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L'itinéraire
Depuis 1992, L'Itinéraire fait découvrir aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. [...]
L'Itinéraire est un mensuel montréalais dont la publication a débuté au printemps 1992. Le magazine est une initiative du Groupe communautaire L'Itinéraire, organisme basé dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Il est vendu dans les rues et dans le métro de Montréal par des camelots. La création de L'Itinéraire visait à offrir une publication aux personnes seules et itinérantes dans laquelle elles pourraient partager avec la population les problématiques de l'itinérance et proposer des pistes de solution. L'Itinéraire permet aux participants l'apprentissage d'un travail rémunéré. Une participation active brise l'isolement. Elle favorise la revalorisation et la réalisation de soi, une reprise personnelle et une culture de l'autonomie. L'Itinéraire transmet aux Montréalais les intérêts, les préoccupations et les revendications des gens de la rue, des activistes sociaux et des collaborateurs qui participent à la publication. Ainsi, l'accès au logement, la réinsertion sociale, le travail du sexe, l'alcoolisme et la toxicomanie, la formation aux adultes, les droits de la personne, les sujets politiques de l'heure, les arts et la culture populaire, sont des sujets traités dans le magazine. On trouve régulièrement une personnalité connue en page couverture de L'Itinéraire, à laquelle est jumelé un article prenant souvent la forme d'une entrevue. Des collaborations spéciales de journalistes pigistes professionnels trouvent leur place chaque mois dans L'Itinéraire. Le magazine offre aussi une tribune à ses camelots, dont quelques-uns sont maintenant des figures connues des Montréalais. THIVIERGE, François, « Intervention de groupe auprès de la population itinérante de Montréal », Service social, vol. 43, no 2, 1994, p. 147-157.
Éditeur :
  • [Montréal] :Groupe communautaire l'itinéraire,1992-
Contenu spécifique :
mardi 15 janvier 2013
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
deux fois par mois
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L'itinéraire, 2013, Collections de BAnQ.

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[" AUTOCHTONES CAPTER L\u2019ESPOIR ^ ZOOM CAMELOT Annie Rainville ^ DEMAFALDA AU PETIT PRINCE Volume XX, n° 2 Montréal, 15 janvier 2013 www.itineraire.ca Manon Barbeau TRANSMETTRE LA PAROLÈim J» \" r ¦¦ ! _ ' a.\" i.f h1* i I ! -¦ i LJ-1-T1 ¦ iii\u2018,.rri\tTfc - , i -Ti *; I » L r- - , .) I Lii r\".r V.\u2019, i Animer Montréal La radio qui donne des idées MICHAEL APPLEBAUM Maire de Montréal Les sans abri ont besoin de nous.Depuis déjà trop longtemps, l\u2019impact et les conséquences de l\u2019itinérance sont particulièrement aigus dans la métropole.Les coûts croissants des logements rendent de plus en plus difficile l\u2019accès à un toit aux personnes appauvries.La présence dans la rue et dans les refuges de nombreuses personnes en situation de détresse nous rappelle quotidiennement que nous devons les aider afin quelles puissent retrouver leur dignité en jouant un rôle à leur mesure dans notre communauté.C\u2019est pourquoi Montréal a besoin plus que jamais de la Stratégie de partenariats de lutte contre l\u2019itinérance (SPLI).Ce programme de financement fédéral, unanimement apprécié, alloue 7,8 M $ par année pour réaliser des projets immobiliers et offrir des services aux personnes sans abri à Montréal.En fait, nous aurions besoin de beaucoup plus.Malgré le dévouement et la créativité de nombreux organismes communautaires qui font un travail remarquable sur le terrain, l\u2019état des personnes en situation d\u2019itinérance continue de s\u2019aggraver à Montréal.Grâce à la SPLI, une cinquantaine d\u2019organismes communautaires peuvent rejoindre plus de 25 000 personnes itinérantes chaque année.Je n\u2019ose imaginer les conséquences de la disparition d\u2019un tel financement sur la situation déjà très fragile de personnes dont les besoins sont criants et nous interpellent tous.Au nom de tous les Montréalais et Montréalaises, je m\u2019engage fermement à exiger du gouvernement fédéral qu\u2019il renouvelle et bonifie la SPLI dans son prochain budget.L\u2019itinérance détruit des personnes vulnérables et affaiblit la collectivité.Les organismes communautaires de Montréal, et en particulier ceux de l\u2019arrondissement de Ville-Marie, doivent pouvoir compter sur un financement accru afin de poursuivre leur travail auprès des plus démunis de notre société.UN REER ORDINAIRE LE REER DU FONDS 30% D\u2019ECONOMIES QU\u2019AVEC UN REER ORDINAIRE UN REER DE1000S Économies d\u2019impôt avec un REER ordinaire Économies d\u2019impôt avec le REER du Fonds ;é sur un taux marginal moyen de 38 % FAITES LE CALCUL AU plus30pourcent.com FONDS de solidarité FTQ Ce placement est effectué au moyen d\u2019un prospectus qui contient des informations détaillées importantes au sujet des actions du Fonds de solidarité FTQ.On peut se procurer un exemplaire du prospectus aux bureaux du Fonds ou sur son site Internet.Il est recommandé aux investisseurs de lire le prospectus avant de prendre une décision d\u2019investissement. ¦.! ¦ CITOYENS HIER AUJOURD\u2019HUI DEMAIN Faites la rencontre d\u2019hommes et de femmes qui, par leur engagement citoyen, ont marqué l\u2019histoire sociale de Montréal et du quartier Centre-Sud.Découvrez des personnes qui ont contribué au mieux-être collectif et faites connaissance avec des citoyens impliqués dans la société d\u2019aujourd\u2019hui.L\u2019EXPOSITION SE POURSUIT JUSQU\u2019AU 24 FÉVRIER 2013.\u20acCOMUS\u20ac\u20ac DU FIER MONDE 2050, rue Amherst Berri-UQAM 514 528-8444 ecomusee.qc.ca Ville-Marie Montréal© ENTENTE SUR LE DÉVELOPPEMENT CULTUREL DE MONTRÉAL Montréal© Culturev Communications et Condition féminine CB ra Québec Illustrations : Jacquie Jeanes ZOOM CAMELOT Annie Rainville DE MAFALDA AU PETIT PRINCE ARNAUD BARBET Elégante et coiffée d\u2019un béret gris en flanelle, Annie Rainville apparaît dans la salle de rédaction.Elle ne fait pas de politique, mais cumule plusieurs mandats à L\u2019Itinéraire.Partagée entre son poste à la distribution et la vente du magazine, elle trouve quand même le temps d\u2019offrir de petites gourmandises faites maison pendant les heures de bureau.La démarche assurée, elle m\u2019interpelle : «Ah, c\u2019est donc toi, celui qui ne mange jamais mes biscuits, qui va écrire mon histoire!» avec son humour quelque peu grinçant mais sympathique.Installée confortablement à la table d\u2019un petit café, elle semble finalement fébrile.Un moment d\u2019observation, une minute de questionnement et la voilà prête à se livrer.Fille unique d\u2019une famille\téquilibrée,\tcomme elle\tla\tqualifie, elle se remémore ses moments de joie, cette adolescence insouciante passée à Ste-Agathe dans les Laurentides.Ses amis la surnommaient Mafalda, selon le personnage du dessinateur Quino.À la fois espiègle, lucide et enjouée, Mafalda est restée tatouée dans son cœur et sur son bras gauche.Annie, elle, s\u2019en est allée.À 18 ans, elle s\u2019installe à Montréal.Elle devient\tpsycho-éducatrice après\tun\tparcours universitaire et professionnel chaotique.«Une quête\tinachevée»,\tavoue-t-elle.\tUn métier quelle aime, mais qui lui semble difficile sur le plan émotionnel.À 24 ans, elle se marie.«Une épreuve dès le premier jour et ça a duré dix ans! J\u2019ai subi l\u2019emprise psychologique de mon mari, c\u2019était\tépuisant»,\tassure-t-elle.\tUn\tpremier silence, lourd, pesant.De cette relation d\u2019amour difficile est né son petit prince, Aïdan.«Petit feu», en celte.Alors qu\u2019il avait trois ans, le couple se sépare.«J\u2019avais toujours l\u2019impression de marcher sur des œufs, de ne jamais être à la hauteur des espérances de mon mari.Une fois séparée, je me suis reposée», explique-t-elle.Du repos à la dépression, il n\u2019y a qu\u2019un pas.La sienne a duré six longues années.Repliée sur elle-même, effrayée par le jugement des autres, elle s\u2019enfonce malgré le soutien, jusqu\u2019à présent indéfectible, de sa mère.Chaque souffle de vie est dédié à son fils, «Petit feu», quelle ne voit que trop peu.Elle me raconte combien il est incandescent, vif, étincelant, changeant et de quelle manière il réchauffe son cœur.LA VIE NE RÉSERVE QUE DU BON Il y a quelques mois, la vie la sollicite.Annie trouve un emploi à L\u2019Itinéraire et brise son isolement.Affectée à la distribution des magazines depuis quelques mois, elle désire en faire plus pour ce journal «qui fait du bien», dit-elle.La voilà sur la rue Pie-IX à l\u2019angle de la rue Ontario.Heureuse d\u2019apprendre le métier de camelot, elle estime que ce travail lui donne beaucoup plus que ce qu\u2019elle a demandé.«J\u2019ai retrouvé une confiance en moi que j\u2019avais complètement perdue.Etre camelot, c\u2019est aller vers les gens, leur parler, des gestes qui étaient encore impensables pour moi il y a quelques mois!», m\u2019explique-t-elle, avec ce grand sourire qui ne l\u2019a quasiment pas quittée depuis le début de l\u2019entrevue.Néanmoins, elle sait qu\u2019en ce début d\u2019année, elle devra mener un nouveau combat.Elle est prête à se battre pour voir son fils plus souvent.«Je sais que la vie me réserve quelque chose de bon, que mon fils va me revenir», dit-elle, le regard mêlé d\u2019espoir et de crainte.Elle estime le rôle du papa d\u2019Aïdan, et revendique avec douceur l\u2019importance pour son petit prince d\u2019avoir la présence de sa mère à ses côtés.En attendant, le Petit Prince a rejoint Mafalda sur le bras d\u2019Annie.Un bon présage pour cette femme qui voit aujourd\u2019hui la vie comme un moment de poésie.\u2022 PHOTOS : OLIVIER LAUZON L'ITINERAIRE 5 15 janvier 2013 SOMMAIRE ZOOM CAMELOT\tP5 ANNIE RAINVILLE - DE MAFALDA AU PETIT PRINCE\t DOSSIER SPÉCIAL\tP8 AUTOCHTONES - CAPTER L\u2019ESPOIR\t ACTUALITÉ & CULTURE\tP15 Le magazine Littéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Tht/ierge et Michele Wilson, À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, LItinéraire est vendu régulièrement dans la nue.Cette publication est produite et rédigée per des journalistes professionnels et une cinquantaine de personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le lout de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.LIRE POUR RÊVER MIEUX GRANDE ENTREVUE\tP18 MANON BARBEAU - TRANSMETTRE LA PAROLE DÉVELOPPEMENT SOCIAL\tP24 ITINÉRANCE AUTOCHTONE - DES BANCS DE PARC AUX BANCS D\u2019ÉCOLE INFO RAPSIM : LA TOUR DES CANADIENS\tP27 LES COULISSES DE L\u2019ITINÉRAIRE\tP41 CHRONIQUE DE RUE: SORTIR GUÉRI DE MON HÔPITAL ÉMOTIF LES CAMELOTS SONT DES TRAVAILLEURS AUTONOMES.50% DU PRIX DE VENTE DU MAGAZINE LEUR REVIENT.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec Sylvie Gamache, directrice générale adjointe par courriel à sylvie.gamache@itineraire.ca ou par téléphone au 514 597-0238 poste 222.RÉDACTION ET ADMINISTRATION 2103, Ste-Catherine Est Montréal (Qc) H2K 2H9 LE CAFÉ L\u2019ITINÉRAIRE 2101, rue Ste-Catherine Est TÉLÉPHONE:\t514 597-0238 TÉLÉCOPIEUR :\t514 597-1544 SITE :\tWWW.ITINERAIRE.CA LE MAGAZINE L\u2019ITINÉRAIRE Éditeur : Serge Lareault Rédacteur en chef : Jérôme Savary Superviseure de la rédaction : Marie-Lise Rousseau Adjointe à la rédaction : Soraya Elbekkali Commis à la rédaction : Josée Louise Tremblay Stagiaires à la rédaction : Vanessa Hébert et Anne-Michèle C.-Vermette Coordonatrice à la conception visuelle : Catherine Joannette Stagiaire en infographie : Morgane Morel Photo de la une : Anne Marie Piette Révision : Hélène Fillion, Hélène Pâquet, Sophie Desjardins, Louise-Marie Dion, Catherine Flintoff, Nadine Boccalini et Marie-Françoise Lalande Révision des épreuves: Michèle Deteix, Christine Roy et An aïs Geoffrion Design et infographie du site Internet : Vortex solution CONSEILLÈRES PUBLICITAIRES Renée Larivière: 514 461-7119 renee.Iariviere@ itinéraire.ca Josée Poirier : 514 273-5002 josee.poirier@itineraire.ca LE CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : Stephan Morency Vice-présidente : Catherine Isabelle Trésorier : François Rousseau-Clair Secrétaire : Gabriel Bissonnette Conseiller, directeur général : Serge Lareault Représentant des camelots : Jean-Marie Tison Conseiller : Claude Lyrette, Jean-Guy Deslauriers, Micheline Rioux Lemieux et Yvon Brousseau L\u2019ADMINISTRATION Directeur général : Serge Lareault Directrice générale adjointe : Sylvie Gamache Technicienne comptable: Duffay Romano Adjoint aux communications et financement : Shawn Bourdages Adjointe aux communications, publicités et relations de presse: Fanny Geoffrion Adjointe aux communications et partenariats: Maude Bouchard GESTION DE L\u2019IMPRESSON Edition sur mesure - TVA Publications 514 848-7000 Directrice du développement des affaires : Patricia Dionne poste 5831 Coordonnatrice de production : Audrey Messier-M.poste 2249 IMPRIMEUR: IMPRIMERIE SOLISCO L\u2019ITINÉRAIRE EST MEMBRE DE: aWTecç L\u2019ITINÉRAIRE EST APPUYÉ FINANCIÈREMENT PAR: [inSD \"°°\"al L'ŒLlVRL éA ! HJs,rBB,PBPBrs léger V Convention de la poste publication No 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2103, Ste-Catherine Est, Montréal (Québec) H2K 2H9 Nous reconnaissons l\u2019aide financière du gouvernement du Canada par l\u2019entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP), Volet aide aux éditeurs et Volet Innovation, du ministère du Patrimoine Canadien pour nos activités d\u2019édition et de projets internet.Canada QUÉBÉCOR Québécor est fière de soutenir l'action sociale de L'Itinéraire en contribuant à la production du magazine et en lui procurant des services de télécommunications.ISSN-1481-3572 n° de charité : 13648 4219 RR0001 ABONNEZ-VOUS AU WWW.ITINERAIRE.CA ou par téléphone au 514 597-0238 poste 231 EDITORIAL JEROME SAVARY Rédacteur en chef jerome.savary@itineraire.ca LES AUTOCHTONES NE SONT PAS ^\u2022ÙÔNDAMNÉS D\u2019AVANCE Au moment d\u2019écrire ces lignes, la chef de la communauté crie d\u2019Attawapiskat, Theresa Spence, a entrepris une grève de la faim depuis plusieurs jours afin d\u2019attirer l\u2019attention de Stephen Harper sur les conditions de vie inhumaines subies par les membres de sa communauté.Ceci n\u2019est malheureusement pas étonnant, quand on sait que les Autochtones sont la dernière des préoccupations du premier ministre du Canada.Il y a un an, la communauté d\u2019Attawapiskat, située sur la côte ouest de la Baie James, en Ontario, était aux prises avec une grave pénurie de logements.Parmi les quelque 2000 résidants, des dizaines de personnes devaient dormir dans des tentes, des cabanes en bois non isolées et des roulottes de chantier abandonnées, sans eau potable ni électricité.De cela, le gouvernement fédéral n\u2019en a cure.En consacrant notre une à Manon Barbeau, cofondatrice du Wapikoni mobile, nous souhaitons maintenir l\u2019espoir, à notre façon, que les jeunes des Premières Nations et les jeunes Inuits ne sont pas tous condamnés d\u2019avance à vivre des vies indignes de celle d\u2019un être humain.Grâce à la vidéo, le projet Wapikoni mobile permet à des jeunes de nombreuses communautés de partager leur regard unique sur le monde.Ce faisant, Mme Barbeau donne une voix à des sans-voix.Également dans ce numéro de L\u2019Itinéraire, nous vous avons préparé un dossier sur le monde autochtone qui vous permettra de découvrir des hommes, des femmes et des projets représentant autant de sources d\u2019espoir.Qu\u2019il s\u2019agisse de la première femme élue au poste de Grand Chef de la nation Attikamek, du premier chirurgien autochtone au Québec parti marcher à la rencontre des jeunes des Premières Nations, ou d\u2019une jeune auteure symbolisant la relève littéraire autochtone, chacun d\u2019eux nous rappelle que le monde autochtone est également dynamique et déterminé â réussir.Cependant, nous ne pouvons passer sous silence le fait que les communautés des Premières Nations et inuits continuent de présenter des réalités sociales plus tristes les unes que les autres.La situation des enfants, qui représentent le futur des Premières Nations et des Inuits, est très préoccupante.En effet, les petits Autochtones ont cinq fois plus de chances d\u2019être pris en charge par la protection de la jeunesse que les petits non Autochtones.En2008, le quotidienLa Presse indiquait qu\u2019il y avait ainsi 1400 enfants autochtones placés annuellement dans les régions du Québec.La situation sociale et familiale des Autochtones dans les réserves et dans les villes n\u2019est guère reluisante.L\u2019espoir dans tout ça?A Val-D\u2019Or, en Abitibi, où vivent de nombreux Autochtones issus des communautés algonquines et cries, la clinique Minowé apporte un peu d\u2019espoir.Mise sur pied par un effort conjoint du Centre de santé et de services sociaux de la Vallée-de-l\u2019Or, du Centre jeunesse de l\u2019Abitibi-Témiscamingue et du Centre d\u2019amitié autochtone de Val-d\u2019Or, la clinique Minowé offre aux femmes autochtones qui sont enceintes et aux enfants de moins de cinq ans les services d\u2019une infirmière et d\u2019un travailleur social dans un milieu culturellement adapté, sans discrimination raciale.Désormais, quand un enfant a un problème majeur, le Centre jeunesse passe par l\u2019intermédiaire du Centre d\u2019amitié, qui permet aux familles de participer davantage à un processus de changement positif concernant leur enfant.En s\u2019adressant à la clinique Minowé, plusieurs familles autochtones de Val-d\u2019Or ont pu éviter une intervention des services de protection de l\u2019enfance, selon ce qu\u2019on peut lire dans le rapport du Conseil canadien de la santé rendu public le 11 décembre dernier.* Au-delà de cette initiative isolée, le gouvernement du Québec semble adopter une nouvelle attitude envers les représentants des Premières Nations, la première ministre du Québec souhaitant établir des relations plus égalitaires avec eux.Espérons que cette attitude empreinte d\u2019ouverture et de respect influencera celle de Stephen Harper.Le sort de la communauté crie d\u2019Attawapiskat et de sa chef Theresa Spence en dépend.\u2022 * www.conseilcanadiendelasante Fondé par Hanté Canada, le Conseil canadien de la ca/tree/Aboriginal_Report_2012_FR_final.pdf santé est un organisme autonome, à but non lucratif.LrtlNERAIRE 7 15 janvier 2013 t ,es 11 nations yrr M'tlliiluii '> Algonquins Attlkainekt Cris \" I luïoiif.VVcmlaii 3 mint (Mom^grutis) MaJÉdtw Micmacs H Ji ¦ Mohawks 4 Naskapis limits I 'U.- ' -*-A' Hyii.*+ L! ITINÉRAIRE 15 janvier 2013 DOSSIER SPÉCIAL Avec dix nations amérindiennes, une nation inuit et des communautés dispersées entre les réserves et les villes, la réalité des Autochtones du Québec est complexe.Leur réalité économique, elle, se résume plus simplement : la pauvreté.Mais plutôt que d\u2019énumérer de sombres statistiques détaillant le sort peu enviable des Autochtones, nous avons choisi de vous présenter des hommes et des femmes inspirants, qui représentent l\u2019espoir de plusieurs communautés.Des projets constructifs, également, vous feront voir ce monde éloigné sous un jour positif.L\u2019Itinéraire salue ces initiatives.£vco CttcoiA)ûs, pour limité SORAYA ELBEKKALI Le 13 septembre 2006 est gravé dans la mémoire des femmes attikameks.Il s\u2019agit du jour où a été élue la première femme au poste de Grand Chef de la nation attikamek.Eva Ottawa a non seulement remporté une importante majorité des voix (75 %), mais elle a du même coup ravi le titre de première femme à occuper cette fonction dans toute l\u2019histoire des Premières Nations du Québec et du Labrador.Six ans plus tard, la jeune mère de famille a prouvé par son leadership et sa ténacité quelle était à sa place.Rencontre avec une figure inspirante pour toutes les femmes, quelles soient autochtones ou non-autochtones.La voix d\u2019Eva Ottawa est posée et calme, en ce lundi matin du mois de décembre, alors que L\u2019Itinéraire réussit enfin à la joindre par téléphone.La politicienne est grandement occupée car sa nation en crise est divisée.La semaine précédant l\u2019entretien, elle assistait à une assemblée générale spéciale à Manawan, sa communauté d\u2019origine.On y discutait des rôles de chacun des élus locaux des trois conseils de bande (Manawan, Obedjiwan et Wemotaci) dans la poursuite des négociations avec le gouvernement.Le Conseil de la nation Attikamek (CNA), duquel Eva Ottawa est à la tête, a pour mission de représenter l\u2019ensemble de la nation à l\u2019échelle régionale, nationale et internationale, et de faire la promotion des droits et des intérêts des Attikameks sur les plans social, économique et culturel.Certains élus négocient en remettant en question le rôle du CNA.La grande chef a lancé, de nouveau, un appel à l\u2019unité.Cette unité est essentielle pour qu\u2019Eva Ottawa puisse atteindre le but quelle s\u2019est fixée pendant son mandat : terminer les négociations (voir encadré) avec les deux paliers de gouvernement.Il s\u2019agit d\u2019un défi important compte tenu du fait que la nation attikamek tente d\u2019obtenir une entente avec le gouvernement québécois depuis plus de 30 ans.«Ma rencontre avec le nouveau gouvernement de Pauline Marois me laisse confiante.Il y a une belle ouverture.Ce gouvernement veut prioriser les négociations, on est sur la bonne voie», explique-t-elle.Au niveau du gouvernement fédéral, l\u2019enthousiasme est-il partagé?«C\u2019est un peu plus dur, avoue-t-elle, avec un léger rire.Il y a eu beaucoup de coupures de services, notamment en santé.» Mais lors de la rencontre avec la première ministre québécoise, début décembre, celle-ci lui a assuré son appui auprès du gouvernement fédéral.«Elle a dit que son gouvernement allait intervenir auprès du gouvernement fédéral afin que la négociation territoriale globale soit plus efficace.Madame Marois a également ajouté quelle superviserait personnellement le processus, en maintenant un lien étroit avec la grande chef de la nation attikamek», peut-on lire sur le site Internet du spécialiste de la gouvernance autochtone, Éric Cardinal.Au niveau interne, Eva Ottawa tente d\u2019impliquer le plus de gens possible de la nation dans les différents processus politiques.«Les gens répondent à l\u2019appel», confie-t-elle.Jeunes, vieux, hommes et femmes, Eva croit qu\u2019il faut que tous mettent la main à la pâte.Une forte majorité des 6 000 Attikameks ont moins de 30 ans.Eva Ottawa a le désir d\u2019intéresser ces jeunes et les outils pour le faire.Elle a entrepris des études en sociologie à l\u2019Université Laval pour développer des plans d\u2019action permettant de réduire les problèmes liés notamment au suicide, à la drogue et au décrochage scolaire.Plus tard, lors de sa participation à une commission sur la constitution attikamek, quelle trouve ardue, de son propre aveu, elle se rend compte qu\u2019un bagage en droit lui faciliterait la tâche pour comprendre les concepts juridiques et les termes techniques contenus dans ce document.Elle entreprend alors un deuxième baccalauréat dans ce domaine.Rassembleuse, battante, infatigable, Eva Ottawa est à l\u2019image de sa nation.Peut-être, notamment grâce à elle, les Attikameks verront-ils enfin l\u2019ensemble de leurs droits reconnus.UrtlNERAIRE 9 15 janvier 2013 DOSSIER SPÉCIAL QtvthÂtiUMOhA).Les revendications des autochtones ont généralement trois objectifs : obtenir plus d\u2019autonomie, obtenir de plus grands territoires et sauvegarder leur identité et leur culture.En 1973, le Canada a identifié deux grandes formes de revendications : les revendications territoriales globales et les revendications particulières.Les revendications territoriales sont fondées sur le principe du maintien des droits et des titres autochtones qui n\u2019ont pas été couverts dans les traités ou autres actes juridiques.Il s\u2019agit donc de déterminer de façon claire, pour tous les Canadiens, à l\u2019aide de traités modernes, le droit sur les terres et les ressources.Les revendications globales se rapportent à des traités historiques et à la façon dont le gouvernement a géré les fonds et autres biens des Premières Nations, en respect ou non avec les dispositions de ces traités.Généralement, ces revendications se font au niveau fédéral, les gouvernements des provinces étant rarement touchés.EVA OTTAWA LORS DE LA REMISE DE LA MÉDAILLE DU JUBILÉ DE LA REINE ÉLIZABETH II À RIDEAU HALL, LE 15 NOVEMBRE 2012, EN PRÉSENCE DE L\u2019HONORABLE CÉLINE HERVIEUX-PAYETTE ET DU DIPLOMATE RAYMOND CHRÉTIEN.OyvhAA/ jA'&â'k'fc&fru/ Pour lamour et la vie FRANCIS HALIN En 2007, une dépression majeure incite Stanley Voilant à marcher.«Marcher, c\u2019est une thérapie pour moi.C\u2019est aussi fort que de prendre des antidépresseurs», lance celui qui a été le premier chirurgien autochtone au Québec.L\u2019homme veut sentir les caresses du soleil et du vent sur ses joues.Aujourd\u2019hui, sa marche de 5 000 km s\u2019appelle Innu Mesbkenu.Elle invite les jeunes à rêver, à préserver leur santé mentale, physique et spirituelle, à se réapproprier la connaissance des aînés et à rebâtir des ponts entre les communautés autochtone et non-autochtone.Récit d\u2019un être libre.Stanley Voilant a vu neiger.Mais aujourd\u2019hui, sa quête l\u2019enthousiasme.«Quand on marche, on voit les arbres un à un.On peut même les identifier.La marche permet d\u2019être en fusion avec la nature», insiste-t-il.Pour lui, sa démarche est l\u2019élément le plus important de son pèlerinage.Il déplore que plusieurs itinérants autochtones de Montréal soient pauvres matériellement et spirituellement.Il regrette que leur marche soit sans but.Plusieurs itinérants autochtones sont malheureusement pauvres matériellement et spirituellement.La marche qu\u2019ils font est une marche sans but.-Stanley Voilant Selon lui, la société est en partie responsable de ce mal.Elle en demande trop.L\u2019individualisme, le matérialisme et le culte de la performance créent des gens déprimés et psychotiques.Certaines banlieues ont l\u2019esprit communautaire, 10 LITINEF;aif;E 15 janvier 2013 DOSSIER SPÉCIAL mais d\u2019autres sont devenues des usines à robots voués à produire et à performer.«Les gens se demandent pourquoi il y a autant de maladies mentales.Je crois que c\u2019est parce que la société est complètement crackpotl On s\u2019éloigne trop du cœur et de nos racines que sont la nature et la terre», résume-t-il.LANGAGE DE LA FORÊT Selon lui, les Premières Nations doivent renouer avec leurs traditions ancestrales.Généreux, l\u2019homme nous raconte une anecdote personnelle.A 15 ans, il se rend avec son grand-père à la Baie James.À l\u2019époque, la Grande Rivière n\u2019est pas harnachée.La pêche est miraculeuse.Stanley et son grand-père rencontrent alors un jeune de son âge accompagné lui aussi de son grand-père.Malheureusement, le jeune innu Stanley est incapable d\u2019échanger avec l\u2019autre jeune d\u2019origine cri, car ils ne parlent pas la même langue.Pourtant, les aînés, eux, se mettent à parler abondamment dans une langue qui lui est inconnue, «le langage de la forêt», un dialecte millénaire.Soulignons que selon l\u2019UNESCO, si rien n\u2019est fait, la moitié des 6000 langues parlées aujourd\u2019hui disparaîtront.Lorsqu\u2019il marche comme lorsqu\u2019il travaille, Stanley Voilant veut non seulement valoriser la culture oubliée des Premières Nations, mais remettre les pendules à l\u2019heure.Selon lui, il faut à tout prix savoir qu\u2019il y a au Canada 55 nations autochtones, dont 11 au Québec.Il est donc impossible de parler d\u2019une seule nation autochtone! «Souvent, on parle des autochtones comme d\u2019une seule nation, d\u2019un seul bloc homogène.c\u2019est PHOTO : COURTOISIE INNU MESHKENU > «JE ME SUIS PERDU DANS MA VIE, MAIS JAMAIS GÉOGRAPHIQUEMENT.» - STANLEY VOLLANT, PREMIER CHIRURGIEN AUTOCHTONE AU QUÉBEC absurde, c\u2019est comme dire aux Européens que les Français ou les Allemands, c\u2019est la même affaire que les Grecs.Si on disait ça, c\u2019est sûr que la chicane pognerait», d\u2019ajouter le coloré chirurgien.Les gens se demandent pourquoi il y a autant de maladies mentales.C\u2019est parce que la société est complètement crackpot, -Stanley Voilant ATTAQUER LES TRADITIONS À Oujé-Bougoumou, un village de 720 habitants situé à 720 km de Montréal, le conseil de bande a condamné les pratiques spirituelles ancestrales.«Faire brûler de la sauge, du cèdre ou du tabac est formellement interdit sur le territoire maintenant.C\u2019est considéré comme de la sorcellerie parce que les pentecôtistes ont pris possession du conseil de bande», confie-t-il, la voix chevrotante.La préservation des traditions des Premières Nations est loin d\u2019être acquise.15 janvier 2013 DOSSIER SPÉCIAL Uk OUXJuL tuAiCUAÆs de rapprochement culturel SORAYA ELBEKKALI Dave Laveau fait partie de la nation huronne-wendat de Wendake, près de Québec.Directeur général de Tourisme Autochtone Québec depuis plus de deux ans, il est conscient d\u2019être un nouveau venu au sein d\u2019une pratique vieille de plusieurs siècles.«Les Autochtones sont un des premiers peuples à avoir fait du tourisme en gardant en vie leur culture, en assumant leur identité, en se démarquant et en partageant tout ça avec les nations voisines», explique-t-il.Depuis lors, le tourisme autochtone a su se développer, loin du folklore, jusqu\u2019à devenir aujourd\u2019hui un outil puissant de rapprochement culturel.Autochtone n\u2019est pas synonyme de traditions ancestrales.Pour certains des entrepreneurs chapeautés par l\u2019organisme, le tourisme a un visage résolument «moderne»! Par exemple, certains touristes visitant la communauté très urbaine d\u2019Essipit, près des Escoumins, peuvent être surpris du peu de mise en valeur de la culture autochtone, avance Dave Laveau.Les Québécois représentaient 58% de l\u2019achalandage touristique en 2010.Une donnée encourageante, inimaginable il y a dix ans, qui laisse à croire qu\u2019il y a une curiosité accrueet une plus grande ouverture des Québécois envers les peuples autochtones.«C\u2019est une communauté touristiquement très en santé.On y retrouve des pourvoiries, des condos et chalets magnifiques, et on peut y faire de l\u2019observation de baleines.Leur tourisme représente bien le mode de vie de la communauté Essipit en 2012.» Le tourisme a aujourd\u2019hui autant de visages qu\u2019il existe de façons différentes de vivre dans les 55 communautés autochtones présentes sur le territoire québécois.Le mot d\u2019ordre de l\u2019organisme que préside Dave Laveau pourrait être authenticité.«Comme dans toute industrie, il peut y avoir la tentation de vouloir d\u2019abord répondre à la demande.Mais pour éviter de tomber dans une folklorisation du patrimoine autochtone, nous exigeons de chaque entrepreneur que son produit reflète réellement la vie de sa communauté.La règle d\u2019or, c\u2019est d\u2019être soi-même», précise Dave Laveau.Pour d\u2019autres communautés semi-éloignées ou éloignées, la chasse et la trappe n\u2019ont rien de folklorique puisqu\u2019elles font encore partie de leur mode de vie.Et l\u2019offre séduit.Européens, Américains et Québécois profitent des services offerts par les 154 entreprises que regroupent Tourisme Autochtone Québec.Le secteur est en pleine expansion.«On a plus de demande que d\u2019offre», précise Dave Laveau, et les Québécois sont de plus en plus nombreux à répondre à l\u2019appel.Ils représentaient en 2010, 58% de l\u2019achalandage touristique des entreprises autochtones.Une donnée encourageante, inimaginable il y a dix ans, qui laisse à croire qu\u2019il y a une curiosité accrue et une plus grande ouverture des Québécois envers les peuples autochtones.Pour Dave Laveau, le tourisme demeure la façon la plus ludique et la plus subtile de s\u2019approcher, d\u2019échanger, de découvrir et de redécouvrir la culture des Premières nations.Il note les retombées financières importantes de ces entreprises dans leurs milieux respectifs (3 000 emplois en 2010 et 169 millions de dollars d\u2019impact économique), mais préfère insister sur les retombées sociales, plus difficilement quantifiables.«Dans l\u2019expression \u201cactivité socio-économique\u201d l\u2019ordre des deux mots est très important, souligne-t-il en riant.Sur le terrain, ça permet aux employés des entreprises de se former, de s\u2019intégrer et de partager leur culture».\u2022 DAVE LAVEAU EST DIRECTEUR GÉNÉRAL DE TOURISME AUTOCHTONE QUÉBEC.WWA \u2022AMI 1 m Jm PHOTO: TOURISME AUTOCHTONE QUÉBEC 12 L ITINÉRAIRE 15 janvier 2013 DOSSIER SPÉCIAL La ÎÀÎtÙUituMy ajutcchtohyù s affirme SOPHIE CHARTIER Tiraillés entre le désir de conserver leur culture et de la faire découvrir à un plus large public, les écrivains autochtones font souvent face à un dilemme.Vaut-il mieux écrire pour un circuit autochtone plus restreint ou pour le lectorat «blanc»?La relève littéraire des Premières Nations doit souvent composer avec des publics multiples.Naomi Fontaine, jeune auteure innue de 25 ans, a fait paraître un premier roman en avril 2011.L\u2019œuvre intitulée Kuessipan, qui signifie «A toi» en innu-aimun, a été publiée par la maison d\u2019édition montréalaise Mémoire d\u2019encrier.Selon elle, le sentiment de fierté identitaire caractérise le mieux la relève artistique autochtone.«Il y a un grand désir de se présenter comme peuple distinct des Québécois», explique la jeune auteure.Naomi habite Québec depuis qu\u2019elle a sept ans.Elle a donc connu les réalités de la vie à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur des réserves.Elle a voulu écrire Kuessipan pour montrer les facettes positives des peuples autochtones, moins représentées dans les médias.«J\u2019étais dans une optique où j\u2019écrivais pour les Blancs, pour les Québécois, se rappelle Naomi Fontaine.Éventuellement, je me suis rendu compte que c\u2019était peut-être pour moi que j\u2019écrivais ce livre.» devant lequel se trouvent les auteurs autochtones est bien réel.C\u2019est l\u2019une des raisons qui ont mené à la création de ce petit salon du livre en marge du circuit littéraire plus officiel.Les auteurs n\u2019ont que les grands salons et les foires culturelles grand public vers lesquels se tourner, et la présence autochtone y est souvent diluée.À son avis, les auteurs et chercheurs ont besoin d\u2019une plateforme de diffusion centrée sur les œuvres des Premières Nations.Il remarque d\u2019ailleurs que les visiteurs de Kwahiatonhk! sont majoritairement québécois.«L\u2019intérêt est timide, mais grandissant», affirme-t-il.Naomi Fontaine ne voit pas le Salon du livre des Premières Nations comme une façon d\u2019isoler les auteurs amérindiens.«L\u2019événement démontre que la littérature autochtone grandit et quelle existe, affirme-t-elle.On peut parler de littérature au sens large, continue l\u2019auteure.Moi, je crois faire partie de la littérature innue.» Pour Louis-Karl Picard-Sioui, la reconnaissance des auteurs et des artistes autochtones passe par l\u2019éducation.«Dans les cégeps et les universités, les facultés de littérature offrent des nombreux cours sur la littérature française classique, argumente le créateur.Il pourrait y en avoir au moins un sur les œuvres autochtones.» Aussi longtemps que les œuvres littéraires des Premières Nations ne seront pas étudiées, l\u2019art autochtone sera considéré comme marginal.Qweh^weÀ, cawheA, A^oaJmaK^ cuAtccAtch^ b chccusvhÂA - Kuessipan - à toi, Naomi Fontainte, Mémoire d\u2019encrier, 2011.N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, Natasha Kanapé Fontaine, Mémoire d\u2019encrier, 2012.- The la paix en jachère, Louis-Karl Picard-Sioui, Editions Hannenorak, 2012.«Pour les auteurs, ça demeure très important d\u2019avoir des lecteurs dans leur propre communauté», affirme Maurizio Gatti, titulaire d\u2019un post-doctorat sur le sujet et auteur des ouvrages Littérature amérindienne du Québec : écrits de langue française et Etre écrivain amérindien au Québec : indianité et création littéraire.«Les auteurs essaient souvent de prendre part à des événements qui ont lieu à la fois dans leur communauté et à Montréal pour faire connaître leurs écrits», ajoute le chercheur.UN RÉSEAU EN PARALLÈLE Le deuxième Salon du livre des Premières Nations, le Kwahiatonhk!, a eu lieu en novembre dernier à Wendake, près de Québec.Louis-Karl Picard-Sioui, écrivain wendat, est co-organisateur de l\u2019événement.Selon l\u2019auteur, ardent revendicateur des droits des Premières Nations, le dilemme - Bâtons à message / Tshissinuatshitakana, Joséphine Bacon, Mémoire d\u2019encrier, 2009.- Béante, Marie-Andrée Gill, Editions La Peuplade, 2012.- Ourse bleue, Virginia Pésémapéo Bordeleau, La Pleine Lune, 2007.LOUIS-KARL PICARD SIOUI, AUTEUR MAURIZIO GATTI, TITULAIRE D\u2019UN POST-DOCTORAT SUR LA LITTÉRATURE AUTOCHTONE ET AUTEUR.L'ITINERAIRE 13 15 janvier 2013 DOSSIER SPÉCIAL QeuMSMs cuAtccntcKis Au-delà des chiffres, des solutions MARIE-MICHELE SIOUI Les statistiques sur les Autochtones laissent souvent transparaître le dur sort réservé aux Premiers Peuples et les conditions de vie difficiles qui prévalent dans certaines des réserves où ils ont été confinés.Mais au-delà des chiffres, il y a des visages, des vies, un héritage et une culture à comprendre.Nous vous présentons trois projets porteurs de solutions pour le futur de ces communautés.«Les étudiants entrent ici les yeux au sol, le dos courbé», remarque Julie Vincent, qui dirige un centre d\u2019éducation destiné aux Autochtones âgés de 16 ans et plus.«Après quelques semaines, leurs épaules se redressent, ils sourient; ils sont mieux et on le voit dans leurs yeux.» L\u2019observation de la directrice du Centre de formation de la main-d\u2019œuvre (CDFM) de Wendake, au nord de Québec, dépeint une réalité qui semble répandue : s\u2019ils apprennent trop souvent à la dure, les Autochtones font preuve d\u2019une grande résilience et tiennent à faire profiter leurs communautés des apprentissages qu\u2019ils acquièrent.Les données sont là : des enfants de 9 à 12 ans déjà bien initiés à la drogue et l\u2019alcool.La violence qui déchire les communautés, le taux de décrochage effarant.Les chiffres illustrent la détresse, la pauvreté, la misère.Mais pas la résilience.Quand elle a ouvert le CDFM, Julie Vincent craignait que son école «vide les réserves».Près de 20 ans plus tard, elle constate que les étudiants qui entrent dans les salles de cours de son institution \u2014 qui ont des antécédents de consommation de drogue ou d\u2019alcool, et ont souffert d\u2019abus et de violence dans la majorité des cas \u2014 en ressortent quelques temps plus tard «portés par l\u2019espoir».«Ils disent qu\u2019ils veulent retourner dans leur communauté et faire profiter leurs pairs de leurs apprentissages», lance Mme Vincent, visiblement fière du CDFM, qui permet aux étudiants de terminer leurs études secondaires ou de suivre des formations techniques, notamment.À Val-d\u2019Or, Édith Cloutier dirige un centre d\u2019amitié autochtone.Ce lieu de rassemblement hors-réserve,dans les villes, est un espace démocratique d\u2019affirmation identitaire des autochtones, imaginé par les Premiers Peuples vers 1950.Du ventre de la maman jusqu\u2019aux années de la retraite, les centres d\u2019amitié \u2014 il en existe 122 au Canada \u2014 offrent une gamme de services et d\u2019activités, mais surtout de l\u2019entraide et un lieu de connexion culturelle pour les Autochtones des villes.Ici aussi, les enfants débarquent avec un «pack-sac très lourd», observe Mme Cloutier.Le centre d\u2019amitié de Val-d\u2019Or a lancé la clinique de soins Minowé il y a deux ans, et celle-ci travaille de pair avec le Centre jeunesse de la région afin de diminuer le nombre de signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).«On amène des services culturellement adaptés, note Mme Cloutier.Quand les Autochtones sont les premiers décideurs de leur destin, ça donne inévitablement des résultats pour la communauté dans son ensemble», dit celle dont le Centre emploie environ 60% d\u2019Autochtones.De son côté, Julie-Christine Cotton, candidate au doctorat en psychoéducation à l\u2019Université de Sherbrooke, s\u2019est d\u2019abord attelée à décrire la consommation de psychotropes des enfants de 9 à 12 ans des communautés innues du Québec.Le constat a été frappant.«Les parents autochtones ont trouvé les résultats inquiétants, honteux même», se rappelle-t-elle.Mais l\u2019étudiante a voulu aller au-delà des chiffres.Elle a adapté un programme de prévention et de développement aux réalités des jeunes Innus, et le ton a changé.«L\u2019accueil est vraiment meilleur depuis qu\u2019on parle de solutions», remarque-t-elle.La vie n\u2019est pas rose dans les communautés, et la motivation n\u2019est pas toujours au rendez-vous, observe Mme Cotton.Mais l\u2019esprit communautaire est là.Reste à voir si l\u2019impact des gestes de ceux qui redonnent au suivant finira par faire mentir les chiffres.14 LITINEF;aif;E 15 janvier 2013 ACTUALITÉ & CULTURE LIRE POUR RÊVER MIEUX SYLVIE FRANCIS HALIN Au Québec, la moitié de la population active a encore de la difficulté à lire ou à écrire.L\u2019«analphabétisme fonctionnel», la difficulté à utiliser l\u2019information dans la vie quotidienne, frappe toujours de plein fouet.Avec ses témoignages choc, le webdocumentaire Les maux illisibles, réalisé par Simon Trépanier, en collaboration avec l\u2019Office national du film du Canada et le quotidien Le Devoir, est une œuvre coup de poing.14 heures, Villeray.Le Bistro L\u2019enchanteur est plein.Sur la banquette, Simon est ravi de me présenter Diane et Sylvie.Leurs liens d\u2019amitié sautent aux yeux.Elles nous parlent de leur contribution au projet et de leur expérience en alphabétisation.Au début, Diane était timide.«J\u2019étais renfermée en dedans, je ne parlais pas», confie-t-elle.Devant moi, elle est pourtant souriante et elle parle.beaucoup! Sylvie m\u2019avoue quelle bégayait, mais qu\u2019à force de travailler, elle a regagné confiance en elle.«J\u2019ai appris à m\u2019exprimer», ajoute-t-elle, pimpante d\u2019énergie.L\u2019école a été conçue par et pour du monde qui vient de milieux favorisés.- Simon Trépanier, réalisateur du webdocumentaire Les maux illisib le s BESOINS PRIMAIRES pas seulement ceux qui ne sont pas allés à la petite école.De fait, la majorité des analphabètes y sont allés.Le témoignage de Mathieu, dans le film, est éloquent en ce sens.À l\u2019âge de 16 ans, ce dernier a lâché l\u2019école.Et il ne sait toujours pas lire.«L\u2019école a été conçue par et pour du monde qui vient de milieux favorisés», résume le réalisateur du webdocumentaire avec verve.C\u2019est là qu\u2019interviennent les organismes communautaires en alphabétisation.Ils font le travail que la société n\u2019a pas fait, ou n\u2019a pas voulu faire.La nouvelle famille de Diane, c\u2019est le Centre d\u2019alphabétisation de Villeray, La Jarnigoine.«Quand t\u2019as besoin de parler, ils t\u2019écoutent.Ils te donnent des conseils», témoigne-t-elle.Sylvie n\u2019hésite pas à dire que le Groupe d\u2019alphabétisation populaire Lettre en mains, dans Rosemont, est sa deuxième maison.Sans cette aide, ni l\u2019une ni l\u2019autre n\u2019aurait pu s\u2019en sortir.L\u2019école primaire?Sylvie ne l\u2019a pas vraiment fréquentée, car elle était trop tannante.Diane?Elle y est restée une seule journée! Dans les deux cas, on ne les encourageait pas.Mais attention.Le réalisateur rappelle que l\u2019analphabétisme ne touche LA PRISON DES AUTRES Etre analphabète au quotidien, c\u2019est avoir toujours besoin des autres.Or, on ne peut compter sur l\u2019aide des autres uniquement.Diane doit faire l\u2019épicerie avec sa travailleuse sociale ou avec ses enfants.Avec le temps, une routine s\u2019installe.Elle achète toujours les mêmes produits, car elle a de la difficulté à lire les étiquettes.«Tu te sens comme si tu étais enfermée.Tu te sens fixée, comme si tu portais une bannière avec écrit dessus que t\u2019es rien», déplore Sylvie, excédée.Etre analphabète, c\u2019est aussi se sentir enfermé à l\u2019intérieur de soi-même, être sa propre prison.Même écouter de la musique peut être vécu comme une mauvaise expérience.«C\u2019est très rare que j\u2019écoute de la musique avec un baladeur, car le son me fatigue dans la tête, partage Sylvie.Ça me donne de la rage.Ça vient me chercher, car je n\u2019entends pas ce qu\u2019il y a alentour.Il me manque de quoi».Pour paraphraser le poète Gaston Miron, c\u2019est comme si le délire grêlait dans les espaces de sa tête.Ces femmes n\u2019ont pas eu la vie facile, mais elles ont aujourd\u2019hui de grands rêves.Diane, celui d\u2019être fleuriste; Sylvie, d\u2019être une scientifique.«Les médias pensent que la sagesse vient des intellectuels, mais la sagesse vient aussi des personnes qui ont pris le temps de se bâtir elles-mêmes», affirme Simon Trépanier.Que dirait alors Sylvie à quelqu\u2019un qui voudrait s\u2019en sortir?«Je lui dirais de mettre son orgueil de côté, de foncer et d\u2019aller dans un organisme d\u2019alphabétisation».PHOTOS : JOANNIE LAFRENIÈRE ITINERAIRE 15 15 janvier 2013 ACTUALITE & CULTURE Tt L\u2019ART DE RAYONNER AUX QUATRE COINS DU MONDE ANNE M CHELE C.-VERMETTE PHOTO : MICHEL PINAULT Céline Dion, le Cirque du Soleil, Robert Lepage, Les 7 doigts de la main et La La La Human Steps sont des noms connus partout dans le monde.Depuis les années 1980, les compagnies artistiques québécoises font office d\u2019ambassadeurs à l\u2019étranger grâce à leurs productions culturelles à saveur unique.Le besoin d\u2019exporter son art est crucial pour la seule province francophone du Canada.Afin de survivre, les compagnies doivent joindre un plus grand public.«11 est nécessaire d\u2019exporter, puisqu\u2019on est 8 millions d\u2019habitants, dont une part assez mince achète des billets de spectacles», explique Nassib El-Husseini, directeur général de la troupe Les 7 doigts de la main.La compagnie de cirque a d\u2019ailleurs de la difficulté à être présente partout au Québec, puisqu\u2019il manque de salles spécialisées pour les accueillir.Voilà pourquoi elle compense en présentant ses productions à l\u2019extérieur du pays.Par ailleurs, le Québec possède un statut particulier en raison de sa culture, à cheval entre l\u2019Amérique du Nord et l\u2019Europe.Et cela suscite un grand intérêt dans les pays étrangers.«Pour cette raison, nos créations sont vraiment uniques.On porte une signature facilement reconnaissable dans le monde entier», fait valoir Simon Brault, directeur général de l\u2019École nationale de théâtre, président de Culture Montréal et vice-président du Conseil des Arts du Canada.C\u2019est d\u2019autant plus vrai que les compagnies artistiques québécoises sont habituées à se déplacer, analyse Anne-Laure Mathieu, directrice des communications chez CINAR, un organisme qui fait la promotion et la commercialisation des arts de la scène du Québec à l\u2019international.«Ça facilite les choses pour les acheteurs étrangers.C\u2019est l\u2019une des raisons pour lesquelles ils ont envie de faire affaire avec nous».Montréal possède une expertise dans toutes les disciplines artistiques (danse, design, musique, théâtre, cirque, etc.) et est reconnue pour cette diversité.Sa réputation internationale lui assure une place de choix aux yeux des étrangers.«Ce qui est remarquable au Québec est que lorsqu\u2019on présente un spectacle de danse ou de théâtre, du premier au dernier acteur, il y a une homogénéité dans la qualité des performances.À l\u2019inverse, dans bien d\u2019autres pays, il y a un ou deux bons acteurs et plusieurs autres qui sont plus faibles», constate Simon Brault.Les artistes sont souvent les meilleurs ambassadeurs pour nous représenter et pour donner au reste du monde une image concrète de ce que nous sommes; ils ont un rôle très puissant.- Simon Brault, directeur général de l\u2019École nationale de théâtre, président de Culture Montréal et vice-président du Conseil des Arts du Canada 16 L ITINÉRAIRE 15 janvier 2013 ACTUALITÉ & CULTURE IMAGE TIRÉE DU SPECTACLE LE COMPLEXE DES GENRES, PRÉSENTÉ LORS DE LA SOIRÉE D\u2019OUVERTURE DE CINARS.Le cirque est l\u2019une des grandes forces de la production culturelle québécoise.Nassib El-Husseini considère que Montréal possède l\u2019une des meilleures écoles de cirque qui soient.Elle est même la plus importante en Amérique.Des artistes de partout dans le monde viennent étudier à l\u2019École nationale de cirque.Plusieurs d\u2019entre eux sont ainsi intégrés aux troupes québécoises.Seule ombre au tableau pour les créateurs québécois : les subventions.En 2008, le gouvernement fédéral a procédé à plusieurs compressions dans les subventions pour le domaine artistique.Le gouvernement provincial a compensé en fournissant l\u2019équivalent des montants retranchés.Toutefois, même si les créateurs s\u2019en tirent plutôt bien avec les moyens qu\u2019ils ont, ils estiment qu\u2019il manque encore de fonds, et ce même si leur art, moteur économique puissant, fait briller la province dans le monde entier.«Les artistes sont souvent les meilleurs ambassadeurs pour nous représenter et donner au reste du monde une image concrète de ce que nous sommes; ils ont un rôle très puissant», estime Simon Brault.Anne-Laure Mathieu le confirme en rappelant que la première carte de visite d\u2019une nation est sans contredit sa culture.\u2022 NUMERO DE BARRE RUSSE PRESENTE DANS SEQUENCE 8, CREATION DE LA TROUPE LES 7 DOIGTS DE LA MAIN.PHILO £ VINCE LES HÉROS QRPIHAIRES emPM LUt MAN! TWÎTTEE CQflLH! LE ?m SE SERT [ m « ca nwn.TWEfTÏSY PQKCpE RtMUCIÏÏS Moravia ÜMIPflltrASLi HEOU! nsr MHM, M£ü Tlltft, AllO?TFruir'.qjju lilUrlü\" ;* wm TEMPS EST ÉCOULÉ L'ITINÉRAIRE 17 15 janvier 2013 GRANDE ENTREVUE Manon Barbeau TR ANSM EiTïïiRE TEXTE : MARIE-LISE ROUSSEAU PHOTOS : ANNE MARIE PIETTE GRANDE ENTREVUE Manon Barbeau a commencé sa carrière de cinéaste en prenant elle-même la parole en En entrant dans le nouveau bureau du Wapikoni mobile, situé dans une ancienne bâtisse industrielle du Mile-Ex, j\u2019aperçois Manon Barbeau, vêtue d\u2019un chandail rouge et d\u2019un pantalon bouffant, debout avec d\u2019autres employés, formant un cercle au milieu du vaste local lumineux.Au menu de cette réunion du début de décembre : le budget de l\u2019organisme pour 2013 et divers suivis relatifs au déroulement des formations et à l\u2019état des roulottes.Lorsque Manon Barbeau vient s\u2019asseoir ensuite dans la salle de réunion pour notre entrevue, elle prend une grande respiration.«C\u2019est une période très occupée de l\u2019année», dit-elle avec une pointe de fatigue dans la voix.tant que personne marginalisée.Puis, elle l\u2019a donnée aux exclus en les plaçant devant sa caméra.Depuis 2004, elle a prêté cette même caméra à des centaines de jeunes autochtones du Québec, qui s\u2019en servent pour faire entendre leur voix avec le projet du Wapikoni mobile.Cette passation de la parole s\u2019inscrit dans la suite logique d\u2019un parcours créatif que l\u2019artiste a entièrement consacré à la famille des marginaux.Abandonnée en bas âge par ses parents, artistes signataires du Refus global - son père est le peintre Marcel Barbeau - Manon Barbeau a été élevée par sa tante et son oncle, ce qui était rare à l\u2019époque.«Il m\u2019est resté ce sentiment d\u2019être marginalisée.J\u2019ai naturellement développé un intérêt pour les exclus», raconte-t-elle, le regard vif.En 1998, la cinéaste se fait connaître avec le documentaire Les enfants du Refus global (1998), qui témoigne des répercussions de ce mouvement social sur la progéniture des artistes, mettant notamment en scène le touchant témoignage de son jeune frère, de qui elle a été séparée pendant 20 ans.Depuis, chacun de ses documentaires donne la parole aux écorchés de la société, qu\u2019ils soient de jeunes squeegees itinérants de Québec dans L\u2019armée de l\u2019ombre (1999) ou des prisonniers dans L\u2019amour en pen (2004).Manon Barbeau se nourrit des marginaux, dont elle admire la liberté et la résilience.«J\u2019aime comment ils traversent leurs épreuves envers et contre tous, en transformant leurs blessures en création», dit-elle, les yeux brillants et le sourire large, quelle gardera tout au long de l\u2019heure de notre rencontre.DES SQUEEGEES AU WAPIKONI Depuis quelques années, Manon Barbeau a mis son cinéma de côté pour se consacrer à celui des jeunes autochtones.En 2004, elle a fondé le Wapikoni mobile avec le Conseil de la nation atikamekw.Au-delà de la formation technique, les jeunes qui participent au Wapikoni mobile, provenant d\u2019une vingtaine de communautés autochtones du Québec, apprennent «les rudiments d\u2019une intégration professionnelle (ne serait-ce qu\u2019arriver à l\u2019heure), le travail en équipe, la maîtrise d\u2019outils technologiques, l\u2019effort nécessaire pour aller au bout d\u2019un processus, celui de commencer un film, de douter, d\u2019aller jusqu\u2019au bout, de présenter ce film devant toute leur communauté.», énumère Manon Barbeau, soulignant à quel point les jeunes qui entrent au Wapikoni en ressortent grandis.La cofondatrice de l\u2019organisme parle avec fierté des réussites des jeunes formés par le studio ambulant : le rappeur Samian, porte-parole du Wapikoni, en est l\u2019exemple le plus connu.Elle parle aussi de Shanouk Newashish, qui travaille maintenant au service d\u2019audiovisuel du Centre d\u2019amitié autochtone de La Tuque; d\u2019Abraham Côté, qui enseigne l\u2019audiovisuel en parascolaire dans une école secondaire de sa communauté et de Réal Junior Leblanc, qui obtenait récemment un contrat pour scénariser un documentaire.Deux jours après notre rencontre, la cinéaste devenue gestionnaire se rendait à New York afin de recevoir, au nom du Wapikoni mobile, le Prix d\u2019honneur du festival Plurah décerné par l\u2019ONU pour «l\u2019ensemble de ses activités auprès de la jeunesse des Premières Nations et la qualité de son travail».Les gens préfèrent conserver leurs préjugés parce que ça justifie qu\u2019on ne s\u2019occupe pas des autochtones et qu\u2019on les laisse se suicider dans leur coin.- Manon Barbeau Le Wapikoni est une roulotte-studio qui sillonne les communautés autochtones du Québec pour donner une chance aux jeunes vivant l\u2019exclusion et la marginalité d\u2019apprendre à s\u2019exprimer par la vidéo.«Ils ont un talent pour l\u2019image, souligne-t-elle.Probablement à cause de la tradition orale autochtone, qui est très imagée».Avec l\u2019expansion de l\u2019organisme ces dernières années (création d\u2019une deuxième roulotte, établissement de partenariats à l\u2019étranger, formations données aux jeunes autochtones d\u2019Amérique du Sud), Manon Barbeau passe de moins en moins de temps sur le terrain avec les jeunes.?L-TTINERAIRE 19 15 janvier 2013 GRANDE ENTREVUE «Heureusement qu\u2019il y a Skype pour maintenir le lien avec chacune des équipes et pouvoir parler avec les jeunes de leurs films», dit-elle.D\u2019autant plus qu\u2019il est ardu de se rendre dans certaines communautés éloignées : «Pour aller à Matimékosh (près de Schefferville), il n\u2019y a plus de route.Il faut prendre un train toute la nuit».À LA RENCONTRE DES PREMIÈRES NATIONS Wapikoni veut dire fleur, en langue attikamek.C\u2019était aussi le prénom d\u2019une jeune de 20 ans de la communauté de Wemocati, du Saguenay Lac-Saint-Jean.Manon Barbeau travaillait avec elle et un groupe de jeunes à l\u2019écriture d\u2019un scénario intitulé Lafin du mépris.et un soir, la voiture de la Wapikoni est entrée de plein fouet dans un camion forestier mal garé.La collision a été fatale.Il est difficile de croire que la cinéaste ne connaissait pratiquement pas les Premières Nations du Québec avant de rencontrer la jeune Wapikoni et son groupe.Mais elle s\u2019est toujours sentie attirée par ces cultures qui respirent à l\u2019intérieur même de nos frontières.«Je me souviens d\u2019une fois où j\u2019allais faire du kayak sur la Côte-Nord, se remémore-t-elle.On passait devant des communautés et j\u2019étais fascinée par ce monde coupé du nôtre.Je ne comprenais pas pourquoi, mais j\u2019avais le goût de créer des liens avec eux».Aujourd\u2019hui, Manon Barbeau est on ne peut plus attachée à ces communautés.«On prend conscience de leur valeur», s\u2019enthousiasme-t-elle, mentionnant une rencontre positive entre Pauline Marois et 40 chefs des Premières Nations qui avait eu lieu la veille de notre entretien.«Les gens préfèrent conserver leurs préjugés parce que ça justifie qu\u2019on ne s\u2019occupe pas des Autochtones et qu\u2019on les laisse se suicider dans leur coin», dit-elle, tranchante.Les films réalisés par les jeunes du Wapikoni mobile viennent prouver le contraire.«On voit qu\u2019ils ont des choses à dire, qu\u2019ils ont un talent artistique et qu\u2019ils ne correspondent pas aux préjugés.Leurs films sont des ambassadeurs positifs d\u2019eux-mêmes», émet la cinéaste.Est-ce que la création de ses propres films manque à Manon Barbeau?«Quand je reviens à mes projets, je trouve que ça a moins de sens que le Wapikoni, répond- elle.C\u2019est plus nourrissant de donner aux jeunes les outils pour créer».Peut-être est-ce parce que Manon Barbeau a grandi dans une famille éclatée qu\u2019aujourd\u2019hui, la famille est sacrée pour elle.La mère de la cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette en a fondé une qui grandit de jour en jour au sein du Wapikoni mobile, dont les jeunes ont réalisé plus de 500 films à ce jour.Mais n\u2019allez surtout pas la surnommer «la Mère Teresa des enfants perdus» comme d\u2019autres l\u2019ont fait.«Il y a un côté misérabiliste à ça, commente-t-elle.Au contraire, je trouve que ces jeunes ont beaucoup de force et ils m\u2019apportent beaucoup personnellement».Après quelques réflexions à voix haute sur les maux de notre société, à dénoncer ceux qui mettent l\u2019humain en deuxième plan derrière l\u2019économie et à partager l\u2019inspiration quelle tire des gens de la rue, qui vivent des situations très difficiles, mais empreintes de liberté, en dehors des normes imposées par la société, Manon Barbeau se retourne sur sa chaise en regardant au loin et lance : «Coudonc, je suis bien émotive aujourd\u2019hui».Il y a encore beaucoup de travail à faire pour donner une place digne de ce nom aux trop nombreux exclus.Manon Barbeau a choisi son combat avec le Wapikoni mobile, sa deuxième famille.\u2022 Quand je reviens à mes projets, je trouve que ça a moins de sens que le Wapikoni.C\u2019est plus nourrissant de donner aux jeunes des outils pour créer.- Manon Barbeau f Wapikoni : Patrimoine culturel autochtone «On s\u2019est aperçu en regardant les films des jeunes qu\u2019on est en train de constituer un patrimoine culturel unique au monde.» Ce constat, Manon Barbeau et l\u2019équipe de Wapikoni mobile l\u2019ont fait il y a à peine un an.Légendes, rituels ancestraux, chants et danses traditionnelles.Les quelque 500 films réalisés par les jeunes des communautés autochtones du Québec recensent un patrimoine très vaste, documentant le passé traditionnel et la réalité contemporaine des Premières Nations.20 L! ITINÉRAIRE 15 janvier 2013 UN REPAS COMPLET EST OFFERT À 5$.«uH*-»' ont***'*®0 ^CAftTE.-Repas Un projet de L\u2019Itinéraire appuyé par L\u2019œuvre Léger, Moisson Montréal et la Fondation Tirelire Le Groupe L\u2019Itinéraire a développé depuis quelques années le concept des cartes-repas qui permet aux donateurs de poser un geste concret dans la vie d\u2019une personne chaque jour.L\u2019Itinéraire, par le biais du Café L\u2019itinéraire, offre la possibilité à des personnes à revenus modestes de se nourrir à peu de frais et avec dignité.La carte-repas solidaire est aussi échangeable auprès des organismes Comité social Centre-Sud, MultiCaf, Resto Plateau et Chic Resto Pop.Faites un don en remplissant le coupon en page 30 ou au www.itineraire.ca Parce qu\u2019il est inconcevable qu\u2019aujourd\u2019hui, à Montréal, des milliers de personnes souffrent de la faim.Comme moi, avant qu\u2019il ne soit trop tard, offrez des carte-repas aux plus démunis.En plus d\u2019un repas chaud et complet, ils briseront leur isolement et trouveront le réconfort d\u2019une aide psychosociale.Emmanuel Bilodeau, porte-parole des cartes-repas UN P\u2019TIT 5$ QUI FAIT DU BIEN itineraire.ca NOUS SOMMES NOMBREUX À CROIRE QUE LES ENTREPRISES COOPÉRATIVES BÂTISSENT UN MONDE MEILLEUR.2012 Année Internationale Coopératives Desjardins Caisse populaire du Mont-Royal Coopérer pour créer l'avenir PHOTO : JEAN-FRANÇOIS HAMELIN El SlA&ÜsS T PAS J>IA- L 3>^JaL\\Zi4 Jérome Savary marche sur les traces clu Dr Julien, et ce, pour une troisième saison,  chaque numéro de L'Itinéraire, es nombreuses rencontres du journaliste avec le créateur de la pédiatrie sociale, des enfants et des personnes de 'entourage de cet homme exceptionnel vous permettent de découvrir son univers Julie Desharnais DIRECTRICE DEUX FOIS PLUTÔT QU\u2019UNE JÉRÔME SAVARY Son pas énergique et volontaire le laisse présager; sa voix vive et assurée le confirme : Julie Desharnais assume son rôle avec aisance.Directrice à la fois du centre de pédiatrie sociale en communauté (CPSC) de Hochelaga-Maisonneuve et de celui de Côte-des-Neiges, «la personne idéale à ce poste», selon le Dr Julien, bénéficie de la confiance totale du fameux pédiatre social.Le capitaine du bateau, c\u2019est elle.Pour Gilles Julien, la cohésion exceptionnelle de ses deux équipes de pédiatrie sociale est due en bonne partie au leadership de cette travailleuse sociale de formation, qui visite encore les familles à l\u2019occasion afin de garder contact avec de dures réalités.«Julie est quelqu\u2019un de très précieux dans une organisation, dit-il.Elle est appréciée de tous et apporte beaucoup de cohésion dans notre équipe multidisciplinaire.En situation de crise, elle est parfaite pour guider son équipe.Je compte beaucoup sur elle.» PARCOURS DÉCIDÉ Madame Desharnais ne serait peut-être pas à la tête de deux centres de pédiatrie sociale si, lorsqu\u2019elle avait 20 ans, elle ne s\u2019était pas retrouvée aux premières loges de la «misère humaine», selon ses mots.Préposée à l\u2019accueil au Centre local de santé communautaire (CLSC) du centre-ville, elle y a rencontré une clientèle très marginalisée : prostitution, maladie mentale, itinérance.«C\u2019était un peu surréaliste pour une jeune femme de 20 ans», souligne-t-elle avec le recul.Là-bas, elle rencontre également des médecins et des travailleurs sociaux dévoués.Cette expérience la motivera à devenir travailleuse sociale.Elle oeuvre ensuite comme travailleuse sociale en milieu scolaire dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, ce qui l\u2019amène en 1999 à rencontrer le Dr Julien, qui suit notamment les élèves de l\u2019école Saint- Clément.En 2007, Julie Desharnais vient s\u2019ajouter à l\u2019équipe du célèbre pédiatre.«Avant même quelle embarque avec nous, je connaissais ses qualités remarquables de travailleuse sociale, indique-t-il.Et elle avait de l\u2019ambition.» La journée où elle va recevoir son diplôme, je serai aussi fière d\u2019elle que de mes enfants qui ont fini leur cégep.- Julie Desharnais.au sujet d'une jeune femme suivie par le Dr Julien depuis sa naissance Julie Desharnais maîtrise aujourd\u2019hui toutes les subtilités de la «méthode Julien».Elle connaît les changements profonds que peut déclencher cette façon unique d\u2019intervenir auprès des enfants.«Chaque jour, nous constatons que nous intervenons dans la bonne direction : les enfants vont mieux, ils se sentent en confiance avec nous.» Les enfants vulnérables de Hochelaga-Maisonneuve et de Côte-des-Neiges finissent par retrouver foi en leurs propres moyens.Comme Valérie, par exemple, que le Dr Julien suit depuis sa naissance.Agée de 20 ans, elle s\u2019apprête à vivre une grande victoire alors que sa vie se résumait jusqu\u2019alors à des traumatismes et des échecs.«Quand j\u2019apprends qu\u2019en avril elle commencera des cours de cuisine quelle a hâte de réussir, notre travail prend tout son sens, souligne Mme Desharnais.Pourtant, c\u2019était loin d\u2019être gagné, car son histoire personnelle est vraiment heavy.» La réussite de ces jeunes adultes que l\u2019équipe suit depuis leurs premiers pas dans la vie tient particulièrement à cœur à cette femme déterminée, âgée de 41 ans et mère de trois enfants.«La journée où Valérie recevra son diplôme, je serai aussi fière d\u2019elle que de mes enfants qui ont fini leur cégep.» L\u2019approche du Dr Julien favorise de façon extraordinaire la résilience que l\u2019on constate chez ces enfants vulnérables, selon la directrice.«Avant de rencontrer le Dr Julien, je n\u2019avais jamais vu de médecin regarder un enfant dans les yeux et prendre le temps de lui demander \u201cC\u2019est quoi ton rêve?\u201d Sa façon d\u2019intervenir est unique.» \u2022 JULIE DESHARNAIS, DIRECTRICE DES CPSC DE HOCHELAGA-MAISONNEUVE ET DE CÔTE-DES-NEIGES L'ITINÉRAIRE 23 15 janvier 2013 ¦ ] M 1 DÉVELOPPEMENT SOCIAL Itinérance autochtone DES BANCS DE PARC AUX BANCS D\u2019ÉCOLE VANESSA HÉBERT Arpentant les rues montréalaises, la caravane d\u2019Exeko transforme les bancs de parcs en bancs d\u2019école, les lieux publics en salle de projection et les rues en théâtre de création.Bibliothèque mobile, cinéma sur roues, philosophes voyageurs et dessinateurs de rue, l\u2019organisme propose une aide alternative aux itinérants autochtones : la créativité comme moyen d\u2019intervention.NADIA DUGUAY, COFONDATRICE ET CODIRECTRICE D\u2019EXEKO DISTRIBUANT DES CRAYONS ET DES CALEPINS.C\u2019est à la jonction des rues Saint-Laurent et Ontario que je vois s\u2019arrêter une caravane blanche aux dessins rouges.Les portes s\u2019ouvrent et trois jeunes femmes en sortent.La codirectrice et cofondatrice, Nadia Duguay, me serre vigoureusement la main, tout sourire.Plus réservée, Sonia Conchon se tient en retrait et me salue timidement.C\u2019est sa première fois à bord en tant que bénévole.Alexandra Pronovost, médiatrice de la soirée, m\u2019accueille à son tour chaleureusement.Après quelques échanges concernant le déroulement de notre virée, je m\u2019assois dans le véhicule.J\u2019attache ma ceinture et on démarre.On a tout à apprendre des communautés autochtones.Au lieu de pointer du doigt, on devrait tendre l\u2019oreille.- Nadia Duguay, codirectrice et cofondatrice d'Exeko «Premier arrêt, Atwater», dit Nadia en se penchant vers moi alors qu\u2019Alexandra prend le volant.L\u2019enregistreuse dirigée vers mes interlocutrices et un calepin sur mes genoux, qui tressautent à chaque nid de poule, j\u2019en apprends plus sur la mission d\u2019Exeko.«Nous sommes une caravane de médiation intellectuelle», explique Nadia.La caravane d\u2019Exeko suit souvent celle de la Ka\u2019washse, un autre organisme destiné aux itinérants autochtones, qui leur fournit des denrées alimentaires, des condoms et autres articles de première nécessité.Les deux organismes se complètent et travaillent main dans la main.«On donne de la nourriture pour l\u2019âme et de la nourriture pour le ventre», dit Alexandra en souriant.24 LITINEF;aif;E 15 janvier 2013 DÉVELOPPEMENT SOCIAL À l\u2019angle des rues Saint-Denis et Sainte-Catherine, Nadia demande à Alexandra de stationner la caravane.Le premier arrêt ne sera pas Atwater.Perplexe, je regarde Sonia qui me renvoie le regard interrogatif.Armée d\u2019une barre tendre, d\u2019une bouteille d\u2019eau et de sa bonne humeur, Nadia sort du véhicule.Elle revient et me donne pour seule réponse : «On ouvre les portes!» La caravane ouvre ses portes pour tous les individus qui sont dans le besoin, autochtones ou non.«Notre objectif c\u2019est l\u2019inclusion.On ne sera pas exclusif dans la façon dont on agit», précise Nadia.Un gaillard nous regarde avec curiosité.Il se présente : «Moi c\u2019est Sean Michael Lawry Smyth, dit-il fièrement.C\u2019est la première fois que je peux dire mon nom au complet sans que cela ne soit pour la police».Venant de l\u2019ouest du Canada, Sean Michael nous raconte qu\u2019il est membre d\u2019une communauté des Premières Nations.Il reste vague concernant sa situation dans la rue, mais Nadia m\u2019assure que c\u2019est la bonne approche.«Onjase avec eux d\u2019autres sujets que de leurs problèmes parce que ça leur permet de réfléchir à autre chose», explique la codirectrice du projet.Avoir la tête ailleurs, c\u2019est un peu comme sortir un pied de la rue.Alexandra me raconte une anecdote à ce sujet : «Une femme inuite nous a dit qu\u2019elle ne boirait pas ce soir, qu\u2019elle préférait lire son livre».L\u2019évasion de la réalité de la rue est nécessaire et la littérature est un excellent moyen pour le faire tout en remplaçant les substances illicites.«Nous, on offre des services de santé intellectuelle», lance Nadia.Pour Sébastien, jeune du Nouveau-Brunswick que je rencontre au cours de la soirée, c\u2019est aussi une bonne façon de s\u2019occuper.«Je restais assis pendant des heures à ne rien faire.J\u2019ai commencé à lire pour passer le temps».La caravane repart et nous arrivons enfin à Atwater.Le parc, reconnu pour être très fréquenté par des itinérants inuits, est presque désert.«Il y a un hôpital qui reçoit les Inuits juste à côté du parc, mais il n\u2019y a aucune activité prévue pour eux, déplore Nadia.Alors ils se retrouvent ici à flâner et cela ne règle pas leurs problèmes».Le véhicule s\u2019immobilise et, très vite, une petite fille et sa mère approchent.Lucy, jeune Inuite, regarde timidement l\u2019équipe.Elle sait qu\u2019ils ont une panoplie de crayons pour qu\u2019elle laisse aller son imagination et un sourire se dessine sur son visage.Elle choisit des craies.Alexandra s\u2019agenouille avec elle et lui demande de lui montrer comment écrire des mots en inuktitut.«C\u2019est de la médiation inversée», me chuchote Nadia.?La mission d\u2019Exeko La caravane itinérante d\u2019Exeko est un des nombreux projets d\u2019idAction, un organisme dont la mission est l\u2019intégration des jeunes de 15 à 35 ans qui sont marginalisés ou à risque de l\u2019être.Depuis six ans, cet organisme a mis sur pied plus de 150 projets rejoignant 1000 participants.Malgré la diversité de médiation auxquels l\u2019organisme fait appel, ses objectifs restent les mêmes : transmettre des connaissances, conscientiser son groupe cible aux différents enjeux sociaux auxquels ils font face, les initier à des actions réfléchies et contribuer à une action de solidarité sociale.«Nous sommes tous capables de réfléchir, de porter un jugement sur le monde qui nous entoure, d\u2019être acteurs du changement social.Il faut seulement en avoir les moyens», précise Nadia Duguay, cofondatrice du projet de la caravane itinérante.L'ITINÉRAIRE 25 15 janvier 2013 DÉVELOPPEMENT SOCIAL LUCY ET ALEXANDRA ÉCRIVENT, PAR TERRE, DES MOTS EN INUKTITUK PRÈS DU PARC ATWATER.Au lieu que ce soit nous les uniques professeurs, on leur demande de nous apprendre quelque chose».Une approche que la cofondatrice aimerait bien que le Québec adopte envers les autochtones.«On a tout à apprendre des communautés autochtones.Au lieu de pointer du doigt, on devrait tendre l\u2019oreille».Après avoir gribouillé sur le trottoir, nous remontons dans la voiture et retournons en direction de la rue Sainte-Catherine.Je leur demande pourquoi avoir ciblé les autochtones itinérants.«C\u2019est à cause de la double exclusion qui pèse sur eux, m\u2019explique Nadia.Us vivent une exclusion sociale parce qu\u2019ils sont dans la rue et un rejet des gens de la rue parce qu\u2019ils sont autochtones».Elle raconte que l\u2019itinérance chez les peuples autochtones est un phénomène courant à Montréal.«Us partent de leur communauté avec de l\u2019espoir dans leurs bagages et lorsqu\u2019ils arrivent ici, ils font face aux préjugés des employeurs, de ceux qui louent des appartements et de plein d\u2019autres gens».Alexandra s\u2019arrête quelque part près d\u2019un banc où sont assis deux hommes et l\u2019équipe se tourne vers moi en me tendant barres tendres, bouteilles d\u2019eau et calepins.C\u2019est à moi de jouer.Étonnée par ma timidité, je tends aux deux hommes les objets que j\u2019ai en main et leur lance : «Si vous voulez, on a une bibliothèque.» Curieux, ils me suivent et trouvent, chacun leur tour, un petit trésor littéraire qu\u2019ils empruntent.«Vous avez des livres de psychologie?demande Mario, l\u2019un d\u2019eux.Vous savez, j\u2019aime la psychologie parce que ça donne envie de connaître l\u2019autre».Les larmes aux yeux, Mario raconte quelques bribes de son histoire, mais parle surtout de sa passion pour la psychologie.Avant de partir, il regarde la camionnette et s\u2019affole : «Si on ne se revoit pas, comment pourrais-je vous remettre le livre?Vous en avez besoin si vous voulez aider d\u2019autres personnes comme vous m\u2019avez aidé!» Nadia et Alexandra lui envoient la main en le rassurant: «Ne t\u2019inquiète pas, on repasse souvent».«Pourquoi vous me parlez?C\u2019est bien gentil.Vous m\u2019aidez».Ces paroles sont souvent adressées à l\u2019équipe d\u2019Exeko qui s\u2019arrête chaque fois qu\u2019elle voie une personne sans logis.Le projet pilote Exeko continuera de rouler jusqu\u2019en automne 2013.L\u2019équipe souhaite trouver des partenaires financiers pour continuer d\u2019apporter une touche de couleur dans le gris du béton.\u2022 PHOTOS : CATHERINE GAUTIER Moi c\u2019est Sean Michael Lawry Smyth, dit-il fièrement.C\u2019est la première fois que je peux dire mon nom au complet sans que cela ne soit pour la police - Sean Michael Lawry Smyth, jeune autochtone itinérant 26 L ITINÉRAIRE 15 janvier 2013 www.rapsim.org Tél.: 514 879-1949 IN 1D A DO 11\\ A Le réseau d\u2019aide aux personnes ! I N rU PlAAl O II VI seules et itinérantes de Montréal LA TOUR DES CANADIENS1 PIERRE GAUDREAU Coordonnateur du RAPSIM Au début novembre, les investisseurs se sont rués pour acheter les condos de la Tour des Canadiens qui seront construits.avenue des Canadiens.Une liste d\u2019attente de 500 clients a été constituée pour les étages supplémentaires qui seront mis en vente.En plus d\u2019être à coté du Centre Bell, pour une somme de 500 000 à plus d\u2019un million de dollars, les acheteurs auront aussi une vue sur le fleuve ou la montagne.Comme le disait Pietro Esposito au journal La Presse : «Je ne sais pas ce que je ferai de mon condo dans trois ans, une fois la construction terminée.Sa valeur devrait avoir augmenté, je verrai alors.» 2 PENDANT CE TEMPS DANS LA RUE.La même semaine où les acheteurs manifestaient avec frénésie leur intérêt pour cet énième projet de condos au centre-ville, les refuges destinés aux hommes sans-abri ont connu un taux d\u2019occupation de 101 %.Régulièrement, les ressources pour femmes sans-abri doivent refuser l\u2019accueil à des femmes faute de place, totalisant des milliers de refus par an, un nombre en hausse constante depuis cinq ans.Cette croissance de la détresse humaine que représente l\u2019accroissement de l\u2019itinérance se vit de pair avec une croissance de la richesse.Certes, l\u2019itinérance n\u2019est pas qu\u2019une question de pauvreté, mais la persistance et l\u2019aggravation de celle-ci l\u2019alimentent.Les tours des Canadiens se multiplient et les joueurs sont nombreux au jeu réel, et non virtuel, de Monopoly.Les terrains et les maisons de chambres disparaissent.Quand la game est finie, il y en a qui ne rentrent pas à la maison.Le développement limité aux gens qui ont de l\u2019argent ne se produit pas qu\u2019à Montréal, c\u2019est aussi le sort de Laval, des quartiers Dix30 ou des autres bonnes terres de Terrebonne ou St-Hilaire.Pendant que les portefeuilles des uns grossissent, le nombre de gens qui n\u2019ont plus rien.grossit lui aussi.Année après année, les ressources d\u2019aide alimentaire accueilent plus de monde : des personnes condamnées à la pauvreté que représente l\u2019aide sociale, mais aussi de plus en plus de salariés, d\u2019étudiants.À QUAND UN MEILLEUR PARTAGE?Quand on parle de revoir la tarte de la richesse, pour le peu qu\u2019on en parle, on sort toutes sortes d\u2019arguments.Gérald Tremblay livrait dans son testament politique un appel à la création de la richesse pour pouvoir la partager.C\u2019est aussi le discours de bien des partis, de bien des gouvernements.Le problème est que la richesse existe.Ces condos trouvent preneurs.Cette richesse, elle est le fruit de salaires exagérés de recteurs et de médecins spécialistes.De salaires et de bonus de cadres d\u2019entreprises, dont le revenu augmente quand leurs effectifs diminuent.Elle est aussi le fruit de la spéculation que bien des gens font sur leurs immeubles ou avec leurs portefeuilles d\u2019actions.En octobre, le gouvernement du Québec a parlé de taxer et imposer davantage cette richesse.Bien que trop timides, ces propositions ont rencontré une forte opposition à droite comme à gauche, et le gouvernement a, trop rapidement, reculé.Pourtant, on ne parlait d\u2019empêcher personne de manger, on parlait de prendre une part un peu plus importante des : : i\u2014 i revenus de ceux qui en ont d\u2019importants.On parlait d\u2019imposer davantage une partie des gains en capital sur des actions, sur des immeubles autres que la résidence principale.SÛREMENT PAS AVEC LES REER! Noël est passé.La saison des Régimes enregistrés d\u2019épargne-retraite (REER) va revenir.Les gens qui ont des sous vont pouvoir les sortir de leur Compte d\u2019épargne libre d\u2019impôt (CELI), pour les placer dans un REER.Ottawa et Québec se priveront ainsi de milliards de dollars en revenus d\u2019impôt en seulement un an.Toute cette logique laisse de côté une part importante de la population qui n\u2019a rien à placer dans un REER, à moins de s\u2019endetter encore plus pour le faire.Cela laisse aussi de côté une part importante qui ne peut bénéficier de programmes sociaux, qui sont insuffisants parce que l\u2019État manque de sous à cause de toutes les gammicks fiscales.\u2022 'Texte d\u2019une intervention faite à la Soirée Rouge de Fin Novembre de YATSA 2La Presse, Page Maison 6, 3 nov.2012 UrtlNERAIRE 27 15 janvier 2013 4 RÉSEAU SOLIDAIRE / NOUVELLES SUR L\u2019ITINÉRAIRE ET SES PARTENAIRES / ET LES GAGNANTS SONT.! MARIE-LISE ROUSSEAU Comme le veut la tradition, le concours des journalistes de rue, qui récompense les meilleurs textes de camelots publiés dans L\u2019Itinéraire, a eu lieu pour une neuvième édition lors du souper de Noël de l\u2019organisme au Lion d\u2019Or, le 10 décembre.Le jury, composé de l\u2019écrivaine Monique Proulx, du comédien et rappeur de Loco Locass Sébastien Ricard, et du chef d\u2019antenne à TVA Pierre Bruneau, a salué la qualité des textes de la cuvée 2012 de L\u2019Itinéraire.Et le prix Alcatraz du meilleur mot de camelot est remis à.Pierre Saint-Amour, pour son texte Hannibal Lecteur, que la romancière et scénariste Monique Proulx a décrit comme «un vrai texte d\u2019écrivain, au verbe savant, à l\u2019humour délicieux, sur les \"joies\" de vendre L\u2019Itinéraire par un jour de canicule à des badauds qui n\u2019en ont rien à cirer.» Jean-Marie Tison s\u2019est quant à lui mérité le prix Jean-Pierre-Lizotte de la chronique de rue de l\u2019année.Son papier, Digne dingue dope, est une dénonciation percutante des préjugés perpétués envers les personnes qui bénéficient de l\u2019aide sociale.«Sujet pertinent.style clair.Si la perception est plus forte que la réalité, cette description nous ramène durement aux faits!», a souligné Pierre Bruneau.Le dernier, mais non le moindre : le chevronné journaliste de rue Jean-Marc Boiteau a remporté le prix Claude-Brûlé de la meilleure entrevue, pour son article Des aînés pris en otage, pour lequel il avait réussi à obtenir une entrevue avec l\u2019ex-ministre des Aînés du gouvernement libéral, Marguerite Blais.«Article nourri, style vif, source de première qualité : excellent topo», a déclaré Sébastien Ricard à propos de la démarche journalistique de Jean-Marc Boiteau.UNE SOIRÉE INCLUSIVE «Lorsque je constate la diversité des gens représentés ici ce soir, chacun membre de la communauté de L\u2019itinéraire, c\u2019est le modèle de société que je souhaite», a souligné Serge Lareault, directeur général et éditeur du magazine dans son discours ouvrant cette soirée de Noël.Un modèle où tous sont égaux, peu importe les revenus ou le statut social de chacun.Plus unie et solide que jamais, la famille élargie de l\u2019organisme a partagé un excellent repas \u2014 fourni par le restaurant Au petit extra \u2014 et de nombreux éclats de rire durant cette soirée.Au programme de la soirée : des prix de reconnaissance pour chaque camelot, félicitant autant les «gros bras», les camelots qui déchargent régulièrement le camion de livraison contenant des boîtes remplies du magazine que vous tenez entre vos mains, que les «survivors», ceux qui ont surmonté des épreuves particulièrement difficiles au cours de l\u2019année.Après le concours des journalistes de rue, le tant attendu talent show a débuté! Michel Dumont, Cécile Crevier, Sylvie Gamache, Serge Simard, Richard Larochelle, Cindy Tremblay, Genaro Ccopa Rondon, Serge Trudel, Alain Charpentier, Norman Rickert et Josée Louise Tremblay ont foulé les planches du Lion d\u2019Or pour offrir des performances toutes hautes en couleurs.Alain Charpentier, camelot et chroniqueur de rue, a remporté le grand prix de ce talent show avec une interprétation théâtrale et poignante de textes de Plume Latraverse.\u2022 PHOTOS : OLIVIER LAUZON ET VÉRONIQUE LEBLANC PHOTO 1 : (DE G.À D.) JEAN-MARIE TISON (GAGNANT DU PRIX JEAN-PIERRE-LIZOTTE), LINDA PELLETIER, PIERRE SAINT-AMOUR, JEROME SAVARY, QUAPRYCE BASQUE, CYLVIE GINGRAS, MARIE-LISE ROUSSEAU, MONIQUE PROULX ET SORAYA ELBEKKALI PHOTO 2 : (DE G.À D.) JEAN-MARC BOITEAU (GAGNANT DU PRIX CLAUDE-BRULÉ), ALAIN CHARPENTIER, JEROME SAVARY, MICHELINE RIOUX LEMIEUX, LISA GOYETTE, JOSÉE LOUISE TREMBLAY, MONIQUE PROULX, SORAYA ELBEKKALI ET MARIE-LISE ROUSSEAU 28\tL! ITINÉRAIRE 15 janvier 2013 / NOUVELLES SUR L\u2019ITINÉRAIRE ET SES PARTENAIRES / RÉSEAU SOLIDAIRE UN GROS - - PLUS DE PHOTOS A VOIR SUR NOTRE PAGE FACEBOOK PmNERAIRE 29 15 janvier 2013 ou eases yJ êtes tVtve le vent J ! Merci d'être partenaire d'un vent qui change des ir«» L'Itinéraire m'a permisde retrouver un nouveau souffle, de reprendre ma vie en main.Merci de nous aider à aller encore plus loin dans la lutte contre l'isolement et la pauvreté! - Jean-Guy Deslauriers, camelot .\u2022>£¦ AIDEZ L\u2019ITINÉRAIRE: DONS ?CARTES-REPAS ?ABONNEMENT DON Je fais un don de:\t____________ $ CARTES-REPAS1 J'offre_____cartes-repas à 5$ chacune = _________ $ ABONNEMENT AU MAGAZINE Je m'abonne pour une période de: O 12 mois, 24 numéros (124,18 $ avec taxes) _____ $ O 6 mois, 12 numéros (62,09 $ avec taxes) _______ $ Nom ou N° de camelot (s'il y a lieu) : TOTAL DE MA CONTRIBUTION:\t______________$2 Notes 1\tLes cartes sont distribuées par L'Itinéraire, mais si vous voulez les recevoir pour les donner dans la rue, cochez ici et nous vous les enverrons avec le Guide du bénévole.Cochez ici ?2\tVous recevrez votre reçu d'impôt début janvier suivant votre don.IDENTIFICATION OMme OM.Nom:_______________________________ Prénom:_________________________________ Nom de l'entreprise (Don corporatif) :______________________________________ Adresse : __________________________________________________________________ Ville : ____________________________________________________________________ Province :_________________________ Code postal :_____________ _____________ Téléphone : (______)______-_________________________________________________ Courriel :__________________________________________________________________ MODE DE PAIEMENT O Visa, MasterCard O Chèque au nom du Groupe communautaire L'Itinéraire N» de la carte : I_I_I____I__I__I__I____I__I___I__I___I___I___I__I___I__I___I Expiration_____/__________ _________________________________________________ (Mois) (Année) Signature du titulaire de la carte Postez ce formulaire de don et votre chèque au Groupe communautaire L'Itinéraire : 2103, Sainte-Catherine Est, 3e étage, Montréal (Québec) H2K2H9.Pourtoutes questions, contactez-nous au 514-597-0238 poste 231.Dons et abonnement disponibles en ligne au www.itineraire.ca / NOUVELLES SUR L\u2019ITINÉRAIRE ET SES PARTENAIRES / RÉSEAU SOLIDAIRE LA GREAT-WEST, LA LONDON LIFE ET CANADA-VIE LUTTENT CONTRE LE r DECROCHAGE SCOLAIRE «Au Québec, un élève sur quatre quitte l\u2019école secondaire sans diplôme.À Verdun, où le niveau de pauvreté est particulièrement élevé, cetteproportionserapprochedavantaged\u2019un élève sur deux», soutient Marc Edwards, président du conseil d\u2019administration de Toujours Ensemble.Les organismes Passeport pour ma réussite et Toujours ensemble ont annoncé le 14 novembre dernier l\u2019octroi d\u2019un don de 100 000 $ par la Great-West, la London Life et Canada-Vie pour développer, dans l\u2019arrondissement de Verdun, un programme qui a fait ses preuves et vise à réduire le taux de décrochage scolaire au sein des collectivités à faible revenu du Québec.Le don a permis la construction de nouveaux locaux pour administrer le programme «Passeport pour ma réussite Québec», dont l\u2019ouverture a eu lieu cet automne.«Cet appui nous permet de poursuivre notre action auprès des jeunes de Verdun afin de les aider à surmonter les obstacles à l\u2019éducation et à rester sur la bonne voie pour décrocher leur diplôme», indique M.Edwards.Fondé en 2001, Passeport pour ma réussite est un organisme pancanadien qui a vu le jour dans le quartier sensible de Regent Park à Toronto.Partout au Canada, Passeport pour ma réussite est administré comme un programme par des organismes partenaires.À Verdun, c\u2019est l\u2019organisme Toujours ensemble qui en assure la mise en oeuvre.Le programme s\u2019attaque aux obstacles à l\u2019éducation en offrant un soutien communautaire aux élèves en difficulté.Basé dans la communauté, le programme fournit différentes formes de soutien intégré : du tutorat, de l\u2019aide alimentaire, des bourses d\u2019accès aux études postsecondaires, du mentorat, de l\u2019orientation de carrière ainsi qu\u2019une coordination du suivi des jeunes, qui se situe entre l\u2019école et les parents.Les résultats ont été probants à Regent Park où le taux de décrochage a diminué de 70 % chez les participants et où l\u2019accès aux études supérieures a augmenté de 300%.Le concept s\u2019est ensuite répandu dans douze collectivités au Canada.Partenaire local du programme, Toujours ensemble soutient les jeunes confrontés à des difficultés scolaires, familiales ou sociales en leur offrant des activités éducatives et récréatives propices au développement de leur potentiel.Établi depuis 1986, l\u2019organisme accueille plus de 300 jeunes qui viennent participer à ses activités.\u2022 PIERRE CÔTÉ DE PASSEPORT POUR MA RÉUSSITE QUÉBEC, PAUL MAHON DE LA GREAT-WEST, LA LONDON LIFE ET CANADA-VIE, DAVID HUGHES DE PATHWAYS TO EDUCATION CANADA, ET MARK EDWARDS DE TOUJOURS ENSEMBLE.L'ITINÉRAIRE 31 15 janvier 2013 RÉSEAU SOLIDAIRE / NOUVELLES SUR L\u2019ITINÉRAIRE ET SES PARTENAIRES / LA SDSVM : PREMIER COURTIER EN VALEURS SOCIALES Depuis maintenant quatre ans, Damien Silès et son équipe arpentent les rues de Montréal à la recherche de nouveaux partenariats financiers ou techniques pour lutter contre l\u2019itinérance et la pauvreté au profit de l\u2019arrondissement Ville-Marie.Leur travail : courtier en valeur sociale.C\u2019est en mai 2008, lors du Forum économique et social, qu\u2019a vu le jour la Société de développement social de Ville-Marie (SDSVM), premier organisme en son genre en Amérique du Nord.Depuis, elle contribue de façon concrète à résoudre diverses problématiques sociales en itinérance en impliquant financièrement et humainement bon nombre d\u2019entreprises du «Québec inc.».L\u2019idée est de proposer à ces compagnies et institutions des programmes «clé en main» en responsabilité sociale permettant de lutter contre l\u2019itinérance au centre-ville de Montréal.En offrant gratuitement leurs services de conseillers tout au long de ces projets, la SDSVM s\u2019assure que les programmes soient faciles à mettre en oeuvre tout en favorisant leur pérennisation.La SDSVM propose essentiellement trois types de projet distinct aux entreprises : employabilité, donation et bénévolat.EMPLOYABILITÉ La SDSVM met en place des contrats de maillage entre l\u2019entreprise privée, qui offre des opportunités de travail, et des organismes communautaires de l\u2019arrondissement Ville-Marie, qui proposent des candidatures issues de leur programme de réinsertion.Ces contrats permettent bien souvent aux personnes embauchées d\u2019acquérir une première expérience professionnelle.La SDSVM s\u2019assure également que tout au long du projet, des intervenants sociaux accompagnent de façon soutenue ces personnes afin d\u2019augmenter les chances de réussite du projet et de rassurer les employeurs.DONS L\u2019organisme propose aux entreprises de participer à des projets de donation privée en recherchant les organismes à but non lucratif (OBNL) correspondant le mieux à leurs valeurs corporatives afin que leurs dons matériels et financiers soient significatifs.BÉNÉVOLAT Avec ce volet, la SDSVM tente de sensibiliser les entreprises aux réalités vécues par les personnes aux prises avec l\u2019itinérance.En organisant des journées de bénévolat dans un organisme ciblé, la société souhaite impliquer ces professionnels dans un projet de responsabilité sociale.DES RÉSULTATS CONCRETS En 2011, la SDSVM a réalisé plus de 150 contrats de travail pour des personnes en réinsertion avec de nombreuses entreprises (Eidos, GDI, RCI Environnement, concert de U2, Warner Games, Xerox, Quartier des spectacles, etc.) et elle a remis l\u2019équivalent de 104000$ en dons financiers, techniques et humains à des refuges et centres de jour de petite et moyenne taille.\u2022 PHOTO:SDSVM ÉQUIPE DE BÉNÉVOLES DU CABINET DE RELATIONS PUBLIQUES NATIONAL À LA MISSION ST-MICHAEL.La SDSVM étant toujours à la recherche de nouvelles opportunités de maillage avec l\u2019entreprise privée au profit de personnes défavorisées du centre-ville de Montréal, vous pouvez les joindre en tout temps à cette adresse : i nfo @ s d s vm.c a.Visitez également leur page Facebook, Twitter (m|in tiilre rl d'en pni hr ; nmr* ummtPK lit pltur vnut aîdi-rî P-J1| JOTE) ri il ri Nil I » 11 ; r ¦ ¦ i c ny, ittIJrr i]|i IbiiipU * !¦ t r|ütn!Çi Ar tjh I I Tli - *ii ü1, | ¦ ail *tItï r Ln f|ï,Yï-mti i Qonn*Sj*3fi@a MANON GRAVEL, CAMELOTA L\u2019ITINÉRAIRE, EST DÉCÉDÉE LE 5 NOVEMBRE 2012.(PHOTO : PIERRE-LUC DAOUST) Salut Manon Le 5 novembre 2012, Manon Gravel est décédée à l\u2019âge de 51 ans.La belle Manon, toujours coquette, vendait L\u2019Itinéraire depuis les tout débuts.Ces derniers temps, Manon rencontrait ses clients dans le quartier Centre-Sud, plus précisément devant le Pharmaprix situé à l\u2019angle des rues Champlain et Ontario.Manon ne l\u2019a pas eu facile dans sa vie, comme en témoigne le camelot Gabriel Bissonnette dans cette page.Native de Joliette, Manon était maman d\u2019une jeune femme de 30 ans et grand-mère de deux petits enfants.(La rédaction) PHOTO: ALEX PAILLON Comme une guerrière L\u2019indomptable et infatigable Manon Gravel.Je connaissais Manon depuis 20 ans.Cette battante, qui se faisait battre plus souvent qu\u2019à son tour par ses amis de cœur, se relevait toujours pour se battre cette fois-ci contre sa maladie mentale.Notre grande malade ne baissait jamais les bras contre les préjugés face à sa maladie et ses problèmes de consommation.Cette héroïne, qui échouait souvent dans ses tentatives d\u2019arrêter de consommer, ne lâchait pourtant jamais.A chaque fois quelle tombait, elle se relevait et ça, à tout coup.Elle reprenait toujours là où elle avait laissé.Sa vie était un combat de tous les jours.Ce que je me rappelle de cette femme, c\u2019est quelle était une femme généreuse et joyeuse qui aimait la douceur.mais qui recevait de la violence! Une grande qualité de cette femme vaillante était la débrouillardise : elle était capable de se sortir de toutes ses difficultés, peu importe les problèmes qui se présentaient devant elle.Manon était courageuse.Fonceuse jusqu\u2019à la dernière seconde de sa vie comme une guerrière sur un champ de bataille.(Gabriel Bissonnette) L'ITINERAIRE 45 15 janvier 2013 SUDOKU \t\t\t\t\t2\t8\t7\t6 6\t\t3\t\t5\t\t\t\t \t8\t\t\t\t\t\t1\t 7\t3\t\t\t9\t\t1\t\t \t\t\t4\t8\t7\t\t\t3 \t5\t\t\t\t\t\t\t9 1\t9\t\t6\t\t3\t\t\t \t\t2\t1\t4\t\t6\t\t \t\t\t\t\t\t\t\t NIVEAU DE DIFFICULTE : MOYEN Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boite 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans un colonne et dans une boite 3x3.Jeu réalisé par Ludipresse NOTRE LOGICIEL DE SUDOKUS EST MAINTENANT DISPONIBLE.10 000 sudokus inédits de 4 niveaux par notre expert, Fabien Savary.En vente exclusivement sur notre site.WWW.LES-MORDUS.COM info@les-mordus.com L\t£\tZ\t6\tL\t8\tS\t9\tP 8\t6\t9\tS\tP\tL\tZ\tL\t£ L\tS\tP\t£\tZ\t9\t8\t6\tL 6\tP\tL\tL\t£\tZ\t9\tS\t8 £\t9\tS\tL\t8\tP\tL\tZ\t6 Z\t8\tL\t9\t6\tS\tP\t£\tL S\tL\t£\tP\t9\t6\tL\t8\tZ P\tZ\t6\t8\tS\tL\t£\tL\t9 9\tL\t8\tZ\tL\t£\t6\tP\tS SOLIDARITÉ DANS LE MÉTRO Les deux font la paire Cest aux stations de métro Place St-Henri et La Salle que Diane Gariépy et Gaëtan Vaillancourt vendent L\u2019Itinéraire.«On travaille ensemble parce que c\u2019est plus le fun», raconte Gaëtan en lançant un regard à Diane.Pour elle, c\u2019est aussi une question de sécurité.«C\u2019est rassurant d\u2019avoir un homme avec soi lorsqu\u2019un passant est menaçant», lance-t-elle.Vendant L\u2019Itinéraire ensemble depuis près de sept mois, ils confirment qu\u2019un c\u2019est bien, mais deux c\u2019est mieux.La complicité qui s\u2019est établie entre les deux camelots s\u2019étend aux employés de la STM.Témoins du quotidien du métro, ils voient fréquemment les petits méfaits de certains utilisateurs.Il y a deux semaines, Diane et Gaëtan ont vu un travailleur de la STM éprouver des problèmes avec des individus qui sautaient par-dessus les tourniquets pour ne pas avoir â payer leur passage.Solidaires des employés de la station, ils sont allés raconter l\u2019incident à un garde de sécurité.«Les personnes en question ont été retrouvées», assure Gaëtan.\u2022 (VANESSA HÉBERT) 46 LITINEF;aif;E 15 janvier 2013 ma \u2022 VOIX ma STM JOIGNEZ VOTRE VOIX et contribuez à l\u2019essor du transport collectif Partagez votre opinion en devenant membre de Ma voix ma STM et courez la chance de gagner des prix en argent.Inscrivez-vous dès aujourd\u2019hui stm.info/mavoix MOUVEMENT COLLECTIF https://www.mavoixmastm.info/R.aspx?a=32 KEUR.IG CHOISISSEZ.INFUSEZ, savourez Savourez les petits plaisirs d'un grand café »> V 0 cclUgt.il *WtJ 33» « / Sf R VI Cf S Of CArÉ DÉCOUVREZ NOTRE GRANDE VARIÉTÉ 1-866-881-2233 \u2022 VonHouttexom "]
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