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Titre :
Annales de l'A.C.F.A.S.
Éditeur :
  • Montréal (Québec) :Association canadienne-française pour l'avancement des sciences,1935-1995
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  • Revues
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Annales de l'A.C.F.A.S., 1972, Collections de BAnQ.

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[" ACFAS BNQ m* comptes rendus du 40e congrès de l'association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences 1972 : : V,\t.\tx\" \u2022\u2022 {ÇZ'f'*.\t- .¦ : Supplément aux annales de l\u2019ACFAS - Vol.39 : ' .Vi \u2022 \u2018 ( I SOMMAIRE Présentation.Comité d\u2019organisation du 40e Congrès Médaille Archambault .Médaille Pariseau .2 3 4 5 \u2022 COLLOQUE GÉNÉRAL:\tUne politique scientifique canadienne?.6 Allocutions de messieurs: Maurice Lamontagne .7 Aurèle Beaulnes .13 Germain Gauthier .19 Lionel Boulet .22 Commentaires de l\u2019ACFAS sur le rapport du Comité sénatorial .24 \u2022 SYMPOSIUM:\tEcologie de la zone du nouvel aéroport de Montréal .32 Exposés de messieurs: André Marsan .33 Camille Laverdière .43 Raymond McNeil .46 \u2022 LES SCIENCES DE LA GESTION .50 Théorie générale du travail .51 Où vont nos diplômées en administration .*.68 Comportement de l\u2019homme dans une tâche de contrôle industriel .74 Gestion des réserves hydrauliques .83 \u2022 CONFÉRENCES La recherche en génie dans les universités francophones .87 Environnement Canada et le recyclage .91 I PRÉSENTATION Peu avant la tenue de son 40ième Congrès, en octobre 1972, l'ACFAS avait déjà publié les Résumés des communications, document qui contenait le sommaire de plus de cinq cents communications qui devaient être présentées à ce Congrès.Pour faire suite à ces assises, nous présentons maintenant les textes complets de quelques conférences qui ont été prononcées lors de colloques ou qui ont fait l'objet de communications libres offrant toutefois un intérêt qui dépassait les cadres des sections où elles furent présentées.Si l'on considère le volumineux programme du 40ième Congrès, il faut admettre que les présents comptes rendus ne reflètent que très partiellement la diversité et l'excellence des contributions qui ont été apportées au Congrès et dont plusieurs, qui n'apparaissent pas ici, auraient mérité une large place dans ce document.De fait, l'ACFAS a voulu publier les textes intégraux qu'elle avait déjà sollicités ou qu'on a bien voulu lui faire parvenir et qui se rapportaient à des sujets d'actualité traités de façon à susciter un intérêt général.Nous espérons que ces comptes rendus apporteront un complément valable aux activités du Congrès et qu'il sera possible désormais de les publier annuellement. Le Comité d\u2019organisation du 40e Congrès Le président de V ACF AS : Antoine D\u2019Iorio Organisation scientifique : Jacques Hébert, Serge Hamel Organisation matérielle : Rémi Vaillancourt, Jean Baignée, Denis Bélanger, Olivier Bilodeau, Information : Gilles Julien, Earl Maser Secrétariat et publications: Serge Hamel SECRETAIRES DES SECTIONS Agronomie : Claude Sirois, Biochimie : Pierre Proulx, Biologie : Gordin Kaplan, Botanique : Fabius LeBlanc, Chimie Organique : Claude Benezra, Chimie Physique : Pierre Blais, Démographie : Louis Rouillard, Education : E.M.Goldstein, Education physique : Guy Métivier Etudes Anciennes : Achille Joyal, Etudes Slaves : T.Krukowski, Génie Chimique : Gilles Pineault, Génies civil et mécanique : Cari Berwanger, Génie électrique : Wolfgang Hoefer, Géographie : Michel Phipps, Géologie, géomorphologie et quaternaire : Denis St-Onge, Gestion et recherche opérationnelle : Yvan Allaire, Histoire : Serge Gagnon et Hubert Watelet, Informatique : Jacques Raymond, Linguistique : André Lapierre Littératures de langue française : René Dionne, Mathématiques : Henry S.Wong, Microbiologie et immunologie : Edgar Perry, Nutrition et vivres : Louise Parker, Pathologie et histologie : Quentin Laham, Pharmacologie : I.Mazurkiewicz-Kwilecki, Philosophie : François Duchesneau, Physiologie : Florent Depocas, Physique : Emery Fortin, Psychologie : Gilles Chagnon, Sciences économiques : Gilles Paquet, Sciences politiques : André Vachet, Sociologie et anthropologie : Jean Lapointe, Toxicologie et hygiène de Venvironnement : Souheil Laham, Zoologie et écologie animale : Jean Vaillancourt, Médaille Archambault pmi Il me fait particulièrement chaud au coeur d\u2019avoir la responsabilité de présenter le récipiendaire du Prix Archambault pour l\u2019année 1972, le professeur Claude Fortier, Directeur du Département de Physiologie à la Faculté de Médecine de l\u2019Université Laval.En effet j\u2019ai eu l\u2019occasion de côtoyer le nouveau lauréat durant de nombreuses années.Déjà en tant qu\u2019étudiant aux collèges de Montréal et Jean-De-Brébeuf, Claude Fortier ne passait pas inaperçu et l\u2019on pouvait discerner chez cet élève très doué une grande ténacité et une logique naturelle qui par la suite ne se sont jamais démenties.Au contraire la maîtrise de très nombreuses données scientifiques confrontées avec celles de ses propres études expérimentales et l\u2019application d\u2019une méthodologie qui ne laissait place à aucune faille n\u2019ont fait que renforcir la justesse de sa logique.Remarqué par tous ses maîtres durant ses études médicales à l\u2019Université de Montréal, le nouveau lauréat du Prix Archambault a par la suite parfait sa formation scientifique chez le Professeur Selyé à Montréal, puis à Lausanne en Suisse et finalement au Laboratoire de neuroendocrinologie du Professeur Harris à Londres où pendant un temps il est devenu son principal collaborateur.En 1955 il était invité par les autorités de l\u2019Université Baylor au Texas à créer un laboratoire de neuroendocrinologie dont il a été le directeur pendant 5 ans.En 1960 le docteur Fortier est revenu à Québec à titre de professeur de physiologie expérimentale.C\u2019est alors qu\u2019il a mis sur pied les Laboratoires d\u2019endocrinologie au sein du Département de physiologie de la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval.En 1964 il occupait la chaire de physiologie.Il est impossible dans ce court exposé d\u2019énumérer ses nombreuses réalisations qui ont contribué à l\u2019essor des sciences biomédicales au Canada et plus particulièrement au Québec.En tant que chercheur dans le domaine de l\u2019endocrinologie, le professeur Fortier Récipiendaire 1972 Claude Fortier Directeur du Département de Physiologie et des Laboratoires cTEndocrinologie, Faculté de Médecine\tUniversité Laval Texte de la présentation faite a Toccasion de la remise de la Médaille Archambault, par le docteur Louis Poirier, directeur du Département d\u2019Anatomie et des Laboratoires de Neurobiologie, a la Faculté de médecine de TlJniversité Laval.s\u2019est rapidement acquis une réputation des plus enviables sur le plan international en raison de l\u2019originalité de sa méthodologie et de l\u2019excellence de ses mémoires scientifiques dont le nombre dépasse 150.Aussi grâce à son enthousiasme, son ardeur au travail et son esprit de synthèse exceptionnel, il est devenu le point de mire de nombreux jeunes chercheurs qui, sous son habile et clairvoyante direction, ont constitué une des plus dynamiques et prestigieuses équipe de recherche au Canada.Tout en poursuivant ses objectifs personnels sur le plan scientifique, le Docteur Fortier a contribué de façon marquante à l\u2019élaboration de nouvelles politiques et à la mise en place de structures adéquates afin de répondre à des impératifs nouveaux dans le domaine de la recherche, tant sur le plan provincial que national.A ce sujet plusieurs commissions et de nombreux comités ont profité de ses connaissances et de ses qualités intellectuelles que plusieurs d\u2019entre nous ont eu l\u2019occasion d\u2019apprécier.En plus d\u2019un apport exceptionnel à la recherche, le docteur Fortier a participé à la réorganisation de l\u2019enseignement, tant au sein du Département qu\u2019il dirige qu\u2019au niveau de la Faculté de Médecine.Il a su en outre stimuler la recherche et les études avancées dans des secteurs plus ou moins éloignés de ses propres intérêts scientifiques.Tout en demeurant très actif sur les plans académique et scientifique, le docteur Fortier a trouvé le temps de s\u2019intéresser à de nombreuses activités culturelles et il ne faut pas causer longuement avec lui pour apprécier l\u2019étendue de ses connaissances dans les; domaines les plus divers.En terminant, il me reste à féliciter le jury pour sa clairvoyance en choisissant comme lauréat du Prix Archambault,1972 le docteur Claude Fortier. Médaille Pariseau 5 Récipiendaire 1972 Louis-Edmond Hamelin Directeur du Centre d\u2019Études Nordiques de l\u2019Université Laval, puis membre du gouvernement (jusqu\u2019en 1972), des Territoires du Nord-Ouest Texte de la présentation faite a l\u2019occasion de la remise de la Médaille Pariseau, par M.André Cailleux, directeur de recherches du Centre d\u2019Études Nordiques de l\u2019Université Laval.' '\u2022v\t' 0 8 4 C\u2019est certainement à l\u2019âge, comme à une très solide amitié que je dois l\u2019insigne honneur d\u2019être appelé aujourd\u2019hui à vous présenter votre Récipiendaire de la Médaille Pariseau monsieur Louis-Edmond Hamelin.De fortes études l\u2019ont conduit successivement aux universités de Montréal, Laval, Grenoble et Paris; il a fréquenté aussi le Scott Polar Institute de Cambridge.Ses intérêts sont très variés, puisqu\u2019ils lui ont valu, entre autres, une maîtrise en économique et un doctorat en lettres, sans oublier le droit.Ses recherches offrent un large éventail, allant de la géographie sociale de la cité de Joliette à la géomorphologie du Dauphiné.Rien d\u2019étonnant qu\u2019à ces titres il ait été désigné pour occuper des postes importants; premier directeur de l\u2019Institut de géographie de l\u2019Université Laval, fondateur et directeur du Centre d\u2019Etudes Nordiques de cette université.De hautes distinctions ont récompensé ses initiatives et ses travaux; membres de la Société royale du Canada en 1962 médaille de de l\u2019Université de Liège en 1964, et, pour ne citer que la plus récente, membre du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest.Ses publications sont au nombre de 450, ce qui m\u2019interdit de vous les citer toutes.Outre le texte d\u2019un film sur le Canada, citons le travail \u201cGéomorphologie, géographie globale, géographie totale\u201d, paru aux Cahiers de géographie de Québec, édité aussi en langue portugaise.Un dictionnaire franco-anglais des glaces flottantes; le \u201cPériglaciaire par l\u2019image\u201d; un recueil qui lui tient à coeur, \u201cProblèmes nordiques des façades de la baie de James\u201d, paru en 1967, un \u201cAtlas du monde contemporain\u201d; enfin un ouvrage de fond sur \u201cle Canada\u201d, publié par les Presses Universitaires de France, et dont l\u2019édition espagnole est en préparation à Barcelone.Tous ces travaux se distinguent par leur sérieux et par la pénétration des vues.On note aussi, chez Louis-Edmond Hamelin, un net souci de terminologie.Parmi les nombreux termes qu\u2019il a proposés, beaucoup resteront, et certains, comme GLACIEL sont déjà d\u2019un usage courant.M.Hamelin illustre mieux que d\u2019autres l\u2019adage bien connu \u201cLa science est une langue bien faite\u201d.Dans ses fonctions de direction et d\u2019administration, il a toujours fait preuve des plus grandes qualités; clairvoyance, profondeur de vues, scrupuleuse honnêteté, fermeté prudence mais aussi, quand il le faut audace bientôt triomphante.A preuve encore, cette précieuse Bio-bibliographie des géographes de l\u2019Amérique francophone dont M.Hamelin fut l\u2019initiateur et qui d\u2019ailleurs a bien facilité ma tâche aujourd\u2019hui.Dans ses fonctions d\u2019administrateur, il est d\u2019un abord facile.Il sait prendre ses responsabilités même quand cela est douleureux comme il arrive parfois à un administrateur, par manque de crédits.M.Hamelin prend sa revanche par sa jovialité si appréciée, comme toutes ses autres qualités, de ses collaborateurs.Par cette alliance heureuse du sérieux dans le travail et delà gaieté M.Hamelin est parfaitement dans la ligne des meilleurs traditions canadiennes-françaises.Pour cela encore, mais aussi et surtout pour son exemple et pour son oeuvre scientifique que j\u2019ai évoquée, tous les membres de ,1\u2019ACFAS sont heureux et fiers de lui rendre aujourd\u2019hui l\u2019hommage qu\u2019il mérite. COLLOQUE GÉNÉRAL UNE POLITIQUE SCIENTIFIQUE CANtDENNE?Le colloque, tenu le samedi 14 octobre à 14H00, était animé par le président de l'ACFAS, M.Antoine D'Iorio, et réunissait messieurs Maurice Lamontagne, sénateur, président du Comité sénatorial de la politique scientifique; Aurèle Beaulne, sous-ministre.Ministère d'Etat à la science et à la technologie; Lionel Boulet, directeur de l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec et président du Conseil de la politique scientifique du Québec; Germain Gauthier, président du Conseil des universités du Québec.Nous reproduirons dans les pages suivantes les allocutions des conférenciers invités, ce qui constitue un compte rendu partiel de ce colloque dont une seconde partie consistait en un forum, auquel participait l'auditoire. 7 COMMENTAIRES SUR LE RAPPORT DU COMITÉ SÉNATORIAL DE LA POLITIQUE SCIENTIFIQUE Le sénateur Maurice Lamontagne Président du Comité sénatorial de la politique scientifique.J\u2019ai l\u2019intention aujourd\u2019hui de concentrer mes remarques sur les commentaires que la Commission scientifique de l\u2019ACFAS* a préparés sur les deux premiers volumes du Comité sénatorial de la politique scientifique et de mettre l\u2019accent surtout sur les zones de désaccords.C\u2019est là je crois la meilleure façon d\u2019aborder la discussion.Je voudrais quand même d'abord féliciter la Commission pour son travail et pour ses critiques constructives.L\u2019un des principaux buts de notre Comité lorsqu\u2019il a commencé ses travaux était précisément d\u2019offrir à la communauté scientifique canadienne un forum public qui lui permettrait d\u2019exprimer ses vues sur la politique scientifique et de lancer un dialogue sur cette importante question à travers le pays.Je crois que le Comité a pleinement atteint ce double but.Le forum que nous avons organisé a produit environ 12,000 pages de délibérations.La discussion qu\u2019ont suscitée les deux premiers volumes de notre rapport se poursuit encore, comme le démontre la réunion d\u2019aujourd\u2019hui.J\u2019ai noté dans l\u2019avant-propos de votre mémoire deux affirmations que je voudrais d\u2019abord citer pour les commenter ensuite: L\u2019ACFAS, affirme le mémoire, signalait également que dans ce premier volume (du Comité sénatorial) le régime confédératif canadien avait été complètement négligé, et qu\u2019en vertu de ce régime et du dualisme culturel du Canada, la formulation des politiques scientifiques devait être faite non pas au sein d\u2019un nouveau Ministère fédéral des Affaires scientifiques, mais bien au sein d\u2019organismes para-gouvernementaux où serait représenté, entre autres, l\u2019ensemble du milieu scientifique.\u201d Au sujet du premier point, je reconnais que le premier volume ne contient pas de traite sur la Confédération.Nous avons pris pour acquis que, selon la constitution, le gouvernement canadien avait non * Voir les commentaires de l\u2019ACFAS sur les deux premiers volumes du Comité sénatorial à la page.seulement le droit mais l\u2019obligation de se donner une politique scientifique.Cette prise de position ne reposait pas uniquement sur notre propre interprétation mais sur le témoignage d\u2019experts constitutionnels, tel que M.Marcel Faribault qui disait dans un discours prononcé en anglais en 1956: \u201cYet, research is not a teaching activity, properly speaking.It is well located in universities, but from a constitutional as well as from an accounting point of view, it ought to be financed by those who benefit from research, not immediately the students, but the professions, the industries and the governments, especially the federal government.It is, therefore, entirely proper for the federal government to finance scientific research to the fullest extent possible and I do not think any constitutional problem lies there, provided it be done on an individual grant basis as in the past with NRC, or more and more on a contract basis with the universities.\u201d Prenant pour acquis cette interprétation constitutionnelle, le Sénat canadien a confié à un Comité spécial un mandat précis qui consistait à \u2018\u2018enquêter et faire rapport sur la politique scientifique du gouvernement fédéral.\u201d Dans son premier volume, notre Comité est resté fidèle à ce mandat et il a présenté une critique des tentatives successives du gouvernement central de se donner une politique scientifique.Si le Sénat avait étendu le mandat du Comité aux politiques scientifiques provinciales, cette extension aurait sûrement été considérée, à juste titre, comme étant inconstitutionnelle.Je persiste donc à penser que loin d\u2019avoir complètement négligé le régime confédératif canadien, comme le prétend votre Commission, nous l\u2019avons strictement respecté dans notre premier volume.Cela ne veut pas dire, cependant, que nous n\u2019avons pas le droit d\u2019indiquer .ai gouvernement fédéral comment il devrait organiseï ses relations dans ce domaine avec les provinces Bien au contraire, et comme nous le signalons dans le Volume II, nous a-vons l\u2019intention de soulever cette question dans un volume subséquent.En attendant, si vous avez des suggestions précises à faire à ce propos, nous serions très heureux de les recevoir. 8 J\u2019en viens maintenant à la deuxième proposition présentée par votre Commission, à savoir que la formulation des politiques scientifiques devrait se faire, non pas au sein d\u2019un Ministère, mais par des organismes para-gouvernementaux où serait représenté l\u2019ensemble du milieu scientifique.Je ne suis pas d\u2019accord non plus avec cette suggestion.Dans un régime démocratique et de responsabilité ministérielle, la formulation des politiques appartient aux gouvernements, dans leurs sphères respectives de juridiction, et doit être approuvée ensuite par les représentants du peuple.Je ne vois pas pourquoi ni comment la politique scientifique pourrait échapper à cette règle fondamentale du parlementarisme.D\u2019ailleurs, cette suggestion de votre Commission ne semble pas conforme avec une observation que l\u2019on retrouve dans son mémoire: \u201cC\u2019est à l\u2019Etat en effet que revient la fonction de planifier et de coordonner l\u2019ensemble des activités de recherche du pays en les insérant dans des politiques socio-économiques nationales.\u201d Cela ne veut pas dire, cependant, que les gouvernements ne devraient pas consulter des organismes para-gouver-nementaux, où serait représenté l\u2019ensemble du milieu scientifique, avant d\u2019en arriver à la formulation de telles politiques.Au contraire, de telles consultations sont très désirables.C\u2019est pourquoi le Comité sénatorial a décidé de parrainer la création de SCITEC afin que cet organisme tente de devenir le complément du Conseil des Sciences et permette une participation plus efficace de \u201cl\u2019ensemble du milieu scientifique\u201d.Une autre critique générale de la Commission vaut également la peine d\u2019être relevée.Elle affirme qu\u2019il aurait été préférable d\u2019appuyer l\u2019analyse globale faite par le Comité sur plusieurs rapports spécifiques préparés par des groupes de travail.Elle ajoute qu\u2019une telle lacune explique que le Comité est \u201cplus à l\u2019aise dans l\u2019élaboration d\u2019objectifs et de concepts généraux que dans la formulation de plans d\u2019action spécifiques\u201d.Cette critique mérite deux commentaires.Le premier porte sur l\u2019absence de rapports spécifiques qui auraient pu appuyer davantage et donner une allure plus concrète aux recommandations du Comité.En formulant cette réserve, la Commission a sans doute oublié que notre Comité avait à sa disposition les nombreuses études spécifiques préparées par des groupes de travail mandatés par le Secrétariat des Sciences et le Conseil des Sciences.Sans vouloir être injuste, je crois pouvoir affirmer que plusieurs de ces études contiennent beaucoup moins de recommandations spécifiques et concrètes que le Volume II publié par notre Comité.Qu\u2019aurait donné de plus concret la création de nouveaux groupes de travail?Il est au moins légitime de se poser la question.Je me demande également si la Commission, avant de soulever cette lacune, a pris soin de lire aussi attentivement que nous l\u2019avons fait les 12,000 pages de déli- bérations du Comité ainsi que les 350 mémoires qu\u2019elles contenaient.Au cours de cette enquête, tous ceux qui avaient quelque chose à dire sur ce vaste sujet avaient déjà eu une belle occasion de le faire.Ceci m\u2019amène à formuler mon deuxième commentaire.Je voudrais d\u2019abord souligner que le Volume II contient un bon nombre de recommandations et de plans d\u2019action spécifiques.Certains critiques les croient même trop concrètes et trop précises.Je reconnais, cependant, que sur plusieurs aspects, notre analyse s\u2019est bornée à \u201cl\u2019élaboration d\u2019objectifs et de concepts généraux\u201d.Cette généralité a été le plus souvent délibérée de notre part.Il faut bien se rappeler que nous constituons un comité parlementaire et qu\u2019en tant que tel, il ne nous appartient pas plus qu\u2019à \u201cl\u2019ensemble du milieu scientifique\u201d de formuler dans le détail la politique scientifique du gouvernement canadien.Nous avons préparé le Volume II de notre rapport en tenant compte de la création du Ministère de la Science et de la Technologie et nous n\u2019avons pas voulu nous substituer à la responsabilité de décision et d\u2019exécution de ce Ministère et d\u2019autres organismes gouvernementaux.Nous aurions pû, par exemple, montrer comment la politique de contrats de R-D que nous avons recommandée devrait s\u2019appliquer dans le détail.Nous ne l\u2019avons pas fait parce que ce travail additionnel aurait été inutile, si le gouvernement avait refusé le principe même de cette politique et nous avons conclu que si ce principe était accepté, le Ministère, en collaboration avec d\u2019autres organismes gouvernementaux, serait beaucoup mieux placé que nous pour l\u2019appliquer dans le concret.Ceci ne veut pas dire, cependant, qu\u2019en tant que parlementaires, nous abdiquons notre droit de savoir comment certaines de nos recommandations ont été appliquées et pourquoi d\u2019autres n\u2019ont pas été acceptées.Bien au contraire, nous ne sommes pas dans la situation d\u2019une Commission royale qui doit fermer ses portes après avoir soumis son rapport.Notre Comité durera probablement aussi longtemps que le Sénat lui-même - ce qui signifie au moins quelques années encore - et nous avons la ferme intention d\u2019inviter de nouveau, au besoin, certains organismes gouvernementaux pour leur demander de nous rendre compte de leur action ou de leur inaction à la suite des recommandations que nous avons faites ou que nous soumettrons à l\u2019avenir.Dans le domaine de la coordination des recherches dans le secteur universitaire pour prendre un autre exemple, nous avions des idées précises à suggérer, mais nous sommes arrivés à la conclusion que la Commission Bonneau-Corry était beaucoup plus compétente et mieux placée que nous pour soumettre des recommandations concrètes sur ce sujet délicat 9 qui aurait pu dépasser notre juridiction constitutionnelle.Nous aurions pu également définir plus précisément les relations qui devraient exister entre le secteur académique et l\u2019industrie, Mais comment peut-on imposer du dehors une meilleure collaboration entre ces deux secteurs importants de notre effort national de recherche et de développement?Nous avons préféré soulever le problème et suggérer une Conférence réunissant les représentants du monde académique et industriel pour laisser le soin aux principaux intéressés eux-mêmes de trouver des solutions pratiques à la solitude qui les sépare.Une telle Conférence aurait au moins pour résultat de provoquer un dialogue plus collectif qui devrait devenir d\u2019ailleurs permanent.En somme, en définissant notre tâche, nous n\u2019avons pas voulu nous prendre pour d\u2019autres, comme on le dit parfois.Nous avons décidé de laisser à ceux qui étaient plus compétents que nous et qui avaient des missions plus spécifiques le soin de compléter et de continuer notre travail.Votre Commission déclare dans son mémoire: \u201cLe Rapport du Comité sénatorial, qui se propose de définir des objectifs et des stratégies pour la prochaine décennie, représente un effort considérable de planification et de coordination, dans un domaine où le Canada s\u2019est appliqué jusqu\u2019à présent à développer des ressources plutôt que de se donner des orientations bien définies.Il s\u2019agit d\u2019une synthèse qui devra servir de référence aux travaux futurs destinés à expliciter ou à mettre en oeuvre les politiques scientifiques du pays\u201d.Je remercie la Commission de cette déclaration et je n\u2019hésite pas à ajouter que si elle représente la vérité, notre Comité a pleinement atteint son but, car nous n\u2019avions vraiment pas d\u2019autres objectifs.J\u2019en arrive maintenant à des points plus spécifiques soulevés par le mémoire de la Commission.BUDGET CONSACRÉ À LA RECHERCHE FONDAMENTALE La Commission formule des réserves sur la diminution relative des fonds consacrés à la recherche fondamentale libre.Je ne partage pas cette crainte.D\u2019abord, si les objectifs budgétaires que nous proposons canme idéal au cours des prochains dix ans étaiènt acceptés, les sommes consacrées à cette fin doubleraient au cours de cette période.Ensuite, nous avons constaté au cours de notre enquête que les trois Conseils existants subventionnent très souvent des projets qui ne relèvent pas de la recherche fondamentale et qui devraient, à notre avis, être financés par d\u2019autres organismes ayant des missions plus spécifiques.Si les Conseils ou les Fondations que nous proposons se restreignaient davantage à l\u2019encouragement de la véritable recherche fondamentale, ces organismes auraient ainsi beaucoup plus d\u2019aigent à consacrer pour remédier au sous-développement qui existe dans ce domaine dans certaines régions du pays.LE FINANCEMENT DE LA RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES Dans le mémoire, on affirme que l\u2019ACFAS doute \u201cdu bien-fondé de concentrer au sein d\u2019un organisme fédéral le soutien financier à la recherche en sciences sociales.\u201d A ce sujet, je dois rappeler que c\u2019est là la situation actuelle pour l\u2019ensemble de la recherche en sciences sociales.Je dois ajouter, cependant, que le Comité n\u2019est pas d\u2019accord avec cette situation.Nous avons dit que la recherche fondamentale, en sciences sociales comme dans les autres disciplines, avait avant tout comme but d\u2019accroître le pool international et gratuit de la connaissance théorique et que le gouvernement fédéral devrait en être le principal soutien à cause de ses responsabilités internationales.Nous n\u2019avons jamais assigné, cependant, un rôle exclusif au gouvernement central même dans ce secteur.La Commission ne semble pas avoir noté ce passage de notre rapport: \u201cIl est évident que les gouvernements provinciaux demeurent complètement libres de lancer leurs propres programmes en vue de supporter la recherche fondamentale libre dans les universités.\u201d Par ailleurs, nous suggérons que les organismes fédéraux de financement devraient cesser de soutenir la recherche sur le stock existant de la connaissance parce que cette recherche est directement reliée à l\u2019enseignement; ils devraient aussi abondonner leurs programmes de bourses pré-doctorales.Par ailleurs, nous n\u2019avons pas encore vraiment parlé de recherche appliquée et de développement en sciences sociales.Même si le Comité, en tant que tel, n\u2019ira pas jusqu\u2019à indiquer dans le détail ce que les gouvernements provinciaux devraient faire dans ce domaine, parce que de telles recommandations dépasseraient notre mandat, comme je l\u2019ai indiqué au début, je n\u2019hésite pas à déclarer, à titre personnel que les gouvernements provinciaux devraient soutenir beaucoup plus qu\u2019ils ne le font présentement la recherche appliquée et le développement, non seulement en sciences sociales mais aussi dans les autres disciplines.Encore une fois le mémoire de la Commission se méprend sur la nature de notre rôle lorsqu\u2019il affirme: \u201cCe qui se dégage du Rapport sénatorial, c\u2019est que la politique scientifique semble relever d\u2019un seul niveau de gouvernement: l\u2019Etat fédéral\u201d. 10 Je ne puis accepter cette affirmation.Par exemple, lorsque nous parlons de politiques scientifiques visant à promouvoir l\u2019innovation économique, nous déclarons au début du chapitre 16: \u201cCe chapitre se limite à l\u2019examen de l\u2019impact général du gouvernement canadien sur le processus de l\u2019innovation industrielle.Le Comité est conscient du rôle important que les provinces peuvent jouer dans ce domaine.Mais nous ne croyons pas que notre mandat couvre le secteur provincial, même si nous y référons quelques fois de façon générale.\u201d Il me semble que ce qui se dégage de cette citation est clair.Les provinces devraient-elles aussi se donner une politique scientifique aussi efficace et dynamique que possible.Je partage entièrement l\u2019avis de l\u2019honorable Guy Saint-Pierre que cite le mémoire; je suis très heureux que le gouvernement du Québec ait enfin établi des organismes qui lui permettront d\u2019élaborer une politique scientifique.Je souhaite, cependant, qu\u2019avant de la formuler dans le détail, il procède à un examen systématique de ce qu\u2019il fait déjà, comme nous l\u2019avons fait dans le secteur fédéral.Seule une telle enquête pourrait révéler les déséquilibres et les vides qui existent sans doute au niveau provincial, comme ils se sont développés au sein de l\u2019administration fédérale.J\u2019ose donc espérer que si une nouvelle version du mémoire de votre Commission est préparée, cette critique de notre rapport, qui est répétée dans plusieurs passages, pourra être révisée en tenant compte des limites de notre mandat.LE RÔLE DE LA RECHERCHE UNIVERSITAIRE Le mémoire contient cette autre déclaration: \u201cEnfin l\u2019ACFAS s\u2019inscrit en faux contre une conception qui se dégage du Rapport, à l\u2019effet que la recherche universitaire se limiterait à une recherche fondamentale libre\u201d.A mon tour, je m\u2019inscris en faux contre cette affirmation.Nous avons dit que les universités devaient être les foyers principaux de la recherche fondamentale libre.Je ne crois pas qu\u2019il y ait de désaccord sur ce point.Mais nous n\u2019avons jamais prétendu que les universités devaient se limiter à ce seul secteur.Nous avons déclaré: \u201cLa recherche qui s\u2019effectue dans les universités avec l\u2019aide financière des conseils de re^ cherche du gouvernement fédéral appartient à différentes catégories.Il peut s\u2019agir d\u2019enquêtes, de cdlecte et d\u2019analyse de données, particu- lièrement dans le domaine des humanités et des sciences sociales; de travaux de recherche sur la somme de connaissances existantes, mais dans le contexte immédiat de l\u2019enseignement de la recherche à vocation utilitaire; de la recherche pure visant à accroître la somme de connaissances fondamentales, etc.Tous ces genres de recherche sont importants et méritent qu\u2019on les soutienne, mais ils ne correspondent pas aux mêmes besoins et, de ce fait, comportent des exigences différentes.\u201d « C\u2019est là, il me semble, reconnaître la vocation multiple qu\u2019ont les universités dans les différents secteurs de la recherche.Nous sommes même allés plus loin; nous avons critiqué les Universités parce qu\u2019elles mettaient trop l\u2019accent sur la recherche fondamentale libre: Je cite notre rapport de nouveau: \u201cCela ne signifie pas cependant que les universités doivent s\u2019abstenir d\u2019entreprendre des travaux de recherche fondamentale libre ou de s\u2019associer étroitement à des centres chargés de recherche fondamentale dirigée.Nous voulons seulement dire que les universités ne doivent pas accorder une importance excessive à ce rôle de recherche fondamentale, ce qu\u2019elles semblent faire lorsqu\u2019elles adoptent un système de rémunération et de promotion presque exclusivement fondé sur les résultats obtenus dans la recherche fondamentale et sur le nombre d\u2019articles publiés dans les revues scientifiques.\u201d Nous avons cité en l\u2019approuvant, ce que le Professeur Schiff, doyen de la Faculté des Sciences de l\u2019Université de York, nous avait déclaré.Voici une partie de cette déclaration: \u201cNous commençons à inculquer à nos étudiants dès leurs premières années dans nos disciplines scientifiques que la science pure demeure l\u2019unique objectif; qu\u2019elle ne doit pas devenir polluée ou contaminée; et dans notre enseignement, ce qui est pertinent à la société se mêle rarement à nos discussions.Nous avons repris ce thème à plusieurs reprises et je cite de nouveau notre Rapport: \u201cCeci signifie que les universités devraient atténuer l\u2019accent qu\u2019elles ont mis sur les sciences pures.On doit arrêter dès maintenant la montée en spirale du \u2018cycle du doctorat\u2019 avant qu\u2019elle \u201e rende un mauvais service aux étudiants et à l\u2019ensemble du pays.Le secteur universitaire sera peut-être scandalisé du fait qu\u2019à l\u2019avenir il doive mieux répondre aux besoins de l\u2019indus- trie, mais cela ne sera qu\u2019une preuve additionnelle de l\u2019envergure de la révolution nécessaire dans la mentalité qui règne dans les universités.Le monde universitaire et le monde industriel seront toujours différents étant donné que leurs missions ne sont pas les mêmes.Toutefois, ils deviennent de plus en plus interdépendants.Les universités ne pourraient survivre et progresser sans l\u2019industrie et, à mesure que l\u2019ère scientifique et technologique s\u2019étend, l\u2019industrie a besoin des universités.Le fait que par le passé elles ont réussi à vivre séparément et à cultiver un mépris mutuel ne justifie pas le maintien de cet isolement dans l\u2019avenir.On doit s\u2019efforcer d\u2019établir des liens institutionnels qui engendreront non seulement un dialogue soutenu mais une coopération concrète.\u201d A la suite de ces citations je me demande comment votre Commission peut prétendre que notre Comité veuille restreindre les universités à la recherche fondamentale libre, alors que nous suggérons précisément qu\u2019elles mettent moins d\u2019accent sur ce type de recherche.Il est vrai que nous n\u2019avons pas discuté dans le Volume II le rôle des Universités dans le secteur de la recherche appliquée et du développement conduisant à des innovations sociales.Cette omission a été voulue de notre part.Nous avons déclaré en effet que nous avions l\u2019intention de produire un autre volume qui porterait exclusivement sur le processus de l\u2019innovation sociale parce que nous pensions que l\u2019effort de R-D dans ce secteur était sérieusement négligé.Nous croyons comme nous l\u2019indiquerons dans cet autre volume, que les Universités ont un très grand rôle multi-disciplinaire à jouer dans ce domaine de la recherche appliquée qui est vitale pour l\u2019amélioration de la qualité de la vie dans notre société.MESURES ÉCONOMIQUES ENCOURAGEANT L\u2019INNOVATION Votre Commission poursuit son analyse de notre Rapport en ajoutant: \u2018\u2018On n\u2019y retrouve pas non plus de mesures économiques, incitatives ou correctives, qui seraient de nature à créer un climat plus propice à l\u2019innovation dans l\u2019industrie canadienne.\u201d Cette affirmation m\u2019a étonné d\u2019autant plus, que plus loin dans le mémoire, on peut lire le commentaire suivant: \u2018\u2018Soulignons enfin que la recommandation de former une Banque canadienne pour l\u2019innovation nous semble des plus appropriée.Cette Banque pourrait être un soutien précieux auprès des petites et moyennes entreprises, en s\u2019occupant de promouvoir l\u2019exploitation des innovations industrielles sous forme de conseils et d\u2019investissements\u201d.Il s\u2019agit là, il me semble, d\u2019une mesure économique incitative,propre \u2018\u2018à créer un climat plus propice à l\u2019innovation dans l\u2019industrie canadienne\u201d.Mais ce n\u2019est pas la seule que nous proposons.L\u2019insistance que nous avons mis à convaincre le gouvernement fédéral de financer sous la forme d\u2019arrangements contractuels, la recherche et le développement dans l\u2019industrie, plutôt que de concentrer ces activités dans ses propres laboratoires, constitue à mon avis, une autre importante mesure économique incitative.La réforme que nous recommandons des laboratoires industriels qu\u2019opère le gouvernement canadien présentement, et qui consisterait à les mettre vraiment au service de l\u2019industrie représente sûrement une mesure économique corrective.Une autre recommandation que nous avons faite, concerne l\u2019intégration de tous les programmes de subventions gouvernementales à la recherche et au développement effectués par l\u2019industrie, dans un seul programme d\u2019ensemble mieux administré, plus flexible, et qui s\u2019appliquerait non seulement aux activités de R-D comme présentement, mais à toutes les phases du processus d\u2019innovation, y compris l\u2019évaluation du marché et les travaux d\u2019ingénierie précédant immédiatement le lancement de l\u2019innovation.Cette autre mesure économique, ajoutée au rôle que nous assignons à la Banque que nous proposons, assurerait une aide gouvernementale, non seulement pour soutenir toutes les activités qui précèdent l\u2019innovation mais aussi pour permettre le lancement et l\u2019exploitation de l\u2019innovation elle-même.A ce propos, je m\u2019étonne également d\u2019une autre observation contenue dans le mémoire de la Commission, selon laquelle notre Rapport ne traite pas \u2018\u2018directement de la phase ultime et cruciale de l\u2019innovation, c\u2019est-à-dire la commercialisation et la mise en marché\u201d.Je m\u2019aperçois que mon exposé est déjà trop long, et pourtant, j\u2019aurais beaucoup d\u2019autres commentaires à faire au sujet du mémoire soumis par la Commission.J\u2019espère que nous pourrons y revenir au cours de la discussion et que vous me permettrez d\u2019ajouter encore quelques mots.Je reconnais avoir pris aujourd\u2019hui une attitude surtout défensive, à l\u2019égard du Rapport de notre Comité.Je voudrais quand même vous dire que nous n\u2019avions pas l\u2019intention d\u2019écrire une encyclique, et que nous avons toujours la conviction de ne pas être les seuls à avoir \u2018\u2018la possession tranquille de la vérité\u201d, sur un sujet aussi complexe, aussi nouveau et changeant.C\u2019est pourquoi d\u2019ailleurs nous tenons tant à provoquer et à maintenir le dialogue.Il ne faudrait pas cependant, que celui-ci devienne un dialogue de 12 sourds.Pour éviter ce danger, il faut commencer par tenter de bien se comprendre, et par considérer avec le plus de soin possible, ce que Vautre a véritablement dit ou écrit, et dans quel contexte il l\u2019a fait.Autrement, on risque de mal interpréter sa pensée et ses conclusions.J\u2019espère avoir évité ce risque et ne pas avoir donné une fausse interprétation aux quelques critiques que vous avez soumises et que j\u2019ai commen- tées.Je souhaite que vous tentiez, vous aussi, d\u2019éviter ce danger.Ce n\u2019est qu\u2019à cette condition que le dialogue sera vraiment profitable à l\u2019oeuvre qui nous est commune.Encore une fois, je vous remercie au nom de tous mes collègues du Sénat pour l\u2019intérêt que vous portez à ce que nous faisons, dans le seul but d\u2019être utile dans le processus difficile qu\u2019implique la formulation de bonnes politiques scientifiques. LE RÔLE DU MINISTERE D\u2019ETAT À LA SCIENCE ET À LA TECHNOLOGIE* Aurèle Beaulnes Sous ministre, Ministère d\u2019Etat à la science et à la technologie.C\u2019est seulement au cours delà dernière décennie que divers pays ont commencé à considérer les sciences comme un facteur important de la politique nationale et à chercher des moyens de traduire ce fait dans les structures officielles.Comme vous le savez probablement, c\u2019est la Commission Glassco, nommée en 1960 qui, la première a fait une étude générale de la question au Canada et a présenté un rapport à ce sujet en janvier 1963.En conséquence, dès 1964, le gouvernement de l\u2019époque a créé au sein du bureau du Conseil privé, le Secrétariat des sciences, destiné à assurer la coordination de l\u2019action entreprise sur les questions d\u2019ordre essentiellement scientifique et technologique.Vers la même époque, une étude exhaustive a été amorcée au nom de l\u2019O.C.D.E.par divers groupes d\u2019experts internationaux.Les rapports de ces groupes ont fortement influencé la création et l\u2019orientation d\u2019organismes de politique scientifique dans beaucoup de pays.En 1969,.à la suite de l\u2019étude critique de la situation canadienne, les experts de l\u2019O.C.D.E.recommandèrent la création d\u2019un Ministère des Sciences.Le comité spécial de la politique scientifique constitué en 1967 sous la présidence de l\u2019honorable sénateur Maurice Lamontagne recommanda, aussi, dans la conclusion du premier volume de son rapport publié en 1971, la création d\u2019un ministère chargé de la science et de la technologie.En instituant le ministère d\u2019Etat aux Sciences et à la Technologie, il y a un an, il n\u2019était pas dans l\u2019intention du gouvernement de fragmenter les responsabilités des autres ministères.La science et la technologie imprègnent presque tous les secteurs du gouvernement - défense, santé, agriculture, environnement, postes, transports, etc.Les ministères chargés de ces activités continuent d\u2019en assumer l\u2019entière responsabilité, y compris les travaux de recherche et de développement qui s\u2019y rattachent.Le rôle de notre ministère en est un surtout de conseiller le gouvernement sur toutes les questions qui se rattachent à la science et à la technologie, y compris notamment, le meilleur moyen de mettre au service des objectifs nationaux le potentiel d\u2019activité en ces domaines.Ses fonctions de concepteur sont précisément le conseil, la surveillance, les prévisions et la coordination.Notre ministère ne se préoccupe pas uniquement de conseiller en matière d\u2019application et de développement de la science et de la technologie, mais il voit aussi à la coordination des programmes scientifiques et techniques avec les autres politiques et programmes du gouvernement.En matière de science et de technologie notre ministère cherche à favoriser la coopération avec les provinces, les organismes publics et privés et les pays étrangers.Tout au cours de cet exposé, je tracerai le bilan de notre Ministère après un an d\u2019existence.En tout premier lieu, je ne vous cacherai pas que nous avons consacré beaucoup d\u2019énergie aux questions matérielles et administratives: aménagement des locaux, établissement des budgets et classifications, mise au point de systèmes et de répertoires, initiation au fonctionnement du Ministère, embauche d\u2019employés, etc., Ce sont là des problèmes que toute nouvelle entreprise doit résoudre si elle veut progressed Nous avons réussi à créer de toute pièce un nouvel organisme et à mettre sur pied une équipe de plus de 120 personnes dont quelque 40 scientifiques, ingénieurs et administrateurs.L\u2019administration interne de notre Ministère est maintenant en mesure de répondre aux besoins divers qui surgissent.* Le titre est de l\u2019ACFAS.Nous nous permettons ici de reproduire l'exposé que M.Beaulnes présentait à l\u2019Association canadienne de la gestion de la recherche, le 23 octobre 1972 et qui reflète, croyons-nous, l\u2019essentiel des propos que M.Beaulnes tenait à l\u2019ACFAS. 14 CARACTÉRISTIQUES PROPRES AU MINISTÈRE Notre ministère a un droit de regard sur toutes les composantes de science et de technologie des programmes fédéraux: programmes intra-muros aussi bien que d\u2019aide à la recherche en dehors du gouvernement fédéral, mais n\u2019est responsable d\u2019aucun budget de recherche proprement dit.Nous devons plutôt nous occuper de savoir comment diverses activités relevant de compétences différentes sont reliées entre elles et de quelle façon ces activités concourent à la réalisation des objectifs nationaux.Dans l\u2019exercice de leur fonction, nos conseillers scientifiques analysent et font des recommandations sur l\u2019ensemble des programmes de recherches et de développement.Nous employons sur une base contractuelle un fort contingent de spécialistes provenant de l\u2019extérieur du gouvernement, principalement desmilieux industriels et universitaires.Le but de ce recrutement de personnes en dehors des cadres de la Fonction publique, est d\u2019obtenir un témoignage plus réel et à date des besoins delà communauté scientifique canadienne.Connaissant davantage les mécanismes et contraintes du gouvernement fédéral, ces gens, de retour dans leur milieu, se feront ainsi de meilleurs interprètes des besoins réels de leur propre communauté.Le ministère en cours de l\u2019année qui s\u2019achève a invité la communauté scientifique tant du secteur industriel que du secteur universitaire à lui faire part de ses points de vue sur les divers éléments d\u2019une politique scientifique canadienne et plus particulièrement, sur les secteurs de pointe préoccupant davantage notre ministère.Dans l\u2019exercice de leur fonction, nos conseillers ont une double responsabilité, l\u2019une est horizontale, c\u2019est-à-dire: qu\u2019ils oeuvrent dans un secteur général, l\u2019autre, verticale où ils peuvent faire valoir leur talent de spécialistes en participant à des projets précis.Cette double fonction tout en étant d\u2019une aide précieuse au ministère évite la monotonie.Les douze programmes majeurs du Ministère sont réalisés au sein de trois secteurs administratifs: la division des programmes, celle de la planification et celle des affaires internationales.PROGRAMMES INFORMATION DE BASE SUR LES ACTIVITÉS SCIENTIFIQUES Le rôle principal de la division des Programmes est de recueillir les informations relatives aux program- mes de recherche canadiens dans 3 secteurs vitaux: les gouvernements, l\u2019industrie et les universités.L\u2019information colligée porte sur trois facteurs principaux:\t1.les sommes dépensées; 2.la main d\u2019oeuvre utilisée; 3.la nature des travaux entrepris.La compilation de ces informations est d\u2019une aide précieuse aux planificateurs du ministère ainsi qu\u2019à l\u2019ensemble du gouvernement et de la communauté scientifique.\u2014 Au cours de l\u2019été, la direction a fait l\u2019inventaire des informations disponibles au sein du gouvernement fédéral sur les recherches en cours dans l\u2019industrie canadienne.L\u2019analyse de ces informations permettra d\u2019en évaluer la pertinence, l\u2019étendue et le degré de duplication., La direction travaille étroitement avec le Ministère des Approvisionnements et Services à la réalisation d\u2019un inventaire descriptif, base de la mise en oeuvre de la politique du \u201cFaire ou faire faire\u201d.\u2014 Après consultation avec le Ministère de l\u2019industrie et du Commerce, la direction a pris l\u2019initiative de remettre à jour le répertoire des établissements de recherche industrielle au Canada, publié pour la première fois en 1969.\u2014 L\u2019activité s\u2019est aussi intensifiée dans le secteur universitaire^ Un projet conçu par la direction et exécuté par Statistique Canada a permis d\u2019étudier les systèmes utilisés ou en développement dans les universités du pays et destinés à rendre compte des actiyités scientifiques internes* II s\u2019agit des Universités de Colombie-Britanique, Saskatchewan à Saskatoon, Toronto, Montréal, McGill et Dalhousiec MAIN D\u2019OEUVRE HAUTEMENT QUALIFIÉE Le Cabinet a demandé à la direction de fournir, et de perfectionner petit à petit, des prévisions à moyen et à long terme sur l\u2019offre et la demande en main d\u2019oeuvre hautement qualifiée au Canada., En effet, on ne connaît que très peu l\u2019offre qui existe en ce domaine et les études qui ont été faites sur la demande l\u2019ont été de façon sporadique et incomplète.On a entrepris deux enquêtes, subventionnées par le MEST et effectuées sous la surveillance générale du Comité interministériel des enquêtes sur la main-d\u2019oeuvre hautement qualifiée.L\u2019une d\u2019entre elles est faite d\u2019après un recensement de la partie de la main-d\u2019oeuvre hautement qualifiée ayant une formation universitaire.L\u2019autre, basée sur l\u2019Enquête sur les emplois des professionnels, portera sur les caractéristiques perti- nentes de la demande en main-d\u2019oeuvre hautement qualifiée^ On pourra se servir des renseignements rassemblés par ces enquêtes et des prévisions qu\u2019on en tirera pour guider le travail des particuliers, des éducateurs, des employeurs, des planificateurs gouvernementaux et et des organismes qui accordent des subventions, afin de réduire au minimum les situations où l\u2019offre est excédentaire ou déficiente.RÉSEAUX D\u2019INFORMATION SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE Le flux des informations scientifiques et technologiques au Canada et à l\u2019étranger a créé des conditions nouvelles exigeant des moyens, des services et des installations tout à fait nouveaux pour traiter les informations etles disséminer parmi les consommateurs canadiens.Bien qu\u2019on ait investi d\u2019importantes ressources pour l\u2019amélioration de l\u2019information scientifique et technique au Canada et ailleurs, la mise au point d\u2019un réseau d\u2019information scientifique et technique à l\u2019échelle du Canada n\u2019a fait que peu de progrès jusqu\u2019à maintenant.Le Cabinet a chargé un groupe spécial de faire des recommandations quant aux moyens par lesquels on pourrait mettre les réseaux d\u2019information scientifique et technique, existants ou projetés, du gouvernement, des universités et de l\u2019industrie, à la portée de tous ceux qui s\u2019y intéressent ou qui y contribuent, conformément à leurs besoins.On travaille actuellement à établir des mécanismes de base pour l\u2019élaboration de la politique et le contrôle de ce projet qui pourrait s\u2019avérer très complexe et très coûteux, ENSEIGNEMENT POST-SECONDAIRE On a demandé au MEST d\u2019obtenir d\u2019autres renseignements sur la place qu\u2019occupe la recherche universitaire dans l\u2019enseignement post-secondaire, Cette tâche fait suite à l\u2019établissement d\u2019un groupe de travail chargé de faire des recommandations au Cabinet au sujet des divers principes directeurs pouvant servir de base à de nouvelles ententes fédérales-provinciales pour les subventions à l\u2019enseignement post-secondaire.Pour ce qui est des négociations fédérales-privinciales actuellement en cours, le MEST devra s\u2019assurer qu\u2019on reconnaît à sa juste valeur le rôle delà formation postuniversitaire et de la recherche dans les universités, afin que le potentiel scientifique du Canada soit maintenu ou accru après 1974.CONSOLIDATION DE NOTRE PRÉSENCE A L\u2019ECHEL-LE INTERNATIONALE Notre division internationale, dirigée par monsieur J.Rennie Whitehead a pour rôle de coordonner, en collaboration avec le ministère des Affaires Extérieures, les efforts canadiens à l\u2019étranger en matière de science et de technologie, A une époque où la coopération internationale est rendue de plus en plus nécessaire et même indispensable, où les frontières ne sont plus des obstacles infranchissables, il devient de plus en plus important de nouer de solides liens avec les pays où le développement scientifique et technologique est particulièrement important.Malgré son jeune âge, notre Ministère a des contacts nombreux et variés avec l\u2019étranger.Nous avons maintenant des conseillers scientifiques attachés aux ambassades de Londres, de Washington, de Paris, de Bonn et de Bruxelles de même qu\u2019auprès de l\u2019Organisation de Coopération et de Développement Economique.L\u2019une des tâches importantes de ces conseillers est de coordonner l\u2019échange d\u2019informations entre les pays concernés et le Canada, Le Canada entretient des relations bilatérales de nature diverse allant des contacts sans formalités, avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, par exemple, aux accords officiels, avec l\u2019U,R.S.S., l\u2019Allemagne de l\u2019Ouest et la Belgique.Notre Ministère coordonne un programme de missions et de visites avec divers pays, L\u2019une des missions dirigées par le ministère, au Japon en mars dernier, a été couronnée de succès et sera, nous l\u2019espérons vivement, à l\u2019origine d\u2019un accord entre les deux pays.Notre Ministère participe aussi aux travaux de futurologie entrepris par des organismes tels que le nouvel Institut international pour l\u2019analyse des systèmes appliqués et l\u2019Institut Hudson de même que le Club de Rome.Nous sommes également liés à des degrés divers par des engagements multilatéraux avec des organisations internationales, qui groupent chacune divers ensembles de pays: l\u2019O.C.D.E., l\u2019O.T.A.N., l\u2019U.N.E.S, C.O., divers groupes de pays du Commonwealth, etc, DIVISION DE LA PLANIFICATION L\u2019objectif premier de cette division est Uélaboration même des politiques du ministère, Elle se compose de 5 groupes multi-disciplinaires: 1.\tRecherche et développement industriel 2.\tRecherche universitaire 3.\tPrévisions et évaluation technologiques 4.\tInitiatives dans certains secteurs de recherche 5.\tEvaluation des programmes.Sa fonction première, est de préparer, d\u2019élaborer, 16 d\u2019évaluer, de revoir et de recommander des lignes de conduite concernant l\u2019application des sciences et de la technologie pour réaliser des objectifs nationaux.Elle prévoit en outre les progrès techniques et en évalue l\u2019influence sur la société.1.RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL Il s\u2019agit de recommander des politiques qui stimulent et encouragent la recherche et le développement industriels afin de rendre l\u2019industrie canadienne plus compétitive.Ce but peut être atteint par l\u2019élaboration de politiques qui s\u2019adressent à l\u2019industrie en général, telles qu\u2019une politique d\u2019impartition, une politique d\u2019innovation, une politique nouvelle sur les brevets et licences et sur les programmes d\u2019aide à l\u2019industrie ou par l\u2019élaboration de politiques précises qui toucheront un secteur particulier de l\u2019industrie, tel que le secteur chimique, celui de l\u2019énergie atomique, celui des ordinateurs, celui du transport, etc.Politique d\u2019impartition La nouvelle politique d\u2019impartition par son envergure et ses répercussions futures sur le milieu industriel, a eu droit à une publicité assez évidente lors de son annonce par monsieur Gillespie le 15 août 1972.En quoi consiste-t-efle?L\u2019industrie sera chargée d\u2019exécuter une part toujours de plus en plus grande de la recherche et du développement qui incombe au gouvernement.Cette politique a pour but de s\u2019assurer que les résultats de la R et Dse traduisent par une capacité accrue de l\u2019industrie canadienne,, Le gouvernement maintiendra toutefois, sa propre compétence dans le domaine scientifique et les installations de R et D des divers ministères et organismes continueront de jouer un rôle de premier plane Le gouvernement mise sur le fait que le secteur privé, étant en contact plus étroit avec le consommateur et connaissant bien ses besoins, produira des \u2018\u2018dérivés\u201d techniquement plus perfectionnés, permettant de renforcer la capacité industrielle du Canada et, par la même occasion, sa position concurrentielle.Grâce à cette politique, l\u2019industrie pourra sans aucun doute envisager la production de nouveaux biens et services qu\u2019elle n\u2019aurait peut-être pas considérée auparavant.A l\u2019heure actuelle, un peu plus de la moitié ($358 million) du budget fédéral destiné à la R et D est accordé à des ministères et organismes, et un peu moins du quart, à l\u2019industrie.Monsieur Gillespie a déclaré que le principal objectif était d\u2019en arriver à une répartition plus juste, mais il a aussi souligné qu\u2019il faudrait au moins cinq ans pour atteindre ce résultat.Cette nouvelle politique s\u2019insère dans la politique globale du gouvernement visant à promouvoir l\u2019industrie et dont les objectifs sont à court et à lpng terme.De plus, elle offre des garanties permettant de s\u2019assurer que les techniques mises au point seront la propriété des sociétés installées au Canada ou qu\u2019elles seront exploitées au plus grand profit du pays.D\u2019autres facteurs importants ont également motivé la décision du gouvernement.En voici quelques-uns: 1)\tSeulement 200 industries emploient plus de 5 chercheurs ou ingénieurs à des fins de recherches et de développements.Environ 500 (70%) d\u2019elles emploient 5 gradués ou moins.2)\tAu Canada, la main d\u2019oeuvre croit à un taux considérablement plus élevé que dans la plupart des autres pays industrialisés.Par conséquent, il est nécessaire de maintenir le taux de création de nouveaux emplois dont le nombre, au cours des trois dernières années, s\u2019élevait à 700,000, chiffre qui est proportionnellement supérieur à celui de tout autre pays industrialisé.3)\tPlus que dans la plupart des pays industrialisés, l\u2019économie canadienne dépend de l\u2019exportation.4)\tL\u2019entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun et le programme américain DISC, par exemple, représentent de nouveaux défis à la position concurrentielle du Canada.Bien que la politique de recours à l\u2019entreprise privée soit destinée à faire exécuter le plus possible de R et D du gouvernement par le secteur privé, il n\u2019y aura ni congédiements, ni mises à pied des fonctionnaires fédéraux travaillant à la R et D0 Parmi les ministères ou organismes qui pourraient avoir recours davantage à l\u2019entreprise privée, on peut citer le Conseil national de recherches, les ministères de l\u2019Energie, des Mines et des Ressources, de l\u2019Environnement, des Communications, de la Défense nationale et de l\u2019Agriculture.Comparativement aux autres pays occidentaux, le Canada a consacré des montants considérables à la recherche fondamentale et à la recherche appliquée, qui sont distinctes du domaine de la création des produits, lequel est le plus susceptible de contribuer à l\u2019essor industriel.La recherche et le développement industriels n\u2019ont pas connu de véritable essor au Canada.Quelque 80% des dépenses sont affectées à quatre secteurs: électricité, produits chimiques, équipement lourd et transport, et métaux. On a fixé les modalités régissant tout le processus du recours à l\u2019entreprise privée.En voici les diverses étapes: 1)\tLe ministère ou l\u2019organisme concerné doit a-voir un besoin réel ou éventuel d\u2019élaborer des programmes de R et D.2)\tLe ministère ou l\u2019organisme doit juger, si exceptionnellement, la R et D doit être accomplie dans les installations du gouvernement si elle doit être confiée à l\u2019entreprise privée.3)\tPrésentation des projets et de l\u2019appel d\u2019offres à l\u2019industrie.4)\tDécision: La R et D sera-t-elle faite par une entreprise sous-traitante ou dans les locaux du gouvernement?5)\tOctroi du marché: Il faut prendre les mesures nécessaires en ce qui concerne la source, la soumission d\u2019offres fermes de la part de l\u2019industrie, l\u2019évaluation de celles-ci, la conclusion du marché, son octroi et la bonne application de ses clauses.6)\tEvaluation du rendement de l\u2019entreprise sous-traitante.Les critères selon lesquels la recherche se fait dans les laboratoires du gouvernement se fondent sur des situations exceptionnelles où les intérêts nationaux seraient mieux servis si la R et D était menée au gouvernement même.Dans toutes autres circonstances, on aura recours à l\u2019entreprise privée pour des travaux de R et D utilitaire.En tant que pourvoyeur de l\u2019Etat, le ministère des Approvisionnements et Services est chargé, dans le cadre du programme gouvernemental d\u2019adjudication de travaux de Recherche et de Développement au secteur privé, de négocier les contrats et de renseigner l\u2019industrie sur ce programme et sur les projets envisagés.2.\tRECHERCHE UNIVERSITAIRE Nous concentrons nos énergies à développer des mécanismes et à énoncer des politiques qui amélioreront l\u2019efficacité de l\u2019aide du gouvernement fédéral aux universités.Il s\u2019agit en fait d\u2019optimaliser le rendement de la recherche universitaire par l\u2019élaboration de politiques touchant aux secteurs-clés, celui de la recherche fondamentale, celui des centres d\u2019excellence, le secteur de la recherche appliquée et du développement et de façon plus précise la question de la rationalisation de l\u2019aide fédérale à la recherche universitaire.Le financement de projets de recherche fondamentale nous amène aussi à nous poser la question sur la part que doit avoir la recherche fondamentale en comparaison de la recherche appliquée au Canada, non seulement au sein du groupe universitaire, mais aussi dans les secteurs industriels et le secteur public.3.\tPRÉVISION ET ÉVALUATIONS TECHNOLOGIQUES \u201cCe groupe multi-disciplinaire fait des études sur plusieurs plans afin de prévoir le niveau technologique qu\u2019on aura atteint ou dont on aura besoin dans l\u2019avenir.Le programme de recherche du groupe portera sur des domaines où les problèmes sociaux et technologiques sont étroitement reliés.On peut faire ces études de façon efficace sur une multi-disciplinaire et en particulier lorsque collaborent des spécialistes des sciences sociales avec des spécialistes des sciences naturelles et avec des ingénieurs.\u201d 4.\tINITIATIVES DANS CERTAINS SECTEURS DE RECHERCHES a.Secteur des océans Il serait superflu d\u2019essayer de vous convaincre de l\u2019importance du secteur des océans au Canada.Nous avons le littoral le plus long au monde, notre plateau continental est probablement aussi un des plus riche au monde.Nous possédons maintenant des moyens techniques d\u2019explorer le sous-soldes océans.Notre technique dans ce domaine est d\u2019avant-garde, c\u2019est pourquoi il faut dans la mesure de nos moyens profiter de cette avance technologique.Il faut maximiser davantage des budgets consacrés aux richesses sous-marines dans les secteurs gouvernementaux etprivés.Les divers programmes sont très importants aux échelles régionales et provinciales à cause de la richesse de ces secteurs, spécialement dans le cas du Québec et des Maritimes.Il nous faut donc développer une politique d\u2019utilisation maximale et de protection de nos océans.Les derniers mois, notre Ministère a vivement encouragé divers ministères à élaborer une politique de recherche et de développement dans ce domaine.D\u2019ailleurs la nouvelle politique annoncée il y a peu de temps par le premier ministre à ce sujet vient confirmer encore une fois, je le répète, l\u2019importance de ce secteur des océans. 18 b Politique de l\u2019espace Le MEST a accepté de faire une étude globale de l\u2019emploi de la technologie spatiale au Canada.Nous avons continué à servir de secrétariat pour le Comité interministériel de l\u2019espace et nous nous sommes chargés de trouver la forme que pourraient prendre les organismes destinés à remplacer ces comités.Nous avons travaillé à mettre au point une politique globale de la technologie spatiale, en portant une attention particulière à l\u2019influence qu\u2019une telle politique, qu\u2019une telle technologie pourrait avoir sur l\u2019industrie.Nous sommes à élaborer une politique scientifique d\u2019utilisation de l\u2019espace.L\u2019espace n\u2019est pas un objectif comme tel, mais plutôt le moyen qui peut permettre un certain nombre d\u2019activités au niveau de la science et delà technologie et qui a des répercussions considérables aussi bien au niveau socio-économique que culturel.Nous avons d\u2019ailleurs un investissement important à conserver, cela évidemment coûte énormément cher.C\u2019est pour cette raison qu\u2019il faut définir de quelle façon ces programmes doivent continuer.c.Politique scientifique du Grand Nord \u201cLe MEST, en étroite collaboration avec le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, participe actuellement à l\u2019élaboration d\u2019une politique scientifique du Grand Nord.Notre Ministère s\u2019est occupé plus particulièrement de certains aspects de cette entreprise - par exemple, la détermination de la nature et de la portée des travaux scientifiques internationaux concernant l\u2019Arctique, et le besoin d\u2019accorder notre appui à des centres canadiens de recherche sur l\u2019Arctique qui soient de premier ordre.De plus, nous envisageons la possibilité de former, à long terme, une communauté scientifique permanente dans le Nord.Par ailleurs, nous sommes conscients de l\u2019importance des liens étroits qu\u2019il faut entretenir avec les provinces dont le territoire embrasse une part si considérable et si cruciale du Moyen-Nord.\u201d Les besoins des années 60 étaient grands, mais au début de la décennie suivante, nous constatons que les objectifs nationaux évoluent et qu\u2019on ne considère plus l\u2019expansion économique comme une fin en soi, mais plutôt comme un moyen d\u2019assurer la promotion sociale.Nous considérons de plus en plus la science et la technologie comme des instruments pour réaliser nos grands objectifs d\u2019ordre social et économique.Même si les anciennes préoccupations subsistent, d\u2019autres surgissent dont nous devons relever le défi avec les techniques et les organismes appropriés.* * ? 19 LA RECHERCHE UNIVERSITAIRE ET LA POLITIQUE SCIENTIFIQUE* Germain Gauthier Président du Conseil des Universités du Québec.Le thème du présent colloque reprend avec un point d\u2019interrogation le titre même du rapport du Comité sénatorial.C\u2019est une invitation on ne peut plus directe à la critique de ce rapport, mène si les organisateurs du colloque n\u2019y ont voulu lier personne.S\u2019il n\u2019y a probablement personne d\u2019autre que les auteurs de ce rapport unanime qui soit prêt à endosser chacun des points de vue que le rapport aborde, tous sans doute leur donneront le crédit d\u2019aborder les bonnes questions et d\u2019en systématiser l\u2019analyse.Pour ma part, à titre personnel, je limiterai mon intervention à essayer de situer la recherche universitaire à l\u2019intérieur d\u2019une politique scientifique.Même là, je ne saurais par manque de temps rappeler certains éléments importants de cette recherche, tels la liberté fondamentale du chercheur, le maintien de la qualité du corps professoral, etc.Enfin, je me référerai surtout aux situations concrètes que je connais mieux, c\u2019est-à-dire celle des Universités du Québec.Après quelques définitions, j\u2019aborderai très sommairement deux questions intéressant l\u2019université: 1)\tComment une politique scientifique canadienne peut tenir compte des fonctions universitaires; 2)\tComment une politique scientifique canadienne peut tenir compte des caractéristiques régionales et linguistiques des universités.DÉFINITION Toute politique de l\u2019Etat vise à promouvoir le progrès économique et social; elle se définit par les objectifs poursuivis et les moyens mis en oeuvre.La politique scientifique (dans le même cadre général) vise à promouvoir ce progrès économique et social par le développement organisé de la science.Il faut remarquer que les objectifs du progrès économique et social peuvent être étrangers à ceux que visent les hommes de science, soucieux avant tout d\u2019élargir le champ des connaissances.* Le titre est de l\u2019ACFAS.\u201cLa politique scientifique doit réaliser une sorte de convergence des intentions culturelles et socioéconomiques\u201d.\u201cLes exigences proprement culturelles de la science imposent de recourir à la participation des savants pour l\u2019élaboration d\u2019une politique scientifique, tandis que les objectifs poursuivis requièrent le concours de personnes représentatives des milieux économiques et sociaux\u201d.Les scientifiques pour leur part doivent donc être sensibles aux attentes de la société dont ils font partie et à la responsabilité qui découlent de leurs engagements de citoyens.La politique scientifique a une mission à la fois définie et générale; elle englobe l\u2019ensemble des activités scientifiques avec une préoccupation d\u2019orientation et d\u2019harmonisation des divers \u201cpoint de croissance\u201d, ainsi que des moyens globaux de financement.Elle assume donc une mission d\u2019organisation au sens très large et de préparation des \u201cmacrodécisions\u201d.La mise au point d\u2019une politique scientifique ne se confond pas avec l\u2019allocation de crédits à des programmes de recherche, ni avec la réalisation de ces programmes.Ce sont trois paliers d\u2019opération qu\u2019il y a lieu de distinguer formellement dans la pratique, pour éviter de semer la confusion et de brouiller les allégeances.Il faut dire que les situations que nous vivons et les modèles qui nous sont présentés n\u2019abusent pas sur ce point d\u2019une clarté qui m\u2019apparaît pourtant indispensable.I- COMMENT UNE POLITIQUE SCIENTIFIQUE CANADIENNE PEUT-ELLE TENIR COMPTE DES FONCTIONS UNIVERSITAIRES?Il faudrait d\u2019abord s\u2019entendre sur le concept de fonctions universitaires et voir celles que notre société a convenu de confier entièrement ou partiellement aux universités.Un examen même superficiel du statut et du rôle de l\u2019université dans l\u2019histoire et dans le monde montre que l\u2019établissement que l\u2019on appelle université recouvre des réalités et des objectifs très variés; pensons, par exemple, à l\u2019Université nationale du Rwanda et à l\u2019Université de Montréal, à l\u2019Université Bishop\u2019s et à l\u2019Université de Moscou. 20 Nous pourrions donc concevoir nos universités comme les établissements n\u2019ayant qu\u2019une seule fonction qui serait celle de l\u2019enseignement aux trois cycles de formation que nous connaissons.Tout au plus poui^ rions-nous leur donner en complément, comme l\u2019indique le rapport du Comité sénatorial, \u201cLa tâche de former les professeurs d\u2019université et de favoriser les recherches portant sur le fond de connaissances acquises en vue d\u2019améliorer leur enseignement\u201d (p.473), sans trop insister pour savoir ce que cette dernière expression veut rigoureusement exprimer.Dans un deuxième temps, le gouvernement fédéral peut avoir recours aux ressources universitaires, sur une base occasionnelle et intempestive même, comme appoint aux travaux scientifiques qui se font à l\u2019extérieur de l\u2019université, tant en recherche orientée qu\u2019en recherche appliquée, laissant d\u2019ailleurs en cela, comme le suggère le rapport du Comité sénatorial, le soin aux gouvernements provinciaux d\u2019en faire autant.Or, la réalité canadienne et nord-américaine est tout autre.Le rapport annuel de 1971 du président de de la Carnegie Corporation of New York énumère treize fonctions universitaires reconnues, allant d\u2019une \u201cliberal education\u201d au divertissement commercialisé des équipes de football, en passant par la fonction de découverte de connaissances nouvelles et celle d\u2019un réservoir de ressources humaines spécialisées.Il est évident que pour l\u2019université la fonction scientifique ou la fonction recherche ne peut et ne doit pas être un monopole universitaire, ni même l\u2019apanage de chacune des universités.Trop d\u2019arguments plaident contre et je crois inutile d\u2019insister.Mais la vue universitaire que l\u2019on connaît ne saurait se départir d\u2019un rôle éminent et organique dans l\u2019élaboration et la réalisation des politiques de la science, aussi bien en recherche orientée et en recherche appliquée qu\u2019en recherche fondamentale, si tant est qu\u2019il soit utile ou même possible de distinguer ces trois types de recher-che.Qu\u2019il suffise de citer que les subventions de recherche aux universités du Québec sont passées de 13 millions en 1964-65 à 42 millions en 1971-72, celles aux universités francophones étant passées, pour leur part, de 4 millions en 1964-65 à 27 millions en 1971-72, augmentant d\u2019environ 30% par année pendant tout l\u2019intervalle, que le nombre de centres universitaires de recherche en milieu francophone québécois est passé, de façon assez anarchique il est vrai, mais sous la pression des besoins et des enthousiasmes, de 7 en 1964-65 à plus de 60 en 1971-72; qu\u2019il suffise aussi de mentionner que la tendance, tout au moins au Québec, est de favoriser et de concentrer la recherche de toute nature, tant fondamentale qu\u2019appliquée, dans les universités, en y insérant même à l\u2019occasion des opérations commerciales provenant des résultats de la re- cherche.Est-ce qu\u2019une politique de la science devra choisir entre un rôle scientifique marginal pour les universités et celui que la réalité a confié à ces dernières?Je crois que, compte tenu de quelques ajustements à faire, le meilleur choix est déjà en application.D\u2019ailleurs, on a trop reproché aux universités, d\u2019être loin de la réalité et des attentes sociales pour leur enlever toute occasion d\u2019en être sensibilisées.C\u2019est, me semble-t-il, par contacts étroits avec l\u2019industrie, comme ceux établis par le Centre de recherche sur l\u2019énergie de Varennes, par l\u2019implantation près des campus universitaires de laboratoires fédéraux et provinciaux de recherche appliquée, par des contrats à long terme confiés à des universités à l\u2019intérieur d\u2019une politique de développement de centres de spécialisation, parla réalisation d\u2019un meilleur équilibre dans l\u2019utilisation des ressources professionnelles des universités, que l\u2019on pourra favoriser une osmose des préoccupations, et des échanges fructueux de personnels scientifiques.Il- COMMENT UNE POLITIQUE SCIENTIFIQUE CANADIENNE PEUT-ELLE TENIR COMPTE DES CARACTÉRISTIQUES RÉGIONALES ET LINGUISTIQUES DES UNIVERSITÉS?Peut-être faudrait-il commencer par se demander s\u2019il y a lieu de tenir compte, dans une politique de la science, des disparités régionales et lingusitiqueSo Cette question préalable n\u2019est pas vaine, parce que les politiques fédérales, tout en ayant accordé récemment une priorité et un ministère important à l\u2019aspect économique de cette question, n\u2019ont pas encore appliqué cette notion à la science et à la recherche scientifique.Et pourtant, toute politique canadienne de la science doit, il me semble, comme pour les politiques culturelles et sociales, comprendre, dans ses objectifs et dans ses stratégies, les modalités de réponses aux attentes très diverses de la mosaïque canadienne.A peine le Conseil national de la recherche a-t-il injecté, depuis deux ans, une somme supplémentaire de 1 million par an pour développer de façon un peu plus rapide la recherche en milieu universitaire francophone; ce qui semble loin d\u2019une priorité et d\u2019une injection massive pour un ensemble de 3 (DO professeurs et devant un total de 550 millions par an de recherche intramuros et universitaire dépensé par le gouvernement fédéral.Je ne reprendrai pas ici, tout en y souscrivant, l\u2019essence des nombreux mémoires et recommandations, élaborées et publiées par l\u2019ACFAS, plusieurs universités, quantité d\u2019universitaires et plusieurs groupes sociaux sur cette question au cours de nombreuses années.Je retiens plus particulièrement des événements un certain nombre de considérations générales: 21 1)\tque le gouvernement fédéral et le Conseil national de recherches n\u2019ont pas fait pour lancer au moment opportun la recherche universitaire en milieu francophone ce qu\u2019ils avaient fait pour la recherche universitaire en milieu anglophone, au début des années \u201820, quand celle-ci était prête à démarrer; 2)\tque devant l\u2019importance grandissante de la science pour le développement d\u2019une collectivité particulière, et devant la passivité du gouvernement fédéral à tenir compte des disparités régionales et des exigences culturelles dans une politique scientifique, le Québec a fait cavalier seul au Canada, en amorçant la mise en place d\u2019une politique provinciale globale de la science et de la recherche universitaire, qui devra normalement énoncer ses propres contraintes aussi bien que ses exigences propres.C\u2019est ainsi, pour l\u2019enseignement supérieur par exemple, que le gouvernement provincial versait en 1971-72, 9.3 millions en recherche aux universités, soit 38% du montant de 24.7 millions versé par le gouvernement fédéral, et que le gouvernement provincial versait il y a deux ans, pour la recherche en sciences humaines dans les universités du Québec, 2.5 fois plus que le Conseil des Arts du Canada, soit 1.9 million en regard de 0.7 million; 3)\tenfin, que contrairement à ce que nous avons connu d\u2019une situation où le gouvernement fédéral avait une politique scientifique souple et quelquefois confuse, ou le gouvernement provincial n\u2019avait pas de politique de la science et où les universités n\u2019en avaient pas beaucoup d\u2019autre que celle de permettre le développement d\u2019une recherche à peu près spontanée, nous entrons maintenant dans une période où deux ordres de gouvernement établiront, chacun pour lui-même, des politiques de la science en principe rigoureuses, puis vont \u201cnégocier\u201d entre eux, pour reprendre un terme utilisé récemment, des conditions applicables en tout cas aux universités Québécoises.Les universités et les universitaires pourront-ils jouer facilement sur tous les plans et profiter sans contrainte des retombées d\u2019un intérêt plus grand qu\u2019au-paravant, en faveur de la science et de son développement?Tout indique que tel ne sera pas le cas.En effet, les volontés des gouvernements expriment les besoins de rationalisation, de meilleure utilisation des ressources, de budgétisation par programme, de réponse à des besoins sociaux, indiquent toutes que les activités de recherche seront mieux cernées, défi- nies de façon plus exhaustive, évaluées en fonction de critères plus rigoureux et financées de façon plus identifiée et plus complète.Toutes ces contraintes à l\u2019horizon risquent de faire oublier par ailleurs celles qui viennent du caractère même de la recherche soient entre autres la démarche libre de l\u2019activité intellectuelle, le caractère spontané et irrégulier de la découverte, la qualité essentielle du chercheur lui-même, le besoin de concurrence et d\u2019échanges internationaux.Il me semble que les orientations et les prises de décisions politiques devraient être précédées d\u2019un examen par les universités et d\u2019une discussion par les corps et conseils intéressés à la recherche universitaire d\u2019un certain nombre de questions préalables, et que cet examen et cette discussion n\u2019ont pas lieu de façon satisfaisante.Ces questions préalables concernent des points tels que les conséquences de ne confier éventuellement que la recherche fondamentale aux universités, les conséquences de faire payer aux commanditaires, en particulier aux commanditaires fédéraux, tous les frais, directs et indirects, des activités de recherche universitaire sur l\u2019administration interne des universités, et sur les politiques de recrutement et de carrière des professeurs et des chercheurs universitaires; le maintien ou la disparition de la possibilité de dégager, pour fins de recherche, une partie des revenus reçus pour fins générales, ou de recevoir des subventions en provenance de fondation.De telles questions, vitales pour la vie des universitaires et le développement des universités, sont l\u2019objet de consultations limitées.Elles devraient faire l\u2019objet de prises de positions officielles des établissements universitaires eux-mêmes.Les décisions politiques les assumeront si elles existent ou y suppléeront en leur absence.?* 22 LE CONTEXTE SCIENTIFIQUE D\u2019AUJOURD\u2019HUI * Lionel Boulet Directeur de l\u2019Institut de Recherche de l\u2019Hydro-Québec et président du Conseil québécois de la politique scientifique.L\u2019objectif des commissions d\u2019enquête étant de faire réfléchir les membres du secteur analysé, il est malheureux de constater que celles-ci se sentent obligées de publier des rapports qui feront des heureux et des mécontents.Les uns en profiteront pour faire pression sur les hommes politiques chargés d\u2019appliquer les recommendations des dites commissions tandis que les autres s\u2019empresseront de préparer de nouveaux rapports.Ainsi trop de chercheurs dépensent plus d\u2019énergie à écrire qu\u2019à leur travail.De l\u2019après-guerre aux années 60 les chercheurs, jouissant d\u2019une liberté totale et de crédits assurés, créèrent une véritable \u201cmafia scientifique\u201d.Heureusement pour nous un nouveau type de chercheur est apparu qui, s\u2019intéressant aux problèmes économiques, nous a posé des questions fondamentales et a même osé mettre en doute la rentabilité de la recherche technologique.Cependant les intérêts étant communs l\u2019union des deux groupes s\u2019est faite, grossissant notre \u201cmafia\u201d.Mais, actuellement, notre société subit de profonds remaniements: l\u2019homme de science n\u2019a plus la liberté de choisir ses propres domaines de recherche et d\u2019établir ses programmes.De son côté le peuple, par l\u2019entremise des sociologues, s\u2019interroge, avec raison, sur l\u2019orientation et les effets de la recherche; ses questions sont précises, nos réponses évasives.Cette contestation est parvenue à imprimer une nouvelle orientation à la politique scientifique et, ce qui est beaucoup plus important, à forcer les dirigeants politiques à s\u2019intéresser à tous les domaines de la recherche, tout en exigeant la présence d\u2019objectifs précis.Le fait d\u2019avoir mis la recherche au service de la société dénote une évolution saine et salutaire; nous ne pouvions plus regarder l\u2019avenir qu\u2019en fonction de notre présent.Nous avons maintenant un ministère national des sciences ainsi qu\u2019un comité interministériel québécois des politiques.Je crois qu\u2019il serait nécessaire * Le titxe est de T ACF AS.pour le Canada que les autres provinces se munissent de comités similaires car une politique réellement nationale ne peut être établie qu\u2019avec une connaissance parfaite des besoins régionaux.Malgré une amélioration certaine, ces organismes ne sont encore que la forme à laquelle il faudra ajouter l\u2019esprit.Je pourrais en effet vous citer bon nombre de pays dont la représentation scientifique est très faible par suite de leur dépendance aux idées politiques.Or, si nous considérons que la recherche n\u2019est internationale qu\u2019en fonction de ses qualités, peut-être en aura-t-elle d\u2019autant plus qu\u2019elle sera indépendante du ministère des affaires étrangères du pays, à moins que ce ministère n\u2019ait des hommes de science chargés des politiques scientifiques.Les hommes politiques devraient maintenant être conscients de l\u2019importance des recherches dans notre monde moderne.Je suis persuadé que nous, hommes de science, devrions connaître, tout comme l\u2019Etat, ce qui est bon pour la société et nouer étroitement des liens entre les (différentes) ramifications scientifiques (physique, économie, médecine, sociologie, etc.) afin d\u2019aboutir à une science unique, indissociable.A mon humble avis les conseils réglementant chaque \u201cscience\u201d sont désuets.Avant de nous fixer quel qu\u2019objectif que ce soit nous devrions considérer: 1)\tque les questions sociologiques prennent progressivement le pas sur les problèmes économiques, 2)\tqu\u2019il est nécessaire de développer et d\u2019appliquer des méthodes* plus précises d\u2019évaluation de l\u2019impact technologique sur l\u2019homme et la nature, 3)\tque nous devons parvenir à une meilleure connaissance du milieu ainsi qu\u2019à une plus grande compréhension des facteurs socio-économiques et des sciences de la vie. m 4) qu\u2019il faut améliorer le niveau de vie de tous les humains.Aussi faudra-t-il procéder à des échanges quantitatifs et qualitatifs internationaux.Dans quel système vivons-nous?Quelle est notre société?Il est bien connu que les hommes politiques d\u2019Amérique du Nord prennent souvent des décisions pour conserver le pouvoir et qu\u2019ils s\u2019attachent surtout aux projets à courts-termes mais le contexte le veut peut-être ainsi.Au Canada nous ne faisons pas exception à la règle et nous avons jusqu\u2019à présent suivi le principe américain du: \u201cLet\u2019s exist and grow, compromise where necessary, the big principle which can always be adapted to suit our need\u2019s\u201d.Bien que cette politique fasse merveille avec nos voisins (chez nous aussi présentement), en sera-t-il de même dans quelques années au Canada.Une récente analyse du \u201cStandford Research Institute (Rapport No.469, août 1972, indique que le Canada qui était à la seconde place ai 1955, quant au revenu par habitant sur le produit national brut, ne sera même pas dans les cinq premiers en 1985.RANG PAYS PRODUIT NATIONAL BRUT/HABITANT (DOLLARS 1970) \t1\tEtats-Unis\t3,624 \t2\tCanada\t2,413 1955\t3\tSuède\t2,301 \t4\tSuisse\t2,160 \t5\tAustralie\t1,968 \t1\tEtats-Unis\t4,756 \t2\tSuède\t3,821 1970\t3\tCanada\t3,411 \t4\tSuisse\t3,224 \t5\tDanemark\t3,203 \t1\tEtats-Unis\t7,519 \t2\tJapon\t6,768 1985\t3\tSuède\t6,322 \t4\tFrance\t5,711 \t5\tAllemagne\t5,570 Un de mes amis de l\u2019Université Laval, le Dr Ludovic Ouellet, définissait le long-terme comme une suite, dans le temps, de courts-termes.23 Les méthodes actuellement à notre disposition ne nous permettent d\u2019agir qu\u2019à court-terme car aucun grand projet n\u2019a été suffisamment étudié pour en dégager les implications socio-économiques.Nous ne devons pas non plus, pour cette raison, tomber dans la contestation pure et simple.En effet, ce n\u2019est pas une politique scientifique que de vouloir arrêter le progrès, même en admettant une croissance nulle, par peur de l\u2019innovation ou par nostalgie d\u2019un passé, qui n\u2019a d\u2019ailleurs pas été exempt de pollution et de consommations outrancières.Notre politique doit poursuivre la recherche mais en l\u2019orientant et la planifiant.Ainsi tout projet important devrait-il être critiqué et, si nécessaire, modifié par des représentants de la communauté scientifique afin d\u2019être sûr que ses implications ne soient pas en contradiction avec le bien-être de la population.Dans un futur immédiat notre politique sera encore à court-terme mais nous nous efforcerons à prédire l\u2019avenir à l\u2019aide de carte perforées.? MEMOIRE DE L\u2019ACFAS SUR LE RAPPORT DU COMITÉ SÉNATORIAL DE LA POLITIQUE SCIENTIFIQUE * AYANT - PROPOS Le premier et surtout le deuxième volumes du Rapport du Comité sénatorial constituent des éléments de base dans la formulation d\u2019une véritable politique scientifique au Canada.Devant l\u2019importance et les implications de ce document, l\u2019ACFAS juge essentiel d\u2019exprimer un point de vue susceptible de contribuer aux travaux subséquents du Comité sénatorial ou d\u2019organismes connexes.L\u2019ACFAS est une société scientifique pluridisciplinaire groupant un peu plus de mille membres et une vingtaine de sociétés savantes.Ses préoccupations reflètent celles du milieu scientifique francophone du Québec et, dans un sens plus large, du milieu scientifique canadien-français, où l\u2019ACFAS a ses racines.A la suite de la publication du premier volume de ce rapport, l\u2019ACFAS avait fait un sondage d\u2019opinions auprès de ses membres et de scientifiques seniors du milieu francophone et avait diffusé les résultats de cette enquête faisant ressortir certaines inquiétudes des scientifiques canadiens-français, reliées notamment à la situation défavorable de la communauté francophone vis-à-vis l\u2019allocation des ressources pour la recherche au pays.L\u2019ACFAS recommandait l\u2019intensification de l\u2019effort canadien dans le domaine technologique, souhaitait la pleine collaboration des universités, de l\u2019industrie et des gouvernements en matière de recherche, et enfin favorisait la création d\u2019un Conseil québécois de la recherche scientifique pour établir une liaison plus efficace avec les organismes fédéraux.L\u2019ACFAS signalait également que dans ce premier volume le régime confédératif canadien avait été complètement négligé et qu\u2019en vertu de ce régime et du dualisme culturel du Canada, la formulation des politiques scientifiques devait être faite non pas au sein d\u2019un nouveau Ministère fédéral des Affaires Scientifiques mais bien au sein d\u2019organismes para-gouvernementaux où serait représenté, entre autres, l\u2019ensemble du milieu scientifique.* Comme supplément aux exposés précédents et plus particulièrement en référence à la conférence du sénateur Lamontagne, nous reproduisons ici les commentaires de l\u2019ACFAS sur le deuxième rapport du Comité sénatorial, commentaires élaborés par la Commission scientifique de l\u2019ACFAS.Dès la parution du deuxième volume, un comité de l\u2019ACFAS, formé de scientifiques oeuvrant à un niveau senior au sein de disciplines et de milieux divers, a entrepris l\u2019étude du document.Après nombre de rencontres et de consultations, ce comité a préparé, de concert avec le Conseil d\u2019administration de l\u2019ACFAS, ce mémoire qui représente l\u2019opinion de scientifiques francophones préoccupés de cette question.Qu\u2019il soit permis dès maintenant d\u2019exprimer un souhait: celui de voir les prochains volumes du Rapport du Comité sénatorial publiés simultanément en français et en anglais; pour les deux premiers volumes, il a fallu subir de longs délais, avant d\u2019en obtenir la version française.RÉSUMÉS DES COMMENTAIRES DE L\u2019 ACFAS Dans les pages qui suivent, nous présentons d\u2019abord la réaction de l\u2019ACFAS à l\u2019ensemble du deuxième Rapportdu Comité sénatorial, puis, dans une seconde partie, des commentaires plus spécifiques sur les recommandations du Comité.L\u2019ACFAS estime que ce Rapport, par les questions qu\u2019il soulève et les orientations qu\u2019il propose, marque une étape fondamentale dans la formulation d\u2019une politique scientifique canadienne.L\u2019ACFAS souscrit entièrement aux objectifs suivants: l\u2019augmentation de l\u2019effort scientifique au Canada; l\u2019intensification delà contribution industrielle à la R-D canadienne; enfin, le développement de la recherche dans les sciences de l\u2019homme.Notre association partage également le point de vue du Comité sénatorial sur la nécessité que nos gouvernements jouent un rôle plus important dans la planification et la coordination de la recherche scientifique.L\u2019ACFAS formule cependant des réserves sur une diminution relative des fonds consacrés à la recherche fondamentale libre, à cause des possibilités que cette diminution se fasse au détriment de centres de recherche universitaires dont le développement scientifique serait moins avancé que celui d\u2019autres centres, à cause de leur création plus récente.Elle doute également du bien-fondé de concentrer au sein d\u2019un organisme fédéral le soutien financier à la recherche en sciences sociales.L\u2019ACFAS réserve d\u2019autre part son juge- 25 ment sur la réorganisation proposée des agences scientifiques fédérales, bien qu\u2019à ce point de vue, le Rapport lui semble s\u2019attacher davantage aux structures qu\u2019aux stratégies et aux mécanismes de coordination.Enfin l\u2019ACFAS s\u2019inscrit en faux contre une conception qui se dégage du Rapport, à l\u2019effet que la recherche universitaire se limiterait à une recherche fondamentale libre.L\u2019ACFAS relève dans le Rapport des omissions qui lui apparaissent comme des lacunes sérieuses.Ainsi les auteurs ne font presque pas mention des niveaux de gouvernement autres que l\u2019Etat fédéral; ils ne présentent aucune recommandation visant à atténuer les disparités régionales et à favoriser l\u2019émergence de nouveaux centres d\u2019excellence; on n\u2019y retrouve pas non plus de mesures économiques, incitatives ou correctives, qui seraient de nature à créer un climat plus propice à l\u2019innovation, dans l\u2019industrie canadienne.L\u2019ACFAS recommande enfin que l\u2019étude du Comité sénatorial soit poursuivie, en particulier sur les points mentionnés précédemment, mais peut-être avec plus de moyens que ceux dont a disposé le Comité jusqu\u2019à maintenant, VUE D\u2019ENSEMBLE DU RAPPORT SÉNATORIAL 1.CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES Le Rapport du Comité sénatorial, qui se propose de définir des objectifs et des stratégies pour la prochaine décennie, représente un effort considérable de planification et de coordination, dans un domaine où le Canada s\u2019est appliqué jusqu\u2019à présent à développer des ressources plutôt que de se donner des orientations bien définies.Il s\u2019agit d\u2019une synthèse qui devra servir de référence aux travaux futurs destinés à expliciter ou à mettre en oeuvre les politiques scientifiques du pays.La tâche est d\u2019une extrême importance.C\u2019est à l\u2019Etat en effet que revient la fonction, de planifier et de coordonner l\u2019ensemble des activités de recherche du pays en les insérant dans des politiques socio-économiques nationales.La définition d\u2019une politique scientifique et la détermination des stratégies donnant une orientation générale (et des orientations plus spécifiques) sont également la responsabilité des gouvernements, en consultation avec les communautés scientifiques et les milieux directement concernés.Dans ce domaine, vital pour le mieux-être de la population, l\u2019ampleur des problèmes, la complexité des influences socio-économiques et la diversité des secteurs impliqués rendraient à peu près impossible, du moins au Canada, l\u2019émergence de solutions d\u2019ensemble coordonnées, sans une forte impulsion de la part de l\u2019Etat, Les objectifs de la politique scientifique doivent, de plus, être assez précis et détaillés pour en permettre la discussion, en vue de susciter finalement une action concertée.Devant une entreprise aussi vaste, le Comité sénatorial s\u2019en est tenu à une grande étude générale et théorique, selon un schéma quelque peu simplifié, Il aurait été préférable, à notre sens, d\u2019appuyer cette analyse globale sur plusieurs rapports spécifiques, portant sur les différents aspects du problème et préparés par des groupes de travail mandatés par le Comité sénatorial; cette procédure, sans doute plus longue et plus coûteuse, aurait néanmoins donné une allure plus concrète aux recommandations du Comité, en les soutenant par des propositions démontrées.Une telle lacune, sur laquelle nous reviendrons dans des cas particuliers, explique que les auteurs soient plus à l\u2019aise dans l\u2019élaboration d\u2019objectifs et de concepts généraux que dans la formulation de plans d\u2019action spécifiques.2-\tLES OBJECTIFS PROPOSÉS Bien que nous soyons en principe d\u2019accord avec les principaux objectifs proposés» en ce qui concerne notamment l\u2019intensification de l\u2019effort scientifique général et l\u2019augmentation de la R-D faite par le secteur industriel, il est à craindre que ces objectifs ne conservent qu\u2019un caractère artificiel aussi longtemps qu\u2019ils trouveront leur justification dans les statistiques de l\u2019O.C.D.E.plutôt que dans une étude des besoins et des ressources propres au Canada.La détermination des objectifs et des orientations est sans doute le processus le plus décisif dans la mise en oeuvre de stratégies scientifiques, car elle doit englober la totalité du milieu considéré.A ce point de vue, on s\u2019explique mal qu\u2019un modèle, inspiré de pays qui ont leurs caractéristiques propres, soit proposé pour le Canada, sans que soient d\u2019abord considérées les conditions uniques d\u2019un pays, d\u2019une part hautement industrialisé et riche en ressources naturelles, mais dont l\u2019économie est partiellement sous main-mise étrangère et qui est lui-même caractérisé par un régime de gouvernement fédératif comportant des niveaux distincts de décision et de planification.3-\tLE CONTEXTE FÉDÉRAL Ce qui se dégage du Rapport sénatorial, c\u2019est que la politique scientifique semble relever d\u2019un seul niveau de gouvernement: l\u2019Etat fédéral.Tout au plus est-il suggéré: \u201cQu\u2019on abandonne aux gouvernements provinciaux et aux universités, à l\u2019intérieur des ententes fédérale s-provinciale s actuelles touchant 26 le financement de l\u2019éducation post-secondaire, la tâche de former les professeurs d\u2019université et de favoriser les recherches portant sur le fonds de connaissances acquises en vue d\u2019améliorer leur enseignement.\u201d (page 473) Les provinces se sont pourtant données depuis quelques années des outils de coordination et de planification en matière de recherche.C\u2019est ainsi qu\u2019en mars 1971 le gouvernement du Québec créait un Comité inter-ministériel des politiques scientifiques chargé de lui recommander les mesures propres à assurer la coordination des interventions gouvernementales en matière de recherche et de définir une politique scientifique adaptée aux besoins du Québec.Dans son allocution aux congressistes de l\u2019ACFAS le 16 octobre 1971, monsieur Guy Saint-Pierre alors ministre de l\u2019Education et président du Comité, déclarait: \".Le partage des juridictions exige, en effet, que nous prenions nous-mêmes des mesures actives pour assurer notre propre développement.\u201d Au Québec, la coordination et, dans une certaine mesure, la planification de la recherche universitaire sont assurées parla Commission de la recherche scien-ti 'que du Ministère de l\u2019éducation et la Commission de La recherche universitaire du Conseil des université , grâce notamment au programme de Formation de chercheurs et d\u2019action concertée parrainé par le Ministère.On a également vu la mise sur pied du Centre de recherche industrielle du Québec et de l\u2019Institut de recherche de l\u2019Hydro-Québec, tous deux destinés à favoriser l\u2019industrie locale.Enfin, le Québec s\u2019est doté récemment d\u2019un Conseil de la politique scientifique, constitué de représentants des milieux universitaires et industriels, de représentants des utilisateurs de la science dans le domaine social, ainsi que de fonctionnaires.L\u2019apparente ignorance des réalités régionales manifestée à ce jour dans les mémoires du Comité sénatorial accuse une grave lacune.Il nous faut espérer que dans ses travaux futurs, le Comité aborde résolument l\u2019importante question des niveaux de juridiction et entreprenne de délimiter les rôles respectifs des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux, en matière de formulation et mise en oeuvre des politiques scientifiques, tenant compte, entre autres choses, de la volonté du Québec de se donner une politique et une planification scientifiques propres.4- LE NIVELLEMENT DES DISPARITÉS Le concept du développement régional est une notion désormais admise dans les politiques économiques du Canada.Il devrait l\u2019être également en matière de recherche scientifique.Cette attitude signifie d\u2019abord que les objectifs généraux soient appliqués en fonction du milieu.De plus, il est essentiel de prévoir des stratégies et des budgets orientés vers l\u2019émergence de centres d\u2019excellence.La répartition très inégale, toutes proportions gardées, des dépenses fédérales pour la recherche, selon les régions, est suffisamment connue pour que l\u2019on détermine sans tarder des moyens précis de corriger cette situation.Or, mise à part la question non résolue du partage des pouvoirs et des compétences, on ne voit dans aucune des 45 recommandations du Rapport un seul élément qui serait de nature à contribuer au rétablissement de ce déséquilibre.Au contraire, certaines recommandations, si elles étaient appliquées de façon uniforme, seraient de nature à ralentir l\u2019essor scientifique de centres qui ne manquent pourtant pas de potentiel de développement.Ainsi, la diminution relative des octrois alloués à la recherche fondamentale libre, de même que le renforcement des critères d\u2019excellence par l\u2019attribution de subventions dans ce secteur, auront pour effet de défavoriser la recherche dans certains milieux, tels que les universités francophones, dont la plupart sont en voie seulement d\u2019atteindre un niveau de saine compétition avec les établissements reconnus au Canada et à l\u2019étranger.Cette politique sera défavorable à de tels milieux aussi longtemps qu\u2019elle ne sera pas explicitement assortie d\u2019une dynamique d\u2019émergence pour le nivellement des disparités.Ces choses ont plus d\u2019une fois été dites par l\u2019ACFAS dans le passé.Le critère d\u2019excellence est naturellement admis par le monde scientifique; et l\u2019ACFAS pour éviter toute équivoque, désire ici se prononcer sans réserves en faveur de l\u2019excellence du chercheur comme un des critères principaux pour l\u2019attribution des octrois de recherche.Mais ce critère n\u2019est pas le seul, car il va selon nous de pair avec un autre critère que l\u2019on pourrait définir comme le développement du potentiel scientifique, sur le plan des institutions et des individus.A ce point de vue, nous ne pouvons souscrire à l\u2019utilisation que l\u2019on fait du critère d\u2019excellence dans la citation suivante: \u201cL\u2019excellence, surtout dans ce domaine (la recherche libre), existe chez les individus avant de se développer dans les institutions.A cet égard, le Comité met sérieusement en doute la possibilité d\u2019éliminer les disparités régionales et de relever les normes de la recherche fondamentale dans telle ou telle institution au moyen de subventions spéciales de développement, sauf si elles ont pour but de permettre à une telle institution, premièrement de recruter des scientifiques de haut calibre capables de communiquer leur enthousiasme a leurs élèves et, deuxièmement, de mettre a leurs dispositions 27 les installations nécessaires La distinction entre chercheurs et institutions scientifiques, telle que faite ici par le Comité sénatorial, nous semble ignorer la constante et nécessaire interaction des chercheurs et des institutions dans l'émergence des centres d\u2019excellence.5-\tLA RECHERCHE UNIVERSITAIRE Nous ne partageons pas le point de vue du Comité sénatorial, lorsqu\u2019il suggère que les universités s\u2019occupent surtout de recherches fondamentales motivées par la curiosité.Ce serait alors limiter sérieusement le rôle des universités dans le développement de la recherche au pays- Et puisque dans l\u2019esprit même de tout le Rapport, il importe désormais de développer au Canada le domaine de la recherche appliquée et de l\u2019innovation, on s\u2019étonne de voir les universités coupées de ce secteur.Si l\u2019on veut des chercheurs qui s\u2019orienteront en général vers des travaux de recherches plus concrets, c\u2019est à l\u2019université qu\u2019il faut, nous semble-t-il, entreprendre cette réforme, au stade de la formation des scientifiques et ingénieurs.Or, le Rapport du Comité sénatorial ne traite à peu près pas de la recherche appliquée, dans les universités en dépit du rôle important que devraient jouer, par exemple, les écoles de génie, non seulement comme agents de formation de chercheurs industriels, mais aussi en vue d\u2019un rapprochement et d\u2019une meilleure coopération entre les centres de recherches universitaires et industriels.Il nous semble donc nécessaire non seulement de développer la recherche appliquée au sein de facultés universitaires comme celles du génie et de la gestion, mais aussi d\u2019étudier des méthodes et des moyens visant à une plus grande participation des universités à la recherche industrielle.6-\tL\u2019INNOVATION INDUSTRIELLE Il faut savoir gré au Comité sénatorial de s\u2019être penché longuement sur ce problème crucial au Canada.Augmenter la proportion de la R-D canadienne effectuée dans l\u2019industrie est un but fort valable, mais porter cette proportion de 38% à 60% de l\u2019effort du pays dans ce domaine représente un objectif des plus difficile.Par contre, les recommandations du chapitre 17, portant sur l\u2019aide directe de l\u2019Etat à la recherche industrielle, comptent parmi les plus pertinentes du Rapport et, malgré leur caractère général, devraient pouvoir constituer les bases d\u2019un plan d\u2019action spécifique de l\u2019Etat dans ce domaine.En ce qui concerne la coordination delà recherche entre les industries et la participation des entre- prises à un plan général de redressement, on ne trouve pas dans ce Rapport de très forts éléments d\u2019incitation auprès des milieux industriels, ce qui nous porte à douter des chances de succès d\u2019une telle stratégie.Celle-ci, au contraire, risquerait de tourner à l\u2019avantage des filiales de grandes sociétés étrangères, à cause de leur situation économique nettement plus avantageuse, (Voir à ce sujet, l\u2019étude de documentation No.22 du Conseil des sciences du Canada, intitulée: Sociétés multinationales, investissement direct de l\u2019étranger, et politique des sciences du Canada).La question déborde en fait les cadres d\u2019une politique purement scientifique et se situe au niveau des politiques de développement économique.Peut-être parce qu\u2019il juge que ce n\u2019est pas son rôle, le Comité sénatorial ne propose pas d\u2019objectifs ou de solutions \u201céconomiques\u201d au problème de la recherche faite par des entreprises canadiennes.Il en résulte que l\u2019étude du Comité sénatorial sur l\u2019innovation industrielle reste fragmentaire de même que les stratégies développées.On note, par exemple, que sur les 25 recommandations que le Rapport consacre à l\u2019innovation industrielle, aucune ne traite directement delà phase ultime et cruciale de l\u2019innovation, c\u2019est-à-dire la commercialisation ou la mise en marché.Pour compléter le travail amorcé dans le second volume du Rapport sénatorial, il faudrait une étude sélective sur les domaines où la recherche industrielle au pays devrait s\u2019exercer, considérant l\u2019aspect économique et structurel de l\u2019industrie canadienne, en vue de définir et de détailler des plans susceptibles d\u2019augmenter la recherche industrielle, par exemple sous forme de contrats attribués par le gouvernement.Dans ce contexte, il nous paraît évident que les stratégies industrielles élaborées à l\u2019intérieur d\u2019une politique scientifique d\u2019ensemble devraient être axées sur le développement de l\u2019industrie authentiquement canadienne.7-\tLA RECHERCHE DANS LES SCIENCES HUMAINES Nous estimons, en accord avec le Comité sénatorial, qu\u2019il existe un besoin urgent de développer la recherche dans les sciences humaines et sociales.En raison d\u2019une augmentation notable du nombre d\u2019étudiants, il existe dans ces secteurs un réservoir considérable de ressources humaines que la société doit mettre à contribution en vue de trouver des solutions aux problèmes sociaux d\u2019aujourd hui, A notre avis, il ne s\u2019agit pas de s\u2019en tenir uniquement à la recherche fondamentale libre (difficile à identifier dans la plupart des sciences humaines), mais surtout d\u2019orienter 28 la recherche vers la mise au point de méthodologies scientifiques, vers l\u2019analyse des réalités du milieu, et enfin vers une réponse aux besoins de l\u2019homme dans la société moderne.Il nous semble également essentiel de susciter dans ce domaine la formation de grandes équipes de recherche interdisciplinaires, les seules capables d\u2019englober les problèmes sociaux sous tous leurs aspects.Il y aurait lieu de déterminer à ce point de vue des stratégies qui tendent au regroupement des ressources et des programmes.Enfin, du point de vue de la communauté fran-sophone, il nous apparaît peu souhaitable que le soutien financier de la recherche en sciences sociales relève, au même titre que la recherche dans les autres secteurs, d\u2019une fondation rattachée au Secrétariat d\u2019Etat, ce qui impliquerait vraisemblablement que la détermination des priorités dans ce domaine serait faite à un niveau autre que celui des régions ou des provinces concernées.La nature même de la recherche en sciences sociales, très liée aux préoccupations d\u2019une société donnée, appelle, à notre sens, une prise de responsabilités particulière, sur le plan des priorités, de la pan des autres niveaux de gouvernement directement intéressés.8- LA RÉORGANISATION DES STRUCTURES Le Comité sénatorial recommande la mise en place d\u2019un nombre impressionnant de structures nouvelles: Commission du futur, Commission de la recherche, Fondations, Académie nationale, Instituts, Groupes de travail, Bureau de réorganisation industrielle, Comités spéciaux, Banque d\u2019innovation, Société de laboratoires industriels, etCc Considérées séparément, ces recommandations procèdent sans doute d\u2019une logique défendable, mais leur ensemble donne une impression d\u2019idéalisme et ne réussit pas à convaincre.Ici encore, on souhaiterait percevoir davantage les mécanismes de décision et de fonctionnement qui articuleront ces nombreux organismes et en coordonneront l\u2019action, ainsi que la façon dont ces nouvelles structures seront substituées dans plusieurs cas aux agences actuelles devenues alors superflues.QUELQUES COMMENTAIRES PARTICULIERS SUR LES RECOMMANDATIONS DU COMITÉ SÉNATORIAL Les commentaires qui suivent se situent dans la même ligne de pensée que les précédentes considérations mais portent plus directement sur les recommandations, au nombre de 45, qui sont regroupées dans les cinq derniers chapitres du Rapport sénatorial.1- Grandes orientations et objectifs d\u2019une politique scientifique pour les années 1970 (Chap.13) Les premières recommandations du Rapport ont trait à la planification de l\u2019activité scientifique, à partir de projections à long terme, d\u2019un inventaire et d\u2019une vérification des programmes de recherche au Canada, ainsi que d\u2019un plan global adopté par le Parlement, dans la perspective d\u2019une augmentation substantielle de l\u2019effort scientifique au pays.Le rôle des organismes prévus (un comité spécial du futur, émanant du Conseil économique et une Commission du futur, travaillant de concert avec les organisations privées et publiques) sera, à notre sens, utile dans la mesure où ces organismes pourront définir un plan général de développement économique et social dans lequel s\u2019insérerait une politique scientifique cohérente.Il faudrait s\u2019assurer que ces comités soient interdisciplinaires et qu\u2019ils comportent une représentation des principaux milieux concernés.Quant à l\u2019adoption d\u2019un plan global, elle ne devrait pas se faire seulement par le gouvernement fédéral.Les autres niveaux de pouvoir devraient être impliqués de près dans cette opépation.Un inventaire national des travaux de R-D serait incomplet s\u2019il n\u2019englobait pas également les travaux de R-D faits par la grande industrie.Il existe, en effet, des duplications sur ce plan entre l\u2019Etat et les entreprises.Mais un inventaire par l\u2019Etat de la R-D faite dans l\u2019industrie sera sans doute une opération difficile, à cause du caractère souvent confidentiel des travaux effectués.Nous sommes enfin tout à fait d\u2019accord sur la nécessité d\u2019augmenter de façon substantielle l\u2019effort scientifique du pays.Mais l\u2019objectif proposé ne devrait pas être relié nécessairement à une portion du PNB: il devrait plutôt être évalué selon nos besoins et notre situation propres, c\u2019est-à-dire en fonction d\u2019une véritable politique de développement économique et industriel.2- Objectifs et stratégies de la recherche fondamentale (Chap.14) fore reclj chei pare meni reel vah tion b le conc recq nutiç à mf de la r que acc® les i sect pas ; rait i tionp soub tota gen5!¥ïüf MH ËlËill\t\t Compressibilité du sol\t\t\tmm\t1111\t\t Indice de plasticité des argiles\t\t\tpm\t111111\t\t Drainage\tExcessif\t\tillil\t5\t\t \tBon\t\t¦MvMvXvXvXv!\t5\t\t \tMoyen\t\t©SSSSSSKS::;:!\t4\t\t \tMauvais\t\t\t2\t\t Erosion\tGlissements\t\tilllllll\t3\t\t \tAir res formes d'érosion\t\tiiËliiiili Iliill\t3\t\t Inondations Plaines de débordement\t\t\t5\t3\t\t Cours d'eau\tPrésence\t\t5\t5\t\t \tProximité\t\t5\t4\t4\t3 Les coefficients de pondération pour ces fonctions apparaissent aux ta-bleaux: XI et XII feigSsa : Indique l'absence de rapport entre la variable et la fonction.(1) L'indice de productivité agricole fut établi suivant la méthode de Berger et Haie (1962), Voir tableau -\u2014 TABLEAU II Structure des facteurs phytotrophiques dans la matrice d'intégration No de cellule\t\t% d'occupation spatiale\tClasse ou indi- ce\tConservation et éducation\t\tRécréation active\tRésidence\tCommerce et Industrie Tourbières\t\t\t\t3\t\t1\t1\t1 Prairies\t\t\t\t\t\t3\t3\t4 Boisés (âge,densité, qualité)\tdiaiqi\t\t10\t5\t\t4\t4\t \tdlaiq2\t\t9\t4\t\t4\t4\t \td2Vi\t\t8\t4\t\t5\t5\t \tdla2\u2018l1\t\t7\t5\t\t2\t2\t \td2a1q1\t\t6\t4\t\t5\t5\t \tdla2q2\t\t5\t4\t\t2\t2\t \td2a2qi\t\t4\t4\t\t3\t3\t \td2a2q2\t\t3\t3\t\t3\t3\t \tdlalq3\t\t2\t1\t\t3\t3\t \td2alq3\t\t1\t1\t\t4\t3\t \td1a2q3\t\tL\t1\t\t2\t2\t \td2&2q3\t\tK\t1\t\t3\t3\t Forêts matures de haute qualité\t\t\t\t5\t\t3\t\t Groupements rares (à protéger)\t\t\t\t5\t\t\t\t TABLEAU III Structure des facteurs zootrophiques (indice d'activité animale) dans la matrice d'intégration No de cellule\t\tOccupation spatiale X\tConservation et éducation\tRécréation Drainage 5, 4, 3, 2, 1\t\t\t\t Sol\tSable\t5X\t\t\t \tTill\t4X\t\t\t \tTerre noire\t3X\t\t\t \tArgile\t2X\t\t\t \tTourbe\tIX\t\t\t Interface de sol 5, 4, 3, 2, 1\t\t\t\t Végétation\tBois (sapin - épinette- cèdre) 5X\t\t\t \tBois (pin - pruche)\t4X\t\t\t \tErable\t3X\t\t\t \tAbandons (champs)\t2X\t\t\t \tChamps cultivés\tIX\t\t\t Interface de forêt 5, 4, 3, 2, 1\t\t\t\t Espèces animales à protéger\t\t\t\t Chasse et pêche i.\t\u2014 - .,\t\t\t\t\t\t TABLEAU IV PRODUCTIVITE AGRICOLE: FACTEURS ET COEFFICIENTS DE PONDERATION D'APRES BERGER ET HALE (1962) Facteur de Droductivité\tIntensité des facteurs et la pondération correspondante\t\t\t Pentes\t0 très abrupt (> 15%)\t.i raide (4 - 8%)\t?6 ondulante (4 - 8%)\t*8 plane (0 - 4%) Pierrosité\t-20 excessive\t0 modérée\t?6 légère\t48 très faible Degré d\u2019érosion\t-20 sérieux\t0 modéré\t?6 léger\t48 aucun Texture du sol\t-20 gravières\t0 sables-loams sableux\t*10 argile, loam argileux\t?15 loams limoneux et terres noires \u2014 Humidité\t-20 Excessive ou très mauvaise\t0 modérée\t.10 légère\t415 bon drainage Epaisseur du dépôt\t-20 moins de 25 cm\t0 25 cm - 60 cm\t?6 60 cm - 1 m\t?8 plus de 1 m Ph (pour cultures générales)\t0 très fortement acide 4.5\t*i fortement acide (4.5 - 5.4)\t*6.5 (SC^d?6.2)\t*10 légè^nt gc^e Phosphore assimilable\tlb/acre\t0 très faible -10\t*1.5 faible (10-39)\t43 modéré (40-75)\t*5 satisfaisant *75 Potassium assimilable lb/acre\t0 très faible -100\t*1.5 faible (100-139)\t?3 modéré (140-180)\t*5 satisfaisant *180 Contenu en matières organiques\t0 très faible -1%\t.2 faible (l%-2%)\t?6.5 médium (2%-4%)\t?10 élevé (4%) Nombre de jours sans gelée\t0 80 à 109 jours\t?3 110 à 129 jours\t?6 130 à 139 jours\t48 140 jours ou plus TABLEAU V POTENTIEL RESIDENCE: FACTEURS ET COEFFICIENTS DE PONDERATION\t\t\t\t Facteur\tIntensité des facteurs et la pondération correspondante\t\t\t \t-500\t-500\t-30\t-20 Inondation\texistante 75 - 100%\texistante 50 - 75%\t25 - 50%\tde 5 à 25% Stabilité des sols\t-500\t-500\t-30\t-20 (glissement)\t75-100% non stable\t50-75%\tnon stable\t25-50% non stable\t5 à 25% non stable Sensibilité des sols\t-10\t-5\t0\t?5 (argile)\tsensible\tmodérément sensible\tpeu sensible\tnon sensible .\t\t ¦ -i \t-20\t0\t?5\t?15 \ttrès forte 15%\tmodéré 8-15%\tCL rt> 0 1 w orf*\tde 3 à 8% Profondeur des dépôts\t-15\t-10\t0\t.15 meubles\taffleurement 5\tplus que 20'\tde 15\u2019 à 20'\tde 5\u2019 à 15\u2019 Compressibilité\t-10\t-5\t0\t?10 \ttrès forte\tmodérée\tlégère\taucune Traits naturels\t-5\t0\t?5\t?5 \tLaids\tneutre\tmodéré\ttrès beau \t-10\t-5\t0\t5 \térodé de 75-100%\tde 50-75%\tde 25-50%\tde 0 à 25% Drainage\t-5\t0\t+ 5\t*10 \ttrès mauvais\tmodéré\tbon\ttrès bon à excessif TABLEAU VI POTENTIEL COMMERCIAL-INDUSTRIEL: FACTEURS ET COEFFICIENTS DE PONDERATION\t\t\t\t Facteur\tIntensité des facteurs et pondération corresponda\t\t\tnte Inondation\t-500 100% inondé\t-500 50 - 100%\t-30 25 - 50%\t-20 de 5 à 25% Stabilité des sols\t-500 100% instable\t-500 50 - 100%\t-30 de 25 - 50%\t-20 de 5 à 25% Profondeur\tdépôts meub 1\t-20 de 0-10\u2019 ou plus que\t-10 de 30' à 50'\tde 20'*5 30'\t*15 de 10 - 20' Sensibilité des sols argile\t-20 très sensible\t-10 modérée\t0 peu sensible\t45 non sensible Compressibilité\t-15 très forte\t0 modérée\t«5 léaère\t?15 aucune\t Pente\t-20 très forte\t15%\t0 de 8 à 15%\t?S de 3 à 8%\t?10 plat de 0 - 3% Cours d\u2019eau\t\t0 absence\t?5 proximité\t?10 présence Drainage\t-15 très mauvais\t0 modérée\t?s bon\t?10 bon à excessif\t Erosion\t-5 très forte\t0 \tmoyenne\t\t*5 \tfaible\t\t?5 inexistante 41 MATRICE D'INTEGRATION DES POTENTIELS TABLEAU VII PREMIER FORMAT OUTPUT INPUT\tCONSERVATION\t\tRECREATION\t\t\tAGRICULTURE\t\t\tRESIDENCE\t\t\tCOMMERCE ET INDUSTRIE\t\t\tCON- FLIT CONSERVATION\t.A.1 @ 2\t3\t3\t3\t4\t3\t3\t4\t3\t3\t4\t3\t3\t4\t4 RECREATION\t10 4\t3 0 4\tJà.1\t2\t3\t2\t3\t4\t2\t3\t4\t2\t3\t4\t4 AGRICULTURE\t10 4\t3 0 4\t10 4\t2 0 4\t3 0 4\tC 1\t2\t3\t2\t3\t4\t2\t3\t4\t4 RESIDENCE\t18 4\t3 0 4\t10 4\t2 0 4\t3 0 4\t10 4\t2 0 4\t3 0 4\tD 1\t2\t3\t2\t3\t4\t4 COMMERCE ET INDUSTRIE\t1 @ 4\t3 @ 4\t1 @ 4\t2 @ 4\t3 @ 4\t1 @ 4\t2 @ 4\t3 @ 4\t1 @ 4\t2 @ 4\t3 @ 4\tJL 1\t2\t.3\t4 LEGENDE: I 1 2 3 4 Excellent Bon Moyen Pauvre à mauvais II A,B,C,D, et E - Indique l'ordre de priorité dans la phase d'intégration TABLEAU VIII DISTRIBUTION SPATIALE DES POTENTIELS POTENTIELS\tFORMAT 1\tFORMAT 2\tFORMAT 3 1 - CONSERVATION 6 EDUCATION\t6.6%\t6.6%\t3.4% 2 - RECREATION ACTIVE\t21.3%\t15.8%\t19.0% 3 - AGRICULTURE\t51.0%\t53.9*\t53.9% \t 4 - RESIDENCE\t19.0%\t13.3%\t21.6% S - COMMERCE 6 INDUSTRIE\t1.1%\t9.4%\ti.i% 6 - AUCUN POTENTIEL\t1.0%\tO !\t1.0% Ces pourcentages sont basés sur le nombre de cellules d'une vocation particulière par rapport au nombre total de cellules sur l'ensemble du territoire.TABLEAU IX VULNERABILITE DE LA NAPPE\tPHREATIQUE A LA CONTAMINATION\t%\tSEVERITE\tREFERENCE \t- Rapide (275 @ 400)\t100 X 3\t\tCarte no 5.13 PERMEABILITE\t- Modéré (200 0 275)\t100 x 2\t\t \t- Lente (100 @ 200)\t100 x 1\t\t \t\tA\t\t \t- Peu profonde (0-3')\t100 x 3\t\tCarte no 5.27 \t- Modérée (3-6')\t100 x 2\t\t PROFONDEUR DE LA NAPPE PHREATIQUE\t- Profonde (6' et plus)\t100 x 1\t\ti \t\tB\t\t \t- Plat (0-3%)\t% x 3\t\tCartes no 5.61 0 5.64 PHYSIOGRAPHIE\t- Ondulé (3-8%, 8-15%)\t% x 2\t\t \t- Raide (15% et plus)\t% x 1\t\t \t\tC\t\t VALEUR MAXIMUM\t\t900\t\t VALEUR MINIMUM\t\t600\t\t! 1 INDICE .\t(A*B*-C) -300 x 100 900 - 300\t\tY\t\tj I FIGURE 2 ORGANIGRAFWE U'INTEGRATION DES POTENTIELS LECTURE DU » DE CELLULES ET DE L'OPTION CHOISIE POUR L'INTEGRATION.\t: NCELL, ICI .1 , 2 ou 3 1\t- CONSERVATION ET EDUCATION 2\t- RECREATION ACTIVE LECTURE DES S POTENTIELS POUR LES CELLULES 3 - AGRICULTURE 4 - RESIDENCES I S - COMMERCES ET INDUSTRIES CLASSEMENT DES POTENTIELS SUIVANT 4 CLASSES: 1\t-\tEXCELLENT\t4 -\tMAUVAIS |\t2\t-\tBON\tA PAU- 3\t-\tMOYEN\tVRE m .n CONSERVATION : 1 ou 2 CONSERVATION ; 1 SI RECREATION = 1 RECREATION .1 ou 'CONSERVATION .2 POTENTIEL .CONSERVATION AGRICULTURE .1 ou 2 POTENTIEL .RECREATION AGRICULTURE = 1 ou 2 POTENTIEL - AGRICULTURE SI RESIDENCE .1 POTENTIEL ^ RESIDENCES RESIDENCE .1 ou 2 ou RECREATION - 2 SI RESIDENCES.2 u COMMERCES ET INDUS RIES.1 ou 2 OU 1 COMMERCES .1 ou 2 t INDUSTRIES POTENTIEL ; COMMERCES ET INDUSTRIES CALL MINI SELECTION DU POTENTIEL AYANT LA MEILLEURE CLASSE ECRITURE DU POTENTIEL CHOISI SUR IMPRIMANTE OU CARTES PERFOREES 43 BILAN D\u2019UNE ÉTUDE DU MILIEU MINÉROTROPHIQUE DE LA ZONE DU NOUVEL AÉROPORT INTERNATIONAL DE MONTRÉAL Camille Laverdière Département de géographie Université de Montréal De la pierre à l\u2019homme; 4 milliards d\u2019années.De la roche du début du Primaire, rencontrée dans la région de Ste-Scholastique, à la venue de l\u2019homme au Québec méridional: Vi milliard d\u2019années.Mais à partir de la dernière intrusion, représentée par des filons-couches à Ste-Monique; 60 millions d\u2019années; les primates faisaient leur apparition sur la Terre.Dès lors, de rapport entre ces minéraux et l\u2019homme, aucun, si ce n\u2019est l\u2019Amérindien il y a quelques milliers d\u2019années à peine, mais très timidement, puis l\u2019homme blanc depuis 150 ans, et surtout l\u2019homme à calculatrices et à bulldozers des temps actuels, essaient de tirer profit, mais d\u2019une façon de plus en plus désordonnée, malgré les moyens techniques dont il dispose.Mais rien ne sépare l\u2019homme, dans le temps, de la formation voire de la fabrication de la roche la plus récente, qui a nom sable éolien, alluvions de débordement ou béton, asphalte et verre.Il intervient non seulement dans la mise en place d\u2019agrégats contemporains, il est le créateur de nouveaux matériaux.Mais il est surtout, par son intervention de plus en plus grande dans la transformation de l\u2019espace, la cause d\u2019un mauvais usage des produits naturels, et surtout de leur destruction; il n\u2019a pas appris à recycler les matériaux usés: l\u2019espace pollué est la pour l\u2019attester d\u2019une triste façon.Les causes d\u2019un tel état de fait résident dans une façon empirique de mise en valeur des choses face à des exigences artificielles qui le dépassent, dans une défense qu\u2019il a d\u2019un ordre de valeur qui concourt, sans qu\u2019il s\u2019en aperçoive, à sa propre perte.S\u2019enrichit-on quand on menace d\u2019extinction 280 espèces de mammifères, 350 espèces d\u2019oiseaux et 20,000 espèces de plantes; quand fabricants et riverains transforment en un véritable égoût qui fait vomir la rivière du Nord ou la Belle-Rivière, ou quand on fait disparaître un bien unique, sans prix, les dunes de Canuta.D\u2019autant plus que ces dernières sont constituées d\u2019un matériau que l\u2019on peut se procurer plus économiquement ailleurs, leur forme constituant au contraire une précieuse ressource naturelle dont doit tirer pleinement et intelligemment parti tout aménagis-te conscient de leur valeur irremplaçable.A ce jour, le bilan de l\u2019aménagement des ressources du milieu minérotrophique dans la zone du nouvel aéroport international de Montréal est fortement néga- tif.Parce qu\u2019il est évidemment très dificile, dans tout programme d\u2019aménagement, de se départir de modèles, la plupart du temps venus d\u2019ailleurs, presque fixés une fois pour toutes, qui sont comme l\u2019apanage d\u2019une classe de travailleurs, et surtout de se mettre à la recherche de nouveaux principes et normes pour mieux rationaliser les actes à poser en fonction d\u2019exigences particulières.Parce qu\u2019il est très difficile d\u2019établir une politique à long terme, pourtant plus rentable à cette échelle.Parce que le territoire exproprié est sous le contrôle de ceux-là même qui le transforment, et qu\u2019ils n\u2019ont de compte à rendre qu\u2019à eux-mêmes.Parce que l\u2019entreprise privée, appelée à l\u2019exploration du milieu, est là avant tout par souci d\u2019y tirer le plus de profit possible; on connaît les résultats de la construction de la nouvelle voie ferrée du CNR.Combien de fois entendons-nous dire que l\u2019amé-nagiste est à Ste-Schol astique pour y construire pistes et hangars.Est-il assuré que les besoins recherchés à Ste-Scholastique, un complexe aéroportuaire, résident avant tout dans l\u2019établissement de pistes et hangars aux détriments des parties d\u2019un tout; si de tels ouvrages pouvaient s\u2019obtenir par une exploitation rationnelle et harmonieuse de tous les éléments du milieu, à partir de la connaissance des exigences du milieu écologique, et de leur respect, dès lors l\u2019intervention de l\u2019homme ne contribuerait plus à sa perte.Nous ne ferons pas connaître les connaissances acquises de l\u2019interaction des différents niveaux trophiques superposés, pour ne considérer que la philosophie de l\u2019usage fait par l\u2019homme des éléments minéraux.Dès lors, de l\u2019inventaire d\u2019un milieu, quel est le potentiel écologique de ses constituants, quelle forme doit prendre sa mise en valeur biologique, et surtout quel aspect doit revêtir son aménagement anthropique.Force est d\u2019admettre que ces études de base arrivent un peu tard, comme elles n\u2019ont rien eu à voir sur le choix du site du nouvel aéroport.Pour le détail, nous renvoyons les intéressés à nos deux rapports, l\u2019un sur \u201cLes paysages physiques\u2019\u2019, l\u2019autre sur \u201cLa carte géomorphologique\u2019\u2019, et un troisième, en préparation \u201cLa roche en place\u2019\u2019.Ce milieu est à la fois solide ou meuble, le dernier surmontant l\u2019autre.Il est constitué d\u2019un corn- partiment dominant, les Laurentides, et de l\u2019autre dominé, les basses-terres du St-Laurent.Il est parcouru d\u2019un circuit fluvial, subaérien ou souterrain, surmonté de l\u2019élément gazeux; une couverture végétale le dissimule à la vue.Il est surtout structurel, c\u2019est-à-dire qu\u2019il n\u2019existe dans son état présent ou dans son comportement actuel qu\u2019en fonction d\u2019une dynamique inter-actionnelle émanant de chacune de ses parties, et de celle des autres niveaux trophiques.Mais ces ensembles viennent à peine d\u2019être profondément transformés par l\u2019homme des champs que déjà une nouvelle activité dans la région de Ste-Schol asti que contribue à forger l\u2019espace géographique de demain.De plus en plus sensibles à de réelles valeurs de mieux-être, nous osons le croire, saurons-nous intégrer ces préoccupations à un milieu qui a aussi ses exigences; comment y parvenir si ce n\u2019est dès maintenant par la création de nouveaux critères d\u2019identification d\u2019un espace en marche, contemporain mais aussi en devenir dans le respect des réelles valeurs passées.Le niveau minérotrophique, c\u2019est cette vieille roche endogène du rebord des Laurentides, devenue en grande partie cristallophyllienne sous les vicissitudes d\u2019origine interne.C\u2019est ensuite celle qui constitue l\u2019assiette consolidée de la majeure partie de la zone expropriée, roche détritique ou sédimentaire datant du Primaire, à structure peu dérangée, comprenant grès et dolomie.C\u2019est peut-être quelques filons-couches, en relief dans la plaine à Ste-Monique.Un vide de plusieurs dizaines de millions d\u2019années, avons-nous vu, conduit ensuite à une mince couverture sus-jacente à éléments hétérogènes, mais dont un trait commun l\u2019emporte: ce sont des roches meubles, ayant été rapidement accumulées les unes sur les autres en une très courte période: quelques milliers d\u2019années.On trouve à leur base une moraine, plutôt grossière, de fond puis d\u2019ablation, surmontée d\u2019autres matériaux glaciaires, mais roulés ou fluvio-glaciaires.Puis viennent des sédiments marins, très fins ou argileux, mais sablonneux s\u2019ils ont été mis en place en position littorale ou deltaique.Un réseau hydrographique, succédant à la présence marine, a permis un alluvionnement limoneux, et sablonneux transformé par le vent.L\u2019ensemble a été coiffé par la formation in situ de débris organiques.Mais une fois mis en place, les matériaux participent à une nouvelle transformation sur place, de la part de processus physico-chimico-biologiques qui vont lui conférer de nouvelles propriétés; ainsi naîtront les régosols, les organosols, les gleysols, les brunisols, les luvisols, les podzols.Le résultat final de toutes ces superpositions, entre chacune d\u2019elles s\u2019interposaient le plus souvent phases d\u2019érosion ou de déformation, se traduit par un relief qui dans ses lieux haut et bas constitue l\u2019un des éléments qui conditionne le plus la vie de relations du territoire.Un relief qui s\u2019appelle, avec toutes ses composantes et avec tout ce qu\u2019elles signifient, formes spatiales, linéaires ou ponctuelles pour ne pas entrer dans le détail de chacune d\u2019elles.L\u2019homme participe activement à la création de nouvelles roches naturelles, celles qui sous reprises d\u2019érosion anthropique constituent accumulations éoliennes, depuis les déboisements inconsidérés et les façons culturales inappropriées, alluvions limoneuses de crue accompagnant le comportement inusité des cours d\u2019eau, ou colluvions constituant glacis de ruissellement, loupes de solifluxion, cônes de déjection, etc.Quant aux nouveaux matériaux, provenant de la transformation des premiers, et résultant d\u2019additions pour qu\u2019ils deviennent vitres ou abrasifs à partir du grès, quand ce dernier ne devient pierre à construction obtenus de déchets de carrières ou de blocs erratiques; nouvel agrégat ou pierre concassée dolomitique servant de ballast, ou de matériel de remblaiement de routes, de pistes, constituant ainsi une nouvelle stratigraphie, si la dolomie ne devient pas la pierre taillée des vieilles maisons, ou la pierre si décorative; poudingue quand les blocs morainiques se retrouvent clôtures; ciment, asphalte avec les matériaux fluvioglaciaires, les sables origine diverse et surtout les malheureux sables dunaires pour la fondation des routes.Que dire de la marne que l\u2019on a pas su exploiter comme amendemant, calcaire, la tourbe que l\u2019on a respectée jusqu\u2019à présent mais que l\u2019on est en train de détruire par égouttement, la terre noire exploitée à petite échelle, l\u2019argile destinée à raison à la grande culture, la moraine à vocation forestière, le roc solide comme assiette d\u2019ouvrages lourds.Ces traits qui semblent évidences sont en réalité loin d\u2019être acquises.Un niveau trophique résulte de la combinaison de traits de même nature qui constituent son individualité et son originalité; comment non seulement tirer profit de ses possibilités, mais contribuer à les mettre davantage en valeur pour le mieux-être de la collectivité.Bien entendu à partir de la connaissance des parties d\u2019un tout dont les interactions structurelles donnent naissance au dynamisme du milieu.L\u2019écologie, qui essaie de découvrir les relations et les potentiels entre les différents niveaux trophiques, permet de savoir utiliser pour l\u2019intérêt et le plaisir de la communauté les potentiels entre les éléments d\u2019un environnement, de mieux profiter des ressources en les mettant en valeur dans leur respect.Depuis peu de temps, l\u2019homme a été mis brutalement en présence de la profonde mutilation de l\u2019environnement, par une technique placée la plupart du temps sous les seules valeurs de rentabilité immédiate pour une classe de consommateurs priviliégiés. Les études écologiques n\u2019ont pas encore fait prendre conscience de l\u2019urgence de retrouver avec les vraies valeurs de l\u2019espace, composé d\u2019habitats et d\u2019habitants, et de relations.Mais pour qu\u2019elles soient un jour considérées à leur mérite, c\u2019est-à-dire dans 10 ou 15 ans, fallait-il qu\u2019elles soient entreprises immédiatement.Dans la région de Ste-Scholastique, puissent-elles surtout inciter à poursuivre l\u2019approfondissement d\u2019un premier acquis, et être accueillies avec respect par tous les autres chercheurs, planificateurs et aménagistes. 46 CONTRÔLE DES POPULATIONS D\u2019OISEAUX POUR LA SÉCURITÉ AÉRIENNE Raymond McNeil Directeur scientifique intérimaire, Centre de recherches écologiques de Montréal L\u2019existence du péril aviaire est une réalité bien admise depuis plusieurs années.De nombreux accidents d\u2019avion, impliquant tant l\u2019aviation civile que militaire, ont été signalés à la suite de collision avec des oiseaux et ont causé plusieurs pertes de vie humaine en plus d\u2019occasionner des coûts de réparation exorbitants.La première perte de viehumaine à la suite d\u2019une collision de cette nature remonte à 1912; il s\u2019agissait du célèbre pilote Cal.Rogers; mais les plus graves incidents se sont produits à Boston en 1960 (62 pertes de vie) et au Maryland en 1962 (17 morts), impliquant respectivement un Electra et un Viscount.La majorité des accidents impliquant l\u2019aviation civile ont lieu tout près des aéroports, au décollage ou à l\u2019atterrissage.Seulement 25% des accidents à la suite de collision avec les oiseaux ont lieu loin des aéroports, en route et à haute altitude.Le problème est d\u2019autant plus inquiétant que le volume du trafic aérien par avion à réaction augmente et que dans ce type d\u2019avion, une forte proportion des impacts endommage les moteurs.Sur 89 impacts enregistrés par des DC-8, 40% ont endommagé les moteurs.Le Canada s\u2019intéresse au péril aviaire près des aérodromes depuis 1940.En 1963, le Conseil National de Recherches du Canada a fondé un comité mixte sur l\u2019étude des dommages causés aux avions par les oiseaux (Associate Committee on Bird Hazards to Aircraft).Grâce à ce comité, des études ont été entreprises afin de réduire le péril aviaire sur des aéroports déjà existants au Canada (e.g.Dorval).Des comités semblables ont été formés aux Etats-Unis, en Angleterre, aux Pays-Bas et ailleurs.Il existe une étroite collaboration entre ces organismes, étant donné qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un problème international.Les études de ces comités ont apporté des résultats sensibles au bout de très peu de temps.) Sur plusieurs aéroports à travers le monde, il y avait un péril aviaire d\u2019autant plus sévère que l\u2019on ignorait l\u2019existence du problème au moment de leur aménagement.Ainsi, à certains endroits, au lieu de construire un aéroport, on aurait dû aménager un sanctuaire d\u2019oiseaux.Sans avoir à déplorer de pertes de vie, la Compagnie Air Canada a dû dépenser, entre 1958 et 1962, quelque $238,000.00 par année en frais de réparations seulement.Suite aux mesures de protection et de contrôle proposées par le comité, le coût annuel moyen a baissé à $125,000.00 entre 1963 et 1968, cela en dépit d\u2019une augmentation considérable du nombre d\u2019envolées de la compagnie.Face au problème d\u2019ensemble du péril aviaire, on peut tendre globalement à minimiser à la fois les conséquences et les risques de collision entre les a-vions et les oiseaux.En ce qui concerne les conséquences, la technologie moderne visera vraisemblablement à produire des avions et des réacteurs moins vulnérables.Mais la réduction de risques même de collisions est encore plus souhaitable.Les risques peuvent d\u2019abord être diminués si les avions eux-mêmes transportent des dispositifs qui écartent les oiseaux de leur passage (e.g.appareils à ultra-son, etc).Là encore, c\u2019est une solution qui relève de la technologie.Les risques de rencontre peuvent aussi être amoindris en évitant les concentrations d\u2019oiseaux dès le choix du site de l\u2019aéroport ou, à haute altitude, par contrôle du trafic aérien en fonction des routes et des périodes de migration, et par dépistage au radar.Des études écologiques doivent être faites avant de définir les méthodes à utiliser pour éloigner les oiseaux du voisinage d\u2019un aérodrome déjà existant, et à plus forte raison quand il s\u2019agit d\u2019aménager un nouvel aéroport: MIEUX VAUT PREVENIR QUE GUERIR! La meilleure façon d\u2019éloigner les oiseaux d\u2019un territoire est de déterminer la cause de leur présence et d\u2019éliminer cette cause.Cet objectif peut être atteint par des études écologiques du milieu impliquant: (1) une étude qualitative et quantitative des espèces aviennes présentes en tout temps de l\u2019année; (2) une étude de la vie animale en général; (3) une étude de la végétation; (4) une étude du sol, de son utilisation, etc.Une telle étude doit couvrir non seulement les abords immédiats de l\u2019aéroport, mais aussi toute l\u2019étendue de la région aéroportuaire.Une étude de ce genre a déjà été effectuée à l\u2019Aéroport International d\u2019Auckland, à Mangere en Nouvelle-Zélande. 47 RESPONSABILITÉS DE L\u2019ÉQUIPE-McNEIL AU SEIN D\u2019EZAIM A la demande du Conseil National de Recherches du Canada et du Bureau d\u2019Aménagement du Nouvel Aéroport International de Montréal (BANAIM), le professeur Dansereau m\u2019a invité à faire partie du groupe EZAIM (Ecologie de la Zone de l\u2019Aéroport International de Montréal) afin d\u2019entreprendre une étude de la faune avienne dans son ensemble dans le but bien précis de prévoir les moyens de contrôle des populations d\u2019oiseaux pour la sécurité aérienne près du nouvel aéroport en construction dans la région de Ste-Scholastique.En plus d\u2019impliquer un inventaire saisonnier des populations aviennes dans toute la région aéroportuaire, le projet de mon équipe comprend une étude écologique des espèces qui sont ou pourront être considérées comme un danger pour l\u2019aviation.Les aspects suivants ont été considérés: -\tdensité des populations des oiseaux nicheurs; -\templacements de nidification; -\timportance des mouvements migratoires; -\timportance des attroupements saisonniers; -\tnature des abris et des lieux de repos nocturnes et diurnes; -\tdispersion et mouvement des oiseaux entre les reposons et les lieux d\u2019alimentation; -\tnature et disponibilité des ressources alimentaires susceptibles d\u2019attirer les espèces-problème.MÉTHODES D\u2019INVENTAIRE En vue de procéder à un inventaire des populations aviennes, j\u2019ai modifé une méthode de recensement déjà employée sur une grande partie de l\u2019Amérique du Nord par le Service Canadien de la Faune et le Bureau of Sport Fisheries and Wildlife des Etats-Unis dans le cadre du recensement conjoint des oiseaux nicheurs de l\u2019Amérique du Nord.La zone expropriée a été subdivisée en 9 trajets de recensements de longueur variant de 17 à 21.5 milles, et qui groupent toutes les routes carrossables en automobile (Figure 1).Ces routes ont été marquées à tous les demi-milles de façon à constituer autant d\u2019arrêts ou points d\u2019observation servant à faire un relevé qualitatif et quantitatif des oiseaux présents.La méthode consiste à regarder et à écouter durant 5 minutes de façon à compter le nombre d\u2019oiseaux de chaque espèce observée, dans un rayon de Va de milles, de même que tous les oiseaux entendus, quelle que soit la distance.La distance d\u2019un arrêt à un autre est parcourue en automobile.Les oiseaux vus et/ou entendus en conduisant d\u2019un arrêt à l\u2019autre sont comptés à l\u2019arrêt suivant, à moins qu\u2019ils aient été notés dans le rayon d\u2019un quart de mille de l\u2019arrêt précédent.Le recensement comme tel commençait 30 minutes avant le lever du soleil.Un total de 346 arrêts ont été déterminés, et compte tenu du rayon d\u2019un quart de mille pour l\u2019observation autour de chaque arret, la superficie inventoriée comprend environ 54 milles carrés sur un total possible d\u2019environ 138 milles carrés.Les milieux (forêts, champs fouragés, terrains labourés ou hersés, grandes cultures, cultures légu-mières, pâturages, canaux d\u2019irrigation, clôtures et haies d\u2019arbres et d\u2019arbustes, etc) ont été décrits dans un rayon d\u2019un quart de mille autour de chaque arrêt à la suite d\u2019observations directes sur le terrain et à partir d\u2019une carte de l\u2019utilisation des sols en 1971, préparée par l\u2019équipe de Peter Clibbon, afin de déterminer quels éléments du milieu sont responsables de l\u2019attroupement de différentes espèces d\u2019oiseaux.Chaque série de trajets a été parcourue une fois par semaine entre le 10 mai et le 10 septembre 1971, à toutes les deux semaines par la suite jusqu\u2019au 16 novembre, et une fois par mois au cours de l\u2019hiver.De plus, à compter de la fin de juin 1971, période à laquelle les attroupements d\u2019oiseaux ont commencé à se manifester de façon plus évidente, les mêmes routes ont été parcourues à plusieurs reprises à différentes heures de la journée.Au cours de ces séances spéciales de dénombrement qui se sont poursuivies jusqu\u2019en novembre 1971, seuls les concentrations ou attroupements étaient notés.Il va sans dire que la limite de 5 minutes par arrêt n\u2019était pas respectée et que la distance entre les arrêts n\u2019était plus uniforme.D\u2019autres séances spéciales de dénombrement ont été effectuées en 1972 à compter du début d\u2019avril et se poursuivront encore jusqu\u2019en novembre.Chaque bande d\u2019oiseaux, qu\u2019il s\u2019agisse des recensements matinaux ou des séances spéciales de dénombrement, a été estimée quantitativement à la suite de comptages directs sur le terrain, corrigés dans plusieurs cas à partir de l\u2019examen d\u2019agrandissements photographiques.Les éléments du milieu responsables de la présence des bandes ou des attroupements ont été notés dans tous les cas.Ces recensements ont été effectués par 3-4 étudiants sous-gradués, un étudiant gradué et un assistant de recherche.RÉSULTATS ET CONCLUSIONS Jusqu\u2019à date, nous avons inventorié quelque 180 48 espèces d\u2019oiseaux dans la région aéroportuaire.De cela, 38 espèces ont été jugées comme constituant un danger potentiel pour la sécurité aérienne.L\u2019importance du danger varie selon les espèces et selon les périodes de l\u2019année; ce danger dépend d\u2019une part de la taille et des moeurs de l\u2019espèce, et d\u2019autre part, de son abondance dans la zone aéroportuaire aux différentes périodes de l\u2019année.Les risques de collision entre les oiseaux et les avions sont saisonniers, car ils sont reliés aux migrations printanières et automnales.La production de jeunes aux cours de la saison de reproduction a pour résultat d\u2019occasionner un plus .grand nombre d\u2019incidents en l\u2019automne qu\u2019au printemps.Les attroupements post-reproductifs à l\u2019automne font qu\u2019il y a de nombreuses bandes d\u2019oiseaux qui se déplacent au sein de la région.A cela s\u2019ajoute le fait que le volume migratoire automnal est plus considérable.Pour chacune des espèces qui constituent un danger potentiel à Ste-Scholastique, nous avons évalué l\u2019importance du danger, lequel varie selon les espèces de très faible jusqu\u2019à excessivement grand, la période du danger, et les causes de la présence des oiseaux dans la région.Quatre espèces ont été considérées comme extrêmement dangereuses en raison de leur nombre et de leurs moeurs.Il s\u2019agit de l\u2019Etourneau sansonnet, du Vacher à tête brune, du Carouge à épaulettes et du Mainate bronzé.Il y a également une bonne demi-douzaine d\u2019autres espèces très dangereuses, parmi lesquelles il faut retenir les Bernaches du Canada qui traversent la zone opérationnelle au cours de leurs migrations et y comptent des postes d\u2019arrêt et de repos, et les Goélands à bec cerclé qui se rassemblent en nombre assez considérable au-dessus des dépotoirs, sur les terrains gazonnés, et sur les terrains fraîchement labourés ou hersés.Le milieu rural de Ste-Schol astique est particulièrement attrayant pour les différents espèces d\u2019étourneaux en raison de ses ressources alimentaires; récoltes et fruits sauvages.Les pratiques culturales qui constituent les principales attractions sont par ordre décroissant: les pâturages ou pacages, les champs de mais, les grandes cultures telles que l\u2019avoine.La coupe du foin et le séchage du foin sur le sol attirent aussi de grandes concentrations à compter de la fin de juin.Certains habitats tels que les marais à quenouilles et les aulnaies entourées de forêt constituent des reposoirs nocturnes par excellence.Les marais à quenouilles et les canaux de drainage à ciel ouvert contribuent à augmenter la population reproductive des carouges.Les haies d\u2019arbres et d\u2019arbustes le long des clôtures constituent des perchoirs très fréquentés au cours des périodes d\u2019attroupement.De nombreuses bandes se déplacent au dessus de la zone opérationnelle.Aux causes du péril aviaire existant déjà sur le territoire, s\u2019ajouteront les transformations que subit le paysage en raison même de l\u2019implantation de l\u2019aéroport: les canaux de drainage à ciel ouvert peuvent se multiplier; des terrains seront dénudés et affouillés, et par le fait même attireront de nombreuses espèces dont des pluviers, etc.; des bâtiments dont les caractéristiques architecturales sont particulièrement propices à la nidification et au repos des oiseaux vont s\u2019édifier; des établissements comme les centres d\u2019achats, les terrains de pique-nique ou les industries de transformation alimentaire apparaîtront, et les déchets qu\u2019ils produisent sont susceptibles d\u2019attirer des goélands.Dans beaucoup d\u2019endroits, l\u2019expropriation a donné lieu à l\u2019abandon des terres, ce qui favorise l\u2019implantation d\u2019une faune de rongeurs susceptibles d\u2019attirer les rapaces.Dans le but de prévenir le péril aviaire, dans une perspective de sécurité aérienne maximum, nous avons formulé à BANAIM des recommandations pratiques.Nos propositions font l\u2019objet de deux listes majeures, fondées aussi rigoureusement que possible sur des usages et des activités qui existent actuellement dans la région ou qui sont susceptibles d\u2019y apparaître.La première liste concerne les usages et les pratiques culturales, et la seconde les usages et normes non-agricoles.Ces directives et ces mesures s\u2019appliquent à trois zones de protection à sévérité décroissante: la zone intérieure où s\u2019appliquent les restrictions maximum, la zone intermédiaire où les restrictions agricoles sont moins sévères, et la zone extérieure où s\u2019appliquent essentiellement certaines restrictions à l\u2019égard des usages non-agricoles futurs.Evidemment, il est préférable d\u2019être plus sévère dans un premier temps de façon à pouvoir alléger les restrictions ultérieurement plutôt que d\u2019en créer de nouvelles.A l\u2019encontre de ces considérations, il a fallu évaluer notamment l\u2019impact des mesures relatives à l\u2019agriculture sur la rentabilité économique de la région.Il importe au plus haut point en effet que même soumise à des restrictions, l\u2019activité agricole demeure rentable et que les cultivateurs continuent à s\u2019y adonner, faute de quoi l\u2019abandon des terres peut avoir des conséquences presque aussi graves que le maintien des cultures et pratiques dangereuses.Des restrictions très sévères ont été proposées concernant le foin séché sur terre, les pâturages et les pacages, à cause du fait que des invertébrés qui y vivent attirent des bandes très considérables d\u2019oiseaux, notemment les Etourneaux sansonnets, les Vachers à tête brune, les Carouges à épaulettes et les Mainates bronzés.Ces restrictions auront évidemment un impact assez considérable, car, dans bien des cas, elles obligeront les cultivateurs à modifier leurs équipements et leurs bâtiments de ferme.Ces modifications seront évidemment très coûteuses, même si plusieurs agronomes admettent maintenant que l\u2019ensilage est à la longue plus rentable que le pâturage ou le pacage, en tant que niche d\u2019alimentation des vaches laitières et des bovins de boucherie.Dans l\u2019espoir de pouvoir adoucir ces restrictions, nous avons entrepris au cours de l\u2019été de 1972 un inventaire des invertébrés qui vivent dans les foins et les pacages, doublé d\u2019une étude des contenus stomacaux des oiseaux qui les fréquentent, afin de connaître quels sont les invertébrés qui exercent une attraction sur la faune avienne.Dans une seconde étape, une autre étude pourra être entreprise afin de trouver un moyen qui permette de contrôler les populations d\u2019invertébrés, si possible sans avoir recours à l\u2019emploi d\u2019insecticides. LES SCIENCES DE LA GESTION Conférences prononcées dans le cadre de la section de gestion et de recherche opérationnelle Par la publication de quelques textes présentés lors du Congrès et portant sur la gestion, nous tenons à souligner l'événement que représente la création d'une section de gestion et de recherche opérationnelle au sein de l'ACFAS.Il est vrai que la recherche opérationnelle était auparavant représentée à l'ACFAS par l'intermédiaire de la section d'informatique.En rattachant désormais ce domaine à celui de la gestion, l'ACFAS a voulu regrouper un secteur de recherche de plus en plus important et auquel participent en particulier nos facultés d'administration et de gestion, en plus de nombreux organismes privés et publics.Si l'on en juge par le dynamisme de cette nouvelle section dès sa première année d'existence, on peut conclure qu'elle a pris pour de bon sa place parmi les disciplines scientifiques qui intéressent l'ACFAS. 51 THÉORIE GÉNÉRALE DU TRAVAIL Jacques Charest Département d\u2019administration et d\u2019économique Université du Québec à Trois-Rivières RÉSUMÉ A partir d\u2019un concept de système de travail et d\u2019une stratégie de design établis par le docteur Gerald Nadler de l\u2019Université du Wisconsin, un autre concept de système plus élaboré est mis au point.De plus, une interprétation fonctionnelle du travail est développée.Selon cette interprétation, il existe six fonctions fondamentales qui expliquent toute l\u2019activité humaine.Chacune de ces fonctions s\u2019exerce selon une stratégie qui lui est propre.Les six grandes fonctions sont: la recherche, le design, la production, l\u2019échange, la con- sommation et la gestion.L\u2019application d\u2019une *elle théorie permet, en particulier, de purifier le concept de gestion à un point tel que son contenu en est réduit a la seule prise de décision, la planification et le contrôle étant relégués au niveau du design et de la recherche.Une fois que les fonctions sont bien établies, des choix fondamentaux pour chacune d\u2019entre elles sont déterminés.Ces ensembles de choix résument essentiellement la gestion de chacune des fonctions, ou en d\u2019autres mots la gestion de tout le travail de l\u2019homme.C\u2019est là le point de départ de l\u2019élaboration de modèles généraux de systèmes d\u2019information pour la gestion.L\u2019homme construit et opère des systèmes depuis toujours.Ils constituent une réalité à laquelle personne ne peut échapper.On ne peut vivre qu\u2019à travers des systèmes.Le but de cette communication est de présenter une théorie générale des systèmes de travail de l\u2019homme.Elle nous permet d\u2019interpréter l\u2019ensemble de ses activités à l\u2019aide d\u2019un nombre relativement limité de concepts.Pour débuter, nous nous demanderons en quoi consiste un système de travail.Quels sont ses éléments.Puis nous aborderons d\u2019autres questions, à savoir: 1)\tla détermination des fonctions fondamentales des systèmes de travail, 2)\tla détermination des relations qui existent entre elles, 3)\tla définition des séquences de travail requises pour remplir les fonctions, et 4)\tl\u2019introduction de la dimension de conscience dans le concept de système de travail.Ce qui précède sera ensuite condensé en un ensemble d\u2019idées bien intégrées qui constituent la théorie.Ceci étant fait, nous traiterons du problème de la gestion des systèmes de travail.Une philosophie de la gestion sera élaborée autour, principalement, du concept de conscience.De plus, les fonctions traditionnelles de la gestion seront analysées à la lumière des définitions des fonctions fondamentales du travail, pour ensuite présenter l\u2019essentiel du processus de gestion, c\u2019est-à-dire, la prise de décision.Pour terminer, nous discuterons des systèmes d\u2019information nécessaires à la gestion des principaux systèmes de travail ainsi que de la valeur relative de l\u2019information et des problèmes que pose sa communication d\u2019une personne à une autre.INTRODUCTION AU CONCEPT DE SYSTÈME DE NADLER Nadler définit un système de travail1 de la façon suivante: Un système, quelque soit sa taille ou son genre, c\u2019est l\u2019ensemble des conditions spécifiques et organiques des éléments fonctions, intrants, ex- 1.G.Nadler, Work Design, A Systems Concept, (Home-wood, 111.: Richard D.Irwin, revised edition 1970).p.41. 52 trants4 séquence, environnement, catalyseurs physiques, catalyseurs informatiques et agents humains définies, pour chacun des éléments, dans les dimensions physiques, de taux, de contrôle et d\u2019état.Cette définition, comme bien d\u2019autres, ne peut être bien utile si l\u2019on ne dit pas ce que sont ces éléments et ces dimensions.Ainsi nous avons, toujours selon Nadler: Les éléments 2 1)\tla fonction La fonction est ce que le système doit accomplir.Elle en est le principal élément.Elle justifie son existence.2)\tles intrants Sont des intrants tous les êtres humains, matériels ou informatiques qui entrent dans un système et en sortent comme parties des extrants.3)\tles extrants Sont des extrants tous les êtres humains, matériels et informatiques qui résultent delà transformation des intrants.4)\tla séquence La séquence est toute méthode, tout processus ou toute suite d\u2019opérations suivie pour transformer les intrants en extrants.5)\trenvironnement L\u2019environnement, c\u2019est l\u2019ensemble des conditions physiques, sociologiques et psychologiques qui affectent tous les autres éléments dans l\u2019accomplissement de la fonction.6)\tles catalyseurs physiques Les catalyseurs physiques sont les ressources matérielles qui participent à la transformation des intrants en extrants sans devenir partie de ces derniers.7)\tles catalyseurs informatiques Les catalyseurs informatiques sont tousles symboles utilisés pour définir les relations entre les éléments et qui ordonnent leurs opérations sans devenir partie des extrants.8)\tles agents humains Les agents humains sont toutes les ressources dans le système qui manipulent d\u2019une façon consciente tous les autres éléments dans le but de transformer les intrants et extrants sans devenir partie de ceux-ci.2.Les définitions sont approximativement celles de Nadler, sauf pour ce qui est des catalyseurs informatiques qui n'apparaissent pas dans son livre.En 1970, sur notre recommandation, il les a intégrés à son concept de système.Nous leur avions alors donné le nom de catalyseurs cognitifs.Les dimensions 1)\tla dimension physique C\u2019est ce qu\u2019est l\u2019élément, essentiellement.Elle peut être décrite sous forme de mesures ou sous forme littéraire.2)\tla dimension de taux C\u2019est l\u2019ensemble des mesures de la dimension physique prise par unité de temps, habituellement.3)\tla dimension de contrôle C\u2019est l\u2019ensemble des façons de: a)\tmesurer les éléments dans leur fonctionnement, b)\tcomparer les mesures aux normes pré-établies, et c)\tcorriger les écarts inacceptables.4)\tla dimension d\u2019état C\u2019est l\u2019ensemble des états futurs prévus pour tous les éléments du système.Une représentation matricielle (Figure 1) du concept de système permet de saisir d\u2019un seul coup d\u2019oeil sa simplicité, puis la complexité de ce qu\u2019est en fait un système de travail si nous pensons aux problèmes que peut poser l\u2019élaboration du contenu de la matrice.Figure j Matrice de design Dimensions de\tde physique environnement catalyseurs physiques catalyseurs informatiques Source: G.Nadler, Work Design, A Systems Concept, (Homewood, 111.: Richard D.Irvin, revised edition 1970), p.38.Note: les catalyseurs informatiques n'apparaissent pas dans la source. 53 OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES\tFig.u_r_.e_J.3 \"Explosion\" de la fonction A - FONCTIONS DU TRAVAIL Lorsque nous observons l\u2019homme au travail, quel que soit le contexte, nous constatons qu\u2019il remplit des tâches, évidemment très variées, qu\u2019il accomplit systématiquement.En un sens, quelque soit son niveau d\u2019instruction et son rang social, il est un systématicien.A tout le moins, la plupart des hommes le sont, si ce n\u2019est que dû au fait qu\u2019ils produisent des biens pour vivre selon des méthodes qu\u2019ils auront mis au point, sans pour autant s\u2019être reconnus le titre de systématicien.Dans le paragraphe qui précède, nous avons implicitement reconnu que l\u2019homme consomme des biens puisque vivre ne peut se faire autrement.Nous avons aussi reconnu implicitement qu\u2019il a mis au point (ou fait le design) des méthodes de travail nécessaires pour produire.Si ses méthodes sont bonnes, c\u2019est qu\u2019il aura effectivement découvert des lois qui régissent son environnement.Une chose qui n\u2019est pas explicitement reconnue ci-haut, c\u2019est la nécessité d\u2019échanger, à tout le moins quelques-uns des biens qu\u2019il produit, avec ses semblables.Si nous considérons maintenant qu\u2019il est raisonnable de penser que plusieurs possibilités se sont présentées à lui dans l\u2019accomplissement de ses tâches, il n\u2019a pu que remplir une autre fonction vitale qui est celle de faire des choix.Pour résumer ce qui précède, nous pouvons présenter l\u2019ensemble des fonctions de travail de l\u2019homme dans un ordre (figure 2) qui nous fait voir de quelle façon elles s\u2019impliquent généralement les unes dans les autres.En fait, nous disons ceci: quel que soit le travail qu\u2019il accomplit, ce ne peut être que de la recherche, du design, de la production, de l\u2019échange, de la consommation ou de la gestion.De plus, généralement, il fait de la recherche pour concevoir des systèmes, il fait des systèmes pour produire des biens et des services et ainsi de suite.e x P 1 0 s 1 o n système de la gestion système de la consommation système de l'échange système de la production système du design système de la recherche découvrir les lois qui gouver rient les systèmes concevoir des systèmes \\ / produire des biens et des services N\t- / échanger des biens et des services N__\u2014- / consommer des biens et des services gérer des systèmes B - SÉQUENCES DU TRAVAIL Les fonctions dont nous venons de parler et que nous considérons comme fondamentales, s\u2019exercent selon des ensembles d\u2019activités (sous-fonctions) et aussi dans un certain ordre.Ces ensembles d\u2019activités constituent les séquences des systèmes correspondants.Ainsi pour chacune d\u2019entre elles nous présentons dans l\u2019ordre des suites d\u2019activités que nous qualifions, un peu arbitrairement, de traditionnelles: 1)\tla recherche 1.\tChoisir un domaine de recherche 2.\tFaire des observations 3.\tElaborer une hypothèse 4.\tFaire le test de l\u2019hypothèse 2)\tLe design 1.\tDéterminer la fonction 2.\tConcevoir différentes possibilités de systèmes pour remplir la fonction 3.\tFaire la collecte des données sur les systèmes possibles 3.L\u2019explosion de la fonction est une technique de recherche en design mise au point par le Dr Gérald Nadler et qui consiste, à partir d\u2019un système dont on veut faire le design, d\u2019abord à définir sa fonction puis de monter à des fonctions plus importantes en se demandant systématiquement à quoi sert celle qui précède.Le but de l\u2019opération est principalement de valider la fonction du système dont on veut faire le design. 54 4.\tModifier les systèmes 5.\tFaire le choix d\u2019un système applicable 6.\tFormuler le système dans le détail 7.\tRéviser le système 8.\tTester le système 9.\tEtablir les moyens de mesure de son rendement 3)\tLa production 1.\tS\u2019assurer des ressources 2.\tFormer les ressources humaines 3.\tFaire l\u2019acquisition des intrants 4.\tCéduler la production 5.\tEntretenir les ressources 6.\tTransformer les intrants en extrants 7.\tContrôler la qualité des extrants 8.\tDéployer les extrants selon les exigences de l\u2019échange 4)\tL\u2019échange 1.\tFaire connaître le produit ou le service 2.\tRendre le produit ou le service accessible 3.\tProcurer de l\u2019information précise sur celui-ci à ceux qui en demandent 4.\tEn venir à un accord entre échangeurs 5.\tFaire l\u2019échange proprement dite 6.\tEnregistrer les termes de l\u2019échange 7.\tS\u2019occuper des suites de l\u2019échange: -plaintes -réparations 5)\tLa consommation 1.\tSe familiariser avec le produit ou le service 2.\tTester le produit ou le service 3.\tUtiliser le produit ou le service 4.\tAssimiler le produit ou le service 5.\tRecouvrer les résidus 6)\tLa gestion 1.\tDéfinir et/ou se familiariser avec les normes d\u2019un système 2.\tAcquérir et/ou confirmer dans leurs fonctions les ressources humaines, physiques et d\u2019information 3.\tAnalyser le feedback des opérations 4.\tConfirmer et/ou redéfinir les normes C - LA DIMENSION DE CONSCIENCE DES SYSTÈMES DE TRAVAIL Dans sonlivre4, \u201cLe phénomène humain\u201d, Pierre Teilhard de Chardin aborde le phénomène de la conscience d\u2019une façon particulière.Selon lui, à cause de l\u2019unité fondamentale de l\u2019univers, sous tout phénomène exceptionnel se cache une réalité partout répandue.Il en serait ainsi par conséquent de la conscience qui n\u2019apparaît comme évidence que dans l\u2019homme.4.Pierre Teilhard de Chardin, Le phénomène humain, (Paris, France: Editions du Seuil, 1955).C\u2019est en gardant à l\u2019esprit, la pensée de Teilhard de Chardin que nous avons défini comme suit une dimension de conscience pour tous les éléments d\u2019un système de travail: La dimension de conscience est cette partie de l\u2019essence d\u2019un élément que l\u2019on ne peut exprimer à travers la description de sa dimension physique.Ainsi formulée, la définition ne devrait pas présenter trop de difficultés sur le plan philosophique.Sur le plan pratique, par contre, nous pouvons nous demander à quoi elle peut bien servir.Nous pouvons dire qu\u2019elle nous permet, à tout le moins, de mieux situer l\u2019expression de la fonction dans la matrice de design.Ainsi, nous ne décrirons plus la fonction sous la dimension physique mais plutôt sous celle de conscience.De la même façon, nous comprendrons mieux la présence dans le concept de système des facteurs psychologiques et sociologiques si, au lieu de les rattacher à l\u2019élément environnement sous la dimension physique, nous les rattachons aux autres éléments qui en sont la source sous la dimension de conscience.Nous abordons plus à fond les implications de l\u2019introduction du concept de conscience dans la théorie des systèmes dans la partie de la communication qui traite de la philosophie de la gestion.Pour le moment, nous en avons assez dit pour être en mesure de présenter la théorie générale du travail de l\u2019homme dans la partie qui suit.EXPOSÉ DE LA THÉORIE Nous présentons la théorie en quatre points qui résument l\u2019essentiel de ce que nous avons dit précédemment.Nous croyons qu\u2019elle nous donne une interprétation intégrale du travail de l\u2019homme.1)\tUne version modifiée de l\u2019ensemble des éléments Il s\u2019agit du même ensemble que celui du concept de système de Nadler excepté pour ce qui est des points suivants: a) l\u2019élément environnement n\u2019inclut plus que les facteurs physiques et b) l\u2019élément nouveau \u201cautres agents vivants\u201d est ajouté.2)\tUne dimension nouvelle, celle de la conscience Si nous acceptons la définition de la conscience telle qu\u2019exposée par Teilhard de Chardin dans son livre, cette dimension s\u2019applique à tous les éléments.3)\tUn regroupement des dimensions en deux classes Le premier est celui des dimensions que nous appelons essentielles.Il inclut les dimensions physique et de conscience.L\u2019autre groupe renferme les dimensions de taux, de contrôle et d\u2019état que nous appelons existentielles. 55 4) Une théorie fonctionnelle du travail Tout système de travail ne peut vivre et survivre que s\u2019il fait appel, simultanément ou en \u201ctime-sharing\u201d, à toutes les fonctions fondamentales suivantes: la recherche, le design, la production, l\u2019échange, la consommation et la gestion.Nous pensons que c\u2019est là une condition nécessaire.Pour aider à la compréhension de la théorie la représentation matricielle qui suit (figure 3) a été développée.Elle nous apparaît malheureusement moins simple et plus complexe dans ses implications que la matrice de design de Nadler.Par contre, si nous la comparons à la classification des systèmes (figure 4) telle qu\u2019établie par Kenneth Boulding dans sa théorie générale des systèmes, nous nous apercevons que toutes les catégories s\u2019y retrouvent.Nous croyons cependant que la théorie ne serait pas complète si nous nous contentions d\u2019expliciter le contenu des fonctions à l\u2019aide des séquences traditionnelles du travail.C\u2019est pourquoi, dans un effort pour rendre à chacune une certaine unicité, nous avons développé des séquences nouvelles qui apparaissent à la suite de la figure 4.3 Figure Une représentation matricielle de la théorie générale du travail recherch Fonction Intrants Extrants Séquence Catalyseurs de 1'environnement Catalyseurs physiques Catalyseurs informatiques Agents humains Autres agents vivants physique d'état conscience taux essentielles\texistentielles dimensions Figure 4 Classification des systèmes Principales divisions\tCatégories\t\t \tSystèmes de règles\tN\t\tStatiques \tSystèmes dynamiques simples \\\tNon- vivants\t Déterministe\tMécanismes auto-adaptifs\tJ Organismes monocellulaires kVégétaux\t\t¦ Dynamiques \tAnimaux\t> Vivants\t Probabiliste {\tHommes\t\t \tGroupes ou collectivités\t-\t Source:\tB.L.J.Hart, Les systèmes dynamiques de gestion, (Paris, France:\tInstitut national de gestion prévisionnelle et de contrôle de gestion, 1968), p.17. 56 Séquences de travail des principaux systèmes de travail Séquences telles qu* exprimées traditionnellement Séquences nouvelles Recherche 1.\tChoisir un domaine de recherche 2.\tFaire des observations 3.\tElaborer une hypothèse 4.\tFaire le test de l\u2019hypothèse 1.\tFaire des observations 2.\tElaborer une hypothèse 3.\tFaire le test de l\u2019hypothèse Design 1.\tDéterminer la fonction\t1.Concevoir différentes possibilités 2.\tConcevoir différentes possibilités de systèmes pour\tde systèmes pour remplir la fonction remplir la fonction\t2.Documenter ces possibilités 3.\tFaire la collecte des données sur les systèmes possibles 4.\tModifier les systèmes 5.\tFaire le choix d\u2019un système applicable 6.\tFormuler le système dans le détail 7.\tRéviser le système 8.\tTester le système 9.\tEtablir les moyens de mesure de son rendement Production 1.\tS\u2019assurer des ressources 2.\tFormer les ressources humaines 3.\tFaire l\u2019acquisition des intrants 4.\tCéduler la production 5.\tEntretenir les ressources 6.\tTransformer les intrants en extrants 7.\tContrôler la qualité des extrants 8.\tDéployer les extrants selon les exigences de l\u2019échange 1.\tS\u2019assurer des ressources 2.\tFaire l\u2019acquisition des intrants 3.\tIntégrer les intrants en extrants Echange 1.\tFaire connaître le produit ou le service 2.\tRendre le produit ou le service accessible 3.\tProcurer de l\u2019information précise sur celui-ci à ceux qui en demandent 4.\tEn venir à un accord entre échangeurs 5.\tFaire l\u2019échange proprement dite 6.\tEnregistrer les termes de l\u2019échange 7.\tS\u2019occuper des suites de l\u2019échange: - plaintes - réparations IDEM Consommation 1.\tSe familiariser avec le produit ou le service 2.\tTester le produit ou le service 3.\tUtiliser le produit ou le service 4.\tAssimiler le produit ou le service 5.\tRecouvrer les résidus 1.\tUtiliser le produit ou le service 2.\t\u201cDésintégrer\u201d le produit ouïe service 3.\tRecouvrer les résidus Gestion 1.\tDéfinir et/ou se familiariser avec les normes d\u2019un système 1.Faire des choix de valeurs, de 2.\tAcquérir et/ou confirmer dans leurs fonctions les\tfonctions, de systèmes et de temps ressources humaines, physiques et d\u2019information 3.\tAnalyser le feedback des opérations 4.\tConfirmer et/ou redéfinir les normes 57 .vice Nous pouvons nous demander à bon droit maintenant ce que la théorie peut bien vouloir dire en pratique.Pour ce qui est de la recherche, par exemple, elle veut dire que si un chercheur veut établir toutes les lois qui gouvernent un système, il doit considérer qu\u2019il en existe pour six sous-systèmes et que son domaine de recherche s\u2019étend aux 270 cubes de la matrice.C\u2019est donc dire que des problèmes de choix s\u2019imposent.A tout le moins, il peut les catégoriser assez facilement.De même, pour ce qui est de la gestion, la théorie implique que lorsqu\u2019un gestionnaire établit les objectifs de son système, il peut et devrait considérer l\u2019établissement de six types d\u2019objectifs, c\u2019est-à-dire des objectifs de recherche, des objectifs de design et ainsi de suite.lien va de même pour ce qui est du choix des valeurs qui précède celui des objectifs.C\u2019est avec cette dernière idée en tête que nous passons maintenant à la définition d\u2019une philosophie de la gestion des systèmes de travail fondamentaux.is GESTION DES SYSTÈMES DE TRAVAIL Eléments d\u2019une nouvelle philosophie de la gestion Lors de notre exposé des séquences de travail nouvelles, nous avons dit qu\u2019essentiellement la gestion consistait à faire des choix de valeurs, de fonctions, de systèmes et de temps.Nous pouvons dire, sans risque de nous tromper, qu\u2019il existe des liens étroits entre ces éléments de choix.Tout particulièrement, nous pouvons parler d\u2019un ensemble de valeurs correspondant à l\u2019ensemble des fonctions.Ainsi nous avons: Valeurs\tFonctions la vérité\tla\trecherche la créativité\tle\tdesign la productivité\tla\tproduction la justice\tl\u2019échange l\u2019économie\tla consommation la liberté\tla gestion Pour ce qui est des valeurs, entre autres, si nous tentons de définir ce que leur somme effectivement représente, nous retrouvons la conscience (dans le sens de self-connaissance comme le dit Teilhard de Chardin).Cette VALEUR est la raison d\u2019être de l\u2019exercice de la gestion.C\u2019est pourquoi nous avons introduit la dimension de conscience dans le concept même de système de travail.Si nous considérons dans cet esprit l\u2019approche que l\u2019homme doit avoir vis-à-vis la vie en général et le travail en particulier dans notre ère que l\u2019on qualifie d\u2019exponentielle, nous ne pouvons que dire que l\u2019homme doit nécessairement accroître sa conscience d\u2019une façon exponentielle s\u2019il veut tout simplement survivre.Nous pourrions dire qu\u2019en pratique, selon la pensée d\u2019Eric Berne, ceci veut dire qu\u2019il doit réduire substantiellement, et librement, à la fois le nombre et l\u2019impor-tance des jeux qu\u2019il pratique.Comme exemple, nous pouvons nommer la guerre, la course à l\u2019accaparement des ressources naturelles et la consommation, et ceci sans mentionner les jeux qui ont cours entre les individus à partir desquels s\u2019établissent ces grands jeux.D\u2019une autre manière, dans une interprétation plus technique de la portée du concept de conscience dans la théorie du travail et en tenant compte de la préoccupation de l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui pour la qualité de la vie, nous proposons que tous les éléments de l\u2019univers qui sont affectés par un système en opération soient considérés comme éléments de ce dernier.Ainsi, si nous acceptons que la \u201cconscience\u201d d\u2019un système soit la \u201csomme\u201d, pas nécessairement mathématique, de la \u201cconscience\u201d de chacun de ses éléments, alors nous pouvons dire que les fonctions, les systèmes qui sous-tendent les fonctions et les temps de décision doivent être choisis selon l\u2019augmentation de \u201cconscience\u201d qu\u2019ils vont provoquer.Malheureusement, nous ne pouvons pas mesurer la qualité de la vie.Il en est de même pour la conscience.Mais nous avons retenu de la pensée de Teilhard de Chardin que plus la complexité matérielle est grande chez les êtres plus la conscience l\u2019est aussi.Nous savons de plus que selon la physique moderne une augmentation dans l\u2019entropie est équivalente à une diminution dans l\u2019asymétrie (ou la complexité) de l\u2019univers.Cette variable, l\u2019entropie, elle, est mesurable dans ses changements.Si nous ne sommes pas en mesure d\u2019établir ce que sont les changements dans la conscience pour mieux gérer, nous devrions jusqu\u2019à un certain point considérer les changements d\u2019entropie comme le critère premier de la gestion.Les possibilités à choisir dans ce cas, sont celles qui provoquent les plus petits changements dans l\u2019entropie.Nous pouvons supposer alors que la \u201cconscience\u201d des systèmes aura soit augmenté ou encore diminué le moins possible.D\u2019une façon plus pratique et en même temps plus qualitative, sans utiliser la mesure des changements dans l\u2019entropie mais tout en tenant compte de l\u2019esprit de l\u2019approche, nous suggérons l\u2019emploi de la méthode suivante dans l\u2019évaluation des possibilités: tous les éléments d\u2019un système possible sont énumérés dans un ordre de complexité décroissante.Si le risque existe que les opérations du système provoquent la décomplexification de certains de ses éléments les plus conscients et ne compensent pas ailleurs par une 58 complexification d\u2019autres éléments qui tend à l\u2019éliminer, alors le système doit être rejeté.Evidemment, la méthode qui précède ne tient pas compte de la conscience de l\u2019homme telle qu\u2019on l\u2019entend habituellement.On ne pourra sans doute jamais en tenir compte directement sous forme de mesures.Cependant, nous pensons qu\u2019il existe un moyen indirect de s\u2019y prendre pour l\u2019évaluer jusqu\u2019à un certain point.Posons d\u2019abord la théorie suivante: la conscience des agents humains dans un système est directement proportionnelle au facteur de corrélation qui existe entre la distribution de la richesse qui résulte des opérations du système parmi les agents humains de ce dernier et une distribution normale de cette même richesse (voir la figure 5 pour une illustration des deux distributions).Il nous semble raisonnable de croire en effet que si l\u2019intelligence est normalement distribuée, la conscience doit être aussi normalement distribuée et que si c\u2019était le cas pour cette dernière dans la réalité, la richesse serait effectivement normalement distribuée.Nous savons en fait que très peu de sociétés s\u2019approchent de cet idéal.Il convient de noter en plus qu\u2019il est possible de calculer ce facteur si nous connaissons la procession moyenne de la richesse dans un système donné et si nous prenons pour acquis que le rapport entre cette moyenne et l\u2019écart type de la distribution normale est le même que dans le cas de la distribution de l\u2019intelligence.Les autres valeurs en cause sont connues puisque la moyenne des deux courbes est la même et que l\u2019écart type delà distribution actuelle a pu être calculé puisque nous en connaissons la moyenne.Pour ce qui est de la gestion, et en particulier de la gestion pour le futur, le facteur ne peut être employé comme tel.Seul la mesure de ses changements peut être utilisée pour l\u2019évaluation des possibilités offertes dans une situation de décision.Dans ce que nous venons d\u2019exposer, nous avons essayé de définir ce que nous avons appelé des éléments d\u2019une nouvelle philosophie de la gestion.Ils nous indiquent pour le moment, une nouvelle voix de la recherche dans le domaine plutôt que nous fournissent des outils d\u2019application immédiate.Dans cet autre ordre d\u2019idées, nous allons maintenant aborder le processus même de la gestion.Figure 5 La distribution des biens et des services comme \"mesure\" de la conscience distribution actuelle distribution \"normale\" 'V.VA'.y -^ÿ v.v/; ; ; biens et services LE PROCESSUS DE GESTION REDEFINI Lorsque nous consultons des ouvrages qui traitent de l\u2019exercice de la fonction de gestion nous retrouvons des ensembles de sous-fonctions comme ceux-ci: Planification Organisation Contrôle Planification Exécution Contrôle Planification Organisation Communication Coordination Contrôle Planification Organisation Motivation Contrôle A la lumière de la théorie générale du travail que nous avons présentée, nous nous permettons de dire qu\u2019elles ne sont pas fondamentalement des activités de gestion.Premièrement, la planification qui consiste surtout à imaginer différentes façons de rassembler des ressources pour effectuer un travail n\u2019est pas autre chose que du design.Deuxièmement, la sous-fonction organisation, qui peut être interprétée dans certains cas de la même façon que la planification, est aussi du design.Si par contre on veut dire par organiser le rassemblement des ressources selon des spécifications déjà établies, alors organisation veut tout simplement dire production.Il en est de même pour l\u2019exécution qui ne peut vouloir dire autre chose qu\u2019agir selon ce qui a été préalablement établi dans le design. 59 Troisièmement, les sous-fonctions de communication et de coordination se remplissent essentiellement en transmettant entre les éléments d\u2019un système des spécifications à leurs sujets qui font qu\u2019ils agissent ensemble.Alors pourquoi ne pas les faire relever de la fonction d\u2019échange?Il en est de même pour la fonction de motivation.Il ne nous reste plus finalement qu\u2019à reconnaître la vraie nature du contrôle qui n\u2019est ni plus ni moins que cette activité de la recherche que Ton dénomme test de l\u2019hypothèse.Evidemment, si Ton inclut dans le contrôle l\u2019activité qui consiste à voir à ce que les normes d\u2019un système soit changées, alors nous nous retrouvons soit dans le design ou encore toujours dans la recherche à l\u2019activité élaboration d\u2019une (nouvelle) hypothèse à propos des opérations du système.Finalement, que reste-t-il en gestion?Il ne reste que la prise de décision.C\u2019est ce dont nous allons bientôt parler.Auparavant, il vaut la peine de souligner qu\u2019en faisant l\u2019analyse des sous-fonctions qui précèdent nous avons démontré d\u2019une certaine manière la plausibilité de cette partie de la théorie qui veut que pour vivre ou survivre tout système doit faire appel aux six fonctions fondamentales déjà mentionnées.La seule fonction que nous n\u2019avons pas rencontrée ici, c\u2019est celle de la consommation.Il n\u2019est pas difficile d\u2019imaginer cependant que même les gestionnaires consomment.Maintenant que nous avons \u201cpurifier\u201d la gestion, nous allons décrire succinctement quelles sont les conditions nécessaires à son exercice, en quoi consistent certaines possibilités types qui en font l\u2019objet ainsi qu\u2019un ensemble pratique de critères de décisions pour lesquels nous établirons la dépendance par rapport aux valeurs premières rattachées aux systèmes fondamentaux.Les conditions Pour qu\u2019une décision soit prise, un minimum de quatre conditions sont nécessaires: 1)\tle gestionnaire perçoit une différence entre l\u2019état actuel de son système et un état qu\u2019il désire, 2)\til a la volonté d\u2019amener son système à l\u2019état désiré, 3)\til perçoit plusieurs façons d\u2019y arriver, et 4)\til a la liberté de choisir entre au moins deux de ces façons.Les possibilités types La figure 6 qui suit nous montre ce que sont certaines d\u2019entre elles.En passant, nous pouvons voir dans cette figure de quelle façon tous les contextes de travail peuvent être déterminés.Il s\u2019agit d\u2019appliquer à l\u2019ensemble des contextes de travail fondamentaux les fonctions qui leur correspondent.Nous pouvons aller plus loin et appliquer de nouveau les fonctions à la première série de contextes définis dans un premier tour.Nous obtiendrions des énoncés comme: recherche sur le design en recherche.Dans ce cas, nous pourrions vouloir dire plus simplement que nous essayons de trouver le meilleur moyen de faire le design d\u2019une expérience par exemple.Ensemble pratique de critères de décision Critères pratiques 1)\tfonctionalité 2)\tréalisme 3)\tcontrôle facile 4)\tintroduction facile des changements 5)\tquantité d\u2019extrants par unité de ressource 6)\tbénéfices 7)\tdegré de pollution 8)\ttaux de consommation des ressources matérielles 9)\tcoûts 10)\tadaptabilité Valeurs fondamentales correspondantes vérité vérité vérité créativité productivité justice économie économie économie liberté Une fois que les possibilités et les critères ont été définis, la prise de décision s\u2019effectue.Son résultat peut être avantageusement représenté sous la forme d\u2019une matrice appelée matrice de décision.La figure 7 nous permet d\u2019en saisir la valeur.L\u2019usage de la matrice fait ressortir quelques points importants àconsidérer dans la prise de décision: 1)\tles possibilités doivent être suffisamment distinctes, 2)\tles critères doivent être indépendants, et 3)\tla meilleure possibilité par rapport à un critère donné Test au même titre que la meilleure par rapport à un autre critère.Ainsi par une échelle de 10 points lameilleure dans le premier cas reçoit 10 points.Il en est de même pour l\u2019autre dans le deuxième cas. fonctions appliquées 60 Figure 6 Identification de choix types relevant de la gestion des systèmes fondamentaux Champs d\u2019aoplication recherche en design en production en échange en consommation en hypo- valeurs temps modèles produits gestion en choix thèses Figure 7 Matrice de décision \t\t1\t\t2\t\tj critères\tpond.\trang\trang tond\trang\trang pond.\t 1\t30\t10\t300\t6\t180\tj 2\t20\t7\t140\t4\t80\tj \t\t\t\t\t\t> \t\t\t\t\t\t\u2014*0 \t\t\t\t\t\t n\tw\tX\twx\ty\twy\t totaux\t100\t\t440 + .i+WX\t\t260 + .+wy\t m \trang\trang pond.\ta\t30a \tb\t20b l\t\t\t \t\t \tz\twz j\t\t30a + 20b + ¦\u2022-+wz Pour bien saisir l\u2019importance du dernier point, considérons le cas hypothétique illustré à l\u2019aide des figures 8, 9 et 10.Dans la matrice No 1 nous constatons que le décideur n\u2019a pas donné aux meilleures des possibilités par rapport à chacun des critères le même nombre de points.Si nous le faisons pour lui dans la matrice No 2, nous en arrivons à la conclusion que la meilleure possibilité par rapport à la somme des rangs pondérés n\u2019est plus la même que dans la matrice No 1.Si le décideur persiste à dire que la meilleure possibilité, en ce qui le concerne, c\u2019est toujours la troisième, c\u2019est qu\u2019alors sa pondération des critères n\u2019est pas celle qu\u2019il a fournie mais plutôt celle que l\u2019on trouve à la matrice No 3 lorsque nous changeons à la fois les rangs et les pondérations de sorte que les totaux de la matrice soient les mêmes qu\u2019à la matrice No 1.Nous avons en même temps respecté le troisième point ci-haut mentionné.La matrice que nous avons utilisée, même si nous avons en quelque sorte illustré que toute décision peut être \u201cquantifiée\u201d n\u2019implique pas que nous avons exclu delà décision toute subjectivité.Il n\u2019en est rien.Ce que la matrice permet de faire par contre, c\u2019est de mettre en lumière cette subjectivité plus qu\u2019un texte pourrait le faire.De plus, elle nous rappelle d\u2019une façon très schématique que l\u2019essentiel d\u2019un système d\u2019information est constitué de ce que nous connaissons des possibilités et des critères de décision et qui nous permet d\u2019en établir la valeur.Dans la dernière partie qui suit nous disons plus en détails en quoi il consiste, ce que sont les systèmes de travail pour terminer par une courte discussion sur la valeur relative de l\u2019information.Figure 8 Problème de financement: Matrice No 1 \t\tpossibilités\t\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t1\t\t2\t\t3\t\t4\t\t5\t critères\tpond.\tran\trang g/pond.\trang rang/pond.\t\tran\trang g/pond.\trang rang/pond.\t\trang rang/pond.\t 1\t30\t4\t(120)\t0\t(0)\t4\t(120)\t3\t(90)\t2\t(60) 2\t10\t1\t(10)\t4\t(40)\t4\t(40)\t2\t(20)\t4\t(40) 3\t5\t1\t(5)\t3\t(15)\t3\t(15)\t3\t(15)\t3\t(15) 4\t15\t5\t(75)\t4\t(60)\t3\t(45)\t3\t(45)\t5\t(75) 5\t10\t1\t(10)\t4\t(40)\t2\t(20)\t3\t(30)\t2\t(20) 6\t20\t0\t(0)\t0\t(0)\t1\t(20)\t2\t(40)\t0\t(0) 7\t10\t0\t(0)\t0\t(0)\t2\t(20)\t3\t(30)\t2\t(20) Totaux\t100\t(220)\t\t(155)\t\t(280)\t\t(270)\t\t(230)\t Figure 9 Problème de financement: Matrice No 2 \t\tpossibilités\t\t\t\t\t\t\t \t\t1\t2\t\t3\t\t4\t\t5 critères\tpond.\trang rang/pond.\trang rang/pond.\t\trang rang/pond.\t\trang rang/pond.\t\trang rang/pond.1\t30\t5\t(150)\t0\t(0)\t5\t(150)\t3.75\t(112.5)\t2.5\t(75) 2\t10\t1.25(12.5)\t5\t(50)\t5\t(50)\t2.5\t(25)\t5\t(50) 3\t5\t1.66 (8.30)\t5\t(25)\t5\t(25)\t5\t(25)\t5\t(25) 4\t15\t5\t(75)\t4\t(60)\t3\t(45)\t3\t(45)\t5\t(75) 5\t10\t1.25 (12.5)\t5\t(50)\t2.5\t(25)\t3.75\t(37.5)\t2.5\t(25) 6\t20\t0 (0)\t0\t(0)\t2.5\t(50)\t5\t(100)\t0 (0) 7\t10\t0 (0)\t0\t(0)\t3.33\t(33.3)\t5\t(50)\t3.33 (33.3) Totaux\t100\t(258.30)\t(185)\t\t(378.3)\t\t(395)\t\t(283.3) Figure iq Problème de financement: Matrice No 3 \t\tpossibilités\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t1\t\t2\t\t3\t\t4\t\t5 critères\tpond.\trang rang/pond.\t\tran\trang g/pond.\trang rang/pond.\t\trang rang/pond.\t\trang rang/pond.1\t24(33.3)\t5\t(120)\t0\t(0)\t5\t(120)\t3.75\t(90)\t2.5\t(60) 2\t8(11.1)\t1.25\t(10)\t5\t(40)\t5\t(40)\t2.5\t(20)\t5\t(40) 3\t3 (4.2)\t1.66\t(5)\t5\t(15)\t5\t(15)\t5\t(15)\t5\t(15) 4\t15(20.8)\t5\t(75)\t4\t(60)\t3\t(45)\t3\t(45)\t5\t(75) 5\t8(11.1)\t1.25\t(10)\t5\t(40)\t2.5\t(20)\t3.75\t(30)\t2.5\t(20) 6\t8(11.1)\t0\t(0)\t0\t(0)\t2.5\t(20)\t5\t(40)\t0 (0) 7\t6 (8.3)\t0\t(0)\t0\t(0)\t3.33\t(20)\t5\t(30)\t3.33\t(20) Totaux\t72 (100)\t(220)\t\t(185)\t\t(280)\t\t(270)\t\t(230) INTRODUCTION AUX SYSTÈMES D\u2019INFORMATION DE GESTION (M.I.S.) Le M.I.S.et ses systèmes associés - définitions Qu\u2019est-ce qu\u2019un M.I.S.?La figure 11 nous le dit explicitement Les M.I.S.sont aussi de deux types, les M.I.S.de planification et ceux du contrôle.Ce dernier a ceci de particulier qu\u2019il est un sous-ensemble du M.I.S.de planification parce qu\u2019effectivement le contrôle est planifié.Nous le définissons maintenant ainsi que certains de ses systèmes associés; puis les données et les informations: 1)\tLe système de gestion des données et des informations C\u2019est le système qui fait le choix des sous-ensembles de symboles et de lois qui rendent compte des propriétés du système à gérer elles-mêmes choisies par le système que nous définissons.2)\tLe système de production del\u2019information de gestion C\u2019est le système qui traite des sous-ensembles de symboles appelés données pour les transformer en d\u2019autres sous-ensembles de symboles appelés informations en utilisant les lois qui gouvernent l\u2019association de tous ces symboles.3)\tLe M.I.S.C\u2019est un ensemble de symboles et de lois choisis pour rendre compte des propriétés choisies du système à gérer.Ce n\u2019est pas un système dynamique en lui-meme.4)\tLe système de gestion C\u2019est le système qui à partir des informations fournies \u201cproduit\u201d un ensemble de décisions pour la gouverne du système à gérer.5)\tLes données Les données sont des symboles qui rendent compte de propriétés du système géré mais qui sont impropres à la prise de décision.6)\tLes informations Les informations sont des symboles qui rendent compte de propriétés du système géré et qui sont propres à la prise de décision pour ce qui est des éléments du système auquel les propriétés s\u2019adressent.Il ne nous reste plus qu\u2019à élaborer des ensembles de décisions et d\u2019informations qui vont servir de guides généraux dans le développement de systèmes d\u2019information particuliers pour la gestion des systèmes de travail fondamentaux.ENSEMBLES DE DÉCISIONS ET D\u2019INFORMATIONS ET VALEUR DE L\u2019INFORMATION Des ensembles de décisions d\u2019informations pour chacun des systèmes fondamentaux peuvent être assez facilement élaborés en s\u2019inspirant de la matrice illustrée à la figure 12.Les cases en diagonales, par exemple, la case fonction-fonction, ne concernent que les éléments isolément.Les autres décrivent les relations que les éléments ont entre eux.A l\u2019appendice 1 nous fournissons un exemple de modèle général de décision et d\u2019information pour la gestion de la recherche.Il s\u2019agit d\u2019un extrait du livre non encore publié \u201cWork Systems: Theory and Management\u201d.En ce qui a trait à l\u2019organisation des données et des informations, nous ne voulons que souligner le problème de l\u2019existence d\u2019un nombre infini de solutions et qu\u2019effectivement chaque situation de gestion requiert une organisation particulière.Une chose qui est importante à retenir en terminant, c\u2019est le fait que quelle que soit la décision prise, elle est par nature subjective et qu\u2019il en est de même pour l\u2019information.Ce sera d\u2019autant plus le cas si le traiteur de données et le gestionnaire ne sont pas la même personne.De plus, il faut se rappeler que toute décision n\u2019est pas prise directement à partir de ce que l\u2019on pourrait fournir à un gestionnaire mais plutôt à partir de ce qu\u2019évoque en lui l\u2019information fournie.Et nous n\u2019avons même pas parlé des problèmes que posent les limites du langage dans l\u2019expression de la pensée et des sentiments des personnes impliquées dans le fonctionnement d\u2019un système.Nous espérons en particulier, que si les hommes peuvent percevoir le travail à l\u2019aide d\u2019une théorie commune de travail les problèmes que nous venons juste de poser s\u2019en trouveront en partie résolus. Figure 11 Le \"M.I.S.\" et ses systèmes associés 05 Ensemble des Propriétés du système à gérer Ensemble des symboles et des lois qui gou-\\ vernent leurs relations (susceptibles d\u2019étre choisis/ pour rendre compte des propriétés] ( IS.de planificatioP rnsemble des symboles et \t\t/\tdes lois\tchoisis\t\\\t\t\t Système de gestion\t\t/Sous-en-\\\t/Sous- en^V '\t\tN\tSystème de des données et\t\tI Isemble de I\t/semble de 1\t\t\t des informations\t\t\\ Ns y m b o 1 e s/\t\\symbole sy^l\t\t._ ^\tgestio n Le choix des propriétés, d es symboles( données et informations) et des lois s'effectue lors du design du Système de ges t i o n.Données t / t >\t- jf-( Les lois sont inté> | grées aux program-^ ,u,| mes de production , ;\t| à titre de catalyseur^ l V T7 \u201clinformatj; Système de production de l'information Informations M.I.S.de contrôle ous-ensem.le de sym ous-ense le de sym oies Ensemble de dé \u2022 cisionsde planifjca lion et de contrôle Info, d exécut ion (catalyseurs infor matiq ues ) Systè m e Mesures 65 Figure 12 ' Matrice d'information \tfonction\tintrants\textrants\tséquence\tenvi- ronnement\tcatalyseurs physiques\tcatalyseurs inform.\tagents humains fonction\t\t\t\t\t\t\t\t intrants\t\t\t\t\t\t\t\t extrants\t\t\t\t\t\t\t\t séquence\t\t\t\t\t\t\t\t environ- nement\t\t\t\t\t\t\t\t catalyseurs physiques\t\t\t\t\t\t\t\t catalyseurs inform.\t\t\t\t\t\t\t\t agents humains\t\t\t\t\t\t\t\t APPENDICE I 1.GENERAL MODEL FOR THE MANAGEMENT OF RESEARCH (Extrait du livre \u201cWork Systems: Theory and Management\u201d a.Research planning 1) Planning decisions Choices of: -\tdomains of research -\tobservations to make in the domains for which no hypothesis have been formulated yet -\tobservation activities -\tthe environments of the observation activities -\tresources required by the activities -\tthe time requirements of the activities -\thypothesis to be tested -\tthe testing activities -\tthe environments of the testing activities -\tthe resources required by the activities -\tthe time requirements of the activities -\tthe management controls -\ttimings and points of control -\tmeans of control: personnel reports meetings equipment activities -\tnorms -\tresearch planning models -\tdecision criteria for each decision -\tdecision models 2) Data and/or information requirements Information on: -\tthe mission of the research system -\tpure research?-\tapplied research?-\tresearch for the development of goods and services -\tresearch applied to production systems?-\tresearch applied to exchange systems?-\tresearch applied to consumption systems?-\tresearch applied to management systems?-\tthe objectives of the people for whom the research system works -\tthe financial resources of the system -\thuman and physical resources of the system -\tthe risk involved in each domain of research being considered -\tthe cost of getting involved in each -\tthe proposed observations (justification, ends pursued) 66 -\tthe financial requirements of each observation -\tthe risk involved in each observation (possibi-liby of developping interesting hypothesis) -\tthe human and physical resources required to make the observations -\tthe possible observation activities (activities in the laboratory, activities on the terrain) -\tthe time requirements of the activities -\tthe relationships among the activities (precedence, exclusions, etc.) -\tthe human and physical resources for each activity -types of equipment (several alternatives) -\ttypes of environments ( several alternatives) -\ttypes of researchers (several alternatives) -\tproposed hypothesis to be tested (justifications, ends pursued) -\tthe financial requirements for the testing of each hypothesis -\tthe risk involved in testing each hypothesis -\tthe human and physical resources required to test each hypothesis -\tthe possible testing activities -\tthe time requirements of each activity -\tthe relationships among the testing activities -\tthe present allocation of human, physical and financial resources among the current activities (observations and testing) -\tthe research planning models -\tthe research control models -\tthe possible decision criteria for the different types of research decisions and suggested weights for each -\tthe research decision models b.Acquisition of resources for research 1)\tAcquisition decisions Choices of: -\thuman resources -\tphysical resources -\tinformation resources 2)\tData and/or information requirements Concerning human resources, information on: -\tresearch activities requiring human resources -knowledge and aptitudes (e.g.analytically minded) required by the activities -\tthe number and types of researchers required by each activity -\tthe responsibility content of each activity -\tthe salary structure for each type of researchers -\tthe fringe benefits offered by the research system -\tthe times and periods of hiring -\tthe social background of the researchers who apply for activities -\tthe academic background of the same people -\tthe aptitudes of the same people -\tthe working experience of the same people -\tthe financial and working requirements of the applicants Concerning physical resources, information on: -\tresearch activities requiring physical resources -\trequired characteristics on the physical resources -\tthe number and types of physical resources required by activity -\tthe suppliers of physical resources -\tthe resources they offer -\tthe services they offer along with the resources -\tthe reputation of the suppliers -\tthe prices of resources and services Concerning information resources, information on: -\tresearch activities requiring information resources -\trequired characteristics of the information resources -\tthe number and types of information resources required by each activity - models of activities like mathematical, descriptive, graphical, economic, symbolic, schematic models and so on.-\tthe suppliers of information resources -\tthe resources they offer -\tthe services they offer along with the ressources -\tthe reputation of the suppliers -\tthe prices of resources and services .Research Control 1)\tControl decisions Choices of: -\trevising the research plan or parts of it -\tresearching the causes of unacceptable variances from the norms of the plan -\tcontinuing the activities as planned either despite the variances or with the conviction that all will come back to normal after a while 2)\tData and/or information requirements Information on: -\tactivities in the form of exception reports showing -\tactivities concerned -\tresources concerned -\tthe norms of the plan concerned -\tdeviations -\texplanations from the personnel - activities in the form of periodic reports BIBLIOGRAPHIE Kenneth E.Boulding, General Systems Theory-The Skeleton of Science, Management Science, vol.II, no 3, April, 1956, pp.197-208.R.J.Chambers, The Role of Information Systems in Decision Making, Management Technology, vol.IV, no 1, June, 1964, pp.15-25.Executive\u2019s Guide to Information Sources, (Detroit, Mich.: Gale Research, 1965).B.L.J.Hart, Les systèmes dynamiques de ges- tion, (Paris, France: Institut national de gestion prévisionnelle et de contrôle de gestion), 1968, p.17.B.L.J.Hart, Dynamic Systems Design-Company Control for the Cumputer Era, (London, England: Business Publications Limited, 1964).G.Latière, Analyse de systèmes et techniques décisionnelles, (Paris, France: Dunod, 1971).G.Nadler, Work Design, A Systems Concept, (Homewood, 111.: RichardD.Irwin, revised edition 1970).Richard A.Nobbs, The Computer Can Pay When Used for Top Corporate Planning, The Business Quarterly, Automn 1971, pp.70-77.Pierre Teilhard de Chardin, Le phénomène humain, (Paris, France: Editions du Seuil, 1955).Jacques Charest, Work Systems: Theory and Management, (Cap-de-la-Madeleine, Qué., Canada: unpublished book, 1972).Eric Berne, Des jeux et des hommes, (Paris, France: Les éditions Stock, 1966). 68 OÙ VONT NOS DIPLÔMES EN ADMINISTRATION?André G ingras École nationale d\u2019administration publique INTRODUCTION Avant de tenter d\u2019apporter une réponse à cette question, je crois nécessaire d\u2019expliciter dans quel contexte elle m\u2019est venue à l\u2019esprit ainsi que de déterminer plus exactement sur quoi elle porte.Au cours de l\u2019été 1971, je fus amené à faire le recensement des différents programmes en administration offerts parles universités francophones du Québec.Je réalisai, en dressant cette liste, le nombre élevé de programmes nouveaux en administration dispensés dans les universités et cegeps du Québec francophone depuis cinq ans.En effet, en 1965 au Québec nous avions trois programmes en administration, offerts respectivement par les facultés de Commerce de Laval et de Sherbrooke ainsi que les Hautes Etudes Commerciales de Montréal.Elles étaient limitées à un programme de baccalauréat ou de licence qui était chapeauté par une année supplémentaire conduisant à la maîtrise en Sciences commerciales.Les trois facultés entre elles apportaient peut-être 600 diplômés par année au monde du travail et beaucoup de ces diplômés (peut-être plus que 75%) étaient dans les Sciences commerciales (ou de comptabilité).Suivant l\u2019expérience de Sherbrooke ces diplômés avaient relativement peu de difficultés à se trouver de l\u2019emploi.Je place, arbitrairement et avec un certain biais, le point de départ de tout ce déluge à la nomination en 1965, de monsieur Alphonse Riverin comme doyen de la faculté d\u2019Administration de l\u2019Université de Sherbrooke.En 1966, il lance le programme de maîtrise eh administration (M.B.A.), suivi par la suite par les Universités Laval et les Hautes Etudes Commerciales.En 1969 le Ministère de l\u2019Education crée l\u2019Université du Québec et l\u2019Ecole nationale d\u2019administration publique à qui elle décerne un diplôme de maîtrise en administration publique.En même temps, nous assistons à des programmes de maîtrise en administration scolaire dans les facultés des Sciences de l\u2019Education.De même nous assistons à la mise sur place du réseau de cegeps par le Ministère de l\u2019Education.Aujourd\u2019hui, en 1972, les programmes de baccalauréat en administration sont dispensés par tout le réseau de l\u2019Université du Québec ainsi que par les universités traditionnelles.A part cela, il y a quatre programmes de maîtrise en administration et possiblement un cinquième programme de maîtrise en administration par l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières.Rajoutons à cela le nombre d\u2019étudiants inscrits au programme en administration dans les cegeps du Québec et nous avons une image globale des programmes en administration offerts en 1972.Et je ne parle pas ici de tous les programmes d\u2019extension, d\u2019éducation permanente ou de perfectionnement qui prolifèrent.Si nous comparons la situation actuelle, par rapport à celle de 1965, force nous est de constater qu\u2019il semble y avoir maintenant encombrement de programmes et qu\u2019il y aura sûrement des problèmes majeurs d\u2019adaptation pour le système université-employeur.La nature exacte de ces problèmes peut ne pas être facilement identifiable aujourd\u2019hui, mais je crois quand même qu\u2019ils deviendront très aigus dans les années à venir, justement parce que le système, qui était relativement stable à venir jusqu\u2019à 1967, fut complètement pertubé par les nouveaux programmes en administration.Partant de cette constatation, j\u2019essayai de concevoir un projet de recherche qui consisterait à déter-miner si réellement nous avons maintenant ou si nous aurons d\u2019ici peu d\u2019années un surplus de diplômés en administration à déverser sur le marché par rapport aux demandes de ce marché.Cette hypothèse ne s\u2019est pas complètement vérifiée, mais, d\u2019après les projections partielles faites par les différentes entreprises (privées ou publiques) il n\u2019y a pas lieu de croire à une augmentation de la demande des diplômés en administration dans un avenir prévisible.Si l\u2019on fait l\u2019hypothèse que dans la situation actuelle il y a à peu près égalité entre l\u2019offre et la demande des diplômés en administration, il m\u2019apparaît nécessaire maintenant d\u2019éviter à augmenter le rythme de nos diplômés en administration pour les années à venir.La recherche que j\u2019ai effectuée au cours de l\u2019hiver et du printemps dernier, a été faite à la fois auprès des entreprises qui emploient nos diplômés et à la fois auprès de nos diplômés. PARTIE I- ENQUETE AUPRES DES ORGANISATIONS PUBLIQUES ET PRIVÉES Aux entreprises que nous avons divisées arbitrairement en petites, moyennes ou grandes suivant le nombre d\u2019employés qu\u2019elles avaient, nous avons posé principalement les questions suivantes: 1-\tFaites-vous du recrutement universitaire?2-\tPrévoyez-vous faire du recrutement universitaire?Si oui, dites combien?Si vous ne faites pas du recrutement universitaire, dites pourquoi?Aux anciens de la faculté d\u2019Administration (nous avons limité notre enquête aux anciens de la faculté d\u2019Administration de l\u2019Université de Sherbrooke à cause de contraintes financières) les questions principales que nous leur posions étaient les suivantes: 1-\tA combien d\u2019employeurs avez-vous fait une demande lors de votre graduation?2-\tTravaillez-vous pour une grande, petite ou moyenne entreprise?3-\tDans quel genre d\u2019industrie travaillez-vous présentement (entreprise privée, publique, commerciale, industrielle, etc.)?Si vous travaillez dans la grande entreprise, quelles raisons ont motivé ce choix?Nous avons expédié ces questionnaires à 250 entreprises et aux anciens de la faculté.Tous les diplômés du M.B.A.ont reçu ce questionnaire et environ 2 diplômés sur 3 du baccalauréat ont reçu ce questionnaire, tous choisis au hasard.Dans le cas des entreprises les 250 envois sont distribués de la façons suivante: TABLEAU I ENVOI DES QUESTIONNAIRES AUX ENTREPRISES ET % DES RETOURS Taille de T entreprise\tNombre d\u2019envois\tNombre de retours\t% de retours petite\t100\t15\t34 moyenne\t\t19\t grande\t150\t59\t39.4 Nous avons limité nos envois pour la petite et la moyenne entreprise à la région administrative numéro cinq (5) telle que définie par le gouvernement du Québec.La liste d\u2019envois quenous avions ne distinguaient pas entre petite ou moyenne entreprise; aussi nous est-il impossible de faire cette distinction.La distinction pour les retours que nous avons fait entre les deux entreprises est purement arbitraire c\u2019est-à-dire quenous avons classifié toutes les entreprises qui ont moins que 50 employés dans la petite entreprise et celle qui ont entre 50 et 250 employés dans la moyenne entreprise.a)\tPetite entreprise A la première question, à savoir si elles font du recrutement universitaire, les réponses ont été assez intéressantes.Sur les 15 questionnaires qui nous furent retournés par les petites entreprises, 13 sur 15 nous ont dit ne pas faire de recrutement universitaire.Les 2 seules qui en font sont une entreprise de bois et une entreprise d\u2019imprimerie.La raison pour laquelle la petite entreprise ne veut pas faire de recrutement universitaire est que principalement elle n\u2019en sent pas le besoin.Les répondants n\u2019ont pas dit s\u2019ils voulaient dire par là qu\u2019il n\u2019y avait pas de place pour un diplômé universitaire ou s\u2019ils n\u2019avaient pas les moyens d\u2019avoir un diplômé universitaire dans leur entreprise ou s\u2019ils avaient peur d\u2019une certaine compétition intellectuelle de la part de ceux-ci.De la même façon, la très grande majorité des répondants de la petite entreprise ne prévoit pas embaucher de diplômés universitaires ou de diplômés de cegep pour les années à venir.b)\tMoyenne entreprise Pour les répondants de la moyenne entreprise, les réponses sont un peu plus encourageantes.Elles semblent intéressées à faire un certain recrutement universitaire quoique même là ce recrutement ne soit pas important.En effet, sur 19 entreprises qui ont répondu à notre questionnaire, 7 ont dit faire du recrutement universitaire car elles avaient déjà engagé un comptable en 1965.Les 7 entreprises qui parlent du recrutement universitaire sont distribuées comme suit: -\t4 entreprises de services professionnels, -\t1 compagnie d\u2019assurance, -\t1 entrepreneur général, -\t1 entreprise classifiée dans divers.Le point important qui m\u2019apparaft ici est que l\u2019entreprise industrielle ou manufacturière n\u2019est pas du tout représentée.En effet aucune de nos petites entreprises industrielles ou de transformation ne fait de recrutement universitaire (cette conclusion doit évidemment être tempérée par le fait que notre échantillon est petit mais il faudrait vérifier cette hypothèse à un niveau plus général).Pour nous, des facultés d\u2019admi- 70 nistration, il faudra peut-être nous rappeler que notre programme ne vise pas à former des personnes familières avec le processus industriel (cet énoncé est sûrement vrai pour Sherbrooke, mais je ne veux pas généraliser au niveau des autres facultés d\u2019Administration).Les raisons principales données pour ne pas engager de diplômés universitaires sont très intéressantes: on dit principalement que l\u2019on veut des hommes d\u2019expérience, de telle sorte qu\u2019on ne soit pas obligé de les faire passer par un programme d\u2019entraînement.Les résultats semblent indiquer par là qu\u2019ils n\u2019ont ni les moyens ni le temps disponibles pour entramer une personne dans le processus de gestion de leur entreprise.Une autre raison donnée par certains répondants est que l\u2019on n\u2019a pas besoin de diplômés universitaires pour la gestion d\u2019une petite ou moyenne entreprise.c) Grande entreprise Pour ce qui est de la grande entreprise, l\u2019image change complètement.Sur un total de 59 réponses que nous avons obtenues, 49 entreprises ont indiqué qu\u2019elles faisaient effectivement du recrutement universitaire.Parmi celles qui n\u2019en font pas il faut mentionner 2 compagnies de textile qui n\u2019en font pas actuellement parce qu\u2019il y a un gel de main-d\u2019oeuvre et une entreprise de service public qui n\u2019en fait pas actuellement parce que les demandes qui entrent dans son bureau du personnel dépassent les offres d\u2019emploi qu\u2019elle peut avoir.Dans un autre cas, tout engagement se fait par le bureau-chef.Nous devons cependant mentionner que 4 de ces 10 entreprises qui ne font pas du recrutement ont indique qu\u2019elles n\u2019étaient pas intéressées ou elles n\u2019avaient pas besoin de diplômés universitaires.Il est aussi arrivé dans 3 cas d\u2019industries de produits métalliques que ces compagnies n\u2019avaient pas besoin de diplômés en administration parce qu\u2019elles engagaient des ingénieurs.Il apparaît évident ici que la dimension technique est plus importante aux yeux de cette entreprise que la dimension administrative.Les pourcentages de recrutement universitaire comparatifs sont donnés dans le tableau numéro 2 pour les 3 types d\u2019entreprise classifiée suivant la taille.TABLEAU n % DES ENTREPRISES QUI FONT DU RECRUTEMENT UNIVERSITAIRE Taille de l\u2019entreprise\tNombre de réponses\tNombre gui font du recrutement universitaire\t% petite\t15\t2\t13.3 moyenne\t19\t7\t35 grande\t54\t49\t83 Le pourcentage de répondants qui désirent faire du recrutement universitaire augmente au fur et à mesure que la taille de l\u2019entreprise augmente, sans distinction d\u2019entreprises privées ou publiques.Ceci semblerait donc indiquer que c\u2019est surtout la grande entreprise privée ou publique qui s\u2019intéresse aux diplômés universitaires en administration.Pour ce qui est de faire des prévisions, un résultat assez intéressant et peut-être inattendu fut trouvé, soit que 21 entreprises de grande taille sur les 59 répondants ont mentionné qu\u2019elles n\u2019avaient aucune prévision du personnel pour les cinq années à venir.Les raisons données pour cet état de fait sont doubles; tout d\u2019abord que leur recrutement dépend de la conjoncture économique et ensuite qu\u2019elles n\u2019ont pas de politique de développement de personnel.Ce résultat est assez déroutant car il montre un peu la difficulté pour une faculté d\u2019Administration de faire la planification de son développement face aux demandes à venir.Le tableau ci-dessous résume les chiffres qu\u2019on a obtenus.TABLEAU III PRÉVISIONS D\u2019EMPLOIS DES PETITES, MOYENNES ET GROSSES ENTREPRISES POUR LES DIPLÔMÉS \tPetites entreprises\t\t\tMoyennes entreprises\t\t\tGrosses entreprises\t\t Années\tCegep\tBacc.*\tM.B.A.*\tCegep\tBacc.*\tM.B.A.*\tCegep\tBacc.*\tM.B.A.* 1972\t1\t0\t0\t10\t11\t1\t179\t41\t11 1973\t1\t1\t0\t7\t13\t1\t150\t47\t12 1974\t0\t0\t0\t6\t13\t1\t146\t57\t13 1975\t0\t0\t1\t6\t14\t1\t136\t49\t12 1976\t0\t0\t0\t6\t15\t1\t139\t49\t15 1977\t0\t0\t0\t6\t15\t1\t140\t47\t13 * restreint aux diplômés de la faculté
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