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Titre :
Annales de l'A.C.F.A.S.
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1935-1995
Contenu spécifique :
1970
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Annales de l'A.C.F.A.S., 1970, Collections de BAnQ.

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[" ANNALES DE L\u2019ACFAS pour l\u2019année 1969-1970 Comptes rendus du 38e congrès ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L\u2019AVANCEMENT DES SCIENCES / Volume 37\t1970 ANNALES\t DE\t L\u2019ACFAS\t pour l\u2019année 1969-1970\t Comptes rendus du 38e congrès\t ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L\u2019AVANCEMENT DES SCIENCES SIÈGE SOCIAL: MONTRÉAL CANADA\t ANNALES DE L\u2019ACFAS VOLUME 37 1970 SOMMAIRE Présentation .7 Conseil d\u2019administration .8 Comités de l\u2019ACFAS.9 Médaille Archambault.11 Médaille Léo-Pariseau .13 Discours du Président.15 Rapport du Comité du 38e Congrès.23 Colloque général annuel .33 Analyse du questionnaire\télectronique.37 \u2022\tSYMPOSIUM Civilisation et nutrition .43 Les réserves naturelles au Québec.75 La contribution des sciences géodésiques aux différents domaines scientifiques et services publics 103 \u2022\tCONFÉRENCES Conseil provincial de la recherche.Oui ou non ?En 1971 ou en 2071 ?.131 L\u2019institut national de la recherche scientifique.Historique et objectifs de l\u2019institut.135 Liste des annonceurs .141 Index des auteurs.143 5 C ENTRE DE Recherche I NDUSTRIELLE DU Québec C ONSULTATION R ECHERCHE ET I NFORMATION au service du Québec industriel C.P.38, Québec 10 PRÉSENTATION Rompant temporairement avec la tradition de publier au moment même du Congrès les Annales annuelles, le Comité d\u2019organisation du 38e Congrès de l\u2019ACFAS avait l\u2019intention de se servir de ce document pour donner aux congressistes et aux membres de l\u2019Association un compte rendu des activités du Congrès.Des circonstances qui ont échappé à notre contrôle nous obligent à ne vous présenter qu\u2019une partie de ces comptes rendus.Nous vous prions donc de trouver dans ce volume des Annales, les textes de quelques conférences prononcées dans le cadre de symposiums tenus lors du Congrès, des rapports sur le Congrès, le Colloque annuel et le questionnaire électronique distribué aux congressistes, de même que quelques textes découlant d\u2019activités diverses.Le présent volume a conservé des numéros antérieurs le discours du président, la présentation des médaillers et la composition des différents comités de l\u2019année administrative 1969-70.L\u2019équipe de rédaction présente cette Annale en hommage aux scientifiques canadiens-français ; puisse-t-il s\u2019y trouver quelques lecteurs ! L\u2019ÉQUIPE 7 CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE L\u2019ACFAS 1969-1970 Président 1er vice-président 2e vice-président Louis BERLINGUET Université du Québec Jean-Marc LALANCETTE Université de Sherbrooke Antoine D\u2019IORIO Université d\u2019Ottawa Trésorier Président sortant Président de l\u2019Exécutif Directeur général Gilles CLOUTIER Institut de recherches Hydro-Québec Lionel BOULET Institut de recherches Hydro-Québec Julien DUBUC Ecole polytechnique de Montréal (Gilles Cloutier) Denis JACOB (Gilles Julien) (Université Laval) & À ' ïf f 1 &*4 f .Dans l\u2019ordre habituel de gauche à droite: première rangée: MM.André-P.Donneur; Edouard-G.Léger; Gilles Cloutier, président de l\u2019exécutif; Jean-Marc Lalancette, 1©r vice-président; Louis Berlinguet, président de l\u2019ACFAS et du conseil d\u2019administration ; Antoine D\u2019Iorio, 2e vice-président; Gilles Julien, directeur général ; deuxième rangée: Guy Thibaudeau, directeur régional (Sudbury) ; André Poulin, directeur régional (Sherbrooke) ; Jean-Guy Paquet ; Jean-Denis Desrosiers, directeur régional (Rimouski) ; Maurice Beaulieu, directeur régional (Ottawa) ; Jean Bédard, directeur régional (Moncton) ; Bernard-A.Gingras ; Paul-M.Gagnon ; Jean-Luc Dion, directeur régional (Trois-Rivières) ; Victor Ross.N\u2019apparaissent pas sur la photo: MM.Lionel Boulet, Albert Melançon, Yvon Gauthier, Jacques St-Pierre, Gilles Lalande, Gilles Tremblay, Jean-Marie Gagné.8 Conseillers\t\tDirecteurs régionaux\t André P.Donneur\tPaul M.Gagnon\tMoncton\t\t.Jean Bédard Bernard A.Gingras\tYvon Gauthier\tMontréal\t\t.Jean-Marie Gagné Albert Melançon\tEdouard G.Léger\tOttawa\t\t.Maurice Beaulieu Gilles Lalande\tJean-Guy Paquet\tQuébec\t\t.Gilles Julien Victor Ross\tGilles Tremblay\tRimouski \t\t.Jean-Denis Desrosiers Jacques St-Pierre\t\tSherbrooke \t\t.André Poulin \t\tSudbury \t\t.Guy Thibaudeau \t\tTrois-Rivières \t\t.Jean-Luc Dion Aviseur légal\t\tVérificateurs et Auditeurs\t Me Robert Bertrand\t\tGauvin, Prénovost, Dumais et Ass.\t \tCOMITÉS DE L\u2019A.C.F.A.S.\t\t 1.COMITÉ EXÉCUTIF\t\t3.COMITÉ DES NOMINATIONS\t Julien Dubuc\tJacques St-Pierre\tLionel Boulet\tMichel Normandin Gilles Cloutier\tAlbert Melançon\tLéon J.L\u2019Heureux\tJ.-M.Lalancette Louis Berlinguet\tDenis Jacob\tLouis Berlinguet\tAntoine D\u2019Iorio André P.Donneur\tGilles Julien\t\t 2.COMITÉ DU 38e CONGRÈS\t\t4.JURY DE LA MÉDAILLE PARIZEAU\t Président\tGabriel Filteau\tLouis Berlinguet\tSerge Lapointe Secrétaires scientifiques\t\tJean-Guy Alary\tMaurice L\u2019Abbé Sciences humaines\tMarcel Daneau\t\t Sciences pures et app.\tYvan Chassé\t\t Sciences biologiques\tLucien Huot\t5.JURY DE LA MÉDAILLE ARCHAMBAULT\t Colloque Annales Cinéma scientifique\tMichel Decelles Pierre Potvin Camille Rousseau\tLouis Berlinguet Alfred Beauchesne\tRoger Blais Gaston Denis Organisation matérielle\tCamilien Tremblay\t\t Presse et Publicité Activités féminines Exposition scientifique\tAndré Villeneuve Madame G.Filteau Denis Jacob\t6.JURY DES BOURSES PFIZER POUR LES COLLÈGES CLASSIQUES, ÉCOLES SECONDAIRES ET CEGP\t Activités sociales\tGilles Julien\tMarcel Sicotte\tJean-Luc Dion Coordonnateur-animateur\tGilles Julien\tHector Gravel 9\tGilles Cloutier ¦ft MÉDAILLE ARCHAMBAULT RÉCIPIENDAIRE 1970 LIONEL BOULET Directeur de l'Institut de Recherche de /\u2019Hydro Québec Curriculum vitæ B.A.(cum laude) Université Laval\t1938 B.\tSc.(génie électrique) Université Laval (Summa cum laude)\t1944 Master of Science - Illinois\t1947 Preliminary examinations for Doctor degree - Illinois\t1948 Université Laval, Génie électrique Professeur auxiliaire\t1948 Professeur agrégé\t1950 Professeur titulaire\t1953 R.C.A.Victor, Montréal, en charge d\u2019un programme de recherches\t1948-50 C.\tA.R.D.E., Consultant en recherches\t1950-53 Directeur du Département et des laboratoires de recherches au Département de Génie électrique de Laval\t1954 Président de la Section de Québec de l\u2019American Institute of Electrical Engineering\t1957-58 Membre du Comité de Formation professionnelle de la Corporation des Ingénieurs\t1961 Président du Comité de Recherches de l\u2019Institut des Ingénieurs du Canada\t1962 Président de la Section des professeurs d\u2019Universités de la Canadian Electrical Association\t1963 Consultant - Hydro Québec\t1964 Conseiller technique au Directeur Général - Hydro Québec\t1965 Directeur de l\u2019Institut de Recherches - Hydro Québec\t1967 Président du Comité des Recherches de la Corporation des Ingénieurs\t1967 Président de l\u2019A.C.F.A.S.et du Conseil de la Jeunesse Scientifique\t1969 Président du Comité de recherche de la Chambre de Commerce\t1969 11 Vice-Président du Conseil de Recherche du Canada - Commission consultative sur l\u2019information scientifique et technologique\t1970 Membre du Conseil d\u2019Administration de l\u2019I.N.R.S.\t1970 Membre de la Commission des Etudes techniques du Conseil Supérieur de l\u2019Éducation\t1970 Responsable des Relations Internationales pour le Congrès International des Communications de 1971\t1970 Distinctions honorifiques 1938 - Prix du Prince de Galles 1943 - Prix de l\u2019Institut des Ingénieurs Électriciens de la section de Montréal 1943 - Prix de la Corporation des Ingénieurs 1943\t- Prix de l\u2019Institut des Ingénieurs 1944\t- Prix de 1\u2019Institute of Electrical and Electronics Engineers 1947 - Membre de la Société Sixma XI 1967\t- Médaille du Canada 1968\t- Doctorat Honoris Causa - Sciences - Sir George Williams Monsieur Boulet de plus est l\u2019auteur d\u2019une quarantaine d\u2019articles scientifiques et techniques, et il a dirigé plusieurs thèses de maîtrise et de doctorat.Ses travaux de recherche ont porté principalement sur les hyperfréquences, les antennes, la radiogoniométrie et plus récemment, sur les effets couronne.RÉCIPIENDAIRES DE LA MÉDAILLE ARCHAMBAULT Paul David\t1969\tA.O.Dufresne\t1963 Jean-Louis Boivin\t1968\tFernand Séguin\t1961 Jean-Paul Gignac\t1967\tArthur Surveyer\t1960 William H.Gauvin\t1966\t\t Jacques Genest\t1965\tGeorges-Henri Lévesque\t1959 Pierre R.Gendron\t1964\tAlphonse Ouimet\t1958 12 MÉDAILLE LÉO-PARISEAU RÉCIPIENDAIRE 1970 BERNARD BELLEAU Vice-Doyen à la recherche, Faculté des Sciences pures et appliquées Université d\u2019Ottawa.Ctirriculum vitœ B.Sc.Université de Montréal\t1947 M.Sc.Université de Montréal\t1948 Ph.D.Université McGill\t1950 Assistant de recherche : Sloan Kettering Institute for Cancer Research\t1950-52 Fellow, Post doctoral, Case Institute of Technology\t1953 Assistant de recherche - Reed & Carmick, Jersey City\t1954-55 Professeur auxiliaire de Biochimie - Université Laval\t1955-58 Professeur - Université d\u2019Ottawa\t1961 Vice-Doyen à la recherche, Faculté des Sciences pures et appliquées - Université d\u2019Ottawa\t1969 Récipiendaire du Prix de la Province de Québec Fellow de la Société Royale du Canada Président du Conseil consultatif, Centre de Recherche pour la Défense d\u2019Ottawa Conseiller senior - Laboratoires Bristol du Canada Directeur régional de Life Science Co-Directeur du Canadian Journal of Biochemistry Co-Directeur de « Molecular Pharmacology » Membre de plusieurs sociétés scientifiques Auteur d\u2019une soixantaine de publications de recherche RÉCIPIENDAIRES DE LA MÉDAILLE LÉO-PARISEAU Larkin Kerwin\t1964\tFernand Dumont\t1969 Chanoine Lionel Groulx\t1963\tL.F.Bélanger\t1968 Charles-Philippe Leblond\t1962\tAldéric Boivin\t1967 Raymond-U.Lemieux\t1961\t\t Marcel Trudel\t1960\tR.P.Noël Mailloux\t1966 Lionel Daviault\t1959\tPierre Dansereau\t1965 13 « L\u2019HOMME DE SCIENCE ET SES ASSOCIATIONS FACE À LA SOCIÉTÉ ET À LA SCIENCE D\u2019AUJOURD\u2019HUI » Discours prononcé par le président LOUIS BERUNGUET lors du banquet de clôture du 38e Congrès À la suite des deux derniers congrès de l\u2019ACFAS, celui de l\u2019an dernier dont le thème était « L\u2019INVENTAIRE » et celui-ci dont le thème était « RÉFLEXION », il m\u2019apparaît important de faire le point et d\u2019évaluer notre situation présente dans un monde scientifique qui change rapidement.Je me propose de vous entretenir de nos associations scientifiques, l\u2019ACFAS et SCITEC, des changements profonds qui s\u2019annoncent dans les structures scientifiques canadiennes, des répercussions possibles au Québec et finalement du rôle de l\u2019homme de science, de chacun d\u2019entre nous, dans ces transformations.L\u2019ACFAS L\u2019ACFAS existe depuis plus de 40 ans.Si elle n\u2019existait pas, il faudrait l\u2019inventer.Nos collègues canadiens anglophones refont, en 1970, une ACFAS qui s\u2019appelle SCITEC.Les hommes de science sentent donc confusément qu\u2019au-delà des associations purement professionnelles et techniques, il doit exister un forum, une fédération des disciplines scientifiques les plus diverses qui permettrait une prise de conscience plus vaste de nos problèmes communs et qui apporterait à la société des solutions que seule une association pluri ou multi-disciplinaire peut offrir.Il suffit d\u2019avoir été président de l\u2019ACFAS pour mesurer non seulement le rôle et la responsabilité que notre association possède actuellement dans notre milieu, mais aussi pour entrevoir ceux qu\u2019elle pourrait avoir, et pour lesquels il faudrait nous préparer.L\u2019ACFAS a l\u2019immense avantage d\u2019être une des très rares, et à ma connaissance, la seule association canadienne si l\u2019on exempte la Société Royale, qui groupe aussi bien les sciences exactes que les sciences humaines.Étant représentée dans 9 régions du Québec, de l\u2019Ontario et du Nouveau-Brunswick, l\u2019ACFAS est sur le point de former des sections locales grâce à une opération dite « pyramidale » que nous avons entreprise cette année.Ainsi, l\u2019ACFAS étant solidement implantée dans le monde universitaire, il lui restera à élargir et à multiplier ses liens avec l\u2019industrie et les organismes de recherche gouvernementaux.Tel que je le mentionnais dans le rapport soumis à l\u2019assemblée générale, les nombreuses initiatives que nous avons amorcées cette année : refonte des règlements, nouvelle publication du Bulletin, opération « pyramide », démocratisation, participation des étudiants gradués, sondage d\u2019opinion, commission scientifique, témoignent d\u2019un renouveau et d\u2019une vie fort active de l\u2019ACFAS.Est-ce suffisant ?Votre conseil d\u2019administration ne le croit pas.Et c\u2019est dans cette optique que nous avons adhéré à SCITEC (l\u2019Association canadienne des hommes de science, ingénieurs et technologistes).SCITEC se veut être le porte-parole des hommes de science du Canada.Il n\u2019est pas facile de grouper ensemble les membres d\u2019associations aussi prestigieuses et solidement établies que l\u2019Institut des ingénieurs du Canada, l\u2019Association canadienne des médecins 15 ou l\u2019Institut de chimie du Canada.Non plus qu\u2019il est aisé d\u2019y ajouter les membres des associations des psychologues, des économistes et des sociologues.Heureusement, l\u2019ACFAS a prouvé, à plus petite échelle, que c\u2019était réalisable.Ayant réalisé cette intégration des diverses sciences dans notre milieu, l\u2019ACFAS a proposé de s\u2019intégrer au sein de SCITEC, tout en gardant sa propre personnalité, comme entité représentant l\u2019élément francophone du Canada.Nous avons donc eu un rôle important à jouer dans la mise sur pied de SCITEC.Il me fait plaisir de souligner que le conseil d\u2019administration de SCITEC a accepté notre invitation de venir siéger à Québec dans le cadre de notre congrès annuel.C\u2019est avec plaisir et joie que nous leur souhaitons la bienvenue parmi nous et que nous saluons leur présence.État de la science au Canada Ceux qui suivent de près l\u2019évolution des sciences au Canada n\u2019ont pu manquer d\u2019être frappés par ce qui se passe depuis quatre ou cinq ans.Après avoir subi une progression presque géométrique, spécialement depuis la fin de la guerre, le domaine des sciences s\u2019est trouvé subitement devant un barrage de critiques plus ou moins avouées et de questions pertinentes.La Commission Glasgo, le rapport McDonald, l\u2019étude de l\u2019OCDE sur l\u2019organisation de la science au Canada, le rapport Hurtubise-Rowat ont préconisé, de façon souvent très directe, des changements majeurs dans l\u2019orientation de la politique scientifique du Canada.Un peu en réaction, les associations scientifiques (Institut de chimie, Conseil des recherches médicales du Canada, Fédération des sociétés de biologie, etc .) se sont lancées dans des inventaires, au moyen de questionnaires sans fin.Jamais la science canadienne n\u2019a connu un tel remue-ménage et n\u2019a subi un tel examen de conscience.De ces masses de documents, de ces réflexions profondes, il ressort ce que tout le monde savait ou soupçonnait : la recherche fondamentale est assez bien développée dans les universités, quoique absente dans certains secteurs ; la recherche industrielle en revanche est peu développée.La recherche orientée, sauf dans certaines agences gouvernementales, est mal coordonnée et peu abondante.Les universités forment des universitaires et les liens entre les universités et l\u2019industrie, si forts aux États-Unis, sont ici relativement faibles.Pour aviser le gouvernement sur les mesures à prendre, on a créé bien sûr le « Conseil des sciences », le « Secrétariat des sciences » et nommé des aviseurs scientifiques auprès du Conseil privé et du Cabinet.Et finalement, la Commission sénatoriale Lamontagne a reçu le mandat de faire un peu la synthèse de tout ce travail.L\u2019amoncellement de documents, de statistiques, de plaidoyers devant la Commission sénatoriale Lamontagne servira à étayer solidement ce rapport qui est attendu avec beaucoup d\u2019intérêt et d\u2019impatience par la communauté scientifique et les autorités gouvernementales.Il va sans dire que le gouvernement n\u2019attendra pas la parution du rapport prévu pour janvier 1971, pour amorcer des réformes et proposer de nouvelles orientations de notre politique scientifique.Déjà semble-t-il, certaines mesures sont à l\u2019étude pour mieux coordonner les efforts, ajuster les budgets de recherches sur besoins réels, éviter les duplications coûteuses ou les aventures dans des domaines de prestige, mais irréalistes pour le Canada.On chuchote dans les cercles scientifiques que la structure et le rôle du Conseil national de la recherche, que la composition et l\u2019orientation du Conseil des sciences et du Secrétariat des sciences seraient modifiés, que les inégalités entre les budgets de recherche seraient corrigées (par exemple, les budgets consacrés aux recherches en aménagement urbain, problème crucial du Canada, sont actuellement 100 fois moindres que les recherches pures en médecine ou en agriculture).Mais avant de mettre à exécution ou de modifier aussi profondément notre politique scientifique, les autorités gouvernementales voudront sans doute prendre l\u2019avis des hommes de sciences ou des associations qui les représentent.C\u2019est là, me semble-t-il, que les rôles de SCITEC ou de l\u2019ACFAS peuvent le mieux s\u2019exercer.16 État de la science au Québec Le remous scientifique que l\u2019on observe sur la scène canadienne aura sans doute des répercussions profondes au Québec.On me faisait remarquer, l\u2019autre jour, que le ministère de l\u2019Industrie et du Commerce de l\u2019Ontario a assigné un sous-ministre aux audiences, voyages et travaux de la Commission Lamontagne.L\u2019Ontario sera prête à adapter sa politique scientifique à celle du Canada.On peut se demander si le Québec, lui, sera prêt.L\u2019ACFAS, dont c\u2019était le rôle, n\u2019a cessé depuis trente ans de réclamer auprès des autorités du Québec une politique scientifique plus agressive, mieux coordonnée et un effort considérable dans le domaine de la recherche.Peut-être grâce à ces interventions, mais surtout grâce à une politique éclairée du gouvernement du Québec, on a assisté, durant la dernière année, à de premiers aboutissements de tous ces efforts.Ceci s\u2019est traduit par un renouveau scientifique digne d\u2019être souligné.Nous venons d\u2019assister depuis un an à la création d\u2019instituts de recherche et à la mise en place d\u2019organismes de recherche qui, jouant des rôles complémentaires, seront responsables en grande partie de notre élan scientifique pour les prochaines années.Mentionnons la création très récente de poste de « responsables de la recherche » au plus haut niveau de nos universités, lesquels sont regroupés dans un comité de la conférence des recteurs.Beaucoup plus importante cependant est la création de la « Commission de la recherche universitaire » du Conseil des universités, organisme de consultation auprès du ministère de l\u2019Éducation.De concert avec le ministère, ces organismes de consultation devraient pouvoir mieux coordonner la recherche fondamentale qui se fait dans nos universités.Les gouvernants du Québec et de la France ont aussi voulu intensifier la coopération scientifique en créant cette année une « sous-commission à la recherche scientifique et technique ».Les principaux buts de cet organisme sont de favoriser des projets conjoints entre les scientifiques des deux pays, et d\u2019intensifier les collaborations au moyen de visites de chercheurs, professeurs et étudiants.L\u2019inauguration, en septembre, par l\u2019Hydro-Québec de son « Institut de recherche en électricité du Québec » (IREQ) à Varennes ouvre des possibilités énormes à la recherche dans un secteur de pointe au Québec.Nous pouvons être fiers de ce foyer d\u2019excellence qui déjà a la consécration du monde scientifique international.La création par le gouvernement du « Centre de recherche industrielle du Québec » (CRIQ) rattaché au ministère de l\u2019Industrie et du Commerce, est une autre réalisation dont il y a lieu de nous réjouir.S\u2019il y a un secteur négligé de la recherche au Québec, c\u2019est bien celui de notre industrie, petite ou moyenne, qui ne peut développer ses propres laboratoires de recherche ou qui souvent ignore que la recherche est essentielle pour permettre à l\u2019industrie de survivre dans notre monde de compétition à l\u2019échelle internationale.Le « CRIQ » vient à point pour aider notre industrie.Étant placé sous la responsabilité du ministre de l\u2019Industrie et du Commerce, il sera donc au carrefour des préoccupations et des problèmes économiques du Québec et son action n\u2019en sera que plus efficace.La création par le gouvernement de l\u2019INRS (Institut national de la recherche scientifique) comme nouvelle unité constituante de l\u2019université du Québec permet au Québec de se doter d\u2019un outil pour effectuer des recherches orientées dans des secteurs prioritaires, par exemple : eau, énergie, recherches urbaines, santé et éducation.Décentralisés et donc situés à plusieurs endroit du Québec, les centres de recherche de l\u2019INRS seront formés d\u2019un noyau permanent de chercheurs.A ce noyau, pourront s\u2019associer, suivant différentes modalités, des experts dans ces domaines, qui oeuvrant dans les universités, les industries ou les gouvernements, voudront collaborer à ces recherches et à l\u2019enseignement avancé 17 qui y est rattaché.Ainsi l\u2019affiliation universitaire de l\u2019INRS lui permettra de former des maîtres et des docteurs dans des secteurs de pointe de la recherche orientée.Mentionnons en passant que les dirigeants des trois nouveaux organismes que je viens de mentionner, IREQ, CRIQ et INRS sont trois anciens présidents de l\u2019ACFAS.Il existe aussi SOQUEM pour la mise en exploitation de nos richesses minières.L\u2019on a créé cette année SOQUIP pour l\u2019exploitation de nos richesses pétrolières.Finalement, le gouvernement a décidé de regrouper ses laboratoires et son personnel scientifique dans le « Complexe scientifique de Ste-Foy » dont la construction de la phase I progresse à vive allure.Situé au pied de Ste-Foy, le complexe scientifique du Québec devrait ouvrir ses premiers laboratoires au printemps.La construction de la phase II (autres laboratoires et services centraux) devrait alors s\u2019amorcer.Le complexe, en plus d\u2019abriter les laboratoires du gouvernement, groupera des laboratoires de l\u2019INRS et du CRIQ, en plus évidemment d\u2019attirer en périphérie des laboratoires de l\u2019industrie privée.L\u2019Office de planification du Québec à qui le gouvernement a confié la gestion du complexe a créé un comité de gestion où sont représentés les usagers du complexe : Gouvernement - INRS et CRIQ.Si on ajoute à cette liste d\u2019instituts de création récente, et de commissions, le complexe scientifique, et l\u2019Office de planification du Québec, on se rend compte qu\u2019après une longue hésitation, le Québec s\u2019est donné des structures qui de concert avec les structures déjà en place dans les universités ou ailleurs, pourront oeuvrer en vue du bien commun.La multiplication des structures et des outils, et l\u2019apparente confusion qui s\u2019est manifestée à leur création, a sans doute inquiété un secteur intéressé de la population.Je crois qu\u2019au contraire, il faut se féliciter de voir les autorités réaliser le besoin de notre population et lui offrir les instruments d\u2019action nécessaires.L\u2019ACFAS se réjouit de ces initiatives très concrètes qu\u2019elle réclamait depuis longtemps.Conseil de la recherche scientifique Faut-il maintenant créer un autre organisme, un « Conseil québécois de la recherche » ?Difficile question à laquelle je voudrais essayer de répondre.Réclamé depuis longtemps par l\u2019ACFAS, un Conseil provincial de la recherche, s\u2019il devait être créé, serait sans doute très différent de celui que l\u2019on désirait il y a vingt ans.C\u2019est que l\u2019expérience du Conseil national de la recherche du Canada montre que, si celui-ci est responsable en grande partie de l\u2019essor scientifique remarquable de notre pays, il répond mal aujourd\u2019hui aux objectifs initiaux qui lui avaient été assignés.Dans beaucoup de milieux scientifiques, on remet en doute aujourd\u2019hui la formule d\u2019un « Conseil de la recherche » qui à la fois gère et possède des laboratoires propres et qui subventionne dans tout le pays des recherches universitaires qui n\u2019ont aucune relation avec ses propres projets.Tout en reconnaissant le rôle extraordinaire qu\u2019a joué et que doit continuer à jouer le Conseil national de la recherche, il y a lieu de s\u2019interroger pour savoir si le Québec doit se donner un Conseil ayant laboratoires propres et une enveloppe budgétaire pour subventionner la recherche universitaire.On peut penser à la formule d\u2019un « Conseil de la recherche » qui serait analogue au « Conseil de la recherche médicale du Québec », lequel reçoit, du ministère de la Santé, une enveloppe budgétaire annuelle qui sert à subventionner la recherche universitaire dans le secteur de la santé.Dans cette hypothèse, le « Conseil de la recherche du Québec » devrait être dépositaire de toutes les enveloppes budgétaires consacrées à la recherche, qu\u2019elle soit universitaire (dans les sciences médicales, humaines, exactes ou appliquées) ou qu\u2019elle soit industrielle ou qu\u2019elle soit gouvernementale.Le Conseil, étant alimenté par la plupart des ministères, devrait être responsable à un comité inter-ministériel.Il ne faut pas 18 minimiser alors l\u2019appareil lourd et complexe que devra se donner un tel Conseil pour évaluer, contrôler et adjuger les différentes sommes réclamées par les divers milieux, la répartition juste étant toujours fonction d\u2019une information adéquate.Devant les difficultés d\u2019opération d\u2019un tel Conseil, cette hypothèse devrait être abandonnée.Plus modestement, mais aussi de façon beaucoup plus pratique et efficace, on peut penser à un « Conseil de la recherche » qui soit consultatif auprès d\u2019un ministre de la Science, ou du premier ministre ou d\u2019un comité inter-ministériel.Un « Conseil de la recherche », sans laboratoires propres, sans enveloppe budgétaire, pourrait conseiller les gouvernants sur l\u2019orientation de la politique de la recherche du Québec.Il pourrait être formé des principaux dirigeants des instituts et organismes mentionnés plus haut auxquels on pourrait ajouter des scientifiques reconnus.Déjà l\u2019INRS, le CRIQ, l\u2019IREQ et OPDQ ont échangé au niveau de leurs conseils d\u2019administration ou de leur direction, des scientifiques qui ont fait la preuve qu\u2019une collaboration fructueuse, même si elle n\u2019est pas institutionnalisée, était possible entre ces organismes.A mon avis, le Québec possède actuellement suffisamment d\u2019outils (INRS, CRIQ, IREQ, SOQUIP, SOQUEM, universités) et d\u2019organismes (OPDQ, Conseil de la recherche médicale, Commission de la recherche universitaire du Conseil des universités) pour entreprendre une vigoureuse action dans le domaine scientifique.Il nous faut maintenant, d\u2019une part, maintenir le dialogue entre ces organismes, et d\u2019autre part, préciser les orientations et surtout les priorités d\u2019une recherche au Québec.Un « Conseil de la recherche » de type consultatif, représentatif des organismes de recherche du Québec, composé de personnes averties et compétentes, serait à mon avis la solution actuelle.La Commission Hurtubise-Rowat préconise l\u2019établissement d\u2019un tel conseil qu\u2019elle décrit en ces termes : « Nous recommandons en conséquence que les provinces donnent une plus grande expansion à leurs établissements de recherche en vue de répondre aux besoins provinciaux et régionaux, et qu\u2019elles créent un Conseil consultatif de l\u2019orientation de la recherche ou ajoutent cette fonction consultative aux conseils provinciaux de la recherche déjà existants.Ce Conseil consultatif guiderait le gouvernement dans l\u2019établissement des priorités, d\u2019un équilibre et d\u2019une coordination de la recherche entre le gouvernement, l\u2019industrie et les universités, et dans l\u2019élaboration de politiques visant à stimuler la recherche industrielle ».La Commission Hurtubise-Rowat recommandait en plus un « Comité de la recherche universitaire » qui a été créé récemment au Québec par le Conseil des universités et qui se nomme « Commission de la recherche universitaire ».« Nous recommandons aussi que les provinces créent un Comité de la recherche universitaire qui relèverait de la future Commission de coordination universitaire et où serait représenté le Conseil consultatif de la recherche.L\u2019une des principales fonctions de ce comité serait de conseiller la Commission de coordination et le gouvernement en matière de recherche universitaire, notamment en ce qui concerne les priorités, la coordination et l\u2019équilibre entre les différents domaines et genres de recherche.Des universitaires siégeraient au Conseil consultatif et au Comité de la recherche, et leur représentation serait majoritaire à ce comité parce qu\u2019il serait étroitement associé à la recherche universitaire ».Responsabilités des hommes de science Les problèmes scientifiques n\u2019en seraient pour autant résolus.Ce n\u2019est pas par des structures ou des organigrammes que l\u2019on règle les problèmes ou que l\u2019on trouve des solutions.19 Nous savons bien que ce sont les hommes qui seuls peuvent corriger les situations et apporter les réponses.De quel type d\u2019hommes avons-nous besoin pour aujourd\u2019hui ?Surtout, de quel type d\u2019hommes avons-nous besoin pour demain ?Voilà, à mon sens, une question autrement plus angoissante.Etant presque tous universitaires, nous, de l\u2019ACFAS, avons une responsabilité très grande, et un grand examen de conscience à faire.Il est bien admis aujourd\u2019hui que la Science a progressé à un rythme tellement rapide qu\u2019elle a, en quelque sorte, laissé loin en arrière, la société et ses problèmes classiques.La technologie, sous-produit de la Science, n\u2019a pas résolu, mais rendu plus aigus les problèmes d\u2019environnement, d\u2019urbanisation, de pollution, de santé publique.L\u2019avance des sciences exactes sur les sciences humaines est telle que la société impute aux premières les problèmes que les secondes n\u2019ont pu résoudre.La jeunesse qui, il y a quelques années, voyait dans la science un idéal, lentement mais sûrement, s\u2019en détache et recherche d\u2019autres valeurs plus humaines.Cette désaffection des disciplines scientifiques essentielles au progrès de l\u2019humanité inquiète grandement les autorités universitaires et scientifiques de nombreux pays.Mais alors que nous reprochons aux jeunes de délaisser les sciences pures et appliquées, nous faisons preuve à leur égard d\u2019une indifférence coupable.Comme président de l\u2019ACFAS, je viens justement d\u2019assister au congrès de l\u2019Association des jeunes scientifiques à l\u2019Ecole polytechnique la semaine dernière.J\u2019étais atterré de voir ces jeunes étudiants venant de loin et s\u2019étant longuement préparés à présenter d\u2019excellents travaux, s\u2019interroger sur les raisons de l\u2019absence de leurs professeurs de sciences et des professeurs d\u2019universités.J\u2019étais profondément déçu de constater que la demande tellement justifiée de 4 ou 5 milliers de dollars au gouvernement n\u2019avait rapporté que la moitié de cette somme.J\u2019étais perplexe devant les raisons administratives qui font que la jeunesse scientifique est subventionnée aussi peu, par le Haut Commissariat des Loisirs et du Sport, alors que l\u2019ACFAS l\u2019est par le ministère des Affaires culturelles.L\u2019ACFAS n\u2019est pas non plus sans reproches.Quels liens avons-nous entretenus avec l\u2019Association des professeurs de sciences du Québec ?et quelle aide, autre que financière, donnons-nous aux jeunes scientifiques ?Au cours du congrès qui s\u2019achève, beaucoup de propositions valables et de bonne volonté sont apparues.L\u2019on sent chez beaucoup de nos hommes de science un désir certain de prendre une part plus active à la vie de notre communauté.En terminant, il me reste à souhaiter au prochain président et au nouveau conseil d\u2019administration de bénéficier de ces bonnes volontés pour que l\u2019ACFAS puisse jouer le rôle qu\u2019on attend d\u2019elle.Faire avancer la science est important.Mais faire avancer notre société par la science me semble plus important.Québec, le 17 octobre 1970.Louis Berlinguet Président de l\u2019AC F AS 20 \u2019 A'-f.vO®5 *V£V, : .;%\u2019 ::ifj!00j Æm *5Æ&k L\u2019UNIVERSITE DU QUÉBEC est heureuse de féliciter tous les membres de ï ACF AS pour l\u2019action éminente qu\u2019ils mènent depuis plusieurs années et entend apporter sa contribution au développement de l\u2019esprit et de la recherche scientifiques chez nous.CHICOUTIMI RIMOUSKI ROUYN QUÉBEC TROIS-RIVIÈRES MONTRÉAL HULL L\u2019Université du Québec offre des programmes de formation et de perfectionnement des maîtres dans les régions du Nord-Ouest québécois et de l\u2019Outaouais.Université du Québec Siège social Université du Québec à Montréal Université du Québec à Trois-Rivières Université du Québec à Chicoutimi Centre d\u2019études universitaires de Rimouski École nationale d\u2019administration publique Institut national de la recherche scientifique \u2022\tCentre québécois des sciences de l\u2019eau \u2022\tCentre de recherche de l\u2019énergie \u2022\tCentre de recherches urbaines et régionales RAPPORT PRÉSENTÉ PAR LE COMITÉ DU 38e CONGRÈS AU CONSEIL D'ADMINISTRATION DE UACFAS LE 6 FÉVRIER 1971 23 La réalisation et l\u2019organisation d\u2019un congrès, quel qu\u2019il soit, donnent lieu à de multiples événements.D\u2019une part, les événements internes, qui ont un rapport immédiat avec l\u2019organisation ou la réalisation du congrès; d\u2019autre part, les événements externes qui ont indirectement favorisé, modifié ou défavorisé la tenue du congrès.A ces multiples événements s\u2019ajoute la pluralité des individus, membres de la communauté scientifique, qui participent à ce congrès et qui lui donnent une teinte particulière.En conséquence, il est difficile de trouver des critères objectifs qui peuvent nous permettre de qualifier et de quantifier le succès du congrès.Des individus qui ont participé au congrès peuvent se former une opinion sur le succès relatif de celui-ci.Leur opinion dépendra grandement de l\u2019importance de leur participation personnelle aux événements.Les groupes d\u2019individus ou les sections peuvent aussi formuler une opinion sur le succès remporté par les activités qui leur sont propres.Leur opinion sera probablement plus impartiale parce que plus globale.Le Comité d\u2019organisation, enfin, n\u2019échappe pas à toutes les influences des événements qui ont entouré la préparation et la tenue du congrès.C\u2019est pourquoi nous désirons, dans ce rapport, soumettre aux membres du Conseil d\u2019administration de l\u2019ACFAS, de même qu\u2019à la communauté scientifique francophone intéressée, nos remarques sur les événements qui ont entouré le congrès, sur certains points d\u2019organisation dignes d\u2019être soulignés, évitant de nous prononcer sur le succès global de notre congrès.LES ACTIVITÉS NOUVELLES (annexe n° 1) Un comité organisateur qui se propose d\u2019apporter des idées nouvelles à un congrès prend le risque d\u2019être mal interprété.Ou bien on pourra le taxer d\u2019hyper-originalité ; ou bien on pourra croire que sa motivation est rationnelle.Notre motivation, nous l\u2019avons répété maintes et maintes fois, était de rendre à chaque section, par conséquent à chaque discipline, sa personnalité propre au sein du congrès.En fournissant à chaque section des modèles variés de présentation scientifique, notre but était de rendre notre congrès plus accessible à la masse des scientifiques.Quelques-unes des formules proposées n\u2019ont pas été utilisées : la « conférence choc » (Trigger meeting), la démonstration scientifique et le groupe de discussion.Par ailleurs, 17 symposiums multidisciplinaires ont été organisés, 345 communications individuelles ont été prononcées, des conférences principales et des rencontres de discussion ont eu lieu et les congressistes ont pu participer à quelques visites sur le campus Laval.Nous croyons qu\u2019il y aurait lieu de revenir l\u2019an prochain avec les formes de présentation du premier document que nous annexons à ce rapport.Nous recommandons donc que le Comité du 39e Congrès réétudie les formules de présentation scientifique du document préliminaire présenté par le 38e Congrès en vue d\u2019une application possible au Congrès de Sherbrooke.S\u2019il nous est possible de suggérer au prochain Comité d\u2019organisation une formule nouvelle (Symposium libre), nous ferions la suivante: inviter tous les scientifiques qui le veulent à prononcer une communication individuelle de quinze minutes sur un sujet ou un thème très déterminé.Exemple : section de Chimie : inviter les chimistes qui oeuvrent dans le domaine particulier tel que les organo-mercuriels à prononcer une communication individuelle sur leurs travaux ; section Pharmacologie : inviter les pharmacologues qui travaillent dans un domaine particulier, tel que le LSD, à présenter des communications exclusivement sur le LSD.Nous sommes conscients que cette formule ressemble énormément à la formule des symposiums; elle aurait, croyons-nous, l\u2019avantage de faire participer des individus qui s\u2019y présenteraient spontanément sans qu\u2019on les y invite particulièrement.Enfin, pourquoi ne pas susciter la présentation de communications ayant comme titre général l\u2019enseignement de telle ou telle science à différents niveaux?Exemple : pourquoi ne pas demander aux physiciens de Laval, Sherbrooke, Montréal, etc., comment ils font l\u2019enseignement de l\u2019optique dans leur département?LES SECTIONS SCIENTIFIQUES AU CONGRES Parmi toutes les sections décrites en annexe de ce rapport (annexe n° 2) une seule (1) n\u2019a présenté aucun programme: il s\u2019agit de la section Philosophie.Toutes les autres sections ont eu un programme plus ou moins élaboré.Une section nouvelle a été créée : il s\u2019agit de la section germanistique.Les sections de 24 biologie ont été réaménagées, comme il arrive souvent depuis déjà quelques congrès.Il est possible que le Congrès de Sherbrooke doive de nouveau faire un réajustement en fonction des thèmes et des sujets traités.Nous suggérons fortement que demeure encore l\u2019an prochain la section appelée « géomorphologie et quaternaire » ; une demande à cet effet nous a été adressée par monsieur Jean-Claude Dionne, secondé par monsieur Camille Laverdière; nous l\u2019avons transmise au secrétariat général.Dans quelques sections, plusieurs auteurs ont présenté des communications qui touchaient de près ou de loin les phénomènes de pollution.Nous proposons au Comité du 39e Congrès d\u2019étudier la possibilité de créer à un moment du Congrès une section appelée « pollution ».Cette section deviendrait une section multidisciplinaire par elle-même et atteindrait effectivement les buts que se propose l\u2019ACFAS.Elle pourrait cadrer dans la nouvelle formule que nous préconisons au paragraphe : « Symposium libre ».LES PUBLICATIONS a) Les résumés des communications: La formule utilisée cette année n\u2019est pas nouvelle: la Fédération des Sociétés de Biologie et d\u2019autres sociétés l\u2019ont expérimentée avant nous.Les remarques techniques de la réalisation de cette nouvelle formule seront transmises en détail au Comité du 39e Congrès.Nous aimerions ici soulever la discussion quant à l\u2019opportunité de maintenir cette formule et de la rendre plus efficace, plus rationnelle, afin qu\u2019elle soit le reflet de la qualité des communications elles-mêmes.1\t- Exigences: C\u2019est la première fois, cette année, que l\u2019ACFAS était aussi exigeante pour ses communicants.Elle n\u2019en a reçu que des félicitations.Quelques communications ont cependant été mal rédigées.Tant que le temps nous l\u2019a permis, nous avons retourné ces communications aux inscrits, avec une nouvelle formule.Ceux-ci ont alors accepté de se conformer à nos exigences et nous ont retourné leur communication impeccablement présentée.Les exigences devraient donc être maintenues et scrupuleusement mises en application.Au chapitre de ces exigences, qu\u2019on nous permette d'insister de façon pressante sur la qualité du ruban et de la dactylo.2\t- Exclusivité: A notre avis, à l\u2019avenir, seuls les membres en règle de l\u2019ACFAS devraient avoir le privilège de présenter des communications lors du congrès.Toute personne non membre de l\u2019ACFAS pourrait toutefois présenter une communication en étant parrainée ou présentée par un membre en règle de l\u2019ACFAS.Nous suggérons donc d\u2019envoyer, en même temps que l\u2019avis préliminaire de convocation au congrès à tous les membres, deux formules servant à inscrire les communications, de même que deux formules obligeant les communicants à s\u2019inscrire au congrès.Le détail de ces formules sera transmis à titre de suggestion au Comité du 39e Congrès.Nous recommandons 1 - que seuls les membres en règle de l\u2019ACFAS aient le privilège d\u2019inscrire des communications individuelles.2 - que toute personne parrainée par un membre de l\u2019ACFAS puisse présenter des communications au co7igrès.3 - que toute personne désirant inscrire une communication au congrès soit obligée de se préinscrire au congrès.4 - que les comités d'organisation des congrès maintiennent les exigences fixées par notre comité.b) Les annales: Les scientifiques comprennent mal le contenu et la portée de nos Annales.À notre avis, ce document devrait comprendre les textes, in extenso, des conférences principales, les comptes rendus des symposiums, les conclusions du colloque général, les recommandations éventuelles des sections, le discours du président lors du dîner annuel, et tout autre document important faisant suite à la tenue du congrès digne d'être conservé ou auquel il y aurait lieu de donner suite.Nous n\u2019avons actuellement (février 1971) reçu que très peu de documents pouvant servir à la rédaction de nos Annales.Nous sommes persuadés qu'avec un peu d\u2019effort nous parviendrons à récupérer certains comptes rendus de symposiums, certains textes in extenso de conférenciers ; le discours de notre président Berlinguet, les recommandations de sections et l\u2019ensemble des résultats de notre questionnaire électronique sont en rédaction chez l\u2019imprimeur.Puisqu\u2019il nous semble difficile de publier une Annale après congrès, nous recommandons : 1 - que les textes in extenso des conférenciers accompagnent l\u2019inscription de leurs auteurs au congrès.2 - que les recommandations des sections soient reçues des mains du secrétaire lors de la dernière journée du congrès ou au plus tard dans la semaine qui suit.3 - que les comptes rendus des discussions tenues au cours des symposiums soient recueillis et commentés par le président de symposium et qu\u2019ils portent le titre de «Rapport du président sur la discussion ».(Ceci éliminerait l\u2019enregistrement sonore, la revérification des interventions auprès des intéressés, le relevé de ces interventions par une secrétaire, etc.).25 COMPOSITION DU COMITÉ D\u2019ORGANISATION On trouvera en annexe numéro 3 du présent rapport l\u2019organigramme représentant la composition du Comité d\u2019organisation du 38e Congrès.Cet organigramme a été structuré à la suite des recommandations des directeurs régionaux de Sherbrooke, d\u2019Ottawa et de Montréal qui ont organisé les trois derniers congrès.Nous y remarquons que le rôle de directeur général y est à peu près inexistant.Les circonstances des trois dernières années ont en effet entraîné les comités d\u2019organisation et le Conseil d\u2019administration de l\u2019ACFAS, croyons-nous, à réduire le rôle du directeur général, de principal coordonnateur qu\u2019il était en 1966, à celui de consultant en 1970.Si nous avons nous-mêmes opté pour cette solution cette année, nous le faisions dans l\u2019optique que le 38e Congrès devrait être original, voire expérimental, afin de satisfaire les scientifiques qui avaient demandé que soient renouvelée la formule de nos congrès.Nous croyons maintenant que l\u2019ACFAS devrait assurer une certaine continuité d\u2019un congrès à l\u2019autre.Pour ce faire, le Conseil d\u2019administration devrait étudier la possibilité de former un comité permanent, composé sur le modèle de la Commission scientifique de l\u2019ACFAS, et qui pourrait être assisté d\u2019un comité local pour l\u2019organisation même de nos réunions annuelles.Puisque le congrès demeure l\u2019activité principale de l\u2019année pour l\u2019ACFAS, nous croyons que le directeur général devrait être l\u2019animateur (président ou secrétaire) de ce comité permanent.Nous recommandons : 1\t- que la conception et l\u2019organisation des congrès de l\u2019ACFAS soient assurées par un comité de membres de l\u2019ACFAS provenant de toutes les régions desservies par elle, et ayant comme principal animateur le directeur général de l\u2019ACFAS; 2\t- que le mandat de ce comité permanent soit d\u2019assurer une continuité dans les politiques de l\u2019ACFAS et un lien entre le comité local et le conseil d\u2019administration ; 3\t- que le comité permanent soit assisté par un comité local dont la composition serait équivalente à celle des deux derniers congrès; 4\t- que le mandat de ce comité local porte surtout sur la réalisation des activités prévues; 5\t- que le thème du congrès et les activités qui en découlent directement soient conçus ou déterminés lors d\u2019une réunion conjointe du comité permanent et du comité local; 6\t- que le président du comité local soit membre du comité permanent (peut-être depuis plus d\u2019un an) et invité aux séances du Conseil d\u2019administration où il est question du congrès.LE BUDGET (annexe n° 4) Dans la mesure où le Conseil d\u2019administration considère le Congrès comme une des activités de l\u2019année, activité dont les principales caractéristiques se rapprochent de l\u2019organisation d\u2019un colloque ordinaire, le Comité local d\u2019organisation devrait recevoir de l\u2019ACFAS une subvention de fonctionnement.Nous croyons donc logique la politique prise par les deux derniers Conseils d\u2019administration de faire apparaître, dans ses états des revenus et dépenses annuels, au chapitre des revenus, les différentes subventions que lui accordent soit le Ministère de l\u2019Éducation, le Ministère des Affaires culturelles, le Conseil des Arts du Canada et le Conseil national des recherches du Canada ; au chapitre des dépenses, et plus particulièrement des activités scientifiques, le montant qu\u2019il accorde aux organisateurs du congrès.Ce montant, comme par les années passées, doit tout de même être calculé sur la base des activités qu\u2019entreprend le Comité local d\u2019organisation.Il est évident que le Comité peut augmenter son chapitre des revenus en déterminant, de la façon la plus probable possible, les revenus qui peuvent lui parvenir de l\u2019inscription des congressistes et de l\u2019exposition scientifique.Nous croyons également qu\u2019une fois déterminé, le budget du congrès ne devrait pas être transformé.Cependant, les circonstances locales peuvent entraîner des déboursés différents d\u2019une région à l\u2019autre.Exem-pie : Il est évident que les dépenses occasionnées par les déplacements du directeur général et des membres du Secrétariat général de Montréal seront plus faibles lorsque le congrès se tient à Montréal en comparaison avec les autres régions.Il en est de même pour les téléphones, les frais de poste et de communications et les frais de transport de documents, puisque la majorité des membres de l\u2019ACFAS et des congressistes originent de la région métropolitaine de Montréal.En conséquence, nous croyons que, une fois fixé dans ses grandes lignes, le budget pourrait subir certaines transformations internes consécutives aux circonstances locales.Nous recommandons : 1 - que le comité local prépare à l\u2019intention du Coîiseil d\u2019administration un budget équilibré, basé sur les expériences antérieures; 26 2\t- que la partie des dépenses de ce budget soit répartie en trois (3) chapitres: a)\tl\u2019administration et les frais d\u2019organisation (40% du total), b)\tles activités scientifiques et sociales (25% du total), c)\tles publications (35% du total); 3\t- que toute somme, item ou changement qui menace de débalancer ces trois chapitres soit soumis en bonne et due forme à l\u2019exécutif de l\u2019AC F AS pour approbation.4\t- que le comité local, dans les limites ainsi fixées en 2 et 3, puisse faire les réarrangements qu\u2019imposent les circonstances locales; 5\t- que, deux mois avant le congrès, une somme représentant un maximum de (15%) du budget soit mise à la disposition du comité local sous forme de petite caisse avec obligation d\u2019utiliser deux signatures pour tous effets bancaires et de faire rapport détaillé sur demande du directeur général ou de l\u2019exécutif.LA DURÉE DU CONGRÈS ET SON EMPLACEMENT AU COURS DE L\u2019ANNÉE Nous avons reçu, dans la période qui suit le congrès, beaucoup de suggestions quant à la durée de celui-ci et à son emplacement au cours de l\u2019année.Quelques-unes nous ont été faites verbalement; une, cependant, nous a été faite par un groupe de biologistes dont la liste et les signatures ont été transmises au Secrétariat général.Plusieurs facteurs militent en faveur de la position prise par les biologistes et que nous ferons partiellement nôtre: l\u2019expérience nous apprend qu\u2019un congrès d\u2019une durée de deux jours ne commence en fait qu\u2019au milieu de la première journée, les congressistes ayant l\u2019habitude de n\u2019arriver sur les lieux du congrès que le matin même de la première journée.Or, puisque cette première journée, depuis quelques années, est consacrée en grande partie à la tenue d\u2019un colloque général, les scientifiques n\u2019ont donc plus qu\u2019une seule journée pour se rencontrer, transmettre les résultats de leurs travaux et échanger des idées.Un autre facteur peut militer en faveur de la prolongation du congrès : une partie non négligeable de notre budget nous provient de la tenue et de l\u2019organisation de l\u2019exposition scientifique.Il semble, après une courte enquête que nous avons menée auprès des exposants du 38e Congrès, que ceux-ci ne sont plus tellement intéressés à participer à un congrès d\u2019une durée de deux jours, car, selon eux, les congressistes, étant absorbés par leurs activités scientifiques, ne visitent plus l\u2019exposition.Nous avons cependant déjà pris connaissance de la décision du Conseil d\u2019administration d\u2019extraire du congrès de Sherbrooke le colloque général, et de placer celui-ci en mai.Nous croyons qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une heureuse initiative, ceci permettant d\u2019allonger la durée du congrès d\u2019une demi-journée.Il se peut que cela soit suffisant pour cette année.Toutefois, dans l\u2019éventualité où les prochains conseils d\u2019administration retournent à l\u2019ancienne formule, nous demandons que soient étudiées les recommandations suivantes : 1\t- que la durée du congrès soit prolongée à trois (3) jours; 2\t- que soit très sérieusement étudiée la possibilité de tenir le congrès dans une période de l\u2019année qui favoriserait une participation plus fertile des groupes de scientifiques effectuant des travaux sur le terrain (nous suggérons une période entre Noël et le Premier de l\u2019An); 3\t- que V AC F AS continue à encourager la tenue de rencontres annuelles de sociétés autonomes, telles que la Société d\u2019entomologie, de sciences politiques, etc., pendant la tenue du congrès.(Le jeudi pourrait être consacré à de telles réunions.) LES FRAIS D\u2019INSCRIPTION, LA PRÉ-INSCRIPTION ET L\u2019INSCRIPTION Pour la première fois cette année les frais d\u2019inscription étaient différents, suivant que les congressistes s\u2019inscrivaient avant le congrès ou au moment de la tenue de celui-ci.Nous avons déjà présenté un rapport préliminaire qui a fait ressortir avec passablement d\u2019évidence certains points que nous rappelons ici sommairement: sur 232 membres inscrits, 117, soit plus de 50%, se sont inscrits avant le congrès.De ces 117, cependant, 60 seulement se sont inscrits avant le 1er septembre (annexe n° 5).Parmi les 424 non-membres inscrits au congrès, 42 seulement se sont inscrits avant le 1er septembre et 91 au total avant le congrès, soit un pourcentage de 21%.Chez les étudiants, 26% se sont inscrits avant le congrès, soit un total de 73 sur 281 inscriptions.On se souviendra que les frais d\u2019inscription, cette année, avaient été fixés à $7 pour les membres avant le 1er septembre et à $9 au moment même du congrès ; pour les non-membres, les frais avaient été fixés à $9 avant le 1er septembre et à $11 après le 1er septembre.Les congressistes qui se sont inscrits au moment même du congrès ont donc payé en surplus un montant total de $1,108.Nous ne voulons pas nous attarder outre mesure sur ces chiffres.Nous devons cependant admettre que 27 Annexe n° 1 TABLEAU COMPARATIF DES FORMES DE PRÉSENTATIONS SCIENTIFIQUES\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t Formes de PRÉSENTATIONS\tDurée (min.)\t\tCaractère\t\tChoix des PARTICIPANTS\t\tPublications\t\t\t\t \tExposé\tDiscussion\tUnidisciplinaire\tPluri (interdisciplinaire)\tPar un comité « ad hoc »\tCandidature spontanée (volontaire)\tTitre dans le programme\tRésumé de 300 mots dans le document de travail\tTexte « in extenso »\tdans les Annales .2 \u2019«3 CQ 2 O CG S\tRecommandations éventuelles Conférences principales\t45\t0\tX\tX\tX\t\tX\tX\tX\t\t Symposiums\t45- 90\t45- 90\tX\tX\tX\t\tX\tX\tX\tX\tX « Trigger Meeting »\t45\t45\tX\t\tX\tX\tX\tX\t(X)\tX\t Démonstrations scientifiques ou visites de laboratoires\tContinuel libre\t\tX\t\t\tX\tX\tX\t\t\t CONFÉRENCES LIBRES\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t Communications individuelles\t10\t5\tX\t\t\tX\tX\tX\t\t\t Groupes de discussion\t0\t90 + 180\tX\tX\t\tX\tX\tX\t\tX\tX la négligence des congressistes qui attendent de s\u2019ins-\t5 -que la majoration s\u2019applique autant aux crire au moment même du congrès nous occasionne\tmembres qu\u2019aux non-membres; des frais de secrétariat supplémentaires tels qu\u2019ils\t6 _ que cette majoration n\u2019excède pas 15% des justifient la majoration de $2 sur la pré-inscription.\t/rais totaux d\u2019inscription.C\u2019est donc dans le but d\u2019alléger ces frais de secrétariat que nous proposons que soit maintenue cette politique établie en 1970 par le Conseil d\u2019administration.\tle cinéma scientifique Nous recommandons donc : 1 - qu\u2019il y ait une période de pré-inscription;\tLe rapport du responsable de l\u2019organisation du 2-que cette période commence avec l\u2019avis pré-\tcinéma scientifique lors du 38e Congrès, monsieur Ca- liminaire de convocation au congrès et se termine\tmille Rousseau, fait état, dans ses grandes lignes, de cinq (5) semaines avant la date d\u2019ouverture du\t1,fchec de cette activité lors du 38 1 ë\tMath.\u2014 Statistique Sc.de l\u2019ingénieur\tPhysique\tSc.de la ter.\u2014 géologie géod.et foresterie\tBiochimie, biologie expérimentale microbiologie\tAgron.\u2014 Botanique et écol.végétale Zool.et écol.animale\tEndo.\u2014 Immun.\u2014 Histologie Pharmaco.\u2014 Physiologie Nutr.et Sc.médicales\t«0 6 O\t Disciplines\t1.\t2.\t3.\t4.\t5.\t6.\t7.\t8.\t9.\t10.\t\tTotal Professeur et chercheur\t1.\t9\t15\t14\t21\t6\t15\t13\t11\t7\t7\t3\t121 Chercheur seulement\t2.\t\t\t\t2\t\t1\t\t1\t\t\t\t4 Assistant de recherche\t3.\t1\t2\t1\t\t\t2\t\t1\t\t1\t\t8 Professeur seulement\t4.\t1\t2\t6\t2\t4\t\t2\t1\t1\t1\t1\t21 Étudiant gradué\t5.\t3\t9\t1\t5\t1\t5\t2\t4\t12\t13\t1\t56 Administrateur\t6.\t1\t\t1\t\t5\t1\t1\t1\t1\t\t\t11 Cegep ou École secondaire Enseignant\t7.\t2\t2\t1\t1\t\t1\t\t\t1\t\t\t8 Cegep ou École secondaire Administrateur\t8.\t\t\t2\t\t\t\t\t1\t\t\t\t3 Industrie\t9.\t4\t\t\t3\t\t2\t2\t\t1\t1\t\t13 Gouvernement Fédéral ou provincial\t10.\t5\t2\t\t6\t1\t2\t\t1\t7\t\t\t24 Omis.\t\t\t\t\t\t\t\t1\t\t1\t5\t7 Total :\t26\t32\t26\t40\t17\t29\t20\t22\t30\t24\t10\t276 84\t106\t76 38 gées, l\u2019ACFAS présente un intérêt marqué (26%), moyen (47%).De la participation simultanée de personnes appartenant aux secteurs des sciences exactes et des sciences humaines, l\u2019ACFAS tire un profit marqué (33%), moyen (34%), faible et nul (25%).On semble désirer que la présentation de communications individuelles dans les sections devrait occuper entre 50-75% du temps du congrès; le reste étant consacré à des regroupements interdisciplinaires formels.Rôle de V AC FAS Quant au rôle de l\u2019ACFAS, 54% des personnes souhaitent que l\u2019ACFAS soit le porte-parole officiel de la communauté scientifique francophone alors que 27% y voient un cadre où des associations professionnelles spécialisées trouvent des services pour leurs activités.Résumé De ce questionnaire forcément limité, on peut tirer le portrait robot du congressiste de l\u2019ACFAS.Il appartient à l\u2019une quelconque des disciplines des sciences humaines ou exactes.Il est professeur-chercheur, dans une université du centre du Québec, il possède un doctorat, il a entre 30 et 40 ans, il s\u2019inscrit à l\u2019ACFAS depuis peu d\u2019années, et n \u2019est pas membre d\u2019une société affiliée.Conclusion On peut retenir que si 40% des universitaires qui assistent aux congrès de l\u2019ACFAS paient eux-mêmes leurs frais d\u2019inscription, 74% d\u2019entre eux acceptent cependant une majoration de $8 de la cotisation annuelle ($2 à $10).Même si peu de membres connaissent SCITEC, la majorité accepte que l\u2019ACFAS joue un rôle au sein de cette association canadienne.La majorité accepte de travailler dans les comités de l\u2019ACFAS, lit le Bulletin, et souhaite l\u2019organisation de symposiums et de colloques.On désire que les communications individuelles continuent d\u2019être présentées dans chaque section même si l\u2019on doit prévoir des regroupements interdisciplinaires.La grande majorité trouve que l\u2019ACFAS joue un rôle utile dans notre milieu scientifique et voudrait que l\u2019ACFAS demeure le porte-parole de la communauté francophone.RAPPORT DÉTAILLÉ (%) DU QUESTIONNAIRE DISCIPLINES À laquelle des disciplines suivantes vous identifiez-vous ?1.\tScience économique, relations indus- trielles, sciences politiques, sociologie, anthropologie.\t9.42% 2.\tÉtudes anciennes, géographie, urbanisme, histoire, linguistique, slavisti- que, germanistique.\t11.59% 3.\tPhilosophie, éducation physique, psychologie, sciences de\tl\u2019éducation.\t9.42% 4.\tChimie.\t14.49% 5.\tMathématiques, statistiques et sciences de l\u2019ingénieur\t6.16% 6.\tPhysique.\t10.51% 7.\tSciences de la terre, géologie, géodésie et foresterie.\t7.25% 8.\tBiochimie, biologie expérimentale, microbiologie.\t7.97% 9.\tAgronomie, botanique et écologie végétale, zoologie et écologie animale.10.87% 10.\tEndocrinologie, immunologie, histologie, pharmacologie, physiologie, nutrition, sciences médicales.\t8.70% Omis:\t3.62% LIEU DE TRAVAIL ET FONCTION Où exercez-vous votre profession?A l\u2019Université.1.\tComme\tchercheur et professeur.\t43.84% 2.\tComme\tchercheur seulement.\t1.45% 3.\tComme\tassistant de recherche.\t2.90% 4.\tComme\tprofesseur seulement.\t7.61% 5.\tComme\tétudiant gradué.\t20.29% 6.\tComme\tadministrateur.\t3.99% Au CEGEP ou\tà l\u2019école secondaire.7.\tComme\tenseignant.\t2.90% 8.\tComme\tadministrateur.\t1.09% Dans l\u2019industrie.9.\tDans l\u2019industrie.\t4.71% Au gouvernement provincial ou fédéral.10.\tAu gouvernement provincial ou fédéral.\t8.70% Omis:\t2.54% 1 - Quel est votre plus haut grade académique obtenu?1.\tBaccalauréat.\t18.12% 2.\tLicence.\t8.33% 3.\tMaîtrise.\t25.36% 4.\tDoctorat.\t46.01% 5.\tAucun grade universitaire.\t1.09% Omis:\t1.09% 39 Indiquez l\u2019Université où vous retirez un plein\t\t5.Non.\t34.18% traitement.(Une seule réponse pour les ques-\t\tOmis:\t1.45% tions 2 et 3).2-1.Université Laval.\t26.91%\t8 - Avez-vous inscrit une communication au\t 2.Université de Montréal.\t14.18%\tprésent Congrès?Si oui avec combien\t 3.Université de Sherbrooke.\t8.36%\tde collaborateurs?\t 4.Université d\u2019Ottawa.\t5.82%\t1.Non.\t62.55% 5.Université de Sudbury.\t\t2.Oui, seul.\t13.09% 3-6.Université de Moncton.\t2.91%\t3.\tOui avec 1 collaborateur.4.\tOui avec 2 collaborateurs.\t12.73% 4.36% 7.Université du Québec : Québec, INRS,\t\t5.Oui avec 3 collaborateurs ou plus.\t4.36% ENAP, Rimouski.\t1.45%\tOmis:\t2.91% 8.Université du Québec à Trois-Rivières\t4.00%\t9 - D\u2019où émerge le paiement de vos frais\t 9.Université du Québec à Chicoutimi.\t1.45%\td\u2019inscription du Congrès de l\u2019ACFAS?\t 10.Université du Québec à Montréal.\t5.45%\t1.De votre budget personnel.\t38.04% 11.Autres Universités.\t2.55%\t2.De votre employeur.\t42.39% Omis:\t26.91%\t3.D\u2019une subvention de recherches.\t18.12% 4 - Depuis quand êtes-vous membre de l\u2019ACFAS?1.Je me suis inscrit pour la première fois cette année.\t39.86%\tOmis: 10 \u2014 Dans le but d\u2019intensifier les activités de l\u2019ACFAS (symposiums, colloques, bulletins, comités, placement, etc.) accep-\t1.45% 2.Je suis membre depuis 1 an.\t5.43%\tteriez-vous une majoration de la cotisa-\t 3.Je suis membre depuis moins de 4 ans.\t11.59%\ttion annuelle de $2.00 à $10.00?1.Oui.\t33.82% 4.Je suis membre depuis 4 ans ou plus.\t30.07%\t2.Non.\t20.73% Omis:\t13.04%\t3.Oui avec réserves.\t39.64% 5 - Votre âge est?1.inférieur à 25 ans;\t12.32%\tOmis: 11 - Assisterez-vous à l\u2019Assemblée annuelle\t5.82% 2.entre 25 et 30 ans;\t20.65%\tde l\u2019ACFAS?\t 3.entre 30 et 40 ans;\t36.59%\t1.Oui.\t30.91% 4.entre 40 et 50 ans;\t18.48%\t2.Non.\t32.36% 5.supérieur à 50 ans.\t11.59%\t3.Peut-être.\t36.00% Omis:\t0.36%\tOmis:\t0.73% 6 - Etes-vous membre d\u2019une société affiliée à l\u2019ACFAS?1.Oui.\t22.10%\t12 - Visiterez-vous l\u2019exposition scientifique de l\u2019ACFAS?1.Oui.\t71.38% 2.Non.\t40.22%\t2.Non.\t4.71% 3.Je ne les connais pas.\t34.06%\t3.Peut-être.\t23.19% Omis:\t3.62%\tOmis:\t0.72% 7 - Avez-vous déjà participé aux Congrès de l\u2019ACFAS?1.Oui, j\u2019ai participé aux 3 derniers\t\t13 - Assisterez-vous aux séances du Colloque général de l\u2019ACFAS?1.Oui.\t45.65% congrès.\t20.00%\t2.Non.\t22.10% 2.Oui, j\u2019ai participé à 3 des 4 derniers\t\t3.En partie.\t31.52% congrès.\t13.45%\tOmis:\t0.72% 3.Oui, j\u2019ai participé à 2 des 4 derniers congrès.\t14.91%\t14- Lisez-vous le bulletin de l\u2019ACFAS?\t 4.Oui, j\u2019ai participé à 1 des 4 derniers\t\t1.Oui.\t41.67% congrès.\t16.00%\t2.Non.\t26.45% 40 3.Occasionnellement.\t28.99% Omis:\t2.90% Connaissez-vous SCITEC?\t 1.Oui.\t17.39% 2.Non.\t57.61% 3.Très très peu.\t23.91% Omis:\t1.09% 16-11 semble que les nombreuses sociétés scientifiques du Canada veulent se regrouper dans SCITEC.Accepterez-vous que l\u2019ACFAS joue un rôle au sein de SCITEC?1.Oui, si les autres sociétés scientifiques canadiennes y participent.\t41.45% 2.\tOui, peu importe les autres\tsociétés.21.82% 3.\tNon.\t5.45% Omis:\t31.27% 17 - Comment voyez-vous la participation de l\u2019ACFAS à SCITEC?1.\tFusion avec perte d\u2019identité.\t4.71% 2.\tConservation de son identité propre à l\u2019intérieur de SCITEC (situation actuelle).\t38.41% 3.\tPas de fusion mais collaboration étroite avec SCITEC.\t18.48% 4.\tSeulement par l\u2019appartenance indivi- duelle des membres de l\u2019ACFAS à SCITEC.\t3.62% Omis:\t34.78% 18 - Trouvez-vous que le niveau scientifique des communications présentées aux Congrès de l\u2019ACFAS est.1.\tComparable\t55.15% 2.\tPlus élevé\t3.68% 3.\tMoins élevé\t20.59% Omis:\t20.59% que celui des Congrès d\u2019autres associations scientifiques canadiennes ?19-Selon vous, quel type d\u2019activités l\u2019ACFAS devrait favoriser davantage?(Encercler l\u2019activité qui vous paraît être la plus importante).1.\tDes symposiums et colloques au cours de l\u2019année.\t32.97% 2.\tDes symposiums et colloques lors du Congrès.\t31.88% 3.\tDes services: de placement, d\u2019en- quête et de renseignements via le Bulletin\t4.35% 4.\tActivités politiques: de groupes de pression, de\tgroupes d\u2019études\t7.25% 5.\tActivités envers les jeunes scientifiques, étudiants\tgradués.\t15.58% Omis:\t7.97% 20\t- Accepteriez-vous de travailler dans les comités de l\u2019ACFAS?1.\tOui.\t20.36% 2.\tOccasionnellement.\t45.09% 3.\tTrès peu.\t10.91% 4.\tNon.\t19.27% Omis:\t4.36% 21\t- Dans notre milieu scientifique l\u2019ACFAS joue-t-elle un rôle : 1.\tEssentiel.\t16.30% 2.\tTrès utile.\t19.93% 3.\tUtile.\t44.57% 4.\tPeu utile.\t11.59% 5.\tInutile.\t1.09% Omis:\t6.52% 22\t- Participerez-vous aux activités sociales du 38e Congrès?1.\tA la\tsoirée\tbavaroise\tseulement.\t14.86% 2.\tAu banquet\tde\tclôture\tseulement.\t13.04% 3.\tA la soirée bavaroise et au banquet de clôture.\t13.77% 4.\tÀ aucune des\tactivités.\t53.62% Omis:\t4.71% 23\t- En relation avec votre travail, l\u2019ACFAS présente pour vous un intérêt : 1.\tmarqué.\t26.09% 2.\tmoyen.\t47.10% 3.\tfaible.\t21.74% 4.\tnul.\t3.62% Omis:\t1.45% 24\t- De sa composition interdisciplinaire et particulièrement du mélange des sciences exactes et des sciences humaines, l\u2019ACFAS tire selon vous un profit: 1.\tmarqué.\t33.33% 2.\tmoyen.\t34.06% 3.\tfaible.\t19.57% 4.\tnul.\t5.43% Omis:\t7.61% 25\t- Au Congrès, la présentation de communications individuelles dans votre section devrait prendre : 1.\t100%\tdu\ttemps.\t4.35% 2.\t75%\tdu\ttemps.\t31.88% 41 3.\t50%\tdu temps.\t45.65% 4.\t25%\tdu temps.\t12.32% 5.\t0%\tdu temps.\t1.81% Omis:\t\t\t3.99% 26 - Au Congrès, les activités donnant lieu à des regroupements interdisciplinaires devraient représenter :\t\t 1.\t100% du temps.\t3.99% 2.\t75% du temps.\t12.32% 3.\t50% du temps.\t34.78% 4.\t25% du temps.\t38.77% 5.\t0% du temps.\t2.17% Omis:\t7.57% 27-Vis-à-vis la société, l\u2019ACFAS doit être: 1.\tune amicale pour les hommes de sciences francophones.\t9.42% 2.\tun cadre où des associations profes- sionnelles spécialisées trouvent des services pour leurs activités.\t26.81% 3.\tun porte-parole officiel de la communauté scientifique francophone.\t53.99% 4.\tun groupe de pression.\t5.07% Omis:\t4.71% 42 SYMPOSIUM CIVILISATION ET NUTRITION BIENVENUE G.J.BRISSON Centre de Recherches en Nutrition, Université Laval, Qué.Les membres du Centre de Recherches en Nutrition de l\u2019Université Laval sont heureux d\u2019inviter tous les congressistes de l\u2019ACFAS à participer à leur symposium qui aura lieu samedi matin, le 17 octobre, de 9:00 heures à 12:00 heures a.m.Le thème : Nutrition et Civilisation, met en évidence les aspects écologiques de la nutrition.Notre monde contemporain, malgré tous les progrès dont il se glorifie, est loin d\u2019avoir éliminé les états de malnutrition et de sous-alimentation.Pour assurer une saine alimentation à l\u2019homme des années 1970, nous devons résoudre de nombreux problèmes et accroître nos connaissances et nos moyens d\u2019action dans plusieurs domaines.Pour faire le point sur ces questions, nous avons fait appel à des conférenciers dont la renommée est une garantie de la qualité des exposés et de leur intérêt pour les congressistes de toutes disciplines.Nous espérons donc que vous serez des nôtres et nous vous souhaitons, Bon congrès ! 43 ¦ m NUTRITION ET CIVILISATION Jean Mayer, Département de Nutrition Harvard University School of Public Health Conseiller spécial auprès du président des États-Unis Je suis particulièrement heureux de me retrouver à Québec, car en tant que Franco-Américain, je me sens doublement voisin du Québec et m\u2019y trouve toujours parfaitement à mon aise.Je voudrais profiter de cette conférence non seulement pour faire un tour d\u2019horizon sur l\u2019état de la nutrition à travers le monde, mais également pour vous faire part de quelques résultats découlant des recommandations de la conférence de la Maison Blanche que j\u2019ai présidée l\u2019an passé.Loin de moi l\u2019intention de fixer les regards du monde entier sur les problèmes de nutrition particuliers aux Etats-Unis; je crois, cependant, qu\u2019un grand nombre des problèmes rencontrés aux Etats-Unis peuvent être caractéristiques de toute nation industrielle.La proximité du Canada et des Etats-Unis, tant du point de vue développement que du point de vue géographique, accentue la similitude des problèmes nutritionnels de nos deux pays.La nutrition à travers Le monde: Problème généralisé Le tour d\u2019horizon que je me propose de faire pourrait tout aussi bien être un tour d\u2019horizon chronologique que géographique.Je crois qu\u2019il est utile et sage de considérer la plupart des différences culturelles mondiales non seulement sur le plan régional, mais bien en fonction des stades de développement économique et politique.Il y a certaines régions du monde qui sont encore à l\u2019état de l\u2019âge de pierre.Qu\u2019il me soit permis de relater ici un souvenir vieux d\u2019une douzaine d\u2019années: je me trouvais alors dans le nord du Ghana, et, ayant vécu quelque temps dans un village où les gens ne portaient pas de vêtements, je parlais au chef de ce village qui m\u2019offrit, à ma très grande surprise, de visiter des hommes vraiment primitifs.J\u2019acceptai \u2022\tConférence prononcée au 38e Congrès de l\u2019ACFAS.\u2022\tAnnales de l\u2019ACFAS : 37, 1970.évidemment cette invitation ; on me confia un guide qui m\u2019amena dans une partie relativement épaisse de la forêt et me fit regarder, à bonne distance, une caverne ; après quelques minutes d\u2019attente, un homme et deux femmes sortirent de la caverne.Ils regardèrent tout autour d\u2019eux et repartirent dans la forêt.Nous nous approchâmes de la caverne et mon guide me fit remarquer que ces habitants de la caverne n\u2019avaient absolument aucun objet fabriqué (de fabrication industrielle).Il y avait, en face de la caverne, deux bâtons, tous deux décorés, l\u2019écorce ayant été teinte de jus de fruit écrasé ; l\u2019un des bâtons était bleu, l\u2019autre rouge et mon guide me dit: «Ce sont leurs dieux ».J\u2019ai vu des gens primitifs en Australie, j\u2019en ai vu d\u2019aussi primitifs dans d\u2019autres régions d\u2019Afrique ; je puis vous dire que la gamme complète des degrés de civilisation se retrouve encore aujourd\u2019hui çà et là à travers le monde.Je crois qu\u2019il est très important de se rendre compte que cette gamme de civilisations, de développement industriel, entraîne de facto toute une gamme de maladies.Contrairement à l\u2019opinion générale, ces maladies répandues à travers le monde sont beaucoup plus une conséquence du développement industriel que des autres facteurs géographiques.N\u2019avons-nous pas tendance, en effet, à oublier qu\u2019un grand nombre des maladies que nous considérons maintenant comme des maladies tropicales étaient courantes sous nos climats nord-américains il n\u2019y a pas tellement longtemps.La dernière épidémie de choléra, à Boston, a eu lieu vers 1850 : elle venait du Québec où un grand nombre de réfugiés irlandais venaient d\u2019arriver par bateau à destination de Montréal puis de Boston.La lèpre était encore assez courante en Scandinavie il n\u2019y a pas tellement longtemps; il en existe encore un certain nombre de cas aux Etats-Unis parmi les descendants de Scandinaves, en particulier dans le Minnesota.La fièvre jaune était très fréquente tout le long de la côte est des États-Unis (le grand-père de ma femme est mort en Floride de la fièvre jaune au début du siècle).De la même façon, les maladies infectieuses sont beaucoup plus liées au 45 développement industriel et au développement de la civilisation qu\u2019on ne le pense.Il en est de même pour les maladies de la nutrition ; les carences alimentaires classiques sont en fait liées beaucoup plus au développement économique des populations (même de celles des États développés), qu\u2019on était porté à le croire.Quand on pense au béribéri, on pense à l\u2019Extrême-Orient; quand on pense à la pelade, on pense à certaines régions de Roumanie ou d\u2019Espagne ; quand on pense à la carence en vitamine A, on pense au Moyen-Orient, à certaines régions d\u2019Afrique, particulièrement d\u2019Afrique du Nord; mais le fait est que parmi les populations riches, il existe encore à l\u2019heure actuelle des régimes qui conduisent à des carences alimentaires.Je suis persuadé qu\u2019une des découvertes (devrais-je dire une des re-découver-tes) qui ait ébranlé le plus les Américains il y a quelques années, fut la re-découverte aux États-Unis même, de zones de pauvreté considérable, où se retrouvaient de nombreuses carences alimentaires classiques.L\u2019économie des États-Unis, comme celle du Canada, a été en progressant et l\u2019état moyen de la population du point de vue économique a certainement progressé considérablement depuis le début du siècle.Mais le système économique que nous avons, si puissant et si favorable soit-il pour la majorité des habitants, tente à laisser en arrière une marge de la population de 10 à 15 pour cent, qui sont peu employés ou qui sont malades ou qui, à cause de la situation géographique ou de préjugés ethniques, ne participent pas à l\u2019ensemble de ces progrès.Et c\u2019est ainsi qu\u2019aux États-Unis, on dénombre facilement des groupes de gens parmi lesquels règne la disette et apparaissent les carences.Aux États-Unis, ces groupes sont les suivants: d\u2019abord un groupe de paysans noirs qui habitent particulièrement le delta du Mississipi et qui étaient employés à la culture et à la récolte du coton ; or, le coton est une récolte de plus en plus menacée et de plus en plus amenuisée par l\u2019apparition des fibres synthétiques, la plupart des terres cotonnières ayant été remplacées par des terres à maïs, ou laissées simplement en friche.Comme l\u2019État n\u2019avait pas de système qui permette de prendre en charge ces gens, plusieurs centaines de milliers de familles entrèrent dans la misère la plus intense, la plupart montrant des signes évidents de malnutrition et plusieurs de sous-alimentation notoire.Un autre groupe important, dont on entend parler de plus en plus, sont les Mexicains du sud-ouest, groupe jusqu\u2019à présent très tranquille et docile.Ces Mexicains sont également extrêmement pauvres et soumis à des préjugés raciaux semblables à ceux des Noirs du sud des États-Unis.La population indienne, dont l\u2019état de nutrition est très inégal, compose un troisième groupe qui couvre aussi bien les Indiens des réserves du sud-ouest que les Indiens du Maine, dont la plupart dans un état d\u2019alimentation extrêmement pauvre.La longévité des Indiens aux États-Unis est encore aujourd\u2019hui plus courte de 20 ans par rapport à la longévité moyenne de la population générale ; chez les Noirs, par ailleurs, la longévité n\u2019est plus que de 6 ans inférieure à la longévité moyenne; c\u2019est encore trop, mais c\u2019est un progrès considérable depuis 1920 alors que la durée de vie des Noirs était à peu près de 15 ans inférieure à la moyenne.La population indienne est donc en beaucoup plus mauvais état physique que la population noire.Un autre groupe est en très mauvais état physique, celui-là très voisin du Canada; il s\u2019agit des Indiens, des Esquimaux et des Aléoutes d\u2019Alaska dont l\u2019alimentation varie suivant les saisons.Ces indigènes ont été souvent déplacés de leurs terres de chasse les plus favorables par le développement industriel survenu dans certaines régions d\u2019Alaska de sorte que leur état d\u2019alimentation est très précaire.Dans les territoires et les îles sous la dépendance des États-Unis, par exemple en Samoa, en Guam, aux îles Vierges et à Porto-Rico, se situe une zone de sous-alimentation importante.On note également une zone de mauvaise alimentation rurale qui s\u2019étend depuis le sud du Tennessee jusqu\u2019à des populations très voisines du Canada, dans le Maine, où il est facile de trouver des enfants blancs en très mauvais état d\u2019alimentation physique.La nutrition et la pauvreté (N.D.L.R.\u2014 Après avoir identifié les groupes souffrant de malnutrition en fonction de leur origine ethnique et de leur localisation géographique, le professeur Mayer passe maintenant en revue les classes de la société plus particulièrement atteintes ou susceptibles de l\u2019être par les problèmes de la sous-alimentation).Une des classes de la population qui soit la plus visée par la sous-nutrition est celle des défavorisés, des pauvres, qui représentent dans leur ensemble environ 30 millions d\u2019habitants, soit 10 à 15 pour cent de la population des États-Unis.Disons d\u2019abord qu\u2019aux États-Unis, probablement à cause du fait qu\u2019il est beaucoup plus facile de manifester ou de revendiquer ses droits dans les villes que dans les campagnes, on a tendance à prêter beaucoup plus d\u2019attention aux classes pauvres des régions urbaines qu\u2019à celles des campagnes.Même s\u2019il est 46 difficile de vivre en pauvre dans une ville comme Chicago ou comme New York, le fait demeure que, dans une population aussi urbanisée que celle des Etats-Unis, plus de la moitié des gens très pauvres vivent encore en campagne.1.\tLe vieillard Parlons d\u2019abord des vieillards.Il est courant à l\u2019heure actuelle, même parmi les membres les plus conservateurs de notre société, de rejeter sur le vingtième siècle quantité de fautes qui ont pris toute leur acuité avec ce siècle.L\u2019une de ces fautes est le manque de préoccupation vis-à-vis les personnes âgées.Je crois que la situation au Canada français est différente.Je suis certain qu\u2019aux États-Unis, ce reproche ne doit pas être particulièrement imputé au vingtième siècle.Car il faut avouer que la population des États-Unis ne s\u2019est jamais occupée des personnes âgées.Après tout, la colonisation n\u2019a-t-elle pas entraîné les jeunes gens à abandonner leurs parents sur les fermes européennes de France, d\u2019Angleterre, d\u2019Italie du Sud ou dans les ghettos d\u2019Europe orientale, pour venir s\u2019établir en Amérique?L\u2019Ouest américain a été colonisé par des immigrants qui ont laissé sur la côte Est leurs vieux parents; la Californie a été peuplée de gens qui ont tout laissé derrière eux ; de sorte que la situation des personnes âgées en Amérique n\u2019est pas un phénomène nouveau et a toujours été beaucoup plus précaire qu\u2019elle ne l\u2019a été en Europe.Or, les vieillards sont très souvent pauvres, soit à cause de leur degré inférieur d\u2019instruction, soit à cause de leur sensibilité élevée aux maladies chroniques, essentiellement incurables, soit encore parce qu\u2019ils sont plus facilement les victimes d\u2019exploiteurs qui leur proposent des régimes et leur promettent la guérison de maladies que les médecins ne peuvent même pas guérir.A ces facteurs inhérents à leur condition, s\u2019ajoutent des handicaps tels que: problème de déplacement dû à l\u2019arthrite, problème de mastication dû au manque de soins dentaires.En un mot, les vieillards ont besoin de soins très spéciaux; il ne suffit pas de leur donner de la nourriture ou de leur donner de l\u2019argent: il est beaucoup plus important de leur apporter des repas.2.\tLes veuves et les délaissés Un deuxième groupe qui est très considérable aux États-Unis, c \u2019est le groupe des veuves avec des jeunes enfants.L\u2019accroissement du nombre de veuves est une conséquence de l\u2019augmentation constante de la mortalité cardio-vasculaire chez les jeunes.De plus, dans une population aussi mobile que celle des États-Unis, le nombre de femmes abandonnées par leur conjoint augmente.Ces femmes et leurs enfants (dont la pauvreté ne fait pas de doute) deviennent une charge pour la société.3.\tLes victimes de préjugés raciaux Enfin les pauvres se groupent également du point de vue ethnique : les victimes de préjugés raciaux, Noirs, Mexico-Américains, etc., sont considérablement défavorisées, partout aux États-Unis et non seulement dans les régions géographiques dont j\u2019ai parlé plus haut.Les moyens pour combattre la malnutrition Nos méthodes sociales pour essayer d\u2019enrayer cette malnutrition n\u2019étaient pas efficaces jusqu\u2019à il y a un an.Un des moyens qui avait été créé, les déjeuners scolaires, n\u2019atteignait que 2.2 millions sur les 6.6 millions d\u2019enfants appartenant à des familles de 4 enfants en moyenne et dont le revenu annuel était inférieur à $4,000.00.Un système de distribution de denrées alimentaires, essentiellement denrées de surplus, était également insuffisant.Des corrections y avaient été récemment apportées pour réaliser un meilleur équilibre nutritionnel.Toutefois ce système obligeait les pauvres d\u2019une part à manger de la nourriture « spécifiquement pour pauvres », ce qui est dégradant, et d\u2019autre part à aller chercher, une fois par mois, la valeur de 20 à 30 jours de vivres, ce qui, particulièrement pour les gens âgés et les femmes seules, était extrêmement difficile.(S\u2019il y a quelque chose que les pauvres n\u2019ont pas, ce sont bien les moyens de transport).Enfin, dans certains comtés et dans certains districts, existait un système de bons ou de timbres, sorte d\u2019argent ne pouvant être utilisé que pour1 l\u2019achat de nourriture dans les magasins d\u2019alimentation.Ce procédé est avantageux mais coûte cher, car les participants de ce système, peu nombreux d\u2019ailleurs, devaient payer $40.00 par mois pour obtenir $70.00 de bons.Rappelons ici que ce système de sécurité pour les pauvres est un système administré par les différents comtés qui s\u2019inspire en fait des lois sur les pauvres, passées sous le règne de Élizabeth lre, en 1701, et qui n\u2019ont subi par la suite que très peu de modifications, la tradition voulant que les pauvres sont défavorisés parce qu\u2019ils le méritent et qu\u2019en leur facilitant la vie, on risque de créer des classes de pauvres professionnels.Pour compléter le tableau, mentionnons que 500 comtés n\u2019avaient aucun programme d\u2019alimentation.47 La conférence de la Maison Blanche Vient ensuite la création de la conférence de la Maison Blanche dont le mandat est d\u2019étudier les problèmes de malnutrition dont nous venons de parler, d\u2019établir des relations entre la nutrition et la santé et de s\u2019enquérir sur l\u2019organisation de notre alimentation.La Maison Blanche reconnaissait enfin les problèmes modernes de l\u2019alimentation.Une première réalisation consécutive aux travaux de la conférence fut d\u2019étendre les programmes d\u2019alimentation à tous les comtés des États-Unis.D\u2019autre part nous avons procuré les déjeuners et petits déjeuners scolaires à toutes les écoles, ou à peu près, de sorte que le programme a permis de porter le nombre d\u2019enfants pauvres bénéficiant de ces déjeuners de 2,200,000 à près de 6,000,000, c\u2019est-à-dire la presque totalité.Nous remplaçons actuellement la distribution de denrées alimentaires par un système de bons beaucoup plus généreux que le système antérieur : en effet, pour $22.00 maintenant, les familles pauvres (dans une catégorie très large d\u2019ailleurs de pauvreté) peuvent recevoir mensuellement $106.00 de bons échangeables dans les magasins d\u2019alimentation.Si nous parvenons à faire passer par la Chambre des Députés un projet qui a déjà franchi le Sénat, les $22.00 seront réduits à zéro, de sorte que les gens les plus pauvres recevront mensuellement, par la poste, $106.00 (en fait, $128.00) en bons échangeables.L\u2019ensemble des dépenses pour l\u2019alimentation des pauvres est passé de 1 milliard et demi de dollars l\u2019année dernière à 4 milliards de dollars cette année.Je crois qu\u2019il ne suffit que d\u2019un effort supplémentaire pour que nous puissions juguler d\u2019ici un an ou deux le problème de la malnutrition due à la pauvreté.C\u2019est un effort national considérable qui, je crois, n\u2019a peut-être pas reçu l\u2019attention qu\u2019il mérite.En définitive, pour un pays développé comme les États-Unis, il n\u2019en coûte pas tellement cher et il n\u2019est pas tellement difficile d\u2019éliminer la malnutrition due à la pauvreté.Je crois d\u2019ailleurs qu\u2019il est temps de reconnaître que les pays développés sont arrivés au point où ils peuvent éliminer la pauvreté elle-même, sans que ce soit exorbitant.Comme vous le savez, le Président des États-Unis a proposé un projet qui donnerait un minimum de $1,600.00, plus $900.00 de « Food Stamps » (c\u2019est-à-dire $2,500.00) à toutes les familles des États-Unis.Certaines organisations ont revendiqué un minimum de $5,500.00 qui, évidemment, est plus élevé.Mais même $5,500.00 ne représentent, quand on calcule le coût global, qu\u2019à peu près 70 milliards de dollars par an, c\u2019est-à-dire un an d\u2019accroissement du revenu national; de sorte qu\u2019on est en fait au point où si pendant un an l\u2019accroissement du revenu national était dévolu uniquement aux pauvres, et qu \u2019ensuite les choses reprenaient leur cours normal, on éliminerait à toutes fins pratiques la pauvreté.Cette citation célèbre de Martin Luther King arrive ici avec toute sa pertinence : « Les pays industriels sont parvenus à un développement tel que, pour éliminer la pauvreté, il n\u2019est plus obligatoire de prendre l\u2019argent des riches pour le donner aux pauvres; il suffit que les riches s\u2019enrichissent plus lentement».Ceci aura évidemment des conséquences considérables sur la nutrition et la santé.Ces conséquences n\u2019ont pas été étudiées; je crois que les économies de coût de santé publique qui pourraient être réalisées simplement par l\u2019élimination de la pauvreté elle-même, représenteraient une partie considérable du coût nécessaire pour éliminer la pauvreté.J\u2019insiste sur tout ceci, parce que je crois que d\u2019une façon générale, dans nos civilisations développées, nous n\u2019avons pas vraiment réalisé ce que l\u2019accroissement formidable de la productivité permet enfin de faire.L\u2019élimination de la pauvreté semblait être quelque chose de visionnaire il y a 20 ans; c\u2019est parfaitement réalisable à l\u2019heure actuelle et ça ne coûterait même plus très cher.L\u2019alimentation du citoyen moyen S\u2019il nous est permis d\u2019espérer une solution prochaine pour les situations dont je viens de parler, il ne faut pas oublier deux autres types de problèmes dont les progrès sont plus lents.D\u2019une part, il est urgent de connaître à fond l\u2019état actuel de notre alimentation et de trouver les mesures à prendre pour maîtriser les changements inhérents à cet état; d\u2019autre part, il est également important d\u2019établir la relation qui existe entre ce genre d\u2019alimentation et notre mode de vie sans négliger l\u2019influence qu\u2019aura notre alimentation sur la santé publique.Ce dernier sujet sera traité plus en détail par les membres de ce symposium.Parlons d\u2019abord de notre alimentation.Les enquêtes alimentaires faites par le Département de la Nutrition aux États-Unis ont montré que, de 1900 à 1960, l\u2019alimentation moyenne du citoyen américain, en ce qui concerne les apports alimentaires en vitamines, protéines, etc., s\u2019est constamment améliorée.Depuis 10 ou 15 ans, par contre, nous avons atteint une sorte de plateau ; bien plus, notre apport nutritionnel pour ce qui est de certaines vitamines et de certains minéraux commence à s\u2019amenuiser.C\u2019est le cas par exemple pour la vitamine A, pour le fer, pour le calcium et c\u2019est probablement le cas pour certains minéraux dont on a besoin en trace tels que le zinc et le chrome et pour certaines autres 48 vitamines.Que s\u2019est-il passé?L\u2019alimentation est devenue de plus en plus variée à mesure que le niveau économique s\u2019élevait.Elle a été envahie par un certain nombre d\u2019aliments de valeur extrêmement douteuse, tels que les boissons gazeuses, qui représentent pour certaines régions, surtout chez les enfants, un apport calorique considérable, mais qui n \u2019apporte absolument rien à l\u2019alimentation, si ce n\u2019est du sucre.Que dire également de la mise en marché de tous ces « snacks » non enrichis que la population consomme en regardant la télévision à toute heure du jour et de la nuit et qui, en fait, ont remplacé bon nombre d\u2019aliments classiques?A cela s\u2019ajoute le fait, propre aux États-Unis comme au reste du monde, que le tiers des repas est pris à l\u2019extérieur de la maison, ce qui représente plus de 40% des dépenses alimentaires; n\u2019oublions pas également que plus de 50% des aliments consommés à la maison sont maintenant préfabriqués.J\u2019attire l\u2019attention des éducateurs en matière de nutrition qui, pour un bon nombre d\u2019entre eux, continuent à avoir une optique de 1940 et ne cessent de se référer aux différents groupes d\u2019aliments qui ne représentent absolument plus rien du point de vue nutritionnel.Dans quel groupe d\u2019aliments pourrions-nous classer une pizza par exemple?qu\u2019est-ce qu\u2019un soufflé aux épinards congelé représente au point de vue alimentaire ?Même les étiquettes, à l\u2019heure actuelle, ne nous renseignent pas sur ce que nous mangeons.On y trouve une liste de produits plus encourageants les uns que les autres, on indique que tel aliment contient des graisses hydrogénées, mais savons-nous s\u2019il en contient beaucoup ou peu ?L\u2019étiquette ne nous renseigne pas sur la pauvreté ou la richesse de tel ou tel aliment en calories.Quand on mentionne sur une étiquette qu \u2019un produit contient des œufs, on ne parle ni du jaune ni du blanc de sorte qu\u2019il est difficile pour le consommateur de savoir s\u2019il absorbe ou non du cholestérol.On n\u2019indique pas les quantités de sel contenu dans une préparation.Saviez-vous qu\u2019à l\u2019heure actuelle plus de la moitié du sel consommé dans l\u2019alimentation l\u2019est dans les aliments préfabriqués et que la quantité de sel achetée en parcelles est de plus en plus faible de sorte qu\u2019il devient difficile de savoir quelle est la quantité de sel ingérée par le citoyen moyen, ce qui est un problème médical très important.De façon générale, il n \u2019y a aucun doute que si vous achetez de la nourriture pour votre chien ou votre chat, vous avez des renseignements beaucoup plus précis que si vous achetez des aliments pour vous-même.Je cite l\u2019exemple suivant quand je prononce une conférence aux États-Unis: achetez une boîte d\u2019alimentation de chien d\u2019une part et une boîte de hachis d\u2019autre part; vous remarquerez que les ingrédients sont à peu près les mêmes mais que les proportions sont données pour l\u2019aliment de chien et ne le sont pas pour l\u2019alimentation humaine.N\u2019est-ce pas vraiment curieux ?Quand j\u2019étais à la Maison Blanche, l\u2019année dernière, l\u2019assistante du Président pour le domaine de la consommation et moi-même avons mené une campagne qui fut couronnée de succès auprès du Département de l\u2019Agriculture.Forts de l\u2019appui personnel du Président qui, comme ses deux prédécesseurs et sur les conseils de son médecin, suivait un régime faible en graisses saturées, nous avons mené une enquête sur cette question très chère au cœur des Américains: le « Hot Dog ».Avant la deuxième guerre mondiale, le hot dog américain contenait en moyenne 17% de graisse.L\u2019an dernier nos recherches nous apprirent que la plupart des marques les plus connues de hot dog contenaient 51%, en poids de graisse.Comme le hot dog contient à peu près 10 à 15% d\u2019eau, et qu\u2019un gramme de graisse représente 9 calories, alors qu'un gramme de protéine n\u2019en représente que 4, cela revenait à dire que quand l\u2019Américain achète une saucisse, il achète en fait 85% des calories provenant de la graisse et seulement 15% des protéines.Ceci n\u2019est évidemment pas visible sur les étiquettes, d\u2019autant plus qu\u2019il n\u2019existe aucune législation sur le sujet.Le goût de la saucisse n\u2019a pratiquement pas changé car on a ajouté au peu de protéines qui restait des colorants artificiels et du glutamate de sodium avec comme résultat que les saucisses ont le même goût qu\u2019avant la guerre mais trois fois plus de graisse.Depuis, on a fait passer un arrêté réduisant le maximum de graisse à 30% ; je crois personnellement qu\u2019avec un peu de persévérance on arrivera à abaisser ce taux jusqu\u2019à 24 ou 20%.Cet exemple est l\u2019image assez typique de ce qui est arrivé à l\u2019ensemble de notre alimentation.Je crois qu\u2019il est donc beaucoup trop tard à l\u2019heure actuelle pour revenir à une alimentation primitive, si vous voulez, du genre de celle que vous et moi consommions dans notre jeunesse.Nous devons en prendre notre parti et accepter l\u2019alimentation préfabriquée qui sera de plus en plus abondante.Cependant nous pouvons exiger que cette nourriture fabriquée soit la meilleure possible : il faut alors que nous prenions les mesures qui s\u2019imposent comme essentielles.L\u2019enrichissement de notre alimentation Une première mesure est la mise à jour d\u2019une politique d\u2019enrichissement.En 1940-41, aux États-Unis, 49 et en 1950, au Canada, la farine fut enrichie de 4 ou 5 éléments dont la thiamine, la riboflavine, la niacine, le fer.Cette politique d\u2019enrichissement était logique au moment où le pain représentait un apport alimentaire important et où le reste de nos régimes se composait essentiellement d\u2019aliments naturels.Je crois que le temps est arrivé de repenser cette politique d\u2019enrichissement; le pain est un véhicule utile et si le reste de nos régimes demeure en grande partie fait de fèves soja, de céréales traitées, etc., il est peut-être temps de commencer à ajouter au pain des métaux tels que le zinc, le chrome, le nickel, et des vitamines supplémentaires telles que la pyridoxine, la choline, etc.Ces additions seraient avantageuses, car on connaît par exemple l\u2019effet du chrome sur l\u2019amélioration de la tolérance au glucose d\u2019un grand nombre de personnes de même que l\u2019action du zinc dans la récupération du sens du goûter chez les sujets qui l\u2019avaient perdu.Je ne serais pas du tout surpris d\u2019apprendre qu\u2019une grande partie de la population commence à souffrir de carences dans un grand nombre d\u2019aliments que l\u2019on retrouvait abondamment dans notre alimentation il y a 20 ans.Qu\u2019on élimine 80% des éléments contenus dans la farine de blé pour ensuite en ajouter 4 ou 5 dans le pain, ça n\u2019est pas trop grave; disons que les autres céréales se retrouvent dans les diètes des animaux qui, eux-mêmes, sont à la base de notre alimentation.Ainsi, il est donc possible de récupérer indirectement les éléments prélevés de la farine.Mais quand on va jusqu\u2019à remplacer un grand nombre de protéines animales par des protéines texturées, végétales, l\u2019inconvénient majeur ne concerne pas tellement l\u2019alimentation protéique que le risque de n\u2019avoir à disposition que des aliments dont la teneur en vitamine Bi2 et en d\u2019autres éléments naturels est trop considérable.Je crois que la conférence de la Maison Blanche a un peu secoué tout le monde à cet égard et que la politique d\u2019enrichissement commencera à être réexaminée aux Etats-Unis.La première mesure à prendre sera très probablement l\u2019enrichissement en fer du pain.Cet enrichissement en fer sera, entre autres, très avantageux pour la femme moderne dont la dépense calorique quotidienne ne dépasse guère 2,000 calories, si l\u2019on tient compte que notre vie moderne lui procure plus d\u2019aisance qu\u2019autrefois.Or à peu près le quart ou le tiers des femmes perdent lors de leurs menstruations à peu près 50 ce de sang par mois; il leur est donc quasiment impossible de suppléer à ces pertes en fer de façon suffisante par les aliments naturels, à moins qu\u2019elles n\u2019aient un appétit inhabituel pour le foie.Dans ces conditions, la plupart des femmes devront prendre des pilules de fer tous les jours à moins que ne soit changée la politique d\u2019enri- chissement que nous avons actuellement, Dans cet ordre d\u2019idée, le pain me semble être un véhicule adéquat.L\u2019étiquetage des produits alimentaires Une deuxième mesure très importante vise l\u2019étiquetage des produits alimentaires.D\u2019ici deux ans, nous espérons que l\u2019étiquetage des aliments sera complètement différent de celui qui prévaut à l\u2019heure actuelle.J\u2019espère que le Canada s\u2019intéresse aux démarches que nous faisons étant donné le marché commun qu\u2019il a avec les Etats-Unis à beaucoup d\u2019égards.L\u2019organisation Food & Drug des États-Unis a déjà conclu une entente formelle avec le Conseil national de la recherche, pour étudier pour chaque catégorie d\u2019aliments les éléments nutritionnels caractéristiques qui devraient apparaître sur les étiquettes des produits fabriqués.Il est bien évident que pour une préparation de jus d\u2019orange, il n\u2019est pas particulièrement important de connaître le contenu en protéines mais essentiellement le contenu en acide ascorbique ; considérant le nombre de personnes qui suit une médication hypotensive (ce qui représente plusieurs millions de gens aux États-Unis) il est essentiel également de connaître le contenu en potassium du jus de fruit.Voilà donc au moins deux éléments dont la quantité devra figurer sur l\u2019étiquette.A l\u2019opposé, si nous reprenons notre exemple du hot dog, il n\u2019est pas très important de savoir s\u2019il reste de l\u2019acide ascorbique dans la saucisse mais essentiel de connaître le contenu de la saucisse en protéines et en acides gras saturés et insaturés.L\u2019important, et ce sur quoi nous comptons, est d\u2019avoir une description nutritionnelle des aliments qui puisse influencer le plus possible les fabricants d\u2019aliments et, en définitive, améliorer la qualité d\u2019éléments nutritifs dans nos aliments sans entraîner, je l\u2019espère, de surenchère excessive, comme ce fut déjà le cas pour certaines céréales.C\u2019est donc dire qu\u2019une des conséquences immédiates de la conférence de la Maison Blanche est la mise en pratique d\u2019une politique nutritionnelle nationale qui, d\u2019ici 2 ou 3 ans, permettra aux citoyens d\u2019apprécier adéquatement ces apports alimentaires.De ce côté donc, on note de grands progrès qui sont évidemment moins tangibles et plus lents à atteindre que les progrès sur l\u2019alimentation des pauvres.L\u2019alimentation et les maladies cardio-vasculaires Nos progrès sont moins nombreux dans un autre domaine extraordinairement important: l\u2019étude des 50 relations entre la nutrition et les maladies de dégénérescence, en particulier les maladies cardio-vasculaires.Pour vous donner une idée de l\u2019ampleur du problème soulignons qu\u2019en 1949, aux États-Unis, la dépense nationale fut de 12 milliards de dollars pour la santé publique, c\u2019est-à-dire pour l\u2019ensemble de la médecine, des hôpitaux, des médicaments prescrits, etc.L\u2019an dernier, soit 20 ans plus tard, la dépense fut de 63 milliards de dollars.Or, au cours de ces vingt ans, nous n \u2019avons fait absolument aucun progrès sur la longévité des mâles et des progrès essentiellement insignifiants sur la longévité des femmes.Nous dépensons de plus en plus d\u2019argent pour en rester essentiellement au même point.Il est extrêmement clair que la raison de tout cela est l\u2019explosion endémique des maladies cardio-vasculaires et en particulier des maladies coronariennes.En trois années consécutives nous avons dénombré plus d\u2019un million de mortalités cardio-vasculaires en plus des 750,000 coronariennes, auxquelles il faut ajouter à peu près trois fois plus de maladies coronariennes non fatales, de sorte que nous pouvons compter à peu près 3 millions de maladies coronariennes aux Etats-Unis.Les affections coronariennes deviennent non seulement la cause essentielle de la mort mais également 1a cause essentielle du chômage dû à des raisons médicales et une des causes essentielles de la pauvreté.Nous connaissons un certain nombre des causes de cette explosion des maladies vasculaires.Je crois que le docteur Verdy et ses collègues me supporteront quand j\u2019affirme qu\u2019il est plus facile aujourd\u2019hui de prévenir les maladies cardio-vasculaires que de les soigner.En effet, quelles que soient les prouesses de nos collègues chirurgiens, un million de transplantations cardiaques par année n\u2019est pas une solution pratique ; nous n \u2019aurions pas assez de chirurgiens, pas assez d\u2019infirmières et surtout pas assez de donneurs volontaires ou autres.Par contré nous savons que cette augmentation considérable des maladies coronariennes est due à un certain nombre de phénomènes sociaux dont le plus important est le manque d\u2019exercice.Je vous rappelle que l\u2019exercice physique a un certain nombre d\u2019effets bénéfiques du point de vue cardio-vasculaire.Je me base pour faire ces affirmations sur des travaux de recherches effectués dans mon laboratoire il y a quelques années et qui commencèrent par un travail de mademoiselle Beaudoin, lorsqu\u2019elle était à Harvard.L\u2019activité physique régulière a un effet considérable sur le maintien du poids corporel, l\u2019augmentation du poids étant liée à l\u2019appétit d\u2019un individu et l\u2019appétit à l\u2019activité physique.Or il arrive que quand l\u2019activité physique d\u2019un individu descend au-dessous d\u2019un certain seuil, son appétit n \u2019est pas diminué de façon cor- respondante, ce qui conduit à l\u2019obésité ; voilà probablement la cause la plus générale de l\u2019obésité de l\u2019âge moyen.Nous avons de plus démontré que l\u2019exercice régulier (disons une heure d\u2019exercice régulier par jour) a un effet très favorable sur la pression sanguine.Il a été également démontré, en particulier par certains de mes collaborateurs, que l\u2019exercice assez vigoureux (plusieurs heures par jour) a un effet vraiment marqué sur le taux de cholestérol sanguin qui diminue très notablement et qu\u2019un exercice violent (disons trois fois par semaine pendant environ *4 d\u2019heure) a tendance à créer une circulation collatérale qui ne diminue pas nécessairement l\u2019incidence d\u2019occlusion coronarienne mais qui permet à la plupart des gens d\u2019y survivre.L\u2019exercice physique est donc une pratique qui tend à disparaître de plus en plus de la vie moderne entraînant principalement l\u2019augmentation des décès cardio-vasculaires.Une deuxième cause de ces décès, comme vous le savez, c\u2019est une alimentation trop élevée en graisses saturées.Des études faites à Fremmingham, près de Boston, démontrent que quand le cholestérol monte de 150 à 250 mg par 100 ml, la mortalité due à des affections coronariennes triple ou quadruple.Tout aussi importante est l\u2019alimentation en sel.C\u2019est par habitude que l\u2019Américain moyen a une alimentation trop élevée en sel.Quand je parle d\u2019une habitude, je le fais en toute connaissance : il est remarquable que l\u2019individu qui essaie de manger moins de sel sent (psychologiquement) que son alimentation n\u2019est pas assez salée pendant trois semaines ou un mois ; après ce temps il se réhabitue à un taux moins élevé et, son goût étant réajusté, son alimentation lui paraît aussi agréable qu\u2019avant.Je ne soutiens pas qu\u2019on doive complètement éliminer le sel, mais l\u2019alimentation devrait en contenir beaucoup moins.Des résultats de plus en plus impressionnants montrent également qu\u2019une alimentation élevée en sucre n\u2019est pas chose à conseiller.J\u2019ai été particulièrement frappé par les études faites à Jérusalem par le professeur Cohen, montrant que, même parmi les individus qui ont une hérédité diabétique, le diabète n\u2019a pas tendance à apparaître tant que ces individus ne sont pas exposés au sucre, de sorte que le sucre agirait peut-être comme une sorte d\u2019accélérateur d\u2019un diabète potentiel.La mortalité due au diabète et les relations entre les défauts du métabolisme des hydrates de carbone et du métabolisme du cholestérol sont telles qu\u2019on ne devrait pas considérer le sucre comme un élément secondaire dans l\u2019apparition des affections cardiovasculaires.Je crois qu\u2019il est parfaitement possible pour un pays industriel de corriger ces erreurs : il est possible 51 à l\u2019heure actuelle de fabriquer des éléments qui ont les saveurs exigées par le public mais avec une composition différente.Vous connaissez sans doute les travaux destinés à fabriquer des glaces, des saucissons, que sais-je encore, où les graisses saturées sont remplacées par des graisses désaturées.Du point de vue pratique, ceci est parfaitement réalisable mais ne l\u2019a pas été suffisamment jusqu\u2019à date.Une des causes, à mon avis, est l\u2019absence de législation concernant l\u2019étiquetage, les industries ne recevant pas le crédit qui leur permettrait de vendre ces produits.Je crois que même avec l\u2019élimination des cyclama-tes (élimination qui aurait dû être faite dès la mise en évidence de l\u2019effet mutagénique et non après que fut démontré l\u2019effet carcinogénique) même avec l\u2019élimination des cyclamates, dis-je, il reste suffisamment de produits pour donner aux aliments une saveur sucrée sans leur ajouter de larges quantités de sucrose.Nous touchons là, comme vous le voyez, un domaine de la nutrition pratique au service de la médecine qui s\u2019est développé trop lentement et qui, je l\u2019espère, s\u2019accélérera rapidement.Conclusion En conclusion, je voudrais simplement vous rappeler que les problèmes d\u2019alimentation, si aigus soient-ils dans les pays sous-développés et parmi les pauvres dans les pays développés, sont en fait plus facilement solubles à l\u2019heure actuelle que certains autres problèmes des pays et des classes riches.Les progrès considérables qu\u2019offrent le développement des engrais ou le développement de nouvelles variétés d\u2019aliments, les recherches massives sur la fabrication d\u2019aliments basés sur des micro-organismes (citons comme exemple la recherche des grandes compagnies pétrolières) nous incitent à croire qu\u2019il est possible à l\u2019heure actuelle de suivre l\u2019augmentation de la population et de fabriquer à travers le monde des aliments à un rythme même supérieur à l\u2019accroissement de la population, ce qui est d\u2019ailleurs le cas actuellement.Il ne faut pas pour autant mettre de côté les politiques actuelles de contrôle des naissances, car les problèmes de surnatalité sont considérables à travers le monde entier.Qu\u2019on me permette de rappeler que lorsqu\u2019on envisage les problèmes de pollution, d\u2019encombrements, etc., la crise de la surpopulation affecte tout autant les pays riches que les pays pauvres et ses effets sur la nature se font plus sentir dans les pays riches que dans les pays pauvres, de sorte que l\u2019on peut bien dire que le monde entier est en train de perdre la bataille des berceaux.Dans cet ordre d\u2019idée les problèmes de l\u2019alimentation, si importants soient-ils, ne sont pas les problèmes les plus critiques.Malgré tout, dans les pays développés, je crois qu\u2019il faut se rendre de plus en plus compte que l\u2019alimentation est un problème tout à fait critique tant du point de vue maintien de la qualité alimentaire de nos approvisionnements, maintien qui n\u2019est possible qu\u2019avec un contrôle nutritionnel beaucoup plus strict, que du point de vue des conséquences médicales de notre alimentation, conséquences de plus en plus dramatiques qui nécessiteront, à court terme, le développement d\u2019une politique nationale véritable sur l\u2019alimentation et la nutrition.52 NUTRITION ET OBÉSITÉ Maurice Verdy Chef du Service d\u2019Endocrinologie, Métabolisme et Nutrition Hôtel-Dieu de Montréal SURALIMENTATION ET OBÉSITÉ Un des principaux problèmes de nutrition dans notre civilisation nord-américaine actuelle est celui de la suralimentation.La majorité des individus, dans notre société, n\u2019a pas de limitation dans l\u2019apport calorique.Dans cette population qui est donc nourrie ad libitum, il y a cependant un pourcentage d\u2019individus qui deviennent obèses.Ce pourcentage s\u2019établit entre 5 à 30% selon les groupes sociaux, l\u2019âge et le sexe.Malgré la grande fréquence de cette maladie et les nombreux travaux qui ont été faits ces dernières années, on connaît encore très mal les causes de l\u2019obésité.OBÉSITÉ ET MORBIDITÉ L\u2019importance que l\u2019on attache à l\u2019obésité tient surtout au fait que cette maladie aggrave à peu près toutes les autres pathologies dont l\u2019artériosclérose, le diabète, les maladies rénales, etc.Les statistiques des compagnies d\u2019assurance montrent que la durée moyenne de la vie est plus courte chez les obèses que dans le reste de la population.A cause de la grande fréquence de l\u2019obésité et de son effet sur la morbidité des pathologies en général, l\u2019obésité devient un problème de santé publique de premier ordre.Il a même été affirmé par certains que, si on pouvait enrayer l\u2019obésité, la durée moyenne de la vie de la population serait prolongée de façon plus importante que si on trouvait un remède contre le cancer.Il y a, cependant, un fait encourageant : les obèses qui sont traités et qui maintiennent leur poids normal ont une longévité semblable à celle de la population normale.TRAITEMENTS DE L\u2019OBÉSITÉ Nous ne parlerons ici que de l\u2019aspect nutritionnel du traitement de l\u2019obésité en évaluant la diète cal- \u2022\tConférence présentée lors du 38e congrès de l\u2019ACFAS.\u2022\tAnnales de l\u2019ACFAS : 37, 1970.culée et limitée en calories, les différentes diètes populaires et le jeûne absolu.La restriction calorique reste toujours la base principale du traitement actuel de l\u2019obésité.Il s\u2019agit d\u2019une diète le mieux balancée possible et comprenant les sels minéraux et vitamines nécessaires.La quantité de calories varie de 800 à 1,500 et se situe, en général, aux environs de 1,000 calories.Il faut avouer, cependant, que le traitement de l\u2019obésité en général est relativement mauvais.La plupart des études qui ont été faites à long terme montrent qu\u2019il est assez facile de faire perdre du poids aux obèses mais, lorsque l\u2019on revoit ces mêmes patients au bout de quatre ou cinq ans, leur poids est semblable à celui qu\u2019ils avaient avant le traitement et, même souvent, supérieur.Les résultats sont meilleurs (on pourrait dire moins mauvais) chez les patients plus intelligents, plus motivés et suivis régulièrement.Plusieurs autres diètes sont proposées de façon intermittente pour perdre du poids.Le seul fait qu\u2019il y en ait plusieurs montre d\u2019ailleurs à quel point aucune n\u2019est bonne; sinon, tout le monde adopterait cette diète miracle et le problème de l\u2019obésité serait réglé.Une de ces diètes, par exemple, consiste à éliminer les hydrates de carbone de la diète.La chute de poids que l\u2019on observe alors est tout simplement due non pas au changement qualitatif mais bien à la diminution de l\u2019ingestion calorique.En effet, la plupart des calories ingérées entre les repas sous forme de collation sont des hydrates de carbone.Il y a un danger à cette diète qui est celui de donner aux patients l\u2019impression qu\u2019en dehors des hydrates de carbone, ils peuvent manger n\u2019importe quoi et ainsi avoir une diète riche en lipides.Or, il est de plus en plus reconnu qu\u2019une diète riche en lipides aggrave ou cause l\u2019artériosclérose.Comme les obèses sont obèses pour toute leur vie, dans la majorité des cas, il n\u2019est pas recommandable de donner à ces patients l\u2019habitude d\u2019ingérer beaucoup de gras et ainsi de les exposer aux complications de l\u2019artériosclérose dans les dix, vingt prochaines années qui suivent.53 LE JEÛNE Un autre mode de traitement qui a été suggéré depuis cinq ou dix ans est le jeûne absolu.Cela consiste à mettre les obèses à un jeûne ne leur permettant que de l\u2019eau pendant quelques semaines à quelques mois.Certaines personnes ont fait jeûner des obèses pendant sept à huit mois.Il est surprenant de voir comment ces patients tolèrent bien le jeûne.Us ne souffrent pas tellement de la faim, probablement à cause de l\u2019acidose qui s\u2019établit après la première journée.Cette forme de traitement donne, évidemment, des résultats immédiats indéniables mais déjà plusieurs études ont montré qu\u2019un pourcentage important des patients reprend le poids perdu dans les mois et les années qui suivent.D\u2019autre part, le jeûne n\u2019est pas pratique, car il doit être observé à l\u2019hôpital et on a rapporté certaines complications.Le jeûne absolu doit donc, actuellement, être tenu comme méthode expérimentale de traitement et comme instrument de recherche.En effet, les travaux sur le jeûne ont permis d\u2019étudier le métabolisme en général et, plus particulièrement, celui de l\u2019acide urique.Pendant le jeûne l\u2019uricémie augmente de façon importante jusqu\u2019aux environs de 13 mg/100 ml: l\u2019acide urique urinaire diminue et on note une diminution de la clearance de l\u2019acide urique probablement secondaire à la présence de corps cétoniques.De même, la gluconéogénèse chez l\u2019humain a été étudiée.De façon paradoxale, la gluconéogénèse diminue pendant le jeûne.Le foie fabrique moins de glucose mais, par contre, le rein augmente sa gluconéogénèse.Un autre fait intéressant que le jeûne a permis d\u2019étudier est le fait que les corps cétoniques sont utilisés par le cerveau et fournissent une proportion importante de l\u2019énergie du cerveau qui, en temps normal, n\u2019utilise que le glucose.Dans notre laboratoire, nous avons étudié la fonction thyroïdienne de même que la fonction hépatique montrant une diminution de l\u2019élimination de la brome-sulfo-nephtaléine lors du jeûne.Nous pouvons donc dire, en conclusion, que le jeûne a apporté des données intéressantes sur la physiologie humaine et sur notre connaissance de l\u2019obésité mais que, comme forme de traitement, il n\u2019est pas à conseiller sur une large échelle et que les résultats en sont médiocres.ÉTIOLOGIES DE L\u2019OBÉSITÉ La cause de notre insuccès devant le traitement de l\u2019obésité est sans doute notre peu de connaissances des causes de l\u2019obésité.Certaines obésités sont symptomatiques, à savoir qu\u2019elles font partie d\u2019une maladie.Par exemple, dans la maladie de Cushing, dans certaines lésions cérébrales, dans certains syndromes comme le Laurence-Moon Biedl ou le syndrome de Prader-Villi, on voit une obésité parfois très importante.Mais dans la majorité des obésités, on ne peut pas trouver de causes.Il est étonnant de constater qu\u2019à cette obésité, trop complexe pour qu\u2019on en connaisse la cause, on ait donné le nom d\u2019« obésité simple».Le terme d\u2019obésité exogène n\u2019apporte rien non plus puisqu\u2019il est évident que toutes les obésités sont exogènes.Lorsqu\u2019on étudie les causes d\u2019obésité, on constate rapidement que nous avons affaire à une maladie pluricausale.Il y a, en effet, différents facteurs qui jouent en même temps et le dernier facteur qui déclenche l\u2019obésité n\u2019est pas nécessairement le plus important.Nous allons revoir quatre de ces facteurs qui sont l\u2019alimentation, les facteurs sociaux, l\u2019exercice et l\u2019hérédité.ALIMENTATION On serait porté à croire que la plupart des obèses sont de gros mangeurs.Ceci n\u2019est pas exact.En effet, la plupart des études montrent que l\u2019ingestion calorique moyenne des obèses n\u2019est pas très différente de l\u2019ingestion moyenne de la population.D\u2019autre part, on observe souvent chez des individus parfaitement normaux et de poids normal une ingestion calorique de 3,000 à 4,000 calories.La suralimentation dans l\u2019obésité n\u2019est pas absolue mais relative.En effet, si nous considérons la phase dynamique de l\u2019obésité, c\u2019est-à-dire celle pendant laquelle l\u2019individu gagne du poids même s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019ingestion calorique très grande, il est évident que l\u2019obèse, à ce moment-là, ingère plus de calories qu\u2019il n\u2019en dépense mais pas nécessairement plus que ses concitoyens.Dans la phase statique de l\u2019obésité, l\u2019individu maintient son poids et ingère autant de calories qu\u2019il en dépense.Le grand problème est de savoir pourquoi une certaine proportion de la population, après avoir atteint son i poids normal, est encore capable de manger alors que la majorité refuse d\u2019ingérer le surplus d\u2019aliments.Nous n\u2019avons pas encore la réponse à cette question.La réponse classique qui était donnée à date était que les individus qui deviennent obèses ont de mauvaises habitudes alimentaires.Sans nier l\u2019importance des habitudes alimentaires depuis le jeune âge, il semble de plus en plus certain que ce n\u2019est pas toute l\u2019explication, loin de là.54 FACTEURS SOCIAUX Plusieurs études ont montré que, dans la société nord-américaine du moins, l\u2019obésité est plus fréquente dans les groupes socio-économiquement plus faibles.En effet, dans ces groupes, l\u2019obésité peut atteindre jusqu\u2019à 30% de la population adulte alors que, dans les groupes socio-économiquement plus élevés, le pourcentage n\u2019est que de 5%.Il est probable que l\u2019explication de cette différence entre les deux groupes soit en grande partie due à la pression sociale qui s\u2019exerce contre l\u2019individu qui est obèse.Dans les pays plus pauvres, l\u2019inverse est vrai, à savoir que les riches sont plus souvent obèses et que les pauvres sont maigres, car ils n\u2019ont pas une ingestion de calories suffisante.EXERCICE Il est d\u2019observation courante que la sédentarité amène sinon l\u2019obésité, du moins un gain de poids.Les travaux de Jean Mayer ont montré que la différence entre un groupe d\u2019adolescentes obèses et un groupe d\u2019adolescentes normales n\u2019était pas dans l\u2019ingestion calorique mais dans l\u2019exercice.En effet, les obèses font beaucoup moins d\u2019exercices que les adolescentes normales.Ces mêmes auteurs ont aussi montré l\u2019influence de l\u2019exercice sur l\u2019appétit.Dans un groupe de sujets accomplissant différents travaux, ils ont montré que ceux qui font des travaux très durs physiquement ingèrent beaucoup de calories; ceux qui font des travaux modérés ingèrent moins de calories et ont des poids semblables à ceux qui font des travaux très durs.Par contre, ceux qui sont très sédentaires ingèrent un peu plus de calories que ceux qui font un travail modéré et leur poids est aussi plus élevé.Il semble donc que lorsque l\u2019individu devient très inactif, son appétit ne continue pas à diminuer mais, au contraire, augmente.Ceci pourrait être une des causes de l\u2019augmentation de poids d\u2019une grande partie de la population sédentaire actuelle.Finalement, ces auteurs ont montré que, même au berceau, les bébés obèses bougeaient moins que les bébés de poids normal.HÉRÉDITÉ Tous sont d\u2019accord pour reconnaître que l\u2019obésité est plus fréquente dans certaines familles que dans d\u2019autres.Bien qu\u2019il ne soit pas possible, actuellement encore, d'éliminer le facteur habitudes alimentaires pour expliquer l\u2019obésité dans certaines familles, il semble que les facteurs génétiques et congénitaux soient importants.Un des arguments fournis est le suivant : si les deux parents sont de poids normal, les enfants ont environ 9% de chances d\u2019être obèses ; si seulement un des parents est obèse, il y a 40% des enfants qui sont obèses et si les deux parents sont obèses, 80% des enfants sont obèses.Ce qui est le plus en faveur d\u2019une explication génétique pour ce phénomène, c\u2019est ce qu\u2019a montré Withers: on ne retrouve pas cette corrélation avec le poids des parents chez les enfants adoptés.OBÉSITÉ JUVÉNILE Environ un tiers à la moitié des adultes obèses étaient obèses dans l\u2019adolescence.Il est donc important de savoir à quel moment commence l\u2019obésité et d\u2019observer l\u2019évolution naturelle de cette maladie.Les travaux de Eid ont montré, récemment, que les enfants qui grossissaient rapidement dans les six premières semaines avaient une incidence d'obésité de 9% lorsque réexaminés à l\u2019âge de six à huit ans.Par contre, dans le groupe de bébés qui grossissaient lentement, l\u2019incidence n\u2019était que de 1.9%.Les mêmes auteurs montrent de plus que, dans le groupe de bébés qui grossissent rapidement dans les six premières semaines, ceux qui pesaient à la naissance en bas de 2.7 kilogrammes avaient 6.7% d\u2019obésité tandis que ceux qui pesaient plus de 3.75 kg en avaient 11.5%.Nous avons donc là deux facteurs: d\u2019une part, le poids à la naissance et, d\u2019autre part, le gain de poids dans les six premières semaines, qui semblent importants pour déterminer l\u2019incidence d\u2019obésité à l\u2019adolescence et, par conséquent, à l\u2019âge adulte.OBÉSITÉ FŒTALE A la naissance, certains bébés sont déjà obèses.En général, il s\u2019agit d\u2019enfants de mères diabétiques.D\u2019une façon générale, on peut dire qu\u2019une femme qui a un bébé de neuf livres ou plus est potentiellement diabétique.Le mécanisme de cette obésité fœtale chez les femmes diabétiques semble être le suivant: l\u2019hyperglycémie de la mère amène une sécrétion d\u2019insuline du pancréas fœtal.L\u2019insuline du fœtus agit sur son propre tissu adipeux pour augmenter la lipogénèse.Quand le diabète est très bien contrôlé, les mères diabétiques ont des bébés de poids normal.Il est intéressant de noter que la plupart des femmes qui ont des bébés de neuf livres et plus ne savent pas qu\u2019elles font du diabète; ce n\u2019est qu\u2019avec une épreuve de tolérance au glucose, et même avec le test plus sensible de tolérance au glucose après cortisone, 55 qu\u2019on peut mettre en évidence le diabète.Parfois, la courbe de tolérance au glucose est anormale seulement pendant la grossesse et redevient parfaitement normale par la suite.Ce n\u2019est parfois que dix ans, vingt ans plus tard que le trouble du métabolisme des glucides apparaît.On voit donc que dès la naissance, il y a une association étroite entre le diabète et l\u2019obésité, association que l\u2019on retrouve chez l\u2019adulte, car chez les obèses la tolérance au glucose est anormale dans des proportions allant de 20 à 40% des individus.CELLULES ADIPEUSES Depuis quelques années, principalement à la suite des travaux de J.Hirsch, on a prêté attention au nombre de cellules adipeuses dans l\u2019organisme.Les obèses adultes ont plus de cellules adipeuses que les gens normaux et leurs cellules adipeuses sont plus grosses et donc plus remplies de lipides.Au cours de la vie, le nombre de cellules adipeuses augmente de la naissance à l\u2019adolescence et reste stable pendant la vie adulte.Par conséquent, un obèse qui est sou- mis à un traitement amaigrissant ne change pas le nombre de ses cellules adipeuses mais, par contre, chaque cellule devient plus petite.Les questions que tous se posent actuellement sont les suivantes : quels sont les facteurs qui déterminent le nombre de cellules adipeuses?Est-ce que l\u2019hyperglycémie chez les diabétiques, amenant l\u2019hyperinsuli-nisme chez le foetus, cause aussi une augmentation du nombre des cellules adipeuses?Est-ce que le contrôle du diabète amène seulement une diminution de la lipogénèse fœtale ou est-ce qu\u2019il y a aussi une diminution de la multiplication des cellules adipeuses?Quels sont les autres facteurs qui contrôlent le nombre des cellules adipeuses in utero et dans l\u2019enfance?La quantité des calories que la mère ingère, la quantité de glucides, lipides et protides, la fréquence des repas sont-ils des facteurs importants à cet égard?Il est probable que, d\u2019ici quelques années, nous aurons des réponses à toutes ces questions et que, connaissant de façon plus adéquate l\u2019évolution de l\u2019obésité et ses causes, nous serons plus aptes à la traiter.56 NUTRITION ET TROUBLES CARDIOVASCULAIRES Paul-J.Lupien Centre de recherches sur les maladies lipidiques C.H.U.L.Des statistiques très récentes révèlent, hors de tout doute, que les maladies cardiovasculaires occupent le premier rang des tables de mortalité en Amérique du Nord.Au Canada, ces affections viennent en tête de liste en causant 57% des décès.De plus, on a démontré que les troubles coronariens s\u2019accompagnent fréquemment d\u2019anomalies lipidiques.En 1965, aux Etats-Unis, les maladies cardiovasculaires ont fait mourir un million de personnes, soit environ 55% des décès.Les maladies coronariennes constituent le groupe le plus important (30.6%).Ces maladies frappent les personnes des deux sexes et tous les adultes d\u2019une population.Aux Etats-Unis, deux personnes sur trois meurent de maladies cardiovasculaires après 65 ans, et une personne sur trois avant cet âge.En dépit des progrès impressionnants que la médecine et la chirurgie des maladies cardiovasculaires ont enregistrés durant les derniers vingt ans, le tribut à payer est encore très élevé.Au Canada, la situation est tout à fait parallèle.Quelles sont les principales causes des maladies cardiovasculaires?D\u2019abord, il faut dire que le problème est très complexe.En plus des relations possibles entre l\u2019apport calorique et la qualité et la quantité des sucres et des graisses ingérés, plusieurs autres facteurs sont très probablement impliqués dans l\u2019étiologie de ces maladies.On peut résumer de façon très générale les facteurs qui influencent d\u2019une façon ou d\u2019une autre le développement des maladies cardiovasculaires en groupant ceux-ci en trois grandes classes : les facteurs nutritionnels, les facteurs psychosomatiques et les facteurs écologiques.Considérons plus particulièrement les facteurs nutritionnels impliqués dans la genèse de ces maladies.Plusieurs auteurs ont démontré l\u2019importance des facteurs nutritionnels en effectuant de nombreuses expériences fondamentales, cliniques ou épidémiologiques, avec diverses espèces animales.Leurs résultats prouvent de façon irréfutable l\u2019importance des graisses et \u2022\tConférence présentée au 38' congrès de l\u2019ACFAS.\u2022\tAnnales de l\u2019ACFAS : 37, 1970.des sucres dans l\u2019étiologie des maladies coronariennes.L\u2019athérosclérose est sans aucun doute une maladie systémique d\u2019origine nutritionnelle aussi bien que métabolique.Le risque de développer des maladies coronariennes est significativement plus élevé en présence d\u2019hypercholestérolémie avec ou sans hvpertriglycéridémie ou hyper-/3-lipoprotéinémie.Plusieurs auteurs ont déjà démontré cette relation.Comme évidence pathologique, mentionnons les faits suivants: l\u2019analyse d\u2019une lésion athéromateuse prise à son début montre que la composition de cette lésion est semblable à celle du sérum.Chez les malades où l\u2019athérosclérose se manifeste cliniquement, l\u2019analyse du sérum montre habituellement des anomalies dans la teneur en lipides.De la même façon, l\u2019athérogenèse est accrue chez les patients où les variations lipidiques sont associées au diabète mellitus, à la xanthoinatose ou à d\u2019autres maladies.Si l\u2019on compare les populations de différentes régions ou de différents pays, il est évident qu\u2019il existe une relation entre la ration alimentaire, les lipides sériques et les maladies coronariennes.En effet, on a observé que le taux de mortalité due à l\u2019athérosclérose s\u2019accroît lorsque le taux de cholestérol ingéré augmente.Des preuves supplémentaires ont été apportées par les études de nutrition réalisées pendant au moins vingt ans à Framingham, sur une ferme communautaire dans l\u2019ouest du Massachusetts.On a choisi cet endroit parce qu\u2019il représente un échantillon raisonnable de la population de l\u2019Amérique du Nord.Cette étude a démontré que si la cholestérolémie s\u2019élève de 200 mg % mg à 260 mg %, le taux des maladies coronariennes est quadruplé.Ceci est d\u2019un intérêt considérable puisqu\u2019un taux de 260 mg % de cholestérol sérique n\u2019est pas habituellement considéré comme très élevé par la plupart des médecins.Plus le taux du cholestérol est élevé, plus le risque des maladies coronariennes est grand.Ce phénomène, sans expliquer le rôle du cholestérol dans les maladies vasculaires, indique que les hypercholestérolémiques ont un avenir moins attrayant que les hypocholestérolémiques.57 Plus récemment, un a démontré que le taux des triglycérides est aussi plus élevé chez les personnes atteintes de maladies coronariennes.Lors d\u2019une étude sérieuse, on a démontré que la triglycéridémie atteignait un niveau supérieur à 155 mg % chez 82% de 115 individus mâles non diabétiques, âgés de 30 à 70 ans, et ayant souffert d\u2019un infarctus du myocarde au moins dix jours auparavant.Par contre, parmi 326 individus du même âge et apparemment en bonne santé, seulement 36% avaient une triglycéridémie aussi élevée.Malgré la grande importance que l\u2019on attribue aux lipides dans l\u2019étiologie de l\u2019athérosclérose, il faut se rappeler qu\u2019ils ne constituent qu\u2019un des nombreux facteurs reconnus pour augmenter le risque des maladies coronariennes.Comme nous l\u2019avons souligné précédemment, des facteurs non nutritionnels sont aussi reconnus pour accroître le risque des maladies coronariennes.Les glucides constituent un autre groupe de composés auxquels on n\u2019attache peut-être pas suffisamment d\u2019importance comme propagateurs de maladies coronariennes.La tolérance aux glucides et la quantité de glucides ingérés sont deux facteurs très importants.En effet, de récents travaux démontrent que chez les individus ingérant beaucoup de graisses, la consommation des glucides est aussi élevée.Parmi les contributions récentes traitant des hyperlipidémies, une des plus importantes est celle de Fredrickson qui classifie les hyperlipidémies en cinq types : I, II, III, IV et V.Il est évident maintenant que les triglycérides peuvent être aussi importants que le cholestérol dans la genèse de l\u2019athérosclérose et que les glucides peuvent influencer énormément les taux de graisses neutres.Cette nouvelle façon de classifier les hyperlipidémies a permis de clarifier la relation qui existe entre les graisses et les maladies coronariennes et aussi de démontrer le rôle des glucides dans l\u2019étiologie de ces maladies.L\u2019électrophorèse des lipoprotéines, associée à l\u2019analyse des principaux constituants lipidiques du sang, nous permet d\u2019attribuer les hyperlipidémies soit à l\u2019ingestion des graisses seules, soit à l\u2019ingestion des glucides seuls, soit à l\u2019ingestion de ces deux classes de composés.Le problème demeure quand même très complexe et il ne faut certainement pas le prendre à la légère.Dans une étude préliminaire, nous avons examiné 281 individus pour anomalies lipidiques d\u2019après la classification de Fredrickson.Tous ces individus s\u2019étaient présentés d\u2019eux-mêmes à la Clinique externe de notre hôpital.Le tableau I nous fait voir le pourcentage de patients normaux ou anormaux d\u2019après cette classification.On observe, en effet, qu\u2019environ 68.6% de cette population était normale et que respectivement 22.5% Tableau I Pourcentage de phénotypes normaux et anormaux chez 281 sujets de différents âges Nombre de patients\tNormaux\tType I\tType II\tType III\tType IV\tType V 281\t68.6%\t\u2014\t8.5%\t\u2014\t22.5%\t0.3% Tableau II Pourcentage des phénotypes normaux et anormaux chez 281 sujets examinés Âge\tNombre de patients\tNormaux\tType I\tType II\tType III\tType IV\tType V 0-19 ans\t53\t88.6%\t\u2014\t5.8%\t\u2014\t3.7%\t1.8% 20 - 29 ans\t25\t64 %\t\u2014\t20 %\t\u2014\t16 %\t\u2014 30-39 ans\t30\t63.3%\t\u2014\t13.3%\t\u2014\t23.3%\t\u2014 40 - 49 ans\t65\t53.8%\t\u2014\t10.7%\t\u2014\t35.3%\t\u2014 + de 50 ans\t108\t70.3%\t\u2014\t4.6%\t\u2014\t25 %\t\u2014 Total :\t281\t68.6%\t\u2014\t8.5%\t\u2014\t22.5%\t0.3% 58 et 8.5% de cette même population était de type IV et de type II.Dans le tableau II, nous avons groupé, selon l\u2019âge, les divers types étudiés au Centre de recherche sur les maladies lipidiques.Du nombre d\u2019analyses effectuées, on constate que le groupe de 40 à 50 ans comprend le plus d\u2019individus de type IV (35.3%), alors que l\u2019on note dans le groupe de 30 à 39 ans, le plus grand pourcentage du type II (13.3%).Le tableau III nous donne les taux sériques de cholestérol, triglycérides, phospholipides et lipides totaux pour les 281 individus.On voit que les taux sériques de triglycérides ou de cholestérol diffèrent significativement de la normale selon le type d\u2019hyperlipidémie, soit une hypertriglycéridémie dans le type IV ou une hypercholestérolémie dans le cas du type II.Enfin, dans les tableaux IV et V, on remarque le pourcentage moyen des lipoprotéines sériques chez les sujets normaux de différents âges ainsi que le pour- centage moyen des lipoprotéines retrouvées chez les individus affectés d\u2019hyperlipidémies.Comme nous l\u2019avons démontré antérieurement, il existe une augmentation des /^-lipoprotéines chez les hypercholestérolémiques (type II) et une augmentation des pré-/Mipoprotéines chez les sujets avec le type IV (tableau V).Tous ces résultats nous prouvent que des études portant sur la population québécoise ne semblent pas différer énormément des autres études déjà effectuées chez d\u2019autres populations en ce qui regarde les anomalies lipidiques.De nombreux auteurs ont déjà signalé que le pourcentage d\u2019hypertriglycéridémie semble être toujours plus élevé chez les gens de 40 à 49 ans, où l\u2019on a remarqué que les maladies coronariennes constituent la principale cause des décès.Enfin, plusieurs de ces études épidémiologiques suggèrent que les lipides sériques sont fortement influencés par les graisses et les glucides alimentaires, de même que par d\u2019autres facteurs.On sait, de plus, Tableau III Moyenne des taux sériques du cholestérol, des triglycérides, des phospholipides et des lipides totaux chez 281 sujets normaux et anormaux Phénotype\tNombre de patients\tCholestérol total mg %\tTriglycérides mg %\tPhospholipides mg %\tLipides totaux mg % Normal\t193\t200 ± 34.4\t103 ± 38.8\t215 ± 40.3\t612 ± 93.9 Type I\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014 Type II\t24\t387 ± 128.4\t137 ± 90.1\t347 ± 93\t1,086 ± 292 Type III\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014 Type IV\t63\t223 ± 70.2\t332 ± 185.8\t286 ± 75.2\t961 ± 306 Type V\t1\t137\t1,173\t124\t1,622 Tableau IV Pourcentage moyen des lipoprotéines sériques chez des sujets normaux de différents âges Âge\tNombre de patients\t^-LIPOPROTÉINES\tPRÉ-/3-LIPOPROTÉINES\t«-LIPOPROTÉINES 0-19 ans\t47\t44.37% ± 6.5\t13.1 % ± 6.7\t41.5 % ± 9.2 20 - 29 ans\t16\t46.68% ± 7.1\t17.8 % ± 10.2\t34.7 % ± 14.3 30-39 ans\t19\t41.6 % ± 16.6\t13.6 % ± 9.2\t32.8 % ± 2.1 40 - 49 ans\t35\t47\t% ± 5.6\t20.1 % ± 8.7\t27.1 % ± 13.5 + de 50 ans\t76\t50.77% ± 6.2\t20.89% ± 7.6\t28.22% ± 9.9 Moyenne :\t193\t46.8 % ± 7.4\t16.8 % ± 8.3\t34.8 % ± 11.8 59 Tableau V Pourcentage moyen des lipoprotéines chez des sujets normauxet anormaux d'âges différents Phénotype\tNombre de patients\t/3-lipoprotéines\tPRÉ-/3-LIPOPROTÊINE8\tCC-LIPOPROTÉINES Normal\t193\t46.8% ± 7.4\t16.8% ± 8.3\t34.8% ± 11.8 Type I\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014 Type II\t24\t69.4% ± 7.7\t11.8 % ± 8.4\t18.5 % ± 10.5 Type III\t\u2014\t\u2014\t\u2014\t\u2014 Type IV\t63\t47.6% ± 10.1\t38.04% ± 8.6\t15.91% ± 10.7 Type V\t1\t47.2%\t53.1%\t29.6% que le contrôle de la ration alimentaire peut souvent renverser complètement ou partiellement cette tendance.Les récentes contributions de Fredrickson nous ont fourni de nouveaux outils qui nous permettent d\u2019étudier de façon plus efficace la prévention et la guérison de ces maladies.Cette nouvelle approche du problème par des méthodes plus modernes devrait nous inciter fortement à utiliser ces techniques sur une très large échelle; à titre d\u2019exemple, disons qu\u2019il serait très intéressant de classifier toute la population québécoise.Nous croyons fermement que le temps est maintenant venu d\u2019envisager la possibilité d\u2019examiner continuellement toute notre population comme nous l\u2019avons fait dans le passé pour la tuberculose ou comme nous le faisons maintenant pour le cancer du sein ou le cancer de l\u2019utérus.En d\u2019autres mots, nous sommes d\u2019avis qu\u2019il est temps de mettre au service de la science appliquée des techniques spécialisées que nous utilisons dans nos laboratoires de recherche.Nous possédons les outils, servons-nous-en.Il faut dire ici qu\u2019une enquête de cette envergure serait très coûteuse et il n\u2019est pas certain que les résultats obtenus soient tous de première valeur.Il faudrait organiser des unités mobiles munies des appareils nécessaires pour mesurer la pression sanguine, enregistrer des électrocardiogrammes et analyser les lipides sanguins.En même temps, il serait nécessaire de mettre sur pied tout un programme d\u2019éducation en matière de nutrition à travers tout le Québec.Nul doute qu\u2019une telle organisation sensibiliserait toute la population au problème important des maladies cardiovasculaires.Si tous et chacun connaissaient leur chance d\u2019être atteints un jour ou l\u2019autre d\u2019une maladie coronarienne, ce serait une motivation suffisante pour que tous et chacun consultent leur médecin.60 QUELQUES PROBLÈMES RÉCENTS RELIÉS À LA SÉCURITÉ DES « ADDITIFS ALIMENTAIRES » I.C.Munro et A.B.Morrison, Direction des Aliments et Drogues, Ottawa Plusieurs changements majeurs ont eu lieu durant le dernier quart de siècle dans l\u2019industrie pour la production des aliments canadiens.En majorité, ces changements reflètent une évolution plutôt majeure dans notre société.L\u2019augmentation de la population urbaine, la rapidité du régime de la vie, le nombre de femmes qui maintenant travaillent en dehors du domicile, un déclin du rôle de la famille et l\u2019augmentation du pouvoir d\u2019achat ont tous comme effet d\u2019augmenter le besoin pour des aliments convenables qui peuvent être préparés et servis très rapidement.Il y a donc aujourd\u2019hui au super-marché plusieurs centaines de produits qui n\u2019étaient pas disponibles il y a quelques années.En surplus des aliments de substitution tels que la margarine, qui est préparée pour ressembler à l\u2019aliment traditionnel qu\u2019elle remplace, nous voyons maintenant une deuxième génération d\u2019aliments qui sont complètement nouveaux et qui ne ressemblent à aucun produit traditionnel.Un exemple est fourni par les « Space Sticks » qui découlent des efforts des États-Unis dans leur programme de recherche spatiale.Cette révolution dans l\u2019industrie de la préparation des aliments a comme effet de causer une croissance dans le nombre de produits chimiques qui sont ajoutés aux aliments de toutes sortes.Plusieurs centaines de produits chimiques peuvent maintenant être ajoutés aux aliments qui sont vendus dans notre pays.Il faut constater aussi que le nombre de produits chimiques et le nombre d\u2019aliments subissent une croissance assez dramatique.L\u2019autorité législative pour le contrôle des produits chimiques qui peuvent être ajoutés aux aliments prévoit dans la Section 4 de la Loi et Règlements des Aliments et Drogues « que nul ne doit vendre un aliment qui contient ou porte une substance toxique ou délétère ».En accord avec cette autorité législative fédérale nous avons formulé plusieurs règlements pour le contrôle des nombreux aspects des composés \u2022\tConférence prononcée au 38* * congrès de l\u2019ACFAS.\u2022\tAnnales de l\u2019ACFAS : 37, 1970.qui peuvent être ajoutés aux aliments.En résumé, les points principaux sont : 3.Les additifs aux aliments peuvent être ajoutés seulement aux aliments spécifiques pour une raison spécifique et à un niveau permis.Comme exemple, le sulfate du sel sodé de l\u2019acide laurique peut être ajouté au solide du blanc d\u2019œuf congelé ou au blanc d\u2019œuf liquide à des niveaux de 0.0125% jusqu\u2019à 0.1%, comme un agent émulsionneur.Il ne doit pas être ajouté à aucun autre aliment ni à aucun niveau pour aucune raison.2.\tSi un standard d\u2019identité est disponible pour un aliment et que le standard contient un additif, l\u2019additif en question doit être désigné dans les règlements comme un additif chimique pour l\u2019aliment spécifique et pour la raison particulière.3.\tUn manufacturier qui demande la permission de se servir d\u2019un nouvel additif chimique ou qui désire se servir d\u2019un composé pour un but nouveau doit fournir à la Direction des Aliments et Drogues un résumé de ses recherches indiquant que le produit est sain.Il est donc requis de fournir des résultats indiquant que l\u2019additif a l\u2019effet physique et technique désiré et que, sous les conditions d\u2019usage recommandées, ce composé n \u2019a aucun effet toxique.Voyons maintenant quelques exemples de problèmes récents que nous avons étudiés afin de déterminer si l\u2019additif chimique est vraiment sain pour consommation par le public.A cause du temps à notre disposition je vais donc me limiter à un additif aux aliments seulement.J\u2019espère néanmoins que cette présentation illustrera les principes que nous appliquons pour déterminer si le produit est sain et efficace.Les huiles végétales bro-mées furent ajoutées aux aliments comme constituant des huiles de saveur depuis environ une quarantaine d\u2019années, ceci pour modifier la densité de ces huiles qui sont contenues dans certains breuvages et pour les rendre opaques.Jusqu\u2019à tout récemment rien n\u2019était connu au sujet de leur toxicité.Quelques-unes 61 Table 1 Mean relative organ weights of male rats fed brominated vegetable oil in the diet for 105 days Dietary level %\tNo.OF ANIMALS\tTerminal BODY WT.\tLiver\tHeart\tTestes\tKidney 0 (control)\t14\t422 ± 12\t2.52 ± 0.03\t0.229 ± 0.004\t0.685 ± 0.016\t0.553 ± 0.005 0.1% Br.Cott.Oil\t15\t429 ± 15\t2.56 ± 0.04\t0.230 ± 0.004\t0.683 ± 0.018\t0.530 ± 0.011 \u2022 0.1% Br.Corn Oil\t13\t443 ± 10\t2.63 ± 0.06\t0.229 ± 0.004\t0.679 ± 0.028\t0.566 ± 0.008 0.1% Br.Olive Oil\t15\t430 ± 16\t2.62 ± 0.06\t0.225 ± 0.005\t0.726 ± 0.026\t0.554 ± 0.014 0.1% Br.Sesame Oil\t15\t446 ± 8\t2.58 dr 0.05\t0.235 ± 0.003\t0.671 ± 0.020\t0.553 ± 0.007 0.5% Br.Cott.Oil\t14\t426 ± 9\t2.95 ± 0.05 **\t0.278 ± 0.004 **\t0.660 ± 0.014\t0.599 ± 0.009 \u201c 0.5% Br.Corn Oil\t15\t413 ± 13\t2.94 ± 0.05 **\t0.279 ± 0.004 \u2022\u2022\t0.676 ± 0.026\t0.607 ± 0.015 ** 0.5% Br.Olive Oil\t15\t439 ± 6\t3.05 ± 0.04 **\t0.237 ± 0.004\t0.652 ± 0.028\t0.584 ± 0.010 *\u2022 \t\t\t+\t\t\t 0.5% Br.Sesame Oil\t15\t417 ± 12\t2.91 ± 0.04 **\t0.272 ± 0.004 \u2022*\t0.697 ± 0.016\t0.602 ± 0.015 ** Results expressed as mean ± SB.* Denotes p < 0.05.** Denotes p < 0.01.+ The relative liver weight of brominated olive oil treated animals was significantly higher than the relative liver weight of animals treated with the other brominated oils, p < 0.05. Table 2 Pathological findings in male rats fed brominated vegetable oils \tHeart \u2022\t\tLiver *\t\tThyroid\tKidney \tDegenerative Lesions\tFat Accumulation\tDegenerative Lesions\tFat Accumulation\tMicrofollicular Hyperplasia\tTubular Degeneration Controls\t0/14\t0/14\t0/14\t0/14\t1/14\t0/14 0.1% Brominated Cottonseed Oil\t0/15\t3/15\t1/15\t3/15\t0/15\t1/15 0.1% Brominated Corn Oil\t0/13\t3/13\t1/13\t5/13\t1/13\t3/15 0.1% Brominated Olive Oil\t0/15\t0/15\t0/15\t6/15\t1/15\t1/15 0.1% Brominated Sesame Oil\t2/15\t1/15\t0/15\t5/15\t3/15\t0/15 0.5% Brominated Cottonseed Oil\t12/14\t8/14\t0/14\t14/14\t3/14\t5/14 0.5% Brominated Corn Oil\t11/15\t7/15\t0/15\t14/15\t7/15\t5/15 0.5% Brominated Olive Oil\t4/15\t10/15\t0/15\t4/15\t1/15\t1/15 0.5% Brominated Sesame Oil\t13/15\t12/15\t2/15\t14/15\t6/15\t8/15 * Sections of hearts and liver stained with HPS for morphological studies and with Oil Red O or Sudan Black for fat studies. de nos études sont résumées dans les clichés suivants.Des groupes de 15 rats mâles récemment sevrés furent nourris d\u2019huiles bromées, de maïs, de coton, d\u2019olive, et de sésame, au taux de 0.1 et 0.5% de la diète pendant 105 jours.C\u2019était une diète standard contenant de la caséine, de la farine de maïs, de l\u2019huile de maïs, de la cellulose, des vitamines et minéraux qui avaient servi dans plusieurs autres études.Le premier cliché démontre la moyenne du poids relatif des organes des animaux.Il faut noter l\u2019augmentation significative du poids du foie, du cœur et des reins chez les animaux traités avec 0.5% d\u2019huile de coton, de maïs et de sésame.Ceux traités avec 0.5% d\u2019huile d\u2019olive n\u2019ont pas démontré une croissance du poids du cœur mais ont démontré une augmentation du poids du foie et des reins.Au niveau de 0.1% aucune huile n\u2019avait d\u2019effet significatif sur le poids des organes étudiés.La fréquence des lésions pathologiques trouvées dans les divers organes des animaux nourris à l\u2019huile bromée (0.1% ou 0.5%) est donnée dans le tableau au numéro 2.Une incidence élevée de changements cardiaques dégénératifs du type myocytolytique se retrouve chez les animaux nourris d\u2019huile végétale bromée à 0.5%.Il faut noter aussi une accumulation de graisse au niveau du cœur des animaux traités avec ces huiles au taux de 0.1% et à 0.5%, les effets étant plus marqués avec un niveau d\u2019alimentation supérieur.Des changements dégénératifs dus à l\u2019accumulation de graisse furent observés dans le foie de la plupart des animaux traités à l\u2019huile bromée (0.5%), mais non chez ceux traités à 0.1%.Des lésions cardiaques furent notées aussi tel qu\u2019illustré dans la figure numéro 1.On peut noter aussi un œdème interstitiel, myocyto- i-.¦fW Figure 1 Photomicrograph from a rat fed 0.5% bro-minated sesame oil in the diet for 105 days.There is interstitial edema and marked separation of myofibres.Uneven staining of myofibres is apparent.HPS x 225.Hr, m f .M* Wrm.Figure 2 Photomicrograph from a rat fed 0.5% bro-minated sesame oil in the diet for 105 days.There is myocytolysis with dissolution and loss of myocardial cells.HPS x 450.64 lyse, une séparation des cellules myocardiaques et la perte de caractéristiques normales vis-à-vis le colorant comme on se sert dans nos études.La figure 2 indique à peu près les mêmes effets.La figure 3 illustre l\u2019accumulation de matières grasses au cœur.L\u2019effet des huiles bromées sur la glande thyroïde est démontré par les figures 4 et 5.La figure 4 représente une glande thyroïde normale avec de larges follicules remplies de matières colloïdales.La figure 5 démontre une hyperplasie microfollicullaire causée par les huiles bromées.Voici une section colorée avec « Sudan noir B » et on confirme la présence de matières grasses par l\u2019apparition de gouttelettes rouges.Des études sur l\u2019effet de l\u2019huile végétale bromée sur le métabolisme de l\u2019acide palmitique au niveau du cœur sont résumées au tableau numéro 3.Ces études furent entreprises à cause de l\u2019observation anté- rieure d\u2019une accumulation d\u2019acide palmitique parmi les acides gras du cœur des animaux traités avec les huiles bromées.Dans les études du métabolisme, les rats furent traités avec l\u2019huile de coton bromée pendant 3 jours à des taux équivalents à 0.5% de la diète, tel que précédemment.La capacité des homogé-nats de cœur de métaboliser l\u2019acide palmitique C14 a été mesurée.Les résultats (cliché 9) indiquent que le cœur des animaux traités de cette façon a une capacité réduite pour métaboliser l\u2019acide palmitique.Le niveau normal du métabolisme peut être rétabli.Cette décroissance peut être renversée en y ajoutant soit de la carnitine, TPA, le CoA, le DAD, et le succinate, ceux-ci étant essentiels pour le métabolisme des acides gras.Au terme de nos études sur la toxicité des huiles végétales bromées se tinrent il y a quelques mois des Figure 3 Photomicrograph from a rat fed 0.5% bro-minated cottonseed oil in the diet for 105 days.Abundant lipid can be seen in longitudinal rows within the myocardial fibres.Sudan Black-B x 350.****** ****** ¦ \u2022Jt Figure 4 Photomicrograph of the thyroid of a control rat.The follicles are well filled with colloid and lined with low-cuboidal epithelium.HPS x 40.65 Table 3 Palmitate metabolism in the hearts of male rats treated with brominated cottonseed oil for 3 days with the addition of various co-factors Auditions to Basic Media\tDPM14C02/hr/mg protein\t \tControl\tTreated Nil\t299 ± 22\t148 ±\t9 ** Succinate\t261 ± 23\t116 ± 8 ** Succinate -f- Carnitine\t524 ± 31\t282 ± 27** Succinate -j- Carnitine -f ATP\t900 ± 42\t476 ± 27 \u2022* Succinate -f Carnitine -)- ATP ± CoA\t1,336 ± 128\t1,190 ± 108 Succinate -)- Carnitine -f- ATP q.CoA -|- Cytochrome C\t1,387 ± 112\t1,292 ± 98 Succinate -f- Carnitine -f- ATP -|- CoA -j- Cytochrome C -f- NAD\t1,443 ± 190\t1,435 ± 138 Results are expressed as mean ± SE.Those marked with asterisks differ significantly from controls.** Denotes p < 0.01.réunions des représentants de l\u2019industrie alimentaire ; nos résultats y furent discutés.On a démontré alors à quel niveau il n\u2019y avait «aucun effet» pour les huiles végétales bromées chez le rat, soit à 0.1% de la diète c\u2019est-à-dire 50 mg/kg/jr.Pour convertir la dose « aucun effet » chez les animaux et déterminer son équivalent pour un niveau acceptable chez l\u2019homme la dose qui n \u2019a « aucun effet » est divisée par un facteur de sécurité de 100 pour tenir compte de deux facteurs, soit la variation entre espèces et entre individus.Tel que l\u2019indique le cliché numéro 10, le niveau acceptable calculé de cette façon est de 0.5 mg/kg/jr.L\u2019analyse chimique indique qu\u2019une bouteille de liqueur douce contient jusqu\u2019à 50 mg d\u2019huile végétale bromée.Consommée par un individu de 50 kg la dose d\u2019huile végétale bromée devient donc 1 mg/kg, c\u2019est-à-dire 2 fois le niveau acceptable.Il était donc prudent de réduire le niveau permis d\u2019huile végétale bromée.Le niveau fut limité à 5 mg par bouteille, c\u2019est-à-dire 10% du niveau original.J\u2019espère que ce bref résumé des résultats expérimentaux illustre la façon avec laquelle nous examinons la sécurité des additifs alimentaires.Les tests entrepris sont donc variés selon les composés que nous examinons; en effet, il est essentiel qu\u2019au cours de l\u2019évaluation de la sécurité des additifs alimentaires on ne tombe pas dans le piège en se servant d\u2019une liste standard de tests.Ceci serait évidemment désastreux car en faisant une évaluation de la toxicité d\u2019un composé il n\u2019y a aucun substitut pour le jugement scientifique pour effectuer les études nécessaires.Chaque cas mérite une attention particulière.Chacun doit être examiné à tour de rôle.Pour conclure, je voudrais dire quelques mots au sujet de notre philosophie sur les additifs alimentaires.Dans certaines circonstances, je crois que les t&¥?MW r * r-\u2019V A-Vi mm a '/U- Figure 5 Photomicrograph of the thyroid of a rat fed 0.5% brominated cottonseed oil for 105 days.The thyroid is hyperplastic and an increase in the height of epithelium lining the follicles and loss of colloid material can be seen.HPS x 40. additifs alimentaires ont été utilisés pour des raisons frivoles.Quelquefois les améliorations apparentes qui découlent de l\u2019utilisation d\u2019un additif alimentaire ne sont pas nécessaires ou ne valent pas le risque inévitable qu\u2019on accumule en ajoutant un autre produit chimique à la diète.On doit donc se demander si le progrès technique visant à un bénéfice commercial peut être justifié étant donné le risque à la santé publique.En décembre 1969 le comité pour la sécurité des aliments « White House Conference on Food Nutrition and Health » a recommandé les points suivants : À cause du fait qu\u2019il n\u2019est pas toujours possible de vérifier avec certitude la sécurité du nombre croissant de produits chimiques ajoutés ou présents dans nos aliments et en tenant compte des interactions possibles entre ces produits chimiques ou avec les constituants naturels des aliments, aucun produit chimique additionnel ne devrait être permis sauf : s\u2019il a été établi avec une certitude raisonnable que le produit est sain en se basant sur les meilleures procédures scientifiques pour évaluer la sécurité et s\u2019il possède en plus au moins un des critères suivants : 1.\tQue le nouvel additif soit significativement moins toxique que les produits courants qui servent au même but ; 2.\tQu\u2019il améliore significativement les qualités du produit ; 3.\tL\u2019utilisation a pour effet d\u2019augmenter les provisions alimentaires; 4.\tIl améliore la valeur nutritive ; 5.\tL\u2019utilisation de ces composés a pour effet de diminuer le coût au consommateur.Je crois que ces principes devraient être adoptés et que les modifications législatives devraient être entreprises pour effectuer ces recommandations.67 \t , .- v \u2014- mm 'SX'«Sk « îsassK- V V - V ^ il* - .* î*r- 5 I ¦ L\u2019Université de Sherbrooke est heureuse de féliciter les membres de l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences pour leurs magnifiques réalisations et leur immense progrès au cours de l\u2019année 1970. UNE ENQUÊTE SUR L\u2019ÉTAT NUTRITIONNEL DES CANADIENS Madeleine Blanchet-Patry Co-directeur au Québec de Nutrition Canada L\u2019appréciation de l\u2019état de nutrition d\u2019une population ou d\u2019un groupe assez vaste est possible grâce à l\u2019étude de la consommation alimentaire et à l\u2019examen systématique d\u2019un échantillon représentatif de l\u2019ensemble de cette population.Depuis la création en 1944, à Québec, de l\u2019Organisation mondiale pour l\u2019agriculture et l\u2019alimentation (FAO), plusieurs centaines d\u2019enquêtes alimentaires ont été menées à travers le monde.Les pays où sévissent les carences nutritionnelles ont été étudiés en premier lieu, mais actuellement dans beaucoup de pays industrialisés, dont les États-Unis et la France, les autorités sanitaires s\u2019interrogent sur l\u2019état nutritionnel de la population.Ainsi, dans le cadre des programmes de lutte contre la pauvreté, le gouvernement américain a récemment élaboré une politique nutritionnelle visant en priorité les milieux défavorisés des grands centres urbains* 1.Le programme américain est basé sur les données recueillies lors de l\u2019enquête nutritionnelle dans quatorze États.Dans certains États, on rapporte une fréquence élevée de maladies de carence (anémie ferri-prive, rachitisme)2.A son tour, le gouvernement canadien lance, à l\u2019automne 1970, l\u2019opération Nutrition Canada.Des enquêtes et des relevés antérieurs, bien que partiels, indiquaient la persistance de certaines carences nutritionnelles.Au Québec, les médecins signalaient la présence de plusieurs cas de rachitisme dans les hôpitaux pédiatriques3.Les réserves du foie en vitamine A apparaissaient relativement basses dans certaines villes canadiennes, notamment à Montréal4.L\u2019histoire de Nutrition Canada remonte à 1968, alors que le Ministère de la Santé et du Bien-être \u2022\tConférence présentée au 38' congrès de l\u2019ACFAS.\u2022\tAnnales de l\u2019ACFAS : 37, 1970.1\tWhite House Conference on Food Nutrition and Health.Washington, D.C., May 6, 1969.2\tNutrition Today, printemps 1969.Article A.E.Schaefer.3\tCanadian Pediatric Society Committee on Nutrition : Vitamin D Supplementation of Fluid Milk in Canada.Can.Press Release.March 30, 1966.4\tHoppner, K.et al.Vitamin A Reserves of Canadian.Can.Med.Assc.Journal.Vol.101, pp.84-87.Dec.13, 1969.national charge le docteur Sabry d\u2019étudier la possibilité d\u2019effectuer une enquête nutritionnelle dans notre pays.Le docteur Sabry était alors professeur de nutrition à l\u2019Université de Toronto.Il a depuis été nommé coordonnateur national de Nutrition Canada.En 1969, des groupes d\u2019experts des différentes provinces se réunissent à Ottawa sous l\u2019égide d\u2019un comité central et jettent les bases de l\u2019opération.En effet, pour obtenir des résultats valables, on doit procéder d\u2019abord à la mise au point des données de base, à la standardisation des techniques d\u2019examen, à l\u2019uniformisation des critères diagnostiques.La première qualité d\u2019une enquête statistique est d\u2019être basée sur des observations correctes.Aussi, les experts chargés de concevoir l\u2019enquête ont-ils choisi l\u2019échantillon en fonction de critères précis: niveau de revenu, habitat rural ou urbain, représentation de tous les groupes physiologiques.Le plan de sondage a été élaboré par le Bureau fédéral de la statistique avec le concours d\u2019épidémiologistes provinciaux.Contrairement à l\u2019enquête américaine originale qui visait uniquement les familles à bas revenu (ce modèle américain a été modifié ultérieurement et l\u2019enquête s\u2019étend maintenant à un échantillon représentatif de l\u2019ensemble de la population), l\u2019enquête canadienne couvre l\u2019ensemble de la population.Néanmoins, la moitié de l\u2019échantillon est recrutée parmi les familles à faible revenu.La ligne de partage se situe à $2,000 de revenu annuel pour les célibataires et à $4,000 pour une famille comportant deux enfants.La famille est considérée comme l\u2019unité économique de base.Les familles ont été choisies au hasard dans 80 districts de recensement au Québec.Dans la stratification de l\u2019échantillon, on a tenu compte des groupes physiologiques suivants : enfants de moins d\u2019un an, de 1 à 5 ans, de 5 à 10 ans, de 10 à 20 ans, adultes de 20 à 65 ans, femmes enceintes et personnes âgées de plus de 65 ans.Au sein des familles tirées au sort, on choisit 50 sujets qui vont être interrogés et examinés par l\u2019équipe itinérante qui parcourt la province.Cette équipe est composée de deux médecins, un dentiste, deux diététistes et de personnel technique.69 L\u2019examen clinique porte sur les données anthropométriques : poids, taille, pli cutané et autres mensurations.L\u2019examen médical nécessite beaucoup de finesse d\u2019observation, car les signes caractéristiques ou évocateurs d\u2019un désordre nutritionnel sont généralement discrets.Un examen dentaire assez élaboré fait partie intégrante de l\u2019examen clinique.Parmi les techniques complémentaires, mentionnons les examens biochimiques.On se propose, grâce à des micro-méthodes, de mesurer plusieurs paramètres sanguins et urinaires5.Pour être valable, la notation des signes cliniques doit être faite d\u2019une façon constante, sans variation notable d\u2019un observateur à l\u2019autre.L\u2019utilisation d\u2019une fiche standard, comportant des questions objectives, facilite la normalisation de l\u2019examen clinique.Le questionnaire diététique est très détaillé et porte sur la consommation alimentaire au cours des dernières 24 heures.Ce relevé doit permettre de confronter apports alimentaires et pathologie nutritionnelle.L\u2019appréciation de l\u2019état de nutrition est bien autre chose que le recensement de quelques maladies de carence ou d\u2019excès.On doit pouvoir établir la fréquence des maladies nutritionnelles mais aussi le retentissement de la nutrition sur le développement des enfants, sur la diminution de la résistance aux infections ainsi que l\u2019effet de l\u2019état nutritionnel sur l\u2019aptitude au travail.On peut se servir aussi des résultats pour juger de l\u2019opportunité de certaines actions : création de cafétérias scolaires, commercialisation d\u2019aliments enrichis.Il est important de se rappeler que les programmes nutritionnels ont un caractère essentiellement local.C\u2019est ce que soulignait le Docteur Mayer lors d\u2019une conférence qu\u2019il prononçait, en 1967, dans le cadre des fêtes du 25e anniversaire de l\u2019Institut de diététique et nutrition de l\u2019Université de Montréal.« Beaucoup de problèmes, particulièrement ceux qui concernent l\u2019éducation en matière de nutrition, ont toujours des caractères locaux et ne peuvent pas extrapoler d\u2019une région à l\u2019autre ce qui peut être fait ailleurs.» Au Québec, Nutrition Canada constitue la première étape d\u2019un plan provincial d\u2019éducation en matière de nutrition.Cette enquête marquera sans doute également le point de départ de programmes de nutrition appliqués au profit de certains groupes de notre population chez lesquels on aura identifié des maladies de carence.En réalité, une enquête nutritionnelle ne prend tout son sens que si elle fait partie intégrante d\u2019un plan global d\u2019amélioration de l\u2019état de santé.5 Examens biochimiques.La nouvelle conception de la médecine, exposée dans le rapport de la Commission d\u2019enquête sur la santé et le bien-être social, implique une étroite liaison entre les aspects préventifs et curatifs de la médecine.Devant la croissance géométrique des coûts des soins médicaux et hospitaliers, les autorités sanitaires se tournent vers une solution d\u2019espoir: les programmes préventifs de masse.L\u2019enquête nationale sur les habitudes alimentaires et l\u2019état nutritionnel fournira les données essentielles à l\u2019élaboration de programmes nutritionnels préventifs.Lors de la phase de réalisation de l\u2019enquête, une campagne d\u2019information sera menée qui exigera le concours de tous les professionnels œuvrant dans le champ de la nutrition et de la médecine préventive.Il importe, en effet, d\u2019obtenir la pleine coopération des personnes choisies comme sujets d\u2019enquête.Lorsque l\u2019enquête sera terminée en 1973, et les résultats publiés, les chercheurs dans le champ de la nutrition appliquée auront accès à la banque centrale des données.De nouveaux projets de recherche à portée plus spécifique que Nutrition Canada pourront etre soumis.Ces recherches complémentaires permettront de mieux cerner les problèmes nutritionnels dans certains secteurs de notre population.Tout comme l\u2019enquête alimentaire nationale, ils serviront à éclairer la politique des divers ministères impliqués dans le domaine de la nutrition humaine.EXAMENS BIOCHIMIQUES A.\tAU CENTRE D\u2019EXAMENS DE LA CLINIQUE MOBILE: Sang: 1 - Hémoglobine 2\t- Hématocrite Urine: 1 - Glucose 2 - Albumine B.\tAU LABORATOIRE CENTRAL: Sang :\t1 - Formule sanguine 2\t- Fer et saturation 3\t- Calcium 4\t- Phosphore 5\t- Phosphatase alcaline 6\t- Protéines et albumine 7\t- Vitamine A 8\t- Vitamine E 9\t- Acide ascorbique 10\t- Acide folique 11\t- Cholestérol 12\t- Triglycérides Urine: 1 - Thiamine (Vitamine Bi) 2-Riboflavine (Vitamine B2) 3 - Créatinine 70 NUTRITION ET PROBLÈMES ÉCONOMIQUES MONDIAUX Rolland P.Poirier, Sous-ministre adjoint Ministère de l\u2019Agriculture du Canada, Ottawa Je veux attirer votre attention sur certains problèmes où les aspects nutritifs et alimentaires rejoignent des contraintes économiques et sociales et ceci dans le contexte de la lutte contre la faim dans le tiers-monde.Il faudra vous rappeler que certains secteurs économiques très déprimés de nos pays industrialisés ressemblent beaucoup aux pays en voie de développement et par conséquent une partie de mes remarques ne sont pas étrangères à leur situation.Deux pôles Deux situations très différentes peuvent servir de pôles opposés dans nos considérations sur la production de la nourriture dans le tiers-monde.a)\tAu premier pôle, on a l\u2019agriculture de subsistance où 90% de la population vivent sur une minime parcelle de terre ou d\u2019un troupeau très peu productif et 10% de la population occupée à d\u2019autres fonctions se nourrissent grâce à un commerce sporadique des aliments.b)\tÀ l\u2019autre pôle, on rencontre des pays partiellement industrialisés avec d\u2019énormes agglomérations urbaines.L\u2019agriculture de marché existe déjà avec parfois un certain degré de spécialisation.Toutefois une très grande partie de la population active (plus de 50%) est encore retenue dans la production des aliments.c)\tEntre ces deux pôles, il y a toutes les situations mitoyennes.Agriculture vivrière Jetons un coup d\u2019œil sur le cas de l\u2019agriculture vivrière.L\u2019individu n\u2019a pour toutes fins pratiques, qu\u2019un motif économique dans sa vie, celui d\u2019assurer sur son lopin de terre ou avec son maigre troupeau, la subsistance de sa famille.Sa richesse est pres-qu\u2019entièrement sous forme d\u2019aliments ou de bétail et \u2022\tConférence présentée au 38e congrès de l\u2019ACFAS.\u2022\tAnnales de l\u2019ACFAS : 37, 1970.cette richesse est à la merci du climat, de la maladie, des parasites et parfois des tabous sociaux.Il suit des méthodes archaïques et possède des outils rudimentaires.À un moment de l\u2019année, il doit fournir un effort physique considérable puis il y a des périodes de sous-emploi et même d\u2019oisiveté totale.Le problème économique de cet individu n\u2019est pas compliqué et on peut suggérer des améliorations simples pouvant rehausser son niveau de vie.On pourrait en principe hausser quelque peu sa productivité par des changements mineurs n\u2019exigeant pas de capitalisation de sa part et lui faire ainsi produire un volume d\u2019aliments plus considérable et mieux équilibré au point de vue nutrition.On pourrait lui enseigner à mieux conserver sa nourriture et à prévoir pour les jours ou les saisons mauvaises.En réussissant toutes ces démarches, on pourrait petit à petit libérer une partie plus considérable de la population pour satisfaire d\u2019autres besoins.On commencerait par donner une impulsion à l\u2019artisanat sous toutes ses formes; on essaierait de mettre en place un début d\u2019infrastructure; on provoquerait ainsi le phénomène des échanges commerciaux et l\u2019on pourrait ensuite penser à des industries simples.La difficulté majeure qui ralentit tout ce processus vient du fait qu\u2019il faut être capable de rejoindre et d\u2019activer directement toute une population, vu qu\u2019il n\u2019existe pas de structures sociales avec effets multiplicateurs et vu qu\u2019il est très difficile de communiquer en donnant à ce mot tous ses sens différents.Si on ajoute les nombreux problèmes d\u2019ordre social, on comprend la lenteur du démarrage dans certains pays ; opposition aux changements, soupçons envers de nouvelles récoltes ou même de nouvelles méthodes d\u2019apprêter les récoltes et aliments connus; la difficulté de considérer les enfants en bas âge ou les femmes enceintes comme des êtres ayant besoin d\u2019une alimentation spéciale.Enfin terminons ce court exposé en faisant remarquer que dans un tel milieu économique même le succès suscite des difficultés sérieuses puisqu\u2019on passe soudain d\u2019un monde simple où l\u2019argent n\u2019a aucun attrait particulier à une agriculture de marché où il faut produire avec profit si on veut survivre.Quand l\u2019augmentation des aliments va plus vite que l\u2019organi- 71 sation des marchés, ou a des surplus qui finissent par se détériorer, les prix s\u2019effondrent et on est encore dans le marasme.Agriculture de marché Parlons maintenant de la situation à l\u2019autre pôle où on trouve déjà une agriculture de marché et un grand nombre d\u2019agglomérations urbaines à approvisionner.Ici le problème de bien s\u2019alimenter et en quantité et en qualité est beaucoup plus une question relevant du niveau de revenus de l\u2019individu.La faim ou la malnutrition est presque toujours une forme extrême de pauvreté.La solution véritable et générale consiste à pouvoir augmenter la masse des revenus venant de tous les secteurs de l\u2019économie et ensuite à mieux distribuer ces revenus.Elle consiste aussi à donner aux agriculteurs des prix qui puissent les inciter à produire les aliments nécessaires sans toutefois rendre les aliments hors de la portée des autres classes de la société.Ici, comme dans le premier cas, il faut apprendre à éviter les pertes d\u2019aliments dues au gaspillage et aux parasites, pas tant sur la ferme mais plutôt dans les circuits de distribution.Dans certains de ces pays, les avances de la technologie peuvent immédiatement donner des résultats spectaculaires quant à l\u2019augmentation du volume de certaines nourritures de base et l\u2019exemple que tous connaissent maintenant est celui des céréales à hauts rendements.On peut ajouter le fait que l\u2019attrait du gain peut, dans une agriculture de marché, vaincre rapidement des tabous ou des oppositions d\u2019ordre social.Ici le danger réel est de vouloir brûler les étapes, oubliant certaines lois biologiques importantes.On peut par exemple mettre tous ses œufs dans le même panier en acceptant trop tôt de substituer tout l\u2019ancien stock génétique pour des céréales nouvelles et plus profitables.Le danger est de s\u2019apercevoir quelques années plus tard que ces nouvelles variétés sont très vulnérables à certaines maladies végétales qui ne dérangeraient pas outre mesure les anciennes variétés adaptées aux conditions locales.Ajoutons à ceci le fait que les variétés à haut rendement exigent avant la récolte des investissements et des dépenses additionnelles qui, en cas d\u2019échec ou en cas de mévente venant de surplus locaux, peuvent laisser l\u2019agriculteur dans une position extrêmement pénible.Après le break-through d\u2019ordre génétique, il faut maintenant penser à organiser la lutte contre les maladies, à obtenir des inputs à des prix raisonnables, à mettre sur pied un système de crédit et une méthode efficace de mise en marché.Il y a là du travail pénible pour la prochaine décennie.Production agricole par habitant dans le tiers-monde Un court mot maintenant sur la situation actuelle pour l\u2019agriculture du tiers-monde.Voyons la statistique la plus significative.La production par habitant d\u2019aliments agricoles pour toute cette zone moyenne: 1952-56\t= 100\tDe toutes les régions du 1958\t= 106\ttiers-monde seule l\u2019Ex- 1962\t= 108\ttrême - Orient a connu 1966\t= 110\tune petite augmentation 1967\t= 113\tde 1969 sur 1968 et cette 1968\t= 114\taugmentation était de 1969\t= 112\t1%.Jetons un coup d\u2019œil rapide sur les aliments venant de la mer, en nous rappelant cependant leur importance relative au point de vue de l\u2019alimentation mondiale.Seulement 10% des protéines consommées nous viennent de la mer.Il y a eu des augmentations notables et constantes dans les volumes d\u2019aliments venant de la mer pendant la période 1958 à 1970.Malheureusement je n\u2019ai pas les chiffres par habitant, mais les augmentations en chiffres absolus sont de l\u2019ordre de 11% par année, ce qui dépasse de beaucoup la croissance démographique.Ici comme en agriculture, on note une baisse de 5% en 1969 en comparaison de 1968.Prévisions du Plan Indicatif Mondial de la FAO Enfin jetons un coup d\u2019œil sur les prévisions à long terme (1985) telles que suggérées pour le tiers-monde par le Plan Indicatif Mondial.Le plan consiste en une stratégie établie sur une série d\u2019améliorations possibles mais considérées quand même comme très difficiles à réaliser.Voyons quelques conditions importantes à réaliser : a)\tAugmentation de la population variant entre 2.5% à 3.0% par année.b)\tAugmentation du volume d\u2019aliments de l\u2019ordre de 3.7% par année quand elle fut seulement de l\u2019ordre de 2.7% pendant les 10 dernières années.c)\tGagner et épargner les devises indispensables au financement du développement général.d)\tCréer une grande partie des emplois supplémentaires qui deviendront nécessaires au cours de la période et en même temps contribuer à 72 susciter les possibilités d\u2019emploi dans des industries liées à l\u2019agriculture.En admettant que toutes ces conditions difficiles se réalisent on conclut alors qu\u2019on sera en position de satisfaire les exigences minima pour les racines de féculants, les céréales, les légumineuses, les fruits et légumes.On aura un léger déficit de 2% pour le sucre, un déficit de 4% pour les huiles végétales, un déficit de 55% pour les viandes et 62% pour les poissons.On conclut donc qu\u2019en satisfaisant en moyenne les besoins minima pour les racines, les céréales, les légumineuses et les fruits, on aura une bonne partie de la population en difficulté sérieuse pour ces produits.On voit également qu\u2019il continuera à y avoir un déficit important de protéines.Le transfert d\u2019aliments venant des pays développés vers les pays en voie de développement se continuera donc jusqu\u2019à 1985 d\u2019après ces prévisions.Il est impossible de prévoir la partie de ces transferts qui suivra la voie du commerce normal et la partie qui relèvera de l\u2019aide alimentaire.On pourrait insérer ici les éléments d\u2019un long débat sur l\u2019aspect économique de l\u2019aide alimentaire.Espérons que ce sujet fera partie des questions que poseront les auditeurs.73 ovn -» »o o O \u2022Vo rj v- o o q.la force de l\u2019argent au service de l\u2019homme et de son épanouissement ARTS SCIENCES SPORTS LOISIRS ÉCONOMIE isrpzrji Banque Canadienne Nationale CONSTRUCTEURS DE TURBINES HYDRAULIQUES ET DE VANNES QUI SE RANGENT PARMI LES PLUS PUISSANTES ET LES PLUS GRANDES DU MONDE .MANICOUAGAN 2, OUTARDES 3, CHURCHILL FALLS, CHUTE DES PASSES, MANICOUAGAN 5, POUR NE CITER QUE LES PLUS CONNUES Equipement hydro-électrique DOMINION ENGINEERING WORKS LTD., C.P.220, MONTRÉAL 101, QUÉBEC Symposium ACFAS / PBI LES RÉSERVES NATURELLES AU QUÉBEC MOT D\u2019OUVERTURE Dr Michel Maldague Nous tenons d\u2019abord à exprimer nos remerciements aux organisateurs du 38e Congrès de l\u2019ACFAS pour avoir accordé une place de choix à un symposium sur les « Réserves naturelles au Québec ».Je suis heureux de vous transmettre à l\u2019occasion de ce symposium les vœux de succès du Dr Budowsky, directeur général de l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources.Un des objectifs du présent symposium est d\u2019attirer l\u2019attention des milieux intellectuels québécois sur la nécessité qu\u2019il y a à rattraper au Québec le temps perdu en ce qui concerne la sauvegarde du patrimoine naturel et l\u2019instauration de réserves biologiques.Le PBI, et plus précisément sa section CT (Conservation des communautés terrestres) a pour mission essentielle de sélectionner et d\u2019analyser des échantillons représentatifs de milieux naturels et de faire procéder, par les autorités compétentes, à la sauvegarde de ces aires.Mais il est évident que pour réussir, il faut qu\u2019une plus vaste audience soit sensibilisée.La nombreuse assistance à ce symposium est à ce titre très encourageante.Il convient que nous attirions l\u2019attention des responsables gouvernementaux sur l\u2019urgente nécessité qu\u2019il y a à mettre à l\u2019abri des empiétements sans cesse croissants les écosystèmes présentant un incontestable intérêt scientifique.Le principal obstacle qui surgit lorsqu\u2019on se penche sur certains aspects de la conservation de la nature, en l\u2019occurrence les aspects de protection, réside dans des difficultés de communication et de compréhension réciproque, rendant forcément le dialogue infructueux voire inutile.En effet, ce qui peut nous sembler à nous clair, logique, irréfutable \u2014 la protection à assurer à tel écosystème ou à telle espèce végétale ou animale par exemple \u2014 peut tout aussi bien ne rien signifier pour certains responsables qui ont cependant les décisions à prendre.Or, il n\u2019est pas toujours possible de faire une démonstration convaincante, pour qui n\u2019a pas les bases indispensables à la compréhension des arguments avancés, de l\u2019incontestable intérêt que représente, tant dans l\u2019immédiat que pour les générations à venir, la protection d\u2019échantillons de milieux naturels remarquables.De telles causes n\u2019ont jamais triomphé que lorsqu\u2019elles ont été défendues par des hommes très clairvoyants, exceptionnellement doués sur le plan de la réflexion consciente, à l\u2019esprit ouvert sur les conséquences 75 à long terme de leurs actes et de leurs décisions.C\u2019est à de tels hommes que l\u2019on doit la création des premiers parcs nationaux, ou l\u2019installation de grandes réserves biologiques.Citons à titre d\u2019exemple le juge Cornelius Hedges à qui l\u2019on doit la notion de protection pour la pérennité d\u2019ensembles naturels d\u2019exceptionnelle valeur, ou le naturaliste américain Akeley à qui l\u2019on doit, pour une bonne part, la sauvegarde du gorille de montagne, en Afrique centrale.À côté de ceux-là, il y a ceux qui ne décident qu\u2019à court terme, et qui vivent très bien \u2014 viscéralement tout au moins \u2014 en l\u2019absence d\u2019éléments naturels, ceux pour qui la disparition d\u2019une espèce animale n\u2019a pas la moindre importance, qui ne perçoivent ni la beauté de la nature, ni la réelle valeur de l\u2019organisation complexe et harmonieuse de l\u2019infinie variété des espèces animales et végétales.Que leur importe en fait à ceux-là qu\u2019il subsiste ou non à la surface de la terre des rhinocéros unicornes et des Sequoia géants ou, sur le sommet du mont Albert, des caribous ! Le but du présent symposium est de faire le point de la situation sur les réserves naturelles au Québec.Mais il ne suffit pas de profiter d\u2019une occasion aussi favorable soit-elle pour aborder ces problèmes: encore faut-il qu\u2019il y ait des lendemains fructueux.Il faut que nous arrivions dans des délais raisonnables à faire promulguer par le Gouvernement du Québec une loi sur les réserves naturelles destinée à assurer une protection à long terme des sites et des monuments naturels de valeur.Puisse le présent symposium être un pas en avant dans cette voie.76 LE PROGRAMME BIOLOGIQUE INTERNATIONAL Pierre Couillard, Département de biologie, Université de Montréal HISTORIQUE L\u2019idée d\u2019un Programme biologique international naquit en 1959 à la suite du succès de l\u2019Année géophysique internationale, au cours de discussions entre l\u2019Union internationale des sciences biologiques et le Conseil international des unions scientifiques.Un Comité de planification était formé en 1960 et le Comité spécial du PBI (CSPBI) se réunit pour la première fois à Paris en juin 1964.CALENDRIER Phase I 1964-67 : Planification et évaluation des méthodes.Phase II 1967-72 : Exécution des travaux.STRUCTURE Le CSPBI relève du Conseil international des unions scientifiques et a son siège à Londres.Ces 7 sous-comités correspondent à autant de sections du Programme.En parallèle, dans chaque nation participante (voir Appendice I) on trouve un comité national et des sous-comités par sections.Le CSPBI entretient aussi des relations avec de nombreux organismes internationaux (voir Appendice II).BUTS GÉNÉRAUX DU PBI Son but est d\u2019étudier « les bases biologiques de la productivité et du bien-être humain ».La croissance des populations humaines et la menace grandissante de la sous-alimentation rendent impérieuses une augmentation de la production de nourriture et une mise en valeur rationnelle des ressources de la Biosphère.Le programme vise au développement de l\u2019Écologie fondamentale en son sens le plus large, en vue d\u2019atteindre trois objectifs : a)\tLe bien-être de l\u2019humanité.\u2022\tCommunication présentée au 38e congrès de l\u2019ACFAS.\u2022\tAnnales de l\u2019ACFAS : 37, 1970.b)\tL\u2019augmentation des connaissances scientifiques.c)\tLa coopération scientifique internationale.L\u2019objectif «C» présuppose l\u2019utilisation de techniques standardisées donnant des résultats comparables.A cette fin, une série de « Manuels PBI » ont été édités ou sont en voie de préparation (voir Appendice III).SECTIONS DU PBI Les domaines d\u2019étude du PBI peuvent se diviser en deux grandes catégories: a)\tProductivité organique des milieux naturels.(Ainsi que leurs potentialités au point de vue ressources).b)\tAdaptabilité humaine à un milieu variable.En pratique, le PBI comporte sept sections désignées chacune par deux lettres : 1\t- PT : productivité des écosystèmes terrestres.Productivité primaire (photosynthèse).Productivité secondaire (herbivores-carnivores).Processus de dégradation des matières organiques.2\t- PP : processus de productivité.Utilisation de l\u2019énergie solaire.Transpiration des plantes.Cycle de l\u2019azote.3\t- CT : conservation des communautés biologiques terrestres.Habitats.Espèces.Réserves biologiques pour usage scientifique ultérieur.4-PF: productivité des communautés d\u2019eau douce.Productivité primaire et secondaire.Conservation des communautés d\u2019eau douce.5 - PM : productivité des communautés biologiques marines.Eaux littorales.Estuaires.77 6\t- MA : adaptabilité humaine.Génétique humaine et dynamique des populations.Croissance et morphologie.Acclimatation à la chaleur.Acclimatation au froid.Acclimatation à l\u2019altitude.Capacité de travail.7\t- UM : utilisation et aménagement des ressources biologiques.Réserves génétiques végétales.Lutte biologique.Culture des céréales.Nouvelles ressources biologiques utilisables par l\u2019homme.Ref.: IBP News N° 9, juin 1967.PARTICIPATION CANADIENNE Le Comité canadien pour le PBI fut créé en janvier 1963 par le Conseil national des recherches (voir Appendice IV).Ses fonctions sont d\u2019évaluer et de coordonner les programmes qui lui sont soumis par des groupes de chercheurs par l\u2019intermédiaire de ses sous-comités.Nous présentons en Appendice V la liste des projets actifs par sections.ORGANISME SUCCESSEUR Un sous-comité du CCPBI, sous la présidence du professeur Pierre Dansereau, a été chargé de considérer la formation d\u2019un organisme qui continuerait son action dans les domaines où une telle activité serait nécessaire.Il est déjà acquis que le financement comme tels des projets PBI cessera en 1972.Le comité n\u2019a pas encore remis son rapport.APPENDICE I PROGRAMME PBI, NATIONS PARTICIPANTES (55) Argentine\tFrance\tNigérie Australie\tAllemagne de l\u2019Est\tNorvège Autriche\tAllemagne de l\u2019Ouest\tPanama Belgique\tGhana\tPérou Brésil\tGrèce\tPhilippines Bulgarie\tHongrie\tPologne Canada\tInde\tRhodésie Ceylan\tIndonésie\tRoumanie Chili\tIrlande\tAfrique du Sud Taiwan\tIsraël\tEspagne Colombie\tItalie\tSuède Congo-Kinshasa\tJapon\tThaïlande Tchécoslovaquie\tCorée du Sud\tTunisie Danemark\tMalawi\tR.A.U.Afrique de l\u2019Est\tMalaisie\tRoyaume-Uni Kenya\tMexique\tU.S.A.Tanzanie\tPays-Bas\tU.R.S.S.Ouganda\tNouvelle-Zélande\tUruguay Équateur\tVénézuéla\tYougoslavie Finlande\tVietnam-Sud Cf.SCIBP.« Directory of National Participation in IBP ».1969.IBP Central Office, 7 Mary Lebone Rd., London, N.Y.1.APPENDICE III MANUELS DU PBI \u2014 AOÛT 1969 Tous sauf le n\" 1 sont disponibles chez : The Ryerson Press 299, Queen Street West Toronto 2-B, Ont.Nu 1 Guide to the Human Adaptability Proposals.J.S.Weiner.Published August 1965.Source : IBP Central Office, 7 Marylebone Rd., London N.W.1, U.K.(Limited Supply).Cost : $1.00.N\u201d 2 Methods for Estimating the Primary Production of Forests.P.J.Newbould.1967.72 pp.Cost : $1.50.N\u201d 3 Methods for Assessment of Fish Production in Fresh Waters.Ed.W.E.Ricker.1968.326 pp.Cost : 37 s 6d (approx.$5.25).Nu 4 Guide to the Check Sheet for IBP Areas.G.\tF.Peterken.1968.144 pp.Cost : $3.00.Nu 5 Handbook to the Conservation Section of the International Biological Programme.E.M.Nicholson.1968.94 pp.Cost: $2.50.N\u201d 6 Methods for the Measurement of the Primary Production of Grassland.C.Milner, et al.1968.88 pp.Cost : 7 s 6d (approx.$1.10).N° 7 A Practical Guide to the Study of the Productivity of Large Herbivores.Ed.Frank B.Golley, et al.1968.360 pp.Cost : 37 s 6d (approx.$5.25).N° 8 Methods for Chemical Analysis of Freshwaters.H.\tGolterman.1968.204 pp.Cost : 22 s 6d (approx.$3.15).N° 9 Human Biology \u2014 A Guide to Field Methods.J.S.Weiner and J.A.Lourie.1969.621 pp.Cost : 5 (approx.$14.00).Nu 10 Methods for the Measurement of Psychological Performance.Ed.S.Biesheuvel.1969.106 pp.Cost : 20 s (approx.$3.00).N° 11 Genetic Resources in Plants \u2014 Their Exploration and Conservation.Ed.Sir Otto Frankel.1969.384 pp.Cost : About 70 s (approx.$10.00).N° 12 A Manual on Methods for Measuring Primary Production in Aquatic Environments.R.A.Vollenweider.1969.224 pp.Cost : About 35 s (approx.$5.00).78 MANUELS EN PRÉPARATION (Août 1969) Methods and Principles of Secondary Productivity Measurement of Terrestrial Ecosystems.Petrusewicz & MacFadyen.Methods for the Study of Production and Energy Flow in Soil Ecosystems.Phillipson.Methods for Ecological Bio-energetics.Grodzinski & Klekowski.Methods for the Assessment of Primary Productivity in Fresh Waters.Vollenweider.Methods for the Assessment of Secondary Productivity in Fresh Waters.Edmondson.Methods of Studying the Benthos.Holme & McIntyre.Methods for Plant Exploration, Evaluation and Conservation.Frankel.Methods for the Aphid Project.Way.Methods for the Human Adaptability Projects.Weiner.APPENDICE IV COMITÉ CANADIEN DU PBI Président : T.\tW.M.Cameron (Sainte-Anne-de-Bellevue).(Remplace F.C.Macintosh, Montréal).Vice-président : P.Dansereau (Montréal).(Remplace N.R.Gibbons, Ottawa).Directeur général : W.H.Cook (Ottawa).Membres : J.D.Babbitt, Ottawa.A.\tW.F.Banfield, St.Catherines, Ont.G.M.Brown, Ottawa.P.Couillard, Montréal.E.S.Deevey, Halifax.N.E.Gibbons, Ottawa.P.R.Gorham, Edmonton.W.S.Hoar, Vancouver.M.Laird, Saint-Jean (Terre-Neuve).I.\tMcT.Cowan, Vancouver.B.\tB.Migicovsky, Ottawa.J.\tR.H.Noble, Toronto.J.A.McKay, Toronto.C.\tB.Pett, Ottawa.D.\tR.Redmond, Ottawa.W.E.Ricker, Nanaimo, B.C.J.S.Tener, Ottawa.Présidents des sous-comités : PT \u2014 I.C.M.Place, Frédéricton.PP \u2014 P.R.Gorham, Edmonton.PF \u2014 L.A.Johnson, Winnipeg.CT \u2014 W.A.Fuller, Edmonton.PM \u2014 P.M.Steven, Montréal.HA \u2014 J.S.Hart, Ottawa.U.\tM.\u2014 J.C.Woodward, Ottawa.Post PBI \u2014 P.Dansereau, Montréal.APPENDICE V PRINCIPAUX PROJETS PBI CANADIENS (1969) PT (Productivité des communautés terrestres) (PT-2) Productivity and overall energy flow of a grassland ecosystem.Matador, Sask.R.T.Coupland, Univ.Sask.(PT-4) Soil micro-organisms.A.\tSurvey of fungal species, biomass and populations in samples of soil Matador, Sask.and Pe-tawawa, Ont.D.Parkinson, Univ.Calgary.B.\tBiomass studies on bacteria and actinomycètes and measurements of bacterial respiratory activity in samples of soils.Petawawa, Ont.F.E.Chase, Univ.Guelph.PP (Processus de productivité) (PP-P-1)\tPhotosynthesis-productivity measurements of young trees.Controlled environment measu-ments.Petawawa, Ont.D.T.Canvin, Queen\u2019s Univ.(PP-P-2)\tAgrometeorological training and controlled environment and micrometeorological research on photosynthesis, respiration, and transpiration of maize and other crops.Guelph, Ont.K.M.King, Univ.Guelph.(PP-P-3)\tControlled environment, aerodynamic and other measurements of photosynthesis, respiration and transpiration in native and cultivated grasses.Matador, Sask.R.T.Coupland, Univ.Sask.(PP-N-1,2,3) Nitrogen fixation in soils.A.\tSurvey of non-symbiotic, nitrogen-fixing organisms found in different soils.Matador, Sask., Petawawa, Ont., and Fort Churchill, Man.H.Lees, Univ.Manitoba.(PP-N-1, 2).B.\tNitrogen fixation and nitrogen-fixing organisms.Matador, Sask.R.T.Coupland, Univ.Sask.(PP-N-2).C.\tFree-living microorganisms in relation to nitrogen fixation in Canadian forest soils.Petawawa, Ont., Baie-Comeau, Que., and Macdonald College, Que.R.Knowles, Macdonald College.(PP-N-3).PF (Productivité des communautés d'eau douce) (PF-1) Biological production and energy flow in Marion Lake, Near Haney.B.\tC.I.E.Efford, Univ.British Columbia.(PF-2) Biological production and energy flow in Char Lake.Resolute, Cornwallis Island.F.H.Rigler, Univ.Toronto.PM (Productivité des communautés marines) (PM-1) Productivity in the Strait of Georgia.T.R.Parsons, Nanaimo, B.C.(PM-3) Gulf of St.Lawrence.A.Seasonal cycles of primary and secondary production.D.\tM.Steveu, McGill Univ.C.\tDynamics and productivity of invertebrate and fish populations.F.D.McCracken, St.Andrews, N.B.79 (PM-5) Canadian Oceanographic Identification Centre.D.\tJ.Faber, Ottawa, Ont.(PM-6) Productivity in a small marine bay.St.Margaret\u2019s Bay, N.S.K.H.Mann, Dartmouth, N.S.(PM-7) Marine productivity in an arctic inlet.Frobisher Bay Baffin Island.E.\tH.Grainger, Sainte-Anne-de-Bellevue, P.Q.CT (Conservation des communautés terrestres) Comités actifs dans toutes les provinces.HA (Adaptabilité humaine) (HA-1) International study of eskimos (jointly with the United States of America, France and Denmark), Igloolik, District of Franklin.D.R.Hughes, Univ.Toronto.(HA-3) Comparative studies of small isolated French Communities (Canada, Antilles, Cambodia).J.Benoist, G.Dubreuil, J.Gomila, Univ.Montréal.(HA-5) Dental, cranio \u2014 and maxillo \u2014 development of French-Canadian children.A.Demirjian, Univ.Montréal.(HA-6) Fitness and growth of Saskatchewan children.D.A.Bailey, Univ.Saskatchewan.80 POURQUOI DES RÉSERVES ÉCOLOGIQUES AU QUÉBEC Miroslav M.Grandtner, Département d'écologie et de pédologie, Université Laval, Québec L\u2019idée de la conservation n\u2019est pas nouvelle au Québec.Deux de nos parcs provinciaux, le Parc des Laurentides et le Parc du Mont Tremblant, furent créés dès 1895, ce qui les classe parmi les plus anciens du Canada.Selon la liste des Nations unies, préparée par la Commission internationale des parcs nationaux de l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources (Harroy, 1967), Québec possédait, en 1967, trois autres parcs: le Parc de la Vérendrye, le Parc de la Gaspésie et le Parc du Mont Orford soit, au total, cinq parcs au sens de cette commission, couvrant près de 10,000 milles carrés de su- \u2022\tCommunication présentée au 38e congrès de l\u2019ACFAS.\u2022\tAnnales de l\u2019ACFAS : 37, 1970.perficie.Dans ce sens aussi, Québec se plaçait deuxième parmi les provinces canadiennes.Ajoutons que, depuis 1967, la situation s\u2019est même améliorée grâce surtout à la création des stations de recherche et de nouveaux parcs nationaux.Cependant, malgré le fait que les parcs du Québec soient très anciens, assez nombreux et étendus, la situation est loin d\u2019être satisfaisante.En effet, dans tous ces parcs les exploitations forestière et minière sont permises, la récolte des plantes, la pêche, le tourisme, voire même en ce qui concerne les parcs de la Vérendrye et des Laurentides, la chasse contrôlée au chevreuil et à l\u2019orignal, autorisés.En fait, la seule restriction véritable concerne l\u2019établissement des pâturages et autres terres cultivées de même tlllllll ¦ .'\"tint-; ! \t T -i VP ! : ; ¦ F\u20199' 1 LfS réserves Principales devraient comprendre la majorité des écosystèmes d\u2019une région écolo-gique donnée et correspondre, si possible, à un bassin hydrographique.Ici, le bassin hydrographique d\u2019une rivière située dans la région de la sapinière à bouleau blanc.\t(Photo J.Horvath) 81 W-'-vjïstÊ *'\u2022»\t^'' -ii iT \u201dtl *»\u2022 3^£.\u2019 ****-?¦ f'- tj* ¦/ .\u2022 \"5^ \u2022* iV MX W209U -, V*t i.$ yHir^ ~
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