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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mercredi 15 juin 2011
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2011, Collections de BAnQ.

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[" A l wms?L IMPACT EESMEDMS SMR VOTRE MOPAC Volume XVIII, n\" 12 Montréal, 15 juin 2011 GRANDE ENTREVUE DOCTEUR JULIEN Pour un Quebec enfin fou de ses enfants Sur les pas du Dr Julien ZOOM CAMELOT Rouler pour s\u2019en sortir Vivez Montréal! E ixp Mo erience on treat! CULTURE.PATRIMOINE.DÉVELOPPEMENT DURABLE, ENGAGEMENT CITOYEN, FESTIVAL MODE DE VIE.CULTURE HERITAGE, SUSTAINABLE DEVELOPMENT' CITIZEN INVOLVEMENT, FESTIVALS, LIFE STYLE.£»*\u2022>» h ;¦'-v.vJ/u WWW.GEOTOURISME.CA stm Procurez-vous Getyour votre magazine ppcc GRATUIT Magazine -***-Hi Mm J ¦ü -fit \u2022$ r G.**** W' tllil 0 UCÜW MünlriU http://geotourisme.ca \u2014\t=: spictaclls be q u h.ft r i e n ===~-^- LE FESTIVAL ST'AMBROtSE FRINGE DE MONTRÉAL DU 30 MAI 20 AU 19 JUIN 1 1 M ?U r q E 4 L F 3 I |4 G Ë c * S14 3^9-FEST MOT DU MAIRE GÉRALD TREMBLAY Maire de Montréal À l\u2019approche de la saison estivale, les Montréalaises et Montréalais anticipent avec bonheur le retour des festivals qui se tiennent partout sur le territoire de Ville-Marie, plus particulièrement au centre-ville, dans le Quartier des spectacles.En effet, depuis son inauguration l\u2019année dernière, la Place des festivals est sans aucun doute l\u2019endroit qui est associé au Festival de jazz et au Francofolies.Egalement depuis 2010, le festival Juste pour rire a rejoint le site après avoir été présent sur la rue Saint-Denis, pendant plus de vingt ans.Alors si la météo est clémente, et nous le souhaitons, il y a fort à parier que les foules seront nombreuses car Montréal possède vraiment un centre-ville avec des installations exceptionnelles pour la tenue de tous les grands événements festifs de l\u2019été.En plus, pour accéder au site quoi de mieux que d\u2019utiliser le service de transport en commun de la STM, récemment honorée en octobre 2010 comme étant la meilleure société de transport en Amérique du nord.Cette année encore les nombreuses piétonnisations reviennent pour le plus grand plaisir des citoyens et des visiteurs.Véritables fêtes populaires estivales, les piétonnisations des rues Saint-Paul dans le Vieux-Montréal et Sainte-Catherine qui rejoindra cette année la Place des festivals, l\u2019espace de quatre fins de semaine, seront transformées en espaces ludiques et agréables pour tous.En terminant, je suis très heureux de vous annoncer que le Quartier des spectacles s\u2019étend à l\u2019Est et se chargera dorénavant des activités qui se tiendront à la Place Émile-Gamelin, tout au long de l\u2019été.Ainsi, en juin les activités seront autour du thème de la musique, en juillet, du cirque, le cinéma et la littérature en août et la rentrée culturelle en septembre.Un autre site qui confirme la réputation du centre-ville comme un lieu festif et créatif par excellence.Je vous souhaite un bon été! SOYEZ fl L'ÉCOUTE DES SYMPTOMES Dü CANCER QUI CHUCHOTE.Fi.i .¦ .jVfld pki Hü !¦¦ t ilçflf dt: \\'v\\\u2018ivv.¦Vu h soyezalEcmite.ca ZOOM CAMELOT MAÏKA SONDARJÉE Stagiaire à la rédaction Franck Lambert ROULER pour S\u2019EN SORTIR Quand on lui serre la main, on remarque qu\u2019il porte des gants.Des gants au mois de mai?C\u2019est pour le vélo, répond Franck Lambert, le sourire fendu jusqu\u2019aux oreilles.Sa poignée de main est franche, son regard l\u2019est tout autant.Le camelot du métro Frontenac n\u2019y va jamais par quatre chemins, surtout avec son vélo.Franck Lambert n\u2019a pas l\u2019air de se soucier du fait que les gens achètent ou non ses magazines.Les usagers du métro Frontenac n\u2019ont qu\u2019à lui sourire pour le rendre heureux.«C\u2019est comme un échange de services.Quand ils me disent bonjour, je leur dis bonjour.C\u2019est comme un sourire pour un sourire.» Son attitude sympathique plaît bien aux gens qu\u2019il croise.«Même s\u2019ils ne m\u2019achètent pas le magazine, ils me reconnaissent avec le temps.Puis il y en a plusieurs qui me disent que je fais leur journée!» Bien coiffé et tiré à quatre épingles, avec son chandail et sa casquette de L\u2019Itinéraire, Franck raconte son chemin de croix avec réalisme et sérénité.Entre alcool, chômage, aide sociale et décrochage scolaire, la vie n\u2019a pas toujours été rose.Mais ça ne l\u2019empêche pas de blaguer, les yeux brillants.Sa plus grande fierté?Au mois de juillet, il sera sobre depuis quatre ans.Son truc pour tenir bon : le vélo, hiver comme été.«Depuis que j\u2019ai arrêté de consommer.Ça m\u2019aide autant physiquement que mentalement.Ça me change les idées.» L\u2019alcool est trop souvent une partenaire de vie non désirée.Dans le cas de Franck Lambert, c\u2019est une histoire d\u2019amour-haine qui dure depuis longtemps.Au décès de sa mère en 1997, la pente descendante a commencé à être plutôt raide.Tellement qu\u2019en 1998, ses cinq frères et sœurs l\u2019ont convaincu d\u2019aller en centre de désintoxication.Il restera pratiquement sobre jusqu\u2019en 2004, année du décès de son père.Nouvelle rechute, mais nouvel élan de volonté en 2007, un élan qui dure jusqu\u2019à ce jour.Et cette fois, c\u2019est la bonne, assure Franck.Il n\u2019a pas l\u2019intention de retomber dans ses vieilles habitudes, surtout que vendre L\u2019Itinéraire l\u2019aide drôlement à travailler sur lui.«Au lieu de déprimer chez nous et de consommer, ben je fais quelque chose de concret.En plus, ça me fait travailler sur ma sociabilité.» Franck est un solitaire, mais rien n\u2019y paraît lorsqu\u2019il aborde Monsieur-Madame Tout-le-monde pour vendre L\u2019Itinéraire.TOUT POUR LE DIPLÔME Après avoir interrompu ses études collégiales en 1989, Franck commence à travailler comme pompiste.Mais il sent qu\u2019il lui manque quelque chose : le fameux papier.En 1993, il retourne sur les bancs d\u2019école, tout en travaillant à la station-service.Un jour, pour un travail de session, il doit téléphoner à un représentant de la compagnie Shell.«Quand il m\u2019a retourné l\u2019appel pour mon cours, il m\u2019a annoncé que le garage fermait.J\u2019ai pris l\u2019argent que j\u2019avais reçu en prêts et bourses pour payer mes dettes, j\u2019avais plus rien.Mais je me suis accroché à mes cours.Heureusement que j\u2019avais ça.» Franck a réussi à payer son appartement, ses cours et tout le reste.Vient un moment où on doit «spinner», comme il dit.Il lui faudra huit ans pour obtenir son diplôme en Technique de l\u2019administration option marketing du cégep de Rosemont.C\u2019est ce qui s\u2019appelle de la ténacité.Depuis, la consommation d\u2019alcool, le manque d\u2019expérience et les aléas de la vie l\u2019ont empêché de travailler dans ce domaine, mais il garde cet acquis précieusement dans sa poche arrière.Qui sait quand ça servira; à 42 ans, tout est encore possible! Sautant sur sa bicyclette, Franck retourne au métro Frontenac écouler son stock de magazines.Passez donc lui dire bonjour.Sourire pour sourire.PHOTOS : DANIEL DUMONT L'ITINEFlAIFlE 5 15 juin 2011 SOMMAIRE ZOOM CAMELOT 5 FRANCK LAMBERT/ Rouler pour s\u2019en sortir DOSSIER SPÉCIAL ZÀiWSRS?Ü ACTUALITÉ ET CULTURE 14 Que vous cache votre quartier?16\tDéménager sur deux roues 17\tChronique culturelle : Yelo Molo, soudé comme les Rolling Stones 19 GRANDE ENTREVUE Dr Julien : Pour un Québec enfin fou de ses enfants Dame Nature, bonne première Moins d\u2019images s.v.pd Suppléments équilibrés DÉVELOPPEMENT SOCIAL 23 Sur les pas du Dr Julien - Parler autrement 26 Entre calumet de paix et hache de guerre 28\tUne image combat mille maux 29\tInfoRAPSÏM Plus de ressources.mais encore plus de besoins RÉSEAU SOLIDAIRE DE L\u2019ITINÉRAIRE 32 Vente aux enchères Parcodonmd Une soirée colorée au profit de L\u2019Itinéraire LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE 36 Un atelier d\u2019écriture à L\u2019Itinéraire 38 Mots de camelots / Spécial questionnaire de Proust 42\tGlobe-trottoir 43\tChronique de rue / La vieille Dame EXPRESSION 44\tChronique économique de Gilles L.Bourque Un millier d\u2019économistes interpellent le G20 en faveur de la «Taxe Robin des Bois» 45\tCourrier des lecteurs - Hommage à Monsieur Sourire L\u2019ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE: aWecç L\u2019ITINÉRAIRE EST APPUYÉ FINANCIÈREMENT PAR: LŒUVRt LÉ fit K IV* lA.lpfclHülfcw üj Oiùir.m dira ti mr* Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue, Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.REDACTION ET ADMINISTRATION \u2022\t2100, bout de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K 4S1 LES PRODUCTIONS L\u2019ITINÉRAIRE \u2022\t2101, rue Ste-Catherine Est MAGDVD LE 3E ŒIL \u2022\t2103, rue Ste-Catherine Est, 3* étage TELEPHONES : ADMINISTRATION 514 597-0238 SERVICES RUE STE-CATHERINE 514 525-5747 TELECOPIEUR : SITE: 514 597-1544 WWW.ITINERAIRE.CA LE MAGAZINE L'ITINERAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédactrice en chef : Catherine Girouard Superviseur de la rédaction : Jérôme Savary Adjointe à la rédaction : Marie-Lise Rousseau Commis à la rédaction : Josée Louise Tremblay Stagiaire à la rédaction : Sandra Mathieu Coordonnatrice à la conception visuelle : Morgane Saout Révision : Edith Verreault, Hélène Pâquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Jean-Pierre Bourgault, Louise-Marie Dion, Lise Berthiaume, Catherine Flintoff, Julie Duchesne, Nadine Boccalini et Lise Laganière Design et infographie du site Internet : Serge Cloutier, www.drafter.com Conseillères publicitaires : Renée Larivière: 514 461-7119 renee.lariviere@itineraire.ca Josée Poirier : 514 273-5002 josee.poirier@itineraire.ca Le conseil d\u2019administration Président : Jean-Paul Baril Vice-président : Gabriel Bissonnette Trésorière : Catherine Isabelle Secrétaire : André Martin Membre d'office : Serge Lareault Conseillers : Yvon Massicotte (rep.camelots), Alexandre Péloquin, François Rousseau-Claire, Robert Stacey, Stéphan Morency L\u2019ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareault Coordonnatrice de l\u2019administration : Marie Lareau Adjointe à l\u2019administration : Marie-Christine Demers Directeur marketing : Richard Turgeon Directrice médias et communications : Chloé Roumagère Directrice du développement social : Jocelyne Sénécal Coordonnatrice de la publicité : Karoline Bergeron Conseillère dons et partenariat : Amélie Godbout Conseillère en développement stratégique : Marie-Hélène Choinière Lin.RM LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES QUI ACHÈTENT LE MAGAZINE 1,50$ ET LE REVENDENT AU COÛT DE 3$.Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1 Nous reconnaissons l\u2019appui financier du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP) pour nos activités d\u2019édition.ISSN-1481-3572 n° de charité: 13648 4219 RR0001 GESTION DE L'IMPRESSION Edition sur mesure - TVA Publications - 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 2362 Coordonnatrice de production : Audrey Messier-M.poste 2249 IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO ABONNEMENT WWW.ITINERAIRE.CA OU 514 597-0238 Le magazine L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les sen/ices d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, Lltinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L'Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230, ÛUâbQÇQf est Ihjtj de soutenu loctfcxr socials Oc Lltinenaira ¦en lui aflfranl des sendees d%ripnmi3f|p as pfun-.ot!on télé et ÉnDfirTïée ainsi aue le ccu>a gr Internet r>aute vitesse Vtaéolron. EDITORIAL CATHERINE GIROUARD Rédactrice en chef - Catherine.girouard@itineraire.ca POUR NE PAS COMMENCER L\u2019ETE A / mm s.Tremblement de terre, tsunami et catastrophe nucléaire au Japon, mort de Ben Laden, inondations à Saint-Jean-sur-Richelieu et dans l\u2019Ouest Canadien, nuage de cendres qui couvre l\u2019Islande, Stephen Harper réélu majoritairement chez nous.Dans les médias, les images bouleversantes sont suffisamment nombreuses pour nous donner la chair de poule! Est-ce la faute des médias, trop sensationnalistes, ou le monde va-t-il mal à ce point?quoi la surexposition aux médias peut être réellement néfaste pour le moral, surtout celui des personnes plus sensibles.SERIE ESTIVALE C\u2019est peut-être un peu des deux.Et le caractère dramatique de ces événements est amplifié par la mondialisation et la technologie, qui nous permettent maintenant de savoir ce qui se passe à l\u2019autre bout du monde encore mieux que ce qui se passe dans notre propre rue! Autrefois, il aurait été impossible d\u2019assister presque en direct au tremblement de terre qui a dévasté Haïti l\u2019an dernier, ni à l\u2019écrasement des deux tours jumelles le 11 septembre 2001.Comment faire pour ne pas développer une trop grande sensibilité ou, au contraire, devenir indifférent face à toutes ces images?Comment contrôler l\u2019anxiété quelles peuvent susciter?Comment consommer l\u2019information de façon saine?C\u2019est précisément sur ce point que se penche A l\u2019envers?, notre premier dossier spécial de l\u2019été.Notre journaliste Marie-Lise Rousseau y explique notamment en Ce dossier spécial constitue l\u2019entrée en matière du cadeau que nous vous offrons cet été.Durant cinq parutions, nous vous proposerons en effet de vous arrêter un moment et de réfléchir sur vous-même.À travers la course folle qui recommence chaque lundi matin, êtes-vous heureux?Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous vous sentiez toujours aussi débordé au travail?Etes-vous satisfait de la personne que vous êtes?Sinon, est-ce parce que vous exigez trop de vous-même, dans un monde de performance ou l\u2019échec est bien mal vu?C\u2019est le genre de sujet qui sera abordé dans nos cinq magazines de l\u2019été.Une série pour vous, chers lecteurs.Avec ces numéros spéciaux, nous voulons aussi faire un cadeau à nos camelots.L\u2019été est toujours une période creuse pour eux, car plusieurs de leurs clients fidèles sont partis en vacances.Nous espérons que cette série spéciale les aidera à maintenir leurs ventes au plus haut.Pour cela, nous avons évidemment besoin de vous! DIFFICILE DE GARDER SON SANG FROID DEVANT DES IMAGES BOULVERSANTES COMME CELLES DE LA CATASTROPHE DU JAPON ET LE TREMBLEMENT DE TERRE À HAÏTI les autres à certaines périodes de l\u2019année, spécialement à Noël.Il est difficile d\u2019accepter qu\u2019une personne puisse avoir faim et froid à Noël, effectivement.C\u2019est culturel.Mais est-ce plus acceptable qu\u2019il en soit ainsi durant le reste de l\u2019année?Ce n\u2019est pas parce qu\u2019il fait beau et chaud que nos camelots ont besoin de moins d\u2019argent pour se nourrir et pour payer leur loyer.Je vous invite donc à vous faire plaisir cet été, en lisant ces numéros de L\u2019Itinéraire conçus spécialement pour vous.Et passez le mot à votre entourage - de cette façon, tout le monde y trouvera son compte! Nous avons l\u2019habitude d\u2019être particulièrement généreux les uns envers DANS L\u2019EDITION DU 1er JUILLET : DOSSIER SPÉCIAL OftEm&ms?imMEDESDfôc ïfmmcEDEtA soe/éré ET VOUS, QU\u2019EN PENSEZ-VOUS?WWW.ITINERAIRE.CA 15 juin 2011 « «¦ l\u2019I î DOSSIER SPECIAL àr AC 'QWERSk 8 L IMPACT 0EE MÉDIAS SMR VOTRE NORM Le récent tremblement de terre du Japon a secoué bien plus que le pays du Soleil levant.Partout dans le monde, des images bouleversantes de villages détruits et de centrales nucléaires menaçant d\u2019exploser ont inondé les médias, laissant la planète entière en état de choc.Que ce soit une catastrophe naturelle, un attentat terroriste ou une campagne électorale, chaque jour, les innombrables images qui nous sont transmises ont de quoi nous mettre à l\u2019envers.Dans cette marée d\u2019informations, il est difficile de trouver son équilibre pour ne pas chavirer de son radeau.MARIE-LISE ROUSSEAU Adjointe à la rédaction PHOTO 1 : PETITE FILLE EN AFGHANISTAN RECEVANT CE LA NOURRITURE DISTRIBUEE PAR LUXRMEE AMERICAINE.CRÉDIT : THANATONAUTII / DREAMSTIME PHOTO 2 : CES HAÏTIENS VENDANT ET ACHETANT CES OBJETS DEVANT UN EDIFICE DETRUIT PAR LE TREMBLEMENT CE TERRE OUI RAVAGEA LEUR PAYS.CRÉDIT : ARINDAM BANERJEE / DREAMSTIME PHOTO 3 : UN MEMERE CES FORCES POLICIERES, DURANT LES VIOLENTES MANIFESTATIONS CONTRE LE SOMMET DU G20 A TORONTO, EN JUIN 2010.CRÉDIT : FERENZ / DREAMSTIME PHOTO 4 : LE WORLD TRACE CENTER, A NEW YORK, LE 11 SEPTEMBRE 2001 CRÉDIT : KENTANNENBAUM/ DREAMSTIME LITINEFlAIFlE ^ J P0UC1 15 juin 2011 JHa.reen tfraf cnrs j^Hijr n_H^4kck1 Panic awr 3 niV'\"\"'ri' \" If cloud -1 iww?Kl K^orinn Hi-fiT'CMatmi « APRÈS LE 11 SEPTEMBRE, ON A DÛ TRAITER DES GENS AUSSI TRAUMATISÉS QUE S\u2019ILS AVAIENT ÉTÉ PRÉSENTS SUR LES LIEUX DE LA TRAGÉDIE.)) - Nicolas Chevrier, psychologue (( IL NE FAUT PAS OUBLIER QUE RESSENTIR DE LA DÉCEPTION ET DE LA FRUSTRATION EN ÉCOUTANT LES NOUVELLES EST UNE CHOSE NORMALE.)) - Nicolas Chevrier, psychologue Chaînes d'information continue, sites Web mis à jour à la minute près, blogues en direct.Les nouvelles technologies de l\u2019information permettent de vivre instantanément ce qui se passe dans le monde.Le premier événement à avoir été suivi en direct par des milhons de personnes partout sur la planète a été les attentats du 11 septembre 2001.Dix ans et de nombreuses catastrophes plus tard, les Terriens doivent apprendre à trouver l\u2019équihbre entre une trop grande sensibihté et l\u2019indifférence.«Après le 11 septembre, on a dû traiter des gens aussi traumatisés que s\u2019ils avaient été présents sur les lieux de la tragédie», se souvient le psychologue Nicolas Chevrier.C\u2019était du jamais vu dans les cabinets de consultation.Plus récemment, le séisme au Japon a laissé une boule dans l\u2019estomac à des millions de gens.À un point tel que l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas, affilié à l\u2019Université McGill, mène présentement une recherche internationale sur les conséquences de la couverture médiatique de cet événement.«L\u2019idée générale est de voir si l\u2019exposition médiatique - voir surmédiatique - à un événement traumatique comme celui qui s\u2019est produit au Japon peut générer une surdose d\u2019anxiété ou d\u2019autres symptômes qui s\u2019apparentent à ceux du stress posttraumatique», explique Christophe Hébert, coordonnateur de recherche à l\u2019Institut Douglas.Au moment d\u2019aller sous presse, il était encore trop tôt pour connaître les résultats de cette étude.Les répercussions psychologiques de la surexposition aux médias sont encore très peu documentées et aucune statistique n\u2019est disponible sur la question.Seule certitude : l\u2019anxiété trône au palmarès des émotions ressenties.Christophe Herbert souligne que ce symptôme disparaît généralement avec le temps.Mais ce n\u2019est pas le cas pour les personnes atteintes d\u2019un trouble de la santé mentale ou à risque de l\u2019être, comme Henrique Ramos.En janvier dernier, Henrique a été particulièrement touché par un article du journal Le Devoir montrant une photo du président des États-Unis, Barack Obama, complètement découragé face à la difficulté de la reprise économique.«Le voir dans cet état, pour moi qui m\u2019identifiais à son leadership, m\u2019a réellement découragé.» L\u2019homme de 37 ans décrit son trouble comme «un état de désorganisation intérieure».Mais pas question pour lui de fermer le poste de télévision, lui qui dit avoir un «attachement particulier» envers Céline Galipeau et son Téléjournal ainsi que pour la Première Chaîne de Radio-Canada, qu\u2019il décrit comme une «radio de perspective et d\u2019analyse».«Tout petit déjà, j\u2019écoutais les nouvelles tous les jours avec mon père, se souvient-il.Je suis un enfant de la télé, mais axé sur l\u2019information.» La sensibilité de Henrique n\u2019est pas commune, mais nous demeurons tous perméables aux événements dont nous sommes les témoins cathodiques.Et heureusement, selon le psychologue Nicolas Chevrier.Rester de glace devant des images souvent atroces serait tout, sauf sain.«C\u2019est parfaitement normal qu\u2019un changement de gouvernement amène des sentiments chez les gens», mentionne-t-il en exemple, se remémorant la mine basse de plusieurs de ses patients au lendemain des dernières élections fédérales.suite page 10 L'ITINÉRAIRE 9 15 juin 2011 DOSSIER SPÉCIAL \u2014\"i \" suite de la page 9 N\u2019AJUSTEZ PAS VOTRE APPAREIL Henrique Ramos fait bien de ne pas éteindre son poste, car se couper du monde actuel ne serait pas sain.Le secret consiste à garder une distance face aux événements qui font l\u2019actualité.Comment?En consultant les médias de façon routinière, par exemple en regardant un seul bulletin de nouvelles par jour.«Si vous passez la journée sur le live-blog de CNN à suivre ce qui se passe en Lybie alors que vous n\u2019y avez aucune famille, et que cela vous affecte profondément, et bien il faut cesser de le faire», insiste Christophe Herbert.Le blâme n\u2019est pas à jeter sur les médias, malgré «la couverture de plus en plus intense qu\u2019ils font de ces événements», selon Christophe Herbert.Nicolas Chevrier précise qu\u2019il est essentiel d\u2019avoir du recul face au traitement des nouvelles.Le psychologue souligne en exemple la place de plus en plus importante accordée aux faits divers dans les bulletins télévisés, alors que le taux de criminalité est en baisse au Canada.«Ça porte à croire que le monde devient plus dangereux, ce qui est faux.» Faire la part des choses, maintenir un esprit critique et connaître ses limites sont les trois clés permettant d\u2019établir un rapport équilibré entre soi et les informations.«Il ne faut pas oublier que ressentir de la déception et de la frustration en écoutant les nouvelles est une chose normale», rappelle Nicolas Chevrier.Et puis, il ne faut surtout pas cesser de s\u2019émerveiller face aux événements de l\u2019actualité, selon Céline Galipeau, chef d\u2019antenne au Téléjournal de Radio-Canada.Parce qu\u2019il n\u2019y a pas que des catastrophes qui se produisent dans le monde.«Dernièrement, en voyant des peuples au Moyen-Orient avoir le courage de s\u2019élever au nom de la liberté, je versais des larmes tous les jours, confie-t-elle avec émotion à L\u2019Itinéraire.J\u2019ai trouvé cela magnifique!» SI VOUS PASSEZ LA JOURNÉE SUR LE LIVE-BLOG DE CNN À SUIVRE CE OUI SE PASSE EN LYBIE ALORS CUE VOUS N\u2019Y AVEZ AUCUNE FAMILLE, ET QUE CELA VOUS AFFECTE PROFONDÉMENT, ET BIEN IL FAUT CESSER DE LE FAIRE.)) - Christophe Herbert, coordonnateur de recherche à l\u2019Institut en santé mentale de l\u2019hôpital Douglas ^ SANS ÉMOTION, - LES JOURNALISTES?i - Difficile de rester neutre et impartial lorsqu\u2019on transmet en direct des nouvelles souvent dérangeantes ou choquantes.Céline Galipeau en sait quelque chose.En entrevue téléphonique avec L\u2019Itinéraire, la chef d\u2019antenne de Radio-Canada dit s\u2019être sentie dépassée lorsqu\u2019elle animait la soirée électorale le 2 mai dernier.«Comme tout le monde dans son salon, j\u2019étais abasourdie face à ces résultats complètement imprévisibles», décrit-elle, avouant avoir eu de la difficulté à exprimer en ondes l\u2019ampleur de ce qui se passait.Selon elle, les journalistes peinent parfois à maîtriser leurs émotions.Celle qui a été correspondante à l\u2019étranger pendant plusieurs années - notamment au Kosovo et en Afghanistan - en a vu de toutes les couleurs au cours de sa carrière.À son avis, la réalisation de reportages de la façon «la plus professionnelle et objective» possible est un moyen pour les journalistes de se détacher émotionnellement des histoires qu\u2019ils doivent raconter.«Mais on reste habités par tous ces événements», admet Mme Galipeau, qui pratique le métier depuis plus de 25 ans.À la suite d\u2019événements pouvant être traumatisants pour les journalistes, par exemple le tremblement de terre de 2010 en Haïti, Radio-Canada réunit les équipes qui étaient sur le terrain et leurs collègues pour leur permettre d\u2019échanger à propos des émotions vécues sur place.«Le tout a un effet très thérapeutique», reconnaît l\u2019animatrice du Téléjournal.Des psychologues sont également à la disposition des employés de la télévision d\u2019Etat.10 LITINEF;aif;E 15 juin 2011 ¦ri \"nrixi A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\t.é\ta\té\t4\tè\tè à\té\té\té A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\t4\tt A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A A A A A A A A A A fWJ A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tWT A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A A A A A A A.A A A A A A A A A A *\t* A A A A A A A A\tA A A A A A A\tA A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A A MME NATURE, bonne première Chaque jour, les informations jouent sur notre moral.Et qui de mieux placés que les camelots de L\u2019Itinéraire pour témoigner de ces changements?Fidèles à leurs points de vente, les camelots prennent quotidiennement le pouls des quartiers où ils travaillent.Quelques-uns de ces observateurs urbains ont partagé avec nous leurs impressions.Il semblerait que Dame Nature ait un don pour nous affecter.Propos recueillis par MARIE-LISE ROUSSEAU A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A\tA A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A A A A A A A A A A A A A A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA A\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA\tA AAAAAAAAAAA GAÉTAN PRINCE Camelot, métro Bonaventure et Promenade Masson * i ' «J\u2019observe souvent des changements dans l\u2019humeur de ma clientèle.Selon les nouvelles, des fois les gens sont plutôt stressés, angoissés, d\u2019autres fois carrément en crisse - par exemple au lendemain des élections! Je travaille près du Centre Bell et, après un match du Canadien, je reconnais facilement la réaction des amateurs de hockey.Après une défaite, ils sacrent.Après une victoire, c\u2019est le gros party et les gens sont de bonne humeur et me laissent des pourboires.Quand je travaille sur la rue Masson, la température revient souvent dans les sujets de conversations, surtout la pluie.Ça fait partie de l\u2019actualité.Les inondations en Montérégie, particulièrement, ont eu un effet sur tout le monde dernièrement.» HÉLÈNE OUELLETTE Camelot, angle rue de Bordeaux et avenue Mont-Royal 1 «Ces temps-ci, ça ne parle que de la température! Quand il se met à faire beau, tout le monde devient plus sympathique et les gens ont plus le goût d\u2019acheter la revue.Au lendemain des élections, je demandais à mes clients \u201cAvez-vous gagné vos élections?\u201d Ce n\u2019est pas tout le monde qui voulait en parler.Ce qui est clair, c\u2019est que personne n\u2019était content que Harper soit rentré, mais tout le monde semblait heureux du virage NPD.Je remarque aussi que les gens sont très sensibles aux catastrophes naturelles, comme le débordement de la rivière Richelieu.Moi aussi, je trouve ça épouvantable.En voyant ce genre d\u2019événement, les gens disent toujours : \u201cOuf, il y en a des pires que nous\u201d.» YVON MASSICOTTE Camelot, métro Côte-des-Neiges\t' i ' «En ce moment, je sens que le monde est au neutre.Ça manque d\u2019enthousiasme.Il faut dire que l\u2019hiver a été long pour tout le monde.Les prix de tout augmentent : l\u2019alimentation, l\u2019essence, etc.Ça tracasse les gens.Ils se demandent quand ça va arrêter.On est un des pays qui s\u2019en sort le mieux, mais on en arrache quand même.Les gens sont très sensibles à ce qui se passe à l\u2019extérieur.Mes clients me parlent beaucoup ces temps-ci des inondations sur la Rive-Sud de Montréal.Ils se considèrent chanceux d\u2019habiter en haut de la montagne et de ne pas avoir les pieds dans l\u2019eau.Mais ça les touche beaucoup, car ils s\u2019imaginent que ça pourrait leur arriver.On parlait aussi beaucoup du Japon il y a quelque temps, mais plus maintenant.Il reste que l\u2019humeur des gens varie surtout quand les nouvelles les concernent directement.» L-TTINERAIRE 15 juin 2011 A DOSSIER SPECIAL, i i ' illJIlMlili .i-\u2014; -' -\u201e\u201e\u201e- MOINS D\u2019IMAGES S.i/.P./ MARIE-LISE ROUSSEAU La surabondance des actualités en direct n\u2019est pas la seule à nous mettre à l\u2019envers.La quantité phénoménale d\u2019images qui nous sont imposées quotidiennement met aussi notre santé mentale à l\u2019épreuve.Des publicités dans le métro aux pages Web consultées au boulot, ce trop-plein d\u2019images mène à notre perte, selon le cinéaste et anthropologue Bernard Émond.Il élabore sa réflexion dans son recueil de chroniques intitulé Il y a trop d\u2019images.L\u2019ITINÉRAIRE : Dans l\u2019avant-propos de votre ouvrage, vous décrivez la surabondance d\u2019images comme un «déluge médiatique et publicitaire où le réel semble se dissoudre dans le virtuel».Croyez-vous que ce «déluge» ne nous fait plus distinguer le vrai du faux?BERNARD ÉMOND : C \u2019est plus compliqué que ça.Nous faisons tous la différence entre la réalité et la fiction.Mais c\u2019est comme si la vérité n\u2019était plus importante.L\u2019ironie et le cynisme sont au centre de ce déluge médiatique.On sait très bien qu\u2019on nous ment et on s\u2019en fout.Ça m\u2019inquiète énormément.On se dit que distinguer le vrai du faux n\u2019a plus d\u2019importance.C\u2019est comme si on était devenus défaitistes.Des gens ont lu mon livre et m\u2019ont dit : «Vous savez, il y a tout de même de la créativité dans la publicité».De la créativité?Oui, il y en a! Il y en a aussi dans un bordel, où on va vous faire une pipe dont vous allez vous souvenir! [Il s\u2019esclaffe.] Le prosélytisme publicitaire est pire que celui des religieux à l\u2019époque.Il est plus sophistiqué et créatif.On ne voit pas le conditionnement auquel on se livre tous joyeusement.Ça m\u2019inquiète énormément et c\u2019est pourquoi je fais des films, pour rompre avec cet esthétisme et proposer autre chose.L\u2019I.: La consommation d\u2019images liées à l\u2019information est tout de même incontournable à la compréhension du monde, non?B.É.: Absolument.Mais tout est dans la façon d\u2019aborder les choses.Quand on montre jusqu\u2019à plus soif des images de famines et de catastrophes, ou encore qu\u2019on demande aux passants ce qu\u2019ils pensent des événements en Algérie, ça n\u2019informe en rien.Je veux qu\u2019on me dise ce qui se passe, pas qu\u2019on me montre quelqu\u2019un qui agonise dans une mare de sang.Il manque d\u2019analyse qui permet de mieux comprendre.Avant, quand on avait seulement deux bulletins d\u2019informations par jour, il fallait prendre soin de bien choisir ce qu\u2019on allait y montrer.Les chiens écrasés n\u2019avaient pas encore envahi les journaux télévisés.Le problème avec les chaînes d\u2019information continue est qu\u2019on a besoin d\u2019un volume constant de contenu, peu importe ce qui se passe.Le meilleur exemple de remplissage de vide a été la mort de Micheal Jackson.Entendons-nous, c\u2019est d\u2019une importance relativement faible, mais ça a pris toute la place, même dans les journaux dits sérieux.Je ne dis pas qu\u2019il ne faut pas en parler, mais il faut hiérarchiser l\u2019importance des événements.Je crois par exemple que ce qui se passe en Syrie est plus important que le mariage du Prince William.COUVERTURE DU LIVRE IL Y A TROP D\u2019IMAGES DANS LA MESURE OÙ L\u2019INDIGNATION NE SE PERD PAS, LES CHOSES VONT CHANGER.LA CAPACITÉ À S\u2019INDIGNER EST ESSENTIELLE.» - Bernard Émond BERNARD ÉMOND 12 L ITINÉRAIRE riMfei -\u2014 SUPPlÉHE/m L\u2019l.: Votre façon de voir les choses n\u2019est-elle pas pessimiste?B.E.: Je pense qu\u2019avoir ce point de vue critique est en soi optimiste.En dénonçant les choses qui doivent être dénoncées, on peut les changer.C\u2019est en étant cynique qu\u2019on est pessimiste.Etre en colère sert à quelque chose.Je pense qu\u2019on ne vit pas dans une bonne période historique; la droite avance partout.Il est bien possible qu\u2019on vive pour un certain moment un recul des droits citoyens et sociaux.Mais on sait que l\u2019histoire a ses périodes.Dans la mesure où l\u2019indignation ne se perd pas, les choses vont changer.La capacité à s\u2019indigner est essentielle.L\u2019I.: Comment ne pas tomber dans le piège du cynisme face au trop-plein d\u2019images?B.E.: Il y a deux solutions, qui ne peuvent aller l\u2019une sans l\u2019autre.La première consiste à faire preuve d\u2019esprit critique, ce qu\u2019on ne peut faire qu\u2019avec du recul.Le recul est un grand luxe dans le monde dans lequel on vit, où il faut que tout soit instantané.Et pour avoir du recul, il faut éteindre le poste.Se sevrer de la télévision et de la radio, même de la Première chaîne de Radio-Canada, qui est devenue d\u2019une futilité à faire mourir.Pourquoi ne pas retourner aux grands auteurs?Lire Tchékhov, ou Balzac?Il faut se rappeler ce qu\u2019est un bon texte.Et aussi de ce qu\u2019est une bonne image.Louez donc un film de Bergman ou de Lellini, ça vous rappellera ce qu\u2019est une image qui a du sens.Peut-être qu\u2019on pourra ensuite se livrer à une meilleure réflexion sur la nature humaine.Cela dit, il ne faut pas pour autant se déconnecter du monde actuel.Mais quand on se rend compte de la quantité d\u2019heures complètement inutiles qu\u2019on passe devant Internet et la télévision.La deuxième solution consiste à porter attention au monde qui nous entoure, afin de se rappeler ce qui est important.Il faut voir la beauté du monde, sa tristesse et sa dureté.Le même jour où l\u2019on voit des gens quêter, on peut être témoins d\u2019actes de bonté formidables.Mais pour ça, il faut regarder, il faut être présent.On doit recommencer à avoir un rapport immédiat avec le monde autre que celui qui est médiatisé.Qu\u2019un résident du Plateau Mont-Royal aille marcher dans Hochelaga-Maisonneuve, juste pour constater l\u2019écart de richesses.Cet écart scandaleux s\u2019observe aussi simplement en marchant sur la rue Sainte-Catherine.BERNARD ÉMOND EST PRÉSENTEMENT EN TOURNAGE DE TOUT CE QUE TU POSSÈDES, SON SIXIÈME LONG MÉTRAGE.IL Y A TROP D\u2019IMAGES DE BERNARD ÉMOND EST PUBLIÉ CHEZ LUX ÉDITEUR.Aucun ouvrage n\u2019est entièrement dédié aux impacts des médias sur la santé mentale.En attendant les résultats de l\u2019étude de l\u2019Institut Douglas sur les conséquences de la couverture médiatique du séisme au Japon, L\u2019Itinéraire vous propose deux outils de référence sur le monde des médias et de la psychologie.pmrcom DMTWÉFBW f/tmtemtEUE Normand Baillargeon Lux éditeur Une saine relation avec les médias d\u2019information passe notamment par un bon esprit critique.Pour aiguiser celui-ci, rien de mieux que le Petit cours d\u2019autodéfense intellectuelle, de l\u2019ancien professeur d\u2019éducation à l\u2019UQAM et essayiste Normand Baillargeon.Cette leçon s\u2019articule autour de quatre grandes idées : le langage (méfiez-vous de la langue de bois), les mathématiques (attention aux chiffres séducteurs), la science (gare à la «pseudo» science) et les médias (lisez entre les lignes.des journaux).Rédigée dans un langage simple et accessible, cette leçon d\u2019autodéfense intellectuelle est incontournable pour acquérir un bon esprit critique.(-mm Institut universitaire en santé mentale Douglas et Université McGill - lnfo-trauma.org Vous êtes davantage intrigué par les effets psychologiques que peut causer la surexposition aux médias?Le site Web I-Trauma, de l\u2019Institut en santé mentale de l\u2019hôpital Douglas, analyse sous toutes ses coutures le concept du stress post-traumatique, nommé ici trauma.En cliquant sur des onglets tels que Qu\u2019est-ce que le trauma?, Victime d\u2019un trauma?et Infothèque, vous aurez accès à une multitude de renseignements pratiques ainsi qu\u2019à plusieurs pistes de solutions pour soigner un traumatisme.Un outil Web bien utile! IVCI-H lit' petit cours d autortoienss intellectuel^ PHOTO : PIERRE DURY ACTUALITÉ & CULTURE Que VOUS CACHE votre QUARTIER?CAMILLE LAURIN-DESJARDINS Stagiaire à la rédaction 4 tjif w- e -J L \"îl Ça y est : vous venez de fermer votre dernière boîte, le distributeur de ruban adhésif à la main.Le camion est loué, les déménageurs engagés, votre nouvel appartement vous attend.Vous êtes prêt.Vous rêvez à votre belle cuisine remplie de lumière et à votre petite cour qui sera idéale pour les barbecues entre amis cet été.Mais avez-vous bien analysé votre futur quartier?Que connaissez-vous de l\u2019environnement dans lequel vous allez vivre?Beaucoup d\u2019aspects de votre quartier, même des détails qui peuvent vous sembler anodins, pourraient influencer votre humeur et vos états d\u2019âme.Michel Tousignant, professeur de psychologie à l\u2019UQAM, croit que le niveau de sécurité d\u2019un quartier a beaucoup d\u2019impact sur ses résidants.Si ceux-ci ne se sentent pas en sécurité dans les rues de leur quartier, ils auront davantage tendance à s\u2019isoler, ce qui peut les rendre plus déprimés.Les parents, par exemple, auront tendance à garder leurs enfants à la maison, risquant ainsi d\u2019affecter leur développement.«En particulier lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une famille monoparentale qui habite un édifice en hauteur, il est difficile de surveiller les enfants lorsqu\u2019ils sont dehors, note M.Tousignant.Les enfants ne vont donc pas ou peu dehors, ce qui a un impact sur leur humeur, et éventuellement, sur leur santé mentale.L\u2019enfant a un univers social restreint, et cela peut également affecter l\u2019humeur de ses parents.» HO-MA OUH LALA.Julie Bolduc connaît ce sentiment d\u2019insécurité.L\u2019année dernière, la jeune femme a quitté son premier appartement de Rosemont-Petite-Patrie pour s\u2019installer dans un coin beaucoup moins tranquille et familial du quartier Hochelaga-Maisonneuve, en attendant que le condo quelle avait acheté soit construit.En tout, elle n\u2019est restée que huit mois dans son petit appartement de la rue Sainte-Catherine, mais elle a eu l\u2019impression que cela a duré une éternité.D\u2019abord parce quelle ne se sentait pas en sécurité, étant quotidiennement témoin de prostitution et de trafic de drogue sur sa rue.«Dans mon ancien quartier, je me promenais souvent toute seule le soir sans problème.Je n\u2019ai jamais eu peur de le faire.Mais là, jamais de la vie! Je ne sortais jamais toute seule, après 23h.J\u2019attendais d\u2019avoir quelqu\u2019un pour m\u2019accompagner, et de préférence un homme.» Elle est convaincue que cela a influencé son humeur, car elle n\u2019était pas habituée à une telle situation.«Je suis une personne assez libre, je n\u2019aime pas avoir d\u2019horaire.Et là, je me sentais restreinte.Ça vient jouer sur le moral, c\u2019est évident.Il faut avoir une force de caractère assez impressionnante pour ne pas se laisser démoraliser.» Le maire de l\u2019arrondissement Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, est bien conscient de ces problèmes qui contribuent à donner une mauvaise réputation au quartier.C\u2019est pourquoi il a mis en place plusieurs mesures pour combattre l\u2019insécurité que peuvent ressentir les résidants.«Nous avons augmenté l\u2019éclairage dans certaines parties du quartier, installé davantage de surveillance dans les parcs.On essaie d\u2019animer les lieux.Cet été, il y aura des cadets en présence continue sur la rue Sainte-Catherine», affirme M.Ménard.Malgré tout, le maire reste confiant, en partie grâce à la vie communautaire, 14 LITINEF;aif;E 15 juin 2011 qui selon lui anime le quartier.«Cela permet aux gens seuls de vivre une expérience de socialisation et de vaincre leur isolement.» LE MOT-CLÉ : COMMUNAUTÉ Michel Tousignant croit également à cette notion de vie communautaire : «Le fait d\u2019être bien dans un quartier ne dépend pas de son architecture, mais du réseau social qu\u2019on peut s\u2019y former, avance-t-il.Quand les gens d\u2019un quartier se développent un réseau social, ils prennent soin les uns des autres et tout le monde se sent davantage en sécurité.» Cela repose donc d\u2019abord sur la permanence des résidants, sur leur volonté de s\u2019établir dans le quartier pour y rester.«Saint-Henri est un bon exemple, ajoute M.Tousignant.Les familles s\u2019y sont établies depuis longtemps, les gens y demeurent de génération en génération.Les résidants se préoccupent donc des voisins, ils ont un attachement au quartier, donc celui-ci est plus propre.» Julie, pour sa part, ne parlait pratiquement pas à ses voisins durant son séjour dans Hochelaga-Maisonneuve, ce qui ne l\u2019a pas aidée à apprécier son nouveau quartier.«Je ne me sentais même pas chez moi, se souvient-elle.Je me sentais un peu dépressive, ça jouait beaucoup sur mon humeur, c\u2019est sûr.Je devenais plus agressive, moins active, plus paresseuse.» Elle n\u2019avait pas du tout l\u2019impression de faire partie d\u2019une collectivité.«Les rues étaient malpropres, beaucoup de gens ne faisaient pas attention à leur quartier.Et voir des couches souillées dans la rue le matin, c\u2019est sûr que ça n\u2019aide pas nécessairement à bien démarrer ta journée!» lance-t-elle avec un petit rire ironique.UN QUARTIER NE DÉPEND PAS DE SON ARCHITECTURE, MAIS DU RÉSEAU SOCIAL QU\u2019ON PEUT S\u2019Y FORMER.)) - Michel Tousignant, professeur de psychologie à l\u2019UQAM VA PRENDRE L\u2019AIR! Outre la sécurité, plusieurs caractéristiques d\u2019un quartier qui peuvent sembler banales en apparence ont un réel impact sur la santé mentale.Sophie Paquin, professeure associée à l\u2019UQAM en urbanisme, donne tout d\u2019abord l\u2019exemple de la marche.«Dans des quartiers où tout est central, par exemple dans l\u2019est ou dans l\u2019ouest de la ville, les gens vont prendre leur voiture pour tous leurs déplacements.Et il est scientifiquement prouvé que la marche aide à réduire les risques de dépression, en plus de favoriser des rencontres, des échanges de sourires, ce qui permet de sentir qu\u2019on fait partie de la société.» Sans compter que la sédentarité entraîne évidemment des problèmes de surpoids, qui peuvent également altérer la santé mentale d\u2019un individu.Selon Mme Paquin, il est important de favoriser les espaces piétonniers.Votre super appartement est situé en bordure d\u2019une voie de circulation importante?Il se peut que cela ait des impacts sur votre santé physique et mentale.La pollution de l\u2019air, plus importante dans les quartiers traversés par des rues à fort débit de circulation, augmente le risque de maladies cardiaques et de naissance de bébés frêles.Et le bruit que produisent toutes ces automobiles?«Pour les enfants, par exemple, la pollution par le bruit peut entraîner des problèmes d\u2019apprentissage, de la difficulté à se concentrer et des problèmes de sommeil», indique Mme Paquin, tout en spécifiant que les recherches sur le sujet sont encore peu nombreuses et qu\u2019il est donc difficile d\u2019arriver à une conclusion avérée.Pour la spécialiste en urbanisme, la solution passe entre autres par la réduction de la circulation automobile et par la présence d\u2019espaces verts à proximité des résidants.«En Europe, plusieurs études ont démontré que la présence de verdure dans les hôpitaux et instituts psychiatriques aide au rétablissement plus rapide des patients.» Mme Paquin croit que la même logique s\u2019applique en ville : les citoyens doivent avoir accès à des parcs, ou encore avoir la possibilité de jardiner pour contrer les effets néfastes que peut avoir la ville à certains égards.Alors finissez de défaire vos boîtes, donnez un dernier coup de pinceau, et dépêchez-vous d\u2019installer des bacs à fleurs dans votre cour! Mais quoique vous fassiez, en ces temps de déménagement, ne ramassez surtout pas un divan ou un matelas dans la rue, car les punaises de lit causent de nombreux dommages physiques et psychologiques, peu importe le quartier dans lequel elles se trouvent! UrtlNERAIRE 15 DEMENAGER sur deux roues MARIE-LISE ROUSSEAU L\u2019entrepôt de la rue Frontenac est minuscule.De l\u2019extérieur, rien ne laisse paraître que se trouve là le quartier général d\u2019une entreprise de déménagement, si ce n\u2019est de quelques vélos attachés à une remorque portant le logo Déménagement Myette.Il faut savoir que l\u2019entreprise réalise tous ses déménagements seulement à bicyclette.Seule dans son genre en Amérique du Nord, Déménagement Myette a amorcé au printemps sa troisième année de service.comme sur des roulettes.À l\u2019arrivée de L\u2019Itinéraire, l\u2019entrepreneur Julien Myette donnait les consignes de la journée à ses quatre employés.Equipés de bâches, de cordes et de leur casque de vélo, les déménageurs de Déménagement Myette ne ressemblent en rien à l\u2019image populaire des déménageurs.Pas de gros bras poilus ou de bedaines de bière.Certains de ces employés sont même des femmes, comme Emilie, qui fait des déménagements à vélo depuis un an.«On n\u2019a pas le choix d\u2019être en forme!», assure la jeune déménageuse.À première vue, difficile de croire qu\u2019une fille somme toute petite puisse pédaler en tirant derrière son vélo le poids d\u2019un réfrigérateur et d\u2019une cuisinière.«Bien sûr, répond-elle, comme si c\u2019était une évidence.Même que c\u2019est beaucoup plus facile de déménager ces gros morceaux que des petites boîtes, car ils sont plus stables.» Julien Myette mise sur le professionnalisme de son entreprise.«Pour promouvoir mes services, je vise davantage sur la qualité du service que sur l\u2019aspect environnemental», déclare-t-il.Ça n\u2019empêche pas le jeune homme d\u2019éprouver beaucoup de fierté à effectuer de gros déménagements avec comme seule source d\u2019énergie «la bouffe que [lui et ses employés] l\u2019on mange.» La romancière Jacynthe Laforte a fait appel aux services de Déménagement Myette à l\u2019automne dernier sans se douter que les déménageurs arriveraient à vélo.Elle a même répété trois fois à la réceptionniste de l\u2019entreprise les indications de stationnement devant son logement.L\u2019auteure, qui a travaillé au Réseau québécois pour la simplicité volontaire, a été fascinée par cette expérience.«Ça nous rappelle qu\u2019on peut toujours faire autrement, qu\u2019il suffit d\u2019un peu de débrouillardise.» ASSEOIR SA CRÉDIBILITÉ SUR UNE SELLE Le temps était froid et pluvieux au début de mai, lors de la visite de L\u2019Itinéraire.Pas facile pour les déménageurs, JULIEN MYETTE A COMBINÉ SON ANCIEN MÉTIER DE DÉMÉNAGEUR ET SA PASSION DU VÉLO POUR CRÉER LA PREMIÈRE ENTREPRISE DE DÉMÉNAGEMENT À BICYCLETTE EN AMÉRIQUE DU NORD qui doivent pédaler sous l\u2019eau tout en s\u2019assurant que les biens qu\u2019ils transportent sont à l\u2019abri des intempéries.Julien Myette avoue avoir hâte que le soleil se pointe le bout du nez après cinq jours de pluie.Mais le plus difficile, ce sont les côtes.«C\u2019est tout un défi quand on traîne 300 kilos derrière soi, mais ça rend top shapel», assure-t-il en riant, assis sur un petit tabouret dans son entrepôt de la rue Frontenac.Le déménageur était loin de se douter que son idée d\u2019attacher des remorques à des vélos deviendrait si populaire.Ayant commencé avec trois vélos et remorques à l\u2019été 2009, Déménagement Myette en compte désormais huit.Au moment de notre rencontre, Julien Myette pensait s\u2019en procurer quelques-uns de plus pour répondre à la demande des mois de juin et juillet.À ses débuts, le passionné de bicyclette a dû prendre son mal en patience pour convaincre les plus sceptiques du sérieux de son entreprise.«Au début, j\u2019offrais des tarifs imbattables, en ne mentionnant pas que j\u2019étais à vélo.Les gens avaient toute une surprise en voyant mon vélo et ma remorque devant chez eux! La plupart du temps, je les convainquais en cinq minutes que j\u2019étais capable!», se souvient-il fièrement.N\u2019empêche que l\u2019entrepreneur est heureux aujourd\u2019hui de ne plus avoir à cacher son moyen de transport et de compter sur une bonne réputation, principalement fondée sur le bouche à oreille.L\u2019hôpital Maisonneuve-Rosemont a même fait de Déménagement Myette son déménageur officiel.UN MONDE SANS PÉTROLE Jacynthe Laforte a déménagé sans pétrole en utilisant les services de Déménagement Myette.Et elle vient de publier son premier roman, Cité Carbone, dans lequel les personnages vivent dans un monde sans pétrole.«Comme conséquence de cette pénurie, la ville devient désorganisée et en crise économique», décrit-elle.Marie-Sophie, une adolescente révoltée, fugue de son monde riche et industriel pour aller à la rencontre de personnages du «vrai monde».«Il ne s\u2019agit pas d\u2019une utopie», avertit Jacynthe Laforte.Les idéaux se confrontent dans ce roman qui propose des solutions aux grands enjeux environnementaux montréalais.PHOTO : DÉMÉNAGEMENT MYETTE 16 E ITINÉRAIRE CHRONIQUE CULTURELLE JOSEE LOUISE TREMBLAY Journaliste de rue - www.joseelouise.com YELO MOLO, soudé comme les Rolling Stones TROIS DES SIX MEMBRES DE YELO MOLO : YANICK BOIVIN (BATTEUR), STÉPHANE YELLE (CHANTEUR ET GUITARISTE) ET PATRICK FRÉCHETTE (GUITARISTE).Les six gars de Yelo Molo se sont rencontrés au cégep et, comme les Rolling Stones, le groupe n\u2019a aucune intention de se séparer.« Ça fait plus de quinze ans qu\u2019on est amis et dès les débuts de notre aventure, on voulait jouer nos créations et être proches de ce que nous vivions», résume Yanick Boivin, le batteur du groupe.Ils se connaissent comme les six pattes d\u2019une même bibitte et n\u2019ont aucune envie de recommencer en solo ou avec d\u2019autres, malgré les hauts et les bas.Le groupe Yelo Molo a composé le thème musical de l\u2019émission Infoman, diffusée à la télévision de Radio-Canada.Mais ses membres ne font pas de la musique pour faire de l\u2019argent.De leur propre aveu, leur quatrième album, Emmène-moi kekpart, ne se vend pas aussi bien que les trois autres.Pourtant, selon moi, c\u2019est le meilleur qu\u2019ils ont fait jusqu\u2019à présent.S\u2019ils sont toujours présents sur la scène musicale québécoise, c\u2019est peut-être tout simplement parce qu\u2019ils aiment ce qu\u2019ils font et qu\u2019ils ont du plaisir à jouer ensemble.Et ça se sent, autant sur scène que dans leurs albums.«On aurait pu arrêter parce qu\u2019on fait un peu moins d\u2019argent maintenant ou que notre face n\u2019est pas dans tous les magazines.Au contraire, on se retrousse les manches et on recommence», remarque Yanick.Le batteur poursuit avec une anecdote : «J\u2019ai su qu\u2019une personne avait fait jouer une de nos tounes lors de son mariage.J\u2019aime mieux que notre chanson se loge dans le cœur de quelques centaines de personnes, que d\u2019en écœurer 200000 quatre fois par heure sur les ondes des grandes stations! Si la personne porte cette chanson dans son cœur, elle va l\u2019écouter encore dans cinq ans.Selon moi, c\u2019est mission accomplie», dit-il, la fougue dans les yeux.LE PARCOURS DES COMBATTANTS En 1992, le chansonnier Stéphane Yelle faisait ses premières apparitions sur scène.À l\u2019époque, il avait un agent, qui a eu l\u2019idée de nommer le groupe Yelo Molo.Ce nom s\u2019inspire de la chanson «mellow yellow» de Donovan, ainsi que du nom de famille Yelle (de Stéphane).«Et parce que je suis plutôt mollo dans la vie», blague le chanteur principal du groupe.Stéphane Yelle est un fan des Beatles.Il aime également la musique acoustique, le folk, le blues, le jazz, le rock et évidemment le ska.«À l\u2019origine et à chaque étape, le groupe a suivi une démarche honnête, dit-il.Ce qui nous allumait musicalement, c\u2019est ce que nous avons fait.» Yanick a, quant à lui, une analyse un peu différente.«On a toujours traité des sujets qui nous représentaient.Il y a douze ans, on parlait de notre vie de jeunes adultes dans la vingtaine.Aujourd\u2019hui, nos sujets semblent plus graves, mais c\u2019est peut-être la trentaine, dit le batteur, un peu moqueur.Je n\u2019aime pas dire que c\u2019est de la maturité.Je préfère dire que nous avons acquis une certaine sagesse.» VANCOUVER 2010 Lors des Jeux olympiques de Vancouver en 2010, Yelo Molo a fièrement représenté la musique francophone du Québec.«Ça a été tout un honneur de représenter le Québec.Et puis, on a aimé qu\u2019il y ait une \u201cPlace de la francophonie\u201d sur le site des Jeux.Ça a permis aux francophones de fraterniser dans les bars et restaurants aménagés sur les lieux», raconte Stéphane.Le groupe a joué son spectacle sous la pluie.«Le public est resté avec nous durant une heure et demie en dansant dans les flaques d\u2019eau, fier d\u2019être francophone, déclare Yanick.C\u2019était formidable!» «Quand on a commencé ensemble, notre musique était plutôt rigolote.Pour le groupe et notre genre, le ska, on trouvait que ça nous représentait bien», ajoute le batteur du groupe.Les trois comparses puisent leurs idées dans le quotidien.Selon Patrick Fréchette, aussi guitariste, son expression artistique est souvent démesurée: «Je suis celui qui fait de la tragédie grecque! C\u2019est toujours plus grave ce qui m\u2019arrive.Mes tounes ont souvent des mots \u201csaignants\u201d!», s\u2019esclaffe-t-il.WWW.YELOMOLO.COM PHOTO : DANIEL DUMONT L'ITINERAIRE 17 L\u2019UNIQUE CENTRE D\u2019INFORMATION CULTURELLE r DU GRAND MONTRÉAL ACHETEZ TOUS IS SPECTACLES EN LIGNE! WWW.LAVITRINE.COM -«a\t*\u2014\u2022\t4m aL.> 14S.ni» SuliTTa-Cairniitn»\tMoulraai -y,\t\u2014\u2022 .n i:\u201d;.\".B9 Mîa*>45*4 (I vitnrwwjminiMa Q n.»rtrm« £*r»r».»«in ^a=- EcoLogo\t^PÎSSco pt ctmurs SPÉCIAL QUESTIONNAIRE OE PROUST U PIERRE SAINT-AMOUR // Participant à un programme de réinsertion sociale au Café L\u2019Itinéraire Par un après-midi ensoleillé du printemps de 1884, une belle jeune fille de 15 ans, répondant au nom d'Antoinette Faure, arpente la rue de Rivoli, à Paris.D\u2019un pas décidé, elle se rend à la librairie Galignani pour se procurer un petit livre rouge de langue anglaise (Antoinette était une anglomane invétérée), qui a pour titre Confessions.Ce livre connaissait, depuis le milieu du XIXe siècle, en Angleterre, un énorme succès.Il s\u2019agit d\u2019un «album de confidences» composé d\u2019un questionnaire reproduit à chaque page du livre.Le détenteur ou la détentrice de l\u2019album devait inviter ses amis et amies à répondre au questionnaire dans le but de colliger leurs pensées et leurs sentiments.Antoinette Faure fréquentait alors un jeune garçon de 13 ans qui était éperdument amoureuxd\u2019elle.Elle lui rem it ^questionnaire, auquel il s\u2019empressade répondre.Si l\u2019Histoire a retenu cette anecdote, c\u2019est que le jeune garçon allait devenir quelques années plus tard un des plus grands écrivains du XXe siècle.Cet écrivain, c\u2019était Marcel Proust.Antoinette Faure allait à son insu lui inspirer le personnage de Gilberte Swann dans son roman À la recherche du temps perdu.Nous avons proposé à quelques camelots de L\u2019Itinéraire de répondre à ce questionnaire, traduit et légèrement modifié par Proust.HENRY MULLER EST UN AUTEUR POUR LEQUEL JAI BEAUCOUP DADMIRATION.//JEAN-MARC BOITEAU // Camelot & journaliste de rue LA QUALITÉ QUE JE PRÉFÈRE CHEZ UNE FEMME : La qualité que je préfère chez une femme, c\u2019est d\u2019abord son charme! MES OCCUPATIONS PRÉFÉRÉES : Outre l\u2019amour que je porte à la femme, mes occupations préférées sont les articles et les chroniques sur lesquels je travaille.MES AUTEURS FAVORIS : Henry Muller est un auteur pour lequel j\u2019ai beaucoup d\u2019admiration.MES PEINTRES FAVORIS : J\u2019apprécie particulièrement l\u2019époque des impressionnistes, Gagnon et le Groupe des Sept dont faisaient partie les Harris, Jackson et Thomson, pour ne nommer que ceux-là, à cause de leurs techniques et de leurs styles audacieux pour l\u2019époque.PERSONNAGES HISTORIQUES QUE JE MÉPRISE LE PLUS : Hitler pour les raisons que l\u2019on connaît.Il y a aussi Don Cherry, commentateur sportif, qui ne cesse de vomir des propos racistes à l\u2019égard des Québécois francophones.38 LITINEF;aif;E 15 juin 2011 J\u2019AIME LA FLEUR DE LYS, CAR ELLE EST L\u2019EMBLÈME DU QUÉBEC.// MARCO POTVIN // Camelot, Place Jacques-Cartier / rue Notre-Dame //ALAIN SAINT-GERMAIN // Camelot, métro Beaudry COMMENT J\u2019AIMERAIS MOURIR?Picasso et Salvador Dali pour le surréalisme de leurs oeuvres qui était très innovateur pour l\u2019époque.J\u2019aimerais mourir dans la dignité, avec le sentiment d\u2019avoir accompli tout ce que je voulais dans la vie.LE DON DE LA NATURE QUE JE VOUDRAIS AVOIR : J\u2019AIME AUSSI LE J\u2019aimerais avoir le don de guérir les gens.CE QUE JE DÉTESTE PAR-DESSUS TOUT : Avoir autour de moi des gens à double face.CE QUE J\u2019APPRÉCIE LE PLUS CHEZ MES AMIS : CARDINAL ROUGE POUR SA COULEUR L\u2019OISEAU QUE JE PRÉFÈRE : J\u2019aime les gens sincères et directs.QUEL SERAIT MON PLUS GRAND MALHEUR?Mourir seul.J\u2019AIMERAIS AVOIR LE DON DE GUÉRIR LES GENS.La crécerelle d\u2019Amérique parce que c\u2019est un petit faucon et que j\u2019adore les oiseaux de proie.J\u2019aime aussi le cardinal rouge pour sa couleur, même sa femelle qui est plutôt beige avec un bec orangé.LE PAYS OÙ J\u2019AIMERAIS VIVRE : L\u2019Arizona aux Etats-Unis pour son climat sec, car je fais de l\u2019arthrose, ou le Costa Rica pour ses parcs et la diversité de ses oiseaux.MES COMPOSITEURS PRÉFÉRÉS : Les groupes Yes (rock progressif) et Deep Purple (hard rock).//YVES GRÉGOIRE// Distributeur MON PRINCIPAL DÉFAUT : La naïveté.J\u2019ai appris à vivre avec, mais j\u2019ai encore tendance à croire trop facilement les gens et à me faire avoir.MON HÉROS DANS LA FICTION : Jack Ryan, un des personnages principaux dans les romans de Tom Clancy.L'ITINERAIRE 39 LA FLEUR QUE J\u2019AIME : J\u2019aime la fleur de lys, car elle est l\u2019emblème du Québec.L\u2019OISEAU QUE JE PRÉFÈRE : Le petit moineau du Québec, car il est résistant et passe les quatre saisons ici.MES PEINTRES FAVORIS : LE FAIT MILITAIRE QUE J\u2019ADMIRE LE PLUS : La conquête de l\u2019Europe par César et la création d\u2019un parlement sénatorial par ce dernier.PERSONNAGE HISTORIQUE QUE JE DÉTESTE LE PLUS : Hitler en raison de l\u2019Holocauste et de sa volonté d\u2019exterminer tous ceux qui n\u2019étaient pas de la race aryenne.15 juin 2011 //BILL ECONOMOU// Camelot, Marché Atwater JE N\u2019AIME PAS LES PERSONNES QUI JOUENT LE PAYS OU JE DESIRERAIS VIVRE : Dans les états au sud des Etats-Unis, là où il fait chaud, ou en Grèce.UN PERSONNAGE.// MICHEL ST-AMAND // QUEL SERAIT MON PLUS GRAND MALHEUR?Camelot, angle Lanaudière/ Mont-Royal Mon plus grand malheur serait de perdre ma famille et mes amis.MES HÉROS DANS LA VIE RÉELLE : Jésus-Christ et Dieu.MON PRINCIPAL TRAIT DE CARACTERE : La sociabilité, car j\u2019aime les gens, j\u2019aime jaser avec eux, les connaître, savoir ce qui les préoccupe.LA QUALITÉ QUE JE PRÉFÈRE CHEZ UNE FEMME : MES HEROINES DANS L\u2019HISTOIRE J\u2019admire Laskarina Bouboulina, une figure importante de la révolution grecque.Quelle soit elle-même.Je n\u2019aime pas les personnes qui jouent un personnage, qui ne se présentent pas telles quelles sont.MON HÉROS DANS LA FICTION MES COMPOSITEURS PRÉFÉRÉS : Quand j\u2019étais jeune, j\u2019aimais beaucoup Fred Caillou et Arthur Laroche dans les Pierrafeu.Dans le moment présent, je n\u2019en ai pas vraiment.J\u2019ADMIRE LASKARINA BOUBOULINA, UNE FIGURE IMPORTANTE DE LA RÉVOLUTION GRECQUE.40 Au Québec, ce sont Félix Leclerc, Richard Séguin et Michel Rivard.J\u2019aime aussi les guitaristes Johnny Winter et Jimmy Page, le guitariste de Led Zeppelin, un des meilleurs au monde.LE PAYS OÙ J\u2019AIMERAIS VIVRE : Le Québec, où on serait maîtres chez nous.Le pays du Québec.MA COULEUR PRÉFÉRÉE : Le vert, car j\u2019ai les yeux verts! Sans blague, le vert me fait penser au printemps, le petit vert tendre des premières pousses, des premières feuilles.15 juin 2011 LA PARESSE (.) NOUSTUE LENTEMENT.// STEVE ST-YVES // Camelot, métro Joliette L\u2019OISEAU QUE JE PRÉFÈRE : L\u2019aigle royal parce qu\u2019il est majestueux et bon chasseur.CE QUE JE DÉTESTE PAR-DESSUS TOUT : La paresse, car elle nous tue lentement.COMMENT J\u2019AIMERAIS MOURIR?: Dans mon sommeil, de façon rapide et sans douleur.MON PRINCIPAL DÉFAUT : La gourmandise (je mange trop) et l\u2019avarice.MES OCCUPATIONS PRÉFÉRÉES : Le vélo et les films d\u2019action à la télé.// YVON MASSICOTTE // Camelot Côte-des-Neiges, métro Université de Montréal CE QUE JE VOUDRAIS ÊTRE : Acteur dans des films d\u2019action, comme Harrison Ford dans Indiana Jonesl LE PAYS OÙ JE DÉSIRERAIS VIVRE : Le Chili, pour ne pas avoir de neige! Tous les climats s\u2019y trouvent.On peut à la fois être dans le désert, puis presque dans le pôle sud.PERSONNAGE HISTORIQUE QUE JE MÉPRISE LE PLUS : Tous les dictateurs qui profitent des gens, par exemple Khadafi.Comment un humain peut-il ne pas penser aux autres?Une chance que les pays arabes se réveillent aujourd\u2019hui! LE FAIT MILITAIRE QUE J\u2019ADMIRE LE PLUS : Le débarquement de Normandie à Dieppe, où plusieurs Canadiens se sont sacrifiés pour mettre fin à la Deuxième Guerre mondiale.FAUTES QUI M\u2019INSPIRENT LE PLUS D\u2019INDULGENCE La toxicomanie et l\u2019alcoolisme, car se débarrasser de ces habitudes est extrêmement difficile.C\u2019est comme la cigarette! COMMENT UN HUMAIN PEUT-IL NE PAS PENSER AUX AUTRES? GLOBE-TROTTOIR LU DANS L'UN DES 112 JOURNAUX DE RUE MEMBRES DE LINTERNATIONAL NETWORK OF STREET PAPERS (INSP) PAR NORMAN RICKERT\tQ PAR ANAÏS PALMERS Journaliste et traducteur de rue OC Traductrice bénévole Du trottoir à la CAÂÆieAÀe/ Finie la prostitution pour Amanda Bonella.Après avoir été travailleuse du sexe à Vancouver, elle a ouvert un commerce qui vend de la crème glacée, des potages et des sandwiches préparés avec des ingrédients locaux et biologiques.Mme Bonella est la propriétaire de Yogiberry dans le quartier Downtown Eastside, qui est réputé pour son nombre élevé de junkies.Ce n\u2019est évidemment pas l\u2019emplacement le plus facile pour gérer une entreprise.Amanda Bonella nettoie constamment le devant de son établissement, ramassant aiguilles, ordures et autres déchets.Cette ancienne prostituée est une résidente de longue date du quartier et ne voudrait pas être ailleurs.Autre fait intéressant : Mme Bonella n\u2019emploie que des anciens collègues ayant travaillé dans l\u2019industrie du sexe.SOURCE : MEGAPHONE, VANCOUVER Vivre avec et sans handicap Dans le projet de colocation d\u2019Alpha Nova, à Graz en Autriche, des étudiants partagent leur quotidien avec des personnes souffrant d\u2019un handicap.Il s\u2019agit en fait d'une des dix colocations dites d'intégration mises sur pied par Alpha Nova, une compagnie autrichienne qui offre de l\u2019aide aux personnes handicapées.L\u2019idée debase est «d\u2019aider pour vivre».Le principe est le suivant : deux étudiants aident leurs deux colocataires handicapés dans leur vie de tous les jours.Les étudiants sont employés par Alpha Nova à 30%, leur salaire étant directement déduit du loyer.Ils ont ainsi droit à une assurance et à des vacances.Le but de cette initiative consiste à permettre aux personnes handicapées d\u2019être autonomes et de sortir de leur isolement social.Cette initiative fonctionne grâce à beaucoup de communication, des activités en commun et des règles de vie bien établies.SOURCE : MEGAPHON, AUTRICHE) La WEB-TOILETTE En Afrique du Sud, il sera bientôt illégal de menacer, d\u2019injurier ou de harceler une personne en ligne, selon un nouveau projet de loi qui entrera bientôt en vigueur.Les agresseurs pourraient même faire face à l'emprisonnement.Cette loi est la bienvenue pour un nombre grandissant d\u2019adolescents victimes de taxage dans ce pays.L\u2019Afrique du Sud connaît une augmentation marquée de cas de cyberintimidation depuis l\u2019engouement pour les médias sociaux.Contrairement à ce qu\u2019on aurait pu croire, Twitter ou Facebook ne sont pas les sites les plus dangereux.C\u2019est le site Web russe OuToilet qui remporte la palme de l\u2019intimidation en ligne.Ce site a été fermé pour être remplacé par le portail NuweToilet, d\u2019autant plus dangereux parce qu\u2019on peut y accéder de manière totalement anonyme et menacer des victimes potentielles en utilisant un pseudonyme.Flusher les victimes de cette manière, ça ne sent pas bon.SOURCE : BIG ISSUE, AFRIOUE DU SUD 42 UrtlNERAIRE 15 juin 2011 CHRONIQUE DE RUE SYLVIE DESJARDINS Camelot, Marché St-Jacques, coin Ontario et Amherst - sylviedesjardins58@gmail.com v/kmII tV X>AM C\u2019était à la fin des années cinquante.Elle était la plus belle de son quartier.Une horde de soupirants désiraient être vus avec elle.Elle vivait dans une chambre quelle avait décorée à son goût, dans une petite maison de pension sur la rue Cherrier.Elle travaillait dans une manufacture et était très bien payée.Bref, elle était libre comme l\u2019air et elle en profitait.Elle rencontra son futur mari dans un dancing en vogue.Il n\u2019était pas le plus attirant des jeunes hommes quelle connaissait, mais il était sérieux et «bien placé», comme on disait dans le temps.Denis était barbier et, à 26 ans, il possédait déjà son propre salon.Il commença donc à courtiser la belle en la gâtant avec des petites douceurs.Il lui acheta même une télévision ce qui, à cette époque, coûtait beaucoup d\u2019argent.Ils se fréquentèrent pendant une courte période de temps avant de se marier un 2 janvier, par -40°.Ils ont fait leur voyage de noces en Floride, ce qui était rare à cette époque, la destination populaire des jeunes mariés étant alors les chutes Niagara.Les jeunes époux emménagèrent chez le père de Denis pour économiser de l\u2019argent en vue de s\u2019acheter une maison en banlieue de Montréal.Il n\u2019était pas question pour le jeune mari d\u2019emprunter à la banque.C\u2019est ainsi qu\u2019ils quittèrent un an plus tard Montréal pour Repentigny qui, à cette époque, était une ville rurale avec des champs à perte de vue.Pour amasser de l\u2019argent, Denis achetait une maison tous les deux ans, la rénovait et la revendait avec beaucoup de profit.La dernière maison que la famille a eue était une grosse demeure de style canadien avec trois lucarnes, une entrée de marbre et un immense foyer en pierres.Carmen et Denis ont eu deux filles et restèrent ensemble pendant neuf ans.Puis, un jour, Carmen laissa son mari pour un homme très riche qui lui avait promis de quitter sa femme pour aller vivre avec elle.Le divorce de leurs parents ébranla tant la plus jeune des deux filles de Carmen quelle en fit une dépression.C\u2019est quelle était très attachée à son père.D\u2019autant plus que les deux fillettes ont été séparées à la suite du divorce.L\u2019aînée souffrait beaucoup d\u2019être séparée de sa petite sœur.Tout ça pour que, finalement, l\u2019homme riche quitte Carmen pour une femme plus jeune.Chanceuse, Carmen rencontra un autre homme, un Italien cette fois, qui lui donnait presque tout l\u2019argent qu\u2019il gagnait.Il aimait Carmen plus que tout.Tellement qu\u2019il laissa sa femme cancéreuse pour sa nouvelle belle! Mais après une dizaine d\u2019années avec son bel Italien, Carmen le quitta pour un autre homme qui, lui aussi, lui donnait une partie de son chèque de paie.Cette relation fut plus tumultueuse, car ce conjoint était alcoolique.Ils consommèrent beaucoup ensemble.Carmen était alors dans la cinquantaine.Leur union a duré 13 ans.Il faut dire quelle était encline à faire des dépressions nerveuses très profondes.Peu à peu, elle perdit beaucoup de motivation et commença à souffrir d\u2019un petit déficit cognitif.La plus jeune de ses filles emménagea alors avec elle.A l\u2019âge de 75 ans, elle était encore une belle femme.Maman, j\u2019ai écrit ce texte par amour pour toi, car je sais que tu as fait de ton mieux malgré les circonstances pour nous mener à bon port avec les moyens que tu avais.Repose en paix.la.ç\\ras/S)
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