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Titre :
L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
jeudi 15 septembre 2011
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2011, Collections de BAnQ.

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[" Volume XVIII, n° 18\t0$ Montréal, 15 septembre 2011 DOSSIER MAÎTRE CHEZ-SOI Le chez-soi comme espace de bien être ZOOM CAMELOT Entre le rose et le bleu ROBERT CHARLEBOIS RIT jantt* ZOOM SUR îS3£* nK°pa gr internet haute vitesse VlaéoJrüh. KVfll MONDE DE JACK nferr EDITORIAL CATHERINE GIROUARD Rédactrice en chef - Catherine.girouard@itineraire.ca Changer le monde.N\u2019y a-t-il pas un objectif plus grand et plus illusoire?Pour Jack Layton, c\u2019était loin d\u2019être inatteignable.Le chef néo-démocrate regretté de tous - pour une fois, les allégeances politiques importent peu - était convaincu qu\u2019on pouvait rendre notre monde meilleur.«Alors que ma carrière politique s\u2019achève, j\u2019aimerais vous transmettre toute ma conviction que vous avez le pouvoir de changer ce pays et le monde», a-t-il écrit aux Canadiens avant de mourir, dans une lettre dont les mots ont envahi toutes les tribunes le jour de sa mort.Et comment est ce monde meilleur dont rêvait Jack Layton?Il est juste, inclusif, uni, solidaire, responsable.À L\u2019Itinéraire comme ailleurs, la mort de Jack Layton a été ressentie comme une onde de choc.Les plus démunis et tous ceux qui travaillent à faire avancer la cause sociale ont perdu un de leurs plus grands alliés.Venu à la politique par le militantisme social, Jack Layton ne supportait pas l\u2019idée qu\u2019il y ait autant de gens vivant dans la pauvreté dans un pays riche comme le nôtre.Il jugeait injuste notre «économie qui laisse tant [de Canadiens] exclus de la richesse collective».Alors qu\u2019il y a autant de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté au Canada, il est effectivement difficile de ne pas s\u2019indigner.La forte réaction des Québécois et des Canadiens au décès de Jack Layton révèle un message clair : les valeurs qu\u2019il incarnait et qu\u2019il défendait tenaient à cœur à plusieurs, peu importe le parti pour lequel ils ont voté aux dernières élections.«[Jack] nous lègue un important héritage d\u2019engagement envers la justice sociale», a fait valoir Bob Rae, le chef libéral par intérim.La classe politique ne doit pas oublier ce legs.Il arrive trop souvent qu\u2019on écoute réellement ce que les gens disent une fois qu\u2019ils ne sont plus.En menant son parti à l\u2019opposition officielle aux dernières élections, Jack Layton avait réussi à se faire entendre un peu plus.Espérons qu\u2019on l\u2019écoutera encore davantage aujourd\u2019hui, et que son message ne sera pas oublié de sitôt.UNE PLACE POUR L\u2019ESPOIR Dans le monde idéal de Jack, il y a aussi une grande place pour l\u2019espoir.«S\u2019il y a une chose, une seule chose que j\u2019ai tenté d\u2019amener en politique fédérale, c\u2019est cette idée que l\u2019espoir et l\u2019optimisme devraient être au cœur de notre engagement.Nous pouvons prendre soin les uns des autres, veiller au bien-être de chacun», avait affirmé Jack Layton en juillet dernier en annonçant son départ pour lutter contre son nouveau cancer.C\u2019est bien rare d\u2019entendre un politicien parler ainsi de nos jours.Après tout, la priorité des Québécois, c\u2019est l\u2019économie, répètent trop souvent nos élus.Mais l\u2019espoir n\u2019est-il pas une chose MES AMIS, LAMOUR EST CENT FOIS MEILLEUR QUE LA HAINE.L\u2019ESPOIR EST MEILLEUR QUE LA PEUR.L\u2019OPTIMISME EST MEILLEUR QUE LE DÉSESPOIR.ALORS AIMONS, GARDONS ESPOIR ET RESTONS OPTIMISTES.ET NOUS CHANGERONS LE MONDE - Jack Layton essentielle pour tout être humain?Jack Layton avait compris cela.Il avait compris que pour avancer en tant que société, il faut voir grand, il faut rêver et avoir la prétention de dire qu\u2019on peut changer les choses.Une leçon doit être tirée de tout cela.Arrêtons un instant de parler de développement économique et de produit intérieur brut.Parlons un peu de projets de société, de rêves, de valeurs.Et gageons que le jour où nos élus parleront avec leurs tripes plutôt qu\u2019avec leurs portefeuilles, comme Jackie faisait, les Québécois et les Canadiens recommenceront à les prendre au sérieux.ET VOUS, QU\u2019EN PENSEZ-VOUS?WWW.ITINERAIRE.CA L'ITINÉRAIRE 7 15 septembre 2011 DOSSIER SPÉCIAL Maître chez soi MARIE-LISE ROUSSEAU Adjointe à la rédaction 4 V -J On rêve tous d\u2019un logement plus spacieux, plus éclairé, plus aéré.Mais comme l\u2019homme ou la femme idéale, la maison de rêve ne repose pas uniquement sur des attributs physiques, mais sur des éléments beaucoup plus subtils qui composent son véritable charme.Qu\u2019on loue un 3 V2 dans Rosemont ou qu\u2019on possède un grand chalet rustique au bord d\u2019un lac, l\u2019important, c\u2019est de s\u2019y sentir bien.A l\u2019approche de la saison froide, devenir maître de notre chez-soi est une nécessité.Etre bien chez soi, c\u2019est se sentir confortable dans son logement, tant au niveau physique que moral.Cela va au-delà du confort physique ou du luxe; il s\u2019agit d\u2019un état.«Quand on est chez soi, on éprouve une certaine liberté d\u2019esprit; on a le sentiment qu\u2019on peut contrôler son environnement», décrit Perla Serfaty-Garzon, psychosociologue connue pour ses travaux sur le chez-soi.C\u2019est exactement ce que ressent aujourd\u2019hui Micheline Rioux Lemieux, journaliste et chroniqueuse de rue à L\u2019Itinéraire.Depuis six mois, elle cohabite avec son oncle dans un 5 V2 à St-Eustache.«On a de la place, on peut chacun prendre du recul.C\u2019est vaste, j\u2019ai des balcons.je peux mieux vivre!», se réjouit celle qui a toujours habité à Montréal auparavant.Et surtout, le prix du loyer est abordable pour Micheline, comparativement à ce quelle devrait payer à Montréal.La journaliste est catégorique : elle ne retournerait pas habiter en ville.Outre le prix élevé des loyers, des voisins bruyants - parfois junkies - lui ont fait la vie dure par le passé.De plus, elle réside maintenant tout près d\u2019un terminus d\u2019autobus, ce qui lui permet d\u2019aller en ville en peu de temps.i lo b 1 U ITINERAIRE 15 septembre 2011 JE Pour Solange Beaulieu, chef de contenus multiplateformes au magazine Chez Soi, le chez-soi est un «lieu qui nous ressemble, qui regroupe des éléments qui nous plaisent et qui font partie de notre histoire».Par l\u2019aménagement des pièces, du choix de couleur des murs jusqu\u2019à l\u2019ordre (ou le désordre!) qui y règne, nous exprimons notre créativité et notre individualité.«Nous vivons dans une société qui valorise l\u2019individu qui sait s\u2019affirmer, qui sait dire \"Moi\", qui sait dire \"Je\", explique Perla Serfaty-Garzon.Le chez-soi est l\u2019endroit où l\u2019on peut dire \"Je\".» Sur une note plus imagée, on peut affirmer que le chez-soi est l\u2019espace de notre intériorité, comparable à notre corps.Rien d\u2019ésotérique ici! «Notre chez-soi est à l\u2019image de notre for-intérieur.Ses murs forment comme une autre peau.Quand on ferme sa porte et ses fenêtres, c\u2019est comme si on mettait un manteau de plus», décrit Mme Serfaty-Garzon.Cette intimité du chez-soi en fait un lieu de refuge, où l\u2019on peut se recueillir et réfléchir.C\u2019est d\u2019ailleurs pourquoi les victimes de cambriolage disent souvent s\u2019être senties violées, souligne la psychosociologue.«Le viol physique est le fait de perdre le contrôle de quelque chose qui nous appartient», définit-elle.Au même titre que notre logement, notre corps comporte des orifices qui sont comme des portes fermées à clé.Lors d\u2019un vol, les limites du chez-soi sont violées.C\u2019est ce qu\u2019a ressenti Martin Gendron, étudiant à la maîtrise, lorsqu'il en a été victime.«Que quelqu\u2019un ait pris ma télévision ou mon ordinateur portable, ça me dérange moins que cette intrusion dans mon espace privé», se souvient-il.NOUS Le chez-soi comme espace du «Je», oui, mais il ne faut pas oublier ceux qui le partagent avec nous.Certains font le choix d\u2019habiter seul, mais la majorité (2/3 des Québécois selon le dernier recensement) habite en couple, en colocation ou en famille.Le chez-soi est donc non seulement l\u2019expression du «Je», mais aussi celle d\u2019un «Nous» commun.Même losrqu'on habite seul, le chez-soi reste un lieu d\u2019accueil pour ceux qui nous tiennent à cœur.Car «le chez-soi est muni d\u2019une porte, et une porte, ça s\u2019ouvre et ça se ferme», rappelle Perla Serfaty-Garzon.Pas de chez-soi sans une place pour l\u2019hospitalité! Cette valeur est centrale dans l\u2019aménagement de sa résidence.Les nombreux magazines et boutiques de décoration l\u2019ont compris.Au magazine Chez Soi, «dans plusieurs dossiers, on aborde la question de la convivialité», assure Solange Beaulieu.D\u2019autant plus que les gens sont de plus en plus nombreux à cuisiner à la maison plutôt que se payer le resto.Des magazines comme Chez Soi au célèbre catalogue IKEA, on propose souvent de mettre en valeur l\u2019espace d\u2019accueil dans les pièces communes telles que le salon et la cuisine dans le but de créer une atmosphère conviviale.Etre bien chez soi passe aussi par la décoration et l\u2019aménagement qu\u2019on fait de notre espace.Micheline Rioux Lemieux affirme se sentir bien chez elle, surtout depuis quelle a peint et placé les meubles à son goût.Les revues de décoration ou les conseils en design permettent de créer une harmonie entre les éléments de notre chez-soi, selon Solange Beaulieu, du magazine Chez Soi.Mais pas besoin de 50 revues de décoration pour atteindre ce bien-être.Car mieux vaut vivre harmonieusement dans un petit logement que d\u2019être en perpétuel conflit dans la maison la plus luxueuse.Car devenir maître chez soi, c\u2019est améliorer sa qualité de vie.«La maison est par définition un endroit de confort», rappelle Perla Serfaty-Garzon.Lorsqu\u2019elle ne l\u2019est pas, on peut trouver un lieu secondaire où retrouver ce bien-être ou carrément déménager.Micheline Rioux Lemieux a opté pour cette option.Non seulement elle se sent plus en sécurité depuis quelle cohabite avec son oncle, mais elle jouit aujourd\u2019hui de la tranquillité de son nouveau quartier, de la convivialité de ses voisins et des espaces verts à proximité.«Je respire!», résume-t-elle, tout simplement.Et ce bien-être n\u2019a pas de prix.L'ITINÉR RE 15 septembre 2011 Tl. DOSSIER SPÉCIAL Chez soi dans la rue, mission impossible?MARIE-LISE ROUSSEAU PHOTO : KURYO, PARIS NOTRE CHEZ-SOI EST L\u2019IMAGE DE NOTRE FORT INTÉRIEUR.C\u2019EST COMME UNE AUTRE PEAU.QUAND ON FERME SA PORTE ET SES FENÊTRES, C\u2019EST COMME SI L\u2019ON METTAIT UN MANTEAU DE PLUS.)) -Perla Serfaty-Garzon, psychosociologue Se sentir chez soi quelque part est un besoin vital pour tous.Les sans-abri et les personnes en situation d\u2019itinérance tentent de s\u2019approprier des lieux publics, que ce soit un banc de parc ou le perron d\u2019une église, dans le but de combler le besoin de se sentir chez soi, nous explique la psychosociologue Perla Serfaty-Garzon.L\u2019Itinéraire (LT) : Peut-on être sans-abri et se sentir chez soi quelque part?Perla Serfaty-Garzon (P.S.-G.) : Quand il n\u2019y a pas d\u2019abri, les valeurs fondamentales du chez-soi, le confort physique et la maîtrise d\u2019un lieu à soi sont brisées.Du coup, on a le sentiment de ne pas être soi-même.On n\u2019a pas la maîtrise de sa vie.Ça affecte beaucoup aux niveaux psychologique et affectif.LT : Qu\u2019en est-il du sommeil, peut-on bien dormir sans abri?sans-abri dehors ne peut dormir tranquille que s\u2019il met sa confiance dans le passant.Alors que chez vous, vous prenez vos propres moyens pour vous protéger.C\u2019est pourquoi les organismes caritatifs commencent souvent leur soutien par l\u2019abri.C\u2019est absolument vital.LT : Comment les sans-abri pallient-ils le besoin du chez-soi?P.S.-G.: Une fois en situation d\u2019itinérance - chacun a ses raisons d\u2019être dans la rue - le sans-abri va faire tout ce qu\u2019il peut pour se rapprocher au maximum de la normalité, par exemple avoir des cartons pour se faire un lit, couvrir sa tête pour se créer de l\u2019intimité.Tous les gestes qu\u2019il accomplit pour dormir dehors sont des gestes de substitution.Il cherche à se rapprocher de ce qui pourrait être un chez-soi, pour dormir tranquillement et à l\u2019abri.10 P.S.-G.: Il n\u2019y a pas plus vulnérable que quelqu\u2019un qui dort! Une personne qui dort chez elle ferme ses portes et ses fenêtres et a le sentiment, de manière générale, que personne ne fera d\u2019intrusion pour la voler ou l\u2019assassiner.Elle se donne ainsi les conditions de la sécurité.Ce n\u2019est pas pour rien que nous avons des expressions comme «dormir tranquille».Le -1-T L ITINÉRAIRE 15 septembre 2011 HABITER SA MAISON imaginaire SANDRA MATHIEU «L\u2019adolescence, c\u2019est le début de la vraie vie», s\u2019exclame Alice, une des participantes du web-documentaire Habiter, au-delà de ma chambre.Dans cette œuvre, quatre jeunes Montréalais nous font découvrir leur maison imaginaire en se prêtant au jeu d\u2019un parcours photographique sur la notion du chez-soi comme espace de liberté et de bien-être.Selon la psychosociologue Perla Serfaty-Garzon, spécialisée sur la notion du chez-soi, la chambre est un lieu sacré pour les adolescents.«Ils ont une situation très particulière : ils vivent encore chez leur parents, mais ont besoin d\u2019un territoire à eux, parce que leur identité est en train de se construire.» Ce voyage dans l\u2019intimité de l\u2019adolescence est le résultat d\u2019une collaboration de l\u2019Office national du film (ONF) avec le duo d\u2019artistes les Ying Yang Ladies, composé de la photographe Caroline Hayeur et de la musicienne Myléna.Sur une période de trois mois, Caroline a rencontré Lysandre, Hamza, Alice et Gwenael, soit individuellement ou en groupe.«On nous a fourni un appareil photo professionnel et donné une formation de base, raconte Lysandre, la jeune gymnaste du web-documentaire.On avait pour mission de réaliser trois photographies représentant respectivement notre vision du bien-être, de la famille et notre passe-temps préféré.» Ces clichés ont été l\u2019élément déclencheur d\u2019une belle complicité entre la photographe et les quatre jeunes qu\u2019on retrouve dans Habiter.Lors d\u2019entrevues spontanées au cœur de ce lieu sacré qu\u2019est leur chambre, on découvre chacun de leur univers en photos et en vidéos.«Je les ai fait travailler fort.Les questions visant à expliquer leur choix de photos n\u2019étaient pas faciles et c\u2019est pourquoi les réponses sont étonnantes», ajoute l\u2019artiste.Caroline Hayeur perçoit l\u2019adolescence comme une période charnière et déterminante.«Je voulais qu\u2019on s\u2019éloigne des lieux communs et du stéréotype en motivant les participants à poser un regard positif sur leur environnement et ainsi changer le discours habituel sur l\u2019adolescence», explique la photographe.«Même si j\u2019étais intimidée au départ, Caroline a su nous encadrer, nous mettre en confiance et nous faire réfléchir tout le long du projet», ajoute Lysandre.La matière brute fournie par les jeunes a été retravaillée avec une vision artistique et Myléna y a incorporé les commentaires sonores et la musique.L\u2019ONF a ensuite procédé à l\u2019intégration du contenu et à l\u2019animation pour créer le web-documentaire.Pour Caroline Hayeur, travailler avec l\u2019ONF est un réel cadeau.«Grâce à une structure dynamique et à une équipe ludique et productive, j\u2019ai senti un énorme soutien et un grand respect de ma vision de l\u2019œuvre.Il était important pour moi que l\u2019interactivité soit présente dans le processus autant que dans le résultat.» WEB-DOCUMENTAIRE : HABITER.ONF.CA IDES PROJETS | PLEIN LA TÊTE Caroline Hayeur travaille présentement sur un nouveau projet de création photographique pour montrer la relation que de jeunes adultes qui ont quitté la maison familiale entretiennent avec leur ancienne chambre d\u2019adolescent.A surveiller! 15 septembre 2011 DOSSIER SPÉCIAL MARIE-FRANÇOISE LALANDE PARTAGE SON TEMPS DE TRAVAIL ENTRE SON LOGEMENT À MONTRÉAL (SUR LA PHOTO) ET SA MAISON AU MEXIQUE.UN RYTHME DE VIE RÊVÉ POUR PLUSIEURS! TRAVAILLER ET VIVRE sous un même toit GENEVIÈVE VÉZINA-MONTPLAISIR «Une chambre à soi», réclamait l\u2019auteure Virginia Woolf pour toutes les femmes désirant écrire.Dans cet essai avant-gardiste publié en 1929, la célèbre écrivaine soulevait un point essentiel : celui d\u2019avoir un espace juste à soi pour travailler.Au Québec, les travailleurs autonomes sont de plus en plus nombreux à gagner leur pain de la maison.Pas toujours évident toutefois pour eux de regrouper lieu de travail et lieu de détente sous un même toit, et d\u2019arriver à faire la coupure le soir venu! Portrait d\u2019un chemin de plus en plus emprunté.Depuis 1996, la traductrice et réviseure Marie-Françoise Lalande travaille à son compte.Au début de sa deuxième carrière, l\u2019ancienne enseignante louait un espace de travail dans l\u2019immeuble où elle habitait.«J\u2019avais de la difficulté à faire la coupure et à ne pas travailler le soir et les fins de semaine», explique celle qui donne un peu de son temps pour réviser L\u2019Itinéraire.Aujourd\u2019hui, Marie-Françoise a acquis suffisamment d\u2019expérience et de discipline pour travailler directement de chez elle, où elle a aménagé un espace bureau dans son salon.«J\u2019ai installé une belle table de travail qui s\u2019intégre bien à la décoration de mon salon, souligne celle qui partage son temps entre le Québec et sa maison au Mexique.Au Mexique, je me suis aussi aménagée une pièce dédiée au travail, car avec tous les amis qui viennent me rendre visite, il me faut un endroit pour m\u2019isoler!» Julie Gingras, graphiste/designer, travaille pour sa part sur un bureau installé dans sa salle à manger.Elle a toutefois bien hâte de déménager dans son nouveau condo, où elle aura enfin une pièce uniquement consacrée au travail.«Ça va être mon espace à moi.Je vais le peindre de couleurs vives.Je crois que ça va être plus facile pour moi d\u2019y travailler», affirme la jeune femme, travailleur autonome depuis maintenant deux ans et demi.PLUS DE TRAVAILLEURS AUTONOMES, PLUS DE DÉFIS «De moins en moins de gens veulent travailler pour de grosses entreprises.On reçoit de plus en plus de demandes de gens qui souhaitent devenir travailleurs autonomes et créer leur propre entreprise afin de faire un travail qui les passionne et qui les fasse vibrer», note Roxane Forest, conseillère formatrice en démarrage d\u2019entreprise au SAJE (Service d\u2019aide aux jeunes entrepreneurs).Le SAJE est un organisme montréalais dont la mission est d\u2019accompagner les nouveaux entrepreneurs en leur offrant des services-conseils, du coaching et de la formation pour les aider à se lancer en affaires.Dès le premier cours de la formation qui leur est offerte, ceux-ci apprennent ce qu\u2019est la réalité d\u2019un travailleur autonome et quels obstacles ils devront surmonter.«On leur dit d\u2019emblée qu\u2019il sera peut-être difficile, les premiers temps, de faire la séparation entre le travail et leur vie personnelle.En tant que travailleurs autonomes, ils devront apprendre à gérer leur temps et feront peut-être face à l\u2019isolement», dit-elle.«Pour ma part, c\u2019est le manque de contact humain que je trouve le plus difficile dans le fait de travailler de chez moi, confie Julie Gingras.Je n\u2019ai pas de difficulté à rester concentrée devant mon ordi de 9 h à 17 h et à faire la coupure à la fin de la journée et pendant la fin de semaine, mais je m\u2019ennuie des conversations avec les collègues de travail.Je ne m\u2019ennuie pas par contre des discutions avec les patrons!» Marie-Françoise Lalande concède que l\u2019effet d\u2019isolement peut guetter ceux et celles qui choisissent de travailler de la maison.Pour contrer la solitude, cette dernière avoue quelle a besoin d\u2019une vie sociale bien remplie.«Je suis par ailleurs très satisfaite de mon statut de travailleur autonome, ajoute-t-elle.J\u2019adore avoir le loisir de sortir faire des courses et d\u2019aller prendre l\u2019air quand ça me plaît.En plus, je gagne du temps en m\u2019évitant le transport pour me rendre au travail et je peux même faire une petite brassée de lavage entre deux traductions!»* PHOTO : GRACIEUSETÉ DE MARIE-FRANÇOISE LALANDE ({on DIT D\u2019EMBLÉE [AUX NOUVEAUX ENTREPRENEURS] QU\u2019IL SERA PEUT-ÊTRE DIFFICILE, LES PREMIERS TEMPS, DE FAIRE LA SÉPARATION ENTRE LE TRAVAIL ET LEUR VIE PERSONNELLE.» - Roxane Forest, conseillère formatrice en démarrage d\u2019entreprise au SAJE 12 L ITINÉRAIRE 15 septembre 2011 POUR MIEUX s\u2019approprier son chez-soi.MARIE-LISE ROUSSEAU\tChez-soi, lieu de repos, d\u2019introspection.Chez-soi, lieu social, amical et familial.Chez-soi, lieu de travail et d\u2019études.Pour garder l\u2019harmonie entre les rôles que tient notre chez-soi, L\u2019Itinéraire yous propose quelques lectures.' h&E soi O __________ y__.1 ¦_ Cÿhtbto1 pour yivrr CHEZ SOI, LES TERRITOIRES DE L\u2019INTIMITÉ Perla Serfaty-Garzon Armand Colin «Notre maison est la garante de notre intimité, à laquelle nous tenons comme un droit inaliénable.Suscitant à foison sentiments, pensées et actions, elle nous reflète, dit qui nous sommes vraiment.Modelée par un constant projet d\u2019appropriation, elle est une oeuvre où le soi se reconnaît.» Cet ouvrage de la psychosociologue Perla Serfaty-Garzon s\u2019adresse tant aux étudiants qu\u2019à Monsieur ou Madame tout le monde qui souhaite mieux s\u2019épanouir dans son chez-soi.Rédigé dans un langage accessible, Chez soi, les territoires de l\u2019intimité consacre un chapitre entier aux sans-abri, sujet cher à L\u2019Itinéraire.COHABITER POUR MIEUX VIVRE Marthe Marandola et Geneviève Lefebvre JC Lattes Les deux auteures de ce livre sont bien placées pour parler de colocation puisqu\u2019elles partagent le même logement.Spécialistes en médiation familiale, elles expliquent les bonnes pratiques de communication et les règles de bonne entente, essentielles pour que chaque membre d\u2019une colocation se sente bien chez soi.Comment régler les conflits délicats liés à l\u2019argent?Comment mieux vivre ensemble?L\u2019ouvrage répond à ces questions grâce à des exemples vécus, qui exposent concrètement la réalité de la vie en colocation.Travailler wjtrïmwtc TRAVAILLER AUTREMENT Christelle Capo-Chichi Levallois-Perret De plus en plus de gens abandonnent le bureau pour travailler de la maison.Exit les heures de transport dans le trafic, les relations tendues avec le patron et le maximum de deux semaines de vacances par année.Mais faire le saut demande une bonne préparation.Le télétravail vous correspond-il?Comment répartir vos horaires de travail?Comment démarrer une entreprise indépendante avec un maximum de sécurité financière?Ce guide pratique propose plusieurs solutions pour trouver la façon de travailler qui vous convient le mieux.UrtlNERAIRE 13 15 septembre 2011 ACTUALITÉ & CULTURE oQxi une \u20ac miei au centre-ville SORAYA ELBEKKALI Stagiaire à la rédaction I Annie-Claude Lauzon est absorbée par ce qui se passe sous ses yeux.Elle ne fait aucun bruit, semble retenir sa respiration et s\u2019avance d\u2019un pas feutré.«On dirait quelles se battent.C\u2019est bizarre, elles sont agglutinées à l\u2019entrée.», s\u2019étonne la I jeune femme sans quitter l\u2019action des yeux.Non, Annie-Claude n\u2019est pas dans son salon, hypnotisée par un match de lutte à la télé.Elle est sur le toit de l\u2019UQAM, en plein centre-ville de Montréal, en train d\u2019observer les abeilles d\u2019une des deux nouvelles ruches urbaines de la métropole.La disparition des abeilles a fait couler beaucoup d\u2019encre ces dernières années.Un simple visionnement du documentaire La reine malade de Pascal Sanchez permet de mesurer l\u2019ampleur de la catastrophe qui affecte nos amies ailées.Les changements climatiques, l\u2019appauvrissement des ressources alimentaires et les maladies malmènent furieusement l\u2019insecte à robe jaune et noire.Depuis cinq ans, les apiculteurs canadiens encaissent des pertes énormes puisque la production des ruches commerciales a chuté de 25 à 60%.Bien plus que de nous priver du doux nectar mielleux quelles produisent, la disparition des abeilles risque d\u2019avoir des conséquences irréversibles sur notre écosystème.«Si toutes les abeilles mouraient, les hommes n\u2019auraient plus que quatre années à vivre à la surface du globe.Elles assurent 67 % de la pollinisation de l\u2019agriculture mondiale, c\u2019est donc dire à quel point elles sont des agents essentiels à la vie sur terre», apprend-on dans le documentaire plusieurs fois primé en 2010.NOUVELLE MAISON POUR INSECTE EN DANGER Alerté par cette problématique, le Collectif de recherche en aménagement paysager et en agriculture urbaine durable (CRAPAUD) a pris le taureau par les cornes et a décidé d\u2019agir de façon concrète en fournissant aux abeilles un environnement sain et sécuritaire.Au milieu du béton?Aussi étonnant que cela puisse paraître, le milieu urbain offre une riche diversité aux insectes pollinisateurs.«Il y a plein de types de fleurs et de plantes à Montréal, ce qui donne une grande variété de pollens différents pour les abeilles», explique une des apicultrices du projet, Léna Guezennec.Avec l\u2019émergence du verdissement urbain sous forme de ruelles vertes, de jardins communautaires, de plates-bandes et de nombreux parcs, l\u2019abeille dispose effectivement d\u2019un véritable buffet.Et plus sain qu\u2019à la campagne, comme l\u2019explique une des responsables du projet Ruche UQAM du CRAPAUD, Annie-Claude Lauzon : «Comme les abeilles vont butiner dans un rayon de 3 km et que l\u2019usage de pesticides est interdit en ville, elles évitent ces produits chimiques.À la campagne, c\u2019est beaucoup plus difficile puisque de nombreux agriculteurs en font usage.» Malgré sa bonne volonté, le collectif est conscient que son initiative ne suffira pas pour changer le triste sort des abeilles.Léna Guezennec admet que l\u2019objectif DE NOUVELLES RUCHES URBAINES DE LA MÉTROPOLE SONT JUCHÉES EN HAUT DES TOITS DE PLUSIEURS UNIVERSITÉS.VOICI LES DEUX QUI SE TROUVENT SUR LE TOIT DU COMPLEXE DES SCIENCES PIERRE-DANSEREAU DE L\u2019UQAM, SITUÉ À L\u2019ANGLE DE L\u2019AVENUE DU PRÉSIDENT KENNEDY ET DE LA RUE JEANNE-MANCE.premier est de sensibiliser les «urbains» et de leur rappeler que sans insectes pollinisateurs, il n\u2019y a plus de végétaux.«Il n\u2019y a pas beaucoup d\u2019abeilles sauvages sur l\u2019île.Quand on voit des jardiniers polliniser leurs courges au pinceau parce que les insectes pollinisateurs ne le font pas, c\u2019est qu\u2019il y a un problème», souligne l\u2019apicultrice du CRAPAUD.mi 14 L! ITINÉRAIRE 15 septembre 2011 Quelques autres ruches de Montréal Des ruches sont installées sur le toit du Bain Mathieu.Les apiculteurs du CRAPAUD ont déjà pu goûter au miel recueilli et le décrivent comme «clair, doux et aux accents floraux».Le groupe P.A.U.S.E.(Production Agricole Urbaine Soutenable et Ecologique) s\u2019occupe de trois ruches installées sur les toits de l\u2019Université de Montréal.Le groupe, qui pratique l\u2019agriculture urbaine depuis peu, assure que ses abeilles produisent beaucoup de miel et que celui-ci est délicieux.Pour rendre visite à ces abeilles hyperactives, il suffit d\u2019envoyer un courriel à l\u2019adresse suivante abeaudoin.pauseéî\u2019gmail.com.L\u2019ONG montréalaise le Santropol roulant a également installé deux ruches sur son toit.Aucun miel ne sera toutefois récolté puisque l\u2019organisme a choisi de laisser le précieux nectar aux insectes qui l\u2019utiliseront pour se nourrir durant la période hivernale.DES PETITES BETES BIEN UTILES Impatiente de visiter ces installations pour le moins atypiques, je demande à Annie-Claude de m\u2019emmener sur le toit du Complexe des sciences Pierre-Dansereau, situé à l\u2019angle de l\u2019avenue du Président Kennedy et de la rue Jeanne-Mance.Après avoir traversé les salles humides remplies de plantes du département des sciences biologiques, nous arrivons à destination.Deux ruches sont posées au milieu de la terrasse de béton.Les abeilles s\u2019activent et je n\u2019ose pas trop m\u2019approcher.Annie-Claude me rassure : l\u2019abeille n\u2019est pas un insecte agressif; si on ne l\u2019embête pas, elle ne risque guère de nous piquer.Annie-Claude et son équipe présument que leurs ruches abritent plus d\u2019un millier d\u2019abeilles.En observant les insectes s\u2019agiter, Annie-Claude m\u2019explique les multiples facettes du projet Ruche UQAM qui s\u2019ajoute aux quatre autres ruches urbaines déjà existantes à Montréal, notamment sur le campus de l\u2019Université McGill et sur le toit du Bain Mathieu (rue Ontario Est).Bien que d\u2019abord mises en place pour sensibiliser les gens à la protection des abeilles, ces installations pourraient accueillir certains cours universitaires.«On veut que les professeurs s\u2019approprient le projet et l\u2019utilisent avec leurs élèves, explique Annie-Claude Lauzon.L\u2019abeille est un insecte bio-indicateur.L\u2019analyse de son pollen nous donne une très bonne idée de la santé de notre environnement.» Et les gourmands dans tout cela?Pourront-ils se délecter d\u2019un miel «uqamien»?«Cette année, on ne pense pas avoir une grosse production, alors c\u2019est nous qui allons le manger, admet en riant Annie-Claude Lauzon.Nous allons peut-être organiser une dégustation à l\u2019automne.» La production de ce miel risque d\u2019en charmer plus d\u2019un, surtout à l\u2019époque où la culture urbaine et la consommation d\u2019une alimentation de proximité s\u2019imposent comme des choix santé et écologiques.Et si vous venait l\u2019idée d\u2019avoir votre propre ruche à la maison, Léna Guezennec vous prévient : «Il y a une réglementation qui empêche d\u2019installer une ruche à moins de 15 mètres de la voie publique.Je crois que c\u2019est une bonne chose, on n\u2019adopte pas une ruche de mille abeilles comme on adopte un chat.C\u2019est plus dur que de remplir une gamelle et de ramasser des crottes!» Encore un peu de patience et vous pourrez déguster le miel de ces abeilles montréalaises!# PHOTO : ÉRIC DUCHEMIN L'ITINEFlAIFlE 15 15 septembre 2011 ACTUALITÉ & CULTURE CULTURELLEMENT VÔTRE! JOSÉE LOUISE TREMBLAY Journaliste de rue www.joseelouise.com L\u2019événement populaire québécois Les Journées de la culture souffle ses 15 bougies.Pour l\u2019occasion, une caravane ambulante avec studio de photo, qui fait la tournée des festivals du Québec depuis le début de l\u2019été, sera sur place.Les Journées de la culture convient ainsi tous ceux et celles qui croient à l\u2019importance des arts dans leur vie quotidienne.«On va photographier les gens du public et on va leur demander d\u2019écrire un texte pour expliquer l\u2019importance de la culture dans leur vie», explique Marion Guyot, adjointe à la direction de Culture pour tous, qui organise les Journées, devenues depuis deux ans un événement pancanadien.Au fil des ans, les Journées de la culture ont permis de faire connaître des talents émergents.Parmi eux, Lucie Grégoire, chapelière et participante depuis le début.Elle a commencé à fabriquer des chapeaux chez elle et aujourd\u2019hui, Partisane travaille en son propre atelier.Lors de la dernière édition des Journées de la culture, plus de 2500 activités gratuites ont été offertes dans 352 municipalités du Québec.Artistes, artisans, organismes communautaires, municipalités et festivals de toutes sortes s\u2019unissent chaque année pour organiser cette grande fête annuelle de la culture.Avec des démonstrations, des ateliers, des conférences et des circuits commentés, les activités des Journées de la culture se déroulent dans la convivialité et permettent des rencontres chaleureuses entre les participants.LA CARAVANE DES JOURNÉES DE LA CULTURE A FAIT LE TOUR DES FESTIVALS DU QUÉBEC DURANT L\u2019ÉTÉ.ELLE S\u2019EST ARRÊTÉE ENTRE AUTRES À DRUM-MONDVILLE EN JUILLET POUR IMMORTALISER SUR PELLICULE LE CAFÉ-CULTURE EN PRÉSENCE DE PLUSIEURS REPRÉSENTANTS MUNICIPAUX.Ça fonctionne comment, les Journées de la culture?Des citoyens, des groupes de toutes sortes et des municipalités sont invités à participer à l\u2019événement en préparant une activité participative ou interactive gratuite à l\u2019intention des résidents de leur région.Que vous soyez un professionnel des arts ou un amateur, les Journées de la culture sont l\u2019occasion de créer des liens avec vos concitoyens, vos collègues, votre famille ou vos amis.Il n\u2019y a aucuns frais d\u2019inscription et toutes les activités sont gratuites.Cette année, les Journées de la culture ont lieu du 30 septembre au 2 octobre.\u2022 PHOTO : LINOCIPRESSO POUR PARTICIPER AUX ACTIVITÉS, CONSULTEZ LE SITE WEB DES JOURNÉES DE LA CULTURE, AU WWW.JOURNEESDELACULTURE.QC.CA ONZE FEMMES DE MICHELINE RIOUX LEMIEUX mrxlx@live.ca Le 26 septembre, la soirée bénéfice de la 18e édition des Prix Femmes de mérite sera présentée par La fondation Y des femmes au Centre Sheraton de Montréal.Parleurs actions quotidiennes, leur personnalité et leurs démarches professionnelles, onze lauréates seront honorées pour avoir su enrichir la communauté et contribuer à l\u2019avancement des femmes dans la société.MÉRITE Sous la présidence d\u2019honneur de Mme Isabelle Hudon, présidente de la Financière Sun Life Québec, la soirée a pour objectifs non seulement de reconnaître publiquement la contribution de ces onze femmes extraordinaires, mais aussi de recueillir des fonds au profit des quatre programmes du Y des femmes de Montréal, soit l\u2019alphabétisation, l\u2019employabilité, l\u2019hébergement et le leadership.Ces ressources sont essentielles pour les milliers de femmes et de filles en difficulté que le Y aide chaque année.Le Y des femmes de Montréal fait partie du mouvement des YMCA, présent dans une centaine de pays, ft POUR OBTENIR DES BILLETS, COMMUNIQUER AVEC HÉLÈNE ST-JACQUES, FONDATION DU Y DES FEMMES (514) 866-9941, POSTE 239.I6 LITINEF;aif;E 15 septembre 2011 PUBLIREPORTAGE Un centre-ville en ébullition Lieu de vie, de divertissement, de gastronomie, de détente, de travail et d\u2019étude : le centre-ville de Montréal est tout cela à la fois.Etant l\u2019un des rares centres-villes du monde à être habité, ses quelque 80 000 résidants, ses 500 000 travailleurs ainsi que les milliers de touristes qui y passent doivent réussir à coexister harmonieusement.L\u2019arrondissement de Ville-Marie ne manque donc pas de défis, ni de projets pour les relever, a raconté le Maire Gérald Tremblay à L'Itinéraire.Coup d\u2019œil sur les projets et réalisations d\u2019un centre-ville en ébullition, qui jouit d\u2019un dynamisme sans précédent.«LES TROIS VILLES AU MONDE QUI ONT LE PLUS DE CROISSANCE ACTUELLEMENT, CE SONT DALLAS, SYDNEY ET MONTRÉAL.^) - Gérald Tremblay aIiT Wm otiimti tu m m ) MON CENTRE-VILLE, MON CHEZ-MOI.Montréal figure parmi les rares endroits où le centre-ville n\u2019est pas simplement un lieu de travail et de divertissement, mais est aussi un lieu de vie pour des milliers de familles.Cette particularité constitue non seulement un des plus grands défis du centre-ville, mais aussi l\u2019une de ses plus grandes forces, selon le maire Gérald Tremblay.«L\u2019avantage, c\u2019est qu\u2019il reste toujours des gens au centre-ville de Montréal, ce qui contribue à son dynamisme», fait-il valoir.L\u2019arrondissement tient donc compte de cette particularité et consulte ses citoyens dans l\u2019élaboration de tous ses projets afin que la qualité de vie de ceux-ci ne soit pas affectée.Défi relevé?«Si on se fie aux rencontres régulières que nous avons avec les citoyens, je dirais qu\u2019en général, oui», affirme M.Tremblay.Le même son de cloche est donné par un récent sondage Léger Marketing effectué auprès de 1513 Canadiens, selon lequel Montréal figure parmi les villes les mieux cotées pour sa qualité de vie.Laplace des Festivals de soir PHOTOS : O.GARIÉPY PHOTOGRAPHE L'ITINÉRAIRE 17 15 septembre 2011 APRÈS \u2014^ AVANT PUBLIREPORTAGE - V BOOM IMMOBILIER «Le développement immobilier à Montréal n\u2019a jamais été aussi important, se réjouit le maire Gérald Tremblay.Malgré tous les défis auxquels nous faisons face, il n\u2019y a jamais eu autant de projets et d\u2019enthousiasme pour investir à Montréal.» En effet, pas moins de 29 grands chantiers sont en cours au centre-ville, dont le CHUM, le 2-22, la SAT, le Musée des beaux-arts, l\u2019Adresse symphonique, et bien sûr le spectaculaire Quartier des spectacles.Parce que le centre-ville n\u2019est pas qu\u2019un centre d\u2019affaires, il faut ajouter à cela tous les projets résidentiels qui poussent à vitesse grand V dans l\u2019arrondissement, comme le Séville, le Wilson, le Sofia, ou encore les Lofts des Arts.Depuis 2001, on y compte en moyenne 1000 nouvelles unités résidentielles de plus par année.La grande majorité sont des condos.Toutefois, lorsque c'est possible, les projets incluent des logements sociaux, conformément à la politique de mixité.La tour à condos Louis-Bohème près du métro Place-des-Arts ¦\\ J TT;*, L __ \u20220 DÉVELOPPER PLUS, DÉVELOPPER MIEUX 0- Le développement urbain est l\u2019une des priorités de la Ville de Montréal.Deux programmes particuliers d\u2019urbanisme (PPU) ont donc été mis en place cette année.«Nous ne pouvons plus continuer à faire des projets à la pièce, sans vision globale, explique Gérald Tremblay.Nous avons donc mis en place une stratégie de bas en haut.On écoute les vœux et les idées de la population, nous trouvons des compromis, et allons ensuite de l\u2019avant.» Les deux nouveaux PPU, celui du Quartier des grands Jardins et celui du Quartier de Sainte-Marie, ont comme préoccupation première l\u2019amélioration de la qualité de vie des résidants et le développement résidentiel et commercial au centre-ville.Offrir des parcs aux familles, créer des espaces verts et des espaces protégés, trouver une nouvelle vocation aux immeubles désaffectés, développer les terrains vacants, répondre à des préoccupations sociales : tout cela est pris en considération dans ces plans.Plusieurs investissements ont déjà été approuvés en ce sens, dont 5,5 M$ pour le réaménagement du Square Cabot, et 12,5 M$ pour le développement du pôle Frontenac (incluant l\u2019aménagement de la rue Ontario et du parc Médéric-Martin).Un troisième PPU, celui du Quartier des spectacles, est également en marche.«Il y a encore de la revitalisation urbaine à faire», spécifie M.Tremblay.La Ville travaille avec ses partenaires et avec le milieu pour atteindre toujours plus et mieux son objectif : avoir un centre-ville qui allie harmonieusement divertissement, habitation et commerce.Transformation d'un stationnement en un nouvel espace vert DE LA CULTURE A REVENDRE Qui dit Montréal, dit culture! Avec la place des Festivals et la place Emilie-Gamelin, l\u2019offre culturelle est plus grande que jamais dans Ville-Marie.Cet été, les FrancoFolies, le Festival International de Jazz, le Festival Juste pour rire, Pinkarnaval, Montréal complètement Cirque, le Festival Présence autochtone, le Festival des films du Monde, les Célébrations Fierté Montréal, les activités de Plaisir au soleil dans Peter-McGill et l\u2019été des Faubourgs dans l\u2019Est ont fait danser, chanter et rêver les Montréalais et les touristes, qui furent encore une fois bien nombreux à venir nous voir cet été.Mais la culture n\u2019est pas réservée à l\u2019été! Ce dynamisme culturel se poursuit cet automne avec les grands événements de la rentrée, dont l\u2019exposition Gaia sur la Promenade des artistes, le Festival OUMF, pour célébrer la rentrée étudiante dans le Quartier Latin, le Marathon des arts, au parterre du Quartier des spectacles, et finalement, les Journées de la Culture.Montréal complètement Cirque à la place Emile-Gamelin 15 septembre 2011 PUBLIREPORTAGE r + L\u2019ESPACE PUBLIC À TOUT UN CHACUN V Au cours des dernières années, de grands efforts ont été faits pour que l\u2019espace public ne soit plus seulement un lieu de passage et que ses citoyens se le réapproprient et se le partagent harmonieusement.La place des Festivals est l\u2019exemple le plus flagrant de cette volonté.Plusieurs autres parcs et espaces publics ont aussi été revitalisés dans ce but, dont la Place d\u2019Armes, le Square Dorchester ou encore la Place du Canada.Le maire Gérald Tremblay pointe aussi la place Emilie-Gamelin.«C\u2019est un bon exemple de partage de l\u2019espace public, affirme-t-il.Il y avait jadis beaucoup de problèmes de propreté et de sécurité.On a aujourd\u2019hui un col bleu qui y travaille et qui est devenu un ami des occupants du parc.Des itinérants le fréquentent encore, mais ils s\u2019aperçoivent qu\u2019il y a des efforts qui sont faits et qu\u2019ils sont accueillis avec respect.Maintenant, tout le monde peut y jouer aux échecs, profiter de son petit marché ou y prendre une glace.» S'quare Dorchester s m UN LIEU DE VIE w DE PLUS EN PLUS PROPRE UNE CURE DE BEAUTÉ POUR LE CENTRE-VILLE # Il y a quelques années, les problèmes de propreté au centre-ville étaient le sujet de l\u2019heure.Lorsque l\u2019administration Tremblay a été élue, 78% des gens se disaient insatisfaits de la propreté, raconte le maire.«Maintenant, on n\u2019entend plus personne dire que la propreté est un problème», fait remarquer M.Tremblay.Cela est entre autres attribuable aux investissements supplémentaires de 1,4M$ qui ont été faits cette année, ainsi qu\u2019aux brigades de propreté qui arpentent continuellement les rues, les parcs et les espaces publics.«On embellit le centre-ville, et cela a un effet d\u2019entraînement», affirme le maire, qui a fait de l\u2019embellissement l\u2019une des priorités de son administration.Pas moins de 4,2 M$ ont été investis en 2010 et 2011 pour la réfection d\u2019une quinzaine de parcs et d\u2019espaces publics.Le nouveau parc linéaire, dont les travaux d\u2019aménagement débuteront prochainement sur la rue de la Commune dans le Vieux-Montréal, en est un exemple.Inspiré entre autres du High Line de New York, ce projet contemporain bonifiera le secteur en offrant un espace de vie convivial, sécuritaire et agréable au centre-ville d\u2019où il sera possible d\u2019admirer le fleuve.En ce qui concerne les graffitis, les récidives sont moins fréquentes, des projets de murales viennent embellir les murs, mais Ville-Marie continue de consacrer à ce problème une attention particulière.y Les projets d\u2019embellissement aux Habitations Jeanne-Mance sont un des meilleurs exemples de réussite dans ce domaine, selon Jocelyn Ann Campbell, responsable du développement social et communautaire, de la famille et des aînés.«Les Habitations Jeanne-Mance (des habitations à loyer modique) sont un vrai success-story d\u2019intégration urbaine.Il y a quelques années, on évitait de passer par là.Maintenant, c\u2019est un coin de la ville magnifique, avec toutes les murales créées avec l\u2019organisme MU et le verdissement du quartier.» Comme aux Habitations Jeanne-Mance, les murales sont de plus en plus nombreuses en ville.Une nouvelle murale pourra d\u2019ailleurs être admirée à la place Paul-Émile-Borduas cet automne, rendant hommage au peintre.Vous pouvez également admirer, à l\u2019angle des rues Ontario et de Bordeaux, une oeuvre signée Laurent Gascon qui immortalise à la fois l\u2019image d\u2019un jeune Raymond Lévesque et le titre de la célèbre chanson composée par l\u2019artiste en 1956 - Quand les hommes vivront d\u2019amour - sur fond de mosaïque multicolore.Habitations Jeanne-Mance PUBLIREPORTAGE UNE SÉCURITÉ ACCRUE «Si on veut que notre centre-ville continue à être prospère, attrayant et concurrentiel, il faut que la perception de sécurité y soit impeccable», fait valoir Gérald Tremblay.Pour cette raison, de nouvelles mesures de sécurité routière sont mises en place en prévision de la rentrée scolaire.La limite de vitesse est réduite à 40 km sur les rues résidentielles, des afficheurs de vitesse sont ajoutés aux abords de cinq écoles de Ville-Marie, et des indications seront peintes sur la chaussée aux abords de certaines écoles primaires pour mieux identifier les passages d\u2019écoliers.De plus, 133 policiers supplémentaires patrouillent aussi en ville pour s\u2019assurer, par exemple, que les cyclistes roulent dans les pistes cyclables - qui sont, elles aussi, de plus en plus nombreuses.Lorsqu\u2019on parle de sécurité dans un centre-ville habité, il y a aussi des préoccupations reliées à l\u2019itinérance, la prostitution, la violence et la drogue.Le maire Gérald Tremblay affirme que son administration a été très proactive à cet effet depuis son arrivée au pouvoir.Après avoir consulté le milieu, un plan d\u2019action sur l\u2019itinérance et la sécurité a par ailleurs été mis en place, et la mise en oeuvre a récemment débuté.«On veut pouvoir trouver des solutions, affirme le maire.Accompagner et offrir du soutien aux gens en difficulté est très important.» PtKItl LcjIHl DES SERVICES PRÈS DE CHEZ VOUS Améliorer continuellement les services de proximité offerts aux résidants est aussi très important pour l\u2019arrondissement de Ville-Marie.Dans cette optique, les marchés publics, ouverts environ jusqu\u2019à la mi-octobre, bourgeonnent un peu partout depuis quelques années.Le Marché Saint-Laurent est quant à lui ouvert les jeudis, vendredis et samedis jusqu\u2019au 1er octobre.Et pour ceux qui n\u2019ont pas encore de marché public près de chez eux, les Fruixi, \u2014 triporteurs qui vendent des fruits et légumes locaux dans les parcs de Ville-Marie et du Plateau-Mont-Royal depuis le début de l\u2019été \u2014 sont la solution pour s\u2019approvisionner en fruits et légumes frais.Les activités sportives et culturelles offertes dans Ville-Marie sont aussi très nombreuses.Plus de 700 activités de sports et de loisirs y sont offertes avec la collaboration des organismes financés par l\u2019arrondissement.Deux bibliothèques de quartier (Père-Ambroise et Frontenac) et la Grande Bibliothèque, ainsi que la maison de la culture Frontenac - qui offre quant à elle une cinquantaine de spectacles gratuits cet automne - complètent l\u2019offre en culture à proximité des citoyens.UNE ACCESSIBILITÉ UNIVERSELLE 0- \"\\ l IIN1HAIHL 1 b sept Le centre-ville appartient à tous.C\u2019est pourquoi Ville-Marie a adhéré, le 5 juillet dernier, à la politique d\u2019accessibilité universelle initiée par la Ville de Montréal.L\u2019objectif ultime est que les résidants de Ville-Marie ayant des incapacités physiques (11% de la population de l\u2019arrondissement) et tous les autres qui y viennent pour travailler ou se divertir aient accès à tous les services municipaux.«Nous ne prenons plus une seule décision qui concerne un espace public sans tenir compte de notre politique d\u2019accessibilité universelle», fait valoir le maire Gérald Tremblay.Certains lieux sont déjà entièrement accessibles dans l\u2019arrondissement, comme le Bureau Accès Ville-Marie de la Place Dupuis et la piscine du centre Jean-Claude-Malépart.Que vous soyez résidant, travailleur ou visiteur au centre-ville, vous trouverez donc assurément quelque chose pour vous plaire, dans ce tourbillon d\u2019activités et de projets! J GRANDE ENTREVUE ROBERT CHARLEBOIS RIT MARIE-LISE ROUSSEAU Adjointe à la rédaction Robert Charlebois aime rigoler.Après tout, il est Québécois et, au Québec, «il n\u2019y a que des rieurs», dit-il.Et ce, pour le meilleur et pour le pire.«Quand on rit trop, c\u2019est parce qu\u2019on est à l\u2019agonie.Mais il ne faut jamais perdre son sens de l\u2019humour», rigole celui qui adore «rire de lui-même, mais surtout des autres!» Chose certaine, on rira du sénateur qu\u2019il interprète dans la comédie French Immersion, en salle le 7 octobre.Dès qu\u2019on lui parle de son rôle dans le film French Immersion, Robert Charlebois rit de plus belle au bout du fil.«Sénateur.haha! Sénateur et ratoureux! Ce sont un peu des synonymes.On n\u2019est pas élu, il n\u2019y a donc aucune chance d\u2019être honnête», blague-t-il en faisant référence au statut des sénateurs au Canada, « [LE FRANÇAIS] C\u2019EST MON COMBAT ULTIME.SI ON TOUCHE À MA LANGUE, JE MORDS.» - Robert Charlebois PHOTOS : SYLVA N DUMA S L'ITINÉRAIRE 21 15 septembre 2011 GRANDE ENTREVUE Æïâ ; ¦ viV-.*-.1.%____ ROBEFIJ CHARLEBOIS INTERPRÈTE UN «SÉNATEUR RATOUREUX» DANS LA COMÉDIE FRENCH IMMERSION La comédie de Kevin Tierney (également réalisateur de Bon cop, Bad cop) relate le séjour de cinq anglophones en immersion francophone dans un village québécois.«C\u2019est un sujet lourd, le bilinguisme, et on est un des derniers pays qui peut le traiter avec humour», affirme Robert Charlebois, qui a lui-même tourné en dérision cette question délicate dans sa fameuse chanson The Frog Song en 1976.On rigole, mais la langue française, c\u2019est du sérieux.Robert Charlebois en fait son cheval de bataille.«C\u2019est mon combat ultime, affirme-t-il sans hésiter.Si on touche à ma langue, je mords.» Ce qui le dérange le plus?La difficulté que les gens ont à s\u2019exprimer.«Ils ne font plus de phrases complètes!», déplore l\u2019icône du rock, mentionnant en exemple les «Too much», «Wow» et autres «Buzzé» qu\u2019il entend à la sortie des concerts.Pour défendre une langue, encore faut-il l\u2019apprendre.«J\u2019ai la chance de n\u2019avoir jamais arrêté de m\u2019instruire», raconte Charlebois, avec l\u2019espoir que tout le monde en fasse autant.Car s\u2019instruire, 22\tUITINEFAIRE c\u2019est maintenir sa culture en vie.«La langue, ça ne se protège pas avec des lois, mais avec le cœur, rappelle le chanteur.Si on ne fait pas de bons films, de bons livres et de bonnes chansons, on n\u2019est plus rien.» Selon lui, tout ce qui se fait en français est un engagement, «peu importe que ce soit du trash punk ou du rock».Celui qui a été membre du parti Rhinocéros dans sa jeunesse a fait la promesse sur le lit de mort de son père qu\u2019il ne toucherait plus jamais à la politique.«Je ris de qui je veux, je dis non à qui je veux.Et je n\u2019ai la carte d\u2019aucun parti», résume-t-il.Mais la politique n\u2019en demeure pas moins un enjeu primordial à ses yeux : «Maintenant que la Terre est suspendue au-dessus d\u2019un gouffre comme on n\u2019a jamais connu dans l\u2019histoire, il ne faut plus traiter ça en clown.» CHARLEBOIS FAIT SON CINÉMA La francophonie d\u2019un océan à l\u2019autre l\u2019admire depuis 40 ans pour ses chansons, mais peu savent que Robert Charlebois est également acteur.Les Québécois ont pu l\u2019apprécier, entre autres, dans Entre la mer et l\u2019eau douce (1967) de Michel Brault.Le reste de la planète a ri un bon coup en le regardant jouer les cowboys dans le western spaghetti Un génie, deux associés, une cloche (1975), produit par la légende du western, Sergio Leone.L\u2019acteur de formation y tient le rôle de Locomotive Bill, ce métis plutôt naïf qui fait équipe avec deux acolytes (interprétés par Miou Miou et Terence Hill) pour récupérer un butin.D ans le cadre de son quinzième anniversaire en juillet, le Festival international de films Fantasia a projeté sur grand écran ce classique du cinéma en présence de Robert Charlebois.Assis dans la rangée devant lui, L\u2019Itinéraire a entendu le chanteur rigoler tout au long du film en se remémorant des anecdotes de tournage qu\u2019il a pris plaisir à partager par la suite avec un public enthousiaste.Dans un échange qui a duré près d\u2019une heure, l\u2019acteur, désinvolte et généreux, a notamment raconté - toujours avec 15 septembre 2011 beaucoup d\u2019humour - sa rencontre avec Leone.«Je n\u2019avais pas vu ce film depuis au moins 25 ans!», a-t-il déclaré avec émotion.Depuis peu, le chanteur renoue avec le cinéma.Son objectif : tourner dans au moins un film par année.Mission accomplie jusqu\u2019à présent.La rock star s\u2019est récemment envolée pour la France où il jouera un petit rôle dans la comédie romantique Un bonheur ne vient jamais seul, mettant en vedette Gad Elmaleh, «une de mes idoles», dit-il, et Sophie Marceau.Robert Charlebois voit les tournages comme une «partie de plaisir», mais la musique est, et restera toujours, sa véritable passion.«On appelle ça «tournage» au cinéma et «tournée» en musique.C\u2019est semblable, avec le même esprit de gang, compare-t-il.Le cinéma est un métier de rêve, mais la chanson reste le plus beau métier du monde.» I «ÇA VA PÉTER» Après avoir révolutionné la culture québécoise en étant, dans les années 60, un des premiers chanteurs à populariser le jouai, Robert Charlebois voudrait aujourd\u2019hui voir un autre genre de révolution chez nos voisins du sud.«Il n\u2019y a plus de mesure entre l\u2019économie réelle et la finance.Ça va péter.C\u2019est rendu qu\u2019il y a plus de banquiers voleurs que de voleurs de banque!», s\u2019exclame-t-il.Charlebois pourrait s\u2019indigner sur le sujet «jusqu\u2019à demain matin», outré que ces mauvaises gestions mettent des gens à la rue partout dans le monde.Le chanteur est un grand admirateur du président Obama, «mais quand je vois avec qui il est pris - des salauds de républicains - ça me donne le goût de prendre les armes!» Des paroles fortes pour un Québécois pacifiste.Mais sa crainte d\u2019une éventuelle révolution armée aux Etats-Unis demeure réelle.«Tous les pays arabes sont à feu et à sang.Nous, on préfère rire que se battre.On dirait que c\u2019est la seule façon de régler les problèmes.» Et Charlebois lui, préfère-t-il rire ou se battre?«Moi je préfère réfléchir!» MAINTENANT QUE LA TERRE EST SUSPENDUE AU-DESSUS D\u2019UN GOUFFRE COMME ON NA JAMAIS CONNU DANS L\u2019HISTOIRE, IL NE FAUT PLUS TRAITER ÇA EN CLOWN.- Robert Charlebois, à propos de la politique L\u2019ITINÉRAIRE 15 septembre 2011 DÉVELOPPEMENT SOCIAL ROULER AUX LIMITES DE MAÏKA SONDARJÉE ^ T ¦¦ ¦¦ À 23 h 30, au volant de sa Toyota Tercel, Simon commence son shift.Deux cellulaires à ses côtés, il attend les calk.S\u2019il donne trois ou quatre lifts, la soirée sera bonne; il pourra faire entre 150 et 200 dollars.Simon est chauffeur privé.Sa clientèle de prédilection?Les travailleuses du sexe.Pourquoi?Parce que c\u2019est «ben plus payant».Pour Revenu Québec, il est chauffeur privé, mais au regard du Code criminel, il est coupable de «vivre des fruits de la prostitution d\u2019autrui».Pourtant, ce genre d\u2019accusations n\u2019est pratiquement jamais porté, affirme Rachel Chagnon, professeure en sciences juridiques à l\u2019UQAJVL La spécialiste en droit constitutionnel et en droit des femmes estime que, si les policiers commencent à être pointilleux sur ce genre de méfaits, ils se verront obligés d\u2019arrêter la plupart des chauffeurs de taxi qui travaillent de nuit.Ces derniers embarquent probablement des travailleuses du sexe à un moment ou à un autre.Selon l\u2019avocat criminaliste Robert La Haye, le nœud du problème, c\u2019est qu\u2019il faut prouver le Mens rea, c\u2019est-à-dire l\u2019intention de commettre un crime.«Si le transporteur sait 24\tLITINEF;aif;E qu\u2019il transporte des prostituées, alors là, il est coupable.Mais il faut le prouver hors de tout doute raisonnable», ajoute l\u2019avocat.Il s\u2019agit d\u2019un principe de base du Common hiv.La défense utilisée par ceux qui commettraient un tel crime est simple : l\u2019ignorance.Comment peuvent-ils savoir qu\u2019ils embarquent une prostituée et non pas une simple fêtarde au décolleté un peu trop plongeant?Au début, Simon embarquait sa colocataire qui dansait dans des clubs.Puis, de fil en aiguille, ses amies escortes, danseuses ou qui se prostituent carrément, ont construit un bon bassin de clientes pour Simon.Lorsqu\u2019il transporte une fille, il ne se pose pas de question.«En fait, je ne sais pas où elle s\u2019en va; j\u2019imagine quelle s\u2019en va travailler.Le reste, c\u2019est pas de mes affaires.Je vais juste la porter du point A au point B.» QUESTION DE PERCEPTION En termes de prostitution et de tout ce qui l\u2019entoure, les zones grises pullulent.Si, lorsque la loi a été écrite, un proxénète correspondait à «toute personne vivant des fruits de la prostitution d\u2019autrui», la chose est tout autre aujourd\u2019hui.Au Québec, les réseaux de prostitution forcée sont d\u2019ailleurs peu présents puisque les prostituées travaillent souvent à leur compte ou pour des agences d\u2019escortes légales.Pour Sandy (nom fictif), qui a trempé dans l\u2019industrie du sexe pendant plus de 14 ans, les chauffeurs devraient être criminalisés.«Un proxénète, c\u2019est quelqu\u2019un qui profite de la prostitution d\u2019autrui.Point à la ligne.Un chauffeur qui fait de l\u2019argent quand je sors d\u2019un club de danseuses ou d\u2019une chambre d\u2019hôtel, il vient de profiter de ma prostitution.» «Pas du tout», rétorque Simon en tournant à l\u2019angle d\u2019Hochelaga et de Papineau: «Si j\u2019rentrais avec la fille, pis que j\u2019prenais l\u2019argent du monsieur, mettons, et que ce serait entendu qu\u2019il y a un échange de sexe, c\u2019est sûr que ce serait du proxénétisme.Mais c\u2019est pas du tout ça qui se passe!» AU-DELÀ DE LA LÉGALITÉ Le métier de la prostitution, s\u2019il en est un, n\u2019est pas des plus sécuritaires.Les organismes comme Stella, qui militent pour la décriminalisation de cette industrie, assurent que les 15 septembre 2011 \u2019footo : Michalnapartowicz/ Dreamstime hommes qui conduisent des filles sont essentiels parce qu\u2019ils leur servent de gardes du corps.«Le chauffeur sait où est la femme, à quelle heure et pour combien de temps.La travailleuse du sexe, une fois quelle est dans la chambre, appelle le chauffeur et confirme que tout est correct.S\u2019il ne reçoit pas d\u2019appel, il monte.Sinon, il revient dans une heure ou selon la durée du service.Et si la femme n\u2019est pas descendue à l\u2019heure, il sait quelle est en danger et il va intervenir», explique Emilie Laliberté, directrice générale de Stella.DANS CE MILIEU-LÀ, PERSONNE TE PROTÈGE; TOUT LE MONDE VEUT FAIRE DE LARGENT LA PLUPART LE FONT SUR LE DOS DES FILLES.- SANDY, EX TRAVAILLEUSE DU SEXE Dans l\u2019esprit de beaucoup de travailleuses du sexe, personne ne se soucie vraiment des autres dans cette industrie.Sandy semble l\u2019avoir appris à ses dépens : «Dans ce milieu-là, personne te protège; tout le monde veut faire de l\u2019argent.La plupart le font sur le dos des filles.Mon chauffeur Jean-Marc, mettons, si quelqu\u2019un était en train de me violer dans ma chambre, y serait pas monté pour me défendre.Jean-Marc venait me reconduire puis me rechercher quand je l\u2019appelais.C\u2019est tout.» Très critique envers la décriminalisation de l\u2019industrie du sexe, Sandy croit que les chauffeurs «dédiés à la cause des femmes» se font plutôt rares.LE PLUS VIEUX DÉBAT DU MONDE La question éthique dépasse toutefois la simple question de la légalité ou de la sécurité.Stella souhaite redonner à chaque femme la dignité et le droit de choisir son métier, quel qu\u2019il soit.Si la prostitution est tolérée au Québec, alors pourquoi tous les métiers qui l\u2019entourent seraient-ils illégaux?Un chauffeur ne fait qu\u2019aider la fille à rentrer chez elle en sécurité, sans avoir à dépenser des fortunes en taxi.De plus, pour Simon, «un chauffeur privé, c\u2019est comme un taxi, mais sans le signe.C\u2019est plus low profile et les filles aiment mieux ça».L\u2019organisation souhaite voir le verdict de la juge ontarienne Himel se réaliser (lire encadré).Axelle Benieh, au nom de la CLES, croit plutôt qu\u2019on devrait analyser ce problème dans son ensemble.«Comme individu, on peut juste participer au transport ou au recrutement des filles.Mais il faut se demander à quoi le chauffeur est en train de participer : il permet à des clients prostitueurs d\u2019avoir accès à des personnes.Il est un maillon de la chaîne.Et on ne peut pas lutter contre la chaîne sans lutter contre ses maillons.» Plus ou moins 130 dollars plus tard, la nuit de Simon est déjà terminée.A 6 h du matin, il s\u2019en va dormir sur ses deux oreilles puisqu\u2019il sait qu\u2019il ne risque pas de se faire arrêter.# Simon avoue que, parfois, il attend la fille mais que, s\u2019il a le temps, il peut faire un autre appel avant d\u2019aller rechercher sa première cliente.Selon Axelle Benieh, représentante de la Concertation des luttes contre l\u2019exploitation sexuelle (CLES), la sécurité des filles est une fausse excuse puisque de toute façon, ça prendrait dix secondes pour agresser une femme.Le temps que le chauffeur arrive à la chambre, le pire peut déjà être arrivé.La CLES admet toutefois que si le client sait que quelqu\u2019un attend la travailleuse du sexe en bas, ça peut le dissuader de commettre une agression.EN ATTENTE DU JUGEMENT Le jugement ontarien de la juge Himel, actuellement porté en appel à la Cour suprême par le gouvernement du Canada, décriminaliserait certaines activités entourant l\u2019industrie du sexe, comme celui de vivre en partie ou en totalité des fruits de la prostitution d\u2019autrui.Mais pour l\u2019instant, il se contente de remettre sous les feux des lampadaires certains métiers oubliés qui entourent cette industrie lucrative.Bien qu\u2019il se déclare à Revenu Québec comme chauffeur privé, Simon pourrait-il être accusé de vivre des profits de la prostitution d\u2019autrui?L'ITINÉRAIRE 25 15 septembre 2011 1 DÉVELOPPEMENT SOCIAL E GRAND MAL DE LA SANTE AUTOCHTONE ÉMILIE CLAVEL Assis dans son bureau de l\u2019Université de Montréal, le Dr Stanley Voilant parle avec beaucoup de respect des traditions et des croyances de ses ancêtres.Né dans la communauté innue de Betsiamites - au sud-ouest de Baie-Comeau - il est devenu le premier chirurgien québécois d\u2019origine autochtone en 1994 et a assumé, entre 2001 et 2003, la présidence de l\u2019Association médicale du Québec.S\u2019il a choisi cette profession, ce n\u2019est pas dans le but de s\u2019exiler et de renier ses origines.C\u2019était plutôt sa façon bien personnelle de s\u2019attaquer à l\u2019un des graves problèmes qui affectent les Premières Nations : la sous-représentation des autochtones dans le domaine de la santé.Dans la Belle Province, les médecins d\u2019origine autochtone se comptent sur les doigts.À l\u2019échelle canadienne, ils sont environ 250.En 2006, Statistique Canada estimait le ratio médecin/population à 2,2 médecins par tranche de 100000 Canadiens.Or, la population autochtone du pays s\u2019élève à près de 1200000 individus.«Pour respecter le ratio de médecin par habitant, on devrait donc être environ 3000!», s\u2019exclame le Dr Voilant.Il rappelle que ce problème de sous-représentation est observé dans l\u2019ensemble du milieu de la santé, toutes professions confondues.En 1996, la Commission royale sur les peuples autochtones (Erasmus-Dussault) recommandait même que le pays s\u2019engage à former au moins 10000 professionnels de la santé issus des communautés autochtones avant 2006.Sans pouvoir préciser le nombre de professionnels autochtones formés depuis, Olivia Caron, agente de relations avec les médias de Santé Canada, admet que beaucoup de travail reste à faire.Elle explique toutefois que des initiatives ont été mises en place par le gouvernement fédéral pour améliorer la situation : «Entre 2005 et 2014, le gouvernement du Canada aura investi 180 millions de dollars dans l\u2019Initiative sur les ressources humaines en santé autochtone (IRHSA).Ce projet vise à jeter les bases d\u2019une évolution systémique à long terme de l\u2019offre, de la demande et de la création de milieux favorisant les ressources humaines en santé provenant des Premières Nations, des Inuits et des Métis dans les collectivités autochtones.» L\u2019IRHSA offre notamment des bourses d\u2019études aux autochtones qui étudient dans le domaine de la santé et encourage les universités à mieux encadrer et soutenir les étudiants autochtones.Plusieurs institutions universitaires semblent elles aussi avoir répondu à l\u2019appel des gouvernements pour faciliter l\u2019entrée des autochtones dans leurs facultés de médecine.En 2005, l\u2019Université d\u2019Ottawa a créé un programme de médecine réservé aux étudiants issus des communautés autochtones dont le Dr Voilant a été directeur pendant quelques années.Jusqu\u2019à maintenant, 18 étudiants y ont obtenu leur diplôme en médecine.L\u2019actuelle directrice du programme, Darken Kitty, est elle-même omnipraticienne dans le village cri de Chisasibi.À l\u2019époque où elle étudiait la médecine à l\u2019Université d\u2019Ottawa, entre 1998 et 2002, elle était la seule étudiante autochtone à fréquenter la Faculté de médecine.«Je n\u2019ai pas directement participé au développement du programme autochtone, mais je crois que mon LE DR VOLLANT AVEC DES JEUNES DE LA COMMUNAUTÉ D'EKUANITSHIT (MIN- GAN) À L\u2019AUTOMNE 2010.26 LITINEF;aif;E 15 septembre 2011 succès a démontré à l\u2019administration que les candidats issus des Premières Nations peuvent réussir aussi bien que les autres.» Elle juge que de tels programmes sont essentiels dans les universités canadiennes.«C\u2019est important d\u2019apprécier les différences dans la culture, dans la façon de communiquer et d\u2019adapter les enseignements au contexte social des communautés.» L\u2019Université de Montréal a emboîté le pas, toujours grâce à l\u2019aide du Dr Stanley Voilant, aujourd\u2019hui responsable du volet autochtone de la Faculté de médecine de l\u2019institution montréalaise.Ce programme vise à mieux préparer les futurs médecins - autochtones ou non autochtones - qui souhaitent pratiquer auprès des Premières Nations à la réalité particulière de ces communautés.«Les médecins n\u2019ont aucune connaissance de la culture traditionnelle autochtone.Pour eux, c\u2019est de la sorcellerie, juge-t-il.Si on peut renforcer le lien thérapeutique entre le patient et le médecin, ça sera avantageux pour tout le monde.» Et Stanley Voilant ne se contentera pas d\u2019Ottawa ou de Montréal.L\u2019an dernier, son combat s\u2019est transporté sur les routes du Grand Nord et de l\u2019Ontario.Le Dr Voilant a entamé en octobre une marche de 4000 km, étalée sur cinq ans, pour visiter LE DR VOLLANT A ENTAMÉ EN OCTOBRE 2010 UNE MARCHE DE 4000 KM, ÉTALÉE SUR CINQ ANS, POUR VISITER PLUSIEURS COMMUNAUTÉS INUITES OU DES PREMIÈRES NATIONS.ICI, LA MARCHEÀ UASHAT, EN MARS DERNIER.(^LES MÉDECINS N\u2019ONT AUCUNE CONNAISSANCE DE LA CULTURE TRADITIONNELLE AUTOCHTONE.POUR EUX, C\u2019EST DE LA SORCELLERIE.)) - Dr Stanley Voilant plusieurs communautés inuites ou des Premières Nations.«Mon but premier, c\u2019est d\u2019inciter les jeunes à rêver, explique-t-il.Tous les jeunes que je rencontre ne deviendront pas médecins et ce n\u2019est pas mon but.Mais si ça peut aider la cause, tant mieux.» Il rencontre donc les enfants et les adolescents dans leurs écoles, pour leur parler de son parcours et les encourager à travailler fort et à poursuivre leurs études.«Je crois que les gens me perçoivent comme un exemple de détermination et de persévérance», avoue-t-il humblement.Sa marche est aussi l\u2019occasion pour lui de se familiariser avec la médecine traditionnelle autochtone et de la documenter pour une des premières fois de l\u2019histoire.Il souhaite éventuellement créer un registre virtuel des différents remèdes utilisés par les anciens pour que les professionnels de la santé puissent vérifier si ces produits ont des interactions avec les produits prescrits.«Aujourd\u2019hui, quand quelqu\u2019un me demande s\u2019il peut continuer à prendre un remède traditionnel en même temps que ce que je lui prescris, je ne peux pas lui répondre», déplore le médecin.Au-delà des jeunes autochtones, le Dr Stanley Voilant espère toucher, grâce à cette marche, l\u2019ensemble de la population québécoise et canadienne en donnant une visibilité positive à son peuple.«Si les gens savaient ce que les autochtones vivent au jour le jour et avaient une meilleure connaissance de leur réalité culturelle et historique, beaucoup de murs s\u2019écrouleraient et on pourrait enfin bâtir des ponts.» CRÉDIT PHOTOS : GRACIEUSETÉ STANLEY VOLLANT OUTILS MIS EN PLACE La Commission de la santé et des services sociaux des Premières du service de relations aux médias du ministère de la Santé et Nations du Québec et du Labrador a mis à la disposition des\tdes Services sociaux du Québec.Le Ministère a aussi collaboré communautés métisses, inuites ou des Premières Nations un\tavec le cégep Marie-Victorin pour mettre sur pied un programme nouvel outil de recherche de bourses d\u2019études dans le domaine\td\u2019études en travail social, pour les travailleurs inuits de la de la santé.«Ce répertoire électronique facilitera la recherche\tprotection de la jeunesse, offrant du mentorat à ses diplômés de financement et encouragera les étudiants à poursuivre des\tlorsqu\u2019ils retournent au Nunavik.études dans le domaine de la santé», promet Nathalie Lévesque, L'ITINÉRAIRE 27 15 septembre 2011 IT ET ACTION! Ensemble, tout devient possible La 3,in que Hal ionale es t h e uncusi; d'a ppuyer des cen laines d rQTga ni s mes Canariens afin d'améliorer la qualité dç vie des communautés, BANQUE NATIONALE CROUPE FINANCIER PHOTO : JEAN-FRANÇOIS HAMELIN SlA&L&S ?A& j>bt Jérome Savary marche sur les traces clu Dr Julien,  chaque numéro de L'Itinéraire, les nombreuses rencontres du journaliste avec le créateur de la pédiatrie sociale, des enfants et des personnes de l'entourage de cet homme exceptionnel vous permettent de comprendre son quotidien et de découvrir son univers.Laissez-vous Inspirer par le Dr Julien Lenfant, un «esprit pur» JÉRÔME SAVARY Superviseur à la rédaction À l\u2019écouter parler, on croirait entendre un vieux sage amérindien.Lentement, à voix basse, le Dr Julien parle «d\u2019énergie», «d\u2019esprit pur», «d\u2019enfant lumière», de bagage spirituel ancestral inscrit chez les nouveau-nés.Le pédiatre social est très proche de la pensée du monde autochtone.Sa spiritualité, Gilles Julien l\u2019assume pleinement.«Je ne suis pas un type religieux, je ne crois pas à 56 affaires, prévient-il.Mais il y a un monde spirituel autour de l\u2019enfant.Quand tu touches à un enfant de près, tu touches à une lumière qui est.surnaturelle.Moi, c\u2019est la grande croyance que j\u2019ai.C\u2019est de ce contact avec cette énergie pure que je tire ma propre énergie.» Selon le médecin, les enfants possèdent un côté «magique» : «Par les enfants, tu touches à la spiritualité.Les enfants sont des esprits purs.» Devant mon air circonspect, le pédiatre social sourit, puis enchaîne : «D\u2019où ça vient, un enfant?» me demande-t-il.Je réponds : «Du ventre de sa mère?» Il rit.«Il n\u2019y a pas un autochtone qui pense que les bébés viennent du ventre de leur mère.» Comme les autochtones, le Dr Julien croit que chaque enfant est habité par l\u2019esprit d\u2019un de ses ancêtres.«Avec les autochtones, je crois que nous nous comprenons.» Qu\u2019il s\u2019agisse du «Cercle de l\u2019enfant» (processus de médiation faisant pleinement participer la famille aux décisions qui concernent leur enfant pour résoudre des difficultés complexes) ou du rituel d\u2019accueil des nouveaux bébés1, la pédiatrie sociale s\u2019inspire beaucoup de la philosophie autochtone.AU CONTACT DES AUTOCHTONES Lors de notre rencontre, Gilles Julien rentrait d\u2019une conférence prononcée devant des Innus, près de Sept-Iles.Il y était avec Hélène Sioui-Trudel, sa femme, qui est d\u2019origine huronne-wendat, et aussi directrice du volet Alliance Droit Santé de la Fondation du Dr Julien.«Nous avons touché leurs valeurs profondes, explique-t-il en entrevue dans les bureaux de la Fondation.C\u2019était intense et magnifique à la fois.Ça a pleuré.Les blessures sont encore vives.» Selon lui, les Amérindiens ne se sont pas encore remis des dernières décennies pendant lesquelles ils ont été forcés, souvent par la violence, de renier leur identité pour adopter la culture occidentale canadienne.Mais la force n\u2019a pas eu raison de leurs traditions.«Certaines communautés ont repris les pratiques et rituels ancestraux pour tenter de réparer les blessures du passé», affirme le pédiatre social.Aujourd\u2019hui, les enfants autochtones paient les frais des horreurs vécues par leurs familles.«Dans de nombreuses réserves, une forte proportion d\u2019enfants est placée en famille d\u2019accueil à l\u2019extérieur de la réserve par la Direction de la protection de la jeunesse.Il va arriver quoi à ces enfants?N\u2019a-t-on pas encore appris des erreurs du passé?», dit le pédiatre d\u2019un ton trahissant à la fois son inquiétude et sa révolte.({par les enfants, tu touches À LA SPIRITUALITÉ.LES ENFANTS SONT DES ESPRITS PURS.)) - Dr Julien VALEURS ANCESTRALES Sur la Côte-Nord, assis en cercle aux côtés des Innus, le Dr Julien les a interpellés.«Je leur ai dit : \u201cJ\u2019ai vu vos enfants dans les écoles et la garderie de votre réserve.Ils sont extraordinaires.Alors, soit vous continuez à gueuler contre la DPJ qui sort vos enfants, soit vous vous retournez de bord et vous revenez à vos valeurs ancestrales, où l\u2019enfant était un esprit pur qu\u2019on protégeait.\u201d Je crois que c\u2019est la seule manière d\u2019espérer un avenir meilleur pour les enfants des communautés autochtones.» Dans quelques années, Gilles Julien se voit beaucoup plus engagé auprès des autochtones.Et le processus est enclenché.Plusieurs communautés se tournent déjà vers lui pour adapter la pratique de la pédiatrie sociale à leur réalité et trouver de nouvelles solutions.Le vieux sage est attendu.# 1 À lire dans notre parution du 15 octobre BANQUE NATIONALE LA BANQUE NATIONALE est flére de vous presenter Sur les pas du Dr Julien une série sur le fondateur de la pédiatrie sociale au Québec, d'aide INFO RAPSIM Le réseau dMflde nu* personnés ioufei et Itfn&ffifflmrele Montréal Tél.: 514375-1549 Interventions policières causant la mort UN NOUVEAU MÉCANISME D\u2019ENQUÊTE EST NÉCESSAIRE Par PIERRE GAUDREAU Coordonnateur du RAPSIM Le 7 juin dernier, une intervention policière dans l\u2019espace public au centre-ville de Montréal causait la mort de deux hommes, Patrick Limoges et Mario Hamel.Bien des questions ont été posées sur les moyens utilisés par le Service de police lors de cette intervention pour réussir à régler cette situation où Mario Hamel, en crise, errait couteau en main.Les tirs des policiers ont entraîné sa mort, de même que celle de Patrick Limoges qui se rendait à son travail.De nombreuses voix, dont celle du RAPSIM, ont déploré ces morts de même que l\u2019absence d\u2019un mécanisme d\u2019enquête crédible sur cette situation.«On ne saura jamais ce qui s\u2019est passé», titrait un des nombreux articles consacrés à ce drame.Parce qu\u2019encore une fois, c\u2019est à un corps policier, la Sûreté du Québec, qu\u2019a été confié le mandat d\u2019enquêter sur cette intervention de la police de Montréal (qui joue le rôle d\u2019enquêteur pour les interventions similaires ailleurs au Québec).Les agents concernés dans ces interventions rencontrent souvent leurs supérieurs et des conseillers avant d\u2019être interrogés par les policiers-enquêteurs.Des dizaines de ces enquêtes ont démontré l\u2019absence de crédibilité de ce processus, long et opaque.À Montréal, 21 personnes ont été tuées par des policiers de 1987 à 2008 et aucun policier n\u2019a été condamné à la suite de ces décès.Le sentiment d\u2019impunité de leur action qui existe ne repose pas sur rien! Cela fait de nombreuses années que diverses voix réclament un changement à ce processus, dont des organismes en santé mentale, d\u2019aide aux sans-abri et aux personnes immigrantes.Plusieurs des personnes tuées par la police proviennent de ces milieux.IL NE FAUT PLUS ATTENDRE Le 12 mai, un mois avant l\u2019intervention policière entraînant les morts de Patrick Limoges et de Mario Hamel, la Ligue des droits et libertés intervenait publiquement pour demander au gouvernement du Québec d\u2019adopter un mécanisme d\u2019enquête sur les interventions policières impliquant la mort d\u2019une personne ou causant des blessures.Appuyée alors par des dizaines de regroupements, dont la CSN, le RAPSIM, la Fédération des femmes du Québec et le FRAPRU, la Ligue des droits et libertés demandait alors que le gouvernement instaure un processus d\u2019enquête à caractère civil, indépendant, transparent et surtout impartial pour enquêter sur ces situations.Déjà en mars 2010, le conseil municipal de Montréal adoptait une résolution réclamant un nouveau processus d\u2019enquête indépendant sur les interventions policières.Unanimes, les élus faisaient ainsi suite au rapport de la Protectrice du citoyen qui recommandait un nouveau mécanisme d\u2019enquête sur la police.À la suite des deux morts tragiques de début juin, le conseil municipal a de nouveau unanimement demandé au ministre de la Sécurité publique de mettre en place un tel processus, en lui rappelant que cela fonctionne ailleurs.À ce jour, la réponse du ministre n\u2019a fait que rappeler la nécessité de former les policiers aux différentes réalités.Des progrès demeurent certes à faire à cet égard, mais cela ne remplace pas la nécessité de soumettre leur action à la justice.* UNE TROP LONGUE LISTE : Personnes tuées par la Police de Montréal depuis 1987 Anthony Griffin, 19 ans : 11 novembre 1987 Yvon Lafrance, 40 ans : 3 janvier 1989 Leslie Presley, 26 ans : 9 avril 1990 Joige Chavaria-Reyer, 22 ans : 22 novembre 1990 Yvan Dugas, 36 ans : 19 avril 1991 Marcellus François, 24 ans : 3 juillet 1991 Armand Fernandez, 24 ans : 4 novembre 1991 Osmond Seymour Fletcher, 26 ans : 14 novembre 1991 Trevor Kelly, 43 ans : 1er janvier 1993 Yvon Asselin, 39 ans : 6 mars 1993 Paolo Romanelli, 23 ans : 9 mars 1995 Martin Omar Suazo, 23 ans : 31 mai 1995 Philippe Ferraro, 67 ans : 26 juin 1995 Richard Barnabe, 41 ans : 2 mai 1993 Daniel Bélair, 39 ans : 17 mai 1996 Michel Mathurin, 49 ans : 17 mai 1996 Yvan Fond-Rouge, 36 ans : 30 avril 1998 Jean-Pierre Lizotte*, 45 ans : 16 octobre 1999 Michel Bemiquez, 45 ans : 28 juin 2003 Benoît Richer, 28 ans : 20 juillet 2004 Mohamed Anas Bennis, 25 ans : 1er décembre 2005 Quillem Registre, 38 ans : 14 octobre 2007 Fredy Villanueva, 18 ans : 9 août 2008 Jean-Claude Lemay, 48 ans : 26 janvier 2011 Patrick Saulnier, 27 ans : 6 février 2011 Mario Hamel, 40 ans : 7 juin 2011 Patrick Limoges, 36 ans : 7 juin 2011 *'ancien camelot de L\u2019Itinéraire SOURCES : ME ALAIN ARSENAULT ET LA PRESSE, P.A-4, 9 JUIN 2011 30 b ITINÉRAIRE 15 septembre 2011 RÉSEAU SOLIDAIRE DE L\u2019ITINÉRAIRE LE BOULOT VERS.chef de file de 'fy l\u2019insertion à Montréal ssii MARIE-HÉLÈNE CHOINIÈRE Coordonnatrice au développement des partenariats marieh.choiniere@itineraire.ca Créé il y a 28 ans, Le Boulot Vers.est reconnu comme le chef de file de l\u2019insertion sociale et professionnelle à Montréal.Cette entreprise œuvre plus spécifiquement auprès de jeunes en difficulté âgés de 16 à 25 ans.Son approche est des plus complètes : elle comprend une formation rémunérée, un programme d\u2019intervention pour l\u2019accueil, la référence et l\u2019intégration des participants au stage et un soutien pour l\u2019insertion sociale et professionnelle après le stage.Le Boulot Vers.accueille des jeunes en situation de précarité.Plusieurs d\u2019entre eux, dont l\u2019âge moyen est de 20 ans, ont abandonné l\u2019école sans avoir complété leur secondaire 3.71% des jeunes n\u2019ont aucun revenu ou soutien financier.Ils n\u2019ont également ni assurance-emploi ni aide-sociale lorsqu\u2019ils débutent leur stage.De multiples problématiques tels une santé physique et mentale précaire, la toxicomanie ou encore l\u2019isolement social s\u2019ajoutent à leur fragilité financière.Comme le déplore Jeanne Doré, directrice générale du Boulot Vers.depuis 1995, la situation des jeunes rencontrés ne s\u2019améliore pas avec les années.Au contraire, elle se dégrade.Les jeunes sont de plus en plus éloignés du marché du travail et marginalisés.Le Boulot Vers.réfère d\u2019ailleurs certains jeunes quelle ne peut accueillir au Groupe L\u2019Itinéraire, pour ses projets d\u2019insertion jeunesse en vidéo et en cuisine.L\u2019équipe de travail, le conseil d\u2019administration et les partenaires du milieu sont mobilisés pour mettre en place une réelle expérience de travail, un lieu d\u2019apprentissage de qualité et un suivi personnalisé pour les jeunes.Une formation personnelle et technique est proposée au cours du premier mois de stage pour stimuler les capacités cognitives.Cette formation est dispensée conjointement avec la Commission scolaire de la Pointe-de-l\u2019île (CSPI) depuis 1999.Produits dans le cadre du stage, les meubles à «utilité sociale» visent l\u2019amélioration de la qualité de vie et du mieux-être collectif.Et tout au long de leur stage, les jeunes sont accompagnés individuellement dans leur cheminement professionnel.Le soutien offert aux jeunes après le stage est une spécificité du Boulot vers.En 2010, 20 des 50 jeunes qui ont terminé le stage ont décroché un travail, 15 ont fait un retour aux études, 3 ont été en congé parental et 12 étaient actifs dans leur recherche d\u2019emploi.Leur taux d\u2019insertion au marché du travail est de 74%.LE BOULOT VERS.OFFRE DES FORMATIONS D\u2019INSERTION SOCIALE EN ÉBÉNISTERIE À DES JEUNES DEPUIS PRÈS DE 30 ANS.0*\u2014 Le Boulot Vers.poursuit aujourd\u2019hui son travail auprès des jeunes en difficulté afin qu\u2019ils puissent intégrer la société en devenant des travailleurs et des citoyens à part entière.Au Boulot vers.on fait des meubles, mais ce qui sort de l\u2019usine, ce sont des jeunes qui deviennent des citoyens actifs.# PHOTO : JACQUES LAVALLÉE POUR EN SAVOIR PLUS : WWW.BOULOTVERS.ORG L'ITINERAIRE 31 15 septembre 2011 RÉSEAU SOLIDAIRE DE L\u2019ITINÉRAIRE L'ITINERAIRE HONORÉ SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE AMÉLIE GODBOUT Conseillère au développement des partenariats et des dons amelie.godbout@itineraire.ca Le magazine L\u2019Itinéraire a reçu un prix honorifique de l\u2019International Network of Street Papers (IN SP) pour sa contribution au développement du mouvement des journaux de rue dans le monde.L\u2019Itinéraire fait rayonner le Québec partout sur la scène mondiale en présentant des moyens efficaces connus en matière de réinsertion sociale et professionnelle des personnes itinérantes.L\u2019INSP (ou Réseau international des journaux de rue) est une initiative mondiale qui contribue à apporter des solutions locales aux problèmes de précarité dans le monde.Il appuie les projets de vente de journaux de rue à travers le monde entier afin de procurer du travail aux personnes en situation de pauvreté et d\u2019itinérance.L\u2019INSP réunit plus de 100 journaux de rue dans 40 pays et offre son soutien au développement de nouveaux projets de journaux de rue dans les pays en voie de développement.L\u2019INSP a tenu son congrès annuel à Glasgow, en Ecosse (lieu de son siège social) du 20 au 23 juillet dernier.Le congrès a réuni 84 délégués de 29 pays.Le directeur général et éditeur de L\u2019Itinéraire, Serge Lareault, également président de l\u2019INSP, a organisé les derniers préparatifs avant l\u2019événement et a assuré de nombreuses rencontres avec les partenaires financiers et techniques du Réseau.Il a également réservé une journée spéciale de formation pour les dirigeants des journaux de rue produits sur le continent africain au cours de quatre dernières années.Les délégués présents lors du congrès ont traité de différents sujets et projets pour les années à venir, dont la continuité du développement des journaux de rue en Afrique.L\u2019agence de presse de l\u2019INSP, le Street News Service, prévoit orienter ses actions vers l\u2019information favorisant la lutte à la pauvreté dans le monde en organisant, entre autres, une campagne publicitaire mondiale.De plus, l\u2019INSP chapeautera une édition mondiale sur l\u2019intégration des jeunes de la rue par le sport et la tenue de la Homeless World Cup (Coupe du monde des sans-abri) à Mexico en octobre 2012.Également lors du congrès, le photographe de réputation internationale, David Burnett, a conçu une exposition de photographies réalisées avec des camelots du journal de rue The Big Issue, en Écosse.À titre d\u2019organisme de charité, le budget de L\u2019Itinéraire est limité.La présence de Serge Lareault à la conférence 2012 de l\u2019INSP a été rendue possible grâce à la participation financière RICHARD TURGEON (DIRECTEUR MARKETING) ET SERGE LAREAULT (DIRECTEUR GÉNÉRAL ET ÉDITEUR DE L\u2019ITINÉRAIRE) ONT ACCEPTÉ TOUT SOURIRE LE PRIX HONORIFIQUE DE L\u2019INSP POUR LA CONTRIBUTION DE L'ITINÉRAIRE AU DÉVELOPPEMENT DU MOUVEMENT DES JOURNAUX DE RUE DANS LE MONDE.À LEUR DROITE, LA PRÉSENTATRICE CHRISTINE WILSON.du ministère des Relations internationales du Québec.Le gouvernement du Québec a donc contribué à la diffusion de l\u2019expertise montréalaise par le biais de son soutien au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire.Il a aussi favorisé le développement des connaissances québécoises en matière de réinsertion sociale des itinérants, car une telle conférence permet à L\u2019Itinéraire de se mettre à jour sur les nouvelles pratiques développées dans d\u2019autres pays industrialisés.Le conseil d\u2019administration remercie l\u2019équipe du ministère pour son appui important.Le transporteur aérien Air Canada a également apporté sa contribution en permettant aux représentants de L\u2019Itinéraire de voyager de Montréal à Glasgow à moindre coût.# PHOTO : DANIELLE BATIST International Network of Street Papers WWW.STREET-PAPERS.ORG 32 É ITINÉRAIRE 15 septembre 2011 CODE D\u2019ÉTHIQUE DES CAMELOTS 1.\tNe jamais vendre L'Itinéraire intoxiqué 2.\tRespecter son propre point de vente et celui des autres camelots 3.\tVendre L'Itinéraire au prix indiqué sur la page couverture 4.\tNe jamais ternir la réputation des autres camelots et du Groupe L\u2019Itinéraire 5.\tToujours être courtois et respectueux envers la clientèle 6.\tSe tenir à une distance raisonnable du client ou des entrées d\u2019établissements 7.\tRespecter les employés et les membres du Groupe 8.\tMendier au nom de L'Itinéraire ou en vendant L'Itinéraire est interdit 9.\tNe vendre aucun produit avec le magazine L'Itinéraire COUPON D\u2019ABONNEMENT / DE DON / D\u2019ACHAT DE CARTES-REPAS Pour une période de : O 12 mois, 24 numéros O 6 mois, 12 numéros : 123.04$ 61.52$ O Visa, Master Card O Chèque au nom du Groupe Communautaire L\u2019Itinéraire Un camelot vous a encouragé à vous abonner?Nom ou numéro d\u2019identification J\u2019ajoute un don de :___________________________________________________1$ J\u2019achète____________cartes-repas à 4$ chaque =_________________________1$ Les cartes seront distribuées par L\u2019Itinéraire.Vous désirez distribuer des cartes dans la rue?Nous vous enverrons le guide du bénévole et les cartes par la poste.Cochez ici ?TOTAL:_______________ $ Monsieur O\tMadamme O Numéro de la carte Expiration-/ 20- Mois Année\tSignature 1 Vous recevrez votre reçu d\u2019impôt début janvier suivant votre don.Prénom \u2014 Nom :____ Entreprise Adresse i_ Ville :_____________________________________________ Province :____________________________ Code Postal Téléphone : _(_______)______________________________ Courriel : _________________________________________ Postez votre coupon et votre chèque au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire : 2100, BOULEVARD DE MAISONNEUVE EST, SUITE 001, MONTRÉAL (QUÉBEC) H2K 4S1 Contactez nous au 514 597-0238 poste 226 Aller à l'école, ce n'est pas un choix de vie, c'est se donner les moyens de choisir sa vie.A^llqi^u 0*4 proUE&lUHB* ¦ I Htrfa»4uTt ¦)* Munirai 713 MONT-ROYAL EST LIVRES CD DVD B1DRAY BD JEUX VIDÉO {/OCCASION , -.S.JJ .*,¦ IIPFf IrliulÉlId! ANNONCEZ-VOUS DANS L'ITINÉRAIRE ET AFFICHEZ VOS VALEURS CITOYENNES.Contactez Karoline Bergeron au 514 597-0238 poste 245 au par courriel à karoline.bergeron@itineraire.ca VISIONNEZ \"LA MAISON OU J\u2018Àj GRANDI* viacapitale nu i.iGwr-RümL L'ACHAT ET LA VENTE D'UNE PROPRIÉTÉ, C'EST UNE AFFAIRE DE CŒUR ET DE SAVOIR-FAIRE \u2022 Garantie de service \u2022\tIntégrité \u2022\tMise en marché exceptionnelle \u2022\tConseils \u2022\tExpertise \u2022\tOpinion de la valeur marchande de votre propriété AGENCE DU PLATEAU 1152 Mont-Royal est 514.597.2121 AGENCE DE ROSEMONT 2339 Beaubien est 514.721.2121 w\\vw,viacapïtiifedumprtitûÿià(Ta]tt] LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE m&ttm pt Mt SUD -OUE PAROLES : PIERRE SAINT-AMOUR MUSIQUE : GHISLAINE BÉTIE-DUBUC PIERRE SAINT-AMOUR Chroniqueur de rue ** Le brouillard de l\u2019automne\tRefrain\tExsudant des gargotes Compose pour toujours\tEmpêtré dans les mailles\tRessemble à ce qu\u2019on mange Le refrain monotone\tDu réseau de ma vie\tCe qu\u2019on chie et qu\u2019on rote Du chômeur troubadour\tJ\u2019ai le cul sur la paille\tJe rampe dans la fange Qui sans fin se cantonne\tQue j\u2019achète à crédit\tComme un porc qui barbote Dans l\u2019errance des jours\tMais où faut-il que j\u2019aille\t Quand souffle le suroît\tPour trouver qui je suis\tRefrain Je me tiens aux aguets\t\tEmpêtré dans les mailles Car ce vent porte en soi\tC\u2019étaient de grands bateaux\tDu réseau de ma vie Tout ce qui m\u2019a défait\tVenus des Amériques\tJ\u2019ai le cul sur la paille Une plainte une voix\tQui remettaient à flot\tQue j\u2019achète à crédit Qui jaillit des déchets\tLa vie économique\tOn marque le bétail \tÀ même les sanglots\tÀ l\u2019ombre des taudis Refrain\tDes enfants rachitiques\t Empêtré dans les mailles\tSentez-vous la douleur\tJ\u2019aurai purgé ma peine Du réseau de ma vie\tQui les a habités\tDécoiffé par la brise J\u2019ai le cul sur la paille\tUn relent de sueur\tFredonnant la rengaine Que j\u2019achète à crédit\tEt de corps fatigués\tDe ma propre bêtise Et mon train-train déraille\tRemonte jusqu\u2019au coeur\tJe suis le capitaine Dans un sens interdit\tDes usines fermées\tD\u2019une vie qui s\u2019épuise Un jour je serai libre Je longe le canal\tRefrain\tJe fuirai le chenil Mais à contre-courant\tEmpêtré dans les mailles\tJe marche en équilibre Je suis un orignal\tDu réseau de ma vie\tSur le tranchant d\u2019un fil Emporté par l\u2019élan\tJ\u2019ai le cul sur la paille\tEt ressens dans mes fibres D\u2019un instinct animal\tQue j\u2019achète à crédit\tLes ressacs de la ville Qui me rend tout-puissant\tMes airs d\u2019épouvantail\t S\u2019il arrive qu\u2019on crache\tOnt fait fuir mes amis\tRefrain Sur le dos de mes pairs\t\tEmpêtré dans les mailles J\u2019exhibe mon panache\tJe sillonne les rues\tDu réseau de ma vie Car je suis le plus fier\tDans les pages d\u2019un livre\tJ\u2019ai le cul sur la paille Mais ne veux pas qu\u2019on sache\tL\u2019auteur n\u2019existe plus\tQue j\u2019achète à crédit Que j\u2019ai de la misère\tMais il va me survivre\tIl faut que je travaille \tLe roman des exclus Est froid comme le givre\tÀ meubler mon logis \tCe suint de vidange\tL\u2019ITINÉRAIRE 35 15 septembre 2011 Photo : Michalpawlowski / Dreamstime LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE mots pt cmtLors Camelot, métro Square-Victoria et angle Papineau / Mont-Royal //DANIEL PRINCE// LA NATATION JE VAIS M'Y REMETTRE Plus jeune, j\u2019étais très actif.Je pratiquais plusieurs sports, sauf ceux d\u2019équipe.Le hockey et le football ne me convenaient pas tellement.Par contre, j\u2019adorais le tennis, mais la majorité du temps, c\u2019étais avec le mur que je jouais.Près de chez moi, habitait un ancien professionnel de ce sport qui me donnait toutes sortes de trucs.J\u2019allais assez souvent jouer aux quilles et je plantais les quilles pour obtenir des parties gratuites.Aussi, devant chez moi, il y avait une salle de billard et c\u2019est là que je me suis fait des contacts dans le monde interlope.Et la natation là-dedans?Comme je l\u2019ai déjà mentionné dans d\u2019autres mots de camelot, j\u2019ai vécu mon enfance à Laval-Ouest et, comme vous le savez, c\u2019était un lieu de plages il y a plusieurs années.Ma mère avait donc l\u2019habitude de nous emmener à la plage tous les étés et nous passions nos journées à nager et à batifoler dans l\u2019eau.Par la suite, nous avons déménagé à Saint-Eustache et ma mère nous a abonnés à la piscine.Un sauveteur m\u2019a remarqué pendant que je nageais et m\u2019a inscrit au club aquatique.J\u2019ai fait de la compétition et aussi un nage-o-thon de 200 longueurs dans une piscine semi-olympique.Puis, j\u2019ai abandonné pour entrer dans les cadets.Quand je pense à cette époque, je me sens nostalgique face à la natation et c\u2019est pourquoi j\u2019ai la ferme intention de m\u2019y remettre cet automne.Je vais me trouver un endroit pas trop loin de chez moi et essayer d\u2019y aller au moins deux fois par semaine.En plus de me remettre en forme, cette activité va sûrement contribuer à soulager mon mal d\u2019épaule et de cou.Bonne rentrée à tous et à toutes! 36 Li ITINÉRAIRE 15 septembre 2011 //LINDA PELLETIER// Camelot, devant le Provigo sur Beaubien Vous devez avoir remarqué, comme moi, que les publicités sont de plus en plus niaiseuses.J\u2019en ai sélectionné six qui me font rire, tant elles sont stupides : -\tUne chaîne de restauration rapide tient ce slogan : «On n\u2019a qu\u2019une vie à vivre! Mangeons de la poutine!» Au même restaurant : «Un choix santé si vous faites le triathlon.» On y voit l\u2019image d\u2019une grosse frite, d\u2019un hotdog, d\u2019un hamburger et d\u2019une boisson gazeuse.C\u2019est de l\u2019humour noir?Ou ils croient que les gens vont gober ça?-\tSur une boîte de savon à lessive : «Plus blanc que blanc!» Allons-nous prendre cet argument de vente au sérieux?-\tUne affiche publicitaire de condos : tout ce qu\u2019on y voit, c\u2019est un mur blanc et un beau jeune homme vêtu d\u2019un t-shirt blanc et d\u2019un jeans, tenant un ordinateur portable sur ses genoux! Que vendent-ils?Le gars ou un mur?Du condo, on ne voit rien! -\tCelle-ci vaut le détour.Une publicité d\u2019un collège privé dont le premier argument de vente est : «Avec de vrais étudiants!» Quoi!?Dans les autres collèges, ils sont en plastique?-\tCette annonce d\u2019échanges érotiques : «Parlez en direct en toute confidence, en sécurité et avec de vrais gens.» Encore?-\tUne compagnie de cellulaires.En français, leur slogan est «le futur est simple».En anglais, «.thefutur isfriendly».Veulent-ils dire que les francophones sont cons et que les anglophones ont de la difficulté à se faire des amis?Il y en aurait bien d\u2019autres, mais celles-ci remportent à mon sens la palme d\u2019or du mauvais goût! T\t\t3 // LYNE ST-PIERRE // ¦ Camelot, angle Ontario / Bourbonnière\t \tyjg m\t\t NOUS, LES FEMMES, NE SOMMES PAS DES MARCHANDISES QUE L\u2019ON PEUT VENDRE PAR TÉLÉPHONE OU SUR LA RUE.En juin dernier, mon chum du moment et un ami à lui ont essayé de me convaincre de faire de la prostitution par téléphone et dans la rue.Inutile de dire que j\u2019ai laissé tomber le chum en question.Pour mieux me persuader d\u2019accepter, lui et son ami disaient qu\u2019ils me voyaient bien là-dedans, que je serais bonne dans cette activité, que je ferais beaucoup d\u2019argent chaque semaine.Intérieurement, je me suis sentie humiliée, frustrée, enragée noire, ça bouillonnait en dedans.Je leur aurais donné un bon coup de poing dans le front et un coup de pied à la bonne place.Je me suis contrôlée, parce qu\u2019il y avait de la visite.Je leur ai dit que j\u2019étais sur l\u2019aide sociale, mais que c\u2019était de l\u2019argent propre, que j\u2019étais camelot et que j\u2019en étais fière, car c\u2019était de l\u2019argent honnête et non pas de l\u2019argent sale et malhonnête.J\u2019ai ajouté que je n\u2019avais jamais fait de prostitution de ma vie et que ce n\u2019était pas aujourd\u2019hui que j\u2019allais commencer, ni plus tard, et ce, jusqu\u2019à ma mort.Je ne me suis pas laissé influencer.Je ne me suis pas fait avoir non plus.Je veux m\u2019adresser aux femmes qui reçoivent des propositions semblables et qui seraient peut-être tentées de dire oui.Dites non à ces propositions, ne vous laissez pas avoir ni convaincre.Nous, les femmes, ne sommes pas des marchandises que l\u2019on peut vendre par téléphone ou sur la rue.Nous devons nous respecter en tant que femmes et montrer aux hommes qu\u2019ils ne feront pas de nous ce qu\u2019ils veulent.Nous valons mieux que ça.Chers lecteurs et lectrices, même si je ne vous connais pas, je vous remercie de lire mon article et je vous invite à venir discuter avec moi si le cœur vous en dit.// BILL ECONOMOU // Camelot, au Marché Atwater It was great to write many articles these past five years.I know the amount is not as important as the substance.I\u2019ve tried more to speak from the heart than anything else.I\u2019ve realized other academic achievements in my life such as completing a three year Electrotechnology program in college and an M.I.S.certificate in University.It\u2019s been a few years since I\u2019ve taken any courses at school and I\u2019m reluctant to continue at this moment.From my teens, I desired to become more physically fit and joined several different gyms and accomplished this goal.Now I train less often than before, since I have other obligations.Recently in April, I was able to complete my book named My Impressions of Greece, which I started working on in September of 2008.It was my first time writing a book, but with perseverance and the appropriate support from other people, I was able to complete it.These accomplishments and others mean something to me.I know in the end that only what I did for the Lord Jesus Christ in this life with a pure motive will count.Boasting about my own accomplishments is not enough in the eyes of God.That\u2019s why I have to serve the Lord with a cheerful heart and thank Him for giving me the strength to live for Him.L'ITINERAIRE 37 15 septembre 2011 LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE mts> Pt cmturs //JEAN-MARC BOITEAU // Camelot, métro Beaudry Par une journée de canicule, à la mi-juillet, les médias annoncent la mise sous contrat d\u2019Erik Cole qui va joindre les rangs du Canadien de Montréal.Je me remémore aussitôt une soirée passée au Centre Bell, l\u2019an dernier, pour assister à une partie de hockey impliquant les Canadiens de Montréal.Titulaires de billets VIP, gracieuseté de mon frère qui m\u2019accompagne, nous nous rendons au Centre Bell.A la minute où l\u2019on passe les portes, je sens une fébrilité m\u2019envahir.J\u2019entre à l\u2019intérieur et je vise la patinoire un peu plus bas qui reçoit des rayons laser accompagnant la musique.Un son puissant, mais de qualité qui fait, bon gré mal gré, vibrer les partisans.Les effets spéciaux se multiplient tout le tour de l\u2019amphithéâtre.Je n\u2019ai pas assez de mes deux yeux pour contempler toute cette animation contagieuse.Mon siège assigné par l\u2019hôtesse, je suis heureux de constater ma proximité avec la patinoire.Les joueurs du Canadien font leur entrée sur la glace en patinant à fière allure devant moi.Si près que je constate même un vent qui provient de l\u2019exercice centrifuge exercé par les joueurs.Je suis comblé! Comme si ce n\u2019est pas assez, mon billet VIP me permet de boire et de manger gratuitement.à volonté! Au menu, des pointes de pizza, des hot dogs, mais surtout des sandwichs au smoked-meat dont je me suis particulièrement régalé (cinq!).La partie?Intéressante.Ma soirée?Mémorable! Il\" EST CR U S H E S I M MONTREAL // CARL FESTEKJIAN // Camelot, métro Atwater I like Montreal because it\u2019s a very exciting city and there are many things to do.In the summer, I like to go to coffee shops to have coffee by myself or with friends.There are many excellent coffee places in the city.Montreal has a lot of music festivals in the summer, like the Jazz festival.I sometimes like to go see them.There are also people who play the guitar in the metro that I really like to hear.There are very good musicians that play in the subway, and it puts people in a good mood and lifts their spirits.I noticed at the St-Patrick\u2019s Day parade that there was a guitarist playing music with a harmonica on the street.Things like this really make the city more special.I think that Montreal, as a city, especially in the summer, has a specific musical vibe to it.Also, I find people very friendly and sociable, compared to other cities I have been to.It\u2019s easy to be friends with people here.I also like the more Latin lifestyle in Montreal, sometimes I feel like in Europe.The Old-Montreal looks like European buildings.It has a lot of attractions.The Mont-Royal is also a very interesting place to go, the view is terrific.There are a lot of tourists that come to Montreal because of these attractions and because Montreal is such a nice city. L E D R 0 I T D E Il F LE U R1 I R » //ADEL LAKIKANI // Camelot, angle Sherbrooke / Plessis, devant l'Hôpital Notre-Dame Vendre L\u2019Itinéraire me demande de faire face à beaucoup de choses.Lorsque je rencontre un client et que je croise son regard, je lui dis bonjour.Parfois, je crois sentir du mépris dans leurs yeux.C\u2019est comme si je devais toujours bien agir.Je me sens comme un acteur sur une scène, souvent jugé par les autres.Ça m\u2019obsède et ça m\u2019épuise.Je m\u2019imagine des films que je crois vrais, et dans lesquels souvent les gens me veulent du mal.Je ne suis pas toujours à l\u2019aise d\u2019être au cœur de la foule; ça me stresse et je me sens observé.Au plus profond de moi, j\u2019aimerais participer à d\u2019autres projets, rattraper le temps perdu.Mais je ne m\u2019en sens pas la force.Je me sens torturé dans ma tête et impuissant par rapport au fait de vouloir faire mieux, par rapport à mes ambitions.Ce n\u2019est vraiment pas simple.J\u2019ai également un côté autodestructeur qui s\u2019exprime de plusieurs manières.C\u2019est comme si je ne me donnais pas le droit de «fleurir».// YVES G.// distributeur et préposé à la réception Le 3 juin dernier, je terminais un stage d\u2019un an à L\u2019Itinéraire à titre de distributeur et de préposé à la réception.Mes principales fonctions consistaient à vendre le journal aux camelots, à tenir l\u2019inventaire et à faire un dépôt à la fin de chaque journée.Je recevais également les appels téléphoniques et dirigeais les visiteurs.J\u2019étais donc au cœur de l\u2019action, ce qui me changeait drôlement de ma vie un peu solitaire.J\u2019ai adoré le milieu où s\u2019est effectué ce stage.Je ne m\u2019attendais pas à ce que les gens soient si polis, compréhensifs et toujours prêts à s\u2019aider les uns les autres.J\u2019ai été surtout agréablement surpris de voir les camelots d\u2019expérience encadrer les nouveaux venus dans ce métier gratifiant mais pas toujours facile, leur donner des conseils et les encourager.Tous les employés, les bénévoles, les camelots et les INSO comme moi (participant à un programme d\u2019insertion sociale) se côtoient dans une atmosphère de camaraderie et de tolérance face aux petits travers de chacun (qui n\u2019en a pas?).Tout ça pour vous dire que j\u2019étais bien triste quand ça s\u2019est terminé.J\u2019ai travaillé pendant quelques semaines comme camelot, mais je m\u2019ennuyais de mon ancien travail.Eh bien, je suis maintenant de retour au même poste pour une autre année et content de l\u2019être.Ce qui me fait le plus chaud au cœur, c\u2019est de constater que de nombreuses personnes semblent heureuses de me revoir et disent que je leur ai manqué.Quoi de plus important que de se sentir utile et apprécié, n\u2019est-ce pas? X LA CARTE-REPAS, POUR SOIGNER LA FAIM! Emmanuel b/lodeau Dl:Pç°rTE'PAR°LE DES cmtes-reL «Parce qu'il est inconcevable qu\u2018aujourd'hui, à Montréal, des milliers de personnes souffrent de la faim.Comme moi, avant qu 'il ne soit trop tard, offrez des cartes-repas aux plus démunis.En plus d'un repas chaud et complet, ils briseront leur isolement et trouveront le réconfort d'une aide psychosociale.La faim n'est pas une maladie mais un besoin.Cela se passe chez nous, donnons leur un temps de répit.» \\4 $ pour PRÉVENIR, NOURRIR, GUÉRIR.FAITES UN DON en remplissant le coupon en page 33 ou au www.itineraire.ca CONTACTEZ-NOUS au 514.597.0238 poste 226 LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE cmmtm Pt wt \t1\t \t\t JEAN-MARC BOITEAU Journaliste et chroniqueur de rue jean marcboiteau @yahoo.ca Résident d\u2019un logement à prix modique et disposant d\u2019un faible revenu, je suis à même de réaliser l\u2019importance de maintenir et de défendre la sauvegarde des logements sociaux.Je ne pouvais donc pas passer sous silence la tenue d\u2019un premier forum des locataires, qui a eu lieu au Centre Saint-Pierre, dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie, le 10 mars dernier.Ce forum des locataires est l\u2019initiative de la Fédération des OSBL d\u2019habitation de Montréal (FOHM), soutenu par les différentes institutions d\u2019hébergement à prix modique comme Chambreville, Un toit pour toi, Chambrenfleur, etc.L\u2019objectif du forum est de réunir les résidents de logements à prix modique afin de leur permettre d\u2019échanger sur les situations auxquelles ils font face dans leur milieu de vie.Du coup, cela leur donne l\u2019occasion de s\u2019engager et de participer à des activités qui les concernent et qui les sortent de leur isolement.Plus de 70 résidents, dont certains sont venus d\u2019aussi loin que Saint-Hyacinthe, se sont présentés avec enthousiasme à cette rencontre.Au programme, des échanges au micro et une projection de films.Les résidents locataires ont aussi bénéficié pour l\u2019occasion d\u2019un bon repas-causerie avec au menu une excellente lasagne.Stéphane Petit, intervenant en soutien communautaire pour la FOHM, est d\u2019avis que ce genre d\u2019événement rapproche les locataires tout en les motivant à s\u2019engager davantage dans leur milieu.«Cette solidarité permettra aux locataires d\u2019unir leurs voix pour contrer les compressions budgétaires qui les menacent», explique- t-il.Le regroupement des locataires rappelle en effet que le droit au logement n\u2019est pas reconnu dans la Constitution canadienne! Il met aussi en garde les résidents contre les différentes prises en charge imposées par les gouvernements.Si tel était le cas, ces personnes seraient à risque d\u2019éviction de leur logement.Le succès de cet événement a inspiré le Regroupement québécois des organismes d\u2019habitation (RQOH), qui a décidé d\u2019étendre cette activité à chacune des régions du Québec.LOCATAIRES IMPLIQUÉS J\u2019habite un de ces logements à prix modique.Par conséquent, je suis témoin d\u2019activités organisées par et pour les résidents qui bénéficient d\u2019un budget pour ces projets.Mme Aline Bestaveros, organisatrice communautaire, donne l\u2019exemple d\u2019une locataire engagée qui habite à Chambreville : «Une résidente a modifié l\u2019aménagement paysager de la cour qui relie les deux immeubles à appartements de Chambreville.Elle a ainsi motivé d\u2019autres résidents à participer à cette activité pour améliorer leur milieu de vie.» De plus, à toutes les fins de mois, un souper communautaire réunit les résidents de Chambreville et d\u2019Un toit pour toi et les participants se partagent la préparation du repas.Ce sont là des exemples d\u2019activités qui permettent de sortir ces personnes de l\u2019isolement et qui donnent un sens à la vie communautaire.Je suis particulièrement touché et ému lorsque, de mon balcon, je les vois partager leur repas comme une famille! Ces gens apprécient visiblement ces rencontres.Etre témoin du bonheur des résidents, qui oublient leurs problèmes le temps de ces activités, rappelle la pertinence d\u2019allouer davantage de subventions aux organismes comme la FOHM ou les OSBL comme Chambreville.J\u2019ose espérer que nos gouvernements feront preuve de discernement dans leurs dépenses en cessant de s\u2019en prendre aux plus pauvres de notre société! En terminant, je désire me joindre aux résidents de Chambreville et à son conseil d\u2019administration pour remercier Mme Dupré pour ses nombreuses années de service au sein du conseil d\u2019administration en tant que présidente.Merci! \u2022 UrtlNERAIRE 41 15 septembre 2011 Photo : Pablo361 / Dreamstime LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE CHKôMMt Pt ms GILLES LEBLANC Chroniqueur de rue bluegill65@gmail.com Certains me croient immature et irresponsable.La vérité?Je suis un «homme-enfant» à qui on a interdit son enfance.Tout petit déjà, la haine de mon père dévastait le meilleur de moi.Malgré tout, j\u2019avais développé une manière de faire pour acheter la paix et ainsi avoir un petit break.Je lui donnais toujours raison, surtout quand il avait tort.Cette tactique de l\u2019arsenal du parfait petit survivant était souvent efficace.Parfois, il me prenait de vitesse et je me retrouvais coincé avec lui dans un rapport de force et de soumission.Tout ce que j\u2019avais à faire était de carburer à la culpabilité et de choisir le rôle de l\u2019adorateur, soit celui qui n\u2019a pas d\u2019autre choix que de se prosterner devant son père, le tout-puissant.La seule manière d\u2019être en relation avec moi, pour mon père, était de m\u2019écorcher vif afin de mieux me briser.Il avait besoin de moi, le faible, pour se décharger de sa colère, de ses frustrations et de sa souffrance physique.Le vulnérable en moi aurait bien apprécié un peu d\u2019aide et de protection face à lui, mais personne n\u2019avait le courage et la force de s\u2019interposer.Dans cette relation malsaine, un seul des deux trouve son compte : le dominant.J\u2019ai ainsi pris, dès mon jeune âge, la mauvaise habitude de dépendre de ses troubles de comportement et de personnalité.Mon père n\u2019était pas méchant, juste perturbé par sa maladie.Il combattait une forme dégénérative très sévère d\u2019arthrite rhumatoïde, qui s\u2019attaquait à son système nerveux.Dès son arrivée à l\u2019hôpital, il fut condamné à mort par ses médecins traitants.Il a finalement survécu sur du temps emprunté pendant 32 années.Mon père étant handicapé, ma famille survivait tant bien que mal sur le bien-être social.Ces temps m\u2019ont semblé interminables.Je conserve un souvenir de l\u2019été de mes cinq ans, où nous sommes déménagés sur la Rive-Sud de Montréal.Etre pauvre et malade suffisait au paternel, mais les propriétaires ne voulaient pas lui louer d\u2019appartement, car nous étions dépendants de l\u2019assistance sociale, donc pas dignes de leur confiance.Méchante misère : IL FAUT SE PARLER POUR SE COMPRENDRE MALGRÉ LES FRICTIONS QUI PEUVENT EN DÉCOULER.Éh.\\V ¦ I- trois gamins sur les bras et même pas un shack sur le bord de la track où crécher.Les institutions financières ont emboité le pas aux proprios, refusant à mon père l\u2019ouverture d\u2019un compte pour recevoir notre chèque de B.S.Mais le découragement et l\u2019échec n\u2019étaient pas des options.Après avoir frappé à toutes les portes, les croyants de la paroisse ont constaté la ferveur catholique de mon père, ce qui nous sauva la mise.Même si mon géniteur m\u2019a beaucoup fait de torts, il possédait des qualités exceptionnelles.Détermination, persévérance, compassion, charisme, bon moral, drôle, paternel, protecteur avec une volonté d\u2019acier.En dépit de sa grande force et de ses capacités, mon père vivait, à la limite du supportable, une intense souffrance physique.Par expérience, je confirme qu\u2019une très grande douleur corporelle diminue fortement notre patience et notre tolérance.On devient anormalement agressif et on n\u2019endure rien ni personne, pas même nos proches.L\u2019affreuse et pénible maladie de mon père l\u2019aura affecté au point de le transformer en monstre tortionnaire.Cela n\u2019excuse pas sa conduite, mais explique l\u2019origine de la plus venimeuse dépendance que j\u2019ai été contraint de vivre durant ma vie.Même si ce n\u2019est pas évident, reconnaître les coups durs dans la vie de quelqu\u2019un est souvent le chemin qui mène au pardon.Aujourd\u2019hui, je trouve en mon cœur l\u2019amour et l\u2019affection perdus.Mon cœur d\u2019enfant, quoi! # 42 LTINERAIRE 15 septembre 2011 LES COULISSES DE L'ITINÉRAIRE &u>&i-rKorrotK Lu dans l\u2019un des 112 journaux de rue membres de l\u2019International Network of Street Papers (INSP) PAR NORMAN RICKERT Journaliste et traducteur de rue VÉTÉRANS SANS-A3R1 Savez-vous qu\u2019au cours des trois dernières années, un peu plus de 14000 vétérans américains, ayant servi leur pays en Afghanistan ou en Irak, ont connu l\u2019itinérance?Les vétérans forment environ 23 % de la population itinérante des Etats-Unis, bien qu\u2019ils ne représentent que 9% de la population totale du pays.On estime qu\u2019environ 107000 vétérans se retrouveront à vivre dans la rue au cours de leur vie, et ce, même s\u2019il est généralement d\u2019avis aux États-Unis que ceux qui ont servi leur pays devraient être pris en charge par l\u2019État.On peut espérer voir la lumière au bout du tunnel : le président Obama a initié un plan d\u2019action qui a pour objectif d\u2019enrayer l\u2019itinérance chez les vétérans américains d\u2019ici 2015.SOURCE : STREET SIGHTS, WASHINGTON D.C.j > ¦> Un choix FATAL Parce qu\u2019il a «choisi» d\u2019aller en prison plutôt que de payer une contravention de 110 $, le détenu Barry Raymond Stewart a été tué par un autre prisonnier dans un centre de détention provisoire d\u2019Edmonton en mai dernier.LE DÉTENU BARRY RAYMOND STEWART A ÉTÉ ASSASSINÉ AU CENTRE REMAND DE EDMONTON POUR NE PAS AVOIR PAYÉ UNE CONTRAVENTION.À TITRE INFORMATIF, VOICI LES COÛTS DE QUELQUES INFRACTIONS À EDMONTON Traverser illégalement une me : 250$ Quêter sur la rue : 250 $ Uriner en public : 500$ V_________________________________________J Âgé de 59 ans, le détenu a été arrêté pour ne pas s\u2019être présenté à la cour des infractions à la circulation et a été condamné à deux jours en prison.Son assassin, un homme de 25 ans, a été accusé de meurtre au second degré.La victime dormait sur le plancher d\u2019une cellule lorsqu\u2019il a été frappé 15 fois à la tête avant qu\u2019on intervienne.L\u2019agresseur devait être libéré peu après : il avait été arrêté à la base pour ne pas avoir payé son passage sur un train.«La cellule de M.Stewart était reliée à des moniteurs en circuit fermé, comment se fait-il que personne ne se soit rendu compte de l\u2019agression fatale?», s\u2019interroge Tom Engel, un avocat.Ce dernier ne croit pas que la victime ait choisi de ne pas payer l\u2019amende; il dit quelle ne pouvait tout simplement pas la payer.PHOTO : GRACIEUSETÉ EDMONTON STREET NEWS SOURCE : EDMONTON STREET NEWS, CANADA L'ITINERAIRE 43 15 septembre 2011 EXPRESSION ùHRôtu&ut iooHommt .4 4 m GILLES L.BOURQUE Coordonnateur aux Éditions Vie économique (EVE) Des préoccupations croissantes Le dernier d\u2019une série d\u2019articles du New York Times sur le gaz de schiste dévoile des faits troublants sur la viabilité économique de cette industrie.Selon le NYT, l\u2019industrie aurait exagéré intentionnellement, voire illégalement, les réserves et la rentabilité des puits d\u2019exploitation, trompant ainsi les investisseurs sur la rentabilité à long terme des entreprises du secteur.On présume également que cette stratégie de camouflage de la faible rentabilité des puits viserait à aller chercher une plus grande part des subventions gouvernementales.Mais les préoccupations croissantes des citoyens étatsuniens à l\u2019égard des dommages présumés causés par l\u2019utilisation de la technique de fracturation hydraulique du schiste obligent l\u2019administration Obama à agir sur plusieurs fronts pour réglementer ces pratiques.Etant donné les multiples exceptions et contournements des lois consentis aux lobbys du pétrole et du gaz depuis quelques années, le gouvernement fédéral doit maintenant parvenir à rassurer la population sur les risques réels de cette industrie.Dans un long billet diffusé sur le blogue de Joe Romm (sur le site ThinkProgress.org), l\u2019expert des questions environnementales, Tom Kenworthy passe en revue les découvertes récentes concernant les dangers de la technique de fracturation hydraulique - l\u2019étude de la Duke University sur la contamination par le méthane ou celle de la Cornell University sur l\u2019analyse du cycle de vie des gaz de schiste - ainsi que les nombreuses exceptions aux lois environnementales consenties à l\u2019industrie.Il constate que les plus importantes lois en matière de protection de l\u2019environnement, de santé et de sécurité de la population, dont les États-Unis se sont à juste titre enorgueillis, sont devenues avec le temps une véritable passoire dont ils n\u2019ont plus à être très fiers.Dans ce contexte, le Secrétaire à l\u2019Énergie des États-Unis, Steven Chu, vient de créer une nouvelle commission au sein de son administration dont le mandat sera de réexaminer en profondeur la sécurité et les performances environnementales des techniques utilisées par l\u2019industrie des gaz de schiste.La commission devrait produire d\u2019ici six mois un rapport avec des recommandations pour changer les pratiques de l\u2019industrie, plus particulièrement dans le domaine de la protection de l\u2019eau.Rappelons également que deux autres démarches sont en cours aux États-Unis relativement à l\u2019industrie des gaz de schiste.D\u2019une part, l\u2019étude environnementale de l\u2019Environmental Protection Agency (EPA), qui devrait publier des résultats préliminaires vers la fin de 2012 et dont le dépôt du rapport final est attendu pour 2014.D\u2019autre part, le Département de l\u2019Intérieur a programmé une série de conférences publiques sur l\u2019exploitation des gaz de schiste sur les terres publiques.L\u2019Europe est aussi confrontée aux enjeux de cette industrie, encore jeune.On a vu que la Érance a imposé un moratoire.Ce n\u2019est pas le cas de son voisin de l\u2019autre côté de la Manche.En mai, le parlement britannique n\u2019a pas jugé utile de décréter un moratoire sur l\u2019exploitation par fracturation hydraulique puisque «.there was no direct evidence to suggest it was harmful to the environment».Pourtant, à la suite d\u2019une activité sismique croissante mesurée près de la ville de Blackpool, la firme d\u2019exploration Cuadrilla Resources aurait suspendu l\u2019exploitation d\u2019un puits utilisant la fracturation, le temps que les experts de la Keele University, du British Geological Survey (BGS) et du Department of Energy and Climate Change (DECC) du gouvernement britannique analysent la situation.«It is well known that injection ofwater or other fluids during the oil extraction and geothermal engineering, such as shale gas, processes can result in earthquake activity», aurait affirmé un porte-parole du BGS.44 LITINEF;aif;E 15 septembre 2011 EXPRESSION Pour nous écrire : Catherine.girouard@itineraire.ca \u201cà eonrriêr.Pts vtcrtms * LE CAFE * L'ITINÉRAIRE Ça fait déjà plusieurs années que j\u2019ai complété mes cours de journalisme à l\u2019UQAM (l\u2019Uquuuam comme dit mon père), mais je me rappelle qu\u2019à chaque midi, quand j\u2019allais chercher mon chocolat chaud au Presse Café, coin Ontario et Saint-Denis, il y avait toujours ce petit monsieur aux lunettes rondes.Pendant toute la durée de mon bac, je l\u2019ai donc trouvé courageux de vendre son journal, beau temps mauvais temps! J\u2019ai honte, mais ce journal-là, ben je ne l\u2019ai jamais acheté.Toutes sortes d\u2019excuses étaient valables selon moi : pas de monnaie, pressée ce matin, non merci, désolée.Cette semaine, je marchais sous la pluie battante lorsque j\u2019ai croisé Gabriel, le camelot au coin de l\u2019UQAM, journal à la main, toujours au même endroit, à braver la pluie et à se faire refuser son journal la majorité du temps.Gabriel : «Un petit 3 I pour combattre la pauvreté?» Moi : «Certainement! On lâche pas! Ce n\u2019est pas la plus belle journée du monde, hein?!» Chocolat chaud à la main, je feuillette le magazine L\u2019Itinéraire, vendu et rédigé par des gens de la rue.Je prends connaissance d\u2019un contenu plus qu\u2019intéressant, mais surtout, de l\u2019existence de la pierre angulaire du journal, le Café L\u2019Itinéraire.Un café resto à bas prix pour les gens dans le besoin.Sous la pluie, en direction de cet humble café.Je m\u2019assois à une table au mobilier bien modeste, mais très confortable.Un panorama éclectique se dresse devant moi : un jeune punk tatoué de la tête aux pieds, un couple sexagénaire jouant aux échecs, un gang de jeunes étudiants terminant un travail de fin de session; c\u2019est bien loin de ce que j\u2019avais imaginé.Loin d\u2019une clientèle d\u2019itinérants à la barbe longue et aux vêtements trouvés dans les poubelles.«UN PANORAMA ÉCLECTIQUE SE DRESSE DEVANT MOI : UN JEUNE PUNK TATOUÉ DE LA TÊTE AUX PIEDS, UN COUPLE SEXAGÉNAIRE JOUANT AUX ÉCHECS, UN GANG DE JEUNES ÉTUDIANTS TERMINANT UN TRAVAIL DE FIN DE SESSION; C\u2019EST BIEN LOIN DE CE QUE J\u2019AVAIS IMAGINÉ.» En moins de deux, une assiette se retrouve sur mon cabaret beige-crème.Porc braisé, patates, navet bouilli, salade verte et une pelletée de pouding au caramel.Je m\u2019attendais à être servie dans des contenants de margarine ou des assiettes en carton, mais ce n\u2019est pas du tout le cas.Les petites assiettes bleu pâle, les effluves qui sentent drôlement bon et les énormes quantités surpassent grandement mon 3 I d\u2019investissement.Avec timidité, j\u2019enchaîne les bouchées de porc braisé et engloutis les patates et navets; c\u2019est bon! Yvon Massicotte, le représentant des camelots, m\u2019interrompt.Il m\u2019informe qu\u2019à 58 ans, être travailleur autonome, c\u2019est l\u2019idéal.Planifier ses horaires et gagner son propre argent, c\u2019est parfait comme ça.Le Café, ce n\u2019est pas uniquement un endroit où se nourrir, mais bien un endroit à dévotion sociale où les camelots se réunissent pour faire le plein de magazines, manger une croûte, puis discuter avec le gang.C\u2019est aussi une bouffe sans fla-flas, comme à la maison : réconfortante, délicieuse, et surtout pas chère du tout.Juste assez dispendieuse pour responsabiliser les gens dans le besoin et leur offrir une chance de prendre leur place dans la société en investissant une somme minime pour un repas plus que complet.- FLORENCE FLORENT QUE PENSEZ-VOUS DUO MAGAZINE L\u2019ITINÉRAIRE m Pour nous aider à vous offrir le meilleur des magazines, répondez à notre court sondage en ligne! WWW.ITINERAIRE.CA ou écrivez-nous à catherine.girouard@itineraire.ca pour qu'on vous l'envoie.L'ITINÉRAIRE 45 15 septembre 2011 SUDOKU \t\t\t\t\t4\t\t\t 7\t4\t\t1\t8\t\t\t\t 1\t\t\t6\t5\t\t8\t2\t \t\t\t\t\t8\t\t\t1 \t\t6\t7\t\t3\t\t\t \t\t9\t\t\t\t\t\t7 \t8\t\t4\t1\t\t\t\t3 \t\t\t2\t\t\t5\t\t 2\t\t1\t\t\t\t\t4\t NIVEAU DE DIFFICULTE : MOYEN NOTRE LOGICIEL DE SUDOKUS EST MAINTENANT DISPONIBLE.10 000 sudokus inédits de 4 niveaux par notre expert, Fabien Savary.En vente exclusivement sur notre site.WWW.LES-MORDUS.COM Jeu realise par Ludipresse info@les-mordus.com Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boite 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans un colonne et dans une boite 3x3.PROGRAMME ACTION Action est un programme de préemployabilité qui vise à permettre aux personnes éloignées du marché du travail de progressersuffisamment sur le plan socioprofessionnel pour être en mesure de participer à une mesure d\u2019aide à l\u2019emploi visant à accroître leurs possibilités d\u2019accéder au marché du travail.POUR PARTICIPER AU PROGRAMME ACTION, la personne doit être prestataire du programme d\u2019aide sociale ou du programme de solidarité sociale et présenter des caractéristiques associées aux personnes éloignées du marché du travail.Elle n\u2019est pas prête à entreprendre une démarche prévue par une mesure d\u2019aide à l\u2019emploi.Si vous désirez participer au PROGRAMME ACTION, prière de communiquer avec Jocelyne Sénécal par courriel à jocelyne.senecalGï'itineraire.ca ou par téléphone au 514.525.5747 poste 230 46 L! ITINÉRAIRE 15 septembre 2011 'jflTBJ ^nhoutte.co^ H PETITE EMPREINTE S»?*ll» Sofo'.tili on*.; pjnr itn r»«ftmec MftfesnNfff Van Howtte, le café au bureau qui vous aide a faire ces petits gestes qui font une grande^\"\" ^ Latte Lounge \u2022\tCafe ri est?» fc ipKûtliU1 \u2022\tSorT4l#mml rnipooMCns L* M'jului tt mu dhntmue \u2022 utilisa»! un itiinimurn tf cnihdimjri \t \t \t\u2022 \t [\u2022.JT^\t \t Al\t \t Contactez un i»f tentant ju 514 728 2233 ou 866 881 2233 ServK©* de câf \u2022 wsvw.viMbtiuYii cam 3 C\u2019EST PAS SEXISTE.C\u2019EST SCIENTIFIQUE.Us lechnnrxK scionffMime sort «£*
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