Annales de l'A.C.F.A.S., 1 janvier 1978, Vol. 45, No 05
[" ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES ET COMITÉ DE COORDINATION DES CENTRES DE RECHERCHES EN AMÉNAGEMENT, DÉVELOPPEMENT ET PLANIFICATION (CRADEP) COMPTES RENDUS CONGRES SUR LA MÉTHODOLOGIE DE L\u2019AMÉNAGEMENT T DU ÉVELOPPEMENT 1977 Vf \\ s / ASSOCIATION CANADIENNE-FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES ET COMITÉ DE COORDINATION DES CENTRES DE RECHERCHES EN AMÉNAGEMENT, DÉVELOPPEMENT ET PLANIFICATION (CRADEP) COMPTES RENDUS CONGRÈS SUR LA MÉTHODOLOGIE DE L\u2019AMÉNAGEMENT ET DU DÉVELOPPEMENT 1977 Prix de cette publication: $10.00 ACFAS CP.6060, Montréal H3C 3A7 Dépôt légal : 4e trimestre 1978 ©Association canadienne-française pour l'avancement des sciences TABLE DES MATIERES Présentation.5 Comité d\u2019organisation du Congrès.6 Programme.7 CONFÉRENCES 1.\tCONFÉRENCE D\u2019OUVERTURE: Évaluation criti- que de la méthodologie utilisée en aménagement et perspectives d\u2019avenir .13 2.\tPREMIER SOUS-THÈME: SYSTÈMES D'INFORMATION URBAINS ET RÉGIONAUX 2.1\tLes systèmes d\u2019information urbains et régionaux \u2014 l\u2019expérience nord-américaine.21 2.2\tQuelques aspects de la géographie au Recen- sement du Canada: hier, aujourd'hui et demain.29 2.3\tLes systèmes d\u2019information urbains et régionaux sur le plan québécois.34 2.4\tSystème Info-Estrie/Expérience d'un système d\u2019information sur le plan régional.37 2.5\tUn système d\u2019information urbain à référence spatiale: le système G.L.M.appliqué à Montréal .47 2.6\tLes systèmes de coordonnées en projections comme intrants à la localisation spatiale.51 2.7\tProblèmes et approches à l\u2019élaboration de bases géographiques \u2014 Systèmes d\u2019information à référence spatiale .55 2.8\tLe système d\u2019information géographique du Canada (SIGEC).69 2.9\tLes systèmes de banques de données utilisées chez Bell Canada.76 3.\tDEUXIÈME SOUS-THÈME: MÉTHODOLOGIE DES MESURES EN DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL 3.1\tMéthode d\u2019évaluation des Conseils régionaux d\u2019aménagement au Nouveau-Brunswick.83 3.2\tSuggestion d'une technique pour différencier les effets de composition régionale des effets de composition industrielle.86 3.3\tCapital humain et disparités régionales de revenu .93 3.4\tQuelques réflexions sur l\u2019analyse et le développement régional.100 3.5\tUn modèle intersectoriel dynamique pour le Québec .105 3.6\tActivités tertiaires et hiérarchies urbaines: une évaluation de six méthodes d\u2019analyse .111 3.7\tLa délimitation des zones d\u2019influence des villes: problèmes de mesure et de conceptualisation .122 4.\tTROISIÈME SOUS-THÈME: MÉTHODE D\u2019ANALYSE ET D\u2019INTERVENTION URBAINE 4.1\tPrincipes de la méthode de l\u2019analyse des seuils et possibilité d\u2019application à l\u2019aménagement urbain et régional .133 4.2\tThéories de croissance urbaine et régionale et système urbain.137 4.3\tL'analyse politique de l\u2019aménagement du territoire .145 4.4\tUn cadre analytico-décisionnel pour l'analyse des répercussions du développement urbain (la méthode ARDU) .149 4.5\tApplication de la théorie de l\u2019automate à la simulation de l\u2019évolution de l'espace urbain .154 4.6\tMéthodes d'analyse et de mesure de l\u2019envi- ronnement acoustique urbain et leur application à l\u2019aménagement.161 4.7\tLa modification des pratiques de lutte urbaine à Montréal : quelques éléments d'analyse .174 4.8\tUne expérience du patrimoine de Montréal en vue de l'intervention .178 5.\tQUATRIÈME SOUS-THÈME : APPROCHES NOUVELLES ET PROSPECTIVE 5.1\tConcept de capacité de charge des espaces de détente .183 5.2\tReprésentation et modes d'appropriation de l\u2019espace.191 5.3\tRéflexions critiques sur la notion de «réseaux sociaux».196 5.4\tApproche réglementaire à l\u2019aménagement urbain .201 5.5\tMéthode allométrique et développement régional.215 5.6\tUn fleuve, un\tparc: un parc habité.219 5.7\tAnalyse critique des techniques et méthodes de prospectives.224 5.8\tProspective et planification.233 6.\tCONFÉRENCE DE CLÔTURE : La région en analyse spatiale.239 6.1 Commentaires sur la conférence de M.Claude Ponsard.249 Index des auteurs.251 HH HEhHHUHHHH \u2022 \u2022 i mm mmmm PRESENTATION Ce premier Congrès sur la Méthodologie de l\u2019aménagement et du développement est organisé par le Comité de coordination des centres de recherches en aménagement, développement et planification (CRADEP).Le CRADEP regroupe les centres de recherches québécois suivants auxquels s\u2019est joint le Département d\u2019économique de l\u2019UQTR: Centre de recherches et d\u2019innovations urbaines (CRIU, Université de Montréal); Centre de recherches en aménagement régional (CRAR, Université de Sherbrooke); Centre de recherches en développement économique (CRDE, Université de Montréal); Institut national de recherche scientifique \u2014 Urbanisation (Montréal); Centre de recherches en aménagement et en développement (CRAD, Université Laval).Après avoir réussi, dans un premier temps, à faire reconnaître le secteur: aménagement, développement et planification par le Ministère de l\u2019Éducation, et ceci notamment au niveau du programme FCAC de ce Ministère, le CRADEP oriente maintenant son action en fonction de deux objectifs: favoriser les échanges scientifiques et faciliter la participation des étudiants-chercheurs par l\u2019accès à l\u2019information.Ces objectifs ont motivé l\u2019organisation du présent Congrès.Parmi les problèmes qui accompagnent le développement de la recherche en aménagement, développement et planification, nous avons retenu pour en faire le thème de ce Congrès, celui de la méthodologie, puisque ce problème semble le plus crucial pour l\u2019avenir des recherches dont les résultats doivent être utilisables.Quant aux sous-thèmes, ils reflètent en partie une perception de la problématique québécoise concernant l'organisation du milieu, en partie l\u2019orientation que privilégie les cinq centres de recherches impliqués, et en partie l'intérêt scientifique des chercheurs.Il nous fait vivement plaisir de remercier les organismes qui ont collaboré à l\u2019organisation de ce Congrès, en particulier le Ministère de l\u2019Éducation par son programme de subvention: Formation de chercheurs et action concertée (FCAC), l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences (ACFAS) dont nous utilisons l\u2019organisation matérielle mise sur pied à l\u2019occasion de son propre congrès annuel, le Conseil des Arts et l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières qui s'est fait l\u2019hôte de ce Congrès.Soulignons enfin que la présente publication des comptes rendus s\u2019est faite grâce à la collaboration matérielle et financière de l\u2019ACFAS que nous remercions vivement.Il reste à souhaiter que, grâce à l\u2019excellente collaboration des chercheurs du domaine: aménagement, développement et planification, et au succès qu\u2019ils ont assuré à ce présent Congrès, nous soyons en mesure d\u2019organiser dans un avenir proche un Deuxième Congrès sur la Méthodologie de l\u2019aménagement et du développement. COMITE D\u2019ORGANISATION DU CONGRÈS Claude Greffard, directeur, Centre de recherches en aménagement régional (CRAR), Université de Sherbrooke.Pierre S.Guertin, directeur, Centre de recherches en aménagement et en développement (CRAD), Université Laval.André Joyal, chef de la Section économique, Université du Québec à Trois-Rivières.Denys Marchand, directeur, Centre de recherches et d\u2019innovations urbaines (CRIU), Université de Montréal.Pierre-André Roy, directeur, Centre de recherches en développement économique (CRDE), Université de Montréal.Jean-Claude Thibodeau, directeur, Institut national de recherche scientifique \u2014 Urbanisation, Montréal. mSBSmmsmm PROGRAMME I.PREMIÈRE JOURNÉE, LE JEUDI 19 MAI 1977 Inscription (Hall du pavillon Ringuet) Ouverture du Congrès \u2014 Objectifs et organisation Séance plénière: professeur Thomas Reiner, Regional Science Department, University of Philadelphia: «Évaluation critique de la méthodologie utilisée en aménagement et les perspectives d\u2019avenir».SÉANCES THÉMATIQUES SIMULTANÉES Sous-thème I : Systèmes d\u2019information urbains et régionaux.(Président de séance: Claude Greffard, Centre de recherches en aménagement régional, Université de Sherbrooke).Cette première séance est consacrée à la description générale des systèmes.«Les systèmes d'information urbains et régionaux \u2014 l\u2019expérience nord-américaine».Barry S.Wellar, Ministère d'État aux Affaires urbaines, Ottawa.Repas libre «Quelques aspects de la géographie au Recensement du Canada: hier, aujourd\u2019hui et demain».Pierre J.Hubert, Division des systèmes spatiaux/recensement, Statistique-Canada.«Les systèmes d\u2019information urbains et régionaux au plan québécois».Richard Thériault, Service de la Recherche, Direction générale de l\u2019Urbanisme, Ministère des Affaires municipales, Québec.«Système Info-Estrie/Expérience d'un système d\u2019information au plan régional» Pierre Laçasse, Centre de recherches en aménagement régional, Université de Sherbrooke.«Un système d\u2019information urbain à référence spatiale: le système G.L.M.appliqué à Montréal ».Jean Gariépy et Laurent Belley, Centre d'informatique, Ville de Montréal.Rapport-synthèse et discussion générale.Cocktail offert par la Banque du Canada.Sous-thème II : Méthodologie des mesures en développement régional.(Président de séance: Pierre-Paul Proulx, Centre de recherches en développement économique, Université de Montréal).«Méthode d\u2019évaluation des Conseils régionaux d\u2019aménagement au Nouveau-Brunswick».John Tivendell, Greg Alain, Serge Côté, Département de psychologie, Universitéde Moncton, Nouveau-Brunswick.Repas libre.«Suggestion d'une technique pour différencier les effets de composition régionale des effets de composition industrielle».Jac-André Boulet, Conseil Économique du Canada.«Capital humain et disparités régionales de revenu».Rachel Houle, Département de Sciences économiques, Université de Montréal.«Quelques réflexions sur l\u2019analyse et le développement régional ».Jean-François Gautrin, Ministère de l\u2019Expansion économique et régionale, Ottawa.« Un modèle intersectoriel dynamique pour le Québec».Richard Beaudry, Conseil Économique du Canada.Cocktail offert par la Banque du Canada.Sous-thème III : Méthode d'analyse et d\u2019intervention urbaine.(Président de séance: Denis Marchand, Centre de recherches et d\u2019innovations urbaines, Université de Montréal).«Principes de la méthode de l\u2019analyse des seuils et possibilité d\u2019application à l\u2019aménagement urbain et régional ».Oleg Stanek, Université de Sherbrooke.Repas libre «Théories de croissance urbaine et régionale et système urbain».Joseph H.Chung, Laboratoire de recherche en sciences immobilières, Université du Québec à Montréal.«Analyse et intervention en matière de financement des infrastructures municipales».Dominique Achour, Faculté d\u2019aménagement, Université de Montréal.7 «L'analyse politique de l\u2019aménagement du territoire».Louise Quesnel-Ouellet, Département de science politique, Université Laval.«Un cadre analytico-décisionnel pour l\u2019analyse des répercussions du développement urbain (la méthode ARDU).Pierre Archambault, Faculté d'aménagement, Université de Montréal.Cocktail offert par la Banque du Canada.Sous-thème IV: Approches nouvelles et prospective.(Président de séance: Pierre S.Guertin, Centre de recherches en aménagement et en développement, Université Laval).«Concept de capacité de charge des espaces de détente».Michel Maldague, Programme en aménagement du territoire et développement régional, Université Laval.Repas libre.«Représentation et modes d\u2019appropriation de l\u2019espace».René Parenteau, Faculté d'aménagement, Université de Montréal.«Réflexions critiques sur la notion de «réseaux sociaux ».Huguette Dagenais, Département d\u2019anthropologie, Université Laval.«Approche réglementaire à l\u2019aménagement urbain».Patrick Kenniff, Faculté de droit, Université Laval.« Méthode allométrique et développement régional ».Paul Y.Villeneuve, Département de géographie, Université Laval.Cocktail offert par la Banque du Canada.II.DEUXIÈME JOURNÉE, LE VENDREDI 20 MAI 1977 SÉANCES THÉMATIQUES SIMULTANÉES Sous-thème I : Systèmes d\u2019information urbains et régionaux.(Président de séance: Albert Dumas, Bureau de la Statistique du Québec, Gouvernement du Québec).Cette deuxième séance est consacrée à l\u2019approche méthodologique et à l\u2019application.«Les systèmes de coordonnées en projections comme intrants à la localisation spatiale».Jean-Guy Leclerc, Direction des relevés techniques, Ministère des Terres et Forêts, Québec.«Problèmes et approches à l\u2019élaboration de bases géographiques/Systèmes d'information à référence spatiale».Bertrand J.Rivard, Réjean Fontaine, Centre de recherches en aménagement régional, Université de Sherbrooke.«Le système d\u2019information géographique du Canada (SIGEC) ».Jean Poirier, Terry Fisher, Direction de la cartographie et évaluation des terres, Environnement Canada.«Les systèmes de banques de données utilisées chez Bell Canada».Serge Sarazin, Bell Canada.Rapport synthèse et discussion Repas froid (buffet).Sous-thème II : Méthodologie des mesures en développement régional.(Président de séance: Jean-Claude Thibodeau, INRS-Urbanisation, Montréal).«Activités tertiaires et hiérarchies urbaines: une évaluation de six méthodes d\u2019analyse».Normand Ouellet, Ministère de l\u2019Immigration du Québec.«La délimitation des zones d\u2019influence des villes: problèmes de mesure et de conceptualisation».Mario Polèse, INRS-Urbanisation, Montréal.«Un modèle de prévision des flux migratoires interrégionaux ».Marc Termotte, INRS-Urbanisation, Montréal.Repas froid (buffet).Sous-thème III : Méthode d'analyse et d\u2019intervention urbaine.(Président de séance: Denis Marchand, Centre de recherches et d'innovations urbaines, Université de Montréal).«Application de la théorie de l\u2019automate à la simulation de l'évolution de l\u2019espace urbain».Takashi Nakajima, École d\u2019architecture, Université Laval.«Méthodes d'analyse et de mesure de l\u2019environnement acoustique urbain et leur application à l\u2019aménagement».Jean-Gabriel Migneron, École d\u2019architecture, Université Laval.«La modification des pratiques de lutte yrbaine à Montréal : quelques éléments d\u2019analyse».Pierre Hamel, Faculté d'aménagement, Université de Montréal.«Une expérience du patrimoine de Montréal en vue de l\u2019intervention ».Gilles Ritchot, Département de géographie, Université Laval.Repas froid (buffet).8 Sous-thème IV : Approches nouvelles et prospective.(Président de séance: Louis Trotier, Département de géographie, Université Laval).«Un fleuve, un parc: un parc habité».Jacques Paris, Faculté d'aménagement, Université de Montréal.«Analyse critique des techniques et méthodes de prospectives».Pierre-André Julien, Université du Québec à Trois-Rivières.«Prospective et planification».Kimon Valaskakis, Département de sciences économiques, Université de Montréal.«Prospective et aménagement et développement régional ».Pierre Fréchette, Département d\u2019économique, Université du Québec à Montréal.Repas froid (buffet).SÉANCE DE SYNTHÈSE ET CLÔTURE (Président de séance: André Joyal, Section économique, Université du Québec à Trois-Rivières).Conférence de clôture: professeur Claude Ponsard, directeur de l'Institut de mathématiques économiques à l\u2019Université de Dijon : «La région en analyse spatiale».Commentaires suivis d'un débat.Commentateurs: Jean-Claude Thibodeau, INRS-Urbanisation, Montréal; Claude Greffard, CRAR, Université de Sherbrooke; Denis Marchand, CRIU, Université de Montréal; Pierre S.Guertin, CRAD, Université Laval.Cocktail offert par M.Gilles Boulet, recteur de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières.Hall du pavillon Albert-Tessier.9 1.CONFÉRENCE D\u2019OUVERTURE >11 x \".iÇÜ#,- .m Evaluation critique de la méthodologie utilisée en aménagement et perspectives d\u2019avenir Thomas Reiner Regional Sciences Department University of Pennsylvania Je tiens à vous dire tout d\u2019abord que j\u2019apprécie particulièrement l\u2019occasion qui m\u2019est offerte de vous faire part de quelques réflexions sur la planification régionale et de voir, notamment, si l'expérience des États-Unis peut avoir quelque utilité au Canada et au Québec.Dans ce but, je vais d\u2019abord décrire brièvement ce que j'entends par planification et développement régional, pour ensuite considérer certains aspects de l\u2019histoire récente des États-Unis qui peuvent avoir quelque rapport avec notre sujet.J\u2019espère ensuite pouvoir présenter une critique générale des efforts que nous faisons en vue de planifier au niveau régional et de diriger le développement sur le plan spatial.En dernier lieu, je tenterai de définir un ordre du jour de certains types de recherches, de méthodes requises, et de montrer où se trouvent les conceptions nouvelles les plus prometteuses, de sorte qu\u2019il soit possible de diriger les efforts intelligemment et efficacement dans cette direction.Le mot «régional», dans le sens où je suis sûr que tous parmi vous le comprennent aujourd\u2019hui, signifie d\u2019abord un intérêt pour la dimension spatiale du comportement humain; cet intérêt englobe ensuite les domaines économique, social et politique, ainsi que les conditions de l\u2019environnement et les facteurs déterminants qui sont à la base de ce comportement.Mais \u2014 et c\u2019est peut-être le plus important \u2014, les intérêts au niveau «régional» impliquent que ce souci spatial porte sur des relations qui, dans un certain sens, sont systématiques.Le mot régional, en résumé, nous amène à analyser les modèles, les régularités ou les récurrences dans l'utilisation de l\u2019espace, et peut-être même à comprendre et à parvenir à manipuler efficacement certaines relations de cause à effet.Le développement régional, de son côté, voudrait nous faire étudier les changements qui interviennent dans l\u2019organisation spatiale des établissements humains, de leurs activités et des processus impliqués.Mais, d\u2019une manière très spéciale, le développement, ainsi que l\u2019ont noté de nombreux auteurs, implique en même temps la transformation de certains rapports fondamentaux.Il ne s\u2019agit pas simplement d\u2019acquérir «davantage de ce que l\u2019on possède déjà» («growth as more of the same») bien que ce soit un problème difficile à résoudre que de déterminer comment, par exemple, ce changement quantitatif a été suivi ou augmenté par un changement qualitatif.En outre, le fait de s\u2019intéresser au «développement» entraîne nécessairement un souci des diverses dimensions de la vie humaine.Il est évident que nous ne pouvons pas simplement nous occuper de l\u2019ensemble des relations économiques, quelque importantes qu\u2019elles soient.Le spécialiste du développement, notamment celui dont le domaine est le développement régional, doit être sensible aux relations qui existent entre les dimensions économique, démographique, culturelle, etc.Ainsi que l\u2019ont noté de nombreux chercheurs, les États-Unis ont été le théâtre de toute une série de grandes migrations internes.La première a été l'expansion graduelle vers l\u2019Ouest.La seconde qui a résulté de la combinaison d\u2019un certain nombre de changements (qui n\u2019ont pas été les mêmes dans toutes les parties de la nation) a vu la migration des régions rurales vers les régions urbaines.Durant les deux premiers tiers de notre siècle, nous avons souffert les affres de mouvements qui ont édifié nos structures métropolitaines, avec leurs traits caractéristiques de croissance suburbaine et, au cours des dernières décades, de déclin des centres urbains.Enfin, et il ne s\u2019agit peut-être que d'un phénomène éphémère, nous assistons à un renouveau d\u2019intérêt pour l\u2019«hinterland », l\u2019arrière-pays: dans certains cas l\u2019abandon des régions actuellement habitées, dans d'autres un déplacement qui dépasse juste la frange des métropoles ou bien se dirige vers les villes plus petites ou de moyenne grandeur.On a beaucoup écrit sur les origines de ces déplacements, mais ce qui me paraît être le plus important et qui n\u2019est qu'une synthèse d\u2019explication, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit là des sous-produits presque accidentels de la politique des pouvoirs publics.Ces déplacements n\u2019ont certainement pas résulté d\u2019un plan cohérent.Tandis que la nation, au cours de ses deux siècles d'indépendance, s'est transformée et est passée de l\u2019état rural à l'état urbain, et peut-être parce que cette transformation ne s\u2019est pas accomplie de manière égale dans chaque région, nous sommes témoins d\u2019énormes disparités dans le niveau de bien-être des habitants des diverses régions des États-Unis.Le Nord-Est et les États 13 du Centre, ainsi que l'Ouest, progressivement, sont bien nantis selon la plupart des indicateurs, tandis que le Sud-Est reste toujours pauvre.Mais parmi les nombreuses critiques à faire je voudrais en souligner deux.En premier lieu, nous ne sommes pas encore capables de mesurer le bien-être individuel, et l\u2019indicateur auquel on a recours le plus souvent \u2014 une variable quelconque de revenu par tête \u2014 peut cacher les faits autant qu\u2019il peut les éclairer.En second lieu, toute mesure globale de bien-être régional masque les disparités intérieures de la région: dire que le Nord-Est a un revenu approximatif par tête de 10% plus élevé que le revenu national moyen (il dépasse de beaucoup ce chiffre dans les régions urbanisées) ne lève pas le voile qui cache la misère de l\u2019existence d\u2019une importante minorité de la population dans cette région.Mais, ceci étant, nous avons au cours du dernier demi-siècle vu se produire un rétrécissement dë la différence qui existe entre les régions les plus riches et les plus pauvres.À tel point, en fait, que, ces dernières années, la croissance impressionnante bien que capricieuse de ce qu\u2019on appelle la «Sunbelt» (Ceinture du Soleil) a pu dominer bien des discussions politiques et économiques, et entraîne l\u2019impression (peut-être l\u2019envie?) \u2014 exagérée à mon avis \u2014, que le Nord est fini, qu\u2019il n\u2019a plus d\u2019avenir, et que toute la richesse et la croissance se produiront, à l'avenir, dans le demi-cercle des États qui vont de la Californie à la Virginie.Rares sont ceux qui affirmeraient catégoriquement, aujourd\u2019hui, que les problèmes des États-Unis sont surtout ceux qui consistent à relever le défi de la richesse de Y Affluent Souek.Par contre, le centre des agglomérations et leurs habitants exigent une aide massive (bien qu\u2019ils ne l\u2019obtiennent pas sous les étiquettes peut-être malencontreuses du Nouveau Fédéralisme, d\u2019où le mécontentement qui suit les espoirs exagérés en une Nouvelle Société).Un grand nombre de régions rurales restent en marge du cours des événements qui ont modelé la nation à l\u2019ère industrielle et postindustrielle.Et même certaines de nos brillantes banlieues ont perdu leur éclat, accablées par le fardeau de maladies sociales, fiscales, économiques et d\u2019environnement.Il existe encore une autre catégorie de problèmes qui sont réellement le résultat de la richesse, de la capitalisation à outrance et de la consommation \u2014 sinon des retombées de la richesse.La façon dont nous traitons les régions qui souffrent de la présence des plus grandes sources de production d\u2019énergie, les mines qui dévastent de nombreux États en même temps qu\u2019elles nous permettent de continuer sans changement notable à mener le genre de vie que nous avons choisi, la manière dont nous nous adoptons à une capitalisation toujours grandissante aux exigences de l\u2019automobile, la manière dont nous réagissons aux mouvements de la population (des plus pauvres aux plus riches retraités), toutes ces questions se manifestent, en fait, sur le plan spatial : elles ont sans aucun doute des effets sur les perspectives de la croissance régionale et l\u2019évolution du bien-être.Figurent- elles à l\u2019ordre du jour des institutions chargées de la planification ?Dans l\u2019ensemble, non.Naturellement, il y a eu toute une série d\u2019institutions, de commissions pour la planification régionale, et des efforts ont été faits pour diriger le développement régional.La Commission des Appa-laches et les autres du même type, et les diverses agences du genre de l\u2019Administration du Développement Économique, plus récemment, les rapports cherchant à établir une politique de Croissance Nationale, toutes ces institutions font partie de notre vie politique et ont un certain effet, à une échelle macrotopique.Il en est de même du nombre croissant des organismes d\u2019études des métropoles urbaines (et parfois de planification) et des agences quasi omniprésentes de planification urbaine.Ces dernières ont une histoire: elles sont nées des «TVA», des Conseils de développement industriel de l\u2019État ou de la ville, qui sont les commissions les plus anciennes chargées de la gestion et de la planification urbaine.Mais, en ce qui concerne les résultats obtenus, un effet d\u2019ensemble sur l\u2019environnement total, cela ne va pas loin.La formation spatiale des États-Unis est, au contraire, il me semble, le résultat accidentel d\u2019une série de grandes mesures politiques de la part des pouvoirs publics et les réactions qu\u2019elles ont produites chez les entreprises privées et dans la masse des habitants des États-Unis considérés en tant qu\u2019acquéreurs de logements, migrants, et sélectionneurs d\u2019emplois.La suburbanisation, par exemple, est la conséquence essentielle d\u2019une série de lois visant à subventionner un type particulier d\u2019industrie du bâtiment construisant des logements ainsi qu\u2019à récompenser la classe moyenne et obtenir son soutien (en particulier les anciens combattants des guerres des années \u201940 et \u201950).Le paysage a subi des changements importants et l\u2019extension des métropoles a été grandement valorisée par le système (en vigueur) des autoroutes et par leur tracé: il y a un demi-siècle, par le réseau des autoroutes fédérales, depuis les deux dernières décades, par le «Interstate Highway System» (Réseau des Autoroutes Nationales).Ces systèmes et le modèle des dépenses et achats militaires et les activités qui en dépendent dans le domaine de l\u2019industrie nucléaire et spatiale notamment ont contribué de manière inestimable à l\u2019évolution du Sunbelt.Nous pouvons imaginer les effets, dans les années qui viennent, d\u2019une dépendance énergétique plus importante à l\u2019égard du charbon: le centre de l\u2019activité économique va certainement se déplacer de manière significative vers les États des plaines supérieures et les Montagnes Rocheuses.Le développement régional, comme je l\u2019ai dit tout à l\u2019heure, est un processus de réaction à un comportement dirigé vers un but dont les objectifs ont conduit à l\u2019élaboration et à l'exécution de programmes, de stratégies et de projets: mais ces buts n\u2019ont que peu de relations avec le modelage, la formation géographique du pays.Dans ce sens, je dirais plutôt que le développement régional de la nation (à distinguer de la beaucoup plus modeste planification 14 régionale) a été accidentel et se présente comme le sous-produit d\u2019autres activités.Il va sans dire que les diverses formes d\u2019interventions qui ont eu lieu \u2014 que ce soit au niveau national, local ou au niveau des États \u2014 étaient le résultat de décisions fragmentaires.Les décisions au sujet du sol, la croissance des agglomérations, la répartition de l'infrastructure et les décisions plus éphémères concernant la répartition de ia capacité de production et de la migration sont entraînées par les activités de nombreuses institutions ou commissions gouvernementales.Le Ministère du Logement et du Développement Urbain a servi certains efforts de reconstruction des villes (nous sommes loin d\u2019être satisfaits du résultat de la plupart de ces efforts); le Ministère de l\u2019Intérieur, en sa qualité de grand propriétaire foncier et de gestionnaire des ressources, contrôle un grand nombre de biens, en particulier dans l\u2019Ouest.Le Ministère des Transports (d\u2019autres aussi, d\u2019ailleurs) a contribué à établir la trame de la toile du capital qui joue un rôle si déterminant dans le processus de la croissance et du développement régional.On peut tracer un tableau analogue au niveau infra-national en y ajoutant l\u2019aspect du manque de coordination de la juridiction (entre les États et les municipalités) qui caractérise souvent ce processus.Des efforts périodiques pour imposer un développement unifié (comme ceux, par exemple du NRPB pendant les années du New Deal) ont largement échoué.Il convient cependant de mentionner deux faits récents, bien qu'ils soient de modeste importance.L'un est le procédé selon lequel les investissements fédéraux, dans les zones métropolitaines, sont sujets à être révisés globalement par des instituts de planification régionale partiellement chargés de cette mission.Le second est le pouvoir graduellement acquis par la Loi Nationale sur la Protection de l\u2019environnement: toute décision gouverneméntale majeure (même lorsqu'il s\u2019agit d'accorder des subventions à des organisations privées ou à but non lucratif) est sujette à une révision sur le plan de ses effets sur l\u2019environnement.Ceci a permis d\u2019étudier de près des activités individuelles d'une portée étonnamment vaste et de jeter les bases d\u2019une planification régionale à une large échelle (comme ce fut le cas lorsque les exigences de la Loi pour l\u2019air pur ont obligé les zones urbaines à planifier non seulement tous les systèmes de transports mais aussi les activités qui en dépendaient).Pendant les 5 dernières années, pourtant, on remarque la naissance d'une nouvelle orientation, accompagnée d\u2019une recherche de la part des institutions nécessaires au niveau national (et parallèlement, à un moindre degré, dans certains cas au niveau des États), une orientation vers une politique de croissance nationale.Cette tendance n\u2019implique pas seulement la mise sur pied de nouvelles institutions qui détiendraient des pouvoirs encore mal définis (surtout dans le domaine des calculs, des prévisions, de la coordination plutôt que dans celui du contrôle direct).Il implique également des décisions au sujet de la signification et du potentiel d\u2019une politique de croissance nationale, \u2014 et ceci est, au mieux, au stade expérimental et non encore clairement défini.Il faudra, cela va sans dire, prendre en considération le mode d\u2019implantation urbain et rural, le rôle du gouvernement fédéral lorsqu\u2019il canalise les investissements et les subventions dans les diverses parties de la nation, les décisions ayant trait aux ressources essentielles (les ressources énergétiques y comprises) et aussi les considérations moins bien définies ayant trait à la qualité de la vie, c\u2019est-à-dire plus spécifiquement, le contrôle de la valorisation et de ia spoliation de l\u2019environnement.En même temps, ainsi qu'on l\u2019a fait périodiquement par le passé, une forme plus directe d'intervention dans la sphère économique est à l\u2019étude.Ce qui a commencé, dans les années qui ont suivi immédiatement la guerre, sous la forme d\u2019un processus de consultation au service du Président en matière d'économie est en train de se développer considérablement et de devenir une forme rudimentaire de planification au niveau national.On ne sait pas encore s\u2019il pourrait s\u2019agir là d\u2019un élément constitutif spatial explicite (c\u2019est-à-dire différent de ce qui n'est aujourd\u2019hui que marginal ou implicite).Ces efforts constituent la poussée visible du développement régional.Il faut y ajouter la réalité d'un système législatif dans lequel chaque représentant, conscient des gains ou des pertes de son propre domaine de juridiction, tend à négocier en tant que «n-person zéro sum game » : c\u2019est-à-dire sans exprimer des intérêts favorables au système dans son ensemble.Je dois répéter que j'ai l\u2019impression que, dans l\u2019ensemble, l'ordre du jour national en ce qui concerne l\u2019espace n'occupe pas une place essentielle dans les prises de décisions capitales.Ceci concerne la définition des problèmes, le pouvoir conféré aux commissions gouvernementales, rétablissement d\u2019ordres du jour et l\u2019élaboration de stratégies, de même que les ressources attribuées à la réalisation de divers projets.L\u2019institution de la planification régionale fait partie de la famille officiellement, mais si elle est considérée comme un nouveau-né (dont les liens de parenté sont encore douteux), elle reste une parenté éloignée plus ou moins bienvenue à la table de famille.Souvent, le petit, représentant de l'espace, reste absent lorsque les grands se réunissent pour parler d\u2019affaires sérieuses.Tandis que ia planification régionale est l\u2019une des dernières à l\u2019ordre du jour, dans une nation fédérale et étant donné la structure de notre Congrès et notre système électoral, le mode d\u2019intervention différencie en ce qui concerne l\u2019espace, les régions; les systèmes de sanctions et de récompenses émanant du gouvernement national sont suprêmement importants.Il suffit de mentionner la politique d'appropriation (d'affectation de crédits) en vue de la construction de la trentaine des plus importants barrages, ou les batailles suscitées par la formulation de la politique énergétique, ou encore les questions concernant la fermeture ou le maintien de bases militaires.Puisqu\u2019on réalise les conséquences spatiales des actes du gouvernement, je crois que la 15 possibilité existe d'orientations nouvelles en planification régionale.Nous allons probablement, aux États-Unis, voir l\u2019idée d'une «politique de la croissance» devenir une institution.Je ne suis pas sûr de la forme qu\u2019elle prendra.Mais l\u2019une des conséquences qu'elle entraînera sera certainement une convergence graduelle, sinon une coordination bureaucratie ue, des programmes et projets émanant des divers ministères et autres unités ou commissions au niveau fédéral.Cela sera peut-être motivé par ce que l\u2019on appelle «the energy crunch», ou simplement par la conscience de ce que nous sommes mieux en mesure de contrôler l\u2019ensemble de notre milieu si nous le faisons systématiquement.De quoi un organisme consacré à la politique de la croissance devrait-il tenir compte?Permettez-moi d\u2019abord de présenter dans ses grandes lignes un ordre du jour \u2014 en prenant pour commencer les questions qui y figurent déjà.Je voudrais ensuite mentionner ce qui, à mon sens, constitue le caractère spécifique d\u2019une politique d'implantation nationale: son contenu en matière d\u2019informations.Enfin, je vous proposerai un mécanisme susceptible d\u2019être utilisé pour fournir les renseignements et le contrôle nécessaires à une telle politique.L\u2019équilibre relatif des sphères urbaine et rurale malgré l\u2019aspect dichotomique de cette division dépend très largement du type d\u2019activité économique qui est à la base de la croissance et du développement national.Alors que nous avons tendance à considérer les zones arriérées et les zones de croissance comme des reflets de la demande en biens et en services sans réaliser que ces derniers changent de nature au cours des années, dans le contexte de l\u2019évolution de la technologie, des goûts, et de la dépendance envers d\u2019autres sources d\u2019approvisionnement et de consommateurs, ceci ne fournit qu\u2019une explication partielle.En un sens, il existe suffisamment de revenus et de ressources discrétionnaires pour que l\u2019on ait la possibilité d\u2019aider les zones affectées par la dépression et de dégonfler les stimuli dans les régions prospères.Les décisions concernant les investissements relatifs à l\u2019infrastructure, la politique fiscale, les achats de matériel militaire ou autres activités gouvernementales peuvent réellement avoir un effet majeur sur l\u2019état du bien-être dans les zones troublées.C\u2019est pourquoi je conclus que toute politique nationale de croissance doit se charger d'abord d\u2019identifier les régions qui ont besoin d\u2019une aide et d\u2019une intervention actives, ensuite, de définir quelles sont les dépenses en capitaux et en programmes qui peuvent y être dirigées.À ce niveau, la méthode politique doit prévoir un instrument de mesure qui servira à identifier les régions en question et à contrôler leurs progrès.Elle devra également inclure un mécanisme qui permettra d'arrêter le soutien accordé lorsqu\u2019un certain degré de succès (ou la preuve d'un échec continu) sera enregistré.L\u2019équilibre même entre l\u2019urbain et le rural (quoique nous soyons loin d\u2019une séparation dichotomique) devrait être considéré comme une variable de la politique.Nous avons tendance actuellement à considérer ceci comme un but: nous mesurons le mélange urbain-rural comme étant un indicateur pour notre politique.Il apparaîtrait aussi que le mélange même de l\u2019urbain et du rural peut servir d\u2019outil pour la réalisation d\u2019autres objectifs sociaux (par exemple la structure démographique ou l\u2019état de l'environnement).Il y a donc là un autre point à porter à l\u2019ordre du jour d\u2019une politique nationale de croissance.Le genre ou la qualité de vie même, \u2014 concept usé mais encore utile, pour l\u2019essentiel \u2014 fournit une série de considérations valables pour une politique de la croissance.Bien que je n\u2019aie pas l\u2019intention d'énumérer tous les éléments qui déterminent un tel amalgame de considérations, il va de soi que ceux-ci comprennent la qualité de l\u2019environnement, l\u2019utilisation des ressources (y compris le carburant et d\u2019autres formes d'énergie), l\u2019état de santé ou de maladie, la mobilité, etc.Chacun de ces éléments (ainsi que beaucoup d\u2019autres, naturellement), possède une spécificité locale; il serait téméraire de supposer qu'il existe une uniformité nationale dans ce domaine.La prémisse même qui est à la base d\u2019une politique de «croissance nationale» est encore plus complexe dans ses implications: le niveau à partir duquel une intervention doit avoir lieu, considérant le degré et la qualité de peuplement de la nation et de ses régions.Le calcul de la taille d\u2019une population est encore dans l\u2019enfance.Une déclaration satisfaisante sur la croissance nationale devrait inclure une prise de position sur la croissance de la population précisant qu\u2019elle doit être zéro, limitée ou accélérée.Une politique de croissance de ce genre comprendrait de nombreux composants.Un rapport sur les besoins en matières premières (ressources) peut-être dans le genre d\u2019un travail de pionnier intitulé: «Les besoins et les ressources de l'Amérique»* y jouerait un rôle essentiel.Nous savons maintenant qu\u2019il existe des limites potentielles à la croissance, et c\u2019est pourquoi la connaissance des sources d\u2019énergie capables de remplacer les ressources existantes en minéraux, en produits forestiers et en eau est essentielle.Le terrain joue, à ce sujet, un rôle encore plus important.Parallèlement à ces calculs, il ne faut pas oublier la nécessité de considérer les diverses formes de contrôle de l\u2019utilisation de ces ressources, et il y a place pour un processus d\u2019élaboration aussi bien que pour un cadre plus architectural.L\u2019élaboration de nouveaux stimulants et de motivations nouvelles, de dispositifs de contrôle du marché ou non, est peut-être plus importante que nous ne l\u2019admettons habituellement.Dans la mesure où nous nous intéressons de manière réitérée à l\u2019équilibre urbain-rural, il est évident qu\u2019il * H.Landsberg et al., «Resources in America\u2019s Future», Resources for the Future, Baltimore, 1963. importe de savoir ce que nous voulons dire par «mode d\u2019implantation».C\u2019est beaucoup plus que la relation entre la population urbaine et la population totale.Cela exige certainement davantage que la spécification de la taille maximum d'une ville.Ce sont là des chiffres qui sont difficiles à établir, naturellement, et qui peut-être, à cause de leur généralité et de leur caractère essentiellement arbitraire, sont en dehors du sujet.Je préférerais proposer la désignation d\u2019un système d\u2019implantations («settlement pattern»), un système qui aurait un certain nombre de qualités.Permettez-moi de les énumérer car je crois qu\u2019il est nécessaire d\u2019entrer dans les détails si l\u2019on veut avoir une compréhension suffisante du modèle et de la méthode et parvenir à une clarté suffisante pour pouvoir guider une politique.Un système d\u2019implantations peut se décrire selon les dimensions suivantes: 1.\trépartition des agglomérations suivant leur taille/ grandeur/importance 2.\tspécification des fonctions de chaque agglomération 3.\tsituation géographique dans l\u2019espace national défini régionalement 4.\tliens entre les agglomérations: réseau et trafic/ circulation 5.\tdomaine tributaire de chaque agglomération \u2014 spécifié selon sa fonction a.\trépartition des biens et des services b.\tprovision des matériaux, des «inputs» pour des activités urbaines.Dans l\u2019idéal, ceci se trouverait spécifié dans un cadre dynamique ou longitudinal.En l'absence d\u2019une telle spécification, il est difficile de voir comment on pourrait fournir autre chose qu\u2019une esquisse très vague des relations urbaines et rurales.Aux États-Unis, nous sommes arrivés à accepter la pratique de l\u2019analyse des effets sur l\u2019environnement (en fait, il s\u2019agit maintenant d\u2019une industrie de la croissance de plein droit).Ce genre d\u2019analyses et les évaluations qu'elles entraînent ont été graduellement élargies de façon à comprendre des considérations économiques allant au-delà du cadre strict du calcul du prix de revient et nous assistons à un début d\u2019intérêt pour l\u2019analyse des effets sociaux et le développement de méthodes dans ce sens.Les effets spatiaux des décisions publiques, du genre de celles mentionnées plus haut (projets publics à grande échelle par exemple), ne font pas partie de notre ordre du jour; les méthodes actuelles n\u2019éclairent pas celui qui décide de la politique à choisir s\u2019il cherche à savoir par exemple quel degré d\u2019urbanisation sera causé par l\u2019implantation d\u2019un nouveau service public ou son effet sur le bien-être relatif de plusieurs régions.Des questions de ce type, qui peuvent être posées par la spécification du mode d'implantation, dépassent de loin la portée des études actuelles sur les effets.C\u2019est pourquoi je suggérerai que nous cherchions s\u2019il ne serait pas utile de tracer un parallèle aux déclarations sur l\u2019environnement.Pour le genre de projets et de programmes pour lesquels les analyses et rapports actuels sur les effets subis par l\u2019environnement sont suffisants, on pourrait exiger la préparation d'un parallèle ou d'un «rapport sur les effets au niveau de l\u2019environnement».Ceci servirait à répondre, d\u2019une manière très générale d\u2019abord, surtout en termes qualitatifs, à la question de l\u2019effet que le projet pourrait avoir sur l\u2019équilibre relatif urbain-rural, l\u2019effet qu'il aurait sur le bien-être relatif entre les régions, comment la mobilité des facteurs (spécialement les migrations) serait encouragée ou contrecarrée et la manière dont ce projet transformerait le mode d\u2019installation de la population.La préparation d\u2019un rapport sur les effets au niveau de l\u2019environnement, qui légalement jouirait d\u2019une autorité très limitée en dehors de la phase de préparation elle-même, servirait à indiquer d'avance un effet souhaité ou indésirable.Son mécanisme pourrait servir d\u2019instrument de contrôle pour notifier aux institutions responsables des décisions et aux autres parties intéressées, le degré d\u2019efficacité des mesures prises par rapport aux buts recherchés.Parallèlement à un mécanisme de ce genre, je souhaiterais voir se développer peu à peu un mécanisme qui rendrait compte des changements macroéconomiques spatiaux.Il me semble particulièrement inquiétant qu\u2019il soit impossible d\u2019obtenir des renseignements sur le niveau des dépenses gouvernementales par petites régions; ce n'est que récemment que des études gouvernementales internes ont été faites sur les dépenses par comtés, et, si je comprends bien, elles n'ont pas tenu compte de l\u2019afflux monétaire des transferts et autres catégories de revenus de fonds gouvernementaux expédiés «par voie postale» (par exemple l\u2019assistance sociale, les retraites militaires, bourses, etc.).Les dépenses publiques sont, après tout, l\u2019une des sources majeures de la croissance économique et, en dernier ressort, de développement.Et cela surtout au niveau régional.Le message qu\u2019apporte cet article est simple.Jusqu\u2019à présent, la nature spatiale du développement national a été largement le fait du hasard et le résultat inattendu et indésirable d\u2019une série de décisions.Je voudrais affirmer que le gouvernement en tant que tel joue un rôle majeur et que le secteur public, au moins, devrait agir en ayant conscience de ses responsabilités à cet égard.Pour pouvoir le faire, il doit compléter par des mécanismes d\u2019information ses mécanismes de contrôle.Certains sont indiqués plus haut.Pour le moment, il ne s\u2019agit encore que de suggestions.Mais il y a d\u2019autres contributions à cette Conférence.Je suis certain que des idées analogues à celles que je viens de présenter feront l\u2019objet d\u2019une attention plus minutieuse et seront développées plus avant.17 (KM ml pssppï iliii i; 2.PREMIER SOUS-THÈME Systèmes d\u2019information urbains et régionaux Les systèmes d\u2019information urbains et régionaux: l\u2019expérience nord-américaine Barry S.Wellar* Ministère d\u2019État chargé des Affaires urbaines** RÉSUMÉ \u2014 En guise d'introduction, l\u2019on démontre que les systèmes d\u2019information sont devenus un élément essentiel de l'infrastructure servant à la gestion des villes et des régions.On 'procède ensuite à une évaluation tant du point de vue des agents que du point de vue des fonctions allouées à de tels systèmes: l\u2019administrateur et la gestion, le planificateur et la planification, l\u2019opérateur et l\u2019opération, et enfin, le chercheur et la recherche.On fait également ressortir des distinctions importantes afin de mieux cerner les résultats actuels et de mieux prévoir les résultats à venir.On discute, par la suite, de trois éléments du programme USAC (Urban Information Systems Inter-Agency Committee \u2014 commission mixte sur les systèmes d\u2019information urbains) des États-Unis.Ces éléments d\u2019information sont considérés comme ayant une influence marquante, sur l\u2019évolution des systèmes d\u2019information automatisés en Amérique du Nord.Enfin, on passe en revue certains des thèmes et les caractéristiques les plus marquantes de l\u2019URISA (Urban and Regional Information Systems Association \u2014 Association des Systèmes d\u2019information Urbains et Régionaux).Les travaux de l\u2019URISA suivent, de l\u2019avis de l\u2019auteur, l\u2019évolution de ce secteur d\u2019activités; ceux-ci, en conséquence, ne sauraient être négligés si l\u2019on veut étudier sérieusement l\u2019expérience nord-américaine se rapportant aux systèmes d\u2019information utilisés dans l\u2019administration urbaine et régionale.Introduction Au cours des deux dernières décennies, les systèmes d\u2019information1 sont devenus parties essentielles de l\u2019infrastructure de l\u2019administration urbaine et régionale en Amérique du Nord.À l\u2019origine, ils n\u2019étaient * Directeur, Groupe de l\u2019Analyse Politique, Ministère d\u2019État Chargé des Affaires Urbaines, et Président Élu de l\u2019Urban and Regional Information Systems Association (URISA).** Les opinions exprimées dans ce document n\u2019engagent que l\u2019auteur et ne représentent pas nécessairement celles du Ministère d\u2019État Chargé des Affaires Urbaines.1 C\u2019est-à-dire, les systèmes d\u2019information assistés par ordinateur.en usage que dans les centres les plus importants ou les villes les plus progressistes, et les plus innovatrices.À l\u2019heure actuelle, ils sont acceptés et utilisés dans la quasi-totalité des centres urbains de toute nature et de toute dimension.Cette situation s'explique en partie par la baisse du prix de ce qu\u2019on appelle en anglais «hardware» et «software» ainsi que par la prolifération des façonniers du secteur privé grâce auxquels la propriété n\u2019est plus une condition nécessaire de l\u2019accès à l\u2019ordinateur.Quoi qu\u2019il en soit, même des centres dont la population ne dépasse pas le chiffre de 25,000 à 50,000 habitants, ont maintenant recours aux systèmes d\u2019information pour l\u2019exécution de certains de leurs travaux.Cette communication a pour objet de donner, en termes généraux, un aperçu général des expériences enregistrées jusqu'à présent.D'autres études présentées au cours de cette session analyseront plus en détail certains aspects de cette présentation, nécessairement succincte, de l'expérience nord-américaine en ce domaine.Voici le plan que nous suivrons: 1)\tUne évaluation des systèmes d\u2019information au plan des fonctions de gestion, de planification, d'opération, et de recherche; 2)\tUn bref rappel de plusieurs contributions importantes, non encore appréciées à leur juste valeur, du programme USAC (Urban Information Systems Inter-Agency Committee) des États-Unis; 3)\tUn aperçu général des activités de l\u2019URISA (Urban and Regional Information Systems Association), dont l\u2019évolution se rapproche le plus de celle de ce secteur d\u2019activités, au niveau de la conceptualisation, de la formulation, du développement, de l\u2019implantation, ainsi que du contrôle des résultats.Les systèmes d\u2019information: instruments ou jouets à l\u2019intérieur du processus de l\u2019administration urbaine et régionale?Une analyse précédente a déjà traité, en détail, de l\u2019évolution des systèmes d'information quant à leur rôle d\u2019instrument ou de jouet à l'intérieur du proces- 21 sus de l'administration urbaine2.Étant donné le peu de temps dont nous disposons ici, il nous faudra passer outre à l\u2019argumentation qui a servi de base à cette étude.Nous nous attarderons toutefois aux conclusions qui y sont présentées (pour plus de détails, voir le document original).En premier lieu, étudions le Tableau 1 qui se fonde sur le postulat selon lequel le facteur temps constitue l\u2019une des justifications premières du support informatique aux fonctions gouvernementales.Je n\u2019ignore pas qu\u2019il y a d'autres facteurs importants, par exemple, le nombre de transactions, le coût de l\u2019activité en question, etc., mais après une analyse plus approfondie, on s\u2019aperçoit que, dans la majorité des cas, ces facteurs se réduisent au facteur temps.Pour expliquer l'illustration que représente le Tableau 1, nous devons étudier les relations administrateur-gestion et chercheur-recherche.À mon avis, la plupart des administrateurs urbains font bon ménage avec l'informatique qui devient de plus en plus acceptable intellectuellement.Je ne dis pas que ces administrateurs en sont arrivés à un état de symbiose électronique avec l\u2019informatique; plutôt, avec le temps, ils en sont arrivés à adopter une attitude de tolérance.Par ailleurs, la liste des «choses acceptables» aux yeux des administrateurs est parvenue à un point où l\u2019informatique représente plus qu\u2019un simple jouet.Au plan des fonctions de la gestion urbaine cependant, l'attitude des responsables vis-à-vis l\u2019informatique n\u2019a pas suivi la même évolution.À mon avis, elle représente toujours un jouet aux yeux des administrateurs; c'est à ce titre qu\u2019ils s'en servent.Ils n\u2019en sont pas encore arrivés au stade où celle-ci servirait à produire un mode automatisé de réaction et de prise de décision.(Qu\u2019un tel mode soit bon, mauvais ou indifférent, cela ne fait point l\u2019objet de la présente discussion.) En ce qui concerne les chercheurs, la situation est, à mon avis, quelque peu différente.Les chercheurs, notamment ceux qui travaillent à l\u2019aide de modèles ou ceux qui sont versés dans l\u2019utilisation des techniques quantitatives et des systèmes dynamiques, se font très bien à l\u2019informatique, que ce soit du point de vue de leur position psychologique ou de leur orientation.Ils la considèrent comme un instrument de travail.Au plan de la recherche, l'utilisation de l\u2019informatique a atteint un haut niveau dans la progression du manuel à l\u2019automatique, mais l\u2019évolution a été un peu plus lente le long de l\u2019axe Jouet \u2014 Instrument.Je serais porté à expliquer ce phénomène par le fait que, malgré le goût des chercheurs pour la réduction 2 Barry S.Wellar, Impressions on the Status of Computer Assisted Information Systems in Urban Governance.Document de travail B.76.2 présenté au Symposium sur l'informatique et l'administration urbaine.(Ottawa, Ministère d\u2019État Chargé des Affaires Urbaines, 1976).TABLEAU 1 Le rapport entre les utilisateurs et les diverses utilisations des systèmes d\u2019information automatisés dans le secteur urbain Evolution du facteur temps en fonction des processus des agents et des fonctions urbainés Automatisé A \u2022 Chercheur X Recherche \u2022 Opérateur \u2022 Planificateur X Opérations \u2022 Administrateur X Planification Manuel X Gestion Jouet -?Instrument Façon de voir et d'utiliser le système d\u2019information par rapDort aux agents urbains et aux fonctions urbaines.du temps consacré à leurs travaux (par exemple, les exercices de simulation sur une grande échelle), il ne suffit pas de vouloir utiliser l\u2019informatique pour y parvenir.En d'autres termes, c\u2019est une chose que de concevoir et de formuler une application théorique, sur papier ou en principe, c\u2019en est souvent toute une autre, sur le plan pratique, que de faire usage de l\u2019informatique à cette fin.En guise de conclusion à cette section, rappelons deux points essentiels: en premier lieu, nous devons nous rappeler constamment les objectifs, les modalités et le degré d\u2019application des systèmes d\u2019information dans l\u2019administration urbaine.En second lieu, nous devons toujours avoir à l'esprit les transformations qui sont survenues tant dans ce secteur technique que dans l\u2019administration urbaine (c\u2019est-à-dire les responsables, les fonctions, et les activités).Cette présentation visant à faire connaître les expériences effectuées jusqu'à présent, il faut donc se reporter à ce qui précède, en conservant en mémoire les transformations qui se sont produites avec le temps.Un graphique sert à illustrer cette évolution, telle que je la perçois.Ainsi que le démontre le Tableau 2, chacune des fonctions en cause s\u2019est adaptée graduellement aux systèmes d\u2019information, mais à des rythmes différents.De 1950 à 1977, la fonction «gestion» n\u2019a fait que de piètres progrès réels en ce qui a trait à l\u2019utilisation qualitative et quantitative de ces systèmes.On peut cependant s\u2019attendre à ce qu\u2019au cours des années TABLEAU 2 Degré de familiarisation (usage) avec les systèmes d'information dans l\u2019exécution des fonctions de gestion, de planification, de recherche, et d'opération de l'administration urbaine et régionale, 1950-1990 Degré de familiarisation avec les systèmes d1 information dans l'exécution des fonctions d'administration urbaine et régionale Recherche Opération Planification Gestion 1950 1960 1970 1980 1990 à venir, la fonction «gestion» connaisse une courbe ascendante à tangente élevée dans ce domaine.À plusieurs égards, la fonction «planification» jusqu\u2019à la fin des années 1960 ne s\u2019était pas trop écartée de la courbe suivie par la fonction «gestion».Vers 1970, toutefois, la fonction «planification» a adopté les systèmes d\u2019information à titre d'instrument de travail.Elle continuera d\u2019y avoir recours de façon constante et croissante, dans l\u2019accomplissement de ses travaux.Le Tableau 2 fait ressortir un déplacement vers la gauche, de la courbe des activités des opérations et de la recherche, ainsi qu'un taux d\u2019accroissement très rapide en ce qui a trait au degré de familiarisation.C\u2019est vers le milieu des années 60 que la fonction «opération» a fait l'expérience des systèmes d\u2019information dont le degré d\u2019application n\u2019a cessé de s\u2019accroître jusqu'à aujourd\u2019hui.Cette expansion est prévue pour le restant des années 70 et pour la durée entière des deux dernières décennies de notre siècle.Il en va de même pour la fonction «recherche», dont le taux de familiarisation est encore plus élevé que celui de la fonction «opération».Il est à souligner que, dans ce secteur, l\u2019application technique a précédé d\u2019environ cinq ans celle de la fonction «opération».Nous avons, dans une certaine mesure, comparé des fonctions tout à fait différentes et il convient ici de le souligner.Les Tableaux 3 et 4 qui suivent énumèrent certaines activités représentatives qui sont réalisées généralement dans le cadre de chacune de ces mêmes fonctions.Encore ici, le manque de temps ne nous permet pas d'entreprendre l\u2019analyse détaillée de chacun des éléments figurant à ces tableaux.Ceux qui s\u2019y intéressent sont invités à consulter le document original.Les évaluations qui se rapportent au but et au degré d\u2019utilisation devraient s\u2019appliquer à la période 1975-1977.Par conséquent, si l'on veut établir des relations entre ces évaluations au cours des périodes précédentes ou subséquentes, il faudra se reporter aux données du Tableau 2.L\u2019utilisation d'un système d\u2019information constitue un élément très important du présent chapitre et mérite qu'on s'y attarde, ne serait-ce que brièvement.On a TABLEAU 3 Le but et l'importance de l\u2019utilisation des systèmes d\u2019information pour certaines activités du fonctionnement de l\u2019administration urbaine.Syst&nes d'information /LegislatioiyPolitiques.Projets Programmes Gérer et Activités' 'Réaliser administrer (Présenter Présenter Présenter /Présenter Transport Génie Contrôle de l'environnement Inspection des immeubles Registres des terres Services publics Finances Evaluation Perception des recettes Bien-être Bibliothèque Inscription des voteurs Police Incendie Application des lois A NOTER 1\tPE = peu élevée, M = moyenne, E = élevée.Lorsqu'il n'y a pas d'indication, cela signifie que le système d'information n'est pas utilisé ou guère utilisé pour l'activité en question.2\tLa liste des activités n'est pas complète; elle ne sert que pour illustrer un cas.fait valoir que toutes les activités effectuées par les fonctions de «gestion», de «planification», «opération» et «recherche», sont représentées par quatre extrants: 1) législation (c\u2019est-à-dire, les lois, les règlements municipaux, les lois provinciales, etc.), 2) politiques, 3) programmes et 4) projets3.Si l\u2019on estime 3 Ces résultats ont été expliqués par B.Wellar et L.Lavallée dans leur article «A Methodology for Selected R & D Studies in a Policy Oriented Organization», Computers, Local Government, and Productivity.Volume 1, Papers of the Thirteenth Annual Conference of the Urban and Regional Information Systems Association (Chicago, Illinois: MFOA, 1313 E.60th Street, 1976) pp.391-405; et par B.Wellar, dans son article «Role of National Governments in the Evolution of Information Technology at the Local Authority Level», Informatics Volume 13.(Paris: Organisation pour la coopération et le développement économique, 1977).qu\u2019un extrant en matière de législation est plus important qu\u2019une note supérieure enregistrée à l\u2019échelle d\u2019un projet, cette évaluation vise à rappeler que l\u2019auteur fait état d'expériences relatives à l\u2019application de systèmes d\u2019information, et non pas nécessairement à la qualité ou à l\u2019importance des utilisations rattachées aux différentes fonctions en cause.Pour conclure cette partie, il convient de rappeler qu\u2019en abordant plus loin les activités de l\u2019USAC et de l\u2019URISA \u201977, nous aurons encore l\u2019occasion de discuter de ces diverses fonctions.USAC Je n\u2019entends pas faire ici une critique détaillée du programme USAC.De fait, de telles critiques existent déjà et l\u2019on peut se les procurer sous forme d'articles, 24 TABLEAU 4 Le but et l\u2019importance de l\u2019utilisation des systèmes d\u2019information pour certaines activités des fonctions gestion, planification et recherche urbaines.îyGtlmes d'in fondation \u2014.\tutilisé dansl Législatiory Politiqi Prolets Fonctions lérer et Activités Présenter / Présenter/ Présenter/ administrer) Présenter/Réaliser Gestion Interpréter les préférences et les besoins des électeurs recommendations Faire la répartition des f one tionnanen t Planification Faire la collecte des données f onctionnemen t Dresser les plans Etablir les prévisions démographiques, budgétaires, Recherche Faire la collecte des données Faire la vérification dos hypothèses Elaboration des théories Elaboration des modèles pectives à venir Etablir des prévisions A NOTER\t- i rie i.|vu élevée, Mr.moyenne, E= élevée.Lorsqu'il n'y a pas d'indieil i.-u, signifie que le système d'information n'est pas utilisé ou guère utilisé pour l'activité en question 2 La liste des activités n'est pas complète; elle ne sert que pour illustrer un cas.de rapports et de livres4.En mentionnant ce programme, je tiens seulement à souligner trois points qui 4 Voir, par exemple, URISA Proceedings (comptes rendus de l\u2019URISA) depuis 1968 jusqu\u2019à cette date; Local Government Information Systems \u2014 A Study of Usac and the Future Application of Computer Technology compilé par le comité de soutien de l\u2019USAC, USAC Support Panel, Assembly of Engineering, National Research Council (Washington, D.C.: National Academy of Sciences, 1976); et B.Wellar, The Urban Information Systems Inter-Agency Committee (USAC) Experience: Some Lessons Learned, Document de travail B.73.21 (Ottawa, Ministère d\u2019État Chargé des Affaires Urbaines, 1973).n\u2019ont pas encore retenu l\u2019attention des spécialistes, malgré l\u2019autocritique et les analyses dont ce programme a fait l\u2019objet.En premier lieu, le programme USAC a fait plus pour rendre légitime le recours de l\u2019administration urbaine et régionale aux systèmes d\u2019information que n\u2019y ont réussi toutes les tentatives, nombreuses mais isolées, faites par les «technocrates» en vue d\u2019accroître le rendement de leurs systèmes manuels.Le fait qu'un certain nombre d\u2019organismes fédéraux des États-Unis ont mis en commun leurs ressources pour supporter la recherche et le développement en ce domaine a convaincu 25 la tendance de l\u2019avenir et que l\u2019avenir commençait maintenant.Loin de moi l'idée d\u2019affirmer que sans le programme USAC, les systèmes d\u2019information auraient connu une évolution différente.Je crois que l\u2019initiative de l'USAC a réduit la durée de l\u2019évolution des systèmes d\u2019information de plusieurs années, en particulier aux États-Unis.L'USAC et les systèmes intégrés d\u2019information municipaux sont devenus des mots d\u2019usage courant.En second lieu, le programme USAC a eu pour résultat concurrent de provoquer un esprit de compétition auprès des municipalités au sujet de la conception, de la formulation, de la mise au point et de l\u2019application de systèmes d\u2019information municipaux, intégrés et automatisés, plus fonctionnels et plus efficaces ou encore, à un niveau inférieur, l\u2019application de sous-systèmes plus fonctionnels et plus efficaces.Il convient de rappeler que 79 villes ont répondu à l\u2019appel de propositions de l\u2019USAC, mais que 6 d\u2019entre elles seulement ont été acceptées.Parmi les 73 autres, certaines ont consenti des efforts considérables, parfois couronnés de succès, pour démontrer que le comité de sélection les avait écartées à tort.Par ailleurs, d\u2019autres villes n\u2019ont pas pris part à l\u2019initiative de l\u2019USAC mais, probablement entraînées par le mouvement, ont fait des efforts accrus pour développer des systèmes intégrés d\u2019information urbains.Enfin, la proposition de l\u2019USAC est vite devenue5 un document de référence reflétant la technologie la plus avancée en ce secteur.Il a trait à une grande variété de sujets (par exemple, la définition de la base de données, l\u2019établissement des liens et des standards, le plan du contrôle des données, l\u2019organisation des fichiers, etc.) qui sont encore tous à la base de la réussite de l\u2019expérience des systèmes d\u2019information, et dont on pourrait cependant améliorer la théorie ou la méthodologie.L\u2019expérience nord-américaine des systèmes d\u2019information urbains et régionaux dans le contexte des conférences de l\u2019URISA En août prochain, l\u2019URISA tiendra sa quinzième conférence annuelle dont j\u2019ai choisi le thème: «Les contributions des systèmes d'information aux politiques, programmes, et projets» pour la raison suivante: il appert que le secteur et l'association convergent vers le même objectif, à savoir, celui de mieux comprendre les rapports existant entre la technique des systèmes d\u2019information et ses éléments destinés aux utilisations finales, c\u2019est-à-dire les politiques, les plans, et les programmes ou opérations (Tableaux 3 et 4).La première séance de l\u2019URISA \u201977 a pour titre «URISA en perspective».Elle vise à présenter un bref 5 Pour plus de détails, voir: Request for Proposais No.H-2-70 For Municipal Information Systems (Washington, D.C.: U.S.Department of Housing and Urban Development, 1969).historique de l\u2019association.En outre, elle servira de cadre de référence aux présentations d\u2019exposés généraux, soit quelque 25 ateliers sollicités (100 mémoires) et 30 autres ateliers libres (120 mémoires).Cette orientation de la conférence de 1977 s\u2019explique par deux raisons.En premier lieu, si l\u2019association et le secteur entendent planifier leur devenir, il leur faut connaître exactement ce qui s'est accompli et où ils en sont présentement dans leurs travaux.En second lieu, personne ne s\u2019est inscrit en faux contre la thèse selon laquelle, malgré l\u2019importance, l\u2019étendue et la profondeur des contributions apportées par l\u2019URISA au secteur, elles ne représentent aucunement un ensemble structuré de connaissances en la matière.La séance plénière, «URISA en perspective», en comprenant les documents de support et les exposés généraux, tentera d\u2019atteindre cet objectif.Si la conférence avait déjà eu lieu ou, mieux encore, si nous avions en mains son compte rendu, ceci faciliterait de beaucoup mon analyse.Comme tel n\u2019est pas le cas, je dois m\u2019efforcer de prévoir les événements et d\u2019avancer, par intuition, ce que l\u2019on dira de l\u2019expérience de l\u2019URISA en matière de systèmes d\u2019informations urbains et régionaux.Avant d\u2019aborder l\u2019expérience de l\u2019URISA, une mise en garde est nécessaire.En 1975, les membres de l\u2019URISA avaient à leur actif 555 articles et un grand nombre d\u2019exposés qui furent publiés par l\u2019association.Il s\u2019ensuit que les observations qui suivent doivent être interprétées en conséquence.Ainsi, je ne parlerai de l\u2019expérience de l\u2019URISA qu\u2019en termes généraux et mes observations ne refléteront point l\u2019ensemble des contributions diverses et essentielles qu\u2019ont apportées à ce secteur l\u2019association et ses membres.Il est possible de diviser le sujet qui nous intéresse de diverses façons.Le plan que nous adoptons est conforme aux sections précédentes de la présentation.Activités au plan de l\u2019élaboration des politiques L\u2019expérience de l\u2019URISA dans le domaine de l\u2019élaboration de politique est passée de l\u2019exubérance du début de son existence, à l\u2019optimisme des années subséquentes, pour enfin tomber dans un repli sur soi, empreint de lucidité et de réalisme au cours des dernières années.On peut constater un rapport étroit entre l\u2019orientation université-recherche des premières années et le ton incitatif de bon nombre d'articles des comptes rendus de l\u2019URISA.À mesure que le nombre de praticiens s\u2019accroît dans le domaine, le processus d\u2019élaboration de politique ne se limite plus aux méthodes et aux solutions de manuels et de documents de recherche, mais colle à la réalité de tous les jours.Cette évolution provient de l\u2019influence du rôle joué par ceux qui ont la responsabilité de formuler, de mettre au point et de «faire accepter» via un processus de prise de décision politique. À l\u2019heure actuelle, il est évident que les membres de l\u2019URISA ont fortement pris conscience de l\u2019importance du facteur «politique».Il ressort clairement que les questions sont plus critiques, les sujets mieux définis, et que des données de meilleure qualité ont été assemblées en vue d\u2019une utilisation par ceux qui formulent et adoptënt des politiques.Le fait que leurs efforts n\u2019ont pas toujours été couronnés de succès tient davantage au cadre et aux contraintes institutionnelles qu\u2019à la compétence de ceux qui ont appliqué et appliquent les systèmes d\u2019information pour produire des données et informations à jour et pertinentes, pour servir d\u2019éléments au processus de formulation des politiques.Activités dans le domaine de la planification La planification urbaine et régionale des années 60 se caractérisait en grande partie par une évolution vers ce qu\u2019on appelait «les modèles de deuxième génération d\u2019utilisation du sol» et vers une planification intégrée.» De par leur nature même, ces activités s\u2019effectuaient à grande échelle et nécessitaient un grand nombre d\u2019équations, de variables, et une grande quantité de données requises.Avec l\u2019apparition de systèmes de plus en plus rapides de traitement des données, dotés d\u2019une capacité croissante de mémoire, de récupération et de communication et de représentation, les planificateurs d\u2019un bon nombre d\u2019administrations urbaines et régionales se sont trouvés à l\u2019avant-garde.Il en a été de même pour leurs collègues des universités.Je ne sais pas qui a inventé l\u2019expression «Garbage In \u2014 Garbage Out», mais elle a dû être la réaction de quelqu\u2019un qui ne trouvait guère à son goût l\u2019idée d\u2019un plan informatisé destiné à une ville ou à une région urbaine.On peut soutenir qu\u2019un bon nombre de planificateurs étaient excessivement fascinés par les ordinateurs qui représentaient à leurs yeux un instrument pratique et capable de traiter des plans urbains ou régionaux les plus exhaustifs et les plus complexes dont un spécialiste de la planification puisse rêver.Au cours de cette période des années 60, l'appétit vorace, que l'on manifestait pour les ordinateurs en vue du traitement des données, a fait cependant ressortir le caractère parasitaire de la fonction «planification».Celle-ci devait s'appuyer sur la fonction «opération» qui lui fournissait les données nécessaires.En même temps que se confirmait cette constatation, un réveil s\u2019est produit: la planification s\u2019est avérée une étape intermédiaire entre les politiques de gestion, de développement des logements, des entreprises publiques, etc., lesquelles constituent les engrenages essentiels d\u2019une administration urbaine et régionale.Il y a peut-être lieu de constater ici que la fonction «planification » est coincée entre deux autres fonctions: celle de la gestion qui se préoccupe fort de l\u2019opinion publique et qui hésite à faire appel à des solutions soi-disant mécaniques et celle des opérations dont les éléments peuvent produire, de façon analytique, des solutions efficaces à divers problèmes sectoriels.Il semble qu\u2019au seuil de la seconde moitié de cette décennie, l\u2019utilisation appropriée des systèmes d\u2019information telle qu'elle ressort des comptes rendus de l\u2019URISA, s\u2019inscrit dans une problématique de nature plus générale et d\u2019ordre institutionnel: de quelle façon la planification peut s\u2019articuler de façon plus fonctionnelle et plus efficace, avec les fonctions «politiques» et «opérations»?Pendant des années, cette question est restée sans réponse et il semble que, pour le moment, l\u2019apport des systèmes d\u2019information a amplifié la nature du problème plutôt que d\u2019en faciliter la solution6.Il semble que l'approche utilisée, tel que le démontre un examen des comptes rendus de l\u2019URISA, est la suivante.Il s\u2019agit en premier lieu de créer un potentiel analytique pouvant servir à l\u2019aide de systèmes d'information aux besoins de la fonction «opération».La diversité des opérations montre à quel point cette tâche est, et continuera d\u2019être, difficile.En second lieu, il s\u2019agit de se résigner aux limites étroites que représente le cadre à l\u2019intérieur duquel les systèmes d\u2019information peuvent aider les planificateurs, et la fonction «planification» à s\u2019aligner sur des activités de gestion.Activités au niveau des opérations et des programmes Ces activités sont depuis longtemps à la base des activités des systèmes d\u2019information en ce qui a trait aux éléments et aux fonctions de l\u2019administration urbaine et régionale.Les documents relatifs aux opérations ont acquis droit de cité dans les comptes rendus de l\u2019URISA lors de la conférence de 1967: «Systèmes d\u2019information urbains et régionaux destinés aux programmes d'action sociale».Depuis, ils n'ont cessé d\u2019accroître en nombre et de gagner en importance.La conférence de 1977, par exemple, verra à la présentation de quelque 100 mémoires consacrés aux applications dans le domaine des opérations ou des programmes, alors qu'il n\u2019y en avait seulement qu\u2019une dizaine en 1967.Il semble que l\u2019URISA ait négligé aucun aspect d\u2019ordre opérationnel de l\u2019administration urbaine et régionale.Du reste, l\u2019association a accordé la même importance à un certain nombre d\u2019opérations, par exemple, les finances, la sécurité, le logement, le transport, le génie civil, l\u2019évaluation de l\u2019environnement, et la justice pénale.6 Pour plus de détails, y compris les vues sur le fonctionnement interne, voir Information Technology and Urban Governance, de Barry S.Wellar (ed.), (Ottawa, Ministère d\u2019État Chargé des Affaires Urbaines, 1976), pp.7-8, et 167-216.27 Bien qu'on puisse la décrire de différentes manières, l\u2019expérience de l\u2019URISA au niveau des opérations courantes s\u2019est donnée une orientation très nette.Au début, on se préoccupait principalement des données, c\u2019est-à-dire de la collecte, de l'emmagasinage, de la manutention, et de la récupération.Par la suite, on est enfin passé à l\u2019application pratique de l\u2019utilisation de ces données en vue d\u2019une gestion fonctionnelle et efficace des services.Si l\u2019on se reporte à la notion d\u2019instrument et de jouet présentée au début, on peut avancer que les systèmes d\u2019information sont passés de la phase jouet à la phase instrument au moment de la réorientation susmentionnée.À plusieurs égards, cette phase est devenue définitive lorsque la fonction «opération» a commencé à accorder plus d'importance à la spécification et à l\u2019application des données qu\u2019aux questions relatives à la collecte, au traitement et à la diffusion des données.Pour qu\u2019il y ait vraiment système, chaque phase de la création d\u2019un fichier (c\u2019est-à-dire, la spécification, la collecte, le traitement, la diffusion et l\u2019application) doit satisfaire certaines conditions.Autrement, on ne pourrait parler de système.L'URISA a contribué à faire accepter une telle notion.Il s\u2019ensuit que peu d\u2019organismes d\u2019Amérique du Nord accordent maintenant une importance excessive à un ou plusieurs éléments au détriment des autres maillons de la chaîne.Activités dans le domaine technologique L\u2019URISA ayant été à l\u2019avant-plan du développement technologique, il y a lieu de relater l\u2019expérience nord-américaine, ne serait-ce que brièvement.Malgré sa création récente, l\u2019URISA a déjà étudié: les grands systèmes de traitement par lot; les systèmes à temps partagé; les mini-ordinateurs; les micro-ordinateurs; la télédétection ; le traitement de données géographiques, le géocodage, la cartographie automatisée; les fichiers de données géographiques; DIME (Dual Independent Map Coding); les graphiques interactifs.Cette énumération n\u2019illustre qu\u2019en termes très généraux les composantes hardware-software de l\u2019URISA.Elle ne nous intéresse que dans la mesure où elle donne une idée de l\u2019étendue des sujets qui retiennent l\u2019attention des membres de l\u2019URISA.Les participants désirent en outre accroître l'accessibilité, l\u2019efficacité et les champs d'applications.Par ailleurs, les innovations en matière de hardware et de software sont acceptées et utilisées chaque jour davantage et témoignent de la qualité des travaux théoriques et pratiques qui ont été effectués et qui sont actuellement mis en application dans l\u2019administration urbaine et régionale partout en Amérique du Nord.Conclusion Les observations qui précèdent visent à rendre compte, de façon générale, de l\u2019expérience nord-américaine des systèmes d\u2019information dans le domaine de l'administration urbaine et régionale.De toute évidence, les systèmes d\u2019information ne constituent pas la panacée à tous les maux de l\u2019administration urbaine et régionale.Cependant, ils constituent un outil essentiel à l\u2019usage des municipalités.Pour s\u2019en convaincre, il suffit de songer à ce qui se produirait si on en privait Montréal, Calgary, Atlanta ou Kansas City.Au cours des mois et des années à venir, nous poursuivrons cette évaluation, provoquée en partie par URISA 77, et en partie par le présent colloque.Je compte bien y participer et j\u2019espère que mon apport d\u2019aujourd\u2019hui contribuera à vous inciter à persévérer à cette tâche ardue, mais combien intéressante. Quelques aspects de la géographie au Recensement du Canada: hier, aujourd\u2019hui et demain Pierre J.Hubert Statistique Canada Le recensement, c\u2019est essentiellement l\u2019inventaire des caractéristiques socio-économiques et démographiques d\u2019une population.C\u2019est ce que j\u2019appelle le contenu.Par ailleurs, le contenant, c\u2019est-à-dire l\u2019espace physique occupé par la population à recenser, est l\u2019affaire de la géographie qui, en fait, représente la toile de fond de toute cette opération statistique.Et cette composante du recensement a été particulièrement touchée par l'évolution de la technologie, évolution facilement définie sur trois périodes: pré 1971, les années '70 et les années '80.C\u2019est ainsi que j\u2019aborderai mon sujet.LA PÉRIODE AVANT 1971 Le problème géographique qui fut perçu le premier semble être celui de la comparabilité des données dans l\u2019espace et dans le temps.En effet, depuis 1871, les données étaient totalisées par circonscription électorale fédérale (CEF); celles-ci changeaient de limites à peu près à tous les 10 ans, et ainsi ne permettaient pas de comparaisons.Ce fut dans la décennie 1920-29 qu\u2019une solution fut apportée: on s\u2019aperçut que les comtés de l'est du pays offraient une stabilité assez grande de comparaison des CEF.La solution qui fut adoptée au recensement de 1931 fut d'étendre le concept «comté» dans tout le pays; ainsi naquit les divisions de recensement, terme encore utilisé aujourd\u2019hui pour désigner le premier niveau sous-provincial.Ainsi, aux recensements de 1931 et 1941, on croyait avoir solutionner le problème de la comparabilité.Les utilisateurs du temps, c\u2019est-à-dire les administrations provinciales semblaient heureuses de cette solution.La deuxième guerre mondiale, l\u2019augmentation rapide de la population après la guerre et l\u2019accroissement accéléré de la population urbaine ont donné lieu à une nouvelle génération d\u2019utilisateurs de données du recensement.Ils ont noms \u2014 les planificateurs, les chercheurs, les géographes.Ils ne sont pas satisfaits du cadre géographique existant; les divisions de recensement sont pour eux beaucoup trop grosses.C'est le niveau municipal et intra-municipal qui les intéresse.Ainsi, en 1951, le Recensement du Canada apporta une double solution.D'abord il créa un nouveau concept géographique, le secteur de recensement (SR) pour lequel des données intra-urbaines parurent dans les publications.(Le concept SR était nouveau pour le Canada mais avait fait son apparition aux USA 40 ans plus tôt.) Ensuite, il redéfinit le terme urbain et en étendit la notion à travers le pays, ce qui permit la publication de tableaux selon des aires nouvelles.Durant la période intercensitaire 1951-1961, le problème de la comparabilité des données était toujours d\u2019actualité.Et non seulement d\u2019actualité, mais amplifié car il existait maintenant au niveau des divisions du recensement, des municipalités et des secteurs de recensement.Pourquoi s'est-il amplifié?Surtout parce que cette période était caractérisée par le nombre fort élevé de changements dans les limites municipales.Ainsi, les SR, dont les limites respectaient celles des municipalités, avaient subi beaucoup de modifications au point où le but premier des SR \u2014 la comparabilité dans le temps \u2014 fut, pendant plusieurs recensements considéré comme inopérant.Pour pallier à ce problème de comparabilité des années intercensitaires 1951-61, le Recensement du Canada décida en 1961 de mettre à la disposition des utilisateurs des données au niveau géographique le plus petit d\u2019alors, le secteur de dénombrement (SD).Il y eut une demande assez grande pour les données au niveau du SD.Les utilisateurs demandèrent une cartographie appropriée, qui ne put être satisfaite qu'au recensement suivant, soit celui de 1966.Dans les années 1961-1971, ces mêmes utilisateurs ont développé un grand appétit pour des données spécialisées; plusieurs demandes témoignent de tâches exécutées à la main et à grand frais, avec beaucoup de temps et de patience.Ainsi, dans la période AVANT 1971, l\u2019on peut dire que les demandes des utilisateurs ont été rencontrées jusque dans une certaine mesure par la disponibilité de données à des niveaux géographiques de plus en plus petits.Cependant, ces solutions se sont avérées éphémères et la demande en comparabilité n\u2019a fait qu\u2019augmenter pour ces nouvelles unités géographiques.Alors que le Recensement ne pouvait fournir qu\u2019une comparabilité dans seul le nombre d'habitant, qu\u2019en était-il de la comparabilité dans les variables? il fallait faire un choix: le SD devait-il continuer son rôle traditionnel d\u2019unité de collecte, ou, devions-nous modifier son rôle traditionnel pour en faire une unité de diffusion.Ou encore, devions-nous chercher ailleurs la solution.C'est cette dernière alternative qui fut choisie et la méthode adoptée fut radicale.LA PÉRIODE 1971-1981 Le «Système de stockage et d\u2019extraction des données géocodées» ou pour faire de notre temps, le GRDSR, a commencé ses travaux de recherches il y a 10 ans, en 1967.Son double objectif \u2014 augmenter à la fois la disponibilité des données et la flexibilité géographique \u2014 impliquait des changements radicaux dans les méthodes de traitement de l\u2019information1.Ainsi, les composantes «géographie» et «données socio-économiques» furent restructurées comme suit.FIGURE 1 CADRE SPATIAL\tDONNEES SOCIO-ECONOMIQUES\t\t (GEOGRAPHIE)\tET DEMOGRAPHIQUES\t\t \tNo.de\t-Variables\t \tménage\tPersonne\tAge Sexe\tRel \t1 \t\t 1\t26\tM\tC \t\t25\tF\tC \t\t\t \t3\t\t \t4\t\t \t22,000,000\t\t Les données socio-économiques furent disposées en suite, de façon séquentielle, selon l\u2019ordre des ménages et de chaque personne dans ces ménages (fig.1).Le ménage no 1 comprend deux personnes et pour chacune d\u2019elles ses variables y sont rattachées.Le fichier des données socio-économiques comprend, à l\u2019horizontal une colonne par variable et à la verticale, 22 millions d\u2019entrées, c'est-à-dire la population canadienne entière.Ainsi, l\u2019accès sélectif des attributs permet une extraction rapide des données.La composante géographique (fig.2) est représentée par l\u2019unité la plus petite qui est le SD; celui-ci est toujours à l\u2019intérieur d\u2019une CEF, qui, elle-même, est toujours à l\u2019intérieur d\u2019une province (PR).La relation SD, CEF et PR constitue le niveau primaire du code géographique.Ce niveau primaire correspond à la codification utilisée lors de la cueillette des données depuis nombre de recensements et est encore celui qui prévaut aux trois recensements de la période 1971-1981.La concordance traditionnelle des éléments géographiques aux éléments socio-économiques était assurée par le rapport SD et numéro de ménage.La solution FIGURE 2 CADRE SPATIAL\tDONNEES SOCIO-ECONOMIQUES (GEOGRAPHIE)\tET DEMOGRAPHIQUES \tNo.de\t-Variables- PR\tCEF\tSD\tménage\tPersonne Age Sexe Rel.24 *\t 022 *\t 001\t\t\ti \t^ i\t26\tM\tC -\t2\t25\tF\tC \t* 2 1 -\t2 -\t:3 \u201d\t4 40,000\t- \t22,000,000 radicale qu'a apportée le GRDSR fut d\u2019introduire le côté d'ilôt, le représenter en coordonnées, et de rattacher les numéros de ménages à ces coordonnées, (fig.3).Ainsi, les 8 ou 9 millions de ménages du pays sont tous rattachés à des coordonnées; en milieu urbain, ces coordonnées représentent le côté d'ilôt, et dans le reste du pays, les SD.Le nombre d\u2019unités géographiques de stockage a quintuplé en 1971, et doublé en 1976 \u2014 il est actuellement au demi-million.Afin de procéder au géocodage comme tel, c\u2019est-à-dire le rattachement des ménages aux coordonnées, nous avons confectionné un fichier appelé Fichier Principal de la Région (FPR).Ce fichier comprend des renseignements tels les noms de rues, types de rues, les tranches d\u2019adresses par côté d\u2019ilôt, les coordonnées des intersections et des côtés d\u2019ilôt, et les rapports entre tous ces éléments.Ces renseignements proviennent en grande partie des administrations municipales et parfois régionales.Les cartes de fond, elles, proviennent assez souvent des services de planification ou de travaux publics de ces villes; cependant, en maintes occasions, nous avons dû avoir recours à d'autres sources de cartes car celles-ci n\u2019étaient pas disponibles au niveau de détail et de précision requis pour la confection du FPR.FIGURE 3 CADRE SPATIAL\tDONNEES SOCIO-ECONOMIQUES (GEOGRAPHIE)\tET DEMOGRAPHIQUES \tNo.de\t-Variables- PR\tCEF\tSD\tXY\tménage\tPersonne\tAge Sexe Rel.1 24 *\t 022 *\u2014 001 «\u2014 XY \t\t\u2014 -»1 \t»\t1\t26 M\tC \t~\t\"*\t2\t25 F\tC _\t»2 \t EXTÉRIEURES r2- RÉGIONALES ACQUISITION DONNÉES GÉRANCE GÉOGRA - GÉRANCE BANQUE DONNÉES (SIMULATION-) RÉGIONALE RELATIONS FONCTIONNELLES DU SYSTÈME D'INFORMATION RÉGIONAL (INFO-ESTRIE) 39 2.2: Les composantes principales du système L\u2019on abordera ici les trois principales composantes du système Info-Estrie qui sont: 1) la base de données, 2) la base géographique, 3) le module de traitement.2.2.1: La base de données La base de données2 regroupe en divers modules et fichiers les informations sur différents aspects de l\u2019environnement régional.Ces informations sont emmagasinées selon les divers niveaux d'intérêt qui sont le lot, la façade d\u2019îlot, le secteur de dénombrement, de recensement, la municipalité, la division de recensement, la région.Voici en bref le contenu de la banque de données : MODULE SOCIAL \u2014\tdonnées démographiques des recensements: familles, ménages; \u2014\tdonnées socio-sanitaires: assurance-hospitalisation, registre de la population.MODULE ÉCONOMIQUE \u2014\tfichier central des entreprises; \u2014\tcaractéristiques économiques, revenus, main-d\u2019œuvre ; \u2014\tfinances municipales.MODULE INFRASTRUCTURE URBAINE ET RÉGIONALE \u2014\tdonnées de logement; \u2014\tstatistiques municipales (aqueduc, égouts, travaux de voirie, évaluation.).MODULE ENVIRONNEMENT/RESSOURCES \u2014\tdonnées d\u2019utilisation du sol ; \u2014\trecensement agricole; \u2014\tfichier géotechnique.2.2.2: La base géographique La base géographique consiste en un ensemble de codes et de références spatiales, groupés et accumulés en différents fichiers, lesquels codes servent à établir les relations qui existent entre la réalité géographique et les éléments ou informations que l\u2019on veut considérer dans un environnement donné.Ces codes servent de clefs ou d\u2019adresses des différentes données.C\u2019est ce qui permet au système Info-Estrie de faire la correspondance entre les variables et le lieu, et à les représenter au moyen de la cartographie automatique.Nous n\u2019analyserons pas ici la structure de la base géographique, cependant, il est important de savoir qu\u2019elle traite des réseaux (ou éléments de type linéaire), de surface ou polygones (exemple: lots, îlots, lacs) et de limites arbitraires qui se superposent aux différentes structures spatiales.2 Un bulletin est publié régulièrement et informe les usagers du contenu de la base.La base géographique du système Info-Estrie comprend présentement les limites et codes de toutes les municipalités des douze comtés retenus, les limites et centroïdes des secteurs de recensement, les centroïdes des secteurs de dénombrement et nombreux autres éléments géographiques: coordonnées, noms, découpage cartographique.2.2.3: Le module de traitement Le module de traitement est un ensemble intégré de programmes informatiques fonctionnels et opérationnels.Ce module est en continuel développement et comprend divers types de programmes: des programmes d\u2019emmagasinement et de mises à jour, des programmes de traitements et d\u2019analyse quantitatives, des programmes de sorties et de représentations graphiques.De plus, il a été développé un grand nombre de programmes d\u2019interrelation et de gérance proprement dite des divers modules et fichiers du système, spécialement en ce qui a trait aux relations «données-références spatiales» et aux divers niveaux de représentation.Ces différentes fonctions et composantes du système permettent de réaliser un grand nombre d\u2019applications et de rendre des services variés à un nombre imposant d'utilisateurs, et que l\u2019on tentera d\u2019expliciter dans la section suivante en décrivant certaines réalisations et les orientations du système.3.0\t: RÉALISATIONS ET ORIENTATIONS DU SYSTÈME Dans cette section, l\u2019on abordera le type d\u2019utilisateurs du système et les services rendus, pour regarder ensuite avec illustrations à l\u2019appui des réalisations concrètes du système Info-Estrie, après quoi l'on discutera brièvement de ses orientations.3.1\t: Ses utilisateurs et les services ou applications types Ce système rencontre les besoins d\u2019un nombre varié d\u2019utilisateurs, et pour n\u2019en mentionner que quelques-uns, citons divers organismes qui œuvrent dans le milieu : C.R.D., Caisses Populaires, Commissions Scolaires, Chambre de Commerce, syndicats, industries de la construction et autres; des ministères gouvernementaux: agriculture, richesses naturelles, tourisme, industrie; des services municipaux: voirie, habitation, urbanisme, évaluation, police; des individus, des chercheurs et autres.Ces utilisateurs ou requérants du système ont recours à lui pour des applications les plus diverses: \u2014\tétudes de découpage du territoire ; \u2014\tétudes de données de sondages géotechniques; \u2014\tanalyse du zonage; rénovation urbaine; \u2014\tétude de densité de population et analyses démographiques de toutes sortes (pyramide des âges, revenus.) ; 40 \u2014\tétudes de circulation (feux, accidents, origine-destination) ; \u2014\tplanification de transport scolaire; \u2014\tanalyse du taux d\u2019occupation des services et équipements publics; \u2014\taide à l'étude de condition des bâtiments (âge, structure) ; \u2014\tanalyse des conditions de logement; tenir trace des loyers vacants; \u2014\tanalyse de l\u2019entretien des rues, planification de l\u2019enlèvement de la neige, collecte des rebus; \u2014\tlocalisation des lots vacants; \u2014\tlocalisation des établissements de toutes catégories.3.2: Exemple de réalisations Parmi les réalisations concrétisées par le système Info-Estrie et son équipe, nous aimerions ici en souligner quelques-unes qui méritent d\u2019attirer l'attention et qui font appel aux capacités du système à manipuler les données en fonction de la représentation spatiale.3.2.1 : Réalisations au plan régional Les deux figures suivantes montrent les résultats d\u2019une étude sur le plan hydrographique.Il s\u2019agit d\u2019une part du tracé complet de deux bassins, soit celui des rivières Magog et Massawippi; d'autre part, l\u2019on voit un gros plan du lac Massawippi avec localisation de points d\u2019échantillons d\u2019eau et enfin une analyse SYMAP illustrant la densité du taux de conformes.D\u2019autres réalisations au plan régional ont été exécutées par le système, notamment une illustration des douze comtés des Cantons de l\u2019Est avec chacune de leurs municipalités, doublée de résultats d\u2019analyses de données de population et représentées sous diverses formes: chiffres absolus, trames et autres.3.2.2: Réalisations au plan urbain Le système Info-Estrie s\u2019est attaqué d\u2019une façon particulière au domaine urbain et a, au cours des dernières années, mis au point un grand nombre d\u2019appli- FIGURE 3 .OC AL IS IT ION Dts POINTS D'ECHANTILLONNAGE FIGURE 4 1 LAC MASSAWIPPI RÉPARTITION DES COLIFORMES 9R8S 008 IIIBÜ \u2022y ma p BJR *73 CX.JH FIGURE 5 SHERBROOKE ACCIDENTS DE CIRCULATION 1971 mm FIGURE 6 POPULATION PAR SECTEURS DE RECENSEMENT SHERBROOKE 1971 C«ntr» a» r^chmvha \u2022n amtnagMiwnt ré^orml U»«VW»Tt De v«nanc cations; Sherbrooke étant l\u2019objet de ces études privilégiées.\u2014\tDomaine des réseaux: le réseau routier de Sherbrooke a été intégré au système Info-Estrie et la figure 5 suivante illustre une analyse des accidents de circulation avec différents cercles selon la gravité et la fréquence de ceux-ci.\u2014\tDomaine des surfaces: l'on trouvera ici illustré deux des nombreux niveaux auxquels le système permet de travailler et de former des relations «données-espaces ».1) Niveau d\u2019aires de recensement: la figure 6 représente les secteurs de recensement de Sherbrooke aux centroïdes desquels apparaissent les chiffres bruts de la population, recensement 1971 ; la figure 7 montre ces mêmes secteurs sur lesquels une trame représentant cette même population a été dressée.FIGURE 7 SHERBROOKE POPULATION 1971 SECTEURS DE RECENSEMENT LEGENDE nm rb *73 43 2) Niveau de la propriété ou du lot: la figure 8 illustre ici le plus bas niveau utile de représentation de données, le lot.Il est question dans le cas présent du nombre de logements par propriété.La figure 9 pour sa part montre comment on peut étudier un phénomène donné à l\u2019aide de cartographie automatisée: la localisation des lots vacants y est faite avec une variété de symboles (7 dans le cas présent), démontrant le type d\u2019appartenance de ces dits lots.3.2.3: La gamme des hiérarchies et des niveaux de représentation PHÉNOMÈNE DES SURFACES ET CONTOURS Il existe ainsi toute une gamme de niveaux intermédiaires de regroupements, d\u2019agrégations d'aires en vue du traitement de données et de leur représentation spatiale.Qu\u2019il nous suffise ici de mentionner les niveaux suivants: la façade d\u2019îlot, [\u2019îlot, le secteur de dénombrement, la municipalité, la division de recensement, la région; ceci pour ne parler que du domaine démographique et socio-économique.Il ne faudrait pas passer sous silence le domaine des polygones ou aires arbitraires délimitées pour des actions particulières (ex.: paroisse, zone scolaire, district judiciaire), ni celui des phénomènes naturels tels que la topographie du lieu (courbes de niveau), gîtes miniers, domaines forestiers et autres.PHÉNOMÈNE LINÉAIRE L'on a esquissé plus haut le phénomène des réseaux routiers urbains ceux-ci étant partie intégrante d\u2019un réseau plus vaste et relié au niveau régional.Le réseau FIGURE 8 SYSTEME INF8-ESTBIE PROJET PILOTE NOMBRE DE LOGEMENTS -LJ I 1 I 1 i;L1,2,1,1 -i- 1I 1I1 H ?i r-M j 2,1 , 1 J.iJ 1 PROGRAMME PAR REAL 8EAU0ETTE 44 FIGURE 9 SYSTEME INFB-E3TM1E PROJET PILOTE LOCALISATION DES TERRAINS VACANTS PARTICULIERS PARTICULIERS, 5 ACRES ET PLUS GOUVERNEMENT FEDERAL GOUVERNEMENT PROVINCIAL CITE OE SHERBROOKE COMMISSION SCOLAIRE PHOGAAHME fflfl HEAL BEAU DETTE hydrographique constitue une autre hiérarchie importante dans la réalisation d'applications régionales.D\u2019autres réseaux peuvent venir se greffer aux précédents, qu\u2019il nous suffise de mentionner les réseaux de transport électrique, les réseaux téléphoniques et autres réseaux d\u2019infrastructures municipales (tels l'aqueduc, l\u2019égout).PHÉNOMÈNE PONCTUEL On réfère ici à tout phénomène pouvant être représenté par un point: sondages géotechniques, intersections de réseaux et autres.Voilà en résumé le domaine des réalisations et représentations possibles et vers lesquelles un tel système peut déboucher.L'on verra ci-après les quelques orientations que le système Info-Estrie espère prendre pour les prochaines années.3.3: Les orientations du système Info-Estrie Parmi la gamme des possibilités de développement qui s\u2019offrent au système, un choix important reste à faire en fonction des objectifs régionaux à rencontrer et des ressources disponibles.3.3.1 : L\u2019acquisition des données À date, le système Info-Estrie a mis l\u2019emphase sur les données de recensement, ce qui lui permettait d\u2019avoir rapidement une vue globale de la région et de rendre des services des plus utiles.Il va sans dire que ces données resteront un axe toujours important dans le système de sorte que les recensements seront acquis et conservés dès leur disponibilité.L\u2019autre axe qui fera l\u2019objet du développement du système sera celui du potentiel des sols et de leur 45 utilisation.C'est avec cet aspect qu'Info-Estrie prendra son plein essor; des données y seront conservées pour chaque aire urbaine et rurale du territoire.Ces données sont à la base de tous travaux d'aménagement, que ce soit touristique ou autres et de planification de développement.Ces données seront supportées par le développement progressif et nécessaire de la base géographique du système.3.3.2: La base géographique Il est prévu de développer cette dernière jusqu'à un niveau de raffinement aussi petit que la propriété.L\u2019urbain sera cependant entrepris municipalité par municipalité, au niveau des îlots d\u2019abord, et en fonction des priorités de ces municipalités.Pour le rural, les limites de grandes zones d\u2019utilisation seront d'abord géocodifiées (exemple: territoires forestiers; zones récréatives et autres); le niveau de la propriété sera ensuite visé, suivant les ressources.Pour ce qui est des réseaux, la géocodification de tout le réseau routier interurbain et rural, de même que du réseau hydrographique, sera entreprise rapidement.Quant aux réseaux urbains, ils seront développés en accord avec les besoins des municipalités en cause.3.3.3: Les systèmes de traitement de l'information Graduellement, des systèmes de traitement de plus en plus complets seront développés ou adaptés en fonction du niveau de développement des bases de données et géographique.La représentation automatique fera l\u2019objet de développements majeurs, et il sera de plus en plus question de mise au point des programmes d\u2019analyse régionale et autres outils de calculs mathématiques adaptés au besoin de connaissance du domaine socio-économique de la région.3.3.4: Les ressources Les perspectives de développement du système Info-Estrie sont à peu près sans limite, cependant son élan est freiné dans bien des cas par les ressources disponibles.Tous ces objectifs seront graduellement rencontrés en fonction des intérêts que porteront à son développement, les municipalités, les organismes régionaux et les institutions gouvernementales.Pour sa part, le C.R.A.R.et l\u2019Université investissent toutes les ressources possibles afin de favoriser le plus grand développement de cet outil indispensable à la planification régionale; reste à espérer que les efforts seront concertés pour qu\u2019Info-Estrie rende les services qu'on peut attendre d\u2019un tel système. Un système d\u2019information urbain à référence spatiale: le système G.L.M.appliqué à Montréal Jean Gariépy Centre d\u2019informatique, Ville de Montréal Ma communication aujourd\u2019hui décrira le S.G.M., soit le Système de Géo-localisation de Montréal.Il s\u2019agit d'un système à référence spatiale, dont on peut accéder à une information en utilisant les coordonnées géodésiques.Mais le S.G.M.ne s\u2019arrête pas là.En plus de fournir la référence spatiale, le S.G.M.fait le pont entre les systèmes existants à la Ville de Montréal et la base géographique de données.Après avoir établi une corrélation entre les systèmes existants et la base géographique de données, le S.G.M.s\u2019implique dans la création d\u2019une base de données en deux étapes: A) Il crée une base de données gérée par les utilisateurs en acquérant les données des systèmes existants à la Ville de Montréal.Ces données peuvent être informatisées ou manuelles.B) Il prévoit la création d\u2019une base de données auto-gérée en utilisant comme fondation la base de données gérée par les utilisateurs.Le développement du S.G.M.constitue un effort de recherches démontré par le Centre d\u2019informatique de Montréal dans le but de réaliser le plan directeur de mécanisation de la Ville de Montréal.Inutile de dire que les concepts et méthodes utilisés ne sont pas des plus conventionnels.Sans plus tarder, je vais passer à la présentation du S.G.M.Le système de géo-localisation est axé sur la plus petite unité qui participe à la formation de la base géographique de données, soit le lot.En enregistrant les données au plus petit niveau, nous permettons donc le plus grand nombre de regroupements possibles.Nous allons voir comment nous avons rattaché nos informations au lot.Ce tableau représente un écran graphique Tektronix qui utilise une option de SPLIT SCREEN.En haut, à gauche, nous avons une description graphique de quelques lots de la Ville*.Ces lots proviennent des plans de cadastre qui ont été numérisés de façon automatique.L\u2019information de numérotation des lots a été puisée dans le Plan général de la Ville.Le Plan Général de la Ville soit dit en passant, maintient l\u2019information primaire de chaque lot et permet l'accès à un lot par numéro de lot \u2014 adresse \u2014 numéro code compte financier \u2014 coordonnées géodésiques U.T.M.* Cet écran n\u2019est pas présenté ici.En haut, à droite, nous avons de l\u2019information qui nous parvient du système des Estimations de la Ville de Montréal.Ce système informatique fonctionne à la Ville de Montréal depuis quelques décennies.Les informations de ce système ont donc été digérées par le traducteur de noms de rues, ont été codifiées et sont devenues accessibles par adresse via le Plan Général de la Ville.En bas, à droite, vous avez de l\u2019information en provenance d\u2019un fichier manuel des permis.Cette information a été entrée directement au S.G.M.en recherchant le numéro de lot approprié par l\u2019adresse.Ensuite, l\u2019information manuelle a été apposée sur le numéro de lot approprié.Vous avez enfin au bas, à gauche, une superposition de plans.Originalement, les plans de câblevision étaient par rue.Ces plans ont donc été numérisés et par la suite ont été superposés sur un écran graphique qui affichait déjà les lots entourés par les rues en question.Alors, par programmation, les données de Ca-blevision sont devenues régies par le même système de coordonnées que celui du Plan des cadastres.Nous venons donc d\u2019examiner le S.G.M.à vol d'oiseau.Maintenant, nous allons plonger dans le détail et discuter: \u2014\tla portion graphique \u2014\tla mise à jour de la portion graphique \u2014\tles systèmes informatisés et leur union au S.G.M.\u2014\tla fonction mise à jour qui servira à mettre à jour les systèmes informatisés en temps réel en ne dérangeant pas le processus normal du traitement par lot.\u2014\tla greffe de systèmes manuels au S.G.M.\u2014\tla mise à jour des systèmes manuels \u2014\tles sorties imprimées du S.G.M.\u2014\tles sorties graphiques du S.G.M.\u2014\tla part d\u2019un système de gestion de données au S.G.M.\u2014\tle fonctionnement du S.G.M.pour l\u2019usager.La portion graphique Cette information a été numérisée, ou à l\u2019américaine, digitizée de façon automatique par un digitizeur Broo-mali.À la sortie de l\u2019appareil à numérisation, nous avons obtenu les coordonnées de chaque intersection de chaque côté d'un lot.Nous avons également obtenu 47 les coordonnées du centroïde et la surface de chaque lot.La sortie du numériseur est ensuite traitée par plusieurs pré-processeurs pour enfin se retrouver compatible au système ICES (Integrated Civil Engineering System).ICES a été mis sur pied en 1964 par M.I.T.(Massachusetts Institute of Technology).C\u2019est grâce à ICES que nous pouvons emmagasiner notre base géographique de données comme suit.Une fois les coordonnées de chaque lot emmagasinées, nous pouvons reproduire chaque feuille de plan.À ce moment-ci, nous n\u2019avons que des lignes.Nous avons besoin du numéro de lot sur chaque polygone.C\u2019est alors que survient l\u2019échange entre le Plan Général de la Ville et la base géographique de données.À l\u2019aide des feuilles de plans originales, nous exhibons sur écran Tektronix la reproduction graphique de ce plan sur la feuille de plan originale et nous pouvons obtenir sur une autre portion de l\u2019écran, la reproduction de la fiche du Plan Général de la Ville correspondant à ce lot.Nous avons donc tous les éléments en main.Alors, par programmation, nous inscrivons les coordonnées U.T.M.au Plan Général de la Ville.Inversement, nous emmagasinons dans la base géographique, le numéro de lot du Plan Général de la Ville.Nous avons donc maintenant une base géographique de données accessible par 1) coordonnées U.T.M.selon la numérisation originale; 2) numéro de lot, adresse et no de compte via le Plan Général de la Ville.Nous avons également le système du Plan Général de la Ville qui contient l\u2019information primaire sur chaque lot et qui maintenant s'appuie sur une reproduction graphique de chaque lot.À l\u2019aide de la définition d\u2019un point commun dans chaque feuille de plan, nous pourrons donc créer la base géographique de plans et laisser définitivement tomber les frontières de la feuille de plan.Évidemment, en laissant tomber la définition d\u2019un point commun, nous pourrons superposer des plans à volonté et même les imprimer superposés comme nous verrons par la suite.Arrêtons-nous quelques instants sur les résultats de ce mariage du P.G.V.et des Plans numérisés que vient de créer la Banque de cartographie interactive de la Ville de Montréal.\u2014\tNous avons éliminé les contraintes d\u2019échelle ; \u2014\tNous avons éliminé les frontières des feuilles de plan ; \u2014\tNous avons éliminé la numérotation incomplète des numéros de lots; \u2014\tNous avons éliminé presque tout le temps d\u2019attente pour les changements aux plans et nous permettons les changements en temps réel ; \u2014\tNous causons un recyclage des dessinateurs; \u2014\tNous permettons la production quasi instantanée de plans; \u2014\tNous provoquons une plus grande précision V400 de pouce lorsque les changements sont effectués; \u2014\tNous permettons aux dessinateurs de vérifier l\u2019exactitude de leurs changements; \u2014\tNous pouvons avoir accès aux données de recensement ainsi qu'à toutes les autres données fournies par Statistique Canada.\u2014\tNous pouvons tirer des données de façon sélective ; \u2014\tNous pouvons effectuer la superposition de plans; et j\u2019en passe.La mise à jour de la portion graphique Poursuivons donc notre étude des détails du S.G.M.Le deuxième point au chapitre concerne la mise à jour de la portion graphique de la Banque de cartographie interactive de la Ville de Montréal.Cette mise à jour se fait à même un appareil Tektronix 4081 et une table à dessin graphique connue sous le nom de «graphie tablet».Ces modifications s\u2019effectuent en temps réel.Le résultat d'une modification apparaît instantanément au dessinateur affairé à l\u2019appareil 4081.Le 4081 permet de vérifier l\u2019exactitude des changements en calculant la longueur des lignes ajoutées et la surface des nouveaux polygones.À ce moment-ci, nous pourrons vérifier que la surface originale sera remplacée par une surface identique sinon un message d\u2019erreur sera actionné.Tout ceci pour dire que la mise à jour en temps réel des plans a trois avantages distincts: 1) vérifier les dimensions nouvelles ajoutées à la Banque de cartographie interactive; 2) vérifier la nouvelle surface vis-à-vis l\u2019ancienne surface; 3) conserver en historique et de façon irréductible, toutes les modifications qui ont été faites à une partie de la Banque de cartographie interactive.Les systèmes informatisés et leur union au S.G.M.Notre troisième incursion dans le S.G.M.nous amène à regarder le stratagème qui nous a fait créer une banque de données provisoire et fonctionnelle à partir des systèmes existants à la Ville de Montréal.Nous avons développé un processeur de noms de rue utilisé déjà par le Plan Général de la Ville et le système de perception des taxes.Ce processeur codifie les rues pour nous, quelles que soient les épellations que nous lui soumettons.Sur 250,000 épellations, seulement 100 furent rejetées pour être ensuite corrigées et ré-insérées.Alors notre position devient la suivante: Nous prenons les noms de rue des adresses du fichier-maître des systèmes de la Ville de Montréal et nous les codifions par le processeur de noms de rue.Nous obtenons donc un fichier codifié qui devient accessible par adresse.À ce moment-ci, nous avons un fichier-maître semblable au Plan Général de la Ville par son adresse codifiée.48 Ce fichier devient maintenant accessible par: 1) numéro de lot, coordonnées U.T.M., numéro de compte via le P.G.V.; 2) adresse à cause du processeur de noms de rue.Par conséquent, nous pourrions rattacher ce fichier comme corollaire de la Banque de cartographie interactive pour constituer réellement la première étape du système de géo-localisation de Montréal.Pour bien «catégoriser» les données, nous donnons à chaque système existant un numéro de sous-système.Alors tous comprennent que les systèmes existants de la Ville de Montréal deviennent accessibles par les coordonnées U.T.M.à la seule condition que l\u2019adresse fasse partie de leur description de fichier-maître.La fonction Mise à jour Cependant, plusieurs de ces systèmes ne sont pas mis à jour quotidiennement.À ce moment, le système de géo-localisation ne disposera peut-être pas de toute l\u2019information à jour.Nous voyons qu\u2019ici l\u2019étoile du S.G.M.semble pâlir.Mais, grâce à la fonction Mise à jour, notre quatrième élément, nous repartons de plus belle.La fonction Mise à jour verra à accepter des transactions disciplinées sous la clé numéro de sous-système et adresse.Nous avons développé un processeur qui tient à jour la séquence des transactions.Alors les usagers d'un système informatisé inscriront des transactions au fichier de transactions du sous-système qui les intéresse.Ceci aura pour effet que lorsqu\u2019une interrogation visera un système qui n\u2019est pas à jour, la fonction Mise à jour verra à faire la mise à jour entre les plus récentes transactions et la fiche du fichier-maître en question.Le résultat: les sous-systèmes du S.G.M.sont maintenant plus à jour que les systèmes eux-mêmes.Je suis certain que les informaticiens sont sceptiques sur les possibilités de réorganisation du fichier de transactions.Nous avons éprouvé une méthode de réorganisation qui prend entre cinq et dix minutes pour un demi-million de transactions.Notre système de géo-localisation s'appuie sur des systèmes manuels en existence à travers la ville.Ces systèmes sont trop petits ou sont peu consultés et ils ne justifient pas le développement d\u2019une mise à jour.Cependant, si un administrateur de la Ville prend une décision, il sera bien aise de savoir qu\u2019un tel lot est porteur d\u2019un monument historique ou que tel édifice sert de poste de guet à l\u2019escouade des drogues.Ceci nous a donc incité à greffer les petits systèmes d\u2019information au S.G.M.Ces systèmes sont porteurs d\u2019un numéro de sous-système comme les systèmes informatisés.De la même façon, ces systèmes sont accessibles par adresse, numéro de compte, coordonnées et numéro de lot.Pour ce qui est de la mise à jour de ces petits systèmes, la mise à jour se fait en temps réel et toute la responsabilité de la bonne teneur des données repose sur le service utilisateur.Récapitulons.Le système de géo-localisation de Montréal est composé de trois banques: 1)\tLa Banque de cartographie interactive qui, elle, est composée de tous les plans numérisés et régis par le système de coordonnées qui régit les lots.À cette banque de plans vient s\u2019ajouter le Plan Général de la Ville qui accumule les données primaires des lots et permet l\u2019accès par le numéro de lot, l\u2019adresse et le numéro de compte.2)\tLa Banque physique # 1 qui contient les fichiers-maîtres des systèmes administratifs informatisés de la Ville.3)\tLa Banque physique de Montréal # 2 qui contient tous les systèmes manuels de la Ville.En examinant le volume de données emmagasinées, nous entrevoyons les besoins de statistiques et de rapports spéciaux qui nous seront demandés.Nous avons donc prévu pour ce faire l'utilisation d\u2019un des trois moyens suivants: 1) Extracto; 2) le module rapport d\u2019ICES ; 3) DMS.Étant donné que nous fournissons des statistiques et des rapports spéciaux, nous fournirons également des extraits graphiques de notre Banque de cartographie interactive.Ces extraits sont reproduits sur une imprimante électrostatique dont la vitesse se compare à une photocopieuse.Comme vous voyez le S.G.M.est très bien équipé pour satisfaire aux besoins de plans, de rapports et de statistiques qui pourraient être initiés par les usagers.Mais le S.G.M.veut aller encore plus loin.L\u2019on prévoit que le S.G.M.sera auto-géré.En effet, les contraintes et les limites pourraient être insérées dans un système de gestion de base de données et les rapports d'exception pourraient parvenir aux directeurs de service sans aucune autre intervention.C\u2019est alors que disparaîtront: \u2014\tle processus de noms de rue ; \u2014\tla fonction Mise à jour; \u2014\tl\u2019entrée des données des systèmes manuels; \u2014\tla mise à jour en temps réel des systèmes manuels.Lorsque toutes les données de la ville seront régies par un système de gestion de Banque de données, la mission du S.G.M.sera accomplie et la Ville de Montréal aura un outil de gestion qui saura remplir une foule de besoins et qui permettra la réalisation de divers projets qui semblent irréalisables aujourd'hui.Avant de terminer, j\u2019aimerais vous présenter le S.G.M.du point de vue opérationnel.Ceci constitue notre dernière partie du système de géo-localisation de Montréal.49 Nous avons établi une structure d\u2019interrogation qui est des plus simples et qui se comprend très facilement.Les clés d\u2019accès sont le numéro de sous-système et l\u2019adresse.Toutes les fiches sont pré-formatées et sont sujettes à validation.Bref, rien n'a été épargné pour que les autorités de la Ville de Montréal puissent obtenir tous les derniers renseignements à travers le S.G.M.Pour ce faire, les services seront responsables de leurs données et lorsque les dirigeants constateront des déficiences, ils pourront en informer le directeur de service impliqué pour que ce dernier apporte les correctifs requis.Pour terminer disons que le système de géo-localisation de la Ville de Montréal, à notre avis, est le système le plus avancé qui soit.Disons que présentement notre recherche se divise en deux domaines: A) Le domaine graphique où nous espérons photographier à distance en trois dimensions, réduire la photo en deux dimensions et reproduire la photo sur écran graphique en pseudo trois dimensions.B) Au domaine base de données, nous étudions: 1) les moyens d\u2019assigner les données à un service de façon à ce que ce dernier ait l\u2019entière responsabilité de ses données; 2) les appareils d'emmagasinage de données retiennent aussi notre attention; 3) nous essayons de fournir notre collaboration aux manufacturiers de numériseurs.50 Les systèmes de coordonnées en projections comme intrants à la localisation spatiale Dr Jean-Guy Leclerc Service de la géodésie, Direction des relevés techniques Ministère des terres et forêts, Gouvernement du Québec 1.\tINTRODUCTION La géodésie est une des plus vieilles sciences de la terre et on peut la définir de la façon suivante : «Science ayant pour buts d\u2019étudier et de déterminer les formes et les dimensions de la terre ainsi que ses propriétés physiques».De tout temps, le mouvement (apparent ou réel) des étoiles et des planètes a influencé l'activité humaine et c\u2019est donc naturellement que l\u2019homme a tenté de se familiariser et de comprendre les lois physiques qui régissent notre univers.Le soleil et la lune ont été les premiers corps célestes à susciter de l\u2019intérêt chez l\u2019homme.La première expérience visant à déterminer les dimensions de la terre a été tenté par le père de la géodésie, ERATOS-THÈNE, environ 300 ans avant Jésus-Christ.Il a déterminé que la circonférence terrestre mesurait 250,000 stadia (1 stadia = 0.1 mille nautique).À l'aide d'appareils modernes, on peut vérifier que ERATOSTHÈNE n'était en erreur que de 16%, ce qui est relativement précis.La détermination exacte de la forme et des dimensions terrestres a suivi de près les travaux des grands scientistes tels que NEWTON.D'une terre sphérique, on est passé graduellement à une terre aplatie aux Pôles, c\u2019est-à-dire à un ellipsoïde de révolution.C'est encore une forme couramment utilisée de nos jours pour la plupart des travaux cartographiques et géodé-siques.Lorsque la forme et les dimensions terrestres sont connues on peut parler de systèmes de coordonnées utilisées pour localiser uniquement la position de points dans l\u2019espace.Ceci nous amène à parler de systèmes géodésiques et tout particulièrement du système géodésique nord-américain.2.\tSYSTÈME GÉODÉSIQUE NORD-AMÉRICAIN En résumé, un système géodésique est constitué: a) d\u2019une surface de référence; b) d\u2019une origine; c) d\u2019un squelette de base.La surface de référence adoptée pour le système géodésique nord-américain est l\u2019ellipsoïde de Clarke de 1866 dont les demi-grand axe et demi-petit axe ont les valeurs: a = 6378206.4 m et b = 6356583.8 m respectivement.L'origine de ce système se situe à Meades Ranch au Kansas et le squelette de base est formé du réseau géodésique primaire.Ce réseau primaire est formé de repères physiques dont les coordonnées (A, $) sont connues avec une grande précision.Pour déterminer les coordonnées (A, ) on relie les repères physiques par des lignes pour former des figures géométriques simples comme par exemple des triangles dont les côtés ont environ de 20 à 50 kilomètres de longueur.Dans ces triangles on observe: a) les angles (triangulation); b) les distances (trilatération).À l\u2019aide de ces angles et ces distances on peut calculer la différence de coordonnées AA = Aj - Ai et A = $j \u2014 i entre les points.Les valeurs A° et de l\u2019origine étant connues on peut donc calculer la valeur de {A, } pour chaque point.En général les angles et les distances observés sur la surface terrestre sont projetés sur la surface de référence qui est l\u2019ellipsoïde de Clarke.Ce procédé permet une certaine simplification des calculs.Comme troisième coordonnée, on adopte un système de hauteur noté h qui mesure la distance à partir de la surface de référence.Nous avons donc un triplet de nombres (A, , h} qui permettent de localiser uniquement la position des points dans l\u2019espace.Lorsqu\u2019un territoire est couvert de points géodésiques, ceux-ci peuvent être utilisés comme système de base pour la localisation de détails dont on désire connaître la position dans un système global.C\u2019est là un des grands avantages du squelette géodésique de base.3.\tSYSTÈME CARTOGRAPHIQUE La représentation graphique d\u2019un territoire fait l\u2019objet de la cartographie.Tout comme dans d\u2019autres travaux connexes, la cartographie s\u2019assoit sur le réseau géodésique pour éviter une représentation graphique discontinue et non homogène du territoire.La représentation graphique du territoire sur une feuille de papier comporte certains problèmes mathématiques.51 Les projections conformes offrent une solution adéquate dont la principale qualité est que localement les angles ne sont pas déformés.Si on considère la terre comme un ellipsoïde de révolution enfermé dans un cylindre de section elliptique alors cette projection conforme se nomme projection de Gauss-Kruger transverse.Si en plus on divise la terre en 60 sections de 6° de longitude, alors le système porte le nom de U.T.M.(Universal Transverse Mercator) c\u2019est la projection actuellement utilisée pour le système cartographique canadien.L'avantage de U.T.M.est que les 60 sections ont toutes le même modèle mathématique X (X, ) et Y (X, 4>).Les coordonnées dans une même section sont uniquement définies mais lorsqu\u2019on considère les 60 sections les coordonnées {X, Y} ne sont plus uniques.Il faut ajouter le numéro du fuseau (1-60) aux variables {X, Y} pour localiser un point sur la surface terrestre.Si on considère en plus la quantité h, alors on obtient un système à quatre coordonnées.Les altitudes sont graphiquement représentées par des courbes isoaltimétriques ou des courbes de niveau.4.LOCALISATION SANS SURFACE DE RÉFÉRENCE Nous avons parlé du système de coordonnées géodé-siques {X, , h} ainsi que du système en projection conforme (U.T.M.) {X, Y}.À toutes fins pratiques ces deux systèmes sont calculés sur un ellipsoïde de révolution qui est la surface de référence utilisée.Mais l\u2019introduction d\u2019une telle surface n\u2019est pas indispensable pour la localisation spatiale d\u2019un point.Elle est cependant une nécessité pour la représentation graphique du territoire et c\u2019est là une des raisons qui militent en faveur du maintien de l'ellipsoïde.Cependant dès que l\u2019on essaie de généraliser la notion de position dans l\u2019espace on s\u2019aperçoit très rapidement que les systèmes de coordonnées élémentaires dont nous avons fait mention sont insuffisants et ne se prêtent pas à une telle généralisation.La raison d\u2019une telle remise en question du choix des coordonnées est que nous disposons d\u2019instruments capables de mesurer certaines quantités avec une précision nettement supérieure à la génération précédente.L'exemple le plus typique de la géodésie est le cas du nivellement de haute précision dont l\u2019équation générale se lit dW = ga3 dans laquelle W est le potentiel terrestre, g est l\u2019intensité de la pesanteur qui est égale à la magnitude de grad W et cr3 est une forme différentielle d\u2019ordre 1.Pour des raisons qui sont faciles à comprendre on a toujours associé a3 = dh où dh est l'élément de hauteur ou de distance verticale.On sait que o3=t dh et que la technologie moderne associée à un modèle mathématique terrestre adéquat permet de mesurer la différence entre dW = ga3 et dW = gdh.Le modèle terrestre le plus utilisé est celui où la terre est considérée comme une masse rigide.Ce modèle simple était jusqu'à tout récemment adéquat pour la plupart des travaux géodésiques.L\u2019arrivée de techniques nouvelles telles que V.L.B.I.(Very Long Base Line Interferometry) et L.L.R.(Lunar Laser Ranging) permet d'observer facilement les marées terrestres dont l\u2019amplitude est de l\u2019ordre de 0.3 m, les mouvements du Pôle à courts termes en mutation (de l\u2019ordre de quelques centimètres), l\u2019effet des tremblements de terre sur la vitesse de rotation de la terre ainsi que les marées lunaires.Cette brève énumération de quelques phénomènes physiques qui peuvent modifier la forme et les dimensions terrestres suffit à justifier l\u2019étude d\u2019un modèle terrestre dont le temps serait une des composantes.Une telle étude ne peut se faire que par l\u2019utilisation d\u2019un système de coordonnées tout à fait général.Ce modèle mathématique et physique qui tiendrait compte de la plupart des phénomènes mesurables reste à construire ainsi que le système idéal de coordonnées.Mais ce qu'il faut retenir de cette spéculation futuriste est que le temps deviendra une composante essentielle de l\u2019unicité de la localisation spatiale.FIGURE 1 Syene (Assouan I/5C de circonférence EXPERIENCE D ' E R ATOS T H E NE FIGURE 2 SPHERE ELLIPSOÏDE DE REVOLUTION SURFACES DE REFERENCE POUR LA TERRE 52 FIGURE 3 WALDO MEADES RANCH (KANSAS) ORIGINE OU SYSTEME GEODESIQUE NORD-AMERICAIN FIGURE 4 TYPES DE RESEAUX GEODESIQUES PRIMAIRES FIGURE 5 TRIANGULATION (MESURE DES ANGLES) TRILATERATION (MESURE DES DISTANCES) TRI ANGULATION-TRI LATE R AT ION (MESURE DES ANGLES ET DES DISTANCES) 53 FIGURE 6 X - (N + h) cos>* cos A Y = (N + h ) cos v* si n A\te2-( o2-b2)/o?Z-{[\\-e2) M + h) sin >> SYSTEME DE COORDONNEES GEODESIQUES FIGURE 7 COUPE D'UN FUSEAU CARTOGRAPHIQUE cylindre tangent Ko = I cylindre secant K o = O.9999 Ko =0.9996 SYSTEMES U.T.M.et M.T.M.(S.C.O.R) FIGURE 8 ELLIPSE ENFERME DANS UN CYLINDRE ELLIPSE PROJECTION GAUSS-KRUGER Problèmes et approches à l\u2019élaboration de bases géographiques: systèmes d\u2019information à référence spatiale Bertrand J.Rivard et Réjean Fontaine Centre de recherche en aménagement régional, Université de Sherbrooke L\u2019un des objectifs prioritaires du Centre de recherche en aménagement régional (C.R.A.R.) de l\u2019Université de Sherbrooke, Québec, est de procéder, pour les fins de gestion, de planification des ressources, d\u2019aménagement et de développement du territoire, à la mise en place de systèmes d\u2019information à référence spatiale, soit au niveau régional, soit au niveau urbain et/ou municipal, et même au niveau local, afin de répondre aux demandes et besoins de différents utilisateurs à divers paliers d\u2019intervention.Ces systèmes se caractérisent cependant par la présence de bases géographiques dont l\u2019élaboration est régie par des principes fondamentaux similaires mais dont les modalités d\u2019application permettent l'intégration à quelques niveaux de réalisation que ce soit.Ce présent document a pour objectif de présenter très brièvement les principales composantes de tels systèmes d\u2019information, et d\u2019exposer un peu plus longuement le concept de «base géographique», sa méthode d\u2019élaboration qu\u2019est la «géocodification », ainsi que son application par l\u2019apport de quelques exemples de réalisations effectuées pour le compte de divers organismes œuvrant principalement à travers le Québec.PRÉSENTATION DU DÉVELOPPEMENT THÉORIQUE D\u2019UN SYSTÈME D\u2019INFORMATION À RÉFÉRENCE SPA-TIALE/C.R.A.R.La mise en place d\u2019un tel système a comme principales fonctions de recueillir, d\u2019emmagasiner, de traiter et de contrôler, en référence avec l\u2019espace, un flot dynamique d'informations à l\u2019échelle d\u2019une région ou d\u2019une municipalité pour les fins de gestion, de planification, de développement et d'aménagement d\u2019un territoire donné.Critères de base Ce système devait théoriquement répondre à un certain nombre de caractéristiques fondamentales de base, découlant de l\u2019étude antérieure d\u2019un grand nombre de systèmes existants en Amérique du Nord et en Europe, et qui nous apparaissent essentielles à son élaboration, à son opérationnalisation, à son implantation et à son développement.Ce sont les suivantes : 1)\tun tel système se doit d\u2019être ouvert afin de pouvoir contenir et maintenir à jour un ensemble de données pertinentes et représentatives couvrant les principaux domaines et niveaux d'activités retrouvés à l\u2019échelle d'un territoire donné; faire face à une variété de concepts concernant le développement de l\u2019information, et pouvoir rencontrer les exigences de l\u2019information au service de la planification, du développement et de la gestion municipale et régionale.2)\tun tel système se devrait aussi de correspondre le plus fidèlement possible à la réalité : afin de permettre le traitement des données en conformité avec le lieu où se déroule l\u2019activité analysée et leur représentation graphique à l'aide de moyens automatisés; il devrait posséder les mécanismes qui lui permettront de transposer en ordinateur les composantes de la réalité spatiale (configuration des structures et des éléments) auxquelles se rattachent les données emmagasinées afin de les traiter, agglomérer et représenter selon les regroupements requis par les différents utilisateurs.3)\tun tel système se devrait d\u2019être flexible : afin de faire face à de nombreuses demandes non programmées à l\u2019avance, et répondre, à la fois, le plus adéquatement possible, à une gamme étendue et variée d\u2019utilisateurs à divers paliers d\u2019intervention; afin de permettre d\u2019intégrer chronologiquement et facilement les changements et perturbations autant des données que ceux des structures et éléments spatiaux, auxquels elles se rattachent.4)\tun tel système se devrait d'être simple et structuré de façon à assurer à l\u2019utilisateur un accès facile, un traitement le plus rapide et le plus efficace possible, un rendement maximum à des coûts minimums.5)\tet finalement, un tel système se devrait d\u2019offrir une compatibilité avec d\u2019autres systèmes existants, afin de permettre leur interreliabilité et la regénérescence de l\u2019information selon divers niveaux d\u2019analyse.Ses principales caractéristiques Les principales caractéristiques qui viennent qualifier ce système sont les suivantes: 1) Au niveau de ses composantes en ordinateur, il est intégré et ses principaux éléments sont autonomes.Le système est intégré (figure A) en ce sens qu\u2019il 55 ai O) FIGURE A SCHÉMA THÉORIQUE D ' UNSYSTÈME D\u2019INFORMATION URBAIN ET RÉGIONAL À RÉFÉRENCE SPATIALE AMÉNAGEMENT URBAIN ET RÉGIONAL ¦ TYPES DE SORTIE REALITE SPATIALE COMPOSANTES GEOCODIFICATION REPRESENTATION j SPATIALE GEOTECH PROGRAMMATION PROGRAMMES LES USAGERS ^présentai'0\" POINTS INDUSTRIES^ d'analy PRODUCTION ACQUISITION .'^§ j information y- d* fonctionnement 1 »ULE de TRAITEMENT) GRAPHIQUE .TA MODULE .SOCIAL POPULATION 0ÀSÈ DE AUTRES ISTING TABLEAU fiOKji-P'oq'o CONVENTIONNELS che de COMPOSANTES EN ORDINATEUR ET MÉTHODES D\u2019ÉLABORATION BASE DE DONNEES - BASE GEOGRAPHIQUE - MODULE DE TRAITEMENT ACQUISITION C.E0C0DIFKAT10N PROGRAMMAT ION Centre de recherche en amenagement regional n'est pas simplement un modèle de représentation spatiale pur et simple, ni une filière de codes pour retrouver géographiquement des données, mais bien en ce qu\u2019il regroupe en un tout cohérent, un ensemble d'éléments (base de données, base géographique, module de traitement et système de représentation graphique automatisée), gérés d\u2019une façon centrale par ordinateur.Ses principaux éléments sont autonomes, à savoir que sa base de données, sa base géographique et son module de traitement sont vraiment des entités autonomes, indépendantes, mais étroitement interreliées.2)\tEn ce qui a trait à la géocodification, toutes les structures spatiales et leurs éléments sont: \u2014identifiés par rapport à l\u2019ordre qu\u2019ils occupent dans la hiérarchie d'une structure spatiale donnée; \u2014 localisés en fonction de systèmes de coordonnées de références (ex.: grille métrique de référence UTM, MTM ou autres); \u2014repérés en fonction de systèmes intégrés de référence cartographique donnée (SNRC, SDCQ.) ; 3)\tEn ce qui a trait à la représentation géométrique de l'espace, l\u2019on y retrouve les phénomènes suivants: le point, la ligne, la surface et le polygone (tableau A).TABLEAU A REPRÉSENTATION GÉOMÉTRIQUE DE L'ESPACE RÉALITÉ\tPHÉNOMÈNES\tEXEMPLES \tPONCTUELS\tCoordonnées points d'échantillonnage.PHYSIQUE\tLINÉAIRES\tRéseau (routier, ferroviaire, hydrographique.) \tDE SURFACE\tLotissement (îlot, façade, propriétés.) ARBITRAIRE\tPOLYGONAUX\tAire de recensement, limites municipales.4)\tUne autre caractéristique est l\u2019accessibilité au système par une multiplicité de codes d\u2019appel (ex.: nom ou code des éléments, adresse, coordonnées.).5)\tEn ce qui a trait à la sortie, grâce à sa constitution et à sa configuration, le système permet, en plus des sorties conventionnelles de listings et de tableaux, de représenter les données et leurs traitements par représentation graphique automatisée, sous différentes formes: par graphiques, par points, lignes, surfaces ou trois dimensions (figure A).6)\tThéoriquement le système accepte tous les niveaux d\u2019emmagasinement, de traitement et de sortie, allant du point aux polygones les plus grands, dépendam-ment de la volonté de l\u2019usager et en fonction de l\u2019information disponible.Ses principales composantes Ce système comporte plusieurs composantes interreliées, regroupées selon différents niveaux d\u2019opérationnalisation, dont voici les principales: 1)\tles composantes fonctionnelles (sources, gestion du système, et utilisateurs); UTILISATEURS SOURCES GESTION DU SYSTÈME 2)\tles composantes opérationnelles (groupe acquisition de données, groupe géocodification, et le groupe service aux usagers); SERVICE AUX USAGERS TRAITEMENT DE DONNÉES GÉOCODIFICATION ACQUISITION DE DONNÉES 3)\tles composantes en ordinateurs (la base de données, la base géographique, et le module de traitement).BASE DONNÉES MODULE 'TRAITEMENT BASE GÉOGRAPHIQUE £ GÉRANCE EN ORDINATEUR INTERRELATIONS Son fonctionnement Ce système ne saurait fonctionner sans un agencement minutieux des ressources et sans une organisation stricte du cheminement de ses opérations.Afin de coordonner les différentes opérations que nécessite le bon fonctionnement du système dans toutes ses parties (acquisition, géocodification, traitement, service aux usagers), ce système doit être régi par une structure de gestion qui, après analyse des besoins, met en marche les différents mécanismes pour ache- 57 miner les données des différentes sources vers les divers points de transformation dans le système (figure B).Le système se divise, pour les fins d\u2019organisation et d\u2019administration, en trois grandes parties: l\u2019entrée, le traitement et la sortie.La figure C illustre bien ces relations entre les diverses fonctions du système.À l\u2019entrée, les sources d\u2019informations sont reliées au système par les fonctions «acquisition des données» et «géocodification»; le traitement touche l\u2019ensemble des fonctions et composantes en ordinateur, i.e.la base de données, la base géographique et le module de traitement; la sortie concerne spécifiquement le service aux usagers dont le rôle est de faire le lien entre les besoins du milieu et le système.LA BASE GÉOGRAPHIQUE ET LA GÉOCODIFICATION La base géographique constitue l\u2019une des caractéristiques particulières et fondamentales du système présenté ici.Elle est formée par l\u2019ensemble des codes de référence spatiale, regroupés et accumulés en fichiers selon les niveaux de relation devant exister entre les divers éléments d'un espace considéré.Ces codes (pointeurs géographiques) servent en ordinateurs à transposer ou simuler la réalité spatiale d\u2019un territoire donné.Ils servent aussi de schème de référence ou de base d\u2019adressage aux variables emmagasinées dans la base de données, permettant de les traiter en conformité avec l\u2019espace (le lieu) où se déroule l\u2019activité analysée, et de les représenter à l\u2019aide de moyens automatisés.La méthode spécifique présidant à l'élaboration de cette base géographique est la GÉOCODIFICATION.Cette méthode, développée et mise au point par le C.R.A.R.pour son système d\u2019information à référence spatiale, exposé très brièvement précédemment, permet de transposer en ordinateur la réalité spatiale.Ses principales phases opérationnelles sont les suivantes (figure D) : Phase 1 : Démarche préliminaire Cette phase préliminaire consiste en l\u2019inventaire et en l\u2019acquisition du matériel technique requis à la réalisation du projet, ainsi qu'à la détermination précise de l\u2019approche et du cheminement technique des opérations et de l\u2019échéancier (calendrier) à respecter.Phase 2: Reconnaissance des structures spatiales Cette phase consiste à déterminer les structures spatiales à géocodifier, ainsi qu\u2019à préciser chacun des éléments qui serviront à représenter ou simuler, en ordinateur, la réalité spatiale d\u2019un territoire donné, selon les objectifs formulés, et les niveaux d\u2019application.FIGURE B ORGANISATION OPÉRATIONNELLE DU SYSTÈME GESTION UTILISATEURS SOURCES SYSTÈME SfffVlCC AUX ACQUISITION DG DONNEFS Dl DONNÉES v REGiunalL J BASE DONNÉES MODULE l-lj-i» VTRAITCMENT DASC GÉOGRAPHIQUE CCMPOSANT15 OPÉRATIONNELLES O COMPOSANTES En ORDINATEUR A\tG.r.nc.« O-d.n.I.ur Ce>\"tie en .im, OC SMI 58 FIGURE C RELATIONS FONCTIONNELLES DU SYSTEME sources CENTRE DE DOCUMENTATION ENTRÉE ACQUISITION DE DONNEES AUTRES SOURCES GEOCODI- FICATION CARTOTHÉQUE TRAITEMENT BASE DE DONNEES TRAITEMENT GESTION DU SYSTEME GESTION f MODULE > DE ^TRAITEMENT, DONNEES SYSTEME SORTIE PROGRAMME DE PLANIFICATION usagers ORGANISMES - publics - privé* SERVICES AUX USAGERS BASE GÉO GRAPHIQUE IND'VIDUS Phase 3: Identification des éléments et structures spatiales Cette phase consiste en un ensemble d\u2019opérations techniques permettant d\u2019assigner, à chacun des éléments de chacune des structures spatiales choisies un code topologique (identifiant) qui la (structure) décompose en ses ensembles et sous-ensembles jusqu'au niveau de l\u2019élément désiré.Ce code sert à regrouper et à identifier chacun des éléments par rapport à l\u2019ordre qu\u2019il occupe dans la hiérarchie d\u2019une structure spatiale donnée, et à montrer les relations qui existent entre eux.Phase 4: Localisation des structures spatiales et de leurs éléments Cette phase consiste en un ensemble d'étapes et d\u2019opérations techniques qui permettent d\u2019assigner, à chacun des points choisis (nœuds et/ou centroïdes) pour représenter une structure spatiale donnée, un code (localisant), constitué par une paire de coordonnées (géodésiques: , X; ou planes: X, Y) qui sert à les situer spatialement en fonction de quadrillages de référence (UTM, MTM ou autres.).Phase 5: Le repérage des structures spatiales et de leurs éléments Cette phase consiste, par un ensemble d'opérations techniques, à accoler un code (repérant) qui individua- lise chacun des points choisis (nœuds et/ou centroïdes) pour représenter une structure spatiale donnée, par rapport à l\u2019ordre potentiel que ce point occupe dans un découpage ou système de référence cartographique défini d\u2019un espace donné.Phase 6: Constitution des fichiers Cette phase consiste, par un ensemble d'étapes et d\u2019opérations techniques, à transposer sur support informatique, à l'aide des codes (pointeurs géographiques) assignés par les trois phases précédentes (phases #3, #4 et #5), et selon les niveaux d\u2019interrelation devant exister entre eux, chacune des structures spatiales et leurs éléments, dans les fichiers qui devront composer, selon les objectifs fixés, la base géographique d\u2019un territoire donné, et qui servira à en simuler la réalité spatiale en ordinateur.Phase 7; Vérification Cette phase consiste, à l'aide de listing et d\u2019éditions cartographiques automatisées sur imprimante analogique (table traçante), en la vérification du contenu de chacun des fichiers élaborés/base géographique, et en la vérification de chacun des éléments et configurations des structures spatiales géocodifiées.De plus, elle consiste aussi en l\u2019opérationalisation de tous les mécanismes de mise à jour requis.59 FIGURE D STRUCTURES SPATIALES LOTISSEMENT FICHIERS REPERANT IDENTIFIANT interrelations ilOT FACADE LOT cen rnoiDES CE NTROlOCS CE N I ROlDES }-4- BJR ' 73 GÉOCODIFICATION/méthode de transposition de la réalité spatiale Les principaux schèmes de référence/géocodification Cette méthode repose sur trois schèmes principaux de référence qui sont les suivants: 1) Les structures de ta réalité spatiale À l\u2019observation, la réalité spatiale d\u2019un territoire donné se compose généralement de l\u2019existence de trois structures principales auxquelles peuvent se rattacher l\u2019ensemble des phénomènes naturels ou artificiels, analysés.Ce sont les structures linéaires, de surfaces, et les limites.Les structures linéaires regroupent l\u2019ensemble des phénomènes de réseaux, soit l\u2019ensemble des traits qui constituent l\u2019infrastructure urbaine et régionale (routes, chemin de fer, etc.), tel le réseau hydrographique.Les structures de surfaces correspondent aux diverses cellules de base ou assises étant traitées comme un tout ayant une étendue physiquement circonscrivable et étant de nature relativement fixe (le lotissement: propriétés, façades d\u2019îlot.; les aires géomorphologiques, physiographiques et autres: cellules écologiques, lacs.).Ces cellules primaires servent à fournir un élé- ment de base à tous les regroupements futurs, selon les champs d'intérêts.Les structures de limites se réfèrent à tous les phénomènes de regroupement ou de circonscription de cellules de base pour fins administratives, statistiques ou autres.Ce sont donc habituellement des limites arbitraires venant établir un certain découpage en zones en fonction de buts ou d\u2019activités bien définis et se surimposant aux cellules ou assises de base, les regroupant en polygones (limites municipales, aires de recensement, zones scolaires, districts judiciaires.) pour une fin particulière.Il ne faudrait pas oublier de mentionner le phénomène ponctuel qui représente le plus petit élément ou le plus petit commun dénominateur du système (coordonnées, nœuds, centroïdes point d'échantillonnage.), lequel se retrouve à tous les niveaux et dans toutes les structures.2)\tLes systèmes de coordonnées La localisation des éléments spatiaux ou de points donnés se fait en fonction des principaux systèmes de coordonnées de référence suivants : le système des coordonnées géodésiques (, X), les systèmes de coordonnées en projection (XY/UTM, MTM), et le système des coordonnées planes relatives (x.y) dont nous donnons très brièvement un aperçu.Les coordonnées géodésiques ( (12) fonction sur laquelle on fait habituellement l'hypothèse qu\u2019elle peut être adéquatement approchée par une équation linéaire : £ r=l zt + V* (13) où a, /3r et yz représentent les paramètres estimés dans le modèle et où /x( représente la partie du revenu de travail annuel du tième travailleur non expliquée par les facteurs retenus.Ce modèle, d\u2019abord conçu pour être appliqué sur des facteurs continus, peut aussi être utilisé sur des facteurs dont l\u2019information serait mesurée sous forme discrète ou qualitative comme c'est habituellement le cas en analyse régionale.Chaque facteur est alors composé d\u2019une famille de catégories constituées de valeurs unitaires lorsque des travailleurs appartiennent à cette catégorie du facteur traité et de valeurs nulles lorsqu\u2019ils n'y appartiennent pas4.Par conséquent, on peut définir les termes de la relation (13) de la façon suivante: £ I est un vecteur colonne unitaire de t x 1 (14) r=l rv n et l Gest un vecteur colonne unitaire de t x 1 (15) où r et z identifient les catégories à l'intérieur des facteurs 1 et G respectivement.On utilise habituellement la méthode des moindres carrés ordinaires pour estimer la relation (13).Et dans la mesure où cette relation est adéquatement définie, et plus particulièrement dans la mesure où le terme aléatoire {/a,} suit une distribution normale, les estimations obtenues seront non biaisées et auront une variance minimale.Toutefois, les liaisons entre les expressions (14) et (15) rendent impossible l'utilisation directe des programmes conventionnels de régression multiple.Ces liaisons sont telles que la matrice des produits croisés (X'X) correspondant à ces données est singulière.Ceci implique l'existence d\u2019une infinité de solutions à l\u2019équa- 4 Cette approche par les facteurs dichotomiques a de plus l\u2019avantage de linéariser implicitement les relations entre les divers facteurs explicatifs et le facteur à expliquer.88 tion (13).Et suivant la restriction que l'on préfère imposer aux paramètres de cette équation, on obtiendra une solution différente (quoiqu\u2019une seule et unique solution par restriction).De façon générale, on peut dire que toutes restrictions ou contraintes du genre: l PB = 1 m y = 0\t(16) \u201e r - z z r=l\tz=l tion régionale (yz) et un effet de composition industrielle Sans besoin de démonstration, on peut aisément vérifier que cette approche donne des résultats antisymétriques et transitifs.où {pr} et {mz} seraient des constantes, pourraient suffire à résoudre le modèle.Le choix de la contrainte revêt cependant une assez grande importance puisque suivant les valeurs que l'on donne à p et m, non seulement les paramètres estimés auront-ils des valeurs différentes, mais leur interprétation même en sera changée.Ceci a évidemment pour effet de modifier l\u2019orientation et le contenu de l\u2019analyse.Nous avons démontré déjà dans un document paru au Conseil5 qu'il était préférable dans ce type d'études de procéder à l'aide de la technique par contrainte sur la somme des coefficients et plus particulièrement à l\u2019aide de celle où les constantes p et m représenteraient tout simplement le nombre de travailleurs dans chaque catégorie des facteurs explicatifs du modèle.Dans un tel cas la somme des coefficients, pondérée par le nombre de travailleurs ayant servi à l'estimation de chacun d\u2019eux, sera alors nulle.Cette approche possède deux particularités qui en font un instrument d\u2019analyse fort intéressant6.Premièrement, s = 5\t(17) et deuxièmement, s\ti\" y r = ï - ï - 1 re i z z\t\u2014\t- r .ps r=2\t[*= où ÿz, le coefficient de régression calculé pour le groupe de travailleurs z, c\u2019est-à-dire pour la région z, est de fait la somme de trois éléments dont deux, Yz et Y, sont facilement identifiables.Le premier Yz représente le revenu moyen observé de la région z et Y représente le revenu moyen observé de l'ensemble du pays.Quant au troisième élément, il mesure ce que devrait être le revenu moyen de cette région z si on appliquait aux travailleurs qui la composent les coefficients de régression estimés pour l\u2019ensemble du marché dans chacune des r industries.Par conséquent, l\u2019écart du revenu moyen entre une région (Yz) et l\u2019ensemble du pays (Y) ne se décompose ainsi qu\u2019en deux composantes: un effet de composi- 5\tBoulet, J-A., L'analyse des disparités de revenus: un cadre méthodologique de recherche, Document No.34, Conseil économique du Canada, juillet 1975.6\tCes deux particularités sont développées en détail dans le document précédemment cité.On peut se demander et avec raison d\u2019ailleurs pourquoi les chercheurs en économie régionale n\u2019ont pas procédé à l\u2019aide de cette technique, qui a depuis longtemps ses lettres de créance, plutôt qu\u2019à l\u2019aide de celle faisant usage simplement des proportions et des revenus moyens.La raison tient probablement au fait qu\u2019on s\u2019imagine habituellement que pour utiliser l\u2019analyse multivariée, il importe de disposer d'informations présentées sous forme micro-économique.Or, les informations habituellement disponibles en économie régionale sont présentées sous forme de tableaux croisés, c\u2019est-à-dire sous forme de fréquences et de revenus moyens; par industrie et par région par exemple.À notre connaissance, il semblerait peu connu qu\u2019il soit possible d\u2019utiliser l\u2019analyse multivariée sans nécessairement disposer d\u2019informations micro-économiques.La méthode s\u2019apparente alors à l\u2019analyse de la variance telle que proposée par exemple par Scheffé7.Nous avons ajouté en annexe un algorithme de calcul qui démontre comment il est possible de faire appel à l'analyse multivariée dans ce type de problème même si les données d'entrée ne peuvent être obtenues que sous forme de fréquence.Cet algorithme peut être ajouté aux programmes conventionnels de calcul utilisé sur ordinateur.Un tel programme est déjà disponible au Conseil.Quelques résultats Afin de mieux faire ressortir les inconvénients de l'approche usuelle et les avantages de l\u2019approche que nous proposons ici, nous allons maintenant procéder à l\u2019aide d'un exemple simple.Soit un pays où il y aurait trois régions distinctes et où à l\u2019intérieur de chacune d'elles il n\u2019y aurait que quatre types d\u2019industries.Posons de plus que ces trois régions présentent des écarts de revenus moyens entre elles.Nous allons maintenant discerner, à l\u2019aide de la technique habituellement utilisée en économie régionale puis à l\u2019aide de la technique que nous proposons ici, la part de ces écarts qui provient de ce que ces trois régions n\u2019ont pas une même structure industrielle, de cette autre part qui provient de ce que chacune de ces régions possède des caractéristiques propres influençant chacune à leur façon le niveau des revenus.7\tScheffé, H., The Analysis of Variance, John Wiley and Sons Inc., New York, 1959.89 TABLEAU 1 COMPOSANTES DE L'ÉCART DE REVENUS MOYENS ENTRE TROIS RÉGIONS (Exemple fictif) \tdjd.3)\td1 (3j 3)\tdj(3,2)\tdz(l,3)\td2(3,l)\tdz(2,3)\td2^nnée Secte ur^-^\t1976\t1977\t1978\t1979\t1980\t1981\t1982\t1983\t1984\t1985 Vêtements\t-\t-\t100\t125\t150\t180\t210\t240\t270\t300 Edition\t-\t500\t1,000\t1,500\t2,000\t2,100\t2,200\t2,300\t2,400\t2,500 Produits métal- liques\t500\t1,000\t1,500\t2,000\t2,500\t3,100\t3,700\t4,300\t4,900\t5,500 Machinerie\t-\t-\t-\t-\t-\t400\t800\t1,200\t1,800\t2,000 Appareils élec- triques\t2,000\t4,000\t6,000\t8,000\t10,000\t12,000\t14,000\t16,000\t18,000\t20,000 Chimie\t-\t900\t1,100\t1,300\t1,500\t1,700\t1,900\t2,100\t2,300\t2,500 Industries diverses\t1,000\t2,000\t3,000\t4,000\t5,000\t5,600\t6, 200\t6,800\t7,400\t8,000 Commerce\t1,800\t3,600\t5,400\t7,200\t9,000\t10,200\t11,400\t12,600\t13,800\t15,000 Autres services\t-\t-\t1,000\t1,250\t1,500\t1,800\t2,100\t2,40C\t2,700\t3,000 TOTAL\t5,300\t12,000\t19,100\t25,375\t31,650\t37,080\t42,510\t47,94C\t53,370\t58,800 tionnelle.c\u2019est-à-dire le modèle statique construit sur la base de la structure intersectorielle de 1966 et appuyé sur une fonction de consommation linéaire et homogène, et, d\u2019autre part, à partir du modèle dynamique doté, tel que précédemment décrit, outre d'une fonction de consommation, d'une structure intersectorielle variable (jusqu\u2019en 1980) et d\u2019une fonction d\u2019investissement.Nous avons de plus fait en sorte que les résultats d'impact nous parviennent sous une forme cumulative de façon à bien identifier la part de l\u2019impact qui devait être attribuée à chacun des types d\u2019effets déjà énumérés, c\u2019est-à-dire: a)\tles effets directs et indirects ; b)\tles effets directs et indirects, plus les effets induits par les dépenses de consommation des ménages; c)\tles effets directs, indirects et induits, plus les effets de l\u2019investissement.Nous limiterons ici l\u2019analyse à la solution du modèle en termes d\u2019emplois, bien que les solutions en termes de valeur de production et de revenus de même qu\u2019en termes de fiscalité, seraient également possibles.On trouvera au tableau 2 les résultats d\u2019impact ainsi calculés.Deux conclusions ressortent de ces résultats.La première réfère à la marge substantielle de I impact total qu'il faut accorder à l\u2019introduction de l\u2019accéléra- teur dans le modèle.Cette marge s\u2019établit en moyenne à quelque 30 % de l\u2019impact que l\u2019on aurait généralement obtenu à partir de l'approche traditionnelle simple8; elle varie cependant beaucoup au cours de la période de dix années sur laquelle s\u2019étend la simulation, passant d\u2019un sommet de près de 65 % la première année à un creux de 15 % en 1985.Ces variations sont toutefois conformes aux caractéristiques intrinsèques du modèle qui font transparaître sur l\u2019investissement induit le rythme d\u2019évolution du besoin dans la capacité de produire.En fait, les effets de l\u2019investissement sur l\u2019impact total se feront plus ou moins importants suivant que le taux de croissance de la demande finale autonome se fera lui-même plus ou moins élevé.Il est intéressant de noter, à cet égard, que l\u2019accroissement annuel de 5.4 millions observé dans l\u2019injection fictive à partir de 1981 se traduit par une tendance asymptotique des effets de l\u2019accélérateur vers un rythme parallèle, et qui y est aussi sans doute conforme, à celui de l\u2019injection.Le deuxième aspect qui mérite d\u2019être souligné est celui de l\u2019effet de la prise en compte des changements technologiques sur l\u2019impact total.Qu\u2019il suffise de mentionner à cet égard que l\u2019utilisation de la structure de 1966 signifie, en 1980, une surestimation des résultats (effets directs, indirects et induits) de l\u2019ordre de 8 Indépendamment de l\u2019écart attribuable à la prise en compte des changements technologiques dans le modèle.108 23.5%.Déjà, pour 1976, il faudrait dégonfler les résultats par plus de 20% pour qu\u2019ils soient compatibles avec le niveau technologique de cette année-là.On ne saurait donc nier l'impact énorme de la technologie sur la structure intersectorielle de l\u2019économie du Québec.Il importe néanmoins de noter ici que nous n\u2019avons pas fait subir aux paramètres de la fonction de consommation (ni à ceux de la fonction d\u2019investissement d'ailleurs) l'influence du temps; une telle précision, toutefois, loin de réduire ces écarts, aurait eu tendance à les accroître davantage.Ainsi, dans la mesure où les précisions que nous avons apportées au modèle statique constituent des améliorations, on peut présumer que les résultats du modèle dynamique se présentent qualitativement supérieurs à ceux de ce dernier.Il apparaît par conséquent douteux, compte tenu des écarts observés, de prétendre estimer avec justesse l\u2019impact économique d\u2019un développement régional à horizon temporel sans introduire la notion du temps dans les variables économiques utilisées.Conclusion Les résultats de la simulation que nous venons d\u2019effectuer justifient probablement à eux seuls les précisions que nous avons apportées au modèle statique de base.Ils montrent bien, croyons-nous, que l\u2019exercice auquel nous nous sommes livrés est tout à fait faisable, malgré certaines difficultés de parcours, et que les efforts que nous y avons engagés étaient légitimes.Nous connaissions au départ l\u2019importance des difficultés inhérentes à l\u2019exercice et nous sommes conscients que, pour les éviter, nous avons dû imposer au modèle certaines contraintes dont les implications peuvent se traduire par certains biais au niveau des résultats.Nous faisons allusion ici surtout à l\u2019hypothèse de la pleine capacité de production; il faut avouer, cependant, que cette hypothèse devient tout à fait justifiable en long terme et que ce n\u2019est qu'en très courte période que des biais sont susceptibles de se produire sous ce rapport.Aussi convient-il de souligner que le modèle, dans sa forme actuelle, n\u2019a qu\u2019une portée de moyenne ou de longue période; il faut comprendre dès lors qu\u2019il ne pourrait s\u2019appliquer à des cas où l'accroissement autonome de la demande finale ne serait que temporaire ou faible au point d'être absorbé entièrement par une simple variation dans les stocks d\u2019inventaires.Ces cas pourraient cependant être retenus si on fournissait au modèle des seuils au-delà desquels l\u2019accélérateur commencerait à jouer.TABLEAU 2 Impact d\u2019une variation fictive dans la demande finale du Québec 1976-1985 Année\tInjection fictive ($ millions)\t\t\tImpact, en termes d'emplois\t\t\t\t\t\t\t\t \t\t\t\tModèle statique (Structure de 1966)\t\t\t\tModèle dynamique (Structure actuelle jusqu'en 1980)\t\t\t\t \tAccrois- sement cumu- latif\tAccrois- sement margi- nal\t\t(i)\t(2)\t(3)\t\t(4)\t(5)\t(6)\t(7)\t(8) \t\t\t\tEffets directs et indirects\t(1) + Effets induits\t(2) (1)\t\tEffets directs et indirects\t(4) + Effets induits\t(5) + Effets de 1'investissement\t(5) (4)\t(6) (5) 1976\t5.3\t5.3\t\t552\t715\t1.295\t\t434\t595\t978\t1.371\t1.644 1977\t12.0\t6.7\t\t1,200\t1,561\t1.301\t\t919\t1,272\t1,913\t1.384\t1.504 1978\t19.1\t7.1\t\t1,920\t2, 492\t1.298\t\t1,472\t2,057\t2,940\t1.397\t1.429 1979\t25.4\t6.3\t\t2,556\t3,318\t1.298\t\t1,921\t2,710\t3,735\t1.411\t1.378 1980\t31.7\t6.3\t\t3,191\t4,144\t1.299\t\t2,354\t3,356\t4,401\t1.426\t1.311 1981\t37.1\t5.4\t\t3,701\t4,809\t1.299\t\t2,731\t3,894\t4,868\t1.426\t1.250 1982\t42.5\t5.4\t\t4,211\t5,475\t1.300\t\t3,107\t4,431\t5,308\t1.426\t1.198 1983\t47.9\t5.4\t\t4,721\t6,140\t1.301\t\t3,482\t4,965\t5,814\t1.426\t1.171 1984\t53.4\t5.5\t\t5,231\t6,805\t1.301\t\t3,858\t5,502\t6,382\t1.426\t1.160 1985\t58.8\t5.4\t\t5,741\t7,471\t1.301\t\t4,235\t6,039\t6,945\t1.426\t1.150 109 Malgré ses limites et les critiques auxquelles il est sujet, à cause de ses hypothèses, le modèle n'en demeure pas moins, dans ses résultats, cohérent avec la réalité économique même s\u2019il semble difficile de le tester empiriquement, et les valeurs d\u2019impact qu\u2019il produit se situent dans des bornes raisonnables.Certes, convenons-nous que l\u2019approche utilisée pourrait être améliorée sous certains aspects, mais nous croyons qu\u2019elle aura au moins servi à démontrer qu'il est possible d\u2019introduire un accélérateur et de tenir compte des changements technologiques dans l\u2019analyse intersectorielle et que de telles précisions se doivent d'être apportées pour une analyse globale et plus sûre de l\u2019impact du développement économique régional.BIBLIOGRAPHIE Beaudry, R., La simulation du développement économique régional à partir de l\u2019analyse input-output, mémoire de maîtrise, Université de Montréal, 1974.Griliches, Z., «The Demand for Durable Inputs: U.S.Farm Tractors, 1921-1957», in: Harberger, A.C.(ed.), The Demand for Durable Goods, Chicago: University of Chicago Press, 1960.Hall, R.E., «The Measurement of Quality Change from Vintage Price Data», in: Griliches, Z.(ed.), Price Indexes and Quality Change, Cambridge, Harvard University Press, 1971.Hickman, B., «Capacity, Capacity Utilization and the Acceleration Principle», in: Problems of Capital Formation, Vol.19, Princeton: Princeton University Press, 1957.Jorgenson, D.W., «Econometric Studies of Investment Behavior: A Survey», in: Journal of Economic Literature, décembre 1971, Vol.IX.Lefort, J.et Marshall, R., «Le tableau économique du Québec, 1966», in: Revue Statistique, Bureau de la statistique du Québec, juin 1972.Leontieff, W.W., «Dynamic Inverse» in: 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rappelons-le, cherche à expliquer la taille, le nombre et la distribution des villes.Elle propose notamment que la ville possède une fonction économique qui est d\u2019assurer la distribution de biens et de services à une population locale et à une population non locale, à savoir l\u2019hinterland ; que les relations entre les villes sont de nature hiérarchique; enfin que c'est sur la base de la quantité et de la variété des biens et des services offerts que se distinguent les éléments de cette hiérarchie, c\u2019est-à-dire qu\u2019est déterminée la centralité d'une ville et par conséquent sa position dans la hiérarchie.L'application la plus courante de la théorie des places centrales concerne la construction de hiérarchies urbaines.Harris2 et Nelson3, entre autres, ont élaboré des classifications fonctionnelles des villes pour l\u2019ensemble du territoire américain.Plus près de nous, Trotier4, Martin5, Polèse et Toupin6 ont abordé le système urbain québécois et en ont présenté les caractéristiques fonctionnelles en termes de hiérarchie.La construction de telles hiérarchies repose toujours sur la mesure de centralité des activités économiques des villes.Une ville n\u2019est centrale qu'en fonction de la centralité des activités qu'elle supporte.La notion de centralité réfère donc d\u2019abord aux activités économiques * Ce texte a été publié intégralement dans la revue «L'actualité économique», vol.53, no 1, 1977 1\tChristaller W., Central Places in Southern Germany, (Prentice Hall, 1966, Englewood Cliffs, N.J.).2\tHarris C.D., «A fonctional Classification of cities in the United States», Geographical Review, 1943, vol.33, p.86-99.3\tNelson, H.J., «A service classification of American cities», Economic Geography, 1955, vol.31, no 3.4\tTrotier L., «Some functional characteristics of the main service centers of the Province of Quebec», Mélanges géographiques canadiens, P.U.L., Québec, 1959.5\tMartin F., Analyse de la structure urbaine de la Province de Québec dans les activités tertiaires, O.P.D.Q., 1970.6\tPolèse M., Toupin P., «L'évolution de la hiérarchie ter- tiaire des villes: le cas de la région du Sud-Est de Montréal, 1931-1966», Actualité économique, no 3, juillet-septembre 1972.avant de pouvoir s\u2019appliquer à une ville.La centralité d\u2019une activité traduit, du moins selon Christaller, son envergure spatiale, c\u2019est-à-dire l\u2019importance géographique (et démographique) du territoire qu\u2019elle dessert, ou plus simplement sa zone d'influence.«Every type of good has its special range.The range of a good is the farthest distance a dispersed population is willing to go in order to buy a good offered at a place».7 Malgré ces essais de précision, il demeure que le concept de centralité reste largement une notion abstraite, tout comme la notion de «motricité» en sciences économiques.Il a déjà été noté ailleurs que le concept de centralité (une notion géographique) s'apparente à la notion de motricité8.L\u2019on pourrait dire, presque par définition, que plus un bien ou service est «central» plus il est susceptible aussi d'être exportateur sur le plan régional.W.Isard a déjà souligné ce lien de parenté entre la théorie de la base économique et la théorie des places centrales9.Ce n\u2019est donc point un hasard si géographes et économistes utilisent parfois les mêmes méthodes, les uns pour déterminer la centralité d\u2019une activité, les autres pour en évaluer le niveau d'exportation sur le plan régional.D\u2019où l'intérêt pour tous les chercheurs qui œuvrent dans le domaine urbain et régional, tant les économistes que les géographes, de se familiariser avec ces méthodes.Notre objectif ici est de présenter d\u2019une façon sommaire et d\u2019évaluer un certain nombre de ces méthodes; il s'agit donc davantage d\u2019une note d\u2019information et d'analyse que d'un travail d\u2019innovation sur le plan méthodologique.Il- LES MÉTHODES D\u2019ANALYSE DE LA CENTRALITÉ Une revue de la littérature nous a permis de dégager un certain nombre de méthodes susceptibles de carac- 7\tB.J.L.Berry et A.Pred, «Walter Christaller\u2019s «Die Zentralen Orte in Sud Deutschland» \u2014 Abstract of Theoretical Parts» in Smith et al.(Éditeur) Readings in Economie Geography (Rand McNally, 1968, Chicago), p.65.8\tM.Polèse, «Le secteur tertiaire et le développement économique régional : vers un modèle opérationnel des activités motrices», Actualité économique, no 4, octobre-décembre 1974.9\tW.Isard, Methods of Regional Analysis, (M.I.T.Press, Cambridge, Mass.1960), pp.222-227.111 tériser les activités tertiaires.Ces méthodes peuvent, selon nous, se regrouper en deux types de mesure.Un premier type regroupe des méthodes qui mettent l'accent sur la fréquence et la dispersion spatiale des activités.Il s'agit à travers ces méthodes d\u2019évaluer les activités par rapport à l\u2019espace et par rapport aux autres activités tertiaires.Elles reposent sur le postulat que la fréquence (la «rareté») et la concentration géographique d'une activité traduisent bien sa fonction centrale.Un deuxième type de mesure regroupe les méthodes qui mettent l\u2019accent sur la taille de la population.En ce sens elles tentent d\u2019évaluer les activités par rapport à la population.Ces méthodes sont basées sur le postulat que plus une activité dessert une population importante (et donc plus elle est concentrée par rapport à la population) plus sa fonction centrale sera importante.1) Les méthodes qui évaluent l\u2019activité par rapport à l\u2019espace a)\tLa rareté absolue La rareté absolue réfère tout simplement à la présence ou l\u2019absence d\u2019une activité dans chacune des unités spatiales considérées.Il s\u2019agit beaucoup plus d\u2019une donnée brute que d\u2019un calcul : à savoir le nombre de villes (d\u2019unités spatiales) dans lesquelles une activité est présente.La centralité d\u2019une activité est alors inversement proportionnelle au nombre de présences dans le système urbain.Lorsqu\u2019une activité n\u2019est présente que dans une ville (en principe la plus grande ville) il semble en effet raisonnable de penser que cette activité dessert généralement tout le système et qu\u2019il s\u2019agit par conséquent d\u2019une activité exportatrice, par rapport à cette ville, voire motrice.À partir de ce raisonnement, la position de chaque ville dans la hiérarchie urbaine peut alors se calculer de deux manières: soit tout simplement sur la base de la variété, de la gamme d'activités présentes dans la ville10 ou selon la formule : (1) Uj =iiNj(1/Ri) où Uj = Position de la ville j Ni = nombre d'établissements de l\u2019activité i dans la ville j R' = rareté absolue de l\u2019activité i b)\tle coefficient de concentration Le coefficient de concentration, comme son nom l\u2019indique, rend compte de la concentration spatiale d\u2019une activité* 11.'° C\u2019est cette démarche qui fut par exemple employée par J, Wolfe et M.Trudeau, Rapport préliminaire sur les centres urbains de la région de Montréal (Service d Urbanisme, Ville de Montréal, 1965).11\tVoir par exemple: W.Isard, op.cit., pp.251-254.La mesure de ce coefficient procède essentiellement d\u2019une comparaison de deux distributions exprimées en pourcentage; d\u2019une part la distribution par ville du nombre d\u2019établissements12 pour une activité tertiaire i; d\u2019autre part la distribution par ville du nombre total d\u2019établissements.En d\u2019autres termes, si une ville possède 10% du nombre d\u2019établissements total, elle devrait posséder 10% du nombre d\u2019établissements de l\u2019activité i.Le coefficient pour cette activité i s\u2019obtient en calculant: (2) n Ci = S i = 1 (Eij/Ei; (Ej/Es) où Ci = le coefficient de concentration de l\u2019activité i Ejj = le nombre d\u2019établissements de l\u2019activité i de la ville j Eis = le nombre d\u2019établissements de l\u2019activité i du système Ej = le nombre d\u2019établissements total de la ville j Es = le nombre d\u2019établissements total du système Si une activité se distribue conformément à l\u2019ensemble des activités, le coefficient tendra vers 0, et cette activité ne pourra être qualifiée de «concentrée dans l'espace».Si au contraire elle se distribue différemment, le coefficient tendra vers 1, et cette activité pourra être qualifiée de «concentrée dans l\u2019espace».Dès lors le degré de concentration d\u2019une activité traduit son niveau de centralité.Selon Davies, qui semble nettement préférer cette méthode, ce coefficient: «.reduces all functions (activities) to a common base, each activity is imme-diatly comparable in an objective fashion».13 Cette méthode a en effet le mérite de ramener toutes les activités à une base commune, ce qui peut être très utile lorsque nous travaillons avec une donnée aussi «barbare» que le nombre d'établissements par activité.Rappelons que Marshall, utilisant le nombre d\u2019établissements comme donnée de base, a aussi fait appel à cette méthode14.À partir de ce coefficient, la hiérarchie urbaine se calcule selon la même formule que pour la méthode précédente, sauf que le coefficient de concentration remplace l\u2019inverse de la rareté absolue comme élément de pondération, soit : (3) Uj = 2Ni (C) où C' = coefficient de concentration de l\u2019activité 12\tNous parlons ici du «nombre d\u2019établissements» parce qu\u2019il s'agit d\u2019une donnée facilement disponible au Québec.Nous aurions pu aussi bien parlé de «la valeur des ventes», «la valeur ajoutée» ou «le nombre d\u2019employés», mais ces données sont plus difficiles à obtenir pour les activités tertiaires, surtout au niveau urbain.13\tW.K.Davies, «Centrality and the central place hierarchy», Urban Studies, vol.4, no 1, 1967, p.63.14\tJ.U.Marshall, The Location of Service Towns: an Approach to the Analysis of Central Place Systems.University of Toronto Press, 1969, Toronto.112 c) Analyse en composantes principales'5 Cette méthode consiste à effectuer une analyse en composantes principales sur une matrice où les unités spatiales (les villes) sont les observations et les activités (exprimées en nombre d'établissements) les variables.Rappelons que selon la théorie des places centrales, les services sont distribués dans l\u2019espace de façon ordonnée et hiérarchique.Cette méthode repose alors sur l\u2019hypothèse suivante: compte tenu de la logique commune qui sous-tend la distribution spatiale des activités tertiaires, une analyse en composantes principales devrait permettre de dégager une première composante dominante qui explique une proportion importante de la variance de l\u2019ensemble des variables, et peut donc être interprétée comme traduisant le comportement hiérarchique des variables.Citons J.B.Racine à ce sujet: «La composante principale de la matrice des corrélations, de type quasi unipolaire, mesure bien une hiérarchie d'ordre général, dont le principal élément structurant réside dans la variété de types d\u2019établissements».16 Après avoir bien établi l'identité de cette première composante, l'on peut alors interpréter ses saturations comme des indices de centralité.Il existe une certaine confusion à cet égard, et différentes interprétations sont en effet possibles.L'étude de l'I.N.R.S.17 propose, à l\u2019instar de Racine, qu'une saturation élevée peut être interprétée comme un indice de l\u2019importance (de la centralité) d\u2019une activité, du moins dans la mesure où la première composante traduit fidèlement le comportement hiérarchique des variables.Or, un examen plus approfondi des résultats de l\u2019étude de l\u2019I.N.R.S.18 indique qu\u2019il aurait été plus juste d\u2019interpréter la première composante comme une simple mesure de masse, les saturations élevées étant alors plutôt des indicateurs d\u2019un comportement géographique conforme à la masse.Le corrolaire de cette interprétation est évidemment que les saturations faibles traduisent alors un comportement sélectif, voire erratique, par rapport à l\u2019ensemble des activités tertiaires.L'explication de la contradiction apparente entre l'interprétation de Racine et de Polèse se situe possi- 15\tPour un exposé simple de l\u2019analyse en composantes principales, voir par exemple L.J.King, Statistical Analysis in Geography, Prentice Hall, 1969, Englewood Cliff, N.J.16\tJ.-B.Racine, «La centralité commerciale relative des municipalités du système métropolitain montréalais», Espace Géographique, no 4, 1973, pp 275-289.17\tI.N.R.S., Région Sud: Le Système urbain (O.P.D.Q.-I.N.R.S.-Urbanisation, 1972, Montréal).Voir également M.Polèse, «Théorie des places centrales et analyse factorielle: l'application d'une analyse en composantes principales à l\u2019étude d\u2019un réseau de places centrales autour de Montréal», Cahiers de Géographie de Besançon, séminaires et notes de recherche, no 8, janvier 1974.18\tM.Polèse, «A Principal components approach to central place analysis», communication au 21e congrès de la Regional Science Association, Chicago, novembre 1974.biement au niveau de la façon d\u2019exprimer les variables.Racine exprime les activités sous forme de pourcentage19, tandis que Polèse utilise tout simplement le nombre d\u2019établissements.Lorsque l'on emploie le nombre d'établissements, la première composante devient surtout un indicateur de masse; pour que la première composante puisse être interprétée comme un indicateur de comportement hiérarchique, il est préférable, à l'instar de Racine, d\u2019exprimer les variables sous forme de pourcentage20.Dans les deux cas, la position de la ville dans la hiérarchie urbaine se traduit par le poids local (le «factor score») de la ville sur la première composante.Il est évident que les deux hiérarchies n\u2019auront pas exactement la même signification21.Si les activités sont exprimées en nombre d\u2019établissements, cette hiérarchie traduira surtout la force globale de chaque ville au niveau de toutes les activités (surtout les activités dont la distribution spatiale est très régulière); tandis que dans le deuxième cas, il s'agit d\u2019une hiérarchie plus discriminante qui privilégie plus clairement les activités à haute centralité.2) Les méthodes qui évaluent l\u2019activité par rapport à la population a) Le seuil La méthode du seuil («population threshold») propose une évaluation de la centralité d\u2019une activité en indiquant le seuil de population nécessaire pour supporter le premier établissement de cette activité22.Elle repose sur le postulat que plus une activité nécessite un marché important pour être rentable, plus elle est «centrale», voire exportatrice sur le plan régional.Cette mesure nous est donnée par l\u2019équation exponentielle P = abn, où P = la population de l\u2019unité spatiale n = le nombre d\u2019établissements pour l\u2019activité a et b = des paramètres estimés empiriquement à partir des données 19\tPlus précisément, Racine calcule l\u2019importance relative (pourcentage) de chaque type d\u2019établissement au sein de chacune des villes.20\tDes travaux préliminaires réalisés à l'O.P.D.Q., Direction de Montréal, par Martial Fauteux, dans le cadre du schéma de la région de Montréal, tendent à démontrer que si la première composante constitue effectivement un indicateur de masse, la deuxième composante peut être interprétée comme un indice de diversité puisqu'on y retrouve un certain nombre de services spécialisés; dès lors il apparaît plus significatif d'évaluer la position centrale d'une ville par rapport à cette deuxième composante.21\tFaut-il souligner ici qu\u2019il faudra de nouveaux travaux pour que cette méthode, encore insuffisamment éprouvée, mène à une interprétation définitive.22\tCette méthode fut surtout appliquée par B.J.L.Berry et W.L.Garrison, «The Functional Bases of Central Place Theory», Economie Geography, vol 54, no 2, avril 1958.Voir également P.Hagget et K.A.Gunawardena, «Determination of Population Thresholds for Settlement Functions by the Reed-Muench Method», Professional Geographer, vol 16, no 4, juillet 1964.113 FIGURE 1 La relation entre le nombre d'établissements et la population: représentation théorique 5 Nombre d1établissements 4 3 2 1 n Source: À partir Activité de bas seuil Activité de haut seuil 1000\t2000\t3000\t4000\t5000\t6000\t7000\t8000\t0000\t10,000 Population de B.J.L.Berry et W.L.Garrison, op.cit.La mesure du seuil suppose, pour chaque activité, une régression linéaire simple de forme log p = log a + n log b où p représente la population de chacune des unités spatiales introduites dans l\u2019analyse.L\u2019anti-log des deux paramètres de la régression permet alors l\u2019évaluation de l\u2019équation P = abn pour les différentes valeurs de n.Il s'ensuit que plus le seuil est élevé pour une activité, plus le niveau de centralité est grand.Cette équation implique selon Berry et Garrison, trois relations axiomatiques qui attestent de la validité des seuils estimés, donc de la valeur centrale attribuée à chaque activité.Ces trois relations posent que: 1° La population nécessaire pour supporter un second établissement d'une activité donnée n\u2019est pas simplement le double du premier seuil, mais plus que cela.Soit, P2 > 2P, si n = 2 lorsque P = abn.2° Les activités de haut seuil possèdent, sur un graphique mettant en rapport le nombre d\u2019établissements et la population (fig.1), des courbes plus basses que les activités de bas seuil: ceci indique que les activités de rang élevé nécessitent une plus grande augmentation de population pour supporter le second établissement que les activités de rang peu élevé.3° La façon dont la courbe se termine vers la droite indique que l\u2019augmentation de la population nécessaire pour supporter chaque établissement additionnel est toujours plus grande, quelle que soit la pente.Même si cette méthode peut paraître satisfaisante sur le plan conceptuel, elle pose certains problèmes sur le plan pratique.Surtout, la population d\u2019une ville ou agglomération ne représente pas forcément une proportion constante du marché total de l\u2019activité: l\u2019importance relative des hinterlands peut varier.Bref, la population de la ville n\u2019est pas nécessairement un bon indicateur du seuil rentable de l\u2019activité.Également, plus une activité accuse un comportement spatial erratique, plus il devient difficile d\u2019en estimer un seuil réaliste: pensons par exemple à une activité rare localisée dans une petite ville mais desservant un vaste hinterland.Marshall soutient finalement que la méthode du seuil n\u2019est valable pour une activité que si au moins la moitié des villes devant posséder cette activité (en raison de leur population) la possède en réalité23.Il semble qu\u2019il s'agisse ici d'une méthode dont les résultats sont extrêmement sensibles aux caractéristiques du système urbain étudié.La position de la ville dans la hiérarchie se calcule de la même façon que pour les deux premières méthodes, sauf que la valeur de P (le seuil) devient maintenant l\u2019élément de pondération, soit: (4) U, = £ Nj (P') i = 1 où p1 = le seuil de population de l\u2019activité i 23 J.Marshall, op.cit., p.158.114 b)\tLe coefficient de détermination Cette mesure très simple est généralement associée au calcul du seuil d'une activité.On sait que, dans une analyse de régression, le coefficient de détermination (R2) mesure la force de la relation entre la variable dépendante (y) et indépendante (x) exprimée par la fonction y = f (x).Or, lorsque cette fonction traduit la relation entre le nombre d\u2019établissements d\u2019une activité et la population, elle indique de ce fait, à quel degré le nombre d\u2019établissements s\u2019explique par la population.Un R2 peu élevé suppose que l'activité concernée ne suit pas la population, ce qui lui confère, en principe, une centralité accrue.Ce raisonnement s\u2019appuie sur le postulat que plus la localisation d\u2019une activité est indépendante de la population (le marché local) plus il s\u2019agit d'une activité centrale, voire exportatrice.Par exemple, pour les municipalités de la banlieue montréalaise, Racine obtient un R2 de 0,92 pour les commerces de détail.Racine conclut que les variations spatiales des activités commerciales dans la couronne métropolitaine sont donc étroitement dépendantes des variations spatiales de la population résidente24.C'est donc dire que le commerce de détail n\u2019est pas une activité très «centrale».Finalement, pour arriver à une hiérarchie urbaine25 à partir du coefficient de détermination, il s\u2019agit de nouveau d'utiliser la formule (1); cette fois-ci c'est l'inverse du coefficient de détermination qui devient l\u2019élément de pondération, soit: (5) U| = £ Nj (1/R2)i où R2 = le coefficient de détermination de l'activité i.c)\tLe coefficient de concentration selon la population Ce coefficient possède les mêmes caractéristiques mathématiques que le premier coefficient de concentration (équation 2) en ce qu\u2019il procède de la comparaison de deux distributions.Il repose cependant sur une distribution de référence différente: la population.Il suffit alors, dans l\u2019équation (2), de remplacer Ej par Pj et Es par Ps où : Pi = la population de l\u2019agglomération j Ps = la population du système En d'autres termes, si une ville possède 10% de la population totale du système, elle devrait posséder 10% des établissements pour chacune des activités i.Ce coefficient permet alors de mesurer la concentration 24\tJ.B.Racine, op.cit.25\tII semble important de souligner ici l\u2019apport de l'analyse des résidus dans la détermination du niveau d'équipement des villes.Ainsi dans la relation moyenne décrite par la droite de régression, l\u2019importance d'un résidu traduit le niveau de suréquipement si ce résidu est positif, et le niveau de sous-équipement si ce résidu est négatif.Cette analyse des valeurs résiduelles a été développée particulièrement par J.B.Racine, op.cit.d\u2019une activité par rapport à la population, donc d\u2019évaluer la variation dans la distribution spatiale d'une activité par rapport à la distribution de la population.Une distribution26 conforme verra le coefficient tendre vers 0, alors qu\u2019une distribution non conforme verra le coefficient tendre vers 1.Dans ce dernier cas, l\u2019activité pourra être qualifiée de centrale.En termes d\u2019une hiérarchie tertiaire des villes, cette méthode possède une qualité particulière en ce qu\u2019elle nous permet également de situer chaque activité par rapport à chaque ville.Il ne s\u2019agit pas à proprement parler du même coefficient mais plutôt d'une dérivation, soit: (6) Cij = (Eij/Ej) / (Eis/Es) où Cij = le «quotient» de concentration de l'activité i pour la ville j.Lorsque le quotient est supérieur à un, la ville possède plus que sa quote-part d'établissements pour l\u2019activité en question, du moins par rapport à la norme qui est ici le nombre total d\u2019établissements.Comme pour le coefficient de concentration, la norme pourrait aussi être la population ou toute autre distribution de base; et l'activité tertiaire pourrait également s\u2019exprimer d\u2019autres façons: par exemple, l'emploi, la main-d\u2019œuvre, la valeur ajoutée ou la valeur des ventes dans l'activité i.Lorsque l'on peut utiliser des données d'emploi, il est sans doute plus logique d\u2019utiliser la population comme norme, ce que font Y.Buissière27 et F.Martin (op.cit., p.19) qui désigne cet indice de coefficient de «polarisation».Le rapport emploi/population a le grand mérite de permettre l\u2019attribution d\u2019une partie de l\u2019emploi (dans chaque activité tertiaire) à l'exportation.«Techniquement parlant, une ville exporte si son coefficient de polarisation dans une activité est supérieur à une norme.» (F.Martin, Ibid).En ce sens, la disponibilité d\u2019une donnée homogène et divisible (telle que l\u2019emploi ou la valeur ajoutée) est particulièrement importante lorsque l'on désire allouer une partie de chaque activité à l'exportation.Bref, le quotient nous permet de préciser les informations contenues dans le coefficient.Le coefficient 26\tSoulignons ici qu\u2019en comparant deux distributions, l\u2019on peut évidemment mettre en relation toutes sortes de variables, en fonction des besoins et des données dont on dispose.Ce coefficient change en effet de nom selon la discipline et l\u2019auteur qui l\u2019emploie, mais il s'agit toujours fondamentalement de la même méthode.W.Isard (op.cit., p.243-6) parle d\u2019un coefficient de «localisation» lorsqu'il applique ce coefficient à la distribution géographique des activités manufacturières.Les sociologues parlent plutôt d'un coefficient de «ségrégation» ou de «dissimilarité» lorsqu'ils comparent les distributions spatiales de deux populations.Voir à ce sujet O.D.Duncan et B.Duncan, «Residential Distribution and occupational Stratification», American Journal of Sociology, vol.60, no 5, 1955, p.493 à 503.27\tY.Bussière, Analyse de l'emploi tertiaire en France, 1954-1968, (Thèse de doctorat, Université de Toulouse, 1975, Toulouse).115 nous renseigne sur le niveau de concentration d\u2019une activité par rapport à une distribution de base.Le quotient nous révèle ensuite où cette activité est concentrée, et nous permet en plus (lorsque nous disposons d\u2019une donnée divisible) d\u2019identifier la force exportatrice de l\u2019activité dans chaque ville.Pour le premier cas, la hiérarchie urbaine se calcule selon l\u2019équation (3), tandis que le quotient implique la construction d\u2019une hiérarchie urbaine pour chaque activité tertiaire, où les villes sont classées selon leurs quotients pour l\u2019activité en question (voir par exemple, F.Martin, op.cit., et Y.Bussière, op.cit.).Ill- LA COMPARAISON DES MÉTHODES 1) Le cadre d\u2019une évaluation empirique Nous venons de présenter un certain nombre de méthodes permettant de caractériser des activités tertiaires dans une perspective de composition d\u2019une hiérarchie de places centrales.Nous en avons jusqu\u2019ici surtout signalé les caractéristiques conceptuelles.Pour évaluer ces méthodes d\u2019une façon plus empirique, nous les avons appliquées à deux sous-systèmes du réseau urbain québécois.Plus précisément, nous disposons de deux échantillons de villes et de trois échantillons d\u2019activités tertiaires, pour l\u2019année 1971, soit: \u2014\tles cinquante-neuf agglomérations québécoises de 5,000 habitants et plus, à l\u2019exception de Québec et Montréal, avec une gamme de vingt-sept activités tertiaires28.\u2014\tquarante-cinq agglomérations de 1000 habitants et plus de la région sud de Montréal, auxquelles ont été ajoutées quatre agglomérations de la région Nord, à savoir Laval, St-Jérôme, Joliette et Lachute.Nous disposons ici d\u2019une gamme de vingt-cinq services et d\u2019une gamme de trente commerces29.Précisons qu\u2019il ne s'agit pas d\u2019appliquer toutes les variantes possibles de chacune des six méthodes discutées.De simples raisons d'économie nous ont forcés à faire des choix, notamment dans le cas de l\u2019analyse en composantes principales et des coefficients de concentration.Ainsi, en ce qui concerne l\u2019analyse en composantes principales, nous testons uniquement la version de l\u2019I.N.R.S., tandis qu'au niveau des variantes possibles du coefficient de concentration nous ne touchons pas aux quotients de concentration.Pour tous les calculs, la donnée de base demeure le nombre d'établissements par activité.28\tLes données utilisées proviennent des pages jaunes des annuaires de Bell Canada, telles que recueillies à I I.N.R.S.-Urbanisation par Hector Ouellet.Voir à cet égard : J.M.Ga-reau, «Les pages jaunes des bottins téléphoniques: inventaire des équipements de service à l\u2019échelle locale» (document de travail, l\u2019I.N.R.S.-Urbanisation, 1973, Montréal).29\tLes données utilisées proviennent également des pages jaunes.Voir: I.N.R.S.Région Sud : Le Système Urbain (I.N.R.S.-Urbanisation et l\u2019O.P.D.Q., 1972, Montréal et Québec.).Nous devons nous attendre à une certaine cohérence entre les résultats des différentes méthodes, étant donné qu\u2019elles tentent toutes de cerner la même réalité.En somme, dans un système urbain, les activités les plus rares devraient aussi être les plus concentrées et celles dont les seuils sont les plus élevés.Elles devraient également être celles dont la répartition spatiale paraît à la fois la moins liée à la répartition de la population locale et la moins dépendante de la distribution de l\u2019ensemble des activités tertiaires.2) Les résultats Un coup d\u2019œil rapide sur les tableaux 1, 2 et 3 révèle que les résultats des différentes méthodes sont en effet relativement comparables.Bref, chacune des méthodes risque de donner des résultats similaires tant au niveau de la classification des activités tertiaires qu\u2019au niveau de la hiérarchie urbaine.Regardons à titre d\u2019exemple, les résultats pour le système urbain de la région Sud sur la base des vingt-cinq services (tableau 1).Si nous considérons les services les plus centraux selon chacune des six méthodes nous retrouvons les mêmes services, à savoir «agent d\u2019affaires» («business brokers» en anglais), «gestion d'immeubles», «courtiers en placements», «cliniques para-médicales», «services aux entreprises» et «agences de publicité».Ces résultats paraissent en outre très raisonnables puisqu\u2019il s\u2019agit là de services relativement spécialisés, voire des services supérieurs, et donc de véritables activités centrales; surtout par opposition à des services banaux tels que les compagnies d\u2019assurances ou les omnipraticiens.Bref, les différentes méthodes donnent, dans l'ensemble, des résultats raisonnables.Une analyse de corrélation des résultats des différentes méthodes (tableau 4) confirme que les relations entre les résultats vont toujours dans le sens escompté.Mais cette analyse révèle aussi que les relations ne sont pas toujours d'une force égale, que la corrélation entre certains résultats peut être relativement faible.Cette analyse fait aussi ressortir un autre fait majeur: les méthodes sont sensibles à la gamme d\u2019activités choisies et aux caractéristiques de la région d\u2019étude, les corrélations variant selon que l\u2019on considère l'un ou l'autre des sous-systèmes urbains.Quoiqu'il soit difficile d\u2019évaluer la signification exacte de ces variations, mentionnons entre autres que la corrélation de la mesure du seuil avec les autres mesures est améliorée dans quatre cas sur cinq par le système urbain «Rive Sud», alors que celle du coefficient de localisation sur la base de la population est améliorée également dans quatre cas sur cinq par le système urbain «Québec».Ceci laisse supposer que ces deux méthodes sont biaisées de façon relativement plus importante que les autres par le type de système urbain, et que dans le cas du seuil, la mesure est d\u2019autant plus valide que le réseau urbain choisi comprendra des unités de petite taille, alors que dans le cas de 116 coefficient de localisation sur la base de la population, la mesure est d\u2019autant plus valide que le système urbain comprendra des unités de taille importante.Il est donc important d'adapter les méthodes aux caractéristiques de la région étudiée.Il semble en effet que la précision, voire la validité, de chacune des méthodes sera améliorée dans la mesure où nous disposons d\u2019une gamme diversifiée de villes et de services et ce même si certaines méthodes semblent plus sensibles que d\u2019autres à la nature des échantillons.Un deuxième coup d\u2019œil sur le tableau de corrélations indique que certaines mesures sont toujours plus associées que d\u2019autres.En effet, nous pouvons distinguer des ensembles de méthodes selon la similarité ou la divergence de leurs résultats.Plus particulièrement, l\u2019analyse en composantes principales (SAT) et le coefficient de détermination (R2) semblent former un ensemble: la corrélation entre les deux est toujours relativement élevée, mais leurs corrélations avec les quatre autres méthodes sont en général assez faibles.L'on peut postuler que ces deux méthodes sont soit de faibles indicateurs de centralité ou des méthodes qui font ressortir une centralité particulière.Nous suggérons que ces deux méthodes privilégient surtout les activités dont la localisation est très sélective, voire TABLEAU 1 Région Sud de Montréal, 1971,25 services, 49 villes \tSeuil\tRareté\tCoefficient\tcon-\tR2\tA.C.P.\tCn-1)\tabsolue\tcentration Nb.établis.\tPop.\t\tSaturations Courtiers et cie d'assurance\t3S65\t45\t.098\t.273\t.6301\t.94244 Notaire\t3740\t41\t.118\t.259\t.6372\t.93248 Méd.omniprat.\t3876\t44\t.088\t.183\t.6248\t.92599 Prof, para méd.\t4045\t31\t.092\t.238\t.6692\t.81362 Banques\t4113\t37\t.141\t.174\t.5763\t.94168 Avocats\t4114\t28\t.166\t.339\t.6487\t.78852 Comptables\t4272\t27\t.169\t.314\t.6449\t.80636 Dentistes\t4504\t36\t.162\t.136\t.5678\t.75397 Caisses\t4564\t43\t.156\t.221\t.5129\t.66758 Cie finance\t4865\t22\t.219\t.356\t.6396\t.81138 Courtiers en imm.\t5022\t24\t.242\t.208\t.5617\t.74809 Méd.spécial\t5209\t15\t.342\t.402\t.4858\t.80678 Vétérinaires\t5824\t33\t.308\t.372\t.4763\t.72754 Agence de réclamation et estimateurs\t6122\t18\t.222\t.266\t.6010\t.87170 Archit.§ Dess.industriels\t6761\t16\t.317\t.269\t.4580\t.75978 Ingénieurs Conseils\t6804\t16\t.301\t.355\t.4845\t.82300 Autres services aux entreprises\t7140\t15\t.412\t.388\t.2086\t.57406 Autres serv.finan.\t7650\t13\t.289\t.396\t.5998\t.84537 Courtiers\t7699\t15\t.493\t.615\t.2183\t.76948 Cliniques méd.\t7988\t22\t.257\t.318\t.6121\t.82066 Arpent, géomètre\t8394\t18\t.300\t.280\t.5802\t.82842 Publicité\t8784\t11\t.329\t.342\t.4409\t.74918 Agent d'affaire et conseillers\t9469\t10\t.554\t.486\t.2805\t.60511 Gestion et location d'immeubles\t11356\t7\t.499\t.461\t.2902\t.66098 Cliniques para-méd.\t14171\t12\t.433\t.466\t.3616\t.64459 117 TABLEAU 2 Région Sud de Montréal, 1971,30 commerces, 49 villes \tSeui 1 (n = 1 )\tRareté absolue\tCoefficient centration Nb.établis-\tcon- Pop.\tR2\tA.C.P.Saturations March, générales\t2883\t47\t.163\t.307\t.6293\t.94690 Garages (réparât.)\t3335\t47\t.161\t.306\t.5190\t.91601 Vendeurs d'autos\t3564\t41\t.160\t.279\t.6410\t.94639 Vêtements\t3567\t41\t.215\t.363\t.5867\t.86314 Autres\t3632\t45\t.108\t.256\t.6451\t.96695 Epie.Bouch.poiss.\t3750\t49\t.095\t.198\t.5870\t.96736 T.V.Radio\t3992\t36\t.145\t.243\t.6348\t.96404 Chaussures\t4003\t39\t.169\t.338\t.5820\t.93129 Combustibles\t4081\t41\t.179\t.277\t.5381\t.93357 Meubles\t4141\t38\t.152\t.319\t.5522\t.95683 Quincailleries\t4189\t40\t.204\t.282\t.5503\t.93010 Mag.de sports\t4194\t34\t.184\t.254\t.6455\t.93697 Postes d'essence\t4227\t45\t.173\t.123\t.5083\t.94085 Pharmacies\t4441\t40\t.140\t.153\t.5592\t.96223 App.électrique\t4587\t32\t.248\t.400\t.5256\t.82208 Access, pneus batt.\t4866\t28\t.276\t.394\t.5190\t.85845 Autres mag.alimen.\t5090\t31\t.237\t.233\t.4788\t.93568 Fourniture maison\t5146\t26\t.256\t.258\t.4674\t.92626 Prod, lait § Boul.\t5839\t22\t.284\t.329\t.4185\t.92429 Fleuristes\t6189\t24\t.210\t.303\t.6171\t.94153 Variétés\t6757\t28\t.494\t.503\t.1668\t.37397 Librairies § papet.\t6898\t21\t.307\t.251\t.4700\t.90001 Autres vêtements\t8696\t13\t.338\t.351\t.4873\t.90326 Fourrures\t8877\t15\t.461\t.537\t.3777\t.59370 Musique\t9669\t10\t.337\t.314\t.5168\t.96460 Fruits et légumes\t9989\t11\t.568\t.542\t.2252\t.67097 Autres comm.auto\t10709\t10\t.395\t.367\t.4953\t.89777 Antiquités\t11539\t17\t.430\t.426\t.3616\t.70895 Mag.a rayon\t12254\t14\t.385\t.324\t.4803\t.86237 Caméras\t16594\t9\t.490\t.487\t.3639\t.76625 erratique; à savoir les activités dont la localisation s'expliquent mal par la distribution uniquement de la population ou de l\u2019ensemble des activités.Ainsi, il n\u2019est pas surprenant que ces deux méthodes fassent surtout ressortir des activités telles que les services aux entreprises et les agents d\u2019affaires (tableau 1) ou les magasins de variétés (tableau 2) et les magasins généraux (tableau 3).Dans les deux premiers cas, il s\u2019agit de services dont la localisation est autant expliquée par la répartition géographique des industries que par celle de la population, tandis que les deux derniers cas identifient des commerces relative- ment mal définis (sur le plan des statistiques) et que l'on risque surtout de retrouver dans certains petits villages.En ce qui concerne les quatre autres méthodes, qui sont à notre avis plus clairement des mesures de centralité, nous pouvons en faire l\u2019évaluation suivante: Le seuil Cette mesure paraît très sensible aux caractéristiques du système urbain: elle exige notamment l\u2019inclusion de villes de petite taille si l\u2019on veut atteindre des seuils 118 qui soient réalistes.C'est là une limite majeure de cette méthode.Si nous regardons les résultats pour le système urbain québécois (tableau 3) nous observons que les seuils de population paraissent en effet très irréalistes, à savoir surestimés, quoique leur classement (leur ordre) semble tout à fait raisonnable.La rareté La rareté est la mesure la plus simple, mais aussi la plus sensible aux caractéristiques du système urbain puisqu\u2019elle cumule les variations de corrélations les plus importantes d\u2019un échantillon à l\u2019autre.Elle demeure néanmoins une mesure descriptive très utile dans la mesure où sa signification est très claire, son utilité étant maximisée lorsque l\u2019échantillon d'activités comprend une gamme très variée d\u2019activités.Le coefficient de concentration selon la population Notre analyse indique que cette mesure manifeste des corrélations de plus en plus étroites avec les autres mesures lorsque l\u2019échantillon d'activités comprend des fonctions très sophistiquées et que l\u2019échantillon spatial comprend des agglomérations importantes.Ceci laisse supposer que la validité de cette mesure est fonction de l'échelle spatiale d\u2019analyse et de la représentativité de l'échantillon d'activités.Notre analyse est sans doute biaisée par le fait que notre donnée de base est l\u2019établissement.La validité de TABLEAU 3 59 villes québécoises, 1971, 27 activités Services\tSeuil (n-1)\tRareté absolue\tCoefficie centratio Mb.établiss.\trit con- n Pop.\tR2\t.C.P.aturations Epicerie\t7209\t52\t.108\t.168\t.717\t.95136 Hôtel\t7276\t52\t.208\t.269\t.491\t.79520 Salon\t7374\t52\t.062\t.123\t.776\t.98553 Garage\t7695\t52\t.085\t.159\t.701\t.96184 Cie.Assurances\t7841\t51\t.119\t.189\t.701\t.94086 Restaurants\t7859\t52\t.092\t.132\t.747\t.97172 Taxi\t8030\t51\t.218\t.270\t.521\t.77110 Boucherie\t8342\t51\t.161\t.240\t.663\t.92434 Banque\t8348\t52\t.096\t.200\t.740\t.96374 Inst, gouvernement.\t8593\t49\t.240\t.264\t.518\t.82567 Cie Transport\t8687\t50\t.183\t.239\t.603\t.86430 Fleuriste\t9067\t50\t.136\t.172\t.693\t.92531 Pharmacie\t9104\tSI\t.161\t.159\t.709\t.92642 Caisse populaire\t9150\t51\t.140\t.171\t.693\t.93882 Imprimerie\t9151\t48\t.159\t.212\t.666\t.91039 Cie finance\t9284\t45\t.169\t.190\t.659\t.90566 Boulangerie\t9669\t50\t.199\t.262\t.554\t.79567 Mag.rayons\t9999\t47\t.231\t.248\t.528\t.83392 Médecins\t10058\t52\t.178\t.176\t.514\t.85901 Hôpital\t11498\t45\t.206\t.282\t.513\t.79341 Journaux\t11699\t41\t.272\t.280\t.448\t.74871 Pompiers\t12314\t50\t.237\t.298\t.367\t.71219 Police\t12448\t50\t.243\t.301\t.356\t.70748 Magasin général\t13717\t42\t.475\t.521\t.056\t.19932 Conc.administration\t21007\t5\t.718\t.718\t.284\t.76077 Quotidiens\t40824\t5\t.828\t.842\t.145\t.51547 Cons.industriel\t107880\t4\t.723\t.680\t.364\t.79124 119 TABLEAU 4 Corrélations entre les mesures 25 services : Rive Sud \tSeui 1\tRA\tce\tcp\tR2\tSAT Seui 1\t-\t-.7577\t.8126\t.6429\t.-6561\t-.5838 RA\t\t-\t-.8291\t-.7065\t.5872\t.5465 ce\t\t\t-\t.8332\t.-8885\t-.7038 cp\t\t\t\t-\t-.7104\t-.4735 R2\t\t\t\t\t-\t.7461 SAT.\t\t\t\t\t\t- 30 commerces : Rive Sud \tSeuil\tRA\tce\tcp\tR2\tSAT \t\t\t\t\t\t Seui 1\t-\t-.8755\t.8337\t.5735\t-.5960\t-.4408 Ra\t\t-\t-.8552\t-.5977\t.5948\t.4138 ce\t\t\t-\t.8148\t-.8717\t-.7799 cp\t\t\t\t-\t-.6899\t-.7920 R2\t\t\t\t\t-\t.8475 SAT.\t\t\t\t\t\t- 27 activités : Ouébec \tSeuil\tRA\tce\tcp\tR2\tSAT \t\t\t\t\t\t Seui 1\t-\t-.7777\t.7276\t.6894\t-.4217\t-.2376 RA\t\t-\t-.9534\t-.9351\t.6293\t.4099 ce\t\t\t-\t.9898\t-.8178\t-.6406 cp\t\t\t\t-\t-.8309\t-.6688 R2\t\t\t\t\t-\t.9261 SAT.\t\t\t\t\t\t- cette méthode sera améliorée dans la mesure où nous disposons d\u2019une donnée de base (telle que l\u2019emploi par activité) qui se compare bien à la population.Le coefficient de concentration selon le nombre d'établissements Cette mesure apparaît la moins sensible aux biais des échantillons d\u2019activités et de villes et présente en plus les corrélations les plus élevées avec les autres méthodes.L\u2019on pourrait donc dire que cette mesure semble la plus représentative parmi les six méthodes retenues, et peut constituer à ce titre l\u2019indice moyen le plus adéquat pour résumer la centralité d'une activité.En ce sens, nos résultats confirment l'opinion de Davies (op.cit.) qui, rappelons-le, utilisait également rétablissement comme donnée de base.120 CONCLUSION La centralité est une notion abstraite, tout comme celle de l\u2019anomie en sociologie, et aucune mesure opérationnelle ne peut donc pleinement la traduire.Chaque mesure proposée capte une partie de la même réalité, et chaque mesure possède son utilité, dépen-damment des buts de l\u2019étude et des données disponibles.Il faut surtout retenir que les caractéristiques de la région d\u2019étude, et la gamme d\u2019activités disponibles, doivent largement influer sur le choix final de la méthode à utiliser.En ce sens, il semble que le coefficient de concentration sur la base du nombre d'établissements constitue la mesure la moins biaisée, à savoir celle qui offre le plus de chances de reproduire les résultats des autres méthodes, lorsque la donnée de base employée (pour mesurer les activités tertiaires) est le nombre d'établissements.Il reste qu\u2019une description en profondeur de la centralité des activités pourrait supposer l'utilisation de plusieurs méthodes, car même si toutes les mesures se ressemblent quant à leurs résultats, chaque méthode apporte néanmoins une information nouvelle.Considérons à titre d\u2019exemple (tableau 1) le cas des Caisses populaires: leur rareté est très faible, de même que leur niveau de concentration, mais leur localisation est très sélective.Or, ceci traduit une réalité: la localisation des caisses suit une population particulière, la population francophone.Nous voyons également que les médecins spécialistes sont plutôt rares et concentrés, mais que leur seuil de population est par contre relativement faible, ce qui doit traduire une réalité particulière à ce groupe, une réalité qui se confirme aussi par un pattern de localisation plutôt sélectif.Bref il semble que le choix d\u2019une méthode ou d\u2019une combinaison de méthodes doit être subordonné, en dernière analyse, à l\u2019aspect de la centralité que tente de privilégier le chercheur. La délimitation des zones d\u2019influence des villes: problèmes de mesure et de conceptualisation Mario Polèse Institut national de la recherche scientifique (I.N.R.S.-Urbanisation), Montréal La notion de «zone d\u2019influence» n\u2019a pas besoin de présentation : elle demeure un des concepts traditionnels de la théorie urbaine et régionale; il suffit de penser aux hexagones de Christaller ou de Lôsch.La mesure des zones d\u2019influence soulève par contre plusieurs problèmes, tant sur le plan méthodologique que sur le plan conceptuel.Nous avons utilisé un modèle de gravité pour délimiter les zones d'influence commerciale des principaux centres urbains du Nord-Ouest québécois1.C'est ce travail que nous allons maintenant présenter, afin d\u2019examiner les problèmes méthodologiques que pose ce genre de modèle.La comparaison de nos résultats avec ceux qui ont été obtenus par d\u2019autres méthodes ou études nous permettra enfin de porter un jugement plus global, à la fois sur l'utilité des modèles de gravité (pour mesurer des zones d\u2019influence) et sur les limites inhérentes au concept de zone d\u2019influence.La présentation du modèle Le modèle de gravité constitue sans doute la traduction la plus fidèle (sur le plan méthodologique) du concept théorique des zones d\u2019influence.À l\u2019instar des théories de localisation, les modèles de gravité mettent l\u2019accent sur la friction de l\u2019espace, tout en y ajoutant la notion physique de masse: l\u2019interaction entre deux points (dans l\u2019espace) se résume en somme par des variables de masse et de distance.En ce qui concerne les aires d\u2019influence commerciale, on peut également parler de la loi de Reilly (1931).Selon cette «loi», la zone d\u2019influence d\u2019un centre urbain varie en fonction de la taille du centre et de la distance (au carré) qui le sépare d\u2019autres centres urbains, informations qui sont, a priori, faciles à quantifier.Bref, selon Berry (1971, page 75) : 1 Notre analyse s\u2019appuie très largement sur un travail que nous avons récemment effectué pour le compte de l\u2019Office de planification et du développement du Québec (l\u2019O.P.D.Q.).Voir F.Dansereau-Gagnon et M.Polèse, Les Activités tertiaires urbaines dans l'Abitibi-Témiscamingue: une analyse de la hiérarchie urbaine, des zones d\u2019influence et des relations interurbaines (rapport préliminaire soumis à l\u2019O.P.D.Q.en octobre 1976).La présente analyse ne représente cependant que nos opinions et n\u2019engage nullement l\u2019Office.(.) si l\u2019on connaît la population et les fonctions centrales de chaque centre, ainsi que les distances entre les centres, les aires de marché peuvent être déterminées sans qu\u2019il soit nécessaire d\u2019entreprendre des enquêtes coûteuses et complexes parmi les consommateurs (.) Si la logique du modèle est simple, il en existe néanmoins plusieurs formulations mathématiques.Parlons d\u2019abord d\u2019une formulation qui vise uniquement à établir les points de rupture entre les aires de marché de deux villes y et x, ce point de rupture se définissant comme suit par rapport à la ville x: où xr = le point de rupture entre les deux aires de marché (en milles de distance de la ville x) Dyx = la distance entre les deux villes (en milles) Py = la taille de la ville y Px = la taille de la ville x Cette formulation n\u2019a qu\u2019une valeur limitée puisqu\u2019elle ne donne que le point absolu de rupture entre les zones d\u2019influence de deux centres urbains, éliminant ainsi la possibilité réelle que des centres intermédiaires subissent à la fois l\u2019attraction de plusieurs villes.Cette formulation n\u2019est vraiment utile que pour des zones à peuplement linéaire où l\u2019on ne trouve que peu de centres intermédiaires.Nous avons alors préféré un modèle qui, tout en permettant le tracé de points de rupture, permet également de situer tous les points intermédiaires par rapport à tous les centres urbains.Ainsi, le pouvoir d'attraction de la ville i au lieu intermédiaire j se mesure comme suit: (2) Ri = (f) ^ Uij où Rj = la valeur en «reilly» de la ville i au lieu j Pi = la taille de la ville i D,^ = la distance de la ville i au lieu j (au carré) À l\u2019instar de Moindrot (1975) nous avons adopté le terme «reilly», patronyme du géographe, pour désigner ce rapport taille/distance qui traduit la force d\u2019attraction de la ville i.Il s\u2019agit donc d\u2019un modèle de gravité extrêmement simple, directement inspiré de la notion physique de système.122 La spécification du modèle Si le modèle est très simple et si les variables paraissent a priori très faciles à définir, l\u2019opérationnalisation du modèle soulève toutefois certains problèmes pratiques.Le premier problème est posé par la définition de la variable «taille».Il est possible d\u2019employer la population pour représenter la taille de la ville, mais une ville n\u2019a pas forcément un nombre de commerces proportionnel à sa population.Rappelons que notre objectif est de cerner les zones d'influence commerciale (commerces et services) des principaux centres urbains du Nord-Ouest québécois.Les zones pourraient aussi être très différentes selon les types de commerces ou services que les villes offrent.Il s\u2019agit donc dans un premier temps de trouver une mesure qui puisse bien refléter le rôle commercial de chaque centre urbain.À cette fin, nous nous sommes directement inspirés de la théorie des places centrales.Or, selon cette théorie, le rayonnement commercial d\u2019une ville ne dépend pas seulement de la quantité de commerces et de services qu\u2019elle offre, mais aussi et beaucoup plus de la variété des services et des commerces qu\u2019elle possède: du type de services qu\u2019elle offre.Tous les services n\u2019ont pas le même pouvoir d\u2019attraction; certains sont plus importants que d'autres pour conférer à la ville un rôle de place centrale.Ainsi, un bureau de conseillers en gestion est beaucoup plus indicatif d\u2019un rôle central que la présence d\u2019un poste d'essence.En utilisant une classification de quarante-cinq activités tertiaires (commerces et services) nous avons recensé le nombre d\u2019activités par centre urbain.Nous avons ensuite établi la «centralité» (le pouvoir d\u2019attraction) de chaque activité, selon la formule suivante: (3) Ci N 2 i = 1 (Eij/Eis) - (Ej/Es) où Ci = le coefficient de centralité de l\u2019activité i Eij = le nombre d\u2019établissements de l\u2019activité i de la ville j Eis = le nombre d\u2019établissements de l\u2019activité i du système (constitué par l\u2019ensemble des agglomérations) Ej = le nombre d'établissements total de l\u2019agglomération j Es = le nombre d\u2019établissements total du système Il s'agit en somme d\u2019un coefficient de «localisation» (voir Isard, 1960, p.249) qui traduit le degré de concentration spatiale de chaque activité.Parmi les différentes formules possibles pour déterminer la centralité d'une activité tertiaire, celle-là semble s\u2019avérer la plus efficace et la moins biaisée (Ouellet et Polèse, 1977).Pour accorder à chaque ville un poids qui traduit sa force tertiaire (pour les quarante-cinq activités), il suffit d\u2019appliquer la formule: 45 (4) Pj =\t2 i = 1 où Pj = le poids tertiaire de la ville j Ci = le coefficient de centralité de l\u2019activité i N] = le nombre d\u2019établissements de l\u2019activité i dans la ville j Les coefficients de centralité agissent en somme comme des facteurs de pondération, nous permettant de désigner chaque centre urbain par une valeur globale tout en tenant compte des types d\u2019activités qu\u2019il possède.Nous aboutissons ainsi à une hiérarchie tertiaire des villes fidèle à la théorie des places centrales.Finalement, nous n\u2019avons pas voulu nous en tenir à une seule valeur globale; nous avons également calculé (de la même façon) des hiérarchies urbaines tertiaires au niveau de quatre sous-ensembles d\u2019activités, soit les activités de commerce de détail, le commerce de gros, les services aux particuliers et les services aux entreprises.Nous arrivons ainsi à cinq hiérarchies urbaines.Le tableau 1 définit donc le contenu de la variable «taille» (Pi).Mais il reste à préciser la variable distance (Dij).La distance peut être mesurée à vol d'oiseau en milles, en distance routière, ou bien en distance-temps.Il est évidemment préférable d\u2019utiliser la distance-temps, dans la mesure où elle reflète davantage l\u2019expérience réelle, voire la perception des consommateurs.Or, l\u2019être humain, d\u2019après des études sur le comportement (Bailly, 1974), perçoit la distance de matière logarithmique: c\u2019est bien pour cette raison que Reilly, fidèle à la notion de gravitation, propose en plus l\u2019emploi de la distance au carré.Mais, comme les habitudes et la perception peuvent varier d\u2019une région à l\u2019autre, il n'est pas du tout certain que la distance temps au carré représente fidèlement la friction de l\u2019espace en Abitibi.L\u2019emploi du modèle de gravité exige donc que l\u2019on vérifie, pour chaque cas, l\u2019exposant à accorder à la variable «distance».Cela peut poser des problèmes au niveau de la disponibilité des données.L\u2019étude du ministère de l\u2019Industrie et du Commerce (M.I.C., 1967), un peu ancienne, ne nous fournit pas d\u2019indications actualisées.Nous avons donc décidé d'employer la carte des flux routiers (M.D.T., 1974) publiée par le ministère des transports pour représenter la réalité actuelle.Par l\u2019intensité des flux qu\u2019elle indique (entre deux villes, par exemple), cette carte nous permet de visualiser la friction de l\u2019espace en ce qui concerne la circulation routière: elle nous permet surtout de calculer des limites de zones d\u2019influence au niveau des couloirs de circulation en prenant com- 123 TABLEAU 1 Le poids tertiaire des villes^ \tPoids global\tCommerce de détail\tCommerce de gros\tServices aux particuliers\tServices aux entreprises Rouyn-Noranda\t100.0\t100.0\t88.0\t100.0\t100.0 Val-d'Or\t78.2\t72.0\t100.0\t78.4\t84.3 Amos\t46.5\t59.3\t42.8\t48.3\t36.0 Chibougaraau\t36.0\t50.1\t33.3\t33.8\t31.7 La Sarre\t28.1\t46.0\t35.7\t23.2\t13.4 Senneterre\t16.2\t22.0\t21.4\t15.4\t9.1 Malartic\t15.9\t16.6\t36.0\t14.2\t13.9 Ville-Marie\t11.9\t11.8\t4.2\t14.8\t10.8 Matagami\t10.9\t12.8\t17.6\t10.6\t10.4 Lebel-sur-Quévillon\t8.8\t8.6\t14.2\t9.7\t9.1 Témiscaming\t6.1\t12.6\t-\t4.8\t2.3 a Pour faciliter les comparaisons, nous avons rapporté chaque valeur de Pi à une base de cent, cent représentant la valeur de la ville la plus importante.me point de rupture le lieu de circulation minimum2.Nous avons alors testé le modèle de gravité en utilisant divers exposants de la distance, pour découvrir que l\u2019exposant 1.8 donnait les résultats qui se rapprochaient le plus de la réalité représentée par les comptages routiers.Il est intéressant de noter que notre pondération de la distance est légèrement inférieure à celle que propose Reilly.Le rôle de la distance paraît donc moins important en Abitibi que dans d\u2019autres régions, ce qui n'est guère étonnant.La formule finale utilisée sera donc la suivante: (5) Ri = (0 Il nous est maintenant possible de calculer une valeur en « reilly» pour chaque point (j) dans l\u2019espace par rapport à chaque ville (i); les points de rencontre (rupture) entre deux zones concurrentes se définissent alors par: R?= R* où x et y représentent deux villes en concurrence.Les limites d\u2019application du modèle de gravité Si nous avons présenté cinq types de hiérarchies tertiaires dans le tableau 1, c\u2019est en partie pour faire ressortir une des limites des modèles de gravité, du moins en ce qui concerne la mesure des zones d influence: ils ne peuvent vraiment s\u2019appliquer qu\u2019à cer- 2 Notons que ce calcul ne pourrait pas s'appliquer avec la même facilité à toutes les régions; pour qu'il puisse donner des résultats pertinents, il faut en principe une région relativement fermée (isolée), où les flux de transit et les flux intermédiaires sont peu importants.tains types de biens et services; plus précisément, le type de flux que l\u2019on peut estimer au moyen du modèle est limité à la fois par les caractéristiques de la région étudiée et par les caractéristiques des biens et services.On peut en somme considérer seulement les flux de biens et services pour lesquels la friction de l\u2019espace constitue un frein systématique (sur le territoire étudié).Il faut aussi tenir compte, au niveau des flux, de la concurrence réelle entre la plupart des points considérés (les centres urbains), ce qui exige un certain équilibre de la hiérarchie urbaine étudiée.Ces limites s'appliquent d\u2019ailleurs également aux modèles classiques (de partage des marchés) de Lôsch et de Christaller, qui ne traitent en somme que ce qu\u2019on appelle en anglais des «regional goods», à savoir des biens dont le marché est spatialement limité et défini.Dans le cas qui nous concerne, on peut dire qu\u2019il n\u2019existe vraiment de friction systématique de l'espace que lorsque le consommateur (du bien) doit se déplacer.Dans un espace plus vaste (l\u2019Amérique du Nord, par exemple), une telle friction systématique pourrait également toucher d\u2019autres types de flux: il serait peut-être possible de tracer un genre de limite entre les zones de commerce de gros, voire de services aux entreprises, dominées respectivement par Montréal, Toronto et Boston.Mais dans le contexte du Nord-Ouest québécois, les services aux entreprises et le commerce de gros ne répondent pas aux normes du modèle.D'abord, le tableau 1 démontre qu\u2019il n\u2019y a pas de véritable «hiérarchie» de ces deux fonctions, mais une structure plutôt confuse, dominée par deux villes, ce 124 qui laisse deviner à la fois des flux à faible intensité et un fort degré de chevauchement de ces flux.Or, une enquête3 que nous avons menée auprès des détaillants et grossistes de la région confirme cette impression.Tandis que la clientèle des commerçants de détail est à la fois clairement localisée et spatialement limitée, celle des grossistes l'est beaucoup moins.De plus, le commerce de gros est largement dominé par des fournisseurs de l\u2019extérieur de la région, notamment par ceux de Montréal.Bref, la localisation des détaillants (à l\u2019intérieur de la région) ne semble guère influencer leur choix de fournisseurs; la plupart préfèrent traiter avec Montréal plutôt qu\u2019avec des villes plus proches, même si on y trouve des grossistes.Nous avons observé un comportement comparable en ce qui concerne l\u2019achat de services spécialisés par les entreprises.Il ne saurait donc pas être question de tracer des zones d'influence pour ces deux types de flux, du moins à l\u2019intérieur de la région.Les résultats du modèle Les cartes 1, 2 et 3 donnent nos résultats pour les trois hiérarchies retenues (services aux particuliers; commerce de détail; l\u2019ensemble des services et commerces); elles ne donnent que les limites des zones d\u2019influence.Les résultats semblent a priori conformes à la réalité, du moins par rapport à notre connaissance intuitive de la région.Le modèle fournit donc un instrument relativement fiable pour estimer des zones d\u2019influence par rapport à ces trois hiérarchies.On observe d\u2019ailleurs peu de différences entre les trois cartes, ce qui n\u2019est pas é onnant.Les zones du commerce de détail sont un peu plus restreintes que celles des deux autres secteurs, ce qui révèle que la friction de l'espace est légèrement plus importante dans son cas; il s\u2019agit là de nouveau d\u2019un résultat «raisonnable».Pour saisir les déformations que ces résultats pourraient comporter, nous les avons comparés aux résultats de l'étude du M.I.C.(1967, op.c/'f.), tout en gardant à l'esprit que les choses peuvent avoir évolué depuis 1966.Nous constatons que les résultats ne sont pas très différents d\u2019une étude à l\u2019autre, ce qui semble confirmer l'utilité du modèle.Les quelques différences vont toutes dans le même sens.Nos résultats favorisent davantage les plus grands centres urbains aux dépens des plus petits.C\u2019est notamment le cas de Rouyn-Noranda par rapport à Ville-Marie et à La Sarre.Dans le premier cas, il semblerait que Ville-Marie exerce, dans les faits, une influence qui va au-delà de son potentiel gravitationnel, du fait que cette petite ville est le chef-lieu du comté.Sa fonction administrative influence donc également son rôle commercial.Dans le deuxième cas, il existe, semble-t-il, une affinité traditionnelle entre La Sarre et son arrière- 3 Pour l'explication de la méthodologie de notre enquête ainsi que la présentation détaillée des résultats, voir F.Danse-reau-Gagnon et M.Polèse, op.c/'f.Voir également le tableau 2, plus loin.pays agricole (dont elle constitue la place centrale) qui dépasse la simple logique du modèle de gravité.Mais il ne faut pas exagérer l\u2019ampleur des différences entre les résultats du modèle de gravité et les résultats de l'enquête du M.I.Q.: elles n'ont qu'une importance très marginale.En ce qui concerne le comportement spatial du consommateur (qui se déplace), le modèle de gravité donne donc une approximation relativement fidèle de la réalité.Les zones d\u2019influence: une notion périmée?Le modèle de gravité donne en somme des résultats satisfaisants; mais il faut également convenir qu\u2019il donne des résultats relativement prévisibles.Dans ce sens, les limites du modèle sont les mêmes que celles du concept classique de zones d\u2019influence.Comme tout modèle, ou concept, il donne des bons résultats dans la mesure où la réalité correspond à ses prémisses.D\u2019abord nous avons vu (en Abitibi) que le modèle ne s\u2019appliquait vraiment qu\u2019au secteur tertiaire «banal».De plus, en Abitibi, nous nous trouvions sur un terrain idéal en ce sens que les mouvements spatiaux subissent peu d\u2019interférence de nature géographique, sociale, culturelle ou administrative.Il s\u2019agit d\u2019une région presque «fermée» et peu accidentée (sur le plan physique), dont la population est relativement homogène.Mais lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019analyse des flux dans des espaces géographiques plus complexes ou pour des biens (et services) plus «sophistiqués», il est beaucoup moins certain que leur intensité ou leur direction correspondent forcément à une logique gravitationnelle.Ainsi, lorsque l\u2019on regarde les liens du Nord-Ouest québécois avec le reste du monde, il devient difficile de les interpréter en fonction d\u2019un modèle simple.Le tableau 2 donne les lieux d\u2019approvisionnement pour les commerçants de détail de la région4.Force est de constater que les résultats sont étonnants à plusieurs égards.La domination de Montréal ne peut pas, à première vue, paraître anormale; mais lorsque l'on se rappelle que Rouyn-Noranda se trouve à une distance égale de Montréal et de Toronto les résultats prennent une allure différente.Selon une simple logique de gravité, les deux métropoles canadiennes devraient alors jouir d'une influence équivalente.Il n'est pas moins surprenant de constater le petit nombre des liens réels avec le Nord de l\u2019Ontario malgré sa très grande proximité: même si on exclut Montréal, la région entretient plus de relations avec le reste du Québec (au niveau des réseaux de distribution) qu\u2019avec sa voisine ontarienne.Ces résultats font en somme ressortir l'importance des frontières politiques et administratives en tant que freins à l\u2019interaction.Notre résultat est évidemment d\u2019autant plus étonnant qu\u2019il s\u2019agit d'une 4 Le calcul précis de ce tableau est expliqué dans F.Dan-sereau-Gagnon et M.Polèse, op.c/'f.125 Carte no 1 Lebel-sur-Ouevi1 Ion La Sarre \u2022Ain o s b.: \u2019^Rouyn-Noranda; Val d'Or Vi Île-Marî Temisc, amingue CARTE DE REPERAGE DES LOCALITES DE L'ABITIBI-TÉMISCAMINGUE EN 1971 Localité non organisée hibougamau Senneterre zone principale - sous-zone r-, Matagami %p ZONES D'INFLUENCE SUR LA BASE DES SERVICES AUX PARTICULIERS 126 Carte no 2 Lebel-sur-Ouevi1 Ion \u2022A?La Sarre' ;nneterre /( 111 T.i- Rouyn-Noranda 17- Malartic Val d'Or Ville-Marie Temiscamingue Schéma Om I AMilx-Témtacamingua CARTE DE REPÉRAGE DES LOCALITÉS DE LABITIBI-TÉMISCAMINGUE EN 1971 Léçerxto Agglomeration Chibougamau Matagarai zone principale ZONES D'INFLUENCE SUR LA BASE DES COMMERCES DE DÉTAIL 127 Carte no 3 Lebel-sur-Ouevi1 Ion La Sarre Ajtios Rouyn -Nôràndà \u2022/' Senneterre Mal art ic, Val d'Or Vil le-MariT ;Terniscamingue Chibougamau Matagami ri ZONES D'INFLUENCE DES AGGLOMÉRATIONS DU NORD-OUEST SELON LES POIDS HIÉRARCHIQUES GLOBAUX zone principale - sous-zone CARTE DE REPERAGE DES LOCALITES DE L'ABITIBI-TÉMISCAMI NGUE EN 1971 Légende Agglomeration 128 wz HHHUHHHuSHHHHrhHB TABLEAU 2 Commerces de détail: Lieu de provenance des approvisionnements (toutes catégories de marchandise) par agglomération* ^s tination Origine\tAmos\tChibou- gamau- Chapais\tLa Sarre\tLebcl- sur-Qué- villon\tMalartic\tMatagami\tSenne- terre\tRouyn- N'oranda\tTémisca- ning\tVal-d'Or\tVille- Marie Amos\t17.2\t14.0\t2.6\t5.1\t8.1\t10.6\t23.5\t\t\t10.5\t Chibougamau- Chapais\t\t3.3\t\t\t\t\t\t\t\t\t La Sarre\t0.2\t\t5.8\t\t\t\t\t1.6\t\t\t Malartic\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t0.3\t Mat agami\t\t\t\t\t\t3.7\t\t\t\t\t Senneterre\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t2.2\t Rouyn-A'oranda\t3.2\t11.7\t0.4\t46.3\t1.6\t\t3.6\t7.2\t\t4.6\t1.4 Val -J\u2019Or\t1.9\t\t\t2.9\t49.3\t5.1\t40.3\t2.9\t\t3.9\t Montreal (4-réç.adm.)\t31.9\t43.8\t52.5\t44.1\t53.6\t72.3\t14.2\t3S.0\t\t31.5\t57.5 Québec i (M-rég.a dm.)\t0.4\t5.3\t6.4\t1.7\t\t3.4\t16.1\tO.S\t\t15.8\t \t\t\t Saguenay -Lac-St-Jean\t\t21.0\t\t\t\t\t\t\t\t\t Ailleurs au Ouc-bcc\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t5.1\t Toronto l frep.KiCtrov).j\t32.4\t0.9\t29.3\t\t0.2\t6.9\t2.1\t19.0\t\t5.4\t34.4 Mord de 1'Onta ri o\t2.6\t\t\t\t2.1\t\t\t4.4\t\t2.6\t0.4 Ailleurs en Ontario\t0.1\t\t2.9\t\t\t\t\t13.3\t100.\t1S.0\t6.4 Autres prov.Canadiennes\t9.9\t\t\t\t\t\t\t12.8\t\t2.2\t Extérieur du Canada\t0.3\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t Source: F.Dansereau-Gagnon et M.Polèse, op.cit.* Le pourcentage d'approvisionnements venant de chaque lieu d'origine par rapport à la valeur totale des importations (des commerces échantillonnés.) simple frontière provinciale et non pas d\u2019une frontière nationale.Mais il confirme les observations d\u2019autres chercheurs.Ainsi, Simmons (1970), en parlant des flux d\u2019appels téléphoniques, note que les villes de Cornwall et de Hawkesbury entretiennent des liens plus intenses avec Ottawa qu'avec Montréal ; selon la logique gravitationnelle, elles devraient, au contraire, se situer clairement dans la zone d\u2019influence de Montréal.D\u2019autres éléments peuvent venir déranger la logique du modèle.Ray (1967) observe par exemple que le comportement spatial des consommateurs peut varier selon leur appartenance culturelle: ainsi, les Francophones et les Anglophones n\u2019ont pas le même pattern de flux par rapport aux places centrales de l\u2019Est ontarien.Nous avons observé ailleurs qu\u2019il faut également tenir compte de l'existence de sentiments d\u2019appartenance régionale (Bailly et Polèse, 1975); les zones d\u2019influence commerciale de certaines capitales régionales du Québec (notamment Sherbrooke) semblent beaucoup plus étendues, face à Montréal, que ne le laisserait supposer une logique purement gravitation- nelle.Nous avons attribué ce fait au sentiment d\u2019identité qu\u2019une population peut ressentir par rapport à sa place centrale traditionnelle.Il se peut également que la concurrence au niveau du tertiaire du style plutôt banal ne joue plus au-delà d\u2019une certaine distance.Nous avons ainsi noté des seuils psychologiques d\u2019interaction (Polèse et Thibodeau, 1977); au-delà d'une heure de voyage de Montréal, la plupart des villes ne semblent plus subir la concurrence commerciale de la métropole, du moins en ce qui concerne le commerce de détail et les services aux particuliers.Un modèle logarithmique de comportement spatial ne pourrait donc pas s\u2019appliquer dans un cas comme celui-là.La notion de zones d\u2019influence (selon Lôsch ou Christaller), ainsi que l\u2019utilisation de modèles de gravité pour mesurer ces zones, ne se prêtent en somme qu\u2019à des situations relativement simples, où leur application risque d\u2019ailleurs de donner des résultats prévisibles.Elles s'appliquent surtout à la concurrence commerciale entre des villes de taille comparable (ou 129 pour des fonctions comparables) sur des distances déterminées.Elles demeurent donc utiles pour tracer les zones d\u2019influence (dans le cas d\u2019activités tertiaires dont le rayonnement spatial est forcément limité) des villes d\u2019une même région, bien sûr dans la mesure où il n\u2019y a pas interférence spatiale significative sur le plan culturel ou administratif.Au niveau des relations plus complexes qui caractérisent à la fois les échanges de services supérieurs et la plupart des biens manufacturiers, il serait par contre téméraire de vouloir, en se servant d\u2019un modèle «a priori», reconstituer le pattern spatial des flux interurbains et interrégionaux.Il faut à ce niveau parler de flux qui se chevauchent, de recouvrement et d'interprétation.Il aurait été par exemple impossible de prévoir, par un modèle déductif, le réseau de flux que représente le tableau 2.Pour recueillir de telles informations, il faut forcément fonctionner par voie d\u2019enquête.Finalement, on peut se demander, si avec l\u2019amélioration des moyens de transports et de communications, les flux complexes (qui se prêteront difficilement à la modélisation) ne deviendront pas de plus en plus fréquents; et si, par le fait même, les flux «simples» ne sont pas voués à un déclin (relatif)?Les biens et services dont le rayon d\u2019échange est spatialement circonscrit sont de plus en plus rares; ce rayon n'est vraiment circonscrit, comme nous l\u2019avons déjà observé pour l'Abitibi, que dans la mesure où l'échange exige le déplacement du consommateur, ce qui limite le phénomène aux ventes de commerce de détail et aux ventes de services aux particuliers.Bref, on peut dire que le modèle s'applique toujours aux flux de consommateurs, mais non pas aux flux économiques proprement dits (entre entreprises).Dans ce dernier cas, il faut de plus en plus parler d\u2019un réseau complexe d'interactions où la friction de l\u2019espace ne constitue pas forcément le facteur déterminant.RÉFÉRENCES Bailly, A., 1974, «Perception de la ville et déplacements», Cahiers de Géographie du Québec, n° 65.Bailly, A.et M.Polèse, 1975, «Evolution des zones d\u2019influence des principales villes québécoises», Revue de Géographie de Montréal, XXIX, n° 3.Berry, B.J.L., 1971, Géographie des marchés et du commerce de détail, Armand Colin, Paris.Isard, W., 1960, Methods of Regional Analysis, M.I.T.Press, Cambridge.M.D.T., 1974, Diagramme d'écoulement de la circulation, 1974, ministère des Transports, Direction de la circulation, Québec.M.I.C., 1967, Les Pôles d'attraction et leur influence, Études régionales, ministère de l\u2019Industrie et du Commerce, Québec.Moindrot, C., 1975, «La Délimitation des aires d\u2019influence métropolitaine par un modèle de gravité, le Centre-Ouest de la France», l'Espace Géographique, n° 3.Ouellet, N.et M.Polèse, 1977, «Activités tertiaires et hiérarchies urbaines: une évaluation de six méthodes d\u2019analyse», L'Actualité Économique, vol.53, n° 1.Polèse, M.et J.-C.Thibodeau, 1977, Distance de Montréal et développement économique urbain, collection «Rapports de recherche», n° 2, I.N.R.S.-Urbanisation, Montréal.Ray, M., 1967, «Cultural difference in consumer travel behavior in Eastern Ontario», Canadian Geographer, XI, n° 3.Reilly, W.J., 1973, The Law of Retail Gravitation, New York, Reilly.Simmons, J., 1970, Patterns of Interaction within Ontario and Quebec, Centre for Urban and Community Studies, Research Paper, N° 41, Université de Toronto.130 4.TROISIÈME SOUS-THÈME Méthode d\u2019analyse et d\u2019intervention urbaine dinvesi 4 Principes de la méthode de l\u2019analyse des seuils et possibilité d\u2019application à l\u2019aménagement urbain et régional Oleg Stanek Université de Sherbrooke L\u2019analyse des seuils est une des résultantes de la rationalisation du processus de planification urbaine pour permettre de quantifier les coûts de développement territorial.Elle permet donc de comparer les alternatives de solution de problèmes de localisations urbaines et régionales du point de vue des coûts d\u2019investissements et d\u2019exploitation.La rationalisation du processus de planification subdivise celui-ci en composantes où la validité des conclusions partielles peut être plus facilement contrôlée par rapport aux prémisses partielles.Une des difficultés des méthodes faisant appel à la maximisation d'avantages, est la quantification de ceux-ci.C'est un des obstacles auxquels se heurte la méthode coûts-avantages.L'analyse des seuils se limite par contre à une minimisation des coûts et recherche, dans la série des alternatives possibles, celles qui entraînent les moindres coûts de développement territorial.L\u2019analyse des seuils est donc une méthode qui permet d'évaluer et de comparer les coûts des alternatives de développement du point de vue des investissements indivisibles requis en vue de choisir une stratégie de développement optimum.Origine et évolution Initiée en Pologne au début des années soixante par Boleslaw Malisz, l\u2019A.S.a été introduite en 1965 en Écosse où elle a fait l'objet d\u2019études durant près de cinq ans, les recherches ont mené à la publication d'un manuel officiel en 1973.Elle fait donc partie intégrante du processus d\u2019élaboration des plans directeurs (structure plans) en Écosse.Comme cette méthode n\u2019a pas fait \u2014 pour autant que je sache \u2014 l'objet d\u2019études au Québec, il m\u2019a semblé opportun de la porter à votre attention.Surtout pour formuler et comparer des stratégies alternatives pour les villes moyennes et petites (de 5000 à 100 000 habitants).Exposé Les villes qui croissent se heurtent à des obstacles dus à des traits physiographiques, l\u2019utilisation du sol, ou à l\u2019infrastructure des équipements de services.La croissance des villes se bute à des limitations que l\u2019on peut identifier soit physiquement (ravin, marais etc) ou numériquement (par exemple: capacité d\u2019un réservoir).Ces limitations ne sont pas insurmontables mais elles demandent des coûts additionnels («coûts de seuil») qui peuvent être requis soit avant la croissance (certains coûts d\u2019urbanisation) ou durant le développement.Le coût total requis par habitant qui s\u2019installe dans la ville (ou la région) Ct sera donc égal aux coûts usuels Cu et des coûts additionnels Ca : Ct = Cu -+¦ Ca Les coûts usuels dépendent du type de logements, de la densité, du niveau des services, des coûts de matériaux, de la main-d\u2019œuvre, etc, mais non de la localisation du développement.Les conditions physiographiques sont «normales»; terrain relativement plat, desservi par des équipements de services publics, accessible directement au réseau routier.L\u2019analyse des seuils se concentre sur les coûts additionnels en supposant que les coûts usuels sont constants.Pour surmonter le seuil il est nécessaire soit d\u2019investir une somme globale («seuil abrupt») avant que le développement spatial puisse se poursuivre (limitations d'infrastructure de service) soit d\u2019investissements additionnels pendant le développement («seuil graduel»).Les seuils graduels sont dus d\u2019ordinaire aux conditions de terrain.Les coûts additionnels peuvent être directs ou indirects.Ces derniers comprennent les coûts additionnels d\u2019exploitation ou sont dus aux capitaux gelés, après que le seuil ait été surmonté.Dans le processus d\u2019élaboration d\u2019un plan directeur ou d\u2019un plan d'aménagement régional, l\u2019analyse des seuils peut intervenir avantageusement dans les phases suivantes : 1.\tElle permet de tracer un cadre systématique pour la collecte et l'analyse des données sur les aspects physiques du territoire.2.\tElle identifie les contraintes au développement et les limites des potentiels de croissance.3.\tElle facilite la formulation de développements alternatifs en quantifiant les possibilités et les limitations des terrains.133 4.\tElle fournit des informations sur le réalisme des buts fixés en montrant que certains buts ne peuvent pas être atteints, étant sujets à des seuils trop nombreux ou trop importants, tandis que d\u2019autres sont facilement réalisables.5.\tElle facilite les prises de décisions concernant les alternatives en fournissant les différences des coûts de développement.6.\tLe choix effectué permet de se concentrer sur une certaine stratégie, de l\u2019amplifier et de la soumettre à des tests, de mieux préparer les budgets d\u2019investissements.Limitations L'analyse des seuils s\u2019occupe des coûts additionnels et non de l\u2019évaluation économique totale de solutions.Elle ne saurait donc remplacer d\u2019autres techniques d\u2019évaluation et de prise de décision comme la méthode des coûts et avantages.C\u2019est une technique qui est orientée vers la localisation surtout dans la planification territoriale où elle introduit des coûts d\u2019investissements pour surmonter des seuils.Elle ne peut donc se substituer aux techniques et méthodes d\u2019évaluation qui font entrer en ligne de compte les avantages économiques et sociaux.L\u2019analyse des seuils se fait au début de l'élaboration d\u2019un plan directeur, aussi les données sont-elles limitées et les calculs doivent être faits sur des évaluations.Le degré de précision peut être différent pour les différents éléments, mais les résultats seront donnés par les données les moins précises.Pour effectuer les comparaisons il faut donc prendre en considération le degré de précisions des données dans les différentes alternatives.Il sera nécessaire d\u2019établir la relation entre les coûts de seuil et les coûts de développement globaux pour mettre les premiers dans leur véritable perspective.En général les coûts d\u2019investissement directs sont bien plus faciles à évaluer que les coûts indirects (coûts d\u2019exploitation).La principale difficulté est de les estimer adéquatement pour tous les éléments, une base uniforme de calcul pour toutes les fonctions faisant défaut.Dans cet exposé nous allons nous limiter à l\u2019analyse des seuils appliquées à un développement résidentiel.Elle pourrait être appliquée à d\u2019autres fonctions (industrielles, touristiques) et à la planification régionale.L\u2019estimation des coûts additionnels devrait se faire évidemment sur d\u2019autres prémisses.Processus Le processus comprend trois parties: la formulation du problème, l'analyse proprement dite et l\u2019interprétation des résultats.1.Dans la formulation du problème, cinq points sont à considérer: 1.1\tObjectifs poursuivis par l\u2019analyse des seuils: formuler des stratégies pour le développement du territoire et les comparer en se servant des coûts de seuil, en ayant en vue leur minimisation.Deux cas se présentent d\u2019ordinaire: la population à accommoder est donnée ou bien la population future doit être fixée d\u2019après les possibilités du site.Dans le cadre de ces cas, les différents éléments de décision peuvent varier considérablement: période de prospective plus ou moins longue, une partie de la population future sera logée dans le cadre d\u2019un redéveloppement, amplification en périphérie ou sous forme de développement satellite, etc.1.2\tLes prémisses et les politiques peuvent être fournies par les autorités qui commanditent le plan, elles peuvent provenir de stratégies provinciales ou fédérales; ou bien elles peuvent être formulées par l\u2019équipe de planification.Pour les fins de l\u2019analyse des seuils appliquée à une fonction résidentielle, il sera nécessaire de savoir le type de bâtiments à envisager, les densités, le niveau des services et les politiques existantes à sauvegarder.On considérera d\u2019ordinaire les standards perspectifs pour le calcul des capacités.1.3\tDes études spéciales seront nécessaires pour établir les paramètres comme: unité résidentielle de base, territoire d\u2019études, densités résidentielles, niveau futur des services et là où des conditions particulières interviennent, par exemple dans les endroits où les mines jouent un rôle important.Parmi ces études seront incluses les études relatives à l\u2019acquisition des terrains qui en seront l\u2019élément le plus important.1.4\tII est important de souligner que dans l'analyse des seuils comme dans la plupart des études de planification territoriale la précision du résultat final est celle de la partie la moins précise de l\u2019analyse.Le degré de précision des différentes parties doit donc faire l\u2019objet d\u2019une attention spéciale pour éviter un gaspillage d\u2019efforts et de ressources.1.5\tLe territoire envisagé sera déterminé par une des méthodes suivantes: 1) zone déterminée par l\u2019influence de la ville et les migrations quotidiennes; 2) zone conforme aux limites administratives existantes ou futures; 3) zone d\u2019où sont éliminés les territoires qui ne seront pas développés pour des raisons de stratégies ou de politiques locales, provinciales ou fédérales.2.L\u2019analyse proprement dite peut se faire en 5 phases.\u2014 Définition du seuil initial et du seuil limite L\u2019objectif de la première phase est de déterminer la capacité globale du territoire envisagé pour accommoder la population.On détermine le nombre maximum d\u2019habitants que peut accueillir le territoire sans que l\u2019on ait à débourser des coûts additionnels.On trouve également le nombre maximum d'habitants qui peuvent s'installer dans le territoire tout en sauvegardant les 134 standards et les contraintes données par les prémisses et les politiques.On peut choisir une autre unité de mesure; nombre de logements, nombre de ménages, acres ou hectares de terrains résidentiels.Pour chaque facteur responsable d'un seuil, on divise le territoire envisagé en trois classes: sans coûts additionnels que l\u2019on peut développer immédiatement, avec coûts additionnels, et terrains non propices.Pour ce faire, on peut procéder comme suit: 1) classifier les causes des seuils: caractéristiques physiographiques, utilisation du sol et terrains bâtis, infrastructure des services (égoûts, aqueduc, transport, électricité, déchets), écoles primaires et commerces.2) Marquer sur une carte les terrains non propices au développement résidentiel pour une des causes énumérées ci-dessus.3) Déterminer les zones qui pourraient être desservies par les services existants.4) Marquer les terrains qui demanderont des coûts additionnels pour devenir propices au développement.5) Identifier sur une carte tous les terrains propices sans coûts additionnels.\u2014 On marque ensuite la première ligne de seuil et la ligne limite en superposant les lignes seuils de toutes les causes.\u2014 On détermine la capacité des terrains propices sans et avec coûts additionnels en multipliant la superficie par la densité de population prévue.\u2014 On identifie les premiers seuils de capacités pour les différentes composantes des infrastructures de services et des équipements sociaux.Les infrastructures de services ont des composantes qui entraînent des coûts de développement différents: ouvrages centraux (châteaux d\u2019eau, usines de traitement, etc.) et réseaux.\u2014 On peut procéder en suivant le cheminement suivant: 1) Identifier les composants du système.2) Identifier la capacité des composants en unités adéquates.3) Trouver quel usage est fait à l\u2019heure actuelle des composants.4) Trouver les standards des services à la date prospective et établir le rapport du niveau actuel avec le niveau futur.5) Calculer l\u2019usage du service à l\u2019époque prospective par le nombre d\u2019usagers actuel, en faisant usage du rapport établi.6) S\u2019il y a déficit de capacité, décider des mesures à prendre pour que le système actuel puisse servir aux usagers actuels à la date prospective.Déterminer ensuite la capacité libre à l\u2019heure actuelle.7) Convertir les capacités libres en nombre de nouveaux habitants que les composants peuvent desservir aux standards prospectifs.Les chiffres obtenus indiquent le premier seuil pour chaque composant.8) Se basant sur ces données on peut établir les diagrammes de capacités.Pour les routes, celui-ci devra donner les capacités de chaque section.Pour la plupart des composants des infrastructures de services, il n\u2019y aura pas de seuils limites: on peut toujours construire un nouveau système.Dans les cas où, pour des raisons politiques, ce n\u2019est pas possible, on procède d\u2019une façon analogue.L\u2019analyse du territoire et l'analyse des capacités sont combinées pour déterminer le seuil initial et limite du territoire envisagé: 1) On identifie le seuil initial pour le territoire envisagé en tant que population totale accommodée sans coût additionnel.C\u2019est la population moindre de tous les facteurs causant des seuils.2) On identifie de la même façon le seuil limite du territoire envisagé.Pour déterminer les seuils intermédiaires et leurs regroupements, on procède par des calculs analogues en différenciant ceux qui peuvent être représentés comme des lignes sur les cartes et ceux qui peuvent être exprimés comme des capacités.L\u2019étape suivante est le calcul des coûts de seuils directs pour le regroupement des terrains de seuils.Le but de cette étape est de comparer les regroupements pour les principales directions d\u2019expansion résidentielle.On les détermine le plus souvent en se basant sur les seuils abrupts, où les investissements doivent se faire comme un tout avant que les terrains soient développés.Pour définir les regroupements de seuils intermédiaires, on les classifie en seuils abrupts et graduels et on détermine quel est le seuil le plus important pour déterminer les terrains à seuils intermédiaires qui sont ensuite identifiés sur une carte.On calcule les capacités en population des regroupements et on élimine les regroupements peu satisfaisants.3.L\u2019interprétation des résultats se fera en dépendance des objectifs poursuivis par l\u2019application de la méthode.En général l\u2019analyse des seuils est un appoint pour la formulation d\u2019alternatives de stratégies de développement en montrant les lignes de seuils limites.Le regroupement des terrains de seuils suggère la localisation possible du développement résidentiel principal.Les stratégies du plan directeur seront fondées surtout sur des études socio-économiques.L\u2019analyse des seuils pourra toutefois déterminer les investissements additionnels nécessaires pour atteindre des objectifs particuliers.Elle permettra également d\u2019évaluer avec plus de précision les nombres d\u2019habitants qui pourront être accommodés à des coûts d\u2019accommodation prévus d\u2019avance.BIBLIOGRAPHIE MALISZ, Boleslaw (1966): Zarys teorii ksztattowania ukladow osadniczych (Esquisse d'une théorie de formation d\u2019armatures urbaines), Arkady, Varsovie.HUGHES, J.T.et KOZLOWSKI (1968): Threshold Analysis \u2014 An Economie Tool for Town and Regional Planning.URBAN STUDIES, 1968, pp.132-143.135 KOZLOWSKI, J.(1971) : The place and role of threshold analysis in the «model » planning process.EKISTICS 792, Nov.1971, pp.348-353.KOZLOWSKI, Jurek, HUGHES, J.T\u201e BROWN, R.(1972): Threshold Analysis, The Architectural Press, London.SCOTTISH DEVELOPMENT DEPARTMENT (1973): Threshold Analysis Manual.Prepared by the Planning Research Unit Department of Urban Design and Regional Planning her Majesty's Stationery office. fcsëtf artli Unit ining I» Théories de croissance urbaine et régionale et système urbain Joseph H.Chung Laboratoire de recherche en sciences immobilières (LARSI-UQAM) INTRODUCTION La disparité interrégionale de performances économiques au Canada, quelles que soient leurs définitions, n\u2019a point diminué depuis des décennies en dépit du déploiement considérable des ressources matérielles et humaines par l\u2019État.Le taux annuel de croissance de la population depuis 1953 a varié de 1.5% pour la région de l\u2019Atlantique à 3.3% en Colombie-Britannique.La disparité interrégionale du produit intérieur brut réel per capita n\u2019a pas beaucoup diminué, quoiqu\u2019il y ait eu un certain rattrapage depuis dix ans.En effet, dans la période 1960-1971, le taux de croissance du produit intérieur brut réel per capita dans les provinces maritimes était de 2.9% contre 2.0% au Québec, 2.5% en Ontario et 1.5% en Colombie-Britannique.Ce processus de rattrapage n\u2019a pas réussi pour autant à diminuer de façon significative la disparité interrégionale en terme de produit intérieur brut per capita ou de revenu personnel per capita.En 1973, le produit intérieur brut per capita en valeur réelle variait de $6,300 dans la région de l'Atlantique, $6,751 au Québec à $8,209 en Ontario.Dans la même année, le revenu personnel per capita en valeur réelle variait de $2,396 dans les provinces maritimes, $2,978 au Québec à $3,640 en Ontario.Ce qui se dégage d'un examen rapide et sommaire des données en la matière, c\u2019est qu\u2019au Canada la disparité interrégionale de la croissance économique et du niveau de vie demeure considérable et pourra persister.Est-ce un phénomène universel dans les pays industrialisés?Pourtant, on sait qu'aux États-Unis, sans qu'il y ait une planification de l\u2019État, la disparité interrégionale de la croissance économique s'est rétrécie.Est-ce dû à l'absence d\u2019une planification du développement régional?Pourtant, en France, une série de plans n\u2019a guère amélioré la situation.Est-ce qu'on a mal compris le phénomène de croissance régionale?Ou bien, est-ce que les théories existantes expliquent mal le phénomène?Il y a une multitude de questions qui se posent en rapport avec la disparité régionale de croissance économique régionale.Le but de cet exposé est, d\u2019une part, de réviser les différentes théories de croissance urbaine et régionale et d'en faire une synthèse et, d'autre part, de concevoir un cadre conceptuel plus général qui pourrait faciliter la compréhension du phénomène et la formulation de la politique en matière de croissance urbaine et régionale.1.UNITÉ D\u2019ANALYSE Au point de départ, nous prétendons qu\u2019une bonne partie des études portant sur la croissance urbaine régionale au Canada auraient pu être faussées dans leurs conclusions à cause du fait qu\u2019elles sont basées sur la province ou sur le groupe des provinces au lieu d\u2019être basées sur le centre urbain ou sur le groupe des centres urbains.Que la province ait été l\u2019unité d\u2019analyse dans ces études s\u2019explique, d\u2019une part, par le souci d\u2019avoir des données utiles aux négociations fédérales-provinciales et d\u2019orienter les politiques en fonction de la performance économique globale du territoire sur lequel les provinces ont leur juridiction.C'est bien compréhensible.Cependant, il importe de reconnaître que la province ne constitue pas vraiment l\u2019unité économique la plus pertinente.La province intervient dans l\u2019analyse en tant que cadre géographique et en tant que cadre politique.Elle intervient parfois en tant que cadre économique, car l\u2019exploitation des ressources naturelles et humaines relève de la juridiction provinciale et la substituabilité de ces ressources à l\u2019intérieur du territoire provincial dépend en partie de la politique provinciale.Mais une politique qui s\u2019inspire des données agrégées au niveau provincial ou au niveau extraprovincial risque d'ignorer les aspects les plus importants de la croissance régionale, les économies des centres urbains et de retarder la formulation de politiques plus réalistes et plus efficaces.La croissance ne se produit pas partout et simultanément; elle est ponctuelle, dynamique et se diffuse en fonction de la structure spatiale et industrielle de la région et de l\u2019armature urbaine.La croissance régionale dépend de la création de la croissance qui s\u2019initie dans des centres urbains et de la diffusion de cette croissance à travers la région.Il n\u2019y a pas un mécanisme national de croissance; la croissance nationale ne dépend que de la performance économique des régions, tout comme cette dernière dépend de celle des centres urbains constituants.Le schéma d\u2019analyse qui s\u2019impose est la hiérarchie urbaine, l\u2019armature urbaine, et le système spatio-in- 137 dustriel, en tant que systèmes qui ne se limitent pas nécessairement à l'intérieur d\u2019une province.Le mécanisme de la croissance régionale ne peut être compris qu\u2019en vertu des approches structurelles qui seules pourront nous renseigner sur la complexité du phénomène.2.LES THÉORIES DE CROISSANCE RÉGIONALE Les théories économiques qui ont certaines pertinences à la croissance économique régionale comprennent la théorie de la place centrale de Christaller-Lôsch, celle de pôle de développement de Perroux-Boudeville et celle de développement déséquilibré de Myrdal-Hirschman-Friedman de même que celle de la base économique et la théorie keynésienne.2.1 La théorie de la place centrale La théorie de la place centrale repose sur une série d'hypothèses classiques.On envisage en fait un territoire régional d'une qualité homogène sans barrières naturelles.De plus, on y ajoute toutes les hypothèses d\u2019une concurrence parfaite et, bien sûr, la rationalité des agents économiques.Le désir de la part des agents économiques d\u2019optimiser leurs gains personnels et le besoin de créer des centres d'échanges des biens produits amènent à un système des centres, ou à une armature urbaine, dans laquelle la taille des centres varie selon le nombre et la portée des activités économiques supérieures.Les éléments clés dans ce schéma sont la production en grand volume, l\u2019économie d\u2019échelle et l\u2019aire du marché (range of goods).Puisque l'économie d\u2019échelle exige un volume de production élevé et que ce dernier est déterminé par l\u2019étendue du marché, la production des biens et des services supérieurs tend à se trouver dans des places centrales.Ceci est possible du fait que l\u2019économie d\u2019échelle a pour résultat de diminuer le coût de production et d\u2019élargir l\u2019étendue de l\u2019aire du marché.La théorie de la place centrale amène à une hiérarchie des centres bien structurée et la population et le nombre d\u2019activités économiques diminuent au fur et à mesure qu\u2019on descend le long de la hiérarchie.Nombreuses sont les études qui ont démontré la corrélation entre, d\u2019une part, la population et le nombre des activités socio-économiques et, d'autre part, la position des centres dans la hiérarchie (le rang).L\u2019ouvrage de Berry en est une1.La théorie de la place centrale qui s\u2019inspire surtout de l'expérience de 1ère agricole a été reprise et appliquée par plusieurs auteurs en vue d'une classification des centres urbains2.La théorie 1\tBrian J.L.Berry, «Cities as System within System of Cities», Regional Sciences Association, Papers and Proceedings, vol.13, 1964, pp.147-163.2\tJ.W.Maxwell, «The Functional Structure of Canadian Cities: A Classification of Cities», Geographical Bulletin, vol.7, no 2, 1965, pp.79-104; Frank E.Horton and Harold McConnel, « A Method of Classification and Regionalization Based on de la place centrale explique pourquoi les activités économiques sont réparties dans l\u2019espace d\u2019une certaine façon et non de façon aléatoire.Les activités économiques sont ordonnées dans l\u2019espace à travers le système des villes qui constituent une hiérarchie selon les fonctions des centres et selon leurs zones d\u2019influence (champs urbains).Le nombre de fonctions et l\u2019étendue du champ urbain varient selon le rang qu\u2019occupe le centre approximé par la taille de sa population3.Si la théorie de la place centrale réussit à démontrer la relation logique entre la hiérarchie des villes et la structure des commerces et services, elle ne peut pas expliquer la division du travail et la spécialisation industrielle des différents centres et, de plus, c\u2019est une théorie strictement statique.Quoi qu\u2019il en soit, elle est utile pour l\u2019explication de la croissance régionale des secteurs de commerces et de services.2.2 Théorie de pôle de développement La théorie de pôle de développement est généralement associée au professeur F.Perroux4.Pour Perroux, le développement économique est ponctuel et dynamique et non spontané, ni simultané.Le développement se produit dans des «pôles» de développement avec une intensité variante et se propage à travers différentes voies et impose différents degrés d\u2019impact sur l\u2019ensemble de l\u2019économie.Il importe de noter que Perroux fait abstraction de l\u2019espace et, par conséquent, sa théorie peut être considérée comme celle de développement sectoriel de développement.Le pôle de développement n\u2019est pas un pôle spatial mais un ensemble d\u2019industries propulsives qui se caractérisent par leurs capacités innovatrices, par leur taille importante et par le taux de croissance rapide.Maintenant, l\u2019impact de développement que génère le pôle sur l\u2019ensemble de l'économie dépend de ia structure du complexe industriel, laquelle détermine la force d'effet aval-amont.L\u2019effet en amont se réfère à celui créé par les producteurs des biens finis sur les producteurs des biens intermédiaires et ces derniers sont dits «dominés» par les premiers.D\u2019autre part, l'effet en aval se réfère aux effets produits par le producteur des biens intermédiaires grâce aux nouvelles idées et nouvelles techniques de production sur le producteur de biens finis.L\u2019idée de dominance et du Areal Association», The Annals of Regional Science, vol.3, December 1969, pp.111-126.\u2014 Gerald Hodge, «Urban Systems and Regional Policy», Journal of the Institut of Administration of Canada, vol.9, no 2, June 1960, pp.181-193; Otis, Dudley Duncan, «Service Industries and the Urban Hierarchy», Regional Science Association, Papers and Proceedings, vol.5, 1959, pp.105-120.3\tGerald Hodge, Ibid., p.182.4\tF.Perroux, «L\u2019économie du XXe siècle», Presses Universitaires de France, Paris, 1961, Partie II; «Les mesures des progrès économiques et l\u2019idée d\u2019économie progressive», Cahier de l\u2019Institut de Science Économique Appliquée, Série I, no 1, décembre 1956.138 complexe industriel a affecté certaines pensées et politiques en matière de croissance régionale.Quelques auteurs ont donné une dimension opérationnelle à la notion de complexe industriel5.Nombreuses sont les tentations de promouvoir la croissance régionale, soit en implantant des nouvelles industries ou soit en renforçant les industries en place qui paraissent les plus propulsives.Le projet de St.John, Nouveau-Brunswick, espère maximiser le rayonnement régional de cette région métropolitaine grâce à l\u2019implantation d'un complexe industriel axé sur la fabrication d\u2019équipement et de machinerie6.La théorie de pôle de croissance a conduit à une série d\u2019estimations quantitatives de l'effet de domination.Ces études consistent souvent, soit à triangula-riser le tableau d\u2019input-output7, ou soit à triangulariser la matrice du flux interrégional des biens, des services et des personnes8.Quoique intéressantes, ces études n\u2019expliquent point le mécanisme en vertu duquel l'effet d\u2019entraînement du pôle de développement se transmet à travers l\u2019espace économique.La théorie de Perroux a pris une dimension spatiale grâce au professeur Boudeville9.Ce dernier conçoit l\u2019espace homogène et l\u2019espace polarisé.Ce dernier est un ensemble d\u2019espaces homogènes qui constituent une hiérarchie et qui se relient les uns aux autres en vertu des rapports socio-économiques.L\u2019espace polarisé peut avoir des centres polarisants qui diffusent les effets propulsifs et c\u2019est ainsi que le pôle de développement sectoriel est devenu le pôle de développement spatial.Le pôle de développement spatial a provoqué une série de débats au Québec depuis la publication du 5\tW.F.Luttrell, «Industrial Complexes and Regional Economie Development in Canada», dans Growth Poles and Growth Centres in Regional Policy, A.Kuklinski (ed.), Mouton, Paris, Hague, 1972; Hal.H.Winsborough, «Variation in Industrial Composition with City Size», Regional Science Association, Papers and Proceedings, vol.5, 1959, pp.121-131; Allan Rodgers, «Some Aspects of Industrial Diversification in the United States», Regional Science Association, Papers and Proceedings, 1955, B1-B15; Stan Czamanski, «Some Empirical Evidence of the Strength of Linkage Between Groups of Related Industries in Urban-Regional Complexes», Regional Science Association, Papers and Proceedings, vol.27, 1971, pp.137-150.6\tAtlantic Development Council, «A Strategy for the Economic Development of the Atlantic Region, 1971-81», dans Readings in Canadian Geography, Robert M.Irving (ed.) édition révisée, Holt, Rinehart and Winston of Canada, Toronto, 1972.7\tH.Aujac, «La hiérarchie des industries dans les échanges interindustriels, et ses conséquences dans la mise en oeuvre d'un plan national décentralisé», Revue Appliquée, vol.Il, mars 1960, pp.169-238.8\tWilliam S.Peters, «Measuring of Regional Interchange», Regional Science Association, Papers and Proceedings, vol.11, 1963, pp.285-294; F.Martin, Domination, Integration and Propulsive Regions in Canada, Conseil Économique du Canada, août 1974 (diffusion limitée).9\tJacques Boudeville, Les espaces économiques, Presses Universitaires de France, 1961.fameux rapport Higgins-Martin-Raynauld (HMR)10 *.Puisque ce rapport a été l\u2019instrument, dans une certaine mesure, de la révision récente de la politique du MEER, il convient de faire quelques pas en arrière et de reprendre le débat.L\u2019idée maîtresse du rapport concerne la distinction entre le pôle de développement et le pôle de croissance.Citons quelques passages du professeur Raynauld.À propos des activités de croissance (les pôles de croissance), ce dernier affirme: «.des activités (de croissance) induites qui s\u2019inscrivent dans un schéma de continuité et dont les grandeurs se modifient à un rythme prévisible et régulier.Ces activités se poursuivent dans des conditions connues de marché, de technologie et de coûts de production.» Maintenant, à propos des activités de développement (pôle de développement), le même auteur déclare: «.(Elles) consistent dans des innovations qui transforment les conditions des opérations; elles sont des activités créatrices qui modifient les structures de coûts et de rendement, et provoquent une rupture, une discontinuité plus ou moins profonde.»11 Ou encore, «Les activités de croissance sont à la remorque des innovateurs; elles assurent la conservation et le maintien des choses établies; les activités de développement, beaucoup plus réduites, quand elles sont exprimées en indices statistiques, brisent pourtant les monopoles de la tradition et des droits acquis.»12 Ce qui importe dans ces affirmations, c\u2019est que les activités de développement par rapport à celles de croissance impliquent non seulement le déplacement des fonctions de production et de consommation mais aussi des changements de la structure sociale.De plus, il est clair que les activités de développement s'associent étroitement aux innovations.L\u2019auteur semble croire qu\u2019il n'y a pas de doute que la région de Montréal soit le pôle de développement au Québec.En outre, il voit l'armature urbaine régionale en tant qu\u2019ensemble du pôle de développement, des pôles de croissance et des zones périphériques.De cette armature découlent des relations de domination, d\u2019entraînement ou de concurrence qui définissent une hiérarchie (de rapports) ou une structure de rapports entre les centres de statuts différents13.Le rôle principal du pôle de développement est de générer et de diffuser les innovations.Par innovation, faut-il entendre, d'après monsieur Raynauld, non seulement l\u2019introduction de nouveaux procédés ou de nouvelles techniques qui contribuent à accroître le volume 10\tB.Higgins, F.Martin et A.Raynauld, Les orientations du développement économique régional dans la province de Québec, Ministère de l'Expansion économique régionale (MEER), 1970.11\tA.Raynauld, Ibid., p.105.12\tA.Raynauld, Ibid., p.105.13\tAndré Raynauld, Le Rapport HMR revu et non corrigé.École des Hautes Études Commerciales, Montréal, le 13 mars 1975.139 de production mais aussi l'application de nouvelles méthodes dans le domaine de l\u2019organisation et de la gestion des entreprises14.La croissance du Québec dépend évidemment de la manière dont se diffuse le fruit des innovations depuis Montréal, le pôle de développement, mais la diffusion des innovations n\u2019est profitable à l\u2019ensemble du territoire du Québec qu\u2019à certaines conditions.«Cette diffusion des effets d\u2019entraînement ne peut profiter à l\u2019ensemble du territoire québécois que s\u2019il existe entre lui et Montréal, des circuits d\u2019échanges de produits, de facteurs, de services et d\u2019information.Si de tels mécanismes, de tels circuits n\u2019existent pas, ou sont insuffisants, les effets induits par les activités de développement seront exportés, ce qui contribuera à «désintégrer» l\u2019économie de la Province.Le rôle moteur de Montréal profitera à d\u2019autres espaces économiques.Dit d\u2019une façon positive, il faut que les différentes régions du Québec s\u2019intégrent à un même espace économique hiérarchisé.»15 Le débat gravite souvent autour de la question, à savoir, si Montréal est le pôle de développement.Il semble que la question est futile, car la notion de pôle de développement est une notion relative.Dans la mesure où un des rôles importants du pôle de développement est la diffusion des innovations, chaque centre à chaque niveau de l\u2019armature agit comme pôle de développement.Plusieurs études semblent démontrer que la diffusion des innovations se fait à travers l\u2019armature urbaine à partir des centres de rang supérieur aux centres de rang inférieur16.En effet, la portée des activités de développement que diffusent les centres varie en fonction de la taille et des fonctions socioéconomiques de ces dernières.Dans ce sens, l\u2019armature urbaine donne une hiérarchisation des pôles de développement17.Ce qui serait plus pertinent dans le débat serait de savoir quelles seraient les faiblesses inhérentes de l\u2019armature urbaine du Québec contraignant la diffusion de la croissance depuis différents pôles de développement situés aux différents niveaux de l\u2019armature.Une étude du Conseil Économique du Canada18 démontre que l\u2019armature urbaine du Québec est similaire à celle de l\u2019Ontario et à celle de la Colombie-Britannique, sauf que par rapport à l\u2019Ontario, elle est très faible à cause de l\u2019absence des centres de taille moyenne de 200,000-500,000 habitants.De plus, une 14\tA.Raynauld, Ibid., p.9.15\tA.Raynauld, Ibid., p.16.16\tBrian J.L.Berry, «Hierarchical Diffusion: The Basis of Development Filtering and Spread in a System of Growth Centers», dans Niles M.Hansen (ed.), Growth Centers in Regional Economic Development, the Free Press, New York, 1972, pp.108-138; Paul Ove Pederson, «Innovation Diffusion Within and Between National Urban System», Geographical Analysis, vol.11, no 3, janvier 1970, pp.203-254.17\tNiles M.Hansen, «Criteria for a Growth Center Policy», dans A.Kuklinski (ed.), Growth Poles and Growth Centers in Regional Policy, Mouton, Paris, Hague, 1972.18\tJoseph H.Chung en collaboration avec Michel Meunier, Urban Hierarchy and Population Growth, avril 1975, à paraître, projet en cours.analyse de shift-and-share indique (le tableau ci-contre) que la faible croissance de la population dans les centres urbains québécois est attribuable au manque de dynamisme et aux autres facteurs locaux.Il est à supposer que la diffusion spatiale des innovations n\u2019est pas très efficace à cause de la faiblesse même de l\u2019armature urbaine québécoise.2.3 Théories de la croissance déséquilibrée Myrdal, Hirschman et Friedman ont développé une théorie de croissance qui a certains traits communs avec celle de Perroux-Boudeville mais qui met un plus grand accent sur la nature des rapports entre le centre entraînant (dominant) et les centres entraînés (dominés).Hirschman conçoit que la croissance est un processus essentiellement déséquilibré qui se caractérise par les effets qu\u2019il qualifie de «backward» et de «forward » des secteurs industriels ou des secteurs propulsifs.Appliqué à l\u2019espace, le foci de croissance exerce l\u2019effet favorable (trickledown) sur les centres entraînés (hinterland) et l'effet de polarisation.L\u2019effet de polarisation (centripète) est celui qui est responsable de la croissance déséquilibrée.L\u2019effet «trickledown» se fait sentir en vertu des achats des biens et des services par le centre entraînant en provenance des centres entraînés ainsi que par les investissements dans ces derniers.Ceci aura pour résultat d\u2019améliorer la productivité de capital et de travail aux centres entraînés.D\u2019autre part, l\u2019effet de polarisation est au détriment des hinterlands à cause des déplacements de capital, de main-d\u2019œuvre qualifiée, et des industries vers le centre entraînant.Par conséquent, l\u2019effet bénéfique du centre entraînant sur les centres entraînés dépend des forces relatives de ces deux types d\u2019effets19.La théorie de Myrdal est plus spécifique que celle de Hirschman en ce qui concerne les rapports entre le centre entraînant et les centres entraînés.Myrdal distingue entre ce qu\u2019il qualifie de «spread effect» qui est similaire à l\u2019effet «trickledown» de Hirschman et ce qu\u2019il qualifie de «backwash effect» qui se compare à l\u2019effet de polarisation de Hirschman.Ce qui est important dans la théorie de Myrdal est, qu\u2019une fois que la croissance se produit au centre entraînant, l\u2019effet «backwash» tend à excéder l\u2019effet «spread» et cet excès d\u2019effet s\u2019accumule, se renforce à cause, entre autres, de la détérioration du terme d\u2019échange des centres entraînés, et la croissance s\u2019accélère au centre entraînant et se ralentit de plus en plus aux centres entraînés20.Le processus cumulatif de croissance déséquilibrée de Myrdal a été articulé davantage par Friedman21.19\tAlbert O.Hirschman, The Strategy of Economie Development, New Haven, Yale University Press, 1958.20\tGunnar Myrdal, Rich Land and Poor, New York, Harper and Brothers, 1957.21\tJohn Friedman, Regional Development Policy: A Case Study of Venezuela, The M l.T.Press, 1966. TABLEAU 1 Croissance de la population régionale et le modèle «shift-and-share»* Région\tCroissance attribuable à\t\t \tHiérarchie urbaine / n n\\ (rc - r )\tFacteurs locaux , R nN (r - r ) C\tc\tTotal t R\tnx (rc - r ) Maritimes\t-136,169\t- 28,703\t-164,873 Québec\t68,457\t-256,723\t-188,226 Ontario\t166,557\t170,425\t336,982 Prairie\t-107,548\t-135,673\t-243,221 Colombie Britanique\t44,386\t219,317\t263,703 * Le modèle \"shift-and-share\" se définit comme suit: £ Y (rR - rn) = E Y (r\u201c - r\") + E Y (r - r ) cr c c où : Y la population du cième centre urbain dans la rième région en 1961; le taux de croissance de la population du cième centre dans la rième région; =¦\tle taux de croissance de la population totale du Canada; =\tle taux de croissance de la population du cième centre au Canada.D'après ce dernier, la loi des rendements décroissants ne s\u2019applique plus quand il s\u2019agit de croissance de centre urbain, une fois que la croissance de celui-ci s\u2019accélère et s\u2019accumule à cause de plusieurs raisons dont la tendance des investisseurs à surestimer les opportunités économiques au centre principal, la présence du secteur tertiaire supérieur (quaternaire) et la structure sociale favorable aux innovations.2.4 Théorie de la base économique et théorie keynesienne La théorie de la base économique explique la croissance de l\u2019économie de la ville en terme d\u2019exploitation des biens et des services.Elle distingue alors entre ce qui est un secteur basique (exportateur) et ce qui est un secteur non basique ou résidentiaire.Le secteur non basique ou résidentiaire comprend les activités telles que le commerce, la finance et d\u2019autres activités qui sont complémentaires au secteur basique et qui sont consommées dans la ville.La croissance est générée par les activités basiques et l\u2019effet multiplicateur de ces dernières sur les activités résidentiaires.La théorie de la base économique est très utile pour expliquer la croissance des villes fortement axées sur l'exportation des matières premières et le début de croissance des économies diversifiées.Cependant, au fur et à mesure que l\u2019économie des villes devient plus diversifiée et que l\u2019importance relative du secteur basique diminue, la pertinence de la théorie s\u2019atténue.La théorie keynesienne reconnaît tout comme la théorie de la base économique, l\u2019importance des exportations comme élément de croissance d\u2019une ville.De plus, elle est beaucoup plus articulée en ce sens qu\u2019elle tient compte de la structure complète de l\u2019économie locale et du comportement des épargnes et des investissements.Cependant, la pertinence de la théorie keynesienne est douteuse.Étant une théorie à court terme, elle n\u2019est pas en mesure d\u2019expliquer la dynamique structurelle de l'économie locale.Même à court terme, bien des économies locales ne s\u2019y prêtent pas à cause de la simplicité de leurs structures.Nous avons jeté un coup d\u2019œil rapide sur différentes théories qui peuvent s\u2019intéresser à la croissance régionale.La théorie de la place centrale permet de voir que les besoins locaux de commerces et de services seuls peuvent conduire à une armature urbaine, mais elle est limitée et elle ne peut pas expliquer l\u2019organisa- 141 tion spatiale des secteurs secondaires.Cependant, il convient de noter que l\u2019armature urbaine, quelle que soit son origine, tend à être relativement stable et constitue à la fois le cadre à l'intérieur duquel se produit le développement industriel et une contrainte sur ce dernier.La théorie de Perroux-Boudeville a pris une dimension plus réaliste et opérationnelle grâce aux théories de croissance déséquilibrée de Hirschman-Myrdal-Friedman.Cependant, ces théories ne disent pas comment et pourquoi la croissance débute dans un centre particulier, ni comment elle conduit à la croissance cumulative.Elles ne disent pas comment la productivité, l\u2019économie d'échelle et l\u2019économie d\u2019agglomération amènent à l\u2019expansion de production et d\u2019emploi.Elles ne disent pas non plus comment la croissance initiale des secteurs industriels propulsifs produit l\u2019effet d\u2019entraînement sur l'ensemble de l\u2019économie du centre propulsif et sur celle de la région.La théorie de la base économique, quoique très utile, n'est pas complète.Bref, à partir de ces théories, il faut en trouver une plus complète et plus générale.3.RECHERCHE D\u2019UNE THÉORIE GÉNÉRALE DE CROISSANCE URBAINE-RÉGIONALE Une théorie générale de croissance urbaine-régionale doit comporter les attributs suivants.En premier lieu, il faut qu'elle soit en mesure d\u2019expliquer le mécanisme de la génération de croissance économique et la diffusion de cette dernière à l\u2019intérieur de la ville ou du centre urbain.En deuxième lieu, il faut qu\u2019elle soit capable d'expliquer la diffusion de la croissance d'une ville sur l\u2019ensemble de la région ou du territoire.En troisième lieu, la théorie doit démontrer les relations entre la croissance des villes et la région non urbaine.La génération et la diffusion de la croissance à l'intérieur d'un centre urbain sont partiellement expliquées par la théorie de la base économique et la théorie de Perroux.Cependant, tout au mieux, ces théories ne montrent que les conditions nécessaires à la croissance du centre urbain.En ce qui a trait aux interrelations entre différents centres urbains et à la diffusion de la croissance d\u2019un centre urbain à travers la région et à la croissance de la région non urbaine, la théorie de Boudeville, celle de ia croissance déséquilibrée et la théorie de la place centrale spécifient certaines contraintes et conditions affectant le processus de la diffusion.C\u2019est ainsi que chacune des théories existante ne constitue pas une théorie générale et complète de la croissance urbaine-régionale.La recherche d\u2019une théorie générale de la croissance urbaine-régionale nécessite d\u2019abord une unité d\u2019analyse plus efficace.Dans la mesure où la croissance est localisée dans des centres urbains, sa diffusion dépend des interrelations économiques entre les centres urbains, l\u2019unité d\u2019analyse la plus appropriée est le système urbain composé d'un certain nombre de centres ur- bains.Ensuite, il faudrait orienter la recherche en vue d\u2019expliquer le mécanisme de croissance en fonction d\u2019une part, des comportements économiques des agents économiques et d'autre part, de différentes contraintes.Cette recherche pourrait s'orienter d\u2019abord vers l\u2019analyse des caractéristiques spatiales et économiques des différents systèmes urbains et étudier la corrélation entre d\u2019une part, la croissance de différentes villes et de différents secteurs de l\u2019économie et d\u2019autre part, les caractéristiques spatio-économiques.Il est à espérer que l\u2019étude de ces corrélations aboutira à l'identification des contraintes et à la compréhension du mécanisme fondamental de la croissance urbaine-régionale.Une étude préliminaire22 semble démontrer qu\u2019au Canada effectivement la croissance démographique des centres urbains est canalisée vers la structure spatiale des systèmes urbains.Autrement dit, il se peut que la structure spatiale du système urbain constitue une contrainte de la croissance démographique et, probablement de celle du développement industriel.Une façon d\u2019étudier le mécanisme de la diffusion intra-ville de la croissance peut consister à faire appel à la notion de l\u2019économie externe et à la productivité.On peut supposer que l\u2019effet d'entraînement, processus de la diffusion intra-ville de l\u2019impact de l'activité basique, dépend de l\u2019effet externe et de la productivité.L'économie externe, l'idée initiale d'Alfred Marshall, dépend d\u2019une multitude de facteurs: l'usage commun des matières premières, l\u2019offre de main-d\u2019œuvre qualifiée, les facilités des services d\u2019entretien et de stockage, de la taille de la firme, des recherches industrielles appliquées et des innovations.La probabilité d'avoir tous ces facteurs est évidemment plus grande dans les grands centres urbains que dans les petits centres à cause des économies d\u2019agglomération due à la concentration d\u2019un grand nombre de personnes et d\u2019institutions, à la plus grande possibilité des échanges des idées, à la plus grande possibilité d\u2019apprendre et d\u2019appliquer des nouvelles techniques de production et de mise en marché, et à la nécessité d\u2019améliorer la productivité à cause du coût de terrain élevé23.La productivité est attribuable aux mêmes facteurs que ceux qui affectent l'économie externe.De plus, une étude démontre que la productivité dépend aussi de la quantité et de la qualité des équipements urbains collectifs24.Cependant, il n\u2019est pas clair de voir comment l\u2019amélioration de la productivité conduit à la croissance 22\tJoseph H.Chung, Urban System and Regional Growth in Canada, Conseil Economique du Canada, 1975.(Non publié).23\tJoseph A.Guthrie, «Economies of Scale and Regional Development», Regional Science Association, Papers and Proceedings, Vol.1, 1955, pp.J1 à J10.24\tKoichi, Mera, «On the Urban Agglomeration and Economic Efficiency», Economic Development and Cultural Change, Vol.21, No.2, janvier 1973.142 TABLEAU 2 La croissance: productivité, prix, production et emploi, 1960-1968 Variable indépendante: Valeur ajoutée par travailleur Variables dépendantes\t\ta\t8\tï2\tValeur \"i de 3 A.Modèle linéaire\t\t\t\t\t i.\tPrix\t140.4\t-0.28\t0.23\t-2.69 2.\tSalaire\t126.1\t0.11\t0.04\t1.43 3.\tCoût unitaire de travail\t188.0\t-0.60\t0.79\t-8.83 4.\tProduction totale\t-85.0\t1.80\t0.59\t5.60 5.\tEmploi total\t09.2\t0.35\t0.06\t1.58 B.Lof>\tlinéaire\t\t\t\t 1.\tPrix\t6.61\t-0.39\t0.26\t-2.87 2.\tSalaire\t4.48\t0.09\t0.02\t1.17 3.\tCoût unitaire de travail\t9.09\t-0.91\t0.85\t-11.20 4.\tProduction totale\t-1.66\t1.36\t0.57\t5.40 5.\tEmploi total\t2.93\t0.37\t0.06\t1.45 de la ville.À priori, il est à supposer que l'amélioration de la productivité dans un secteur donné mène à la croissance si elle se traduit par une baisse des prix (ou une baisse du taux de croissance des prix), par la hausse de la production et par la hausse d'emploi.Or pour que la baisse de prix (ou la hausse de revenu réel) amène à la hausse de la production et d\u2019emploi, il faut que l\u2019élasticité de la demande par rapport au prix et au revenu réel soit supérieur à un.Nous avons analysé les données sur l\u2019accroissement de la productivité de 22 industries manufacturières au Canada préparées par M.Allan A.Porter25.D\u2019après le tableau 2, les élasticités de la hausse de prix et de coût unitaire de travail par rapport à la productivité sont, respectivement, -0.39 et -0.91.Puisque le coût de travail représente 25 à 60% du coût total, ces résultats sont raisonnables.C\u2019est ainsi que la hausse de la productivité fait baisser le prix et le coût.Le tableau démontre également que la production totale est fortement et directement affectée par la productivité.Une 25 Allan A.Porter, Productivity, Cost and Prices: An Examination of Trends in Selected Manufacturing Industries, Labour, Ottawa, Occasional Paper 7, 1973.hausse de la productivité de l\u2019ordre de 10% amène à une augmentation de la production totale de 13.6%.D\u2019autre part, l'impact de la productivité sur le salaire et l'emploi total s\u2019avère non significatif, quoique positif.Bref, il s\u2019avère que la productivité joue un rôle important dans l\u2019expansion de la production totale et de l\u2019emploi.Mais de quelle façon le gain en productivité d'un secteur conduit-il à la croissance d\u2019autres secteurs et à celle de l\u2019économie locale?Il est à supposer que l\u2019impact de l\u2019économie externe et de la productivité sur l\u2019économie locale dépend de la division du travail, de la spécialisation, de la diversification et de l'intégration des industries.D\u2019une manière générale, il convient de distinguer les trois groupes d'industries: celles dont la localisation est déterminée par la proximité des matières premières et des avantages naturels (eau, électricité, etc.), celles dont la production est déterminée par la demande locale et régionale et celles dont l\u2019expansion varie en fonction de la demande extérieure.L'intégration industrielle peut prendre trois formes: l\u2019intégration intra-filière, l\u2019intégration interfilière et la sous-traitance.L\u2019expérience démontre que la complémentarité et l\u2019intégration les plus fréquentes et les plus étroites se trouvent dans les industries de fabrication orientées vers le marché extérieur et elles sont 143 les plus susceptibles d\u2019innover.Ces industries comprennent celles qui fabriquent les machineries, les équipements électriques et électroniques, les équipements de transport, etc.De plus, ces industries ne sont pas géographiquement déterminées26.«Les industries de fabrication représentées avec certains secteurs de la chimie sont l'aile marchande du système industriel: c'est là que le taux de croissance est le plus élevé, que le processus de spécialisation est le plus poussé et que les innovations sont les plus nombreuses.» Elles sont relativement indépendantes des déterminants géographiques puisqu\u2019elles utilisent des produits déjà élaborés.Elles ne sont pas non plus géographiquement déterminées par un marché.En revanche, elles sont fortement dépendantes de main-d'œuvre qualifiée, d\u2019une sous-traitance technique spécialisée27.Aussi, il y a des cas où les industries de transformation (raffinerie) amènent à une série de complexes industriels (pétrochimie) et à la croissance rapide de l\u2019économie locale.De toute façon, la croissance de l\u2019économie locale exige qu\u2019en plus de l\u2019amélioration de la productivité et l\u2019économie externe dont jouit un secteur industriel donné, il faut qu\u2019il y ait un ensemble de condi- tions favorables à la croissance de l\u2019économie locale, ce qu\u2019on pourrait qualifier d\u2019«économies de croissance».4.CONCLUSION En résumé, la disparité régionale économique au Canada et ailleurs persiste et nous force à poser des questions sur l\u2019état de notre compréhension du problème.Les théories existantes ne suffisent pas pour donner un cadre conceptuel et analytique nécessaire au diagnostic du phénomène de la disparité régionale.Tout au mieux, ces théories indiquent une série de contraintes sans lesquelles la croissance urbaine-régionale se produirait.Si ces théories sont aussi utiles, il faut les compiler et les grouper dans un cadre analytique plus complet en mettant l'accent sur les comportements économiques des agents économiques.Cette recherche d\u2019une théorie générale de croissance urbaine-régionale peut être facilitée par des analyses basées sur le système urbain et non sur la province et le groupe des provinces.26\tJean-Claude Perrin, op.cit., p.65.27\tJean-Claude Perrin, op.cit., p.65. L\u2019analyse politique de l\u2019aménagement du territoire Louise Quesnel-Ouellet Université Laval Aménagement du territoire et planification L\u2019activité d\u2019aménagement est une activité de planification, puisque l\u2019aménagement se fait en fonction d'objectifs plus ou moins précis et plus ou moins immédiats.La planification se distingue des autres activités gouvernementales (travaux publics, protection publique, loisirs) en ce qu'elle n\u2019a pas de contenu précis.Elle peut porter sur des champs différents d\u2019un système politique à l'autre.Cependant, au niveau local, une grande partie des activités de planification porte sur l\u2019utilisation de l\u2019espace.Le «territoire» désigne l'espace physique dont l\u2019organisation est contrôlée et orientée par la planification.L\u2019objectif de la planification et sa raison d'être sont toutefois plus sociaux que physiques.En effet, l\u2019aménagement de l\u2019espace physique devient nécessaire parce que l\u2019espace est un bien collectif dont l\u2019utilisation doit être contrôlée en vertu même de sa rareté et de son caractère collectif.De plus, l'aménagement doit être fait à la lumière de l\u2019ensemble des variables politiques, économiques et sociales qui caractérisent un milieu.L\u2019aménagement de l\u2019espace est ainsi rendu nécessaire du fait que l\u2019espace est «social», c\u2019est-à-dire qu'il est au service de l'homme tout en faisant l\u2019objet de conflits et de luttes de la part de groupes désireux de se l\u2019approprier.Dans ce sens, l\u2019expression «planification» est plus englobante que celle d\u2019«aménagement du territoire» et elle correspond davantage à l\u2019objet que l\u2019on veut désigner.L'aménagement du territoire est le résultat d\u2019une activité de planification, donc d'un geste et d'une volonté politique de gestion d\u2019un bien collectif.Il ne saurait être le fruit d'une activité purement technique, devant déboucher sur des solutions à caractère technique'.Ces affirmations préliminaires servent à rassurer ceux qui pourraient se demander en quoi l'analyse politique est pertinente à la compréhension de l\u2019aménagement du territoire et de la planification.L\u2019analyse politique a pour objet essentiel le pouvoir exercé dans une société, et l\u2019étude des conflits et des 1 Ce point est présenté dans Ranney, David C., Planning and Politics in the Metropolis, Columbia, Ohio, Charles E.Merrill Publ.Co\u201e 1969.contradictions qui apparaissent dans les sociétés et plus particulièrement dans les systèmes politiques.Nous tenterons d\u2019identifier les grandes questions que l\u2019analyse politique a posées concernant l\u2019aménagement du territoire, et les réponses ou les hypothèses qui sont avancées suite à cette analyse.Les questions qui retiendront notre attention sont les suivantes: 1)\tquelles sont les forces politiques qui contrôlent ou tentent de contrôler l'aménagement du territoire?2)\tà quoi sert l\u2019aménagement du territoire?3)\tquels sont les rôles des agents qui interviennent?4)\tune participation démocratique à l\u2019aménagement est-elle possible?Forces politiques et aménagement du territoire L\u2019espace a une spécificité qui est propre au milieu étudié, à la fois au milieu physique et au milieu social.Ainsi la problématique de l\u2019aménagement du territoire s'établit à partir des conditions particulières dans lesquelles apparaissent les enjeux et les forces politiques qui interviennent plus .ou moins ouvertement à l\u2019occasion de ces enjeux.Il faut d\u2019abord préciser les concepts de base ici, soit les forces politiques et les enjeux.Les forces politiques qui se manifestent à l\u2019occasion d\u2019activités reliées à l\u2019aménagement du territoire sont généralement des groupes organisés ou des individus qui sont identifiés à ces groupes.Ainsi, Babcock identifie plusieurs catégories de «joueurs» dans ce que son expérience lui suggère d\u2019appeler le «zoning game»2: d\u2019une part les décideurs publics, les élus et les leaders qui fondent leur action sur les valeurs sociales et l\u2019intérêt général, les membres des commissions d'urbanisme qui sont nommés par le conseil municipal, et qui sont, selon Babcock, ni des experts ni des professionnels de la politique responsables de leurs décisions, d\u2019autre part les décideurs privés, petits et gros constructeurs d\u2019unités résidentielles et non-résidentielles.Les constructeurs d'unités résidentielles sont en quelque sorte à la remorque des politiques concernant l\u2019habitation, et des préférences des consommateurs.Les constructeurs d\u2019unités non-résidentielles, en d'autres 2 Babcock, F.R., The Zoning Game, Madison, Univ.of Wisconsin Press, 1966.145 mots les promoteurs, se soucient peu de la planification et peuvent forcer l\u2019adaptation des politiques de zonage à leurs besoins.Entre ces deux catégories d\u2019agents, Babcock introduit des intermédiaires.Les planificateurs tout en ayant le plus d\u2019information technique et souvent politique ne contrôlent pas les décisions et hésitent à soumettre leurs méthodes à l\u2019analyse critique (l\u2019analyse économique ne suggère-t-elle pas par exemple, que le zonage, tout en limitant le nombre d\u2019entreprises commerciales d\u2019un même type, est un moyen de limiter la concurrence, ce qui dans une société dite libérale pourrait devenir embêtant?) Babcock mentionne aussi les avocats qui se font les défenseurs de la municipalité ou des promoteurs, et qui peuvent difficilement approfondir une «cause» dans un contexte où les conflits sont généralement limités et très ponctuels.Alors que Babcock se basait sur sa connaissance de la société américaine pour analyser le jeu de la planification urbaine, Palard et Sorbets ont présenté une nomenclature des principaux intervenants dans le domaine en France3.Ainsi, ils identifient les techniciens, les groupes de pression, les élus et les appareils administratifs de l\u2019État.Les techniciens sont les spécialistes à l\u2019emploi de bureaux privés ou à l'emploi des municipalités.Tout en mentionnant que cette catégorie n\u2019est pas autonome par rapport aux élus et aux groupes de pression, les auteurs soulignent que les techniciens s\u2019attribuent ou se voient attribuer une rationalité technique neutre, sans doute la plus proche de l\u2019intérêt général.Les groupes de pression auraient tendance, dans cette perspective, à s\u2019identifier davantage à des intérêts particuliers, tandis que les élus poursuivraient des fins électoralistes.Les groupes de pression se manifestent plus ou moins publiquement auprès des élus et des techniciens fonctionnaires.L\u2019influence de ces groupes varie selon les groupes, mais moins selon les enjeux.Par exemple, les groupes économiques seront forts quels que soient les enjeux, et leur silence ou leur absence apparente ne sera pas nécessairement synonyme de faiblesse mais plutôt de calculs et de stratégies.Les élus, soit le maire et les membres du conseil municipal, sont au centre d\u2019un réseau de relations très puissant, d\u2019une part avec les niveaux de gouvernement et les administrations publiques supérieures, d\u2019autre part avec les groupes de pression.Petit à petit, à cause de la médiation politique effectuée par les élus, Palard et Sorbets constatent que l\u2019image du maire «père de la commune» a été remplacée par celle du maire «chef d\u2019entreprise».Pour éviter la désintégration de la 3\tPalard, Jacques, C.Sorbets, «Éléments de théorie et de méthodologie pour l\u2019étude de l\u2019aménagement urbain d\u2019une ville moyenne», Bordeaux, Centre d\u2019étude et de recherche sur la vie politique locale, Institut d\u2019études politiques de Bordeaux, 1975.communauté, tout en favorisant sa «modernisation», les élus se font les défenseurs de la bonne gestion et de la saine administration.Enfin, les différents appareils administratifs de l\u2019État (préfectures, ministères, organismes régionaux) viennent limiter l\u2019autonomie municipale.Par ailleurs, des liens informels viennent s'ajouter aux liens formels et hiérarchiques, en faisant ressortir l\u2019importance des «visites» du maire à Paris, des relations harmonieuses entre les maires et le préfet.Le cumul des mandats électoraux (mairie-députation) favorise cette médiation centre-périphérie, tout en renforcissant la position du maire dans sa municipalité.Rares sont les études qui ont porté sur les «forces dominées», plutôt que dominantes dans le processus d\u2019aménagement du territoire.L\u2019étude du groupe EZOP-Québec4 présente une analyse des comités de citoyens qui se sont formés à Québec à l\u2019occasion des programmes de rénovation urbaine.Par rapport aux agents élus et aux fonctionnaires de la ville qui se basaient sur les valeurs urbanistiques (prestige de la ville, esthétique, humanisme), les comités de citoyens insistaient sur leur expérience vécue dans les quartiers et sur leur attachement à ces quartiers dont ils prônaient la restauration et la conservation plutôt que la rénovation.Les programmes de rénovation urbaine ont aussi fait naître des forces nouvelles dans les villes américaines5.Les mouvements politiques urbains sont en fait une nouvelle façon qu\u2019ont les minorités de défendre leurs intérêts, en proposant un changement fondamental dans le processus politique et dans les décisions qui en découlent.En s\u2019opposant à la construction d\u2019habitations à loyer modique, ou en proposant le contrôle des services sociaux par les groupes communautaires, ces mouvements remettent en cause le consensus au niveau de la distribution des biens et des services.Ces forces politiques interviennent à l\u2019occasion de problèmes particuliers ou lorsque leurs intérêts respectifs, par ailleurs variés comme nous l\u2019avons vu, sont mis en cause.Comme ces intérêts ne sont pas toujours convergents, des conflits et des contradictions surgissent.Les enjeux sont l'objet ou l'occasion de ces conflits qui se traduisent alors complètement dans l\u2019espace.Qu\u2019il s'agisse d'une modification au règlement de zonage pour permettre la construction d'édifice en hauteur, ou de l\u2019appropriation de zones par des groupes sociaux via la fixation de normes de construction, ces enjeux provoquent l\u2019intervention d\u2019agents individuels et de groupes, poursuivant des buts et utilisant des stratégies particulières.L\u2019analyse politique de l\u2019aménagement du territoire a ainsi fait ressortir des enjeux-types, à l\u2019occasion des- 4\tEZOP-Québec, Une ville à vendre, tome 4 «L\u2019idéologie de l'aménagement urbain à Québec», Québec, Conseils des oeuvres et du bien-être de Québec, 1972.5\tFainstein, Norman I., S.S.Fainstein, Urban Political Movements, Englewood Cliffs, Prentice-Hall, Inc., 1974. quels les principales forces politiques vont se manifester, qu'il s'agisse du centre-ville, de la rénovation urbaine, ou du développement urbain6.Objectifs de l'aménagement du territoire L\u2019aménagement du territoire a pour objectifs ceux que veulent bien lui attribuer les décideurs ou les auteurs des principaux instruments qui servent à réaliser l\u2019activité d\u2019aménagement.Les municipalités du Québec ont le pouvoir d\u2019adopter les règlements spécifiant les fins auxquelles peuvent servir les différentes parties de leur territoire7.Au niveau régional, le schéma d\u2019aménagement propose une amélioration de la qualité de la vie et incite les municipalités à coordonner leurs efforts pour planifier le développement sur une base régionale8.En fait, l\u2019aménagement du territoire jusqu'à maintenant a été l\u2019aménagement des tendances existantes, basé sur des prévisions statistiques où n\u2019entraient pas en considération la possibilité d\u2019interventions qui pouvaient modifier la direction des tendances ou même en arrêter la progression.Ainsi dans le Plan de circulation et de transport de la région métropolitaine de Québec, en 1968, on proposait la construction d\u2019un réseau d\u2019autoroutes en partant de l\u2019hypothèse de croissance selon laquelle la population augmenterait de 65% entre 1966 et 1987 dans la région, alors que les emplois augmenteraient de 73% et les automobiles de 173%9.Pour la première fois, en 1976, on voit apparaître l\u2019affirmation d\u2019un lien indispensable entre les études sectorielles menant aux politiques de transport et l\u2019aménagement du territoire.«Transport et aménagement global doivent être pensés simultanément.Il faut constamment imaginer l'impact d'une politique d'aménagement sur les transports qui en découleront.Il faut aussi prévoir les conséquences des choix en matière de transport sur l'aménagement.10 *» 6\tDe façon générale, voir à ce sujet Castells, M.La question urbaine, Paris Maspéro, 1972.Quelques études ont été faites au Québec à ce sujet: Andrew, C., A.Blais, R.Desrosiers, Les élites politiques, les bas salariés et la politique du logement à Hull, Ottawa, Éditions de l\u2019Université d'Ottawa, 1976, et EZOP-Québec, Une ville à vendre, tome 3, «La politique de rénovation urbaine: le cas québécois», Québec, Conseil des Oeuvres et du bien-être de Québec, 1972.7\tKenniff, Patrick, J.Morin, Louise Quesnel-Ouellet, «L\u2019organisation de l\u2019espace dans quelques municipalités de la région de Québec: influence des règles du jeu et comportements des agents dans les décisions», Québec, Centre de recherche en aménagement et en développement, Université Laval, 1976.8\tSchéma d\u2019aménagement de la Communauté urbaine de Québec, Québec, 1976.9\tPlan de circulation et de transport, Région métropolitaine de Québec, Québec, Commission d'aménagement de Québec, 1968, p.R.5.10\tLes transports au centre-ville de Québec, Québec, Com- mission d'aménagement de la Communauté urbaine de Qué- bec, 1976.Il\tn'est pas surprenant que les objectifs de l\u2019aménagement du territoire soient si diffus, et que l'activité elle-même n'ait pas été jugée pertinente par les grands organes administratifs responsables des travaux d\u2019infrastructure (travaux publics, transports, «aménagement» des eaux).À quoi a servi jusqu\u2019à maintenant l\u2019aménagement du territoire?Dans une critique du zonage pratiqué aux États-Unis, M.Falque décrit les effets de ce mode d'aménagement: «Les déformations d\u2019un processus prometteur sont autant d\u2019avertissements pour notre pays: ségrégation sociale, instabilité de la frontière urbaine, spéculation et corruption.11 » Au Québec, une critique aussi sévère du zonage comme instrument d\u2019aménagement a été formulée par R.Charles12.Le zonage n\u2019a pas réussi à contrôler l\u2019utilisation du sol, et les principes mêmes qui le sous-tendent ne sont pas clairement définis.Nos études dans la région de Québec13 confirment ces conclusions, auxquelles nous ajoutons des hypothèses sur les explications possibles à ces phénomènes: l\u2019aménagement est une activité qui exige des ressources dont les petites municipalités sont dépourvues, l\u2019aménagement au niveau local est très limité par les interventions des niveaux supérieurs de gouvernement qui ne sont pas contraints de respecter les projets municipaux; l\u2019aménagement se fait sans coordination au niveau régional et les municipalités sont très réticentes à voir leur pouvoir en la matière leur échapper, ne serait-ce qu'en partie, au profit d'un organisme supra-municipal; l\u2019aménagement a été rendu très difficile par les modalités de financement des municipalités dont une partie importante des revenus provient de subventions conditionnelles.Ces quelques hypothèses, encore bien incomplètes, suggèrent la réponse à la question initiale de cette partie: l\u2019aménagement du territoire a servi à ce à quoi il a pu servir et à ce à quoi on a bien voulu le faire servir, c'est-à-dire à préserver les droits acquis et à maintenir la dépendance du niveau local par rapport aux autres niveaux de gouvernement.Études des politiques de l\u2019aménagement du territoire Le développement récent de la Science politique a fait naître un intérêt très vif pour le modèle d\u2019analyse des politiques, insistant à la fois sur les processus et sur les produits de ces processus, soit les décisions qui s'en dégagent ou les grandes politiques qui en découlent.Cette approche attire l\u2019attention sur les façons 11\tFalque, Max, «Zonage et environnement: les leçons de l\u2019échec américain», Aménagement du territoire et développement régional, Grenoble, Institut d\u2019études politiques, 1974, p.259-260.12\tCharles, Réjane, Le zonage au Québec: un mort en sursis, Montréal, Presses de l\u2019Université de Montréal, 1974.13\tQuesnel-Ouellet, Louise, Patrick Kenniff, «L\u2019organisation dans la région de Québec»: études en cours, grâce à une subvention du Ministère de l\u2019Éducation du Québec.147 dont les gouvernements sont saisis des problèmes, les façons dont ces problèmes perçus sont transformés en lignes d'action, pour être ensuite appliquées et évaluées14.L\u2019intervention d'agents, dont plusieurs ont été identifiés dans la première partie de ce texte, permet d\u2019analyser le rôle d'initiateur, de supporteur, de décideur, et de réalisateur des forces politiques qui interviennent plus ou moins ouvertement et plus ou moins sporadiquement dans les politiques d\u2019aménagement du territoire.Une étude de ces rôles a été entreprise dans quelques municipalités de la région de Québec.Les résultats préliminaires permettent de constater que le nombre d\u2019intervenants lorsqu\u2019il s'agit d\u2019urbanisme et de zonage (les formes concrètes et locales de l\u2019aménagement du territoire) est limité et comprend: les promoteurs, qui sont les principaux initiateurs de demande, les membres des commissions d\u2019urbanisme, qui sont les principaux contrôleurs de l\u2019application des politiques et de leur évaluation (via les amendements qu\u2019elles recommandent), l\u2019inspecteur en bâtiment qui est un important supporteur des demandes de promoteurs, tout en étant un agent central dans l\u2019application des politiques, et enfin le conseil municipal qui est l\u2019arbitre ultime, et Tardent défenseur de l\u2019aménagement pourvu que cela n\u2019entrave pas le progrès et le développement de la municipalité qui est par ailleurs défini par les promoteurs.Dans ce processus de définition des besoins et des politiques, qui est en fait le processus d\u2019aménagement, on remarque l\u2019absence des résidents, des populations qui doivent constituer la raison d\u2019être du processus en dernière instance.Une participation démocratique à l\u2019aménagement est-elle possible?D\u2019aucuns répondront que le plan directeur et le règlement de zonage se sont vus réserver avec les règlements d'emprunt, l\u2019exclusivité du référendum dans les municipalités.Une étude plus poussée de cet outil de participation serait nécessaire pour en faire une évaluation, bien que nous constations qu\u2019il est très peu utilisé et que les municipalités sont très réticentes à y avoir recours.De plus, une participation démocratique à l'aménagement ne peut se limiter à une approbation ou un rejet d\u2019un projet fini, qui en est presque à la phase de réalisation.Les résidents des municipalités doivent participer à la définition des objectifs mêmes de l\u2019aménagement qu\u2019ils souhaitent pour leur quartier, leur ville et leur région.Ceci signifie une nouvelle définition du rôle de la municipalité par rapport aux autres niveaux de gouvernement en matière d\u2019aménagement du territoire, un nouveau partage des rôles au niveau local, et enfin une nouvelle conception de ce qu\u2019est l\u2019aménagement du territoire.BIBLIOGRAPHIE Babcock, F.R., The Zoning Game, Madison, University of Wisconsin Press, 1966.Becquart-Leclercq, Jeanne, Paradoxes du pouvoir local, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 1976.Biarez, Sylvie, et al, Les élus locaux et l'aménagement urbain dans l\u2019agglomération grenobloise, Grenoble, Institut d\u2019études politiques, 1970.Fainstein, Norman I., S.S.Fainstein, Urban Political Movements, Englewood Cliffs, Prentice-Hall, Inc., 1974.Falque, Max, «Zonage et environnement: les leçons de l\u2019échec américain», Aménagement du territoire et développement régional, Grenoble, Institut d\u2019études politiques, 1974.Lefebvre, Henri, La production de l'espace, Paris, Éditions Anthropos, 1974.Palard, Jacques, C.Sorbets, «Éléments de théorie et de méthodologie pour l\u2019étude de l\u2019aménagement urbain d\u2019une ville moyenne», Bordeaux, Centre d'étude et de recherche sur la vie politique locale, Institut d\u2019études politiques de Bordeaux, 1975.Remy, Jean, L.Voyé, La ville et l'urbanisation, Gembloux, Éditions Duculot, 1974.14 Jones, Charles O., An Introduction to the Study of Public Policy, Belmont, Cal., Wadsworth Publishing Co., Inc., 1970.148 Un cadre analytico-décisionnel pour l\u2019analyse des répercussions du développement urbain (la méthode ARDU) Luc Normand Tellier Texte présenté par Pierre Archambault Faculté d\u2019aménagement, Université de Montréal L'approche ARDU, c'est-à-dire «l\u2019analyse des répercussions du développement urbain» est le produit final d'une étude commandée par le Ministère d\u2019État Chargé des Affaires Urbaines.Cette étude avait pour but d\u2019élaborer un ou des outils permettant de comprendre, d\u2019analyser et d\u2019évaluer les répercussions de certaines actions entreprises ou à entreprendre dans le domaine du développement en milieu urbain.Pour bien comprendre la méthodologie ARDU, il est nécessaire de bien saisir toutes les implications d\u2019un processus d\u2019évaluation de projets au niveau d\u2019un gouvernement central ou d\u2019organismes supérieurs ayant à prendre des décisions concernant de nombreuses agglomérations ayant toutes des caractéristiques propres.Le problème d\u2019évaluation qu\u2019aborde la méthode ARDU est en effet des plus complexes, comme le font voir les remarques suivantes: A)\tLa méthodologie ARDU doit pouvoir s\u2019appliquer non seulement à l\u2019évaluation comparative de solutions alternatives à un problème donné (par exemple plusieurs tracés alternatifs d\u2019une autoroute), mais encore à l'évaluation comparative de projets ayant des localisations et des buts différents (par exemple la relocalisation des voies ferrées à Montréal et la construction d\u2019une autoroute à Toronto).Ce problème beaucoup plus complexe a jusqu\u2019ici été assez peu abordé dans la littérature, si ce n'est par le biais de l'analyse coûts-bénéfices.La prise en considération de projets à objectifs différents complique considérablement le choix des critères d\u2019évaluation, rend hasardeuse l\u2019analyse et peut rendre très difficile l'utilisation de certaines techniques d\u2019évaluation dont les résultats ne sont pas forcément comparables.Quoi qu\u2019il en soit de la difficulté impliquée, il n\u2019en demeure pas moins que l\u2019approche ARDU ne pouvait pas esquiver ce problème en se limitant à l\u2019évaluation de formes alternatives d'un même projet; ceci, tout simplement parce qu'à un niveau supérieur de prise de décision, des choix doivent être faits entre des projets disparates et qu'il est nécessaire d'aborder ces choix de façon rationnelle.B)\tUne seconde caractéristique du problème auquel ARDU est confronté réside dans le fait qu\u2019il s'agit ici non seulement de prévoir, mais aussi d\u2019évaluer.Un processus de prévision, même multidimensionnel (par exemple la méthode Delphi) peut être considéré comme étant fondamentalement convergent du fait qu\u2019il n\u2019existe qu\u2019une seule prévision qui soit juste et que sa détermination n\u2019implique que le domaine de la connaissance.Par contre, un processus d\u2019évaluation, comme celui d\u2019ARDU ne saurait être nécessairement convergent du fait que l'existence même d\u2019un choix optimal pour tous peut être contestable et que la recherche d\u2019un tel choix implique non seulement des connaissances objectives, mais aussi des valeurs.En somme la méthodologie d\u2019évaluation ARDU ne peut présupposer que normalement le processus est convergent.C)\tUne troisième contrainte propre au projet vient de l\u2019impossibilité actuelle de recourir à une seule rationalité dans l\u2019évaluation de projets urbains.La méthode qui se rapproche le plus de l\u2019idéal d'une intégration cohérente de tous les éléments d\u2019évaluation au sein d'une rationalité unique est sans conteste la méthode «coûts-bénéfices».Malheureusement cette méthode du fait qu'elle repose sur l\u2019évaluation du marché, ne saurait adéquatement tenir compte de facteurs, comme l\u2019écologie, dont les effets peuvent tout simplement ne pas être perçus au sein du marché.Le recours à une rationalité unique étant exclu, il convenait donc d\u2019élaborer une approche multi-dimensionnelle où les rationalités propres à diverses disciplines pouvaient être mises à contribution.D)\tUn quatrième défi qu\u2019ARDU devait relever tenait, dans le domaine des valeurs, à faire prévaloir les préférences éthiques sur les préférences subjectives, les préférences éthiques étant celles qu\u2019exprime un individu sur la base de considérations sociales impersonnelles et les préférences subjectives étant celles qui indiquent ce que l'individu préfère effectivement.Or ce sont ces dernières que le marché exprime et qu\u2019indi-rectement l\u2019analyse «coûts-bénéfices» utilise pour l'évaluation, alors que ce sont les préférences éthiques qui devraient présider à tout choix social.L\u2019utilisation de matrices d'évaluation présente sur le «coûts-bénéfices» l\u2019avantage d'avoir recours aux préférences éthiques plutôt que subjectives.Aussi l'approche ARDU fait-elle appel à ce type de méthode.149 Comme ces remarques le montrent bien, la méthode ARDU cherche à aborder de façon systématique un des problèmes les plus complexes qui soient, à savoir celui de l\u2019évaluation multi-dimensionnelle de projets disparates concernant différents contextes urbains.Présentation générale du processus La méthode ARDU regroupe fondamentalement quatre approches développées dans la littérature de la planification: ce sont l\u2019évaluation à partir de matrices (matrix evaluation), l\u2019évaluation par classement (rank ordering), l\u2019approche multi-dimensionnelle et la méthode Delphi.L\u2019intégration de ces approches et de ces techniques se fait au sein d\u2019un processus comprenant deux fonctions: la «fonction décision», qui se situe au niveau politique et au niveau de l'action et la «fonction conseil» exécutée en trois étapes distinctes précédées d\u2019une phase préparatoire.Au cours de la phase préparatoire, les projets devant être comparés et évalués sont choisis et leur description est standardisée.Suit une première itération au cours de laquelle les projets retenus sont soumis à quatre groupes d\u2019évaluation spécialisés respectivement dans les domaines social, spatial, économique et admi-nistratif-politique.Chacun de ces groupes choisit alors ses propres critères sans consulter les autres groupes.Il choisit de plus ses propres techniques d\u2019analyse et d'évaluation des projets, ainsi que sa méthode d'ordonnancement de ceux-ci.À partir de ces éléments, chaque groupe produit un classement sectoriel des projets étudiés.Ces quatre classements sectoriels donnent lieu à un classement général qui est alors analysé par un comité, appelé comité indépendant, distinct des groupes d\u2019évaluation; les résultats sont retransmis aux quatre groupes d'évaluation qui révisent alors leurs critères, leurs méthodes d\u2019analyse et de classement et leurs conclusions sur la base des résultats de la première itération.Au cours de cette étape, les groupes sont exposés pour la première fois aux analyses et aux choix des autres groupes.À la fin de la seconde itération, les quatre groupes présentent de nouveaux classements sectoriels donnant lieu à un nouveau classement général qui, comme le premier classement général est alors analysé et critiqué par le comité indépendant.Le classement général ainsi obtenu peut être soumis à une procédure d\u2019appel au cours d'une troisième étape.Ce sont les groupes qui doivent prendre l\u2019initiative de l\u2019appel et plaider leur cause auprès du comité indépendant qui joue ainsi quelque peu le rôle d\u2019arbitre, bien qu\u2019il n\u2019ait pas vraiment à trancher le débat puisque, au niveau de la «fonction conseil», des divergences d'opinions peuvent très bien persister.À la fin de cette dernière étape, certaines recommandations, parfois assorties de restrictions ou même de rapports minoritaires, sont faites aux instances décisionnelles qui peuvent alors amorcer une mise en oeuvre.L\u2019étape préliminaire L'étape préliminaire comprend deux phases majeures, à savoir la sélection des projets à évaluer et la préparation des dossiers.Chacune de ces deux phases relève du comité indépendant.Il importe de mettre en concurrence, d\u2019une part, des projets aussi comparables que possible de telle sorte que les critères d\u2019évaluation choisis soient significatifs pour chaque projet et d'autre part, des projets qui soient vraiment en concurrence au niveau de l\u2019affectation des ressources pour que le classement final ait des implications au niveau de l\u2019action.Pour passer de la sélection des projets à leur étude en profondeur, il est souhaitable que les dossiers décrivant ces projets soient aussi standardisés que possible avant d\u2019être acheminés vers les équipes sectorielles.Ainsi la méthode ARDU propose-t-elle un schéma de description de projets qui pourrait être adopté tel quel par le comité indépendant duquel relève cette tâche.Ce schéma se caractérise par une distinction très nette entre les aspects techniques des projets et leurs aspects monétaires.La première itération Une fois complétés, les dossiers sont confiés par le comité indépendant aux quatre groupes chargés de l'évaluation sectorielle.Au cours de cette itération, chaque groupe doit 1)\tfaire le choix de ses critères 2)\tfaire le choix correspondant de ses méthodes d\u2019analyse et d\u2019évaluation.3)\tdéterminer la méthode de classement sectoriel des projets 4)\tlivrer au comité indépendant son premier classement sectoriel.Pour ce qui est du choix des critères d'évaluation par les groupes, il dépend au plus haut point du type de projet à évaluer.La méthodologie ARDU exige que les groupes sectoriels aient la plus entière liberté face au choix de leurs critères d\u2019évaluation et ces critères ne sauraient que varier suivant que les projets sont de telle ou telle nature.Idéalement, l\u2019on peut dire que chaque groupe doit s'efforcer de définir des critères qui, à la fois : a)\tsignifient quelque chose pour chacun des projets étudiés b)\tfont le plus possible ressortir des différences entre les projets (c\u2019est-à-dire le pouvoir de discrimination) c)\tont une forme normative claire: par exemple la densité de population n\u2019est pas un critère normatif tant et aussi longtemps qu\u2019on n'a pas déterminé que, ce qui est souhaitable, c\u2019est une forte ou une faible densité.d)\tsoient peu nombreux, mais importants: passé un certain nombre l\u2019effet de chaque critère s\u2019estompe et le processus d\u2019évaluation devient dangereusement flou.150 Pour passer de l'analyse aux classements sectoriels et des classements sectoriels au classement général, trois méthodes sont utilisées.La première, nommée «ARDU ordinale», consiste à attribuer à chaque projet situé dans la colonne j d\u2019une matrice de classement (voir figure 1) un nombre (n - j + 1) de points (où n = nombre de colonnes de la matrice de classement) et à additionner les points obtenus par chaque projet.Les projets ayant obtenu les totaux les plus élevés se placent alors en tête du classement.FIGURE I \t1er choix\t2e choix\t3e choix\t4e choix critère A\tA\tB\tC\tD critère B\tB\tC\tA\tD critère C\tB\tA\tC\tD critère D\tB\tA\tC\tD CLASSEMENT OBTENU (Méthode ARDU ORDINALE) 1er choix\t2- choix\t3e choix 4\u201c choix Projets\tB\tA\tCD La seconde méthode de classement utilisée est la méthode Holmes.Contrairement à la méthode précédente, celle-ci accorde une priorité absolue à un premier choix par rapport à un second choix et ainsi de suite.Pour appliquer cette méthode, il suffit d\u2019aller de la colonne de gauche de la matrice de classement vers les colonnes de droite et d\u2019inscrire par ordre les projets qui apparaissent les premiers.Les résultats obtenus suivant cette méthode sont illustrés dans la figure 2.FIGURE 2 CLASSEMENT OBTENU (Méthode HOLMES) \t1er choix\t2e choix\t3e choix\t4e choix Projets\tB\tA\tC\tD Finalement une troisième méthode de classement a été utilisée: il s'agit de la méthode «ARDU cardinale».Cette méthode fait suite à la constatation qu\u2019il n'existe au fond aucune méthode de classement qui soit à proprement parler ordinale et qu'il vaudrait peut-être mieux cardinaliser les évaluations explicitement plutôt qu'implicitement.La méthode «ARDU cardinal» s\u2019applique en trois étapes : 1)\tLes groupes d'analyse estiment tout d'abord l'importance de chacun des critères qu\u2019ils ont retenus en calculant pour chaque critère j un coefficient Kj égal à A j B j C j où Aj = indice de l\u2019importance relative du critère j par rapport aux autres critères du groupe (0-flou le sous-ensemble flou ainsi obtenu.Les fonctions d\u2019appartenance des arcs au graphe sont donc des intervalles de valeurs, et non des valeurs bien déterminées.La théorie des sous-ensembles 4>-flous introduit en quelque sorte «un flou au deuxième degré», puisque les fonctions d\u2019appartenance sont relativement indéterminées.Ainsi, l\u2019influence d\u2019un centre A sur un centre B est mesurée par une valeur égale à l\u2019intervalle [0,4; 0,7] par exemple, et non par une valeur précise, telle que 0,5 ou 0,6.Pour isoler les relations de dominance dans le graphe des relations d\u2019influence imprécise, on recherche, pour tout couple de sommets, le chemin par lequel transite l\u2019influence globale maximale, c\u2019est-à-dire «le plus fort chemin».La dominance imprécise exercée par une agglomération sur une autre est égale à la valeur du plus fort chemin qui les relie.L\u2019ensemble de ces plus forts chemins donne alors un graphe partiel que l\u2019on appelle «graphe de dominance imprécise».Il peut contenir des circuits.De plus, il possède les propriétés de réflexivité et de transitivité pour les opérateurs max-min.Ce qui veut dire que si une agglomération exerce des activités par lesquelles elle en domine d'autres, a fortiori les exerce-t-elle pour elle-même et si une agglomération A domine une agglomération B qui domine une agglomération C, alors A domine C.Ce graphe partiel a ainsi une structure de préordre -flou et l'on retrouve le problème de la déter- 36 SAMBUC (R.): Fonctions O-floues.Application à l'aide au diagnostic en pathologie thyroïdienne.Thèse, Université de Marseille, 1975, 94 pages (ronéot.).247 mination des sous-relations maximales de similitude contenues dans ce pré-ordre.Si tous les couples de points d\u2019un sous-ensemble du référentiel, ici les agglomérations de l\u2019espace considéré, vérifient la propriété de symétrie, ils forment entre eux une sous-relation de similitude dans le pré-ordre.Après avoir trouvé les sous-relations maximales, leur examen fait apparaître à nouveau deux solutions.Ou bien le pré-ordre -flou n\u2019est pas décomposable en classes de similitude et les relations de dominance imprécise entre les agglomérations ne peuvent pas faire l\u2019objet d\u2019une hiérarchisation; les relations de dominance sont réciproques.Ou bien, le pré-ordre est réductible en classes et il existe au moins une classe de similitude.En effet, la relation formée par ces classes est nécessairement antisymétrique, sinon elles ne seraient pas toutes disjointes.En termes économiques, l\u2019hypothèse de L\u2019exis-tence d\u2019une classe unique constitue un cas limite sans intérêt, puisqu\u2019il faudrait admettre que toutes les relations de dominance sont symétriques.En revanche, l\u2019hypothèse dans laquelle il existe plus d\u2019une classe de similitude correspond à l\u2019organisation d\u2019un espace économique hiérarchisé.La relation d\u2019ordre O-floue obtenue décrit l\u2019ensemble des relations de dominance imprécise existant entre ses places centrales.Il est donc possible de tenir compte de la marge d'imprécision qui caractérise les relations de dominance dans un espace conçu comme un ensemble de points discrets.CONCLUSION On vérifie qu\u2019aucune procédure de régionalisation n\u2019est neutre.Toutes génèrent des résultats en fonction de leur logique propre.S\u2019il est vrai que l\u2019application de la théorie des sous-ensembles flous résoud élégamment le problème sur lequel achoppent les procédés qui se veulent précis, il n\u2019en reste pas moins que ce type d\u2019analyse rencontre ses propres limites.En l\u2019état actuel, l\u2019introduction du flou a permis seulement d'améliorer la description d'un système régional.Elle n\u2019a pas encore conduit à une reformulation de la théorie de la région elle-même.Elle a affaibli les hypothèses relatives à l\u2019espace; elle n\u2019a pas élargi les postulats concernant les lois de fonctionnement de l'économie régionale.Toutefois, dans la mesure où les sous-ensembles flous ouvrent un cadre d'analyse souple et peu contraignant, il est permis d'anticiper qu\u2019ils permettront d\u2019énoncer une théorie moins étroite que celle de LÔSCH.Enfin, qu\u2019une analyse spatiale de la région floue soit un objectif à atteindre répond bien à une exigence de l\u2019esprit scientifique.Mais le philosophe et surtout le poète ne souhaiteront-ils pas qu\u2019une telle démarche laisse néanmoins au monde une part de son mystère?Qu'ils se rassurent! L\u2019analyste connaît les limites de son savoir et peut-être bien qu\u2019il lui arrive aussi de rêver devant un paysage enveloppé de brumes.248 Commentaires sur la conférence de M.Ponsard Dr Pierre S.Guertin Centre de recherches en aménagement et en développement Université Laval Les commentaires qui suivent se présenteront de façon quelque peu morcelée, parce qu\u2019ils ont été formulés davantage sous la forme d\u2019interrogations que nous adressons, d\u2019ailleurs, tant à M.Ponsard qu'aux participants.Nos commentaires se situent surtout au niveau du concept de région.I.\tAspect dynamique de la région Le premier commentaire porte sur l'aspect dynamique de la région.Du point de vue de l'évolution de la région aussi bien en tant que cadre conceptuel qu\u2019en tant que cadre physico-spatial, la région du XXe siècle a témoigné d\u2019un dynamisme exceptionnel.Et d\u2019ailleurs, si l'on parle aujourd'hui de malaise, voire même de crise de la pensée régionale, comme l\u2019a mis en relief le conférencier, c\u2019est probablement parce qu\u2019on a eu trop souvent tendance à concevoir la région comme une entité relativement autonome et statique.Et c\u2019est probablement le cul-de-sac engendré par des définitions géographiques et fonctionnelles statiques de la région qui provoque l\u2019interrogation généralisée actuelle.En fait, le recoupement d\u2019un certain nombre de théories et d\u2019approches nouvelles serait de nature à démontrer que le concept de région se justifie de plus en plus par l\u2019existence d\u2019un dynamisme localisé, spatialisé, et que ce dynamisme est lié aux forces du changement.II.\tL\u2019importance des flux Une telle approche engendre pour l\u2019espace un certain nombre de conséquences d\u2019ordre conceptuel.D\u2019une part, en effet, plusieurs types de changements sont localisés dans l\u2019espace; d\u2019autre part, la force qui produit le changement est également caractérisée par la promotion d\u2019un passage dans l\u2019espace, et implique par conséquent une origine et une destination.Ainsi, la force qui engendre le changement détermine également une trajectoire pour le produit du changement.Ce produit du changement fait l\u2019objet de l\u2019échange.À ce niveau, le concept plus opérationnel du flux recoupe à la fois l\u2019idée d\u2019une trajectoire et celle d\u2019un échange.Mais trop souvent cette approche a été uti- lisée pour cerner les composantes fonctionnelles d\u2019une région ou, si l\u2019on préfère, ce concept a été utilisé au profit des études de hiérarchie et de dominance fonctionnelles d\u2019un centre sur un autre.On a le plus souvent fait abstraction de sa composante spatiale.Les schémas maillés, les réseaux, n\u2019ont trop souvent pour but que de démontrer les systèmes de relation entre les pôles, et font abstraction à la fois de la trajectoire, sauf pour des questions de distance, et surtout de l\u2019espace situé de part et d\u2019autre de cette trajectoire, ce même espace qui est tantôt récepteur, tantôt émetteur de changement.III.\tFlux et théorie du flou On accorde ainsi trop d\u2019importance aux espaces terminaux et à ceux de transit, et pas assez à ces importants espaces intersticiels situés sur les lieux de passage du changement.La difficulté d\u2019appréhender ces espaces réside essentiellement dans leur aspect simultanément non polarisé et hautement différencié: il faut les appréhender de façon globale parce que non polarisés, et il faut également les analyser de façon morcelée et fragmentaire parce que différenciés.C\u2019est ici que la théorie du flou pourrait peut-être venir en aide à l\u2019étude des flux.On serait porter à concevoir un modèle qui retiendrait les flux en tant qu\u2019éléments, non pas structurant la région en établissant les liens entre différents points sur l\u2019espace, mais plutôt mettant en relation les espaces intersticiels les uns par rapport aux autres, et au profit du développement de leur différence.Ceci serait d\u2019autant plus justifié si l\u2019on pouvait retrouver dans ces espaces des ressources et des activités susceptibles d\u2019engendrer des échanges.L\u2019exemple de la trajectoire du Saint-Laurent peut servir d\u2019il lustration.IV.\tLa perception des forces du changement Enfin, la région peut être identifiée, sinon délimitée, par le biais de l\u2019analyse du processus de la perception.La connaissance de ce processus permet d\u2019évaluer le sens d\u2019appartenance à un espace dit régional, et par voie de retour, le sens d\u2019appropriation d\u2019un espace dit régional.Ce sens mène à des comportements et à des choix spatiaux qui sont conditionnés et qui conditionnent l\u2019organisation de l\u2019espace vécu.Au niveau de l\u2019espace, appartenance et appropriation sont conditionnées largement par la perception du changement et de son passage.Prendre en ligne de compte l'importance de ces facteurs favoriserait une définition opérationnelle de l\u2019espace régional, c\u2019est-à- dire une définition pour fins d\u2019opérations d\u2019aménagement et de développement.En fait, l\u2019analyse spatiale de la région doit porter d\u2019abord sur les caractéristiques de l\u2019espace (configuration-relation-dimension) et sur son organisation.Ces deux aspects de l\u2019espace régional sont inscrits dans le paysage tel que perçu. INDEX DES AUTEURS Archambault, Pierre 149 Beaudry, Richard et Jacques Neveu 105 Boulet, Jac-André 86 Chung,Joseph 137 Dagenais, Huguette 196 Gariépy, Jean 47 Gautrin, Jean-François 100 Guertin, Pierre S.249 Hamel, Pierre 174 Houle, Rachel 93 Hubert, Pierre J.29 Julien, Pierre-André 224 Kenniff, Patrick 201 Laçasse, Pierre 37 Leclerc, Jean-Guy 51 Maldague, Michel 183 Migneron, Jean-Gabriel 161 Nakajima, Takashi 154 Ouellet, Normand et Mario Polèse 111 Parenteau, René 191 Paris, Jacques 219 Poirier, Jean 69 Polèse, Mario 122 Ponsard, Claude 239 Quesnel-Ouellet, Louise 145 Reiner, Thomas 13 Ritchot, Gilles 178 Rivard, Bertrand J.et Réjean Fontaine 55 Sarrazin, Serge 76 Stanek, Oleg 133 Tellier, Luc Normand 149 Thériault, Richard 34 Tivendell, John, Greg Al lain et Serge Côté 83 Valaskakis, Kimon 233 Villeneuve, Paul Y.215 Wellar, Barry S.21 y.¦ :¦ \u2022 u i i v \" I \u2014 "]
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