\u2019opinion de Fridtjof Nansen,\u2014que ne partagent pas toutefois la majorité des Scandinaves qui ont étudié la question.\u2014Pour Nansen la mention de vigne et de blé, dans la saga, ne serait qu\u2019un décalage de légendes du Moyen Age.Jean Cabot Les aspects botaniques du voyage de Jean Cabot sur la côte du Labrador en 1497 se réduisent à bien peu de choses.Il y a d\u2019abord une dépêche de Raimondo di Soncino au duc de Milan, en date du 18 décembre 1497, reproduite par Biggar dans « Les précurseurs de Jacques Cartier ».On y lit: « Et dicono che là è terra optima et temperata, et estimanno che vi nasca et brasilio et le sete.» (p.17).(Et ils disent que la terre est bonne et tempérée, et pensent qu\u2019il y croît du bois de Brésil1 et de la soie).Dans les « Voyages of the English nation.» de Hakluyt, (édition Goldsmid) se trouve un document intitulé : « The testi-monie of Francis Lopez de Gomara.concerning the first discoverie of a great part of West indie, to wit, from 58 to 38 deg.» On y trouve le paragraphe suivant : « He which brought most certaine newes of the country and people of Baccalaos, saith Gomara, was Sebastian Cabote a Venetian, which rigged up two ships at the cost of K.Henry the 7.of England having great desire to trafique for the spices as the Portingalls did.» Ce témoignage de Gomara, auquel Hakluyt réfère dans sa publication de 1589, avait été publié dans « La Istoria de las Indias », de F.Lopez de Gomara, en 1552.Gaspar Corte-Real Gaspar Corte-Real fit un voyage sur la côte du Labrador en 1501 pour le compte du Portugal.Les aspects botaniques de ce voyage se ramènent à quelques remarques.Le premier document offrant quelque intérêt est une lettre de Pietro Pasqualigo, ambassadeur vénitien à la cour du Portugal, écrite à ses frères le 19 octobre 1 Pour le bois de Brésil, vois liste annotée des plantes. (37) ANNALES DE l\u2019aCFAS 187 1501.Les deux extraits suivants proviennent d\u2019une traduction publiée par Weise, à Londres, en 1884.« They report that this land 1 is thickly peopled, and that the houses are built of very long beams of timber, and covered with the skins of fishes.)) (Weise, p.209).« They have an abundance of timber, principally pine, fitted for masts and yards of ships, on which account his serene majesty anticipates the greatest profit from this country, both in providing timber for ships, of which he, at present, stands in great need.» (Weise, p.210).Le second document est une dépêche d\u2019Albert Cantino, de Lisbonne, au duc de Ferrara, en date du 17 octobre 1501, et publiée par Biggar dans les « Précurseurs de Jacques Cartier ».On y trouve le passage suivant : (( Et correndo molti et grandi fiumi dolci per quella regione al mare, per uno de epsi forsi una legha fra terra intrarno, et in quella dismontati trovarno copia de suavissime et diversi fructi, et albori et pini de si smisurata alteza et grosseza che serebbeno troppo per arboro de la piu gran nave che vadi in mare.Ivi non nasce biada d\u2019alcuna sorte.» (Biggar, p.61).(Et dans toute cette région, plusieurs grands fleuves se déversent dans la mer ; par l\u2019un de ces fleuves ils pénétrèrent une lieue à l\u2019intérieur des terres où dès leur l\u2019arrivée ils trouvèrent une abondance des fruits les plus doux et les plus variés, et des arbres et des pins d\u2019une hauteur et d\u2019un diamètre tellement démesurés qu\u2019ils seraient trop gros pour servir de mats aux plus gros navires qui parcourent les mers.Il n\u2019y pousse du blé d\u2019aucune sorte.).Le dernier extrait se rapportant aux Corte-Real est une lettre écrite du Portugal, par Pietro Pasqualigo, le 18 octobre 1501, et adressée à la seigneurie de Venise.Voici un extrait de ce document publié dans « Les précurseurs de Jacques Cartier » de Biggar.« De questa nova, questa regia Maiestà ha auto gran picaer, perche li par che questa terra sera molto a proposito di le cose sue, per piu respeti, ma precipue perche essendo molto vicina a questo regno facümente et in pocho tempo potra haver grandissima copia di legnami per fabrication di arbori et antene di nave, et homeni schiavi assai, da ogni faticha imperho che dicono quella terra esser populatissima et piena di pini et altri legni optimi.» (Biggar, p.66).1 II s\u2019agit de la partie nord du continent américain. 188 ANNALES DE l\u2019aCFAS (38) (Cette nouvelle a causé un grand plaisir au roi, ici, car il lui semble que ce pays sera très utile à ses plans sous plusieurs rapports, mais surtout, parce qu\u2019étant près de son royaume, il sera capable de se procurer sans difficulté et rapidement une grande quantité de bois pour la fabrication des mâts et des vergues des navires, et des esclaves propres à tout genre de travail, puisque l\u2019on dit cette terre très peuplée et pleine de pins et d\u2019autres arbres excellents).Jean Verrazzano Verrazzano parcourut en 1524 la côte nord-est de l\u2019Amérique.Les observations botaniques faites au cours du voyage se ramènent à quelques lignes que l\u2019on trouve dans Ramusio sous le titre de (( Discorso d\u2019un gran capitano du mare Francese del luoco de Dieppa sopra la navigationi fatte alla terra nuova.» Biggar date ce « discours » de 1539:.Seul l\u2019extrait suivant peut être de quelque intérêt dans l\u2019étude actuelle.(( Seguendo oltra al Capo de Brettoni vi è una terra contigua col detto capo, dellaquale la costa si stende ponente & un quarto garbino fin\u2019alla terra della Florida, & dura bene 500 leghe laquai costa fu scoperta 15 anni fa p messer Giovanni da Verrazzano .La terra è abbondantissima dogni frutto vi nascono arancci, mandorle, uva salvatica & moite altre sorti d\u2019arbori odoriferi.» (Ramusio, iii p.423 b).(A la suite, au delà du Cap Breton il y a une terre contiguë.Cette côte, jusqu\u2019à la Floride, est de direction ouest un quart sud-ouest.Elle a été parcourue il y a 15 ans, sur une distance de 500 lieues, par monsieur Jean de Verrazzano.La terre produit des fruits; il y pousse des oranges, des amandes, des raisins sauvages et beaucoup d\u2019autres sortes d\u2019arbres odorants).Estevan Gomez Pour le compte de l\u2019Espagne, Gomez explora en 1524 et 1525 la côte nord-est de l\u2019Amérique depuis Terre-Neuve jusqu\u2019à Cuba.Il visita en outre la baie de Fundy.Ce voyage est connu surtout par un manuscrit de la bibliothèque nationale de Madrid intitulé (( Islario general de todas las Islas del Mundo ».Biggar en a reproduit des extraits dans « Les précurseurs de Cartier ».On y trouve le passage suivant : 1 Les précurseurs de Jacques Cartier, p.201 : « Crignon\u2019s discourse ». (39) ANNALES DE L\u2019ACFAS 189 « Es la tierra muy templada y de mucha arboleda de los que en estas partes ay, como enzinas, robles, solinasl.Hallaronse muchas parras silvestres, con uvas y muchas plantas y yervas, como las de Espana, y mucha marcazita, que pensaron ser oro.» (Biggar, p.188).(La terre est tempérée et couverte d\u2019arbres communs à ces régions comme des yeuses, des chênes et des olives.Il s\u2019y trouve plusieurs vignes sauvages couvertes de raisin et plusieurs plantes et herbages semblables à ceux d\u2019Espagne ; il y a beaucoup de marcasite qu\u2019ils prirent pour de l\u2019or).La colonie portugaise de Terre-Neuve, 1520-25 Ce document, reproduit par Biggar dans « Les précurseurs de Jacques Cartier», situe aux environs de 1520-1525 l\u2019établissement d\u2019une petite colonie portugaise à Terre-Neuve.Dans ce document très vague, il est fait mention du cap Breton dans les termes suivants : « .e isto he no Cabo do Britano, logo na entrada da Costa, que corre ao norte em huna fermoza bahia, donde tem grande povoaçano e ha na terra cousas de muito preço e muita nos, Castanha, Uvas, outras frutas, por onde pareçe ser a terra bona.» (Biggar, p.195).(Ceci est au cap Breton, au commencement de la côte qui va vers le nord, dans une belle baie, où il y a beaucoup de gens et des objets de grande valeur et beaucoup de noix, de châtaignes, de raisins et autres fruits, ce qui démontre que le sol est riche).La chronique d\u2019Eusèbe Ce document a très peu d\u2019importance au point de vue qui nous intéresse.On y trouve en effet une simple note sur les canots d\u2019écorce des Indiens emmenés à Rouen en 1509.Comme ce document intitulé (( Eusebii Caesariensis Episcopi Chronicon.» est de 1512, il peut offrir quelque intérêt, car c\u2019est sûrement l\u2019un des premiers mentionnant les canots d\u2019écorce de bouleau des Indiens du golfe Saint-Laurent.Ce document a été traduit par Weise.« Seven wild men were brought from that island (which is called the New Land) to Rouen with their canoe.Their canoe is bark, which a man can lift on his shoulders with one hand.» (Weise, p.299).\u2018jOn trouve la variante ollivas dans deux copies du ms. ¦ 5.LA CARTOGRAPHIE ANCIENNE.Les anciens cartographes avaient coutume d\u2019orner leurs cartes de dessins des productions naturelles du pays.Dans les premières cartes du nord-est de l\u2019Amérique, exécutées dans la première moitié du XVIe siècle, il y a parfois des dessins d\u2019arbres, mais ce sont toujours des figures conventionnelles marquant l\u2019emplacement de forêts.Aussi les cartes de la Cosa (1500) et de Ribero (1529), la mappemonde Harléienne (vers 1536), la mappemonde de Nicolas Desliens (1541), les cartes de Jean Rose (1542), de Sébastien Cabot (1544), de Vallard (1547), de Desceliers (1546 et 1550) de Ramusio (1556), de Mercator (1569),1 2 3 ne nous apprennent rien.Ribero 2 est le seul à donner une indication botanique.On lit, en effet, sur sa carte que la terre d\u2019Estevan Gomez, située dans la région de la baie de Fundy, produit des arbres et des fruits comme ceux d\u2019Espagne.Mais, à part cela, rien.Il y aurait peut-être lieu de dire un mot du plan d\u2019Hochelaga publié par Ramusio en 1556, et sur lequel on voit les champs de maïs entourant la bourgade d\u2019Hochelaga.M.W.D.Lighthall8 a démontré que ce n\u2019était qu\u2019une copie d\u2019un plan de Mexico publié à Nuremberg en 1534, un an avant la découverte d\u2019Hochelaga.Ceux qui connaissent la région de Mexico douteront sûrement de l\u2019exactitude du plan.On n\u2019y trouve ni maguey {Agave) ni nopal (Opuntia), plantes caractéristique du Mexique qu\u2019un dessinateur ne peut omettre.Il est évident que ce plan est l\u2019œuvre d\u2019un dessinateur qui n\u2019est jamais venu en Amérique.* * * J\u2019ai rassemblé précédemment tous les documents botaniques que j\u2019ai pu trouver dans les récits des contemporains et des précurseurs de Cartier.Chez tous, sauf chez Jean Alfonse, il n\u2019y a que vagues mentions.Rien évidemment qui puisse prendre place dans une histoire de la botanique américaine.Mais je n\u2019ai pas voulu écarter ces documents.Ils nous permettent de mieux apprécier les observations botaniques du découvreur du Canada.Le nom de Jacques Cartier, qui ouvre l\u2019histoire de la botanique de l\u2019Amérique boréale, est le seul qu\u2019il faut retenir pour le début du XVIe siècle.1\tOn trouvera ces cartes dans Biggar (Voyage of Cartier), Harrisse et Ganong.2\tReproduit par Biggar, dans les «Précurseurs» et les «Voyages of Cartier».3\tThe false plan of Hochelaga.M.S.R.C., 1932. 6.LISTE ANNOTEE DES PLANTES CITEES'.almende (C.).\u2014Ed.Biggar, pp.202-203.Voir amande.amande (C.).\u2014A l\u2019origine, et dans le premier sens, c\u2019est l\u2019amandier (Amygdalus communis), nommé dans le Québec noix piquée, mais ne croissant pas au Canada.Du fruit, le nom amande est passé à la graine comestible renfermée dans le fruit de l\u2019amandier ; mais aujourd\u2019hui on l\u2019applique à la partie comestible de toute noix.Dans l\u2019ancien français, il désignait aussi le noyau : acception légitime, car il y a beaucoup d\u2019analogie entre le fruit de l\u2019amandier (graine comestible entourée d\u2019une coque dure) et un noyau quelconque.C\u2019est probablement dans ce dernier sens que Cartier emploie amande.Ce nom, cité dans la liste des noms indiens de la relation de 1534, mais non dans le récit même, ne devait s\u2019appliquer à aucune de nos Juglandacées, Cartier distinguant bien les noix des amandes.annedda(C.).\u2014L\u2019annedda est incontestablement une plante arborescente et, comme il portait des feuilles en plein hiver, un Conifère.On a suggéré tour à tour l\u2019épinette blanche, le pin blanc, la pruche et des arbres qui ne croissent pas dans le Québec.Cartier n\u2019en donne aucune description.Dans la relation du troisième voyage il écrit que c\u2019est « one kind of tree above three fathoms about.» De ce récit, on ne connaît malheureusement que la traduction de Hakluyt.L\u2019auteur a-t-il voulu dire que l\u2019annedda a trois brasses de haut, ou trois brasses de plus que les arbres environnants?Cette dernière hypothèse est la seule qu\u2019envisage le F.Marie-Victorin 1 2.Elle semble de beaucoup la plus vraisemblable, puisque l\u2019auteur de la deuxième relation écrit que son équipage a employé en huit jours un arbre (( aussi groz et aussi grand que je vidz jamais arbre.» Dans ce cas il s\u2019agirait d\u2019une épinette (Picea) ou d\u2019un pin blanc (Pinus Strobus) ; mais il faut se défier des dimensions données par Cartier, trop porté à l\u2019exagération.L\u2019étude philologique peut-elle faire avancer davantage le problème ?Aujourd\u2019hui, la pruche (Tsuga) se nomme o-neh-da chez les Sénécas et o-no-da chez les Mohawks ; lo pin blanc se nomme handehta chez les Wyan-dottes et ohnehda chez les Mohawks ; enfin chez les Onondagas et les 1\tC.= Caktter; ang.C.= texte anglais du troisième voyage de Cartier; J.A.= Jean Alfonse.2\tLes Gymnospermes du Québec, p.81. 192 ANNALES DE L ACFAS (42) Cayugas, les Conifères portent le nom de unenda, (fide Morgan et Waugh, cités par Biggar).On pourrait ajouter d\u2019autres noms ayant avec eux quelque analogie, mais désignant d\u2019autres plantesl.Même si le nom annedda désignait indubitablement une seule espèce, nous ne serions probablement guère plus avancés : Y annedda n\u2019est peut-être pas « l\u2019arbre du scorbut ».Cartier en effet n\u2019est pas des plus méticuleux.Ne rédigeant pas son journal au jour le jour, la mémoire faisant défaut, il aurait pu appliquer à « l\u2019arbre du scorbut» le nom d\u2019un autre arbre.Ainsi, à un endroit des relations2, ne voit-on pas les prunes et les figues désignées par le même nom, honnesta ?Plus loin3, les figues se nomment désormais asconda et le nom honesta est donné aux pommes.\u2014Dans un texte de Thévet, il est question d\u2019un breuvage fait des feuilles d\u2019un arbre « qui est fort semblable aux cèdres qui se trouvent autour de la montagne de Tarare » et qui est un remède souverain contre les maladies.N\u2019est-ce pas le remède employé par les Français contre le scorbut ?Il ne faut pas oublier que Thévet fut en relation avec Cartier et Donnacona et a appris d\u2019eux tout ce qu\u2019il a écrit du Canada.Le nom cèdre, en France, désignait notamment des genévriers à feuilles squamiformes; si bien que les premiers explorateurs donnèrent spontanément à notre Thuja le nom de cèdre.L\u2019arbre du scorbut ne pourrait-il pas alors être le thuier occidental ?(Voir aussi cèdre).arable (J.A.et ang.C.).\u2014Dans les récits de Cartier, il n\u2019est pas fait mention d\u2019érable avant le troisième voyage.L\u2019érable de Cartier et de Jean Alfonse est à peu près sûrement l\u2019érable à sucre (Acer saccharum), dont la feuille ressemble à celle de l\u2019érable plane (Acer platanoides) de l\u2019Europe.C\u2019est peut-être aussi la plaine, ou érable rouge (Acer rubrum).L\u2019Acer rubrum ne ressemble à aucune espèce française ; mais ses feuilles palmilobées ne permettent pas de l\u2019assimiler à autre chose qu\u2019un érable.Le couton (ou cotony) dont parle Thévet est l\u2019un de ces arbres et plus probablement l\u2019Acer saccharum.Suivant Thévet ce seraient les Français qui auraient enseigné aux Indiens à extraire l\u2019eau d\u2019érable.Jean François Gaulthier (1755) affirme aussi que ce sont les Français qui ont enseigné aux sauvages la fabrication du sirop d\u2019érable.Le P.Lejeune écrit en 16344 : 1\tVoir notamment l\u2019étude du Dr Léo P arise au.2\tBiggar, Voyages of Cartier, p.63.3\tIbid., p.81.* Relations des Jésuites, éd.Twaites, vol.6, p.272. (43) ANNALES DE L\u2019ACFAS 193 « Quand la grande famine les presse 1, ils mangent des racleures ou des escorces d\u2019un certain arbre qu\u2019ils nomment Michtan, lesquels ils fendent au Printemps pour en tirer un suc doux comme du miel, ou comme du sucre ; a ce qui m\u2019ont dit quelques uns, mais à peine s\u2019amusent ils à cela tant il en coule peu.» Le P.Nouvel2, qui se trouve chez les Outaouais en 1671, mentionne l\u2019emploi de l\u2019eau d\u2019érable par ces Indiens.Le P.Lafitau, en 1724, décrit le mode d\u2019extraction de l\u2019eau d\u2019érable par les Indiens et ajoute : « Les Français le travaillent mieux que les Sauvagesses de qui ils ont appris à le faire.» D\u2019après Huron H.Smith, les Potowatomi et les Ojibwa du Wisconsin, les Meskwaki, aujourd\u2019hui de l\u2019Iowa, mais autrefois du Wisconsin, extraient l\u2019eau d\u2019érable depuis la préhistoire et en font un sirop en la faisant bouillir dans des récipients d\u2019écorce de bouleau ou de terre cuite.Avant l\u2019introduction du sel par les Blancs ce sucre servait à assaisonner tous les aliments.D\u2019après Waugh, l\u2019usage de l\u2019eau d\u2019érable chez les Iroquois est préhistorique.D\u2019après Parker, l\u2019érable est un des arbres vénérés par les Iroquois.A chaque printemps, il y a une cérémonie d\u2019action de grâce au pied du plus gros érable de la bourgade.La coulée de la sève marque même le début de l\u2019année.Les légendes des Wyandottes recueillies par Marius Barbeau donnent une place importante à l\u2019érable.Dans deux mythes sur l\u2019origine du monde3 on retrouve le même thème.Je me borne donc à citer un extrait du premier4 *.\t« The Good One6 resuming his work made all kind of trees covered with savoury fruits.The maple was made so that syrup would just drip out when the tree was tapped.Then come the Evil One.Finding the bushes too luxuriant and the fruits too sweet and juicy, he spoiled them.and the fruits, thereafter, grew small bitter and full of hard seeds.Into the maple-tree he poured some water and in that way « thinned » the syrup into sap which could not be reduced into syrup without exacting labour and trouble.» Tous ces extraits nous permettent d\u2019affirmer, malgré Thévet et Gaulthier, que les Indiens connaissaient avant l\u2019arrivée des Blancs, non seulement l\u2019eau d\u2019érable, mais sa transformation en sirop.Quant à la fabrication du sucre 1 Les Indiens.*\tRelations des Jésuites, éd.Twaites, vol.56, p.101.3 Recuillis à Wyandotte, Oklahoma.*\tBarbeau, Huron and Wyandotte mythology, p.45-46.6 Les deux premiers habitants de la terre furent deux frères jumeaux, un bon, qui a fait toutes les bonnes choses, et un méchant, l\u2019auteur de tous les maux. 194 ANNALES DE l\u2019ACFAS (44) d\u2019érable il est tout probable qu\u2019ils l\u2019ont entreprise seulement après l\u2019adoption des récipients de métal.\u2014Le mot érable (du latin populaire hypothétique acerarborem : érable-arbre) serait passé successivement par les formes aisrarbre, esrarbre, esrable.On comprend donc l\u2019existence d\u2019une forme dialectale arable.arancci (Verrazzano).\u2014Oranges.(Voir ce mot).arbre de vye(J.A.).\u2014Notre Thuja occidentalis.Ce nom employé par Alfonse ne l\u2019est pas par Cartier, qui utilise cèdre (voir ce mot).Dans une énumération d\u2019arbres, Alfonse mentionne des « cèdres, ciprez,.arbres de vye,» trois termes désignant probablement la même espèce (voir ces mots).Les Anglais, depuis longtemps, nomment notre Thuja, arbor vitae; ce nom est déjà mentionné par Clusius (qui introduisit le T.occidentalis dans le jardin de Fr ançoisI à Fontainebleau) et par J.Bauhin.Ce dernier remarque cependant que le nom arbor vitae s\u2019appliquait de son temps à des arbres de tous les pays.Le nom arbre de vie a été appliqué au Thuja orientalis, en 1694 (Pomet).aubespine (C.).\u2014Le genre aubépine (Crataegus; au Canada» cenellier) ne renferme en France que quelques espèces (3, d\u2019après Coste) .Dans le Québec, où il constitue un groupe très critique, les espèces sont au nombre de 45 (d\u2019après Brunel).Ces espèces sont pour la plupart étroitement affines et d\u2019identification difficile.Les « aubespines qui portent fruict aussi groz que prunes de Damas», sont des C.punctata.Cette espèce, nommée communément pom-mettier, est la seule du district de Québec à avoir de gros fruits.Dans le texte anglais de la relation de 1541, on lit : « Morever, there are many white Thornes, which beare leaves as bigge as oken leaves and fruit like unto Medlers.» Certaines de nos aubépines ont des fruits comestibles comme ceux du néflier (Mespilus, genre européen voisin de Crataegus) ; mais leurs feuilles ne dépassent guère 5 cm., alors que celles de nos chênes ont 10 cm.ou plus.S\u2019agit-il, dans la comparaison, de certains chênes européens à petites feuilles ?Ou plutôt n\u2019est-ce pas simplement l\u2019exagération inconsciente d\u2019un propagandiste qui veut présenter le pays sous un jour favorable ?Cette hypothèse est très plausible.Ne lit-on pas à.la suite de la description de l\u2019aubépine : « To be short, it is as good a Countrey to plow and mannure as a man should find or desire.)) Le mot aubépine dérive du latin moyen-âgeux alba spina.La plante a aussi été connue au (45) ANNALES DE L\u2019ACFAS 195 Canada sous le nom d\u2019épine blanche (Pierre Boucher, 1663).(Voir aussi senelle).auzuba (Thévet).\u2014Ce n\u2019est sûrement pas un arbre de la vallée du St-Laurent, mais peut-être l\u2019un des pommiers sauvages américain (crab apple) qui poussent dans les régions du New-Jersey et de l\u2019Illinois.(Voir pomme).Mais c\u2019est plus probablement un arbre des Antilles ou de l\u2019Amérique centrale, par exemple de Mammea americana ou YAchras Sapota, surtout ce dernier.Le premier, l\u2019abricotier de Saint-Domingue, originaire des Antilles, est un arbre à feuilles ovales, coriaces, à fruits globuleux (diam.8-12 cm), à écorce astringente, à saveur résineuse.Ces fruits ne sont consommés qu\u2019après macération.L\u2019Achras Sapota, ou sapotillier, dont on extrait la gomme à mâcher, est originaire de l\u2019Amérique centrale.Il a des feuilles ovales-lancéolées, coriaces, des fruits à saveur de poire, gros comme un œuf de poule ou une orange.Ils ne sont comestibles qu\u2019à la maturité, car auparavant ils renferment un latex.beech (ang.C.).\u2014Fagus grandifolia, le hêtre américain.Cartier ne mentionne pas le hêtre dans les récits des deux premiers voyages ; mais il en est question dans Jean Alfonse sous le nom defayen.(Voir ce mot).blé sauvaige, blé sauviage, bled.(C.), \u2014 Les blés cultivés sont du genre Triticum.Il ne peut en être question ici, aucune espèce du genre ne croissant à l\u2019état indigène dans l\u2019Amérique du nord.Le mot blé se rencontre chez Cartier dans deux acceptions différentes.1) Lorsqu\u2019il écrit : « le bledz de leur terre, qui est comme mil de Brezil aussi gros, ou plus que poix duquel vivent » ; « leur bled duquel ilz font leur pain » ; « leur bled qu\u2019ilz appellent ozisy, lequel est groz comme poix, et de ce mesme bled en croist assez au Brésil » ; il s\u2019agit évidemment du maïs, que nous appelons nous-mêmes aujourd\u2019hui blé d\u2019Inde.Cartier cependant donne le plus souvent au maïs le nom de gros mil (voir mil).Dans les citations précédentes il faut bien comprendre que c\u2019est le grain de maïs qui est « gros comme poix».2) Lorsque Cartier parle d\u2019un
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